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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 16:24

 

 

Médiapart

29 avril 2013 Par Les invités de Mediapart

 

 

 

« Nos gouvernants nous emmènent dans le mur car ils ne sont plus guidés par l’intérêt collectif », s'inquiète Elisabeth Cudeville. Comme de nombreux économistes, elle conseille aux dirigeants européens de refermer la « parenthèse libérale » et de cesser de s'accrocher au « mythe » de l'efficacité des marchés libres pour réguler l'économie, avec l'équilibre budgétaire et l'inflation nulle pour principes. 

 


L’Europe et les pays de l’OCDE traversent une des plus graves crises qu’ils aient connue, si ce n’est la plus grave, depuis la révolution industrielle. Si les effets de la crise actuelle apparaissent moins criants que ceux de la Grande Dépression, associée dans l’imaginaire collectif à des queues sans fin de pauvres hères affamés à la porte des soupes populaires, le choc aujourd’hui n’en est pas moins rude. Les pertes d’emploi, la déqualification, la désocialisation, des vies brisées, c’est toujours ça la crise. Néanmoins, depuis les années 30 et la Seconde Guerre mondiale, quelques idéalistes et pragmatiques visionnaires ont réussi à porter l’idée qu’un monde plus juste, non seulement pouvait être meilleur, mais aussi plus efficace. Sur cette base, des systèmes de protection sociale et de redistribution ont été mis en place dans tous les pays de l’OCDE, en particulier en Europe.

En dépit des attaques systématiques qu’ils ont subies sur les trois dernières décennies, ces systèmes ont joué efficacement leur rôle depuis lors, notamment en protégeant les populations les plus vulnérables des effets les plus désastreux et les plus visibles des retournements de l’activité économique. Ce simple constat devrait conduire chacun d’entre nous à réfléchir sur les conséquences de la mise à bas progressive de ces systèmes que les hommes ont su construire, dans une parenthèse de lucidité que la misère et la barbarie avaient ouverte. Des marchés libres n’assurent pas un fonctionnement harmonieux de l’économie. La poursuite des intérêts particuliers ne garantit aucunement la réalisation du bonheur commun comme les économistes des années 1920-30 voulaient le croire.

Depuis cette période, l’économie, en tant que discipline scientifique, a fait des progrès considérables et elle ne donne aucune raison de croire aux vertus du marché libre. Mais les mythes ont la vie dure, les fables simplistes se retiennent facilement et le jeu complexe de la recherche des petits et des gros intérêts de chacun peut contribuer à en assurer la survie, alors même que les disciplines qui les ont vu naître ne permettent plus de les fonder.

La révolution libérale qui a atteint son apogée au début des années 1980, avec l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher au Royaume-Uni et de Ronald Reagan aux Etats-Unis, n’a pas fait long feu du point de vue théorique. Des arguments séduisants, qui ont momentanément fasciné les économistes eux-mêmes, d’autant que l’appareillage mathématique sur lequel ils se sont développés était élégant et sophistiqué, ont rapidement montré leurs limites dans leur confrontation aux faits. Les monétaristes et les nouveaux-classiques, dont le programme de recherche consistait explicitement à réhabiliter la vision classique smithienne du fonctionnement de l’économie, dans sa version la plus simpliste, et à décrédibiliser l’action publique et les politiques macroéconomiques conjoncturelles, ont échoué, même s’ils ont laissé une empreinte très forte sur la théorie économique contemporaine, pour le meilleur et pour le pire.

Pourtant, la parenthèse libérale ne semble pas vouloir se refermer en pratique. Nos décideurs politiques, comme la plupart des commentateurs économiques, continuent de raisonner dans un cadre théorique où l’efficacité des marchés serait la règle plutôt que l’exception et s’arc-boutent sur des dogmes libéraux, sans fondements théoriques solides, aujourd’hui érigés en principes de vertu : l’inflation nulle et l’équilibre budgétaire. En se pliant à ces principes, de manière aussi aveugle que stupide, les gouvernements européens se privent de toute marge de manœuvre conjoncturelle pour peser sur l’activité économique.

Si tous les économistes sérieux s’accordent sur le fait qu’il est dangereux pour une économie de laisser filer ses déficits et que l’accumulation d’une dette déraisonnable au vu des perspectives de croissance futures n’est pas tenable, si aucun ne soutient qu’une politique de relance budgétaire est la panacée, ni même la solution, tous savent néanmoins que mener une politique budgétaire procyclique en plein cœur d’une récession sans précédent, ne peut qu’aggraver dangereusement la récession.

Ainsi, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, affirmait déjà en mai 2010 : « L'Europe va dans la mauvaise direction […], elle veut un plan coordonné d'austérité. Si elle continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années 1930, que ce n'est pas ce qu'il faut faire. »

Olivier Blanchard, directeur du département des études du Fonds monétaire international, déclarait le 24 janvier 2012, après l’annonce du FMI d’une révision à la baisse de ses prévisions de croissance de la zone Euro : « Il faut continuer de rééquilibrer les budgets, mais à un rythme approprié. La réduction de la dette, c'est un marathon, et pas un sprint. Une action trop rapide tuera la croissance et torpillera la reprise. »

En France, Thomas Piketty, lauréat 2013 du prestigieux prix Yrjö Jahnsson du meilleur économiste européen de moins de 45 ans, affirmait, en septembre 2012 : « On se retrouve à faire de l'austérité à marche forcée, soit disant pour rétablir notre crédibilité, alors que tout le monde sait que cette politique conduira à plus de récession et plus d'endettement. »

Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, déclarait en septembre 2012 : « Mon propos contre les politiques d'austérité s'adresse aux pays qui ont encore le choix. Ni l'Espagne ni la Grèce ne pouvaient s'affranchir des exigences allemandes et prendre le risque de se faire couper les vivres. Mais, de mon point de vue, la France n'est pas dans une situation budgétaire critique et n'a pas autant besoin d'une politique de rigueur. »

Maurice Obstfeld, grand spécialiste d’économie internationale, professeur à l’Université de Berkeley, écrivait, en janvier 2013 : « Des politiques trop ambitieuses de réduction des dettes nationales et des déficits publics ne devraient pas être mises en œuvre en temps de récession, en particulier dans les récessions telles que celles de la crise actuelle qui affectent tous les pays en même temps. » (PDF)

Charles Wyplosz, économiste français, professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement (Genève), spécialiste internationalement reconnu des crises monétaires, écrivait encore, le 29 mars 2013 : « On sait bien qu’un pays qui se retrouve avec une dette trop élevée ne peut la ramener à un niveau confortable que très, très lentement, sur plusieurs décennies. Rien ne presse donc, et le faire à marche forcée en situation de récession et de chômage en augmentation n’a aucun sens économique. »

Mais alors, jusqu’où nous conduira-t-on dans la récession et pour quels bénéfices ? Pourquoi nos gouvernements n’écoutent-ils plus les économistes et pourquoi personne ne s’en émeut ?

A force de prévoir des reprises qui ne viennent pas, de prévoir des taux de croissance qui ne se réalisent pas, de laisser le discours libéral le plus crasse s’accréditer dans les milieux d’affaires, le monde des experts et le monde technocratique, alors que dans le même temps, les peuples ne font que constater une réalité sociale qui se durcit, comment les économistes pourraient-ils encore être entendus dans l’opinion ? Comment s’étonner que personne ne s’inquiète des mises en garde du FMI, lui qui n’a eu de cesse de défendre et d’imposer, dans la plupart des pays en développement, avec le peu de succès qu’on leur connaît, depuis près de quarante ans maintenant et de manière inflexible, les mêmes politiques d’austérité ? Pourtant, tuer le médecin, même s’il est médiocre, ne guérira pas le malade.

Si la rupture entre les peuples européens et leurs élites s’accroît (voir l'eurobaromètre), c’est que les peuples ont compris que la politique menée actuellement en Europe, en approfondissant la crise, servait les intérêts à courte vue des banques et des industriels. L’intérêt des banques aujourd’hui, tant qu’elles savent qu’en dernier recours les gouvernements les sauveront, est d’exiger des taux d’intérêt toujours plus élevés au fur et à mesure que les pays s’enfoncent dans la crise. L’intérêt des entreprises est de voir se développer le chômage de masse et d’invoquer la récession et la compétitivité pour finir de démanteler les systèmes de régulation, de protection et de redistribution afin d’accroître leur profit en pesant toujours plus sur les salaires. Or les intérêts de court terme sont bien souvent incompatibles avec les intérêts de long terme.

Rationnels, les acteurs le sont, à l’horizon qui est le leur. Ce faisant, qu’ils en aient ou non conscience, ils minent les sources de la croissance future et appauvrissent l’ensemble de la société. La situation actuelle n’est que l’illustration de la faillite de la main invisible du marché. 

Comment expliquer l’aveuglement de nos gouvernants ? Le marché, on le sait, ne redistribue pas, il préserve le statu quo et tend à renforcer les positions dominantes. Il n’est donc pas surprenant de constater que le mouvement de libéralisation des économies, entamé au milieu des années 1970, se soit accompagné d’une tendance au creusement des inégalités à l’intérieur des pays. Dans une économie de marché, il y a des forces sous-jacentes puissantes de perpétuation et de renforcement des inégalités qui peuvent maintenir ou enclencher des dynamiques perverses, comme l’explique très bien l’économiste François Bourguignon dans son dernier ouvrage, La mondialisation de l’inégalité (2012).

Le mouvement de dérégulation est allé si loin aujourd’hui, notamment dans le domaine financier, que les rentes de situation sont devenues gigantesques et les incitations pour sécuriser ces rentes et faire pression sur les gouvernements pour aller dans le sens de toujours plus de dérégulation et moins de redistribution se sont considérablement accrues.

Les économistes ont de bonnes raisons de s’inquiéter de cette évolution des inégalités. La redistribution des revenus, en imposant une limite aux inégalités, joue un rôle majeur dans la perpétuation de la cohésion sociale et, ce faisant, elle renforce l’efficacité économique et bénéficie à chacun. C’est pourquoi Thomas Piketty insiste tant, et avec raison, sur la fiscalité. Une société riche en moyenne, dans laquelle l’essentiel de la richesse est concentré entre les mains d’un petit nombre d’individus, n’est socialement et donc économiquement pas tenable. Il y a une frontière à ne pas dépasser, c’est celle de l’instabilité sociale et politique.

La vieille idée libérale selon laquelle l’enrichissement de quelques-uns finirait par bénéficier à tous n’est fondée ni théoriquement, ni empiriquement. Comment peut-on imaginer qu’une société, même riche en moyenne, puisse survivre durablement et paisiblement à un taux de chômage des jeunes de plus de 50% et à un taux de chômage moyen de près de 30% comme on l’observe actuellement en Espagne et en Grèce. Nous n’avons aucun exemple historique qui nous permette de le croire.

En tissant des liens, à travers différentes pratiques de lobbying, ouvertes ou déguisées, qui garantissent aux élites des avantages substantiels et facilitent leurs petites affaires, les puissances industrielles et financières et les rentiers du monde entier orientent de plus en plus clairement les décisions politiques dans un sens qui leur est favorable et s’approprient ainsi une part de plus en plus grande de la richesse créée, en contraignant de plus en plus d’individus à la misère.

Les peuples européens fondamentalement ont compris ce que leurs élites s’évertuent à nier en criant au populisme. Mais le populisme a de belles heures devant lui. Le populisme, pour se développer, a besoin d’un terreau fertile que nos gouvernements déversent aujourd’hui à la pelle, dans toute l’Europe. Nos gouvernants nous emmènent dans le mur car ils ne sont plus guidés par l’intérêt collectif. Comme toutes les institutions, organisations, un gouvernement est confronté au problème de la mise en cohérence des intérêts individuels des membres qui le constituent, dans la réalisation de fins qui les dépassent.

La communauté scientifique, intellectuelle, comme les autres, est confrontée elle aussi à ce problème. Quand l’imbrication entre la communauté scientifique, le personnel politique et les milieux d’affaires se généralise, le risque d’instrumentalisation et de dérive s’accroît. Quand un économiste académique travaille parallèlement pour une banque, il est peu probable qu’il soit incité à s’intéresser aux potentielles dérives du système bancaire et financier. Quand un ministre du budget fraude le fisc, il est peu probable qu’il soit le mieux placé pour lutter contre la fraude fiscale.

Le mouvement général de dérégulation a ouvert des brèches dans la digue, et le flot des intérêts particuliers pourrait bien tous nous emporter. Il nous faudrait aujourd’hui, plus que jamais, quelques idéalistes ou pragmatiques visionnaires pour les refermer. Angela Merkel et François Hollande ne le sont, pour l’heure, ni l’un ni l’autre et il est à craindre qu’ils poursuivront dans l’erreur, tant que l’équilibre de nos économies et de nos sociétés n’aura pas été gravement ébranlé. Mais il sera alors trop tard pour inverser le processus. Ils ne pourront pas reprocher aux économistes de les avoir mal conseillés. L’économiste conseille, le politique gouverne. 

Elisabeth Cudeville, maître de conférences d’économie à l’Université Paris 1, membre du Centre d’économie de la Sorbonne et de l’Ecole d’économie de Paris.

 

 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:43

 

 

Rue89 -L’édito 29/04/2013 à 12h46

 Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

 

 

Pour avoir utilisé un mot ambigu car chargé de fantômes – « confrontation » – le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone est cloué au pilori pour « germanophobie » ; pour avoir osé vouloir pointer dans un document « l’intransigeance égoïste » d’Angela Merkel, des responsables du PS sont traités d’irresponsables. L’on voit ressurgir le petit peuple du « cercle de la raison », pour reprendre une expression imaginée dans les années 90 par Alain Minc, alors nombril dudit cercle.

Il faut les voir se bousculer au micro, les raisonnables : Alain Juppé, Elisabeth Guigou, Bruno Le Maire, Michel Sapin, et dans la presse la plupart des éditorialistes... Avec des airs offusqués, ils déballent l’habituel bric-à-brac de l’amitié franco-allemande : la rencontre De Gaulle-Adenauer, le mano a mano Mitterrand-Kohl, l’œuvre de Jacques Delors... A les écouter, certains agités du PS mettraient en péril la paix elle-même !

Opération bâillon

 


La une de Libération du lundi 29 avril 2013 

 

En gros, Claude Bartolone et le PS sont invités à la fermer. La presse participe à cette opération bâillon : Le Monde, Le Figaro, Les Echos, et même Libération qui titrait ce lundi matin « Le PS dérape » (voir ci-contre) alors que, pas plus tard que mercredi dernier, le même journal dénonçait « l’austérité imposée par l’Allemagne » et de la « tutelle allemande »... Mais entretemps, le cercle de la raison s’est mis à tournoyer comme une toupie, imposant le silence.

Le résultat, c’est qu’on risque de perdre une nouvelle occasion de s’attaquer frontalement (« se confronter » ?) au blocage économique fondamental dont souffre actuellement l’économie européenne : l’austérité budgétaire généralisée, qui bloque le redémarrage et au final aggrave la situation de la dette... On peut le déplorer, mais il se trouve que la clé, pour mettre fin à ce blocage, se trouve en Allemagne.

Résumons la situation. Le FMI, la majorité des gouvernements, la plupart des économistes le savent : on ne mène pas une politique d’austérité en période de marasme. C’est aussi contreproductif que de vouloir démarrer une voiture avec le frein à main tiré à fond. En Europe, cette politique coûte des centaines de milliers de chômeurs.

Le gouvernement allemand n’est pas de cet avis. Parce que le peuple allemand, pour des raisons historiques, est très attaché aux équilibres budgétaires. Parce que la situation convient aux dirigeants allemands, aussi : en imposant aux européens une politique monétaire et budgétaire conforme à son modèle, l’Allemagne a installé son leadership. Pourquoi y renoncer ?

« Equilibre de la terreur »

 


Un panneau stop (Zigazou76/Flickr/CC)

 

Le résultat, c’est que les autres peuples s’enfoncent dans les difficultés sociales. Ils n’osent ni se départir de l’orthodoxie ambiante, ni même protester, de peur de dégrader leur fameux « spread » – la différence entre leurs taux d’intérêt et les taux allemands. C’est ce que l’économiste Jean-Paul Fitoussi, dans une interview très « déraisonnable » à Libération, a appelé « l’équilibre de la terreur ».

La France, qui autrefois était copilote de l’Union européenne, est sans doute le seul pays à pouvoir encore infléchir l’Allemagne, le pays-ami, et l’amener à revoir sa politique. Le pays le plus puissant de l’Union, le plus excédentaire, peut en effet beaucoup pour aider l’Europe : il peut relancer sa consommation, il peut instaurer un vrai salaire minimum, il peut être plus allant sur la construction d’un réel gouvernement économique européen, il peut accepter un calendrier plus intelligent pour ramener les pays à l’équilibre budgétaire.

Mais pour cela, il faut pouvoir lui parler franchement, sans tabous, et sans se laisser impressionner par les « raisonnables », leurs accusations mécaniques de « germanophobie » et leurs étouffantes lignes « à ne pas franchir ».

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:31
Marianne - Lundi 29 Avril 2013 à 11:20 | Lu 2119 fois

 

 

Rédigé par Hervé Nathan le Dimanche 28 Avril 2013 à 14:04 | 13



Ceux qui prétendaient que notre Premier ministre n’a aucune autorité sont  les plus surpris : en deux tweets bilingues français-allemand  Jean-Marc Ayrault a recadré le parti socialiste et a contraint sa direction à une douloureuse réécriture. Qu’elle était le motif de l‘ire de l’aigle de Matignon ? Tout simplement que le Parti socialiste, qui prépare une convention sur l’Europe en juin prochain, ose contester la politique européenne, non pas de François Hollande, mais de Angela Merkel.  Pensez donc, les caciques du parti prenant pour une fois leur courage à deux mains, osaient évoquer « l’intransigeance égoïste » de la chancelière allemande, ou encore appeler à « l‘affrontement démocratique » avec la droite conservatrice  au pouvoir dans la zone euro…  La révolution rue de Solferino !
En l’absence du président de la République, le Premier ministre, surnommé quelquefois par des jaloux « Jean-Marc Zéro  »  a donc « recadré » les troupes : les « formules inappropriés » ont été caviardées, et on célébrera, comme il se doit, « l’amitié franco-allemande » à laquelle, il faut « redonner toute sa force, et tout son sens »… À ce niveau de langue de bois, le PS  a dépassé le stade du parti godillot pour se rapprocher du parti communiste nord-coréen… Le raisonnement a été repris d’ailleurs par Alain Juppé dans son interview au Monde de samedi !
Les commentateurs qui verraient dans la pusillanimité de l’exécutif français une expression d’une stratégie gagnante, se fichent le doigt dans l’œil. Les Allemands qui ont l’habitude de vivre dans une démocratie parlementaire où les divergences affichées sont le creuset des consensus les plus profonds, et savent parfaitement en jouer pour imposer leur ligne dans l’UE, ne devraient pas lever un cil devant un débat interne à un parti de gouvernement d'un pays ami.
Quoiqu’il en soit, l’exécutif socialiste a donc signifié sèchement (mais avec modernité, cela plait tant aux journalistes stars des médias, grâce en soit rendue à Tweeter, …), que le débat européen était et resterait interdit. D’un coup on se rendait compte que la formule « tension amicale » utilisée par François Hollande lors de son interview sur France 2 était destinée à rester vide de sens, et surtout pas à lancer une réflexion politique en France…
Les "grands quotidiens" se sont immédiatement lancés dans une course à la pensée unique: Le Figaro  ("France--Allemagne le grand froid", Le Monde  ("Ne tirez pas sur Angela Merkel"), Libération ("Le PS dérappe") ont repris les mêmes arguments creux, dont le principal était : "ne transformez pas Angela Merkel en bouc émisdssaire", ce qui signifie que nous  la chargerions de nos propres péchés... La palme revient à Libération dont l'éditorialiste François Sergent tente de conjurer dans ce débat à la fois la "germanophobie", le "populisme" et la "xénophobie" dont la gauche du PS serait le vecteur. Pour rappel, mercredi dernier, le même  Libération s'interrogeait en Une sur  "la fin  du régime rigueiur en Europe?".  Fallait-il y voir le spectre du fascisme?
Le débat sur la "ligne Merkel" est donc interdit, à gauche comme à droite. Dommage, parce que le moment serait particulièrement bien venu. Et ce pour deux raisons.
La première est que la politique d’austérité (dite de «consolidation budgétaire ») est à bout de souffle. Les résultats concrets sont désastreux : non seulement la récession s’installe partout,  avec un taux de chômage moyen de plus de 12%, mais les objectifs de réduction des déficits publics sont toujours repoussés.  L’Espagne, le Portugal, la Grèce, la France, l’Italie et la Belgique ne rempliront pas leurs engagements en 2013 et sans doute pas non plus en 2014. Les Pays-Bas, nation particulièrement proche de l’Allemagne en matière économique, ont eux-mêmes renoncé à un plan d’économies de 4 milliards d’euros.  Le Parlement européen, est de longue date vent debout contre la rigueur généralisée. José Manuel Barroso a lui aussi tiré un trait   : « la politique d’austérité a atteint ses limites en Europe », a-t-il reconnut lors d’une conférence, ce lundi 22 avril ? Barroso n’ignore pas que des élections européennes auront lieu l’année prochaine. On lui prête même l’intention de conduire la liste des droites. Dans les conditions actuelles, le scrutin de 2014 se jouera évidemment sur les politiques économiques. Gare à la fessée pour ceux qui iront devant les électeurs en défendant programme actuel de rigueur généralisée !  Rien d’étonnant donc à ce que cet ancien militant maoïste ajoute : « pour réussir, une politique (…) doit bénéficier d’un minimum de soutien politique et social. »
La deuxième et pas moins importante raison est que les conservateurs allemands sont en train de devenir un danger pour l’Union européenne et la zone euro en particulier, tout simplement en trahissant ses engagements.  Angela Merkel s’était prononcée en 2012 pour « l’Union bancaire » de la zone euro. Elle refuse dorénavant de s’engager dans la constitution d’un « fonds de résolution des crises bancaires », sans lequel l’union bancaire n’aurait aucune réalité. On a appris vendredi que la Bundesbank, dont le personnel dirigeant est entièrement composé de proches de la CDU, avait décidé de contester devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe   la politique de soutien de l’Euro de Mario Draghi qui avait stoppé la spéculation sur les dettes italiennes et espagnoles. Enfin, alors qu’il était entendu depuis le conseil européen de juin 2012 que l’Allemagne laisserait remonter ses coûts salariaux de façon à créer un effet de consommation bénéfique pour toute la zone euro, la chancelière a renoncé la semaine dernière à la création d’un Smic dans son pays, puis a appelé à une remontée des taux d’intérêts, tout à fait inutile de l’aveu même de la BCE qui trouve au contraire que l’absence d’inflation lui commanderait plutôt de les baisser afin d’éviter de tomber dans la déflation ! Comme si l’Allemagne préparait non pas une zone euro fédérale comme le proclame le discours officiel du gouvernement actuel, mais au contraire la disparition de la monnaie unique, au profit d’une zone « super mark », dont ne  pourraient faire partie que les économies semblables à la sienne.   On connaissait la « perfide Albion », quel adjectif faudra-t-il bientôt adjoindre à la Germanie ?
A l’Elysée, on a bien conscience de la profondeur du fossé qui se creuse avec le grand voisin et de l’abîme dans laquelle Berlin peut conduire l’Europe. Simplement on s’interdit d’afficher ces divergences de peur d’être « sanctionné par les marchés ».  Un conseiller nous confiait : «  On peut affronter Madame Merkel, mais vingt-quatre heures, pas plus !  Ensuite, les taux d’intérêts monteront… » Celui qui proclamait avant son élection: « mon adversaire, c’est la finance », vit aujourd’hui sous son influence! 

Mise à jour le 29 avril à 10h00

PS: Chère Astrid, mes études d'allemand seconde langue étant bien lointaines, j'ai recourru au site Reverso pour la traduction du titre du français vers l'allemand. Je ne peux faire mieux, hélas.  Merci aux germanophones de leur indulgence... ou de leurs conseils, bienvenus.

 

 

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 17:31

 

  Rue89

Ethique 28/04/2013 à 11h29

  Pierre Haski | Cofondateur Rue89

La marque espagnole a entrepris une opération de sauvetage de son image, après l’effondrement d’un immeuble de possibles sous-traitants à Dacca.

 

 


Colère au Bangladesh après l’effondrement de l’immeuble d’usines près de Dacca (Sipa)

 

Le bilan de la catastrophe au Bangladesh est monté à plus de 350 morts après la découverte de nouveaux corps d’ouvrières dans les décombres de l’immeuble d’usines textiles qui s’est effondré mercredi près de la capitale, Dacca. Six personnes, dont le propriétaire de l’immeuble, ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête déclenchée par le gouvernement.

Mais la catastrophe a des répercussions ailleurs dans le monde, car ces ouvrières qui sont mortes parce que leur immeuble était insalubre et qu’il ne fallait pas perdre une minute de production, travaillaient pour des marques étrangères ; des marques glamour et dont les top models s’affichent sur papier glacé, sans que le consommateur ne se doute – ou veuille savoir – dans quelles conditions leurs produits sont fabriqués.

L’une de ces marques est l’espagnole Mango, un de ces géants très populaires apparus ces dernières années, et qui compte déjà 2 600 magasins dans 109 pays. Le nom de l’Italien Benneton figure également parmi les clients de l’usine.

« Regrets » de Mango sur Twitter et Facebook

Mango est lancé dans une opération de sauvetage de son image, qui passe notamment par les réseaux sociaux, Twitter, et surtout Facebook où elle compte quelque 5,6 millions de « fans ».

Sur Twitter, Mango exprime ses « regrets » pour la catastrophe, et renvoie vers sa page Facebook.

Sur Facebook, un long communiqué mis en ligne samedi sous le visage du mannequin australien Miranda Kerr qui barre la page, exprime ses condoléances aux victimes, mais affirme que la marque espagnole n’était pas cliente de la société Phantom au cœur de la catastrophe.

Mais Mango confirme que des « échantillons » avaient bien été commandés à Phantom avant de conclure avec ce sous-traitant bangladais. Le nom de Mango avait été cité par les autorités de Dacca parmi les clients de l’usine effondrée.

Dans son communiqué, Mango affirme qu’elle effectue toujours un « audit social » des sous-traitants avec lesquels elle signe des contrats de production à long terme. Elle ajoute qu’un tel audit n’avait pas été effectué avec Phantom car la société bangladaise n’était pas encore fournisseur de Mango.

Si les échantillons avaient été concluants, elle aurait reçu une commande de 25 000 pièces, et l’audit aurait été réalisé, dit-elle.

« Le monde est devenu plus petit »

 


Capture d’écran de la page Facebook de Mango avec les explications de la marque espagnole (Facebook)

 

Ce communiqué ressemble fort à une belle construction a posteriori, car les conditions de travail, de salaire, de sécurité des ouvrières de Phantom sont telles qu’on voit mal selon quels critères l’audit aurait pu être concluant.

Sur les réseaux sociaux, les critiques sont légion, à l’image de ce « tweet » de Quitterie Delmas, ancienne politique passée à la société civile :

« Le public demande la transparence totale de Mango dans cette terrible affaire. Le monde est devenu plus petit. Tout mensonge peut coûter cher. Demandez à WikiLeaks. »

Quitterie Delmas met également la futilité du monde de la mode face à ses contradictions :

« Pour parler du bad buzz “slave-style” de @ tous les pro de la parisienne sont là.

‘Mais quand il s’agit de 300 morts dans les ateliers, plus personne... POURQUOI ?

Elle fait allusion à la récente polémique autour de bijoux Mango en forme de collier d’esclaves, et qui avait provoqué le lancement d’une pétition en France par les comédiennes Aïssa Maïga et Sonia Rolland, et la militante antiracisme Rokhaya Diallo.

L’insouciance des consommateurs

Cela fait des années que la question éthique est posée, non seulement dans l’univers de la mode qui fait beaucoup appel à des sous-traitants, mais aussi ceux du jouet (Mattel), de la téléphonie (iPhone d’Apple), et les pratiques de la grande distribution (WalMart, Carrefour, etc.) qui surexploitent des milliers de sous-traitants dans le monde émergent.

De codes de conduite en cabinets d’audit social, de nombreuses initiatives ont été prises, mais qui se heurtent à plusieurs obstacles, dont le plus important est sans doute l’insouciance des consommateurs occidentaux, trop contents de bénéficier des bas prix sans trop se poser la question de la manière dont ils sont obtenus.

Il fallait un accident tragique comme celui du Bangladesh pour redonner un peu de visibilité au sujet, avant qu’il ne disparaisse de nouveau, car en période de crise, qui est prêt à payer un peu plus cher son jean Mango ou autres, fabriqué par des esclaves des temps modernes dans des ateliers indignes du bout du monde ?

 

 

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 18:57

 

 

 

 

Ce fut une semaine fatale. Après des semaines, voire des mois de silence, les pays européens ne parviennent plus à cacher leurs divisions. Quel que soit le chiffre ou l’angle d’attaque pris, la réalité a fini par rattraper les gouvernements européens : la politique d’austérité imposée depuis trois ans à toute l’Europe est une faillite, comme l’avaient annoncé nombre d’économistes (voir l’entretien d’André Orléan par exemple).

Dès lundi, le signal que quelque chose ne tournait plus rond au sein des instances européennes avait été donné : face à la presse, José Manuel Barroso, craquait. Encore sous l’influence du sommet du G-20 au cours duquel le gouvernement américain, le FMI, le puissant institut de la finance internationale avaient mené une charge en règle contre la politique européenne, le président de la commission européenne reconnaissait que l’Europe était dans l’impasse. «« Bien que je pense que cette politique est fondamentalement la bonne, je pense qu’elle a atteint ses limites. Pour réussir, une politique ne doit pas seulement être bien conçue, elle doit avoir un minimum de soutien politique et social », avait-il expliqué. (Lire l'article de Ludovic Lamant)

 

Défiance à l'égard de l'Europe 
Défiance à l'égard de l'Europe© guardian

Peut-être avait-il déjà connaissance des sondages réalisés dans les principaux pays européens, publiés jeudi ? 72% des Espagnols, 69% des Britanniques, 59% des Allemands,  56% des Français et 53% des Italiens disent ne plus avoir confiance dans l’Europe. La foule des données à la disposition de la commission de toute façon pouvait suffire. Chômage record, récession, déficits et endettement vertigineux, effondrement de l’industrie automobile européenne, impossibilité pour les entreprises dans l’Europe du Sud de se financer, en raison d’un système bancaire en pleine déconfiture… La débâcle est totale.

L’audace du président de la commission européenne – qui n’en a jamais fait beaucoup preuve jusqu’ici – avait surpris. Après cette sortie, l’ensemble de la Commission européenne ramait pour minimiser l’incident. A entendre Olli Rehn, commissaire européen des affaires économiques et autres, les propos de José Manuel Barroso étaient un non-événement. Depuis longtemps, l’Europe avait admis un allégement de sa politique. La preuve ? Le Portugal et l’Irlande avaient déjà obtenu des aménagements. L’Espagne pourrait à son tour à bénéficier. 

Dès le lendemain, l’Allemagne parlait et faisait savoir son désaccord. 

Campagne électorale oblige, la chancelière allemande campe sur la ligne de l’orthodoxie financière et économique, « le retour à la vertu pour les pays pécheurs », qui lui a si bien réussi jusqu’à présent. Postulant pour un troisième mandat en septembre, Angela Merkel ne cesse de durcir sa position pour assurer ses électeurs qu’ils ne seront pas, comme ils le redoutent, la vache à lait de l’Europe. Sa position se veut d’autant plus ferme que le nouveau parti, l’Alternative pour l’Europe, qui prône une sortie de l’euro, mord sur ses marges. A peine créé, il est déjà crédité de plus de 5% dans les sondages. Une position qui pourrait lui permettre de siéger au Parlement.

Aussi Angela Merkel hausse le ton : « Les membres de la zone euro doivent se préparer à céder une partie de leur souveraineté à des institutions européennes s'il veulent surmonter la crise de la dette souveraine et voir revenir les investisseurs étrangers (…) Tant que la pression ne sera pas plus forte, certains préféreront suivre leur propre voie. Nous devons accepter que l'Union européenne ait le dernier mot sur certaines questions. Dans le cas contraire, nous ne pourrons pas continuer à construire l'Europe », a-t-elle averti mardi.

Mais les discours de la chancelière allemande, destinés à son électorat, débordent les frontières et inquiètent de plus en plus. Même les Européens les plus convaincus finissent par s’en émouvoir : l’Allemagne parle trop fort, selon eux.

Forte d’avoir réussi à imposer son modèle pour le sauvetage de Chypre – un modèle qu’elle défendait depuis deux ans visant à faire payer les actionnaires et les déposants des banques plutôt que les contribuables –, Angela Merkel semble vouloir dessiner un pouvoir européen à sa main. Ainsi, elle revient sur toutes les concessions qu’elle avait dû consentir au moment de la panique financière qui avait saisi la zone euro. Les garanties uniformes pour tous les déposants européens, comme cela avait été décidé au sommet de juin 2012 ? Plus question : les contribuables des autres pays – sous-entendu allemands – n’ont pas à payer pour les fautes des banques des autres pays. L’union bancaire européenne, elle aussi décidée au sommet de juin ? Impossible tant les pays européens n’ont pas accompli les réformes nécessaires pour assurer la cohésion de l’ensemble. Autant dire que la mesure est renvoyée aux calendes grecques. Le mécanisme européen de stabilité, décidé en 2011 pour venir au secours de pays confrontés à des faillites bancaires ? Inutile puisque désormais le schéma de sauvetage imposé à Chypre doit s’imposer comme modèle.

En quelques phrases dans des meetings électoraux, tout le programme européen, péniblement bâti au cours de ces trois années de crise, pour accompagner les politiques d’austérité est vidé, sans discussion, de tout contenu.

«Irreversible»

Mais l’attaque va plus loin et désormais prend de front la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne, considérée de longue date comme trop laxiste par la Bundesbank. Opportunément, le quotidien Handelsblatt a publié ce vendredi tout l’argumentaire de la banque centrale allemande, rédigé en décembre à destination de la cour constitutionnelle allemande, contre les mesures de rachat des titres souverains (Outright  monetary transactions, OMT) prises par la BCE à l’été dernier, au moment où la zone euro était à nouveau en grand danger.

Déterminé à faire ce qu’il fallait pour rendre l’euro « irréversible », le président de la BCE avait annoncé un programme de rachat sans limite des obligations des pays en difficulté, si ceux-ci acceptaient les contraintes d’un plan de redressement imposé par l’Europe. La seule annonce de cette mesure a suffi : aucun spéculateur n’a osé se frotter à la BCE. Même si le dispositif n’a pas réparé les fractures de la zone euro, il a permis d’apaiser les symptômes les plus visibles. En quelques semaines, les taux de l’Espagne et de l’Italie ont baissé, rendant la situation politique et économique moins tendue.

Cela n’a pas coûté un sou à la BCE et à l’Europe. Pourtant la Bundesbank a attaqué le dispositif, jugeant que celui-ci ne justifie pas. Le programme de la banque centrale européenne, selon la Bundesbank, est bâti à partir d’analyses et « d’éléments hautement spéculatifs » sur les risques de transmission monétaire. De plus, il n’appartient pas, selon elle, à l’institution monétaire européenne de garantir « l’irréversibilité de la monnaie unique ». Enfin, la mesure fait courir de grands risques pour les contribuables européens, en l'amenant à accepter des garanties de mauvaise qualité.

En un rapport, rendu public, la Bundesbank ainsi a déstabilisé le seul dispositif européen qui était parvenu à calmer la crise de la zone euro, au moins temporairement. Même si, pour l’instant, rien n’a bougé sur le marché obligataire, l’effet est désastreux. « Une lecture attentive de la dernière déposition de la Bundesbank devant la Cour constitutionnelle conduit à une des deux conclusions : soit la Bundesbank se refuse à reconnaître la menace existentielle pesant sur la zone euro (qui a été momentanément suspendue au cours des huit derniers mois) soit la Bundesbnak a intentionnellement opté pour une stratégie qui conduira, plus ou moins rapidement, au démantèlement de la zone euro actuelle », écrit l’économiste Yanis Varoufakis sur son blog. Jugeant que le mémoire de la Bundesbank constitue « un acte de guerre », il conclut que « que nous tenions le geste de la Bundesbank pour la Grande erreur ou la Grande Stratégie, l’objectif de celui est de créer une nouvelle monnaie à l’est du Rhin et au nord des Alpes, désencombré des pays endettés et de la France ».


 
© Reuters

De son côté, Angela Merkel s’est invitée dans le débat sur la baisse des taux de la BCE. Depuis plus d’une semaine, les marchés boursiers spéculent sur une nouvelle baisse des taux, bien que ceux-ci à 0,75% soient déjà fort bas, au vu de la dégradation économique galopante de la zone euro. Certains membres de la BCE l’avaient aussi laissé entendre. « L’Allemagne aurait plutôt besoin qu’on remonte les taux », a lancé jeudi Angela Merkel, devant un parterre des banquiers des Caisses d’épargne. Ceux-ci ne cessent de se plaindre que les taux trop bas pénalisent leurs déposants et nuisent à leur activité. 

Une baisse des taux aurait sans doute moins d’effet que beaucoup l’espèrent sur l’économie en Europe. Mais avant même d’en avoir soupesé les avantages et les inconvénients, Berlin a déjà mis seul son veto. Et la BCE aura du mal à aller contre.

«Intransigeance égoïste»

Ce nouvel épisode va donner des arguments au parti socialiste français. Dans un rapport, celui-ci dénonce la politique européenne, dominée par l’égoïsme allemand. « Le projet communautaire est aujourd'hui meurtri par une alliance de circonstance entre les accents thatchériens de l'actuel premier ministre britannique – qui ne conçoit l'Europe qu'à la carte et au rabais – et l'intransigeance égoïste de la chancelière Merkel – qui ne songe à rien d'autre qu'à l'épargne des déposants outre-Rhin, à la balance commerciale enregistrée par Berlin et à son avenir électoral », écrivent les auteurs. Des propos vilipendés par la droite française (Alain Juppé dans Le Monde : « La confiance avec l'Allemagne est rompue. » Bruno Le Maire dans Le Nouvel Observateur : « Le PS véhicule une germanophobie insupportable. » Gilles Carrez dans Le Figaro : « Le PS prend l'Allemagne pour un bouc émissaire. ») et temporisés dès le lendemain par le premier ministre.

A peine désigné mercredi comme président du Conseil en Italie, après plus de cinquante jours de tractations et de bataille, Enrico Letta déclarait quant à lui qu’en Europe« les politiques d’austérité ne suffisaient plus ». Rien ne pouvait être fait sans croissance, assurait-il avant de s’en retourner pour tenter de former un gouvernement.

Sans attendre, le ministre espagnol des finances, Luis Guindos, avait lui aussi annoncé que le diktat européen s’achevait. Avec six millions de chômeurs (27,6% de la population active), une économie en chute libre, la politique d’austérité, telle que dessinée par Bruxelles, n’est plus de mise, selon lui.

 

Luis de Guindos 
Luis de Guindos© Reuters

Vendredi, le gouvernement espagnol – sans le premier ministre Mariano Rajoy, dont l’absence fut remarquée – a présenté son nouveau plan d’attaque. La réduction des déficits publics n’est plus sa priorité : au lieu des 4,5% prévus et promis, il a ramené son objectif de déficit budgétaire pour 2013 à 6,3%. L’objectif des 3%, le chiffre magique de la commission, est renvoyé à 2016, voire plus loin.

Cet assouplissement n’est qu’une concession à la noire réalité. Le gouvernement a été obligé de reconnaître que la récession allait se poursuivre cette année : il prévoit une nouvelle chute de 1,3% de l’économie, au lieu de 0,5% précédemment. La reprise est renvoyée à 2014, pour l’instant. Plus de 1,3 million d’emplois risque de disparaître encore cette année, selon les nouvelles prévisions. Le taux de chômage ne devrait pas retomber en-dessous de 27% avant 2016. De nouvelles réformes structurelles sont prévues, tout comme des hausses d’impôt ciblées. L’endettement du pays devrait dépasser dès cette année les 100% du PIB, il était à 58% en 2007 !

La Commission européenne a été obligée d’acter le nouveau plan espagnol. « Le report de la correction des déficits excessifs (inférieur à 3% du PIB) à 2016 est cohérent avec les analyses des services de la Commission sur ce que doit être la voie d’une consolidation budgétaire équilibrée – mais encore ambitieuse – compte tenu de l’environnement économique difficile». Mais elle s’est empressée d’ajouter : « il est essentiel que la voie budgétaire dans le cadre du programme de stabilité repose sur les prévisions macroéconomiques prudentes et un nombre suffisant de mesures structurelles de grande qualité ».  Il fallait donner de nouveaux gages à l’Allemagne, plus arc-boutée que jamais sur sa ligne d’austérité.

Les cassures au sein de l’Europe sont désormais à nu. Le krach politique n’est pas loin. Le débat que les instances européennes ont cherché à enterrer pendant trois ans, ne va plus pouvoir être différé très longtemps.

 

 

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 21:36

 

Agoravox

  par patdu49 vendredi 26 avril 2013 -  
 

160 000 emplois (souvent précaires) pour 9 500 000 privés d'emplois et travailleurs pauvres occasionnels.

Ne vous inquiétez pas pour vos députés de l'assemblée nationale, avec 1 an de RSA par mois, en argent de poche, au black légalisé, alors qu'ils en ont pas besoin, car salaire d'autant déjà, + nombreuses gratuités, ça va pour eux, ça roule ma poule, et la retraite sera pas trop médiocre non plus.

N'écoutez pas ceux qui disent que ça part en partie, pour louer une permanence, c'est eux même ou leurs proches qui empochent les loyers la plupart du temps, et qui seront propriétaires du bien, façon judicieuse de détourner le pognon me direz vous...

Bon si on parlait des millions de personnes, toujours + nombreuses, qui elles doivent très souvent survivre en étant moins de 2 fois sous les seuils de pauvreté, ou les revenus ne couvrent trop souvent, même pas les charges fixes ( bah oui, c'est comme ça, ceux au pouvoir, hier comme aujourd'hui, sont des ordures inhumaines, pas un scoop hein ... qu'il faudrait multiplier par 2 les allocs de survie, et non pas de 25 centimes par jour ( 7.50€ par mois ), à bon entendeur ... ) 

Sans parler des ignobles déchets humains, qui coupent ces mêmes allocs de survie, parfois de façon arbitraire, dans certains départements à des gens déjà dans la merde jusqu'au cou, faudrait je pense les foutre en taule avec ceux qui grugent le fisc, tout ces dangereux dégénérés du bulbe.

Les dégats humains, maladies, violences, la gestion administrative et répressive de la pauvreté, etc, ça coute de +, bien + financièrement à la collectivité, que de garantir de la non pauvreté avec un revenu universel décent.

Bref revenons froidement aux chiffres :

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Mars 2013 :
 
- Défauts d'Actualisation : 190 700, 42,5 % des sorties des listes
- Radiations Administratives (les punis) : 39 200, 8,7 % des sorties

- Autres Cas ( mystérieuse rubrique, les morts, suicidés, emprisonnés ?) : 52 400 11,7 % des sorties.
 
soit 282 300 radiés des listes ( 62,9 % ) pour autres motifs que :
 
- Stages parking : 36 700, 8,2 % des sorties.

- Arrêts maladie, maternité etc : 35 700, 8 % des sorties.
 
- Reprises d'emploi déclarées : 94 000, ne représentent que 20,9 % des sorties des listes de pôle emploi, et encore, y compris contrats aidés, etc ..
 
Demandeurs d'emploi par catégories :

A : 3 224 600 + 1,2 % ( + 11,5 % sur 1 an )
B : 643 500 + 3,1 % ( + 12,7% sur 1 an )
C : 873 000 - 2,4 ( + 2,3 % sur 1 an )
D : 257 100 - 1,6 % ( + 7,6 % sur 1 an )
E : 350 300 - 0,3 % ( - 5,1 % sur 1 an )

TOTAL : 5 348 500 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 8,6 % sur 1 an, + 29 400 en 1 mois.
 
TOTAL, dom-tom compris : 5 718 300 ( page 15 du rapport de la DARES, lien en bas de page )

Quelques chiffres qui parlent :
 
Chômage Longue durée ( entre 2 et 3 ans ) : + 12,4 % sur 1 an
Chômage Très Longue Durée + de 3 ans : + 18,2 % sur 1 an

Chômage des 50 ans et +, + 15,2 % sur 1 an

Offres d'emploi collectées, - 18,2% sur 1 an

 

+ d'1 chomeur inscrit à pôle emploi sur 2 ( 50,9 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité ( ASS, AER ...)

Offres d'emploi dispo, dernier chiffre connu : 160 242

Le + scandaleux, LES DEMANDEURS d'EMPLOI INVISIBLES, complètement en dehors des statistiques
 
Ne sont pas comptés dans ces 5 742 000 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :
 
1 273 500 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 2 100 000 environ de foyers (chiffre sous estimé datant de l'an passé) , seuls 826 500 sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis ( associations, collectivités locales etc ) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein.
 
+ 1 000 000 au bas mot, de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, ne sont pas inscrits à Pôle emploi
 
+ des centaines de milliers, voire peut être + d'1 million de SANS-DROITS, principalement :
 
- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeur d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. ( quasi unique en Europe )
 
- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 650€ d'allocation chomage, ou 743€ d'allocation adulte handicapé, vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 608€ par mois, si vous ètes NON SDF.
 
- on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre ( loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable

- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA, et qui n'ont pas encore l'age pour la retraite ou le minimum vieillesse "ASPA" ( 67 ans) ASPA récupérable sur le patrimoine au décès.

- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA

- on peut également évoquer, des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres ( même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voir gratuits)
 
- on peut évoquer enfin, des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.
 
Faites le calcul vous même, on arrive au total, à + de 9 MILLIONS demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
 
Sources : Rapport complet de la DARES de 20 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias ) : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/p...

 

 

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 16:22

 

 

LE MONDE | 26.04.2013 à 10h58 • Mis à jour le 26.04.2013 à 16h57

Par Catherine Rollot

Une manifestation de l'association Droit au Logement le 1er avril à Paris pour marquer la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives et réclamer la réquisition de logements vacants.

 

Pour éviter les ennuis, les propriétaires ont-ils préféré remettre sur le marché leurs biens jusque-là vacants ? Selon un premier bilan, non encore rendu public par le ministère du logement, l'épée de Damoclès de la réquisition a agi comme une arme de dissuasion massive, même si une bonne part des habitations soupçonnées de vacance se sont révélées inexploitables.

En Ile-de-France, cinq mois après le lancement par la ministre du logement, Cécile Duflot, d'une campagne de réquisition, 75 % des appartements ciblés ont été remis en location ou sont sur le point de l'être, sans que les pouvoirs publics aient eu besoin d'aller au bout de la procédure.

Dès novembre 2012, les agents de l'Etat ont passé au crible les fichiers de l'administration fiscale pour repérer les logements appartenant à des personnes morales (entreprises, associations, institutions...) vacants depuis plus de dix-huit mois et ce dans quatre régions où le marché immobilier est particulièrement tendu (Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées).

En Ile-de-France, là ou le programme est le plus avancé, sur les 90 000 logements sortis des fichiers vacants, après un premier examen, 70 000 ont été identifiés comme correspondant aux critères de la réquisition. Pour des raisons d'efficacité, les services de l'Etat n'ont retenu que les immeubles comportant entre 5 et 10 logements vacants. "Les procédures de réquisition sont longues et complexes. Il n'est pas "rentable" de lancer le processus pour un seul logement ...

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 16:09

 

Le Monde.fr avec AFP | 26.04.2013 à 16h56 • Mis à jour le 26.04.2013 à 17h00


 

 

 
Pôle emploi a proposé à une chômeuse de rembourser sa dette à raison d'un centime par mois.

Pôle emploi a proposé à une demandeuse d'emploi de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) d'échelonner le remboursement de son "trop-perçu" à raison d'un centime par mois, ce qui représente un échéancier de plus de 22 000 ans.

"Vous avez souhaité bénéficier de délais pour rembourser la somme de 2 648,59 euros que vous avez perçue à tort. Après examen de votre dossier, nous avons décidé de récupérer cette somme par retenues de 0,01 euro par mois jusqu'à extinction de votre dette", indique la lettre de Pôle emploi datée du 17 avril.

Selon Rose-Marie Péchallat, qui soutient la demandeuse d'emploi via son association Recours radiation, la chômeuse destinataire du courrier conteste depuis plusieurs mois cette dette, argumentant qu'elle doit être prescrite, puisque datant de plus de trois ans. L'association a saisi le médiateur national de Pôle emploi, dont les services ont indiqué "examiner le dossier".

Lire : Quand les chômeurs se rebiffent

La question des "trop-perçus" ou "indus", ces sommes versées par erreur aux chômeurs par Pôle emploi, est très sensible. Fin janvier 2013, environ 300 millions d'euros versés par erreur à des chômeurs n'avaient pas été recouverts. Les associations de chômeurs, soutenues par certains syndicats de Pôle emploi, réclament un moratoire sur les remboursements.

Lire : Indemnités chômage : l'appel à la simplicité du médiateur de Pôle emploi

 

 

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 16:03

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 26.04.2013 à 15h52 • Mis à jour le 26.04.2013 à 17h12


Un employé de Goodyear lors d'une manifestation sur le site d'Amiens, le 26 février.

La direction de Goodyear a rejeté, vendredi 26 avril, le projet de scop (coopérative) de la CGT, destiné à maintenir la production de pneus agricoles de l'usine d'Amiens-Nord, menacée de fermeture . "Ce projet de scop n'est pas une solution de reprise viable des activités agricoles de Goodyear dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique", écrit le fabricant de pneumatiques dans une lettre adressée aux salariés.

La direction motive son rejet en expliquant qu'"alors que la lettre d'intention du 19 mars adressée par la CGT Goodyear Amiens-Nord parlait d'une reprise de l'ensemble des activités agricoles de la zone, le projet se limite en réalité à la seule activité de production de pneumatiques agricoles de l'usine". Elle fait valoir qu'"aucune garantie d'emploi n'est par ailleurs offerte".

Ce projet exigerait, selon la lettre de la direction, que le groupe poursuive son activité de recherche et développement agricole, une "approche qui n'est pas envisageable, Goodyear ayant clairement exprimé son intention d'arrêter son activité qui génère une perte annuelle de près de 20 millions d'euros".

Pour elle, la solution proposée par la CGT, syndicat majoritaire à l'usine d'Amiens, "consiste en réalité en une simple activité de sous-traitance de production pour le compte de Goodyear" et "n'apporte donc pas de solution au problème des pertes récurrentes de l'activité".

 

UN PROJET "BALAYÉ D'UN REVERS DE LA MAIN"

"On est extrêmement surpris parce qu'on a remis le projet de Scop à la direction il y a à peine deux jours, le 23 avril, et déjà ils répondent négativement", a immédiatement réagi Mickaël Wamen, le représentant de la CGT, ultra majoritaire à Amiens-Nord.

"C'est vraiment un manque de sérieux évident de la part d'une multinationale qui balaie d'un revers de la main un projet fiable, intelligent, qui permet de sauver un maximum d'emplois, de garantir l'avenir industriel d'un site dans les mêmes conditions qu'un autre repreneur qui s'appelait Titan" – un temps pressenti pour reprendre le site avant de finalement y renoncer , a affirmé M. Wamen.

Tout cela prouve, selon le syndicaliste, "que Goodyear n'a pas d'autre ambition que de fermer le site", qui compte 1 175 salariés, comme annoncé par la direction du fabricant de pneus le 31 janvier. L'usine d'Amiens-Nord emploie 1 175 salariés. 

"La direction n'a jamais dévié de son objectif de PSE (plan social), de fermer complètement l'usine", a renchéri Virgilio Mota da Silva, délégué Sud à Amiens-Nord. Dans ces conditions, la Scop "était un projet mort-né, mais la direction s'en est quand même amusée. Depuis le début, on savait qu'ils ne donneraient jamais ni les brevets, ni les moules" de fabrication des pneus, a-t-il ajouté.

 

Lire aussi, en édition abonnés : La CGT reste très majoritaire à l'usine Goodyear d'Amiens


LA CGT ÉVOQUE SIX CANDIDATS

La CGT, citant des sources internes, avait indiqué mardi qu'il y aurait six candidats, dont deux sérieux, à la reprise de l'usine d'Amiens-Nord, même si cela n'a pas été confirmé par la direction ou par l'Agence française pour les investissements étrangers (AFII), chargée par le gouvernement de trouver des repreneurs d'ici à la fin mai .

"Ils vont encore nous endormir avec les repreneurs. Ils vont nous dire qu'ils en ont trois ou quatre, qu'ils vont voir lequel est le plus sérieux. Et finalement, ils feront comme à Petroplus", a déclaré le délégué du syndicat Sud.

 

Lire : Goodyear : le gouvernement à la recherche d'un repreneur


S'il a été rejeté par la direction, le projet de coopérative ne sera pas "abandonné" mais au contraire "étoffé", et présenté comme prévu samedi matin à Amiens à des salariés chez qui la Scop a suscité un "certain engouement", selon Mickaël Wamen. Pour lui, le fabricant américain de pneumatiques a commis en fermant la voie à la Scop "une nouvelle erreur stratégique", qui va constituer un "élément juridique supplémentaire" dans le combat judiciaire qui oppose depuis plus de six ans le syndicat majoritaire à la direction.

 

 

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 18:21

 

 

Médiapart 

 

 

Plus élitiste que le Whos’ Who, plus rare que la Légion d’Honneur, l’inscription au désormais célèbre « mur des cons » du Syndicat de la magistrature (SM) est devenue un must. Mieux, c’est une carte d’accès VIP aux grands médias, qui permet à certains de prendre un air outragé devant les caméras tout en jubilant sous cape. D'autres regrettant peut-être même, en leur for intérieur, de ne pas y figurer.

Reprenons les faits. Mercredi, le site Atlantico (marqué à droite) met en ligne un petit film amateur tourné clandestinement dans les locaux du SM, syndicat de magistrats créé en 1968, marqué à gauche, et qui pèse environ 30% des voix aux élections professionnelles.

Le film, qui dure 1 minute 30, a visiblement été pris avec un téléphone par un visiteur. Atlantico prétend qu’il a été pris par un magistrat apolitique et non syndiqué. Mais voilà, le SM ne reçoit que ses adhérents, d’autres syndicalistes, et quelques journalistes dans ses bureaux, situés dans un immeuble sans âme du XIII° arrondissement. « C’est très vraisemblablement un membre d’une équipe télé, plusieurs sont venues ici au plus fort des attaques de l’UMP contre le juge Gentil après la mise en examen de Nicolas Sarkozy, qui a pris ces images », pense-t-on SM.

Quoiqu’il en soit, le document montre un mur sur lequel sont collées des photos, avec la mention « mur des cons » et quelques inscriptions. Le personnel politique UMP y est particulièrement bien représenté, avec Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Nadine Morano, MAM, l’ancien ministre des sports Bernard Laporte, et quelques autres.

 

Un authentique morceau du mur 
Un authentique morceau du mur

Plusieurs hauts magistrats marqués à droite, dont Philippe Courroye, y figurent aussi en bonne place. On trouve encore quelques responsables policiers, un syndicaliste policier devenu élu UMP, le criminologue Alain Bauer, le sénateur Michel Charasse, les essayistes Alain Minc et Jacques Attali, et quelques journalistes en vue, aussi.

« Avant d’ajouter un con, vérifiez qu’il n’y est pas déjà », est-il précisé sur ce mur...

« Ce mur, c’est une blague de potache, un défouloir qui remonte aux années où Nicolas Sarkozy et ses amis tapaient tous les jours sur les magistrats », explique-t-on au SM, où l’on fait référence au « mur du çon » du Canard enchaîné. Surtout, « il s’agit d’un lieu privé, et ces images volées n’avaient pas à sortir de notre local », répète-t-on.

Pour attester le côté potache de ce « mur des cons », les magistrats du SM précisent que le précédent président du syndicat y avait été épinglé lui aussi. Quant aux deux pères de victimes d’assassinats qui y figurent, ils n’ont été accrochés que parce que l’un participait à la « commission Léger » (mise en place par Sarkozy en 2009 pour supprimer le juge d’insruction), l’autre étant membre actif du droitier Institut pour la justice (IPJ), explique-t-on.

Les collègues et concurrents de l’Union syndicale des magistrats (USM, modérée et majoritaire), eux, ne sont pas sur le « mur des cons » mais sur le panneau d’à côté, qui est consacré à l’expression syndicale, explique-t-on encore au SM.

L’USM, dont le président est resté mesuré dans ses réactions, est en tout cas remontée, et attend de pied ferme les élections professionnelles de juin prochain. Surtout, l'USM s'inquiète d'un éventuel retour de bâton, au moment où les magistrats demandent plus d'indépendance et une vraie réforme du parquet.

Le revirement de Christiane Taubira

Montée en épingle, l’affaire a donné lieu à des sorties enflammées, à droite, sur le thème des « juges rouges » et des « coupeurs de tête ». Certains (au FN et à l’IPJ) demandant carrément la dissolution du Syndicat de la magistrature, d’autres (à l’UMP) la saisine du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par Christiane Taubira.

Interpellée mercredi à l'Assemblée par des UMP trop contents de se saisir de ce prétexte, la ministre de la justice a répondu en invitant ceux qui le souhaiteraient à saisir les tribunaux.

Même position ce jeudi, dans un communiqué diffusé en début d'après-midi, dans lequel la ministre « exprime aux personnalités politiques de droite comme de gauche, aux personnalités judiciaires, magistrats, avocats, anciens cadres de l’administration centrale du ministère de la Justice, et aux personnalités publiques concernées sa consternation face à ce comportement à tout le moins déplacé de la part d’une organisation syndicale de magistrats ».

Une heure plus tard, Christiane Taubira change d'avis, et annonce aux sénateurs qu'elle a finalement saisi le CSM...

 

Christiane Taubira 
Christiane Taubira

On ignore ce que dira le CSM de cet éventuel « manquement à la déontologie ». Pour ce qui est des poursuites, en revanche, il y a un hic: s’agissant d’un local fermé, les éventuels plaignants ne pourraient soulever que l’infraction d’ « injure non publique », passible au maximum d’une amende de 38 euros.

Et encore, plusieurs juristes estiment que cette infraction n’est pas constituée, la personne n’étant pas injuriée directement - à la différence d’un certain « casse toi pov’con » lancé naguère par Nicolas Sarkozy. Enfin, les éventuels procès engagés par des épinglés du « mur des cons » risqueraient de tourner les plaignants au ridicule.

Il faut bien le dire, des murs de photos, montages et caricatures comme celui du SM existent dans de nombreux locaux syndicaux, associatifs et politiques. On peut même confier ici que de nombreuses rédactions, parisiennes ou non, ont le leur (pas Mediapart, cependant, où l’on est dans l’ensemble assez sérieux sans être forcément moustachu). On ne jurerait pas qu’il n’en existe pas aussi dans les salles de repos des commissariats et dans les salles de garde des hôpitaux. Liste non exhaustive.

Bref, le « mur des cons » du SM n’est pas forcément très intelligent, ni très raffiné, mais il est finalement assez banal. C’est un exutoire. Pas un « tableau de chasse », comme l’a lancé un syndicaliste policier. Ce mur potache ne prouve absolument pas, comme on n’a pu l’entendre ici et là, que les magistrats du SM jugent ou poursuivent avec partialité. Même si le simple doute, le seul soupçon de partialité est déjà ennuyeux.

En fait, ce mur a fourni un prétexte à la droite, et aux nombreux adversaires d'un syndicat engagé, de se refaire une petite santé médiatique à peu de frais. Ce qui était certainement le but recherché.

 

 

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