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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:13

 

rue89.com

 

Invisibilité 16/10/2013 à 12h57
Chômeurs inconnus de Pôle emploi : « Jamais mieux servi que par soi-même »
Emilie Brouze | Journaliste Rue89

 

 

Découragés, « débrouillards » ou radiés, ces chômeurs invisibles ne sont pas comptabilisés dans les chiffres fournis par Pôle emploi, qu’ils évitent.

 


Devant un Pôle emploi du XIXe arrondissement de Paris, le 17 août 2010 (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Frédéric (un pseudo) n’est plus inscrit à Pôle emploi depuis quatre ou cinq ans. « Ça ne m’intéresse pas d’aller à des rendez-vous qui ne servent à rien. Ils ne m’ont jamais trouvé un travail », affirme le trentenaire.

Il préfère chercher de son côté l’emploi rêvé : un job dans la botanique. Et vient de terminer un CDD d’appoint de deux mois comme veilleur de nuit, dégoté grâce à un voisin. Si Frédéric était inscrit à Pôle emploi, il pourrait prétendre à une allocation... « Mais si d’autres peuvent en profiter... », balaie-t-il.

L’homme fait partie des milliers de chômeurs invisibles. Ceux qui cherchent un travail mais ne sont pas comptabilisés dans les chiffres fournis par Pôle emploi, chaque fin de mois.

Qui sont-ils ? Rue89 a reçu des e-mails de découragés, « débrouillards » ou radiés qui ont répondu à notre appel à témoins. Si, toutes catégories confondues, on recense plus de 5 millions de demandeurs d’emploi en France (dont 3,2 millions dans la catégorie A), ceux-là ont disparu des radars. Ou n’ont même jamais été comptabilisés.

« Jamais mieux servi que par soi-même »

Pôle emploi ? Lucile (un pseudo) préfère la débrouille : « On n’est jamais mieux servi que par soi-même. » La Bordelaise de 25 ans se réfère à son compagnon qui a « toujours eu des ennuis avec ce service ». Quand il cherchait dans la métallurgie, on lui a proposé un contrat dans la vente, appuie-t-elle.

Certains amis de Lucile ont mené seuls leur recherche de travail ou de formation : « Là encore, Pôle emploi est très fort pour proposer des formations pas du tout en accord avec leur profil professionnel. »

En attendant, celle qui a décroché son diplôme de mode en juin dernier, « taff au billet » (une expression de sa grand-mère) : des petits travaux de couture qui lui rapportent 500 euros par mois.

« Se retrouver dans cette situation, ça endurcit le moral. On se serre la ceinture, ça ne fait pas de mal, au contraire. On redécouvre la solidarité entre les personnes, on devient économe, on se prépare au monde réel. »

« Ce qui est drôle », écrit Lucile, « c’est que je n’ai jamais été aussi heureuse dans ma vie qu’aujourd’hui ».

Pierre, dans la zone grise

Pierre, 23 ans, a lui bien cliqué sur « m’inscrire », sur Pole-emploi.fr, indiquant ensuite qu’il occupait déjà un emploi. Un « CDI étudiant » de caissier, 15 heures pour 430 euros net par mois, histoire de continuer de régler son loyer. Il n’a pas réussi à aller plus loin sur le site :

« Vous devez être disponible pour rechercher un emploi. Nous vous invitons à vous reconnecter sur Pole-emploi.fr lorsque vous le serez. »


Capture d’un message sur Pole-emploi.fr

 

Le Rennais, qui vient de terminer son école d’audiovisuel, cherche pourtant un travail à temps complet dans son domaine, « sans relâche » et partout en France. Pas tout à fait chômeur pour les stats, Pierre fait partie d’une zone grise :

« Je n’ai donc pas accès à Pôle emploi du fait que j’ai un “CDI” étudiant. Si je quitte mon emploi pour avoir accès à Pôle emploi, je me retrouve sans aucune source de revenu. De plus, dans mon domaine (le son), il est certain que Pôle emploi ne m’aidera pas vraiment dans ma recherche. »

Pour Catherine (un pseudo), 39 ans, bouder Pôle emploi est un choix. Licenciée économique, cette dernière réseaute dans l’espoir de trouver un contrat. Arrivée en fin de droits, elle ne touche plus d’allocations. Quand on lui demande, l’ex-cadre n’est d’ailleurs plus sûre d’avoir été radiée : Catherine ne s’est simplement plus actualisée. Et insiste :

« Sans droits, il n’y a pas d’intérêts à être inscrit à Pôle emploi. »

« J’ai craqué et j’ai quitté la pièce »

Lise (un pseudo), 22 ans, a « craqué » au bout de plusieurs mois. Elle a quitté Pôle emploi l’été dernier, durant une formation qu’on lui avait proposée :

« J’y suis allée, me disant que je n’avais rien à perdre. Mais devant la personne qui m’expliquait que j’étais là pour apprendre à rédiger un CV et une lettre de motivation, j’ai craqué. J’ai refusé de continuer et j’ai quitté la pièce. »

La jeune femme, qui habite à Tours, s’était inscrite il y a un an, après avoir arrêté sa licence. A l’époque, elle voulait pouvoir remplir son frigo et trouver au plus vite un job alimentaire dans l’hôtellerie-restauration, avant d’espérer signer le contrat de ses rêves.

« Ma conseillère m’a annoncé qu’il était impossible que je prétende à une place de serveuse en restauration (puisque j’avais trop de diplômes), que j’envisage un poste dans l’enseignement en collège ou lycée (puisque je n’avais pas assez d’expérience) ou que je ne pouvais pas même compter sur un poste de “valet/femme de chambre” parce que je n’aurai pas les compétences requises. »

Devant l’impuissance de Pôle emploi, Lise a cherché seule. Elle attend d’ailleurs aujourd’hui une réponse d’une candidature spontanée :

« Le plus croustillant reste que ce poste ne m’aurait jamais
été proposé par ma conseillère, pour la simple et bonne raison que sur l’annonce, on demandait de préférence un niveau bac+2. »

Odile, 48 ans, disparue des listes en juillet

Laure (un pseudo), 31 ans, n’a plus répondu aux e-mails de Pôle emploi après deux ou trois mois de rendez-vous et 38 candidatures infructueuses.

« Pour ma conseillère Pôle emploi, changer d’orientation professionnelle à plus de 30 ans est impossible, sous prétexte que j’ai déjà un diplôme “pas trop mal”. [...] Je me suis vue refuser toutes demandes de formation alors que c’était l’unique but de mon inscription chez eux. »

Cette mère de trois enfants, radiée des stats, a depuis décroché quelques entretiens et conclut dans son e-mail :

« Merci Pôle emploi de ne plus te mêler de ma recherche d’emploi ! »

Ils étaient 277 000 radiés en août 2013 – un problème d’acheminement des messages de relance a toutefois gonflé ce chiffre. Oublis, démotivation, radiations administratives : en moyenne, 200 000 chômeurs sont rayés des listes chaque mois.

Comme Odile, 48 ans, disparue des comptes en juillet dernier. La faute à un rendez-vous manqué – elle est pourtant sûre de l’avoir décalé.

Inscrite depuis mars 2012, Odile « ne compte pas sur Pôle emploi pour trouver un job », mais doit être sur la liste pour recevoir le RSA (Revenu de solidarité active). Elle compte bientôt se réinscrire afin de ne pas perdre son allocation : Pôle emploi lui a indiqué par courrier qu’on la signalerait au conseil général.

Odile, qui réside dans le Gers, écrit que son expérience lui a surtout montré qu’il vaut mieux compter sur le système D « et ce bon vieux bouche à oreille ». Alors même si « ce n’est pas le rêve », elle cherche surtout sur Le Bon Coin : elle y a déjà trouvé des petits boulots d’enquêteurs dans les transports en commun.

« Au moins, avec Le Bon Coin, on s’épargne les offres d’emploi à Tataouine-les-bains, avec des horaires impossibles, pour un salaire de misère et où on est obligé de se présenter si on veut pas être radié... ou fiché “mauvais chômeur”... On choisit ou pas de répondre à une annonce. »

MERCI RIVERAINS ! hoshiko
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 20:51

 

reporterre.net

 

M. Hollande a choisi : on soutiendra l’agriculture productiviste

Marie Astier (Reporterre)

mercredi 16 octobre 2013

 

 

 

Début octobre, le président de la République a indiqué les orientations de sa politique agricole. Après avoir discuté plus de deux heures avec Xavier Beulin, le patron de la FNSEA, il a choisi de faire silence sur l’agro-écologie et de privilégier les céréaliers et l’élevage intensif. Sur le terrain, les paysans que Reporterre a rencontrés sont désolés et en colère.

 


 

François Hollande avait soigneusement choisi le lieu pour son grand discours sur l’agriculture : le salon de l’élevage de Cournon, rendez-vous annuel de la profession. Mercredi 2 octobre, le Président de la République a annoncé comment seraient réparties les aides européennes de la Politique agricole commune (PAC). 64 milliards d’euros sur 7 ans, de 2014 à 2020. Soit 9,1 milliards d’euros par an, à distribuer entre tous les paysans de France.

La répartition du gâteau est délicate et très politique. Elle permet au gouvernement d’orienter le développement de l’agriculture française. Souhaite-t-on plus d’élevage ? De céréales ? De bio ? Jusqu’ici les parts ont été plutôt inégales : 80% des subventions vont à 20% des exploitations. En majorité les grandes fermes céréalières du bassin parisien, qui cultivent souvent plus de 100 hectares.

Début octobre, François Hollande a donc donné l’impression de choisir une nouvelle direction (http://agriculture.gouv.fr/sommet-elevage-2013) : "Priorité à l’élevage", a-t-il martelé.

"Mais en fait, cela ne change pas grand chose", déplore Samuel Féret, est coordinateur du réseau PAC 2013, un groupement de 25 organisations. Parmi elles, la Confédération Paysanne, la Fédération des parcs naturels régionaux de France, ou encore Les Amis de la Terre et le WWF. Pour tous, la déception est grande : les grandes exploitations céréalières et les élevages intensifs restent les principaux bénéficiaires de la nouvelle PAC.

Pas un mot sur l’agro-écologie

François Hollande annonce bien un milliard d’euros supplémentaires pour l’élevage. Mais l’effort n’est pas plus important que celui déjà fourni par le précédent gouvernement. Il avait, en 2009, "déjà réorienté plus de 1 milliards d’euros vers des objectifs similaires", souligne le communiqué de presse de PAC2013, qui dénonce "une continuité dans cette PAC à la française".

 

 

La Politique agricole commune selon le gouvernement -

 

Surtout, la position de la France, ambitieuse lors des négociations européennes, ne se retrouve pas au niveau national. Par exemple, la nouvelle PAC met en place une "prime" aux 52 premiers hectares. Une façon d’encourager les plus petites exploitations, souvent des élevages. "C’est une idée de Stéphane Le Foll, il l’a défendue lui-même à Bruxelles. Mais on ne va pas l’utiliser à fond", regrette Samuel Féret. En effet, la France ne va mobiliser que les deux tiers des crédits que l’Europe l’autorise à mettre dans cette prime.

Autre exemple avec les mesures dites "agro-environnementales" (comme la réduction des pesticides ou l’entretien de prairies favorables à la biodiversité). "La France a été un des rares Etats membres de l’Union à défendre un verdissement de la PAC dès le départ, explique Samuel Féret. Angela Merkel n’en voulait pas et François Hollande a tenu bon ! Pourtant à Cournon, il n’a rien dit à ce propos."

Les associations sont d’autant plus surprises qu’en février 2013, le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a lancé son "projet agro-écologique pour la France". A l’époque il annonçait bien qu’il s’appuierait sur la PAC.

Dernier exemple : la "convergence" des "aides au revenu". Pour l’instant, certaines exploitations céréalières peuvent recevoir plus de 400 euros à l’hectare, quand un éleveur de brebis des Alpes est aidé à hauteur d’environ 100 euros à l’hectare. Le groupe PAC 2013 demandait 100 % de convergence : tous les agriculteurs français auraient alors reçu la même aide à l’hectare, une petite révolution pour le monde agricole. En face, la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) voulait limiter à 60 % : trop de "convergence" pourrait faire perdre beaucoup de subventions à ceux qui en reçoivent le plus. C’est-à-dire les grands céréaliers du bassin parisien et les élevages intensifs de l’ouest, qu’elle représente.
Finalement, François Hollande a tranché à 70 %, avec un plafond qui permet à chaque exploitation de ne pas perdre plus de 30 % de ses aides actuelles. "Il a donc choisi une position plus proche de celle de la FNSEA", remarque Samuel Féret.

Plus de deux heures à l’écoute du patron de la FNSEA

Pourtant, lors des négociations, le scénario préféré de Stéphane Le Foll était de 100 % de convergence. L’Elysée se serait donc éloigné des orientations négociées par son ministre de l’Agriculture. "Je pense qu’il a été écarté lors des décisions finales", indique à Reporterre un membre de la commission agricole du PS (Parti socialiste), qui souhaite rester anonyme. Au passage, il note aussi que le scénario choisi s’éloigne fortement de la position du PS, qui recommande une convergence à 100 %.

Mais au moment des derniers arbitrages, il semble que le Président de la République a plutôt tendu l’oreille à la FNSEA, qui reste le principal syndicat agricole. Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a été reçu par François Hollande la veille du discours de Cournon, le mardi 1er octobre. Comme l’indique l’agenda du Président de la République, l’entretien a duré plus de deux heures.

 

 

Le long entretien du Président de la République avec Xavier Beulin -

 

Peut-être François Hollande a-t-il voulu éviter que les tracteurs descendent dans les rues, à quelques mois des municipales. En tout cas, "l’Elysée voulait arriver à un accord avec la FNSEA, continue la même source. Mais ils voulaient discuter uniquement avec la direction, c’est-à-dire Xavier Beulin, qui représente avant tout les céréaliers. Il a fait taire les représentants des éleveurs au sein du conseil de la Fédération. Puis il est arrivé à l’Elysée le mardi en affirmant : ’Nous sommes unanimes’... Et le Président de la République a cédé sur tout, à des niveaux que personne n’imaginait."

Au cabinet du ministre Stéphane Le Foll, on conteste cette thèse avec virulence : "C’est une légende urbaine. Si vous vous imaginez que la réforme s’est faite la veille dans le bureau de François Hollande, c’est non ! Les arbitrages du Président de la République sont finalement assez proches des positions de Stéphane Le Foll."

Les céréaliers, "dans la continuité"

Reste que cette nouvelle PAC préserve, pour l’essentiel, les subventions attribuées aux céréaliers. "Comme à chaque réforme, dans le milieu céréalier on s’attend à ce que tout soit bouleversé, raconte Quentin Delachapelle, céréalier dans la Marne. En fait, on est dans la continuité. Les aides diminuent lentement, sans savoir où l’on va à long terme... Les céréaliers que je côtoie ont tous conscience d’être très dépendants de la PAC. Donc il y a une inquiétude. Mais l’augmentation du cours des céréales relativise la baisse des aides PAC."



Quentin de la Chapelle -

 

Surtout, Quentin regrette que le Président de la République n’ait pas dit un seul mot à propos des aides "agro-environnementales". Sur ses 160 hectares, il a déjà réduit les pesticides de moitié. Il préserve une prairie de cinq hectares, des haies et d’autres "zones refuges pour la biodiversité". Ses cultures sont désormais plus résistantes aux aléas climatiques, son rendement n’a pas baissé et il dépense moins en intrants chimiques.

"Pour que ces mesures se généralisent, il faut que la PAC aille dans ce sens, insiste Quentin. Une baisse des aides serait tout à fait justifiée... A condition qu’en contrepartie, il y ai des mesures d’accompagnement. Pour que les exploitations comme les nôtres puissent se diriger vers une transition agro-écologique. Pour l’instant c’est loin d’être le cas."

« Tout le monde sur un pied d’égalité »

Du côté des éleveurs, on trouve aussi des mécontents. Patrick Guérin est éleveur bio de vaches laitières en Bretagne. Avec 30 hectares et 25 vaches, il fait figure de nain à côté des élevages intensifs du coin. « Ils nourrissent leurs vaches avec du maïs et du soja importés, alors que les miennes mangent de l’herbe », précise-t-il. Pourtant, ils reçoivent en moyenne 100 euros de plus que lui à l’hectare. « Il y a une forme de distorsion qui n’est pas acceptable ».

 


Patrick Guérin -

 

Il a écouté attentivement le discours de François Hollande le 2 octobre : « Il avait une possibilité de remettre tout le monde sur un même pied d’égalité. Manifestement ce ne sera pas le cas. » La nouvelle PAC ne lui donnera pas plus d’aides au revenu. « Je vais juste récupérer mes billes », a-t-il calculé.

Les éleveurs de brebis au SMIC

Olivier Bel, lui, est "quasiment sûr" qu’il va toucher moins. Membre de la Confédération paysanne, il élève 210 brebis en bio dans les Alpes de Haute-Provence. Un petit troupeau pour la région. Son revenu est dans la moyenne de celui des éleveurs ovins de la région, à peu près le SMIC. A ce tarif là, les éleveurs de brebis ont l’honneur d’avoir les plus bas revenus de l’agriculture française. Il est 4,5 fois inférieur à celui des céréaliers (16.500 euros en moyenne pour l’année 2012 contre 76.500 euros pour les grandes cultures, selon le ministère de l’agriculture).

 

 

Olivier Bel -

 

La majorité des aides qu’il reçoit sont liées à "l’ICHN", Indemnité compensatoire de handicaps naturels. Il la reçoit car son exploitation se situe en montagne. Jusqu’ici, cette indemnité était réservée aux exploitations de moins de cinquante hectares. François Hollande a relevé le plafond à soixante-quinze hectares. "Donc il y aura plus d’exploitations à se partager la même enveloppe. Ma prime risque de diminuer !" Seule solution pour préserver ses aides selon lui : "L’agrandissement. Je dois augmenter mon troupeau de cent brebis."

Car Olivier l’admet, "la moitié de mes revenus dépendent des aides de la PAC. Mais le prix de l’agneau au kilo est le même qu’il y a trente ans. A l’époque, je pouvais m’acheter plus de choses !" Et encore, l’éleveur estime bien s’en sortir par rapport à ses collègues.

Ses bêtes pâturent dix mois de l’année, ce qui donne de la viande de qualité supérieure : "Je vends en direct, comme ça je valorise mieux le produit". Il arrive ainsi à vendre son agneau 14 euros le kilo hors taxes, contre un cours à 5,50 euros le kilo... Et des coûts de production à 7,50 euros le kilo en moyenne. "La majorité des éleveurs vendent à perte, c’est pour cela que l’on ne peut pas se passer des aides de la PAC ! Certains doivent même demander le RSA. J’espère ne pas avoir à le faire", ajoute-t-il un brin amer. Avant de conclure : "La convergence des aides, de toute façon je ne la verrai pas. En 2020 je serai à la retraite. Et d’ici là, pas mal d’éleveurs ovins auront disparu."

Mais à la Confédération paysanne, certains espèrent encore. La France a jusqu’en avril 2014 pour rendre sa copie à l’Union Européenne. « Le gouvernement peut encore modifier ses orientations », rappelle Judith Carmona, en charge de la PAC au syndicat. Puis les agriculteurs devront attendre 2015, pour voir tomber leurs subventions calculées selon la PAC nouvelle formule.

 


 

Source : Marie Astier pour Reporterre.

Photos :
. Champ de blé : Cradoboys.
. Portraits : Marie Astier.

Lire aussi : L’agroforesterie s’enracine dans l’agriculture.

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 21:24

 

cadtm.org

 

Conférence-débat

Éric Toussaint "Notre AAA : audit, annulation, alternatives"

Audio

14 octobre par Eric Toussaint

 


L’Association Jaurès Espace Tarn, ATTAC Tarn, et la FSU ont invité, le mardi 24 septembre 2013 à Albi, Éric Toussaint, président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde de Belgique (CADTM)

pour une conférence-débat

Notre AAA : Audit, Annulation, Alternatives

À propos de la dette mondiale...

Le AAA (triple A) que nous voulons, c’est celui des peuples et non celui des agences de notation. Il faut annuler la dette illégitime car elle sert de prétexte aux politiques d’austérité. Cette annulation doit être complétée par d’autres mesures structurelles afin d’instaurer la justice sociale. Seules des luttes populaires de grande ampleur pourront imposer un changement radical de logique et de système.

 

 

 

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:51

 

blogs.rue89.com

Les biens communs, pour modérer l’élan destructeur du capitalisme
Pierre-Carl Langlais - wikipedien

Publié le 15/10/2013 à 16h49

 

 


Des vaches dans un champ (Adam Campbell/Flickr/CC)

C’est l’un des principaux espoirs politiques et sociaux de ce début de siècle. Et il n’apparaît presque jamais dans les débats publics « officiels », où bouc-émissaires et petites intrigues politiciennes assurent l’essentiel du spectacle.

Apparu pendant les années 90 à la lisière de milieux altermondialistes et de militants de l’Internet libre, le mouvement des biens communs a pris de l’ampleur au cours de ces années de crise. Il apparaît de plus en plus comme une solution aux nombreuses dérives de nos société.

Le succès considérable, et en grande partie imprévu, du festival Villes en biens communs révèle cette révolution silencieuse. De Brest à Ouagadougou, le monde francophone se saisit spontanément d’un idéal qui fédère toutes les strates de la société.

Les biens communs ont toujours existé

Le mouvement des biens communs est né d’un constat : aussi bien l’Etat que le marché ne parviennent pas à organiser correctement de nombreuses activités sociales. Les ressources environnementales sont notamment menacée par des logiques marchandes ou centralisatrices inadaptées, qui ignorent délibérément les connaissances empiriques des communautés locales.

On parle à ce propos de la tragédie des anticommuns : l’exploitation d’une ressource au profit d’un intérêt particulier ou étatique s’avère non seulement inefficace mais potentiellement dangereuse. Les menaces pesant sur l’environnement ou la rareté artificiellement entretenue de l’accès aux biens culturels sont révélateurs des déséquilibres générés par ces modes d’organisation.

Ces problématiques récurrentes ont amené plusieurs chercheurs à s’intéresser à des modèles sociaux alternatifs. L’économiste nord-américaine Elinor Ostrom a mis en évidence l’efficacité des organisations communautaires spontanées. Ces « arrangements institutionnels » souples permettent de gérer une ressource de manière optimale sans l’épuiser.

Les biens communs ont en effet toujours existé. Jusqu’au début du XVIIIe siècle, de nombreux espaces naturels sont librement gérés par de petites communautés locales. La révolution industrielle met un terme à cette situation ancienne. Le mouvement des enclosures au Royaume-Uni marque une réappropriation brutale des territoires communaux par de grands propriétaires terriens, enrichis par l’essor du secteur secondaire. L’impérialisme colonial européen contribue à étendre cette captation au monde entier.

Cette réévaluation des communs a été considérablement légitimée par l’irruption des technologies numériques. Elles autorisent la formation et la perpétuation de communauté autonomes et durables par-delà les distances. La gestion par biens communs devient généralisable à de nombreuses activités économiques de la vie moderne.

Encyclopédies, sciences et même finances

Les situations de crise écologique et la diffusion des technologies numériques contribuent pareillement à l’essor des communs. Ce retour en grâce n’est porté par aucun parti politique en particulier. Il s’impose spontanément au sein de nos sociétés.

C’est un phénomène inédit. Depuis les années 70, nous sommes plutôt habitués à la logique inverse : les communs sont progressivement intégrés au marché et transformés en biens de consommations. La protection intellectuelle s’étend indéfiniment, de même que l’emprise des multinationales sur le monde naturel. La diffusion des OGM marque la consécration du processus de marchandisation du vivant : pour la première fois depuis l’invention de l’agriculture, les planteurs ne sont plus maîtres de leurs semences.

Et pourtant, à côté de cette marchandisation accrue, le mouvement des communs s’insère dans des activités qui paraissaient définitivement gagnés par une logique commerciale. Wikipédia illustre ce renversement majeur. Le modèle d’une encyclopédie libre et autonome s’est progressivement imposée, au détriment des encyclopédies commerciales traditionnelles (Encarta, Britannica, Universalis…). Toutes les tentatives pour remonétiser les productions encyclopédiques se sont révélées inopérantes.

L’ensemble du secteur de la publication scientifique est aujourd’hui travaillé par une tension similaire. Les propriétaires des revues académiques sont loin d’avoir abandonnés la partie. Elles sont néanmoins confrontées à une fronde croissante des communautés scientifiques, de plus en plus désireuses d’auto-organiser le processus de publication.

Paradoxalement, le cœur-même de l’économie moderne, la finance, n’est pas non plus à l’abri de cette délégation progressive. Le déclin des agences d’information a entraîné, de facto, la transformation de l’information commerciale en bien commun. Les nombreuses expérimentations autour des monnaies sociales et collaboratives portent également l’espoir d’une finance structurées autour des biens communs.

Capitalisme sans rival

On se situe ainsi de plus en plus au croisement de deux mondes. L’expansion séculaire du marché est non seulement contenue, mais concurrencée par la renaissance des communs.

Cette intrication va s’intensifier dans les années à venir : les points de tensions se multiplient. L’Assemblée nationale rouvre ainsi prochainement un dossier ancien : le statut du domaine public dans la législation sur le droit d’auteur.

Situé de facto dans le régime des biens communs, le domaine public n’a jamais été véritablement défini. Une journée d’étude prévue le 31 octobre 2013, à l’initiative de la députée Isabelle Attard et du collectif SavoirsCom1 permettra d’amorcer ce débat essentiel.

L’un des deux mondes ne va pas nécessairement l’emporter sur l’autre. Néanmoins, le mouvement des communs contribuera éventuellement à modérer l’élan destructeur d’un capitalisme sans rival.

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:45

 

 

blogs.mediapart.fr

Léonarda, 15 ans, arrêtée et expulsée pendant une sortie scolaire

Mme Dibrani et ses 6 enfants ont été expulsés  mercredi  9 octobre au matin vers le Kosovo. Ils habitaient un appartement à Levier (Doubs) qu'ils occupaient dans le cadre de la prise en charge des demandeurs d'asile du DLHD.

            M. Dibrani était depuis fin août retenu au centre de rétention de Strasbourg. Assigné à résidence, il a été arrêté à Mulhouse. Son expulsion programmée 2 fois a été repoussée jusqu'à mardi 8 octobre au matin.

            Après cette expulsion, le mardi soir Mme Dibrani a réaffirmé son vœu de rester en France pour l'avenir de ses enfants malgré l'angoisse qu'elle ressentait à l'idée d'être seule avec sa famille. Les enfants qui ont entre 5 et 17 ans étaient scolarisés depuis plus de 3 ans, ils étaient en France depuis presque 5 ans (4 ans et 10 mois), autrement dit, dans deux mois, ils entraient de plein droit dans le cadre dela circulaire Valls et pouvaient être régularisés. Le mardi soir avant l'expulsion la mère était perdue, les enfants attendaient et Hasan, l'avant dernier âgé de 5 ans, recopiait des lettres apprises à l'école agenouillé au-dessus d'un carton.

            La plus petite Médina est âgée d'un an, elle est née en France. Tous les enfants parlent parfaitement le français. Maria et Leonarda ont obtenu le DELF diplôme de français niveau B1 demandé par la préfecture pour obtenir la nationalité française. Après ses années de collège, Maria a fait cette année sa rentrée au lycée Toussaint Louverture en première année de CAP service. Son professeur de français souligne sa volonté et son enthousiasme. Dans le petit sac de sport qu'elle a pris le matin de l'expulsion, elle a emporté son costume de travail.

            Leonarda, scolarisée en 3ème DP3 (option découverte professionnelle) au collège André Malraux, n'était pas chez elle ce matin là. Les professeurs de la classe avaient organisé une sortie à Sochaux sur toute la journée avec un départ à 7h00. Pour être à l'heure, elle ne pouvait pas prendre le bus de son domicile. Elle a donc dormi chez une amie à Pontarlier. Les policiers ont été renseignés sur l'endroit où elle se trouvait. Le maire de Levier a appelé Léonarda et a demandé à parler à un professeur présent dans le bus, elle a transmis son téléphone à Madame Giacoma, professeur d'histoire-géographie-éducation civique au collège Malraux.

 Mme Giacoma : «je n'ai pas compris tout de suite ce qui se passait, j'ai cru que c'était la mère de Léonarda qui voulait être rassurée et en fait, c'était  le maire  de Levier, commune de résidence de Léonarda, qui m'a précisé qu'il savait que nous nous rendions à Sochaux et il me demandait expressément de faire arrêter le bus. Dans un premier temps j'ai refusé en précisant que ma mission était d'aller à Sochaux avec tous les élèves inscrits pour cette sortie pédagogique (visite de lycées + visite de l'usine Peugeot). Le maire de Levier, Albert Jeannin, m'a alors passé au téléphone un agent de la PAF qui était dans son bureau : son langage était plus ferme et plus directif, il m'a dit que nous n'avions pas le choix que nous devions impérativement faire stopper le bus là où nous étions car il voulait récupérer une de nos élèves en situation irrégulière : Léonarda Dibrani cette dernière devait retrouver sa famille pour être expulsée avec sa maman et ses frères et soeurs ! Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas me demander une telle chose car je trouvais ça totalement inhumain ...  il m'a intimé l'ordre de faire arrêter le bus immédiatement à l'endroit exact où nous nous trouvions, le bus était alors sur une rocade très passante, un tel arrêt aurait été dangereux ! Prise au piège avec 40 élèves,  j'ai demandé à ma collègue d'aller voir le chauffeur et nous avons décidé d'arrêter le bus sur le parking d'un autre collège (Lucie Aubrac de Doubs). J'ai demandé à Léonarda de dire au revoir à ses copines, puis je suis descendue du bus avec elle, nous sommes allées dans l'enceinte du collège à l'abri des regards et je lui ai expliqué la situation, elle a beaucoup pleuré, je l'ai prise dans mes bras pour la réconforter et lui expliquer qu'elle allait traverser des moments difficiles, qu'il lui faudrait beaucoup de courage... Une voiture de police est arrivée, deux policiers en uniforme sont sortis. Je leur ai dit que la façon de procéder à l'interpellation d'une jeune fille dans le cadre des activités scolaires est totalement inhumaine et qu'ils auraient pu procéder différemment, il m'ont répondu qu'ils n'avaient pas le choix, qu'elle devait retrouver sa famille...Je leur ai encore demandé pour rester un peu avec Léoanarda et lui dire au revoir (je l'a connais depuis 4 ans et l'émotion était très forte). Puis j'ai demandé aux policiers de laisser s'éloigner le bus pour que les élèves ne voient pas Léonarda monter dans la voiture de police, elle ne voulait pas être humiliée devant ses amis ! Mes collègues ont ensuite expliqué la situation à certains élèves qui croyaient que Léonarda avait volé ou commis un délit. Les élèves et les professeurs ont été extrêmement choqués et j'ai du parler à nouveau de ce qui s'était passé le lendemain pour ne pas inquiéter les élèves et les parents.»

             Lorsque la famille est partie, nous avons essayé de joindre par mail la préfecture fermée le mercredi matin. Mais la famille a été emmenée directement à l'aéroport pour prendre un avion à 13h00 le même jour. Nous avons eu au téléphone les deux filles Maria et Leonarda jusqu'au départ de l'avion.

             Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture, sommes profondément choqués par les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue.

            Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture, sommes choqués de voir comment les efforts d'intégration fournis par ces enfants à l'école sont réduits à néant par des politiques aveugles et inhumaines.

             Nous demandons le retour immédiat des enfants en France pour leur sécurité.

                                                                     Enseignants du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture

 

 

Le récit qui précède est celui d’enseignants des enfants.

Le constat est amer. D’abord parce qu’une expulsion, quelle qu’elle soit, est une violence. Le pays où vous espériez faire (refaire) votre vie ne veut pas de vous, vous exclut, vous repousse physiquement.  Cet ostracisme est insupportable pour des adultes. Il est dévastateur pour des enfants. Il faut regretter que des responsables de gauche, disant défendre certaines valeurs, pour certains d’entre eux prétendant se souvenir de leur passé d’immigré, fassent mine de l’ignorer pour booster leur carrière.

On a honte pour tous ceux qui, de près ou de loin, maire, fonctionnaires de la PAF, préfet, membres du cabinet,  imbéciles ou salauds,  ont collaboré à cette arrestation.  Ont-ils remarqué quela jeune Léonardaa été interpellée sur le parking du collège Lucie Aubrac ? Aubrac ? Connais pas ?

Il faut dire, en prime, que cette malheureuse famille paye, comme d’autres, la lâcheté politique des ministres de l’Intérieur successifs, de Nicolas Sarkozy à Manuel Valls en passant par Hortefeux, Besson et Guéant.  En effet, la saine incompréhension des élèves, des enseignants, des parents ont, de fait, pratiquement interdit l’expulsion des élèves depuis des années. Impossible de mettre dans un avion à destination de Bamako ou d’Alger une famille avec deux ou trois enfants sans provoquer la révolte des passagers.

Ne restent plus dès lors que les familles qui peuvent être montées dans les avions privés du ministère des expulsions et envoyées vers les pays qui acceptent de recevoir ces avions : les pays de l’union européenne astreints à accueillir les « Dublin II »…. Et le Kosovo, état croupion, que les ministres de l’Intérieur, Valls comme Guéant et Besson, obligent à admettre ses avions prison, transportant une femme et ses six enfants, sur son sol. La honte.

                                                       MR

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:35

 

lesoir.be

Un travailleur d’ArcelorMittal se suicide et dénonce Mittal

P.LA. et Ph.Bx.
Mis en ligne il y a 7 heures

 

Alain Vigneron, un travailleur d’ArcelorMittal, a mis fin à ses jours samedi en région liégeoise, deux ans jour pour jour après l’annonce de la fin de la phase à chaud à Liège. « Monsieur Mittal m’a tout pris », écrit-il dans une lettre d’adieu.

  •  Reuters Reuters

Dans une lettre d’adieu, Alain Vigneron, travailleur d’ArcelorMittal militant au sein de la FGT a lancé un véritable cri de détresse en dénonçant le comportement de Lakshmi Mittal et l’inaction des autorités publiques.

L’homme laisse derrière lui une femme, dont il était récemment séparé, et une fille. Voici un extrait de la lettre qu’il a écrite à ses proches et son délégué syndical.

« Chère famille, je vous dis mes derniers mots. Je veux que vous respectiez ma femme et ma fille, ils n’y sont pour rien. Je les ai fait souffrir énormément à cause de mon boulot pour Monsieur Mittal. Il m’a tout pris : mon emploi, ma famille. Combien de familles va-t-il encore détruire ? Moi, je n’en peux plus de ce milliardaire. Vous savez, je me bats depuis 31 ans pour avoir un petit quelque chose. Et voilà je vais perdre mon emploi et combien de familles vont le perdre, Monsieur Mittal ? »

Le gouvernement aussi pointé du doigt

Dans sa lettre, l’homme de 45 ans dénonce aussi les autorités politiques : « Cher gouvernement, allez-vous enfin sauver les milliers d’emplois des familles qui en valent la peine ? Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais Monsieur Mittal m’a tout repris : la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille. Et que la presse soit au courant de mon acte. J’ai fait des panneaux, je voudrais qu’il soit à l’église et que tout le monde voit pourquoi j’ai mis fin à mes jours », écrit notamment Alain Vigneron qui s’est pendu deux ans jour pour jour après l’annonce des premières fermetures chez ArcelorMittal.

Alain Vigneron a émis le souhait que ses derniers mots soient lus lors de ses funérailles afin de sensibiliser la population au sort des travailleurs d’ArcelorMittal.

« Le mal-être des travailleurs est infernal mais un suicide est avant tout une affaire privée », réagit la CSC tandis que la FGTB ajoute : « Si Mittal est responsable du massacre social, c’est de manière collective ».

L’an passé, deux travailleurs d’AMittal Liège ont mis fin à leurs jours, sans donner une portée « politique » à leur acte.

 

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 14:58

 

 

blogs.mediapart.fr

 

L’affaire Karachi sur Arte : la raison d’Etat contre la démocratie

 

Arte diffuse, mardi 15 octobre à 20 h 50, un film exceptionnel, L’argent, le sang et la démocratie. Cette enquête de Jean-Christophe Klotz et Fabrice Arfi donne à l’affaire Karachi une nouvelle dimension, par la force de la narration cinématographique et par les confessions inédites de témoins-clés de ce scandale d’Etat. Un film politique au sens le plus noble, à ne pas manquer. Et à revoir librement durant une semaine en VOD sur le site d’Arte.

« Une bombe dort au pôle financier du tribunal de Paris » : telle est, le 13 septembre 2008, l’accroche du premier article de Mediapart sur une affaire qui, depuis, n’a cessé de nous occuper. Intitulé « Ventes d’armes : la corruption au cœur de la République », l’enquête de Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme (parti depuis au Monde) est un coup de tonnerre qui va relancer les investigations judiciaires. Révélant le rapport d’un ancien cadre de la Direction des chantiers navals (DCN), ils dévoilent l’ordinaire d’une corruption à très grande échelle, nichée au cœur du statut de marchand d’armes de la France, alors classée n° 3 mondial.

Toutes les pistes qui, depuis, ont été recoupées, documentées et enrichies par la justice sont déjà là, ainsi que les noms des principaux protagonistes qu’évoqueront, plus en détail, les épisodes suivants, notamment en 2011 : Ziad Takieddine, Edouard Balladur, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Jean-François Copé… « Le financement du clan Balladur avec la vente d’armes » annonce l’un des intertitres, complété par cet autre : « La guerre Chirac-Balladur à l’origine de l’attentat de Karachi ? »

L’affaire Karachi recouvre deux dossiers distincts : le financement illicite de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, l’attentat de 2002 au Pakistan contre un bus transportant des salariés de la DCN. Elle fut, avec l’affaire de la Caisse d’Epargne et l’affaire Bernard Tapie, la première de ces enquêtes d’initiative dont Mediapart s’est fait une spécialité : un journalisme d’intérêt public qui assume sa responsabilité démocratique sans se faire le relais passif du travail des juges ou des policiers.

Qu’il s’agisse de la corruption d’élites dirigeantes ou de la vérité due aux victimes, Mediapart eut dans cette affaire un rôle actif qui influença le cours des choses, aussi bien celui du débat public que celui des investigations judiciaires. C’est évidemment sur ce travail, assumé jusqu’à aujourd’hui par Fabrice Arfi, que s’appuie le film de Jean-Christophe Klotz, produit par nos amis de Nova en association avec Mediapart. Mais il fait plus et mieux, par cette intelligence sensible du récit, des situations et des personnages que seul, sans doute, l’art cinématographique peut apporter. Et aussi par la force de témoignages inédits qui, jusque dans leurs silences ou leurs embarras, sont porteurs de révélations stupéfiantes.

Construit en trois actes, à la manière d’une fable dont la mise en scène distanciée mêle l’ironie qui démasque à la tragédie qui bouleverse, L’argent, le sang et la démocratie fait surgir une question plus lourde encore que nos révélations factuelles : celle de la responsabilité politique. Ou plutôt du sens même du mot « politique » en démocratie. Qu’il s’agisse d’un éminent juriste (Jacques Robert, membre du Conseil constitutionnel de 1989 à 1998), d’un célèbre magistrat (Jean-Louis Bruguière, longtemps juge d’instruction anti-terroriste) ou d’un ancien ministre de la défense (le socialiste Alain Richard, dans le gouvernement Jospin 1997-2002), tous à des degrés divers opposent les contraintes d’une politique entendue comme raison d’Etat à l’exigence de vérité et de justice.

Le film de Jean-Christophe Klotz et Fabrice Arfi met froidement à nu cette politique abaissée et rabaissée, dévitalisée par la perte de ses repères démocratiques et citoyens. Jacques Robert laisse percer un regret en forme d’autocritique sur la validation truquée des comptes de campagne d’Edouard Balladur par le Conseil constitutionnel dont il était membre en 1995. Jean-Louis Bruguière s’enferre dans sa défense, jusqu’à l’aveuglement judiciaire, de souverainetés nationales dont il sait pertinemment qu’elles couvrent des crimes d’Etat. Et Alain Richard lâche l’aveu que le gouvernement de Lionel Jospin a préféré étouffer le scandale au prétexte que sa révélation ferait le jeu de l’extrême droite, alors même que c’est le silence et le mensonge qui en font le lit, rendant gauche et droite gouvernementales tacitement complices du discrédit de la République.

Voici donc un film qui est une formidable leçon d’instruction civique à l’usage de ceux qui nous gouvernent et qui, trop souvent, à l’abri de secrets injustifiés et d’arrangements inavouables, oublient ce qu’exige le service de la démocratie, c’est-à-dire d’un peuple souverain. Un film qui, par conséquent, est une arme citoyenne pour tous ceux qui espèrent un sursaut face au présidentialisme délétère qui étouffe, assèche et discrédite notre vie publique.

Des révélations nouvelles qu’il contient, voici en exclusivité deux extraits qui en témoignent, deux entretiens où Fabrice Arfi interroge d’abord l’ancien ministre de la défense Alain Richard, puis l’ancien agent de la DGSE Alain Chouet, qui en fut le chef du renseignement de sécurité de 2000 à 2002 et qui contredit l’étouffement judiciaire du dossier par le juge Bruguière :

Alain Richard dans "L'argent, le sang et la démocratie"
Alain Chouet dans "L'argent, le sang et la démocratie"

Pour prolonger, le dossier de presse du film est téléchargeable ici et voici trois liens pour revisiter l’affaire Karachi sur Mediapart :

- Notre webdocumentaire réalisé en 2010 sur l’affaire Karachi ;

- Le dossier de notre enquête sur l’affaire Karachi avec tous les articles ;

- Notre dossier sur les documents Takieddine, personnage central de l’affaire.

 

Fichier attachéTaille Karachi.pdf

264.98 Ko

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 16:26

 

reporterre.net

 

DOSSIER - Riches, revenu maximal admissible (RMA), revenu universel

Reporterre

vendredi 11 octobre 2013

 


- "Il faut un impôt mondial sur le capital", Thomas Piketty, 11 octobre 2013.

- Le Fonds monétaire international conseille - enfin, "juge possible" - de taxer les riches. Voir le document source du FMI : Tax Policy Can Help Countries Turn Corner on Debt, 10 octobre 2013.

- Pour en finir avec le chômage, il faut instaurer le revenu universel, Simon Cottin-Marx, 23 septembre 2013.

- La pauvreté atteint un niveau record en Europe, Jean Gadrey, 20 septembre 2013.

- Arrêtons de tergiverser : la retraite à 18 ans !, Jean-Pierre Anselme, 16 septembre 2013.

- Le revenu maximum autorisé plus d’actualité que jamais, Bizi, 29 avril 2013.

- Le scandale des voitures de luxe dénoncé à Bayonne, Bizi, 20 avril 2013.

- Un projet pour la décroissance, Hervé Kempf, 13 mars 2013.

- Qu’est-ce que la dotation inconditionnelle d’autonomie ?, Vincent Liegey, 11 février 2013.

- Les grands patrons gagnent plus de 400 fois le SMIC, Observatoire des inégalités, 11 janvier 2013.

- Hyper Riches : au-delà de l’indécence, Michel Lepesant, 6 janvier 2013.

- Le SMIC à 1 700 euros, une fausse bonne idée, Parti pour la décroissance, 3 janvier 2013.

- Liste des 44 famillles françaises les plus riches exilées en Suisse, Le Mouton noir, 3 avril 2012.

- Hollande et le revenu maximal : un bon pas, Hervé Kempf, le 2 mars 2012.

- Ecouter : "L’impôt sur les hyper-riches conduit à l’Union soviétique", Michel Cicurel, le 1 mars 2012.

- Le revenu maximal est nécessaire pour enrayer la crise écologique, Hervé Kempf, le 27 décembre 2011.

- Les milliardaires français se planquent en Suisse, Fatarella, le 26 décembre 2011.

- Une solution : un revenu maximum pour tous de 6.000 euros par foyer, Cyril Gravey, le 26 juin 2011.

- Ecouter : Martine Billard, pourquoi le revenu maximum admissible est-il une mesure écologique ? (5 juin 2011).

- Ecouter le débat Faut-il instaurer un revenu maximum ? dans l’émission "Du grain à moudre" sur France Culture le 25 novembre 2010, avec Patrick Viveret et Jacques Delpla.

- Le revenu maximum, un levier pour le changement (Hervé Kempf, 14 novembre 2010).

- Le Pôle écologique du PS propose le RMA (Pôle écologique du PS, 16 avril 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Comment allez-vous pousser le RMA au niveau européen ? (Entretien avec Karima Delli, 15 avril 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Comment convaincre les riches de consommer moins ? (Entretien avec François Diaz Maurin, 15 avril 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Mille milliardaires en dollars ! Un impôt, vite ! (CADTM, 18 mars 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Le revenu maximal progresse (un peu) à Strasbourg (Karima Delli, 7 mars 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- La taxe sur les bonus annoncée par Mme Lagarde est une fumisterie (Juan de Sarkofrance, le 16 janvier 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Si on prenait un peu aux riches, ça ferait combien pour les pauvres ? (Jean Gadrey, 13 janvier 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Du RMA au bien-vivre (Hervé Kempf, 25 octobre 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Oui ! Le Parti socialiste veut le salaire maximum ! (Parti socialiste, 12 octobre 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Le gâteau ne peut plus grossir, il faut bien le partager (Jean Gadrey, 30 septembre 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Bonus des banquiers : pas touche ! (Jean Matouk, 26 septembre 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Pourquoi voulez-vous sauver les riches ? (Entretien avec Manuel Domergue, 12 septembre 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Les jeunes socialistes suisses pour le salaire maximum (Jeunes socialistes suisses, 8 juillet 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Les super-riches comptent leurs sous à bord du Lagardère’s yacht (Sauvons les riches, 6 juin 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Les rémunérations ne devraient pas dépasser dix fois le SMIC (Utopia, 10 mai 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- 300 fois le SMIC : les patrons vont bien, merci (Observatoire des inégalités, 6 mai 2010) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Appel mondial pour le revenu de vie, OPDLM, 13 novembre 2009.

- Le Président refuse toujours le RMA à nos amis les riches (Sauvons les riches, 28 mars 2009) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

- Un gentil smac pour M. Sarkozy, Hervé Kempf, mars 2009.

- Pour un salaire minimum mondial, Fabrice Nicolino, 11 mars 2009.

- Les Etats-Unis instaurent un revenu maximum en... 1942, Jean Gadrey, 23 décembre 2008.

- Un Robin des bois à l’envers : Sarkozy prend aux pauvres et donne aux riches (Louis Maurin, décembre 2007) : [-http://www.reporterre.net/spip.php?article21]

- Pourquoi le RMA et comment le mettre en place ? Entretien avec Patrick Viveret (mars 2007) : http://www.reporterre.net/spip.php?...

 



Consulter par ailleurs les DOSSIERS de REPORTERRE sur le nucléaire, la taxe carbone, la Chine, etc.

 

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:51

 

lemonde.fr

Un média chinois appelle l'économie mondiale à se "désaméricaniser"

Le Monde.fr avec AFP | 13.10.2013 à 05h58 • Mis à jour le 13.10.2013 à 12h13

 
 

 

L'économie chinoise se situe au deuxième rang mondial derrière celle des Etats-Unis.

 

La crise budgétaire américaine inquiète les pays émergents, et parmi eux la Chine, comme en témoigne un commentaire cinglant de l'agence d'information officielle Chine nouvelle. "Alors que les hommes politiques américains" échouent à "trouver un accord viable pour refaire fonctionner normalement les institutions politiques dont ils sont si fiers, c'est peut-être le bon moment pour une planète abasourdie de commencer à envisager la construction d'un monde désaméricanisé", écrit le média d'Etat.

"Les jours inquiétants où les destinées d'autres pays se trouvent dans les mains d'une nation hypocrite doivent prendre fin, et un nouvel ordre mondial doit être mis en place, où toutes les nations (...) verront leurs intérêts respectés et protégés sur un pied d'égalité", poursuit l'agence.

Faute d'un accord budgétaire au Congrès, les administrations centrales américaines tournent au ralenti depuis une dizaine de jours, et les Etats-Unis pourraient se déclarer en défaut de paiement le 17 octobre si les parlementaires ne réussissent pas à s'entendre sur un relèvement du plafond de la dette du pays.

Pékin a multiplié ces derniers jours les avertissements et les appels au compromis budgétaire, mettant en avant les relations "inséparables" qui lient les économies des deux pays. "Le blocage qui paralyse de façon cyclique à Washington tout accord bipartisan sur le budget fédéral et le relèvement du plafond de la dette menace de nouveau les importantes réserves en dollars de nombreux pays et angoisse fortement la communauté internationale", a insisté l'agence Chine nouvelle.

 

 PRINCIPAL DÉTENTEUR DE LA DETTE AMÉRICAINE

La Chine est en fait la première concernée : la deuxième économie mondiale est la principale détentrice de dette américaine, avec 1 277 milliards de dollars en bons du Trésor, selon les derniers chiffres du gouvernement américain.

"Au lieu d'honorer avec responsabilité ses devoirs de leader mondial, Washington, avec en tête ses propres intérêts, a abusé de son statut de superpuissance et a accru le chaos dans le monde en transférant à l'étranger les risques [de son système] financier", mais également "en attisant les tensions dans des différends territoriaux et en menant des guerres injustifiées sous couvert de mensonges", a ajouté Chine nouvelle, en référence au conflit engagé par les Etats-Unis en Irak.

"Les économies émergentes doivent avoir davantage leur mot à dire dans les institutions financières internationales", a plaidé le média d'Etat, évoquant la création d'une "nouvelle devise de réserve" pour remplacer le dollar, et une évolution du Fonds monétaire international (FMI), où Pékin ne pèse guère plus que l'Italie. Une réforme de la gouvernance du FMI est préparée depuis trois ans, mais son entrée en vigueur est bloquée par le veto de fait des Etats-Unis, qui doivent la faire ratifier par le Congrès.

 

 

 

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 21:51

 

reporterre.net

 

Désobéir en démocratie

dimanche 13 octobre 2013

 

 


La désobéissance à la loi est-elle compatible avec la démocratie ?

Cette question provocante interroge les fondements de notre société. En effet, de nombreux mouvements, qui se présentent comme « désobéissants », remettent en cause le principe du respect absolu des décisions prises par les instances démocratiquement élues, au nom d’une logique supérieure, de l’intérêt général ou d’une clause de conscience.

L’ouvrage de Manuel Cervera-Marzal s’attache à montrer que cette attitude, loin d’être un simple refus d’obéissance, a des assises philosophiques et théoriques très profondes, établies par plusieurs penseurs du XIXe au XXe siècle.

En s’appuyant notamment sur les écrits de Thoreau, Gandhi et Martin Luther King, il retrace l’apparition et l’affirmation d’une pensée qui précise peu à peu les conditions de légitimité et d’efficacité de la désobéissance civile.

Il en ressort une certitude : la désobéissance civile, loin d’être une entorse à la démocratie, en est une composante essentielle.


Désobéir en démocratie – La pensée désobéissante, de Thoreau à Martin Luther King, Manuel Cervera-Marzal, Editions Aux forges de Vulcain, 170 pages, 20.00 €.


Manuel Cervera-Marzal est chercheur en science politique. Il est l’auteur de « Miguel Abensour, critique de la domination, pensée de l’émancipation » (Paris, Sens et Tonka, mai 2013).



Source : Editions Aux forges de Vulcain

Première mise en ligne sur Reporterre le 7 octobre 2013.

Consulter par ailleurs : La bibliothèque de Reporterre

 

 

 

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