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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 13:26

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Tribunal d’arbitrage

Une multinationale pétrolière poursuit l’Italie pour avoir protégé son littoral

 

par

 

 

C’est au tour de l’Italie d’être trainé en justice par une multinationale pétrolière. Son crime : vouloir protéger son littoral des risques d’une marée noire. L’Italie est poursuivie devant un tribunal d’arbitrage international par Rockhopper Exploration, une compagnie britannique pétrolière et gazière qui lui réclame des dommages et intérêts. En cause : l’interdiction votée par le Parlement italien en janvier 2016 de toute nouvelle activité d’exploration et de production à moins de 12 mille marins de la côte, soit une vingtaine de kilomètres [1].

Or, Rockhopper a obtenu en 2015 les autorisations pour exploiter un gisement sous-marin, situé dans l’Adriatique à environ dix kilomètres au large de la côte des Abruzzes. Le gisement est estimé à 40 millions de barils de pétrole et 184 millions de m3 de gaz. Après s’être vu refusé la concession en février 2016, suite à l’interdiction votée par le Parlement italien, Rockhopper fait aujourd’hui valoir que cette décision viole le traité de la charte européenne de l’énergie de 1998 censé « fournir une plateforme stable pour les investissements dans le secteur de l’énergie » [2]. La multinationale a déclaré poursuivre l’Italie devant un tribunal d’arbitrage international pour « des dommages financiers très importants » sur la base de ses potentiels futurs profits et non des investissements passés [3].

Ce type de demandes de compensation de la part de multinationales se multiplient, en particulier sur le pétrole, le gaz ou l’exploitation minière, des secteurs que tentent d’encadrer les législations environnementales et de protection des travailleurs. En Europe, le géant suédois de l’énergie Vattenfall réclame plus de 3,7 milliards d’euros à l’Allemagne en compensation de sa décision de sortir du nucléaire. La compagnie canadienne Lone Pine Ressources réclame également 250 millions de dollars au Canada, suite au moratoire sur la fracturation hydraulique mis en œuvre par le Québec dans la vallée du Saint-Laurent. La société civile s’inquiète de voir le Ceta, l’accord de libre échange entre le Canada et l’Union européenne soutenu par François Hollande, occasionner de nouvelles mises en cause des règlementations environnementales dans les années à venir.

 

A lire sur le sujet :
 Plongez dans la guerre invisible que les multinationales livrent aux États
 Quand les Etats, même démocratiques, doivent payer de gigantesques amendes aux actionnaires des multinationales
 Quand des investisseurs spéculent sur les conflits commerciaux entre multinationales et Etats
 Ce petit milieu d’avocats d’affaires qui gagne des millions grâce aux traités de libre-échange
 Traité de libre-échange et arbitrage privé : une justice à sens unique en faveur des riches ?

Notes

[1Ces restrictions, qui avaient été appliquées entre 2010 et 2012 suite à l’explosion de la plateforme pétrolière « Deepwater Horizon » ont été réintroduites en janvier 2016 par le Parlement italien. Voir notamment cet article

[2Voir cet article de The Times

[3Ce champs a été découvert en 2008 par Mediterranean Oil and Gas, que Rockhopper a acquis en 2014 pour 29,3 millions de livre sterling (33,9 millions d’euros).

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 00:10

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

Panama Papers : action contre l’agence Société Générale des Champs-Elysées. 35 gardes à vue !

 

samedi 1er avril 2017, par Attac France

 

Samedi 1er avril, un an après le scandale des Panama Papers, 50 militant·e·s d’Attac et du DAL, membres du collectif « Nos droits contre leurs privilèges », ont symboliquement opacifié les vitrines de l’agence Société générale des Champs-Elysées pour dénoncer l’évasion fiscale pratiquée par la banque pour son propre compte et celui de ses clients. 35 d’entre eux ont été arrêtes et placés en garde à vue. Attac demande leur libération immédiate.

Alors que l’évasion fiscale dégrade les comptes publics depuis des années, les militant·e·s, qui ont été répartis dans plusieurs commissariats parisiens, risquent d’être poursuivis pour trouble à l’ordre public et dégradation en réunion. Plus tôt dans la matinée,16 militant·e·s d’Attac Paris 12e avait également passé 1h au commissariat du 12e arrondissement de Paris suite à une action similaire Place Daumesnil.

Le 3 avril 2016, la Société générale était prise dans le scandale mondial des Panama Papers pour avoir créé 1005 société offshore via le cabinet Mossack Fonseca. Le 4 avril 2016, le parquet national financier ouvrait un enquête préliminaire pour blanchiment de fraudes fiscales aggravées à son encontre. Le 26 mai 2016, le bureau du Sénat refusait de saisir la justice pour faux témoignage malgré les mensonges de Frédéric Oudéa, directeur général de la banque, devant une commission d’enquête du Sénat sur l’évasion fiscale. Et depuis ? Rien !

Un an après le scandale, le placement en garde à vue de 35 militant·e·s et l’absence de sanctions pour la Société générale et ses dirigeants est une véritable insulte aux citoyens, justiciables et contribuables ordinaires. Alors que les scandales fiscaux et les affaires de détournement de fonds publics se multiplient, Attac demande le renforcement des effectifs et des moyens du parquet national financier et des administrations impliquées dans la traque des délinquants financiers. Une évolution profonde de l’organisation de la lutte contre la délinquance fiscale est également indispensable pour permettre des condamnations fiscales et pénales pour les fraudeurs et leurs complices, les banques et les cabinets d’affaires.

Des dizaines d’actions partout en France
LuxLeaks, SwissLeaks, Panama Papers… la multiplication révélations a jeté la lumière sur les pratiques de banques et de multinationales comme Apple, BNP Paribas, Ikea, Engie, McDonald’s, Société générale, Starbucks, Total ou Zara qui profitent de l’opacité financière et de la complicité des pouvoirs publics pour évader des sommes colossales dans les paradis fiscaux. Ce samedi 1er avril, à l’occasion du lancement de la semaine mondiale d’actions contre l’évasion fiscale, des militant·e·s d’Attac mènent des dizaines d’actions partout en France pour que ces multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné depuis des années et qu’elles payent enfin leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent réellement leurs activités.

 

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 20:56

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Un an après, Nuit Debout s’est-elle endormie ?

Lola Ruscio et Pierre Duquesne
Vendredi, 31 Mars, 2017
Humanite.fr

 

Le mouvement citoyen, lancé le 31 mars 2016, célèbre ce week-end  sa première bougie. Si beaucoup ont déserté les places, le mouvement n'est pas encore mort, et s'est transformé en archipels de collectifs. Le désir est intact : fonder les bases d’une société plus juste et égalitaire.

Nous sommes le 396 mars, selon le calendrier de Nuit Debout. Que reste-t-il de ce mouvement né au printemps dernier, le 31 mars 2016, après une manifestation syndicale contre la loi El Khomri. Des syndicalistes, des universitaires et des journalistes avaient alors appelé à rester sur la place de la République, à Paris. Leur but ? Organiser une « convergence des luttes » face aux tenants du pouvoir économique et politique et, surtout, « leur faire peur ». On connaît la suite. Des milliers de citoyens cherchent à rebattre les règles du jeu politique lors des assemblées populaires, qui fleurissent dans une centaine de villes françaises. Les places deviennent le réceptacle de toute une série de luttes ; un bouillonnement qui va en retour donner un sérieux coup de fouet au mouvement contre cette réforme régressive du code du travail.
Un an plus tard, la loi El Khomri a été adoptée, et les places ont été désertées. Ce mouvement citoyen ne s’est pas non plus structuré politiquement, depuis l’arrêt des manifestations contre la loi travail, à la mi-septembre. Il n’a pas donné naissance à l’équivalent d’un Podemos, qui a vu le jour trois ans après le 15M espagnol.

Le mouvement citoyen, toutefois, n’est pas mort. « Nous sommes passés à un autre rythme », explique un Nuitdeboutiste. Des noyaux durs restent actifs sur les réseaux sociaux, particulièrement à Paris.  Ils communiquent via Facebook et Twitter, mails et les applications WhatsApp et Telegram pour plancher sur des projets (création du site web « miroir2017.fr », actions).  « Des  groupes de discussion totalisent jusqu’à 250 personnes », assure Pierre, 31 ans, membre de la commission numérique, qui ne possède pas de carte dans une organisation politique ou syndicale. Ces outils numériques leur permettent de garder un lien précieux.

« Nuit Debout a réussi à mettre en contact des personnes qui ne se connaissaient pas, estime le sociologue Geoffrey Pleyers, rattaché à l’université de Louvain (Belgique), spécialiste des mouvements sociaux. Ensemble, ils ont créé des méthodes de travail nouvelles et les ont transmise. Et, ils ont constaté qu’ils partagent des luttes communes, ils ne sont pas seuls ». Les commissions écologie, économie-politique et Debout éducation populaire existent encore, même si le nombre de curieux et de participants a largement baissé. Tous les dimanches  sur la place de la Marianne au rameau d’olivier, une dizaine de personnes participe à l’atelier « quelle société veut-on ? »,  brassant des sujets allant du travail à la santé. La commission écologie compte, quant à elle, une vingtaine de membres encore actifs.

Sélyne continue de militer avec Nuit Debout. Engagée dès le 31 mars dans le groupe communication, cette ancienne adhérente du PG fait désormais partie du collectif « Nuit féministe » créé en octobre, émanation de la commission féministe parisienne. Des réunions se tiennent dans des cafés ou appartements toutes les deux semaines, entre les quarantaines de membres revendiqués par le groupe. Et de s'organiser sur le modèle des agoras citoyennes avec un ordre du jour, un temps de parole égal à tous, un compte-rendu de réunion… Féministe, Emmanuelle se reconnaît dans ce fonctionnement qui « casse un tas de codes : personne n’est le chef, chacun s’écoute à tour de rôle avec bienveillance et propose des idées. On ne veut pas de paroles d’experts pour décider à notre place. Cette absence de verticalité me plaît ».

A 30 ans, la jeune femme n’avait pas plongé dans la marmite militante avant de s’engager à Nuit Debout. Une expérience puissante. « Je croyais être émancipée, alors que je ne l’étais pas… Maintenant, j'ose davantage de choses. Je sais que je peux modérer une assemblée de 2 000 personnes, organiser une manifestation, discuter avec les services d’ordres… Mon engagement a été libérateur, ça donne des idées pour la suite », raconte-t-elle. Libératrice, l’expérience l’a aussi été dans sa vie personnelle : « je pensais que je ne pouvais pas exercer tel ou tel métier. Je n’osais pas, en réalité. Je cherche désormais un métier en rapport avec mes convictions, je n’ai plus peur ».

Une rétrospective positive qui fait écho à celle de Victor, étudiant en science politique à l’université de Paris VIII (Seine-Saint-Denis) et ex-militant au Mouvement des Jeunes communistes de France (MJCF). Les manifestations contre la loi el Khomri et Nuit Debout ont forgé sa conscience politique: «  j’ai ouvert les yeux sur la réalité du monde social et politique. Je n'étais pas très politisé avant, je ne remettais pas en cause les institutions de la Vème République par exemple », analyse ce jeune de 21 ans. Dans la commission actions qu'il a rejoint dès avril, il a eu « l’impression de (se) libérer, (se) responsabiliser en menant des initiatives avec un groupe soudé. J'ai vu aussi que nous pouvons influencer le cours des choses par nos propres moyens ». Maintenant salarié en parallèle de ses études, Victor manque de temps à consacrer au mouvement... Mais, « dès qu’il y a une manifestation, j’essaye de m’y rendre pour apporter mon soutien. J’étais à la Marche pour la justice et la dignité du 19 mars », assure-t-il.

C’est toujours l’austérité, les brutalités policières, le sexisme, le ras-le-bol qui poussent les Nuitdeboutistes à manifester, à l'appel de syndicats ou d'associations. Des militants font preuve de solidarité. « Lors du procès ‘’du faucheur de chaises’’ en 2017, un rassemblement avait été organisé à Dax, en soutien au militant altermondialiste Jon Palais, poursuivi par la BNP Paribas alors qu’il dénonçait l’évasion fiscale des banques. Des personnes de Nuit Debout ont donné un coup de main sur l’organisation, la confection de banderoles, communiquer sur les réseaux et sociaux et manifester », rapporte Marion, militante écologiste à Alternatiba et ex-membre de la commission internationale. En parallèle, des militants ont appelé, en février, à manifester partout en France contre « la corruption des élus », après les affaires Fillon. Et la campagne « » a été lancée sur les réseaux sociaux par Nuit Debout et des militants Sud, Attac, Stop Tafta. Objectif : le retrait du traité de libre-échange.

Des rassemblements sont fixés le 31 mars, 1 et 2 avril à Paris pour fêter le premier anniversaire du mouvement. L’occasion aussi de parler de son avenir. « Je ne pense pas que qu’il va renaître ce printemps, un contexte lui avait permis d’exister, juge pour sa part  Lison, militante féministe. Mais ce n’est pas un échec, d’autant que ce n’était pas sa vocation de durer sur les places publiques ». Et de monter au créneau contre «des injonctions de faire, de faire vite, avant même d’avoir pris le temps de se retrouver et de se connaître. Dans notre monde, tout ce qui ne crée pas quelque chose de concret est un échec. Nous refusons cette logique qui nous a jusqu’ici enfermé·e·s », lit-on dans le livre « mars » écrit par huit plumes de Nuit Debout (1).

Il est trop tôt pour juger de l’impact du mouvement, estime la nuideboutiste Sélyne. « La société n’a pas changé, mais des choses bourgeonnent. C’est un travail de longue haleine, ça ne va pas arriver en un clic. Ça demande à ce que les pouvoirs publics changent.  En attendant, bougeons les choses en faisant appel à l’intelligence collective et à la bienveillance de chacun. C’est déjà possible en  retrouvant des solidarités locales, quartier par quartier… Nous encourageons toujours les citoyens à oser le faire ». 

C’est  l’un des effets incontestable de Nuit Debout : ce mouvement a permis  de relever la tête. Durant quelques semaines,  «la multitude en quelque sorte reprend possession de sa propre puissance, jusque-là aliénée dans les captures étatiques », analysait aussi l’économiste Frédéric Lordon, figure du mouvement, dans un entretien bilan accordé au Bondy Blog, en septembre dernier. Et d’ajouter : « il y a sans doute quelque chose de ça qui s’est joué, même à très petite échelle, à Nuit Debout. (…) Le problème pour le pouvoir c’est quand “ça gagne”, quand la plaine entière vient à s’embraser. On ne va pas se raconter d’histoire, le feu n’a pas (ou pas encore) pris. Je crois cependant que beaucoup de gens qui étaient loin de l’événement l’ont regardé avec intérêt, et qu’il s’est peut être passé quelque chose dans les têtes dont nous ne pouvons pas encore mesurer tous les effets. »

Ceux qui persistent à faire vivre les réseaux de Nuit Debout, et son ingénierie, soulignent le processus d’éducation populaire qui s’est mené à ciel ouvert. « Si le mouvement n'a en apparence pas échappé aux écueil pourtant signalés de ‘tomber amoureux de lui-même’ et d'ériger en dogme la démocratie d'assemblée, il aura au moins eu comme effet immédiat de permettre une diffusion ou le renforcement d'une culture populaire démocratique. Non pas celle de l'intériorisation du système électoral via l'identification à tel ou tel parti de masse, mais une culture authentiquement démocratique, fondée sur le débat, jusqu'ici surtout le privilège des élites politiques et militantes », analyse un texte émanant d’une rencontre entre des militants de Nuit Debout de Rennes et de Paris Nuit debout, élaborée en vue du nouveau . Leur mouvement a permis de lancer avant l’heure le processus constituant, en permettant « une expérimentation à grande échelle du débat, l'exercice des capacités de prise de paroles, mais surtout d'écoute, de patience et de prise en compte des différences qui sont, pour les personnes qui y ont participé, quelque chose qu'ils n'oublieront pas... et dont ils pourront méditer les difficultés de mise en pratique. » Ce texte qui tente de faire une synthèse des propositions élaborées au sein des commissions démocratie de Nuit Debout avance surtout des propositions pour améliorer la participation des citoyens et le fonctionnement de la démocratie.

Les thématiques économiques, écologistes et sociales ne sont pas abordées directement par ce texte.  Une vision très citoyenne, certains diront « citoyenniste », qui s’était très vite opposée à tous ceux qui voulaient inscrire le mouvement dans des luttes plus sociales et politiques. Les différences de vues demeurent. Si beaucoup réinvestiront la place, ce week-end, d’autres appellent à un 1er tour social, le 22 avril prochain. Un appel soutenu par des syndicalistes de Goodyear, les syndicat Sud Poste des Hauts de Seine, Info Com’ CGT ou la compagnie Jolie Môme, dont certains membres étaient à l’origine du mouvement Nuit Debout.

Les effets de ces mouvements pourront se lire sur « le long terme », juge le sociologue Geoffrey Pleyers. « Il a fallu du temps avant d’observer les bouleversements culturels et politiques occasionnés par Mai 68. Si ces deux mouvements ne sont pas les mêmes, Nuit Debout va laisser des traces dans le paysage politique », poursuit-il. Pour Patrick Farbiaz, militant EELV et soutien de Jean-Luc Mélenchon, ce mouvement « influence déjà les débats d’idées à gauche. On le voit avec les débats sur l’article 49.3, la transparence de la vie publique, l’urgence d’une VIème République… ». De plus, selon lui, « les partis vont devoir fournir des réponses à ces aspirations s’ils ne veulent pas disparaître. Car, Nuit Debout a été l’expression de cette conscience citoyenne de plus en plus forte ».

(1) p. 31-32 du live « mars » paru le 30 mars 2017 aux éditions du Cherche Midi.

Week end du "32 mars", le programme :

On ne perd pas les bonnes habitudes. Le week-end de Nuit Debout commencera avec une assemblée citoyenne, vendredi, à 18 heures sur le thème : Nuit Debout, un an après, où en sommes nous ? Avant cette assemblée, des collectifs de toute la France rendront compte de tout le travail réalisé partout sur le territoire. Samedi "32 mars", une partie des nuitdeboutistes donnent rendez-vous sur la terrasse du jeu de Paumes, dans les jardins des Tuileries, à 11 heures, pour présenter leurs propositions sur la démocratie. Dimanche, un village des luttes est organisé sur la place de la République avant une AG à 17 à laquelle participeront de nombreux collectifs. A 18 h30, la documentariste Mariana Otero fera une projection d'extraits de son documentaire "l'Assemblée". A 19 heures se tiendra le dixième concert de l'Orchestre Debout. La soirée s'achèvera par la projection du film L'An 01. Pour plus d'informations, retrouvez ici le programme complet. ()

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 19:55

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

Gaspard Glanz, le journaliste « à tuer direct »

Harcèlement.
Emilien Urbach
Mardi, 28 Mars, 2017
L'Humanité
 
 

Gaspard Glanz voit les menaces dont il est victime comme les stigmates d’une société de plus en plus violente et segmentée. Pierre Gautheron/Hans Lucas

Gaspard Glanz voit les menaces dont il est victime comme les stigmates d’une société de plus en plus violente et segmentée. Pierre Gautheron/Hans Lucas
 

Suite à une vidéo dévoilant des agents de police grimés en reporters lors d’une manifestation, le journaliste de Taranis News est la cible de menaces sur les réseaux sociaux.

«À tuer direct. Nous sommes en France ou pas ? Les anciens auraient pris le fusil depuis longtemps » ; « C’est sa gueule de con qu’il faut diffuser, avec à la clé une prime à celui qui lui explosera » ; « Y a pas une balle perdue pour ce fils de pute ? » Ces menaces et ces insultes, qui, tour à tour, peuvent prendre un caractère homophobe ou xénophobe, sont actuellement proférées en quantité sur la page Facebook dénommée « Soutien aux forces de l’ordre ». Elles visent toutes Gaspard Glanz, 29 ans, journaliste et gérant depuis 2012 de la société de production Taranis News.

Le jeune homme fait ses premiers reportages en suivant le mouvement des zones à défendre, puis en se concentrant sur la question des réfugiés. Caméra au poing, il filme la route des Balkans et les différentes étapes de ce qui se trame à Calais, entre 2014 et fin 2016. Ses reportages agacent. Le 26 octobre dernier, à l’heure du démantèlement du bidonville de Calais, Gaspard se fait interpeller et est placé en garde à vue par des policiers en possession d’une photo de lui. On lui signifie une interdiction de séjour dans l’ensemble du Pas-de-Calais dans le cadre de son contrôle judiciaire jusqu’au 2 mars dernier. Le jeune journaliste est accusé par la préfecture d’avoir dérobé un talkie-walkie à un agent de police pendant une précédente manifestation de soutien aux exilés. Lui affirme que le fonctionnaire a fait tomber sa radio. Le procès de Gaspard vient d’être reporté au 7 juin. Rien à voir, cependant, avec les menaces dont il fait aujourd’hui l’objet. Du moins en apparence.

 

L’un des policiers crache sur l’objectif de sa caméra

Tout commence en avril 2016, pendant le mouvement contre la loi El Khomri. Gaspard a l’habitude de prendre des images en tête de manifs, à Paris. Alors que l’une d’elles donne lieu à des affrontements avec les forces de police, il repère un homme équipé comme tout bon reporter habitué à ce genre de situation particulièrement tendue. Mais il ne l’a jamais vu auparavant. Il se dirige vers lui. L’homme lui soutient qu’il est journaliste. Gaspard n’en croit pas un mot. Pour lui, c’est un policier planqué. Les mois passent. Gaspard revient dans la capitale, au mois de février dernier, pour suivre le mouvement qui agite les lycées parisiens. Il retrouve l’homme rencontré au mois d’avril. Deux comparses l’accompagnent qui lui maintiennent, eux aussi, qu’ils sont journalistes.

Puis vient le 19 mars dernier. Lors de la Marche pour la justice et la dignité, à Paris, Gaspard est avec des confrères du Monde et de StreetPress. Les personnes qui, depuis le mois de février, se présentent à lui comme journalistes sont là, une fois encore, sur un trottoir. Gaspard ne va pas tout de suite à leur rencontre. Ses confrères dialoguent tranquillement avec eux. Les hommes avouent alors sans vergogne qu’ils sont des policiers grimés en journalistes. Gaspard décide de les filmer. Il demande à un bénévole d’Amnesty International de l’accompagner. « Devant Amnesty, vous maintenez que vous êtes journalistes ? » leur lance-t-il. L’un d’entre eux tente un « je n’ai jamais dit ça… » tandis que l’autre assène deux coups à Gaspard et crache sur l’objectif de sa caméra. C’est dans la boîte. Le 20 mars, le site Taranis News diffuse la vidéo dénonçant une atteinte à la convention de Genève de 1987, qui fait du métier de journaliste une profession protégée et qui interdit à quiconque de se faire passer pour tel.

Les réactions ne se font pas attendre. « Une balle dans la tête. Une bonne balle entre les deux yeux. J’vous garantis qu’il n’y aura plus jamais aucun problème avec lui », écrit, vers 17 heures, un internaute dans les commentaires de la vidéo reprise sur la page Facebook « Soutien aux forces de l’ordre ». L’auteur de ces lignes se présente sur sa page personnelle en uniforme de la gendarmerie.

 

Des centaines d’appels au meurtre ou au lynchage

« J’ai déjà été menacé suite à certains reportages, indique Gaspard. Ça a été le cas, de la part de membres de groupuscules d’extrême droite, après la diffusion de vidéos sur Calais. Mais que ça vienne aujourd’hui de policiers est particulièrement inquiétant. » Les avocats de Gaspard demandent immédiatement que soient retirés du site les commentaires haineux à l’encontre du journaliste. Mais, pour les administrateurs du géant des réseaux sociaux, ces propos « n’enfreignent aucun de (leurs) standards ». Jusqu’à aujourd’hui, les centaines d’appels au meurtre ou au lynchage de Gaspard Glanz continuent d’être consultables en ligne. D’autres menaces lui sont encore parvenues par mail et sur d’autres réseaux sociaux.

Le jeune homme n’entend pas en rester là. Il s’apprête à porter plainte contre Facebook pour « complicité d’appel à la haine et menace de mort », contre l’auteur des coups portés et du crachat sur sa caméra pour « violence par personne dépositaire de l’autorité publique » et aussi contre les auteurs des différents commentaires, facilement identifiables à partir de leurs profils Facebook. « Je ne souhaite pas devenir un martyr, explique Gaspard. Mais j’ai l’impression qu’on a franchi un cap dangereux. Les gens sont habitués à voir des journalistes prendre des coups de la part d’agents de sécurité ou de militants comme ceux de la Manif pour tous. Ces brutalités sont devenues banales. » Le journaliste y voit les stigmates d’une société de plus en plus violente et segmentée. « Ça ne sent pas bon… », prévient-il en s’inquiétant du résultat des prochaines élections présidentielles.

Journaliste

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 17:20

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

 

Nîmes : 200 personnes ont manifesté contre l’expulsion de migrants

Nîmes : 200 personnes ont manifesté contre l’expulsion de migrants

 

L e préfet reste inflexible sur l'application de la directive de Dublin qui permet  de renvoyer les migrants vers le premier pays par lequel ils sont entrés en Europe.

Plus deux cents personnes ont manifesté leur soutien jeudi 30 mars au soir, de la Maison carrée à la préfecture en passant par les arènes, à une quarantaine de migrants accueillis depuis novembre dernier dans deux centres d'accueil et d'orientation nîmois après le démantèlement de la "Jungle de Calais". 

 
 

Retour en Italie

Ces personnes, dans la grande majorité des Soudanais, pourraient être renvoyées pour la plupart en Italie si le préfet du Gard applique la directive de Dubin qui oblige toute personne à revenir dans le premier pays européen où ses empreintes digitales ont été relevées. Depuis février dernier, par deux fois, une quinzaine d'associations ont sollicité le préfet du Gard pour éviter tout départ de France, de crainte d'expulsions de migrants vers le Soudan par les autorités italiennes. 

"D'autres préfets comme celui de l'Hérault et de la Somme n'ont pas suivi cette directive. Quand Bernard Cazeneuve était encore ministre de l'Intérieur, il avait promis de ne pas appliquer ce "Dublinage'", a précisé Roger Mathieu, l'un des cinq membres de la délégation reçue jeudi en début de soirée durant une heure par le directeur de cabinet du préfet et le secrétaire général en préfecture du Gard.

 

Un hommage aux migrants noyés

Un entretien qui a ponctué cette manifestation dont le point d'orgue a été ce moment où les manifestants ont été invités à s'allonger sur le parvis des arènes et à observer une minute de silence en hommage aux migrants noyés dans la mer Méditerranée. L'ampleur de la mobilisation n'a pas pour autant infléchi la position préfectorale.

La délégation a juste indiqué jeudi soir que la préfecture n'allait pas appliquer la procédure à l'un des migrants arrivé au CAO avant le 27 octobre. Toutefois, une quinzaine d'autres risquent rapidement de devoir prendre un billet d'avion pour revenir dans le premier pays européen où ils ont été enregistrés. L'un des migrants doit d'ailleurs s'envoler vers la Suède dès lundi prochain. C'est pour éviter ce cas de figure et permettre aux autres de pouvoir demander l'asile en France que la délégation a demandé à rencontrer le préfet dans les prochains jours.

 

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 14:31

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

Chômage: les seniors bientôt moins indemnisés

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Ce mercredi 29 mars marque la signature d'un nouvel accord pour une nouvelle assurance chômage. Les seniors seront pénalisés et seront indemnisés moins longtemps.

Actuellement, les seniors ont droit à trois ans d'allocations. Mais la règle va changer, à partir du 1er septembre, les nouveaux chômeurs âgés de 50 ans n'auront plus droit qu'à 2 ans d'indemnisation, comme les autres demandeurs d'emploi. "Si on a un an de plus, ça ouvre d'autres perspectives, surtout si on veut faire d'autres formations", explique une demandeuse d'emploi de plus de 50 ans. Désormais, seuls les plus de 55 ans auront le droit à 3 ans d'indemnisation. Les plus de 53 ans auront, eux, droit à 30 mois d'indemnisation et à 6 mois de formation.

 

Des syndicats en désaccord

"C'est 40 000 personnes qui vont se retrouver en fin de droit plus tôt dans les 50-53 ans qui vont perdre un an. Et 40 000 personnes qui vont perdre 6 mois", explique Denis Gravaouil de la CGT. Les autres syndicats ne partagent pas ces critiques. "C'étaient les ajustements nécessaires pour pouvoir produire un peu d'équité et d'égalité entre les demandeurs d'emploi", indique Michel Beaugas de Force ouvrière. Les 55-59 ans sont ceux qui ont le plus de mal à retrouver un emploi.

 

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 14:22

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Fiscalité

Comment récupérer 200 milliards d’euros sans imposer aux Français une cure d’austérité

 

par

 

 

 

 

Exonérer ici, supprimer des postes là, taxer davantage le plus grand nombre... Les candidats de droite et du centre ne font guère preuve d’inventivité en matière de politique fiscale. Pourtant, des recettes existent pour financer des politiques volontaristes au service de l’intérêt général, sans obliger chacun, en premier lieu les non riches, à « se serrer la ceinture », ni mettre au chômage des dizaines de milliers de fonctionnaires. Entre 130 et 200 milliards d’euros pourraient être facilement récupérés, estime « Rendez l’argent ! », un rapport publié par Attac et un collectif d’organisations et de syndicats. Mais cela signifie s’attaquer vraiment aux délinquants en col blanc.

Les candidats à l’élection sont régulièrement sommés de chiffrer leurs programmes. Entre promesses de réductions d’impôts ou de revenu universel, de nouvelles exonérations de cotisations pour les employeurs ou de hausse de la TVA pour l’ensemble des consommateurs, de sécurité sociale intégrale ou de suppression massive de postes de fonctionnaires, chaque proposition passe désormais sous les fourches caudines des gardiens de la rigueur budgétaire et de la réduction de la dette. Le bien-être des générations futures dépendrait davantage de lignes comptables bien équilibrées plutôt que du contenu des politiques menées.

L’association altermondialiste Attac et le collectif « Nos droits contre leurs privilèges », qui rassemble plusieurs organisations de la société civile et des syndicats de l’administration fiscale, se sont livrés à un petit exercice de chiffrage un peu différent. Leur rapport, rendu public ce 28 mars et intitulé « Rendez l’argent ! », chiffre à 200 milliards d’euros la somme qui peut être récupérée en menant des politiques fiscales plus justes. De quoi, selon ces organisations, financer des centaines de milliers de créations d’emplois utiles à la transition écologique, relancer la recherche publique, favoriser l’accès à l’éducation et à la santé, ou ressusciter l’aide publique au développement.

 

Renforcer la lutte contre la fraude fiscale : 60 à 80 milliards

La fraude fiscale représente un manque à gagner de 60 à 80 milliards d’euros par an, soit l’équivalent du déficit public annuel (75,9 milliards en 2016). Cette fraude prend plusieurs formes : le travail dissimulé, la fraude à la TVA, la sous-estimation de la valeur du patrimoine, le paiement de sommes en liquide non déclarées constituent les principales pratiques frauduleuses quand l’argent en question ne sort pas du pays. À l’échelle internationale, c’est encore plus complexe : l’administration fiscale doit au quotidien identifier les sociétés écrans, comprendre des montages sophistiqués, repérer des manipulations de prix. Qui sont ces fraudeurs ? Les deux tiers de ces délinquants en col blanc sont des entreprises, l’autre tiers sont des particuliers.

« La liberté de circulation des biens et des capitaux, les « paradis fiscaux et judiciaires », le numérique, l’ingénierie financière et fiscale ou le manque de coopération constituent des facteurs qui favorisent [cette fraude] », estime le syndicat Solidaires finances publiques, qui a participé à l’élaboration du rapport et publié en parallèle son « bilan fiscal du Quinquennat ». Un contournement de l’impôt parfois réalisé avec la complicité des autorités : l’UEFA, qui a organisé le championnat d’Europe des nations en 2016, n’a payé aucun impôt en France. « C’est en quelque sorte une double peine en termes de finances publiques : les investissements réalisés par les pouvoirs publics français pour l’organisation du tournoi auraient coûté 2 milliards d’euros (1,4 pour les stades et 600 millions pour les transports). Mais les bénéfices réalisés, estimés à 900 millions d’euros, sont exonérés », pointe le syndicat des personnels de Bercy.

Pour récupérer ces milliards « qui échappent à l’impôt », le collectif propose une série de mesures : obliger les multinationales à rendre des comptes sur leurs activités et filiales dans chaque pays pour sanctionner celles qui pratiquent un « shopping fiscal », en premier lieu les banques françaises et européennes. Un calcul de l’organisation Oxfam révèle que les vingt premières banques européennes réalisent en moyenne un quart de leur bénéfice de 2016 au sein de paradis fiscaux. Sur le podium des banques qui contournent le plus les impôts de leurs pays respectifs : la britannique HSBC (57 % des bénéfices au sein des paradis fiscaux), l’italienne Unicredit (36%) et la néerlandaise ING (34%). BNP Paribas arrive en 4ème position (32%), la Société générale est 6ème (22%), loin devant les autres banques hexagonales (voir le rapport d’Oxfam).

Les auteurs de « Rendez l’argent ! » proposent aussi de créer un statut de lanceur d’alerte, avec « aide financière et protection contre les représailles et intimidations ». Aujourd’hui ces lanceurs d’alerte sont, au mieux, harcelés et bannis de leur métier, telle Stéphanie Gibaud, ancienne comptable d’UBS France ; au pire condamnés à des peines de prison ou des amendes par leur employeur, comme Antoine Deltour et Raphaël Halet, les anciens employés du cabinet de conseil luxembourgeois PricewaterhouseCoopers, à la source du scandale Luxleaks (lire ici).

Indispensable à cette lutte contre la fraude fiscale, le renforcement « des effectifs et des moyens des administrations impliquées dans la traque des délinquants financiers ». Des efforts ont certes été accomplis sous ce quinquennat. Les redressements et régularisations fiscales ont ainsi rapporté 2,7 milliards d’euros en 2015. Le syndicat des finances publiques tire pourtant la sonnette d’alarme : 3100 emplois ont été supprimés en six ans, une baisse d’effectifs qui frappe également l’ensemble des pays de l’Union européenne.

« Au nom de la rigueur budgétaire, on a créé ainsi les conditions d’un maintien à haut niveau de la fraude fiscale : un choix économiquement, socialement et budgétairement totalement contre-productif », écrit Solidaires finances publiques. Pour l’instant, seuls deux des principaux candidats abordent le renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale dans leur programme : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen l’évoque sans en détailler les aspects concrets. Et parmi les dizaines de milliers de postes de fonctionnaires que promettent de supprimer Emmanuel Macron (120 000 postes) et François Fillon (500 000), nul ne sait combien concernent Bercy et ses services anti-fraudes.

 

Taxer les transactions financières : entre 10 et 36 milliards

Une taxe sur les transactions financières (TTF) existe déjà en France. Adoptée en 2012, elle rapporte un peu moins d’un milliard d’euros par an. S’appliquant principalement aux échanges d’actions des sociétés cotées en bourse, elle a été renforcée fin 2017, avec un taux passant de 0,2 % à 0,3 %. Cette taxe réajustée prend davantage en compte les échanges spéculatifs, quand les achats et les ventes d’actions se déroulent sur une même journée. La mise en œuvre de cette TTF renforcée, prévue en 2018, dépendra de la nouvelle majorité. Un projet de taxe similaire est également en discussion entre dix pays européens, mais les négociations sont sans cesse repoussées.

Les propositions de « Rendez l’argent ! » souhaitent aller plus loin, en promouvant une taxe de 0,1 % sur toutes les transactions financières, et de 0,01 % sur certains produits dérivés, qui servent à spéculer sur la valeur d’une matière première ou d’un bien immobilier. Les recettes d’une telle taxe « sont estimées à 36 milliards d’euros à l’échelle européenne et 10,8 milliards d’euros par an pour la France », dit Attac. Si cette taxe était étendue à l’ensemble des produits dérivés – plusieurs centaines de milliards d’euros échangés chaque année –, elle pourrait rapporter « jusqu’à 36 milliards d’euros par an rien qu’en France ». Quid de la mise en œuvre technique d’une telle taxation ? « On peut tout d’abord prélever la taxe sur le lieu de négociation, c’est-à-dire dans les salles de marché des banques. On peut aussi décider de la prélever dans les chambres de compensation et les centrales de règlement-livraison nationales et internationales (comme Clearstream ou Euroclear, ndlr) qu’utilisent les banques pour effectuer les règlements d’espèces et les livraisons de titres. »

Qu’en disent les candidats à l’élection présidentielle ? Jean-Luc Mélenchon propose, dans son programme, d’« instaurer une taxe réelle sur les transactions financières ». Benoît Hamon l’étend à l’Europe « afin de doter la zone euro d’un budget et d’une Assemblée propres ». Emmanuel Macron demeure flou sur ses intentions : « La TTF est un totem pour les uns, un tabou pour les autres. Pour moi, ce n’est ni l’un ni l’autre. Il faut d’abord savoir comment on gère la sortie du Royaume-Uni, première place financière du continent », explique-t-il. En clair : le candidat d’En marche ! se garde la possibilité d’attirer banques et fonds d’investissement en France, quitte à ne pas réguler la finance spéculative, alors que Londres a instauré une taxe similaire à la TTF française, mais légèrement plus élevée (0,5%). De leur côté, ni François Fillon, ni le programme du FN ne l’évoquent. Fillon s’était, en tant que député, prononcé contre le renforcement de la TTF. L’ensemble des parlementaires LR et UDI avaient voté contre.

 

Réformer les niches fiscales : 10 à 15 milliards

La France compte... 451 niches fiscales ! Elles constituent un manque à gagner total de 89,9 milliards d’euros pour les finances publiques. Certaines d’entre-elles coûtent très cher : celles qui permettent des réductions d’impôt, sous certaines conditions, en cas d’achat d’un bien immobilier pèsent 1,5 milliard d’euros (lire : Logement : ces niches fiscales coûteuses, inutiles et contre-productives) ; le crédit impôt recherche accordé aux entreprises dépasse 5 milliards d’euros, « alors que son efficacité n’a pas été démontrée et qu’il sacrifie la recherche publique ».

Le rapport propose de revoir l’ensemble de ces niches afin d’étudier leur efficacité au regard de leur coût. « Une telle revue permettrait de définir celles qui doivent être supprimées ou réformées, de dégager des ressources et également de procéder à une réforme fiscale de fond. » Renforcer la progressivité de l’impôt pour que les ménages très aisés y contribuent davantage permettrait de dégager entre 5 et 10 milliards. Ré-équilibrer l’imposition entre PME, qui paient pleinement l’impôt sur les sociétés, et les grands groupes qui délocalisent leurs bénéfices grâce à leurs filiales, permettrait de dégager un montant similaire, soit 10 à 20 milliards pour ces deux mesures.

 

Conditionner les exonérations du CICE : 40 milliards pour l’emploi

Pour compléter ces recettes, les associations altermondialistes suggèrent d’octroyer sous conditions une nouvelle forme de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Celui-ci coûte actuellement 40 milliards d’euros par an et n’a contribué à créer ou sauvegarder – au mieux – que 100 000 emplois. Soit une subvention indirecte de… 400 000 euros par emploi ! Pourtant, 40 milliards, c’est l’équivalent de 600 000 emplois au salaire moyen (un salarié payé 2200 euros nets), cotisations salariales et patronales comprises. À la place du CICE, les entreprises pourraient bénéficier d’aides directes et de crédits fléchés en échange de « la création d’emplois utiles, en particulier dans le secteur de la transition écologique ». Si François Fillon et Emmanuel Macron annoncent d’importantes baisses de cotisations et de prélèvements en faveur des entreprises au nom de leur « compétitivité », aucun n’a fixé de contreparties à ces cadeaux.

 

Supprimer les aides aux énergies fossiles : 10 milliards

Là encore, il s’agit de s’attaquer à un étrange paradoxe fiscal : alors que la lutte contre les dérèglements climatiques et la mise en œuvre d’une transition écologique semblent faire consensus, les énergies fossiles, issues du pétrole et les plus polluantes, demeurent allègrement subventionnées. « Exemption de TVA pour le pétrole en Outre-mer, TVA réduite sur l’essence en Corse, défiscalisation du kérosène, taux réduit pour le fioul utilisé comme carburant, défiscalisation des carburants pour les chauffeurs de taxis et les agriculteurs »… La liste de ces exemptions laissent perplexe au regard de la multiplication des pics de pollution.

Ces subventions à la consommation d’hydrocarbures coûtent 3,4 milliards d’euros par an. Attac y ajoute l’abattement fiscal sur le prix du diesel à la pompe, soit 5 à 6 milliards supplémentaires. Un avantage fiscal que Ségolène Royal a décidé d’étendre progressivement à l’essence. « Rendez l’argent ! » souhaite au contraire leur suppression progressive. Une question demeure : comment remplacer ces aides indirectes à des professions sinistrées ou en difficulté, comme les agriculteurs et les taxis, ou à des populations défavorisées, telles celles d’Outre-Mer.

Au total, ce sont donc entre 130 et 200 milliards de recettes fiscales qui sont potentiellement récupérables, au service d’une fiscalité plus juste et d’une meilleure répartition des richesses, sans alourdir les impôts et taxes acquittés par les classes populaires et moyennes, ni mettre au chômage des dizaines de milliers de fonctionnaires. Reste à observer quels seront les candidats les plus favorables à cette justice fiscale. Nul besoin d’être devin pour cela.

Ivan du Roy

 La campagne « Rendez l’argent ! »

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 14:07

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Inégalités

En France, le travail tue 1200 personnes chaque année

par

 

 

Le 1er octobre 2016, un ouvrier est mort sur le chantier de l’Opéra, à Paris, écrasé par plusieurs plaques de verres pensant chacun 250 kilos. Six jours plus tard, dans la Drôme, c’est un apprenti bûcheron qui a perdu la vie écrasé par un arbre. À la fin de ce même mois d’octobre, trois autres travailleurs sont morts, dans le secteur du bâtiment et de l’automobile : deux après des chutes de plusieurs mètres, l’autre écrasé par un camion....

Chaque année en France, on déplore 500 accidents du travail mortels. Et ce décompte macabre stagne depuis 15 ans, après avoir beaucoup diminué – on était à plus de 2000 accidents du travail mortels en 1970 [1]. « Malgré cette hécatombe de décès depuis de nombreuses années, les employeurs et les pouvoirs publics refusent de réagir de manière efficace et choisissent l’indifférence », proteste l’Union syndicale Solidaires dans son dernier bulletin d’information « Et voilà ». « Ces derniers tentent parfois de minimiser la réalité dramatique qui se cache derrière ces données chiffrées en expliquant que la population active a légèrement augmenté sur cette période et donc que la fréquence de ces décès n’est pas si importante tout compte fait… »

Davantage que la démographie, ce qui semble en cause sont bien les défaillances de la prévention des risques professionnels par les employeurs. « Tout accident de travail est évitable », assure Pascal Jacquetin, directeur adjoint des risques professionnels à la Caisse nationale d’Assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) [2]. L’analyse des causes de ces drames professionnels démontre qu’ils suivent tous des scénarios identifiables, souvent prévisibles. Mis à part les malaises, tous auraient pu être évités. Le Code du travail, quoiqu’en disent ses détracteurs, fixe les grands principes que doivent respecter les employeurs « pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».

Les personnes décédées des suites d’un accident ne sont pas les seules à mourir à cause de leur travail. Il faut y ajouter ceux et celles qui sont, chaque année, emportés par une maladie professionnelle, cancers en premier lieu, ou qui meurent lors d’un accident de trajet lié au travail. On arrive alors à un total de plus de 1200 décès de travailleuses et de travailleurs par an, soit plus de 20 000 morts au travail depuis 2000 !

 

Lire aussi : Pourquoi la réforme du code du travail met en péril la sécurité et la santé des salariés

 

Notes

[1Ces données valent uniquement pour le régime général puisque les données pour la fonction publique sont soit inexistantes, soit non publiques, soit incomplètes

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 12:39

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le groupe Engie se perd dans la transition énergétique

Par martine orange

 

 

Pour la troisième fois en quatre ans, Engie (ex-GDF-Suez) est en perte. Le groupe a décidé de changer de stratégie pour devenir le leader de la transition énergétique. Les salariés sont déboussolés et regardent, navrés, brader les actifs historiques. Au sommet, la guerre continue entre Gérard Mestrallet, président, et sa directrice générale, Isabelle Kocher. Sous l’œil impassible de l’État actionnaire.

 

Cela fait des mois qu’ils se rongent. Ils le savent : la branche exploration-production internationale (EPI) d’Engie (ex-GDF-Suez) va être vendue. La direction du groupe l’a annoncé au printemps 2016. Elle ne leur a rien dit de plus. Depuis, les 500 personnes de l’activité s’inquiètent, se demandent quel sera leur avenir, si même il y a encore un avenir pour eux comme ingénieurs pétroliers, géologues, sismologues. « Les gens n’en peuvent plus. Certains sont en dépression, d’autres en burn-out. Beaucoup ont commencé à regarder ailleurs », raconte Arnaud (le prénom a été changé). En racontant cette vie de travail qui se délite, il a les mains qui tremblent.

À la fin de l’année 2016, ils redoutaient que l’affaire ne soit conclue très rapidement. Ils avaient découvert le nom de leur potentiel repreneur au hasard d’une dépêche Bloomberg : Neptune Oil & Gas. En fait, il s’agit d’un véhicule financier dans l’énergie créé par les fonds d’investissement Carlyle et CVC Capital Partners. Il serait intéressé par les actifs gaziers qu’Engie détient au Royaume-Uni, en Norvège, en Algérie, en Égypte, en Allemagne et en Asie. Le groupe espérerait en tirer au moins 4 milliards d’euros.

En dépit d’un marché pétrolier catastrophique, la branche a enregistré un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 1,2 milliard d’euros en 2016. Cela ne semble pas suffire pour les éventuels repreneurs. Une restructuration a été engagée pour rendre l’activité plus présentable en diminuant les coûts. 40 % des postes sont appelés ou sont en train d’être supprimés.

Isabelle Kocher, directrice générale, et Gérard Mestrallet, président du conseil d'Engie © DR

Isabelle Kocher, directrice générale, et Gérard Mestrallet, président du conseil d'Engie © DR

Les rumeurs de vente rapide sont reparties en février. Cela allait être annoncé au moment de la présentation des résultats d’Engie le 2 mars, prédisaient certains. La conférence est passée et rien n’est venu. Un porte-parole de la direction se refuse au moindre commentaire sur le dossier. Mais les échéances semblent s’approcher, inexorablement. Lundi 20 mars, un comité d’entreprise d’Engie s’est terminé sur un clash. La direction a refusé de donner les éléments que les représentants du personnel demandaient avant de se prononcer sur le sort de la branche exploration-production. Le comité d’entreprise a décidé d’engager une procédure judiciaire afin d’obtenir les informations que la direction lui refuse. Ultime tentative de résistance sans doute vouée à l’échec.

Car la direction ne reviendra pas sur son projet de cession. Il en va du sort d’Isabelle Kocher, la directrice générale d’Engie. Elle s’est engagée sur ce programme auprès des analystes boursiers. Elle doit “délivrer”, selon le jargon financier utilisé dans le groupe. Cela s’inscrit dans la nouvelle stratégie du groupe. Une de plus.

Cinq stratégies en neuf ans

« Combien de stratégies avons-nous eues depuis la fusion entre Suez et GDF ? » La question laisse Éric Buttazzoni, coordinateur CGT d’Engie, silencieux pendant un moment. Il a beau suivre la vie du groupe par le menu, il lui faut un peu de temps pour se remémorer toutes les étapes par lesquelles est passé le groupe depuis la fusion entre GDF et Suez en 2008. Il y a en eu tellement en dix ans. Les salariés en ont le tournis.

D’abord, il y a eu GDF-Suez, leader mondial du gaz et du GNL (gaz naturel liquéfié) juste après la fusion. C’était l’époque où Gérard Mestrallet, PDG du groupe, voyait le groupe exporter massivement du gaz vers les États-Unis. Le leader mondial du gaz avait juste omis un détail : la production massive de gaz de schiste aux États-Unis à partir de 2005. D’importateurs, les États-Unis sont devenus autosuffisants et désormais exportateurs de gaz américain. Deux ans plus tard, le groupe change d’orientation. Il rachète en deux fois son concurrent International Power. Ce dernier est valorisé à prix d’or (28 milliards d’euros) mais GDF-Suez paie une partie en papier. Grâce à cette acquisition, le groupe va devenir le leader de l’électricité et du gaz, en particulier dans les pays émergents, annonce triomphant Gérard Mestrallet.  

Trois ans plus tard, la stratégie est à l’eau. La révolution des énergies renouvelables est passée par là, brisant tous les équilibres énergétiques passés. GDF-Suez ne l’a pas vue venir. Le groupe a dû fermer plusieurs centrales thermiques pour faire face aux surcapacités. Gérard Mestrallet annonce alors qu’il « abandonne le monde ancien » pour se tourner vers le monde nouveau. L’avenir désormais pour GDF-Suez passe par les énergies renouvelables en Europe et les marchés à forte croissance. Il promet de devenir le grand énergéticien du monde, de développer les infrastructures gazières dans le monde.

En 2016, nouveau changement de cap. Le groupe a changé de nom : il s’appelle désormais Engie. Gérard Mestrallet, devenu président, et Isabelle Kocher, directrice générale appelée à lui succéder, tirent un nouveau trait sur le passé. Ils ne croient plus à la mondialisation des marchés de l’énergie, aux grandes structures verticales. Plus question de se battre sur les marchés, de spéculer sur les différences du prix du gaz sur les marchés asiatiques, et notamment au Japon, d’exploiter des centrales à charbon. Le nouvel avenir du groupe est dans la transition énergétique, les énergies renouvelables, les services, les marchés régulés.

Pour accélérer cette transformation, le groupe prévoit de céder 15 milliards d’euros d’actifs, d’investir 22 milliards d’euros et de réaliser 2,8 milliards d’économie – qui viennent s’ajouter aux 5 milliards déjà réalisés entre 2012 et 2015 – sur trois ans. Cette transformation doit être un premier pas vers un groupe du monde futur de l’énergie. L’ambition stratégique est résumée sous la forme d’un sigle : Objectif 3D pour décarbonisation, décentralisation, digitalisation.

À chaque fois, les administrateurs de l’État, qui est actionnaire à hauteur de 29,1 %, entérinent tout, sans semble-t-il s’inquiéter de ces changements incessants. Pourtant ces faux pas, ces revirements, ces erreurs stratégiques ont un coût. Le groupe a été en déficit sur trois des quatre dernières années. En 2013, le groupe a affiché une perte de 9,7 milliards d’euros. Après avoir redressé la situation en 2014 (3,1 milliards d’euros de bénéfice), le groupe replonge en 2015 (5,1 milliards de perte). En 2016, il est à nouveau dans le rouge, affichant une perte de 400 millions. Mais selon la direction d’Engie, ces résultats sont quasiment sans signification : ce ne sont que des pertes comptables, sans effet sur la santé du groupe. L’essentiel, il est vrai, est lié à des dépréciations d’actifs. Mais celles-ci ont atteint des proportions gigantesques : le groupe a déprécié pour 29 milliards d’euros d’actifs en quatre ans, soit plus du quart de ses actifs corporels et des goodwill (survaleurs) inscrits au bilan. Pour parler dans le langage du monde financier, le seul que nombre de dirigeants acceptent, rarement il y a eu une telle destruction de valeur dans un groupe.

 

Mouvements perpétuels

« Engie n’a pas fait plus mal que ses concurrents européens. Regardez E.ON ou RWE. Ils sont dans une situation aussi difficile. Tous les énergéticiens européens se retrouvent laminés par la montée en puissance des énergies renouvelables », analyse un connaisseur du groupe. Prenant la défense de la direction, il pointe un doigt accusateur vers la Commission européenne. Selon lui, c’est elle la grande responsable des défaillances en série des acteurs historiques de l’énergie sur le marché européen. C’est elle, accuse-t-il, qui a organisé une concurrence effrénée sur les marchés traditionnels de l’énergie, tout en autorisant dans le même temps les subventions massives et les prix fixes pour les énergies renouvelables. « Il n’y a plus aucune rentabilité possible dans un marché aussi faussé. Tous les électriciens et les gaziers ont été pris en étau », conclut-il.

L’Europe de l’énergie a incontestablement tourné au fiasco. Mais cela dédouane-t-il pour autant la direction d’Engie de toute responsabilité ? En dépit de ses acquisitions multiples de ces dernières années, le groupe réalise un Ebitda inférieur à celui accompli au moment de la fusion (10,7 contre 13,8 milliards au moment de la fusion). La chute des prix du pétrole et du gaz a incontestablement pénalisé le groupe, tout comme la révolution des énergies renouvelables. Mais pas seulement.

Depuis neuf ans, il semble avoir laissé de côté tout repère industriel pour une gestion purement financière. Par certains côtés, Engie ressemble à un hedge fund. Toutes les infrastructures gazières – stockage, distribution – qui faisaient l’unité industrielle de GDF et qui assurent encore une bonne partie du résultat du groupe, ont été filialisées après avoir été délestées de leur trésorerie et de leurs moyens de financement. Les actifs valsent à toute vitesse, selon les modes du moment. Une grande partie des dépréciations réalisées au cours des quatre dernières années sont liées à des sociétés ou des actifs qui avaient été achetés il y a moins de cinq ans. Cette année, celles-ci portent essentiellement sur les productions d’électricité en Europe, y compris des champs éoliens. Certaines installations ont à peine été achetées, souvent au prix fort, qu’elles sont revendues, parfois à prix bradé. D’une année sur l’autre, rien n’est comparable, ce qui permet de masquer des réalités parfois dérangeantes.

Ces mouvements perpétuels, cette recherche incessante de la maximisation des profits à court terme finissent par déboussoler les salariés du groupe. On leur a tenu tous les discours. Et à chaque fois, cela se traduit par des réorganisations (la troisième en quatre ans au siège), des changements de périmètre et de métier, des dysfonctionnements...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 21:41

 

 

Grenoble : un cabinet dentaire pour les sans-abris et les sans-papiers

 

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu mercredi 29 mars 2017 à 19:23

 

 

 

 

Alexandre Sage, dentiste et créateur de "Solident".

Alexandre Sage, dentiste et créateur de "Solident". - Solident

Solident, c'est un cabinet dentaire pour les plus démunis, ceux qui n'ont aucune couverture sociale et pas d'argent pour payer des soins bucco-dentaires, même pas la CMU. Il a ouvert en novembre dernier en plein centre ville, à Grenoble. Le Docteur Sage recherche des dentistes bénévoles.

C'est le docteur Alexandre Sage, dentiste "altruiste" à Meylan, qui a eu l'idée voici un an d'ouvrir un cabinet solidaire, baptisé Solident. Il a obtenu une aide financière de l'Agence régionale de santé (ARS), des dons de deux associations, une subvention de la député socialiste Geneviève Fioraso, financée grâce à sa réserve parlementaire. Il est soutenu par le conseil de l'Ordre des dentistes. Il a récupéré du matériel chez des confrères partant à la retraite. Deux salariés ont été embauchés, une assistante dentaire et un médiateur sanitaire.

 

Solident lance un appel aux dentistes pour qu'ils donnent un peu de leur temps

Le médiateur dentaire, c'est Boris Roche. C'est lui qui reçoit les patients avant qu'ils ne passent sur le fauteuil du dentiste. Ce sont des demandeurs d'asile, des SDF, des clandestins. Boris dédramatise ce moment, explique comment ça va se passer, que tout est fait pour qu'ils n'aient pas mal. "Beaucoup de ces personnes ont eu de mauvaises expériences. Souvent, dans leur pays d'origine, ils n'ont connu que des "arracheurs de dents" ! Il faut qu'ils aient confiance, pour qu'ils reviennent et qu'on les soigne complètement."

Sandrine et Boris, l'assistante et le médiateur dentaires de Solident-Grenoble. - Radio France

Sandrine et Boris, l'assistante et le médiateur dentaires de Solident-Grenoble. © Radio France - Véronique Pueyo

Il y a déjà trois semaines d'attente pour les rendez-vous. Les patients sont envoyés chez Solident par des prescripteurs, c'est-à-dire des associations qui s'en occupent et qui sont garantes que ces personnes n'ont aucun revenu.

"Pour faire de l'humanitaire, pas de besoin d'aller à l'autre bout du monde. c'est au coin de la rue, ici, à Grenoble."

— Alexandre Sage, dentiste.

Le problème aujourd'hui pour Solident, victime de son succès, c'est de trouver des dentistes bénévoles, prêts à donner un peu de leur temps. Pour l'instant, ils ne sont que deux, le docteur Sage et un confrère, jeune retraité, à tourner sur le planning. Mais d'autres se sont dits prêts à rejoindre l'équipe. Car si certains sont intéressés par l'humanitaire : " Pas besoin de partir à l’étranger" explique le Docteur Sage. "La grande précarité est au coin de la rue. On voit des bouches dans des états déplorables mais on peut soigner les gens. On ne va pas leur poser des prothèses mais déjà faire les soins de base, dans des conditions optimales, comme dans un vrai cabinet. On n'offre pas de soins au rabais !"

"Le sourire d'un patient à la fin de ses soins, c'est notre plus beau cadeau!"

— Sandrine Pourcelot, assistante-dentaire

Sandrine Pourcelot est l'assistante dentaire. "C'est très enrichissant, très humain. Mon travail prend tout son sens auprès de ces patients, laissés pour compte. Je me souviens de cette femme, frappée par son mari, qui avait les dents cassées... Quand on ne comprend pas la langue, on trouve des traducteurs. Quand le patient repart avec le sourire et nous montre son cœur pour nous dire merci, c'est le plus beau cadeau qu'il peut nous faire !"

Le cabinet est ouvert les lundis, mercredis et jeudis matin.

 

 
 

Dans le cabinet de Solident, à Grenoble

 

Grenoble, France

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