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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 21:54

 

Source : voyageurs.en-transition.fr

 

 

 

Les Français en 2014 : évolutions et prises de conscience – ou comment la crise a créé du positif

 

Cet article a été initialement publié sur le blog Le Palais Savant.

Le mois de Juin est porteur de bonnes nouvelles et de fruits de toutes les couleurs. Je vous laisse déguster les fruits et j’en profite pour partager avec vous les bonnes nouvelles :) Il faut prendre le temps de savourer les progrès faits et les nouvelles énergies qui se mettent en place. Et éviter autant que possible notre tendance à ne remarquer que “ce qui ne va pas”, ce que les autres ne font pas ou n’ont pas encore compris. On porte toute notre attention et notre énergie sur ce qui est positif !

bonne nouvelle

Grâce à l’étude  « Évolutions du comportement des français face au développement de l’économie circulaire » réalisée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et diffusée en Juin 2014, on apprend que (toutes les phrases en italique sont extraites de l’étude) :

  • 30% de la population veut consommer MOINS et MIEUX ! « Contre 22% qui veulent consommer autant mais mieux, 22% qui veulent consommer plus et 26% qui ne veulent pas changer leurs habitudes ».

30% c’est énorme, c’est la tendance majoritaire et cela suffit à soutenir un changement durable dans notre manière de consommer et de penser le bonheur. Nous sommes sur le bon chemin.

  • L’Homme est interconnecté à la nature et pas au-dessus d’elle.

l homme

« Dans l’imaginaire collectif, 75% des Français refusent de penser que « le destin de l’homme est de dominer la nature » et 95% sont persuadés que « lorsque les hommes dérangent la nature, cela a souvent des conséquences néfastes »». Quel soulagement! Dire qu’on est au dessus de la nature ou qu’on s’en fiche, est la plus grande des hypocrisies: la seule raison qui me permet d’être vivant en cette seconde précise, de respirer, de manger, de m’habiller, de me soigner, de bouger est que la nature existe et nous englobe. Il est temps d’en prendre réellement et profondément conscience. Absolument TOUT ce que j’ai et ce que je suis, vient de la nature.

  • On utilise moins de ressources pour vivre. L’ère de l’hyperconsommation est en déclin ! (cri je joie) 

« La consommation de matière pour satisfaire les besoins économiques de la population a tendance à diminuer : chaque habitant, dans sa vie de tous les jours, mobilise aujourd’hui moins de matière (12,1 tonnes par an) qu’il y a 20 ans (14,3 tonnes). La France se situe en dessous de la moyenne européenne (17 t/hab).»

  • Nous sommes de plus en plus conscients du besoin de changer

« 88% des Français pensent aujourd’hui que la société a besoin de se transformer profondément, contre 70% en 1984. » Changer oui, mais dans quel sens ? Chacun a son idée là-dessus et je pense que les idées qui pourront être mises en avant par des Hommes avec des valeurs positives, humaines, simples,  de partage, de justice, de respect de la vie sous toutes ses formes, chaleureuses et accessibles seront celles qui deviendront notre futur

quel sens

  • L’alimentation comme outil principal pour prendre soin de soi et prendre soin de la planète.

Si « être en bonne santé figure comme la première condition nécessaire au bien-être (76%), avant une relation de couple heureuse (64%) ou ne pas avoir de problèmes d’argent (64%) » et que « 78% pensent qu’ils pourraient faire mieux ou plus pour assurer le respect du développement durable » nous avons trouvé notre duo gagnant pour faire plaisir à tout le monde :) Continuons à promouvoir une alimentation saine, locale, biologique, une réduction de la consommation de viandes, poissons, produits laitiers, produits raffinés et une augmentation de la consommation de produits bruts, issus du règne végétal, frais et diversifiés. D’une pierre, deux coups : à nous une santé éclatante et une planète vivante.

curgette

En plus, les chiffres de la consommation générale évoluent dans ce sens:

on consomme moins de viande «101 kg/personne/an en 1995 pour 92 kg/personne/an en 2010».

on consomme plus de produits biologiques « on observe une tendance clairement croissante sur longue période à consommer des produits issus de l’agriculture biologique (64% ont consommé bio dans l’année en 2010, contre 31% en 1995) ; la diffusion du bio se confirme dans toutes les catégories de la population, y compris les ménages modestes».

Le fait que le bio attire plus de monde, issu de toutes les classes sociales, est un point très important. La santé n’est pas réservée à une minorité, pour une classe privilégiée ; la santé est un état qui existe naturellement chez tous les êtres vivants et c’est par l’alimentation que nous la préservons. Pour avoir plus d’idées sur comment bien manger avec un petit budget : “Comment concilier budget et bien manger”

  • Nous vivons une grande histoire d’amour avec nos déchets : on en produit moins et on en trie plus.

 « la quantité des déchets est en baisse depuis le début des années 2000 (…) 82 % des Français déclarent trier la plupart de leurs déchets pour le recyclage, contre 66 % des Européens. Dans le détail, 71 % d’entre eux affirment trier systématiquement les piles (la proportion n’était que de 30 % en 1998), 69 % les papiers journaux (contre 37 % en 1998), et 76 % le verre (contre 65 %).

economie circulaire

Conséquence : la production de déchets par habitant a diminué ces dernières années : après avoir doublé entre le début des années 1960 et 2002 (passant d’environ 175 kg par habitant à 359 kg), elle est depuis en baisse, avec 290 kg en 2011. » (www.lemonde.fr)

  • La crise : un cadeau caché

En partant de l’idée que nous étions « plus pauvres », la crise nous a forcés à nous parler, à nous mettre en relation, à échanger des produits mais en nous apprenant à être créatifs, à aller vers les autres, à être moins seuls, à prêter, donner, être plus généreux elle a fait de nous des personnes bien plus riches.

Un bonheur déconnecté du matériel et complètement basé sur ce qui ne peut pas être pesé ou acheté: l’amitié, les sourires, la compassion, la découverte de l’autre, la découverte de soi, la connexion avec la nature, la débrouillardise, la force de la famille, la créativité, l’originalité, la beauté, l’art, la spiritualité, la gourmandise, etc.

riche

« 54 % des Français font réparer leurs appareils électroménagers, hi-fi et vidéo plutôt que d’en acheter de nouveaux, 88 % d’entre eux ont déjà fait un don de vêtements ou de chaussures à une association, 75 % ont acheté des produits d’occasion en 2012, contre 59 % en 2004 et 25 % ont eu recours au covoiturage, dont 10 % régulièrement en 2013. De plus en plus, avec le développement de la consommation collaborative, l’usage se substitue à la propriété, la fonction à l’objet. 88% des Français ont déjà donné des vêtements ou des chaussures. »

  • La sobriété heureuse

Elle a peut être été “forcée” dans un premier temps, mais elle sera probablement enracinée. Avoir peu et en être heureux, cela fait souvent penser à un ermite isolé dans la forêt. Image qui ne donne pas très envie à l’heure du choix, du divertissement et du matérialisme 2014. Pourtant, avoir peu et être heureux, c’est autre chose. C’est être libre et connaitre sa valeur, son importance dans le monde, indifféremment du nombre de vêtements, voitures, bijoux ou objets que l’on possède. C’est manger un plat de fraises cueilli dans son propre jardin avec la plus grande fierté, les yeux fermés, et apprécier 10 minutes de plaisir culinaire comme jamais, plutôt que d’avaler en 45 secondes un sandwich cher et vide de nutriments en courant dans la rue. C’est ouvrir son cœur au don, au partage avec les autres et se rendre compte que le vide que nous ressentons parfois est bien plus comblé après une heure passée à échanger avec des êtres humains qu’après une heure passée à faire des courses compulsives. C’est se sentir malins parce qu’on a trouvé une nouvelle technique pour faire la vaisselle sans vider à chaque fois les nappes phréatiques du département tout en économisant quelques euros. Et tout un tas d’autres petits bonheurs :)

  • Oui à un mode de vie qui ne condamne pas la nature, notre vie et celles des générations futures (toutes espèces vivantes confondues !)

« 1/4 des Français a installé des équipements utilisant des énergies renouvelables dans son logement. »

eternel

« Depuis 2003 par exemple, la consommation d’eau par les ménages a légèrement baissé (– 3 %, alors que dans le même temps la population progressait de + 7 %), après avoir augmenté régulièrement depuis les années 1950. Le souci de réduire la consommation d’énergie dans le logement est également très présent : 81 % des ménages cherchent à diminuer leur consommation ; ce qui se traduit par des « petits gestes », comme le fait d’éteindre davantage les lumières, d’utiliser des ampoules à économie d’énergie ou de baisser le chauffage dans les pièces inoccupées. »

DES BONNES NOUVELLES MAIS 2 DÉFIS POUR CONTINUER SUR CE CHEMIN:

Est-ce qu’on fait tout ceci par manque d’argent ? Dans cette étude, il est révélé que les principales motivations derrière ces changements sont la recherche d’économies et la volonté de maintenir un pouvoir d’achat stable. Mais une fois que nous aurons découvert toutes les bonnes vertus d’une consommation simple et qui crée du positif pour tous, est-ce que nous voudrons revenir en arrière ? Une fois que les jeunes générations auront grandi avec des habitudes qui seront comme une deuxième nature pour eux, est-ce que cette nouvelle consommation sera acquise pour de bon ? Je pense que oui, mille fois oui.

D’ailleurs, si vous souhaitez en savoir plus sur comment développer des habitudes alimentaires saines chez les tous petits: voici quelques conseils.

La vie n’est faite que de changements et pourtant, nous passons une grande partie de notre vie à les craindre. « Changer d’habitude et de comportement prend du temps. Cela nécessite des prises de risques, des initiatives et des remises en questions. Or, les Français ne sont pas très aventureux : 70% des Français disent qu’ils préfèrent plutôt la tranquillité que le changement, 91% déclarent qu’ils sont plutôt prudents et une majorité n’aime pas vivre de sensations fortes. Est-ce lié ? Nos concitoyens se montrent assez inquiets : 58% ont peur des agressions dans la rue, 68% des accidents de la route, 76% du chômage, 51% ont peur des accidents de centrale nucléaire et plus d’une personne sur deux a même peur de l’éventualité d’une guerre. » Je pense qu’on touche ici à un point clef et structurant de l’humanité. Moins on passera de temps et d’énergie à craindre le changement, l’idée de tout perdre, d’être oublié, la crainte de l’autre, de souffrir physiquement, émotionnellement, financièrement et plus on passera de temps à être profondément reconnaissants pour ce que nous avons, à se sentir appartenir à un tout (l’humanité, la vie, la Terre, l’Univers) et à accepter la nature changeante de notre quotidien, plus notre vie sera heureuse, appréciée et valorisée. Par nous-mêmes et par les autres.

heureux

On ne peut pas nous vendre, on ne peut pas nous enlever, quelque chose qui est déjà à nous. Si nous décidons que le bonheur, la joie de vivre, le partage, la compassion, l’amour et la créativité sont des choses qui font partie de nous,  notre perception changera radicalement. Car nous ne vivrons plus dans un état de pénurie ou de manque, mais dans un état perpétuel d’abondance. Et souvent, l’abondance est déjà là, il nous suffit simplement de changer notre perception, de regarder notre vie sous un angle différent.

Je compte sur vous pour propager les bonnes nouvelles, continuer à sensibiliser avec le sourire et à croire, toujours croire, dans un lendemain meilleur. On est sur le bon chemin :)

Source: ÉVOLUTIONS DU COMPORTEMENT DES FRANÇAIS FACE AU DÉVELOPPEMENT DE L’ECONOMIE CIRCULAIRE. Étude réalisée pour le compte de l’ADEME par Régis BIGOT et Sandra HOIBIAN, avec la collaboration d’Emilie DAUDEY (CREDOC ) Coordination technique : Solange Martin – Service Economie et Prospective – ADEME (Paris) Juin 2014

 

 

 

Source : voyageurs.en-transition.fr

 

 

 

 

 

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 19:01

 

Source : www.mediapart.fr

 

Ecotaxe : l'Etat s'apprête à verser entre 100 et 200 millions à Ecomouv

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

La réforme de l’écotaxe va-t-elle permettre que « l’argent revienne aux Français », comme l’a promis Ségolène Royal ? Rien n’est moins sûr. La recette réelle de l'écotaxe pour les comptes publics sera comprise entre 300 et 400 millions d'euros, et non 550 comme annoncé par la ministre. L'État s'apprête à verser entre 100 et 200 millions d'euros à Écomouv.

La transformation de l’écotaxe en péage de transit poids lourds va-t-elle permettre que « l’argent revienne aux Français », comme l’a promis Ségolène Royal lundi matin ? Rien n’est moins sûr, et toute une série de signaux contradictoires sont même détectables. Selon le nouveau système, dévoilé dimanche dans le journal Ouest-France, le quotidien de la région qui fut le principal foyer de résistance au projet de taxe, et confirmé lundi matin par la ministre de l’écologie (sur France Inter, voir ici), le « péage de transit » s’appliquera aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes roulant sur un périmètre restreint de 4 000 kilomètres (contre 15 000 initialement prévus), sur des itinéraires supportant plus de 2 500 poids lourds par jour. Il devrait s’appliquer à partir du 1er janvier 2015, après trois mois de tests « à blanc », c’est-à-dire sans payer.

La tarification se fera avec un taux moyen de 13 centimes d'euro par kilomètre, modulable en fonction de la distance parcourue, du niveau de pollution et du nombre d'essieux des camions. Ce nouveau dispositif ne rapporterait qu'environ 500 millions d’euros par an, soit moins de la moitié des 1,1 milliard d’euros escomptés de la précédente version de l’écotaxe. La loi de finance rectificative 2014, soumise au parlement en juillet, devra valider ce dispositif et le réseau routier concerné.

 

La carte du péage de transit : en rouge et en vert, les routes assujetties, en bleu, les autoroutes concédées et hors périmètre. 
La carte du péage de transit : en rouge et en vert, les routes assujetties, en bleu, les autoroutes concédées et hors périmètre.

L’objectif initial de cette taxe était d’inciter le transport de marchandises, très émetteur de gaz à effet de serre et cause d’usure des routes, à se reporter de la route vers le rail. La loi Grenelle de l’environnement avait ainsi créé l’éco-redevance poids lourds, en transposition de la directive européenne Eurovignette (voir ici). Mais le gouvernement de François Fillon l’avait transformée en un contrat insensé, particulièrement coûteux pour l’État et ultrafavorable aux intérêts financiers du consortium ad hoc créé pour l’occasion, la société Écomouv (voir ici notre enquête). Le mouvement des Bonnets rouges en Bretagne à l’automne dernier, détruisant portique sur portique pour dénoncer la politique fiscale du gouvernement, effraya l’exécutif qui finit par suspendre l’écotaxe.

Hostile à la fiscalité écologique dans son principe, opposée à l’idée d’une éco-taxe, Ségolène Royal propose aujourd’hui un outil fiscal de faible portée. « De toutes les options sur la table, ils ont choisi la plus basse », se désole Mathieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, qui s’inquiète pour les dizaines de projets de transport en commun menacés par le déficit de financement par rapport à ce qui était prévu.

Porte-parole des Bonnets rouges, Christian Troadec, le maire de Carhaix, a mal reçu le nouveau système et continue de réclamer la gratuité totale des routes en Bretagne. La carte de la nouvelle redevance épargne la péninsule, à l’exception du tronçon entre Nantes et Saint-Lô, passant par Rennes. Dans la nuit de dimanche à lundi, sur la N171, entre Nantes et Saint-Nazaire, un portique écotaxe a été incendié, alors qu’il ne se trouve pas sur la seule route encore assujettie à la redevance poids lourds. Il a été démonté dans la journée de lundi, si bien qu’il ne reste plus que trois portiques dans le département de Loire-Atlantique (contre six initialement).

La redevance poids lourds proposée par Ségolène Royal a l’avantage de sembler opérationnelle, sous réserve des bons résultats techniques du test à blanc de l’automne prochain. Mais elle présente de nombreux désavantages financiers et risque bien de coûter cher aux contribuables français, malgré les intentions affichées.

  • L’accord entre Écomouv et l’État en question

Le groupe Atlantia (Autostrade per l'Italia), actionnaire à 70 % de la société Écomouv, a publié lundi 23 janvier un communiqué qui soulève plusieurs questions. Il annonce être parvenu à un accord avec le gouvernement français sur le contentieux qui les opposait depuis le 29 octobre 2013, jour du report de l’écotaxe. Mais selon le groupe italien, Paris se reconnaît « débiteur » envers lui, et considère « conformes » les réalisations d’Écomouv dans le cadre de son contrat. Le consortium n’aura pas à « souffrir » des dépenses supplémentaires occasionnées par le report de l’écotaxe. Ce protocole d'accord a été signé vendredi 20 juin. Il conclut des discussions démarrées en janvier. Elles avaient quasiment abouti au moment du remaniement du gouvernement, début avril.

Mais pourquoi l’État se reconnaît-il débiteur, à partir du moment où il considère que le système qu’il défait lui était excessivement défavorable ? Le système agréé par le gouvernement Fillon entraînait des « coûts exorbitants », selon Ségolène Royal elle-même (sur France Inter lundi matin). Elle en avait détaillé les aspects embarrassants lors de son audition devant l’Assemblée nationale, le 30 avril. Le coût de la collecte du précédent modèle représentait un quart des recettes attendues, et le taux de rémunération des capitaux propres d’Écomouv représentait 17 %, soit un niveau très élevé. Les frais de gestion étaient plus élevés qu’en Allemagne (mais avec une base fiscale plus basse en France, avec plus de routes exemptées).

La facture correspondant à l’accord entre l’État et Atlantia reste à établir. L'année 2014 sera une année blanche, sans recettes. De combien l'État va-t-il indemniser Écomouv de ce manque à gagner ? Si le contrat avait été résilié, il en aurait coûté 600 millions d'euros, à l'État. Comme il n'est pas résilié, seule l'année blanche de 2014 doit être indemnisée, pour un montant compris entre 100 et 200 millions d'euros. Le report de l'écotaxe est imputable à l'État, mais Écomouv avait trop à perdre en cas de résiliation de son contrat. C'est ainsi que ce chiffre de compromis a été obtenu.

  • Quelles seront réellement les recettes de l’écotaxe ?

Les recettes de la nouvelle redevance poids lourds atteindront 550 millions d’euros, selon Ségolène Royal. Mais c'est un chiffre brut, avant d'en soustraire les frais dus à Écomouv. À l'origine, la société devait toucher 230 millions par an pour sa collecte de l'écotaxe. Dans l'état actuel de la redevance, après renégociation des avenants du contrat, elle devrait toucher moins. Si bien que la recette nette de la redevance poids lourds pour les Français devrait être comprise entre 300 et 400 millions d'euros.

À l’origine, les recettes projetées étaient de 1,1 milliard d’euros au total (et non 800 millions, comme l’a dit Michel Sapin lundi matin sur France Info), réparties entre 760 millions d’euros pour l’agence de financement des infrastructures de transport (AFITF), l’agence chargée d’entretien les routes, et 160 millions pour les collectivités territoriales. Le montant exact de la recette escomptée sera revu à la baisse. Le député socialiste Philippe Duron, président de l’AFITF, s’est inquiété lundi soir de ce que les recettes attendues n’atteignent pas celles que devait dégager l’écotaxe ; l’agence « aura besoin de ressources complémentaires qu’il appartiendra au gouvernement d’identifier ».

Un autre coût risque de s’ajouter : celui des 172 portiques construits sur les 11 000 kilomètres de routes sortis du périmètre de la redevance, et désormais inutiles. Qui en portera la charge, et qui paiera pour leur démontage ? La communication d’Atlantia laisse penser que cela pourrait revenir à l’État français, et donc diminuer encore la recette nette de la redevance poids lourds. Selon le ministère de l'écologie, cela doit encore faire l'objet de négociations.

Concrètement, une douzaine de portiques sont hors d'usage (notamment après leur destruction par les Bonnets rouges). La plupart d'entre eux avaient été construits sur les axes les plus empruntés. Si bien qu'entre la moitié et les deux tiers de ces équipements devraient être utilisés pour la redevance (ils ne servent pas à collecter la taxe, mais à s'assurer que les camions sont équipés des boîtiers permettant de mesurer la distance qu'ils parcourent).

  • Quelle sera la contribution des sociétés gestionnaires d’autoroutes ?

Le gouvernement veut mettre les gestionnaires d’autoroutes à contribution pour compenser le manque à gagner de la nouvelle écotaxe. Mais comment et à hauteur de combien ? À ce stade, aucun chiffrage n’est mis sur la table. Surtout, ceux-ci sont partis pour bénéficier en contrepartie d’un avantage sans prix : l’extension de leurs juteux contrats de concession. Ségolène Royal affirme vouloir trouver un accord contractuel avec ces groupes, sans nouvelle taxation, et parle de « système gagnant-gagnant ». Les actionnaires de ces sociétés sont les entreprises de travaux publics qui seront aussi les premières bénéficiaires des travaux que va financer la nouvelle redevance… Le gagnant-gagnant promet d’être surtout pour elles, même s'il y aura autant de négociations que de contrats de concession (soit une cinquantaine), considère le ministère de l'écologie. 

Ces discussions sont suspendues à la réponse que Bruxelles donnera à la France concernant les travaux qu'elle souhaite entreprendre sur son réseau autoroutier, pour une valeur comprise entre 3,5 et 4 milliards d'euros. Paris souhaite adosser son plan de relance routier aux concessions existantes, en dérogation de la règle de libre concurrence prônée par la commission européenne. Le verdict européen est attendu à l'automne.

  • Le gagnant-gagnant des transporteurs

Les autres bénéficiaires de ce nouveau système sont aussi les transporteurs. Car ils ont déjà bénéficié d’avantages concédés en échange du coût anticipé de l’écotaxe : allègement de la taxe à l’essieu, autorisation des 44 tonnes. Au bout du compte, ils ont vu satisfaites d’anciennes revendications pour bien moins cher qu’ils ne le craignaient.

 

Lire aussi

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 21:11

 

Source : www.arte.tv

 

 

 

 

 

Square

La couleur du capital

dimanche 22 juin à 12h55 (26 min)
  Rediffusion samedi 28.06 à 5h25

Pour l'économiste Thomas Piketty, "Nous sommes redevenus une société d'héritiers comme il y a un siècle". Son best-seller, "Le Capital au XXIe siècle", raconte l'histoire du capital, du patrimoine et de la répartition des richesses. Débat avec Thomas Piketty et l'ancien Ministre des Finances et Président de la Banque centrale de Pologne, Leszek Balcerowicz.

Selon le rapport Global Wealth Databook 2013, le patrimoine mondial total détenu par les habitants de la planète est estimé à 240 900 milliards de dollars. Les ultra-fortunés qui représentent 0,7% de la population détiennent plus de 41% de ce patrimoine. A l'opposé, les 50% des individus les moins fortunés détiennent à peine 1% du patrimoine mondial.

Pour l'économiste et spécialiste des inégalités économiques Thomas Piketty : « Nous sommes redevenus une société d'héritiers comme il y a un siècle ».

Son best-seller, « Le Capital au XXIe siècle », vendu à 400 000 exemplaires en langue anglaise et à 100 000 exemplaires en France représente 15 années de recherches. Il raconte l'histoire du capital, du patrimoine et de la répartition des richesses sur plus de deux siècles dans une vingtaine de pays. « Le Capital au XXIe siècle » est un projet collectif qui a débuté avec la publication de l'ouvrage les « Hauts revenus en France au XXe siècle » (2001).

L'argent, le capital, sa couleur et les inégalités qui en découlent : on en parle dans Square avec Thomas Piketty et l'ancien Ministre des Finances et Président de la Banque centrale de Pologne, Leszek Balcerowicz, dimanche 22 juin 2014 à 13h00 sur ARTE.

 

 

 

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Rediffusion samedi 28.06 à 5h25

 

Source : www.arte.tv

 

 

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 20:39

 

Source : www.mediapart.fr

 

Au grand raout du lobby des partenariats public-privé

|  Par Lucie Delaporte

 

 

 

Le club des PPP a célébré mardi 17 juin les dix ans de l'ordonnance créant les partenariats public-privé. Alors que l'horizon s'obscurcit, l'influent lobby a tenu à raconter la belle épopée de ce « jeune outil de la commande publique » tout en proposant, sobrement, d'en changer le nom.

Il a fallu attendre près de trois longues heures de discours, avant de sabrer le champagne et d’entamer les petits fours. Ce mardi 17 juin, le club des PPP avait mis les petits plats dans les grands pour célébrer les 10 ans de l’ordonnance de 2004 portant création des partenariats public-privé (PPP) au Cercle national des armées, à Paris.

« Dix ans de l’ordonnance des contrats de partenariats, on ne voulait pas manquer la date », lance le maître de cérémonie Marc Teyssier d’Orfeuil, délégué général du club des PPP, attendri devant les dix bougies de ce jeune « outil de la commande publique » qui a permis aux majors du BTP de réaliser de bien belles opérations ces dernières années. Mais lui a aussi valu quelques-uns de ses plus récents scandales : naufrage de l’hôpital francilien (un de nos articles ici), soupçons de corruption dans l’attribution du marché du Pentagone de la défense ou du grand stade de Lille... Sans compter les nombreux rapports de la Cour des comptes soulignant combien les PPP constituent, la plupart du temps, un marché de dupes pour la puissance publique.

Ce jour-là, c’est évidemment une tout autre histoire qu’on se raconte. Celle d’une belle épopée contre l’idéologie et le conservatisme pour faire émerger d’ambitieux projets de travaux publics.

 

Marc Teyssier d'Orfeuil, délégué général du Club des PPP 

Devant un parterre composé pour l’essentiel de représentants du BTP, mais aussi de quelques élus et de hauts fonctionnaires de Bercy, Marc Teissier d’Orfeuil appelle donc, les unes après les autres, les bonnes fées qui se sont penchées sur le berceau des PPP depuis leur création.

Jérôme Grand d’Esnon, l’un des plus actifs artisans, en coulisse, de la création des contrats de partenariats vient d’abord rappeler combien « à l’époque le projet était connoté idéologiquement » : « Au départ il y avait un contexte très violent, beaucoup d’hostilité de la gauche, il a fallu beaucoup de ténacité. » L’homme, qui fut le secrétaire général de l’association de financement de la campagne de Jacques Chirac en 1995, après avoir été directeur des affaires juridiques de la mairie de Paris à la grande époque des scandales du financement du RPR, a été celui qui a mené à Bercy la réforme des marchés publics dans le gouvernement Raffarin. Il officie désormais comme avocat conseil dans un cabinet d’affaires où il s’occupe notamment des grands contrats publics.

Autre figure inconnue du grand public, mais tout aussi essentielle dans le développement des PPP, Noël de Saint-Pulgent raconte lui aussi la dure bataille qu’il a dû mener pour faire accepter ce nouvel outil de la commande publique à la tête de la MAPP, la mission d’appui des PPP à Bercy, qui depuis l’origine est à la fois chargée de les promouvoir et de statuer sur leur bien-fondé... « Avez-vous senti ce poids de l’idéologie à ce moment-là ? » l’interroge, plein d’empathie, Marc Teyssier d’Orfeuil. « C’est effectivement un débat qui a dérapé. Il y a eu autour des PPP une passion bien française qui nous a beaucoup gênés », admet cet « X Pont » qui avait fait jusqu’alors carrière dans l’assurance et l’organisation d’événement sportifs. Noël de Saint-Pulgent, qui est par ailleurs président de l’association d’entraide des familles nobles de France, souligne aussi combien les décisions successives du Conseil d’État et du Conseil constitutionnel – qui ont limité leur utilisation – ont été pénalisantes.

Le bilan de ces dix dernières années reste néanmoins positif pour lui. « On n’a pas à rougir de ce qu’on a fait. Il y a très peu d’échecs. Et puis des échecs, il y en a partout, regardez la maîtrise d’ouvrage publique, le Philharmonique ! » souligne-t-il en référence à la laborieuse construction de la salle de philharmonie à la Villette. Pourtant, reconnaît-il, le PPP a toujours mauvaise presse : « Il faut toujours travailler à son acceptabilité politique et sociale, c’est vrai. Même si les choses progressent auprès des vrais gestionnaires de gauche comme de droite d’ailleurs. »

À la tribune, le président du club des PPP – en bon communicant – enfonce le clou sur le ratage de la maîtrise d’œuvre publique. « Le philharmonique, c’est au final 300 % du prix ! L’hôpital francilien, les 80 millions supplémentaires ne représentent que 20 % du coût total. »


François Bergère, ancien directeur de la MAPP 
François Bergère, ancien directeur de la MAPP

C’est ensuite au tour de François Bergère, autre acteur essentiel du développement des PPP en France, de dresser le bilan de la décennie écoulée. « Quel recul sur dix ans ? On pouvait difficilement aller beaucoup plus vite. » Il faut se pencher de près sur le pedigree de François Bergère pour savourer toute l’ambiguïté de ce « on ». Cet ancien directeur de la Mission d'appui des PPP à Bercy a en effet été un des plus grands lobbyistes des PPP au sein de l’administration. Aujourd’hui, en quittant la MAPP, il retourne à la Cour des comptes, son corps d’origine. Il va rejoindre la chambre chargée de contrôler notamment les sulfureux PPP de l’université de Versailles Saint-Quentin (notre enquête ici)…

L’ancien secrétaire d’État chargé des entreprises et du commerce, Hervé Novelli, qui avait fondé le groupe PPP à l’Assemblée nationale, est ensuite chaleureusement accueilli comme celui qui permit, grâce son projet de loi de 2007, de supprimer un certain nombre d'obstacles au recours aux PPP. Il regrette que l’État comme les collectivités locales soient encore bien timorés sur le sujet et invite à se fixer comme objectif un doublement  du nombre de PPP conclus chaque année : « Il faut passer à l’acte II des contrats de partenariats ! Il faudrait aussi que des gens réfléchissent à nouveau à tout ça », affirme-t-il, déplorant que « l’effervescence intellectuelle autour des PPP (ait) un peu disparu ».

« C’est le moment de mettre le paquet en matière de communication »

Malgré la bonne humeur un peu forcée en ce jour anniversaire, chacun sait dans l’assistance que les perspectives pour les PPP ne sont en réalité guère réjouissantes. « Les beaux jours de l’investissement public sont derrière nous », admet François Bergère. « Nous sommes dans une crise des finances publiques considérable et qui ne va pas aller en s’arrangeant », opine Noël de Saint-Pulgent.

Ce que personne ne dit à la tribune, c’est qu’en dehors d’un sérieux problème d’image, les PPP ont aussi perdu beaucoup de leur attrait auprès de la puissance publique depuis qu’un arrêté de décembre 2010 interdit d’en faire un moyen de masquer son déficit. Depuis cette date, les loyers versés doivent en effet figurer dans les comptes au titre de l'endettement.

« C’est le moment de mettre le paquet en matière de communication », annonce donc plein d’entrain Marc Teyssier d’Orfeuil, qui tutoie tous les parlementaires présents ce jour-là. Il faut dire que ce lobbyiste à la tête de l’agence Com’Publics passe beaucoup de temps auprès d'eux à des titres divers, puisqu'il dirige aussi le club des amis du cochon, le club des voitures écologiques, le club des eaux minérales naturelles…

Pour redorer le blason des PPP, son club a tout prévu. Comme l’acronyme « PPP » commence à sérieusement sentir le soufre, ce jour-là tout le monde semble s’être donné le mot : on ne parle plus que de CP (pour contrat de partenariat).

Le club des PPP a aussi commandé une série de vidéos pour vanter les mérites des PPP, « que vous pourrez présenter à vos prospects », explique le maître de cérémonie. Autant d’outils pour faire la pub des PPP « auprès des acteurs locaux », assure Marc Teyssier d’Orfeuil. Parce que « pour l’État, on s’en chargera ! », assure le lobbyiste qui devait rencontrer le 2 juillet prochain Emmanuel Macron et qui rencontrera sans doute, affirme-t-il, Jean-Pierre Jouyet.

Dans l’une des vidéos présentées, on apprendra de la bouche de Xavier Bezançon, délégué général du syndicat des entreprises de BTP (EGF BTP) – et « auteur d'une thèse sur les PPP » – que les partenariats public-privé ont toujours existé « depuis les Romains en passant par Colbert ». Plus tard, on découvrira en fait que le Stade de France aurait été l’un des premiers PPP, à moins que ce ne soit finalement la Tour Eiffel… Qu’importent ces petites approximations, l’essentiel est de raconter aux « prospects » une belle histoire. Nul besoin, surtout, de trop insister sur le fait que les PPP ont été en réalité calqués sur les PFI (Private finance initiative) britanniques, qui ont connu de tels déboires outre-Manche (corruption, malfaçons, etc.) qu’ils sont aujourd’hui pratiquement à l'arrêt. 

Alors que les PPP sont nés sous le gouvernement Raffarin, et se sont réellement envolés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le club des PPP a tenu en ce jour anniversaire à montrer qu’il dispose aussi de très bons soutiens à gauche. L'événement était d'ailleurs parrainé par le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg qui, compte tenu de son emploi du temps, n'a pu être présent mais s'est fendu d'une lettre transmise avec l'invitation par le club des PPP à tous les participants.

L’ancien maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, ne tarit donc pas d’éloges à la tribune sur cette solution qui constitue selon lui, « une bonne réponse à la complexité ». « C’est même tout simplement du bon sens » dans la mesure où les collectivités territoriales ne peuvent faire face à ces investissements. Pour lui, un des terrains à développer, c’est le PPP dans le cadre de la politique de la ville, « pour raccourcir les délais et pour rapprocher les entreprises de BTP de ces quartiers ». « Mon bilan est qu’on n’a pas été assez allant » finit par reconnaître le député de l'Isère. Mais il en est sûr, comme beaucoup dans l'assemblée : le développement des PPP à l’international est une des conditions du rétablissement de la balance extérieure de la France.

Le député socialiste de Seine-Saint-Denis, Razzy Hamadi, qui était annoncé au programme, n’est finalement pas venu. Cet habitué du club des PPP aurait pu parler du faramineux contrat de PPP de construction de collèges signé par Claude Bartolone dans le département qu'il défend ardemment. En octobre 2013, il participait aux rencontres internationales du PPP, où les participants devaient débourser entre 7 000 et 35 000 euros pour approcher les « élus concernés » (voir la plaquette de présentation de l'événement)…

 

Razzy Hamadi, député socialiste de Seine-Saint-Denis 
Razzy Hamadi, député socialiste de Seine-Saint-Denis

Seule note dissonante de l’après midi, celle, mezzo voce, d’André Chassaigne, le député communiste du Puy-de-Dôme qui joua gentiment sa partition de contradicteur : « Si j’ai bien compris, dans cette assemblée, je suis le méchant. » Un méchant pas trop méchant quand même, puisqu’il affirmera dès le départ connaître assez peu le sujet, auquel, « en tant qu’élu rural », il n’a jamais été confronté. Sans citer aucun exemple précis, il résume rapidement son propos : « Je pense que c’est toujours gagnant d’un côté, pas toujours de l’autre ». Un frisson parcourt bien l’assemblée lorsqu’il plaide pour un pôle public bancaire, mais Marc Teyssier d’Orfeuil reprend vite le micro pour remettre tout cela en perspective : « La vraie question dans ce que tu dis, elle est philosophique, c’est "qu’est-ce que le service public ?". » Et de plaider pour un État qui arrête de vouloir tout faire et délègue un peu plus aux professionnels.

Pour le final, le club des PPP avait promis une « surprise ». C'est donc à un imitateur d’Alain Souchon que fut confiée la lourde tâche de conclure dans la bonne humeur la rencontre en chantant, sur l’air de la chanson « J’ai dix ans », avec des rimes étudiées : « On essaye d’être innovant/Et que tout le monde soit content…/Si tu nous croit pas hé, t’as qu’à voir nos PPP ! » Enfin, le buffet était ouvert. Enfin, les cartes de visite allaient pouvoir s'échanger.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 21:23

 

Source : www.franceinfo.fr

 

 

Dette de l'Argentine : les leçons de la crise n'ont pas été tirées
Tout info, tout éco par Emmanuel Cugny jeudi 19 juin 2014

Dette de l'Argentine : les leçons de la crise n'ont pas été tirées
©Maxppp

L’Argentine pensait avoir fait le plus difficile en restructurant presque l'intégralité de sa dette après la faillite, mais une décision de la Cour suprême des Etats-Unis vient rebattre les cartes.

Au milieu des années 2000, le Président argentin Nestor Kirchner avait obtenu des marchés un effacement de 70% de la dette du pays. La majorité des créanciers avaient accepté sauf quelques-uns, des ‘’fonds vautours’’, des fonds spéculatifs basés aux Iles Caïmans dont la pratique est de racheter de la dette à vil prix pour la faire rembourser plus tard à des taux prohibitifs et en tirer ainsi un maximum de profits.

Ne l'entendant pas de cette oreille, Buenos Aires avait contesté devant les tribunaux qui ne lui ont pas donné raison. La sanction est tombée mercredi soir : la justice américaine impose à l'Argentine de rembourser rubis sur l'ongle ces fonds vautours à hauteur d'un milliard 300 millions de dollars.

Peut-on parler de bombe à retardement ?

C'est explosif pour ce pays d’Amérique latine déjà confronté à une érosion de ses réserves monétaires en raison notamment d'un déficit énergétique (à ce jour, il y a 28 milliards de dollars dans les caisses de la banque centrale du pays). Le couteau sous la gorge, Buenos Aires va négocier pour tenter d'obtenir un report des échéances mais l’affaire n’est pas simple.

Le FMI se dit inquiet des répercussions de cette défaite judiciaire. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, mardi soir, l’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé la note souveraine de l’Argentine avec perspective négative. Cette spirale infernale pourrait conduire à un nouveau défaut de paiement. Le gouvernement argentin a d'ailleurs annoncé la nuit dernière être dans l'impossibilité de payer ses prochaines échéances.

L’effet boule de neige est-il possible sur d’autres pays ?

C’est ce que craignent toutes les grandes capitales. Bruxelles surveille la situation de très près, tout comme Paris qui a tenté d’influencer la justice américaine mais sans résultat. Si tout cela se confirmait, les répercussions seraient multiples :

1/ Si l’Argentine règle la somme demandée, les autres fonds seront en droit d’exiger le même traitement et de réclamer des sommes astronomiques majorées des intérêts. La facture ne s’élèverait plus à 1,3 mais à 16 milliards de dollars à rembourser. 

2/ Pour ce qui est des autres Etats asphyxiés financièrement, les créanciers qui étaient prêts à une éventuelle restructuration vont maintenant hésiter en raison du risque que les pays concernés ne puissent pas honorer leurs engagements. 

3/ Pour trouver l’argent, les plans de rigueur pourraient refaire surface, stoppant net les efforts de relance des différentes économies.

La morale

Nous sommes très loin d’en avoir terminé avec ces fonds mortifères qui continuent d’agir en toute légalité, qui plus est, soutenus par la rigidité de la justice américaine qui ne s’en tient qu’au droit. Cet épisode met surtout en lumière la nécessité pour la communauté internationale – et plus uniquement européenne – de se doter de mécanismes nouveaux, d’une législation nouvelle, d’une vraie régulation qui mette des garde-fous à cette finance anglo-saxonne sans foi ni loi, et rende le système moins dépendant des aléas judiciaires.

Nous sommes revenus pratiquement au point de départ. Les leçons de la crise n’ont pas été tirées, nous en avons ici la preuve flagrante.

écouter l’émission disponible jusqu'au 05/12/2016
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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 17:34

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

à lire sur LAlsace.fr 22/06/2014 à 17h08
Le Pacte de responsabilité va créer... 60 000 chômeurs. Et c’est Bercy qui le dit

Signalé par Sophie Caillat

 

Le Pacte de responsabilité et de solidarité a pour objectif de créer des emplois. Or selon la direction du Trésor et son modèle d’évaluation Mesange, c’est le contraire qui risque de se produire : « Les baisses de charges et d’impôts du Pacte devraient certes créer environ 190 000 emplois à la fin 2017 ; mais les réductions de dépenses qui contribuent à son financement en supprimeront 250 000 dans le même temps. »

Au final, un solde négatif, avec la suppression de 60 000 emplois, affirme le quotidien L’Alsace, citant Valérie Rabault, rapporteure générale de la commission des finances de l’Assemblée nationale.

 

 

                                                                    ************************************

 

Source : www.lalsace.fr

 

Bilan emploi du Pacte : 60 000 chômeurs !
le 22/06/2014 à 05:00 Francis Brochet  

« Un impact récessif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017 ». Photo DL/Stephane Marc

« Un impact récessif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017 ». Photo DL/Stephane Marc

C’est le ministère des Finances qui le reconnaît : le cocktail « baisse des charges sur les entreprises » et « réductions des dépenses » détruit plus d’emplois qu’il n’en crée !

Créer des emplois : c’est l’objectif du Pacte de responsabilité et de solidarité, affirme le Premier ministre. Et il le redira sans doute demain à l’Assemblée, lors du débat sur le projet de loi de finances rectificative, qui porte une partie des mesures de ce Pacte.

C’est Mesange qui le dit

Le problème, c’est que le ministère des Finances dit le contraire : les baisses de charges et d’impôts du Pacte devraient certes créer environ 190 000 emplois à la fin 2017 ; mais les réductions de dépenses qui contribuent à son financement en supprimeront 250 000 dans le même temps. Le solde est donc négatif, avec la suppression de 60 000 emplois !

Ces chiffres proviennent de la direction du Trésor et son modèle d’évaluation Mesange. Ils sont publics depuis la mise en ligne, hier, du rapport de Valérie Rabault (PS, Tarn-et-Garonne) sur le projet de loi de finances rectificative.

« Effet récessif »

Le Pacte, écrit Valérie Rabault, aurait « pour effet de rehausser l’activité de 0,6 point à l’horizon 2 017 et de créer 190 000 emplois ». Cela pour la partie positive, les baisses de charges et d’impôts. Reste l’autre face du Pacte, les 50 milliards de réductions de dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale : ils auraient « un impact récessif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017, et pourraient entraîner la suppression de 250 000 emplois à l’horizon 2017 ».

La rapporteure générale Valérie Rabault affirme qu’elle « soutient le gouvernement ». Mais elle réclame de veiller aux « contreparties » demandées aux entreprises en termes d’emplois, et de mieux doser le cocktail de « mesures d’économies et mesures de relance ».

41 frondeurs… et plus ?

Autant d’arguments pour les « frondeurs », qui contestent depuis deux mois le déséquilibre du Pacte : trop pour l’offre, pas assez pour la demande. Dans cet esprit, ils proposent par exemple avec Jean-Marc Germain un effort sur les emplois d’avenir ou sur les investissements, quitte à diminuer le volume de baisses des charges – en vain, pour l’instant.

La fronde avait fédéré, fin avril, 41 députés socialistes, qui s’étaient abstenus sur le plan d’économies défendu par Manuel Valls. Le Premier ministre s’est depuis juré de réduire leur nombre au minimum sur les deux textes de lois qui portent ce Pacte : le projet de finances rectificative (PLFR) présenté demain à l’Assemblée, et son équivalent sur la sécurité sociale (PLFRSS), qui arrive le lundi suivant. Mais il faudra retravailler l’argumentaire, si les experts du ministère des Finances continuent de dire que le Pacte fabrique des chômeurs…

le 22/06/2014 à 05:00 Francis Brochet
                                             
                                                                                                                                                                                                                    Source : www.lalsace.fr


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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 16:43

 

Source : www.mediapart.fr

 

UMP : l'emprunt caché de 3 millions d'euros

|  Par Mathilde Mathieu et Ellen Salvi

 

 

Mediapart révèle que le président du groupe UMP de l’Assemblée a secrètement « prêté » 3 millions d’euros au parti dirigé par Jean-François Copé, alors qu’il était au bord de la faillite en 2012. Double problème : les députés n’en ont pas été informés, et l’argent provient pour l’essentiel des caisses de l’Assemblée.

L’audit en cours à l’UMP fait ressortir bien des bizarreries financières. Ainsi au lendemain de la débâcle électorale de 2012, le parti au bord de la faillite a secrètement souscrit un emprunt de 3 millions d’euros auprès du groupe UMP de l’Assemblée nationale, d’après des informations recueillies par Mediapart. L’argent du groupe parlementaire n’est pourtant censé servir qu’au travail… parlementaire !

 

Christian Jacob a succédé à Jean-François Copé à la présidence du groupe UMP en novembre 2010Christian Jacob a succédé à Jean-François Copé à la présidence du groupe UMP en novembre 2010 © Reuters

Mais à l’été 2012, débordé par ses problèmes de trésorerie, Jean-François Copé ne s’est pas contenté d’emprunter 55 millions d’euros à un pool de banques (comme cela avait été rendu public), il s’est aussi tourné vers son lieutenant Christian Jacob, patron des députés UMP et à ce titre « héritier » d’une cagnotte de plusieurs millions d’euros d’argent public. Sans barguigner, le président du groupe a signé « une convention de prêt » de 3 millions d’euros, sans même en avertir ses troupes. En clair, dans leur dos.

A-t-il seulement mis son trésorier, Bernard Deflesselles, au parfum ? « Je n’en suis pas convaincu », admet lui-même Christian Jacob, tout en rappelant disposer d’« une délégation de signature ». « Mais j’en ai informé le triumvirat, François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, dès qu’ils ont pris leurs fonctions à la direction de l’UMP (à la mi-juin) », assure-t-il.

Si le parti a commencé à rembourser, il doit encore sortir « 2,4 millions d’euros d’ici 2017 », selon Christian Jacob, qui ne précise pas le taux d’intérêt consenti. « J’ai demandé que notre prêt soit ensuite annexé à celui du pool bancaire, aux mêmes conditions », insiste simplement le patron des députés, qui affirme avoir signé « un avenant ».

Cette « surprise du chef » illustre à la fois la dérive financière du parti et l’opacité totale qui règne sur les finances du groupe à l’Assemblée, présidé par Jean-François Copé de 2007 à novembre 2010 (date à laquelle il s’est emparé de l’UMP), puis par Christian Jacob. Si les partis politiques sont tenus de publier leurs comptes et de les faire certifier, la loi ne prévoit rien de tel pour les groupes parlementaires, des structures au statut ultra-flou. Ainsi Christian Jacob refuse-t-il de répondre sur les réserves qu’il a récupérées en 2010, comme sur les fonds dormant aujourd’hui au coffre.

Alors que les députés viennent de découvrir dans Le Canard enchaîné que leur groupe aurait déboursé 5,5 millions d’euros entre 2008 et 2013 pour des prestations de Bygmalion (société de communication fondée par deux proches de Jean-François Copé et impliquée dans un vaste scandale de fausses facturations), l’histoire d’un prêt de 3 millions d’euros signé dans leur dos pourrait bien être la goutte d’eau de trop. Plusieurs élus s’apprêteraient ainsi à réclamer, dès mardi 24 juin, un audit financier du groupe UMP au Palais-Bourbon, soupçonnant des arrangements en tous genres – entre copéistes surtout.

L’existence de ce prêt paraît en effet bien étrange. D’abord, les députés versent une cotisation de 200 euros par mois à leur groupe (en tout 450 000 euros par an) et pourraient juger qu’ils sont en droit, a minima, d’être informés de leur destination…

Surtout, les fonds des groupes politiques proviennent pour l’essentiel d’une dotation versée par l’Assemblée nationale (3 millions d’euros par an pour celui de l’UMP), exclusivement destinée à « assurer leur fonctionnement » (comme le précise le site internet du Palais-Bourbon). En clair, à rémunérer des collaborateurs, organiser des journées parlementaires, payer des formations aux élus, etc. Pourquoi l’argent public de l’Assemblée servirait-il à éponger les dettes d’une formation politique ? Après tout, l’État verse déjà des subventions directes aux partis, calculées en fonction des résultats aux élections.

Questionnés vendredi soir par Mediapart sur le fait de savoir si le groupe avait le droit de voler ainsi au secours du parti, les services de l’Assemblée nationale n’ont pas encore fourni de réponse, ni dans un sens ni dans l’autre.

« Je ne vois pas ce qu’il y aurait de répréhensible, déclare pour sa part Christian Jacob. Ça n’est pas un don ! Et nous sommes tous dans la même famille politique… Il n’y a pas plus carré que ça. » Les députés ne manqueront toutefois pas d’en discuter mardi, dès leur retour de circonscription.

Interrogé par ailleurs sur les contrats passés avec la société Bygmalion, censée avoir fourni au groupe des « mini-sites » ou un kit sur « la souffrance au travail » (d’après Le Canard enchaîné), Christian Jacob se souvient de « 540 000 euros en 2012 », et « 630 000 euros en 2013 ». « J’ai résilié tous les contrats avec eux en mars dernier, assure-t-il au Parisien. Nos trois nouveaux prestataires sont environ 9 % moins chers. »

De son côté, Mediapart a mis la main sur deux factures d’Event & Cie (la filiale événementielle de Bygmalion), qui correspondent à l’organisation des « Journées parlementaires » du groupe UMP en 2011 et 2012. Elles étaient archivées sur une clef USB contenant la comptabilité interne d’Event & Cie (déjà exploitée ici et par Mediapart), et que les enquêteurs de l’Office anti-corruption de Nanterre ont récupérée à la fin mai.

Ainsi, pour les journées organisées en septembre 2012 à Marcq-en-Barœul, la facture préparée pour le groupe s’est montée à 250 009 euros hors taxe (299 010 euros TTC), alors que l’entreprise a dépensé 117 555 euros (hors taxe) auprès de ses sous-traitants.

Quant aux journées parlementaires de 2011, qui se sont tenues à Saint-Cyr-sur-Loire (la commune du trésorier de campagne de Nicolas Sakozy en 2012), elles ont été facturées 236 808 euros (TTC), d’après les propres chiffres de l’entreprise.

 

Facture tirée de la comptabilité interne d'Event & Cie 
Facture tirée de la comptabilité interne d'Event & Cie

Quand on évoque la nécessité d’un audit financier du groupe, Christian Jacob balaie. « Je crois que personne n’est là-dessus », dit-il, en proposant plutôt d’ouvrir ses livres de comptes aux députés qui en feront la demande. « Tous les relevés, toutes les factures sont disponibles du jour où j’ai pris la présidence du groupe jusqu’à aujourd’hui, promet-il. Rien n’est passé au broyeur ! » Le patron des députés refuse cependant de rendre ses comptes publics.

Quant aux relevés de la période 2007 à 2010, celle de la présidence Copé, Christian Jacob en dispose-t-il ? « Je n’en suis pas convaincu, hésite l’élu de Seine-et-Marne. Je réponds pour la période qui me concerne. »

Cette affaire rappelle décidément l’urgence d’imposer la transparence sur les comptes des groupes parlementaires, comme elle existe pour les partis politiques (avec toutes ses insuffisances). D’autant qu’au Sénat, l’argent du groupe UMP échappe aussi à tout contrôle, au point que deux juges d’instruction parisiens ont été saisis d’une information judiciaire ouverte sur des soupçons d’« abus de confiance » et de « blanchiment », élargie en avril dernier à de présumés « détournements de fonds publics » au profit de plusieurs sénateurs (comme nous l’avons raconté ici).

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 17:30

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Les petits paysans seraient plus productifs que l’agriculture industrielle

par Sophie Chapelle 19 juin 2014

 

 

Ce n’est pas l’industrie agro-alimentaire qui nourrit le monde, mais les petits producteurs. Ceux-ci produisent jusqu’à 80 % de l’alimentation des pays non industrialisés, rappelle l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) [1]. « Mais combien d’entre nous se rendent compte qu’ils le font avec moins d’un quart de la superficie agricole mondiale, et que cette part, déjà maigre, se réduit comme peau de chagrin ? », interpelle l’ONG Grain, dans un rapport rendu public le 18 juin. Ces petits producteurs disposeraient de seulement 17,2 % de la superficie agricole mondiale, si l’on exclut la Chine et l’Inde du calcul.

Selon Grain, plus de 90 % des exploitations agricoles dans le monde ont une superficie moyenne de 2,2 hectares. Mais celles-ci ne cessent de rétrécir. En cause, la nouvelle vague d’accaparement de terres (nos articles sur le sujet). Les phénomènes de concentration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. La moitié des terres en Europe est ainsi contrôlée par 3 % des plus gros propriétaires. Alors que la résistance s’organise, le rapport souligne la criminalisation des paysans, « trainés en justice, voire éliminés, quand ils luttent pour la terre ».

« Si rien n’est fait pour renverser cette tendance, le monde perdra sa capacité à subvenir à ses propres besoins alimentaires », indique Henk Hobbelink, coordinateur de Grain. Le rapport montre que les petites fermes sont plus productives que les grandes. S’appuyant sur des données d’Eurostat, Grain énonce que 20 pays de l’Union européenne enregistrent un taux de production à l’hectare plus élevé dans les petites fermes que dans les grandes [2]. « Dans les 7 pays [3] où les grandes exploitations ont une productivité plus élevée, celle-ci n’est que légèrement supérieure à celle des petites fermes », précise Grain.

Les auteurs du rapport appellent à de véritables programmes de réforme agraire qui rendent les terres aux paysans et aux petits producteurs. Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina, s’appuie sur l’exemple du Zimbabwe : « La taille moyenne des petites fermes a augmenté suite au programme de réforme agraire et elles produisent maintenant plus de 90% des cultures vivrières agricoles, contre 60 à 70% avant la redistribution foncière ». De quoi renforcer l’idée de développer des micro-fermes en France.

Télécharger le rapport de Grain en cliquant ici.

 

Notes

[1Voir par exemple, Kanayo F. Nwanze, IFAD, « Small farmers can feed the world » ; PNUE, « Small farmers report » ; FAO, « Les femmes et l’emploi rural - Lutter contre la pauvreté en redéfinissant les rôles propres à chaque genre » (document de politique 5)

[2Voir « Large farms in Europe », Eurostat, Statistiques en bref 18/2011.

[3Estonie, Irlande, Lettonie, Lituanie, République tchèque, Slovaquie et Suède. Ibid


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 16:23

 

Source : www.marianne.net

 

Quand le bac formate au néolibéralisme
Jeudi 19 Juin 2014 à 20:30

 

Bruno Rieth

 

Depuis le début de la semaine, nos chères têtes blondes se sont lancées à corps perdus dans les épreuves du baccalauréat. Si l’on a beaucoup parlé de l’impact supposé des grèves des cheminots sur le bon déroulement de la session d’examen, on parle beaucoup moins, si ce n’est pas du tout, du contenu même des épreuves. Erreur. Certaines d’entre elles, édifiantes, en disent long sur la volonté de formatage sur les questions économiques de ces citoyens en herbe.

GILE MICHEL/SIPA
GILE MICHEL/SIPA
Le bac et son cortège de polémiques. Certains intellectuels en appellent carrément à sa suppression. D’autres encore estiment que le niveau, d'année en année, devient de plus en plus médiocre. Sans vouloir trancher le débat, les réactions sur Twitter qui ont suivi la fin de l’épreuve anticipée de français qui portait sur le poème Crépuscule de Victor Hugo, auraient presque tendance à leur donner raison...

Capture d'écran des réactions de lycéens sur twitter, à la sortie de leur épreuve anticipée du bac français
Capture d'écran des réactions de lycéens sur twitter, à la sortie de leur épreuve anticipée du bac français
Mais, c’est un toute autre sujet d’épreuve sur lequel s’est arrêté Marianne. Celui de Sciences économiques et sociales (Bac ES) qui s’est tenu ce jeudi 19 juin. Dans la première partie de l’épreuve, intitulée « mobilisation des connaissances », les candidats devaient répondre à deux questions qui nous ont fait sérieusement tiquer.
 
1. Comment la flexibilité du marché du travail peut-elle réduire le chômage ?

Suivi d'une deuxième question un peu moins orientée, mais qui accolée à la première interroge... 

2. À quels risques économiques peuvent s’exposer les pays qui mènent une politique protectionniste ?
 
Sidérant. Ces deux questions qui ont donc pour but de « mobiliser les connaissances » économiques de nos chers lycéens acquises tout au long de leurs études, signifient-elles qu'elles ne se limiteraient qu’au seul dogme du libre-échange ?
 
« C’est aberrant. Les bras m’en tombent », réagit d'ailleurs Thomas Coutrot, économiste et statisticien, membre des Economistes atterrés et porte-parole d’Attac à l’énoncé de ces deux questions. « C’est une vision folle de l’apprentissage des thèses économiques, totalitaire même. Dès le plus jeune âge, on veut leur faire intégrer que la mobilité et la flexibilité est un idéal économique et que c’est une évidence que la société doit s'y soumettre. La seule solution, ce serait que la société se réforme pour coller à l’idéal libéral. C’est dramatique. »
Source : www.marianne.net

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 15:20

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/cadtm

 

HSBC : une banque au lourd passé et au présent sulfureux

Le sigle HSBC signifie “Hong Kong and Shanghai Banking Corporation”. Rappelons que le groupe mondial HSBC emploie 260 000 personnes en 2014, est présent dans 75 pays et déclare 54 millions de clients |1|. Dès ses origines, la banque est mêlée au commerce international de drogues dures. En effet, elle a été fondée dans le sillage de la victoire britannique contre la Chine dans les deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860). Ces deux guerres ont joué un rôle décisif dans le renforcement de l’empire britannique et dans la marginalisation de la Chine qui a duré environ un siècle et demi. Au cours de ces deux guerres, le Royaume-Uni a réussi à imposer à la Chine d’accepter les exportations britanniques d’opium en provenance de l’Inde (qui faisait partie de l’empire britannique). La Chine a bien tenté de s’opposer au commerce de l’opium mais les armes britanniques, avec le soutien de Washington, ont eu le dessus. Londres a créé une colonie à Hong Kong et, en 1865, est fondée la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation par un commerçant écossais spécialisé dans l’importation d’opium (à l’époque, 70 % du fret maritime qui passait par Hong Kong concerne l’opium venu des Indes).

Depuis ce moment, l’histoire de la banque a suivi étroitement la politique extérieure du Royaume-Uni et les intérêts du grand patronat britannique en Asie. Après 1949 et la victoire de la Chine de Mao, la banque se replie sur Hong Kong, resté territoire britannique. Ensuite, entre 1980 et 1997, elle développe ses activités aux États-Unis et en Europe. Elle ne déplace son siège social de Hong Kong à Londres qu’en 1993, avant la rétrocession du territoire à la République populaire de Chine annoncée pour 1997. HSBC reste incontournable à Hong Kong dont elle émet 70 % des billets de banques (le dollar de Hong Kong). Hong Kong constitue un élément clé dans la chaîne du blanchiment d’argent accumulé par la nouvelle classe dirigeante chinoise.

HSBC impliquée dans d’autres crimes financiers

En plus du blanchiment d’argent de la drogue et du terrorisme |2|, HSBC est impliquée dans d’autres affaires : la manipulation du marché des taux de change (l’affaire a éclaté en 2013 et porte sur un marché quotidien de 5 300 milliards de dollars) |3|, la manipulation des taux d’intérêt interbancaire (dont le Libor) |4|, la vente abusive et frauduleuse de dérivés sur les taux d’intérêt, la vente abusive et frauduleuse de produits d’assurances aux particuliers et aux PME au Royaume-Uni (la FSA, l’autorité de contrôle britannique, a poursuivi HSBC dans cette affaire qui a révélé que la banque a vendu des assurances ne servant à rien ou si peu ! |5|), la vente abusive de Mortgage Backed Securities aux Etats-Unis, la manipulation du cours de l’or et du cours de l’argent (l’affaire a éclaté en janvier-février 2014 |6|) et l’organisation à une échelle massive de l’évasion fiscale des grosses fortunes (voir ci-dessous).

Hervé Falciani, le Edward Snowden d’HSBC ?

Hervé Falciani, un citoyen franco-italien, a travaillé aux services informatiques de HSBC Suisse à Genève de 2006 à 2008. Avant de quitter la banque, il a copié 127 000 fichiers qui relient HSBC à des opérations massives de fraude et d’évasion fiscale dans laquelle elle joue un rôle souvent actif. Il s’installe en France. La Suisse décide de l’arrêter et lance un mandat d’arrêt international via Interpol pour « soustraction de données », « violation du secret bancaire et du secret commercial » et « présomption de service de renseignements économiques ». Il faut souligner que la Suisse n’a pas attaqué HSBC.

Début 2009, le domicile niçois de Falciani fait l’objet d’une perquisition effectuée par la police locale. Les infos qu’il détient sont explosives : parmi les 127 000 fichiers se trouvent des exilés fiscaux français (8 231 selon Falciani), belges (plus de 800), espagnols (plus de 600 noms), grecs (la fameuse liste dite Lagarde car la ministre française l’a remise aux autorités grecques en 2010, elle contient environ 2 000 noms), allemands, italiens, mexicains, états-uniens... Hervé Falciani remet tout ou une partie des informations qu’il détient aux autorités françaises et à celles d’autres pays.

Ensuite, selon ses dires, il collabore avec les autorités de Washington auxquelles il livre des informations qui font avancer l’affaire du blanchiment par HSBC de l’argent des cartels de la drogue du Mexique et de Colombie. Puis il se rend en Espagne en 2012 afin de collaborer avec les autorités espagnoles. Il y est d’abord arrêté en application du mandat d’arrêt lancé par la Suisse. La Suisse insiste pour que l’Espagne lui livre Hervé Falciani, ce que l’Espagne refuse en mai 2013 car la justice espagnole considère qu’il est un témoin privilégié dans plusieurs grandes affaires de fraude et d’évasion fiscale |7|. En effet, la communication aux autorités espagnoles des données dérobées par H. Falciani avait permis dès 2011 de découvrir une grande quantité d’argent (environ 2 milliards €) déposée en Suisse par des membres de la famille d’Emilio Botin, le président de Santander. Celui-ci, acculé, a versé aux autorités espagnoles 200 millions € d’amende. Les données livrées par H. Falciani ont également débouché sur le scandale du financement frauduleux du Parti Populaire, le parti du premier ministre Mariano Rajoy |8|. La justice espagnole fournit une protection policière permanente à Hervé Falciani. Les autorités belges et françaises rencontrent H. Falciani et utilisent les données fournies, instruisent des dossiers. Il n’est pas du tout certain que cela débouchera sur des condamnations pour fraude car il est plus que probable que des arrangements financiers (en Belgique, cela s’appelle des régularisations fiscales) permettront aux fraudeurs d’y échapper.

Il faut souligner que, dans cette affaire, non seulement la Suisse cherche à arrêter le lanceur d’alerte, c’est le cas également en Grèce où la justice a arrêté l’éditeur de la revue « Hot Doc », Kostas Vaxevanis, parce qu’il avait osé publier en octobre 2012 la liste Lagarde-HSBC-Falciani que les autorités grecques avaient égarée depuis trois ans. Suite aux réactions citoyennes en Grèce et sur le plan international, le journaliste a finalement été acquitté lors de son procès. Il n’est pas facile de dénoncer une banque et les riches fraudeurs qu’elle protège ou, ce qui revient à peu près au même, de dénoncer les riches fraudeurs qui protègent les banques et leur sacro-saint secret bancaire. Il y a bien une véritable symbiose entre les grandes banques et la classe dominante, comme existent des passerelles permanentes entre les gouvernants et les grandes entreprises, en particulier celles de la finance.

HSBC a décidé de contourner une directive de l’Union européenne

En 2013, l’Union européenne a annoncé qu’elle fixait une limite aux bonus que pouvaient recevoir les dirigeants et les traders d’une banque. Le bonus ne peut pas être supérieur au double de la rémunération salariale fixe. Si un dirigeant a une rémunération fixe de 1,5 million d’euros par an, les bonus ne pourront pas dépasser 3 millions d’euros (donc une rémunération totale de 4,5 millions). Qu’à cela ne tienne, la direction d’HSBC a annoncé en février 2014 qu’elle allait fortement augmenter la rémunération fixe de ces dirigeants afin que leur bonus ne soit pas réduit |9|.

Conclusion

Le groupe mondial HSBC devrait être fermé, la direction licenciée sans indemnités et poursuivie en justice (de même que les grands actionnaires). Le mastodonte HSBC devrait être divisé sous contrôle citoyen en une série de banques publiques de taille moyenne dont les missions devraient être strictement définies et exercées dans le cadre d’un statut de service public.

 

Notes :

 

|1| Voir son site officiel : http://www.hsbc.com/about-hsbc

|2| Voir Eric Toussaint, « Les barons de la banque et de la drogue », publié le 14 avril 2014, http://cadtm.org/Les-barons-de-la-b...

|3| Voir Eric Toussaint, « Comment les grandes banques manipulent le marché des devises », publié par Le Monde.fr le 13.03.2014 http://cadtm.org/Comment-les-grande...

|4| Voir la partie 5 de cette série qui paraîtra le lundi 28 avril 2014.

|5| Le Monde, “Cernée par les scandales, HSBC ternit un peu plus la réputation de la City”, 1er août 2012.

|6| Financial Times, “Fears over gold price rigging put investors on alert. German and UK regulators investigate”, 24 février 2014.

|7| Le Soir, « Vol de fichiers bancaires chez HSBC : le récapitulatif », 8 mai 2013, http://www.lesoir.be/239380/article...

|8| Le Monde, "Evasion fiscale : le parquet espagnol s’oppose à l’extradition de Falciani, ex-employé de HSBC", 16 avril 2013 http://www.lemonde.fr/europe/articl... The New York Times, "A Banker’s Secret Wealth", 20 septembre 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/21/b... "The French government passed on to Spain data that it had obtained from Hervé Falciani, a former employee in HSBC’s Swiss subsidiary, naming almost 600 Spanish holders of secret bank accounts. Among those was one belonging to the estate of Mr. Botín’s father." http://www.nytimes.com/2011/09/21/b...

|9| Financial Times, “HSBC plans to sidestep EU Bonus cap revealed”, 25 février 2014.

 

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Éric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Prochain livre : Bancocratie, Aden, sortira dans les prochains jours.

 

 

 

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