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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 15:35

 

Source : www.mediapart.fr

 

L’hôpital public, fossoyeur des lanceurs d’alerte

|  Par Caroline Coq-Chodorge

 

 

 


Le médecin DIM de l’hôpital de Saint-Malo est « au placard », le responsable de la filière AVC du CHU de Strasbourg est devenu « transparent » : nous avions enquêté il y a quelques mois sur ces deux lanceurs d’alerte. Leurs carrières sont aujourd’hui ruinées. Les dysfonctionnements dénoncés ont été étouffés et des patients se retrouvent pris dans cette spirale de discrédit.

Le professeur Christian Marescaux a cette définition du cynisme : « Je n’ai pas cette manière d’être cool, supposément équilibré, qui permet de tout relativiser. » Et cet autoportrait, presque désobligeant : « Il faut avoir une certaine rigidité de caractère pour ne pas supporter l’injustice. » Voilà ce qui distingue, et isole, le lanceur d’alerte. L’ancien responsable de la filière AVC (accident vasculaire cérébral) du CHU de Strasbourg en fait aujourd’hui l’expérience douloureuse. En janvier dernier, il dénonçait dans Mediapart un accès problématique des urgences aux IRM (imagerie par résonance magnétique) du CHU de Strasbourg, en partie occupées par les consultations privées des radiologues. Les alertes du professeur Marescaux sont restées sans effet, comme les plaintes de trois patients.

Christian Marescaux est aujourd’hui « transparent. Je n’existe plus. Je n’ai plus aucune autorité sur mon service. Je me contente de mes consultations et de cours à l’université. L’hôpital peut dire que c’est mon choix, puisque j’ai accepté de prendre du recul. Si j’avais continué à gérer la filière AVC, cela aurait été un handicap pour les patients. Mais cela n’a rien réglé : les difficultés d’accès aux IRM ont encore augmenté ! » Plus grave, « les internes refusent de rejoindre le service, trois postes sont vacants ».

C’est toute la filière neurologique du CHU qui est désormais fragilisée. Car elle vient aussi de perdre son chef du service de neurochirurgie*, décédé à la fin du mois de mai d’un malaise cardiaque. En janvier dernier, il nous avait confié sa « souffrance professionnelle » : « Il faut sans cesse se déplacer, discuter, insister, pour obtenir une IRM. Pour une tumeur, on nous propose un rendez-vous dans 15 jours ou 3 semaines : c’est trop tard ! Et après une opération, on nous refuse des IRM de contrôle. Cela fait des années qu’on travaille ainsi, en mode dégradé, alors qu’on livre de vraies batailles pour nos patients. Depuis un an, la situation est encore plus difficile, c’est insoutenable. » En janvier, ce professeur était à la fois « désolé et content » que ce conflit entre les services de neurologie et de radiologie soit rendu public : « Au moins, ça va bouger », a-t-il espéré, en vain.

 

Jean-Jacques Tanquerel 
Jean-Jacques Tanquerel © CCC / MP

À Saint-Malo non plus, rien ne bouge. « Je suis au placard depuis janvier. J’ai un poste de médecin hygiéniste, un bureau, mais rien à faire. Je ne reçois aucun coup de fil, aucun courrier, je n’ai aucune relation professionnelle », raconte Jean-Jacques Tanquerel. Il a été longtemps été le chef du département d’information médicale (DIM) de l’hôpital. Il a même été chef de pôle, le poste médical le plus important à l’hôpital. En septembre dernier, après des tentatives répétées d’alerte en interne, auprès de la direction comme du corps médical, il a publiquement dénoncé l’exploitation par une société privée des dossiers des patients, au mépris du secret médical. Nous lui avions alors consacré une enquête. Il pouvait s’appuyer sur le soutien de l’Ordre des médecins et sur un avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), mettant en demeure l’hôpital de mettre fin à ces pratiques. Neuf mois plus tard, la société privée dont il a dénoncé les pratiques continue à travailler à Saint-Malo, sous l’autorité d’un médecin DIM plus arrangeant. L’administration a tenté d’exfiltrer Jean-Jacques Tanquerel de Saint-Malo en lui proposant des postes qu’il a refusés, puisque « aucune justification n’a été donnée à mon éviction du poste de DIM, aucune faute ne m’a été reprochée ».

 

 

Il a mis à profit ses heures vides à l’hôpital pour écrire un livre, Le Serment d’Hypocrite. Il y parle du rôle central des médecins DIM, de la pression qu’ils subissent en période de disette budgétaire puisque, dans le système de tarification à l’activité, de leur travail de codage informatique des actes médicaux dépend le budget de l’hôpital. Il décrit cette spirale qui pousse la plupart des établissements français, publics et privés, à s’asseoir sur une règle éthique élémentaire, le secret médical. La limite est aussi mince, explique-t-il, entre l’optimisation et le surcodage, qui est une fraude à l’assurance maladie. Il ne cache pas non plus les menaces et les intimidations qu’il subit, et même sa « mise à mort » professionnelle. L’hôpital a porté plainte pour diffamation, et perdu le 30 mai dernier, condamné à payer 1 500 euros à Jean-Jacques Tanquerel et 1 500 euros à sa maison d’édition. Et voilà que le conseil départemental de l’Ordre des médecins porte à son tour plainte pour « propos mensongers et manquement à mon devoir de confraternité. C’est la loi du plus fort, je suis découragé », souffle-t-il.

Ne « jamais aborder le problème de fond »

À Strasbourg, contre Christian Marescaux, il n’y a aucune plainte. Il le regretterait presque : « Les menaces ne sont jamais frontales. On cherche à ancrer l’idée d’une fragilité psychologique, d’une paranoïa. On dit de moi que j’ai été interné à l’hôpital psychiatrique de Rouffach. En réalité, j’y ai travaillé trois ans, nuance… Mais les rumeurs tournent très bien. »

Quant à la jeune Alexandra Belhadj, 24 ans, elle se veut au-dessus de ça, mais tout de même : « Mon père commence à en avoir assez d’entendre dire que sa fille a des problèmes psychologiques. » Dès la prise en charge d'Alexandra Belhadj aux urgences du CHU, le 13 avril 2010, le diagnostic psychiatrique est privilégié pour expliquer ses forts maux de tête et ses fourmillements dans tout le corps, qui évoluent très vite vers une tétraplégie. Elle présente pourtant tous les signes cliniques d’un AVC. Mais elle attendra 16 heures avant de passer une IRM, l’examen de référence, qui aurait dû être réalisé en urgence. Parce que le cliché est d’abord mal lu, elle passe une « nuit d’enfer » à l’hôpital, seule dans une chambre, entièrement paralysée et en détresse respiratoire. Ce n’est que le lendemain qu’un neurologue repère enfin l’AVC sur le cliché de l’IRM. Alexandra sera alors immédiatement envoyée en réanimation et mise sous assistance respiratoire. Elle mettra de longs mois à récupérer une partie de sa motricité.

Aujourd’hui handicapée à 79 %, elle doit se réinventer une vie de jeune femme. Mais quatre ans après, elle attend toujours une reconnaissance de son accident médical par la chambre régionale de conciliation et d’indemnisation (CRCI). « Cet hôpital nous traite comme des malpropres, s’emporte Noredine Belhadj, le père d’Alexandra. Ils veulent nous avoir à l’usure. » La première expertise lui était défavorable, mais Christian Marescaux est intervenu pour la faire casser. Depuis, Alexandra est ballottée d’expertise en expertise, plus ou moins favorables. La dernière, rendue en avril, reconnaît le retard dans la prise en charge (il était d’abord nié). Mais l’expert, qui a suivi l’avocat de l’hôpital, estime qu’une prise en charge immédiate « n’aurait, en rien, changé l’importance des troubles, et l’importance des séquelles ». Au cours de l’expertise, un médecin extérieur à l'affaire a déclaré « sentir la magouille à plein nez » devant l’ensemble de la commission, Alexandra, son avocat et sa famille…

Alexandra vient de recevoir l’avis de la CRCI : elle lui refuse toute indemnisation. « C’est hallucinant », se désole Christian Marescaux. « C’est incroyable, injuste, mais tellement prévisible, soupire Alexandra. Tout le monde sait que ma prise en charge est allée de catastrophe en catastrophe, de nombreux médecins l’ont reconnu, assure-t-elle. Il n’y a eu aucune humanité lors de ma prise en charge aux urgences. Mais depuis qu’on demande des comptes à l’hôpital, c’est de pire en pire. Qui accepterait que son enfant soit traité ainsi par le service public ? » Elle est aujourd’hui prête à aller au tribunal administratif, même si elle n’y croit « plus vraiment ».

Pour Christian Marescaux, l’hôpital le disqualifie et entrave les procédures d’indemnisation des patients pour ne « jamais aborder le problème de fond ». Même constat à Saint-Malo : « La direction essaie de faire croire que le recours à cette société privée, donc ma mise à l’écart, est la seule manière pour l’hôpital de redresser ses comptes, estime Jean-Jacques Tanquerel. Mais c’est faux, ces sociétés coûtent horriblement cher. Il faut donner des moyens au médecin DIM, qui doit rester le garant du secret médical. »

Le directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg, Jean-François Lanot, a refusé notre demande d’interview et semble incapable de trancher le conflit qui gangrène les services neurologie et de radiologie. L’Agence régionale de santé (son directeur, Laurent Habert, a lui aussi refusé de répondre à nos questions), tutelle de l’hôpital, semble atteinte par la même paralysie. À Saint-Malo, devant la communauté médicale, le directeur, Jean Schmid, a été clair : « C’est lui ou moi », rapporte Jean-Jacques Tanquerel.

« Le venin et la boue »

 

Le professeur Christian Marescaux. 
Le professeur Christian Marescaux. © CCC / MP

Une histoire a « fortement impressionné » Christian Marescaux. C’est la pneumologue Irène Frachon qui la lui a racontée. En 1978, le médecin Olivier Roujansky a le premier porté plainte contre le laboratoire Servier pour publicité mensongère pour son coupe-faim, Pondéral, l’ancêtre du Mediator. Le Dr Roujansky a publié ses recherches sur la véritable nature de ce coupe-faim, un dérivé de l’amphétamine. « Quand j’ai débuté au CHU de Strasbourg, il était considéré comme un fou, personne ne voulait travailler avec lui », souffle Christian Marescaux, ahuri. Irène Frachon, qui a dénoncé en 2010 l’escroquerie du Mediator, a apporté son soutien à Christian Marescaux, non pas sur le fond – « Je ne connais pas le détail de cette histoire » –, mais parce qu’elle recueille sans cesse « des histoires de médecins qui mettent en cause l’institution hospitalière et le corps médical, qui sont intimidés, ligotés, mis au placard. On en arrive très vite à des techniques de harcèlement. C’est d’une violence absolue ». Le monde médical et hospitalier a, explique-t-elle, « des réactions de corps, collectives et synergiques. Individuellement, ce sont souvent des gens bien. Mais ils se défendent ainsi contre la violence de ce métier, qui peut avoir des conséquences très graves sur le plan médico-juridique. Quand l’affaire du Mediator a éclaté, la majorité des médecins se souciaient moins des patients que de leurs plaintes. Beaucoup de médecins considèrent que les accidents sont le prix à payer : on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs ».


 

William Bourdon, auteur de la tribune Une plate-forme de protection des lanceurs d’alerte, co-écrite avec Edwy Plenel et parue dans Le Monde, a récemment publié un Petit manuel de désobéissance civile, pensé comme un vade-mecum à l’intention du lanceur d’alerte. D’Irène Frachon à Edward Snowden, il décrit « le venin et la boue » jetés pour les disqualifier, l’expérience qu’ils font « dans leur chair, leur vie familiale, de ces campagnes de discrédit ». Il les incite à la « vigilance », à « évaluer par tous les moyens l’impact » de leurs révélations. William Bourdon a accepté de défendre le médecin DIM de Saint-Malo, Jean-Jacques Tanquerel. Il constate « le raidissement dramatique de la hiérarchie hospitalière. On est dans une spirale de défiance ». Face à de telles situations de blocage, et d’isolement des lanceurs d’alerte, il est convaincu qu’il faudra « créer une autorité indépendante ».

Il n’est pas le seul. Les Assises du médicament, réunies en 2012 à la suite du scandale du Mediator, proposaient de « créer un statut du lanceur d’alerte », de « donner un délai de réponse impératif aux autorités sanitaires », et de créer « une instance d’appel ». Ces préconisations n’ont pas été mises en œuvre. La loi du 16 avril 2013, à l’initiative des Verts, créée une Commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé publique et d'environnement. Faute de décret d’application, la loi reste pour l’instant lettre morte.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 17:26

 

Source : www.mediapart.fr

 

Orange veut licencier un lanceur d’alerte

|  Par Michel Deléan

 

 

 

 

Après avoir dénoncé une série de soupçons de malversations au sein de son entreprise, Yves Garcia est menacé par une procédure disciplinaire. Il est convoqué lundi 30 juin à l'inspection du travail, Orange ayant demandé son licenciement.

 

Yves Garcia, un cadre travaillant chez Orange et qui s’est progressivement mué en lanceur d’alerte, est actuellement l’objet de mesures de rétorsion de la part de son employeur qui risquent d’aboutir à son licenciement. Cet homme de 60 ans, défendu par l’avocat Norbert Tricaud et le syndicat Unsa, dont il est responsable de section, a comparu en commission consultative paritaire (CCP) disciplinaire le 23 mai dernier, et il est convoqué le 30 juin à l’inspection du travail dans le cadre d’une « enquête contradictoire », Orange ayant déposé une demande d’autorisation de licenciement.

Yves Garcia assure que son employeur veut, en fait, lui faire payer des démarches qu’il a effectuées à bon droit et de bonne foi, tant au sein de l’entreprise qu’en direction de la justice. Il a notamment déposé une plainte récemment auprès du procureur national financier, Éliane Houlette.

Entré en 1998 chez France Télécom (devenue Orange), Yves Garcia a mené une carrière sans histoire, d'abord dans la logistique puis le secteur commercial, cela jusqu’aux années 2007-2008, quand il est expatrié en Guinée-Équatoriale. Il dépend alors de la société Getesa (une filiale de France Télécom-Orange), à Malabo.

 

Yves Garcia 
Yves Garcia © DR

Les soucis commencent en 2008, quand Yves Garcia est chargé par son employeur de résoudre une affaire épineuse, que Getesa qualifie alors prudemment de « relation extra-conjugale » d’un expatrié français avec une jeune Guinéenne, et ayant donné lieu à une naissance non reconnue. « La jeune fille n’avait que 14 ans, il s’agissait ni plus ni moins que d’un viol sur mineure », affirme Yves Garcia à Mediapart. Celui-ci s’est démené pour que l’enfant soit reconnue et la jeune mère indemnisée.

Mais cette reconnaissance de paternité, censée mettre un terme à l’affaire, ne lui suffit pas, loin de là. Il décide d’alerter le siège d’Orange sur le dossier complet, et sur le risque pénal encouru par l’entreprise, comme l’ont raconté L’Express et Le Canard enchaîné.

En Guinée-Équatoriale, Yves Garcia fouine aussi dans certaines opérations commerciales et financières qui lui paraissent suspectes. La filiale Getesa aurait ainsi réglé des prestations surfacturées à des sous-traitants locaux, avec la complicité de certains dirigeants français de l’entreprise, accuse-t-il. Il dit aussi avoir mis au jour un important système de détournement de cartes à gratter prépayées.

Yves Garcia en fait-il trop aux yeux de certains ? En 2008, il est muté en République centrafricaine, chez Orange. Là encore, il continue à mettre son nez dans les comptes, et détecte des soupçons de corruption. Curieusement, il échappe alors de peu à une arrestation et à une extradition vers la Guinée-Équatoriale, un régime qui n’est pas des plus démocratique. « Après son départ de Malabo, un dossier a été monté contre lui et cela a abouti, sans qu’il en soit informé, et en son absence, à un procès et à une peine de prison », explique Norbert Tricaud, le défenseur d’Yves Garcia.

De fait, la direction équato-guinéenne de Getesa l’avait dénoncé aux autorités de Malabo. « Je n’ai réussi à m’enfuir que grâce à des amis », raconte Yves Garcia, qui assure ne pas comprendre pourquoi son employeur ne l’a pas prévenu de cette procédure judiciaire qui a failli l’expédier en prison.

À Bangui, là encore, il met son nez dans les comptes, et assure découvrir des faits de corruption. Pour finir, il est muté au Niger en 2010. Et il pose encore des questions. Yves Garcia estime que cela lui vaut d’être rapatrié en France en 2011, et « placardisé » depuis lors. Ce qui ne l’empêche pas de découvrir, assure-t-il, des bizarreries dans les flux financiers du système Orange Money, un système de transferts de fonds d’un ordinateur vers un téléphone portable, au moyen d’unités de valeur, très utilisé en Afrique de l’Ouest.

Une plainte classée par le procureur financier

Le 23 mai, Yves Garcia et Me Tricaud ont adressé une plainte simple au procureur national financier, Éliane Houlette, synthétisant des soupçons de malversations repérés dans plusieurs pays d’Afrique où il a travaillé, ainsi que d’autres qui lui ont été transmis par des collègues (notamment en République démocratique du Congo, au Ghana, en Afrique du Sud et en Ouganda).

Les faits visés par la plainte sont qualifiés de « faux », « abus de biens sociaux », « présentation de comptes inexacts », « diffusion d’informations fausses ou trompeuses », « escroquerie en bande organisée », « détournements de fonds publics », « trafic d’influence » et « corruption ». Le raisonnement étant, en résumé, que des malversations éventuellement commises dans des filiales étrangères fausseraient les comptes consolidés du groupe Orange.

Cette plainte a été classée « sans suite » le 13 juin, faute d’éléments suffisants aux yeux du parquet financier. Mais selon Norbert Tricaud, son avocat, Yves Garcia compte revenir à la charge en déposant une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile cette fois.

 

Yves Garcia 
Yves Garcia © DR

Auparavant, Yves Garcia s’était déjà manifesté dans le dossier judiciaire de « viol sur mineure » ouvert à Paris, dans lequel il estime que des faux ont été produits pour modifier l’âge de la victime. Suite à la destruction du disque dur de son ordinateur portable par sa hiérarchie, il avait auparavant déposé une première plainte qui avait été classée sans suite.

Il avait alors déposé une autre plainte, avec constitution de partie civile, pour des faits présumés de « subornation de témoins », « destruction de preuves » et « entrave à la justice ». Ce dossier a été confié à la juge d’instruction parisienne Raphaëlle Agenie-Fecamp en janvier dernier, et suit encore son cours, malgré des réquisitions de non-lieu prises récemment par le parquet de Paris.

Dans le cadre de la procédure de licenciement « pour cause réelle et sérieuse » engagée par Orange contre Yves Garcia, dont Mediapart a pu prendre connaissance, l’entreprise dément catégoriquement avoir couvert quelque affaire de malversation que ce soit, et conteste la plupart des affirmations de ce salarié rebelle. La direction des ressources humaines reproche notamment à Yves Garcia d’avoir diffusé par mail, à vingt personnes, un courrier adressé le 2 avril 2013 à Stéphane Richard, le PDG d’Orange, « qui met en cause la direction de l’entreprise, ses produits et ses services ».

Selon Orange, les « allégations » contenues dans ce courrier ont été « largement diffusées dans l’intention de porter atteinte à l’image de France Télécom-Orange, de ses dirigeants et de ses produits, M. Garcia ayant parfaitement conscience de leur inexactitude ».

En ce qui concerne les affaires de la Guinée-Équatoriale, Orange assure que toutes les alertes ont reçu une réponse. L’entreprise dit avoir « pris l’initiative de mettre en place plusieurs actions pour lutter contre la fraude et la corruption », bien qu’elle ne soit « qu’actionnaire minoritaire de sa filiale Getesa », et qualifie d’« infondées » certaines accusations de corruption lancées par Yves Garcia, comme le fait qu’il ait été mal défendu dans le procès de Malabo.

Par ailleurs, les « allégations » lancées par Yves Garcia sur le lancement du produit Orange Money en Afrique de l’Ouest sont « fausses », « destinées à nuire à un produit phare de la zone», et « portent atteinte à la réputation de l’entreprise », fait valoir Orange auprès de l’inspection du travail. En amont, le comité de déontologie avait estimé que les faits que dénonçait le lanceur d'alerte n’étaient pas établis.

Quoi qu’il arrive, si Yves Garcia devait être licencié, Me Tricaud prévient qu’il adressera immédiatement un recours au ministre du travail.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 18:13

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Les hyper-riches ont augmenté leur fortune en 2014

Camille Martin (Reporterre)

jeudi 26 juin 2014

 

 

Légende du dessin : « Oui, la planète a été détruite. Mais pendant une merveilleuse période, nous avons créé beaucoup de valeur pour les actionnaires »



Selon le magazine Capital, les cent plus grosses fortunes de France ont accumulé un pactole de 257 milliards d’euros en 2014 ! Ce montant a progressé de 10 % par rapport à l’an précédent.

En tête du palmarès : la famille Mulliez, qui possède le groupe Auchan : fortune de 38 milliards d’euros, en augmentation de 3,8 % par rapport à 2013. Ce groupe veut notamment bétonner le triangle de Gonnesse, la ferme des Bouillons et des champs à St-Jean-de-Braye...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 17:37

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

 

La violence des riches

Vidéo

26 juin par Michel Pinçon , Monique Pinçon-Charlot , Yannick Bovy

 


 


Voici un couple de sociologues qui cogne dur et parle clair. Entretien avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, autour de leur livre « La violence des riches - Chronique d’une immense casse sociale » (Editions Zones - La Découverte 2013).

La lutte de classes n’a pas disparu, elle s’aiguise et ce sont les riches qui sont à l’initiative. Comme le montrent Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, les riches ont réussi à faire payer la facture de leurs dettes privées par le peuple. La dette des riches et de leurs entreprises qui ont provoqué la crise de 2007-2008 a été transformée en dette publique illégitime par les gouvernants à leur service.

Réalisation : Yannick Bovy - 26 mn.

Une émission proposée par la FGTB wallonne & produite par le CEPAG

 

 

 

Voir en ligne : http://www.fgtb-wallonne.be/

 

 

 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 17:21

 

Source : france.attac.org

 

 

 

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU favorable à la fin de l’impunité des multinationales. La France vote non.
jeudi 26 juin 2014, par AITEC, Attac France

 

Ce jeudi 26 juin, malgré l’opposition de la France, de l’Allemagne et des États-Unis, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est prononcé en faveur d’un projet de résolution déposé par l’Équateur et l’Afrique du Sud afin d’élaborer de nouvelles normes internationales contraignantes sur les entreprises multinationales et les droits humains. Attac France et l’Aitec dénoncent le vote français contre une initiative bienvenue et justifiée, tant il est urgent de mettre fin à l’impunité dont bénéficient les multinationales et garantir l’accès à la justice pour les victimes de leurs activités.

 

 

C’est par 20 votes pour, 14 contre et 13 abstentions que la résolution en faveur d’un futur instrument légalement contraignant envers les multinationales a été adoptée au Conseil des droits de l’Homme (CDH) de l’ONU. Cette résolution, dont le principe avait été soutenu par 85 États de la planète en septembre dernier, ouvre une opportunité historique pour combler un manque flagrant : il n’existe pas, au niveau international, d’instrument juridiquement contraignant, pourvu de mécanisme de sanction, pour réguler et contrôler les impacts des multinationales sur les droits humains et assurer l’accès à la justice pour les victimes de leurs activités.

Les multinationales bénéficient ainsi d’une asymétrie dans le droit international puisqu’elles disposent aujourd’hui de toute une batterie d’instruments normatifs (accords de libre-échange, traités bilatéraux sur les investissements, mécanismes d’arbitrages internationaux, etc.) qui protègent leurs droits et leurs intérêts, renforçant d’autant leur pouvoir économique et politique. Toutes les tentatives passées pour sérieusement contrôler leurs activités et leurs impacts sur les droits humains ont échoué, notamment suite à leur fort lobbying, et seuls existent aujourd’hui des codes volontaires et des principes directeurs juridiquement non-contraignants et absolument inefficaces.

Pourtant, de Bhopal au Rana Plaza en passant par le cas de Chevron en Équateur ou de Marikana en Afrique du Sud, nous ne manquons pas de cas d’études et de documentation, y compris au sein des instances internationales, pour justifier la double nécessité de destituer l’architecture d’impunité dans laquelle évoluent les multinationales, et d’introduire des dispositions contraignantes garantissant que les droits économiques, sociaux, politiques et environnementaux des populations ne puissent être violés par les multinationales, et rester impunis.

Des centaines d’organisations et de mouvements sociaux du monde entier soutiennent la proposition initiée par l’Équateur et l’Afrique du Sud et se sont mobilisés cette semaine à Genève, et ailleurs, pour faire pression sur les États membres du CDH et sensibiliser l’opinion publique internationale. En votant en bloc contre le projet de résolution, les pays européens et de l’OCDE (hormis le Chili qui s’est abstenu) ont fait passer les intérêts des multinationales au-dessus de la protection des droits humains.

Attac France et l’Aitec appellent le gouvernement français à revoir sa position, et à s’expliquer à défaut. Nous considérons en effet que le soutien français à cette résolution n’aurait contredit ni la mise en application des principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits humains de l’ONU, ni le projet de loi français en cours de préparation sur la responsabilités des acteurs économiques à l’étranger, qui ne devrait comporter aucune mesure contraignante. Le lobby des multinationales françaises et le ministère de l’économie et des finances, qui étaient parvenus à grandement limiter la portée du contenu de la loi sur le développement et la solidarité internationale adoptée en février dernier [1] quant aux obligations des entreprises françaises vis à vis de leurs filiales et sous-traitants, a-t-il été plus fort que l’obligation de la France à respecter ses engagements internationaux sur les droits humains ?

Nos deux organisations suivront avec attention les suites qui seront données à cette résolution, en particulier les travaux du groupe de travail intergouvernemental qui devrait être créé d’ici 2015 pour construire des propositions plus précises. Elles s’engagent également à poursuivre leurs initiatives et mobilisations visant à réduire l’emprise du secteur privé, notamment à travers les accords de libre-échange et d’investissement, sur nos économies, sur la nature et sur nos vies.

 

P.-S.

Photo : BriYYZ from Toronto, Canada, licence CC by-sa 2.0.

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 16:30

 

Source : www.marianne.net


 

Chômage : ce que Rebsamen n’a pas eu le cran de dire aux Français
Vendredi 27 Juin 2014 à 17:10

 

Grand reporter au journal Marianne En savoir plus sur cet auteur

 

Le chiffre est tombé : 5,3 millions de nos concitoyens sont inscrits à Pôle emploi. L’équivalent de toute la population active de la Bretagne, de la Normandie, des Pays-de-la-Loire et de l’Auvergne. Vertigineux…

 

LCHAM/SIPA
LCHAM/SIPA

Vingt-quatre heures avant l’annonce fatidique du bond calamiteux de 34 300 des demandeurs d’emplois en catégorie ABC (1) en mai, François Rebsamen a pris les devants. Sur LCI, le ministre du Travail qui ne s’était pas préparé à… ce travail — et veut échapper au calvaire de ses prédécesseurs Xavier Bertrand (UMP) et Michel Sapin (PS) —, a benoitement annoncé qu’il ne commenterait pas, au mois le mois, l’évolution du chômage en France « parce que ces chiffres ne veulent pas dire grand-chose et qu’il faut les étudier sur une période assez longue. »

Oublié donc la ridicule « baisse tendancielle de la hausse » du chômage façon Nicolas Sarkozy, l’ « inversion de [sa] courbe » avant la fin de l’année 2013 promis par le président Hollande ou même la modeste décrue du chômage des jeunes à grandes lampées d’emplois aidées, vantée par Michel Sapin lors de son départ à Bercy. Rue Grenelle, désormais on esquive, on ne promet plus rien, on se tait. Et pour cause…
 
Qu’aurait dû constater jeudi 26 juin François Rebsamen s’il en avait eu le cran ? Primo : que le chiffre de 5,3 millions d’inscrits à Pôle emploi dans l’Hexagone et les DOM-TOM lui donne le vertige. Car si on cherche à rendre plus « concret » ce chiffre, il représente… la totalité de population active de la Bretagne, de Haute et Basse-Normandie, des Pays-de-la-Loire et de l’Auvergne ! Imaginez-vous toutes ces régions quasiment à l’arrêt ? Dont une Basse-Normandie au point mort depuis plus de trois ans puisque le nombre de ses actifs équivaut à peu près aux 625 000 chômeurs de longue durée (catégories ABC)…
 
Ensuite, s’adressant aux jeunes de moins de 25 ans, François Rebsamen aurait dû les haranguer : « Haut les cœurs, les gars et les filles, vous êtes bien formés ! Allez donc tenter votre chance hors de l’Hexagone car le pays avec la politique de redressement que nous menons, n’aura pas besoin de vous de si tôt… » En dépit d’un objectif de 100 000 emplois d’avenir signés, 773 400 jeunes sont toujours désœuvrés (plus 3 600 en mai).
 
Le sous-emploi de masse gagne même nos régions les plus dynamiques comme l’Aquitaine, l’Ile-de-France ou les Pays-de-la-Loire (respectivement plus 6,7%, 6,4% et 6,2% de demandeurs d’emplois sur un an), dans lesquels ils auraient pu tenter leur chance. Le Medef vient d’ailleurs de reconnaître qu’il n’y avait pas 400 000 emplois non pourvus en France comme il prétendait dans sa campagne baptisée « Beau travail », mais tout au plus 75 049 (principalement des cuisiniers, des employés d’hôtellerie, des attachés commerciaux et ouvriers du bâtiment).
 
« C’est mauvais mais je refuse le fatalisme, s’est contenté d’affirmer le Premier ministre Manuel Valls depuis Matignon. Je compte donc sur les entreprises de France, avec les moyens que nous allons leur donner, la baisse du coût du travail, la baisse de la fiscalité, pour inverser la tendance. » A dix jours d’une troisième conférence sociale dont personne n’attend de miracle, puisque la CGPME fait encore des histoires pour y siéger, tout le pays en voie de pétrification, croise les doigts…


(1) Les demandeurs d’emplois des catégories ABC ont effectués en mai des actes positifs de recherche de postes. Les A n’ont pas du tout travaillé en mai, les B moins de 78 heures, les C plus de 78 heures tout en restant en activité réduite. 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 20:49

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Forte hausse du chômage au mois de mai: +34.000

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

L'inversion de la courbe du chômage n'est toujours pas au rendez-vous. Bien au contraire, les chiffres du mois de mai sont très mauvais, qui font état d'une forte augmentation dans presque toutes les catégories de demandeurs d'emploi.

L'« inversion » que promettait François Hollande pour la fin de l'année 2013 n'est toujours pas là. Bien au contraire, les chiffres du chômage du mois de mai sont exécrables. Le nombre de demandeurs d'emploi augmente dans presque toutes les catégories. En un an, le nombre de chômeurs en catégories A, B et C progresse de près de 5 %.

Selon les statistiques du ministère du travail, le mois de mai est très mauvais. Le nombre de chômeurs en catégorie A (aucune activité) augmente de 24 800 (+ 0,7 % sur un mois) pour s'établir à à 3 388 900 personnes en France métropolitaine. Sur un an, l'augmentation est de 4,1 %.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en activité réduite (catégories B et C) s’établit à 1 631 300 en France métropolitaine : sur un mois, il augmente de 1,0 % pour l’activité réduite courte (catégorie B, + 4,1 % sur un an), et de 0,3 % pour l’activité réduite longue (catégorie C, + 7,7 % sur un an).

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A, B et C s’établit à 5 020 200 en France métropolitaine fin mai 2014 (5 320 000 en France y compris Dom). Ce nombre est en hausse de 0,7 % (+ 34 300) au mois de mai. Sur un an, il augmente de 4,8 %.

« Ces chiffres ne sont pas bons. Ils sont le reflet d’une croissance plus faible que prévu au premier semestre, qui entraîne des destructions nettes d’emplois marchands. Les efforts que le gouvernement continue de déployer doivent permettre d’endiguer cette progression au second semestre 2014 », écrit dans un communiqué le ministère du travail.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 20:30

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Un nouvel avertissement lancé aux dirigeants européens

|  Par François Bonnet

 

 

 

Depuis des années, Joseph Stiglitz est pendu à la sonnette d'alarme: les plans d'austérité à répétition infligés à l'Europe ne font qu'aggraver la situation. Officiellement, les sociaux-démocrates sont d'accord. Dans les faits, ils n'ont rien fait pour « réorienter » l'Europe. Le sommet européen de ces jeudi et vendredi, au-delà des déclarations d'usage, doit encore en faire la démonstration.

Il faut lui reconnaître une vraie constance. Depuis le début de la crise des « subprime », en 2007, mais surtout depuis la gigantesque crise des dettes publiques en Europe, Joseph Stiglitz martèle le même message : « L'austérité en Europe est risquée. » L'ex-chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000), prix Nobel d'économie en 2001, plaide, à l'inverse, pour une nouvelle relance : « Rien ne sert de se focaliser sur le déficit d'aujourd'hui, de demain ou de l'an prochain : il faut regarder le déficit à cinq ans. » Et de lancer cet avertissement aux dirigeants européens dans la tribune que nous publions (à lire ici) : « Au rythme actuel de la "reprise", aucun retour à la normale ne peut être envisagé avant la prochaine décennie. » Sans une réaction forte et rapide, l'Europe demeurera sur le chemin emprunté par le Japon à la fin des années 1990 et qui l'a conduit à une longue décennie de stagnation dont il peine encore aujourd'hui à sortir.

C'est déjà ce que Joseph Stiglitz disait à Mediapart, lors d'un entretien réalisé en septembre 2010. Il notait alors que les mesures d'austérité prises en Europe depuis le printemps 2010 étaient « incroyablement risquées. L'économie pourrait même basculer à nouveau dans la récession ». Il soulignait également combien la pensée économique inspirant ces politiques n'était en rien à la hauteur de l'ampleur et des nouveautés de la crise à l'œuvre : « Je n'ai pas anticipé la vitesse à laquelle la vieille orthodoxie, à l'origine de tous nos ennuis, s'est imposée à nouveau. Les mémoires sont courtes. »

Quelques mois plus tard, dans un nouvel entretien, Joseph Stiglitz repartait à l'assaut des conservatismes, du manque d'action de l'administration Obama et surtout de l'aveuglement des dirigeants européens. Manque d'initiative, manque d'audace, vieilles recettes pour crise nouvelle... La Troïka n'avait pas encore mis la Grèce à terre, le Portugal et l'Espagne n'avaient pas encore sombré. Mais tous les ingrédients étaient là, notait Stiglitz, pour installer un chômage de masse, une récession ou une croissance à l'arrêt et un pouvoir inentamé des banques et des marchés financiers.

« La question consiste à se demander si nous pouvons réduire cette influence politique des banques, notait-il alors. Je crois que nous pouvons faire beaucoup mieux. Je ne sais pas si cela sera suffisant mais nous n'avons pas essayé. Nous aggravons l'influence des groupes d'intérêts tout en affaiblissant dans le même temps la véritable démocratie, et cela s'annonce vraiment désastreux non seulement pour la politique mais plus généralement pour notre société. »

Aujourd'hui, le prix Nobel d'économie plaide pour « un programme beaucoup plus ambitieux, et différent ». Non pas en finir avec l'euro, dit-il. Mais « ce qu'il faut, par-dessus tout, c'est une réforme fondamentale de la structure et des politiques de la zone euro ». C'est également ce qui se dit en chuchotant dans les cénacles européens de Bruxelles, ce qui est évoqué parfois par François Hollande ou le nouveau président du conseil italien, Matteo Renzi. Mais aucune de ces intentions – un vrai plan de relance, une réduction étalée des dettes publiques, une renégociation avec une part d'annulation de l'insoutenable dette grecque, une réforme poussée du système financier – ne s'est aujourd'hui véritablement traduite dans les faits.

Hollande et Renzi obtiendront peut-être, vendredi à l'issue du sommet européen, une déclaration finale faisant état de leurs préoccupations. On reparlera, comme le fait déjà le gouvernement français, de « réorientation » de l'Europe... Qui se souvient du pacte de croissance de 2012, officiellement arraché par Hollande ? Qui peut dire quels sont ses résultats ?

Stiglitz vient ainsi opportunément rappeler que de nombreux autres économistes de renom (Paul Krugman, Thomas Piketty, Paul Jorion et d'autres) proposent depuis des années des voies alternatives. Les dirigeants européens restent sourds. Or leurs diagnostics recoupent très largement ceux faits par des acteurs plus institutionnels. On se souvient de l'étonnant mea culpa du Fonds monétaire international sur la potion administrée aux pays européens par la Troïka.

À l'échelle française et en écho direct aux propos de Joseph Stiglitz, l'actuel débat budgétaire vient montrer la dangerosité d'une austérité sans fin. Valérie Rabault, rapporteure générale du budget à l'Assemblée, a pointé dans son rapport aux députés les risques du plan d’économies de 50 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour la période 2015 à 2017. « Il aurait un impact négatif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017, et pourrait entraîner la suppression de 250 000 emplois à horizon 2017 ».

Au moment où l'Insee prévoit pour 2014 une croissance à l'arrêt, encore inférieure aux prévisions du gouvernement, et un chômage toujours en hausse, les dirigeants européens seraient inspirés d'écouter ces appels qui se succèdent depuis des élections européennes qui ont largement désavoué les politiques économiques menées depuis 2008.

Retrouvez ci-dessous nos autres principaux articles sur Stiglitz :

Les douze recommandations de la commission Stiglitz pour mesurer notre bien-être
Le nécessaire débat européen

La crise, belle occasion de mesurer le bien-être

Quels indicateurs pour comprendre une crise démesurée?

Crise: la grande faillite des économistes

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 21:49

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/evenstrood

 

 

Blablacar, le covoiturage tué par la finance et l’appât du gain

Mise à jour du 25/06/2014 : Merci à vous, lecteurs et partageurs !

 

 


Je tenais à vous remercier toutes celles et tous ceux qui ont lu cet article et vous qui ne l'avez pas encore lu, sans malheureusement pouvoir y répondre dû à la fermeture aux commentaires des non abonnés de la plateforme blog Médiapart. Je tiens également à mettre en avant d'autres ressources, que vous trouverez en bas de cet article pour ettofer mon constat, je ne suis (et nous ne sommes) plus seul(s)...La révolution du covoiturage est en marche, je vous laisse consulter l'article ci-dessous :

Il y a des jours où les coups de gueule remontent plus que d’autres. Aujourd’hui, fais partie de ces journées où l’on souhaite s’exprimer et montrer au plus grand nombre le mensonge et la calomnie proposée par certains services.

Aujourd’hui, mon dévolu se tourne vers le site Blablacar, le site N°1 du covoiturage en France qui a réussi en l’espace de 5 ans à créer un esprit communautaire et humaniste autour du covoiturage et à le détruire, récit d’un inscrit de la première heure qui vomit ce qu’est devenue la dernière.

logo covoiturage


Le covoiturage, c’est quoi ?

Si l’on souhaite réaliser une définition la plus succincte et fausse possible, nous pourrions dire que le covoiturage, c’est le fait d’effectuer un voyage en voiture entre plusieurs personnes se connaissant, ou pas dans le but de partager les coûts de carburant. Cette définition pourrait s’avérer juste dans un dictionnaire, mais en réalité, il s’agit avant tout d’un état d’esprit, alliant à la fois un volet économique (réduction du coût du voyage), à un volet écologique (ne pas prendre de multiples voitures pour un seul et même voyage) à un volet social (échange et liens entre les personnes). Un état d’esprit qui, lors du lancement du site covoiturage.fr, prenait tout son sens.


Covoiturage.fr en gratuit, déjà de l’histoire ancienne

Pionnier et libérateur de l’économie collaborative sur Internet, le site covoiturage.fr est la résultante de plusieurs facteurs économiques et sociologiques qui ont permis l’émergence, dans les années 2007-2008 d’un état d’esprit covoitureur.

À l’époque, la crise économique faisait rage et avec elle, le prix du baril de pétrole a fait exploser le litre de carburant, passant en quelques mois un litre de gazole de 0,95€ à 1,30€ soit une augmentation de 35%.

 

Covoiturage.fr, c’était l’idée de mettre en relation des personnes allant d’un point A à un point B, en permettant aux conducteurs de récupérer au passage des personnes faisant le même trajet qu’eux, cela le plus simplement du monde en ayant accès les uns et les autres à nos coordonnées respectives.
En 2008, et après plusieurs dizaines de covoiturages sur le site, j’étais heureux de contribuer à ce qui semblait être un pied-de-nez à la société de surconsommation, un pied-de-nez au «tout profit», mais hélas, la finance a eu raison de Covoiturage.fr.


premier logo du site covoiturage.fr

Logo du site Covoiturage.fr, en 2004 avant la reprise par les dirigeants actuels en 2008. Source : archive.org


Passage au mode payant de Blablacar, le début de la fin pour le covoiturage

La douceur, c’est le maître mot du passage du site en mode payant. Région par région, mois après mois, le site communautaire à la limite de l’esprit hippie s’est vu cadenassé par des développements de fonctionnalités toutes plus sécuritaires les unes que les autres et la tenue de discours de peur digne des partis extrémistes pour forcer le passage à son mode payant.

Côté chiffres, il n’y a rien à dire, en opérant ce virage à 360°, le site a vu exploser son nombre d’inscrits et par là même son chiffre d’affaires. Mais en gagnant des inscrits, le site et son équipe en ont perdu les fondements du covoiturage, basé sur la confiance d’autrui et le partage.

Vous allez me dire, mais il faut bien vivre, l’argent ne pousse pas dans les arbres ?

Vous aurez bien raison, sauf qu’avec plusieurs millions d’utilisateurs d’autres moyens sont possibles pour la monétisation d’un modèle comme Covoiturage.fr, sans pour autant passer par une taxation systématique du voyage (j’en parle plus bas dans cet article).
Le covoiturage n’est plus social, il est purement économique

Il est bien terminé le temps où les personnes prenaient le covoiturage comme moyen numéro un et non pas comme option par défaut pour voyager.
Aujourd’hui plus que jamais, le volet social a volé en éclat, laissant place à des dérives de la part des conducteurs et des passagers qui font état que le covoiturage n’est plus ce qu’il était.

Conducteur ou taxi ? Certains n’hésitent plus à prendre jusqu’à 8 personnes dans des véhicules du types Transporter et effectuer dans les cas extrêmes plusieurs voyages dans une même journée.

De façon plus courante, nous pouvons voir que certains conducteurs arguent sans broncher l’argument du « c’est toujours moins cher que la SNCF, si tu n’es pas content du prix, tu n'as qu’à prendre le train », laissant le partage pur du péage/carburant aux oubliettes.

Côté passager, ce n’est pas toujours mieux, certains s’autorisant des voyages totalement aspirés par leur walkman (si, ce terme existe encore) qui, dès l’entrée dans la voiture affirment avoir leur place, comme dans un train, pourtant, ce n’est pas ça le covoiturage…

Mais pourquoi un tel revirement dans les mentalités ? Comme pour l’ensemble des nouveaux concepts, la faute revient au créateur et à ce niveau, Blablacar a fait fort en instaurant ce climat nauséeux.

 

Le site fait de la répression et ose instaurer des termes comme « sécurisé »

Le site a évolué ces dernières semaines, Blablacar à (enfin) mis à jour son site internet et ajouté des fonctionnalités qui auraient dû être native.
Avant cela, pendant les deux années passées à développer leur système payant, les développeurs du site n’ont eu cesse d’ajouter des fonctionnalités pour lutter contre une chose infâme… L’envoi de numéro de téléphone.

Force est de constater que les développements ont porté leurs fruits puisqu’il est aujourd’hui impossible d’envoyer un numéro de téléphone, que cela soit par voix numérique ou lettrée et quand bien même il s’agisse d’une langue étrangère (technique utilisée à l’époque qui fonctionnait bien). Pires, les messages sont aujourd’hui modérés lorsqu’ils contiennent un doute selon les robots de soumission, un véritable flicage qui n’a rien de sécurisant, mais une répression pour ne pas passer dans les mailles du filet.

Mais le site ne s’arrête pas là dans sa transformation et dans sa radicalisation, il met en avant une sémantique toute particulière, assurant que le mode payant va nous "sécuriser" pour les personnes qui avaient peur que Robert C (45 ans), ne soit un violeur en série ou encore que Mohamed R (22 ans), ne soit qu'un cambrioleur hors pair.
Afin de faire accepter son système payant, le site affirme que le paiement en ligne est donc le moyen préféré des conducteurs et des passagers. Ici, plutôt que de s'efforcer de nourrir une bonne foi réelle dans le covoitureur, Blablacar préfère aller dans le sens de la minorité qui avait une "peur" réelle du covoiturage en la validant par son discours sur le site internet.

Mais comment peut-on croire à un tel discours ?

Si vous avez cru ce que vous avez lu, je reste pour ma part persuadé du contraire. Le paiement en ligne et le code sécurisé ne satisfont, à mon sens, ni les passagers qui payent plus cher, ni les conducteurs qui sont payés à retardement. Voici quelques arguments dont vous pourrez vous servir lors de vos prochaines conversations en plein débat covoiturage, "c'était mieux avant ou maintenant ?".

  • Conducteur, j’avais pour habitude de recevoir un billet à la fin du trajet, je reçois maintenant un virement directement sur mon compte en banque...Je reçois près de 1500€ sur mon compte par an, quid de la déclaration d’impôt en fin d’année, est-ce du revenu ?
  • Conducteur, je paye mon plein et mes péages le jour du trajet, je me retrouve maintenant à devoir attendre 48h à 72h avant de percevoir mon argent, tout en étant obligé de me connecter pour activer les codes que j’ai reçus.
  • Conducteur, j’avais pris l’habitude dans un souci d’équité de réviser le tarif du trajet (en partant d’un montant maximum) au fur et à mesure des covoitureurs validés… Aujourd’hui, le prix fixe des réservations en ligne m’empêche toute flexibilité.
  • Passager, j’avais pour habitude de réaliser un trajet entre Nantes et Paris de X €, me voici aujourd’hui avec un trajet qui me coûte 3€ de plus, sans parler du prix de marché instauré par covoiturage.fr avec la mise en ligne d’un code couleur litigieux.
  • Passager, je pouvais contacter le conducteur très rapidement par téléphone pour toutes questions un peu sensibles. Aujourd’hui, si je dois partir en dernière minute et que la description du covoiturage n’est pas très précise, je vois prendre le risque d’effectuer ma réservation et de l’annuler si le conducteur ne peut pas faire un écart de quelques kilomètres ou autres (dans les 24 dernières heures avant le départ sera retenu 50% du montant du trajet que vous avez payé).

Cela suffit-il de vous convaincre que la mise en place du système payant n’est qu’une manne financière pour le site internet, n’apportant absolument rien en termes de services, sécurité ou autre ?

En instaurant ce discours et ce climat au sein de Blablacar, l'équipe a certes élargi son champ d'inscrits, mais considérablement détruit l'esprit du covoiturage, mettant en avant des notions sécuritaires, monétaires, en oubliant le reste. Mais au final, que payons-nous ? La réponse est simple, des numéros de téléphone, qui nous coûte cher...

 

covoiturage et l'argent

La réalité sur le modèle de Covoiturage.fr, un site détenu par des gros bonnets

Si vous trouviez mon discours déjà sec à l’encontre du site Blablacar, ne vous invite à vous asseoir pour lire ce qui va suivre. Pavanant d’événements en événements, le PDG de Covoiturage.fr, Frédéric Mazzella, est représenté partout comme une icône de l’économie collaborative. De plus, ses équipes de communication toujours plus efficace nous assurent que Blablacar est un véritable havre humaniste, trainant dans les festivals où il fait bon vivre et où il fait bon refaire le monde à cracher sur ces géants de la finance qui pourrisse l’économie réelle.

 

Pourtant, et n’en déplaise aux adorateurs de Blablacar comme j’ai pu l’être, le site n’est aujourd’hui plus qu’une «cash machine» détenue par des financiers, et le covoiturage n’est plus qu’une vitrine pour vous enfoncer toujours plus là où ça fait mal, votre porte-monnaie.

 

Blablacar à la botte d’un fonds d’investissement

Le fonds d’investissements ISAI, dédié au marché de l’innovation sur Internet, s’est emparé de la success-story Blablacar pour entrer en tant qu’actionnaire majoritaire. Avec une levée de fond revendiquée de 1,25 million d’euros (voir sur leur site http://www.isai.fr/portefeuille/liste_des_participations.html), il apparait clairement que les cartes ne sont désormais plus entre les mains des concepteurs qui ont laissé filer l’esprit du covoiturage dans les méandres des millions d’euros.
Pire encore, le CA de la société voit s’asseoir à sa table des experts en entreprises, mais surtout des financiers, à l’image de Didier Kuhn, ex-PDG de Screentonic racheté par Microsoft et Pierre Kosciusko-Morizet (PDG de Priceminister). Il est mort le temps utopique où nous croyons tous, nous la génération Covoiturage.fr de la première heure, qu’il était né ici un site communautaire qui ne pensait pas à son propre profit.

Mais me direz-vous, est-ce si grave d’être subventionné par un fonds d’investissement, au fond, il m’apporte un service ?

Je vous rassure, il n’y a rien de grave à se voir aidé financièrement par des business angels, en revanche, qui dit investissements dits retour sur investissements, et rassurez-vous, Blablacar est prêt à tout pour vous faire payer plus !

 

EXCLUSIF : Blablacar propose des frais évolutifs très bien cachés !

C'est lors de mon dernier covoiturage entre la Haute-Savoie et Paris que j'ai appris la meilleure. Je demande à l’ensemble de la voiture quel a été leur prix d’achat et là, stupeur, ils n’ont pas tous payé la même chose !
Je redemande et après avoir vu leurs mails de transactions, j’avais bien entendu, la première à avoir réservée a payé 33€, là où les deux autres ont payé 34,50€ (pour un trajet de 30€). Quoi ? Blablacar, en plus de se servir sur les passagers décide de se sucrer encore plus suivant le fait que vous soyez le premier à réserver ou non ?

Après quelques jours, je me lance dans l'épluchage du site internet et me voici que les CGV de Blablacar. Horreur ! C'est bien marqué, suivant la date de votre réservation (de 72h avant le départ à 24h), vos frais seront majorés, et pas qu'un peu.

Voici un exemple de tarif pour un trajet entre Nantes et Paris. Imaginons que je sois conducteur, je décide de mettre 25€.
Le trajet est pour le 1er Juillet, une première personne réserve aujourd'hui. Il paiera 25€x7,92% + 0,66€ (fixe) soit 27,64€ (10,5% de frais), pas mal mais peut mieux faire.

Un autre prend mon trajet le 29 juin, après tout, le covoiturage, c'est un peu ça la liberté de partir 48h plus tard, il va donc payer plus, logique ? Il paiera 25€x11,88% + 1,07€ (fixe) soit 29,04€ (16% de frais), ça commence à te faire mal là ?

Finalement, une demoiselle perdue décide de prendre le covoiturage dans les dernières 24h, ce qui finalement ne change rien à mon programme, j'ai bien stipulé un départ et une arrivée à une heure précise...Et bien malheureusement pour elle, elle paiera 25€x12,48% + 1,19€ (17,2% de frais)...

Sur le dos des conducteurs, et sur celui des passagers, Blablacar impute des frais différents sans aucunes raisons autres que celles de ramasser des sous, toujours plus de sous. Je vous rassure, des 7 points de plus gratté par Blablacar, le conducteur n'en voit bien évidemment pas la couleur.
Que pensez aujourd'hui de ce site qui a mis en avant des idéaux collaboratifs, mais qui en réalité, nous considère comme de simple numéros de carte bancaire ?

Pourtant, d'autres méthodes pourraient exister dans le monde du covoiturage, en voici une pour que m'a fatalité et celle de milliers de covoitureurs se transforme en espoir...

 

Des solutions existent pour sauver le covoiturage avec un vrai modèle économique

Mais alors devant un tel constat, que faire pour amorcer la révolte ? Honnêtement, avec 95% de part de marché et 7 millions d’utilisateurs, il va être compliqué d’inverser la tendance aujourd’hui, néanmoins à l’image d’Internet, tout peut aller très vite, rappelons-nous la chute de Radioblog, suivi par la montée de Deezer, Spotify, puis leur désertion pour finalement recapter de l’audience.

Internet est un média incontrôlable qui n’a de pouvoir que ses utilisateurs, si demain un concurrent crédible aux yeux des utilisateurs sort, Blablacar pourrait bien perdre la tête en quelques semaines…

Pour ce qui est de la concurrence, entre sites dépassés pour les quelques gratuits comme Covoiturage-Libre et sites toujours payant pour 123envoiture ou le futur Dreever, il n'existe pas encore de modèle rêvé, c'est donc à nous tous de l'inventer, et si il était réalisé par les membres, pour les membres ?

 

Jaimelecovoiturage.rêve, un site à l’adhésion pour unifier les covoitureurs

Il n’existe pas, mais il pourrait séduire les foules, Jaimelecovoiturage.rêve, c’est le constat qu’aujourd’hui, il doit exister un modèle économique pour qu’une équipe puisse tenir un site internet de l’ampleur de Blablacar.fr, mais pour cela, nul besoin de faire payer 15% par trajet.

L’adhésion est aujourd’hui une méthode équitable qui permettrait à chacun d’accéder à une plateforme de covoiturage ouverte tout en étant contrôlée. Pour une somme symbolique à l’année, c’est la possibilité d’offrir un renouveau pour le covoiturage, alliant esprit social, intérêt économique et réalité écologique pour un changement sociétal profond.

Le covoiturage, c’est plus qu’un simple voyage, c’est la confiance dans l’autre, le vivre ensemble, c’est tout cela que j’ai pu avoir lors de mes nombreux covoiturages et qui aujourd’hui, n’existe plus.

Imaginez-vous 7 millions d’inscrits pour 2€/an, cela fait 14 millions d’euros de budget annuel pour tenir un site de covoiturage, n’est-ce pas assez ? Et pour les passagers, c’est rentabilisé en un voyage seulement…
En espérant que ce billet fera réagir, dans le bon sens, ce qui est en train de devenir une nouvelle branche du «cool business». Pour ceux qui douteraient de ma légitimité à intervenir sur un tel sujet, voici mon profil Blablacar.fr.

Si vous souhaitez me suivre ou en savoir plus sur qui je suis, vous le pouvez, via mes réseaux ci-dessous :

Allez plus loin sur le sujet Blablacar et sur les mécontents de la première heure

Si je me suis dit qu'il fallait bien que quelqu'un en parle aujourd'hui au vu de l'éloge fait aux sites de covoiturage avec la grève de la SNCF, d'autres l'ont déjà fait avant moi et ce n'est qu'une petite partie de l'iceberg. Si les community manager de Blablacar veulent faire croire que seul les mécontents prennent la parole, ils se trompent et asserons ici leur cercueil. 

  • Martin Denoun et Geoffroy Valadon parle du partage et de la propriété dans Lemonde Diplomatique ici.
  • En 201, Pierre Eve, un utilisateur du site LePlus du NouvelObservateur faisait également le constat amère de l'utilisation de Blablacar, à lire ici.
  • Sur le site de l'UFC Que Choisir, on se plaint également de la fausse communication du 100% remboursé en cas d'annulation. Certes, le conducteur ne perçoit rien si l'annuation est faites 24h ou moins avant le trajet, mais les frais pour Blablacar restent les mêmes, voir ici sur le forum de l'UFC.

Article rédigé par Nicolas Robineau.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/evenstrood

 

 


 

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 20:57

 

Source : www.mediapart.fr

 

La politique d’austérité conduit tout droit à la catastrophe

|  Par Laurent Mauduit

 

 

 

La politique de François Hollande ruine les chances d’une reprise. La preuve par deux rapports: celui de la rapporteure générale (PS) du budget à l’Assemblée, Valérie Rabault, et la dernière « Note de conjoncture » de l’Insee qui prévoit une croissance molle, un nouveau sommet pour le chômage et une quasi-stagnation du pouvoir d'achat.

Les députés socialistes qui, profitant de l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi de finances rectificative pour 2014, contestent les orientations de la politique économique, ont mille fois raison de conduire cette bataille. Car la politique d’austérité impulsée par François Hollande et Manuel Valls ruine les chances d’une relance durable de la croissance, ponctionne le pouvoir d’achat des Français et fait le lit du chômage. La preuve, ce sont, coup sur coup, deux rapports publics qui l’apportent: d’abord, celui de la rapporteure générale (PS) du budget à l’Assemblée, Valérie Rabault, qui a été dévoilé ce week-end ; ensuite, la dernière « Note de conjoncture » de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), qui a été rendue publique mardi 24 juin dans la soirée.

La première étude, Mediapart l’a déjà présentée, lundi 23 juin, dans cet article : A l’Assemblée, la bataille du budget est lancée. Il s’agit du rapport établi par Valérie Rabault, rapporteure générale (PS) du budget à l’Assemblée, à la veille du débat budgétaire qui doit tout à la fois examiner le plan d’austérité de 50 milliards d’euros et le cadeau de 30 milliards d’euros apporté aux entreprises.

Ce rapport, on peut le télécharger ici ou le consulter ci-dessous :

 

 

Ce que dit la rapporteure générale du budget constitue une mise en cause radicale de la politique économique suivie par le chef de l’État et le premier ministre. « Selon les prévisions établies par le ministère des finances et des comptes publics dont dispose la Rapporteure générale, le plan d’économies de 50 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour la période 2015 à 2017, soit une réduction des dépenses de plus de 2 points de PIB, aurait ainsi un impact négatif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017, et pourrait entraîner la suppression de 250 000 emplois à horizon 2017. »

Le constat n’est pas nouveau. Depuis que la crise économique a commencé, en 2007, de nombreux économistes alertent sur le fait que la réduction à marche forcée des déficits publics en Europe produit un effet strictement opposé à celui qui est officiellement escompté. Les plans d’austérité mis en œuvre pour atteindre cet objectif sapent toute possibilité de rebond économique, font le lit du chômage et limitent les rentrées de recettes fiscales, ce qui creuse les déficits que l’on était supposé diminuer. En clair, c’est une politique qui s’auto-annule.

Mais le fait que ce constat soit repris à son compte par la rapporteure générale du budget à l’Assemblée qui, de surcroît, est une socialiste, donne une tout autre portée à cette alerte. Une portée d’autant plus forte que les chiffres cités par l’experte proviennent du ministère des finances lui-même et peuvent difficilement être taxés de partialité. En outre, ces chiffres retiennent d’autant plus l’attention qu’ils montrent bien que les effets de la politique d’austérité seraient non pas marginaux mais… massifs ! Près de 0,7 % de croissance en moins chaque année, près de 250 000 emplois en moins : les statistiques de Bercy établissent bien que le gouvernement, contrairement à ce qu’il prétend, a fait le choix d’une politique clairement récessive.

Dans un premier temps, le gouvernement a été ébranlé par ces chiffres et a usé de la langue de bois pour essayer d’en minimiser la portée. Ce fut le cas par exemple du ministre des finances, Michel Sapin, qui, lundi matin sur France Info, a tourné en dérision ces chiffres, faisant valoir qu’il s’agissait de « calculs en chambre, extraordinairement théoriques ».

 

 

Cette vérité de bon sens selon laquelle la marche forcée au désendettement en période de stagnation économique a des effets pervers majeurs, il est pourtant impossible de la balayer. Et même les plus néolibéraux des socialistes sont contraints, les uns après les autres, d’en convenir, tel l’ex-ministre des finances, Pierre Moscovici qui, battant les estrades pour essayer de décrocher un poste de commissaire européen, a lâché ce mardi matin sur iTélé ce constat, totalement à rebours de la politique qu’il a lui-même conduite : « Le désendettement sans croissance, cela ne marche plus. »


L'Insee infirme la prévision de Bercy

Alors, que va donc dire le même Michel Sapin, maintenant que l’on connaît la dernière « Note de conjoncture » que l’Insee vient de publier et qui présente ses prévisions économiques d’ici à la fin de l’année 2014 ? Sans doute va-t-il s’appliquer à les tourner, elles aussi, en dérision, car elles présentent la même singularité, celle de constituer un réquisitoire contre la politique économique néolibérale suivie par le gouvernement.

L’Insee dit, certes, les choses à sa manière, qui est toujours très diplomatique ou elliptique. Et il ne présente pas de simulations spécifiques sur les impacts probables à court terme du pacte dit de responsabilité. Mais le constat d’ensemble vient compléter l’alerte de Valérie Rabault – et contredire le ministre des finances.

Cette « Note de conjoncture », on peut donc la télécharger ici ou la consulter ci-dessous :

 

 

 

« La croissance revient mais ne décolle pas »… Dès son titre, cette note de l’Insee donne le ton : la reprise économique qui aurait pu venir est, en vérité, bridée. Parce que l’Europe, assommée par les plans d’austérité, jouit d’une reprise très faible, ce qui limite l’ampleur de la demande adressée à la France. Et aussi parce qu’en France, les courroies d’entraînement du moteur de la croissance sont en partie grippées. Au total, la reprise n’est donc pas au rendez-vous, comme l’établit le tableau ci-dessous :

 

 

Après une croissance nulle au premier trimestre de 2014 (0 %), la croissance n’atteindrait que +0,3 % au deuxième trimestre de cette année, et resterait exactement à ce même rythme de progression au troisième et au quatrième. Une croissance raplapla, donc ! Au total, elle ne dépasserait pas 0,7 % au cours de cette année 2014, après une croissance de seulement 0,4 % aussi bien en 2012 qu’en 2013.

Avec cette prévision, l’Insee vient donner tort au gouvernement, qui a adossé son projet de loi de finances rectificative à une hypothèse de croissance sensiblement plus élevée, de 1 % en 2014. Pour dire vrai, ce désaveu n’est pas franchement une surprise. Voici à peine quelques jours, le Haut Conseil des finances publiques (dont le président est Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes) avait déjà jeté le doute sur la sincérité des hypothèses économiques du gouvernement, dans un avis que l’on peut consulter ici.

« Avec une croissance nulle au 1er trimestre et un acquis de croissance de 0,3 %, la prévision de croissance de 1,0 % pour l’année 2014 suppose une forte accélération de l’activité à partir du 2e trimestre. Cette accélération n’apparaît pas dans les indicateurs conjoncturels, ce qui rend l’atteinte de l’objectif de croissance en 2014 moins probable », pouvait-on notamment lire.

Mais comme il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, Michel Sapin avait, cette fois encore, rétorqué que tout cela n’était que bêtises et billevesées. « La prévision de 1 % peut parfaitement être atteinte grâce à (…) deux moteurs qui s’allument », avait rétorqué le ministre des finances lors d’une conférence de presse, en référence au pacte de responsabilité qui prévoit des aides à la compétitivité des entreprises, et à la politique offensive de la Banque centrale européenne.

Chômage en hausse, pouvoir d'achat en stagnation

Mais voilà que l’Insee donne raison tout à la fois au Haut Conseil des finances publiques et à… Valérie Rabault. Car c’est bien évidemment la politique économique restrictive, dont le principal ressort est le plan d’austérité de 50 milliards d’euros, qui contribue à cette croissance ultra-molle, à peine supérieure à la croissance zéro.

Le camouflet pour le gouvernement et l’Élysée est d’autant plus spectaculaire que François Hollande a joué récemment les « Madame Irma » et proclamé qu’il avait vu la reprise économique dans sa boule de cristal. « On est entré dans la deuxième phase du quinquennat, le redressement n'est pas terminé, mais le retournement économique arrive », fanfaronnait-il le 4 mai dernier (Lire Croissance et chômage : Hollande, l’extralucide !).

Tout se déroule donc à rebours de ce qui était prévu : la politique d’austérité bride la croissance au point de l’étouffer presque, au moment même où le chef de l’État fait des communiqués de victoire. Il suffit d’ailleurs d’entrer un peu plus avant dans la lecture de cette « Note de conjoncture » de l’Insee pour comprendre quelles sont les courroies d’entraînement du moteur de la croissance qui sont grippées.

Un premier constat saute aux yeux : si la croissance est à ce point anémiée, c’est d’abord parce que les ménages paient un lourd tribut à la politique d’austérité, avec une stagnation de leur pouvoir d’achat et une envolée continue du chômage.

Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages ne progresserait ainsi que de 0,7 % en 2014. Mais cette statistique est trompeuse, parce qu’elle prend en compte l’augmentation du nombre des foyers. L’Insee calcule donc aussi le pouvoir d’achat, en neutralisant les effets démographiques, et ces autres modes de calculs sont beaucoup plus proches de ce que ressentent effectivement les ménages. Or, dans ce cas, la réalité est beaucoup plus sombre : le pouvoir d’achat par unité de consommation ne progresserait que de 0,1 % en 2014 (après -0,6 % en 2013) ; et par ménage, il baisserait même de 0,2 %. Allez vous étonner, ensuite, que la consommation des ménages (+0,3 % seulement prévu en 2014, un niveau aussi faible qu’en 2013) reste poussive et ne contribue pas à la reprise économique.

Les évolutions du marché du travail invitent aux mêmes constats. L’Insee livre de ce point de vue des chiffres alarmistes. Il relève en effet que l’emploi total ne progresserait que de 54 000 postes en 2014. Mais cette évolution très faible ne proviendrait que des emplois aidés. Les emplois du secteur marchand devraient, eux, baisser de 22 000 postes sur l’ensemble de l’année. À constater ce chiffre, on peine donc à mesurer les effets supposés des crédits d’impôts accordés aux entreprises par le gouvernement : s’ils ont sûrement des effets d’aubaine, ils n’ont en tout cas, comme le confirment ces statistiques, aucun effet économique.

Du même coup, l’emploi sera trop peu dynamique pour contenir la déferlante du chômage.

 

 

Au deuxième trimestre 2014, écrit l’Insee, « le taux de chômage augmenterait à nouveau légèrement, à 10,2 % (9,8 % en France métropolitaine) ; puis, avec la légère hausse attendue de l’emploi total, il se stabiliserait à ce niveau au second semestre ». En clair, la célèbre promesse de François Hollande de parvenir à une inversion de la courbe du chômage avant la fin de 2013 ne devrait toujours pas être honorée à la fin… de 2014 !

Bref, de toutes les statistiques, c’est la même et triste réalité qui transparaît : le plan d’austérité étouffe le pays, quand il faudrait lui donner de l’oxygène. On peut dire les choses avec plus de brutalité : plus isolé que jamais, François Hollande s’entête dans une politique économique néolibérale dont l’échec est patent, alors qu’il faudrait d’urgence inventer une politique plus audacieuse et surtout plus solidaire…

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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