Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 13:44

 

 

Source : www.mediapart.fr


 

Christine Lagarde soutient la politique d'austérité du gouvernement

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La directrice du FMI appelle le gouvernement à  « aller plus vite » dans « la réduction des dépenses publiques ».

 

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a soutenu, dans une interview publiée lundi 8 septembre par Les Echos, la politique d’austérité menée en France en appelant le gouvernement à « garder le cap de la réduction des dépenses publiques ».

L’ancienne ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy, récemment mise en examen pour « négligence » dans l’enquête sur l’arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie, estime même que la politique menée par Manuel Valls va dans le bon sens à la condition que « les réformes structurelles qui génèrent de la croissance sont réellement, rapidement et complètement mises en œuvre ». Christine Lagarde se « réjouit » d’ailleurs de la décision du gouvernement « d’avancer par voie d’ordonnance pour aller plus vite ».

La directrice du FMI revient également sur les critiques de plus en plus nombreuses vis-à-vis des politiques d’austérité menées en Europe. « Il s’agit d’un faux débat en ce moment. Cette année, la consolidation budgétaire dans la zone euro se limite à 0,3 % du PIB. On ne peut tout de même pas parler d’une politique d’austérité excessive menée dans la zone euro ! »

A lire sur le site des Echos.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

                                                                    ******************************************

 

Source : www.marianne.net

 

Lagarde et "Les Echos", ou comment 1 + 1 = 0
Lundi 8 Septembre 2014 à 14:00

Loïc Le Clerc

"Merci confrères", comme on a l’habitude de dire à "Marianne". Sauf que cette fois-ci, c’est le cœur pincé par l’ironie que nous avons parcouru l’interview de Christine Lagarde faite par "Les Echos". Une tribune libre, un hymne à l’austérité, sans aucun sens critique. Quant à sa mise en examen dans l'affaire Tapie, elle est reléguée en toute fin d'entretien et évoquée pas vraiment violemment...

Susan Walsh/AP/SIPA
Susan Walsh/AP/SIPA
A la une des Echos, ce lundi 8 septembre, Christine Lagarde, le visage sévère, et ces mots : « La France doit passer des paroles aux actes ». Et cette phrase, juste en dessous, signée du quotidien : « Elle appelle le gouvernement à accélérer les réformes ». C’est du lourd, ça fait peur et c’est parti pour une belle leçon d’austérité de la part de la « dir' gen' » du FMI, en partenariat avec le quotidien de l’économie.
 
Dix-huit pages plus loin, Dame Lagarde apparaît donc souriante, s’adressant à un autre public, celui qui lit les pages « Entreprises et marchés », avec d’autres mots en accroche : « Il n’y a pas d’austérité excessive dans la zone euro ». Le ton est posé, on sent déjà le poil des durs à cuire de l’austérité se faire brosser dans le bon sens.
 
Croissance, es-tu là ?
 
Il ne faut pas trois lignes à Lagarde pour lancer : « [La croissance] est trop faible pour créer des emplois et les 200 millions de chômeurs dans le monde ne cessent de nous le rappeler ». Imaginez tous ces pauvres gens, les yeux au ciel, implorant Sainte Christine de leur envoyer un peu de croissance ! Celle-ci ferait bien d'aller sonder la foule portugaise, espagnole, grecque... de la popularité de la politique économique du FMI, de celle l’Union européenne et de tous leurs petits soldats qui vont jusqu’à en faire la propagande en une de leurs petits papiers.
  
« Cette croissance est également fragile, car les risques géopolitiques sont nombreux. », déclare Lagarde, rapidement relancé par Les Echos : « Le risque pour la croissance est donc avant tout géopolitique ? » Ukrainiens de l’Est (et de l'Ouest aussi), Arabes de toutes les confessions, cessez un peu vos enfantillages et rentrez dans le rang ! Suivez l’exemple de ces pays qui « redémarrent plus vite que les autres », à savoir : les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Eux, au moins, ils sont « unis ». Encore que l'Ecosse va peut-être se faire la malle...
 
Puis, le journal passe aux choses sérieuses. Enfin presque : « L'Europe est-elle menacée par la déflation ? » On entendrait presque le silence gêné du journaliste qui pose-là le doigt sur un sujet qui fâche. « Je n’ai jamais utilisé le mot de déflation, rétorque Lagarde, causant certainement un ouf de soulagement. Le FMI se contente d’évoquer une inflation durablement faible ». Humour d’économiste ? Même pas. Puis Christine va encensé le président de la BCE, « Super » Mario Draghi, celui qui sait si bien lâché du lest quand il le faut, et resserrer le collier à d’autres moments. Son annonce « surprise » de la semaine dernière a permis, toujours selon Lagarde, d’entrainer « une baisse de l’euro par rapport au dollar », une « direction (…) de nature à encourager la reprise ». Ah ! L’Amérique, toujours là pour nous tirer du pétrin ! Merci à elle.
 
Modestes, les journalistes des Echos le confessent : « On a parfois du mal à suivre l’évolution des préconisations budgétaires et monétaires du FMI », suivi de ces gros mots : « Y-a-t-il trop d’austérité dans la zone euro ? Faut-il lâcher du lest ? » Méchant regard tout rouge de Lagarde (du moins, on l'imagine le faire) : « Il s’agit d’un faux débat ». Dans les dents ! Non mais l’autre ! Ils osent critiquer notre politique austéritaire alors que, regardez, ça va quand même vachement mieux !
 
Heureusement, lecteurs franco-français, Lagarde a aussi des bonnes nouvelles. D'une part, elle fait la leçon (certes très poliment) à l'Allemagne à qui elle reproche à raison de ne pas « soutenir la reprise européenne » et évoque la nécessité pour le pays de faire « davantage de distribution salariale ». Ensuite, elle a quelques idées pour la France. Là, en revanche, Madame ne fait pas preuve d'une imagination folle : « Il faut garder le cap de la réduction des dépenses publiques » et ne pas envisager « de nouvelles hausses d’impôts ».

Les tabous au tapis
 
Décidement très engagé aujourd’hui, les Echos balance comme un vœu pieu : « Au-delà des mesures de rigueur, comment peut-on relancer la croissance ? » Lagarde, grande prêtresse devant le néo-libéralisme éternel, tend alors sa main en signe d’apaisement et invoque le Saint Tryptique : « la politique monétaire, les réformes structurelles et la politique budgétaire ». On imagine sans peine le halo de lumière jaillissant de la « dir' gén' » et submergeant alors les adeptes, tombant genoux à terre. Puis cette dernière assène, à grand coup de sceptre, à mort les « activités trop fermées ou trop protégées », vive la « libéralisation des professions réglementées » ! A mort la « réglementation du travail », vive l’Espagne des rois très réformateurs !
 
Et Lagarde de se réjouir de la possibilité d’agir par voie d’ordonnance « pour aller plus vite », afin de « délivrer, comme disent les Américains, c’est-à-dire passer de la parole aux actes ». Délivrer qui ? Les travailleurs ? Qu’importe !
 
Quand enfin (après onze questions tout de même...) Les Echos abordent le seul véritable sujet qui peut faire polémique, à savoir la mise en examen de Lagarde dans l'affaire Tapie, la déception atteint son apogée : « Votre récente mise en examen par la Cour de justice de la République est-elle de nature à affaiblir votre position à la tête du FMI ? » Aucune question sur le fond du dossier. Nous ne sommes pas là pour ça, mais pour disserter entre gens de bonne compagnie sur le fait qu' « il n'y a pas d'austérité excessive dans la zone euro ». Rideau.

Source : www.marianne.net

 

 

                                                                         ***************************************


 

Source : www.lesechos.fr

 

 

Christine Lagarde : « Il n’y a pas d’austérité excessive dans la zone euro »


Nicolas Barré / Directeur de la rédaction, Richard Hiault / Grand reporter, Jean-Francis Pecresse / Editorialiste et Lucie Robequain / Correspondante à New York | Le 07/09 à 22:09, mis à jour à 22:19

Interview exclusive de la directrice générale du Fonds monétaire international. Elle appelle le gouvernement à accélérer les réformes pour relancer l’économie.

 

Christine Lagarde (Directrice générale du Fonds monétaire international)


A un mois de l’Assemblée annuelle du FMI, quel panorama dressez-vous de la croissance mondiale ?

La croissance économique est à la fois trop faible, fragile et inégale. Elle est trop faible pour créer des emplois et les 200 millions de chômeurs dans le monde ne cessent de nous le rappeler. Nous sommes en train d’actualiser nos prévisions. La croissance mondiale devrait augmenter d’un petit 3 % cette année, entre 3 et 3,5 %. Cette croissance est également fragile, car les risques géopolitiques sont nombreux. La crise en Ukraine produit des effets secondaires sur la Russie et les pays d’immédiate proximité, notamment ceux appartenant à la chaîne de valeur allemande, et dont les liens commerciaux, énergétiques et financiers sont affectés à des degrés divers. Cet impact ne peut pas encore être quantifié précisément et dépend de la mise en œuvre d’un plan de paix. Les risques que fait peser la situation au Moyen-Orient sont tout aussi réels pour l’économie mondiale. La croissance est inégale, parce que certains pays redémarrent plus vite que d’autres. C’est le cas des Etats-Unis et du Royaume-Uni, notamment.


Le risque pour la croissance est donc avant tout géopolitique ?

Il y a un deuxième risque qui contribue, lui, à l’instabilité financière : nous observons une valorisation très forte d’un certain nombre d’actifs. Je ne parle pas de bulle, mais le « Rapport sur la stabilité financière » semestriel que nous publierons le mois prochain évoquera la nécessité d’une attention requise et accrue de la part des superviseurs et des régulateurs. Les actions en Bourse ne sont pas les seules concernées. Je pense aussi à certaines émissions obligataires. Si, dans le même temps, certaines banques centrales décidaient de durcir leur politique monétaire plus brutalement ou rapidement que les marchés ne l’anticipent, le risque d’instabilité financière deviendrait réellement inquiétant. Nous ne sommes pas en situation d’alerte mais de veille très attentive. C’est pour cela que la communication très claire de Janet Yellen est si importante.


L’Europe est-elle menacée par la déflation ? Et les mesures annoncées la semaine dernière par la BCE sont-elles adaptées à la situation ?

Je n’ai jamais utilisé le mot de déflation. Le FMI se contente d’évoquer une inflation durablement faible, voire très faible. Il y avait des raisons d’agir et elles ont été entendues. Le président de la Banque centrale européenne a annoncé des actions qui vont dans la bonne direction et qui vont notamment fluidifier les capacités de crédits aux entreprises. Ces mesures ont provoqué un effet de surprise, ce qui n’est pas une mauvaise chose, puisqu’elles ont entraîné une baisse de l’euro par rapport au dollar.


L’euro reste-t-il surévalué par rapport au dollar ?

Nous ne pensons pas que l’euro soit surévalué par rapport au dollar. Sa valeur est compatible avec la balance des paiements de la zone euro. Pour autant, la direction qu’il prend aujourd’hui est de nature à encourager la reprise, et c’est une bonne chose !


Le plan de la BCE est-il d’une ampleur suffisante pour relancer la croissance de la zone euro ? N’arrive-t-il pas trop tard ?

La BCE fait beaucoup depuis deux ans. Nous saluons le fait qu’elle soit prête à recourir à des mesures non conventionnelles supplémentaires, si cela devenait nécessaire pour faire face au risque d’une période trop prolongée de faible inflation. Concernant le calendrier, nous alertons depuis des mois sur le risque d’une inflation excessivement basse.


On a parfois du mal à suivre l’évolution des préconisations budgétaires et monétaires du FMI. Y a-t-il trop d’austérité dans la zone euro ? Faut-il lâcher du lest ?

Il s’agit d’un faux débat en ce moment. Cette année, la consolidation budgétaire dans la zone euro se limite à 0,3 % du PIB. On ne peut tout de même pas parler d’une politique d’austérité excessive menée dans la zone euro ! Beaucoup a déjà été accompli dans la zone euro et aujourd’hui le rythme de réduction de déficit budgétaire nous paraît approprié dans chaque pays.


Vous avez néanmoins eu des mots durs à l’égard de l’Allemagne, qui ne jouerait pas son rôle de moteur pour relancer la croissance européenne…

Il ne s’agit pas de demander à l’économie allemande d’être moins compétitive, évidemment. Mais le pays dispose très probablement de marges de manœuvre budgétaires pour soutenir la reprise européenne et se propose de les utiliser. Nous pensons que des investissements publics et/ou privés pour financer des infrastructures seraient les bienvenus. Je ne parle pas de créer de nouvelles autoroutes, mais plutôt d’investissements de maintenance et d’entretien car, au cours des dernières années, l’Allemagne a très peu investi dans ses infrastructures de transport. Comme aux Etats-Unis, il y a un phénomène de dégradation des réseaux qui justifie parfaitement d’accroître les efforts. L’Allemagne prévoit d’y consacrer 0,2 % du PIB ces quatre prochaines années. Nous pensons qu’elle pourrait y consacrer 0,5 point de PIB supplémentaire par an sur quatre ans. Selon l’analyse du Fonds monétaire, l’Allemagne pourrait aussi concourir à la reprise européenne par davantage de distribution salariale. Cela permettrait aux consommateurs allemands d’alimenter la reprise. Compte tenu des conditions favorables du marché du travail, nous anticipons une dynamique salariale allant dans ce sens. Voilà des développements qui seraient de nature à soutenir l’activité en Europe.


Est-il pertinent de ralentir le rythme de réduction des déficits, comme le prévoit la France ?

Il faut garder le cap de la réduction des dépenses publiques. Même si l’inflation est plus faible que prévu, elle ne peut pas être utilisée comme un paravent pour reporter les efforts nécessaires sur la dépense. La conjoncture ne doit pas non plus justifier de nouvelles hausses d’impôts : si, en raison d’une croissance particulièrement faible, les revenus d’un Etat sont réduits, cela ne doit pas l’encourager à durcir la fiscalité pour atteindre un objectif nominal. Notons par ailleurs que le chemin de la consolidation budgétaire n’est pas redoutablement ardu. Si la réduction de la dépense publique est compensée en grande partie par des allégements fiscaux, comme la France l’envisage, l’effet sur la demande reste contenu.


Au-delà des mesures de rigueur, comment peut-on relancer la croissance ?

Il faut utiliser trois axes : la politique monétaire, les réformes structurelles et la politique budgétaire. Nous avons déjà évoqué la politique monétaire de la BCE. La priorité est de réformer le marché des services, notamment d’ouvrir un certain nombre d’activités trop fermées ou trop protégées. La libéralisation des professions réglementées en France n’est pas forcément le chantier le plus facile à engager, mais je me félicite qu’il ait été ouvert. Il faut avant tout s’attaquer au carcan de la réglementation du travail – et je ne vise là pas seulement la France mais l’ensemble de la zone euro. Le seul pays qui progresse en la matière cette année, c’est l’Espagne. Elle a procédé à un certain nombre de réformes structurelles et cela commence à payer. Je ne place la politique budgétaire qu’en troisième position, car il s’agit dorénavant que le rythme annoncé de consolidation budgétaire soit respecté sous réserve des flexibilités que ménage le Pacte de stabilité et de croissance. L’effort, je le rappelle, est de 0,3 % de PIB en zone euro, car beaucoup a déjà été effectué, y compris par la France, d’ailleurs.


L’éventualité que la France reporte à 2017 l’objectif de 3 % de déficit vous inquiète-t-elle ?

Ce n’est pas cela qui m’inquiète, si les réformes structurelles qui génèrent de la croissance sont réellement, rapidement et complètement mises en œuvre. Quand j’apprends que la France envisage d’avancer par voie d’ordonnance pour aller plus vite, je m’en réjouis. Tout ce qui est de nature à accélérer la mise en œuvre de vraies réformes de fond va dans la bonne direction. Maintenant, il faut « délivrer », comme disent les Américains, c’est-à-dire passer des paroles aux actes.


La réforme de la gouvernance du FMI, qui permettrait de mieux prendre en compte les pays émergents, continue d’être rejetée par le Congrès américain. Comment espérez-vous débloquer la situation ?

Nous ne pouvons mettre en œuvre la réforme sans le Congrès américain. Cette réforme a pourtant été voulue par l’ensemble des pays du G20, et même ardemment poussée par les Etats-Unis en son temps. Nous devions la mettre en œuvre avant 2012 mais les Américains sont en retard de deux ans. Il y a un phénomène de lassitude à l’égard des Etats-Unis, qui disposent d’un droit de veto sur les réformes de gouvernance actuelles. Et cette lassitude n’émane pas que des pays émergents, croyez-moi !


Votre récente mise en examen par la Cour de justice de la République est-elle de nature à affaiblir votre position à la tête du FMI ou l’autorité du FMI sur les Etats ?

Le conseil d’administration du FMI représentant 188 pays m’a apporté un soutien total et sans équivoque. J’ai également reçu des messages chaleureux de la part de nombreux chefs d’Etat, ou de gouvernement, ainsi que d’anciens collègues. Si j’avais eu des doutes quant à ma capacité à assumer mes charges, ces marques de soutien les auraient dissipés et je suis totalement mobilisée pour accomplir ma mission à la tête du FMI. Mes avocats, eux, sont mobilisés pour actionner toutes les voies de recours.

 


 
Source : www.lesechos.fr

 

 

 

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 17:18

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Les inégalités continuent de se creuser aux Etats-Unis

Le Monde.fr | 05.09.2014 à 01h22 • Mis à jour le 05.09.2014 à 07h42 | Par Stéphane Lauer (New York, correspondant)

 
 

 

 

Les inégalités se sont encore accrues aux Etats-Unis, selon une étude publiée jeudi 4 septembre par la Réserve Fédérale (Fed). Les revenus des 10 % les plus riches ont augmenté de 10 % entre 2010 et 2013 pour s'inscrire à 397 500 dollars par an (307 000 euros). Dans le même temps, ceux des 40 % les moins aisés, ajustés de l'inflation, ont décliné, indique le rapport publié tous les trois ans.

Pour les vingt premiers centiles situés au bas de l'échelle, la chute atteint 8 % à 15 200 dollars annuels. Si le revenu moyen global a augmenté de 4 % au cours des trois dernières années, le revenu médian (c'est-à-dire le revenu qui divise la population en deux parties égales : l'une gagnant plus, l'autre moins), lui a chuté de 5 %. Une tendance qui « correspond avec un accroissement de la concentration des revenus durant cette période », indique la Fed.

Ainsi, les 3 % les plus riches américains concentrent 30,5 % du revenu total en 2013 contre 27,7 % en 2010, tandis que la part des 90 % les moins riches, elle, a reculé. Par ailleurs, cette catégorie des 3 % les plus riches détient 54,4 % de la richesse globale (revenu plus patrimoine) contre 44,8 % en 1989. A l'autre bout de l'échelle, les 90 % les moins riches ont vu leur part tomber à 24,7 % contre 33,2 % en 1989.

REPRISE À DEUX VITESSES

Derrière ces chiffres se dessine une reprise économique à deux vitesses. Ceux disposant d'un portefeuille en Bourse ou d'un patrimoine immobilier ont bénéficié d'un effet richesse substantiel au cours des trois dernières années. L'indice Standard & Poor's 500 a ainsi grimpé de 47 % durant cette période. Celui qui mesure l'évolution de l'immobilier, le S&P/Case Shiller Index, lui, a fait un bond de 13,4 %.

Pour ceux qui ne disposent ni de l'un ni de l'autre, la notion de reprise a été beaucoup plus évasive dans un contexte de stagnation des salaires et de fragilité du marché de l'emploi. Car si le taux de chômage n'a cessé de baisser depuis 2010, il n'offre qu'une vision partielle du marché du travail dans la mesure où de plus en plus d'Américains renoncent à rechercher un emploi.

En novembre 2013, lors de son audition au Sénat, Janet Yellen, alors qu'elle s'apprêtait à être nommée à la tête de la Fed, avait qualifié l'accroissement des inégalités comme « un problème très profond », indiquant néanmoins que beaucoup de facteurs sous jacents du phénomène échappaient au domaine d'action de la Banque centrale américaine.

Il faut néanmoins noter qu'une bonne partie de l'effet richesse qui a profité aux plus aisés a été alimentée par les colossales injections de liquidités décidées par la Fed depuis trois ans pour relancer l'économie. Dans un contexte de taux d'intérêts proches de zéro, cet argent est venu s'investir principalement dans les actions et l'immobilier.

 ORIGINES DES MÉNAGES

Lorsqu'on regarde l'origine des ménages, les inégalités sont encore plus criantes. Le revenu moyen de la population blanche, propriétaire et diplômée a augmenté entre 2010 et 2013, tandis que celui des noirs, des hispaniques, des locataires et des sans diplôme a baissé dans le même temps. De la même façon, le revenu médian des noirs et des hispaniques a chuté 9 % sur la période, quand il ne baissait que de 1 % pour les blancs.

Par ailleurs, le rapport indique que le taux de propriétaires de leur logement parmi les ménages américains est tombé à 65,2 %. Il s'agit du plus bas niveau constaté depuis 1995. Quand aux familles propriétaires de leurs entreprises, le pourcentage est tombé à 11,7 %. Du jamais vu depuis 25 ans.

La thèse de l'économiste français Thomas Piketty développée dans son livre Le capital au XXIe siècle sur l'accroissement des inégalités, a beau avoir été contestée par une partie de la doxa libérale, les chiffres semblent têtus.

Stéphane Lauer (New York, correspondant)

 

Source : www.lemonde.fr

 


Partager cet article
Repost0
7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 15:43
Source : www.lesechos.fr


 

Bruxelles, les conflits d’intérêt avec le monde de la finance font jaser
Renaud Honoré / Correspondant à Bruxelles | Le 05/09 à 20:02
 

 
Le recrutement annoncé mi-août de l’ancienne députée européenne britannique Sharon Bowles par le London Stock Exchange (LSE) fait grincer les dents - Bloomberg

                                                                                                                                                                                                                  L’embauche par London Stock Exchange de Sharon Bowles, ancienne eurodéputée très influente sur les questions financières, suscite des critiques.

Est-ce une nouvelle illustration des liaisons trop étroites qu’entretiendraient le monde de la finance et les législateurs censés le réguler ? Depuis quelques jours, une nouvelle affaire de conflit d’intérêts suscite des vagues à Bruxelles. En cause : le recrutement annoncé mi-août de l’ancienne députée européenne britannique Sharon Bowles par le London Stock Exchange (LSE), en tant que directrice non exécutive.

Le nom de cette parlementaire ne dira sans doute rien à ceux qui ne se passionnent pas pour les réglementations financières touffues pondues par l’Union européenne. Mais elle présidait pendant la dernière législature, jusqu’à mai dernier, la commission parlementaire des Affaires économiques et financières, ce qui faisait d’elle une femme puissante et influente. « Elle a su tisser pendant ces cinq dernières années un réseau impressionnant parmi les dirigeants des grandes institutions financières, et elle ne se cachait pas vouloir le faire fructifier par la suite », persifle un ancien collègue du Parlement.

Code de conduite

Ce passage rapide dans un secteur qu’elle régulait, à peine deux mois après la fin de son mandat, est dénoncé par plusieurs ONG, comme Transparency International ou Corporate Europe Observatory (CEO), très en pointe sur ces questions de conflits d’intérêts. « Il est clair que le code de conduite des Parlementaires européens doit être réformé d’urgence », estime cette association. Les eurodéputés de tous bords ont l’habitude de consulter l’industrie concernée et les lobbies avant chaque texte législatif. Mais les nombreux rendez-vous tenus par Sharon Bowles ces dernières années avec LSE deviennent du coup suspect aux yeux de CEO, alors que la Britannique s’est occupée de lois essentielles pour son futur employeur ( EMIR sur les produits dérivés, Mifid sur la réglementation des marchés financiers ). « Je ne mets pas en cause son honnêteté », estime Sven Giegold, eurodéputé Verts allemand. « Mais si rien n’est illégal, c’est très clairement illégitime et nous sommes devant un flagrant conflit d’intérêt ». Jean-Paul Gauzès (UMP), l’eurodéputé français le plus influent sur les questions financières lors de la dernière législature, se dit, lui « étonné ». « On peut s’interroger sur l’impartialité des positions prises pendant son mandat. »

Ce dernier, qui n’a pas été réélu en mai dernier, a depuis reçu nombres de propositions pour passer de l’autre côté de la barrière, dans le lobbying. « Je les ai toutes refusées, cela aurait jeté une ombre sur mon action passée », explique-t-il. Les entreprises, notamment dans la finance, sont friandes de ces anciens parlementaires. «  Bien sûr, ils ont un réseau, mais surtout ils ont une connaissance incomparable du fonctionnement de la machine ce qui est très précieux pour faire passer ses idées », explique un lobbyiste. Parfois, ce sont même d’anciens Commissaires qui franchissent le pas, comme le prédécesseur de Michel Barnier au portefeuille des services financiers, Charles McCreevy, ce qui avait provoqué un mini-scandale .

Edicter des règles claires et intelligentes

Sharon Bowles s’est dite « estomaquée » il y a quelques jours par ces accusations, défendant dans le journal « Financial News » la nécessité d’avoir « une relation positive entre secteur public et privé ». Une approche qui trouve un écho chez Sylvie Goulard, eurodéputé Modem, qui appelle à «  ne pas diaboliser les aller-retours entre les deux mondes, faute de quoi nous n’aurons que des fonctionnaires dans la vie politique ». La Française ajoute toutefois qu’il faudrait des « règles claires et intelligentes » pour que ça puisse fonctionner. De nombreux eurodéputés estiment qu’il faudrait imposer une période minimum avant qu’un ex-parlementaire puisse passer dans le privé après son mandat.

Renaud Honoré
Bureau de Bruxelles

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0203752864844-a-bruxelles-les-conflits-dinteret-avec-le-monde-de-la-finance-font-jaser-1039702.php?jQo1vFG8bmrRiJFM.99

Source : www.lesechos.fr

 
Partager cet article
Repost0
7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 15:19

 

Source:  www.alternatives-economiques.fr

 

 

Offres d’emploi non pourvues : la machine à fantasme
Sandrine Foulon et Vincent Grimault

 

 

 

 

350 000 offres d’emploi ne trouveraient pas preneurs selon le ministre du Travail. Un chiffre qui alimente le discours sur la fraude bien qu’il ne repose sur aucune étude rigoureuse. 

 

« En France, 350 000 emplois ne trouvent pas preneurs ». François Rebsamen, ministre du Travail, a repris à son compte une vieille polémique. Il y aurait donc en France  un vivier d’emplois délaissés par des chômeurs plus prompts à vivre de l’assistanat qu’à rechercher activement un travail.  350 000 pour la rue de Grenelle, 400 000 pour le Medef, 500 000 pour Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle 2012, et même 600 000 pour certains journalistes : les emplois non pourvus suscitent fantasmes et envolées peu rigoureuses. Le chiffre avancé par François Rebsamen est d’autant plus surprenant que François Hollande lui-même reconnaissait l’an dernier que « personne n’a la véritable statistique ». Comment l’expliquer ?

Il faut tout d’abord distinguer les concepts d’emplois « vacant » et d’offres « non pourvues » trop souvent confondus. Eurostat définit un emploi vacant (traduction de l’anglais vacancy) comme un poste « nouvellement créé, non pourvu ou qui deviendra vacant sous peu et que l’employeur veut pourvoir immédiatement ou dans un délai déterminé ». D’une part, il existe un délai incompressible qui correspond à la phase de recrutement. D’autre part, difficile pour un chômeur d’occuper « un poste qui deviendra vacant sous peu ». 

Peu d'emplois vacants en France

Ces vacances d’emploi sont « mal définies et mal évaluées » selon une étude du Centre d'études de l'emploi. Yannick Fondeur et Jean-Louis Zanda, les deux auteurs, écrivent ainsi que « les vacances d’emploi correspondent […] à la photographie d’un stock d’emplois à pourvoir. […] Comme en France une trentaine de millions de nouveaux contrats de travail sont conclus chaque année, il est naturel qu’on observe à un instant donné un grand nombre d’emplois vacants. »

Contrairement aux idées reçues, un pays qui affiche un taux d’emplois vacants élevé ne signifie pas qu’il est peuplé de chômeurs fainéants mais qu’il crée beaucoup d’emplois. C’est ce qu’enseigne d’ailleurs la courbe de Beveridge, qui illustre les écarts entre les besoins des employeurs et les souhaits des demandeurs d'emploi. C’est encore ce que confirment les dernières données fournies par Eurostat. 

Le taux d’emplois vacants (c’est-à-dire le nombre d’emplois vacants rapporté au nombre d’emplois total) au premier trimestre 2014 en France était bien inférieur à la moyenne européenne. Autrement dit, si le taux de chômage est si élevé dans l’Hexagone, c’est parce qu’il n’y a pas d’emplois à occuper, et non parce que les chômeurs n’en cherchent pas. Le Portugal, l’Italie, l’Espagne et la Grèce sont dans la même situation. A l’inverse, l’Allemagne a, logiquement, le taux d’emplois vacants le plus élevé d’Europe. 

4 % des offres ne trouvent pas de candidats

Les emplois vacants ne disent cependant rien des difficultés de recrutement. Pour les estimer, il faut se tourner vers la notion « d’emplois non pourvus », ces offres d’emploi qui ont été retirées sans donner lieu à un recrutement. Pôle emploi qui collecte bon an mal an 3 millions d’offres évalue à 116 000 le nombre d’offres qui  n’ont pas trouvé preneur faute de candidats. Soit 4 % des offres au total. Certes, l’opérateur public ne couvre que 38 % des offres d’emploi en France. Faut-il pour autant extrapoler sur les offres restantes et tenter d’additionner les offres non pourvues des RegionsJob, Qapa.fr et autres Lebon coin.fr ? Rien n’est plus hasardeux notamment parce qu’une même offre peut être publiée sur différents sites, surtout depuis l’émergence des réseaux sociaux.  

Au regard des 3,4 millions de chômeurs de catégorie A (près de 5 millions pour les catégories A,B et C), le volume d’offres non pourvues reste donc très faible. Si, par bonheur, l’ensemble de ces offres trouvaient preneurs, elles ne parviendraient pas à faire baisser significativement le chômage de masse. Ce qui ne signifie pas qu’il faille se détourner du problème. D’autant que les raisons qui l’expliquent sont clairement identifiées. Ce n’est pas parce qu’un poste existe qu’il peut être immédiatement occupé par n’importe quel chômeur. C’est notamment le cas des métiers en tension comme l’informatique ou les transports qui peinent à trouver des profils qualifiés. L’appariement entre offre et demande reste complexe. François Rebsamen a reconnu qu’il y avait un problème « d’adéquation », les emplois proposés ne correspondant pas forcément aux compétences des demandeurs d’emplois. Pour résoudre cet écueil, le gouvernement a lancé deux plans successifs de 30 000 puis de 100 000 « formations prioritaires». « Fin 2013, l’objectif a été dépassé puisque 39000 inscriptions ont été enregistrées grâce au plan. Et au 31 juillet 2014, 57 263 formations supplémentaires étaient recensées dans les domaines du transport, de l’industrie ou des services à la personne », explique-t-on rue de Grenelle.  Confiant sur l’objectif à atteindre et sur les premiers résultats qualitatifs – 6 mois après leur sortie du dispositif, 65% des chômeurs formés occupent un emploi -, le ministère du Travail n’a pas encore mesuré l’impact de ces initiatives sur le flux de 20% de demandeurs d’emploi qui entrent en formation chaque année. Un bilan de la Dares devrait y répondre prochainement.

Mauvaise cible

Si certains postes ne trouvent pas preneur, c’est aussi en raison de la qualité des emplois proposés : horaires atypiques, temps partiels, faibles salaires, conditions de travail, éloignement géographique… Le déficit d’image dont souffrent certains secteurs comme l’hôtellerie,  les métiers de bouche ou encore la métallurgie explique ce manque d’intérêt. Tout comme les exigences des employeurs en quête du candidat expérimenté parlant cinq langues pour un salaire de débutant. Enfin, il existe aussi en effet une minorité de demandeurs d’emploi qui ne recherchent pas activement un emploi.

Mais axer le discours sur les fraudeurs, mettre la pression sur les chômeurs et « renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi» comme le demande François Rebsamen ne peut pas apporter de réponse satisfaisante au problème des offres non pourvues. Sans compter que les sanctions existent déjà… Pôle Emploi peut radier les chômeurs pour une dizaine de motifs différents dont le refus de deux « offres raisonnables d’emploi » consécutives. Des expérimentations sont également en cours dans plusieurs agences de la région Paca, de Poitou-Charentes, de Basse-Normandie et de Franche-Comté pour renforcer les contrôles. Depuis le lancement de l'opération à Manosque et Toulon à l'été 2013, seuls 6,5 % des contrôles ont débouché sur une radiation de 15 jours selon Le Monde

Contrôler les chômeurs et lutter contre la fraude est légitime mais jeter le discrédit sur l’ensemble des chômeurs et mettre en lumière la fraude sociale alors qu’elle est très faible comparée à la fraude fiscale (voir graphique ci-dessous) provoque davantage de débats que de réels impacts positifs pour l’économie. La fraude à Pôle emploi ne représentait en 2012 que 0,84 % de la totalité de la Fraude en France. Ouvrir un autre front, celui des cohortes de demandeurs découragés qui ne s’inscrivent plus sur les listes, voire celui du taux de non recours aux allocations chômage (voir travaux de l’Odenore) serait plus éclairant. Selon une enquête de la Dares de 2006, 12% des inscrits à Pôle Emploi (l’ANPE à l’époque) avaient des droits ouverts à l’indemnisation sans toutefois percevoir d’allocation. Un chiffre moins repris que les 350 000 offres non pourvues.

 

 

Fraude à Pôle Emploi : 0,84 % de la fraude en France
Fraude fiscale 3 660 000 000Fraude à la Sécurité sociale562 300 000Fraude à la douane366 500 000

 

Source:  www.alternatives-economiques.fr

 

 


Partager cet article
Repost0
5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 16:56

 

Source : cadtm.org

 

 


CADTM

 

Quelles banques de développement, pour quoi faire ?

2 septembre par Virginie de Romanet

 

 


Eurodad, réseau européen sur la dette et le développement, a récemment publié un rapport sur les banques dites de « développement » multilatérales et bilatérales |1|. L’auteure Maria José Romero y analyse le poids économique, le rôle et les conséquences de l’action de ces institutions relativement peu connues.

 

Le contexte des banques de développement multilatérales et bilatérales

Les banques multilatérales dont il est question dans le rapport sont la Société financière internationale (SFI), institution membre du groupe Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque asiatique de développement (BAsD). Quant aux bilatérales mentionnées, elles sont au nombre de 12 qui proviennent des principaux pays européens.

Dès 1956, la Banque mondiale mettait sur pied une institution spécifique, la Société financière internationale (SFI), destinée au financement de projets d’entreprises privées dans les pays dudit Tiers Monde, investissements qui ont pris de plus en plus d’envergure au fil du temps.

En plus de leur participation aux institutions financières internationales et leurs agences de crédit à l’exportation, les pays du Nord ont mis sur pied des banques de développement prétendument censées aider au financement et développement des économies locales par l’appui aux petites et moyennes entreprises voire même aux très petites entreprises. Quinze institutions financières bilatérales de développement font partie de l’Association européenne des banques de développement (European Developement Finance Institutions - EDFI).

 

Un secteur en croissance

La SFI a le plus gros portefeuille de prêts avec environ 18 milliards de dollars et fait office de référence pour l’ensemble du secteur. Elle est seulement dépassée par les montants cumulés par l’ensemble des banques de l’EDFI qui se montait en 2012 à plus de 26 milliards d’euros, avec une augmentation de plus de 160% depuis 2003. Il y a une grande disparité dans la taille de ces institutions qui s’échelonne d’un portefeuille de 8 millions d’euros pour la banque portugaise de développement à 6,3 milliards d’euros pour la néerlandaise FMO. Leurs gouvernements respectifs leur octroient des garanties ; ce qui, avec leur statut de créancier privilégié, concourt largement au développement de ce secteur. Entre 2008 et 2012, six institutions (les trois multilatérales que sont la SFI, la BEI et la BAsD ainsi que les banques française, allemandes et néerlandaises ont engagé 75 milliards d’euros à destination du secteur privé dans les pays en développement. Une prévision pour 2015 fait état d’investissements dépassant les 100 milliards d’euros. Ceci fait des banques de "développement" un acteur de premier plan.

La question est de savoir si leur action telle qu’elle est menée actuellement peut-elle avoir un réel impact positif sur le développement. C’est ce que nous allons voir maintenant.

 

Développement des peuples ou des actionnaires ?

Pour la période 2010-2013, les pays à faibles revenus n’ont reçu que 5,5% des investissements de la SFI. Pire, sur la période s’échelonnant entre 2006 et 2010, près de la moitié des fonds engagés ont servi à appuyer des entreprises originaires de pays membres de l’OCDE |2| et certaines dans les paradis fiscaux.

Par ailleurs, près de 40% des entreprises sont des multinationales cotées en bourse. Des prêts de 26 et 53 millions de dollars ont ainsi été octroyés aux filiales des hôtels de luxe Mövenpick et Mariott au Ghana et en Jamaïque. L’argument invoqué étant bien sûr la création d’emplois. On peut cependant douter que ce paramètre ait été le premier critère et on peut raisonnablement penser que cet argent aurait pu être mieux employé pour bénéficier aux populations locales.

La banque de "développement" britannique a, quant à elle, financé la construction de résidences avec accès contrôlé destinées bien évidemment à un public aisé, de centres commerciaux et de biens de luxe. Épinglée par le CNCD, la plateforme belge francophone des organisations de coopération au développement, la banque belge BiO |3| avait des investissements dans les paradis fiscaux qui privent les États du Sud comme du Nord de recettes fiscales considérables mais aussi dans des centres de fitness. Ce dernier cas laisse songeur en matière de création d’emplois !

Une évaluation récente faite par le dénommé Groupe indépendant d’évaluation IEG de la Banque mondiale portant sur 166 projets d’investissement de la SFI qui prétendent cibler les PME, principaux acteurs de la création d’emplois dans les pays en développement, a au contraire montré que seuls 20% des projets ont bénéficié au secteur des PME.

 

Quid des droits humains ?

Le respect des droits humains ne compte pas parmi les préoccupations de ces institutions. La SFI a ainsi financé une entreprise hondurienne active dans l’huile de palme et l’agrobusiness alors que celle-ci avait été plusieurs fois accusée d’assassinat, de kidnapping et d’éviction forcée de paysans de leurs terres. Plus largement, le contexte même du Honduras pose problème puisque le président démocratiquement élu, Manuel Zelaya, a été renversé par un Coup d’État en 2009, ce que la SFI ne pouvait ignorer !

Bien que SFI ait présenté en avril 2014 un document intitulé Lessons learned visant à une sorte de mea culpa en réponse à la pression d’organisations de la société civile, la vigilance des aspects sociaux et environnementaux n’est toujours pas prise en considération par cette institution. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. En effet, la Banque mondiale a commandité de nombreux rapports d’évaluation afin de redorer son blason. Or, elle ne tient presque jamais compte de ces rapports qui ne sont pas contraignants pour la direction de la banque.

 

Des banques de "développement" au service des entreprises du Nord

La plupart des banques membres de l’EDFI ont été mises sur pied après les décolonisations pour protéger leurs intérêts dans leurs anciennes colonies et continuent d’agir dans cette optique. L’existence de ces banques bilatérales est une aubaine pour les entreprises du pays d’origine qui peuvent ainsi bénéficier de prêts à bas taux d’intérêt et remportent souvent le marché au détriment d’entreprises locales. Ce qui entre en contradiction avec l’objectif affiché de soutien au secteur privé national. Il faut dire que les pays soi-disant bénéficiaires n’ont guère voix au chapitre.

À cela, il faut ajouter la liberté des mouvements de capitaux qui permet aux investisseurs de rapatrier leurs capitaux dès les premiers signes d’inquiétude ; ce qui a pour effet de précipiter et approfondir la crise comme ça s’est passé avec la crise du Sud-Est asiatique en 1997.

 

Des prêts qui posent plus de questions qu’ils n’en résolvent

Si la SFI divulgue des informations commercialement non sensibles, celles qui le sont d’un point de vue financier ou de relations contractuelles ne sont pas communiquées. Il en va de même pour les banques bilatérales.

Par ailleurs, ces flux de capitaux entrants présentent encore un autre problème, celui de la volatilité des capitaux venus chercher un rendement plus élevé qui fuient le pays dès le moindre signe de difficulté entraînant la paralysie des projets dans lesquels ces investissements ont lieu. Face à ce risque, les pays qui en ont eu les moyens se sont constitués des stocks importants de réserves de change pour parer aux retraits brutaux des capitaux investis et aux attaques spéculatives contre leurs monnaies, attaques permises par la libéralisation des mouvements de capitaux.

La situation économique favorable qui a bénéficié à de nombreux pays exportateurs de matières premières au cours de la dernière décennie aurait pu et pourrait toujours, avant que la conjoncture n’évolue défavorablement, être mise à profit pour refuser de continuer à payer une dette illégitime, mener à bien des audits sur leur dette, se passer ou en tout cas diminuer leur dépendance vis à vis des créanciers et investir une partie de leurs réserves dans leur économie et le développement de leur population.

 

Notes

|1| "A private affair. Shining a light on the shadowy institutions giving public support to private companies and taking over the development agenda" (Lever le voile sur les institutions opaques au service des entreprises qui s’approprient l’agenda de développement)

|2| L’Organisation de Coopération et Développement économique réunit les 34 pays les plus riches de la planète et représentait en 2009 80% du PIB mondial et ce sans la Chine, pourtant alors déjà 3e pays en terme de terme de PIB au niveau mondial http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_nominal_%282009%29) -2nd aujourd’hui.

|3| http://www.cncd.be/BIO-une-societe-dans-la-tourmente

 

 

Source : cadtm.org

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 15:59

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/patrick-saurin

 

 

La radiation de Rebsamen s'impose

Rebsamen contrôle les chômeurs… Nous avons contrôlé Rebsamen !

 

 


Patrick Saurin[1]

Après avoir préconisé en mai dernier un moratoire sur les seuils sociaux[2], seuils considérés par les patrons comme des « freins à l’embauche », François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue Social, vient de s’illustrer une nouvelle fois en demandant à Pôle emploi « de renforcer les contrôles pour être sûr que les gens cherchent bien un emploi ». En clair, il y aurait des chômeurs qui abusent, profitent et contribuent à creuser le déficit du pays. Et le ministre de réclamer « un état d’esprit différent » se traduisant par « des convocations, des vérifications, […] sinon on est radié ». Ainsi, la préoccupation du ministre n’est pas de lutter contre le chômage et faire en sorte que des emplois soient proposés aux travailleurs qui en sont privés, mais de mettre l’accent sur le contrôle des chômeurs et sur la sanction le cas échéant.

Les propos tenus par François Rebsamen sont tout à la fois scandaleux, malhonnêtes et déplacés au vu de l’absence d’exemplarité dont fait preuve l’intéressé comme nous allons le démontrer dans les lignes qui suivent.

Ces propos sont scandaleux car, singeant ceux de la droite et de Nicolas Sarkozy[3], ils jettent l’opprobre sur plus de 6 millions de personnes inscrites à Pôle emploi[4], auxquelles il faut ajouter celles qui ne touchent aucune aide de la part de l’État, soit du fait d’une radiation, soit parce qu’elles ne sont tout simplement pas inscrites à Pôle emploi. Ce type de critique essentialiste véhiculant le discours « classes laborieuses, classes profiteuses », cher à la droite et à l’extrême droite,  en dit long sur l’état de délabrement du parti socialiste et de ses dirigeants.

La déclaration du ministre est également malhonnête, car en focalisant son attaque sur les travailleurs privés d’emploi il laisse penser que la fraude des chômeurs représente un coût considérable pour la collectivité, bien avant d’autres fraudes. Or la réalité est tout autre. Dans son rapport Lutte contre la fraude. Bilan 2012[5], la délégation nationale à la lutte contre la fraude nous apprend que les montants de fraude détectée représentent 39,2 millions d’euros pour Pôle Emploi[6], sur un total de fraude détectée de 4,629 milliards d’euros[7]. Les « fraudes des chômeurs » ne représentent que 0,8 % des fraudes détectées, alors que les fraudes fiscales constituent 79 % du total, sachant que le syndicat Solidaires finances publiques estime le manque à gagner du fait de la fraude et de l’évasion fiscales entre 60 et 80 milliards d’euros par an[8]. Rebsamen préfère faire les poches des chômeurs pour leur soutirer quelques euros que de s’attaquer à des Cahuzac, des évadés fiscaux et des sociétés qui domicilient des milliards en toute impunité dans les paradis fiscaux.

L’intervention de François Rebsamen en posture de donneur de leçons est tout simplement scandaleuse. Nous en voulons pour preuve la façon dont il a géré la ville de Dijon jusqu’à ce qu’il abandonne ses fonctions à l’occasion de sa nomination dans le gouvernement de Manuel Valls. En effet, Dijon présente la particularité d’avoir une dette constituée à 45 % d’emprunts toxiques. Au 31 décembre 2012, sur un encours total de 214 millions d’euros, la ville avait une dette toxique de 97 millions d’euros. Les emprunts risqués de la collectivité au titre de ses trois budgets sont au moins au nombre de 30 (23 emprunts classés E et 7 emprunts classés F)[9]. Le risque se vérifie à travers le montant démesuré des soultes (les indemnités à régler pour dénouer les contrats). Pour preuve, l’état de la dette du compte administratif 2012 fait ressortir des coûts de sortie considérables[10]. Citons par exemple les trois prêts n° 200709-1, 200709-2 et 200804 souscrits auprès du Crédit Foncier de France qui présentent selon l’état de la dette 2012 un coût de sortie chiffré respectivement à 3 294 207,79 euros, 809 422,45 euros et 18 126 219,04 euros, des sommes plus de deux fois supérieures aux capitaux restant dus de ces prêts qui s’élèvent respectivement à  1 369 684,17 euros, 336 546,20 euros et 7 536 620,90 euros ! Enfin, le risque est également attesté par les multiples instruments de couverture souscrits pour couvrir les risques attachés à certains contrats (cf.) qui ont représenté un coût net de 1 479 133,79 euros pour le budget principal et de 14 003,34 euros pour le budget stationnement, autant de charges s’ajoutant aux intérêts des emprunts[11]. Au vu de ce bilan catastrophique, un aussi piètre gestionnaire que Monsieur Rebsamen est illégitime pour faire la leçon à d’autres.

Plus grave, bon nombre de ces emprunts toxiques ont été souscrits auprès de Dexia Crédit Local de France[12], sachant que François Rebsamen a été administrateur de Dexia jusqu’au 23 octobre 2008 et percevait à ce titre 20 000 euros par an, une situation susceptible de relever de la prise illégale d’intérêt.[13]. Dès 2003[14] , il était déjà membre du conseil de surveillance de Dexia Crédit Local, présidé à l’époque par Pierre Richard, et touchait à ce titre une rémunération annuelle de 15 000 euros.[15]

Enfin, à une inaptitude caractérisée en matière de gestion du bien public, à une conception toute particulière de la déontologie, il faut ajouter au bilan du ministre du travail une pratique assidue du déni de démocratie dont peuvent témoigner les membres du Collectif de Côte-d’Or pour un audit citoyen de la dette (CAC 21). En effet, soucieux de faire la lumière sur la dette de leur collectivité, ces citoyens dijonnais ont sollicité à plusieurs reprises[16] François Rebsamen pour obtenir la copie des contrats d’emprunt, tableaux d’amortissement et autres documents nécessaires à la réalisation de l’audit de la dette de leur ville. Sollicité à de multiples reprises, le maire a opposé à chaque fois une fin de non-recevoir, et ce en totale infraction avec les droits accordés aux administrés[17]. Ce déni de démocratie a amené ces citoyens à saisir le tribunal administratif de Dijon pour se substituer au maire défaillant dans le cadre d’une action connue sous le nom d’ « autorisation de plaider ».

 Au terme de ces pitoyables états de service de François Rebsamen, une seule solution s’impose pour lui : la radiation définitive du paysage politique.

 

 

 


[1] Patrick Saurin est porte-parole de Sud BPCE, membre du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde) et du CAC (Collectif pour un audit citoyen de la dette publique).

[2] Cela consisterait à dispenser les employeurs de l’obligation de mettre en place des délégués du personnel dans les entreprises de plus de 11 salariés ainsi qu’un Comité d’Entreprise et un Comité d’Hygiène et de Sécurité des Conditions de Travail dans celles de plus de 50, ce qui détermine également la représentation syndicale mais aussi le déclenchement d’un « Plan de Sauvegarde de l’Emploi ».

[3] Voir sur cette question l’article de Laurent Mauduit, « Que la chasse aux chômeurs commence », publié sur Mediapart : http://www.mediapart.fr/journal/france/020914/que-la-chasse-aux-chomeurs-commence

[4] Selon le communiqué de presse du 27 août de la DARES et de Pôle emploi, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi s’élève à 6 050 100 personnes : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Communique-de-presse-PPBVN18.pdf

[5] http://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dnlf/DNLF_nov_2013.pdf

[6] Ibid., p. 55.

[7] Ibid., p. 5.

[8] Rapport du syndicat national Solidaires Finances Publiques, « Evasions et fraudes fiscales, contrôle fiscal », janvier 2013, p. 19 : http://solidairesfinancespubliques.fr/gen/cp/dp/dp2013/120122_Rapport_fraude_evasionfiscale.pdf

[9] pp. 219-221 de l’état de la dette 2012 de la ville de Dijon.

[10] pp. 187 à 202 pour le budget principal, pp. 205-208 pour le budget stationnement et pp. 210 à 212 pour le budget auditorium de l’état de la dette du compte administratif 2012 de la ville de Dijon.

[11] Ibid., pp. 214-217.

[12] Ces emprunts sont mentionnés dans l’état de la dette avec le nom de ce prêteur ou avec celui de la Société Française de Financement Local – Caisse Française de Financement local (SFIL-CAFFIL sont les structures publiques qui ont repris les encours de Dexia après le démantèlement de cette banque décidé fin 2012).

[13] L’article 432-12 du Code pénal réprime le fait, « pour un élu municipal de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont l’intéressé a la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation ou le paiement ».

[14] Nous n’avons pas pu remonter plus avant car les comptes de Dexia Crédit Local ne sont pas accessibles au-delà de cette date sur le site de cette banque.

[15] Voici les liens et les références permettant de consulter les rapports annuels de Dexia Crédit Local de 2003, 2007 et 2008 :
http://www.dexia-creditlocal.fr/SiteCollectionDocuments/dexia%20credit%20local/rapport%20annuel/rapport_annuel_2003.pdf (sur la qualité de membre du conseil de surveillance et sur le montant de la rémunération de Monsieur François Rebsamen : cf. pp. 8 et 23 de ce rapport).
http://www.dexia-creditlocal.fr/SiteCollectionDocuments/dexia%20credit%20local/rapport%20annuel/Rapport-annuel_%202007_%20FR.pdf
(sur la qualité de membre du conseil d’administration et sur le montant de la rémunération de Monsieur François Rebsamen : cf. pp. 57 et 60 de ce rapport).

http://www.dexia-creditlocal.fr/SiteCollectionDocuments/dexia%20credit%20local/rapport%20annuel/Rapport-annuel_2008_FR.pdf
(sur la qualité de membre du conseil d’administration et sur le montant de la rémunération de Monsieur François Rebsamen : cf. p. 54 et 58 de ce rapport).

[16] Peuvent l’attester les courriers du collectif d’audit citoyen datés des 30 septembre 2013, 5 juin 2013, 14 janvier 2014, 4 juillet 2014 restés sans réponse, et la visite de certains membres du collectif à la Mairie le 25 février 2014 tout aussi infructueuse.

[17] Selon la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, « toute personne physique ou morale a le droit de demander communication des procès-verbaux du conseil municipal, des budgets et des comptes de la commune et des arrêtés municipaux ».

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/patrick-saurin

 

 

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 15:35

 

 

Source : www.mediapart.fr


 

Démission de Thévenoud : encore un scandale fiscal au gouvernement

|  Par Mathilde Mathieu et Lénaïg Bredoux

 

 

 

Après Jérôme Cahuzac et Jean-Marie Le Guen, le gouvernement est à nouveau secoué par un scandale fiscal. Le secrétaire d'État au commerce extérieur, Thomas Thévenoud, a été poussé jeudi à la démission, neuf jours à peine après sa nomination. Il a reconnu des « retards de déclaration et de paiement » au fisc. D'après nos informations, ces « retards » ont duré plusieurs années.

 

L'amateurisme de l'exécutif laisse sans voix. Deux ans après l'affaire Cahuzac, trois mois après les révélations sur Jean-Marie Le Guen et la « sous-évaluation » grossière de son patrimoine immobilier, François Hollande et Manuel Valls ont réussi l'exploit, lors du dernier remaniement gouvernemental, de faire une fois de plus appel à un élu en délicatesse avec le fisc. Jeudi 4 septembre, Thomas Thévenoud, tout nouveau secrétaire d'État au commerce extérieur, a finalement été contraint à la démission à cause d'un problème de « conformité avec les impôts », comme l'a bizarrement formulé Matignon, qui affirme avoir découvert ce problème « après sa nomination ».

Mediapart avait été alerté dès la fin du mois de juillet sur la situation fiscale de l'intéressé, conseiller général de Saône-et-Loire depuis 2008, député depuis juin 2012, sans toutefois disposer d'éléments suffisamment probants pour écrire quoi que ce soit. 

 

Thomas Thévenoud 
Thomas Thévenoud © Reuters

D'après des informations récoltées depuis, cet ancien chargé de formation chez ERDF, marié à la chef de cabinet du président du Sénat, ne déclarait pas ses revenus depuis plusieurs années. Certaines sources évoquent même le déclenchement, après plusieurs relances infructueuses, d'une procédure « d'imposition d'office » – un point non confirmé par l'intéressé, qui n'a pas retourné jeudi nos appels.

Dans un communiqué transmis dans la soirée à l'AFP, l'élu de Saône-et-Loire, qui rappelle n'avoir « jamais fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire ou fiscale », a finalement admis des « retards de déclaration et de paiement », « à ce jour intégralement régularisés avec l'ensemble des pénalités qui s'y réfèrent ».

Mais à quelle date exactement a-t-il régularisé ? C'est désormais la question centrale – au-delà des montants concernés et de l'ampleur des « retards » – pour comprendre la gravité de cette affaire. Thomas Thévenoud a-t-il attendu sa nomination pour payer, contraint et forcé, ses dettes fiscales ? A-t-il donc accepté sa promotion avec une grenade dégoupillée dans la besace, faisant courir un risque politique majeur à sa majorité ? Pour un gouvernement de gauche qui prétend lutter contre la fraude fiscale, l'image est désastreuse – même si la faute reprochée au socialiste n'apparaît pas de la même gravité que l'évasion fiscale massive de Jérôme Cahuzac ou la sous-évaluation grossière de son patrimoine par Jean-Marie Le Guen.

La transparence sur cette date est aussi capitale pour calculer combien de temps Thomas Thévenoud a pu siéger à l'Assemblée nationale tout en trimballant son ardoise fiscale.

Porte-parole du groupe PS au Palais-Bourbon jusqu'à sa nomination le 26 août, Thomas Thévenoud faisait partie, à 40 ans, des figures montantes de l'Assemblée. Aux yeux d'un exécutif lâché par l'aile gauche du PS, il présentait aussi le mérite d'être issu du même territoire qu'Arnaud Montebourg et d'être identifié comme l'un de ses proches – bien que leur proximité politique soit toute relative. Son nom avait déjà circulé lors du précédent remaniement, début avril.

Ses camarades socialistes se disent aujourd'hui estomaqués. « Comment peut-on "oublier" de déclarer ses impôts ? s'interroge-t-on à l'Assemblée. La créativité des socialistes dépasse l'entendement. » Le week-end dernier, Thomas Thévenoud recrutait encore tranquillement pour former son cabinet. « Je dois dire que sa psychologie m'échappe... », réagit l'un de ses amis.

« C’est évidemment une très mauvaise nouvelle et on s’en serait bien passé. C'est un coup dur, indéniablement. Ça nourrit la défiance à l’égard des responsables politiques », a commenté vendredi la ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. Elle a également estimé qu’il était « légitime » de se demander si Thévenoud pouvait décemment rester député, même si rien ne l’oblige à démissionner.

Ancien membre de la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, Thomas Thévenoud avait à l'époque déclaré : « J'ai une question toute simple à lui poser : pourquoi a-t-il menti à la représentation nationale ? (Et) pourquoi il s'est menti à lui-même ? » Avant d'assener : « C'est une véritable trahison. » En octobre dernier, il lançait encore à propos des demandes de régularisation des fraudeurs : « Faites repentance fiscale parce que le compte à rebours va s'enclencher. »

Le sien s'est enclenché à la seconde où il a été promu. Depuis les réformes sur la transparence de la vie politique, adoptées en 2013 en réponse à l'affaire Cahuzac, la loi prévoit en effet que « tout membre du Gouvernement, à compter de sa nomination, fait l'objet d'une procédure de vérification de sa situation fiscale » – ce qui n'est pas systématique pour les parlementaires. Celle-ci est pilotée par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HAT), nouvellement créée et présidée par l'ancien haut magistrat Jean-Louis Nadal, qui interroge les services compétents de Bercy.

Jeudi soir, la HAT confirmait avoir lancé les opérations sur les six « entrants » du 26 août (dont Thomas Thévenoud et l'ancien banquier Emmanuel Macron) dès le lendemain de leur nomination. D'après les textes, le directeur général des finances publiques disposait ensuite d'un délai d'un mois pour rendre compte à l'autorité indépendante. À ce stade, impossible de savoir si la HAT a déjà été destinataire des résultats relatifs à Thomas Thévenoud ou s'ils ont emprunté un « circuit court » : directement sur le bureau du premier ministre.

Alors évidemment, pour sauver ce qu'il reste à sauver de son image, l'exécutif ne manquera pas d'affirmer que la démission du fautif vient prouver l'efficacité des nouveaux dispositifs de contrôle, votés sur l'impulsion de François Hollande contre l'avis de l'UMP. Que cette fois, la sanction est tombée sans que la presse ait encore écrit la moindre ligne. Cela n'est pas faux.

L'Élysée pourra faire valoir le bilan encourageant de la HAT, qui a déjà visé plusieurs membres des gouvernements successifs de François Hollande. Ainsi en mars 2014, elle a saisi le parquet de Paris du cas de Yamina Benguigui, ex-ministre de la francophonie sous Jean-Marc Ayrault, soupçonnée d'avoir omis d'indiquer dans sa déclaration de patrimoine des actions détenues en Belgique (une enquête préliminaire est en cours). Puis en juin, l'instance présidée par Jean-Louis Nadal a contraint Jean-Marie Le Guen, l'actuel secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, à corriger sa déclaration en réévaluant la valeur de ses biens immobiliers, grossièrement minorée de 700 000 euros (lire nos révélations) – une procédure qui devrait en toute logique déboucher sur un lourd redressement fiscal. On notera que Jean-Marie Le Guen n'a jamais été prié de démissionner pour autant.

Sur le terrain des conflits d'intérêts, la HAT est enfin intervenue auprès de Geneviève Fioraso, l'actuelle secrétaire d'État chargée de la recherche, pour prévenir tout risque lié à son compagnon, haut placé au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) comme directeur délégué de la direction de la recherche technologique (CEA Tech). La HAT a incité Geneviève Fioraso à se décharger officiellement « des actes de toute nature intéressant (CEA Tech) », comme le prévoit désormais un décret... paru en plein cœur de l'été.

Mais dans le dossier Thévenoud (remplacé jeudi soir par le député PS Matthias Fekl), c'est le bon fonctionnement de l'administration fiscale en Saône-et-Loire comme à Bercy, ces dernières années, qu'il reste à évaluer. À ce stade, trop de pièces manquent encore au puzzle pour saisir si le député a été traité comme n'importe quel citoyen – dans les mêmes délais, avec la même diligence. Il faudra aussi vérifier si des alertes, même informelles, n'avaient pas été lancées à des politiques locaux ou nationaux, et ignorées.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 14:41

 

Source : www.mediapart.fr

 

Une monarchie néolibérale

|  Par François Bonnet

 

 

 

Il ne manquait qu'elle!, est-on tenté d'écrire, dans la chronique de cette descente aux enfers que nous inflige François Hollande. Car au-delà du vaudeville bourgeois, l'écho du livre de Valérie Trierweiler avec l'actualité nous conduit à des questions politiques majeures sur la brutalité du virage néolibéral d'un pouvoir plus monarchique que jamais.

Et maintenant les secrets d'alcôve ! Rien ne nous sera donc épargné dans cette longue séquence politique aux allures de descente aux enfers, inaugurée par le conseil des ministres de rentrée, le 20 août. Séquence qui redessine de fond en comble la présidence de François Hollande et, avec elle, la troisième expérience de la gauche au pouvoir sous la Ve République. Secrets d'alcôve donc, amours du président, intimité d'un couple, vie privée et vie publique dans un mélange totalement revendiqué. Nicolas Sarkozy avait bruyamment assumé la mise en scène publique de cette équation privée: cela ne fut pas pour rien dans sa défaite de 2012 et le rejet épidermique de sa personne.

Le piège se referme à nouveau sur François Hollande, ayant endossé lui aussi pleinement ces institutions monarchiques où le roi en son palais de l'Élysée règne et vit avec sa cour et ses courtisanes. Il aurait pu d'entrée rompre avec cette détestable pratique (de Gaulle ne s'y était jamais prêté), il a fait le choix de reprendre tout entier l'héritage de son prédécesseur (lire ici un article d'Edwy Plenel)... Puisque François Hollande voulut que Valérie Trierweiler fût baptisée « Première dame » de France (c'est ainsi que le site officiel de l'Élysée la présentait et narrait ses « activités », la présidence lui ayant attribué bureau et collaborateurs), il s'exposait en conscience à ce que le dévoilement de l'homme privé et de « son misérable petit tas de secrets » envahisse le débat public et devienne un fait politique.

 

François Hollande et Valérie Trierweiler. 
François Hollande et Valérie Trierweiler. © Reuters

Mesurer les intentions réelles ou supposées de Valérie Trierweiler, sa sincérité ou ses règlements de comptes, la véracité même des faits relatés, ne sont ici d'aucun intérêt sauf à alimenter la médiocrité d'un feuilleton de téléréalité qui nous engloutit dans le ridicule glauque des déballages intimes. Considérons seulement les effets politiques de ce livre (titré Merci pour ce moment, un titre à la Marc Lévy, c'est dire...), ils sont dévastateurs. Pour trois raisons.

D'abord par ce qu'affirme l'ancienne compagne du chef de l'État. Il n'y aurait aucune raison de s'y intéresser ou d'y accorder un quelconque crédit, si ces propos ne venaient compléter et comme confirmer ce qui fut déjà dit par d'autres de François Hollande. L'indifférence de l'homme, l'insincérité voire le mensonge, la distance et les calculs d'opportunité, les double et triple fonds : c'est aussi – et il s'agit là de comportements politiques – ce qu'ont raconté et écrit des responsables politiques, ministres limogés en mars dernier lors de la chute de Jean-Marc Ayrault, collaborateurs élyséens sur le départ, ainsi qu'une autre ministre Cécile Duflot dans son récent livre De l’intérieur (lire ici notre article).

On aimerait donc se moquer et surtout ignorer les comportements privés du chef de l'État s'ils ne faisaient écho à certains de ses comportements publics dans cette autre relation, celle qu'il entretient cette fois avec l'opinion publique et tout particulièrement avec l'électorat de gauche et ses représentants. Du petit adultère bourgeois, figure classique du vaudeville bas de gamme dont on se passera volontiers, l'écho de ce livre – parce que sa parution intervient dans un moment charnière du quinquennat – nous mène bien ailleurs, sur des questions politiques majeures qui entrecroisent pratique du pouvoir, institutions, contrôle démocratique et sincérité de la parole publique.

Le candidat du « Moi président » n'aura donc rien respecté de ses principaux engagements, le premier étant « la présidence normale ». Coutumier des critiques des institutions, fin connaisseur des folies de la Ve République et de sa présidence hors sol et hors contrôle, François Hollande aura choisi de bout en bout d'en utiliser tous les atours et tous les leviers, jusqu'à hypertrophier un peu plus encore cette fonction présidentielle qui est le moteur de la profonde crise de légitimité de la représentation politique. L'« accident Trierweiler » nous rappelle qu'il conserva cette fonction de « Première dame » créée par Nicolas Sarkozy, heureusement inexistante dans toutes les autres démocraties européennes (qui est M. Merkel ?, la chancelière a toujours pris soin de tenir à l'écart de tout regard sa vie privée).

Ce ne pourrait être qu'anecdote, or cette première décision en annonçait bien d'autres qui, toutes, s'inscrivent dans une pratique jusqu'au-boutiste des institutions. Rien n'a ainsi changé en matière de nominations, pouvoir clé du président. François Hollande a flatté les proches (Jack Lang à l'Institut du monde arabe), son seul bon vouloir écrasant à l'occasion l'avis de sa majorité parlementaire (quand Jacques Toubon est nommé Défenseur des droits). Et rien n'a changé dans l'utilisation de toutes les ressources constitutionnelles organisant la concentration des pouvoirs.

François Hollande aura décidé seul, et sans consultation, débat ni vote parlementaire, du déclenchement de deux guerres (Mali et Centrafrique). C'est seul également qu'il voulait en déclencher une troisième (bombardements sur la Syrie). C'est seul encore qu'il choisit de renoncer à renégocier le traité européen, sa majorité parlementaire devant s'incliner quelques semaines plus tard le pistolet sur la tempe. C'est seul enfin – et sans plus de consultations gouvernementale ou parlementaire – qu'il décida d'entamer le grand virage de son quinquennat en annonçant en janvier le lancement du désormais fameux « pacte de responsabilité ».

Classiquement néolibéral

Un président monarque donc. Rien de bien nouveau, dira-t-on. C'est au contraire d'une stupéfiante nouveauté si on veut se souvenir que Hollande fut élu comme le président de la gauche (et même des gauches puisqu'elles appelèrent à voter pour lui). Cette gauche qui dans son inventaire, certes incomplet, des années Mitterrand mit au débit de ce bilan la pratique déjà monarchique de l'auteur du Coup d'État permanent. Cette gauche qui est depuis des années traversée par un débat critique sur la dangerosité des institutions de la Ve République et la nécessité d'évoluer ou de galoper vers une VIe République. Avec un seul objectif : en finir avec cette représentation hypertrophiée du chef qui, au passage, vient légitimer toutes les visions autoritaires et antidémocratiques du Front national.

À la surprise du président monarque, dont le livre de Valérie Trierweiler prétend décrire quelques symptômes, s'articule la sidération qui a saisi une large partie de l'opinion publique (et pas seulement le PS) face à l'ampleur et à la brutalité du virage politique affiché depuis trois semaines. Il n'y a qu'en France qu'un tel virage peut être pris sans que le chef d'État, à l'abri dans son donjon élyséen, n'ait à engager à la fois un processus de médiation (consultations, débats, explications) et de relégitimation (via les électeurs, le parti majoritaire ou le Parlement). Ce fut le cas pour Tony Blair et sa troisième voie, pour Gerhard Schröder et son agenda 2010. Même au pouvoir, les deux hommes durent non pas rendre compte a posteriori mais convaincre et gagner des majorités d'idées a priori.

Le président monarque a ainsi décidé de se libérer de toute entrave. Sont passés par-dessus bord en cette rentrée 2014 ses engagements de campagne, son programme initial, la parti qui l'a mandaté, sa majorité parlementaire et l'essentiel des électeurs qui l'avaient choisi. Les ressources institutionnelles permettront de mater les parlementaires (Valls obtiendra sans coup férir la confiance sur sa déclaration de politique générale qui aura lieu dès le 16 septembre), comme le Parti socialiste (« J'ai besoin d'avoir un parti qui soit à l'unisson de ce que je propose », a affirmé Hollande). Quant aux électeurs, ils ne seront appelés à trancher qu'en 2017, avec la menace d'un Front national aux portes du pouvoir...

« Je suis et demeure social-démocrate », a réaffirmé contre toute évidence François Hollande. Les médias s'interrogent : social-libéral, vraiment ? Vraiment pas et les derniers jours auront au moins permis de clarifier la nature du nouveau cours politique engagé. « Valls est un libéral conservateur », note Philippe Marlière (son billet de blog est ici), qui a participé au lancement des « socialistes affligés » (lire ici l'article de Stéphane Alliès). Ce pouvoir n'a en rien rompu avec « le national libéralisme », explique dans un entretien à Mediapart le chercheur Jean-François Bayart (entretien à lire ici).

 

François Hollande et Emmanuel Macron à l'Elysée 
François Hollande et Emmanuel Macron à l'Elysée © Reuters

Plus abruptement, cette politique vient de s'afficher comme simplement néolibérale. Et le nouveau pouvoir vient de le claironner haut et fort en mettant à bas quelques piliers de ce qu'est traditionnellement un programme de la gauche classique de gouvernement.

– D'abord les 35 heures et le processus de réduction du temps de travail, dorénavant décrié par Emmanuel Macron, ce brillant banquier d'affaires sans légitimité politique autre que d'avoir été choisi par le président monarque pour occuper le poste de ministre de l'économie. Tous ces vieux dogmes fatiguent le nouveau ministre : « Il faut revenir sur des certitudes passées, qui sont, à mes yeux, des étoiles mortes », avait-il expliqué à Mediapart il y a quelques mois (lire ici l'article de Lenaïg Bredoux).

– Ensuite, une déréglementation plus large du monde du travail sous prétexte de s'attaquer aux rentes (réelles) de quelques professions protégées.

– Ensuite, le travail du dimanche et l'urgence décrétée à le libéraliser : ce sont ainsi des années de luttes syndicales et de déclarations comme d'engagements du PS qui sont effacés.

– Ensuite, les seuils sociaux et l'organisation de la représentation des salariés dans l'entreprise : là encore, la dérégulation envisagée est un épouvantail pour les syndicats et pour la gauche.

– Ensuite, l'abandon de l'encadrement des loyers annoncé haut et fort par Manuel Valls. Outre la gifle assenée à Cécile Duflot et sa loi – votée à l'unanimité de la gauche –, c'est l'abandon d'une demande constante des socialistes (l'adoption de la loi Mermaz visant à maîtriser l'évolution des loyers fut l'une des plus grandes batailles parlementaires de la fin des années 1980).

– Ensuite, l'annonce d'un contrôle des chômeurs et la réhabilitation indirecte du thème chéri de la droite – « la chasse aux fraudeurs et aux assistés » (lire ici l'article de Laurent Mauduit).

« Il faut revisiter un des réflexes de la gauche, selon lequel l’entreprise est le lieu de la lutte des classes et d’un désalignement profond d’intérêts », nous déclarait encore Emmanuel Macron. « J'aime l'entreprise », clame Manuel Valls devant un parterre de patrons du Medef, n'évoquant pas même les salariés qui la font vivre. Ce sont là deux exemples types des cantiques du néolibéralisme, d'ordinaire entonnés par la droite classique. Et d'autres suivront, n'en doutons pas, tant Manuel Valls est impatient de tourner la page de ce qu'il appelait, durant la primaire socialiste de 2011, « le socialisme du XIXe et du XXe siècle ».

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 14:09

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Que la chasse aux chômeurs commence !

|  Par Laurent Mauduit

 

 

Le ministre du travail a annoncé qu'il avait donné des instructions à Pôle emploi pour que les contrôles sur les chômeurs soient renforcés et que des radiations soient le cas échéant, prononcées. Depuis vingt ans, les dirigeants socialistes ont toujours condamné ce type de stigmatisation populiste des plus fragiles. Aujourd'hui, ils miment là encore Nicolas Sarkozy.

 

Dans la descente aux enfers que le gouvernement socialiste impose au pays, il ne manquait plus que cela ! Tout au long des mois derniers, on a eu droit à une ribambelle de cadeaux aux patrons, à un plan d’austérité périodiquement durci, au refus de tout coup de pouce en faveur du Smic, à la prolongation du gel des rémunérations publiques. On a eu droit aussi, ces derniers jours, à l’annonce de nouvelles mesures de déréglementation du travail portant sur les seuils sociaux des entreprises ou peut-être même sur le travail du dimanche, sans parler de la remise en cause de l’encadrement des loyers prévu par la loi Duflot. Oui, on a eu droit à tout… sauf à l’ouverture de la chasse aux vrais-faux chômeurs, qui a longtemps été l’un des sports favoris de la droite, notamment sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Mais le ministre du travail, François Rebsamen, a sans doute jugé que c’était un tort. À l’occasion d’un entretien sur la chaîne de télévision iTélé, ce mardi 2 septembre dans la matinée, il a donc comblé cette omission et décrété à son tour l’ouverture de la chasse aux chômeurs.

 

 

Au cours de cet entretien, le ministre du travail a d’abord admis que le gouvernement avait perdu son pari d’inversion de la courbe du chômage : « On se bat, mais cela n'a pas régressé, c'est un échec », a-t-il reconnu. Au lieu de reconnaître que la politique du gouvernement était inadéquate pour endiguer la vague montante du chômage, suscitant des effets d’aubaine massifs au profit des entreprises et de leurs actionnaires, mais sans avoir d’effets favorables pour l’emploi ou l’investissement, il a suggéré que les chômeurs étaient eux-mêmes responsables de cette impasse. « Nous ne baissons pas les bras », a-t-il ainsi lâché, avant de suggérer que si certains étaient au chômage, c’était peut-être partiellement de leur faute. « En France, 350 000 emplois ne trouvent pas preneurs », s’est-il ainsi inquiété.

Et, embrayant sur ce constat discutable, le ministre a donc annoncé qu’il entendait faire la chasse aux chômeurs qui traînaient un peu des pieds pour reprendre un travail. « Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour être sûr que les gens cherchent bien un emploi », a-t-il déclaré. Et si ce n'est pas le cas, a-t-il poursuivi, « il faut qu'il y ait, à un moment, une sanction. (…) C'est négatif, pour ceux qui recherchent des emplois, d'être à côté de personnes qui ne cherchent pas d'emploi ». Cette mission de contrôle nécessite un « état d'esprit différent, des convocations et des vérifications. (…) Sinon, on est radié », a conclu François Rebsamen.

Et pour bien souligner que ce propos ne lui avait pas été extorqué ou qu’il n’avait pas commis une maladresse, le ministre du travail a, quelques instants plus tard, commis ce tweet, qui confirme l’intention du gouvernement de durcir les contrôles et éventuellement les sanctions contre les chômeurs.

 

Dans la foulée, le nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a enfoncé le clou. En déplacement en province, il a justifié, quelques heures plus tard, ses déclarations contre les 35 heures et a apporté son appui à François Rebsamen, estimant « normales » les pratiques de contrôle annoncées par le ministre du travail. Avant d’ajouter : « C’est ce que veulent tous les Français. »

 


Quand Martine Aubry était « profondément choquée »

Ce genre de propos à l’emporte-pièce, teinté de populisme, suggérant qu’une partie des chômeurs sont en réalité des feignants – propos dont le Front national fait son miel – sont, certes, fréquents dans le débat public français. Mais jusqu’à présent, c’est effectivement la droite, le plus souvent, qui en avait le monopole. Et la gauche avait presque à chaque fois, socialistes en tête, vivement condamné ces projets, s’indignant que l’on puisse stigmatiser les populations les plus fragiles et faisant valoir que ces dérapages visaient à chercher des boucs émissaires pour cacher l’échec des politiques de lutte contre le chômage.

Pour comprendre en quoi les propos de François Rebsamen sont inquiétants et choquants, il suffit donc d’aller puiser dans le passé les déclarations indignées proférées par les… dirigeants socialistes eux-mêmes !

Tout au long des années 1990, des polémiques ont ainsi périodiquement éclaté sur le sujet. À peine devenu premier ministre, Alain Juppé avait ainsi demandé, en septembre 1995, à trois députés, Charles de Courson (UDF-FD, Marne), Gérard Léonard (RPR, Meurthe-et-Moselle) et Francis Delattre (UDF-PR, Val-d'Oise) de conduire une mission pour essayer de mesurer l’ampleur des fraudes sociales ou des pratiques abusives. Et l’installation de cette mission avait donné le coup d’envoi à de violentes polémiques parce qu’Alain Juppé avait cité « la fraude au RMI (revenu minimum d'insertion), l'immigration illégale, le travail clandestin et les faux chômeurs », au nombre de ces abus et gaspillages. Comme Le Monde l’avait rappelé quelque temps plus tard, le 10 mai 1996, la socialiste Martine Aubry, ex-ministre du travail, s'était déclarée « outrée » et « profondément choquée » par cette démarche tendant, selon elle, à « montrer du doigt les plus fragiles ».

Plus près de nous, à la fin de 2005, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avait pris un décret visant à renforcer le contrôle des demandeurs d’emploi, en permettant notamment que les agents des administrations du chômage puissent croiser leurs données avec celles de l’administration fiscale. Nouveau tollé ! Et cette fois, le parti socialiste avait été aux avant-postes pour dénoncer le dispositif, en publiant un communiqué, signé d’Alain Vidalies, qui est toujours en ligne sur le site internet du PS.

Sous le titre (qui pourrait servir de nouveau aujourd’hui) « Pour le gouvernement, la lutte contre le chômage est une lutte contre les chômeurs », on pouvait ainsi lire cette véhémente protestation : « En adoptant un nouveau décret visant à renforcer le contrôle des demandeurs d’emploi, le gouvernement confirme que pour lui, la lutte contre le chômage est d’abord une lutte contre les chômeurs. Le code du travail, dans sa rédaction actuelle, permet déjà aux agents de contrôle de se faire communiquer “tous documents et informations nécessaires à l’accomplissement de leur mission”. Autoriser ces autorités à croiser les informations qu’elles détiennent avec les documents de l’administration fiscale revient à encourager un véritable harcèlement des demandeurs d’emploi, qui aura pour seul effet d’hypothéquer le contrat de confiance nécessaire à leur réinsertion. »

Et le communiqué poursuivait par ces constats, qui prennent avec le recul une forte résonance. « Plutôt que de chercher à rogner par tous les moyens les droits des demandeurs d’emploi, le gouvernement serait bien inspiré de favoriser leur retour à l’emploi et de s’attaquer aux causes du chômage. Alors que la France ne crée toujours aucun emploi, et que le chômage baisse depuis sept mois par le seul effet des radiations administratives et des départs massifs à la retraite, cette nouvelle décision, prise en catimini en pleines vacances de Noël, sans la moindre concertation avec les organisations syndicales et les associations de chômeurs, traduit l’incapacité du gouvernement à redonner confiance aux Français. »

Encore plus près de nous, quelques mois après son accession à l’Élysée, en 2007, Nicolas Sarkozy avait donné instruction au gouvernement de François Fillon de préparer à son tour de nouvelles mesures de sanction contre les vrais-faux chômeurs (lire Sanctionner les chômeurs : ce qui se fait en Europe et Dès la rentrée, les chômeurs devront accepter les « offres raisonnables »). Le 8 avril 2008, en déplacement à Cahors, Nicolas Sarkozy avait donc annoncé un texte de loi « qui permettra de tirer les conclusions du refus par un chômeur de deux emplois raisonnables ». Et dans les jours qui avaient suivi, le secrétaire d'État à l'emploi, Laurent Wauquiez, avait précisé ce qu’il fallait entendre par cette notion très floue d’emplois « raisonnables ». Il s'agit, avait-il dit, d'une offre, « dans le prolongement de ce que vous avez fait avant, de votre formation, dans un bassin géographique qui vous permet de vous déplacer pour aller sur votre job, et avec un niveau de salaire et de rémunération qui est à peu près dans la fourchette ».

Aussitôt, la gauche avait bien compris les dangers que ce projet faisait peser sur les chômeurs, et les risques d’arbitraire que cela pouvait générer. Cela a donc déclenché un nouveau séisme, et le parti socialiste a été le premier à exprimer son indignation, dans un autre communiqué en date du 15 avril 2008 que l’on peut également retrouver dans les archives du site internet et qui porte la signature, non pas d’un seul secrétaire national, mais du bureau national du PS.

Quand Hollande reprochait à Sarkozy de stigmatiser les plus fragiles

Ce communiqué, il faut le relire ligne à ligne, car en vérité, il pourrait lui aussi servir aujourd’hui. « Le projet de renforcement des sanctions contre les chômeurs qui ne retrouvent pas d’emploi, élaboré sans la moindre concertation avec les organisations syndicales, est le dernier avatar de la politique de rigueur systématisée par la droite. La première conséquence d’une telle régression sera une nouvelle vague d’exclusion de demandeurs d’emploi de l’indemnisation chômage, c’est-à-dire une énième altération du pouvoir d’achat de nos concitoyens les plus durement frappés par la précarité. Il est manifeste que cette majorité est prête à tout pour parvenir à afficher une baisse statistique des chiffres du chômage : après la multiplication des radiations administratives, l’encouragement au travail précaire et aux contrats à temps très partiel, notamment dans le secteur des services à domicile, voici venue l’obligation pour les chômeurs d’accepter des emplois au rabais, même loin de chez eux, sous peine d’exclusion de l’indemnisation chômage. »

Et le communiqué ajoutait : « La politique qui consiste à faire des demandeurs d’emploi les responsables de leur sort a déjà fait maintes fois la preuve de sa nocivité et de son inefficacité. La France est aujourd’hui confrontée à une explosion de la précarité, qui frappe durement les chômeurs mais aussi nombre de travailleurs. Seule une lutte renforcée contre le travail précaire et une meilleure prise en charge des demandeurs d’emploi, en termes d’indemnisation comme de suivi et de réinsertion professionnelle, seraient de nature à répondre à cette urgence sociale. Le gouvernement vient à nouveau de confirmer qu’il fait le choix opposé. »

Mot pour mot, toutes ces critiques se retournent donc aujourd’hui contre ceux qui les professaient hier et qui font mine de les oublier. Elles constituent un réquisitoire d’autant plus violent contre la politique socialiste d’aujourd’hui que le débat s’est ensuite envenimé sous la présidence de Nicolas Sarkozy – et cela, tous les dirigeants socialistes, à commencer par François Rebsamen, en ont forcément gardé la mémoire.

On se souvient en effet que le nouveau dispositif de sanction voulu en 2008 par Nicolas Sarkozy n’a, en fait, jamais été véritablement appliqué. Sous la déferlante du chômage, les agents de Pôle emploi, submergés par l’ampleur de la catastrophe sociale et en nombre gravement insuffisant, ont eu d’autres chats à fouetter que de faire la police du chômage. Mais dans les rangs de la droite et de la droite radicale, beaucoup ont enfourché, à l’approche de l’élection présidentielle, cette thématique douteuse suggérant que la France était un « pays d’assistés » (lire La France, un « pays d’assistés » ?). À l’initiative du sulfureux conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, venu de l’extrême droite, puis de cadres de l’UMP, dont Laurent Wauquiez, une campagne a été lancée contre « l’assistanat ». Et c’est à un véritable concours Lépine réactionnaire auquel on a assisté, les uns préconisant de supprimer les allocations de RSA à certains de leurs bénéficiaires ; d’autres recommandant de contraindre les chômeurs d’effectuer des travaux d’intérêt général.

Et dans la grande transgression qui l’a conduit, notamment sous l’influence du même Patrick Buisson, à siphonner certaines idées de l’extrême droite, Nicolas Sarkozy, a lui-même, au plus fort de la campagne électorale, enfourché ce cheval de bataille en annonçant qu’en cas de victoire, il pourrait soumettre à un référendum cette question de l’indemnisation des chômeurs. Il en avait fait l’annonce en février 2012, dans un entretien au Figaro Magazine.

Mais contre cela, la gauche s’est dressée. À commencer par le parti socialiste, qui a bien compris, à l’époque, le populisme qui était à l’œuvre dans toutes ces suggestions. Et François Hollande avait trouvé les mots justes pour dire que, lui président, c’est d’abord la lutte contre le chômage qui serait la priorité, pas la lutte contre les chômeurs. En clair, il avait bien fait comprendre que cette mise à l’index des chômeurs, leur stigmatisation, étaient une indignité. À Créteil, quelques jours plus tard, il avait donc à bon droit mouché Nicolas Sarkozy : « Il n'est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s'en prendre aux plus fragiles », avait-il déclaré, avant d’ajouter : « Ce n'est pas ceux qui sont les victimes qui doivent aujourd'hui être les responsables. »

Tristesse et misère de la politique, quand elle est frappée d'insincérité : François Hollande n'est d'ailleurs pas le seul à l'époque à mettre en garde le pays contre les projets de son rival. Il y a aussi un élu socialiste qui est aux avant-postes, un certain… François Rebsamen, qui se déchaîne sur son compte Twitter.

 

 

 

Et pas plus tard que dimanche dernier, lors de son discours devant l’Université du PS à La Rochelle, Manuel Valls a lui-même semblé s’inscrire dans cette philosophie. « Ne laissons jamais s'installer toutes ces caricatures sur l'assistanat : aucun Français ne rêve de vivre des minimas sociaux ! Alors mettons plus d'énergie à leur garantir du travail, à les former, à mettre toutes les chances de leur côté pour qu'ils puissent saisir les opportunités qui leur sont offertes. » Mais visiblement, la belle promesse a été sitôt jetée aux oubliettes. Et ce sont d’autres consignes qui ont été données aux agents de Pôle emploi.

Après tant d’autres, ce reniement des socialistes n’est donc pas pour surprendre. Mais il laisse naturellement un goût amer dans la bouche, car cette fois, ce sont les couches sociales les plus fragiles qui sont prises pour cible. Le journal 20 Minutes s’est amusé à faire une vidéo établissant qu’encore une fois, c’est à un véritable copié-collé de la politique Sarkozy auquel procède le gouvernement socialiste, et l’exercice est pour le moins troublant.

 

 

Cambadélis regrette une erreur de communication

C’est d’autant plus choquant qu’au-delà du populisme dont sont empreintes les déclarations de François Rebsamen, par-delà les controverses troubles qu’elles vont venir relancer, elles sont aussi contredites par de très nombreux experts qui s’intéressent au marché du travail. D’abord, l’idée défendue par le ministre du travail selon laquelle, « en France, 350 000 emplois ne trouvent pas preneurs » doit être maniée avec des pincettes. Dans une enquête très bien documentée, publiée en juin, La Tribune expliquait par le menu les nombreuses raisons pour lesquelles cette statistique était sujette à caution.

Et par ailleurs, des études établissent les effets pervers de certaines politiques qui visent au premier chef à stigmatiser les chômeurs. On peut en particulier se référer utilement à une étude très intéressante de la Dares, le service d’études du ministère du travail. Dans un « Document d’études » (n°178, décembre 2013), que l’on peut télécharger ici ou consulter ci-dessous, les experts mettaient en évidence les raisons nombreuses pour lesquelles la politique de contrôle des chômeurs, et éventuellement de sanctions, doit être conduite avec un très grand discernement, si l’on veut éviter des effets pervers.

On lira en particulier ce document à partir de la page 33 : il établit avec minutie tous ces effets pervers possibles sur le parcours des chômeurs.

Du coup, les déclarations de François Rebsamen ont entraîné toute cette journée de mardi un flot de réactions indignées, notamment dans le monde syndical. À quelques variantes près, tous les communiqués expriment la même colère et sont à l'unisson de l’Union syndicale Solidaires : « Poursuivant son offensive de séduction du Medef et des milieux d’affaires, le gouvernement, par la voix du ministre du travail, s’en prend aujourd’hui directement aux chômeurs en mettant en cause leur volonté de retrouver un emploi et en demandant aux services de Pôle emploi d’accroître les contrôles. Alors que le nombre de chômeurs a augmenté de plus de 500 000 personnes depuis le début du quinquennat de François Hollande, M. Rebsamen préfère tenter de s’attaquer au thermomètre plutôt qu’aux causes profondes de ce désastre social qui fait basculer une large partie de la population dans une grande précarité. »

Il y a juste le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui a publié un communiqué un peu différent de tous les autres. Dans une « mise au point », il a fait valoir ce regret : « En ce jour important de rentrée scolaire pour des millions de jeunes Français, le président de la République a annoncé un “grand plan numérique pour l'école” qui associera les collectivités territoriales, l'État et les éditeurs. Les annonces faites sur d'autres sujets, en particulier sur le contrôle des chômeurs, brouillent le message présidentiel, et nous le regrettons. »

Mais visiblement, ce souci de communication, François Rebsamen n’y a pas pris garde. Et dans la grande dérive libérale que connaît le gouvernement, il est des bornes qui n’ont plus grand sens. Le ministre du travail a donc allègrement franchi celle sur le contrôle des chômeurs, sans doute sans même mesurer que cette transgression pourrait lui être reprochée. Dans le climat néolibéral dans lequel barbote le gouvernement, peut-être a-t-il même pensé jouer les bons élèves.

 

Lire aussi

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 13:37

 

Source : www.mediapart.fr

 

François Rebsamen veut renforcer le contrôle des chômeurs

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

« Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi », a annoncé le ministre du travail. « Il faut qu’il y ait, à un moment, une sanction. »

Le ministre du travail François Rebsamen a annoncé, mardi 2 septembre sur i-Télé, avoir demandé à Pôle emploi de renforcer les contrôles et de plus sanctionner les chômeurs ne cherchant pas assez activement un emploi.

« Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi », a-t-il déclaré. « Il faut qu’il y ait, à un moment, une sanction. »

Ces propos de François Rebsamen ont suscité de vives réactions, notamment à gauche. Le Parti communiste a ainsi proposé, dans un communiqué, de contrôler le travail du ministre. « Il s'agit aujourd'hui de contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. Certains chiffres et résultats enregistrés dernièrement nous font douter de sa capacité réelle et de sa détermination. »

Les propos de François Rebsamen sur le site d’i-Télé.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

                                                                          ************************

 

 

Source : www.pcf.fr

 

 

« Il faudrait contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. »

 

 

François Rebsamen, ce ministre du travail qui ne commente plus les chiffres du chômage tant il sont catastrophiques et contredisent, mois après mois, les prophéties présidentielles, vient de trouver les responsables de cet échec : les chômeurs eux-mêmes.

 

Ce matin, il annonce donc le renforcement des contrôles pour vérifier qu'ils sont bien à la recherche d'un travail.

 

En 2012, alors que Nicolas Sarkozy parlait comme le fait aujourd'hui François Rebsamen, François Hollande répondait qu'il ne fallait pas "s'en prendre aux plus fragiles". Mais c'était avant.

 

Au lieu de singer la droite, le ministre du travail ferait mieux de changer de politique. Il serait bien à la peine si les 5 millions de chômeurs décidaient d'installer des comités locaux pour mesurer les dégâts économiques et sociaux des choix gouvernementaux.

 

Si, à l'échelle des départements et des territoires, un suivi des aides publiques aux entreprises, comme pour le CICE, était mis en place par les citoyens, avec, d'un côté, des records de dividendes versés aux actionnaire et, de l'autre, des licenciements, des femmes et des hommes et des familles brisés.

 

La peur doit vite changer de camp.

 

Il s'agit aujourd'hui de contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. Certains chiffres et résultats enregistrés dernièrement nous font douter de sa capacité réelle et de sa détermination.

 

Le gouvernement et le patronat doivent aujourd'hui rendre des comptes.

 

 

 

Source : www.pcf.fr

 

 


Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22