Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 16:44

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le gouvernement prêt à brader les réseaux de transport d'énergie

|  Par martine orange

 

 

 

Au moment où l’Autorité de la concurrence dénonce l’erreur de la privatisation des autoroutes, le gouvernement s’apprête à consentir une nouvelle rente au privé, en privatisant les entreprises de réseaux de transport de l’électricité et du gaz. Le grand bradage des actifs publics continue.

Dans la gesticulation quotidienne du gouvernement, chaque jour ou presque une nouvelle annonce arrive, marquée du sceau de “la fin des tabous”. Contrat de travail, ouverture des magasins le dimanche, retraite, allocations chômage, professions réglementées… le programme de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), appliqué avec le succès que l’on sait en Europe du Sud, nous est déroulé quotidiennement.

Un deuxième volet manquait : celui des privatisations. Le nouveau ministre de l’économie, Emmanuel Macron, qui s’est institué « briseur en chef des tabous » au gouvernement, vient d’ouvrir le chapitre. « La France a l’intention de céder cinq à dix milliards d’euros d’actifs dans les dix-huit mois », a-t-il annoncé cette semaine. Quatre milliards d’euros sont déjà inscrits dans le projet de la loi de finance 2015, pour désendetter les finances publiques.

 

 
© Reuters

Le petit jeu des futures privatisations a commencé. Les mêmes noms reviennent, car dans ce domaine, il a déjà beaucoup été fait : la liste des entreprises où l’État est encore actionnaire s’est réduite comme peau de chagrin depuis vingt ans. On parle donc à nouveau de la cession de quelques pour-cent supplémentaires dans Orange, GDF-Suez, EDF, Renault…

Manifestement, ces ventes possibles ne sont pas à la hauteur ni des besoins financiers de l’État, ni de sa volonté de marquer son grand tournant libéral, afin de donner tous les gages voulus à l’Europe. Très discrètement, le 17 octobre, Emmanuel Macron a dévoilé ses intentions sur le nouveau programme à venir. Ce n’est ni Renault ou EDF qu’il vise, mais les entreprises de réseau comme RTE, l’entreprise chargée du transport de l’électricité dans le pays, et peut-être GRTgaz, le gestionnaire de transport de gaz. « Nous avons des infrastructures existantes dans le pays dans plusieurs entreprises publiques de réseau. Notre volonté, c'est de les ouvrir », a-t-il déclaré lors d'un colloque de l'Association des investisseurs en infrastructure à long terme. Un auditoire tout acquis. 

Au moment où la Cour des comptes et l’Autorité de la concurrence démontrent, dans plusieurs rapports successifs, l’erreur commise avec la privatisation des autoroutes, au moment où certains demandent leur renationalisation afin que l’État puisse reprendre la main sur la politique de transports, le gouvernement n’en tire aucune leçon et s’apprête à céder des infrastructures tout aussi stratégiques pour l’énergie.

Bâtis par l’action publique depuis des décennies, parfois à coups d’expropriations payées des queues de radis, ces réseaux sont l’épine dorsale de toute la distribution d’énergie en France. Ils sont un élément indispensable pour tout le pays, assurant à la fois sa sécurité et l’égalité des territoires. Ces entreprises constituent un monopole physique de fait. En quoi est-il légitime de renoncer au contrôle public pour les mettre dans les mains du privé ?

C’est un vieux projet de la Commission de régulation de l’énergie, farouche adepte de la libéralisation, de mettre à bas toute l’intégration verticale du système énergétique français, au nom de la concurrence libre et non faussée, quel qu’en soit le coût. L’idée est aussi régulièrement agitée à Bercy depuis des années. Mais jusqu’à présent, il n’était question que de permettre l’entrée de la Caisse des dépôts dans leur capital aux côtés d’EDF ou de GDF-Suez, afin de garder une maîtrise publique sur l’ensemble. Cette fois, il ne s’agit plus de faire appel à la Caisse mais à des capitaux privés.

Ces actifs, il est vrai, intéressent les financiers. Passages obligés pour toute distribution de l’électricité et de gaz, quel que soit le fournisseur, ces entreprises de réseaux touchent un droit sur chaque livraison. C’est une rente assurée et sans risque, prise sur le domaine public et les consommateurs, comme peuvent l’être les autoroutes, les aéroports, etc. Tous les actifs qui, comme par hasard, sont en tête de liste des sociétés à privatiser dans les programmes de la Troïka. Il faut bien des garanties pour le capital.

Il y a longtemps que les capitaux privés lorgnent sur ces poules aux œufs d’or. Tant de richesses accumulées ne sauraient rester dormantes. GDF-Suez et EDF, leur société mère, en ont déjà abondamment profité sans que les administrateurs de l’État qui siègent à leur conseil n'y trouvent à redire. RTE, filiale d’EDF, a plusieurs fois assuré les résultats de sa maison mère. Cela a permis de cacher les aventures ruineuses à l’étranger (10 milliards d'euros de pertes en Amérique du Sud, 1,5 milliard en Italie, plus de 2 milliards aux États-Unis) et de verser les dividendes attendus par l’État.

Quand le groupe Suez a mis la main sur GDF, sa première préoccupation a été de faire remonter tous les trésors cachés de sa filiale de transport. Il en a tiré plus de 2 milliards d’euros en quelques années, l’obligeant même à lui verser des dividendes pour l’emprunt de réseaux qui avaient été apportés gratuitement par l’État (lire GDF-Suez la bonne affaire des réseaux gaziers). Là encore, cela a permis d’arrondir les dividendes versés à l’État. Ce dernier n’a rien dit.

Pour justifier l’ouverture de capital de ces sociétés, Emmanuel Macron a avancé ces explications : « Il s'agit de libérer du capital de ces entreprises à infrastructures pour qu'elles le remobilisent sur d'autres projets et des investissements qu'elles doivent faire. » « Et donc, à ce titre, votre présence est utile et nécessaire sur le territoire », a dit le ministre devant un auditoire acquis d’avance.

La montée en puissance des énergies renouvelables, qui n’obéissent plus du tout aux mêmes schémas centralisés de distribution électrique, impose de réorganiser et de rebâtir les systèmes de transport pour permettre l’intégration de ces productions décentralisées. De même, les interconnexions électriques aux frontières, qui devaient voir le jour pour construire le grand marché unique de l’Europe de l’énergie, n'en sont toujours qu’aux balbutiements.

Des moyens, pourtant, ont été libérés. Afin d’éviter « toute subvention cachée » au sein des entreprises publiques et de permettre l’arrivée d’une concurrence, les comptes de toutes les activités ont été séparés. Désormais, les consommateurs paient sur chaque facture une taxe pour la consommation d’énergie et l’entretien des réseaux de transport. Une taxe qui augmente régulièrement d’ailleurs. Si tout se passe comme le souhaite le gouvernement, elle est appelée à prendre l’ascenseur au cours des prochaines années.

Car c’est le montage qui nous est promis. Défendre aujourd’hui l’idée que les capitaux privés vont participer au développement des réseaux relève de la croyance, de l’acte de foi. Il y a longtemps que l’ouverture au privé ne permet plus d’apporter des capitaux aux entreprises. Les entreprises cotées qui font des augmentations de capital se comptent sur les doigts des deux mains chaque année. La Bourse n’est plus là pour financer l’économie, pour apporter des capitaux aux entreprises, mais pour percevoir des dividendes.

C’est en s’appuyant sur la dette que les acteurs privés développent désormais les projets. L’ouverture des entreprises de réseaux au privé ne devrait pas différer de ce schéma. La vente d’une partie du capital va rapporter quelque argent à l’État, et encore, de façon indirecte puisqu’elles sont filiales d’EDF ou de GDF-Suez. En contrepartie, ces nouveaux investisseurs vont demander une gestion « plus dynamique » de ces sociétés. En d’autres termes, qu’elles s’endettent fortement soit directement, soit par l’intermédiaire de partenariats public-privé – une formule très appréciée au gouvernement – pour la construction de certains bouts de réseaux. Pourquoi hésiter ?  Le système est sûr et garanti : à la fin, le consommateur paie. 

Le gouvernement semble prêt à perpétuer ce bradage de l’intérêt général, sans le moindre état d’âme, au mépris de toutes les expériences passées. Les entreprises de réseau ne sont pas des entreprises comme les autres. Toutes les privatisations de ce type de sociétés ont abouti aux mêmes échecs : soit les sociétés privées vivent d’une rente indue, soit les investissements nécessaires ne sont pas faits, obligeant l’État à intervenir, comme dans le cas des chemins de fer britanniques. Pourquoi en serait-il autrement cette fois ?

 

Lire aussi

Par martine orange

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 16:42

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-les-economistes-atterres

 

 

Avec la victoire de l’austérité, l’Europe tiers-mondisée
Eric Berr
Economiste atterré
Publié le 18/10/2014 à 09h43

Un SDF près des grands magasins, à Paris, en décembre 2012 (PRM/SIPA)

 

C’était en 1982. Une grave crise de la dette débutait en Amérique latine, avec le Mexique comme première victime, et allait se propager à de nombreux pays en développement.

Elle était la conséquence d’un laxisme certain de la part des créanciers quant aux prêts accordés et d’une utilisation trop souvent inefficace des sommes reçues par certains dirigeants de pays en développement, peu soucieux de démocratie (parfois avec la bénédiction des créanciers eux-mêmes).

Mais elle n’aurait pu prendre une telle ampleur sans la mise en œuvre de politiques anti-inflationnistes au début des années 80 par les pays occidentaux, entraînant une forte hausse des taux d’intérêt et un ralentissement économique mondial, ouvrant ainsi une période d’austérité (déjà !).

Le Consensus de Washington
Forgé en 1989 par l’économiste américain John Williamson, le Consensus de Washington regroupe les mesures de politique économique partagées par le gouvernement américain, la banque centrale des Etats-Unis (la FED), le FMI et la Banque mondiale.

Cette crise fut gérée, avec l’accord des créanciers et dans leur intérêt (et parfois aussi dans celui des élites collaboratrices des pays en développement), par les institutions financières internationales. Ainsi, dans un contexte de retour au libéralisme, le Fonds monétaire international (FMI) conditionna toute restructuration de dette à la mise en place de politiques économiques reposant sur les dix commandements de la bible économique néo-libérale fondant le Consensus de Washington (voir encadré).

Suprématie du marché

Il s’agissait d’instaurer la suprématie du marché, de favoriser les activités privées en libéralisant tout ce qui pouvait l’être et de limiter le rôle de l’Etat en lui imposant une cure d’austérité.

L’objectif avoué de ces politiques était d’« assainir » les économies des pays endettés afin d’assurer leur insertion sur le marché mondial et leur permettre de développer des activités exportatrices générant les devises nécessaires au remboursement de leur dette.

Dans les faits, loin de favoriser un rattrapage des pays en développement, ces politiques conduisirent à un accroissement des inégalités de revenus entre pays de plus de 20% au cours des trente dernières années tandis que les inégalités entre riches et pauvres d’un même pays explosaient dans nombre de pays en développement.

Aujourd’hui, 2,2 milliards de personnes sont pauvres ou vivent dans le quasi-dénuement et 80% de la population mondiale ne bénéficie pas d’une couverture sociale.

« Réformes structurelles »

C’était en 2008. La crise des subprimes, déclenchée aux Etats-Unis par l’incurie d’un système bancaire jouant à l’apprenti sorcier spéculateur, diffusait son venin à l’ensemble de la planète.

Contraints de voler au secours de banques irresponsables, incapables de sortir de la récession, de nombreux Etats virent leur déficit budgétaire s’accroître et leur dette fortement augmenter ce qui, pour les pays de la zone euro, les plaçait en porte-à-faux au regard de leurs engagements :

  • un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB,
  • une dette publique inférieure à 60% du PIB.

Dans un contexte récessif, il fut alors demandé aux pays de l’Union européenne de mettre en œuvre des « réformes structurelles » et « d’assainir leurs finances publiques ».

Malgré un échec patent dans les pays en développement, le consensus de Washington se vit relégitimé par une Troïka (FMI, Banque centrale européenne et Commission européenne) qui inocule aujourd’hui encore le poison de l’austérité en Europe sous couvert de promotion de politiques d’offre.

Aujourd’hui comme hier, les pays surendettés le sont pour des raisons qui leur échappent pour une bonne part. Aujourd’hui en Europe, comme hier dans le tiers-monde, ils sont pourtant jugés comme étant les seuls responsables de leur situation alors que l’endettement des uns n’est que la conséquence du désir des autres d’accumuler des richesses (hier les pays de l’Opep, aujourd’hui la Chine ou l’Allemagne).

Et c’est à partir de ce diagnostic erroné que des mesures drastiques, que l’on croyait jusque-là réservées aux pays pauvres du tiers-monde, sont imposées aux pays européens les plus fragilisés (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne, stigmatisés au travers de l’acronyme anglais Pigs) et essaiment dans le reste de l’Union européenne.

Ravages au cœur de l’Europe

Sous couvert de compétitivité, les pays européens sont conviés à se livrer une guerre économique les conduisant à une course au moins-disant fiscal et à la baisse des coûts de main-d’œuvre.

Les coupes sombres dans les dépenses publiques ne servent qu’à offrir à l’appétit des marchands des pans de l’économie qui leur échappaient jusqu’à maintenant (santé, éducation, protection sociale). Les dégâts d’une telle approche sont connus. Ils étaient visibles hier dans les pays du tiers-monde, nous nous décidons à les voir maintenant qu’ils font des ravages au cœur de l’Europe :

  • plus d’inégalités ;
  • des services privatisés dont la qualité baisse à mesure que leur coût augmente ;
  • une demande atone qui exclut tout succès des politiques d’offre, entretient le chômage et fragilise l’investissement ;
  • des solidarités qui s’effritent à mesure que la loi du plus fort gangrène nos sociétés.

Aujourd’hui comme hier, l’austérité est un remède qui aggrave le mal qu’il est supposé combattre.

 

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-les-economistes-atterres

 

 

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 16:37

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

Barrages privatisés ! Sarko en avait rêvé, Ségo l’a fait…

 

 

 

 

 

Dans la nuit du vendredi 10 octobre au samedi 11 octobre 2014, lors de l’examen du projet de loi pour la Transition Energétique, l’assemblée nationale a voté en première lecture l’article du texte de loi permettant la privatisation du secteur hydroélectrique français.

barrages en france.png

 

Tout ça pour feller la Commission européenne qui menace de faire panpan-cucul aux têtes-d’œufs qui nous « gouvernent ». L’argument de la pression de la Commission européenne, c’est de la bola : L'Allemagne n'a pas hésité, elle, à prendre des mesures fortes en la matière et à les faire accepter à Bruxelles.

Privatisez ! Privatisez ! Privatisez ! qu’ils braillent les charognards de Bruxelles au service des banksters !

Ben, voilà. C’est fait. C’est un gouvernement « de gauche » qui vient de signer cette saloperie : mettre les barrages français entre les mains des représentants les plus rapaces du profit à tout crin. Nos zélus zélés livrent ainsi aux marchés et à la dictature du profit à court terme une part essentielle de notre souveraineté énergétique. Ceci en catimini, dans un article voté en loucedé dans une séance de nuit…

Ils vendent les bijoux de famille. Mais ce n’est pas une première : c’est Jospin qui, le premier, avant le bradage final par Villepin, a commencé à privatiser partiellement les autoroutes

L'hydroélectricité, c'est une grande histoire française, celle de la « houille blanche » et de l'industrialisation des vallées de montagne. Des ouvrages pharaoniques qui redonnaient de la fierté et de la confiance en leur pays à tous ces Français qui sortaient de cinq années de malheur, de destruction et de honte. Ceux qui on des cheveux blancs et un peu de bide se souviennent de la fierté nationale des mises en eaux des barrages de Génissiat, de Donzère, de Serre-Ponçon, de Tignes, de Bort-les-Orgues, plus tard de Naussac, etc. Actuellement, ces ouvrages sont parmi les piliers de la politique énergétique de la France. Les ouvrages hydroélectriques représentent 20 % de la puissance installée du mix électrique, ce qui est considérable. C'est 12 % de l'électricité des Français et 20 % de la production nationale d'énergie renouvelable ! C'est aussi 66 % de la capacité de pointe, c'est-à-dire un moyen de production flexible, disponible presque instantanément pour faire face à l'évolution structurelle de la consommation électrique. Et c’est tout cela que Hollande (« Sors de ce corps, Thatcher ! ») et ses nuisibles veulent brader au privé !

Il y a longtemps que les gros consortiums privés louchent avec gourmandise l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques françaises. Il y a longtemps que leurs lobbies dépensent des montagnes de pognon pour arriver à leurs fins : mettre leurs sales pattes sur ce savoureux gâteau national. Parce qu’elles savent que les barrages - grâce aux investissements accomplis par des générations de bâtisseurs et avec l’argent des contribuables – sont très rentables : l’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards par an. Ce qu'on appelle la « rente hydroélectrique » est d'au moins 1,25 milliard d'euros par an. En voilà de la belle et bonne thune à se mettre dans les fouilles !

Et ce n'est pas tout. L'électricité produite par les barrages est de loin la moins chère. De 20 à 30 euros le mégawattheure, soit nettement plus compétitive que le prix de l'électricité nucléaire historique. Cet avantage profite aujourd'hui à tous les consommateurs d'électricité puisqu'il intervient dans le calcul des coûts de production d'EDF. Mais la mise en concurrence des barrages se traduira obligatoirement par une hausse du prix de l’électricité pour nous, les consommateurs finaux ! Oh ! Ci-devant camarade François, tu crois que c’est pour ça qu’on t’a élu ?

Eh ! Les ceusses d’entre nous qui habitent en aval de ces barrages, tenez-vous aux branches, priez si vous êtes croyants ou déménagez ! Parce que vous croyez que les fonds privés veulent produire de l’électricité propre ? Ou faire des flots de thunes avec ces barrages ? Vous faites confiance au privé pour entretenir et investir dans l’équipement des barrages ? Comme d’hab, l’intérêt général est sacrifié pour faire des fellations aux idéologues de l’Europe ultralibérale.

Ce texte scélérat a été voté en première lecture. Il y aura donc une seconde lecture. Faisons savoir aux députés qui nous représentent que nous ne sommes pas, mais alors pas du tout d’accord !

 

 

Illustrations X – Droits réservés.

 

Pour trouver votre député : http://mondepute.free.fr/cadre_deputes.htm

Adresse de l’Assemblée nationale :

Assemblée nationale
126, rue de l'Université 
75355 Paris 07 SP



Sur le même thème
#scandale Loi de transition énergétique = privatisation des barrages hydroélectriques
Faut-il craindre la concurrence dans l'hydroélectricité ?
Privatisation des barrages : Royal en retenue
Halte à la privatisation des barrages hydroélectriques ! Oui à un grand pôle public, 100% nationalisé, de l’énergie
La Grèce vend à la découpe son énergie
                                                                                                                                                                                                                   Source : www.agoravox.fr

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 16:22

 

Source : lavoiedujaguar.net

 

 

Pourquoi le monde ignore-t-il les Kurdes révolutionnaires en Syrie ?

samedi 11 octobre 2014, par David Graeber

 

 


Au sein de la zone où se déroule la guerre de Syrie, une expérience démocratique est en train de se faire écraser par l’État islamique. Que le reste du monde n’en soit pas conscient est un scandale.

En 1937, mon père s’est porté volontaire pour combattre dans les Brigades internationales pour défendre la République espagnole. Une tentative de coup d’État fasciste avait été temporairement mise en échec par la révolte des ouvriers, dirigée par les anarchistes et les socialistes. Dans une grande partie de l’Espagne une véritable révolution sociale avait suivi, instaurant dans des villes entières une gestion de démocratie directe, mettant les industries sous contrôle des travailleurs et favorisant un renforcement radical du pouvoir des femmes.

Les révolutionnaires espagnols espéraient créer une société libre qui serait un exemple pour tout le monde. Au lieu de cela, les puissances mondiales ont décrété une politique de « non-intervention », ils ont maintenu un blocus rigoureux à l’encontre de la République, même après que Hitler et Mussolini, prétendument d’accord sur une non-intervention, ont commencé à engager des troupes et à fournir des armes pour renforcer le camp fasciste. Le résultat a été des années de guerre civile qui ont pris fin avec l’écrasement de la révolution et quelques-uns des plus sanglants massacres d’un siècle sanglant.

Je n’ai jamais imaginé que la même chose pouvait se reproduire dans ma propre vie. De toute évidence, aucun événement historique n’a jamais lieu deux fois. Il y a mille différences entre ce qui s’est passé en Espagne en 1936 et ce qui se passe aujourd’hui dans le Rojava, les trois provinces largement kurdes du nord de la Syrie. Mais les similitudes sont si frappantes et si pénibles que je sens qu’il m’incombe d’intervenir, comme quelqu’un qui a grandi dans une famille dont les convictions politiques étaient largement définies par la révolution espagnole, pour dire que nous ne pouvons pas laisser l’histoire finir de la même façon.

La région autonome du Rojava, telle qu’elle existe aujourd’hui, est l’un des rares points lumineux — même très lumineux — issus de la tragédie de la révolution syrienne. Après avoir chassé les agents du régime d’Assad en 2011 et malgré l’hostilité de la quasi-totalité de ses voisins, le Rojava a non seulement maintenu son indépendance mais développe une expérience démocratique remarquable. Des assemblées populaires ont été créées comme organe absolu de prise de décisions, des conseils ont été choisis soigneusement en tenant compte de l’équilibre ethnique (dans chaque commune, par exemple, les trois responsables principaux doivent inclure un Kurde, un Arabe et un chrétien assyrien ou arménien, et au moins un des trois doit être une femme), il y a des conseils de femmes et de jeunes, et, en écho remarquable au mouvement Mujeres Libres (Femmes libres) d’Espagne, la milice « YJA Star » (l’Union des femmes libres, le star fait ici référence à la déesse mésopotamienne Ishtar), une armée de femmes qui a effectué une grande partie des opérations de combat contre les forces de l’État islamique.

Comment cela peut-il se produire et rester encore presque entièrement ignoré par la communauté internationale, et même, en grande partie, par la gauche internationale ? Principalement, semble-t-il, parce que le parti révolutionnaire du Rojava, le PYD, travaille en alliance avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de Turquie, un mouvement de guérilla marxiste qui a été depuis les années 1970 engagé dans une longue guerre contre l’État turc. L’OTAN, les États-Unis et l’UE l’ont classé officiellement comme organisation « terroriste ». Parallèlement, les gauchistes le rejettent largement comme stalinien.

Mais, en fait, le même PKK n’a plus rien à voir avec l’ancien parti hiérarchique léniniste qu’il était jadis. Sa propre évolution interne et la conversion intellectuelle de son propre fondateur, Abdullah Öcalan, détenu dans une île-prison turque depuis 1999, ont changé entièrement ses objectifs et ses tactiques.

Le PKK a même déclaré qu’il ne cherche plus à créer un État kurde. Au lieu de cela, en partie inspiré par la vision de l’écologiste social et anarchiste Murray Bookchin, il a adopté la vision du « municipalisme libertaire », appelant les Kurdes à créer des communautés autogérées, libres, fondées sur les principes de la démocratie directe, qui s’uniraient en dépassant les frontières nationales — espérant ainsi qu’avec le temps ces frontières perdraient de plus en plus leur sens. Ainsi, proposent-ils que la lutte kurde devienne un modèle pour un mouvement global vers une véritable démocratie, une économie coopérative et une dissolution progressive de l’État-nation bureaucratique.

Depuis 2005, le PKK, inspiré par la stratégie des rebelles zapatistes au Chiapas, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral avec l’État turc et a commencé à concentrer ses efforts sur le développement de structures démocratiques dans les territoires qu’il contrôlait déjà. Certains ont mis en doute le sérieux de tout cela. Il est clair qu’il reste encore des éléments autoritaires. Mais ce qui s’est passé dans le Rojava, où la révolution syrienne a donné aux radicaux kurdes l’occasion de réaliser de telles expériences dans un grand territoire contigu, suggère que c’est autre chose qu’une façade. Conseils, assemblées et milices populaires ont été formés, la propriété du régime a été remise à des coopératives autogérées — et tout ça en dépit des attaques continuelles par les forces d’extrême droite de l’État islamique. Les résultats sont conformes à toute définition d’une révolution sociale. Au Moyen-Orient, au moins, ces efforts ont été remarqués : en particulier après que les forces du PKK et du Rojava sont intervenus pour lutter avec succès à travers le territoire de l’État islamique en Irak pour sauver des milliers de réfugiés yézidis piégés sur le mont Sinjar après que les peshmergas locaux ont fui le territoire. Ces actions ont été largement célébrées dans la région, mais n’ont recueilli presque aucun écho dans la presse européenne ou nord-américaine.

Maintenant, l’État islamique est de retour, avec des tanks de fabrication US et de l’artillerie lourde prise aux forces irakiennes, pour exercer leur vengeance contre un grand nombre de ces mêmes milices révolutionnaires à Kobané, déclarant leur intention de massacrer et de réduire en esclavage — oui, asservir littéralement — l’ensemble de la population civile. Pendant ce temps, l’armée turque se cantonne à la frontière et empêche les renforts et les munitions d’arriver aux défenseurs, pendant que les avions des États-Unis vrombissent, en frappant parfois des coups symboliques, des frappes ponctuelles — juste pour être apparemment en mesure de dire qu’ils ne sont pas restés inactifs tandis qu’un groupe, contre qui ils prétendent être en guerre, écrase les défenseurs d’une des grandes expériences démocratiques dans le monde.

S’il existe un parallèle à faire aujourd’hui avec les prétendus dévots et meurtriers phalangistes de Franco, ce ne pourrait être qu’avec l’État islamique. S’il y a un parallèle à faire avec les Mujeres Libres d’Espagne, ce ne pourrait être qu’avec les femmes courageuses qui défendent les barricades à Kobané. Est-ce que le monde et — cette fois-ci plus scandaleusement encore — la gauche internationale vont vraiment être complices en laissant l’histoire se répéter ?

David Graeber
The Guardian, 8 octobre 2014.
Traduit par E.K., R.V. et M.U.

 

 


 

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 16:09

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jacques-edouard-cambon

 

 

Se désintoxiquer de la consommation, nouvel opium du peuple?

<Alors que les politiques d'austérité frappent tous les peuples européens, avec plus ou moins de brutalité du sud au nord, nous peinons à mobiliser une population apathique. Manque d'information (ou trop plein d'informations futiles, ce qui revient au même) dira-t-on ? Peut-être, en partie, mais à défaut de connaître les informations en détail, nous sentons tous que « ça va mal » et que la situation va continuer à se dégrader. Bien entendu on nous rabâche que c'est inéluctable, mais comment comprendre que 99% de la population accepte que les revenus des 1% les plus riches augmentent de plus en plus vite, alors que leurs revenus à eux baissent ? Pensent-ils donc tous pouvoir passer à travers les gouttes et que ce sont « les autres » seuls qui paieront ?>

Car il y a ce sentiment, diffus et pas toujours conscient, que le capitalisme à réussi à instiller dans nos esprits : la solution est dans le chacun pour soi ! Pendant des dizaines d'années les dirigeants politico-affairistes ont méthodiquement démoli nos solidarités sociales, professionnelles, familiales au moyen d'une drogue terriblement efficace : la consommation. Consommer est un acte à la fois individuel et concurrentiel : il faut avoir toujours plus en valeur absolue, mais aussi plus que l'autre. Et pour consommer plus il faut gagner plus, donc accepter plus de servilité et surtout moins de solidarité. Et tant pis si l’histoire des luttes sociales nous enseigne le contraire, tant pis si chacun sait que diviser est la plus sure façon de régner : nous avons maintenant besoin de notre drogue, surtout au moment où elle devient plus difficile à obtenir, et nous ne sommes plus en état de réfléchir.

Nous avons profité pendant des décennies d'un partage des richesse excluant une grande partie de la planète, ce qui permettait aux employeurs d'acheter notre adhésion, à nous salariés des pays « avancés », en nous faisant « bénéficier » de cette consommation de masse. Mais aujourd'hui où les multinationales ont choisi de produire dans les pays « moins avancés » où ils peuvent réaliser des marges supérieures, ils leur faut commencer à « droguer » ces peuples pour qu'ils acceptent leur système. Et comme le  gâteau n'est pas extensible à l'infini, c'est nous qu'ils doivent sevrer par l'austérité. Nous sevrer, mais partiellement, car il leur faut maintenir notre addiction pour éviter que nous ne rejetions le système capitaliste. D'où le paradoxe d'une publicité agressive et omniprésente, mais incapable de faire face à une régression sensible du pouvoir d'achat de la majorité des citoyens.

Alors faut-il simplement attendre que le système s’autodétruise ? Que notre frustration nous pousse tous ensemble dans la rue ? Peut-être, mais contre qui ? N'oublions pas que déjà les partis d’extrême droite, ces supplétifs du capitalisme, ont désignés les boucs émissaires pour détourner notre révolte des vrais coupables, les maîtres de la finance et les politiciens qui servent leurs intérêts. La politique du pire est dangereuse pour la démocratie. Sans doute n'en sommes nous pas encore au niveau de détresse du peuple grec, mais nous voyons bien que chez eux, les deux réalités cohabitent : le fascisme xénophobe d'« Aube dorée » et l'utopie autogestionnaire en marche à Exarcheia.

Alors que faire aujourd'hui pour être prêts à basculer du « bon » côté lorsque la brutalité de l'austérité nous poussera enfin à agir ? Imaginer un système politique différent, démocratique (ou au moins plus proche de la démocratie) pour donner le cap ? Ou bien agir dès maintenant concrètement dans des luttes ponctuelles, dans la mise en œuvre d'alternatives locales pour préparer le terrain du changement ? Les deux sans doute, mais quel dosage subtil pour mobiliser les uns sans effaroucher les autres ?

Je crois que l'immense majorité de nos concitoyens est capable d'accéder à un niveau de conscience politique suffisant pour comprendre les méfaits du système capitaliste, mais à condition de sortir de l'égoïsme béat dans lequel la propagande consumériste l'a enfermée. Il faut prendre chacun au niveau politique où il se trouve actuellement. Et si son niveau d'égoïsme (qualité selon les penseurs capitalistes, ne l'oublions pas) est trop fort, montrons lui son intérêt égoïste à changer son mode de consommation à lui. Au travers de la recherche de produits locaux de qualité ou d'une énergie moins polluante il améliorera sa qualité de vie, et rencontrera d'autres personnes animées du même souci. Progressivement il prendra conscience, si on l'aide un peu, que sa démarche est à contre-courant de l’ultra-libéralisme ambiant, et qu'il faudra changer le système.

Pour l'aider, il faut précisément que ceux qui en sont déjà persuadés continuent à travailler au seins de leurs cercles, politiques ou associatifs, pour proposer des pistes (j'insiste sur le pluriel, il n'appartient à personne d'imposer au peuple sa formule démocratique préfabriquée), mais militent aussi dans le cadre des alternatives de transition avec un souci constant de pédagogie.

Cette démarche peut sembler trop longue, mais on ne se désintoxique pas de plusieurs décennies de propagande et de publicité, surtout quand elle continue dans tous les média dominants. Et puis, l'avidité des dirigeants politico-affairistes nous amènera peut-être à la rupture plus vite que nous ne le croyons...

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jacques-edouard-cambon

 

 


Partager cet article
Repost0
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 21:42

 

Source : www.reporterre.net

 

 

La gratuité contre l’effondrement climatique

Paul Ariès

jeudi 16 octobre 2014

 

 

 

Et si la gratuité était le premier pas pour une transition écologique et une société de justice sociale ? Face à un système productiviste qui est « parvenu à délégitimer toute idée de gratuité », il faut reposer les bases d’un principe général s’opposant au « croissancisme » et permettant de « transformer la société de façon écologiquement, socialement et politiquement responsable. »


Nous sommes face à une crise systémique qui touche tous les domaines de l’existence : crise écologique, sociale, économique, politique, anthropologique. Nous devons donc avoir une réponse qui soit aussi globale que cette crise. Dire cela ne signifie pas qu’une seule solution pourrait avoir réponse à tout.

La transition écologique, tout comme la construction d’une société de justice sociale, ne se fera pas en un jour, ni sans frayer de nombreux chemins que l’on commence à bien connaitre.

Mais de la même façon que le productivisme et le capitalisme font feu de tout bois pour généraliser la marchandisation, condition de tous les mauvais coups, nous devons aussi disposer d’un principe général, qui permette non seulement de nous opposer au croissancisme (cette idée folle qu’un retour à la croissance économique serait non seulement possible mais salutaire) mais de commencer à transformer la société de façon écologiquement, socialement et politiquement responsable.

Un "déjà-là" alternatif

Nous sommes de plus en plus nombreux, tant en France qu’ailleurs, à penser que la défense et l’extension de la sphère de la gratuité est le bon combat, un combat qui n’interdit pas les autres mais les conditionne, les rend plausibles.

Cette volonté de marcher vers une société de la gratuité ne s’enracine pas dans le ciel des idées (même si nous avons besoin d’utopies) mais dans une multitude de pratiques de gratuité et d’expérimentations qui se développent et forment un « déjà-là ».

Cette conviction d’un déjà-là alternatif est importante au moment où Manuel Valls retrouve les accents de Thatcher pour dire qu’un autre monde n’est pas possible. Toutes les villes qui expérimentent la gratuité du service public prouvent au contraire que non seulement « c’est possible », mais que « ça marche ». Quel que soit le choix des citoyens : ici, on commence par la gratuité de l’eau vitale, ailleurs c’est celle des transports en commun urbains, des services culturels, de la restauration scolaire, des services funéraires, etc. La liste est illimitée car il n’y a pas de biens communs par nature et d’autres services voués à rester dans le secteur marchand.

Une gratuité construite politiquement

J’entends déjà certains lecteurs dirent que la gratuité n’existe pas… La gratuité, ce n’est pas le produit ou le service débarrassé du coût, mais libéré du prix. L’école publique est gratuite mais payée par nos impôts et tant mieux ! Lorsque nous parlons de gratuité, nous parlons toujours d’une gratuité construite, économiquement construite, culturellement construite, politiquement construite.

J’aime ces maires qui interpellent la population et disent : « Préférez-vous maintenir la gratuité du stationnement ou choisir celle de l’eau vitale ou d’un bouclier énergétique ? » C’est là que les choses commencent à devenir intéressantes du point de vue écologique, car il ne s’agit pas de rendre tout gratuit mais de bien choisir. Pourquoi paye-t-on son eau le même prix pour faire son ménage et remplir sa piscine privée ? Ce qui vaut pour l’eau vaut pour l’ensemble des besoins humains !

Nous prônons donc la gratuité du bon usage face au renchérissement du mésusage. Bon usage/mésusage ? Il n’y a pas de définition scientifique et encore moins moralisatrice, la seule définition est politique : ce que les citoyens choisissent. Je fais confiance ici à la « décence ordinaire » au « bon sens populaire » : les gens ordinaires n’ont pas pour objectif de vivre comme des riches mais de vivre bien...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 19:36

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Chaque année, 1,3 milliard de tonnes de nourritures gaspillée

Le Monde.fr | 16.10.2014 à 18h06 • Mis à jour le 16.10.2014 à 18h45 | Par Sylvie Gittus

 
 
Le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire est présent tout le long de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation des ménages. Dans les pays à revenu moyen et élevé, le gaspillage intervient surtout à la fin de la chaine d'approvisionnement alimentaire . Dans les pays à revenu faible, il est constaté du stade de la production à celui de la transformation.

Racines, tubercules, fruits et légumes

Pour les pays industrialisés, le calibrage imposé par les distributeurs générent près de 20 % des pertes.

Dans les régions en développement, les pertes constatées au niveau de la production agricole dépassent la totalité des pertes sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Les importantes pertes au stade de la distribution s'explique notamment par la détérioration des cultures périssables sous les climats chauds et humides de nombreux de ces pays.

Le gaspillage alimentaire.

Lire également : Gaspillage alimentaire : un besoin d’actions concrètes et Lutte contre le gaspillage alimentaire : qui met les pieds dans le plat ?

  • Sylvie Gittus
    Journaliste au Monde

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 17:51

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Economie

La face cachée de l’industrie laitière : un coût de 7,1 milliards d’euros pour la société

par Ivan du Roy, Sophie Chapelle 16 octobre 2014

 

 

 

 

 

 

Le lait, c’est le champion des produits agro-alimentaires français. En bouteilles, en crèmes ou en fromages, il auréole les terroirs. En plus il rapporte et s’exporte. En consommer est vivement conseillé en matière de santé. Cette blanche réalité comporte pourtant des coûts cachés, ignorés des marchés, liés à un modèle de plus en plus intensif. Pollutions de l’eau, réchauffement climatique, précarité de l’emploi… L’économie du lait coûte cher à la société et à l’environnement. Une étude inédite tente d’en calculer les impacts et de lancer le débat. Car, en bio ou en AOC, produire du lait bien moins cher est tout à fait possible. Enquête et animation vidéo à l’appui.

En France, les produits laitiers sont partout. Ils façonnent les territoires, du bocage normand aux alpages de Savoie, en passant par les causses du Massif Central et les estives des Pyrénées. Ils s’imposent dans les rayons des grandes surfaces : lait, yaourts, fromages, crème fraîche s’offrent en grande variété au caddie du consommateur. C’est que les Français en raffolent. Ils sont les champions européens de la consommation de beurre (près de 8 kg par habitant et par an) et les vice-champions de la dégustation de fromages (près de 24 kg/hab/an) ! Et les euros coulent à flot : les produits laitiers ont généré 25,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2012. Soit 1 % du PIB français ! En plus, ils s’exportent massivement, presque aussi bien que le vin. 216 000 emplois en dépendent, les trois quarts dans l’élevage et un quart dans les industries de transformation. La France est le 8ème producteur mondial de lait. Cocorico ?

En plus de la richesse qu’ils créent, les produits laitiers sont parés de toutes les vertus. Leurs bienfaits nutritionnels ne cessent d’être vantés par le marketing... et les politiques publiques. « Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est quatre produits laitiers qu’il est recommandé de consommer », suggère ainsi la politique nationale en matière de nutrition. Le lait français et ses dérivés fromagers ou crémeux constituent aussi, en compagnie du vin, le fer de lance des appellations d’origine contrôlée (AOC), qui garantissent une production locale et de qualité – 50 AOC laitiers sont reconnues. Nos produits laitiers sont donc auréolés de bien des qualités, qu’il semble difficile de critiquer.

Un coût ignoré par le monde économique : 7,1 milliards d’euros

Et pourtant. Si la filière laitière française crée de la valeur, elle comporte aussi des coûts. De l’étable au supermarché, en passant par les entreprises de transformation, les conséquences négatives de l’économie laitière sont estimées à 7,1 milliards d’euros par an. Pour 1 euro de chiffre d’affaires, ce sont donc 28 centimes « d’impact négatif sur la société et l’environnement » qui sont générés. C’est loin d’être négligeable. Ce coût environnemental et social est évalué par un rapport très détaillé et sourcé réalisé par le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic) [1]. Celui-ci « vise à fournir une vision d’ensemble de la filière lait française et un premier ordre de grandeur de l’ampleur de ses impacts sociaux, sanitaires et environnementaux », des éléments « qui sont systématiquement ignorés par le monde économique ». Pollutions de l’air et de l’eau, contribution au changement climatique, précarité de l’emploi, déchets générés... Tout est passé au crible de la calculette, du mode d’alimentation des bovins à l’exportation de lait en poudre en passant par les emballages des produits.

C’est l’élevage qui génère le plus d’impacts. Logique : la France compte le plus grand nombre de vaches laitières en Europe. Plus de 3,8 millions de vaches laitières, dont près de la moitié broutent en Bretagne, en Pays de Loire et en Normandie, donnent chaque année 24 milliards de litres de lait. Des vaches qui engloutissent du fourrage en étable ou qui paissent librement en prairie émettent du méthane et de l’ammoniac. Le premier pèse fortement sur le climat. Le coût de l’empreinte carbone des vaches laitières est ainsi estimé à plus de 1,1 milliard d’euros. Le second contribue à la pollution de l’air. « Les bronchites chroniques, l’asthme, la fibrose pulmonaire, les affections des voies aériennes supérieures constituent la moitié des maladies respiratoires professionnelles des éleveurs », rappellent les chercheurs du Basic. Ce préjudice sur la santé et l’environnement est lui estimé à 1,4 milliard d’euros.

3,8 millions de vaches laitières, ça pollue beaucoup !

3,8 millions de vaches : cela pollue forcément l’eau. Les troupeaux laitiers sont présumés responsables de 10% de la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques. Leur dépollution par des stations d’épuration ou le nettoyage des plages envahies par les algues vertes représentent un surcoût, dont l’élevage laitier doit donc assumer sa part : 922 millions par an selon les calculs du Basic. Le mode d’alimentation de nos bovins joue également un rôle significatif. La part du maïs dans la ration d’une génisse progresse au détriment de l’herbe. Le maïs, c’est gourmand en eau, en engrais chimiques et en pesticides. Les systèmes d’irrigation pour arroser en plein été sont en partie subventionnés par les Agences de l’eau, donc par les habitants reliés au réseau d’eau potable. Encore un surcoût pour le contribuable : plus de 50 millions d’euros. Enfin, l’importation croissante de soja venu du Brésil, une culture qui contribue à la déforestation, alourdit l’addition.

« Nous ne mettons pas en cause les agriculteurs, souligne Christophe Alliot, co-fondateur du Basic. Mais c’est un indicateur de non soutenabilité du modèle actuel. » Un modèle productiviste qui s’intensifie depuis vingt ans avec la baisse du nombre de fermes et l’augmentation de leurs rendements. Et qui dit intensification de l’élevage et de la production, dit intensification des pollutions. Si les fermes usines du type mille vaches se multiplient, la production de lait risque, au final, de coûter très cher ! Des alternatives existent pourtant. Laisser les vaches paître tranquillement dans une prairie est plus soutenable pour l’environnement, même si cela ne résout pas les émissions de méthane et d’ammoniac, ou la pollution de l’eau du fait des excédents de nitrates.

Lait bio et fromages AOC : des alternatives bien moins coûteuses

Deux autres modes de production laitière, l’agriculture biologique et la production labellisée AOC (Appellation d’origine contrôlée), sont comparés au modèle laitier conventionnel. Et la différence est patente ! Les coûts cachés du lait bio descendent à 18 centimes pour 1 euro de chiffre d’affaires, et tombent à 10 centimes pour une fabrication de fromage au lait cru AOC et biologique. Trois fois moins préjudiciables qu’un fromage industriel vendu en grande surface ! « Les élevages laitiers en agriculture biologique sont caractérisés par une moindre intensification, une plus grande autonomie, des niveaux de gaz à effets de serre et d’excédents azotés plus faibles, une meilleure efficacité énergétique, ainsi qu’une meilleure qualité du sol, de l’eau et de la biodiversité », illustre le Basic. Produire de manière plus soutenable est donc possible !

 

 

Tous les coûts cachés ne peuvent être estimés en euros, en particulier la détresse de nombreux éleveurs laitiers. C’est le paradoxe d’une filière qui, économiquement, semble se porter à merveille. La richesse créée est bien mal distribuée. Le fossé entre les revenus des exploitations laitières et céréalières – les seconds servant notamment à nourrir les vaches élevées par les premiers – ne cesse de se creuser. Les revenus des céréaliers sont dix fois plus élevés par heure de travail effectif ! Les grandes entreprises du secteur – Lactalis, Danone, Sodiaal, Bongrain, fromagerie Bel – tirent parfaitement leur épingle du jeu. Et leurs propriétaires également : au palmarès des fortune françaises, la famille Besnier (Lactalis) trône en 11ème position (avec une fortune estimée à 6,5 milliards d’euros), la famille Fiévet (Bel) figure à la 47ème place (1,4 milliard) et la famille Bongrain à la 102ème (640 millions).

Le lait, une richesse bien mal redistribuée

A l’autre bout de la chaîne, derrière les visages souriants des éleveurs apposés sur les bouteilles de lait en supermarchés, se dissimulent des rémunérations parmi les plus basses du secteur agricole : 26 000 euros par an avant impôt. Faiblesse des prix du lait sur le marché, endettement des exploitations, coût des intrants.... Selon l’Insee, l’élevage laitier a perdu 350 000 emplois durant la dernière décennie [2] ! La précarité de l’emploi est aussi importante dans les usines qui collectent le lait, l’embouteillent ou le transforment en fromage, beurre ou crème fraîche. 40% des 56 000 salariés qui travaillent pour l’industrie laitière sont sous contrats à durée déterminée. Deux fois plus, en proportion, que dans le reste de l’industrie agro-alimentaire. S’il est difficile de calculer les coûts induits par une grande précarité de l’emploi, le Basic le chiffre au minimum à trois millions d’euros du fait de l’assurance chômage pour ses salariés précaires.

Pollution de l’eau, gaz à effet de serre, déchets... La transformation du lait en produits pour le consommateur comporte aussi ses effets néfastes. Une usine moderne de transformation du lait rejette de un à cinq litres d’eau pour produire... un litre de lait ! Aux coûts de retraitement des eaux usées s’ajoutent les émissions de CO2 générées par le transport routier. Car les produits laitiers rejoignent massivement les grandes surfaces où 98% y sont achetés. La vente directe apparaît bien négligeable. Devenues incontournables, les grandes chaines de supermarchés françaises misent sur la compétition par les prix au détriment des revenus des éleveurs.

Une bouteille de lait sur deux non recyclée

Les habitudes de consommation laissent aussi derrière elles une lourde empreinte. La moitié des emballages de lait et de yaourts produits chaque année, soit 97 000 tonnes, ne sont pas recyclés. Acheminés en déchetterie ou brûlés dans les incinérateurs, ces emballages coûtent à l’environnement 77,2 millions d’euros. « Au final, si les impacts estimés sont majoritairement générés par l’amont agricole, ce sont tout autant les habitudes de consommation qui sont à la source des impacts sur l’ensemble de la filière, analyse le rapport du Basic. Les agriculteurs sont les premiers à en subir les conséquences en termes de précarité, d’endettement, d’impact sanitaire. »

« Ces données montrent un besoin de se réapproprier les biens de consommation courants et la possibilité de peser dans une filière économique en tant que consom’acteur », commente Tanguy Martin de l’association Ingénieurs sans frontières. Car la filière laitière est à la croisée des chemins. La fin des quotas laitiers au 1er avril 2015 est redoutée par bon nombre d’éleveurs. La dérégulation du prix du lait pourrait encore favoriser les logiques productivistes, avec des élevages encore plus concentrés. « La répartition de la production sur le territoire est indispensable, tout comme les freins à l’agrandissement à outrance. Sans cela, nous ne verrons plus que quelques fermes-usines réparties sur un morceau de territoire », alerte la Confédération paysanne ; à l’exemple du « projet des 1000 vaches » en Picardie. Une méga ferme controversée qui « ne correspond pas au modèle d’exploitation promu par le ministre dans la loi d’avenir pour l’agriculture », souligne le cabinet de Stéphane Le Foll. Qu’en sera-t-il demain alors que la Chine s’intéresse aussi au lait français ?

Intégrer les coûts sociétaux dans le prix du lait ?

L’entreprise chinoise Synutra, deuxième groupe dans le secteur de la nutrition infantile du pays, a posé début janvier la première pierre de sa future usine de fabrication de poudre de lait à Carhaix (Finistère). Une nouvelle qui réjouit les 700 éleveurs bretons adhérents de la coopérative Sodiaal qui devront fournir 280 millions de litres de lait par an, destinés au marché chinois. Mais seront-ils prêts à en payer les coûts cachés ?

7,1 milliards, telle est donc l’addition globale de la filière laitière si l’on prend en compte les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux. Comment valoriser les modes de production les moins polluants ? Surtout, faut-il envisager d’intégrer ces coûts dans le prix du lait ? « Une piste à creuser serait peut-être une TVA différente en fonction des impacts, souligne Sylvain Ly du Basic. La TVA serait minorée si les impacts sont faibles et un système de malus serait appliqué aux produits les plus polluants ». Le système aurait le mérite de rendre la raison à la filière : le lait bio couterait moins cher qu’un lait « intensif ». Interrogé sur ce sujet, le ministère de l’Agriculture n’a pas donné suite.

Les collecteurs laitiers annoncent d’ores et déjà des baisses du prix du lait de plusieurs dizaines d’euros d’ici janvier 2015. Ce qui pourrait conduire à terme à la disparition des exploitations laitières de taille moyenne. Le choix politique de soutenir ou non des modes de production plus soutenables ne se posera alors plus. Sur le terrain, des organisations de la société civile ont décidé de provoquer le débat. Des ateliers d’éducation au développement sont proposés par Ingénieurs sans frontières pour s’approprier les données du rapport et s’interroger sur la souveraineté alimentaire au Nord. Des paysans d’Afrique de l’Ouest, touchés par les exportations de poudre de lait en provenance d’Europe du Nord [3], travaillent également à la reconquête de leurs marchés et d’un revenu digne. Espérons qu’en France le débat s’ouvrira.

Sophie Chapelle et Ivan du Roy

@Sophie_Chapelle
@IvanduRoy

Photo : source

 

 

Notes

[1Le rapport est disponible à cette adresse.

[2De 1 320 000 équivalents temps plein en 2000 à 970 000 en 2010. Source : Agreste, Population agricole, formation et recherche, 2012.

[3D’après les calculs du GRET, les pertes de revenus des producteurs locaux en Afrique sont estimés a minima à 78 millions d’euros en 2012. Le Comité français pour la solidarité internationale travaille avec le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles (ROPPA) de l’Afrique de l’Ouest sur la filière lait, dans le cadre du programme pour la promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest : voir ici


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 17:34

 

 

Source: www.mediapart.fr

 

La baisse des allocations familiales pour les plus riches actée pour 2015

|  Par Mathieu Magnaudeix

 

 

 

La rapporteure PS de la partie famille du budget de la Sécurité sociale pour 2015 confirme que les allocations familiales vont baisser pour les familles aisées, dès 6 000 euros de revenus pour un couple avec deux enfants. Mesure juste ou gadget ?

« Il y a un gros danger politique », s'inquiétait il y a quelques jours ce parlementaire spécialiste des questions sociales. C'est peu dire que les 700 millions d'euros annoncés la semaine dernière sur la branche famille dans le projet de budget de la Sécurité sociale sont mal passés. Ils s'ajoutent en effet aux 3 milliards d'économies prévus pour le seul budget de la Sécurité sociale l'année prochaine, notamment sur l'hôpital et les médicaments. Et aux 21 milliards d'économies sur le budget de l'État qui vont être votés dans les semaines à venir au Parlement. Pour de nombreux parlementaires socialistes, même les moins rebelles, c'était le coup de serpe de trop.

À peine présenté mercredi matin 8 octobre en Conseil des ministres, le projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2015 menaçait d'être retouché. C'est ce qui vient d'être confirmé par Marie-Françoise Clergeau, la rapporteure PS de la partie famille du budget de la Sécurité sociale pour 2015. En commission des affaires sociales, il a en effet été décidé de s'attaquer à un des principes de base du système social français depuis les années 1930 : le caractère uniforme des allocations familiales pour les familles. Pour les couples avec deux salaires et deux enfants, gagnant plus de 6 000 euros brut par mois, celles-ci seront divisées par deux, soit environ 65 euros, contre 129,35 actuellement. Au-delà de 8 000 euros pour ce même couple avec deux enfants, les allocations seront divisées par quatre, soit 32,5 euros environ. « On va avoir une plus grande justice sociale tout en gardant l'universalité », estime Marie-Françoise Clergeau dans des propos rapportés par Le Monde.

D'abord, quelques éléments de contexte. Il y a une quinzaine de jours, le gouvernement a présenté sa copie pour le budget de la Sécurité sociale 2015. Au total, la Sécurité sociale doit économiser 20 milliards d'euros entre 2014 et 2017 – une grosse part des 50 milliards d'économies décidées au début de l'année. Dans le projet pour 2015, on trouve quelques mesures ouvrant des droits nouveaux : tiers-payant intégral pour les bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé, prime de 40 euros pour les retraités touchant moins de 1 200 euros, minimum vieillesse à 800 euros.

Mais il s'agit surtout d'une (nouvelle) diète sévère pour la branche maladie : 3,2 milliards de baisse de dépenses dans les hôpitaux, sur les médicaments ou encore des pénalités financières pour les établissements ne respectant pas les accords passés avec les agences régionales de santé.

À ces mesures, s'ajoutent les fameux 700 millions qui touchent la branche famille de la Sécurité sociale :

  • Une réforme consistant à mieux partager le congé parental entre les parents. Officiellement, pour encourager l'égalité hommes-femmes en incitant la mère puis le père à prendre, par exemple, dix-huit mois de congé chacun – le congé parental peut aller jusqu'à trois ans. Le congé parental vient pourtant d'être réformé. Et cet été encore, les députés PS estimaient qu'aller au-delà de six mois pour les hommes, qui le prennent très peu, était irréaliste. Sans incitation financière supplémentaire, les hommes, qui ont beaucoup à perdre car ils restent 20 % mieux payés que les femmes, ne risquent pas de se bousculer. Or la réforme prévoit que, si l'un des deux parents ne le prend pas, le congé serait ramené à dix-huit mois maximum. Sous couvert d'égalité, c'est surtout une façon de faire des économies substantielles… Ce dispositif a été maintenu ce jeudi par la commission des affaires sociales.
  • La prime de naissance serait amputée à partir du deuxième enfant. Versée au septième mois de grossesse, elle est aujourd'hui de 923 euros, sous condition de ressources. Elle passerait à 308 euros à partir du deuxième enfant. La modulation des allocations familiales a été décidée ce jeudi pour revenir sur cette disposition. La prime de naissance resterait identique à aujourd'hui.
  • La majoration de 64 euros par mois des allocations familiales n'entrerait en vigueur qu'au seizième anniversaire de l'enfant, et pas au quatorzième comme aujourd'hui. 
  • Enfin, le "complément de libre choix du mode de garde" (CMG) ne serait finalement pas réduit. Actuellement versé sans condition de ressources aux familles qui font garder leur enfant de moins de 6 ans par une aide à domicile ou une assistante maternelle, le gouvernement voulait le diviser par deux pour les 20 % des familles les plus aisées. Selon la Cour des comptes, le système actuel est profondément inégalitaire. Les 10 % des familles les plus modestes touchent 120 millions d'euros au titre de cette aide… et les 10 % les plus aisées plus d'un milliard d'euros. Mais la commission des affaires sociales a décidé de le maintenir.

La volte-face ?

Les aménagements proposés permettent de rapporter 700 millions d'euros, autant que ce qu'imaginait le gouvernement. Ils lui permettent surtout de calmer le jeu avec sa majorité, très remontée contre certaines des mesures prévues au départ. Lors de la réunion du groupe PS à l'Assemblée il y a deux semaines, quelques députés PS avaient déjà proposé de « moduler » les allocations familiales pour les plus hauts revenus. En clair, les baisser pour les ménages les plus aisés. « Cette proposition n'est pas celle du gouvernement. Nous allons en discuter avec les parlementaires », avait dit la ministre de la santé Marisol Touraine, dont un proche assure qu'elle n'était de toute façon pas convaincue par les mesures initiales, dénichées à la va-vite pour contenter le ministère de l'économie. Mais François Hollande avait semblé doucher les enthousiasmes de sa majorité. « C'est simplement une technique pour faire des économies ou un principe qui pour l'instant est en discussion et n'a pas été retenu », avait-il affirmé à Milan, où se tenait un sommet sur l'emploi en Europe. Finalement, le locataire de l’Élysée a changé d'avis.

Une bonne mesure?

Chaque année, plus de 12 milliards d'euros sont versés aux 5 millions de familles qui ont plus de deux enfants au titre des allocations familiales. C'est une bonne partie des 31 milliards d'euros de prestations familiales versées par la Sécurité sociale. Créées en 1932 pour encourager la natalité, les "allocs" sont devenus un totem de notre système social. Elles ont la particularité d'être dites "universelles" : le tarif est le même pour toutes les familles (en tout cas toutes les familles au-delà de deux enfants, ce qui relativise leur caractère universel), quel que soit leur revenu : 127 euros par mois au-delà de deux enfants, 290 euros pour trois enfants et jusqu'à 452 euros pour quatre enfants, plus 162 euros pour chaque bambin au-delà.

En fait, raboter les allocations familiales, en les fiscalisant (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui) ou en les plaçant sous condition de ressources n'est pas une idée neuve. Elle resurgit fréquemment dans les cabinets ministériels. « Ça fait vingt ans qu'on en entend parler, c'est un vrai serpent de mer ! » expliquait l'an dernier à Mediapart Antoine Math, spécialiste des politiques familiales à l'Ires.

Raymond Barre y avait pensé dans les années 1980. En 1994, le rapport Minc préconisait de les mettre sous condition de ressources. Premier ministre, Alain Juppé souhaitait les fiscaliser. Son successeur Lionel Jospin et sa ministre Martine Aubry étaient passés aux actes, avant de reculer sous la pression des associations familiales. Ce qui a laissé de mauvais souvenirs à François Hollande, qui était alors premier secrétaire du PS…

La commission Attali (2008 et 2010) avait repris l'idée, en vain. Pendant la dernière campagne présidentielle, Hollande jurait d'ailleurs qu'il n'y toucherait pas. « Je reste très attaché à l’universalité des allocations familiales qui sont aussi un moyen d’élargir la reconnaissance nationale à toute la diversité des formes familiales. Elles ne seront donc pas soumises à conditions de ressources », avait-il répondu à l'Union nationale des associations familiales (UNAF).

En 2013, le président de la Cour des comptes, l'ancien député PS Didier Migaud, a proposé de les fiscaliser, suscitant une nouvelle polémique. Quelques semaines plus tard, un rapport préconisait la « modulation » des allocations familiales des familles « des deux déciles de revenus supérieurs ». Autrement dit : diminuer les allocations des 20 % de familles les plus riches, sans « toucher le haut des classes moyennes ». De quoi rapporter entre 500 millions d'euros et un milliard.

À nouveau, cette mesure suscite une levée de boucliers. Parce qu'elle remet en cause l'"universalité" des allocations familiales, chère à la droite et à une partie de la gauche, à certains syndicats et aux associations familiales (lire par exemple l'argumentaire de l'Unaf). Parce qu'en période de ralentissement économique, elle va peser sur la consommation.

Mais aussi parce que cette mesure purement comptable semble ouvrir une brèche : si les allocations familiales sont modulées en fonction des revenus, pourquoi cela ne serait-il pas aussi le cas demain avec, par exemple, les dépenses de santé ? « La mise sous condition de ressources de l’ensemble des prestations familiales pour une partie des plus aisés – souvent évoquée – est une erreur, écrit Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités. Elle conduira, à plus ou moins longue échéance, à la remise en cause de l’ensemble de la protection sociale le jour où les riches et les bien-portants préféreront payer pour leurs enfants plutôt que pour ceux des pauvres et leurs malades. La France souffre aujourd’hui déjà d’un déficit de politiques universelles. »

Surtout, la mise sous plafond de ressources ne peut pas corriger à elle seule l'effet puissamment anti-redistributif du quotient familial.  Exception française, cette réduction fiscale permet un allègement d'impôt dès le premier enfant. Or selon le Conseil des prélèvements obligatoires, les 10 % des foyers les plus aisés captaient en 2011 46 % des baisses d'impôt qu'il générait (6,5 milliards d’euros sur 14 !). Les 50 % les moins riches, eux, ne bénéficiaient que de 10 % de la ristourne. Quant aux millions de Français non imposables, ils n'en voient pas la couleur. Une forme de redistribution à l'envers, qui profite aux foyers les plus aisés.

Le gouvernement a déjà abaissé cet avantage fiscal à deux reprises, la dernière fois l'an dernier dans le budget 2014, de 2 000 à 1 500 euros par demi-part. L'ampleur des inégalités qu'il entraîne a donc été (un peu) réduite. Louis Maurin propose de le supprimer purement et simplement, et d'augmenter d'autant les allocations familiales en les versant cette fois dès le premier enfant. Une façon de les rendre vraiment universelles. « Le niveau global des allocations familiales serait doublé, ce qui aurait un effet très net de relance de l’activité, le quotient familial d’aujourd’hui servant surtout à alimenter l’épargne des couches aisées, écrit-il. Une grande majorité des familles des catégories populaires et moyennes y gagneraient. En particulier les jeunes couples des classes moyennes au moment de la venue de leur premier enfant. »

En 2011, Terra Nova, proche du PS, proposait son remplacement par un crédit d'impôt forfaitaire par enfant, assorti d'une vraie réforme fiscale pour rendre l'impôt sur le revenu beaucoup plus progressif. Sauf que la grande remise à plat fiscale promise par le candidat Hollande a été enterrée. À défaut de grand chambardement, nous voilà donc condamnés à assister chaque année à des bricolages budgétaires en matière de politique familiale et d'impôt. Et à entendre nos dirigeants débattre sans fin des allocations familiales, qui ne sont qu'une partie du problème.

 

 

 

Source: www.mediapart.fr

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 21:26

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Travail du dimanche : comment le gouvernement veut assouplir le dispositif

Le Monde.fr | 15.10.2014 à 12h42 • Mis à jour le 15.10.2014 à 16h35 | Par Les Décodeurs


 

 

François Hollande avait annoncé en août dans Le Monde une « adaptation de la réglementation sur l'ouverture des magasins le dimanche ». Le projet de loi présenté mercredi 15 octobre par le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, met en œuvre cette annonce et prévoit l'élargissement des dérogations à la règle du repos dominical.

Que prévoit la réforme ?

Le texte prévoit d'élargir les dérogations déjà existantes aux gares et aux « zones touristiques à fort potentiel économique ». Dans ces zones, les commerces auront une autorisation d'office à ouvrir cinq dimanches dans l'année , et jusqu'à douze en cas d'autorisation des maires.

Un repos dominical aux nombreuses exceptions

Le code du travail stipule, dans son article L3132-3, que « dans l'intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche ».

En pratique, le texte contient de nombreuses exceptions. Si l'on imagine difficilement voir les hôpitaux, par exemple, suspendre toute activité le dernier jour de la semaine, d'autres secteurs dérogent également à la règle en vertu de multiples dérogations géographiques, touristiques, économiques ou épisodiques. Ainsi, selon une étude de la Dares, en 2011, 29 % des salariés travaillaient le dimanche, et 16 % de façon occasionnelle.

Le travail dominical en chiffres.

Voir notre infographie complète : Combien de salariés travaillent le dimanche ?

Des dérogations CINQ dimanches dans l'année

Dans les commerces de détail non alimentaire, la règle du repos dominical peut être transgressée jusqu'à cinq fois par an, traditionnellement en période de fêtes ou de soldes. La décision est prise par le maire, sauf à Paris, où elle revient à la préfecture. La rémunération des salariés est dans ce cas au minimum doublée et une contrepartie de repos leur est également accordée.

Des zones exceptionnelles déjà créées

La loi Maillé du 10 août 2009 a créé des « zones d'intérêt touristiques ou thermales » et des « zones touristiques d'affluence exceptionnelle », délimitées par le préfet. Les commerces qui s'y trouvent sont autorisés à ouvrir le dimanche. En revanche, aucune compensation pécuniaire ni aucun jour de repos supplémentaire ne sont prévus pour les salariés, sauf conventions ou accords collectifs dans l'entreprise.

Le projet de loi du ministre Emmanuel Macron prévoit l'élargissement de ces zones aux gares et à des endroits très fréquentés. Par exemple, à Paris, les Champs-Elysées, une partie de la rue de Rivoli et la place des Vosges sont déjà concernés par le dispositif, mais le boulevard Haussmann, qui concentre les grands magasins très prisés et fréquentés, n'en bénéficie pas.

La loi Maillé a également créé des « périmètres d'usage de consommation exceptionnel » dans les agglomérations de plus d'1 million d'habitants (Paris, Lille et Aix-Marseille, mais pas Lyon). Ces dernières, délimitées par le préfet de région sur demande des mairies, permettent l'ouverture des enseignes tous les dimanches en raison d'« habitudes de consommation, importance de la clientèle et/ou étendue de la zone de chalandise ». En contrepartie, des compensations sont offertes aux salariés, comme le doublement du salaire, avec des garanties de repos compensatoire.

Une longue liste de dérogations permanentes

De nombreux secteurs sont toutefois autorisés à travailler le dimanche de manière permanente, la loi définissant très précisément la liste. Il s'agit de dérogations accordées dans les industries où une fermeture ponctuelle endommagerait la matière première. C'est notamment le cas des usines de produits laitiers, contraintes de travailler en continu, sous peine de voir leur production s'altérer. Dans ces entreprises, le travail dominical des salariés, effectué par roulement, est encadré par des conventions collectives. Aucun changement, en revanche, sur leur fiche de paye : la rémunération est la même que lors d'une journée normale.

Les magasins de bricolage ont récemment été officiellement et définitivement ajoutés à cette liste des dérogations par un décret publié le 8 mars 2014. Le gouvernement avait d'abord publié un décret provisoire en décembre 2013, mais ce dernier avait été suspendu en février par le Conseil d'Etat qui, saisi par les syndicats, avait estimé qu'il « existait un doute sérieux sur la légalité ».

Pour d'autres commerces, lorsque la fermeture du dimanche est considérée comme « préjudiciable au public » ou compromet son « fonctionnement normal », un préfet peut prendre la décision, au cas par cas, d'accorder l'ouverture d'une enseigne le dimanche. Dans ce scénario, le travail dominical se fait sur la base du volontariat.

  • Les Décodeurs
    Journaliste au Monde

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22