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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 15:16

 

Source : www.marianne.net

 

 

Contre la privatisation de la Constituante
Mercredi 12 Novembre 2014 à 05:00

 

André Bellon*

 

André Bellon, président de l’Association pour une Constituante créée il y a sept ans, se réjouit qu'il y ait enfin "un débat sur les institutions en France". Mais il remarque que certains des politiques qui se sont emparés du sujet "jusqu'alors, s’accommodaient du système". Dommage "car, écrit-il, au-delà du système lui-même, la crise est celle de la légitimité, celle des partis comme des principales personnalités politiques qui en sont le produit".

 

"Ouverture des États généraux" par Helman et Monnet - BNF - Wikimedia commons - cc
"Ouverture des États généraux" par Helman et Monnet - BNF - Wikimedia commons - cc
La chose apparaît aujourd’hui entendue. Il y a un débat sur les institutions en France. Chose étrange après des décennies pendant lesquels gauche et droite ont encensé la stabilité du régime, y compris Mitterrand président qui avait pourtant bâti son image sur la critique de la Ve République.

Stabilité ? De quoi ? De l’absence de toute censure du chef de l’État ? De la soumission du Parlement à l’exécutif ? De la disparition de toute souveraineté populaire ? De la dissolution de toute volonté nationale dans les choix de Bruxelles ?

Ce qui est sûr, c’est que cette fameuse stabilité est avant tout celle d’un pouvoir sans contrôle, c’est-à-dire de la dilution de la démocratie au prétexte d’un intérêt national qui a, d’ailleurs, de moins en moins de signification. Ce qui est sûr, c’est qu’au nom de cette stabilité, on empêche le débat normal en démocratie ; de ce fait, s’est développée chez les citoyens une haine des politiques qui mène au mieux à l’abstention, au pire à l’extrême droite.

Alors que le feu est depuis des années dans la maison, on appelle enfin les pompiers pour éteindre les braises. Pourquoi pas ? On peut se féliciter de cette prise de conscience tardive. Encore faudrait-il que ceux qui, jusqu’alors, s’accommodaient du système, voire même y participaient, ne se présentent pas trop comme les sauveurs.

Peut-être Claude Bartolone, Hervé Morin, Jean-Luc Mélenchon, et pas mal d’autres… auraient-ils été pris au sérieux il y a dix ans en proposant de réformer le système politique. Mais aujourd’hui leur crédibilité est trop atteinte pour que leurs propositions soient reçues autrement que par un intérêt poli.

C’est pourquoi il est impossible d’en sortir par des propositions institutionnelles clefs en main. L’appel à l’élection d’une Assemblée constituante au suffrage universel n’est donc pas une proposition démagogique, encore moins une commodité pour évacuer le problème. Elle est la seule manière de responsabiliser les citoyens en leur permettant de se réapproprier ce bien commun qu’est la vie publique. Elle est la seule solution démocratique, rassembleuse et pacifique qui permette d’éviter la sortie de crise par une affirmation autoritaire du pouvoir.

Car, au-delà du système lui-même, la crise est aujourd’hui celle de la légitimité, celle des partis comme des principales personnalités politiques qui en sont le produit.

L’existant doit s’incliner devant la nécessité du salut public. Le renouveau ne saurait émerger du simple ravalement des institutions actuelles, par exemple en transformant l’Assemblée nationale actuelle en Constituante, méthode anti démocratique pour laquelle elle n’a pas été élue. Si une Assemblée ad hoc, la Constituante, est nécessaire, c’est qu’elle seule peut créer les conditions d’un débat collectif des citoyens, prenant en compte leurs volontés et leurs doléances. N’y voir, comme le font certains — non sans arrières pensées — que des risques de débordement, c’est nier l’extrême violence de la situation actuelle.

Nous avons créé l’Association pour une Constituante il y a sept ans après le déni de démocratie qu’avait constitué la signature du Traité de Lisbonne bafouant le vote des français le 29 mai 2005. Nous entendions alors répondre autant à ceux qui méprisaient la démocratie qu’à ceux qui voulaient récupérer à des fins partisanes la fureur des citoyens dépossédés de leur souveraineté. De même qu’à l’époque, l’action des partisans d’un candidat du « non de gauche » à la présidentielle nous paraissait absurde, diviseuse et sans issue démocratique, de même aujourd’hui, les tentatives de Jean-Luc Mélenchon pour privatiser la Constituante et les propositions constitutionnelles nous semblent détruire l’idée même de reconstitution du peuple. Car le peuple, dans son acception politique et juridique, n’est ni de droite, ni de gauche. Il est. Et c’est cette réalité collective qu’il s’agit de reconstituer contre le maintien d’un existant en état de décomposition avancée autant que contre les risques d’issues antidémocratiques à la crise.

Qu’il existe des fractures fondamentales dans la société est une évidence. Si l’appel au peuple se fait au-delà de ces clivages, cela ne veut pas dire que ceux-ci sont niés. Dans le cadre de la Constituante, les oppositions pourront évidemment s’exprimer, alors qu’elles sont aujourd’hui instrumentalisées par une classe politique opportuniste.

Le besoin de peuple (largement inscrit dans l’actuelle Constitution ainsi que dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen) est de plus en plus aujourd’hui une évidence pour faire face aux défis nationaux ou internationaux. Un pays sans peuple n’a pas d’avenir.

* André Bellon est ancien président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et président de l’Association pour une Constituante.

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 22:45

 

Source : www.liberation.fr

 

 

Monsieur Macron, la France meurt de son obsession de la hiérarchie

 

TRIBUNE

Face aux discours dépressifs sur la croissance, une hypothèse et ses propositions : seule une autre représentation du monde et des valeurs différentes, mises en acte, peuvent relancer l’économie en modifiant le climat du pays. Dès les débuts du capitalisme, le processus de rationalisation s’est tendu vers un minimax : minimum de dépense, maximum de rendement. Pour cela, l’entreprise s’est organisée de façon hiérarchique, se modelant sur l’échelle de valeur ancrée dans les mentalités : «l’esprit» et la tête en haut, «la matière» et le corps en bas. Monde de la verticalité qui fonde la valeur des rangs et des positions, entraînant avec lui le dit champ du «manuel». Mépris d’un corps utilisé très vite comme source d’extraction d’une énergie. Des hommes appréhendés comme sans histoire, sans mémoire, alors même que l’entreprise s’est construite par eux, avec leur histoire, leur désir et motivation. De cet irrespect à l’égard d’hommes singuliers devenus calcul, quantité, le manque de confiance et la morosité sapent l’élan sans lequel un pays ne peut prospérer.

Emmanuel Macron, vous avez soutenu le «pacte de responsabilité», ses charges allégées, ses procédures simplifiées, autant de vecteurs féconds pour le vécu des entrepreneurs. Mais les deux termes supposent un engagement dans le temps, dont la durée ne comporte plus de fiabilité. D’un côté, 41 milliards pour refaire les marges, les entrepreneurs soutenus, une victoire psychologique, certes. De l’autre, comment cette victoire peut être performée si les salariés ne sont plus motivés, et que perdure la représentation de n’être plus que de l’énergie à consumer ? Le problème est mal posé. L’argument des entrepreneurs ? Dans le monde concurrentiel actuel, il est impossible de «fixer» des contreparties bloquant la souplesse. Conclusion pour la plupart : «Les contreparties, on verra». Investir, innover, embaucher ? Le point d’interrogation garde son secret. Pas les dividendes.

Dans cette unilatéralité, que veut dire «pacte» ? Peut-être existe-t-il une autre perspective où l’idée même de «contreparties» se transforme. Pour cela, il devient opportun d’entrer dans une autre représentation du monde où le salarié n’est plus perçu comme un corps sans tête, sans idées, mais dans la potentialité ouverte d’un corps-esprit semblable aux autres du point de vue de l’espèce, mais singulier du point de vue de l’individu. Et s’il y a pacte de responsabilité, il ne peut que répondre à lui. Comment ? En ouvrant un possible : faire de l’entreprise une aventure partagée. Qui laisse à chacun la possibilité de contribuer à cette aventure, et ce faisant de retrouver l’élan. Non plus alors des hommes sans tête, mais des hommes qui œuvrent, proposent, actifs tous, un à un, dans la responsabilité de leur entreprise.

De nouvelles valeurs d’horizontalité sont en train d’émerger : économie collaborative, sociale et solidaire, Scop. Si l’entreprise n’intègre pas un minimum de ces valeurs, les affrontements sociaux seront violents. Car, on ne prive pas impunément l’homme humain de ce qui le fait humain, un devenir antidestin, sans les retours de bâton du ressentiment. Ce changement peut s’appeler «partage de la gouvernance». Ou plus simplement partage du plaisir de l’aventure.

Cela implique des dispositifs concrets dont certains peuvent, surtout dans les PME, se mettre en place très vite : formation à la gestion et comptabilité, favorisant la compréhension de ce qu’est l’entreprise, ses risques et difficultés ; intéressement aux bénéfices pour tous les salariés ; mode d’organisation, facilitant rencontres et passage de l’information ; cadre public où des propositions peuvent être faites par tous ; actes collectifs donnant l’occasion de se connaître, où tous peuvent témoigner de leur contribution ; lieux de rencontre sans discrimination de statuts : cantines, salles de sport ; crèches subventionnées par les secteurs public et privé, le crowdfunding pouvant participer. Ensemble de dispositifs comme prémices au monde d’une horizontalité démettant la hiérarchie scalaire.

Ce sens hiérarchique - places fixées à chacun - entrave l’élan de la France. Voulez-vous obtenir un rendez-vous dans un ministère, un organisme public, proposer une idée ? Soit on ne vous répondra pas, soit on le fera dans une bienséance de Cour qui a appris à laisser en suspens un «oui», en pensant déjà «non». L’Ancien Régime continue d’exister en France. Avec ses «Hauts Conseils». Au Canada, en Australie, aux Etats-Unis, les distances hiérarchiques sont moindres, la communication plus rapide, un passage des idées créant des synergies créatives est possible. A l’ère du numérique horizontal, la France meurt de son souci de verticalité. La Cour continue avec son obsession des places, la rétention d’information, la surveillance malsaine et improductive.

Alors, si vous voulez cette fameuse «croissance», faites que, dans les entreprises, les hommes ne soient pas réduits à de l’énergie à «traiter». Vous avez avancé l’idée d’intéressement aux bénéfices. Ce n’est que justice, ni de droite ni de gauche. Qu’il puisse y avoir aux conseils d’administration, délégués syndicaux et salariés formés, présents à tour de rôle, sera perçu pour beaucoup comme un crime de lèse-majesté. Mais le temps du roi a vécu, la démocratie est là, censée être là, sans naïveté de croire que l’intérêt commun peut être laissé au bon vouloir. L’idée de «pacte» tendait à préserver l’esprit de liberté. Mais un pacte suppose déjà en amont ce qui est requis ici comme étant à venir, seulement possible : le sentiment et les actes d’une responsabilité.

En tant que ministre de l’Economie, vous avez le choix politique de laisser l’intérêt commun aux aléas d’un pari ou de poser par la loi sa garantie. Par elle, un pas vers l’horizontalité démocratique, par lui, un nouvel espoir, son élan. Et comme musicien, vous avez certainement l’oreille pour écouter la musique qui unit partition commune et interprétation singulière. Alliance où le commun est fécondé du singulier et de sa vie, unique.

Elisabeth GODFRID Philosophe au CNRS, écrivaine
                                                                                                                                                                                                                             Source : www.liberation.fr


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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 22:35

 

Source : larotative.info

 

 

Analyse et réflexion Travail - Syndicalisme

Chez Total, il n’y a pas que les patrons qui meurent
Publié le 5 novembre 2014 | Mise à jour le 10 novembre

La mort du patron de Total dans un accident d’avion le lundi 20 octobre a été abondamment commenté par les médias. Un traitement médiatique qui occulte le fait que 79 salariés du groupe Total sont morts au travail entre 2008 et 2013.

Huit accidents de travail mortels en 2008. Vingt-et-un en 2009. Dix-sept en 2010. Au fil des pages des « Rapports société et environnement » publiés par le groupe Total [1], on voit s’accumuler les morts. Une bonne part des décès recensés dans le groupe correspond à des accidents de transport, dans des pays où les infrastructures routières laissent à désirer, notamment en Afrique. Mais en 2013, sur les quinze accidents mortels enregistrés, sept ont eu lieu dans les usines de Total.

En interne, la CGT dénonce une vision de la sécurité tournée uniquement vers les chiffres. Un militant explique :

« Le dada de la direction, en matière de sécurité, c’est de se positionner par rapport à ce que déclarent les autres majors pétrolières. Or, nous, on a toujours dit que les chiffres des autres groupes étaient bidons, puisqu’on sait que nos chiffres sont bidons. On sait que certains accidents sont camouflés, notamment chez les sous-traitants, puisque la direction leur met la pression pour qu’ils diminuent leurs taux d’accidents. Total les menace de sanctions, voire de rupture de contrat. Donc on sait pertinemment que certains sous-traitants camouflent les chiffres d’accidents, et on en a chopé certains. »

Si, d’après ce syndicaliste, la fusion entre Total et Elf a entraîné d’importants progrès en matière de sécurité, la fiabilité des déclarations d’accidents de travail est toujours sujette à caution.

L’objectif de la direction n’est pas tant d’améliorer la sécurité que de faire baisser le TRIR — le « Total Recordable Injury Rate », c’est-à-dire le nombre d’accidents déclarés par million d’heures travaillées. Et le fait que ce TRIR soit pris en compte pour le calcul de l’intéressement et de la participation est de nature à encourager le camouflage de certains accidents.

Les usines Total étant dangereuses, elles font l’objet d’une surveillance particulière de la part de l’administration, et les directions des sites donnent aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail les moyens de fonctionner. Néanmoins, les recommandations et alertes formulées par ces instances sont insuffisamment suivies d’effets aux yeux du syndicat CGT : « C’est la conséquence d’un arbitrage permanent entre les coûts et la sécurité ».

Ainsi, la nouvelle campagne de réduction des coûts qui a été lancée dans le raffinage a d’abord frappé des postes de maintenance, indispensables à la sécurité, ce qui fait craindre une nouvelle dégradation des résultats en la matière. Une crainte qui a été relayée dans le communiqué de presse de la CGT adressée aux médias suite à la mort du PDG de Total :

« Cet accident rappelle malheureusement que la sécurité dans les transports, qu’ils soient terrestres ou aériens, ainsi que la sécurité sur nos installations industrielles, n’est pas garantie, occultés souvent par les principes financiers.

Combien de salariés perdent leur vie en venant la gagner sans que cette question ne soit abordée souvent qu’en termes de coûts ? Pour la CGT, tout doit être mis en œuvre pour préserver la santé et la vie de l’ensemble des salariés, et ce en toutes circonstances.

C’est ce pourquoi la CGT milite en permanence dans les instances représentatives du personnel. C’est le sens des propos que la CGT a toujours tenu en présence du PDG de TOTAL, Monsieur de Margerie.

Mais force est de constater que, selon nous, les alertes que nous lançons ne sont pas suffisamment prises en considération. L’arbitrage entre objectifs financiers et sécurité est encore trop souvent fait au détriment de la santé et sécurité, et ce, malgré les propos contraires que C. de Margerie nous a toujours opposé. »

Sans surprise, les grands médias ne se sont pas arrêtés sur ces considérations un peu triviales, et ont préféré rendre « un hommage unanime au plus grand patron français ».

Photo : raffinerie Total, par Luc Poupard


Notes

[1Consultables sur le site de Total, onglet « Médias » puis « Publications ».

 

Source : larotative.info

 

 

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 22:10

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Violences policières

Mort de Rémi Fraisse : quelles sont les chances que justice soit faite ?

par Ivan du Roy 10 novembre 2014

 

 

En France, il est toujours difficile de faire la lumière sur les affaires de violences policières, même quand celles-ci provoquent la mort. Dans plus d’un homicide sur deux, la Justice n’a tout simplement pas été saisie ou les poursuites sont abandonnées sans conclusion claire. La mort d’un militant antinucléaire, à Creys-Malville, en 1977, s’était d’ailleurs conclue par un non-lieu. Les suites qui seront données au décès de Rémi Fraisse, le jeune militant écologiste tué dans le Tarn par l’explosion d’une grenade, feront-elles exception ?

Rémi Fraisse est la 8ème personne tuée par les forces de l’ordre dans le cadre d’une manifestation, depuis la fin de la guerre d’Algérie [1]. Les résultats de l’enquête sur les circonstances de sa mort devraient être connus avant le 15 novembre, si l’on en croit l’engagement pris par François Hollande : « D’ici huit jours », a-t-il déclaré le 6 novembre sur TF1. La question des causes de la mort ne devrait pas révéler de surprises, au vu des nombreux témoignages recueillis depuis que les gendarmes ont récupéré le corps sans vie du jeune homme dans la nuit du 25 au 26 octobre : il a été tué par l’explosion d’une grenade offensive. Une quarantaine de ces grenades auraient été lancées dans la nuit, selon les informations de Mediapart, moitié moins selon le directeur général de la gendarmerie nationale Denis Favier. Ce qui est déjà considérable.

L’enquête devra cependant déterminer si l’usage de ces armes était justifié du point de vue de l’Etat de droit ou non. Avant 2009, le recours aux grenades offensives devait être spécifiquement autorisé par le Préfet ou répondre à une nécessité de légitime défense, dans le cas où la vie des agents des forces de l’ordre est clairement menacée. Depuis 2009, suite à la réforme réalisée par Michèle Alliot-Marie, grande admiratrice du maintien de l’ordre à la française, ces conditions d’emploi ont été assouplies. Une autorisation des autorités civiles n’est plus nécessaire. L’enquête devra également éclairer la chaîne de responsabilités, du gendarme qui a lancé la grenade jusqu’au Préfet du Tarn, Thierry Gentilhomme, qui a, semble-t-il, donné des consignes de grande fermeté.

Mais ce qui s’est passé depuis la mort du militant écologiste augure mal des suites qui lui seront données. Le gendarme ayant lancé la grenade mortelle n’a pas été provisoirement suspendu le temps que l’enquête suive son cours. Le procureur d’Albi n’a pas cru bon d’ouvrir une information judiciaire. Le 28 octobre, la famille de Rémi Fraisse a donc été obligée, comme tant d’autres avant elles, de porter plainte contre X pour homicide volontaire « par une ou plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ». Un juge d’instruction devra donc être saisi.

Non-lieu ou euro symbolique ?

Ceux qui, comme nous, souhaitent que la lumière soit faite sur ce drame ne sont pas au bout de leur peine. L’absence de suites judiciaires ou l’abandon des poursuites caractérisent les affaires d’homicides impliquant les forces de l’ordre. Y compris pour les personnes tuées dans le cadre d’une manifestation. Il suffit de remonter quelques années en arrière. Pierre Beylot, un jeune ouvrier de 24 ans de l’usine Peugeot de Sochaux, et syndicaliste de la CGT, est tué de trois balles dans la poitrine par un CRS, lors d’un piquet de grève, le 11 juin 1968. Résultat ? Pas de suites judiciaires connues (un autre ouvrier est tué, après une chute provoquée par le souffle de l’explosion d’une grenade offensive). Un an plus tard, à Paris, alors que des CRS tentent de déloger des étudiants qui se sont réfugiés dans un immeuble, le concierge meurt asphyxié par des gaz lacrymogènes dans son appartement après que les vitres de son domicile aient été brisées par des grenades offensives. Il n’y aura pas de suites judiciaires mais une indemnisation discrète de la veuve par la Préfecture de police.

Le 31 juillet 1977, 20 000 militants antinucléaires manifestent contre le projet de centrale nucléaire au sodium Superphénix, à Creys-Malville (Isère). Des affrontements éclatent à proximité du site protégé par un déploiement impressionnant de policiers, gendarmes et militaires. Vital Michalon est touché aux poumons par l’éclat d’une grenade offensive tirée par des gendarmes mobiles et meurt asphyxié. Les similitudes avec le drame du Testet ne s’arrêtent pas là. Un premier communiqué du procureur de la République impute alors la mort à un arrêt cardiaque et à un « engin de fabrication artisanale ». 37 ans plus tard, les autorités ont entretenu l’ambiguïté sur le contenu du sac de Rémi. A Creys-Malville, la famille du militant écologiste de 31 ans porte plainte contre X en se constituant partie civile. Résultat ? Non-lieu.

Bavures : la culture du silence

Seule la mort de Malik Oussékine, tué le 6 décembre 1986, débouchera sur la condamnation des responsables. Alors que des manifestations étudiantes se déroulent dans le Quartier latin à Paris, le jeune homme de 23 ans est interpellé et passé à tabac par des agents du « peloton des voltigeurs », des policiers armés de matraques circulant à moto. Malik meurt d’une crise cardiaque. Suite à la « bavure », ce peloton très spécial sera dissous. Et deux policiers sont condamnés respectivement à 5 ans et 2 ans de prison avec sursis. En novembre 1987, c’est un retraité et militant communiste, Lucien Barbier, qui décède lors d’une manifestation à Amiens suite à un matraquage qui lui provoque une fracture du crâne. L’État sera condamné à payer… un franc symbolique. Ces quelques exemples – parmi bien d’autres – montrent que l’État français a bien du mal à faire la lumière sur les violences policières et à reconnaître les éventuelles responsabilités de ses forces de l’ordre en cas de bavures (voir notre base de données en cours d’actualisation sur le sujet) [2].

Ce 8 novembre, alors que les manifestations en hommage à Rémi Fraisse étaient interdites à Toulouse et à Rennes, entre 3 000 et 5 000 personnes se sont rassemblées à Paris contre les violences policières. Parti de Bastille, le cortège composé de lycéens, des syndicalistes, de militants de mouvements de gauche et de proches de victimes de ce type de violences, s’est arrêté Place Gambetta, à quelques pas de l’endroit où un jeune du quartier est décédé en juin 2007. Lamine Dieng, 25 ans, est mort étouffé dans un fourgon de police après son interpellation. La famille ne sera prévenue que 36 heures plus tard et portera plainte contre X. Sept ans après les faits, en mai 2014, la justice donne enfin sa réponse : non-lieu. Ils sont des dizaines dans ce cas. La mort de Rémi Fraisse et l’engagement du Président de la République marqueront-ils un tournant dans cette culture du silence ?

Ivan du Roy

Photo : Ivan du Roy

 

Notes

[1Cette période avait vu la mort de centaines de manifestants, en particulier le 17 octobre 1961 avec la sanglante répression des rassemblements pour l’indépendance de l’Algérie, puis la mort de neuf personnes au métro Charonne à Paris, le 8 février 1962, lors d’une manifestation contre la guerre d’Algérie et l’OAS.

[2Les deux autres manifestants tués pendant une manifestation sont : Henri Blanchet, ouvrier de l’usine Peugeot de Sochaux en grève. Le 11 juin 1968, il chute d’un muret, déséquilibré par le souffle d’une grenade offensive tirée par des CRS venus « débloquer » l’usine. Son crâne est fracturé. Et le militant d’extrême-droite Sébastien Deyzieu qui, poursuivi par des policiers en civil, tombe du toit d’un immeuble le 9 mai 1994. La justice conclut à un accident.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 20:03

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Les deux mécanismes qui provoquent le gaspillage des terres agricoles

Jeanne Sézanne

samedi 8 novembre 2014

 

 

 

Depuis trente ans, le désastre de l’artificialisation forcenée des terres sévit en France, recouvrant chaque jour un peu plus le pays de parkings, centres commerciaux, Center parcs ou autres autoroutes... Un phénomène dont la cause peut se trouver dans deux mécanismes de niveau local rendant impossible son arrêt ou son ralentissement. Décryptage.


Madame Polony, chroniqueuse du Figaro, a découvert dans ce texte, « L’insupportable uniformisation des paysages », le désastre en cours depuis trente ans en France : la destruction des paysages, des sols, du territoire par le remplacement des prairies, champs, bois et zones humides par des centres commerciaux, zones d’activité (ZA), centres de loisirs (Center parcs, Disney Land, Pierre et Vacances), nœuds routiers, nappes de pavillons et autres.

Mais si l’observation est juste, la cause alléguée ne l’est pas. La source du problème n’est pas à « Paris », chez les hauts fonctionnaires et politiques nationaux, mais bien dans les territoires, villes et villages. Deux mécanismes de niveau local rendent impossible l’arrêt ou du moins la décrue du phénomène.

Un : le mirage des emplois

Le premier mécanisme fait des ravages. Il s’agit de l’absence d’analyse critique et de vérification des chiffres d’emplois et de richesse promis sur un territoire par les projets d’urbanisme requérant le permis de construire et d’aménager.

Les maires se voient proposer des dizaines de projets d’urbanisation qui promettent emplois et activité économique. De petits projets sur des territoires ruraux parfois en déshérence (lotissement de pavillons ou petite zone d’activité) ou de très grands projets comme Disneyland Paris dans les années 80 et Europa City (Groupe Auchan à Gonesse) aujourd’hui. Les porteurs de projets promettent des dizaines, des centaines ou des milliers d’emplois.

Qui vérifie concrètement, qui compte, qui qualifie les emplois réellement acquis au territoire après la mise en service de l’aménagement ? Personne. Jamais. Les travaux de Jacqueline Lorthiois, urbaniste et économiste de l’emploi, sont très riches à cet égard.

Dans les années 1970, le Préfet Lachaize promettait aux maires de la zone autour de Roissy-en-France, réticents à l’idée du projet, 70 000 emplois pour justifier la création de l’aéroport Charles de Gaulle (plus de 3 000 hectares urbanisés). Mme Lorthiois décompte aujourd’hui 18 300 emplois dont 5 000 de personnel naviguant des compagnies aériennes, volant, donc faussement qualifiés d’emploi local.

DisneyLand Paris avait de son côté promis jusqu’à 100 000 emplois dans la zone de Marne-La-Vallée en 1985 (2 200 hectares urbanisés), le compte est aujourd’hui de 12 000. Europa City, centre de loisir du Groupe Auchan prévu à Gonesse sur 100 hectares des terres les plus fertiles d’Europe promet 12 000 emplois. Qui peut le croire ?

Ainsi, qui mène l’analyse critique, la vérification des chiffres emplois et richesse pour le territoire lors du dépôt du projet et de la pression sur le maire ? Pas les petites communes qui n’en n’ont pas les moyens. Quant aux grandes communes qui disposent de services techniques, elles ont intérêt à croire les chiffres pour les « vendre » à leurs citoyens électeurs.


- Rassemblement contre un projet de Center Parcs, près de Grenoble, le 21 octobre 2014. -

Chacun d’entre nous connait des zones commerciales ou d’activités quasiment vides, parfois en friche, en grande difficulté économique. N’apportant pas au territoire le tiers des emplois promis. Notons par ailleurs que DisneyLand Paris est très largement…déficitaire.

Deux : le pouvoir de rendre constructible

Le pouvoir de rendre constructible un terrain appartient exclusivement au Maire et à son conseil municipal (en dehors des cas dits de OIN, « Opération d’Intérêt National », où l’Etat impose la constructibilité. La question qui se pose ici est celle des critères de définition d’un OIN qui impose aux citoyens des projets... aux retombées souvent exclusivement privées. Le Grand Paris ou la vallée du Var, près de Nice, sont des exemples criants de ce type d’arrangements).

Le maire et son conseil portent la compétence de développement économique de leur territoire et ne savent souvent pas faire autrement qu’offrir du foncier à la construction pour répondre à cette obligation.

Par ailleurs, la nature même de la fonction de maire le pousse à chercher la réélection, mandat après mandat parfois sur des décennies. Se faire réélire, c’est faire plaisir, accorder aux citoyens, où à certains d’entre eux, ce qu’ils désirent. Accorder à l’entrepreneur de BTP local le lotissement d’une zone, accorder la constructibilité de son terrain à l’agriculteur qui prend sa retraite et veut compléter ses revenus, c’est mettre toutes les chances de son côté pour une réélection.

Enfin se pose le cas, non systématique mais répandu de la corruption et des prises illégales d’intérêt : le cas du lotissement en zone inondable de la Faute-sur-Mer (détruit par la tempête Xynthia), est un cas d’école, encore en cours de jugement : il semble que les terrains rendus constructibles par l’adjointe à l’urbanisme appartenait… à cette dame, le lotissement était effectué par son fils, agent immobilier, et les maisons construites par l’entreprise de l’un des conseillers municipaux...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 18:55

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Des passe-droits permettent à la famille royale du Qatar d’acheter un palace

|  Par Laurent Mauduit

 

 

 

Le tribunal de commerce de Nice a permis à la famille royale du Qatar de faire l'acquisition d'un palace près de Menton, alors que son offre était hors délai et imprécise, qu'elle a profité de la publicité entourant les offres rivales et qu'elle n’était pas assortie de la garantie bancaire exigée.

Pour qui veut savoir comment les tribunaux de commerce rendent malheureusement trop souvent la justice en France, c’est une affaire qui en révèle tous les ressorts. Une affaire emblématique des passe-droits que tolèrent parfois ces juridictions : installé sur un formidable pic rocheux qui domine toute la baie de Roquebrune-Cap-Martin, près de Menton (Alpes-Maritimes), l’un des grands palaces du sud de la France, l’hôtel Vista, va être racheté par la famille royale de l’émir du Qatar, alors que celle-ci n’a pas été soumise aux mêmes obligations et astreintes que les autres candidats au rachat.

Le plus étonnant dans cette affaire, c’est qu’il suffit de lire ce jugement pour deviner tous les passe-droits dont l’ancien émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, a profité pour mettre la main sur ce palace, qui va venir s’ajouter à toutes ces autres luxueuses acquisitions : le Palais de la Méditerranée et le Martinez en France, le Four Seasons à Florence ou la Cigale au Qatar… Voici ce jugement :

 

 

Au début, l’histoire est banale. En situation de redressement judiciaire, le palace doit faire l’objet d’une cession. Désigné par le tribunal de commerce de Nice, l’administrateur judiciaire impose donc des règles très strictes auxquelles devront se conformer tous les candidats qui souhaitent déposer une offre de rachat. Il est ainsi prévu que tous les candidats intéressés devront déposer leur offre au plus tard le 3 septembre 2014, 16 heures, avec un chèque de garantie équivalent à 10 % du montant de l’offre. Plusieurs candidats au rachat se mettent donc sur les rangs avant l’échéance annoncée, parmi lesquels deux hommes d’affaires, Philippe Journo, qui représente la Compagnie de Phalsbourg, un groupe spécialisé dans l’immobilier commercial, et Olivier Carvin, qui représente un groupe hôtelier dénommé Maranatha.

Mais une heure après la clôture des offres, les règles sont soudainement modifiées : l’administrateur judiciaire annonce aux candidats qui se sont mis sur les rangs que le délai est en fait repoussé jusqu’au 19 septembre suivant, étant entendu que tous ceux qui auront déposé une offre avant cette échéance – et seulement eux – auront la possibilité de l’améliorer jusqu’au 17 octobre.

La plupart des candidats en lice profitent donc de la circonstance pour faire une offre un peu plus attrayante. La compagnie de Phalsbourg, par exemple, relève son offre de 17 à 20,7 millions d’euros.

Des irrégularités en cascade

Dans les jours qui suivent le 19 septembre, nouvelle date butoir au-delà de laquelle aucune nouvelle offre ne peut être déposée, il semble donc probable que le palace va tomber dans l’escarcelle soit de la Compagnie de Phalsbourg, soit dans celle du groupe Maranatha. Et il semble proprement impossible qu’un nouveau candidat fasse une offre : d’abord, la date butoir est désormais dépassée ; de surcroît, des fuites ont eu lieu dans la presse, et le détail des offres des différents candidats au rachat est maintenant connu. Accepter l’entrée dans la compétition d’un nouveau candidat au rachat fausserait donc la sincérité de la vente.

Et pourtant, c’est ce qui advient. Le 14 octobre, un nouveau candidat au rachat se met sur les rangs. Il s’agit d’une mystérieuse société dénommée Société d’exploitation et de détention hôtelière Vista, contrôlée par une tout aussi mystérieuse société dénommée Sarl French Properties Management, représentée par une certaine Chadia Clot. Ces coquilles sont en fait la propriété de l’ancien émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, qui est à tu et à toi avec une bonne partie du CAC 40 et dont les biens en France sont considérables. L’idée de la figure de proue de la monarchie qatarie est d’acheter le palace non pas pour en poursuivre l’exploitation mais pour son usage personnel et celui de ses proches.

Dans un premier temps, les autres candidats au rachat peuvent penser que leur rival n’a aucune chance, puisqu’il est hors délai. Et pourtant non ! Le 5 novembre, au terme d’un délibéré auquel participe notamment Fabien Paul, le président du tribunal de commerce de Lille, ce sont les Qataris qui l’emportent. Ce qui suscite une vive indignation dans toute la région, comme en témoigne par exemple cet article de Nice-Matin.

Et il suffit de lire le jugement lui-même pour comprendre à quel point l’émir a été avantagé. Primo, il est bien rappelé dans le jugement que selon « le dernier alinéa de l’article R631-39 du Code du commerce », « toute offre doit être communiquée à l’administrateur dans le délai qu’il a fixé ». Ce qui dans le cas présent n’a pas été le cas. Pourtant, le tribunal va passer outre.

Deuxio, le tribunal entérine le fait que les Qataris ont eu un avantage formidable sur leurs rivaux : connaissant le détail des offres en compétition, ils ont pu surenchérir et écraser la concurrence, en proposant 30,5 millions d’euros.

Tertio, le tribunal présidé par Fabien Paul va donner l’avantage aux Qataris, alors même que dans le jugement il est précisé que « l’offre est imprécise » sur plusieurs points : « sur la présentation du repreneur et ce dans la mesure où il ne dispose d’aucuns comptes et états financiers et qu’il ne connaît pas le bénéficiaire économique ultime des sociétés luxembourgeoises et hollandaises propriétaires finales des participations du repreneur et de son représentant légal la société French Properties ; sur le projet économique de la reprise ».

Quarto, on découvre également dans le jugement que si les autres candidats à la reprise ont dû, pour concourir, présenter une garantie bancaire – ce qui est une procédure coûteuse pour le requérant –, les Qataris, eux, ne se sont pas plus soumis à cette astreinte. « L’administrateur judiciaire réclame en outre que le repreneur adresse une nouvelle garantie autonome à première demande sur le prix offert conforme aux règles du droit bancaire français ou un chèque bancaire, celle fournie n’étant pas conforme », peut-on lire dans le jugement.

Bref, rien ne s’est passé dans les règles. Le repreneur a déposé une offre hors délai ; cette offre était imprécise ; elle a profité de la publicité entourant les offres rivales ; elle n’était pas assortie de la garantie bancaire exigée. Et pourtant… c’est elle qui l’a emporté.

Les candidats éconduits ont naturellement très mal pris la chose. « La Société Maranatha, estimant que les règles n’ont pas été égalitairement respectées, étudie l’opportunité d’introduire un appel-nullité contre le jugement du tribunal de commerce de Nice rendu ce jour (…). Le groupe Maranatha ne conteste pas le choix du repreneur mais le non-respect d'une procédure destinée à garantir l'égalité des candidatures, non-respect qui met en cause un principe de droit », a ainsi réagi dans un communiqué l’un des candidats.

« Il y a eu deux justices : l’une pour les repreneurs français qui devaient respecter toutes les règles ; l’autre pour les Qataris qui ont fait ce qu’ils voulaient avec la complicité des juges consulaires. C’est un pur scandale ! » nous a déclaré Philippe Journo, de la Compagnie de Phalsbourg.

Mais par avance, le président du tribunal de commerce de Nice, Fabien Paul, avait rétorqué à ces mauvais perdants, à l’occasion d’un discours de rentrée le 28 janvier 2013 (que l’on peut consulter ici) : « Depuis quelques mois surgissent à nouveau dans la presse des articles donnant la parole à des personnes s’interrogeant sur le fonctionnement de la justice consulaire. Or il nous faut bien constater à leur lecture que la plupart d’entre elles n’ont aucune connaissance approfondie du sujet et ce qui est plus contestable une vue particulièrement partiale de notre activité. »

Puisque c’est le président de la juridiction à l’origine de ce jugement qui l’assure…

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 14:21

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

L'université Rennes-II fermera pour empêcher une AG sur la mort de Rémi Fraisse

Le Monde.fr avec AFP | 11.11.2014 à 21h56 • Mis à jour le 11.11.2014 à 22h12

 
 

« Une attaque en règle contre la démocratie », estiment les étudiants après que la direction de l'université de Rennes-II a annoncé, mardi 11 novembre, que cette dernière serait fermée mercredi « pour des raisons de sécurité », afin d'empêcher qu'une assemblée générale consacrée à la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse se déroule sur le campus ce jour-là. En réaction à cette fermeture, Solidaires Etudiant-e-s Rennes a appelé mardi soir à une nouvelle assemblée générale jeudi, à 12 h 30, dans cette même université.

La fermeture, décidée pour mercredi par Jean-Emile Gombert, le président de l'université, « est liée à l'organisation de cette AG et par rapport aux heurts en centre-ville la semaine dernière », lors de manifestations en hommage à Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn), a justifié la direction de l'université.

En outre, cette AG, « annoncée dans des tracts », ne devait être organisée ni par des syndicats ou des organisations professionnelles de Rennes-II, ni des syndicats étudiants, mais par des éléments extérieurs, estime la direction.

 

 VIOLENCES ET DÉGRADATIONS CES DERNIERS JOURS

La fermeture de Rennes-II, annoncée aux étudiants, était prévue pour durer vingt-quatre heures, décision « condamnée » mardi soir par le syndicat UNEF qui s'est dit « choqué » par la décision de la direction de l'université, « contrevenant à la liberté de réunion et d'association ». Plusieurs manifestations, organisées ces derniers jours dans la capitale bretonne, ont donné lieu à des violences et des dégradations, après les évènements du barrage de Sivens.

Samedi, jusqu'à 300 manifestants, selon les autorités, ont défilé à Rennes en mémoire de Rémi Fraisse, malgré l'interdiction de la préfecture. Cette manifestation s'est toutefois déroulée généralement dans le calme, avec un seul blessé léger enregistré parmi les contestataires. Quelque 300 à 350 policiers et gendarmes avaient été mobilisés, selon la préfecture.

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


 

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 22:48

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-anselme

 

Ainsi naissent les ZAD

 

Qui dit ZAD dit Notre-Dame-des-Landes et, depuis le meurtre de Rémi Fraisse, le barrage de Sivens. Mais il y a aussi en France des dizaines d'autres projets inutiles et imposés où sont réunis les mêmes ingrédients explosifs : expertises bidons pour des projets destructeurs de l'environnement, démocratie confisquée par des élus autistes, refus d'entendre les citoyens... En Charente-Maritime, làs d'être méprisés, les contestataires d'un projet d'hyperincinérateur se préparent à passer à la ZAD.



Ils étaient 3 000 manifestants à Rochefort, le 11 octobre, contre le projet d'hyperincinérateur (Joël Anselme) 
Ils étaient 3 000 manifestants à Rochefort, le 11 octobre, contre le projet d'hyperincinérateur (Joël Anselme)

 

« Taisez-vous, sinon je fais évacuer la salle ! » hurle le maire à l'adresse de la centaine de manifestants qui a investi la réunion du conseil municipal, ce mercredi soir 5 novembre. Une scène devenue banale en France, à l'heure des grands (petits et moyens) projets inutiles et imposés.

Ici, nous sommes à Échillais, petite commune de 3 326 habitants, située à 20 kilomètres de Rochefort, en Charente-Maritime. Une commune comme beaucoup d'autres, si ce n'est que c'est sur son territoire que devrait être construit par Vinci un hyperincinérateur à 100 millons d'euros. Opposé à ce projet durant la campagne électorale des municipales, le maire d'Échillais, Michel Gallot (« sans étiquette »), en est devenu un de ses plus farouches partisans... au lendemain de son élection ! Une forfaiture partagée avec Hervé Blanché, le nouveau maire de Rochefort.

Malgré les interruptions et invectives des manifestants (« menteurs ! », « vendus ! », « Vinci ! »...), au bout de son énième « Taisez-vous ! », le maire sonne la fin du conseil et plie bagages sans demander son reste. « On ne discute pas dans ces conditions ! » se justifie un conseiller municpal. « De toutes façons, on ne peut jamais discuter avec vous ! », lui rétorque un manifestant.


« La voie de la sagesse et de la diplomatie

ne mène à rien ! »


 

L'hyperincinérateur aggraverait la pollution d'une zone humide particulièrement fragile (DR) 
L'hyperincinérateur aggraverait la pollution d'une zone humide particulièrement fragile (DR)

 

Ainsi naissent les ZAD (Zones à défendre).

Malgré l'importante mobilisation de la population, entraînée par une association, Pays-Rochefortais-Alert', qui, forte de ses 2 000 adhérents et de son expertise citoyenne, milite contre un projet d'hyperincinérateur jugé pharaonique, inutile et destructeur de l'environnement, malgré son rejet par les ostréiculteurs, malgré les recours juridiques en cours... malgré (le comble !) l'opposition exprimée à plusieurs reprises par Ségolène Royal elle-même qui, en définitive, se défausse sur la « démocratie locale »... la préfète à donné son feu vert et les travaux devrait commencer avant la fin de l'année.

En une ultime tentative avant de passer à l'action, Pays-Rochefortais-Alert', a écrit, le 3 novembre, une lettre à la ministre de l'Écologie (extraits) :

« Quel est le point commun dans ces affaires [entre le barrage de Sivens et le projet d'hyperincinérateur à Échillais] ? C’est le silence coupable des autorités face à des élus visiblement incapables de mener à bien un projet d’avenir, qui plus est, des élus souvent méprisants voire insultants à l’égard de leurs électeurs.

Nous avons l’impression que, ayant choisi la voie de la négociation plutôt qu’une démonstration de force et de violence, nous ne pouvons être pris au sérieux. La voie de la sagesse et de la diplomatie ne mène visiblement à rien !

Vous nous dites que seront écoutés les pacifistes mais en fait, et Sivens en est la preuve, seuls les lanceurs de pierres et autres objets sont écoutés du pouvoir parisien.

Faudra-t-il attendre le durcissement du conflit qui oppose des citoyens en colère à des élus le plus souvent méprisants pour que ce projet soit réexaminé ?

La chose la plus dure à supporter dans la vie : c’est l’injustice. Le déni de démocratie est une injustice. Nous irons jusqu’au bout de nos idées car au-delà de ce projet qui occupent nos esprits nuit et jour, il y a un pays, le nôtre, qui sombre dans le ridicule.

N’attendez pas les premières échauffourées avec des citoyens ex-pacifistes ! »


À suivre


• La lutte contre l'hyperincinérateur d'Échillais a fait l'objet d'un reportage-enquête paru sur ce blog, le 13 octobre : « Ségolène Royal abdique devant Vinci » : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-anselme/131014/segolene-royal-abdique-devant-vinci

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-anselme

 


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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 17:19

 

Source : www.marianne.net

 

 

L'imposture économique, ça continue !
Dimanche 9 Novembre 2014 à 13:00

 

Propos recueillis et traduits par Bertrand Rothé

 

Pour la première fois, un ouvrage de l'économiste australien Steve Keen est traduit en français. Son auteur a accordé en exclusivité à "Marianne" un entretien provocateur. Il accuse. Oui, les néolibéraux, égaux à eux-mêmes, n'ont rien appris, rien oublié.

 

Richard Drew/AP/SIPA
Richard Drew/AP/SIPA

 

L'imposture économique, ça continue !
>>> Entretien paru dans Marianne daté du 31 octobre

Marianne : Auriez-vous la gentillesse de commencer par résumer votre livre ?
Steve Keen :
 Mon livre a un objectif principal : démythifier les manuels d'économie, qui fonctionnent comme des photos retouchées de magazine féminin. Tous les défauts y ont été soigneusement masqués. Quand les défauts sont révélés, tout ce que les gens tenaient pour vrai dans l'économie contemporaine se révèle être faux.

Pouvez-vous donner quelques exemples des défauts les plus graves des manuels d'économie ?
Avec plaisir. Naïvement, quand on ouvre les livres d'économie, on pense qu'ils ont été écrits par des savants qui maîtrisent leur domaine, ou en ont au moins compris les mécanismes généraux. On s'attend par exemple qu'ils aient intégré le rôle de la monnaie. Or, quasiment toutes les démonstrations économiques partent de l'hypothèse absurde que l'argent est simplement un « voile » qui obscurcit plus ou moins l'échange des marchandises physiques entre l'acheteur et le vendeur. Ils oublient donc les banques, la dette et la monnaie ! Pas mal, non ? Les conséquences de cet oubli sont redoutables.
C'est la principale raison pour laquelle la très grande majorité, voire la quasi-unanimité, des économistes n'ont pas vu arriver la crise de 2008. L'explosion du crédit bancaire qui a alimenté la spéculation sur le logement aux Etats-Unis n'était pas intégrée dans leurs modèles mathématiques. Cela a aussi une grande importance pour vous, Européens. La politique d'austérité qui force à réduire le déficit budgétaire est fondée sur des modèles qui n'intègrent ni les banques, ni la monnaie, ni la dette. Elle dérive d'une des applications les plus influentes mais les plus absurdes de la pensée économique moderne, le concept d'« équivalence ricardienne »*, une notion imaginée par l'économiste conservateur américain Robert Barro que l'on retrouve dans quasiment tous les manuels d'économie.

 

Pourquoi dites vous de ce modèle qu'il est absurde ?
Ce modèle est construit sur trois piliers. Tout d'abord, il suppose que, sur le long terme, les budgets des Etats doivent être équilibrés, alors même que les Etats ont tendance à solder leur dette avec de l'inflation. Deuxièmement, il ne fonctionne que si tous les « agents économiques » sont rationnels et connaissent parfaitement la situation des marchés monétaires, ce qui est aussi une absurdité. Troisièmement, les ménages choisissent rationnellement entre consommation et épargne en fonction de leur propre existence, mais aussi de l'avenir, en intégrant les intérêts de leurs enfants, petits-enfants, et cela à l'infini.
Robert Barro en déduit que le déficit budgétaire entraîne la contraction des dépenses de consommation et de la croissance parce que les ménages constitueront de l'épargne pour permettre à leurs arrière-arrière-arrière-petits-enfants de payer les hausses d'impôts que le déficit ne manquera pas, à terme, d'entraîner. En revanche, si le budget est en excédent, ils dépenseront plus parce qu'ils anticipent que leurs descendants auront moins d'impôts à payer. Les présupposés de cette démonstration sont complètement illusoires.

Pourquoi ?
D'abord, Robert Barro oublie deux choses fondamentales. Il ignore la monnaie et oublie que les déficits sont nécessaires à la croissance économique, car ils rendent possible l'accroissement des liquidités. Il existe en effet une corrélation entre ces deux éléments : sans croissance de la masse monétaire, pas de croissance économique. Il y a deux sources de croissance monétaire : l'Etat et les banques. Les Etats, en dépensant plus d'argent qu'ils n'engrangent d'impôts ; les banques, en prêtant au-delà des remboursements des ménages et des entreprises. Pour limiter l'inflation, il faut évidemment encadrer ces actions. Mais, récemment, ce ne sont pas les Etats qui ont créé trop de monnaie, ce sont les banques, qui portent donc la responsabilité de la crise.
Ensuite, l'hypothèse selon laquelle nous arbitrerions entre consommation et épargne en fonction des impôts que paieront nos petits-enfants est tout simplement délirante. Pourtant, de très grands économistes ont validé sa proposition. Des éditeurs l'ont publiée, et dans quasiment tous les manuels d'économie du monde cette hypothèse est présentée comme une évidence.

Et ce n'est pas une évidence, justement ?
Si ce concept d'« équivalence ricardienne » ne résiste donc pas à une lecture critique de bon sens, pourquoi l'Union européenne continue-t-elle sa politique de retour à l'équilibre budgétaire ? L'austérité budgétaire provoque la récession, car elle réduit la quantité de monnaie en circulation. Et même pis, à chaque fois que l'on tente de se rapprocher de l'équilibre budgétaire, on s'en éloigne. Les tentatives répétées des gouvernements pour réduire leur dette publique conduisent les ménages et les entreprises à faire de même, de sorte que tous contractent leurs dépenses, provoquant la chute du PIB.
J'ai le sentiment qu'un jour on écrira que les tentatives répétées de réduire les dettes du secteur public sont les causes de la crise européenne, et non pas sa solution. A chaque tentative, la masse monétaire se réduit et fait plonger l'économie réelle avec elle. Je peux vous donner un autre exemple de la vacuité du modèle néoclassique**. La théorie de la concurrence ne résiste pas non plus au bon sens. Les économistes mainstream pensent que le marché le plus efficace est celui qui met en concurrence « un nombre très important d'entreprises qui n'ont pas de pouvoir sur le marché ». Pour atteindre cet objectif, il faut que les coûts de production croissent quand la production augmente. Sauf que cette situation n'est jamais réalisée.

Pourquoi le capitalisme dans son acception néolibérale est-il encore une référence, s'il est si facile de le critiquer ?
Il y a une différence entre un système social et sa théorie. En fait, la théorie néoclassique n'a rien à voir avec le capitalisme. La réussite du capitalisme est de motiver les gens et d'allouer des moyens considérables à l'innovation. C'est un sujet que la théorie économique néoclassique ne traite pas du tout. Cet avantage du capitalisme a évidemment sa part d'ombre, comme les innovations financières destructrices à l'instar des armes financières à destruction massive qui ont provoqué la crise des subprimes. Il y a aussi des objections plus graves, comme celles que l'important travail empirique de Thomas Piketty a fait émerger. Au fil des générations, une telle accumulation de richesses peut entraîner un retour à une société quasi féodale où des riches désœuvrés vivent de la fortune accumulée par leurs ancêtres.
Enfin, le capitalisme décentralisé est incapable de faire face à la crise écologique que nous vivons. Il est possible que le capitalisme d'Etat, comme celui que l'on trouve en Chine, soit mieux armé pour cela. Une chose est sûre : la solution néoclassique n'est pas efficace. La crise écologique ne pourra être résolue en se contentant d'augmenter le prix du carbone.

Pourquoi les théoriciens hétérodoxes ont-ils tant de mal à se faire entendre ?
Je pense tout d'abord que nous sommes beaucoup plus audibles depuis la crise de 2008, c'est très net en Europe ; d'autant plus que la dépression perdure à cause des politiques mal orientées de l'Union européenne.
La crise qui nous attend va relancer le débat. La réduction de la dette privée aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne a été insignifiante, et, par conséquent, je pense que nous devrons faire face à une nouvelle crise à brève échéance, disons au cours de la prochaine décennie.

Combien de temps faudra-t-il pour enrayer le regain des théories libérales ?
Je déteste être pessimiste, mais je pense qu'il faudra attendre jusqu'à la prochaine crise. Elle se produira bien avant 2024. La critique sera alors plus audible. Mais est-ce que cela sera suffisant pour nous faire adopter des politiques judicieuses ? La société humaine est peut-être le système le plus complexe qui ait jamais existé, et l'esprit humain n'est pas bien outillé pour le penser. Peut-être qu'un tel choc pourra faire comprendre qu'en période de crise la réduction des dépenses publique est une hérésie ?

La critique du libéralisme serait elle une spécificité française ?
Cela me fait sourire. Les hétérodoxes français ont beaucoup plus d'alliés qu'ils ne le pensent ! Il existe une importante littérature anglaise, dont mon livre n'est qu'un exemple. En revanche, j'ai l'intuition que vous avez une spécificité dans cette critique. Ayant moi-même un arrière-arrière-grand-père français, il est bien possible qu'il y ait quelque chose du style français dans ma critique.

 

Steeve Keen - Photo : Les Editions de l'atelier
Steeve Keen - Photo : Les Editions de l'atelier
BIO EXPRESS
D'après le professeur d'économie Jean Gadrey, l'économiste australien Steve Keen, mondialement réputé, est « considéré comme l'un des rares "grands" à avoir prédit, dès 2006, l'imminence d'une crise profonde, [et comme un] fin connaisseur de la théorie néoclassique » et des débats qu'elle a suscités depuis soixante ans. Il enseigne aujourd'hui en Angleterre, à la Kingston University, où il dirige le département d'économie, d'histoire et de science politique. Son travail est très influencé par Keynes, Marx, Minsky, Sraffa, Schumpeter et Quesnay. La première édition de son livre - Debunking Economics - a été très remarquée par la critique. Il s'en est vendu 20 000 exemplaires en langue anglaise et il a tout de suite été traduit en chinois. La seconde édition a connu un succès plus rapide et il est maintenant traduit en français.

 


* Théorie énoncée par l'économiste britannique David Ricardo (1772-1823) et reprise par Robert Barro, en 1974. Cette théorie postule que dans certaines circonstances il y aurait une équivalence entre l'augmentation de la dette publique et celle des impots requise, demain, par le remboursement de cette dette.
**Terme générique désignant plusieurs courants économiques qui étudient la formation des prix, de la production et de la distribution des revenus.


L'imposture économique, de Steve Keen, Les Éditions de l'atelier, 532 p., 27 €.

 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 19:21

 

Source : www.marianne.net

 

 

LuxLeaks : vol au-dessus d’un nid de cocus
Samedi 8 Novembre 2014 à 13:00

 

David Nemtanu

 

Les Etats dont on a fait les poches, les contribuables respectueux des règles, les eurodéputés qui ont désigné Juncker à la tête de la Commission européenne, ceux qui ont voté pour ces eurodéputés... Avec les révélations sur l'existence d'accords fiscaux secrets passés entre le Luxembourg et des centaines d'entreprises, on ne compte plus le nombre de cocus dans cette histoire.

 

ISOPIX/SIPA
ISOPIX/SIPA

Deux milliards de recettes fiscales dont on ne verra jamais la couleur, c'est ce que révèle l'enquête du Monde de cette semaine en partenariat avec plusieurs dizaines de médias étrangers. On savait que le Luxembourg était capable de faire les yeux doux aux adorateurs de l'optimisation fiscale. Mais cette fois, avec cette affaire baptisée « LuxLeaks », ce que l'on découvre dépasse l'entendement : l'administration du généreux Duché aurait donc passé entre 2002 et 2010 des accords fiscaux secrets (ou « tax ruling ») avec 340 entreprises, dont 230 américaines et 58 françaises. On retrouve ainsi parmi les bénéficiaires Pepsi, Apple, Amazon, FedEx mais aussi Axa, LVMH, Wendel, Banque populaire, BNP, Caisse d'épargne, Crédit agricole, etc.

Des entreprises privées qui dealent à grande échelle avec un Etat, au détriment des finances d'autres Etats, le tout écrit noir sur blanc, voilà qui fait désordre. Surtout quand on se souvient avec quelle ferveur, pendant les européennes, certains de nos responsables politiques ont soutenu la candidature de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, lui qui a été, rappelons-le, Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013. Dans un entretien vidéo à Marianne, Henri Weber, secrétaire national du PS aux Etudes européennes, avait d'ailleurs fini par nous expliquer pourquoi les élus sociaux-démocrates s'étaient ralliés à ceux du PPE derrière la candidature Juncker : parce que, nous disait-il sérieusement, ce dernier « n'est pas un libéral fou » !
 
Mais il ne s'agirait pas de croire que les vrais cocus de l'histoire sont ces responsables de gauche, y compris français donc, qui ont eu la fine idée d'apporter leur voix à Juncker. Leurs électeurs doivent se sentir, aujourd'hui, autrement plus trahis. Enfin, les véritables cocus, ce sont tous ces Etats — et avec eux, leurs concitoyens honnêtes — qui se sont fait faire les poches fiscales grâce à l'existence de tels accords avec le Luxembourg.

Cette pratique n’est, hélas, pas nouvelle. En France, on a d'ailleurs appris, cette même semaine, l’exonération d’impôts accordée par le précédent gouvernement (sans que l'actuel n'est rien à redire) aux sociétés organisatrices de l’Euro 2016 de football. Cela représente un manque à gagner de 200 millions d’euros pour l’Etat alors que notre pays aura investi 2 milliards d'euros dans la compétition et l'UEFA seulement 20 millions. Du racket fiscal en somme, car c'était ça ou l'accueil de l'Euro nous échappait, nous dit-on !

Mais le cocufiage fiscal n'est pas une fatalité. L'Irlande, connue pour avoir fait le choix de doper sa compétitivité par le dumping fiscal, a récemment renoncé au principe dit du « double irlandais », un dispositif permettant à de grandes multinationales comme Apple et Google de payer peu, voire pas d'impôts. Difficile d'imaginer qu'un tel combat puisse être mené par Juncker lui-même. A moins de considérer qu'un ancien détrousseur de diligences soit le plus apte à porter l'étoile de shérif ?

 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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