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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:09

 

Source : http://www.marianne.ne

 

La politique de la BCE contestée par ses propres salariés !

Jeudi 19 Mars 2015 à 5:00

Propos recueillis par

Alexandre Coste

 

Journaliste à Marianne chargé de l'animation de la communauté des Mariannautes

 

 

Mardi, l'inauguration des nouveaux locaux de la Banque centrale européenne a été perturbée par de nombreux manifestants venus exprimer leur désaccord vis-à-vis de la politique économique menée par l'institution. Une semaine plus tôt, les membres du syndicat IPSO, qui représente 40% du personnel de la BCE, avaient déjà déployé une banderole hostile à l'établissement. Marianne a interrogé Emmanuel Larue, statisticien à la BCE, président du syndicat IPSO et membre du comité du personnel, qui estime que le déficit démocratique de la banque centrale se retrouve autant dans sa politique extérieure que dans celle qu'elle mène en interne.

 

Michael Probst/AP/SIPA

 

Marianne : Mardi, des manifestations ont perturbé l'inauguration des nouveaux locaux de la BCE, une action avait déjà été menée en interne la semaine dernière par les personnels de la BCE. Quels problèmes vouliez-vous soulever ?
Emmanuel Larue
: Nous avons fabriqué une banderole sur laquelle nous avons inscrit « More democracy and balance of power for Europe and ECB » (« Plus de démocratie et d’équilibre des pouvoirs pour l’Europe et la BCE »). Nous l’avons suspendue dans le hall d’entrée et l’avons montré à quelques sympathisants. Pour ma part, j’ai fait un petit discours. Ensuite, nous avons donné la banderole aux collègues de la confédération allemande des syndicats, et eux l’ont affiché sur la façade de leur immeuble. Les problèmes que nous voulions soulever, en creux, c’est que ces problèmes, que l’on met sous l’étiquette de « déficit démocratique », ce sont les deux côtés d’une même médaille : c’est à dire qu’on les retrouve à l’intérieur de la banque et, selon nous, on les retrouve également à l’extérieur. Quand la BCE sort un peu de son mandat, qui est la politique monétaire, avoir une inflation basse et pas une inflation modérée, et quand on voit que la BCE intervient en matière sociale de droit du travail en Grèce, en Espagne, en disant « On veut bien vous prêter de l’argent mais voilà, il faut démanteler le droit du travail », « Il faut baisser les salaires », et bien c’est une attitude que l’on retrouve également en interne. La BCE est assez autoritaire, ne négocie pas et n’a pas une fibre sociale évidente.

 

 

Que représentent les syndicats à l'intérieur de la BCE ?
Notre syndicat s’appelle IPSO, pour International and European Public Service Organisation. Il a fallu se battre pour le créer, la BCE ne voulait pas de syndicat dans la maison. Un jour, nous sommes devenus tellement gros qu’ils ont été obligés d’accepter. Et c’est grâce à M. Trichet, d’une certaine façon, puisqu’à l’époque il nous avait fait une réforme des pensions de retraite, ce qui a poussé les gens, en grand nombre, à nous rejoindre. Il fut difficile après ça d’ignorer le syndicat. Cependant, ce dernier n’a pas de pouvoir de négociation, en tout cas pas officiellement… Nous avons un droit de consultation uniquement. C’est le seul syndicat qui existe à la BCE. Les relations entre les employés et la banque sont placés sous le statut de la BCE., notamment son article 36.1 : « Les gouverneurs des banques centrales font les règles d’emploi ». Nous comptons à peu près 600 membres, ce qui représente à peu près 40% du personnel permanent. C’est beaucoup pour une banque centrale. Les syndicats français, par exemple, sont rarement à 10%. C’est un syndicat qui est à l’origine une petite graine plantée par la confédération syndicale allemande Ver.di (syndicat des services). Maintenant nous sommes autonomes, indépendants. Nous gardons encore un lien affectif mais il n’y a pas de lien politique ou financier. IPSO est un syndicat qui a toute les particularités du syndicat unique, c’est à dire que nous n’avons pas de couleur politique officielle. Il y a des gens qui sont religieux, non religieux… Et puis ce n’est pas un syndicat catégoriel, il y a des gens de tous niveaux de la hiérarchie, jusqu’aux directeurs.

Qu'en est il du droit du travail au sein de la BCE ?
Nous n'avons pas de séparation entre le trias politicas, les trois pouvoirs. C’est tout dans une main. Il faut bien comprendre que même si nous sommes basés en Allemagne, nous n’avons rien à voir avec l’Allemagne. Les salaires, c’est la BCE qui décide. Les promotions, c’est la BCE qui décide. La sécurité sociale, c’est la BCE. Les pensions de retraite, c’est la BCE. Les pensions d’invalidité, d’accident, encore la BCE. En fait pour nous la BCE c’est à la fois l’employeur, le législateur, l’Etat, la sécurité sociale. ET la BCE, contrairement aux autres institutions européennes, n’a pas mis en place des « checks and balances », des éléments internes d’équilibre, puisque la banque voulait toujours avoir les coudées franches.

Du coup, quand vous parlez de la BCE, je suppose que vous faites référence à un nombre limité de personnes…
Clairement. La BCE, c’est les 6 membres du conseil directoire plus les 19 gouverneurs des banques centrales qui ont l’euro pour monnaie. Les autres comme moi, les 3000 ou 4000 employés, nous ne sommes pas la BCE, nous sommes le personnel de la BCE.

Il y a une certaine corrélation entre vos demandes et celles des manifestants, même si ces dernières ne sont pas exprimées de la même manière…
Nous, on fait un peu partie du système, on se sent loyaux vis-à-vis de l’institution. Ceci dit, même si on ne les rejoints pas sur les moyens, on ne pense pas que ce soit une bonne idée de brûler des voitures, il y a de la sympathie et de la compréhension envers ces manifestants. Nous voyons bien ce qu’ils veulent dire.

Vous communiquez avec les organisations qui fédèrent ces manifestants ?
Non. Il y a certaines choses avec lesquelles nous ne voulons pas êtres associés. Notre syndicat est élu, il a un fonctionnement démocratique et nous représentons l’ensemble de nos membres, avec toutes les nuances qui sont exprimées. Certains membres plutôt conservateurs comprendraient mal qu’on s’associe publiquement à des actions violentes. Mais nous écoutons ces organisations, nous les entendons. La semaine dernière par exemple, je suis allé à un débat où se trouvait également un membre de Blockupy. Nous pouvons discuter, échanger.

Les manifestants critiquaient le coût faramineux du nouveau siège de la BCE, estimé à 1,3 milliards d'euros. Quel est votre avis personnel sur ce bâtiment ?
J’en pense qu’il est trop petit ! J’en pense que nous avons été victimes de l’avarice sordide et du manque d’anticipation politique des gouverneurs des banques centrales. Ceci étant dit, je suis tout de même admiratif, car il est vrai que le bâtiment est architecturalement assez impressionnant. On a un peu l’impression d’entrer dans une petite ville quand on pénètre à l’intérieur. Maintenant, une chose que j’entends régulièrement de mes collègues, c’est que tout ça est bel et bon, grandiloquent on va dire, mais que si on avait eu des bureaux un peu plus grands, on s’en serait mieux porté. Une chose est sûre c’est qu’on a tapé un peu à côté de la plaque, parce que l’un des objectifs du déménagement était de rassembler tous le monde sur le même site, et là, ce n’est pas le cas…

Où se trouvent les autres effectifs, ceux qui ne sont pas sur le nouveau site ?
Tous les collègues de la supervision bancaire sont dans le centre-ville de Francfort, à l’intérieur de ce que l’on appelle « La Tour Japonaise » (Japan center) et puis, à la fin de l’année, ils seront transférés à l’ancienne Eurotower, l’ancien siège de la BCE, actuellement en cours de rénovation. Les statisticiens sont également dans une autre tour, en ville. C‘est compliqué…

Pourquoi avoir choisi de changer de site pour aller dans un site plus éloigné du centre-ville ?
Le premier objectif était de devenir propriétaire. Et dans le centre de Francfort, dans le quartier des banques, il n’y avait pas de terrain assez grand à vendre, alors que celui-ci fait 12 hectares. C’était à charge de reprendre le monument, l’ancien marché de gros (Grossmarkthalle).

Et de le conserver ?
Oui, c’est un monument classé. On en pense ce qu’on en veut, certains disent que c’est laid comme les sept péchés, mais la ville y tient comme à la prunelle de ses yeux et donc ils ont dit « On vous vend le terrain (60 millions d’euros, acheté en 2001 avec les fonds propres de la BCE) mais il faut conserver le monument. »
Donc voilà, la première raison c’était la disponibilité, ce terrain avait le mérite d’exister. Est-ce qu’il y avait un élément un peu symbolique dans le fait que la BCE se mette à distance des banques commerciales ? Je ne sais pas. Il y avait aussi des raisons de sécurité, c’est à dire que l’ancienne tour était auparavant une tour de bureau normale, de banque, et il n’y avait pas tous les éléments de sécurité passive qui existent maintenant. Celle-ci a été construite en tenant compte du fait qu’il s’agisse d’une banque centrale. Mais bon, à la base, c’est une décision économique. Vous savez toutes les banques centrales d’Europe sont propriétaires de leur immeuble, et ceci depuis des années, voire des siècles. C’est un peu comme pour un ménage, quand on se dit « est-ce que j’achète mon appartement ou pas ? ». Et si on a les moyens de le faire, souvent, ce n’est pas une mauvaise opération.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 22:28

 

Source : http://business.lesechos.fr

 

 

Quand Nicolas Sarkozy tire à vue sur le régime des auto-entrepreneurs

 

ie Talmon | Le 13/03/2015 à 17:57 | mis à jour le 16/03/2015

 

 

Emoi chez les auto-entrepreneurs ! La dernière déclaration de Nicolas Sarkozy à leur encontre en a surpris plus d’un. Explication.

Mise à jour du 16/03/2015

 


Les autoentrepreneurs lancent une pétition
Très remontés, les autoentrepreneurs se sont mobilisés tous les week-end. Ils ont lancé une pétition qu'ils relaient sur les réseaux sociaux par le biais d'un hashtag à l'ironie mordante : #JeSuisUnCaillou

Les autoentrepreneurs ont le cuir dur : depuis deux ans, leur régime avait attiré les critiques de nombreux camps. Rassurés par le gouvernement en place, ces entrepreneurs ont vu récemment leur régime certes aménagé mais sauvegardé. Las, ils ont essuyé ce vendredi 13 mars une critique venant de là où ils l’attendaient sans doute le moins : Nicolas Sarkozy.

 

"Un caillou dans ma chaussure"

En effet, invité ce vendredi de France Info, il a souligné la nécessité de revoir le statut d'auto-entrepreneur, "C'est un caillou dans ma chaussure, a-t-il lancé. (...) On a un problème de concurrence déloyale entre l'auto-entrepreneur qui n'a pas d'obligation et l'artisan." Pourtant, c’est sous la présidence de Nicolas Sarkozy que ce régime a vu le jour.

En 2009, il déclarait ainsi :" Le succès de l’auto-entrepreneur est en passe de devenir un phénomène de société. Je souhaite que l’on fasse de vos histoires personnelles des exemples dans les écoles, dans les cités, à la télévision. » Et face aux critiques faites sur le risque de travail au noir, il ajoutait : « Que préfère-t-on ? Laisser les travailleurs indépendants qui paient leurs cotisations et leurs impôts face à la concurrence déloyale de ceux qui travaillent sans se déclarer et sans payer aucun impôt ? »
Rappelons que du côté des Français, ce régime a toujours le vent en poupe puisqu’il représente la moitié des créations d’entreprises (source Insee).

« Les auto-entrepreneurs qui sont aujourd’hui plus d’1 million respectent les obligations qui sont les leurs, notamment la qualification pour l’exercice des activités artisanales, souligne l’Union des Auto-entrepreneurs. Ce régime ne constitue pas non plus une concurrence déloyale comme cela a pu être démontré en 2013 à l’occasion d’un rapport remis par l’Inspection générale des finances et celles des affaires sociales. »
En attendant, Nicolas Sarkozy a annoncé que l'UMP ferait des propositions à ce sujet le mois prochain.

 

 

Source : http://business.lesechos.fr

 

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 16:05

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

Bancocratie : Les banques pour qui ?

18 mars par ATTAC Sud-Essonne , Eric Toussaint

 

 

Bien qu’elle soit la plus grande crise financière depuis 1929, la crise de 2007-2008 n’a pas conduit à la mise sous contrôle des banques et des marchés financiers. Au contraire, le lobby bancaire semble plus puissant que jamais pour orienter les décisions des États. Les banques, après avoir été sauvées de la faillite par des garanties publiques ou l’injection massive d’argent public, ont recommencé à spéculer tous azimuts. Seul un quart de leurs actifs sert à financer les entreprises et les ménages. Les 75 % restant se retrouvent dans des placements sur les marchés financiers.

Faute de réglementation, les banques continuent à spéculer avec des produits à risques et les masses financières en jeu ne cessent d’augmenter.
Il est donc urgent de mettre fin à cette situation afin de préserver les populations d’une nouvelle crise et de mettre les banques au service de la société.

Eric Toussaint, auteur du livre Bancocratie, est maître de conférence à l’université de Liège, président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde Belgique (CADTM) et membre du conseil scientifique d’Attac France. Il développe ces différents points et évoque les alternatives, dont la transformation du secteur bancaire en un service public.

 

 

Eric Toussaint - Bancocratie (1/2) - Etampes... par attacsudessonne

Eric Toussaint - Bancocratie (2/2) - Etampes... par attacsudessonne

 

Cette vidéo a été tournée lors de la présentation par Eric Toussaint du livre Bancocratie, le 3 mars 2015, à l’initiative d’ATTAC Sud-Essonne. À cette occasion, ATTAC Sud-Essonne a réalisé un excellent tract que nous mettons ci-dessous à votre disposition.

 

Bancocratie : Les banques pour qui ?

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:38

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Finance toxique

Spéculation, évasion fiscale, bonus des traders : observez en direct la démesure des banques et marchés financiers

par Agnès Rousseaux 18 mars 2015

 

 

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Sept ans après la crise financière de 2008, rien n’a vraiment changé : spéculation effrénée, création de produits financiers toxiques, évasion fiscale, rémunérations des banquiers... Nous voici revenus aux mêmes niveaux qu’avant la crise, voire au-delà. Les chiffres font peur. Nous vous invitons à une plongée au cœur de cette finance folle, pour en percevoir, minute par minute, la démesure. Pour comprendre les dérives de cette folie spéculative. Et l’urgence de reprendre le contrôle sur ce système financier dérégulé.

« Les produits dérivés sont une arme de destruction massive », affirmait le milliardaire américain Warren Buffett il y a dix ans. Les produits dérivés, ce sont ces produits financiers à l’origine de la crise financière de 2008. Sept ans plus tard, malgré les grandes promesses de régulation, la spéculation sur les produits dérivés est reparti de plus belle ! Une spéculation totalement déconnectée de l’économie réelle. Qui paiera lorsque ce fragile château de cartes vacillera de nouveau ? Regarder en direct défiler les chiffres de ce casino démesuré donne le tournis :

 

Produits dérivés de gré-à-gré en circulation dans le monde, depuis le 1er janvier
137 005 946 215 753 euros
PIB mondial, depuis le 1er janvier
14 961 385 537 671 euros

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Vous avez sous les yeux le montant des produits dérivés échangés de gré-à-gré – ou Over the Counter (OTC) – c’est-à-dire entre deux acteurs économiques ou financiers, sans passer par des places de marché organisées comme les bourses, échappant ainsi à la surveillance des autorités [1]. En 2014, ce montant dépasse le niveau atteint en 2008 : 652 000 milliards d’euros [2]. Soit 10 fois le PIB mondial ! 652 000 milliards d’euros représente le « montant notionnel » de ces produits dérivés. C’est-à-dire le capital théorique sur lequel portent les contrats (qui sont au départ des contrats d’assurance, de « couverture »), le capital sur lequel ils sont adossés.

Ce montant n’est pas équivalent au risque pris : pour un dérivé sur le taux de change d’une monnaie, le risque ne représente que quelques pourcentages de possible variation du cours. Mais pour un dérivé sur un crédit immobilier, le risque est de 100% de ce montant notionnel si l’emprunteur est dans l’incapacité totale de rembourser sa dette. Sur une matière première, le risque est important, les cours du pétrole ou du blé par exemple étant plutôt volatiles. Quand tout va bien, les montants se compensent. Mais vu le niveau de ces produits dérivés, même une faible perte peut avoir des conséquences dramatiques ! Surtout, l’essentiel des transactions sur dérivés (93 %) se fait entre acteurs financiers, bien loin de l’économie réelle. Ils sont devenus des instruments de spéculation. Rappelons que le montant notionnel des produits dérivés de BNP Paribas s’élève à 48 000 milliards d’euros. 23 fois le PIB de la France !

Outre la menace qu’elle fait peser sur la stabilité du système économique mondial, la spéculation peut avoir des conséquences désastreuses. En particulier lorsqu’elle fausse le prix réel des matières premières agricoles, comme le prix du blé, du maïs et du soja qui vont déterminer celui des aliments que nous achetons. « Les activités des fonds indiciels ont joué un rôle clé dans la flambée des prix alimentaires en 2008 », explique la Banque mondiale, après que des émeutes de la faim aient secoué plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. La tonne de blé passe alors de 100 à 300 euros. En 2011, les fonds spéculatifs indexés sur les matières premières agricoles, énergétiques et minières pèsent 600 milliards de dollars. Et, à l’exception du Crédit agricole, les grandes banques françaises y participent (lire ici).

 

 

Évasion fiscale : un manque à gagner colossal pour les États
Manque à gagner pour la France lié à l’évasion fiscale, depuis le 1er janvier
14 709 441 288 euros
Impôt sur le revenu collecté en France (prévision 2015), depuis le 1er janvier
15 928 223 566 euros

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Autre dossier noir de la finance : l’évasion fiscale. Elle serait impossible sans la complicité des banques, qui ferment les yeux ou incitent ouvertement leurs clients à « optimiser » leur patrimoine en transférant leur argent sur des comptes à l’étranger. Le manque à gagner pour l’État français est évalué entre 60 à 80 milliards d’euros par an, selon les derniers rapports parlementaires [3]. Soit l’équivalent de ce qui est collecté avec l’impôt sur le revenu [4]. Un euro sur 5 échappe ainsi à l’impôt en France !

Les scandales se succèdent : la banque HSBC a été mise en examen en 2014 pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale. En 2013, l’Autorité de contrôle prudentiel a infligé à UBS France une amende de 10 millions d’euros, pour « laxisme » dans le contrôle de pratiques commerciales susceptibles de relever du blanchiment de fraude fiscale. Les banques ne semblent pas pressées de mettre un frein à l’industrie de l’évasion fiscale.

Un quart du chiffre d’affaires international des grandes banques françaises est toujours réalisé dans les paradis fiscaux [5]. Grâce à la Loi bancaire de 2013, qui introduit un peu de transparence, on sait que BNP compte 170 filiales dans les paradis fiscaux, devant la Société générale (139 filiales) et le Crédit agricole (134 filiales) [6].

 
Un coût environnemental gigantesque

Tout ne se mesure pas en euros. Le coût des banques, ce sont aussi les impacts environnementaux de leurs investissements. Et les banques françaises ne sont pas toujours les plus avisées. Depuis la signature du protocole de Kyoto en 2005, le secteur bancaire a investi 165 milliards d’euros dans des projets d’extraction de charbon, alors même que le dérèglement climatique s’aggrave. Ces financements ont augmenté de 397 % en dix ans ! Parmi les 20 plus gros investisseurs, derrière les banques chinoises, états-uniennes ou britanniques, on retrouve deux champions nationaux : Crédit agricole et BNP. Cette dernière investit dix fois plus dans les énergies fossiles que dans les énergies renouvelables. Pour la transition énergique, on repassera ! Les projets dans lesquels BNP investit émettent 1360 millions de tonnes de CO2 par an [7]. Soit quatre fois les émissions de CO2 de la France !

 

Émissions de CO2 générées par les placements financiers de BNP Paribas, depuis le 1er janvier
285 784 933 tonnes de CO2
Émissions de CO2 générées par les placements financiers du Crédit agricole, depuis le 1er janvier
220 642 779 tonnes de CO2
Émissions de CO2 de la France, depuis le 1er janvier
72 917 185 tonnes de CO2
 
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Rémunérations des banquiers : le jack-pot pour quelques uns

Paradoxe du capitalisme : si les impacts négatifs de ces activités augmentent, les profits des banques également. Mais les dizaines de milliers de salariés des agences bancaires n’en profiteront pas, contrairement à quelques privilégiés qui travaillent pour la banque de marché, à des postes où ils bénéficient de faramineux bonus. Malgré la crise, ces bonus ont fortement augmenté : il y a vingt ans, la Société générale distribuait 21 millions d’euros de bonus, à 1400 salariés. Soit un bonus moyen de 15 000 euros. Rien à voir avec la situation actuelle : 467 millions d’euros de bonus sont distribués par la banque, à 2800 salariés. Soit un chèque de 162 000 euros en moyenne par salarié [8] ! Une petite prime de fin d’année équivalente à ce que gagne un salarié au Smic en 10 ans. Vous avez dit inégalités ?

 

 

Rémunérations de 8300 dirigeants et traders de BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, BPCE, depuis le 1er janvier
504 329 486 euros
Rémunérations brutes de 8300 salariés au SMIC, depuis le 1er janvier
30 494 535 euros

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Au sommet de la pyramide, les PDG des banques françaises les mieux payés touchent tous les ans l’équivalent de 200 années de Smic. Sans compter les retraites chapeau et autres parachutes dorés. Grâce à ces niveaux inégalés de rémunérations, le secteur de la finance a pris une place prépondérante parmi les hauts revenus. Mieux vaut être trader ou banquier que de créer son entreprise... En quinze ans, les revenus des 0,1% les plus riches ont augmenté de 32 % – tandis que 90% de la population se contentait d’une hausse moyenne de 5%. Et en trois décennies, dans ce club des 0,1% de privilégiés, la proportion de banquiers est passé de 5% à 25% [9].

 
Le lobby bancaire investit des millions pour que rien ne change

Pourquoi les responsables politiques, malgré leurs promesses de régulation, ont-ils accepté les uns après les autres de maintenir de ce système dangereux et coûteux pour la société, qui socialise les pertes et privatise les profits ? Si rien ne change – ou si peu –, c’est que les banques ont su se montrer convaincantes. Il faut dire que le lobby bancaire est un véritable rouleau compresseur. Ses moyens sont impressionnants : le secteur financier européen emploie au moins 1700 lobbyistes, d’après les estimations de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO). Un chiffre à comparer aux 400 fonctionnaires chargés de la régulation des marchés financiers au sein de la Commission européenne. Soit quatre lobbyistes pour un fonctionnaire ! Selon CEO, le lobby bancaire dépense chaque année 120 millions d’euros pour influencer les politiques européennes [10].

 

 

Dépenses de lobbying par les banques en Europe, depuis le 1er janvier
25 216 650 euros
Dépenses des ONG, syndicats et associations de consommateurs européens sur les questions financières à Bruxelles
840 555 euros
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Le coût faramineux de la crise et du sauvetage des banques

Ce ne sont là que quelques uns des coûts que font peser les banques sur la société. Nous aurions pu parler des emprunts toxiques, ces produits financiers concoctés par les banques pour accroître leurs profits et qui plombent les finances de collectivités locales et d’hôpitaux, dont les dettes ont littéralement explosées. Nous aurions pu évoquer la forte baisse du taux d’imposition des banques depuis 20 ans. Ou encore les milliards d’euros accordés aux banques par la Banque centrale européenne, à des taux d’intérêts très bas, pendant que celles-ci spéculaient sur les dettes souveraines des pays du sud de l’Europe. Ou bien encore la subvention implicite de 48 milliards d’euros chaque année pour les grandes banques françaises – BNP-Paribas, Crédit agricole, Société générale et Banque populaire-Caisse d’épargne –, du fait de la garantie de l’État qui leur permet de bénéficier sur les marchés financiers de taux d’intérêts plus bas [11]. C’est presque l’équivalent de l’impôt sur les sociétés perçu chaque année en France [12] !

 

Subvention implicite aux 4 grandes banques françaises, grâce à la garantie de l’État, depuis le 1er janvier
10 086 737 230 euros
Impôt sur les sociétés collecté en France (prévisions 2015), depuis le 1er janvier
11 725 832 030 euros

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Nous aurions pu mentionner aussi le coût des scandales, arnaques et manipulations (lire notre article Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque).

Les dirigeants bancaires affirment également que la crise de 2008 n’a rien coûté aux contribuables français. À croire que le nuage de produits financiers toxiques qui a contaminé la planète en 2008 se serait arrêté aux frontières du pays ! L’Union européenne a pourtant dû mobiliser 4500 milliards d’euros pour éviter l’écroulement du système financier. Un chèque en blanc aux banques, d’un montant équivalent à 37 % du PIB européen [13] ! Le sauvetage des banques françaises a coûté 25 milliards d’euros, au minimum. A lui seul, le sauvetage de la banque franco-belge Dexia a plombé les finances publiques de 6,6 milliards d’euros, selon la Cour des comptes [14].

Sans compter les coûts indirects, exorbitants, de la crise financière. Car comme un virus toxique, la crise bancaire s’est propagée aux finances publiques et à l’économie réelle. Dans la zone euro, le taux de chômage est passé de 7,3% avant la crise, à 11% en 2012. Soit huit millions chômeurs en plus ! Quant à la dette publique française, elle fait un bond gigantesque, passant de 60% du PIB en 2006 à plus de 93% en 2013. Les banques françaises rejettent toute responsabilité. Évaluer ces coûts, les rendre visibles est une nécessité. Pour que spéculation et investissements hasardeux ne se fassent plus avec notre argent. Pour que les banques retrouvent leur fonction d’utilité sociale. Et la finance sa juste place.

@AgnèsRousseaux

Compteurs : Mathieu Lapprand

Photo : CC David Trawin

À lire, pour aller plus loin : Le livre noir des banques, co-écrit par Basta ! et Attac, Ed. Les liens qui libèrent, 372 pages. Disponible en librairie ou à commander en ligne sur cette page.

Notes

[1En 2012, l’Union européenne a imposé des déclarations sur toute transaction de dérivés, avec le règlement européen Emir (European Market and Infrastructure Régulation). Mais la transparence est encore bien difficile à atteindre. Lire ici.

[3C’est le montant donné par la députée européenne écologiste Eva Joly, et par le rapport d’information de l’Assemblée nationale présenté en octobre 2013 par les députés Alain Bocquet et Nicolas Dupont-Aignan. En janvier 2013, un rapport du syndicat Solidaires-Finances publiques évalue le manque à gagner des différentes formes de fraudes et d’évasion fiscale à ce même montant.

[4Montant de l’impôt sur le revenu prévisionnel d’après le Projet de loi de finances pour 2015. Source : ministère des Finances.

[5Rapport de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires « 2014 : Que font les plus grandes banques françaises dans les paradis fiscaux ? », qui prend en compte la liste des paradis fiscaux établie par le réseau Tax Justice Network.

[6Des chiffres contestés par les banques : BNP estime n’être présente que dans deux paradis fiscaux, en se référant à la liste noire établie par la France. Il faut dire que même Jersey et les Bermudes ont été sorties de cette liste noire officielle en 2014, dans laquelle ne figurent pas non plus la Suisse ou le Luxembourg, paradis fiscaux préférés des banques françaises…

[7Source : Finance responsable, site édité par l’ONG Les Amis de la Terre, et rapport du cabinet Utopies/Amis de la Terre, « L’empreinte carbone des banques françaises ». BNP Paribas ne calcule pas les émissions induites par ses activités de financement et d’investissement. Les Amis de la Terre ont estimé ces émissions à plus de 1360 millions de tonnes de CO2 en 2010 pour BNP et à 1050 millions de tonnes de CO2 pour le Crédit agricole. Source pour les émissions de CO2 de la France : ministère de l’Ecologie.

[8Chiffres de 2012. Source : Documents de référence de la Société générale.

[9Pendant ce temps, les chefs d’entreprises, eux, sont passés de 60% à 20% de ce groupe des 0,1% de privilégiés les mieux rémunérés.

[10Lire Le livre noir des banques, co-écrit par Attac et Basta !, Ed. Les liens qui libèrent, 2015, chapitre 17. Et le rapport de Corporate Europe Observatory, « The fire power of the financial lobby, A survey of the size of the financial lobby at the EU level », 2014.

[11Pour ces quatre grandes banques universelles française, les investisseurs anticipent le fait que, malgré les risques pris, l’État sera toujours là en cas de faillite. Cette garantie implicite leur permet d’emprunter à des taux plus bas sur les marchés financiers. Grâce à ces taux d’intérêt plus favorables, en 2012, le secteur bancaire européen a perçu l’équivalent de 234 milliards d’euros de subvention implicite des États. Lire le détail ici.

[12Montant de l’impôt sur les sociétés prévisionnel, d’après le Projet de loi de finances pour 2015. Source : ministère des Finances.

[13Les prêts seront remboursés, les garanties ne seront pas utilisées. Heureusement...

[14Pour le détail de cette évaluation, lire Le Livre noir des banques, Attac & Basta !, Éditions Les liens qui libèrent, 2015, chapitre 1.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 22:23

 

 

Un bon entretien avec Naomi Klein (No logo, La Stratégie du choc), où il est question de climat, TAFTA, de grands projets inutiles imposées, de politiques d'austérité,... et finalement d'optimisme.

 

Naomi Klein : “ExxonMobil, BP, Shell... ont déclaré la guerre à la planète”

Weronika Zarachowicz Publié le 17/03/2015.

 

Egérie de la gauche nord-américaine, elle s'engage, avec un nouvel essai, dans la lutte contre le changement climatique. Et voit dans la crise actuelle une chance pour remettre en cause le système capitaliste… Voici la version longue d'un entretien paru dans “Télérama”.

La suite: http://www.telerama.fr/idees/naomi-klein-exxonmobil-bp-shell-ont-declare-la-guerre-a-la-planete,123946.php

 

 

 

Mais aussi sur Reporterre:

Naomi Klein : « C’est très simple : les pollueurs doivent payer »

16 mars 2015 / Entretien avec Naomi Klein

 

Naomi Klein revient avec un fort livre, Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique. Présentant le changement climatique comme un « risque existentiel », elle démontre que, pour éviter la catastrophe, il faut adopter des politiques radicalement contraires au néo-libéralisme dominant. Reporterre s’est entretenu avec elle.

La suite: http://www.reporterre.net/Naomi-Klein-C-est-tres-simple-les

 

 

 

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 19:51

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Chômage : le coup de massue des droits rechargeables

17 mars 2015 | Par Rachida El Azzouzi et Mathilde Goanec

 

 

Cinq mois après l'entrée en vigueur des droits rechargeables, mesure phare du gouvernement, les témoignages de chômeurs et précaires lésés se multiplient. Les partenaires sociaux doivent se remettre autour de la table, sans pour autant être d'accord ni sur les chiffres ni sur le remède.

 

 

« Désormais, plus on travaille, plus on a de droits. Chaque fois qu’un demandeur d’emploi retravaillera, il accumulera des droits sans perdre ceux déjà acquis. Il n’aura plus à s’inquiéter d’une possible perte de son allocation s’il retrouve un travail temporaire. » C'est ainsi que le ministère du travail qualifiait le 6 octobre dernier les « droits rechargeables », ce dispositif obtenu à l’arraché lors de la dernière négociation sur l’assurance chômage et signé par trois syndicats sur cinq (CFDT, FO, et CFTC) : « une belle avancée pour les demandeurs d’emploi ». Cinq mois après leur entrée en vigueur, la réalité est tout autre pour des milliers de précaires et chômeurs, dont certains vivent un véritable drame social.

À l’image de ceux récoltés par la CGT chômeurs rebelles du Morbihan, très active sur cette question, les témoignages se multiplient sur les effets pervers de cette mesure phare du gouvernement. « Nous n’avons jamais été autant sollicités, assure Pierre-Édouard Magnan, délégué fédéral du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). Pour trouver un équivalent, il faut remonter dix ans en arrière, jusqu’au scandale des "recalculés". » En 2004, 400 000 demandeurs d'emploi s'étaient en effet retrouvés privés de leur allocation chômage du jour au lendemain, après la renégociation par les partenaires sociaux de la convention d’assurance chômage.

 

Occupation d'une agence Pôle emploi dans la région lyonnaise en novembre 2014

Occupation d'une agence Pôle emploi dans la région lyonnaise en novembre 2014 © @DR

 

Le récit des « rechargés » d’aujourd’hui est tout aussi inquiétant : « Ma fille est psychologue, et avait le projet de partir à La Réunion, raconte Brigitte. Pour financer son départ, elle a fait des remplacements dans de grandes enseignes de distribution et dans l'animation, histoire de glaner quatre sous. » Une fois sur l’île, la jeune femme ouvre des droits au chômage pour quelque temps avant d’être acceptée pour un CDD d’un an au sein d’une mission locale. Mais lorsqu'elle constitue en décembre 2014, à l’issue de ce contrat, un nouveau dossier à Pôle emploi, ce dernier applique la réforme des droits rechargeables. « Ils sont remontés jusqu’en 2013 et aux droits ouverts sur la base des petits boulots effectués à ce moment-là, explique Brigitte, révoltée par le sort de sa fille. L'année à temps plein n'est pas prise en compte et elle a donc droit à 420 euros mensuels seulement jusqu'en janvier 2016 ! »

En accusation dans cette affaire, le système de calcul. Avant la nouvelle convention d’assurance chômage, les droits ouverts pour les chômeurs étaient calculés en fonction de l’indemnisation la plus favorable. Mais depuis la mise en place des « droits rechargeables », les indemnisations versées aux demandeurs d’emploi sont calculées sur les anciens droits non épuisés (Pôle emploi remonte dans l’historique professionnel plus de trois ans en arrière à partir de la date d'inscription à Pôle emploi). Soit une avancée pour ceux qui acceptent un poste moins bien payé (l'allocation perçue se décale mais ne baisse pas tant qu’ils n’ont pas utilisé tous leurs anciens droits) et une double peine pour tous ceux dont le dernier emploi était mieux rémunéré que les précédents. Ils se retrouvent bloqués dans d'anciens droits, à l’indemnisation moins avantageuse. Principales victimes : les personnes passant d’un temps partiel à un temps plein, enchaînant les CDD plus ou moins bien rémunérés, les intermittents, ou encore ceux qui connaissent une progression salariale.

Laurence, trentenaire, est dans ce cas. Elle a travaillé pendant quatre ans à l’étranger comme contractuelle pour le ministère des affaires étrangères. Elle rentre en France en 2012 et s’inscrit au chômage. Elle y restera deux mois avant d’obtenir un contrat auprès d’un opérateur du ministère de la justice œuvrant dans le domaine de la coopération internationale. Au bout d’un an et demi, sans réelles possibilités d’évolution, la jeune femme décide de se réorienter et effectue une rupture conventionnelle pour faire un bilan de compétences. Elle s’inscrit donc auprès de Pôle emploi. Son dossier d’indemnisation, compliqué, met plusieurs mois à aboutir. Quand la décision tombe, Laurence est atterrée. Elle va toucher environ 1 200 euros par mois, son indemnisation étant calculée sur son salaire perçu au sein du ministère des affaires étrangères (hors primes), en 2012. « J’ai cotisé ces deux dernières années, sur un salaire de 2 800 euros net, pensant avoir le temps de voir venir en cas de réorientation professionnelle, s’insurge la jeune femme. Cet argent, il est passé où ? »

Si le rechargement des droits, allongeant la durée d’indemnisation possible, peut paraître séduisant, la mesure sous-jacente de « l’épuisement des droits » fait bondir certains agents de Pôle emploi, comme Catherine Barbier, à Saint-Brieuc. « Le rechargement n’intervient qu’après avoir été au bout des anciens droits. Ce qui veut dire qu’on peut rester des mois, voire des années avec un taux de misère, avant que les nouveaux droits ne prennent le relais, explique la déléguée syndicale CGT. Par exemple, un étudiant qui pendant deux ans a travaillé un samedi par semaine pour payer ses études, il lui faudra 700 jours avec une indemnité de rien du tout pour arriver au bout et pouvoir prétendre toucher l’indemnité correspondant à son emploi suivant. » C’est aussi ce qui révolte Laurence : « J’ai droit à 665 jours d’indemnisation, mais ça me paraît évident que je ne resterai pas tant de temps au chômage, surtout avec un montant si faible. Je reprendrai mon sac à dos et j’irai chercher un travail à Berlin ou à Bruxelles… Donc je ne comprends absolument pas la logique. »

« L’incompréhension est totale car ça défie le bon sens, rapporte Pierre-Édouard Magnan du MNCP. En plus, c’est injuste, mais légal. Et il n’y a aucun recours possible selon nos avocats. » Les partenaires sociaux (à l’exception de la CGT et de la CFE-CGC, vent debout depuis le début contre la nouvelle convention Unedic) refusent pourtant de revenir en arrière, préférant parler d’un « bug », d’un « raté » dont il s’agirait de corriger les effets.

 

Négociations en vue d'un nouvel accord

Le projet d’origine poursuivait un but clairement énoncé : inviter au retour à l’emploi, inciter les chômeurs à accepter un contrat, même à durée limitée, sans craindre d’être sortis du dispositif de l’assurance chômage. D’un point de vue comptable, « il vaut mieux que les gens acceptent n’importe quoi plutôt que de peser sur les finances de l’Unedic », assure le sociologue Mathieu Grégoire (retrouver ici notre entretien). Une logique de court terme que décrypte ce spécialiste du travail « discontinu » : « Il est plus intéressant pour les gestionnaires d’ouvrir la possibilité de droits plus longs mais plus faibles, cela fait baisser les flux financiers. » Effectivement, tous les chômeurs indemnisés ne profiteront pas de la totalité de leur « stock » de droits. Idéologiquement, les droits rechargeables sont donc dans la droite ligne d’une approche de l’assurance chômage fonctionnant sur le mode de l’épargne individualisée. On touche, au jour près, ce que l’on a cotisé, et tant pis si entretemps la situation a changé.

En permettant les allers-retours entre l’emploi et le Pôle emploi, l’Unedic et les partenaires sociaux signataires de cet accord valident également une précarité massive, dont il convient de s’accommoder. Actuellement, la moitié des indemnisés sont issus des contrats à durée déterminée. Les « intermittents » de l’emploi sont passés de 500 000 en 1997 à 1 million 700 000 aujourd’hui. « Cette précarité est réelle, il faut l’admettre et prévoir des droits pour ces gens-là, concède Mathieu Grégoire. Mais là, ces droits sont trop faibles et inadaptés. »

Admettant le recul qu’ont pu constituer cinq mois d’application des droits rechargeables pour les chômeurs, les partenaires sociaux pourraient se réunir pour amender le texte. La piste la plus évidente est d’élargir le « droit d’option », jusqu’ici réservé aux apprentis, à un plus grand nombre de bénéficiaires. Grossièrement, il s’agit de choisir entre les deux montants celui qui est le plus favorable, quitte à y perdre en nombre de jours (un retour à l’ancien système). Jusqu’où pourrait aller la remise en cause ? Véronique Descacq, négociatrice pour la CFDT, estime que le droit d’option pourrait concerner ceux qui ont 30 % d’écart entre les indemnités correspondant à deux périodes travaillées, et ceux qui ont une indemnité journalière faible.

Dans une note publiée mi-janvier, à lire ici, l’Unedic, l’organisme paritaire de gestion de l’assurance chômage, dont le déficit abyssal obsède gouvernement et patronat, reconnaît des dysfonctionnements. Elle admet notamment un montant de l'allocation chômage versée aux demandeurs d'emploi qui alternent emploi et période sans activité jusqu'à 40 % moins élevé que ce qu'il aurait été, si le régime de l'assurance chômage n'avait pas été réformé. Néanmoins, elle minimise la portée des effets négatifs en estimant à seulement 30 000 personnes par an le nombre de personnes touchées. En effet, ne sont considérées comme lésées que les personnes dont l’écart entre les rémunérations considérées pour le calcul de droits excède 30 %, ayant retravaillé au moins un an, et dont le reliquat de « droits ouverts » est supérieur à 6 mois. Autant de restrictions qui font baisser les chiffres. La CGT, qui parlait elle au départ de 500 000 personnes concernées, a revu son estimation et parle désormais de 100 000 personnes « spoliées ». Dans un cas comme dans l’autre, cette situation est loin d’être anecdotique.

Le droit d'option « réglerait la quasi-totalité des cas problématiques », assure la syndicaliste, pour qui l’allongement de la durée de prise en charge permet par ailleurs aux chômeurs de se former. « Si la croissance repart, la qualification des chômeurs sera la clef. » Pierre-Édouard Magnan est nettement plus réservé : cette solution, « j’en suis bien conscient, va éteindre l’incendie, et soulager les agents de Pôle emploi qui, pour le moment, se retrouvent face à la colère des usagers. Mais en demandant au chômeur de choisir, on lui demande aussi de renoncer à des droits qu’il a pourtant acquis ».

Les négociations, prévues ce mercredi 19 mars, ont cependant été reportées à la demande du Medef, faute d’accord préalable à la fois sur le chiffrage et les solutions. « Si les partenaires sociaux reviennent dessus, ce sera à coût constant, met en garde Mathieu Grégoire. Si le droit d’option est adopté, les syndicats devront offrir quelque chose en échange au patronat. » Un pis-aller en attendant la prochaine convention sur l’assurance chômage, en 2015.

 

 

Boîte noire : La question des droits rechargeables renvoie à la multiplication des contrats courts, ce travail "discontinu" où l'on fait des allers-retours constants entre le monde professionnel et Pôle emploi. Quels sont les impacts d'une telle instabilité professionnelle sur la vie quotidienne ? Comment gérer l'intermittence perpétuelle et la dépendance vis-à-vis de Pôle emploi ? S’accommode-t-on de courir ainsi après les contrats ? Si vous avez un témoignage à apporter, merci de nous écrire à ces adresses : mathilde.goanec@mediapart.fr ou rachida.el-azzouzi@mediapart.fr en laissant si possible un moyen pour vous joindre.

 

 

Lire aussi

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 17:12

 

Source : http://www.marianne.net

 

Médecins : leurs liaisons dangereuses bientôt mises à nu

Lundi 16 Mars 2015 à 5:00

 

Clotilde Cadu

 

 

Le scandale du Mediator avait mis en lumière les liens délétères entre l’industrie pharmaceutique et le corps médical. Le Conseil d’Etat entend imposer davantage de transparence en rendant obligatoire la publication des rémunérations versées par un labo à un toubib.

 

VALINCO/SIPA

 

Voilà une mise à nu dont certains se seraient bien dispensés. Les médecins vont devoir rendre publics tous les avantages qu’ils perçoivent de la part de l’industrie pharmaceutique, depuis le plus petit gueuleton jusqu’au plus gros chèque encaissé. Le Conseil d’Etat vient en effet de rendre obligatoire la publication des sommes qu’un labo verse à un toubib qui agit pour son compte en tant que consultant ou orateur.

Le « Sunshine Act », décret de 2013 censé faire toute la transparence sur les liens entre le corps médical et les firmes après le scandale du Mediator, avait soigneusement exclu ces rémunérations pour se focaliser sur les seuls menus avantages (cahiers, sacoches, repas, billets d’avion pour assister à un congrès à l’autre bout de la planète). Une transparence au rabais qui n’avait pas plu au Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) et à l’Association pour une formation et une information médicales indépendantes (Formindep), qui avaient aussitôt déposé un recours devant le Conseil d’Etat.

« La transparence est une condition nécessaire à la confiance », souligne Patrick Bouet, le président de l’Ordre des médecins, estimant que le décret ainsi publié ne donnait qu’une « vision tronquée des liens d’intérêts ». Le Conseil d’Etat a eu le même sentiment et annulé, le 24 février dernier, la circulaire d’application de ce décret, trop restrictive. « Le Conseil d’État juge que l’existence de tous les contrats d’achats de biens ou de services par les entreprises auprès des professionnels de santé doivent être déclarés et qu’en outre le montant doit figurer dans la déclaration. Il s’agit d’une avancée majeure qui devrait permettre de mettre en lumière l’importance des rémunérations des grands leaders d’opinions dont l’activité est la source des surdiagnostics, surtraitements et mauvais usages des médicaments mettant en danger la santé publique et la pérennité de l’assurance maladie », se félicite le Formindep.

L’affaire du Mediator, en 2010, avait mis en lumière les liens délétères qui peuvent exister entre l’industrie pharmaceutique et le corps médical. Le ministre de la Santé d’alors, Xavier Bertrand, avait œuvré à la mise en œuvre de la transparence dans le secteur. « La loi Bertrand disait clairement que tous les avantages devaient être publiés », rappelle Patrick Bouet. « Le ministère va devoir réécrire la circulaire d’application et reprendre la totalité des exigences de la loi ». Le député socialiste Gérard Bapt a déposé un amendement en faveur de cette transparence totale dans le cadre de la loi de santé portée par Marisol Touraine et présentée en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale mardi 17 mars. Il demande à « compléter l’obligation de déclaration des liens d’intérêts des agents publics du secteur de la santé ainsi que des professionnels exerçant une mission de service public en l’accompagnant du détail des rémunérations perçues en raison des conventions conclues entre ces mêmes acteurs et les industriels du secteur concerné, avant leur prise de fonction ».

En fonction de la prestation demandée, les contrats peuvent s’élever à plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros. Une somme rondelette qui amoindrit nécessairement l’objectivité du bénéficiaire vis-à-vis de la firme qui le nourrit si bien. Début janvier, un groupe d’experts mené par la députée européenne Europe écologie - Les Verts Michèle Rivasi avait lancé un appel pour une « opération mains propres dans la santé » : « Il faut une réforme totale de la filière du médicament, avec une lutte sans relâche contre les conflits d’intérêts. Pour cela, non seulement les élus et les experts qui représentent l’Etat face aux laboratoires, mais aussi tous les médecins, doivent rendre publics leurs liens avec l’industrie pharmaceutique ». Une véritable mesure de salubrité publique en somme.

*Article mis à jour le 16/03 à 16h57

 

 

Source : http://www.marianne.net

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 16:56

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Finances

J’invite un banquier dans ma classe : quand les banques enseignent la gestion financière « responsable » à l’école

par Agnès Rousseaux 16 mars 2015

 

 

Dans le cadre de la « Semaine européenne de l’argent », des banquiers ont été invités par l’Education nationale dans une quarantaine de classes en école primaire. Objectif de cette opération pilote menée par la Fédération bancaire française : apprendre aux élèves les principes d’une « gestion financière responsable ». Au vu des scandales et controverses qui touchent les banques françaises, il n’est pas sûr que cette fédération, principal lobby du secteur financier en France, soit la mieux placée pour faire la leçon en la matière. Cette opération pourrait se généraliser l’année prochaine.

Les banquiers débarquent dans les écoles primaires ! Qui peut enseigner aux élèves à bien gérer leur argent de poche ? Les banques. C’est ce que semble penser l’Éducation nationale, qui a décidé de lancer l’opération « J’invite un banquier dans ma classe ». Cette opération s’est déroulée dans le cadre de la première « Semaine européenne de l’argent » (sic), initiée dans 22 pays du 9 au 13 mars par la Fédération bancaire européenne (FBE), pour promouvoir l’éducation financière dans les écoles primaires et secondaires d’Europe. Concrètement : des banques se chargent d’organiser des leçons et des jeux destinés aux enfants, afin de leur apprendre les principes d’une « gestion financière responsable ».

 

 

En France, une quarantaine de classes pilotes de CM1 et CM2 ont participé la semaine dernière à ce projet pédagogique d’éducation budgétaire et financière. « Ce projet est mené dans un cadre éthique clairement défini et qui engage strictement les intervenants. Ce cadre exclut toute démarche commerciale », précise la Fédération bancaire française. Son programme d’éducation financière, sobrement intitulé Les clés de la banque, est « un service gratuit et indépendant de toute enseigne commerciale », ose même affirmer la Fédération. Voilà qui devrait nous rassurer…

Aider les pauvres à mieux gérer leur argent...

Les élèves sont invités à jouer à un jeu collectif animé par leur enseignant, à base de questions-réponses élaborées par les banques. Le banquier – venu d’une agence locale – présent dans la classe n’est là que pour répondre aux demandes de précision. Le synopsis du jeu : les élèves sont en sortie scolaire et doivent arriver à la boutique de souvenirs avant qu’elle ne ferme... et pour cela répondre à des questions « Budget, Achat ou Moyens de paiement ». Le décor est planté. Un contexte propice, selon la Fédération bancaire, pour permettre aux élèves de se poser plein de questions essentielles, liées à leurs dépenses quotidiennes et à celles de leurs parents, ou à la gestion d’un budget (voir ci-dessous quelques-unes de ces questions).

 

Le Comité syndical européen de l’éducation (CSEE), qui représente 131 syndicats d’enseignants dans 48 pays, est très critique vis-à-vis de ce projet, estimant que la Fédération des banques « cherche non seulement à orienter les programmes scolaires au travers des Semaines européennes de l’argent, mais aussi à reprendre à son compte des responsabilités qui appartiennent au domaine de l’éducation publique. » La Fédération bancaire justifierait son projet en soulignant que « le manque de connaissances financières parmi les familles à faible revenu est responsable de 50 % des écarts entre riches et pauvres », critique la CSEE. En clair : si les pauvres sont pauvres, c’est qu’ils gèrent mal leur pécule. Les syndicats s’interrogent sur la pertinence de cette « interprétation étriquée et quelque peu lacunaire » de la pauvreté et de la précarité en Europe...

La « semaine de l’argent » bientôt dans toutes les écoles d’Europe ?

Faut-il préciser qu’en France la Fédération des banques – principal lobby de secteur financier – est présidée par François Pérol, dirigeant du groupe Banque Populaire-Caisse d’épargne (BPCE) ? François Pérol a été mis en examen en 2014 et renvoyé en correctionnelle le 5 février dernier pour prise illégale d’intérêts (pour avoir été placé à la tête de la BPCE par Nicolas Sarkozy, après avoir été son conseiller, et sans demander l’avis de la Commission de déontologie). Un appel à la grève a également été lancé par l’ensemble des syndicats de BPCE, pour protester contre des conditions de travail dégradées, alors que François Pérol percevra un bonus de de 851 858 €, en plus de sa rémunération fixe de 550 000 €, d’après les syndicats.

A la tête de la Fédération, François Pérol a succédé à Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas. La première banque française a dû s’acquitter d’une très lourde amende de 6,6 milliards d’euros aux États-Unis en 2014. Le vice-Président de la Fédération bancaire n’est autre que Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, dont l’image reste entachée par l’affaire Kerviel et la perte de 4,9 milliards d’euros due à des spéculations inconsidérées sur les marchés financiers (découvrez le casier judiciaire de votre banque ici). Au vu de ces performances, la Fédération bancaire française est-elle vraiment la mieux placée pour expliquer aux autres – et notamment aux enfants – comment gérer leur budget ? D’autant que cette mission pourrait être confiée aux conseillers en économie sociale et familiale (CESF). Il en existe 10 000 aujourd’hui, spécialisés dans l’accompagnement de familles précaires, employés par les collectivités locales, les caisses d’allocations familiales, les offices HLM ou des associations.

L’opération J’invite un banquier dans ma classe est dans une « phase pilote » en 2015 et fera l’objet d’une étude d’impact afin de mesurer les acquis des enfants, précise la Fédération bancaire. L’opération pourra être étendue en 2016 en fonction des résultats de cette première expérience. « L’acquisition de connaissances et de bons réflexes, dans le cadre de l’école, est une dimension de l’éducation citoyenne [des élèves] et sera propice à leur futur bien-être financier », souligne Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française – et membre du bureau du Medef. Le « bien-être financier » des citoyens passe certainement davantage par une reprise en main par les citoyens sur la finance dérégulée et le secteur bancaire. Mais cela, Marie-Anne Barbat-Layani et la Fédération bancaire n’en diront rien aux élèves.

Agnès Rousseaux

Photo : CC Thomas8047 (Zurich)

Lire aussi :
École : quand les multinationales remplacent les instituteurs
Comment le groupe Total va financer la réforme de l’Éducation nationale
Total, nouveau sponsor du gouvernement en matière culturelle, artistique et éducative

Quelques questions abordées dans les classes – où l’on apprend qu’il n’y a pas de problème à faire un prêt à 10% à son petit frère, qu’il faut toujours s’interroger sur le « rapport qualité/prix » avant de faire un achat et ne pas trop dépenser son argent pour des « coups de cœur », qu’il ne faut pas hésiter à ouvrir un livret d’épargne et à avoir une carte bancaire, ou que l’on peut dépenser 100 euros pour un jean et gagner 250 euros en baby-sitting quand on a 8 ou 10 ans...

 


Réponse : « Attention à ne pas garder trop d’argent en liquide, peu importe l’endroit (maison, voiture). Il n’est pas en sécurité, et tu peux même oublier où tu l’as caché... Dépose-le à la banque si tu as un livret d’épargne. Tu pourras le retirer quand tu en auras besoin avec une carte de retrait par exemple, et tu éviteras ainsi la tentation de dépenser tout ton argent par des achats coup de cœur ! »

 


Réponse : « Il faudra patienter plus de 10 mois mais, en mettant de l’argent de côté, tu pourras acheter ce qui te fera vraiment plaisir. As-tu pensé à mettre cet argent sur un livret d’épargne ? Cela pourrait aussi te rapporter des intérêts et t’éviter la tentation d’utiliser cet argent pour d’autres dépenses. »

 

 

 

 

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 20:53

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

 

En 2007-2008, l’Equateur a osé dire « non » aux créanciers et a remporté une victoire

15 mars par Eric Toussaint

 

 

 

En 2007, sept mois après avoir été élu, le président équatorien Rafael Correa a fait procéder à un audit de la dette du pays.
Le décret présidentiel de création de la commission d’audit reste à ce jour une source d’inspiration.

 

L’article 2 est particulièrement important, il définit ce qu’est un audit intégral de la dette qui est tout sauf un simple exercice purement comptable : « L’audit intégral se définit comme l’action de contrôle destinée à examiner et à évaluer le processus d’endettement et/ou de renégociation de la dette publique, l’origine et l’affectation des ressources ainsi que les projets financés par la dette interne et externe, afin de déterminer sa légitimité, sa légalité, sa transparence, sa qualité et son efficacité, sur la base des aspects légaux et financiers, des impacts économiques, sociaux, régionaux, écologiques et sur l’égalité des sexes, les nationalités et les populations. » Il faut souligner que la commission d’audit était constituée de délégués et déléguées des mouvements sociaux équatoriens (ils constituaient la majorité) et de délégués de campagnes internationales (dont le CADTM) agissant sur la problématique de la dette. S’y ajoutait quatre organes de l’Etat.

 

Présentées en septembre 2008, après 14 mois de travail intense, les conclusions de la commission d’audit démontrent que de nombreux prêts ont été accordés en violation des règles élémentaires. En novembre 2008, l’Equateur a en conséquence décidé de suspendre le remboursement de titres de la dette venant à échéance les uns en 2012, les autres en 2030. Ce faisant, ce petit pays d’Amérique du Sud est parvenu à racheter pour 900 millions de dollars des titres valant 3,2 milliards de dollars. Si on prend en compte les intérêts que l’Équateur ne devra pas verser puisqu’il a racheté des titres qui arrivaient à échéance en 2012 ou en 2030, le Trésor public équatorien a économisé environ 7 milliards de dollars. Cela a permis de dégager de nouveaux moyens financiers permettant au gouvernement d’augmenter les dépenses sociales dans la santé, l’éducation, l’aide sociale et dans le développement d’infrastructures de communication. En matière d’endettement, la Constitution équatorienne, adoptée au suffrage universel en septembre 2008, représente une grande avancée. L’article 290 soumet notamment tout endettement futur aux règles suivantes :

 

1. On ne recourra à l’endettement public que si les rentrées fiscales et les ressources provenant de la coopération internationale sont insuffisantes.
2. On veillera à ce que l’endettement public n’affecte pas la souveraineté nationale, les droits humains, le bien-être et la préservation de la nature.
3. L’endettement public financera exclusivement des programmes et projets d’investissement dans le domaine des infrastructures, ou des programmes et projets qui génèrent des ressources permettant le remboursement. On ne pourra refinancer une dette publique déjà existante qu’à condition que les nouvelles modalités soient plus avantageuses pour l’Équateur.
4. L’« étatisation » des dettes privées est interdite.

 

Le décret de création de la Commission d’audit intégral de la dette (CAIC) en Equateur et les actions qui en ont résulté restent à ce jour uniques. Cela devrait constituer une source d’inspiration pour ceux et celles qui veulent avancer dans la lutte pour mettre fin à la domination des créanciers de la dette illégitime.

 

Pour en savoir plus lire : http://cadtm.org/Les-lecons-de-l-Equateur-pour-l
http://cadtm.org/Eric-Toussaint-a-Tunis-Il-faut

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 22:26

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Les opposants de Notre-Dame-des-Landes, Sivens... reçus au ministère de l’écologie

Le Monde.fr | 14.03.2015 à 12h18 • Mis à jour le 14.03.2015 à 13h29 | Par Rémi Barroux

 

 

Evacuation de la ZAD contre le projet de barrage de Sivens (Tarn) par les gendarmes, le 6 mars. (AP Photo/Balint Porneczi)

 

Treize représentants de mouvements d’opposition à des chantiers jugés inutiles, voire nuisibles, sont reçus samedi 14 mars par le sénateur (PS, Val d'Oise) Alain Richard, chargé par la ministre de l'écologie, Ségolène Royal, d'une mission sur la « démocratisation du dialogue environnemental ». Nommé à la mi-janvier à la tête d'une équipe réunissant une cinquantaine de représentants d'associations (France Nature Environnement, Fondation Nicolas Hulot, Humanité et biodiversité...), d'organisations patronales (Medef, CGPME...), de syndicats, de parlementaires, d'établissements publics comme l'Ademe, d'experts, etc. l’ancien ministre de la défense devrait rendre ses conclusions à la mi-mai.

Ce dossier sensible a été ouvert par François Hollande à l'occasion de la conférence environnementale, le 27 novembre 2014. Un mois après la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué le 26 octobre par une grenade tirée par un gendarme sur le chantier d'un barrage dans la forêt de Sivens (Tarn), le chef de l'Etat déclarait : « Ce projet de barrage a ses partisans et ses détracteurs. A un moment, il va falloir choisir. Mais pour choisir, nous devons être conscients des limites qui existent aujourd’hui dans le débat démocratique ».

 

« Nouvelles règles du jeu »

Début janvier, lors d'une réunion du Conseil national de la transition écologique, Mme Royal a annoncé la mise en place de cette commission présidée par M. Richard, attendant de ses travaux « l'émergence de nouvelles règles du jeu permettant au pays de s'engager de façon irréversible dans une nouvelle démocratie environnementale ».

Certes, la plupart des mouvements qui se rendent samedi au ministère de l'écologie, pour y rencontrer Alain Richard, n'ont que peu d'illusions sur cette « démocratisation ». « Sans illusion sur la volonté réelle du gouvernement d'aboutir à des méthodes décisionnelles plus démocratiques parce que certains de nos mouvements ont déjà vécu des parodies de concertation et que notre confiance est à peu près réduite à zéro », préviennent-ils. Ils s’inquiètent aussi des modifications sur les délais d’autorisation et la simplification des procédures prévues dans la loi Macron.

 

A Notre-Dame-des-Landes, le projet d'aéroport continue d'être l'objet de recours juridiques et d'une occupation sur le terrain. AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

 

Mais, hostiles à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), au nouveau tunnel ferroviaire pour la ligne Lyon-Turin, au barrage de Sivens, à la Ferme des 1 000 vaches (Somme), au Center Parc de Chambaran à Roybon (Isère), au centre d'enfouissement de déchets nucléaires à Bures (Meuse) ou encore à la ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges, ces différents mouvements se sont coordonnés pour proposer des solutions aux nombreux dysfonctionnements qui, selon eux, ont entaché l'émergence de ces projets.

 

Occupation du terrain

« S'il a fallu s'opposer au démarrage des travaux par une occupation du terrain, c'est bien parce que les procédures du débat public à la française ont montré leurs failles », écrivent-ils, revendiquant l'existence des ZAD (« zone à défendre ») sans lesquelles leurs combats n'auraient pas connu un tel écho médiatique. Mais c'est sur le fond du dossier et sur leurs expertises que ces associations veulent être entendues. Après un mois et demi d'échanges de mails et d'avis aussi divers que leurs combats peuvent l'être, ils ont élaboré une vingtaine de propositions « concrètes ».

A l’appui de leurs arguments, les auteurs de cette plateforme citent les exemples de dysfonctionnements observés dans différents cas. Ils veulent d'abord intervenir « en amont », remettant en question la notion d'utilité publique. « Pour beaucoup de projets (…) (ligne grande vitesse, aéroport, parc de loisirs, barrage, voie routière, stockage de déchets, etc.), il est beaucoup plus compliqué d'établir ce qu'est l'intérêt général », contrairement à la construction d'un nouveau collège ou une nouvelle école, avancent-ils. Il faut donc que le premier temps de la concertation porte sur l'expertise « du besoin censé justifier le projet ». Et que soient proposées d'autres solutions crédibles et alternatives.

 

« Saucissonnage » des procédures

Les opposants contestent le « saucissonnage » des procédures et leur durée dans le temps qui aboutissent à des impasses. Une fois les déclarations d'utilité publique prononcées, ils constatent que « tout retour en arrière devient impossible », même si des études environnementales remettent en cause tel ou tel aspect du dossier. Selon eux, il faudrait alors « reprendre les procédures de concertation en cas de modification substantielle du projet après déclaration d'utilité publique ».

Ces associations estiment que les préfets, représentants de l’Etat, défendent systématiquement les intérêts de ces grands chantiers, en ne respectant pas les recommandations ou les avis de commissions d'enquête, quand ceux-ci sont défavorables au projet. Les auteurs de la plateforme souhaitent que les recours juridiques contre les arrêtés soient suspensifs du démarrage des travaux.

 

Egalité des financements

S'appuyant sur les exemples de Notre-Dame-des-Landes, du Lyon-Turin, de l'autoroute ferroviaire Dax-frontière espagnole ou encore du chantier de l'A65, l'autoroute de Gascogne entre Langon (Gironde) et Pau (Pyrénées-Atlantiques), ils revendiquent par ailleurs plus de transparence en exigeant « l'accès à tous les documents », une lutte plus efficace contre les conflits d'intérêts et une garantie du caractère contradictoire des expertises et des études, permettant « l'égalité des financements ». Ils veulent aussi interdire l'utilisation de l'argent public « pour des actions de communication institutionnelle qui promeuvent les projets auprès du grand public et s'apparentent le plus souvent à du lobbying ».

 

Pour les opposants, le chantier du nouveau tunnel ferroviaire Lyon-Turin  est entaché de nombreuses irrégularités. REUTERS/Robert Pratta (ITALY - Tags: BUSINESS CONSTRUCTION TRANSPORT TRAVEL) - RTX15ACO

 

Pour tous ces mouvements, en lien direct avec les « zadistes » qui sont, eux, rarement structurés en association et peu enclins à venir discuter avec le gouvernement, il ne faut pas laisser ce débat aux seuls élus et représentants institutionnels. « La représentation par les élus locaux, mandatés pour six ans, si elle est légitime, ne peut prétendre être l'unique forme de démocratie », assure Françoise Verchère, coprésidente du Cedpa, le Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et l'une des rédactrices du texte.

 

Sceptiques sur les référendums

Reçus par M. Richard dès les débuts des travaux de la commission, les opposants à ces projets d'infrastructure, espèrent peser dans la discussion, même si des points de débat demeurent entre eux. Ainsi, la proposition de référendum local avancée par le chef de l'Etat et reprise récemment par la ministre de l'écologie à propos de Notre-Dame-des-Landes, ne séduit pas tout le monde. « Nous sommes circonspects sur cette proposition car les questions que pose un référendum sont nombreuses : le périmètre, la formulation de la question (...), le temps de l'information de la population, les moyens matériels et financiers donnés aux parties présentes, tout peut être sujet à débat... et à manipulation », concluent les auteurs.

La participation du public « aussi efficace que possible et en amont du projet », ainsi que veut l'instaurer Alain Richard, reste encore à concevoir. Trois séries d'auditions et cinq réunions de la commission sont prévues dans les prochaine semaines pour mener à bien ce grand et utile chantier.

 

Journaliste au Monde


Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

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