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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 17:23

Source : http://www.gaullistelibre.com

jeudi 26 mars 2015

Carlo Ghosn : l’homme qui vaut 400 SMICs

 

Même le très libéral chroniqueur économique d’Europe 1, Axel de Tarlé, s’en est ému dans sa chronique matinale : le patron de Renault, où l’Etat conserve une part, va toucher 7,2 millions d’euros en 2014, un quasi triplement de sa rémunération de 2013 (2,67 millions).

 

 

De 20 à 400 SMICs en 20 ans
 
Il faut se souvenir qu’il y a plus de 20 ans, Raymond Lévy, alors patron de la Régie, touchait environ un million de salaire annuel. Mais ce million était libellé en francs, et représente donc 150 000 euros actuels, inflation non déduite. Mais surtout, ce salaire représentait moins de 20 fois le SMIC de l’époque. Et même si les entreprises publiques étaient sans doute plus modérées, il faut rappeler que Jacques Calvet, patron de PSA, avait défrayé la chronique et fait la une du Canard Enchaîné pour un salaire de plus de 2 millions de francs (et non euros) par an, soit environ 40 SMICs. Ce petit rappel est essentiel pour saisir à quel point les écarts de rémunération se sont envolés depuis plus de vingt ans.
 
Dans le détail, Carlos Ghosn touche 1,23 millions d’euros de fixes. En 2013, il a touché près d’1,4 de part variable. Cette dernière a flambé de 31%, pour atteindre 1,84 millions. Mieux, il a décroché « 100 000 actions de performance d’une valeur de 4,1 millions d’euros, qui viennent remplacer les stock options dont e patron n’avait pas pu bénéficier en 2013 ». Tout ceci représente donc un total de plus de 7,2 millions d’euros. A supposer que l’on parle de rémunération brute, cela réprésente la bagatelle de 400 SMICs ! Et encore, cela ne prend pas en compte la rémunération qu’il touche au titre de Nissan (7,6 millions d’euros). Carlos Ghosn, ou le patron qui pèse la bagatelle de 800 SMICs !
 
L’indécence d’une époque
 
 

Pire encore, il ne faut pas oublier qu’il y a 20 ans, le taux marginal d’imposition était de 56,8%, et non de 45%, comme aujourd’hui, ce qui fait que les très hauts salaires sont doublement gagnants : non seulement leur montant a explosé, mais les impôts sont plus légers (il ne faut pas oublier ici que les très communistes Etats-Unis de Nixon avaient encore un taux d’imposition sur le revenu marginal supérieur à 70%) ! Voici une illustration bien concrète de ce que dénoncent Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais dans leurs travaux. Aux Etats-Unis, 95% de la croissance depuis 2009 est allée à 1% de la population alors que les revenus de 99% de la population stagnent depuis 40 ans.

 
Comment les néolibéraux pourraient justifier une seconde une telle explosion des écarts de rémunérations que le libre-jeu du marché a produit ? Bien sûr, la pression sur les dirigeants est sans doute bien plus forte qu’avant. A ce titre, l’explosion des cas d’épuisement professionnel des cadres supérieurs montre qu’ils paient un prix, dur, à l’évolution de nos sociétés. Mais c’est aussi le cas des ouvriers ou des employés. Et tout ceci rend d’autant plus insupportables les injonctions du Medef de baisser le SMIC. Enfin, de toutes les façons, comment justifier qu’un homme puisse gagner 400 ou 800 fois plus qu’un autre ? N’avons-nous pas atteint des sommets d’indécence, sans s’en rendre compte ?
 

 

Le plus effarant dans notre époque, c’est qu’à part le cas isolé de Bill de Blasio à New York, nos sociétés se révèlent pour le moment largement incapables de réagir devant cette envolée des inégalités, qui ne trouve aucune véritable traduction politique, les citoyens semblant soit inconscients soit résignés.

 
 
 
 
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 22:16

 

Source : http://www.agoravox.fr

 

Vrais chiffres chômage février 2015, 25600 chômeurs de +, malgré 296100 radiations ce mois
par patdu49
jeudi 26 mars 2015

 

 

Janvier + 28 100, Février + 25 600

6 246 000 privés d'emploi et travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 3 771 000 invisibles qui n'entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses ( chiffres détaillés bas de page ).

total : + de 10 MILLIONS de chômeurs en France. (fourchette basse)

 

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, Février 2015 :

- Défauts d'Actualisation : 197 600, 43 % des sorties des listes. (- 4,7% sur 1 an)

- Radiations Administratives (les punis) : 49 000, 10,7 % des sorties. (- 11,4% sur 1 an)

- Autres Cas ( les morts, suicidés, emprisonnés .. ) : 49 500 et 10,8 % des sorties. (- 7,5% sur 1 an)
 
soit 296 100 radiés des listes (64,5 %) ce mois pour autres motifs que :

- Stages parking : 44 600, 9,7 % des sorties. (+ 9,9% sur 1 an)

- Arrêts maladie, maternité, etc : 36 200, 7,9 % des sorties. (+ 2,5 % sur un an)

- Reprises d'emploi déclarées : 82 600, ne représentent que 18 % des sorties des listes de pôle emploi. ( -13,9% sur 1 an )
 


Demandeurs d'emploi par catégories :

A : 3 494 400 +0,4 % ( + 4,6 % sur 1 an ).

B : 687 000 +1,0 % ( + 6 % sur 1 an ) travailleurs pauvres moins de 78 heures.
C : 1 081 100 +0,8 % ( + 13,5 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures. 

D : 276 500 -1,3 % ( - 0,8 % sur 1 an ) stages parking, occupationnels etc.
E : 379 100 -0,3% ( - 2,9 % sur 1 an ) contrats aidés etc.

TOTAL : 5 918 100 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 5,5 % sur 1 an, 25600 chômeurs de plus, par rapport à Janvier.

TOTAL, dom-tom compris : 6 246 000 ( page 15 du rapport de la DARES, lien en bas de page ) et encore, données corrigées, les chiffres bruts sont + alarmants encore.

Quelques chiffres qui parlent :

Chômage Longue durée (entre 2 et 3 ans) : + 8,6 % sur 1 an.
Chômage Très Longue Durée + de 3 ans : + 18,7 % sur 1 an.

Chômage des 50 ans et +, + 9,9 % sur 1 an.

+ d'1 chomeur inscrit à pôle emploi sur 2 (51,7 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER)

Offres d'emploi disponibles, dernier chiffre connu : 316 576.

Le + scandaleux, LE CHÔMAGE INVISIBLE, complètement en dehors des statistiques :

Ne sont pas comptés dans ces 6 246 000 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :
 
1 271 000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 2 300 000 environ de foyers (dernier chiffre connu) , seuls 1 004 000 sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.

 

+ encore 1 100 000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d'accès à emploi adapté.

+ encore 1 400 000 de SANS-DROITS, qui sont principalement :

- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne etc.

- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 650€ d'allocation chomage, ou 800€ d'allocation adulte handicapé, vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 642€ par mois, si vous êtes NON SDF.

- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA ( 448€ pour une personne seule ), et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse ( 65 ans ) qui s'appelle aujourd'hui "A-S-P-A" (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.

- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte)

- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).

- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.

 - on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre ( loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Faites le calcul vous même, on arrive au total, à + de 10 MILLIONS demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
 
Sources : Rapport complet de la DARES de 20 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-V9decB-2.pdf

Rendez-vous le mardi 28 avril 2015, pour avoir les vrais chiffres du chômage de mars 2015.

 


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Vrais chiffres chômage janvier 2015, 28100 chômeurs de +, malgré 309600 radiations de + ce mois
Vrais chiffres chômage décembre 2014, 38300 chômeurs de + malgré 298100 radiés ce mois
Vrais chiffres chômage septembre 2014, 67900 chômeurs de + malgré 283300 radiés
Vrais chiffres chômage octobre 2014, 21400 chômeurs de plus malgré 295100 radiations ce mois
Retraites en danger et chômeurs âgés

 

 

Source : http://www.agoravox.fr

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 22:01

 

Source : http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h

 

 

VIDEO. Les milliers de travailleurs au noir du ministère de la Justice

 

Publié le

 

Dans l’imaginaire collectif, le travail au noir est plutôt réservé au monde du bâtiment ou de la restauration. On en trouve pourtant aussi dans les administrations les plus importantes. Sur les 40 000 collaborateurs réguliers des palais de justice, plusieurs milliers travaillent sans être déclarés. Une situation qui dure depuis longtemps, comme a pu le constater l’Oeil du 20h.

 

De l'interprète au délégué du procureur C’est le cas notamment d'un interprète régulièrement employé par le TGI de Paris. Il n'est pas fonctionnaire et est payé en fonction des missions qui lui sont confiées. Premier problème : le ministère de la Justice lui doit 9000 euros au titre de ses missions effectuées… en 2014.

Second problème, l'interprète n'est pas déclaré. Un cas isolé ? Pas vraiment. Nous avons aussi rencontré un délégué du procureur. Cet ancien médiateur social n'est pas magistrat mais un collaborateur extérieur du ministère. Et lui non plus n’est pas déclaré. Plutôt étonnant quand on sait que le rôle d'un délégué du procureur est de faire… des rappels à la loi.

 

 

Source : http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h

 

 

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 15:53

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Quand l’austérité budgétaire menace la richesse de la création culturelle

par

 

 

 

 

Une centaine de festivals qui disparaissent, des théâtres, des conservatoires de musique, des orchestres prestigieux menacés : l’année 2015 s’annonce mortifère pour la culture. En cause, la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales, qui les répercutent sur leurs territoires en supprimant des subventions. Le tout, sur fond de discours populistes contre une « culture élitiste » et de démantèlement d’une politique de décentralisation culturelle de plus d’un demi-siècle. Les artistes se mobilisent pour limiter la casse.

C’est une véritable hécatombe que va connaître la création artistique en 2015. Des festivals, des théâtres, des cinémas, des musées, des conservatoires de musique voient leur existence menacée par la baisse ou la suppression de subventions publiques. Tout le territoire est concerné. D’un côté, les pressions d’artistes et de certains élus locaux se multiplient pour limiter la casse. De l’autre, la très faible mobilisation citoyenne, médiatique et politique, notamment durant la campagne des élections départementales, n’aide pas à inverser la tendance. Une première alerte a été donnée le 10 décembre 2014, au Théâtre national de la Colline, à Paris.

Rassemblés à l’initiative du Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), plusieurs centaines d’artistes et responsables d’institutions ont interpellé la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, dans une « Lettre ouverte » : « Ce que nous voyons, c’est une baisse constante de toutes les aides accordées à la création et à la diffusion artistiques, ce que nous voyons, c’est que les méthodes d’évaluation de nos subventions sont décidément ordonnées par une idéologie du profit commercial. »

 
Une centaine de festivals supprimés

Dans la foulée, des ensembles musicaux prestigieux annonçaient la suppression de la subvention de la ville qui les héberge, parfois depuis plus de vingt ans : les Musiciens du Louvre à Grenoble, les Arts Florissants à Caen, le Concert d’Astrée à Lille. Même Paris s’y met : Jérôme Clément, l’ancien patron d’Arte, a démissionné le 19 février 2015 de la présidence du conseil d’administration du Théâtre du Châtelet, parce qu’il n’avait reçu aucune garantie financière de la municipalité. « Nous n’avons toujours pas d’idée sur le prochain budget, nous ne savons pas s’il permettra de faire de la création », explique-t-il. Une « cartocrise », créée par Emeline Jersol, médiatrice culturelle au Centre national des arts de la Rue de Valenciennes (Nord), recense de son côté plus d’une centaine de festivals dont la fin a été annoncée.

 

Voir en plein écran

 

 

En octobre 2014, un document publié par l’Association des petites villes de France (APVF) laissait pressentir l’ampleur des dégâts : « Enquête sur les coupes budgétaires à venir dans les petites villes. » Il révélait que la part des communes qui prévoyaient de toucher à la culture en 2015 était de… 95 % ! Si les mairies sont à la manœuvre pour décider et pratiquer ces coupes (et dans une moindre mesure les départements et les régions), leur cause est à chercher ailleurs. Dans la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales : 11 milliards d’euros en moins sur trois ans (2015 à 2017).

 
Des milliards pour les entreprises, l’austérité pour les artistes

« Dans l’endettement global du pays, les collectivités locales ne représentent que 10 %, or avec ces baisses de dotations, on leur fait porter 20 % de l’effort, regrette Olivier Dussopt, député-maire (PS) d’Annonay (Ardèche), et président de l’APVF. De plus, les maires doivent faire face à des dépenses supplémentaires, dues, entre autres, à la hausse de la TVA, à la réforme des rythmes scolaires ou à la revalorisation des salaires des fonctionnaires de catégorie C, nombreux dans les communes. Revalorisation justifiée par ailleurs. Dans un tel contexte d’austérité, nous n’avons aucune visibilité sur nos budgets à moyen terme. »

Le mot est lâché : austérité. C’est en son nom que les baisses de dotations ont été décidées. Alors certains élus s’étonnent de voir le gouvernement accorder 50 milliards d’aide aux entreprises, avec le pacte de responsabilité. A l’image d’Olivier Dussopt : « J’aimerais que l’on exige des contreparties aux entreprises, en échange de ces 50 milliards. Et pour nous, que l’on étale les baisses de dotations sur plus de trois ans. »

Malgré cette forte diminution des ressources, certaines villes ont préservé leur budget culture pour 2015. A l’image de Cran Gevrier, 17 500 habitants, commune de tradition populaire et ouvrière de l’agglomération d’Annecy. « On se prépare à la rigueur budgétaire depuis plusieurs années, en réduisant les frais de fonctionnement, explique Fabien Géry, adjoint (PS) à la culture et aux sports. Forcément, c’est plus long et compliqué que de supprimer des subventions, et ce n’est pas toujours populaire, car ça suppose des réorganisations de services et des non remplacements de départs à la retraite. Mais à long terme, c’est plus efficace. »

 
La mort de la décentralisation culturelle

L’État lui-même a annulé sa participation aux conservatoires de musique régionaux et départementaux, soit une centaine d’établissements. Quelques-uns ont dû supprimer des postes d’enseignants. C’est le cas à Orléans, dans les classes de piano, trompette et flûte. « Nous sommes en train de faire une évaluation globale des effets de toutes ces coupes budgétaires en termes d’emploi, explique Hélène Cancel, vice-présidente du Syndeac, et directrice de la scène nationale de Dunkerque, le Bateau feu. Mais nous n’aurons des chiffres précis que dans un an au moins, car les procédures de licenciement peuvent prendre du temps. »

Derrière l’argument budgétaire, c’est aussi la fin d’une politique culturelle ambitieuse, lancée dès 1946, qui s’annonce. Celle qui a permis une vaste décentralisation de la création et de la diffusion. Cette politique, que Jean Vilar appelait « l’élitisme pour tous », a toujours eu des détracteurs. Ils reviennent aujourd’hui en force, sur un large éventail politique. « Il y a une nouvelle génération d’élus qui considère la culture avec des critères comptables, se désole Hélène Cancel. Ils n’ont pas été portés par cet élan né au sein du Conseil national de la Résistance. C’est l’une des explications de la situation désastreuse actuelle. »

 
Subventionner Miss France plutôt qu’un théâtre

A l’extrême-droite, ce sont des critères identitaires plutôt que budgétaires qui s’appliquent. Sur le très mince échantillon de villes dirigées par le FN, petites pour la plupart, les subventions sont réorientées : vers l’identité régionale, nationale, catholique, etc. A l’exemple du maire de Cogolin (Var) qui a récemment interdit un spectacle de danse orientale en expliquant : « On est en Provence, pas en Orient » (lire ici).

A droite, à quelques exceptions près, les élus locaux n’ont jamais vraiment fait de la création artistique une priorité politique. « Durant les dernières municipales à Cran Gevrier, le candidat d’opposition avait promis de supprimer le service culture de la ville s’il était élu », rapporte Fabien Géry. A Tourcoing (Nord), le maire Gérald Darmanin (UMP), qui avait qualifié Christiane Taubira de « tract ambulant pour le FN », a retiré sa subvention de 76 250 euros au Théâtre du Nord. Avant de déclarer qu’il était prêt à accueillir la cérémonie Miss France 2016, pour un coût de 400 000 euros… Le basculement de nombreuses villes à droite lors des dernières élections municipales a d’ailleurs contribué à accentuer les baisses de subventions.

 
« Culture élitiste » contre « culture populaire » ?

Mais la gauche n’est pas à l’écart. A côté de ceux de Grenoble, Lille ou Paris, le maire de Poitiers, Alain Claeys (PS) s’est lui aussi distingué : il a mis en vente le théâtre municipal, qui pourrait devenir un centre commercial... Certains vont même jusqu’à reprendre des couplets néo-poujadistes sur « l’élitisme » des artistes. Sans jamais préciser le sens qu’ils donnent à ce mot.

Dans un entretien accordé au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 23 février 2015, Fleur Pellerin expliquait que sa mission « ne consisterait pas seulement en la promotion d’une culture parfois élitiste » (contactée par Basta !, la ministre n’a pas souhaité répondre à nos questions). Philippe Saurel, proche de Manuel Valls, maire (ex PS) de Montpellier, où de nombreuses structures sont menacées, a déclaré lorsqu’il a été nommé adjoint à la culture en 2011 : « Je ne souhaite une culture ni élitiste ni populiste, mais populaire et de grande qualité. »

 
Fin de l’« expansion formidable de la création artistique » en France ?

A ces discours qui veulent opposer « culture élitiste » et « culture populaire », certains artistes apportent une réponse cinglante par leur parcours. C’est le cas d’une comédienne qui figure parmi les premiers signataires de la « Lettre ouverte » à Fleur Pellerin : Caroline Proust. Populaire, elle l’est sans conteste, en tenant le rôle principal d’une série télévisée lancée il y a dix ans sur Canal +, qui bat des records d’audience saison après saison, et qui a été vendue à plus de 70 pays : Engrenages. Or Caroline Proust est aussi une comédienne de théâtre, formée au conservatoire de Montpellier.

Elle répète actuellement « Vu du pont », d’Arthur Miller, qu’elle jouera en octobre prochain au Théâtre de l’Odéon. Et se sent redevable à tous ces lieux, aujourd’hui menacés, qui ont nourri sa carrière. « La décentralisation a permis une expansion formidable de la création artistique dans chaque ville de France, explique-t-elle. Ces coupes budgétaires rendent impossibles les créations telles qu’on les a vécues ces quarante dernières années. Pour moi qui ai pu apprendre mon métier gratuitement dans des écoles d’État, le sens que portent les réclamations des acteurs de la culture doit être écouté comme un signal d’alerte. Il est impératif que l’État continue de soutenir les théâtres ! Mon premier professeur au conservatoire de Montpellier était un des papes de la décentralisation, Gabriel Monnet. Un « Monsieur » éminemment respectable, qui doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe ! »

Martin Brésis

Photo : CC Len Radin

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 15:45

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

Une commission d’audit de la dette en Grèce. Et demain ailleurs ?

25 mars par Eric Toussaint , Yannick Bovy

 

 

 

Retranscription de l’interview donnée par Eric Toussaint, économiste, porte-parole du CADTM, et Coordinateur de la Commission d’audit de la dette grecque, le 24 mars 2015 à la RTBF.


Retranscription de l’interview

 

Yannick Bovy : « Bonsoir à toutes et à tous. Nous allons revenir ce soir sur une information que vous avez peut-être entendu la semaine dernière, à savoir la nomination d’un belge à la commission d’audit qui va analyser la dette de la Grèce. Ce belge dont nous parlons, c’est Eric Toussaint, économiste et porte-parole du CADTM, le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde. C’est lui que nous avons le plaisir d’accueillir maintenant. Bonsoir Eric Toussaint ».

Eric Toussaint : « Bonsoir ! ».

Y.B : « Vous étiez à Athènes la semaine dernière car c’est vous qui allez coordonner les travaux de la commission que le Parlement grec est en train de mettre sur pied. Cette commission va servir à analyser, ausculter, disséquer, la dette de la Grèce dont on sait qu’elle constitue un sacré problème pour le nouveau gouvernement grec et bien sûr pour la population en général.

Alors expliquez-nous ce que vous allez faire concrètement, et quels sont vos objectifs ? ».

E.T. : « On va analyser la dette qui est réclamée par les différents créanciers à la Grèce pour voir si elle est légale, si elle est légitime, si elle est soutenable, si elle est odieuse.

Il y a une série de critères dans le droit international qui permettent de qualifier d’ « illégale » ou d’ « illégitime » ou d’ « odieuse » ou d’ « insoutenable » une dette.

  • Une dette illégitime est une dette qui a été contractée sans respecter l’intérêt général et en favorisant l’intérêt particulier d’une minorité privilégiée.
  • Une dette illégale est une dette qui ne respecte pas l’ordre juridique en vigueur.
  • Une dette odieuse est une dette dont le remboursement implique des violations de droits humains fondamentaux.
  • Et une dette insoutenable est une dette dont le remboursement empêche au pays et aux autorités qui remboursent cette dette, de garantir à leurs citoyens l’exercice des droits humains fondamentaux.
    Et donc, on va prendre toutes les dettes qui sont réclamées à la Grèce, et voir, se poser la question, sont-elles légales, légitimes, soutenables, odieuses ? »

Y.B : « Alors vous avez déjà avec le CADTM, le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde, étudié de près la dette de la Grèce, comme vous le faites d’ailleurs pour de nombreux autres pays. Alors est-ce que vous partez avec un a priori ? Est-ce que vous êtes déjà, avant même le début de vos travaux en commission, convaincu qu’une partie de cette dette est illégitime, illégale, insoutenable ou odieuse ? Et est-ce que le gouvernement grec est en droit de refuser de la rembourser ? »

E.T. : « Oui. Il y a des évidences tout à fait claires d’illégitimité et d’illégalité. Il y a des déclarations tout à fait nettes dans ce sens-là. Par exemple, de dirigeants du Fond Monétaire International (FMI) à l’époque, de conseillers du Président de la Commission Européenne, qui disent très clairement que lorsque le FMI a prêté à la Grèce 30 milliards (d’euros) en 2010, c’était pour sauver les banques françaises et les banques allemandes. Ce n’était pas du tout pour aider la Grèce. Et nous avons fait semblant de porter secours à la population grecque, disent-ils.

On va donc se baser là-dessus. On va y compris les auditionner. Du côté de la Grèce, lorsque le prêt a été octroyé à la Grèce, le Parlement n’a pas été consulté. C’est le gouvernement grec qui a signé l’accord avec la Troïka. Donc là, ce sont des évidences d’illégalité.

Cette commission va être constituée de 30 membres, des juristes internationaux, des constitutionnalistes, des spécialistes en audit des comptes publics, des économistes... Nous allons avoir un travail en commun pour se mettre d’accord sur des critères et voir si nous arrivons à des conclusions communes.

Cette commission sera composée de personnes qui viennent d’une douzaine de pays différents et qui n’ont pas nécessairement la même opinion que la mienne. Je vais coordonner le travail scientifique de cette commission et on va voir si on arrive à des conclusions communes ».

La Grèce peut-elle continuer à rembourser une dette largement illégale et illégitime, fardeau pour son économie ? Y.B : « On voit très bien depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza, que la Troïka, que l’on ne peut désormais plus appelée la ‘Troïka’, est dans une attitude très intransigeante par rapport au nouveau gouvernement grec. Est-ce que la Grèce peut, à votre avis, se permettre de dire, « nous ne rembourserons pas la dette », et si oui avec quelles conséquences ? »

E.T : « Renversons la question. Est-ce que la Grèce peut continuer à rembourser une dette largement illégale et illégitime, qui représente un volume beaucoup trop lourd pour son économie ? Est-ce que c’est possible de continuer de payer une telle dette ?

En fait, dans l’histoire récente des soixante dernières années, toute une série de pays qui étaient confrontés à une dette insoutenable, ont arrêté de payer. On leur a octroyé des réductions très importantes de dette, à commencer par l’Allemagne, qui en 1953, a bénéficié d’une réduction de 62% de sa dette.

Donc si on a fait ça avec l’Allemagne, et c’était justifié de le faire en 1953, ce serait quand même énorme de ne pas être prêt à le faire pour un pays comme la Grèce et pour un peuple qui est en train de souffrir. On a réduit le salaire minimum légal de plus de 20%. On a réduit les retraites de plus de 30%. On a fermé 4.000 hôpitaux. Vous vous rendez compte de la situation de crise humanitaire qui existe en Grèce suite à l’obligation de rembourser une dette qui est illégale et illégitime. »

Y.B : « Dernière question Eric Toussaint. Cet audit de la dette que vous allez réaliser dans le cadre de la nouvelle commission en Grèce, est-ce que c’est quelque chose que l’on peut transposer facilement dans d’autres pays, et notamment ici en Belgique ? »

E.T : « Oui, tout à fait. D’abord, on pourrait proposer aux autorités belges d’auditer les créances qu’elles ont sur la Grèce. La Belgique a prêté 1,9 milliards d’euros. Cela a augmenté la dette publique belge. Il faudrait auditer pour savoir si on a consulté les citoyens, si on leur a demandé leur avis en temps utile pour savoir s’il fallait prêter cet argent à la Grèce. Auditer cette créance pour savoir à quoi elle a servi ? A quelle(s) condition(s) elle était liée ? Est-ce qu’elle respecte les obligations de la Belgique en matière de respect des droits humains fondamentaux des populations, et notamment de population grecque ? Donc, auditons nos créances. Mais aussi il faudrait certainement auditer la dette belge qui représente 100% du PIB (Produit Intérieur Brut) de la Belgique. Cela mériterait de prolonger au niveau des autorités belges tout le travail qui est fait par l’audit citoyen de la dette en Belgique qui mène une campagne et produit toute une série d’analyse tout à fait pertinente pour s’interroger sur la valeur, la légitimité et la légalité de cette dette réclamée à la Belgique ».

Y.B. : « Merci beaucoup Eric Toussaint d’avoir été avec nous ce soir pour nous parler de cette nouvelle commission d’audit de la dette grecque que vous allez donc coordonner à partir du mois d’Avril. Nous suivrons bien sûr vos travaux avec grand intérêt et nous vous retrouverons certainement dans les semaines qui viennent à ce même micro pour en reparler plus en détail. Je rappelle que vous économiste, porte-parole du CADTM, le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde, et l’auteur d’un livre, paru récemment aux éditions Aden, et qui s’intitule, Bancocratie’.

Bonsoir à tous, merci de votre écoute ».

Merci à Rémi Villain pour la retranscription.

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 15:02

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Ils témoignent: travail en pointillé, précarité à temps complet

25 mars 2015 | Par Mathilde Goanec

 

 

 

Chômage, intérim, petits boulots saisonniers, contrats à durée déterminée ou dérogatoires au droit du travail, les vies professionnelles sont de plus en plus discontinues. Pour des milliers de Français et en particulier les femmes, les jeunes et les « seniors », la précarité est devenue un état permanent. Portraits et témoignages.

 

À lire ce seul chiffre, on pourrait croire que rien n’a changé. Au dernier trimestre 2014, seuls 7,6 % des salariés étaient titulaires d’un CDD. Le CDI resterait donc, à première vue, la norme pour l’écrasante majorité des actifs. Autre constat : l’an dernier, 84 % des embauches (hors intérim) étaient des contrats à durée déterminée, alors que cette proportion s’élevait à 73 % en 1999, selon Sophie Robin-Olivier, professeur de droit à la Sorbonne, spécialiste des contrats de travail flexibles. La tendance au travail discontinu est donc solidement installée, sans même parler des missions d’intérim, des CDD d’usages, ou des travailleurs indépendants faisant office de salariés.

Le système est de plus en plus souple, mais ne réussit pas à faire baisser les chiffres du chômage. Si le recours massif au contrat « temporaire » est problématique, c’est aussi parce qu’il ne constitue pas réellement un marche-pied vers l’emploi stable. Même les dispositifs spécifiques, constamment remaniés comme les emplois d’avenir, contrat d’accès à l’emploi et autres contrats uniques d’insertion, n’atteignent pas leurs objectifs. A contrario, ils constituent un vivier de temps partiel, souvent mal payé. « Les contrats aidés répondaient à cette idée selon laquelle la flexibilité des plus vulnérables était un vecteur d’accès à l’emploi, décrypte Sophie Robin-Olivier. En réalité, c’est loin d’être évident. »

Les droits disponibles pour l’emploi en pointillé ne sont pas non plus toujours à la hauteur. Car les pratiques dérogatoires en termes de droits du travail, devenues la norme, bousculent tout l’édifice social. « L’intermittence dans le domaine culturel, on sait à peu près comment ça fonctionne, c’est un travail discontinu reconnu officiellement, même s'il est constamment attaqué, rappelle un membre de la coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France, lors de l’une de ses permanences. Pour tous les autres, inscrits au régime général, on peine à trouver des réponses. »

Le collectif en veut pour preuve les effets pervers des droits rechargeables, documentés dernièrement sur Mediapart. Face aux précaires, les agents du pôle emploi encaissent comme ils peuvent, visages d’une institution devenue l’interlocuteur principal de personnes qui pourtant travaillent. « Plus que de la colère, on voit beaucoup d’incompréhension, raconte Yannick Dennebouy, travaillant dans une agence à Avranches, en Normandie. Des gens reviennent s’inscrire deux, trois fois par an. Cette masse de fiches de salaire à gérer prend aussi du temps pour la gestion des dossiers, et donc occasionne des retards ou des blocages de paiement. Ça pose aussi des questions sur la manière dont nous pouvons les accompagner dans leur recherche d’emploi… »

Ce militant du syndicat SNU-Pôle emploi déplore également un autre aspect de la dernière négociation sur l’assurance-chômage. Avant la réforme, l’indemnisation était possible même en cas de « départ volontaire » de l’employé, après étude du cas et si la personne recherchait activement un emploi. C’est désormais impossible. « Donc si quelqu’un démissionne par exemple de son emploi au bout d’une semaine, on peut le priver de deux ans de droits acquis précédemment », s’alarme Yannick Dennebouy.

Pour les allocataires du RSA, le système cherche aussi sa voie. Outre une assiette financière plus large pour les bénéficiaires, la réforme annoncée en octobre dernier par le gouvernement prévoit de supprimer la prime pour l’emploi annuelle ainsi que le RSA-activité (qui permettait de conjuguer bas salaire et aide financière), pour la remplacer par une seule prime d’activité, ouverte aussi aux jeunes de moins de 25 ans. Or pour l’instant, seulement 32 % des personnes pouvant bénéficier de ce type d’aide y faisaient appel, faute d’informations, découragées par l’ampleur des démarches administratives nécessaires. Une complexité qui s’accroît quand on multiplie les employeurs.

« Quand on est fragilisé socialement, l’emploi est fragile », martèle François Soulages, président du collectif national Alerte, rassemblant des dizaines d’associations en lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Les témoignages qui suivent en sont l’illustration.

 

Insécurité professionnelle et administrative

 

  • Marie, du contrat aidé au CDD

Marie, trentenaire, a plutôt un beau parcours universitaire. Double licence, master en archéologie, master en tourisme, elle a, à l’issue de sa formation, enchaîné les contrats sous différents statuts. Son premier poste était un contrat d’accompagnement vers l’emploi (CAE), à temps partiel, payé un peu moins de 900 euros par mois. Ce contrat de six mois, renouvelé une fois, débouche finalement sur un autre de neuf mois, toujours payé au Smic. Suivra une courte période de chômage, indemnisée selon le principe des droits rechargeables sur la somme que Marie a touchée lors de son premier contrat, soit 600 euros. Un coup terrible pour la jeune femme, qui ne voit pas d’issue à sa situation.

« J'ai été recrutée depuis pour un remplacement de congé maternité dans une école élémentaire, à temps plein. Ce contrat se terminera en juillet 2015. Je sais déjà que mes droits initiaux au chômage seront rouverts, à savoir ceux calculés sur mon premier CAE à temps partiel. Ce cercle vicieux va continuer ainsi puisque je vais enchaîner les contrats précaires et voir ces droits minimes reconduits à chaque fin de contrat. »

 

  • Sébastien, la galère de l’associatif

Ancien bénéficiaire d’un CAE (contrat aidé), Sébastien décide de monter en 2012 une association de découverte du cinéma d’animation. L'activité fonctionne assez bien et il devient salarié de cette association à mi-temps pendant 5 mois puis poursuit cette activité bénévolement, faute de financement. Et ça se complique…

« Je rencontre alors un potentiel employeur, une communauté de communes, qui me propose un poste sur mesure pour animer des ateliers. Cela aurait pu être une formidable opportunité sauf qu'on me propose à nouveau un CAE, par manque de budget. Le pôle emploi m’en refuse l’accès sous prétexte que j'ai déjà bénéficié de ce type de contrat en 2010-2011. Pôle emploi préfère donc me payer le chômage plutôt que de financer un contrat aidé qui correspond à mon projet et me propose un bilan de compétence, pour me "remobiliser". Je dois alors faire 2 h de route pour me rendre à des réunions collectives qui ressemblent davantage à des mauvaises thérapies de groupe qu'à un véritable bilan individuel.

« Je trouve finalement un travail en CDD d'un an en tant qu'animateur socioculturel dans un centre social. Je vais y travailler durant toute l'année 2014. Ce travail est relativement bien payé et au printemps 2014, je déménage avec ma compagne et ma fille de deux ans pour me rapprocher de ce travail et des centres urbains. Décembre 2014, retour au pôle emploi, sauf que je vais bénéficier des droits ouverts un an avant, c'est-à-dire 490 euros par mois pendant dix mois ! La situation est pire qu’avant car notre loyer et nos charges ont augmenté. Ma compagne a repris les études et bénéficie aussi du chômage. »

 

  • Annabel, « cddiste » au long cours

Après une série de petits boulots divers, Annabelle, 44 ans, s’est lancée il y a dix ans dans le domaine de l’insertion professionnelle. Elle va de CDD en CDD pendant sept ans, avant de passer un master 2 en ingénierie de formation pour tenter d’obtenir une plus-value sur le marché de l’emploi, et arrêter les « jobs de bouche-trous ». Avec « un Jules au Smic et deux enfants », sa vie n’en a pas été simplifiée pour autant.

« Pour exemple, sur le premier semestre 2014, j’ai travaillé pour trois associations en même temps, ce qui signifiait trois organisations, trois missions, trois boîtes mails, trois mots de passe... Ensuite, je suis passé à mi-temps et aujourd'hui, je suis de retour au chômage. En 11 ans j'ai travaillé pour 11 entreprises différentes avec à chaque fois des bons retours sur mon professionnalisme, mais mon salaire est moins bon qu'en début de carrière. Bref, aujourd'hui je reste une petite précaire qui sera bientôt une précaire travailleuse fragilisée car, à 45 ans, on commence à ne rien valoir, paraît-il.

« Je n'ai jamais payé d'impôt sur le revenu de ma vie. Je n'ai plus confiance en moi et la trentaine d'entretiens que j'ai passés m'ont minée. La recherche d'emploi est mon enfer : raconter encore et encore les mêmes choses, répondre aux questions en faisant semblant d'adorer être là. Je suis inquiète pour mes enfants : on ne lutte plus contre la féodalité, on l'institutionnalise. Le nouveau mot d'ordre, c'est le réseau. Si tu es fils de cadre, c'est envisageable mais dans un quartier pauvre avec des parents précaires ou chômeurs, c'est une blague ! »

 

  • Margareth, au chômage pour la première fois

Camerounaise d’origine, Margareth vit en France depuis 2009, avec son fils, dans un immeuble d’Orly. Elle a toujours travaillé, mais toujours en « temporaire », dans la vente ou le ménage. L’année dernière, grâce à son statut de travailleur handicapé qu’elle avoue avec difficulté, elle entame une formation d’un an pour se qualifier dans le domaine de l’hygiène. Le CDI ainsi que le diplôme promis ne sont jamais arrivés, ni pour Margareth, ni pour la vingtaine de participantes à la formation.

« J’ai 46 ans et j’ai toujours facilement retrouvé du travail, parfois comme intérimaire, parfois en CDD. Je gagne autour du Smic, mais là, je suis au chômage depuis trois mois, et j’ai touché seulement 420 euros au mois de février. J’ai un enfant de 17 ans, je l’élève seule, qu’est-ce que je vais devenir ? Je veux bien travailler partout en région parisienne, et il y a des offres, mais je ne suis pas retenue. On me demande sans cesse ce diplôme que j’ai obtenu mais jamais reçu. Je ne sais pas vers qui me tourner. »

 

  • Lisa court après le CDD

Spécialiste de la conservation d’archives, deux masters en poches, Lisa galère pour trouver des postes fixes, voire des CDD tout court. Elle enchaîne les contrats depuis trois ans, et sa sortie de fac. Elle est inscrite au Pôle emploi depuis 2012. Avec un humour plutôt noir, elle décrit son quotidien.

« J’ai réussi l’an dernier, via mon petit réseau, à enchaîner 2 CDD de 5 mois : la folie, que dis-je, mon âge d’or ! En 2 ans, j’ai connu 8 entreprises différentes, pas mal non ?Je rêverais de sauter d’un CDD à un autre, de découvrir mille structures professionnelles différentes, si je pouvais anticiper l’avenir et être sûre de retrouver du boulot à la fin d’un contrat ! Mais ma vie, c’est de courir après les contrats, le doute, la précarité, et l’impossibilité de faire des projets sur du long terme. C’est épuisant psychologiquement parlant et douloureux pour le porte-monnaie. J’ai l’impression d’être toujours la tête dans la paperasse, pour envoyer à chaque fois le nouvel exemplaire du contrat à la Caf, au Pôle emploi ou la sécurité sociale. C’est difficile aussi pour mes proches : mes parents, qui n’ont connu durant 40 ans qu’une seule entreprise et un seul contrat, appellent en demandant des nouvelles et je n’ai rien à dire à l’autre bout du fil. »

 

  • Valérie, au RSA à 50 ans et aidée par ses parents

« Nous sommes des galériens », dit Valérie, qui a enchaîné les petits boulots. À 50 ans, elle a donc décidé de quitter le bateau. « Je ne cherche plus, à quoi bon ? » Musicienne, Valérie a travaillé pendant douze ans en ayant le statut d’intermittente à Nantes. De retour à Paris, elle est ensuite revenue à son premier métier, secrétaire et hôtesse d’accueil, en intérim. Mais les missions se sont peu à peu espacées, « trop vieille pour les boîtes, pas assez mince sans doute ». Son dernier emploi remonte à deux ans, comme vacataire dans des crèches à Puteaux pendant trois mois. Elle n’a jamais rien touché pour ses trois mois et se bat depuis avec tout le monde pour faire valoir ses droits. Parallèlement, pendant tout ce temps, la chanteuse a continué à jouer dans les bars, tout au chapeau et donc au noir, pour une trentaine d’euros par soir.

« Une fois le loyer payé, il me reste 22 euros pour vivre. Ça fait 5 ans que je ne chauffe plus mon appartement, que je mange un repas sur deux et que je passe mon café deux fois dans le filtre. Parfois, je fais des jeûnes de 4 ou 5 jours, mais pas pour le plaisir. Mes parents m’aident de temps en temps, c’est ce qui me permet de tenir. »

 

Lire aussi

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 18:14

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

 

Plaidoyer pour la réduction du temps de travail

24 mars par Renaud Duterme

 

 

 

 

Au regard de l’attaque frontale que livrent les classes dominantes, avec la complicité des politicien(ne)s à leur botte, à nos conquêtes sociales, la réponse se doit d’être à la hauteur. Trop souvent, de nombreuses personnes attendent un catalogue d’alternatives prémâché pour se mobiliser. Pourtant, ça ne doit pas être l’existence d’alternatives qui créé l’action collective, mais bien l’inverse.

Cela ne doit bien entendu en rien nous empêcher de réfléchir à des propositions concrètes, notamment afin d’encourager la lutte. Parmi ces propositions, il y en a une qui est à même de transcender les nombreuses divisions idéologiques, et par la même de trouver écho chez de nombreux mouvements : la réduction collective du temps de travail. Remarque préalable : cette réduction du temps de travail telle qu’elle est envisagée dans ce texte n’a rien à voir avec une généralisation du temps partiel telle que cela se fait actuellement dans de nombreux pays et secteurs (on assiste d’ailleurs de facto à une diminution du temps de travail dans nos sociétés). Nous parlons ici de réduction des heures hebdomadaires sans perte de salaire. Utopique ? Certainement moins que les discours dominants sur le retour de la croissance et les créations d’emplois.

 

Une réappropriation de la richesse collective

Quiconque analyse l’évolution de la société de ces trente dernières années comprendra que cette mesure s’y inscrit parfaitement. Ces dernières décennies ont vu apparaître ce qu’on a appelé un chômage structurel, c’est-à-dire lié à de profondes transformations de la société, pour la plupart difficilement réversibles. En font partie la fermeture de certains secteurs (les mines notamment) ; les délocalisations d’entreprises ; la mécanisation et l’informatisation croissantes (d’abord dans les secteurs primaires |1| et secondaires |2| mais le tertiaire n’échappe évidemment pas à la règle |3|). Cette transformation vers une société postindustrielle a conduit certains à prédire la « fin du travail » |4|. Malheureusement, ce ne fut pas le cas car, le rapport de force étant du côté du capital, cela s’est traduit par une mise au chômage de millions de personnes au profit des détenteurs des capitaux. La main d’œuvre faisant souvent partie des principaux « coûts de production », elle sert souvent de variable d’ajustement pour rétablir, voire augmenter les taux de profit. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’évolution des parts relatives des salaires et du capital dans la valeur ajoutée |5|. Par conséquent, revendiquer une réduction du temps de travail comme décrite plus haut n’équivaut à rien d’autre que de répartir la part des richesses produites collectivement et prélevées par le Capital. C’est ainsi un puissant outil visant à s’attaquer à une des causes profondes des inégalités de la société et qui contraste fortement avec les forces dominantes, pour lesquelles la seule solution actuellement est de diminuer le coût du travail pour prétendument créer des emplois.

 

Un outil contre le chômage

Outre la lutte contre les inégalités, une des forces de cette revendication est qu’elle offre une solution adéquate au problème de l’emploi dans nos pays. Tout ce qui précède illustre l’illusion dans laquelle baignent l’ensemble des forces politiques qui promettent de « créer des emplois » ou de « réindustrialiser nos économies ». Même s’il ne faut pas nier l’apparition de nouveaux emplois (il en faudra notamment pour assurer une transition énergétique), la véritable utopie se trouve dans l’idée qu’il en sera créé autant que ceux qui ont disparu. L’idée selon laquelle on parviendra à « mettre au travail » l’ensemble des chômeurs par la création d’emplois (et par la réduction des cotisations sociales comme dit ci-dessus) est profondément fausse |6|. Non seulement les processus de mécanisation et de robotisation vont probablement continuer mais de plus, il n’est écologiquement pas souhaitable que la croissance de la production se poursuive, réchauffement climatique et épuisement des ressources obligent. Par conséquent, il n’y a guère d’autres solutions envisageables qu’une diminution des heures de travail avec des embauches compensatoires dans les secteurs qui en ont besoin. Par ailleurs, la réduction collective du temps de travail conduira également à instituer un rapport de forces plus favorable aux travailleurs puisque les marges de manœuvres et les pressions du patronat seront réduites en raison de l’affaiblissement de ce que Karl Marx appelait « l’armée de réserve ». D’aucuns rétorqueront que cette mesure portera surtout préjudice aux petits entrepreneurs. Bien entendu, la réappropriation des richesses telle qu’elle est mentionnée ici vise surtout les grandes entreprises, souvent multinationales. Par conséquent, d’autres mesures simultanées pourront être prises pour atténuer autant que possible la pression sur les artisans et petits commerçants, dont le rôle sera certainement important dans un monde plus localisé : parmi ces mesures, évoquons notamment une diminution du taux d’imposition ou des mesures de soutien telles que des primes à l’embauche |7|.

 

Une mesure profondément « écologique »

En outre, il ne faut pas considérer la réduction collective du temps de travail uniquement comme une mesure économique ou sociale. Elle peut également être mobilisée dans un panel de revendications radicalement écologistes telles que la lutte contre la publicité et l’obsolescence programmée ou encore la décroissance de certains secteurs. Ces propositions se heurtent en effet souvent à l’argument de la défense de l’emploi, lequel contribue ainsi à justifier une production indifférente quant à la qualité, du moment que la quantité est au rendez-vous (ce qui est soit-dit-en passant de moins en moins le cas). Pour le dire autrement, peu importe ce qu’on produit, du moment qu’on produit… Heureusement, cette vision des choses obnubilée par le PIB est de plus en plus contestée et de nombreuses personnes et mouvements revendiquent la reconversion d’entreprises nuisibles et/ou inutiles telles que l’industrie de l’armement ou de la publicité. Dans ce contexte, la réduction collective du temps de travail permettrait d’accompagner un basculement inévitable de la production économique vers une transition écologique de nos sociétés. De nouveau, ces mesures devront s’inscrire dans un projet plus large dans lequel la question de la démocratie de la production devra impérativement être posée. Mais ici encore, la réduction du temps de travail peut contribuer à sortir la société du carcan de la logique productiviste et consumériste dans lequel seul compte le fait de travailler plus pour produire plus et consommer plus.

 

Un instrument de bien-être

Parallèlement à cela, un dernier argument en faveur de la réduction collective du temps de travail, et non des moindres, est l’accroissement du temps libre dont bénéficieront les travailleurs. On le voit, le travail est de moins en moins considéré et consiste de plus en plus à satisfaire les exigences du monde entrepreneurial au détriment des souhaits et besoins des travailleurs. Le mal-être au travail explose, tout comme le stress et trop de personnes consacrent une part trop importante de leur quotidien à leur emploi et au transport au détriment du reste. En plus de l’aspect loisir, l’augmentation du temps libre produira à coup sûr des bienfaits pour la société dans son ensemble. À titre d’exemple, cela donnerait la possibilité aux parents le désirant de s’occuper davantage de leurs enfants (éducation, activités, devoirs, …) et des anciens ; cela contribuerait également à accroître la participation politique sur les débats de société et encouragerait l’esprit critique et la possibilité de s’informer ; cela donnerait enfin plus de possibilités pour envisager, expérimenter et participer à d’autres modes de vie et à des poches de résistance. Il n’est en effet pas naïf de penser que de nombreuses personnes se désintéressent de la politique |8| par manque de temps et d’énergie. Comme le dit Nicolas Latteur, le temps libre ne doit pas être considéré – uniquement |9| – comme le temps de l’oisiveté, mais plutôt comme celui de « relations sociales qui échappent à la subordination propre au salariat ». Et le même auteur de souligner la nécessité de « libérer le travail et de se libérer du travail » |10|. Plus généralement, « la réduction du travail favorise la désaliénation au travail et offre des conditions permettant de réévaluer notre rapport au temps, à l’autre, au travail mais aussi à la consommation » |11|.

Il faut donc considérer cette revendication comme partie prenante d’un processus de réappropriation de nos vies et comme un moyen de redéfinir notre société. Si cette mesure est appliquée seule, il est fort à craindre qu’elle n’ait pas les résultats escomptés et, pire encore et à la façon des 35 heures en France |12|, qu’elle risque de se décrédibiliser pour longtemps, donnant à ses détracteurs les armes pour la combattre (même si un récent rapport soulignait les effets bénéfiques de cette réduction du temps de travail) |13|. Il est également clair que tout ce qui est proposé ici n’est qu’une base théorique et que l’application de cette mesure devra être décidée démocratiquement le moment venu |14|. Mais mettre des mesures concrètes sur la table, tout comme défendre leur faisabilité, permet toutefois de voir émerger un minimum d’espoir dans ce contexte de fracture sociale et environnementale qui tend à se généraliser. Bien entendu, cet objectif ne doit pas être une fin en soi et, au-delà, c’est toute la question du travail salarié qui doit être posée (notamment à travers les propositions sur un revenu universel). La force de cette idée est néanmoins d’être cohérente à la fois avec une perspective d’émancipation sociale mais également avec une vision d’un monde plus en phase avec les équilibres naturels : elle peut ainsi être reprise par les organisations de défense des travailleurs (avec ou sans emplois) comme par les mouvements écologistes. C’est de cette union que pourra émerger un réenchantement de la lutte dont nous avons tant besoin.

 

Notes

|1| En particulier dans l’agriculture.

|2| Principalement dans les industries.

|3| Pensons au développement de l’Internet Banking et de la vente en ligne ou encore au remplacement des guichets en tout genre par des automates.

|4| Notamment Jérémy Rifkin. Dans un autre registre, l’ancien président d’Alcatel rêvait il y a peu d’une usine sans travailleurs.

|5| Depuis les années 80 et dans les pays industrialisés, la part des salaires dans la valeur ajoutée a perdu près de 10 points alors que dans le même temps, les profits versés aux actionnaires ont eux augmenté de près de 7 points. Voir HUSSON Michel, Le capitalisme en 10 leçons, éditions Zones, Paris, 2012, pp232-234.

|6| Comme le dit Paul Jorion, « la réindustrialisation est un rêve qui n’aura, heureusement ou malheureusement, pas lieu ». Lire COLMANT Bruno, JORION Paul, Penser l’économie autrement, éditions Fayard, Paris, 2014, p128.

|7| Bien entendu, le financement de ces mesures ne pourra se faire que via des prélèvements sur les détenteurs de capitaux, notamment via des taux d’imposition progressifs et adéquats, la socialisation des grands secteurs stratégiques, par l’annulation de la dette publique illégitime, la lutte pour une harmonisation fiscale et contre les paradis fiscaux, etc.

|8| Entendue comme la politique au sens large, et pas uniquement politicienne.

|9| Rajouté par nos soins.

|10| LATTEUR Nicolas, Le travail, une question politique, éditions Aden, Bruxelles, p110.

|11| LIEGEY Vincent, MADELAINE Stéphanie, ONDET Christophe, VEILLOT Anne-Isabelle, Un projet de décroissance, Utopia, Paris, 2013, p125.

|12| Les arguments de la droite sont notamment le fait que ce types de politiques découragent l’embauche. Mais comme dit ci-dessus, elles peuvent très bien s’appliquer avec des mesures de discrimination positive pour les petites entreprises. Un autre argument qui revient régulièrement est la perte de compétitivité que subira le pays par rapport à ses voisins. Là encore, souligner un problème ne doit pas signifie la fin du débat comme c’est trop souvent le cas. Dans le cas présent, on peut envisager cette mesure parallèlement à une remise en cause du libre-échange et à un contrôle des capitaux. En outre, l’immense majorité des entreprises ne sont pas délocalisables. Même si le phénomène existe, il ne faut par conséquent pas en surestimer l’importance.

|13| Disponible à l’adresse suivante : http://www.assemblee-nationale.fr/1...

|14| Le débat porterait notamment sur la quantité d’heures prestées et de leur répartition. Nous pourrions envisager, comme première étape une semaine de 32h réparties sur 4 ou 5 jours.

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 18:02

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Départementales : si l'abstention était retenue dans le décompte final...

Magazine Marianne
 
 
 
Parce que l'abstention a été moins forte que prévue, parce qu'elle a été moins importante qu'en 2011, celle-ci a quasi disparu des radars médiatiques lors de la soirée électorale. Et pourtant, près d'un électeur sur deux a boudé les urnes. Ça n'est pas rien. "Marianne" a donc recalculé les scores de chacune des formations politiques en réintégrant ces grands oubliés qui, eux, peuvent vraiment se targuer d'appartenir au premier parti de France !
 
SIPA
 

Ils auront beau évoquer un « score honorable » (Manuel Valls) ou y voir au contraire une « alternance en marche » (Nicolas Sarkozy), les Français en réalité sont on ne peut plus constants : élection après élection, ils élisent la même formation : celle de l’abstention, premier véritable parti de France.

A elle seule, l’abstention recueille ainsi près de la moitié des voix : 49,4 %*. Soit un électeur sur deux. Prise en compte, cette majorité de non-votants ferait taire nombre d'autosatisfaits, de droite, de gauche et à leurs extrêmes, que l'on a vu se succéder, invariablement, sur les plateaux de télévision.

De Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, qui voit dans ces premiers résultats « un mouvement des électeurs très important », à Nathalie Kosciusko-Morizet, numéro 2 de l'UMP, qui enjoint d'une voix doucereuse le vice-président du FN, Florian Philippot, à assumer sa déception (ce qu'il ne fera évidemment pas), chacun aura joué sa petite musique. Celle qui, justement, ne séduit plus un électeur sur deux.

 

 

* Selon les dernières estimations, disponibles à minuit.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:39

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Le grand entretien 24/03/2015 à 17h58
« On atteint le point critique : l’effondrement de notre civilisation »
Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

 

 

François Roddier marie économie, biologie et thermodynamique pour analyser notre monde et ses crises. Pour lui, le choc de la fin du pétrole sera très brutal, mais nous pouvons surmonter cette transition abrupte.

 

Statues de l’île de Pâques (Jantoniov/Wikimedia Commons/CC)

 

La pensée de François Roddier est complexe. Il faut du temps pour l’assimiler. Mais son intérêt vaut largement les minutes nécessaires à son appréhension.

En mariant l’économie, la biologie et la thermodynamique (l’étude de l’énergie et de ses transformations), cet astrophysicien de presque 80 ans propose une lecture étonnante et passionnante de notre monde et de ses crises.

Parfait pour stimuler son cerveau.

Voici d’abord une présentation de sa démarche, tirée d’une conférence organisée le 12 mars par le think tank The Shift project :

« Tout comme les animaux mangent pour vivre, l’humanité se nourrit d’énergie, notamment du pétrole. On peut donc dire qu’elle a un métabolisme et que l’économie est l’étude de ce métabolisme. Si on regarde bien, on peut voir que les processus biochimiques qui régissent les êtres vivants se transposent très bien à l’économie. »

 

Conférence de François Roddier le 12 mars 2015

 

Pour comprendre son propos, il faut savoir les trois choses suivantes :

  • François Roddier évoque la notion de systèmes dissipatifs. Cela désigne les systèmes qui sont alimentés en permanence par un flux d’énergie. Une casserole d’eau sur un feu, une étoile, un être vivant ou une société humaine sont des systèmes dissipatifs.
  • Il existe deux lois fondamentales en thermodynamique. La première dit que l’énergie se conserve. La seconde précise que l’énergie se dégrade sous la forme de chaleur. Une boule de pétanque qui roule va s’arrêter au bout d’un moment, à cause de frottements qui la ralentissent et dégagent de la chaleur. On appelle cela la dissipation de l’énergie. Cette énergie est en quelque sorte perdue, puisqu’elle n’est plus utilisable par l’homme.
  • La mesure de cette dissipation s’appelle l’entropie. Comme le résume le journaliste Matthieu Auzanneau, l’entropie est de fait « une mesure de la désorganisation des systèmes, du désordre irrémédiablement croissant du monde ».

 

Rue89 : Comment en êtes-vous venu à appliquer les lois de la thermodynamique à l’économie ?

 

François Roddier : Quand j’ai pris ma retraite d’astrophysicien, je me suis dit qu’il était grand temps de m’intéresser à autre chose que l’astronomie. J’ai fait des recherches sur la biologie, je m’intéressais aussi beaucoup aux problèmes contemporains, aux crises économiques, au chômage… J’ai démarré un blog, en 2005, où j’ai commencé à raconter le fil de ma pensée et de mes lectures.

J’ai lu à l’époque « Effondrement » [2005, éditions Gallimard, ndlr], de Jared Diamond, où l’auteur s’intéresse à trois îles polynésiennes, Mangareva, Pitcairn et Henderson, qui avaient mis en place un commerce triangulaire très poussé. Mais pour ce faire, ils ont abattu leurs arbres, tous leurs arbres, ils ont détruit leur environnement, ils ont alors disparu. J’ai trouvé que c’était un bon exemple et de là j’ai poursuivi mon raisonnement au fil de mes lectures. Dès le 5e article de mon blog j’en arrive à la thermodynamique, tout simplement parce qu’il m’a paru évident, en tant que thermodynamicien, qu’on pouvait appliquer certaines lois à l’économie.

 

Est-ce nouveau comme raisonnement ?

J’ai commencé à lire des choses sur les gens qui essayent d’appliquer les lois de la thermodynamique à d’autres domaines. Beaucoup de biologistes par exemple étudient les écosystèmes de cette façon. Le vivant est un système qui dissipe de l’énergie, comme une machine à vapeur. Pour bouger, il vous faut sans cesse être alimenté en énergie. C’est de la thermodynamique !

Vous dites que l’homme est une espèce particulièrement efficace pour dissiper de l’énergie, 10 000 fois plus que le soleil ! Comment expliquer ce phénomène ?

C’est un astronome américain qui a étudié ça, il s’appelle Eric Chaisson. Il a tracé une courbe où l’on voit l’énergie dissipée par unité de masse, et on voit qu’au fil de l’histoire de l’univers sont apparues des structures capables de dissiper toujours plus d’énergie.

 

 

La courbe réalisée par Eric Chaisson montrant l’énergie dissipée par unité de masse en fonction de l’âge d’apparition (François Roddier, « Thermodynamique de l’évolution », Parole Editions, 2012, p. 50)

L’homme est tout en haut, puisqu’on est les seuls à avoir une industrie, à construire des automobiles, ça dissipe beaucoup plus d’énergie. Savez-vous combien ça coûte de monter une voiture en haut de la Tour Eiffel, soit une tonne élevée de 300 mètres ? Ça coûte 30 centimes d’euros, c’est le prix du kilowattheure aujourd’hui [chaque Français consomme en moyenne 7 292 kilowattheure par an, ndlr]. Ça montre bien combien on consomme et donc combien on dissipe une énergie considérable. La dissipation à grande échelle avec des machines, ça a commencé au Moyen-Age, avec les moulins à eau, ça n’a fait que s’accélérer depuis.

On en arrive au troisième principe de thermodynamique, qui est encore en débat et qu’on appelle le principe de production maximale d’entropie. Le premier à avoir essayé de le démontrer, c’est un Ecossais, physicien, spécialiste des arbres, il s’appelle Roderick Dewar. Il a publié une première démonstration qui n’est pas encore totalement satisfaisante.

Même si elle n’est pas totalement démontrée, cette loi est conforme à l’expérience. Elle avance que les systèmes dissipatifs maximisent le taux de production d’entropie, c’est-à-dire qu’ils maximisent la vitesse à laquelle ils dissipent l’énergie.

Tout organisme vivant cherche à dissiper le plus d’énergie possible. On peut lire ainsi la compétition darwinienne des espèces. Celui qui l’emporte c’est celui qui dissipe le plus d’énergie. Parmi les animaux, ce sont les plus gros prédateurs qui dissipent le plus d’énergie. Pour les sociétés humaines, le pays qui domine l’économie est aussi celui qui dissipe le plus d’énergie, les États-Unis.

 

Dans la nature, on voit aussi beaucoup de formes de coopération. Cela veut dire qu’il y a des contextes où cette troisième loi ne s’applique pas ?

Il y a des cycles, des oscillations autour d’un point critique, où l’on passe de la coopération à la compétition. Tout ça, c’est visible sur une courbe, avec deux phases et entre les deux, il y a un point critique. Quand il n’y a pas assez d’énergie, la seule solution est de coopérer, tout seul on n’y arrive pas. Au-delà d’un certain seuil, l’énergie est suffisante pour tous, la compétition prend le dessus.

 

Comment mesure-t-on la quantité d’énergie qui est dissipée par une société humaine ?

Le PIB est une très bonne mesure de la dissipation de l’énergie. Les courbes qui montrent les liens historiques entre la croissance de consommation de pétrole et la croissance du PIB sont très parlantes. Là-dessus je ne suis pas d’accord avec les écologistes qui renient complètement le PIB, c’est un très bon indicateur de la dissipation de l’énergie.

 

Vous évoquez le pétrole, vos raisonnement s’appliquent aussi bien à une civilisation qui s’appuie sur une énergie non fossile ?

Ce qui est sûr, c’est que l’énergie solaire a un potentiel énorme. Le problème c’est qu’elle est très diffuse. L’énergie solaire vient à nous petit à petit, c’est pour ça que la vie a eu le temps de se développer, si elle était tombée d’un seul coup ça aura été l’incendie, il n’y aurait probablement pas eu de vie.

Le gros problème du pétrole c’est que c’est trop facile, le jour où l’humanité a découvert le pétrole, elle a changé de dimension, elle s’est mise à dissiper de l’énergie de plus en plus vite juste en forant des trous. On n’aura pas le temps de remplacer le pétrole par l’énergie solaire avant la fin du pétrole.

 

Vous parlez souvent de l’information. Pour vous c’est une forme de grandeur physique au même titre que celles que vous venez de citer ?

Dans les bouquins de thermodynamique, on trouve souvent un petit dessin qui montre une locomotive qui avance avec de l’information. La vie c’est une machine qui avance avec l’information.

Les animaux doivent chercher de la nourriture. Ils ont besoin pour ça d’information, qui est dans leur cerveau. Dans mon livre, je cite une bactérie, qui se dirige toujours vers sa nourriture. Aux yeux d’un biologiste, c’est un début d’intelligence, basée sur de l’information. Pour un physicien, c’est la loi de Le Châtelier, qui dit que les réactions se font toujours de manière à diminuer les gradients. Là, le gradient c’est le tas de nourriture.

La bactérie est un système dissipatif qui obéit aux lois de la thermodynamique en allant réduire le gradient de nourriture, et elle le fait grâce à l’information. De même, nous vivons dans une mer d’énergie, l’énergie est partout, le tout pour l’homme c’est de réussir à l’utiliser. Pour ça il faut de l’information.

Les civilisations s’effondrent et se reconstruisent grâce à l’information. Après la chute de l’empire Romain, la civilisation s’est reconstruite grâce aux informations détenues dans les couvents et par les moines copistes. Tout ce que les Grecs et les savants de l’époque, Archimède, Euclide, Platon et Aristote, ont trouvé nous est resté comme ça.

 

Jamais l’humanité n’a consommé autant d’énergie ni produit autant d’information qu’aujourd’hui. La production d’information et la consommation d’énergie sont-elles proportionnelles ?

La quantité d’énergie dissipée est proportionnelle à la quantité d’information produite, oui.

 

Le numérique a permis une production d’information impressionnante avec une consommation d’énergie relativement faible, est-ce un motif d’espoir pour vous ?

Heureusement qu’il y a ça. C’est peut-être ce qui nous fera sortir du choc de la fin du pétrole. Sans cette masse d’informations, on aurait du mal à s’en remettre. Je vous ai dit qu’à la fin de l’empire romain, l’information était dans les couvents, aujourd’hui elle est sur Internet. Il y aura beaucoup de pertes, tout comme la bibliothèque d’Alexandrie a été brûlée, mais c’est grâce à cette information que l’humanité pourra repartir.

 

Peut-on mesurer et anticiper le moment où une société humaine traverse un point critique ?

Quand on manque d’énergie et que toutes les entreprises font faillite, on peut dire qu’on atteint un point critique. C’est pour ça que je fais l’effort de vulgariser ces notions, c’est pour alerter sur le fait qu’on va traverser le point critique, c’est-à-dire l’effondrement de notre civilisation actuelle.

 

Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer ?

Plus rien ne marche, l’économie s’est arrêtée.

 

Elle stagne mais elle n’est pas complètement arrêtée !

On essaye de la maintenir en activité, oui. On est dans une sorte d’état de surfusion, comme ce qu’il peut se passer lors du passage de l’état liquide à l’état solide. Vous mettez une bouteille au congélateur pendant 2h30, vous la sortez, elle a l’air encore liquide alors qu’elle est déjà en dessous de zéro degré. Il suffit alors d’un tout petit choc pour qu’elle se transforme en glace. Il y a des vidéos sur YouTube là-dessus. Le passage entre les deux est une transition abrupte, c’est ce qu’il risque de nous arriver.

 

Une surfusion

 

 

Il y a un livre qui s’appelle « Phase transition » où des physiciens s’intéressent aux différentes formes de transitions de phase, ils évoquent le passage de l’eau à l’état solide, puis ils appliquent ça ensuite à la biologie, puis à l’effondrement des sociétés humaines. Ce sont les mêmes processus. Et je le répète, quand on parle de transition abrupte, c’est abrupt.

 

De nombreuses structures et entreprises se créent aujourd’hui avec un modèle qui consiste à minimiser la consommation d’énergie et de ressources. Pour citer les plus gros, quand leur modèle n’est pas détourné, Airbnb augmente le nombre de personnes par logements et Uber le nombre de passagers par voiture. On peut espérer que l’être humain soit capable d’anticiper la rareté qui s’annonce ?

Oui tout à fait. On vit une transition de phase actuellement, entre une voie et une autre, les deux sont encore en présence, l’une décline et l’autre arrive. Notre monnaie est adaptée à la voie ancienne. Avant que tout ne s’effondre il faut une seconde monnaie pour encourager la nouvelle phase, celle de l’économie de la fonctionnalité et des énergies nouvelles, et non plus celle où l’argent est détenu par des capitalistes et dans la finance et l’immobilier. J’ai appelé cette monnaie enzyme, elle serait dédiée aux services et à l’immatériel, alors que l’euro resterait réservé aux biens matériels, les biens dont la production nécessitent une dissipation d’énergie.

 

Pour vous, les solutions viendront plutôt d’« en haut », avec des mesures comme cette seconde monnaie que vous défendez, ou plutôt d’en bas ?

Les gens réalisent ce qu’il faut faire localement, mais quand ils se réunissent et échangent les informations, ça peut former des cascades, qui sont des prises de conscience massives. C’est ce que j’essaye faire, j’essaye de déclencher une avalanche. Mais les avalanches sont par nature impossible à prévoir.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:34

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les labos

|  Par Michaël Hajdenberg et Pascale Pascariello

 

 

La mise sur le marché de médicaments et leur remboursement sont soumis à des commissions supposées indépendantes. Or, plusieurs mois d'enquête ont permis à Mediapart de découvrir que, pendant des années, des membres éminents de ces commissions (dont un président) ont conseillé secrètement les laboratoires pharmaceutiques. L'affaire, au-delà des questions déontologiques et de conflits d'intérêts, interroge la probité du système sanitaire français.

 

 

Pendant plus de vingt ans, ils ont eu pouvoir de vie et de mort sur les médicaments en décidant de leur mise sur le marché et de leur remboursement. Aux postes de présidents, vice-présidents ou simples membres des principales commissions du système français, un petit groupe d’amis a parallèlement et secrètement conseillé les laboratoires sur la meilleure façon de présenter leurs dossiers. L'affaire, au-delà des évidentes questions déontologiques et de conflits d'intérêts qu'elle pose, interroge la probité du système sanitaire français tout entier.

Après une enquête de plusieurs mois, Mediapart a en effet découvert que Gilles Bouvenot (président de la commission de la transparence de 2003 à 2014), Bernard Avouac (président de la commission de la transparence de 1989 à 1998), Jean-Pierre Reynier (vice-président de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1994 à 2002 et membre du conseil d’administration de l’agence européenne du médicament), Christian Jacquot (membre de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1996 à 2012), Renée-Liliane Dreiser (ancienne experte auprès de la commission de la transparence) et quelques autres, avaient mené sans jamais les déclarer des activités rémunérées de consultants.

 

 

Plusieurs membres de ce « board » reconnaissent les faits rapportés par de nombreux responsables ou anciens dirigeants de laboratoires. D’autres préfèrent minimiser les faits ou parlent d’erreurs dans les dates.

Car il faut bien prendre la mesure de l’affaire. La commission de mise sur le marché du médicament, comme son nom l’indique, permet à un médicament d’être vendu sur le territoire français, même si, depuis 1998, une grande partie des autorisations se fait dans le cadre de l’agence européenne.

La commission de la transparence, elle, joue un rôle encore plus déterminant au sein de la haute autorité de santé (HAS). Elle apprécie le service médical rendu (SMR) ainsi que l’amélioration qu’il est susceptible d’apporter par rapport aux traitements déjà disponibles sur le marché (amélioration du service médical rendu – ASMR). Elle donne un avis (suivi quasi systématiquement par le ministre de la santé) sur le possible remboursement des médicaments par la Sécurité sociale, et le cas échéant, fixe le taux de remboursement. Son avis a un impact direct sur le futur prix du médicament.

Pour les Français, les avis rendus par la commission ont deux impacts majeurs : la sécurité sanitaire bien sûr. Mais encore plus directement le déficit de la Sécurité sociale, qui pourrait atteindre près de 15 milliards d'euros en 2015.

Du côté des laboratoires, l’avis de la commission peut peser jusqu’à plusieurs centaines de millions d’euros : sans remboursement, un médicament ne fera pas carrière. Fort de cette équation, le système mis en place était particulièrement ingénieux, puisque les membres du groupe d’amis bien placés se sont servis de leurs positions à des fins personnelles sans pour autant mettre ostensiblement en danger le système sanitaire.

Car payer ce groupe de consultants, qui recevaient souvent à Marseille des représentants de laboratoires, ne garantissait pas une décision favorable. Les laboratoires le savaient. Ils espéraient juste que le regard de la commission soit plus bienveillant à leur égard. Sans garantie aucune.

Christian Jacquot, membre de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1996 à 2012, cherche à minimiser la portée des enjeux. Cet ancien spécialiste en pharmaco-toxicologie ne conteste ni la tenue ni la teneur de réunions de conseil aux laboratoires, auxquelles il participait fréquemment. Oui, elles avaient souvent lieu à Marseille, où vivent Gilles Bouvenot et Jean-Pierre Reynier, mais, explique-t-il, « moi j’allais avant tout à ces réunions pour casser la croûte. J’étais surtout là comme "Monsieur Bon sens", du fait de mon expérience. La rémunération, je ne me souviens plus précisément. C’était très modique ».

Mais si tout était normal, pourquoi se réunir en catimini à Marseille, et non dans un cadre officiel, à la HAS (Haute autorité de santé) ? « Mieux vaut aller à Marseille qu’à Saint-Denis [siège de la HAS] où on risque de se faire abîmer sa voiture », tranche Christian Jacquot, aujourd’hui à la retraite. Il ne voit pas en quoi les conseils qu’il donnait aux laboratoires sur différents produits parallèlement à ses propres responsabilités à la commission d’autorisation de mise sur le marché pouvaient poser problème. « Vous savez, moi, l’AMM, c’était 2 h ou 2 h 30 dans la semaine. Pas plus. » La disponibilité serait donc le seul enjeu de cette double activité...

Un autre ancien membre du petit groupe de conseil, lui-même titulaire à la commission de la transparence pendant les années 2000, a accepté de nous détailler le fonctionnement de ce groupe à condition que son anonymat soit préservé. Il explique : « Il y avait deux types de réunions. Une très en amont quand il s’agissait pour un laboratoire de savoir comment développer un produit pour avoir un SMR ou un ASMR cinq ou six ans plus tard. Et une autre, peu de temps avant que le dossier soit déposé à la commission de la transparence. On se voyait à Marseille, au Sofitel ou à la faculté de pharmacie. Et parfois à Paris, dans des hôtels comme le Méridien Montparnasse. Pour les laboratoires, venait souvent une personne en charge du market access, un directeur médical, éventuellement un responsable scientifique. »

Ce médecin précise : « Je n’étais pas convié à toutes les réunions. Il y avait des piliers et ensuite, l’invitation variait en fonction du produit et des compétences des uns et des autres. Moi, on me disait de venir une fois par trimestre peut-être. On conseillait plutôt sur ce qu’il fallait mettre en avant, sur la façon de présenter les choses. »

Ce médecin cite de nombreux laboratoires français et étrangers qui ont été conseillés dans ce cadre. Si la plupart des membres de laboratoires qui nous ont parlé de ces réunions évoquent des sommes d’environ 60 000 euros versées pour ces prestations, ce médecin explique qu'il touchait pour sa part « seulement » de 1 000 à 1 500 euros la réunion. « C’était toujours en espèces. Je trouvais soit une enveloppe dans le dossier qu’on me transmettait, soit une enveloppe dans ma chambre d’hôtel, sur mon lit. » Il n’a jamais déclaré ces rémunérations à qui que ce soit. Et le jour où il n’a plus été titulaire à la commission de la transparence, il n’a plus été convié à ces réunions. Ce qui lui semble normal.

Jean-Pierre Reynier, ancien vice-président de la commission d’AMM (1994-2002) et ancien membre du conseil d’administration de l’agence européenne du médicament, ancien chef du pôle pharmacie à l’AP-HM, détenteur comme Gilles Bouvenot, Bernard Avouac et Christian Jacquot de la Légion d’honneur, se montre beaucoup plus gêné, et beaucoup plus prudent.  Des réunions avec Gilles Bouvenot, Bernard Avouac, Renée-Liliane Dreiser, Christian Jacquot ? « C’est possible », dit-il d’abord. Avant de reconnaître : « La majorité de ces réunions sur la stratégie de développement d’un produit se tenaient dans des hôtels mais cela n’avait rien de clandestin. » Le détail ? « C’est très flou dans ma tête. » Ses rémunérations ? « J’ai demandé de reverser l’argent en taxe d’apprentissage vers les facultés », assure-t-il. Interrogée, la faculté de Marseille n’a pas répondu à notre question, se contentant de confirmer une évidence : « La faculté a été destinataire de versements au titre de la taxe d’apprentissages de la part de laboratoires pharmaceutiques. »

Renée-Liliane Dreiser, elle, était notamment chargée de démarcher les laboratoires, de leur transmettre des propositions. Elle n’a pas répondu à nos différents messages.

 

Des versions contradictoires

Mais l’affaire est évidemment encore beaucoup plus gênante pour ceux qui ont présidé la commission de la transparence. Comment peut-on à la fois diriger une commission décisive et se faire gratifier par des laboratoires pour les aider à présenter un dossier plus convaincant ?

Bernard Avouac a présidé cette commission de 1989 à 1998 avant de passer officiellement de l’autre côté de la barrière et de créer sa propre société de conseil. Juridiquement et éthiquement, la pratique se discute.

Mais il y a plus grave. Alors qu’il était président, Bernard Avouac conseillait déjà l’industrie pharmaceutique. Cela n’apparaît qu’en filigrane dans ses déclarations d’intérêts de l’époque. Il y mentionne par exemple travailler avec PR International, la société de Daniel Vial, figure incontournable de l'industrie pharmaceutique qui a également employé Jérôme Cahuzac. Mais il se garde bien de mentionner les laboratoires qu’il conseille.

Relancé à de multiples reprises, Bernard Avouac a préféré fuir nos questions : « Je ne confirme ni n’infirme rien. »

En réalité, le petit groupe d’amis dont il est l’un des piliers est à l’époque déjà à l’œuvre. Gilles Bouvenot, qui deviendra président de la commission de la transparence en 2003, nous l’a confirmé, en sachant que ses propos étaient enregistrés. « Nos réunions de conseil étaient très nombreuses dans les années 90 », a-t-il lâché. Puis face à notre stupéfaction et se rendant compte de sa bourde aux conséquences désastreuses pour son ami Bernard Avouac, il a d’abord déclaré : « C’est à lui de vous répondre. » Avant de se rétracter quelques jours plus tard, expliquant s’être trompé sur les dates.

 

Gilles Bouvenot
Gilles Bouvenot
 

Gilles Bouvenot a également beaucoup varié dans ses explications sur son propre parcours. Il a d’abord expliqué qu’il avait arrêté ces activités de conseil dès l’instant où il avait accédé à la présidence de la commission de la transparence en 2003. Avant là aussi, de se rendre compte que cela ne réglait pas tout.

Car entre 1997 et 2003, Gilles Bouvenot n’est rien d’autre que vice-président de la Commission d’autorisation de mise sur le marché (1999 à 2003), conseiller scientifique « médicament » du directeur général de la Santé au ministère de la santé (2002-2003), président de l’Observatoire national des prescriptions et consommations des médicaments dans les secteurs ambulatoire et hospitalier (1997-2000), vice-président de la Commission de contrôle de la publicité et de la diffusion de recommandations sur le bon usage du médicament (1994-1997), président du groupe de travail de l’Afssaps sur le bon usage du médicament (1997-2000), président du Comité de validation des recommandations de bonnes pratiques de l’Afssaps (1997-2005)...

Le 19 décembre 2014, en présence de son avocat Me Forster, il ne nie pas avoir parallèlement conseillé l’industrie pharmaceutique jusqu’en 2003. Quand Mediapart s’étonne de ces activités au vu des charges qu’il occupait, notamment vice-président de la commission d’autorisation de mise sur le marché des médicaments, il explique que « c’était un poste potiche. J’avais une activité hospitalière. Je ne voulais pas perdre pied, et je souhaitais rester dans les tuyaux de l’industrie pharmaceutique ». Sauf qu'aucune mention de ses activités de consultant ne figure dans ses déclarations d’intérêts entre 1997 et 2003, si ce n’est un colloque, pour lequel il précise qu’il ne fut pas rémunéré.

Combien a-t-il touché en réalité en récompense de ses conseils avisés ? « Je ne demandais pas d’argent, qui était imposable. Je demandais aux firmes de m’inviter à des congrès. Le fisc ne s’intéressait pas particulièrement aux avantages en nature. »

Quand il accède à la présidence de la transparence, moment où il affirme devenir vertueux, il ne déclare rien non plus de son passé alors qu’il s’apprête à expertiser comme président des produits dont il a pu conseiller le développement quelques années plus tôt... « À l’époque il fallait déclarer ses liens à venir. Je n’ai pas pris en compte les mois précédents mais le jour d’arrivée à la HAS », répond Gilles Bouvenot.

Quelques jours plus tard, mesurant peut-être la portée de ses paroles, il se reprend. De nouveau, il dit s’être emmêlé dans les dates : il « croit » avoir arrêté ses activités de consultant en 2000.

Christian Jacquot, membre du petit groupe parallèlement à ses activités à la commission d’autorisation de mise sur la marché, ne s’embarrasse pas avec les dates car il ne perçoit pas le job de consultant de Gilles Bouvenot parallèlement à ses fonctions de président de la commission de la transparence comme un souci. « C’est son problème. Je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu toucher. Je ne l’ai jamais vu toucher de l’argent devant moi. Je ne veux rien dire contre lui. Il est du Jura, il est de mon pays et vous savez, avec les hommes de son pays, on est chauvin. »

Christian Jacquot poursuit : « Ce que je peux vous dire, c’est que les conflits d’intérêts, ça ne veut rien dire. On n’est jamais en conflit avec ses intérêts. Et il n’y avait pas de conséquences sur les avis que rendait la commission de la transparence. Pourquoi serais-je choqué ? Quelqu’un qui travaille, il travaille. Il n’y a pas de normalité ni d’anormalité là-dedans. Il n’y a pas de règles, il y a des rapports humains. »

Un autre médecin du « board », précédemment cité, confirme également avoir conseillé des laboratoires en présence de Gilles Bouvenot alors que celui-ci était président de la commission de la transparence : « Même si c’est vrai qu’il n’était pas toujours là. Ça dépendait de l’industriel. Je pense qu’il venait seulement avec ceux avec qui il était en bons termes, quand il était en confiance. À Marseille, il était souvent là. À Paris, parfois. Il arrivait aussi qu’il ne vienne que le lendemain, pour une sorte de debriefing de la réunion avec nous. Il donnait alors son avis. Gilles était très critique et très exigeant. Je ne crois pas que ces pré-commissions donnaient de chance supplémentaire pour le passage officiel. On ne peut pas inventer des données qui n’existent pas. »

Gilles Bouvenot dément : « C’est vrai que comme leurs réunions se tenaient à Marseille, on se voyait parfois le lendemain, mais entre amis. Alors peut-être qu’ils évoquaient parfois leur réunion de la veille, mais ce n’était pas le cœur de notre rencontre. »

 

« Est-ce qu’il y a des micros ici ? »

En plus des témoignages des propres membres de son groupe de conseil, Mediapart a cependant recueilli la parole de responsables ou ex-responsables de laboratoires qui mettent à mal la version de Gilles Bouvenot.  

Au laboratoire danois Lundbeck, un ancien dirigeant nous explique avoir participé à une réunion sur le Seroplex au Sofitel de Marseille en présence de Gilles Bouvenot, et à l’initiative de Renée-Liliane Dreiser, à qui un versement en honoraires aurait été effectué. Un renseignement que le laboratoire n’a ni confirmé ni infirmé, en dépit du délai de plusieurs semaines que nous lui avons laissé.

Un autre représentant du laboratoire Lundbeck nous assure lui aussi que Gilles Bouvenot a touché de l’argent de la part de la société danoise dans ce dossier. Et une troisième source différente au sein de l’entreprise nous a raconté comment il lui a été demandé, à l’époque, d’effacer de son ordinateur toute trace de document ayant servi à des réunions secrètes.

Gilles Bouvenot, lui, ne se souvient que d’une rencontre officielle à la HAS avec un représentant de chez Lundbeck. De rien d’autre. Quant au PDG de l’époque du laboratoire, Jacques Bedoret, il assure n’être au courant de rien. Mais commente : « Il faut se mettre dans la psychologie des gens de l'industrie. Pour une somme aussi faible que 60 000 euros, je crois que les gens qui donnent n'ont pas l'impression de corrompre. On n'a pas l'impression de corrompre en offrant un voyage de 5 000 euros. Ce qu'on achète, c'est du temps de discussion. »

Chez le laboratoire américain Lilly, deux dirigeants, rencontrés séparément, nous ont fait un récit à propos d’un de leurs produits qui devait passer quelques jours plus tard devant la commission de la transparence. Un dirigeant explique avoir d’abord rencontré Renée-Liliane Dreiser. « Au début, c’était business as usual. Et puis dans mon bureau, Dreiser m’a demandé : "Est-ce qu’il y a des micros ici ?" Et on m’a proposé d’acheter la décision de la commission. Dans mon souvenir, elle demandait 100 000 euros et proposait une rencontre avec Bouvenot, à Marseille, quelques jours avant la commission. C’était impensable. J’ai protesté. Avouac a répondu : "Vos collègues le font." Quand j’ai dit non, ils m’ont répondu : "Vous n’y arriverez pas sans nous". »

 

 

En réalité, Lilly obtiendra le remboursement espéré, mais dans des circonstances bien particulières. Car quand un autre dirigeant de Lilly apprend le marché proposé, il décide de s’en préoccuper. « Ils voulaient organiser une réunion à Marseille sur notre médicament, le Cymbalta. Ils disaient qu’il fallait verser 7 500 euros par participant. 10 000 euros pour Bouvenot. Et organiser deux réunions. Ils voulaient qu’on paie en liquide. On était pris en otage. Bouvenot pensait qu’il était intouchable. Je n’en ai pas dormi pendant des nuits entières. L’enjeu pour nous était énorme. Si on n’avait pas le remboursement, on ne lançait pas le produit. On a fait savoir à Gilles Bouvenot que nous rendrions publiques ces malversations, que la corruption était inacceptable pour obtenir des remboursements. Gilles Bouvenot a-t-il eu peur ? Quelques semaines plus tard, on a en tout cas obtenu gain de cause. » Questionné sur cet épisode, Gilles Bouvenot nie tout échange de ce type et appelle à se méfier de Lilly et de ses dirigeants, avec qui il était en mauvais termes.

Mediapart a également recueilli différents récits témoignant d’une proximité peu avouable avec l’industrie pharmaceutique en dehors des heures de travail. Une invitation à l’opéra de Vérone par un groupe italien, des dîners de truffes offerts dans le Vaucluse par un laboratoire allemand ; un week-end avec un représentant de Servier dans la maison de Bernard Avouac près d’Orange… Gilles Bouvenot conteste, minimise ou nie, selon les rencontres, les moments, les versions qu’il livre à quelques jours d’écart.

Après l’affaire du Mediator, Gilles Bouvenot semble s’être montré cependant plus prudent. Un responsable du laboratoire américain Amgen raconte fin 2010 une pratique différente. « Bouvenot me dit : "Je ne peux plus parler aux industriels", et me demande "Comment on fait ?", sans apporter lui-même de réponse. Et à ce moment-là, on a été approchés par Bernard Avouac et Renée-Liliane Dreiser, qui nous ont proposé une réunion à Marseille en expliquant que Gilles Bouvenot passerait peut-être. On a payé cher, 60 000 euros. Il n’est pas venu. Quelques mois plus tard, j’ai reparlé avec Bouvenot qui m’a dit : "J’ai appris que votre positionnement avait évolué. Je serais prêt à l’accepter." Mais je ne saurai jamais ce qui s’est exactement passé entre eux. »

Gilles Bouvenot explique que, de manière générale, beaucoup d’intermédiaires se vantaient, à tort, d’avoir son oreille : « J’ai toujours dit aux industriels que personne ne pouvait parler en mon nom. » Concernant ce cercle d’amis proche, son discours est un peu différent : « Ils me connaissent bien, connaissent ma façon de voir les choses et peuvent préjuger de mon point de vue. »

Que ce soit avant, pendant ou après sa présidence de la commission de la transparence, Gilles Bouvenot a bien pris soin de laisser le moins de traces possibles de ses activités de conseil. Vis-à-vis du monde extérieur, et comme un Aquilino Morelle ou un Jérôme Cahuzac dans ce même monde de l’industrie pharmaceutique, il a pris soin de se construire une image d’homme dur, impitoyable.

Une autre question se pose cependant. En dépit de ses multiples contradictions, si on suit le raisonnement final de Gilles Bouvenot, comment a-t-il pu, une fois devenu président de la commission de la transparence, tolérer que ses amis soient rétribués par des laboratoires sur des dossiers qu’ils auraient officiellement à examiner quelques mois plus tard ? « Je ne jugeais pas. Ils font ce qu’ils veulent », se justifie-t-il. Mais comment pouvait-il accepter que ces rencontres ne figurent pas dans leurs déclarations d’intérêts ? « Je ne me jetais pas sur les déclarations d’intérêts des uns et des autres. Je ne surveillais pas. Chacun est censé sortir de la salle s'il a un lien d’intérêt et ne pas prendre part au vote. Et dans ce cas, il n’y a rien de choquant. » Gilles Bouvenot n’a pas estimé nécessaire de s’assurer que les procédures étaient respectées en la matière.

Gilles Bouvenot, qui se présentait publiquement comme « le dernier rempart » face aux laboratoires pharmaceutiques, en revient toujours aux deux mêmes points : « Vous ne trouverez rien de compromettant dans mon patrimoine, constitué d’un appartement de 100 m2 à Marseille et d’une Peugeot 308. » Et surtout : « Nous avons été très durs avec les laboratoires. Aujourd’hui, certains se vengent. »

Sauf que, quand on les sollicite, des dirigeants de laboratoires font spontanément le même récit, décrivent le même groupe, sensiblement les mêmes montants, les mêmes procédés, les mêmes lieux. Et que même s’ils étaient tous de mèche, liés par un improbable complot au but peu compréhensible (Gilles Bouvenot a quitté la présidence en 2014), il resterait à comprendre pourquoi ses propres amis, au sein de son groupe de travail, confirment qu’il a bien eu ces activités.  

 

 

Boîte noire !

Nous avons commencé cette enquête au début de l'été 2014. Depuis, nous avons rencontré des dizaines d'acteurs du monde du médicament : dirigeants et salariés de laboratoires, membres des commissions, consultants, membres de cabinets ministériels... À leur demande, une immense majorité d'entre eux, craignant des répercussions sur leur carrière, n'ont pas souhaité que leur nom apparaisse dans l'article. Certains évoquent « l'omerta » régnant dans ce milieu. Mais, afin que l'enquête puisse être publiée, plusieurs ont accepté que leur identité puisse être révélée devant la justice si un procès est intenté à Mediapart, de façon que nous puissions prouver le sérieux de notre enquête.

Mediapart ne découvre pas les difficultés à enquêter dans ce secteur où, derrière des problématiques de santé publique et de financement de la sécurité sociale, se nichent des enjeux financiers colossaux. Depuis 2008, nous avons écrit sur le lobbying des laboratoires pharmaceutiques, sur les conflits d'intérêts des experts, sur les liens entre les entreprises du médicament et le monde politique et cela s'est traduit notamment par des révélations dans le scandale du Mediator, l'affaire Cahuzac ou l'affaire Morelle.

Cette enquête s'inscrit comme la suite logique de ce travail, avec l'idée, non pas d'épingler une ou des personnalités ayant une forte notoriété ou contre laquelle nous aurions une quelconque animosité, mais de décortiquer un système.

Nous avons contacté à de multiples reprises chacune des personnes mises en cause. Nous avons vu Gilles Bouvenot, ancien président de la commission de la transparence, à deux reprises, fin 2014, en présence de son avocat, Me Lef Forster. Ses réponses ont varié, à l'oral, puis à l'écrit, puisqu'il nous a adressé plusieurs mails pour revenir sur ce qu'il avait déclaré ou pour préciser sa pensée.

Certains autres membres de ce groupe de conseil nous ont répondu par téléphone, alors que nous leur avons proposé, à tous, de les voir. D'autres n'ont pas souhaité nous parler plus que quelques instants. L'une, enfin, n'a jamais donné suite à nos différents messages. 

AJOUT : Après parution de l'enquête, l'ancien président de la commission de la transparence Bernard Avouac nous a envoyé un SMS. Le voici : « Je n'ai jamais rencontré un dirigeant de Lilly dans ces circonstances. »

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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