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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 20:46

 

Source : http://www.info-contre-info.fr

 

Pour ce Sénateur : Pour éviter leurs réflexions "idiotes", il faut cacher aux Français les dépenses faramineuses du Sénat
 
Pour ce Sénateur : Pour éviter leurs réflexions "idiotes", il faut cacher aux Français les dépenses faramineuses du Sénat
Politique
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Youtube 29/03/2015
"Pour éviter leurs réflexions "idiotes", il faut cacher aux Français les dépenses faramineuses du Sénat"

Les Français ne sont pas "capables" de comprendre, il faut donc leur cacher les dépenses du Sénat pour éviter leurs réflexions "idiotes".
Le Sénat, une institution dont le détail du budget est tenu secret et échappe entièrement au contrôle de l’Etat

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 20:25

 

Source : http://www.lavenir.net

 

 

« On prenait des pseudos musulmans pour insulter les Français »
En France, les groupuscules d’extrême-droite manifestent de plus en plus régulièrement. Reporters/Starface

En France, les groupuscules d’extrême-droite manifestent de plus en plus régulièrement. Reporters/Starface

-Reporters/Starface

Un ancien militant d’un groupuscule français d’extrême-droite raconte les techniques utilisées pour influencer l’opinion, accuser les étrangers de tous les maux et «réveiller les consciences nationales».

Damien (prénom d’emprunt car sinon «il est évident qu’il y aurait des représailles contre moi») a été un membre actif d’Unité Radicale (UR), un mouvement d’extrême-droite français, dans le département de l’Aude.

Dans une interview édifiante accordée au quotidien régional Midi Libre (à lire intégralement ici), il raconte comment il s’est rapproché de ce milieu clairement raciste et les moyens qu’il utilisait pour rallier une large opinion publique aux idées nationalistes extrêmes.

«On partait du principe que notre rôle était de “réveiller les consciences nationales”, de dire la vérité aux Français, qui étaient anesthésiés par les politiques et les médias. Nous considérions que les médias mentaient tous, que nous vivions dans un État “ripoublicain”, corrompu par des élites mondialistes, que la race blanche était en danger, tout ça. Et comme on était peu nombreux, on a surtout utilisé internet. C’était pratique pour faire passer nos messages, et ça ne coûtait pas d’argent.»

 

Inspiré par les fascicules de formation du FN

Une des techniques de propagande utilisée consistait à coloniser les forums des sites d’information généraliste et d’y instiller la haine des étrangers.

«Tout était assez codifié. Il fallait en priorité “squatter” les sites d’information générale à la recherche de toutes les informations «raciales» possibles. Monter en épingle les fais divers lorsqu’ils concernaient des étrangers, quitte à les faire “mousser” sur Facebook ou sur les forums. Les réseaux sociaux et les commentaires dans les articles de presse étaient l’idéal pour ça.»

Des grosses ficelles mais tirées avec un minimum de subtilité afin de ne pas faire fuir ceux qui n’adhèrent pas pleinement à ces idées ou ne pas se faire censurer : «[…]. Ne jamais parler des Arabes et des Blancs en tant que tel, mais reprendre des thèmes “humanistes” en parlant par exemple des “nantis antiracistes et mondialistes qui cherchent à écraser les pauvres qui supportent le racisme antiblanc”

Des techniques usitées par d’autres groupes d’extrême-droite et même par le FN, assure le jeune homme repenti : « Je sais qu’au Bloc identitaire et au FN ils ont des méthodes analogues, l’essentiel de celles que nous utilisions venait d’ailleurs de leurs fascicules de formation des militants.»

 

Il suffit de prendre un pseudo musulman et lancer des insultes aux Français

Une autre technique régulièrement utilisée par les membres du groupuscule consistait à utiliser un pseudonyme musulman sur les forums et à lancer des insultes aux Français.

«En prônant une République islamiste à Paris ou ce genre de choses. C’est très gros mais ça marche à chaque fois.»

Outre alimenter la haine de l’autre, l’objectif de ces plans com’était aussi de recruter de nouveaux adhérents.

«Comme les gens répètent le même discours que nous, mais sans précautions oratoires, leurs commentaires sont censurés par les journaux “sérieux”. Il est alors extrêmement facile de les épauler en critiquant la scandaleuse censure dont font l’objet ceux qui pensent comme nous, et à parler d’une collusion entre les médias et les “antifrançais”

Aujourd’hui, le jeune homme qui termine un master à Montpellier porte un regard lucide sur cette époque et son attitude : «Moi et les autres on s’est laissé avoir. Il n’y avait pas de travail dans le village, on était désœuvré, on avait l’impression d’être inutile et rejetés par la société. D’ailleurs il ne se passait jamais rien chez nous en terme de délinquance, et les seuls étrangers étaient les fils de réfugiés espagnols.»

Son regard sur la société et les étrangers a changé aussi : «pendant des années, j’ai contribué à créer l’écran de fumée qui protège ceux contre lesquels je me battais vraiment au fond de mon cœur : les profiteurs.»

 

 

 

Source : http://www.lavenir.net

 

 

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 17:55

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Le gouvernement accélère le «déverrouillage» du CDI

|  Par Mathilde Goanec

 

 

Valls l'a annoncé quelques heures seulement après la défaite de son parti au élections départementales. Pour redonner de l'espoir, il veut favoriser « l'emploi, l'emploi, l'emploi ». La recette est toujours la même : rogner le droit du travail, pour accroître la compétitivité des entreprises. Des mesures proches de celles proposées par le Medef et tout récemment par Jean Tirole, prix Nobel d'économie. Elles seront débattues vendredi prochain à la conférence sociale pour l'emploi.

 

 

Manuel Valls a une idée des raisons de sa défaite : le chômage, qui continue de crever les espoirs des français. Au lendemain des départementales, il a logiquement placé l’emploi au cœur de son discours. Le premier ministre a notamment relancé l'idée d'un CDI plus souple pour les petites et moyennes entreprises. Ce contrat spécifique pourrait être conditionné aux résultats économiques, ce qui permettrait de licencier plus facilement. « Il faut que les patrons ne se sentent pas pieds et poings liés », a déclaré Manuel Valls.

 

© Reuters
 

La mise en œuvre de ces nouvelles réformes sera au menu d’une loi Macron, deuxième tranche, cet été. « Le gouvernement écoute qui ? », s’interrogeait Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, lors d’un entretien accordé à Médiapart lundi. Car si Matignon a complété cette annonce par la promesse de nouvelles mesures pour favoriser l’investissement, pas un mot sur la protection des salariés. 

 

Cette proposition pour moins de « rigidité » rappelle par contre le texte du Medef envoyé la semaine dernière aux syndicats en vue de la conférence sociale, qui se tiendra vendredi au ministère du travail. L’organisation patronale, outre le fait de se réjouir des mutations profondes qui seraient à l’œuvre depuis 2008, aspire à encore plus de souplesse. D’abord, donner la possibilité de signer des accords de maintien dans l’emploi (qui permet de réduire le temps de travail et de baisser les salaires), pour gagner en compétitivité et pas seulement lorsque le carnet de commande est à la baisse. Le Medef accentue aussi son travail de lobbying sur un CDI « sécurisé », qui prévoirait dès sa signature de licencier si la situation économique de l’entreprise se dégrade. 

Jean Tirole, nobelisé l'an dernier, en a rajouté une couche en établissant, à moins de quatre jours de la conférence sociale, une vraie feuille de route pour un "jobs act" à la française.  L'économiste, ainsi qu’une quinzaine de ses collègues, a opportunément dévoilé dans les Echos lundi sa vision des réformes à mener, essentiellement une amélioration de la formation professionnelle, une réforme de l’assurance-chômage, une baisse du coût du travail, et une réforme du licenciement économique.

Le texte, dans le détail, est explosif. Pour faire baisser le chiffre du chômage, il faudrait transformer profondément le marché du travail et favoriser les créations d'emplois « en sécurisant les conditions de rupture du contrat de travail ». Alors que la loi Macron prévoyait déjà d’encadrer l’indemnisation du salarié en cas de licenciement non justifié et de limiter à la France l'obligation de reclassement des salariés, ces économistes veulent « aller beaucoup plus loin ». L’entreprise peut pour le moment licencier pour sauvegarder sa compétitivité. Elle doit pouvoir le faire pour « l ’améliorer ». Pour y arriver, un contrat de travail simplifié, dont la rupture se ferait non pas en fonction de la situation économique mais au regard de l’organisation de l’entreprise. Plus loin, Jean Tirole et ses collègues souhaitent également que l’obligation de reclassement n’incombe non pas aux entreprises, mais au « service public de l'emploi ». Le coût du travail doit de son côté baisser, et les aides se concentrer autour du SMIC, un niveau de salaires davantage créateur d’emploi.

Plus que des ballons d’essai, il s'agit bien d'une véritable convergence idéologique qui se fait jour entre ces économistes, le patronat et le gouvernement français. La pièce maîtresse du dispositif est ce CDI rénové, devenu un attribut incontournable de la doctrine de la «flexisécurité » à l'échelle européenne. Ses promoteurs oublient de préciser que son succès repose, dans les pays du nord souvent présentés comme modèle, sur une politique ambitieuse et coûteuse sur l’emploi et la formation, un niveau de pauvreté faible et un rapport de force bien plus équilibré entre patrons et salariés.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 21:06

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

Le vote blanc, une arme contre l'abstention et la montée des extrêmes
Publication: Mis à jour:
 

POLITIQUE - Savez-vous que Google a récemment déclaré que la question "Comment voter blanc" faisait partie des questions les plus posées par les Français sur ce moteur de recherche en 2014?

Savez-vous que selon un récent sondage IFOP, 85% des Français se disent favorables au vote blanc reconnu comme un suffrage exprimé? 26% d'entre eux seraient alors prêts à voter blanc en 2017.

Selon l'universitaire Jérémie Moualek réagissant au 1er tour de ces départementales, le vote blanc souffre d'une désaffection de la part des médias malgré un score supérieur à celui des Verts, du Modem, de Debout la France ainsi qu'à celui du Front de Gauche si on l'ajoute aux votes nuls. 

La tranche de la population qui vote blanc semble de toute évidence minimisée voire tout bonnement niée dans le discours ambiant tout comme le droit d'exprimer pleinement un désaccord avec l'offre politique en présence.

Notre association Les Citoyens du Vote Blanc est le premier mouvement à se présenter à des élections afin de faire valoir le droit de dire "non" aux choix politiques que l'on nous propose à travers un vote blanc qui serait enfin considéré comme un suffrage exprimé (ce qui n'est pas encore le cas). En outre, pour le moment, les votes blancs sont comptés mais pas comptabilisés, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas considérés comme une "voix" à part entière et n'impactent pas le résultat des élections comme pourrait le faire un score pour un parti politique. Objectivement, le vote blanc compte actuellement comme un vote nul ce qui pousse certains citoyens à ne pas se déplacer pour exprimer leur vote, grossissant ainsi l'abstention.

Notre mouvement ne pousse pas à voter blanc mais lutte pour que ce principe démocratique soit enfin pleinement reconnu.

En quoi le vote blanc considéré comme un suffrage exprimé pourrait-il diminuer l'abstention et infléchir la montée des extrêmes?

Le message d'un vote blanc pourrait se résumer à ceci: "Je ne me reconnais pas dans l'offre politique, je ne veux donc pas voter pour un de ces partis." Le fait que ce droit de dire "Non, nous voulons autre chose" ne soit pas encore reconnu par un vote blanc qui compte vraiment ne fait que grossir le sentiment d'impuissance, de colère et de résignation de bon nombre de citoyens. Certains, excédés de ne pas être entendus peuvent alors soit :

- ne plus voter (d'où l'abstention record).
- se tourner vers les extrêmes. Dans ce cas de figure, ce vote aux extrêmes peut signifier une tentative d'expression désespérée visant à « donner une leçon » aux autres partis en présence. Il peut aussi viser à tenter ce qui n'a tout bonnement pas encore été essayé. D'un côté, nous aurions ce qu'on appelle "Le vote sanction", de l'autre "le vote par défaut".

Le vote blanc pleinement reconnu comme un suffrage exprimé pourrait rétablir "le vote d'adhésion". Aussi étrange que cela puisse paraître de prime abord, c'est bien par ce droit d'exprimer notre désaccord que le dialogue entre les citoyens et les politiques pourraient s'établir. Le vote blanc incarne la démocratie participative. En effet, face à l'expression critique du peuple, les gouvernants devraient alors s'efforcer de modifier leur offre politique en fonction de la demande de la population.

Ici, le vote blanc serait l'expression d'un contre-pouvoir démocratique ainsi qu'un moyen de pression constructif puisqu'obligeant les gouvernants à entendre les citoyens.

Le vote blanc porte ainsi en lui les germes d'une participation citoyenne à la vie politique totalement inédite. Mais il se voit de surcroît détenteur d'une vertu toute aussi essentielle: le vote blanc est, en effet, un garde-fou démocratique. Réalisez-vous que depuis la Seconde Guerre-Mondiale, rien n'a été mis en place dans notre système électoral afin d'éviter qu'un gouvernant (qu'il soit dangereux ou non) soit élu sur la base d'une minorité de participation aux élections ? Dit très clairement, un gouvernant peut être aujourd'hui élu avec quelques pourcents de participation. Les taux d'abstention « records» que notre pays expérimente malheureusement toujours plus, font craindre un scénario catastrophe sur ce point.

Le vote blanc reconnu comme un suffrage exprimé (en cas de votes majoritaires) invaliderait purement et simplement ce scrutin tout en poussant les autres partis politiques en présence à modifier leur offre politique jusqu'à l'adhésion de la majorité des électeurs.

Notre pays vit une véritable crise d'éthique et de confiance politique. Il faut réagir vite. C'est pour cela que, suite aux attentats du 11 janvier 2015, nous avons souhaité nous entretenir sur ce point à l'Elysée. En effet, ces attentats entraînent le risque de grossir encore le vote sanction ainsi que la poussée des extrêmes. Nous attendons, à ce jour, une issue constructive sur la base de l'évocation de notre travail associatif.

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 20:15

 

Source : http://syriza-fr.org

 

La Commission Européenne a déclaré la guerre aux pauvres

Stathis Diomidis

Source : avgi.gr

Mis à jour le 27.03.2015

 

 

Le journaliste Paul Mason a fait une révélation effrayante sur le Channel  4. Il a révélé que la Commission Européenne par l’intermédiaire de Declan Costello, le directeur général de la direction des affaires économiques et financières et membre de l’équipe technique en charge de l’observation de la Grèce d’ « ancien » troïka, a envoyé une lettre au ministère grec des Finances en exigeant que le Parlement grec ne vote pas les projets de loi sur la crise humanitaire et sur le règlement des dettes échues envers les autorités fiscales et des fonds d’assurances, un projet de loi afin d’ aider les contribuables à régler leurs dettes en 100 mensualités. Plus précisément M. Costell indique que si les projets de loi n’étaient pas examinés par des équipes techniques de l’UE, on considérait que le gouvernement grec, qui a été élu légalement, adopte des actions unilatérales. « Faire autrement serait agir unilatéralement et de manière fragmentaire, ce qui ne serait pas cohérent avec les engagements pris, notamment à l’Eurogroupe du 20 février et il y aura des conséquences» a-t-il ajouté.

Avec ce «veto – commande – chantage» l’UE totalement soumise au dur expansionnisme allemand, elle déclare officiellement la guerre aux pauvres et aux gouvernements européens qui osent donner toute forme de soulagement aux misérables et persécutés.

Bien que près de 20% des citoyens européens et près de 35% des Grecs vivent en dessous du seuil de pauvreté, la direction de l’Union européenne tente d’interdire toute forme de soulagement aux plus démunis. Et bien sûr, elle interdit la droite d’un gouvernement légalement élu de soutenir les populations pauvres.

Plus tôt, un néerlandaise diplômé de l’économie rurale et président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem avait menacé la Grèce avec le scénario chypriote. Il avait pris le relais de M. Schäuble, qui n’a pas hésité à parler d’une manière  péjorative et insultante pour le gouvernement grec et le Premier ministre. Il ne peut pas accepter que le peuple grec a mis à l’écart ses collaborateurs, comme Samaras, Venizelos et Hardouvelis, et il a voté contrairement à ce qu’il demandait.

Martin Schulz le Président du Parlement européen, donne le bon exemple, en exigeant à chaque occasion par le Premier ministre grec de virer M. Panos Kamenos, chef du parti Grecs Indépendants (ANEL) et ministre de la Défense et de se coaliser avec son élu M. Stavros Theodorakis, interférant crûment dans les affaires intérieures du pays.

L’évolution actuelle montre d’une manière tragique comment la vision de l’Europe des peuples est devenue un cauchemar et comment le bélier politique de l’expansionnisme allemand a imposé une «monarchie démocratique» ayant comme monarque l’élite allemande.

Essayer de démanteler l’Etat-providence en Europe est un choix stratégique de l’élite allemande qui va utiliser tous les moyens, légaux et illégaux de le faire. C’ est pourquoi les peuples européens, solidaires avec le peuple grec, qui en ce moment est menacé et exposé aux attaques préméditées, doivent résister et lutter pour la démocratie et la dignité, car le totalitarisme est maintenant imminent …

 

 

Traduction du grec : Athina Vlachaki

 

 

Source : http://syriza-fr.org

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 18:50

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Accueil > Editorial > Info >

Comment le gouvernement a truqué les chiffres électoraux au détriment d’EELV

28 mars 2015 / Barnabé Binctin et Lucas Mascarello (Reporterre)
 


 

La manipulation statistique opérée par le ministère de l’Intérieur n’a pas tenu longtemps : Europe Ecologie Les Verts (EELV) représente bien plus que les 2 % annoncés. Et les alliances avec le Parti de gauche obtiennent de bons résultats. De quoi alimenter le débat stratégique du parti écologiste.

"Aïe aïe aïe…". La stupeur n’aura duré que quelques minutes, dimanche soir 22 mars, au siège d’EELV. Très rapidement, la soupe à la grimace devant les résultats du premier tour diffusés sur grand écran, a laissé place à la colère contre la présentation fallacieuse par le ministère de l’Intérieur des chiffres des différents partis.

Amorcé en début de semaine, le débat a conclu sans ambiguïté : le score officiel d’EELV, annoncé à 2,03 %, n’a rien à voir avec la réalité.

Voici le véritable bilan comptable d’EELV au premier tour des départementales :

On y constate que quand :
- EELV s’est présenté de manière autonome, il a obtenu 9,7 % des suffrages exprimés ;
- EELV s’est allié avec le Front de gauche, ils ont obtenu 13,6 % ;
- EELV s’est allié avec le PS, ils ont obtenu 27 % ;
- EELV s’est allié avec le PS et le PC, ils ont obtenu 30,5 %.

Pourquoi une telle différence entre le résultat officiel et les vrais chiffres ?

L’explication réside dans le changement opéré par la loi du 17 mai 2013, qui transforme les élections cantonales en élections départementales, et modifie leur mode de scrutin, qui est devenu binominal, c’est-à-dire avec deux candidats ensemble et non plus un seul. Comment alors comptabiliser les votes pour les paires de candidats qui ne sont pas du même parti ?

Qu’a fait le ministère de l’Intérieur pour parvenir à 2 % ? Il a rapporté le score des listes autonomes d’EELV à l’ensemble des voix exprimées au niveau national. Ce qui évacue près de deux tiers des candidatures d’EELV qui se sont faites en alliances : sur le millier de canton sur lesquels se présentaient des candidats EELV, seul 337 s’avéraient être des candidatures autonomes. « On utilise un numérateur qui n’a rien à voir avec le dénominateur, cela n’a pas de sens » explique Joël Gombin, chercheur en sciences politique.

Pour lui, la nomenclature du ministère pose problème : « Le nuancier ne permet pas une lecture fine, et majore le score de gros blocs au détriment des sous-ensembles. Il aurait fallu une étiquette par candidats plutôt qu’une étiquette par binôme ».

Car, afin de contourner l’apparente difficulté comptable, le ministère de l’Intérieur a procédé par groupement. Comme l’a pointé Le Monde, près de six désignations différentes ont au total caractérisé les alliances d’EELV, avec les résultats suivants :

L’infographie ci-dessus, réalisée par Reporterre, permet de comprendre le tour de passe-passe opéré par le ministère de l’Intérieur : sur les 395 alliances avec le Front de gauche, 32 seulement ont été in fine comptabilisées sous l’étiquette EELV, soit 8,1%... Cela a permis de « sous-estimer le score du Front de Gauche, effacer le score d’EELV et de rendre invisible les alliances et les rassemblements », selon Éric Coquerel, coordinateur général du Parti de gauche.

Le gouvernement évacue Nouvelle Donne

La manipulation a même été jusqu’à nier l’étiquette à un parti. C’est ce qui est arrivé à Nouvelle Donne, absent de toutes les listes de résultats. Son président, Pierre Larrouturrou, en est scandalisé : « Ces méthodes de voyou ont permis à Manuel Valls de mélanger des chiffres qui n’avaient rien à voir pour dire que tout allait bien. Les électeurs qui ont voté pour Nouvelle Donne n’ont pourtant certainement pas voté pour le Parti socialiste ! ».

Nouvelle Donne, présent dans 31 départements, revendique un score de 5,8 % lorsqu’il est parti sur des listes autonomes, un score qui double presque lorsqu’il s’agit de liste de rassemblement.

Ce parti a décidé de déposer un recours auprès du Tribunal administratif contre le ministère de l’Intérieur : « Nous sommes reconnus comme un parti à parti entière par la Commission des comptes, nous avons une député. Il faut absolument empêcher le même scénario pour les prochaines élections, à savoir les régionales », nous dit Pierre Larrouturrou.

Le PS veut l’éclatement d’EELV

L’intérêt du Parti Socialiste à cette supercherie est double. Elle masque la réalité de son affaiblissement pour le reporter sur ses possibles rivaux : « Balkaniser l’offre alternative au PS permet de faire croire qu’elle n’existe pas, qu’elle n’est pas audible, etc. C’est une condition importante du récit politique qu’essaye de construire Manuel Valls », dit David Cormand, spécialiste des élections à EELV.

Mais il s’agit aussi, dans un contexte de rupture voire de scission au sein d’EELV, de renforcer l’opposition des deux blocs qui semblent s’y dessiner : d’un côté, les partisans de la participation au gouvernement font valoir que les meilleurs résultats des écologistes sont à mettre au crédit des alliances avec le Parti Socialiste. De l’autre, ceux qui tirent vers un rassemblement avec les forces du Front de gauche et de Nouvelle Donne estiment que la dynamique s’est dirigée vers ces listes communes...

 

*Suite de l'article sir reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 18:30

 

Source : http://www.bizimugi.eu

 

mars 29 2015

Affaire HSBC : 2 militant-e-s de Bizi à nouveau convoqués ce mardi 31 mars

La police veut entendre les présidents d’ATTAC-France et des Amis de la Terre-France pour « recel de vol »

 
 
 
Txetx Etcheverry et Sabrina Ravetta, militant-e-s de Bizi sont convoqués ce mardi 31 mars à 9H30 au commissariat de Bayonne. Ils seront cette fois entendus pour « refus de prélèvements biologiques » suite à leur refus de se laisser prélever l’ADN dans le cadre de la procèdure ouverte pour « vol en réunion » de 8 sièges de la banque HSBC de Bayonne. Un avocat, maître Hervé Espiet du barreau de Bayonne, les accompagnera. Il s’agira de la troisième convocation en un seul mois pour Txetx Etcheverry, dans le cadre de cette affaire concernant la recherche de 5 des 8 chaises HSBC, non encore retrouvées par la police.
 
Bizi recupère des fauteuils de l'agence HSBC

    Par ailleurs, la police de Bayonne a également demandé à entendre messieurs Florent Compain de Nancy et Thomas Coutrot de Paris pour « recel de vol ». Messieurs Compain et Coutrot sont respectivement présidents des Amis de la Terre-France et d’ATTAC-France, deux associations travaillant contre l’évasion fiscale et à qui le mouvement Bizi avait confié trois des 5 sièges HSBC que la police n’a pas encore pu récupérer.

    Après une perquisition policière au siège bayonnais de Bizi, qui avait permis de rendre trois des 8 sièges saisis à la banque HSBC, on devrait donc assister à de prochaines opérations de police dans les sièges parisiens des Amis de la Terre et d’ATTAC, dans lesquels se trouvent actuellement ces 3 autres chaises. Cette évolution intéressante de l’affaire démontre à quel point les pouvoirs publics français prennent au sérieux la gravité de cette saisie de sièges dans une agence d’HSBC, banque accusée par le quotidien Le Monde d’avoir organisé l’évasion fiscale de 180 milliards d’euros en seulement 5 mois (entre novembre 2006 et mars 2007) .

 
La police embarque 3 sièges d'HSBC saisis par Bizi

    Pendant ce temps, le gouvernement argentin lui aussi victime du système d’évasion fiscale mis en place par HSBC a porté plainte contre cette banque. L’Argentine réclame à la banque les 3,2 milliards d’euros qu’elle aurait permis de détourner de ce pays pendant les 5 mois incriminés par les documents publiés dans Le Monde.   

 

    Pour Barth Camedescasse, porte-parole de Bizi, “L’argent de la transition sociale et écologique existe, il est dans les paradis fiscaux. La France qui accueille la COP21 à Paris en cette fin d’année 2015 devrait donner l’exemple au monde entier. Au lieu de courir de tous les côtés après 5 chaises, elle devrait prendre des mesures radicales pour en finir avec le fléau de l’évasion fiscale qui prive les recettes publiques des moyens nécessaires pour freiner le dérèglement climatique en cours d’aggravation et d’ accélération. »

 

Source : http://www.bizimugi.eu

 

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 19:54

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

A Grenoble, l’alliance écolo-gauche-citoyens, ça marche !

27 mars 2015 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 


 

 

Il y a un an, une équipe écolo-gauche-citoyens remportait la mairie de Grenoble. Mène-t-elle bien la barque ? Pour le savoir, Reporterre est allé voir. Constat : le difficile équilibre entre idéaux et réalité. Le bilan : bon, malgré des erreurs et les finances en berne laissées par l’équipe précédente.

- Grenoble, reportage

Un nouveau concept météo a été inventé pour le micro-climat politique de Grenoble : un nouvel anticyclone baptisé la « radicalité pragmatique » par Eric Piolle, le maire de Grenoble, dans une interview sur France Info. A l’heure de célébrer sa première bougie à la tête de la ville, la formule consacre un premier bilan de la nouvelle équipe : la radicalité pour le maintien de la ligne du projet politique, mais le pragmatisme pour sa nécessaire adaptation… à moins que ce ne soit l’inverse. Une ambiguité qui nourrit le débat : les uns dénoncent des contradictions irréconciliables. Et les autres assument : la radicalité pragmatique, c’est profiter de l’exercice du pouvoir pour tenter d’en changer l’orientation.

 

 

« On ne peut pas réussir un changement tout seul. La vraie exigence, quand on est radical, c’est d’associer tout le monde. La radicalité pragmatique, c’est donc d’être prêt à travailler avec les grands industriels si ça nous permet d’atteindre nos objectifs », explique un conseiller du maire.

Mais pour Le Postillon, journal satirique grenoblois, les masques tombent : « Peut-être que leur courage politique n’est pas à l’endroit attendu. Pas pour combattre les multinationales, pas pour défendre le service public, mais pour aboutir à des résultats éco-techniques », juge-t-il.

 
L’épineuse question de l’éclairage public

En cause, la question de l’éclairage public à Grenoble. Le marché a été mis en concurrence par une procédure d’appel d’offres en 2012 et la commission publique rend son verdict quelques mois seulement après que l’équipe municipale a hérité du dossier : l’offre la plus intéressante était émise par une filiale de Vinci. C’est ainsi que l’éclairage public, jusque-là en Société d’économie publique, doit passer dans les prochains mois dans le giron du privé.

L’adjoint au maire chargé de l’urbanisme, Vincent Fristot, insiste sur l’efficacité : « L’enjeu est d’améliorer la qualité et le coût de l’éclairage public, jusqu’alors délaissé par les précédents gestionnaires. Or, l’offre sélectionnée doit permettre de diviser par deux la consommation d’énergie et de réduire ainsi la facture des grenoblois », explique-t-il à Reporterre.

« L’intention est louable. Mais cette petite ambition (il y a bien plus dispendieux comme gouffre énergétique) doit-elle être plus importante que la lutte contre les grands groupes privés ? », interroge-t-on du côté du Postillon.

La mairie assume sereinement. Et veut y voir l’opportunité d’appliquer sa "pédagogie de la décision" : chaque polémique doit être l’occasion de partager sa réflexion avec l’ensemble des administrés. Et de justifier la nouvelle logique de l’exécutif grenoblois : finies les postures dogmatiques de principe, les oppositions entre idéologies et pragmatismes. Ce qui compte, c’est le résultat.

 
Majorité originale

Un ton qui déroute, à l’image de la majorité originale qui gouverne la seizième ville de France depuis un an. La coalition de responsables politiques EELV et PG avec des mouvements associatifs historiques de la ville – l’ADES et le réseau citoyen – a ouvert une brèche dans un paysage politique sclérosé.

Sous les projecteurs, l’équipe municipale a engagé des premières réformes. Sur la pratique des élus d’abord : baisse de rémunération des élus de 25 %, retransmission en direct sur internet des conseils municipaux, et fin de la voiture avec chauffeur pour un maire qui se déplace à vélo tous les jours.

Puis décision de ne pas reconduire le partenariat avec Decaux pour les panneaux publicitaires, « un moyen de desserrer l’étau de l’intérêt privé et de combattre la commercialisation de l’espace public », selon Elisa Martin, la première adjointe au maire.

 

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Eric Piolle et Elisa Martin (à droite)

Par ailleurs, la ville s’est engagée à un effort supplémentaire de 20 % d’efficacité énergétique par rapport à la règlementation thermique. Elle rend des avis négatifs sur les projets de crèche privée – « pour ne pas faire des politiques de l’enfant un nouveau grand marché », dixit Elisa Martin. Elle a adopté un Plan local d’urbanisme qui plafonne la hauteur maximale de construction en ville à 33 mètres. Elle a annoncé la fin du développement des caméras de vidéosurveillance et un retour à l’armement partiel pour la police municipale. Elle prépare un service public de l’eau qui offrirait la gratuité des premiers mètres cubes.

 

Paquebot municipal dans la tourmente du budget

« Ils sont rentrés dans le noyau dur de la politique locale », analyse Alain Dontaine, compagnon de route du PG. Un baptême parfois délicat pour une équipe surprise par son succès : « Personne n’avait anticipé qu’on se retrouve seul à la barre, avec un Parti socialiste refusant l’alliance au second tour », se souvient Pierre Meriaux, aujourd’hui conseiller municipal délégué au tourisme et à la montagne.

Beaucoup découvrent ce « paquebot municipal », lourd à gérer avec ses inerties administratives - et des secousses inattendues. La plus violente est venue du budget 2015. Tous racontent le traumatisme de cinq jours de séminaire consacré à boucler un budget inférieur à celui de l’année précédente. Avec une équation quasi insoluble : où trouver de la ressource avec un budget annuel de 280 millions d’euros saigné de près de 40 millions sur les trois prochaines années en raison des baisses de dotation de l’Etat, alors que le taux d’endettement de la ville est très élevé et que l’impôt y est déjà l’un des plus chers de France ?

« Si on dérape d’un millimètre, on sera mis sous tutelle du préfet et cela signera la fin de tout volontarisme politique », résume Elisa Martin.

 

 

« Nous n’avions pas mesuré l’ampleur du dégât financier : c’est une gabegie totale, ils ont brûlé de l’argent… », raconte Pierre Meriaux. L’équipe découvre que si l’argent est le nerf de la guerre, l’austérité structure les choix politiques en politique.

Conséquence : baisse des subventions aux associations, report des grandes promesses de campagne comme la construction de nouveaux bâtiments scolaires. Pis encore, l’un des engagements les plus symboliques – la gratuité des transports en commun pour les 18-25 ans – est remis en cause. Le coût de la mesure est estimé à 3 millions d’euros, la baisse de la subvention aux transports du Conseil Général d’Isère s’élève elle à 11 millions d’euros…

 

Déceptions

Candidat aux dernières élections départementales, Alain Dontaine dit ressentir la déception de nombreux concitoyens : « Nos réalisations ne sont pas à la hauteur de ce qu’attendaient les Grenoblois. On s’était présentés sur une démarche anti-austérité, mais on s’est pris l’austérité de plein fouet et on finirait presque par faire nous-mêmes de l’austérité », constate-t-il.

Du côté de l’exécutif grenoblois, on refuse l’auto-flagellation : « Céder à l’austérité, c’est mettre les lunettes d’un comptable sur tous les budgets. Ce n’est pas notre cas, puisque nous assumons des choix et des priorités politiques », explique-t-on du côté du cabinet du maire. Une référence directe à l’épisode des musiciens du Louvre.

 

 

En décembre, la mairie décide de supprimer les 438 000 euros de subvention au célèbre ensemble instrumental de la ville.

Face aux 180 demandes de subvention dans le secteur culturel pour les 3 millions d’euros restant de subvention, l’équipe municipale justifie son choix par une meilleure répartition des aides et la protection des plus petites structures, quand les musiciens du Louvre bénéficient encore d’une trésorerie confortable, avec 400 000 euros de placement selon Corinne Bernard, adjointe à la culture.

Mais l’affaire résonne comme une fausse note. Amateurisme et problèmes psychiatriques, assène le directeur de l’orchestre sur France Musique.

Quelques jours après l’attentat de Charlie Hebdo, le président du Conseil Régional Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, accuse même la mairie de Grenoble de « crime contre l’esprit ».

 
Garder la cohésion malgré tout

« Les nouveaux venus ont parfois été sidérés par la violence des interpellations, dit Pierre Meriaux. Nous n’avions pas mesuré les ressorts d’influence du PS dans le monde de la culture. C’est notre apprentissage des petits codes du métier politique ».

Un apprentissage qui opère collectivement. Si la majorité semble parfois payer un coût médiatique très élevé, les attaques glissent sur eux. L’épisode Raise Partners, qui vise personnellement Eric Piolle, détenteur d’actions dans une société financière ? Chacun dans l’équipe y va de son mot pour relativiser la critique – « de l’optimisation financière, pas fiscale, c’est très différent ».

Ce qui ne tue pas l’équipe municipale la rend plus forte. Pour Elisa Martin, « la bataille est très dure, mais cela renforce la solidarité. Notre rassemblement est un bloc qu’il est difficile de fissurer ». Fruit de l’association de cultures politiques différentes, ce rassemblement tient plus à un « alliage » qu’à une alliance, « trop contractuelle » selon Olivier Bertrand, conseiller municipal : « C’est bien plus qu’un simple accord entre mouvements ».

 

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Une au lendemain de la victoire aux municipales de mars 2014

En témoigne ce choix de ne constituer qu’un seul groupe politique pour représenter la majorité, gardant la bannière sous laquelle elle a été élue : le Rassemblement Citoyen de la Gauche et des Ecologistes (RCGE). « Non seulement c’est un fait assez rare pour avoir puissance de symbole, mais c’est surtout une réalité au quotidien : il n’y a pas de sous-groupes EELV ou PG, la majorité vit comme un ensemble assez homogène. C’est ce qui sous-tend tout le reste », poursuit Olivier Bertrand.

 

Expérience reproductible ?

L’expérience peut-elle en inspirer d’autres ? « Ce qui se passe à Grenoble n’est pas transposable en tant que tel. C’est le fruit de plusieurs années de mobilisation citoyenne sur différents thèmes : c’est en actes sur le terrain et non sur des communiqués de presse de parti que cette victoire s’est construite », dit Raymond Avrillier, fin connaisseur de la politique locale et grand ouvrier de cette construction collective.

Dans cette approche qui remet en cause une logique du tout-parti, Elisa Martin voit cependant une méthode qui peut servir de modèle : « Cela marche parce qu’on s’est choisi humainement et en accord sur des valeurs. La clé reste la mobilisation collective et citoyenne...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 18:02

 

Source : http://www.culturemobile.net/visions/bernard-stiegler-emploi-est-mort-vive-travail

 

Bernard Stiegler : L’emploi est mort, vive le travail !

 

Réinventer le travail à l’ère de l’automatisation

 

D’ici une vingtaine d’années, l’automatisation va déferler sur tous les secteurs de l’économie mondiale et signer la mort définitive de l’emploi. Et si c’était une vraie bonne nouvelle ? Parce que l’emploi, cette activité privée de sens qui est sanctionnée par un salaire, a détruit le travail, explique le philosophe Bernard Stiegler. Et parce que la fin de l’emploi est l’occasion de réinventer le travail au cœur de nos sociétés du numérique, de construire une économie contributive en lieu et place de cette «économie de l’incurie» qui nous détruit à petit feu.
 
Un bout de colline à monter avec Bernard Stiegler

Bernard Stiegler n’est ni un maître à penser ni un chef de meute. Il ne défend nul dogme, ne prétend détenir aucune vérité. Pourtant il se bat comme personne pour défendre ses convictions et les faire vivre au cœur du monde «réel». Et c’est ainsi qu’il a été avec d’autres en 2005 à l’origine de la création d’Ars Industrialis, «association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit».

Ce philosophe a quelque chose de présocratique. À chacune de nos rencontres, depuis près de quinze ans, il m’a éclairé. Il m’a «élevé» au sens propre du terme. L’homme ne cherche pas à vous séduire. Il ne dit pas : prenons ensemble l’ascenseur pour mieux observer l’agitation du commun des mortels, là en bas. Il vous suggère juste de monter avec lui sur la colline, par les chemins les plus escarpés. A l’oral comme à l’écrit, ce sage à l’air foutraque, cheveux en bataille et œil malicieux, ne vous fait pas de cadeau. Il ne travestit pas son langage, volontiers complexe. C’est à vous, si vous en avez l’envie, de grimper à ses côtés vers le sommet qu’il vous pointe du doigt, juste pour partager sa vision et discuter du monde comme il ne va pas… et comme il devrait aller.

 
La société du tout jetable est déprimante

Stiegler n’est pas parfait et ne cherche pas à l’être, loin s’en faut. Au cœur de notre conversation, pas loin parfois du monologue, il se met à parler des gens du commun, auxquels il s’identifie bien plus qu’aux grands manitous du marketing. «Les gens sont malheureux et dépressifs», dit-il doucement, avant d’ajouter comme en aparté :

La dépression, les gens ne l’avouent pas. Je suis moi-même dépressif et accablé par tout cela. Pour se soigner de ce genre de dépression, il n’y a pas d’autre solution que de concevoir et réaliser un avenir au-delà de la jetabilité qui est la négation même de l’avenir – la première période de la destruction créatrice, jusque les années 1970, ne reposait d’ailleurs pas sur le jetable…

 
De la «destruction créatrice» à «l’économie de l’incurie»

Il fait ici référence à ce que l’économiste Joseph Schumpeter appelait, il y a presque un siècle, «la destruction créatrice», soit la capacité du système capitaliste à se renouveler pour augmenter ses gains de productivité, à se réinventer sans cesse grâce à l’innovation et au modèle consumériste. Or, selon Bernard Stiegler, la révolution conservatrice de la fin des années 1970 et du début des années 1980, en séparant le capitalisme financier du capitalisme industriel, a cassé ce mécanisme de renaissance permanente :

La destruction, qui était autrefois créatrice, qui a permis de développer une véritable prospérité, d’abord américaine, puis européenne, puis planétaire, détruit désormais les systèmes sociaux, les structures sociales, les environnements naturels, les environnements mentaux, etc.

La «destruction créatrice» et l’État providence mis en place ensuite par Keynes et Roosevelt autour de 1933, pour répondre à la crise et permettre le partage de la richesse, notamment par la transformation des prolétaires en consommateurs, est donc décédée.

Ce système, conçu au départ pour être solvable, a démontré son insolvabilité avec ladite crise des subprimes en 2008. Il a muté en une «économie de l’incurie», synonyme de «jetabilité et poubellisation généralisées, y compris des emplois et donc du pouvoir d’achat». En d’autres termes, notre économie ne prend plus soin de ses ouailles. Pire : elle les détruit par défaut de soin.

 
L’automatisation, oui ! Mais sans alimenter l’incurie !

Or les nouvelles technologies, laissées à l'incurie, sont elles aussi terriblement toxiques. Qu’elles éliminent l'emploi, l’offrant à des robots bien plus performants en matière d’automatisation ? Là n'est pas le problème. Bien au contraire : lorsqu'en Australie, la mine et le camion automatisés de la société Rio Tinto suppriment les emplois de mineurs de fond pour créer bien moins de postes d'ingénieur ou de développeur informatique, ce serait plutôt une excellente nouvelle !

Que les emplois mécaniques soient occupés par des machines ! Et que les êtres humains «supervisent» et surtout se chargent de briser les cadres et d’outrepasser les routines !

Non, c’est lorsque le saint Graal numérique alimente lui aussi l'incurie généralisée qu’il y a de quoi s’alarmer. Car les nouvelles technologies sont un pharmakon, à la fois poison et remède : sans un système de soin, uniquement utilisées à des fins de marketing et de profit à court terme, elles tuent lentement et sûrement corps et âmes, deviennent de redoutables auxiliaires de notre prolétarisation, c'est-à-dire du dynamitage organisé de nos savoirs, savoir-faire et savoir vivre.

Sans une véritable attention et ce que Stiegler appelle une «thérapeutique politique», ce nouveau monde numérique nous transforme en machines incapables d’improvisation, en «pronétaires» abonnés aux micro-tâches comme «liker» des milliers de fois la même page de marque. Car pour qui sait s’y prendre et bien utiliser leurs vertus, les robots en tous genre peuvent bien au contraire nourrir nos savoirs, savoir-faire et savoir vivre, à l'instar du logiciel libre, d’aréopages contributifs à la mode Wikipédia ou de certains projets d’économie collaborative.

 
Enterrer l’emploi pour mieux faire vivre le travail

Pourquoi, dès lors, se lancer au nom de l’emploi dans une guerre sans lendemain contre les tsunamis de l’automatisation ? Pourquoi faudrait-il créer à tout prix des emplois ineptes pour lutter contre le chômage, dernier credo auquel s’accroche une classe politique agonisante, incapable de changer de braquet pour répondre à une crise totale, qui débute à peine ?

Stiegler, pour le coup, est d’une magistrale radicalité : le décès de l’emploi, c’est aussi le décès du chômage. Que l’emploi meurt pour que vive le travail ! A charge pour nous de bâtir un nouveau modèle économique, dont le salaire ne serait plus le cœur…

Là se situe le talent du philosophe : réussir à ébranler les clichés les mieux implanter en nos têtes et celles de nos décideurs. A la poubelle l’obsession de l’emploi !

Le paysage qu’il nous laisse entrevoir, du haut de sa montagne, donne il est vrai le vertige : il nous effraie et d'un même élan nous enthousiasme. Car c'est toute la société qu'il nous invite à reconstruire sur les ruines de l'ancienne.

Son programme ? Mais il n'y a pas de programme. Juste un état des lieux à faire, un état de l'art à mener avec lesdits partenaires sociaux et autres décideurs, en s'appuyant sur tous ces chercheurs qui, eux, «travaillent» encore le corps de notre économie, de notre société, de notre époque. Puis il y aura des zones franches à créer, pour expérimenter, par exemple la transformation du pouvoir d'achat en savoir d’achat, l'extension à tous du statut des intermittents du spectacle ou encore la création non d'un revenu d'existence mais d 'un «revenu contributif».

C'est tout ça et bien d'autres pistes que nous avons explorés dans notre conversation accessible en podcast son et en cahier feuilletable. Le long des chemins de notre colline, j’ai constaté avec lui ce désastre de l’emploi. Puis du haut du rude sommet où il m’a emmené, j’ai partagé son besoin viscéral, littéralement vital, de remplacer l’emploi, ce faux-nez de l’incurie qui nous ronge, par le travail au sens des artisans et des artistes, qu’ils soient du numérique ou d’ailleurs.

 

Ariel Kyrou

Écouter notre entretien complet avec Bernard Stiegler. http://www.culturemobile.net/visions/bernard-stiegler-emploi-est-mort-vive-travail
 
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 17:46

 

Source : http://www.marianne.net

 

Vote blanc et nul : jusqu'à quand fermerons-nous les yeux ?

Jérémie Moualek

 

Jérémie Moualek est chercheur en sociologie politique (Centre Pierre Naville – Université d’Evry). Il poursuit actuellement une thèse sur le vote blanc et nul.

 
Pour l'universitaire Jérémie Moualek, le vote blanc "compté mais non comptabilisé dans les suffrages exprimés, demeure un geste électoral non commenté". A tort : car une nouvelle fois, écrit-il, il "a fait mouche" en séduisant un peu plus de 700 000 électeurs. Ajouté au vote nul, poursuit-il, on dépasse même le million et le score enregistré par "bon nombre de formations politiques"...
 
DAMOURETTE/SIPA
 

Le vote blanc, censé être reconnu depuis le 1er avril 2014, n’attire toujours pas les commentaires post-électoraux. Compté mais non comptabilisé dans les suffrages exprimés, il demeure un geste électoral non commenté. Mais, comment reprocher aux journalistes de ne pas s’atteler à un sujet synonyme souvent d’incompréhensions et obligeant à des calculs électoraux imparfaits ?

Pourtant, de nouveau, le vote blanc a fait mouche : 703 879 voix et 3,29 % des votants. Et, si on lui ajoute - donc - le chiffre du vote nul (en grande partie, des votes blancs « dans l’esprit » ou « à message »), l’ampleur du phénomène ne fait plus aucun doute :

Vote blanc (703 879 ; 3,29%) + Vote nul (343 454 , 1,60%)
= 4,89% des votants (1 047 333).

Un chiffre global dans la lignée des scrutins précédents que sont les européennes et les municipales (1) et qui supplante assez franchement les scores réalisés lors des dernières élections similaires (alors appelées « cantonales »).

 

Et, pendant qu’on disserte sur la fâcheuse tendance au surpoids du Front national et sur les balbutiements de la gauche, on en oublie que le vote blanc (seul) dépasse un bon nombre de formations politiques comme Europe écologie - Les Verts, le Parti communiste, Debout la France ou le MoDem. Ajouté au vote nul, il supplante même le Front de gauche ! Le classement (certes imparfait, au regard de la classification imprécise des étiquettes politiques réalisée par le ministère de l’Intérieur) peut-être alors lu comme ceci :

 

Tout en étant un refus de choisir, le vote blanc et nul est un refus de renoncer à voter. Il s’avère dès lors être un « droit de choisir de ne pas choisir » qui dénote d’une offre politique trop peu différenciée tout comme d’une absence apparente d’alternatives crédibles aux yeux d’électeurs de plus en plus nombreux. Et ce, surtout si l’on y ajoute la majorité des abstentionnistes dont beaucoup, lassés aussi de ne pas voir le vote blanc pris en compte dans les suffrages exprimés, ont fini — par dépit — par déserter les urnes…

D’ailleurs, si l’on regarde les résultats du vote blanc et nul à l’échelle des départements (voir carte ci-dessous), on s’aperçoit que celui-ci obtient ses plus hauts scores lorsque la participation y est bien plus élevée que la moyenne nationale (50,17 %). C’est le cas surtout de l’Aude (57,46 %), l’Aveyron (59,71 %), la Corrèze (59,6 %), la Creuse (58,65 %), le Gers (60,11%) ou le Lot (59,43 %).

 

De même, le vote blanc et nul est fort dans les territoires où le Front national s’avère le moins attractif (25,24 % des votants au niveau national). Ainsi, les chiffres du parti dans le Gers (10,16 %), la Corrèze (7,89 %), le Cantal (7,09 %), l’Aveyron (12,64 %) ou les Hautes-Alpes (8,89 %) illustrent parfaitement cette tendance (à l’exception notable de l’Aude, où le FN recueille 33,66 % des voix).

Bien évidemment, il faudrait analyser plus en profondeur les arcanes du phénomène pour le saisir avec justesse. Malgré tout, il convenait au moins d’en finir avec la mise sous silence de ses résultats (même une dépêche AFP n’a pas été émise !) ainsi qu’avec l’« euphémisation » de ces derniers (puisque le vote blanc, détaché du vote nul à des seules fins statistiques, en vient à voir son nombre réduit par une distinction dont personne ne comprends les usages concrets dans les urnes).

Au premier tour, plus d’un million de personnes se sont donc déplacés jusqu’aux bureaux de vote alors même qu’elles ne trouvaient pas « bulletins à leur urne » : symboles d’une crise de l’offre politique, ces électeurs semblent être aussi le symptôme d’un système qui ne sait plus susciter l’adhésion et aussi les preuves – parfois – d’une exigence démocratique revendiquée. Combien faudrait-il qu’ils soient pour qu’enfin, au lendemain d’une élection, leur nombre daigne être publié et commenté ?

 

(1) Du fait de leur mode de scrutin particulier (grands électeurs), les sénatoriales 2014 ne sont pas prises en compte.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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