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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 14:41

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Démocratie

À la zone d’action pour le climat, chacun est invité à venir discuter de l’avenir de la planète

par

 

 

 

Pendant que les gouvernements du monde entier marchandent leurs niveaux de pollution « acceptables » à la conférence sur le climat au Bourget, la société civile a ouvert lundi 7 décembre sa « Zone d’action pour le climat » dans les espaces du 104, à Paris. Des organisations non gouvernementales, des associations, des curieux et des citoyens de tous les continents se lancent dans cinq jours de conférences, d’ateliers, de présentation de trouvailles écologiques, et de discussions autour des négociations officielles et des mobilisations. Reportage.

Trois conférences en même temps, une douzaine de conférences différentes par jour, des ateliers, des expositions, des projections… Au premier jour de la « Zone d’action pour le climat » (Zac), des centaines de visiteurs se pressent entre les multiples activités. Ici, on ne marchande pas au rabais les contributions que les pays industrialisés devront verser pour aider les plus vulnérables à faire face au changement climatique. On ne cherche pas à négocier à la hausse les températures acceptables pour l’avenir de l’humanité. Ici, on parle de l’assemblée des peuples pour la justice climatique, de démocratie énergétique, de l’impact des industries extractives sur les communautés ou de la justice raciale face au réchauffement de la planète. 150 activités sont organisées sur les cinq jours de la Zac, par des organisations venues du monde entier. L’espace, initié par la Coalition Climat 21, qui rassemble plus de 130 organisations de la société civile française, a pris place au 104, un espace culturel de l’Est parisien (voir le programme complet).

 

Système de recyclage infini de l’eau chaude de douche

Dans une petite salle, les représentants d’organisations du Nord et du Sud discutent de la suite à donner à cette dynamique de la société civile du monde entier pour la justice climatique. « Nous sommes en train de mettre en place une alliance de la société civile au Maroc pour la Cop 22, de 2016, pas seulement avec les associations environnementales, mais aussi avec les syndicats et les associations de femmes, explique Hamouda Soubhi, responsable au Forum social mondial et de la délégation de la société civile marocaine. La Cop, ce n’est pas une fin en soi. Mais il faut aider à faire entendre une autre voix du Sud dans ce mouvement. »

Le 104 grouille de monde. Au Médiacenter, l’équipe de radio Campus Paris prépare son émission quotidienne enregistrée tous les jours sur place. Au sous-sol, les ingénieurs bricoleurs de la POC21, ce collectif d’éco-inventeurs qui s’était réuni pendant un mois à l’automne dans les Yvelines (Voir notre article), exposent et présentent leurs trouvailles écologiques : vélos cargos, production de légumes à domicile, générateur électrique solaire mobile et modulable pour zones isolées… Jason, jeune ingénieur venu de Finlande, explique son système de recyclage infini de l’eau chaude de douche. Sur son smartphone, il montre des vidéos de ses systèmes expérimentaux de recyclage de l’eau. « En Finlande, je partage mon énergie entre ma startup et un Fablab, où je passe le plus de temps possible. » Des ateliers sont prévus tout au long de la semaine avec les éco-inventeurs, comme pour apprendre à imprimer en 3D un filtre à eau antibactérien.

 

Les nouvelles de la Cop ne sont pas bonnes

À 17 h, une assemblée générale commence. La nef centrale du 104 est noire de monde, la plupart assis sur le sol. Tous les jours en première partie, des représentants d’ONG discutent d’un aspect de la justice climatique. Aujourd’hui, c’est “Guerre, climat et antiterrorisme”. « Malheureusement, en France, le mouvement anti-guerre est extrêmement faible », regrette Juliette Rousseau, coordinatrice de la Coalition climat 21. Puis, des représentants d’ONG qui suivent les négociations officielles en rendent compte au public. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Une ébauche d’accord a été adoptée samedi à mi-parcours de la Cop. « Le thème de l’énergie n’y est mentionné qu’une fois, c’est pour parler de l’agence internationale de l’énergie atomique, déplore Geneviève Azam, porte-parole d’Attac, face à l’audience. Ni les énergies renouvelables, ni les énergies fossiles n’existent dans le texte des négociations. Sur la question de savoir si l’accord sera contraignant, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a précisé que cela ne signifierait de toute façon que contraignant nationalement, mais pas face à la communauté internationale. » Le public soupire. « Et les ONG sont reléguées dans les salles d’observations. Mais n’ont aucun pouvoir », rappelle Geneviève Azam.

Ici, les ONG et citoyens reprennent de la voix, et organisent les mobilisations à venir. Pour le 12 décembre, plusieurs actions sont prévues. Même si, en raison de l’état d’urgence, la mobilisation ne pourra pas prendre la forme d’un rassemblement dans la rue. En fin d’AG, un homme prend la parole dans le public : « L’État d’urgence interdit les manifestations, mais à un moment, il faut peut-être sortir de la légalité. »

 

Rachel Knaebel
Photo : © NnoMan - Collectif OEIL

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 14:36

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Contre le discours vide du lobby bancaire
9 décembre 2015 | Par Dan Israel
 
 

L’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran balaye les arguments des banquiers pour s'opposer à tout contrôle de leur activité, arguments mille fois entendus.

Dissiper les écrans de fumée rhétoriques et traquer les contre-vérités. Dans son ouvrage Blabla Banque, le discours de l'inaction, l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à Paris I, s’attaque aux discours du lobby de la finance, et balaye les arguments des banquiers mille fois entendus lorsqu'ils s’opposent à tout contrôle de leur activité.

« La réglementation des banques va tuer les investissements et la croissance » ; « Le remède sera pire que le mal ! » ; « Cela ne sert à rien » : ces trois grands types d’arguments sont employés pour s'opposer à toute tentative de réforme ou d'encadrement du secteur. Et ils rappellent étrangement, selon l’auteure, ceux que l'économiste américain Albert Hirschman avait mis en évidence dans le discours antiprogressiste et réactionnaire.

 

Durée 10:07 min

 

Avec ce petit livre très accessible, Jézabel Couppey-Soubeyran entend mettre fin à une certaine capture du discours public. C’est la même démarche qui l’a animée lorsqu’elle a lancé, avec les économistes Laurence Scialom et Anne-Laure Delatte, la lettre ouverte s’opposant à la nomination à la tête de la Banque de France de François Villeroy de Galhau, un ancien de BNP Paribas.

 

 

Leur initiative a été très largement suivie, puisque la lettre a rassemblé les signatures de quelque 150 économistes, et non des moindres, comme Thomas Piketty, Michel Aglietta, Xavier Timbeau ou Jean-Michel Naulot. Un banquier à la tête de l’institution qui surveille les banques ? Un choix dangereux, comme les mots utilisés pour le défendre.

 

Blabla Banque, le discours de l'inaction de Jézabel Couppey-Soubeyran. Michalon, 19 €, 266 p.

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 22:45

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Pas d’accord sur une taxe Tobin européenne
8 décembre 2015 | Par Ludovic Lamant
 
 
 

Les négociations sur une taxe sur les transactions financières continuent de patiner. À peine dix États ont fini par s’entendre sur l’assiette de la taxe. « Une étape fondamentale », pour Michel Sapin. « Un saut de puce », selon des ONG.

De notre envoyé spécial à Bruxelles. Certains s’attendaient à un accord triomphal, en plein milieu de la COP21. Mais le miracle n’a pas eu lieu, à l’issue de deux réunions des ministres des finances lundi soir et mardi matin à Bruxelles : le chantier d’une taxe sur les transactions financières (TTF) reste toujours aussi incertain, plus de quatre ans après la présentation, en septembre 2011, d’une directive par la commission. Les plus optimistes, au premier rang desquels le Français Michel Sapin, veulent tout de même y voir une « étape décisive » : « Nous sommes satisfaits de constater que le sujet le plus difficile, celui qui fait l’objet de discussions depuis des mois et des années, la base sur laquelle on va récolter cette taxe, soit clos », s’est réjoui mardi le ministre français des finances, ironisant sur les « esprits chagrins ».

« Un pas majeur a été franchi, même si ce n’est pas la fin de l’histoire. Je sens qu’il y a de l’irréversible, la volonté de le faire, nous ne reculerons pas, j’en ai la conviction », se félicite, de son côté, Pierre Moscovici, commissaire aux affaires économiques. Pour rappel, le ministre Sapin s’était déjà enthousiasmé, pas plus tard qu’en septembre, à l’issue d’une autre réunion ministérielle, cette fois à Luxembourg : « Je crois pouvoir dire que nous avons franchi une étape décisive en nous mettant d’accord sur un certain nombre de principes »… Cherchez l’erreur.

À cause du lobbying musclé de l’industrie bancaire, et du veto de certains pays, comme la Grande-Bretagne, les Européens les plus motivés avaient choisi de se lancer dans une « coopération renforcée » entre 11 États membres (dont la France et l’Allemagne), en juin 2012. Mais les discussions, présidées par l’Autriche depuis janvier, mieux organisées, restent depuis tumultueuses. Les désaccords sont nombreux, à la fois sur l’assiette des titres à taxer (quels produits financiers taxer, mais aussi quelles exemptions prévoir), sur le niveau des taux pour les actions et les dérivés, ou encore sur les manières de s’y prendre, concrètement, pour récolter cette taxe.

« Au début de l’année, on avait encore 24 scénarios sur la table. Ensuite on est tombés à trois. Et maintenant, il n’y en a plus qu’un. C’est quand même une avancée considérable », veut croire une source européenne proche du dossier, pour qui « tous les paramètres sont désormais en place ». Selon le document de travail (ci-dessous) validé mardi par dix capitales (l’Estonie a quitté la table des négociations lundi), un accord existe désormais sur l’assiette de taxation « la plus large possible », qui concerne à la fois les actions et les dérivés. À l’origine, la taxe à 28 devait permettre de dégager quelque 57 milliards d’euros par an, selon les prévisions de la commission. À présent, en l’absence d’un début de consensus sur les niveaux de taux, on ignore combien cette taxe pourrait rapporter (sans doute moins de dix milliards d’euros par an).

 

 

« La commission va désormais travailler à des hypothèses de taux, qui nous rapporteront des hypothèses de revenus, s’est contenté d’expliquer Michel Sapin. Beaucoup avaient dit, à l’origine : cela va rapporter 35, 100 milliards d’euros même, et se sont mis à rêver… Nous avons pris le chemin inverse, nous avons défini d’abord la base, et l’on avance. C’est méthodique. » Dans le détail, le projet prévoit bien de taxer actions et produits dérivés (en 2014, Paris continuait de défendre une exemption sur les dérivés). Autre point sensible, plutôt bien accueilli par la société civile : la taxe devrait couvrir les transactions dites « intraday », c’est-à-dire achetées et vendues dans une même journée, et le trading à « haute fréquence », ces opérations de transactions automatiques, capables d’exécuter des opérations de marché en quelques microsecondes, et qui renforcent la spéculation sur les marchés.

 

Mais si l’on s’en tient au texte, qui recourt à une formule floue (point 1.d), le « principe de résidence », la question – cruciale (notamment vis-à-vis de la Grande-Bretagne) – de savoir si les actions étrangères achetées, ou cédées, par des banques européennes, n’a pas encore été tranchée. « Sans l’établissement du principe de résidence, selon nos estimations, cela représenterait pour la France seulement un manque à gagner de 1,2 milliards d’euros », affirme Alexandre Naulot, de l’ONG Oxfam-France. Du côté des dérivés, comme attendu, les obligations d’État (la dette des pays) ne seront pas concernées. Plus étonnant, le document précisé (le point 2.c.4) que « dans certains cas », des « ajustements » seront possibles, pour l’assiette de taxation, comme pour les taux. « Ils se ménagent la possibilité d’exceptions », regrette Alexandre Naulot.

 

Du côté de la société civile, les réactions sont tièdes. « C'est au moins une preuve que la TTF européenne n'est pas morte. Mais quand on sait que les États négocient depuis plus de deux ans, l'accord partiel annoncé aujourd'hui paraît évidemment assez maigre », juge Hakima Himmich, à la tête de Coalition PLUS, un réseau francophone d’associations de lutte contre le sida. « C’est une décision en demi-teinte qui caractérise le manque d'ambition politique des gouvernements des pays européens et le lobbying intense exercé par les lobbies bancaires et financiers », estime de son côté Maxime Combes, porte-parole d’Attac sur les questions climatiques.

 

Comme d’habitude, faute d’accord fin 2015, les ministres ont avancé une nouvelle date butoir : ils espèrent une traduction juridique de ce « deal » à dix d’ici juin 2016. Après quoi (ou en même temps ?) il faudra s’entendre sur les taux et, en bout de course, sur l’affectation des fonds. On voit mal, en l’état, comment le calendrier promis par François Hollande lors de son intervention aux Nations unies en septembre dernier, d’une mise en application de la taxe en janvier 2017, sera tenu. Il faut être se montrer sacrément optimiste pour y croire, pour trois raisons au moins :

 

1 - Il faut neuf pays au moins pour enclencher une « coopération renforcée ». Ils ne sont plus que dix depuis lundi, l’Estonie ayant choisi de quitter l’aventure. D’autres États, dont la Grèce, la Slovaquie ou la Slovénie, tirent eux aussi la langue, mais restent jusqu'à présent. Il suffirait de deux défections supplémentaires – ce qui n’est pas impossible, si l’on rentre dans le détail des chiffres, des taux et des revenus pour chacun – pour que toute la démarche tombe à l’eau.

 

2 - À partir de janvier, ce sont les Pays-Bas qui président l’UE pour six mois. Le pays ne s’en cache pas : la TTF ne sera pas leur priorité. Ils s'inquiètent même des conséquences pour leur économie. Plus gênant encore, le débat européen, courant 2016, sera dominé par le risque d’un « Brexit » et la tenue d’une consultation en Grande-Bretagne sur le maintien du pays dans l’UE, peut-être dès l’été 2016. Or, Londres ne cesse de mettre en scène son opposition à ce projet. Mardi, sans surprise, le ministre des finances britannique, George Osborne, l’a dit encore une fois, jugeant la démarche de ses collègues « très incertaine ». Surtout, ce document « n’est qu’une feuille de papier, pas un document de l’Ecofin », en référence à la réunion des 28 ministres des finances dans le jargon européen. Londres fera tout son possible pour bloquer les travaux, surtout si les banques britanniques doivent elles aussi payer la taxe.

 

3 - La COP21 offrait une fenêtre d’opportunité idéale, pour boucler un accord. Certains rêvaient même d’un engagement des dix pour une affectation des fonds aux questions climatiques et de développement. Avec la fin de la COP21, la pression pour une TTF va retomber. Et il sera sans doute très difficile de remonter au créneau sur les enjeux de l’affectation, depuis Bruxelles : « Il n’y a pas eu de discussions au niveau communautaire là-dessus, tout débat sur l’utilisation des recettes fiscales se déroule au niveau des États », se contentait de résumer un proche du dossier, en début de semaine.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 22:39

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Ces députés qui acceptent le contrôle de leur frais professionnels

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 

 

Charles-Amédée de Courson, président UDI de la commission d'enquête parlementaire sur la gestion par le gouvernement de l'affaire Cahuzac.

La transparence sur les frais de représentation des députés attendra encore. L'amendement de Charles de Courson, député (UDI) de la Marne, qui proposait de fiscaliser la part de l'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) – 6 412 euros par mois – non utilisée à des fins professionnelles, a été rejeté dans la nuit de jeudi à vendredi.

 

>> Lire : Frais de mandat : les députés renvoient la balle au président de l'Assemblée

 

Le sort de cet amendement avait été scellé en commission des finances de l'Assemblée nationale quand Christian Eckert, rapporteur général (PS), avait émié un avis défavorable, appuyé par Gilles Carrez, président (UMP) de la commission. L'adoption de cette proposition aurait, il est vrai, impliqué que les parlementaires fournissent à l'administration fiscale des justificatifs de leur frais pour qu'lle puisse déterminer ce qui devait - ou non - échapper à l'impôt sur le revenu. Ils n'en voulaient pas et l'ont fait savoir en votant contre en séance.

 

AMENDEMENT "TRANSPARENCE"

Seuls 24 députés ont voté pour. Six socialistes n'ont ainsi pas suivi l'avis de la commission: Marie-Anne Chapdelaine (Ille-et-Vilaine), Viviane Le Dissez (Côtes-d'Armor), Catherine Lemorton (Haute-Garonne), Elisabeth Pochon (Seine-Saint-Denis), Odile Saugues (Puy-de-Dôme) et Pascal Terrasse (Ardèche). Ce dernier avait été un des députés épinglés sur ce sujet par Mediapart. La majorité du groupe socialiste a voté contre ; sept de ses membres se sont abstenus.

Le reste de la gauche soit s'est abstenu - écologistes et Front de gauche -, soit n'a pas pris part au vote dans le cas des radicaux de gauche.

Les députés UMP se sont prononcés très largement contre l'amendement. Six ont voté pour : Georges Fenech (Rhône), Nathalie Kosciusko-Morizet (Essonne), Pierre Morel-A-L'huissier (Lozère), Fernand Siré (Pyrénées-Orientales), Thierry Solère (Hauts-de-Seine) et Dominique Tian (Bouches-du-Rhône).

Les centristes, à l'inverse, se sont tous prononcés pour l'amendement "transparence", soutenu par le président du groupe UDI, Jean-Louis Borloo.

Les deux députés du Front national, non inscrits, Marion Maréchal-Le Pen (Vaucluse) et Gilbert Collard (Gard), ont voté pour l'amendement.

 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 21:56

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

La répression violente contre le journalisme environnemental s’aggrave dans le monde

8 décembre 2015 / Marie Astier (Reporterre)
 

 

 

 

Depuis 2010, dix journalistes ont été assassinés parce qu’ils enquêtaient sur des sujets environnementaux, selon Reporters sans frontières. Les sujets écologiques traitent des enjeux qui peuvent bousculer les pouvoirs politiques et économiques, et il faut donc mieux protéger les reporters qui les couvrent.

Il y a des rapports qui nous touchent plus que d’autres. A Reporterre, on ne peut pas rester indifférent à celui publié samedi 5 décembre par Reporters Sans Frontières, intitulé Climat hostile contre les journalistes environnementaux.

On y apprend que depuis 2010, au moins dix journalistes sont morts pour avoir enquêté sur des sujets environnementaux. En Inde, cette année, ils sont deux à avoir été tués parce qu’ils enquêtaient sur l’exploitation minière illégale. Au Cambodge, c’est la déforestation et la pêche illégales qui ont coûté la vie à quatre journalistes entre 2012 et 2014. Autres pays concernés par des assassinats de reporters : l’Indonésie, les Philippines et la Russie. Dans la plupart des cas, l’enquête sur la mort de ces journalistes est classée sans suite. Autre signe que s’intéresser aux questions environnementales est dangereux, Global Witness rapportait il y a un an qu’entre 2002 et 2013, près de neuf cent militants écologistes ont été tués dans trente-cinq pays.

 

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Mikhaïl Beketov, ancien rédacteur en chef de Khimkinskaya Pravda, a succombé à ses blessures en avril 2013. Il avait été battu et laissé pour mort lors d’une manifestation contre la construction d’une autoroute dans la forêt de Khimki, près de Moscou, en novembre 2008. Durant ses cinq dernières années, il était resté handicapé

 

Et il n’y a pas que ça. Le rapport de RSF recense des agressions contre des journalistes au Pérou qui couvraient, au printemps 2015, des manifestations contre le projet de mine de cuivre à ciel ouvert Tia Maria ; en Italie, des menaces de la mafia contre un journaliste des Pouilles qui dénonce les touristes s’installant illégalement dans les zones protégées ; des menaces encore en Chine, contre un photo-reporter qui a réalisé un documentaire sur le braconnage des oiseaux migrateurs.

La menace peut aussi venir de l’État, note Reporters sans frontières. Par exemple en Ouzbékistan, où un pigiste (journaliste indépendant) trop curieux a été accusé de trafic de drogue et condamné à dix ans de prison. En Algérie, un caricaturiste qui a fait apparaître dans ses dessins l’opposition aux gaz de schiste s’est retrouvé devant le tribunal - il a été acquitté. En Russie, lors des jeux de Sotchi l’an dernier, une journaliste a été emprisonnée trois jours pour avoir voulu couvrir les dégâts environnementaux, subissant ainsi les mêmes pressions que les associations environnementales locales. Aujourd’hui dans le monde, au moins sept journalistes environnementaux sont en prison pour avoir exercé leur métier, estime l’ONG.

« Jamais un tel niveau de violence avait été atteint », estime le rapport. Il observe que les terrains, souvent reculés, sur lesquels s’aventurent les journalistes environnementaux sont dangereux. « Quand Naomi Klein évoque “un système économique [...] en guerre contre la vie sur Terre”, ne sous-entend elle pas que les journalistes environnementaux travaillent en zone de conflit,au même titre que les reporters de guerre ? », s’interroge le document.

Quand les reporters ne sont pas directement menacés, il reste l’arme de la censure pour empêcher que certaines informations soient publiées. En Chine encore, lors de l’explosion à l’usine de produits chimiques de Tianjin, « les journaux n’ont eu d’autres choix que de raconter la bravoure des pompiers et les sauvetages héroïques. En revanche, pas un mot sur l’origine des explosions, sur la mort de nombreux sauveteurs et sur les personnes disparues », remarque RSF. Les autorités chinoises ont également empêché les équipes de journalistes occidentaux d’approcher des lieux du drame, affirme le rapport. Il cite également l’Équateur, où les autorités tentent d’empêcher la diffusion d’information sur l’exploitation minière dans le parc naturel du Yasuni.

Les pays du Sud ne sont pas seuls concernés. Au Canada, les sables bitumineux sont un sujet « tabou », observe RSF. Deux exemples sont cités : « Le bureau de conservation des ressources énergétiques (Energy Resources Conservation Board) a tenté par tous les moyens d’empêcher la publication du livre du reporter Andrew Nikiforuk,Tar Sands (Les sables bitumineux), en 2010. ». Au pouvoir jusqu’en octobre dernier, le gouvernement Harper a également complexifié « les demandes d’accréditation pour les demandes d’interview auprès des chercheurs qui travaillent pour l’État. » Résultat : « Quatre scientifiques de renom, régulièrement sollicités par les médias, ont répondu à 12 interviews en 2008, contre 99 en 2007 », regrette le document.

Le journaliste canadien Stephen Leahy, auteur de nombreuses enquêtes, confirme : « Un chercheur que j’avais interviewé sur la couche d’ozone a vu ses financements supprimés par le gouvernement. Et même de petites associations locales avaient peur de parler dans les médias, car elles craignaient un contrôle fiscal qu’elles n’auraient pas pu payer. » La situation devrait cependant s’améliorer au Canada, avec l’arrivée au pouvoir du nouveau Premier ministre, Justin Trudeau début novembre.

Enfin, RSF documente plusieurs cas de tentatives de corruption, où des journalistes se sont vus proposer de l’argent de la part d’entreprises, en échange de leur silence…

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 19:29

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Que s’est-il passé de positif en novembre 2015 ?

8 décembre par Bonnes nouvelles

 

 

 

 

La célèbre expression de Margaret Thatcher « TINA » (There Is No Alternative) est tout sauf vraie. Partout sur la planète, des alternatives sociales, économiques, démocratiques et écologiques se mettent en place. Partout dans le monde, des hommes et des femmes refusent et combattent l’injustice. Certains de ces combats mènent à des victoires.

Le site BONNES NOUVELLES poursuit l’objectif de rendre visibles ces petites et grandes victoires qui, bien que partielles et insuffisantes, nous aident à rompre avec le fatalisme et constituent des sources d’inspiration pour nos actions individuelles et collectives.

L’équipe de Bonnes Nouvelles : Kelly, Philippe, Vanessa, Brieuc, Jeanne-Marie, Hélène, Caroline, Dominique & Olivier

 

Le courage politique, ça existe !

  • La Californie adopte une loi sur l’égalité de salaire Lire
  • Le Parlement européen adopte une résolution pour protéger Edward Snowden Lire
  • Au 1er janvier 2017, les communes n’auront plus le droit d’utiliser de pesticides Lire
  • L’Uruguay rejette la corporatocratie mondiale Lire
  • Madrid résilie ses contrats avec Fitch et Standard & Poor’s Lire

 

C’est la lutte sociale qui paie

  • Victoire du mouvement paysan dans sa lutte pour la reconnaissance de ses droits à l’ONU Lire
  • Victoire contre la méningite A en Afrique Lire
  • Syngenta condamnée suite à la mort d’un paysan sans terre Lire

 

Le droit comme instrument de lutte

  • Vie privée : la justice belge fait plier Facebook Lire
  • Les pommes françaises sont bien empoisonnées aux pesticides, la justice donne raison à Greenpeace Lire
  • Fini la muselière pour Médor, le journal retrouve sa liberté Lire

 

Reconnaître ses erreurs

  • Les coupures d’eau sont officiellement interdites Lire
  • Le président gambien décrète l’interdiction immédiate de l’excision Lire

 

Seuls contre tous

  • La désobéissance civile reconnue par le verdict du procès des bomspotters Lire
  • Un détournement massif de pubs pour dénoncer ces « faux » sponsors de la COP21 Lire

 

 

 
Auteur
 

Bonnes nouvelles

La célèbre expression de Margaret Thatcher « TINA » (There Is No Alternative) est tout sauf vraie. Partout sur la planète, des alternatives sociales, économiques, démocratiques et écologiques se mettent en place. Partout dans le monde, des hommes et des femmes refusent et combattent l’injustice.
www.bonnes-nouvelles.be

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 18:28

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/raoul-marc-jennar

 

 

Les 23 millions qu’on n’écoute pas
 
 
En quoi, aujourd’hui, PS et LR diffèrent-ils dès lors qu’il s’agit de politiques économiques et sociales, d’emploi, de la place des services publics, du droit du travail, de l’âge de la retraite, de la mise en concurrence des établissements scolaires et hospitaliers, de l’application des directives et traités de l’UE, de l’adhésion à l’OTAN, du soutien à des traités de libre-échange ?

 Dimanche, ils étaient 21 941 750  à s’être abstenus. 526 595 ont choisi de voter blanc et il y a eu 347 111 votes nuls (chiffres du Ministère de l’Intérieur le 7/12). Cela représente plus de 54% des électeurs inscrits. Plus de la moitié du corps électoral de la nation. Que la classe politique et médiatique  traite avec mépris.

On s’interroge – trop peu et trop superficiellement – sur trois ou quatre motivations du vote FN. Mais aucune interrogation sur les abstentions et les votes blancs, sur ce rejet massif d’un système politique et d’une classe politique qui n’inspirent plus confiance. Pire, aucune interrogation sérieuse sur la conviction, partagée par des millions de citoyens, qu’il ne sert à rien de voter, qu’il n’est plus  possible d’orienter le cours des choses. Ils sont des millions à avoir compris que leur sort ne se débat plus  sur l’agora, mais dans les conseils d’administration des firmes privées et dans des négociations européennes et internationales sur lesquelles ils n’ont aucune prise.

Des centaines de fois, au cours de mes conférences, j’ai entendu dire : « en 2005, nous avons été une majorité à donner une opinion précise sur l’Union européenne et vous savez ce qu’on en a fait. A quoi bon encore aller voter ? ». Depuis 2012, les 18 millions d’électeurs de Hollande assistent, consternés, à la mise en œuvre des choix de Sarkozy par les parlementaires PS qu’ils ont élus. Ils voient que c’est aux attentes du MEDEF que répond le gouvernement soutenu par ces mêmes parlementaires PS. En 2012, Hollande n’avait pas annoncé qu’il ferait la politique voulue par le MEDEF. Le PS n’avait pas annoncé qu’il renonçait à se battre pour la justice sociale. Il n’avait pas annoncé qu’il adhérait sans réserve aux politiques ultra-libérales de l’Union européenne.  Il n’avait pas prévenu qu’il ferait appel pour gouverner à une multitude de conseillers porteurs des idées de droite. Il n’était pas dit que le grand vaincu des primaires PS deviendrait le « chef de la majorité ».

En quoi, aujourd’hui, PS et LR diffèrent-ils dès lors qu’il s’agit de politiques économiques et sociales, d’emploi, de la place des services publics, du droit du travail, de l’âge de la retraite, de la mise en concurrence des établissements scolaires et hospitaliers, de l’application des directives et traités de l’UE, de l’adhésion à l’OTAN, du soutien à des traités de transfert du pouvoir au secteur privé comme l’accord UE-Canada, comme le projet UE-USA, comme la négociation de l’accord sur le commerce des services ? En quoi diffèrent-ils dès lors qu’il s’agit de démanteler les avancées du programme du Conseil National de la Résistance ? En quoi diffèrent-ils dès lors qu’il s’agit de mettre fin à un Etat régulateur et re-distributeur ? De Jospin à Hollande, de Chirac à Sarkozy, on a vu la mise en œuvre des mêmes politiques.

Quand ceux qui se prétendent socialistes font la politique du patronat, quand ceux qui se prétendent gaullistes soumettent la France aux diktats de Bruxelles et de Washington, qui prendre encore au sérieux ? Quand l’alternance se réduit à un changement de personnes et de paroles, pour se concrétiser par des politiques identiques, où est le choix ? Il n’y a plus de choix, si ce n’est celui de la colère ou de l’abstention.

Les électeurs du PS ont fait comprendre leur désarroi aux municipales, aux européennes, aux départementales. Mais pas un seul instant, le PS ne s’est remis en question. Il avait déjà refusé de le faire en 2002. Il persiste après chaque scrutin où il encaisse une défaite majeure. Il a toujours raison. Son autisme s’applique à son propre électorat. Par contre, il est tout ouïe  pour les attentes des banquiers et des hommes d’affaires.

Alors, si on les juge à leurs œuvres et non à leurs promesses, quelle différence entre un Bartolone ou une Pécresse, en Ile de France, entre un Queyranne ou un Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes, entre une Delga ou un Reynié en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, etc, etc… ?

 Dimanche, je ne m’abstiendrai pas. Je respecte trop cette immense conquête démocratique qu’est le suffrage universel. Je voterai blanc pour manifester mon rejet total d’une caste de gens qui font carrière plutôt que servir, qui sont plus obsédés par occuper le pouvoir selon les vœux du MEDEF qu’à l’exercer selon les convictions proclamées, qui vident le droit de vote de toute influence réelle et poussent les gens qui veulent encore se faire entendre à voter FN.

Raoul Marc JENNAR

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/raoul-marc-jennar

 

 

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 17:37

 

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COP21

Ces mercenaires du lobbying qui aident les gros pollueurs à entraver la lutte contre le réchauffement climatique

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Défendre l’huile de palme, verdir l’image des pétroliers, promouvoir le nucléaire, vanter les OGM ou le gaz de schiste... tout en conseillant des organisations écologistes ou en organisant la prochaine conférence sur le climat de Marrakech en 2016. Aucun scrupule ne semble rebuter le petit monde des cabinets de conseil en lobbying et relations publiques. Ces agences de communication jouent un rôle clé pour asseoir l’influence des milieux d’affaires, à l’abri des mécanismes démocratiques. Un nouveau rapport lève le voile sur ces mercenaires de la communication et de l’influence, qui aident les multinationales à prendre la main sur les politiques climatiques.

 

La Conférence climat bat son plein à Paris. Au-delà des séance de négociations intergouvernementales proprement dites, la « Cop » s’accompagne de son lot d’événements parallèles, de campagnes publicitaires, de salons commerciaux, de réceptions, de cocktails et de beaux discours. La conférence et ses à-côtés constituent une fantastique manne financière pour le petit monde des cabinets de conseil en communication, en « événementiel » ou en lobbying – souvent les trois à la fois. Leur rôle croissant illustre le poids acquis par les milieux d’affaires sur les politiques climatiques internationales.

 

Edelman, Fleishman Hillard, gplus, Weber Shandwick, ESL & Network… Dans un nouveau rapport publié le 7 décembre (disponible seulement en anglais), le Corporate Europe Observatory (CEO) lève le voile sur ces « mercenaires » de la communication, prêts à servir toutes les causes, ou presque [1]. Relativement peu connus du grand public, ils constituent des rouages essentiels de l’influence et du lobbying des entreprises : « Ils arrangent des cocktails avec des hommes politiques. Ils organisent des conférences publiques où ceux qui sont responsables de la crise climatique peuvent socialiser avec qui sont en charge de la résoudre. Ils forment les cadres dirigeants des entreprises sur les meilleurs moyens d’influencer les politiques européennes. Ils redorent l’image de produits environnementalement destructeurs avec des publicités sur papier glacé, bien éloignées de la réalité des glaciers qui fondent et des forêts vierges qui brûlent. »

 

C’est vers eux que se tournent les milieux d’affaires pour promouvoir la cause du gaz de schiste, défendre un projet controversé, ou bien gérer un scandale, comme l’a fait Volkswagen après la révélation de ses tricheries massives sur la performance environnementale de ses moteurs. Dans le cadre de la COP21, elles sont mises à contribution par les gros pollueurs pour créer un « écran de fumée » sur leur responsabilité véritable dans la crise climatique, reverdir leur image, et promouvoir les « fausses solutions » qui leur permettront de continuer à engranger des profits sans remettre véritablement en cause leurs pratiques.

 

Havas fait la com’ du nucléaire, de l’huile de palme et de... Nicolas Hulot

Certains de ces champions du lobbying et des relations publiques sont des français, comme Publicis ou Havas. Cette dernière est contrôlée par le groupe Bolloré, et dirigée par Yannick Bolloré, fils du PDG du groupe. Havas conseille notamment Veolia ou EDF – mais aussi la Fondation Nicolas Hulot – sur leur communication dans le cadre de la COP21. L’agence est derrière les publicités controversées d’EDF sur son électricité « sans CO2 » car d’origine nucléaire, qui ont valu à l’entreprise un « prix Pinocchio du climat », trois plaintes devant le Jury de déontologie publicitaires et une autre devant le Tribunal de grande instance pour pratique commerciale trompeuse (lire notre article).

 

Havas a aussi été récemment missionnée par le Conseil malaisien de l’huile de palme pour mener une offensive de charme en France et en Belgique, avec pour slogan : « On dit tout et n’importe quoi sur l’huile de palme de Malaisie ». Site internet « éducatif », profils sur les réseaux sociaux, grand concours pour gagner un voyage en Malaisie : les grands moyens sont utilisés pour redorer le blason d’une industrie responsable d’une déforestation massive en Asie du Sud-est. La campagne conçue par Havas suit trois étudiants fictifs qui se rendent en Malaisie pour constater le véritable impact de l’huile de palme. Et y découvrent avec bonheur des orangs-outans jouant en liberté dans une forêt vierge intacte... Au même moment, des feux de forêts gigantesques, dont l’industrie de l’huile de palme semble en partie responsable, ravageaient des milliers d’hectares de forêts en Indonésie – provoquant des émissions de gaz à effet de serre quotidiennes supérieures à celle des États-Unis ! – et détruisaient un tiers des habitats encore préservés des orangs-outans.

 

Autre exemple mis en avant par le Corporate Europe Observatory : Fleishman Hillard, l’une des principales firmes de relations publiques, avec un réseau d’une centaine de bureaux dans le monde entier. Ses discrets locaux parisiens (photographiés ci-dessous à l’occasion d’un « lobby tour » organisé par l’Observatoire des multinationales avec Corporate Europe Observatory [2]) sont situés rue de la Bienfaisance, dans le VIIIe arrondissement. La firme compte parmi ses clients plusieurs géants du secteur bancaire et pétrolier (dont BNP Paribas et Total), ainsi que Monsanto, qu’elle conseille pour redorer l’image des OGM en Europe. Fleishman Hillard est notamment derrière la création de GasNaturally, le méga-lobby européen de l’industrie gazière, présidé par un dirigeant de Total. GasNaturally est un grand promoteur du gaz de schiste et des subventions publiques au gazoducs et aux terminaux méthaniers. Son siège bruxellois est la même que celle de Fleishman Hillard...

 

 
La prochaine conférence climatique de Marrakech organisée par des PDG ?

La prochaine conférence climat, la COP22, doit se tenir dans un an à Marrakech. Les grandes entreprises françaises y seront probablement toujours très présentes, en raison de leur poids économique au Maroc. La Conférence elle-même sera organisée par Agence Publics, une « une agence conseil en communication d’influence, communication globale et événementielle ». Agence Publics était notamment impliquée dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 [3], dans l’organisation de la visite officielle de François Hollande au Qatar en 2013, ou encore pour le Business and Climate Summit de mai 2015 à Paris (aux côtés d’Havas), un grand événement de lobbying et de communication des multinationales en prélude à la COP21.

 

Agence Publics a été récemment rachetée par ESL & Network, un autre cabinet français de consulting extrêmement influent, présent aussi bien à Paris qu’à Bruxelles. Le conseil stratégique d’ESL & Network est présidé par Michel Pébereau, ancien PDG et Président d’honneur de BNP Paribas, et inclut les présidents de Michelin et Sanofi, les PDG de Vinci, Orange et Casino, le directeur général de l’entreprise chimique Solvay et président du lobby européen de la chimie Cefic Jean-Pierre Clamadieu – un inlassable promoteur du gaz de schiste –, ainsi qu’un dirigeant de Total, Philippe Boisseau. À son directoire siège Jean-David Levitte, ancien ambassadeur aux États-Unis et proche conseiller diplomatique de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. ESL & Network reste extrêmement discrète sur ses activités de lobbying. Grâce aux maigres informations disponibles dans le registre de transparence du Parlement européen, on sait cependant que son principal client à Bruxelles n’est autre que… Total.

 

La COP21 de Paris a été l’un des points culminants du lobbying et du greenwashing des grandes entreprises polluantes. La prochaine conférence climatique de Marrakech risque d’en marquer l’apogée.

 

Olivier Petitjean
(Photo : Sophie Chapelle)

— 
Photo : kr428 CC

Notes

[1Un certain nombre de grandes firmes de relations publiques se sont engagées, sous pression de la société civile, à ne plus travailler pour des climato-sceptiques notoires ou pour empêcher l’adoption de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais la mise en œuvre effective de ces promesses reste sujette à caution, la conception de ce qui relève du « climato-scepticisme » ou de l’obstruction à l’adoption de politiques climatiques ambitieuses pouvant être plus ou moins restrictive.

[2Le guide était David Lundy, de Corporate Europe Observatory.

[3Y compris dans ses problèmes de factures disparues : voir ici et .

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 19:05

 

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Relocalisation

Ardelaine, la coopérative qui voulait reconstruire une filière textile locale

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De la tonte en passant par le cardage, le filage, le tissage, c’est toute une filière laine que la coopérative Ardelaine, fondée en 1982, a patiemment remontée, à Saint-Pierreville, en Haute Ardèche. Literie, pulls, robes, chaussettes... sont fabriqués dans cette coopérative, où l’on expérimente depuis plus de trente ans d’autres manières de travailler et de faire vivre l’économie sur un territoire. Reportage chez les « moutons rebelles » à l’heure où la relocalisation de l’économie revient dans le débat politique.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal CQFD(voir ci-dessous).

 

C’est la Fête de la laine et il règne une ambiance de calme avant la tempête sur le site d’Ardelaine. Nous sommes en plein été. Des moutons en carton, recouverts de laine de toutes les couleurs, pendent à la pergola du café, des fanions flottent dans l’air qui promet d’être caniculaire... Bien vite, les premiers visiteurs arrivent en famille. Devant son stand, Flavien m’accueille : « Avec cette chaleur, ce ne sera pas facile de vendre nos gros pulls ! Mais l’essentiel n’est pas là. » Non, l’essentiel est ailleurs. Comme toujours.

Béatrice Barras, fait partie du petit groupe des origines : cinq jeunes amis – instituteur, mécanicien, architecte, orthophoniste...– qui, au début des années 1970, réfléchissent à ce que devrait être, selon ses mots, « la vraie vie ». Ils sont « titillés par une forte envie de monter un projet économique » viable et alternatif (à une époque où le mot n’est pas encore galvaudé). Et il y a l’Ardèche, cet arrière-pays très pauvre, qui périclite, dont le travail et les savoir-faire disparaissent : « Un tiers monde à côté de chez-soi. On avait envie d’y faire quelque chose de concret, d’être dans l’action. »

 
Reconstruire toute une filière économique locale

En 1975, une rencontre va tout changer, avec une ruine : l’ancienne filature de laine du village de Saint-Pierreville s’effondre et tombe littéralement dans la rivière. À cette époque, les bergers du coin pensent que la laine, c’est fini – et la jettent, littéralement, à la rivière. Ils n’arrivent même plus à trouver des tondeurs dans ces montagnes. L’industrie textile, toujours à la pointe du capitalisme globalisé, déjà largement concentrée dans les centres urbains, se délocalise maintenant de plus en plus loin, en Asie particulièrement.

Le tissage, surtout celui de la laine des campagnes, a vécu son temps, croit-on. Mais Béatrice et ses amis, eux, se disent qu’ils n’ont qu’à essayer ! Reconstruire la filature, remonter toute une filière laine locale, circuit de commercialisation compris... Redonner un débouché pour les éleveurs de mouton et plus de vie à un village qui s’éteint doucement. « L’idée fondamentale, c’était de monter une activité économique alternative, empreinte de la critique du capitalisme, du salariat, de l’industrie... On voulait aussi que ce soit écologique. On se disait que la société allait droit dans le mur. Tout était à repenser ! »

Jusqu’en 1982, ils vont se préparer. « Tout en continuant à travailler à côté, mais le moins possible, on a commencé à apprendre, à se former. On n’y connaissait rien ! Le plus important, ça a été que, pendant toutes ces années, notre groupe est resté uni, solidaire. C’était pas facile, mais on n’a pas laissé tomber. » On imagine les critiques, les propos défaitistes des uns et des autres que ces obstinés de la laine ont dû endurer patiemment. Et puis... « C’est parti ! » La Scop Ardelaine voit enfin le jour : premières tontes des moutons, premiers fils de laine qu’ils allaient, fièrement, montrer aux éleveurs, premières productions de literie. C’est aussi cette année-là que la population du village cesse de décroître.

 
Objectif premier, le développement rural 

Les premiers temps sont durs – forcément. Les ventes sur les marchés du coin pas très convaincantes. Alors, « pourquoi ne pas se tourner vers la ville ? » Avec la participation dans les salons « écolos » type Marjolaine à Paris ou Primevère à Lyon, mais aussi en Europe, à Bologne, Madrid, les ventes marchent tout de suite bien mieux. La mode de l’écologie vient à point nommé pour les premiers coopérateurs d’Ardelaine. Et la vente par correspondance explose.

Mais quand une entreprise japonaise a voulu passer des commandes massives, ils ont mis le holà. « Ça serait devenu totalement un autre modèle. On a refusé. Il aurait fallu industrialiser, s’installer dans la vallée... L’objectif premier, c’est le développement rural ! » Mais aussi la transmission. Le site de Saint-Pierreville est ainsi devenu un musée vivant, accueillant le public pour des ateliers et des visites. Un café-librairie et une conserverie sont bientôt créés. Et sur le gâteau, La cerise sur l’agneau, un restaurant, à la cuisine forcément bio et locale, sous forme de « Scop fille » depuis 2010.

 

Fonctionnement coopératif et démocratique

À ce jour, Ardelaine emploie une cinquantaine de personnes, soit quarante équivalents temps-plein, principalement sur le site de Saint-Pierreville, mais aussi dans une Zup (Zone à urbaniser en priorité) de Valence, où se fait la conception des vêtements avec des assos locales et des jardins partagés. « C’est une aventure autre, explique Béatrice. Et en plus, ça nous amusait d’aller aussi dans les cités. Le développement local, c’est partout, et pas que dans le monde rural. Reprendre son économie en main, son mode de vie, sa sociabilisation : ça concerne tout le monde. »

Flavien, 26 ans, est un tout nouveau employé sur le site de Saint-Pierreville. Ce Vendéen, après des études de commerce, et des petits boulots, se fait embaucher pour un stage. Aujourd’hui, le « petit nouveau » semble déjà parfaitement à l’aise dans son nouveau cadre de vie. « J’ai passé d’abord 15 jours, en février, à tout découvrir : le village, le site, les différents corps de métier... Et puis l’esprit de la Scop, cette façon de travailler. Et tout me plaisait. Ensuite, j’ai fait le salon Primevère à Lyon , explique-t-il [1]. C’est le cœur de mon métier ici : je suis à la vente, je m’occupe des salons. J’adore ça, le contact avec les clients, leur expliquer Ardelaine et comment on produit les pulls, les matelas. Et puis aussi être en itinérance. Je travaille également à l’atelier couettes et oreillers. J’ai appris à me servir d’une surjeteuse. En juin, je passe trois semaines à la collecte de laine avec le tondeur. Ça représente 50 tonnes de laine par an. »

Concrètement, Ardelaine est une Scop avec tout ce que cela implique légalement : le partage des éventuels bénéfices en priorité par les salariés : 45% pour les employés, 45% en réserve pour les investissements futurs et 10% pour la rémunération du capital, c’est-à-dire les coopérateurs. Cela implique aussi la nomination d’un PDG. Béatrice précise : « Il joue un rôle stratégique qu’on apprécie... mais il fait aussi de la maçonnerie ! »

 
Des salariés sur un pied d’égalité

L’organisation quotidienne du travail est surtout décidée par les équipes elles-mêmes, en petits groupes de quatre à six personnes par pôle de production. Ils gèrent leur temps, s’organisent, se répartissent les tâches... « On prend conscience de ce qu’on fait, nous explique Flavien. On bosse pour nous, comme il n’y a pas de patron et que les bénéfices sont pour les employés, ça change tout. On gère nos heures. Chacun se fait confiance, s’entraide. Il n’y a pas de surveillance, et on a vachement plus de plaisir à travailler. »

« On est partis sur un pied d’égalité dès le début. Et ça n’a jamais été remis en question », précise Béatrice. Tout le monde est au Smic, à part ceux qui sont légalement reconnus comme cadres, et qui gagnent un peu plus, afin de compenser des charges salariales supérieures. La principale critique émise à l’encontre d’Ardelaine reste le prix de vente des produits. Entre 800 et 1 500 euros pour un matelas pure laine... Cela peut sembler outrageusement cher. Encore une entreprise uniquement au service des bobos des villes dont les employés ne peuvent même pas s’acheter ce qu’ils produisent ? « Volontairement, on achète la laine à un prix supérieur à celui du marché pour que les éleveurs puissent vivre de leur travail. Et puis notre but, c’est de créer de l’emploi, non industrialisé, artisanal... Alors oui, les salaires, ça coûte cher. Les prix de nos produits viennent de là. Bien sûr, si on s’installait dans la Vallée du Rhône, et qu’on sous-traitait au Bangladesh, ça serait moins cher. Mais alors, à quoi bon ? », questionne Béatrice.

 
Une autre répartition des richesses et du travail

Pour Flavien, cela va même plus loin. « Moi, ici, avec le Smic, je vis très bien. J’ai un petit loyer, je suis dans un groupement d’achat avec d’autres habitants du village, et il y a moins de tentations qu’en ville. Alors, je peux me payer les trucs d’Ardelaine. C’est un investissement aussi : nos matelas ils te durent une vie, les pulls plusieurs années. C’est plutôt ce qu’on fait de notre argent, comment on le dépense, qui marque la différence. »

Ardelaine se développe à son rythme, ne recevant d’aides publiques qu’à hauteur de 10% lors des grands travaux de construction (le restaurant, le bâti). « Aujourd’hui, conclut Béatrice, on pense souvent aux Scops dans le cadre des reprises d’entreprises en difficulté. Et pourtant, nous avons monté la nôtre ex nihilo. C’est faisable. C’est un autre projet social, une autre répartition des richesses et du travail. »

 

Julien Tewfiq (CQFD)

Photo : Chairecoop, Ardelaine et artgraphique.org

 

- Le site d’Ardelaine
- Beatrice Barras, Moutons rebelles. Ardelaine, la fibre développement local. Vers une coopérative de territoire, 2014, Editions Repas


Cet article est tiré du numéro de septembre du journal CQFD :

Le gigantesque réseau coopératif de Cecosesola au Venezuela, La conquête du pain, boulangerie bio et autogérée de Montreuil, ou encore Aureasocial, cœur barcelonais des coopératives intégrales catalanes : les diverses formes de l’expérience autogestionnaire et autres réseaux coopératifs ont toujours retenu notre attention à CQFD. Repenser la machine en se la réappropriant, voici ce à quoi invite ce courant de pensée. Tous consommateurs, tous producteurs : la solidarité naîtra de l’échange des produits et de la réciprocité des services, pensait le communard Eugène Varlin.

Au-delà de ces questions, c’est la transformation de la vie quotidienne de chacun et chacune des protagonistes qui s’expriment dans ce dossier. Remettre en cause les hiérarchies, les inégalités, la séparation entre une classe de maître et une classe de bras : ne plus être un « robot qu’on actionne ». Ne pas s’enfermer dans le cauchemar de Don Quichotte et reprendre prise sur nos vies, ces deux mots d’ordre ne font qu’un. Ça vaut le coup d’essayer !

A lire sur la coopérative Ardelaine : Moutons rebelles, Ardelaine, la fibre développement local, Béatrice Barras, éd. REPAS.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 17:27

 

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Alternative

Face au FN, un portail des médias libres pour entrer en résistance

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Ce 6 décembre 2015, le FN arrive donc en tête dans six des douze grandes régions métropolitaines et est en mesure d’en conquérir trois. Avec six millions de suffrages, le parti d’extrême droite gagne 1,3 million de voix comparé aux élections européennes de 2014. Il a franchi une marche supplémentaire vers le pouvoir. Et la France une étape de plus dans son lent basculement vers des années de plomb. La résistance est de mise pour que cécité, indignité et lâcheté ne deviennent pas les futures devises de la République.

Crédit de la carte : Agence Idé

Ce 6 décembre 2015, le Front national arrive donc en tête dans six des douze grandes régions métropolitaines et est en mesure d’en conquérir trois (PACA, Nord-Pas-de-Calais – Picardie et Alsace – Champagne-Ardennes - Lorraine). Avec six millions de suffrages, le parti d’extrême droite gagne 1,3 million de voix comparé aux élections européennes de 2014 et devance désormais les listes d’union de la droite. Il a franchi une marche supplémentaire vers le pouvoir. Et la France une étape de plus dans son lent basculement vers des années de plomb.

Les causes de la résistible ascension du FN sont, elles, bien identifiées. Oui, les attentats du 13 novembre ont certainement amplifié son résultat, cristallisant la peur et les amalgames, renforçant la tentation du repli, de la fermeture. Mais le 13 novembre n’explique pas tout. La région qui compte la plus forte concentration d’immigrés – l’Île-de-France – n’est pas celle qui vote le plus pour l’extrême droite. Et celle-ci réalise des scores relativement faibles dans les quartiers parisiens qui ont connu l’effroi, frappés à deux reprises cette année par le terrorisme djihadiste [1].

Les racines du mal sont plus profondes. Un chômage qui ne cesse d’augmenter depuis bientôt huit ans (!), avec 3,6 millions de personnes sans aucune activité, dont un demi million de jeunes. Un gouvernement qui n’a pas compris l’importance d’offrir d’autres perspectives que l’austérité, le lent délitement des services publics et la soumission aux injonctions de compétitivité. Des inégalités sociales qui persistent. Un accaparement toujours plus important de richesses par une fraction de la population. Une Europe paralysée, au fonctionnement toujours si peu démocratique vingt-deux ans après le traité de Maastricht. Des pays membres incapables de proposer un cadre commun autre que la mise en concurrence sociale, économique et fiscale de tous leurs citoyens. Des gouvernements français et européens incompétents pour adopter une politique extérieure de long terme, claire et cohérente, face à un contexte géopolitique de plus en plus instable – guerres civiles permanentes au Moyen-Orient, inlassables arrivées de migrants africains ou asiatiques fuyant la guerre, des régimes corrompus ou les conséquences du réchauffement climatique.

 

La société civile, elle aussi, porte sa part de responsabilité

Mais la progression du FN et son corollaire, l’abstention – près de 22,4 millions d’abstentionnistes, soit 50% des électeurs, auxquels il convient d’ajouter 900 000 votes blancs et nuls – ne se nourrit pas seulement des faillites gouvernementales et européennes. Celles et ceux qui prétendent incarner une alternative à l’austérité, aux inégalités croissantes, à la gestion du court terme comme seule stratégie politique, se révèlent eux aussi incapables de séduire. Les listes de gauche alternatives au PS (EELV, Parti de gauche, PCF, qu’ils se soient alliés ou dispersés) perdent 1,2 million d’électeurs comparés aux régionales de 2010. Seule la liste d’union entre écologistes et Front de gauche en Languedoc-Roussillon – Midi-Pyrénées obtient un score honorable, avec 10,26% des votants. Ailleurs, unie ou pas, c’est la déception, voire la débâcle.

Là encore, le triste sort réservé aux alternatives de gauche par les tenants européens d’un austère néolibéralisme débridé, à l’image du bras de fer et des chantages qu’a subis Syriza en Grèce, n’explique pas tout. Empêtrés dans des batailles d’appareils et des luttes de pouvoir personnel, la gauche française ne cesse de démontrer son impuissance à incarner une espérance collective. Une gauche qui, à l’exception de six « dissidents », a voté sans sourciller la prolongation de l’état d’urgence et de son arsenal répressif. Il n’a pas fallu quinze jours après les attentats pour que cet état d’urgence ne s’abatte aussi sur des militants du mouvement social.

La société civile, elle aussi, porte sa part de responsabilité. Qu’en pleine conférence internationale sur le climat, le parti qui compte le plus d’élus ouvertement climato-sceptiques, les plus hostiles à l’écologie, remporte une bataille électorale n’est pas le dernier des paradoxes. Les centaines d’organisations environnementales, qui comptent parfois plusieurs dizaines de milliers d’adhérents, doivent s’interroger sur ce fiasco. Et sur la manière dont elles s’adressent aux citoyens.

 

Cécité, indignité, lâcheté

En juin 2015, l’ensemble des confédérations syndicales, à l’exception de Force ouvrière, adoptait un texte commun « vivre ensemble, travailler ensemble ». « La montée des populismes, des idées d’extrême droite, de la xénophobie, des sectarismes et des fondamentalismes est une réalité extrêmement inquiétante dans toute l’Europe et notamment en France. En effet, ces dérives n’apporteront aucune solution à la grave crise financière, économique, sociale et politique que nous traversons. Bien au contraire, l’histoire nous enseigne que l’exclusion, le rejet de l’autre, le repli de la France sur elle-même ou la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l’immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui ne peuvent conduire qu’à la division, à l’affrontement et à l’échec », écrivaient-ils. En tant que corps intermédiaires, en capacité de toucher des millions de salariés, leur responsabilité pour mettre efficacement en pratique ces intentions est aujourd’hui lourde.

Il reste les médias. On sait le rôle qu’ont joué plusieurs grands médias dans la diffusion d’actualités anxiogènes, d’amalgames, de préjugés, de xénophobies explicites ou implicites. Pour s’informer, sans se laisser emporter par le flux stérile de l’actualité, pour découvrir et partager des expériences collectives d’alternatives ou de résistances sans sombrer dans une déprimante apathie, pour entendre le point de vue d’acteurs engagés souvent ignorés, de nombreux autres médias existent, notamment dans les régions où désormais l’extrême droite domine.


 

- Découvrir le portail des médias libres

 

C’est pour cette raison que Basta ! lance aujourd’hui son « portail des médias libres ». Nous vous y proposons quotidiennement une sélection d’articles, issus d’une soixantaine de sources – sites d’information, revues, magazines, blogs – sur l’économie, les questions sociales, l’écologie, la politique et les alternatives. Ces médias sont indépendants des puissants intérêts économiques qui contrôlent la grande majorité des titres de presse traditionnels. Des plus modestes aux plus importants, chacun de ces médias incarne à sa manière l’esprit de résistance qui nous anime, et notre volonté de participer à la construction du monde de demain, au-delà de l’obscurantisme présent. Des médias de résistance pour que cécité, indignité et lâcheté ne deviennent pas les futures devises de la République.

 

Ivan du Roy

 

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