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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 13:07

Marianne - Miguel Sanz Loroño - Vent des blogs | Dimanche 1 Janvier 2012 à 05:01

 

Miguel Ángel Sanz Loroño est un doctorant et chercheur à l'université de Saragosse en Espagne. Sa théorie : en rejetant par référendum le sauvetage de leurs banques et le remboursement de la dette extérieure du pays, les Islandais ont montré qu’il était possible d’échapper aux lois du capitalisme et de prendre son destin en main.



(Reykjavík en Islande - Tillea - wikimedia - cc)
(Reykjavík en Islande - Tillea - wikimedia - cc)
Comme l’écrivait Oscar Wilde, une carte sans l’île d’Utopie n’est pas digne d’un regard. Or l’Islande est passée du statut d’enfant chéri du capitalisme tardif à un projet de démocratie réelle, ce qui laisse à penser qu’une carte sans Utopie est non seulement indigne de notre regard, mais qu’en outre elle est mensongère. Le phare d’Utopie, que les marchés le veuillent ou non, à commencé à émettre des signaux d’alerte ténus vers le reste de l’Europe. L’Islande n’est pas Utopie. On le sait, des royaumes de liberté n’ont pas leur place dans cet empire de la nécessité qu’est le capitalisme tardif. Mais l’Islande est la preuve que le capital ne détient pas toute la vérité sur ce monde, quand bien même il aspire à contrôler toutes les cartes dont on dispose à son sujet.

Par sa décision de freiner la roue tragique des marchés, l’Islande crée un précédent qui peut menacer de casser les reins du capitalisme tardif. Pour l’instant, cette petite île, qui est en train de faire ce qu’on croyait impossible parce qu’irréel, n’est toujours pas plongée dans le chaos, semble-t-il, même si peu d’informations arrivent à filtrer. En effet, nous ne savons presque rien de l’Islande, alors qu’on nous abreuve d’informations sur la Grèce et ses prêts.

 

L'Islande, une utopie moderne?
Lire la suite sur PressEurope.(article ci-dessous)

                                                                             ***************************************

L’Islande est notre Utopie moderne

presseurop.eu - 23 décembre 2011

Público

Madrid

Reflets du lac de Tjornin à Reykjavik, Islande.

Reflets du lac de Tjornin à Reykjavik, Islande.

Mariusz Kluzniak/Getty Images

 

En rejetant par référendum le sauvetage de leurs banques et le remboursement de la dette extérieure du pays, les Islandais ont montré qu’il est possible d’échapper aux lois du capitalisme et de prendre son destin en main, se réjouit un historien espagnol.

Comme l’écrivait Oscar Wilde, une carte sans l’île d’Utopie n’est pas digne d’un regard. Or l’Islande est passée du statut d’enfant chéri du capitalisme tardif à un projet de démocratie réelle, ce qui laisse à penser qu’une carte sans Utopie est non seulement indigne de notre regard, mais qu’en outre elle est mensongère. Le phare d’Utopie, que les marchés le veuillent ou non, à commencé à émettre des signaux d’alerte ténus vers le reste de l’Europe.

L’Islande n’est pas Utopie. On le sait, des royaumes de liberté n’ont pas leur place dans cet empire de la nécessité qu’est le capitalisme tardif. Mais l’Islande est la preuve que le capital ne détient pas toute la vérité sur ce monde, quand bien même il aspire à contrôler toutes les cartes dont on dispose à son sujet.

Par sa décision de freiner la roue tragique des marchés, l’Islande crée un précédent qui peut menacer de casser les reins du capitalisme tardif. Pour l’instant, cette petite île, qui est en train de faire ce qu’on croyait impossible parce qu’irréel, n’est toujours pas plongée dans le chaos, semble-t-il, même si peu d’informations arrivent à filtrer. En effet, nous ne savons presque rien de l’Islande, alors qu’on nous abreuve d’informations sur la Grèce et ses prêts.

L'Islande n'intéresse pas les médias

Pourquoi l’Islande intéresse-t-elle si peu les médias, pourtant censés nous raconter ce qui se passe dans le monde ? Jusqu’à présent, définir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, ce qu’on peut penser et ne pas penser, faire et ne pas faire, était l’apanage du pouvoir. Les cartes cognitives servant à la connaissance de notre monde ont toujours comporté des espaces occultes où réside la barbarie dont se nourrit la domination des élites. L’existence de ces zones aveugles du monde va de pair avec l’élimination de l’adversaire, l’île d’Utopie. Il suffit de relire Walter Benjamin : tout document de culture est en même temps un document de barbarie.

Ce sont ces élites, secondées par des théologiens et des économistes, qui définissent ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dans le même mouvement, elles indiquent ce qui est réaliste, suivant leur définition de la réalité, et ce qui ne l’est pas – ce qui donc constitue une aberration de la pensée et ne mérite pas qu’on s’y attarde. Autrement dit, ce qu’il faut faire et penser, et ce qu’il ne faut pas faire et ne pas penser. Cette définition est toujours en accord avec ce qui constitue le fondement même du pouvoir et de sa violence : le terrible concept de nécessité. Il faut faire des sacrifices, nous dit-on d’un air accablé. L’ajustement ou la catastrophe inimaginable relèvent de la nécessité. Une chose est sûre, la logique du capitalisme tardif a quelque chose de perversement hégélien : tout ce qui est réel est nécessairement rationnel, et vice-versa.

La rebellion pacifique des Islandais

En janvier 2009, le peuple islandais s’est rebellé contre l’arbitraire de cette logique. De grandes manifestations pacifiques ont provoqué la chute du cabinet conservateur de Geir Haarde. La gauche, minoritaire au parlement, est revenue au pouvoir et a appelé à des élections en avril 2009. L’Alliance social-démocrate de la Première ministre, Jóhanna Sigurðardóttir, et le Mouvement gauche-vert, ont renouvelé leur coalition gouvernementale en remportant la majorité absolue.

A l’automne 2009, suite à un référendum d’initiative populaire, l’Islande a confié à des assemblées citoyennes la rédaction d’une nouvelle constitution. En 2010, le gouvernement a proposé la création d’un conseil national constituant, dont les membres devraient être élus au hasard. Deux référendums (le deuxième en avril 2011) ont refusé le sauvetage des banques et le remboursement de la dette extérieure. Et en septembre 2011, l’ancien Premier ministre, Geeir Haarde, était poursuivi en justice pour sa responsabilité face à la crise.

S’imaginer que le monde est une tragédie grecque, où la roue du destin ou du capital tourne sans tenir compte du facteur humain, c’est nier la réalité. C’est oublier que cette roue est manœuvrée par des êtres humains. Tout ce que l’on peut concevoir comme possible est aussi réel que la réalité à laquelle les marchés veulent nous faire croire. En retrouvant l’imagination et l’art du possible, l’Islande nous montre que ces facultés sont aussi réelles que la nécessité pantagruélique du capitalisme. Nous n’avons qu’à répondre à cet appel pour découvrir le piège qu’on nous tend. Il n’y a pas d’alternative, nous assure-t-on. Ceux qui nous annoncent des sacrifices ont-ils seulement pris la peine de réviser leur carte du monde ?

La possibilité d'une différence

L’Islande démontre que notre cartographie est plus complexe que qu’on nous en dit. Qu’il est possible de dominer le réel, et que dans cette domination réside le principe de liberté, de nécessité. L’Islande n’est pourtant pas un modèle. Elle est l’une des possibilités de la différence. La tentative du peuple islandais de construire l’avenir de ses décisions et de son imagination nous montre la réalité d’une alternative.

Car enfin, la possibilité de la différence telle qu’elle est proclamée par le plus grand nombre est aussi réelle que la nécessité du même telle que l’exige le capital. Les Islandais ont décidé d’empêcher que l’avenir soit dicté par la roue tragique de la nécessité. Les autres pays vont-ils encore tolérer que le réel soit défini par le capital ? Allons-nous continuer à confier l’avenir, le possible et l’imagination aux banques, aux grands groupes et à ces gouvernements qui disent faire tout ce qu’il est vraiment possible de faire ?

Toute carte de l’Europe devrait avoir l’Islande comme point de fuite. Cette carte doit se construire avec la certitude que le possible est inscrit dans le réel, au même titre que la nécessité. La nécessité n’est pas seulement une possibilité en plus à l’intérieur du réel. L’alternative existe. L’Islande nous l’a rappelé en proclamant que l’imagination faisait partie de la raison. C’est à la multitude qu’il appartient de définir ce qui est réel et réaliste, en utilisant la possibilité de la différence. De cette manière, nous ne nous contenterons pas de consoler les rêveurs. Au contraire, nous nous appuierons sur une partie de la réalité que la carte du capital voudrait totalement effacer. L’existence d’Utopie en dépend, et avec elle le concept même d’une vie digne d’être vécue.

 

Traduction : Julie Marcot

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:23

Rue89 - Fabrice Praz

Infosud

Les « freegans » on choisi de se nourrir avec ce qu'ils glanent dans les poubelles des supermarchés, entre choix éthique et nécessité. Exemple en Suisse.


De la nourriture dans des poubelles à New York (Petrr/Flickr/CC)

« A chaque fois, c'est Noël », lance Miriam assise sur le siège passager. « ça fait une année que je fais de la récup » et je suis toujours autant surpris par la quantité », ajoute Nico alors qu'il positionne sa voiture en marche arrière, le coffre face aux bennes prêt à engloutir les kilos de nourriture jetés par le supermarché.


Le fruit de la récup (Fabrice Praz)

On est en plein mois d'octobre, la nuit est déjà bien avancée dans cette petite ville de Suisse romande. L'air est glacial. Mais pas le temps de se refroidir, le petit groupe de cinq personnes part à l'assaut des poubelles dans une étrange harmonie.

Nico assure :

« On est des habitués. Moi, je me nourris uniquement de cette façon depuis des mois ».

Une fois par semaine, le groupe fait la tournée de leurs différents « spots » pour récupérer légumes, fruits et autres produits laitiers. En toute légalité si les containers se trouvent sur la voie publique. Pour le pain, ils préfèrent se ravitailler dans une grande boulangerie du coin qui leur donne les invendus.

« Il y en a tellement qu'on les congèle pour le reste de la semaine. »

Ils sont tous « freegans », un concept né à New- York au tournant du millénaire. Une simple contraction de « free » (libre/gratuit) et de « vegan » (végétalien).

Plutôt que de freeganisme, déchétarisme et autre glanage alimentaire inventés par les médias, le groupe préfère parler simplement de récup'. Un mode de consommation qui consiste à se nourrir en récupérant les aliments consommables dans les poubelles de supermarchés.

Mais au-delà du choix éthique - lutter contre le gaspillage de notre société de surconsommation-, cette descente hebdomadaire dans les poubelles est une nécessité pour la petite équipe. Un véritable moyen de subsistance, dû à un constat sans appel : ils ne pourraient pas s'offrir une telle quantité de nourriture en passant par la caisse enregistreuse.

« Au début je trouvais ça dégoûtant »

Loin des gratte-ciels de Manhattan, la cueillette avance. Malgré l'heure tardive, des fenêtres s'éclairent dans la barre d'immeuble voisine. Des têtes apparaissent, sûrement des curieux attirés par le jeu de lumière des lampes de poche.

« La première fois que mes amis m'ont parlé de la récup », j'ai plutôt trouvé ça dégoûtant », confie Miriam avant d'inciser d'une main d'experte un sac-poubelle noir. Un tas de tomates s'en échappe, une bonne pioche.

« Mais ce que je craignais le plus au début, c'est que quelqu'un vienne me taper sur l'épaule et m'accuse de faire quelque chose de mal. Je crois que ça doit être mon éducation ! »

Aujourd'hui, finie l'appréhension : Miriam replonge en toute quiétude dans un autre container. Car si parfois des rencontres nocturnes se produisent, elles se passent plutôt bien.

Tout en scrutant un brocoli douteux, Nico raconte :

« Les gens sont surpris au premier abord. Mais après ils comprennent. Ils ont surtout peur qu'on s'intoxique ».

Si le régime « freegan » semble enfreindre les règles de base en matière d'hygiène alimentaire, les glaneurs s'en remettent à leur bon sens. Devant l'abondance de produits, la sélection est impitoyable. La viande et le poisson sont automatiquement écartés. Les moindres traces de pourritures sur des légumes ou des fruits les condamnent.

Pour Miriam :

« Le seul désavantage de ce régime, c'est que parfois on est obligé de se nourrir de produits non-bio ».

Les cagettes en plastique commencent à se remplir de briques de lait, d'oeufs, de café, de pizzas, de brioches, de pommes de terre…La quantité est impressionnante. Les poubelles débordent de denrées comestibles.

Si certains aliments ont légèrement dépassé la date de péremption, d'autres ont été à peine touchés, sûrement jetés car ils n'étaient plus esthétiquement présentables. La plupart sont ainsi passés directement de l'étalage réfrigéré aux ordures. Soit une masse d'invendus considérables.

« Un gaspillage qui fait mal au cœur »

En Suisse, cette gabegie s'élèverait à 250000 tonnes par an. Une réalité insoutenable pour les freegans. Miriam :

« C'est un tel gaspillage au regard de ceux qui ont travaillé dur pour produire ces aliments. Ça me fait mal au cœur. Je préfère me nourrir dans les poubelles que voir partir cette nourriture dans les centrales d'incinérations ».



Les têtes plongent de plus en plus profondément dans le ventre des containers, une main gantée agrippée au rebord et l'autre qui ausculte les profondeurs. L'équilibre est instable. Parfois, il faut intervenir pour extraire un plongeur trop aventureux.

Les minutes passent. Des sacs-poubelles à moitié vide tapissent le bitume. Les premières cagettes sont minutieusement chargées dans le coffre. Il faut être stratégique, la masse à ranger s'annonce conséquente.

« Ils cadenassent leurs poubelles »

Une fois que les quatre containers ont livré tous leurs secrets, les sacs poubelles éventrés sont soigneusement refermés puis remis dans les bennes. Par discrétion, plus que par manie :

« Si les propriétaires découvrent qu'on opère dans leur magasin, ils cadenassent immédiatement leurs poubelles. On a déjà perdu plusieurs spots ces derniers temps ».


Les lampes frontales s'éteignent. La voiture démarre péniblement avec ses dizaines de kilos de denrées dans le coffre. La pêche a été bonne, comme à chaque fois, de quoi nourrir tout un bataillon.

Mais aucune « grande bouffe » n'est au programme ce soir. De retour au quartier-général, la cueillette est triée entre les glaneurs. Et le reste ?

« Au début, on ramenait le surplus la semaine suivante dans les containers. Mais maintenant, on a créé un petit magasin gratuit. La demande est très grande ! »

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 22:44
22 Décembre 2011 Par Les invités de Mediapart

En 2008, le président équatorien décidait de ne pas rembourser «la part “illégitime” de la dette» de son pays et organisait un audit public. Se référant à ce précédent, Guillaume Beaulande, membre du Parti de gauche, réclame un audit de la dette française car «les citoyens ont le droit de savoir d'où vient la dette, pourquoi elle a été contractée».

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Le 14 décembre 2008, le président de l'Equateur, Rafael Correa prenait la décision  simple et ferme de ne plus payer la part «illégitime» de la dette publique et de suspendre le remboursement des titres de la dette.
 
Rafael Correa annonçait un plan de restructuration ainsi qu'un audit de la dette publique pour en déceler la part «légitime» (la part utilisée dans l'intérêt du peuple équatorien) et «illégitime» (le renflouement des banques privées et issue des contrats de dettes illégaux), voire  «odieuse» (contractée par des régimes dictatoriaux contre l'intérêt du peuple). Le pouvoir exécutif avait en effet décider en 2007 de mettre en place une commission d'enquête pour un audit de la dette sur la période 1976-2006 dont faisaient partie des experts européens tels que Eric Toussaint du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM). Le président de l'Equateur déclara qu'il ne paierait plus toute une part de la dette jugée illégitime. Cette part fut estimée alors à 70% de sa totalité. Un point significatif de cette démarche est que 95% des créanciers de l'Equateur (FMI, Banques, et autres fonds institutionnels) ont accepté cette décision! 

En utilisant l'outil de l'audit de la dette et grâce à une mobilisation populaire, alors à son paroxysme en Equateur, Correa a pu établir le rapport de force nécessaire pour faire accepter à l'oligarchie financière que cette part de la dette n'était pas celle du peuple, ce n'était par conséquent pas au peuple de la payer.

 
Cela marquait un tournant décisif dans l'histoire politique du pays et mit fin en partie au cercle vicieux de la dette: l'hémorragie financière, la baisse des dépenses publiques qui enrayent toute possibilité de relance, provoquant l'augmentation scandaleuse des intérêts de la dette, mais surtout la perte totale de souveraineté du peuple équatorien qui était demeuré pendant des décennies sous la tutelle du FMI et de la Banque Mondiale. Tous les gouvernements depuis celui de Guillermo Lara (1972-1976) avaient jusque-là appliqué sans sourciller les mesures d'austérité budgétaires imposées par les institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale), mal leur en a pris.

Le non-remboursement de la dette décidé courageusement par Rafael Correa, contrairement à ce que prétendaient les pseudos-experts qui juraient leurs grands dieux que l'on courait droit à la catastrophe, a permis à l'Equateur d'économiser (intérêts compris) près de 7 milliards de dollars. Ils ont été depuis réinvestis dans les dépenses sociales et nottament dans la santé, l'éducation et les aides sociales. Par ailleurs, la part du budget de l'Etat pour le paiement de la dette est passée de 32% à 15% et celle concernant les dépenses sociales de 12 à 25%. En outre, la croissance est en moyenne de 4% depuis 2006, ce qui a permis de financer l'augmentation des salaires, des pensions et l'amélioration générale des conditions de vie.  


En mai 2010, los d'une rencontre avec le premier ministre grec Papandreou, Rafael Correa lui avait pourtant bien conseillé de ne plus payer sa dette mais en vain.  Il lui expliqua alors avec des mots simples et chargé de bon sens, la logique financière du capitalisme: «Tu es tombé, tu me payes davantage et plus cher, mais pas pour le développement, je te "relève" et on avise». Il a réitéré ce conseil le 8 octobre dernier aux pays européens touchés par la sacro-sainte «crise de la dette» qui n'est qu'un prétexte pour la mise en place des politiques «austéritaires». Il a ajouté qu'il ne fallait pas céder au Fonds monétaire international et à ses prérogatives néfastes. La situation catastrophique de l'Argentine après sa crise de 2001 et le moratoire du paiement de la dette décrété par le président argentin Nestor Kirchner depuis 2003 avait donc montré une voie politique que Rafael Correa a pu approfondir. Grâce à ce moratoire, Nestor Kirchner est parvenu à renégocier sa dette et à relever temporairement l'économie exsangue du pays, celle-ci avait été mise à sac par une décennie de politique néolibéral acharnée,  faite de «plans de sauvetages» et autres mesures d'austérité qui n'avaient fait que creuser la plaie.


Pas de cataclysme donc, tout le contraire même: il s'agit de retrouver sa souveraineté en sortant d'une telle «dettocratie» pour pouvoir  se doter des outils qui permettent de mettre le système économique au service de l'intérêt général du peuple. Il s'agit de l'intérêt général défini par le peuple pour le peuple et non par un gouvernement soumis aux banques et qui accepte de faire payer au peuple la spéculation financière.

 
Le courage ce n'est peut-être pas d'annoncer aux peuples comment et pourquoi «il n'y a pas d'alternative» comme le répétait à l'envi Mme Thatcher, le courage politique, c'est sans doute de tout faire pour libérer les peuples de la tyrannie des marchés. Le courage politique, c'est le fait de cesser de parler de la «crise de la dette» quand il s'agit d'une crise systémique et le fait de mettre tout en oeuvre dans l'intérêt des peuples et non pas des créanciers.

 
En Europe, une dynamique citoyenne commence à se mettre en place, des campagnes pour l'audit et l'annulation de la dette publique se mettent en marche en Grèce, Belgique, Allemagne, Italie et commencent à créer des liens avec les luttes historiques de pays du Sud contre la dette: notamment avec le Maroc, la Tunisie, l'Egypte, la République Démocratique du Congo, l'Equateur, le Brésil...

 
En France, d'ores et déjà une cinquantaine de collectifs locaux ont été crée en réponse à l'appel national pour un audit citoyen de la dette publique: www.audit-citoyen.org. Les citoyens ont le droit de savoir d'où vient la dette, pourquoi elle a été contractée.

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 23:17

Agoravox - par caleb irri (son site) lundi 19 décembre 2011

 

La rumeur est un bruit de fond qui finit toujours par remonter. On dit souvent qu’elle est un mal insidieux qui ronge profondément, et durablement. Et la faire taire est presque impossible. En politique comme en économie, et même dans la vie de tous les jours, les rumeurs sont parfois plus dangereuses que des faits établis : réputations salies, carrières brisées, bankruns ou paniques boursières, les exemples ne manquent pas, comme nous le prouve celui récent de la banque Swedbank en Lettonie. En quelques heures à peine, l’équivalent de plusieurs millions d’euros ont été retirés par des clients apeurés, créant ainsi les conditions d’une faillite réelle de cet établissement, dont il est devenu inutile de se demander si les rumeurs le concernant été fondées ou non : désormais c’est une certitude, par une sorte « d’auto-réalisation ».

Je ne sais si c’est le fait d’être tous conditionnés au vieil adage « il n’y a pas de fumée sans feu » ou la valeur intrinsèque de la rumeur elle-même, mais force est de constater que les rumeurs fonctionnent mieux avec l’apparence du vrai que du farfelu… pour qu’elle soit crue, il faut qu’elle soit crédible. Car contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la rumeur est basée sur la confiance : il faut du fond pour faire une bonne rumeur, étayé, trafiqué, truqué, mais avec une base plausible, et surtout savoir qui la lance, et qui la reçoit. La confiance est l’élément majeur qui donne de la force à une rumeur. Si je dis que la banque « untel » va faire faillite, on ne me croira pas, même si j’apporte des éléments. Mais si la position de celui qui entretient la rumeur le place en situation de crédibilité, les mêmes éléments feront un autre effet : on ne propage une rumeur que de celui en qui on a confiance, et à qui on fait confiance. Pour la guerre en Irak et les armes de destruction massive, nombreux sont ceux qui ont dénoncé le caractère infondé de cette rumeur ; mais quand Colin Powell est arrivé, avec ces misérables diapos et ses fioles ridicules, la rumeur a enflé, s’est diffusée dans l’opinion publique, jusqu’à permettre l’invasion d’un pays certes dirigé par un dictateur, mais un pays souverain tout de même.

En économie, la confiance aussi fait partie du jeu. Car s’il est bien une chose fascinante avec le capitalisme, c’est que ceux-là même qui posent la rationalité des individus comme fondation de toutes leurs théories économiques sont pourtant aussi irrationnels que les autres, et ils contredisent eux-mêmes en pratique les préceptes qu’ils énoncent suivre en théorie. S’ils se basent sur de véritables calculs, ceux-ci ne sont que des calculs de risques, des probabilités : les notations des agences, la maximisation du profit, la bourse, les échanges, le commerce dans sa globalité fonctionne sur des rapports de confiance, et tous les savants calculs de nos fiers économistes ne sont en réalité menés que pour établir le degré de confiance qu’ils mettent dans des rumeurs : tel Etat ne pourra (peut-être) pas rembourser, telle entreprise va (peut-être) licencier, telle mesure va (peut-être) engendrer tels emplois, voilà à quoi se résume les analyses économiques… Un jour untel annonce publiquement que l’Europe est (peut-être) un peu trop endettée, et un autre croit savoir que la Grèce est (peut-être) la plus mal en point…et sur ces rumeurs, et surtout selon la confiance qu’on en a, les analystes conseillent, les investisseurs suivent, et la menace d’une perte du « triple A » fait monter les taux des emprunts obligataires, et la hausse des taux des emprunts obligataires fait baisser la note. Il a suffi que la rumeur d’une faillite de la Grèce gronde pour que les investisseurs cessent d’avoir confiance en la capacité de l’Etat Grec à rembourser, ce qui a eu pour effet de faire monter les taux d’emprunts de l’Etat Grec, et de précipiter sa faillite… En réalité le coeur du capitalisme n’est pas dans la loi mathématique, mais dans la loi humaine. Et pour l’atteindre, il n’est donc pas besoin ni de mathématiciens ni d’économistes, mais de philosophes et de sociologues.

Les politiques, eux, l’ont très bien compris : et s’ils sont également sujets aux affres de la rumeur, ils ne la subissent pas seulement, ils la propagent et l’utilisent aussi, et s’en servent pour leur propre intérêt (rumeurs d’éclatement de l’Eurozone avant un sommet du G20, des étrangers profiteurs pour faire baisser l’immigration, des chômeurs fainéants pour faire baisser les aides sociales, de l’augmentation de la délinquance pour faire régner la peur…) La rumeur sait se faire propagande (propager), et nos « élites » savent l’utiliser, car ils possèdent les moyens de la diffuser : une rumeur qui marche est une rumeur médiatisée, qui fait « du bruit ».
Mais il ne faut pas seulement jeter la pierre à nos dirigeants, car nous avons tous pêché : la rumeur est toujours le fruit d’un secret mal gardé, et si nous n’en sommes pas tous victimes nous sommes tous coupables. Comme le principe du secret qu’on finit toujours par lâcher dès la petite enfance, la rumeur est faite pour être propagée.

Maintenant, puisque nous savons déjà tous cela et que les puissants tremblent plus face aux rumeurs qu’à la colère du peuple (les politiques tombent sur des rumeurs, pas aux élections) pourquoi ne pas retourner cette arme contre eux ? Puisque des rumeurs, même fausses, ont des effets parfois plus importants que des faits réels et avérés, pourquoi ne pas rechercher nous-mêmes, nous les 99%, la meilleure rumeur capable de s’auto-réaliser par la volonté de ceux qui la propagent ? Ne pourrait-on pas inverser, transformer la rumeur en « arme positive » ? S’il est certes plus facile pour les riches et les puissants d’atteindre à la médiatisation, nous avons nous-aussi des outils de propagation. Internet est aujourd’hui (mais pour combien de temps encore ?) le média le plus libre et le plus accessible qui soit, et les réseaux sociaux sont comme les lieux où, autrefois, on lisait les journaux interdits.

Regardons à présent la situation économique telle qu’elle est aujourd’hui : sur-endettée, la France n’a pas les moyens de rembourser. Ses dirigeants ayant apparemment décidé de ne pas faire payer les responsables de la crise (eux-mêmes et leurs amis) et le peuple se trouvant être réticent à payer de sa poche les sacrifices exigés, il apparaît que le meilleur moyen de contraindre les 1% à payer LEUR dette est donc de refuser de la payer.

Mais comment faire pour y parvenir en l’absence de volonté politique ? l’audit citoyen (voir ici et ici), un moyen déjà utilisé en Equateur qui a permis de constater l’illégitimité de la dette, n’est même pas soutenu par le PS en France !
Alors voilà : pour qu’une rumeur prenne de l’ampleur et finisse par se réaliser, il faut donc avant tout créer de la confiance. Nous sommes 99%, et nous avons tous en commun la même volonté de changement. Nous ne voulons pas payer, et il nous suffirait de le clamer tous ensemble assez fort, avec assez de conviction pour que notre voix soit entendue.
Pourquoi ne pas utiliser ces outils dont nous disposons, et lancer nous-mêmes les rumeurs qui, une fois réalisées, nous permettront d’accéder aux changements que nous désirons ?

En plus, il faut bien l’avouer, j’ai déjà entendu parler de quelque chose, et je vous supplie de ne le répéter à personne, car rien n’est encore prouvé : mais la rumeur dit que s’organise déjà, sur internet, la mise en place de cet audit citoyen pour la France, avec des comités locaux qui serviront, si mes informations sont justes, de tremplin à la chute du gouvernement Français, et qui débouchera sur la création d’une Assemblée Constituante … mais surtout ne dites rien !

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 21:57

Le Nouvel Observateur - Publié le 28-11-11 à 12:33    Modifié le 10-12-11 à 18:00     par Donald Hebert  

 

Achats d’occasion, achat groupés, et surtout location entre particuliers… Les Français consomment moins, mais surtout différemment. Née sur internet, cette nouvelle économie prospère avec l’austérité.

 

La Consommation collaborative. (Séverin Millet) La Consommation collaborative. (Séverin Millet)

Ce n'est peut-être pas encore une révolution, mais c'est déjà un phénomène. La défiance à l'égard du système marchand classique a créé un nouveau comportement chez le consommateur. Face à la baisse du pouvoir d'achat, il fait de plus en plus souvent appel au système D. Et surtout, il choisit en priorité l'utilisation des biens avant leur possession.

Dans son livre à succès "l'Age de l'accès", le célèbre économiste américain Jeremy Rifkin avait, d'une certaine manière, anticipé ce changement de fond, lorsqu'il écrivait en 2005 : "La notion d'accès va se substituer à celle de propriété."

Avec Internet, cette tendance a trouvé un moyen d'application. On assiste à une multiplication de sites proposant la revente, l'achat groupé, la location entre particuliers et, plus généralement, tout ce qui permet une utilisation optimisée des biens de consommation.

 

"Ce qui est à moi est à toi"

Cette nouvelle économie porte déjà un nom : la "consommation collaborative". Elle semble avoir vu le jour spontanément il y a quelques années, avec l'apparition des systèmes de vélo-partage, des Amaps ou des sites de ventes aux enchères comme Ebay.

Décrite dans "Time" comme une des dix idées qui pourrait bien changer le monde, sa forme a été théorisée il y a un an par Rachel Botsman dans son livre "What's mine is your's : the rise of collaborative consumption".

Depuis le mouvement a fait tâche d'huile et bien que la traduction française "consommation collaborative" soit peu séduisante, il a trouvé un relais en France à travers le site consocollaborative.com. Antonin Léonard y répertorie l'ensemble des sites et des analyses sur le sujet de manière très complète.

 

 

Divers produits échangés de diverses manières

La "consommation collaborative" regroupe l'ensemble des systèmes de partage, du troc à l'échange de compétence, de la location de vêtements d'enfants à la revente de tondeuse, de la bonne idée sur Twitter au petit plat concocté pour le voisin.

La mise en réseau des consommateurs a redessiné le mode de distribution des produits. Quatre schémas semblent s'imposer :

Le type Vélib : dans le système de location à la demi-heure proposé par la ville de Paris, le bien de consommation n'appartient pas à un particulier mais à une entreprise, (éventuellement via une délégation de pouvoir public). Il est transformé en service, et son utilisation est partagée par les consommateurs.

Le type Zilok : avec la location entre particuliers, la propriété du bien de consommation n'est pas partagée, mais son utilisation est optimisée. Le bien peut être rentabilisé par son propriétaire, qui n'en a pas forcément l'utilité permanente. Le locataire a ainsi accès à l'utilisation de biens qu'il ne peut - ou ne veut – pas acheter.

Le type Leboncoin : le bien est consommé par celui qui le possède. Mais les propriétaires changent. C'est le principe de la vente d'occasion, mais aussi du troc, du don, etc.

Le type Groupon : le principe est la mise en commun d'un bien unique consommé par plusieurs personnes simultanément. La colocation, le covoiturage, le coworking, le colunching en font partie. Mais aussi les achats groupés, dans lequel l'achat d'un lot baisse le coût unitaire du produit.

Un phénomène économique

Peu à peu un phénomène dont le moteur avant tout idéologique, écologique, et social faisait dire aux mauvaises langues qu'il se limiterait à quelques bobos, est en train de s'étendre.

Certaines formes d'échanges collaboratifs attirent tout particulièrement les investisseurs. Premièrement les sites de vente comme Ebay, Groupon, Leboncoin, dont les valorisations ont atteint des records. Ensuite des sites de location spécialisés sur certains secteurs, comme Airbnb et Wimdu (chambres chez l'habitant) ou Relayrides et Zipcar (location de voiture), qui ont tous levé des millions d'euros. Zipcar (plus de 400 000 abonnés) a été valorisé à 1,2 milliard de dollars sur le marché américain.

Mais l'espoir de la consommation collaborative réside surtout dans le fait que le consommateur a désormais un intérêt économique à partager. "Un de nos clients gagne entre 800 et 1.500 euros par mois en louant les outils qu'il a accumulés dans son garage. On explosera le jour où les gens associeront le mode de la location à tous les objets", explique Marion Carette, fondatrice de Zilok.

Un bouleversement pour les entreprises classiques

La consommation collaborative, en phase avec les nouvelles attentes du consommateur, forcent les entreprises classiques à réinventer leur mode distribution. Ce nouveau genre de consommation "va bouleverser l’offre des acteurs économiques", affirme le sociologue Robert Rochefort, fondateur du tout récent Observatoire Consommation et Société, Obscoco.

Robert Rochefort imagine en effet un avenir dans lequel les industriels, qui sont censés vendre leurs produits, proposent eux-mêmes des systèmes alternatifs : "C’est déjà le cas pour les photocopieurs. Pourquoi pas pour les machines à laver à domicile, qui pourraient être facturées au temps d’utilisation ?"

Certaines entreprises ont déjà compris ce phénomène. Les constructeurs automobiles, qui se lancent dans la location, mais aussi des distributeurs comme Castorama, dont le système d'échanges de services, les Troc'heures, est un exemple typique de consommation collaborative.

Pour Robert Rochefort, la généralisation d'un tel mode de consommation est souhaitable, car les industriels passant de la vente à la location prendrait à leur charge l'entretien du bien consommé. Ils auraient ainsi intérêt à fabriquer des produits plus durables. Conciliant ainsi de manière efficace les attentes des consommateurs et les contraintes dues à la raréfaction des ressources naturelles.

Donald Hebert - Le Nouvel Observateur

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Consommation collaborative. (Séverin Millet)
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 13:28

ISLANDE: L'Autre FORMIDABLE REVOLUTION !

Contre-exemple intéressant, non, de nos jours ?...

 

93% du Peuple IMPOSENT le NON-Remboursement des Banques !! La révolution dont les Médias se gardent bien de parler

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n'en parle, aucun média ne relaie l'information, vous n'en trouverez presque pas trace sur « Google »: bref, le black-out total.

Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante :

Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu'elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s'il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d'orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l'élection d'une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d'écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

Un autre possible face aux marchés financiers: la démocratie !

Alors que gronde dans l'Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l'actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l'Europe une perspective la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

Plus bas, vous trouverez deux articles traitant de cette révolution en marche, *à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place*.

http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la

Depuis le samedi 27 novembre, l'Islande dispose d'une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d'être remise, l'Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l'Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d'ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C'était une première pour l'Islande, tout comme la nomination d'une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article112101

http://parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html


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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:29

LEMONDE | 23.11.11 | 11h58   •  Mis à jour le 23.11.11 | 11h59

 
 

Claude Buron-Pilâtre n'est pas la concierge de sa résidence HLM de 16 appartements, "Les Camélias", installée dans le bourg de Cestas-Gazinet (Gironde). Pourtant, cette sexagénaire aux yeux et au tempérament pétillants connaît tout le monde depuis son arrivée fin 2009, date d'inauguration de cette résidence - un petit immeuble d'un étage couleur pierre de taille, avec un patio et des petits jardins privatifs - dite intergénérationnelle. "C'est une résidence mélangée en âges et, dès le départ, c'était sympa, assure cette ancienne habitante de la région parisienne, venue il y a quelques années dans cette commune girondine pour se rapprocher de ses deux enfants et petits-fils. On a de très bons rapports entre nous et on se dépanne sans problème." Un voisin est venu lui installer sa machine à laver. Un autre a réparé l'installation téléphonique d'une mamie. Les plus jeunes descendent les poubelles des anciens. A 67 ans, Claude Buron-Pilâtre s'est même proposée pour du baby-sitting. "On est bien content de voir des jeunes et des vieux, de voir débarquer des tout-petits, car c'est le mouvement. Et le mouvement, c'est la vie."

Depuis cinquante ans, Logévie, le bailleur social de cette résidence aux tarifs HLM - entre 280 et 400 euros mensuels -, est un spécialiste du logement familial et des personnes âgées. "On s'est rendu compte qu'il manquait quelque chose entre les deux", explique Patrick Courjaud, gestionnaire des vingt résidences intergénérationnelles du parc Logévie.

En moyenne, il se construit trois à quatre de ces résidences par an. Mais pas dans n'importe quelles conditions : "La localisation est le point le plus important, assure Pierre Ferraris, directeur du patrimoine du bailleur girondin. La résidence doit être située à proximité des commerces, des services et des transports en commun pour que la personne âgée conserve sa sociabilité et que la vie soit facilitée aux plus jeunes. On va jusqu'à réfléchir au cheminement extérieur pour voir, avec la collectivité, si des aménagements publics sont nécessaires."

Côté aménagement intérieur, des points de rencontre - serre, patio, kiosque ou bancs - sont installés "pour créer les meilleures conditions de rencontre", poursuit M. Ferraris. Et ça marche : "On surveille les papys et mamies de loin et on a créé des liens, confirme un jeune voisin de 32 ans, Dominique Sarkissian, technicien en 3 × 8 dans une entreprise pharmaceutique de Pessac. Je ne sais pas si c'est la résidence ou le côté intergénérationnel, mais tout le monde se dit bonjour, le sourire en plus, dans le calme et le respect des uns et des autres."

Claudia Courtois

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:27

LEMONDE | 23.11.11 | 11h59

 
 

Depuis le 9 octobre, dans sa "petite maison modeste" de Lormont, à l'est de Bordeaux, Maritchou Villenave héberge une jeune fille de 16 ans qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam quelques jours plus tôt. Depuis la rentrée, Océane Quisari, originaire d'un petit village à côté de Dax, est stagiaire en graphisme au lycée d'enseignement professionnel des Iris à Lormont. Elle cherchait un toit à proximité.

"C'est la première fois que je quitte ma famille, je ne pouvais pas faire l'aller-retour chaque jour ; je ne voulais pas non plus que l'hébergement me coûte trop cher", explique la jeune fille. Afin de la recevoir dans de bonnes conditions, la propriétaire de 53 ans a fait quelques travaux dans la chambre libre de sa fille, "mis un lit correct". Elle la dépose même chaque matin, en scooter, devant son lycée situé sur le chemin de son travail. "J'essaie de lui simplifier la vie au quotidien, sourit Mme Villenave. Et au fil du temps, une amitié s'est liée."

Ce binôme fait partie d'un dispositif innovant du conseil régional d'Aquitaine, baptisé "1, 2, Toit". L'idée est simple en apparence : proposer des chambres meublées à des jeunes en formation - apprentis, étudiants, stagiaires de la formation professionnelle, lycéens professionnels, primosalariés... - loin de leur lieu d'hébergement habituel. Dans une étude de diagnostic de 2010, la région Aquitaine avait fait le constat d'un manque de logements adaptés pour ce type de profil : "Il n'existait pas officiellement de logements du parc privé que l'on pouvait louer sur une courte durée de quelques mois et fractionner dans le mois, à proximité des lieux des entreprises ou/et des centres de formation, détaille Emilie Coutanceau, conseillère régionale déléguée à la jeunesse. Il n'y a pas non plus de système d'aide publique possible pour deux hébergements différents en même temps."

Jusqu'à présent, les jeunes s'arrangeaient - et le font toujours pour la grande majorité - avec l'existant : foyers de jeunes travailleurs ou de centres de formation, internats de lycée, chambres d'hôtel, hébergement chez des copains. Pour les plus impécunieux, comme souvent chez les apprentis, "c'est le système D", reconnaît Marc Saint-Germain, conseiller principal d'éducation au centre de formation pour apprentis (CFA) de la chambre des métiers de Gironde, le plus grand du département (1 400 élèves). "Ils préfèrent se lever à 5 heures du matin ou aller chez les copains, et ils changent souvent. Certains dorment même dans leur voiture. Ils arrivent en retard, fatigués et finissent par décrocher", souffle le CPE. Du côté des propriétaires, certains louaient leurs chambres "au black".

Le dispositif aquitain permet donc au jeune en mobilité d'être logé dans de bonnes conditions matérielles et juridiques : charte d'accueil, contrat sur mesure, sélection et mise en relation des personnes. Le Sires Aquitaine, une agence immobilière à vocation sociale, mandatée par la collectivité territoriale pour la mise en place et la gestion du dispositif, rencontre le propriétaire, visite la chambre, s'entretient avec le futur locataire et organise une première rencontre sur site. Ensuite, "c'est un peu la loterie", souligne Sandra Hircha, chef du projet au Sires : ça marche ou... pas. "C'est bien sûr une question de préparation mais aussi de feeling", admet la jeune femme. C'est le cas de Maritchou et Océane : "Au départ, comme je suis assez indépendante, ça m'a fait peur mais je suis tombée sur une très bonne personne et si c'était à refaire, je le referais", confie la jeune fille, soutenue par sa propriétaire dans sa recherche de contrat d'apprentissage. Jusqu'à présent, sur les 74 binômes créés depuis la rentrée 2011 - 150 devraient l'être d'ici la fin de l'année -, aucun désistement n'a été noté.

Pour les propriétaires, au-delà de l'échange avec les jeunes, le principal intérêt est financier, même si la somme reste modique : la recette locative s'élève à 300 euros au maximum pour un mois et par personne (hors restauration), soit entre 10 et 15 euros par jour. Océane, présente en moyenne 15 jours à Lormont, nourrie matin et soir, paie 100 euros par semaine et bénéficie, comme tous les hébergés du dispositif, d'aides de la région équivalentes à la moitié du loyer.

Après la phase expérimentale, menée en 2010, "1, 2, Toit" a été étendu aux cinq départements d'Aquitaine, mais des réticences demeurent - surtout chez les jeunes. "Maintenant, il faut juste que les mentalités évoluent, estime Marc Saint-Germain, dont cinq élèves de son CFA ont déjà utilisé ce dispositif. Et que les jeunes n'aient pas peur de l'inconnu."

Claudia Courtois


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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:37

 

Comment vivre collectivement en ayant son chez soi ? Être locataire et propriétaire ? En accord avec la nature et la ville ? La coopérative d’habitants tente de répondre à tous ces paradoxes. Mais en l’absence de loi spécifique, son montage relève du parcours du combattant. A Villeurbanne, la toute première coopérative française va voir le jour. Une première pierre a été posée la semaine dernière. Petit mode d’emploi.
 

 

Un préalable pour comprendre la suite : la propriété est collective. Au Village Vertical, les habitants qui se nomment eux-mêmes les « Villageois », ont une double casquette : ils sont d’une part locataires de la coopérative de 14 logements, et d’autre part coopérateurs, c’est-à-dire détenteurs du capital de la société coopérative qui est l’unique propriétaire. Et dans la prise de décision, finis les tantièmes des copro’, chacun d’entre eux dispose d’une voix.

 

 


1/ Constituer un groupe de militants, plus que de copains

 

Le noyau dur des Villageois s’est formé, il y a six ans, au gré des rencontres dans les mouvements sociaux, écolo ou altermondialistes. Avec l’envie de vivre différemment. Ils sont appuyés depuis 2006, par l’association Habicoop qui a fait du Village Vertical son projet pilote.
Quand on écoute le discours prononcé lors de la pose de la première pierre, on comprend de quelles valeurs ils se réclament :

 « L’urgence sociale et l’urgence climatique n’ont jamais été aussi fortes. Ce projet s’inscrit dans une transition des modes de vie, plus sobres et plus solidaires. Nous voulons un cadre de vie qui facilite les rencontres et les solidarités entre voisins. C’est la meilleure réponse possible au consumérisme et à la compétition de chacun contre tous ».

Le statut coopératif collait parfaitement à leurs attentes. Il leur permet de sortir du « système spéculatif ». Car, par principe, les coopérateurs ne peuvent faire de plus-value sur la revente de leurs parts sociales.

 

 

2/ Aller à la pêche aux soutiens institutionnels

 Pour trouver le terrain où construire sa coopérative d’habitation, mieux vaut trouver une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) car on peut négocier directement avec les collectivités qui possèdent le foncier.

 

Le Village Vertical a d’abord convaincu le bailleur HLM, Rhône Saône Habitat (RSH), pour partager un bâtiment dans le quartier de Grand Clément, à Villeurbanne : un tiers pour le Village et deux tiers pour un programme de RSH.

 

Il a fallu également convaincre le Grand Lyon et la Ville de Villeurbanne de se porter garants de cette première nationale. Le bailleur HLM a également garanti qu’en cas de problème au Village Vertical, il reprendrait les logements. Ce qui a fini de rassurer les collectivités.

 

 


3/ Rêver les pieds dans le béton… écolo

Les Villageois et le bailleur HLM se sont mis d’accord sur des architectes spécialistes dans la construction bioclimatique. Mais la réalité de la promotion immobilière a vite rattrapé les utopistes qui voulaient aller le plus loin possible dans la construction écologique. Antoine donne un exemple de ces renoncements :

« On a notamment dû abandonner la VMC double flux. Un système qui garde les calories à l’intérieur du logement tout en assurant le renouvellement de l’air. C’est trop cher et trop complexe à installer pour des entreprises françaises ».

Panneaux solaires, récupération des eaux de pluie, mur en bois-béton, l’écologie tient bien sa place dans le projet final. Quant à la vie collective, elle est toujours au cœur du Village Vertical. Les 14 appartements pour les Villageois partageront buanderie, salle commune (dont une cuisine), quatre chambres d’amis et potagers.

 

Village vertical

 

 

4/ Créer une coopérative (en priant pour que la loi change)


Avec les garanties du Grand Lyon et de Villeurbanne, la coopérative emprunte au taux réduit du logement social (PLS). Les Villageois n’apportent que 20% du montant de l’opération, qui sont convertis en parts sociales de la coopérative. Pour un T3, la personne doit apporter 33 000 euros.

 

Tous les mois, les coopérateurs verseront une redevance comprenant un loyer (80%) et un compte courant d’associé (prêt du coopérateur à la coopérative correspondant à 20 %), en fonction de la taille de leur logement. Pour un T3 de 66 m2, la redevance est comprise entre 700 et 750 euros. Cette redevance permettra principalement à la coopérative de rembourser ses emprunts.

 

Problème, quand l’emprunt arrivera à échéance dans 40 et 50 ans (40 pour le bâti et 50 pour le foncier), les Villageois devront continuer à verser un loyer. Cette aberration vient du montage juridique. Le Village Vertical a dû utiliser les statuts d’une entreprise commerciale classique, une SAS, à laquelle elle a ajouté un fonctionnement coopératif. Valérie Morel d’Habicoop explique :

« Dans les statuts de l’entreprise, l’objet principal est de fournir à ses membres l’usage d’un logement en le louant. La location doit donc être effective et le montant du loyer doit correspondre aux valeurs du marché. Si vous ne le faites pas, les services fiscaux risquent de redresser l’entreprise, en disant que vous auriez dû percevoir des loyers à telle hauteur et payer tant d’impôts. Cette problèmatique devra être résolue dans le cadre de la modification de loi  ».

 

5/ Faire du lobbying (pour continuer à penser aux autres)

Habicoop accompagne directement une demi douzaine de projets de coopératives d’habitants à Lyon, et d’autres en partenariat ailleurs en France. En parallèle, l’association tente de sensibiliser les parlementaires. Une proposition de loi socialiste devrait être déposée prochainement, créant un statut juridique propre, notamment pour lever les aberrations actuelles.

Un article de loi  devra également  prévoir que les parts sociales ne soient pas taxées lors de la revente. Aujourd’hui si vous vendez votre logement principal vous n’êtes pas taxé sur la plus value. Par contre, si des Villageois vendent leurs parts sociales, ils seront taxés.

L’idée est aussi de pouvoir bénéficier du prêt à taux zéro pour pouvoir acheter des parts sociales d’une coopérative d’habitation. « Actuellement, ce n’est pas dans la mentalité des banques de prêter à des particuliers pour acquérir des parts sociales », justifie Valérie Morel.

 L’objectif des Villageois est de créer un « laboratoire d’écologie urbaine » : un habitat convivial, sorti de la spéculation, écolo mais aussi mixte socialement. Globalement, les habitants sont issus de la classe moyenne alors qu’ils voudraient ouvrir le Village aux plus modestes.

 C’est pourquoi, la coopérative a trouvé un montage complexe pour atteindre cette objectif de mixité. Par le biais d’un bail à construction, Les Villageois ont transmis à Rhône Saône Habitat la possibilité de construire quatre logements trés sociaux pour des jeunes en insertion qui seront  gérés par AILOJ, association partenaire du Village Vertical. A la fin du bail à construction, le Village redeviendra propriétaire des quatre logements.

A raison d’une réunion minimum par semaine depuis 2005, voilà ce que sont en train de réaliser les habitants du Village Vertical, première coopérative d’habitants. Inauguration prévue en 2013.

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:15

 

Le Monde - 22 novembre 2011

 

C'est une maison qu'ils appellent "le lavomatic". A une époque, ils accueillaient, le temps d'une lessive, des amis en panne de machine à laver. Le nom est resté. Dans cette maison  de plain-pied du quartier de Figuerolles, à Montpellier, vivent deux filles et deux garçons âgés de 23 à 30 ans. Il y a Sarah, qui travaille dans une association de vulgarisation scientifique, Pauline, employée d'une association culturelle, Jérôme, infirmier, et Simon, le dernier venu, qui étudie le journalisme à Montpellier. Ils ont chacun leur chambre à l'étage et se partagent le rez-de-chaussée et la courette qu'on imagine comme une agréable extension du salon à la belle saison.

 

De haut en bas, de g. à d. : Sarah, Jérôme, Pauline, Simon. © Elodie Ratsimbazafy

De haut en bas, de g. à d. : Sarah, Jérôme, Pauline, Simon. © Elodie Ratsimbazafy

 

Quand on arrive, un soir de semaine, une compote de pommes — format familial — mijote dans la cuisine ouverte sur le séjour. C'est presque l'heure du repas et on attend Jérôme l'infirmier le seul à "avoir des horaires un peu particuliers". Sans plus de cérémonie, on ajoute deux assiettes pour les auteurs de ce blog. On nous explique qu'ici viennent pas mal de gens, des copains des uns et des autres ou d'anciens colocataires qui passent par là, comme Quentin, étudiant en science, qui partagera le plat de nouilles à la bolognaise. Un hasard que ce cliché de la vie étudiante puisqu'ils mettent un point d'honneur à diversifier et équilibrer leur alimentation.

S'ils ont choisi de vivre ensemble, c'est évidemment pour des raisons économiques. Un loyer de 1 200 euros à couper en quatre est un argument de poids quand le moindre studio se loue plus de 400 euros dans le centre de la ville, à une dizaine de minutes à pied de là. Mais, ils insistent sur ce point, "c'est aussi un choix de vie" plus qu'une contrainte puisqu'ils pourraient presque tous "se payer un petit appartement". Ils partagent plus qu'un loyer et profitent d'une vie commune, d'une grande maison et de l'esprit qui va avec.

 

Ici, les casseroles sont toutes grand format. Le fait-tout orange est un ustensile historique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

Ici, les casseroles sont toutes grand format. Le fait-tout orange est un ustensile historique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

 

Ici on partage tout. Les courses sont faites en commun et on divise le tout par quatre chaque mois. En théorie. Parfois les tickets de caisse traînent quelques semaines de plus, au risque de déséquilibrer des budgets serrés. Mais, ils en ont la certitude : "au final, tout s'équilibre". C'est la seule règle à peu près établie. Le reste se conçoit en bonne intelligence, sans qu'il y ait besoin de l'écrire noir sur blanc. Un peu comme dans une famille.

La propriétaire et ses enfants ont quitté Montpellier il y a quelques années après une séparation et un héritage. Elle a accepté de louer à de jeunes gens. Ce n'était pas eux. Ils sont arrivés les uns après les autres, remplaçant peu à peu l'équipe originelle. Sarah est la plus ancienne. Originaire de la région parisienne, elle est arrivée alors qu'elle "ne connaissait personne à Montpellier". Les autres ont suivi, recrutés par affinité et jamais par petite annonce. Pauline parce que la maison où elle habitait, en colocation déjà, a été vendue ; Simon et Jérôme parce qu'ils arrivaient dans la ville. Il n'y a pas eu de "procédure de recrutement" particulière. "Je connaissais Sarah. Je suis venu pour dîner, avec une bouteille de vin. C'était juste une discussion, pas un entretien", se souvient Simon qui a posé sa valise début 2011.

 

Pauline, Jérôme et Sarah. © Elodie Ratsimbazafy

Pauline, Jérôme et Sarah. © Elodie Ratsimbazafy

 

La propriétaire s’accommode de ce va-et-vient. "On fait une lettre pour obtenir un avenant à l'état des lieux, on organise une rencontre", raconte Sarah qui a vu arriver tout ce petit monde. Il y eut à une époque quelques frictions, se souvient Quentin, mais celle qui possède la villa a apprécié que les lieux soient bien tenus et entretient depuis de "bons rapports". 

Jérôme est rentré. Le repas est prêt. Nous avons juste eu le temps d'aller à l'épicerie du coin acheter une bouteille de vin pour honorer nos hôtes. Dans ce quartier populaire en pleine gentrification, on trouve à peu près de tout, à toute heure. Autour de la table, on discute de sa journée et de celle du lendemain, de la pluie, du beau temps et du concept de colocation choisie, puisque nous sommes venus pour ça. A les entendre, c'est du velours. "On dîne ensemble, on discute, on regarde un film de temps en temps. On ne fait pas trop de fêtes la semaine", détaille Simon.

 

Autour de la grande table, centre névralgique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

Autour de la grande table, centre névralgique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

 

"On se respecte beaucoup plus qu'avec certains précédents colocataires", renchérit Sarah qui fait allusion aux mœurs noctambules des "anciens" de la villa. Et quid des révisions pour l'étudiant du groupe ? "Je n'ai aucun problème pour bosser, même si la maison n'est pas silencieuse. Je peux m'isoler dans ma chambre et descendre le temps d'une pause cigarette", se réjouit Simon. Les grosses fêtes, on les réserve pour le week-end en prenant soin de prévenir le voisinage. La dernière en date remonte à huit jours. Ils avaient invité 80 personnes pour fêter... l'arrivée d'un lave-vaisselle, cédé par un proche. "Ça révolutionne la vie", rigolent-ils en chœur.

C'est l'heure de la tisane, rituel immuable des fins de soirée au "lavomatic". A Montpellier, il existe des centaines de colocations, qu'elles se soient formées par nécessité économique ou par choix. Beaucoup de leurs amis ont choisi le même mode de vie et l'idée leur est venue de se lier. "On essaye de monter un réseau d'entraide sur le modèle des coopératives agricoles [les CUMA]", note Pauline. Pour le moment, l'idée n'est formalisée que par un document partagé, mais ils ont l'ambition de mutualiser tout ce qu'ils peuvent : les appareils qui ne servent que de temps en temps, les compétences des uns et des autres, les achats en gros... Parce qu'au-delà de la colocation, le modèle de société auquel ils aspirent commence par là.

 

Les 4 colocataires actuels et l'ancien, Quentin, au milieu. © Elodie Ratsimbazafy

Les 4 colocataires actuels et l'ancien, Quentin, au milieu. © Elodie Ratsimbazafy

 

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