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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 15:57

 

 

 

projet-decroissance.net

 

Decroissance-Projet

 

En janvier dernier sortait « Un Projet de Décroissance« . Depuis, nous avons participé à une vingtaine de discussions publiques en Suisse, en Belgique et un peu partout en France. De nouvelles rencontres s’organisent pour la rentrée en région parisienne, dans le Centre, dans le Sud-Ouest, en Bretagne, de nouveau à Genève et à Bruxelles, etc.

Ce Projet de Décroissance s’internationalise avec une publication prochaine au Québec, en Hongrie et en Espagne. D’autres traductions et éditions étrangères se mettent en place en Europe, en Amérique du Sud. Le livre commence même à se partager en Afrique.

La Décroissance avec ses questions, sa critique radicale et multidimensionnelle interpelle. Le projet de Décroissance suscite de l’intérêt et du débat. En témoignent les interviews et articles de qualité, ainsi que les discussions lors des réunions publiques.

Nous pouvons identifier un certain nombre de questions, contradictions ou demandes d’approfondissements qui reviennent régulièrement :

- Décroissance et non violence : où sont les limites de la non-violence face à une oligarchie toujours plus agressive ?
- Changer la société sans prendre le pouvoir : si on prend le pouvoir, celui-ci risque de nous prendre… mais si on ne le prend pas ?
- Décroissance et propriété privée : comment se ré-approprier le droit d’usage sur le droit de propriété ?
- Différence entre Dotation Inconditionnelle d’Autonomie et Revenu de Base… salaire à vie ?
- Décroissance ou barbaries : quelles réponses face aux barbaries déjà présentes et aux catastrophes à venir ? Que faire face à l’urgence ?
- Décroissance et institutions : quelle place pour l’état nation, l’Union Européenne dans des sociétés de Décroissance ? Quels rôles dans la transition ?


projet decroissance clermont ferrand

 

Les débats sont riches et intenses. Toujours conviviaux. Ils s’ouvrent à d’autres cercles. Ils s’appuient sur les initiatives de transition, c’est-à-dire tous ces espaces de ré-appropriation de la politique à travers les alternatives concrètes.

L’objectif initial de cet ouvrage collectif est en ce sens atteint : penser ensemble la sortie de la société de Croissance, imaginer des possibles à opposer à l’impasse croissanciste, enfin, ouvrir des réflexions et des discussions constructives. 

Respectant la diversité des approches qui caractérisent la Décroissance et ses mouvements proches, c’est une manière de semer des graines de critiques, de réflexions, de débats, mais aussi, surtout, d’expérimentations, de réappropriation des savoir-faire, d’espaces de liberté…

La transition est en marche, les graines vont-elles bientôt pouvoir germer ?

Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot.
Un projet de décroissance. Manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie, préface de Paul Ariès. Les éditions Utopia, 150 pages, 7 euros.


« [...] La condition pour réussir cette transformation radicale de l’économie est « une forte adhésion de tous et une participation à cette volonté de changement ». Pour le moins… Mais il faut bien commencer un jour, et ce petit livre stimulant y contribue incontestablement. » Hervé Kempf dans Le Monde.

« [...] Et le succès rencontré par l’ouvrage peut laisser penser que «la transition est bel et bien en marche».  » Emmanuel Daniel sur Slate.fr.

A lire et écouter : 

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:14

 

 

Rue89

 

Portraits 23/07/2013 à 10h02
Renée Greusard | Journaliste Rue89

 

 

Parcours, convictions... Rue89 a rencontré quatre entrepreneurs qui ont monté leur start-up, à peu près au même moment. Tous assurent que leur affaire décolle.

Au premier contact téléphonique, l’attachée de presse du site Drivy dit cette phrase que j’entendrai par la suite chez tous les concurrents :

« On grossit pas mal. Ça décolle vraiment depuis un an. »

Le principe des sites de location est simple : mettre en relation des propriétaires qui utilisent peu leur voiture et des personnes qui n’en ont pas.

Economie collaborative

Les sites de locations de voitures entre particuliers s’inscrivent dans le mouvement de l’économie dite collaborative. Le site de location d’appartements Airbnb en est l’exemple le connu. Mais il y a aussi tous les sites de covoiturage (le plus connu est BlablaCar) qui permettent de mettre en relation des conducteurs et des voyageurs. De la possibilité de camper dans le jardin d’un particulier aux cours groupés, le blog de la consommation collaborative recense un grand nombre d’initiatives de ce genre.

Pour le propriétaire, il y a la satisfaction d’avoir rentabilisé une voiture qui sinon aurait roupillé au garage. Pour le locataire, les prix sont attractifs, parfois plus de deux fois moins chers que chez un loueur de voitures classiques.

On prend donc la route avec la sensation d’avoir été plus malin que les autres, d’avoir chopé un bon plan et si on est un rebelle fou, on peut même s’enorgueillir d’avoir contourné le système.

Pourtant, on l’oublierait presque mais il y a des entreprises derrière ces sites.

Elles proposent un vrai service (en assurant les voitures le temps de la location notamment) et prennent une commission (entre 30% et 40% du prix payé). Ce sont des start-up toutes nées à peu près au même moment.

Elles ont toutes rencontré une première difficulté : réussir à obtenir un contrat d’assurance qui permette aux propriétaires de protéger leurs voitures. Quand ce problème a été résolu, les entreprises ont pu se lancer.

Les quatre sites les plus connus sont :

On s’est demandé qui étaient les petits malins qui avaient eu l’idée de se lancer, d’où ils venaient, et quelles convictions les animaient.

                                                                                                                                                                                                                             1 Paulin Dementhon, HEC et une histoire marseillaise

Drivy.com

 

C’est dans une pépinière tout près de la place de la République, dans le Xe arrondissement de Paris, que se trouve la start-up Drivy, fondée en 2010. A 35 ans, Paulin Dementhon en est l’heureux créateur et dirigeant. Avant, Drivy s’appelait Voiturelib. Le nom a changé pour devenir plus international.

  • Il ressemble à quoi ?

Ce jour d’été, Paulin Dementhon a une allure de Ken cool. Il porte une chemise en jean, avec un pantalon jaune et des sandales en cuir. Le tout est marié avec goût. Dans un magazine féminin c’est le genre de tenues qu’on dit sans faute. Il sourit beaucoup.

 


Paulin Dementhon, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Comment lui est venue l’idée ?

On commence l’entretien par le récit de son histoire (parfaite pour le storytelling). Début 2010, il vivait à Marseille :

« J’habitais dans une impasse où les voisins se partageaient une voiture pour trois familles. J’ai pensé à toutes ces voitures qui restent garées sans bouger et je me suis dit qu’il fallait qu’elles servent. »

  • Il faisait quoi avant ?

Il avait d’abord essayé de monter une entreprise de covoiturage, mais dans le fond, ça aurait pu être autre chose. Paulin Dementhon a fait HEC. « Pas original », reconnaît-il, avant d’ajouter que, du plus loin qu’il se souvienne, il a toujours voulu devenir entrepreneur.

« J’ai toujours voulu avoir ma boîte. Quand j’étais petit, je rêvais d’avoir mon restaurant. J’ai toujours eu envie d’offrir quelque chose qui n’existait pas. Quelque chose de créatif. Dans ma famille, beaucoup de gens font du design, ça vient peut être de là. »

Après avoir bossé dans une grosse entreprise de containers, fait de beaux voyages entre Hong Kong et le Brésil, il a donc finalement lancé son entreprise. Il raconte ses débuts dans son salon, en mode « apprentissage du 2.0 ». Il ne connaissait pas grand chose au développement de sites.

 


Paulin Dementhon, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Des convictions ?

L’idée de court-circuiter les grands loueurs de voitures ne l’enthousiasme pas beaucoup.

Les chiffres de Drivy

Paulin Dementhon revendique 10 000 voitures à louer sur son site et 115 000 membres. La boîte est dans une ascension fulgurante, comme on peut le lire dans ses communiqués.

« Durant l’été 2012, Drivy a enregistré une hausse de locations de 107%. Cette année, l’augmentation sera encore plus forte, comme le présage l’activité des six derniers mois le nombre de locations a été multiplié par 3. A ce jour, il y a déjà plus de 1500 voitures réservées pour l’été, et autant de demandes de locations. »

« Moi, ce qui me fait vibrer, ce n’est pas tellement de dire à bas le capitalisme. C’est plutôt de transformer l’usage de la voiture.

Par exemple beaucoup de nos usagers combinent le train avec la location d’une voiture dans la ville d’arrivée. Je trouve ça super. »

Partager une voiture entre plusieurs particuliers est une solution écologique, mais pour lui, c’est surtout du bon sens.

« Je ne dirais pas que je suis écolo. Quand il y a du gaspillage ça me rend malade. Je viens d’une famille nombreuse. On n’avait pas de problème, mais jeter c’était interdit. Mes parents étaient proches des Verts. Pour moi l’écologie c’est d’abord une forme d’efficacité. »

Il fait partie de ceux qui ne jettent pas directement les yaourts quand ils sont périmés.

A Paris, il roule en Vélib ou avec son vélo rouge, garé devant la pépinière.

 


Le vélo de Paulin Dementhon, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

 

Mais quand il s’agit de son site, il ne veut surtout pas prêter le flanc au reproche de « greenwashing ». Ni de « socialwashing » d’ailleurs. Le but premier de Drivy n’est pas de faire se rencontrer des gens :

« Certains concurrents vous diront “on boit un café et ensuite on loue la voiture”, pour moi c’est plutôt le contraire. »

Sinon, la politique l’intéresse peu :

« Non seulement, ça ne m’intéresse pas mais ça m’agace, les histoires de partis, de petites phrases. Je suis tout à fait capable de voter à droite comme à gauche. »

Il dit qu’il juge les faits, qu’à ce titre il trouve par exemple que Bertrand Delanoë a fait un travail remarquable à Paris notamment pour les cyclistes.

                                                                                                                                                                                                                             2 Vincent Saint Martin, biberonné à la culture d’entreprise

UneVoitureALouer.com

 

En arrivant dans les locaux d’Une voiture à louer, on est frappé. La moyenne d’âge de la dizaine de salariés qui s’affairent sur leurs claviers ne dépasse pas les 30 ans, comme chez Drivy.

  • Il ressemble à quoi ?

Vincent Saint Martin arrive. Il a 31 ans. Polo rouge, jean. L’air tout aussi décontracté que Paulin Dementhon :

« On a le même profil. »


Vincent Saint Martin, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Il faisait quoi avant ?

Avant de monter Une voiture à louer, Vincent Saint Martin a fait une école d’ingénieurs, puis un master de finance. En sortant d’école, il est parti au Congo pour y être ingénieur de travaux publics.

Il voulait passer dans « l’économie réelle », découvrir du pays et s’est mis à travailler avec un entrepreneur qui avait plusieurs projets à la fois : une usine, un immeuble, une ferme. Sa mission terminée, il est rentré en France avec la ferme idée de devenir à son tour entrepreneur.

« Dans ma famille, on a une culture de l’entreprise, ça me semblait naturel. En plus c’est sympa d’être son propre patron. »


Les locaux d’Une voiture à louer, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Comment lui est venue l’idée ?

Il aurait pu faire autre chose. Il avait réfléchi à plusieurs idées, mais, dit-il, celle de mettre des particuliers en relations pour qu’ils se louent des voitures, lui est apparue « comme une évidence ».

Il a fait un prêt de 20 000 euros, vidé son compte des 30 000 euros qu’il avait économisés et s’est lancé. Comme Paulin Dementhon, il n’était pas geek et a découvert le développement en montant Une voiture louer.

« Je pensais qu’une fois qu’on avait le site c’était bon. En fait, on est toujours en train de développer de nouvelles fonctionnalités. »

  • Des convictions ?
Les chiffres d’une voiture à louer

Vincent Saint Martin revendique 2 500 voitures à louer et 30 000 membres. « On commence à avoir un vrai parc ce voitures. On a multiplié par trois notre taille depuis l’année dernière. »

Il aimerait avoir un jour un parc de 100 000, 200 000 ou même pourquoi 300 000 voitures à proposer. « Si on pouvait remettre en marche toutes les voitures garées en France, ce serait super. »

Comme Paulin Dementhon, Vincent Saint Martin n’est pas un militant écolo. Il dit aussi qu’il peut voter à droite comme à gauche, que seuls les faits comptent.

Il n’a pas de voiture. Sur le point de devenir papa, il empruntera même une voiture pour aller à la maternité.

« Moi, je ne suis pas un écolo pur et dur. Dire aux gens qu’il faut faire de l’écologie, ça ne suffit pas. En revanche, mettre à disposition des moyens pour que ça marche, ça me semble le plus important. »

Il compare son idée à celle des panneaux solaires :

« Les gens prennent conscience que c’est intéressant quand ils réalisent que ça peut leur profiter. »

                                                                                                                                                                                                                             3 Kieran Connoly, le « révolutionnaire » irlandais

Livop.fr

 

  • Il ressemble à quoi ?

Kieran Connoly, le fondateur de Livop ne connaît plus son âge. 35 ? 36 ? Il hésite. A priori, c’est plutôt 35. Il a les cheveux longs, une barbe et des bagues aux doigts.

 


Kerian Connolly, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Il faisait quoi avant ?

A 19 ans, juste après avoir eu son bac, il a eu un bébé. Déjà pompier volontaire, il pensait en faire son métier mais sa compagne voulait qu’il choisisse un travail moins dangereux.

Il est allé travailler chez Sixt, où il a commencé par nettoyer des voitures.

« Il fallait payer le loyer. »

Sa chance : il savait taper sur un ordinateur.

« En 1998, c’était rare. En trois mois, je suis devenu responsable de comptoir. »

Il passe ensuite chez U Car, un concurrent, et gère 65 boutiques en même temps. Sa tâche est alors de former les futurs franchisés.

En 2006, il se lance dans un projet tout à fait différent. Issu de l’immigration irlandaise, Kerian Connoly est de la deuxième génération. Avec des cousins, ils décident d’ouvrir un pub irlandais dans le Ve arrondissement de Paris.

« On s’est lancé avec une sélection de très bons whiskys irlandais. »

L’affaire prend bien. En trois ans et demi, ils remboursent des prêts qu’ils auraient dû mettre cinq ans à solder. Kerian Connoly décide de passer à autre chose. Aujourd’hui le pub fonctionne toujours bien et il en est encore actionnaire.

  • Comment lui est venue l’idée ?
    Les Français achètent de moins en moins de voitures

    Avoir une voiture coûte de plus en plus cher. Selon un récent rapport du gouvernement [PDF] :

    « Le budget annuel moyen d’un ménage français motorisé consacré à l’automobile s’élève à 5 700 euros, en progression de 22 % sur vingt ans. Les dépenses annuelles liées à l’utilisation de l’automobile (carburant, entretien, réparation, pièces et autres services) sont passées de 2 700 à 3 880 euros sur la même période. »

    Si la voiture est désormais le deuxième poste budgétaire des foyers, les Français tendent à y remédier. Les ventes de voitures ne cessent de baisser.

En 2010, la location de voitures lui manque.

« Quand on loue une voiture, souvent on fait plaisir aux gens. »

Il décide de réfléchir sérieusement.

« Je m’étais toujours dit qu’il fallait que je mette à plat tous les métiers. C’est ce que j’ai fait puis j’ai essayé de trouver une solution à chaque problème. »

L’autopartage l’intéresse :

« Ça avait du sens. Il faut vraiment réduire le nombre de voitures et utiliser celles qui ne servent à rien. »

Kerian Connoly est allé démarcher lui-même les assurances pour qu’elles acceptent de mettre en place ce produit qui n’existait pas. Assurer des voitures le temps d’une location. Après avoir essuyé quelques refus, il réussit à convaincre MMA (qui assure aujourd’hui aussi Une voiture à louer et Drivy).

Mais Kerian Connolly ne voulait pas simplement mettre des particuliers en relation.

« Pour moi, Livop, c’est un vraiment un nouveau modèle de locations de voitures. »

Sur Livop, contrairement aux sites concurrents, les utilisateurs ne se rencontrent jamais. Les voitures à louer – dont les prix sont fixés par l’entreprise – sont équipées d’un boîtier installé en une demi-heure mais une bonne fois pour toutes. Quand le locataire arrive à la voiture, il l’ouvre avec une clé virtuelle disponible sur l’application du site.


L’application de Livop en action (Renée Greusard/Rue89)

 

A l’intérieur de la voiture, le locataire trouve ensuite une vraie clé pour démarrer la voiture. Elle ne peut démarrer la voiture que le temps de la location et ne fonctionne que si l’engin a bien été ouvert avec l’application du site. Il n’est donc pas possible de forcer la voiture et de la démarrer avec la clé qui se trouve à l’intérieur.

Le propriétaire de la voiture a, lui, sa propre clé qui démarre et ouvre la voiture de manière traditionnelle.

L’application permet d’autres fonctionnalités : avant de démarrer, le locataire prend des photos pour signaler un éventuel défaut de la voiture non signalé (rayures, dégâts, etc).

Une fois le temps de location épuisé, la voiture ne peut pas s’arrêter en cours de route, mais elle ne peut plus démarrer.

Les particuliers ne se rencontrent jamais. Kerian Connolly :

« Chez moi y aura pas de délit de faciès. [...] Un jour, j’aimerais bien organiser une grande fête pour que les gens se rencontrent. Certains louent la même voiture trois fois par mois... »

  • Des convictions ?
Les chiffres de Livop
Kerian Connoly revendique 2 000 voitures et 6 000 membres. Comme ses concurrents, il est en pleine expansion, mais il sait aussi que son système de boîtier rend la progression de son entreprise un peu plus lente.

Contrairement à Paulin Dementhon ou Vincent Saint Martin, Kerian Connolly ne pourrait pas voter à droite comme à gauche. Il vote à gauche. Aux européennes, il avait voté Vert. Au lycée, il faisait partie de ceux qui manifestaient – à son époque, c’était contre le CIP (contrats d’insertion professionnelle).

Contrairement aux autres, il aime aussi l’idée de déranger le système existant. Il dit que les loueurs vont être obligés de se bouger.

« Je suis un peu plus révolutionnaire que les autres. C’est mon côté irlandais ça. Tous les autres sont issus d’école de commerce. Les constructeurs vont devoir se bouger, les loueurs aussi, et j’adore ça. Ils sont restés sur leur fonctionnement pendant des années. C’est un peu comme bouger un éléphant. »

Il aime imaginer qu’un jour les loueurs traditionnels cesseront de faire payer des sièges de bébé par exemple.

Il pense, heureux, à toutes les voitures des concurrents additionnées ensemble. Et quand il en parle, on a l’impression d’avoir à faire à un pirate.

« On arrive à une flotte intéressante et ensuite on pourra commencer à vraiment attaquer. A nous tous, on commence à être aussi gros qu’un loueur, ça devient intéressant. »


Kerian Connolly, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

                                                                                                                                                                                                                             4 Robin Chase, la business woman aguerrie

Buzzcar.com

 

Nous nous sommes entretenues avec Robin Chase au téléphone car elle était aux Etats-Unis. Elle parlait un français plus que correct pour raconter son parcours. Elle a toujours apprécié la France et quand elle a monté Buzzcar, elle s’y est installée.

  • Elle faisait quoi avant ?

Robin Chase (DR)

Contrairement aux trois autres, Robin Chase a déjà une autre entreprise dans le secteur de la location de voiture. Zipcar équivalent d’Autolib en France, permet à des particuliers de louer des voitures dans la rue.

Elle n’a pourtant pas toujours été dans ce secteur. Après un MBA empoché au Wellesley College et une école de management, elle travaillait dans le domaine de la santé publique.

« J’étais mère de trois enfants et j’étais consultante. »

Elle se met à réfléchir de plus en plus aux transports.

« J’ai compris que c’était le sens du monde. Toutes nos opportunités de travail, d’éducation tournent autour de cette question : “Où est ce qu’on peut y aller et comment y aller ?” Aux Etats-Unis, comme il y a moins de transports publics, si on n’a pas de voiture, souvent on ne peut pas aller à son travail, à l’université. »

Elle dit qu’elle pensait à l’idée de la location de voitures entre particuliers depuis une bonne dizaine d’années.

« On me demandait : “Pourquoi vous ne mettez pas des voitures en bas de chez moi, dans mon université ?” Mais pour moi, il était important de ne mettre des voitures que là où j’étais sûre d’avoir un retour sur investissement. »

Après une étude de marché, elle a estimé que la France était le meilleur pays pour lancer Buzzcar.

« Pour moi les Français étaient plus mûrs que les Américains. La France est plus proche de la mobilité du futur que les Etats-Unis. Les Français sont moins dépendants à la voiture que les Américains. Et ils avaient déjà des systèmes comme le Velib qui fonctionnaient bien. »

  • Des convictions ?

Elle se dit écolo convaincue mais dit en riant qu’elle est « une hypocrite ».

« Je prends beaucoup l’avion donc mon empreinte carbone est importante mais chez moi je suis une écolo très efficace, j’essaye de diminuer le plus possible ma consommation. On a des panneaux solaires, je marche beaucoup pour mes déplacements. »

Les chiffres de Buzzcar
Buzzcar revendique plus de 58 000 utilisateurs qui partagent 7 000 voitures.

Comme Paulin Dementhon, Vincent Saint Martin et Kerian Connoly, elle n’a pas de voiture.

« Mon transport préféré c’est le vélo, puis la marche, puis le métro et enfin la voiture mais je l’utilise très peu. [...] Tout le monde sait que la voiture possédée par un individu n’est pas le futur. Point final. »

Enfin elle propose la version américaine du « je pourrais voter à droite comme à gauche. »

« Je suis pour ceux qui vont changer les choses le plus vite. Je pourrais voter démocrate ou républicain. Oui, vraiment. »

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 12:19

 

Rue89

 

Sandwich Kropotkine 21/07/2013 à 13h50
Dans une boulangerie anarchiste : « Il y a toujours des enjeux de pouvoir »
Paul Conge | Journaliste

 

C’est bien connu, l’anarchie, c’est l’ordre sans pouvoir. Du moins, en théorie. Les mitrons de La Conquête du pain, une petite boulangerie « bio et autogérée » à Montreuil (Seine-Saint-Denis), pétrissent leurs miches depuis quelques années en s’attachant à appliquer les préceptes anarchistes.

« On fonctionne du feu de Dieu ! » assure Thomas, à vif derrière sa cuve de pétrissage. Nous sommes descendus au sous-sol par une échelle bancale. L’endroit, vétuste, plongé dans le vacarme des fourneaux et des cuves, est étouffé sous une chape de plomb de 35 degrés.

 


Pierre et Florence, derrière les fourneaux de la Conquête du pain (Paul Conge/Rue89)

 

Cofondée en 2010 par deux militants anars de No Pasaran, de veine antifasciste, et « deux non-militants qui avaient une vision plus entrepreneuriale », la boulangerie turbine aujourd’hui à l’aide de huit employés, ravis de matérialiser les théories libertaires.

La plupart proviennent de milieux militants d’ultragauche : mouvements altermondialistes, fédération anarchiste, autonomes radicaux... « Beaucoup se revendiquent communistes-libertaires sans savoir ce qu’est », ironise Thomas, la bouche obstruée par un masque à poussière.

Rien ne prédisposait vraiment Thomas au travail du pain. C’est la nature du projet qui l’a emballé :

« Je ne voulais pas du tout devenir boulanger, j’avais un DEA en génie mécanique. On aurait monté un magasin de chaussures anarchiste, j’aurais suivi... »

Menus « bolchevique » et « communard »

Sandwiches « Marx » (jambon blanc, emmental) et « Kropotkine » (crème de poivron, saucisson, roquette), menus « bolchevique » et « communard » : ils distillent leur griffe anarcho-communiste jusque dans les intitulés de la boutique.

Soucieux de conserver des tarifs faibles – 1 euro la baguette « préhistorique » ou « baobab », fabrication maison –, ils se fendent même d’un « tarif de crise » (réduction de 25% sur les baguettes, et 10% sur les spécialités) pour ceux qui souffrent de problèmes financiers. Sur simple demande : « On ne réclame pas de justification », précise Thomas.

Leur attachante initiative a été abondamment médiatisée (Le Parisien, Arte, BFM-TV), au point d’être classée au rang des « utopies concrètes ». « Un peu comme pour tous les projets autogérés », s’amuse Thomas.

 


Le tableaux des sandwichs, dont les noms sont inspirés par la littérature communiste et libertaire (Paul Conge/Rue89)

 

Si le projet inspire la sympathie, la mise en pratique de l’autogestion reste, malgré la bonne volonté ambiante, encore à l’état d’ébauche. « Ce n’est pas de la vraie autogestion », commente Florence, affublée de son T-shit « AntiFlag » :

                                                                                                                                                                                                                             1 L’autorité irréductible

« Il y a toujours des enjeux de pouvoir »

 

A La Conquête du pain, personne n’a, théoriquement, de pouvoir sur personne. Au fond, l’autorité est refusée en bloc par les tenants de l’anarchie. Pas de doute sur leurs intentions : « On essaie de fonctionner de façon horizontale », dit Florence.

Ils reconnaissent ne pas tous être sur un exact pied d’égalité :

« On écoute d’abord ceux qui ont le savoir-faire. Si Pierre [un des cofondateurs, boulanger de profession, ndlr] dit qu’il faut pétrir de cette façon, on ne va pas le contredire. »

Ils réactivent, finalement, une vieille relation entre savoir et constitution d’un pouvoir. Certains invariants semblent à l’épreuve des expériences alternatives.

Florence termine, un peu désabusée, sur un postulat indéboulonnable :

« Quelle que soit l’entreprise, il y a toujours des enjeux de pouvoir. »

                                                                                                                                                                                                                             2 Eviter la division du travail, tant qu’on peut...

« Les tableaux de comptabilité, j’y pige rien »

 

Dans l’idéal, les entreprises anarchistes se passent de la spécialisation des tâches. Nul n’est censé être irremplaçable, car la compétence génère les privilèges.

Thomas : « Il faut une capacité à la rotation, pour éviter les nœuds d’étranglement. » Toutefois, la promesse est difficilement tenable. L’équipe divise le travail en quatre secteurs : logistique, ventes, livraisons et production. Et chacun a ses chasses gardées, à l’image des entreprises ordinaires. Pierre, cofondateur, est en charge des lourdes questions administratives. Que personne ne lui envie :

« L’administratif fait chier tout le monde, on n’a pas assez d’expérience, on essaie de se le répartir comme on peut... Et les tableaux de comptabilité, par exemple, j’y pige rien. »

Tout bien pesé, les possibilités concrètes de rotation sont, ils ne le cachent pas, assez réduites. « Le roulement imposerait de former tout le monde. Je pourrais remplacer Pierre pour le four mais pas pour la pâte. » Il est des maillons sans lesquels la boutique ne peut pas tourner.

                                                                                                                                                                                                                             3 L’impasse du capital

« On est dans tellement de contradictions... »

 

Pas supposés peser dans les décisions, les moyens de productions jugulent aussi leurs ambitions : « On est dans tellement de contradictions. On ne possède pas le capital, on a contracté un prêt de 250 000 euros », confesse Thomas. Propriété sans laquelle il est difficile de s’ostraciser des influences extérieures.

Leurs locaux souffrent de grandes imperfections. Florence : « On a plein de bonnes surprises, les plombs qui sautent, l’eau qui coule du plafond, un jour un four a pété... » Bilan de ce dernier épisode : 32 000 euros, en (petite) partie financé grâce aux souscriptions :

« Les gens nous envoyaient des sous avec des petits mots, on a récolté 10 000 euros. »

Ils ont été contraints de verser « dans le productivisme à mort », confie Thomas. « On a des conditions de travail de fou. »

Ils revoient aussi leurs exigences « bio » à la baisse : « La farine, les graines sont clairement bio, mais le beurre et les œufs, non, ça augmente les coûts matière de façon conséquente », certifie Thomas.

 


La boutique de La Conquête du pain (Paul Conge/Rue89)

 

L’autogestion à petits pas

Ils s’en doutaient un peu : l’idéal politique n’est pas au rendez-vous. « L’autogestion, c’est un processus », reconnaît Florence. La tête sur les épaules, ils ne pêchent pas par excès d’idéalisme.

Tout de même, ils ont taillé un système de démocratie directe, et transparente, à leur image : « On essaie d’être cohérents avec nos engagements. On prend toutes les décisions collectivement, en cherchant le consensus. » Salaires, primes, orientations, grands et petits changements : tout y passe.

Une semaine sur deux, ils tiennent une assemblée générale de deux heures, visant à « raconter tout ce qu’on fait, et à examiner les points sur lesquels on n’est pas efficaces », résume Thomas.

Les désaccords sont rares mais « il peut parfois y avoir un vote, lorsqu’on est en présence de positions vraiment tranchées... Dans ce cas, on a un consensus mou ».

Autogestion en demi-teinte, certes. Mais ils peuvent se targuer d’un succès assez solide : « On engrange un bénéfice important qui nous permet de rembourser nos dettes », commente Thomas. Entre 200 et 300 clients défilent chaque jour dans la boulangerie. « 231 pour le 5 juillet ! » affirme-t-il après avoir consulté son ticket Z.

Le tout leur permet de pérenniser leurs activités.

« Les gens gardent en tête qu’on est une boulangerie anar et qu’on fait du bon pain. »

L’essentiel est par là.

 

 

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 21:39

 

 

 

Midi Libre

 15/07/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 15/07/2013, 09 h 04

Deux mécanos sont d'ores et déjà à l'ouvrage dans le garage.
Deux mécanos sont d'ores et déjà à l'ouvrage dans le garage.

Destiné à une clientèle en situation de précarité, l'établissement offre la possibilité de sérieuses économies pour les réparations.

Philippe Blondino vient de voir concrétiser, après 9 mois de travail, un projet de garage associatif appelé aussi garage solidaire gardois. En effet, après consultation des autres garages vauverdois, il a présenté son projet en mairie et vient depuis une semaine d’ouvrir, dans les locaux des transports Munster, qu’il partage en zone industrielle, un garage pas tout à fait ordinaire.

Pour des clients en difficulté

En effet la clientèle de ces garages solidaires, en situation de précarité, n’a pas les moyens de se rendre dans un garage normal. Leur système économique repose en partie sur les aides des collectivités et de l’État.

Des prestations bien moins chères

Grâce également à leurs fournisseurs qui leur font bénéficier de pièces à moindre coût et le paiement qui peut être étalé, l’économie peut aller jusqu’à moins 40 %. Les personnes ont également la possibilité d'effectuer leurs réparations elles-mêmes, en louant le matériel du garage. "Les voitures qui sortent, sont tout de même contrôlées par notre chef d’atelier", dit le gérant.

Des mécanos en contrats aidés

C’est le premier établissement du Languedoc-Roussillon à avoir signé une convention avec les services sociaux, a pu ainsi embaucher deux mécanos Jean-Luc Pingot et Aldo Vadecard, grâce à des contrats aidés.

Ce n’est pas tout, puisque ce garage solidaire gardois vient de se voir décerner le 1er prix de la création d’entreprise de l’économie solidaire par les boutiques de gestion du Languedoc-Roussillon. Si cette formule s'avère pérenne, Philippe Blondino envisage de recruter plusieurs autres personnes, notamment pour l’accueil et le secrétariat.

# Plus d’infos sur le garage solidaire de Vauvert : 04 66 80 99 17.

 


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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 15:53

 

Rue89

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 15/07/2013 à 10h19

 

 

 


Le bus 56 (Le Yéti)

Ouf ! Voilà l’été, le temps de laisser un peu tomber les marasmes du monde, de se préoccuper des siens. Et des gens d’à côté. Les gens d’à côté vivent en marge du monde en plein marasme, tentent de s’organiser, de gré ou contraints, mais résolus. Les gens d’à côté sont des gens sympas. Fred et Alan, à bord du bus 56, sont de ceux-là.

Avec leurs économies (10 000 euros, plus un prêt familial équivalent et un autre de leur banque), Fred et Alan ont acheté en 2009 un vieux bus recyclé de la RATP, de marque Renault à plateforme, sorti des usines de Lyon en 88. L’ont repeint en orange, réaménagé moitié en cuisine, moitié en salle de snack, augmenté d’une terrasse extérieure les beaux jours, rebaptisé le bus 56 (56 comme le département du Morbihan).

L’été, le bus 56 est installé au bout du monde face aux îles de Hoëdic et de Houat, qui masquent à peine, derrière, celle de Belle-Ile-en-Mer, nimbée d’un halo pâle sous le soleil. Tous les soirs, le vieux bus ramène son petit monde au bercail. Ou va s’installer ailleurs.

Fred (Frédérique Walthert, 30 ans) a un bac S, plus un Bafa (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) au cas où. Alan (Alan Fouet, 38 ans), un vague BTS d’action commerciale inachevé (amicale pression parentale, Alan voulait être artiste de cirque) et un DEAT (Diplôme européen d’animation touristique) passé avec succès au cas où.

Echapper au circuit infernal

 


Fred (Alice Tillet)

Pour le reste, ces deux-là, il suffit de les écouter parler. Vous leur donnez la parole, plus rien ne les arrête. Fred :

« On revendique l’appellation “électrons libres”. On ne voulait pas se couler dans les cases. On voulait choisir les nôtres.

Pas de revenu les trois premières années, juste les allocs, les aides sociales [Fred et Alan ont trois enfants, ndlr] et des remboursements de prêts. Aujourd’hui, un salaire pour deux à peine plus élevé que le smic.

On n’a pas de gros besoins. Volontairement. On a décidé de vivre avec le minimum. Pas de coiffeurs, on s’habille et on s’équipe chez Emmaüs, nos bagnoles sont des rescapées de la casse. On ne rentre pas dans le circuit infernal de la surconsommation qui déstabilise les gens quand ils en sont privés.

La crise ? Elle existe bien sûr, les gens qui vont aux Restos du cœur, qui ne peuvent pas payer leurs loyers... Nous, on reconnaît avoir un avantage. Nous savons que nous pouvons compter sur nos familles en cas de pépin. Nous ne nous en vantons pas, nous souhaitons juste la même chose aux autres.

Mais nous tenons à rester autonomes et indépendants. Pour l’instant, nous y parvenons. Notre démarche n’a rien d’un choix politique. Juste une envie de vivre comme on a envie. On ne travaille pas pour gagner de l’argent, mais pour le plaisir, le nôtre et celui qu’on fait partager. Ça n’est pas pour rien que le bus 56 est connu et que les gens reviennent.

Et puis on crée des emplois ! Pendant “la saison”, Brune, Lisa, Romain et Mathieu nous accompagnent.

L’avenir, la retraite... Bof, on retombera toujours sur nos pieds. De toute façon, la retraite, c’est mort. On s’userait prématurément à ne penser qu’à ça. »

Le mystère des plates

Les rêves de Fred et Alan sont à courte échéance. Fred évacue les siens d’une boutade :

« Vivre en slip avec des cocotiers à profusion et une petite épicerie à portée pour les besoins quotidiens. »


Alan (Le Yéti)

Alan, lui, rêve de faire un livre sur les plates, ces barques traditionnelles à fond plat en bois du Golfe du Morbihan :

« Il n’y a plus que les vieux qui en possèdent. Je voudrais retrouver les survivants, les prendre en photo avec leur embarcation. En légende, une phrase où chacun dirait ce que sa plate représente à ses yeux. Le livre s’intitulerait “Ma plate et moi”. »

Pourquoi les plates ?

« Parce que... les objets anciens... si chargés d’histoire... il y a quelque chose... quelque chose... de perdu. »

Alan peine à conclure. Les plates sont des embarcations aux lignes épurées dont émanent une sorte de lente sérénité, une promesse d’évasion à taille humaine, un rêve envolé. Alan eut la sienne autrefois.

Mais non, rien n’est perdu. Sait-il, Alan, que d’autres, comme l’architecte naval François Vivier, continuent d’essayer d’en perpétuer le souvenir ? Eh oui, cher lecteur, c’est comme ça, il est des rêves très simples aux ramifications affectives bien complexes.

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 17:12

 

 

Romandie.com

 

 


STRASBOURG (Bas-Rhin) - La ville de Strasbourg (Bas-Rhin) accueillera en 2015 une tour de 66 logements à énergie positive, le plus grand projet d'habitat du genre dans le monde, selon son promoteur, la société française Elithis qui l'a dévoilé vendredi. Un immeuble à énergie positive produit davantage d'énergie qu'il n'en consomme. Haute de 50 mètres, la future tour produira l'équivalent de 100 kWh par mètre carré et par an grâce à des panneaux photovoltaïques, pour une consommation normale légèrement moindre, de l'ordre de 97 kWh/m2, a exposé Thierry Bièvre, PDG d'Elithis, au cours d'un point de presse. Cette consommation comprend non seulement les besoins individuels de chauffage, d'électricité, de ventilation et d'eau chaude sanitaire pour une température intérieure confortable de 21 degrés, mais aussi l'énergie utilisée pour les parties communes (ascenseurs, éclairage...) et pour faire fonctionner les appareils domestiques, comme le réfrigérateur, le lave-linge ou la télévision, a précisé M. Bièvre. Cette prise en compte globale fait du projet une innovation mondiale, au même titre que sa taille, a souligné le dirigeant. Les projets connus d'habitat en énergie positive sont plus petits, de l'ordre de 15 à 20 logements, selon M. Bièvre. L'écart entre production et consommation pourra grandir si les habitants se montrent particulièrement économes en énergie, a-t-il ajouté. Pour réussir, l'énergie positive a besoin des habitants, a confirmé Anouk Legendre, dirigeante du cabinet d'architecture français XTU, retenu pour la conception de la tour. Le projet ne coûtera pas plus cher à construire qu'un bâtiment normal, a déclaré M. Bièvre, sans préciser le montant des travaux qui est en cours d'évaluation, a-t-il dit. Ce projet audacieux et innovateur permet à Strasbourg d'être un explorateur de champs nouveaux en urbanisme, s'est félicité Roland Ries, sénateur-maire de la capitale alsacienne, au cours du point de presse. La tour dont la construction débutera en 2014, prendra place dans l'écoquartier Danube, lui-même composante du projet urbain Deux-Rives qui vise à créer un nouveau quartier de 9.000 logements et 8.500 emplois jusqu'au Rhin et un peu au-delà dans la commune allemande riveraine de Kehl. Elithis, une société d'ingénierie dans le bâtiment employant 180 salariés, a déjà réalisé une tour de bureaux à énergie positive à Dijon (Côte-d'Or), où elle a son siège.


(©AFP / 12 juillet 2013 18h15)

 

 

 

 

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 16:29

 

 

lamontagne.fr

  Auvergne > Clermont-Ferrand 11/07/13 - 08h05


 

 

Crédit photo : Camille André.

Crédit photo : Camille André.

Et si entre voisins, on partageait de la musique, des fichiers, et si on chattait, sans passer par Internet ? C’est le principe de la « pirate box » que le groupe des Indignés du 63 développe à Clermont-Ferrand.

Le principe de la "pirate box" a été inventé aux Etats-Unis en 2011, par David Darts, professeur de technologie à l'Université de New York. Christopher Mendes, lui, est alors élève au lycée Roger-Claustres à Clermont-Ferrand. Il importe à son tour dans son internat ce boîtier wifi portatif, pour en faire profiter ses camarades. 

Depuis le 13 avril dernier, avec le concours de l’informaticien Scott Marlin, comme lui membre des Indignés du 63, Christopher veut désormais développer les "pirate box" à Clermont-Ferrand. Il les renomme "share box", "parce que ce nom fait bien moins peur aux gens". Trois mois après, six "share box" sont ainsi en fonctionnement dans la ville. L'objectif de ces Indignés est que ces petites boîtes soient toujours plus nombreuses, pour qu’un maximum de personnes puissent y avoir accès sans passer par Internet, surveillé, entre autres, par Prism.

Comment ça marche ? 
Une pirate box peut se confectionner simplement, pour un coût d’environ 70 euros. Il suffit d’acheter une batterie, un petit routeur et d’y brancher un dispositif de stockage comme une clé USB. Il faut ensuite remplacer le logiciel existant sur le routeur et y installer le logiciel "open wrt", téléchargeable gratuitement sur Internet. Durée de l'opération : une heure maximum. "C'est ce qui s'appelle le "hacking", résume Scott Marlin,"c'est-à-dire détourner un objet de sa fonction première".
Tout appareil qui peut se connecter en wifi (ordinateur, tablette, téléphone etc.) pourra se connecter sans fil au routeur, et donc avoir accès aux fichiers contenus dans la clé USB. Il pourra télécharger ces fichiers, et en déposer d’autres. 
La portée de ces petits routeurs est de 70 mètres, jusqu’à 120 mètres s’ils sont assortis d’une antenne. Mieux : en récupérant une box « de marque » la portée peut atteindre 300 mètres. Tous les appareils connectés au routeur se retrouvent en réseau même si aucun n’a de connexion à Internet. Mais si l’un d’eux en a une, il peut la partager avec ses confrères. 

A quoi ça sert ? 
Le but ultime est de créer un réseau qui concurrence le web, et qui par conséquent, soit une alternative à la surveillance et au fichage des internautes, aux publicités ciblées etc. Même si la police mettait la main sur la share box, il lui serait impossible de savoir qui l’a utilisée. De plus, c’est une façon de protester contre les abonnements à Internet que les Indignés du 63 estiment « trop chers ». 
Mais le but premier reste de créer un Internet local : pour se tenir informé des événements du quartier par exemple, pour discuter avec ses voisins. "Je vois le côté militant de ce dispositif", ajoute Scott Marlin, "quand on est dans des manifestations, des réunions, des forums, on peut envoyer des informations sans passer par des réseaux officiels." L’utilité d’une pirate box est encore plus évidente dans les pays en guerre, pour ceux qui connaissent la censure ou qui ont très peu accès à Internet.
Des "pirate box" ont aussi vu le jour à Paris, Bordeaux et Toulouse.
Est-ce légal ? 
Oui, tant que les internautes partagent uniquement de l’information, des paroles, et des données libres de droits. 
Pour créer votre "pirate box" ou savoir où capter les "pirate box" existantes à Clermont-Ferrand, contactez Christopher Mendes au 06.44.09.06.14 pour qu'il vous explique ou consultez la page Facebook.

Alice Chevrier avec Camille André


    
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:01

 

humanite-biodiversite.fr

 

 
Olivette

 

« On a décidé de cultiver une oliveraie abandonnée »

Un collectif de jeunes montpelliérains a décidé de récolter les fruits non récoltés sur l'espace public. Ils ont repéré une oliveraie abandonnée et conclu un prêt usage avec le propriétaire de la parcelle. Depuis, des chantiers de taille et de récolte s'organisent, permettant aux personnes investies d'être quasi autonomes en huile d'olive et de prendre soin du coin de nature aux frontières de la ville. 

Décembre 2011, les oliviers croulent sous le poids des olives: une année exceptionnelle! 3 amis décident de repérer les zones où les oliviers semblent abandonnés et éviter un immense gâchis. Très vite l'information circulent dans les réseaux amicaux de chacun et une quarantaine de personnes récoltent les oliviers des facultés, des cités U et un hectare d'une oliveraie en zone péri-urbaine. 

Un collectif se forme et souhaite aller au-delà de la simple récolte. Il contacte le propriétaire de l'oliveraie qui leur propose de contracter un contrat de prêt usage, autorisant le groupe à entretenir les lieux et récolter les fruits sans contrepartie. 

Depuis deux ans, des chantiers de taille, débroussaillage et récolte s'organisent, redonnant un nouveau souffle à ce havre de paix aux portes de la ville. L'oliveraie ou "olivette" telle qu'elle est dénommée est autogérée, sa gestion décidée en réunion collective et l'huile distribuée équitablement en fonction du temps de travail investi. 

 

 

 

 

 

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 21:00

 

Rue89

Publié le 07.07.2013, 13h16

 

 

L'économie du partage, consistant pour les particuliers à échanger des services sans intermédiaires, viendra à bout de la société de consommation dans sa forme actuelle, estime Rachel Botsman, spécialiste du sujet.
L'économie du partage, consistant pour les particuliers à échanger des services sans intermédiaires, viendra à bout de la société de consommation dans sa forme actuelle, estime Rachel Botsman, spécialiste du sujet. | Mehdi Fedouach

L'économie du partage, consistant pour les particuliers à échanger des services sans intermédiaires, viendra à bout de la société de dans sa forme actuelle, une révolution se chiffrant déjà en milliards qui ne tuera cependant pas le capitalisme, estime Rachel Botsman, spécialiste du sujet.
L'économie "collaborative", dont les exemples les plus connus sont en les Amap, les sites d'échange d'appartements, la location de voitures entre particuliers, les prêts entre individus passant outre le système bancaire, "représente déjà des milliards de dollars" au niveau mondial, déclare Rachel Botsman, auteur de "What's mine is yours, How Collaborative Consumption Is Changing The Way We Live" (Ce qui est à moi est à toi, ou comment l'économie collaborative va changer notre mode de vie).

Ainsi, le de prêts représenterait déjà deux milliards. Airbnb, mettant en relation des particuliers pour louer leurs habitations pour quelques jours et ne prélevant que des frais de transaction, a permis la location de 4 millions de nuitées en 2013 contre 3 millions en 2012, au grand dam des hôteliers, note la spécialiste invitée jeudi à Bordeaux pour un forum sur ce sujet.
"C'est la fin du consommateur comme on l'entendait. D'ici dix ans il sera mort", assure-t-elle à l'AFP. Le consommateur ne se définira plus comme tel, mais comme "membre d'une communauté", ajoute cette anglaise issue du monde du marketing et de la publicité, fondatrice d'un cabinet de conseil spécialisé dans l'économie collaborative, qui considère que la crise de 2009 a entraîné un questionnement profond de la société de consommation.
La technologie a désormais permis de mettre en relation les individus sans intermédiaires et comme en matière de circulation de l'information, internet défie les "monopoles" et entraîne un changement profond des relations entre producteur et consommateur, avec une économie "plus distribuée, moins centralisée, des marchés de niche et de réseaux (...) permettant aux individus de se sentir plus "capables".
Elle permet en plus de "monétiser" des actifs qui jusque-là ne l'étaient pas: "Des voitures mais aussi de l'espace physique ou l'expertise qui étaient jusque-là sous-utilisés".

Une croissance à trois chiffres

Avant, "les maisons dans les arbres n'avaient pas de marché", maintenant on peut les louer sur Internet, plaisante-t-elle. De même, certains louent leur temps à d'autres pour faire des démarches administratives pour eux, un marché inexistant avant. Idem pour les "places vides dans des voitures", les minutes non utilisées des forfaits de téléphone portable, l'échange de savoirs en ligne.
Le secteur, insiste-t-elle, connaît une "croissance à trois chiffres", note-t-elle.
Cette économie-là entraînera-t-elle des pertes d'emploi dans l'industrie manufacturière, alors qu'elle encourage la ré-utilisation d'objets plutôt que la consommation à outrance?
Pas forcément, répond-t-elle en soulignant que l'échange de musique en ligne avait ainsi fait craindre l'effondrement de l'industrie musicale et s'est finalement traduit par "l'apparition de nouvelles sources de revenus". "On est bien passé de la télévision, à Youtube, des journaux aux blogs", dit-elle, sans cependant nier que dans un premier temps, "les industries manufacturières vont beaucoup souffrir" et devront évoluer vers un "modèle de service" et non de production.
Ainsi, certaines chaînes de magasins de bricolage offrent de plus en plus de services aux particuliers allant au-delà de la vente. "Ils vous apprennent à faire les choses vous-même plutôt que de juste vendre un produit décapant".
Pour autant, l'altruisme ne devrait pas l'emporter. "Nous irons au-delà de l'argent, avec des systèmes très sophistiqués de troc". Il y aura une "démocratisation" de la finance, avec des prêts entre particuliers, mais demeure par ailleurs une "tension entre l'individualisme et le bien collectif" et une résistance des acteurs en place, qui tenteront de récupérer ces business à leur profit.
"Vous aurez toujours les monopoles et les conglomérats mais la marge, la niche, le marché de réseau seront aussi dynamiques que ceux du +centre+", dit-elle. Pour les travailleurs, en revanche, à l'écouter, tout va changer: "Mes enfants auront cinq jobs par semaine et ne penseront plus en terme de travail, mais d'expertise".

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 21:47

 

 

Médiapart - Blog

 

 

Dominique Méda, membre du Collectif Roosevelt 2012 et professeure de sociologie à l'Université Paris Dauphine à donné une conférence intitulée : "Négocier un autre partage du travail. Utopie ou solution au chômage de masse"  à la librairie Résistances à Paris, dans le XVIIème arrondissement. Cette rencontre fut organisée par  un des groupes parisiens Roosevelt 2012.

Dominique Méda commence par un nécessaire rappel historique sur la place du travail  en Grèce. Ce qui unit une société ne se réduit pas à l’échange économique, à la production de biens et de services. En Grèce, ce n’était pas ce qui était favorisé (alors que pour nous c’est le cas !). Ce qui était valorisé, c’était l’implication de chaque citoyen dans la vie politique, familiale, associative…dans la délibération citoyenne sur les conditions de vie communes. 

La valeur travail. Qu’est-ce qu’elle représente aux yeux des français ? Pourquoi être attaché au travail ? Ambivalence du rapport au travail : aspects négatifs et positifs. Les femmes et les jeunes aujourd’hui, porteurs d’une nouvelle éthique du travail.

 

 

© (DR)

 

 Le partage du travail aujourd’hui. Quid de la fameuse croissance et du PIB comme indicateur absolu? Le partage du travail existe mais il est  subi, sauvage… Peut-il être discuté, organisé ? Faut-il plus de croissance pour partager ? Y a-t-l un lien entre croissance et emploi ? Et si ce n’était pas forcément bon que la croissance revienne ? Interrogation sur le PIB comme indicateur de richesses : il ne prend en compte que les activités de productions rémunérées, il ne tient pas compte des inégalités de la population, la comptabilité n’est pas patrimoniale (destruction par ex. du capital qu’est la nature, l’environnement, mais aussi l’humain : le salarié pressuré !) (« Le PIB est un indicateur pervers qui nous mène droit dans le mur » Joseph Stiglitz). Il faut donc mettre en place d’autres indicateurs que La Croissance !

 

 

© (DR)

 

 Quels indicateurs ?Des indicateurs braqués sur ce qui compte pour les gens  et qui prennent en compte :

1) Ne pas détruire ce qui nous fait exister et donc surveiller l’évolution du patrimoine naturel (l’air, l’eau, le climat…) ;

2) Conserver une société bien liée (problèmes d’inégalité, accès à l’emploi…)

Il faut donc oublier cette Croissance dont on nous parle tous les jours, et la repenser autrement. Par ex. en prenant en compte de l’amélioration thermique des bâtiments, le développement de transports en commun… Ce qui veut dire conversion écologique, synonyme de créations d’emplois.

 

 

© (DR)

 

Retour sur les 35 heures. Des lois Robien aux deux lois Aubry. La France serait devenue paresseuse ! Tous les grands pays, depuis 60 ans, ont réduit leur temps de travail, mais selon des modalités différentes. Aux Pays Bas, 47% des gens travaillent à temps partiels choisis ou subis. La France en a beaucoup moins, car on a réduit la norme de travail à temps complet en passant de 39h à 35h. Cà a permis de déprécariser des temps partiels, et donc c’était plus égalitaire, à la différence de l’Allemagne où l’écart va de 70h à quelques heures par semaine !

Malheureusement cette réduction du temps de travail a été arrêtée de deux façons. Il y a eu la loi Aubry 1 : les entreprises étaient aidées pour réduire le temps de travail (des ouvriers, pas des machines), à décompte du temps de travail identique (ne pas sucrer des pauses) avec obligation de créer des emplois (pour avoir la subvention de l’Etat). Dans la loi Aubry 2, on n’a pas été obligé d’avoir un décompte identique (donc pas vraiment de réduction), ni obligation de créations d’emplois. D’où arrivée de la flexibilité, annualisation du temps de travail, conditions plus mauvaises pour les salariés.

Aujourd’hui, 10,6% de la population active est au chômage ; en 1997 (Loi Aubry 1) on était à 10,8%. En 2001,  on arrive entre 350 et 400000 créations d’emplois liés à la croissance, coup de fouet à la négociation du temps de travail, mais on n’a pas su mettre en place une mécanique prenant en compte les économies faites par les budgets sociaux (indemnisation chômage, réduction des cotisations sociales…). Puis il y a eu le problème de la RTT à l’hôpital par manque de créations d’emplois.
Il n’y a pas eu un vrai bilan de tout cela.
Il faut remettre cette question sur la table, faire un bilan serein et montrer qu’on peut aller plus loin. Il faudrait un « choc du partage » en allant plus loin que les 35h et en prenant en compte la question de l’ingénierie/mécanique des budgets sociaux dont on a parlé, la question de la  formation des chômeurs au moment où on réduit le temps de travail des autres, la question de la participation des revenus du capital… Questions éminemment politiques !

Si on ne fait pas cela, risque de spirale extrêmement grave  (on sait comment le chômage attaque le moral des personnes)

 

 

© (DR)

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