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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 14:41

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Recyclage

Quand les mégots deviennent une nouvelle matière première

par

 

 

 

La capitale a déclaré la guerre aux mégots, et communique allègrement sur ces 350 tonnes de déchets générés par les fumeurs, qu’il faut ramasser chaque année. Les résidus de cigarettes, quand ils ne finissent pas dans les stations d’épuration, partent à l’incinérateur. Une alternative existe pourtant : ils peuvent être collectés pour être recyclés et valorisés. Problème : aucune usine de transformation des filtres en plastique n’existe encore en France.

Le mégot n’est pas gros mais pollue beaucoup. Jusqu’à 15 ans et 500 litres d’eau sont nécessaires pour faire disparaître dans la nature ces 200 milligrammes de résidus. Le petit bout de cibiche que le fumeur jette avec insouciance, multiplié par des millions d’ultimes bouffées, aboutit à travers le monde chaque année, à 2,3 millions de tonnes d’un mélange de papier, de tabac, de nicotine, de phénols, de métaux lourds et de filtres. Cette pollution devient la bête noire des grandes villes, comme à Paris, dont la mairie assure ramasser 350 tonnes de mégots par an sur la voirie.

Collectés dans les égouts ou ramassés dans les caniveaux, les mégots jetés en villes finissent généralement dans une dernière incandescence, brûlés dans un incinérateur. Il est pourtant possible de recycler leurs filtres, car ils sont formés d’un composé fibreux : l’acétate de cellulose. Une fois les mégots broyés, les éléments se séparent. Le tabac, les cendres – et leurs composés chimiques – et le papier partent au compostage. Les fibres du filtre, un peu comme du coton, sont récupérées et fondues en billes, avant d’entrer dans la composition de plaques de plastiques revendues pour le bâtiment.

 
Recyclage de mégots : une filière pas encore locale

Pour le moment, seule une usine, située en Lozère, procède au compactage et au stockage de ces déchets de fumeurs. Elle appartient à TerraCycle, une entreprise transnationale de recyclage et de compostage, fondée aux États-Unis en 2001. La cellulose des filtres est ensuite expédiée vers l’unique usine d’Europe qui les transforme, au Royaume-Uni. Une filière pas très locale : plus d’un millier de kilomètres séparent les deux sites. Mais l’idée fait son chemin. Des entreprises partenaires organisent la collecte des mégots. Eco Action Plus, basée à Brest, propose ainsi un programme "Recy-clope". C’est vers les entreprises tertiaires qu’est menée leur action, afin d’obtenir une masse critique de mégots. Avec l’espoir d’ouvrir une usine de transformation en France sous 5 ans.

TerraCycle vise à la valorisation de tout ce qui n’est pas recyclé habituellement (capsules de machine à expresso, emballage transparent des paquets de cigarettes, plastique des stylos à bille...). Le mégot est devenu l’une de ses matières premières. « Notre souhait est de disparaître, explique Julien Tremblin, responsable marketing de TerraCycle en France, cela voudrait dire qu’il n’y a plus de déchets non recyclables qui polluent tout autour de nous ».

 
140 millions de mégots par an à Paris

Avec 350 tonnes – environ 145 millions – de mégots ramassés par les services de nettoyage de la ville de Paris, sans compter ceux qui se retrouvent dans l’eau des égouts mêlés à l’ensemble des déchets, et ceux que tout un chacun jette dans sa poubelle ordinaire, le recyclage des filtres de cigarettes a de l’avenir. Dès l’automne, le neuvième arrondissement de Paris va reprendre sa croisade anti-mégots, non seulement auprès des usagers, avec une potentielle amende de 68 euros, mais par une multiplication des cendriers collecteurs. Quelques cafés en sont déjà équipés. D’autres commerçants vont être sollicités pour héberger des boîtes de carton destinées au recueil de ces quelques grammes de concentré de pollution.

Peut-être se souviendra-t-on d’une ancienne proposition de loi de février 2013 déposée par des sénateurs écologistes ? Il s’agissait de taxer les cigarettiers à hauteur d’un centime par paquet, ce qui rapporterait 26,5 millions d’euros par an à l’État… de quoi financer le recyclage des mégots. Ou même la ligne téléphonique de soutien pour les fumeurs désirant arrêter, comblant le désir affiché en slogan de Terracycle « d’éliminer la notion de déchet ».

Claire Merrien

Photo : CC Maxime Marais

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 21:31

 

 

  ZAD golfique : St Hilaire Durable fête la courge

 

 Quatre mois après avoir semé des graines de courges pour manifester notre refus de voir disparaître les terres agricoles au profit du projet de golf-immobilier,

St Hilaire Durable leur fait la fête...

 

Dimanche 13 septembre

 

Rendez-vous Salle Louis Benoît

Chemin du stade (à 500 m de la mairie), à Saint Hilaire de Brethmas.

Fléchage et parking assurés

 

Dès 9h - Marché de producteurs bios et locaux sur le parking de la salle Louis Benoît

A 10h -Partez à la découverte de la ZAD: promenade commentée et argumentée 

A midi - Restauration sur place au profit de l'association

menu: soupe de courge, daube aux champignons et pommes vapeur, fromage de chèvre fermier, salade de fruits frais - adultes 10€/enfants 7€ -

réservez votre/vos repas si possible avant le 8 au soir à

st.hilaire.durable@orange.fr ou téléphone : 06 62 02 35 51

 

ou pique-nique à partager

 

Après-midi

Echanges et discussions ouvertes à tous,

prises de paroles et débats

 

Réchauffement climatiques et enjeux agricoles avec Alain Dordé (ex-président de l'association "Les Amis de la Terre")

 

Luttes pour l’accès à la terre et contre les grands projets inutiles, comment faire pour arrêter ce projet ? Quel soutien apporter à l'agriculture paysanne sur la zone ? Jusqu'où sommes nous prêts à aller ?

avec des membres du réseau "Reclaim the fields"

 

A lire : La Gazette de l...lfique n° 3.pdf

 

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 14:37

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Travailler moins, mieux, tous

Réduire le temps de travail : personne n’a encore fait mieux pour combattre le chômage

par

 

 

 

 

A en croire Emmanuel Macron et les grands patrons, les 35 heures seraient devenues le handicap économique absolu. Or, aucun dispositif n’a contribué à créer autant d’emplois. Alors que le chômage et la recherche d’emploi concerne 5,4 millions de personnes, plusieurs syndicats, collectifs et élus appellent à relancer le débat autour du partage du temps de travail et de ses revenus, en abordant aussi les problèmes que cela pose auprès des salariés. D’autant qu’en France les salariés travaillent davantage qu’en Scandinavie et en Allemagne. Un débat indispensable si l’on veut vraiment faire de la lutte contre le chômage et les inégalités une priorité.

Emmanuel Macron n’apprécie pas vraiment les 35 heures. Il l’a encore fait savoir au Medef, fin août : « La gauche a longtemps cru que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C’était des fausses idées », lançait-il au patronat. Voilà qui devait clore une discussion à peine esquissée avant l’été, quand Christiane Taubira faisait part de son « rêve » d’une semaine de travail de 32 heures. Mais, avec 5,4 millions de personnes inscrites à Pôle emploi en France, dont 3,5 millions sans aucune activité [1], n’est-ce pas précisément le moment de relancer le débat sur la répartition du travail ? Quoi qu’en dise le ministre de l’Economie et des Finances, en 40 ans, il n’y a jamais eu autant de création d’emplois que lorsque cette « fausse idée » a été mise en oeuvre. Emmanuel Macron ferait bien de jeter un oeil aux courbes de l’Insee.

C’est en tous cas l’avis de la CGT. À peine élu à la tête de la Confédération, Philippe Martinez affirmait en début d’année son soutien à une nouvelle réduction collective du temps de travail vers une semaine de 32 heures. « La réduction du temps de travail fait partie des éléments qui peuvent recréer de l’emploi, de la croissance, et une dynamique de négociation telle qu’on les a connus au moment des 35 heures, estime Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral à la CGT. Nous pensons aussi que cela peut réduire les inégalités. Car en situation de crise, la réduction du temps de travail est bel et bien utilisée, mais par des temps partiels imposés, des contrats courts et du chômage partiel. Elle est subie pour les salariés et choisie pour les entreprises. Il est temps de remettre ce débat au centre du dialogue social et d’en faire un sujet de négociation. Nous voulons un grand débat public et allons faire des propositions concrètes. Nous visons une loi sur les 32 heures qui serait évidemment économiquement viable et profitable à tous. »

 
35 heures, pacte de responsabilité, emplois d’avenir : quel bilan ?

Assouplies à plusieurs reprises depuis les lois Aubry [2], régulièrement attaquées par le patronat, la droite, et même par une partie du gouvernement [3], les 35 heures ont pourtant à leur actif un bilan positif en termes d’emplois. « Entre 1997 et 2001, le chômage a diminué en France, dans des proportions inédites, en particulier entre 1999 et 2000, après l’entrée en vigueur de la loi Aubry I », souligne la députée socialiste Barbara Romagnan dans son rapport parlementaire [4] sur les 35 heures.

Entre 1997 et 2001, deux millions d’emplois sont créés dans le secteur marchand en France, « un niveau sans précédent depuis les années 1950 », précise le rapport. Les 35 heures ne sont certes pas la seule cause de ces bons chiffres. L’économie française se trouve aussi dans une phase ascendante. Mais selon les conclusions du rapport, la réduction du temps de travail à 35 heures conduit à elle seule à la création de 350 000 emplois. Pour un coût pour les caisses publiques de 12 800 euros par emploi créé. Un coût « à comparer avec l’indemnisation nette moyenne d’un chômeur qui s’élèverait à 12 744 euros par an en 2011 », souligne la députée Barbara Romagnan.

Un bilan à mettre en balance avec les 60 000 euros par emploi créé de la politique d’allègement de charges patronales du récent pacte de responsabilité, censé générer un demi million d’embauches d’ici 2017... (Lire notre article). Quant aux emplois d’avenir, des contrats aidés subventionnés par l’État à hauteur de 75% du Smic pendant trois ans, lancés en 2012, ils ont permis fin 2014 l’embauche de 113 000 jeunes. La grande majorité a été recrutée par le secteur non marchand (associations et collectivités).

 
Partager le travail : un tabou idéologique

Dans ce contexte, la diminution du temps de travail constitue « la politique en faveur de l’emploi la plus efficace et la moins coûteuse qui ait été conduite depuis les années 1970 », concluait la députée dans son rapport, tout en évoquant l’horizon des 32 heures. Un bilan que la CGT n’est pas loin de partager. Pour Mohammed Oussedik, « la réduction du temps de travail n’est pas seulement un objectif sociétal. Les 35 heures ont eu un effet positif sur la création d’emplois. Et, cerise sur le gâteau, cela a permis de créer un élan de dialogue social comme jamais vu auparavant. »

« La lutte contre le chômage devrait être une priorité. La réduction du temps de travail est un point essentiel pour y arriver, explique Barbara Romagnan à Basta !. On peut ne pas être d’accord, mais ce qui me surprend, c’est que presque personne n’en parle ! » déplore l’élue. Un blocage qui profite de certains effets négatifs liés à l’application des 35h. « Pour beaucoup de gens, c’est allé de pair avec un durcissement des cadences de travail. Aujourd’hui, on fait face à un refus d’aborder la question du temps de travail dans le paysage politique et syndical français », témoigne Bruno Lamour, président du Collectif Roosevelt, le mouvement citoyen co-fondé par le fervent défenseur de la semaine de 32 heures, Pierre Larrouturou. Le partage du temps de travail fait partie des quinze propositions du Collectif Roosevelt « pour sortir de la crise et changer de modèle ». « Nous ne disons pas que la réduction du temps de travail est la panacée absolue pour lutter contre le chômage. Mais ne pas du tout l’aborder, c’est affronter un handicap majeur. Il est nécessaire de relancer le débat », juge Bruno Lamour, qui regrette une véritable « barrière idéologique ».

Pourtant, des centaines d’entreprises françaises sont déjà passées aux 32 heures. La possibilité avait été ouverte dès la loi Robien de 1996, adoptée sous un gouvernement… de droite. Elle a ensuite été reprise par les lois Aubry. La mutuelle Macif est l’une de ces entreprises qui est même passée à 31 heures 30. C’était en 2000. « À la fin des années 1990, l’entreprise manquait de personnel. La direction a donc profité des allègements de charges de la loi Aubry pour réduire le temps de travail et embaucher, raconte Frédéric Desrues, délégué du personnel CGT. Avec les nouveaux emplois créés, 6 % de la masse salariale de l’époque, la Macif a lancé de nouvelles plateformes téléphoniques. Mais comme les embauches n’ont pas été faites là où il y avait besoin de personnels supplémentaires, le travail s’est intensifié pour beaucoup d’employés. » Les délégués du personnel critiquent aussi le gel de salaires qui a suivi leur passage à 31 heures 30. Mais ils ne le remettent pas en cause pour autant. Et auront même peut-être à le défendre dans les mois à venir. « La direction veut remettre à plat le statut social de la Macif d’ici janvier 2018. Il se dit qu’elle veut revenir aux 35 heures », rapporte Virginie Demiselle, déléguée du personnel, elle aussi CGT.

 
Les Français travaillent plus que les Allemands ou les Scandinaves

Les entreprises comme la Macif font figure d’exception. Même si les think tanks néolibéraux ou patronaux se plaisent à dire le contraire, le temps de travail effectif moyen de France est loin d’être le plus faible d’Europe. « Les Français travaillent moins que les autres » annonçait en juillet 2014 la fondation néolibérale Ifrap (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) pour présenter une étude du centre d’analyse économique proche du patronat Coe-Rexecode. « La durée de travail effective des salariés à temps complet est de 1661 heures en France, soit 239 heures de moins que les Britanniques, 186 heures de moins que les Allemands et 120 heures de moins que les Italiens », déplorait l’Ifrap. Mais le calcul faisait totalement l’impasse sur les salariés à temps partiel. Qui sont à 80 % des femmes.

Si l’institut Coe-Rexecode avait pris en compte les temps partiels, qui concernent en France près d’un tiers des femmes salariées – et près de la moitié en Allemagne –, il serait arrivé à un temps de travail effectif moyen d’environ 35,6 heures par semaine dans l’Hexagone, contre 35,3 heures en Allemagne, et encore moins en Scandinavie et aux Pays-Bas [5]. Le temps de travail effectif n’est donc pas inférieur à celui des Allemands. Il y est aussi un peu moins inégalitaire, avec une moyenne de 40 heures par semaine pour les hommes et 34 heures pour les femmes, soit six heures d’écart [6]. Chez notre voisin allemand, qui fait tant rêver les conservateurs, cet écart entre hommes et femmes est de neuf heures. Une différence qui se répercute ensuite sur le niveau des retraites.

 
« Sans cela, nous n’aurons plus jamais de plein emploi en Europe »

Le fantasme patronal d’une Allemagne où les 35 heures feraient crier au scandale et à l’aberration économique ne tient pas. La semaine de 35 heures existe aussi outre-Rhin, dans certaines conventions collectives. Et depuis plus longtemps que chez nous. Elle a été adoptée pour les secteurs de la métallurgie et de l’industrie du livre en 1995, soit trois ans avant la première loi Aubry. Le temps de travail légal est aussi de 35 heures dans l’industrie du bois et du plastique, et de 34 heures par semaine dans les Télécoms [7].

Le grand constructeur automobile Volkswagen a même mis en place une semaine de 28,8 heures dès 1993, avant de revenir partiellement sur cette diminution il y a quelques années. Aujourd’hui, le temps de travail chez Volkswagen varie entre 25 et 35 heures par semaine. Une réalité soigneusement oubliée par les tenants ici du « modèle » allemand. Patronat – et éditorialistes – français évitent aussi de se faire l’écho des débats sur le temps de travail qui agitent régulièrement l’Allemagne. L’actuelle ministre (sociale-démocrate) de la Famille a ainsi lancé des discussions sur la mise en place d’une semaine de travail à temps plein de 32 heures pour les jeunes parents, sans perte de salaire.

Plus radical, des dizaines d’économistes allemands ont adressé un lettre ouverte il y a deux ans (Lire notre article) aux décideurs politiques et aux syndicats pour demander une semaine à temps plein à 30 heures. « Sans cela, nous n’aurons plus jamais de plein emploi, ni en Allemagne, ni ailleurs en Europe, explique Heinz-Josef Bontrup, professeur d’économie dans la Ruhr et initiateur de cette lettre ouverte. Or, le chômage de masse, c’est l’instrument de discipline par excellence pour le capital. Nous avons constaté dans nos calculs que l’augmentation de la productivité des dernières décennies en Allemagne n’a pas du tout été utilisée pour réduire le temps de travail. La quasi-totalité des gains est allée au capital. Nous voyons aujourd’hui le résultat : les salaires sont bas, le marché du travail est précarisé. Et ça vaut évidemment pour tous les pays d’Europe. »

 
Semaine de quatre jours ou compte épargne-temps ?

Heinz-Josef Bontrup et ses collègues ont proposé une réduction progressive de 5 % par an pour arriver à une semaine de 30 heures en cinq ans, sans perte de salaire. « Dans un pays riche comme l’Allemagne, évidemment que c’est possible de le financer. Il faudrait juste mieux répartir les revenus, du haut vers le bas, et pas dans l’autre sens comme c’est le cas aujourd’hui. »

Sous quelles formes une nouvelle réduction du temps de travail serait-elle possible dans un pays comme la France ? « Sur les modalités, il y a différentes positions parmi les partisans de la réduction du temps de travail, explique David Feltz, du Collectif Roosevelt. Certains restent sur l’idée de la semaine de quatre jours, financée en grande partie par les cotisations. D’autres misent plus sur la mise en place d’un compte épargne-temps sur toute la vie. »

L’option compte épargne-temps est plutôt défendue par les Verts. « Nous sommes évidemment pour les 35 heures, mais leur mise en application, qui s’est faite par secteur plutôt que par entreprise, a posé des problèmes, surtout pour les très petites entreprises, explique Agnès Michel, responsable de la commission économie à EELV. Pour nous, la question du temps de travail se pose davantage dans une dynamique de lissage au cours de la vie. Nous sommes pour le partage du temps de travail, mais plutôt dans le sens d’une réduction globale tout au long de la vie, pour laisser du temps pour se former, se reconvertir, s’occuper d’un proche, de sa famille, pour récupérer après une maladie. »

 
Qu’en pensent les autres syndicats de salariés ?

« Attention », répond Éric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires : « une répartition du temps de travail tout au long de la vie, cela veut dire qu’il y a des périodes avec un temps de travail élevé. Cela a un effet irréversible sur la santé et sur l’espérance de vie des travailleurs. Pour nous, la réduction du temps de travail a toujours été une revendication forte. Il ne faut pas laisser la droite revenir en arrière sur les 35 heures, et il faut même aller vers les 32 heures, avec le même niveau de salaire. Nous nous réjouissons que la question revienne dans les débats. »

Reste qu’au niveau politique, le petit parti fondé par Pierre Larrouturou, Nouvelle Donne, est le seul à faire d’un nouveau partage du temps de travail un thème central. Dans le paysage syndical, ni la CFDT, qui a pourtant longtemps porté le sujet, ni FO ne souhaitent vraiment s’engager dans cette direction. « Le partage du temps de travail reste un sujet, mais le problème ne se pose pas dans les mêmes termes qu’il y a 20 ans. Le débat aujourd’hui, c’est plus l’évolution du travail, avec le numérique et le télétravail », rapporte Hervé Garnier, secrétaire confédéral de la CFDT. Pour FO, la revendication des 32 heures « n’est pas une priorité », rappelle Jean-Claude Mailly en juillet lors d’une rencontre avec le patronat. Force ouvrière se concentre sur la lutte contre l’austérité.

Les deux organisations ont probablement été échaudées par les difficultés engendrées par les 35 heures pour une partie des salariés, illustrée par les difficultés rencontrées par les personnels soignants à l’hôpital. « On a vendu la réduction du temps de travail avec l’argument d’une amélioration pour les salariés en poste. Et ce n’est pas ce qui s’est produit, analyse David Feltz, du Collectif Roosevelt. Alors que l’enjeu principal est la solidarité avec ceux qui n’ont pas d’emploi. On ne peut plus poser le débat de la même façon qu’au moment des lois Aubry. » C’est pourquoi le collectif Roosevelt préfère aujourd’hui aborder le sujet sous l’angle « de la redistribution du travail et des revenus, indique Bruno Lamour. L’écart entre les rémunérations les plus élevées et les plus basses augmente toujours plus en France. On ne peut pas séparer cette question de celle du temps de travail. »

 
Temps de travail : le modèle Liliane Bettencourt

Le mouvement altermondialiste basque Bizi a de son côté choisi [8] de retourner la question : non pas partir du temps de travail moyen de 35 ou 40 heures par semaine pour le réduire, mais du minimum. Et montrer que nous pourrions travailler seulement… une heure par jour ! La proposition semble provocatrice. Elle vise à repenser notre rapport au travail, à imaginer une société où non seulement les richesses produites seraient mieux réparties, mais où l’on produirait moins, où le travail libre organisé au niveau de petits groupes primerait sur le travail contraint géré au niveau de la société.

Tous les citoyens à partir de 16 ans auraient accès s’ils le veulent – et le peuvent – à cette heure de travail quotidienne, ou à cinq heures par semaine. Un temps de travail qui serait alors plus conciliable avec des études ou une formation, avec la retraite ou la pénibilité physique… « Et comment je serais payé si je ne travaille qu’une heure par jour ? », interroge Bizi. Réponse : « En fait, le revenu de chacun dépend essentiellement de la manière dont la société décide de distribuer une production globale X entre ses membres et non pas du nombre d’heures que chacun a consacrées à cette production. Sinon, bien évidemment, Liliane Bettencourt aurait peu de chances d’être milliardaire. »

Rachel Knaebel

Illustration : CC Alan Cleaver

Notes

[1En juillet. Source.

[2Avec la loi dite Tepa en 2007, puis la loi sur la sécurisation de l’emploi de 2013, qui prévoit la possibilité d’y déroger par un accord d’entreprise ou de branche.

[3Lors de son audition devant la commission d’enquête de l’assemblée nationale l’an dernier, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron, sans remettre en cause de front les bénéfices des 35 heures, jugeait que « les 35 heures ont envoyé un message négatif pour les entreprises étrangères souhaitant investir en France, cette réforme ayant été interprétée comme le signe que ce pays ne voulait plus travailler ».

[4De décembre 2014.

[534,3 heures au Danemark, 34 en Norvège, 31,7 aux Pays-Bas. Source.

[6Source : OCDE.

[7Source : Fondation Hans-Böckler, institut WSI.

[8Dans un livret publié en 2010, et qui reprend en les adaptant les positions du livre Travailler deux heures par jour publié en 1977 par le Collectif Adret.

 

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 16:25

 

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A Aubervilliers, un collectif invente un autre collège

1er septembre 2015 / Marie Astier (Reporterre)
 


 

Une petite révolution est en cours dans l’Education nationale. A Aubervilliers, un collectif d’enseignants imagine un collège différent, dont le fonctionnement serait démocratisé, l’enseignement polytechnique, les décisions collectives... Un rêve dont ils espèrent convaincre l’institution de le concrétiser dans un nouvel établissement en 2017.


Tout a commencé par une grève : en 2010, à Aubervilliers, des suppressions de postes sont annoncées, alors que le nombre d’élèves augmente. Pendant deux mois, les profs des collèges du secteur protestent, se rencontrent, débattent. « On a discuté de l’école, de ce qui n’allait pas, se rappelle Isabelle Darras, professeure de lettres classiques. Puis on a appris que le département votait le budget pour construire un nouveau collège à Aubervilliers. » C’est le déclic : et si cet établissement à naître, dont les plans ne sont même pas encore dessinés, était justement l’occasion de repenser un collège différent ?

Au départ, ils sont quelques profs et un CPE (conseiller principal d’éducation), exerçant tous en zone « difficile ». Ils se réunissent dans un collectif, puis créent l’association pour un collège coopératif et polytechnique à Aubervilliers (A2CPA). Aujourd’hui, ils sont une dizaine de permanents, plus une trentaine de curieux réguliers.

 

 

Ils mettent une contrainte à leur imagination : le collège sera public et respectera la carte scolaire. « On fait un collège pour nos élèves, insiste Vincent Boroli, professeur d’EPS dans le 19e. On a envie d’offrir un service public d’éducation de meilleure qualité, et ce dans une des villes les plus pauvres de France. »

 
L’éducation nationale, usine à élèves ?

Trop d’élèves par classe, manque de moyens, direction parfois autiste. Tous sont insatisfaits des conditions dans lesquelles ils exercent leur métier. « On a plus l’impression d’être dans une logique d’usinage de l’éducation que dans un métier où on prend en compte l’humain. L’éducation nationale est basée sur un modèle très vertical où l’on applique des décisions sans avoir l’impression d’en être les auteurs », dénonce Vincent.

« Aujourd’hui dans le secondaire, les conditions ne sont pas créées pour que les professeurs travaillent en équipe. Or la transmission des savoirs est une affaire collective », observe André Sirota. Ce chercheur et professeur en psychologie à l’université Paris-Ouest, spécialiste de l’éducation, soutient activement le collectif.

Mais attention, avertit Séverine Labarre, professeure de lettres modernes, « on n’a pas pensé les choses en fonction de ce qu’on n’aime pas dans l’éducation nationale, on l’a construit en fonction de ce que l’on voudrait. »

 

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Régulièrement, le collectif organise des ateliers avec la population du quartier du futur collège. Ici un atelier jardin.
 
Révolutionner le collège

Le collectif se réunit toutes les deux semaines. Il fait du « tourisme pédagogique » dans les établissements appliquant des pédagogies alternatives, prend des journées entières pour réfléchir pendant les vacances scolaires.

Peu à peu, le projet se dessine. Emploi du temps, hiérarchie au sein de l’établissement, méthodes de travail en classe ou entre profs, tout est remis à plat.

Il faut d’abord lutter contre l’anonymat dans un établissement programmé pour avoir 600 élèves. L’idée est de le diviser en trois « maisons » de 200 élèves, chacune accueillant tous les niveaux, avec ses salles, ses profs, ses activités.

Il faut aussi démocratiser la vie de l’établissement. Chaque classe tiendra conseil une fois par semaine pendant une heure. Ordre du jour, tour de parole, maître du temps : les enfants dirigent la séance. « C’est un espace pour apprendre à gérer les conflits par la parole, avec un rituel qui permet d’instituer un climat d’écoute », explique Vincent.

 

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Des conseils d’élèves à l’assemblée de classe, le but est de démocratiser le fonctionnement du collège.

Au-dessus, les conseils de maison et de collège fonctionnent sur le même système et intègrent élèves, profs, personnel de l’établissement. Ces heures de concertation sont formalisées dans l’emploi du temps des élèves et des adultes. « On passera plus de temps dans l’établissement, mais moins de temps à brasser de l’air, espère Adeline. Il s’agit de partager le pouvoir. C’est une révolution au collège. »

 
Apprentissage de la citoyenneté

Autre révolution, l’enseignement polytechnique. Au sein de l’établissement, un jardin pédagogique et un atelier vélo sont prévus. Une façon de « décloisonner les matières ». « Dès la sixième, l’élève entre dans un système avec des profs ultra-spécialisés chacun dans leur matière et n’arrive plus à articuler les savoirs, on ne fait plus le lien entre le théorique et le pratique », regrette Vincent Boroli. Ainsi, le projet propose par exemple de mesurer son rythme cardiaque en sport pour faire le lien avec les cours de biologie, ou d’apprendre les surfaces en mathématique à travers le projet de repeindre une salle de classe.

Cette organisation devra permettre un « meilleur apprentissage des savoirs et de la citoyenneté, espère le chercheur André Sirota. Des objectifs souvent affichés dans les discours de l’éducation nationale, mais peu présents dans les faits... »

 
Remettre en cause le système de l’intérieur

Le projet a été plutôt bien accueilli. In extremis, et après accord de l’éducation nationale, le département, qui gère la construction, a invité le collectif à rencontrer les architectes du futur bâtiment. « On a pu obtenir l’organisation du collège en trois escaliers pour les trois maisons, des lavabos dans toutes les salles pour les ateliers, des tables déplaçables, etc. », se félicite Adeline. Ce n’est pas pour autant que leur projet est accepté. Le collège doit officiellement ouvrir ses portes en 2017, il y a le temps, mais le chemin au sein de la hiérarchie éducative est long. L’académie de Seine-Saint-Denis semble plutôt les soutenir. Au-dessus, le rectorat de Créteil demande encore à être convaincu.

Car ce projet de collège qui se veut « différent » est d’autant plus subversif qu’il veut s’intégrer au sein de l’éducation nationale. « Cela remet en cause le système de l’intérieur », note Adeline Besson...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 16:07

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Quand un ancien tri postal devient le refuge des âmes meurtries et des âmes fleuries

2 septembre 2015 / Monique Douillet (Silence)
 


 

L’ancien bâtiment du tri postal, derrière la gare d’Avignon, devrait se transformer en un vaste bâtiment d’accueil pour les personnes en difficultés, mais aussi pour nombre d’activités associatives.


- Avignon, reportage

J’arrive dans la grande cour du centre de tri, située avenue du Blanchissage (derrière la gare centre). En face de moi, une cabane en bois aux murs de paille compressée sert de bureau d’accueil. Sur la porte une affichette : "On cherche Gilbert désespérément". Stéphane et Malek m’accueillent et saisissent mon regard interrogateur, ils m’expliquent : "On n’a pas perdu Gilbert, c’est le titre du film qui passe en boucle à l’intérieur. On a participé au tournage, il a été présenté au festival du film précaire." À l’intérieur c’est une salle de projections ou de réunions, tout en gradins. Je reviendrai voir.

Juste devant la cabane, il y a des jardins surélevés avec quelques plantations de fleurs et de légumes. On dirait que les tuteurs attendent des plants de tomates. A droite, le bâtiment du tri postal entièrement vitré sur trois niveaux... et devant, une suite de préfabriqués. Au rez-de-chaussée de l’immeuble grand ouvert, un spectacle se prépare. La salle modulable est délimitée par des pendrillons. [1] Deux comédiennes attaquent un hymne au tri postal : "Ici les âmes meurtries et les âmes fleuries se croisent."

 

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Visite du bâtiment durant la Journée du patrimoine, octobre 2014.

Nous sommes le 9 avril 2015 et la journée Portes ouvertes démarre tout juste. Cour, jardin, cabane, je tourne un moment sans comprendre comment ça fonctionne. Stéphane me propose de rencontrer Hélène qui va m’expliquer.

 
"Espèce d’espace"

Hélène est une étudiante en architecture qui a choisi d’effectuer ici son stage de fin d’études. Elle vit depuis six mois au sein de l’entreprise, participant à l’animation de jour et de nuit de tout ce qui se trame ici, autant dire entièrement polyvalente et capable de répondre à toutes les questions ! Elle a participé à la construction de la cabane. Le jardin, c’est l’œuvre de l’association Colibris qui s’occupe aussi de la santé. Les bungalows hébergent des personnes en situation précaire, il y en a d’autres ailleurs dans la ville. L’ensemble de ces logements est dénommé : "Villa Médicis".

Aujourd’hui, on fait un pas de plus. Le projet est d’aménager la bâtisse. La maquette et les plans de réhabilitation du tri postal (2 500 m²) ont été confiés à deux associations d’architectes, le Perou (Pôle d’exploration des ressources urbaines) et le Nac (Notre atelier commun) auquel appartient Hélène.

 

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La maquette du Tri postal

Nous visitons, elle m’explique : le rez-de-chaussée mutualisera un espace complémentaire pour l’accueil de nuit, un restau, des douches publiques, un espace soin et bien-être, une école de coiffure, une laverie, une crèche (la cité des bébés accueillera un tiers d’enfants en situation de handicap). Au premier et au second étages se trouveront des bureaux, des salles de répétition, une résidence d’artistes, un atelier de couture. Le tout sera assez souple pour s’adapter aux évolutions en cours car cette "espèce d’espace" n’a pas encore défini ses contours. "Cela se précisera en marchant."

Une question, par exemple, va être soumise à la prochaine assemblée consultative des Rêveurs (collectif de personnes de bonne volonté qui manifestent leur intérêt pour le projet) : "Est-ce que le festival in sera ou non invité dans ces lieux ?" Question assortie d’un préambule : "Attention ! Le Tri doit rester un lieu de co-création et de co-production tourné vers l’accessibilité à tous, avec une attention envers les publics précaires, avant d’être un lieu de diffusion. Le Tri n’est pas la Friche belle de mai à Marseille, pas la même vocation, pas les même objectifs."

 
Myriade d’associations

Actuellement, un grand nombre d’associations partenaires, à vocation sociale, culturelle et citoyenne, travaillent ici. Il y a le groupe d’entraide mutuelle qu’on appelle le Gem, deux fanfares : Lance-Croquettes et Haut les mains, le conservatoire d’art dramatique, les Beaux Arts, l’Université populaire, Latitudes qui propose des actions d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité à base de pédagogies actives, Colibris, qui a entrepris le potager.

 

 

L’Union des familles malades (Unafam) s’est tournée vers la production audiovisuelle. "Roulons à vélo" répare les bécanes et les met à la disposition des résidents et des gens qui travaillent. Une cantine, tous les jeudis à midi, réunit les bénévoles - dont les "résidents de l’accueil de nuit" - soit un noyau d’au moins 80 personnes.

- « Mais qui est à l’origine d’un si vaste projet ?
- « Alors là, il vaut mieux que tu questionnes Renaud
, répond Hélène, c’est le directeur de l’association CASA et de HAS Vaucluse [2] qui pilote l’ensemble. Je vais le chercher. On se retrouvera après au spectacle. »

 

Action en faveur des sans abris

Renaud Dramais, son directeur, me résume la fabuleuse histoire de CASA : "Cela commence en 2001. Nous avons choisi d’appeler cette association CASA, comme le magasin où l’on trouve tout pour la maison : Collectif, Action, Sans, Abri."

Les membres du collectif (usagers de fait des structures sociales et d’insertion), ont revendiqué un droit de parole concernant le dispositif qu’on préparait pour eux. Ils réclamaient un lieu d’accueil inconditionnel ouvert à toutes les personnes qu’elles soient alcoolisées, toxicomanes, handicapées ou accompagnées de chiens... La demande est donc venue de gens vivant à la rue, en situation d’exclusion et de grande précarité́, confrontés parfois à une perte radicale de toute protection de la vie humaine.

En 2003, après nombre de péripéties, promesses non suivies d’effets, squat de locaux, etc., le sous-préfet a entamé une discussion avec CASA afin d’aboutir à la création de ce lieu. L’adjoint municipal aux affaires sociales a proposé la cour de l’ancien tri postal. Pendant quatre ans, CASA a disposé d’un contrat d’occupation précaire de la cour exclusivement, renouvelé d’année en année, mais n’a pas lâché l’affaire. En 2007, les associations CASA, Habitat Alternatif Social et le Marabout [3] ont élaboré une charte de coopération pour lutter contre l’exclusion.

 

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Le bâtiment, vu de la gare d’Avignon

Durant l’hiver 2008/2009, signe fort, les Enfants de don Quichotte et Le Collectif Contre les Inégalités et les Exclusions ont débuté leur tour de France du mal-logement par Avignon, au côté de CASA. Cette mobilisation bien relayée par les médias oblige la Municipalité à entrer à nouveau dans un véritable dialogue. Cependant aucune solution durable n’a été trouvée. Tout au long de ces années, le cap a été tenu au prix de mobilisations extraordinaires. Comment rendre compte de la capacité de survie extraordinaire de ce collectif, dans un environnement parfois ouvertement hostile ? "Jusqu’à ce jour nous avons porté ce projet d’espace commun, notre maison commune, un monde en soi."

Ce que j’ai vu ici au cours de cette journée "portes ouvertes" qui s’est terminée par un repas partagé, m’a interrogée. Cette association Casa-Has, avec ses revendications si semblables à celles des pionniers de l’éducation populaire au XIXe siècle : la dignité de la personne, son accès à la citoyenneté, un toit pour tous et un accès à l’éducation, ne serait-elle pas la véritable héritière de ce mouvement ? Par ricochet, cela signifie aussi que depuis bientôt deux siècles la situation pour une partie de la population n’a pas changé autant qu’on le croit...


2015. LA VILLE S’ENGAGE

Vincent Delahaye, conseiller municipal délégué à l’habitat d’urgence et aux nouveaux modes d’habitat, confirme l’intérêt de ville d’Avignon. "On connaît la richesse de ce projet participatif, intergénérationnel, d’économie sociale et solidaire, qui réinterroge la vie de quartier."

La Ville a engagé les négociations avec Réseau ferré de France, propriétaire du bâtiment, pour un euro symbolique. Les collectivités et l’État devront se positionner...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 15:13

 

Source : http://www.terraeco.net

 

 

 

Comment (vraiment) sauver l’agriculture française avec 3 milliards

27-08-2015

 

 

 

Comment (vraiment) sauver l'agriculture française avec 3 milliards
(Crédit photo : Flickr - Renaud Camus )
 
Xavier Beulin, patron de la FNSEA, réclame cette somme pour sauver l'élevage. Et si, avec le même magot, on changeait de système ? L'exercice a inspiré la Confédération paysanne et l'agronome Marc Dufumier. Voici leur méthode.

L’agriculture française est en crise. Les éleveurs de porcs bretons se sont fait distancer par les allemands. Le prix du lait de Normandie ne rivalise plus avec celui d’Australie… Qu’à cela ne tienne ! Une perfusion de quelques milliards d’euros devrait remettre le système d’aplomb. C’est en tout cas ce que préconise Xavier Beulin. Dans une interview au Journal du dimanche, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), premier syndicat agricole français, réclame « 3 milliards d’euros sur trois ans pour retrouver la compétitivité perdue ». Cet ingrédient devrait, selon le pédégé d’Avril-Sofiprotéol, une holding spécialisée dans le financement de l’agro-industrie, permettre à la France « de rattraper l’Allemagne dans les cinq ans ». Sa recette ? « Moderniser les bâtiments, automatiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus productives ». Le tout, en supprimant les charges et en gelant les normes environnementales.

Pendant que l’homme d’affaires rêve d’un élevage industriel reparti « pour quinze ans », d’autres, partisans d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement, dépenseraient cet argent autrement. L’agronome Marc Dufumier et le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel, nous détaillent comment.

1. Des prix plus rondelets pour les petits volumes

Et si les premiers litres de lait d’un paysan lui rapportaient plus gros que les suivants ? Et si les fruits, légumes et céréales récoltés sur les premiers hectares d’une exploitation étaient vendus à un prix plus intéressant ? Selon Laurent Pinatel, cette seule mesure aurait au moins trois bienfaits : « soutenir les petites exploitations, limiter la concentration et éviter la surproduction ». A la Confédération paysanne, on suggère, par exemple, un prix du lait à 350 euros la tonne pour les 150 000 premiers litres, ou encore une surprime pour les 25 premiers hectares (il en existe déjà une pour les 52 premiers hectares). Ainsi, en garantissant un revenu décent dès les premiers volumes, ce système pourrait encourager les installations ou du moins « stabiliser le nombre de paysans », estime Laurent Pinatel. Dans le même temps, il mettrait un coup d’arrêt à la course aux gros volumes, limitant ainsi les risques de surproduction, qui eux-mêmes entraînent des chutes de prix qui, à leur tour, incitent à courir après les gros volumes…

2. Réorienter les primes vers la qualité plutôt que vers la quantité

Les agriculteurs français ont-ils plutôt intérêt à produire des quantités modérées de lait voué à être changé en yaourts et en fromages vendus dans l’Hexagone ? Ou de gros volumes pour exporter, en concurrence avec l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, du lait en poudre sur le marché chinois ? A la Confédération paysanne, on choisit sans hésiter la première option. Ainsi, quand Xavier Beulin mise sur les fermes XXL, d’autres considèrent que le salut de l’agriculture française passera par les labels, le bio, les AOC… « Prenons le porc : même si on rattrapait les Allemands et les Espagnols sur les prix, si l’on garde les mêmes conditions d’élevage et d’alimentation, pour quelles raisons un consommateur préfèrerait-il acheter français ? », s’interroge Laurent Pinatel. Le syndicaliste préconise donc un positionnement sur le « haut de gamme ». Un avis que partage Marc Dufumier. « Il faut remettre les animaux sur la paille, revoir le contenu de leurs gamelles, les ramener sur l’herbe », abonde l’agronome. Quant aux fruits et aux légumes, il serait bon « de réduire l’usage d’engrais de synthèse et de pesticides », poursuit-il.

Mais, ce tournant engagé, les ménages aux petits budgets pourront-ils continuer à se nourrir français ? Oui, « à condition que les aides de la PAC (politique agricole commune) soient réorientées vers la qualité », estime Laurent Pinatel. A ses yeux, l’économie française a tout à y gagner. « A la tonne de viande vendue, un poulet de Bresse ou de Loué crée plus d’emplois que de la volaille industrielle », détaille-t-il.

3. Abattoirs, fromageries : créer des infrastructures de proximité pour valoriser les produits

Pour proposer en circuit court des produits à forte valeur ajoutée, encore faut-il pouvoir les transformer. C’est alors que les régions ont un rôle à jouer, celui de « mettre en adéquation les besoin de consommation et d’emplois d’un territoire et sa production », précise Laurent Pinatel. En bénéficiant d’une partie des 3 milliards d’euros, elles pourraient soutenir l’ouverture de yaourteries, de fromageries et d’abattoirs de petits volumes permettant aux bouchers de s’approvisionner au plus près. Le tout rendu possible par « la mise en place d’aides à la collecte au ramassage ».

4. Booster la demande de bio et de produits locaux en allégeant les factures des cantines

Tandis que la France manque de légumes – le nombre de producteurs à chuté de 40% depuis 1996 –, les exploitants agricoles produisent toujours plus de céréales à exporter. De même, « alors que nos bovins élevés hors sol et nourris au soja brésilien partent vers Taïwan ou le Maghreb, nous allons chercher en Irlande des animaux engraissés à l’herbe pour répondre à la demande française », déplore Laurent Pinatel. Un système que la Confédération paysanne aimerait rééquilibrer. « Il faut arrêter de vouloir faire manger aux gens ce que l’on produit pour produire ce que les gens ont envie de manger », résume-t-il. Dans l’idée, les céréaliers devraient se faire un peu maraîchers. Partisan de ces conversions, Marc Dufumier mise sur les cantines pour donner l’impulsion. C’est alors qu’interviennent les 3 milliards. « Imaginez que, grâce à un soutien financier, collèges, lycées, maisons de retraites et restaurants d’entreprises n’aient pas à débourser plus cher pour des produits de proximité, avance-t-il. Dites ensuite à un céréalier qu’une école est prête à acheter à bon prix un volume croissant de légumes sur les six ans à venir et vous avez des chances de voir ses pratiques changer. »

5. Des revenus pour les services environnementaux rendus

Paysans, plantez des arbres dans vos champs ! Tel devrait être l’un des engagements du monde agricole en contrepartie des 3 milliards d’euros réclamés par la FNSEA. De même, la réintroduction de coccinelles pour chasser les pucerons, de scarabées pour s’en prendre aux limaces, devrait être récompensée. « En préservant les paysages, en limitant l’usage d’engrais et de pesticides, ces pratiques vont dans l’intérêt du contribuable, résume l’agronome. Les 3 milliards pourraient servir à rémunérer le producteurs pour les service rendus à la collectivité », estime Marc Dufumier. « Ce système, présent dans le second pilier de la PAC, pourrait être développé, confirme Laurent Pinatel. Il permettrait à des agriculteurs en intensif, qui, du fait de la [convergence des aides→http://www.terre-net.fr/convergence...], risquent de voir leurs primes baisser, de compenser ces pertes en changeant leurs pratiques. »

6. Soutenir l’emploi

Seul bémol, champs arborés et agriculture automatisée ne vont pas de pair. « Ce type d’agriculture est fatalement plus gourmande en main-d’œuvre, ce qui implique des coûts de production plus importants », reconnaît Laurent Pinatel. C’est précisément ce surcoût qu’une enveloppe de 3 milliards devrait également absorber.

7. Encourager la mise en culture de légumineuses pour lever le pied sur le soja

Pour fonctionner sur le modèle actuel, l’agriculture française importe beaucoup : « du soja brésilien, argentin et américain pour les protéines, du gaz naturel russe pour fabriquer les engrais de synthèses azotés… », résume Marc Dufumier. L’agronome assure que cette dépendance, et donc cette vulnérabilité aux variations des marchés mondiaux, n’est pas une fatalité. « La mise en culture de légumineuses( pois, féveroles, lentilles ) sur le territoire permettrait, en partie, de s’en libérer. » Quant aux engrais, Marc Dufumier estime qu’on peut regagner en indépendance à condition de « réassocier l’élevage et les cultures ». Ainsi, le fumier « fertiliserait les champs plutôt que les algues vertes bretonnes » . Autre technique : le « pré bois » ou l’art de planter des pommiers dans les champs de blé. « Leur racines vont chercher des minéraux très profondément dans le sol, ceux-ci se retrouvent dans les feuilles qui, quand elles tombent, nourrissent le sol et les cultures » rappelle ce partisan de l’agroforesterie.

L’ensemble de ces revirements met à mal les économies d’échelle, vocation première de l’agriculture industrielle. Mais à long terme, Marc Dufumier assure que même financièrement, ce pari sera gagnant. « Le système actuel nous coûte très cher : en importation d’aliments, d’engrais et d’énergies fossiles, en algues vertes, en traitement des eaux, en maladie d’Alzheimer et en chômeurs », résume l’agronome. Pour lui, utilisés comme l’entend la FNSEA, les 3 milliards tomberaient dans un panier percé. « La modernisation telle que l’entend M. Beulin, consiste à produire, sur le modèle des années 1950, la même merde qu’aujourd’hui avec encore moins de bras, pour au final encore moins de goût ! »

A lire aussi sur Terraeco.net :
- L’interview coup de point de Xavier Beulin
- Notre dossier « Le goût assassiné »

 
 
 
 
 
 
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 17:22

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Education

Rentrée scolaire : la pédagogue qui voulait révolutionner le système éducatif français

par

 

 

 

 

Des enfants épanouis et solidaires, qui commencent à lire, multiplier ou diviser dès la maternelle. Ce sont les résultats étonnants d’une expérimentation menée entre 2011 et 2014 dans une classe de Gennevilliers, en banlieue parisienne, en zone prioritaire d’enseignement. Pendant trois ans, Céline Alvarez a tenté de mettre en pratique dans une école publique les principes de la pédagogue Maria Montessori, enrichis avec les neurosciences et la linguistique française. Un bouleversement des pratiques traditionnelles des enseignants, pour repenser l’école sur la base de la confiance. Malheureusement, le ministère de l’Education nationale ne lui a pas permis de poursuivre cette expérimentation. Entretien et vidéos.

 

Basta ! : Quelles compétences ont été développées par les enfants de votre classe de Maternelles, à Gennevilliers, entre 2011 et 2014 ?

Céline Alvarez [1] : Dès la première année, tous les enfants, suivis par le CNRS, ont progressé plus vite que la norme, sauf un qui était l’enfant le plus absent. Ils sont entrés très facilement dans la lecture, ont fait des mathématiques, des divisions, des soustractions. Dans certains domaines, en conscience phonologique, c’est-à-dire la capacité d’entendre les sons dans les mots, en mémoire de travail [notre capacité à retenir sur du court terme], ils étaient très au dessus de la norme. Une petite fille, à quatre ans, avait 28 mois de retard par rapport à la norme en mémoire de travail. En six mois, elle a non seulement rattrapé ces 28 mois de retard, mais elle a eu 8 mois d’avance !

Un développement social s’est aussi mis en place. Les enfants étaient capables d’avoir des relations sociales plus harmonieuses. Ils ont fait preuve d’une grande capacité de résolution de conflits et développé plus d’empathie. Ils contrôlaient mieux leurs émotions. D’après les témoignages des parents, ces enfants étaient heureux, épanouis, généreux, enthousiastes, solidaires.

Ces résultats ne sont pas là parce que je suis une enseignante merveilleuse ou parce que les enfants sont extraordinaires ou à haut potentiels. Non, on a testé leur QI : ils n’étaient pas plus élevés que la normale. Ce sont simplement des êtres humains qui ont été replacés dans un contexte favorable où on marchait dans le sens des lois de la vie, plutôt que dans un contexte où l’on lutte contre.

En vidéo : du côté des enfants

Comment a démarré cette expérience d’enseignement ?

Je n’ai jamais souhaité être enseignante. Ma démarche était de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de dire : avec 40% d’échec scolaire chaque année à la sortie du CM2, on s’est trompés, ça suffit ! J’étais profondément indignée par le système scolaire français. Ses mauvais résultats s’expliquaient parce qu’il n’a jamais été fondé sur la connaissance des mécanismes d’apprentissage et d’épanouissement de l’être humain. Et si nous repensions la classe en fonction de ces mécanismes, que se passerait-il ? On verrait les enfants épanouir des compétences cognitives et non cognitives extraordinaires ! C’était le postulat de Maria Montessori. J’ai naturellement repris ses travaux que j’ai enrichis avec les neurosciences et la linguistique française.

 

 

J’ai souhaité mener ce travail de recherche au sein de l’éducation nationale. J’ai donc passé le concours de l’éducation nationale. C’était simplement pour moi la meilleure façon d’infiltrer le système. Une fois le concours en poche, je suis allée taper aux portes des ministères pour leur demander de me laisser une carte blanche pédagogique. En 2011, le conseiller éducation de Nicolas Sarkozy puis le cabinet de Luc Chatel et la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), à l’époque, ont été très attentifs à ma posture : la seule voie pour l’éducation de demain, c’est la voie scientifique, c’est comprendre quels sont les besoins de l’être humain. Il faut qu’on construise l’environnement scolaire autour de ça. La classe s’est ouverte en quelques mois.

Sur quels grands principes repose votre enseignement ?

J’ai repris les travaux de Maria Montessori, ses grands principes et je les ai traduits et enrichis à la lumière des neurosciences cognitives, affectives et sociales. Le premier de ces grands principes, c’est la plasticité cérébrale. Entre 0 et 5 ans, l’être humain possède une capacité cérébrale extraordinaire. Cela ne signifie absolument pas qu’il faille trop stimuler les enfants. Mais plutôt que leur environnement doit être riche, avec de grandes opportunités d’interactions langagières, soutenues et d’une grande variété. Ainsi, dans une même classe, il ne faut pas qu’un enseignant parle à 30 enfants du même âge. Mais plutôt des enfants d’âges différents, plus âgés, qui vont pouvoir parler à d’autres enfants. A la verticalité, il faut préférer l’horizontalité. Les enfants sont autonomes et peuvent parler ensemble toute la journée. Ce qui permet aux petits de développer beaucoup plus rapidement leur langage. Mais c’est aussi leur offrir une grande diversité culturelle : de la géographie, de la géométrie, des mathématiques, des occasions d’apprendre à lire et à écrire. Mais tout ça en suivant le moment où ils ont décidé de le faire et en le faisant de façon sensorielle.

 

 

C’est le deuxième grand principe : l’enfant est dans une période sensorielle. Cela ne sert à rien de lui dire : il faut faire ci, il faut faire ça. Il doit l’expérimenter lui-même. C’est ainsi que son cerveau va pouvoir se câbler. La lecture, les mathématiques, sont exercés par un biais sensoriel. L’enfant doit être actif. La classe lui offre des activités qui engagent leur concentration profonde et une répétition.

Le troisième principe, c’est que le cerveau humain apprend avec l’autre. L’apprentissage doit être horizontal : les enfants peuvent apprendre les uns des autres. Mais uniquement quand il y a une relation positive et bienveillante, pas dans une situation de stress, de compétition, ou de comparaison. Le climat doit être celui de la coopération, extrêmement bienveillant et aimant, et non jugeant. Il ne s’agit pas de juger positivement les enfants, mais de ne pas les juger tout court. C’est ni bien, ni mal, c’est ce que c’est. L’important est que l’enfant prenne du plaisir. Et l’instituteur doit encourager ce plaisir.

Concrètement, dans vos classes, comment étaient mis en œuvre ces grands principes ?

Tout d’abord, il n’y avait pas un seul niveau d’âge, mais deux ans de différence d’âges. C’est ce qui motivait les enfants. Certains « petits » se disaient : « whaou ; moi-aussi je vais être capable de faire ça, apprends moi ». Il va rester près du grand, le grand va être intéressé pour le montrer au petit. Cela crée une émulation sociale autour des apprentissages avec laquelle aucun enseignant ne peut entrer en compétition. Ensuite, les enfants étaient autonomes. De 8h30 à 16h00 le soir, ils choisissaient librement leur travail dans un cadre très structuré où les règles étaient très explicites. Ils pouvaient répéter ces activités autant de fois qu’ils le souhaitaient. Ils prenaient confiance en eux. Un enfant à Gennevilliers pouvait faire 4/5/6 activités. Ou alors une seule ou deux, parce qu’il était passionné par ce qu’il faisait.

Dans une classe traditionnelle, les enfants ne choisissent pas leur travail. C’est une activité le matin puis ils changent de groupe. Puisque l’activité est imposée, la plupart du temps les enfants ne sont pas motivés. Ils vont faire leur affaire le plus vite possible pour rejoindre le coin bibliothèque, ou le coin construction. A l’inverse, quand ils choisissent ce qu’ils veulent faire, les enfants sont passionnés, ils prennent confiance en eux... Cela leur donne des ailes !

 

 

Un autre paramètre pratique mis en place est l’accompagnement individuel : l’adulte va avoir tout son temps pour les enfants qui vont le demander. Les autres sont actifs. Dans une classe traditionnelle, on ne peut pas individualiser. Les enfants ont besoin de l’adulte en même temps. C’est épuisant ! Une autre chose, c’est la disponibilité, la bienveillance rendue possible par l’enseignant qui est moins dans une posture de stress. Ces conditions lui permettent à lui aussi de prendre plus de plaisir, et de faire réellement son travail d’accompagnement auprès des enfants.

Vous estimez que dans une classe traditionnelle, le plus souvent, le modèle d’enseignement proposé par l’ institution entrave les potentialités de l’enfant. Pourquoi ?

Par exemple, le problème de illettrisme est un non sujet. C’est juste que la plupart des outils que l’on donne aux enseignants entravent l’élan spontané d’écriture et de lecture des enfants, les enseignants s’épuisent et les enfants aussi. On ne connait, ni n’utilise les leviers de l’intelligence humaine. Par exemple, il faut permettre à l’enfant de faire ses propres expériences, en confiance, au moment où l’envie surgit, et toujours dans une relation à dimension humaine, plutôt qu’une relation à dimension didactique.

Pourquoi votre expérience a-t-elle pris fin ?

En 2012, lorsque le gouvernement est passé à gauche, le ministère de l’Éducation nationale n’était plus favorable à cette démarche. Il avait plutôt tendance à dire que quand on fait des expérimentations, on prend les enfants pour des cobayes. C’est aberrant : actuellement, tous les enfants de France sont des cobayes de méthodes qui n’ont ni été scientifiquement fondées, ni scientifiquement validées. J’ai passé les deux dernières années à me battre contre l’Institution. Les tests que je faisais passer en classe m’ont été interdits. Donc j’ai dû désobéir et les faire passer sur le temps scolaire avec la complicité des parents et d’un psychologue. Ce qui m’a valu de passer à côté de blâmes, de conseils disciplinaires. J’ai reçu de nombreuses  menaces et des humiliations...

Mais j’ai souhaité tenir pour arriver à la fin d’un cycle complet et pour accumuler de la matière à exploiter ensuite. La 3ème année, on m’a annoncé que mon matériel allait être retiré à la rentrée 2014. On m’a dit que je devais faire comme tout le monde, enseigner de façon traditionnelle si je souhaitais rester. Cela n’avait aucun sens pour moi, j’ai donc démissionné. Dans ma fiche d’inspection, il était écrit qu’il était très clair que les enfants de cette classe étaient en très grande réussite scolaire. « Tout ce qui est attendu de la maternelle est là, voire plus que là ». Mais c’est justement ce qui pose problème pour leur intégration, pour la suite de leur parcours scolaire ! m’a-t-on dit.

En vidéo : du côté des parents

 

 

Si les méthodes que vous décrivez sont si fructueuses pour le développement et l’épanouissement de l’enfant, pourquoi ne sont-elles pas plus mises en œuvre par le corps enseignant ?

La première raison tient au fait que les enseignants ne connaissent pas forcément ce genre de démarche qui vise à autonomiser les enfants. La formation initiale est d’une pauvreté affligeante. On devrait pouvoir donner aux enseignants les grands invariants théoriques des mécanismes d’apprentissages humains et leur permettre de trouver des axes pratiques les plus cohérents en fonction de leurs moyens de terrain. L’un de ces invariants est par exemple que l’être humain apprend dans l’amour et la confiance, pas dans le stress. Cela parait simple mais cela remet en cause de nombreux paramètres traditionnels d’enseignement. L’école n’est tout bonnement pas pensée sur la base de la confiance.

Mais pour mener votre expérience, vous avez bénéficié de matériels Montessori importants. Est-ce que ces moyens ne limitent pas la reproductibilité de votre démarche dans l’ensemble du système éducatif ?

Absolument pas. Comme je l’explique sur le blog, il ne s’agit pas d’avoir du matériel spécifique. Un matériel didactique plus spécifique peut entrer progressivement et dans un second temps. Le plus important est le changement de posture de l’adulte vers l’enfant et le réaménagement de l’environnement de la classe pour permettre l’autonomie des enfants. Les enseignants peuvent commencer avec le matériel dont ils disposent déjà. Je viens d’accompagner 220 enseignants de maternelles publiques, certains accompagnés de leur Atsem, pour mettre en place un tel dispositif sans ou avec peu de moyens. Je crois qu’ils sont repartis enthousiastes et motivés. Ils sont décidés à changer leur pratique pour une démarche pédagogique plus "physiologique" et donc plus respectueuse. Ce sont des pionniers, ils vont ouvrir un nouveau chemin pour l’école dès cette rentrée. Je suis certaine qu’ils seront suivis par de nombreux autres à la rentrée suivante.

Propos recueillis par Simon Gouin

Photos et vidéos : copyright Céline Alvarez

Pour aller plus loin :

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 16:44

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

Avec la pluie les limaces reviennent, faut-il ou non qu’on les assassine ?
Journaliste
Publié le 30/08/2015 à 10h39

C’est le début de la fin de l’été, les pluies douchent la France et ses jardins. Les limaces jusque là cachées taquinent maintenant les laitues et les choux. Du coup, la majorité des jardiniers du pays se creusent la tête pour essayer de les assassiner.

Il y a les bourrins, qui utilisent nombre de produits chimiques. Les plus bio appliquent des méthodes aussi étonnantes qu’efficaces qu’on surnommera la méthode du piège à bière, la méthode de la planche à retourner (dite aussi méthode de Papy Maurice) ou encore la méthode de la cendre. Les plus geeks rêvent eux de robots capables de détecter les limaces et de les transformer en source d’énergie.

 

Limace dans un jardin (Les Chatfield/Flickr/CC)

 

Meute d’escargots géants et invasion belge

Tout ça rappelle un grand classique du film d’animation écologiste, « Les Escargots » de René Laloux (France, 1965, 11’), où l’on voit un agriculteur lutter en vain contre de petits escargots qui croquent ses salades... jusqu’à attirer une meute d’escargots vengeurs qui détruisent une ville entière :

 

Les escargots, de René Laloux

 

Les plus inquiets d’entre vous peuvent d’ailleurs s’alarmer, puisqu’une invasion de ce type semble avoir commencé dans le nord de la France et chez nos voisins belges où l’on comptait en mai 300 000 limaces par hectare.

 

 

Là aussi, ce reportage se termine en évoquant les méthodes pour zigouiller du gastéropode.

Reste pourtant une alternative, rarement proposée, qui m’intéresse beaucoup puisqu’elle consiste à ne pas faire grand chose et à observer. Résumons-la ainsi : et si on ne butait plus les limaces ?

 

« Si on est obligé d’assassiner quelque chose pour vivre... »

Hervé Coves, ingénieur agronome à la chambre d’agriculture de Corrèze, raconte dans une très belle vidéo comment « gérer » les limaces sans les tuer. Il commence par quelques phrases bien senties, du style :

« Si on est obligé d’assassiner quelque chose pour vivre, c’est qu’il y a un problème. »

 

 

Puis il nous raconte la très intéressante histoire d’un spécialiste de la truffe (si si, c’est très intéressant), Albert Verlhac, qui date des années 80 et je vous résume ici (si vous n’avez pas le temps de regarder cette vidéo un poil longue) :

« [Albert Verlhac] a constaté que sa production (...) payait un très lourd tribut aux limaces. Donc il a mis en place un essai, avec des zones sur lesquelles il a essayé des produits chimiques, d’autres où il a essayé des pièges à la bière, et puis bien sûr des zones témoins dans lesquelles il n’a rien fait. (...) Résultat des opérations : une récolte de truffes extraordinaires dans toutes les zones traitées et dans la zone non traitée une récolte comme d’habitude avec de belles truffes toutes percées, trouées, entamées. (...)

Sauf que l’année d’après, y a plus eu de truffes du tout dans toutes les zones où il n’y avait plus de limaces. Sans limaces, pas de truffes.

L’analyse de ce qui s’est passé, on l’a eue récemment, par un chercheur de Limoges. Les limaces ont une espèce de râpe dans leur bouche, qu’on appelle radula. Avec ça, elles broient la truffe, puis elles l’avalent, les spores des truffes ne sont pas digérées. La limace fait ensuite de gros cacas visqueux à la surface du sol et il se trouve qu’un autre animal est très intéressé par ce caca, ce sont les vers de terre. Ils vont le manger, le mélanger à la terre dans leur système digestif puis ça fait de petits turricules qu’on voit à la surface du sol dans lequel énormément de bactéries arrivent à se développer, et dans lequel les truffes arrivent à naître. »

 

Eloge de la paresse

Supprimer la limace menace à terme l’équilibre d’un écosystème. OK. Mais si on ne fait rien, toutes nos laitues vos être mangées, non ?

Pas forcément, si on l’en croit Gilbert Cardon, ce Belge qui avec sa femme a réussi à faire pousser une forêt comestible dans son jardin. En juin, il nous expliquait :

  • « Un bon jardinier doit être paresseux (...). Si on s’active trop dès qu’on voit un problème, on n’a pas le temps de comprendre le problème et il va toujours revenir. Par exemple, si des pucerons cendrés s’attaquent aux choux, y a des gens qui vont retirer tout de suite le chou malade. Mais le lendemain, ils vont se rendre compte qu’un autre chou est attaqué. Alors que si on ne fait rien, le premier chou sera bouffé en entier, pendant ce temps-là, les autres choux vont se renforcer et les pucerons les boufferont pas. Mais ça, c’est dur à faire comprendre aux gens, qu’il faut rien faire. »

Il faut tout de même préciser que cette théorie fonctionne bien dans un écosystème où règne suffisamment de biodiversité. Pour ce faire, Hervé Coves propose dans la même vidéo d’apporter du bois en décomposition dans son jardin. Ce bois va attirer des champignons et des insectes capables de « digérer » les végétaux, comme les collemboles.

Autant de concurrents pour les limaces qui vont de ce fait être naturellement limitées dans leur expansion. Cet écosystème riche va même, si tout va bien, attirer ensuite les prédateurs des limaces, notamment les oiseaux.

 

Un rouge-gorge à Asnières-sur-Seine, le 25 janvier 2015 (Amélie Lepage)

 

Par grande chance, c’est ce qu’il s’est passé dans notre jardin. Les oiseaux sont venues dès l’automne. Puis, au printemps, j’ai vu par exemple des carabes, ces insectes mangeurs de limaces, sur ma butte pleine de bois en décomposition. Mieux, nous avons découvert pendant l’été un nouveau pensionnaire dans notre jardin, que nous avons surnommé Léon le hérisson. Une belle incitation à ne rien faire, non ?

 

Notre ami Léon a soif, pendant la canicule de juillet 2015, à Asnières-sur-Seine (Amélie Lepage)

 

Impossible de savoir comment il a pu rejoindre nos quelques mètres carrés de verdure coincés entre trois grandes routes et des barres d’immeubles. En tout cas, nous n’avons subi que très peu d’attaques de limaces. Et aucune d’entre elles n’a été massacrée dans la bière pendant l’écriture de ce post de blog. Merci Léon !

N.B : Pour ceux qui n’ont pas la chance de recevoir la visite de hérissons et de carabes, Hervé Coves propose plusieurs astuces au cours de sa vidéo :

  • Créer des zones ombragées et humides où l’on pourra disposer des végétaux fraichement décomposés, qui attireront les limaces et les éloigneront de vos jeunes pousses.
  • Semer des engrais verts, dont raffolent les limaces.
  • Semer vos laitues dans des pots, et attendre qu’ils soient assez résistants pour les repiquer au jardin.

 

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 13:27

 

Info reçue par mail

 

 

Formation désobéissante le 11 octobre, pour sauver le climat!


 

 

Chers Désobéissants,

Afin de se préparer aux prochaines actions de Désobéissance civile à l'approche de la COP 21 (conférence de l'ONU sur le climat, à Paris en décembre), nous proposons une journée de formation à l’action directe non-violente le dimanche 11 octobre de 9h45 à 18h30, à l’Ile Saint Denis (93).  

Cette journée peut s'avérer très utile pour mieux appréhender notre rapport à la police, aux médias, à la non-violence, etc.

Pour s’inscrire et recevoir plus d’informations : remi@desobeir.net

Le prix est libre (PAF 20€). L'inscription est obligatoire. A vos agendas!

 


 


Un aperçu des stages des Désobéissants (2mn 50s) :
www.dailymotion.com/video/x3dbs1_desobeir_news

Programme :
1) La préparation d’une action : repérage, scénario, plans A et B, briefing contenu et
message, technique, juridique)
2) Rechercher l’efficacité : objectifs clairs, pédagogie de l’action
3) Déroulement d’une action :
- coordination, sécurité, communication, négociation, évaluation
- répartition des différents rôles dans une action
- les différents types d’action : répertoire et exemples concrets
- techniques de blocage et de résistance à une évacuation
- gérer son stress pendant l’action
- check list (récapitulatif) d’une action type
4) L’action et les médias
5) La répression :
- techniques de protection contre l’éventuelle brutalité des vigiles ou forces de l’ordre
- quels droits quand on est arrêté par la police ?
- la garde-à-vue
- la convocation au commissariat

Exemple d’une des techniques qui sera enseignée dans ce stage :
www.dailymotion.com/video/x8wp15_un-stage-de-resistance-par-les-deso_news#from=embed 

Stage extrêmement concret, alternant théorie et mise en pratique.
Repas sur place à mettre en commun.

A bientôt dans l’action,
Rémi
www.desobeir.net

 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 13:12

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

Le thé des ex-Fralib arrive chez Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché et Franprix

Les anciens salariés de Fralib ont relancé la production de l'usine de Géménos, sous la marque 1336, en référence aux 1336 jours de lutte avec leur ancien propriétaire Unilever.

 

Scop-TI, la coopérative de production lancée par les ex-salariés de Fralib à Gémenos, a signé ses premiers contrats avec la grande distribution. La production a repris le 13 août et les premiers sachets de thés et infusions vendus sous sa marque 1336 arriveront en rayons début septembre.

C'est la concrétisation de plusieurs années de lutte. Cinq ans pile après la décision du géant anglo-néerlandais Unilever de fermer son usine de thés et d'infusions (Lipton, Éléphant) Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône), les premiers sachets de Scop.Ti -qui a repris l'activité de l'usine en 2014- vont rejoindre les rayons de la grande distribution française. La Société Coopérative Ouvrière Provençale de Thés et Infusions a ainsi signé cet été des contrats avec 300 Franprix, 7 Auchan, ainsi qu'avec plusieurs Géant Casino, Casino, Carrefour, Intermarché au niveau national.

Ces centaines de magasins vendront d'ici quelques jours sa gamme «1336», en référence aux 1336 jours de lutte avec Unilever pour empêcher la fermeture et la délocalisation du site en Pologne. Le site fournira aussi Système U pour six variétés de thés à marque de distributeur (MDD), malgré la présence sur le marché d'un gros fournisseur de MDD, Pagès.

Appel d'offres avec Leclerc

Après que la coopérative qui regroupe une soixantaine de salariés (sur les 182 que comptait l'usine au temps d'Unilever) a repris la production le 13 août, ses premiers sachets seront livrés début septembre dans les Auchan de Bouches-du-Rhône et du Vaucluse s'étant engagés à les référencer, puis en octobre dans les autres enseignes. Un appel d'offres est par ailleurs en cours avec Leclerc, toujours pour la marque 1336. En revanche, aucun référencement n'a encore été acté pour la deuxième marque de la coopérative: «Scop-Ti», une gamme bio qui vise les réseaux spécialisés comme Biocoop, Naturalia, Bio C'Bon ou la Vie Claire.

 

La gamme à marque propre «1336» est déclinée en 16 parfums.

 

«On est en train de démontrer la pertinence de notre projet», estime Gérard Cazorla, ex secrétaire CGT de Fralib désormais président de Scop-Ti, même si beaucoup de chemin reste à faire. Après plus de 3 ans et demi de lutte avec Unilever et l'annulation de plusieurs plans de sauvegarde de l'emploi, les ex-Fralib avaient en effet réussi à solder le conflit avec le géant anglo-néerlandais, moyennant 19,3 millions d'euros. Une somme ajoutée à leurs indemnités de licenciements pour lancer leur projet. La coopérative compte désormais étendre le nombre de magasins référençant ses marques. Elle compte produire au terme de sa première année 250 tonnes (à comparer avec 6000 tonnes produites par an du temps d'Unilever) et frôler les 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. À plus long terme, Scop Ti vise les bénéfices dès mi-2016 et veut atteindre 9 à 10 millions d'euros de vente d'ici 2019.

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

 

                                                                     *******************************

 

 

Rappel des mobilisations locales à ce sujet

 

 

Source : http://local.attac.org/attacnimes/?Appel-au-boycott-UNILEVER-soutien

 

 

Appel au boycott UNILEVER/soutien FRALIB

 

8 décembre 2013

Samedi 7 décembre à 11h, dans l’hyper-marché Carrefour Nîmes Ouest, une vingtaine de citoyens ont appelé au boycott des marques de la multinationale UNILEVER et en premier lieu la marque LIPTON, en soutien aux salariés de FRALIB (Thé l’Eléphant, à Géménos proche de Marseille). Contre la fermeture de leur site décidée unilatéralement par la multinationale UNILEVER malgré 3 décisions de justice en leur faveur, les FRALIB voudraient relancer leur activité avec un projet de coopérative s’appuyant sur des productions locales.

Midi-Libre 10 déc 2013Cette action, comme des dizaines d’autres en France, fait suite à l’appel national pour un boycott des produits d’Unilever (Lipton, Amora, Maille, Cif, Omo, Sun, Signal, Dove, Axe, Rexona, Cornetto, Knorr,...et tant d’autres encore, voir ci-après). Cette incitation au boycott a pour but d’exiger de la multinationale Unilever (51 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 5 milliards de profits nets en 2012) :
- la cession du nom de marque « Éléphant » (qu’UNILEVER a pourtant décidé d’abandonner au profit de LIPTON !) - un certain volume de commandes pendant la période de démarrage de l’entreprise en SCOP (Société coopérative et participative).

Cette action, à l’appel local de l’association ATTAC Nîmes [1], s’est déroulée dans le calme et a permis, par la distribution de tracts, d’autocollants et la discussion, de sensibiliser à cette cause de nombreux clients et même le personnel, qui ont généralement réagi très favorablement, certains clients allant même jusqu’à vérifier qu’ils n’avaient pas mis dans leur caddie (par inadvertance certainement !) des produits de cette multinationale. Autant de monde appelé à boycotter UNILEVER, pour que vive FRALIB !

*************APPEL NATIONAL*********************************

http://www.france.attac.org/article... Nous, personnalités représentatives de diverses sensibilités, organisations et réseaux du mouvement social, politique et intellectuel, avons décidé, en accord avec les salariés de Fralib, de lancer un appel à la mobilisation citoyenne le 7 décembre prochain. Nous proposons à toutes celles et ceux qui le veulent d’organiser localement ce jour-là des actions symboliques dans les supermarchés visant à populariser le boycott d’Unilever. Une page Facebook https://www.facebook.com/liberezelephant est mise en place pour faciliter la coordination des actions au plan local. Merci à toutes et tous, et que vive l’Eléphant ! Pour que vive Fralib : boycott d’Unilever !

Une entreprise industrielle ancrée dans son territoire, la Provence. Relançant par ses commandes une production locale et écologique de plantes– tilleul, verveine, menthe...- jusqu’alors en déshérence. Liée à ses fournisseurs et à ses clients par des relations commerciales équitables et durables, avec des prix justes. Fondée sur la démocratie interne et la participation de toutes et tous aux décisions. Tel est le projet des travailleurs de Fralib à Géménos, près de Marseille, qui veulent relancer leur entreprise sous forme de coopérative. Depuis trois ans, elles et ils luttent pour obtenir de leur ancien employeur, la multinationale Unilever, le soutien minimum dont ils ont besoin pour se lancer : la cession du nom de marque « Éléphant », qu’Unilever a décidé de faire disparaitre au profit de LIPTON marque milliardaire du Groupe, et un certain volume de commandes pendant la période de démarrage.

Mais Unilever ne veut rien savoir. Bien que la justice ait refusé à trois reprises un plan social injustifiable et annulé tous les licenciements, Unilever a cessé de payer les salaires depuis le 1er avril 2013 et refuse d’accorder une aide au démarrage de leur projet. Unilever (chiffre d’affaires 2012 : 51 milliards d’euros ; profits nets : 5 milliards) veut détruire leur savoir-faire et leur collectif. Devant cette intransigeance, les Fralib avec leurs syndicats CGT et CFE-CGC ont appelé les consommateurs à boycotter toutes les marques du groupe Unilever, à commencer par LIPTON.

Alors que le chômage, la précarité et les dégâts écologiques ne font qu’empirer, le succès du projet des Fralib serait un signal d’espoir et ouvrirait la voie à d’autres possibles. Les Fralib appellent à une première journée d’action pour le boycott massif des produits Unilever le samedi 7 décembre. Répondant à leur appel, nous nous associons à cette action pour inciter Unilever à accéder aux demandes des Fralib. Leur lutte est la nôtre, celle de toutes celles et ceux qui cherchent à engager dès aujourd’hui la transition vers un autre monde, vivable.

Paul Ariès (politologue, mensuel "Les Zindignés"), Clémentine Autain (Fase-FdG), Geneviève Azam (Attac), Olivier Besancenot (NPA), Martine Billard (PG- FdG), Jean-Marc de Boni (La Nef), Benoît Borrits (Association Autogestion), Fabienne Brugel (Compagnie NAJE), Alain Caillé (sociologue), André Chassaigne (PCF-FdG), Sergio Coronado (EELV), Léo Coutelec (Miramap), Thomas Coutrot (économiste), Txetx Etcheverry (Bizi !), François Longérinas (journaliste), Dominique Méda (sociologue), Laurent Pinatel (Confédération paysanne), Xavier Renou (Les Désobéissants), Patrick Viveret (philosophe) et les salariés de FRALIB en lutte depuis plus de 3 ans.

Toutes les marques du Groupe UNILEVER sont identifiables avec ce logo :

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Notes

[1] ATTAC : Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (contact : nimes@attac.org)

 

 

                                                                 ************************************

 

 

Action soutien FRALIB

Nouvelle action

Communiqué de presse

19 janvier 2014

2e Action d’appel au boycott UNILEVER/soutien FRALIB (samedi 18 janvier à Nîmes).

Après la réussite de laction du samedi 7 décembre dans l’hyper-marché Carrefour Nîmes Ouest, c’est le Géant Casino de Carré Sud à Nîmes qui a été visé par une vingtaine de citoyens pour l’action d’appel au boycott des marques de la multinationale UNILEVER et en premier lieu la marque LIPTON, en soutien aux salariés de FRALIB (Thé l’Eléphant, à Géménos proche de Marseille).

Contre la délocalisation en Pologne et la fermeture de leur site décidée unilatéralement par la multinationale UNILEVER malgré 3 décisions de justice en leur faveur, les salarié-e-s de Fralib ont monté un projet de reprise du site sous la forme juridique de Scop (société coopérative et participative), qui a été reconnu économiquement viable et qui concernera une centaine de personnes. La scop « T.I » (pour Thés et Infusions) pourrait démarrer, mais Unilever refuse toujours de céder la marque « Éléphant » !

Cette action, à l’appel local de l’association ATTAC Nîmes (*), s’est déroulée dans le calme et a permis, par la distribution de tracts, d’autocollants et la discussion, de sensibiliser à cette cause de nombreux clients et même le personnel, qui ont généralement réagi très favorablement, certains clients allant même jusqu’à vérifier qu’ils n’avaient pas mis dans leur caddie des produits de cette multinationale. Autant de monde appelé à boycotter UNILEVER, pour que vive FRALIB !

ATTAC Nîmes a appelé à cette action car le projet des FRALIB représente une véritable occasion de transition écologique et citoyenne ; écologique en s’appuyant sur des productions locales et de qualité, et citoyenne par la réappropriation de l’outil de travail et le fonctionnement en coopérative.

à noter : 31 janvier et 1er février : Première rencontre européenne « L’Économie des travailleurs » chez Fralib Elle se déroulera dans l’usine occupée Fralib, les 31 janvier et 1er février 2014. Cette rencontre est une continuité des Rencontres internationales « L’Économie des travailleurs » organisées depuis 2007 à partir de l’expérience des entreprises récupérées et d’autres mouvements pour l’autogestion du travail en Amérique latine. Cette rencontre s’annonce déjà comme un succès comme en témoignent les nombreuses inscriptions d’acteurs de reprises d’entreprises par les salariés, de militants et sympathisants de ces expériences venant d’Allemagne, de Catalogne, d’Espagne, de France, de Grèce, d’Italie, du Pays Basque, du Royaume-Uni et de Serbie sans compter une présence significative de latino-américains (Argentine, Brésil, Mexique). Vous trouverez ci-joint le dépliant de l’événement. Elle se déroulera dans l’usine occupée Fralib – 500, avenue de Bertagne, 13420 Gémenos. http://www.autogestion.asso.fr/?p=3841 (*) : ATTAC : Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (contact : nimes@attac.org)

 
 

 

 

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