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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 13:40

LEMONDE.FR avec AFP | 29.12.11 | 11h20

 
 

Les autorités sanitaires chinoises ont rappelé de l'huile de cuisine fabriquée par trois compagnies après y avoir décelé la même toxine cancérigène trouvée récemment dans le lait, a rapporté jeudi 29 décembre l'agence officielle Chine nouvelle.

Un organisme sanitaire de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, a ordonné la suspension des opérations des compagnies qui fabriquaient de l'huile d'arachide contenant des doses excessives d'aflatoxine, une toxine causée par des moisissures. Les trois compagnies citées par Chine nouvelle sont Fusheng Oil, Manyi Peanut Oil et Mabao Oil.

LAIT CONTAMINÉ

Lundi, les autorités chinoises avaient annoncé la découverte de quantités excessives de cette toxine cancérigène dans le lait produit par l'une des plus grandes entreprises laitières du pays, qui a connu plusieurs scandales alimentaires retentissants, le groupe Mengniu Dairy Group. Le lait contaminé n'avait pas atteint les réseaux de distribution et on ignore si c'est également le cas pour l'huile d'arachide des trois compagnies mises en cause.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'aflatoxine augmente chez l'homme les risques de cancer, du foie notamment. La Chine est coutumière des scandales alimentaires. Des affaires d'huiles de cuisine recyclées, d'oeufs ou fruits teintés avec des colorants nocifs, de champignons cancérigènes, de pâté de soja contrefait ou de vin frelaté ont été révélées ces derniers mois dans le pays.

Le scandale le plus retentissant reste celui du lait contaminé à la mélamine qui, en 2008, avait provoqué la mort de six enfants, rendu malade 300 000 autres et provoqué la colère de la population.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 14:14

LEMONDE.FR avec l'AFP | 28.12.11 | 08h20   •  Mis à jour le 28.12.11 | 08h21

 
 

 

La Chine enregistre depuis quelques semaines plusieurs mouvements de mécontentement de travailleurs. Ici, un millier d'employés de la firme Hi-P International ont fait grève début décembre à Shanghaï.

La Chine enregistre depuis quelques semaines plusieurs mouvements de mécontentement de travailleurs. Ici, un millier d'employés de la firme Hi-P International ont fait grève début décembre à Shanghaï. PETER PARKS / AFP

Des milliers d'employés d'une usine détenue par un groupe sud-coréen ont entamé une grève lundi 26 décembre à Nanjing, dans l'est de la Chine, a annoncé l'ONG China Labour Watch. Le pays enregistre depuis quelques semaines plusieurs mouvements de mécontentement des travailleurs.

Quelque 8 000 employés de cette usine, détenue par le conglomérat sud-coréen LG Group, à Nanjing, ont cessé le travail, affirmant que les salariés sud-coréens du site avaient reçu des primes de fin d'année supérieures aux leurs, a rapporté l'organisation China Labour Watch, située à New York.

FAIBLES SALAIRES ET MAUVAISES CONDITIONS DE TRAVAIL

Des dizaines de milliers d'ouvriers chinois ont observé des mouvements de grève depuis novembre pour protester contre le faible niveau des salaires, voire les diminutions de salaire, et les mauvaises conditions de travail, causées par les réductions de dépenses des entreprises en raison du ralentissement économique dans le monde.

Le mouvement à l'usine LG a démarré lundi et est pour le moment pacifique, a indiqué l'ONG dans un communiqué. Des employés ont cependant renversé des meubles dans la cantine de l'usine. Une vidéo, postée sur Internet par un des ouvriers et mentionnée dans le communiqué de China Labour Watch, montre des travailleurs qualifiant d'"inutile" le syndicat, lors d'une réunion avec un médiateur mandaté par les autorités.

Le Parti communiste chinois redoute la formation de syndicats indépendants, qui pourraient menacer son emprise, et n'autorise donc qu'un seul syndicat, lié au gouvernement et doté de représentations locales.

CONFLITS DANS LE GUANGDONG ET À SHANGAÏ

Les grèves de ces dernières semaines se sont déroulées majoritairement dans la province du Guangdong (sud), un des centres manufacturiers de la Chine. C'est aussi dans cette province qu'ont éclaté plusieurs conflits sociaux, dont une manifestation contre une centrale thermique polluante qui a mal tourné à Haimen, et une "révolte" ouverte des villageois de Wukan.

>> Lire la Lettre d'Asie : "Les braves gens de Wukan sont en colère"

Mais la grande ville des affaires, Shanghaï, a également connu plusieurs mouvements de mécontentement. Des centaines d'employés d'une usine à Shanghaï, détenue par le groupe électronique de Singapour Hi-P International, ont cessé le travail à la fin de novembre pour protester contre les modalités de délocalisation de leur site.

Les activistes soulignent que les autorités chinoises sont en général plus enclines à écouter les doléances des employés d'usines détenues par des groupes étrangers que celles émanant d'ouvriers de sites aux mains de groupes chinois.

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 16:54
| Par Jordan Pouille

«L’issue du conflit est beaucoup plus optimiste que ce que je pouvais imaginer. Même si les chefs du village sont peut-être déjà planqués à Hong Kong… avec la caisse», confie Malcolm Moore, correspondant flegmatique du Daily Telegraph à Pékin, de retour de Wukan. 

Depuis septembre, les habitants de cette bourgade au sud de la Chine ferraillaient contre les officiels locaux, accusés d’avoir saisi leurs terres et empoché des millions de yuans en les revendant à des promoteurs. Véhicules de police renversés, altercations violentes étaient le lot quotidien à Wukan. Jusqu’à l’arrestation de cinq paysans “meneurs” et la mort suspecte de l’un d’entre eux, il y a deux semaines. Les habitants se sont alors subitement barricadés, en prenant soin de bouter les officiels et les policiers hors du village tout en accueillant la presse étrangère et les blogueurs hongkongais, dans l’espoir que leurs revendications soient massivement diffusées.

Même s’il faudra rester vigilant – le chef de la préfecture, Zheng Yanxiong, enrage actuellement contre l’influence diabolique «des médias étrangers pourris, des sites pourris» –, la répression sourde que l’on craignait n’a pas eu lieu. Les 20.000 paysans ont obtenu la libération de trois de leurs camarades vendredi, la rétrocession de 27 hectares de terres et la garantie d’élections démocratiques pour désigner le prochain chef de village. Jusqu’ici muet sur le conflit, le Quotidien du Peuple félicitait jeudi une gestion exemplaire orchestrée par le Parti communiste chinois, désormais capable de remettre l’humain au centre.

Mais est-ce vraiment un tournant? Le Parti change-t-il de cap en acceptant l’instabilité et en satisfaisant les attentes rurales? Plusieurs tentatives de réponses.

1 – De la vente des terres dépend toujours le train de vie des potentats locaux

La bonne volonté des dirigeants du Guangdong ne saurait cacher une réalité: l’insatiable appétit foncier des gouvernements locaux. Au diapason de chaque plan quinquennal du gouvernement central, chaque province se fixe des objectifs de croissance qu’elle répercute à tous les niveaux: préfecture, commune et village. Pour faire entrer les recettes fiscales sans taxer les paysans pauvres et générer une activité économique, les péages routiers pléthoriques à la sortie des villes petites ou moyennes ne suffisent plus.

Quoi de plus simple en revanche que de confisquer et revendre les terres aux promoteurs, toujours grisés par la perspective d’importants bénéfices générés par la spéculation immobilière? En 2010, la vente des terres a rapporté 350 milliards d’euros aux autorités locales, contre seulement 16 milliards en 2001 d’après Guan Qingyou, économiste à l’université de Tsinghua, à Pékin. Le pourcentage moyen de la revente de terres dans les revenus des gouvernements locaux est passé de 0,24% en 1989 à 74,14% en 2010.

Un tel système laisse la part belle à la corruption, où officiels locaux, promoteurs et constructeurs – souvent d’État – se servent sur le dos des paysans, où policiers et démolisseurs sont de mèche pour chasser les habitants. «Il faut comprendre que les systèmes politique, judiciaire, et économique locaux, répondent d'abord aux intérêts personnels de l'Empereur de province, le secrétaire général du Parti local. C'est dans ce climat que les petits fonctionnaires ferment les yeux sur ces prises illégales de terres», nous explique Li Jinsong, avocat pékinois. Aux côtés des paysans (et du dissident Hu Jia), il s’est depuis rangé et travaille dans «la régulation des banques».

Il ne faut donc pas chercher bien loin pour trouver d'autres “Wukan” à retardement. À deux heures en taxi de Pékin, le village de Baigou a peu à peu laissé place à une zone industrielle dédiée à la confection de sacs à main. Toute l’année, les autorités ont envoyé des hommes de main saccager les terres et construire des murets autour. En journée, les paysans découvraient l’avancée des travaux et manifestaient vainement devant les bâtiments publics. Finalement, les autorités ont gagné leur pari et Baigou peut se targuer d’être devenue la “capitale du sac à main” comme d’avoir converti une grande partie des paysans au développement local : ils se retrouvent ouvriers à la chaîne. Un comble, quand la hausse du coût de la main-d’œuvre pousse de plus en plus d’industriels chinois à transporter leurs usines beaucoup plus loin, vers des provinces moins développées comme le Henan et le Sichuan où le salaire minimum défie les lois de la gravité : entre 800 (97 euros) et 1.050 yuans (126 euros) au 1er janvier 2012, heures supplémentaires non comprises.

 

Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: "il faut r  
Les paysans de Baigou dressent des banderoles demandant aux autorités locales de s'en tenir à la loi. Comme celle-ci: "il faut r© JP
Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du "Conseil d'Etat" censé protéger les terres cultivables.  
Ce paysan cache son visage devant la photocopie d'un texte du "Conseil d'Etat" censé protéger les terres cultivables.© JP

 

Autre exemple signifiant : Ordos, en Mongolie intérieure, où la fièvre bâtisseuse atteint l’absurdité. Au milieu des steppes, une ville fantôme s’érige depuis quatre ans pour permettre aux nouveaux riches du charbon de placer leurs fortunes. Chassés de leurs fermes, les paysans deviennent balayeurs de rue et n’ont d’autre choix que de vivre dans les appartements construits par les promoteurs qui les indemnisent. «On a touché 750.000 yuans d’indemnités, mais on paye 40.000 yuans de loyer par an. On n’avait pas le choix», nous racontait, le 1er décembre, Shan Zhang accroché à son balai au milieu d’une avenue déserte. Sa femme et sa fille ne travaillent pas. «Il n’y a pas d’usine et elles n’ont pas les diplômes pour être fonctionnaires.»

 

Ordos Ordos© JP
Ordos Ordos© JP
Paysan à Ordos Paysan à Ordos© JP

 

En février dernier, l'Académie des sciences sociales de Pékin, considérée comme le think tank du gouvernement central, a publié une étude réalisée dans dix provinces rurales. Elle a mis à jour l'inhumanité du système: dans 29% des cas de réquisition de terres par les autorités locales, les fermiers ne sont jamais prévenus à l'avance; et pour 58% d’entre eux, aucune négociation sur le montant des indemnités n'est même envisagée.

2 – Les paysans redeviennent la bête noire du Parti

Selon les statistiques officielles, les “incidents de masse”, allant d'une simple bagarre collective à une véritable émeute, sont passés de 8.700 en 1993 à 90.000 en 2006 en Chine. Défiant la censure, une radio chinoise annonçait que ce chiffre avait doublé en 2010 : 65% concernant uniquement la spoliation des terres agricoles.

L’instabilité tant crainte par les dirigeants du parti unique ne viendrait donc pas des militants des droits de l'homme comme l’artiste Ai Weiwei, l’avocat aveugle Cheng Guangcheng ou l'écrivain Chen Wei, aisément neutralisés, ni des candidats indépendants terrassés lors des dernières élections locales, ni même des classes moyennes “éveillées” et adeptes des réseaux sociaux. Car les paysans aussi ont accès à Internet. Résultat : ils connaissent très bien les lois censées les protéger et dénoncent sans pudeur les “trois châtiments”: vol de leurs terres, démolition des maisons et construction illégale. À Wukan, leurs vidéos de castagne ont pris d'assaut Weibo, le Twitter chinois, déjouant la censure autant que faire se peut.

Toutefois, ils sont nombreux également à accepter leur destinée sans coup férir. Ils entrent alors dans une nouvelle catégorie sociale, sans ressources mais inoffensive : les paysans sans terre, subsistant grâce aux aides de l’État. Soit 50 millions de personnes d’après un rapport de l’Académie des sciences sociales daté d’août dernier.

De fait, dans la province du Gansu, la construction d’un barrage pour accélérer l’industrialisation de la ville toute proche a stoppé net la culture des vergers de Changpo, pourtant glorifiée en son temps par Mao. Les habitants ont été relogés à proximité dans des bungalows proprets mais à l'écart de toute activité économique, dans un décor lunaire, au sommet d'une montagne. Ils reçoivent plusieurs centaines de yuans par mois, une somme proportionnelle au nombre de personnes par foyer. Une aide qui leur est enlevée s’ils partent s’installer ailleurs.

 

Changpo Changpo© JP

 

Un scénario similaire est observé à Leshan, au Sichuan. En 2007, le Parti local a misé sur l’industrie solaire pour accélérer le développement “scientifique” de la ville (une terminologie chère au secrétaire général Hu Jintao) au-delà de son simple attrait touristique lié à la présence du Grand Bouddha, taillé dans la falaise du mont Lingyun. Bilan: les usines de panneaux solaires d’État se sont construites sur des zones franches plantées au milieu des champs de cacahuètes. Et les paysans qui acceptent sans rechigner les indemnités d’expropriation ont été relogés dans la cité-dortoir des ouvriers du photovoltaïque. Le choc des cultures est assuré.

 

Un paysan irréductible de Leshan
Un paysan irréductible de Leshan© JP

 

Dans le Shandong (lire notre reportage de février dernier), les paysans de Long Wan Tao assistent impuissants au détournement des cours d’eau qui irriguaient leurs terres, afin que se remplisse le lac artificiel de Long Wan Tao. Les autorités locales avaient dans l’idée d’édifier une ville moderne et attractive, truffée d’espaces verts au milieu des nouvelles tours résidentielles. «Nous sommes très en colère car, dans le même temps, le prix des aliments a beaucoup augmenté. Mais les gens ont peur de se plaindre, de manifester. Vous savez, personne n'a envie d'être le premier à le faire», grognait un paysan sur place

3 – La fin de la sécurité alimentaire ?

Pour permettre à chacun de manger à sa faim, l’État s'est engagé par écrit à protéger au moins 1,8 milliard de mu (= 120 millions d'hectares), soit un dixième des terres arables de la planète, pour nourrir un cinquième de la population mondiale. Ainsi, depuis novembre 2010, une loi interdit de convertir les terres agricoles à d'autres fins. Chaque demande de reconversion d'un grand champ doit passer par le Conseil d'État.

Mais selon l'avocat pékinois Wang Cai Liang, cette barrière des 1,8 milliard de mu n’est qu’une chimère. «Nous avons perdu au moins 900 millions de mu ces dix dernières années! Pour revenir à ce palier, il faudrait de la démocratie, c'est-à-dire une réforme du système politique qui permettrait au peuple de superviser l'urbanisation. Aujourd'hui, celui-ci assiste impuissant à une urbanisation tous azimuts, menée par des chefaillons obsédés par les objectifs de croissance fixés par Pékin et dont dépend leur promotion au sein du Parti.»

Face à de telles priorités, le redoutable Conseil d'État chinois n’est plus qu’un tigre de papier tant ses règles semblent aisées à transgresser. «Si un projet majeur est divisé en une centaine de petits projets, le Conseil d’État n’est plus concerné. Et un gouvernement local peut saisir des terres s’il déclare ces petits projets “d'intérêt public”. Libre ensuite aux officiels de la commune de les reclassifier en projet résidentiel, industriel ou commercial», explique Li Jinsong, avocat lui aussi. 

 

Li Jinsong Li Jinsong© JP

Ne pouvant plus faire machine arrière, certaines municipalités ayant converti la majorité de leurs territoires envisagent désormais des solutions radicales. Tianjin entend délocaliser son agriculture en Bulgarie. Cet automne, une ferme d’État répondant au doux nom de “Tianjin State Farms Agrobusiness Group Company” s’est offert l’exploitation de 2.000 hectares dans la province pauvre de Vidin contre 10 millions d’euros. Objectif: y produire du tournesol et du maïs pour les consommateurs de Tianjin. Vingt millions d’euros seront bientôt alloués à la production de bétail et de fourrage pour celui-ci. La production de riz et l’élevage de vers à soie seront également au menu. Plusieurs fermes d’État chinoises exploitent déjà leurs propres champs aux Philippines, à Cuba et en Argentine. Une petite question reste en suspens: ces “terres chinoises” dans un pays de l’Union européenne pourront-elles bénéficier des aides de la politique agricole commune ?

Deux espoirs pour 2012

- À l’approche du XVIIIe Congrès de septembre, durant lequel l’ensemble du bureau politique du Comité central du Parti sera chamboulé − provoquant, dans la foulée, le renouvellement du Président et du Premier ministre chinois − les leaders de province cherchent à se protéger de tout conflit social voyant et de toute répression impopulaire. En particulier les prétendants au trône comme Wang Yang, secrétaire général de la province du Guangdong où se trouve Wukan. Dans un rare élan d’empathie, l’homme a reconnu publiquement que les demandes des paysans étaient raisonnables mais qu’elles n’avaient pas été entendues suffisamment tôt.

Wang Yang est en guerre politique ouverte avec Bo Xilai, secrétaire général de Chongqing et partisan charismatique d’un grand retour aux valeurs communistes, de l’esprit révolutionnaire et du partage des richesses: un comble quand on sait qu'il surveille ses administrés grâce au déploiement de 500.000 caméras de télésurveillance. Ou qu'il a envoyé son fils en Occident pour y suivre toute sa scolarité. Invité à un dîner par la fille de l'ancien ambassadeur américain à Pékin, le jeune Bo Guagua, 23 ans, était arrivé au volant d'une rutilante Ferrari.

- Le dégonflement actuel de la bulle immobilière – provoqué par la baisse de la demande et les mesures antispéculation du gouvernement central – auquel les Chinois assistent depuis plusieurs mois pourrait calmer les ardeurs foncières des autorités locales. Les prix des logements baissent et les promoteurs ne se bousculent plus pour accepter les prix des terrains fixés par les officiels. Comme l’explique le magazine chinois Caixin, dans un article du 19 décembre : «D’un côté, les officiels locaux constatent la nécessité de maîtriser les prix de l’immobilier. En ce sens, jamais ils n’essaieraient de faire obstacle aux politiques du gouvernement central. Mais les ventes de terres ont chuté, gênant la capacité des gouvernements locaux à financer les services publics, comme les patrouilles de police ou les salaires des enseignants.» Résultat: «Aujourdhui, les officiels locaux sont beaucoup plus inquiets que les promoteurs immobiliers.»

Lourdement endettées, les provinces doivent donc apprendre à ne plus mettre tous leurs œufs dans le même panier et chercher très vite d’autres moyens de financement que l’extorsion de la masse paysanne.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 21:51

LeMonde.fr avec AFP | 22.12.11 | 10h23   •  Mis à jour le 22.12.11 | 13h02

 
 

 

A la suite des récentes manifestations qui ont eu lieu dans le pays, le ministre de la sécurité publique a demandé aux autorités de résoudre les conflits sociaux rapidement et d'appliquer la loi de façon "civilisée".

A la suite des récentes manifestations qui ont eu lieu dans le pays, le ministre de la sécurité publique a demandé aux autorités de résoudre les conflits sociaux rapidement et d'appliquer la loi de façon "civilisée". AFP/MARK RALSTON

La Chine a décidé d'étendre à sa province actuellement agitée du Guangdong la toute nouvelle obligation en vigueur à Pékin de s'inscrire sous son vrai nom pour ouvrir un compte de microblog, a rapporté jeudi la presse d'Etat.

Cette mesure est "conforme aux lois chinoises" et vise à "promouvoir une culture saine de l'Internet", a expliqué l'agence officielle Chine nouvelle. Depuis vendredi dernier, les internautes doivent désormais s'identifier sous leur vrai nom pour ouvrir un compte de microblog dans la capitale chinoise.

POUR "UNE CULTURE SAINE"

La règle est désormais élargie à sept grands services de microblogging basés dans le Guangdong, où de récents conflits sociaux et manifestations violentes ont fait les gros titres de l'actualité. Les autorités ont ces derniers mois resserré leur étau sur la vaste communauté des internautes. Avec une attention particulière sur les sites de microblogs considérés avec suspicion par le pouvoir. Pékin redoute que ces sites véhiculent des informations non contrôlées par le gouvernement.

Le nombre d'utilisateurs de services de microblogging a plus que triplé au cours de la première moitié de 2011, selon des données officielles. Avec les réseaux sociaux, les microblogs sont devenus les espaces où se forme l'opinion publique en Chine, selon des observateurs.

 

La page d'accueil du réseau social chinois Weibo.

La page d'accueil du réseau social chinois Weibo.D.R.

Les contributions en 140 caractères chinois au maximum – qui permettent de véhiculer des messages bien plus longs et articulés qu'en 140 lettres alphabétiques – sont de plus en plus souvent utilisées par les Chinois pour se plaindre d'abus de pouvoir de fonctionnaires corrompus ou dénoncer des scandales, allant des aliments frelatés aux mesures de pollution atmosphérique.

APPLIQUER LA LOI DE FAÇON "CIVILISÉE"

A la suite de récentes manifestations violentes qui ont eu lieu dans le pays, le ministre de la sécurité publique a demandé aux autorités décentralisées de résoudre les conflits sociaux rapidement et d'appliquer la loi de façon "civilisée". "Nous devons également respecter les normes civilisées d'application de la loi et traiter les incidents de foule et les actions individuelles d'extrémistes selon la loi", a ajouté M. Zhou, qui appelle les autorités locales à plus d'efforts pour apaiser la grogne "au niveau de ses racines".

Confrontées à la rébellion des habitants de Wukan, un village du sud de la Chine, excédés par les expropriations de terres, les autorités locales ont fini par lâcher du lest mercredi, allégeant la présence policière et promettant de libérer les meneurs de la révolte. Les résidents ont alors interrompu leur soulèvement.

 

Près de 10 000 personnes se sont rassemblées pour protester contre une centrale thermique à Haimen, mercredi 21 décembre.

Près de 10 000 personnes se sont rassemblées pour protester contre une centrale thermique à Haimen, mercredi 21 décembre.AFP/STR

Dans cette même province du Guangdong, des milliers d'habitants ont manifesté mardi et mercredi contre la grave pollution causée selon eux par une centrale thermique au charbon dans la ville de Haimen. Les policiers ont frappé brutalement les protestataires. La presse officielle chinoise a critiqué jeudi l'attitude des autorités locales à Wukan, qui ont d'abord imposé une dizaine de jours de blocus à ce gros bourg avant de choisir la posture conciliante qui a dénoué la situation.

Ces autorités ont échoué à "répondre aux demandes raisonnables des villageois", ce qui a conduit à une "escalade vers des actes excessifs", a jugé le Quotidien du peuple, organe officiel du Parti communiste chinois. Le journal Global Times a aussi appelé les gouvernements locaux à "considérer de façon sérieuse toute protestation de la population et faire preuve d'une attitude responsable vis-à-vis des exigences du peuple".

Jeudi, les autorités chinoises ont libéré l'un des meneurs de la rébellion des habitants d'un village du sud du pays excédés par les expropriations, confirmant ainsi leur volonté de dénouer cette crise qui fait grand bruit dans le pays, a annoncé sa famille à l'AFP. "Mon frère est rentré à la maison cet après-midi, il m'a dit : 'Je suis en liberté conditionnelle, donc je ne peux pas beaucoup parler et je n'ai pas le droit d'accepter d'interview'", a déclaré par téléphone Zhang Jianxin, le frère de Zhang Jiancheng. M. Zhang avait été arrêté il y a deux semaines après avoir été l'un des meneurs du soulèvement.

Un autre meneur, Xue Jinbo, est décédé en détention, après avoir été battu à mort selon ses proches, ce que dément la police. Le autorités se sont engagées à remettre son corps aux habitants et à libérer deux autres responsables villageois encore détenus.

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 21:44

LEMONDE.FR avec AFP | 21.12.11 | 13h52   •  Mis à jour le 21.12.11 | 14h58

 
 

 

Près de 10 000 personnes se sont rassemblées pour protester contre une centrale thermique à Haimen, mercredi 21 décembre.

Près de 10 000 personnes se sont rassemblées pour protester contre une centrale thermique à Haimen, mercredi 21 décembre.AFP/STR

Un nouveau rassemblement contre une centrale thermique accusée de polluer l'environnement dans une ville du sud de la Chine, Haimen, a dégénéré mercredi 21 décembre.

Selon un habitant, les violences ont éclaté après qu'environ 10 000 personnes se furent rassemblées pour bloquer une autoroute. Des policiers, visés par des jets de briques, ont frappé en retour brutalement les protestataires, ont rapporté des témoins.

Ces heurts se sont déroulés dans la province du Guangdong, où est concentrée une part importante de l'industrie manufacturière chinoise travaillant pour les exportations, et où une série de conflits sociaux ont éclaté ces dernières semaines.

Déjà mardi, les protestataires avaient tenté de couper la circulation sur cette autoroute et d'investir des bâtiments gouvernementaux. Les policiers avaient frappé brutalement les protestataires et les avaient repoussés avec des gaz lacrymogènes, selon des témoins. Des manifestants avaient affirmé qu'un adolescent de 15 ans ainsi qu'une femme avaient trouvé la mort.

L'environnement est souvent sacrifié en Chine sur l'autel de la croissance et de l'industrialisation et il n'est pas rare que des pollutions industrielles soient à l'origine de soulèvements.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 22:23

LEMONDE.FR | 13.12.11 | 11h00   •  Mis à jour le 13.12.11 | 11h53

 
 

La Chine a réduit de moitié les exécutions de condamnés à la peine capitale depuis 2007, quand le feu vert de la Cour suprême est devenu nécessaire, mais quelque quatre mille personnes y sont encore exécutées par an, a indiqué une association de défense des droits de l'homme, mardi 13 décembre.

Le nombre exact d'exécutions en Chine chaque année est secret d'Etat et ce chiffre a été avancé par l'organisation Dui Ha, dont le siège est aux Etats-Unis, sur la base d'un rapport d'un chercheur de l'Académie des sciences sociales, qui indique que les exécutions ont baissé de moitié en quatre ans.

Mais avec ce chiffre, la Chine reste de très loin le pays qui procède au plus grand nombre d'exécutions. Ce pays exécute en effet près de huit fois plus de condamnés que le reste de la planète : cinq cent vingt-sept exécutions en 2010, selon l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International. "La Chine a fait de grands progrès dans la réduction des exécutions, mais leur nombre reste trop élevé et ne baisse que trop lentement", a déclaré John Kamm, directeur exécutif de Dui Hua.

La Chine, qui tente lentement d'instaurer un Etat de droit, et qui est très critiquée dans le monde pour son triste record, a fait baisser le nombre des exécutions en demandant à la Cour suprême de passer en revue chaque condamnation à la peine capitale et de donner son feu vert avant toute exécution. En début d'année, la Chine a supprimé la peine de mort pour certains crimes économiques, dont l'évasion fiscale, et interdit la peine capitale pour tout condamné âgé de 75 ans ou plus à la date de son procès, sauf ceux coupables d'un crime d'"une cruauté exceptionnelle".

De plus en plus les condamnés, habituellement tués par balle, sont exécutés par injection. En dépit des appels à la clémence, la Chine vient d'exécuter une Sud-africaine et un Philippin, condamnés pour trafic de drogue.

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:03

LEMONDE.FR avec AFP | 02.12.11 | 06h40   •  Mis à jour le 02.12.11 | 07h37

Un ancien moine bouddhiste a tenté jeudi de s'immoler par le feu au Tibet, a annoncé vendredi une association de défense des Tibétains, selon qui il s'agit de la première tentative de ce genre dans la région autonome chinoise. "Selon des informations transmises par microblog et publiées sur des comptes Facebook en tibétain, le Tibétain, nommé Tenzin Phuntsog, a survécu [à sa tentative d'immolation] et a été hospitalisé", a indiqué dans un communiqué l'organisation International Campaign for Tibet (ICT).

Depuis le suicide par le feu en mars d'un jeune bonze du monastère de Kirti, dans une région tibétaine de la province du Sichuan, dix autres moines et nonnes bouddhistes ont suivi son exemple, dont au moins sept sont décédés. Selon ICT, il s'agit de la première tentative d'immolation dans la région autonome du Tibet, que la Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" en 1951. "Si les informations qui nous sont parvenues sont confirmées, il s'agirait de la première immolation à se produire dans la région autonome du Tibet", a écrit l'ONG.

L'ex-moine quadragénaire aurait accompli son geste désespéré dans la préfecture de Changdu. La police de Changdu, contactée par l'AFP, a indiqué ne pas être au courant des faits. Les suicides publics des moines illustrent, selon les ONG, le désespoir face à la répression religieuse et culturelle menée par Pékin dans les régions tibétaines. La Chine affirme améliorer le sort des Tibétains en fournissant des fonds pour le développement économique de cette région pauvre et isolée. Le 10 novembre, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est dite "alarmée" par les immolations de moines et de religieuses tibétains.

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 14:07

LEMONDE.FR avec AFP | 02.12.11 | 08h01   •  Mis à jour le 02.12.11 | 09h13

 
 

 

Ce mouvement de protestation a démarré après l'annonce du licenciement d'ouvriers par Singapour Hi-P International qui a projeté de transférer la production dans une autre ville.

Ce mouvement de protestation a démarré après l'annonce du licenciement d'ouvriers par Singapour Hi-P International qui a projeté de transférer la production dans une autre ville.AFP/PETER PARKS

Plusieurs centaines d'ouvriers d'une usine de Shanghaï ont suivi une grève de deux jours pour protester contre des licenciements et des affrontements avec la police qui ont fait plusieurs blessés, a annoncé vendredi une organisation de défense des travailleurs. Le mouvement de protestation, entamé mercredi, se poursuivait vendredi mais avec seulement une cinquantaine d'employés, a précisé dans un communiqué le China Labour Watch, dont le siège est aux Etats-Unis.

L'usine implantée dans la grande métropole de l'est de la Chine est la propriété de la compagnie électronique de Singapour Hi-P International, sous-traitant notamment d'Apple et de Hewlett Packard. Ce nouveau mouvement de protestation sociale en Chine a démarré après l'annonce du licenciement de quelque mille ouvriers par l'entreprise qui a projeté de transférer la production dans une autre ville. Des grévistes ont indiqué qu'ils n'avaient reçu aucune notification préalable de leur licenciement et que les indemnités ne convenaient pas, selon China Labour Watch. Un représentant de Hi-P International a déclaré que l'impact de cette grève était "très réduit".

La police de Shanghaï n'a pu être jointe dans l'immédiat mais avait, jeudi soir, estimé dans un communiqué le nombre de grévistes à cent seulement. Les mouvements de protestation se multiplient dans les usines en Chine entre des salariés se disant maltraités et devenus plus exigeants et des patrons confrontés à la baisse de la demande et à la hausse des coûts. Les exportations de la Chine, qui demeurent le principal moteur de la croissance, commencent à sérieusement se tasser sous l'effet de la crise des dettes souveraines en Europe et de la crise persistante aux Etats-Unis, ses deux principaux marchés.

Le mois dernier, plus de 7 000 travailleurs ont fait grève après des licenciements et des baisses de salaire dans la province méridionale du Guangdong chez un sous-traitant des chaussures de sport New Balance, Adidas et Nike. Des centaines d'autres ont fait grève à Shenzhen pour exiger le paiement d'heures supplémentaires.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:21

L'air du temps|Chronique | LEMONDE | 19.11.11 | 14h16   •  Mis à jour le 19.11.11 | 16h45

 
 

Il se passe quelque chose d'étrange chez les millionnaires chinois. Alors que le monde entier a les yeux rivés sur la Chine, dont la prodigieuse ascension économique depuis trente ans exerce, à juste titre, une fascination sans bornes sur nos cerveaux engourdis par des statistiques anémiques, les nouveaux riches de l'empire du Milieu ne pensent qu'à une chose : nous rejoindre.

C'est du moins ce que nous laisse entendre une étude publiée début novembre par la Bank of China et le Hurun Report, qui publie chaque année à Pékin la liste des Chinois les plus riches. Les enquêteurs ont sondé 980 millionnaires, tous à la tête d'un patrimoine supérieur à 10 millions de yuans, soit l'équivalent de 1,1 million d'euros. Plus de la moitié d'entre eux ont indiqué qu'ils songeaient à émigrer (46 %), ou bien qu'ils l'avaient déjà fait ou étaient sur le point de le faire (14 %). Il n'est, bien sûr, pas interdit de penser que si la Bank of China réalisait la même enquête en France, elle découvrirait quelques millionnaires français désireux d'émigrer en Suisse, en Belgique ou à Monaco... pour des raisons que l'on devine sans peine.

Les motivations des riches chinois sont différentes. Ce n'est pas le fisc qui les fait fuir, mais l'inadéquation de la qualité de la vie et de l'environnement social aux attentes générées par leurs moyens financiers. Les fruits d'un taux de croissance du PIB encore supérieur, en 2011, à 9 % peuvent être inégaux, mais les enfants des riches respirent le même air pollué que les enfants des pauvres, et les millions que gagnent les parents des premiers n'y changent rien. La politique de l'enfant unique s'applique aussi aux riches, et les exemptions dont ils ont pu jouir en se contentant de payer des amendes sont devenues plus difficiles à obtenir. Parmi les autres facteurs qui incitent au départ les millionnaires sondés, on retiendra la rigidité du système éducatif, les insuffisances du système de santé et l'absence de cadre juridique solide.

Invité par un journal économique chinois à commenter cette enquête - qui confirme une tendance déjà révélée il y a quelques mois -, un universitaire de Tsinghua, Cai Jiming, a, lui, mis l'accent sur l'insécurité. "Avons-nous vraiment installé l'idée que la propriété privée est sacrée et inviolable ?, demande-t-il. Ces dernières années, nous avons assisté à l'expropriation illégale de terrains, à la démolition brutale de maisons individuelles et à d'autres phénomènes qui montrent que ces principes ne sont pas encore respectés." Ces principes, lorsqu'ils sont gravés dans la loi, font partie de ce que l'on appelle l'Etat de droit.

Il n'y a pas, en Chine, d'Etat de droit digne de ce nom, et cela perturbe les millionnaires. Où vont donc ceux qui choisissent de partir ? Par ordre de préférence, aux Etats-Unis, au Canada, à Singapour et en Europe, où ils placent leur argent, achètent de l'immobilier et inscrivent leurs enfants à l'université. Sans, pour autant, rompre les ponts complètement avec leur pays : un pied dedans, un pied dehors.

Président d'une grande puissance dont on déplore aussi abondamment le déclin que l'on célèbre l'ascension de la Chine, Barack Obama achève une tournée de neuf jours en Asie et dans le Pacifique. Sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a décrété dans un article très remarqué, publié par Foreign Policy, que, si le XXe siècle a été le siècle de l'Atlantique, le XXIe serait celui du Pacifique.

D'Honolulu, où il a reçu ses partenaires du Forum de coopération économique Asie-Pacifique et lancé un accord de libre-échange transpacifique, M. Obama s'est rendu en Australie, où il a annoncé le déploiement futur de 2 000 Marines, puis à Bali, où il est le premier président américain à participer au sommet de l'Asie orientale. Ce n'est un mystère pour personne : les Etats-Unis renforcent leur présence dans la région parce qu'un géant, la Chine, s'y est levé et qu'il faut y contrebalancer son influence.

Si l'Amérique est de retour en Asie, c'est aussi parce que plusieurs pays de la région le lui demandent. Appelons cela le paradoxe asiatique : le premier partenaire commercial du Japon, aujourd'hui, n'est pas les Etats-Unis mais la Chine. Le premier partenaire commercial de l'Inde, c'est la Chine, de même que celui de la Corée du Sud et de Taïwan. Très soucieux de profiter du boom chinois, tous ces pays - et le Vietnam n'est pas le dernier - sont tout aussi soucieux de ne pas succomber aux ambitions géostratégiques, supposées ou déclarées, de Pékin. C'est donc au grand frère américain qu'ils demandent d'assurer la sécurité, notamment maritime, dans la région.

Cette rivalité apparente peut paraître digne des plus beaux jours de la guerre froide, qui opposait le bloc soviétique au bloc occidental. Il y a, pourtant, outre la Chine, de nouveaux acteurs dans la région, l'Inde, l'Indonésie, pour ne citer qu'elles. Mais ces acteurs ne veulent pas faire partie d'un bloc. Et il n'y a pas, pour l'instant, de bloc chinois : qui, à part la Corée du Nord, y serait d'ailleurs candidat ? Même la secrète Birmanie est en train de s'émanciper du giron de Pékin, au point qu'Hillary Clinton vient de décider d'y faire, le mois prochain, une visite - qui s'annonce historique.

Pourquoi, malgré tous ses efforts de soft power, la Chine a-t-elle si peu d'amis ? L'ouverture de centaines d'instituts Confucius à travers le monde n'y change rien : les millionnaires ont fourni la réponse. Un milliardaire d'Hongkong qui investit beaucoup en Chine continentale, Ronnie Chan, président de l'empire immobilier Hang Lung Properties, a écrit une très intéressante tribune dans le Financial Times du 15 novembre. Il y explique que l'Occident est aujourd'hui menacé pour avoir laissé la liberté s'exercer sans contrôle. La Chine, dit-il, est encore "trop restrictive", mais elle va dans le bon sens. Pour les deux géants, "la question n'est pas s'il doit y avoir de la liberté, mais combien de liberté".

Le problème, c'est que de même qu'on ne peut pas être à moitié enceinte, il est difficile d'être à moitié libre. Et, tant qu'ils ne seront qu'à moitié libres, les millionnaires chinois continueront à voter avec leurs pieds. Et les Etats-Unis à s'imaginer en puissance du Pacifique.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 13:43

 

17/11/2011 à 14h44

Pierre Haski

--- Rue89

 

Immolation sur la place Tiananmen, le 21 octobre 2011, à Pékin, en Chine (Capture d'écran du Daily Telegraph)

Ça s'est passé au cœur de Pékin, mais il a fallu 26 jours pour que l'information sorte : un homme s'est immolé le 21 octobre sur la place Tiananmen, au centre de la capitale chinoise, devant le portrait du président Mao qui orne toujours la porte de la Paix céleste qui mène à la Cité interdite, lieu le plus symbolique du pays.

C'est un touriste britannique qui a pris la photo ci-dessus, finalement publiée cette semaine par le Daily Telegraph de Londres, forçant les autorités chinoises à publier un communiqué. Officiellement, donc, l'homme s'appelle « M. Wang », l'un des noms les plus courants en Chine, et a voulu protester contre un jugement civil le concernant, « rien de politique » affirme Pékin.

On n'en saura sans doute jamais plus sur cette immolation, la première depuis dix ans sur cette place qui a vu se dérouler les plus grands événements de l'histoire chinoise. Il y a dix ans, en effet, deux membres de la secte Falungong s'étaient donnés la mort par le feu pour protester contre la répression dont était victime leur mouvement. Depuis, la surveillance de la place a été renforcée.

L'incident d'octobre à Pékin s'ajoute à une liste, de plus en plus longue, d'immolations de protestation en Chine.

Le logement, source de révolte

La semaine dernière, une femme de 81 ans s'est donnée la mort par le feu dans la province du Henan, dans le centre de la Chine, pour protester contre la démolition prévue de sa maison, une cause importante de mécontentement dans le pays.

La femme est montée sur le toit de sa maison et s'est aspergée d'essence avant de mettre le feu. Une partie de sa famille a été arrêtée pour « perturbation à l'ordre public », selon le Nanfang Dushi Bao de Canton, un journal connu pour sa liberté de ton.

D'autres personnes dans le même cas se sont données la mort ces dernières années en Chine. En septembre, à Shanghaï, une autre femme âgée de 77 ans, médecin, avait eu recours à un autre mode de protestation : elle avait manifesté, nue et à genoux devant le siège du tribunal local.

 

 

Agenouillée nue devant un tribunal de Shanghai, Zhuang Jinghui, médecin de 77 ans, proteste contre la démolition de sa maison.

Au Tibet, la protestation par le feu

Mais c'est surtout au Tibet que la vague de protestations par le feu est la plus importante : pas moins de onze tentatives d'immolation conduisant à six décès depuis le début de l'année, pour la plupart des moines ou des nonnes bouddhistes protestant contre l'occupation chinoise.

La dernière en date remonte au 3 novembre, avec la mort d'une nonne âgée de 35 ans, dans la localité de Ganzi.

Radio Free Asia, un média financé par les Etats-Unis, vient de diffuser une vidéo reçue du Tibet, qui montre, avec des images terribles à déconseiller aux âmes sensibles, le corps en flamme d'un moine bouddhiste du monastère de Tawu Nyitso.

 

 

Immolation d'un Tibétain en août dernier. Attention ces images sont très dures et peuvent choquer.

Ces protestations par le feu sont embarrassantes pour le gouvernement de Pékin car elles sont bien souvent filmées ou photographiées, et les images circulent de manière virale sur le Web, malgré les filtrages et la censure.

Seule l'immolation de la place Tiananmen a mystérieusement échappé à ce « journalisme citoyen » au sens premier du terme, sans doute en raison du caractère particulièrement sensible du lieu depuis le massacre de juin 1989.

Social ou national, ce désespoir qui conduit à la mort vient contredire l'image d'« harmonie » que veut présenter le pouvoir chinois.

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