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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:15

 

 

Rue89 - Global Voices Online 29/10/2012 à 11h19
Global Voices"

Oiwan Lam · Traduit par Nicolas Wong

 

 

 

Ren Jianyun, un fonctionnaire de 25 ans officiant dans un village du comté de Pengshui, dans la province de Chongqing, a été condamné à deux ans de camp de travail pour des propos tenus sur Internet. Une injustice qui a mis le système de rééducation par le travail sous les feux de la rampe.

Actuellement, en octobre 2012, plus de 60 000 personnes sont détenues dans des camps de travail à travers la Chine et des leaders d’opinion appellent à l’abolition de ce système anticonstitutionnel.

Deux ans de rééducation pour des « tweets »

Ren Jianyu, diplômé de l’université des arts et des sciences de Chongqing, a débuté sa carrière en tant qu’enseignant dans un village du comté de Pengshui en 2008. Puis en 2009, il a décidé de postuler pour un poste dans l’administration du village, et il a commencé à exprimer sa frustration rencontrée en gérant les affaires locales sur un blog tenu sous le pseudonyme « Xiao Ben ».

En 2011, il se met à commenter l’actualité sur les réseaux sociaux, il écrit notamment sur son microblog :

« Dans cette société, le mal est devenu la norme alors que les honnêtes gens ne sont jamais récompensés. La mission de notre génération est d’éradiquer ce système vicieux et de protéger la bonté. »

Des propos qui ont été retenus contre lui comme preuve de « subversion du pouvoir de l’Etat » (via un article sur INFZM.com, en chinois).

Il a été arrêté par la police de Pengshui le 18 août 2011. Bien que la police ait conclu qu’il n’y avait « aucun élément prouvant que Ren avait incité à la subversion » et que le procureur du peuple de la ville de Chongqing ait décidé d’abandonner les charges, le comité de rééducation par le travail de Chongqing a décidé de condamner Ren à deux ans de camp de travail le 23 septembre 2011. Les prétendues preuves présentées par le comité étaient les prises de position de Ren sur son microblog.

Ren a essayé de se pourvoir en appel, mais aucun avocat n’a osé reprendre le dossier avant juin 2012. Trois mois après la chute de Bo Xilai, l’ancien secrétaire du Parti communiste à Chongqing, l’avocat pékinois Pu Zhiqiang a contacté Ren, puis saisi la cour d’appel.

Alors que des détails de l’affaire ont été rendus publics, de grands médias officiels, dont le Global Times et le Quotidien du peuple, ont publié des articles critiquant la décision du comité de Chongqing et appelé à plus de liberté d’expression.

Plus de 60 000 personnes dans les camps

Ren fait partie des victimes du système de rééducation par le travail qui ont directement été punies par la police, et non par la justice.

D’après un article du ND Daily, plus de 60 000 personnes sont actuellement détenues dans des camps de travail à travers le pays, et le comité central de réforme légale a reconnu, le 9 octobre 2012, des lacunes dans les procédures du système qui devraient être réformées.


Protestation contre le système des camps de rééducation par le travail (Human rights campaign en Chine)

Alors que certains se demandent si ce geste serait le résultat d’une lutte de pouvoir interne à l’approche du 18e congrès de Parti communiste, des leaders d’opinion en ligne, en particulier ceux issus du domaine juridique, appellent à abolir ce système plutôt que de le réformer. 21ccom.net a mis en ligne un éditorial de Feng Yuxiong :

« Qui sont les condamnés au camp de rééducation par le travail ? Les intérêts de qui ont-ils menacés ?

D’après des recherches sur le sujet, le système de rééducation par le travail punit :

  • les récidivistes condamnés à plusieurs reprises pour des crimes comme le vol ou les troubles à l’ordre public ;
  • les pétitionnaires ;
  • les personnes qui s’opposent aux autorités locales dans des affaires d’expropriations immobilières, d’autorisations d’exploitations minières, d’enregistrements de résidence, ou de licences de taxis, etc ;
  • les suspects dans des affaires criminelles qui n’ont pas été condamnés par manque de preuves ;
  • les personnes impliquées dans des activités de prostitution ou de jeux de hasard.

A part la première catégorie qui concerne le vol et l’ordre public, toutes les autres constituent des violations des droits de l’homme dans le seul but de protéger les intérêts de gens influents ou de certains secteurs du gouvernement.

La police s’est mise au service d’une minorité au lieu de défendre l’intérêt général. Si le gouvernement central n’a pas réussi à réformer le système de rééducation par le travail, c’est parce qu’il s’est confronté à une forte opposition de la part de la police.

La rééducation par le travail est un mécanisme de contrôle social qui a été développé dans une ère placée sous le signe de l’autoritarisme. Il n’est pas soluble dans l’Etat de droit.

Si en raison d’inquiétudes pour la stabilité sociale, nous laissons un tel système persister en dehors de tout cadre légal, cela signifie que les dirigeants ne font pas confiance à la loi. La Constitution, en tant que loi fondamentale, n’a alors plus aucune valeur.

Si les dirigeants manipulent la loi comme bon leur semble, alors pourquoi les citoyens devraient-ils la respecter ?

En fait, si nous nous penchons sur le nombre de détenus et d’effectifs qu’il emploie, le système de rééducation par le travail est en train de s’étendre même si le public se demande s’il faut le réformer ou l’abolir.

Au final, ce débat ne fait que maintenir le statu quo. Si le système de rééducation par le travail est contraire à la loi et à la Constitution, alors c’est un mauvais système qu’il faut abolir sans conditions.

S’il faut créer d’autres dispositifs pour le remplacer, alors nous en discuterons après. »

« Chaque condamnation est une infraction »

L’opinion de Feng a reçu un large écho dans les réseaux sociaux. Voici une sélection de réactions d’internautes chinois :

Hainiesi : « Il y a deux ans, Li Zhuang a été notoirement étiqueté comme un “avocat noir” et Ren Jianyu comme un “jeune en colère”. Deux ans plus tard, ils sont devenus des symboles de la lutte contre le système de rééducation par le travail.

La société chinoise nous réserve décidément beaucoup de surprises. Nous pouvons nous montrer optimistes envers l’avenir.

Abolissons le système de rééducation par le travail, supprimons la censure dans la presse, laissons le président Mao reposer en paix, et la Chine pourra alors inaugurer une nouvelle ère. »

斯伟江 : « Il est indéniable que les forces de l’ordre ont abusé de leur pouvoir à travers le système de rééducation par le travail. A Chongqing, l’affaire Ren Jianyu sort de l’ordinaire, mais dans la majorité des cas, il ne s’agit que de délits mineurs comme obstruction à un officier de police. Le coupable a certes commis un délit, mais cela ne justifie pas un an de privation de liberté. De telles affaires sont déjà très courantes à Shanghai, où les lois sont mieux respectées, alors cela doit être encore pire dans d’autres régions. »

何兵 : « Mon professeur Jiang Mingan de l’université de Pékin, a dit que le système de rééducation par le travail a apporté plus de malheurs qu’autre chose, mais il remplit tout de même avec efficacité sa mission de rééducation. [...] Il y a tellement de “mauvaises personnes” dans les camps de travail, comment peut-on y être rééduqué ? Les camps de travail ne font que nourrir la haine et la vengeance, et creusent la tombe des dirigeants. »

租售情报-上海别墅版 : « La plupart des détenus dans les camps de rééducation sont des pétitionnaires. Pourquoi pétitionnent-ils ? A cause de la corruption à l’échelle locale. Les responsables politiques se couvrent les uns les autres, et il en a été ainsi depuis des millénaires. Alors la Chine a-t-elle encore de l’espoir ? »

肖文军律师 : « Nous appelons à l’abolition de la rééducation par le travail, mais elle a déjà été abolie puisque ce système est illégal. Il ne repose sur aucun fondement juridique mais continue d’exister et de se développer hors de tout cadre légal.

Chaque condamnation est une infraction à la loi, mais personne ne se saisit du problème. Cela démontre à quel point nos lois ne sont d’aucune utilité.

Nous n’avons pas besoin d’une procédure ou de nouvelles lois pour abolir ce système. Son existence même est un déni de l’Etat de droit. Ce n’est pas une question d’abolition. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 18:11

 

 

fr.euronews.com

27/10 11:23 CET

 

La police a mis fin samedi à une semaine de manifestations dans la ville portuaire de Ningbo, dans le nord-est de la Chine. Et ce, sans ménagement, en procédant à des interpellations. Ces rassemblements visaient un projet d’agrandissement d’une usine pétrochimique. Les opposants dénoncent les risques pour la population d’une installation recourant à des substances dangereuses, qu’ils jugent cancérigènes.

Les mouvements de protestation contre un développement économique effréné peu respectueux de l’environnement se multiplient en Chine. En juillet, déjà dans l’est du pays, le gouvernement a même dû renoncer à un projet de déchetterie industrielle face à l’opposition des riverains.

Les manifestations en faveur de l’environnement ne sont pas censurées par les autorités, contrairement à la contestation politique. Mais au bout donc d’une semaine, elles ont décidé d’y mettre le holà…

Plus d'actualités sur : Chine, Manifestation, Pollution, Protection de l’environnement

Copyright © 2012 euronews

 

 


 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 13:13

 

Le Monde.fr avec AFP | 14.10.2012 à 08h48

 

 

  Les immolations par le feu de moines se multiplient pour protester contre la politique de Pékin et la domination grandissante des Han.

 

Le grand-père d'une personnalité bouddhiste du Tibet s'est immolé par le feu dans le nord-ouest de la Chine pour protester contre la répression exercée par Pékin dans sa région, ont rapporté dimanche 14 octobre des organisations de défense des Tibétains.

Tamdin Dorjee est mort après avoir incendié ses vêtements près d'un monastère dans la province chinoise du Gansu, selon les ONG Free Tibet et International Campaign for Tibet. L'homme, âgé de 52 ans, était le grand-père du 7e Gungthang Rinpoche, considéré par les bouddhistes tibétains comme étant la réincarnation d'un important maître bouddhiste.

Ce cas porte à 55 le nombre d'immolations ou de tentatives d'immolations de Tibétains en Chine depuis février 2009, dont 45 mortelles, selon les ONG. La grande majorité de ces immolations ont eu lieu depuis mars 2011 dans les régions tibétaines des provinces du Sichuan (sud-ouest), du Qinghai et du Gansu (nord-ouest).

La Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet et amélioré le sort de sa population en fournissant des fonds pour le développement économique de cette région pauvre et isolée. Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Hans, l'ethnie fortement majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

 

 

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 15:28

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 11.10.2012 à 11h17 • Mis à jour le 11.10.2012 à 11h42

 
Une des résidences où Cai Bin avait acheté une maison au nom de sa femme.

La Chine a ouvert une enquête visant un responsable gouvernemental suspecté de posséder 21 propriétés immobilières, après que des photos de ces somptueuses demeures ont été mises en ligne par des internautes, a rapporté jeudi 11 octobre la presse d'Etat.

Cette affaire vient encore une fois illustrer l'influence croissante des cybercitoyens en Chine, qui utilisent la Toile pour mobiliser l'opinion publique contre ce qu'ils considèrent être des faits de corruption ou d'abus de pouvoir, dans un pays où le Parti communiste contrôle les tribunaux.

Cai Bin, un cadre travaillant pour la gestion urbaine de la métropole de Canton (sud de la Chine), est soupçonné de ne pas avoir déclaré son patrimoine, qui serait composé de 21 maisons d'une valeur cumulée de 40 millions de yuans (5 millions d'euros), a rapporté l'agence de presse Chine nouvelle. "Il ressort de nos premières investigations que Cai a 21 maisons", a déclaré un responsable local cité par l'agence de presse.

L'enquête a été lancée après que des photos de ces maisons ont été postées sur le service de microblogging du géant chinois de l'internet Sina. Et l'affaire éclate parallèlement à un autre scandale en cours, impliquant aussi un responsable gouvernemental, accusé d'avoir imposé la censure d'un journal qui allait révéler qu'il portait de luxueux accessoires de marque, dont une montre valant 50 000 yuans (6 200 euros). Là aussi, les internautes ont été à l'origine de la propagation des informations, palliant le silence de la presse muselée par les autorités.

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 15:22

 

 

Le Monde.fr | 11.10.2012 à 10h28 • Mis à jour le 11.10.2012 à 11h56

Par Brice Pedroletti (correspondant à Pékin)

 

 Si elles ont, ces dernières années, défrayé de plus en plus souvent la chronique malgré la censure, les évictions forcées restent en Chine un continent immergé de déni de droit et de douleur humaine. Dans un rapport détaillé de 80 pages qui paraît jeudi 11 octobre et s'intitule Standing Their Ground ("Ne pas céder de terrain"), Amnesty International examine les facteurs qui président à leur augmentation continuelle depuis trois ans et décortique un certain nombre de cas.

Signe de la gravité de la situation, 41 immolations par le feu de résidents refusant de céder devant la brutalité des démolisseurs ont été comptabilisées de 2009 à la fin de l'année 2011. Loin d'être des phénomènes isolés, les expulsions forcées, souvent avec violence, sont routine en Chine, affirme le rapport, qui a le mérite de s'appuyer sur un grand nombre de travaux et d'enquêtes publiés dans le pays par les experts chinois ainsi que des témoignages récoltés dans une dizaine de provinces.

CONSÉQUENCES DÉVASTATRICES DANS LES CAMPAGNES

Le déni de protection légale, très souvent de consultation, et presque toujours de recours, ainsi que l'insuffisance, voire l'absence de compensations caractérisent ces prédations organisées. En violation des lois chinoises, mais aussi internationales : en l'occurrence, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies que la Chine a ratifié. Les expulsions ont lieu dans les quartiers des zones urbaines, où les habitants disposent de baux de propriété de soixante-dix ans et où les prix de l'immobilier neuf atteignent souvent des niveaux très élevés. Mais elles ont des conséquences encore plus dévastatrices dans les campagnes, dont les habitants sont prisonniers de la juridiction bien plus contraignante qui encadre les terres : celles-ci sont propriété collective, ne peuvent être vendues individuellement et les baux sont limités à trente ans.

Si les pouvoirs publics ont plusieurs fois fait part de leur inquiétude face à la recrudescence d'incidents liés aux démolitions forcées – le premier ministre, Wen Jiabao, rappelle Amnesty International, a décrit, en février, "la saisie arbitraire des terres des paysans" comme "le problème actuel le plus répandu", au point "qu'il provoque des incidents de masse" –, les nouvelles lois adoptées en 2011 afin de rendre illégal le recours à la violence et d'obliger les compensations à être au moins égales aux prix du marché n'ont pas été en mesure d'instaurer des garde-fous crédibles : en l'absence de contre-pouvoirs, la collusion entre pouvoirs publics, sociétés de démolition et promoteurs reste prononcée.

En outre, toute une batterie de moyens indirects de pression et de harcèlement est utilisée par les autorités et leurs partenaires privés, comme les menaces de licenciement à l'encontre de fonctionnaires afin qu'ils convainquent leurs proches dont le domicile est convoité d'accepter les conditions proposées. La question des expulsions forcées conduit à d'autant plus de ressentiment en Chine, que celles-ci sont menées au nom du développement économique et de la "prospérité commune". Or leurs victimes ont souvent dû faire les frais des politiques arbitraires du pouvoir communiste sur plusieurs générations : répartition des terres, collectivisations forcées, etc. Ce passif jamais soldé contribue aux explosions de violence.

Trois militantes, Jin Yuehua, Mao Hengfeng et Shen Peilan, manifestent le 26 septembre 2009 à Pékin. Photo publiée par Amnesty International à l'occasion de la publication du rapport consacré aux évictions forcées en Chine, le jeudi 11 octobre.

Le rapport d'Amnesty International épingle indirectement le concept de "droits économiques" souvent mis en avant par le régime, qui se félicite de générer de forts taux de croissance, en opposition aux droits de l'homme, que la rhétorique marxiste continue de qualifier de "fictifs" : "La pratique des évictions forcées met en lumière le caractère indissociable des droits économiques, sociaux et culturels, et des droits civiques et politiques", écrivent les auteurs.

La dynamique fondamentale dans laquelle s'inscrivent les expulsions forcées, explique le rapport de l'ONG, est inchangée en Chine : c'est un procédé entaché de corruption et de pots-de-vin lors duquel " les promoteurs font pression sur les officiels locaux afin d'obtenir à des coûts inférieurs au marché, des droits d'utilisation des terres, le plus souvent en proposant en échange de construire des routes municipales ou des infrastructures...". Ce qui nécessite de se débarrasser à moindre coût des propriétaires ou des résidents installés sur place.

LE PLAN DE RELANCE DE 2008 A CONDUIT À UNE FUITE EN AVANT

Plusieurs facteurs alimentent cette dérive : les officiels locaux, désignés par le Parti communiste chinois (PCC), restent majoritairement évalués selon leurs performances économiques. Ils ont en outre une grande latitude pour "maintenir la stabilité" dans leur juridiction, disposant de moyens élargis de répression – comme les peines de rééducation par le travail, une décision administrative sans procès.

Les collectivités locales gardent l'intégralité des revenus de la concession de terres, car ceux-ci ne font pas partie des prélèvements reversés au budget central. En outre, expliquent les auteurs, "avec autant d'argent à faire au moyen de la cession de baux et du développement immobilier, un grand nombre d'agences gouvernementales mettent en place leurs propres structures [démolition, promotion, construction], afin de pouvoir obtenir le plus grand nombre de profits à tous les stades du processus".

Le mégaplan de relance annoncé par la Chine en 2008 a conduit à une fuite en avant : obligées de financer une partie des infrastructures (ou de rembourser les prêts obtenus), les collectivités locales ont multiplié les saisies de terres. Citant un rapport d'experts chinois, Amnesty International estime que les produits des ventes de terres ont bondi en Chine de 43 % entre 2008 et 2009. Où elles ont fourni 46 % des besoins de financement des administrations locales. Selon une étude du Landesa Rural Development Institute citée par Amnesty, 43,1 % des villages ont été victimes d'expropriations foncières depuis la fin des années 1990 en Chine.

Photo fournie par Amnesty International de la démolition d'une maison dans un village du sud de Pékin, à Shiliuzhuang, le 4 juillet 2012.

En outre, "60 % des ruraux qui ont fait état d'une expropriation en 2010 n'ont jamais été consultés sur la manière dont ils seront indemnisés avant l'éviction, et près de 30% d'entre eux affirment qu'ils n'ont pas été informés à l'avance de la saisie de leurs terres". En 2011, le cas de Wukan, dans le Guangdong (sud), a eu une répercussion internationale : l'ensemble du village s'est révolté quand il a été établi que la plupart des terres collectives avaient été revendues de manière discrétionnaire au cours des vingt dernières années par le dirigeant du village en collusion avec les échelons administratifs supérieurs.

CE MARCHÉ DE DUPES A ÉTÉ MAINTES FOIS DÉNONCÉ

Dans les campagnes, la terre est collective et gérée par le comité du village. Les paysans disposent en général d'un bail de trente ans pour l'usage du lopin qui leur a été alloué. Mais ils ne peuvent ni construire dessus – en dehors de leur maison – ni vendre individuellement leurs terres.

Or le gouvernement local dont ils dépendent s'arroge très souvent le droit de les expulser en prétextant la construction d'une infrastructure publique. Dans de nombreux cas, toute une partie des terres agricoles sont reconverties en terrains constructibles lors d'une phase ultérieure et cédées à des promoteurs qui les valorisent par des ensembles immobiliers ou des parcs industriels. Le mode de calcul des compensations repose lui sur les rendements agricoles.

Démolition d'appartements à Pékin en novembre 2006 dans le cadre de la rénovation de la place Tiananmen avant les Jeux olympiques de 2008. Photo fournie par Amnesty International.

Ce marché de dupes a été maintes fois dénoncé par les militants et universitaires chinois – comme le spécialiste Yu Jianrong, de l 'Académie des sciences sociales, ainsi que plusieurs juristes et économistes de renom. A une telle échelle, l'accaparement des terres en zone rurale et de logements en zone urbaine a conduit ces dernières années à une orgie de violence.

Des solutions sont parfois trouvées, et les coupables punis, dans les rares cas qui ont une répercussion nationale en Chine : ainsi de Meng Jianwei, un étudiant de doctorat de l'université Fudan à Shanghai, dont le récit mis en ligne sur RenRen, le Facebook chinois, de la mort de son père, agressé par les équipes de démolisseurs dans son village du Shanxi, a conduit à des condamnations très lourdes à l'encontre des responsables.

Dans la grande majorité des cas, c'est l'impunité qui domine: la mort de Wang Cuiyun à Wuhan en 2010, âgée de 70 ans et enterrée vivante par un engin de construction, a été classée comme un simple accident et sa famille, qui a assisté impuissante aux faits, n'a cessé d'être harcelée par les autorités.

La recrudescence d'immolations par le feu de propriétaires qui résistent aux démolisseurs est également un fait marquant de ces dernières années. Tang Fuzhen, qui dirigeait une fabrique familiale dans la périphérie de Chengdu, fut l'une de celles qui ont marqué l'opinion publique chinoise : face à la brutalité des démolisseurs, l'entrepreneure, âgée de 47 ans, est montée sur le toit de sa maison et s'est aspergée d'essence. Elle a succombé à ses brûlures deux semaines plus tard.

Brice Pedroletti (correspondant à Pékin)

 

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 15:49

 

Le Monde.fr avec AFP | 11.09.2012 à 15h59 • Mis à jour le 11.09.2012 à 16h28

 

Les autorités chinoises ont lancé une enquête pour vérifier si plus de vingt enfants chinois ont été nourris avec du riz transgénique, servant ainsi de cobayes à des expériences menées par des chercheurs chinois et américains, a rapporté mardi 11 septembre l'agence officielle Xinhua.

Le centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies a déjà suspendu un chercheur, Yin Shi'an, pour son implication dans ce projet après des plaintes affirmant que ce riz, qualifié de "riz en or", avait été donné à des enfants, a ajouté l'agence chinoise de presse.

L'ONG Greenpeace est à l'origine des plaintes. Dans un communiqué publié en août, l'organisation a affirmé que du riz modifié génétiquement afin de réduire les carences en vitamine A aurait servi à nourrir 24 enfants de 6 à 8 ans en 2008 aux cours d'expériences conduites dans la province du Hunan.

"INCROYABLEMENT PERTURBANT"

Selon l'ONG, les chercheurs américains impliqués sont affiliés à un centre de recherche sur la nutrition basé à l'université de Tufts à Boston. "Il est incroyablement perturbant de penser qu'un organisme de recherche américain a utilisé des enfants chinois comme cobayes pour de la nourriture génétiquement modifiée", a déploré l'organisation.

Le centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies a nié avoir donné son autorisation ou participé aux tests, selon l'agence Xinhua. La parution d'un article sur ces recherches dans une publication américaine spécialisée le American Journal of Clinical Nutrition, n'a pas non plus été soumise à l'approbation du ministère chinois de la santé, a-t-elle ajouté.

Les partisans de ce riz OGM, dont la couleur varie du jaune à l'orange, affirment que ce produit pourrait réduire la mortalité infantile en apportant de la vitamine A aux enfants souffrant d'une carence.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 15:42

 

LE MONDE | 11.09.2012 à 15h51 • Mis à jour le 11.09.2012 à 17h12

Par Sylvie Kauffmann, L'air du monde

 
Le site de micromessagerie Weibo compte 350 millions d'utilisateurs en Chine.

Ils y pensent tous, et pas seulement en se rasant. Non, la première obsession des politiciens locaux chinois n'est pas de devenir président. Elle est d'échapper à l'impitoyable machine à scoops qu'est devenu Weibo, le Twitter chinois. La première chose que font les responsables locaux chinois le matin en se levant, racontent leurs compatriotes avec un sourire de délectation, c'est de se jeter sur leur ordinateur ou sur leur smartphone et d'ouvrir Weibo. Pour vérifier qu'on ne parle pas d'eux.

Car, parallèlement, la première chose qu'une bonne partie des 350 millions d'utilisateurs de Weibo font le matin en se levant, c'est d'ouvrir leur compte Weibo. Pour vérifier de quoi on parle, et surtout de qui. Quelle nouvelle gabegie a été révélée. Quel enfant de dirigeant du Parti a été impliqué dans un accident au volant de sa Ferrari. Où en est le "frère aux montres", surnom sur Weibo d'un responsable photographié chaque fois avec une montre différente au poignet, signe évident de corruption aux yeux du public.

Quels sont les derniers commentaires des leaders d'opinion sur Weibo, comme ce sociologue de l'Académie des sciences sociales, Yu Jianrong, spécialiste des revendications des paysans, qui comptait la semaine dernière 1 448 664 "followers". On peut raconter beaucoup de choses sur Weibo quand on est 350 millions de wangmin ("cybercitoyens"). Cette transparence sauvage a tellement élevé le niveau de stress des politiciens locaux que certains parlent aujourd'hui de "terreur Internet". Les rumeurs, vraies ou fausses, peuvent être assassines. Beaucoup, pour se défendre, ont recours au "parti des 50 centimes", des gens que l'on paie pour contre-attaquer sur Weibo.

 LE CONGRÈS DU PCC DANS L'OPACITÉ LA PLUS TOTALE

En trois ans, Weibo est devenu le champ de bataille de l'opinion chinoise et des autorités. Face à ce bouillonnement, le mur du silence au sommet du pouvoir n'en est que plus impressionnant. Pendant que les Chinois se déchaînent sur les réseaux sociaux, le Parti communiste prépare son 18e congrès (shibada en chinois) dans l'opacité la plus totale. L'enjeu de celui-ci est crucial, puisqu'il doit procéder au renouvellement de la majorité des membres du comité permanent (9 sièges, y compris le premier ministre et le président) et du bureau politique (25 sièges) : c'est le changement de direction du Parti qui a lieu tous les dix ans.

De cet événement important pour 1,3 milliard de Chinois et, accessoirement, pour le reste du monde, on ne connaît ni la date, ni la procédure exacte, ni même le nombre de membres - 7 ? 9 ? - que comptera la plus haute instance à son issue. On sait le nom des deux futurs leaders désignés, Xi Jinping pour le poste de président et Li Keqiang pour celui de premier ministre, on connaît leur biographie, mais on serait bien en peine de décrire leur programme. Pourquoi l'exposeraient-ils, d'ailleurs ? Officiellement, le plan quinquennal approuvé en 2011 leur tient lieu de feuille de route. Et certains, comme Bo Xilai, l'ex-dirigeant du Parti à Chongqing, ont payé cher leur autopromotion. D'ailleurs, où est Bo Xilai ? Personne ne le sait. Que lui est-il reproché, exactement ? Mystère.

Un autre mystère vient de s'ajouter aux préparatifs du shibada : où est Xi Jinping ? Frappé par un terrible mal de dos - le stress, sans doute -, le futur président a annulé successivement ses entretiens avec Hillary Clinton puis avec la première ministre danoise. Il n'a pas été vu depuis le 1er septembre. La rumeur est lancée.

Lire : La disparition mystérieuse de Xi Jinping électrise le Net chinois

Tout ça, vous ne le trouverez pas sur Weibo (selon le New York Times du 11 septembre, la recherche "mal de dos" était même impossible lundi). Car, bien évidemment, la transparence a ses limites. Surtout en Chine. Cela fait déjà un bon moment que tous les messages comportant les noms des hauts dirigeants, et même des anciens leaders comme Jiang Zemin, sont bloqués sur le site de microblogging. En réalité, le pouvoir chinois déploie des moyens colossaux pour contrôler Internet et les réseaux sociaux. Le sociologue Gary King, d'Harvard, qui a dirigé une excellente étude sur le sujet, y voit l'"effort le plus important jamais mis en oeuvre pour censurer sélectivement l'expression humaine".

 "CLONER ET BLOQUER"

Le jeune blogueur chinois Michael Anti, de son vrai nom Zhao Jing, a deux mots pour résumer la politique de Pékin à l'égard d'Internet : "Cloner et bloquer." Cloner : la Chine a reproduit tous les modèles américains. Weibo, c'est Twitter. Baidu, c'est Google. Renren, c'est Facebook. Bloquer : les sociétés chinoises cèdent plus volontiers à l'autocensure. Selon Michael Anti, tous les serveurs de ces sociétés ont été centralisés à Pékin, pour faciliter les opérations de blocage et la censure. C'est pour cela que les responsables locaux ont si peur des wangmin : eux ne contrôlent rien. Le pouvoir central, en revanche, "finit toujours par gagner, parce qu'il contrôle les serveurs".

Et il les contrôle d'une manière extrêmement sophistiquée, en laissant les réseaux sociaux jouer leur rôle de soupape, lorsque les tensions sont trop vives. Internet est aussi un formidable outil d'information pour le pouvoir, qui peut prendre en permanence la température de la population. Il peut encore orienter la critique sur tel ou tel sujet, en s'abstenant de bloquer certains thèmes tout en en bloquant d'autres. "Mieux vaut occuper le champ de bataille que de le bombarder", relève Michael Anti.

Plusieurs intellectuels chinois que nous avons rencontrés à Pékin dans le cadre d'une étude du European Council of Foreign Relations s'accordent à reconnaître l'impact énorme d'Internet sur la politique chinoise. Au point que certains y voient une forme de "participation politique", une sorte de substitut à la démocratie. Certes, reconnaît l'un d'eux sous condition d'anonymat, "le contrôle pose un problème. On peut critiquer les dirigeants provinciaux et locaux, mais pas le sommet. Il y a aujourd'hui un marché d'idées extrêmement diversifié, c'est un moment de débat très actif, et en même temps il y a ce contrôle". La ligne rouge, note Gary King, est "l'expression collective" : la critique individuelle est permise, mais toute tentative de mobilisation est à bloquer. Qui l'emportera ? Plus qu'une lame de fond, l'action des cybercitoyens chinois s'apparente à une érosion inéluctable. Comme la rouille sur la coque d'un bateau, on peut la nettoyer, mais au prix de beaucoup d'efforts et d'énergie. Et l'on n'en vient jamais vraiment à bout.

kauffmann@lemonde.fr

Sylvie Kauffmann, L'air du monde

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 15:22

 

 

 Global Voices Online 01/09/2012 à 09h47

 Oiwan Lam · Traduit par Claire Ulrich

 

 

 

Le gouvernement chinois a annoncé la construction, au Tibet, d’un parc touristique à thème pour un investissement total de 30 milliards de RMB (environ 3,7 milliards d’euros). Avant son ouverture, le parc sera le décor du tournage du film « Princesse Wencheng », consacré à l’histoire de la nièce d’un empereur de la dynastie Tang, qui épousa un roi tibétain au VIIe siècle.

Situé à la périphérie de la ville de Lhassa, la capitale de la province, le parc couvrira 800 hectares.

Les opposants tibétains accusent ce projet d’être la « Disney-fication du Tibet » et ne croient pas à l’intention affichée de préserver et de partager la culture tibétaine.

Sans même parler des débats politiques et idéologiques autour du projet, qui agitent aussi les Chinois han, ce projet est très controversé.

Sur la plateforme de microblog Weibo, @1690737580 a publié des photos [désormais inaccessibles, ndlr] qu’elle a prises sur le site prévu pour le futur parc à thème, et avoue qu’elle éprouve un grand regret de perdre un si beau cadre :

 


Le futur site, le village de Shaolin. P (@1690737580 via Weibo)

« Le village Shaolin est situé à seulement deux kilomètres de Lhassa. Si on en croit la légende, c’est là que la princesse Wencheng et sa servante se sont installées.

C’est un endroit merveilleux pour les Tibétains qui viennent s’y promener. Le lieu est entouré de montagnes et de rivières, avec une grande étendue d’herbe. Vous pouvez voir le Potala [autrefois résidence du dalaï-lama, ndlr] de là-bas.

Dans trois ans, ce paysage aura disparu pour laisser place à un parc prétendument culturel, le parc à thème dédié à la princesse Wencheng, et à un hôtel quatre étoiles. Bien sûr, le tourisme apportera quelques bénéfices mais je voudrais vraiment que tout reste comme maintenant, ici. »

Sur la plateforme chinoise Netease, un forum a été ouvert pour rassembler les avis des internautes sur ce projet.

@0147739241 : « Je veux exprimer mon soutien à Lhassa. C’est certainement un bon projet. Le gouvernement est un facilitateur et ne peut pas investir tout cet argent, c’est un appel aux investisseurs. Cela aidera non seulement à développer le tourisme local mais aussi à construire de nombreux autres ouvrages, comme des routes et des ponts. C’est bon pour le peuple. Lhassa deviendra un site touristique international. »

@bayniwffg : « C’est bien de s’occuper du patrimoine. Je ne suis juste pas sûre que les fonds iront vraiment là où ils seront affectés, ou alors ils seront gâchés. Nous avons toujours beaucoup d’enfants qui ont faim et qui ne peuvent pas se permettre d’aller à l’école. »


Le Potala, ancienne résidence des dalaï-lamas, aujourd’hui ouvert aux touristes (Jamie Barras (CC : NC-SA) sur Flickr)

« Nous nous rendons au Tibet pour nous rapprocher du paradis »

Ci-dessous, des commentaires d’internautes opposés au projet :

@xsccld187 : « Nous ne devrions pas construire le parc à thème. Lhassa a beaucoup de richesses naturelles, de style tibétain et de culture. Pas besoin de faire des parcs à thème ou des constructions artificielles pour attirer les touristes.

Si le projet est un échec, il ruinera l’image positive qu’ont les gens de Lhassa et le nombre de touristes diminuera. Au bout du compte, ce sera un gâchis. »

@410753237 : « quand nous avons besoin d’argent pour une cause juste, vous pleurnichez et vous dites que vous êtes trop pauvres. Pour un projet mal fichu comme celui-ci, vous avez tout l’argent qu’il faut. »

@ratpetty : « Nous nous rendons au Tibet pour nous rapprocher du paradis et du monde spirituel, pour éprouver la pureté de la foi, entourés de montagnes et de rivières. Nous voulons voir l’authentique Tibet vivant, pas une construction artificielle et vulgaire, sous couvert d’un euphémisme de la culture et de l’art. 300 milliards de RMB ? Dépensez-les pour les gens, pour améliorer leurs conditions de vie. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 17:55

 

 « Not in my back-yard » 29/07/2012 à 11h00

    Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 


Emeute contre un projet polluant à Qidong, en Chine, le 28 juillet 2012 (Peter Parks/AFP)

 

On surnomme ces protestations des « Nimby » (« Not in my back-yard », pas à côté de chez moi), des prises de conscience environnementales provoquées par l’irruption d’un danger de pollution près de chez soi. Et en Chine, les manifs Nimby peuvent être violentes, et elles peuvent gagner.


Manif contre un projet polluant à Qidong, en Chine, le 28 juillet 2012 (Via Weibo)

 

Les habitants de la ville de Qidong, dans l’estuaire du fleuve Yangtsé (est de la Chine, non loin de Shanghai), se sont violemment opposés à la police et aux autorités politiques, samedi, lors d’une gigantesque manifestation de dizaines de milliers de personnes contre la construction d’un système d’égouts destiné à évacuer près de leur ville les eaux usées d’une usine de pâte à papier pourtant distante de 100 km.

Les habitants s’inquiétaient des conséquences de ces rejets de l’usine de pâte à papier, appartenant à un groupe japonais, sur la qualité de l’eau courante, et sur la pêche dans l’estuaire du plus grand fleuve chinois, une activité importante.

Les autorités ont annoncé, à l’issue de cette journée violente, l’annulation du projet, un nouveau succès pour de telles manifs environnementales « de voisinage » en Chine.


Manif contre un projet polluant à Qidong, en Chine, le 28 juillet 2012 (Peter Parks/AFP)

 


Manif contre un projet polluant à Qidong, en Chine, le 28 juillet 2012 (Via Weibo)

 

La présence policière était massive pour faire face à cette manifestation, annoncée depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux chinois, et qui promettait d’être très suivie.

 


Manif contre un projet polluant à Qidong, en Chine, le 28 juillet 2012 (Peter Parks/AFP)

 

Le maire dévêtu et exhibé à la foule

Cette présence policière n’a pas empêché les manifestants d’envahir le siège du gouvernement local, et d’humilier publiquement le maire en partie dévêtu et exhibé à la foule. Dans les locaux officiels, les manifestants ont trouvé des bouteilles de « vin cher », et... des préservatifs. De quoi alimenter la haine d’une bureaucratie accusée de vivre sur le dos des citoyens.

 


Dégâts au siège du gouvernement pris d’assaut par les manifestants (Via Weibo)

 

Cette protestation a été largement commentée sur les réseaux sociaux, malgré la censure et les contrôles. On y trouve de très nombreuses photos des protestations, de la violence des affrontements avec les policiers, mais aussi des dégâts provoqués au siège du gouvernement, des images toujours surprenantes dans un pays autoritaire.

« Wake up ! »

Les protestataires avaient également eu recours à l’humour pour mobiliser, à l’image de ce poster, lui aussi disponible sur les réseaux sociaux chinois.

 


Poster de mobilisation contre l’écoulement es eaux usées de l’usine japonaise (Via Weibo)

 

Les questions environnementales sont devenues une préoccupation majeure des Chinois, non pas tant par rapport aux grands enjeux du réchauffement climatique, mais par rapport à leur vie quotidienne, à la dégradation de l’air ou de la qualité de l’alimentation.

La responsabilité des peuples du monde émergent

Mais la prise de conscience est de plus en plus forte, doublée d’une réelle subtilité politique, comme en témoigne l’argumentaire d’appel à la manif de samedi :

  • « Les peuples du monde développé ont le droit et la responsabilité de protéger l’environnement et l’océan, mais nous aussi, peuples des pays émergents ;
  • Nous soutenons totalement la direction du Parti communiste chinois. Le président Mao nous a appris à viser un développement équitable, efficace et durable. Deng Xiaoping nous a appris à nous accrocher au développement durable. Hu Jintao nous a appris à étudier le développement de manière scientifique. Mais vous, les officiels du gouvernement local, n’avez vous rien appris de tout ça ?
  • Protestez de manière civilisée, protestez de manière rationnelle. Protégeons l’océan, protégeons nos foyers. »

Les manifestations comme celle de Qidong sont le plus souvent le fait de la classe moyenne émergente, ces Chinois dont le niveau de vie s’est considérablement amélioré au cours de la décennie écoulée, et qui ne veulent pas voir ces progrès ruinés par les menaces sur la santé de leurs enfants.

Une année politiquement délicate en Chine

Ces dernières années, de telles manifestations se sont déroulées, et l’ont emporté, dans des villes prospères comme Dalian au nord, ou Xiamen au sud.

Les autorités ont cédé samedi, sans doute pour calmer un foyer de tension inutile et dangereux en cette année politiquement délicate en Chine, avec le replacement de l’équipe dirigeante au pouvoir à l’automne.

Le Président, le Premier ministre, et les principaux membres du Bureau politique sont concernés par le changement, qui se produit dans un contexte déjà compliqué par la chute du « prince rouge » Bo Xilai, le plus grand scandale politico-financier chinois depuis plus de quinze ans.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 12:41

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 28.07.2012 à 09h41 • Mis à jour le 28.07.2012 à 09h42

 
 
Un projet industriel polluant a été définitivement arrêté en Chine après une manifestation devant le siège du gouvernement local de Qidong.

Pour la deuxième fois en un mois, un projet industriel polluant a été définitivement arrêté en Chine après une manifestation durant laquelle le siège du gouvernement local de Qidong, près de Shanghai, a été mis à sac par des protestataires qui ont affronté la police.

Tôt dans la matinée, des milliers de personnes s'étaient rassemblées pour protester contre un pipeline transportant jusqu'à leur ville située en bord de mer les eaux usées d'une usine du groupe japonais Oji Paper Group, éloignée d'une centaine de kilomètres. Au siège du gouvernement, les manifestants se sont emparés de bouteilles d'alcool et de vin ainsi que de cartouches de cigarettes, des articles reçus fréquemment comme pots-de-vin en Chine par les fonctionnaires, selon un témoignage recueilli par téléphone.

Certains de ces articles étaient exhibés à l'extérieur du bâtiment gouvernemental, selon une photo publiée sur Sina Weibo, le principal service de microblogging chinois qui compte plus de 250 millions d'abonnés et sur lequel le terme de recherche "Qidong" a rapidement été censuré samedi.
D'autres images, dont il est difficile dans l'immédiat de vérifier l'authenticité, montraient une voiture de police renversée.

Sur deux d'entre elles, un homme identifié par des internautes comme le secrétaire du Parti de la ville, Sun Jianhua, apparaît entouré de policiers, le torse dévêtu alors qu'il se serait fait arracher ses vêtements, et escorté par les forces de l'ordre.

 

 SUSPENSION DÉFINITIVE

En milieu de matinée, des affrontements violents ont opposé manifestants et policiers venus en grand nombre. Dans le même temps, les autorités faisaient savoir que le déversement des eaux usées de la papeterie, qui avait déjà été provisoirement suspendu, le serait définitivement. Malgré cette annonce, également été diffusée par la télévision locale, plusieurs protestataires interrogés au téléphone restaient sceptiques sur les intentions réelles des autorités.

Les rejets d'une conduite d'évacuation de la papeterie du groupe japonais Oji Paper Group auraient atteint 150 000 tonnes d'eaux usées par jour quand cette usine, dont la construction a démarré en 2007, fonctionnait à plein rendement, selon des habitants cités par le quotidien étatique Global Times vendredi.

"Nous ne rejetons pas d'eau polluée. L'eau que nous rejetons a été purifiée et est conforme aux normes locales de protection de l'environnement", a assuré de son côté un responsable des relations publiques d'Oji Paper, cité par l'agence japonaise Jiji Press.

Les mouvements de protestation se multiplient depuis l'an dernier en Chine contre la dégradation de l'environnement, victime de trois décennies d'industrialisation à marche forcée. Début juillet à Shifang dans la province du Sichuan (sud-ouest), des manifestants avaient affronté pendant plusieurs jours les forces de l'ordre avant d'obtenir l'assurance de l'abandon définitif d'un projet d'usine métallurgique polluante. Durant l'été 2011, une usine fabricant des panneaux solaires avait été provisoirement fermée à Haining (est) après des manifestations, tandis que les habitants de Dalian (nord-est) avaient obtenu le déménagement d'un complexe pétrochimique qui devait être implanté dans leur ville.

 

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