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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 17:19

 

Le Monde - Blog

Ouverture de la première session parlementaire de l'ère Xi Jinping, le 5 juin à Pékin. AFP

 

Quatre-vingt-dix membres de l'Assemblée nationale populaire chinoise (ANP), qui se réunit depuis le 5 mars, figurent sur la liste des 1 000 Chinois les plus riches publiée par le Hurun Report, basé à Shanghai, selon une revue de détail de l'agence Bloomberg. L'an dernier, ils étaient 75.

Le moins fortuné parmi les mille dispose d'une fortune de 1,8 milliard de yuan (221 millions d'euros), "soit plus que l'ancien candidat républicain à la présidence Mitt Romney", note malicieusement Bloomberg. La fortune de ces parlementaires s'élève en moyenne à 840 millions de dollars. On compte 83 milliardaires en dollars parmi eux.

Selon la Constitution chinoise de 1982, l'ANP, qui compte près de 3 000 députés, est l'institution la plus importante du pays, qui désigne notamment le président et vote les lois. Dans les faits, les principales décisions sont prises au sein du  PCC, et l'Assemblée a un rôle essentiellement cérémoniel.

Sous Jiang Zemin (1989-2002), les entrepreneurs privés ont été intégrés dans le système communiste : au parti et dans l'Assemblée. Ainsi, le plus riche d'entre eux, Zong Qinghou, 67 ans, à la tête du groupe Hangzhou Wahaha, a rejoint l'ANP en 2003, et le Parti communiste en 2010. Il dispose d'une fortune de 13 milliards d'euros, selon l'index des milliardaires Bloomberg. Dans une interview donnée la même année, il s'est opposé à la création d'un impôt sur la fortune, dont les revenus auraient été attribués aux gouvernements locaux.

 

Zong Qinghou, le plus riche député chinois, est à la tête d'une fortune de 13 milliards d'euros. AFP PHOTO/Mark RALSTON

 

La croisade du premier  ministre sortant, Wen Jiabao, pour la réforme politique avait été écornée en 2012 par les révélations du New York Times sur la richesse colossale de sa famille. Son successeur, Xi Jinping, qui prendra officiellement ses fonctions à la fin du congrès de l'ANP, le 17 mars, a lancé dès novembre une campagne contre la corruption, notamment dans les gouvernements locaux. Mais, selon le Financial Times, cette campagne "semble avoir convaincu les ultra-riches chinois qu'aujourd'hui, plus que jamais, il leur faut jouer un rôle en politique."


Des élus milliardaires Sous Jiang Zemin (1989-2002), les entrepreneurs privés ont été intégrés dans le système communiste. Les 70 députés les plus riches de l'ANP représentent une fortune cumulée de près de 69 milliards d'euros, selon des données de 2011.

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 16:37

 

Le Monde.fr avec AFP | 21.02.2013 à 06h37 • Mis à jour le 21.02.2013 à 10h02


 

 
Vingt-deux adolescents tibétains âgés de 18 ans ou moins se sont immolés ou ont tenté de le faire en Chine depuis 2009.

Deux adolescents tibétains de 17 et 18 ans se sont immolés ensemble par le feu dans une région tibétaine de la Chine. Rinchen, 17 ans, et Sonam Dargye, 18 ans, anciens camarades de classe à l'école primaire, ont mis le feu à leurs vêtements mardi dans la ville de Dzorge (Ruergai en chinois), dans la province du Sichuan, selon l'association de défense des Tibétains International Campaign for Tibet (ICT).

Les familles des deux adolescents ont pu récupérer leurs dépouilles, mais il n'est pas certain qu'elles soient en mesure de célébrer les rituels funéraires traditionnels, auxquels les autorités font en général obstacle pour les auteurs de tels actes de protestation, a précisé ICT, ONG basée à Washington.

Au pied de la région autonome chinoise du Tibet, le Sichuan (sud-ouest) a une importante population d'ethnie tibétaine. L'annonce de cette double mort a été confirmée par Free Tibet, une autre organisation de défense des Tibétains.

Cette double immolation porte à au moins 104 le nombre de Tibétains qui depuis 2009 se sont suicidés par le feu en Chine, ou ont tenté de le faire, pour protester contre la tutelle de Pékin et la répression de leur religion et de leur culture. Sur l'ensemble de ces immolations, 22 ont été accomplies par des adolescents âgés de 18 ans ou moins, a souligné ICT.

Dans la même ville de Dzorge (Ruergai), Lobsang Namgyal, moine tibétain âgé d'une trentaine d'années, s'était immolé par le feu le 3 février devant le bureau de la sécurité publique (police), après avoir lancé un ultime hommage au dalaï lama en lui criant "longue vie".

La Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet et amélioré le sort de sa population en finançant le développement économique de cette région pauvre et isolée. Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture. Par ailleurs, le développement profite surtout aux Han.

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 15:22

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.02.2013 à 06h35 • Mis à jour le 13.02.2013 à 06h59

 

 

 
Des policiers népalais se précipitent pour secourir le Tibétain qui s'est immolé à Katmandou.

Au Népal, un Tibétain était dans un état critique, mercredi 13 février, après avoir mis le feu à ses vêtements, a annoncé la police. C'est le centième cas d'immolation ou de tentative d'immolation rapporté depuis 2009, selon un bilan du gouvernement tibétain en exil.

L'homme s'est aspergé d'essence puis a mis le feu à ses habits dans un restaurant près du stupa de Bodnath, l'un des sites bouddhistes les plus vénérés dans le monde, dans la capitale népalaise, Katmandou, a annoncé un porte-parole de la police, Keshav Adhikari.

"A environ 8 h 20 locales (3 h 35 à Paris), un homme d'une petite vingtaine d'années est arrivé dans un restaurant dans l'enceinte du stupa de Bodnath. Il est allé directement aux toilettes et s'est versé  de l'essence sur le corps et s'est immolé", a détaillé ce porte-parole.

Quelques touristes qui prenaient leur petit-déjeuner ont appelé à l'aide, et des policiers qui patrouillaient dans le secteur ont été alertés, a-t-il ajouté. "Les policiers ont éteint les flammes et l'ont emmené à l'hôpital. Il est dans un état critique, tout son corps a été la proie des flammes. Il a essayé de parler à l'hôpital, en vain", a indiqué M. Adhikari.

Il s'agit du centième cas d'immolation ou de tentative d'immolation depuis février 2009, selon les chiffres du gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde. Sur ce nombre, quatre-vingt-trois sont morts des suites de leurs brûlures.

De nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, l'ethnie ultramajoritaire en Chine, dans la région du Tibet et la répression de leur religion et de leur culture. Pékin réfute ces allégations, estimant que les Tibétains bénéficient d'une liberté de culte. Le gouvernement met l'accent sur les importants investissements consacrés à la modernisation du Tibet, et à une meilleure qualité de vie pour ses habitants.

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 19:03

 

 

Frontière sino-coréenne, envoyé spécial

« La nuit, toutes les lumières sont éteintes, on ne voit que les étoiles ! » Aux visiteurs de passage, madame Piao sert de la soupe de choux, des raviolis de porc et de céleri, arrosés d’une bière américaine. Dans sa pièce baignée de soleil, deux tables sont dressées sur une estrade de lino jaune, chauffée par le dessous. Le téléviseur est branché sur une chaîne chinoise d’informations en continu. Au-dessus du comptoir, la patronne a disposé des bouteilles d’alcool de riz, des cartouches de cigarettes Hongtashan et une statue du général Yu Fei, combattant glorieux sous la dynastie des Song, devenu un symbole de loyauté pour tous les Chinois.

 

 

Comme chaque midi, par la fenêtre de son petit restaurant qui borde le fleuve-frontière Tumen, madame Piao observe Sambonggok, une ville de Corée du Nord où les horloges ont une heure d’avance. Guère besoin de jumelles pour assister à la patrouille de soldats nord-coréens, fusil d'assaut en bandoulière, au pied d’une montagne sans arbres, rasée de près. Aujourd’hui, ils ruminent contre deux employés de China Telecom. De l’autre côté des barbelés, ces techniciens fluets installent quatre antennes relais pour le réseau 3G.

 

Soldats nord-coréens à la frontière avec la Chine  
Soldats nord-coréens à la frontière avec la Chine © Jordan Pouille

Aucune voiture sur le bitume de Sambonggok. Les gens se déplacent à pied, le long de la voix ferrée, ou à bicyclette. Derrière des ateliers abandonnés, des gamins se bagarrent autour d’une luge rafistolée. Chaque allée de maisons mène vers un étroit tunnel, peut-être un abri antiaérien, creusé dans la roche. Puis une locomotive diesel d’une autre époque pénètre dans une gare ornée du portrait de Kim Il Sung, le fondateur de la Corée du Nord. Le train ramène deux wagons chargés de sacs, peut-être des céréales. Ou du ciment. Deux écriteaux rouges et blancs rendent hommage au nouveau chef suprême, installé à la mort de son père Kim Jong Il, le 17 décembre 2011 : « Longue vie au grand leader Kim Jong Eun ! », « Nous remercions le grand général Kim Jong Eun ! »


Une gare en Corée du Nord, à la frontière avec la Chine  
Une gare en Corée du Nord, à la frontière avec la Chine © Jordan Pouille

« Vous voyez : de loin, ils ne sont pas plus tristes que chez nous », plaisante madame Piao. Il y a encore dix ans, une usine à papier – construite par les Japonais pendant l’occupation de la Mandchourie entre 1931 et 1945 – faisait vivre Kaishan, une petite ville chinoise, quelques kilomètres plus bas. En 1984, une société danoise a offert un système de traitement des rejets toxiques. Déversé dans la rivière, le chlore servant à blanchir la cellulose était devenu un objet de discorde avec les Nord-Coréens, qui leur livraient leurs billots de bois via un pont relié directement à l’usine. Quand les arbres ont disparu, l’usine a été plongée dans l’agonie. De 6 000 employés, ils ne sont plus que 400 à travailler dans cette unité de Chenming Group, le géant du papier en Chine.

 

Poste-frontière de Tumen  
Poste-frontière de Tumen © Jordan Pouille

 

Narguer les Nord-Coréens


Dans la ville de Yanji 
Dans la ville de Yanji© Jordan Pouille

 

Les rues de Kaishan sont donc abandonnées, les trottoirs envahis de mauvaises herbes, le pont de béton tout craquelant. Les habitants ont rejoint Yanji, le chef-lieu de la préfecture autonome coréenne de Yanbian (subdivision de la province chinoise du Jilin), pour trouver du travail. Mais madame Piao est restée. Il y a cinq ans, à la sortie de Kaishan, cette ouvrière a racheté l'infirmerie pour une poignée de yuans et l'a aménagée en restaurant routier.

Grâce aux nouvelles voies goudronnées qui desservent les villages frontaliers de Xiahe, Guangzhaocun, Xiaquanping, les commerçants de Yanji se déplacent en camionnette pour s’approvisionner directement chez les paysans. « Ils viennent négocier ici, autour d'une bouteille. Maintenant, il n'y a plus d'intermédiaire. Le maïs rapporte entre 30 000 et 70 000 yuans (8450 euros –ndlr) par an et par famille », se réjouit ce vieux fermier avant d'enfiler une parka et de quitter sa cantine en titubant, assommé par l'alcool de riz.

 

Une ferme rénovée  
Une ferme rénovée © Jordan Pouille

 

Par ici, les maisons rurales ont toutes été rénovées grâce à un « programme de développement scientifique » financé par le Parti local. L’été dernier, des toits métalliques rouges et bleus ont remplacé le chaume. Éclairées la nuit aux lampadaires photovoltaïques, les allées de ciment bordant les jardinets servent, le jour, à faire sécher les grains de maïs à l'air ambiant. S’ils avaient souhaité narguer les Nord-Coréens d’en face, avec leurs maisons aux murs décatis et leurs propagandes zélées, les officiels locaux ne s’y seraient pas pris autrement ! Côté chinois, on a gardé ce message de pierres blanches sur la colline, visible depuis les cimes nord-coréennes : « Longue Vie au Président Mao ! »

Le paysage est mirifique, presque enchanteur, pour des Nord-Coréens frappés par une économie exsangue, soumise à un embargo international bloquant leurs exportations. Certes, lors de son discours télévisé du 1er janvier, Kim Jong Eun a atténué sa rhétorique guerrière à l’égard de la Corée du Sud et même évoqué une réunification. Puis il a promis « un virage radical afin de construire un géant économique ». Et le naturel est revenu au galop : « Le pays ne peut se développer qu'à la condition de bâtir sa puissance militaire dans tous les domaines. » Kim Jong Eun n’entend donc pas interrompre ses essais nucléaires.

Dans ces conditions, la Chine est-elle toujours son meilleur allié ? En avril 2012, Dai Bingguo, le plus haut diplomate chinois, recevait son homologue Kim Yong et promettait « d’œuvrer à promouvoir à un stade supérieur les relations sino-nord-coréennes d’amitié et de coopération ». Aujourd'hui, le ton change et la Chine valide les nouvelles sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre Pyongyang : « Il semble que la Corée du Nord n'apprécie pas les efforts de la Chine. Si la Corée du Nord se livre à de nouveaux essais nucléaires, la Chine n'hésitera pas à réduire son aide », peut-on lire dans un éditorial du Global Times, le journal officiel.

 

Une femme se vend entre 600 et 1 200 euros

 

Sur la frontière entre la Chine et la Corée du Nord 
Sur la frontière entre la Chine et la Corée du Nord© Jordan Pouille

 

Après la mort de Kim Jong Il, les autorités chinoises ont craint un afflux de réfugiés et rendu plus difficile le franchissement de la frontière. « Ils ont refait tous les barbelés. Les poteaux de bois ont été remplacés par des pylônes de béton plantés à 1 mètre de profondeur », dit madame Piao, notre restauratrice. Des détecteurs de mouvements trônent au bord de la rivière gelée, des caméras de télésurveillance nocturne sont dissimulées dans la canopée. Contre une indemnité, des vieillards en chasuble jaune patrouillent au milieu des champs, une torche à la main, prêts à alerter la police en présence de transfuges affamés. Malgré la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, la Chine s’empresse de les rapatrier, leur offrant un place de choix dans les camps de travail ou le peloton d'exécution pour les récidivistes.

« Avant, les policiers nous terrorisaient en décrivant les Nord-Coréens comme des cannibales. Alors quand quelqu'un franchissait la rivière et arrivait chez nous, c'était la panique au village, les paysans s'enfermaient à double tour. Moi, j'allais me réfugier en ville », se souvient madame Piao. Et puis un jour, sans prévenir, l’un d’eux a déboulé dans son restaurant. Par son accent, sa maigreur, ses braies toute reprisées, il n’avait rien de ces Chinois d’ethnie coréenne formant 40 % de la population du Yanbian. Le jeune homme n'était pas agressif, il voulait simplement manger à sa faim, avant de pouvoir traverser la rivière à nouveau et rentrer chez lui. La cuisinière n’a pas bronché. « Il a bu et mangé pendant deux heures. Sans interruption et sans dire un mot. Et puis il est mort, en silence…, là où vous êtes assis. Les flics ont emporté le corps dans un grand sac et ont dit qu’ils ne toléreraient plus une telle hospitalité. Je suis triste quand j’y repense. »

Dehors, de nouveaux panneaux en inox et en quatre langues exhortent quiconque à ne pas photographier, ne pas pêcher dans la rivière, ne pas saluer les Nord-Coréens sur l’autre rive. Les sanctions sont redoutables : « 5 000 yuans pour non-délation, 15 000 yuans (1 800 euros – ndlr) pour assistance », chuchote un client assis à la table voisine. « Parfois, notre police les dépose à un poste-frontière. Et les militaires d’en face les réceptionnent en leur transperçant l'épaule ou le nez avec un crochet, Ils les tirent comme des vaches. Tout le monde hurle, c’est épouvantable », assure-t-il, en se tirant les narines avant de se pincer la clavicule.

 

Femme chinoise d'ethnie nord-coréenne  
Femme chinoise d'ethnie nord-coréenne © Jordan Pouille

 

En remontant vers Tumen, ville frontalière que traversait le train blindé de Kim Jong Il pour se rendre en Chine, nous faisons connaissance avec Hong, chauffeur de taxi. Après une heure de route à longer le fleuve clôturé, il nous explique fièrement comment son oncle s'est converti au trafic d'êtres humains, en vendant neuf femmes nord-coréennes à des paysans chinois esseulés. Tarif : entre 5 000 et 10 000 yuans (1 200 euros) par tête. Des réfugiées qu’il cueillait sans difficulté. « Je crois qu’elles ne demandaient pas mieux. Et puis, il en a gardé une qu’il n’arrivait pas à vendre parce qu’elle boitait depuis une chute par-dessus les barbelés. Quand ces deux-là venaient manger à la maison, elle ne parlait pas. Donc je ne connaissais rien de sa vie d'avant. Sauf le jour où elle a supplié mon oncle de la laisser retrouver sa sœur, cachée dans le Shanxi. Alors, il a pris sa camionnette et il l'a ramenée ici. Elle était très jolie. » Mais pas de ménage à trois : « Il a réussi à revendre la boiteuse… et il a gardé sa sœur. »

À Tumen, plusieurs centaines d'ouvrières nord-coréennes ont été embauchées l’an dernier par une usine de sous-vêtements, au terme d’un accord expérimental entre les deux pays. On apprend qu'elles vivent et travaillent dans des ateliers séparés, contre 75 euros par mois, heures supplémentaires comprises : un tiers du salaire local ouvrier.

 

30 yuans la passe : 3,7 euros

Les moins chanceuses deviennent des travailleuses du sexe et échouent dans des bordels de Tumen, Changchun ou Yanji. Comme au Pont de l’Arc-en-ciel, un karaoké poisseux aux néons roses, que nous fait découvrir Hong, notre chauffeur intrépide, également rabatteur à ses heures perdues. À chaque passe de 300 yuans (37 euros), il empoche 100 yuans… contre 30 yuans pour les filles, 15 si elles sont nord-coréennes. Comme l’établissement est modeste, c’est aux filles de gérer seules les clients ivres et violents. Mais que fait la police ? Hong sourit. « Le Pont de l’Arc-en-ciel est en concurrence frontale avec La Rivière dorée et Le Temple de jade… tenus par les flics. À Yanji, ils contrôlent la majorité des bordels ! »


Bordel clandestin à Yanji  
Bordel clandestin à Yanji © Jordan Pouille

 

Dans un autre bordel tout proche, camouflé en salon de massage, on n'emploie plus que des filles chinoises, souvent de jeunes paysannes, d’ethnie Han, qui rêvent de convoler en justes noces avec leurs clients. « L’an dernier, nous avions une Nord-Coréenne », se souvient Lili, la vingtaine, en chemisier vert et jupette tâchée. Elle est d’astreinte entre midi et 4 heures du matin, dans une cabine exiguë qui infuse le tabac et le déodorisant. « Elle parlait peu mais elle était très belle. Elle vivait enfermée ici. Et puis un jour, son propriétaire l’a reprise car la patronne du salon n’en voulait plus. Au départ, elle était maigre et ça plaisait aux clients. Mais elle mangeait tellement qu’on la croyait enceinte de neuf mois. »

Parfois, les Nord-Coréennes tentent l’exil vers Séoul via la Chine, pays de transit, puis la Mongolie ou l’Asie du Sud-Est, où elles sont prises en charge et envoyées vers la Corée du Sud. Dans leur épuisant périple, elles sont aidées par des associations protestantes sud-coréennes, elles-mêmes subventionnées par les États-Unis. Ces organisations gèrent, en amont, des refuges illégaux, dissimulés dans des immeubles anonymes tout près de la frontière sino-nord-coréenne. Les descentes policières chinoises sont leur hantise.

À Yanji, nous devions retourner voir un orphelinat, où sont accueillis les enfants mixtes de femmes renvoyées en Corée du Nord ou réfugiées à Séoul. Mais le matin du rendez-vous, l’email en anglais d’un pasteur sud-coréen annulait la rencontre : « Malheureusement, l’orphelinat a été fermé après le kidnapping de la journaliste américaine Laura Ling (libérée après une médiation de Bill Clinton en août 2009 – ndlr). Il est toujours périlleux de secourir les orphelins nord-coréens et les films de la journaliste constituaient des preuves de notre action aux mains des autorités nord-coréennes. Nous avons donc retiré notre équipe et fermé l’orphelinat. Heureusement, les enfants vont bien. Certains ont même rejoint la Corée du Sud. »

En juillet dernier, quatre pasteurs sud-coréens incarcérés en Chine pour « atteinte à la sûreté de l’État » furent échangés contre des prisonniers chinois. Si l’on ignore combien de Nord-Coréens vivent illégalement en Chine, ils sont 700 à avoir trouvé refuge en Corée du Sud en 2012, contre 1 400 en 2011.


Ce Chinois d'ethnie coréenne rejoindra Séoul après sa formation  
Ce Chinois d'ethnie coréenne rejoindra Séoul après sa formation © Jordan Pouille

 

Depuis 1992, la Corée du Sud ouvre aussi ses portes aux Chinois dont les ancêtres sont originaires de la péninsule. Et le Yanbian en profite : sur ses 2,2 millions d’habitants, 800 000 sont d’ethnie coréenne, répartis sur les 522 kilomètres de frontière nord-coréenne. Toutes ces familles ont au moins un membre expatrié. La plupart sont embauchés comme ouvriers, sur la chaîne de production des usines LG, Samsung, Kia ou Hyundai. Et envoient leurs salaires directement en Chine. Grâce à leurs économies, ces Joseonjok – terme employé pour désigner cette diaspora – participent à l’essor d’une nouvelle classe moyenne rêvant d’une berline, d’un appartement spacieux et de virées dominicales dans des centres commerciaux surchauffés.

À Yanji, les promoteurs immobiliers démolissent les anciens immeubles, des blocs sans âme rongés par le vent du Nord, et érigent des tours orange ou bleues de trente étages, aux toits de bardeaux leur offrant un parfum d'exotisme coréen. Les grues jaunes côtoient une voie ferrée suspendue qui, une fois terminée, accueillera le train rapide. À la fin de l'hiver, les maçons reprendront la construction de Baili (« 100 % profit »), une galerie marchande en centre-ville dont les palissades de chantier promettent, par de grossiers photomontages, une boulangerie sud-coréenne Paris Baguette, un Apple Store et une boutique de stylos Montblanc.


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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 17:15

 

 

 

Un camion transportant près de 1 000 de chats dans un quarantaine de cages a eu un accident dans la ville de Changsha, mardi en Chine, laissant la vie sauve à la plupart de ces félins promis aux abattoirs et aux restaurants de la grande métropole de Guangdong, rapporte l'agence officielle Chine nouvelle, reprise par plusieurs médias anglo-saxons. L'homme qui conduisait le camion a été transporté à l'hôpital. Et dans un premier temps les autorités ont abandonné les chats, entassés par fois à 25 dans les cages, à leur triste sort.

Ce n'est que grâce à la mobilisation des riverains, encadrés par quelques policiers, à travers le réseau social Weibo que la grande partie des félins ont la vie sauve.

Des dizaines de volontaires se sont rapidement rendus sur les lieux de l'accident pour donner de la nourriture, de l'eau et du lait aux chats faméliques, déshydratés et parfois très mal en point. Tous n'ont pas survécu. Selon l'ONG Care for Chinese Animals, certains habitants ont négocié le rachat des chats auprès du propriétaire. Les autres ont été confiés au Changsha Small Animal Protection Association.

La consommation de chat n'est pas réglementée en Chine, et les ONG comme Care for Chinese Animals se battent depuis des années contre la vente de félins aux restaurateurs dans des conditions déplorables, comme l'incident de Changsha est venu le rappeler. Si les chatons ne sont pas mangés car ils porteraient malheur, les chats, eux, se vendent à peu près 1 euro le kilo. Selon le journal China Daily, près de 4 millions de chats sont mangés tous les ans.

 

 

 
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 17:20

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.01.2013 à 09h36 • Mis à jour le 13.01.2013 à 13h23


 
Depuis 2009, plus de 90 Tibétains ont mis le feu à leurs vêtements, et la plupart sont morts, pour protester conte la domination chinoise dans la région himalayenne.

Un Tibétain s'est immolé pour protester contre la domination chinoise sur la région autonome chinoise du Tibet, première immolation de cette année, ont indiqué dimanche une organisation de défense des droits de l'Homme et Radio Free Asia.

Les faits se sont produits à Xiahe, un comté de la province du Gansu (ouest), appelée Sangchu en tibétain. La dépouille de l'homme, identifié par un simple nom, Tsebe ou Tseba, a été ramenée à son village à quelque 4 km de l'endroit où il s'était immolé après une manifestation, selon Free Tibet. Selon l'ONG, il avait à peine plus de 20 ans. Selon les sources citées par Radio Free Asia, il était âgé de 19 ans.

Depuis 2009, plus de 90 Tibétains ont mis le feu à leurs vêtements, et la plupart sont morts, pour protester conte la domination chinoise dans la région himalayenne.

La fréquence des immolations s'était accrue à l'automne dernier, avant la tenue du Congrés du parti communiste chinois, qui avait nommé Xi Jinping chef du PCC, un changement à la tête du pays qui n'a lieu que tous les 10 ans. De nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han dans la région du Tibet, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

Pékin réfute ces allégations, estimant que les Tibétains bénéficient d'une liberté de culte. Le gouvernement met l'accent sur les importants investissements consacrés à la modernisation du Tibet, et à une meilleure qualité de vie pour ses habitants.

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 12:43

 

Le Monde.fr avec Reuters | 07.01.2013 à 12h26 • Mis à jour le 07.01.2013 à 12h32


 Rare manifestation contre la censure en Chine

 

 

 

 
Manifestants devant le "Southern Weekend", à Canton, le 7 janvier.

Une manifestation s'est tenue, lundi 7 janvier à Canton, devant le siège d'un des rares journaux chinois réputé pour sa liberté de ton, afin de soutenir une grève des journalistes contre la censure.

L'affaire, qui fait grand bruit en Chine, et notamment sur les réseaux sociaux, a commencé la semaine dernière quand des journalistes de l'influent hebdomadaire Nanfang Zhoumo (Southern Weekend) ont révélé que les services de la censure avaient fait remplacer l'éditorial du nouvel an appelant à la mise en place d'un régime conforme à la Constitution par un commentaire à la gloire des réalisations du Parti communiste chinois (PCC).

 

Lire le post de blog :  Des journalistes chinois se rebellent après la censure d'un éditorial


La manifestation devant les locaux du groupe de presse propriétaire du journal a été autorisée par la police, signe que le gouvernement de la province du Guangdong, dirigé depuis peu par l'étoile montante du PCC Hu Chunhua, se veut très prudent face à la colère suscitée dans la population par les questions de censure.

Les manifestants, jeunes pour la plupart, avaient posé devant eux des pancartes sur lesquelles étaient inscrits : "La liberté d'expression n'est pas un crime" et "Le peuple chinois veut la liberté". Ils étaient nombreux à brandir des chrysanthèmes jaunes symbolisant le deuil de la liberté de la presse.

"Le groupe de médias Nanfang est relativement prêt à dire la vérité en Chine. Aussi devons-nous saluer son courage et le soutenir maintenant", a déclaré Ao Jiayang, un jeune homme qui travaille pour une organisation non gouvernementale. "La participation aujourd'hui montre qu'en Chine, de plus en plus de gens ont une conscience civique", a-t-il ajouté.

 

LE CHEF DE LA PROPAGANDE DANS LE COLLIMATEUR

La province du Guangdong, la plus riche de Chine, est le berceau du programme d'ouverture politique et de réforme que semble vouloir mettre en place le nouveau numéro un chinoi,s Xi Jinping. Le secrétaire général du Parti communiste avait d'ailleurs choisi de se rendre à Canton pour son premier déplacement après sa nomination à la tête du PCC, en novembre.

Dimanche soir, le microblog de l'hebdomadaire a démenti que la suppression de l'éditorial du nouvel an ait été due à la censure, mais des journalistes se sont désolidarisés de cette déclaration et ont annoncé qu'ils se mettraient en grève lundi.

Sur Internet, plusieurs lettres ouvertes accusent le chef de la propagande de la région, Tuo Zhen, de museler la presse et demandent sa démission. Selon Xiao Shu, ancien éditorialiste du Nanfang, Tuo Zhen demande aux journalistes de lui soumettre les sujets qu'ils veulent traiter et interdit les thèmes qui ne lui plaisent pas, ce qui revient à établir, souligne le journaliste, un système de censure préalable.

En Chine, la censure est très développée sur Internet, pour les sujets politiquement sensibles comme les droits de l'homme et les affaires qui concernent la classe politique. Les réseaux sociaux et sites de partages américains comme Facebook, Twitter et YouTube y sont bloqués. Vendredi, les autorités chinoises ont fermé le site Internet de la revue réformiste Yanhuang Chunqiu ("La Chine à travers les âges"), apparemment en raison de la publication d'un article prônant une transformation du modèle politique de la Chine.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 19:33

 

Le Monde - Blog

 

 

C'est une lame de fond qui frappe les réseaux sociaux chinois depuis mercredi 2 janvier au soir. On n'avait pas vu depuis longtemps une telle mobilisation sur un sujet, en dépit des efforts des opérateurs des sites pour "harmoniser" les critiques qui se déversent : en cause, la censure du traditionnel éditorial de Nouvel An de l'hebdomadaire réformiste Nanfang Zhoumo, basé dans la province méridionale de Guangdong. Le texte appelait la Chine à poursuivre la réforme politique et à s'engager dans la voie d'un gouvernement constitutionnel. Un thème dans l'air du temps au sein des milieux intellectuels réformistes, alors que Xi Jinping vient d'être désigné à la tête du Parti communiste chinois (PCC), comme l'a montré le succès récent de la vidéo d'un professeur de Pékin consacrée à ce sujet. Mais le chef de la propagande de la province, arrivé en mai 2011 et qui semble avoir pour mission de mettre au pas le groupe de presse Nanfang, ne l'a pas apprécié et l'a remplacé par deux billets, avec des erreurs factuelles et des fautes.

Mais l'époque a changé. A l'heure du Weibo, le texte censuré a été tweeté et retweeté. Un échec pour la censure. Des journalistes de l'hebdomadaire ont publié une lettre ouverte pour condamner la censure. Des appels à la démission du chef provincial de la propagande, Tuo Zhen, circulent, tout comme des lettres de soutien à l'hebdomadaire et aux journalistes, comme celle-ci émanant d'étudiants d'une école de journalisme de Nankin.

Des avocats de Pékin se sont pris en photo avec le message "Soutien au Nan(fang) Zhou(mo)"

Mais aussi des étudiants ("Soutien au Nanfang Zhoumo" est écrit sur le tableau).

Certains internautes, travaillant probablement dans le milieu des médias, ont fait état d'une instruction donnée par téléphone, vendredi 4 janvier, par le département de la propagande : "Aucun média, y compris les microblogs officiels et les comptes personnels des employés, ne doivent rediffuser les commentaires sur l'affaire du Nanfang, ni le commentaire du "Global Times" [Ce journal officiel a jugé que le système de contrôle des médias devait s'adapter à une société plus ouverte, mais que les médias chinois devaient rester sous la coupe du pouvoir politique]."

François Bougon

 


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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 18:33

 

Le Monde.fr avec AFP | 28.12.2012 à 19h28

 

 
Dans un café Internet de Pékin.

Le Congrès national du peuple chinois a adopté, vendredi 28 décembre, des nouvelles mesures qui étendent à tout le pays l'obligation pour les internautes de fournir leur véritable identité à leur fournisseur d'accès, a annoncé l'agence officielle Chine nouvelle. Les utilisateurs des "weibo" ("microblogs"), les versions locales de Twitter, devront donc désormais s'identifier et fournir leur numéro de téléphone portable.

Auparavant, la plupart des internautes du pays pouvaient créer des microblogs sous des pseudonymes, ce qui leur permettait de constituer de nouveaux comptes si les leurs étaient fermés. Seuls des détenteurs de comptes de microblogs dans cinq grandes villes du pays – Pékin, Shanghai, la ville portuaire de Tianjin (nord), Canton et Shenzhen (sud) – devaient déjà, depuis le 16 mars, s'inscrire sous leur véritable identité.

Lire : L'anonymat proscrit des réseaux sociaux à Pékin

Cadrage : Pékin met fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux

 

 MICROBLOGS

La censure surveille les microblogs qui servent de plate-forme pour organiser des mouvements de protestation et présentent une version non officielle d'événements comme l'accident meurtrier de train de 2001, qui avait suscité un flot de critiques contre le gouvernement.

Le système de censure chinois du Web est surnommé la "Grande Muraille informatique" ("Great Firewall"), expression associant les mots "Great Wall" (Grande Muraille) et "firewall" (pare-feu informatique). La Toile est expurgée de sites politiquement sensibles et Pékin contrôle étroitement la communauté d'un demi-milliard d'internautes pour éviter l'organisation de la dissidence.

 

AI WEIWEI : "UN CRIME À L'ENCONTRE DE LA CIVILISATION"

Mais la prolifération de microblogs, qui permet aux internautes d'échapper partiellement à la mainmise des autorités, représente un nouveau défi pour le pouvoir. Des réseaux comme Twitter ont été utilisés pour formuler des critiques ou même pour dénoncer des malversations de responsables, mais ces griefs ne sont tolérés que lorsqu'ils correspondent à la volonté du gouvernement de lutter contre la corruption. Twitter est interdit en Chine, mais accessible par des moyens technologiques détournés.

Le dissident Ai Weiwei a critiqué sur Twitter vendredi les efforts des autorités pour resserrer leur étau sur Internet. "Bloquer Internet, une mesure qui restreindra l'échange de l'information, est un crime à l'encontre de la civilisation et de l'humanité", a-t-il estimé.

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 20:33

 

Rue89 - Aujourd’hui la Chine 18/12/2012 à 15h50
Aujourd'hui la Chine"
Aviva Fried | Aujourd'hui la Chine

 

 


Le père d’un enfant blessé montre son vêtement taché de sang, province du Henan, le 14 décembre 2012 (HAP/Quirky China News/REX/SIPA)

 

(De Pékin) Le 15 décembre est une date qui comptera dans l’histoire de la télévision chinoise. Ce jour-là, en effet, la chaîne d’Etat CCTV a décidé d’ouvrir son journal par de l’information internationale, la tuerie dans une école américaine.

Traditionnellement, la télévision officielle passe de longues minutes à disséquer l’information nationale (souvent, d’ailleurs, résumée aux voyages officiels et aux discours d’officiels du Parti), avant d’expédier les nouvelles du monde. Mais pas ce jour-là, et pourtant : la Chine aussi venait de connaître une attaque similaire.

La veille, un homme de 36 ans poignarde 23 personnes, dont 22 enfants, dans une école primaire du Henan, dans le centre de la Chine, sans faire de morts.

Dans un écho tragique à cette attaque, un jeune homme ouvre le feu, lui aussi dans une école primaire, mais à Newtown, aux Etats-Unis. Bilan : 26 morts, dont 20 enfants. Et c’est cette attaque qui va faire la une des journaux chinois.

En ce qui concerne le Henan, tout juste apprendra-t-on qu’un reporter a été dépêché sur place. Mais que les autorités locales ne répondent pas aux questions.

Sur Weibo, la colère d’un économiste star

Sur son compte Weibo, le Twitter chinois, l’économiste Han Zhiguo, l’une des « stars » du réseau social, n’a pas tardé à réagir, comme le rapporte le site Tea Leaf Nation :

« En l’espace d’un instant, la nouvelle d’une attaque meurtrière dans une école américaine a rempli les médias chinois, en en faisant les gros titres.

Le même jour, il y a eu une attaque dans une école de Guangshan, dans la province du Henan, où 22 élèves ont été blessés à coups de couteau, dont 7 dans un état suffisamment sérieux pour qu’ils soient hospitalisés.

Les médias officiels semblent y être restés sourds et muets. La seule information sur cette attaque, c’est celle qu’on trouvait sur Weibo.

La différence de traitement entre les deux attaques pas les médias officiels signifie-t-elle que la vie d’un enfant chinois a moins de valeur ? »

La colère de Han est tout de suite devenue l’un des sujets les plus discutés sur Weibo, « reposté » plus de 138 000 fois, et commentés plus de 19 000 fois.

Le subterfuge était trop gros

Car beaucoup d’internautes n’ont pas accepté de voir ainsi un drame chinois relégué au second plan pour ne pas embarrasser les autorités. Des autorités qui se réjouissaient déjà de pouvoir pointer du doigt les dysfonctionnements de la société américaine, tout en balayant rapidement les problèmes de leur propre pays.

Le subterfuge était tellement gros, qu’il s’est retourné contre ses auteurs, en attisant encore plus la rage des internautes chinois. L’un d’eux écrit ainsi :

« Les médias chinois ne traitent que d’un seul thème : les Chinois sont heureux, et les habitants des autres pays vivent misérablement...

Pourquoi les médias chinois ne se concentrent-ils pas sur la vie de notre peuple avec le même enthousiasme que celui dont-ils font preuve quand ils parlent des Etats-Unis ? »

Les enfants des dirigeants, envoyés aux Etats-Unis

Volonté de montrer les méfaits du capitalisme, de souligner les failles du système américain : les internautes ne sont pas dupes quant au but de la stratégie maladroite des autorités chinoises.

Certains vont même plus loin, y voyant une tentative de protéger les intérêts des dirigeants, sans qu’ils assument leur responsabilité. Pour cet internaute :

« Les officiels américains gardent leur poste en affrontant la situation. Pour les dirigeants chinois, c’est en la fuyant qu’ils y parviennent. »

Mais les critiques les plus virulentes sont certainement celles qui estiment qu’il y a deux poids, deux mesures dans cette affaire, et que les enfants chinois n’ont finalement pas beaucoup de valeur aux yeux des dirigeants.

Un internaute va même jusqu’à affirmer que si on se préoccupe plus de ce qu’il se passe aux Etats-Unis, c’est parce que tous les officiels chinois y envoient leurs enfants...

Mais comme souvent désormais en Chine, c’est finalement Weibo qui a eu le dernier mot. Depuis dimanche, les reportages sur l’attaque du Henan ont réapparu en une des portails d’information comme Sina.com. Comme si les médias traditionnels espéraient ainsi se réconcilier avec l’opinion publique.

Publié initialement sur
Aujourd'hui la Chine
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