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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:15

 

Source : www.mediapart.fr

 

A Hong Kong, la police démantèle les barricades

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Malgré les nombreux avertissements des autorités, les manifestants se sont installés dans la durée, en montant des tentes, des douches mobiles ou encore en organisant des soirées de débats, attirant des milliers de personnes ces derniers jours.

La police de Hong Kong a commencé tôt lundi matin à enlever les barricades érigées depuis plus de quinze jours par les manifestants pro-démocratie, après que le chef du gouvernement local eut réduit à néant leurs espoirs d'obtenir gain de cause. Critiquées pour avoir fait usage de gaz lacrymogène face à des manifestants jeunes et pacifiques le soir du dimanche 28 septembre, les forces de l'ordre se faisaient depuis très discrètes. Elles ont, semble-t-il, profité lundi matin du fait que les manifestants étaient peu nombreux sur les sites bloqués pour agir.

Les policiers ont ainsi commencé à démanteler les barricades aux abords du principal site des manifestations, le quartier Admiralty où sont concentrés les ministères et une caserne de l'armée chinoise, ainsi qu'à Mongkok, grand quartier commercial sur la partie continentale de Hong Kong, selon des journalistes de l'AFP.

Un communiqué de la police relayé par mégaphones sur les sites a appelé les protestataires à « ne pas faire obstruction (...), à enlever sans délai les obstacles bloquant les routes et à partir dans l'ordre et le calme ». Les policiers ne portaient pas leurs équipements anti-émeutes. Le chef de l'exécutif, Leung Chun-ying, avait indiqué que si le gouvernement entreprenait de dégager les sites occupés, la police ne « ferait qu'un emploi limité de la force ».

Certains manifestants ont répondu aux mouvements des forces de l'ordre en agitant des parapluies, un accessoire indispensable à Hong Kong pour se protéger du soleil ou de la pluie, et devenu l'emblème de ces manifestations. « Je suis en colère parce que (...) la police ne devrait pas être notre ennemie mais notre alliée », a lancé Kim Kwan, une étudiante de 21 ans.

Malgré les nombreuses injonctions des autorités de se disperser, les manifestants se sont installés dans la durée, en montant des tentes, des douches mobiles ou encore en organisant des soirées de débats, attirant des milliers de personnes ces derniers jours.

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 


 

 

 

 

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 18:48

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Hong Kong: regain de mobilisation du mouvement étudiant

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Plusieurs centaines d'étudiants ont campé dans la nuit de vendredi à samedi sur les principaux sites de protestation de Hong Kong. Le mouvement en faveur de la démocratie semble regagner en vigueur après l'annulation, jeudi, par les autorités des négociations qui étaient prévues avec les contestataires, en raison des appels persistants à des manifestations.

Plusieurs centaines d'étudiants ont campé dans la nuit de vendredi à samedi sur les principaux sites de protestation de Hong Kong. Le mouvement en faveur de la démocratie semble regagner en vigueur après l'annulation, jeudi, par les autorités des négociations qui étaient prévues avec les contestataires, en raison des appels persistants à des manifestations.

La contestation a pris de l'ampleur dans la seconde quinzaine de septembre, après l'annonce le 31 août d'un projet prévoyant de soumettre à l'approbation des autorités chinoises les candidatures à l'élection du chef de l'exécutif hongkongais en 2017.

Le mouvement pro-démocratie, qui réclame la liberté de candidature à cette élection et aussi la démission de l'actuel chef de l'exécutif Leung Chun-ying, s'est essoufflé en début de semaine, mais des milliers de personnes se sont mobilisées de nouveau vendredi soir pour une série de rassemblements à travers la ville.

« Nous avons des tentes, ici, pour montrer notre détermination à mener une occupation longue », a déclaré samedi matin Benny Tai, l'un des leaders du mouvement étudiant. Une bonne centaine de tentes ont été montées sur Harcourt Road, tandis que des dizaines de personnes ont disputé un marathon en soutien aux étudiants.

Depuis qu'ils sont descendus dans la rue voilà deux semaines, les contestataires ont bloqué les grands axes dans le quartier gouvernemental, à Admiralty, ainsi que dans les quartiers commerçants de Central et Causeway Bay.

Le mouvement « Occupy Central », qui fait référence au nom du quartier des affaires de Hong Kong, est une épine dans le pied pour Pékin, sans doute l'une des plus importantes depuis la répression du mouvement étudiant dans la capitale chinoise début juin 1989. Pékin craint que la démocratie à Hong Kong ne se propage au continent, alors que la Chine populaire a déjà fort à faire avec les troubles séparatistes au Xinjiang, mais aussi au Tibet.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 17:06

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Hongkong : les manifestants posent un ultimatum à leur exécutif  Rassemblés devant le siège du pouvoir hongkongais, ils ont réclamé la démission du chef de l'exécutif d'ici jeudi soir, le gouvernement somme les manifestants de se disperser

Le Monde.fr avec AFP | 02.10.2014 à 06h37 • Mis à jour le 02.10.2014 à 18h11

 
 

 

Des policiers tentant d'évacuer des manifestants devant le siège de l'exécutif à Hongkong, jeudi 2 octobre.

 

A Hongkong, la tension est montée d'un cran entre les autorités et les manifestants prodémocratie, jeudi 2 octobre. Le gouvernement a demandé aux leaders étudiants de la « révolution des parapluies », qui exigent la démission du chef de l'exécutif avant minuit, de se « disperser pacifiquement le plus tôt possible », arguant que leur mouvement avait eu « de graves conséquences » pour la ville. Un appel qui sonne comme un ultime avertissement.

De brèves échauffourées ont éclaté jeudi après-midi lorsque des manifestants ont vu des policiers décharger des caisses en bois et des fûts en métal sur lesquels on pouvait lire, d'après des images relayées par les internautes, « Round, 38 mm rubber baton multi », des balles en caoutchouc, ou encore les lettres « CS », initiales de Corson et Stoughton, des projectiles de gaz lacrymogène. Du matériel qui laisse craindre un épilogue violent à ce mouvement de protestation.

L'Union européenne a exprimé jeudi sa « préoccupation » face à la situation, appelant toutes les parties à « continuer à montrer de la retenue »

 

DURCIR OU PAS LE MOUVEMENT

Plus tôt, près de trois mille personnes ont afflué devant le siège du pouvoir pour réclamer la démission du chef de l'exécutif, Leung Chun-ying. 

Lire son portrait : Leung Chun-ying, « le loup de Hongkong » dans le viseur des manifestants

A défaut, « nous envisagerons plusieurs actions différentes dans les prochains jours, comme l'occupation de bâtiments gouvernementaux importants », a averti Agnes Chow, l'une des dirigeantes du mouvement estudiantin. « Nous devons durcir le mouvement, a renchéri Jason Chan, un étudiant de 23 ans. Si on ne passe pas à la vitesse supérieure, ce mouvement est sans objet. »

Les manifestants sont cependant divisés sur l'idée de recourir à la force, le mouvement étant, depuis le départ, pacifique. Même lorsque la police a dispersé les rassemblements, dimanche, en faisant usage de gaz lacrymogènes et de gaz au poivre.

 

SUFFRAGE UNIVERSEL ET DÉMISSION DU CHEF DE L'EXÉCUTIF

Les manifestants, qui réclament l'instauration du suffrage universel plein et entier, font depuis cinq jours le siège des administrations gouvernementales entre les quartiers d'Admiralty et de Central, bloquant routes et carrefours. L'activité économique et la circulation en sont fortement perturbées.

Depuis le début du mouvement, la démission de Leung Chun-ying, accusé d'être une marionnette aux mains de Pékin, est l'une de leurs revendications. L'autre est le retrait d'une mesure, décidée par le pouvoir chinois, qui modifie le mode de désignation du chef de l'exécutif hongkongais : si Pékin envisage d'accorder le suffrage universel pour cette élection, il souhaite cependant garder le contrôle sur les candidatures.

Cette décision « antidémocratique » rompt, selon eux, des engagements pris par Pékin lors de la rétrocession de Hongkong à la Chine, en 1997, après cent cinquante ans de présence britannique.

Lire nos explications : Hongkong : pourquoi les « parapluies » se rebellent

 

 PÉKIN PEU ENCLIN À NÉGOCIER

« C.Y. », comme est surnommé à Hongkong le chef de l'exécutif, semble cependant d'autant moins enclin à négocier que Pékin lui a de nouveau apporté son soutien « ferme et intangible » par la voix du Quotidien du peuple, journal du Parti communiste chinois (PCC), au pouvoir.

Pékin entend bien ne pas se laisser dicter sa conduite, ni par les manifestants, ni par la communauté internationale. « Les affaires de Hongkong sont les affaires intérieures de la Chine », a lancé le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, alors que son homologue américain, John Kerry, le recevait à Washington mercredi. « Tous les pays doivent respecter la souveraineté de la Chine », a-t-il répété, alors que de nombreux rassemblements de soutien aux Hongkongais étaient organisés, mercredi, un peu partout dans le monde.

La Chine cherche par tous les moyens à se prémunir contre une contagion démocratique. Dernière mesure en date, le PCC a durci comme jamais la censure des réseaux sociaux, dénonçant des « extrémistes » qui violent la loi. Dans la même veine, des agents de voyage chinois ont averti un voyagiste hongkongais de l'annulation de toutes leurs visites de groupe à Hongkong, alors que de nombreux Chinois s'y rendent pour faire les magasins pendant la semaine du 1er au 7 octobre, communément appelée la « semaine d'or ».

Lire aussi : En Chine, l’écho étouffé des événements de Hongkong

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 20:35

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Pékin reste inflexible face aux manifestants à Hong Kong

|  Par Jérôme Hourdeaux

 

 

 

Les autorités chinoises tentent d'imposer une réforme électorale qui assurerait l'élection de dirigeants pro-chinois lors des élections prévues en 2017 dans la région. Face à une mobilisation dispersée, des étudiants au mouvement Occupy Central, Pékin joue le pourrissement de la situation.

C’est une drôle de guerre que se livrent les autorités chinoises et les manifestants hongkongais qui, depuis plusieurs mois, manifestent pour réclamer l’organisation d’élections libres dans la « région administrative spéciale » en 2017.

Ce mercredi 1er octobre, jour de fête nationale, devait être un des points culminants de la mobilisation et notamment du mouvement « Occupy Central » installé en plein cœur du quartier des affaires. Après les affrontements du week-end dernier, beaucoup s’attendaient d’un côté à un afflux de manifestants, et de l’autre à une répression accrue de la part des forces de l’ordre. Pour la troisième nuit consécutive, plusieurs milliers de manifestants se sont mobilisés et ont tenté de se rendre sur la place Golden Bauhinia, site historique hautement symbolique où devait se dérouler une cérémonie de levée des couleurs pour marquer le 65e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

Mais, comme lors des précédents rassemblements, les opposants ont évité les dérapages. Comme le rapporte le New York Times, cette « révolution des parapluies », surnom donné par les médias en référence aux parapluies que les manifestants utilisent pour se protéger des gaz lacrymogènes, est une « insurrection diligemment propre, extrêmement polie et scrupuleusement pacifique ». Dans la matinée, des manifestants ont procédé au nettoyage des abords des campements installés dans la ville, mis en place des barrières métalliques pour éviter les affrontements avec la police et même placé des affiches sur lesquelles ils s’excusent auprès des passants pour la gêne occasionnée par leur mouvement… « Nous voulons juste nettoyer la zone et réduire la nuisance pour les gens. Nous voulons montrer que nous sommes bien éduqués et pas des barbares », explique au New York Times l’un d’entre eux.

Des manifestants avec des pancartes "Restez calmes", le 1er octobre 
Des manifestants avec des pancartes "Restez calmes", le 1er octobre

De leur côté, les autorités chinoises se refusent toujours à réprimer directement le mouvement. Certes, certains militants ont à nouveau été interpellés en amont de cette journée de mobilisation et les réseaux sociaux sont toujours en partie censurés. Mais jusqu'à présent, la stratégie de Pékin semble se limiter à circonscrire la menace démocratique, à éviter qu’elle ne se propage, et à laisser les autorités locales gérer ce mouvement de contestation en espérant son pourrissement. Car le mouvement « Occupy Central » est loin de faire l’unanimité à Hong Kong où beaucoup estiment avoir plus à perdre dans un conflit ouvert avec le tuteur chinois. C’est notamment le cas d’une partie du milieu des affaires qui reproche aux manifestants de mettre en péril l’économie de la région. « Le gouvernement peut tolérer le blocage de trois, quatre ou cinq zones et voir comment les manifestations se déroulent. Donc, le seul moyen pour les manifestants d’avancer, c’est de se lancer dans une escalade, de l’étendre à plus d’endroits, et alors ils pourraient ne plus maîtriser le mouvement, ou risqueraient de devenir violents », explique au New York Times une source « profondément impliquée dans le processus décisionnel au sein du gouvernement de Hong Kong. » « Ils savent mieux que nous qu’il perdrait tout soutien en une nuit », prévient-il.

Face à l’intransigeance de la Chine et à la division de la société hongkongaise, certains prédisent déjà un essoufflement puis un échec de ce mouvement, contrairement aux précédents.

En 2003, des centaines de milliers de manifestants avaient réussi à obtenir le retrait d’un projet de loi « anti-subversion » et la démission du ministre de la sécurité intérieure. En 2012, c’est un projet visant à introduire des cours d’éducation morale et patriotique dans les écoles qui avait été mis en échec. Mais cette fois, l’enjeu est beaucoup plus important. D’un côté, la Chine veut à tout prix éviter un nouveau Tienanmen, de l’autre, il est hors de question pour elle de laisser s’introduire sur son territoire ce qu’elle qualifie de version « occidentale » de la démocratie.

« Nous l’avons déjà fait en 2003. Puis de nouveau en 2012 », écrivait fin septembre le journal anglophone South China Morning Post. « Sauf que la situation actuelle présente une différence majeur : en 2003 et 2012, les manifestants dénonçaient des décisions domestiques qui ne concernaient que Hong Kong. Cette fois, le gouvernement central est l’un des principaux acteurs » (…). « Le centre ne peut pas accepter de compromis. Ce serait pire que de perdre la face. Son prestige et donc sa capacité à maintenir son contrôle sont en jeu. Contrairement aux bras de fer précédents, l'opposition démocratique de Hong Kong est aujourd'hui un défi direct à l'autorité du gouvernement central. ». Or, affirme le journal, « l’empereur, lui, ne recule jamais ».

« Aimer le pays et aimer Hong Kong »

Le statut de la « région administrative spéciale » est un sujet particulièrement sensible pour la Chine. Depuis que Pékin a repris le contrôle de Hong Kong, en juillet 1997 après 150 ans de protectorat britannique, les autorités font tout pour donner des gages de respect de droits de l’homme à la communauté internationale, tout en évitant que son statut particulier ne donne des idées d’émancipation au reste de la Chine.

Pour cela, Pékin avait théorisé et accepté le principe de « un pays, deux systèmes » permettant à la « région administrative spéciale » de conserver un minimum de libertés, tout en sauvant la face. En dehors des questions de défense et de diplomatie, la ville est ainsi restée une sorte d’entité à part avec sa monnaie, ses douanes, son système juridique, son budget… Hong Kong dispose même d’une sorte de constitution (« Basic Law ») qui proclame : « Le système capitaliste et le mode de vie du territoire demeureront inchangés pour les cinquante ans à venir. » Ce texte fondamental, voté dès 1990 par l’Assemblée chinoise en prévision de la réintégration de la province, prévoyait même, à terme, l’élection du chef de l’exécutif au suffrage universel. « Le Chef de l’exécutif de la région administrative spéciale de Hong Kong devra être sélectionné par une élection ou par des consultations organisées localement et être nommé par le Gouvernement central du peuple », stipule l’article 45 de la Basic Law, qui précise que ce processus de sélection évoluera « en accord avec le principe de progrès graduel et ordonné ». « Le but ultime, poursuit le texte, est la sélection du Chef de l’exécutif au suffrage universel sur nomination par un comité de nomination largement représentatif en accord avec les procédures démocratiques. »

Au mois de décembre 2007, le comité des lois de l’assemblée nationale adoptait un texte annonçant la tenue d’élections pour l’année 2017. « L’élection du cinquième chef exécutif de la région administrative spéciale de Hong Kong durant l’année 2017 pourra être réalisée par la méthode du suffrage universel », affirmait alors Pékin.

Mais très vite, les autorités chinoises font savoir que cette élection ne se fera pas à n’importe quelles conditions. Régulièrement, elles ont indiqué que les candidats devront « aimer le pays et aimer Hong Kong », « protéger la stabilité générale de Hong Kong, aujourd’hui et dans le futur » et surtout être sélectionnés par un comité censé être « largement représentatif ».

Voyant se profiler la menace d’élections vidées de leur sens, les défenseurs des droits civiques ont très vite tiré la sonnette d’alarme et appelé à la mobilisation. Le 16 janvier 2013, le Hong Kong Economic Journal publie une tribune de Benny Tai, professeur de droit à l'université de Hong Kong, proposant d’accentuer la pression sur les autorités chinoises en lançant un mouvement de « désobéissance civile » prenant modèle sur le mouvement américain « Occupy Wall Street ». Son idée est d’installer des sit-in afin de bloquer Central, le quartier des affaires de Hong Kong. Le 27 mars, lors d’une conférence de presse, Benny Tai et les deux autres co-fondateurs du mouvement baptisé « Occupy Central with peace and love », le révérend Chu Yiu-ming et Chan Kin-man, un professeur de sociologie, annoncent que le mouvement commencera ses actions dès l’année 2014, plus précisément le 1er octobre à l’occasion de la fête nationale.

Mais « Occupy Central » va être pris de court. Au mois de mars 2014, le Congrès national du peuple réaffirme sa volonté d’organiser des élections en 2017. Dans le même temps, à l’occasion d’une rencontre avec la délégation hongkongaise, le président du parlement, Zhang Dejiang, avertit celle-ci des différences de conception de la démocratie entre Occident et Chine… « Vous ne pouvez pas juste amener ou copier (le système électoral) de l’étranger, ou alors vous pourriez rapidement découvrir qu’il ne peut pas s’adapter à l’environnement local et qu’il peut devenir un piège pour la démocratie... et probablement apporter des résultats désastreux », s'était entendu dire le député de Hong Kong, Ma Fung-kwok, lors de cette réunion de deux heures avec Zhang Dejiang.

Le 31 août, la commission des lois du congrès chargée du statut de Hong Kong dévoile son projet de réforme électorale et, comme il était à craindre, celui-ci est fait sur mesure pour assurer l’élection d’un candidat favorable au régime. Actuellement, le dirigeant de Hong Kong est choisi par un comité électoral composé de 1 200 membres pour la plupart proches de Pékin ou du milieu des affaires de la province. La réforme annoncée prévoit bien l’organisation, comme promis, d’élections. Mais les candidats devront pour cela être investis par la moitié des membres d’un comité composé sur les mêmes bases que le comité électoral. Les candidats jugés comme indésirables par le régime chinois auront ainsi toutes les chances de ne pouvoir tout simplement pas se présenter.

La proposition de l’Assemblée chinoise doit servir de cadre au gouvernement de Hong Kong pour mettre en place une réforme qui devra encore être adoptée par le Conseil législatif de la province. Celui-ci est composé de 70 membres et le texte devra recueillir la majorité des deux tiers pour être adopté. Or, le Parti démocratique, qui dispose de 27 sièges, a annoncé son intention de mettre en échec le projet. « Nous mettrons notre veto à cette proposition révoltante », a annoncé dimanche 31 août la présidente du parti, Emily Lau.

Mais, comme le souligne les Hongkongais soutenant Pékin, un rejet du projet aurait pour conséquence d’annuler l’ensemble du processus électoral. « Cinq millions d’habitants de Hong Kong seraient privés du droit de vote qu’ils se verraient accorder autrement », a ainsi soutenu le chef de l’exécutif de Hong Kong, C. Y. Leung. « Nous ne pouvons pas nous permettre un arrêt de notre développement constitutionnel car sinon la prospérité, ou la stabilité, de Hong Kong sera en jeu. »

Pékin parie sur les divisions au sein du mouvement

Le soir même de l’annonce du projet de réforme, plusieurs milliers de personnes se rassemblaient dans le centre commercial de Hong Kong. « Nous ne voulons plus être des sujets dociles », déclarait alors à la tribune Benny Tai. « Notre espoir est que les gens rassemblés ici seront d’intrépides résistants civils. Quel est notre espoir ? Notre espoir, c'est qu’aujourd’hui Hong Kong est entré dans une nouvelle ère, une ère de désobéissance civile, une ère de résistance. »

Parallèlement, le mouvement de contestation prend également de l’ampleur dans les universités. Le lundi 22 septembre, une manifestation rassemble plusieurs milliers d’étudiants dans les rues de Hong Kong. « Occupy Central » décide alors de bousculer son calendrier. Dans les jours qui suivent, quelques dizaines puis quelques centaines de personnes se rassemblent devant les locaux du gouvernement, situés dans le quartier Central, avant d’être dispersées ou arrêtées par la police. Puis, le dimanche 28 septembre, Benny Tai annonce le lancement officiel de la campagne et plusieurs milliers de manifestants investissent pacifiquement les lieux et annoncent qu’ils y resteront tant que ne seront pas satisfaites leurs deux revendications : le retrait immédiat du projet de réforme électorale et l’ouverture d’une consultation publique. Durant tout le week-end, la police tente de disperser, à coup de gaz lacrymogènes, les occupants équipés de parapluies, devenus le symbole du mouvement.

 

 

Les manifestations du 29 septembre filmées par un drone (Facebook/Nero Chan)

Après la nouvelle journée de mobilisation de ce mercredi, Pékin reste inflexible. En fait, depuis la récupération de Hong Kong, le régime chinois voit dans la province un danger, un coin enfoncé dans le système qui risque de contaminer le reste du pays en important une conception « occidentale » de la démocratie et des droits de l’homme. « Ils ont peur que céder devant Hong Kong ne dévoile une faiblesse », explique au New York Times Minxim Pei, professeur  au Claremont McKenna College en Californie. « Ils croient que cette faiblesse politique encouragera Hong Kong à demander plus et donnera une grande confiance aux opposants pour défier le régime. »

Mais Pékin ne peut pas non plus se permettre de transformer les manifestants en nouveaux martyrs et semble donc exclure pour l’instant de recourir à une répression trop violente. Les autorités comptent donc sur un essoufflement naturel du mouvement et parient sur les divisions en son sein. Parmi les étudiants, certains souhaitent en effet prendre leurs distances avec le mouvement « Occupy Central » et reprochent à Benny Tai de s’être greffé sur le mouvement étudiant en avançant le lancement de sa campagne.

L’idée de défier le géant chinois ne fait pas l’unanimité au sein d’une partie de la population plus attachée à la stabilité économique qu’à la démocratie. Et certains tentent de contrer la popularité grandissante de « Occupy Central » sur internet. Fondée par un présentateur de télévision, Robert Chow Young, et représentant l’opinion d’une partie du milieu des affaires, l’association « Silent Majority for HK » (« La majorité silencieuse pour Hong Kong ») fait ainsi campagne contre le mouvement « Occupy » qu’il accuse de mettre en danger l’économie de la région. Durant l’été, elle a diffusé une vidéo en anglais expliquant que les rassemblements « tuent Hong Kong ».

 

 

Une des clefs du conflit pourrait être la pression de la communauté internationale qui, jusqu’à présent, s’était montrée relativement timide sur le sujet. Mardi, le secrétaire d’État américain John Kerry s’est engagé à évoquer la question de Hong Kong lors d’une rencontre prévue le lendemain avec son homologue chinois Wang Yi et s’est dit « pleinement sensibilisé ». Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a de son côté admis que ces manifestations relevaient d’une affaire intérieure « chinoise » tout en appelant à une résolution « pacifique » du conflit. Le vice-premier ministre britannique Nick Clegg a quant à lui annoncé mardi que le Royaume-Uni allait convoquer l'ambassadeur de Chine à Londres cette semaine « pour exprimer son inquiétude et sa consternation ». En France, Laurent Fabius a appelé à un « dialogue pacifique » tout en affirmant son « attachement » au droit de manifester.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 21:00

 

 

 

Source : www.courrierinternational.com


 

 

HONG KONG Occupy Central bloque le centre ville

 

 

 

Des manifestations étudiantes émaillées d'incidents avec la police dans le centre de Hong Kong ont précipité le lancement du mouvement, appelant la population à bloquer le centre ville en soutien à la revendication démocratique.
A Hong Kong, le 28 septembre 2014 - AFP / AARON TAM
A Hong Kong, le 28 septembre 2014 - AFP / AARON TAM

Après deux nuits d'incidents devant le siège du gouvernment de Hong Kong, où les étudiants en grève pour une réforme démocratique se sont rassemblés dès le vendredi 26 septembre au soir, Benny Tai, le responsable du mouvement Occupy Central, a officiellement lancé l'opération. La population de Hong Kong est appelée à bloquer le centre de Hong Kong par un rassemblement permanent.

Dimanche 28, des milliers de Hongkongais ont afflué et bloqué certaines artères du centre ville, et des affrontements sporadiques ont eu lieu entre les manifestants et la police en uniforme anti-émeutes, selon le site du South China Morning Post. Plusieurs policiers ont été blessés. La police a chargé et fait usage de gaz lacrymogènes de type gaz au poivre, les manifestants tentant de se protéger avec des parapluies.

Réforme

La tension était montée dès la nuit du 26 au 27 lorsque la police avait fait usage de ces gaz contre les quelques centaines d'étudiants rassemblés devant le siège du gouvernement, sur la place Tamar. Les incidents avaient fait quelques dizaines de blessés parmi les étudiants et chez les policiers. Le 27, les personnalités pro-démocrates se sont succédées aux côtés des étudiants, et après quelques hésitations, Benny Tai a décrété le lancement du mouvement Occupy.

Celui-ci a pour but d'exiger le retrait du projet de nouveau mode de scrutin pour l'élection du chef de l'exécutif annoncé le 31 août par Pékin, jugé anti-démocratique. Il demande la mise en place d'une véritable réforme démocratique qui mène à un suffrage universel, en conformité avec l'accord sino-britannique conclu lors de la rétrocession de l'ancienne colonie britannique à la Chine en 1997.

Ces incidents surviennent quelques jours avant la date originellement prévue pour le lancement d'Occupy Central, le 1er octobre, qui est le jour de la fête nationale chinoise.

 

 

 

Source : www.courrierinternational.com

 

 

 

 

 

 

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 14:35

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

scandale alimentaire

En Chine, McDonald’s ne vend plus de burgers !

Mercredi 6 Août 2014 à 14:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Depuis les révélations par une télévision chinoise des pratiques douteuses du premier fournisseur de viandes de McDonald's en Chine, le géant du Burger est dans la ligne de mire des autorités de Pékin. En attendant, les résultats de l'enquête, McDo a mis fin à ses relations avec son fournisseur et est incapable d'approvisionner ses magasins en burgers. Au delà, on assiste à une vraie guerre d'influence lancée par les autorités chinoises, ravies de s'en prendre à une multinationale américaine, prise en défaut.

 

Ng Han Guan/AP/SIPA
Ng Han Guan/AP/SIPA

Un McDo sans burgers. C’est le cauchemar du « Big Mac addict ». C’est ce que vit la Chine depuis une quinzaine de jours suite à un scandale alimentaire qui paralyse les fournisseurs du géant américain du Burger. 

 

Le 20 juillet, un reportage en caméra cachée d’une télévision locale de Shanghaï montrait des travailleurs de Shanghaï Husi Food, l’un des principaux  fournisseur chinois de McDo et du groupe Yum (KFC  et Pizza Hut) ramasser de la viande à même le sol avant de les remettre dans le circuit de transformation ou mélanger de la viande avariée à de la viande saine. 

 

Une autre séquence dévoile les pratiques douteuses des équipes de contrôles qui envoyaient des mails aux employés pour leur demander de repousser de plusieurs mois la date d’expiration sur certains produits. Des salariés ont fait savoir que ces pratiques étaient en vigueur depuis plusieurs années.  

 

Ces révélations ont été largement relayées par les médias chinois, ravis de dénoncer le système de fraude et les dérives d’une multinationale américaine dont l’implantation timide sur le sol chinois à la fin des années 80 avait fait grincer quelques dents au plus haut niveau de la hiérarchie du Parti communiste. « Dans le burger se cachent les germes du capitalisme et du mode de vie occidental » disaient certains idéologues communistes de l’époque.

 

Depuis la Chine s’est éveillée et a largement adopté le Burger. Mais la méfiance est toujours de mise (dans un autre domaine, la Chine bannit de nombreux de fournisseurs américains de matériel informatique –notamment Apple- de ses administrations).   

 

Dans le Quotidien du Peuple, journal officiel du Parti, un professeur de l’Ecole Centrale du Parti évoquait récemment « la guerre sans canon menée par les forces hostiles de l’ouest » dans une allusion très nette au scandale McDonalds. 

 

Des dizaines d’employés du fournisseur ont été rapidement arrêtés et McDonald’s a immédiatement interrompu ses relations avec le fournisseur. Conséquence : impossible pour McDonald’s de fournir en viande de bœuf et poulet les 2.000 MacDo du pays et une vraie pénurie dans le nord et le centre de la Chine. Même chose pour KFC et ses 4500 enseignes.  

 

La société américaine OSI propriétaire de Shanghaï Husi Food, a dépêché ses propres enquêteurs sur place et dit « coopérer » pleinement avec les inspecteurs du gouvernement chinois. 
 

C’est que l’enjeu est d’importance pour le géant du burger. La Chine est le troisième marché mondial de McDonald’s, représente 10% de son chiffre d’affaires et le scandale pourrait avoir des répercussions dans toute l’Asie, continent où McDo a encore un fort potentiel de croissance, notamment en Asie du Sud-Est.


« Le Burger Power  »
 

Encore faut-il que la firme se montre un peu plus exigeante avec ses fournisseurs. Car ce n’est pas la première fois que des sociétés de fast-foods sont pointés du doigt en Chine pour non respect des normes sanitaires. En 2012, un autre fournisseur de McDo avait été épinglé pour des doses trop importantes d’antibiotiques relevées dans ses poulets. 

 

Derrière, le scandale McDonald’s c’est aussi une guerre d’influence qui se joue : le « Burger power ».  Chaque  camp tente de diaboliser l’autre : la Chine dénonçant les incursions occidentales dans la culture chinoise, l’occident pointant l’inadaptation chinoise aux normes occidentales. 

 

Si le gouvernement chinois prend un malin plaisir à pointer le géant américain, la Chine, régulièrement en proie à des scandales médicaux, ou agro alimentaires est loin d’être une référence en matière de normes sanitaires. Des scandales sur le lait en poudre et des boulettes de viande contaminées aux insecticides ont émaillé l’actualité chinoise. Certains commentateurs américains font notamment savoir que les procédures de contrôle chinoises sont tellement laxistes et aléatoires, que cela contraint les entreprises étrangères à contrôler beaucoup plus strictement toute la sécurité de leur chaîne d’approvisionnement, pour pallier en amont les défauts du système chinois.
 

Mais il y a urgence pour la Big Mac company. Un jour sans burger vendu en Chine est une perte financière importante pour MacDo dont les résultats s’en ressentent déjà. Dans un communiqué diffusé le 3 juillet, la société a fait savoir qu’elle ne pourrait pas tenir ses objectifs de ventes 2014 en raison de ses problèmes en Chine.

MacDonald’s espère réapprovisionner tous ses magasins en viande cette semaine. En attendant le grand retour du Big Mac, les chinois peuvent encore se gaver de Filet’o’fish. 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:17

 

 

Source : www.mediapart.fr

Chine: le Mouvement des nouveaux citoyens est lourdement condamné

|  Par Louis Sabot

 


Le pouvoir chinois s'inquiète du réveil de la société civile. Le juriste chinois Xu Zhiyong a été condamné, dimanche 26 janvier, à quatre ans de prison. Il est l'une des figures du Mouvement des nouveaux citoyens, un réseau informel qui mobilise la société contre la corruption et les passe-droits.

 

 Pékin, correspondance

Le juriste chinois Xu Zhiyong a été condamné, dimanche 26 janvier, à quatre ans de prison pour avoir « assemblé une foule dans le but de troubler l’ordre public », à l’issue du premier d’une série de procès contre le Mouvement des nouveaux citoyens. Il s’agit d’une peine sévère, la peine maximale pour ce type de crime étant de quatre ans. Son avocat, Zhang Qingfang, a été emmené dans un fourgon de police à la sortie du tribunal après avoir parlé avec des journalistes étrangers. Le professeur Xu est une figure importante du mouvement des droits de l’Homme. En 2003, il a joué un rôle majeur dans l’affaire Sun Zhigang, qui a conduit à l’abolition des centres de rapatriement dans les villes chinoises. En 2008, il a défendu plusieur familles d’enfants victimes du scandale du lait mélaminé.


Xu Zhiyong. 
Xu Zhiyong. © (dr)

Six autres membres du Mouvement des nouveaux citoyens (Zhao Changqing, Hou Xin, Yuan Dong, Zhang Baocheng, Ding Jiaxi et Li Wei) doivent répondre de la même accusation. Zhao Changqing a déjà été condamné à plusieurs peines de prison pour sa participation au mouvement de Tiananmen et pour ses appels répétés à la démocratisation de la République populaire. Les autres accusés ont tous commencé leur activisme en rejoignant ce mouvement.

Un important dispositif de sécurité a été mis en place par les autorités avant et pendant les quatre jours des procès. Plusieurs militants pékinois des droits de l’Homme ont affirmé que leur surveillance par la police politique s’était renforcée dès le 20 janvier. Les personnes venues soutenir les accusés devant les tribunaux ont été arrêtées et emmenées dans des commissariats ou des prisons secrètes. Les diplomates étrangers voulant assister aux procès, théoriquement publics, n’ont pas pu entrer dans les salles d’audience, jugées « trop petites » par le personnel du tribunal. Enfin, le matériel de certains journalistes étrangers a été confisqué. Les autorités ont empêché toute mention des procès par les médias officiels pour bien s’assurer que les nouveaux citoyens soient jugés en silence.

Né en mai 2012 à la suite d’un article publié par le professeur Xu, ce Mouvement des nouveaux citoyens est un réseau informel qui vise à pousser les citoyens chinois à s’unir pour défendre leurs droits constitutionnels, établir un État de droit en Chine et lutter contre la corruption des fonctionnaires du Parti et du gouvernement par le moyen de manifestations publiques. Ce mouvement s’est consolidé à travers l’organisation de « dîners républicains » pendant lesquels les convives discutent de la situation politique et sociale en Chine. À l’apogée du mouvement, ces dîners se tenaient le dernier samedi de chaque mois dans plus de trente villes chinoises.

Il s’agit du premier mouvement d’envergure nationale regroupant toutes sortes de citoyens chinois. Une pétition de soutien aux accusés a d’ailleurs circulé sur Internet les jours précédant l’ouverture des procès et a été signée par des centaines de personnes, journalistes, avocats, professeurs, mais aussi paysans, ouvriers et chômeurs. Le succès du mouvement s’explique par le fait qu’il a réussi à capter les aspirations d’une partie de la classe moyenne chinoise. La corruption endémique du système et la violation des droits constitutionnels sont des problèmes auxquels la majorité de la population fait face de façon quotidienne, indépendamment du milieu social.

Entre mars et septembre 2013, soit immédiatement après l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, une répression sévère s’est abattue sur ce mouvement, culminant avec l’arrestation de Xu Zhiyong en juillet dernier. Il a été accusé en décembre d’avoir été l’organisateur de manifestations qui se sont tenues à Pékin en 2012 et 2013. Celles-ci exigeaient la publication du patrimoine des hauts cadres du gouvernement chinois et l’égalité d’accès à l’éducation pour les enfants qui vivent à Pékin mais dont le permis de résidence (hukou) dépend d’une autre province. Aujourd'hui, seuls les habitants de Pékin munis d’un permis de résidence pékinois ont le droit de s’inscrire au lycée et de passer l’examen d’entrée à l’université dans la capitale. Les autres enfants sont forcés de rentrer dans le lieu de résidence inscrit sur leur permis, qui peut se trouver à plusieurs milliers de kilomètres.

D’autres manifestations, de plus petite envergure, visant à promouvoir l’égalité d’accès à l’éducation, se sont tenues à Pékin devant le ministère de l’éducation en 2012 et en 2013, sans donner suite à des arrestations, à l’inverse de celles exigeant la transparence des dirigeants (à Pékin ou ailleurs, dans la province du Jiangxi notamment). Il semble que c’est ce second type de revendications qui dérange les autorités et ce bien qu’il soit en adéquation avec le programme de Xi Jinping.

Violations des droits en série

Au cours de ces procès politiques, le gouvernement chinois a violé plusieurs fois la nouvelle loi de procédure pénale, entrée en vigueur en janvier 2013, ainsi que les interprétations de cette loi faites par la Cour suprême à l’issue du 3e plénum du Parti, en novembre dernier. Outre le fait que Xu Zhiyong n’a été informé de la tenue de son procès que cinq jours auparavant, ses avocats n’ont pas eu le droit de citer des témoins et encore moins d’interroger les témoins à charge.

 

Une manifestante, venue soutenir Xu Zhiyong, est arrêtée près du tribunal. 
Une manifestante, venue soutenir Xu Zhiyong, est arrêtée près du tribunal. © Reuters

De plus, son procès s’est tenu devant le tribunal intermédiaire n°1 de la ville de Pékin (comme celui du prix Nobel de la paix emprisonné, Liu Xiaobo, en 2009), quand ceux des autres personnes accusées du même crime se sont tenus devant le tribunal de base du district de Haidian de Pékin. Selon le droit chinois, des personnes accusées d’avoir fomenté ensemble le même crime doivent être jugées ensemble devant le même tribunal. Pour casser la solidarité entre les accusés et dans l’espoir qu’ils s’accusent réciproquement, les autorités ont donc décidé de tenir plusieurs procès, en faisant fi des procédures qu’elles se sont elles-mêmes fixées.

Pour protester contre ces multiples abus, Xu Zhiyong et ses avocats ont fait le choix de rester silencieux pendant la plus grande partie du procès. Ce silence n’a été rompu par l’accusé que par sa déclaration finale : « Pour la liberté, la justice et l’amour – ma déclaration finale devant le tribunal » (elle peut être lue en anglais ici). Il a été interrompu par le juge au bout de dix minutes.

Le lendemain, Zhao Changqing a décidé de protester à son tour en renvoyant ses avocats en raison des multiples violations de procédures commises par le tribunal, qui les ont empêchés de le défendre efficacement. Cette manœuvre lui a permis de disposer de quinze jours pour reconstituer une équipe de défense et être à nouveau jugé après le Nouvel an chinois en espérant que davantage de soutiens pourront se rendre au tribunal. Zhao voudrait ainsi contrer la stratégie des autorités qui ont choisi d’ouvrir les procès quelques jours avant le Nouvel an chinois pour en minimiser l’impact.

Le déroulement de ces procès et le verdict de ce matin confirment que le pouvoir ne laissera pas la société civile chinoise se développer facilement. Selon Nicholas Bequelin, chercheur à la division Asie de Human Rights Watch (HRW), « les autorités ont clairement voulu donner un coup d'arrêt au mouvement et faire un exemple de Xu Zhiyong afin de signaler que, sous la nouvelle ère Xi Jinping, le pouvoir continuera à veiller et réprimera toute forme d'activité de la société civile qui pourrait menacer le Parti. C'est un calcul qui vise à renforcer le pouvoir mais qui lui aliène également beaucoup des forces réformatrices et libérales dans la société dont Xi a besoin s'il veut réellement mener à bien son programme de réforme et vaincre les groupes d'intérêts particuliers au sein du Parti et des élites ».

À l’inverse du procès qui a clos l’affaire Bo Xilai, où l’accusé, ancien secrétaire général du Parti de Chongqing,  condamné à la prison à vie pour corruption, avait eu le droit de parler et d’interroger les témoins de l'accusation, les militants du Mouvement des nouveaux citoyens n’ont pas pu le faire. Malgré les campagnes lancées par Xi Jinping contre la corruption et en dépit des recommandations du 3e plénum, la justice chinoise continue d’être bienveillante pour les dirigeants du Parti et impitoyable envers les citoyens qui s’expriment spontanément et exigent que les autorités passent des paroles aux actes.

La peur du Parti unique de voir émerger un mouvement populaire autonome continue de primer sur la nécessité de consulter la société civile pour mettre en œuvre des réformes profondes indispensables à l’amélioration du système politique. Dans sa déclaration finale, Xu Zhiyong affirme : « Je comprends clairement que quelqu’un doit faire des sacrifices et je suis prêt à payer le prix nécessaire pour ma foi dans la liberté, la justice, l’amour et un avenir meilleur pour la Chine (…). Mais ne pensez pas une seconde que vous pouvez mettre un terme au Mouvement des nouveaux citoyens en me jetant en prison. Nous vivons dans une ère ou la civilisation moderne domine et dans laquelle un nombre grandissant Chinois  prennent leur citoyenneté et leurs responsabilités civiques à cœur. Le jour viendra où les 1,3 milliards de Chinois quitteront leur état de soumission et deviendront des citoyens fiers et responsables. »

Le parti communiste chinois, comme bien d’autres dynasties avant lui, espère qu’une fois encore le vieux proverbe chinois selon lequel il faut « couper la tête du poulet pour faire peur au singe » s’appliquera et lui permettra de conforter son pouvoir.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:14

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

Inique 26/01/2014 à 09h28

Chine : quatre ans de prison pour Xu Zhiyong, le citoyen anticorruption

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

 


Dimanche 26 janvier, Pékin, la police empêche la presse de parler à l’avocat de Xu Zhiyong après sa condamnation à quatre ans de prison (Andy Wong/AP/SIPA)


Xu Zhiyong, en 2009 (Greg Baker/AP/SIPA)

Ce n’est qu’un paradoxe apparent : en pleine campagne officielle anticorruption, le pouvoir chinois a condamné dimanche à quatre ans de prison un des activistes les plus en vue de Chine, qui combattait lui aussi la corruption.

Le message est clair dans cette lourde condamnation : la lutte contre la corruption est l’affaire du Parti communiste lui-même, et pas de la société civile. Ce qui fixe les limites très étroites des réformes politiques de l’ère Xi Jinping, qui n’est pas prêt à remettre en cause le monopole du Parti.

Xu Zhiyong a été condamné officiellement pour avoir « réuni des foules pour perturber l’ordre social », au nom du Mouvement des nouveaux citoyens dont il est le fondateur.

Transparence des dirigeants sur le patrimoine

Il avait lancé une pétition pour demander la transparence des dirigeants chinois sur leur patrimoine, en s’inscrivant dans le cadre de la lutte anticorruption dont la nouvelle équipe au pouvoir a fait son cheval de bataille.

Sa condamnation survient la semaine où une enquête d’un réseau international de journalistes d’investigation a révélé comment des milliers de membres de la nouvelle élite chinoise utilisent les paradis fiscaux pour sortir leur argent à l’étranger.

A 40 ans, Xu Zhiyong appartient à une nouvelle génération d’activistes chinois qui usent du droit pour faire évoluer la société chinoise. Je l’avais interviewé à Pékin il y a dix ans, alors qu’il tentait de faire valoir ses vues à l’intérieur du système, se présentant aux élections au parlement de la ville de Pékin.

Constatant qu’il n’arrivait pas à se faire entendre à l’intérieur, il a créé le Mouvement des nouveaux citoyens, organisation non-gouvernementale qui s’est vite heurtée à l’intolérance du pouvoir face à une société civile encore embryonnaire et fragile.

Il avait été arrêté une première fois pendant plusieurs semaines en 2009, puis condamné à une forte amende pour « fraude fiscale », le même prétexte employé contre l’artiste-activiste Ai Weiwei lors de son arrestation pendant trois mois en 2011.

La lutte anticorruption monopole du Parti

Cette fois, c’est son appel à la transparence des dirigeants sur leur fortune qui a précipité la répression. Xu Zhiyong et ses amis ont touché une corde sensible, car si Xi Jinping et la nouvelle équipe dirigeante ont lancé une vaste opération anticorruption, qui touche des dizaines de milliers de cadres du Parti dont certains sont très haut placés, ils ne tolèrent pas que cette campagne puisse être menée de l’extérieur du Parti communiste.

Il s’agit à la fois de protéger des intérêts privés, ceux de proches et de leurs familles comme l’ont montré les récents documents « ChinaLeaks » sur la fortune des « princes rouges », ces « fils de » du système communiste, et de garantir le monopole politique du Parti, de peur de voir la Chine suivre la voie de la désintégration politique « à la Gorbatchev » en URSS, le cauchemar absolu des maîtres de Pékin.

Xu Zhiyong est donc condamné pour l’exemple. Il rejoint le prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, un activiste de la génération précédente, qui purge une peine de onze années de prison pour avoir lancé la « Charte 08 » appelant à la démocratie en Chine.

Dans sa remarquable plaidoirie, en 2010, Liu Xiaobo avait exprimé l’espoir d’être « la dernière victime de l’inquisition intellectuelle en Chine ». Cet espoir n’a pas été réalisé car Xu Zhiyong, et bien d’autres, comme l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti qui vient d’être arrêté, continuent de subir les foudres d’un pouvoir autoritaire.

« Il s’agit en fait de vos propres peurs »

A son tour, Xu Zhiyong a tenté de lire une longue plaidoirie personnelle au cours de son procès qui s’est tenu à huis clos. Mais le juge l’a interrompu au bout de dix minutes en estimant que ce n’était pas pertinent. Voici ses premières phrases qui résument l’enjeu, simple, à ses yeux :

« Vous m’avez accusé d’avoir perturbé l’ordre public en raison de mes efforts en faveur de l’égalité d’accès à l’éducation, pour permettre aux enfants de migrants de passer les examens d’entrée à l’université là où ils résident, et pour mes appels aux dirigeants pour qu’ils déclarent leurs avoirs.

Alors que, superficiellement, il pourrait s’agir d’un confllit entre le droit d’expression d’un citoyen et l’ordre public, il s’agit en fait de savoir si oui ou non vous reconnaissez les droits constitutionnels d’un citoyen.

A un niveau plus profond, il s’agit en fait de vos propres peurs :

  • peur d’un procès public ;
  • peur de la liberté des citoyens de pouvoir suivre un procès ;
  • peur de voir mon nom apparaître en ligne ;
  • peur de la société libre qui approche.

En tentant de réprimer le Mouvement des nouveaux citoyens, vous mettez des obstacles sur la voie de la Chine dans sa tentative de devenir une démocratie constitutionnelle par des voies pacifiques ».

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:15

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Le Grand entretien 13/01/2014 à 16h14

« Comment le mouvement ouvrier chinois peut changer le monde »

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 


Han Dongfang au micro de Radio Free Asia à Hong Kong (MIKE CLARKE/AFP)

 

Han Dongfang est un activiste chinois pas comme les autres. Basé à Hong Kong, il défend les droits des ouvriers chinois en favorisant les négociations collectives dans les conflits sociaux, une approche constructive, qu’il veut déconnecter au maximum des enjeux idéologiques et de pouvoir.

Agé de 50 ans, cet ancien syndicaliste engagé dans le mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, emprisonné puis exilé, explique sa démarche dans un livre, « Mon combat pour les ouvriers chinois » (éd. Michel Lafon, 16 janvier 2014), écrit avec le journaliste français Michaël Sztanke.

De passage à Paris, il explique à Rue89 en quoi son approche pragmatique de l’action sociale dans un pays autoritaire peut transformer la Chine, mais aussi avoir un impact sur le reste du monde en faisant passer les travailleurs chinois du statut de victime ou de concurrent des ouvriers occidentaux à celui d’alliés dans un monde globalisé, en faveur de meilleures normes sociales.


Han Donfang à Paris, le 9 janvier 2014 (Pierre Haski/Rue89)

 

Rue89 : Vous appartenez à la génération des activistes de Tiananmen en exil, mais vous ne vous définissez pas comme « dissident » et ne participez pas au combat pour la démocratie mais pour les droits des travailleurs. Pourquoi ce choix ?

Han Dongfang : En 1992, quand j’ai pu quitter la Chine, j’ai passé un an aux Etats-Unis à observer le mouvement dissident en exil. J’étais malade, sous traitement, incapable de faire quoi que ce soit, et ça a été une « chance ».

J’avais déjà décidé de tenter de rentrer en Chine, car je suis un militant du mouvement social, et vous ne pouvez pas agir loin des travailleurs.

Et, quand j’ai essayé de rentrer en Chine, j’ai eu la chance que le gouvernement chinois m’expulse vers Hong Kong [territoire autonome au sein de la Chine, ndlr], pas vers les Etats-Unis ou l’Europe. C’est une chance car Hong Kong est en prise directe sur la Chine continentale. Vous ne pouvez pas traverser la frontière, mais vous êtes juste de l’autre côté.

Quand j’ai démarré mon programme sur Radio Free Asia [une radio financée par le Congrès américain, ndlr] mon émission s’est vite transformée de commentaire en conversation téléphonique permanente avec des ouvriers en Chine. Ça me permettait de ne pas être éloigné de la réalité quotidienne des Chinois.

Tout ceci a conduit à la création du China Labour Bulletin, à Hong Kong, et son implication de plus en plus grande dans l’aide aux travailleurs chinois dans leur action, en particulier sur le terrain légal, pour faire valoir leurs droits.

Mais pour cela, il faut reconnaître l’autorité des tribunaux, même si c’est dans un système corrompu. Reconnaître l’autorité, cela ne signifie pas que vous en acceptez la réalité. Mais vous entrez dans un dialogue avec ce système corrompu pour le changer.

L’implication des travailleurs dans ce combat, sur leurs propres dossiers, permet de faire la différence.

Vous pensez qu’il existe une possibilité de changer le système de l’intérieur ?

Oui, il y a toujours un espace pour ça, sinon c’est désespérant de penser que quelque chose est immuable.

J’ai visité la Pologne. Beaucoup de gens pensent que la voie polonaise [Solidarité, l’action clandestine, etc., ndlr] est la seule voie. Mais ce qui me dérange, c’est que j’ai fait de la prison, ce n’est pas une expérience agréable même si on apprend beaucoup.

Je suis à Hong Kong, et c’est moralement insupportable de me dire que je pourrais envoyer en prison les gens avec qui je travaillerais dans la clandestinité, tandis que je resterais confortablement dans mon refuge hongkongais.

J’ai cherché d’autres voies que le syndicat clandestin sur le modèle de Solidarité en Pologne. La victoire de Solidarité est historique, unique, pas nécessairement reproductible. En Chine, nous ne pouvons pas attendre le moment où il sera possible d’en faire de même...

En vingt ans, le paysage social chinois a beaucoup changé. Quels en sont pour vous les principales raisons ?

Il y a plusieurs différences. D’abord le facteur générationnel. Les jeunes nés après 1989, qui ont maintenant 23-24 ans, dont beaucoup travaillent en usine depuis plusieurs années, ne connaissent pas la peur.

Ils n’ont pas l’angoisse de 1989 [le massacre de Tiananmen, ndlr], or la peur est un facteur puissant qui affecte l’esprit et l’action des gens. Si vous avez peur, c’est elle qui vous contrôle, si vous n’avez pas peur, vous faites ce que vous pensez juste.

Lorsque cette génération se met en grève, elle n’a pas le réflexe de la génération précédente, qui s’attend immédiatement à la répression du gouvernement. Ce n’est pas dans leur tête. Ils pensent que leur action n’a rien à voir avec le gouvernement, qu’elle est juste dirigée contre leur patron qui les traite mal. Je me mets en grève pour mes droits, un point c’est tout.

Et comme ils n’ont pas peur, le gouvernement n’a pas non plus besoin d’avoir peur. La peur de l’un génère la peur de l’autre, car la peur cache souvent un agenda parallèle. L’absence de peur permet des possibilités nouvelles.

La deuxième raison est économique. La Chine a globalement réussi sa transformation d’économie planifiée en économie de marché. Il y a plein de problèmes, mais c’est globalement une réussite.

Mais si les biens de consommation sont soumis aux prix du marché, le coût du travail, lui, n’est pas soumis au marché. C’est une décision unilatérale des employeurs, et le niveau de salaire ne correspond pas aux besoins de consommation des gens. Il y a un fossé trop grand et il doit être réajusté.

Il n’y a pas de système de négociation en Chine, et lorsque les gens pensent qu’une situation est injuste, ils se mettent en grève pour faire connaître leurs revendications.

Enfin, Internet et les médias sociaux ont changé la donne. Les gens participent activement.

 


La Google Map des grèves et des conflits sociaux en Chine établie par le China Labour Bulletin à Hong Kong (Capture CLB.org.hk)

 

Le développement économique de la Chine a été longtemps basé sur le faible coût de la main-d’œuvre. C’est en train de disparaître avec la fin du modèle entièrement tourné vers les exportations. Mais quelle est la place des travailleurs dans cette mutation ?

C’est un moment idéal pour l’émergence d’un mouvement ouvrier qui pousse à la création d’un système de négociations collectives.

Au cours des 30-35 années de réforme économique [depuis la mort de Mao Zedong en 1976 et le lancement des réformes par Deng Xiaoping en 1979, ndlr], le gouvernement n’a réalisé qu’une partie de la promesse faite au peuple. Un groupe de millionnaires a émergé, mais pour des centaines de millions de personnes, c’est encore une économie de survie.

Aujourd’hui, les gens en sont conscients grâce à la circulation de l’information. Avant, les gens pouvaient se dire « je n’ai pas de chance, je suis stupide, je n’ai pas eu la chance de faire des études »... Aujourd’hui, ils savent ce qui se passe aux quatre coins du pays, les gens se plaignent sur les médias sociaux des mêmes choses.

Une conscience de classe, et pas seulement individuelle, émerge, et ça fait une grande différence.

Si vous voulez réorienter l’économie vers la consommation plutôt que l’exportation, comme le dit le gouvernement, vous ne pouvez pas échapper au sujet de l’amélioration de la vie des ouvriers.

Nous ne nous voyons pas seulement comme des ouvriers faisant des objets pour un faible salaire, mais comme des éléments d’une activité économique globale. Ça nous permet de convaincre le gouvernement d’accepter l’idée des négociations collectives, pour aider les ouvriers dans l’économie moderne avec un pouvoir de consommation.

 

 

Extrait de « Asie, le réveil ouvrier »

Un documentaire de Michaël Sztanke

Le Parti communiste chinois peut-il accepter de passer de questions individuelles à collectives sans se mettre en péril ?

La mentalité de la guerre froide est encore forte, plus de vingt ans après la chute du Mur de Berlin. Cette mentalité, c’est de fixer son agenda à l’avance, de désigner votre ennemi... Ce qui voudrait dire, créer un syndicat indépendant, type Solidarité en Pologne.

Nous devons sortir de cette équation et de cette mentalité. C’est une époque différente.

Le China Labour Bulletin a choisi cette approche. Nous nous sommes d’abord demandés ce que veulent les gens : une vie meilleure. La question est donc, faut-il d’abord créer un syndicat indépendant pour y arriver, ou peut-on démarrer là où nous pouvons pour améliorer la vie des gens ?

Nous pensons qu’il faut être réaliste et pragmatique, chercher à améliorer la vie des gens.

Pouvez-vous donner un exemple concret de processus de ce dont vous parlez ?

En 2011, il y a eu une grève des ouvriers d’une usine de montres japonaises Citizen. Les ouvriers demandaient des indemnités car pendant six ans, la direction leur a fait travailler vingt minutes de plus par jour pour compenser le temps de pause, de toilettes, etc. Ils l’ont longtemps accepté, avant de réaliser que c’était illégal, même selon la loi chinoise.

Il y a eu une grève, et le gouvernement a décidé de ne pas envoyer la police contre les grévistes car leurs demandes étaient fondées sur la loi, et il n’y avait aucune colère dirigée contre le pouvoir politique, uniquement contre l’employeur.

Notre partenaire à Shenzhen (sud de la Chine) est intervenu à la demande des ouvriers pour les aider à élire leurs représentants et négocier avec la direction. Et cette confrontation a débouché sur une négociation et un accord.

Pensez-y : la direction retrouve sa production, les ouvriers ont obtenu non pas 100% de leur demande mais 70%, tandis que le gouvernement, qui a pu être tenté d’envoyer la police, n’est pas intervenu et il ne s’est rien passé de dramatique. C’est donc une situation où tout le monde est gagnant.

Si nous avions pris le problème dans l’autre sens, en réclamant d’abord un syndicat indépendant, que se serait-il passé ? Quelle aurait été la réponse du gouvernement et quel aurait été le résultat pour les ouvriers ? C’est la direction qui gagnait car la colère des ouvriers aurait été redirigée sur le pouvoir politique...

 


Grève des ouvriers d’une usine Honda dans le sud de la Chine en 2010 (AP/SIPA)

 

En quoi cela change-t-il la Chine ?

Cela réduit la peur. Les questions des droits des travailleurs, la question syndicale, étaient des tabous absolus, des sujets hypersensibles. Certains pensent que la répression de 1989 était notamment due à la participation d’ouvriers au mouvement étudiant.

Le Parti communiste a pris le pouvoir en proclamant qu’il était le parti des travailleurs. Si les travailleurs sont mécontents du parti des travailleurs, celui-ci n’a plus de légitimité... L’exemple de Solidarité en Pologne a montré qu’un syndicat pouvait conduire à la fin du pouvoir du Parti communiste...

Pour ces raisons, c’était un sujet tabou. Mais à travers les négociations collectives, vous ouvrez une porte qui apaise les peurs et les tensions. Vous n’avez pas besoin d’avoir peur, nous vivons dans un nouveau monde, ce n’est plus celui de la guerre froide, tout est aujourd’hui une question d’intérêt économique...

Les travailleurs ont fait le premier pas. Nous ne sommes pas dans une démarche d’ennemis, et nous l’avons prouvé par les faits, sur le terrain.

Ainsi, le sujet le plus sensible est devenu l’un des moins sensibles, même si l’on compare avec les questions environnementales qui sont devenues très délicates.

Qu’est-ce que ça signifie pour le reste du monde ?

Pour le mouvement syndical international et le mouvement ouvrier, tout ça est très important. Les ouvriers chinois sont exploités, constituent une main-d’œuvre bon marché, c’est une réalité.

Mais la montée du mouvement ouvrier chinois et la demande d’un droit de négociations collectives devraient être considérées comme un atout pour le mouvement syndical mondial, ce qui n’est pas encore le cas. C’est le message que j’essaye de faire passer à Paris [Han Dongfang doit rencontrer la CGT, CFDT et FO, ndlr].

Les syndicalistes du reste du monde devaient le réaliser. Voici des centaines de millions de travailleurs qui réclament leur droit de négociations collectives, c’est important, même si ce n’est que le début de la route.

Mais ça peut permettre d’effacer ou d’atténuer les effets négatifs des dernières décennies, qu’ont été l’affaiblissement des normes sociales dans le monde, la perte d’emplois y compris en France...

Une partie de la production va quitter la Chine – ça a commencé – car les coûts montent, et se délocaliser au Bangladesh, au Sri Lanka, etc. Ce n’est pas un problème. Une partie importante va rester en Chine, nous avons des bonnes infrastructures, un marché intérieur...

Donc il faut cesser de voir les travailleurs chinois comme des victimes ou comme des concurrents, mais comme des alliés ?

Exactement. D’autant qu’une partie de la production va revenir chez vous dans ce processus. Les grandes centrales syndicales doivent prendre ça en considération.

Les syndicats étrangers doivent-ils parler au syndicat officiel chinois ?

C’est pertinent, mais seulement en partie. Le syndicat officiel ACFTU garde la porte d’entrée au monde ouvrier chinois, mais cela ne suffit pas de rester à la porte... Autrement vous risquez de passer à côté du potentiel du mouvement ouvrier.

Je conseille aux syndicats étrangers de se concentrer sur la négociation collective et d’aider le syndicat officiel chinois à s’y rallier.

Il ne s’agit pas seulement de savoir s’il faut ou pas leur parler, mais leur parler de quoi et pour quoi faire ?

Vous dites dans le livre que le Parti communiste est devenu un parti capitaliste. Cela signifie-t-il que la lutte des classes est de retour ?

Le Parti communiste a perdu la partie dans son sens historique ; il doit faire face à une nouvelle réalité.

Après 1989, il y a eu un pacte diabolique : le parti avait surtout besoin de la loyauté de ses membres, et il l’a échangée contre le droit de s’enrichir par n’importe quel moyen.

C’est pour cela que la corruption est devenue folle en Chine au cours des vingt dernières années, avec un pouvoir politique qui fermait les yeux.

C’est un peu comme lorsque vous avez soif et que vous buvez votre propre sang. Il y a un moment où ça prend fin. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Boire son propre sang atteint ses limites : vous changez ou vous mourrez.

Le capitalisme aussi est devenu fou. Car le pouvoir des officiels corrompus ne les enrichit pas en tant que tels, c’est uniquement dans leur interaction avec le monde de l’économie qu’ils peuvent en tirer un profit.

C’est de cette manière que le Parti communiste est devenu capitaliste. Ce n’est pas une question idéologique, mais une question d’intérêt. C’est cette évolution qui touche à sa fin.

Le pouvoir actuel, le groupe de Xi Jinping [le président et chef du parti, ndlr] le sait très bien. Ils savent mieux que vous et moi quelle est la température réelle du pays. Ils doivent trouver une solution, et rétablir la légitimité du parti. C’est un groupe pragmatique, qui n’a pas d’autre choix que d’agir pour changer les choses.

Il peut dès lors y avoir un intérêt commun au parti et aux travailleurs, pourquoi pas ?

Vous êtes parfois critiqué en disant que vous faites le jeu des Américains qui veulent affaiblir la Chine, que vous intervenez sur une radio financée par Washington, etc.

[Rires.] J’ai aussi la critique opposée : on me reproche d’accepter la réalité du pouvoir du Parti communiste, d’accepter la négociation, et je serais donc un traître à la cause de la démocratie, à la cause de 1989...

Je pense que toutes ces critiques sont des héritages de la guerre froide, de gens qui refusent d’accepter que nous vivons dans un monde différent.

J’ai fait mes choix, je les assume, j’accepte ces critiques, mais je me concentre sur mon action pour améliorer la vie des travailleurs, et faire que ce pays s’améliore. Et peut-être, au passage, aurons-nous aidé à transformer ce régime communiste en régime démocratique, une première, pourquoi pas ? ...

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 18:57

 

lemonde.fr

 

Chine : le mystérieux "incident de la circulation" place Tiananmen alimente les spéculations

Le Monde.fr | 28.10.2013 à 17h37 • Mis à jour le 28.10.2013 à 18h50 | Par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)

 

 

 

 

 

 

 De brèves dépêches, pas de grand titre ni d'image, et un journal télévisé du soir muet : le mystérieux "incident de la circulation" qui a coûté, lundi 28 octobre un peu après midi, la vie à cinq personnes, dont deux touristes, à l'entrée de la Cité interdite, au nord de la place Tiananmen, est couvert a minima par les médias chinois. Et ce, même si toute la Chine est désormais au courant via Weibo, le site de microblog chinois, malgré la censure qui efface à tour de bras les messages trop explicites. Les connexions sont devenues extrêmement lentes au cours de la journée et il est difficile d'accéder aux sites non autorisés via les outils de contournement du pare-feu chinois.

Les circonstances du drame, qui a vu une voiture de type tout terrain – une Jeep, selon l'agence Xinhua – quitter l'avenue Chang'an 400 mètres avant l'impact, grimper sur le trottoir et foncer en direction de la "Porte de la paix céleste" (littéralement "Tiananmen"), où est suspendu le portrait de Mao Zedong, sont assez perturbantes pour laisser imaginer qu'il s'agit d'un geste intentionnel, même si rien ne le confirme à ce stade. La Chine a connu ces dernières années une série d'"attentats" en solitaire perpétrés par des désespérés, souvent des pétitionnaires au long cours, à l'instar de l'homme qui a tenté de se faire exploser sur son fauteuil roulant à l'aéroport de Pékin, en juillet dernier.

 

INTERFACE ENTRE LE POUVOIR ET LE PEUPLE

Lors de l'incident de ce lundi, le véhicule a heurté des obstacles – sans doute des barrières – et a ensuite pris feu. Des témoins ont parlé d'une explosion, et plusieurs photos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une voiture engloutie par les flammes, non loin du pont sur lequel les touristes se photographient.

La Porte de la paix céleste a toujours représenté l'interface symbolique entre le pouvoir et le peuple, aussi bien au temps de l'Empire que sous les communistes, Mao ayant proclamé la République populaire depuis cette tribune, en 1949. Lieu privilégié des doléances et des manifestations à travers toute l'histoire de la Chine, la place Tiananmen est, depuis les événements de 1989, un espace sous haute surveillance, où aucun écart n'est permis. La présence policière y est visible et tous les Chinois savent combien le lieu est "sensible".

Les lieux de "l'incident" du 28 octobre, place Tiananmen, à l'abri des regards.

Tiananmen reste toutefois la destination privilégiée des pétitionnaires de tout acabit, qui sont en général interceptés avant d'y parvenir quand ils sont en groupe, ou se font immédiatement embarquer dès qu'ils sortent un tract ou une banderole. La place a connu son lot d'incidents graves : un pétitionnaire avait ainsi tenté de s'immoler par le feu devant le portrait de Mao en octobre 2011. En 2001, cinq personnes, accusées d'être des membres du mouvement religieux banni Falun Gong, s'étaient immolées lors d'un incident controversé, le Falun Gong accusant le gouvernement d'avoir mis en scène l'événement. En 1982, une femme chauffeur de taxi avait foncé sur les passants après avoir été renvoyée de son travail, tuant cinq personnes…

 

 LA PLACE FERMÉE POUR UNE "ACTIVITÉ"

Lundi, quelques heures après le drame, les accès piétonniers de la partie nord de la place étaient toujours bloqués, tandis que la police s'affairait à remettre en ordre les barrières de protection. Des barricades ont très vite été érigées devant la scène du drame après l'incident, puis ôtées une fois que le véhicule carbonisé a été emporté. Lors de notre passage, des policiers s'affairaient également à l'angle de la première rue à l'est de la place, d'où aurait débouché le véhicule.

Les touristes chinois et étrangers qui n'ont pas assisté au drame et n'ont pu accéder à la Cité interdite se sont entendu dire que la place était fermée en raison d'une "activité". Alors que les premières informations faisaient état de trois morts – les occupants du véhicule –, le bilan s'est alourdi dans la journée, l'agence Xinhua annonçant qu'une touriste philippine et un touriste chinois du Guangdong avaient succombé à leurs blessures. Près de 38 personnes auraient été blessées, dont un Japonais.

 Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)
Journaliste au Monde

 

 


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