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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 16:27

 

Marianne

 Lundi 15 Juillet 2013 à 15:08

 

 Patricia Neves

 

Les Anonymous Rio ont perturbé ce week-end le mariage de la fille du « roi du bus ». Une protestation symbolique contre l'état des transports publics et la vie chère.

 

 

DR
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C'était censé être le plus beau jour de sa vie. Quand Beatriz Barata arrive devant l'église de la Ordem Terceira do Carmo à Rio de Janeiro ce week-end, la petite fille du magnat des transports publics brésiliens s'attend à retrouver Francisco, son futur époux.
 
A la place, un comité de manifestants est venu accueillir l'héritière de Jacob Barata, « le roi du bus », à la tête du groupe Guanabara, (25 entreprises, 4200 bus, 20 000 employés). L’opération, organisée par les Anonymous Rio vise à dénoncer, ironiquement, le service « d'excellente qualité » offert par le groupe. « Voulez-vous aller à un mariage ? » demandent les activistes dans le message posté sur Facebook quelques heures avant les noces. Il y aura beaucoup d'invités « importants » comme le gouverneur de Rio ou encore le préfet (...) Venez rendre encore plus « spécial » ce moment si particulier ajoutent-ils.

 

Capture d'écran du message Facebook
Capture d'écran du message Facebook
Plus d'une centaine de personnes répondent à l'appel. « Doña Baratinha » pourquoi ne pas être arrivée… « en bus »? « Se marier avec l'argent du peuple porte la poisse » peut-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants, dont certains, vêtus en tenue de mariés, distribuent des « baratas » - des cafards - en plastique. Si l'initiative semble anecdotique, l'ampleur du symbole reste quant à elle considérable. N'est ce pas précisément la hausse du prix des transports qui a déclenché la révolte brésilienne?
 
Le hasard de la langue veut aussi que l’adjectif « barato » qui signifie en portugais peu cher, soit l’exact contraire du prix d’un ticket de bus (2,75 reals à Rio, près d’1 euro pour un salaire minimum de 228 euros). Mobilisés contre la vie chère, le groupe de manifestants demande donc la mise en place d’une commission parlementaire (CPI) afin d'enquêter sur l'état du marché. Car les 41 entreprises qui se partagent l’exploitation du réseau sont en réalité tenues par quatre grands patrons dont les parts s’élèvent à près d’un tiers des participations totales.

Selon les chiffres publiés dans le Diário Oficial - le Journal Officiel - après l'appel d’offre lancé en 2010 par des autorités en quête de transparence, le groupe de Jacob Barata, 81 ans, et de son successeur Jacob Barata Fils, est représenté par neuf entreprises inclues dans trois des quatre consortium ayant été désignés pour régir les transports de la ville. Un monopole en outre dont la commission parlementaire, validée par 27 conseillers municipaux de la ville, devra déterminer l'origine. Y a-t-il eu favoritisme dans l'octroi des contrats?

En attendant de le savoir, les manifestants se sont rendus après la cérémonie devant le mythique Copacabana Palace, où avait lieu la réception, pour fêter avec les convives cet heureux évènement.

 

Devant le Copacabana Palace, Rio de Janeiro - Capture d'écran de la page Facebook Anonymous Rio.
Devant le Copacabana Palace, Rio de Janeiro - Capture d'écran de la page Facebook Anonymous Rio.

 

Capture d'écran taxiemmovimento.blogspot.fr
Capture d'écran taxiemmovimento.blogspot.fr

 

Beatriz Barata - Capture d'écran Facebook
Beatriz Barata - Capture d'écran Facebook
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 19:52

 

 

Le Monde.fr

 28.06.2013 à 11h34 | Par Nicolas Bourcier

 

 

 

Rio de Janeiro (Brésil), correspondant. Il se passe quelque chose d'étrange au Brésil. Même la rencontre de football opposant l'Uruguay à la Seleçao en demi-finale de la Coupe des confédérations, mercredi 26 juin, n'a pas interrompu les travaux des députés et de leurs collaborateurs. Chose inhabituelle, la retransmission de leurs débats sur la chaîne parlementaire répondait au direct télévisé du match dans de nombreux lieux public. Deux écrans ouverts sur un même pays où la frénésie soudaine des acteurs politiques n'avait rien à envier à la jeunesse de l'équipe brésilienne. Au contraire.

Manifestation avant la demi-finale de la Coupe des confédérations de football, à Fortaleza, le 27 juin.

Poussés par un mouvement de contestation d'une ampleur inédite depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985), la présidente Dilma Rousseff, la coalition gouvernementale de centre gauche et les élus renvoient depuis trois jours l'image d'une folle course-poursuite pour répondre à la clameur de la rue. Comme si les manifestants, qui n'en finissent pas d'être mobilisés, avaient fait sortir de sa coupable léthargie le personnel politique et juridique tout entier, réveillant brutalement l'idée que leur survie est en jeu à un peu plus d'un an d'élections cruciales (présidentielle et législatives) pour le pays.

Les députés ont ainsi enterré en un temps record un projet d'amendement constitutionnel très critiqué, la PEC 37, un texte visant à restreindre le pouvoir des procureurs, les plus en pointe dans les affaires de corruption. Lorsque le texte avait été déposé en 2011, il avait obtenu 207 signatures de députés. Mardi, 430 élus (sur 513) ont voté contre, neuf pour et deux se sont abstenus. Le même jour, les députés ont décidé que 75 % des nouvelles recettes du pétrole seront destinées à l'éducation et 25 % à la santé. Une loi sur laquelle la présidente pourra encore mettre son veto : elle avait demandé un reversement intégral de 100 % pour le système éducatif.

 

 UN DÉPUTÉ INCARCÉRÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS DEPUIS 1974

Dans la foulée, le Congrès a commencé à voter en toute hâte une série de projets bloqués depuis des années. Parmi les plus importants, celui qui criminalise la corruption, la qualifiant de "crime odieux" au même titre qu'un meurtre, vient d'être approuvé au Sénat. Une commission de la Chambre des députés a également approuvé la fin du vote secret lors de l'examen de demandes de destitution de parlementaires, un texte qui traînait depuis six ans au fond d'une armoire.

Moins de 24 heures auront encore suffi pour que le Sénat suive le vote de la Chambre au sujet de la loi qui régule la distribution de fonds de participation aux Etats fédérés. La procédure avait été lancée en 1991. Même les juges de la Cour suprême ont pris part à cette incroyable accélération aux allures de catalogue à la Prévert.

Pour la première fois depuis l'adoption de la Constitution de 1988, la haute Cour a ordonné l'incarcération immédiate d'un député, Natan Donadon, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), membre de la coalition au pouvoir. Il avait été condamné en 2010 à plus de treize ans de prison pour corruption et association de malfaiteurs. D'après la police, l'homme ne s'est pas présenté jeudi à une convocation. Une alerte a été diffusée dans les aéroports. De mémoire de députés, le dernier parlementaire incarcéré remonte à 1974.

 

 DILMA ROUSSEFF VEUT CONSULTER LES BRÉSILIENS PAR RÉFÉRENDUM

De son côté, la présidente a reçu jeudi le soutien des partis de sa coalition à son projet de consulter les Brésiliens par référendum, lancé à Brasilia devant les gouverneurs et les principaux maires du pays. Dans l'espoir de stabiliser une situation qui lui échappe, elle souhaite très vite consulter les électeurs sur plusieurs grandes questions. Deux semblent avoir sa priorité : quel type de financement de campagnes électorales (public, privé ou mixte) et quel mode de scrutin (district, mixte ou proportionnel) les citoyens préfèrent-ils ?

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, s'adresse à la nation, le 24 juin, sur les dépenses dans les transports publics.

Le gouvernement souhaite voir cette réforme entrer en vigueur dès les élections présidentielle et législatives d'octobre 2014. La présidente, qui briguera un second mandat au nom du Parti des travailleurs (PT, gauche), devait rencontrer, vendredi 28 juin, les partis de l'opposition, qui ont déjà dénoncé une "manœuvre de diversion".

Dans la même veine, Eduardo Campos, gouverneur socialiste du Pernambouc, allié du PT et néanmoins possible rival de Dilma Rousseff, a prévenu qu'une partie seulement de ces règles pourraient être appliquée en 2014. En revanche, il s'est dit favorable au vote d'un amendement prévoyant la mise en place de transports gratuits dans le pays, comme le réclame depuis des années le Mouvement Passe livre (MPL, "libre passage"), à l'origine de la fronde sociale. Après plus de deux semaines de mobilisation, le Brésil se donne déjà des airs de campagne électorale.

Lire : Brésil, crise de croissance ou révolution?

Lire aussi (abonnés) : Brésil : J'ai mal à mon pays

 Nicolas Bourcier
Journaliste au Monde

 


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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 17:32

 

 

Marianne

Brésil : la crise des transports vire à la révolte sociale

Vendredi 21 Juin 2013 à 14:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

D’une protestation contre l’augmentation du prix des tickets de bus, après les manifestations qui ont réuni un million de personnes hier, le mouvement fédère désormais de très nombreuses revendications sociales et politiques.

C’est une véritable crise démocratique que traverse le Brésil.

 

Brésil : la crise des transports vire à la révolte sociale

Après le printemps arabe, l’été sera-t-il brésilien ? Le climat social donne en tout cas des signes très nets de montée en température. Le mouvement d’abord pacifique qui avait commencé par des protestations contre l’augmentation des tickets de bus et les dépenses somptuaires engagés dans l’organisation de la Coupe du monde 2014,  relève désormais de l’histoire ancienne. 


Loin de faiblir, la révolte gronde, se politise auprès d’une partie de la jeunesse et toucherait une centaine de villes selon des estimations trouvées sur les réseaux sociaux. Hier soir, ce sont 1 million de manifestants (dont 300.000 à Rio) qui défilaient dans les villes du pays -malgré la promesse du gouvernement de baisser le prix des transports- exprimant des revendications tous azimuts.

 

Brésil : la crise des transports vire à la révolte sociale

Le mouvement fait tâche d’huile.


Assauts contre le ministère des affaires étrangères et le Congrès, blocages de routes, saccages de vitrines, attaques de bus et de l’hôtel qui sert de Quartier Général aux membres de la Fifa, affrontements avec la police, tirs de mortiers et de gaz lacrymogènes. Non dénués d’humour, les manifestants criaient « Police, ton gaz est un délice !» ou « Police tes gaz sont périmés, la population ne restera pas aveugle, sourde et muette ».


Bilan : des dizaines d’arrestations, 60 blessés parmi les policiers et les manifestants et un mort, renversé accidentellement par une voiture. 


Face à la colère populaire, Dilma Roussef a annulé un voyage officiel au Japon et convoqué une réunion de crise à 9h30 à Brasilia (14h30 à Paris). La présidente, dont le palais présidentiel est entourée de troupes de l’armée, pourrait s’exprimer à la télévision dans la soirée.


C’est désormais une crise démocratique grave que traverse le Brésil.  


Début juin, les premières manifestations enregistrées dans 3 grands Etats du pays (Mato grosso do Sul, Paraná et Rio Grande do Sul) ont été menées par les défenseurs de la cause indigène après la mort par balle de deux indiens au cours d’opérations d’expulsions menées par la police militaire dans le sud du pays.

 

Le talent de Neymar ne suffit pas au développement du pays 


Depuis une semaine, des manifestations menées par l’ONG « Movimento Passe livre » (mouvement passage gratuit) agitent les grandes villes du pays contre l’augmentation du prix des transports publics et les pratiques des concessionnaires de transports publics (confiscation du marché par un oligopole inopérant, détournements de fonds, corruption des équipes municipales etc.)


Ces manifestations, organisées à partir des réseaux sociaux, ont pris de l’ampleur et dégénéré, donnant lieu à des violences. 


Les manifestants ont utilisé la caisse de résonance de la Coupe des Confédérations d’où la crainte du pouvoir que les prochains grands événements dont il se glorifiait (Journées Mondiales de la Jeunesse en juillet 2013, coupe du Monde de football 2014, Jeux Olympiques en 2016) ainsi que les élections présidentielles de 2014, soient le théâtre de manifestations encore plus spectaculaires. Selon une radio brésilienne,  face à « l’insécurité » grandissante, la Fifa aurait d’ailleurs envisagé l’arrêt de la Coupe des Confédérations qui doit durer jusqu’au 30 juin. 


A Brasilia et à Rio de Janeiro, qui accueillaient les premiers matches de la Coupe de football des Confédérations, des manifestations organisées par l’ONG « A copa para quem ? » (« une coupe pour qui ? »)  dénonçaient les dépenses excessives engagées pour la Coupe des Confédérations et la Coupe du Monde. Et les footballeurs prennent cher ! Le roi Pelé qui avait critiqué le mouvement est la cible de nombreuses attaques. Neymar, la nouvelle idole du foot brésilien n’est pas épargnée non plus : « Des hôpitaux et des écoles plutôt que le talent de Neymar ! » peut-on lire sur des pancartes. Sur Twitter, les critiques se multiplient  « Le Brésil dispose aujourd'hui d'un stade digne d'un pays développé, il ne reste plus maintenant qu'à construire un pays autour ». 

 

SAYAO/EFE/SIPA
SAYAO/EFE/SIPA

Une contestation sur les réseaux sociaux


Lors de son discours d'ouverture de la Coupe des Confédérations, la Présidente de la République, Dilma Rousseff, avait déjà été huée par le stade et un vaste mouvement de contestation s’engageait sur les réseaux sociaux, en particulier, sur twitter sous le hashtag #chupaDilma (vas te faire... Dilma !) ou #todarevolucaocomecacomumafaisca (Toutes les révolutions commencent par une étincelle).


Les manifestants font un usage intensif des réseaux sociaux pour tenter de changer le discours de la presse grand-public, qui les assimilaient d’abord à des vandales avant de parler de « contestataires ». 


« Les manifestations, pourtant a priori hétéroclites et exprimant des revendications disparates (corruption, question indienne, vie chère, gabegie, rejet des partis politiques, réformes judiciaires...), éclatent simultanément dans les plus grandes villes du pays, comme si elles étaient coordonnées, et les manifestants multiplient les actions spectaculaires. Le mouvement rassemble principalement des jeunes, beaucoup d'étudiants qui ne sont pas des militants politiques. Des campagnes de protestations ont été lancées sur les réseaux sociaux, aussi utilisés manifestement pour donner des mots d'ordre, sans qu'on puisse à ce stade identifier clairement des leaders ou un collectif de coordination » nous explique un diplomate en poste sur place. 


Une crise démocratique


Croissance faible (0,9% en 2012 et 0,6% au 1er trimestre contre 7,5% en 2010), retour de l’inflation (6,5% en mai, l’augmentation de 150% du prix des tomates a fait la une des journaux pendant une semaine), la nouvelle classe moyenne brésilienne a peur de perdre son nouveau pouvoir d'achat et scrute avec angoisse les résultats décevants de l’économie brésilienne.


Aujourd’hui le mouvement paraît incontrôlable et les autorités, tout  comme la FIFA, redoutent surtout qu’il ne faiblisse plus et soit relayé par les syndicats qui pourrait lancer des appels à la grève, dépassant le cadre de la révolte étudiante pour prendre un tour beaucoup plus politique dans un pays où les pouvoirs publics refusent largement le dialogue avec la population et ou se mêler de politique ou de la conduite  des affaires du pays  est une disqualification. 

 

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 17:25

 

Marianne

Vendredi 21 Juin 2013 à 13:00

 

Christopher Gellert

 

Le gouvernement a réduit les tarifs de transports en commun dont la hausse est à l’origine des dernières manifestations au Brésil. Voici quelques témoignages recueillis, pour la plupart, avant cette « victoire ».


Des manifestants à Sao Paulo - EFE/SIPA
Des manifestants à Sao Paulo - EFE/SIPA
Marianne : Pourriez-vous raconter votre expérience lors des manifestations et également celle de vos proches ?

Naira (chanteuse, prof de musique à São Paulo) : Je me suis engagée en tant que citoyenne. J’essaie d’aller à chaque manifestation et je soutiens la réduction des tarifs [des transports en commun]. Le peuple brésilien n’a pas l’habitude de défendre ses convictions. On nous a formé pour aimer le foot, pour soutenir nos équipes. Mais le vrai enjeu est que, depuis la dictature militaire, notre enseignement se « dévalue » progressivement. Par exemple, on ne recale pas les élèves à São Paulo, depuis l’école élémentaire jusqu’au lycée. On leur donne tous la moyenne, car notre gouvernement a déterminé que c’était un bonne stratégie « pour minimiser la violence ». Cette démarche est insensée car nous bâtissons ainsi une génération entière de citoyens pratiquement analphabètes. Comment est-ce que quelqu’un qui ne comprend pas un texte simple peut comprendre la situation politique et économique du pays où il vit ? En étant dans la rue…

Rafael (étudiant en philosophie et journaliste à São Paulo) : Je suis personnellement très engagé, je marchais dans les rues depuis plus d’une semaine. Mon frère participe aussi aux manifestations. Et c’est toute notre famille qui pense que c’est important de manifester.

Vinícius (étudiant brésilien en droit à Paris) : Je suis très content de ce que nous avons fait hier. Finalement notre peuple est descendu dans les rues pour revendiquer ses droits. Ce sera peut-être un des jours le plus importants dans l’histoire du Brésil. Le message envoyé à Brasilia est clair : nous ne voulons plus vivre comme ça. Ma sœur et beaucoup de ses amis sont allés dans les rues, ils sont heureux et fiers de ce qui se passe. Je suis très frustré de ne pas être là-bas. Demander aux Français de nous aider ? Mais cette affaire est notre affaire. C’est à nous de nous prendre en main.

Quel changement concret espérez-vous ?

Naira : Je veux que tout change : un meilleur enseignement, un vrai système public de santé, la lutte contre la corruption de nos politiques qui volent les fonds d’État, la vraie élimination de la pauvreté, la réforme agraire, la réforme des partis, la réforme des impôts …oui ! Nous voulons tous un pays meilleur ! Mais rien de cela n’est possible si nous ne prenons pas le pouvoir et si nous ne montrons pas aux gros chefs qui nous dirigent qu’en démocratie, le vrai chef, c’est le peuple. A condition de se libérer du lavage du cerveau et des préjugés de la presse brésilienne.

Vinícius : La relation entre le peuple et le gouvernement va changer radicalement. Je crois que quelque chose va changer, mais je ne sais pas quoi parce que les manifestations continuent de monter. L’avenir reste inconnu.

Est-ce que ces manifestations représentent une contestation du gouvernement actuel ou plutôt une mise en cause d’une corruption généralisée de l’État et des inégalités de plus en plus marquées ?

Rafael : Ils représentent une colère générale contre beaucoup de choses, on dit que c’est la corruption d’État, mais c’est difficile à croire, tout le monde est contre la corruption, même ceux qui sont corrompus. C’est la langue de bois. Des gens en ont marre de ce système d’exclusion, avec trop d’inégalités des salaires bas, et maintenant la FIFA qui règne sur notre peuple. Ces sont des faits objectifs, mais les médias essaient de détourner l’attention avec des vains mots comme « la corruption », « pour la paix », « pour le Brésil », et ce genre de choses ne change rien.

Vinícius : Les prix sont trop élevés et les services publics ne sont pas terribles ! Ces problèmes ont toujours existé au Brésil, mais je suppose que nous sommes fatigués de tout ça maintenant. Nous sommes fatigués de ne pas avoir un gouvernement qui maintient une relation saine avec le secteur privé, et nous avons honte de ne pas avoir un système éducatif respectable. J’ai dû aller en école privée pour recevoir une éducation correcte, et nous donnons 40% de nos biens à l’État. Nous en avons marre.

Pourquoi est-ce que le gouvernement a réagi avec force ? Quel effet avait-il ? Comment est-il perçu ?

Naira : Le gouvernement a réagi avec force parce que il n’a pas pas l’ « habitude » de s’occuper des Brésiliens. Distinguons les gouvernements de São Paulo [le gouvernement municipal et le gouvernement de l’État]… où les deux partis rivaux, PSDB et PT, sont en guerre. Le gouvernement de l’État de São Paulo est contrôlé par le PSDB. En revanche, le gouvernement de la ville de São Paulo est contrôlé par le PT. La police militaire est sous les ordres du gouvernement de l’État, mais les tarifs des bus sont déterminés par… la mairie.

Les confrontations entre les manifestants et l’armée sont vite devenues un enjeu politique. La presse était [d’abord] totalement contre les manifestations et a rapporté que les rues étaient occupées par des « vandales »… Mais le peuple a bien vu à l’oeuvre les brutalités policières.


Rafael : La police a surréagi en suivant les ordres du gouvernement. En fait, notre police est notre armée, et son organisation est le fruit de vingt ans de dictature. On se bat contre les manifestants comme si l’on se battait contre une menace étrangère. La police a toujours fait ainsi avec les pauvres. Si vous êtes noir au Brésil, vous êtes déjà suspect. Ce qui a changé cette fois c’est que pendant qu’ils réprimaient les manifestations, les medias filmaient.

Vinícius : La violence est toujours considérée comme « normale » au Brésil. Nous avons eu 388 ans d’esclavage. Nous n’avons pas une police démocratique.


Quelle est la relation entre la contestation actuelle et les dépenses pour la Coupe du monde en 2014 et les Jeux olympiques en 2016, sans oublier la candidature pour l’Exposition universelle en 2020 ?

Naira : Ce n’est pas lié ! Les gens ont commencé à manifester parce que nous manifestons contre tout ce qui va mal.

Rafael : La relation est très claire. Notre peuple est pauvre et n'a pas accès ni à l’éducation ni à la santé. Le gouvernement dépense des sommes incroyables pour construire des stades, il démolit les maisons pour le faire et accepte les règles de la FIFA, qui sont complètement absurdes. Par exemple, la FIFA veut interdire la vente d’un de nos plats traditionnels, « acarjé », parce qu’ils veulent que les gens achètent uniquement des produits de la FIFA. Le petit entrepreneur n’a aucune chance.

Ils veulent aussi une loi qui précise que les manifestations peuvent être considérées comme des actes terroristes. Jerome Valcke, secrétaire général de la FIFA et responsable de la Coupe du monde, a annoncé il y a deux mois qu'il était compliqué d’organiser la Coupe du monde dans une démocratie, et que le meilleur pays d’accueil serait donc…la Russie.


Vinícius : C’est en partie lié. Les politiques ont montré que nous avions des millions de dollars pour la Coupe du Monde, des millions pour les Jeux Olympiques, mais pas assez pour les hôpitaux publics ou un bon système de transports. Vous pouvez chercher sur YouTube « Hopistais Públicos no Brasil » (hôpitaux publics au Brésil) et vous verrez l’état du désastre.

 

 

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:43

 

 

tdg.ch

Mis à jour à 22h49 

Des dizaines de milliers de manifestants ont commencé à défiler jeudi dans les rues de 80 villes du Brésil, notamment à Salvador de Bahia (nord-est), où des heurts avec la police ont rapidement éclaté.

1/45 A Salvador, environ 50'000 personnes manifestaient. (20 juin 2013)
Image: AFP

   

Bien que la plupart des grandes villes du pays aient cédé à la pression populaire en revenant sur leur décision d'augmenter le tarif des transports en commun, les protestataires brésiliens continuent à faire pression.

Ils se sont fixés pour objectif de faire descendre un million de personnes dans les rues pour cette première journée d'action nationale.

Les commerçants des centres-villes se sont préparés au pire. Certains ont fermé plus tôt que d'habitude. D'autres ont protégé leurs devantures avec des planches en bois, redoutant que les manifestations, dans l'ensemble pacifiques, ne dégénèrent à nouveau en violences et pillages du fait de la présence d'éléments radicaux.

A Rio de Janeiro, où se déroulait le match Espagne-Tahiti au stade Maracana, des milliers de manifestants affluaient vers la Place Candelaria, point de départ du défilé, au centre-ville.

Gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc

La police militaire de Rio a diffusé sur les réseaux des tracts à imprimer demandant aux manifestants de «l'aider à les protéger» : «SANS VIOLENCE, PAIX, éloignez ceux qui insistent pour semer le trouble dans une manifestation pacifique».

A Salvador, environ 50'000 personnes, une majorité d'étudiants, formaient le défilé sur la Place Campo Grande, la principale de la ville, au son des percussions, des sifflets et des slogans, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Mais, alors que manifestants tentaient de forcer un barrage policier aux cris de «Fonte Nova! Fonte Nova!», le nom du stade de Salvador situé à deux kilomètres de là, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contraignant les protestataires à reculer, a constaté l'AFP.

Sur les pancartes brandies on pouvait lire : «Viens lutter pour plus de changements!»; «Le foot au-dessus des droits; pourquoi, Dilma?» (Rousseff, la présidente du Brésil); «Un professeur vaut plus qu'un footballeur?». Hamilton Junior (48 ans), professeur de géographie à l'Université, demande «l'ouverture d'une commission d'enquête sur l'argent investi dans les stades».

«Brésil, réveille-toi!»

«La Fifa a interdit la vente +d'acarajé+ (une spécialité locale) dans les environs du stade pour faire profiter ses sponsors, c'est une honte», explique-t-il à l'AFP.Rien qu'à Rio de Janeiro, un million de personnes ont été invitées sur Facebook à manifester jeudi après-midi et 250'000 ont confirmé leur participation, même s'ils seront probablement moins nombreux.

A Sao Paulo, 300'000 ont confirmé leur présence et 50'000 à Brasilia au mot d'ordre : «Brésil, réveille-toi!». A Brasilia, la capitale, dix fois plus petite que la mégalopole de Sao Paulo, 50'000 personnes ont promis de défiler avec le mot d'ordre : «Brésil, réveille-toi!».

Après 10 jours de manifestations qui ont souvent dégénéré en violences, la contestation ne faiblit pas au Brésil.

Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester continuent de se multiplier.

«L'augmentation (du prix des transports) a été supprimée mais qui dit que nous allons nous arrêter?», écrivait une internaute.

194 millions d'habitants

Rien ne semble laisser présager un essoufflement rapide de ce mouvement diffus, sans étiquette politique ou syndicale, ni leaders clairement identifiés.

Il cristallise désormais toutes les frustrations de la population de ce pays émergent de 194 millions d'habitants: services publics précaires comme la santé et l'éducation, corruption de la classe politique, sommes colossales - 11 milliards d'euros - investies pour l'organisation du Mondial-2014 de football.

La grande nouveauté, jeudi, est que certains syndicats, partis politiques et organisations de la société civile ont affiché leur intention de participer aux cortèges sous leurs banderoles. Les Paysans sans terre (MST), l'Union nationale des étudiants (UNE), la Centrale unique des travailleurs (CUT), le Parti des Travailleurs (PT gauche, au pouvoir) et le Parti communiste du Brésil (PCdoB) entre autres veulent se joindre aux manifestants qui rejettent depuis le début de leur mouvement toute étiquette.

«La répercussion de cette intervention sera connue aujourd'hui sur l'Avenue Paulista à Sao Paulo quand les militants organisés marcheront aux côtés de la masse »apolitique« dirigée par le mouvement »Passe livre« (Ticket gratuit, ndlr), affirme jeudi l'analyste politique Ilmar Franco du quotidien O Globo.»

La démocratisation du Brésil a permis à ces personnes de s'organiser, selon leurs convictions, mais il y a toujours une position politique derrière«, estime Amanda Souza, 27 ans, étudiante en droit, qui défilera avec les mouvements organisés. Elle revendique le droit de manifester avec des drapeaux car ils représentent des »organisations et des forces politiques qui historiquement se sont toujours battues pour la conquête des droits des travailleurs«. Certains observateurs comparent le mouvement aux récentes manifestations en Turquie ou même aux révoltes du »Printemps arabe«. (afp/Newsnet)

Créé: 20.06.2013, 18h40

 

Voyage annulé

La présidente du Brésil Dilma Rousseff a annulé jeudi un voyage au Japon prévu du 26 au 28 juin en raison du mouvement de protestation qui embrase le pays, a indiqué à l'AFP le service de presse de la présidence. «Oui, elle a finalement décidé de reporter ce déplacement qui aurait représenté plusieurs jours de voyage. Elle a décidé de rester au Brésil en raison des événements actuels», a indiqué cette source.

 

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:28

 

 

Le HuffPost avec AFP

 

Par Maxime Bourdier Publication: 20/06/2013 13h21 CEST  |  Mis à jour: 20/06/2013 13h21 CEST

BRÉSIL - L'image est symbolique et rappelle le slogan de mai 68, "la police avec nous!". Dans une vidéo postée mardi sur Youtube (et visible en haut de cet article), six policiers brésiliens rejoignent, à São Paulo, des manifestants qui protestent contre la hausse du coût de la vie et... les violences policières.

Tournée lundi, cette vidéo a déjà été visionnée plus de 500.000 fois. "A ce moment-là, la manifestation passait par le quartier de Berrini, quand tout le monde a décidé de s'arrêter et d’entamer un sit-in", raconte l'internaute qui l'a mise en ligne. Il explique que les policiers se seraient alors joints à eux "sans se faire prier".

Le Brésil a été secoué lundi 17 juin par les manifestations sociales les plus importantes que le pays ait connu depuis 21 ans, qui ont duré plus de sept heures dans plusieurs villes, notamment à Rio qui a connu des scènes de guérilla urbaine. A São Paulo, la manifestation a réuni 65.000 personnes.

Le gouvernement a d'abord été pris de court par l'éclosion soudaine de ce mouvement apolitique la semaine dernière, après l'annonce de l'augmentation des tarifs des transports publics. Il semble à présent débordé par sa nouvelle dimension en grande partie attisée par l'indignation suscitée par les violences policières de la semaine dernière.


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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 15:07

 

Le Monde.fr

 19.06.2013 à 11h27

 

 

 

Durée : 01:00  |  Images : AFP

 

Selon Datafolha, un institut brésilien de sondage, 50 000 manifestants se sont rassemblés, mardi soir, dans le centre de la ville de Sao Paulo, sur la Praça da Sé. Plus tard dans la soirée, des protestataires se sont dirigés vers la mairie. Tandis que des manifestants envahissaient le bâtiment, après avoir brûlé un pantin, la police procédait dans l'urgence à l'évacuation du maire, Fernando Haddad.

Le Monde.fr

 


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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 20:09

 

 

Médiapart - Blog

"Loin d'être un romantisme, la révolte au contraire prend le parti du vrai réalisme. Si elle veut une révolution, elle la veut en faveur de la vie, non contre elle.” Albert Camus.

“Réveillez-vous” “la coupe du monde ne m’intéresse pas, je veux de l’argent pour la santé et l’éducation” “la résistance n’est pas du terrorisme” “violent, c’est l’état” “les vandales ce sont les politiques corrompus” “On ne lutte pas pour des centimes mais pour des droits” “pendant que vous regardez la TV, je change le pays” “tu verras qu’un de tes enfants ne fuit pas la lutte” “je suis sorti de facebook” “Père, éloigne de moi, ce calice = cale-se (en référence à la chanson de Chico Buarque pour désigner le silence qui régnait durant la dictature, avec le jeu de mot cale-se qui signifie se-taire http://www.youtube.com/watch?v=vWxxVt_Tbd8 )”… sont les slogans de la révolte qui a enflammé tout le pays ce lundi 17 juin, une révolte pacifiste qui proclame la non-violence. http://www.lost.art.br/protesto_sp_130613.htm

Ce n’est pas la télévision (rede Globo) ou les journaux qui ont permis à la révolte d’éclater et de prendre une telle envergure mais la pugnacité et l’organisation des manifestants via les réseaux sociaux. http://www.youtube.com/watch?v=qGaoXAwl9kw

Rio de Janerio = 100 000 manifestants  

São Paulo = 65 000 manifestants 

Belo Horizonte = 20 à 30 000 manifestants 

Brasilia = + de 15 000 manifestants qui ont envahi en fin de soirée le congrès national.

Sur la toile on peut trouver le manuel du parfait manifestant, protégé https://www.facebook.com/diadobasta/posts/539070349483213 + https://www.facebook.com/photo.php?fbid=145484378982776&set=oa.519163111466626&type=1&theater + informé de ses droits http://lista10.org/diversos/10-orientacoes-juridicas-para-quem-for-nas-manifestacoes/ + et équipé pour filmer https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10201561 Beaucoup de personnes ont filmé et photographié les manifestations  car les villes étaignaient les caméras de rue  durant les manifestations et la TV Globo était plus préoccupée à retransmettre les préparatifs de la coupe des confédérations que les manifestations qui secouaient le pays et dont les principaux présentateurs ne faisaient que critiquer sévèrement.

Ce lundi 17 juin, les manifestants ont même fini par expulser une équipe de TV Globo qui voulait filmer les événements http://noticias.terra.com.br/brasil/cidades/sp-manifestantes-expulsam-equipe-da-globo-e-hostilizam-partidos,7264e7c0ac35f310VgnVCM20000099cceb0aRCRD.html

Le mouvement s’est étendu à tout le Brésil, plus d’une centaine de villes ont déjà rejoint la révolte (le muvement dépasse largement les 200 000 manifestants). https://www.facebook.com/photo.php?fbid=477111382375418&set=a.332941190125772.79747.332934666793091&type=1&theater

Pourtant tout cela a commencé avec une simple manifestation à São Paulo, où quelques milliers de personnes convoqués par le Movimento Passe livre (Mouvement en faveur des tarifs gratuits pour les transports publics - http://saopaulo.mpl.org.br/) se sont réunis dans le centre de la ville afin de protester contre l’augmentation du ticket de transport (de 3R$ à 3,20R$). Les jours qui suivirent, la manifestation  prit de l’ampleur et d’autres villes rejoignirent la protestation (Rio de Janeiro, Brasilia, Belo Horizonte…) : la réponse de l’état fût violente, la troupe de choc fut envoyée, c’est comme si en France, on envoyait le GIGN pour recadrer les manifestants. À la TV Globo, dans les journaux (folha de São Paulo) et les magazines (veja), les manifestants devenaient des « vandales » et des « terroristes » avant que le discours ne change en vue de l’ampleur de la contestation http://www.youtube.com/watch?v=-FYuu5MGrDI + http://www.bluebus.com.br/capas-da-folha-antes-e-depois-do-confronto-em-sp-agora-materias-sao-anti-pm/

Traduction Folha de SP avant (illustration de gauche) : « le gouvernement de São Paulo dit qu’il sera davantage dur avec les actes de vandalisme» Folha de SP après (illustration de droite) « La police réagit avec violence et São Paulo vit une nuit de chaos ».

La même folha de São Paulo qui considère que les manifestants Paulistas   « vandalisent le centre de São Paulo » alors que sur la même page, les manifestants turcs sont considérés comme « des activistes réprimés par la police turque ». http://www.rue89.com/2013/06/14/face-a-corruption-mauvaise-gestion-les-rues-sao-paulo-senflamment-243313

Face au silence assourdissant des artistes brésiliens (pourtant si actifs durant la dictature) des footballeurs (auxquels il ne faut pas trop en demander) et face au conservatisme des journalistes, critiques et soit-disant « penseurs » des médias et des blogs traditionnels… la porte est restée grande ouverte accueillant les critiques des personnalités politiques et publiques successifs fustigeant les manifestants :

- le gouvernant de l’état de São Paulo Geraldo Alckmin, le maire de São Paulo Fernando Haddad tout deux présents à Paris lors de la révolte, le premier a qualifié les manifestants de « vandales » et d’ « émeutiers» et le second a poussé le cynisme jusqu’à dire que « ce sont des personnes réticentes a l’état démocratique de droit » http://www.estadao.com.br/noticias/cidades,alckmin-chama-manifestantes-de-baderneiros-e-vandalos,1041542,0.htm

- le piteux journaliste Arnaldo Jabor qui a qualifié à la télévision de manière gratuite et incohérente les manifestants  « de révoltés issus de la classe moyenne sans conscience politique » animé par la seule « haine violente » et qu’il finit par comparer aux « organisations criminelles qui brûlent des 10aines de bus», ces manifestants « qui ne valent même pas 20 centimes ». http://globotv.globo.com/rede-globo/jornal-da-globo/v/arnaldo-jabor-fala-sobre-onda-de-protestos-contra-aumento-nas-tarifas-de-onibus/2631566/

- le juge Rogério Zagallo qui dans un tweet méprisant incite à la violence et au crime demandant aux forces de police (la troupe de choc) « de venir tuer ses fils de putes dont il se fera le plaisir d’archiver l’enquête judiciaire » et il finit son tweet par « la nostalgie d’une époque où ce genre de chose était résolu avec des tirs de balles en caoutchouc… ». http://noticias.uol.com.br/cotidiano/ultimas-noticias/2013/06/10/promotor-que-incitou-violencia-contra-manifestantes-em-sp-tera-conduta-investigada-pelo-mp-para-oab-sp-houve-crime.htm

- Mais la France n’est pas de reste avec la déclaration du secrétaire général de la Fédération internationale de Football (Fifa), le français Jérôme Valcke, qui aujourd’hui doit se laver les mains, lui qui déclarait il y a quelques semaines « Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde. Quand on a un homme fort à la tête d'un Etat qui peut décider, comme pourra peut-être le faire Poutine en 2018, c'est plus facile pour nous les organisateurs qu'avec un pays comme l'Allemagne où il faut négocier à plusieurs niveaux »   http://blogs.mediapart.fr/blog/lamia-oualalou/260413/au-bresil-la-fifa-regrette-lexces-de-democratie

 Depuis quelques jours, la coupe des confédérations, a commencé et dans certains états comme le Minas Gerais les manifestations sont officiellement interdites "afin de ne pas ternir l'image du Brésil et dans un souci de préserver la sécurité des touristes étrangers". Donc, à partir d’aujourd’hui, tout manifestant du Minas Gerais sera soumis à une amende de 500 000 R$ (175 151 Euros) s'il enfreint la loi. https://www.facebook.com/notes/brigadas-populares/nota-das-brigadas-populares-de-minas-gerais/425349420895918

Ce que l’avocat Martim Sampaio dénoncait déjà il y a quelques semaines  « De manière comme est la loi, n’importe qu’elle manifestation, marche, protestation, acte individuel ou collectif peut être considéré comme terroriste… c’est un chèque en blanc aux mains de la FIFA et de l’état ».  http://www.rededemocratica.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=4361%3Ao-ai-5-da-copa-do-mundo

Ce qui n’a pas empêché les manifestants de se réunir et d’affronter la police militaire. Bien a contraire, la violence de la police envers les manifestants de São Paulo dès les premiers jours de protestation, a amplifié le mouvement, et a legitimé encore plus la révolte aux yeux de tous ceux qui sont étouffés au quotidien par le coût de la vie qui est de plus en plus cher alors que l'accès à la santé, à l'éducation, au logement sont de plus en plus difficiles.

Pour en revenir à la goutte d’eau qui a fait déborder le vase – l’augmentation de 20 centimes des transports publics – le Brésil est le pays où les transports sont les plus onéreux en fonction du salaire médian de la population. Le journal qui dénonce le coût excessif dans son éditorial de ce lundi 16 juin est la Folha de São Paulo (je retourne ma veste)  http://www1.folha.uol.com.br/cotidiano/2013/06/1296233-analise-a-tarifa-de-onibus-por-aqui-esta-entre-as-mais-caras-do-mundo.shtml

 Le même journal dans lequel, on peut lire aujourd’hui que la police de São Paulo ne va plus utiliser des balles de caoutchouc envers les manifestants même si « la troupe de choc reste à disposition », ce qui n’a pas été le cas pour d’autres villes Rio de Janeiro, Brasilia, Belo Horizonte. À Rio de Janeiro, les policiers ont tirés à balles  réelles sur les manifestants. http://terratv.terra.com.br/videos/Noticias/Brasil/Cidades/4828-474635/Policial-da-tiros-para-cima-em-manifestacao-no-Rio-veja.htm

Pour ceux qui pensent toujours que c’est pour quelques centimes que le peuple brésiliens est sorti dans la rue, il est nécessaire de rappeler que le Brésil connait une corruption endémique et que les jeux et le mondial n’ont fait qu’augmenter les détournements de fonds, les pots de vins et les surfacturations. Comme le dénonce l’article de GlobalVoices : « Du début d'année 2008 jusqu'à aujourd'hui, le Desviômetro (le « détournomètre » site qui comptabilise l’argent de la corruption)  estime que les détournements (en hausse constante) s'élèvent à plus de 8 milliards de reals (3 milliards d'euros), soit suffisamment pour recruter 991 491 professeurs de lycée et construire 41 789 logements sociaux. » http://fr.globalvoicesonline.org/2013/02/08/137762/

 Le Brésil est aujourd’hui la 6ème puissance mondiale avec des inégalités salariales les plus importantes au monde http://www.inegalites.fr/spip.php?article499 où le salaire minimum s’élève à 678 reais soit 295 euros alors que le Brésil est le pays d’Amérique Latine qui compte le plus de milliardaires et qui prélève le moins d’impôts sur le patrimoine. http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0202474236233

Sur certaines affiches de la révolte, des chiffres accablants :

"-       la coupe de la FIFA = R$ 33 milliards

-       les J.O. = R$ 26 milliards

-       corruption = 50 milliards

 Et vous pensez encore que c'est pour 20 centimes!"

Aujourd’hui, le Brésil s’est réveillé, et c’est la démocratie qui est en marche. Ce que revendique les brésiliens qui sont descendus dans la rue est un pays plus juste et libre avec moins de corruptions et plus d’infrastructures, d’enseignements et de santé. Ces derniers jours d’affrontements démesurés de la part des autorités auront permis de parler sur la place publique des problèmes conjoncturels et d’unir un peuple, de le rendre plus fort et courageux face aux revendications. Car il en faut du courage pour aller manifester et risquer de se faire lyncher violemment par une police qui n’est pas préparée et qui réponds avec sauvagerie à la marche pacifiste de ces manifestants. http://revistaforum.com.br/blog/2013/01/desmilitarizar-e-unificar-a-policia/

 Ce lundi 17 juin, après plusieurs jours de manifestations, la présidente Dilma Rousseff est enfin sortie de son silence mais s’est limitée a affirmer que “les manifestations pacifiques sont légitimes et sont propres de la démocratie. C’est le propre des jeunes de manifester” sans pour autant condamner la violence des forces de police. http://www1.folha.uol.com.br/cotidiano/2013/06/1296714-em-comunicado-dilma-diz-que-manifestacoes-pacificas-sao-legitimas.shtml

 Aujourd’hui les vrais héros du pays sont ceux qui sont sortis dans la rue, qui y ont cru dès les premières heures et qui continuent à lutter pour un avenir meilleur et pour changer la société brésilienne. http://www.youtube.com/watch?v=o03t5WmGvIw

 

Vidéos qui synthétisent le mouvement et sous-titrés en anglais :

https://www.facebook.com/photo.php?v=297881930347743&set=vb.161855190617085&type=2&theater

http://www.youtube.com/watch?v=zEXea3fsz80

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=AIBYEXLGdSg

 

l'un des commentaires

 

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                                                                                     Photo Joao Pedro Sa.

 

 


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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 19:52

 

 

Médiapart

 

 

 

Manifestants et policiers s'affrontaient lundi soir devant l'Assemblée législative de Rio de Janeiro, au Brésil, où le mouvement de contestation contre la hausse du coût des transports publics et la facture du Mondial-2014 a pris une nouvelle dimension en pleine Coupe des confédérations, des dizaines de milliers de Brésiliens manifestant lundi dans tout le pays.

Quelque 30 000 personnes, en majorité des jeunes de la classe moyenne, défilaient pacifiquement à Sao Paulo, alors qu'ils n'étaient que 8 000 jeudi dernier lors d'un rassemblement violemment réprimé par la police. Des manifestations moins importantes avaient lieu dans d'autres villes du pays. A Brasilia, environ 200 manifestants, sur un total de plus de 2 000, sont parvenus à grimper sur le toit du Parlement.

Et si, dans la plupart des villes, la police surveillait étroitement les défilés sans les réprimer, à Belo Horizonte, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants pour les empêcher de s'approcher du stade Mineirao où se jouait le match de la Coupe des confédérations entre le Nigeria et Tahiti.

Et à Rio de Janeiro, où le stade Maracana avait déjà rassemblé des Brésiliens mécontents dimanche, un groupe de manifestants a tiré des feux d'artifice sur la police et incendié des poubelles tandis que la police retranchée dans le bâtiment répondait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Alors qu'un petit groupe de manifestants violents prenaient d'assaut depuis des heures le siège du gouvernement de l'Etat de Rio, à l'intérieur duquel étaient retranchés des dizaines de policiers, dont certains blessés lors des affrontements, des blindés de la police quadrillaient le centre de Rio dans la nuit de lundi à mardi, roulant sur des barricades en flammes, à la recherche de derniers groupes de manifestants.

Tandis qu'à Sao Paulo aussi, la police a dispersé en fin de soirée des manifestants qui tentaient de pénétrer à l'intérieur du gouvernement de l'Etat de Sao Paulo.

Mais bien qu'il s'agisse des plus importantes manifestations sociales depuis celles de 1992, dirigées contre la corruption du gouvernement de l'ex-président Fernando Collor de Mello, qui avait démissionné durant son procès politique devant le Sénat, il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour la présidente brésilienne Dilma Rousseff. Elle a déclaré lundi que les manifestations étaient « légitimes » et faisaient « partie de la démocratie ».

 


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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 15:58

 

 

rfi.fr

  Brésil - Article publié le : samedi 04 mai 2013 à 20:18 - Dernière modification le : samedi 04 mai 2013 à 20:57

 

 

Manifestation contre la construction du barrage de Belo Monte, à Rio de Janeiro, le 20 juin 2012.
Manifestation contre la construction du barrage de Belo Monte, à Rio de Janeiro, le 20 juin 2012.
AFP / ANTONIO SCORZA

Par RFI

                                                                                                                                                                                                                            Au Brésil, les travaux du barrage de Belo Monte, en Amazonie, sont bloqués. Depuis jeudi, 150 Indiens occupent le site, pour protester contre cet immense chantier très controversé. Belo Monte sera le troisième plus grand barrage au monde. Les Indiens réclament l’arrêt des travaux, jusqu’à l’ouverture de négociations avec le gouvernement brésilien. Sur place, la tension est grande. Les négociations n’avancent pas. Et elles se feront désormais à huis clos car les journalistes présents sur place, dont le correspondant de RFI, ont été expulsés.

Avec notre envoyé spécial à Altamira, en Amazonie, François Cardona

Armés d’arcs et de flèches, les Indiens sillonnent le chantier de Belo Monte sur des pick-up. Ils ont réussi à bloquer les travaux. Leur objectif ? Ouvrir des négociations avec le gouvernement brésilien, car d’ici deux ans, 500 km2 de forêt amazonienne vont être inondés et 16 000 personnes expulsées, en grande majorité des Indiens.

Sur le chantier du barrage, les négociations piétinent. Plus de 80 policiers et soldats de la force nationale, lourdement armés, attendent. Prêts à intervenir pour déloger les protestataires. Face à eux, 150 Indiens déterminés, des guerriers des tribus du fleuve Xingu, avec leurs femmes et leurs enfants en bas âge.

Ils craignent le pire, car le constructeur du barrage, tout-puissant dans la région, a réussi à faire expulser par la police les journalistes présents sur place. Sous peine d’être arrêtés, nous avons dû sortir du chantier, escortés par la police, sous les regards angoissés des Indiens, terrifiés à l’idée de perdre les rares témoins de leur protestation pacifique.

Nous ne pourrons revenir sur place, sous peine également d’être envoyés en prison.
Les Indiens sont désormais seuls face aux soldats de la force nationale. Sans personne pour témoigner si la situation dégénère.

tags: Brésil
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