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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 17:07

 

 

Rue89 - Le grand entretien

28/02/2013 à 18h12
Pascal Riché | Redchef Rue89

  • « Le plus important, et je le dis à mes amis européens, ce ne sont pas les marchés financiers. » Entretien (sur un nuage) avec Ólafur Ragnar Grímsson, élu cinq fois à la tête du « laboratoire » islandais.

Björk n’était pas la seule star islandaise en tournée en France cette semaine. Le président du pays Ólafur Ragnar Grímsson, 69 ans, était en visite officielle, auréolé des succès islandais contre la crise, et du rôle qu’il a joué dans ce redressement spectaculaire, en décidant à deux reprises de consulter le peuple par référendum.

Il a rencontré mardi François Hollande pendant 35 minutes. Les deux hommes, raconte-t-il, ont parlé de trois sujets :

« La reprise économique en Islande et les leçons à en tirer, la coopération économique dans l’Arctique et l’expérience islandaise en matière de géothermie – qui assure 90% du chauffage des habitants –, et comment elle pourrait être développée en France. »

Le président islandais, qui en est à son cinquième mandat, est sur un petit nuage. Quatre ans après l’explosion des banques islandaises, son pays redémarre plus fort que la plupart des autres en Europe, et il vient de gagner une bataille devant la justice européenne. L’Etat islandais, a jugé la cour de l’Association européenne de libre-échange (AELE) fin janvier, était dans son droit quand il a refusé de rembourser les épargnants étrangers qui avaient placé leur argent dans ses banques privées.

 

Rue89 : Vous avez évoqué avec François Hollande les leçons à tirer du redressement Islandais. Quelles sont-elles ?

Ólafur Ragnar Grímsson : Si vous comparez avec ce qui s’est passé dans d’autres pays d’Europe, l’expérience réussie de l’Islande s’est avérée différente sur deux aspects fondamentaux.

Un eBook de Rue89 pour approfondir

Loin des représentations exaltées, « Comment l’Islande a vaincu la crise », de Pascal Riché, raconte une aventure politico-économique peu orthodoxe, riche en leçons pour les autres nations d’Europe. A acheter sur :

Le premier, c’est que nous n’avons pas suivi les politiques orthodoxes qui se sont imposées depuis trente ans en Europe et dans le monde occidental. Nous avons laissé les banques faire faillite, nous ne les avons pas renflouées, nous les avons traitées comme d’autres entreprises. Nous avons instauré des contrôles des changes. Nous avons essayé de protéger l’Etat providence, refusant d’appliquer l’austérité de façon brutale.

Seconde grande différence : nous avons très vite pris conscience que cette crise n’était pas seulement économique et financière. C’était aussi une profonde crise politique, démocratique et même judiciaire. Nous avons donc engagé des réformes politiques, des réformes démocratiques, et même des réformes judiciaires [un procureur spécial, doté d’une équipe, a été chargé d’enquêter sur les responsabilités de la crise, ndlr]. Ce qui a permis à la nation d’affronter le défi, de façon plus large, plus globale que la simple exécution de politiques financières ou budgétaires.

 

L’Islande compte 320 000 habitants. Ces politiques sont-elles exportables dans des pays plus grands, comme la France ?

D’abord, j’hésite toujours à donner des recommandations concrètes à d’autres pays, parce que j’ai entendu tant de mauvaises recommandations prodiguées au mien !

Ce que je peux faire, c’est simplement décrire ce que l’Islande a fait, et chacun peut en tirer ses propres leçons. Mais il est clair que nombre des choix que nous avons faits pourraient l’être dans d’autres pays. Par exemple, se garder d’une austérité trop stricte.

 

Vous avez pourtant suivi une politique d’austérité assez rude...

L’austérité « juste »
Le gouvernement a procédé à des coupes budgétaires, en préservant santé, éducation, aide sociale. Le pays s’est doté d’un impôt sur le revenu progressif – auparavant, il n’existait qu’un taux – et d’un impôt sur la fortune. Il a doublé l’impôt sur les plus-values. Entre 2007 et 2011, les impôts payés par les 10% les plus riches sont passés de 17% à 31% de leur revenu.

Bien sûr. Mais l’un des axes des politiques orthodoxes est de couper de façon agressive dans les dépenses sociales. Ce n’est pas ce que nous avons fait. Nous avons protégé les ménages les plus modestes.

L’approche large de la crise – politique et judiciaire – peut aussi être suivie dans d’autres pays que l’Islande. La mesure qui est impossible à appliquer en France ou dans d’autres pays de la zone euro, c’est évidemment la dévaluation de la monnaie.

 

Pour ce qui est de ne pas avoir sauvé les banques, l’Islande avait-elle vraiment le choix ? Et serait-ce possible de laisser des grandes banques européennes sombrer ?

Nos banques étaient importantes. Elles pesaient dix fois la taille de notre économie. Je ne dis pas que la taille ne compte pas. Mais si vous voulez parler en terme de taille, posez-vous la question : est-ce que le Portugal est un grand ou un petit pays ? Est-ce que la Grèce est un grand pays ou un petit pays ?

Pouvions-nous faire autre chose que laisser nos banques faire faillite, c’est un débat ouvert. Mais de toute façon, cela correspondait à un choix. Ces banques étaient privées : pourquoi des entreprises dans le secteur bancaire serait-elles traitées différemment de compagnies privées dans d’autres secteurs comme les technologies de l’information, Internet, les compagnies aériennes ? Ces entreprises sont tout aussi indispensables à nos sociétés, mais on les laisse faire faillite. Même les compagnies aériennes. Pourquoi les banques sont-elles traitées comme des lieux saints ?

 

La réponse traditionnelle, c’est que leur faillite peut en entraîner d’autres et mettre le système financier à terre : il y a un risque « systémique ».

Ça c’est l’argument avancé. Mais regardez ce qui s’est passé en Islande avec l’affaire Icesave. Le gouvernement britannique et le gouvernement néerlandais, soutenus par l’Union européenne, voulaient que le contribuable islandais rembourse les dettes de cette banque privée, au lieu de laisser le syndic de liquidation être responsable de ces dettes.

J’ai alors fait face à un choix : fallait-il soumettre la question au référendum ? Une armée d’experts et d’autorités financières me disaient : si vous autorisez les gens à s’exprimer, vous isolerez financièrement l’Islande pour des décennies. Le scénario catastrophe serait sans fin... J’étais devant un choix fondamental entre les intérêts financiers d’un côté, et la volonté démocratique du peuple de l’autre. Et je me suis dit : la partie la plus importante dans nos sociétés – et je le dis aussi à mes amis européens –, ce ne sont pas les marchés financiers. C’est la démocratie, les droits de l’homme, l’Etat de droit.

Quand nous sommes face à une crise profonde, que ce soit la crise islandaise, ou la crise européenne, pourquoi ne laisserions-nous pas l’élément le plus important de nos sociétés guider la voie à suivre ? C’est ce que j’ai fait. Nous avons organisé deux référendums. Et dès le premier trimestre après le référendum, l’économie a redémarré. Et depuis, ce redressement se poursuit. Maintenant nous avons 3% de croissance, l’une des plus élevée d’Europe. Nous avons 5% de chômage, l’un des taux les plus bas. Tous les scénarios de l’époque, d’une faillite du système, se sont révélés faux.

L’épilogue a eu lieu le mois dernier : la cour de l’AELE nous a donné raison. Non seulement notre décision était juste, était démocratique, mais elle était aussi juridiquement fondée. Mes amis européens devraient réfléchir à tout cela avec un esprit ouvert : pourquoi étaient-ils autant dans l’erreur, politiquement, économiquement et juridiquement ? L’intérêt de se poser cette question est plus important pour eux que pour nous, car ils continuent, eux, à lutter contre la crise et car ils s’appliquent à eux-mêmes certains des principes et des arguments qu’ils utilisaient contre nous.

Le service que peut rendre l’Islande, c’est donc d’être une sorte de laboratoire, qui aide les pays à réévaluer les politiques orthodoxes qu’ils suivent. Je ne vais pas dire à la France, la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, faites-ci ou faites ça. Mais la leçon donnée par l’expérience de ces quatre dernières années en Islande, c’est que les scénarios alarmistes, assenés comme des certitudes absolues, étaient à côté de la plaque.

 

L’Islande est devenue un modèle, une source d’espoir pour toute une partie de l’opinion, spécialement chez la gauche anticapitaliste. Cela vous plaît-il ?

Ce serait une erreur que de voir notre expérience à travers cette vieille grille de lecture politique. En Islande, les partis de droite et de gauche ont été unanimes sur la nécessité de protéger le système social. Personne, à droite ou au centre, n’a défendu ce que vous appelleriez des « politiques de droite ».

 

C’est la voie nordique...

Oui, c’est la voie nordique. Et si vous regardez ce qui s’est passé dans les pays nordiques ces 25 dernières années, tous ont connu des crises bancaires : Norvège, Finlande, Suède, Danemark et enfin Islande, où nous avons toujours un temps de retard. Ce qui est intéressant, c’est que nos pays se sont tous redressés relativement vite.

 

Regrettez-vous d’avoir vous-même encouragé le développement de la banque dans les années 2000 ? A l’époque, vous compariez l’Islande à une nouvelle Venise ou Florence ?

Pendant la dernière décennie du XXe siècle et les premières années du XXIe siècle, des entreprises pharmaceutiques ou d’ingénierie, technologiques, bancaires se sont développées et ont procuré aux jeunes Islandais éduqués, pour la première fois de notre histoire, la possibilité de travailler sur une échelle globale, sans avoir besoin de quitter le pays.

Les banques faisaient partie de cette évolution. Elles se portaient bien. En 2006 et 2007, on a commencé à entendre des critiques. Je me suis demandé alors : que disent les agences de notation ? Elles dressaient pour les banques islandaises un très bon bulletin de santé. Les banques européennes et américaines faisaient toutes du business avec nos banques, et désiraient toutes en faire davantage !

Les agences de notation, les grandes banques, tout le monde avait tort. Et moi aussi. Ce fut une expérience coûteuse, que notre pays a payée très cher : nous avons connu une crise profonde, des émeutes... Nous nous en souviendrons longtemps.

Aujourd’hui, les gens continuent à écouter les agences de notation. Il faudrait leur demander : si vous vous étiez autant trompés sur les banques islandaises, pourquoi auriez-vous raison aujourd’hui sur le reste ?

 

Ce que vous appelez les « émeutes » ne fait-il pas partie de la nécessaire « approche politique » de la crise, que vous décriviez il y a un instant ?

Je ne dirais pas cela ainsi. L’Islande est une des démocraties les plus stables et sûres du monde, avec une cohésion sociale solide. Et pourtant, à la suite de la faillite financière, la police a dû défendre le Parlement jour et nuit, la Banque centrale, les bureaux du Premier ministre...

Si une crise financière peut, dans un laps de temps très court, plonger un tel pays dans une si profonde crise politique, sociale et démocratique, quelles peuvent être ses conséquences si elle survient dans des pays qui ont une expérience plus courte de stabilité démocratique ? Je peux vous dire que pendant les premières semaines de 2009, quand je me réveillais, ma crainte n’était pas de savoir si on retrouverait ou pas le chemin de la croissance. C’était de savoir si on ne vivait pas l’effondrement de notre communauté politique stable, solide et démocratique.

Mais nous avons eu la chance de pouvoir répondre à toutes les demandes des manifestants : le gouvernement est tombé, des élections ont été organisées, les directions de la Banque centrale et de l’autorité de surveillance des banques ont été remerciées, nous avons mis en place une commission spéciale pour enquêter sur les responsabilités, etc.

Cette idée, répandue dans les sociétés occidentales, que les marchés financiers doivent représenter la part souveraine de notre économie, et devraient être autorisés à grossir sans contrôle et dans la mauvaise direction, avec pour seule responsabilité de faire du profit et se développer... Cette vision est très dangereuse. Ce qu’a démontré l’Islande, c’est que lorsque ce système a un accident, cela a des conséquences politiques et démocratiques dramatiques.

 

Dans cette approche politique, un projet de nouvelle Constitution a été élaboré par une assemblée de citoyens élus. Il semble que le Parlement ne soit pas pressé de la voter avant les élections du 17 avril. Pensez-vous qu’elle restera mort-née ?

La constitution 2.0
Une assemblée de 25 citoyens élus a rédigé un texte, en s’appuyant sur les suggestions d’internautes. Un référendum a approuvé leurs travaux. Mais pour être adoptée, une révision constitutionnelle doit être votée dans les même termes avant et après une élection législative.

La Constitution actuelle a joué son rôle dans la crise : celui de tenir des élections, d’organiser des réferendums... Cela ne veut pas dire qu’elle est parfaite, elle peut être améliorée.

Avec la crise, le besoin de rénover notre système politique s’est exprimé. On a donc déclenché un processus de réforme constitutionnelle très innovant : une assemblée de citoyens a été élue, les citoyens ont été consultés par Internet... Mais selon moi, ils n’ont pas eu assez de temps : quatre mois seulement. Seuls des surhommes auraient pu faire un texte parfait en seulement quatre mois.

Ces derniers six mois, il y a eu au Parlement un débat, des propositions... Le Parlement va peut-être adopter certaines mesures, ou va peut-être s’entendre sur une façon de poursuivre le processus, ou va adopter une réforme plus complète. Nul ne le sait.

 

La dévaluation a aidé au redémarrage de l’Islande. L’idée de rejoindre un jour l’euro est-elle écartée à jamais ?

La couronne a été une partie du problème qui a conduit à la crise financière, mais elle a été aussi une partie de la solution : la dévaluation a rendu les secteurs exportateurs (pêche, énergie, technologies...) plus compétitifs, ainsi que le tourisme, bien sûr.

 


Les pays de la zone euro (Wikimedia commons)

 

Il y a une chose dont on n’a pas encore bien pris conscience dans les pays d’Europe continentale. Les pays du nord de l’Europe – Groenland, Islande, Grande-Bretagne, Norvège, Danemark, Suède...– n’ont pas adopté l’euro, à part la Finlande. Aucun de ces pays n’a rejoint l’euro.

Et comparativement, ces pays s’en sont mieux tirés, économiquement, pendant ces années qui ont suivi la crise de 2008, que les pays de la zone euro, Allemagne exceptée.

Il est donc difficile d’arguer aujourd’hui que l’adhésion à l’euro est une condition indispensable à la réussite économique. Pour ma part, je ne vois pas d’argument nouveau qui justifierait l’adhésion de l’Islande à l’euro.

 

Adieu la banque : où les jeunes Islandais ayant fait des études supérieures vont-ils être employés ?

Les banques, que ce soit en Islande ou ailleurs, sont devenues des entreprises très technologiques, employant de nombreux ingénieurs, informaticiens, mathématiciens. Elles ont détourné les talents des secteurs innovants, comme les hautes technologies ou les technologies de l’information.

Après la chute des banques, ces talents se sont retrouvés sur le marché du travail. En six mois, ils avaient tous été embauchés... Et les entreprises technologiques ou de design se sont développées très rapidement depuis trois ans. Des centaines de nouvelles compagnies ont été créées. Je suis heureux de constater que les jeunes générations ont répondu à la crise de façon très créative.

Morale de l’histoire, si vous voulez que votre économie soit compétitive sur le secteur des technologies innovantes, le fait d’avoir un gros secteur bancaire est une mauvaise nouvelle, même s’il est performant.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 17:42

 

 

Marianne - Jeudi 28 Février 2013 à 05:00

 

A l'instar des gainers, ces obèses bien décidés à le rester voire à prendre du poids, les banques ont elles aussi suivi un régime grosseur. Objectif: profiter de la couverture implicite des états sur les établissements systémiques, ces fameuses banques "too big to fail". Cette assurance représente un cadeau des contribuables de plusieurs dizaines de milliards d'euros .

 

Richard Drew/AP/SIPA
Richard Drew/AP/SIPA

«Nous bénéficions effectivement du ralentissement de l’économieEn vantant les bénéfices de sa banque devant un parterre d’investisseurs, 21,3 milliards d’euros en 2012, Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, n’a sans doute pas bien mesuré la portée de ses déclarations. Elles ont tout du vendeur de canons contemplant ses caisses remplies par la boucherie d’une guerre des tranchées. Certes, ce ne sont plus les armes, mais la crise qui en Europe comme aux Etats-Unis, emporte les populations. Sur elles pèsent l’explosion du chômage, la baisse de la croissance, et, pire, le transfert de la dette des banques vers les Etats. Quant aux banques, à l’instar de JP Morgan, la vie est belle, elles prospèrent même grâce à la crise dont elles sont elles-mêmes à l’origine.
 

La banque de Jamie Dimon a même presque doublé son bilan. Elle a racheté la Bear Steam, grâce à des fonds publics. Au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, elle a profité à plein du système de financement des banques organisé conjointement par l’Etat fédéral et la banque centrale Américaine. Cette stratégie de gonflement n’est pourtant pas propre à JP. Chez nous aussi, c’est cette voix qu’a choisi la BNP-Paribas, en absorbant la banque Fortis. Déjà considéré comme too big to fail, « trop gros pour faillir », et donc devant profiter des aides de l’Etat, le bilan de notre fleuron national pèse désormais une fois le PIB de l’hexagone. Plus qu’avant la crise…
 

A l'instar des gainers, ces obèses bien décidés à le rester voire à prendre du poids, les banques ont elles aussi suivi un régime grosseur. Car, aussi étonnant que cela puisse être, le principe du « too big to fail » imposant aux Etats de se porter au secours du système financier à conduit les banques à… grossir. 


Avec la crise, les banques déjà en surpoids sont devenues obèses

Mais le paradoxe n’est que d’apparence, comme nous le révèle une récente étude de Bloomberg. Et en passant, l’agence d’information financière révèle l’ampleur du hold-up réalisé par les banksters depuis la crise.
 

On a compris que sous peine de déflagration de l’économie, les contribuables via les Etats ont été obligés de venir en aide aux banques… Problème, cette assurance s’est faite sans contrepartie : pas de prime à payer. Cette dérogation au principe fondateur de la finance se traduit par une aubaine pour les banques. Sans ce transfert du risque vers les Etats, les investisseurs percevraient les banques comme plus fragiles et les soumettraient donc à une prime de risque.

Selon les calculs de deux chercheurs, Kenichi Ueda du Fonds Monétaire International et Beatrice Weder di Mauro, de l'Université de Mayence, pour chaque dollar emprunté, les banques américaines devraient payer un surcroît de 0,8 %. Résultat, en assumant ce risque « systémique », sans le refacturer, l’Etat fédéral fait un cadeau de 83 milliards de dollars aux banques, selon l’étude précitée.

Pour JP Morgan, cette police mangerait la totalité de son bénéfice annuel. Idem, chez nous, selon, cette fois, les calculs de la New Economics Foundation. La prime « due » et non versée représentait en moyenne sur les dernières années, les ¾ des bénéfices de BNP-Paribas ou leur totalité chez Société Générale. Quant à la BPCE, ce sont 24 milliards d'euros, que la banque aurait dû verser à l'Etat pour sa protection.... 

 

Extrait du rapport de Gunther Capelle-Blancard et Jézabel Couppey-Soubeyran
Extrait du rapport de Gunther Capelle-Blancard et Jézabel Couppey-Soubeyran

Mais, peut-être, les banques payent-elles cette assurance via leurs impôts ordinaires ? La réponse est non, comme l’ont montré les deux universitaires Gunther Capelle-Blancard et Jézabel Couppey-Soubeyran, dans un rapport publié en annexe d’une publication du Conseil des prélèvements obligatoires et dont Marianne s'est fait l’écho. L’impôt sur les sociétés qui pèse sur les banques commerciales de l’hexagone. Entre 2002 et 2009, ensemble, ces établissements avaient un taux implicite d’imposition de 8 %, soit 4,5 fois moins que ce que paye la PME du coin, et presque 5 fois moins que ce qu’elles payaient sur la période 1988-1994.
 

Comme un léger problème, puisqu'aux Etats-Unis, comme en Europe, 100 % des bénéfices des banques ne seraient rien d’autre qu’un gigantesque cadeau des contribuables…

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 22:58

 

Agoravox - par Detoxinfo.fr (son site) mercredi 27 février 2013

 

Vous voulez savoir qui est le célibataire français qui déclare le plus au fisc ? Ou bien encore admirer la résidence où est rédigée la plus grosse feuille d’impôt ? Facile grâce aux efforts conjugués de l’INSEE et de Google ! Une bourde dont personne ne s’est vraiment aperçu à l’Institut mais qui n’est pas passée à côté de nombreux petits malins de l’informatique et du marketing qui se sont dépêchés d’en faire leurs choux gras. C'est un peu comme si ces derniers avaient la liste des gagnants du loto sur dix ans ...

Selon le Canard enchaîné à paraître le 27 février, le vénérable Institut national de la statistique et des études économique (INSEE) vient de commettre une belle bévue qui va sans nul doute susciter un certain émoi chez les plus riches d’entre nous.

Dans le cadre de l’opération « Open Data », l’INSEE a mis le 23 janvier dernier sur son site internet le moyen de briser le secret fiscal d’une partie significative de la population française. Grâce à Google et sans s’en rendre vraiment compte.

Tout se déroule à travers un croisement de données de l’INSEE, délivrées désormais à travers la « plateforme française d’ouverture des données publiques », dite Open Data, et les très pratiques services Google : Google Earth et Google Map.

 

Comment cela fonctionne-t-il ? Il suffit de cliquer sur l’onglet « données carroyées » et de choisir dans ce quadrillage de la France proposé par l’INSEE les « carreaux » 200 mètres par 200 mètres.

Dès lors on apprend qu’il y a près de 270.000 de ces carreaux sur lesquels il n’y a une seule résidence (secondaire ou principale). Ensuite, en affinant la recherche on sait qu’il y a environ 62.000 parcelles auxquelles ne sont rattachés qu’un seul individu.

Ensuite, il est aisé de savoir quel est le foyer fiscal composé d’un seul individu, seul dans une parcelle ayant le revenu le plus élevé.

OLIVERAIE DANS LE VAUCLUSE

Comme l’INSEE donne généreusement les données de localisation de la-dite parcelle, on peut savoir vite fait qui est l’heureux élu. Google Map est là pour ça : avec le fond d’image satellite, c’est sûr : il n’ y a qu’une seule habitation à cet endroit !

 

 

Avec l’INSEE, nous savons désormais que le célibataire déclarant le plus haut revenu (1,745 million d’euros) habite dans le Vaucluse (une belle oliveraie, merci Google) !

Autre exemple : la parcelle qui a le plus haut revenu fiscal « median par unité de consommation », 39 millions quand même, se situe dans les Yvelines. Un coup de Google et hop ! on trouve le nom de la rue et du contribuable. On ne vous donne pas le nom mais c’est un céréalier qui a commencé dans le métier avec 113 hectares de bonnes terres bio …

 

 

A qui ces fuites, « leaks » comme on dit de nos jours, vont-elles profiter le plus ? En premier lieu à des sociétés de « Data Mining » (fouilles de données qui permettent de mieux (ou très bien) connaître les prospects, les clients).

Voici le lien pour entrer sur les données Insee :

http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=0&ref_id=donnees-carroyees&page=donnees-detaillees/donnees-carroyees/donnees-carroyees-200m.htm

Et celui pour utiliser Google :

https://maps.google.fr/maps/ms?msa=0&msid=200551752597097600342.0004d59f9849d475a5204

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 21:25

 

Rue89 -Question qui tue 27/02/2013 à 10h45

Sophie Caillat | Journaliste Rue89

 

 

Au Salon de l’agriculture, par terre, cette note sur ce qui y nourrit les bêtes. Ça dit : « OGM. » Le patron de l’interprofession bétail et viande feint d’ignorer.

Au Salon de l’agriculture, tout est bon pour nous faire oublier qu’il y a seulement deux semaines, le mangeur de lasagnes préparées découvrait qu’on lui avait fait passer du cheval pour du bœuf.

Le « horsegate » est derrière nous, veut croire la filière viande, rassurée par les annonces de François Hollande en ouverture du Salon : le Président souhaite un « étiquetage obligatoire » sur les viandes des plats cuisinés. Mais comme il faut l’autorisation de Bruxelles, et que cela prendra un an et demi, on en restera pour le moment à un étiquetage volontaire.

Voir le document

(Fichier PDF)

 

« On va sortir par le haut de cette crise, on va prendre les devants et dire qu’on n’a rien à cacher », se félicite Dominique Langlois, le patron d’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande. Malheureusement pour lui, avec mon complice Xavier Denamur, le restaurateur en lutte contre la malbouffe, nous avons fouiné dans les allées du Salon et découvert, négligemment laissé par terre, le détail de ce qui nourrit le bétail, en plus de la belle herbe fraîche de nos prairies.

Nous lui avons posé la question qui tue, sans imaginer qu’il oserait une telle mauvaise foi.

 

 

Ce digne successeur de Jacques Borrel feint d’ignorer que la France importe plusieurs millions de tonnes de tourteau de soja, pour fournir à notre bétail sa ration de protéines.

« Du non OGM, on en produit de moins en moins »

Poursuivant notre chemin dans les halls de la porte de Versailles, nous sommes allés voir son homologue pour la filière cochon, Jean-Michel Serres. Bizarrement, hors caméra, le président de la Fédération nationale porcine n’est pas si langue de bois :

« L’essentiel du tourteau de soja est OGM, sa croissance est presque exponentielle. Du non OGM, on en produit de moins en moins. »

Une fois qu’il s’est félicité que la France, « grâce au colza, importe moins de protéines qu’ailleurs, 40% au lieu de 70% en moyenne en Europe », il nous livre cette anecdote révélatrice :

« J’ai discuté avec Carrefour qui était intéressé pour avoir de la viande non OGM, et me proposait 2 centimes supplémentaires par kilo si je nourrissais mes porcs avec du soja non OGM. Mais ça me coûtait 3 ou 4 centimes en réalité, donc j’ai refusé. Je ne vais quand même pas payer de ma poche pour la grande distribution. »

En attendant, le consommateur français ingurgite de la viande nourrie aux OGM sans avoir le droit d’être au courant.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:33

 

Le Monde.fr avec AFP | 27.02.2013 à 16h34 • Mis à jour le 27.02.2013 à 20h25


 
Ikea a annoncé mercredi retirer de nouveaux produits de ses rayons, après avoir reçu des premiers résultats positifs à la viande de cheval.

L'autorité d'alimentation grecque, l'Efet, a annoncé mercredi 27 février avoir découvert "de l'ADN de cheval dans des échantillons" de bœuf surgelé importé de Roumanie, dont presque une tonne a été saisie.
 

"Deux échantillons positifs ont été découverts parmi les 26 analyses effectuées jusqu'ici", a indiqué l'Efet dans un communiqué. Ces deux échantillons proviennent de 1 064 kilos de bœuf surgelé importé de Roumanie et intitulé "Frozen beef meat neck" et "Frozen beef meat topside".

  • La Russie touchée pour la première fois

De la viande de cheval a également été identifiée en Russie, près de Moscou, dans une cargaison de 20 tonnes de saucisses importées d'Autriche, ont annoncé mercredi les services vétérinaires et sanitaires russes. C'est la première fois que de la viande de cheval est identifiée en Russie depuis l'éclatement du scandale qui touche désormais la plus grande partie du continent européen.

L'entreprise en cause a été retirée de la liste des sociétés autorisées à importer de la viande en Russie et la marchandise en cause sera soit détruite, soit retournée au fournisseur. L'origine de cette viande est inconnue, et des animaux âgés et malades pourraient avoir été abattus pour produire cette viande, selon des responsables russes. La viande de cheval est relativement répandue dans les restaurants et magasins russes, où elle est considérée comme un mets haut de gamme.

  • De la viande de cheval en Lettonie

 Des traces de viande de cheval ont été détectées dans des plats cuisinés produits en Lettonie sans qu'il en soit fait mention, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires de cet Etat balte. Des tests effectués en Allemagne ont révélé la présence de viande de cheval dans des produits de la société lettone Forevers Ltd, a indiqué l'Office alimentaire et vétérinaire (PVD) dans un communiqué.

Au cours des douze derniers mois, Forevers a reçu de la viande de 203 chevaux sur les 416 abattus en Lettonie, mais aucun de ses produits n'a été étiqueté en tant que viande de cheval, selon le communiqué. L'Office a également annoncé qu'une enquête était ouverte concernant plusieurs abattoirs de chevaux qui "ne pouvaient garantir la traçabilité de cette viande". A ce stade, aucun lien n'est cependant encore établi entre la situation en Lettonie et le scandale de la viande de cheval vendue pour du bœuf dans plusieurs pays européens.

  •  Un trader néerlandais dans plusieurs filières

Le nom d'un trader néerlandais, intermédiaire qui avait fourni de la viande de cheval au français Spanghero, est réapparu mercredi 27 février dans le processus de fabrication des raviolis Panzani. La société Spanghero est soupçonnée d'avoir changé l'étiquette de lots de viande achetée à un trader néerlandais, Jan Fasen, dont la société Draap est basée à Chypre, pour faire passer de la viande de cheval en viande de bœuf.

Ce trader, qui travaille aussi pour un négociateur néerlandais Windmeijer, apparait également dans la filière d'approvisionnement des boîtes de raviolis Panzani, fabriqués par William Saurin, elle aussi éclaboussée par le scandale de la viande de cheval en lieu et place de bœuf, après celle de Spanghero qui impliquait des plats surgelés de plusieurs marques.
 

"Le 8 février, nous avons identifié que nous avions un fournisseur commun avec Spanghero, le néerlandais Windmeijer, dont le commercial est Jan Fasen, qui nous a livré de la viande bovine d'origine roumaine", a expliqué le directeur général de Gel Alpes, Patrick Maloisel, qui a fourni William Saurin.

  • Spanghero demande son placement sous procédure de sauvegarde

En première ligne dans le scandale de la viande de cheval, Spanghero, "confronté à des difficultés temporaires", a annoncé mercredi avoir demandé son placement sous procédure de sauvegarde au tribunal de commerce de Carcassonne (Aude). Spanghero lie ses difficultés au scandale et à la supension pendant plusieurs jours de ses agréments sanitaires, désormais rétablis.
 

Le site, qui emploie environ 300 salariés, fonctionne à environ 20 % de son activité habituelle pour la branche transformation de viande (à la découpe, confection de saucisses et steaks hachés) et à environ 40-50 % pour la préparation de plats cuisinés, a expliqué son directeur commercial, Christophe Giry.

Lire : Spanghero demande l'ouverture d'une procédure de sauvegarde

  • 79 tonnes saisies au Portugal

Les autorités portugaises ont saisi 79 tonnes de produits à base de viande de bœuf contenant de la viande de cheval non déclarée et cinq procédures pour fraude ont été ouvertes, a-t-on appris mercredi 27 février dans un communiqué de l'Autorité pour la sécurité alimentaire et économique (ASAE).

Les saisies ont été réalisées dans des "établissements industriels de préparation, emballage et distribution de produits à base de viande aux grandes surfaces", a précisé l'ASAE. L'agence sanitaire portugaise a indiqué avoir également saisi 18 839 paquets de produits à base de viande de bœuf contenant du cheval, notamment des lasagnes, des hamburgers, des cannellonis et des boulettes de viande.

  • Ikea retire de nouveaux produits

Le géant de l'ameublement Ikea, qui vend également des spécialités culinaires suédoises et a arrêté lundi la vente de boulettes de viande, a annoncé mercredi retirer de nouveaux produits de ses rayons, après avoir reçu des premiers résultats positifs à la viande de cheval.

Le retrait concerne les hot-dogs en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Irlande et au Portugal et deux plats typiques en Suède : les wallenbergare (un steak haché amélioré) et le kaalpudding (un gratin de choux à la viande hachée), a précisé le groupe dans un communiqué.
 

Pour aller plus loin : Viande de cheval : chronologie d'un scandale alimentaire

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 00:35

 

 

Médiapart - Blog

 

 

On ne nourrira pas le monde avec l'agriculture biologique : on entend souvent cette allégation au sujet de la sécurité alimentaire mondiale. Cette phrase revient comme un leitmotiv. Laurent Muratet Directeur du marketing et Communication à Alter Eco : produits du commerce équitable, donne son point de vue

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xxrukx_l-agriculture-biologique-ne-nourrira-pas-la-planete-info-ou-intox-le-point-de-vue-de-laurent-muratet_news#.USy_Y2c1rQp

 

*

Bernard Ronot, agriculteur céréalier en Bourgogne, converti à la bio depuis 25 ans et fondateur de l'association Graines de Noé, donne son point de vue

 

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xxpmge_l-agriculture-biologique-ne-nourrira-pas-la-planete-info-ou-intox-le-point-de-vue-de-bernard-ronot-a_news#.USzPlWc1rQo

 

*

Lydia et Claude Bourguignon microbiologistes des sols et fondateurs du LAMS (Laboratoire Analyses Microbiologiques Sols), donnent leurs points de vues :

 

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xxs161_l-agriculture-biologique-ne-nourrira-pas-la-planete-info-ou-intox-les-points-de-vues-de-lydia-et-cla_news#.USzORGc1rQo

 

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:57

 

arte.tv/fr

Dernière mise à jour le : 25-02-13

 

 

Diffusion Mardi 26 février 2013 à 22h20

 

 

Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye ?

Une enquête inédite sur les dessous des plans de sauvetage des banques européennes.

 

 

50 milliards d’euros en Grèce, 70 milliards en Irlande, 40 milliards en Espagne : au sein de la zone euro, les États se sont vus contraints les uns après les autres – moyennant des sommes astronomiques – de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite à des prêts pourris. Mais qui sont les véritables bénéficiaires de telles opérations ?

C’est en posant cette question très simple que Harald Schumann, essayiste en économie et brillant journaliste, sillonne l’Europe à la rencontre des négociateurs politiques et financiers situés aux plus hauts niveaux de responsabilités. Et obtient des
réponses pour le moins sidérantes. Car ceux qui ont été “sauvés” ne se trouvent pas – comme on tend à vouloir nous le faire croire – dans les pays en détresse, mais surtout en Allemagne et en France.

En effet, une part importante des sommes débloquées finit dans les caisses des créanciers des banques sauvées. Quant aux financiers qui ont fait de mauvais investissements, ils se retrouvent protégés contre toute perte aux frais de la collectivité. Et ce contrairement aux règles de l’économie de marché. Pourquoi ? Qui encaisse l’argent ?

 

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:09

 

Rue89 -Témoignage 25/02/2013 à 20h10

  Laure B. | Précaire

 

 

Laure B., 27 ans, ex-manutentionnaire à E. Leclerc en Haute-Savoie, raconte un système dans lequel de mauvaises statistiques promettent une sanction immédiate.

MAKING OF

Chaque jour, trois « drive » comme celui-ci ouvrent leurs portes en France. Aujourd’hui, on en compte plus de 2 000 sur tout le territoire. Ils sont donc des milliers, comme Laure B. – un pseudonyme –, à pousser le chariot à la place des clients, dans des hangars sous haute surveillance, pour 9,86 euros de l’heure (brut) par jour (un tout petit peu plus que le smic).

 

La jeune femme de 27 ans a tenu à nous donner sa version de ce phénomène en pleine explosion, sous l’œil indifférent des consommateurs. Ils sont 5 millions chaque année à faire leurs courses sur les sites internet des supermarchés.

 

Claire Branchereau

Tout le monde connaît la chaîne E. Leclerc, mais qui connaît le principe du « drive » de Ville-la-Grand en Haute-Savoie ? C’est un nouveau système d’exploitation. Il suffit d’un hangar rempli de marchandises, de personnes à la recherche d’un emploi et d’un directeur autoritaire.

Les clients passent leur commande sur Internet puis viennent chercher leurs courses sur place, c’est ça le drive.

Munis d’une « scannette », d’un chariot nommé « Dolly » – dont ils ne doivent jamais se séparer sous peine de représailles et d’un contrat à la semaine –, les employés remplissent des sacs avec les articles commandés.

C’est un manège incessant : le travailleur ne s’arrête pas durant quatre ou cinq heures en attendant son unique pause journalière d’une heure.

Au moment de l’embauche, on m’avait présenté la société comme une « entreprise sociale ».

J’ai réussi à faire virer quelqu’un d’autre

L’instrument de cette précarité extrême, la « scannette », s’empresse de surveiller sournoisement. C’est l’outil indispensable ainsi que l’espion infiltré des supérieurs. Greffée à notre main, elle enregistre le temps que le travailleur met entre chaque article, le temps qu’il met pour effectuer une commande et le temps où « il ne fait rien ».

Postés devant leur ordinateur, les supérieurs nous suivent pas à pas, minute par minute, dans l’immensité de ce hangar.

Les travailleurs sont alors mis, sans le savoir, en concurrence, non pas sur la qualité de leur travail mais sur les statistiques créées par leur performance. J’ai fait l’expérience de mauvaises statistiques et la sanction est immédiate : la révocation.


Les scanettes (Laure B.)

Le directeur vient à la fin de chaque mois et fait le tri. Il renvoie les cinq derniers qui se trouvent à ce moment-là en fin de liste [avec de mauvaises statistiques, ndlr]. Ce qui aurait dû être mon cas.

Un avertissement m’a été donné et j’avais deux heures, montre en main, pour remonter. La course s’engage pour moi dans le hangar en attrapant les produits disposés sur les étagères, les jetant dans les sacs sans savoir si j’écrase le pain ou les chips, enchaîner les commandes et bousculer les collègues dans les rayons.

Après tous ces kilomètres parcourus dans la poussière des cartons et la volonté de garder ce travail, j’ai réussi à remonter dans les statistiques et faire virer quelqu’un d’autre.

Espérer avoir un contrat... de deux semaines

Mais on ne licencie pas chez Leclerc, cette petite épicerie devenue une grande entreprise où « le salarié a des droits et est considéré », prend soin de ne pas se discréditer et surtout de ne pas devoir payer des indemnités aux salariés. Les contrats à la semaine (comme le mien) en sont alors la preuve. Il suffit de ne pas reconduire le contrat.

C’est la corde au cou des travailleurs qui deviennent des survivants de semaine en semaine, en espérant avoir un jour un contrat de deux semaines. Edouard Leclerc, le fondateur de cette épicerie se retournerait-il dans sa tombe sachant cela ?

Une corde en contrat et un fouet (la « scannette ») pour outil de travail, est-ce vraiment une entreprise à « dimension sociale » ? Ceci est le prix pour acheter moins cher chez Leclerc. Après toutes les publicités vantant cela, il faudrait peut-être se demander pourquoi.

« L’économie, vous n’y connaissez rien »

Malheureusement, ça ne s’arrête pas là. Sans parler de la dignité mise au plus bas du travailleur, ce dernier est considéré comme un outil nécessaire au rendement. Il peut être mis à pied lorsqu’il ne ramasse pas les cartons au sol si le directeur le voit.

Il peut ne pas reconduire le contrat d’une personne sans que le travailleur ait commis de faute professionnelle. Et de surcroît, cela passe par des termes vulgaires pour se faire comprendre.

Le travailleur est vu comme un individu, si je puis dire, stupide. Comme le dit le directeur :

« L’économie, vous n’y connaissez rien mais si le pognon ne va pas dans ce magasin, il va aux Etats-Unis avec Amazon. »

Ces raccourcis sont faits pour que le travailleur aille toujours plus vite.

Avec la complicité des clients

L’absurdité qui règne dans ce hangar touche aussi les clients. Le service proposé par Leclerc Drive passe aussi par le chargement de la commande dans le coffre du client.

Ces derniers nous regardent mettre leurs nombreux sacs de nourriture, leurs packs d’eau dans leur coffre sans nous aider puisque c’est un service gratuit. La gratuité amène la fainéantise des uns et le sacrifice des autres.

Soulever des sacs remplis et des packs toute la journée à répétition sans apprentissage des bons gestes – car le rendement passe avant tout –, ne permet pas de garder une bonne santé physique.

L’esprit d’équipe signerait la fin de l’entreprise

Cela est même de l’ordre de l’épuisement. Le travailleur est ainsi vidé de toute essence, sans aucun sens de la fonction de son travail. Les clients se rendent alors complices des supérieurs sans même en avoir conscience.

Qui a donc conscience de ce qui se passe derrière ces portes ? Partir de chez Leclerc ne cause pas de difficulté car :

  • soit le contrat n’est pas renouvelé,
  • soit le travailleur part de lui-même par épuisement physique et moral.

C’est pour cela que cette entreprise embauche plus que les autres : il y a un « turnover » des travailleurs, afin que personne ne puisse sympathiser ni communiquer car l’esprit d’équipe serait la fin de l’entreprise.

J’ai choisi un départ volontaire

J’ai choisi un départ volontaire. J’ai prévenu mes supérieurs plus d’un mois à l’avance et étonnamment ils voulaient me faire signer un contrat plus long, pour une fois !

J’ai refusé de signer pour ne pas être en rupture de contrat et perdre mes indemnités. On m’a répondu :

« Les dates ne sont pas importantes, ce ne sont que des formalités. »

Malgré cette touchante attention, j’ai maintenu mon refus.

Un départ après deux mois et demi de travail équivaut à sept contrats (puisque j’ai eu la chance d’en avoir un de deux semaines et un de trois semaines), et bien sûr un solde de tout compte intégrant les indemnités de chaque contrat.

Recevant les papiers de départ et le chèque, j’ai détaillé mon solde. Et comme il n’y a plus de surprise avec Leclerc car « chez Leclerc, c’est moins cher », il en est de même pour le solde de tout compte : il me manquait l’argent de mes primes de précarité.

Pas d’excuses pour ma prime de précarité

Comment une entreprise de cette envergure avec une philosophie dite sociale peut-elle oublier cela ? Sachant qu’après de nombreux appels téléphoniques à la comptable toujours indisponible, cette dernière, une fois ma situation régularisée, n’a pas été capable de me donner la moindre explication ni même de formuler des excuses.

Est-ce de l’incompétence poussée à son paroxysme ? Ou une méthode habituelle, consciente et volontaire, qui me paraît manifeste. On croirait marcher sur la tête.

Nous avons tenté de contacter ce lundi après-midi la direction du Leclerc Drive de Ville-la-Grand, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:49

 

Le Monde.fr avec AFP | 26.02.2013 à 16h12 • Mis à jour le 26.02.2013 à 16h47


 
Un agent de la Direction départementale de la protection des populations vérifie des plats surgelés dans un supermarché de Herouville Saint-Clair, dans le nord de la France, mardi 26 février.

De la viande de cheval a été détectée dans plusieurs boîtes de raviolis en conserve de la marque Panzani, fabriqués par William Saurin, qui ont été immédiatement retirées de la vente, révèle mardi 26 février le magazine spécialisé dans la distribution LSA.

 

Lire la tribune de Fabrice Nicolino : Le scandale alimentaire qui s'annonce


WILLIAM SAURIN "VICTIME D'UNE TROMPERIE"

Panzani, qui appartient au groupe espagnol Ebro, avait confié depuis 13 ans la fabrication de ses raviolis au groupe français William Saurin, propriété de Financière Turenne Lafayette. William Saurin a été "victime d'une tromperie par un de ses fournisseurs", affirme le magazine.

Contacté par l'AFP, Financière Turenne Lafayette a refusé de commenter ces informations. Panzani France n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter ces informations. Selon LSA, Panzani a immédiatement demandé à William Saurin de retirer du marché les raviolis concernés et de rembourser les consommateurs trompés.

Des test ADN ont par ailleurs été diligentés par la société, qui affirme "ne pas acheter de viande d'origine roumaine". La principale filière d'incorporation frauduleuse de viande de cheval dans des plats préparés jusqu'ici mise au jour utilisait de la viande d'origine roumaine.

 

NOUVEAUX PRÉLÈVEMENTS POUR "RÉVÉLER L'ÉTENDUE DE LA FRAUDE"

Le ministre de la consommation, Benoît Hamon, avait annoncé mardi dans la journée que de nouveaux prélèvements "dans des filières d'approvisionnement hors Spanghero" étaient réalisés dans le cadre de l'enquête sur la viande de cheval et que les sanctions des fraudeurs seront renforcées.

 "Au total ce soir, il y aura 40 prélèvements qui auront été effectuées sur des échantillons de produits hors filière Spanghero (...) afin de mesurer s'il y a plus de plats et d'entreprises incriminées que ce qui a été révélé jusqu'à présent", a déclaré le ministre lors de la présentation du bilan de l'action de la DGCCRF en 2012.

 M. Hamon avait laissé entendre le 21 février qu'"il pourrait apparaître qu'il n'y ait pas qu'une seule filière concernée par cette substitution de viande de cheval en lieu et place de viande de bœuf". "Les analyses sont en cours et permettront de révéler l'étendue de la fraude", a ajouté le ministre, sans donner les noms des sociétés dans lesquelles ces analyses étaient effectués "afin de ne pas fragiliser à tort certaines filières", a-t-il indiqué. Il n'a pas dit quand les résultats seront rendus publics.

 

 RENFORCER LES SANCTIONS

Spanghero est pour l'instant la seule entreprise française accusée d'avoir revendu plusieurs centaines de tonnes de viande censée être du bœuf mais qui contenait également du cheval. Benoît Hamon a d'autre part insisté sur la nécessité de renforcer les sanctions légales envers les fraudeurs économiques "pour faire cesser le sentiment d'impunité".
 

"Aujourd'hui, si vous volez une barquette de surgelés dans une grande surface, vous encourrez trois ans de prison et 45 000 euros d'amende alors que lorsque vous pratiquez une fraude économique sur plusieurs centaines de tonnes de viande, vous ne risquez que 37 500 euros d'amende si vous êtes une personne physique et 187 000 euros pour une personne morale. Ce n'est pas très dissuasif", a souligné le ministre. "Nous voulons donc renforcer les sanctions et ce sera fait dans le projet de loi consommation" présenté en avril, a annoncé M. Hamon.

Les sanctions envers les fraudeurs pourront ainsi passer à 300 000 euros pour les personnes physiques et 1,5 million pour les personnes morales. "Elles pourront aussi être étendues à 10 % du chiffres d'affaires de l'entreprise concernée, qui pourrait également être punie d'une interdiction d'exercer une activité commerciale dans les domaines sur lesquels la fraude a porté", a ajouté M. Hamon.

 

 DE LA VIANDE D'ÂNE ET DE CHÈVRE DANS DES PLATS PRÉPARÉS

En outre, plus de la moitié des plats préparés, saucisses ou steaks en Afrique du Sud sont mal étiquetés et contiennent même parfois de la viande d'âne ou de chèvre, selon une récente étude de l'université de Stellenbosch.
 

"Notre étude confirme que l'étiquetage frauduleux de la viande préparée est courant en Afrique du Sud. Non seulement cela viole la réglementation mais cela a des conséquences en termes économique, religieux, éthique et de santé", selon l'un des auteurs, Louw Hoffman, professeur au département des sciences animales.

La viande testée, dont 139 échantillons ont été sélectionnés en boucherie ou chez des détaillants, contenait dans 68 % des cas des ingrédients non déclarés, notamment "les saucisses, les steaks pour hamburgers et les plats préparés". Le plus souvent, du porc et du poulet ont été ajoutés, mais aussi du soja et du gluten. "Des ingrédients peu conventionnels comme de l'âne, de la chèvre et du buffle ont également été découverts dans un certain nombre de produits", a précisé M. Hoffman. L'étude s'appuie sur des tests ADN et démontre, selon l'autre auteur de l'étude, Mme Donna-Maree Cawthorn, la nécessité de peines plus sévères pour ce type d'infraction.

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:18

 

 

LE MONDE | 25.02.2013 à 11h28 • Mis à jour le 26.02.2013 à 15h55 Par Catherine Vincent


 

Le point commun entre le balbuzard-pêcheur, la loutre, l'anguille, l'écrevisse de Louisiane, le poisson-chat et la corbicule ? Tous ont été les acteurs d'une étude écotoxicologique sans précédent, menée sur l'ensemble du bassin de la Loire. Au terme de trois ans de collectes et d'analyses, ces travaux montrent qu'aucun individu d'aucune espèce, quel que soit le lieu où il vit, n'échappe à la pollution des eaux ligériennes.

Par son étendue comme par la variété de ses habitats, le bassin de la Loire constitue un hydrosystème fluvial unique en France, beaucoup plus sauvage que celui de la Seine et du Rhône. Pour déterminer son état, les auteurs de l'étude, Charles Lemarchand et Philippe Berny, respectivement écotoxicologue et vétérinaire-toxicologue à VetAgroSup (campus vétérinaire de Lyon) et René Rosoux, directeur scientifique du Muséum d'Orléans, se sont fondés sur le taux de substances toxiques retrouvées chez des animaux qui, par leur fonction prédatrice, jouent le rôle de "biocapteurs" de contaminants.

Le paysage s'éclaircit pour la loutre.

Dans les bassins du Rhône et du Rhin, des travaux similaires ont été menés sur les poissons, qui ont montré une contamination importante par les PCB (polychlorobiphényles, interdits en France depuis 1987). Mais jamais une telle variété d'espèces n'avait été sondée. Trois superprédateurs piscivores (balbuzard-pêcheur, grand cormoran et loutre), deux poissons migrateurs (anguille et mulet porc), trois poissons polyphages, trois crustacés et trois bivalves filtreurs... De quoi appréhender les phénomènes de pollution à différentes échelles spatiales : station permanente pour les bivalves, aire de manoeuvre de quelques kilomètres (poissons et loutre), échelle intercontinentale (oiseaux migrateurs)

.

DES PRODUITS TRÈS RÉMANENTS DANS L'ENVIRONNEMENT

Des têtes de bassins à l'estuaire en passant par les plaines alluviales, neuf sites de prélèvements ont été retenus. Sur chacun d'entre eux, et pour chaque espèce, la concentration de PCB a été analysée, ainsi que celle des pesticides organochlorés et organophosphorés, des métaux lourds et des herbicides anticoagulants. Au total, 54 polluants ont été recherchés.

Les conclusions sont en demi-teinte. Les contaminants les plus nocifs sont aussi ceux qui ont été détectés avec la plus grande fréquence. Comme "les pesticides organochlorés de la famille du DDT, les PCB dont les effets sur la faune sauvage sont désastreux, et, enfin, le mercure", détaille René Rosoux. Ces produits, de moins en moins employés (l'usage du DDT est interdit depuis 1972), se révèlent donc très rémanents dans l'environnement. Bonne nouvelle en revanche, les pesticides les plus récents sont plus rares chez les superprédateurs, situés au sommet de la chaîne trophique.

Si aucun représentant de la faune n'est épargné par ces toxiques, aucune des espèces étudiées ne semble menacée à court terme par cet empoisonnement. Le paysage s'éclaircit donc pour la loutre ou le balbuzard-pêcheur, qui étaient menacés d'extinction par les pesticides organochlorés il y a encore vingt ou trente ans.

 

"L'EFFET COCKTAIL DES SUBSTANCES TOXIQUES" 

L'étude montre aussi incidemment que les loutres vivant sur les contreforts du Massif central se sont révélées plus contaminées que celles de la zone estuarienne et des grands marais de l'Ouest où les sources de pollution sont bien plus grandes. "Cela casse un peu le mythe du Massif central "château d'eau" de la France mais cela n'a rien d'étonnant, explique M. Lemarchand, les toxiques voyagent dans l'atmosphère et les pluies abondantes dans cette région, les entraînent avec elles dans le lessivage des sols."

Dans leurs conclusions, les chercheurs restent prudents : "Nous connaissons encore mal l'effet cocktail des substances toxiques", résume Philippe Berny. Or celui-ci pourrait se révéler détonnant. Pour au moins deux raisons.

La première est qu'aux toxiques incriminés s'ajoutent diverses substances pharmaceutiques et hormonales, sur lesquelles les chercheurs – qui viennent de recevoir du plan "Loire Grandeur Nature" le financement nécessaire pour poursuivre leurs travaux jusqu'à la fin 2014 – vont maintenant se pencher. La seconde est le réchauffement climatique. "Il faut s'attendre dans les années à venir à une augmentation des sécheresses estivales, ce qui entraînera une concentration des polluants présents dans l'eau", prévoit Charles Lemarchand. De même, des crues hivernales plus intenses risquent de remobiliser plus largement les contaminants piégés dans les sédiments des rivières ou des barrages. Un contexte incertain, donc, dans lequel l'étude actuelle pourrait servir de référence au "temps zéro" de la biodiversité ligérienne.

Catherine Vincent

Des méthodes à part pour les espèces menacées

Les analyses menées sur les espèces menacées - loutre, balbuzard-pêcheur et grand cormoran - n'ont été effectuées que sur des individus trouvés morts, pour des raisons à la fois "légales, pratiques et éthiques".

Pour le balbuzard, les oeufs non éclos et les jeunes morts avant l'envol ont été récupérés - sur autorisation ministérielle - lors des opérations de baguage au nid. La collecte d'oiseaux retrouvés morts à la suite de noyade, de tirs illégaux ou d'électrocution sur les lignes à haute tension a complété l'échantillonnage. L'étude de la loutre, espèce sédentaire et farouche, a impliqué la collecte systématique des cadavres trouvés sur les routes du centre-ouest atlantique et du Massif central. Quant aux grands cormorans, qui viennent en hiver survoler le bassin ligérien, ils ont été récupérés lors d'opérations de tirs de régulation encadrés, destinés à limiter les déprédations des oiseaux sur les bassins et les étangs de pisciculture.

 

 
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