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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 23:35

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Gaffe à vos téléphones 06/08/2015 à 14h51

Refoulée des Etats-Unis à cause d’une conversation sur Facebook

Andréa Fradin | Journaliste Rue89
 
 

C’est une étrange histoire que relaient de nombreux médias allemands, dont le Spiegel et le Tages Spiegel. A les croire, une jeune Allemande s’est vue refoulée des Etats-Unis en raison d’une conversation privée qu’elle a eue sur Facebook.

 

Grillée par un tchat sur Facebook

Venue rendre visite à l’une de ses cousines vivant à Cleveland, la jeune fille de 19 ans a été interrogée par les autorités lors d’une escale à l’aéroport de Philadelphie. Après un premier entretien tendu, elle raconte avoir été renvoyée vers un deuxième interrogatoire. Là, une femme policier lui dit ne pas croire à sa version de l’histoire. Selon elle, la jeune Allemande a menti sur les raisons de son voyage : les quatre mois qu’elle s’apprête à passer aux Etats-Unis ne sont pas des vacances, mais du travail déguisé.

 

Passagers examinés par des agents de la TSA (administration de la sécurité des transports) à Los Angeles, au lendemain d’une fusillade, le 2 novembre 2013 (Kevork Djansezian/Getty Images/AFP)

 

Et à en croire le témoignage de la jeune fille, les autorités américaines tirent cette information de son compte Facebook, sur lequel elle aurait échangé avec sa cousine avant de venir. En lui proposant notamment de garder ses enfants dans le but de la remercier pour l’hébergement.

Pour la police américaine, le deal s’apparente à du travail au noir de jeune fille au pair. La passagère allemande aurait donc été priée de quitter le territoire.

Contacté, le service des douanes de l’aéroport de Philadelphie nous confirme, par la voix d’un porte-parole, que la jeune Allemande en question s’est bien vu refoulée. Néanmoins, il refuse d’en dire plus sur les raisons de ce refus, au motif que la loi américaine (le Privacy Act) interdit de divulguer le détail de ce genre de procédures.

Afin d’en savoir plus sur la façon dont la policière américaine a eu connaissance de ces informations privées, nous avons également sollicité la jeune Allemande – sans succès pour l’instant.

 

Téléphone, tablette, clé USB... on fouille tout !

Si cette anecdote semble incroyablement intrusive, elle demeure néanmoins réaliste. Comme le rappelait Le Parisien en 2014, de nombreux pays se réservent le droit de consulter les données contenues sur les ordinateurs des passagers. Et cela peut aller jusqu’à la copie du disque dur !

En cours notamment en Chine, la pratique est aussi valable au Canada et, donc, aux Etats-Unis. Sans mandat ni motif de suspicion particuliers, la police aux frontières a en effet le droit de fouiller les données de n’importe quel passager.

En 2013, l’association américaine de défense des libertés, l’ACLU, avait mis en lumière cette pratique mise en place, comme souvent, au nom de la lutte contre le terrorisme. Elle racontait alors comment elle avait obtenu des documents officiels sur le sujet en déposant plainte après une fouille réalisée en novembre 2010 à l’aéroport de Chicago, à l’encontre d’un soutien de Chelsea Manning – l’ancien militaire américain qui a donné des documents confidentiels à l’organisation WikiLeaks. Cette personne s’est vu confisquer ordinateur portable, téléphone, appareil photo et même clé USB après un interrogatoire.

Dans le même goût, David Miranda, le compagnon du journaliste Glenn Greenwald, qui a relayé les premières révélations d’Edward Snowden, a été détenu neuf heures en 2013 dans un aéroport britannique... Là encore, ses appareils électroniques ont été consciencieusement examinés.

Le pire, c’est qu’il est très difficile de s’opposer à la fouille de ses appareils – un refus pourrait être vu comme une obstruction. Et en la matière, les autorités américaines ne semblent pas avoir de limite : en 2014, elles annonçaient par exemple qu’elles refuseraient désormais l’embarquement de tablettes et de téléphones qui ne peuvent être allumés – au nom, là encore, de la lutte antiterroriste. Et sur ce document officiel [PDF], la douane américaine explique que grosso modo, elle se garde le droit de fouiller, copier, et garder la moindre info stockée sur le moindre appareils électronique... Même si elle assure, dans le même temps, qu’elle :

« protégera les individus contre des recherches et saisies démesurées et garantira la protection à la vie privée tout en assurant sa mission. »

En résumé, donc : si vous voyagez, prenez garde à ne pas laisser traîner sur vos appareils des infos que vous ne souhaiteriez pas voir s’afficher sous les yeux d’un policier étranger...

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 21:27

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Le contrôle des demandeurs d'emploi

Daniel Roucous
Samedi, 1 Août, 2015

 

 

Photo AFP
 
Ce 1er août débute la généralisation renforcée des contrôles de recherche d’emploi des chômeurs... qui ont aussi des droits, le premier d'entre eux étant le droit au travail.

Alors que le chômage ne cesse de grimper, le gouvernement s'essaie à inverser la courbe ascendante du chômage en créant 200 emplois de contrôleurs ! Leur mission : contrôler que les « sans emploi » recherchent bien un emploi... souvent précaire. Certes les demandeurs d'emploi ont des obligations mais aussi des droits et des recours que nous rappelons dans cette rubrique juridique de L’Humanité.fr

 

Les obligations et les droits

Tout demandeur d’emploi inscrit à Pôle emploi doit (article L5411-6 à L5411-6-3 et R5411-9 à R5411-12 du code du travail) :

- de sa propre initiative et sur proposition de Pôle emploi, faire des démarches effectives et régulières de recherche d’emploi. Celles-ci peuvent être justifiées, en cas de contrôle, par des copies de candidatures, des réponses des employeurs, des justificatifs de démarches en vue d’une création d’entreprise pour être auto-entrepreneur par exemple et tous autres justificatifs.

Pour info, depuis le mois de juillet une plateforme numérique est mise à la disposition des demandeurs d’emploi pour rechercher un emploi. Cliquez sur www.emploi-store.fr        Celles et ceux qui n’ont pas accès à Internet peuvent se connecter à ce site dans les agences de Pôle emploi.

- être immédiatement disponible et tenu de participer au PPAE (projet personnalisé d’accès à l’emploi)… même en congés maladie, paternité ou payés. A ce propos, il est possible de s’absenter de son domicile jusqu’à 35 jours par année civile (1er juin – 30 mai) à condition d’avertir Pôle emploi.

- accepter des offres raisonnables d’emploi. De quoi s’agit-il ? Une offre est considérée comme raisonnable, après 6 mois d’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi, lorsqu'elle n'entraîne pas un temps de trajet aller/retour, en transport en commun, supérieur à une heure ou à 30 km ET est compatible avec la qualification et les compétences de l’intéressé. Le demandeur d’emploi n’est pas non plus obligé d’accepter un emploi à temps partiel s’il est prévu dans le PPAE la recherche d’un emploi à temps complet, ni d’accepter un niveau de salaire inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et la profession concernées, ni d’accepter de travailler le dimanche (en attendant l’application de la loi Macron sur le travail du dimanche).

- répondre aux convocations écrites (la loi ne prévoit pas de convocation téléphonique) de Pôle emploi.

- actualiser mensuellement sa situation par téléphone au 3949, sur place ou sur le site Internet www.pole-emploi.fr rubrique « je m’actualise » en haut à gauche.

 

Cas de radiation et leurs durées

- ne pas justifier la recherche effective et répétée d’emploi, sauf pour les demandeurs d’emploi de catégories D et E (en stage, en formation, en arrêt maladie ou dispensés de recherche d’emploi) – durée de la radiation = 15 jours (1 à 6 mois si récidive),

- refuser, sans motif légitime, deux offres raisonnables d’emploi (lire ci-dessus les conditions et exceptions) -  durée de la radiation = 2 mois (2 à 6 mois si récidive),

- refuser, sans motif légitime, d’élaborer ou d’actualiser le PPAE - durée de la radiation = 2 mois (2 à 6 mois si récidive),

- refuser, sans motif légitime, toute formation ou d’aide à la recherche d’emploi proposée par les services de Pôle emploi - durée de la radiation = 15 jours (1 à 6 mois si récidive),

- refuser, sans motif légitime, de répondre à toute convocation – durée de la radiation = 2 mois (2 à 6 mois si récidive),

- refuser, sans motif légitime, de se soumettre à une visite médicale des services médicaux de main-d’œuvre pour vérifier l’aptitude au travail ou à certains types d’emplois - durée de la radiation = 2 mois (2 à 6 mois si récidive),

- refuser, sans motif légitime, une proposition de contrat d’apprentissage ou de contrat de professionnalisation ou de contrat aidé ou toute action d’insertion – durée de la radiation = 15 jours (1 à 6 mois si récidive),

- faire de fausses déclarations – durée de la radiation = 6 à 12 mois.

Notez-bien que la radiation n’est jamais définitive, que les allocations de chômage (ARE etc.) ne sont plus versées pour la seule durée de la radiation mais que celle-ci ne réduit pas la durée des droits acquis à l’indemnisation.

Références : articles L5412-1 et L5412-2 du code du travail.

 

Les recours

Comme vous l’avez lu, tout demandeur d’emploi peut motiver son refus (motif légitime) et dispose de 15 jours (samedis, dimanches, jours fériés et chômés inclus) pour le faire à compter de l’envoi de la lettre d’avertissement par Pole emploi.

Possibilité également de demander un rendez-vous au directeur de l’agence et de se faire accompagner d’une personne de son choix.

Si la radiation est maintenue ET surtout motivée par Pole emploi, elle est alors notifiée par écrit au demandeur d’emploi et au préfet.

Les recours possibles dans cet ordre :

- recours amiable auprès du directeur de l’agence,

- recours auprès du médiateur en cliquant sur http://www.pole-emploi.fr/candidat/le-mediateur-de-pole-emploi-@/article.jspz?id=60586

- si rien n’aboutit recours contentieux auprès du tribunal administratif.

C’est un peu la même procédure face aux contrôleurs. Les demandeurs d’emploi convoqués ou visités doivent motiver les raisons du non respect de leurs obligations et disposent des mêmes recours ci-dessus.

 

Notre article sur les droits et le montant de l’ARE (allocation de retour à l’emploi) :

http://www.humanite.fr/lallocation-daide-au-retour-lemploi-are-574790

 

En pièce jointe : les différentes catégories de demandeurs d'emploi.

 

Document à télécharger: 
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 21:40

 

Source : https://www.laquadrature.net

 

 

Défendons la Neutralité du Net en Europe : sauvons Internet !

Surveillance de tous les citoyens : le gouvernement a désormais carte blanche

 

 

 

Paris, 29 juillet 2015 — Le Conseil constitutionnel a rendu, jeudi 23 juillet, une décision historique par son mépris des libertés individuelles, du respect de la vie privée et de la liberté d'expression. Les «  sages » ont choisi de faire l'économie d'une analyse réelle de la proportionnalité des lois de surveillance et démontré ainsi leur volonté de ne pas enrayer le jeu politique, pour finalement endosser le rôle de chambre d'enregistrement.

Communiqué commun de l'Observatoire des Libertés et du Numérique (OLN)1

Pourtant, le Conseil constitutionnel avait reçu de nombreuses contributions des organisations citoyennes, via la procédure de la porte étroite, appelant à une analyse en profondeur de la loi et une censure de nombreuses dispositions, à commencer par les trop nombreuses et trop larges finalités. Bien sûr, le Conseil constitutionnel donne les limites de chacune des finalités, en renvoyant aux différents articles des différents codes (pénal et de procédure pénale, de la défense et de la sécurité intérieure). Toutefois ces finalités restent si larges que toute « atteinte à l'ordre public », comme la participation à une manifestation, peut faire l'objet d'une technique de renseignement. Ainsi, il reviendra aux services de renseignement puis à la CNCTR de définir dans l'urgence ce qui entre dans le champ des finalités, sans aucun contrôle judiciaire.

Par ailleurs, la validation de la mise à l'écart du juge affaiblit profondément le principe de séparation des pouvoirs, qui constitue pourtant une garantie démocratique fondamentale. Le juge judiciaire, garant des libertés individuelles, est totalement écarté. Quant au Conseil d'État, il pourra en principe être saisi de plaintes par les citoyens, concernant des procédures qui leur sont inconnues, puisque secrètes par nature. C'est dire si l'on est loin d'un droit de recours effectif !

Sur les techniques de renseignement, le Conseil constitutionnel choisit la démonstration par la tautologie : pur écho au gouvernement, il affirme que « ces dispositions ne portent pas une atteinte manifestement disproportionnée au droit au respect de la vie privée ». Quant aux risques liés au fonctionnement des algorithmes et aux faux-positifs, il se garde bien d'en mesurer les effets.

Le Conseil constitutionnel ne s'inquiète pas davantage du secret professionnel des avocats et parlementaires ou du secret des sources des journalistes. Il ne craint pas d'écrire que la collecte des métadonnées, dès lors qu'il ne s'agit pas du contenu des correspondances, ne porte pas atteinte au droit au secret des correspondances et à la liberté d'expression. Ainsi, il fait fi de la quasi-impossibilité de déterminer, par avance, si les données interceptées relèvent d'échanges professionnels ou personnels.

Ce n'est pourtant pas faute d'arguments juridiques étayés, ni de décryptages techniques mis à sa disposition par de nombreux mémoires 2. Pour n'avoir pas voulu voir la réalité concrète d'une terminologie nébuleuse — ce que sont, et ce que produisent un IMSI catcher ou une « boîte noire » — et pour n'avoir pas voulu la confronter, dans une analyse systématique, avec les articles de la Constitution qui consacrent pourtant la séparation des pouvoirs, le secret des correspondances et le droit au respect de la vie privée, le Conseil constitutionnel signe ici une double démission.

Ce ne sont finalement que les quelques dispositions qui crient à l'inconstitutionnalité — dont la surveillance internationale sans aucun contrôle de la CNCTR — ou qui heurtent des principes purement formels — une disposition budgétaire que l'on devra ranger dans la loi de finance plutôt que dans une loi ordinaire — qui ont retenu l'attention de la plus haute juridiction française. Le message est clair : le Conseil constitutionnel n'est pas un frein au « progrès décisif » (selon l'expression de Manuel Valls) que constitue la surveillance généralisée de la population.

L'Observatoire des libertés et du numérique condamne fortement cette dérive vers une société panoptique où tous les citoyens seront susceptibles d'être surveillés, et qui témoigne du naufrage d'un pouvoir aux abois prêt à bafouer les valeurs fondamentales de la République et œuvrant contre l'intérêt de tous en manipulant les peurs. Cette défaite doit résonner comme un appel pour tous les citoyens : mobilisons-nous toujours plus pour défendre nos libertés !

 

Source : https://www.laquadrature.net

 

 

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 20:56

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

En cachette

Ces robots qui façonnent Internet à votre image

 

 

Avec la personnalisation des contenus, le Web est en passe de subir une métamorphose colossale. Mais il n’est pas sûr que vous vous en rendiez compte...
 
 
Altaf Qadri/AP/SIPA
 

Tôt ou tard, il pourrait y avoir autant de versions d’Internet que d’utilisateurs. Ses pages seront à l’effigie de votre voisin qui travaille dans la mode, son contenu se pliera aux goûts du villageois éthiopien connecté à Facebook, se conformera aux opinions favorables au parti républicain américain du trader freelance camé aux tablettes numériques. Il sera tout cela en même temps, mais vous n’en saurez rien. La personnalisation du Web, une idée en vogue dans les ateliers de la Silicon Valley, pourrait transformer Internet en une hydre à six milliards de têtes, individualisé pour tous.

 

Facebook, Amazon, Google : à la pointe

Tout voir à travers la lucarne de nos préférences ? Amazon, Facebook, Google, Netflix, et autres mastodontes du Web, à travers leurs algorithmes de recommandation, en donnent déjà des signes avant-coureurs. Le fonctionnement d’Internet repose de plus en plus sur des processus automatisés, pour offrir des contenus personnalisés grâce à des calculs et des mises en équations réalisés par des aréopages d’ingénieurs formés dans ce but.

Prenez Facebook. Qui n’a pas déjà vécu ces intrusions publicitaires qui, peu après que vous ayez consulté un site de tourisme sur le Congo, vous proposent via RyanAir un aller-retour en avion pour Brazzaville ?

Essayez Amazon. Vous avez aimé (et commandé) Cinquante nuances de Grey de E. L. James ? Les suggestions, en bas de la page, vous assurent que vous adorerez Une semaine de vacances de Christine Angot. En revanche, Guerre et paix de Tolstoï, ce sera pour une autre fois, essayez donc la brocante du coin.

Voyez Netflix. Grâce aux préférences que vous avez renseignées sur votre compte, son cerveau numérique vous conseillera, après avoir bouclé « Better Call Saul », d’embrayer sur la série futuriste « Sense8 ». Cela vous plaira, vous verrez.

« Celui qui a la puissance de conseil et de recommandation a un pouvoir incroyable », observait, pour Le Monde, le directeur marketing des nouveaux usages d’Orange France. Sur les médias sociaux et les sites de e-commerce, les algorithmes de suggestion carburent à plein. En basant leurs résultats sur l’historique de vos comportements en ligne, les évaluations des autres clients, ils sont quasi-sûrs de faire mouche. Au nom d’une meilleure « expérience client », la collecte de données vise à « mieux servir l’audience », obtenir « l’engagement du visiteur » et à lui suggérer des produits culturels proches de ses goûts. Un « Web de l’attention » plus proche de ses internautes. Si nous n’en vivons aujourd’hui que les prémices, les conséquences éthiques de ce type de technologies pourraient devenir problématiques.

 

 

Tracking, mémorisation

Sur Internet, tous nos faits et gestes sont mémorisés. Chaque clic, consultation, « like », « retweet », achat, évaluation, tous ces mouvements sont collectés, emmagasinés, et réutilisés ensuite pour orienter discrètement ce qui s’affichera dans nos navigateurs et sur nos applications. En sondant les stocks volumineux de nos données personnelles (data mining), historique des sites consultés, cookies, géolocalisation, recherches Google, voire — avec les objets connectés — données corporelles, la personnalisation du Web, fondée sur la somme de nos préférences, se calibre intimement sur le profil de chacun. Newsfeed, l’algorithme de Facebook, prend déjà plus de 100 000 facteurs en compte.

Opérée par l’entremise d’un traçage sans douleurs apparentes, cette collecte des données laissées par les internautes se perfectionne de plus en plus. Quitte à devenir flippante. Le 21 juillet, Google a lancé l'historique de localisation de Google Maps, intitulé « Your Time », qui retrace tous vos déplacements et indique chronologiquement tous les endroits visités, avec l’adresse, l’heure d’arrivée, de départ, le moyen de locomotion utilisé…

Lorsque le e-commerce se mâtine de lois de probabilité qui s’appuient sur le profilage de l’internaute, le réel peut dépasser l’entendement. Comme en 2013, quand Amazon a élaboré un programme lui permettant d’anticiper les achats, et d’expédier des colis dans des centres de distribution, avant même qu’ils n'aient été commandés. Ce que raconte le Figaro en extrapolant un peu. Dans ce jeu de devinettes, le géant américain (qui reconnaît une marge d’erreur) se fonde sur l’étude des habitudes des utilisateurs : tendances, achats précédents, recherches, contenu du panier, temps passé sur la page d’un produit.

 

A individu différent, journal différent

Couplée à l’automatisation des contenus, la personnalisation à outrance peut donner lieu à des situations complètement ubuesques. Et si, en cliquant sur un même lien, deux individus se retrouvaient face à deux pages tout à fait différentes ? Admettons que le traçage de mes cookies laisse à croire que je suis diplômé d’HEC et que je consulte avec frénésie le site du journal Les Echos. L’article que je lirai sur ma tablette sera bien plus fouillé et subtil que celui de mon voisin de bus, gros lecteur des pages sport de Direct Matin sur iPhone. 

Ces exemples sont sensiblement similaires à ceux que donnent Evgeny Morozov dans Le Monde Diplomatique. « Ecrire et modifier des articles instantanément, les personnaliser afin qu’ils s’adaptent aux intérêts et aux habitudes intellectuelles du lecteur : c’est exactement le but du journalisme automatique », relève l’écrivain, spécialiste des questions technologiques. Des articles de journaux sont déjà écrits en temps réel par les robots de la société Narrative Science.

 

Une zone de confort radicalement déterministe

A juste titre, les partisans d'un alter-Internet estiment que cette logique de fond nous enferme dans une zone de confort. Ce déterminisme automatisé, enraciné dans nos préférences passées et compilées, est potentiellement abrutissant. Et si un internaute qui passe son adolescence à lire des articles sur Nabilla, et à regarder la série « Gossip Girls » en streaming, ne se voyait plus jamais proposer que des contenus de cet ordre ? « C’est une dystopie terrifiante, dont j’espère qu’elle n’adviendra jamais », juge Basile Simon, « hacker-journaliste » de la BBC, qui travaille sur la personnalisation des contenus sur le site Web de la chaîne. « La peur de dépendre de l’algorithme, de dépendre du pouvoir, est une peur fondée », dit-il. Est-il concevable pour un algorithme de penser que nos vies sont faites d’aspérités ? Que nos existences ne sont pas totalement linéaires ? Que nos expériences et turpitudes quotidiennes influent sur nos goûts ?

Dans The Filter Bubble (2011), le militant libertaire Eli Pariser explique que les algorithmes de personnalisation font disparaître certains commentaires, actualités, publications, de gens qui ne sont pas du même bord que nous. Recroquevillé sur notre propre univers cognitif et culturel, notre « bulle », tout accès à l’information, à la culture, les commentaires, devient alors axé sur nous-mêmes.

« Dans une société entièrement personnalisée, comment évoluera la créativité ?, interroge à son tour Philippe Vion-Dury, ancien journaliste tech à Rue89, en train d’écrire un livre sur la prise de pouvoir des algorithmes, Le choc créatif est censé germer sur la sérendipité (la découverte de façon fortuite, ndlr), les choses inattendues, le conflit, qui nous sortent de nos biais cognitifs traditionnels. » Sans ça, nous voilà plongés dans cette zone de confort à l'extrême, de mollesse totale, qui fait écho à l'état du « dernier homme » de Nietzsche, où toute rivalité, toute conflictualité a disparu. Le risque ? Se trouver plongé dans un univers narcissique sans diversité, où la pensée critique n'a pas sa place.

Surtout que le Web 2.0 est un espace bizarre. Outre sa nature communautaire, via nos échanges sur réseaux sociaux, nous avons spontanément l’impression que nous savons tout sur tout, alors que cet univers est sculpté suivant nos préférences — bouchant avec du plâtre ce qui ne suscite aucun intérêt, appliquant un « coup de polish » à ce dont on est féru. Le tout sans forcément que l’on s’en rendre compte. Paru en juillet 2014, un sondage du MIT a montré que 70 % des utilisateurs disent ne même pas avoir conscience qu’un algorithme est à l’œuvre sur Facebook.

 

Une sérendipité calculée ?

Bien sûr, disent leurs promoteurs, les algorithmes peuvent se plier aux chartes éthiques et, en plus de fidéliser les audiences, conserver des formes de diversités, des marges de découvertes. « Il ne faut pas voir ce procédé comme un algorithme monolithique, mais plutôt comme un ensemble de solutions, une volonté d’organiser, témoigne Basile Simon de la BBC. Enfermer quelqu’un dans un historique de choses passées, pourra amener à un désintérêt complet. D’où l’intérêt d’offrir un retour en arrière, d’utiliser une troisième voie, celle du consentement express, qui est donné par la création d’un compte et par la construction d’un profil en répondant à des questions. »

Optimiste, le hacker estime que « tout le monde fera le choix noble vis-à-vis de ses utilisateurs ». En théorie, il est bien évident que les faits techniques peuvent se plier à l’intérêt du plus grand nombre, comme à la BBC, qui est un service public. Mais en temps de crise ? « Dans un univers concurrentiel où les médias s’effondrent, en pleine crise, quand on a un Xavier Niel à la tête de journaux, il faut se demander quel sera le poids de l’éthique face à la survie », ironise Philippe Vion-Dury. Et de tacler : « Les nouveaux médias qui font de la curation (de la sélection de contenus, ndlr), comme Google, ne sont pas liées par l’éthique. Le jour où l’éthique posera une barrière importante, réduira l’opportunité de profits, des ogres de ce genre n’hésiteront pas. »

 

Vous aimerez: 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 20:58

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

 

La planète ne digère pas notre consommation de viande

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le
 

 

Les spécialistes préviennent: si l'on continue ainsi, l'élevage va épuiser la planète et la pêche faire disparaître les espèces commerciales de poissons d'ici 2050.

 

Au sommet de la chaîne alimentaire, les humains ont pris leurs aises, mais avec la surpêche qui vide les océans et l'aquaculture et l'élevage qui polluent l'eau, les sols et l'atmosphère, il faudra bien changer d'habitudes. Nourrir l'humanité -9 milliards d'individus à l'horizon 2050 selon les prévisions de l'ONU- nécessitera d'adapter nos comportements, surtout chez les plus riches, et d'aider massivement les pays en développement. 

 

Selon un rapport de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, publié jeudi, la production mondiale de viande devrait doubler pour atteindre 463 millions de tonnes afin de répondre à la demande mondiale. 

 

Un Chinois qui consommait 13,7 kg viande en 1980 en mange en moyenne 59,5 kg aujourd'hui. Dans les pays développés, on mange plus de 80 kg/personne/an. 

 

Du gaspillage

"Comment l'empêcher? quand le revenu augmente, la consommation de produits carnés et laitiers fait de même: il n'y a pas un exemple contraire au monde", constate Hervé Guyomard, directeur scientifique Agriculture de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique), pilote du rapport "Agrimonde"sur "les systèmes agricoles et alimentaires mondiaux à l'horizon 2050". 

 

Aujourd'hui, l'agriculture produit 4600 kilocalories/jour/habitant - largement de quoi nourrir 6 milliards d'individus. Mais sur ce total, 800 sont perdues au champ (maladies, insectes, stockage...), 1500 dédiées à l'alimentation des animaux -qui n'en restituent en moyenne que 500 dans l'assiette- et 800 sont encore perdues en gaspillage dans les pays développé

 

En outre, l'élevage coûte cher à l'environnement: 8% de la consommation mondiale d'eau, 18% des émissions de gaz à effet de serre (davantage que les transports) et 37% du méthane (21 fois plus réchauffant que le CO2) émis par les activités humaines. 

 

Et bien que source essentielle de protéines, la viande rouge n'est pas "rentable" au plan alimentaire: "Il faut 3 calories végétales pour produire 1 calorie de poulet; 7 pour une de cochon et 9 pour une calorie bovine", souligne Hervé Guyomard. 

 

Ainsi, plus d'un tiers (37%) de la production mondiale de céréales sert à nourrir le bétail -56% dans les pays riches- selon le World Ressources Institute

 

Un luxe, même si Hervé Guyomard nuance en rappelant les services rendus par un bovin: "seul capable de valoriser l'herbe, substitut à la mécanisation et producteur d'engrais par ses déjections". 

Freinons sur la viande, quid du poisson? Les océans ne peuvent plus être pris pour des garde-manger inépuisables: selon Philippe Cury (Une mer sans poissons, Calmann-Lévy), directeur de recherches à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), le nombre de bateaux de pêche est deux à trois fois supérieur aux capacités de reconstitution de la ressource. 

A ce rythme, la totalité des espèces commerciales aura disparu en 2050. A force de s'attaquer aux grands prédateurs comme le thon rouge, le consommateur est en train de détraquer le système, prévient aussi Gerry Leape, du Pew Environment Group. "Il va falloir apprendre à redescendre dans la chaîne alimentaire, sinon il n'y a plus personne pour manger les espèces du dessous qui se mettent à proliférer, comme les méduses", explique-t-il. 

L'aquaculture ne peut présenter une alternative que si elle modifie ses pratiques, très polluantes. Elle aussi surconsomme: 4 kg d'anchois ou de sardines pour produire 1 kg de saumon, et jusqu'à 14 kg de poisson pour 1 kg de thon.... 


 

Source : http://www.lexpress.fr

 

 

 

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 18:20

 

Source : http://www.sciencesetavenir.fr

 

 

Droit des animaux : un employé de SeaWorld aurait infiltré l'association PETA

Le parc aquatique américain aurait envoyé des agents infiltrer l'association de défense des animaux PETA. Le but ? Inciter aux actions violentes... pour discréditer PETA !

 

Le parc SeaWorld d'Orlando, en Floride. © MATT STROSHANE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFPLe parc SeaWorld d'Orlando, en Floride. © MATT STROSHANE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
 
 

À lire aussi

 

 

CAPTIVITÉ. SeaWorld a suspendu un de ses employés, accusé par une association écologiste de s'être infiltré dans ses rangs. L'organisation de défense des animaux PETA a affirmé que l'entreprise américaine de parcs aquatiques avait envoyé un agent infiltré dans ses rangs pour participer à des rassemblements et inciter les défenseurs des animaux à mener des actions violentes. De tels débordements auraient probablement discrédité l'organisation. En arrière-plan de l'affaire, la question du traitement des orques, dont la vie en captivité fait polémique.

 

La liste des infiltrés

"Ces allégations à l'égard (...) d'un employé de SeaWorld sont très préoccupantes. Ces allégations, si elles sont avérées, ne sont pas cohérentes avec les valeurs de SeaWorld et ne seront pas tolérées, a réagi le groupe basé à Miami dans un communiqué. Nous avons placé l'employé en question en congé administratif le temps de mener notre enquête". Mais PETA avance que "Seaworld n'a pas limité ses efforts d'espionnage aux activités" de cet employé. Seaworld a "embauché des manifestants pour assister à des rassemblements (contre les parcs à thème) et PETA enquête actuellement sur deux autres hommes qui seraient des employés de SeaWorld recrutés pour infiltrer PETA en tant que 'volontaires', et la liste va s'allonger", affirme l'association. "Suspendre vos propres agents est une bonne vieille technique, souvent accompagnée d'ententes secrètes avec des compensations et la promesse de les réintégrer lorsque les choses se calmeront", a poursuivi l'association.

 

SeaWorld avait reconnu l'année dernière que ses revenus avaient diminué en partie en raison de campagnes dénonçant les spectacles avec des orques. En 2013, la diffusion par une chaîne nationale du documentaire acclamé "Blackfish" ("L'orque tueuse" en France, diffusé en 2014) avait alimenté le débat sur les dangers de la vie captivité pour les orques. SeaWorld a depuis entamé des travaux d'agrandissement de ses delphinariums, qui doivent être terminés en 2018.

 

 

 

Source : http://www.sciencesetavenir.fr

 

 

 

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 17:32

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Liberté d’expression ?

Polices françaises et allemandes tentent d’entraver le tour d’Europe des alternatives

par

 

 

 

Le Tour Alternatiba, c’est un tour de France et d’Europe à vélo, pour promouvoir les alternatives écologiques et la transition énergétique dans l’espoir de limiter le réchauffement climatique. Un périple de 5 600 kms parti le 5 juin de Bayonne. Mais cette initiative ne semble pas plaire aux polices française et allemande qui ont tenté de bloquer les cyclistes. Pour cause de dopage ? Pas vraiment...

Le 20 juillet, les membres du tour marquent une pause devant la centrale nucléaire de Fessenheim. Rien d’interdit jusque-là dans un État de droit... Devant plusieurs médias et caméras, un porte-parole déplore que les milliards engloutis dans la filière nucléaire ne soient pas plutôt investis dans les politiques de sobriété énergétique, comme l’isolation des logements ou le développement des transports collectifs de proximité.

 

 

Le porte-parole d’Alternatiba dénonce également la fermeture de Nexcis, une filiale d’EDF à Aix-en-Provence, qui fabrique des vitres à la fois isolantes et productrices d’énergie solaire (notre enquête). Un exemple qui montre bien, pour les organisateurs d’Alternatiba, « que les investissements actuels tournent le dos aux économies d’énergies et aux énergies renouvelables, grâce auxquelles beaucoup plus d’emplois pourraient être créés, répartis sur tout le territoire français, qu’avec les énergies fossiles ou nucléaire ».

 

Une première opération de fichage depuis le départ du Tour

Les cyclistes reprennent ensuite la route et font une pause repas dans une ferme coopérative et alternative à Tunsel, en Allemagne. C’est là que la situation se complique avec l’arrivée de sept véhicules de police sur les lieux. « Ils ont annoncé aux cyclistes que la France avait demandé au procureur de Freibourg de contrôler l’identité de tous les cyclistes présents, et qu’en cas de refus de leur part, il convenait de bloquer le Tour », relate le communiqué d’Alternatiba. Malgré les protestations, les cyclistes, bloqués par les policiers, déclinent finalement leur identité pour ne pas mettre en retard le périple, expliquent-ils.

 

 

« Cette histoire est tout simplement surréaliste, dénoncent les organisateurs. En plein année de la COP21, la France demande à un pays étranger de bloquer le passage d’une mobilisation climatique à la fois 100 % citoyenne, entièrement pacifique et particulièrement constructive. La liberté d’expression connaitrait-elle des limites en France dès lors qu’on évoque la question du nucléaire ? ». Les cyclistes fichés étudient les possibilités de déposer une plainte contre l’intervention de la police allemande. Il s’agit également pour eux de savoir qui a fait cette demande auprès du procureur de Fribourg, et avec quelle motivation.

Ironie de l’histoire, dans une lettre officielle du 10 juillet, la ministre de l’écologie Ségolène Royal vient d’attribuer le label COP21 [1] au Tour Alternatiba. En dépit de ces déboires, la mobilisation se poursuit avec déjà, au compteur de ces cyclistes militants, plus de 2 300 kms. Au terme de ces 35 premières journées, le tour Alternatiba a participé à des dizaines de conférences publiques, de manifestations à vélos, plusieurs concerts et villages associatifs, ainsi que d’innombrables rencontres avec les collectifs, associations et élus locaux. Il leur reste un peu plus de 3 000 kms à parcourir avant d’atteindre Paris le 26 septembre prochain.

Tous nos articles sur la dynamique Alternatiba à retrouver ici.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 17:21

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Grand format

La malédiction des phosphates : dans les coulisses polluées et désertifiées de l’agriculture chimique

par , Simon Gouin, Sophie Chapelle

 

 

 

 

En France et en Europe, le recours intensif aux phosphates dans l’agriculture provoque un appauvrissement des sols, pollue les rivières et génère la prolifération des algues vertes. Mais d’où viennent ces phosphates chimiques qui nous servent d’engrais ? De leur dispersion dans les campagnes françaises à leur extraction minière, Basta ! a remonté la filière du phosphate jusqu’en Tunisie, longtemps l’un des principaux fournisseurs de l’Europe. Oasis en voie de désertification, pathologies, pollution marine : ses impacts environnementaux, sanitaires et sociaux y sont également désastreux. Le phosphate, meilleur ami des agriculteurs, vraiment ? Reportage.

 

Pour profiter de ce reportage en grand format, c’est ici.

Sur les plages du Finistère, les algues vertes prolifèrent de nouveau depuis fin mai. A presque 3000 kilomètres de là, sur le littoral tunisien, les habitants de la ville de Gabès sont confrontés à une grave pollution de l’eau, de l’air et de leurs terres, et redoutent la disparition de leur oasis côtière. Le point commun entre ces maux ? Les phosphates.

En Europe, les phosphates sont abondamment utilisés dans l’agriculture comme engrais, en tant que source de phosphore, mais aussi d’azote, de calcium et d’aluminium. Initialement apporté aux cultures sous forme organique (fumiers ou compost par exemple), le phosphore est de plus en plus épandu sur les terres agricoles européennes sous forme chimique [1].

 

Si les conséquences de la sur-utilisation d’engrais phosphatés sont déjà visibles en France et en Europe [2], qu’en est-il en amont de la filière ? Basta ! a remonté la piste jusqu’en Tunisie où la production et la transformation du phosphate constituent l’un des principaux revenus du pays, avec le tourisme. La Tunisie était rangée au cinquième rang des producteurs mondiaux jusqu’en 2010 (4 % du PIB du pays, 10 % des exportations) [3]. Elle a été, pendant une décennie, l’un des trois principaux fournisseurs d’engrais chimiques de l’Europe, avec le Maroc et la Russie [4]. Confrontée aujourd’hui à des troubles sociaux, l’industrie du phosphate tunisienne est en perte de vitesse. Les contestations qui la paralysent ne sont pas sans lien avec les conséquences environnementales et sanitaires de la production et du traitement du phosphate. Et de décennies d’inconséquences.

 

Mais où est passée l’eau de l’oasis ?

Pour mieux comprendre l’impact du phosphate sur l’environnement, il faut se rendre à Gabès, à 450 kilomètres au sud de Tunis. Autour de cette ville grise qui borde la Méditerranée, on trouve une ceinture verte de palmiers, d’arbres fruitiers et de maraîchage. Un oasis maritime de 170 hectares où se rencontrent les eaux salées et les eaux douces. Pourtant, en ce mois de mars, seul de petites rigoles coulent ici ou là, dans le fond de la vallée. Une situation exceptionnelle ? Pas vraiment. « Les sources naturelles d’eau ont tari depuis des années », explique Mabrouk Jabri, un instituteur à la retraite. « Maintenant, on n’a accès à l’eau qu’avec des forages », ajoute Abdekhader Béji, un ouvrier agricole.

 

Mais où est passée l’eau qui faisait autrefois de cet oasis un petit paradis sur terre ? Tous les témoignages pointent le Groupe chimique tunisien (GCT). En 1970, cette entreprise d’État s’est installée sur les rives du golfe de Gabès. Elle transforme chaque année environ quatre millions de tonnes de phosphate en engrais et en détergent, dont 90 % sont ensuite exportés par bateau vers l’Europe ou le reste du monde. Une petite partie, l’engrais ammonitrate, serait consommée localement. Pour transformer le phosphate, l’usine utilise de l’eau, beaucoup d’eau. 7 à 8 mètres cubes sont nécessaires pour produire une tonne d’acide phosphorique. Soit la contenance de plus de 50 baignoires standard. « Depuis l’installation du GCT, il y a une diminution remarquable de l’eau dans l’oasis », avance Skandar Rejeb, un professeur d’université et membre de l’Association de sauvegarde de l’oasis de Chenini (Asoc).

 

Photos d’archives du Groupe chimique tunisien :

Photo du GCT, mars 2015 :

L’agriculture dans l’oasis a été bouleversée. Il est de plus en plus difficile de cultiver ses parcelles, particulièrement en été, où les paysans doivent attendre deux mois et demi pour irriguer leurs cultures. « Autrefois, c’était entre 10 et 15 jours », se rappelle l’instituteur Mabrouk Jabri. Puisque l’eau douce se tarit, l’eau salée devient plus présente et détériore les cultures. La biodiversité s’amenuise. « Des espèces d’arbres qu’on voyait dans chaque parcelle disparaissent progressivement, comme les pommiers, les pêchers et les abricotiers », raconte Abdekhader Béji. Face aux difficultés, les jeunes se détournent progressivement de l’agriculture. « L’oasis était un lieu de vie où chaque famille cultivait son lopin de terre. Aujourd’hui, c’est tout un savoir-faire qui est en train de disparaître. » L’oasis ne représenterait plus que 170 hectares. Il en comptait 750 en 1970. Un paradoxe, alors que les phosphates servent à augmenter les rendements agricoles, de l’autre côté de la Méditerranée !

Photos d’archives de l’oasis :

 

Photo de l’oasis aujourd’hui :

 

« La mer est malade »

L’agriculture de la région n’est pas la seule à être affectée par le Groupe chimique tunisien. En bord de mer, les chalutiers sont amarrés. Seuls de petits bateaux lèvent l’ancre. L’activité du port tourne au ralenti. « Avant l’implantation de l’usine, le golfe de Gabès était un paradis pour les pêcheurs, car c’est un lieu où les poissons se reproduisent, la pépinière de la Méditerranée, expliquent Abdelmajd Ghoul et Fathi Fetoui, deux armateurs. Aujourd’hui, 90 % des poissons ont disparu. La mer est malade. » Là aussi, le GCT est pointé du doigt : tous les jours, le groupe industriel rejette dans la mer environ 13 000 tonnes de boues chargées en phosphogypse, un des déchets de la transformation du phosphate. « Le fond de la mer est tapissé par ces boues, indiquent les pêcheurs. A cause du manque d’oxygène, les fonds marins se sont désertifiés. Les poissons manquent de nourriture. Et quand le soleil tape sur l’eau, une réaction chimique s’opère entre les boues et l’eau. »

 

Un désastre environnemental qui débute au pied de l’usine, où des boues noires affluent à longueur de journée et se jettent dans la Méditerranée. Pour les pêcheurs, les conséquences sont désastreuses. Un des deux armateurs employait 15 marins. Ils ne sont plus que sept. Pour trouver du poisson, ils doivent aller plus loin, vers le Nord et la ville de Sfax. Mais cela demande plus de carburant, donc les coûts augmentent. Faute de travail, de moins en moins de pêcheurs ont accès à la sécurité sociale. Certains ont vendu leur matériel ; d’autres continuent leur activité et réparent régulièrement leurs filets pris dans la colle jaunâtre qui tapisse les fonds marins. A cela s’ajoute un problème de surpêche de gros chalutiers et un manque de contrôle des

autorités.

 

 

 

Plus de maladies qu’ailleurs ?

En plus des pêcheurs, Gabès a vu ses plages désertées et les touristes disparaître. Les fumées de l’usine et l’odeur de soufre qui rend parfois l’air de la ville irrespirable ont eu raison de son attrait touristique. La dégradation de la qualité de l’air inquiète la population. Les rejets atmosphériques du GCT sont accusés de provoquer des cancers et des cas de fluorose. Cette maladie, Moekles, un jeune informaticien, en est atteint. « J’ai des douleurs aux os, et je peux facilement me casser quelque chose, explique-t-il. Je dois faire attention à chacun de mes mouvements. » Le médecin qui le suit n’a pas fait le lien avec les rejets de l’usine de fluor adossée au GCT. Mais les symptômes de Moekles ne sont pas rares.

Foued Kraiem, le président de l’Association tunisienne de l’environnement et de la nature, suit de près les conséquences de l’industrie du phosphate. Pour lui, la région de Gabès recense une forte densité de maladies, dont des cancers. « Dans certaines familles, plusieurs membres sont malades », atteste t-il, évoquant également des pathologies pulmonaires comme les allergies ou l’asthme. Les malades sont obligés de se rendre à Sfax, à 2h30 de route, pour être soignés, car Gabès n’a pas les infrastructures hospitalières nécessaires. « Nous demandons qu’il y ait une vraie étude épidémiologique, sur 3000 familles », réclame Foued Kraiem. Une étude qui permettrait enfin d’établir les éventuelles responsabilités de l’usine de transformation du phosphates. Et de contrebalancer l’extraordinaire poids économique qu’elle représente à l’échelle de la région, et de la Tunisie !

 

 

« Le maximum de bénéfices avec le moins de dépenses possibles »

Dans la région de Gabès, l’usine emploie officiellement près de 4000 personnes. En 2010, le GCT générait 2,1 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Des résultats qui sont tombés aux alentours de 700 millions d’euros, en 2012 et en 2013, à cause des grèves (voir ci-dessous) [5]. Malgré cette diminution, l’usine représente une manne financière extraordinaire pour la Tunisie, un véritable poumon économique... aux conséquences désastreuses sur le long terme.

« Quand l’usine de phosphate a été créée, nos parents ont applaudi : il y aura du travail », se souvient Mabrouk Jabri, l’instituteur de Chenini. Quarante ans plus tard, le bilan est catastrophique. Non seulement le GCT n’a pas investi dans le développement social de la région, mais il a détruit son environnement. « L’usine souhaite réaliser le maximum de bénéfices avec le moins de dépenses possibles, regrette Mabrouk Jabri. La région est touchée par la pauvreté culturelle et les problèmes de santé. Le GCT pourrait au moins résoudre ces problèmes grâce aux millions qu’elle gagne par jour. »

Depuis la révolution tunisienne, la liberté d’expression acquise est utilisée pour critiquer l’usine, autrefois intouchable. Les associations foisonnent, les mobilisations aussi. En 2011, les pêcheurs de Gabès ont bloqué le terminal commercial du GCT pendant une douzaine de jours, afin de faire pression pour que les rejets en mer cessent. Les jeunes de Gabès ont profité du Forum social mondial à Tunis, en mars 2015, pour alerter l’opinion publique sur la pollution environnementale. Les associations et les représentants de la société civile participent désormais à des négociations avec l’entreprise. « Avant la Révolution, il était impossible de discuter avec la compagnie », se souvient Mabrouk Jabri.

 

 

Entre déni et greenwashing

Le groupe chimique tunisien ouvre désormais ses portes aux journalistes. Il a même recruté un directeur en charge de l’environnement, Noureddine Trabelsi. Dans la salle de réunion sont exposés les différents produits fabriqués sur le site : acide phosphorique, engrais phosphatés, adjuvant d’aliment de bétail... « Nous sommes conscients des problématiques environnementales, que ce soit la pollution atmosphérique ou les rejets en mer, plaide t-il. Mais on injecte 7 millions de dinars dans l’économie de la région. Nous sommes la locomotive de Gabès ! » Face aux critiques, le groupe communique sur les « mises à niveau environnementales » du site de production. Noureddine Trabelsi égrène les millions de dinars investis dans de nouvelles technologies pour réduire, d’ici fin 2015, les émissions d’ammoniac et d’oxyde d’azote. Le groupe espère même « éliminer l’odeur de sulfure  », ce gaz malodorant qui envahit les rues de Gabès par intermittence. Les émissions seront donc toujours présentes, mais bien moins perceptibles, promet-on...

 

 

Si le groupe reconnaît le rejet de phosphogypse en mer – une tonne d’acide phosphorique produite pour cinq tonnes de phosphogypse ! – il dément son rôle dans la dégradation de la faune marine. Mais il admet que la pollution au phosphogypse peut avoir un effet sur la pêche, « l’amenuiser », tout en clamant que « les vrais responsables sont les grands bateaux qui drainent tout ». La responsabilité de la France est aussi pointée du doigt. « La première usine en 1972 a été créée par le SPIE Batignolles (groupe français de BTP, ndlr) qui a programmé ces rejets, rappelle Noureddine Trabelsi. A l’époque, la France rejetait le phosphogypse dans la Seine, avant que ce ne soit interdit à la fin des années 80. On ne savait pas qu’il y avait de la pollution derrière... ». Mais cette ignorance ne suffit plus à tempérer la colère des riverains.

 

 

Déplacer la pollution

Au fond de la salle, une immense carte du littoral dévoile les ambitions du groupe. « On va faire six pipelines enterrés sur 23 kilomètres pour transporter les boues de phosphogypse », détaille Noureddine Trabelsi. Soutenu par l’Union européenne, le projet visait initialement à stocker les boues à Ouedref, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Gabès. « On a proposé un stockage avec une géomembrane, mais la population a refusé... On vient de proposer deux autres sites à la société civile. » Aux craintes de contamination des nappes phréatiques s’ajoutent celles relatives à la radioactivité des boues. « Avec la Révolution, c’est devenu difficile. Les habitants ne veulent plus de décharges chez eux. Et en même temps, tout le monde veut être recruté par notre groupe. »

 

 

Le GCT rejette par ailleurs toute responsabilité dans l’épuisement des nappes. « Notre groupe, c’est 6 % de la consommation d’eau à Gabès. Or, le manque d’eau est dû à l’agriculture qui en consomme 80 % », se défend le responsable environnement de l’entreprise, sans être en mesure de nous transmettre la moindre étude à ce sujet. Une chose est sûre : la consommation d’eau du groupe s’est réduite ces dernières années suite à la division par deux de la production [6]. « On rencontre des difficultés dans l’approvisionnement en phosphates. Il y a des problèmes sociaux dans le bassin minier de Gafsa, là où sont extraits les phosphates. On espère que la situation va se débloquer... »

 

Dans les mines : « Les oubliés du phosphate »

Les rails qui longent le complexe industriel de Gabès mènent au bassin minier de Gafsa, un parcours de 150 kilomètres vers l’Ouest de la Tunisie. C’est là que les phosphates sont extraits du sous-sol avant d’être envoyés à Gabès pour y être transformés. Là aussi, c’est une entreprise liée aux phosphates, la CPG [7], qui reste le principal employeur de la région. L’entreprise est l’un des plus gros producteurs de phosphates dans le monde (8 millions de tonnes en 2010). Mais a quasiment cessé d’embaucher [8].

« Avec les modernisations des techniques d’extraction, la CPG a besoin de moins en moins besoin d’ouvriers, indique Taoufik Ain, de l’Association du bassin minier pour l’investissement et développement, à Moularés. Il y en avait 15 000 en 1980, on est à 5 000 aujourd’hui. » « En 2014, les pertes, aggravées par la baisse des cours du phosphate – entamée en 2012 et qui pourrait durer jusqu’en 2025 selon la Banque mondiale –, ont atteint 20 millions de dinars (8,8 millions d’euros) en 2014 », précise le journal Jeune Afrique.

 

 

Dynamite, poussières, cancers

Dans cette région du Sud-Ouest, le chômage atteint 29 %. A la désespérance sociale se mêlent les problèmes sanitaires. « Les poussières provoquent des maladies respiratoires, des cancers. Il y a aussi des problèmes de dents à cause du fluor présent dans l’eau. Les os peuvent se casser. » L’absence d’hôpital à Gafsa contraint les habitants à se rendre à Tunis ou Sousse. Dans cette zone aussi, les habitants constatent l’épuisement de l’eau souterraine. « Il n’y a pas d’agriculture possible avec ces ressources en eau qui diminuent. »

 

 

« Le problème, ce n’est pas le phosphate, mais la façon dont on le traite », précise Zaybi Abdessalem, de l’association Mlal environnement. « Pour l’extraire, on utilise de la dynamite. Les secousses sont entendues tous les jours, à midi. Elles ébranlent les maisons, causent des fissures chez ceux qui sont à un ou deux kilomètres. Plus on met d’explosif pour extraire davantage de phosphate, plus les poussières se dispersent sur le territoire. » Pour éviter que les poussières ne se répandent dans l’environnement, le phosphate doit normalement être humidifié lors du transport. « Comme ils veulent gagner du temps et de l’argent, ils ne le font pas. Au Maroc, ils respectent les normes alors qu’ils extraient deux fois plus de phosphate. Ici, ils veulent en vendre plus et ils se fichent de notre santé ! » Depuis quatre ans, la vie des « oubliés du phosphate » bat au rythme des revendications sociales, des grèves et des mouvements protestataires (voir la bande annonce de Maudit soit le phosphate, un documentaire sur les grèves et leur répression).

 

http://primed.tv/maudit-soit-le-phosphate/

 

De Gabès à Gafsa : « pollueur payeur »

Une telle industrie, même en s’adaptant, peut-elle être plus respectueuse de l’environnement ? C’est le point de vue des responsables des associations du bassin minier de Gafsa. « L’eau qui sert à laver le phosphate pourrait être réutilisée au moins deux fois pour le lavage des nouvelles roches », illustre l’un d’eux. Ce qu’ils espèrent surtout, c’est une redistribution d’une partie de l’argent du phosphate pour soutenir le développement de la région, en termes de soins de santé ou d’éducation. « Nous avons le droit de vivre dans un bassin minier propre. Il faut respecter la loi et sinon, on doit retirer la licence de l’entreprise ! »

A Gabès, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), centrale syndicale, réclame l’application du principe « pollueur payeur ». « Il n’y a pas d’équilibre entre un secteur qui produit beaucoup d’argent, mais aussi beaucoup de dégâts. Rien n’a été fait depuis les années 1970. Nos services sanitaires ne sont pas à la hauteur. Les habitants sont obligés d’aller à Sfax ou Sousse pour se faire soigner. Malgré les législations tunisiennes, aucune étude d’impact n’est réalisée. » Le syndicat demande lui aussi un soutien au développement économique et social de la région.

 

Changer de modèle de développement

Autour du complexe chimique, les citoyens n’attendent plus que l’entreprise agisse. Ils multiplient les projets pour sauvegarder l’oasis de Gabès, construisant des retenues d’eau, soutenant l’installation de paysans, développant un tourisme solidaire et la commercialisation de produits locaux (voir notre reportage). Ensemble, ils démontrent qu’un autre développement de la région est toujours possible. Mais réussiront-ils si l’eau ne revient pas ?

 

 

A l’autre bout de la filière, en France et en Europe, les engrais phosphatés contribuent à une dégradation générale de la situation environnementale. Combien de temps faudra t-il pour réguler un système destructeur pour l’environnement et la santé, dans lequel les habitants et les agriculteurs sont pris au piège ? Au-delà de la seule limitation des phosphates dans les lessives et détergents pour lave-vaisselles à usage domestique...

Texte : Simon Gouin et Sophie Chapelle

Images (photos et vidéos) : Nathalie Crubézy / Collectif à vif(s)
Sauf :
- Photo de Une (algues vertes) : CC Cristina Barroca
- Photo Algues vertes : CC TheSupermat

- Le reportage photo est tiré du projet en cours "Time for change : pour une production et une consommation soutenables des matières premières" porté par l’Aitec, en partenariat avec Attac, Bastamag et le collectif à-vif(s)

Notes

[2La concentration excessive de phosphates dans l’eau entraine une eutrophisation des rivières à débit lent des lacs, des réservoirs et des zones côtières, qui se manifeste par une prolifération d’algues bleu-verte, une moindre infiltration de la lumière, la raréfaction de l’oxygène dans les eaux de surface, la disparition des invertébrés benthiques et la production de toxines nuisibles aux poissons, au bétail et aux humains. Source

[3La Chine, le Maroc et les États-Unis assurent à eux-seuls plus des deux tiers de la production mondiale de phosphates, voir U.S. Geological Survey, Mineral Commodity Summaries, Janvier 2015 Source

[4The World Phosphate Market, What Risk for the European Union, Inra, Juin 2014 (voir ici).

[6« La quantité de phosphates produite a pu atteindre 3,9 millions de tonnes de phosphates maximum par an à Gabès, illustre Noureddine Trabelsi. Aujourd’hui on est à deux millions de tonnes. »

[7La CPG, compagnie des phosphates de Gafsa, est une entreprise publique qui a fusionné en 1994 avec l’un des principaux groupes industriels en Tunisie, le Groupe Chimique Tunisien (également public).

[8Un plan stratégique de réforme intitulé « Plan de réhabilitation de la CPG » fut mis en place par le gouvernement tunisien à partir de 1985. Financé par des prêts, de la Banque mondiale puis de la Banque africaine de développement, ce plan prévoyait notamment la mécanisation de la production, la réduction des charges et des coûts d’exploitation et la réduction des effectifs. Voir les rapports disponibles sur le site de la Banque africaine de développement

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 21:04

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Megasurprise 02/07/2015 à 15h09

Profs, EDF et banques devront aider les préfets à fliquer les étrangers

Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

 

 

Officiellement, le projet de loi sur l’immigration porté par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve vise à renforcer les droit des étrangers. Pourtant, au moins l’un de ses amendement va considérablement porter atteinte à leur liberté et à leur vie privée.

Ce texte – qui sera étudié par les députés en lecture publique à partir du 20 juillet – prévoit en effet la création d’un « droit de communication » qui donne au préfet le pouvoir de demander « sans que s’y oppose le secret professionnel autre que le secret médical » des informations sur les personnes demandant ou possédant un titre de séjour, auprès d’institutions aussi variées que :

  • Les établissements scolaires et d’enseignement supérieur.
  • Les établissements de santé.
  • les banques et organismes financiers.
  • Les fournisseurs d’énergie et les services de communications électroniques.
  • Pôle emploi.
  • Les services d’état civil.
  • La Sécurité sociale.
  • Les tribunaux de commerce.

Le but étant de confronter les déclarations des requérants à des données provenant directement des organismes concernés.

 

Scandale en 2009, normal en 2015

En 2008 et 2009, Rue89 révélait que des ANPE, mais aussi la banque LCL avaient, par excès de zèle, aidé les préfectures à expulser des sans-papiers. Si ce texte est définitivement adopté, ces situations deviendront non seulement normales mais en plus obligatoires pour ces structures mais aussi pour EDF, des collèges ou des hôpitaux.

 

Contrôle d’identité dans le quartier de la Patrenelle, à Marseille, le 29 janvier 2013 (AFP PHOTO/BORIS HORVAT)

 

Le Défenseur des droits, interrogé par Libération, craint déjà des « contrôles inopinés et d’une ampleur sans précédent » et des « moyens disproportionnés ».

Lise Faron, responsable de la commission migrants de la Cimade – l’une des principales associations d’aide aux migrants en France –, nous détaille :

« Cette disposition porte atteinte à la vie privée. Dans la pratique, ça va mettre des personnes et des structures dans des situations très compliquées au niveau déontologique, cela peut aller à l’encontre de leur mission.

Que doit faire par exemple un professeur à qui l’on demande des informations sur le niveau ou le travail scolaire d’un élève ? De même, le texte assure que le secret médical sera le seul secret professionnel qui sera préservé, mais dans les faits c’est impossible.

Même s’il n’a pas accès au dossier médical, le préfet a déjà accès à des informations médicales importantes s’il reçoit des éléments venant d’une structure psychiatrique par exemple. »

La responsable met en parallèle cette nouveauté avec une autre disposition du projet de loi. L’article 8 va autoriser le préfet à contrôler « à tout moment » que l’étranger qui dispose d’un titre de séjour « continue de satisfaire aux conditions fixées pour la délivrance de cette carte ». S’il ne peut le justifier, ou s’il ne se rend pas à la convocation, sa carte de séjour peut lui être retiré immédiatement. Lise Faron commente :

« Ça encourage les préfets à faire plus de contrôles et à retirer des titres de séjour en dehors du cadre du renouvellement, ce qui se fait peu aujourd’hui. Surtout, ça leur donne le droit de retirer un titre sans aucune garantie procédurale, ils n’auront pas à saisir la commission du titre de séjour. »

En clair, un préfet pourra enquêter sur un étranger avec l’aide de sa banque, de son opérateur ou de l’école de ses enfants, le convoquer et lui retirer son titre de séjour sans autre forme de procès.

« Tout va se passer uniquement entre le préfet et l’étranger, c’est dangereux à nos yeux. »

Oui pour les étrangers, non pour les chômeurs

Petit rappel pour finir. En mai, le gouvernement avait proposé puis retiré dans la hâte un amendement qui donnait aux agents de Pôle emploi un droit de communication sur les données personnelles de chômeurs suspectés de fraude. « Le ministre [du Travail] s’est rendu compte que ça n’avait pas été suffisamment concerté », avait commenté l’entourage de François Rebsamen à l’AFP.

Devant la colère des associations d’aide aux migrants, le rapporteur du texte, Erwann Binet, s’est dit prêt ce mardi à réécrire les deux articles dénoncés. Mais le ministre Cazeneuve ne compte pas imiter le ministre Rebsamen. Il a répondu :

« Je suis prêt à améliorer la rédaction du texte mais absolument pas à l’affaiblir dans sa capacité à lutter contre la fraude. »

Ce qui est choquant pour les chômeurs ne l’est pas (encore) pour les étrangers.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 15:59

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Center Parcs: enquête sur une aberration faite de béton et de niches fiscales

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

Roi du bétonnage, le groupe Pierre et Vacances bénéficie d’un soutien financier inédit des pouvoirs publics, à coups de gigantesques niches fiscales, pour une offre de tourisme stéréotypée et déficitaire. C’est aussi un gros émetteur de gaz à effet de serre. Son dernier Center Parcs, à Roybon, est pour l'instant suspendu.

Vendredi 10 juillet, à 9 heures, Laurent Fabius avait inscrit un important rendez-vous à son agenda de ministre des affaires étrangères, l’inauguration d’un nouveau Center Parcs à Morton, dans la Vienne : 264 hectares de surface arborée, 800 cottages, une bulle d’air tropical avec piscine et toboggans. La veille, il a finalement annulé sa venue. Le nouveau site de vacances du groupe Pierre et Vacances appâte les dirigeants politiques. Ségolène Royal – encore présidente de la région Poitou-Charentes – est venue lancer le chantier en avril 2014 avec Jean-Pierre Raffarin, sénateur du cru.

 

Ségolène Royal, lors de l'inauguration du chantier du Center Parcs de Morton, dans un reportage de F3.
Ségolène Royal, lors de l'inauguration du chantier du Center Parcs de Morton, dans un reportage de F3.
 

Ce ne sont pas que de simples mondanités institutionnelles. C’est la marque d’un soutien officiel et répété des pouvoirs publics à un groupe qui bétonne des dizaines d’hectares chaque année, détruisant espaces naturels et paysages à grands renforts d’argent public et de subsides des particuliers, au service d’une offre de tourisme stéréotypée et gravement déficitaire.

Au premier semestre, le groupe Pierre et Vacances a perdu 87 millions d’euros, après en avoir consumé 110 l’an précédent sur la même période. Sur les trois dernières années, en exercice complet, il a perdu près de 102 millions d’euros (en résultat net). La construction puis l’exploitation des Center Parcs et autres résidences de villégiature émettent des dizaines de milliers de tonnes de CO2. Ce désastreux bilan carbone rend surréelle la présence du ministre de la COP 21, le sommet du climat, lors de la cérémonie d’ouverture à Morton.

En Isère, des dizaines de personnes occupent la forêt de Chambaran pour bloquer les travaux d’un autre Center Parcs, celui de Roybon. Et l'occupation pourrait bien durer, le tribunal administratif de Grenoble ayant décidé jeudi 16 juillet d'annuler un arrêté préfectoral indispensable à la construction du centre. « Cela n’a aucun rapport, Laurent Fabius vient avec sa casquette de soutien au tourisme », assurait le Quai d’Orsay avant d'annuler sa visite. C’est pourtant bien l’absence de lien fait entre la lutte contre le dérèglement climatique et la promotion de ce type de tourisme qui pose problème. 


La puissance publique ne ménage pas sa peine pour aider le groupe de Gérard Brémond, qui développe depuis la fin des années 60 un empire dans l’industrie du tourisme autour du principe de la location de résidences de vacances et de « temps partagé ». Son coup d’éclat initial fut la création de la station de ski d’Avoriaz. Pour « le Domaine du bois aux daims », nom du nouveau Center Parcs de la Vienne, c’est un partenariat public-privé qui finance les 138 millions d’euros d’investissement, sans aucune mise de fonds de Pierre et Vacances. Tous les coûts sont assumés par les collectivités locales et la Caisse des dépôts, dont un emprunt de 68 millions d’euros sur 22 ans, complétés par 5 millions de subventions de l’État. Les actionnaires de la société d’économie mixte locale toucheront un loyer versé par l’exploitant. Plus de la moitié des cottages ont été achetés par des investisseurs institutionnels. Bref : le promoteur du parc ne débourse quasiment rien.

 

Plan du Center Parcs à Morton dans la Vienne (DR PVCP).Plan du Center Parcs à Morton dans la Vienne (DR PVCP).
 

Des opposants au Center Parcs de Roybon ont calculé que le total des avantages publics pour le site, y compris le financement de voiries et les allégements fiscaux, s’élève à 112 millions d’euros. En mars dernier, le conseil économique, social et environnemental régional (CESER) d’Aquitaine a rendu un avis très réservé sur un projet de Center Parcs dans le Lot-et-Garonne (170 millions d’euros d’investissement) : « Il convient de s’étonner de la nécessité d’une telle mobilisation de fonds publics pour assurer le financement d’un projet privé à vocation purement commerciale. » Ses auteurs critiquent notamment le rôle de la Caisse des dépôts : « On peut s’interroger sur la mobilisation d’une partie de l’épargne destinée au financement de projets d’intérêt général, par exemple le logement social, au profit d’un projet bénéficiant à un groupe privé. Il y aurait captation indirecte de fonds d’intérêt public. »

 

 

Ce flot d’aides est à mettre en perspective avec l’effondrement du cours de l’action de Pierre et Vacances, divisé par trois entre 2000 et 2015.

 

"C’est une fuite en avant"

L’argent public n’est pas la seule béquille du groupe de tourisme. Piégé par ses difficultés, Pierre et Vacances est pris dans une course contre la montre financière : il a besoin d’ouvrir toujours plus de centres et de résidences, car c’est dans la promotion immobilière qu’il réalise ses marges. Ce n’est pas seulement une logique de développement, c’est un enjeu de survie économique. Pour le chercheur Sylvain Zeghni, spécialiste en économie du tourisme et de l’environnement, c’est comparable à un « système de Ponzi » légal : « Plus ils construisent, plus ils gagnent de l’argent, alors qu’il y a une certaine tension sur la fréquentation. Le montage financier repose sur la rentabilisation de la construction qui renfloue la branche tourisme. C’est une fuite en avant. »

 

Manifestation contre le Center Parcs de Roybon (Isère), 20 octobre 2014 (Pcscp).Manifestation contre le Center Parcs de Roybon (Isère), 20 octobre 2014 (Pcscp).
 

Interrogé par Mediapart, le groupe réfute cette comparaison (voir leur réponse complète en Prolonger) : « Le modèle économique du groupe ne saurait être être comparé à un "système de Ponzi", notre stratégie étant construite autour d’un objectif clair : la combinaison de chaque activité (tourisme et immobilier) opérationnellement profitable doit générer une croissance accélérée des résultats. »

Plus précisément, le groupe explique que « l’origine de ce déficit est connue et le retournement de situation est désormais maîtrisé. La dégradation des résultats touristiques, qui concerne un nombre limité de résidences exploitées par le Groupe, résulte en effet de la forte dé-corrélation observée sur plusieurs années, et en particulier à partir de 2007/08, année de début de crise économique, entre la hausse de l’indexation des loyers versés par le groupe aux propriétaires particuliers et celle de l’indice des prix à la consommation (influant sur l’évolution des prix des séjours touristiques) ». Il compte économiser 67 millions d’euros entre 2012/13 et 2018 et affirme viser un retour à la profitabilité opérationnelle à partir de 2018. Au 30 septembre 2015, il s’attend à un retour à la profitabilité opérationnelle de ses activités touristiques et vise une marge opérationnelle tourisme de 5 % à horizon 2017.

Résultats du groupe Pierre et Vacances 2013/2014 (Rapport financier).Résultats du groupe Pierre et Vacances 2013/2014 (Rapport financier).
 

Mais la crise économique de 2008 n’explique pas tout. Leur activité de gestion d’équipement touristique (promotion d’un site résidentiel, location d’appartements et de cottages) reste déficitaire au fil des ans, alors que le développement immobilier (achat de terrains, construction, ventes d’appartements et de cottages) est bénéficiaire. Ainsi, au premier semestre 2014/2015, leur activité de tourisme accuse un déficit de 90 millions d’euros, alors que leur activité d’immobilier est bénéficiaire de près de 11 millions d’euros. L’année précédente, sur la même période, même schéma : plus de 100 millions de pertes pour le tourisme, près de 5 millions de gains pour l’immobilier.

Le rapport financier 2014/2015 indique bien que l’activité immobilière du groupe est principalement tirée par la construction du Center Parcs de la Vienne (96 millions d’euros) et, dans une moindre mesure, celui de Bostalsee (en Allemagne), ainsi que le programme Village Nature, développé avec Euro Disney. En 2011/2012, c’est l’extension de la station d’Avoriaz et du Center Parcs des Trois Forêts en Moselle qui a soutenu leur activité. Les Center Parcs représente près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe. Dans les prochaines années, Pierre et Vacances pourrait tripler son nombre de lits. Un pari risqué alors que, selon le ministère du tourisme, la demande pour ce type de produit s’affaisse.

Les bénéfices engrangés sur la construction abondent en partie les loyers que l’exploitant verse aux particuliers et investisseurs institutionnels (Caisse des dépôts, fonds de retraites de fonctionnaires…) qui achètent ses résidences, qui sont à leur tour louées à des clients pour des séjours de quelques jours à quelques semaines. Le génie de ce système est de permettre à Pierre et Vacances de fonctionner avec très peu de fonds propres – le capital est dilué entre ces nombreux acteurs. C’est aussi sa fragilité, puisque le promoteur et exploitant ne possède qu’une petite partie de son parc. Il bénéficie par ailleurs de l’achat de terrains très bon marché, qu’il revend bien plus cher. Un mémoire de l’université de Lyon 2 indique qu’à Roybon, le groupe a acheté les terres de son futur Center Parcs 30 centimes le mètre carré, alors qu’il les a revendus 18 euros le mètre carré. Jolie culbute.

Mais la clef de voûte de ce système, c’est la défiscalisation. La loi Censi-Bouvard permet à l’acheteur d’une résidence de tourisme de bénéficier d’une réduction d’impôt de 11 % du prix d’acquisition d’un bien immobilier étalé sur neuf ans (plafonné à 300 000 €), et de récupérer la totalité de TVA. En 2014, cette niche fiscale a coûté 180 millions d’euros selon le rapporteur de la loi ALUR, le sénateur aujourd’hui décédé Claude Dilain. Ce dispositif devait s’éteindre en 2012 mais a été sauvegardé in extremis par Jérôme Cahuzac, alors ministre du  budget, sans aucune évaluation de son coût et de ses effets, comme le rappelle le site « enquêteouverte.info ». Quinze jours plus tôt, il avait rencontré Gérard Brémont, le PDG de Pierre et Vacances, ainsi que son directeur général. Ce qui fit alors s’interroger les Verts de l’Isère : « Le gouvernement est-il rentré à la niche ? »

 

Extrait de l'agenda de Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget.Extrait de l'agenda de Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget.

 


À Roybon, dans l’Isère, Pierre et Vacances bénéficie en outre du classement de la commune en zone de revitalisation rural (ZRR) qui peut l’exempter d’impôts sur les bénéfices, de taxe foncière, de cotisations sociales et de contribution économique territoriale (CET), qui a remplacé la défunte taxe professionnelle.

Pour Sylvain Zeghni, « Le modèle de Pierre et Vacances a très bien marché car les défiscalisations ont été fortes. Les collectivités locales y trouvaient un gain en recettes fiscales et en promotion touristique de leur territoire. Le modèle avait du succès pour ceux qui achetaient et pour ceux qui venaient y séjourner. Mais les comportements des vacanciers changent, attirés par de nouvelles offres comme AirBnB, et au bout de 10 à 15 ans, les charges de rénovation, élevées, sont imputées aux propriétaires ». Selon un rapport de mastère de l’université de Lyon 2, la niche fiscale totale du Center Parcs de Roybon s’élève à 27,5 millions d’euros.

 

Manuel Valls lors de la pose de la première pierre du chantier de Village Nature, de Pierre et Vacances/EuroDisney (©P Granier) Manuel Valls lors de la pose de la première pierre du chantier de Village Nature, de Pierre et Vacances/EuroDisney (©P Granier)
 

Sur les forums de discussion d’investisseurs immobiliers, on trouve de nombreux commentaires de propriétaires mécontents :

Emy74 : « P&V me renouvelle le bail avec une baisse de 80 % sur le dernier loyer que j'ai touché. »
Ritxi64 : « Après une longue hésitation et bcp de réflexion j’ai choisi P et V pour investir dans le cadre du LMP afin de m assurer des revenus complémentaires pour compenser un retraite insuffisante. Reçu nouveau bail sur un beau papier : au total 70% de baisse des loyers garantis + un 20% sur CA net non contrôlable et plus de 20.000 € de travaux me privant de 2 ans de ces maigres revenus. J'en suis malade de m’être fait rouler comme cela venant d’un groupe a priori respectable et solide financièrement mais c’était il y a 10 ans. De plus je suis chargé de crédit pour cet investissement qui se termine dans 7 mois ».
Titof82988 : « Propriétaire de deux appartements à Moliets je viens de recevoir mes deux baux. Surprise tout à été divisé par deux! Et en plus pour la rénovation on me demande 11 000€ soit 22 000 € pour les deux ! Je précise que ce sont juste deux t2 de 30m2. A ce prix la le sol des murs au plafond sont en or!!! »

Jusqu’ici, les loyers versés par le groupe étaient indexés sur l’indice des coûts à la construction, qui a augmenté de 40 % en 10 ans, grevant les comptes de l’exploitant. « Il n’est pas compliqué de comprendre que nous n’étions pas dans un modèle économique tenable », déclare Dominique Menigault, directeur général adjoint de Pierre et Vacances pour les conseils immobiliers au site spécialisé « enquête ouverte ». Selon lui, « on voit bien que nous sommes dans une conjoncture beaucoup plus difficile pour le tourisme qu’il y a dix ans ». Désormais, ils sont alignés sur l’indice des loyers, plafonnés à 2 % par an.

Depuis la signature de ces premiers contrats, « la situation économique s’est dégradée, en particulier depuis 2009. La plupart des produits financiers ont vu depuis leur rendement régulièrement ajusté à la baisse », répond le groupe Pierre et Vacances, qui affirme avoir tenu ses engagements.

Des propriétaires de time share, ces formules de « temps partagé » où l’on achète l’usage de nuitées mais pas de biens physiques, commercialisées par une marque du groupe Pierre et Vacances, Maeva, se pourvoient en justice pour sortir de contrats qui les étranglent. À l’exemple de Mme Lorderau, propriétaire de trois périodes de time shares à Tenerife, aux îles Canaries, qui s’est vu exiger plusieurs milliers d’euros de charges pour l’entretien d’un bien qu’elle ne possède pas. Après la perte de sa procédure judiciaire, l’argent a été saisi sur son compte en banque, explique son beau-fils, joint par Mediapart.

Avocate de l’association APAF-VTP dédiée aux dangers du time share, Lise Nicole explique que le litige avec Maeva, la filiale de Pierre et Vacances, sont les seuls à ne pas trouver d’issue. « Plus de 80 % des porteurs de parts sont satisfaits de la formule, parce qu’ils l’utilisent, répond le groupe. Pour les 20 % des clients non utilisateurs, désireux de sortir du système, plusieurs alternatives existent. »

Ces déboires locatifs ont en partie été recouverts par la bonne image du groupe, ses publicités mettant en scène des familles resplendissantes dans un cadre de vie végétal et luxuriant. Pourtant, en contradiction avec cet apparent amour de la nature, les Center Parcs sont de très gros émetteurs nets de gaz à effet de serre et donc de très gros contributeurs au dérèglement climatique. Pour le site prévu au Rousset, en Saône-et-Loire, l’étude réalisée dans le cadre du débat public estime son bilan carbone à 10 500 tonnes équivalent CO2, pour sa construction, sa consommation d’énergie lors de l’exploitation, les déplacements des clients…

À titre de comparaison, un aller-retour en avion Paris-Tokyo n’émet « que » deux tonnes de CO2. Pour le Center Parcs des Trois Forêts en Moselle, c’est encore pire : plus de 20 000 tonnes de CO2. L’affichage naturaliste de ces sites de vacances, les photos de daims et de forêts, et les normes HQE pour les cottages sont un leurre mensonger. La bulle tropical de bassins aquatiques et de toboggans sinueux, aussi décorées soit-elles de faux rochers et de cascades artificielles, n’a pas le pouvoir d’extraire ses clients des chaos du monde.

 

Répartition des émissions de gaz à effet de serre du projet de Center Parcs au Rousset, Saône et Loire (cabinet Elan).Répartition des émissions de gaz à effet de serre du projet de Center Parcs au Rousset, Saône et Loire (cabinet Elan).


À ces arguments, on oppose en général la création d’emplois. « L’ouverture du Center Parcs du Bois aux Daims va être un formidable amplificateur de cette attractivité touristique dont bénéficie aujourd’hui la Vienne », veut croire Bruno Belin, nouveau président (LR) du département. Des emplois : les élus cherchent à en créer par tous les moyens. Mais avec quels effets ? À Morton, 80 % des 600 emplois seront en CDI mais 35 % à temps partiel. Si bien qu’en réalité, seuls 390 équivalents temps plein verront le jour.

En général, les contrats précaires des Center Parcs portent sur neuf heures hebdomadaires et rapportent aux employés 280 euros par mois, un quart de Smic. En Moselle, sur 700 emplois au total, on ne décompte que 470 équivalents temps plein. À Roybon, des opposants ont calculé que chaque équivalent temps plein promis par Center Parcs coûterait près de 240 000 euros au contribuable. Dans le Lot-et-Garonne, Center Parcs promet entre 250 et 500 emplois en phase de travaux, et 300 emplois en phase d’exploitation.

Ce n’est pas rien, dans un bassin de vie où le taux de chômage global oscille entre 13 % et 14 % et dépasse 30 % pour les jeunes. Mais en prenant en compte le ratio aides publiques/emplois créés, soit environ 130 000 euros par emploi, le même niveau d’investissement au profit d’acteurs locaux « pourrait certainement générer une autre dynamique de développement porteuse d’un nombre d’emplois plus conséquent », analyse le Ceser Aquitaine dans son avis de mars dernier.

Toutes ces failles économiques, sociales, climatiques et environnementales restent invisibles aux yeux des responsables politiques. Arnaud Montebourg, ancien ministre du redressement productif, fait l’éloge du Center Parcs en projet en Saône-et-Loire. Manuel Valls a posé la première pierre du Village Nature en projet en Ile-de-France en association avec Euro Disney. En visite à Toulouse début juillet, le premier ministre chinois Li Keqiang a signé en présence de Manuel Valls un accord pour développer les Center Parcs en Chine. Le chef du gouvernement vient de signer en catimini, avec Stéphane le Foll, ministre de l’agriculture, le prolongement de l’autorisation de défrichement de la zone où veut se construire le Center Parcs de Roybon, comme l’a révélé Reporterre.

Aucune de ces informations n’est secrète. Il faut les chercher dans les bilans financiers, les notes des organes consultatifs, les mémoires scientifiques. Mais tout est public. Et pourtant, rien n’altère à ce jour le cours du soutien systématique et dispendieux des pouvoirs publics à ce groupe industriel bâti sur un modèle du passé.

 

 

Boîte noire :

Cet article est le premier d'une série consacrée au grand bétonnage de la France. Merci au chercheur Sylvain Zeghni et au journaliste Erwan Seznec pour leur aide. Le week-end des 11-12 juillet se tient le rassemblement annuel des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes où le projet de Center Parc à Roybon sera notamment discuté.

Cet article a été mis à jour le 16 juillet, après la décision du tribunal administratif de Grenoble d'annuler un arrêté préfectoral indispensable à la construction du Center Parcs de Roybon.

 

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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