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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:50

 

 

Source :  http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Désinfectants, antiacariens... Les 13 produits dangereux à bannir de vos étagères

 

 

 

"60 Millions de consommateurs" a étudié le contenu de nombreux produits censés purifier les intérieurs... Et qui s'avèrent dangereux.

Désinfectants, antiacariens... Les 13 produits dangereux à bannir de vos étagères

Censés purifier l'air de votre intérieur, ces produits sont en fait... des sources de pollution majeures, parfois dangereux pour vous et pour les animaux de compagnie. 

Dans son hors-série d'avril-mai 2017, le magazine "60 Millions de consommateurs" dresse une liste de 42 produits à "éliminer" : 12 désodorisants, 12 antiacariens, 10 sprays désinfectants et 12 désinfectants.

En plus d'être dangereux, ces produits sont bien souvent mal étiquetés. "Un seul produit a un étiquetage satisfaisant", relève le magazine dans son étude. Voici une liste de 13 bêtes noires à éliminer d'urgence.

 

 

 

# Les sprays assainissants

Sur les 10 produits assainissants jugés comme étant "à éliminer" par "60 millions de consommateurs", deux cumulent quatre points noirs : irritant, allergisant, toxique pour l'environnement et extrêmement inflammable. Dans ces deux cas, l'étiquetage a été jugé "inacceptable" par les testeurs.

  • Phytaromasol spray assainissant bio

"Avec 10 substances indésirables, ce produit se présente comme un spray alors qu'il est en fait un aérosol", note le magazine. La différence ? Un aérosol contient du gaz comprimé liquéfié lequel entraîne l'émission de composés organiques volatils, qui ont un impact sur la santé et l'environnement.

  • Phytaromasol verveine, bois de hô

Sur ce produit, les pictogrammes de danger sont minuscules et le spray "ne comporte aucune mise en garde concernant les personnes allergiques ou sensibles, les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants".

# Les désodorisants

Deux produits ont rempli tous les critères indésirables – qui sont les mêmes que pour les sprays assainissants. L'étiquetage de ces deux produits a aussi été jugé "inacceptable".

  • Sanytol désodorisant fleurs blanches

Il contient des parfums allergènes. Il s'agit aussi d'un aérosol dont les "particules fines pénètrent jusque dans les alvéoles pulmonaires". Quant à l'étiquette, elle est jugée "ridicule" : le fabricant recommande d'utiliser ce produit "en prévention ou en période d'épidémie" sur les WC ou les paillassons...

  • Febreze thaï orchidée

Ce produit contient des parfums de synthèse allergènes qui ne sont pas mentionnés sur l'étiquette. C'est aussi un aérosol.

# Les antiacariens

Le constat est particulièrement alarmant pour les antiacariens. Sur 10 produits épinglés, cinq cumulent ces cinq mauvais points : allergisant, risque de malformation du fœtus, perturbateur endocrinien, risque mortel pour les chats et les poissons et extrêmement inflammable.

  • Biocanina éco-logis spray

Inhaler ce produit est dangereux pour les personnes asthmatiques, enceintes, pour les enfants et pour les chats...

  • Ecodoo antiacariens

Allergiques et asthmatiques ne sont même pas mis en garde sur l'étiquette.

  • Fulgator spécial parasites et acariens

"Difficile de faire plus toxique", estime "60 Millions de consommateurs". Ce produit contient quatre insecticides dont "un seul d'entre eux suffirait à provoquer une crise d'asthme chez un sujet allergique"...

  • Ront acaricide puissant

Constat sans appel : "Le fabricant se moque du monde." L'étiquetage est jugé "inacceptable" car les mises en garde sont... illisibles.

  • Wyritol antiacariens et punaises de lit

Il est "bourré de pesticides" et ne traite qu'une pièce de 40 mètres carrés.

D'autres produits sont épinglés : l'Acardust 200, le Sanytol antiacariens ou le Febrez textile action antiallergènes... qui contient des substances allergènes.

# Les désinfectants

Quatre des 12 désinfectants épinglés sont à la fois irritants, allergisants, toxiques pour l'environnement et risquent de rendre les bactéries plus résistantes.

  • Baccide surfaces & habitat

Asthmatiques, allergiques et personnes sensibles, éloignez-vous ! Ce produit présente par ailleurs un risque de résistance bactérienne.

  • Carolin antibactérien sans javel

Sans javel mais avec 5 substances toxiques tout de même, selon "60 Millions de consommateurs".

  • Starwax désinfectant désodorisant

Sur l'étiquette, rien ne prévient les asthmatiques et les allergiques que le produit peut être toxique pour eux.

  • Dettol power & fresh éclat citron

Au citron ? Pas vraiment : ce produit ne contient aucun extrait de citron... Et les précautions d'emploi sont "minimalistes".

A.R.

L'Obs

L'Obs

Journaliste

 

 

 

Source :  http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 18:55

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

Mobilisation

Georges-Pompidou : l'hôpital "le plus moderne" de France, symbole de la souffrance du personnel hospitalier

 

 

 

Georges-Pompidou, l'hôpital parisien jadis ultra-moderne, est aujourd'hui devenu un symbole du mal être du personnel hospitalier

Georges-Pompidou, l'hôpital parisien jadis ultra-moderne, est aujourd'hui devenu un symbole du mal être du personnel hospitalier - LANTZ/SIPA
Etranglé par les restructurations et les différents plans d'économies, le personnel hospitalier manifeste de nouveau ce mardi 7 mars pour de meilleures conditions de travail. Focus sur l'hôpital parisien Georges-Pompidou devenu l'un des emblèmes du mal-être de la profession.

Sous l’imposant toit de verre de l’hôpital européen Georges-Pompidou, l’un des plus prestigieux de la capitale, des patients et leurs familles tentent d’occuper le temps. Face à l’accueil, assis sous d’immenses palmiers avec le dernier hors série "Manger sain" entre les mains ou branchés via leur smartphone sur les derniers rebondissements du "FillonGate", tous attendent sagement. Dans les couloirs, quasi-vides et très propres, peu de traces visibles des différents maillons de cette grosse machine qui compte plus de 1.000 lits et totalise presque 100.000 hospitalisations par an. A "Pompidou" pourtant, derrière les portes et les écrans d’ordinateur, c’est la course.

"On fait une toilette à un patient, le patient d’à côté va sonner, on se rend compte qu’on a oublié un gant, alors on va chercher le gant, entre-temps le téléphone sonne, on répond, puis un visiteur vous arrête parce qu’il ne trouve pas la chambre de son ami, les ambulanciers vous arrêtent à leur tour parce qu’ils ne retrouvent pas leur patient et dans la chambre, le patient à qui on fait la toilette attend toujours qu’on revienne avec le gant", raconte d’un seul souffle Nacerine, une jeune aide-soignante de l’hôpital. En quatre ans, le constat est sans appel : la jeune femme, une jolie brune qui a toujours voulu travailler "dans le social", a vu sa charge de travail décupler.

 

"Mutualiser, fusionner, multiplier les partenariats public-privé"

Alors ce mardi 7 mars, dans la continuité des journées de mobilisation du personnel hospitaliser des 8 novembre et 24 janvier derniers, Nacerine, dont les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader, va une nouvelle fois manifester. Aujourd’hui, "on ne peut plus faire notre métier", explique-t-elle. En cause selon Joran Jamelot, l’un des représentants CGT de l’hôpital Georges-Pompidou, cette logique libérale sur laquelle se sont calqués les gouvernements successifs depuis plusieurs décennies et qui ne vise qu’à "mutualiser, fusionner, multiplier les partenariats publics-privés" pour à terme, estime-t-il, "réduire l’offre de soin".

Une logique dans laquelle s’inscrit notamment l’une des mesures phares de la dernière loi de modernisation de notre système de santé : la mise en place de groupements hospitaliers de territoire (GHT). Censée garantir l’accès aux soins pour tous, cette mesure portée par la ministre Marisol Touraine se traduit surtout, pointe Joran Jamelot, par la "suppression de lits". Outre le nouveau plan d’économies - trois milliards d'euros d’ici à fin 2017 - et les"22.000 suppressions de postes dans la fonction publique hospitalière prévues cette année", 135 GHT doivent en effet à l’avenir réunir à eux seuls l’activité des 850 hôpitaux français actuels. Principale conséquence aujourd’hui de cette volonté de "restructuration permanente", conclut le représentant CGT : la diminution de la durée moyenne des hospitalisations enregistrées partout sur le territoire.

 

"Restructuration permanente"

"Le séjour à l’hôpital est raccourci", confirme Nacerine. Et "c’est du boulot en plus pour nous." Car en une journée "à six entrées, entre les chambres à préparer, les patients à accueillir, les bilans complets à réaliser, les soins, les examens et les transmissions écrites", la charge de travail est "énorme". Sans compter le manque de lits, qui concerne même les patients programmés plusieurs semaines à l’avance et qui donne lieu à tout un système de "patients hébergés", explique la jeune aide-soignante. Ce mic-mac, désormais bien rôdé, consiste tout simplement à caser le patient au hasard des services, là où il y a de la place. Ainsi n’est-il pas rare qu’un patient venu se faire soigner pour un cancer se retrouve au service orthopédie ou au service ORL, développe la jeune femme.

 

"L’autre fois, se souvient-elle, dans mon service, on avait une patiente hébergée, envoyée de chirurgie réparatrice. Une femme brûlée de la tête aux pieds qu’on devait préparer avant son opération. On ne savait pas comment faire. Est-ce qu’elle avait le droit de se doucher ? Est-ce que ce n’est pas trop risqué avec la peau brûlée ? On a dû appeler les collègues pour savoir quoi faire. On ne peut pas se permettre d’avoir autant de patients hébergés et nous aussi d’envoyer nos patients."

A cela s’ajoute par ailleurs bien souvent le manque de matériel, y compris lorsqu’il s’agit de réaliser les plus petits soins du quotidien, comme prendre une tension. L’appareil qui défaille, le brassard qui s’arrête de gonfler… Nacerine multiplie les anecdotes, comme lorsqu’il lui arrive de parcourir toutes les chambres à la recherche d’un pied à perfusion, qui s’échange au gré des besoins des patients. "Franchement on passe la moitié de notre journée à aller dans les autres services parce qu’il nous manque ceci ou cela. Et l’hôpital est immense…", pointe Nacerine qui reconnaît toutefois avoir récemment reçu dans son service de tous nouveaux tensiomètres… les premiers en quatre ans ! "Alors que les tensiomètres, c’est quelque chose qu’on utilise toute la journée, une fois par équipe donc trois fois par jour", s’étonne-t-elle encore. "Mais heureusement qu’il y a un vrai esprit d’équipe dans mon service, qu’on s’entraide", se rassure la jeune soignante.

 

Ramener la Santé au centre des débats

La solidarité du personnel ne suffit pas toutefois à soulager le mal-être des effectifs. L’hôpital Georges-Pompidou, avec ses pôles d’excellence - cardio ou cancérologie - répartis sur 120.000 mètres carrés et huit étages, en est devenu ces derniers mois un triste symbole, au fil des suicides qui ont touché le personnel. A l’image de cet infirmier qui s’est tué par défenestration le 6 février à l’hôpital, ou encore de ce cardiologue qui s’est également jeté par l’une des fenêtres de l’établissement fin 2015.

Nacerine ne connaissait pas l’infirmier, pas plus que le cardiologue. Tout juste avait-elle eu l'occasion de saluer le premier. Mais elle s’interroge : "C’était quelqu’un de discret , qui ne travaillait pas ce jour-là. Alors pourquoi est-il venu se suicider à l’hôpital ?"

"Pourquoi est-il venu se suicider à l'hôpital ?"

Nacerine, aide soignante

 

 

Face à l'urgence sur le terrain, la ministre de la Santé a bien annoncé une série de mesures grâce au déblocage d’une enveloppe de 30 millions d'euros, parmi lesquelles la création d'une mission nationale chargée de la qualité de vie au travail des soignants ou encore, le déploiement en trois ans de services de santé au travail, intégrant entre autres des psychologues. Pour le délégué CGT de Georges-Pompidou, c’est néanmoins toute la "logique économique", cette politique du chiffre et "ses impératifs financiers qui dominent tout, qui écrasent tout", qu’il faudrait revoir.

"Ramenons au centre des débats la question de la Santé", plaide donc Joran Jamelot dans un contexte de campagne présidentielle sans cesse aspirée par les affaires, aveugle à la souffrance du quotidien, des petites mains, et qui se manifeste parfois, pour Nacerine, par des menaces de patients ou de proches excédés. "Je vais te tabasser, je t’attends en bas à la fin de ton service", s’est-elle déjà entendu dire. Elle qui n’a pas même le temps, certains jours, de faire une pause voire d'aller aux toilettes, mais qui croit toujours en ce qu’elle fait.

"Quand il y a des périodes catastrophiques, je me dis ‘pourquoi je n’ai pas fait un autre boulot ?’ Et quand je rentre dans la chambre d’un patient et qu’il me remercie pour mon travail, là je me dis ‘bah voilà’".

Oui mais jusqu’à quand ? Dans cet hôpital décrit comme avant-gardiste lors de son inauguration en 2001, qui s’avère être lui-même le fruit de la plus importante opération de restructuration hospitalière jamais menée à l’époque en Europe, la question s’agite dans toutes les têtes. Jusqu’à quand tiendront-ils comme ça ? Symbole de ce délitement : le dispositif de valises automatiques via lequel tous les prélèvements sanguins sont directement acheminés au laboratoire de l’établissement sans que le personnel ait à se déplacer. Un dispositif érigé fièrement lors de l’ouverture de l’hôpital début 2000 et… en panne lorsque nous rencontrons Nacerine, mi-février.

 

 

 

par Patricia Neves

Journaliste société - justice

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 18:07

 

 

Source :  http://www.bastamag.net

 

 

Crise agricole

Asphyxiés par leurs créanciers, trois agriculteurs se suicident chaque semaine

 

par

 

 

Le Salon de l’agriculture vient de s’achever. Ses organisateurs ont souhaité le placer sous le signe de la « passion » et des « ambitions ». Des thématiques « inspirées de l’actualité » qui permettent d’aborder « toutes les composantes du secteur : formation, savoir-faire, métiers, innovations... », a déclaré Jean-Luc Poulain, président du Salon. Exit le marasme financier dans lequel nombre de paysans continuent de se débattre, notamment dans l’élevage laitier, particulièrement dans l’ouest de la France. « L’image que ce salon renvoie n’a pas grand chose à voir avec la réalité, soupire Yannick, qui se sépare peu à peu de ses animaux pour s’orienter vers la production de céréales. Les agriculteurs qui ont les moyens d’aller au salon ne sont pas très nombreux. »

 

Acharnement des coopératives, banques et assurances

Et ce ne sont pas leurs créanciers qui vont les aider à sortir la tête de l’eau, au contraire. L’association Solidarités paysans Bretagne s’alarme de l’acharnement des
coopératives agricoles, banques et compagnies d’assurances, qui maltraitent les agriculteurs déjà en graves difficultés. « Certaines coopératives mettent en place des échéanciers irréalistes, avec des mensualités très élevées, et des taux d’intérêts exorbitants, qui s’approchent des 10% par an ! signale Elisabeth Chambry, directrice de Solidarité Paysans Bretagne. Les agriculteurs ne s’en rendent pas forcément compte lors des négociations, parce qu’ils ne lisent pas nécessairement toutes les lignes des contrats. À ce train là, la dette peut rapidement doubler ! » Les agriculteurs commencent évidemment par payer les intérêts. Résultat : s’ils ont à nouveau des difficultés quelques mois plus tard, ils réalisent que leur dette n’est toujours pas payée...

Le tableau n’est pas plus reluisant du côté des banques. « Les taux sur les prêts pour restructuration sont très élevés, jamais en dessous de 4% par an, souvent au dessus », remarque Elisabeth Chambry. Chez les banquiers, on appelle ça le « coût du risque ». Les banquiers se servent aussi en frais annexes : frais de rejet, frais d’examens de comptes, frais liés aux modifications d’emprunt, etc. « Une famille accompagnée en règlement amiable judiciaire (RAJ, procédure spécifique au domaine agricole pour ré-échelonner, voire supprimer des dettes, ndlr) peut cumuler plus de 4000 euros de frais bancaires, en six mois. Cela équivaut au soutien du RSA sur la même période. » À cela s’ajoutent des pressions graves : le conseiller est injoignable, il refuse d’ouvrir un compte en redressement judiciaire, ou de soutenir une reconversion.

 

Saisies de cheptels et coupures de courant

« Pour garantir les dettes, les créanciers ont des droits sur les moyens de production voire sur la production elle-même. Un paysan qui a vendu son cheptel de porcs pour faire face n’a pas vu la couleur de l’argent : tout a été versé directement au créancier. Il n’y avait plus rien pour le reste de la ferme », se désole encore Elisabeth Chambry. Les assurances, quand elles ne résilient pas purement et simplement les contrats, envoient volontiers les huissiers. « Je paie 6500 euros d’assurance par an, rapporte un agriculteur normand. Là, j’ai un mois de retard sur certaines cotisations, soit 240 euros. Et bien ils me menacent de résilier tous mes contrats ! » Tenus de payer, les agriculteurs ne sont même plus couverts. « Une pression similaire est mise par EDF. Cela commence par un message qui vous sommes de les rappeler. Vous tombez sur une boîte vocale qui vous dit que vous devez 1000, 1500 ou 2000 euros. Et tant que vous ne faîtes pas de virement, vous avez ce numéro qui vous rappelle sans cesse pour vous rappeler le montant de vos dettes. »

La mutualité sociale agricole (MSA), qui prélève les cotisations sociales des agriculteurs, n’est pas en reste. « Plusieurs agriculteurs nous font part de pratiques qui s’apparentent clairement à du harcèlement », note Elisabeth Chambry. Certains agriculteurs souhaitant se convertir, mais ne pouvant payer leurs cotisations, sont obligés d’auto-financer leurs formations, alors même qu’ils cotisent depuis des années au fonds de formation de la MSA ! « Nous sommes vraiment seuls face à nos difficultés, soupire l’un d’eux. Comment s’étonner que certains d’entre nous craquent complètement ? » En moyenne, trois agriculteurs se suicident chaque semaine, selon les données les plus récentes dont dispose Santé publique France, qui datent de 2011 (en 2010 et 2011, 253 agriculteurs et 43 agricultrices se sont suicidés) [1]. Le secteur de l’élevage bovin est particulièrement touché.

 

 

Notes

[1Le chiffre de 732 suicides d’agriculteurs en 2016, qui circule via une infographie AFP n’a pas été confirmé par Santé publique France, ni par la MSA.

 

 

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Source :  http://www.bastamag.net

 

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:48

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

désintox

Non, «Quentin le pompier» n’a pas eu «l’œil crevé par la racaille»

 

Par Jacques Pezet et Vincent Coquaz
 
 

Une image virale publiée sur Facebook se désole que cet homme blessé n'ait pas reçu la visite de François Hollande. Mais contrairement à ce qu'affirmaient les administrateurs de la page, il a en fait été touché par le tir d'un policier lors d'une manifestation en 2013, à Grenoble.

INTOX. Avec plus de 125 000 partages et 10 000 mentions «J’aime», le post Facebook de la page «Je soutiens les pompiers» est devenu viral en quelques jours. Publié le 22 février, il comporte une photo de la visite de François Hollande auprès de Théo L., grièvement blessé lors de son interpellation par quatre policiers, à côté de celle d’un homme touché à l’œil. Les deux images sont barrées d’un texte : «Théo la victime reçoit le soutien présidentiel. Mais pas Quentin le pompier à l’œil crevé par la racaille ?» Une autre phrase accompagne le montage : «Quentin n’avait pas eu droit à la visite du président, lui… peut-être aurait-il dû agresser des flics pour se faire chouchouter ?» En dessous du post, des centaines de commentaires haineux, visant pêle-mêle François Hollande, le gouvernement et les médias.

Capture d’écran du post Facebook en question, le 28 février.

 

DÉSINTOX. Le Quentin de la photo s’appelle bien Quentin, et il est bien pompier. Mais son histoire n’a rien à voir avec celle d’un «pompier à l’œil crevé par la racaille». En effet, comme le racontait à l’époque le Dauphiné, Quentin Charron a été blessé fin 2013 à Grenoble «lors d’affrontements qui avaient éclaté entre les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre devant la préfecture de l’Isère en marge d’une manifestation des soldats du feu». Mediapart précise de son côté que le jeune homme a été «atteint par un tir policier» lors de la manifestation, sans qu’on puisse connaître l’identité du tireur puisque «l’enquête a été classée sans suite par le procureur de la République de Grenoble, pour "absence d’infraction"».

Sans doute interpellé sur les véritables faits, les administrateurs de la page Facebook «Je soutiens nos pompiers» ont modifié le post le 25 février, soit trois jours après publication (comme en atteste l’historique de modification de Facebook). Aucun correctif, mais plusieurs paragraphes de texte ont été ajoutés, dont ce passage tout en ambiguïté (et en racisme assumé) : «Quand c’est un blanc qui se fait éborgner par une racaille de cité ou un policier racailleux, tout le monde s’en fout, tout le monde l’oublie ! Quand un immigré congoïde (d’une famille qui détourne 670 000 euros de nos impôts) se fait blesser lorsqu’il agresse des policiers, on doit en faire une affaire d’Etat ? Sérieusement…» Quelques minutes plus tard, le mot «blanc» est remplacé par «autochtone». Pour les producteurs d’intox aussi, les détails comptent.

Jacques Pezet , Vincent Coquaz

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 17:37

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Perturbateurs endocriniens : pourquoi l’Europe n’a pas le courage de les interdire

 

Perturbateurs endocriniens : pourquoi l’Europe n’a pas le courage de les interdire

 

Ce mardi, ces perturbateurs hormonaux auraient enfin pu être définis par la Commission européenne. Et donc limités… Mais les lobbys ont gagné.

 

 

 

 

 

 

Ce mardi 28 février aurait pu figurer comme une date importante dans l’histoire de l’écologie européenne : c'est ce jour qu’une définition satisfaisante des perturbateurs endocriniens aurait pu être donnée.

 

Et s’il est si crucial de définir sur le plan réglementaire ce qu’est une molécule qui, comme son nom l’indique, perturbe les hormones humaines ("endocrinien" est un synonyme d’"hormonal"), c’est que cela aurait pu conduire à leur limitation, voire à leur interdiction totale, d’abord dans les pesticides chimiques, ensuite dans notre quotidien (plastique, cosmétiques, détergents...). Et ils y sont nombreux !

 

La liste des cosmétiques dangereux a doublé en un an

 

Mais une fois de plus, cette définition n’a pas été retenue par les pays, alors que les dangers de ces produits sont scientifiquement documentés. Pourquoi cet immobilisme ? Nous avons posé la question à Stéphane Horel, journaliste indépendante et auteure d’"Intoxication" (La Découverte), enquête édifiante sur le poids du lobbying dans ce dossier.

 

Les people verts, aussi pollués que vous et moi

 

Pourquoi ce mardi était-il une échéance importante dans le dossier des perturbateurs ?

- C’est aujourd’hui que la Commission européenne a soumis aux Etats-membres un acte d’exécution, c’est-à-dire un texte qui aménage un règlement – en l’occurrence, le règlement de 2009 sur la mise sur le marché des pesticides. Derrière cette démarche technique, se cachait une décision cruciale : la définition réglementaire de ce qu’est un perturbateur. Rappelons que cette définition aurait dû être donnée en décembre 2013 par la Commission, que la Cour de justice européenne a d’ailleurs condamné ce retard, que c’était aujourd'hui la quatrième version de ce texte… et qu’il n’est toujours pas satisfaisant.

 

Pourquoi pas satisfaisant ?

- Parce que la Commission a une fois de plus soumis un texte inapplicable : les critères pour définir la nocivité d’un perturbateur exigent un niveau de preuve impossible à atteindre. Evidemment, ceci n’est pas fortuit : les lobbys agricoles et industriels européens, notamment l’industrie chimique, ne désirent pas que des directives soient passées pour limiter, voire interdire ces molécules dont la dangerosité a été pourtant établie de longue date.

 

Perturbateurs endocriniens : ces lobbies industriels qui œuvrent dans l'ombre

 

Les enjeux économiques sont trop lourds ?

- C’est un faux argument brandi par les lobbys et leurs représentants. Un seul exemple : l’industrie des pesticides agricoles européenne pèse 7 milliards d'euros. C’est faible à la dimension de l’Europe. Mais savez-vous combien coûtent aux sociétés les conséquences sanitaires de ces molécules ? 157 milliards ! En raison de leur rôle de perturbation hormonale, elles sont en effet reliées à un grand nombre de pathologies : cancers du sein, de la prostate, du sein, diabète, obésité, autisme, hyperactivité, infertilité, baisse du QI… Les études scientifiques sont nombreuses, concordantes et accablantes. Et naturellement, le coût économique de ces fléaux n’est pas l’essentiel : leur coût humain est désastreux.

 

Perturbateurs endocriniens : ce qu’on sait, ce qu’on ignore encore

 

Mais interdire les perturbateurs en Europe n’avantagerait-il pas automatiquement nos rivaux, les industries américaines ou asiatiques ?

- Pas du tout. Pour pénétrer sur le marché européen, ces produits, d’où qu’ils viennent, devront évidemment respecter les réglementations européennes, donc être soumis aux mêmes "contraintes" sanitaires.

 

ENQUÊTE EXCLUSIVE. Votre enfant est-il pollué ?

 

Dans ce qui ressemble à une démission des élites européennes, quel rôle joue la France ?

- Elle n’a cessé de se montrer ambitieuse sur ce dossier. C’est la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal qui, en 2014, a tiré cette problématique du fossé d’indifférence dans laquelle l’Union européenne l’avait jetée. Et, même si l’on ne sait pas tout de ce qui se trame en coulisses, la France compte parmi les pays (avec la Belgique, la Suède et le Danemark) qui exigent que la définition donnée par la Commission européenne soit sérieuse et applicable. Hélas, l’Allemagne est depuis toujours ambiguë, à cause de la puissance de son industrie chimique, Bayer et BASF en tête.

 

Le fait que Benoît Hamon ait fait des perturbateurs endocriniens l’un de ses chevaux de bataille dans la présidentielle est-il révélateur d’un changement de mentalité ?

- C’est très surprenant en effet ! Voilà longtemps que je me bats, en tant que journaliste, pour que cette question sorte des pages "Conso" et rejoigne les pages "Politique". C’est chose faite, me semble-t-il, depuis que Benoît Hamon en a parlé en prime time dans une émission politique. Ne pas donner une définition satisfaisante de la nocivité des perturbateurs n’est pas un choix scientifique ou technique : c’est un choix politique, dont nous devrons répondre devant nos enfants.

Nucléaire, pesticides, circonscriptions… Ce que contient l'accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot

 

 

 

Propos recueillis par Arnaud Gonzague

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 15:52

 

 

Source : https://www.facebook.com/CADTMNETWORK/

 

 

La financiarisation de l'économie, par DataGueule

DataGueule

Il était une fois un euro. Perdu au milieu de dizaines de milliards de ses semblables. Il circulait de ventes en achats, d'actions en actions mais, contrairement aux autres, il s'interrogeait. Il se demandait ce qu'il y avait au-delà ? Il voulait voir le monde, le vrai.
Celui du dehors. De vieilles légendes racontaient qu'avant, les places de marchés permettaient de redistribuer les richesses vers l'économie réelle. Mais lui n'en avait jamais vu la couleur car, depuis de longues années, cet euro tournait en rond dans le monde clos de la finance.

 

SOURCES
"En 2012, seuls 5% des transactions financières à travers le globe correspondaient à des biens et services réels" : https://is.gd/jqU3Ns + https://is.gd/VRiz0K
"En 2007, le volume des échanges d'actions sur les places boursières mondiales était presque 100 fois supérieur aux sommes investies dans l'économie réelle" : https://is.gd/565wRS
"Aujourd'hui, aux États-Unis, à peine 15% de l'argent présent sur les marchés est utilisé pour financer les entreprises" : https://is.gd/v9Gkcu + https://is.gd/nj0DbG + https://is.gd/H24DQ5
"Aux États-Unis, entre 1946 et 1959, lorsque le secteur financier injectait 1$ dans l'économie réelle, il gagnait 30 cents en retour sur investissement. Dans les années 1990, pour ce même dollar investi, le secteur financier récupérait 1,09$. Puis, dans les années 2000, 1,74$" : https://is.gd/VRiz0K

"Jusqu'aux années 1970, la logique des sociétés cotées était principalement le « retain-and-reinvest »" : https://is.gd/uw3XPK + https://is.gd/7HmZNL
"Aux États-Unis, entre 1950 et 1970, la courbe des salaires suit fidèlement celle de la productivité. Sauf qu'à la fin des années 70', c'est le divorce. La productivité continue à grimper mais les salaires beaucoup moins" : https://is.gd/p5gWCC
"1974, aux États-Unis la loi Erisa autorise les fonds de pensions à placer l'épargne retraite des salariés américains en bourse" : https://is.gd/LdjzW3 + https://is.gd/VRiz0K
"En 1995, dans le monde, ces acteurs institutionnels de la finance pesaient 20.000 milliards de dollars. 10 ans plus tard, en 2005, ils gèrent 46.000 milliards de dollars" : https://is.gd/VRiz0K
"En 1982, la SEC - l'autorité américaine de contrôle des marchés financiers publie la « rule 10b-18 » : elle autorise ce qui, jusque là, était considéré comme de la manipulation de marché : le rachat d'actions ou « buyback »" : https://is.gd/7HmZNL
"En avril 2015, General Electric annonce un plan de rachat d'actions de 50 milliards de dollars. Dans la foulée son action bondit de 10.8%" : https://is.gd/6e39Od + https://is.gd/kFVX4Z
"Avec les buybacks, les dirigeants d'entreprises augmentent donc le « BPA », Bénéfice Par Action. Ça tombe bien, c'est l'un des critères d'évaluation trimestriel de leur bonne gestion" : https://is.gd/AdWfeT + https://is.gd/FRBeYz + https://is.gd/507K0j
"En 2012, les 500 dirigeants américains les mieux payés ont touché 30.3 millions de
dollars en moyenne. 83% de leurs salaires étaient des actions" : https://is.gd/7HmZNL
"Aux États-Unis, en 2014, 700 milliards de dollars auraient été dépensés rien qu'en «buybacks». 4% du PIB américain" : https://is.gd/507K0j
"Entre 2003 et 2012, parmi les 500 plus grandes entreprises cotées sur les bourses américaines, 449 d'entre elles ont dépensé 54% de leurs revenus en rachats d'action.
Ajoutez 37% versés en dividendes, il ne reste que 9% à réinvestir dans l'activité économique concrète" : https://is.gd/7HmZNL
"Selon certaines études, lorsqu'une entreprise entre en bourse elle perd 40% de ses capacités d'innovation" : https://is.gd/nj0DbG
"Désormais, même la dette de nos États est placée en bourse" : https://is.gd/4wXx3z + https://is.gd/EVrfm0 + https://is.gd/XWuliT + https://is.gd/NDjoCF + https://is.gd/VRiz0K
"En 2013, les fonds d'investissement contrôlaient 40% de la capitalisation boursière alors que dans les années 1960, 84% des actions étaient détenues par des personnes physiques" : https://is.gd/VRiz0K
"Blackstone l'un des 6 plus important fond d'investissement au monde est ainsi, indirectement, l'un des 10 plus gros employeurs des États-Unis et l'un des plus grand propriétaire foncier du pays" : https://is.gd/FCS7p2
"D'après une étude de l'OCDE, les entreprises qui distribuent massivement des dividendes et rachètent leurs propres actions ont des performances boursières 50% supérieures à celles qui, au contraire, choisissent d'investir dans leur développement" : https://is.gd/nVjOaN
"Depuis quelques années, des entreprises choisissent de sortir des marchés, comme le géant DELL en 2013, ou les belges Spadel, CMB et Pairi Daiza en 2015" : https://is.gd/YyxH7J + https://is.gd/c2immV
Ce que l'on appelle « dérégulation » n'est qu'une régulation au service du secteur financier : https://is.gd/0eLQgw

 

BONUS
"La finance et l'économie réelle" : https://is.gd/pfEU1v
"Ce monde fou de la finance où des robots écoutent Trump" : https://is.gd/FEYH0W
" 'Negligible' link between executive pay and firm's performance, says study" : https://is.gd/DRfn2M + https://is.gd/rt21Ly
"The price of Wall Street power": https://is.gd/yL8yAZ
"The rise of finance and the fall of american business": https://is.gd/nj0DbG

 

 

Source : https://www.facebook.com/CADTMNETWORK/

 

 

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 15:07

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

Agriculture industrielle : produire à mort #DATAGUEULE 69

8 février par Datagueule , Nicolas Sersiron

 

 

Nous publions cette vidéo #Datagueule numéro 69 dont l’analyse rejoint celles du CADTM.

En effet, l’agriculture industrielle qui s’est développée à un rythme effréné au sortir de la seconde guerre mondiale en 1945 est une des causes majeures de la dette écologique actuelle. Surexploitation des sols, déshumanisation de la production, accaparement des terres et de l’eau, spéculation financière sur le prix des produits alimentaires, distorsion mondiale des marchés alimentaires, accélération du changement climatique, endettement des agriculteurs et des paysans sont autant de conséquences dramatiques de ce mode de production agro-capitaliste.

Rappelons notamment qu’en raison de ce modèle productiviste, ceux qui souffrent de la faim dans le monde sont en majorité des paysans, producteurs de denrées alimentaires et paysan-ne-s sans terre.

En revanche, l’agro-écologie, prend en compte les dynamiques locales, la biodiversité, la vente des produits en circuits court, la non-importation d’intrants et fédère les producteurs locaux, etc. Ce sont quelques-uns des éléments majeurs à mettre en place pour viser une souveraineté alimentaire respectueuse de la terre et capable de nourrir l’ensemble des êtres vivants de la planète.

Pour toute personne voulant approfondir le sujet, plusieurs chapitres du livre d’Olivier Bonfond Il faut tuer TINA, qui sera envoyé avec l’AVP le 20 février 2017, évoquent les alternatives à mettre en place au système agricole et alimentaire industriel. Le prochain numéro de l’AVP qui sortira en avril 2017 sera lui consacré aux dettes privées, et tout un chapitre traitera de l’endettement paysan. Nicolas Sersiron du CADTM France répond également à cette problématique dans son ouvrage Dette et extractivisme.

Retour d’expérience de Nicolas Sersiron (CADTM France) à propos de la vente directe

"Ci dessous la petite histoire que j’ai vécu il y a 40 ans.

 

Moi-même j’ai pu gagner ma vie comme agriculteur-éleveur uniquement parce que je commercialisais moi-même ma production. Si je vendais mes fromages au « coquetier », j’aurais eu beaucoup de mal à m’en sortir. Cet homme passait avec son camion, un tube Citroën dans les vallées de montagne de la Drôme. Il vendait et achetait un peu tout.

 

Pourquoi ? (Chiffres approximatifs car c’était dans les années 70). Le coquetier m’achetait mes « picodons » environ 1 franc français (FF), indépendamment qu’ils soient frais ou affinés.

 

Admettons que mes coûts - que je n’ai jamais calculés précisément en raison de la complexité et de l’absence de salaire versé - aient été de 90 centimes par fromage, j’aurais gagné avec mes 350 fromages par jour en période de pleine production : 350 x 0,1 FF = 35 FF par jour, soit 1000 FF par mois, comme bénéfice/salaire.

 

En les mettant dans ma voiture à 4h du matin le samedi et en les emportant pour les vendre sur le marché de Gap à 2h de route, j’ai multiplié mon/notre bénéfice, ma femme et moi, de façon extraordinaire.

 

Nous les vendions 2,5 FF pièce. Le coût supplémentaire était négligeable en regard du bénéfice. L’essence et le temps passé en une journée pour une personne nous revenait maximum à 0,5 FF par fromage vendu et encore sans doute moins. Nous en vendions plus ou moins un millier dans la matinée, parfois vers 10h nous n’avions plus rien.

 

Le bénéfice était alors de 2,5 - 1 = 1,5 FF par picodon soit 15 fois le bénéfice que le coquetier m’offrait en passant avec son camion devant la ferme. Je ramenais souvent 2500 FF en billet et monnaie chaque samedi de Gap. Le reste de la production était vendu sur place au même prix qu’à Gap.

 

Le chiffre d’affaire total (CA) par mois en pleine production était d’environ :
 CA : 350 fromages x 30 jours x 2,5 FF = 26250 FF
 Frais : 350 x 30 x 0,95 = 9975 FF
 Bénéfice mensuel = 26250 - 9975 = 16275 FF à comparer au 1000 FF, dans le cas de la vente au « coquetier ».

 

Bénéfice multiplié par 16 en faisant de la vente directe"

 


Sources utilisées pour la réalisation de la vidéo  :
 « Nous étions plus de 2.5 milliards d’humains en 1950, presque 3.7 milliards en 1970, 6.1 milliards en 2000. Nous allons dépasser les 7.5 milliards en 2017. Et en 2050 ? Plus de 9.7 milliards d’hommes et de femmes peupleront la planète » : https://is.gd/vkM0DL
 « La production mondiale agricole actuelle pourrait permettre de nourrir 12 milliards de personnes » : https://is.gd/pTaefF + https://is.gd/BHa35C + https://is.gd/L6jtsn
 « En 2014, plus d’un tiers des céréales produites dans le monde étaient destinées à nourrir... nos élevages » : https://is.gd/pTaefF
 « D’après la FAO, 1.6 milliards de tonnes de nourriture seraient perdues chaque année » : https://is.gd/AZggxx
 « En Grande-Bretagne par exemple, 30% des légumes ne sont tout simplement pas récoltés car ils ne correspondent pas aux « standards » du marché » : https://is.gd/2LIjoK
 « En 1940, une calorie d’énergie fossile permettait de produire 2,3 calories de nourriture. En 2014, il faut dépenser plus de 7 calories d’énergie pour produire une calorie de nourriture » : https://is.gd/2LIjoK + https://is.gd/HJe3f4
 "En France, le niveau d’endettement des agriculteurs est passé de 57 900 euros en 1980 à 159 700 euros en 2010. 175% d’augmentation ! : https://is.gd/XHXy7R
 « En 2013, en Europe, les exploitations supérieures à 100 hectares représentaient à peine 3 % de l’ensemble des fermes et pourtant elles s’étendaient sur la moitié des terres agricoles européennes » : https://is.gd/Eqijfx + https://is.gd/LF4SZ3
 « Du coup, les agriculteurs disparaissent. En France, entre 1955 et 2010, leur nombre est passé de 2 millions à 500.000. Une simple division par 4 » : https://is.gd/lgIw7L + https://is.gd/NSYzdf
 « Et ceux qui restent se sont appauvris. Entre 1960 et 2004, le volume de production agricole a doublé mais le revenu net réel des entreprises agricoles a diminué de 56% » : https://is.gd/NSYzdf
 « En 2003 l’Europe adopte une directive sur les agro-carburants (…). Objectif, 2% d’utilisation en 2005 et 5.75% en 2010 » : https://is.gd/AJbY3V + https://is.gd/DvvnX6 « Selon la commission Européenne, entre 2003 et 2008, 6.6 millions d’hectares de terres arables ont été cultivées pour alimenter... nos moteurs » : https://is.gd/111XYK + https://is.gd/JsvQ7m
 « Entre 2000 et 2006, les importations européennes d’huile de palme ont doublé » : https://is.gd/111XYK
 « Ces agro-carburants ont aussi joué un rôle important dans la crise alimentaire mondiale de 2008. D’après une étude de la Banque Mondiale, entre 2002 et 2008, le prix des denrées alimentaires a augmenté de 140%.75% de cette hausse serait imputable aux agro-carburants » : https://is.gd/5Wx1dj + https://is.gd/YvP5R0
 « Aujourd’hui, la terre est un objet de spéculation. En Roumanie par exemple, entre 2002 et 2015, la valeur de l’hectare a été multipliée par 25 » : https://is.gd/lCdIaq + https://is.gd/yBd9gb
 « De quoi attiser les appétits. 7 à 8 % des terres arables du pays - l’équivalent de 12 000 fermes françaises - seraient déjà aux mains d’investisseurs étrangers » : https://is.gd/hmJEut + https://is.gd/rctE9P
 « Depuis 2011, la banque hollandaise Rabobank a acquis 21.000 hectares de terres agricoles en Pologne et en Roumanie. Elle espère bien les revendre d’ici 10 ou 15 ans en multipliant son prix par trois » : https://is.gd/yBd9gb + https://is.gd/rctE9P
 « En 50 ans, notre agriculture est devenue une machine mondialisée. Et qu’importe les 15% d’émission de CO2 dont le secteur est responsable ou les 10 millions de tonnes de phosphore en plus chaque année dans les océans » : https://is.gd/pTaefF
 « Entre 1900 et 2000, la FAO estime que 75% de la diversité des cultures mondiales a été perdue » : https://is.gd/YOwd9Y
 « Désormais, si rien ne bouge, la productivité agricole pourrait baisser de 2% en moyenne tous les 10 ans » : https://is.gd/pTaefF
 « Mais les choses changent. Une « Déclaration des droits des paysannes et des paysans » est actuellement en négociation à l’ONU » : https://is.gd/eD84SJ + https://is.gd/zvSiVS + https://is.gd/YymLUk

Bonus :
 « Le productivisme agricole » : https://is.gd/msbbnO
 « The global Land grab » : https://is.gd/Wz2Bi5
 Terre de liens : https://is.gd/aGwVx6
 Via Campesina : https://is.gd/KCGR45
 « Terres à vendre » : https://is.gd/qPt0dE

 

Source : #DataGueule

 
 

Datagueule

est une émission de télévision et une websérie. Elle propose des vidéos d’animation traitant de l’actualité sur un mode ludique et condensé dans un but didactique. Chaque épisode hebdomadaire tente de révéler et décrypter les mécanismes de la société et leurs aspects méconnus.

 
 
 
 

Nicolas Sersiron

Ex-président du CADTM France, auteur du livre « Dette et extractivisme » Après des études de droit et de sciences politiques, il a été agriculteur-éleveur de montagne pendant dix ans. Dans les années 1990, il s’est investi dans l’association Survie aux côtés de François-Xavier Verschave (Françafrique) puis a créé Échanges non marchands avec Madagascar au début des années 2000. Il a écrit pour ’Le Sarkophage, Les Z’indignés, les Amis de la Terre, CQFD. Il donne régulièrement des conférences sur la dette.

 

Autres articles en français de Nicolas Sersiron (58)

 

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 17:03

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

En Allemagne, une poupée connectée qualifiée de « dispositif d’espionnage dissimulé »

 

L’agence de régulation des réseaux a interdit le jouet à la vente, et enjoint aux parents de détruire ceux que leurs enfants possèdent.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Une poupée Cayla dans un magasin de Londres, en novembre 2014.

Une poupée Cayla dans un magasin de Londres, en novembre 2014. LEON NEAL / AFP

Après les téléviseurs connectés, qui collectent de grandes quantités de données personnelles de leurs utilisateurs, voilà que les jouets se transforment eux aussi en espions de votre vie privée.

 

La Bundesnetzagentur, l’agence chargée de la régulation des réseaux en Allemagne, a publié, vendredi 17 février, un communiqué dans lequel elle qualifie une poupée connectée, baptisée Cayla par ses fabricants, de « dispositif d’espionnage dissimulé ».

De tels objets intrusifs étant interdits par la loi en Allemagne, le jouet n’est plus disponible à la vente. Quant aux exemplaires déjà vendus, l’agence demande aux parents de les détruire ou, au moins, d’en extraire le dispositif d’enregistrement.

Car ce qui fait la spécificité de Cayla, c’est le micro qui est renfermé dans son petit corps de plastique. Celui-ci enregistre les questions des enfants, qui sont analysées grâce à un logiciel de reconnaissance vocale. Le jouet, que l’on doit connecter à une tablette ou à un smartphone avec le Bluetooth, y répond ensuite directement. Cayla sait résoudre des opérations mathématiques, donner des informations sur un pays ou une célébrité, et même raconter sa vie, qu’elle mène avec ses parents, amis et animaux fictifs.

C’est un étudiant à l’université de Sarrebruck, nommé Stefan Hessel, qui a soulevé en Allemagne la question de la sécurité d’un tel dispositif, en révélant qu’il n’y avait aucun mot de passe pour protéger la connexion. Un intrus situé à moins de 15 mètres de distance du jouet pourrait entendre les conversations à travers le micro de Cayla, mais aussi parler directement aux enfants.

Le distributeur allemand de la poupée a assuré que le jouet n’était pas équipé d’un « logiciel espion » et a promis de contester la décision des autorités en justice. Il n’empêche, Genesis Toys, le fabricant de la poupée blonde, avait déjà, par le passé, été confronté à de telles accusations. Dans une plainte déposée auprès de la commission américaine fédérale du commerce, en décembre 2016, plusieurs associations avaient qualifié Cayla de menace pour la vie privée, non seulement parce qu’elle pouvait enregistrer ce qui se disait autour d’elle, mais aussi parce que les fichiers audio en question étaient transmis à un serveur à distance sans le consentement des parents. D’autres groupements de défense des consommateurs avaient ensuite décidé, eux aussi, de poursuivre le fabricant, aux Pays-Bas, en Belgique, en Irlande, en Norvège et en France.

La poupée Cayla n’est pas la seule à susciter la controverse. Hello Barbie, une poupée connectée en Wi-Fi, commercialisée aux Etats-Unis par Mattel et ToyTalk, avait, en 2015, suscité de nombreuses inquiétudes sur sa vulnérabilité face à un potentiel piratage. Une peur matérialisée fin novembre 2015, avec le piratage des serveurs de VTech, le géant des ordinateurs pour enfants. Des données personnelles sensibles des utilisateurs et de leurs parents avaient alors été volées. Parmi elles, les courriels, archives de forums de discussions, ou photos de cinq millions de comptes.

A la suite de cette affaire, VTech avait modifié ses conditions d’utilisation, y précisant que le consommateur n’était jamais à l’abri d’un piratage, et qu’il reconnaissait en avoir été averti lors de l’achat du produit. Des appels au boycott de ces petits ordinateurs pour enfants avaient alors été lancés.

 

Lire aussi :   Sécurité informatique : les jouets connectés, cible tentante pour des pirates

 

Selon le Guardian, la Consumer Protection Cooperation Network, qui rassemble les régulateurs européens, devrait réunir, en mars, les autorités de défense des consommateurs, et celles de protection des données personnelles de plusieurs pays européens, afin de discuter plus amplement des applications et risques des jouets connectés.

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 15:55

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

« Tous entrepreneurs » ?

Chauffeurs Uber : au volant avec les prolétaires 2.0, « entrepreneurs » pour 3,5 euros de l’heure

 

par

 

 

Ils travaillent plus de 60 heures par semaine et gagnent moins que le Smic. Ce sont les chauffeurs VTC. Ils seraient autour de 20 000 en France. L’arrivée de la plateforme numérique Uber a suscité espoirs et vocations pour de nombreux exclus du marché du travail. Et la marque a tout fait pour attirer de nouveaux « partenaires ». Derrière les promesses d’autonomie et d’activités rémunératrices, beaucoup découvrent la précarité, le salariat déguisé sans protection sociale, l’endettement et, au final, une nouvelle forme de soumission. Aujourd’hui en lutte, certains chauffeurs s’apprêtent à attaquer Uber en justice pour travail dissimulé. Reportage auprès de ces « uberusés » en colère.

Ils portent des costumes-cravates classieux, conduisent des berlines noires étincelantes aux vitres teintées et font pourtant des courses pour moins de 5 euros. « T’imagines ! On est moins cher que la RATP », lâche Ali, la quarantaine fatiguée en montrant une Peugeot 508 éclatante. Si quatre passagers font une course de 7 euros, ça leur revient à 1,75 euros par personne. »

Depuis plusieurs mois, la colère gronde sous les capots contre les plateformes numériques de mise en relation entre passagers et chauffeurs, Uber bien sûr, en tant que leader incontesté du secteur, mais aussi Snapcar, Le Cab, Chauffeurs privés ou MarcelCaB. La plupart des chauffeurs alternent entre ces marques mais restent fidèles au géant et ses 1,5 millions d’utilisateurs en France. Face aux grèves et actions à répétition de ses travailleurs « VTC », pour voiture de transport avec chauffeur, la direction d’Uber a été contrainte d’ouvrir, ce 22 février, des négociations avec leurs représentants syndicaux [1]. Au programme : étudier un dispositif de soutien aux chauffeurs en difficulté. Pour certains, l’« innovation » Uber commence à virer au cauchemar.

 

1100 euros net, sans droit au chômage et sans congés payés

Tous les matins, Ali se branche sur l’appli UberX pour commencer une journée de travail… à perte. Cet ancien serveur en restauration a beau travailler de 5h à 21h, il ne s’en sort plus depuis la baisse des tarifs pratiqués par Uber. Mais Ali n’a pas le choix. Il doit amortir sa Ford Mondéo qu’il a achetée à crédit plus de 30 000 euros pour se conformer aux modèles imposés par les plateformes. En guise de protestation, il ne prend même plus la peine de porter le costume ni de proposer les bouteilles d’eau ou bonbons à ses passagers. Ce qui a fait le standing et le succès d’Uber auprès des clients – accessibilité, disponibilité, tarification – fait désormais le malheur de ces conducteurs. « Uber X : c’est toujours mieux qu’un taxi », proclame le slogan. Tout dépend de quel côté on est assis.

Plusieurs banderoles flottent sur les escaliers de l’Opéra Bastille ce 16 janvier. « 15h/jour, 360h par mois, Uber m’exploite ». « 3,5 euro par heure, la solution au chômage de Macron ? ». Ici les propos de l’ancien ministre de l’Économie, fervent défenseur du modèle Uber, passent mal. Youssef vient de Villejuif. En dix heures de travail, il lui arrive de réaliser une quinzaine de courses sur lesquelles Uber prélèvera 25% de commission (35% pour le service de partage Uberpool). « Avant je faisais 1500 euros par semaine, maintenant je ne dépasse pas les 800 euros ». Soit 3200 euros de chiffres d’affaires par mois auxquels Youssef doit enlever les frais d’essence (500 euros) et la location de sa Mazda 6 (1600 euros). À la fin du mois, il touche autour de 1100 euros net. À cela, il faudra encore ôter la couverture du régime social des indépendants (RSI). Il en arrive presque au salaire qu’il percevait dans l’aéronautique, mais en travaillant cette fois le double. Et sans l’assurance chômage, les congés payés ni la retraite.

 

« Avec moins de 600 euros par mois, j’arrêterais bien mais je suis bloquée »

« Ces cochers du 21ème siècle » ne sont pas salariés d’Uber mais des « partenaires ». Ils travaillent le plus souvent sous le régime d’auto-entrepreneurs. Ils ne cotisent donc pas aux caisses de protection sociale. Pourtant, Uber reste perçu comme le premier « employeur » de jeunes issus des banlieues, offrant une opportunité d’insertion à une population exclue du marché du travail, sans CV ni diplôme. Un sondage commandé par la firme affiche que 55% de ses recrues étaient au chômage. Sauf que la plupart d’entre eux gagne finalement à peine le Smic en travaillant en moyenne 70 heures par semaine. On est donc loin des 2000 euros net mensuels pour 45 heures de travail hebdomadaire avancés par une étude financée par la direction d’Uber.

Pour Grégoire Kopp, porte-parole de l’antenne française d’Uber et ancien conseiller au ministère des Transport, les mauvaises conditions de travail de ses chauffeurs seraient dues à leurs « mauvais choix en termes de business plan » (Voir ici). Une position que n’est pas loin de tenir Robert [2]. « Faut pas exagérer c’est pas l’usine non plus, t’es assis dans une belle voiture, tu discutes avec les client. Si les conditions sont si mauvaises, pourquoi ne pas arrêter ? » relativise-t-il.

 

« Ils ont tout calculé pour mettre la pression »

Ce trentenaire d’une banlieue nord-parisienne a concrétisé le « rêve de nombreux chauffeurs ». Après avoir roulé pendant quelques mois avec une VTC qu’il louait en binôme avec un autre chauffeur, Robert a monté sa boîte. Il emploie désormais treize chauffeurs. Il montre fièrement le chiffre d’un de ses employés qu’il suit en direct sur son smartphone : 1673 euros net la semaine. Le montant détonne avec celui des autres. L’homme a roulé 64 heures en sept jours. « Ceux qui s’en sortent passent 17 heures au volant puis dorment dans leur voiture, j’en ai vus à l’aéroport », rétorque une manifestante. « Uber nous a vendu du rêve. Mais ensuite, on ne peut plus faire machine arrière », critique-t-elle. « Personnellement, si je n’avais pas de crédit, j’arrêterais. Mais je suis bloquée. Je vis avec moins de 600 euros par mois. »

Beaucoup ont cru à cette « uberéussite », promue par les publicités. Devenir son propre patron en quelques clics, un entrepreneur autonome, travailler à son rythme. Hanan, une des rares femmes présentes place de la Bastille ce jour de manifestation, travaille pour deux applications, LeCAB et UberX. En 2015, elle traverse une « petite période creuse » après la fermeture de son restaurant. Elle se lance dans le business VTC. « J’aimais la conduite, je me disais que je serais libre, que j’allais gérer ma journée. Je croyais que j’allais m’en sortir. Mais au fur et à mesure, on s’est rendu compte que ce n’est pas nous qui décidions. Ils ont tout calculé pour mettre la pression : nous sommes dans le stress tout le temps. »

 

Rouler 80 km à vide pour prendre des clients

En théorie, les travailleurs sont indépendants. En réalité le chauffeur n’a aucune marge de manœuvre sur ses commandes. Lorsque son « appli » bipe, il ne connaît ni le montant ni la destination avant d’accepter la course. Ce qui peut réserver quelques surprises. « Parfois, je me déplace dans les banlieues lointaines, à 7 km, pour découvrir que la course est de 3,5 km », témoigne Youssef. En plus, le temps d’attente ou le déplacement entre les courses n’est pas calculé, donc non rémunéré. Or de nombreux client réservent seulement pour quelques mètres. « S’il y a des bouchons, tu restes coincé vingt minutes pour 5 euros », poursuit le trentenaire.

Repérer les bons spots, « chasser » le voyageur potentiel, tourner dans l’espoir que son smartphone signale une course constitue le quotidien des chauffeurs. Légalement, ils doivent se diriger vers le siège de leur entreprise entre deux courses. Ils n’ont pas le droit de faire des maraudes, à la différence des taxis. « On prend tout le monde. À chaque heure, une catégorie différente. Le matin, ceux qui vont à la gare ou l’aéroport, ceux qui déposent leur enfant à l’école. Le midi, ceux qui vont de leur bureau au restaurant pour déjeuner », observe Mohamed, 46 ans, qui arrive des Mureaux (78) sur Paris tous les jours sans trouver de passager. 80 km à vide.

 

Une course au chiffre

Le chauffeur n’a pas le choix du chaland. Si par hasard il en refuse certains, gare à lui : au bout de trois annulations de courses, le compte Uber peut être désactivé. « Là on va direct au chômage, sauf qu’on n’y a pas droit », se désespère Youssef. Très vite, la flexibilité des horaires tant recherchée se traduit finalement par une incertitude permanente pour combler ses dettes. Youssef en sait quelque chose : « Il y a des jours, tu te lèves le matin sans savoir combien tu vas faire. Parfois tu rentres chez toi, avec la crainte de ne pas avoir fait assez, alors tu ressors le soir. Je continue sinon qui va payer mon loyer ? »

C’est une course au chiffre. Une course contre la fatigue et le sommeil. Certains s’empêchent même de boire pour ne pas avoir une envie d’uriner, synonyme de pause. Quitte à mettre en danger leur santé ou la sécurité des passagers. C’est ce qui a failli arriver à Youssef lorsqu’il s’est endormi au volant en fin de nuit. Heureusement, il ne transportait personne. Les accidents seraient si fréquents sur les VTC que les assureurs rechigneraient désormais à couvrir certains véhicules. « Une autre fois, j’ai travaillé de 20h à 6h du matin. Mon dernier trajet jusqu’à l’aéroport m’a paru durer une vie tellement je m’endormais et je ne voulais pas le montrer au client », se souvient Youssef.

 

Désactivé dix jours pour une « erreur » de la cliente

Ce type d’excès de zèle est dicté par le souci du confort des passagers. Après chaque trajet, ces derniers peuvent noter le comportement de ceux et celles qui sont au volant. « Notés comme des élèves », se désole Hanan. Si la moyenne baisse trop, ils se voient rappelés à l’ordre ou, pire, déconnectés. Difficile de répondre lorsqu’un usager hausse le ton, se permet l’impératif ou le tutoiement. Au moindre faux-pas, on risque la désactivation. Pris en étau entre l’utilisateur et la plateforme, l’uber pilote n’est pas le maître à bord. Au grand dam d’Ali : « S’il y a une embrouille avec un passager, Uber croira toujours le client. Le client a toujours raison, il est comme notre maquereau. » Ce système de notation, censé améliorer la qualité de service, s’apparente finalement aux sanctions disciplinaires d’un employeur.

Dissimulé sous son écharpe noire, Ryad, se souvient comment il a été déconnecté du service pendant dix jours suite à une réclamation d’une cliente… qui s’était trompée. À 37 ans, Ryad a fini par arrêter de jouer les taxis d’un nouveau type. « Je ne voyais plus ma fille grandir, je n’avais plus de vie sociale. C’est bien pour les petits jeunes. Pour les pères de famille embourbés dans les crédits bancaires, c’est impossible. »

 

Plainte pour salariat déguisé

Notation, désactivation arbitraire, tarifications et destinations imposées sont autant de faisceaux d’indices de « salariat déguisé » où le chauffeur répond de fait aux injonctions de son employeur et de son application. « Le contrat de partenariat d’Uber est une caricature du statut de travailleur hyper-dépendant, cela ne peut être qu’un contrat de travail », remarque l’avocat Jean-Paul Teissonnière, soutien de la lutte des « uberusés ». Encore faut-il pouvoir apporter la preuve de l’existence d’une relation de travail salarié. Son principal critère est le lien de subordination.

Relevés de comptes, messages, notifications, contrats… l’équipe de juristes présents à la Bourse du travail de Saint-Denis ce 27 janvier épluche les dossiers Uber d’une quarantaine « d’indépendants ». Soutenu par le cabinet d’avocats Tessonière & Topaloff, le récent syndicat Unsa VTC s’apprête à lancer aux Prud’hommes une procédure collective de requalification en salariés de ces automobilistes. Objectif ? Obtenir les indemnités correspondantes aux arriérés de cotisations sociales non payées.

En parallèle, une plainte au pénal sera déposée auprès du parquet de Paris pour délit de travail dissimulé. L’« employeur » encourt en théorie le paiement à chaque salarié d’une indemnité forfaitaire de six mois de salaires (Article L8223-1 du code du travail). Il encourt également une peine d’amende de 225 000€ en tant que personne morale. Cette action succède à celle initiée par l’Urssaf en septembre 2015. Elle fait également écho à deux procédures similaires aux États-Unis et au Royaume-Uni. La direction d’Uber France se dit confiante dans la mesure où elle ne fait signer aucune clause d’exclusivité aux chauffeurs dans son contrat [3]. Sauf que le mastodonte numérique a su créer une dépendance économique. Ce qui juridiquement peut passer pour de la subordination.

 

Comptable, administration, assurance : dépendances chaîne

D’amont en aval, Uber contrôle toute la chaîne de transport. Besoin d’un comptable pour gérer votre budget ? D’une formation pour avoir l’autorisation de circuler ? Ou peut-être d’une assurance à titre onéreux ? Plutôt d’un loueur de véhicule ? Uber a tout prévu pour faciliter les formalités administratives de ses nouveaux chauffeurs. Un kit de parfait premier entrepreneur clef en main. À chaque étape, Uber vous oriente vers un de ses partenariats privilégiés [4].

Autour de la firme ont émergé des sociétés dites de capacité de transport qui peuvent employer des chauffeurs non titulaires de la carte professionnelle [5]. Certains de ces « mini Uber » ont par ailleurs une politique d’embauche à faire bondir n’importe quel contrôleur Urssaf. Cumulant salariat, paiement à la tâche et travail au noir. L’entreprise californienne s’est ainsi constituée une main d’œuvre de nouveaux prolétaires avec l’aide de Pôle emploi – bientôt 70 000 chauffeurs ? – sur laquelle elle ponctionne la valeur des transactions. Le tout sans s’acquitter des cotisations patronales associées, ni payer d’impôt en France. Officiellement, l’entreprise n’y ferait aucun bénéfice, malgré sa capitalisation à hauteur de 68 milliards de dollars.

 

Uber peut remercier Jacques Attali, Fillon et Macron

« Créer un outil numérique et casser les prix une fois qu’il y a suffisamment d’esclaves dominés à cause de crédits sur le dos, c’est ça l’ubérisation ! », tonne Sayah Baaroun du syndicat Unsa VTC. Jean-Paul Teissonnière, lui, parle d’un retour au tâcheronnat. « Avec Uber, on réinvente la situation des salariés non protégés du 19ème siècle. Dans le code civil, ce type de relation s’appelait le contrat de louage de service. » Or le droit du travail s’est progressivement constitué pour rééquilibrer la relation inégale entre employeur et employé à la tâche. Serait-ce ce retour en arrière que nous préparent les partisans de la révolution numérique ?

Ce que vivent aujourd’hui ces chauffeurs prend son origine en 2009 avec l’ouverture du marché des taxis au VTC. La création du régime simplifié des « indépendants » – les fameux auto-entrepreneurs (Lire notre enquête ici) – a également facilité l’embauche des Uber. Deux mesures mises en place par le gouvernement de François Fillon suites aux préconisations de la commission dite de « libération de la croissance » dirigée par Jacques Attali, dont le rapporteur était un certain… Emmanuel Macron. La part des travailleurs indépendants – ces « entrepreneurs » bon marché mais dépourvus des droits acquis grâce à un siècle de conquêtes ouvrières – se stabilise pour l’instant à 10% de l’emploi total. Pour combien de temps ?

Ludo Simbille

Photo : CC Travis Wise

 

 

Notes

[1UNSA, CFDT, Capa-VTC, Actif-VTC, UDCF.

[2Le prénom a été modifié.

[3Certains contrats signés par des chauffeurs avec des loueurs de voitures stipulaient tout de même une obligation de partenariat avec Uber.

[4Le plus célèbre, « Voitures Noires », s’est bâti une fortune grâce à la location de ses 2800 véhicules à minimum 900 euros chacun. Autre partenaire étroitement lié au géant numérique : le Groupe Max, véritable à holding dirigée par Joseph François, ardent défenseur du système Uber.

[5Ces sociétés de capacité de transport sont régies par la Loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI), une législation moins contraignante que pour les VTC en terme de formation et de qualification des chauffeurs. Le boom des VTC a conduit au dévoiement de cette loi, destinée au transport collectif. Ce qui permet notamment aux capacitaires « Loti » d’engager des conducteurs simplement titulaires d’un permis B sans attendre plusieurs mois l’autorisation de transport pour un VTC. La loi dite GrandGuillaume, du nom de son rapporteur, adoptée fin décembre pourrait mettre fin à cette activité.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 18:46

 

Source : https://france.attac.org

 

Réforme du marché carbone : 200 milliards d’euros supplémentaires pour les pollueurs

 

 
 
 

Mercredi 15 février, le Parlement européen a voté en faveur d’un projet de réforme du marché carbone européen (ETS) qui délivre de nouvelles aides substantielles aux industries polluantes et conduit l’UE à se doter d’un objectif de réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES) bien en-deçà de ce qui devrait être sa juste part. Attac France s’associe à Corporate Europe Observatory et Food & Water Watch pour rappeler que la réforme votée ne permet en rien de résoudre les défaillances structurelles du marché carbone européen, qui reste inefficace et inadapté aux défis climatiques.

Le Parlement de l’UE a adopté des mesures qui représentent environ 200 milliards d’euros en faveur des industries polluantes, sous forme de permis de polluer délivrés gratuitement et de fonds additionnels. Un montant qui pourrait être réévalué à la hausse une fois que les règles sur les subventions actuelles pour les secteurs à forte intensité énergétique, tels que le ciment, seront clarifiées.

Pour Oscar Reyes, du Corporate Europe Observatory, 
« Il semble que le Parlement européen soit très heureux de prolonger ce qui apparaît comme programme de protection sociale pour les grands pollueurs qui pourtant, et depuis trop longtemps maintenant, n’a pas permis de réduire les émissions de GES. Les contribuables européens seront ceux sur lesquels vont reposer ces lourdes subventions versées aux industries polluantes. »

Le vote confirme également l’absence d’ambition au cœur même du système d’échange de quotas d’émissions, qui est l’instrument phare de l’UE en matière de politique climatique.

Pour Frida Kieninger de Food & Water Europe,

« L’objectif annuel de réduction des quotas disponibles de 2,2 pour cent est une capitulation honteuse qui est encore loin de la juste part que l’UE doit mener en matière de lutte contre les dérèglements climatiques prévue par l’Accord de Paris. Il est grand temps que les institutions de l’UE se rendent compte que le marché carbone européen n’est pas adapté aux objectifs poursuivis et qu’il faudrait substituer à ce dispositif une réglementation climatique plus efficace. »

 

Notes 

  • La proposition et les amendements sur lesquels le Parlement européen s’est exprimé.
  • La valeur des permis de polluer délivrés gratuitement et des fonds liés au marché carbone s’élèvera à environ 198 milliards d’euros entre 2021 et 2030. Ce chiffre s’appuie sur une évaluation fixant un prix moyen du carbone de 25 €, réparti comme suit : 135 milliards pour les permis gratuits ; 15 milliards pour le fonds pour l’innovation ; 11 milliards pour le fonds pour les coûts indirects ; 8 milliards pour le fonds de modernisation ; 19 milliards pour la part flexible et 10 milliards pour le fonds de réserve destiné aux nouveaux participants ;

P.-S.

Organisations signataires :

  • Attac France,
  • Corporate Europe Observatory,
  • Food & Water Europe.

 

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

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