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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 22:33

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Union européenne

À Bruxelles, plongez dans la discrète mais intense bataille que les lobbies livrent à l’intérêt général

 

par

 

 

Plus de 10 000 organisations spécialisées dans le lobbying sont enregistrées à Bruxelles, dont environ un millier sont françaises. Parmi elles, quelques ONG, mais surtout des grandes entreprises, des associations industrielles et des cabinets de consultants. Comment ces lobbyistes défendant les intérêts des milieux d’affaires œuvrent-ils pour faire entendre leurs positions auprès des décideurs européens ? Tous les acteurs de cette scène combattent-ils à armes égales ? Plongée au cœur du quartier européen de Bruxelles.

« Un jour, un collègue de mon cabinet me contacte. Une entreprise cliente va être obligée de transférer des lignes de production à l’extérieur de l’Union européenne. A cause du règlement Reach sur les substances chimiques [1] : un produit utilisé comme solvant dans un processus de fabrication ne sera plus autorisé dans l’Union. Cela signifie 150 emplois et 50 millions d’euros d’investissements qui vont partir ailleurs. Je lui réponds : “ Il faut en parler avec la Commission et l’agence Reach”. Des périodes transitoires sont possibles. ».

C’est ainsi qu’Hervé Jouanjean résume son nouveau travail depuis son bureau bruxellois. Avant ? Il était directeur général du Budget de la Commission européenne, après être passé par la direction générale au Commerce. C’est-à-dire les instances mêmes auprès desquelles il exerce désormais son activité de lobbying. À peine libéré par son ancien employeur, en 2014, le tout nouveau retraité devient consultant pour l’antenne bruxelloise d’un grand cabinet d’avocats français. La Commission, principal organe de pouvoir au sein de l’Union européenne (UE), Hervé Jouanjean la connaît donc très bien. Ce phénomène des « portes tournantes » - autrement dit des allées et venues entre Commission et secteur privé – est régulièrement dénoncé par les ONG bruxelloises.

Au-delà des cas emblématiques des anciens commissaires européens comme Manuel Barroso passé chez Goldman Sachs ou Connie Hedegaard chez Volkswagen [2], le phénomène concerne tous les échelons hiérarchiques de la Commission, et expliquerait en grande partie sa réceptivité aux arguments des lobbys. Des accusations que Hervé Jouanjean réfute, expliquant respecter à la lettre les règles déontologiques en vigueur. « J’ai quelques contacts qui me permettent d’être pris au téléphone, mais je les dérange peu. Ils savent que je suis sérieux sinon ils ne perdraient pas leur temps avec moi. Il faut d’abord des dossiers solides, c’est ce que j’explique aux clients quand je dis que la Commission travaille pour eux et non contre eux », explique le consultant.

 

Mille acteurs français impliqués dans le lobbying à Bruxelles

« Pour cette entreprise, j’ai proposé de rencontrer la Commission, de mettre le problème sur la table et d’examiner si, véritablement, il est aussi compliqué que cela d’obtenir une dérogation transitoire. Le dossier était solide : l’entreprise mettait de bonne foi en place un projet alternatif pour respecter Reach. Mais cela prend des années. Nous sommes donc entrés en contact avec la Commission et avec l’agence Reach, qui nous ont expliqué qu’elles étaient là pour aider et non pour tuer des emplois. »

10 000 organismes sont inscrits au registre européen des lobbies, dont plus de mille sont Français [3] Les acteurs défendant les intérêts du secteur privé sont très largement majoritaires. Parmi eux, une centaine de cabinets de consultants et d’avocats conseils pour des entreprises tels que celui d’Hervé Jouanjean. Les clients de son cabinet sont des entreprises de taille moyenne. Les grandes entreprises, en plus de faire appel occasionnellement à un cabinet de lobbying ou d’avocats, ont leurs propres représentants à Bruxelles. Dans le grand jeu du lobbying auprès des institutions européennes, les multinationales bénéficient ainsi d’un rapport de forces favorable non seulement par rapport aux ONG et aux syndicats, mais aussi par rapport à leur concurrentes plus petites et moins internationalisées.

 

Total, Engie, EDF : plus de 2 millions d’euros par an en lobbying

Le pétrolier Total, par exemple, a dépensé plus de 2,5 millions d’euros de frais de lobbying auprès des institutions européennes en 2015. L’entreprise pétrolière emploie six lobbyistes permanents, tous accrédités auprès du Parlement européen. Total agit aussi directement auprès de la Commission : elle a décroché sept rendez-vous avec ses représentants en 2015. Dont l’une directement avec le commissaire à l’Énergie et au Climat, Miguel Arias Cañete [4]. De quoi faire valoir les positions de Total au plus haut niveau. Il s’agissait alors d’évoquer avec lui les possibilités d’investissement en Iran dans la perspective de la fin des sanctions économiques contre la République islamique, après l’accord obtenu sur son programme nucléaire.

Les trois entreprises françaises qui dépensent le plus pour défendre leurs intérêts auprès de la Commission sont toutes issues du secteur de l’énergie. EDF et Engie ont respectivement 14 et 13 lobbyistes « maison » enregistrés à Bruxelles, et déboursent chacune plus de 2,25 millions d’euros de frais de lobbying auprès des institutions européennes [5]. C’est finalement peu au regard des financements européens reçus par ces deux entreprises : 113 millions d’euros pour Engie l’an passé, plus de 3,5 millions pour EDF.

 

Pour influer au mieux, multiplier les canaux

Et encore, s’il n’y avait que les lobbyistes des grandes multinationales, ou des cabinets conseillant telle ou telle entreprise de taille intermédiaire... « Une grande firme adhère à une kyrielle de fédérations. Ainsi, le plus souvent, une même position est portée par huit ou neuf canaux », explique le sociologue Sylvain Laurens, auteur du livre Les courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles [6], et qui a étudié pendant plusieurs années le milieu du lobbying bruxellois.

Exemple ? Le secteur automobile français. Michelin, Renault, Peugeot ont leurs propres représentants à Bruxelles et sont directement inscrits au registre européen des lobbies. De même que le Comité des constructeurs automobile français, que l’Association européenne des constructeurs automobiles ou que le Conseil national des professionnels de l’automobile, autant de fédérations auxquelles les industriels de l’automobile sont adhérents. « Comme lobbyiste, vous êtes meilleur si vous défendez les intérêts du secteur, et pas seulement de votre entreprise », assure Antoine Féral, ancien lobbyiste pour un groupe automobile français. Il travaille depuis vingt ans à Bruxelles. Il a étudié au Collège d’Europe, la formation privilégiée des fonctionnaires et des lobbyistes européens, avant de travailler deux ans pour la Commission, puis comme assistant parlementaire, avant d’être recruté par le secteur privé.

 

« Approcher l’échelon de base, car c’est là que se rédigent les textes »

« Pour chaque secteur, en tant que lobbyiste, vous devez rencontrer régulièrement vingt à trente personnes de la Commission : le fonctionnaire junior, l’administrateur principal, le chef de secteur, le chef d’unité… Vous devez approcher l’échelon de base. C’est là que se rédigent les textes. Vous leur dites : “Ce point est important, car il y a tel type d’intérêt en jeu”. Le vrai travail se fait au niveau de la Commission. Le député complètera un vide dans un projet de directive, ou corrigera ce qui ne convient pas. Sur des sujets spécifiques, le parlementaire doit également être convaincu. Nous devons donc le voir et le revoir, détaille le lobbyiste. Pour être écouté, nous devons porter un message avec un contenu technique. »

Pour Antoine Féral, tout cela ne pose aucun problème. « Rien n’empêche que, une fois votre rendez-vous terminé, votre interlocuteur rencontre une entreprise concurrente, une ONG qui vous veut du mal, ou des élus d’un village concerné par l’activité de votre employeur… Chacun est libre de venir s’exprimer. Mais quand il y a des ONG qui disent “pas de voiture en ville”, la discussion est bloquée d’entrée de jeu. Je préfère qu’une ONG dise “pas de voiture qui pollue, mais faisons tout pour développer l’électrique” ».

 

« Ce sont les anti-OGM, les anti-pesticides qui fixent l’agenda »

C’est l’argument central des lobbyistes présents à Bruxelles : leur activité s’inscrit dans le débat démocratique. Les ONG n’ont-elles pas également la possibilité de faire entendre leurs voix ? « Le lobbying, c’est le contre-pouvoir de la société civile au sens large. C’est à dire celui des ONG, des milieux professionnels, des consommateurs, des syndicats qui essaient de peser sur les processus de décision communautaires pour faire valoir leur point de vue. Le lobbying fait partie intégrante du processus décisionnel à Bruxelles », estime par exemple Daniel Guéguen, lobbyiste auprès de l’Union européenne depuis quarante ans.

Daniel Guéguen dirige aujourd’hui son propre cabinet de conseil en affaires européennes, au cœur du quartier européen de la capitale belge. Selon lui, les ONG exerceraient même davantage d’influence que les multinationales : « Contrairement à l’avis général, l’influence des lobbies industriels et plus faible que celle de la société civile à Bruxelles. J’en suis convaincu. Ce sont les anti-OGM, les anti-pesticides qui fixent l’agenda, et les lobbies industriels courent derrière. »

 

L’industrie chimique : dix fois plus puissante que Greenpeace

Impression subjective d’un lobbyiste ou réalité des discrets rapports de force à l’œuvre, à chaque échelon de l’administration communautaire ? Les organisations non gouvernementales ont réussi à forcer un véritable débat politique sur des sujets que la Commission et le secteur privé auraient préféré gérer discrètement, en se cantonnant au plan technique. À l’exemple du débat public sur le traité transatlantique de libre-échange (le Tafta), ou de celui sur les dangers des perturbateurs endocriniens, avec la multiplication des alertes de scientifiques sur le sujet [7]. Cela suffit-il à conclure que les ONG seraient de taille à affronter les lobbyistes défendant de puissants intérêts privés ?

« Nous pouvons avoir l’impression que Greenpeace dispose d’une grosse force de frappe parce que leur bureau de Bruxelles compte quinze salariés et un budget de 1,6 million d’euros en 2015 [8]. C’est la plus grosse ONG à Bruxelles. Mais comparons la puissance de Greenpeace à celle de la Fédération européenne des industries chimiques, le CEFIC [European chemical industrie council, ndlr]. Eux disposent de 150 employés et 40 millions de budget par an, souligne Sylvain Laurens. Ce n’est pas à travers des campagnes d’influence concurrentes que les choses se jouent. L’enjeu se situe au cœur des comités d’expertise, là où les organisations industrielles sont souvent les seules à siéger. Les ONG n’ont pas toujours les moyens d’assister à ces huis-clos. Parce que le coût d’entrée est très élevé : il faut parler un langage de toxicologue, être capable d’amener un rapport de 250 pages écrit par des scientifiques qualifiés que l’on a éventuellement financés. »

 

« J’aime la confrontation idéologique et technique »

À la décharge des lobbyistes, la grande majorité de leur activité ne relève pas du scandale politico-financier, même si cela existe. En 2012, une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude révèle qu’en échange de 60 millions d’euros, le commissaire à la Santé de l’époque, le Maltais John Dalli, était prêt à adoucir la directive sur le tabac [9]. Le scandale a pris le nom de « Dalligate ». Le lobbying mené par les industriels consiste également à adresser des amendements clés en mains aux députés, libres à eux ensuite de les copier-coller ou non dans les projets de loi.

« Des lobbies, j’en vois très peu, témoigne Emmanuel Maurel, député socialiste au Parlement européen depuis 2014. C’est aussi dû à mon positionnement politique », précise l’élu issu de la gauche du PS. « Ce sont plutôt des ONG qui viennent me voir. Elles ont une expertise que je ne peux pas avoir. Sur un traité comme le Ceta [l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada, ndlr], qui fait 1 600 pages, les ONG mobilisent des experts et nous aident à en saisir les enjeux. J’ai aussi vu le secteur de la céramique, au sujet du statut d’économie de marché de la Chine et du Tafta. J’ai rencontré le secteur du foie gras, les entreprises Michelin, Alstom, ou encore une entreprise d’armement. » 

Le député, même peu perméable aux arguments de l’industrie, ne rejette pas en bloc le dialogue avec ses représentants. Au contraire. « Je vois souvent le Medef et la CGPME [Confédération générale des petites et moyennes entreprises, ndlr]. En général, nous ne sommes d’accord sur rien. Mais j’aime la confrontation idéologique et technique. C’est vraiment fécond. J’aime écouter ces points de vue, cela ne m’empêche pas d’avoir ma propre opinion. »

 

Un seul rendez-vous en deux ans pour la CFDT

Emmanuel Maurel fait partie des quelques acteurs du pouvoir européen davantage acquis à la cause des ONG environnementales ou des travailleurs qu’à celle des banques ou de l’industrie chimique. Si tant est que le lobbying ne poserait aucun problème démocratique, cela ne signifie pas nécessairement que l’ensemble des points de vue soient entendus. Les travailleurs, justement : qui, à part quelques élus de gauche au Parlement, fait valoir leurs intérêts ? Nombre de décisions prises à Bruxelles les concernent pourtant, comme les recommandations de la Commission aux États membres en matière de politique économique, qui ont largement inspiré la loi Travail en France [10]. Sans même évoquer la question du point de vue des travailleurs migrants polonais ou hongrois, directement touchés par les législations européennes sur le travail détaché.

La CFDT est ainsi inscrite au registre européen des lobbys, en tant qu’organisation syndicale. Combien de rendez-vous a décrochés le syndicat, pourtant considéré comme ouvert aux réformes néolibérales, avec des commissaires européens ou des membres de leur cabinets ces deux dernières années ? Un seul. Combien pour Force ouvrière, présente également à Bruxelles ? Zéro. Seule la Confédération européenne des syndicats (CES), censée représenter l’ensemble des syndicats européens, a plus de chance. Elle a décroché une cinquantaine de rendez-vous avec des membres et collaborateurs hauts-placés de la Commission. Le Medef, quant à lui, a obtenu vingt rendez-vous pour la seule année 2014 [11]. Le Cercle de l’industrie, un think-tank qui a pour vocation de « faire valoir la position des grandes entreprises industrielles françaises auprès des Institutions européennes », en a obtenu 26. Et le puissant groupement des patrons de l’industrie allemande, le Bundesverband Deutscher Industrie (BDI) fait encore mieux, avec 41 rendez-vous. Sans parler des organisations patronales européennes comme BusinessEurope (111 rendez-vous). Que répondent les lobbyistes d’entreprises à cette inégalité d’écoute ?

 

« Les lobbyistes font croire que ce qui se passe à Bruxelles n’est pas politique »

« Le problème, c’est que l’accès aux institutions européennes n’est pas donné à tout le monde, concède le lobbyiste Stéphane Desselas, fondateur d’un cabinet qui compte des entreprises de l’économie sociale parmi ses clients. Le coût pour être représenté à Bruxelles constitue très certainement une barrière. Pour y remédier, j’avance l’idée d’un lobbyiste “commis d’office”, financé par les pouvoirs publics pour représenter ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un lobbyiste classique. Avec un tel dispositif, on ne pourrait plus dire que le lobbying est réservé à certains intérêts. Car à Bruxelles, nous sommes dans l’expertise, moins dans le politique. Ici, si vous avez techniquement raison, vous avez aussi politiquement raison. »

« Ce qui se passe au niveau de l’Union européenne, c’est politique, estime au contraire le député Emmanuel Maurel. « Quand vous rédigez un accord de libre-échange, même ce qui apparaît technique, comme les normes sanitaires ou environnementales, est bien politique. Quand vous élaborez une réforme de la TVA, c’est extrêmement technique, mais derrière il y a des questions politiques de fiscalité et de combat contre la fraude. Les lobbyistes veulent faire croire que ce qui se joue ici n’est pas politique. Mais ils font eux-même de la politique. La différence, c’est que la Commission leur est acquise idéologiquement », conclut celui qui n’a pas été missionné par un intérêt particulier, mais élu pour faire valoir l’intérêt général.

Rachel Knaebel

Photo : CC Molly

 

Cet article fait partie d’une série sur le lobbying réalisée en collaboration avec la rédaction du mensuel Alternatives économiques dans le cadre d’un projet commun de développement du journalisme d’investigation économique et social, soutenu par la Fondation Charles Leopold Mayer.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 22:04

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Lettre ouverte. « Je suis juste une femme de terrain épuisée par un système obsolète »

 

« Je sais que je suis infirmière quand... ». Cri de colère contre des conditions de travail alarmantes

 

Publié le 11 janvier 2017

 

Peu avant les fêtes, la section CGT de l’Hôpital de Montauban a reçu la lettre anonyme d’une infirmière de ses services, adressée « à nos dirigeants de gauche comme de droite ». Dans une longue énumération, la soignante couche sur le papier son cri de colère qui fait écho à la souffrance et aux conditions de travail déplorables que connaît bien tout personnel soignant des hôpitaux de la fonction publique. Au manque de moyens et à la dégradation des services publics, elle oppose à raison le faste dans lequel vivent les dirigeants et les salaires des députés. Nous reproduisons ici l’intégralité de sa lettre, dont des extraits ont été publiés sur le site de la CGT de l’hôpital de Montauban, qui appelle le personnel hospitalier à des assemblées générales dans les jours prochains pour se mobiliser contre ces conditions de travail et de soin déplorables.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je commence mon service aux Urgences d’un centre hospitalier publique de province (ce pourrait être le CH de Montauban ou un autre, peu importe, nous sommes tous dans le même bateau à la dérive), et que les couloirs sont remplis de brancards sur lesquels, important de le préciser, des êtres humains sont dans l’attente de soins !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

L’attente de soins pour ces pauvres gens peut dépasser 5, 6, voire 7 heures et nous avons vu
pire encore !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je ne peux répondre en temps voulu aux besoins les plus simples et fondamentaux des personnes installées sur ces brancards de fortune. Non par manque d’humanité mais parce que j’ai toujours plus urgent à faire ! En collaboration avec un médecin : Sauver une vie, en stabiliser une autre, tout en surveillant un patient qui pourrait décompenser à tout moment ! Et entre temps, je n’oublie pas les prélèvements de fluides humains en tout genre des autres patients, les pansements et tous les autres actes non exhaustifs liés à notre métier de soignant. Je suis en mode machine de soins ou machine de guerre. Le tout avec sourire et bienveillance !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Le matériel obsolète voire inexistant nous rend la tâche encore plus pénible, les brancards, les pieds à perfusion, les scopes ne fonctionnent pas ou mal.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

J’ai honte d’accueillir mes concitoyens malades dans de telles conditions !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Notre directeur (Je ne mets pas de majuscule volontairement au mot directeur) nous dit d’aller chercher des brancards ailleurs quand nous n’en n’avons plus pour installer les patients ....) Ailleurs c’est où exactement monsieur le directeur ? (Toujours pas de majuscule au mot monsieur). Ne nous imposez pas ce que vous ne pourriez pas tolérer vous-même monsieur le directeur. Venez passer 12 heures de votre vie dans votre service et de préférence le samedi quand les urgences de la clinique voisine ferme ses portes !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je ne vois aucun responsable d’établissement, chef de pôle, et de service et autre administratif sur le terrain pour nous comprendre et nous soutenir. Un trou abyssal se creuse entre les agents opérationnels et les dirigeants d’établissement, voire même les cadres toujours en réunion à essayer de faire des plannings avec de moins en moins de personnels.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je vois mon cadre infirmier craquer de jour en jour et s’arrêter en maladie voire même partir du jour au lendemain, sans explication ! Tristesse

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Les pannes incessantes d’ordinateurs, d’imprimantes, photocopieuses et de téléphones nous prennent le temps que nous n’avons pas ! On parle de procédures dégradées ! Pour être dégradée, la procédure, elle 1’est !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Les locaux et zones d’attentes destinés à accueillir les patients ne sont plus adaptés à recevoir le flux incessant de personnes toujours de plus en plus nombreux au fil des années, de jour comme de nuit l

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je me fais insulter voire de temps à autre frapper par des personnes agitées, alcoolisées, droguées, ou simplement stupides, la violence aux urgences fait partie de notre quotidien.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je soigne toutes ces personnes de la même façon sans faire de différence

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je suis rappelée sur mes jours de repos parce qu’une collègue est malade. Heure sup ou pas heure sup ça dépend du temps ! Je ne suis malheureusement pas la coiffeuse de mon président de la république qui a la chance d’avoir ses heures supplémentaires payées à bon tarif pour le peu de cheveux à couper !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Mes jours de formation sont proposés sur mes jours de repos ! Un choix stratégique doit se faire et vite, être fatiguée et opérationnelle grâce à la formation en question ou être un peu moins fatiguée et non opérationnelle. Devinez ce que je choisis ???? Dilemme !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je vois des jeunes infirmiers et infirmières, non formés et inexpérimentés catapultés sur des postes clés et difficiles aux urgences. Infirmiers de psychiatrie à l’UHCD qui n’ont jamais fait de psychiatrie ! Infirmiers intérimaires qui n’ont aucune expérience en service d’urgences, infirmière faisant fonction de cadre qui n’a aucune formation et expérience dans ce service de haute voltige.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Un collègue de travail se tue sur la route après son travail car épuisé par des nuits bien chargées.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Le médecin du travail ne reste pas plus de six mois en poste, je le comprends au vu de la tâche à accomplir ! Les médecins du travail ne sont pas masochistes ! En plus, ils supportent mal la pression de 1’administration hospitalière qui leur dicte comment exercer leur métier. Parfois, nous n’en avons même pas.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je vois mes collègues infirmières partir en pleurant de leur service ! Je vois les aides-soignants à qui l’on demande toujours plus, craquer également. Savez-vous qu’un aide-soignant exerce plus de 4 métiers dans notre service, il peut être permanencier au 15, ambulancier SMUR, brancardier, et ASH, selon le créneau horaire. Je ne parle pas du poste fantôme G18 créé pour renforcer les équipes de jour !!! Il n’existe que par son nom !!!! La ligne sur le planning est vide de nom 350 jours sur 365 jours !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je lis le journal avec tristesse annonçant que cinq infirmiers se sont donné la mort depuis le mois de juin 2016, à Toulouse, au Havre, à Saint-Calais, près du Mans, et à Reims. Seul le suicide survenu à Toulouse a pour le moment officiellement été reconnu comme un accident du travail. Mais pour les syndicats, tous sont liés à la dégradation des conditions de travail.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Les risques de notre métier augmentent en raison de la fatigue accumulée, du stress, des accidents d’exposition au sang, du burn-out qui plane sur nos têtes, de la pénibilité du travail de nuit qui engendre des pathologies connues. Il parait même que nous vivons en moyenne quinze ans de moins que nos concitoyens ! Au moins, vous n’aurez pas de longues et petites retraites à nous payer !!!! Le risque doit être calculé ainsi ....

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Ces mêmes risques ne sont pas pris en compte dans la pénibilité de mon travail.

 

Je sais que je suis infirmière quand...
Mon dos, mes cervicales me lâchent parce que je dois installer seule ces personnes car mes collègues sont tout aussi occupées que moi ! Je sais que je suis infirmière quand ...
En fin de service mes jambes et mes bras me lâchent parce que je coure et ne vole pas, je n’ai
malheureusement pas les ailes d’un oiseau ! Avec grand regret, car je pourrais alors m’évader de temps en temps...

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Moi-même je ne peux aller uriner par manque de temps et développe de nombreuses infections urinaires, première pathologie du soignant normalement constitué !

 

Je sais que je suis infirmière de la Fonction Publique Hospitalière quand...

Je regarde les informations de PUJADAS où je suis montrée du doigt pour mon départ en retraite. Je me vois accusée des pires maux de la planète et surtout de voler les deniers publics de l’état. Alors que c’est faux, regardez le rapport officiel du COR (Conseil d’Orientation des Retraites). Ce qui me rend le plus triste, c’est que ce soit les dirigeants et dirigeantes pour lesquels j’ai voté, qui nous trahissent, soutenus par de pseudo journalistes sans éthique professionnelle. Pourquoi faut-il s’attaquer aux agents du service public : ils seraient trop nombreux et bénéficieraient de privilèges ruineux pour le pays ! Soigner, Eduquer et Protéger ne sont vraiment que futilité à vos yeux ? Attaquez-vous aux emplois fictifs de l’état !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

J’ai envie de crier face à ce genre de calomnies !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je partirai à la retraite au mieux à 62 ans au pire à 65 ans
Je sais que je suis infirmière quand...
Je n’ai jamais fait grève de ma vie parce que toujours réquisitionnée !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je regarde avec impuissance le gâchis fait au sein même de l’état qui nous critique, où de hauts fonctionnaires ne se poseront jamais la question des lendemains difficiles.

 

Exemple parmi tant d’autres :

La cour des comptes déplore le nombre grandissant des affectations « hors-cadre » de préfets rémunérés alors qu’ils ne travaillent pas. On nomme en réalité deux fois plus de préfets qu’il n’y a de postes territoriaux à pourvoir : sur 250 préfets, seuls 127 sont affectés à un poste territorial, le reste étant « en détachement » ou « hors-cadre ».

Selon les données recueillies par Mediapart, le montant des dépenses accordées aux anciens premiers ministres a dépassé 2,9 millions d’euros, entre 2011 et 2014, sans compter leurs frais de sécurité, et 860.000 euros rien qu’en 2014. Que de postes de soignants vous pourriez créer dans les hôpitaux avec tout cet argent !!!

Le salaire mensuel brut d’un député est fixé à 7100,15 euros. Ce montant correspond à la somme de son indemnité de base (5514,68 euros), de son indemnité de fonction (1420,03 euros) et de son indemnité de résidence (165,44 euros). Une fois déduites les cotisations et les contributions applicables, le salaire net d’un député s’élève à 5189,27 euros par mois.

Mais à ce montant s’ajoutent des indemnités et des avantages supplémentaires. Certains parlementaires cumulent les fonctions de député avec celles d’élu local (celle de maire notamment). Les indemnités perçues au titre de ce mandat local ne peuvent être cumulés que dans la limite d’1,5 fois le montant de l’indemnité de base d’un député (fixée à 5514,68 euros). Un député qui cumulerait plusieurs mandats ne peut donc pas toucher plus de 5514,68 X 1,5 = 8272,02 euros par mois. En plus de l’indemnité parlementaire, chaque député bénéficie d’une indemnité représentative des frais de mandat visant à prendre en charge les dépenses liées à l’exercice de ses fonctions. Son montant est de 6412 euros bruts mensuels. Un député dispose également d’un crédit affecté à la rémunération de collaborateurs recrutés par lui, et dont les effectifs varient de 1 à 5. Son montant mensuel est de 9138 euros. Enfin, différents moyens pratiques sont également mis à la disposition d’un député. En matière de déplacement, il bénéficie notamment d’un accès gratuit à l’ensemble du réseau SNCF en 1ère classe et de la prise en charge de 80 déplacements aériens par an entre Paris et sa circonscription. Il dispose également d’un bureau individuel au sein du Palais Bourbon ou de ses dépendances. Chaque député bénéficie de la prise en charge de ses frais de communication (Internet, téléphone, courriers, ...).

L’indemnité représentative de frais de mandat de députés et sénateurs, s’élève à 5 770 euros par mois, et permet aux élus de régler leurs frais professionnels. Mais aucun contrôle n’est exercé sur la manière dont ils dépensent cet argent.

 

Pendant ce temps je dois compter les compresses que j’utilise pour soigner et faire des économies.

Le prix de la démocratie en France est très onéreux alors que dans certains pays nordiques, il est cent fois moins ! En France, on dépense l’argent qu’on n’a pas et surtout celui des contribuables, et tout le monde s’en fout !!! Nous sommes de gentilles petites chèvres dociles et imbéciles ! Nous sommes des CONS, certes bienveillants mais des cons quand même !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je touche 2.73 euros d’indemnité par mois pour mes chaussures !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je regarde ma feuille de paye avec plus de 15 ans d’ancienneté et que j’arrive péniblement à 2100 Euros. Je vous assure mesdames et messieurs les dirigeants que je n’ai pas l’impression de voler l’état ! Je n’irai pas planquer mon argent comme CAHUZAC parce que je n’en ai pas et en plus je paye des impôts !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Certains hommes politiques remettent en question les 35 heures hebdomadaires de travail. Savez-vous qu’à l’hôpital cela fait bien longtemps qu’on ne fait plus 35 heures mais plutôt 40
à 48 heures hebdomadaires voire plus et que nos surplus d’heures sont mis sur un compte
épargne temps parce que 1’hôpital ne nous paye pas ces heures supplémentaires annuelles effectuées. On les récupérera peut-être à la retraite ! Si on y arrive ! Alors vos 35 heures Mr FILLON, elles sont loin déjà et depuis très longtemps !!!Monsieur FILLON nous sommes plus d’un million de paramédicaux et nous serons au rendez-vous en 2017 pour voter ! Les urnes parleront... Mais d’ici là, vous retournerez votre petite veste en cachemire comme tous les autres !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je travaille de nuit et que je suis rémunérée de 0,17€ de l’heure pour une heure normale, et de 0,90€ par heure pour travail intensif effectué entre 21 h et 6 h. Les taux des indemnités sont fixés par arrêtés des 20 avril et 30 aout 2001 et n’ont jamais été réévalués depuis cette date ! Chouette je peux en fin de mois offrir une petite sortie ciné ou un petit plus à mes enfants ! Mais pas tous les mois, car point trop n’en faut ! Il parait que nous sommes trop payés en nuit ?? Auquel peut s’ajouter l’Indemnité forfaitaire dimanches et fêtes qui s’élève à 44.89 euros. Cela tombe bien car je travaille en moyenne entre deux à trois weekend par mois. Je tiens à préciser que cela ne sera pas pris en compte dans ma retraite que je prendrai peut-être à 65 ans comme beaucoup et si j’y arrive. En effet, les primes ne rentrent pas en compte dans le calcul de la retraite.

 

Je sais que je suis infirmière quand...

J’aimerai avoir un planning un peu plus d’un mois en avance afin d’organiser la vie de mes enfants et la mienne accessoirement. Je ne parle même pas des congés annuels que je pourrais peut-être poser avant le 31 mars. Cette année comme beaucoup d’autres soignants de mon service, je ne partirai pas en vacances car je ne peux réserver aucun séjour ou location n’ayant aucun déroulé de planning prévisionnel ! On nous puni comme des enfants parce que quelques collègues courageuses sont allées se plaindre aux syndicats de cette anomalie. Alors pam pam la fessée à tous et à toutes !!! Cela vous apprendra de vouloir des plannings à peu près corrects et un peu en avance ! Puisque c’est ça, la réunion des Congés se fera le 31 mars et puis c’est tout !

 

Je sais que je suis infirmière quand ...

J’habite dans une ville de 60 000 habitants où le secteur de la santé est partagé entre cliniques hautement bénéficiaires avec actionnaires rémunérés par de grands groupes et le Centre hospitalier hautement déficitaires dans lequel je travaille. Imaginez une minute que tout ce qui rapporte beaucoup d’argent dans le secteur du soin appartient aux cliniques privées : Dialyse, plateau technique de coronarographie, chirurgie spécialisée et j’en passe. C’est donc indirectement que notre CPAM et nos mutuelles financent 1’actionnariat ! Je préférerais que cet argent alimente les caisses de l’hôpital plutôt que les poches déjà bien remplies des actionnaires des cliniques.

Par contre, rassurez-vous ou inquiétez-vous, souvent, le vendredi, le samedi et dimanche soir à minuit, les urgences de cette super clinique sont fermées pour des raisons toujours assez obscures. Moralité, ils pompent bien l’argent de notre CPAM mais ne remplissent pas leur mission de service auprès de notre population.

En attendant, aux urgences de l’hôpital, nous acceptons toujours tout le monde. Place ou pas place ! L’ARS devrait mieux nous expliquer cette répartition incroyable des soins qui rapportent et des soins qui ne rapportent pas ! Ou comment nous annoncer la mort programmée de notre accès aux soins dans les petits départements grâce à l’argent qui part dans le privé ! Rassurant ou pas, nous sommes sous un gouvernement de gauche !!! Waouhhhhhh ! « Moi Président ... mon véritable adversaire, sera le monde de la finance » Et patati et patata !

 

Je sais que je suis infirmière quand...

Je ne souhaite pas dévoiler mon identité par peur de représailles et de pression supplémentaire, je vous assure que je le regrette bien ! Le courage me manque pour cela mais le peu qu’il me reste, je le garde pour vous soigner le mieux que je puisse, dans les conditions que vous nous imposez.

Peut-être un jour, mes enfants ou petits-enfants trouveront cette lettre en rangeant mes affaires et ils diront, c’est maman qui l’a écrite un jour « de ras le bol ». J’espère qu’ils diront aussi
« Nous sommes fiers d’elle, maman c’était quelqu’un de bien ! »

Cette lettre est un cri de colère. Faites ce que vous voulez avec. Elle ne m’appartient plus. Je ne suis pas une intello, ni une journaliste d’investigation. Certains chiffres seront peut-être erronés, mais l’intention y est ! Quelques fautes d’orthographe et de syntaxe se seront sans doute glissées aussi dans ce courrier. Je ne sais pas trop bien écrire mais là, ici et maintenant cela me fait beaucoup de bien !!! Je suis juste une femme de terrain épuisée par un système obsolète.

 

 

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:37

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

De pire en pire : 8 personnes plus riches que la moitié la plus pauvre du monde

 

 

Au rythme où va l'accroissement des inégalités mondiales, 2017 sera-t-elle l'année où un seul homme sera plus riche que la moitié la plus pauvre de la population de la planète ? Le dernier rapport d'Oxfam, publié ce lundi, le fait craindre…

 

Alors que s'ouvre le forum économique mondial à Davos, Oxfam rappelle que les inégalités entre plus riches et plus pauvres n'en finissent pas de se creuser dans le monde. - Michel Euler/AP/SIPA

"Indécent." Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, pointe l’ONG britannique Oxfam publié ce lundi 16 janvier, alors qu'est sur le point de s'ouvrir le Forum économique mondial (World Economic Forum) de Davos, qui attire chaque année les plus puissants PDG, banquiers et responsables politiques du monde entier.

 

"Quand on sait qu'une personne sur dix dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour, explique l’ONG par la voix de sa porte-parole en France, Manon Aubry, il est indécent que tant de richesses soit concentrées dans les mains d'une si infime minorité." Et par "infime minorité", Oxfam qui a déjà sonné l’alarme en 2015 - - signifie qu’en 2016, les huit chanceux se partagent à eux seuls une fortune évaluée à plus de 400 milliards de dollars, selon le célèbre classement du magazine économique américain

Et un regard dans le rétroviseur donne le tournis sur la vitesse à laquelle s'accroissent les inégalités. Pas plus tard qu'en 2010, il fallait cumuler les richesses de 388 personnes dans le monde pour égaler la moitié la plus pauvre de la populaiton de la planète ! Un chiffre tombé à 177 dès l'année suivante, puis à 62 en 2015…

 

En France, 21 milliardaires concentrent les richesses

Parmi les huit, le plus riche d’entre tous, l'indétrônable Bill Gates, ex-patron de Microsoft (75 milliards de dollars), volontiers présenté en philanthrope reconverti, à travers les œuvres de sa Fondation Bill-et-Melinda-Gates, dans la lutte contre le paludisme. Pour résoudre le problème des inégalités, qui permettrait notamment aux populations un meilleur accès aux soins, il faudra en revanche attendre.

Car les entreprises comme celles de Bill Gates ou de ses comparses, l'Espagnol Amancio Ortega (67 milliards de dollars), fondateur de la marque de vêtements Zara, ou encore l'Américain Warren Buffett (60,8 milliards) à la tête du fonds d’investissements Berkshire Hathaway - actionnaire de plusieurs grandes compagnies, à l’instar de Coca-Cola -, pratiquent allègrement, en marge de ces belles oeuvres de charité, l’optimisation fiscale, pointe Oxfam dans son rapport, "privant ainsi les Etats des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire" lesdites inégalités.

Quant à la France, elle n'échappe pas aux critiques. Selon l'étude de l'ONG, 21 milliardaires y possédent autant que les 40% les plus pauvres de la population en 2016...

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 17:04

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Sur les réseaux

Enquête sur l’algo le plus flippant de Facebook

 

 

 

 

Si la section « Vous connaissez peut-être » vous faisait parfois flipper en vous proposant des profils précis et éloignés de vos réseaux habituels, vous n’avez encore rien vu.

 

La section « Vous connaissez peut-être » (« People you may know ») de Facebook est une source inépuisable de spéculations. Cette fonction, en apparence sympathique puisqu’elle nous propose d’ajouter de nouveaux amis, semble détenir des informations très personnelles sur chacun d’entre nous.

  • Une journaliste de la rédaction s’est ainsi vu proposer un flirt dont elle n’avait pas noté le téléphone dans son portable ;
  • un autre collègue s’est vu proposer un pote qu’il n’a pas revu depuis 10 ans et qui venait de lui envoyer un mail ;
  • une autre enfin, sa femme de ménage, dont elle a le numéro de téléphone dans son portable, mais avec laquelle elle n’a jamais eu aucune interaction en ligne.

Beaucoup ont aussi vu apparaître des gens rencontrés sur des applis de rencontre comme Tinder ou Grindr. Plutôt embarrassant, non ?

 

Folles rumeurs

Entre nous, les mots de « magie noire » et « espionnage » sont prononcés. Sur Internet, les rumeurs les plus folles circulent sur la façon dont cet algorithme plutôt intrusif fonctionnerait.

  • Il existerait un « profil fantôme » de chacun d’entre nous, pré-rempli et automatiquement activé dès notre inscription.

C’est la théorie d’un utilisateur de Reddit. Il raconte avoir créé un profil anonyme avec un mail jamais utilisé et s’être vu proposer plein de contacts connus.

  • A Rue89, on en formule une autre pour se faire peur : Facebook nous proposerait aussi les personnes qui nous « stalkent » (espionnent en ligne) ou que nous avons récemment « stalkées ».

Je découvre que cette rumeur existe déjà, et que beaucoup d’utilisateurs y croient dur comme fer. Facebook l’a toujours démentie.

  • Dans le même genre, la sérieuse BBC affirmait, via des témoignages concordant et une société de sécurité informatique, que Facebook se connectait à des applications type Tinder ou Grindr pour vous faire des suggestions d’amis.

Un journaliste du Huffington Post a fait la même hypothèse. Ce que le réseau social a nié avec force.

Fabrice Epelboin, spécialiste des médias sociaux et entrepreneur du Web, croit les dires de Facebook, comme Vincent Glad :

« Ce serait très dangereux économiquement. Facebook n’est pas une société idiote, elle prend des risques calculés. »

Pour lui, l’explication est beaucoup plus simple :

« Quand on “date” quelqu’un sur Tinder, on lui donne bien son numéro avant, non ? Facebook se connecte en fait à votre répertoire. »

Ah bon ?

 

Un aspirateur à données, via votre téléphone

On résume. Il faut imaginer l’algorithme de Facebook comme un aspirateur à données géant.

 Visages et Facebook

Visages et Facebook - Pixabay/CC0

Dans un article du Washington Post, qui fait référence en la matière, il est expliqué que l’algorithme de « Vous connaissez peut-être » est basé sur la « science des réseaux ».

En définissant les réseaux auxquels on appartient, Facebook calcule nos chances de connaître telle ou telle personne. Et il peut même prédire nos futures amitiés. Un peu de probabilités et c’est dans la boîte.

« Ce n’est pas de la magie, mais juste des mathématiques très pointues », apprend-on.

Avertissement de Messenger, dont la

Avertissement de Messenger, dont la « synchronisation » permet au contact de « se connecter sur Facebook »

Couverture

 

En fonction des amis que l’on a, de nos interactions plus ou moins fortes et fréquentes avec eux, de l’endroit où on vit, des lieux où on a étudié et travaillé, l’algorithme fait ses calculs. Il tente aussi de définir les personnes « clés » de votre réseau, celles qui vous présentent aux autres. Enfin, il utilise votre géolocalisation, ce qui a probablement mené ce lundi à l’arrestation du voleur de la voiture d’un internaute, qui est apparu dans ses suggestions d’amis.

Surtout, depuis qu’il est arrivé sur votre mobile, via les applis Facebook et Messenger, le réseau social a un tas d’autres informations à mettre sous la dent de leur algo :  vos contacts téléphoniques et vos mails.

Vous l’avez autorisé, probablement sans en avoir conscience, au moment de l’installation de l’une et/ou l’autre application.

 

Le test ultime : le Nokia de Xavier de La Porte

Comme c’était un jour de pluie, j’ai voulu tester la puissance de cet algorithme qui marche donc sur deux pieds :

  • La « science des réseaux » ;
  • des tonnes de données « scrapées » de notre mobile notamment.

Je décide de créer un compte avec un numéro de téléphone et avec un faux nom. Le mien est déjà lié à un compte, donc Facebook le refuse.

En effet, il est interdit, en théorie, de créer un faux compte ou de doublonner, selon sa politique de « l’identité réelle » – les personnes transgenres en savent malheureusement quelque chose.

Il y a une personne dans ces bureaux qui n’a pas lié son compte Facebook à son numéro. J’ai nommé : Xavier de La Porte. Il possède un charmant Nokia cassé sur le dessus.

Le téléphone de Xavier, bolide de la protection des données

Le téléphone de Xavier, bolide de la protection des données

« J’ai 20 contacts dessus, seulement ma famille et mes amis proches », jure-t-il.

Il n’est évidemment pas question d’applications quelconques. Avec le numéro de Xavier, Facebook accepte la création du compte de « Mathilde Machin », 21 ans.

 

« Mathilde Machin », couverture très discrète

Et là, un truc vraiment effrayant arrive : des dizaines de contacts sont proposés, amis, famille, collègues de bureau, sources de Xavier. Ils ne sont pas dans son répertoire. Et ne sont pas non plus tous amis avec lui sur Facebook. A partir de là, deux hypothèses s’offrent à moi :

  • Son compte a été lié un jour à ce numéro de téléphone, et Facebook se rend compte qu’il s’agit de la même personne. Il lui propose logiquement d’ajouter les amis du compte de Xavier.

Mais, Facebook refuse d’ouvrir deux comptes avec le même mail ou le même numéro. Il s’agirait d’une sorte de faille de sécurité, puisque le téléphone sert justement à sécuriser votre compte. Et cela n’expliquerait pas pourquoi Mathilde Machin se voit proposer des personnes qui ne sont pas dans les amis Facebook de Xavier.

  • Les contacts proposés sont ceux qui possèdent le numéro de Xavier dans leur répertoire. Et qui ont donné à Facebook l’autorisation de scraper leurs données. Ce qui veut dire que l’algorithme de suggestion est tellement puissant qu’il réussit, en quelques secondes, à « inverser » la recherche.

Facebook, après s’être creusé les méninges un moment – c’est un peu technique –, me confirme la dernière hypothèse.

C’est vertigineux. Mais inscrit noir sur blanc dans les flippantes « Confidentialités et conditions » de Facebook. Qui autorisent l’application à utiliser les « données que vous importez ou synchronisez de votre appareil », type répertoire, mais aussi : 

« Les contenus et informations que les autres personnes fournissent lorsqu’elles ont recours à nos services notamment des informations vous concernant, par exemple lorsqu’elles partagent une photo de vous, vous envoient un message ou encore lorsqu’elles téléchargent, synchronisent ou importent vos coordonnées. »

Un algo gourmand

Facebook m’explique donc que l’algorithme se nourrit aussi des données que les autres ont sur vous (votre mail, votre numéro). Pour le dire autrement, quelqu’un qui a votre contact et l’importe dans son appli Facebook va probablement apparaître dans vos suggestions d’amis. C’est aussi fou que les rumeurs. Facebook insiste sur le fait que :

  • Le processus est transparent ;
  • l’algorithme, gentil, ne cherche qu’à vous faire retrouver vos amis et échanger avec eux ;
  • « Facebook ne possède pas et n’utilise pas » votre numéro de téléphone, il s’en sert pour mettre en relation des profils ;
  • et les paramètres de votre compte sont personnalisables.

Un samedi soir, vous êtes tombée amoureuse d’un ami d’ami. Le lendemain, vous demandez à l’ami commun son numéro. Vous hésitez à envoyer un message, vous bloquez plusieurs jours. Sachez donc que ce mec, à qui vous n’avez rien envoyé, vous a peut-être déjà vu apparaître dans « Vous connaissez peut-être ». Et qu’il a déjà peur de vous.

Article initialement publié le 2 juin 2016.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:27

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

Je suis SDF, voici comment j’arrive à survivre à la rue

 

10 Janvier 2017

 

par Christian Page, Malgré une demande de logement social et un dossier de droit au logement opposable, Christian Page, 44 ans, dort à la rue depuis qu’il a divorcé, perdu son emploi puis son logement. Cela fait deux ans.

 

411 personnes sont mortes dans la rue en 2016 selon le Collectif des Morts de la Rue. Christian Page, SDF, raconte comment il y survit.

Là, c’est ma chambre à coucher avec mes quatre couvertures, mon duvet [Christian montre la grande poche de son sac à dos kaki, puis ouvre une petite poche intérieure]. Là c’est mon bureau avec mes papiers, mes stylos. Tout en bas, j’ai la salle de bain avec le déo, le gel douche, les cotons-tiges. Et puis ici [il sort une gourde de la pochette du dessus], c’est le bar : elle est vide, mais c’est dans celle-ci que je mets de l’eau et je précise bien, que de l’eau ! Sinon la bière, elle perd son gaz.

J’ai toujours tout sur moi. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Comme ça, si je me retrouve à l’autre bout de Paris, je peux dormir sur place. Car le vrai problème, c’est le logement. J’ai un petit endroit où je dors avec Ervé et les copains. Si t’es tout seul, tu peux te faire dépouiller. On a trouvé un coin à l’abri du vent, au bord du canal Saint-Martin, quai de Jemmapes. C’est l’entrée d’un centre de loisirs de la ville de Paris [Espace Jemmapes]. Parfois le personnel apporte du café au réveil. Pas tout le temps… Mais on ne peut pas demander aux gens de remplacer l’Etat ! J’aimerais bien qu’Emmanuelle Cosse m’apporte mon petit café le matin, en admettant : « Excuse-moi, je suis ministre du logement et je n’ai rien pour toi ! ».

 

 

 

Couverture

 

« J’aimerais bien qu’Emmanuelle Cosse m’apporte mon petit café le matin, en admettant : “Excuse-moi, je suis ministre du logement et je n’ai rien pour toi !”. »

Christian Page, sans-abri

 

 

Si j’ai choisi ce quartier c’est parce que c’est un vrai quartier populaire, où les gens veillent encore les uns sur les autres. Quand ça a commencé à faire frisquet, une dame est descendue et m’a donné une couverture. Il y a l’épicier de la rue Bichat qui nous file toujours un truc en plus quand on va faire nos courses et le gars qui nous ramène les pizzas qui lui restent après la fermeture du restaurant. Ils ont peur de devenir comme nous. Ils se disent : « Si je l’aide à s’en sortir, si un jour je me retrouve à sa place, quelqu’un m’aidera. »

 

Droit au logement opposable et hébergement d’urgence

Il y a bien l’hébergement d’urgence. T’appelles le Samu social à 6h du mat’. Tu tapes le 115… Une fois que tu auras passé le quart d’heure de disque – « You’re phoning le 115… » – ils répondent : « Rappelez à partir de 19h parce qu’on n’a plus de place. » A 19h, ils te disent rappelez à partir de 21h. A 21h : « Écoutez, allez vous mettre à Nation, quai du RER A, direction Boissy-St-Léger. » A cet endroit, alors que le dernier bus est passé, les mecs du Samu arrivent et annoncent : « Bon, les gars, il y a neuf places… » Voilà. Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’il y a aussi le DAHO, le droit à l’hébergement opposable. Si au bout de six mois, on ne t’a pas trouvé un hébergement, alors t’as le droit de porter plainte contre l’Etat. T’es seul, t’es à la rue, tu déposes plainte contre l’Etat… C’est bien, mais en gros t’as aucune chance. J’en suis là.

 

 

 

Couverture

 

« Le DAHO ? T’es seul, t’es à la rue, tu déposes plainte contre l’Etat… C’est bien, mais en gros t’as aucune chance. J’en suis là ».

Christian Page, sans-abri

 

 

Tous les matins, je vais rue Bichat, dans un accueil de jour de la fondation Abbé Pierre. On peut tout faire : prendre une douche, faire une machine à laver, petit-déjeuner. L’hiver, il faut manger beaucoup plus parce que le froid te fait dépenser plus de calories. Je mange que des choses fraîches. Donc je vais dans des associations qui cuisinent. Sinon ce sont des barquettes Sodexo et c’est de la merde. Il n’y a aucune valeur nutritive. On a besoin de vitamines, de sels minéraux. Donc je prends toujours un bon petit-dèj, histoire de remettre le corps à température, puis je fais ce que j’ai à faire. Malheureusement, j’ai souvent rien à faire.

 

Rendez-vous et petits jobs au black

J’ai parfois des rendez-vous quand même, et pas que avec ma bière ! Je vais voir des assos qui donnent des bons pour des soins ou pour aller voir un ophtalmo – j’ai des lunettes [avec un verre cassé]. Dans ce cas-là, j’y vais à pieds. Je pars une heure en avance. Je ne prends pas le métro. C’est très con : quand je travaillais, je payais les transports. Depuis que j’ai les transports gratuits [avec le RSA], je marche.

Il m’arrive aussi de filer un coup de main à une mamie parce que faut ramener un pack de lait chez elle ou l’aider pour un déménagement. Un jour une personne âgée m’a juste demandé de décrocher ses rideaux et de les emmener au pressing puis de les raccrocher. Un petit débarrassage de câbles de temps en temps… Ouais c’est du black, que je ne déclare pas, mais bon qu’ils viennent me faire un procès et moi je leur apprends ce que c’est que l’article 345 2-2 du code de l’action sociale qui dit que toute personne devrait avoir accès à un hébergement.

 

Mon fils m’aide à tenir

Ce qui me fait tenir ? [Il sort son portable. Un ado en photo d’arrière-plan] C’est la seule photo que j’ai. C’est mon fils. Il s’appelle Pierrick, il a 13 ans. Il vit avec sa mère à Perpignan. Je ne l’ai pas vu depuis deux ans et je ne peux pas communiquer avec lui. Tout doit passer par sa mère. Elle a intenté une procédure pour m’enlever tous les droits parentaux du fait que je suis SDF. C’est dégueulasse. Mais au mois d’août, j’étais au bord du canal, un peu dépressif en pensant à tout ça et puis un gars costard-cravate débarque et me demande s’il peut faire quelque chose pour moi. Je le regarde et lui dis : « A moins que vous soyez ministre de la justice, vous pouvez rien faire. » Et là, le mec me répond : « Ben écoutez je suis avocat, on peut peut-être s’y mettre… » Je lui ai montré la procédure. Il m’a donné rendez-vous le lendemain à 11h à son cabinet, juste à côté dans le quartier. Je suis tombé sur un très très bon avocat qui est en train de remettre tout ça dans l’ordre.

 

 

 

Couverture

 

« Le problème dans la rue c’est que tu meurs quand tu as accepté ta condition. »

Christian Page, sans-abri

 

 

Le problème dans la rue c’est que tu meurs quand tu as accepté ta condition. Alors là, le compteur se met en route, tu t’isoles, tu ne prends plus soin de ta santé, plus soin de ton apparence et tu crèves au bout d’un moment. Si tu renonces à tout ça, et que tu te dis « non, non je suis quelqu’un, je vais me battre, je prends soin de moi ». Là tu survis.

Edité par Sarah Lefèvre
 

 

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

 

 

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 20:33

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

« C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver »

Marseille. Deux aides-soignantes virées pour avoir dénoncé pressions et maltraitance !

Publié le 11 janvier 2017

 

 

Deux aides-soignantes d’un établissement pour personnes âgées du groupe KORIAN, à Marseille, ont été licenciées après avoir dénoncé des cas de maltraitance et des pressions subies au travail par le groupe KORIAN situé à Marseille. Déjà licenciées à l’heure du reportage sur France Culture, les deux aides soignantes avaient témoignées de nouveau à la radio de leurs conditions de travail en décrivant les pressions que subissaient les employé-e-s, ainsi que les maltraitances que subissent les résidents. L’inspection du travail va mener une enquête sur les risques psycho-sociaux que représente l’établissement. La CGT Santé et Actions sociale a lancé une pétition demandant leurs réintégrations.

Les situations et citations sont basées sur leurs témoignages sur France Culture.

 

Un manque cruel d’effectif : « Si on veut respecter la personne, on ne peut pas respecter le planning »

 
Les aides-soignants, qui s’occupent intégralement de personnes très âgées souffrant de démence, ne sont qu’au nombre de deux par étage, parfois même seuls, et peuvent avoir en charge jusqu’à 24 résidents. À deux, ils doivent faire prendre leur douche aux résidents, leur faire prendre leur repas et gérer les crises de démence et les décès. Mais, avec le peu de temps qu’ils ont, impossible pour eux de s’occuper convenablement des patients, notamment à cause du temps perdu à s’occuper des patients les plus difficiles, ce qui les amène à bâcler leur travail pour pouvoir s’occuper de tous les résidents.

Malgré leur demande à la direction pour avoir plus de personnel, leur effectif reste inchangé. Les employés se sont plaints que la direction cherche à les culpabiliser pour les mauvais traitements qu’ils infligent aux patients faute de temps et que tout est fait pour les responsabiliser dans des situations parfois insoutenables.
 

 

« Ils ont travaillé toute leur vie pour se payer une retraite… ils payent leur maltraitance et leurs morts »

 
Les résidents payent environ 6000 € par mois et leurs repas pour la journée (petit-déjeuner et goûter inclus) coûtent… 4 €. Et ce prix n’est sûrement pas dû à des salaires mirobolants pour les aides-soignants ! Par exemple, les deux évoquées en début d’article sont chacune payées 1230 € et 1290 € par mois. Une belle usine à fric… subventionnée par l’État.

Une des aides-soignantes s’occupait d’une vieille dame de 87 ans, qui posait peu de problèmes en dehors de crises d’angoisse qui arrivaient notamment si on fermait sa porte. Mais, une nuit, des intérimaires peu formés et ne connaissant pas les patients, s’occupaient de l’étage et ont fermé la porte, ont mis leurs bipeurs (qui prévient l’aide-soignant quand un patient a besoin d’aide) dans leur chariot pour pouvoir dormir pendant leur pause. Les aides-soignantes ont retrouvé la vieille femme le lendemain matin, face contre terre, baignant dans son sang. Elles n’avaient aucune idée de ce qui lui était arrivée, et, sous le choc, ont appelé un infirmier qui s’est occupé de la remettre dans son lit et de nettoyer la chambre. « C’était même pas : dans quelles conditions elle est décédée… c’est : mon Dieu la famille va arriver ». « Il fallait faire toute une mise en scène pour que quand la famille arrive on s’imagine une mort naturelle ». Elles racontent avoir fait part de cet accident à la direction, qui a nié en bloc et remis en cause leurs témoignages. « On ne peut pas le marquer sur l’ordinateur, sur le DRI, parce que sinon on va se faire massacrer par la direction ».
 

 

« Il faut que je dénonce ces monstres »

 
En décembre, deux d’entre elles se sont faites licencier et demandent leur réintégration au sein de l’établissement ! Elles espèrent que l’enquête de l’inspection du travail va permettre à d’autres employés de témoigner des cas de maltraitance et des pressions subies au travail, la direction niant en bloc toutes ces accusations.

Il est indispensable de soutenir les deux aides-soignantes qui ont eu le courage de porter sur la place publique la réalité qui se cache derrière les murs de l’établissement. En effet, le traitement inhumain infligé aux personnes âgées et les pressions physiques et morales infligées au personnel sont la résultante d’une volonté, pour la direction, d’une maximisation du profit. C’est pour cela qu’il s’agit non seulement d’exiger la réintégration des deux aides-soignantes, car leur licenciement est avant tout un avertissement envers tous les employés, mais aussi l’embauche de personnel et des équipements adaptés pour qu’une telle tragédie ne puisse plus avoir lieu.

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 17:34

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com
 
 
 
Arrêt sur images

La police confisque des couvertures aux migrants, mais chut !

 

 
Initialement publié sur Arretsurimages.net

 

 

La police a confisqué des couvertures à des migrants à Paris. Par grand froid. C’est Médecins sans Frontières qui l’affirme. L’ONG a été avertie par des collectifs d’aide aux migrants. L’affaire se serait produite aux abords du centre de premier accueil, qui a ouvert le 10 Novembre dernier, Porte de la Chapelle, dans le Nord de Paris, et qui est déjà saturé.

Ce centre accueillant les résidents selon le critère « premier arrivé, premier servi », les migrants attendent dehors, parfois plusieurs jours de suite. Et selon MSF :

« La police a très clairement des instructions pour qu’on ne voit pas trop les migrants. Dans la queue, ils obligent les gens à rester debout, ils ne veulent pas les voir allongés et veulent éviter qu’ils s’installent. »

 

Une simple « mise à l’abri »

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux était interrogé dimanche sur le sujet par les journalistes de RTL et de LCI. Sur le cas particulier, Le Roux ne répond pas. Après le « circulez » réglementaire (« faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers ») il ne fournit qu’une réponse générale :

« Ce que font les forces de police, c’est de faire de la mise à l’abri de personnes vulnérables, et ce n’est pas aux policiers de faire la différence sur leurs statuts [...] C’est vrai, quelquefois il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l’abri quelqu’un ».

Il ne dit pas : « je ne suis pas au courant, je vais me renseigner ». Il ne dit pas : « j’ai demandé une enquête, je vous tiendrai au courant ». Non.

Donc, jusqu’à preuve du contraire, dans le cas particulier, c’est vrai. Des policiers parisiens, par grand froid, ont confisqué leurs couvertures à des migrants. Ils avaient peut-être de bonnes raisons de le faire. C’est peut-être une manière de les « mettre à l’abri ».

Peut-être ces policiers étaient-ils accompagnés d’une camionnette qui a aussitôt recueilli les migrants, pour les convoyer vers un foyer agréable et chauffé, avec un thé à la cannelle. Peut-être leur ont-ils rendu les couvertures. Peut-être leur ont-il donné d’autres couvertures. Peut-être n’y a-t-il pas eu beaucoup de cas.

On ne le sait pas, puisque le ministre de l’Intérieur, manifestement, n’a pas demandé d’éclaircissements à ses services sur cette affaire précise. Donc, en l’état actuel de l’information, on en reste là : des policiers français, par grand froid, ont confisqué leurs couvertures à des migrants.

 

Le JT muet

Rentrant de week-end après avoir suivi l’affaire sur Twitter, je regarde évidemment le 20 Heures de France 2, dimanche soir. Bien entendu, Delahousse va nous éclairer sur cette affaire. Rien. Pas un mot.

Il y a de nombreuses raisons, pour lesquelles ne pas parler de cette histoire de couvertures au 20 Heures de France 2. D’abord, parce qu’il y a d’autres faits d’actualité. La grippe a fait 13 morts dans une maison de retraite de Lyon (3 sujets). Un accident de car a fait quatre morts en Saône et Loire (3 sujets). Un biopic sur Dalida va sortir la semaine prochaine (1 sujet).

C’est peut-être pour ces raisons, que Delahousse ne parle pas de cette affaire de couvertures. Pourtant, c’est un twittos frénétique, Delahousse. Toute la soirée de dimanche, il va re-tweeter les tweets de compliments sur son beau prime time sur DSK et les turpitudes du PS (et je vous en informe, même si Delahousse a bloqué Arrêt sur images, qui n’a pas le droit de voir ses tweets).

 

Capture d'écran du compte Twitter de Arrêt sur Images

Capture d’écran du compte Twitter de Arrêt sur Images
 
 

Reste le fait : à Paris, par grand froid, la police a confisqué des couvertures à des migrants, et le journal de la principale chaîne d’Etat n’en a pas dit un mot.

 

 

Initialement publié sur Arretsurimages.net

 

http://www.arretsurimages.net
 
 
 
 
 
Source : http://rue89.nouvelobs.com
 
 

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:51

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-08-janvier-2017

 

Les Savanturiers

Par Fabienne Chauvière

 

dimanche 8 janvier 2017

 

Barbara Demeneix, spécialiste mondiale des perturbateurs endocriniens

 

Aujourd'hui dans Les Savanturiers, les effets de la pollution sur notre santé mentale et les effets de la pollution sur la santé des abeilles.

 

 

Pesticides, insecticides, fongicides au premier rang des perturbateurs endocriniens

Pesticides, insecticides, fongicides au premier rang des perturbateurs endocriniens © Getty / The Washington Post

 

Vous allez faire connaissance avec, Barbara Demeneix une spécialiste mondiale des perturbateurs endocriniens, Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle. Ce que raconte cette grande biologiste est sidérant : les pesticides, les plastiques ou les résidus de médicaments qui sont rejetés dans notre environnement affectent le développement du cerveau des enfants alors qu’il sont encore dans le ventre de leur mère. Pour Barbara Demeineix, l’intelligence des nouvelles générations est en péril, et de nombreuses études mettent en évidence une augmentation vertigineuse des cas d’autisme et des troubles de l’attention. En cause toujours, les perturbateurs endocriniens. Lorsque Barbara Demeneix a commencé à s’intéresser au sujet il y a 25 ans, peu de chercheurs la prenaient vraiment au sérieux. Aujourd’hui, tous lui emboitent le pas.

Barbara demeneix est l’auteur d’un livre très documenté aux éditions Odile Jacob : Le cerveau endommagé.

 

Dans la deuxième partie de l'émission, nous serons avec Gilles Salvat, Directeur de la santé animale, spécialiste de la santé des abeilles.

Les pesticides, les herbicides et les fongicides ont aussi des effets ravageurs sur… la santé des abeilles.

Depuis plusieurs années, un phénomène d’affaiblissement et de mortalité des colonies d’abeilles est constaté dans de nombreux pays. Les apiculteurs sont inquiets, le miel se fait rare, mais les agriculteurs aussi s’affolent, car de nombreuses cultures dépendent de la pollinisation des abeilles.

C’est en France à Sophia Antipolis que se situe le laboratoire de l'Anses pour la santé des abeilles en Europe, et il a fait le point en toute fin d’année sur les dernières connaissances.

livre

Le Cerveau endommagé - auteur Barbara Demeneix - paru aux éditions Odile Jacob

Pesticides, plastiques, résidus de médicaments et beaucoup d’autres choses encore : chaque jour, des centaines de milliers de produits chimiques sont rejetés dans l’environnement.

Ces perturbateurs endocriniens affectent le développement du cerveau, le métabolisme, la reproduction, et ont une incidence sur les cancers.

Des études scientifiques récentes montrent que le nombre d’enfants atteints de dérèglements hormonaux, de désordres de type autistique ou de troubles de l’attention avec hyperactivité est en augmentation constante.

Barbara Demeneix parvient même à une conclusion inquiétante : les capacités intellectuelles des générations futures seront sérieusement compromises.

Quelles solutions pouvons-nous mettre en œuvre pour protéger les enfants, mais aussi les adultes, à titre individuel et surtout collectif ?

Si nous refusons d’agir, les générations futures pourraient bien se retrouver impuissantes face à ces problèmes de santé publique. Il leur manquera l’intelligence – à tout jamais.

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/les-savanturiers/les-savanturiers-08-janvier-2017

 

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:13

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Soutien à Dominique Henry, militante de la confédération paysanne qui risque la prison

Affaire des « mille vaches » : l’acharnement judiciaire se poursuit

 

Publié le 6 janvier 2017

 

 

 

Dominique Henry est une ancienne institutrice et agricultrice en retraite dans le Haut Doubs, militante de la Confédération Paysanne. A l’occasion de la mobilisation initiée en 2013 contre le projet de la « ferme » des 1000 vaches, elle a été condamnée, comme neuf de ses camarades à de la prison avec sursis en 2014. Mais elle n’en n’a visiblement pas terminé avec la justice : elle est convoquée le 12 janvier prochain au tribunal correctionnel de Montbéliard, pour refus de prélèvement ADN, ce qui constitue un délit depuis que cette procédure a été étendue largement. Elle risque la prison.

Sael Bison

Retour sur les faits


Le 28 mai 2014, une cinquantaine de militants de la Confédération paysanne de toute la France sont allés sur le site de la future ferme-usine des 1000 vaches pour démonter symboliquement quelques pièces de la salle de traite. L’objectif de cette action de jour à visage découvert : ramener les pièces sur Paris pour les rendre à Stéphane Le Foll (Ministre de l’agriculture) et Ségolène Royal (Ministre de l’écologie et du développement durable) alors qu’ils inauguraient le « printemps bio » au parc de la Villette. Dominique Henry participe à cette action qu’elle présente elle-même ainsi : « Démonter, dévisser, déboulonner, ne rien casser bien sûr. » Pour ce simple fait, elle est interpellée puis gardée à vue pendant plus de 2 jours, avec 3 autres militants, car elle a refusé le prélèvement d’ADN exigé par la police. En septembre 2014, elle est donc jugée par le tribunal d’Amiens avec neuf de ses camarades, condamnés en première instance pour des faits allant du « refus de prélèvement ADN » à la « dégradation en réunion ». Elle écopera d’une peine de prison avec sursis. La condamnation est confirmée en appel mais sa peine se verra qualifiée de « symbolique », en raison de la reconnaissance de son statut de lanceuse d’alerte.

Mais Dominique n’est pas au bout de ses peines : le 24 décembre 2015, la gendarmerie du Russey la convoque. Un nouveau prélèvement d’ADN lui est réclamé. Elle le refuse une deuxième fois. Pour cette raison, elle comparaîtra le 12 janvier prochain devant le tribunal de Montbéliard. Elle risque jusqu’à 1 an de prison et 15 000 euros d’amende.

La « ferme » des mille vaches : de l’industrialisation massive de l’élevage bovin à la défense des intérêts du grand patronat

 

Cette action s’inscrit dans le contexte plus large de lutte contre l’industrialisation de l’élevage, jusqu’à alors limitée aux volailles. La « ferme » des mille vaches incarne l’une des premières tentatives de développer l’élevage bovin à grande échelle à l’image des énormes complexes industriels qui existent déjà aux Etats Unis. Conséquence : alors que les plus grosses exploitations de la région disposent d’une cinquantaine de vaches laitières, M.Ramery, entrepreneur en BTP patron de 3500 salariés et 365ème fortune de France, stocke aujourd’hui plus de 700 animaux et compte encore augmenter son effectif. Pourtant, le tribunal administratif lui avait imposé un quota de 500 vaches et limité l’étendue du permis de construire. Aucune de ces exigences n’a été respectée par l’industriel sans qu’évidemment il ne soit inquiété par la justice.

Et pour cause, son projet relève d’un dispositif bien rodé : « Le projet de M.Ramery, subventionné par la PAC, prévoit de produire de l’électricité à partir d’un immense méthaniseur alimenté par le lisier, le fumier, des résidus de céréales et autres végétaux. Le méthane libéré par la fermentation alimente un générateur électrique d’une puissance équivalente à 25 éoliennes. Le courant sera racheté par EDF. Encouragé par les primes, le méthane agricole est un nouvel agro-business. Le lait n’est qu’un sous-produit du lisier, du lait « low cost », vendu à moins 20% du prix du marché » explique Dominique Henry. Il s’agit là bien évidemment d’une concurrence intenable pour les petits paysans, synonyme d’une détérioration radicale de leurs conditions de vie, comme de celles des ouvriers à la chaine de cette future ferme-usine.

Ainsi, depuis l’annonce du projet en 2013, les habitants de la région se sont massivement mobilisés, organisés notamment autour de l’association NOVISSEN (NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement) et d’autres collectifs écologistes.

Répression des actions syndicales et criminalisation des militants


Dans ce contexte, l’extension du prélèvement ADN, procédure initialement prévue à l’encontre des « délinquants sexuels » est loin d’être anodine.

Dominique Henry, interviewée par France 3, raconte : « En 98, au départ, ce fichier est créé pour les délinquants sexuels puis étendu par Nicolas Sarkozy en 2003 pour toutes les personnes gardées à vue et reconnues coupables. Ce qui est mon cas. Mais sont exclues celles qui sont coupables d’abus de confiance ou de biens sociaux, de favoritisme, de corruption ou trafic d’influence, bref on le comprend, tous les délinquants en col blanc... »

Si vous êtes dans ce fichier, c’est pour 40 ans. Pendant 40 ans, vous êtes un suspect permanent. Dans mon ADN, il y a des caractéristiques personnelles, sur le groupe ethnique ou encore des informations sur ma santé ou des maladies génétiques. Je pense à mes enfants, mes petits-enfants. On est tous concerné. Je fais le parallèle avec la seconde Guerre Mondiale : dans l’histoire, on a vu des fichiers utilisés à mauvais escient. »

Le procès de Dominique doit se comprendre à l’aune du processus de répression aigue des militants politiques et syndicaux : qu’il s’agisse des Goodyear, des militants de la loi Travail des frères Traoré ou encore de Cédric Herrou, les condamnations pleuvent et nombreuses sont les victimes d’une justice de classe qui libère dans le même temps Christine Lagarde et blanchit les policiers qui tuent impunément.

De Montbéliard à Amiens : les 11 et 12 janvier, tous ensemble contre la répression et la justice de classe !

 

En effet, le procès de Dominique Henry se déroulera le lendemain du rendu du jugement faisant suite à l’audience du 19 octobre 2016 à Amiens pour les 8 Goodyear. Le 19 octobre, une mobilisation d’ampleur en soutien aux Goodyear a permis de faire tomber la réquisition du parquet à de la prison ferme. Face à ce tournant autoritaire et liberticide, il est nécessaire de lutter ensemble pour la défense de nos libertés politiques et syndicales et mettre un coup d’arrêt à la criminalisation de l’action militante.

Alors, d’Amiens à Montbéliard, en passant par Nice et Bobigny, soyons nombreux pour exiger la relaxe de tous les inculpés et l’arrêt immédiat des poursuites contre nos camarades militants et militantes.

 

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 17:33

 

 

Source : http://www.cadtm.org/Banques-Comment-controler-leur

 

 

Banques : Comment contrôler leur pouvoir exorbitant ?

 

13 décembre 2016 par Eric Toussaint , Eric de Keuleneer , Aline Fares , Fred Mawet

 

 

 

Nous publions la vidéo (durée : 2 heures) de la table ronde consacrée au monde de la finance et à la question de la nécessaire reprise de contrôle sur ce « nerf de la guerre ». Comment contrôler le pouvoir aujourd’hui exorbitant de la finance ? Avec Aline Fares (Finance Watch), Eric De Keuleneer (Solvay Brussels School of Economics) et Eric Toussaint (CADTM) ; modération Fred Mawet (d’ATTAC Bruxelles2).

Dans le cadre de l’université d’Automne d’Attac Wallonie Bruxelles, les 8-9 octobre 2016 à Liège - Ré-enchanter la vie : La fin et les moyens.

Déroulement de la conférence : 2 X 1h : 1h d’interventions et 1h de débat

Nous publions la vidéo (durée : 2 heures) de la table ronde consacrée au monde de la finance et à la question de la nécessaire reprise de contrôle sur ce « nerf de la guerre ». Comment contrôler le pouvoir aujourd’hui exorbitant de la finance ? Avec Aline Fares (Finance Watch), Eric De Keuleneer (Solvay Brussels School of Economics) et Eric Toussaint (CADTM) ; modération Fred Mawet (d’ATTAC Bruxelles2).

Dans le cadre de l’université d’Automne d’Attac Wallonie Bruxelles, les 8-9 octobre 2016 à Liège - Ré-enchanter la vie : La fin et les moyens.

Déroulement de la conférence : 2 X 1h : 1h d’interventions et 1h de débat

Introduction et animation par Fred Mawet :

Les banques sont un enjeu essentiel à tout projet de changement social : Qu’est-ce qu’une banque ? une structure qui a le pouvoir immense de définir qui peut ou pas avoir de l’argent pour monter des projets => pour définir les villes, la société et son économie.

Or, la crise de 2008 et d’autres épisodes ont démontré s’il le fallait encore que les banques fonctionnent sur la recherche de maximalisation de leur profit et pas sur la préoccupation de financer l’économie réelle et les réponses aux besoins de la collectivité. ! Il y a un enjeu démocratique majeur à stopper cette dérive et à exercer un réel contrôle démocratique sur les banques.

Là-dessus, presque tout le monde est d’accord, mais :

Qui doit exercer effectivement ce contrôle et comment ? Et par quel chemin essayer de préparer cette transition ? ça, c’est une autre paire de manches et c’est ce que nous allons tenter d’explorer au cours de cette table ronde.


Intervenants :

Eric Toussaint – historien de formation, docteur en sciences politiques, a fondé le CADTM en 1990 et en est le président et le porte-parole le plus connu. Il est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. A écrit La dette ou la vie, Bancocratie, AAA et une bonne vingtaine d’ouvrages… Il a également signé de nombreux articles sur la nécessaire socialisation des banques et est connu pour son travail d’audit sur les dettes publiques, notamment en Equateur, à la demande de Correa, et en Grèce, à la demande de la présidente du Parlement de janvier à octobre 2015, mais dans l’indifférence de Tsipras et des autres membres du gouvernement Syriza. Eric tient son savoir sur les banques de son travail d’investigation et d’auto-formation sur la question.

Les 2 autres intervenants viennent de l’intérieur du système bancaire :

Eric de Keuleneer – est Ingénieur commercial – travaille dans le secteur bancaire depuis 1977 et est administrateur délégué de l’OCCH (l’Office Central de Crédit Hypothécaire, devenu CREDIBE - une structure privée) depuis 21 ans. A écrit plusieurs livres sur les problèmes bancaires : L’autonomie bien contrôlée (La Mediane, 1997), Het Land der filialen (Roularta, 1998), L’entreprise surveillée (Bruylant, 2003, livre collectif), Pratiques et Techniques Bancaires avec Yassine Boudghene (Larcier 2012)

Aline Fares – A fait HEC en France et est ancienne employée du groupe Dexia à Luxembourg, puis à Bruxelles, où elle a notamment été conseillère auprès du directeur des activités de banque commerciale. Aline a été licenciée dans le cadre de la crise de 2008. Après avoir passé un an à réfléchir à ce qui avait pu arriver, et à se demander comment cela avait pu arriver, Aline Fares a rejoint à l’automne 2012 les rangs de Finance Watch, organisation créée en juin 2011 suite à l’appel de plus de 200 parlementaires affichant la volonté politique de réglementer la finance pour éviter qu’une telle catastrophe ne puisse se reproduire à nouveau. L’ONG, qui compte entre temps 13 salariés provenant pour la plupart du secteur financier, a donc pour fonction principale de faire un contrepoids au lobbying privé en offrant une expertise motivée par l’intérêt général, quand la plupart des experts sollicités aux différents niveaux des procédures législatives représentent en général exclusivement les intérêts du secteur. Aline a travaillé pendant 4 ans à Finance Watch et y dirige encore un projet sur la représentation de l’intérêt général dans les banques.


Les questions pour les 3 conférenciers :

1. Résumé des épisodes précédents : que s’est-il passé depuis 2008 ? Aline FARES (10 min – 3 dias)

2. Est-ce que des enseignements ont été tirés ou pas de 2008 ? Des promesses n’avaient-elles pas été faites ? par qui et pourquoi n’ont-elles pas été tenues ? (10 min Eric DK)

Les engagements pris au moment de la crise financière par les banquiers, les financiers, les politiques et les organismes de contrôle, un peu partout et en Belgique =
-

 

Couverture La séparation des banques de détail des banques d’investissement
-

 

Couverture La fin des bonus et des rémunérations exorbitantes
-

 

Couverture Le financement de l’économie réelle
-

 

 Engagements pas tenus : il n’y a pas eu de moralisation du système bancaire.


3. Qu’est-ce qu’il faut mettre en place pour que les 6 mesures urgentes (ci-dessous) énoncées par Eric T entrent en application réellement ? (10 min Eric T)

D’une certaine façon, Eric, tu proposes de façon plus étayée et plus drastique les mêmes mesures => qu’est-ce qui ferait que ça marche maintenant ?

6 mesures urgentes :

  • 1. Restructurer le secteur bancaire : réduire la taille des banques, séparer banques de dépôt et banques d’affaires, interdire les relations de crédit entre banques de dépôt et banques d’affaires ;
  • 3. Mettre fin au secret bancaire : interdire les transactions avec les paradis fiscaux ;
  • 4. Réguler le secteur bancaire : exiger des banques une augmentation radicale du volume de leurs fonds propres, interdire la socialisation des pertes, restaurer la responsabilité illimitée des grands actionnaires en cas de faillite, taxer fortement les banques, poursuivre systématiquement les dirigeants responsables de délits et crimes financiers et retirer la licence bancaire aux institutions coupables de malversations, sauver les banques d’une autre manière (faillite ordonnée avec la création de 2 structures : une banque de défaisance privée et une banque publique vers laquelle sont transférés les dépots et les actifs) ;
  • 5. Financer autrement la dette : donner pour mission nouvelle à la banque centrale d’octroyer des prêts à taux zéro aux pouvoirs publics ;
  • 6. Renforcer les banques publiques existantes et en recréer dans les pays où elles ont été privatisées.

Et tu le dis : « tout cela ne suffira pas : il faut socialiser le secteur bancaire : on ne peut pas le laisser aux mains des capitalistes ! »

Du coup, par quel bout on commence, stratégiquement ? où met-on son énergie pour changer ce système mortifère : pourquoi faut-il s’épuiser à tenter de changer un système dont on ne croit pas qu’il puisse réellement se transformer ? ( Aline 5 min – Eric DK 5min – Eric T 5min )

Ça se passe près de chez vous : comment se fait-il qu’en Allemagne, 2/3 du système bancaire est public ou coopératif ? Comment est-ce possible ? l’Allemagne n’est pas moins capitaliste que la Belgique ?.... qu’est-ce que ça produit ? Est-ce un cas isolé ou est-ce la Belgique qui est un cas isolé en Europe ? quels enseignements pouvons-nous en tirer pour garder Belfius et la transformer en VRAIE banque publique ? (Eric T – Eric DK et Aline, 5 min chacun).

 

Source : Attac Bruxelles

 

 

 
 
 
 

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est l’auteur des livres Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège. Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.

 
 

Eric de Keuleneer

est Ingénieur commercial – travaille dans le secteur bancaire depuis 1977 et est administrateur délégué de l’OCCH (l’Office Central de Crédit Hypothécaire, devenu CREDIBE - une structure privée) depuis 21 ans. A écrit plusieurs livres sur les problèmes bancaires : L’autonomie bien contrôlée (La Mediane, 1997), Het Land der filialen (Roularta, 1998), L’entreprise surveillée (Bruylant, 2003, livre collectif), Pratiques et Techniques Bancaires avec Yassine Boudghene (Larcier 2012)

 
 

Aline Fares

Coordinatrice de l’expertise et des campagnes chez Finance Watch

 

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