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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 18:13

 

Rue89 - « Pression constante » 04/12/2012 à 10h15

 Rozenn Le Carboulec | Journaliste pigiste


 


A la CAF de Lille (Nord), le 22 octobre 2012 (M.LIBERT/20 MINUTES/SIPA)

 

« Ils pètent un câble là-dedans, ils ne vont pas bien ! » Mickaël, la trentaine, un usager, vient de s’entretenir avec un agent de la Caisse d’allocations familiales d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise. En allumant sa cigarette, il dit s’être énervé au guichet. Ce jour-là, il ne s’était pas muni de son numéro d’allocataire : il est rentré bredouille.

Des situations comme celle-là, les techniciens conseil, qui travaillent à l’accueil, en voient régulièrement. Mais ils ne peuvent pas s’y attarder. Ils n’ont plus le temps.

Plus de 50 000 dossiers en souffrance dans le Val-d’Oise

Ils croulent tellement sous les dossiers que, depuis deux ans, les CAF d’Argenteuil et de Sarcelles ferment quinze jours par mois, pour résorber les retards : 52 000 dossiers sont en souffrance dans le seul département du Val-d’Oise. En vingt ans, le département enregistre 56 000 allocataires supplémentaires et les CAF ont perdu près de 120 emplois.

Sur les trois dernières années, au niveau national, les effectifs des CAF ont baissé de 1 147 en trois ans (selon FO et la CGT). Les réformes s’enchaînent, et le nombre de prestations ne cesse d’augmenter avec des situations familiales de plus en plus complexes à traiter. Les salariés des CAF sont débordés.

Le 22 novembre dernier, ils étaient 40% à faire grève dans le 95 pour dénoncer un système « au bord de l’explosion » et demander des créations de postes en CDI. Sur l’ensemble du territoire, le taux moyen de grévistes était de 30,6%, d’après les derniers relevés de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).

« Il y a eu quelques embauches quand le RSA est apparu, mais tout autant de départs non remplacés », regrette Brigitte Poli, secrétaire syndicale de la CGT pour le Val-d’Oise. Christian Le Petitcorps, directeur de la CAF de Cergy, fait lui-même état d’une « augmentation tendancielle des flux d’activité de 7% par an ». Une augmentation qui devient ingérable pour les salariés.

Pas plus de trois minutes avec un allocataire

« C’est vraiment le jour et la nuit entre le moment où j’ai commencé et aujourd’hui », observe Emma, technicienne conseil à Marseille depuis dix ans.

« Dans mon service, on doit traiter 40 dossiers par jour. On mise soi-disant sur la qualité, mais on nous demande de faire du chiffre en contrepartie. On est soumis à une pression constante, c’est terrible ! »

Au guichet, les agents ont pour consigne de ne pas rester plus de trois minutes avec chaque allocataire.

« On nous a mis sous le nez un système qui nous chronomètre. Au bout de trois minutes, une flèche rouge s’allume et clignote pour indiquer qu’on a dépassé le temps conseillé. Comment voulez-vous que les salariés ne soient pas stressés ? » s’exclame Brigitte, qui a travaillé à l’accueil pendant seize ans, avant de rejoindre le service médiation. Encore aujourd’hui, elle descend parfois en renfort, quand les files d’attente sont bondées.

« On est le confesseur, l’assistant social... »

« Il y a un gros malaise, c’est sûr, il y a quand même une surcharge de travail », reconnaît une employée de la plate-forme téléphonique de la CAF du 95, qui n’a toutefois pas fait grève : « Je relativise. Au moins, j’ai la santé. »

Mais tous ses confrères n’ont pas sa force de caractère. A Marseille, Emma voit ses collègues enchaîner les arrêts maladie.

« Il y a beaucoup d’agressivité de la part des allocataires, ce qu’on comprend, vu leur situation. Mais quand vous rentrez chez vous après une telle journée et que vous entendez vos enfants crier, vous pétez un câble ! »

Plus que de simples relais, les employés de la CAF incarnent la dernière lueur d’espoir. « On est le confesseur, l’assistant social... Un jour, une personne m’a remerciée en me disant que c’était grâce à moi si elle n’avait pas fini sous un train... Ça, ça vous prend aux tripes ! », raconte Brigitte Poli, encore émue.

L’accueil sacrifié au profit des téléprocédures

Lionel Dell’Angelo, responsable de la section FO de la CAF 95 et chargé de la gestion électronique des courriers, fait état de dossiers de plus en plus complexes, dus aux situations de plus en plus fragiles des allocataires. Il dénonce :

« Au lieu de consacrer la totalité des fonds disponibles à embaucher en CDI, l’employeur préfère recourir aux contrats précaires, aux heures supplémentaires. »

La rencontre annuelle entre les présidents de CAF et le directeur de la Cnaf, qui avait lieu les 22 et 23 novembre à Marseille pour préparer la nouvelle Convention d’objectif et de gestion (COG), n’a pas satisfait les syndicats. Christian Le Petitcorps, directeur de la CAF 95, s’est prononcé pour « la préservation des effectifs, au moins pendant quatre ans, jusqu’à la prochaine COG ». Ce qui est loin d’être suffisant aux yeux de Lionel Dell’Angelo, qui craint, à terme, une « déshumanisation des relations ».

Sur ce point, l’engrenage semble s’être déjà enclenché, comme l’explique Brigitte Poli :

« Au niveau national, la direction sacrifie peu à peu l’accueil, au profit des télé-procédures. »

Pour elle, le but est clair :

« C’est pour habituer les gens à venir de moins en moins. »

Croisée à la sortie de l’antenne d’Argenteuil, Salia explique d’ailleurs qu’elle ne se déplace quasiment plus : « Je fais tout par Internet. » L’avenir des CAF est-il tout tracé ? Dans le Val-d’Oise, comme dans les autres départements, externalisations et mutualisations deviennent monnaie courante, quand il ne s’agit pas de fusions ou restructurations. L’année dernière, la direction envisageait de regrouper toutes les antennes du 95 dans un seul bâtiment, à Cergy.

Suite à un mouvement de grève, le projet a été abandonné. « Mais pas l’idée », assure Lionel Dell’Angelo. Le combat des salariés de la CAF semble donc loin d’être terminé.

 

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 18:08

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 04.12.2012 à 10h24 • Mis à jour le 04.12.2012 à 11h36

 

 

Plusieurs quotidiens indépendants et d'opposition égyptiens ont décidé de ne pas paraître, mardi 4 décembre, pour protester contre les articles concernant la presse et les libertés dans le projet de Constitution devant être soumis à référendum le 15 décembre.

Il s'agit de "faire face à la tyrannie", a affirmé le quotidien Al-Tahrir sur son site Internet. Les journaux entendent "protester contre les articles concernant la presse et les libertés dans le projet de Constitution (...) et rejeter le décret publié par le président de la République le 22 novembre", a de son côté indiqué Al-Masry Al-Yom.

Par ce décret, le président islamiste Mohamed Morsi a considérablement élargi ses pouvoirs, mettant notamment ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice. Le président a convoqué un référendum pour le 15 décembre sur le texte adopté en toute hâte par la commission constituante, auquel il est reproché de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

PROFONDE CRISE POLITIQUE

 

"Vous lisez ce message parce qu''Egypt Independent' s'oppose aux restrictions continues contre les libertés des médias, surtout après que des centaines d'Egyptiens ont donné leur vie pour la liberté et la dignité".

 

Le pendant anglophone d'Al-Masry Al-Yom, Egypt Independent, affichait un message sur fond noir sur son site Internet. "Vous lisez ce message parce qu'Egypt Independent s'oppose aux restrictions continues contre les libertés des médias, surtout après que des centaines d'Egyptiens ont donné leur vie pour la liberté et la dignité", a-t-il expliqué.

Les quotidiens gouvernementaux, comme Al-Ahram, étaient pour leur part disponibles mardi en version papier.

Des chaînes privées, comme ON-TV et Dream, doivent rejoindre le mouvement de protestation mercredi en ne diffusant pas de programme. Lundi, les journaux indépendants et d'opposition avaient déjà exprimé leur rejet des décisions du président en titrant simultanément "Non à la dictature".

L'Egypte vit une profonde crise politique qui divise le pays ainsi que le pouvoir judiciaire depuis le décret du 22 novembre. L'opposition a prévu une nouvelle manifestation mardi, dite du "dernier avertissement", devant le palais présidentiel.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 18:05

 

Le Monde.fr avec AFP | 04.12.2012 à 11h14

 

 

 

La quatrième économie de la zone euro a enregistré en novembre une hausse de 1,54 % par rapport à octobre, tandis que sur un an, la hausse ressort à 11,02 %.

Le chômage a poursuivi sa progression en Espagne au mois de novembre, avec 4,91 millions de demandeurs d'emploi, a annoncé mardi 4 décembre le ministère de l'emploi, alors que le pays est pris en tenailles entre l'objectif de réduction de son déficit et la récession de son économie.

La quatrième économie de la zone euro a enregistré en novembre 74 296 chômeurs de plus qu'en octobre (+ 1,54 %), tandis que sur un an il y a eu 487 355 demandeurs d'emploi supplémentaires (+ 11,02 %), pour arriver à 4 907 817 chômeurs.

Selon l'Institut national de la statistique (INE), qui utilise une méthode de calcul différente de celle du ministère, le taux de chômage a franchi au troisième trimestre la barre historique des 25 %, avec 25,02 %, le niveau le plus élevé, après la Grèce, dans l'ensemble du monde industrialisé.

Le gouvernement continue pourtant de tabler sur un taux, à la fin de 2012, de 24,6 %, puis sur une légère baisse en 2013, à 23,3 %. Les chiffres du mois de novembre sont partiellement gonflés par un effet ponctuel, souligne le ministère dans un communiqué : 37 983 personnes supplémentaires sont apparues dans les statistiques le mois dernier, du fait de la suppression d'une convention concernant les aides-soignants non professionnels auprès des personnes dépendantes. Sans cette mesure, le nombre de chômeurs aurait augmenté de 0,75 % par rapport au mois précédent.

 

 LES FEMMES ET LES SERVICES TOUCHÉS

Les femmes sont plus touchées par l'augmentation du chômage, avec une progression de 2,08 % par rapport à octobre, contre une hausse de 0,98 % chez les hommes. Par ailleurs, il diminue légèrement chez les jeunes de moins de 25 ans (- 0,21 %), une catégorie où le taux de chômage atteint les 52 %, selon l'INE.

Les services continuent à être le secteur où le nombre de chômeurs augmente le plus (63 166 demandeurs d'emploi supplémentaires), devant l'agriculture (+ 5 777) et l'industrie (+ 4 670), ne baissant que dans la construction (de 2 271 personnes).

L'Espagne, frappée par l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, a renoué avec la récession à la fin de 2011, moins de deux ans après en être sortie. Engagée dans une course à la réduction du déficit public, pour le ramener de 9,4 % du PIB en 2011 à 2,8 % en 2014, elle a lancé un vaste programme de rigueur pour récupérer d'ici à cette date 150 milliards d'euros, multipliant les coupes budgétaires et les hausses d'impôt.

Mais selon les analystes, cette cure d'austérité repousse un peu plus la reprise économique du pays, et le gouvernement conservateur s'est lui-même résigné à une nouvelle année de récession en 2013.

Dans un pays où un actif sur quatre est au chômage, un tel régime de rigueur provoque un fort mouvement de contestation sociale et une compression des dépenses des foyers espagnols. Les ventes de détail sont ainsi en recul depuis vingt-huit mois consécutifs, signe de la morosité des ménages, auxquels un nouveau coup dur a été porté en septembre, avec la hausse de la TVA, de 18 % à 21 % pour le taux plein.

1,5 milliard d'euros de plus pour les banques

 

 

En plus des 39,5 milliards d'euros prévus initialement (37 milliards pour les banques nationalisées et 2,5 milliards pour financer la structure de défaisance des actifs immobiliers toxiques), le secteur bancaire espagnol aura encore besoin de 1,5 milliard d'euros provenant du fonds de soutien de la zone euro pour être recapitalisé, a affirmé le ministre des finances espagnol, Luis De Guindos.

Il a expliqué avoir effectué lundi la "demande formelle" d'aide pour les quatre banques nationalisées, dernière étape avant son versement par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Cette demande a été acceptée par le MES, a répondu le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

L'aide européenne de près de 37 milliards d'euros aux banques espagnoles en difficulté sera par ailleurs versée "autour du 12 décembre". La Commission européenne avait donné, mercredi, son aval au plan de restructuration des quatre entités nationalisées (Bankia, Novagalicia, CatalunyaCaixa et Banco de Valencia), feu vert dont dépendait le versement de l'aide de la zone euro.

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 17:01

 

 

Le docteur Joël Dutertre tient depuis six années à la Mission locale de Sénart (Seine-et-Marne) une consultation de généraliste gratuite et très fréquentée. Ce Point santé jeunes représente souvent le seul accès possible au soin pour une population de 16-25 ans en recherche, de plus en plus malaisée, d’emploi, et menacée par la précarité. Le médecin est ainsi aux premières loges pour mesurer la dégradation de l’état de santé de cette jeunesse non-insérée.

 

Le Dr Joël Dutertre, médecin à la Mission locale de Sénart. (Photo : Capucine Granier-Deferre pour Le Monde)

 

L’accès au soin

 "Les jeunes que je reçois, les plus en difficulté sur un territoire, ne fréquentent pas les cabinets libéraux. Ils se 'débrouillent', se rendent à l’hôpital en urgence ou de façon inappropriée. Dans 60 % des cas, il y a un frein financier qui les empêche de consulter. Même quand ils ont une mutuelle, ils ne peuvent pas avancer les honoraires. Ils ont aussi l’impression de ne pas savoir s’y prendre, d’être mal accueillis, d’entendre un langage incompréhensible. Il y a une appréhension du rapport au monde médical qui leur semble très éloigné d’eux. Tout cela témoigne d’une fracture entre ces jeunes et la société. Du coup, le gamin qui se tord la cheville ou le genou au foot et ne consulte pas, donc n’immobilise pas son articulation, devra se faire opérer. Les ulcères non-soignés donnent des hémorragies digestives, etc." 

Les maux dentaires

"Aucun jeune n’arrive à décrocher de rendez-vous chez le dentiste. La petite carie se transforme en abcès. Au bout de trois semaines de douleur, le mal disparaît, la dent est mortifiée. Certains patientent en avalant des boîtes entières de Doliprane, d’autres se mettent la tête entre deux baffles, la musique poussée à fond. Pour combler le creux dans la dent, les jeunes mettent du chewing-gum, du coton et même de la colle !"

Les plaintes fonctionnelles

"Maux de tête, de ventre, de dos… C’est le cas des trois quarts des jeunes femmes que je reçois. Parfois, la douleur au ventre dissimule autre chose. Dans 15 % des cas, les jeunes femmes finissent par signaler des sévices sexuels. Les premiers rapports sexuels sont souvent une catastrophe, ils se déroulent 'à l’arrache', avec des pratiques de sodomie imposées."

La souffrance psychique

"40 % des jeunes reçus au Point santé présentent une souffrance explicite ou implicite qui nécessiterait un suivi psychologique ou psychiatrique – dont en fait seulement un sur dix bénéficie. Qu’ils aient des psychoses, dont beaucoup sont dépistées ici pour la première fois, ou des troubles de la personnalité qui vont compromettre l’insertion. Ou qu’ils soient en vraie dépression. Beaucoup de ces jeunes plus vulnérables que d’autres s’amélioreraient grâce à la seule insertion professionnelle, facteur d’autonomie et de séparation du milieu familial. Mais aujourd’hui, ils sont les premiers à rester sur la touche. La mise en échec socio-professionnelle alimente leur perte d’estime d’eux-mêmes."


(Photo : Capucine Granier-Deferre pour Le Monde)

L’obésité

"15 % de mes patients souffrent d’obésité sévère. C’est terrible, parce que si l’on n’agit pas à cet âge là, on sait que cela va s’aggraver. Cette obésité veut dire des choses. Elle fait écran, elle attire l’attention sur un mal-être, elle cache souvent chez les filles des violences sexuelles… Mes patients qui en sont atteints sont passifs, ils ne se sentent pas exister. Et depuis six ans, je n’ai jamais trouvé personne alentour chez qui les orienter ! Les diététiciens hospitaliers sont débordés, les médecins nutritionnistes libéraux pratiquent tous le dépassement d’honoraires."

 Les maladies chroniques

"Elles sont mal suivies, mal stabilisées. Je n’ai jamais vu ici aucun diabétique convenablement soigné. Je suis également stupéfait du nombre de maladies auto-immunes. Ces maladies dans lesquelles on développe des anticorps contre soi. Je ne me l’explique pas, je constate."

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A lire également : Pauvre jeunesse (1) : "Le monde qu'on leur propose n'est pas terrible" 

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:47

 

Le Monde.fr | 04.12.2012 à 17h00 • Mis à jour le 04.12.2012 à 17h27 Par Cédric Pietralunga

 

 

Le site ArcellorMittal de Florange, dans l'Est de la France, le 3 décembre 2012.

Dans ce document, il est indiqué que seuls 53 millions d'euros, sur les 180 millions d'investissements sur cinq ans promis par l'industriel à Florange, seront consacrés aux "investissements stratégiques".

 


 
ArcelorMittal s'est engagé à investir 180 millions à Florange.

La réunion entre les syndicalistes de Florange (Moselle) et le premier ministre Jean-Marc Ayrault, prévue mercredi 5 décembre à 18 heures, risque de virer à l'explication de texte. L'accord signé entre ArcelorMittal et le gouvernement, que Matignon refuse de publier mais dont Le Monde s'est procuré une copie, est en effet loin de lever toutes les interrogations sur le site lorrain du numéro un mondial de la sidérurgie.

Dans ce document de – seulement – deux pages, il est ainsi indiqué que les 180 millions d'euros d'investissements sur cinq ans promis par ArcelorMittal seront certes "réalisés de manière inconditionnelle", à la différence de ceux promis par Lakshmi Mittal à Nicolas Sarkozy en 2008. Mais "les investissements stratégiques" ne représenteront que 53 millions d'euros de l'ensemble.

Tout le reste, ce sera "le flux d'investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle", c'est-à-dire un vaste fourre-tout où à peu près tout et n'importe quoi peut être comptabilisé, et notamment les frais de maintenance. Exactement ce que craignaient les syndicats, qui accusent Lakshmi Mittal de vouloir faire passer pour une concession de sa part des dépenses qu'il était de toutes façons obligé d'effectuer.

Néanmoins, il est indiqué que le train à chaud, un équipement stratégique du site, "fait partie des outils majeurs du dispositif de laminage" de l'entreprise et verra donc son niveau de production "maintenu autour de 2 millions de tonnes par an pour alimenter en bobines l'aval de la Lorraine ". Cette pérennisation du train à chaud était réclamée depuis longtemps par l'intersyndicale de Florange.

 

 SÉCURISER L'EMPLOI

Concernant les activités de packaging (fabrication du métal pour boîtes de conserve et canettes), dont une ligne sur deux seulement fonctionne actuellement sur le site, il est écrit noir sur blanc que "ArcelorMittal concentrera les activités de l'amont du packaging de l'entité Atlantique et Lorraine sur Florange ", ce qui devrait assurer la survie des lignes d'étamage "pendant cinq ans" et sécuriser du même coup l'emploi sur la même période. En échange, "l'activité amont de Basse-Indre [un autre site d'ArcelorMittal situé en Loire-Atlantique] sera mise en arrêt temporaire" et l'activité de recuit d'Ebange, une usine du groupe située près de Florange, pourra être mise en "arrêt temporaire" elle aussi, "en fonction de l'optimisation des carnets".

Mais, peut-on lire dans cet accord, "ce transfert d'activité n'impactera pas les effectifs inscrits à Basse-Indre", un engagement sur lequel Jean-Marc Ayrault s'est battu puisque ce site est situé dans son fief électoral, près de Nantes.

Concernant Ulcos, le programme de recherche sur la captation du dioxyde de carbone (CO2), présenté par Matignon comme la bouée de sauvetage des hauts-fourneaux de Florange, les engagements d'ArcelorMittal sont là aussi très succincts. S'il est indiqué qu'Ulcos "reste un projet important pour développer de nouvelles solutions mieux adaptées aux enjeux du changement climatique", il est aussi clairement écrit que "l'état actuel des résultats de la recherche ne permet pas de passer directement sur le démonstrateur industriel de Florange". Autrement dit : le projet n'est pas près de voir le jour.

Seul engagement concédé par Lakshmi Mittal : son groupe "va proposer (...) de continuer à travailler sur le projet de recherche et de validation technologique, en s'appuyant notamment sur l'expertise du centre R&D de Maizières-lès-Metz".

Conséquence, les "installations de la phase liquide seront mises sous cocon dans l'état actuel et compatible avec la perspective de réalisation d'un démonstrateur industriel Ulcos sur un haut-fourneau". Une phrase qui confirme que le P3, arrêté depuis juin 2011, est bien définitivement abandonné, et que le P6 ne sera pas relancé tout de suite puisque "le fonctionnement de toutes ces installations sera arrêté en toute sécurité à l'issue de la procédure légale", c'est-à-dire fin mars 2013. Le groupe s'engage simplement "à ne pas démonter ces installations dans les six ans".

 

 LES SALARIÉS DE LA FILIALE GEPOR PRIS EN CHARGE

Sur le plan social, il est stipulé que les salariés des hauts-fourneaux, au nombre de 629, seront reclassés "sur des bases exclusivement volontaires", avec "un dispositif de gestion des fins de carrière et sur la mobilité interne au site". "ArcelorMittal continuera à proposer à des personnes volontaires les postes disponibles sur ses autres sites", est-il également indiqué.

Par ailleurs, le document stipule que les salariés de Gepor, une filiale d'ArcelorMittal qui emploie 130 personnes à Florange et pour lesquelles les syndicats se montraient très inquiets ces derniers jours, bénéficieront "des mesures de gestion de fin de carrière et de mobilité avec des conditions similaires à Florange".

Enfin, et cela devrait déclencher l'ire des salariés concernés, il est indiqué que seulement trois hauts-fourneaux seront conservés à Dunkerque (Nord) "à l'échéance minimale des cinq prochaines années". Autrement dit, le HF2 arrêté pour maintenance cet été, et dont la mise en sommeil a été prolongée cet automne, ne devrait plus produire avant longtemps le million de tonnes de fonte qu'il sortait chaque année auparavant... 

 

Cédric Pietralunga

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:19

 

 

L’OIP  

Observatoire International des prisons

groupe local de Nîmes

Vous invite à participer aux mobilisations et réunions qu’'il organise durant  

 

la semaine  du 8 au 11 décembre 2012

Semaine des prisons 

 

Samedi 8 décembre à 11h 

Maison d’arrêt de Nîmes, 430 détenus pour 192 places !

Venez dénoncer cet état de fait avec l’OIP par

Un lâcher de ballons devant la maison d’'arrêt de Nîmes

 

Lundi 10 décembre à 10h

Une délégation (OIP, Avocats, Associations des droits de l’homme) remettra officiellement au directeur de la Maison d’Arrêt, le Nouveau Guide du prisonnier réalisé par l’OIP

 

Mardi 11 décembre à 18h30 

réunion du Petit Subito «  victime et auteur, quelle rencontre ? »

avec des représentantes de l’ADIAV (association pour l’information et l’aide aux victimes) de Montpellier

CONTACTS OIP 06 81 49 06 05


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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:11

 

This is a Call for the second Occupy the WSF Meeting

 


MEETING LOCATION: MUMBLE PLATFORM http://en.wikipedia.org/wiki/Mumble_(software)

The date of the meeting is 7th December  2012 at 19.00 pm GMT

Agenda for next meeting to be build up collectively, please contribute adding relevant points here http://titanpad.com/agora99firezneWSF2

WHAT
World Social Forum 2013 will take place in Monastir, Tunisia in March 2013. 
This Forum will provide a strategic location for discussion of the issues of most concern to us. Tunisia has become a symbolic center for the global movement, as the ArabSpring was born there. March would be a proper time to gather and exchange with other movements and networks that have flourished in the North African regions and the Arab World. This forum will serve as a meeting place for those involved in local Occupations, assemblies, and mobilizations in other parts oft he world during 2011 and 2012. We can build and strengthen the links between existing networks around the Mediterranean region and globally and e can strategies May and October joint-actions. We can practice our methodologies, as we did in Firenze 10+10, while communicating and sharing our new knowledge and tool kits with those outside these movements. 
WHY
The idea behind this Mumble Meeting is to discuss and share ideas, experiences and opinions we've developed in the common spaces we have created such as transnational assemblies, Hub Meetings, Agora99 as well as others like Firenze 10+10 and to reflect on the possible approaches to be developed towards the WSF 2013: Do we need to Occupy World Social Forum, in order to come together at the global level, for the first time since 15M or Tahrir moments? Can we create new synergies that would contribute our transnational and translocal struggles to build egalitarian and genuine democracies globally? 

WHEN
Lets meet this Friday (7 Dec) on Mumble to discuss this in dept and start developing an approach towards WSF 2013. 
Local time: 
UK 19 pm. Spain and Amsterdam 20 pm, Israel-Palestine 21 pm, for other locations please use the time zone converter: http://www.timeanddate.com/worldclock/converter.html

WHERE
Mumble is a voice chat Open Source software (works similar to skype but is not a corporate tool)
How to download-install-connect the program to participate


Configuration:
Label : Occupii
Server : occupytalk.org (has to be written exactly as it is)
Channel: OPEN SPACE/Red Room 
Port: 64738
Nickname:  Your name/nick and country
Alternativelly: Once you have downloaded and installed the program in your PC , if you register to this site http://occupytalk.org/user/register just click here to enter mumble://occupytalk.org:64738?version=1.2.3

We'll be waiting for you!!

--

The International Network of Occupy/Indignados/Indignés/OWS/15M


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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:05

 

 

OPDLM (observatoire des pratiques de developpement local et mondial)
MRIE (mouvement pour un revenu inconditionnel d'existence

 

 

Nous organisons le 1er Forum National de la Démocratie  (réelle et maintenant) , sur la commune du Teil en Ardèche (avec son aide et son soutien) à Pentecote les 18, 19, 20 mai 2013.  
 
  Dans la semaine précedente nous inviterons des conférenciers autour de ce thème. 
 
Les journées des 18,19, 20 seront réservées à des ateliers où nous travaillerons sur les réponses à notre enquête  lancée nationalement  : " que vous évoque le mot DEMOCRATIE dans notre société actuelle ?"
 
Bien sur seront intégrés dans ces rencontres l' économie de proximité, les circuits courts, les échanges, les monnaies locales, le  revenu de vie ...sans oublier le côté festif de ces rencontres , spectacles , concerts...
 
Nous souhaitons à nouveau réaliser comme lors du Forum de la Convivialité (Vinezac 2010) un hébergement pour les conférenciers et visiteurs extérieurs à notre département chez l'habitant .
 Pour cela nous comptons sur l'acceuil des habitants du TEIL et de sa CC RHONE HELVIE.
 
Avec votre aide et celle de toutes les personnes que nous avons croisées au "Festival de la débrouille " du Centre Social de cette commune nous aimerions mettre en place un " village des possibles" et nous recherchons toutes formes d'habitats précaires, grandes tentes, yourts,  grands chapiteaux ...
 
Inutile de  dire que tout sera  bénevole et gratuit .
 
Comme à notre habitude nous nous tiendrons loin de toutes subventions , mais toutes les aides  seront favorablement acceuillies ( même  financiéres ).
 
A votre demande nous vous tiendrons informés au fur et à mesure de l'avancée des travaux et de la mise en place du programme de ce Forum.
 
Nous espérons que notre indépendance, du fait de notre non appartenance à quelque courant poiltique que ce soit,  permettra à  nos contemporains "les gens de peu" dont nous sommes de participer à ces journées afin d'essayer de "RENDRE VIIBLE LE REEL".
 
 
Localement et mondialement votre
 
OPDLM (observatoire des pratiques de developpement local et mondial)
MRIE (mouvement pour un revenu inconditionnel d'existence

pour nous joindre : opdlm@wanadoo.fr  tel 04 75 37 58 97

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:03

 

 

CATDM - Belgique

  3 décembre par Renaud Vivien

 

En novembre, la Belgique a décidé d’injecter 2,9 milliards d’euros dans Dexia. Pour l’Europe, cet argent injecté va peser sur le déficit. La carte de blanche de Renaud Vivien, juriste et un militant Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde.

 

Les actionnaires du groupe Dexia se réuniront en assemblée générale extraordinaire le 21 décembre pour se prononcer sur la recapitalisation de la banque par les États belge et français à hauteur de 5,5 milliards d’euros, dont 2,9 milliards pour la Belgique. Depuis le premier sauvetage de Dexia en 2008, le chantage est de mise. Pour la direction de Dexia et les gouvernements, la recapitalisation de la banque par les États n’est pas un choix mais une obligation. Il n’y aurait donc pas d’alternative : les populations belge et française seraient condamnées à remplir le tonneau percé de Dexia autant de fois que cela sera nécessaire. Rappelons que Dexia est une banque en voie d’extinction qui a déjà été sauvée trois fois depuis 2008 grâce à l’argent public, n’a plus de dépôts d’épargnants et ne fait qu’enregistrer des pertes. Son dirigeant, Karel de Boeck, vient d’annoncer une nouvelle perte estimée à 1 milliard d’euros pour l’année 2013 et prévient qu’il y en aura d’autres jusqu’en 2018 !

Nous voilà prévenus : les États belge et français seront appelés à renflouer régulièrement Dexia jusqu’à ce qu’elle fasse des bénéfices. Combien de milliards d’euros ces sauvetages à répétition coûteront-ils aux contribuables ? On ne le sait pas encore. Ce qui est certain, en revanche, c’est que pour financer le sauvetage de Dexia, l’Etat belge devra emprunter. La dette publique augmentera encore et le gouvernement imposera à la population de nouvelles mesures d’austérité afin de la rembourser sauf si les citoyens se mobilisent pour arrêter de banquer.

Pourquoi les pouvoirs publics s’obstinent-ils à sauver indéfiniment Dexia ? L’explication officielle tient en un seul mot : garantie. Alors que les gouvernements belge, français et luxembourgeois ne savent même pas ce qu’il y a dans le hors-bilan de Dexia, ils se sont engagés à garantir les emprunts de cette dernière jusqu’à 2031 ! Concrètement, si Dexia ne rembourse pas ses dettes, les pouvoirs publics devront payer la facture à sa place. Cette facture est énorme : 43,7 milliards d’euros rien que pour la Belgique, suite à l’accord conclu avec la France au début du mois de novembre. A titre de comparaison, 43,7 milliards, c’est environ le montant consacré annuellement par la Belgique pour rembourser l’ensemble de ses créanciers en intérêt et en amortissement du capital.

Du fait de ces garanties, le destin de la Belgique est donc lié à celui de Dexia. Cette situation n’est pas inéluctable. La solution passe nécessairement par l’annulation de cette garantie. C’est tout à fait possible car en plus d’être dangereuse économiquement et socialement, elle est illégale. En effet, la garantie d’octobre 2011 a été prise par simple arrêté royal émanant d’un gouvernement en affaires courantes sans que ce dernier n’ait pris la peine de consulter le Parlement fédéral. Or les matières budgétaires relèvent de la compétence du pouvoir législatif selon la Constitution. De plus, la section législative du Conseil d’État n’a pas été consultée alors que c’est une condition indispensable sous peine de nullité de l’acte.

L’illégalité de cet arrêté royal est développée dans la requête en annulation introduite devant le Conseil d’État par trois associations (CADTM Belgique, ATTAC Liège et ATTAC Bruxelles 2) rejointes par deux députées Zoé Genot et Meyrem Almaci. L’affaire n’est pas encore tranchée. En toute logique, l’auditeur du Conseil d’Etat pourrait donner raison aux plaignants vu que dans l’affaire « Arco », il a estimé qu’un gouvernement en affaires courantes ne peut pas prendre une garantie importante et qu’il doit au préalable consulter le Conseil d’État avant de prendre une telle décision.

Si l’arrêté royal d’octobre 2011 est jugé illégal par le Conseil d’État, alors la garantie sera automatiquement annulée. Une fois annulée, l’État récupère toute sa marge de manœuvre et peut, s’il en a la volonté politique, mettre Dexia en faillite.

Comme dans toute faillite, il y aura des perdants et des gagnants. Qui perd ? Pour une fois, les créanciers qui ont prêté à Dexia de manière totalement imprudente compte tenu de sa situation catastrophique et de la possible annulation de la garantie du fait l’action en justice intentée par le CADTM et ATTAC. Soulignons ici que la situation de Dexia est encore aggravée par le fait qu’elle totalise contre elle rien qu’en France pas moins de 57 plaintes intentées par des communes lésées par les prêts toxiques de la banque. Les créanciers Dexia sont parfaitement au courant de l’existence de tous ces procès. En prêtant à Dexia, ils ont fait un pari risqué. Il est donc normal qu’ils assument ce risque en cas de liquidation du groupe.

Il est par ailleurs faux de dire que la faillite de Dexia aurait un impact catastrophique sur le système financier. D’une part, Dexia n’est plus considérée comme une banque systémique par le G20 et d’autre part, une mise en faillite s’effectue de façon ordonnée par un juge. Certains créanciers de Dexia pourraient ainsi être remboursés grâce au produit de la vente des actifs liquidés.

En réalité, les premiers à craindre la faillite sont celles et ceux qui ont une responsabilité dans la débâcle de Dexia car une mise en liquidation du groupe pourrait entraîner des poursuites judiciaires contre les fautifs.

A qui profiterait l’annulation des garanties suivie de la mise en faillite du groupe ? D’abord à l’ensemble de la population qui ne devra plus payer les factures des sauvetages de Dexia. Ensuite, les parlementaires verraient leurs droits rétablis.

Il est clair que les règles élémentaires d’un État de droit sont bafouées en Belgique et il n’est pas exagéré de dire que les banques font la loi. Il n’y a qu’à lire les récentes déclarations de K. De Boeck devant les parlementaires suite à la modification du montant de la garantie : « la Belgique travaille pour officialiser la nouvelle clé de garanties. Mais ne vous fatiguez pas avec cela, ce sont des choses éphémères et anecdotiques |1| ».

Dexia est bien notre problème à tous. Mettons la pression sur les dirigeants politiques pour qu’ils ne soient plus complices de cette spoliation de la population doublée d’une atteinte à la démocratie. La dette contractée par l’État pour sauver les banques est illégitime. Il faut lancer un audit citoyen de la dette publique afin d’identifier la partie illégitime et l’annuler.

Carte blanche publiée le 3 décembre sur le site du quotidien belge Le Soir.

 

Notes

|1| Le Soir, mercredi 28 novembre 2012 (page 21)

 

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 19:59

 

 

CATDM - Série : Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! (2ème partie)

  29 novembre par Eric Toussaint

 

 

La première partie de la série est intitulée « 2007-2012 : 6 années qui ébranlèrent les banques » a été publiée le 19 novembre 2012, voir 2007-2012 : 6 années qui ébranlèrent les banques

 

L’action de la Banque centrale européenne et de la Fed |1|

A partir de juin 2011, les banques européennes sont entrées dans une phase tout à fait critique. Leur situation était presque aussi grave qu’après la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Beaucoup d’entre elles ont été menacées d’asphyxie parce que leurs besoins massifs de financement à court terme (quelques centaines de milliards de dollars) n’ont plus été satisfaits par les money market funds américains qui ont considéré que la situation des banques européennes était décidément de plus en plus risquée |2|. Les banques ont été confrontées à la menace de ne pas pouvoir faire face à leurs dettes. C’est alors que la BCE, suite à un sommet européen réuni d’urgence le 21 juillet 2011 pour faire face à une possible série de faillites bancaires, a recommencé à leur acheter massivement des titres de la dette publique grecque, portugaise, irlandaise, italienne et espagnole afin de leur apporter des liquidités et de les délester d’une partie des titres qu’elles avaient goulûment achetés dans la période précédente. Cela n’a pas suffi, les cours en bourse des actions des banques ont poursuivi leur dégringolade. Les patrons de banque ont passé un mois d’août de tous les dangers. Ce qui a été décisif pour maintenir à flot les banques européennes, c’est l’ouverture à partir de septembre 2011 d’une ligne de crédit illimité par la BCE en concertation avec la Fed, la banque d’Angleterre et la Banque de Suisse : les banques en manque de dollars et d’euros ont été mises sous perfusion. Elles ont commencé à respirer de nouveau mais c’était insuffisant. Le cours de leur action continuait la descente aux enfers. Entre le 1er janvier et le 21 octobre 2011, l’action de la Société générale a chuté de 52,8 %, celle de BNP Paribas de 33,3 %, celle de la Deutsche Bank de 28,8 %, celle de Barclays de 30,5 %, celle du Crédit suisse de 36,7 %. Il a alors fallu que la BCE sorte son bazooka, appelé LTRO (Long Term Refinancing Operation) : entre décembre 2011 et février 2012, elle a prêté plus de 1000 milliards d’euros pour une durée de 3 ans au taux d’intérêt de 1% à un peu plus de 800 banques.

La Fed faisait grosso modo de même depuis 2008 à un taux officiel encore plus bas : 0,25%. En réalité, comme l’a révélé en juillet 2011 un rapport du GAO, équivalent de la Cour des Comptes aux États-Unis, la Fed a prêté 16 000 milliards de dollars à un taux d’intérêt inférieur à 0,25% |3|. Le rapport démontre qu’en pratiquant de la sorte, la Fed n’a pas respecté ses propres règles prudentielles et qu’elle n’en n’a pas averti le Congrès. Selon les travaux d’une commission d’enquête du Congrès des États-Unis, la collusion entre la Fed et les grandes banques privées a été évidente : « Le PDG de JP Morgan Chase était membre de la Réserve fédérale de New York au moment où « sa » banque recevait une aide financière de la Fed s’élevant à 390 milliards de dollars. De plus, JP Morgan Chase a également servi d’intermédiaire pour les crédits d’urgence octroyés par la Fed. » |4| Selon Michel Rocard, ex-premier ministre français, et Pierre Larrouturou, économiste, qui se basent sur une recherche réalisée par l’agence financière new-yorkaise Bloomberg, la Fed aurait prêté une partie de la somme mentionnée plus haut à un taux infiniment plus bas : 0,01%. Michel Rocard et Pierre Larrouturou affirment dans les colonnes du quotidien Le Monde : « Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %. »
 |5|

. Ils posent la question : « Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? ».

Les grandes banques européennes ont d’ailleurs également eu accès à ces prêts de la Fed jusqu’au début 2011 (Dexia a ainsi reçu en prêt 159 milliards de dollars |6|, Barclays a reçu 868 milliards $, Royal Bank of Scotland a reçu 541 milliards $, Deutsche Bank 354 milliards $, UBS 287 milliards $, Credit Suisse 260 milliards $, BNP-Paribas 175 milliards $, Dresdner Bank 135 milliards $, Société Générale 124 milliards $). Le fait que ce financement des banques européennes via la Fed se soit tari (notamment sous la pression du Congrès américain) a constitué une des raisons pour lesquelles les money market funds états-uniens ont commencé eux-mêmes à fermer le robinet de leurs prêts aux banques européennes à partir de mai-juin 2011.

Quels ont été les effets de l’octroi aux banques de 1 000 milliards d’euros à 1% par la BCE ?

En 2012, les banques abreuvées de liquidités ont acheté massivement des titres de la dette publique de leur pays. Prenons l’exemple de l’Espagne. Les banques espagnoles ont emprunté à la BCE pour 300 milliards d’euros à 3 ans au taux de 1% dans le cadre du LTRO |7|. Avec une partie de cette somme, elles ont augmenté fortement leurs achats de titres de la dette émis par les autorités espagnoles. L’évolution est tout à fait frappante : fin 2006, les banques espagnoles détiennent des titres publics de leur pays pour seulement 16 milliards d’euros. En 2010, elles augmentent leurs achats de titres publics espagnols, elles en détiennent pour 63 milliards. En 2011, elles accroissent encore leurs achats, les titres espagnols en leur possession représentent 94 milliards. Et grâce au LTRO, leurs acquisitions explosent littéralement, le volume qu’elles détiennent double en quelques mois pour atteindre 184,5 milliards d’euros en juillet 2012. |8| Il faut dire qu’il s’agit d’une opération très rentable pour elles. Alors qu’elles ont emprunté à 1%, elles peuvent acheter des titres espagnols à 10 ans avec un intérêt qui varie entre 5,5 et 7,6 % au second semestre 2012.

Prenons ensuite l’exemple de l’Italie. Entre fin décembre 2011 et mars 2012, les banques italiennes empruntent à la BCE pour 255 milliards d’euros dans le cadre du LTRO |9|. Alors que fin 2010, les banques italiennes détenaient des titres publics de leur pays pour 208,3 milliards d’euros, ce montant passe à 224,1 milliards fin 2011, quelques jours après le début du LTRO. Ensuite, elles utilisent massivement les crédits qu’elles reçoivent de la BCE pour acheter des titres italiens. En septembre 2012, elles en détiennent pour la somme de 341,4 milliards d’euros |10|. Comme dans le cas espagnol, il s’agit d’une opération très rentable pour elles : elles ont emprunté à 1% et en achetant des titres italiens à 10 ans, elles obtiennent un intérêt qui varie entre 5 et 6,6% au second semestre 2012.

Le même phénomène s’est produit dans la plupart des pays de la zone euro. Il y a eu relocalisation d’une partie des actifs des banques européennes vers leur pays d’origine. Concrètement, on constate qu’a augmenté très sensiblement au cours de l’année 2012 la part des dettes publiques d’un pays donné qui est en possession des institutions financières du même pays. Cette évolution a donc rassuré les gouvernements de la zone euro, en particulier ceux d’Espagne et d’Italie, car ils ont constaté qu’ils éprouvaient moins de difficultés à vendre aux banques les titres publics qu’ils émettaient. La BCE semblait avoir trouvé la solution. En prêtant massivement aux banques privées, elle les a sauvées d’une situation critique et elle a épargné à certains États de se lancer dans de nouveaux plans de sauvetage bancaire. L’argent prêté aux banques était en partie utilisé par celles-ci pour acheter des titres de la dette publique des États de la zone euro, ce qui a enrayé la hausse des taux d’intérêt des pays les plus fragiles et même produit une baisse des taux pour un certain nombre de pays.

On comprend très bien que, du point de vue des intérêts de la population des pays concernés, il aurait fallu adopter une approche tout à fait différente : la BCE aurait dû prêter directement aux États à moins de 1% (comme elle le fait à l’égard des banques privées depuis mai 2012) ou encore sans intérêt. Il aurait également fallu socialiser les banques sous contrôle citoyen.

Au lieu de cela, la BCE a mis sous perfusion les banques privées en leur ouvrant une ligne de crédit illimité à très bas taux d’intérêt (entre 0,75 et 1%). Celles-ci ont fait différents usages de la manne de financement public. Comme on vient de le voir, d’une part, elles ont acheté des titres souverains de pays qui, sous leur pression comme l’Espagne et l’Italie, ont dû leur concéder une rémunération élevée (entre 5 et 7,6% à 10 ans). D’autre part, elles ont placé une partie du crédit qui leur était octroyé par la BCE à la… BCE ! Entre 300 et 400 milliards sont déposés par les banques au jour le jour auprès de la BCE à un taux de 0,25 % au début 2012 et à 0 % depuis mai 2012. Pourquoi font-elles cela ? Parce qu’elles doivent montrer aux autres banquiers et aux autres fournisseurs privés de crédit (money market funds, fonds de pension, compagnies d’assurance) qu’elles disposent de cash en permanence afin de faire face à l’explosion des bombes à retardement qui se trouvent dans leurs comptes. Si elles n’avaient pas ce cash disponible, les prêteurs potentiels se détourneraient d’elles ou leur imposeraient des taux très élevés. Poursuivant le même objectif de rassurer les prêteurs privés, elles achètent également des titres souverains d’États qui ne présentent aucun risque à court ou moyen terme : l’Allemagne, les Pays-Bas, la France… Elles en sont tellement friandes que ces États peuvent se permettre de leur vendre des titres à 2 ans à un taux de 0% ou même avec un rendement légèrement négatif (sans prendre en compte l’inflation). Les taux payés par l’Allemagne et les autres pays considérés comme solides financièrement ont baissé considérablement grâce à la politique de la BCE et à l’aggravation de la crise qui touche les pays de la Périphérie. On a assisté à une fuite de capitaux de la Périphérie européenne vers le Centre. Les titres allemands sont tellement fiables qu’en cas de nécessité de cash, ils peuvent être revendus du jour au lendemain sans perte. Les banques les acquièrent non pas dans la perspective de gagner de l’argent, mais pour avoir, à la BCE ou sous forme de titres tout à fait liquides, une quantité d’argent disponible en permanence de manière à offrir une impression (souvent fausse) de solvabilité et à faire face à d’éventuels imprévus. Elles font des profits en prêtant à l’Espagne et à l’Italie, cela contrebalance certaines pertes qu’elles peuvent enregistrer avec des titres allemands. Il est très important de souligner que les banques n’ont pas augmenté leurs prêts aux ménages et aux entreprises alors qu’un des objectifs officiels des prêts de la BCE consiste à accroître de tels crédits afin de relancer l’économie.

Quel est le bilan de la BCE du point de vue des élites ?

Mettons-nous un instant à la place du 1% le plus riche afin d’apprécier l’action de la BCE. Le discours officiel martèle que la BCE a réussi la transition entre son ancien président le français Jean-Claude Trichet et le nouveau, Mario Draghi |11|, ancien gouverneur de la Banque d’Italie et ancien vice-président de Goldman Sachs Europe. La BCE et les dirigeants des principaux pays européens sont parvenus à négocier une opération de réduction de la dette grecque en convainquant les banques privées d’accepter une décote de leurs créances d’environ 50% et en obtenant du gouvernement grec qu’il s’engage dans un nouveau plan d’austérité radicale comprenant des privatisations massives et qu’il accepte de renoncer à une partie très importante de la souveraineté du pays. A partir de mars 2012, des envoyés de la Troïka se sont installés de manière permanente dans les ministères à Athènes afin de contrôler de près les comptes de l’État. Les nouveaux prêts à la Grèce passent dorénavant par un compte directement contrôlé par les autorités européennes, qui peuvent donc le bloquer. Cerise sur le gâteau, les nouveaux titres de la dette grecque ne sont plus de la compétence des tribunaux grecs, les nouvelles obligations émises dans le cadre de ce programme sont de droit anglais et les litiges entre l’État Grec et les créanciers privés seront arbitrés au Luxembourg |12|.

Ce n’est pas tout : sous la pression de la BCE et des dirigeants européens, le gouvernement Pasok de Georges Papandréou, très soumis mais de plus en plus impopulaire, a été remplacé sans élection par un gouvernement d’unité nationale Nouvelle Démocratie – Pasok, avec une place clé attribuée à des ministres provenant directement des milieux bancaires.

On peut compléter le tableau de la situation par trois autres bonnes nouvelles pour la BCE et les dirigeants européens : 1. Silvio Bersluconi a été contraint à la démission et a été remplacé par un gouvernement de techniciens, à la tête duquel figure Mario Monti, ancien commissaire européen très proche des milieux bancaires et capable d’imposer aux Italiens un approfondissement des politiques néolibérales |13|. 2. En Espagne, le chef du gouvernement en place depuis quelques mois, Mariano Rajoy, du Parti populaire, est prêt à radicaliser lui aussi la politique néolibérale de son prédécesseur, le socialiste José Luis Zapatero. 3. Les dirigeants européens |14| sont arrivés à se mettre d’accord sur un pacte de stabilité qui va couler dans le marbre l’austérité budgétaire, l’abandon par les États membres d’un peu plus de leur souveraineté nationale et une dose supplémentaire de soumission à la logique du capital privé. Enfin, le Mécanisme européen de stabilité (MES) va bientôt entrer en action et permettra de mieux venir en aide aux Etats et aux banques |15| dans les prochaines crises bancaires qui ne manqueront pas de se produire ainsi qu’aux États membres peinant à se financer.

Ces différents exemples montrent que les dirigeants européens au service du grand capital réussissent à marginaliser un peu plus le pouvoir législatif en passant outre les choix des électrices et des électeurs. Par ailleurs, où est la démocratie si les électrices et les électeurs qui souhaitent refuser massivement l’austérité n’ont plus la possibilité de l’exprimer par leur vote, ou lorsque le sens politique du vote exprimé est annulé au motif que le choix n’est pas celui des gouvernants, comme en 2005 en France et aux Pays-Bas après le non au Traité pour une constitution européenne, comme en Irlande et aux Portugal après les élections de 2011, comme en France et aux Pays-Bas, de nouveau, après les élections de 2012. Tout est mis en place pour que la marge de manœuvre des gouvernements nationaux et des pouvoirs publics soit limitée par un cadre contractuel européen de plus en plus contraignant. Il s’agit là d’une évolution très dangereuse, à moins bien sûr que des gouvernements appuyés par leur population décident de désobéir.

Si on se met ainsi un instant à la place de Mario Draghi, des principaux dirigeants européens et des banques, on peut dire qu’en mars-avril 2012, ils ont de quoi être heureux. Tout semble réussir.

Les limites des succès de la BCE et des gouvernants européens

Les nuages noirs arrivent ensuite. Cela se complique à partir de mai 2012 quand Bankia, la 4e banque espagnole dirigée par l’ancien directeur général du FMI Rodrigo de Rato, se retrouve en faillite virtuelle. Selon les sources, les besoins des banques espagnoles en termes de recapitalisation varient entre 40 et 100 milliards d’euros, et Mariano Rajoy qui ne veut pas faire appel à l’aide de la Troïka est dans une posture très difficile. S’ajoute à cela le fait que sur le plan international se succèdent plusieurs scandales bancaires. Celui concernant la manipulation du Libor, le taux interbancaire à Londres, est le plus retentissant et implique une douzaine de grandes banques. Il vient s’ajouter aux agissements coupables de HSBC en matière de blanchiment d’argent de la drogue et d’autres négoces criminels.

En France, une majorité des électeurs ne veut plus de Nicolas Sarkozy. François Hollande est élu le 6 mai 2012, mais ce n’est pas vraiment inquiétant pour la finance internationale car on peut compter sur le pragmatisme des socialistes français comme des autres partis socialistes d’Europe pour poursuivre l’austérité. Même s’il faut toujours se méfier du peuple français, très enclin à divers débordements et susceptible de croire qu’il faut un véritable changement.

En Grèce, la situation est plus contrariante pour la BCE car Syriza, la coalition de gauche radicale qui promet d’abroger les mesures d’austérité, de suspendre le remboursement de la dette et de braver les autorités européennes, risque de remporter une victoire électorale. Pour les tenants de l’austérité européenne, il faut empêcher cela à tout prix. Le soir du 17 juin 2012, c’est le soulagement à la BCE, au siège des gouvernements européens et dans les conseils d’administration des grandes entreprises : le parti de droite Nouvelle Démocratie devance Syriza. Même le nouveau président socialiste français se réjouit du résultat du scrutin. Et le lendemain, les marchés respirent. On peut continuer la route de l’austérité, de la stabilisation de la zone euro et de l’assainissement des comptes des banques privées.

( à suivre )
La partie 3 de cette série portera sur les deux objectifs principaux poursuivis par les dirigeants européens : Mener à bien la plus grande offensive contre les droits sociaux depuis la seconde guerre mondiale et éviter un nouveau krach financier / bancaire qui pourrait se révéler pire que celui de septembre 2008

 

Notes

|1| La Banque d’Angleterre et d’autres banques centrales suivent grosso modo la même politique.

|2| Dès août 2011, j’ai décrit cette situation à un moment où très peu de commentateurs financiers en parlaient. Voir la série intitulée « Dans l’œil du cyclone : la crise de la dette dans l’Union européenne » : « Elles (= les banques européennes) ont financé et elles financent encore leurs prêts aux Etats et aux entreprises en Europe via des emprunts qu’elles effectuent auprès des money market funds des Etats-Unis. Or ceux-ci ont pris peur de ce qui se passait en Europe (…). A partir de juin 2011, cette source de financement à bas taux d’intérêt s’est presque tarie, en particulier aux dépens des grandes banques françaises, ce qui a précipité leur dégringolade en Bourse et augmenté la pression qu’elles exerçaient sur la BCE pour qu’elle leur rachète des titres et donc leur fournisse de l’argent frais. En résumé, nous avons là aussi la démonstration de l’ampleur des vases communiquant entre l’économie des Etats-Unis et celle des pays de l’UE. D’où les contacts incessants entre Barack Obama, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, la BCE, le FMI… et les grands banquiers de Goldman Sachs à BNP Paribas en passant par la Deutsche Bank… Une rupture des crédits en dollars dont bénéficient les banques européennes peut provoquer une très grave crise sur le vieux continent, de même qu’une difficulté des banques européennes à rembourser les prêteurs états-uniens peut précipiter une nouvelle crise à Wall Street. » (Dans l’œil du cyclone : la crise de la dette dans l’Union européenne, 26 août 2011). Une étude récente de la banque Natixis confirme la détresse qu’ont connue les banques françaises pendant l’été 2011 : Flash Economie, « Les banques françaises dans la tourmente des marchés monétaires », 29 octobre 2012. On y lit : « De juin à novembre 2011, les fonds monétaires américains ont subitement retiré la plus grande part de leurs financements aux banques françaises. (…) C’est jusqu’à 140 Mds USD de financements à court terme qui ont fait défaut aux banques françaises à fin novembre 2011, sans qu’aucune ne soit épargnée. » (http://cib.natixis.com/flushdoc.asp...). Cette fermeture de robinet a touché également la plupart des autres banques européennes, comme le montre également cette étude publiée par Natixis.

|3| GAO, “Federal Reserve System, Opportunities Exist to Strengthen Policies and Processes for Managing Emergency Assistance”, juillet 2011, http://www.gao.gov/assets/330/321506.pdf. Ce rapport de la Cour des Comptes (GAO = United States Government Accountability Office) a été réalisé grâce à un amendement à la loi Dodd-Frank (voir plus loin) introduit par les sénateurs Ron Paul, Alan Grayson et Bernie Sanders en 2010. Bernie Sanders, sénateur indépendant, l’a rendu public (http://www.sanders.senate.gov/imo/m... ). Par ailleurs, selon une étude indépendante de l’Institut Levy auquel collaborent des économistes comme Joseph Stiglitz, Paul Krugman et James K Galbraith, les crédits de la Fed auraient atteint un montant plus élevé que celui révélé par le GAO. Ce ne serait pas 16 000 milliards de dollars, mais 29 000 milliards de dollars. Voir James Felkerson, “$29,000,000,000,000 : A Detailed Look at the Fed’s Bailout by Funding Facility and Recipient », www.levyinstitute.org/pubs/w...

|4| “The CEO of JP Morgan Chase served on the New York Fed’s board of directors at the same time that his bank received more than $390 billion in financial assistance from the Fed. Moreover, JP Morgan Chase served as one of the clearing banks for the Fed’s emergency lending programs.”, http://www.sanders.senate.gov/newsr...

|5| Michel Rocard et Pierre Larrouturou, : « Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? », Le Monde, 3 janvier 2012 http://www.larrouturou.net/2012/01/...

|6| Voir notamment le rapport du GAO mentionné plus haut à la page 196 qui atteste de prêts à Dexia pour un montant de 53 milliards de dollars, ce qui représente seulement une partie des prêts dont a bénéficié Dexia de la part de la Fed. http://www.gao.gov/assets/330/321506.pdf

|7| Financial Times, “Banks plot early repayment of ECB crisis loans », 15 novembre 2012, p. 25.

|8| D’après le quotidien financier espagnol El Economista, http://www.eleconomista.es/espana/n...

|9| Financial Times, ibid.

|10| Voir http://www.bancaditalia.it/statisti..., tableau 2.1a.

|11| Mario Draghi est devenu président de la BCE le 1er novembre 2011.

|12| Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_.... Voir aussi Alain Salles et Benoït Vitkine, « Fatalisme face à un sauvetage échangé contre une perte de souveraineté », Le Monde, 22 février 2012, http://www.forumfr.com/sujet448690-....

|13| Mario Monti, premier ministre depuis le 13 novembre 2011, a été nommé sénateur à vie par le Président de la République Giorgio Napolitano. À l’occasion de sa nomination, il a quitté différents postes de responsabilité : la présidence de la plus prestigieuse université privée italienne, la Bocconi, et celle du département Europe de la Trilatérale, un des plus importants cénacles de l’élite oligarchique internationale, sa participation au comité de direction du puissant club Bilderberg et la présidence du think tank néolibéral Bruegel. Monti était conseiller international de Goldman Sachs de 2005 au 2011 (en qualité de membre du Research Advisory Council du Goldman Sachs Global Market Institute), il a été nommé commissaire européen au Marché intérieur (1995-1999) puis commissaire européen à la Concurrence à Bruxelles (1999-2004). Il a été membre du Senior European Advisory Council de Moody’s, conseiller de Coca Cola, il est encore un des présidents du Bussiness and Economics Advisory Group de l’Atlantic Council (un think tank américain qui promeut le leadership US) et fait partie du præsidium de Friends of Europe, think tank influent basé à Bruxelles.

|14| A l’exception du Royaume-Uni et de la République tchèque.

|15| Lors d’un sommet européen réuni le 21 juin 2012, il a été décidé que le MES serait également utilisé pour sauver des banques. A l’époque, cela a été présenté par Mariano Rajoy comme une victoire permettant à l’Espagne d’échapper à de nouvelles conditionnalités imposées par la Commission européenne ou par la Troïka. Rajoy a expliqué que l’aide qui serait octroyée par le MES aux banques espagnoles ne serait pas comptabilisée dans la dette publique espagnole, ce que les dirigeants de plusieurs pays de la zone euro (Allemagne, Pays-Bas, Finlande…) ont contesté, tout comme le FMI. A la fin novembre 2012, il n’y avait toujours pas de consensus sur cette question.

Eric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, est président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde) et membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il a écrit, avec Damien Millet, AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, Paris, 2012.

 

 

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