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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 16:22

 

 

Rue89 - « Une ombre » 10/12/2012 à 19h29
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

 

Ancienne de La Poste, Astrid Herbert-Ravel, 42 ans, recueille les témoignages de salariés afin de porter une plainte collective pour « harcèlement institutionnalisé ».

 

 


Astrid Herbert-Ravel chez elle à Paris, en novembre 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

La première phrase est toujours la même à l’autre bout du fil :

« Est-ce que vous êtes bien Astrid Herbert-Ravel, l’ancienne DRH qui a porté plainte au pénal ? »

Dans la salle de jeux de ses enfants, Astrid Herbert-Ravel a installé un bureau. A gauche, sur les étagères, s’accumulent méthodiquement les dossiers, un par coup de fil. A droite, l’élégante quadragénaire a installé un téléphone sans fil, pour pouvoir se déplacer dans son grand appartement parisien du Sentier :

« Je reçois des dizaines d’appels, souvent le soir ou le week-end. Ça dure une heure, deux heures, parfois plus. Certains veulent faire passer pour du harcèlement ce qui n’en est pas, mais je reconnais les signes, la cassure. Certains ont fait des tentatives de suicide. Certains, je les rattrape par le col. »

Astrid Herbert-Ravel a porté plainte en avril 2011 contre trois dirigeants de La Poste – dont le président Jean-Paul Bailly – pour harcèlement, discrimination, mise en danger, non-respect des obligations de santé et de sécurité au travail.

La démarche est alors inédite, et médiatisée. Les « postiers » – c’est ainsi qu’on appelle les employés de La Poste dans la maison – se mettent à chercher le numéro d’Astrid dans l’annuaire. Les voix racontent les humiliations, les mises au placard, les intimidations, la désillusion.

Astrid écoute, note, retranscrit, s’imprègne, absorbe. A chaque histoire, elle revit la sienne. A chaque histoire, elle conjure la sienne.

A les voir défiler, et tellement se ressembler, il lui est même venu une idée avec quelques collègues postiers : porter plainte contre La Poste pour harcèlement collectif.


Astrid Herbert-Ravel dans son bureau (Audrey Cerdan/Rue89)

La DRH de 35 000 postiers

Astrid Herbert-Ravel a toujours été « postière ». Après une école de commerce à Reims et un cursus d’administrateur des PTT, elle rejoint le service de ressources humaines du siège. Jusqu’à devenir la responsable RH de 35 000 personnes.

Elle est ambitieuse. On lui propose, en 2001, d’intégrer « un vivier pour se préparer à devenir cadre stratégique », raconte celle qui est aujourd’hui en arrêt longue maladie. « Mais tout a été stoppé net ! » Astrid se met à parler sans plus reprendre son souffle :

« Fin 2001, l’un de mes directeurs change. Rapidement, son remplaçant se montre méprisant, me casse devant les autres, me disant que je n’ai aucun avenir, que La Poste n’est pas une auberge espagnole. Il cherche à me déstabiliser. Il est capable de m’appeler à 11h55 pour me demander d’aller le représenter à midi en salle de réunion. Je découvre alors qu’on m’attend pour exposer la stratégie du métier devant 200 personnes, sans filet.

Il souffle le froid et le chaud : il m’encense sur des dossiers où je me trouve moyenne, mais me lamine là où je suis excellente. Il peut tout aussi bien me demander de faire des choses très difficiles qui ne relèvent pas de mon niveau, que me demander de servir le café.

 

Petit à petit, il se met à me fixer des objectifs sans concertation et sans moyens, en décrétant au moment de les rédiger que, de toute manière, je ne les atteindrai pas. Il veut par exemple que j’organise des séminaires dans des grands hôtels mais sans budget. Je n’ai qu’à “me débrouiller”. »

Au bout de quelques mois, Astrid prévient sa hiérarchie qu’elle souhaite changer de poste :

« La hiérarchie se dit “consciente du problème” – le nouveau directeur a un passif lourd – mais, contrainte par le siège, elle ne peut “pas faire de miracle”. »

La jeune femme trouve finalement une place, à la direction des centres financiers. Elle doit négocier son départ avec le directeur qu’elle fuit.


Des dossiers dans le bureau d’Astrid (Audrey Cerdan/Rue89)

« Vous m’appartenez ! »

L’entretien a lieu le 13 Juin 2002 :

« Vers 18 heures, j’entre dans son bureau. Je lui dit que visiblement mon travail ne lui apporte pas toute satisfaction et que les relations de travail que nous avons dans son contexte ne me conviennent pas non plus. Dans ces circonstances, il vaut mieux prévoir une évolution professionnelle et je suis venue discuter avec lui des modalités de mon départ, à moyen terme.

Il ne me laisse pas aller plus loin, il se met en colère de suite. Il me pousse contre le mur, lève la main et met son genou entre mes jambes. Il me hurle au visage : “Vous n’aviez pas à parler de ce qui se passe entre vous et moi ici. Vous êtes à moi, vous n’irez nulle part, vous m’appartenez !”

Je me débats, je réussis à ouvrir la porte de son assistante pour quitter le bureau. Il hurle : “La Poste est petite. Si je vous retrouve, je vous règlerai votre compte.” »

Son mari la retrouve prostrée dans un coin de l’appartement. Elle est placée le soir même en arrêt maladie.

« Sûre de moi, je suis devenue une ombre »

L’ancienne DRH raconte son histoire comme elle raconte celle des autres postiers abîmés.

« C’est l’histoire de Jérémie, à Rennes, qui s’est défenestré devant les clients. »

« C’est ce postier que son supérieur a forcé à témoigner contre sa collègue, pour la faire passer pour folle. »

« C’est le cas de Fabiola, à qui on fait commettre des erreurs, pour les lui reprocher. Elle finit licenciée, et détruite moralement. »

Des dates, des phrases maintes fois répétées on dirait. Elle parle haut et nerveux, comme pour éloigner les faits, les faire résonner à bout de bras sous le haut plafond qui l’abrite. Elle parle au présent, comme pour convoquer le passé à volonté, reprendre le contrôle.

Astrid n’a qu’une peur, qu’on ne comprenne pas. Comment quelques secondes, quelques mots, quelques gestes ont-ils fait basculer sa vie ?

« J’étais sûre de moi, je suis devenue une ombre. Dans le harcèlement, il y a un avant et un après. C’est une attaque contre les fondations, l’identité. La personne que l’on était ne reviendra jamais. »

Depuis dix ans, Astrid fait des cauchemars. Elle rêve d’un couloir : derrière chaque porte, son ancien responsable. Elle rêve d’une benne à ordures, pleine de cartons : on l’y jette, elle n’arrive pas à en sortir.

Pourquoi n’a-t-elle pas quitté La Poste ?

« Il fallait au minimum quinze ans de service pour avoir une retraite à l’âge requis, sinon toutes les cotisations étaient perdues. »

Enfermée « dans une logique sans issue »

Astrid s’entête. La jeune femme s’est enfermée « dans une logique kafkaïenne sans issue possible », dans une « vaste toile d’araignée dont elle ne pourrait sortir », comprend le Dr Marie Pezé, qu’Astrid consulte hors de l’entreprise. Les rapports de la spécialiste de la souffrance au travail sont envoyés à La Poste, sans suite.


Astrid chez elle à Paris en novembre 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

Astrid a pourtant activé le « protocole harcèlement moral » prévu dans l’entreprise. En réponse, la direction constate, en 2004, un problème organisationnel et une « incompatibilité de fonctionnement et de caractère », à la source d’une « situation de souffrance au travail vécue comme du harcèlement moral ».

Des actions doivent être mises en œuvre : Astrid ne reprendra pas le travail dans les mêmes locaux, son rythme et ses horaires seront définis en fonction des préconisations du médecin de prévention, etc. Mais aucune n’a été suivie, constate l’ancienne DRH :

« On pousse le vice jusqu’à me faire reprendre le travail en 2005 sur le même lieu que mon harceleur.

Après des mois d’inactivité à la maison, et des missions bidons, je suis mutée au service logement de La Poste en 2008, que j’ai contribué à créer dix ans plus tôt. Mais cette fois-ci, je reviens par la petite porte : je dois m’installer dans un petit bureau isolé, à l’entresol dans l’escalier de secours à l’extérieur du service. J’y reste des mois sans boulot. »

Fin 2006, Astrid tente de se suicider.

Contactée à plusieurs reprises, La Poste n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien sur le parcours de l’ancienne DRH.

« Des méthodes hors-la-loi »

En dix ans, Astrid a eu deux enfants. Elle a aussi peint, beaucoup, les murs de son appartement, transformé l’ancien atelier de couture décrépi en musée. Chaque objet rapporté – elle a vécu en Polynésie française et beaucoup voyagé, plus jeune, avec son mari – a sa place sur une table basse, une étagère, un coffre.

Amusée de constater un tel ordonnancement, Astrid pose la voix, reprend un débit fluide :

« Je suis encore plus maniaque depuis cette histoire, comme si c’était trop le foutoir dans ma tête. »


Dossiers dans le bureau d’Astrid (Audrey Cerdan/Rue89)

Quelques feuilles traînent sur son petit bureau, elle s’excuse encore de ne pas avoir eu le temps de tout ranger. Astrid replonge en ce moment dans les témoignages qu’elle a recueillis pour y mettre de l’ordre. Elle veut les faire sortir de son sage classement :

« Il y a trop de parallèles entre toutes ces histoires de harcèlement. Ce sont des gens compétents. Un jour encensés, puis leur situation dérape d’un coup. Ils gênent, ont le malheur de ne pas s’entendre avec leur supérieur, sont délégués syndicaux… On les isole, on les surcharge de travail, on les sanctionne abusivement…

Sans plan social, La Poste aura perdu 80 000 postes en dix ans et la moitié de ses effectifs d’ici à 2015, c’est de la magie  ! Je ne remets pas en cause la nécessité d’évoluer de l’entreprise. Mais ses méthodes indignes, hors-la-loi et contraires aux valeurs de la République. »

Parallèlement à sa plainte au pénal – qui passe au tribunal en janvier 2013 –, Astrid Herbert-Ravel travaille, avec d’autres « postiers » et des syndicats, pour porter une plainte collective pour « harcèlement institutionnalisé » contre les dirigeants de La Poste.

Une telle procédure a abouti en juillet 2012 à la mise en examen de trois anciens dirigeants de France Télécom, suite aux suicides dans l’entreprise.


Le téléphone sur lequel Astrid reçoit ses appels (Audrey Cerdan/Rue89)

 

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 16:10

 

 

LE MONDE | 11.12.2012 à 10h50 • Mis à jour le 11.12.2012 à 12h58 Par Catherine Rollot

 

 

 
Le RSA a été conçu pour que chaque heure travaillée apporte un complément de revenu au bénéficiaire, mais ses effets à court terme ne seraient pas si avantageux selon une étude du Centre d'études de l'emploi.

Le RSA a été conçu pour que chaque heure travaillée apporte un complément de revenu au bénéficiaire, mais ses effets à court terme ne seraient pas si avantageux selon une étude du Centre d'études de l'emploi. | AFP/JEAN FRANCOIS MONIER

La mission était difficile. Proposer un "pacte de solidarité", pendant social du "pacte de compétitivité" destiné aux entreprises, alors que les caisses de l'Etat sont vides. Mardi 11 décembre, à l'issue de la conférence de lutte contre l'exclusion et pour l'inclusion sociale, Jean-Marc Ayrault a présenté les grandes lignes d'un plan quinquennal, qui donne des gages aux associations sans plomber les finances publiques.

  • Relèvement du RSA-socle dont bénéficient 1,39 million de personnes

Pour endiguer la montée de la pauvreté, les annonces sur les minimas sociaux, le logement et les jeunes étaient les plus attendues mais aussi les plus coûteuses. Le gouvernement a tranché : la question de la revalorisation des minimas sociaux, qui avait été écartée de la Conférence sociale de juillet 2012 au grand dam des associations, passera seulement par le relèvement du RSA socle (1,39 million d'allocataires).

D'ici à 2017, cette allocation, qui a remplacé le RMI en 2009 sera augmentée de 10 % en plus de son indexation annuelle. Une première revalorisation est annoncée dès 2013. Estimée à 1 milliard d'euros, cette mesure sera étalée dans le temps ce qui permettra de ne pas trop peser sur le budget 2013.  Le RSA-activité, qui offre un complément de ressources aux travailleurs pauvres, ne bénéficie pas de ce coup de pouce, mais sa remise à plat est annoncée pour le premier semestre 2013.

Autre source de dépenses, le logement. 50 millions d'euros seront débloqués pour créer 4000 places pour les sans-abri et 4 000 autres pour les demandeurs d'asile. 50 millions supplémentaires serviront à financer différentes mesures destinées à la prévention des expulsions ou encore à la création de logements adaptés. Le gouvernement s'engage aussi à réitérer en 2013 l'effort exceptionnel (42 millions) accordé à l'automne 2012 aux associations qui aident les sans-abri.

  •  Le Civis renforcé

Le secteur social attendait beaucoup des annonces sur les jeunes, particulièrement touchés par le chômage. Le gouvernement a choisi de s'appuyer sur un dispositif existant, le contrat d'insertion dans la vie sociale (Civis). Désormais, celui-ci pourra être assorti d'une "garantie jeunes" pour les moins de 25 ans les plus éloignés de l'emploi. Géré par les missions locales, ce "Civis renforcé", d'un an renouvelable, permettra à son signataire d'être mieux accompagné mais aussi de bénéficier d'une allocation équivalente au montant du RSA-socle (475 euros par mois pour une personne seule) pendant ses périodes d'inactivité.

Cette mesure sera d'abord expérimentée à partir de septembre 2013 dans dix territoires. A terme, le gouvernement vise 100 000 bénéficiaires par an. Sur une année pleine, et à plein régime, ce dispositif, d'après les premières estimations, coûterait autour de 500 millions d'euros. Mais en choisissant là aussi une montée en charge progressive, le gouvernement en limite le poids financier, du moins pour 2013.

Pas de réforme en revanche pour le RSA-jeunes, sur la sellette depuis quelques mois, même si dans l'entourage du premier ministre, on laisse entendre que son sort pourrait être scellé à moyen terme. Bénéficiant seulement à 9 000 jeunes, il ne représentait pas un gain d'économie important. En revanche, son arrêt brutal aurait pu être perçu comme un mauvais signal de la part d'un gouvernement qui a fait de la jeunesse sa priorité.

  •  Un meilleur accès aux droits

Le plan contient aussi un certain nombre de mesures réclamées par les associations mais qui peuvent être relativement contenues financièrement. Pour favoriser un meilleur accès aux droits, le gouvernement va renforcer des campagnes de promotion des droits sociaux. Un effort de domiciliation sera aussi entrepris, pour permettre aux exclus de bénéficier d'une adresse et donc de toucher, le cas échéant, une prestation sociale.

La création d'un Observatoire de l'inclusion bancaire et d'un réseau de Points conseils budget pour accompagner dans leur gestion les personnes très modestes pourra se faire à moyens quasi constants par le redéploiement de travailleurs sociaux.

Enfin, certaines dispositions sont encore dans le flou budgétaire. Le relèvement du plafond de la CMU-complémentaire pour couvrir 500 000 personnes de plus, n'est pas bouclé financièrement. Actuellement, 4,5 millions de personnes pauvres bénéficient de cette prestation qui garantit la prise en charge à 100 % des soins médicaux. Mais le plafond de ressources pour en bénéficier a été réévalué moins vite que les salaires. Le financement de ce rattrapage pourrait se faire en mettant davantage à contribution les mutuelles privées.

D'autres dossiers ont été repoussés, notamment la réforme de l'allocation de soutien familial et le complément familial. Les détails de ce plan devront être finalisés avant son adoption par un comité interministériel de lutte contre l'exclusion prévu le 22 janvier 2013. Sa présentation en conseil des ministres est programmée le lendemain.

Lire aussi : Nouvelle recrudescence des cas de surendettement

Catherine Rollot

 

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 16:08

 

C’est une foule hétéroclite de SDF au long cours, de punks en vadrouille et de personnes désocialisées en attente de logement. Situé dans une petite rue excentrée, l’accueil de jour des Restos du cœur de Carcassonne grouille de visiteurs ce midi-là, comme tous les jours. Que l’endroit ne désemplisse pas depuis son ouverture, fin novembre, n’est pas une surprise. Ce qui l’est plus, c’est la présence, dans ce local théoriquement réservé aux sans-abri (à qui est offert un repas chaud), de "plus en plus de personnes vivant en appartement", explique-t-on. Ainsi Anne, 56 ans, une ancienne archéologue touchant le RSA, mais ne vivant qu’avec 150 euros une fois ses factures payées : "Quand ça devient dur, je viens ici", confie-t-elle, au milieu d’habitués dont elle s’est fait des amis.

 

L'accueil de jour des Restos du coeur, théoriquement réservé aux aux sans-abris, est désormais fréquenté par personnes vivant en appartement. (Photo Ulrich Lebeuf/Myop pour Le Monde)

 

Le lieu est emblématique de la pauvreté à Carcassonne, ville moyenne (50.000 habitants) dont nul ne soupçonnerait qu’elle soit si bien placée sur la carte de France de la paupérisation. Les élus n’en avaient guère plus conscience avant que Maryline Martinez, première adjointe au maire, ne lance une enquête il y a un an. Censée établir un "diagnostic santé" de la population, l’étude a fait apparaître des taux de chômage (20,4%), de pauvreté (19,9%) et de bénéficiaires du RSA (11,3%) nettement supérieurs à la moyenne. La municipalité (PS) a du coup décidé de décupler, ou presque, les subventions qu’elle accorde aux cinq principales associations caritatives. Jusque-là comprises entre 1000 et 2000 euros, elles s’élèveront, en 2013, entre 10.000 et 14.000 euros. "Il y a urgence. Il faut cautériser, justifie Mme Martinez. La découverte de cette détresse nous a surpris. Nous sommes dans un milieu mi-urbain mi-rural où les solidarités familiales font que les choses se voient moins."

Située entre deux agglomérations à l’essor galopant (Toulouse et Montpellier), Carcassonne paie le prix d’un développement économique ralenti notamment par l’absence de grandes entreprises. La population s’est appauvrie lentement au fil des décennies. Aux chômeurs longue durée et aux petits retraités se sont ajoutées des familles monoparentales, des routards attirés par le soleil, des demandeurs d’asile issus des pays de l’Est et, depuis peu, des Espagnols d’origine maghrébine fuyant la crise. Loin des remparts illuminés de sa célèbre cité, Carcassonne compte deux zones urbaines sensibles, cinq quartiers en contrat urbain de cohésion sociale et un lot de squats et d’habitat insalubre.

 

(Photo Ulrich Lebeuf/Myop pour Le Monde)

 

A entendre les associations, la "situation" se serait accentuée à la rentrée. Les Restos du cœur s’attendent à accueillir entre "10% et 30%" de public supplémentaire cet hiver. Au Secours populaire, c’est une chute importante du "reste à vivre" (une fois que le loyer et le coût de l’énergie ont été retirés des revenus) qui est observée:  "Nous inscrivons des personnes à qui il ne reste que 3 euros par jour pour manger, voire zéro euro parfois", indique-t-on. Chez Emmaüs, les effectifs se garnissent "de gens qui travaillent, mais n’arrivent pas à joindre les deux bouts".

Visible depuis deux ans, un indicateur en dit long : les associations sont persuadées de l’existence d’un "marché parallèle" de produits alimentaires distribués par leurs soins. Peu friands des marchandises de base de l’Union européenne (huile, sucre, farine, surgelés…), les bénéficiaires les troqueraient entre eux, quand certains ne les vendent pas lors de vide-greniers.

 

 

Réfugié politique de nationalité arménienne, Mher Missakyan, 49 ans, est arrivé en France en 2006. Chauffeur-routier, ce père de trois enfants a pour seul revenu le RSA. Habitué du Secours populaire, il y est également bénévole. (Photo Ulrich Lebeuf/Myop pour Le Monde)

Conformément aux statistiques nationales, les jeunes en difficulté sont aussi plus nombreux. Et… de plus en plus jeunes. A la mission locale, les mineurs représentent 23% des 4.000 inscrits, contre à peine 10% il y a huit ans. Les trois quarts des jeunes fréquentant l’établissement vivent chez leurs parents et seule une minorité a le permis. Une forme de repli sur soi semble s’être propagée, selon un sondage maison indiquant que 95% ne sont pas prêts à quitter la ville pour trouver du travail.

 

James Castellan, 21 ans, sans emploi, vit chez sa mère, bénéficiaire du RSA. (Photo Ulrich Lebeuf/Myop pour Le Monde)

 

"Tout dépend de quel travail il s’agit, nuance James Castellan, 21 ans, titulaire d’un BEP système électroniques numériques. Si l’on me propose un CDI à Paris, j’y vais en courant. Mais pour un CDD, je risque d’y laisser mon salaire. Même un apprentissage est devenu impossible à trouver. Plus aucun patron ne veut vous prendre si vous avez dépassé 20 ans, car vous coûtez plus cher que quelqu’un de 16 ans." James habite chez sa mère, bénéficiaire du RSA, et vivote avec les quelques dizaines d’euros que lui attribue la mission locale.

A l’autre extrémité de la pyramide des âges, le constat n’est pas plus réjouissant. Si les retraités pauvres ont toujours eu du mal à braver ce sentiment de "dignité bafouée" que provoque l’octroi d’une aide alimentaire, certains n’hésitent plus à franchir le pas des associations. "Notamment des personnes de plus de 80 ans qu’on ne voyait jamais avant", remarque-t-on au Secours populaire. A se demander si les collectivités arrivent encore à faire face, se demande Jean-Marie Jordy, le président de l’antenne des Petits Frères des pauvres : "On a l’impression que les services sociaux se tournent de plus en plus vers nous. La vocation de notre association est pourtant de visiter et d’écouter des personnes âgées isolées, pas de faire du social. Nous sommes du coup obligés d’en faire, en payant ponctuellement des factures d’eau et d’électricité."


Les bénévoles des Petits frères des pauvres font de plus en plus de "social" alors que la vocation de leur association est de visiter et d'écouter des personnes âgées. (Photo Ulrich Lebeuf/Myop pour Le Monde)

 

La situation s’est vraiment compliquée pour les sans-abri et les plus vulnérables. Sortir de la galère est devenu "encore" plus difficile. Dès qu’un lit se libère dans un foyer, il est attribué dans les jours qui suivent, "alors qu’on avait régulièrement des places vacantes jusque-là", souligne Bernard Botet, le directeur d’Aude Urgence Accueil, l’association ayant la gestion du 115 et faisant office de Centre d’hébergement et de réinsertion sociale.

Mais squats et trottoirs ne désemplissent pas non plus. On y voit échouer de nouveaux profils, en particulier des jeunes femmes et des familles. Un chiffre de l’enquête-santé réalisée par la municipalité a stupéfait les élus : en 2012, neuf enfants sont nés de couples vivant dans la rue à Carcassonne.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 16:03

 

Le Monde.fr avec AFP | 11.12.2012 à 08h11


 

Deux jeunes Tibétains se sont immolés pour prostester contre la domination chinoise, a rapporté mardi 11 décembre un groupe de défense des droits de l'homme, tandis que le Quotidien du Peuple a accusé le dalaï lama de faire du bouddhisme tibétain un "culte du mal".

Ces deux incidents se sont produits samedi dans deux régions à population tibétaine, et portent à 95 le nombre de ceux qui ont mis le feu à leurs vêtements depuis 2009 – dont la plupart sont morts –, selon un communiqué de l'organisation basée à Londres International Campaign for Tibet.

Kunchok Pelgye, un moine de 24 ans, s'est immolé dans la préfecture d'Aba de la province du Sichuan, qui concentre la majorité de ces incidents, tandis que Pema Dorjee, 23 ans, a succombé de la même façon dans la province voisine du Gansu. Selon des témoins, les deux jeunes hommes sont morts en en appelant au retour d'exil du dalaï lama, contraint de fuir son pays après l'échec du soulèvement de Lhassa de 1959 contre la domination chinoise. Les deux immolations sont se produites le jour de la mort du fondateur de la secte des bonnets jaunes, dont le chef spirituel est le dalaï lama.

La veille, l'agence officielle Chine nouvelle a rapporté qu'une lycéenne tibétaine âgée de 16 ans s'était immolée par le feu lundi dans la préfecture de Huangnan, dans la province du Qinghai (nord-ouest), peuplée à 68 % de Tibétains et devenue également un haut lieu de la protestation contre la domination chinoise.

 

"LA CLIQUE DU DALAÏ-LAMA" ACCUSÉE D'"HOMICIDE VOLONTAIRE"

Samedi à Lhassa, le Jokhang, temple le plus sacré du bouddhisme tibétain, était cerné par des policiers, des soldats et des pompiers, apparemment pour prévenir toute tentative d'immolation. La Chine accuse le dalaï lama d'inciter les Tibétains à s'immoler, et les tribunaux chinois ont menacé de poursuivre pour "homicide volontaire" les auteurs de ces incitations, selon la presse officielle.

Un moine du monastère de Kirti, à Aba, et son neveu ont été arrêtés pour avoir incité huit Tibétains à s'immoler, dont trois sont morts, a rapporté l'agence Chine nouvelle dimanche. Selon un éditorial publié mardi par le Quotidien du Peuple, l'organe du comité central du Parti communiste, "la clique du dalaï lama utilise la religion pour contrôler les gens et les sacrifier afin de réaliser ses objectifs politiques". "Non seulement cela contrevient totalement au bouddhisme tibétain et à ses traditions, mais cela porte les caractéristiques spécifiques à un 'culte du mal'", selon le journal qui a fait usage de la terminologie à l'encontre de la secte interdite d'inspiration bouddhiste Falungong.

De nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Hans, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture. Pékin réfute ces allégations, estimant que les Tibétains bénéficient d'une liberté de culte. Le gouvernement met l'accent sur les importants investissements consacrés à la modernisation du Tibet, et à une meilleure qualité de vie pour ses habitants.

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:48

 

 

Le Monde.fr | 11.12.2012 à 09h39 • Mis à jour le 11.12.2012 à 15h20 Par Marie Jégo - Moscou, correspondante


 

 

 
Sur la tombe de Sergeï Magnitski, le 20 novembre 2009 à Moscou.

 RÉCIT. Lorsque, le 13 novembre 2005, William Browder se voit refuser l'entrée en Russie par la police des frontières à l'aéroport Cheremetievo de Moscou, il pense qu'il s'agit d'une erreur. Installé dans la capitale russe depuis 1996, le financier britannique est alors à la tête de Hermitage Capital, le plus gros fonds d'investissement étranger présent dans le pays (3 milliards d'euros). Sans explications, le voilà renvoyé à Londres par le premier avion, il n'en revient pas. Ses affaires sont en règle, son visa aussi, alors pourquoi est-il chassé comme un malpropre ?

William Browder, fondateur d'Hermitage Capital, en avril 2006.

Lettres à l'administration russe, interventions au plus haut niveau, rien n'y fait. Bientôt l'explication tombe : M. Browder est une menace pour "la capacité de défense du pays, la sécurité de l'Etat, l'ordre public, la santé de la population", indique le ministère des affaires étrangères russe. Les diplomates ne sont pour rien dans cette décision, tout vient du FSB, les services de sécurité russes redevenus tout-puissants depuis que le pays est dirigé par Vladimir Poutine, un ancien de la "Corporation" KGB (police politique et services secrets soviétiques).

Visiblement, William Browder dérange. Il a dû marcher sur les doigts de pied de quelqu'un de très haut placé. Est-ce parce qu'il dénonce à voix haute la mauvaise gouvernance au sein de Gazprom, le géant gazier cher au Kremlin ? Est-ce parce que son fonds, enregistré off shore, revend les actions minoritaires des grandes sociétés publiques (Gazprom, RAO EES, Rosneft) et privées (Sidanko, Surgutneftegaz) ?

Jusqu'ici, le financier avait toujours soutenu la politique de Vladimir Poutine. En 2003, il salua l'arrestation de Mikhaïl Khodorkovski, le golden boy du pétrole russe, riche patron de la major Ioukos condamné ensuite pour fraude fiscale.

Mikhaïl Khodorkovski, ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, dans le box des accusés, à Moscou, le 25 octobre 2004.

En janvier 2005, son discours dithyrambique sur l'économie russe à Davos plut tellement au Kremlin qu'il fut aussitôt édité et cité en exemple par les représentations commerciales de la Russie à l'étranger. Dix mois plus tard, William Browder est déclaré persona non grata.

Qu'à cela ne tienne, Hermitage Capital se retire du marché russe. Mais son patron ne baisse pas les bras. Le petit-fils d'Earl Browder – fondateur du Parti communiste américain –, diplômé de la Stanford Business School, est convaincu que le nouvel eldorado se trouve à l'Est. Le 26 janvier 2007, à Davos, William Browder demande à Dmitri Medvedev, alors vice-premier ministre, d'intervenir en sa faveur. Il veut un nouveau visa. C'est le début des ennuis.

Un mois plus tard, les représentants d'Hermitage à Moscou reçoivent l'appel téléphonique d'un certain lieutenant-colonel Artiom Kouznetsov, un enquêteur du ministère de l'intérieur (MVD). Celui-ci fait miroiter un possible arrangement pour le visa. L'homme évoque une rencontre informelle en des termes sibyllins : "La réponse dépendra de votre attitude et de ce que vous fournirez. " Hermitage ne donne pas suite.

William Browder, en avril 2006.

Le fonds britannique possède encore trois entités juridiques en Russie. Inactives, elles sont vouées à la liquidation. Le 7 juin 2007, vingt-cinq policiers, conduits par le lieutenant-colonel Kouznetsov, perquisitionnent les bureaux de ces trois sociétés à Moscou. Ils remplissent deux minibus d'ordinateurs, de cartons, de dossiers, de documents. Parmi ces papiers figurent les titres de propriété des trois sociétés, leurs sceaux, leurs enregistrements fiscaux.

Sur le coup, ni William Browder, ni ses juristes ne comprennent de quoi il retourne. Quelques mois plus tard, ils découvrent que les trois sociétés ne sont plus la propriété d'Hermitage. Elles sont passées aux mains du prête-nom Viktor Marguelov, une petite frappe du milieu criminel, qui vient de faire un séjour en prison pour homicide.

En Russie, ce genre de machination n'est pas rare, surtout pour les petites sociétés. On appelle cela le rederstvo (du mot anglais raid) : vous croyez être propriétaire d'une entreprise florissante et, un beau matin, vous découvrez qu'elle ne vous appartient plus ; vous courez au registre du commerce, aux impôts, et là, surprise, votre nom a été remplacé par celui d'un d'autre. En général, l'employé aux écritures qui a supervisé le tour de passe-passe est parti en retraite ou a démissionné, bref il est introuvable.

Dans le cas d'Hermitage, les faux ont forcément été réalisés à partir des sceaux et des titres de propriété confisqués lors de la perquisition. Qui, sinon la police, a pu remettre ces documents au nouveau propriétaire ?

LE REMBOURSEMENT LE PLUS RAPIDE DE L'HISTOIRE DU FISC RUSSE

L'affaire va prendre un tour surréaliste. En décembre 2007, les nouveaux propriétaires réclament au fisc russe le remboursement d'un trop-perçu de 150 millions d'euros sur la TVA. La demande est présentée le 21 décembre au bureau des impôts n° 28 à Moscou. Le 24, les autorités fiscales donnent leur feu vert. Le 26, l'argent est versé en roubles sur deux comptes (à la banque russe USB et à la Intercommerz Bank), puis changé en dollars et transféré aux Etats-Unis. C'est le remboursement le plus rapide de toute l'histoire du fisc russe.

Hermitage se croit victime d'un gang criminel. Des lettres sont envoyées partout, au parquet, au ministère de l'intérieur, au gouvernement, au président, au comité de lutte contre la corruption, à la Cour des comptes, en vain. Le résultat est plutôt surprenant. En riposte, le parquet lance des poursuites contre les avocats russes du fonds. William Browder leur propose d'émigrer provisoirement à Londres, à ses frais, avec leur famille. Six des sept avocats acceptent. Le septième, Sergueï Magnitski, 36 ans à l'époque, décide de rester.

Photo distribuée par Hermitage Capital Management de Sergueï Magnitski en septembre 2007 à Moscou.

Fiscaliste apprécié, père de deux jeunes enfants, propriétaire de son appartement moscovite, Sergueï est représentatif de cette classe moyenne en plein essor dans la Russie poutinienne gonflée aux pétrodollars. Londres n'est pas pour lui, car il a confiance en la justice de son pays. Il en est sûr, la captation des sociétés, le remboursement indu, tout ceci est le résultat d'une machination ourdie par la pègre avec la complicité de policiers ripoux. Il dépose donc plainte contre l'inspecteur Artiom Kouznetsov.

Le 14 octobre 2008, Sergueï Magnitski vient témoigner au Comité d'enquête, une structure directement subordonnée au Kremlin. Pendant qu'il dépose, un homme entre dans la pièce : Artiom Kouznetsov. L'officier a été convié à assister au récit du plaignant qui l'accuse. Le résultat ne se fait pas attendre. Un mois plus tard, le 24 novembre 2008, le lieutenant-colonel Kouznetsov envoie ses subordonnés arrêter Sergueï Magnitski à son domicile.

"Fraude fiscale", dit le mandat d'arrêt. Placé en détention préventive, donc théoriquement innocent, le juriste est pressé par les enquêteurs de témoigner à charge contre William Browder. Qu'il retire sa plainte et il sera libéré. Comme il refuse, les juges, les enquêteurs, le personnel pénitentiaire, les médecins décident de lui mener la vie dure.

La prison de Matrosskaïa Tichina, à Moscou.

Ballotté de cellule en cellule, il ne reçoit pas ses colis, encore moins ses médicaments et ne peut avoir de contacts avec sa famille. La petite bouilloire électrique qu'il avait conservée lui est confisquée. L'homme est procédurier, il écrit, se plaint. Plus il se plaint, plus on l'affecte à des cellules immondes, inondées, sans WC, glaciales, sans eau. En un an passé en prison, Sergeï Magnitski perd vingt kilos et commence à souffrir de douleurs à l'estomac. A la prison de Matrosskaïa Tichina, dotée d'un dispensaire, le médecin diagnostique des calculs dans la vésicule biliaire. C'est promis, Sergueï sera opéré le 1er août 2009.

A quelques jours de l'opération, ordre est donné de le transférer à la Boutyrka, une prison dépourvue d'infrastructures médicales. L'enquêteur qui suit son dossier, Oleg Siltchenko, lui impose de signer une déposition prérédigée, le prisonnier refuse. "Maintien en détention", préconise Dmitri Komnov, le directeur de la prison Boutyrka. "Echographie du bas-ventre refusée", confirme l'enquêteur Oleg Siltchenko dans le dossier. "Le tribunal estime que les plaintes de Magnitski ne justifient pas la tenue d'un examen médical", conclut la juge Elena Stachina.

Vue générale de la prison de Boutyrka, à Moscou, en novembre 2011.

Dans le journal qu'il rédige chaque jour depuis sa cellule, Sergueï Magnitski raconte son martyre. Ses compagnons de cellule ont beau tambouriner à la porte, réclamer des soins, personne ne vient. Le 16 novembre 2009, il est tellement mal en point que l'administration de la Boutyrka décide de le transférer à la Matrosskaïa Tichina, dotée d'une antenne médicalisée. Lorsque l'ambulance arrive à destination, le malade n'est pas conduit au dispensaire mais dans une cellule isolée, où il est battu à mort.

Entretemps, une équipe d'urgentistes a été appelée par la prison. A 20 heures, l'ambulance est là, mais le docteur Kornilov n'est pas autorisé à se rendre au chevet du malade, et pour cause : celui-ci est soumis aux gourdins de huit gardiens. "Il était très agité", dira l'administration pénitentiaire. Quand le médecin urgentiste pénètre dans la cellule, à 21 h 15 exactement selon son rapport, un corps inerte gît sur le sol, celui de Sergueï Magnitski. Les témoignages des médecins divergent. Pour l'urgentiste, Sergueï Magnitski est décédé un peu avant 21 heures, sur le sol en béton. Pour Alexandra Gaouss, le médecin de la prison, il est mort à 21 h 55 sur la table de réanimation du dispensaire, après avoir reçu des soins.

Vue générale à l'intérieur de la prison de Boutyrka, en novembre 2011.

L'autopsie réclamée par la famille est refusée. "Pourquoi martyriser ce corps ? Vous feriez mieux de l'enterrer au plus vite. De plus, le réfrigérateur est en panne", explique l'employée de la morgue à Tatiana Roudenko, la tante de Sergueï, venue pour les formalités le 18 novembre 2009.

Lors des funérailles de Sergeï Magnitski, le 20 novembre 2009 à Moscou.

Le jour de l'enterrement, Tatiana demande aux journalistes présents de photographier les mains du défunt, enflées et meurtries.

Les mains de Sergueï Magnitski prises lors de son enterrement.

Mensonges, perfidie, faux témoignages, occultation de preuves émaillent tout le dossier. Officiellement, la mort de Sergueï Magnitski est survenue "par négligence". Les enquêteurs du Comité d'enquête (qui ont le fin mot sur les conditions de la détention préventive), l'administration pénitentiaire, les juges, les médecins n'y sont pour rien. Pis, l'année qui suit sa mort, les officiers qui l'ont persécuté sont promus et décorés. L'impunité dont jouissent les tortionnaires est totale, non pas à cause de la faiblesse du système judiciaire, mais parce qu'une collusion existe au plus haut niveau entre les fonctionnaires de l'Etat russe et le monde du crime.

Ainsi les 150 millions d'euros indûment remboursés par le fisc n'ont pas été perdus pour tout le monde. L'enquête menée depuis Londres par William Browder prouve que les principaux protagonistes de l'affaire Magnitski ont considérablement amélioré leur train de vie. Prenons le cas d'Artiom Kouznetsov, le lieutenant-colonel à la section des enquêtes du ministère de l'intérieur (MVD). Avec un salaire de 364 euros par mois, l'officier est néanmoins propriétaire d'appartements et de terrains à Moscou d'une valeur totale de 2 millions d'euros.

Une partie de ces biens sont enregistrés au nom de sa mère, Lilia Gueorguievna, titulaire d'une retraite de 122 euros mensuels. Modeste, l'officier n'a qu'une seule voiture avec laquelle il se rend à son travail, une Mercedes 200 SLK Kompressor achetée 55 000 euros. Sa femme, Ina, fait ses courses au volant d'une Land Rover à 89 000 euros. Bizarrement, son collègue, le major Pavel Karpov est dans le même cas : il roule en Porsche Cayenne (86 000 euros) et sa mère a acquis pour plus d'un million d'euros d'appartements et de terrains.

Bizarrement, ils se sont enrichis au même moment, à la fin de l'année 2007. L'ancienne perceptrice en chef du bureau n° 28, Olga Stepanova, qui autorisa jadis le remboursement express de 150 millions d'euros, est à l'abri du besoin, selon l'enquête diligentée par Hermitage.

Villa de luxe à Moscou, au Monténégro, appartements à Dubaï, comptes en Suisse, la dame n'a plus besoin de travailler. D'ailleurs, elle a quitté le fisc en 2010 pour rejoindre le ministère de la défense, où elle ne travaille plus désormais.

De cette saga financière, le Russe lambda ne saura rien, sauf s'il est un geek passionné d'Internet. Certes les médias russes se sont émus de la mort tragique de Sergueï Magnitski – "une vengeance médiévale" dira Vedomosti, le quotidien des affaires –, mais ils se sont bien gardés d'enquêter sur les thèmes "chauds" : l'argent (où sont passés les 150 millions d'euros ?), la collusion fonctionnaires-criminels, l'enrichissement vertigineux des principaux protagonistes du dossier.

C'est bien trop risqué. Le 10 novembre à Londres, l'informateur principal du fonds Hermitage, l'homme d'affaires Alexandre Perepilitchni, 44 ans, a succombé à un malaise devant la porte de son domicile londonien. Installé en Grande-Bretagne depuis trois ans, il coopérait à l'enquête menée depuis ces derniers mois par des procureurs suisses sur l'implication d'un groupe criminel russe dans un schéma de fraude fiscale et de blanchiment (les 150 millions). Confiée à la police criminelle britannique, une enquête est en cours sur les circonstances exactes de sa mort.

A Genève, à Londres, à Washington, la justice fonctionne, pas en Russie. En trois ans, l'enquête sur la mort de Sergueï Magnitski a conduit à une mise en examen, une seule, celle de Dmitri Kratov, ancien médecin chef adjoint de la prison Boutyrka.

Selon Irina Doudoukina, porte-parole du ministère de l'intérieur, le juriste était lui-même l'auteur du "schéma d'évasion fiscale" qu'il dénonçait. Le défunt comparaîtra bientôt, post-mortem, dans le cadre d'un procès pour fraude fiscale appelé à s'ouvrir sous peu à Moscou. Mais personne n'est dupe. Aux yeux de l'opinion publique, l'affaire Magnitski est devenue le symbole de l'arbitraire de la justice russe.

La tombe de Sergeï Magnitski, le 16 novembre 2012 à Moscou.

Voilà pourquoi, à Moscou, défenseurs des droits de l'homme et opposants russes ont salué, vendredi 7 décembre, l'adoption par le Congrès américain de la "liste Magnitski". Ce texte prévoit des sanctions – gel des avoirs, refus de visas – envers soixante citoyens russes impliqués dans le calvaire du juriste, dont les personnes citées dans cet article (Artiom Kouznetsov, Oleg Siltchenko, Olga Stepanova, Elena Stachina, etc.).

La liste, que les proches du dossier espèrent voir bientôt adoptée par plusieurs pays européens, frappe les fonctionnaires véreux là où ça fait mal. Car l'argent volé, celui du contribuable russe, a été investi, non pas en Russie, mais en Occident, sous la forme de biens immobiliers, de yachts, de comptes bancaires. "Je salue ceux qui ont contribué à l'adoption de cette loi. C'est un grand succès qui servira les intérêts des citoyens russes", s'est félicité l'opposant Alexeï Navalny sur son blog.

Marie Jégo - Moscou, correspondante

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:32

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 10.12.2012 à 17h56 • Mis à jour le 10.12.2012 à 18h13

 

 

 

Le siège de Nortel, à Toronto.

La justice a estimé, lundi 10 décembre, que le licenciement en 2009 d'environ 120 anciens salariés d'une filiale française de Nortel était "sans cause réelle et sérieuse". A ce titre, ils recevront chacun entre 21 000 et 140 000 euros de dommages et intérêts.

La filiale Nortel Networks SA (NNSA) située à Châteaufort, dans les Yvelines, avait été placée en liquidation judiciaire le 28 mai 2009, entraînant la suppression de 467 emplois sur 700, après une restructuration de l'équipementier canadien à l'échelle mondiale. Près de 140 anciens salariés de NNSA contestaient leur licenciement, estimant notamment ne pas avoir bénéficié d'offres de reclassement.

Six anciens salariés ont cependant été renvoyés devant un juge départiteur, qui devra trancher sur la prescription ou non de leur action. Onze autres anciens salariés ont été déboutés de leur demande, le conseil des prud'hommes de Versailles ayant considéré qu'ils n'avaient "pas manifesté dans les délais leur volonté de réembauchage". Un ancien représentant du personnel a également été débouté.

Plusieurs sociétés qui avaient repris certaines activités de la NNSA ont en outre été condamnées pour "n'avoir pas respecté la priorité de réembauchage". La société Kapsch Carriercom France devra ainsi verser à 87 salariés l'équivalent de deux mois de leur salaire. Avaya France et Ericsson sont condamnés respectivement à verser 14 384 euros à un salarié et 25 694 euros à un autre.

"UNE VICTOIRE EN DEMI-TEINTE"

Au moment de leur licenciement, les salariés avaient obtenu un protocole d'accord prévoyant une indemnité supra-légale de 10 000 euros, ainsi que la garantie de bénéficier du fruit des ventes des actifs de Nortel d'un montant estimé pour chaque salarié entre 50 000 et 90 000 euros.

A l'audience, en juin, l'avocat du liquidateur judiciaire de NNSA, Me Bruno Courtine, avait jugé ce dossier "plus complexe que la liquidation de Lehman Brothers", la banque américaine, et avait assuré que le PSE "a été fait au maximum de ce qu'il pouvait être". "La cession d'activités dans le monde a généré un montant à distribuer de 7 milliards d'euros, qui sont aujourd'hui bloqués", avait-il précisé.

Le conseil des prud'hommes s'est cependant déclaré incompétent pour les actions à l'encontre des sociétés étrangères, notamment la filiale britannique de Nortel, NNUK, en charge de la procédure de liquidation au niveau européen. "C'est une victoire pour les salariés mais une victoire en demi-teinte car le conseil ne se prononce pas sur la responsabilité délictuelle des sociétés étrangères, où sont bloqués les fonds", a déclaré l'avocat des salariés, Me David Métin.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:15

 

20minutes.fr/

 Créé le 11/12/2012 à 11h11 -- Mis à jour le 11/12/2012 à 15h50
Le PDG de Publicis, Maurice Lévy, photographié le 31 août 2011 à Jouy-en-Josas près de Paris.

Le PDG de Publicis, Maurice Lévy, photographié le 31 août 2011 à Jouy-en-Josas près de Paris. Eric Piermont afp.com

ETUDE - Les rémunérations des grands patrons ont progressé de 4% en 2011, selon la dernière étude publiée par le cabinet Proxinvest...

Un coup frein mais toujours une belle progression. Après la forte hausse de 33% enregistrée en 2010, la rémunération annuelle totale* des patrons du CAC 40  a encore progressé de 4% en 2011 pour atteindre en moyenne 4,246 millions d'euros, dont 24% en fixe, 32% en variable, 16% d'autres avantages (jetons de présence dans les conseils d'administration, voiture de fonction...), 16% en actions gratuites et 12% en options, selon la quatorzième étude du cabinet Proxinvest publiée mardi. Elle se situe au sixième rang en Europe derrière l'Italie, la Suisse, l'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni où elle a diminué en moyenne de 5%.

 

Echec de l’auto-régulation

Cependant, hors indemnité de départ, en France, la rémunération a baissé de 3,2%. A comparer avec une réduction de 10% du bénéfice net cumulé des 40 plus grosses entreprises et une chute de 17% du CAC 40. L’an dernier 14 dirigeants contre 11 en 2010 ont vu leur rémunération totale atteindre ou dépasser le plafond socialement acceptable fixé par Proxinvest à 240 smic, soit 4,6 millions d’euros. Proxinvest n'hésite pas de nouveau à parler «d’échec de l’auto-régulation» des rémunérations.

Dans son code de gouvernement d’entreprises, le Medef et l’Afep (Association Française des Entreprises Privées) qui représentent l’essentiel des groupes du CAC, il est pourtant stipulé que: «La rémunération des dirigeants mandataires sociaux de l’entreprise doit être mesurée, équilibrée, équitable et renforcer la solidarité et la motivation à l’intérieur de l’entreprise.»

 

Maurice Lévy, le mieux payé

Dans le trio de tète du classement des patrons les mieux payés du CAC 40 on retrouve Maurice Lévy, PDG de Publicis avec 19,6 millions d’euros, Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan à  13,3 millions d’euros,  suivi par Bernard Charlès de Dassault Systèmes avec 10,9 millions d’euros. Suivent dans l'ordre Bernard Arnault de LVMH (10,8 millions d'euros), Jean-Paul Agon de l'Oréal (7,7 millions d'euros), Christophe Vihbacher de Sanofi-Aventis (7,1 millions d'euros), Franck Riboud de Danone (6,1 millions d'euros).

En revanche,  les 80 autres présidents exécutifs des sociétés listées sur le SBF 120 auront vu leur rémunération totale reculé de 2% à 2,1 millions d’euros. Hors indemnités de départ, le repli a été de 2,2%.


*Les chiffres publiés par l’étude ne comprennent pas les éventuels compléments de retraite surcomplémentaire dont bénéficient certains dirigeants.

Mathieu Bruckmüller
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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:03

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 11.12.2012 à 08h00 • Mis à jour le 11.12.2012 à 11h15

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Saint-Nazaire a autorisé mardi 11 décembre le préfet de Loire-Atlantique à "solliciter les forces de l'ordre pour démolir les constructions qu'il juge illicites" à Notre-Dame-des-Landes, a indiqué Me Erwan Lemoigne, avocat de l'association des opposants au projet d'aéroport.

Ces cabanes étaient devenues le symbole de la lutte contre la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes. Les opposants, dont certains étaient installés sur les lieux depuis plusieurs années, avaient construit ces habitations sommaires lors d'une manifestation le 17 novembre.

Lors de l'audience du 4 décembre, la préfecture de Loire-Atlantique a réclamé la démolition, sous quarante-huit heures, des nouvelles cabanes. Mais la préfecture a adressé sa demande à l'attention des anciens propriétaires du terrain, expropriés : depuis le 23 novembre, c'est le groupe Vinci, concessionnaire de l'aéroport, qui en est devenu propriétaire.

Le juge, qui statuait en référé, avait pris tous les intervenants de court lors de l'audience en se donnant une semaine pour réfléchir. Les opposants organisaient à 10 h 30 une conférence de presse au tribunal pour annoncer l'ordonnance du juge, qui devait être signifiée aux avocats par voie écrite.

 

PAS DE "REMISE EN CAUSE"

Installées le 17 novembre sur le site du futur aéroport lors d'une importante manifestation d'opposants, ces "cabanes", bâties sans permis de construire, sont devenues un symbole de la lutte des anti-aéroport. Depuis la mi-octobre, une campagne d'expulsions des squatteurs installés sur la zone, et de démolitions de fermes et cabanes qu'ils occupaient, se poursuit à l'aide d'importants effectifs de forces de l'ordre qui tentent de mettre un terme à ce qui est devenu, selon les opposants installés sur place, un des "plus grands squats à ciel ouvert d'Europe".

Sur le site du futur aéroport "Grand Ouest", qui doit en 2017 remplacer l'actuel aéroport de Nantes, les centaines de militants anti-capitalistes sont soutenus par les opposants historiques issus des milieux agricoles, mais aussi des militants écologistes ou encore du Parti de gauche. Dans ce secteur très surveillé, en raison de la violence des affrontements entre opposants et forces de l'ordre, la préfecture de Loire-Atlantique a interdit le transport de carburant ou d'explosifs, y compris fusées de détresse ou feux d'artifices, ainsi que le transport de matériaux pour empêcher la poursuite de la construction des "cabanes".

Pour tenter de déminer le sujet qui a tourné au niveau national à la polémique, le gouvernement a repoussé de six mois le défrichage prévu initialement en janvier 2013 et créé une commission de dialogue. Mais la ministre de l'écologie, Delphine Batho, rappelait dès lundi matin que cette commission n'a pas pour objet la "remise en cause du projet" d'aéroport.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 14:47

 

 

http://zad.nadir.org

 

mardi 11 décembre 2012, par zadist


Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bâs : http://lazad.noblogs.org/

Point d’info permanent sur le campement "Hors Contrôle" établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière. Si vous nous rejoignez sur la zone, voyez ici.

Les trucs utiles à prendre en venant ici :

- équipe legale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération
- équipe médicale : 07 60 26 42 14 !! ATTENTION changé le 4/12
- Accueil "hors contrôle" : 06 32 98 78 36
- liste du matos à ramener (mise à jour le 25/11)

A propos de la situation de la Chataigne : point sur la situation et appel à occupations en cas de destruction. Le rendu du procès aura lieu le 11/12.

Il y 3 nouveaux arrêtés préfectoraux pour Vigneux de Bretagne et Notre dame des Landes : Interdiction pour le transport de carburant ; interdiction pour le transport des explosifs, produits inflammables, feu d’artifices et l’interdiction de véhicules qui contenant des materiaux de construction. RD81 entre les Ardilières et la commune de Vigneux (carrefour de la Saulce), voie communale 1 (NDDL) des Perrières aux Ardilières, voie communale 11 (NDDL) du Chêne des Perrières à la Boistière, voie communale 5 (Vigneux) de la Boistière à Vigneux


Fil d’infos

Pour celleux qui sont du côté de Lorient : le collectif de soutient du pays de lorient appel a un rassemblement a 18h ce soir place aristide briand devant la fnac.

- 15h30 : un hélico passe au dessus de la Chataigne.

une proposition d’action en cas d’attaque de la Chataigne Invitation à un acte de résistance collective à la ZAD : On s’enchaîne pour la Châtaigne !

Le 17 Novembre, 40,000 personne ont participé à la construction collective du nouveau lieu de résistance sur la ZAD, La Chât teigne. Malgré la confiscation des outils et des matériaux, malgré les tentatives de pression pour nous apeurer, nous avons résisté, nous avons réparé ce qu’ils avaient détruit, ramené tout ce qui était nécessaire pour continuer à construire notre village d’irréductibles.

Aujourd’hui (mardi 11 décembre), le juge a autorisé la destruction des maisons de la Chateigne sans délai ! En revanche, une procédure d’expulsions est en cours en ce qui concerne les gens qui vivent dans les maisons. Légalement, l’état n’a donc pas le droit d’intervenir en force pour la destruction, tant qu’il n’y a pas de décision prise concernant les occupante-es en procédure d’expulsion !

Nous ne savons pas encore combien de temps cette procédure prendra, mais tenons nous prêts dès maintenant !

Afin de le protéger, les agriculteurs de toute la région ont déjà formé une couronne de résistance en enchaînant leurs tracteurs autour des bâtiments. Même sans tracteurs, nous pouvons nous aussi empêcher l’annihilation de ce que nous avons construit : formons ensemble une chaîne humaine !

Quand ?

Dès confirmation d’une mobilisation policière d’ampleur (regarder le fil d’info sur zad.nadir.org), nous nous retrouverons à 20h à la noTAVerne de la Châtaigne, la veille au soir, afin de discuter des détails de cette action et proposer un entraînement/simulation pour celles et ceux qui le désirent.

Comment ?

Nous proposons d’utiliser la technique (voir croquis) qui consiste à mettre ses bras dans des tubes à l’intérieur desquels on se lie (par un bracelet et un crochet/ mousqueton) à quelqu’un d’autre (dont le bras est également dans le tube). C’est très simple, très efficace et l’on peut se dégager à tout moment !

Qu’apporter ?

Un ou plusieurs morceaux de PVC (diamètre minimum : 15cm, longueur idéale : 80cm), des mousquetons ou des crochets en métal (de quoi faire des bracelets souples et résistants, de la solidarité et de la détermination joyeuse !).

A faire suivre largement …

à 16h, un concert d’Emilie Loizeau ( qui a déchiré et renvoyé sa carte d’électrice ) à la Vache Rit

on partage quelques unes des nombreuses lectures qu’on nous envoie, par exemple à propos d’aéroports inutiles ailleurs, avant : Kashima paradise. NDDL, le précédent japonais Notre-Dame-des-Landes, futur El Altet (Alicante) ?

- 14h15 : toujours des contrôles d’identité sur la D81 entre le carrefour Fosse-noire/Suez et Vigneux

Un grand merci à Linux Quimper qui vient de nous apporter plein de matos informatique !! On va pouvoir continuer à diffuser par nous-mêmes ce qui se passe ici ...

reçu par mail : Vu à Rostronen en direction de la ZAD : un gros poids lourd, un camion de transmission, 5 fourgons de gendarmes et une escorte de motards ... on préférerait que ça ne soit pas pour nous ... mais comme on ne les souhaite à personne d’autres, qu’en faire ?

:D impression d’écran du site de ouest france aujourd’hui...

 

ils sont super gros vos skates, on dirait presque des tracteurs !

- 11h46  : La serre sur le champs qui vient d’être occupée se monte tranquillement..

reçu : S’il ne peuvent s’attaquer à la Chataigne, ils vont sûrement porter leurs coups sur le Far-West, Liminbout, etc. Afin de ne pas être venus pour rien - car cela engendre beaucoup de frais (réservations d’hotel pour plusieurs jours, déplacements des compagnies de Robocops, etc.) et le gouvernement et la préfecture considéreraient qu’ils sont - une fois de plus - ridicules

PROPOSITION : en case d’expulsion sur la ZAD, occupation de stands de noël sur les marchés !!

INFO : Il y a des gens qui se font contrôller vers la Isolette, sur le pretexte d’une avis de requisition pour vol et dégradation !

- 11h14  : reçu " Tout le monde se prépare à partir sur le parking du westhotel à la chapelle" ça sera parfait qu’ils partent vers chez eux et ne pas vers chez nous....on attent. Apparament ils agit d’une quinzaine de fourgons en préparation de partir, et la même quantité parté juste avant.

RENDU DU PROCES LA CHATEIGNE à St. Nazaire : Le juge a autorisé la destruction des maisons de la Chateigne sans délai !

En revanche, une procédure d’expulsions est en cours pour ce qui concerne les gens qui vivents dans les maisons.

Légalement, l’etat n’a pas la droit d’intervenir en force pour la destruction, tant qu’il n’y a pas de décision prise concernant les occupante-es en procédure d’expulsion !

dans la presse locale, ça donne ça : Notre-Dame-des-Landes. Les cabanes sauvées par la trêve hivernale

Info : journée sur "France culture" (94,2 Mz) fait place à l’Ayraultport. Développement ce matin à 7h30 et il en sera de même à 12h30 et 18h00. Sur le bulletin de 8h00, Jacques.Auxiette exprimait son baratin et il est probable que tout cela sera en ligne d’ici quelques temps sur www.franceculture.fr Voici le lien direct pour le bulletin de ce matin 7h30, qui ne laisse pas indifférent (plusieurs intervenants) http://www.franceculture.fr/player/...

- 8h37 : il fait environ - 78 °C, il fait beau en même temps, c’ets joli. Et le bénefit de cette matin glacial : la bou sur le champs est gelé, on sorts nos baskets, juste pour le plaisir de ne pas mettre des bottes. Au hangar nouvellement occupé cet matin, les amiEs sont en train d’installer une serre

POUR INFO : démenagement d’un voisin, un de ses Hangars viens de se faire occuper !! On s’installe... :)

YVES TUAL, ex-secrétaire général du syndicat CGT Port Autonome NANTES SAINT NAZAIRE : "ne laissons les partisans de la décroissance et les squatteurs professionnels anéantir tous les projets économiques nécessaires aux développement de nos territoires." - Bravo le CGIste

- 8h48 : Le 5 fourgons de carrefour fosse : suez sont partis, ils ont laissé deux a l’Isolette. Et nous, on attends le rendu de Tribunal St. Nazaire pour la Chat Teigne

- 8h : ce matin tôt, environ 12 fourgons vus dans la bourg de Notre dame des Landes

- 7h09 : 5 fourgons de bleus au rétour au carrefour Fosse / suez, 3 fourgons aux Ardillières. Pas de contrôle pour l’instant.

- 6h55  : 4 fourgon de bleus arrivent au carréfour Fosses noires/chemin de suez sur la D81, ils s’installend et puis répartent en laissent une seul bagnole sur le carréfour. Pour que le cirque commence....

- 6h45 : Bonjour !! Shhhhht, la ZAD dors,.....faut pas la reveiller.......


Mardi 11 Décembre

10h30 Conference de Presse ( à St. Nazaire ) par rar rapport de Rendu de la Chataigne

RDV ailleurs

- Paris 19h Réunion hebdomaire de mardi, aujourd’hui au CICP, 21 ter rue Voltaire, métro Rue des Boulets

- Mardi 11 Dec, Lens réunion du collectif Arras-Lens-Béthune-Douai à, 19 h au LAG.

- Mardi 11 décembre à Grenoble La coordination Iséroise de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et son monde, à laquelle nous participons, vous invite à se rassembler aujourd’hui, mardi 11 décembre à 17h30, devant la mairie de Grenoble

et à 19h (lieu à confirmer) : réunion publique d’information sur la zad et sur les points de convergences avec NO TAV (projections de films, témoignages, discussion).

- Mardi 11 décembre Rennes : REUNION HEBDOMADAIRE : MARDI 11 à 19h30 Mardi 11 décembre à 19h30 (en principe c’est le lundi) il y aura une AG comme chaque semaine pour informer sur ce qui se passe à la ZAD et penser ensemble ce que nous pouvons faire depuis Rennes (ravitaillement, organisation des allers-et-venues, actions, etc.). Tous ceux qui sont intéressés, qu’ils soient organisés en collectif ou pas, sont les bienvenus ! Y’avait plus de 70 personnes ce lundi.

- 11 décembre Marseille : La prochaine assemblée des opposant es à l’Ayraulport et le monde qui va avec, aura lieu au Seul Problème (46 rue Consolat 13001 MARSEILLE) ce mardi 11 décembre à 19h

- 11 décembre Angers : Réunion publique avec *Françoise VERCHER*, conseillère générale du Loire-Atlantique, ex-maire de Bouguenais Julien DURAND, porte parole de *l’ACIPA*, l’association historiques des opposants avec un juriste de l’association *France Nature Environnement* à 20h, salle Thiers, Angers

- Nantes

AG exceptionnelle du collectif « un toit pour toutes et tous »

Le collectif « un toit pour toutes et tous » se réunira en assemblée générale demain mardi (11 décembre), à 18heures dans les locaux du Gasprom (24 rue Fouré).

L’assemblée générale aura pour but de discuter et prendre des décisions quant aux actions du collectif dans les semaines à venir : comment continuer à avancer dans une période de « creux de la vague » pour le collectif, quelles visées nous donnons-nous et quels moyens d’action pour chercher à les atteindre ?

La présence de toutes les personnes intéressées par l’action du collectif, et désireuses de poursuivre la lutte en commun, est la bienvenue !

Rendez-vous mardi , 18heures.

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 14:35

 

http://breizhjournal.wordpress.com/2012/12/10/semaine-decisive-pour-notre-dame-des-landes/ link

10 déc

 


Après la décision du tribunal de Saint-Nazaire de repousser d’une semaine son délibéré sur la propriété du terrain de la Châtaignerie (la Chat Teigne) à l’ouest du Bois de Rohanne, où s’élève le village collectif construit depuis le 17 novembre, tous les regards se portent sur le 11 décembre.

En effet,  le tribunal doit statuer  sur la propriété du terrain – au propriétaire expulsé ou à AGO-Vinci mais aussi sur l’existence ou non de constructions illégales dessus. Une décision très attendue par les protagonistes : dans le « scénario du pire », pour les occupants de la ZAD, si le tribunal décide qu’il y a à la fois des constructions illégales et que le terrain est à AGO, les forces de l’ordre auront le feu vert pour intervenir, afin de faire cesser le trouble à l’ordre public le plus vite possible.

 

Eteindre l’incendie

barricade16-10A Paris, le président Hollande commence à être quelque peu agacé par le dossier Notre-Dame des Landes. Non pas que les manifestations du 8 décembre aient tellement rassemblé que cela – quoiqu’elles laissent planer le spectre de la convergence des luttes écologiques  – puisque les dossiers sensibles (Bures, TGV Lyon-Turin, THT, Fessenheim, EPR Flamanville) ne manquent pas ailleurs qu’en Bretagne, mais surtout parce que les dérapages policiers à Notre-Dame des Landes  et les nombreux blessés civils qu’occasionnent les opérations font désordre sur le plan de la politique intérieure. Hollande a donc recommandé à ses ministres « d’éteindre l’incendie » de Notre-Dame des Landes. Le seul problème, c’est qu’en envoyant les forces de l’ordre, il risque de l’alimenter mieux qu’en y déversant un Canadair d’essence.

 

Trois nouveaux arrêtés

Photos ZAD - copyleft

Photos ZAD – copyleft

En attendant la décision du tribunal, que la Préfecture et l’aménageur (AGO) espèrent favorable à leurs desseins, les forces de l’ordre se préparent. Et, pour suppléer aux arrêtés pris le 30 novembre et qui arrivaient à échéance aujourd’hui, de nouveaux ont été pris du 7 au 17 décembre. Ils interdisent le transport de « tout carburant » et de « tous produit explosif, inflammable, feux d’artifice » sur les deux communes de Vigneux et Notre-Dame des Landes et remplacent les arrêtés précédents dont ils prolongent les effets.

Nouveauté : un troisième arrêté interdisant le transport de matériaux sur certaines voies a été pris. La semaine dernière, les gendarmes, qui constataient que les constructions battaient leur plein, avaient inventé un « arrêté fantôme » pour stopper les camions puis s’étaient réfugiés derrière une réquisition d’un juge demandée pour l’occasion. Donc, « sauf nécessité professionnelle dûment justifiée », le transport des matériaux est interdit sur les routes suivantes : RD81 entre les Ardilières et la commune de Vigneux (carrefour de la Saulce), voie communale 1 (NDDL) des Perrières aux Ardilières, voie communale 11 (NDDL) du Chêne des Perrières à la Boistière, voie communale 5 (Vigneux) de la Boistière à Vigneux.

 

« Nous couvrons notre action »

Du côté de la Préfecture, l’on se refuse évidemment à commenter le calendrier des opérations. Mais des gradés de gendarmerie, engagés dans l’opération, se montrent plus prolixes.  Ces arrêtés permettent aux forces de l’ordre de « geler la construction de nouveaux points de fixation sur zone, autant que possible » et « limiter l’exposition des personnels » chargés du maintien de l’ordre. « Nous couvrons notre action », abonde un autre, pour lequel ces arrêtés n’auraient pas été pris s’ils ne se justifiaient pas par l’imminence d’une opération.

Si et seulement si la justice statue en ce sens.  Mais dans les rangs, l’on ne se fait aucune illusion « les barrages ne suffisent pas, les matériaux passent de partout. Même si l’on bloque toute la zone, ils feraient des tunnels comme à Gaza », commente un gendarme-mobile sous couvert d’anonymat. C’est aussi ce que constatent les journalistes présents sur place. C’est que « tenir 1600 hectares de terrain, c’est hors de la portée des forces de l’ordre », explique-t-on du côté des syndicats policiers ; « vider, on sait faire, tenir, non. Rien ne les empêchera de revenir dès que l’on repart, ou construire ailleurs pendant qu’on vide ici. On n’en voit pas la fin ». Pour se tenir au courant des évolutions de la zone, des nouvelles constructions et des protections qui sont faites, les forces de l’ordre comptent plus sur les rondes faites quotidiennement, au « contact » de la ZAD, les tournées de l’hélicoptère et les « autres sources« , à la fois gendarmes infiltrés, agents de la DCRI et… « certains de vos confrères« . Pas sûr que cela améliore tellement l’image des journalistes sur la ZAD.

Opération du 23/11 - photo Anaïs Denaux

Opération du 23/11 – photo Anaïs Denaux

Nous n’aurons qu’une confidence sur le calendrier : soit c’est maintenant, soit « la période des fêtes de fin d’année rendra très difficile, sinon impossible, la mobilisation du personnel policier requis ». En effet, nombre de gendarmes-mobiles et de CRS viennent de loin (Saran, la Rochelle, Pau, Sancerre, La Rochelle, Tours…) et seront nécessaires pour assurer la sécurité des villes au moment des fêtes et des chaudes nuits de fin d’année. Par conséquent, soit l’opération se fait avant le 17 décembre, soit elle est remise au mois de janvier, après les fêtes et la trêve des confiseurs.

Ce n’est en effet pas rien que de « vider »Notre-Dame des Landes : il faut mobiliser 2.200 policiers et assurer la logistique derrière : le casernement de Nantes est plein à craquer, des unités seront hébergées à Rennes, Vannes et Saint-Brieuc, et dans divers hôtels commis pour cela, parfois depuis des semaines (Campanile, Etap Hotel, WestHotel) à Saint-Herblain, Treillières, Carquefou et la Chapelle sur Erdre. Les récriminations des syndicats sur le manque de logistique ont été entendues : l’administration de la zone de défense Ouest a pris un long arrêté le 3 décembre  où elle fixe les responsabilités et les chaînes hiérarchiques de prise de décision en matière de logistique et de paiement, pour les coûts et les transports liés aux déplacements, dont la « mission Notre-Dame des Landes ».

 

Des recours ont été posés

Contre les arrêtés pris le 7 décembre, des recours ont été déposés par l’ACIPA et un paysan. Nous avons eu des nouvelles du référé suspension déposé au tribunal administratif contre l’arrêté du 30 novembre interdisant le transport de « tout carburant » sur le site : « le juge a un mois pour statuer dans le cas d’un référé-suspension », nous explique le juriste Dorian Piette, « il a décidé en l’espèce qu’il n’y avait pas urgence à statuer. C’est légal, mais cela s’approche du déni de justice, d’autant plus que cela joue dans le sens de la préfecture ». Espérons qu’il ne fera pas de même contre les recours qui viennent d’être faits.

 

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