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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 19:05

 

Rue89 - Vie de bureau 06/12/2012 à 10h54
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

Diminué, vous êtes moins productif et coûtez plus cher à votre entreprise. Surtout, « une machine déjà abîmée finit par craquer »... et battre des records d’absentéisme.

 

 


Autoportrait au thermomètre (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Paul exhibe d’un geste dramatique son doigt enturbanné dans un gros pansement. Le quadragénaire travaille à la plonge dans un hôtel-restaurant pour hommes d’affaires, à Lille. Il s’est coupé profondément avec une boîte de conserve dans une poubelle. Il s’en veut, il aurait dû bien la fermer avant de taper dessus pour qu’elle prenne moins de place, on le lui a toujours dit.

Il est très ennuyé, il ne veut pas s’arrêter de travailler, même si son doigt n’est pas cicatrisé. Il a mis cinq ans à trouver un emploi, et ce n’est pas maintenant qu’il va le laisser filer.

Ça s’appelle du « présentéisme » : venir travailler même quand on sent que son état de santé nécessiterait de rester chez soi. Ses motivations sont diverses :

  • sentiment d’être indispensable,
  • peur des représailles,
  • respect d’une échéance,
  • refus de voir son revenu baisser.

Pratiquement quatre travailleurs européens sur dix sont allés travailler alors qu’ils étaient malades en 2010, selon l’enquête européenne sur les conditions de travail. Cette pression concerne particulièrement les soignants, les enseignants et les travailleurs sociaux. Le phénomène n’est pas nouveau mais se répand, constate Michel Vézina, chercheur en santé publique à Québec.

Une bonne nouvelle ? Pas si sûr. Ni pour l’entreprise, ni pour le salarié.

 

Des salariés moins productifs

Claire travaille par missions, dans la publicité. Quand elle doit répondre à un appel d’offres un vendredi soir ou se remettre à l’ouvrage un dimanche, elle a droit à des jours de récupération. Et pourtant :

« Je repousse le moment de les prendre, me disant qu’il faut que je termine les projets commencés, pensant que je vais tenir, et j’arrive à un moment où je n’en peux plus physiquement, mais surtout mentalement. Je n’ai plus envie de rien. Et j’ai du mal à me motiver pour bosser, je deviens lente, déprimée, et j’ai du mal à repartir. »

Au point d’être moins efficace au travail ? Tout à fait, répond l’Institute for Health and Productivity de l’université Cornell aux Etats-Unis, qui a compilé les études menées sur la productivité au travail en lien avec différentes maladies (asthme, arthrite, allergies, migraines, etc.).

 

Ça coûte cher à l’entreprise

Les chercheurs américains ont ensuite essayé de savoir si ces travailleurs au nez bouché – ponctuellement moins productifs – apportaient malgré tout quelque chose à l’entreprise, en se penchant sur le cas de 375 000 salariés.

Comment savoir si l’on fait du présentéisme ?
Les symptômes suivants peuvent vous alerter, selon Michel Vézina : perte de concentration, de mémoire et d’attention (oublis, erreurs), diminution du rythme de travail, sentiment de fatigue intense au travail, problèmes de ponctualité, relations difficiles avec les collègues, irritabilité, isolement, diminution de la qualité des services.

Résultat : un salarié malade et présent ne rapporte en moyenne rien à son employeur. Au contraire, il lui coûte.

Un salarié affaibli s’avère en effet moins concentré sur sa tâche, effectue un travail qui doit parfois être refait, communique mal... Il fait ainsi perdre du temps à ses collègues et, au final, à l’entreprise.

La recherche a été publiée en 2004, et depuis de nouvelles études ont vu le jour. Michel Vézina, responsable d’une enquête québécoise [PDF] sur les conditions de travail, les a compilées :

« Le présentéisme coûte minimalement de deux à trois fois plus cher que l’absentéisme. Certaines études font même état de dix fois plus ! »

Quand le salarié est présent, c’est l’entreprise qui le paie, en salaire, mais quand il est absent, c’est la Sécurité sociale qui verse des indemnités journalières.

 

Ça rend encore plus malade

Sur son blog, Docteurmilie, médecin généraliste en Seine-Saint-Denis, raconte à quel point elle doit se battre avec ses patients pour leur coller des arrêts maladie. Elle évoque par exemple « Mme B., gardienne », qui est venue la voir le coude en tendinite :

« Elle a refusé à de nombreuses reprises mes arrêts, que pourtant j’avais rédigés et lui avais donnés. Elle ne veut pas s’arrêter, son travail c’est toute sa vie, elle est hyperactive. Elle a tenu le coup jusqu’à ce que le tendon se déchire et maintenant, cela fait plus d’un mois qu’elle est en arrêt. »

C’est le problème : quand « on utilise une machine déjà abîmée, elle finit par craquer », prévient Michel Vézina. Les salariés qui pratiquent le présentéisme sont plus largement sujets aux maladies de long terme, qui les empêchent durablement de reprendre le travail. Et battent des records... d’absentéisme, selon une étude [PDF] du National Institute for Working Life, en Suède.

Ils sont également davantage concernés, d’après la même enquête, par :

  • les troubles du sommeil ;
  • les problèmes digestifs ;
  • les douleurs dans le dos ou la nuque ;
  • un sentiment de déprime.

Enfin, les salariés qui font du présentéisme ont deux fois plus de problèmes coronariens sérieux (type infarctus), comme l’ont démontré des chercheurs américains.

Ecouter ce que dit le présentéisme

Pour Michel Vézina, spécialiste en santé publique, il faut donc considérer le présentéisme comme un indicateur de santé important dans l’entreprise :

« Le présentéisme n’est pas l’animal à traquer… Quand il est élevé, il faut s’interroger sur l’organisation du travail. »

Pas facile en France, remarque Alexis Motte, qui a réalisé pour son cabinet Mobilits, avec OpinionWay, une enquête sur la mobilité au travail dans l’Hexagone :

« En France, il faut montrer qu’on est là, nettement plus qu’en Europe du Nord, et beaucoup plus que dans les groupes anglo-saxons où c’est une marque d’incompétence que d’être encore là à 21 heures. »

Alors venir travailler quand on est malade...

Et vous, vous arrive-t-il de venir travailler alors que vous sentez qu’il faudrait mieux resté alité ? Pour quelles raisons ? Pouviez-vous faire autrement ?

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:50

 

 

Rue89 - Jackpot 06/12/2012 à 11h19
François Krug | Journaliste Rue89
 

 

 

Pour la première fois, l’Assemblée nationale révèle à quels partis exactement les députés décident d’accorder des aides publiques. Dans la liste, plusieurs petites formations dont l’activité se limite parfois... à recevoir et redistribuer ces aides.

Cette liste inquiétait beaucoup l’UMP la semaine dernière. Les députés avaient en effet jusqu’à vendredi pour choisir leur « rattachement » – en clair, le nom du parti auquel chacun d’entre eux souhaitait voir attribuée l’aide publique.

Chaque « rattachement » d’un parlementaire apporte plus de 42 000 euros au parti choisi. Les dissidents fillonistes en priveraient-ils l’UMP ? Certains y étaient favorables, mais l’idée avait été jugée trop radicale.

Parmi les petits secrets de la démocratie

Cette liste annuelle des « rattachements » faisait jusqu’ici partie des petits secrets de la démocratie. Chaque année, un décret recensait bien les partis bénéficiaires d’une aide, mais sans aucun détail sur les choix personnels des élus : seuls les initiés savaient.

Voir le document

(Fichier PDF)

 

C’est donc un progrès notable : pour la première fois, l’Assemblée nationale a mis en ligne cette fameuse liste des « rattachements ». Au Sénat, on nous précise que les « rattachements » des sénateurs seront eux aussi rendus publics mi-décembre.

Pour comprendre l’importance de ces listes, il faut se plonger dans les règles subtiles du financement politique. Des règles autant plus subtiles que les aides sont versées en deux parties, ou « fractions ».

L’option ultra-marine pour contourner la loi

La première « fraction », la moins difficile à obtenir, est calculée à partir du nombre de voix obtenues aux législatives. Pour en bénéficier, un parti doit avoir présenté au minimum :

  • cinquante candidats sur l’ensemble du territoire, chacun d’entre eux devant obtenir au moins 1% des voix dans sa circonscription ;
  • ou un seul candidat en outre-mer, avec le même seuil de 1% des voix.

La seconde option tient compte des particularités des partis ultra-marins, mais elle permet aussi aux métropolitains de contourner la loi. Rien ne leur interdit de domicilier un petit parti outre-mer, pour obtenir plus facilement la première « fraction » de l’aide publique.

Justement, seuls les partis ayant droit à cette première « fraction » peuvent prétendre à la seconde. Ils n’ont qu’à obtenir les fameux « rattachements » d’un ou plusieurs parlementaires.

Là non plus, la loi n’avait pas prévu que le mécanisme fonctionnerait aussi en sens inverse. Vous avez été élu député, mais votre parti n’a pas présenté assez de candidats et obtenu assez de voix ? Vous n’avez qu’à déclarer votre « rattachement » à :

  • un parti basé en métropole et ayant droit à la première « fraction » (comme Jean-Louis Borloo et les députés du Parti radical : après avoir quitté l’UMP, ils s’étaient provisoirement liés à un petit parti écologiste, Le Trèfle) ;
  • un vrai parti d’outre-mer déjà existant (une astuce longtemps appréciée des centristes) ;
  • un faux parti d’outre-mer, déjà existant ou que vous aurez pris le soin de créer vous-même au préalable.

Mettez-vous à la place du député-maire de Cholet...

Mettez-vous à la place, par exemple, de Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet (Maine-et-Loire). S’il appartient au groupe UDI à l’Assemblée, il est surtout président du Centre national des indépendants et paysans (Cnip), un parti qui se remet difficilement de la chute de la IVe République.

C’est à Saint-Pierre-et-Miquelon que le Cnip a créé sa doublure, les Indépendants de la France métropolitaine et d’outre-mer. Son candidat ? Tout simplement, un adjoint de Gilles Bourdouleix à la mairie de Cholet. Il a recueilli 98 voix, soit 3,84% : l’objectif a donc été plus que rempli.

Deux voisins vendéens de Gilles Bourdouleix, les députés villiéristes Véronique Besse et Yannick Moreau, se sont aussi « rattachés » au faux parti de Saint-Pierre-et-Miquelon. Pour le président du Cnip, ces astuces sont un mal nécessaire :

« J’ai un mouvement politique qu’il faut faire vivre. »

L’outre-mer passionne aussi Jean-Louis Masson, sénateur divers droite de la Moselle, fâché avec le RPR puis l’UMP. Son parti s’appelait autrefois Metz pour tous – un nom difficile à porter quand on présente ses candidats loin, très loin de la Lorraine.

Sous son nom actuel, Démocratie et République, il sert d’abord de tirelire à des parlementaires esseulés : une fois « rattachés » au parti, ils n’ont plus qu’à attendre que celui-ci reçoive les aides de l’Etat et les leur reverse. Quatre députés font aujourd’hui appel à ses services :

  • Jacques Bompard, député du Vaucluse, catalogué à l’extrême droite mais en froid avec le FN, qui peut ainsi financer son propre petit parti, La Ligue du sud ;
  • Jean-Pierre Decool, député du Nord, apparenté R-UMP (le groupe filloniste) ;
  • Maurice Leroy, député UDI du Loir-et-Cher ;
  • Gabrielle Louis-Carabin, députée apparentée socialiste de Guadeloupe, la seule client de gauche de Démocratie et République – et la seule à vraiment venir d’outre-mer.

« Celui qui dit que je profite... »

Un parti reversant les aides publiques à ceux qui n’ont pas le droit d’en bénéficier ? « Encore heureux qu’il y ait cette possibilité ! » s’agace Jean-Louis Masson. Le sénateur de la Moselle n’y voit « rien de scandaleux » :

« Ce qui est scandaleux, c’est que la seconde fraction [liée à l’élection d’un parlementaire, ndlr] est rattachée à la première [liée au nombre de candidats et de voix du parti, ndlr]. On essaie d’étouffer les petits partis [...].

Je suis non-inscrit et je ne vois pas pourquoi on me forcerait la main. J’ai la même légitimité qu’un sénateur d’un grand parti [...].

Sinon, il faut nous interdire d’être candidats ! Ce ne sont pas des petits partis qui cherchent à profiter : ce sont des petits partis qui ont fait la preuve qu’ils pouvaient battre les grands. Celui qui dit que je profite, il n’a qu’à venir payer mes campagnes ! »

Démocratie et République se contenterait donc de rendre service. En demandant tout de même une petite participation, selon les derniers comptes disponibles : en 2010, le parti avait conservé 2% des aides versées pour ses parlementaires « rattachés » (8 300 euros, sur un total de 394 700 euros). Pour « les frais de fonctionnement », explique Jean-Louis Masson.

Sous la précédente législature, ce système avait notamment profité à Nicolas Dupont-Aignan : son mouvement, Debout la République, ne remplissait pas encore les conditions légales pour bénéficier des aides. Le député souverainiste avait donc fait appel à Jean-Louis Masson.

Une vedette UMP auprès de Dupont-Aignan

C’est désormais inutile. Aux dernières législatives, Nicolas Dupont-Aignan a présenté assez de candidats pour pouvoir recevoir directement l’aide publique. Mieux : son parti a déjà gagné un « rattachement ». Et pas n’importe lequel.

Ce n’est pas un député indépendant, mais une vedette de l’UMP, Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes. Il nous explique :

« C’est tout simplement pour apporter mon soutien à Nicolas Dupont-Aignan, notamment pour son combat courageux sur l’Europe. L’UMP, en la matière, ne fait pas de place aux thèses souverainistes. L’héritage pasquao-séguiniste y a largement disparu. Et c’est un petit parti, c’était aussi lui donner un droit à l’existence. »

A gauche, un autre député a lui aussi voulu manifester sa mauvaise humeur : Hervé Pellois, élu en juin dans le Morbihan et apparenté au groupe socialiste à l’Assemblée, ne s’est tout simplement « rattaché » à aucun parti.

Il a été exclu du PS au début de l’année pour s’être présenté contre le candidat officiel. « J’ai 39 ans de militantisme ! » proteste-t-il. Et tant qu’il ne sera pas réintégré, Hervé Pellois ne fera pas bénéficier ses anciens camarades de sa petite portion d’aide publique : 42 000 euros de perdu pour le PS... et autant d’économisés pour l’Etat.

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:46

 

 

Rue89 - Le Yéti
voyageur à domicile
Publié le 06/12/2012 à 11h30

 

Il est de notoriété que la banque Goldman Sachs paria sur la chute du système en le dépeçant d’importance avant qu’il ne fut trop tard. Comme font d’ailleurs aussi conseils d’administration et actionnaires en vidant leurs propres entreprises de leurs substances (plan sociaux à la pelle, dividendes et primes obscènes). Et si nos dirigeants politiques procédaient de même avec les caisses publiques du pays ?

Oublis et reniements

Car enfin, on peut légitimement se demander ce qui pousse notre pépère pouvoir socialiste (pépère, juste en apparence) à s’obstiner sur un projet aussi mal foutu que Notre-Dame-des-Landes, à tricher ouvertement sur les chiffres même de l’étude de rentabilité pour le faire passer en force. Sinon à vouloir gonfler en douce les caisses de l’entreprise Vinci.

On peut encore s’étonner que notre tout frais gouvernement (tout frais, c’est vraiment façon de parler) reprenne le flambeau de l’aventure EPR qui a tout du coup foireux et du gouffre à finance. Sinon à vouloir engraisser les caisses d’EDF.

On peut toujours s’interroger sur ces projets de lignes ferroviaires à grande vitesse, mais à coût exorbitant et à utilité des plus incertaines, à conséquences sociales et écologiques désolantes. Sinon à assurer des lendemains juteux à la SNCF.

On reste perplexe devant la désinvolture avec laquelle le Premier ministre Ayrault moucha son ministre Montebourg en négociant précipitamment un accord cousu de fil blanc pas net avec Mittal sur le cas Florange.

Regardez encore la vidéo ci-dessous, regardez bien avec quelle sournoiserie proche du ridicule le ministre Moscovici, répondant à Joseph Stiglitz, enterre l’engagement présidentiel de séparer les activités bancaires en deux parties, banques de dépôt d’un côté, banques d’investissements spéculatifs de l’autre :

Dis moi qui te finance, je saurai qui tu es

Eh oui, vous êtes d’accord avec moi. Ça fait beaucoup ! Et un vilain soupçon s’installe. Qu’est donc un gouvernement qui travaille aussi manifestement contre l’intérêt public. En tout cas pas vraiment en sa faveur. Mais au bénéfice aveuglant d’intérêts privés bien compris ? On est là partagés entre impression de bêtise et suspicion de perfidie.

Bon, jouons nous aussi les faux-culs hypocrites. Allons-y avec le paravent rebattu, mais un peu usé, de la présomption d’innocence. Non, ministres intègres, serviteurs fidèles, non, nous ne vous soupçonnons pas, bien sûr, de je ne sais quelles sombres collusions intéressées. Mais admettez que nous soyons en droit d’exiger quelques explications.

Tiens, cet élément facile à fournir, par exemple, au nom de la transparence et de la démocratie : voudriez-vous, s’il vous plaît, nous communiquer la liste de vos principaux bailleurs de fonds, ceux qui vous permettent de battre campagne électorale pour vous amener là où vous êtes aujourd’hui ?

Vous pourriez ainsi, j’en suis persuadé, nous débarrasser promptement de nos doutes. Pas comme vos concurrents de l’UMP d’en face dont la liste des « généreux donateurs » a été révélée par le site Mediapart. Pas triste !

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:42

 

Ils parlent tous de "déclic". C’était à la sortie d’un cours de théâtre pour Laurent, à une terrasse de café pour Denis, suite à une panne de chaudière pour Katia… Un jour, ces citoyens ordinaires ont décidé de s’engager auprès des sans-abri, en marge des associations classiques de solidarité. Sans subvention de l’Etat, ni expérience, ils maraudent, distribuent de la nourriture, des vêtements, voire proposent des hébergements. 115 du particulier, ActionFroid, Tends la main, Toit à moi… tous ces collectifs s’épanouissent, depuis quelques mois via Internet.

 

Ivan, bénévole à ActionFroid offre une couverture à un sans-abri.
(Photo Gwenn Dubourthoumieu pour Le Monde)

 

Février 2012 : Laurent Eyzat, 48 ans, gérant d’une petite entreprise de communication visuelle en région parisienne, est saisi par le froid. Sitôt rentré chez lui, il lance via son compte Facebook un appel à la solidarité. Très vite, son "cri d’indignation" trouve un écho sur la toile. "En 15 jours, j’avais 4000 euros de promesses de dons, et 1200 personnes qui se disaient prêtes à s’engager à mes côtés", raconte M.Eyzat, qui en dehors de dons de temps en temps, ne s’était jamais investi dans le caritatif. En quelques semaines, des collectifs ActionFroid s’ouvrent dans 14 villes.

Neuf mois plus tard, ActionFroid fonctionne toujours, même si l’engouement du début est un peu retombé. Responsable de l’antenne parisienne, Laurent Eyzat peut compter sur un noyau dur d’une soixantaine de bénévoles qui, avec lui, vont aux devants des sans-abri, chaque samedi soir.

A l’instar d’ActionFroid, beaucoup de ces groupes informels ont dû prendre au bout de quelques mois, notamment pour des raisons juridiques, le statut d’association loi 1901. Pourtant, elles revendiquent toujours leur différence.

 

Isabelle, Sylvie et Adriana, préparent la maraude chez Laurent Eyzat
(Photo Gwenn Dubourthoumieu pour Le Monde)

 

"Les associations dépendantes des subventions publiques sont en quelque sorte des sous-traitants de l’Etat et doivent s’inscrire dans un cadre d’action prédéfini, considère Denis Castin, 40 ans. Nous, nous avions envie de faire du social à notre manière." En 2007, il se lance avec un ami, Gwenaël Morvan, 35 ans, dans un pari fou : réunir des parrains pour acheter des appartements et y loger des personnes sans-abri, moyennant un loyer modique.

Cinq ans après la genèse du projet, Toit à moi possède quatre appartements dans le centre de Nantes et vient de rembourser l’achat de son premier logement. "Personne ne croyait en notre projet", se rappelle Denis Castin. Les deux amis, qui travaillent alors dans une structure associative d’aide à la création d’entreprise, arrivent cependant à persuader une banque de leur accorder un prêt sur cinq ans pour l’achat d’un premier T1, d’environ 80.000 euros. Sans apport personnel, ils trouvent 80 personnes qui s’engagent à débourser en moyenne 20 euros par mois pour rembourser l’emprunt contracté. "L’un des avantages de notre modèle économique est qu’il ne dépend pas des aléas des financements publics", analyse Denis Castin. "Parfois de très bons projets s’arrêtent faute de subventions", regrette ce fils de profs qui considère que l’Etat fait déjà sa part via les déductions fiscales qu’il accorde sur les dons.

 

Le garage où les bénévoles d'ActionFroid stockent couvertures, vêtements...qu'ils vont distribuer lors de leur maraude.
(Photo Gwenn Dubourthoumieu pour Le Monde)

 

Katia Pillet, 34 ans, a elle aussi voulu agir, en toute liberté. Son collectif Tends la main, fort d’une trentaine de personnes, va chaque semaine à la rencontre des sans-abri de Dijon. Il repose entièrement sur la débrouille et la générosité. "Dépendre de subventions, c’est se taire, même quand vous n’êtes pas d’accord", affirme la jeune mère célibataire, qui n’avait jamais fait partie d’aucune association auparavant.

"Il y a une certaine liberté d’engagement et une proximité dans les petites structures qui correspond à ce que beaucoup de personnes recherchent", considère Sylvie Lhoste, qui anime le portail Internet www.entraidescitoyennes.com, dont le but est de recenser les initiatives de ce type. "Les gens viennent quand ils peuvent et avec ce qu’ils ont. On est là pour aider point, pas pour décortiquer ou vérifier une situation", poursuit cette ancienne journaliste, reconvertie dans le commerce, et par ailleurs bénévole à ActionFroid.

"La lourdeur administrative, les conflits entre dirigeants et entre bénévoles, les clans…", ont poussé Hélène Haon à fuir les structures traditionnelles. A 27 ans, la jeune femme a cherché hors des sentiers balisés du caritatif un moyen de s’engager. Depuis quelques mois, elle gère le site internet du 115 du particulier, une plateforme qui met en relation des sans-abri et des personnes qui proposent des offres notamment d’hébergement.

Ce foisonnement d’initiatives citoyennes bouscule les acteurs traditionnels de la solidarité, partagés entre admiration et prudence. "C’est un signe positif de la maturité de la société civile qui a parfois compris avant nous, les associations, que l’Etat ne pouvait pas tout, analyse Didier Piard, directeur de l’action sociale de la Croix-Rouge. Par ailleurs, il est salutaire que la solidarité ne soit pas seulement l’affaire du duo Etat/association." Le responsable caritatif met toutefois en garde: "La prise en charge des SDF est lourde. Les aidants non professionnels et non encadrés peuvent être dépassés par une réalité, qu’il n’avait pas soupçonnée. Il y a aussi tout un côté affectif qu’il faut pouvoir gérer".


Ivan en maraude dans le 12e arrondissement de Paris.
(Photo Gwenn Dubourthoumieu pour Le Monde)

 

A la Fédération des banques alimentaires, le directeur Maurice Lony pointe aussi d’autres risques plus terre à terre: "On ne peut pas faire n’importe quoi en matière de distribution et de fabrication alimentaire. C’est pour cette raison, que nous ne fournissons des denrées qu’à des structures qui répondent à des conditions d’hygiène et de sécurité satisfaisantes, la taille n’est pas un critère mais le côté amateur peut faire oublier certaines précautions."

Des arguments que ne dissuadent pas les bonnes volontés. "Les grosses associations n’ont pas le monopole du cœur et de la misère, réplique Laurent Eyzat. Nous sommes complémentaires et hélas il y a du travail pour tout le monde."

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"La générosité mais sans le côté culpabilisant"

L’une travaille à ADP, une grosse société gestionnaire des aéroports parisiens, l’autre est technico-commercial dans une petite entreprise de mécanique. Depuis quelques mois, plusieurs samedis par mois, Sylvie B. (qui a requis l’anonymat) et Christine Paturel sont bénévoles au sein du collectif ActionFroid.

Elles consacrent ainsi une partie de leur week-end, à collecter, trier puis distribuer, vêtements, produits d’hygiène, boissons chaudes. Du monde des sans-abri, elles ne connaissaient rien. C’est "par hasard", en écoutant une émission de radio que Sylvie entend parler du 115 du particulier, un site lancé en février 2012 pour mettre en relation sans-abri et citoyen disposant d’un toit. Elle franchit le pas et accueille durant deux mois et demi une personne en difficulté.

"La cohabitation s’est très bien passée", raconte-t-elle. "Mais je me suis aperçue que cet engagement était lourd, qu’à partir du moment où l’on accepte quelqu’un chez soi, on ne va le remettre dehors tant qu’il n’a pas trouvé de solution pérenne", explique Sylvie, 49 ans. Elle décide pourtant une fois son hôte relogé de continuer son action envers les plus démunis. "Je ne sais pas pourquoi cela m’a pris d’un seul coup, moi qui n’avait jamais milité, qui n’était jamais allée au bout de mon idée de m’engager auprès d’une association. J’étais peut-être sensibilisée car dans mon histoire familiale, quelqu’un a un temps connu la rue, poursuit Sylvie. En tout cas, c’est qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui c’est devenu une évidence".

En mai 2012, la mère de famille d’une grande fille de 27 ans, prend alors contact avec ActionFroid. Lors de sa première maraude, elle prend "une claque". "J’ai réalisé le lendemain en racontant à mon mari la soirée, la force de ce que j’avais vécu. J’ai aussi pris conscience qu’après une telle expérience, il serait difficile de ne pas y retourner". Parce qu’elle a une "vie familiale, sociale", Sylvie ne vient pas tous les samedis. Elle peut compter sur le soutien de son mari, mais celui-ci pour l’instant se tient en dehors de son engagement.

La plupart des bénévoles d’Action Froid sont d’ailleurs des femmes,  âgées entre 40 et 50 ans, en activité. "Il y a quelques hommes qui commencent à arriver, c’est bien", constate Christine Paturel. Mère d’une étudiante de 19 ans, Christine, 47 ans, cherchait des idées de sorties sur un site internet spécialisé quand elle est tombée sur une annonce déposée par ActionFroid. "J’avais envie de faire du bénévolat mais je n’avais jamais franchi le pas", explique cette cadre technico-commercial. Malgré ses appréhensions, sa première maraude se passe bien. Depuis elle fait partie des bénévoles les plus réguliers.

"Si on peut aider à notre petite échelle, tant mieux", explique Christine qui apprécie l’ambiance très conviviale du collectif. "J’ai fait de belles rencontres, des personnes que je n’aurais sans doute jamais côtoyées, ça permet aussi de relativiser ses petits soucis", poursuit la bénévole. Toujours trois par voiture, les maraudeurs se retrouvent souvent après leur tournée, au domicile du fondateur et responsable d’Action Froid Paris Laurent Eyzat, pour décompresser. Parce qu’elles ont chacune un véhicule, avec lequel elle parte en maraude, Sylvie et Christine font rarement équipe ensemble. Elles se connaissent d’ailleurs assez peu mais disent pourtant apprécier la même chose dans leur petit collectif : "La générosité mais sans le côté culpabilisant".

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:24

 

LE MONDE | 06.12.2012 à 10h22 • Mis à jour le 06.12.2012 à 18h20 Par Franck Johannès


 
  •  Cellule de confinement de la maison d'arrêt des hommes.
 

Cellule de confinement de la maison d'arrêt des hommes.

Crédits : G. Korganow pour le CGLPL

L'équipe du contrôleur général des prisons en est sortie effarée. Par l'effroyable odeur d'ordures et d'urine, par les murs qui tombent en ruine, par l'eau qui ruisselle dans les bâtiments, par les rats qui pullulent au point que les surveillants tapent des pieds pendant les rondes de nuit pour les éloigner. Ils ont trouvé un scorpion dans une flaque et surpris un détenu qui lapait l'eau des toilettes, lassé de réclamer depuis trois semaines qu'on répare le robinet de sa cellule. Un autre a fini par leur murmurer, vert de peur, qu'il était l'esclave, y compris sexuel, de ses deux codétenus.

 

"VIOLATION GRAVE DES DROITS FONDAMENTAUX"

Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, a jugé le naufrage de la prison des Baumettes, à Marseille, suffisamment alarmant pour utiliser la procédure d'urgence, prévue en cas de "violation grave des droits fondamentaux". Il a publié, jeudi 6 décembre, "des recommandations" au Journal officiel. C'est la seconde fois depuis sa nomination, en 2008, après le cri d'alarme l'an dernier sur la terrible prison de Nouméa.

Les contrôleurs sont arrivés à vingt, pendant deux semaines, au centre pénitentiaire des Baumettes, du 8 au 19 octobre, et ont minutieusement exploré la détention. "Voici, par exemple, le constat que deux personnes détenues font de leur cellule, dont la véracité a été scrupuleusement vérifiée, écrit Jean-Marie Delarue. Absence de la partie supérieure de la fenêtre ; fil alimentation téléviseur coupé (absence de prise) ; pas de lumière (ampoule manquante), pas de veilleuse pour le surveillant de nuit ; pas d'interphone d'urgence ; WC récent mais non fixé au sol et chasse d'eau quasi inexistante ; pas de cloison d'intimité, lavabo bon état mais fuite au sol au niveau du siphon ; pas de miroir ; réfrigérateur très sale et infesté de cafards tant à l'intérieur qu'à l'extérieur ; murs sales, dégradés et presque couverts d'inscriptions en tous genres, nombreuses araignées et cloportes ; sol sale, nombreux détritus, pas de cabine de douche ni d'eau chaude ; aucun placard ni rangement, pas de quoi s'asseoir, pas de table."

Les contrôleurs ont découvert des cellules où les carreaux étaient cassés et les bouts de verre encore dans le châssis. Dans d'autres, il n'y a plus de châssis. "Il fait très chaud l'été, explique M. Delarue, les détenus enlèvent les fenêtres et les glissent sous un lit. Mais elles se cassent au fil des mois, et l'hiver, il n'y a simplement plus de fenêtres. Il arrive qu'il fasse très froid à Marseille."

On ne compte plus les lavabos arrachés, "les fils électriques qui font des feux d'artifice..." La commission départementale incendie a demandé, le 29 avril 2011, la fermeture des locaux. L'administration s'est assise sur le rapport. "Un incendie serait vraisemblablement catastrophique", s'inquiète le contrôleur des lieux de privation de liberté.

 

"C'EST FAIT POUR NOUS RENDRE FOUS"

Sur un échantillon de 98 cellules, 9 seulement n'appelaient "aucune observation sérieuse". "C'est fait pour nous rendre fous", dit un détenu. Il n'a pas tort : "Il existe des différences sensibles d'une cellule à l'autre, indique M. Delarue, l'affectation dans l'une ou l'autre détermine des conditions d'existence très différentes ; cela explique notamment la faiblesse du nombre de sanctions disciplinaires" : il suffit d'envoyer le récalcitrant dans une cellule encore plus dégradée – et il y a le choix.

Le traitement des déchets "est problématique", relève poliment le rapport, le réseau électrique "ne couvre pas les besoins actuels" : un surveillant a fait sa ronde, la nuit, dans un noir intégral, avec sa petite lampe de poche personnelle. Sept douches sur dix sont hors d'état. La cuisine a bien été restaurée en 1998, "mais les couloirs du sous-sol où elle est installée sont extrêmement sales". Quand les détenus ne sont pas remontés de promenade, on dépose les barquettes des repas devant les cellules, à la grande satisfaction des rats qui attendent l'heure des repas. La plupart des barquettes finissent par la fenêtre. "Il est miraculeux qu'il n'y ait pas eu d'épidémie, s'indigne le contrôleur, si un détenu était gravement malade, elle se répandrait comme une traînée de poudre."


 PAS DE MOYENS ET SURPOPULATION CHRONIQUE

Des travaux ont certes été entrepris. Un nouveau bâtiment a été construit en 1989, mais il pleut dedans, d'ailleurs le sol a bougé et "d'importants défauts de structure" le condamnent à terme. La prison des femmes, pourtant la moins dégradée, va être reconstruite, avec un autre nouveau bâtiment... en 2017. Mais les travaux de l'actuelle maison des hommes, la plus vétuste, ne sont pour l'heure pas prévus.

Surtout, les travaux d'entretien sont ridicules pour un établissement aussi ancien – les Baumettes ont été ouvertes en 1936. Les crédits de maintenance ont diminué de 26 % en deux ans. Les deux techniciens et leurs adjoints, "démobilisés, font ce qu'ils peuvent, au gré des urgences les plus criantes", mais "leur dévouement ne pallie pas ce qui devrait être fait et ne l'est pas". Le budget des Baumettes est d'ailleurs "en baisse très sensible" en 2012 par rapport à 2011 (- 7,2 %). La direction rogne sur les "fournitures et travaux" (- 36,7 %), ou sur "l'hygiène et la propreté des détenus" (- 58 %).

Pas moins de 1 769 personnes étaient incarcérées au 1er octobre, pour 1 190 places. Dans la seule maison d'arrêt des hommes, le taux d'occupation est de 145,80 % et ça ne s'arrange pas : les Baumettes récupèrent le trop-plein de détenus des établissements de la région en "gestion déléguée" – en partie gérés par le privé –, pour ne pas payer de "journées de détention" supplémentaires aux prestataires privés. Ces maisons d'arrêt sont elles-mêmes pleines à craquer, avec une surpopulation moyenne de 136,6 %.

 

GREFFIERS ET MAGISTRATS REFUSENT DE VENIR

Le personnel en revanche est rare, et compte tenu des conditions de travail, l'absentéisme est élevé : 2,6 jours par personne et par mois, a calculé le contrôleur. L'un des gardiens se souvient du jour où un rat lui a sauté sur la poitrine, et il en est resté durablement traumatisé. Il arrive qu'il n'y ait qu'un seul surveillant pour un étage, soit deux cents détenus. Les greffiers des juges d'application des peines refusent de venir en détention – du coup, les magistrats n'y vont pas non plus, tout comme les infirmiers du service psychiatrique (SMPR).

Il n'y a de surcroît strictement rien à faire aux Baumettes. Neuf personnes travaillaient en octobre en atelier, les activités culturelles sont menacées par les coupes du budget, il n'y a que deux moniteurs de sport. "Dans ces conditions, résume Jean-Marie Delarue, la seule activité est la promenade, jusqu'à six heures par jour."

Les surveillants ne surveillent pas la promenade – "parce qu'ils ont peur" –, ni d'ailleurs les douches, où se règlent des comptes sanglants. Depuis le début de l'année, les médecins ont recensé quatorze contusions multiples, huit plaies profondes, sept fractures diverses, trois traumas crâniens, un viol. C'est qu'en prison, tout se paie. Comme le téléphone. "J'ai deux prestataires de téléphone, dit un membre de la direction. Le concessionnaire et les caïds."

La communication se paie bien sûr, mais l'accès au téléphone aussi. Et "d'autant plus chèrement que la plupart des appareils installés dans les cours de promenade sont régulièrement détruits", indique le contrôleur, pour organiser la pénurie. Les détenus se plaignent de la désorganisation des cantines – la boutique interne – dont une grosse quantité s'évapore mystérieusement. D'autres biens se négocient sous le manteau – 1 200 téléphones portables ont été saisis en 2011.

Les plus pauvres, ou les moins forts, s'endettent (15 % en moyenne sont indigents), beaucoup n'osent plus sortir de leurs cellules, même pour la douche. D'autres passent au service des gros bras – ou cherchent à fuir. Les feux de cellule s'expliquent souvent par le besoin urgent d'échapper à un créancier. Ça ne résout rien, "on ne sait pas si on ne va pas mettre la victime entre les mains d'autres bourreaux", explique Jean-Marie Delarue, et la menace se porte tout aussi bien à l'extérieur, sur les familles des détenus. "L'état matériel, la pénurie d'activités, la violence : tout se tient. Et cela se passe à Marseille, en 2012."

Franck Johannès

 

Christiane Taubira a "conscience des tensions"

Christiane Taubira, la garde des sceaux, a reçu Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, le 16 novembre, et lui a longuement répondu par écrit le 4 décembre. Elle ne conteste guère son accablant constat sur la prison des Baumettes : elle répète que les travaux de restructuration seront achevés en 2017, et qu'il est "envisagé" de construire une nouvelle maison d'arrêt des hommes, la plus dégradée.

Pour le reste, la ministre fait avec ce qu'elle a, c'est-à-dire peu. L'administration pénitentiaire "recense actuellement les travaux prioritaires" à étaler sur plusieurs années, et "des crédits permettant de sécuriser les biens et les personnes" seront débloqués. Des cloisons pour isoler les toilettes de 161 cellules sont prévues, ainsi que des travaux électriques ou d'étanchéité des toitures ; on a demandé à l'entreprise de dératisation d'accélérer le mouvement. 30 détenus seront recrutés pour le service général (les repas, le nettoyage), avec des moniteurs de sport et des agents de maintenance.

Quant à la surpopulation chronique, Mme Taubira compte sur sa circulaire de politique pénale pour freiner les entrées en prison. Elle "a conscience des tensions qui peuvent régner", et a demandé un audit de la sécurité à l'administration qui devra lui faire "des propositions précises". Le procureur et le procureur général sont sommés "d'apporter une attention toute particulière aux faits de violence", et la ministre envoie une inspection "établir un état des lieux" et "dégager des solutions concrètes".

Jean-Marie Delarue y a trouvé un "motif de satisfaction" : la ministre a lu son rapport et y a répondu. Pour le reste, sa réponse n'est "clairement pas à la hauteur des enjeux" estime-t-il.

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:22

 

LE MONDE | 06.12.2012 à 11h15 • Mis à jour le 06.12.2012 à 15h32 Par Susan George, présidente d'honneur d'Attac et Aurélie Trouvé, coprésidente d'Attac

 

 

 

La lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est une lutte pour l'avenir. Elle s'oppose à un projet d'aéroport pharaonique, conçu dans les années 1960, inutile sur le plan économique et financièrement coûteux pour l'Etat et les collectivités territoriales, alors que le déficit budgétaire est utilisé pour justifier l'austérité sociale et retarder la transition écologique.

Les dizaines de milliers de manifestants du 17 novembre dernier, accompagnés de centaines de tracteurs, s'opposent au saccage de 2000 hectares de terres agricoles et de bocages, à l'expulsion des paysans et de tous ceux qui occupent ces terres et les maisons abandonnées.

Cette résistance exprime le refus d'une dérive face au changement climatique et à la destruction de la biodiversité. Elle rejette un modèle prédateur imposé au nom du "développement". Cette lutte, pleinement d'aujourd'hui, en rappelle pourtant une autre, menée il y a quarante ans au Larzac.

Dans les deux cas, on retrouve la défense des terres et des paysans, l'occupation du site et la transformation des combats citoyens en laboratoires d'expérimentation sociale et de solidarités concrètes. Aujourd'hui comme hier, les opposants pratiquent toutes les variétés de résistance, toujours non-violente.

L'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa) a ainsi démonté point par point les arguments avancés par les gouvernements successifs et souligné les carences, voire les mensonges des expertises officielles.

La créativité populaire a engendré des centaines de réunions d'information des populations, des recours juridiques, la désobéissance civile, des grèves de la faim, la montée de tracteurs vers Paris, des occupations de terres, des convergences avec d'autres luttes européennes contre divers grands projets inutiles et coûteux. La ZAD, zone d'aménagement différé, a été rebaptisée zone à défendre et investie par de nombreuses personnes qui y vivent. C'est cette zone qui fait actuellement l'objet d'expulsions d'habitants et de destruction de cultures.

Dans le sillage des paysans et des habitants de la région, comme au Larzac, des milliers d'autres citoyens se sont joints aux luttes parce qu'ils ont compris que les revendications portées sur ces terres agricoles et ce bocage allaient bien au-delà de la seule défense d'un territoire.

De même que le Larzac est devenu un symbole du refus du militarisme, Notre-Dame-des-Landes traduit le rejet de l'exploitation toujours plus féroce des êtres humains et de la nature au nom de la rentabilité des capitaux.

La résistance contre le géant de la construction Vinci, choisi pour bétonner ces milliers d'hectares, devient aussi le symbole du refus du règne des entreprises multinationales et de l'industrie financière, aidées par l'Etat à s'enrichir grâce à la dépossession d'autrui.

Notre-Dame-des-Landes devient un creuset des mouvements paysans, écologistes, altermondialistes et citoyens contre cette expropriation violente et la marchandisation du monde au nom du progrès. C'est pour cela aussi qu'Attac y est présente.

L'immense manifestation du 17 novembre, pacifique et déterminée, mêlant toutes les générations et les traditions de lutte, semble bien nous dire que les citoyens réapprennent à dire non, à résister, à se dire qu'ensemble ils pourraient gagner contre le mensonge politique et l'acharnement administratif. Ils recommencent à croire qu'il n'y a pas de fatalité et que l'on peut réussir à écarter ce projet absurde et délétère.

Plus le gouvernement se raidit, plus les interventions des forces de l'ordre se multiplient (estimées à plus d'un million d'euros depuis octobre), et plus le mouvement s'amplifie et s'unit.

Dans quinze jours, la centaine de comités de soutien qui se sont constitués en France se retrouveront pour construire la suite. Comme pour le Larzac, des centaines de milliers de personnes sont attendues à un grand rassemblement sur place cet été.

En ce moment même à Doha, les négociations onusiennes sur le climat s'enlisent et risquent une fois encore de n'aboutir à aucun accord contraignant sur les gaz à effet de serre, condamnant la planète à une augmentation importante de sa température et à des conséquences désastreuses pour l'ensemble des populations.

Le président de la République, François Hollande, souhaite une France "exemplaire en matière de transition écologique" et accueillir la conférence de l'ONU sur le climat de 2015. Cette exemplarité est incompatible avec l'expansion du trafic aérien et le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

En arrivant au pouvoir en 1981, François Mitterrand a mis fin au projet d'extension de la zone militaire du Larzac. En luttant par la force pour un "grand projet inutile et imposé" et pour la victoire de Vinci, ce gouvernement se trompe de combat et d'alliances et aiguise la colère et la détermination de ceux qui pourraient le soutenir.

François Hollande s'honorerait, et le Parti socialiste avec lui, en mettant fin au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, fût-il depuis de longues années le projet phare de son premier ministre.

Susan George, présidente d'honneur d'Attac et Aurélie Trouvé, coprésidente d'Attac

 

Ce texte est également cosigné par Geneviève Azam, du conseil scientifique d'Attac, et Geneviève Coiffard-Grosdoy, militante d'Attac et de l'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport à Notre-Dame- des-Landes (Acipa).

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:19

 

 

LE MONDE | 05.12.2012 à 18h07 • Mis à jour le 06.12.2012 à 15h31 Par Catherine Conan, Geneviève Lebouteux, Sylvie Thébaud, Françoise Verchère, Pierre Giroire et Frank Meyer

 

La connaissance et la conviction. Dès que le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes fut ressorti de la poussière des armoires où il dormait, au début des années 2000, beaucoup d'habitants de la zone concernée manifestèrent leur incompréhension.

L'ACIPA (Association citoyenne des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes) fut créée et l'ADECA (Association de défense des exploitants concernés par le projet d'aéroport) fut réactivée. Dans cette dernière, beaucoup d'agricultrices et d'agriculteurs reprenaient le flambeau de leurs parents qui avaient lutté contre ce même projet trente ans plus tôt.

Ces associations furent bientôt rejointes par de nombreuses organisations : associations, partis politiques et syndicats. On compte aujourd'hui 45 organisations, regroupées dans la coordination des opposants au projet.

Leurs militants ont travaillé à la connaissance du projet et du domaine des transports sous un grand nombre d'aspects : besoins pour les déplacements à moyennes et longues distances, coordination des différents modes de transport, environnement, aménagement du territoire, conséquences économiques et sociales, géologie des lieux, problématique de l'énergie, bases juridiques du projet...

D'importantes recherches ont été faites et se poursuivent, diffusées largement sur Internet et lors de nombreuses réunions d'information dans les régions Pays de la Loire et Bretagne. Des solutions alternatives ont été proposées. Cela a donné lieu à un partage fructueux des savoirs et des savoir-faire.

Avec ou sans diplôme, chacun a pu bénéficier des expériences et des connaissances des autres. Sans vraiment que ses acteurs le veuillent, la contestation du projet d'aéroport est devenue une véritable université populaire, et si elle n'avait été que cela, elle aurait déjà pu être un objet de fierté pour ceux qui ont participé à cette grande aventure humaine.

 

 La doxa et les approximations. Du côté des partisans du projet, il y a la croûte supérieure du milieu patronal. La grande majorité des petites entreprises, qui forment le maillage essentiel de l'économie régionale, reste sceptique ou totalement indifférente. Il y a surtout des politiciens qui ont oublié qu'ils ne sont pas propriétaires du pouvoir mais qu'ils en sont seulement les dépositaires.

Derrière leurs leaders, suivent les élus de base qui sont appelés à l'obéissance. Ils pratiquent volontiers le prosélytisme avec une argumentation sommaire qui relève le plus souvent d'une doxa de comptoir d'estaminet. On y trouve aussi quelques doctrinaires nostalgiques d'un productivisme obsolète dont on sait hélas sur quelles catastrophes humaines et écologiques il a débouché.

A aucun moment, ils n'ont pu apporter de preuves pertinentes de la nécessité d'investir dans la construction d'un nouvel équipement. Nantes Atlantique, l'actuel aéroport de Nantes a reçu en septembre 2011 le trophée ERA Award de meilleur aéroport européen. Il est classé en catégorie A par la Direction générale de l'aviation civile, c'est à dire parmi les aéroports qui ne posent aucun problème particulier, comme le confirment de nombreux professionnels du transport aérien.

L'augmentation de la capacité des avions et les objectifs de rentabilité des compagnies aériennes aboutissent à un très faible accroissement du nombre de mouvements (atterrissages et décollages). Seuls l'aérogare et les parkings sont concernés par la croissance du nombre de passagers, ils peuvent parfaitement être agrandis si nécessaire.

La prochaine saturation de l'équipement existant, souvent invoquée, est donc un prétexte fallacieux qui ne résiste à aucune analyse sérieusement argumentée.

 

Une concertation "pour la forme". La prétendue concertation dont parlent les partisans du projet constitue une véritable imposture. En 2003, s'est déroulé le débat public ; en 2006, l'enquête publique généraliste et en 2012, l'enquête sur la compatibilité du projet avec la loi sur l'eau. En 2003, la Commission du débat public a décidé de s 'en tenir au thème de la saturation de Nantes Atlantique, négligeant la présence de 15 autres aéroports dans l'Ouest, alors que le cabinet Cosynergie concluait à la non-saturation physique des structures existantes.

En ce qui concerne l'enquête publique de 2006, nous savons depuis l'expertise économique indépendante réalisée en 2011 par le cabinet CE Delft à la demande du CéDpa (Collectif des élu(e)s qui doutent du projet d'aéroport). que les documents de l'enquête étaient plus que tendancieux et que le projet n'est en fait pas rentable.

Avec l'enquête en relation avec la loi sur l'eau, on a atteint des sommets dans le cynisme. L'Etat a proposé un processus qui aboutirait à détourner la loi, tandis que les opposants ont déposé des contributions d'une richesse et d'une pertinence exceptionnelle montrant de multiples incompatibilités avec de nombreux articles de cette loi sur l'eau. Quelques contributions favorables au projet furent déposées, la plupart d'entre elles n'étaient en fait que la copie d'une lettre circulaire issue d'une organisation patronale et n'ayant strictement aucun rapport avec l'objet de cette enquête publique.

Malgré cela les commissaires enquêteurs ont accordé un nouveau quitus au projet, l'accompagnant néanmoins de deux réserves importantes. Comment dans de telles conditions accorder du crédit à ces consultations ? Ceux qui les ont organisées ont certes respecté la lettre de la loi mais ils en ont aussi bafoué l'esprit en permanence. Peut-être auraient-ils dû méditer sur ce court extrait de l'Esprit des lois de Montesquieu "Une chose n'est pas juste parce qu'elle est loi mais elle doit être loi parce ce qu'elle est juste".

 

Le mensonge et la violence institutionnalisés. Les opposants dans leur diversité ont multiplié les formes de contestation mais sont toujours restés intransigeants sur le fait que la lutte contre ce projet doit être non-violente.

Du côté du pouvoir, le harcèlement qu'il a utilisé jusqu'à maintenant est devenu depuis un mois et demi d'une rare brutalité et toutes les ruses de la répression ont été mises en œuvre :

- Le mensonge quand on a traité de terroristes ceux qui ont décidé depuis trois ans de vivre dans des maisons inoccupées de la ZAD de l'aéroport, défrichant la terre, cultivant leurs jardins, fabriquant eux-mêmes leur pain avec le but de vivre autrement, sans rien demander à personne, à l'écart d'un système économique qui produit de plus en plus de richesse et précipite de plus en plus d'entre nous dans la précarité et la misère.

- La manipulation en infiltrant des éléments provocateurs pour pousser à l'affrontement avec les forces de l'ordre ou à l'agressivité envers les journalistes.

- Les tentatives de créer des divisions entre les opposants.

- Les rappels à la loi avec une extrême rigueur judiciaire pour les uns et une bizarre mansuétude pour les autres.

Nous ne sommes pas dupes des dernières manœuvres des porteurs du projet : la création d'une commission du dialogue – exercice de communication – pour tenter de redorer une réputation fortement ternie par la violence des interventions des semaines passées et limiter une indignation qui s'étend maintenant à la France entière.

 

Le pari de la non-violence et de la démocratie. Notre détermination reste aussi intacte que notre volonté de lutter pacifiquement contre ce projet ruineux pour les finances locales, destructeur de l'environnement et de la vie des gens qui habitent sur ce territoire et y travaillent. Ceux qui nous gouvernent ont choisi la violence, nous choisissons la démocratie, sûrs que la pertinence de notre argumentation aura raison de leurs mensonges et de leurs manipulations.

Ce qui est en jeu maintenant dans cet affrontement entre pouvoir et citoyens, c'est moins la prétendue obsolescence d'un équipement qui remplit fort bien l'usage qu'on en attend et qui pourra le faire pendant encore très longtemps, que les dérives autoritaires et brutales de ce pouvoir qui peuvent nous mener au pire. A Notre-Dame-des-Landes, une révolution citoyenne et pacifique est en marche, les hommes en place à la tête de l'Etat iront-t-ils jusqu'à risquer de se déconsidérer complètement en tentant de l'arrêter par toujours plus de violence ?

 

Catherine Conan, Union syndicale solidaires ; Geneviève Lebouteux, Conseillère régionale (EELV) ; Sylvie Thébaud, Agricultrice (Confédération paysanne) ; Françoise Verchère, Conseillère générale (Parti de Gauche) ; Pierre Giroire, Militant associatif (Solidarités écologie) ; Frank Meyer, Conseiller national (MoDem 44)

Catherine Conan, Geneviève Lebouteux, Sylvie Thébaud, Françoise Verchère, Pierre Giroire et Frank Meyer

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:07

 

Le Monde.fr | 06.12.2012 à 18h35 • Mis à jour le 06.12.2012 à 18h51 Par Florence Beaugé - Envoyée spéciale


 

 
Edouard Martin, représentant de la CFDT sur le site de Florange, réagit à l'annonce d'un accord entre le gouvernement et ArcelorMittal, vendredi 30 novembre.

Il avait le visage fermé. On le sentait épuisé et fou de rage. Edouard Martin, le leader CFDT d'ArcellorMittal, charismatique figure de proue des métallurgistes lorrains, a littéralement déclaré la guerre à Jean-Marc Ayrault, jeudi 6 décembre, en milieu d'après-midi, à son retour à Florange. "On est tous écoeurés. On est à bout. On n'en peut plus. On nous enfonce la tête sous l'eau ", a –t-il lâché d'entrée de jeu, entouré de ses lieutenants, devant le local syndical de l'usine.

Malgré le froid glacial, on sentait Edouard Martin s'échauffer au fil des minutes, devant la presse qui buvait ses paroles. Que pense-t-il du retrait de la candidature d'ArcellorMittal du projet européen Ulcos ? "C'est un deuxième coup de poignard. La trahison continue, répond-il, la voix dure. On avait cru atteindre le comble du cynisme avec Sarkozy. Eh bien, on n'avait pas encore atteint le paroxysme ! On a deux ennemis maintenant : Mittal et le gouvernement !" Soudain, la voix d'Edouard Martin se casse. Il reprend, en ravalant des sanglots : "On a joué le jeu. On a voulu montrer à Paris qu'on pouvait être des partenaires. Ayrault, hier soir, n'était donc pas au courant de la trahison de Mittal ?", s'interroge-t- il, à nouveau saisi par la fureur. Puis il interpelle directement François Hollande : " j'en appelle au président de la République et je lui dis : est-ce que vous êtes tranquille avec votre conscience ?"


"IMBÉCILE OU COMPLICE"
 

Mais c'est le Premier ministre qui a eu droit aux coups les plus rudes d'Edouard Martin. "Il n'y a qu'Ayrault et les imbéciles pour croire [Mittal]. Soit Ayrault est un imbécile soit il est complice", a-t-il asséné, affirmant "regretter" d'être allé la veille à Matignon.

Quelques minutes plus tard, le syndicaliste tournait les talons et prenait le chemin des hauts-fourneaux, promettant des actions qui "surprise". Lesquelles ? Edouard Martin n'a pas voulu le dire. Une heure plus tard, il regagnait le local syndical, renonçant dans l'immédiat à occuper les usines d'ArcellorMittal mais ayant laissé sur place des vigies. Leur mission : surveiller l'éventuel arrêt des vannes de gaz, qui permettent de garder au chaud les hauts-fourneaux.

Une chose est sûre : la figure de proue des métallurgistes lorrains continuera d'utiliser les médias pour poursuivre son combat.

Florence Beaugé - Envoyée spéciale

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 17:54

 

http://videos.tf1.fr/infos/2012/notre-dame-des-landes-un-mensonge-d-etat-7711541.html

 

Même TF1 y songe sérieusement ...

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 17:49

 

 

 

 LES INDIGNE/E/S  AG Chaque mercredi  à 18h et samedi  à 13h Maison Carrée + pique nique

Chaque mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires 0466845199

Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Jeudi 6/12

Conf de Presse RESF

Grande Bourse

11

Jeudi 6/12

Réunion des Alternatifs

Bar les Ramblas

18h

Jeudi 6/12

Conf de presse Manif Anti précarité 15/12/2012

Café Olive

11h

Vendredi 7/12

Conf  presse collectif Nîmes antiGaz de Schiste

Bar L’Olive

12h

Vendredi 7/12

Concert solidaire Amnesty International  pour  liberté d’expression etdroits de l’homme/gratuit 

Petit Temple rue du Grand Couvent

19h

Samedi 8/12

Lâcher de ballons avec l’Observatoire International des Prisons

Maison d’arrêt de Nîmes

11h

Samedi 8/12

Marché de Noël chez Bruno et Marlène

Chemin de Russan

10 à 18h

Samedi 8/12

Mobilisation RESF contre circulaire Valls

Préfecture Nîmes

14h

Lundi 10/12

Remise du Nouveau Guide du prisonnier au Directeur de la Maison d’arrêt par l’OIP

Maison d’arrêt

10h

Mardi 11/12

Réunion avec l’OIP « victime et auteur, quelle rencontre ? »

Petit Subito Rue J.Reboul

18h30

Mardi 11/12

UCCN : Droit sans frontières par J.P.Hue

IUFM

19à 21h

Mardi 11/12

Film :Fukushima :enquête sur une super catastrophe+ débatProjet centrale nuc ASTRID Marcoule

Mairie de La Bruguière

20h

Mercredi 12/12

Réunion RESF Nîmes

Local APTI

18H

Mercredi 12/12

Réunion Collectif halte au  nucléaire Nîmes

Bar OTENKO Gambetta

18h30

Jeudi 13/12

AG extraordinaire d’ATTAC au Com quartier

Placette

18h15

Vendredi 14/12

 Les Roms en France et à Nîmes : Histoire situation juridique et sociale, cerner leurs besoins :  Assoc solidaires de femmes immigrées

Lieu à préciser : s’inscrire

9h30 à 17h

Vendredi 14/12

Repas AZUR Goûtons un quartier épicé

CSCS Valdegour

12h

Vendre 14/12

Amis Huma « Robespière,citoyen révolutionnaire français »C.Mazauric/Corbières

Maison Protestantisme

18h

Vendredi 14/12

Vernissage Expo Carrément/Michel Arnéguy ++

Galerie 4 Barbiers 

18h

Samedi 15/12

Manif chômage précarité exclusion sociale licenciements :Résistance et la solidarité

SERNAM à Nîmes

14h

Samedi 15/12

Solidarité avec les prisonniers Palestiniens : le témoignage d’un prisonnier libéré,films :AFPS, UJFP, Femmes en Noir

Maison du Protestantisme

19h

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      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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