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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 16:44

 

 

Rue89 - Arrêt sur images 31/01/2013 à 10h45
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

C’est la schizophrénie ordinaire du matinaute. Chaque matin, ce sentiment d’être écartelé entre deux continents informatifs.

Côté médias officiels, l’information institutionnelle. Le journal de France Inter s’ouvre sur la journée d’action des fonctionnaires. Protestations contre les suppressions de postes, demandes d’augmentation, refus du gouvernement. Du classique. Bernard Guetta espère que nos partenaires européens mettront enfin la main à la poche au Mali. Thomas Legrand déplore que l’on ne discute pas plus sereinement du mariage gay. Invité, le ministre de la Défense s’excuse courtoisement de ne pas pouvoir donner à l’antenne les plans des offensives militaires pour les prochains jours. L’ordinaire.

Mais en contrepoint, sur le site qui fait cui-cui, gazouillent les buzz qui feront l’actualité des prochains jours.

C’est tout pour Sarkozy ? Non

Ainsi, une vidéo démontre la mauvaise foi des députés UMP reprochant à Taubira d’avoir élaboré « en catimini » une circulaire sur la gestation pour autrui : tellement « en catimini », cette circulaire, que Taubira l’avait brandie (une vidéo du Huffington Post en fait foi) devant la commission des Lois de l’Assemblée le 16 janvier dernier.

 

 

Et tiens, saviez-vous que Sarkozy avait donné une conférence à huis clos devant une fondation sioniste à Genève ? Il s’y serait fait huer, pour une phrase trop critique sur Israël. A propos, combien a touché le conférencier ? On parle de 150 000 euros. Mais il dément.

C’est tout pour Sarkozy ? Non. Encore ceci. Il aurait organisé à l’Elysée une réunion entre Platini et le prince du Qatar. Objectif ? Echanger le rachat du PSG par les Qataris contre le vote de Platini en faveur de la Coupe du monde au Qatar en 2022. C’est notamment ici.

Ministres et pouvoirs contre fuites et scoops

Bref, l’information officielle contre l’info percutante. Les ministres et les pouvoirs contre les fuites et les scoops. L’estampillé officiel contre le « ça reste à vérifier ». Le raffiné contre le brut. Deux visions du monde si éloignées l’une de l’autre, que l’on se demande parfois si les deux univers communiquent.

Thomas Legrand a-t-il vu la vidéo du Huffington Post ? Et sa consœur Françoise Fressoz, éditocrate officielle du Monde, qui brode elle aussi sur « la bourde de Taubira », a-t-elle elle-même vu cette vidéo, pourtant mise en ligne sur un site qui appartient au même groupe que son journal ?

Sur un tout autre sujet, le journaliste de l’AFP qui assistait mercredi à la rencontre entre des banquiers et les députés PS, a-t-il bien vu la même réunion que notre éconaute Anne-Sophie Jacques, qui y assistait aussi ?

Accessoirement, se repose chaque matin la question de la compatibilité des deux systèmes. L’offre d’une information de révélation ne cessant de s’étendre, notamment sur le Web (mais pas seulement : le scoop sur Platini est paru dans le média traditionnel France Football), quel est l’avenir de l’information de ratification ? Y survivra-t-elle ? Vaste question, qui ne cesse de tarauder le schizonaute.

MERCI RIVERAINS ! Tilô, Pierrestrato
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 16:31

 

http://www.rue89lyon.fr/2013/01/30/une-manif-de-brebis-contre-le-pucage-electronique/

  • Rue89 - 30 janvier 2013
  • par Laurent Burlet

 

 

Parti lundi de Mornans (dans la Drôme), un troupeau de 200 moutons mettra cinq jours pour gagner Valence. A la tête de cette manif-transhumance de 50 kilomètres, une cinquantaine d’éleveurs et bergers qui dénoncent l’industrialisation de leur métier de paysan, qui passe notamment par l’obligation de mettre une puce électronique à leurs bêtes.


manif-Transhumance-puce-moutons

La manif-transhumance entre Mornans et Saoû, dans la Drôme. Crédit : Jean-Baptiste Mouttet

« Hier, on nous a imposé une vaccination inutile. Aujourd’hui, il faut mettre des puces électroniques aux moutons. Et demain, nous devrons acheter des béliers dans des centres d’insémination ».

L’éleveuse Laure Charoin s’active autour des clôtures en plastique qui retient encore pour quelques minutes les quelque 200 moutons qui vont s’élancer et marcher jusqu’à Valence.

Ce lundi après-midi, accompagnées d’un bélier, les brebis partent de Mornans, minuscule village niché dans l’un des plus beaux coins de la Drôme.

En huit kilomètres, elles rejoindront Saoû, à quelques encablures de Die, entre la Provence et le Vercors. Là où les touristes les plus fortunés achètent des ruines pour en faire des résidences secondaires. En mode transhumance, les bêtes devraient atteindre vendredi la préfecture de la Drôme.

Le troupeau est conduit par une cinquantaine d’éleveurs venus de tout le département. Les visages sont tendus. Peut-être à cause de la bise qui vous glace le sang.

« Cela me rappelle le Larzac », glisse une des voisines venue en soutien. Comme pour la mobilisation dans les années 1970 contre l’extension du camp militaire, un vent libertaire pousserait ces paysans drômois, réfractaires aux nouvelles normes de traçabilité. Comme pour le plateau aride de l’Aveyron, la Drôme fait figure de terre de résistance contre cette obligation de mettre une puce électronique aux moutons.

 

« No puçaran »

Depuis janvier 2010, un règlement de l’Union européenne impose pour tous les ovins un système d’identification électronique au moyen d’un « transpondeur », plus communément appelé puce RFID que l’on peut retrouver sur les cartes de transport en commun ou dans les passeports. Pour les brebis, cette puce est placée sur une boucle d’oreille en plastique et comprend le numéro de l’élevage et le numéro de la bête.

 

boucle-electronique-Moutons-RFIDBien que plusieurs syndicats agricoles, dont la Confédération paysanne, soutiennent ce mouvement, le cortège n’a ni banderole, ni drapeau. Tout juste peut-on trouver un carton avec l’amusant message « no puçaran » -en référence au « no pasaran » des antifascistes espagnols. On remarque surtout des t-shirts que portent certains éleveurs, avec inscrit « No Futur, ni pucés, ni soumis ».
Un slogan qui résume la posture de ces éleveurs : défendre une certaine idée de l’agriculture en opposition avec une agriculture plus industrielle et productiviste.

 

« Un marché juteux pour les nanotechnologies »

Pour ces paysans, les puces sont un des éléments de cette dérive redoutée vers l’industrialisation. Car, pour l’instant, rien ne change :
il y a les mêmes informations que celles écrites sur les deux boucles plastiques déjà obligatoires pour la traçabilité.

Sébastien Pelurson, l’un des principaux organisateurs de la transhumance, mène le troupeau de son village de Mornans jusqu’à Saoû. Il possède 230 brebis et 25 chèvres qu’il n’a pas faites « pucer » :

« Comme d’habitude, ce sont les gros exploitants agricoles qui ont poussé pour que les puces électroniques deviennent obligatoires. Avec plusieurs milliers de têtes de moutons, ils peuvent gérer leurs troupeaux avec des scanners que les petits exploitants ne possèdent pas. »

Les chambres d’agriculture subventionnent jusqu’en juillet 2013 l’achat de puces électroniques à hauteur de 70 centimes sur un euro d’achat. « Une manière d’aider davantage les gros exploitants », précise l’éleveur qui pointe également un potentiel marché juteux :

« L’industrie des micro et nanotechnologies fait du lobbying pour qu’on s’équipe. Sans les aides actuelles, il en coûtera cinq fois plus cher au paysan qu’avec de simples boucles plastiques ».

 

« De simples exécutants de l’agro-alimentaire »

Le discours est rodé. Car derrière l’apparence désordonnée de la manif-transhumance, l’organisation est minutieuse : site Internet, équipe vidéo, contacts presse. Ce collectif s’est structuré il y a deux ans autour d’une première mobilisation contre l’obligation de vacciner les brebis contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Pour les éleveurs, ce fut la première tentative de leur imposer une façon « inutile et dangereuse » de travailler. Depuis, cette obligation a été levée.

Après les puces, c’est le bélier que les éleveurs seront contraints d’aller acheter dans un centre d’insémination. Date prévue de cette nouvelle obligation : 2015. Elle est au coeur des revendications, explique l’éleveuse Laure Charoin :

« Sous prétexte de lutter contre la tremblante du mouton, ils vont sélectionner génétiquement des béliers. Nous ne pourrons plus échanger nos béliers, en fonction de nos propres critères. Comme pour les OGM, on va perdre en diversité génétique ».

Sans badge, ni drapeau, le porte-parole de la Confédération paysanne de la Drôme, Vincent Delmas, est présent au premier jour de cette transhumance :

« Comme pour le puçage, ce sera une grande perte de liberté pour les éleveurs. »

Cette perte a un nom : « l’intégration ».

« Les éleveurs de brebis deviendront comme nos collègues qui font du porc ou de la volaille, qui sont de simples exécutants de l’agro-alimentaire. Ils nous amèneront un bélier et, puis ils nous imposeront une manière de manger et de les soigner ».

Le « ils » revient toujours dans la bouche des éleveurs. « Ils », ce sont les « technocrates » de Bruxelles ou du ministère de l’agriculture mais aussi les grands exploitants agricoles, qui « travaillent » main dans la main avec les premiers.

Puces-Electroniques-Moutons-Laure-Charoin

Laure Charoin parée du t-shirt officiel de la transhumance. Crédit : Jean-Baptiste Mouttet

 

« On ne veut pas être des cobayes »

Etienne Mabille et sa femme Irène sont également aux avant-postes de cette transhumance. Le bonnet enfoncé jusqu’à sa barbe de père Noël, Etienne marche. Quant à Irène, elle conduit un des camions qui sert de voiture-balais. C’est à la suite de leurs aventures qu’a été décidée cette manif de brebis. Car ils font partie des premiers éleveurs à être sanctionnés pour avoir refusé de mettre des puces à leur soixante brebis.

Après un contrôle, la Direction départementale du Territoire (DDT, ex-direction de l’agriculture) leur a signifié au mois d’août dernier la perte des primes liées à la Politique Agricole Commune (PAC) de l’Union européenne. Etienne Mabille a évalué la perte totale à environ 8 000 euros.

Heureusement pour les Mabille, leur exploitation des Baronnies, dans la Drôme, est diversifiée. Plantes aromatiques, épeautre… Tout en bio. Et puis, à 55 ans, ils arrivent en fin de carrière. Mais ils ont promis de se battre contre « cette absurde diarrhée législative » :

« Nous voulons seulement qu’on nous laisse le choix de nos outils. Nous ne sommes pas des cobayes. Aujourd’hui, ce sont les brebis. Demain, est-ce que ce seront les enfants qui porteront une puce pour ne pas qu’on les perde ? »

Le combat, Etienne en a l’habitude :

« Quand nous nous sommes installés en bio il y a 26 ans, on nous prenait pour des illuminés. Il a fallu se battre pour obtenir les mêmes soutiens que les autres agriculteurs. »

Puce-Electronique-Moutons-Etienne-Mabille

Etienne Mabille va perdre près de 8 000 euros d’aides pour s’être opposé au puçage de ses brebis Crédit : Jean-Baptiste Mouttet

 

Sans puce, plus d’accès à l’abattoir

A la différence d’Etienne Mabille, la grande majorité des éleveurs dépendent fortement des aides de la PAC. Entre un tiers et la moitié des revenus des éleveurs de brebis destinées à la viande sont des subventions.

Les aides étant conditionnées par le respect de la réglementation européenne, certains, contraints, ont mis des puces à leur brebis. Comme cet éleveur de la plaine de la Drôme, qui est, malgré tout, venu à la transhumance. « Résistant passif » comme il se définit lui-même, il est venu soutenir les éleveurs qui sont en pointe, ceux qui n’hésitent pas à donner leur nom aux journalistes en toute connaissance de cause. Yvan Delage, du Haut-Diois, assume :

« Tous les paysans se plaignent de ces contraintes. Mais ils ont peur qu’on leur coupe les aides. On aurait peut-être dû bouger avant. Maintenant, on est obligés. »

Ce ne sont plus seulement les aides de la PAC qui dépendent du puçage mais aussi l’accès aux abattoirs et les autorisations de transhumance. Laure Charoin témoigne :

« Dernièrement, j’ai amené une dizaine d’agneaux de lait à l’abattoir. Sans puce. La vétérinaire m’a appelée pour me dire que c’était la dernière fois. Si je ne peux plus accéder à l’abattoir, comme je vais faire ? »

« La motivée », comme on la surnomme, reste malgré tout optimiste. « On se fera entendre ». Ce ne sera en tout cas pas sous les fenêtres du préfet de la Drôme, qui leur a signifié que les brebis ne pourraient pas accéder jusqu’à la préfecture.

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 16:23

 

Rue89 - Paroles de crise 31/01/2013 à 15h07
Patrick Reevell | EDJ Sciences Po
Florencia Rovira Torres | Étudiante à l'École de journalisme de Sciences Po

 

 

Corinne Vautrin, 48 ans, est auxiliaire de vie sociale à Grigny, dans l’Essonne. Son métier, c’est de faire la toilette des personnes âgées, le ménage ou encore les courses. Mais pendant trois mois, elle a aussi dû étudier des dossiers, plaider et défendre les intérêts de salariés devant le tribunal de grande instance d’Evry.

A l’automne 2011, elle et ses 184 collègues ont appris que leur employeur, l’Association de services d’aides à la personne (ADSA), était au bord de la faillite. Face à la menace de la disparition de leurs emplois, cette déléguée syndicale CGT n’a pas voulu jeter l’éponge.

Avec les autres délégués du personnel, Corinne a impulsé l’élaboration d’un plan de reprise, qu’elle a ensuite défendu devant la juge. Les salariés ont pris en main leur propre destin en créant l’association 3ASM, qui s’est présentée comme candidat à la reprise.

« Il fallait inventer quelque chose ! »

La longue bataille des intervenants à domicile de l’Essonne s’est conclue le 8 mars 2012 par un appel téléphonique : le tribunal avait donné le feu vert à 3ASM pour reprendre l’activité.

 

 

Corinne Vautrin, sur l’appel téléphonique au tribunal

Tandis que des passants, à Grigny dans une résidence où elle intervient souvent, s’arrêtent sans cesse pour lui faire la bise, Corinne raconte :

« Face au désarroi qui attendait le personnel, il fallait inventer quelque chose ! A la base on devait créer une coopérative. Mais nous avons décidé de créer une association. [...]

3ASM est une association que nous avons créée nous, pour nous sauver. C’était la seule échappatoire que nous avions pour sauver les 170 emplois. Ceux de tous les salariés qui souhaitaient rester dans l’association. »

Des travailleurs pauvres, menacés

L’alternative à cette reprise était la dissolution de l’association et le licenciement de tous les salariés, dont beaucoup sont des travailleurs pauvres. Corinne :

« Si on avait dissous ADSA et licencié tout le monde, cela aurait été un coup très dur pour nous. J’ai de la chance de vivre avec quelqu’un qui travaille, mais on a beaucoup de mères seules avec des enfants parmi nos salariés. Et il y en a parmi nous qui ne sont pas toutes jeunes non plus ! »

La liquidation d’ADSA aurait non seulement mis en péril les revenus des salariés, mais aussi des liens sociaux, pour Corinne.

« Il y a des collègues avec lesquelles je travaille depuis 1997. De perdre tout ça, cela aurait cassé quelque chose dans nos vies familiales aussi. Ça aurait été une partie de la vie qui éclate. »

« Je ne dormais pas la nuit »

Corinne s’est engagée de tout cœur, sacrifiant ses week-ends et accordant très peu de temps à sa famille.

« Je ne dormais pas la nuit. Si on n’était pas passés devant le tribunal et si on n’avait pas eu un bon projet à proposer, je m’en serais voulu en me disant que je n’avais pas fait assez. »

 

 

Corinne Vautrin, sur le premier jour au tribunal

Les inquiétudes de Corinne étaient bien fondées : 3ASM n’était pas le seul candidat à la reprise. La fédération ADMR, géant de l’assistance à la personne, se disputait la reprise au tribunal.

« Ils voulaient licencier 29 personnes. Mais à aucun moment ADMR n’est venue parler avec nous, les salariés. On a consulté des salariés d’ADMR et on a compris qu’on risquait d’avoir une baisse de salaire s’ils nous reprenaient.

Tandis que si 3ASM reprenait, aucun intervenant à domicile n’était licencié et on gardait nos salaires et nos heures de travail. »

La « manche », sauf auprès des bénéficiaires

L’association des salariés était un premier pas vers la reprise, mais c’était loin d’être suffisant. Pour convaincre la juge, il fallait prouver que 3ASM avait des fonds.

« Nous avons reçu un don de 40 000 euros de l’association Les Amis du mutualisme et encore 40 000 de la Fondation secours d’urgence. Mais cela ne suffisait pas.

Nous avons créé une association pour récolter de l’argent et nous nous sommes organisés dans des groupes. On demandait à tout le monde de verser de l’argent sur notre compte : des entreprises, des associations et des particuliers. »

Entre prêts et dons, 3ASM a pu proposer 190 000 euros en fonds de roulement.

« On a fait la manche. Il y a des gens qui nous ont donné 3 euros, mais nous avons récupéré pas mal d’argent comme ça. Ça marchait de bouche à l’oreille. Les seules personnes qu’on n’a pas sollicitées étaient nos bénéficiaires. »

Pas de salaires pendant un mois

La décision de la juge d’accorder la reprise à 3ASM avait suscité l’euphorie parmi les salariés. Finalement, 3ASM était le seul repreneur à détenir assez de fonds.

Mais la reprise a été plus difficile que prévu. Pendant le premier mois d’activité, avril 2012, les salaires n’ont pas pu être versés. Pourtant, il fallait toujours remplir les frigos. C’est à ce moment-là que Corinne Vautrin a hésité.

« Au mois d’avril j’ai eu un doute. Je me suis dit : “Corinne, est-ce que tu fais la bonne chose ?” »

Grâce à une association de bénévoles, les salariés de 3ASM ont eu de quoi manger.

« On est allés chercher des colis alimentaires pour nourrir neuf familles. [...]

Ça a été un moment difficile, mais un moment de partage. On est devenus une équipe plus soudée. »

Corinne Vautrin, sur le doute

Les salaires d’avril ont été versés un mois plus tard. Aujourd’hui, près d’un an après la reprise, 3ASM a réussi à pérenniser l’activité. En dehors des charges exceptionnelles liées à la reprise, les comptes de l’association approchent l’équilibre et la direction reste optimiste sur le financement.

Entendre parler « des petits fantômes »

3ASM emploie aujourd’hui 160 salariés, selon la direction. Faute de financement, on a réduit le personnel administratif d’une dizaine de personnes, En revanche, tous les intervenants à domicile continuent à travailler pour les 800 bénéficiaires de l’association.

« J’ai dit à mes collègues : “Vous savez les filles ? Dans nos emplois, on est des petits fantômes de l’ombre. On n’entend jamais parler des auxiliaires de vie sociale.” Mais, on va encore entendre parler de nous. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 15:51

 

 

Le Monde - Blog

 
in Share5
Colibri chinchinlny http://www.lnylnylny.com/

Colibri, par lnylnylny.com

 

 

Hier soir, il y avait deux événements à ne pas manquer dans le petit monde de l’écologie et du développement durable. Le premier était lié à l’inauguration du centre de réflexion (think tank) de la Fondation Nicolas Hulot. Le second au lancement de la "révolution des colibris" (mouvement initié par Pierre Rabhi).

Ces deux initiatives partagent une volonté commune : accélérer la transition écologique et engager de vraies propositions politiques. Avec des approches sensiblement différentes.

 

Une approche institutionnelle

En créant un "Think tank de la transition écologique", la Fondation Nicolas Hulot souhaite mobiliser sur les solutions. Elle estime en effet que "la prise de conscience de la crise écologique ne s’est pas retranscrite en nouveau modèle de société" et que les raisons de cet immobilisme sont liées à la perception des alternatives possibles, vues comme n'étant pas suffisamment crédibles et désirables. Il s’agira donc, dans un premier temps, "de les mettre en cohérence et de les rendre audibles, de les développer et de les porter au sein du débat public".

La Fondation entend aussi assurer une production intellectuelle indépendante, apolitique, écologique et transdisciplinaire. Objectif : produire un cadre intellectuel adapté à la réplication à grande échelle des initiatives "porteuses d'avenir" d'ores et déjà repérées sur le terrain. Il s'agit aussi de montrer que l'écologie ne concerne pas que la nature et les petits oiseaux, mais soulève aussi de profondes questions sur les urgences sociales et les inégalités de notre monde. Pour cela, ses productions et ses événements engloberont donc l’ensemble des politiques publiques, de l'agriculture à la mobilité en passant par la gouvernance et la fiscalité, l'éducation ou la sécurité.

Avec cet organisme, et selon les mots employés par Nicolas Hulot lui-même dans un entretien accordé à L'Express, la fondation estime être "le chaînon manquant entre le diagnostic scientifique et la production de solutions politiques. Si l'on ne donne pas aux citoyens une vision de ce que peut être le monde de demain, et si l'on ne fournit pas aux politiques des grilles de lecture, des clefs, des pistes, des chemins à la hauteur des enjeux de ce défi, on ne s'en sortira pas. Il faut passer à une autre échelle maintenant, entrer dans le dur, chacun à son niveau". Vous pouvez aussi l'écouter présenter le projet dans la vidéo suivante:

 

 

Une approche citoyenne, pour contrer les points de rupture

Chacun à son niveau : telle est l'approche choisie depuis longtemps par les deux milliers de "colibris" qui s'étaient déplacés à l'Espace Reuilly hier soir pour activer leur (R)évolution. Suite à la campagne Tous Candidats lancée lors des présidentielles 2012, le mouvement a organisé 27 forums en régions qui ont réuni 2000 participants dans 700 ateliers pour aboutir à 240 plans d'action.

Résultat de cette démarche participative : une feuille de route élaborée par des citoyens convaincus et enrichie par des avis d'experts afin de proposer des mesures concrètes sur cinq grands thème (agriculture, énergie, économie, politique et éducation). Amélioré et mis à jour tous les six mois via un wiki, ce programme s'accompagne aussi de plusieurs événements qui seront organisés partout en France dès le printemps.

Pour Cyril Dion, l'état de crispation dans lequel se situe la France est tel que nous avons atteint un point de rupture : comme il l'explique dans la pastille sonore suivante, il est nécessaire de relocaliser l'économie, d'organiser des référendums populaires et surtout de revoir nos institutions aujourd'hui...

 

 

Raphaël Souchier, référent des colibris sur les questions économiques estime pour sa part que "nous vivons une période passionnante. Ce temps évoque pour moi l’étale de basse mer: tout paraît immobile... Pourtant, l’océan se prépare. Rien n’est encore perceptible, mais chacun sait qu’il va bientôt s’ébranler et courir de nouveau à la rencontre du continent. Rien n’arrête la marée".

Espérons que les coefficients soient très hauts alors, et que ces troupes de convaincus arriveront à faire cause commune avec ceux qui s'ont d'ores et déjà investis en politique... Car "la défiance actuelle envers les dirigeants politiques n'enlève rien à l'appétence politique des citoyens, estime le directeur des Colibris, ce programme en est la preuve et montre à quel point c'est notre affaire".

Alors, prêt pour votre envol ?

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

Pour étudier les programmes :

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 15:36

 

huffingtonpost.fr

 

Le 13h de Guy Birenbaum - Une seule race, l'Humanité !

Publication: 31/01/2013 12:29 CET

Guy Birenbaum Race

 

Comme il l'avait promis pendant la campagne présidentielle, François Hollande veut supprimer le mot "race" qui figure dans l'article 1er de la Constitution : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales."
C'est dans le cadre de la réforme constitutionnelle qui s'annonce que cette suppression est envisagée. Le Figaro explique que la " suppression du terme race 'figure dans le projet de texte qui fait l'objet des consultations que le premier ministre va engager' avec les présidents des groupes parlementaires", selon un conseiller du président de la République.

Je vous demande quelques instants de lecture et de réflexion, avant de plonger dans le débat comme on se jette dans une rixe.

J'entends déjà le cortège de ceux qui diront que le gouvernement continue à "diviser" les Français et à les "enfumer" sur des enjeux "sociétaux" qui ne les intéressent pas; loin, en tous cas, de leurs difficultés quotidiennes. Et cela dans le but de "cacher" les problèmes de fond; son incapacité à régler, notamment, le problème du chômage et la crise économique.
Bientôt les mots "chiffon rouge" seront brandis. Les uns diront que François Hollande "dresse" les Français les uns contre les autres au lieu de les unir. Les autres affirmeront que "la gauche met à terre les valeurs", abat les principes essentiels de notre constitution, dès son article 1, après avoir fracassé la famille.
Je sais bien surtout, comment les extrémistes de droite vont trouver là un terrain idéal pour propager leur haine et leurs saloperies.
Le club des décomplexés va se lâcher comme jamais. Je sais bien tout ça...
Et je sais que dans les commentaires, sous ce papier certains se défouleront déjà.

Et pourtant...

Imaginer que la disparition de la race de notre constitution est un cache-misère, un alibi ou un artifice pour cacher ce qui ne va pas par ailleurs et qu'on ne sait pas résoudre, me semble une interprétation inepte.

Nous sommes, au contraire, au cœur même de l'essentiel de ce qui devrait tous nous rassembler au lieu de nous diviser... Oui, bien sûr, il y a des graves problèmes sociaux et économiques qui tous les jours massacrent des existences. Oui! Et il faut les empoigner et les résoudre. Le quotidien des plus en difficultés d'entre nous est la priorité. Mais les valeurs, celles avec lesquelles il ne faut jamais ni transiger, ni finasser, sont toujours centrales, jamais secondaires, quelles que soient les autres priorités.

Et puis, au passage, lorsque Nicolas Sarkozy a lancé le "débat sur l'identité nationale", en octobre 2009, n'était-ce pas la crise? N'y avait-t-il pas des problèmes bien plus fondamentaux à régler? Le chômage était-il oublié? Les Français n'avaient-ils pas alors des problèmes quotidiens qui les prenaient à la gorge? Comme aujourd'hui? Je pense qu'il n'est pas nécessaire que j'argumente longuement, vous connaissez les réponses. Les mêmes qui ont soutenu l'importance cruciale de ce "débat" vont avoir du mal à expliquer qu'une discussion de fond sur la suppression du mot "race" de la Constitution n'est pas légitime. J'attends leurs arguments et je leur souhaite bien du courage.

Enfin, pour en venir vraiment au fond, la disparition du mot "race" de la constitution s'impose de manière évidente, tant le mot est détourné, mal utilisé, galvaudé et surtout systématiquement instrumentalisé politiquement (de part et d'autres)!

Oh, je ne suis pas naïf. Cette suppression ne va pas faire disparaître le racisme et les racistes d'un coup de gomme magique.
Mais symboliquement, cette mesure est essentielle pour parvenir à faire comprendre à tous, aux plus jeunes qui ne savent pas encore, comme aux salauds (car un raciste est toujours un salaud), que le concept de race est absolument inopérant concernant l'espèce humaine.
Comme l'avait si bien dit Jaurès, "C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race : l’humanité".

Celui qui probablement l'explique le plus clairement se nomme Albert Jacquard.
Je me souviens d'étudiants en médecine qui eurent le privilège d'avoir un cours avec lui, pendant lequel cet incroyable pédagogue leur fit comprendre, en quelques mots simples, pourquoi il n'y a pas des races humaines.
Ces quelques mots ne devaient pas être beaucoup plus compliqués que ce passage essentiel de son livre L'équation du nénuphar que je vous demande de lire, de lire, de lire et de relire...

"Une race est un ensemble de populations dont les patrimoines génétiques ont des structures semblables et nettement différentes des structures des populations considérées comme appartenant à d'autres races.
Il se révèle impossible de classer les différentes populations humaines en races. Selon le niveau de précision que l'on cherche à respecter, on peut finalement énoncer soit qu'il n'y a pas de races dans notre espèce, soit qu'il n'y en a qu'une: l'Humanité, soit qu'il y en a autant que d'humains, soit que le 'concept de race n'est pas opérationnel pour notre espèce'. La conséquence la plus claire est que tout raisonnement faisant référence à des races humaines est dépourvu de base scientifique. Il se trouve qu'aucun des groupes formant aujourd'hui l'humanité n'a connu un isolement suffisamment long et rigoureux pour représenter une véritable race
."

De la même manière Arnold Munnich, professeur de génétique à l'Université Paris V-Descartes a expliqué clairement que "la carte des gènes est la même chez tous les hommes d'hier et d'aujourd'hui, quelles que soient leur ethnie, religion, couleur de peau, d'yeux ou de cheveux. Le décryptage du génôme prive les idéologies racistes de tout fondement scientifique.

Vous n'êtes pas convaincus par ces arguments scientifiques?

Alors regardez et écoutez Jacquard (source)

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 15:26

 

Le Monde.fr avec AFP | 30.01.2013 à 16h24 • Mis à jour le 30.01.2013 à 16h25


 

 
Les immeubles de bureaux devront éteindre leurs lumières la nuit après le départ des derniers salariés.

Les bureaux, les magasins ou les façades de monuments devront être plongés dans le noir la nuit à partir du 1er juillet, une mesure de sobriété énergétique à laquelle échapperont toutefois quelques zones touristiques dans Paris, Lyon, Marseille et 38 autres communes.

L'arrêté publié mercredi 30 janvier au Journal officiel, préparé par l'ancien exécutif et dont le cap avait été confirmé en novembre par la ministre de l'écologie Delphine Batho, pose plusieurs règles nouvelles.

Côté façades, toutes les illuminations de bâtiments non résidentiels devront cesser au plus tard à une heure du matin : "Monuments, mairies, gares, tout ce qui n'est pas résidentiel", a confirmé à l'AFP le ministère de l'écologie. Les hôtels et tout ce qui relève de l'éclairage public (lampadaires, éclairage des routes, etc.) ne sont pas concernés.

 

 DES EXCEPTIONS DANS 41 COMMUNES

Les vitrines de magasins devront elles aussi être éteintes à 1 heure ou "une heure après la fin de l'occupation de ces locaux" si celle-ci est plus tardive. Enfin, les éclairages intérieurs des "locaux à usage professionnel" – bureaux par exemple – devront eux aussi être éteints au maximum une heure après la fin de l'occupation, le contrôle revenant à la mairie dans la plupart des cas.

Le ministère prévoit néanmoins des dérogations accordées par le préfet pour la veille des jours fériés, les illuminations de Noël, lors d'événements nocturnes locaux mais surtout "dans les zones touristiques d'affluence exceptionnelle ou d'animation culturelle permanente".

Quarante-et-une communes sont concernées par ces exceptions, parmi lesquelles la "Ville-Lumière" avec sept zones (Champs-Elysées, Butte Montmartre, rue de Rivoli, Place des Vosges...), mais aussi le centre touristique de Marseille ou de Nice, le Vieux Lyon, Chartres...

 

A Paris et dans d'autres grandes villes, les quartiers touristiques échapperont au black-out.

 

La fin de ces éclairages, souvent symboles de gaspillage d'électricité, doit, selon le ministère, permettre de réduire la consommation française de près de 2 térawattheures (Twh) par an, ce qui correspond aux besoins de 750 000 foyers.

Les mesures doivent également permettre de réduire les impacts sur l'environnement (migration ou reproduction des animaux par exemple), voire sur les cycles humains du sommeil. "Les orientations générales du texte vont dans le bon sens", se sont réjouies les associations ANPCEN-Préservons la Nuit et France Nature Environnement dans un communiqué, appelant néanmoins à la vigilance sur les exceptions.

Mais ce black-out nocturne n'est pas non plus le grand soir de la "transition énergétique" voulue par le gouvernement. Ramenée à la consommation de courant en France l'an passé (490 térawattheures), cette économie potentielle correspond à 0,4% du total. Et certains jugent surestimée l'économie réalisable par les mesures.

 

 APPEL À "ALLER PLUS LOIN"

Le Syndicat de l'éclairage, qui regroupe une cinquantaine d'entreprises de matériel électrique comme Legrand, a indiqué à l'AFP que, selon ses calculs, la baisse de consommation ne serait que de 0,5 Twh, soit quatre fois moins que ce qu'avance le gouvernement et à peine 0,1% de la consommation française.

Tout en "saluant" l'arrêté, la déléguée générale du syndicat, Elise Bourmeau, l'a jugé "toujours incomplet", appelant le gouvernement à "aller plus loin" en concrétisant des promesses formulées le mois dernier visant à favoriser les équipements électriques permettant d'économiser l'énergie.

Selon la fédération, l'éclairage tertiaire (bureaux, usines, hôpitaux...) représente au total (jour et nuit) 37 Twh, qu'il serait possible de réduire de 45%. L'éclairage public en France représente lui entre 5 et 7 Twh de consommation, selon la même source.

Lire aussi :  Les enseignes lumineuses tardent à s'éteindre en France


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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:49

 

Le Monde.fr | 30.01.2013 à 12h02 • Mis à jour le 30.01.2013 à 19h05

 

  • Ebiowei, 48 ans, transporte un bidon vide pour le remplir de pétrole dans une raffinerie illégale, près de la rivière Nun, dans l'Etat de Bayelsa dans le sud du Nigeria, le 27 novembre 2012.

Ebiowei, 48 ans, transporte un bidon vide pour le remplir de pétrole dans une raffinerie illégale, près de la rivière Nun, dans l'Etat de Bayelsa dans le sud du Nigeria, le 27 novembre 2012.

Crédits : REUTERS/AKINTUNDE AKINLEYE

Face à la pollution pétrolière colossale qui dégrade le delta du Niger, dans le sud du Nigeria, la responsabilité de la compagnie Shell avait été établie. En août, alors que le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) prévoyait qu'il faudrait 25 à 30 ans pour dépolluer le delta, dans la plus vaste opération de nettoyage jamais réalisée, Shell reconnaissait en effet son rôle dans deux marées noires survenues en 2008 et 2009, s'engageant à payer des compensations.

 

Lire l'éditorial du MondeLa malédiction de l'or noir dans le delta du Niger


Mercredi 30 janvier, le géant anglo-néerlandais s'en sort mieux : le tribunal de La Haye a rejeté quatre des cinq plaintes de fermiers et pêcheurs nigérians, qui l'accusent d'avoir pollué leur village, terres et étangs, à cause de fuites dans un oléoduc. Non que ces dégâts n'aient pas été reconnus, mais la justice néerlandaise a relevé que dans la loi nigériane, la société-mère de Shell, basée à La Haye, n'a aucune obligation d'empêcher ses filiales, Shell Nigeria en l'occurrence, "de faire du tort à des tiers".

L'une des cinq plaintes a par contre été retenue contre cette filiale, condamnée à payer des dédommagements pour deux fuites de pétrole survenues en 2006 et 2007 près du village d'Ikot Ada Udo, proche du delta du Niger. Si le tribunal a considéré que ces fuites étaient dues aux sabotages liés aux vols de pétrole, il a néanmoins estimé que Shell Nigeria aurait dû prendre des mesures pour y remédier. 

 

 LE SABOTAGE RESPONSABLE, SELON SHELL


Dans une raffinerie illégale. Au Nigeria, des milliers de personnes participent à ce détournement de pétrole, connu localement sous le nom de "bunkering", qui consiste à trouer les pipelines pour voler du pétrole brut, qu'ils raffinent ou vendent directement.

 

Friday Akpan, le seul Nigérian qui a obtenu gain de cause dans cette affaire, assure que la pollution a endommagé ses terres et ses 47 étangs à poissons. Eric Barizaa Dooh, un autre plaignant présent à l'audience à La Haye, en est quant à lui ressorti avec des "sentiments partagés", affirmant que le tribunal n'avait pas été "juste" avec son village de Goi, un "endroit toujours très contaminé".

Shell s'est de son côté félicitée d'avoir été blanchie en tant que société-mère. La compagnie nie toute responsabilité dans les fuites, assurant que la pollution pétrolière dans le delta du Niger est due en grande partie au détournement du pétrole qui coule dans les oléoducs – le "bunkering" –, qui a capté l'année dernière environ un cinquième de la production nationale de pétrole, selon le ministre nigérian des finances. "70 % des fuites dans le delta sont dues au sabotage", affirmait à l'AFP Mutiu Sunmonu, patron du groupe au Nigeria, en 2011.

D'après le blog environnement du Guardian toutefois, bien que les habitants admettent ouvrir de petites raffineries locales "pour survivre", "il y a de plus en plus de preuves que les vols les plus importants ne viennent pas des villageois et des agriculteurs du delta, mais de rackets sophistiqués, venant de gangs organisés au cœur du gouvernement local, et même national, et de l'armée, qui volent et déversent du pétrole à grande échelle".  

Selon la branche néerlandaise de l'ONG des Amis de la Terre, ce procès constituait la première affaire où une société néerlandaise est poursuivie aux Pays-Bas pour des faits à l'étranger. L'association, également plaignante dans cette affaire, espérait un précédent mondial en matière de responsabilité environnementale, grâce à la jurisprudence.

Ancien président des Amis de la Terre, Nnimmo Bassey estime, malgré tout, que l'affaire établit un précédent : "Shell et d'autres multinationales sont averties qu'elles ne peuvent pas polluer l'environnement n'importe où dans le monde et retourner chez elles en profitant de leurs bénéfices".

Même écho dans le Guardian, pour qui "l'enjeu n'est pas seulement de savoir si [les plaignants nigérians] obtiendront compensation ou non du géant anglo-néerlandais, qui a réalisé un profit de [22 milliards d'euros] l'année dernière, mais si Shell – et d'autres multinationales – peut être poursuivi pour pollution aux Pays-Bas. Derrière Dooh se tiennent potentiellement une longue série de plaignants et d'avocats." 


PIRE QUE DEEPWATER DANS LE GOLFE DU MEXIQUE

Huitième exportateur de pétrole au monde et premier producteur d'Afrique, avec une production autour de 2 millions de barils par jour, le Nigeria est le théâtre d'une exploitation pétrolière qui a débuté il y a cinquante ans, et fait des ravages concernant la santé des habitants et l'environnement du delta. De nombreuses ONG accusent les groupes pétroliers d'y appliquer des normes environnementales beaucoup plus laxistes que dans leur pays d'origine. Ce que réfute Shell.

La compagnie affirme que 26 000 barils de pétrole se sont déversés dans le delta du Niger en 2012, soit 70 % de plus que l'année précédente. Selon les Amis de la Terre, la pollution pétrolière au Nigeria est deux fois plus importante que les 5 millions de barils qui ont fui dans le Golfe du Mexique en 2010, à la suite de l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, du britannique BP. Et d'après le documentaire réalisé en 2011 Delta du Niger : la guerre du brut, chaque année depuis 25 ans, il se déverse l'équivalent d'un Exxon-Valdez (marée noire en Alaska, en 1989), soit 40 000 tonnes, sur les terres du delta.

 

 

Selon les Amis de la Terre, "la situation est dramatique, qu'il s'agisse d'environnement ou de dialogue avec les populations impactées par les activités de Shell, Eni et Total". Il y a dix ans, la nigériane Esther Kiobel avait même accusé devant la justice américaine la filiale nigériane de Shell de complicité avec l'armée pour les actes de torture et de meurtre commis contre la communauté Ogoni – un peuple qui vit dans le sud du Nigeria, et qui a fondé dans les années 1990 le Mouvement pour la survie du peuple Ogoni, afin de défendre ses intérêts contre Shell. Son mari, très impliqué dans la bataille contre la compagnie pétrolière, avait été condamné à la peine de mort, et exécuté.

 

Lire aussi : Kiobel vs Shell : multinationales et droits de l'homme devant la Cour suprême américaine


Alors que la compagnie – la première à exploiter les ressources du premier producteur de pétrole d'Afrique – se trouve sous le feu des critiques au Nigeria, elle doit faire face à un autre front, en Arctique cette fois : le 31 décembre, sa plate-forme pétrolière de Kulluk s'échouait sur une plage du sud de l'Alaska. Si aucune marée noire n'a été signalée, contrairement à la précédente catastrophe environnementale en Alaska, d'aucuns voient dans cet incident une préfiguration des risques inhérents à la ruée vers le pétrole de l'Arctique.

 

Lire : La plate-forme pétrolière de Shell en sécurité dans une baie d'Alaska


 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:30

 

LE MONDE | 29.01.2013 à 11h38 • Mis à jour le 31.01.2013 à 09h47 Par Sophie Landrin

 

 

Antenne relais à Laon

Ce devait être la première avancée législative dans le domaine des ondes électromagnétiques. L'Assemblée nationale doit examiner, jeudi 31 janvier, une proposition de loi déposée par la députée (EELV) Laurence Abeille, visant à instaurer un principe de précaution pour limiter les risques sanitaires liés à l'exposition aux appareils sans fil – téléphones mobiles, Wi-Fi, etc. Mais les ambitions du texte ont été très largement revues à la baisse par les députés socialistes, lors de son examen devant la commission des affaires économiques.

Sans céder aux demandes de certaines associations de fixer le seuil limite d'exposition à 0,6 volt par mètre (V/m), au lieu des 41 V/m autorisés aujourd'hui, le texte posait la définition d'un nouveau seuil basé sur le principe "As Low As Reasonably Achievable", c'est-à-dire aussi bas que possible.

Le texte demandait, pour protéger les jeunes enfants, d'interdire le Wi-Fi en crèche et de privilégier la connexion filaire dans les établissements scolaires et dans les lieux d'accueil du public, comme les bibliothèques. Il proposait d'instaurer le principe d'une étude d'impact sanitaire et environnemental, réalisée par des équipes scientifiques indépendantes, avant toute mise en œuvre de nouvelles applications technologiques ayant pour conséquence l'émission de rayonnements électromagnétiques. En clair, cette disposition empêchait le déploiement de la 4G sans études d'impact préalables.

 

 "LE GOUVERNEMENT N'EN VOULAIT PAS"

La proposition de loi demandait également, dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la loi, la remise d'un rapport sur l'électrosensibilité aux champs magnétiques, afin, notamment, de pouvoir reconnaître la qualité de travailleur handicapé aux personnes souffrant de cette pathologie. Ces dernières années, des cas de personnes ne supportant pas les ondes et vivant presque en ermites ont été recensés, sans être pris au sérieux.

Lire (édition abonnés) :  Un rapport controversé souligne les risques liés aux radiofréquences

La commission des affaires économiques n'a retenu que des dispositions anecdotiques, comme la désactivation possible du Wi-Fi sur les appareils, l'interdiction d'une installation émettrice de champs électromagnétiques dans un local privé sans l'autorisation des occupants, ou encore l'interdiction de toute publicité vantant les appareils sans fil à destination des enfants de moins de 14 ans. On est très loin des objectifs poursuivis.

"Le texte a été vidé à 90 %, selon Mme Abeille. Le gouvernement n'en voulait pas. La ministre déléguée à l'économie numérique, Fleur Pellerin, parce qu'elle ne veut pas froisser les opérateurs et les fabricants de téléphonie. Le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, parce qu'il défend un projet numérique à l'école. La ministre de la santé, Marisol Touraine, parce qu'elle récusait le principe d'une étude sur les électrosensibles."


"POTENTIELLEMENT CANCÉRIGÈNES"

La ministre de l'économie numérique, tout en promouvant les kits mains libres pour réduire l'exposition aux ondes émises par les téléphones mobiles, a mis en garde contre des "peurs irrationnelles" en soulignant que la nocivité des ondes "n'est pas scientifiquement étayée".
Mme Pellerin craint des mesures trop restrictives qui freineraient le déploiement en cours du réseau de téléphonie mobile de quatrième génération (4G), qui doit permettre d'améliorer la couverture dans certaines zones périurbaines ou rurales. Un déploiement qui représente "un investissement de 3 milliards sur les cinq prochaines années et des dizaines de milliers d'emplois", a-t-elle ajouté.

Avec le développement de la téléphonie mobile et d'Internet, les ondes ont envahi notre quotidien. Rues, domicile, écoles, bibliothèques, entreprises, transports, rares sont les lieux qui échappent à l'exposition aux ondes. Selon l'Agence nationale des fréquences, la France compte 150 000 installations de radiotéléphonie, sur le territoire métropolitain et outre-marin. Plusieurs études soupçonnent leur nocivité sur la santé, mais aucune n'est suffisamment conclusive pour forger un consensus sur les dangers réels ou non de la communication sans fil.

Le débat scientifique n'est pas tranché, mais, dans chaque ville ou village, l'installation des antennes relais suscite de nombreux conflits avec ceux qui craignent pour leur santé et celle de leurs enfants, tout en continuant à utiliser massivement leur téléphone portable.

 

 "IL EST INUTILE D'ATTENDRE"

Pour leur défense, les parlementaires socialistes et le ministère de l'écologie font valoir qu'ils attendent, pour se prononcer, de nouvelles études scientifiques. L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) doit actualiser, d'ici à juin, l'avis qu'elle avait rendu en 2009, alertant sur les dangers des ondes.

Par ailleurs, le Copic, le comité d'étude mis en place lors du Grenelle des ondes organisé en 2009, doit également se prononcer sur la faisabilité d'un abaissement du seuil d'exposition du public à 0,6 V/m et sur les conséquences que cela aurait sur la qualité du service. Ce comité est présidé par le député (PS) de l'Isère François Brottes, et réunit tous les acteurs du secteur.

Pour l'association Robin des toits, le Copic a d'ores et déjà montré que l'abaissement du seuil d'exposition était possible à condition de multiplier par trois le nombre d'antennes relais moins puissantes. Une expérience aurait été menée avec succès dans le XIVe arrondissement de Paris. L'association a annoncé, le 28 janvier, qu'elle quittait ce comité, soupçonnant les opérateurs d'ignorer volontairement ces résultats et de vouloir imposer de nouvelles études.

"Il est inutile d'attendre, assure Mme Abeille. Nous avons profité de la seule niche parlementaire dont le groupe dispose. Et nous avons suffisamment d'éléments qui nous conduisent à penser qu'il y a un risque pour la santé publique. Outre l'avis de l'Anses, l'OMS a classé les ondes comme potentiellement cancérigènes et la Commission européenne a préconisé un abaissement des seuils d'exposition." Les députés écologistes espèrent revenir sur leur version initiale en faisant voter des amendements en séance plénière avec l'appui des différents groupes de gauche.

Lire aussi :  Robin des toits conteste en justice la charte de téléphonie mobile de Paris

Sophie Landrin

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:20

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 31.01.2013 à 12h57 • Mis à jour le 31.01.2013 à 14h33

 

 
Affiche hostile aux recherches sur les gaz de schiste, à Beaumont, en Ardèche.

L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a donné jeudi le coup d'envoi à un rapport qui vise à évaluer les alternatives à la fracturation hydraulique, rouvrant ainsi le dossier ultrasensible de l'exploitation du gaz de schiste.

Cet organisme qui regroupe des élus des deux chambres (Assemblée nationale et Sénat) et de tous bords, a approuvé à l'unanimité une étude de faisabilité rédigée par le député Christian Bataille (PS) et le sénateur Jean-Claude Lenoir (UMP), donnant ainsi le feu vert au lancement d'un tel rapport, qui devrait être publié cet automne, a-t-on appris auprès de l'Office. Un rapport d'étape sera présenté au printemps prochain et que le rapport final sera présenté à l'automne 2013.

Cette étude préalable souligne que la fracturation hydraulique, technique d'extraction du gaz de schiste interdite en France depuis juillet 2011, est "une technique ancienne qui évolue aujourd'hui rapidement sous l'effet de considérations environnementales de plus en plus partagées".

En outre, selon ce document, une alternative, la fracturation au propane, est déjà opérationnelle et "mériterait un plus ample examen", tandis que "d'autres technologies sont envisagées en recherche et susceptibles d'aboutir à des applications d'ici une dizaine d'années".

 

 "SOUS ADDICTION FOSSILE"

L'Opecst, organisme paritaire composé de 18 députés et 18 sénateurs, est chargé "d'informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin d'éclairer ses décisions". La mise à l'étude d'un tel rapport en décembre dernier avait été fortement critiquée par le député écologiste Denis Baupin.

"Les écologistes ne sont pas opposés à la recherche. Mais donnons la priorité aux recherches qui favoriseront la transition énergétique, et non celles qui risquent de nous maintenir sous addiction fossile", a indiqué M. Baupin, jeudi, dans un communiqué regrettant le lancement de ce rapport. 

Même son de cloche à l'ONG Greenpeace : "Quelle que soit la technique utilisée, il est aberrant de se lancer aujourd'hui dans l'exploitation d'une nouvelle ressource fossile", déplore dans un communiqué Anne Valette, chargée de campagne Climat pour Greenpeace France. "La réduction des émissions de gaz à effet de serre est bien le défi principal que le monde doit relever. Se lancer dans l'exploitation des gaz de schistes aujourd'hui revient à faire un bras d'honneur à tous les processus de lutte contre le dérèglement climatique dans laquelle la France est engagée."

Le gouvernement Ayrault a fermé la porte pour le moment à l'exploitation du gaz de schiste en réaffirmant l'interdiction de la fracturation hydraulique, seule technologie existante permettant de l'extraire du sous-sol, au nom des risques environnementaux.

Pour autant, le président François Hollande a récemment relevé que la recherche de techniques alternatives à la fracturation hydraulique continuait et qu'il "prendr[ait] ses responsabilités" si une nouvelle technique respectueuse de l'environnement apparaissait.

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 14:15

 

Le Monde.fr | 31.01.2013 à 10h30 • Mis à jour le 31.01.2013 à 10h35 Par Aline Leclerc

 

 
Manifestation des salariés de Renault le 29 janvier devant le site de Flins (Yvelines) contre l'accord proposé par la direction.

 

"La direction nous a prévenus : si vous ne signez pas, il se pourrait que deux sites ferment." C'est la menace qu'aurait, selon les représentants syndicaux, proférée la direction de Renault, mardi 22 janvier, pour les pousser à signer un accord prévoyant notamment la suppression de 8 260 postes d'ici à fin 2016, une harmonisation du temps de travail, et un gel des salaires en 2013 afin de rendre les sites français plus compétitifs.

Ces propos rapportés ont aussitôt fait réagir le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, qui a rappelé que les négociations en vue d'un accord de flexibilité ne devaient pas "s'apparenter à du chantage". Depuis, si la direction du constructeur automobile a démenti avoir mis la fermeture de deux sites dans la balance, elle reconnaît un processus "donnant-donnant" qui conditionne l'attribution, à des sites français, de la production de véhicules venant de ses partenaires (Nissan, Daimler), à des efforts consentis par les 44 642 salariés Renault en France.

 Ce n'est pas la première fois ces dernières années qu'un groupe conditionne le maintien de l'emploi à des concessions demandées aux salariés, sur leur rémunération ou sur leur temps de travail. Retour sur quelques cas emblématiques.

 

Des salariés de l'entreprise Bosch devant le site de Vénissieux lors des négociations de 2004.

  

BOSCH, VÉNISSIEUX (RHÔNE), 2004 – Largement relayée par les médias, vivement discutée par les politiques en plein débat sur l'assouplissement des 35 heures, la négociation au sein de cette usine spécialisée dans la fabrication de composants diesel d'ancienne génération est restée dans les mémoires.

En 2004, de nouvelles normes européennes rendent caduque la production de diesel telle que pratiquée dans l'usine. Il faut de nouveaux investissements, mais la direction de Bosch annonce qu'elle ne privilégie pas le site de Vénissieux où le coût du travail est bien plus élevé que sur son site italien et encore plus que sur son site tchèque. Quand le délégué CFDT demande au président du directoire comment éviter la fermeture, celui-ci rétorque : "Baissez vos coûts salariaux et devenez attractifs."

En mai, la CFDT et la CFE-CGC signent un accord (rejeté par la CGT et FO) prévoyant d'importantes concessions des salariés : 36 heures de travail hebdomadaire payées 35 par le biais d'une suppression de jours de RTT, une modération salariale pendant trois ans et une réduction de la majoration des heures de nuit. Lors de la consultation organisée dans l'usine, 98 % des salariés votent en faveur de l'accord, 18 salariés le refusent et sont licenciés.

Un plan social sera annoncé six ans plus tard. La mobilisation tant des syndicats que de la direction du groupe en 2010 ont cependant permis une ambitieuse reconversion, début 2012, en usine de fabrication de panneaux photovoltaïques. Mais le secteur est en crise : les salariés connaissent depuis octobre du chômage technique, et l'avenir de l'usine est de nouveau menacé.

 

Après un long conflit social, au printemps 2009, l'usine de Continental de Clairoix a fermé début 2010.

 

CONTINENTAL, CLAIROIX (OISE), 2007 – Pour rendre plus "compétitive" l'une de ses deux usines françaises de pneumatiques, le groupe allemand Continental, qui détient également des usines en Allemagne, au Portugal et en République Tchèque, propose fin 2006 à ses salariés de passer aux 40 heures par semaine en échange d'une légère augmentation de salaire. Les négociations s'enlisent, la direction menace de couper les investissements, puis de fermer le site. La CFTC, majoritaire, exige un référendum lors duquel le "non" l'emporte d'extrême justesse.

Quelques mois plus tard, la CFTC signe finalement, avec la CGC, l'accord sur les 40 heures, avec une augmentation de 92 euros par mois, six jours de RTT plutôt que quinze, ceci en échange de 130 embauches, et de l'engagement de ne pas fermer le site pendant au moins cinq ans.

Mais début 2009, faisant fi de ses promesses, le groupe annonce la fermeture du site pour 2010. L'usine, qui faisait figure d'exemple du "travailler plus pour gagner plus" cher à Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2007, va devenir le symbole des luttes contre les fermetures d'usine. Les salariés se sentent trahis, le conflit est violent : certains vandalisent des bureaux de la sous-préfecture de Compiègne. Ils seront, après appel, condamnés à des amendes de 2 000 à 4 000 euros.

En dépit de la mobilisation du gouvernement pour rechercher un repreneur, le site ferme malgré tout début 2010. Plus de la moitié des 1 120 employés décident de contester leur licenciement devant les prud'hommes. Une audience devant un juge départiteur est prévue fin février.

 

La production de pneus à Amiens Nord a engendré en 2011 une perte cumulée de 61 millions d'euros, selon la direction.

 

 DUNLOP ET GOODYEAR, AMIENS (SOMME), 2008 – Une rue sépare les deux usines de fabrication de pneus, qui appartiennent au même groupe Goodyear-Dunlop Tires France. Fin 2006, ses dirigeants présentent un programme destiné à accroître la compétitivité des deux sites. Ils se disent prêts à y investir 52 millions d'euros sur trois ans, mais à une condition : les salariés affectés à la production doivent passer aux "4 × 8" (un système qui fait alterner quatre équipes par périodes de huit jours) au lieu des "3 × 8" pratiqués jusqu'ici du lundi au vendredi (35 heures par semaine) et des "équipes de suppléance" le week-end et un lundi sur deux (28 heures hebdomadaires en moyenne). En cas de refus, le groupe prévient qu'il présentera un plan social.

Ce "chantage à l'emploi" est dénoncé par les syndicats, qui soulignent la perturbation de la vie familiale qu'engendrerait la nouvelle organisation du travail impliquant des changements d'horaires radicaux tous les deux jours. Consultés par référendum en octobre 2007, 65 % des salariés rejettent le projet de la direction. Dès janvier 2008, celle-ci met sa menace à exécution en annonçant 478 suppressions de postes.

Les négociations reprennent jusqu'à ce que le front syndical vole en éclat, en mars 2008, lorsque FO, la CFTC et deux délégués CGT acceptent de signer pour le réaménagement du temps de travail aux "4 × 8" chez Dunlop en échange de compensations financières.

 

Lire l'article paru en 2009 : A l'usine Dunlop d'Amiens, les rythmes de travail erratiques chamboulent la vie (lien abonnés)


Mais à Goodyear, la CGT, majoritaire, refuse de signer. La direction annonce alors la suppression de 402 emplois sur le site. Le syndicat décide de saisir la justice.

Pendant quatre ans, différents plans de sauvegarde de l'emploi seront proposés, chaque fois suspendus ou interdits par la justice, tantôt sur la forme, tantôt pour des suppléments d'information. Un nouvel épisode de l'histoire mouvementée du site de Goodyear se joue ce jeudi 31 janvier. Selon les informations du Monde, lors d'un comité central d'entreprise, la direction pourrait annoncer la fermeture totale du site, qui emploie aujourd'hui 1 250 salariés.

 

 GENERAL MOTORS, STRASBOURG (BAS-RHIN), 2010 – Après sa faillite en 2009, le constructeur automobile américain est rebâti autour de deux entités : General Motors Company et MLC, la structure de défaisance du groupe qui conserve des actifs parmi lesquels le site strasbourgeois, dont l'avenir devient dès lors, très incertain.

En juin 2010, contre toute attente, General Motors Company annonce cependant sa volonté de reprendre l'unité de production strasbourgeoise, mais à la condition que les coûts de main-d'œuvre baissent de 10 % pour réduire l'écart de compétitivité avec une société mexicaine qui fabrique les mêmes pièces. Après plusieurs semaines de négociations, la CFTC, FO et la CFDT (majoritaire), signent l'accord dans lequel la direction s'engage à maintenir un certain niveau de production dans l'entreprise alsacienne jusqu'en 2014 et à y investir plus de deux cents millions d'euros en échange du gel des salaires pendant deux ans et de l'intéressement pendant trois ans, ainsi que de la suppression de journées de congés liées aux 35 heures.

Lors du référendum organisé dans l'usine, 70,65 % des 1 030 salariés acceptent ce "deal". Pourtant, dès le printemps 2012, General Motors annonce sa volonté de céder le site. Fin décembre, le groupe américain a annoncé avoir trouvé un repreneur, la société belge Punch Metals International. Selon GM, l'acquéreur s'est engagé "à ce que tous les emplois du site soient maintenus".

Aline Leclerc

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