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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 16:45

 

 

 
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L'impression 3D, c'est LE truc en vogue depuis plusieurs mois. Révolution des Makers oblige, les garages modernes appelé "Fab Lab" se multiplient un peu partout dans le monde, et les plus geeks travaillent sur les améliorations à apporter à cet outil encore un peu venu du futur que sont les imprimantes 3D.

Oui mais voilà, ces imprimantes, pour imprimer, consomment du plastique. Et alors que je me demandais l'autre jour si ces outils ne permettraient pas de créer un univers d'économie circulaire à la maison, je suis tombée nez à nez avec Filabot. Magie !

 

Le concept est le même que si nous pouvions recycler le papier à la maison pour nos imprimantes traditionnelles. Mais là, c'est pour les imprimantes 3D qui, certes, n'inondent pas encore le marché et ne sont pas encore entrées dans le foyer de Monsieur et Madame Tout Le Monde, mais ne devraient pas tarder à représenter une nouvelle industrie.

Pour cause, ces imprimantes d'un nouveau genre permettent de réaliser des objets à la demande, de réaliser des prototypes à moindre coût et les industriels commencent à imaginer le potentiel des débouchés ouvert par cette "fabrication additive".

 

Filabot Graphic

 

En attendant, la majorité des imprimantes 3D utilisent, en guise de matière première, des filaments de résine ou de plastique. Chose à laquelle Filabot entend apporter une réponse: son concepteur, Tyler McNaney, a passé un an à l'imaginer et à la dessiner. "L'enjeu pour moi était de transformer n'importe quelle bouteille de plastique en quelque chose d'utile. Avec Filabot, on peut opérer cette transformation en un rien de temps, et le refaire autant de fois qu'on le souhaite" m'a-t-il confié.

Ainsi, une bouteille de lait transformée par Filabot représente environ 2,5 mètres de filament. "Et à terme nous pourrons transformer en filaments tous les plastiques présents dans la maison", affirme l'inventeur, enthousiaste tout en mettant en garde contre le recyclage à domicile de PVC, trop toxique.

La vidéo suivante, utilisée pour sa campagne de financement participatif sur le site kickstarter, vous permettra de comprendre le fonctionnement plus en détail :

Les fonds collectés sont trois fois plus importants que la somme réclamée initialement (32000 dollars pour 10 000 réclamés, le tout obtenu auprès de 156 financeurs). Pour l'instant la petite équipe derrière le projet travaille avec les fournisseurs pour réduire le prix de la machine, "qui devrait coûter dans les 800 dollars", estime Tyler McNaney.

A terme, qui dit que nous n'irons pas au cyber café du coin avec nos déchets plastiques pour les transformer en filaments utiles pour recréer d'autres objets ?

Mais pour l'instant, continuons à bien trier nos déchets, nous avons des industries dédiées pour le recyclage plastique !

Anne-Sophie Novel / SoAnn sur twitter

++ filabot.com

 

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 16:27

 

 

FFSLbanner3.JPG  Tunis étendu : quelle place

pour les Indignés, Démocratie Réelle Maintenant, Occupy, M15 ? 

 
   

 

Le Forum Social Mondial (FSM) fait étape à Tunis du 26 au 30 mars 2013. Créer des convergences entre ce qu’on appele parfois la « première vague de l’altermondialisme » - celle de la charnière du siècle qui a notamment créé le FSM - et la « deuxième vague de l’altermondialisme » - « Indignés », Démocratie Réelle Maintenant, Occupy, M15, etc. - est un des objectifs affirmés des organisateurs de cet événement du FSM. Alors que cet objectif a rencontré la sympathie de participants de la « deuxième vague », le dispositif « Tunis étendu » qui permet à tout acteur local dans le monde de participer et d’amplifier ainsi grandement le sens de cet évènement semble le vecteur idoine pour la participation des acteurs de cette deuxième vague qui ancrent dans le local leur action.

 

Pourquoi créer des ponts entre les deux « vagues de l’altermondialisme » ?

 

D’un événement singulier fin janvier 2001 à Porto Alegre s’opposant au forum économique de Davos, le FSM est progressivement devenu un processus permanent avec ses événements de Porto Alegre, Mumbaï, Caracas, Bamako, Karachi, Nairobi, Belém, Dakar et maintenant Tunis ainsi qu’avec ses forums thématiques, les forums sociaux locaux (FSL) s’y rapportant également. Lieu d’apprentissage d’une nouvelle culture politique, d’intégration de nouvelles thématiques, notamment l’écologie[1], de convergence, d’émergence de réseaux et de projets, le FSM a ainsi contribué, même si une petite partie seulement du chemin a été accomplie, à fédérer la société civile progressiste et à la constituer en sujet pluriel de l’émancipation face au 1% oligarchique (banques, transnationales, milliardaires, … et leurs serviteurs institutionnels) charriant finance toute puissante, dédain du mur écologique et finalement défiguration de la démocratie[2].

 

La problématique et les objectifs des deux « vagues de l’altermondialisme  » sont ainsi proches et en résonance, par delà leurs spécificités, la « deuxième vague » étant d’emblée plus connotée « horizontalité », « actions » et « individus », ce qui en fait potentiellement une structure d’accueil large pour des mobilisations/insurrections citoyennes dans les mois ou années à venir. Alors que la crise, notamment en Europe, s’exacerbe, il importe d’œuvrer à créer des ponts, potentiellement riches de nouvelles inventions et mobilisations, entre « première vague » et « deuxième vague ».

 

Alors que les instances du FSM ont engagé une réflexion sur les évolutions à donner à l’organisation du processus pour aller dans ce sens, l’avancée de cette convergence ne pourra corollairement prendre son essor qu’à partir d’une jonction opérant au niveau où les forces se rejoignent : le « local ». Cela peut notamment se faire à l’aide du « FSM étendu ».

 

Qu’est-ce que « Tunis étendu » ? Comment peut-on y participer ?

 

Pour être véritablement opérant, il importe que le processus FSM progresse jusqu’au cœur des populations, s’étaye aussi sur le « local », ses problématiques, ses acteurs, ses projets, ses façons de faire, ses modalités d’expression. En actant que pour des raisons financières, de disponibilité et de logistique, tout le monde ne peut se rendre en un même endroit, chaque événement du FSM est dorénavant étendu à tout lieu dans le monde ayant des acteurs disposés à procéder à cette extension (on parle de « FSM étendu » et en l’occurrence de « Tunis étendu »).

 

Trois types d’activités, non exclusives les unes des autres pour une même localisation, y sont génériquement possibles :

 

1)      l’activité en local : réunion ou projection-débat, visite d’un lieu lié à une alternative concrète, animation de rue, émission à partir d’une radio ou d’un média alternatif, conférence de presse, …

 

2)      l’activité à distance « local - Tunis » : a) la télé-rencontre (visioconférence, audioconférence, …) « échos de Tunis » avec des personnes de la localisation présentes à Tunis ; b) la télé-rencontre thématique avec un(e) ou des intervenants présents à Tunis ; c) la télé-participation (vidéo, audio, chat, …) à une activité centrée à Tunis. Cette télé-participation peut impliquer plusieurs localisations dans le monde.

 

3)      l’activité à distance « local - local » implique deux (ou plus) localisations dans le monde. Elle peut être particulièrement utile pour parler des retours d’expérience et faire émerger des projets communs.

 

Des activités déjà prévues dans les agendas peuvent être mises sous le label du FSM étendu[3].

 

Quelles articulations entre « Indignés » / Démocratie Réelle Maintenant / Occupy  / M15 et « FSM étendu » ?

 

Trois schémas peuvent être imaginés  et  proposés (il peut y en avoir d’autres) :

 

a)      des FSL/FSM étendus[4] sont construits à partir d’assemblées locales fonctionnant selon la méthodologie « Indignés » ; de telles assemblées auxquelles participent, en tant que personnes,  des membres d’organisations de la société civile se substituent en tout ou partie au comité de facilitation constitué d’organisations dans la méthodologie FSM (dans ce schéma le moment de l’événement FSM est donc positionné en aval de moments « Indignés »)

b)      des assemblées ou d’autres types de réunion d’ « Indignés » sont inscrites comme activité dans le programme des FSL/FSM étendus (positionnement simultané dans le temps des moments FSM et « Indignés »)

c)       des assemblées locales d’« Indignés » résultent (d’une partie) des travaux des FSL/FSM étendus ; dans ce schéma où le moment de l’événement FSM est donc positionné en amont du moment « Indignés », l’assemblée « Indignés » occupe ainsi une place proche, dans la méthodologie FSM, d’une assemblée de convergence pour l’action (en générale inexistante au niveau local)[5] ; une telle assemblée locale peut se tenir le dernier jour d’un FSL/FSM étendu ou un peu plus tard (par exemple dans le cadre d’une mobilisation internationale) ; une activité de ces FSL/FSM étendus - cf. cas b ci‑dessus - en donnent les clés (méthodologie « Indignés », etc.).

 

En  outre,  un atelier débattant sur cette articulation en associant des intervenants  localisés à Tunis et dans plusieurs localisations dans le monde,  selon les modalités de la télé-participation évoquée ci‑dessus, pourrait être construit au moment de l'évènement FSM.  

 

Jean Michel Coulomb

 

 

 

Informations utiles

 

Pour dialoguer là-dessus : contacter contact.reseau.ffsl@gmail.com .

 

Pour être en contact avec les autres animateurs d’activités « Tunis étendu » dans le monde francophone et être informé : s’inscrire sur la liste : tuneo-fr@lists.openfsm.net

 

Pour rendre visible une activité « Tunis étendu » : l’inscrire sur le site fsm2013.org (c’est indispensable au moins pour les activités à distance et fort souhaitable pour les activités en local).

 

 

[1] Si le FSM était constitué aujourd’hui, il est probable qu’il aurait une autre appellation.

[3] Les façons de participer à « Tunis étendu » sont plus précisément données à http://openfsm.net/projects/facili-tation-de-fsl/7-facons-de-participer-a-tunis-etendu.

[4] Les FSL se déroulant au moment d’un FSM sont parfois appelés « FSM étendu de <nom de la localisation> » (ex : FSM étendu de/à Toulouse).

[5] S’appuyant sur les travaux des ateliers et séminaires de l’évènement FSM, les assemblées de convergence pour l’action ont pour objectif d’élaborer plates-formes, déclarations et agendas.


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 19:38

 

 

02-02-2013

 

 

 

www.telesurtv.net
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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 19:27

 

 

 

 

Mariano Rajoy est sorti de son silence samedi, trois jours après les révélations fracassantes du quotidien El Pais sur un financement occulte supposé du parti populaire (PP, au pouvoir) pendant près de vingt ans, qui aurait permis de verser des « compléments de salaire » à ses plus hauts dirigeants en toute opacité. Le premier ministre espagnol, qui est également le président du PP, a nié en bloc l'ensemble des accusations, dénoncé une « manipulation » et exclu de démissionner.

« Ce qui m'est attribué est faux. Je n'ai jamais reçu, ni distribué d'argent noir au sein de ce parti, ou ailleurs. Je le dis en toute sérénité »,. a déclaré le Galicien, à la sortie d'un conseil extraordinaire des responsables du PP à Madrid (lire l'intégralité de son intervention en espagnol). Il a promis la « transparence absolue » sur les comptes du premier parti d'Espagne, tout en refusant de répondre aux questions de journalistes présents, une fois son discours prononcé au siège du PP.

 

 

L'affaire, si elle se confirme, pourrait bien ébranler l'édifice du PP tout entier. Les démentis catégoriques de Mariano Rajoy ne suffiront pas à calmer la tempête, dans une Espagne frappée de plein fouet par la crise, lessivée par des années d'austérité, où les citoyens sont fatigués par des scandales de corruption à répétition.  

« La parole de Rajoy a perdu toute crédibilité », a réagi Ignacio Escolar, le rédacteur en chef du journal en ligne El Diario, peu après l'intervention du premier ministre, dans un éditorial très remonté. Pour le chef de l'opposition socialiste Alfredo Perez Rubalcaba, « Monsieur Rajoy a donné très peu d'explications, mais il a multiplié les accusations : tout le monde ment, sauf lui, tout le monde est coupable, sauf lui, tout le monde attaque l'Espagne, et il est le seul à la défendre. Des accusations partout, des explications aucune ! ».

À gauche du parti socialiste, le député Alberto Garzon, membre des écolo-communistes de Gauche unie (IU), et ex-figure du mouvement « 15-M » des indignés, s'en prend, lui, à la mise en scène du PP : « Un président qui ne répond pas aux questions est une insulte au concept de démocratie. Nous ne pouvons accepter que cela se normalise. »



Preuve que l'heure est grave, la numéro deux de l'exécutif, et porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, était montée au créneau, vendredi, pour défendre son chef, et tenter, en vain, de faire baisser la tension : « Cela fait douze ans que je travaille avec Mariano Rajoy. (...) Ce que j'ai vu a toujours été une conduite exemplaire, je ne l'ai jamais vu transgresser une norme. »

Un pactole supposé de 270 000 euros pour Rajoy

Le feu couve au siège du PP depuis le 18 janvier. Le quotidien de centre droit El Mundo est le premier à avoir sorti un pan de « l'affaire Barcenas », du nom de Luis Barcenas, gérant puis trésorier du PP pendant dix-huit ans, accusé par la justice espagnole d'avoir détenu un compte en Suisse sur lequel ont transité jusqu'à 22 millions d'euros. D'après le journal, qui cite plusieurs sources anonymes, Barcenas aurait en fait puisé dans ce magot pour verser des « compléments de salaires » à certains dirigeants du parti. Des enveloppes comprises entre 5 000 et 15 000 euros, pour gonfler les rémunérations officielles.

Des mails émanant de banquiers genevois (de la Dresdner Bank) ont également été révélés par la presse. Ceux-ci montrent les dessous de la gestion des comptes offshore du trésorier du PP, considéré par la place financière de Genève comme un « PEP ». Une personnalité politiquement exposée...

 

 

Mais l'affaire s'est accélérée avec la publication par El Pais, photos à l'appui, des cahiers manuscrits de Barcenas, et d'un autre trésorier du PP, Alvaro Lapuerta (aujourd'hui décédé), qui couvrent la période allant de 1990 à 2008. Cette cagnotte aurait été constituée au fil des années par des dons officieux de chefs d'entreprise, principalement dans le secteur de la construction, sans doute dans le but de remporter plus facilement des marchés publics.

On retrouve par exemple les noms des patrons de deux géants internationaux du BTP espagnol, OHL et Sacyr Vallehermoso (respectivement pour des dons de 530 000 et 480 000 euros). Les deux groupes ont démenti. Parmi les entreprises citées, certaines étaient déjà impliquées dans un autre scandale, l'« affaire Gürtel », qui avait déjà malmené, en 2009, bon nombre de cadres locaux du PP – tout en épargnant sa direction.

Surtout, El Pais contredit El Mundo sur un point explosif. Dans son édition du 18 janvier, le quotidien conservateur avait assuré que Mariano Rajoy n'était pas concerné, et qu'il avait même mis fin, à son arrivée à la présidence du parti, à ces mécanismes de rétribution. Pourtant, si l'on en croit les cahiers reproduits dans El Pais, le nom de Rajoy apparaît bien à plusieurs reprises.

L'actuel premier ministre aurait ainsi touché l'équivalent de « 25 200 euros par an » de 1997 à 2008, sans avoir, évidemment, à les déclarer. Soit un pactole de... 277 200 euros. Le Galicien, successeur peu charismatique de José Maria Aznar, est à la tête du PP depuis octobre 2004, et dirige le gouvernement depuis sa victoire aux élections générales de novembre 2011.

D'autres grands noms de la politique espagnole, comme Maria Dolores de Cospedal (secrétaire générale du PP, et présidente de Castille-La-Manche), ou encore Ana Mato, l'actuelle ministre de la santé, désormais sur la sellette, apparaissent également dans les fameux carnets.  

Si on lit la loi de financement des partis politiques en vigueur à l'époque en Espagne (de 1987 à 2007), les formations n'étaient autorisées à recevoir, « directement ou indirectement », d'apports supérieurs à dix millions de pesetas, soit environ 60 000 euros. Il était également interdit de bénéficier de fonds versés par des entreprises privées qui seraient sous contrat avec l'administration publique.

 

Les socialistes prudents

Ce système de financement parallèle, s'il est avéré, a donc permis de contourner, pendant des années, en toute illégalité, ces deux interdits. Les deux tiers des entrées de cash consignées dans les cahiers dépassent en effet largement le seuil des 60 000 euros, et beaucoup des entreprises concernées travaillaient pour les collectivités locales tenues, notamment, par le PP.

 

 

Dès la publication jeudi des « carnets Barcenas » (ci-contre), le PP a crié à la « manipulation », estimant qu'il s'agissait là d'une opération de diversion, alors que le gouvernement est en train de gagner la bataille contre la crise. Certaines figures respectées du parti (le président de Galice, Alberto Nunez Feijoo, ou l'ex-patronne du PP madrilène Esperanza Aguirre) ont toutefois exhorté le PP à faire toute la lumière et lancer sans attendre des enquêtes sur l'étendue de ce financement illégal.

Certains conservateurs mis en cause dans les carnets ont par ailleurs reconnu l'exactitude de la transaction. C'est le cas, par exemple, de l'actuel président du Sénat, Pio Garcia Escudero, bénéficiaire en 2001 d'une enveloppe de cinq millions de pesetas (environ 30 000 euros). Ce dernier prétend qu'il s'agissait d'aider à la reconstruction de sa résidence madrilène, endommagée l'année précédente par un attentat de l'ETA, et qu'il a, par la suite, remboursé ce « prêt » au parti.  

Il est difficile de mesurer l'onde de choc que risque de provoquer une telle affaire sur la vie politique espagnole. L'opposition socialiste hésite entre la prudence et l'attaque. Le PSOE a choisi, pour l'instant, de ne pas appeler à la démission de Mariano Rajoy. Même si l'un des proches de Rubalcaba reconnaît, dans les colonnes d'El Pais, qu'« il est évident, si le président de l'exécutif a commis une illégalité, qu'il ne pourra pas rester président ».

Du côté de la Gauche unie (IU), Cayo Lara, le secrétaire général, estime que les conservateurs sont en train de préparer le terrain à une « explosion sociale », référence au ras-le-bol que ressentent beaucoup d'Espagnols à l'égard d'une classe politique de plus en plus corrompue à leurs yeux. Une pétition appelant à la démission du chef de gouvernement, mise en ligne sur le site Change.org, a déjà récolté plus de 600 000 signatures.

Mariano Rajoy doit se rendre lundi à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Il n'échappera pas, cette fois, aux questions des journalistes sur son implication dans les « carnets Barcenas ».

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 19:16

CATDM - 2 février par Nicolas Sersiron

 

 

« Nous n’avons aucun intérêt économique au Mali », proclamait François Hollande, alors que notre pays était précisément engagé dans une guerre extractiviste, dont les motivations ne sont pas très différentes des guerres bushiennes au Moyen-Orient. Slogans et mensonges sont semblables : lutter contre le terrorisme et apporter la démocratie. L’avenir nous dira très vite si une réelle démocratie - un gouvernement qui fait passer les intérêts de son peuple avant celui des transnationales - remplace une des pseudo-démocraties ultra corrompues qui règnent dans la majorité des pays de l’Afrique subsaharienne. Les peuples maliens et français applaudissent la délivrance, le tour de passe-passe est parfait. Pourtant, cette guerre, néo-coloniale ou post-coloniale selon l’inspiration, n’en reste pas moins une guerre étrangère où le gouvernement français a pour projet de maintenir l’asservissement d’un peuple et de ses territoires pour conserver la mainmise sur ses matières premières. Il y a celles qui sont connues comme l’or du Mali et l’uranium du Niger, mais il y a aussi l’énorme potentiel des autres, cachées dans le sous-sol du Sahel. La concurrence est rude avec l’atelier du monde en Asie, avec la puissante Amérique du Nord et avec toutes les multinationales demandeuses de matières premières. Dans cette course, dont les populations ne profitent pas, bien au contraire quand on pense aux pollutions subies, la France veut garder un acquis de longue date.
 
Une fois le Mali envahi par les djihadistes, ceux-ci seraient devenus trop puissants et trop dangereux pour qu’Areva puisse continuer à profiter tranquillement de l’uranium d’Arlit et d’Imouraren au Niger voisin, qui représente près de 40% du combustible des centrales françaises. Est-ce un hasard si le nouveau président du Niger est un ancien cadre d’Areva ? L’Allemagne, qui arrête ses centrales nucléaires, n’a fait aucun acte de solidarité pour soutenir l’engagement militaire de la France. Cela fait plusieurs siècles que notre pays participe activement au pillage des richesses de l’Afrique. Après le vol des Africains transformés en esclaves, ce fut, à travers la colonisation armée, le vol des richesses naturelles agricoles et minières. Ensuite, après les indépendances, la continuité de ces pillages a pu être assurée grâce au mécanisme de la dette, quitte à assassiner ceux qui ne voulaient pas rester soumis, comme Thomas Sankara au Burkina Faso. Dans le système néocolonial, comme celui de la Françafrique, la violence des armes n’est jamais loin.
 
La dynamique capitaliste est fondée sur l’extractivisme. Sans lui, ni productivisme, ni consumérisme, ni profits. Tant que ce système n’aura pas épuisé toutes les ressources naturelles ou que les peuples ne se seront pas dressés pour dire stop, des gouvernements poussés par leurs multinationales continueront leurs exactions. Ils feront tout, jusqu’à la guerre, pour maintenir les flux d’approvisionnement de leurs usines et les profits de leurs capitalistes, assurés par notre consommation gaspilleuse de toutes ces richesses naturelles.
 
Dire qu’il fallait laisser les islamistes envahir la totalité du Mali, certainement pas. Mais tout a conduit à un gouvernement malien corrompu, faible ou tyrannique, avec une pauvreté galopante, une économie en quasi-faillite, une armée désorganisée. L’« aide » de la France en cas d’invasion extérieure était le passage obligé. Avec ses bases militaires au Tchad, en Centrafrique, au Gabon et en Côte d’Ivoire, elle était prête. Après cette victoire sans vraiment combattre, acquise grâce à la supériorité disproportionnée de ses armes, la France pourra rester l’acteur central au Mali.
 
L’ignorance de la majorité des populations européennes et africaines, bien entretenue par nos médias disciplinés, est impressionnante. Qui connaît réellement ces mécaniques de corruption, de dettes, de complicités ploutocratiques des dirigeants de tous les pays de la région ? Qui comprend que l’on fait applaudir l’armée d’un pays qui sert une logique de domination et de pillage ? Car la France est ce « maître » qui, en coopération avec la Banque mondiale, le FMI et ses entreprises transnationales, les prive de leur indépendance politique et économique, tout en les sauvant d’un danger immédiat encore plus grand.
 
Les sauver certes, mais aussi continuer de les soumettre à la logique extractiviste. La guerre de Sarkozy, pour sauver Benghazi des griffes du colonel Kadhafi, n’était-elle pas de la même veine ? A qui profite l’extraction du pétrole aujourd’hui en Libye ? En 1894, l’armée de Gallieni pénétrait à Tombouctou pour la conquérir ; en 2012, c’est encore l’armée française qui prend possession de cette même ville ! 
 
Les peuples africains, chargés d’une longue et magnifique histoire, doivent reprendre le contrôle de leur pays, à la faveur de l’électrochoc djihadiste. Après être sortis des griffes des corrompus et des corrupteurs, ils doivent reprendre leur destin en main et auditer la dette de leur pays pour annuler la part illégitime. De l’Équateur au Venezuela en passant par la Bolivie, plusieurs peuples d’Amérique du Sud se réapproprient progressivement leurs richesses naturelles. Durant les premières décennies du 19ème siècle, ils se sont libérés du colonisateur espagnol. Souhaitons qu’il ne faille pas encore un siècle pour que les peuples d’Afrique se libèrent de leurs dettes illégitimes, de leurs pseudo-démocraties ou de leurs dictatures, des voleurs de ressources naturelles et de toutes les corruptions qui les gangrènent. Le FMI annonce qu’il reprend ses prêts au Mali, interrompus depuis le coup d’état de 2012. C’est le signe de la reprise en main de l’économie malienne par les grandes puissances. Quand on voit les ravages sociaux et économiques causés en Grèce par des préceptes austéritaires, reconnus erronés par Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, on ne peut que vouloir un sursaut salutaire.

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 19:09

CADTM

CATDM - 2 février par Patrick Saurin

 


Une urgente et impérieuse nécessité économique, sociale, politique et démocratique

Les différents projets de réforme bancaire initiés aux États-Unis avec la loi Dodd-Franck, au Royaume-Uni avec la Commission Vickers, en Europe avec le Groupe Liikanen et en France tout dernièrement avec le projet de « loi de séparation et de régulation des activités bancaires » ont suscité un large débat. À ce jour, les prises de positions, les discussions et les polémiques ont porté quasi-exclusivement sur le fait de savoir s’il faut ou non séparer la banque de détail et la banque de financement et d’investissement (BFI) |1|. Pour légitime et importante qu’elle soit, cette question est l’arbre qui cache la forêt. En effet, au-delà du choix de séparer ou pas les deux types de banques qui coexistent actuellement dans le modèle de banque universelle, la préoccupation essentielle doit porter sur le rôle des banques et leur mode de fonctionnement avant la question du simple aspect organisationnel. Quelle utilité y a-t-il pour les populations de séparer les deux banques si leurs activités respectives ne sont pas mises au service de la collectivité ?

Le système bancaire privé a été le principal responsable de la crise financière de 2007-2008 qui perdure encore en 2013. Libres de toutes contraintes et animées par un seul souci spéculatif, les banques ont conçu des produits plus risqués les uns que les autres qui ont généré des pertes considérables. Les pouvoirs publics auraient dû, les premiers, tirer les leçons de cette crise et prendre des mesures adaptées à l’encontre des principaux fautifs, les établissements financiers. Pourtant, au lieu de s’attaquer aux racines du problème, ils ont choisi de laisser les banques agir en dehors de tout contrôle et faire supporter le prix de la débâcle financière aux populations à travers de violents, injustes et inefficaces plans d’austérité.

Cette situation est d’autant plus inadmissible qu’une réforme en profondeur de l’organisation et du fonctionnement du système bancaire est aujourd’hui une urgente et impérieuse nécessité économique, sociale, politique et démocratique.

 

Sur le plan économique, de l’avis même des experts des institutions officielles, les dommages causés par les banques sont considérables

Selon une étude de la société d’analyses Alphavalue, depuis 2007, les 4 grandes banques universelles françaises (Société Générale, BNP, Crédit Agricole et BPCE) ont détruit 81 % de leur valeur actionnariale |2|. Au-delà de nos frontières, Luc Laeven et Fabián Valencia, deux économistes du FMI, chiffrent les conséquences des crises bancaires comme suit |3| :

Pertes en % du PIB% d’accroissement de la dette publique Ensemble du monde 23,0 % 12,1 % Pays développés 32,9 % 21,4 % États Unis 31,0 % 23,6 % Zone Euro 23,0 % 19,9 %

L’impact économique de la crise provoquée par les banques s’est répercuté avec une grande violence au niveau social


Partout, on observe la mise en œuvre de politiques d’austérité, de coupes budgétaires qui, loin d’apporter une solution au problème, font payer l’addition aux populations. Il n’est que de regarder du côté de la Grèce, laboratoire de ces politiques, pour mesurer le prix social imposé aux populations :
Une baisse du SMIC porté à 480 euros nets et à 417 euros nets pour les nouveaux salariés
- Pour les moins de 25 ans, ce même SMIC à moins de 400 euros nets
- Un gel des salaires pendant au moins 3 ans
- Une baisse de 15 % des retraites avec une pension de 320 euros pour les nouveaux retraités
- Un taux de chômage de 25 % avec 50 % des jeunes de moins de 25 ans sans emploi
- Près de 30 % de postes de fonctionnaires supprimés en 3 ans
- Une diminution de 40 % du budget des hôpitaux en 3 ans
- Une hausse du taux de suicide comprise entre 25 et 40 % en 3 ans
- Une progression annuelle de la consommation d’héroïne de 20 %
- Une augmentation de 50 % des infections au virus VIH1 |4|
- Un quasi-doublement des vols et des homicides en 3 ans
- Un quart de la population menacé par la pauvreté
- Des mois de salaires impayés pour un tiers des ouvriers
- 14 % de travailleurs pauvres
- 10 % d’enfants souffrant de malnutrition et des écoles sans livres scolaires et souvent sans chauffage
- 31 % de la population menacés de pauvreté ou d’exclusion.


L’Espagne suit aujourd’hui le même chemin avec un taux de chômage des jeunes de 50 % et la privatisation d’hôpitaux publics et de centres de santé. En France, c’est le système des retraites qui est à nouveau dans la ligne de mire du MEDEF qui propose de ne plus indexer sur l’inflation les pensions servies par les caisses de retraite complémentaire du privé (Agirc et Arrco) et envisage une baisse du taux de réversion dès le 1er janvier 2014 qui passerait de 60 à 56 %.

 

La crise financière a également mis en lumière une crise politique

Les pouvoirs publics se sont refusé à imposer aux banques une réglementation pour encadrer leurs activités et empêcher le renouvellement de crises similaires à celle de 2007-2008. Au contraire, ce sont les banques qui ont imposé leur diktat : les autorités américaines ont reporté l’application des normes de Bâle III aux calendes grecques, et dans la foulée les banques européennes ont demandé à la commission européenne, par l’intermédiaire de leur fédération (la Fédération bancaire européenne), le report à 2014 de l’application de cette même réglementation.

Selon un rapport de la Commission européenne du 21 décembre 2012, « Entre le 1er octobre 2008 et le 1er octobre 2012 la Commission a autorisé des aides au secteur financier pour un montant total de 5 058,9 milliards d’euros (40,3 % du PIB de l’UE) » |5|. Ce rapport précise : « Pour la période allant de 2008 à 2011, le montant total des aides utilisées s’élève à 1 615,9 milliards d’euros (12,8 % du PIB de l’UE). La majeure partie de ces aides a été consacrée aux garanties, qui représentent un montant d’environ 1 084,8 milliards d’euros (8,6 % du PIB de l’UE) » |6|. Le communiqué de presse de la commission accompagnant le rapport apporte un éclairage supplémentaire : « La grosse majorité de cette aide (67 %) se présentait sous la forme de garanties publiques sur le financement de gros des banques » |7|. En clair, ce sont les banques de financement et d’investissement qui ont bénéficié de l’essentiel des aides et non les banques de détail.

Aux États-Unis, l’aide de la Banque fédérale – qui n’a pas profité qu’aux seules banques américaines – a été encore plus considérable : 16 115 milliards de dollars selon le rapport du Government Accountability Office (GAO) |8|, l’organisme en charge du contrôle des comptes du budget fédéral, ou 29 616,4 milliards de dollars selon une estimation réalisée par James Felkerson d’un institut de recherche indépendant |9|.

 

Enfin, la crise a donné lieu à un vaste déni de démocratie dans un grand nombre de pays

Nous pouvons le vérifier à travers deux exemples. Aux États-Unis, Kimberly D. Krawiec, une professeur d’université spécialiste du droit des sociétés, a réalisé une étude portant sur l’activité du Financial Stability Oversight Council (FSOS), le Conseil de Stabilité Financière, une agence qui a consacré ses travaux aux modalités de mise en œuvre de la règle Volcker. Cette chercheuse a analysé 8 000 lettres reçues par le FSOS reçues dans le mois précédent son étude relative à l’application de cette règle. Au terme de ses investigations, elle est parvenue à ce constat édifiant :
« Des institutions financières, des groupes commerciaux de l’industrie financière et des cabinets juridiques représentant de telles institutions et groupes commerciaux représentaient ensemble à peu près 93 % de tous les contacts de l’agence fédérale relatifs à la loi Volcker au cours de la période étudiée, tandis que les groupes d’intérêt public, du monde du travail, des associations de défense et de la recherche représentaient seulement autour de 7 %. » |10|

Le même travail de lobbying des institutions financières a été observé à l’occasion de l’élaboration de la loi bancaire en France. Cette réforme a été préparée confidentiellement par un petit cénacle réunissant des hauts fonctionnaires de la direction du trésor et les membres du Conseil de régulation financière et du risque systémique (Coréfris) |11|, une instance dans laquelle les banques, BNP en particulier, ont placé leurs représentants. Ainsi, les auditions menées auprès des autorités financières, des banques, des associations de place, des entreprises, des organismes consultatifs du secteur financier et des organisations syndicales n’ont été que de pures formalités, les choix étaient déjà faits, les représentants des banques avaient déjà gagné la partie. Pour preuve, lors de son audition par la commission des Finances de l’Assemblée nationale le 30 janvier 2013, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, chiffrait l’impact de la séparation des activités spéculatives prévue par la loi : « Cela représente entre 3 et 5 % de nos activités de BFI, qui représentent elles-mêmes 15 % des revenus totaux de la banque. » En clair, la nouvelle loi ne concernerait que 0,45 % ou 0,75 % du produit net bancaire (respectivement 3 % et 5 % de 15 %).

Loin de ramener les banques à la raison et à plus de déontologie, les plans de sauvetage publics ne les ont pas incitées à réduire leurs risques, en particulier dans leur activité de prêt. Une étude récente |12| a démontré que les établissements qui avaient bénéficié de mesures de renflouement durant la crise financière mondiale n’ont pas diminué leur niveau de risque par rapport à ceux n’ayant pas reçu d’aide publique. Les deux économistes auteurs de l’étude soulignent que « la perspective d’un soutien de l’État peut entraîner un aléa moral et amener les banques à une plus grande prise de risque. » |13|

Enfin, ces derniers mois, de multiples affaires ont mis en lumière la nature fondamentalement inamendable du système bancaire en place. HSBC a accepté de payer une amende record de 1,920 milliard de dollars aux autorités américaines pour mettre fin aux poursuites dont elle faisait l’objet pour blanchiment d’argent avec l’Iran et les cartels mexicains de la drogue. UBS a annoncé qu’elle allait payer une amende de 1,4 milliard de francs suisses à la suite d’un accord avec les autorités américaines, britanniques et suisses pour son implication dans le scandale du Libor. Cette liste interminable des faits divers sordides et coûteux pour la collectivité rend nécessaire, préalablement à toute refonte du système bancaire « un assainissement transparent, efficace et radical du secteur financier ainsi que de celui des responsables publics qui ont trahi la confiance de la population » |14|. Les banques doivent ouvrir leurs livres de comptes et justifier à quelles fins elles emploient les fonds qui leur sont confiés, et en cas de manquements leurs responsables doivent être poursuivis et sanctionnés.

Parce qu’il est utile à l’ensemble de la collectivité, parce qu’il doit assurer l’intégrité des systèmes de paiement, parce qu’il doit protéger les dépôts et assurer son rôle de pourvoyeur de crédits, le système bancaire doit être socialisé, c’est-à-dire placé sous contrôle citoyen avec un partage de décision entre les dirigeants, les élus locaux ainsi que les représentants des salariés, des clients, des associations et des instances bancaires nationales et régionales |15|. Les atermoiements de Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de NATIXIS, s’interrogeant sur le bien-fondé de séparer la banque de détail et la banque d’investissement sont intéressants |16| car ils révèlent l’impasse dans laquelle se trouve le système bancaire actuellement et le fait que sa crise n’aura pas de solution viable et possible aussi longtemps qu’il demeurera entre les mains et au service d’intérêts privés.

Aujourd’hui, l’heure n’est plus à socialiser les pertes des banques mais les banques elles-mêmes dans leur intégralité.

 

Notes

|1| Cette question est au cœur des communications de Finance Watch et des propositions d’amendement au projet de loi bancaire présentées par cette association le 29 janvier 2013. Lien : http://www.finance-watch.org/wp-con...

|2| Alphavalue, « Libérons la banque », 7 juin 2012, pp. 6 et 26.

|3| Luc Laeven et Fabián Valencia, « Systemic Banking Crises database : An Update », IMF Working Paper, 12/163, juin 2012, pp. 17 et 22.

|4| Les données en matière de santé proviennent d’un article intitulé « Health effects of financial crisis : omens of a Greek tragedy », paru dans la revue britannique The Lancet du 22 octobre 2011.

|5| Rapport de la Commission, « Tableau de bord des aides d’État. Rapport sur les aides d’État accordées par les États membres de l’UE », 21 décembre 2012, p. 10.

|6| Idem, p. 11.

|7| « Aides d’État : le tableau de bord confirme la tendance à la diminution et à un meilleur ciblage des aides non liées à la crise », Communiqué de presse de la Commission européenne, IP/12/1444, 21 décembre 2012.

|8| Federal Reserve System, Opportunities Exist to Strengten Policies and Processes for Managing Emergency Assistance, GAO-11-696, juillet 2011, p. 131. Lien : http://www.gao.gov/assets/330/321506.pdf

|9| James Felkerson, « $29,000,000,000,000 : A Detailed Look at the Fed’s Bailout by Funding Facility and Recpients », Levy Economics Institute of Bard College, décembre 2011, p. 32. Lien : http://www.levyinstitute.org/pubs/w...

|10| Kimberly D. Krawiec, « Don’t “Screw Joe The Plummer :” The Sausage­Making of Financial Reform », 25 mars 2012, p. 7. Lien : http://scholarship.law.duke.edu/fac...

|11| Le Coréfris a été créé par la loi de régulation bancaire et financière du 22 octobre 2010. Cette instance, composée de représentants de la Banque de France et des autorités de contrôle du secteur financier, est chargée de conseiller le ministre chargé de l’économie dans la prévention et la gestion du risque systémique.

|12| Michel Brei & Blaise Gadanecz, « Have public bailouts made banks’ loan books safer ? », Bis Quaterly Review, septembre 2012.

|13| Idem, p. 67.

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:46

 

 

http://danactu-resistance.over-blog.com/article-notre-dame-des-landes-des-animaux-s-installent-a-bellevue-dimanche-aide-demandee-114954802.html

 


Communiqué reçu par mail, le 01/02/2013 :

bellevue270113 003

Vendredi 1 février


Le Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport (COPAIN), occupe depuis lundi 28 janvier, la ferme de Bellevue libérée la veille. Cette occupation la protège de sa démolition et de son démantèlement afin qu’’elle garde son potentiel de production en attendant l’arrêt du projet.

C’est dans une démarche constructive qu’’une réintroduction d’’animaux (vaches, moutons, poules) va se faire dimanche 3 février.

bellevue280113 017

Un besoin important de main d’oe’œuvre est demandé pour le nettoyage de la ferme et la préparation de l’’arrivée des animaux : se présenter directement sur place dès vendredi :– Ferme de Bellevue à Notre Dame des Landes (passer par le Limimbout)

Nous demandons à tous les volontaires de se mobiliser pour être présents sur le site de la ferme de Bellevue et ceci jour et nuit. Le jour des chantiers seront organisés pour, d’abord, nettoyer la ferme et ses abords (aujourd’hui, demain et dimanche matin ) puis remise en état de la ferme.

Et la nuit gardes avec dortoirs pour pouvoir dormir !

Un pique-nique est organisé dimanche midi 3 février pour fêter l’’’arrivée des animaux.

bellevue270113 006

 

Les photos sont prises du blog paroles de campagnes :

http://parolesdecampagne.blogspot.fr/

Un texte sur l’appel à soutenir l’occupation de la ferme de Bellevue :

http://lutteaeroportnddl.com/2013/01/27/une-ferme-de-la-zad-bellevue-occupee-par-des-camarades-et-entouree-par-des-tracteurs-soutenons-les-camarades-pour-empecher-sa-destruction/

Le compte-rendu d’une AG sur l’avenir de la ferme de Bellevue :

http://zad.nadir.org/article/retour-sur-la-reunion-a-bellevue

La ferme de Bellevue s’adresse à Mr l’ami des multinationales, François Hollande  :

http://zad.nadir.org/article/rester-ferme-lettre-ouverte-a

 

 

 

 

 

SOURCE / Blog du collectif de lutte contre l'aéroport de NDDL


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:39

 

http://zad.nadir.org

 

samedi 2 février 2013, par zadist

 


Aujourd’hui 2eme février l’occupation militaire dure depuis 70 jours (pour une opération débutée il y a 109 jours). Nos camarades sont emprisonnés depuis 66 jours pour l’un et 45jours pour l’autre.

Nous tenons à vous rappeler que DEUX camarades de la lutte contre l’aéroport sont en ce moment en prison (et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre).

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales.

- En attendant une réponse de notre camarade en prison J. (depuis le 19 décembre) concernant la diffusion de son identité, nous vous proposons d’envoyer vos lettres de soutien et témoignages de solidarité a l’adresse indiquée ci dessous ; nous les lui ferons parvenir : Comité de soutien aux inculpé-e-s « Le Gué » 44220 Couëron

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 nantes

(d’autres infos sur comment soutenir les personnes incarcérées et autres inculpé-e-s ici)


Infos utiles pour venir ici

Point d’info permanent sur le campement "Hors Contrôle" établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière. Si vous nous rejoignez sur la zone, voyez ici. attention : La permanence tenue au local de l’Acipa à Notre-Dame-des-Landes, est suspendue durant les jours à venir.

- équipe legale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Equipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Accueil "hors contrôle" : 06 32 98 78 36
- liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici
- Contact Presse de la Zad : 06 38 17 36 19

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Pour suivre les infos de la marche de Nice à NDDL : pour les rejoindre, illes partent tous les jours à 8h de la mairie de la ville où illes ont dormi, voir leur blog

enfin des infos précises sur l’arrivée de la marche de Nice

Soyons nombreusEs à les accueillir, à Nantes le 9 février et le 10 février pour la dernière étape

Bonne marche à tou-te-s, on vous attend pour tout savoir de vos aventures, rencontres, ...


l’action du jour

Opération fortitude

Que chaque opposant à l’aéroport fabrique un ou plusieurs mannequin réaliste (mode épouvantail) à mettre sur la zad (plus ou moins cachés derrière les arbres, dans les arbres, le long des haies ...) Ils pourront être déplacés une à deux fois par semaine. Objectifs :
- empècher une évaluation et une localisation des forces zadistes en présence
- ralentir les forces du désordre en cas d’intervention : ils devront vérifier chaque fois qu’il ne s’agit pas d’un zadiste vivant immobile
- pour ceux qui ne peuvent pas rester sur place, laisser leurs camarzad à NDDL

Avantages : facile, pas cher, légal, rigolo, efficace.


Infos du jour

- 19h27 : une personne arrêté vers 17h au carrefour Ardillières. La personne est au commissariat a Blain. Pourquoi ? On en sait pas...probablement comme pour plein des autres pas de la carte ID su elle et bien fait l’énorme faut-pas et demandé "montrez moi l’arrêté préfectorale". Peut être la personne aurai juste exprimé d’être mal contente de contrôles plusieurs fois par jour.... On dirai cette bande de inutiles a rien d’autre a faire que emmerder du monde sur deux carrefours depuis 70 jours....

A propos du voyage à Nantes Hier, on a reçu "Je crois que le voyage à Nantes est jaloux du succès de la ZAD et essaie même de récupérer les actions contre l’aéroport. Après leur promotion ville verte illes ont envoyés aux nantais-e-s une carte postales" voyage à nantes, dont une : Les vaches des opposants sur le square Jean Baptiste Daviais lorsque des paysan-ne-s faisaient une grève de la faim. Bien entendu illes ont juste récupéré les vaches comme si c’était encore une attraction verte de la ville : on voit pas les opposants ! "

Aujourd’hui on nous envoie une réaction : "En fait ça me fais perdre mon sens de l’humour... C’est lors d’une manif en soutiens au grévistes qu’elles ont été amené au square, pendant la manif, on était nombreux, mais à la fin, on était plus qu’une trentaine, et là gros débarquement de robocop... Ils ont menacé de faire piquer les genices, leur propriétaire les a donc tte emmener à nddl C’est la deuxième fois que le voyage à Nantes montre ces vaches dans sa propagande de merde pour cette ville pourrie ! On ne peut pas rien faire..."

- 16h : les flics contrôlent les identités et sont chiants aus Ardillères comme au carrefour des Fosses Noires/D81. Passez par les champs !

Un petit récit de la matinée. Ce matin nous sommes allé nous ballader sur le tracé du barreau routier. Nous avons croisé un panneau annoncant le déplacement d’un pylône haute (ou moyenne) tension, des poteaux électiriques pour le déplacement d’un autre ligne. Nous avons constaté avec joie qu’ils avaient été attaqués à coup de masse. Dessus on pouvait lire "Vinci dégage ! Youpi, on les bloquera". Ils seraient actuellement dans les fossés. On a aussi croisé de nombreaux "champignons" orange laissés par les géomètres indiquant le tracé du barreau routier. On a aussi vu que les fouilles avaient avacé de ce côté. On s’est dit que ça valait le coup de refaire régulièrement des balades et des cueillettes de ce côté : ça fait de belles guirlandes et c’est très joyeux.

- 15h : la personne aurait été relâchée après un contrôle d’identité. Faites gaffe à vous quand vous passez par le carrefour Fosses Noires / D81, il y a pas mal de flics. Ils ont ramené 6 camions supplémentaires après une tentative de passage d’un petit groupe qui refusait de faire le tour par les champs.

- 14h50 : une arrestation serait en cours au carrefour de la Saulce. Plus d’infos à venir.

- 14h : aux dernières nouvelles, il fait beau sur la ZAD, la ballade de repérage sur le tracé du barreau rooutier se passe bien et les chantiers continuent à Bellevue.

- reçu : " Je crois que le voyage à Nantes est jaloux du succès de la ZAD et essaie même de récupérer les actions contre l’aéroport. Après leur promotion ville verte illes ont envoyés aux nantais-e-s des "cartes postales" voyage à nantes, dont une : Les vaches des opposants sur le square Jean Baptiste Daviais lorsque des paysan-ne-s faisaient une grève de la faim. Bien entendu illes ont juste récupéré les vaches comme si c’était encore une attraction verte de la ville : on voit pas les opposants ! "

- Info : rdv sur la ZAD balade sur le tracé du futur barreau routier (croient-ils). Ils sont a priori déjà parti de NDDL, mais si quelqu’un-e un veut les joindre, appelez nous ou envoyez un mail a zad chez riseup.net

A 18h à la grange de St. Antoine Initiation danses traditionnelles suivi 20h par Bal le bal il va avoir lieu à la grange de St. Antoine 23h : After disco ! pareille pour l’after disco !

- 9h00 Bonjour ! Il fait beau et tout a l’air calme.


2 février

- Blois

- Journée mondiale des Zones Humides Pour mémoire, cela fait 42 ans que la Convention de Ramsar a été signée (le 2 février 1971). L’intitulé de cette journée du 2 février 2013 :" Les Zones Humides protègent notre eau".

Pour en savoir plus, voir le site internet : http://www.zones-humides.eaufrance.fr

- Notre Dame des Landes : journée mondiale des zones humides à 14 h devant l’église de Notre-Dame-des-Landes (avec des bottes et des vêtements chauds).

http://naturalistesenlutte.overblog...

L’ACIPA, Bretagne Vivante et la LPO proposent des animations sur le site de Notre-Dame-des-Landes pour la Journée mondiale des zones humides.

« Les zones humides protègent notre eau » est le thème choisi pour la Journée 2013. Il est tout à fait approprié pour prendre conscience de l’importance capitale des zones situées en tête de bassin versant. Des animateurs montreront très concrètement ce qui caractérise une zone humide, l’intérêt de ses sols « pauvres », les premiers signes du printemps autour des mares.

Il est essentiel que le lien se fasse entre les combats d’aujourd’hui et la Journée mondiale des zones humides qui commémore la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar. Comment ne pas souligner l’aveuglement d’un État qui nous invite à célébrer cette journée mais trouve encore de bonne excuses 44 ans après la ratification pour détruire 2000 hectares de zones humides !

- Montaigu : concert de soutien

on organise un concert de soutien ! Voila l’info :

"La ZAD, c’est pour les aménageurs la Zone d’Aménagement Différé ; pour les opposants, une Zone À Défendre : un bout de campagne à quelques kilomètres de Nantes (Bretagne) qui devrait, pour les décideurs, laisser place à un aéroport international.

Le projet est de construire une plate-forme économique « Grand Ouest » d’envergure internationale allant de Nantes à Saint-Nazaire, qui ne formeraient plus qu’une seule et grande métropole. La réalisation de cette plate-forme demande de maîtriser tant le ciel, la mer, que la terre à travers le remplacement de l’actuel aéroport de Nantes par un nouveau à Notre-Dame-des-Landes, mais aussi l’agrandissement du port de Saint-Nazaire, la construction de nouvelles routes et autoroutes…

Les désirs des opposants, en venant habiter sur l’emplacement prévu de l’aéroport, sont multiples : habiter sur un territoire en lutte, ce qui permet d’être proches des personnes qui s’y opposent depuis 40 ans et de pouvoir agir en temps de travaux ; profiter d’espaces laissés à l’abandon pour apprendre à vivre ensemble, à cultiver la terre, à être plus autonomes vis à vis du système capitaliste." http://zad.nadir.org/

Tous les bénéfices de cette soirée seront reversés à la ZAD dans leur lutte contre l’Aéroport !

PROGRAMME

18h / 20h : Projection et conférence sur le conflit + Chanson traditionnelle

A partir de 21h :

- WEEDOM (blues/rock/reggae, Vendée) - LES MAUX DE LA RUE (Punk Rock Festif, Nantes) - FALLAIT PAS NOUZINVITER (Rock’n’roll endiablé, Vendée) + Guests...

Entrée : Prix Libre...

Au Zinor à Montaigu (85)

Rue du Moulin Gros - ZI Nord - MONTAIGU "

- Limoges : manif 15h place de Haute Vienne manifestation organisée par le comité Zad 87

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- Loir-et-Cher : réu publique :

Le comité de soutien de Loir-et-Cher aux opposants à la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes organise une réunion publique samedi 2 février à partir de 17 h 30 à la Bourse du travail à Blois.

PDF - 35.3 ko

-  Gap : constitution d’un comité appel à la réunion pour constituer un collectif de soutien en Hautes Alpes.

- Angers : départ de la marche Angers-NDDL

rendez-vous est fixé à 9h00 samedi 2 février Place du Ralliement à Angers pour un départ à 10h00. arrivée vers 17h00 à Saint-Georges-Sur-Loire (20km) Marche d’Angers à Notre-Dame contre le projet d’Ayrault-port

A l’initiative d’opposants/opposantes au projet d’Ayrault-port une marche entre Angers et la ZAD (à NDDL) est organisée à partir de ce week-end. L’objectif est d’arriver à peu près en même temps que la marche entre Nice et la ZAD (8/02). Elle est en solidarité avec les occupants/occupantes de la ZAD, pour l’abandon du projet, contre les violences et aussi une marche de convergence des luttes !

Vous êtes invité-e-s à venir faire du bruit pour le départ et à venir marcher avec nous ! Le programme de la marche est ci-dessous, l’arrivée et le départ se font tous les jours Place de la Mairie, départ à 10h00 le matin et arrivée vers 17h00.

- Saint Nazaire : Sortie/journée zones humides

à 15:00 au port de Méan, Saint Nazaire (plan)

Le 2 février 2013, c’€™est la Journée mondiale des zones humides :

A cette occasion, plusieurs associations et organisations environnementales, dont Natur-€™Action et la LPO, proposent une sortie vers le Grand Tourteau appelé aussi « la vasière de Méan », en aval du pont de Saint-Nazaire - Mindin.

L’objectif de cette sortie gratuite et ouverte à tous est de découvrir ce site et de prendre conscience que « la vasière de Méan » présente un très grand intétrêtt dans de nombreux domaines.

Il s’agit aussi de sensibiliser le maximum de citoyens à la menace qui pèse sur ce site dans le cadre des projets du Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire

Portfolio

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 17:33

 

Rue89 - Paroles de crise 02/02/2013 à 09h55
Benjamin Schenkel | Ecole de journalisme de Sciences Po
Morgane Troadec | Etudiante en journalisme

 

 

La professeure de tricot a l’air anxieux. Elle se saisit de la laine à côté d’elle et compte lentement, deux par deux. Tenant les aiguilles de son élève, Amandine Darnault chuchote : « 84 mailles, ça fait 86… Là, vous avez fait une erreur. » Elle scrute le bout de laine, examinant ses défauts. Avec un sourire au coin des lèvres, elle susurre à son élève :

« Ne t’inquiète pas, pas besoin de tout reprendre à zéro. »

Récemment, Amandine a dû revoir l’orientation de sa carrière professionnelle. Cette jeune femme de 27 ans, originaire de Nantes, a fait cinq ans d’études agricoles. Elle est venue à Paris en 2009 avec l’espoir de devenir ingénieure en environnement. Mais la crise est passée par là, touchant le secteur de plein fouet.

En 2011, elle a trouvé du travail dans une association. Un an plus tard, Amandine décide de changer complètement de voie, de prendre un risque.

Des cours presque tous les soirs

Imitant d’autres de sa génération, Amandine monte sa propre entreprise. Le résultat : Aléfil, une boutique où elle vend de la laine et d’autres textiles.

 

 

Amandine filait un mauvais coton

Chez elle, une pelote de laine coûte entre 2 et 6 euros. Elle donne également des cours de tricot, à un prix abordable (de 8 à 10 euros, selon le forfait), presque tous les soirs.

Ce modèle de vente de matériel et de service se répand, poussé par la mode du « fait main ». Et avec la baisse du pouvoir d’achat, plus de personnes se motivent pour fabriquer et réparer eux-mêmes leurs vêtements, dans l’espoir de faire des économies.

« Mes clients me ressemblent »

Le tricot, aujourd’hui ?

Amandine pense que le féminisme a effectué un saut générationnel : des mères, voulant rejeter les occupations classiques que l’on attribuait aux femmes, n’ont jamais transmis à leurs filles l’art du tricot. Mais certaines jeunes femmes choisissent aujourd’hui de l’apprendre, comme loisir ou pour des raisons pratiques.

 

Selon elle, les Parisiennes ont besoin d’une activité pour oublier le stress, qui déteint sur leurs activités personnelles.

Lancer sa boutique n’était pas le plus difficile pour Amandine. Le tricot est l’une de ses passions, depuis son plus jeune âge. Sa mère est styliste. Avant qu’elle devienne tricoteuse de métier, elle donnait des leçons de couture pour se faire un peu d’argent de poche.

Par chance, elle a trouvé un atelier à louer juste en face de son appartement, dans le quartier des Batignolles (XVIIe arrondissement de Paris). La boutique ouvre ses portes en juin.

Grâce à son réseau de clients, Amandine commence à gagner de l’argent quatre mois après le lancement de son affaire. Mais récemment, les revenus de son entreprise se sont mis à stagner. « J’arrive à tout payer », dit-elle, « mais je ne peux pas avoir de salariés ». Elle avoue même ne pas encore être en capacité de se verser un salaire.

Heureusement pour Amandine, le tricot n’est, semble-t-il, plus réservé aux grands-mères. « Les jeunes ont envie de s’y mettre », assure-t-elle.

« Mes clients me ressemblent, ils font partie de la même génération que moi. »

« 4 euros, ce n’est pas un prix normal »

C’est donc la crise qui a encouragé Amandine dans sa nouvelle voie. Pour les clients, l’affaire est moins claire. Le prix de la laine est élevé en France, car elle vient en majorité de l’importation (par exemple, dans les catalogues Bergère de France, il est difficile de trouver une pelote à moins de 5 euros pièce). La concurrence de la grande distribution, qui propose des vêtements bon marché, ne rend pas forcément le fait main attrayant. D’autant moins pour les débutants : cela prend trop de temps.

Certains clients ont pourtant des motivations d’ordre financier. Des femmes enceintes viennent à l’atelier d’Amandine, dit-elle, car elles pensent que cela leur revient moins cher de tricoter des habits pour leur bébé, plutôt que d’en acheter. C’est que vêtir un bébé chiffre vite : chez Petit Bateau, les bonnets de laine coûtent pas moins de 25 euros et une simple paire de chaussettes plus de 10 euros ; alors que faire soi-même de petites écharpes, chaussettes, ou bonnets ne nécessite pas beaucoup de matériel. Pour ces futures mamans, le tricot est donc un investissement intéressant.

Quelles que soient les situations financières, le plus important pour Amandine, c’est que le tricot encourage une prise de conscience.

« Les gens qui ont fait un vêtement se rendent compte du travail que c’est. Ils voient que 4 euros, ce n’est pas un prix normal. »

En riant, Amandine confie que son rêve serait de se tricoter une garde-robe entière. Mais cela devra attendre un peu : elle est très occupée avec son magasin et ses cours. Ces jours-ci, Amandine ne travaille pas pour elle-même : elle fabrique des chaussettes, couleur crème, pour sa mère, qui l’a inspirée.

 

 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 17:20

 

Rue89 - Le grand entretien 02/02/2013 à 13h44
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

Fab’ lab’, imprimantes 3D... « Le consumérisme a vécu », assène le philosophe pour qui, motivés par nos seuls centres d’intérêt, nous allons changer de mode de travail.

 


Bernard Stiegler à Paris en janvier 2013 (Audrey Cerdan/Rue89)

Les bureaux de Bernard Stiegler font face au Centre Pompidou, sous les toits de Paris. C’est pour son célèbre voisin que le philosophe a fondé l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), afin d’« anticiper les mutations de l’offre et de la consommation culturelle permises par les nouvelles technologies numériques ».

Mais dans l’esprit de l’enseignant-auteur-chef d’entreprise, tout est lié : culture, consommation, technique, travail, politique. Pour lui, le modèle consumériste se meurt, comme celui du progrès permanent. Tout s’automatise. L’intérêt économique ne peut plus être le seul poursuivi. Il faut réhabiliter le savoir, la connaissance, la créativité. Comment ? En développant une « économie de la contribution », qui révolutionne la manière de travailler. Entretien.

Rue89 : Qu’est ce qui vous amené à vous intéresser au monde du travail ?

Bernard Stiegler : J’ai été manœuvre, je suis passé par le syndicalisme. Mais j’ai été aussi aux manettes de grosses boutiques comme l’INA, l’Ircam, l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique, et maintenant l’IRI, l’Insitut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou.

Plus fondamentalement, je m’intéresse à la technique et la technique conduit au travail. Le monde du travail, c’est toujours plus ou moins technique, un monde technique qui peut être plus ou moins pauvre, ou plus ou moins riche.

Et qu’est-ce qui vous frappe aujourd’hui dans ce monde du travail ?

J’ai observé les gens dans ces différentes boutiques. Et ce qui m’a frappé, au bout d’un moment, c’est de découvrir qu’ils étaient de fervents adeptes du logiciel libre.

Au point de préférer travailler chez soi, quitte à être moins payé que dans de grandes entreprises, mais des entreprises qui travaillent sur du logiciel propriétaire. Ils m’ont l’air plus motivés par leur travail que par leur salaire. J’ai découvert cette économie-là.

L’utilisation du logiciel libre induit des relations de travail différentes ?

Ça dépend vraiment des modèles. Prenons l’exemple de l’Ircam. A l’époque où je dirigeais l’Institut, celui-ci développait huit logiciels diffusés dans le monde entier. Nous faisions évoluer ces logiciels en réunissant tous les ans des communautés de contributeurs qui venaient du monde entier.

Ça pouvait être des développeurs, des compositeurs, des monteurs son de cinéma, etc. Ils apportaient des propositions, des moulinettes logicielles, qu’ils développaient en « open source ». L’open source, ça veut dire que tout le monde peut les utiliser, venir les récupérer, les améliorer. C’est un dynamisme inouï.

Avec ce fonctionnement contributif, la hiérarchie tend à disparaître ?

Non, non. Le « bottom up » pur n’existe pas. Ce qu’on appelle le bottom up consiste à faire venir toutes les informations et les décisions du terrain, des participants, plutôt que d’avoir quelques décideurs qui imposent des organisations. Je pense que ce n’est pas possible. Il faut toujours quequ’un qui décide.

De très grandes entreprises qui recourent au contributif, aux Etats-Unis et en Allemagne, sont organisées sur ce modèle-là. Je pense aux entreprises de logiciels libres, comme Redhat, mais également à des modèles hybrides, comme Google, qui se situe entre le consumérisme et le contributif, ou comme Facebook, voire Wikipédia. Chacune de ces entreprises a son organisation. Mais il y a toujours un chef, et une hiérarchie.

C’est le mécanisme de prise de décision qui est différent. Le décideur, c’est celui qui juge le mieux, c’est celui qui anime aussi le mieux des communautés de sachants.

Mais il n’y a pas de gens qui aient un rôle d’exécutants. Tout le monde a voix au chapitre sur tout ce qui concerne les contenus, tout le monde est impliqué dans cette prise de décision. Les clients eux-mêmes peuvent participer.

Des travailleurs free lance et des clients peuvent participer ? Expliquez-moi.

La Fnac, tout à fait à ses débuts, fonctionnait sur un modèle contributif. Tous les vendeurs de la Fnac étaient des amateurs : des musiciens, des photographes, etc. La Fnac en quelque sorte les sponsorisait, en les faisant bosser.

Tous les amateurs allaient à la Fnac. Pour échanger avec les vendeurs. J’y allais, j’étais fan de jazz. Et il m’arrivait, le soir, de jouer avec des vendeurs.

La Fnac a détruit ça il y a 25 ans. C’est une très grave erreur. C’est ça le modèle aujourd’hui que cherchent les gens. Salariés, clients, amateurs, tout le monde apporte ses idées. Salariés, free lance, clients, tous deviendront des contributeurs de l’entreprise

Il n’y a donc plus de consommateurs ?

Non, on parle de contributeurs là aussi. Je pense que le consumérisme a vécu. C’est un modèle économique qui est devenu toxique pour les gens et pour l’environnement.

Nous vivons l’entrée dans un nouveau mode de travail : l’ère du travail contributif, où le contributeur n’est ni simplement un producteur, ni simplement un consommateur.


Bernard Stiegler à Paris en janvier 2013 (Audrey Cerdan/Rue89)

Comment fonctionne ce modèle contributif concrètement ? Avez-vous un exemple à nous donner ?

J’ai enseigné, à une époque, à des designers et des stylistes de l’école des Arts décoratifs de Paris. Nous avons développé un modèle d’entreprise de mode contributif. Nous avions conçu, de manière théorique, une entreprise de mode dans laquelle il n’y avait plus de consommateurs.

Il y avait des contributeurs, qui faisaient partie d’un club. Ils avaient une carte de membre, et des actions de l’entreprise. Pas pour avoir des avantages bidon, mais pour avoir le droit de se prononcer sur les choix : de recrutement, de collection, etc.

Ils avaient le droit de donner des idées. De dire comment eux, par exemple, agençaient cette collection-là. Les vrais amateurs de mode inventent des choses. Ils jouent. Leur avis compte.

C’est le règne des amateurs ?

Oui. Le contributeur de demain n’est pas un bricoleur du dimanche. C’est un amateur, au vieux sens du terme. C’est quelqu’un qui est d’abord motivé par ses centres d’intérêt plutôt que par des raisons économiques.

Il peut d’ailleurs développer une expertise plus grande que ceux qui sont motivés par des raisons économiques.

C’est un changement radical, comment le mettre en œuvre ?

C’est un nouveau modèle du travail. Je parle de « déprolétarisation ». on n’apporte pas seulement se force de travail, mais du savoir. C’est une plus-value énorme.

Il ne faut pas oublier que l’automatisation va se généraliser et rendre l’emploi de moins en moins nécessaire. Regardez les caisses automatiques dans les supermarchés, les automates au péage, mais également les robots logiciels qui font le ménage sur Wikipédia. Ce que je soutiens, c’est que c’est une bonne chose.

A une condition : qu’on valorise la possibilité qu’ont les gens de développer leurs capacités sociales, leur savoir, leur travail au sens fort du terme, plutôt que leur seul emploi.

C’est la condition nécessaire pour reconstruire un modèle viable.

Mais ces contributeurs, faut-il les rémunérer ? Si oui, comment ?

Oui, il faut les rémunérer. Je ne dirais pas exactement qu’il faut rémunérer les amateurs sur le modèle des intermittents, mais qu’il y a des solutions dont celle-ci.

Concernant le montant de la rémunération, il pourrait y avoir une formule avec une part salariale et une part sous la forme d’un intéressement contributif. On peut imaginer des trucs comme ça. Tout cela relève d’une valorisation de ce que l’on appelle les externalités positives.

Quant à la réalisation concrète de telles mesures, ce devrait être l’objet de l’innovation sociale, d’expérimentations, de travaux de spécialistes que je ne suis pas et de négociations.

Ce modèle contributif est-il transposable dans tous les secteurs d’activité ?

Plus ou moins. Il se décline de façon variée.

Dans le champ énergétique, par exemple, le contributif, c’est très très important. Il y a plusieurs types de contributeurs. Les individus, d’abord. Moi, par exemple, j’ai un moulin. Je peux aussi mettre 300 m2 sur mes toits de photovoltaïque. Je peux revendre 3-4 fois ma consommation. Mais je ne le fais pas parce que les conditions de sécurité pour le faire sont telles qu’il faudrait que j’investisse beaucoup d’argent.

Il en va de même avec les fab’ lab’, ces ateliers dans lesquels chacun peut venir fabriquer ses objets. Ce sont des laboratoires locaux, qui rendent accessible à tous l’invention en mettant à disposition des outils de fabrication numérique. Comme l’imprimante 3D.

Le vrai débat, c’est : comment faire en sorte que les gens sortent d’une attitude de consommateurs.

Nous vivons actuellement dans une phase de transition, où tout l’enjeu est, en France, pour le gouvernement actuel, d’arriver à dessiner un chemin critique pour notre société : un chemin où l’on invente une véritable croissance fondée sur le développement des savoirs, et où l’on dépasse le modèle consumériste.

 

 

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