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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:27

 

http://zad.nadir.org

vendredi 8 février 2013, par zadist

 


Aujourd’hui 8 février l’occupation militaire dure depuis 76 jours (pour une opération débutée il y a 115 jours). Notre camarade est emprisonné depuis 72 jours, et l’autre a été libéré hier.

Un camarade est en ce moment en prison, un a été libéré et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre.

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales.

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

(d’autres infos sur comment soutenir les personnes incarcérées et autres inculpé-e-s ici)


Infos utiles pour venir ici

Point d’info permanent sur le campement "Hors Contrôle" établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière. Si vous nous rejoignez sur la zone, voyez ici. attention : La permanence tenue au local de l’Acipa à Notre-Dame-des-Landes, est suspendue durant les jours à venir.

- équipe legale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Equipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Accueil "hors contrôle" : 06 32 98 78 36
- liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici
- Contact Presse de la Zad : 06 38 17 36 19

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Pour suivre les infos de la marche de Nice à NDDL, voir leur blog : http://marche.nicenantes.nddl.info/ Pour les rejoindre, illes partent tous les jours à 8h de la mairie de la ville où illes ont dormi.

Leurs derniers étapes :

08/02 Clisson - Rézé RDV : arrivée vers 16H-17H, départ à 8H00, place de la mairie

Enfin des infos précises sur leur arrivée à Nantes et sur la ZAD :

Soyons nombreusEs à les accueillir, à Nantes le 9 février et le 10 février pour la dernière étape !

Bonne marche à tou-te-s, on vous attend pour tout savoir de vos aventures, rencontres, ...


Idée d’action pour celles et ceux qui viennent par ici :

"Sinon, une idée d’action pour visibiliser le passage d’autres luttes sur la zad et l’interconnexion des problemes : trouver un endroit (genre carrefour de suez/la saulce) où on pourrait déposer plein de panneaux de signalisation vers des trucs ailleurs (ex : Khimki 3256km). Si tout le monde monte avec un panneau (résistant aux intempéries) ça pourrait vite avoir une bonne gueule."


Infos du jour

- 22h30 : il y aurait des contrôles au niveau de la Mancellière-Richard

- en Inde des paysan-ne-s luttent depuis 7 ans contre un méga projet d’exploitation d’acier POSCO, ces derniers jours, le gouvernement a fait intervenir la police pour prendre possession de ces terres : illes demandent un soutien international : il est possible d’écrire au Chief Minister et au Chief Secretary d’Orissa : cmo@ori.nic.in et csori@ori.nic.in pour apporter ce soutien. Plus d’info ici, et ici

- un appel à rendre visible l’opposition au projet d’aéroport : ici
- un appel à alimenter une base de données libres et transpartisanes (sic) ici

plus de nouvelles de flics... ils semblent être retournés à leurs postes habituels

- 18h : flics au niveau de la barricade entre la sécherie et le carrefour de la saulce : ils seraient des deux côtés de la barricade

- nouvelle démonstration des techniques de com du conseil général : Les mésaventures d’un historien enrôlé malgré lui dans le camp des défenseurs du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par la revue du conseil général de Loire-Atlantique

Journée tendue, les incursions de flics continuent :

- 16h50 : 15 flics sur la route de la Grée à pieds, équipés, et qui d’après quelqu’un-e qui les auraient croisés sont prêts à chercher la merde. un fourgon est stationné au niveau de la mancellière richard, un autre sur la route entre Vigneux et la Paquelais, avec peut-être une personne arrêtée

- 15h45  : flics signalés sur la D281 au niveau du chemin entre la D81 et la D281 et semblent aller vers les chicanes de la D281 par le sud

- 15h : départ des 16 fourgons du Temple en direction de Vigneux, certainement ceux qui accompagnaient les pelleteuses

Une dizaine de flics sont signalés devant la 1ère barricade du chemin de Suez.

S’il y a du monde qui peut venir vers la D281 et soutenir ou relayer les potes qui sont vers là-bas, ça serait chouette  ! Ici un appel à rejoindre cette zone

- Les marcheur-euse-s parti-e-s de Nice arrivent ce soir à Rezé : illes sont attendu-e-s à partir de 17h 30 au Canon à Pat ( café rue Alsace Lorraine à Rezé)

- 13h41 Des témoignages sur les balades sur le non-barreau routier du 2 févvrier :

la visite du barreau routier :

Aujourd’hui, je marche avec les Zadistes

et aussi

PDF - 36 ko

La visite des mares dans le cadre de la journée des zones

http://www.presquilegazette.net/pre...

- Une Camille sourde souhaite entrer en contact avec d’autres Camille qui connaissent la LSF ou autre langues des signes, sur la Zad et ailleurs. Contact (sms) : 06 98 12 89 42.

- Si vous voulez un peu de lecture, encore un article sur cette lutte : http://www.consoglobe.com/notre-dam...

- 12h57 Et encore, toujours la violence policière qui mutile les gens ! http://www.humanite.fr/social-eco/a...

- 12h51 Encore VINCI... : s’il y a du monde à la Réunion pour répondre à leur recrutement, ça nous ferait marrer ! http://www.pole-emploi.fr/region/re...

- 10h 31 Plein de nouvelles de partout !

- à St-Jean du Tertre, les fouilles archéologiques continuent avec plus d’effectifs que d’habitude : 16 camions de CRS, un de gendarmes mobiles et deux voitures de gendarmerie pour 2 pelleteuses.

- Des flics sont là devant deux barricades : entre La Sècherie et les Fosses Noires et entre le carrefour du Moulin de Rohanne et la Chat teigne.

- Des camarades ont titillé et fait un peu courir les PSIG près du carrefour du Moulin de Rohanne, sans problèmes pour les camarades.

- Et, plus "exotique", Aujourd’nui Jean-Marc Ayrault se rend à Grenoble. RDV à 15h devant la mairie !

- 9h44 Ce matin vers 9h, quelques flics ont attaqué et détruit la barricade qui était sur la route des Fosses noires entre le carrefour du Moulin de Rohanne et la Sècherie. La situation est de nouveau calme et ils se sont maintenant retirés sur le carrefour.


Les rendez-vous du jour ailleurs

tous les rendez-vous à venir dont on a connaissance sont ici

8 février

- Rezé : arrivée des marcheurs de Nice
Viendrez-vous demain soir, vendredi, pour l’arrivée des marcheurs ?...
Possibilité d’aller à pied à leur rencontre.
Arrivée prévue vers 17h30 au bar le Canon à Pat (rue Alsace-Lorraine) à Rezé.

Repas partagé à partir de 18h30 dans la salle municipale du Chêne Gala 9_ 9, rue Jean-Baptiste Vigier à Rezé (le long du parc qui longe la Sèvre)
- http://goo.gl/maps/mDsNN

Plus d’info sur le blog des collectifs de soutien sud Loire

- Le Pallet : Soirée débat NDDL

20h30 Salle Héloïse (face à la mairie) Rue Saint-Vincent Le Pallet

Diaporama suivi d’un débat Organisateurs : Association « Le Cri du Lombric »

-  Saint Amand Roche Savine soirée infos/débat à partir de 19h30, à Saint Amand Roche Savine, Puy de Dome - 63 (au dessus d’Ambert, côté Livradois), à l’ancien "Café Quoi" (à l’invitation de l’association "Place du Village"). soirée sur la lutte de Notre Dame des landes :

Il y aura une présentation de la situation, suivi d’un film documentaire sur la zad et un échange/débat.

Un bar nous permettra de nous rincer les gosier + une table de presse

Par ailleurs nous organisons aussi une collecte de matériel et de nourriture pour une montée prochaine à la zad pour s’occuper de la chateigne (RV également sur le Marché d’Ambert à partir du 7/02).

Documents joints

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:05

 

 

Rue89 -Tribune 08/02/2013 à 12h47

  Abdellah Taïa | Ecrivain

 

Mis à jour le vendredi 8 février 2013 à 14h57
Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée des éditions La Fabrique ne sont pas membres des "Indigènes de la République".

 

 

Tribune

Abdellah Taïa

Le paternalisme et l’ignorance ne sont pas venus cette fois de là où je les attendais.

Selon l’article de Street Press repris sur Rue89, les Indigènes de la République affirment que l’homosexualité, identité occidentale, n’est pas adaptée au monde arabe et africain. Et, par analogie, qu’elle n’est pas vraiment la bienvenue dans ce qu’on appelle, en France, « les quartiers populaires ».

Si on suit cette logique jusqu’au bout, le mariage pour tous n’est donc pas la priorité des priorités. Il ne serait même qu’une nouvelle offensive de « l’impérialisme gay » et du « monde blanc », qui veut imposer à la terre entière « l’universalisation de l’homosexualité ».

Moi, écrivain marocain homo, je suis choqué

Pourquoi cette réponse ?
Suite à la publication de l’article de nos partenaires de StreetPress sur la position des « Indigènes de la République », j’ai demandé à Abdellah Taïa, écrivain marocain dont nous aimons le travail à Rue89, de réagir. Lorsque Houria Bouteldja affirme que « le mariage pour tous ne concerne que les homos blancs » ou que le choix de l’homosexualité, c’est « comme si on demandait à un pauvre de manger du caviar », cela ne peut pas rester sans réponse. Zineb Dryef

Sans entrer dans l’analyse politique (assez facile à faire) de ces thèses, et de ce qui motive ces personnes à tenir de tels propos, je voudrais dire que moi, Abdellah Taïa, écrivain marocain homosexuel de 39 ans, vivant en France depuis 13 ans, je suis choqué et écœuré par ces paroles, ces dénégations. Par cette ignorance.

J’ai l’impression d’entendre des vieux Marocains attachés à un passé glorieux qui n’a jamais existé, à une identité fantasmée. Des membres de ma famille qui, une fois qu’ils m’ont bien insulté, me sortent l’argument majeur :

« L’homosexualité, ce n’est pas nous, ce n’est pas notre culture. Nous, nous sommes des musulmans. Des purs. Les autres ne connaissent pas Dieu. Ce sont des mécréants. »

Mais voilà : ce discours, qui mélange tout, le religieux comme le traditionnel, le racisme comme l’idéologie d’un autre temps, est complètement dépassé dans le monde arabe.

Des voix se battent pour nous faire exister

Au Maroc, au Liban, en Egypte et ailleurs, on a vu ces dernières années émerger des voix qui se battent pour faire exister les homosexuels arabes, les faire sortir de la honte où on les enferme, les protéger des lois injustes et des regards qui tuent.

Et ce ne sont pas seulement les associations arabes homosexuelles qui font ce travail. Les organisations des droits de l’Homme, notamment au Maroc, demandent la même chose : la reconnaissance des homosexuels comme individus, comme citoyens, et non comme des criminels.

Appeler à la liberté individuelle et sexuelle pour tous, hétérosexuels comme homosexuels. Installer enfin un espace où l’individu arabe peut se libérer du groupe, jouir pleinement de tous ses droits sans qu’on vienne lui rabâcher des discours traditionnels qui relèvent plus d’une identité rêvée que de la réalité.

Bien sûr, les gouvernements dans les pays arabes ne font absolument rien pour écouter, aider ces associations. Le changement des mentalités sur des sujets aussi importants est imposé souvent par des individus qui se sacrifient, qui sont maltraités et qui, pourtant, ne renoncent pas. La presse marocaine, ces dix dernières années, a joué un rôle formidable, courageux, pour accompagner ce mouvement, lui donner une crédibilité.

Participer à cette mission : libérer les homosexuels et, du même coup, tous les autres. J’ai pu, moi personnellement, parler de mon homosexualité au Maroc, donner des interviews et des conférences sur ce sujet. Tous mes livres, publiés aux Editions du Seuil, sont disponibles là-bas, certains traduits en arabe.

Cinq mensuels gays en arabe

Abdellah Taïa
Abdellah Taïa, né à Rabat en 1973, est écrivain. Il est l’auteur, aux Editions du Seuil, de « L’armée du salut » (2006), « Une mélancolie arabe » (2008), « Lettres à un jeune Marocain » (2009), « Le Jour du Roi » (Prix de Flore 2010) et « Infidèles » (2012).

Depuis le début du Printemps arabe, ce mouvement a même pris une ampleur inédite. On a vu sur Internet l’apparition d’autres associations gays. Les homosexuels arabes ont pris part à cette révolution qui, malgré les victoires électorales des partis islamistes, est en train de changer en profondeur la société et la pensée arabes.

Mieux : il existe maintenant au moins cinq mensuels gays en arabe : « Aswat » au Maroc, « Ihna » en Egypte, « My Kaly » en Jordanie et « Mawaleh » en Syrie. Ils sont tous disponibles sur Internet, librement. Ils sont tous dirigés par des jeunes arabes qui travaillent sérieusement à cette mission, changer le regard social et historique sur les homosexuels.

Des jeunes qui ont compris que la liberté ne viendra ni des sociétés conservatrices ni des pouvoirs qui, au même titre que les islamistes, instrumentalisent à longueur de journée l’islam pour asservir encore plus les Arabes.

Les exemples, pour montrer à quel point les Arabes sont en train en ce moment de travailler à la libération des individus (hétérosexuels comme homosexuels) et le dépassement de toutes les idéologies (y compris occidentales), sont très nombreux. Pour certains, tout cela est encore underground, timide, et ne représente rien au sein des sociétés arabes d’aujourd’hui.

Dès 747, des écrivains en ont parlé librement

J’ose, à travers ce papier, affirmer le contraire. J’ose rappeler l’histoire arabe où l’homosexualité n’a pas été toujours condamnée. Certains des plus grands auteurs arabes, Abou Nouass (747-815), Al-Jahiz (781-869), Ibn Arabi (1165-1240), Ibn Hazm (994-1064), en ont parlé librement. Leurs livres sont encore étudiés dans tout le monde arabe.

J’ose redire ceci, qui me paraît la preuve simple de ce que j’avance : il existe, depuis à peu près six ans, un mot arabe et neutre pour désigner l’homosexuel. Ce mot est très simple : « Mithly ». Il est aujourd’hui utilisé partout dans le monde arabe, dans la presse écrite comme à la télévision.

Alors, quand j’entends ce discours sur l’homosexualité venant des Indigènes de la République, je suis tout simplement meurtri. J’ai l’impression de faire une double peine. Surtout, et c’est cela le pire, je me retrouve encore une fois en France face à l’ignorance totale de ce qui se passe dans le monde arabe. Se fonder sur ces visions erronées pour imposer un discours sur « les quartiers populaires », et au passage exprimer une homophobie latente, me paraît à la fois triste et dangereux.

Le mariage pour tous est d’abord l’égalité pour tous. Tous les Français de toutes les origines. Qu’ils habitent à Gennevilliers ou à Saint-Germain-des-Prés. C’est cette évidence historique qu’on devrait retenir. Et non pas fantasmer de nouveau sur un passé depuis trop longtemps révolu et sur des identités qui relèvent tout simplement de la fiction.

 

MERCI RIVERAINS ! Tilô
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:53

 

Rue89 - RDV manqué 08/02/2013 à 18h09
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

C’est un secteur qui perd [PDF] 20 000 emplois par an en France. C’est un secteur subventionné par l’Union européenne. Très subventionné même : les soutiens agricoles et le développement rural représentent 40% du budget européen. Ce dernier est discuté les 7 et 8 février à Bruxelles. Et la France est le premier bénéficiaire de la PAC.

Alors, plutôt de se questionner sur l’enveloppe qui sera finalement accordée à l’agriculture, pourquoi ne pas se demander comment la somme – même amoindrie – pourrait être mieux répartie, de façon à créer de l’emploi par exemple ?

La France, premier bénéficiaire de la PAC

Ministre chargé des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, vendredi 8 sur RMC, se voulait rassurant alors qu’un accord sur le « cadre financier » européen 2014-2020 n’a pas encore été trouvé. Concernant la Politique agricole commune :

« Nous demandons d’épargner la PAC. Pour l’instant, nous sommes à peu près garantis que, pour la France, les intérêts de l’agriculture seront préservés. »

Mais de quelle PAC parle le ministre délégué chargé des Affaires européennes ? De la même qui a prévalu jusqu’ici, depuis sa réorientation en 1992 ?

Les céréaliers vont bien, merci

En France, 663 807 exploitations de toutes tailles étaient recensées [PDF] en 2000. Une dizaine d’années plus tard, plus d’un quart d’entre elles ont disparu

Mais ça ne va pas mal pour tout le monde. Et les distinctions se sont même accentuées en 2012, d’après les chiffres [PDF] de la commission des comptes de l’agriculture :

  • Les céréaliers et producteurs d’oléoprotéagineux ont vu leur résultat courant augmenter de 48% ;
  • tandis que ceux des producteurs de lait et de viande bovine baissaient de 10%. »

Pour Agra Press Hebdo, ces résultats s’expliquent par « la hausse persistante des prix des grandes cultures qui avantagent le revenu des agriculteurs en pénalisant celui des éleveurs. » Quand les prix des céréales s’envolent, comme l’an dernier, c’est bon pour les céréaliers, beaucoup moins pour les agriculteurs qui ont besoin de céréales pour nourrir le bétail. Mais pas seulement.

C’est la taille qui compte

Réagissant à la publication de ces chiffres, le ministre de l’Agriculture a pris acte, le 12 décembre 2012, « de cette évolution et des disparités historiquement marquées entre filières ».

Selon Stéphane Le Foll :

« Ces résultats me confortent dans l’idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d’élevage. »

Car l’aide européenne est calculée, notamment, en fonction de la taille de la ferme. Et 80% des subsides vont toujours à 20% des agriculteurs. Sachant que leur montant n’est pas plafonné, cela peut aller jusqu’à plusieurs millions par an pour une exploitation.

La réforme de la PAC : le RDV manqué

Le budget de la PAC est discuté jusqu’à vendredi soir à Bruxelles. Mais, plus largement, la Politique agricole commune va être réformée.

La réforme tarde, elle a été reportée à 2015. Mais, d’ores et déjà, dans le projet, pas une ligne ne suggère de prendre en compte l’emploi dans l’attribution des subventions. La crise est passée par là, mais rien n’y fait.

La Commission européenne a bien proposé de plafonner le montant des aides à 300 000 euros par exploitation, mais une majorité de pays membres s’y opposent.

La France, quant à elle, demande à ce que ce budget soit redistribué plus équitablement, en accordant notamment une surprime aux 50 premiers hectares, pour les petits agriculteurs. Le projet est dénoncé par les producteurs de grandes cultures, « très inquiets », selon leur syndicat français, la FNSEA.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:45

 

Marianne - Vendredi 8 Février 2013 à 05:00

 

 

« Marianne » s’est procuré la note rédigée par Jean-Louis Nadal, procureur général près la Cour de cassation, sur l’affaire Tapie-Adidas. Où l’on découvre que Christine Lagarde, ex-ministre de l’Economie et actuelle patronne du FMI, est à portée de fusil d’une probable mise en examen pour « abus d’autorité » et peut-être même pour « complicité de détournement de fonds publics ». L’enjeu : plus de 400 millions d’euros versés à Bernard Tapie !

 

DUENAS CASTANEDA/EFE/SIPA
DUENAS CASTANEDA/EFE/SIPA
Après Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde pourrait bien être le deuxième secrétaire général du FMI (Fond monétaire international) à avoir des ennuis avec la justice de son pays durant son mandat.

Pas d’histoire grivoise cette fois, mais une affaire de fric : les millions empochés par Bernard Tapie au terme d’une sentence arbitrale contestée, lui qui s’estimait floué par son ancienne banque, le Crédit Lyonnais, lors de la vente d’Adidas.

Celle qui était ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie à l’époque des faits risque, au mieux, une audition comme témoin assisté. Au pire, une mise en examen pour complicité de détournement de fonds. C’est du moins ce qui ressort des documents auxquels Marianne a eu accès. 

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
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Le scénario judiciaire de cette chute a en effet été consigné noir sur blanc, dès le mois de mai 2011, par le procureur général de la cour de Cassation de l’époque, Jean-Louis Nadal, l’homme par qui le scandale pourrait bien de nouveau rebondir.

Voilà ce qu’il écrivait notamment dans ce document consulté par Marianne :  

« L’examen des pièces communiquées par le ministère des finances traduit la constance et l’intensité des interventions ministérielles pour conduire à la solution ayant finalement amené l’Etat à verser (à Bernard Tapie) une somme nettement supérieure à celle qui pouvait découler des sentences judiciaires qui venaient d’intervenir ».

 

Près de deux ans plus tard, le piège est en train de se refermer sur Christine Lagarde. Pourquoi ? Comment ? 

L’intégralité de notre enquête est à lire dans le n°825 de Marianne disponible en kiosque ce samedi et en version numérique dès cet après-midi sur le site Relay  (Mac et PC) et celui du Kiosque  (Mac, PC et Linux).

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:38

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.02.2013 à 16h25 • Mis à jour le 08.02.2013 à 20h35

 

 

La cité des Courtillères, à Pantin (Seine-Saint-Denis).

 

Le tribunal de grande instance de Nanterre a annulé vendredi 8 février les taux d'intérêt considérés comme usuraires de trois prêts contractés par le conseil général de Seine-Saint-Denis auprès de la banque Dexia, a annoncé à l'AFP le département.

Ces taux d'intérêt, "qui ont contribué à plonger les finances du département dans une situation dramatique", seront remplacés par le taux d'intérêt légal en vigueur, a précisé dans un communiqué le conseil général, faisant état d'une "importante victoire judiciaire (...) contre le scandale des emprunts toxiques".

 

"LA BELLE ASSURANCE QU'AFFICHAIT DEXIA S'EFFONDRE"

En 2008, 92,96 % des emprunts souscrits par le conseil général de Seine-Saint-Denis étaient "toxiques", selon le département. Le pourcentage a été ramené en 2012 à 65 %, "grâce à une politique active de sécurisation de l'encours de la dette", affirme-t-il dans son communiqué.

Le département avait assigné Dexia au civil en février 2011 à propos de 11 de ces emprunts toxiques, face au refus des banques de renégocier ces contrats. Pour 3 d'entre eux, le tribunal a exigé de la banque franco-belge qu'elle modifie ses taux d'intérêt, "jusqu'à la fin du contrat en 2031" a précisé l'avocat du Conseil général, Me Jean-Louis Vasseur.

"Jusque-là, nous nous opposions à une banque qui affichait son refus de toute négociation sur les taux et qui ne proposait que des solutions impossibles (...) La belle assurance qu'affichait Dexia devant ses clients s'effondre", a estimé Me Vasseur. Selon l'avocat, "c'est la première fois que Dexia se trouve condamné sur le fond".

 

VICE DE FORME

Cependant, selon un journaliste de Libération, la banque aurait en réalité perdu sur un vice de forme : elle aurait oublié de mentionner le taux effectif global ou "TEG", qui indique le coût réel, global, d'un crédit.

C'est d'ailleurs également ce que souligne Dexia vendredi soir. Dans un communiqué, où la banque prend acte de la décision du tribunal, elle fait valoir que le tribunal n'a pas remis en cause en tant que tels les prêts structurés qu'elle a consentis à la Seine-Saint-Denis, mais qu'il s'était appuyé sur l'absence d'une mention du taux d'intérêt sur un document préalable au contrat définitif.

"Ce point est purement technique et indépendant du caractère structuré des crédits consentis par Dexia", a relevé la banque, qui estime que le tribunal lui a donné raison sur le fond. En la matière, elle relève que le tribunal a reconnu qu'il s'agissait de contrats de prêts "parfaitement réguliers et conformes à la réglementation" et qu'elle n'a "en aucune manière manqué à son devoir d'information et de conseil vis-à-vis du département".

 

"UN SIGNE POSITIF POUR LES MILLIERS DE COLLECTIVITÉS VICTIMES"

De nombreux recours ont été introduits par des collectivités locales ces dernières années contre la banque franco-belge, à propos des emprunts toxiques. Certaines villes ont choisi de déposer plainte au pénal, comme Rosny-sur-Seine (Yvelines) en septembre 2011 et Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) en décembre 2011.

"J'accueille avec une grande satisfaction cette décision, réagit le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, sur son blog. La justice française reconnaît la responsabilité de Dexia dont les agissements ont contribué à plonger les finances du département dans une situation dramatique" estime-t-il voyant cette victoire comme "un signe positif pour les milliers de collectivités victimes de ces emprunts".

 Le maire d'Asnières s'est d'ailleurs empressé de saluer cette décision sur Twitter.

Les députés ont voté début décembre la création d'un fonds de soutien de 50 millions d'euros aux collectivités touchées par les emprunts toxiques, dans le cadre du budget rectificatif 2012. Une commission d'enquête parlementaire sur les emprunts toxiques aux collectivités avait chiffré l'an dernier le volume de ces prêts à 18,8 milliards d'euros.

 

Lire l'article de janvier 2012 : Dexia, une faillite au prix fort

Lire l'article de septembre 2011 : Emprunts toxiques : le sujet qui empoisonne les élus locaux

 


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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:26

 

Le Monde.fr | 08.02.2013 à 16h41 • Mis à jour le 08.02.2013 à 17h50 Par Frédéric Bobin - New Delhi, correspondant


 
Une enfant rend hommage à l'étudiante indienne morte après un viol collectif, le 29 décembre à New Delhi.

L'émotion collective suscitée à travers l'Inde par la mort d'une étudiante de New Delhi, le 29 décembre 2012, après avoir été sauvagement violée dans un bus de la capitale, a permis de jeter une lumière crue sur les violences sexuelles dans le géant d'Asie du sud. Un rapport de l'organisation Human Rights Watch (HRW), rendu public jeudi 7 février, révèle que ces violences faites aux femmes s'inscrivent dans un phénomène social plus général dont les enfants sont aussi victimes.

Intitulé "Rompre le silence : violences sexuelles infligées aux enfants en Inde", ce rapport est le fruit d'une recherche nourrie d'une centaine d'interviews d'officiels gouvernementaux, de médecins, de policiers, d'avocats, d'animateurs d'associations et d'enfants. Il dévoile que "les abus sexuels des enfants en Inde sont courants mais cachés", déclare au Monde à New Delhi Meenakshi Ganguly, la directrice de HRW pour l'Asie du Sud.

Selon une étude gouvernementale datant de 2007 citée dans le rapport, 53 % des 12 500 enfants interrogés affirmaient avoir été victimes d'abus, 20 % sous une "forme grave". Seuls 3 % de ces cas d'abus ont été signalés à la police. Evoquant le secret entourant ces violences, la ministre de l'époque chargée des femmes et du développement de l'enfant, Renuka Chowdhury, avait alors fustigé une "conspiration du silence".

 

 FAILLITE GÉNÉRAL DU SYSTÈME DE PROTECTION


Kenneth Roth, le directeur de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW).

 

Le rapport de HRW n'apporte pas de nouvelles données quantitatives mais se livre à une analyse qualitative du fléau. Il souligne deux niveaux d'échec : "L'échec dans la protection de l'enfant, et l'échec dans la réponse aux abus",  indique Mme Ganguly. La faillite dans la protection a été illustrée par une affaire à forte résonnance médiatique qui a éclaté en 2012 dans l'Etat de l'Haryana, proche de New Delhi. Trois adolescentes étaient parvenues à s'enfuir d'un orphelinat pour sonner l'alarme sur les violences sexuelles qui y sévissaient.

Dépêchée sur place, une équipe de la Commission nationale pour la protection des droits de l'enfant (NCPCR, selon l'acronyme anglais) a découvert une situation "démente, incroyable", selon les termes d'un des inspecteurs. Des personnes extérieures à l'établissement venaient exploiter sexuellement les orphelins et même le gendre de la directrice était partie prenant aux abus. Signe de la faillite général du système, la directrice de l'orphelinat avait été sacrée "femme modèle de l'année" par l'Etat de l'Haryana. A l'instar de cet établissement, nombre d'institutions hébergeant des enfants vulnérables sont le théâtre d'abus. Un grand nombre d'entre eux ne sont pas répertoriés.

Le second niveau d'"échec" dénoncé par HRW tient dans la réponse inexistante ou inadaptée du système une fois les cas d'abus signalés. "Les enfants qui dénoncent courageusement des abus sexuels sont souvent éconduits ou ignorés par les policiers, le personnel médical et les autres représentants des autorités", déplore Mme Ganguly.

 

PRISE DE CONSCIENCE DE CES DÉRIVES AU SOMMET DE L'ETAT

Le rapport de HRW critique aussi la permanence d'un test médical – dit le "test du doigt" – ,"dépourvu de toute valeur scientifique" mais humiliant pour les plaignants. "Alors qu'il est assez difficile pour un enfant sexuellement abusé, ou pour ses proches, de se présenter pour demander de l'aide, les autorités indiennes, au lieu de traiter ces affaires avec sensibilité, les humilient souvent et les traumatisent à nouveau", dénonce Mme Ganguly.

Le rapport de HRW admet que la prise de conscience de toutes ces dérives est réelle au sommet de l'Etat indien. En 2012, le Parlement a adopté une loi sur la protection des enfants contre les délits sexuels (Protection children from sexual offenses Act). Mais l'organisation des droits de l'homme appelle à une "mise en œuvre adéquate de la loi et des autres textes existants". Afin d'en finir avec ce qu'un membre de la NCPCR impliqué dans l'inspection de l'orphelinat de l'Haryana appelle un "échec systémique".

Frédéric Bobin - New Delhi, correspondant

 

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:16

 

Le Monde.fr | 08.02.2013 à 10h40 • Mis à jour le 08.02.2013 à 17h55

 

 

 

Selon Vicki Huddleston, ex-ambassadrice des Etats-Unis au Mali, la France a versé 17 millions de dollars à AQMI pour libérer ses otages enlevés en septembre 2010 sur le site minier d'Arlit au nord du Niger. Quatre otages qui sont pourtant toujours détenus. "Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins en partie, aux salafistes", a-t-elle précisé.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:08

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.02.2013 à 08h57 • Mis à jour le 08.02.2013 à 21h47


 

 

La découverte de cheval dans des lasagnes censées être au bœuf a provoqué un scandale au Royaume-Uni – où le cheval est vénéré et sa consommation taboue – et entraîné le retrait vendredi 8 février des plats incriminés en France et en Suède.

La viande de cheval trouvée en importantes quantités au Royaume-Uni (voire à hauteur de 100 %) dans les lasagnes de la marque de produits surgelés Findus était d'origine roumaine, a indiqué l'entreprise française Comigel, qui distribue ses articles dans 16 pays. Dans un premier temps, elle avait été présentée comme étant d'origine française par les autorités sanitaires du Luxembourg, où ces plats ont été préparés. Cette source a précisé que la viande avait été frauduleusement étiquetée "viande bovine".

 

"HISTOIRE TRÈS CHOQUANTE"


En soirée, la chaîne de supermarchés Aldi a annoncé que deux autres plats préparés distribués au Royaume-Uni par Comigel – des lasagnes et des spaghettis à la bolognaise – de la marque Today's Special contenaient entre 30 % et 100 % de viande de cheval. Le producteur suédois Findus, de son côté, a décidé de retirer des rayons français trois plats préparés – des lasagnes à la bolognaise, du hachis parmentier et de la moussaka – après avoir retiré lundi les lasagnes incriminées au Royaume-Uni, où elles étaient vendues en supermarché. En fin de journée, Findus a annoncé une mesure similaire en Suède, pour les lasagnes surgelées.

Le groupe suédois, qui a présenté ses excuses, a cependant insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de risque pour la santé. Mais pour le premier ministre britannique, David Cameron, cette "histoire très choquante est tout à fait inacceptable". Elle suscite un problème "de confiance", a-t-il estimé depuis Bruxelles, insistant sur la nécessité d'étiqueter correctement les produits. L'agence française de répression des fraudes a, elle, dénoncé une "tromperie".

Au Royaume-Uni, l'affaire revêt aussi une dimension culturelle : la viande équine n'est normalement pas disponible dans le commerce, contrairement à la France ou la Suisse, où elle est réputée pour sa tendreté. La découverte "n'est pas agréable en particulier pour les consommateurs britanniques", a reconnu Findus.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:59

 

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 08.02.2013 à 09h35 • Mis à jour le 08.02.2013 à 19h26


 
Marée humaine autour du cercueil de Chokri Belaïd, vendredi à Tunis.

Jamais une foule aussi nombreuse ne s'était rassemblée pour des obsèques en Tunisie depuis celles, en 2000, d'Habib Bourguiba, le "père" de l'indépendance et premier président du pays.   Scandant des slogans hostiles aux islamistes, au moins 50 000 personnes – 40 000 selon la police – ont gagné les rues de la capitale, vendredi 8 février, pour participer aux funérailles de Chokri Belaïd, dont l'assassinat a accentué la crise profonde que traverse le pays, berceau du "printemps arabe".

Lire : Stupeur à Tunis après le meurtre de Chokri Belaïd

Le corps de l'opposant tunisien a été mis en terre vers 16 heures à Tunis. Au moment de l'inhumation, des milliers de voix ont crié "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand") avant d'entamer l'hymne national et de réciter la fatiha, premier verset du Coran.

Hamma Hammami, dirigeant du Front populaire, la coalition de partis de gauche et d'extrême gauche à laquelle appartenait l'opposant, a prononcé une oraison funèbre, avant que la foule n'observe une minute de silence solennelle.

La foule s'était d'abord massée vendredi matin devant la maison de la culture de Djebel Jelloud, dans la banlieue sud de la capitale, où reposait le corps de cet avocat, figure médiatique de l'opposition de gauche laïque, tué de quatre balles mercredi devant chez lui. "Le peuple veut une nouvelle révolution", scandaient les participants, parmi d'autres slogans hostiles au parti islamiste Ennahda au pouvoir. Ils ont aussi entonné l'hymne national.  

Lire le portrait : Chokri Belaïd, un tribun devenu l'ennemi juré des islamistes

Recouvert du drapeau tunisien, le cercueil de l'avocat, baigné par une véritable marée humaine, a ensuite été placé sur une camionnette de l'armée, pour gagner le cimetière du Djallez.

 

David Thomson @_DavidThomson

Au cimetière #Jallez la foule crie "Degage Nahda" en attendant le cortège funéraire de #ChokriBelaid pic.twitter.com/zsFu65ZG

Voir l'image sur Twitter

C'est là que des heurts ont éclaté, pendant l'inhumation, entre des manifestants et des forces de l'ordre. La police a tiré des grenades lacrymogènes et des coups de feu en l'air pour disperser des jeunes qui saccageaient des voitures dans les rues alentour, provoquant un bref mouvement de panique comme en ont témoigné sur Twitter des journalistes sur place.

 

Elise Deleve @EliseDeleve

Les gens sortent du cimetière à cause des gazs lacrymogène pic.twitter.com/sBTDkiey

Voir l'image sur Twitter

La police a aussi pourchassé à coups de matraque et de lacrymogènes des jeunes manifestants scandant "dégage, dégage" sur l'avenue Habib-Bourguiba. Sur cette avenue – où siège notamment le ministère de l'intérieur – épicentre des heurts entre policiers et manifestants qui ont éclaté après la mort de M. Belaïd, des camions de l'armée ont été déployés pour renforcer un dispositif policier, déjà très important. Le ministère de l'intérieur a fait état de 132 arrestations à Tunis et jugé que le calme régnait "grosso modo" en Tunisie.

Lire : La Tunisie en prise à un climat délétère de haine et de violence

 

Sur l'avenue Habib-Bourguiba, vendredi après-midi.

TOUS LES VOLS ANNULÉS

Le pays tournait au ralenti après l'appel à la grève générale par des partis et la centrale syndicale historique, l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, 500 000 membres), la première de cette ampleur depuis 2011. Tous les vols depuis et vers la Tunisie ont été annulés à l'aéroport de Tunis-Carthage, le principal du pays, selon des sources aéroportuaires. En ville, les rues étaient largement vides et seuls de rares bus étaient visibles. Le tramway de Tunis semblait fonctionner, mais les rames étaient désertes.

Les soldats ont été également déployés dans les villes de Zarzis (sud), autre point chaud près de la frontière libyenne, à Gafsa (centre), et à Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011 qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali. Des centaines de personnes y défilaient également en scandant "Assassins" et "Chokri, repose-toi, on continuera ton combat".

 CRISE POLITIQUE AGGRAVÉE

Sans précédent dans les annales contemporaines, l'assassinat de Chokri Belaïd, mercredi, a déclenché deux jours de violences opposant policiers et manifestants à travers le pays lors desquel un policier a été tué. "Mon fils est un homme qui a vécu avec courage et dans la dignité. Il n'a jamais eu peur, il est parti en martyr pour son pays", répétait Salah Belaïd vendredi matin aux visiteurs venus s'incliner devant la dépouille couverte de fleurs dans le domicile familial orné du drapeau national. Sa veuve, Besma, n'a cessé de répéter ces trois derniers jours que la mort de son mari avait été commanditée par les islamistes au pouvoir du parti Ennahda.

Sa veuve, Besma Khalfaoui Belaïd, sur le chemin du cimetière vendredi.

Depuis mercredi, les chaînes de télévision multiplient les chansons engagées et talk-shows enflammés donnant la parole à des politiques et de simples citoyens qui laissent libre cours à leur tristesse, leur colère et leur peur que le pays ne bascule dans l'instabilité.  

Signe de la profondeur de la crise politique, le premier ministre islamiste, Hamadi Jebali, a appelé dès mercredi soir à la création d'un gouvernement restreint de technocrates, ce que son propre parti, Ennahda, a rejeté fermement. La présidence a indiqué jeudi ne pas avoir "reçu de démission du premier ministre, ni les détails d'un cabinet restreint de technocrates" et M. Jebali n'est pas apparu en public depuis trente-six heures.

Lire l'analyse du politologue Vincent Geisser : En Tunisie, il y a eu un repli sur un discours identitaire et populiste

L'ambassade de France a appelé ses quelque 25 000 ressortissants à la prudence et annoncé la fermeture des écoles françaises (plus de 7 000 élèves) vendredi et samedi. Le ministère de l'enseignement supérieur a annoncé la fermeture des universités jusqu'à lundi.

Le premier ministre réitère sa volonté de former un gouvernement de technocrates

 

En marge des manifestations, le premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a déclaré vendredi qu'il s'en tenait à sa décision de former un gouvernement de technocrates, malgré un désaveu de son parti islamiste Ennhada. "La composition de ce gouvernement est quasiment prête", a-t-il ajouté.

Le premier ministre avait déjà fait une telle annonce mercredi 6 février, mais son parti a a opposé une fin de non-recevoir à l'initiative de M. Jebali, pourtant numéro deux de la formation islamiste, et a affirmé que celui-ci n'avait pas consulté sa direction. La présidence de la république a rappelé que tout changement de pouvoir devait passer par l'ANC, dont Ennahda contrôle 89 des 217 sièges.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:52

 

 

Rue89 - Tribune 08/02/2013 à 09h48
Lotfi Achour | Metteur en scène

 

 

N. passait d’une pièce à l’autre avec cette fluidité des enfants. D’un couloir à une chaise. D’un genou plein d’affection sur lequel elle se posait en légèreté, à une main aimante qui passait dans ses cheveux noirs. J’ai passé une partie de la soirée à essayer d’imaginer dans quelle partie de la pièce elle avait l’habitude de se tenir avec lui. A quel endroit elle l’attendait le soir. Sur lequel de ses genoux elle sautait avec le plaisir qu’ont les enfants à sauter dans les flaques. Mais sans y parvenir.

 


La fille de Chokri Belaïd sur le cercueil de son père (Courrier de l’Atlas, via Twitter)

La mort chez nous ne dépouille pas seulement ceux qui restent de l’être aimé, mais elle dépouille aussi les maisons de leurs meubles qu’on plaque contre les murs pour élargir les espaces, ou qu’on stocke dans des pièces voisines, pour faire de la place à d’autres meubles. Les chaises de la mort. Qu’on loue pour que les visiteurs venus partager la peine puissent s’asseoir. Puissent pleurer assis et se recroqueviller sur ces quelques centimètres carrés et sur leur douleur.

N. semblait savoir et ne rien savoir de tout cela. Elle savait que son père était mort. Elle savait comment aussi. Elle savait que quelque chose avait changé dans la disposition de sa maison, dans laquelle visages connus et inconnus défilaient souvent somnambuliques.

« Maintenant je vais continuer le travail de papa »

Elle savait que son père lui avait dit quelques jours auparavant que s’il lui arrivait quelque chose, il fallait « continuer le travail qu’il avait commencé ». Et elle disait elle-même avec une étrange détermination : « maintenant je vais continuer le travail de papa. »

Ce que N. apprendra peut-être plus tard, mais qu’elle ne comprendra certainement jamais, c’est qu’on puisse abattre froidement un matin, un père qui venait d’embrasser ses enfants parce qu’il ne pense pas comme son tueur. Le vrai tueur n’étant pas toujours celui qui a tenu l’arme.

Elle comprendra ce paradoxe d’être parfois incapable de tuer physiquement celui qui vous destine à une mort certaine. Que ses idées peuvent parfois l’emporter sur son corps.

N. est pour le moment dans une autre cohérence, que les tueurs de son père essayent de lui voler. Mais elle semble plus forte qu’eux. Elle semble avoir déjà hérité de la détermination d’un père qui a été celle d’une vie cohérente. Jusqu’au bout.

L’irruption de la mort

N. pensera longtemps au tueur. Elle vivra avec cette pensée. Elle voudra le voir un jour. Elle voudra peut-être lui parler, mettre un visage et une voix sur la mort. Ce jour arrivera peut-être et N. comprendra alors qu’il n’est que l’arme du crime et non pas le doigt qui a appuyé sur la tête, la poitrine et le cœur. Celui de son père et sur le sien au même instant.

Que le vrai tueur à la barbe blanche caresse lui aussi les cheveux de ses petits enfants, d’une main tout aussi aimante. Mais qu’il appartient à une autre part de la même humanité que son père. Qu’il en est l’autre face. Une face qui peut sembler incompréhensible à N.

Elle, que l’irruption de la mort a déjà changée, et qui sait que la vie est précieuse. Et qu’en aucun cas elle ne se rangera du côté de la barbarie qui peut l’ôter à quiconque simplement parce qu’il ne pense pas comme elle.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato, Tilô
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