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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:26

 

Le Monde.fr | 08.02.2013 à 16h41 • Mis à jour le 08.02.2013 à 17h50 Par Frédéric Bobin - New Delhi, correspondant


 
Une enfant rend hommage à l'étudiante indienne morte après un viol collectif, le 29 décembre à New Delhi.

L'émotion collective suscitée à travers l'Inde par la mort d'une étudiante de New Delhi, le 29 décembre 2012, après avoir été sauvagement violée dans un bus de la capitale, a permis de jeter une lumière crue sur les violences sexuelles dans le géant d'Asie du sud. Un rapport de l'organisation Human Rights Watch (HRW), rendu public jeudi 7 février, révèle que ces violences faites aux femmes s'inscrivent dans un phénomène social plus général dont les enfants sont aussi victimes.

Intitulé "Rompre le silence : violences sexuelles infligées aux enfants en Inde", ce rapport est le fruit d'une recherche nourrie d'une centaine d'interviews d'officiels gouvernementaux, de médecins, de policiers, d'avocats, d'animateurs d'associations et d'enfants. Il dévoile que "les abus sexuels des enfants en Inde sont courants mais cachés", déclare au Monde à New Delhi Meenakshi Ganguly, la directrice de HRW pour l'Asie du Sud.

Selon une étude gouvernementale datant de 2007 citée dans le rapport, 53 % des 12 500 enfants interrogés affirmaient avoir été victimes d'abus, 20 % sous une "forme grave". Seuls 3 % de ces cas d'abus ont été signalés à la police. Evoquant le secret entourant ces violences, la ministre de l'époque chargée des femmes et du développement de l'enfant, Renuka Chowdhury, avait alors fustigé une "conspiration du silence".

 

 FAILLITE GÉNÉRAL DU SYSTÈME DE PROTECTION


Kenneth Roth, le directeur de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW).

 

Le rapport de HRW n'apporte pas de nouvelles données quantitatives mais se livre à une analyse qualitative du fléau. Il souligne deux niveaux d'échec : "L'échec dans la protection de l'enfant, et l'échec dans la réponse aux abus",  indique Mme Ganguly. La faillite dans la protection a été illustrée par une affaire à forte résonnance médiatique qui a éclaté en 2012 dans l'Etat de l'Haryana, proche de New Delhi. Trois adolescentes étaient parvenues à s'enfuir d'un orphelinat pour sonner l'alarme sur les violences sexuelles qui y sévissaient.

Dépêchée sur place, une équipe de la Commission nationale pour la protection des droits de l'enfant (NCPCR, selon l'acronyme anglais) a découvert une situation "démente, incroyable", selon les termes d'un des inspecteurs. Des personnes extérieures à l'établissement venaient exploiter sexuellement les orphelins et même le gendre de la directrice était partie prenant aux abus. Signe de la faillite général du système, la directrice de l'orphelinat avait été sacrée "femme modèle de l'année" par l'Etat de l'Haryana. A l'instar de cet établissement, nombre d'institutions hébergeant des enfants vulnérables sont le théâtre d'abus. Un grand nombre d'entre eux ne sont pas répertoriés.

Le second niveau d'"échec" dénoncé par HRW tient dans la réponse inexistante ou inadaptée du système une fois les cas d'abus signalés. "Les enfants qui dénoncent courageusement des abus sexuels sont souvent éconduits ou ignorés par les policiers, le personnel médical et les autres représentants des autorités", déplore Mme Ganguly.

 

PRISE DE CONSCIENCE DE CES DÉRIVES AU SOMMET DE L'ETAT

Le rapport de HRW critique aussi la permanence d'un test médical – dit le "test du doigt" – ,"dépourvu de toute valeur scientifique" mais humiliant pour les plaignants. "Alors qu'il est assez difficile pour un enfant sexuellement abusé, ou pour ses proches, de se présenter pour demander de l'aide, les autorités indiennes, au lieu de traiter ces affaires avec sensibilité, les humilient souvent et les traumatisent à nouveau", dénonce Mme Ganguly.

Le rapport de HRW admet que la prise de conscience de toutes ces dérives est réelle au sommet de l'Etat indien. En 2012, le Parlement a adopté une loi sur la protection des enfants contre les délits sexuels (Protection children from sexual offenses Act). Mais l'organisation des droits de l'homme appelle à une "mise en œuvre adéquate de la loi et des autres textes existants". Afin d'en finir avec ce qu'un membre de la NCPCR impliqué dans l'inspection de l'orphelinat de l'Haryana appelle un "échec systémique".

Frédéric Bobin - New Delhi, correspondant

 

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:16

 

Le Monde.fr | 08.02.2013 à 10h40 • Mis à jour le 08.02.2013 à 17h55

 

 

 

Selon Vicki Huddleston, ex-ambassadrice des Etats-Unis au Mali, la France a versé 17 millions de dollars à AQMI pour libérer ses otages enlevés en septembre 2010 sur le site minier d'Arlit au nord du Niger. Quatre otages qui sont pourtant toujours détenus. "Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins en partie, aux salafistes", a-t-elle précisé.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:08

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.02.2013 à 08h57 • Mis à jour le 08.02.2013 à 21h47


 

 

La découverte de cheval dans des lasagnes censées être au bœuf a provoqué un scandale au Royaume-Uni – où le cheval est vénéré et sa consommation taboue – et entraîné le retrait vendredi 8 février des plats incriminés en France et en Suède.

La viande de cheval trouvée en importantes quantités au Royaume-Uni (voire à hauteur de 100 %) dans les lasagnes de la marque de produits surgelés Findus était d'origine roumaine, a indiqué l'entreprise française Comigel, qui distribue ses articles dans 16 pays. Dans un premier temps, elle avait été présentée comme étant d'origine française par les autorités sanitaires du Luxembourg, où ces plats ont été préparés. Cette source a précisé que la viande avait été frauduleusement étiquetée "viande bovine".

 

"HISTOIRE TRÈS CHOQUANTE"


En soirée, la chaîne de supermarchés Aldi a annoncé que deux autres plats préparés distribués au Royaume-Uni par Comigel – des lasagnes et des spaghettis à la bolognaise – de la marque Today's Special contenaient entre 30 % et 100 % de viande de cheval. Le producteur suédois Findus, de son côté, a décidé de retirer des rayons français trois plats préparés – des lasagnes à la bolognaise, du hachis parmentier et de la moussaka – après avoir retiré lundi les lasagnes incriminées au Royaume-Uni, où elles étaient vendues en supermarché. En fin de journée, Findus a annoncé une mesure similaire en Suède, pour les lasagnes surgelées.

Le groupe suédois, qui a présenté ses excuses, a cependant insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de risque pour la santé. Mais pour le premier ministre britannique, David Cameron, cette "histoire très choquante est tout à fait inacceptable". Elle suscite un problème "de confiance", a-t-il estimé depuis Bruxelles, insistant sur la nécessité d'étiqueter correctement les produits. L'agence française de répression des fraudes a, elle, dénoncé une "tromperie".

Au Royaume-Uni, l'affaire revêt aussi une dimension culturelle : la viande équine n'est normalement pas disponible dans le commerce, contrairement à la France ou la Suisse, où elle est réputée pour sa tendreté. La découverte "n'est pas agréable en particulier pour les consommateurs britanniques", a reconnu Findus.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:59

 

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 08.02.2013 à 09h35 • Mis à jour le 08.02.2013 à 19h26


 
Marée humaine autour du cercueil de Chokri Belaïd, vendredi à Tunis.

Jamais une foule aussi nombreuse ne s'était rassemblée pour des obsèques en Tunisie depuis celles, en 2000, d'Habib Bourguiba, le "père" de l'indépendance et premier président du pays.   Scandant des slogans hostiles aux islamistes, au moins 50 000 personnes – 40 000 selon la police – ont gagné les rues de la capitale, vendredi 8 février, pour participer aux funérailles de Chokri Belaïd, dont l'assassinat a accentué la crise profonde que traverse le pays, berceau du "printemps arabe".

Lire : Stupeur à Tunis après le meurtre de Chokri Belaïd

Le corps de l'opposant tunisien a été mis en terre vers 16 heures à Tunis. Au moment de l'inhumation, des milliers de voix ont crié "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand") avant d'entamer l'hymne national et de réciter la fatiha, premier verset du Coran.

Hamma Hammami, dirigeant du Front populaire, la coalition de partis de gauche et d'extrême gauche à laquelle appartenait l'opposant, a prononcé une oraison funèbre, avant que la foule n'observe une minute de silence solennelle.

La foule s'était d'abord massée vendredi matin devant la maison de la culture de Djebel Jelloud, dans la banlieue sud de la capitale, où reposait le corps de cet avocat, figure médiatique de l'opposition de gauche laïque, tué de quatre balles mercredi devant chez lui. "Le peuple veut une nouvelle révolution", scandaient les participants, parmi d'autres slogans hostiles au parti islamiste Ennahda au pouvoir. Ils ont aussi entonné l'hymne national.  

Lire le portrait : Chokri Belaïd, un tribun devenu l'ennemi juré des islamistes

Recouvert du drapeau tunisien, le cercueil de l'avocat, baigné par une véritable marée humaine, a ensuite été placé sur une camionnette de l'armée, pour gagner le cimetière du Djallez.

 

David Thomson @_DavidThomson

Au cimetière #Jallez la foule crie "Degage Nahda" en attendant le cortège funéraire de #ChokriBelaid pic.twitter.com/zsFu65ZG

Voir l'image sur Twitter

C'est là que des heurts ont éclaté, pendant l'inhumation, entre des manifestants et des forces de l'ordre. La police a tiré des grenades lacrymogènes et des coups de feu en l'air pour disperser des jeunes qui saccageaient des voitures dans les rues alentour, provoquant un bref mouvement de panique comme en ont témoigné sur Twitter des journalistes sur place.

 

Elise Deleve @EliseDeleve

Les gens sortent du cimetière à cause des gazs lacrymogène pic.twitter.com/sBTDkiey

Voir l'image sur Twitter

La police a aussi pourchassé à coups de matraque et de lacrymogènes des jeunes manifestants scandant "dégage, dégage" sur l'avenue Habib-Bourguiba. Sur cette avenue – où siège notamment le ministère de l'intérieur – épicentre des heurts entre policiers et manifestants qui ont éclaté après la mort de M. Belaïd, des camions de l'armée ont été déployés pour renforcer un dispositif policier, déjà très important. Le ministère de l'intérieur a fait état de 132 arrestations à Tunis et jugé que le calme régnait "grosso modo" en Tunisie.

Lire : La Tunisie en prise à un climat délétère de haine et de violence

 

Sur l'avenue Habib-Bourguiba, vendredi après-midi.

TOUS LES VOLS ANNULÉS

Le pays tournait au ralenti après l'appel à la grève générale par des partis et la centrale syndicale historique, l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, 500 000 membres), la première de cette ampleur depuis 2011. Tous les vols depuis et vers la Tunisie ont été annulés à l'aéroport de Tunis-Carthage, le principal du pays, selon des sources aéroportuaires. En ville, les rues étaient largement vides et seuls de rares bus étaient visibles. Le tramway de Tunis semblait fonctionner, mais les rames étaient désertes.

Les soldats ont été également déployés dans les villes de Zarzis (sud), autre point chaud près de la frontière libyenne, à Gafsa (centre), et à Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011 qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali. Des centaines de personnes y défilaient également en scandant "Assassins" et "Chokri, repose-toi, on continuera ton combat".

 CRISE POLITIQUE AGGRAVÉE

Sans précédent dans les annales contemporaines, l'assassinat de Chokri Belaïd, mercredi, a déclenché deux jours de violences opposant policiers et manifestants à travers le pays lors desquel un policier a été tué. "Mon fils est un homme qui a vécu avec courage et dans la dignité. Il n'a jamais eu peur, il est parti en martyr pour son pays", répétait Salah Belaïd vendredi matin aux visiteurs venus s'incliner devant la dépouille couverte de fleurs dans le domicile familial orné du drapeau national. Sa veuve, Besma, n'a cessé de répéter ces trois derniers jours que la mort de son mari avait été commanditée par les islamistes au pouvoir du parti Ennahda.

Sa veuve, Besma Khalfaoui Belaïd, sur le chemin du cimetière vendredi.

Depuis mercredi, les chaînes de télévision multiplient les chansons engagées et talk-shows enflammés donnant la parole à des politiques et de simples citoyens qui laissent libre cours à leur tristesse, leur colère et leur peur que le pays ne bascule dans l'instabilité.  

Signe de la profondeur de la crise politique, le premier ministre islamiste, Hamadi Jebali, a appelé dès mercredi soir à la création d'un gouvernement restreint de technocrates, ce que son propre parti, Ennahda, a rejeté fermement. La présidence a indiqué jeudi ne pas avoir "reçu de démission du premier ministre, ni les détails d'un cabinet restreint de technocrates" et M. Jebali n'est pas apparu en public depuis trente-six heures.

Lire l'analyse du politologue Vincent Geisser : En Tunisie, il y a eu un repli sur un discours identitaire et populiste

L'ambassade de France a appelé ses quelque 25 000 ressortissants à la prudence et annoncé la fermeture des écoles françaises (plus de 7 000 élèves) vendredi et samedi. Le ministère de l'enseignement supérieur a annoncé la fermeture des universités jusqu'à lundi.

Le premier ministre réitère sa volonté de former un gouvernement de technocrates

 

En marge des manifestations, le premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a déclaré vendredi qu'il s'en tenait à sa décision de former un gouvernement de technocrates, malgré un désaveu de son parti islamiste Ennhada. "La composition de ce gouvernement est quasiment prête", a-t-il ajouté.

Le premier ministre avait déjà fait une telle annonce mercredi 6 février, mais son parti a a opposé une fin de non-recevoir à l'initiative de M. Jebali, pourtant numéro deux de la formation islamiste, et a affirmé que celui-ci n'avait pas consulté sa direction. La présidence de la république a rappelé que tout changement de pouvoir devait passer par l'ANC, dont Ennahda contrôle 89 des 217 sièges.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:52

 

 

Rue89 - Tribune 08/02/2013 à 09h48
Lotfi Achour | Metteur en scène

 

 

N. passait d’une pièce à l’autre avec cette fluidité des enfants. D’un couloir à une chaise. D’un genou plein d’affection sur lequel elle se posait en légèreté, à une main aimante qui passait dans ses cheveux noirs. J’ai passé une partie de la soirée à essayer d’imaginer dans quelle partie de la pièce elle avait l’habitude de se tenir avec lui. A quel endroit elle l’attendait le soir. Sur lequel de ses genoux elle sautait avec le plaisir qu’ont les enfants à sauter dans les flaques. Mais sans y parvenir.

 


La fille de Chokri Belaïd sur le cercueil de son père (Courrier de l’Atlas, via Twitter)

La mort chez nous ne dépouille pas seulement ceux qui restent de l’être aimé, mais elle dépouille aussi les maisons de leurs meubles qu’on plaque contre les murs pour élargir les espaces, ou qu’on stocke dans des pièces voisines, pour faire de la place à d’autres meubles. Les chaises de la mort. Qu’on loue pour que les visiteurs venus partager la peine puissent s’asseoir. Puissent pleurer assis et se recroqueviller sur ces quelques centimètres carrés et sur leur douleur.

N. semblait savoir et ne rien savoir de tout cela. Elle savait que son père était mort. Elle savait comment aussi. Elle savait que quelque chose avait changé dans la disposition de sa maison, dans laquelle visages connus et inconnus défilaient souvent somnambuliques.

« Maintenant je vais continuer le travail de papa »

Elle savait que son père lui avait dit quelques jours auparavant que s’il lui arrivait quelque chose, il fallait « continuer le travail qu’il avait commencé ». Et elle disait elle-même avec une étrange détermination : « maintenant je vais continuer le travail de papa. »

Ce que N. apprendra peut-être plus tard, mais qu’elle ne comprendra certainement jamais, c’est qu’on puisse abattre froidement un matin, un père qui venait d’embrasser ses enfants parce qu’il ne pense pas comme son tueur. Le vrai tueur n’étant pas toujours celui qui a tenu l’arme.

Elle comprendra ce paradoxe d’être parfois incapable de tuer physiquement celui qui vous destine à une mort certaine. Que ses idées peuvent parfois l’emporter sur son corps.

N. est pour le moment dans une autre cohérence, que les tueurs de son père essayent de lui voler. Mais elle semble plus forte qu’eux. Elle semble avoir déjà hérité de la détermination d’un père qui a été celle d’une vie cohérente. Jusqu’au bout.

L’irruption de la mort

N. pensera longtemps au tueur. Elle vivra avec cette pensée. Elle voudra le voir un jour. Elle voudra peut-être lui parler, mettre un visage et une voix sur la mort. Ce jour arrivera peut-être et N. comprendra alors qu’il n’est que l’arme du crime et non pas le doigt qui a appuyé sur la tête, la poitrine et le cœur. Celui de son père et sur le sien au même instant.

Que le vrai tueur à la barbe blanche caresse lui aussi les cheveux de ses petits enfants, d’une main tout aussi aimante. Mais qu’il appartient à une autre part de la même humanité que son père. Qu’il en est l’autre face. Une face qui peut sembler incompréhensible à N.

Elle, que l’irruption de la mort a déjà changée, et qui sait que la vie est précieuse. Et qu’en aucun cas elle ne se rangera du côté de la barbarie qui peut l’ôter à quiconque simplement parce qu’il ne pense pas comme elle.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato, Tilô
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:44

 

 

Rue89 - Thierry Brésillon - Journaliste

Publié le 08/02/2013 à 17h26

 

Une foule considérable, pleine d’émotion et de colère, a assisté vendredi aux obsèques de Chokri Belaïd, l’un des leaders de la gauche tunisienne (Front populaire) assassiné mercredi matin devant chez lui.

Une grève générale avait été organisée par la principale centrale syndicale, l’UGTT, co-organisatrice des funérailles avec le propre parti de Chokri Belaïd, le Patriote des Patriotes démocrates unifié.

Après un moment de recueillement dans un centre culturel à proximité de la famille de son père dans la banlieue Sud de Tunis, un immense cortège s’est dirigé vers le cimétière du Jellaz où il a été inhumé dans le carré des martyrs de la République. Des dizaines de milliers de personnes, submergées par l’émotion étaient rassemblées dans l’enceinte du cimetère, encore sous le choc d’un événement sans précédent, lourd de conséquences sur la suite du processus démocratique en Tunisie. Les slogans désignaient nommément Rached Ghannouchi, le président d’Ennahdha, comme le responsable de l’asassinat du leader d’extrême gauche.

A l’extérieur, des incidents ont éclaté entre casseurs forces de l’ordre aux alentours du cimetière. Les fumées de gaz de lacrymogène ont même atteint les allées du cimetière en cette journée ventée et froide.

Plusieurs personnes ont été dépouillées sous la menace d’armes blanches. Tandis que des personnes quittant le cimetière ont été prises à partie, comme le raconte une jeune femme :

« Des types aux allures de clochard nous ont dit “c’est vous les laïcs ! Vous les filles vous allez presque nues, on peut arracher vous vêtements. Aujourd’hui vous enterrez celui-là, demain vous en enterrerez d’autres !”

Le centre ville était le théâtre d’affrontements entre jeunes casseurs et forces de l’ordre.

Voici, en six photos tweetées, les moments forts de l’enterrement.

 


Thierry Bresillon @ThBresillon

Cohue et larmes autour du cercueil de #chokribelaid pic.twitter.com/LjD0TbcE

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:38

 

 

Par Okeanos

8 février 2013 - 19:44

(dernière modification le 8/02/2013 - 19:44)

 

 

L’organisation Freies Netz Süd, dont des cadres ont visité le Parlement grec et s’y sont fait photographier avec des membres de Chryssi Avgi (Aube Dorée), est qualifiée de "néonazie" par des documents du Ministère de l’Intérieur du Land de Bavière.

Sur les photographies, d’après les légendes rédigées par le site de l’organisation susmentionnée, on trouve à gauche Sebastian Schmaus, à droite Matthias Fischer.

Tous deux sont également conseillers municipaux du parti radical d’extrême-droite Bürgerinitiative Ausländerstopp (Initiative citoyenne Stop aux étrangers). Le conseil municipal de Munich a récemment voté en faveur de l’interdiction de ce parti local.

Sebastian Schmaus a été condamné (en février 2009) à six mois de prison avec sursis pour conduite en état d’ivresse alors qu’il collait des affiches pour le par néonazi NPD. En 2010, il a été condamné pour violation des droits d’auteur, alors qu’il avait diffusé sur Internet des photos de manifestants de gauche, les présentant comme des personnes recherchées par la police.

En 2010, il a également été accusé d’avoir violemment agressé un cycliste. Il a été innocenté par manque de preuves, mais a été condamné pour la destruction de l’appareil photo du cycliste.

Matthias Fischer a fait 20 mois de prison après avoir été condamné pour incitation à la haine et a également été condamné pour d’autres délits de nature semblable.
Il est le cofondateur du Fränkischer Aktionsfront, interdit en 2004 pour des raisons similaires (6). Après sa libération, en 2011, des attaques néonazies ont eu lieu contre les domiciles et les véhicules de membres d’organisations antinazies, d’après une publication du site du journal Die Zeit. Il a quitté le NPD en 2008.

Le NPD est considéré comme un parti modéré comparé au FNS (Freies Netz Süd).

source : thepressproject

traduction : AR

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source : OkeaNews

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:34

 

Par Okeanos

8 février 2013 - 19:35

(dernière modification le 8/02/2013 - 19:51)

 

 

Deux actions d'intimidation des néonazis ont eu lieu ces dernières 24 heures dans le secteur de la santé : une à Athènes, dans un dispensaire de Médecins du Monde, et une à l'hôpital de Tripoli.

A Athènes, une quarantaine d'activistes néonazis ont procédé à des intimidations contre un dispensaire de Médecins du Monde, à la pointe dans les soins apportés aux migrants. Médecins du Monde a dénoncé ces pratiques. A l'hôpital de Tripoli, dans le Péloponnèse, les néonazis sont entrés dans le bâtiment pour procéder à des contrôles -en toute facilité- afin de vérifier si l'hôpital employait des infirmières étrangères exclusives. Les infirmière exclusives sont dédiées  à un seul malade et payées par le malade pour les soins de nuit.

La directrice de hôpital de Tripoli a eu une conférence de presse commune avec les membres du parti néonazi dans laquelle elle a partagé certaines idées du parti fasciste, ce qui n'a pas manqué de provoquer des réactions d'indignation du président de l'association des médecins du département d'Arkadia :

-"La direction de l'hôpital ne rempli pas son rôle social et constitutionnel. La conférence de presse commune avec un représentant local d'un parti pose des interrogations, pas tant sur le fait de la conférence de presse commune, que sur l'objet de la coopération . Il va sans dire  que la question des infirmières exclusives doit être réglée par l’État et par la direction de l'hôpital, mais dans un cadre institutionnel et légalement acceptable."

Le président de l'association s'oppose à la directrice en précisant qu "'elle cherche des aides extra constitutionnelles pour remplir ses devoirs et elle salue publiquement le fait de se faire justice soi même dans une période où la prise de  parole publique par les officiels doit être précautionneuse".

Concernant les intimidations envers Médecins du Monde à Athènes, l'AFP indique :

Une quarantaine d'activistes néonazis ont mené une opération d'intimidation contre un dispensaire athénien de la section grecque de Médecins du Monde, en pointe dans les soins aux migrants, a dénoncé vendredi son président, Nikitas Kanakis.

Selon M. Kanakis, le dispensaire a fermé ses portes durant la "stupide démonstration de force" du groupe, dont les membres, revêtus de la blouse noire du parti néonazi Aube Dorée, se sont massés jeudi après-midi devant ses locaux à Pérama, banlieue ouest d'Athènes, en hurlant des slogans hostiles et xénophobes.

Le dispensaire "a été visé en tant que tel", alors que MDM-Grèce est en pointe ces dernières années dans l'aide sanitaire aux migrants et dans le recensement des agressions xénophobes qui se multiplient dans le pays, généralement imputées à Aube Dorée, a-t-il estimé pour l'AFP.

MDM-Grèce va informer la police de l'incident "pour que les autorités assument leurs responsabilités" quand à la sécurité de son personnel et de ses installations, a ajouté M. Kanakis.

Dans une réaction à l'AFP, le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, a pour sa part dénoncé une "intolérable attaque" qui "met une fois encore en lumière lurgence pour les autorités grecques de prendre des mesures résolues pour contenir les personnes violentes, avant que ces dernières ne portent sérieusement atteinte à la démocratie en Grèce".

Selon M. Kanakis, des journalistes français ont aussi été témoins de l'incident alors qu'ils tournaient un reportage sur ce dispensaire, devenu emblématique du recul de la prise en charge publique de la santé pour cause de cure d'austérité.

"Ce qui est consolant c'est que les patients, à 90% des Grecs dont des anciens résistants et vieux militants de gauche, étaient prêts à défendre le dispensaire", où finalement les néonazis n'ont pas tenté de pénétrer, s'est
félicité M. Kanakis.

M. Muiznieks, qui a effectué la semaine dernière une visite en Grèce, avait alors pressé le pays de "défendre sa démocratie" face à la "menace spécifique " que constitue Aube Dorée, qui a raflé en juin 7% des voix et 18 députés au parlement dans un contexte de grave crise économique et sociale.

 source iatropedia et AFP

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source : OkeaNews

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 20:29

 

 

Par Okeanos

8 février 2013 - 9:37

(dernière modification le 8/02/2013 - 9:37)

 

Unfollow14

 

Reporters sans frontières exprime toute sa solidarité avec Lefteris Xaralambopoulos, journaliste pour le magazine Unfollow, qui a fait l’objet de menaces de mort suite à la parution d’un article sur la contrebande du pétrole en Grèce.

L’enquête de Lefteris Xaralambopoulos, parue le 31 janvier 2013 dans le numéro 14 du périodique, mettait en évidence les pratiques douteuses de certaines compagnies de transport qui, sur fond de crise énergétique, achèteraient du pétrole à des taux d’imposition réduits pour le revendre au prix du marché. L’enquête de Unfollow s’appuyait sur deux rapports des douanes portuaires du Pirée, détaillant les agissements de deux des plus grandes compagnies pétrolières engagées dans ces pratiques : Hellenic Petroleum (ELPE), dont les principaux actionnaires sont l’Etat grec et Spiros Latsis, mais surtout l’Aegean Oil, gérée par la famille Melissanidis. La compagnie et ses principaux responsables font l’objet de poursuites pour contrebande et contrefaçon, dans un procès dont la prochaine audience est fixée au 12 février 2013.

C’est au cours d’un entretien téléphonique avec Lefteris Xaralambopoulos, qu’il avait lui-même sollicité, que Dimitris Melissanidis a proféré des menaces de mort visant directement le journaliste et sa famille. L’avocat de l’homme d’affaires, Me Falilou Kranidiotis, a depuis fait savoir par écrit au périodique Unfollow que son client niait catégoriquement avoir appelé et menacé le journaliste.

Joint le 6 février 2013 par la correspondante en Grèce de Reporters sans frontières, Lefteris Xaralambopoulos revient sur les circonstances dans lesquelles il a été menacé.

Reporters sans frontières (RSF) : Dans quelles circonstances s’est tenu cet entretien téléphonique ?

Lefteris Xaralambopoulos (LX) : Nous avons reçu un appel à la rédaction de Unfollow, aux alentours de 20 heures vendredi 1er février, soit le lendemain de la parution de l’enquête. Quelqu’un demandait à me parler personnellement. J’ai pris la communication et j’ai reconnu la voix de Dimitris Melissanidis, c’est une personnalité connue. Le numéro du correspondant était affiché et je l’ai recherché sur Google pendant notre conversation. J’ai vu que c’était le numéro de téléphone de la Compagnie pétrolière Aegean Oil, basée au Pirée. J’ai mis le haut-parleur et deux de mes collègues, qui se trouvaient dans les locaux du magazine, ont également entendu toute la conversation. [Dimitris Melissanidis] m’a demandé pourquoi je mêlais son nom à la compagnie Aegean Oil, dans la mesure où c’est son frère qui la dirige et non lui.

RSF : Il était menaçant dès le début ?

LX : Non. Il voulait savoir pourquoi je parlais de lui alors que c’est son frère qui siège au Conseil d’administration de la compagnie, alors que lui-même n’apparaîtrait nulle part. Je lui ai rappelé qu’il avait récemment reçu un prix récompensant son activité au sein de cette compagnie, et que c’est [au nom d’Aegean Oil] qu’il avait remercié ceux qui le lui avaient attribué. On peut encore voir cette séquence sur Youtube ! Comment peut-il alors dire maintenant qu’il n’a rien à voir avec Aegean Oil ? C’est grotesque ! Dans le reportage, je souligne effectivement que c’est son frère, Iakovos Mellissanidis, qui est membre du Conseil d’administration de cette multinationale poursuivie en justice par les douanes grecques. J’ai demande à Dimitris Mellisanidis s’il était informé de ce procès en cours. Il m’a répondu par l’affirmative, mais il a précisé que cela ne le concernait pas. En fait, Dimitris Mellisanidis est très soucieux de son image sociale. Être mêlé à une affaire de fraude fiscale et de contrebande pour un montant de 2,218.721 euros n’est pas bon pour lui. D’où sa réaction. C’est lorsque je lui ai parlé du prix qu’il a reçu en tant que manager d’Aegean Oil qu’il a commencé à m’insulter.

RSF : Qu’avez vous fait alors ?

LX : Je lui ai dit qu’il n’était nullement nécessaire de m’insulter. Que s’il le voulait, il pouvait nous faire parvenir un droit de réponse, que nous publierions comme la loi nous y oblige. C’est à ce moment-là que sont arrivées les menaces de mort.

RSF : Qu’a t-il dit ?

LX : Il a commencé par dire : « Tu ne comptes par pour moi, je vais engager des gens pour te tuer. J’aurais pu le faire sans te prévenir, mais je suis un homme, alors je te préviens. Le coup serait venu et tu n’aurais pas compris pourquoi. Maintenant tu sais. Je vais te b***, toi, ta mère, ta femme, tes enfants et ta famille. Moi je n’ai peur de rien. Tu ne va plus pouvoir dormir, tu ne vas plus pouvoir te déplacer. Je vais devenir ton cauchemar. La peur que tu auras de moi te poursuivra partout. Je suis Dimitris Mellisanidis, et on ne me la fait pas à moi. Ils vont venir chez toi quant tu dormiras et on fera sauter ta maison. J’ai appris à parler à des grands journalistes. J’ai fait des recherches sur toi et je vais te déchirer... ». Je lui ai dit que j’allais porter plainte et il m’a répondu qu’il ne s’en préoccupait absolument pas. Il a dit, mot pour mot : « les juges et les procureurs ne comptent pas pour moi, je me fous de toi ».

RSF : Avez-vous demandé la protection de la police ?

LX : Oui, bien sûr. Immédiatement après cette conversation, j’ai appelé la police pour dénoncer ces menaces et demander une protection. On m’a répondu qu’il fallait d’abord porter plainte. C’est ce que je vais faire. Mais je veux souligner que je tiens Dimitris Mellisanidis pour responsable de tout ce qui pourrait m’arriver, à moi ou au magazine, ainsi qu’à mes amis, ma famille, mes collaborateurs et leurs familles.

RSF : Quelles leçons tirez-vous de cette affaire ?

LX : Que Mellisanidis veuille protéger ses intérêts, c’est normal. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est qu’il se sente à ce point au-dessus des lois, qu’il me menace ouvertement et qu’il dise se moquer de la justice. Mais à y regarder de plus près, ce n’est pas étonnant. Le procès de sa compagnie pour fraude fiscale a été reporté quatre fois de suite par le procureur, c’est à dire par l’Etat grec. Ce dernier, qui est censé lutter contre la fraude, l’évasion fiscale et la contrebande, n’est pas « présent ». C’est cela, la Grèce d’aujourd’hui [...]. Nous avons peut-être pour monnaie l’euro, comme le reste de l’Europe, mais du point de vue de la corruption et de la justice c’est le tiers-monde ! On applique en Grèce une politique de deux poids, deux mesures. D’un coté, en pleines fêtes de Noël, l’Etat poursuit jusque dans les îles les commerçants ou les bars pour qu’ils donnent des tickets de caisses ; de l’autre, il ferme les yeux sur ce trafic pétrolier dans lequel l’Etat perd plus de 2 millions d’euros. Quatre reports de procès, alors que le pays est censé lutter contre la fraude fiscale, c’est inimaginable !

RSF : Pourquoi avez vous commencé à enquêter sur cette affaire ?

LX : Les Grecs se chauffent au bois, comme à Londres dans les années 50, car ils ne peuvent plus se permettre d’utiliser du fuel domestique ; une pollution inimaginable s’accumule au-dessus des villes. Que l’Etat fasse payer les fraudeurs, les contrebandiers qui ne s’acquittent pas des taxes pétrolières. Le prix du pétrole baissera automatiquement et les gens pourront se chauffer correctement. En creusant cette affaire, je me suis rendu compte que le dossier Aegean Oil avait fait le tour des ministères. Une ministre du Pasok [Parti socialiste, NDLR] l’a reçu en premier. Lorsque sa secrétaire le lui a présenté, la ministre a répondu : « Le mot contrebande n’existe pas pour moi. » Vous rendez-vous compte du pays dans lequel pays nous vivons ?

RSF : Quelles seront les conséquences de cette affaire pour Unfollow ?

LX : Nous subissons déjà le désistement d’un annonceur, mais cela ne nous inquiète pas outre mesure. Ce qui nous importe, c’est le public qui achète le magazine pour son contenu. Les autres médias - télévision, radio et presse écrite confondus - refusent de parler de cette histoire pour ne pas perdre les budgets publicitaires des différentes entreprises du groupe Melissanidis ou de la société ELPE, également mise en cause dans notre reportage. Le 12 février 2013 se tiendra la prochaine audience pour du procès contre Aegean Oil. Nous verrons bien ce qui va se passer.

sources : rsf.org

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source : OkeaNews

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 19:13

 

 

 

Rouen, de notre envoyée spéciale

Les oreilles des policiers anti-terroristes français ont dû siffler ce 6 février 2013. Charles Torres, 28 ans, comparaissait mercredi devant le tribunal correctionnel de Rouen pour avoir refusé un prélèvement ADN lors de sa garde à vue dans les locaux de la police anti-terroriste. Le 23 février 2012, à 7 h 45, le jeune homme, forgeron de son état, avait été interpellé, dans le cadre de l’affaire de Tarnac, par une vingtaine de policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat) accompagnés du juge Fragnoli, alors en charge du dossier.

Colocataire à Rouen d’une maison où habitent deux des dix mis en examen dans l’affaire de Tarnac, l’ancien étudiant en histoire était soupçonné d’avoir fabriqué les fameux fers à béton posés sur une ligne TGV en Seine-et-Marne, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008.

Des milliers d'heures d’écoutes téléphoniques, une perquisition en règle du domicile de ses parents et une garde à vue de 34 heures plus tard, Charles Torres quittait les locaux de la Sdat à Levallois-Perret sans aucune charge et sans même avoir été entendu par le juge d’instruction. À un détail près : un refus de prélèvement de ses empreintes digitales et génétiques qui lui vaut d’être jugé ce 6 février. Une capitaine de police de la Sdat a pris soin, dans un procès-verbal daté du 24 février 2012 transmis aux magistrats rouennais, de déplorer ce refus en précisant combien ce prélèvement ADN « aurait utilement permis de déterminer le profil génétique de l'intéressé aux fins de comparaison avec les empreintes génétiques à ce jour non identifiées ».

Comme l’a révélé mercredi Le Monde, cette même enquêtrice de la Sdat a cependant omis de préciser un petit détail aux magistrats : ses subordonnés ont réussi à prélever l’ADN de Charles Torres à son insu, le deuxième jour de sa garde à vue. Anticipant son refus, « un usage chez les mis en cause successifs dans la présente procédure », note un enquêteur, les policiers ont procédé, à l'aide d'une solution hydro-alcoolique, à « un nettoyage intégral du bureau » où le jeune homme devait être entendu pour la quatrième fois. Il ne leur restait plus, après l'audition, qu’à récupérer « les prélèvements de traces de contact sur la surface du bureau » où il « a apposé ses mains », ainsi que les cheveux jonchant le sol « à l'aplomb du siège où Charles Torres s'est assis ».

Selon ses avocats, la comparaison des empreintes génétiques réalisées ensuite n’a rien donné. Et pour cause : « Sur les fameux crochets, il n’y a aucun ADN, si ce n’est celui de deux gendarmes, et je ne pense pas qu’on me soupçonne d’être gendarme », a raillé Charles Torres devant le tribunal. 

Les policiers de la Sdat se sont bien gardés de mentionner ou de transmettre ce PV de recueil de traces génétiques au procureur ainsi qu’aux magistrats rouennais qui jugeaient Charles Torres jeudi. Les avocats du jeune homme, Me Marie Dosé et Me William Bourdon, ont donc eu beau jeu de crier mercredi à « l’escroquerie au jugement ». « On vous fait croire que ce refus (de prélèvement - ndlr) a causé un préjudice terrible pour l’affaire de Tarnac, et on apprend à travers la presse que ce prélèvement a été fait ! De qui se moque-t-on ? » s’est indignée Me Marie Dosé.

« Les policiers, noir sur blanc, mentent au tribunal de Rouen », a repris son confrère Me William Bourdon, brandissant d’une main le procès-verbal de la policière de la Sdat regrettant l’absence de prélèvement, et de l’autre celui de recueil d’ADN effectué par le même service, le même jour. Procès-verbal qui n’a jamais été transmis aux magistrats rouennais, tout comme les quatre auditions sur les faits du jeune homme. Pour l’avocat, ce nouvel épisode de l’affaire de Tarnac n’est qu’une preuve de plus de « la déloyauté au cœur de la stratégie de la Sdat » et du « mépris de ce qui devrait être la fine fleur de la police française envers les juges ».

« Un innocent peut être fiché sans le savoir »

Face au tribunal, le jeune forgeron, à la plume mordante, s’excuse de ne pas être aussi à l’aise à l’oral et retrace le contexte « kafkaïen » il a cherché un autre mot « moins café du commerce », il n'a pas trouvé – de son interpellation. Dès sa première audition, les policiers l'ont bombardé de questions sur ses convictions politiques et ses fréquentations : est-il militant d'un mouvement ou d'un parti politique ? Membre d'une association quelconque ? Que peut-il exprimer de la nature de ses idées politiques ? Quelles sont les causes qui méritent d'être défendues selon lui ? Est-il satisfait du système politique et social auquel il appartient ? Que pense-t-il de l'ordre économique en place, à savoir l'économie de marché ? Se sent-il proche des thèses défendues par l'extrême gauche française? À son avis, le recours à la violence est-il justifiable quand il permet de lutter pour des idées ? Connaît-il le mouvement anarcho-autonome français ou son histoire ? Etc.

Autant de questions auxquelles Charles Torres a refusé de répondre ou qu'il a mouchées de son ironie. À un enquêteur qui lui décrit avec force détails l'effet de fers à béton sur des caténaires, il conseille : « Je pense que vous devriez éviter de donner autant de détails à des gens qui sont des criminels potentiels. » Au même qui lui demande, en lui présentant une photo de crochets, s'il saurait les fabriquer, il répond de lui amener les pièces en question pour qu'il fasse un devis. 

Le souffle court, Charles Torres souligne devant le tribunal l’absurdité de la loi sur l’ADN. « Le juge me libère de la garde à vue sans même m’interroger, j’en déduis que ses soupçons ont disparu, et au même moment, on me remet en garde à vue pour refus de prélèvement, s’étonne-t-il. Ce qui justifiait la demande de mon ADN a disparu, mon ADN a déjà été prélevé, et pourtant je suis devant cette salle ! » Prenant plusieurs fois à partie le policier de la DCRI « en blouson de motard » qu’il affirme avoir repéré dans la salle, Charles Torres provoque les rires et applaudissements du public, où se pressent amis et militants rouennais.

Selon la loi, les officiers de police judiciaire doivent, a minima, disposer « d’une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner » qu’une personne a commis une infraction pour pouvoir prélever son ADN. Or, pour Me Marie Dosé, au vu du peu d’éléments transmis par la Sdat au tribunal de Rouen, « au moment où Charles Torres refuse le prélèvement ADN, vous ne pouvez pas savoir s’il y avait des éléments contre lui ». 

Le procès aurait pu être l’occasion d’un toilettage de la loi sur le fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), uniquement destiné aux violeurs lors de sa création en 2008 et aujourd’hui étendu à la quasi-intégralité des délits. « C’est devenu le fichier des voleurs de tranche de jambon plutôt que celui des violeurs, lance Charles Torres. Ils ont transformé l’adage populaire “qui vole un œuf vole un bœuf” en “qui vole un œuf viole un bœuf”. »

Mais la question prioritaire de constitutionnalité déposée par ses avocats a été écartée par le tribunal au motif que l'article visé avait déjà été examiné par le Conseil constitutionnel.
La loi prévoit qu’en cas d’impossibilité de procéder à un prélèvement biologique, l’identification ADN puisse être réalisée à partir « d’un matériel biologique qui se serait naturellement détaché du corps de l’intéressé ». 

Pour Me William Bourdon, cette disposition contrevient au principe de libre disposition du corps ainsi qu’au droit de ne pas s’auto-incriminer. En effet, les officiers de police judiciaire peuvent effectuer un prélèvement à l’insu de la personne sans même l’avertir de cette possibilité, et ensuite sans lui notifier ce prélèvement. « Un innocent peut donc être fiché sans qu’il le sache », relève Me Marie Dosé. De plus, l’officier peut effectuer ce prélèvement sans vérifier que la personne n’est pas déjà fichée, ce qui risque de conduire à des prélèvements inutiles en série.

Le procureur, Isabelle Poidevin, a requis un mois d’emprisonnement avec sursis, la décision a été mise en délibéré au 6 mars 2013. De leur côté, les avocats envisagent de déposer une plainte pour faux en écriture publique et tentative d'escroquerie au jugement, visant les enquêteurs de la Sdat. « On a une capitaine de la Sdat qui suit l’enquête, qui sait que le prélèvement génétique a eu lieu, et qui signe un procès-verbal non daté expliquant combien le refus de prélèvement est préjudiciable pour son enquête ! » relève Me Marie Dosé.

Une pierre de plus dans le jardin des policiers de la Sdat déjà visés par une information judiciaire ouverte à Nanterre, après une plainte pour « faux en écritures publiques ». Cette dernière remet en cause leur compte rendu de filature de la nuit du 7 au 8 novembre 2008, truffé d'incohérences. Une autre information judiciaire a également été ouverte le 3 janvier 2012 à Brive-la-Gaillarde, à la suite d'une plainte de Benjamin Rosoux, l'épicier de Tarnac, pour « interception de correspondances » et « atteinte à l'intimité de la vie privée ».


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