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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 19:55

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=gi3KMjSCzPw

 

 

Il fait pousser des plantes dans le désert - Folie Passagère 04/05/2016

 

Philippe Ouaki Di Giorno a la main verte : l’homme fait pousser des potagers dans le désert ! Cet ingénieur agronome a mis un point il y a 20 ans une technologie révolutionnaire : des granulés capables de nourrir des plantes sans avoir ou presque besoin de les arroser… Une découverte dont il fait profiter des pays où la terre est particulièrement pauvre et qu’il refuse de céder à des groupes industriels à la seule logique du profit.

 

Folie Passagère

 

Ajoutée le 5 mai 2016

"L'argent doit être une résultante, pas une finalité en soi". Philippe Ouaki Giorno a inventé une technologie révolutionnaire : des granulés capables de nourrir des plantes sans avoir besoin de les arroser. Depuis 20 ans, il partage son invention avec des pays où la terre est particulièrement pauvre et refuse de céder à des groupes industriels à la seule logique de profit.

 

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=gi3KMjSCzPw

 

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 16:23

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

État policier ?

« Le maintien de l’ordre à la française n’existe plus »

par

 

 

 

Interdictions de manifester, violences policières, interventions des unités spéciales, emprisonnement de manifestants... la gestion par l’État du mouvement actuel de contestation contre la loi travail fait l’objet de nombreuses critiques, jusqu’à la demande d’une enquête parlementaire adressée par sept organisations syndicales. Pour le journaliste David Dufresne, auteur en 2013 du livre Maintien de l’ordre, la stratégie du gouvernement marque surtout la fin d’un « savoir-faire français » longtemps reconnu comme un modèle dans la gestion des foules. Selon lui, « le Rubicon du maintien de l’ordre à la française, qui consiste à viser la foule, a aujourd’hui été franchi ». Entretien.

 

Basta ! : Canons à eau, nasses, tirs tendus, charges de camions à Rennes... Pendant le mouvement contre la loi travail, on a même vu le retour des voltigeurs à Toulouse. Dans votre livre, vous montrez que la police est réactive et s’adapte au gré des manifestations. Ici, on a plus le sentiment d’une surenchère policière que d’une « désescalade », contrairement aux pratiques en vigueur dans un pays comme l’Allemagne...

David Dufresne [1] : Il y a clairement une surenchère policière. La police est beaucoup plus organisée, agile ou alerte qu’elle n’en a l’air. Elle travaille 24 heures sur 24. Quand il n’y pas de manifestations, il y a des « retex » — des retours sur expérience — avec une évolution constante des forces de l’ordre par rapport aux manifestants. Cette gestion évolutive ne s’arrête pas à la dernière manifestation : c’est un travail sur le long terme.

Canon à eau et nasse sont de vieilles techniques. Le canon à eau a déjà été utilisé pendant le CPE en mars 2006, sur la place de la République. Il a longtemps été considéré comme la « bombe atomique » du maintien de l’ordre, c’est-à-dire qu’après, il n’y a plus rien derrière. Son objectif premier n’est pas de chasser à coup de jets d’eau quelques personnes à hauteur du canon, mais plutôt de figer le reste de la foule. C’est un signal de puissance qu’on envoie aux manifestants.

La nasse est surtout utilisée pour procéder à des arrestations. Les services de renseignement ont besoin de renouveler leurs fiches : identifier tel jeune de 19 ans qui sera repéré dans une manifestation vingt ans plus tard. La nasse sert à la communication, à la fabrication d’images pour le journal télévisé de 20 heures. Il faut impérativement que David Pujadas puisse annoncer le nombre de blessés chez les manifestants, chez les policiers ainsi que le nombre d’interpellations. C’est la politique du chiffre mise en place sous Nicolas Sarkozy et longtemps décriée par les syndicats de police qui, aujourd’hui, doivent composer avec les ordres. Figer les esprits fait aussi partie de l’arsenal psychologique du maintien de l’ordre.

 

Si les policiers étaient moins visibles dans les cortèges, pensez-vous que cela atténuerait les violences ?

Montrer son nombre, montrer son équipement, montrer sa détermination fait partie de l’arsenal policier. Normalement, dans une manifestation, un CRS n’arrive pas tout de suite en « Robocop » [jargon policier désignant leur tenue anti-émeute lors des manifestations, ndlr], il se transforme au fil des événements. Il va éventuellement sortir sa matraque, sortir son bouclier… Tout cela obéit à des paliers de gradation extrêmement précis. Et c’est tout le sel du maintien de l’ordre : il consiste en un jeu de provocations de part et d’autres.

 

Plusieurs syndicats demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la gestion du maintien de l’ordre durant la mobilisation contre la « loi travail ». Comment analysez-vous les choix du gouvernement en la matière ?

Manuel Valls, ancien ministre de l’Intérieur, est dans une gestion beaucoup plus proche de Charles Pasqua que de Maurice Grimaud, le préfet de Paris lors de mai 68. Le maintien de l’ordre repose autant sur la force que sur la psychologie. Il est le bras armé du politique. Particulièrement en France, pays habitué aux rassemblements et aux manifestations. Rappelons que la police, c’est la « gestion de la cité ». Il s’agit donc davantage d’une question politique que de stratégie militaire. Pour le dire vite, quand on utilise la force, on est davantage dans une gestion droitière de la rue. Historiquement, la gauche est issue de la rue, elle n’en a pas peur. La droite défile plus rarement même si, quand elle le fait, c’est très impressionnant : cela se compte en millions de gens comme à la fin des événements de 68, ou pour l’école privée en 1984.

Au contraire, ce gouvernement dit « de gauche » joue la carte du durcissement. Face à une prétendue demande d’ordre incarnée par le Front national, on a l’impression que le pouvoir choisit la stratégie du pourrissement. Valls s’inscrit en plein dans la droitisation de la société : le maintien de l’ordre devient à son tour beaucoup plus martial, plus direct qu’il ne l’était il y a quelques années pour des événements similaires.

Ce qui me semble effarant, c’est que le nombre démentiel de blessés graves — on n’a pas vu ça depuis très longtemps — ne suscite pas de réactions. Du moins, trop peu de relais dans la presse, complètement coupable. Nous aurions eu dix fois moins de blessés il y a dix ans, cela aurait paru insupportable.

 

Peut-on dire que le gouvernement joue avec le feu ?

Bien sûr. La bavure individuelle parce qu’un flic pète les plombs, ça existe. Qu’un CRS ou un gendarme mobile se défende parce qu’il reçoit une brique au visage, c’est logique. C’est autre chose s’il attaque. Pour qu’un policier soit muni d’une grenade de désencerclement, il faut qu’un armurier lui ait fournie. Ce dernier a reçu des ordres. Ces ordres sont eux-mêmes donnés par la préfecture, qui in fine les a pris auprès du ministère de l’Intérieur.

 

Un étudiant a été éborgné au flash-ball à Rennes. Un photographe est dans le coma à Paris, à cause d’une grenade. En 2014, c’est Rémi Fraisse qui meurt à cause d’une grenade offensive lors d’un rassemblement à Sivens. Le maintien de l’ordre à la française est pourtant connu pour gérer les foules en évitant les bavures. Est-ce un paradoxe ou un aveu d’échec pour ce « savoir-faire » policier ?

Soyons clairs : aucun gouvernement ne souhaite la mort d’un manifestant. Depuis la mort de Malik Oussekine en 1986 [tué par des policiers lors d’une manifestation lycéenne et étudiante, ndlr], la bavure, ce « pépin majeur », comme l’appelait Claude Guéant, est le repoussoir absolu. La droite, représentée alors par Charles Pasqua et Jacques Chirac, va perdre les élections deux ans plus tard en partie à cause de cela. C’est d’ailleurs pour cette raison que la police « gère » d’une certaine manière la casse : laisser casser une Porsche ou un abribus vaut mieux que de tuer quelqu’un.

Sauf qu’aujourd’hui, le maintien de l’ordre à la française n’existe plus, c’est terminé.
« Montrer sa force pour ne pas s’en servir », la grande doctrine que la police française nous a vendue pendant trente ans, à tort ou à raison, est à peu près tombée en ruine ces dernières années. Désormais, on montre sa force pour s’en servir. De manière militarisée, offensive, voire sans sommation. Jusqu’ici, la police était censée tirer en cloche des fumigènes qui faisaient fuir les manifestants en retombant. De ce point de vue, remettre le manifestant dans le viseur nous ramène avant la Seconde guerre mondiale. Le Rubicon du maintien de l’ordre à la française, qui consiste à viser la foule, a aujourd’hui été franchi. Ce n’est pas un paradoxe, c’est une évolution. Et honnêtement, je ne vois pas comment on ne peut le considérer autrement que comme un échec.

 

La figure du « casseur » est omniprésente dans les médias depuis le début du mouvement. Faut-il y voir une instrumentalisation de la violence ou le signe d’une tension inédite dans la gestion du maintien de l’ordre ?

D’abord, il y a l’amnésie des médias qu’il ne faut jamais sous-estimer. Ensuite, il y a effectivement une instrumentalisation de la violence, de part et d’autres d’ailleurs.
Le discours de la police est connu. Il faut l’entendre : les manifestants sont plus mobiles qu’avant, moins saisissables, plus violents. Le problème est qu’on nous tient ce discours depuis cinquante ans [2]. Les manifestations de « groupes autonomes » à Paris à la fin des années soixante-dix, ou celles des paysans bretons étaient d’une violence inouïe. Les casseurs ont toujours cassé des distributeurs automatiques de banque ou des vitrines, mais il n’y pas encore de manifestants avec des fusils [3].

Contrairement à ce que l’on croit, casser n’est pas un acte animal, il peut traduire une forme de détermination ou de désespoir. C’est aussi une façon de frapper les esprits. Semaine après semaine, il y a toujours autant de casseurs. Pourquoi il y en a-t-il autant, alors que casser devient de plus en plus difficile ? Il y a quinze ans, le maintien de l’ordre français savait répondre à ce type de questions.

 

Cette instrumentalisation a toujours existé...

Oui, mais l’élément assez nouveau et plutôt sordide — qui rejoint une de mes marottes — est l’utilisation de l’antiterrorisme à des fins de maintien de l’ordre. De manière aussi habile que malhonnête, le gouvernement mélange manifestation, violence, hooliganisme et terrorisme. Là, les mots ne veulent plus rien dire. Pendant longtemps, la spécificité française par rapport à d’autres pays était la possibilité d’un débat sur la manière de prendre la rue. La France, c’est la Bastille quand même ! Et, on peut dire ce que l’on veut, mais ceux qui ont pris la Bastille étaient des casseurs. Le fait qu’il n’y ait plus aucun relais politique à ce type de discours donne l’impression que ce n’est plus qu’une question de violence. Pourtant, quelle que soit la manière de manifester, cela reste un acte politique.

 

Comme lors du mouvement anti-CPE, plusieurs manifestants ont écopé de peines de prison ferme après être passés en comparution immédiate (voire notre bilan à la mi juin des poursuites judiciaires). Récemment, on a même vu des chefs d’accusation comme celui de « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’ordre public ». Quel rôle joue la justice dans le maintien de l’ordre établi ?

Ces chefs d’inculpations sont qualifiés par le Parquet qui applique les consignes de la place Vendôme. Ils servent d’affichage politique. La justice dit qu’elle applique le code pénal — je dis ça avec le sourire. Elle applique surtout ce qu’on lui présente : on condamne des jeunes de vingt ans à de la prison ferme. Ils en resteront marqués dans la suite de leur itinéraire.

Dans le même temps, une cinquantaine d’enquêtes ouvertes à la police des polices sur d’éventuelles bavures, des errements, des erreurs des policiers seront jugées en vase clos, en interne. Si elles le sont par la justice du « commun des mortels », cela prendra des années et se soldera souvent par des non-lieux dont on n’entendra jamais parler. Il y a là quelque chose de déloyal, de dégueulasse !

 

De l’officier de la brigade anti-criminalité infiltré dans les cortèges, jusqu’à l’intervention du RAID à Rennes, toutes les unités de police semblent mobilisées pour encadrer la mobilisation sociale contre la loi travail. Est-ce l’illustration de « la colonisation de la puissance publique par le maintien de l’ordre » dont vous parlez dans votre livre ?

Ces démonstrations de force sont l’occasion de mesurer jusqu’où le taux de tolérance à la « policiarisation » de l’espace public évolue. Faire appel à des unités d’élites comme le Raid ou le GIGN pour régler des questions de manifestations, c’est totalement aberrant ! Soit le gouvernement a peur – ce que je ne crois pas –, soit le gouvernement veut nous faire peur tout en rassurant une autre partie du public. La police est à l’image de notre époque : elle est médiatique. Le maintien de l’ordre reste du marketing politique de rue… avec des matraques.

Propos recueillis par Ludo Simbille

Photo : © Myriam Thiébaut / Basta !

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 16:11

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

Mise au placard, tentative de suicide... Comment France Télécom a détruit ma vie

 
 

LE PLUS. Après quatre ans d'enquête, le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle de France Télécom (désormais Orange), de son ex-PDG Didier Lombard et de six autres ex-hauts responsables pour harcèlement moral. Francis Le Bras a travaillé dans l'entreprise de télécommunications pendant plus de 30 ans. Après une mise au placard, un accident du travail et une tentative de suicide, il se bat pour faire reconnaître la responsabilité de son ex-employeur. Témoignage.

Édité et parrainé par Rozenn Le Carboulec

 

 Didier Lombard lors d'une conférence sur les résultats annuels de France Télécom à Paris, le 6/02/2008 (MEIGNEUX/SIPA)

 

Je vais demander à être partie civile dans le procès pour harcèlement moral de France Télécom et de son ex-patron Didier Lombard. Mais c’est depuis plusieurs mois sur un autre terrain juridique que je me bats, pour que soit enfin reconnue la faute inexcusable de l’entreprise à mon encontre et le harcèlement moral dont j’ai été victime durant des années. Les deux procédures peuvent s’alimenter.

 

Tout a changé à l'arrivée de Lombard

 

Mon histoire à France Télécom, qui est finalement celle de nombreux autres employés, a débuté en 1982. Je travaillais dans l’équipe qui dirigeait le Minitel en tant que salarié d’une société de service.

 

Embauché en 1989 comme salarié de droit privé par Intelmatique, une filiale de France Télécom qui développait le Minitel à l’international, j'ai développé cet outil pour les entreprises. Avec ces deux projets, je leur ai fait gagner des centaines de millions d’euros.

 

En 2004, mon ancien chef m’a fait embaucher à France Télécom à Paris Montparnasse dans le cadre du projet "Top", où je travaillais sur la monétique et le "sans contact".

 

Puis est arrivé 2006 et Didier Lombard. Et le plan "Top" a laissé place au plan "Next", visant à faire augmenter la productivité de 15% en trois ans et prévoyant de supprimer 22.000 emplois sans plan social.  

 

C’est à ce moment que j’ai commencé à être visé par la direction, comme beaucoup d’autres personnes ayant un certain âge et un certain niveau de salaire.

 

On nous faisait refaire nos CV pour nous inciter à partir

 

À partir de 2007, j’étais convoqué toutes les deux semaines à "l’espace développement". J’ai appris plus tard que c’était une façon de prévenir les salariés qu’ils n’étaient plus utiles à l’entreprise et qu’ils devaient partir.

 

Là-bas, par groupes de 30 environ, on nous faisait refaire nos CV et on nous incitait à trouver du travail ailleurs. On m’a proposé de l’argent pour ouvrir une agence immobilière et on m’a même versé une prime pour chercher un emploi. Mon supérieur, lui, recevait des primes pour nous pousser vers la sortie.

 

J'ai peu à peu perdu le sommeil et j’ai commencé à boire de l’alcool pour m’endormir. J’ai aussi énormément grossi en l’espace de quelques mois.

 

On a supprimé mon poste... et je l'ai appris 3 mois plus tard

 

Le 1er janvier 2008, on a supprimé mon poste sans me le dire. C’est lors d’un entretien avec mon responsable des ressources humaines (RH), trois mois plus tard, que j’en ai été informé. Il m’a lancé :

 

"Tu sais, ton poste a été supprimé. Je vais te faire trois propositions de postes, il faudra que tu en prennes un sinon la prochaine fois ce sera pire…"

 

Après ce rendez-vous, j’ai enchaîné les arrêts maladie et j’ai refusé de revoir le responsable RH.

 

Un médecin de travail a demandé que mon poste soit aménagé. On m’a installé dans un espace réservé aux secrétaires… Non seulement je n’avais plus de poste, mais j’étais également privé des relations avec mes collègues. Au final, je n’ai obtenu que l’autorisation de faire un peu de télétravail à mi-temps.

 

J'ai cumulé les arrêts maladie alors que j'étais au placard

 

En juillet 2009, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) s’en est mêlée en me stipulant que j’étais trop souvent en arrêts maladie et qu’elle ne les prendrait plus à sa charge.

 

Deux jours après, France Télécom m’a envoyé un médecin afin qu’il vérifie que mes arrêts de travail étaient bien justifiés. Il a attesté qu’ils l’étaient.

 

Délégué du personnel, je me suis risqué par la suite à vouloir expliquer ma situation en réunion, mais je n’ai pas réussi à terminer mes phrases. Le DRH, qui était présent, m’a amené à l’infirmerie, où l’on m’a demandé : "Savez-vous que vous faites de l’arythmie cardiaque ?". Puis le DRH a appelé un taxi pour me raccompagner chez moi.

 

J’ai continué à accumuler les arrêts maladie et j’ai contesté la décision de la CPAM.

 

Suite à cet épisode, le DRH m’a proposé un emploi temporaire de six mois qui consistait à reprendre le travail que j’avais en 2003. C’était une rétrogradation, mais qui me convenait au regard de ma situation à ce moment-là. J’ai en fait réalisé après l’avoir accepté qu’il ne s’agissait pas d’un travail, mais d’un simple poste sans mission. Personne ne regardait ce que je produisais.

 

En 2009, Stéphanie s'est suicidée sous mes yeux

 

Le 11 septembre 2009, j’ai assisté au suicide de Stéphanie, rue Médéric à Paris. Elle a sauté du quatrième étage du bâtiment situé en face du mien. J’ai aperçu quelque chose qui tombait, en pensant dans un premier temps qu’il s’agissait d’un oiseau mort… Elle est décédée une heure après, en laissant un mot affirmant que son geste était dû au travail.

 

Un mois plus tard, j’ai fait une importante arythmie cardiaque sur mon lieu de travail. J’ai été transporté à l’hôpital Bichat, où ils ont fait état d’un accident du travail.

 

Trois semaines après, j’ai fait une tentative de suicide. Puis j’ai refait une grave crise cardiaque quelques semaines plus tard.

 

Malgré tous ces éléments, la CPAM a refusé de prendre en charge mon accident au titre du travail. Mon arythmie cardiaque, selon eux, n’avaient rien à voir avec mon travail.

 

Condamné à rester à ce poste... ou à démissionner

 

Je n’ai pas pu bénéficier d’un licenciement, l’entreprise ne voulant pas mettre en place de plan social pour les milliers de salariés de droit privé que nous représentions. Je ne pouvais pas non plus exercer ailleurs à cause d’une clause de non concurrence.

 

Les postes internes à France Télécom étaient quant à eux cachés, il était impossible d’y accéder.

 

Ils attendaient donc que les employés partent un par un en leur mettant la tête sous l’eau.

 

Je continuerai à me battre pour faire payer les responsables

 

À partir de mai 2013, j’ai été en arrêt longue maladie. Et ce n’est qu’en mars 2015 que le tribunal de la sécurité sociale a finalement reconnu mon accident du travail. Ils ont évalué mon taux d’invalidité et j’ai pu être mis en retraite anticipée le 1er février 2016 pour inaptitude. Bien qu’inapte à plus de 50%, je n’ai obtenu qu’une faible  reconnaissance du rôle qu’a joué mon travail dans tout ça.

 

J’ai mis longtemps à me reconstruire. Après quatre sevrages, un suivi psychologique et un gros traitement médicamenteux, j’ai enfin trouvé la paix avec moi-même. Entre mes 54 et mes 63 ans, France Télécom m’a fait perdre des années durant lesquelles j’étais exécrable avec ma famille.

 

Depuis lors, je me bats toujours pour faire reconnaître la faute inexcusable de France Télécom et sa responsabilité dans mon accident. Pour moi, mais aussi pour tous ceux qui m’ont accompagné dans cette descente aux enfers et espéraient que je me reprenne. Tout cela est la conséquence d’actions volontaires de l’entreprise pour mettre les gens à la porte… ou, dans les pires cas, les faire sauter par la fenêtre. Mon jugement aura lieu en septembre.

 

Mon dossier est déjà très solide, mais je ne suis qu’un cas parmi tant d’autres. Je continuerai à me battre dans la procédure contre Didier Lombard, qui risque d’être très longue.

 

Mais ce ne sont pas que sept dirigeants qui doivent être interpellés. Ces derniers ont formé des milliers d’autres chefs au harcèlement des salariés. Je préfère être à ma place aujourd’hui qu’à la leur…

 

Propos recueillis par Rozenn Le Carboulec.

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

 

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Source : https://www.mediapart.fr

 

Procès pour harcèlement moral demandé pour France Télécom

7 juillet 2016 | Par Agence Reuters
 
 
 
Le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle de France Télécom, rebaptisé Orange, et de son ex-patron Didier Lombard, pour harcèlement moral, dans l'enquête liée à une "vague" de suicides de salariés en 2008-2009, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier et judiciaire.

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle de France Télécom, rebaptisé Orange, et de son ex-patron Didier Lombard, pour harcèlement moral, dans l'enquête liée à une "vague" de suicides de salariés en 2008-2009, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier et judiciaire.

Le parquet a aussi requis le renvoi en correctionnelle de six autres ex-dirigeants de l'entreprise, pour harcèlement moral ou complicité de ce délit, a-t-on précisé, confirmant une information de France Inter.

Trois d'entre eux travaillent toujours chez Orange, apprend-on de source proche du dossier.

Ce réquisitoire, qui date du 22 juin, vient d'être notifié aux parties. Il appartiendra désormais aux juges d'instruction de décider s'ils renvoient l'entreprise et ses anciens dirigeants en procès, ou s'ils prononcent un non-lieu.

"Cet acte ne présume pas de la décision des juges", souligne un porte-parole d'Orange, se refusant à tout commentaire sur le fond du dossier.

L'avocat de Didier Lombard, Me Jean Veil, a dit ne pas souhaiter faire de commentaire en l'état, jugeant simplement le réquisitoire "d'une exceptionnelle innovation au plan juridique". Durant l'enquête, son client, qui a dirigé France Télécom de février 2005 à mars 2010, avant d'être remplacé par Stéphane Richard, a contesté les faits qui lui sont reprochés.

Didier Lombard, 74 ans, est actuellement présent au conseil d'administration de plusieurs sociétés françaises. S'il était poursuivi pour harcèlement moral, il encourrait un an de prison et 15.000 euros d'amende.

L'une des parties civiles, le syndicat CFE-CGC, a de son côté déploré des réquisitions "très réductrices".

"On est bien au-delà du harcèlement moral", a déclaré à Reuters son avocat, Me Frédéric Benoist, précisant qu'il demanderait la requalification des faits, pour y inclure la mise en danger de la vie d'autrui et l'homicide involontaire.

 

"AGISSEMENTS RÉPÉTÉS"

Ce sont les méthodes de gestion de l'entreprise, lors de sa réorganisation, au travers des plans NExT et ACT, qui sont visées par l'enquête des juges. Ces plans visaient à la suppression de 22.000 emplois, à la mobilité de 10.000 agents et au recrutement de 6.000 autres, d'après un rapport de l'Inspection du travail versé au dossier.

France Télécom est soupçonnée d'avoir mis en place "une politique d'entreprise visant à déstabiliser les salariés et agents, à créer un climat professionnel anxiogène", notamment via des "incitations répétées au départ", des "mobilités géographiques forcées", et un contrôle excessif et intrusif", indique une source proche du dossier.

"Les mis en examen ont commis des agissements répétés ayant pour effet une dégradation dangereuse des conditions de travail", ajoute-t-elle.

Plusieurs des victimes présumées du harcèlement reproché à France Télécom se sont suicidées ou ont tenté de se suicider. D'autres ont eu des arrêts maladie ou ont fait une dépression, dit une source proche du dossier. "Mais ces suicides, tentatives de suicide et problèmes de santé sont sans influence sur l'existence du harcèlement moral" tel que défini par le parquet, rapporte-t-elle.

D'après l'enquête des juges, la direction du groupe a été alertée "à plusieurs reprises" de l'existence de "risques psychosociaux", notamment par la médecine du travail, ajoute cette source.

Le syndicat Sud PTT a porté plainte dès 2009 contre la direction du groupe, dénonçant des "méthodes de gestion d'une extraordinaire brutalité", et évoquant une "épidémie" de suicides.

Une information judiciaire contre X a été ouverte le 8 avril 2010 sur cette affaire, puis des perquisitions ont été menées en 2012 au siège de France Télécom.

 

(édité par Yves Clarisse)

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 15:01

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Après le Brexit, les banques italiennes menacent de s’effondrer

5 juillet 2016 | Par martine orange
 
 
 

Déjà très mal en point, le système bancaire italien risque l'écroulement. Les cours des principaux établissements ont perdu 30 % en une semaine. Le premier ministre italien, Matteo Renzi, cherche par tous les moyens à les renflouer, quitte à contourner les règles européennes, alors que l’UE tergiverse.

Certains y ont vu sur le moment une habileté politique, une façon de tirer profit du tumulte ambiant. Dès le lundi 27 juin, alors que l’Europe était au bord de la crise de nerfs après le Brexit, le premier ministre italien, Matteo Renzi, annonçait son intention d’apporter 40 milliards d’euros d’argent public pour renflouer les banques italiennes. Les circonstances exceptionnelles créées par le référendum britannique justifiaient que le gouvernement italien mette entre parenthèses les règles communes européennes sur le sauvetage bancaire, expliquaient alors en aparté des conseillers du gouvernement italien.

 

 © Panorama
© Panorama

Une semaine après, la tentative du premier ministre italien n’apparaît plus seulement comme une manœuvre politique mais comme une mesure d’urgence : le système bancaire italien, déjà très mal en point, se retrouve en première ligne depuis le référendum britannique, comme nous l’avions annoncé. « Après le Brexit et les incertitudes politiques créées au Royaume-Uni, les banques italiennes représentent le plus grand risque pour l’Union européenne », prévient une analyse de la banque américaine Citi.

 

En une semaine, l’indice bancaire italien, le FTSE Italia Banche, a perdu près de 30 %. Les cours des grandes banques italiennes comme Unicredit, Intesa, Banco Monte dei Paschi ou Banco Popolare ont perdu respectivement 9,78 %, 3,44 %, 15,79 % et 28 % la semaine dernière. La descente s’est poursuivie ce lundi, avec des baisses de 3,6 % pour UniCredit, 3 % pour Intesa, 4,2 % pour Mediobanca. Le cours de Monte dei Paschi a même chuté de 13,9 % dans la journée, après avoir été suspendu momentanément : la banque, en quasi-faillite de plus d’un an, a reçu une lettre de la banque centrale européenne (BCE) lui demandant de nettoyer son bilan et de ramener ses créances douteuses de 24,2 milliards à 14,6 milliards d’euros en 2018. « Vendre un tel montant de créances douteuses risque d’amener la banque à chercher de nouveaux capitaux que les investisseurs ne sont pas capables de lui fournir », s’alarme un analyste italien, cité par Bloomberg.

Alors que la BCE doit publier de nouveaux tests de résistance sur les banques européennes le 31 juillet, cette lettre de la banque européenne a suscité beaucoup d’inquiétudes. Car il n’y a pas que Monte dei Paschi, la plus vieille banque du monde, à se retrouver en grande difficulté. Tout le système bancaire italien est mal en point. Subissant les contrecoups d’une récession qui n’en finit pas, d’une cascade de défaillances d’entreprises, d’un chômage record, les banques ont dans leurs bilans des montagnes de crédits impayés et de créances douteuses. Selon les estimations, les mauvaises créances s’élèvent à 360 milliards d’euros, dont 200 milliards sont considérés comme irrécouvrables. 

Mais nettoyer les bilans, en dépréciant et en vendant à l’encan ces créances douteuses, signifie pour les banques accepter des pertes. Avec l’obligation par la suite de réaliser des augmentations de capital pour reconstituer des fonds propres suffisants et répondant aux normes réglementaires. « Les banques italiennes sont entrées dans une spirale infernale. Elles ne peuvent demander des capitaux privés car aucun investisseur privé ne veut venir et sans capital, elles ne peuvent provisionner ou déprécier leurs créances douteuses », expliquait la semaine dernière un économiste italien, Lorenzo Codogno, dans le Financial Times.

 

Evolution des créances irrecouvrables en Italie © Bloomberg Evolution des créances irrecouvrables en Italie © Bloomberg

 

Jusqu’à présent, tous les responsables italiens ont tenté de gagner du temps. De son côté, la BCE a fermé les yeux, en donnant quitus aux grandes banques italiennes lors des tests de résistance et en leur apportant toutes les liquidités nécessaires, tant ces opérations s’annoncent douloureuses et compliquées.

En décembre 2015, quatre petites banques régionales italiennes ont fait faillite. Leur sauvetage a été organisé, selon les nouvelles règles européennes, qui interdisent l’usage des fonds publics dans ces opérations, sauf en dernier recours. Les actionnaires, les porteurs d’obligations ont donc été appelés à la rescousse. Ce sont les petits déposants, qui étaient souvent porteurs de certificats obligataires, sans vraiment en comprendre les risques, qui ont été les plus touchés. Ces sauvetages ont créé un réel malaise politique. Depuis, le gouvernement de Matteo Renzi cherche les moyens de contourner la réglementation européenne pour aider les banques sans faire payer les déposants.

En janvier, il a proposé la création d’un fonds public, appelé à devenir une structure de défaisance, une « bad bank », pour reprendre les mauvaises créances bancaires. La commission européenne a refusé le projet, estimant qu’il contrevenait à la nouvelle réglementation bancaire européenne. À la place, le gouvernement italien a dû lancer un fonds semi-public, Atlante, s’appuyant sur la Caisse des dépôts italienne et des fonds privés. Un capital de 5 milliards d’euros a été constitué pour aider à la recapitalisation des banques défaillantes, en avril. Mais après le renflouement de deux autres banques régionales sous la pression de la BCE, ces dernières semaines, la moitié du capital a déjà été utilisé.

Autant dire que le dispositif mis en place n’est pas du tout à la hauteur du problème. D’où la tentative de Matteo Renzi de profiter du Brexit pour apporter 40 milliards de fonds publics pour recapitaliser le système bancaire italien. La proposition italienne a été accueillie par un veto catégorique de l’Allemagne. « Nous avons écrit les nouvelles règles bancaires. Nous n’allons pas les changer tous les deux ans », a indiqué la chancelière Angela Merkel.

Signe que les tensions sur les banques italiennes deviennent préoccupantes : après le veto allemand, la commission européenne a adopté, jeudi, un plan séparé autorisant l’Italie à aider ses banques qui rencontreraient des problèmes de liquidité. Une ligne de crédit de 150 milliards d’euros a été autorisée. Seules les banques solvables pourraient avoir recours à ce dispositif de précaution, a prévenu la commission européenne.

Mais le problème semble plus grave que cela, de l’aveu même du premier ministre italien. Après l’autorisation européenne, Matteo Renzi a déclaré qu’il espérait que « cette ligne de crédit permettrait d’endiguer la panique des investisseurs qui pourrait naître d’un bank run des déposants et mettre en danger la liquidité des banques ». Le gouvernement italien en serait donc là : à redouter une panique bancaire.

Accentuant le sentiment d’urgence, il a fait savoir pendant le week-end qu’il était prêt à défier Bruxelles et injecter des milliards dans le système bancaire italien, si les circonstances l’imposaient. «  Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est nécessaire pour défendre nos banques et nous n’excluons pas d’agir unilatéralement, bien que cette hypothèse soit en dernier ressort », a confié un responsable italien au Financial Times. Lundi, un porte-parole du gouvernement a démenti cette information, soulignant que l’Italie entendait bien se conformer aux règles bancaires européennes. Mais s’il y a urgence…

« Le Brexit constitue un “moment Lehman” pour le système bancaire européen », avertit un éditoraliste de Bloomberg, soulignant qu’à la différence des États-Unis, l’Europe n’a rien entrepris de vraiment sérieux pour stabiliser son système bancaire depuis la crise de 2008, l’aider à nettoyer les bilans et se recapitaliser. À ce stade, s’il faut prendre une comparaison, la situation créée depuis le Brexit ressemble plus à ce qui s’est passé au moment de la faillite de la banque américaine Bear Stearns. Tout annonçait alors la crise des subprimes, les craquements généralisés dans le système. Mais tous étaient persuadés que tout pouvait continuer comme avant. C’est la position que semble avoir adoptée aujourd’hui l’Europe.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 14:57

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

Loi travail : la députée PS Karine Berger demande la démission de Valls

L'élue voit dans l'utilisation répétée du 49.3 une preuve que le gouvernement n'a plus le soutien de la majorité. Elle dénonce "le passage en force".

 

 

Publié le | Le Point.fr
 
 
 
La députée PS Karine Berger.

La députée PS Karine Berger. © AFP/ ERIC PIERMONT

 

La majorité socialiste s'effrite de plus en plus et l'annonce de l'utilisation du 49.3 pour le passage de la loi travail en deuxième lecture renforce de délitement. Ce mardi, Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes, a déploré le nouveau recours à cet article par le gouvernement et estimé que Manuel Valls « devrait démissionner ». « Personnellement, je considère que l'utilisation du 49.3 à deux reprises témoigne du fait qu'il n'a plus la majorité de l'Assemblée avec lui et que, par conséquent, motion de censure ou pas motion de censure, s'il y avait 49.3 au début de la 2e lecture, le Premier ministre ne pourrait pas rester. Il devrait démissionner », a déclaré sur France Culture Karine Berger, qui ne fait pas partie des frondeurs PS.

Signera-t-elle, en cas de 49.3, une tentative de dépôt de motion de censure « de gauche » ? « Certainement pas. Je ne voterai pas de motion de censure contre mon propre gouvernement, mais je considère que ce gouvernement ne représente plus la majorité de gauche à l'Assemblée nationale s'il a recours au 49.3 », a-t-elle répondu.

 

« Problèmes de fond »

La députée des Hautes-Alpes s'est dite « ahurie par le discours du Premier ministre ». « Le passage en force, c'est le gouvernement, l'intransigeance, c'est le gouvernement », a-t-elle ajouté. « Cela fait des semaines, des mois que nous sommes de très nombreux députés qui avons toujours voté les lois proposées à dire que nous avons des problèmes de fond très graves sur cette loi », a-t-elle encore dit.

« Olivier Faure s'est fait lyncher, lyncher, en réunion de groupe (mardi) matin » par l'exécutif, a-t-elle poursuivi. Olivier Faure est l'auteur d'un amendement cosigné par plus de 120 députés socialistes qui visait à « à assurer qu'un accord d'entreprise ne puisse pas fixer une rémunération des heures supplémentaires inférieure à 25 % de majoration pour les huit premières heures supplémentaires et à 50 % pour les suivantes ».

Le Premier ministre va déclencher de nouveau le 49.3 dès mardi après-midi à l'Assemblée pour forcer l'adoption du projet de loi travail, sur fond de douzième journée de contestation sociale.

 

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 14:39

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Un député PS rattrapé par son chauffeur et le code du travail

4 juillet 2016 | Par Mathilde Mathieu
 
 
 

Pour la reprise des débats sur la « loi travail », le député Jean-Paul Bacquet siégera dans les travées socialistes. Alors que son ancien chauffeur vient d'obtenir sa condamnation aux prud'hommes.

Mardi, quand la « loi Travail » reviendra à l’Assemblée nationale, Patrick Servoir éteindra sa télé, écœuré. Non pas qu’il soit particulièrement mobilisé contre le texte El Khomri. Mais ce chauffeur de 57 ans, congédié par le député socialiste Jean-Paul Bacquet après une décennie de services, vient d’obtenir la condamnation de son ex-patron devant les prud’hommes. Et il se désole qu’un parlementaire sanctionné pour n’avoir pas respecté le code du travail puisse examiner une telle réforme.

Combien sont-ils dans son cas ? Mystère. Officiellement, le Palais-Bourbon ne tient pas la liste des condamnations infligées aux députés-employeurs. Car même si les parlementaires salarient leurs assistants avec de l’argent public (via une enveloppe de 9 500 euros mensuels), ils fonctionnent comme de vraies « TPE », libres de recruter, rémunérer et licencier à leur guise. À condition toutefois d’appliquer le code du travail.

En l’occurrence, d’après le jugement consulté par Mediapart, Jean-Paul Bacquet, député du Puy-de-Dôme depuis 1997, ancien conseiller régional d’Auvergne, a été condamné par le conseil des prud’hommes de Clermont-Ferrand à verser plus de 50 000 euros à son ex-chauffeur :

- 20 000 euros de dommages et intérêts pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse »

- 18 700 euros pour des heures supplémentaires « non rémunérées »

- 1 900 euros pour les « congés payés afférents »

- 4 700 euros d’indemnité pour « travail dissimulé »

- 2 000 euros de dommages et intérêts « pour absence de visites médicales »

- 2 000 euros pour « défaut d’information » sur les repos obligatoires, etc.

Sans surprise, Jean-Paul Bacquet a déjà fait appel du jugement rendu par ce collège paritaire (composé pour moitié de représentants des employeurs et pour moitié des salariés), puis répliqué dans la presse locale en traitant Patrick Servoir de « voyou ».

 

P. Servoir, recruté en CDI en 2004, licencié en 2015 © MM P. Servoir, recruté en CDI en 2004, licencié en 2015 © MM
 

Quand on le rencontre à Clermont-Ferrand, un peu sonné, son veston de guingois, l’ancien chauffeur, qui travaillait pour La Lyonnaise des eaux en semaine et pour Jean-Paul Bacquet le week-end, explique que son CDI prévoyait officiellement 30 heures de conduite par mois, du vendredi soir au lundi matin (pour 370 euros en 2004, puis 580 euros brut à partir de 2008). En réalité, il aurait largement explosé le compteur.

 

À titre d’exemple, il a fourni aux prud’hommes un décompte des heures effectuées entre janvier et juin 2012 : 899 heures au total pour seulement 180 payées, soit « 719 heures non rémunérées », précise la décision. Il roulait souvent en semaine, transportait sur demande des pontes socialistes (ici Laurent Fabius, là Jérôme Cahuzac), de jour comme de nuit. Or « monsieur Servoir n’a bénéficié d’aucun repos compensateur ni d’aucune compensation au titre du travail de nuit », poursuit le jugement. Globalement, le député « n’a pas rempli à l’égard de son salarié les impératifs de protection de sa sécurité et de sa santé » (visites médicales, etc.).

Bizarrement, outre les campagnes électorales et le collage d’affiches, Patrick Servoir s’est aussi coltiné, pendant plusieurs années, des milliers de kilomètres avec la fille de l’élu sur la banquette arrière. Divorcé de la députée marseillaise Sylvie Andrieux (condamnée pour détournements de fonds publics en 2013), Jean-Paul Bacquet sollicitait en effet son « homme à tout faire », payé sur fonds publics au titre du travail parlementaire, pour qu'il aille chercher sa fille à Marseille ou à Lyon, environ un week-end sur deux, et la ramène.

Alors certes, pour compenser certains « extras », Patrick Servoir a bénéficié de primes discrétionnaires. Mais « faire travailler son salarié au-delà de la durée contractuelle sans le rémunérer de l’intégralité de ses heures constitue du travail dissimulé », tonnent les prud’hommes.

En défense, le député ne conteste pas avoir roulé au-delà de 30 heures mensuelles avec Patrick Servoir, mais affirme que son chauffeur l’accompagnait dans ces cas-là « de sa propre initiative », à titre amical ou militant, sans plus « aucun lien de subordination ». « Il a été un militant socialiste exemplaire », insiste l'élu auprès de Mediapart, tout en répétant que Patrick Servoir serait « un voyou qui doit aujourd'hui de l'argent partout ». Jean-Paul Bacquet, en tout cas, a fini par licencier son fidèle collaborateur en juin 2015, après que celui-ci a réclamé un rattrapage de salaires.

Un épisode, en particulier, était resté en travers de la gorge du chauffeur : pendant plusieurs années, chaque fois que les feuilles de paye arrivaient à la permanence, il y avait toujours une enveloppe de trop comparé au nombre de collaborateurs connus du député. À l'évidence, un(e) salarié(e) mystère touchait un salaire de l'Assemblée sans jamais passer au local ni leur envoyer un mail. L’énigme a duré, puis l’équipe a fini par découvrir l’identité du bénéficiaire : la compagne du député.

Alerté en 2012, Mediapart avait alors passé quelques coups de fil, suspectant un emploi de complaisance : comment cette dame, déjà occupée à temps plein au comité régional du tourisme, pouvait-elle assumer ses tâches d’assistante parlementaire à temps partiel ? L’intéressée nous avait expliqué : « Je ne compte pas mes heures, je travaille en soirée et le week-end. » Et aussi : « Monsieur le député est assez réticent à l’informatique, j’ai un ordinateur... » Jean-Paul Bacquet, lui, nous avait raccroché au nez.

Chaque euro attribué à sa compagne (sur l’enveloppe de 9 500 euros de l'Assemblée) représentait alors un euro en moins disponible pour l’équipe officielle. Quelque temps après nos appels, le député avait mis fin au contrat. Le chauffeur, lui, commençait à compter ses heures.

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 13:51

 

Mis à jour le 06 07 16

Suite aux travaux, rendant impossible l'accès au square de la Bouquerie, nous avons dû modifier le lieu du RV. Il se tiendra donc Place St Charles, rue Gambetta...(à 300m du square)

 

 

 Nuit Debout Nîmes accueillera,

 

  vendredi 8 juillet 2016

 

Place St Charles

 

 à partir de 17h30.

 

la caravane à Vélo du mouvement

 

« No TAV »

 

En Europe des milliards d'euros continuent d'être dédiés au financement

de centaines de grands projets inutiles,

imposés et nuisibles.

Mais partout des voix s'élèvent pour lutter contre ce modèle

d'exploitation des territoires comme des individus

.

Une caravane à Vélo  a  pris la route ce lundi  04  juillet,

partant des Alpes pour rejoindre Bayonne le 14,

  Elle  participera au 6ème Forum  contre

les Grands Projets Inutiles et Imposés.

 

La  caravane  passera par Nîmes,  ce vendredi  8 juillet.

 Aussi,  Nuit Debout  l' accueillera  PLACE ST CHARLES

(boulevard Gambetta - Nîmes)   :

Repas partagé,  informations, rencontres et débats  avec les coureurs.

 

caravane vélo pour le forum gpii à bayonne

Voir ci-dessous :Caravane vélo - forum grands projets inutiles imposés

 

 

A l’occasion du forum  , une caravane vélo va partir d’Italie, du Val de Susa (No TAV) pour rejoindre Bayonne. Départ le 4 juillet, arrivée le 14 juillet.
Pour voir le trajet et ses étapes, cliquez ici .
Pour voir le programme détaillé cliquez ici (version mise à jour le 2 juillet): Etapes et contact Caravane Notav-Bayonne màj 02.07

1300 km en VÉLO– 11 étapes – 30 rendez-vous avec des collectifs ou associations engagées
Rejoignez-la à tout moment pour faire 5, 10, 50 km avec elle ou pour pique-niquer

Pour tous ceux qui sont sur le trajet, ce sera l’occasion de les rencontrer, de les soutenir, et d’organiser des rencontres avec les citoyens, lanceurs d’alerte, intéressé-e-s et d’agrandir la caravane. Pour les contacter : 06 08 83 52 69 ou par mail : marcpascal73@yahoo.fr

(cliquer sur les tracts pour les voir en plus grand !)

La caravane vélo qui rejoint le forum de Bayonne est partie !
Elle a été amputée de 6 participants assignés à résidence, après une arrestation ce 21 juin, suite à une manifestation en mars. Deux d’entre eux ont bravé l’interdiction et se retrouvent en prison le 4 juillet. Plus d’infos dans les compte-rendus journaliers.

Vous trouverez ici les compte-rendus journaliers :

 

La 1ère étape de la caravane vélo

La Caravane vélo Susa-Bayonne arrive en France le lundi 4 Juillet. Rejoignons-la au Mont Cenis, à St Jean, à Montmélian ! 

Une caravane s’élance le 4 juillet du Val Susa pour rejoindre Bayonne en vélo, le 15 Juillet et participer au Forum International contre les Grands Projets Inutiles. Chaque soir, chaque midi, elle rencontre, sur le  terrain, des collectifs en lutte contre des projets inutiles : centre commercial, gare et ligne LGV, center parc, nucléaire, nanotechnologie,….. Etapes à  Chapareillan, Grenoble (accueil par le Maire), Valence, Pierrelatte, Nimes, Séte, Narbonne, Carcassonne, Argelés, Pomps, Bayonne.

Tout au long du parcours, des cyclistes (français, espagnols…) les rejoignent pour 3, 10, 50 km ou pour finir l’épopée ensemble. Notre objectif : combattre la vitesse, se rencontrer, échanger entre les peuples, combattre les GPII.

La 1ère étape de la caravane (Susa/Chapareillan), le 4 juillet va donner le ton. Au menu: Lyon-Turin et doublement du tunnel autoroutier du Fréjus.

Au programme: ACCUEIL, SOUTIEN, RESISTANCE, tous Ensemble!

  • 9h : Accueil de la caravane au col du Mont Cenis  (RDV gare Modane à 8 h pour covoiturage et chargement des vélos dans les voitures présentes) Descente du col à vélo avec la caravane (prévoir casque, gants et vélo révisé!)
  • 10h30 : Accueil par la municipalité à Villarodin Le Bourget (rond point de la Norma)
  • 11h : Gare de Modane  Discussion sur le doublement du tunnel autoroutier du Fréjus
  • 13h : Saint Jean de Maurienne  Pique nique avec Vivre et Agir en Maurienne et le secteur associatif de St jean  (RDV Place de la Cathédrale)
  • 17h30 : MONTMELIAN Pour la « Santais » publique : les camions sur le train maintenant, pas dans 30 ans!  – RDV gare SNCF à pied, en vélo. Rendez vous de tracteurs pour alerter sur les 80 exploitations impactées par le Lyon Turin en Combe de Savoie.  Tour de la Ville et arrêt devant la mairie et la permanence parlementaire de Béatrice Santais.
  • 18h30 -19h15 : Convoi collectif, vélo + tracteurs jusqu’à Chapareillan (8km)
  • 20h : Repas et rencontre à Chapareillan  (RDV place de la Mairie )

SOYONS NOMBREUX POUR CETTE 1ère ETAPE ESTIVALE ET  FESTIVE . REJOIGNEZ LA CARAVANE A TOUT MOMENT.

Dernière nouvelle : la répression s’abat sur les militants NOTAV en Italie. 4 des 15 cyclistes italiens ont été arrêtés hier 21 juin …. La caravane a encore plus de raison d’exister : montrons notre solidarité totale !

Merci de diffuser ces information à travers vos réseaux.

Les deux dernières étapes

Mise en page 1

Pré-programme : 

-Le 11 en soirée à Tarbes, à la Bourse du Travail, de 18 à 23h, apéritif concert avec des membres du groupe Artus qui a composé la musique du film et une soirée sur les GPII avec la projection du film: « L’intérêt général et moi »  http://linteretgeneraletmoi.tumblr.com/   suivi d’un débat avec le réalisateur.
-Le 12 accueil de la caravane Italienne en gare de Lourdes 12h30
-Pique-nique sur jardin public de Lourdes central
-15h Accompagnement vélo par la piste cyclable jusqu’à Argelès
-Tour de vallée et vue panoramique (à choisir) pour visualiser l’impact du projet TCP
-19h Repas auberge espagnole, lieu à définir.
-Projection en soirée d’un film sur le projet du Lyon -Turin avec divers intervenants Français et Italiens suivi d’un débat Salle de la Terrasse à partir de 21h
-La caravane vélo se poursuit le lendemain: Argelès-Orthez, et le sur -lendemain: Orthez-Bayonne
-6ème Forum Européen contre les GPII organisé à Bayonne les15/16/17 juillet.

 

 

 

caravane vélo pour le forum gpii à bayonne

 

 

                                                                          ***********************

                                                                            

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/savoie

 

 

La caravane contre les "Grands Projets Inutiles" est passée par la Maurienne

 

Par Jean-Christophe Pain

Publié le , mis à jour le

 

1.300 kilomètres à vélo contre les "Grands Projets Inutiles". La caravane est partie, ce lundi 4 juillet, du Val de Suse, en Italie. Elle rejoindra le Forum des opposants à Bayonne, le 14 juillet. Ces jours-ci, elle traverse les Alpes et notamment la Maurienne, lieu de passage du futur Lyon-Turin.

 

La caravane contre les Grands Projets Inutiles est passée par la Maurienne

"E un, e due, e tre: a sara dura!!!" Comprenez, "ça va barder!". C'est le cri de ralliement de ces cyclistes militants. En tête du peloton, Guido, et ses amis "No Tav", venus du Val de Suse. Eux se battent contre le chantier du Lyon-Turin à grande vitesse. 

Le vélo, un moyen pour se rencontrer... à basse vitesse. Premier ravitaillement en France sur la commune de Villarodin-Bourget, où le maire est là pour accueillir cette caravane contre les "Grand Projets Inutiles". Sa commune est un point stratégique sur le parcours: une descenderie, autrement dit une galerie d'accès au chantier du Lyon-Turin, y a déjà été creusée. Des sources auraient souffert depuis.

Reportage Nathalie Rapuc, Franck Ceroni et Azedine Kebabti

La caravane contre les "Grands Projets Inutiles"
 

Intervenants: Gilles Margueron, maire de Villarodin-Bourget (S.E); Marc Pascal, opposant au Lyon-Turin


L'objectif de ce Tour de France alternatif, c'est de faire prendre conscience au plus grand nombre les répercussions que peuvent avoir de grands projets d'aménagement. Qualifiés d'inutiles par ces cyclistes-caravaniers. 

Mardi 5 juillet, la caravane ira de Chapareillan à Grenoble. Cette fois, la cible c'est le projet de Center Parcs dans les Chambaran. Chaque midi et chaque soir des cyclistes locaux partagent quelques kilomètres, un pique-nique, avec les militants. Au total, ils franchiront 11 étapes, 1.300 kilomètres, et participeront à 30 rendez-vous avec des collectifs ou associations dites citoyennes, tout au long du parcours.

 

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/savoie

 

 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 12:35

 

Source : http://rmc.bfmtv.com

 

 

Macron et "la meilleure façon de se payer un costard": des propos "outrageants" et "méprisants"

 

 

 

 

Bourdin Direct est une émission d’information dans laquelle interviennent en direct les acteurs de l’actualité.
 
 
 
 
 
 
 
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 16:07

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Témoignages Service public ?

Comment la Banque Postale pousse, par tous les moyens, ses clients vers le crédit à la consommation

par

 

 

 

La Banque postale se proclame « banque citoyenne » et assure des missions de service public. En théorie. Un journaliste du journal grenoblois Le Postillon a assisté à un séminaire interne, destiné aux salariés de La Poste en Isère. Entre slogans managériaux absurdes et remises de prix aux commerciaux « 100% performants », les directeurs locaux expliquent aux « chargés de clientèle » comment « se gaver » en aiguillant leurs clients vers des systèmes d’endettement continu. Ce n’est pas l’intérêt du client, ou de l’usager, qui compte, mais les taux que pourra engranger la banque. Récit.

Les normes Vigipirate, l’état d’urgence, ce n’est plus ce que c’était. On a beau nous bassiner toute la journée avec ça, ces dispositifs sont, en plus d’être anxiogènes et liberticides, complètement inefficaces. L’autre jour, le 7 janvier, soit un an jour pour jour après la tuerie de Charlie Hebdo, je me suis facilement incrusté à un pince-fesses organisé à Alpexpo, le grand centre de congrès de Grenoble, qui était censé être « 100 % sécurisé » comme ils disent. La Banque Postale, organisatrice de l’événement, avait invité les centaines de ses conseillers isérois en les pressant « en raison des normes Vigipirate » de se munir de « l’invitation » et « d’une pièce d’identité », « éléments obligatoires pour l’entrée ». Je n’étais pas invité, et pourtant j’ai pu rentrer sans peine, sans même être fouillé. Bon en même temps, faudrait quand même que des terroristes aient un sérieux pète au casque pour aller se faire sauter dans un séminaire de la Banque Postale.

C’est que ce genre de moments est autrement plus chiant qu’un concert des Eagles of Death Metal. Comme la Poste aime bien la novlangue — savez-vous qu’il ne faut plus dire « guichetiers » mais « chargés de clientèle », par exemple ? — elle a baptisé cette sauterie annuelle le PACS, pour Plan d’action commercial et social. Au programme, un bilan financier de l’année écoulée, les objectifs pour l’année suivante et la remise des prix pour les vendeurs les plus méritants. Que du kiff en perspective. Avant que ça commence, il me faut passer l’épreuve des petits fours, assez délicate pour moi qui n’ai rien à foutre là mais dont la tête est connue par quelques-uns des salariés présents. Alors je joue à cache-cache un moment et puis vais m’enfermer dans les toilettes pendant quinze minutes. Je m’en échappe en entendant le gros des troupes rejoindre la salle de conférences.

 

L’art et la manière de pomper du fric

Au niveau ambiance, on assiste à un subtil mélange entre le Club Med et une conférence de presse du ministère du Travail sur les chiffres de chômage. C’est-à-dire qu’on a à la fois une musique de merde entraînante boostée à plein volume et des vidéos déplorant que les objectifs fixés par la direction n’ont pas été atteints. Le résultat est assez pénible pour les oreilles comme pour les yeux. D’autant que la Banque Postale a visiblement décidé de faire des économies en experts en communication pour se contenter de rajouter 100 % devant tous les mots qui passent. On a déjà vu que cette réunion devait être « 100 % sécurisée » ; tout au long de l’après-midi on apprendra qu’à La Poste, ils sont « 100 % innovants », « 100 % multicanal », « 100 % réussite », « 100 % résultats », « 100 % courrier-colis », etc. Et avant tout, « 100 % clients », la formule qui apparaît sur presque tous les documents projetés et qui sera maintes fois répétée par les intervenants : « Pour relever les défis qui nous attendent, il faut qu’on soit orienté dans une stratégie 100 % clients ».

Qu’est-ce que ça veut dire ? Pas grand chose, comme toujours avec la novlangue. J’ai quand même pu noter que leur obsession pour les « clients » ne s’attardait pas sur leur bonheur, ni sur leur intérêt. L’objectif est évidemment plus prosaïque : comment leur pomper le plus de fric. La Banque Postale a beau se targuer de « créer de la valeur en conservant des valeurs », elle a beau avoir à son crédit « d’accueillir tout le monde, même les plus fragiles » — ce qui est une de ses missions de service public — elle n’en reste pas moins une banque, c’est-à-dire une institution qui cherche avant tout à faire de l’argent par tous les moyens. Épargne, assurances, prévoyance, crédit à la consommation : tous les coups sont permis afin de « transformer un pépin en pépite », comme le dit Patrice Bouchard, le directeur du centre financier de Grenoble. Même les « jeunes » font partie des « cibles prioritaires » : « Quand on rencontre un client qui a des enfants de plus de 12 ans, il faut demander le numéro de téléphone et l’adresse mail de leurs enfants », assène le directeur commercial Hugo Bajic. Il n’y a pas d’âge pour se faire entuber.

 

Crédit à la consommation : « Vous allez vous gaver »

Je connais mal le milieu de la banque et peut-être sont-ils tous comme ça. En tous cas, Julien Tétû est une de ces personnalités dont l’écoute suscite immédiatement la répulsion. Et ça fait du bien : on a beau avoir des convictions, il faut quand même les conforter de temps en temps. C’est que le « président du directoire de La Banque Postale financement » atteint un haut niveau de dégueulasserie : il y en a qui sont abjects en amateur, lui fait preuve d’un impeccable professionnalisme. Son truc, c’est le crédit à la consommation, et s’il est là aujourd’hui c’est pour que les salariés isérois de la Banque Postale convainquent un maximum de clients de tomber dans cet attrape-nigaud. Alors il s’agite devant des graphiques, en déplorant qu’il y ait seulement 10 000 clients aujourd’hui, et en fixant l’objectif pour 2020 : « 17 000 clients. Il nous en reste 7 000 à aller chercher. Ça va être du bonheur », assure-t-il sans rire. Et enchaîne : « En Isère il y a 60 000 clients éligibles sur le crédit renouvelable : vous allez vous gaver ».

Le crédit renouvelable, avec sa carte de crédit associée, est la nouvelle obsession de La Banque Postale. Ce crédit permanent permet aux clients qui ont souscrit à l’offre de faire leurs dépenses à crédit sans devoir revoir un conseiller, ce qui entraîne généralement dans un cercle vicieux d’endettement continu. Autrement dit, c’est très juteux, d’autant que les taux d’intérêts sont à deux chiffres. En 2009, le PDG de la Poste s’était engagé devant la commission des affaires économiques à « ne pas proposer de crédit renouvelable afin de ne pas pousser à l’endettement ».

 

« Emprunter, emprunter le plus possible »

Depuis 2012, la supposée « banque citoyenne », comme le disent les plaquettes de communication, a pourtant mis en place ce système et presse ses salariés de « s’assurer du succès de sa commercialisation ». De quoi faire jouir Julien Tétû, qui exulte à la tribune : « Il y a 21 milliards d’euros chez les clients à aller chercher. (…) Voila la troisième raison pour laquelle on va s’éclater en 2016. Le meilleur conseil que vous pouvez donner à vos clients c’est d’emprunter, et d’emprunter le plus possible ». Emprunter pour quoi ? Pour faire grossir le chiffre d’affaires de la Banque Postale, enfin.

L’entubage des gens est un sport à part entière, qui requiert donc un minimum de technique. Julien Tétû explique : « Il faut toujours aller chercher plus haut que ce que son client demande. S’il demande 8 000 euros pour une voiture, elle coûte sûrement 10 000 alors faites lui emprunter 10 000... et puis faites rajouter un toit ouvrant, et puis la peinture métallisée, et puis l’accroche caravane, et puis la caravane. (...) ». Et ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que « la clef d’un crédit à la consommation, c’est qu’un client qui y a goûté, il y retourne toujours (…). Vous l’aurez compris, au moment où notre groupe vit un moment majeur, il faut faire en sorte que l’Isère fasse un carton sur les crédits à la consommation. Je compte sur vous et toute La Poste compte sur vous. ». We need you !, pour mettre les gens dans la merde.

 

Mise en compétition maximum

Le suspense étant insoutenable, je ne vais pas traîner plus longtemps avant de vous donner les résultats de « notre cérémonie des Oscars à nous », comme dirait Martin Hagenbourger, le directeur départemental de la Banque Postale. Sachez donc, qu’au niveau du « pilier 4 », c’est-à-dire les ventes bancaires réalisées directement au guichet, ce sont les bureaux de Morestel et de la Mure « qui ont réellement surperformé », ce qui permet à l’Isère d’avoir la « troisième meilleure performance au national ». Les deux directeurs d’agence repartent eux de la tribune avec un « bon de deux cents euros pour fêter ça avec leurs équipes ». Joie.

En ce qui concerne le « Challenge La Poste Mobile », consistant à vendre le plus d’abonnements à la marque de téléphonie de La Poste, c’est le bureau du Dauphiné qui a « réellement surperformé ». Youpi ! Je vous passerai le nom des gagnants des « challenge défi conseillers », « challenge défi managers », « challenge défi mandats de gestion », celui qui a vendu le plus d’assurances-vie, celui qui a fait le plus de crédits-conso, etc. À la Poste, comme dans toutes les grandes boîtes aujourd’hui, le néo-management impose de mettre tout le monde en concurrence : les bureaux entre eux, les salariés aussi. Des indicateurs sont mis en place avec un système de points : un conseiller bancaire qui aide un client à résoudre un problème n’a aucun point, alors que celui qui lui a fait prendre une assurance en a quatre. Seule la rapacité est bénéfique !

 

Adieu service public

Peu importe si vous êtes un gros connard, l’important c’est que vous soyez premier : l’esprit sportif gangrène aussi le monde de l’entreprise. Des salariés de la Banque Postale peuvent ainsi recevoir des mails comme ça : « Saint-Egrève réalise la meilleure performance en déposés arrêtés à ce mercredi soir mais la course n’est pas finie et Pontcharra a le potentiel pour reprendre la tête » ou « C’est Karine XXXX (de Pont-de-Chéruy) qui mène le bal avec 120 points au compteur (bravo !!!) suivie par Jérémy XXX et ses 90 points. Il vous reste encore la fin d’après-midi pour atteindre le Graal minimum des 80 points (ou plus) pour être gagnant !!! ». On attend avec impatience que la Banque Postale embauche Nelson Monfort pour commenter les performances de ses salariés.

Vous vous en doutez certainement : si je me suis incrusté dans cette sauterie, c’est parce que j’avais été rencardé par quelques salariés. Car il en reste quelques-uns qui ont en horreur de tels événements supposément « fédérateurs » et la fuite en avant libérale de ce qui était jusqu’à peu une banque publique. Ils aimeraient faire leur boulot simplement, trouver pour les « clients » les solutions adéquates, ne jamais essayer de les arnaquer. Inutile de dire qu’ils n’ont eu aucun prix.

En photo : manifestation contre la privatisation de la banque postale à Paris, en novembre 2008 / CC looking4poetry

 

- Article initialement publié dans le numéro de Février / Mars 2016 du Postillon, Journal de Grenoble et sa cuvette.

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 13:18

 

 

*Opération "lancé de ballons à l'attention de Valls" ce vendredi 1er juillet 2016 à l'Espiguette - Contre la loi travail et les cuves de kérosène (66 830 m3 ) stockés à 500m de la plage.

 

 

Opération "lancé de ballons à l'attention de Valls" lors de sa visite à L'Espiguette ce vendredi 1er juillet 2016
Opération "lancé de ballons à l'attention de Valls" lors de sa visite à L'Espiguette ce vendredi 1er juillet 2016
Opération "lancé de ballons à l'attention de Valls" lors de sa visite à L'Espiguette ce vendredi 1er juillet 2016
Opération "lancé de ballons à l'attention de Valls" lors de sa visite à L'Espiguette ce vendredi 1er juillet 2016
Opération "lancé de ballons à l'attention de Valls" lors de sa visite à L'Espiguette ce vendredi 1er juillet 2016

 

Bon ok, "on" a fini par nous confisquer nos affiches et la moitié des ballons qui n'étaient pas encore gonflés mais une centaine y a réchappé avant l'arrivée des forces de l'ordre...
 

 

 
                                                               ***************************
 
 
 
 
 

Les images de la visite de Manuel Valls à L'Espiguette

 

(Extrait)

L e premier ministre s'est rendu au phare de L'Espiguette et au Yacht club de Port Camargue vendredi 1er juillet. Retour en images sur cette visite au pas de charge et ultra sécurisée. 

 

Outre les ballons à messages pour Manuel Valls, qui flottaient au dessus du phare, les forces de sécurité ont aussi enlevé une banderolle.
Photo CATHERINE UNAC
 
 
 
 
                                                                      *******************************
 
 

A QUAND UN SCENARIO CATASTROPHE A LA PLAGE DE L’ESPIGUETTE(30) ??

 

 

mardi 1er décembre 2015, par jacqueline bizet

 

 

 

Un dépôt de 66 830 m3 d’hydrocarbures ( KEROSENE et GASOIL) est installé depuis 1957 à 500 mètres de la plage naturiste de l’Espiguette et à 2,8 km de deux campings sur la commune du GRAU DU ROI. Ce site classé SEVESO 3 a fonctionné jusqu’en 2015 sans AUCUN arrêté ministériel d’autorisation, alors que nous sommes au cœur d’un domaine classé NATURA 2000 qui accueille en pleine saison plus de 10 000 personnes sur les plages.

Une enquête publique a été lancée pour "régulariser" la situation sans travaux ni aménagements. Elle doit aboutir à l’élaboration d’un PPRT (plan de prévention des risques technologiques)

Il s’agit de 6 bacs semi-enterrés dont la règlementation impose une double enveloppe pour prévenir les fuites. L’exploitant a obtenu une dérogation à cette loi au nom de l’antériorité de l’installation (droit de l’acquis). Pas de travaux prévus et d’ailleurs les bacs ne sont pas visibles de la plage, ce qui les rendrait inoffensifs ? De la même façon, il n’y a aucune prise en compte de l’évolution du trait de côte (montée du niveau de la mer évaluée à 200 ans pour arriver au dépôt) : A quoi bon s’en soucier maintenant ?

L’exploitant (le service national des oléoducs interalliés) dépendant du Ministère de la Défense et de l’Ecologie, connaît le risque de pollution des sols et de l’eau souterraine, ceux de pollution de l’air (au moment des opérations de charge et de décharge par exemple ou par dilatation des fluides). Par contre, les risques sanitaires pour les populations estivales (dont l’évacuation massive serait impossible par le chemin d’accès à la plage) ne sont pas retenus car celle-ci est considérée comme hors de portée des fumées et autres conséquences toxiques pouvant résulter d’une explosion ou d’un incendie. Enfin, l’impact sur les zones naturelles particulièrement fragiles n’est pas non plus à l’ordre du jour.

Au total l’autorité préfectorale compte bien boucler le dossier dans les meilleurs délais, après l’avis du CODERST (Comité Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques) qui doit être rendu le 15 décembre

Nous appelons la population, les partis, les élus à réagir.
Nous demandons :
- des réponses précises et la prise en compte réelle de l’avis de l’Autorité Environnementale en date du 14 mai 2014 ;
- une expertise des installations réalisée par un organisme INDEPENDANT ;
- la mise en place d’une commission de suivi du site et le respect des règles environnementales ;
- la programmation du démantèlement progressif des six cuves du site et des autres réservoirs ;
- la mise en place d’un Plan Particulier d’Intervention par la préfecture.

Comité d’Urgence et de Vigilance pour l’Espiguette Site Seveso
Contacts : comitecuvess@gmail.com

 

 

Source : http://www.objecteursdecroissance-lr.fr

 

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