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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 18:25

 

Marianne - Samedi 9 Février 2013 à 12:00 |

 

Élodie Emery - Marianne

 

Recrutement, ton univers impitoya-a-ble ! Pour décrocher un emploi, un solide CV ne suffit plus. Il faut désormais en passer par des face-à-face sadiques ou farfelus avec des employeurs ou des chasseurs de têtes très imaginatifs.

 


JAUBERT/SIPA
JAUBERT/SIPA
Georges sent ses mains devenir moites, son regard de bête traquée vacille. Seul, face à un jury de quatre personnes qui le bombardent, il est sommé de faire son autocritique. On se croirait dans un tribunal soviétique ; ce n'est pourtant qu'un entretien d'embauche. «Vous êtes stressé, Georges ? Vous êtes impressionné d'être là ?» «Vous mettez toujours du temps à comprendre les choses ?» «Par quoi compensez-vous cette lenteur ?» «Où sont vos insuffisances, Georges ?» Une heure et demie d'humiliations pour espérer décrocher un poste de commercial au GAN payé au Smic : voilà ce que filme Didier Cros dans son documentaire intitulé la Gueule de l'emploi.

Pour le sociologue Vincent de Gaulejac (1), aucun doute, la «lutte des places» s'est désormais substituée à la lutte des classes, et ce n'est pas spécialement une bonne nouvelle : «Il y a un tel décalage entre le nombre d'emplois disponibles et le nombre de personnes actives en âge de les occuper que cela provoque forcément de la violence...» D'un côté, des candidats dans la galère, prêts à tout pour décrocher un job souvent vital : «On est là pour se taper dessus, pas de pitié !» affirme l'un d'eux - recalé dès le premier tour. De l'autre côté de la table, des employeurs convaincus d'être dans leur bon droit : c'est qu'il faut bien faire le tri ! Quitte à confier le recrutement à un cabinet de chasseurs de têtes aux méthodes un brin sadiques.

Le sociologue appelle cela la «violence innocente» : personne n'est malintentionné, et pourtant le résultat est digne de l'expérience de Milgram (2). Enjeu stratégique par excellence, le recrutement cristallise aujourd'hui toutes les tensions qui minent le marché du travail. Les CV charriés par la crise s'entassent par centaines sur les bureaux des chefs d'entreprise. Dépassés, certains préfèrent déléguer la sélection des profils à des tiers, sur qui ils pourront opportunément rejeter la faute en cas d'erreur de casting. Car le processus d'embauche est long, coûteux et risqué : «Si on se rend compte que ça ne colle pas à l'issue de la période d'essai, il faut tout recommencer depuis le début... C'est une perte de temps et d'argent considérable.

« Si on s'en rend compte après la période d'essai, c'est encore pire évidemment !» explique le patron d'une entreprise de nouvelles technologies. «Recruter quelqu'un de sain, c'est ce qu'il y a de plus difficile !» affirme carrément Jean-Claude Delgènes, directeur de Technologia, un cabinet de prévention des risques liés au travail. A en croire les employeurs, les 10 millions de Français au chômage seraient majoritairement des boulets, et les bons profils, une denrée rare ! Du coup, tous les moyens sont bons pour se rassurer en tentant de faire du recrutement une science exacte, objectivée par des tests, validée par de savants schémas.

«La sélection est devenue un enjeu sensible, les organisations ont inventé des dispositifs pour rationaliser, objectiver les choses, confirme Vincent de Gaulejac. Entre les chasseurs de tête et les officines de sélection, le recrutement est aujourd'hui un véritable marché.» Et tant pis si les méthodes de rationalisation sont parfois limites. Et si les entretiens flirtent souvent avec, au mieux, l'impolitesse, au pis, l'illégalité. «Après trois entretiens réussis chez Total, la responsable des RH a fini par m'avouer qu'en réalité le poste avait déjà été pourvu en interne, se souvient Patricia, 32 ans. Ils ne m'avaient fait venir que pour donner l'apparence d'un recrutement à plusieurs candidats, mais les jeux étaient faits depuis le début. J'ai trouvé ça gonflé.» Plus personne n'est gêné de faire déplacer quelqu'un deux, trois, dix fois...

Même pour un stage à 400 euros ou un CDD. «J'ai eu quatre entretiens pour un CDD de quatre mois, rapporte Marine, chargée de communication dans le domaine de la santé. Au final, on m'a expliqué que j'étais trop qualifiée pour le poste.» Pour sa part, Célia, 27 ans, diplômée d'une école de commerce, conserve un assez mauvais souvenir de ses entretiens dans un syndicat agricole : «Personne ne m'avait prévenue que les entretiens allaient durer toute la journée. J'étais en poste, et j'ai dû me faire porter pâle auprès de mon boulot... Deuxième surprise : c'était un entretien collectif. Les employeurs font ça pour gagner du temps, mais ils font semblant d'oublier que ça verrouille complètement les prétentions individuelles. On ne négocie pas son salaire quand on est six dans une pièce.»

Plutôt que de multiplier les tests et les mises en situation, certaines entreprises choisissent de déléguer la responsabilité du recrutement... à leurs salariés ! «Personnellement, je suis très favorable à la cooptation, affirme Jean-Claude Delgènes. Si vous avez un bon élément dans votre équipe, vous avez une excellente chance qu'il vous amène un autre bon élément, ça permet de limiter les risques.» Signe des temps, la «cooptation» - traduire : le piston - est aujourd'hui acceptée et revendiquée par tous. Chez Google, elle est même encouragée par une prime : 4 000 e sont versés à tout employé ayant recommandé un candidat recruté à son tour. Le sport maison consiste donc à entraîner son poulain pour qu'il ne se laisse pas déstabiliser par les questions tordues qui ont fait la réputation de l'entreprise : combien de balles de golf un camion peut-il contenir ?

Combien de fois par jour les aiguilles d'une horloge se chevauchent-elles ? «Le but, c'est d'évaluer les capacités de raisonnement de la personne, explique Sarah, employée chez Google. A moi, on m'avait demandé combien de poils possède un teckel ! J'avais estimé que le teckel était un cylindre d'une surface de 50 cm2, qu'il avait 400 poils par centimètre carré de peau, et puis j'avais rajouté 30 % pour la tête, les pattes, la queue...» Bonne nouvelle, les postulants peuvent désormais se faire la main en potassant le livre Etes-vous assez intelligent pour travailler chez Google ? (3), qui délivre trucs et astuces pour répondre avec panache à des questions absurdes. Mais, pour être embauché dans l'entreprise préférée des jeunes diplômés, être malin ne suffit pas : le candidat doit aussi faire l'unanimité chez ses futurs collègues. Même une personne située au-dessous de lui hiérarchiquement peut opposer son veto et faire dégager le prétendant. Mieux vaut donc être compatible avec l'«esprit Google» pour espérer faire partie de la famille.

«Dans un monde où ce ne sont plus les compétences qui priment, mais les qualités humaines, relationnelles, on sélectionne sur ce que vous êtes, et sur votre degré d'acceptation des normes du système», note Vincent de Gaulejac. Autrement dit, en 2013, l'employé modèle doit être adaptable, mobile, beau (mais pas trop non plus, sous peine d'être soupçonné d'incompétence), avoir la poignée de main ferme et la démarche assurée, être dépourvu d'accent et de bedaine... et avoir le travail pour seul horizon.

«Les boîtes essaient de trouver des "pattern 1", c'est-à-dire des gens surinvestis, qui adorent le travail, explique Jean-Claude Delgènes. Il existe des tests psychologiques qui permettent de les détecter.» Internet regorge de tests qui proposent de sonder l'âme des recrues potentielles, de démasquer les tire-au-flanc et peut-être de mettre la main sur le Graal : les «pattern 1», les maboules du boulot, ceux qui resteront jusqu'à 23 heures sans même quémander un sandwich. Résultat, le «marché» du recrutement est surtout un immense jeu de dupes. Les candidats à l'embauche deviennent des bêtes à concours, s'entraînent à déjouer les pièges et gonflent leur CV, parfois avec l'aide d'un coach ; et les recruteurs vont de plus en plus loin dans leurs techniques d'investigation. Quitte à fouiller dans la vie privée des postulants.

« Le traditionnel «Madame ou mademoiselle ?», par exemple, est avantageusement remplacé par un petit tour sur Facebook, comme le raconte Laure : «Au neuvième entretien chez Microsoft, on me dit que c'est bon, j'envoie mes photocopies de carte d'identité, de carte Vitale. On m'informe d'un dernier entretien avec le directeur marketing et commercial France qui ne sera qu'une "pure formalité". Le fameux directeur me dit "Tiens, je vais aller sur votre profil Facebook !" En voyant ma photo en robe de mariée, il me lance : "Ah, vous êtes mariée." Je réponds : "Oui, mais je n'ai pas l'intention d'avoir d'enfant dans les deux prochaines années, si c'est cela qui vous inquiète." Sur ce, le ton de l'entretien change du tout au tout pour devenir très froid. Quelques jours plus tard, la responsable des RH me rappelle pour m'annoncer que ma candidature n'avait pas été retenue parce que je n'étais "pas assez adaptable".»

Quand l'enquête façon inspecteur Derrick ne donne rien, reste la magie. Jean-François Amadieu, auteur de DRH, le livre noir (4), dresse le bilan des techniques les plus foutraques utilisées par les recruteurs, de la morphopsychologie (évaluation de la personnalité en fonction des traits du visage) à la «méthode intuitive», appellation sophistiquée d'une pratique connue sous le nom de «voyance». Catherine Bidan, coach sortie d'HEC, explique sans rire que «l'intuition est le plus élevé des sept niveaux d'intelligence» : «Je reçois des images, des mots, des scénarios qui répondent à ce qui se pose des sensations. Je peux ressentir la peine d'une personne. Je peux malheureusement voir le scénario d'un fait divers avant que la télévision n'en annonce son déroulement.»

Entre autres clients, le ministère de l'Economie et des Finances, Chanel ou PSA ont déjà fait confiance à Catherine Bidan et à ses dons. Jean-François Amadieu révèle aussi que «la France a le rare privilège d'être le pays au monde où se pratique le plus la graphologie». Scientifiquement, c'est prouvé, l'analyse de la personnalité par l'écriture ne vaut pas un clou. Mais peu importe : en 2007, la graphologie était pratiquée par 70 % des cabinets de recrutement. «Dans mon entreprise, on fait régulièrement appel à une graphologue pour départager des candidats qui nous intéressent, raconte Marie, qui travaille dans un cabinet de conseil. Mais, finalement, on utilise assez peu ses conseils, parce qu'on s'est aperçus que ses analyses sont toujours dithyrambiques !»

Dans le même registre, l'astrologie fait un malheur chez bon nombre d'employeurs. «J'ai été recrutée en stage dans un grand quotidien national parce que j'étais Capricorne ! raconte une journaliste. Le directeur avait reçu tellement de CV qu'il avait décidé de ne prendre que des Capricorne.» Un classique : Raymond Domenech n'a jamais caché que l'astrologie avait joué un rôle fondamental dans la sélection des joueurs de ses équipes de football. De son côté, le maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini affirme se méfier des Poissons, et soutient que «les Verseaux manquent souvent de détermination».

A quand le recrutement par télépathie ? La lecture du CV dans les entrailles d'un poulet ou dans la forme des nuages ? Le sacrifice de jeunes vierges pour s'assurer d'embaucher le bon candidat ? Les charlatans qui pullulent dans les cabinets de recrutement ont encore de beaux jours devant eux. Dommage pour les responsables des ressources humaines qui essaient de faire leur boulot honnêtement. Dommage, surtout, pour les candidats qui espéraient faire valoir une qualité désormais désuète : la compétence. 


(1) Auteur de Travail, les raisons de la colère, Seuil, coll. «Economie humaine», 2011.

(2) Une expérience menée en psychologie dans les années 60, et visant à étudier la soumission à l'autorité : sur ordre, les participants devaient envoyer des chocs électriques à d'autres. A l'arrivée, une séance de torture.

(3) William Poundstone, JC Lattès, 2013, 378 p., 20 €.

(4) Seuil, 2013, 236 p., 19,90 €.

 
SOS JOB DATING

Pour recruter leurs ingénieurs, les entreprises d'informatique déclenchent de vastes opérations de séduction : dès lors, on ne parle plus d'«entretiens», mais de «job dating». «Les boîtes de SSII organisent des rencontres dans des bars, note Fabrice Mazoir, responsable éditorial des sites Régions Job. Le but, c'est de rendre le recrutement sexy, voire d'en convaincre certains de quitter leur job. Le mauvais exemple, c'est cette agence de pub qui avait organisé le recrutement de ses stagiaires via un tournoi de poker, ce qui est illégal. Mais il y a d'autres innovations. Par exemple, la société Akka Technologies invite chaque année des jeunes diplômés au ski pendant trois jours.» Et pendant ce temps, l'immense majorité des diplômés et des chômeurs lutte pour obtenir le plus petit CDD...

 

 

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 18:07

 

Rue89 - Dans nos archives
  • Article publié il y a 8 mois 1 semaine

 

La viande de cheval trouvée au Royaume-Uni dans les lasagnes 100% boeuf Findus serait d'origine roumaine. Mais l'entrepreneur à l'origine de ce « scandale » était suppléant du candidat Modem aux législative, Jean Lassalle, chantre de la ruralité. En 2008, il avait été mis en examen pour « tromperie sur les qualités substantielles et sur l »origine d »un produit, tromperies aggravées sur les risques pour la santé humaine » et « mise en vente de denrées corrompues ». Findus n'avait pas lu notre article, « Au menu, viande avariée ou importée ».

 

 

 

Rue89 - Deux agricultures 07/06/2012 à 12h02

Législatives : Lassalle, candidat de la ruralité. Au menu, viande avariée ou importée

Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

Des Pyrénées-Atlantiques)

« Je défends la ruralité, confrontée aux défis de la mondialisation. Avec ses petites exploitations, ses petites entreprises artisanales, où l’on produit autant de biens que l’on fabrique d’amour ! »

Jean Lassalle aime à le rappeler, il est fils de berger. Son frère et sa mère vivent toujours dans la ferme familiale et la simplicité. Fier de son béarnais, le centriste l’a chanté, en pleine séance, à l’Assemblée, pour protester contre la suppression d’une gendarmerie dans ses Pyrénées. Quand il s’est agi de conserver une entreprise de 150 salariés, il a cessé de s’alimenter.

Le président de l’Association des peuples de montagne du monde vient de réussir un nouveau « joli coup », commente la presse locale. Candidat à un troisième mandat dans la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le centriste a choisi pour suppléant un magnat de l’agroalimentaire. Qui défend une certaine idée de la ruralité.

 


Jean Lassalle (à droite) et son suppléant Barthélémy Aguerre (à gauche) en tournée électorale à Larceveau, le 4 juin 2012 (Elsa Fayner/Rue89)

 

Foie gras et steak haché pour 610 millions d’euros

Barthélémy Aguerre a débuté dans un champ de maïs semence. Vice-président de la coopérative Lur Berri depuis 1980, il s’est associé à un leader mondial, Pioneer, pour planter jusqu’à 3 000 hectares de la marque et l’exporter un peu partout en Europe.

Une réussite : le chiffre d’affaires s’est envolé pour atteindre 610 millions d’euros fin 2011, selon le site de ce qui est devenu un groupe. Aux épis de maïs se sont ajoutés viandes et plats cuisinés, avec deux filiales dont Barthélémy Aguerre a pris la direction, Arcadie Sud-Ouest et Spanghero. C’est ainsi que les abattoirs sont devenus son métier.

Betteraves au Maroc

Le suppléant emploie 1 600 salariés dans la région. Ce que ne manque pas de rappeler Jean Lassalle à chaque déplacement de sa tournée électorale.

Seuls 70 de ces emplois se trouvent pourtant dans la circonscription, entre Pays basque et Béarn. Les autres se répartissent jusqu’au centre de la France. Quand Lur Berri s’étend jusqu’à la Grande-Bretagne, la Belgique ou l’Espagne.

Barthélémy Aguerre voit plus loin encore. Il a possédé durant douze ans des terres en Argentine. Aujourd’hui, son fils a pris le relais, confie-t-il avec fierté : il cultive pour lui des betteraves au Maroc.

L’homme d’affaires n’hésite pas non plus à importer : 60% de la viande commercialisée dans le département vient d’Allemagne et de Pologne, d’après Le Journal du Pays basque.

 


Une vache à Juxue, le 4 juin 2012 (Elsa Fayner/Rue89)

 

Maïs bradé en France

Lur Berri fait quand même travailler localement. Avec une méthode : tirer sur les prix, vers le bas. A tel point que les 200 cultivateurs de maïs semence ont menacé en 2007 de cesser la production.

Aujourd’hui, c’est au tour des salariés de la coopérative. Une cinquantaine d’entre eux se sont invités, mercredi 30 mai, à une réunion organisée par le candidat et son suppléant. Lassalle a d’abord cru à un miracle :

« Je pensais que nous avions un franc succès ici. Pas du tout. Ils venaient engueuler Barthélémy. Ils l’ont même traité de menteur. Or, il a beaucoup de défauts, mais pas celui-là. »

Les salariés dénonçaient « la politique sociale déplorable qui règne à Lur Berri » :

  • des salaires bas (moins de 1 300 euros net pour plus de la moitié du personnel) ;
  • des heures supplémentaires non payées ;
  • et 6 000 euros de participation non versés à chaque salarié, selon leur communiqué de presse.

L’intéressé a répondu ce soir-là qu’il n’avait pas de pouvoir à Lur Berri dans le domaine. Il assure par ailleurs « faire du social » chez Arcadie :

« Mon jeune DRH m’a donné une liste de 51 salariés qu’il vaudrait mieux payer à rester chez eux. Ils ne travaillent pas et ils perturbent les autres. Mais on les garde. »

 


Barthélémy Aguerre et le maire d’Arhansus, Marc Arrachou, à Arhansus, le 4 juin 2012 (Elsa Fayner/Rue89)

 

Produits fermiers ?

Quand il arrive à Arhansus, le cinquième des huit villages à visiter dans la journée, Barthélémy Aguerre est attendu par un homme en chemise à carreaux, chaussures de rando et fines lunettes sous son plat béret. Il produit du fromage de brebis et du cidre. Il reproche aux entreprises liées à l’homme d’affaires d’asphyxier les petits agriculteurs avec ses prix bas.

Le suppléant connaît la critique. Il s’en lasse, confie-t-il, sans se laisser effleurer par le doute :

« Il y a deux agricultures : la mienne, productiviste, sur des circuits longs, pour les endroits où, malheureusement, il y a plus de terres que d’agriculteurs ; et l’agriculture en montagne, sur des circuits courts et en vente directe, qu’il faut encourager aussi. Il ne faut pas opposer les deux. »

Le fermier reste impassible, pour tenter un autre abordage. Barthélémy Aguerre est également conseiller général. Or, le conseil général octroie des aides :

« Je viens d’en demander pour réaménager les landes et capter l’eau. Refusées. Alors qu’un exploitant comme Kukulu, qui possède des milliers de brebis, élevées hors sol, vous le soutenez. Il inonde les petits commerces, prétend que ses produits sont fermiers comme les nôtres – ce qui est faux –, les vend moins cher et prend les plus gros marchés.

– Kukulu, c’est un petit artisan. Je ne peux pas dire non.

– Mais c’est un modèle qui porte atteinte à toute une économie à échelle humaine ! »

Depuis 1998, la circonscription a vu 3 000 actifs agricoles et plus de 2 000 exploitations disparaître, selon les chiffres des recensements agricoles compilés. Tandis que la surface de terres utilisées et la taille des cheptels ont augmenté.

Viande avariée

Un tel choix économique favorise-t-il au moins la qualité des produits ? Pas certain. En 2008, Arcadie a été mise en examen pour « tromperie sur les qualités substantielles et sur l’origine d’un produit, tromperies aggravées sur les risques pour la santé humaine » et « mise en vente de denrées corrompues ». De grandes quantités de viande avariée avaient été découvertes en 2006 dans une usine de Cholet.

 

MERCI RIVERAINS ! Alexandre Le Bars
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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 17:44

 

Rue89 - Grand entretien 09/02/2013 à 12h14
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

Une facture environnementale pour les résidences secondaires ou les 4X4 : Vincent Liegey, de la mouvance décroissante, a des idées qui ne plairont pas à tous.

Vincent Liegey est l’un des co-auteurs du livre « Un projet de décroissance – Manifeste pour une dotation Inconditionnelle d’Autonomie », préfacé par Paul Ariès (Editions Utopia). Il est l’un des visages de ce qui s’appelle un « parti » pour la décroissance (PPLD) mais s’apparente plutôt à une mouvance informelle, dont le combat contre Notre-Dame-des-Landes est l’une des formes concrètes.


Vincent Liegey (Jacob Khrist)

Nous l’avons rencontré dans un café parisien, à deux pas de chez Denis Vicherat, éditeur altermondialiste et écologiste, qui lance une collection de livres déclinant le projet de décroissance. Un « slogan provocateur », un mot « repoussoir » assumé.

Vincent Liegey vit à Budapest avec une députée hongroise de « Une autre politique est possible » (« dont le parti vient d’exploser, ce qui prouve qu’une autre politique n’est peut-être pas possible », sourit-il). Il y poursuit un doctorat sur la décroissance et observe les convergences entre les décroissants et les autres mouvances de la gauche : Attac, les Colibris, les alternatifs, Europe Ecologie – Les Verts, et bien sûr le Parti de gauche.

Rue89 : Vos racines intellectuelles se trouvent-elles chez Dennis Meadows, auteur en 1972 du rapport sur « Les Limites de la croissance », à la demande du Club de Rome ?

Vincent Liegey : Oui et non, il y a deux sources intellectuelles pour les décroissants :

  • l’approche physique, qui est celle du Club de Rome mais que nous trouvons trop technocratique. L’un de ses éminents représentants est l’économiste Nicholas Georgescu-Roegen, qui a écrit l’article fondateur « La loi de l’entropie et les processus économiques », expliquant que sur une planète finie on ne peut croître à l’infini ;
  • l’autre approche est une critique de la société de consommation autour d’Ivan Illich et de son livre « La convivialité » (1973). Il y a aussi Jacques Ellul, François Partant, André Gorz et Cornelius Castoriadis, auteur du concept d’autonomie.

Tous ces penseurs ont connu une traversée du désert dans les années 1980 avec la victoire du néolibéralisme et la sacralisation de l’argent. Puis, dans les années 2000, on s’est rendu compte qu’ils étaient plus que jamais d’actualité, comme l’a rappelé la republication l’an dernier du livre de Dennis Meadows.

En 2002, Serge Latouche, professeur émérite en sciences humaines, a animé un colloque à l’Unesco qui s’appelait « Défaire le développement, refaire le monde », où il a fait la synthèse entre différentes approches et construit une matrice de réflexion critique par rapport à la société occidentale.

Comment le mouvement s’est-il ensuite installé ?

Au début années 2000, un collectif de casseurs de pub à Lyon a créé le Journal de la décroissance, puis il y a eu des marches en 2004 autour de François Schneider, un universitaire qui a créé un lieu alternatif près de Cerbère, et en 2005 les premiers Etats généraux de la décroissance.

S’est alors posée la question de la participation ou pas aux élections. Le livre de John Holloway, « Comment changer la société sans prendre le pouvoir », nous a beaucoup inspirés, comme le mouvement zapatiste d’ailleurs.

La crise de 2008 a rouvert le débat, de quelle manière ?

Les idées de la décroissance se sont répandues dans d’autres mouvements politiques, par exemple quand le Parti de gauche parle de la « planification écologique de la société » ; à quelques mots près c’est ce qu’on pourrait soutenir.

En 2009, on a participé aux élections européennes et créé l’association des objecteurs de croissance, qui a explosé au bout de six mois pour des raisons, entre autres, de conflits de personnes. Aux dernières législatives, le mouvement des objecteurs de croissance et le PPLD ont travaillé ensemble et présenté 60 candidats.

Quel est le bilan de votre participation aux élections ?

Certains candidats n’ont pas voulu s’endetter pour payer l’impression des bulletins de vote et donc n’ont pas fait de voix, d’autres ont participé aux élections avec le NPA et les alternatifs, ou chez EELV.

C’est plus un ovni politique, une auberge espagnole, un réseau de collectifs locaux, de gens qui se retrouvent sur des initiatives concrètes, comme un jardin communautaire, une monnaie locale, Jeudi noir... On a du mal avec la logique partidaire, on n’aime pas les étiquettes.

La décroissance, c’est réfléchir à la transition du modèle actuel vers la société d’après. Et pour cela, on peut jouer sur quatre leviers :

  • individuel : à travers la simplicité volontaire, et aussi ce qu’on appelle la « décolonisation de l’imaginaire » ;
  • collectif : en menant des alternatives concrètes comme à Notre-Dame-des-Landes ;
  • la visibilité : avec la désobéissance civile, l’organisation de débats et la participation à des élections ;
  • théorique : le travail de réflexion à travers des livres, comme celui que nous venons de publier.

Est-ce que ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes est le modèle à suivre pour les décroissants ?

C’est vrai que là-bas s’expérimentent localement, à une échelle sans précédent, de nouvelles manières de produire, de prendre des décisions. C’est un combat symbolique entre deux paradigmes : d’un côté ceux qui sont dans la continuité des Trente glorieuses et disent que l’avenir est à voyager toujours plus et toujours plus loin, et à l’opposé il y a ceux qui construisent des cabanes et veulent ouvrir un débat sur ce qu’est le bien-être.

Votre mesure phare pour sortir de la course à la croissance est d’apporter la prospérité avec la « dotation inconditionnelle d’autonomie ». Qu’est-ce que c’est que ce machin ?

On a travaillé pendant quatre ans sur ce projet, qui concentre différentes choses :

  • le revenu inconditionnel d’existence, qui est donné en argent et sur lequel on est donc assez critique ;
  • l’extension des sphères de la gratuité : avec Paul Ariès, nous sommes pour donner des crédits au bon usage et taxer plus des mésusages, comme l’excès de consommation d’eau, qui est un bien commun ;
  • l’autonomie ne passe pas nécessairement par l’argent, c’est aussi de ne pas dépendre du système des banques pour l’argent, d’où notre soutien au développement de systèmes monétaires alternatifs avec les monnaies locales.

Nous pensons que la dotation ne doit pas être donnée en argent mais en droit de tirage, droit d’accès et en systèmes d’échanges locaux (SEL) ; en cela elle représente un outil de repolitisation.

Devra être débattue localement la question des quantités décentes : de quelle quantité de nourriture a-t-on besoin pour vivre dignement ? Oui, il y aura une forme de rationnement, mais l’argent est un rationnement !

Comment voyez-vous le passage de la société actuelle à celle d’après ?

Il y a trois scenarii :

  • l’extension des alternatives concrètes, qui peu à peu transforment par la base la société ;
  • la prise de pouvoir révolutionnaire et le partage du temps de travail : le temps est réinvesti dans une plus forte participation à la vie de la cité ;
  • la mise en place à l’échelle européenne d’un revenu inconditionnel d’existence, qui localement se décline en dotation d’autonomie.

Dans le programme économique des Colibris, que Pierre Rabhi a présenté la semaine dernière, il y avait le revenu inconditionnel d’existence...

On les connaît bien, d’autant que Pierre Rabhi a fait partie du mouvement de la décroissance au départ, et son mouvement est une manière de renouer avec la politique au sens noble du terme.

Mais eux pensent qu’on peut changer la société uniquement par le bas, alors que nous pensons que les alternatives concrètes vont se heurter à la question des institutions, menacer l’oligarchie, et donc il faut jouer aux équilibristes et être à la fois dedans et en dehors des institutions.

Nos amis d’EELV sont trop embarqués dans le jeu du pouvoir et vont bientôt se rendre compte qu’il ne suffisait pas de prendre le pouvoir pour changer la société. Et à l’inverse, on a des copains qui pensent avoir raison tout seuls, mais se font rattraper par la société ; par exemple quand la loi Loppsi 2 leur a interdit de vivre dans des yourtes.

Morale de l’histoire : si vous ne vous intéressez pas à la politique, elle s’intéressera à vous !

Voulez-vous remettre en question la propriété privée ?

On ne remet pas en cause facilement quelque chose d’aussi ancien et ancré dans nos sociétés occidentales. Mais nous pensons qu’il faut remettre en valeur le droit d’usage plutôt que le droit de propriété, comme le dit Illich. Il faut aussi se demander s’il est normal que celui qui a une maison secondaire utilisée quelques jours par an n’en paie pas le vrai prix environnemental.

Nous ne sommes pas liberticides, nous disons aux gens qu’ils sont libres de rouler en 4x4 et de consommer dix planètes, mais s’ils veulent vivre ainsi, ils doivent en payer le prix réel. Si c’était le cas, ils seraient condamnés à travailler énormément pour sécuriser les puits de pétrole en Irak nécessaires à leur approvisionnement, pour acheter les armes pour contrôler la raffinerie, etc...

Trouvez-vous normal que le kérosène des avions soit le seul carburant non taxé ? Croyez-moi, si le prix de l’avion incluait son prix écologique, il y aurait beaucoup moins de monde qui le prendrait !

Vous allez loin en parlant de « banalité du mal », au sujet de la consommation...

Le problème du système actuel, c’est qu’on est pris dans une spirale où on ne se rend jamais compte des conséquences de nos actes de consommation. En ce moment, on sécurise les puits d’uranium de la France au Niger… au nom de l’indépendance énergétique de la France !

Il faut rappeler qu’on vit aujourd’hui dans une parenthèse de l’humanité : en l’espace de quatre-cinq générations, on a consommé de l’énergie accumulée pendant des dizaines de millions d’années. Mais tout cela est terminé, puisque le « peak oil » est passé, et que maintenant il va falloir se désintoxiquer du pétrole.

Cette énergie a tout changé dans notre rapport aux autres, au temps, à la distance, mais on est à la fin de cette période. Savez-vous qu’en Grèce, on ferme des écoles au nom de la sacro-sainte monnaie et de la nécessité de faire des économies ?

Il faut sortir de cette aliénation par l’argent et reparler d’autonomie, car comme le dit Cornelius Castoriadis : la vraie liberté, ce n’est pas celle de consommer !
Il faut remettre l’économie à sa place : celle d’un outil pour instaurer des politiques.

Le débat national sur la transition énergétique peut-il servir à cela ?

Ce sera des guignoleries : si on ne remet pas en cause le paradigme croissansiste, ils ne trouveront que des palliatifs. Le développement durable, comme dit Paul Ariès, c’est « polluer moins pour pouvoir polluer plus longtemps ». Il faut arrêter l’acharnement thérapeutique et construire un nouveau modèle de société moins énergivore et moins dépendant des méga-machines.

MERCI RIVERAINS ! Tilô
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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 17:33

 

Le Monde.fr | 08.02.2013 à 12h37 • Mis à jour le 08.02.2013 à 14h05

 

 
Capture d'écran du site The Fashion duel

Le cuir des sacs Vuitton ou les emballages Hermès sont-ils produits aux dépens de la forêt tropicale ? L'eau est-elle polluée pour fabriquer les costumes Armani ?

 

 

Valentino est la seule marque sur les quinze interrogées à remporter les trois pastilles vertes : cuir, emballages et tissus, grâce à son engagement d'avoir "une politique d'achat zéro déforestation et une politique zéro rejets pour la production textile".

Arrivent derrière ex aequo Armani, Dior, Vuitton et Gucci, qui assurent avoir pris des mesures "zéro déforestation" pour produire cuir et emballage. Greenpeace souligne ainsi que Gucci a "activement soutenu le moratoire sur l'expansion de l'élevage bovin en Amazonie".

En revanche, ces quatre griffes sont critiquées par l'ONG de défense de l'environnement pour ne s'être toujours pas engagées "dans une mode sans substance toxique".

Même reproche à Ermenegildo Zegna et Versace qui, en outre, ne vont pas assez loin sur la déforestation, se contentant d'être "en mesure de tracer leurs achats de cuir".

Sept grands noms sont dans le bas du classement, dont Roberto Cavalli, gratifié de trois pastilles rouges pour n'avoir pas apporté de "réponses claires au questionnaire et n'avoir pas fait de gestes encourageants".

Quant à Alberta Ferretti, Chanel, Dolce&Gabbana, Hermes, Prada et Trussardi, elles reçoivent trois pastilles noires pour, "malgré les demandes répétées de Greenpeace", n'avoir "jamais répondu" au questionnaire. Une attitude qui montre, selon l'ONG, qu'elles "ne sont pas disposées à ouvrir le dialogue et à se confronter aux demandes des consommateurs".

Pour en savoir plus

 

 

Le site de Greenpeace The fashion duel

 

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 17:27

 

LE MONDE | 09.02.2013 à 11h54 • Mis à jour le 09.02.2013 à 11h54 Par Éditorial du "Monde"


 
Les insecticides Gaucho, Régent ou Cruiser sont mis en cause par des ONG dans l'effondrement des colonies d'abeilles.

En déplacement dans la Sarthe, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé, vendredi 8 février, un plan de soutien triennal à la filière apicole. Celle-ci en a bien besoin. Le nombre d'apiculteurs français a chuté de près de 40 % au cours de la dernière décennie.

Mais M. Le Foll aurait pu se soucier aussi des abeilles. Car, sans elles, pas d'apiculture. Le ministre de l'agriculture aurait pu saisir cette occasion pour se pencher sur les insecticides néonicotinoïdes, de plus en plus soupçonnés d'être la cause majeure du déclin des abeilles. Il l'avait fait en juin 2012, en interdisant l'un de ces produits sur le colza. Hélas ! Les annonces du ministre ne comportent pas de nouvelles mesures d'interdiction.

Retirer à l'ensemble des néonicotinoïdes leurs autorisations de mise sur le marché ne relèverait ni d'une application maximaliste du principe de précaution ni d'une lubie écologiste. Cette nouvelle classe d'insecticides est d'une foudroyante efficacité. Ses représentants – Cruiser, Gaucho, Poncho, etc. – ont été déployés dès le milieu des années 1990 et sont principalement utilisés en enrobage des semences sur les grandes cultures. Le principe est simple : la plante s'imprègne du produit et devient toxique pour les insectes, tout au long de sa croissance.

Le déploiement de cette technologie de protection des plantes s'est accompagné d'une forte accélération du déclin des insectes pollinisateurs. Or, depuis plus de dix ans, de nombreuses études, menées en laboratoire, montrent une variété d'effets toxiques inattendus, attribuables aux néonicoti-noïdes : désorientation des insectes, perte des fonctions cognitives, synergie avec des pathogènes naturels, etc. Certains de ces effets se manifestent à des expositions de l'ordre d'une fraction de milliardième de gramme.

Le phénomène est mondial et massif, comme l'utilisation de ces produits phytosanitaires, qui s'est répandue dans plus d'une centaine de pays. Ces insectes sont, selon l'expression même de M. Le Foll, "indispensables à la vie végétale". Ils sont également indispensables à la production d'un tiers de notre nourriture.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fini par reconnaître, au printemps 2012, que les tests réglementaires qui ont conduit à l'homologation de ces molécules ne permettaient pas d'en évaluer les risques.

Ces nouveaux produits sont en effet très différents de ceux qui sont appliqués épisodiquement sur les cultures : ils les imprègnent, certes à faible dose, mais en permanence et sur des millions d'hectares... L'Autorité européenne de sécurité des aliments vient aussi de reconnaître, avec un retard considérable, que ces produits présentaient un risque pour les abeilles...

En conséquence, la Commission européenne propose de suspendre, pendant une durée de deux ans, trois de ces molécules controversées, sur certaines cultures. Cette proposition, à laquelle s'en remet Stéphane Le Foll, n'est pas conforme à l'état des connaissances. Ces produits persistent plusieurs années dans l'environnement, et leur propagation est connue de manière très imparfaite. Avant d'annoncer un plan d'aide à la filière apicole, il aurait fallu, de toute urgence, avoir le courage d'interdire ceux qui demeurent autorisés.

Éditorial du "Monde"

 

 

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:27

 

http://zad.nadir.org

vendredi 8 février 2013, par zadist

 


Aujourd’hui 8 février l’occupation militaire dure depuis 76 jours (pour une opération débutée il y a 115 jours). Notre camarade est emprisonné depuis 72 jours, et l’autre a été libéré hier.

Un camarade est en ce moment en prison, un a été libéré et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre.

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales.

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

(d’autres infos sur comment soutenir les personnes incarcérées et autres inculpé-e-s ici)


Infos utiles pour venir ici

Point d’info permanent sur le campement "Hors Contrôle" établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière. Si vous nous rejoignez sur la zone, voyez ici. attention : La permanence tenue au local de l’Acipa à Notre-Dame-des-Landes, est suspendue durant les jours à venir.

- équipe legale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Equipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Accueil "hors contrôle" : 06 32 98 78 36
- liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici
- Contact Presse de la Zad : 06 38 17 36 19

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Pour suivre les infos de la marche de Nice à NDDL, voir leur blog : http://marche.nicenantes.nddl.info/ Pour les rejoindre, illes partent tous les jours à 8h de la mairie de la ville où illes ont dormi.

Leurs derniers étapes :

08/02 Clisson - Rézé RDV : arrivée vers 16H-17H, départ à 8H00, place de la mairie

Enfin des infos précises sur leur arrivée à Nantes et sur la ZAD :

Soyons nombreusEs à les accueillir, à Nantes le 9 février et le 10 février pour la dernière étape !

Bonne marche à tou-te-s, on vous attend pour tout savoir de vos aventures, rencontres, ...


Idée d’action pour celles et ceux qui viennent par ici :

"Sinon, une idée d’action pour visibiliser le passage d’autres luttes sur la zad et l’interconnexion des problemes : trouver un endroit (genre carrefour de suez/la saulce) où on pourrait déposer plein de panneaux de signalisation vers des trucs ailleurs (ex : Khimki 3256km). Si tout le monde monte avec un panneau (résistant aux intempéries) ça pourrait vite avoir une bonne gueule."


Infos du jour

- 22h30 : il y aurait des contrôles au niveau de la Mancellière-Richard

- en Inde des paysan-ne-s luttent depuis 7 ans contre un méga projet d’exploitation d’acier POSCO, ces derniers jours, le gouvernement a fait intervenir la police pour prendre possession de ces terres : illes demandent un soutien international : il est possible d’écrire au Chief Minister et au Chief Secretary d’Orissa : cmo@ori.nic.in et csori@ori.nic.in pour apporter ce soutien. Plus d’info ici, et ici

- un appel à rendre visible l’opposition au projet d’aéroport : ici
- un appel à alimenter une base de données libres et transpartisanes (sic) ici

plus de nouvelles de flics... ils semblent être retournés à leurs postes habituels

- 18h : flics au niveau de la barricade entre la sécherie et le carrefour de la saulce : ils seraient des deux côtés de la barricade

- nouvelle démonstration des techniques de com du conseil général : Les mésaventures d’un historien enrôlé malgré lui dans le camp des défenseurs du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par la revue du conseil général de Loire-Atlantique

Journée tendue, les incursions de flics continuent :

- 16h50 : 15 flics sur la route de la Grée à pieds, équipés, et qui d’après quelqu’un-e qui les auraient croisés sont prêts à chercher la merde. un fourgon est stationné au niveau de la mancellière richard, un autre sur la route entre Vigneux et la Paquelais, avec peut-être une personne arrêtée

- 15h45  : flics signalés sur la D281 au niveau du chemin entre la D81 et la D281 et semblent aller vers les chicanes de la D281 par le sud

- 15h : départ des 16 fourgons du Temple en direction de Vigneux, certainement ceux qui accompagnaient les pelleteuses

Une dizaine de flics sont signalés devant la 1ère barricade du chemin de Suez.

S’il y a du monde qui peut venir vers la D281 et soutenir ou relayer les potes qui sont vers là-bas, ça serait chouette  ! Ici un appel à rejoindre cette zone

- Les marcheur-euse-s parti-e-s de Nice arrivent ce soir à Rezé : illes sont attendu-e-s à partir de 17h 30 au Canon à Pat ( café rue Alsace Lorraine à Rezé)

- 13h41 Des témoignages sur les balades sur le non-barreau routier du 2 févvrier :

la visite du barreau routier :

Aujourd’hui, je marche avec les Zadistes

et aussi

PDF - 36 ko

La visite des mares dans le cadre de la journée des zones

http://www.presquilegazette.net/pre...

- Une Camille sourde souhaite entrer en contact avec d’autres Camille qui connaissent la LSF ou autre langues des signes, sur la Zad et ailleurs. Contact (sms) : 06 98 12 89 42.

- Si vous voulez un peu de lecture, encore un article sur cette lutte : http://www.consoglobe.com/notre-dam...

- 12h57 Et encore, toujours la violence policière qui mutile les gens ! http://www.humanite.fr/social-eco/a...

- 12h51 Encore VINCI... : s’il y a du monde à la Réunion pour répondre à leur recrutement, ça nous ferait marrer ! http://www.pole-emploi.fr/region/re...

- 10h 31 Plein de nouvelles de partout !

- à St-Jean du Tertre, les fouilles archéologiques continuent avec plus d’effectifs que d’habitude : 16 camions de CRS, un de gendarmes mobiles et deux voitures de gendarmerie pour 2 pelleteuses.

- Des flics sont là devant deux barricades : entre La Sècherie et les Fosses Noires et entre le carrefour du Moulin de Rohanne et la Chat teigne.

- Des camarades ont titillé et fait un peu courir les PSIG près du carrefour du Moulin de Rohanne, sans problèmes pour les camarades.

- Et, plus "exotique", Aujourd’nui Jean-Marc Ayrault se rend à Grenoble. RDV à 15h devant la mairie !

- 9h44 Ce matin vers 9h, quelques flics ont attaqué et détruit la barricade qui était sur la route des Fosses noires entre le carrefour du Moulin de Rohanne et la Sècherie. La situation est de nouveau calme et ils se sont maintenant retirés sur le carrefour.


Les rendez-vous du jour ailleurs

tous les rendez-vous à venir dont on a connaissance sont ici

8 février

- Rezé : arrivée des marcheurs de Nice
Viendrez-vous demain soir, vendredi, pour l’arrivée des marcheurs ?...
Possibilité d’aller à pied à leur rencontre.
Arrivée prévue vers 17h30 au bar le Canon à Pat (rue Alsace-Lorraine) à Rezé.

Repas partagé à partir de 18h30 dans la salle municipale du Chêne Gala 9_ 9, rue Jean-Baptiste Vigier à Rezé (le long du parc qui longe la Sèvre)
- http://goo.gl/maps/mDsNN

Plus d’info sur le blog des collectifs de soutien sud Loire

- Le Pallet : Soirée débat NDDL

20h30 Salle Héloïse (face à la mairie) Rue Saint-Vincent Le Pallet

Diaporama suivi d’un débat Organisateurs : Association « Le Cri du Lombric »

-  Saint Amand Roche Savine soirée infos/débat à partir de 19h30, à Saint Amand Roche Savine, Puy de Dome - 63 (au dessus d’Ambert, côté Livradois), à l’ancien "Café Quoi" (à l’invitation de l’association "Place du Village"). soirée sur la lutte de Notre Dame des landes :

Il y aura une présentation de la situation, suivi d’un film documentaire sur la zad et un échange/débat.

Un bar nous permettra de nous rincer les gosier + une table de presse

Par ailleurs nous organisons aussi une collecte de matériel et de nourriture pour une montée prochaine à la zad pour s’occuper de la chateigne (RV également sur le Marché d’Ambert à partir du 7/02).

Documents joints

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:05

 

 

Rue89 -Tribune 08/02/2013 à 12h47

  Abdellah Taïa | Ecrivain

 

Mis à jour le vendredi 8 février 2013 à 14h57
Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée des éditions La Fabrique ne sont pas membres des "Indigènes de la République".

 

 

Tribune

Abdellah Taïa

Le paternalisme et l’ignorance ne sont pas venus cette fois de là où je les attendais.

Selon l’article de Street Press repris sur Rue89, les Indigènes de la République affirment que l’homosexualité, identité occidentale, n’est pas adaptée au monde arabe et africain. Et, par analogie, qu’elle n’est pas vraiment la bienvenue dans ce qu’on appelle, en France, « les quartiers populaires ».

Si on suit cette logique jusqu’au bout, le mariage pour tous n’est donc pas la priorité des priorités. Il ne serait même qu’une nouvelle offensive de « l’impérialisme gay » et du « monde blanc », qui veut imposer à la terre entière « l’universalisation de l’homosexualité ».

Moi, écrivain marocain homo, je suis choqué

Pourquoi cette réponse ?
Suite à la publication de l’article de nos partenaires de StreetPress sur la position des « Indigènes de la République », j’ai demandé à Abdellah Taïa, écrivain marocain dont nous aimons le travail à Rue89, de réagir. Lorsque Houria Bouteldja affirme que « le mariage pour tous ne concerne que les homos blancs » ou que le choix de l’homosexualité, c’est « comme si on demandait à un pauvre de manger du caviar », cela ne peut pas rester sans réponse. Zineb Dryef

Sans entrer dans l’analyse politique (assez facile à faire) de ces thèses, et de ce qui motive ces personnes à tenir de tels propos, je voudrais dire que moi, Abdellah Taïa, écrivain marocain homosexuel de 39 ans, vivant en France depuis 13 ans, je suis choqué et écœuré par ces paroles, ces dénégations. Par cette ignorance.

J’ai l’impression d’entendre des vieux Marocains attachés à un passé glorieux qui n’a jamais existé, à une identité fantasmée. Des membres de ma famille qui, une fois qu’ils m’ont bien insulté, me sortent l’argument majeur :

« L’homosexualité, ce n’est pas nous, ce n’est pas notre culture. Nous, nous sommes des musulmans. Des purs. Les autres ne connaissent pas Dieu. Ce sont des mécréants. »

Mais voilà : ce discours, qui mélange tout, le religieux comme le traditionnel, le racisme comme l’idéologie d’un autre temps, est complètement dépassé dans le monde arabe.

Des voix se battent pour nous faire exister

Au Maroc, au Liban, en Egypte et ailleurs, on a vu ces dernières années émerger des voix qui se battent pour faire exister les homosexuels arabes, les faire sortir de la honte où on les enferme, les protéger des lois injustes et des regards qui tuent.

Et ce ne sont pas seulement les associations arabes homosexuelles qui font ce travail. Les organisations des droits de l’Homme, notamment au Maroc, demandent la même chose : la reconnaissance des homosexuels comme individus, comme citoyens, et non comme des criminels.

Appeler à la liberté individuelle et sexuelle pour tous, hétérosexuels comme homosexuels. Installer enfin un espace où l’individu arabe peut se libérer du groupe, jouir pleinement de tous ses droits sans qu’on vienne lui rabâcher des discours traditionnels qui relèvent plus d’une identité rêvée que de la réalité.

Bien sûr, les gouvernements dans les pays arabes ne font absolument rien pour écouter, aider ces associations. Le changement des mentalités sur des sujets aussi importants est imposé souvent par des individus qui se sacrifient, qui sont maltraités et qui, pourtant, ne renoncent pas. La presse marocaine, ces dix dernières années, a joué un rôle formidable, courageux, pour accompagner ce mouvement, lui donner une crédibilité.

Participer à cette mission : libérer les homosexuels et, du même coup, tous les autres. J’ai pu, moi personnellement, parler de mon homosexualité au Maroc, donner des interviews et des conférences sur ce sujet. Tous mes livres, publiés aux Editions du Seuil, sont disponibles là-bas, certains traduits en arabe.

Cinq mensuels gays en arabe

Abdellah Taïa
Abdellah Taïa, né à Rabat en 1973, est écrivain. Il est l’auteur, aux Editions du Seuil, de « L’armée du salut » (2006), « Une mélancolie arabe » (2008), « Lettres à un jeune Marocain » (2009), « Le Jour du Roi » (Prix de Flore 2010) et « Infidèles » (2012).

Depuis le début du Printemps arabe, ce mouvement a même pris une ampleur inédite. On a vu sur Internet l’apparition d’autres associations gays. Les homosexuels arabes ont pris part à cette révolution qui, malgré les victoires électorales des partis islamistes, est en train de changer en profondeur la société et la pensée arabes.

Mieux : il existe maintenant au moins cinq mensuels gays en arabe : « Aswat » au Maroc, « Ihna » en Egypte, « My Kaly » en Jordanie et « Mawaleh » en Syrie. Ils sont tous disponibles sur Internet, librement. Ils sont tous dirigés par des jeunes arabes qui travaillent sérieusement à cette mission, changer le regard social et historique sur les homosexuels.

Des jeunes qui ont compris que la liberté ne viendra ni des sociétés conservatrices ni des pouvoirs qui, au même titre que les islamistes, instrumentalisent à longueur de journée l’islam pour asservir encore plus les Arabes.

Les exemples, pour montrer à quel point les Arabes sont en train en ce moment de travailler à la libération des individus (hétérosexuels comme homosexuels) et le dépassement de toutes les idéologies (y compris occidentales), sont très nombreux. Pour certains, tout cela est encore underground, timide, et ne représente rien au sein des sociétés arabes d’aujourd’hui.

Dès 747, des écrivains en ont parlé librement

J’ose, à travers ce papier, affirmer le contraire. J’ose rappeler l’histoire arabe où l’homosexualité n’a pas été toujours condamnée. Certains des plus grands auteurs arabes, Abou Nouass (747-815), Al-Jahiz (781-869), Ibn Arabi (1165-1240), Ibn Hazm (994-1064), en ont parlé librement. Leurs livres sont encore étudiés dans tout le monde arabe.

J’ose redire ceci, qui me paraît la preuve simple de ce que j’avance : il existe, depuis à peu près six ans, un mot arabe et neutre pour désigner l’homosexuel. Ce mot est très simple : « Mithly ». Il est aujourd’hui utilisé partout dans le monde arabe, dans la presse écrite comme à la télévision.

Alors, quand j’entends ce discours sur l’homosexualité venant des Indigènes de la République, je suis tout simplement meurtri. J’ai l’impression de faire une double peine. Surtout, et c’est cela le pire, je me retrouve encore une fois en France face à l’ignorance totale de ce qui se passe dans le monde arabe. Se fonder sur ces visions erronées pour imposer un discours sur « les quartiers populaires », et au passage exprimer une homophobie latente, me paraît à la fois triste et dangereux.

Le mariage pour tous est d’abord l’égalité pour tous. Tous les Français de toutes les origines. Qu’ils habitent à Gennevilliers ou à Saint-Germain-des-Prés. C’est cette évidence historique qu’on devrait retenir. Et non pas fantasmer de nouveau sur un passé depuis trop longtemps révolu et sur des identités qui relèvent tout simplement de la fiction.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:53

 

Rue89 - RDV manqué 08/02/2013 à 18h09
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

C’est un secteur qui perd [PDF] 20 000 emplois par an en France. C’est un secteur subventionné par l’Union européenne. Très subventionné même : les soutiens agricoles et le développement rural représentent 40% du budget européen. Ce dernier est discuté les 7 et 8 février à Bruxelles. Et la France est le premier bénéficiaire de la PAC.

Alors, plutôt de se questionner sur l’enveloppe qui sera finalement accordée à l’agriculture, pourquoi ne pas se demander comment la somme – même amoindrie – pourrait être mieux répartie, de façon à créer de l’emploi par exemple ?

La France, premier bénéficiaire de la PAC

Ministre chargé des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, vendredi 8 sur RMC, se voulait rassurant alors qu’un accord sur le « cadre financier » européen 2014-2020 n’a pas encore été trouvé. Concernant la Politique agricole commune :

« Nous demandons d’épargner la PAC. Pour l’instant, nous sommes à peu près garantis que, pour la France, les intérêts de l’agriculture seront préservés. »

Mais de quelle PAC parle le ministre délégué chargé des Affaires européennes ? De la même qui a prévalu jusqu’ici, depuis sa réorientation en 1992 ?

Les céréaliers vont bien, merci

En France, 663 807 exploitations de toutes tailles étaient recensées [PDF] en 2000. Une dizaine d’années plus tard, plus d’un quart d’entre elles ont disparu

Mais ça ne va pas mal pour tout le monde. Et les distinctions se sont même accentuées en 2012, d’après les chiffres [PDF] de la commission des comptes de l’agriculture :

  • Les céréaliers et producteurs d’oléoprotéagineux ont vu leur résultat courant augmenter de 48% ;
  • tandis que ceux des producteurs de lait et de viande bovine baissaient de 10%. »

Pour Agra Press Hebdo, ces résultats s’expliquent par « la hausse persistante des prix des grandes cultures qui avantagent le revenu des agriculteurs en pénalisant celui des éleveurs. » Quand les prix des céréales s’envolent, comme l’an dernier, c’est bon pour les céréaliers, beaucoup moins pour les agriculteurs qui ont besoin de céréales pour nourrir le bétail. Mais pas seulement.

C’est la taille qui compte

Réagissant à la publication de ces chiffres, le ministre de l’Agriculture a pris acte, le 12 décembre 2012, « de cette évolution et des disparités historiquement marquées entre filières ».

Selon Stéphane Le Foll :

« Ces résultats me confortent dans l’idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d’élevage. »

Car l’aide européenne est calculée, notamment, en fonction de la taille de la ferme. Et 80% des subsides vont toujours à 20% des agriculteurs. Sachant que leur montant n’est pas plafonné, cela peut aller jusqu’à plusieurs millions par an pour une exploitation.

La réforme de la PAC : le RDV manqué

Le budget de la PAC est discuté jusqu’à vendredi soir à Bruxelles. Mais, plus largement, la Politique agricole commune va être réformée.

La réforme tarde, elle a été reportée à 2015. Mais, d’ores et déjà, dans le projet, pas une ligne ne suggère de prendre en compte l’emploi dans l’attribution des subventions. La crise est passée par là, mais rien n’y fait.

La Commission européenne a bien proposé de plafonner le montant des aides à 300 000 euros par exploitation, mais une majorité de pays membres s’y opposent.

La France, quant à elle, demande à ce que ce budget soit redistribué plus équitablement, en accordant notamment une surprime aux 50 premiers hectares, pour les petits agriculteurs. Le projet est dénoncé par les producteurs de grandes cultures, « très inquiets », selon leur syndicat français, la FNSEA.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:45

 

Marianne - Vendredi 8 Février 2013 à 05:00

 

 

« Marianne » s’est procuré la note rédigée par Jean-Louis Nadal, procureur général près la Cour de cassation, sur l’affaire Tapie-Adidas. Où l’on découvre que Christine Lagarde, ex-ministre de l’Economie et actuelle patronne du FMI, est à portée de fusil d’une probable mise en examen pour « abus d’autorité » et peut-être même pour « complicité de détournement de fonds publics ». L’enjeu : plus de 400 millions d’euros versés à Bernard Tapie !

 

DUENAS CASTANEDA/EFE/SIPA
DUENAS CASTANEDA/EFE/SIPA
Après Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde pourrait bien être le deuxième secrétaire général du FMI (Fond monétaire international) à avoir des ennuis avec la justice de son pays durant son mandat.

Pas d’histoire grivoise cette fois, mais une affaire de fric : les millions empochés par Bernard Tapie au terme d’une sentence arbitrale contestée, lui qui s’estimait floué par son ancienne banque, le Crédit Lyonnais, lors de la vente d’Adidas.

Celle qui était ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie à l’époque des faits risque, au mieux, une audition comme témoin assisté. Au pire, une mise en examen pour complicité de détournement de fonds. C’est du moins ce qui ressort des documents auxquels Marianne a eu accès. 

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Le scénario judiciaire de cette chute a en effet été consigné noir sur blanc, dès le mois de mai 2011, par le procureur général de la cour de Cassation de l’époque, Jean-Louis Nadal, l’homme par qui le scandale pourrait bien de nouveau rebondir.

Voilà ce qu’il écrivait notamment dans ce document consulté par Marianne :  

« L’examen des pièces communiquées par le ministère des finances traduit la constance et l’intensité des interventions ministérielles pour conduire à la solution ayant finalement amené l’Etat à verser (à Bernard Tapie) une somme nettement supérieure à celle qui pouvait découler des sentences judiciaires qui venaient d’intervenir ».

 

Près de deux ans plus tard, le piège est en train de se refermer sur Christine Lagarde. Pourquoi ? Comment ? 

L’intégralité de notre enquête est à lire dans le n°825 de Marianne disponible en kiosque ce samedi et en version numérique dès cet après-midi sur le site Relay  (Mac et PC) et celui du Kiosque  (Mac, PC et Linux).

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:38

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.02.2013 à 16h25 • Mis à jour le 08.02.2013 à 20h35

 

 

La cité des Courtillères, à Pantin (Seine-Saint-Denis).

 

Le tribunal de grande instance de Nanterre a annulé vendredi 8 février les taux d'intérêt considérés comme usuraires de trois prêts contractés par le conseil général de Seine-Saint-Denis auprès de la banque Dexia, a annoncé à l'AFP le département.

Ces taux d'intérêt, "qui ont contribué à plonger les finances du département dans une situation dramatique", seront remplacés par le taux d'intérêt légal en vigueur, a précisé dans un communiqué le conseil général, faisant état d'une "importante victoire judiciaire (...) contre le scandale des emprunts toxiques".

 

"LA BELLE ASSURANCE QU'AFFICHAIT DEXIA S'EFFONDRE"

En 2008, 92,96 % des emprunts souscrits par le conseil général de Seine-Saint-Denis étaient "toxiques", selon le département. Le pourcentage a été ramené en 2012 à 65 %, "grâce à une politique active de sécurisation de l'encours de la dette", affirme-t-il dans son communiqué.

Le département avait assigné Dexia au civil en février 2011 à propos de 11 de ces emprunts toxiques, face au refus des banques de renégocier ces contrats. Pour 3 d'entre eux, le tribunal a exigé de la banque franco-belge qu'elle modifie ses taux d'intérêt, "jusqu'à la fin du contrat en 2031" a précisé l'avocat du Conseil général, Me Jean-Louis Vasseur.

"Jusque-là, nous nous opposions à une banque qui affichait son refus de toute négociation sur les taux et qui ne proposait que des solutions impossibles (...) La belle assurance qu'affichait Dexia devant ses clients s'effondre", a estimé Me Vasseur. Selon l'avocat, "c'est la première fois que Dexia se trouve condamné sur le fond".

 

VICE DE FORME

Cependant, selon un journaliste de Libération, la banque aurait en réalité perdu sur un vice de forme : elle aurait oublié de mentionner le taux effectif global ou "TEG", qui indique le coût réel, global, d'un crédit.

C'est d'ailleurs également ce que souligne Dexia vendredi soir. Dans un communiqué, où la banque prend acte de la décision du tribunal, elle fait valoir que le tribunal n'a pas remis en cause en tant que tels les prêts structurés qu'elle a consentis à la Seine-Saint-Denis, mais qu'il s'était appuyé sur l'absence d'une mention du taux d'intérêt sur un document préalable au contrat définitif.

"Ce point est purement technique et indépendant du caractère structuré des crédits consentis par Dexia", a relevé la banque, qui estime que le tribunal lui a donné raison sur le fond. En la matière, elle relève que le tribunal a reconnu qu'il s'agissait de contrats de prêts "parfaitement réguliers et conformes à la réglementation" et qu'elle n'a "en aucune manière manqué à son devoir d'information et de conseil vis-à-vis du département".

 

"UN SIGNE POSITIF POUR LES MILLIERS DE COLLECTIVITÉS VICTIMES"

De nombreux recours ont été introduits par des collectivités locales ces dernières années contre la banque franco-belge, à propos des emprunts toxiques. Certaines villes ont choisi de déposer plainte au pénal, comme Rosny-sur-Seine (Yvelines) en septembre 2011 et Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) en décembre 2011.

"J'accueille avec une grande satisfaction cette décision, réagit le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, sur son blog. La justice française reconnaît la responsabilité de Dexia dont les agissements ont contribué à plonger les finances du département dans une situation dramatique" estime-t-il voyant cette victoire comme "un signe positif pour les milliers de collectivités victimes de ces emprunts".

 Le maire d'Asnières s'est d'ailleurs empressé de saluer cette décision sur Twitter.

Les députés ont voté début décembre la création d'un fonds de soutien de 50 millions d'euros aux collectivités touchées par les emprunts toxiques, dans le cadre du budget rectificatif 2012. Une commission d'enquête parlementaire sur les emprunts toxiques aux collectivités avait chiffré l'an dernier le volume de ces prêts à 18,8 milliards d'euros.

 

Lire l'article de janvier 2012 : Dexia, une faillite au prix fort

Lire l'article de septembre 2011 : Emprunts toxiques : le sujet qui empoisonne les élus locaux

 


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