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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 19:37

 

Le Monde.fr | 06.02.2013 à 12h11 • Mis à jour le 06.02.2013 à 17h35 Par Isabelle Mandraud

 

 
Chokri Belaïd en décembre 2010, à la veille de la révolution tunisienne.

L'émotion, considérable en Tunisie dès l'annonce, mercredi 6 février, de l'assassinat par plusieurs tirs de Chokri Belaïd, une figure de l'opposition de gauche, abattu alors qu'il sortait de son domicile, n'a cessé de s'amplifier tout au long de la journée.

Le président tunisien, Moncef Marzouki, revenu précipitamment du Caire, devait intervenir à la télévision nationale. Tous les partis politiques ont, de leur côté,  organisé des réunions de crise. Dans l'opposition, quatre d'entre eux – Nida Tounès, Al-Joumhouri,  Al-Massar et le Front populaire – ont annoncé la suspension de leur participation aux travaux de l'Assemblée constituante et appelé à une grève générale jeudi 7 février.  

A la clinique Ennasr de Tunis, une foule considérable et très émue était déjà présente lors de l'annonce officielle du décès de Chokri Belaïd. Puis l'information s'est rapidement propagée et plus d'un millier de personnes commençaient à s'attrouper devant le ministère de l'intérieur tandis qu'à Paris, un rassemblement devant l'ambassade de Tunisie était organisé dès la fin de matinée.

En début d'après-midi, plusieurs locaux d'Ennahda (le parti islamiste au pouvoir), notamment à Sidi Bouzid, Gafsa et au Kef, étaient attaqués par des manifestants en colère. Les forces de sécurité tentaient de les repousser avec des gaz lacrymogènes. 

A Paris, des opposants à Ennahda occupent symboliquement l'ambassassade de Tunisie pour réclamer la démission du gouvernement et la dissolution des Ligues de protection de la révolution (LPR), qualifiées de milices islamistes.

 

LA FAMILLE ACCUSE ENNAHDA

L'assassinat de Chokri Belaïd n'a pas été revendiqué. Mais partisans et sympathisants de l'opposition dénoncent déjà à l'unisson le "premier assassinat politique" en Tunisie depuis la chute de l'ancien dirigeant Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011 et affirment : "On a assassiné un démocrate". Tous les regards se portent en particulier contre Ennahda, ouvertement accusé par la famille d'être responsable du meurtre de l'opposant.

 Bien connu des Tunisiens, avec sa casquette vissée sur sa tête et sa grosse moustache, Chokri Belaïd, 47 ans, secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié, allié au Front populaire (qui réunit plusieurs formations de gauche) ne ménageait pas ses critiques contre Ennahda.

 

Le corps de Chokri Belaid, transporté en ambulance vers l'hôpital public, afin d'être autopsié.

 

La veille encore de son assassinat, mardi 5 février, il dénonçait sur un plateau de télévision "la stratégie méthodique d'explosion de violence à chaque crise au sein du Mouvement Ennahda". Quelques jours plus tôt, il avait également accusé les "milices" du parti, les Ligues de protection de la révolution (LPR) maintes fois soupçonnées de violences, d'être à l'origine de plusieurs agressions contre les rassemblements organisés par des partis d'opposition. Il avait, enfin, été très actif lors des manifestations de Siliana, en novembre, violemment réprimées.

 

"PLONGER LE PAYS DANS LE DÉSORDRE"

Mercredi matin, le chef du gouvernement tunisien Hamadi Jebali, issu du parti islamiste Ennahda, a réagi en dénonçant "un acte criminel, un acte de terrorisme pas seulement contre Belaïd, mais contre toute la Tunisie". "Le peuple tunisien n'est pas habitué à ce genre de choses, c'est un tournant grave, a-t-il déclaré sur la radio Mosaïque FM. Notre devoir à tous, en tant que gouvernement, en tant que peuple c'est de faire preuve de sagesse et de ne pas tomber dans le piège du criminel qui vise à plonger le pays dans le désordre". Selon M. Jebali, Chokri Belaïd, a été tué de trois balles tirées à bout portant par un homme portant un vêtement de type burnous, le long manteau traditionnel en laine dotée d'une capuche.

 

Basma Choukri, veuve de Chokri Belaid, le 6 février à Tunis.

 

Depuis le bureau d'Ennahda à Londres, le chef du parti Rached Ghannouchi a fait parvenir un communiqué dans lequel il "condamne fortement le crime haineux qui a visé M. Belaïd" et appelle les Tunisiens "à l'unité et à la vigilance contre ceux qui cherchent à plonger le pays dans la violence".

L'assassinat de Chokri Belaïd intervient dans un contexte politique très tendu en Tunisie. La troïka au pouvoir, formée après les élections d'octobre 2011 par Ennahda, le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki, et le parti Ettakatol dirigé par le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jafaar, est au bord de l'implosion, les trois partis ne parvenant pas à se mettre d'accord sur le remaniement ministériel promis depuis des mois.

Isabelle Mandraud

 

Hollande condamne le meurtre "d'une des voix les plus courageuses et les plus libres" de Tunisie

 

Dans un communiqué publié mercredi en fin de matinée, le président de la République François Hollande a condamné "avec la plus grande fermeté l'assassinat" de Chokri Belaïd.

"Ce meurtre prive la Tunisie d'une de ses voix les plus courageuses et les plus libres", estime le chef de l'Etat qui ajoute que "la France est préoccupée par la montée des violences politiques en Tunisie et appelle au respect des idéaux portés par le peuple tunisien lors de sa révolution" en 2011..

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 19:25

 

Le 6 février 2013, Charles Torres comparaît au tribunal de Rouen pour avoir refusé le prélèvement de son ADN lors d'une garde à vue de 35 heures début 2012. Forgeron, on le soupçonnait de complicité dans l'affaire de Tarnac et d'avoir fabriqué les crochets qui servirent à bloquer des TGV en 2008. 


 

Le 23 février 2012, je fis bien malgré moi une entrée fracassante dans l’affaire dite «de Tarnac». Une escouade de policiers de la Sous-Direction antiterroriste (SDAT), avec à leur tête le médiatique juge Fragnoli, vint me sortir du lit de bon matin. Bien qu’habitant la Seine-Maritime, je devins ce jour-là «le forgeron de Tarnac». A défaut de pouvoir établir le moindre lien entre les mis en examen et les fameux crochets, le juge voulait à toute force insinuer un lien entre eux et quelqu’un qui aurait pu les fabriquer. Je fus donc, avec mon père de 86 ans, soupçonné le temps d’une garde à vue d’avoir confectionné les crochets qui servirent à bloquer des TGV une nuit de novembre 2008.

On sait que le storytelling antiterroriste ne s’embarrasse guère de la vraisemblance, et les différents articles parus dans la presse lors de mon arrestation le reproduisirent fidèlement. Il n’y eut d’ailleurs à peu près personne pour mentionner le fait que je fus libéré au bout de 35 heures sans la moindre charge; et ni le juge ni les policiers ne me présentèrent leurs excuses pour m’avoir ainsi kidnappé sans raison valable. Faute d’excuses, je pensais qu’ils auraient à cœur de se faire oublier pour ces 35 heures de séquestration légale. Sur ce point, c’est bien moi qui me suis trompé.

Comme je le précisais plus haut, des amis harcelés par l’antiterrorisme, j’en ai quelques-uns, à Rouen comme à Tarnac. Je lis la presse aussi. De ce fait, je sais comme tout un chacun que tout ce que l’on peut déclarer dans une garde à vue a vocation à être déformé et utilisé contre vous. Je réservais donc mes réponses aux questions des policiers sur mes idées politiques au juge en charge de l’enquête. Malheureusement, il ne crut pas bon de me recevoir. Quelques jours plus tard,  je fis tout de même l’effort de lui écrire afin de ne laisser aucun doute quant à l’erreur manifeste que représentait mon arrestation. Le jour même où cette missive devait paraître, le juge, qui allait être dessaisi, la recouvrit de l’annonce de son autodessaisissement. Il fit ainsi d’une pierre deux coups, et la missive ne parut jamais.

Pas plus que je n’avais de raison d’être en garde à vue à Levallois-Perret, n’avais-je de raison de livrer mon ADN à la police, qui de toute façon alla le récupérer lamentablement sous la forme d’un cheveu laissé sur le sol d’une salle d’interrogatoire. Je refusai donc. Faut pas pousser.

Mais refuser de donner son ADN est un délit, en soi. C’est-à-dire que même lorsque l’on vous l’a pris malgré vous, qu’on l’a analysé, qu’il vous a dédouané et que vous êtes à l’évidence lavé des soupçons qui avaient justifié qu’on vous le demande, vous êtes encore et toujours coupable d’avoir refusé. C’est cela la loi sur l’ADN, et c’est pour cela que je comparaîtrai au tribunal de Rouen ce mercredi 6 février.

De prime abord, on pourrait penser que je suis, ici, victime de l’un des effets pervers d’une loi mal formulée et qu’il suffirait d’un peu de bon sens pour que tout rentre dans l’ordre. C’est tout le contraire que mon procès révèle.

On peut ainsi remettre en question l’efficacité de l’ADN, et la mystification qui consiste à corréler une trace souvent partielle avec un acte. On peut évoquer ce professeur d’EPS récemment accusé d’avoir tiré sur la police à Amiens car son ADN avait été retrouvé sur une arme: il avait eu le malheur de revendre sa voiture à quelqu’un du quartier insurgé longtemps auparavant. Coup de chance, il put prouver qu’il était en Bretagne la nuit des tirs. On peut avancer le cas de cette chimiste assermentée de Boston, Annie Dookhan, qui par zèle a bidonné, des années durant, ses «expertises», ce qui aboutit à la remise en cause de dizaines de milliers de condamnations dans le Massachusetts. On peut faire valoir que les traces génétiques que partout nous déposons se mêlent et s’entrelacent avec toutes celles de tous ceux que nous croisons, que nous aimons. Que l’existence est toujours collective et qu’aucune analyse génétique ne permettra jamais de décrypter le monde tel qu’il est vécu.

On peut tout autant s’indigner du fait que ce qui fut initialement vendu comme le «fichier des violeurs» comporte aujourd’hui plus de 2 millions d’identifications. On peut même tomber des nues en lisant dans Le Monde du 21 février 2012 que désormais la police, grâce à un «vide juridique», détourne les garde-fous du FNAEG pour retrouver des gens grâce à l’ADN de leurs parents (ce qui fait évidemment exploser le nombre de personnes effectivement fichées à des dizaines de millions).

On peut arguer de tout cela, et certainement faut-il le faire. Mais c’est manquer l’élément essentiel. Ce qui nous pose problème avec le fichage ADN, ce n’est pas qu’il soit faillible. Ce qu’il y a d’effroyable dans le fichage génétique, c’est précisément son efficacité, son efficacité policière. Couplée à l’antiterrorisme dont on a vu qu’il permet d’arrêter à peu près n’importe qui pour à peu près n’importe quoi, la loi sur l’ADN ne fait qu’affranchir la police de toute contrainte légale pour assurer le maintien de l’ordre par tous les moyens nécessaires. C’est pourquoi elle sanctionne ceux qui, pour le vol d’un camembert, refusent de s’y soumettre. Dans l’époque mouvementée qui s’annonce, où l’ordre existant ne tient plus qu’à un fil, l’ADN est pragmatiquement un outil sans pareil.

C’est tout aussi pragmatiquement qu’il nous faut nous opposer à ce que la police détienne nos codes génétiques pour 20 ans. Parce qu’il n’est pas question de leur laisser un tel chèque en blanc. Parce que l’exiger au prétexte que quelqu’un serait anarchiste ou communiste voire syndicaliste, la police le fait déjà.

Ce n’est pas une question de loi, ni même de raison ou d’arguments, c’est la confrontation de deux pragmatismes: celui du contrôle des populations contre celui de l’insoumission du vivant. Cela relève du politique. C’est pourquoi il nous faut massivement et systématiquement nous soustraire aux relevés d’empreintes génétiques. Parce que l’arsenal sécuritaire derrière lequel cette société se retranche dit assez combien elle sait que ses jours sont comptés.


Lire aussi l'article Un avant-goût du procès de Tarnac: le procès du forgeron, dans le blog Epicerie-terroriste


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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:33

 

http://zad.nadir.org/

 

mardi 5 février 2013, par zadist

 


Aujourd’hui 5 février l’occupation militaire dure depuis 73 jours (pour une opération débutée il y a 112 jours). Nos camarades sont emprisonnés depuis 69 jours pour l’un et 48 jours pour l’autre.

Nous tenons à vous rappeler que DEUX camarades de la lutte contre l’aéroport sont en ce moment en prison (et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre).

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales.

- En attendant une réponse de notre camarade en prison J. (depuis le 19 décembre) concernant la diffusion de son identité, nous vous proposons d’envoyer vos lettres de soutien et témoignages de solidarité a l’adresse indiquée ci dessous ; nous les lui ferons parvenir : Comité de soutien aux inculpé-e-s « Le Gué » 44220 Couëron

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

(d’autres infos sur comment soutenir les personnes incarcérées et autres inculpé-e-s ici)


Infos utiles pour venir ici

Point d’info permanent sur le campement "Hors Contrôle" établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière. Si vous nous rejoignez sur la zone, voyez ici. attention : La permanence tenue au local de l’Acipa à Notre-Dame-des-Landes, est suspendue durant les jours à venir.

- équipe legale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Equipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Accueil "hors contrôle" : 06 32 98 78 36
- liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici
- Contact Presse de la Zad : 06 38 17 36 19

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Pour suivre les infos de la marche de Nice à NDDL, voir leur blog : http://marche.nicenantes.nddl.info/ Pour les rejoindre, illes partent tous les jours à 8h de la mairie de la ville où illes ont dormi.

Leurs derniers étapes :

05/02 Montaigu 06/02 depart à Montaigu 8h00, 07/02 Clisson - Rézé RDV : arrivée vers 16H-17H, départ à 8H00, place de la mairie

Enfin des infos précises sur leur arrivée à Nantes et sur la ZAD :

Soyons nombreusEs à les accueillir, à Nantes le 9 février et le 10 février pour la dernière étape !

Bonne marche à tou-te-s, on vous attend pour tout savoir de vos aventures, rencontres, ...

- - - - - - - Et voilà, les dernières nouvelles reçues des marcheurs d’Angers :

Bonsoir à toutes et à tous,

Quelques nouvelles de la marche. Nous sommes arrivés à Varades après deux journées bien chargées. Nous nous dirigeons vers Oudon.

Nous sommes entre 10 et 12 à marcher chaque jours et le moral et le soutient de la population est excellent !!

Les comités d’accueil sont au rendez-vous chaque jour avec des opposants/opposantes ravi-e-s de notre venue et nous nous sommes enthousiastes à la vue de ces nombreux militantes/militants qui nous soutiennent !!

Nous comptons sur ceux/celles qui veulent nous rejoindre à Oudon, Sucé-sur Erdre ou Notre-Dame-Des-Landes !

Départs à 10h00 devant les Marie et arrivées entre 17 et 18h00 devant les mairie. 04/02 : Varades, 05/02 : Oudon, 06/02 : Sucé-sur-Erdre.

Merci du soutient de toutes/tous. ZAD VAINCRA !!

En 2013, soufflons sur les braises !


l’action du jour


Infos du jour

15h33 : des pelleteuses rodent autour de St jean du Tertre et se déplacent vers le rosier et alentours. quelques tracteurs ont décidé de s installer dans la parcelle (du campement) en face du rosier car ils ont peur que les engins viennent jusque la, cette parcelle appartient à des agriculteurs.
pour le moment on doute qu il y ait une poursuite de travaux dans la journee mais celleux qui peuvent sont invitées à s y rendre pour faire une vigie avec les paysans et leurs tracteurs. les travaux recommenceront sans doute demain matin car il est un peu tard à présent.
il y a une quinzaine de fourgons postés dans les alentours pour faciliter les travaux, mais nous on n a pas envie de leur faciliter la vie évidemment.

12h20 : Hier un avion à enfin atteri sur la ZAD, il est parti de loin, mais il a fini par se poser. C’est un avion contre le capitalisme, il à donc pu atterir sans encombres, mais c’est le seul type d’avion qui se posera jamais à NDDL !

8h40 : Pour l’instant on a pas plus d’infos. De que se passe quelque chose, on vous tient en courant...

8h56 : On a l’info qu’ il y a des fouilles archéologiques à St. Jean de Tertre avec 2 bulldozer, accompagné par 7 camions de CRS, 2 camions de Gendarmes Mobiles et 2 voitures de Gendarmes Mobiles...

8h46 : Une voiture de flics vue sur la route de la Grée direction Fosses Noires.

9h50 : Deux flics à pie qui se ballade devant la barricade sud de la Secherie (ca veut dire : derrière, vers la Grée), et des PSIG (flics speciaux pour courrir dans les terrains difficils) etait vue dans les champs autours. Les gens de la Sechèrie appelent à plus de compagnie des camarades...

10h00 : InfoTrafflic : Il y a des flics au Bois de Rignoux l’entrée de la Paquelais, et comme d’ hab au carrefour Chemin de Suez / Fosses Noires. Pas de nouvelles des Ardillieres...

10h10 : Quelques flics du carrefour Chemin de Suez / Fosses Noires s’ approchent vers les barricades sur les Fosses Noires, nord de la Sécherie.

10h46 : Il y a plus de flics au Bois de Rignoux. Par contre encore un camion de flics qui faire des tours autours de la Sechèrie.


Les rendez-vous du jour ailleurs

tous les rendez-vous à venir dont on a connaissance sont ici

5 février

5 février

- Angers : réunion du collectif

Réunion du Collectif Angevins à 20h, au 22 rue du Maine à Angers

- Oudon : passage de la marche Angers-NDDL départ 10h00 Place de la Mairie arrivée vers 17h00 à Sucé-Sur-Erdre (22km)


RDV des collectifs, quotidiens ou réguliers

Localement

- Notre Dame des Landes, à partir de 9h : permanence sur la place de la poste (local des Syndicats - angle opposé à la Mairie) pour déplacement sur la zone
- Nantes, à partir de 10h : vigie citoyenne au Pont Morand ; à 19h à présent un soir sur deux : rassemblement devant la préfecture

Partout ailleurs (par ordre alphabétique)

- Angers : Point information, tous les jours sauf weekend, de 17h30 à 19h30, Place du Ralliement
- Bordeaux Le comité se réunit tous les mardis à 19h30 à la flèche Saint-Michel (pour ensuite aller vers un lieu de réunion qui change tout le temps et est défini sur le moment).
- Brest AG du comité de soutien brestois tous les mercredis à 20h30, le lieu pouvant changer, voir sur le blog http://comitebrestoisdesoutienanotr...
- Blois de 18 à 19 h chaque mardi au Liber’thés, rue Wilson à Blois
- Clermond-Ferrand : tous les mardi à 18h à l’hotel des vil-e-s au 55 avenue de l’union soviétique 63000 Clermont Ferrand.
- Concarneau : Réunion chaque jeudi à 18h, à la maison des associations, derrière les Halles
- Cran-Gevrier :Réunion du comité de soutien zone à défendre 74 tous les lundis depuis le 12 Novembre à 18HOO à l’Alterlocal 3 chemin des grèves 74960 Cran-Gevrier
- Châteaubriant Rassemblement hebdomadaire du collectif de Châteaubriant contre le projet d’aéroport de Notre dame des Landes chaque vendredi à 18h30 devant la mairie ;
- Grenoble : réunion du comité tous les mardi à 18h30 à Antigone. AG du comité, ateliers collectifs et préparation des actions
- Laval : tous les lundis à 18h30, réunion du collectif mayennais contre le projet d’aéroport à la maison de quartier des Pommeraies (rue des grands carrés).
- Livradois-Forez : RDV les 1er jeudi du mois sur le marché
- Marseille : Réunions régulières chaque mardi au "Tableau Noir" 60-64 rue Saint- Savournin 13004 Marseille à 19h. http://notrezaddelagarde.noblogs.org/
- Montpellier : Par ailleurs, le collectif se réunit tous les jeudi à 19h au squat Le kalaj.
- Nice : RDV tous les samedis 10h à un des marchés niçois. Prochain samedi 1er décembre : la libération RDV devant le jardin de la villatiole
- Paris : rdv hebdomadaire du collectif. Tous les mardis, à 18h30 pour les commissions, à 20h pour l’assemblée, au Transfo, 57, avenue de la République, à Bagnolet (metro Gallieni ou Robespierre). Contact : collectifnddlparisidf@riseup.net ou là : http://nddl-paris.effraie.org
- Ploermel : comité de soutien du pays de Ploërmel réunion un jeudi sur deux à 20h30 à Augan dans une salle derrière la maire contact : cdsplo@riseup.net
- Poitiers : Un jeudi sur 2 à partit du 3 janvier 2013, réu à 18h à la maison de la solidarité (rue du pigeon blanc)
- Pontivy : à partir du samedi 26/01 rassemblement hebdomadaire chaque samedi 15h00 place du Martray.
- Quimper : réunion tous les jeudis soirs à 18 h, 21 rue Pen ar Steir. collecte de provisions pour les zadistes les vendredis soirs de 18 à 20 h au même local tous les samedis matins, construction de cabanes sur la place Terre aux Ducs, Quimper
- Rennes, tous les lundis à 19h30 une réunion aura lieu à la Maison de la Grève (37, rue legraverend) pour informer sur ce qui se passe à la zad et penser ensemble ce que nous pouvons faire depuis Rennes (ravitaillement, organisation des allers-et-venues, actions, etc.). Tous ceux qui sont intéressés, qu’ils soient organisés en collectif ou pas, sont les bienvenus ! et chaque Vendredi à 18H00 : dans tous les cas, rassemblement à 18h00 place de la Mairie.
- Rezé : le Collectif Rezéen Antiaéroport se réunit tous les mercredis de 18h à 20h au Canon à Pat, 51 rue Alsace Lorraine 44400 Rezé.
- Rouen : tous les mardis soir à 19h à FLVM 192 rue Eau de Robec, suivi d’un repas végétarien à prix libre rdv à 17h30 pour faire à manger. Le blog de zaddarouen ici
- Saint-Etienne : Réunion le mercredi à 19h00, au bar l’Excuse au 38 rue de la Résistance (mais cela peut changer).
- Toulouse : AG tous les Mercredi à 19H au SLOLI à Toulouse
- Vannes  : changement de rdv : le rythme de réunions est devenu le suivant : RDV les 1ers et 3èmes lundis de chaque mois, à partir de 20h30 au café l’Eloge de la lenteur (16 rue Chateaubriand) à Vannes. Ce n’est plus tous les lundis. Le collectif a désormais un blog : http://collectif-pays-de-vannes-opp...
- Villefranche de Lauragais  : Tout les vendredi 9h30-12h au marché Permanence collecte de matériel à destination de la ZAD (voir ci-joint)
- Villefranche de Rouergue : réunion tous les 4ème vendredi du mois à 18 H au bar associatif les Hauts Parleurs 34 rue Alibert à Villefranche de Rouergue et tous les jeudi matin sur le marché de Villefranche de Rouergue. Contact : nddl.villefranche @ laposte.net
- le comité nddl22 de Saint Brieuc se réunit chaque jeudi soir à partir de 20h30 au local de la confédération paysanne, 93 boulevard Edouard Prigen

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:24

 

Bonsoir à vous tous,

Ce soir nous en sommes à 122 pré inscriptions pour le  trajet du 9 mars.

A l'évidence, il n'y a pas eu de mouvement de masse aujourd'hui pour de nouvelles pré inscriptions.

Nous nous orientons donc de plus en plus vers la réservation  de billets de groupe dans des TGV existants déjà.

Nous avons besoin de savoir de quelle gare TGV vous souhaitez partir pour négocier au mieux ces billets.

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Liste d'infos et de préinscription pour le voyage du 9 mars 2013  à Paris.

Dans le cadre de la chaîne humaine pour l’arrêt du nucléaire civil et militaire qui se déroulera le 9 mars 2013 à Paris, Europe Ecologie Les Verts PACA et Rhône-Alpes souhaitent affréter un train de 350 ou 500 personnes partant de Nice avec un arrêt à Toulon, Aix en Provence ou Marseille, Avignon, Valence, Lyon (ces arrêts restent à définir précisément) avec l’arrivée à Paris. Une négociation dans ce sens a été entamée avec la SNCF. 

Nous tenons compte de votre pré-inscription, nous vous donnerons sur cette liste toutes les informations utiles sur les horaires, le coût etc...

Cordialement,
L'équipe d'organisation

Toutes et tous à Paris le 9 marscontre le nucléaire

NB : Pour inviter des ami-e-s à s'inscrire sur cette liste et donc à pré-réserver le voyage, merci de leur demander d'envoyer un mail à
sympa@listes.eelv.fr avec comme objet : subscribe
provence-tgv-9mars@listes.eelv.fr
Ils et elles seront alors automatiquement préinscris et abonné-e-s à cette liste exclusivement destinée à ce voyage.

  
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:19

 

 

Marianne - Mardi 5 Février 2013 à 18:22

 

Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions de santé En savoir plus sur cet auteur

 

Les restructurations, fermetures et fusions de maternités, qui se sont traduites par d’importantes suppressions de postes et la création de superstructures, sont pointées du doigt au lendemain du drame de Port-Royal.


Extrait du film « Un heureux événement » - DR
Extrait du film « Un heureux événement » - DR
Pourquoi une femme arrivée à terme de sa grossesse n’a-t-elle pu être prise en charge à la maternité de Port-Royal (Paris XIVe) ? D’après les premiers éléments de l’enquête administrative menée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP), les effectifs soignants, médicaux et paramédicaux étaient au complet et le nombre de lits, suffisants pour parer aux urgences. Les personnels, y compris le chef de la maternité, ont pourtant affirmé que le service était saturé.

La situation de la parturiente n’a, semble-t-il, pas été jugée urgente. Y a-t-il eu une erreur de prise en charge ? La direction de l’AP-HP se couvre-t-elle après toute une série d’incidents dramatiques au sein de ses établissements (nonagénaire retrouvée morte de froid dans les jardins de l’hôpital Sainte-Périne, suicide d’une soignante à Robert-Debré…) ? Une investigation plus approfondie apportera les réponses aux questions qui se posent aujourd’hui.
 
« Il n’est pas question d’aller chercher des boucs émissaires chez le personnel », assure Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et porte-voix de la CGT-Santé et de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). « Le drame de Port-Royal, c’est la chronique d’un accident annoncé », poursuit le syndicaliste, dénonçant un manque chronique de moyens dans des hôpitaux contraints de se serrer la ceinture au nom de l’efficience. Au-delà de cette affaire, c’est peut-être une enquête parlementaire sur la politique périnatale qui s’impose.

sous-effectif chronique

Les restructurations hospitalières qui, depuis une vingtaine d’années, remodèlent la carte sanitaire, le manque de personnels et de moyens ont lourdement pesé. Même si, comme le dit l’APHP, les effectifs étaient au complet à Port-Royal le jour de l’accident (selon quelle norme ?), à force de rationalisation et de regroupements, les services hospitaliers sont en sous-effectif chronique. Les efforts budgétaires se sont traduits par des suppressions de postes, et par conséquent, des fermetures de lits, faute de personnel disponible. Résultat : des soignants en surrégime et des patients qui peinent à trouver des places dans les hôpitaux.
 
A Paris, trouver une place en maternité est devenu presque aussi compliqué que d’obtenir une place en crèche. Au nom de la rationalisation de l’offre de soins, les « petites » structures ont été fusionnées. La maternité de Port-Royal, superstructure flambant neuve ouverte il y a moins d’un an, est le fruit du regroupement de trois maternités. Plus de 100 lits d’obstétrique et 40 de gynécologie sont disponibles ; plus de 5 000 bébés y naissent chaque année. Les patientes sont des femmes du quartier, proximité oblige, mais pas seulement. D’autres futures mamans viennent de plus loin, attirées par la modernité et la bonne réputation de l’établissement ou contraintes de se déplacer jusque dans le XIVe arrondissement faute de maternité près de leur domicile, parfois sis en banlieue.
 
Face à l’affluence, poussés à faire plus d’actes et réduire les temps de séjour des patientes, les services sont en surchauffe. « Les événements dramatiques comme celui de Port-Royal sont, hélas, prévisibles », confie un médecin de l’APHP, lui même débordé dans son service. D’autres se sont déjà produits, dans le même établissement. L’année dernière, laissée seule dans un box, une femme avait fini par accoucher seule et son enfant était tombé sur le sol – heureusement sans gravité. Hier, une patiente a fait part de son intention de déposer plainte contre la structure après un décès in utero en 2011.
 
Dans un contexte de restrictions budgétaires et de rationalisations sur la santé, le drame de Port-Royal, comme à chaque drame médical, relance le débat sur le maintien des maternités et hôpitaux de proximité. Il serait pourtant faux de croire qu’un maillage plus serré dans tous les départements empêcherait des décès. Les établissements qui pratiquent peu sont dangereux pour les patients. Mais force est de constater qu’à pousser à son comble la logique d’efficience et de productivité, les « usines à bébé » peuvent l’être tout autant. 

 

 

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 18:05

 

Face à la multiplication des plans sociaux, «il est grand temps de mettre en place en France une politique industrielle digne de ce nom», affiment Gabriel Colletis, économiste, Michel Pialoux, sociologue, et Evelyne Perrin, membre d'Agir ensemble contre le chômage, en appelant à la mobilisation de tous.


 

Alors que notre industrie a déjà perdu 269 000 emplois en 2008 et 2009, soit 8 % de ses effectifs, malgré des luttes acharnées (les « Contis », Molex, Freescale, Philips, Chaffoteaux et Maury…) et compte 500 000 emplois de moins qu’il y a dix ans, voilà que les plans sociaux et les annonces de fermetures pures et simples d’entreprises s’accumulent de façon dramatique.

PSA annonce la fermeture de son usine d’Aulnay en 2014 (3 000 emplois directs, soit 8 000 au total avec les emplois induits), et un plan social sur 1 400 emplois au moins pour son usine de Rennes, mais a réalisé 4 milliards d'euros de profits en 2012 et possède 36 filiales dans les paradis fiscaux.

Renault annonce un plan social massif (8 200 suppressions d’emplois, dont 2 500 en ingénierie et recherche) et veut imposer des accords de compétitivité: recul de tous les droits acquis, intensification du travail, baisse de salaires, sous la menace de délocalisation, mais détenait un milliard d'euros dans ses caisses en 2012.

Sanofi veut supprimer 2 500 emplois en France après en avoir déjà supprimé 4 000, alors qu’il s’agit de la première capitalisation boursière du CAC 40 et que l'entreprise a dégagé 9 milliards d'euros de bénéfices en 2011.

Air France, avec son nouveau PDG payé 900 000 euros l’an, est soudain dans le rouge malgré sa place de numéro 3 du transport aérien, et prévoit de supprimer 5 000 emplois en deux ans, après en avoir perdu 4 000 en quatre ans.

Les aciéries d’Arcelor, à Florange, dont les hauts fourneaux sont arrêtés depuis des mois, seront non pas nationalisées, comme l’avait annoncé Jean-Marc Ayrault et commencé à l’envisager Arnaud Montebourg, mais fermées, alors qu’elles sont les plus rentables d’Europe.

Voilà que Goodyear, numéro 3 du pneu, annonce la fermeture de son usine d’Amiens (1 250 salariés encore) au bout de 60 mois de lutte des salariés.

Après son rachat par le fonds d’investissement Butler, 100 licenciements et 4 magasins fermés en un an, Virgin est mis en redressement judiciaire, avec le risque d’une liquidation ultérieure : est-ce pour ne pas s’être adapté au numérique, ou pour que Butler puisse mieux spéculer sur cet emplacement de choix sur les Champs-Elysées ?

Où va s’arrêter l’hécatombe ? A ce rythme là, que restera-t-il, d’ici dix ans, de notre industrie, déjà largement délocalisée dans les pays à salaire très bas et sans contrainte environnementale, et de l’ensemble de notre tissu productif, puisque même les services sont largement touchés (1)?  Nos enfants devront-ils alors s’expatrier pour trouver un emploi ?

François Hollande, qui a mis en place un ministère du Redressement productif, avait, lors de sa campagne présidentielle, fait la promesse de ne pas laisser fermer des entreprises comme Arcelor-Florange, PSA Aulnay, d’interdire les licenciements boursiers, et de promulguer une loi permettant le droit de préemption des salariés en cas de fermeture de leur entreprise.

Il est grand temps de mettre en place en France une politique industrielle digne de ce nom, fondée sur la sauvegarde à tout prix de notre tissu productif, et d’emplois écologiquement soutenables et socialement utiles (2). De telles politiques existent à l’étranger, en Allemagne, en Chine, aux Etats-Unis. Elles supposent de ne pas privilégier les logiques purement financières et boursières des multinationales et des fonds d’investissement, qui amènent à fermer des entreprises rentables et innovantes sans autre forme d’alternative, sur la base de diagnostics biaisés car élaborés par d’anciens patrons (rapport Gallois sur la pseudo insuffisance de compétitivité de l’industrie française), ou de déficits souvent créés artificiellement pour mieux justifier la fermeture (3).

Mais notre industrie ne sera pas sauvée si ses propres producteurs, ceux qui en détiennent le savoir-faire et en produisent la richesse, les salariés, ne se font pas entendre, et s’ils ne conquièrent pas, par tous les moyens, un pouvoir légitime, qui leur est jusque là refusé, car ils n’ont pas voix au chapitre. Or, de nombreux exemples existent à l’étranger d’entreprises reprises par leurs salariés, en Argentine, au Mexique (comme l’usine Continental de Mexico qui réembauche), en Espagne, tandis que certaines économies locales en Europe reposant sur une majorité de coopératives (le Trentin, par exemple) connaissent un chômage très bas.

De même, les citoyens que nous sommes, les élus des territoires abritant des industries, nous avons notre mot à dire : n’avons-nous pas arrosé de subventions issues de nos impôts ces entreprises qui ferment et délocalisent après avoir empoché les prébendes ? Sanofi a ainsi touché 450 millions de crédits d’impôts recherche en 2012… Les concurrents low cost d’Air France comme Ryanair n’ont-ils pas reçu 800 millions de subventions européennes ? Dans ces conditions, et si l’on considère que ce sont les salariés qui produisent la richesse, les entreprises ne devraient-elles pas être considérées comme des biens communs et publics, le bien commun des habitants d’un pays? Comme le souligne en effet Edouard Martin, leader CFDT de la lutte des acieries d’Arcelor Florange, dans ses vœux de lutte du 28 décembre dernier, « c’est tout sauf un combat corporatiste. C’est un combat que nous menons pour l’intérêt général, pour notre région, notre territoire, pour le pays, pour l’Europe. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est arrêter de servir le système qui nous détruit, qui s’autodétruit : la finance internationale ».

Mais la colère monte : les salariés de PSA Aulnay, à l’approche des premières mesures du « plan social », sont en grève depuis le 16 janvier, la direction répondant par un lock out, et sont allés en cars rencontrer les salariés de Renault Flins le 22 janvier dernier. Le meeting tenu jeudi 24 janvier à Sciences Po, à l’appel de SUD-Etudiant et de la CGT Sanofi, a connu une participation massive de salariés en lutte qui, ne comptant plus que sur eux-mêmes, mettent en place des convergences. Ainsi ont-ils appelé mardi 29 janvier, avec les Licenci'elles (fondé par des salariées licenciées des Trois Suisses) et plusieurs autres entreprises, à une manifestation unitaire devant le ministère du travail, pour exiger deux mesures d’application immédiate, l’interdiction des licenciements boursiers et une sécurisation de l’emploi pour tous.

Il est évident que par ailleurs, le projet de loi sur le droit de préemption des salariés sur les entreprises qui ferment – et non de simple préférence, sans aucun caractère obligatoire – devient plus urgent que jamais, et ne doit pas être différé davantage.

C’est bien sûr en tout premier lieu aux salariés concernés de mener la lutte contre la fermeture de leurs entreprises, et c’est ce qui en train de se produire. Mais empêcher la disparition de la majeure partie de notre industrie, de notre potentiel productif, nous concerne tous, salariés, citoyens et consommateurs, élus des territoires, chercheurs et experts… C’est maintenant qu’il nous faut nous mobiliser, avant qu’il ne soit trop tard.

 

(1) Beaucoup de nos territoires, une fois fermées ces entreprises, deviendront des « déserts industriels », souligne Laurent Davezies dans La crise qui vient : la nouvelle fracture territoriale, Paris, Le Seuil, octobre 2012.

(2) Lire à ce propos « L’urgence industrielle », de Gabriel Colletis, Bordeaux, Le Bord de l’Eau, 2012 et, sur Mediapart, l'édition participative Un pacte productif pour la France.

(3) C’est ce qui ressort très clairement du tour de France de 35 entreprises en lutte, « Haute tension : les luttes des salariés contre les plans sociaux 2008-2010 », par Evelyne Perrin.

 

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:52

 

 

Rue89 - Vie de bureau 05/02/2013 à 15h41
Elsa Fayner | Journaliste Rue89

 

 

Absence de colère, troubles anxieux, non-respect des règles de sécurité : comment ne pas perdre pied quand son emploi est condamné ?

 

 


PSA, à Aulnay : des salariés durant leur pause, le 28 janvier 2013 (Christophe Ena/AP/SIPA)

Pascal travaille depuis vingt ans chez PSA, à Aulnay (Seine-Saint-Denis) et à la chaîne :

« La fermeture, j’y pense tout le temps. Là, je me suis mis en arrêt, j’ai du mal à l’usine. Mieux vaut pas que je me demande pourquoi je travaille, sinon j’arrête. Il n’y a aucune motivation. Les autres, ils continuent par habitude. »

L’usine ferme en 2014. D’ici là, les salariés doivent continuer à assembler, peindre, contrôler les C3 pour qu’elles puissent continuer à rouler. Comment accomplir les mêmes gestes qu’à l’accoutumé, rester motivé, ne pas perdre pied quand on sait son emploi en sursis ?

« Quand il y a de la colère, c’est bon signe »

Le jour de l’annonce officielle de la fermeture du site d’Aulnay, le 12 juillet 2012, sur le parking, l’abattement dominait. L’équipe de l’après-midi avait même été travailler. Certes, la nouvelle avec fuité auparavant. Mais surtout aucune précisions n’étaient données. Quand ? Avec quels reclassements ? Quel accompagnement ?

Mathieu Poirot, psychologue social, parle d’« impuissance apprise » :

« Quand on est dans l’incertitude, sans informations sur ce qui va se passer, on ne peut plus gérer le changement. »

Consultant, il est mandaté par la direction ou par des entreprises qui ferment « pour accompagner le management ou comme médiateur avec les syndicats ». Ce qui le frappe, c’est l’absence de colère chez les salariés :

« Il n’y en a pas tant que ça. Quand il y en a, c’est plutôt bon signe. Mais ce que je vois ce sont plutôt des troubles anxieux et de l’abattement. »

Ce qui peut avoir un impact sur la performance globale de l’entreprise, note Mathieur Poirot :

« Les gens ne respectent plus forcément les règles de sécurité. Des lignes de production peuvent être cassées pour ralentir la production et la garder dans l’usine. »

Ou pour protester, de manière désespérée, contre la fermeture annoncée.

« Je pleure devant les patients, tant pis »

Ingrid préfère témoigner sous pseudo. La quadragénaire s’occupe de l’administration dans une entreprise de presse en redressement judiciaire :

« C’est le bénéfice du doute qui fait que je continue. Il y a éventuellement un repreneur, on le saura en mars. »

Au mieux, il y aura des licenciements dans l’entreprise. Au pire, aucun des repreneurs potentiels ne sera validé par le juge. Ambiance. En attendant, la société « avance au ralenti ». Ingrid diffère des rapports annuels qu’elle aurait dû rédiger : à quoi serviront-ils ?

« Notre directeur est focalisé sur la recherche d’un repreneur, c’est normal, il s’en fiche des tableaux d’analyse du chiffre d’affaires ou des calculs de ce genre. »

Ingrid ne peut pourtant pas s’empêcher d’en réaliser quelques-uns, de ces tableaux, sans que personne ne les lui demande cette année. Par curiosité ou par conscience professionnelle (elle hésite).

Effectuer les mêmes tâches, continuer à travailler... Pour certains, ce n’est pas possible. Comme dans les métiers de services aux autres, notamment de soins, constate Valérie Tarrou, psychologue du travail, qui reçoit des salariés en souffrance :

« Dans ces métiers, il faut garder une distance émotionnelle. Or les personnes qui vivent des périodes difficiles n’y arrivent plus. L’une d’entre elles m’a même dit : “Je pleure devant les patients, tant pis, ils me voient pleurer”. »

Pour d’autres, au contraire, c’est presque reposant. Comme pour Patrice, chez PSA :

« Je me demandais comment les gens pouvaient continuer à bosser. En fait, ça fait une espèce de point fixe, sinon c’est quand même le vide partout. »

Y compris pour les militants CGT comme lui, qui passent, depuis l’annonce officielle de la fermeture, une bonne partie de leurs journées à essayer de convaincre les collègues de se mobiliser :

« Pour les militants de l’usine, les moments de travail à la chaîne soulagent, finalement. C’est un moment un peu carré, où on ne pense pas trop à autre chose. »

« On a un projet, c’est déjà ça »

C’est l’une des principales préoccupations évoquées par les personnes interrogées : les tensions avec les collègues, la difficulté à s’entendre sur l’attitude à adopter, les désaccords dans la détresse.

Pour Karim, lui aussi à Aulnay :

« Quand je viens au travail, je suis dégoûté, même avec les collègues je suis dégoûté. Qu’est-ce que je peux leur dire ? Vous êtes des lâches ? Y’a plus aucune motivation. »

Pascal, syndicaliste, repense la nuit à tous les collègues qu’il a voulu convaincre. Il se repasse les arguments qu’il a utilisés, se dit qu’il aurait pu faire mieux, en cherche de plus percutants.

Dans son entreprise de presse, Ingrid, elle, a fait partie d’un projet de Société coopérative et participative (Scop). L’idée a divisé l’équipe, créé des tensions entre collègues. Sans pour l’instant déboucher :

« On a envoyé notre projet à l’administrateur et au juge pour qu’ils le soumettent au repreneur, c’est limité comme moyen d’action, mais c’est déjà ça : nous avons un projet pour notre entreprise. »

Le problème, pour Ingrid, c’est de ne pas savoir qui sont les candidats à la reprise de l’entreprise, quels sont leurs projets. De ne pas pouvoir s’opposer. De ne pas pouvoir prendre parti.

« Il faut avoir une communication de grands »

Mathieu Poirot, quand il est appelé à la rescousse par des PME comme par des grands groupes, essaie d’alerter ses clients :

« Je les entends souvent dire qu’il faut y aller doucement, ne pas tout dire d’un coup, pour que les salariés “digèrent”. C’est une idée fausse. Il vaut mieux dire les choses clairement, pour que les gens matérialisent la chose ou puisse faire le deuil. Il faut avoir une communication de grands. »

La psychologue du travail Valérie Tarrou confirme :

« La source de la souffrance, c’est de ne pas comprendre ce qui est en train de se passer. Ça donne des arrêts de travail, qui ne sont pas de mauvaise foi, mais parce que ce n’est pas possible de tenir. »

Le consultant conseille de partager avec les salariés les scenarii qui se présentent réellement – le catastrophique (l’entreprise ferme), le neutre (une solution temporaire trouvée pour le moment) ou l’optimiste (un repreneur).

« Au moins ça permet des référentiels. Chacun prend le scenario qu’il veut et se prépare. »

Se taire : une catastrophe

Mais ses clients se montrent peu réceptifs :

« Je pense que les managers évitent de passer l’information parce qu’ils se sentent coupables et parce qu’ils cherchent à éviter l’émotion que ça suscite. Ils comprennent les deux positions, celle de la direction et celle des salariés, et, pour réduire cette tension, il vont faire un choix, alors que leur rôle, c’est d’être l’intermédiaire. »

De plus en plus aussi, Mathieu Poirot rencontre des directions qui demandent aux managers de se taire. Une catastrophe, déplore-t-il :

« Dans ces cas-là, des rumeurs circulent. Les gens commencent à se faire leur scenario. C’est inévitable. La direction ne peut pas ne pas communiquer. Ne rien dire dit quelque chose. On pense que la direction cache quelque chose. Et même si, ensuite, elle décide de divulguer son scenario, les gens préfèreront croire celui qu’ils se sont forgés et auquel ils se sont attachés. »

Sur certains sites que visite le consultant, les salariés attendent depuis deux ans. Sans avoir la moindre idée de ce qui est en train de se décider.

 

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:40

 

LE MONDE ECONOMIE | 28.01.2013 à 11h39 • Mis à jour le 05.02.2013 à 11h16 Par Francine Aizicovici

 

 

 
Dans une agence de Pôle Emploi, à Nice, le 23 octobre 2012.

Montant des allocations revues à la baisse, réduction de la durée de leur versement, refus d'inscription... : de nombreux chômeurs se heurtent à des décisions pénalisantes de la part de Pôle emploi. Les conséquences vont du remboursement d'indus ou de trop-perçus à la radiation. Et elles résultent, dans certains cas, de dysfonctionnements de l'organisme public.

Les démarches des demandeurs d'emploi relèvent du parcours du combattant. Des recours amiables contre des décisions sont possibles, mais les intéressés en sont rarement informés. Dans un premier temps, le chômeur peut saisir le directeur de son agence. En cas d'échec, il peut s'adresser au médiateur de l'organisme, ou à la direction régionale.

Dans certains dossiers, il est possible de saisir les instances paritaires régionales ou territoriales (IPR, IPT). Les problèmes de paiements indus "se règlent, en général, avec les IPR", relève Luisa Benbouzid, membre du comité CGT des chômeurs et précaires.

 

IL FAUT ÊTRE PATIENT

Le traitement amiable peut aussi concerner les radiations. Mais il faut être patient. L'affaire de Patrick, à Nîmes, aura duré deux ans et demi. En octobre 2009, il dépose une demande d'allocation de retour à l'emploi (ARE). Celle-ci est acceptée mais, dix mois plus tard, il est radié car, selon Pôle emploi, il n'a pas fourni les pièces justifiant le salaire qu'il percevait, ce qui laisse entendre qu'il a fraudé.

On lui réclame alors la somme de 2 248,40 euros. Il saisit le médiateur, en vain, puis trois courriers du service juridique de Pôle emploi le menacent de le traîner devant les tribunaux. Il engage de nouvelles démarches, cette fois avec le comité CGT. Miracle : en février 2012, l'IPR statue en sa faveur : c'est en fait Pôle emploi qui lui doit 16 131,53 euros !

Reste que, "souvent, les demandeurs d'emploi n'ont pas le réflexe de contester une décision, par manque d'information, remarque Florent Hennequin, avocat en droit social. La motivation des indus, par exemple, n'est pas fournie par Pôle emploi. Il n'y a aucun moyen de connaître les calculs, sauf à engager une procédure". Il s'agit alors de saisir le tribunal de grande instance - mais là aussi, il faut patienter deux à trois ans avant d'avoir une audience - ou le tribunal administratif, selon les cas.

 

RAPPEL À L'ORDRE

L'éventualité d'une condamnation peut parfois pousser Pôle emploi à régler le problème "en dernière minute, avant l'audience, par une transaction ou par une annulation de la décision de radiation ou de rejet d'indemnisation", relève Rose-Marie Péchallat, coadministratrice de l'association d'aide aux chômeurs Recours radiation. C'est le cas dans une affaire où Pôle emploi prélevait des trop-perçus sur les allocations de onze ex-salariés d'une même entreprise en raison d'un mauvais calcul de sa part. L'organisme public a clos le dossier le 22 janvier.

D'autres chômeurs doivent aller au bout de leur procédure. Et certains jugements font grand bruit. Comme l'ordonnance du 11 septembre 2012 rendue en référé par le tribunal administratif de Paris.

Soutenu par le comité CGT des chômeurs et précaires, un demandeur d'emploi poursuivait l'organisme pour absence de suivi. Il n'avait bénéficié que de trois rendez-vous à son agence en trois ans, ce qui, a-t-il plaidé, le privait de "la liberté fondamentale du droit à l'accès effectif au travail".

 

CONDAMNÉ

C'est, semble-t-il, la première fois qu'un dossier de ce type arrivait devant le juge. Pôle emploi a été condamné et enjoint à le recevoir "dans les huit jours", à le "rencontrer de manière régulière", etc. En somme, un rappel à l'ordre de ses obligations légales.

Mais l'organisme, appuyé par le ministère du travail, a porté un recours en annulation devant le Conseil d'Etat. Ce dernier a jugé qu'il n'y avait pas de situation d'urgence justifiant le recours au référé. "Mais le Conseil d'Etat ne remet pas en question le constat de violation d'une liberté fondamentale", se félicite Me Hennequin, qui défendait le plaignant.

Ce jugement "a connu un écho auprès de nombreux demandeurs d'emploi", ajoute-t-il. Un dossier collectif d'une vingtaine de personnes devrait être déposé devant le juge au cours du premier trimestre 2013.

Francine Aizicovici

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:31

 

LE MONDE | 05.02.2013 à 06h58 • Mis à jour le 05.02.2013 à 10h38 Par Denis Cosnard

 

 

Un salarié de l'entreprise M-Real à Alizay, dans l'Eure, participe au blocage de l'entrée de son usine pour la quinzième journée consécutive, le 3 novembre 2011.

La scierie Lefèbvre à Buironfosse (Aisne), la manufacture de clarinettes de La Couture-Boussey (Eure), la fabrique de sacs Mondi de Saint-Jean-d'Illac (Gironde)... La disparition de ces usines-là n'a pas fait la une des journaux ni l'ouverture du "20 heures". Mais ces dossiers reflètent la réalité de la désindustrialisation autant sinon mieux que des sinistres spectaculaires comme Petroplus ou Goodyear.

De plus en plus de petites usines de ce type sont en effet rayées de la carte. En 2012, quelque 266 fermetures de sites industriels ont été recensées, soit 42 % de plus qu'en 2011. En moyenne, la taille de ces sites se limite à 71 salariés, selon les chiffres publiés, mardi 5 février, par la société Trendeo, qui traque les annonces de création et de destruction d'emplois.

 

LE DÉLITEMENT S'ACCÉLÈRE

Au final, Arnaud Montebourg a beau se mobiliser en faveur du "redressement productif", le délitement du tissu industriel tend au contraire à s'accélérer. Et l'année 2013 démarre mal : "Le mois de janvier, avec les annonces de Renault puis de Goodyear, a été le plus mauvais en termes de suppressions d'emplois depuis que nous collectons des données", indique David Cousquer, de Trendeo.

Après avoir culminé en 2009, au plus fort de la tempête économique, les fermetures de sites et les plans sociaux s'étaient un peu calmés en 2010 et 2011. Le mouvement est reparti de plus belle à partir de l'été dernier, alors que le nombre de créations d'usines progressait très légèrement, à 166.

Résultat : en quatre ans, 1 087 fermetures ont été annoncées, pour seulement 703 ouvertures. La France compte ainsi 384 sites industriels de moins qu'au début de 2009. C'est "le pays le plus désindustrialisé d'Europe", selon Patrick Artus, de Natixis.

 

Denis Cosnard

 

 

Plus fort recul de l'activité du privé depuis quatre ans

 

L'activité du secteur privé français a replongé en janvier, enregistrant son plus fort recul depuis mars 2009. L'indice  PMI confirme ainsi la première estimation publiée fin janvier et se replie à 42,7 points, contre 44,6 points en décembre, soit son plus bas niveau depuis 46 mois. Il s'éloigne fortement du seuil de 50 points qui marque la frontière entre périodes d'expansion et de contraction.
Cet indicateur avancé de la conjoncture, considéré comme fiable par les analystes, avait déjà touché en septembre son plus bas depuis mars 2009, mais la contraction de l'activité avait depuis ralenti sa cadence. Dans le détail, malgré la faiblesse actuelle de l'activité des services, la confiance des prestataires de ce secteur se renforce et atteint son plus haut niveau depuis cinq mois. Le PMI manufacturier, déjà rendu public, s'est lui replié de 44,6 points à 42,9 points en un mois.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 17:23

 

LE MONDE | 05.02.2013 à 10h46 • Mis à jour le 05.02.2013 à 11h13 Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme


 

 

Une enquête parlementaire sera aussi ouverte sur le rachat des journaux du Sud du groupe Hersant Médias par Bernard Tapie.

Le groupe Hersant Média (GHM), comptant plus de 3000 collaborateurs, repris au mois de janvier par l'homme d'affaires Bernard Tapie et les héritiers Hersant, est désormais sous le coup de deux enquêtes distinctes. La justice a en effet décidé de s'intéresser de près à la gestion de GHM, propriétaire de plusieurs journaux en France : Nice-Matin, La Provence, sans compter diverses publications outre-mer comme France-Antilles. Le parquet de Paris vient de confier une enquête préliminaire à la brigade financière.

Les policiers sont saisis de présomptions d'"abus de biens sociaux", au préjudice des sociétés du groupe Hersant Média (GHM). Ils vont notamment enquêter sur les flux financiers suspects entre le groupe de presse, au bord de la liquidation fin 2012, avant sa reprise, et le prestigieux golf Robert-Hersant de Nantilly (Eure-et-Loir).

 

 L'ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

En parallèle, une commission d'enquête parlementaire devrait voir le jour dans quelques semaines, afin de tirer au clair les conditions de la reprise définitive du groupe de presse par M. Tapie et les héritiers Hersant, actée le 14 janvier par le tribunal de commerce de Paris. Le député socialiste des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci, candidat déclaré à la mairie de Marseille, vient de terminer son projet de résolution en ce sens, document dont Le Monde a eu copie.

Les policiers agissent quant à eux à la suite d'un signalement du ministère du redressement productif, dirigé par Arnaud Montebourg, sur la base de l'article 40 du code de procédure pénale. Celui-ci prévoit que toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit, est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs.

En l'occurrence, c'est le comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), qui a indiqué à M. Montebourg l'existence d'éventuels abus de biens sociaux au sein de GHM, alors en pleine déconfiture financière.

M. Montebourg a donc signé dès le mois de décembre 2012 un signalement sur la base de l'article 40, mettant en cause auprès du procureur de Paris la gestion de GHM par les héritiers de l'ancien magnat de la presse, Robert Hersant. "J'ai saisi la justice, a confirmé M. Montebourg au Monde, car nous avions là un groupe dirigé par un exilé fiscal, M. Philippe Hersant, dont la gestion était jugée contestable. Nous avons fait notre travail."


 14 MILLIONS D'EUROS DANS LE GOLF ROBERT-HERSANT

Les policiers vont notamment s'attacher à retracer les flux financiers, de l'ordre de 14 millions d'euros selon le CIRI, qui auraient permis d'abonder les comptes de la SCI Golf de Nantilly. Le superbe club house du golf, et les installations sportives, plusieurs dizaines d'hectares plantés d'essences rares appartenant à la famille Hersant, auraient ainsi bénéficié d'aménagements somptuaires, alors que les journaux étaient sur le point de disparaître, en 2012, et que la Comareg, éditrice notamment de Paru-Vendu, liquidée en 2011, avait laissé 1650 salariés sur le carreau.

Sollicité par Le Monde, Me David de Pariente, le conseil de la famille Hersant, a indiqué que "le golf, public, a toujours fait partie du groupe Hersant. Il a ensuite été racheté par Eric Hersant [l'un des petits-fils de Robert Hersant], et sorti de GHM à la demande des banques créancières, qui ont également obtenu le remboursement des flux financiers consentis en sa faveur. Il n'y a aucune illégalité dans l'affaire".

Cette enquête préliminaire, gérée par le parquet, ne devrait pas empêcher la création d'une commission, voulue par le député Patrick Mennucci. En effet, seule l'ouverture d'une information judiciaire, confiée à un juge d'instruction, obligerait, selon les textes en vigueur, le pouvoir législatif à cesser ses travaux. M. Mennucci va donc soumettre au vote de l'Assemblée nationale le principe, déjà arrêté par le groupe socialiste, de la création d'une commission d'enquête parlementaire, qualifiée par avance de "tartufferie" par Bernard Tapie, le 16 janvier.
 

"UN FAVORITISME OUTRANCIER ?"

"La commission d'enquête devra vérifier si la liberté du commerce n'a pas été malmenée par un favoritisme outrancier à l'égard des acquéreurs seuls en capacité de connaître pleinement le dossier, précise le projet de résolution du parlementaire. Des accords secrets ont-ils été conclus par le tandem Tapie-groupe Hersant Média avec d'autres concurrents pour qu'à terme ces derniers bénéficient d'une vente préférentielle lors du démantèlement du groupe ? Enfin, la présente commission s'interrogera également sur l'origine des sommes investies par Bernard Tapie."

Une dernière phrase lourde de sous-entendus, puisqu'elle vise en fait la procédure d'arbitrage, aujourd'hui contestée, qui a permis à M. Tapie d'obtenir en 2008 403 millions d'euros, dans le cadre du conflit lié au passif du Crédit lyonnais. Deux enquêtes judiciaires distinctes, l'une devant la Cour de justice de la République, l'autre devant des juges de droit commun, sont ouvertes pour, notamment, "détournements de fonds publics, faux, recel et complicité de ces délits".

Désormais donc, outre l'origine de sa fortune, les circonstances dans lesquelles M. Tapie a pu acquérir GHM intéressent la justice. En effet, 17 banques créancières ont abandonné 165 millions d'euros dans la reprise du groupe par un tandem composé de trois héritiers de Robert Hersant et de l'homme d'affaires Bernard Tapie, deux parties associées à parité. Les partenaires apportent un total de 51 millions d'euros dans l'affaire, comprenant diverses garanties. Philippe Hersant, l'un des fils de Robert Hersant, reste ainsi à la tête de son groupe, tout en ayant effacé ses dettes.

 

 UN TOUR DE PASSE-PASSE

Un tour de passe-passe qui a engendré un affrontement très médiatique, mais aussi politique, entre MM. Tapie et Montebourg. Le pouvoir socialiste, et notamment l'Elysée, très inquiet de voir l'homme d'affaires revenir troubler l'échiquier politique, en particulier à Marseille, a d'abord tenté de contrer l'offensive de M. Tapie, en suscitant plusieurs candidatures concurrentes.

De quoi déclencher la colère de l'ancien patron de l'OM, qui a assuré publiquement à plusieurs reprises n'avoir aucunement l'intention de conquérir la mairie de Marseille. Il a dénoncé une intervention politique, tenté de joindre M. Montebourg et même l'Elysée, en menaçant de publier un enregistrement audio censé prouver ses assertions. "C'est la mission même du CIRI que de trouver des solutions, les meilleures possibles pour redresser le groupe, assure M. Montebourg. D'ailleurs, M. Tapie a amélioré son offre après notre intervention. Nous gardons un œil sur cette affaire."

L'offre concurrentielle la plus aboutie a été menée par le groupe belge Rossel, qui avait déjà repris plusieurs journaux du nord de la France appartenant à GHM. Mais l'épisode de la Comareg, et l'éventualité de voir quelques-uns des 1650 salariés licenciés se retourner sur le plan judiciaire contre le repreneur, aurait refroidi les ardeurs de Rossel. Du coup, M. Tapie, après avoir renoncé à se porter acquéreur, a déposé in extremis une nouvelle offre, en décembre 2012, lui permettant de l'emporter sur le fil.

Dans un communiqué publié le 14 janvier, jour de l'homologation par le tribunal de commerce de Paris de l'accord de conciliation conclu le 19 décembre 2012 entre la famille Hersant et Bernard Tapie, GHM affirmait que "le futur du groupe [était] désormais assuré" et qu'il allait "pouvoir engager les moyens nécessaires à la relance" de ses titres. Le groupe assurait que la réalisation des opérations bancaires et l'augmentation de capital seraient finalisées au plus tard le 15 février 2013.

Lire aussi : Bernard Tapie cherche une grosse pointure pour les journaux du Sud (abonnés)

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Les soupçons portent sur le golf familial

 

Le golf de Nantilly était la dernière folie de Robert Hersant. En 1966, le "papivore" achète un terrain de 3000 m2 dans la vallée de l'Eure, à Ivry-la-Bataille, d'abord pour y bâtir une maison. En 1991, il acquiert de nouveaux terrains dans le hameau voisin de Nantilly. Son but est de transformer son golf en un parcours de 18 trous. Ce sont des flux financiers au bénéfice de cet établissement qui sont aujourd'hui au cœur de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris.

Jusqu'à la fin de sa vie, Robert Hersant s'est consacré à l'embellissement de la propriété, multipliant les projets, modifiant sans cesse les maquettes du golf dans ses bureaux parisiens, comme le racontent Elizabeth Coquart et Philippe Huet dans Le Monde selon Hersant (Ramsay, 1997). Il veut en faire le plus beau golf d'Europe. Pour cela, il dépense une fortune. Il choisit les matériaux les plus nobles, les essences les plus rares. Il sélectionne lui-même chaque végétal, apporte un soin particulier à marier les couleurs. Comme François Mitterrand, Robert Hersant a une passion pour les arbres. Certains en plaisantent: "Le papivore est devenu herbivore..."

La maison d'Ivry-la-Bataille est aussi le lieu de réunion de la tribu au grand complet. Robert Hersant, qui a été marié trois fois, y rassemble pour la nouvelle année épouse et ex-épouses, enfants de son premier et de son deuxième mariage, ainsi que les filles de sa dernière femme, qu'il a adoptées.

 

Xavier Ternisien

 


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