Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 19:59

Lire aussi

Les ministres passent mais la direction générale du Trésor demeure : l’extinction programmée du Crédit immobilier de France (CIF), un scandale d’État, réalise une ambition très ancienne de la haute fonction publique de Bercy de voire disparaître cette institution financière atypique et de récupérer au passage tout ou partie de ses fonds propres pour alimenter le tonneau des Danaïdes des finances publiques. Dans ce dossier, la « ligne du parti », celle qu’on entend dans les milieux officiels, veut que le CIF, tout spécialement son ancienne direction générale, soit responsable de cette disparition, par refus systématique d’adosser l’établissement à une institution bancaire plus « classique ». Mais l’histoire contredit la propagande.

 

Claude Sadoun: qui veut noyer son chien...  
Claude Sadoun: qui veut noyer son chien... © CIF

La première tentative d’adossement du CIF remonte en fait à l’année 2001 – Claude Sadoun, le coupable désigné, étant déjà aux commandes. Il s’agit déjà de conforter le processus de refinancement du CIF qui, ne disposant pas de dépôts, lève des fonds sur les marchés obligataires en émettant des titres vendus à des investisseurs institutionnels français et étrangers. Le projet porte sur le rachat aux AGF de Entenial, l’ancien Comptoir des Entrepreneurs sévèrement secoué par la crise immobilière française du début des années 90 et fusionné avec la banque La Hénin. C'est le troisième « spécialiste » du financement immobilier derrière le Crédit foncier de France (CFF) et le CIF. Dans ce cadre, un protocole signé avec HypoVereinsbank, approuvé à l’unanimité par le conseil d’administration du CIF, prévoit la montée en puissance par étapes de la banque allemande au capital de l’ensemble issu de la fusion avec Entenial, jusqu’à une éventuelle prise de contrôle.

Mais le pouvoir politique, le gouvernement Jospin finissant, ne l’entend pas de cette oreille. En marge du congrès des HLM de Toulouse, la secrétaire d’État au logement, Marie-Noëlle Lienemann, s’oppose « violemment » au projet. Ce qui entraînera le désistement des Allemands en juin 2001, selon un dirigeant régional du CIF à l’époque. Aujourd’hui encore, la sénatrice socialiste assume son opposition, tout en distinguant ses propres motivations de celle du Trésor qui, dit-elle à Mediapart, « considérait que ce n’était pas une solution ». L’enjeu, déjà, ce sont les fonds propres appartenant aux Saci (sociétés anonymes de crédit immobilier), entités actionnaires du CIF liées au mouvement HLM. « Puisque c’était l’aide publique qui avait permis l’accumulation de cet argent, je ne voyais pas pourquoi il devrait filer vers une banque allemande », dit l'ancienne ministre.

 

Le raid Borloo-Copé sur les fonds propres du CIF

 

M.N. Lienemann, violemment contre le rapprochement avec HypoVereins  
M.N. Lienemann, violemment contre le rapprochement avec HypoVereins © PS

Militante de l’accession sociale à la propriété, Marie-Noëlle Lienemann souhaitait récupérer « une partie » des fonds propres des Saci afin de financer des « réserves foncières » au bénéfice du secteur HLM, un projet qui ne verra jamais le jour. Quant à la dimension proprement bancaire de l’opération, l’adossement à HypoVereins, elle reconnaît « avoir alerté » Laurent Fabius, ministre de l’économie et des finances. « HypoVereins, ajoute-t-elle cependant, nous avons toujours pensé que c’était un leurre, destiné à écarter une solution de rapprochement avec les Caisses d’Epargne. »

 

À vrai dire, on a du mal à saisir le sens d’un tel rapprochement, puisque le CFF avait été absorbé par les Caisses d’épargne. Mais c’est bien le genre de mécano financier dont se délecte la direction du Trésor, dont le directeur est alors Jean-Pierre Jouyet, « meilleur ami » de François Hollande et aujourd’hui directeur général de la Caisse des Dépôts. C’est d’ailleurs le CFF qui tirera du feu les marrons de l’échec imposé au CIF, en mettant la main sur Entenial en 2004. Ce qui lui permettra ensuite d’acquérir le statut de banque, une évolution toujours refusée au CIF qui devait rester cantonné dans sa « mission sociale ».

C’est un autre gouvernement, de droite celui-là, qui va faire échouer une seconde tentative de rapprochement du CIF avec BNP Paribas. Le projet, qui prévoit un adossement  complet du CIF à une BNPP apportant l’UCB à un grand pôle spécialisé dans le crédit immobilier, est validé fin 2005 par les instances du prêteur immobilier. Mais en janvier 2006, le tandem Jean-Louis Borloo (dont le ministère à tiroirs inclut le logement) et Jean-François Copé, ministre délégué au Budget, lance un nouveau raid sur les fonds propres appartenant aux actionnaires du CIF.

La manœuvre passe par un amendement du gouvernement, le n°277, au « projet de loi national pour le logement » porté par Borloo. Les 59 Saci se voient réduites de manière autoritaire à une stricte « mission d’intérêt général dans le domaine du logement ». L’amendement 277 donne au gouvernement le pouvoir de décider par ordonnance des nouvelles règles de fonctionnement de ces sociétés et impose la cession de leurs filiales concurrentielles. Cela fait, « les fonds qui ne sont pas nécessaires à l’accomplissement de leur objet reçoivent une affectation conforme à l’intérêt général », prévoit l’amendement. En fait, l’intérêt général à bon dos : il permet, selon les calculs du Trésor, de mettre la main sur 1,5 des 2,8 milliards qui figurent alors au capital des Saci.

S’engage alors un long bras de fer entre le CIF, ses actionnaires et le gouvernement Villepin, qui occupera toute l’année 2006 et aura comme premier résultat de faire échouer le rapprochement avec BNP Paribas. La banque de Michel Pébereau se résoudra à développer une activité comparable en interne sous la marque BNP Paribas Personal Finance. L’armistice entre les deux camps se traduit finalement, la loi étant votée en décembre 2006, par un « prélèvement exceptionnel » de 500 millions d’euros sur les fonds propres du groupe CIF, une « spoliation » qui traumatisera pour toujours les sociétés actionnaires.

 

Le "benign neglect" du Trésor

En avril 2007, avant donc le début des turbulences financières mondiales via la crise des subprimes aux États-Unis, nouvelle relance du projet d’adossement, avec un mandat confié à la banque d’affaires Oddo. C’est le nom des Banques populaires qui sort du chapeau. Mais là, les administrateurs ne suivent plus la direction générale du CIF. Pour deux raisons, selon une source proche du dossier. Comme le CIF, les Banques Populaires, dirigées à l’époque par Philippe Dupont, sont constituées d’entités régionales et les baronnies locales n’adhèrent pas au projet de rapprochement avec un concurrent. Autre motif, les grandes manœuvres de la fusion entre les Banques populaires et les Caisses d’Épargne, « qui ont déjà le CFF dans leur escarcelle », sont déjà lancées et vont entraîner de sérieuses turbulences pour les composantes du futur ensemble, culminant dans le désastre financier Natixis. C’est cette difficulté intrinsèque au rapprochement de structures décentralisées, qui condamnera également un adossement au Crédit agricole, également étudié. 

Après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, qui fragilise l’ensemble du système bancaire européen, l’idée même de reprendre un bilan de 34 milliards d’euros pétrifie légitimement les candidats potentiels. Mais le système de refinancement du CIF sur les marchés, garanti de facto par la Banque centrale européenne comme pour l’ensemble du système financier européen, va pourtant fonctionner encore sans anicroche jusqu’en février 2012, quand l’agence de notation Moody’s, envisage sans crier gare, dans le cadre d’une mise sous revue générale des notes des établissements financiers européens, d’abaisser de quatre échelons celle des structures financières du CIF. À quelques mois d’intervalles, l’agence se contredit. Que s’est-il passé entre temps ? Rien. Le CIF gagne de l’argent, affiche un bilan sain, se refinance sans difficultés, peut même éviter le plus souvent de se présenter aux guichets de la BCE. La direction générale du CIF, prête à attaquer Moody’s en justice (ce que l’État américain vient enfin de faire avec sa concurrente Standard and Poor’s), en est fermement dissuadée par le Trésor, la Banque de France et l’ACP (Autorité de contrôle prudentiel).

L’attitude du Trésor, dans cette période marquée par un changement de pouvoir politique, est celle du « benign neglect » (désinvolture), selon des témoins directs. En mars 2012, le directeur Ramon Fernandez s’interroge dans un document écrit sur « l’opportunité d’aider le CIF ». Pour une administration qui a mobilisé des centaines de milliards d’euros en garanties publiques en faveur du système bancaire français en 2008-2009, la réponse ne va manifestement pas de soi. Hervé de Villeroché, chef du service du financement de l’économie, laisse échapper à un interlocuteur que « si le CIF dépose le bilan, ce n’est pas un problème ». Le Trésor croit pouvoir sortir de sa manche le recours à la Banque Postale. En mai 2012, Ramon Fernandez semble découvrir la lettre que le PDG de la Banque Postale, Philippe Wahl, avait envoyée au Trésor pour indiquer qu’il n’était pas intéressé par le dossier. Manifestement, elle s’était égarée dans les étages de Bercy.

 

« Les pauvres doivent rester locataires »

Quand on sait l’importance que les agences de notation accordent dans leur méthodologie au soutien implicite des Etats aux banques opérant sous leur juridiction, la désinvolture manifeste du Trésor français équivaut à un appel au meurtre. Lorsqu'en août 2012 tombe le verdict de Moody’s, une dégradation de trois échelons, Bercy, confronté brutalement au danger d’une contagion systémique qui pourrait atteindre l’ensemble du système bancaire français, doit en urgence étendre la garantie de l’État aux émissions obligataires des structures de financement du CIF. On connaît la suite.

Courageusement, le ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici, exécutant passif d’une orientation ancienne et « trans-partisane », imputera aux « exigences » de la Commission européenne l’engagement d’une procédure d’extinction du CIF en échange de la garantie de l’État. Ce qui lui vaudra un démenti public du commissaire à la Concurrence Joaquim Almunia. Bruxelles n’avait rien exigé du tout pour la bonne raison qu’aucune demande, même exploratoire, ne lui avait alors été transmise. Moscovici a donc menti. À noter qu'en accordant, le 21 février, à la garantie de l'État, la Commission européenne ne parle pas d'extinction du CIF et reconnaît que la chute de l'établissement présentait un risque de système en France. Elle donne six mois au gouvernement français pour trouver une issue. 

Par-delà la convoitise d’un État « en faillite » à l’égard de tout ce qui ressemble à une « cagnotte » bonne à prendre, les fonds propres du CIF et les revenus de la gestion en extinction représentant des milliards d’euros mis à l’encans, on ne peut que s’interroger sur les motifs de cette indifférence, pour ne pas dire hostilité, à l’égard d’un acteur important du financement social de l’accession à la propriété. Marie-Noëlle Lienemann en donne peut-être la clef : « Chez ces gens-là, à Bercy, on a toujours considéré que les pauvres devaient rester locataires. » Si c’est vrai, objectif atteint, le nombre des ménages modestes devenant chaque année propriétaire de leur logement, a été pratiquement divisé par deux en dix ans. Et ce n’est pas disparition du CIF qui va permettre d'inverser la tendance.

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 19:53

 

Médiapart - Blog

  24 février 2013 Par Marielle Billy

 

 

Le 24 février 2012, François Hollande a mangé des merguez à Florange avec les Arcelor-Mittal, il a offert deux billets de cinquante euros pour la cagnotte de soutien à leur lutte et promettait une loi, s'il était élu, pour empêcher tout industriel de fermer un site rentable.

Médiapart donnait la parole à Edouard Martin pour les voeux 2013, celui-ci concluait l'article ainsi :

« Si d'ici là, celui qui est devenu président grâce à la voix des ouvriers ne revient pas sur les accords Matignon et ne reconsidère pas la voie de la nationalisation, il aura sa plaque mortuaire à Florange comme Nicolas Sarkozy à Gandrange ». Et si, en 2017, il doit revoter pour la gauche et Hollande, il demandera d'abord « qui sont les conseillers du candidat, car en réalité, c'est eux qui tranchent à sa place ».

http://www.mediapart.fr/journal/france/301212/edouard-martin-louvrier-qui-rappelle-jaures-aux-socialistes

                                                         stele_3.jpg

Nous sommes le 24 février 2013 !

Edouard Martin soulève la question terrible du pouvoir de tout ce vivier de "conseillers" qui traitent les dossiers, conseillers qui, pas plus que les ministres, ne sont venus voir, sentir, comprendre ce qu'il en est sur le terrain. Formidable image de ce qui se passe dans les affaires publiques : un mur de verre étanche qui protège bien les "décideurs" de tout ce qui viendrait faire effraction en ouvrant des horizons ignorés, en donnant voix aux citoyens, aux travailleurs.

Rappel :

Les ouvriers d'Arcelor-Mittal se sont enchaînés aux grilles d’une fenêtre de Matignon le 24 janvier aux aurores. Avant d’être délogés manu militari. Les salariés d’Arcelor-Mittal du site de Florange en Lorraine refusent de tirer leur révérence. Ils ont remis aux conseillers de François Hollande une pétition de 31 000 signatures pour la nationalisation du site industriel mosellan. Ils ne croient pas au projet d’accord signé le 30 novembre entre l’État français et Arcelor-Mittal, dans lequel le géant mondial de l’acier s’engage à réaliser un montant minimum d’investissements de 180 millions d’euros d’ici fin 2017. L’arrêt définitif des hauts-fourneaux est toujours prévu en mars 2013. Il entraînera la suppression de 1 500 emplois, sous-traitants compris. Mais tout ceci rapportera des millions d’euros à Arcelor-Mittal grâce aux miracles du « capitalisme vert ».

Lire ici l'explication de Sophie Chapelle sur le site "Basta" :

Des droits à polluer très rentables pour ArcelorMittal

Florange fait partie des quelques 10 000 sites industriels européens qui ont été intégrés au système d’échange de quotas d’émissions de CO2 mis en place en 2005. Comment cela fonctionne-t-il ? Les gouvernements allouent à chacun de ces sites un quota d’émissions de CO2. Pour le site de Florange, il est de 4 millions de tonnes de CO2 par an. En fin d’année, si le site industriel le dépasse, il doit acheter des « droits à polluer » sur le marché carbone pour compenser ses émissions. S’il n’utilise pas tout son quota, il peut engranger et accumuler ses permis d’émissions pour ensuite les revendre à des entreprises qui ont dépassé leurs propres quotas (lire également : les marchés carbone, ou comment gagner des millions grâce à la pollution).


 

D’après un document que s’est procuré le magazine Terra Eco auprès du cabinet londonien Carbon Market Data, ArcelorMittal n’a pas dépassé son quota annuel en 2009, 2010 et 2011, économisant environ 4,7 millions de tonnes de CO2. Et ce, en partie grâce à la mise en sommeil de ses hauts-fourneaux de Florange. Même si le cours du CO2 s’est effondré sur les marchés, ce surplus de droits à polluer représente une belle aubaine. A environ 5 euros la tonne, ArcelorMittal pourrait empocher près de 24 millions d’euros s’il décidait de les vendre. Pendant ce temps, les salariés du site ont multiplié les périodes de chômage partiel, en partie indemnisées par l’État.

Au niveau mondial, ArcelorMittal est la compagnie qui a accumulé le plus grand excédent de quotas, selon l’ONG britannique Sandbag, avec près de 123,2 millions de tonnes. Alors que la multinationale de la sidérurgie est, par son activité, l’une des plus polluantes ! Chaque année, la multinationale valorise une part de ces surplus sur le marché du carbone et engrange des profits faciles : 140 millions en 2010 de dollars et 93 millions de dollars en 2011.

Un cadeau de 19 millions d’euros en 2013

ArcelorMittal a prévu de fermer les hauts-fourneaux de Florange en mars 2013. Mais la multinationale devrait percevoir ses quotas comme si de rien n’était. « Lorsqu’une installation a cessé ses activités, l’État membre concerné ne lui délivre plus de quotas d’émission à compter de l’année suivant la cessation des activités », précise la réglementation européenne Le nouveau plan d’allocation français sur la période 2013-2020 prévoit bien un quota gratuit de 3,8 millions de tonnes de CO2 de permis à polluer pour le site de Florange. Un cadeau de 19 millions d’euros au cours du marché carbone actuel.

Dès avril 2012, la CFDT interpellait les pouvoirs publics « pour qu’ils mettent un terme au "pillage" orchestré par Mittal. L’État français ne peut plus accepter de payer avec l’argent public le chômage partiel, ne pas broncher sur les quotas de CO2 non utilisés et vendus en bourse sans oublier les multiples exonérations d’impôts accordées à Mittal ».

Sophie Chapelle


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 19:47

 

 

Le progrès de la civilisation, de l'hummanitė exigerait un Revenu Universel de Base. Mais la société ne se dirige pas dans ce sens, malheureusement elle régresse vers de plus en plus de précarité. Il faut donc défendre des mesures plus réalistes pour repartir dans la bonne direction. Je suis donc, pour une évolution progressive et réalisable. Je pense qu'il faut d'abord obtenir un REVENU GARANTI D'EXISTENCE plutôt qu'un revenu universel. 

Un RSA sans contre-parties et d'un montant "vivable", donné à tous les, chômeurs, retraités au minimum veillesse, handicapés et ainsi qu'aux étudiants boursiers, mais sous conditions de ressources annuelles. Pour pouvoir le mettre en place, il est indispensable de réfléchir à son financement par le partage des richesses. Notre société mondialisée ayant donné à la concurrence exacerbée entre les pays, les peuples, les entreprises, les salariés, le pouvoir de saborder toute mesure sociale, il faut d'abord limiter cette concurrence. L'Europe est l'échelle minimum, car tout pays qui supporterait, seul, une telle "charge" serait condamné à perdre toutes ses richesses, tous ses renenus. C'est au niveau de l'Europe que des mesures législatives sociales peuvent être imposées et nous protégées de cette concurence déloyale. C'est indispensable pour défendre aussi bien les travailleurs européens que ceux du monde entier. Pour un financement concret, lire la Taxation des Machines et des Polluants Extėrieure. http://blogs.mediapart.fr/mot-cle/taxation-des-machines

Pour que le travail reste attractif il doit être bien payé, pour cela une échelle des salaires limitée doit être imposée législativement. Dans toute entreprise les revenus du PDG ne doivent pas dépasser 20 ou 10 fois le salaire le plus bas de l'entreprise. Ainsi le patron sera obligé d'augmenter ses salariés s'il veut pouvoir avoir un renenu important.

D'autre part nous n'en sommes pas encore à ne plus avoir besoin de main d'oeuvre, en particulier pour les tâches les plus pénibles. Je pense donc qu'un minimum de travail est à demander à chacun, selon ses moyens, pour faire fonctionner la société. Ce minimum doit être mis à disposition comme chacun le souhaite. L'un choisira de travailler 20h par semaine pendant quarante ans, l'autre de travailler 40h par semaine pendant 1an puis de prendre un an de congé sabatique et ainsi de suite, l'autre encore, choisira de travailler beaucoup dans sa jeunesse et partira à la retraite à 45 ans. Mais chacun doit donner un certain nombre d'heure de travail, sur toute sa vie, pour le fonctionnement de la société. 

Pour que les métier les plus pénibles soit choisis, il faut leur donner des avantages qui compensent leur désagrément. Ainsi les métiers les plus durs doivent être très bien payės, un égoutier doit être payé autant qu'un prof d'université. De plus les métiers reconnus pénibles doivent bénéficiés d'un temps de travail total, sur toute la vie, deux fois moindre que pour les emplois normaux. Ainsi un maçon travaillera la moitié du temps d'un bureaucrate pour remplir ses obligations pour la sociétė. Voir la proposition : Réduire le chômage par le partage des emplois pénibles. http://blogs.mediapart.fr/blog/pourlavenir/310512/reduire-le-chomage-par-le-partage-des-emplois-penibles

Une telle société peut paraître utopique, surtout que pour bien fonctionner, elle doit être appliquer à toute l'humanité. Mais sans ce partage des richesses et du travail, l'hummanité est condamnėe, au terrorisme, aux guerres de survie et de civilisation. Au retour à la barbarie.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 19:32

 

Rue89 - Décryptage 24/02/2013 à 10h34
Flora Zanichelli | Journaliste

 

 

L’Europe s’inquiète des conséquences du scrutin, dont l’issue reste incertaine compte tenu des forces en présence et du système électoral complexe.

 

 


Préparatifs dans un bureau de vote à Rome, samedi (Alberto Pizzoli/AFP)

 

Ces dimanche et lundi, les Italiens se rendent aux urnes pour élire leurs représentants aux deux chambres du Parlement.

Ces élections ont été déclenchées lorsque le parti de Silvio Berlusconi, il y a deux mois, a cessé de soutenir le gouvernement technocratique de Mario Monti, qui a imposé un programme de rigueur pour stopper la progression de la dette publique et restaurer la confiance des marchés.

  • La gauche de Pier Luigi Bersani (parti démocrate) était au départ donnée favorite. Bersani, un ancien communiste, s’est engagé à poursuivre les réformes, mais juge qu’il faut introduire plus de croissance dans la politique européenne. Il mise sur plus d’un tiers des voix.
  • La coalition de droite conduite par Silvio Berlusconi (Le peuple de la liberté, PDL) a progressé dans les sondages ces derniers mois. Elle critique l’austérité. Avec les voix de la Ligue du Nord, elle pourrait flirter avec les 30%.
  • Le Movimento 5 Stelle (M5S, Mouvement 5 étoiles), anti-establishment et eurosceptique, conduit par le comique Beppe Grillo, peut créer une surprise. Les derniers sondages le donnaient à plus de 15%.
  • La coalition conduite par Mario Monti, indépendant, pourrait se retrouver en position d’arbitre. Il pourrait obtenir, selon les derniers sondages autorisés, plus de 10% des voix.
  • Révolution civile, mouvement de gauche conduit par le juge antimafia, Antonio Ingroia, semble ne pas avoir réussi à décoller. Il n’a pas dépassé 5% dans les sondages.

                                                                                                                                                                                                                              1 Pourquoi cette élection est-elle capitale pour l’Europe ?

 

Les résultats de l’élection en Italie sont attendus avec crainte dans de nombreuses capitales européennes : ils risquent de réamorcer la spéculation contre les dettes souveraines des pays de la zone euro.

La crise financière risque de repartir si les investisseurs perdent confiance dans la capacité de l’Italie à rembourser son énorme dette (120% du PIB), soit parce que le gouvernement qui sera issu du scrutin ne leur convient pas, soit parce que le résultat de l’élection ne permet pas de dégager une majorité claire et conduit à un blocage du pouvoir.

L’Europe reste un sujet brûlant en Italie. Diabolisée en fin de mandat par Silvio Berlusconi, elle est mal perçue par une partie de la population. Celle qui, notamment, a souffert de la pression fiscale instaurée par le technocrate Mario Monti, candidat du « “spread” italo-allemand » – l’expression, qui fait référence à la différence des taux d’intérêts entre les deux pays, a envahi les écrans télévisés depuis sa nomination par le président de la République Giorgio Napolitano en décembre 2012.

Angela Merkel n’a pas les faveurs de l’opinion publique. La déclaration de l’ancien président du conseil Mario Monti, selon laquelle la chancelière allemande ne souhaitait pas voir le candidat de la gauche Pierluigi Bersani arriver au pouvoir, n’a pas du tout été appréciée.

La moitié des candidats ont fait de l’Europe leur principal argument de campagne... mais pas forcément de manière positive, surfant sur la nostalgie de la lire et cultivant l’euroscepticisme. Le comédien Beppe Grillo, leader du mouvement Cinq étoiles, a déclaré lors de la dernière étape de son « Tsunami Tour » qu’il souhaitait un référendum pour décider d’un éventuel retour à la monnaie nationale...

Enfin, si l’ancien président du conseil Silvio Berlusconi venait à être élu, ce qui n’est pas le scénario le plus probable, il s’ensuivrait probablement une grande instabilité dans la zone euro.

Le Cavaliere a promis de revenir sur des hausses d’impôts (taxe foncière par exemple), ce qui marquerait la fin des efforts pour redresser les comptes publics. Les sacrifices réalisés par les Italiens dans le cadre des réformes Monti auront été vains.

                                                                                                                                                                                                                             2 Pourquoi le résultat de l’élection est-il si difficile à prévoir ?

 

La difficulté de faire une prévision est liée à trois facteurs :

  • le nombre très important d’indécis : ils seraient 5 millions, selon un chiffre avancé par Le Corriere della Sera, soit 30% de l’électorat :

« Ce sont en majorité des femmes avec un faible niveau d’études, pas très jeunes, souvent résidentes dans le Sud, femmes au foyer ou à la retraite et très peu intéressées par la politique. »

  • l’interdiction des sondages : aucun d’eux ne peut être publié lors de la dernière semaine de campagne pour ne pas influencer le vote. Avant cette échéance, aucun institut de sondage de référence ne s’est risqué à donner des résultats tranchés.

Silvio Berlusconi n’a pas hésité à avancer les résultats d’instituts privés, mais sans grande crédibilité. « Je peux vous dire que nous les avons dépassés », déclarait ainsi le Cavaliere en début de semaine, laissant planer le doute sur qui, comment et quand.

Le « Tsunami Tour » du comique Beppe Grillo a obtenu des succès d’audience importants. Vendredi soir, la dernière étape à Rome aurait rassemblé 800 000 personnes, selon les organisateurs. Dans le public, de nombreux indécis, venus se faire une opinion à la dernière minute.

 


Evolution des partis dans les sondages pendant la caampagne (Wikimedia)

  • La rare complexité du système électoral. A la Chambre des députés, le parti qui arrive en tête obtient directement une prime de majorité, qui lui assure 55% des 630 sièges. Au Sénat en revanche, cette « prime de majorité » est calculée en fonction des résultats obtenus dans les différentes régions, proportionnellement à la taille de la région.

    Si vous êtes en tête en Sicile, vous obtenez des sièges supplémentaires pour la Sicile. Il est donc très difficile de prévoir le résultat du scrutin au Sénat. La Campanie, la Sicile, la Lombardie, les Pouilles et la Vénétie sont les régions les plus recherchées. C’es pourquoi Silvio Berlusconi a envoyé un courrier aux électeurs promettant le remboursement de la taxe foncière s’il est élu...

                                                                                                                                                                                                                             3 Berlusconi a-t-il une chance de l’emporter ?

 

« La victoire de Berlusconi serait une très très grosse surprise », juge Ilvo Diamanti, politologue, qui n’exclut pas totalement l’hypothèse pour autant.

Les derniers sondages autorisés le donnent à un peu moins de 30%, mais c’est en intégrant les scores des candidats de la Ligue du Nord, un allié précieux sans lequel le Cavaliere et son parti stagnent à hauteur de 20%. Même si elle arrivait devant le centre gauche, c’est une coalition qui resterait fragile.

Une situation possible : Silvio Berlusconi perdrait l’élection de la chambre basse, mais obtiendrait un rôle clé au Sénat, ce qui poserait problème pour conduire des réformes dans le pays. Il mise sur des victoires dans plusieurs régions, qui lui assureraient des primes de majorité. La Lombardie, dont le poids électoral est très important, est, par exemple, le fief de la Ligue du Nord, un avantage pour lui.

                                                                                                                                                                                                                             4 Est-il possible que l’élection ne débouche sur aucun gouvernement ?

 

Oui. Dans le cadre de la constitution italienne, c’est le président de la République qui désigne le chef du gouvernement, généralement issu de la majorité au Parlement. Le président de la République reçoit chaque parti et décide d’une personne en fonction des résultats et des alliances.

Une fois nommé, le président du Conseil constitue son gouvernement, soumis alors à un vote de confiance dans les deux chambres. Si les équilibres sont trop fragiles, les chambres divisées, le nouveau gouvernement pourrait ne pas obtenir la confiance requise. Les Italiens devraient alors retourner voter.

                                                                                                                                                                                                                             5 Le favori Bersani pourrait-il gouverner sans Monti ?

 

Oui, s’il obtient une majorité dans les deux chambres.

Trois scénarios sont possibles en s’appuyant sur l’hypothèse selon laquelle Pierluigi Bersani obtiendrait une majorité absolue à la Chambre en arrivant en tête des suffrages et en obtenant les bonus prévus au Sénat :

  • Une victoire absolue de Bersani dans les deux chambres.
  • Une victoire de Bersani à la Chambre des députés, mais pas au Sénat, ce qui le contraindrait à une ouverture vers Monti si celui-ci obtient les suffrages nécessaires. Celui-ci pourrait être par exemple devenir ministre de l’Economie.
  • Bersani l’emporte à la Chambre des députés mais ne peut pas faire une coalition avec Monti au Sénat car ce dernier n’obtient pas un pourcentage suffisant. Dans l’impossibilité de négocier avec Silvio Berlusconi et le mouvement de Beppe Grillo se refusant à toute coalition, la gauche ne pourrait pas mener sa politique. Les Italiens retourneraient alors voter.

                                                                                                                                                                                                                             6 Quel est le programme de la gauche ?

 

Le slogan de la gauche : « L’Italie juste ».

Parmi les mesures principales de son programme :

  • Augmenter le budget de l’Education et l’investissement dans la recherche et l’innovation.
  • Une loi anti-corruption
  • Une loi faisant primer le droit du sol (et non du sang) pour obtenir la citoyenneté italienne.
  • Parité et soutien de l’emploi des femmes en faisant bénéficier les entreprises d’un allègement fiscal.
  • Un impôt sur la fortune pour compenser une baisse de la TVA et de l’impôt sur le revenu.

                                                                                                                                                                                                                             7 Beppe Grillo peut-il tenir en otage le gouvernement ?

 

En raison d’une condamnation pénale pour homicide involontaire, Beppe Grillo ne peut pas lui-même être élu, les candidats du Mouvement 5 étoiles (M5S) devant présenter un casier judiciaire vierge. Le M5S a d’ores et déjà déclaré qu’il ne ferait partie d’aucune coalition.

En faisant entrer dans le jeu électoral des citoyens sans expérience politique, le Mouvement cinq étoiles ouvre la porte à l’inconnu. Leurs exigences sont centrées autour du salaire des politiques, des retraites, des petites et moyennes entreprises, d’une redistribution des richesses.

Son mouvement est arrivé en tête en Sicile, lors des élections régionales. Un sympathisant qui se veut rassurant constate que « le mouvement traite avec les autres forces en présence sans qu’il y ait de problèmes pour l’instant ».

Ces futurs élus se posent donc davantage comme des garde-fous contre les excès d’une politique italienne qui a auparavant trop abusé de son pouvoir.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 18:56

 

Le Monde - crise.blog

 

 

Dans sa valise bleu marine en skaï, un pull, un jean et une paire de chaussettes résument une vie sans superflu. Avec grand soin, il peigne ses cheveux humides, avant de les asperger d’une lotion. Il prend son temps, comme s’il était seul dans sa salle de bains. Pourtant, autour de lui, un ballet incessant ne cesse de pousser, depuis 8 heures du matin, la porte des bains-douches municipaux de la rue des Haies à Paris (20e).

 

(Photo Nicolas Krief pour Le Monde)

 

Comme la plupart des établissements parisiens, le bâtiment, situé à deux pas du métro Buzenval, affiche une façade de céramique de 1928, aujourd’hui classée. A l’intérieur, deux rangées de cabines se font face, sur deux étages. En tout, quelque 50 douches spartiates, mais très propres. Pour des raisons d’hygiène, tout est carrelé en blanc du sol au plafond. Rénové en 2008, l’établissement de la rue des Haies, comme les 16 autres établissements parisien de bains-douches, offre la possibilité, cinq jours et demi par semaine, à des milliers de personnes de se doucher gratuitement.

Seuls les produits d’hygiène et le linge de toilette ne sont pas fournis. Avec près de 90.000 douches prises chaque année, la rue des Haies est l’un des trois bains-douches les plus fréquentés de Paris. Aujourd’hui, avec la crise, dans les quelques villes qui les ont conservés, ces établissements retrouvent plus que jamais leur utilité sociale. Et, loin de vouloir s’en débarrasser, les municipalités cherchent à les adapter, pour répondre à une fréquentation en hausse et à l’arrivée de nouveaux publics.

 

(Photo Nicolas Krief pour Le Monde)

 

Karim, 37 ans, rasé de près, cheveux mouillés, fait une petite pause sur les banquettes elles aussi carrelées de la salle d’attente. Algérien, sans papier, il vit en France depuis huit ans de petits boulots non déclarés. Depuis deux mois, il fréquente la rue des Haies deux jours par semaine. "Mon ballon d’eau chaude est en panne. Mon propriétaire ne veut pas le réparer et il fait trop froid pour se laver à l’eau froide", explique-t-il.

Sans papier, il n’a aucun moyen de pression sur son bailleur indélicat et doit "se débrouiller". Un peu plus loin, deux compatriotes, plus âgés, retraités du bâtiment, papotent. "Je vis dans une petite chambre de bonne équipée seulement d’un minuscule lavabo, alors ici c’est pratique et c’est propre", explique ce grand-père. "Mais je ne viens pas tout le temps car je suis souvent au pays et là-bas, j’ai une salle de bains", ajoute-t-il comme pour se justifier. "Même histoire", acquiesce son compagnon de causette.

 

(Photo Nicolas Krief pour Le Monde)

 

Ici, on ne s’attarde pas. "Les conversations se limitent souvent à un bonjour et un au revoir", confirme Alain Nedelec, responsable adjoint de la rue des Haies depuis cinq ans, après avoir travaillé dans deux autres établissements du 20e. "Malgré tout, il y a un peu de gêne à venir ici. A part quelques habitués qui se confient un peu, les gens restent discrets", poursuit ce Breton d’origine, ancien photograveur, "tombé" dans les bains-douches il y a seize ans, à la suite d’une reconversion professionnelle.

Comme dans tous les bains-douches de la capitale, l’accueil est inconditionnel, aucun justificatif n’est demandé. Mais les employés, souvent de longue date, comme M. Nedelec, ont acquis une connaissance des us et coutumes de leurs bains-douches par la simple observation. Ils savent les jours d’affluence et les petites entorses au règlement, comme le fait de profiter de la douche pour faire la lessive.

 

(Photo Nicolas Krief pour Le Monde)

 

Pour éviter les abus, la durée des ablutions est limitée à vingt minutes, mais, quand il n’y a pas foule, le personnel accorde un petit délai. Car ici, la préoccupation numéro un n’est pas la chasse aux resquilleurs mais aux microbes.

Au fil du temps, M.Nedelec a vu la typologie des usagers changer. "Autrefois, les ouvriers, les familles nombreuses, les petits retraités constituaient le gros de la clientèle. Aujourd’hui, nous avons des personnes beaucoup plus précaires, notamment des sans-abri", explique le responsable adjoint de l’établissement. S’y ajoutent ceux qui viennent là pour économiser quelques mètres cubes d’eau ou simplement pour rompre leur solitude, mais aussi quelques touristes.

 

(Photo Nicolas Krief pour Le Monde)

 

Il est midi. Un homme s’escrime à sécher sa serviette de toilette sous le sèche-cheveux mural. Dans la file d’attente qui s’est formée, la silhouette d’une femme chargée d’un panier paraît presque incongrue dans cet univers jusque-là essentiellement masculin. Karim se décide enfin à quitter sa banquette carrelée. Sous la coupole de l’entrée, il respire un grand coup, avant de s’engouffrer dans la rue, dans un sillage d’eau de toilette.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 23:07

 

rfi.fr

 

Espagne / Diaporama - 
Article publié le : samedi 23 février 2013 - Dernière modification le : dimanche 24 février 2013

 

Manifestation contre l'austérité budgétaire près du Parlement espagnol à Madrid, le 23 février 2013.
Manifestation contre l'austérité budgétaire près du Parlement espagnol à Madrid, le 23 février 2013.
REUTERS/Juan Medina

Par RFI

                                                                                                                                                                                                                       Journée de forte protestation en Espagne contre la politique d'austérité et contre la corruption du pouvoir en place. Dans plusieurs villes, notamment Madrid, Valence, Bilbao ou Barcelone, des milliers de gens ont défilé, en colère contre les « coupes budgétaires » du gouvernement de Mariano Rajoy, de plus en plus impopulaire. Après la fin du rassemblement, quelques incidents ont éclaté. Douze personnes ont été interpellées.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

« Démission, démission du gouvernement ! » Tel est le mot qu'on a pu entendre le plus au cours de ces marches, notamment dans la capitale où cinq cortèges ont convergé vers le centre, autour de la fontaine de Cibeles.

Au-delà d'une marche massive en plein froid, Le plus impressionnant, c'est la diversité des secteurs de la population qui se disent écœurés par la violente politique d'austérité. Indignés, médecins, pompiers, professeurs, infirmières, associations qui défendent les gens expulsés... Au total, 300 collectifs étaient représentés.

Tous fustigent une « démocratie en danger », la « corruption omniprésente ». Poings levés, des milliers de manifestants ont scandé des mot d'ordre contre « le coup d'Etat financier », c'est-à-dire, selon eux, la mainmise des banques et de la Banque centrale européenne.

Coup d'Etat financier, c'est une référence au 23 février 1981, date de la tentative de coup d'Etat - finalement avortée - du lieutenant-colonel Tejero. Ce fut un moment critique de la jeune démocratie espagnole. Les motifs d'inquiétude ont changé, mais les manifestants pensent qu'aujourd'hui encore, l'heure est grave.

 

Près du Parlement espagnol à Madrid, on peut lire sur la pancarte d'un manifestant: «L'austérité ça suffit». A Madrid, le 23 février 2013.
REUTERS/Juan Medina

 

Des milliers d'Espagnols manifestaient dans le pays contre l'austérité, ici à Madrid. 23 février 2013.
REUTERS/Juan Medin

 

Puerta del Sol, Madrid, le 23 février 2013. REUTERS/Juan Medina

 

A Valence, un homme porte une enveloppe avec des euros, en référence au scandale de corruption qui entoure le gouvernement. 23 février 2013.
REUTERS/Heino Kalis

 

Une impressionnante foule sillonnait la capitale espagnole. Madrid, le 23 février 2013.
REUTERS/Juan Medina

A Barcelone, les Espagnols étaient rassembSur la pancarte d'un manifestant à Barcelone, on aperçoit le Premier ministre Mariano Rajoy, avec l’intitulé «Inutile et voleur». 23 février 2013.
REUTERS/Gustau Nacarino

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Espagne
commenter cet article
23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 21:19

 

http://actuwiki.fr/actu/13381

Ahmed ne se contente pas de loger les nécessiteux, il leur offre 2 repas par jour et insiste pour que ces hôtes mangent et prennent une douche. Un acte de générosité total, Ahmed accueille les nécessiteux et ne demande ni argent ni carte d’identité mais exige de ses hôtes de ne pas boire d’alcool.

accueil-sans-abri

La France et la Belgique traversent une période de grand froid, les températures sont descendues en dessous de zéro et la neige a fait son apparition. Parallèlement, sur le plan économique l’Europe est au ralenti, la crise économique met sur le carreau de nombreuses familles, une détresse à laquelle l’Etat peine à répondre. En France, plus de 8,5 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, pire encore chaque jour des hommes et des femmes sans-abri meurent en raison de conditions de vie très précaires.

Face à ces difficultés, des associations et des citoyens musulmans se mobilisent afin d’apporter assistance et réconfort à ces oubliés de la vie. Il y a quelques jours nous apprenions que la mosquée de Bressoux en Belgique ouvrait ses portes aux sans-abri, aujourd’hui nous découvrons l’initiative d’Ahmed Ben Abderrahman hôtelier de Bruxelles qui depuis 19 ans ouvre les portes de son hôtel aux sans-abri et nécessiteux.

« Si chacun de nous fait un geste, on peut réparer ce monde »

« Si chacun de nous fait un geste, on peut réparer ce monde qui est dans le désordre » tels sont les mots d’Ahmed quand on l’interroge sur ses motivations. Faire plaisir et aider lui font plaisir. Chaque jour en période hivernale, son hôtel 3 étoiles accueille gracieusement entre 40 et 60 personnes.

Ahmed ne se contente pas de loger les nécessiteux, il leur offre 2 repas par jour et insiste pour que ces hôtes mangent et prennent une douche. Un acte de générosité total. Ahmed accueille les nécessiteux et ne demande ni argent ni carte d’identité mais exige de ses hôtes de ne pas boire d’alcool. Un accueil qui peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois et qui au-delà du service rendu peut être un tremplin pour se réinsérer dans la société.

Avoir un toit et s’y sentir en sécurité est un bienfait simple auquel nous n’accordons probablement plus d’importance tant il est commun. Un bienfait dont les sans-abri et personnes en difficulté peuvent témoigner de sa nécessité notamment en cette période difficile.

Le Messager d’Allah (salallahou ‘aleyhi wa salam) a dit : « Nul d’entre vous ne sera véritablement croyant tant qu’il ne désire pas pour son frère ce qu’il désire pour lui-même. » Rapporté par Boukhâry et Muslim.

En France, du 02 décembre au 20 mars la Grande Mosquée de Paris accueille tous les jours les nécessiteux et leur offre un repas chaud. L’association « Au Coeur de la Précarité » distribue à chacune de ses maraudes dans les rues de la capitale près de 300 repas chauds complets. Amatullah, Lumières sur Lumières ou encore le Secours Islamique réalisent le même travail.

 

 

http://www.amanbox.be/a-nouveau-lhotel-mozart-ouvre-ses-portes-aux-demunis/

Posted 19 janvier 2013 by Administrateur in Initiatives


A nouveau, l’Hôtel Mozart ouvre ses portes aux démunis!

 

 

 

 

Comme chaque année, depuis 19 ans, Ahmed Ben Abderrahman ouvre les portes de son hôtel pour accueillir les plus défavorisés.

L’hôtel Mozart, établissement 3 étoiles de la Grande-Place, mêlant style français classique et motifs orientaux, propose gîte et couverts  aux sdf de tout horizon. Trente à septante sans-abris sont accueillit par nuit. Parmi eux, beaucoup de famille avec enfants. Il leur propose une chambre chauffée, une douche et 2 repas complets par jour.

La seule condition pour séjourner à l’hôtel est de ne pas consommer d’alcool.

 

Hôtel Mozart

23 rue Marché aux Fromages 1000 Bruxelles.
Tél: 02/502.66.61

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 20:29

 

http://www.dailymotion.com/video/xxhua2_les-banques-une-mafia-qui-a-pris-le-pouvoir_news#.USkjxTdWSn9

 

 

 

 

Le 13 février 2013, Nicolas Dupont-Aignan était l'invité de «Ça Vous Regarde - Le Débat » sur LCP pour débattre de la réforme bancaire avec Michel Rocard et Jacques Sapir
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 19:45

 

http://zad.nadir.org

samedi 23 février 2013, par zadist

 


Aujourd’hui 23 février l’occupation militaire dure depuis 91 jours (pour une opération débutée il y a 130 jours). Un camarade est emprisonné depuis 87 jours


INFO Chat Teigne : l’huissier est passé le 14/02 refiler une assignation à comparaître pour le mardi 26 février. Le procès est finalement reporté au 12 mars, à Saint Nazaire.


INFO Bellveue : rendu du procès est fixé pour le 28 février

Point Info Bellevue :


Un camarade est en ce moment en prison, un a été libéré et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre.

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales.

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

Appel à témoins pour la défense de Cyril

Des nouvelles d’un camarade qui est passé par la Zad : Lutin est en prison à Rennes depuis 2 mois. Il ne reçoit pas de courrier et sa maman a eu récemment le droit d’aller le voir. Il venait souvent sur la Zad, et demande que les copains et copines lui écrivent

Voici son adresse Lutin ecrou 3610 MA1 CELLULE 03 Centre pénitencier des hommes Rennes Vezin CS 14605 rue du petit pré 35746 Vezin le coquet cedex


Infos utiles pour venir ici

Point d’info de 10h à 20h sur le campement "Hors Contrôle" établi le long de la D81 entre le lieu dit Les Domaines (la Vache-Rit) et la Rolandière. Si vous nous rejoignez sur la zone, voyez ici. Il est aussi possible de venir directement sur la zone, par ex par la D281, et d’y croiser du monde !

- Accueil "hors contrôle" : 06 32 98 78 36
- Contact presse de la Zad : 06 38 17 36 19
- Équipe légale  : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Équipe médicale : contact able par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/

RADIO KLAXON :

On a un streaming qui marche (même si la qualité serait mieux avec une radio qui aurait une vraie antenne) :

( Klaxon n’est pas sur les sondes dans ce moment ! )

EXPOSITION itinérante de la ZAD

Un Territoire se défend avec tout-e-s ses habitant-e-s, Notre mémoire commune nous nous l’approprions, nous la faisons vivre. C’est notre résistance que l’on vous invite à partager ici et ailleurs - a travers cette exposition itinérante !

Pour une organisation simple, voici un Planning qui vous permette de réserver l’exposition ( une seule personne référent pour simplifier la communication ). Pour tout les gestions concernant l’expo, mail a zad@riseup.net avec le sujet "EXPO" svp !


Action du jour

En ce jour de manif à Nantes, on peut féliciter la Mission Capitale Verte pour avoir réussi à ne pas mentionner d’aéroport dans son dossier, avec une priorité n°1 de "changement climatique" 5 rue de Valmy, 44923 Nantes Cedex 9
contact@nantesgreencapital.fr


Infos du jour

- encore des infos par rapport à la campagne du syndicat mixte aéroportuaire :
proposition de cyberaction : à cyberacteurs@wanadoo.fr ;contact@aeroport-grandouest.fr

"Madame, Monsieur, Nous tenons à protester contre l’utilisation des deniers publics pour faire la promotion d’un projet d’un autre millénaire. Salutations." (Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au syndicat mixte aéroportuaire de Notre Dame des Landes et à Cyber @cteurs pour nous permettre d’évaluer l’impact de cette action.)

"la publicité en page d’accueil de Ouest-France et Presse Océan diffusant aujourd’hui est contraire à la loi. L’annonceur n’est pas identifié. Le message incite à cliquer, en parlant de nouveaux emplois, mais à aucun moment, on ne peut identifier qui parle... Au clic, on atterrit sur leur blog : http://leblogdelaeroportdugrandouest.eu/

Des liens pour étayer mes propos. http://www.journaldunet.com/ebusine... http://www.uda.fr/droit-et-deontolo..."

- une autre facette de la propagande pro-aéroport ... : la page facebook du PS (oui, on sait, on boycotte facebook, mais des fois, ça donne envie d’y laisser quelques commentaires.)

- Aujourd’hui, c’est manif à Nantes contre l’aéroport rdv à 15h Place Royale

- vu : Un entretien audio avec Sandrine Bélier (une des meilleures juristes et expertes sur les questions environnementales ) : pourquoi Notre-Dame-des-Landes risque bien de ne jamais voir le jour... et Ayrault, grâce à l’Europe peut, ainsi, s’en sortir sans trop de dégâts, pour sa pomme... à condition d’abandonner son projet de César ridicule, sans plus attendre ! Pour écouter, c’est ici
- et un peu de lecture de quelqu’un dont on ne partage pas toujours les analyses, mais là, on est plutôt d’accord : Jean-Marc Jancovici : Notre-Dame-des-Landes : « Construire un aéroport est la dernière des idées à avoir »

- Nouvel aéroport : lettre ouverte des journalistes de France Bleu Loire Océan à leur PDG

- Hollande promet un soutien "exceptionnel" aux producteurs laitiers

Quelle faut cul va.....

- Bonjour ! Il est 11h05 et on est seulement la derrière l’écran ! Il fait super froid et super beau comme depuis une semaine, quelle bonheur ! Bientôt on peut vivre sans botte ( et sans Aéroport, of course ! ) Sinon pas des nouvelles, les bleus vont leurs vies sur les carrefours, Auxiette dépenses les sous collectif pour des affiches moches et la commission dialogue dialogues, ou non. Entre temps, la vie sur la zad continue, les constructions avances et on peut facilement dire qu’il y a plus des cabanes que en Octobre 2012. Prends Zad dans ta gueule Ayrault :)


RDVs sur la ZAD

Le Samedi 23...

- Atelier « fais ton réchaud » : Dans l’après midi à la Chat Teigne : Atelier « fais ton réchaud » à base de récup (boites de sodas et autres boîtes du même type. se munir de canettes vides en alu, de ciseaux et de cutter, éventuellement d’un marqueur et d’un clou

- Le soir : 2 collectifs, 2 concerts sous le Chapiteau "Hors contrôle"

Concert de "Famous Fucking Stealers" proposé par le Collectif LivradoisForez (63) qui est sur place pour animer la Chat Teigne et visiblement bien plus que ça... et les "The Sheep Shaggers", proposé par des Rouennais qui animent sur la Zad entre 20 au 24 février Les deux concerts vont avoir lieu sous le chapiteau resto de "Hors contrôle" le Samedi 23 Février a partir de 20h30 . Au chapiteau sera également installé l’EXPO volante de la ZAD qui va partir pour le 1 et 2 Mars en direction de Chapelle - Launay au marché bio à LA Ruche de Pain....

Le Dimanche 24...

- Projet de chemin alternatif sur la ZAD

- Fin d’après midi/Soirée, jeux extérieurs

RDVs ailleurs

Le Samedi 23...

- Nantes : manif mensuelle contre l’aéroport et son monde

à 15h, place Royale à Nantes. Contre l’aéroport, la métropole et son monde.

AÉROPORT, MÉTROPOLE, EXIGEONS L’ARRÊT IMMÉDIAT.

Impossible ces derniers temps de vivre dans l’agglomération nantaise sans savoir que le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est de plus en plus contesté.

On veut nous faire croire que les investissements seraient raisonnables et maîtrisés. Tout cela alors que l’Etat est à la recherche d’argent, que les collectivités territoriales et surtout ses habitantEs se serrent la ceinture, que l’industrie subit plan social sur plan social.

Plus que l’aéroport en lui même, c’est aujourd’hui tout un projet de société qui est remis en question. Loin des délires de développement des barons locaux vieillissants, qui se disputent l’attractivité financière de leur mégalopole respective, c’est toute la question de l’organisation de nos vies qui est remise sur la table.

METTONS LA PRESSION POUR PORTER UN COUP D’ARRÊT DÉCISIF !

Habitant le Pays Nantais, la ville ou ses banlieues, nous sommes concerné-e-s en premier lieu par ce projet d’aéroport. Par son coût et par son développement, ainsi que par les choix associés, il conditionnera un mode de vie toujours plus encadré et contraint. Concrètement, il n’est tourné que vers le profit et décidé hors de tout cadre démocratique.

Ce projet d’aéroport n’est qu’un maillon dans une vision plus vaste d’aménagement d’une métropole ininterrompue de Nantes à Saint- Nazaire. Nous ne voulons pas de cette ville programmée, hygiéniste, de la mort des quartiers, d’un centre-ville en carton-pâte et d’une ville marketing. Nous ne voulons pas d’une échelle urbanistique toujours plus grande, consommatrice d’espaces et non propice aux rencontres. Nous ne voulons pas d’une ville qui ne nous appartiendrait plus, où le constructeur a priorité sur l’habitant.

Réapproprions-nous la rue, faisons jouer notre droit et plus si nécessaire. Opposons nous à l’urbanisme fonctionnaliste et réducteur de libertés que tentent de nous imposer les décideurs !

Collectif Nantais Contre l’Aéroport cnca@riseup.net

tract et affiche disponibles ici

- Saffré : concert de soutien

"Avec ou 100 bottes", Concert de soutien aux inculpés de la ZAD Samedi 23 février, site du château à Saffré. Organisé par le comité local Nort/Nozay contre l’aéroport et son monde.

Accueil à partir de 14h sur le site du château. Spectacle pour enfants à 16H00 :"Y’a des Belles Choses ..."

Concerts : Eclectic quintet,A Contra Tiempo,Traballa,Les innocents du village,Impact2 Lyrics,Visa44,Polk-Nation,Blackradish.

Entrée libre. BAR-Crèpes-Gauffres.

On lâche rien !

- Lyon : projection/apéro/débat

Projections apéro débat en soutien à la ZAD organisée par le comité de Lyon. Documentaires : "Au coeur de la Lutte" , "Opération Astérix" et autres images. Expo photo de la ZAD de Décines contre le projet de grand stade OL Land ainsi que de la ZAD de Nantes. Infokiosque. Lieu : "Atelier des Canulars", 91 rue Montesquieu, métro Saxe. Salle ouverte en milieu d’après midi jusqu’au soir. Plus d’infos en contactant le collectif.

Collectif Rhône de soutien à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes rhonenddl@riseup.net Inscription liste d’informations sur demande. Site : rhonenddl.wordpress.co

- Fougeres : action sur le marché

rdv devant le St léonard à 9h30 Action du collectif de Fougères sur le marché

- Bayonne : séances de pétition-photo  :

à 20h, à la M.V.C. du Polo Beyris de Bayonne, avant la lecture de la pièce de Frédéric Lordon « D’un retournement l’autre ; comédie sérieuse sur la crise financière » par des membres d’ATTAC Pays basque, entrée gratuite

Nous avons fait nos 2 premières séances de pétition-photo les jeudi 8 et vendredi 9 février, soit une cinquantaine de photos en plus sur : http://www.flickr.com/photos/nddl/s... Faites comme nous, avec vos ami-e-s, votre famille, vos orgas, photographiez-vous comme indiqué sur le site !

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 19:33

 

Marianne - Samedi 23 Février 2013 à 18:00

 

Jean-Claude Jaillette - Marianne

 

Derrière le "lasagne-gate", où la viande de cheval remplaçait en douce le bœuf dans les plats surgelés, se profile l'un des plus grands scandales alimentaires de ces dernières années. Comment, avec la tromperie de la société Spanghero, l'on découvre que l'Europe néolibérale laisse prospérer des filières organisées peu scrupuleuses et prêtes à tout pour se gaver, quitte à tricher dans nos assiettes.


Qui sont les profiteurs de la malbouffe
Le scandale des lasagnes prétendument pur bœuf mais en réalité à la viande de cheval, ne fait que commencer. Au point que ce qui alimente aujourd'hui les flashs info des chaînes de télé semblera bientôt une bluette racontée aux gentils consommateurs pour qu'ils ne s'affolent pas. Les Britanniques, qui ont donné l'alerte, sont outrés d'avoir consommé à leur insu du cheval - un animal tabou. Mais leur émotion va bien au-delà. «On risque d'avoir des surprises, l'affaire relève d'une conspiration criminelle étendue», a déclaré Owen Paterson, ministre britannique de l'Environnement. La prédiction ne devrait pas tarder à se réaliser.

Tant que l'enquête menée par les services spécialisés en Angleterre et en France n'aura pas abouti, seules des hypothèses peuvent être formulées. Mais les informations que Marianne a recueillies auprès de spécialistes des circuits de l'agroalimentaire, d'inspecteurs vétérinaires et de contrôleurs de la répression des fraudes, sous couvert d'anonymat, permettent de comprendre que la viande de cheval n'a pas remplacé le bœuf par hasard dans les lasagnes ou la moussaka ! Des organisations constituées pour tromper les consommateurs avec le but de réaliser d'importants profits sont en place depuis longtemps, et elles connaissent à la perfection les faiblesses des réglementations européennes pour mieux en profiter. Ce sont les mêmes qui mélangent de l'huile d'olive venue de Grèce ou d'Espagne à bas prix avec de l'huile d'olive labellisée d'Italie beaucoup plus chère ; les mêmes qui, en Chine, ont ajouté de la mélamine, gravement toxique pour les reins, dans de la poudre de lait pour en augmenter artificiellement la teneur en protéines ; les mêmes qui achètent 7 000 t de céréales conventionnelles en Roumanie et, par le miracle de l'écriture, les livrent à leur client français en céréales bio, 400 % plus chères ; les mêmes encore qui ont étendu ce genre de trafics à toute l'Europe...

Dans l'affaire du «lasagnes gate» qui concentre les feux de l'actualité, certains évoquent une simple tromperie sur la qualité du produit. Allons donc ! Poser quelques questions - et y répondre - permet d'éclairer différemment le discours officiel, pour l'heure rassurant.

Qui a changé les étiquettes ?

La viande a parcouru un incroyable circuit. Elle est partie de deux abattoirs roumains, commandée par un trader chypriote agissant aux ordres d'un trader néerlandais. C'est à ce dernier que l'entreprise Spanghero, basée à Castelnaudary (Aude), a commandé des pains de viande congelés pour satisfaire des commandes de l'entreprise Comigel, dont le siège social est à Metz et l'usine, au Luxembourg. Sacrée cuisine ! Comigel est un des plus gros fournisseurs français de plats surgelés à base de viande pour la grande distribution et ses marques de distributeurs (MDD), mais aussi Findus ou Picard. Pour la bonne compréhension des pratiques qui règnent dans les milieux de la viande, il est bon de rappeler que l'entreprise Spanghero, propriété jusqu'en 2009 de deux gloires passées du rugby, a été rachetée par le groupe coopératif basque Lur Berri dont fait partie Arcadie Sud-Ouest. Les responsables de cette entreprise ont été mis en examen en 2008 dans une affaire peu ragoûtante de viande très avariée. L'année précédente, Arcadie Sud-Ouest a fourni des blocs de viande à l'entreprise angevine Covi destinés à la fabrication de corned-beef. Lors d'un contrôle inopiné, les inspecteurs des services vétérinaires ont découvert des blocs impropres à la consommation humaine, et «même à la consommation animale», révélera le rapport. «Certaines viandes portaient des traces d'infection récente et révélaient la présence de pus.» Covi s'est justifié en expliquant qu'il n'y avait «aucun risque sanitaire puisque le corned-beef est stérilisé». Bon appétit quand même. L'instruction, confiée à la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, du pôle sanitaire de Paris, n'a toujours pas abouti.

Remontons à cheval. «Les Roumains n'y sont pour rien, on leur fait jouer un peu vite le rôle de suspect de service», a protesté le Premier ministre roumain, Victor Ponta. Comme preuve de sa bonne foi, il a communiqué les noms des deux abattoirs d'où provient la viande, l'un abattant exclusivement des chevaux destinés à l'export, vers l'Italie et la France, l'autre partageant son activité entre le bovin et le cheval. «L'importateur savait ce qu'il achetait», affirme le chef du gouvernement. Selon nos informations, il a payé la viande 2,60 e/kg au trader néerlandais, contre 4 e/kg pour le bœuf normalement destiné aux plats préparés. Les autres maillons de la longue chaîne, évidemment, se refilent les lasagnes chaudes pour plaider leur innocence. Findus explique qu'il ne peut se permettre d'exposer ainsi sa marque et interpelle son fournisseur, Comigel. Lequel montre du doigt son fournisseur de pains de viande congelés, expliquant qu'une fraude de ce type dont il serait reconnu responsable conduirait à une fermeture immédiate de l'usine, risque qu'il ne peut prendre. Quant au fournisseur de viande, Spanghero, il désigne les abattoirs roumains. Et la boucle est bouclée.

La fraude est-elle vraiment indétectable ?

A moins de pratiquer des tests ADN, la fraude ne pouvait que passer inaperçue, entend-on ici et là. «Foutaises !» nous répond cavalièrement un inspecteur vétérinaire chevronné, qui veut rester anonyme. «Même couverts de givre dû à la congélation, un pain de viande de bœuf et un autre de viande de cheval n'ont pas le même aspect, poursuit l'expert. Ils sont tous deux enrobés d'une couche de graisse irrégulière : la graisse de bœuf est grise, celle du cheval est jaune.» Il ajoute : «Toute cargaison importée doit être obligatoirement soumise à un contrôle vétérinaire à l'arrivée en France. Quel que soit le lieu de livraison de la viande, que ce soit chez Spanghero ou à Comigel, on s'est arrangé pour que le vétérinaire ne voie rien, soit par la ruse, soit par la corruption, voire les deux.» Est-ce cela que les Anglais ont découvert et qui les conduit à parler d'«organisation criminelle» ? Possible. Car cette affaire n'est pas sans rappeler le scandale du beurre frelaté italien qui a éclaté en 2000.

Des entreprises italiennes contrôlées par la Camorra ont écoulé près de 16 000 t de beurre mélangé à du suif de bœuf, à des carcasses animales, à des produits chimiques, à de l'huile de coco, et même à des hydrocarbures. En France, Lactalis, Yoplait, les fromageries Bel s'y fournissaient pour leurs besoins propres. Une PME normande, un des plus gros clients des Italiens, a profité de l'aubaine pour réexporter le beurre hors de l'Union européenne et toucher au passage des subventions.

Les clients ont tous protesté de leur bonne foi, expliquant que la fraude était très difficile à détecter. Mais des écoutes téléphoniques ont révélé que quelques intermédiaires français étaient parfaitement au courant des trafics. En Italie, la fraude a pu prospérer grâce à la complicité de fonctionnaires locaux, rémunérés pour leur silence.

Picard est-il le seul à avoir trouvé du cheval dans ses produits vendus en France ?

A l'heure où nous imprimons ce magazine, oui. Et l'information est d'une importance majeure. «En France, la grande distribution exerce une pression énorme sur ses fournisseurs, explique une ex-responsable d'une grande entreprise de l'agroalimentaire. Elle a imposé une norme franco-allemande draconienne de traçabilité, la norme IFS [International Food Standard] à laquelle tous ses fournisseurs doivent se soumettre. Picard, qui ne fait pas partie de la grande distribution, n'a pas ces exigences-là.» Les fraudeurs n'ignorent rien de ce fonctionnement. «Comigel, toujours pour des raisons de traçabilité, doit fournir le nom de son client à son fournisseur, Spanghero, qui l'a répercuté à son fournisseur roumain. Dès lors, on peut formuler une hypothèse : a-t-on délibérément choisi de fournir Picard en viande de cheval, sachant que les contrôles étaient moins draconiens ?» Possible, d'autant que les normes à l'exportation sont moins contraignantes que celles exigées par la grande distribution française. Ce qui permettrait de comprendre pourquoi la viande de cheval se retrouve en Angleterre, en Irlande et chez Picard, et non à Auchan ou à Système U.

La France a-t-elle réagi au quart de tour ?

«L'efficacité de l'administration française a permis les retraits en quarante-huit heures», se félicite Benoît Hamon, ministre de la Consommation. Faux. Le soupçon est d'abord venu d'Irlande en août 2012, à l'occasion d'un contrôle de routine sur des hamburgers de bœuf qui contenaient en réalité de la viande de cheval. Il a pris de la vigueur en octobre, en Angleterre cette fois, à propos des lasagnes Findus. Depuis, les enquêteurs anglais travaillent d'arrache-pied pour comprendre comment et par qui la fraude est arrivée. Voilà donc quatre mois que Findus et l'entreprise qui lui fournit les plats préparés à base de viande, Comigel, ont été alertés et sommés de s'expliquer. Quatre mois qui ont permis au ministre Owen Paterson de comprendre qu'il était face à une «conspiration criminelle».

Simple tromperie sans risques sanitaires ?

«Après tout, la viande de cheval n'est pas si mauvaise, pourquoi tant d'histoires ?» s'interroge-t-on aux comptoirs des bistrots. Le commerce de la viande de cheval est très réglementé ; un cheval de trait qui a tiré des carrioles ou des charrues toute sa vie ne peut en aucun cas entrer dans la chaîne de l'alimentation humaine. Partout en Europe, «tout propriétaire de cheval doit choisir précisément la destination des animaux dont il est responsable», précise le Centre d'information des viandes (CIV). S'il décide que le cheval n'est pas destiné à la consommation, ce choix est définitif. Pourquoi ? Parce que les médicaments vétérinaires administrés aux animaux dont la viande est destinée à la consommation humaine sont soumis à une réglementation stricte permettant d'assurer l'absence de résidus. Ce qui n'est pas le cas pour les chevaux de trait. Voilà ce qui fait craindre à Michèle Rivasi, députée européenne et spécialiste des problèmes sanitaires, «la présence de résidus de phénylbutazone, un anti-inflammatoire distribué largement aux chevaux de trait et très mal supporté par l'homme».

Il n'y aurait pas de risque de scandale sanitaire si tout le circuit était fiable. Mais la viande provient d'abattoirs roumains. Or, la Roumanie possède très peu de chevaux destinés à la boucherie. En revanche, à la suite d'une requête de la Commission européenne afin d'améliorer la sécurité routière, les carrioles hippomobiles, responsables de plus de 10 % des accidents sur les routes du pays, ont été interdites. Un cheptel énorme de chevaux a donc pris le chemin des abattoirs. L'enquête montrera si cette viande s'est retrouvée dans le circuit de l'alimentation humaine sous le contrôle d'organisations criminelles qui ont acheté toutes les complicités nécessaires, vétérinaires notamment. Le pire est néanmoins à redouter.

En outre, selon les premiers éléments d'enquête qui ont fuité depuis Bucarest, la Roumanie ayant écoulé une grande partie de son cheptel équidé, et la demande continuant à se faire pressante, des chevaux seraient introduits frauduleusement sur son territoire par la Pologne depuis l'Ukraine. «Il suffit de franchir clandestinement la passoire qui sert de frontière aux deux pays pour qu'un cheval devienne polonais», s'inquiète Thomas Godefroy, vétérinaire à la retraite, spécialiste de la contrebande d'animaux.

Un meilleur étiquetage aurait-il permis d'éviter la fraude ?

«Sous prétexte de rechercher toujours le moins cher possible, prétendument pour satisfaire les exigences des consommateurs, l'industrie agroalimentaire mise implicitement sur les rivalités entre fournisseurs pour que ceux-ci accomplissent des prouesses tarifaires», se lamente Philippe Folliot, député UDI du Tarn, partisan d'une agriculture à visage humain distinguée par des labels de qualité. La baisse des coûts a un prix, celui de la qualité, de la santé et de la vérité. «Sur le terrain de la production alimentaire, le dumping peut avoir des effets dévastateurs, car la malbouffe n'a pas de limites», concède un haut fonctionnaire en poste à la Commission européenne. Désireux de garder l'anonymat, ce juriste admet que la mention «Origine Union européenne» est une arme à double tranchant dès lors que des voyous entrent en scène. «Une fois ce certificat en main, ce qui est le cas si l'aliment a subi une modification sur le territoire de l'UE, alors que rien ne prouve qu'il y a été produit, le fraudeur dispose d'un laissez-passer lui permettant d'aller où il veut, quand il veut», ajoute-t-il. Et de conclure : «Il suffit au renard d'entrer dans le poulailler.» Alors que la Commission se prévaut de sa réglementation pour rassurer l'opinion, l'association UFC-Que choisir cite l'exemple de sauce tomate fabriquée en Allemagne dont le bocal arbore les couleurs italiennes, de paellas à intitulés ibériques sorties d'usines polonaises et de foies gras «du Périgord» provenant de Hongrie mais assemblés en Dordogne, et demande que l'indication précise du pays d'origine devienne obligatoire sur tous les produits transformés.

A ce propos, une enquête réalisée par le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) en France, en Suède, en Pologne et en Autriche, montre que 70 % de sondés attachent de l'importance à l'origine des produits alimentaires. Mieux, sur 10 clients, six veulent connaître le pays de fabrication du plat ayant subi une transformation et la provenance de l'ingrédient principal. Contre toute attente, Tonio Borg, commissaire européen à la Santé et à la Politique des consommateurs, faisait savoir mardi 12 février par la voix de son porte-parole, Frédéric Vincent, qu'il est «prématuré d'envisager un étiquetage obligatoire sur les produits transformés en ce qui concerne la viande». «Le problème auquel nous sommes confrontés est un problème de fraude, pas un problème sanitaire. La traçabilité fonctionne pour la viande fraîche comme pour les produits transformés. Cela n'empêchera pas la Commission de mener une réflexion sur la nécessité de revoir certains étiquetages.» En gros, tant qu'il n'y a pas mort d'homme, il n'est pas nécessaire de prévenir. Chargé de mission sur l'agriculture et l'alimentation à l'UFC-Que choisir, Olivier Andrault estime au contraire que «le problème vient de la chaîne de confiance européenne». Alors que la notion de traçabilité, née de la crise de la vache folle, a été conçue pour rassurer les citoyens et donner les garanties nécessaires à une libre circulation des denrées, elle sert aujourd'hui de caution à ceux qui profitent de la souplesse des échanges intracommunautaires pour contourner, voire violer, la réglementation.

Peu convaincu par les prises de position de la Commission, Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, affirme militer activement pour que Bruxelles décide d'un meilleur étiquetage des produits au niveau européen. A sa demande, une réunion d'urgence des gouvernements européens a été organisée le mercredi 13 février afin d'obtenir un engagement communautaire en faveur d'une indication de l'origine des ingrédients destinés à la transformation sur la totalité de l'Union. Une épreuve de force entre les défenseurs d'une traçabilité porteuse d'informations fiables pour le consommateur et les lobbies désireux que l'Europe se contente de labels flous et pas trop contraignants. Gageons qu'il obtiendra des promesses... réalisables dans une dizaine d'années.

Les tricheurs seront démasqués, mais qui est vraiment responsable ?

«Faire passer une viande pour une autre a toujours existé, explique le toxicologue Jean-François Narbonne, expert à l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Un meilleur étiquetage ne changera pas grand-chose. La cause de la fraude est ailleurs.» Il faut chercher du côté de la grande distribution, celle qui commande toute la chaîne par ses exigences. Jusqu'au 2 février dernier, des centres Leclerc proposaient des lasagnes à la bolognaise surgelées Findus ainsi que des hachis Parmentier à un prix cassé : 3 e les 1 200 g, au lieu de 3,46 e, soit 15 % de réduction immédiate, pour des barquettes contenant 30 % de viande. Comment, dans un circuit où on retrouve autant d'intermédiaires, peut-on concevoir de tels tarifs si un fournisseur en bout de chaîne n'a pas été contraint soit de serrer les prix au risque de s'étrangler, soit de chercher des produits le moins cher possible, quitte à frauder ? Selon nos informations, la fausse viande de bœuf qui a atterri dans les lasagnes Findus a été achetée 1,16 e/kg par le trader chypriote aux abattoirs roumains, revendues 1,96 e/kg au trader néerlandais, qui l'a cédée 2,60 e/kg à Spanghero... alors que le prix de référence de ce genre de viande de bœuf tourne aux alentours de 4 e/kg. «Nous avons cherché à satisfaire la demande du client final», plaideront sûrement les fraudeurs.

Dès lors que le supermarché «sociocommercial» des années 70, qui prétendait permettre aux personnes à faible pouvoir d'achat d'accéder à des produits jusque-là réservés aux milieux plutôt aisés, est devenu l'appendice d'un système économique dont le profit financier est une finalité en soi, la porte s'ouvre sur toutes les dérives. Quand ce n'est plus le fournisseur qui fixe son prix mais l'acheteur, le système disjoncte. Quand ce système se retrouve en situation de quasi-monopole sur certains marchés, avec cinq centrales se partageant à elles seules 90 % des transactions dans la grande distribution, il n'y a plus de place pour la négociation. Une reconstitution du communisme sur une base privatisée contre laquelle, d'Alain Minc à Jean-Marc Sylvestre, tout libéral qui se respecte devrait s'insurger. Lorsque Carrefour, Auchan, Leclerc et Intermarché dictent leurs conditions au fournisseur, et particulièrement lorsqu'il s'agit de MDD, celui-ci, s'il veut emporter le contrat, ne peut que se soumettre ou se démettre. S'il se soumet, il engendre une réaction en chaîne répercutant jusqu'au producteur l'oukase tarifaire. L'ennemi, dans cette histoire, c'est la marge folle. Et le père de la marge folle, c'est le grand ogre distributeur jamais rassasié.

«Quand on voit avec quelles méthodes et quel mépris les centrales d'achats de la grande distribution traitent les salaisonniers de ma région pour leur arracher des prix dérisoires, on ne s'étonne plus de rien», s'insurge Philippe Folliot. Et le député du Tarn de rappeler la célèbre phrase du général de Gaulle clamant que «la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille». En 2013, le libérateur de la patrie pourrait ajouter : «Elle ne doit pas se faire non plus selon le chariot de Michel-Edouard Leclerc.» «Un jour, explique Jean-François Narbonne, on m'a demandé comment éviter les crises alimentaires. "Interdisez la publicité sur la bouffe moins chère", leur ai-je répondu.» Et si la proposition valait mieux que toutes les réformes de l'étiquetage qui s'enlisent dans les débats sans fin de la Commission européenne ? J.-C.J. et P.L.

QUAND LES CONTRÔLES ÉPARGNENT LES INDUSTRIELS ET PERSÉCUTENT L'ARTISAN

On ne compte plus les témoignages de producteurs fermiers, éleveurs, artisans subissant les visites répétées et assidues des services de l'Etat, ne faisant, certes, que leur devoir, mais avec un zèle étonnant envers de si petites structures. Fromagers de campagne qu'une brigade d'inspecteurs de la direction départementale des services vétérinaires (DDSV) débarquant à l'aube menace de fermeture si une bactérie suspecte venait à être détectée sur le carrelage, charcutiers épiés au coin du frigo pour déceler la négligence qui tue, fumeurs de saumon sujets aux descentes de police à la limite de la fouille au corps... L'acharnement parfois mesquin de certains fonctionnaires jure avec la marge de manœuvre dont jouissent nombre d'industriels au bras long. Il faut dire qu'un éleveur de canards ou un conserveur de tripes maison n'a pas le poids d'un gros fabricant de camemberts pasteurisés ou de rillettes industrielles qui peut appeler le préfet et faire cesser le contrôle séance tenante.

LA PHOBIE DU CHEVAL FAIT UN EFFET BŒUF

A entendre certains commentateurs, il semblerait que ce soit du rat ou du corbeau que l'on ait trouvé dans les lasagnes Findus. Autrefois, les Français mangeaient beaucoup de viande de cheval, et les boucheries chevalines étaient dans certaines villes aussi nombreuses que les boucheries traditionnelles. Une certaine bourgeoisie de province se distinguait d'ailleurs du peuple en servant du cheval. Les médecins eux-mêmes n'hésitaient pas à en recommander la consommation aux adolescents, car il contenait moins de «mauvaises graisses». Non seulement manger du cheval n'est pas dangereux, mais sa viande présente des vertus nutritionnelles supérieures à celle du bœuf, qui d'ailleurs est de la vache (depuis l'apparition du tracteur). Si ce n'est que le cheval est devenu un animal vénéré et qu'il y a désormais sacrilège culturel à manger les congénères d'Ourasi ou de Black Beauty.

FINDUS ET MICHEL GUÉRARD POUR LA HAUTE GASTRONOMIE

Star triplement étoilée au Guide Michelin et père refondateur de la cuisine française dans les années 70, Michel Guérard se souvient de son association avec Nestlé, alors propriétaire de la marque Findus. Sollicité en 1976 par la multinationale pour mettre au point une gamme de produits gastronomiques à échelle industrielle, Guérard créa des plats surgelés dont les gourmands se souviennent encore, notamment le célèbre pithiviers de poisson et mousse de cresson au beurre blanc, auquel Alain Ducasse, alors apprenti du maître, prêta la main. Il s'agissait de prouver que la technologie agroalimentaire n'était pas incompatible avec la haute cuisine. Et ce fut le cas. Pour des raisons de coût, malgré une rentabilité et un succès avérés, Nestlé ne poursuivit pas l'expérience. Comme le dit Michel Guérard : «C'était du temps où l'initiative et le progrès étaient dirigés par des capitaines d'industrie, pas par des directeurs financiers.»
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22