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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:39

 

Le Monde.fr avec AFP | 27.02.2013 à 17h10

 
L'ancien président du directoire de Vivendi, Jean-Bernard Levy (à gauche) et l'ex-PDG de l'opérateur SFR (groupe Vivendi), Franck Esser.

Une indemnité de 3,9 millions d'euros. C'est la somme qu'ont touché l'ex-PDG de l'opérateur SFR (groupe Vivendi), Franck Esser, qui a quitté ses fonctions en mars 2012, ainsi que l'ancien président du directoire de Vivendi Jean-Bernard Levy, qui a quitté le groupe en juin. Cette information, qui figure dans le rapport financier du groupe qui a publié mardi ses résultats annuels, a été dévoilée mercredi 27 février par BFM Business.

L'indemnité de départ de Jean-Bernard Lévy "s'élève à 16 mois de rémunération fixe + variable (6 mois + 1 mois par année d'ancienneté à compter de 2002), soit à un montant de 3,9 millions d'euros", indique le document financier. "M. Jean-Bernard Lévy, conformément aux dispositions approuvées par l'assemblée générale du 30 avril 2009, conserve le bénéfice de l'ensemble de ses stock-options et actions de performance, sous réserve de la réalisation des conditions de performance les concernant", est-il indiqué.

Par ailleurs, le rapport indique que M. Lévy "percevra en mars 2013 la rémunération variable due au titre de l'exercice 2012 prorata temporis, telle qu'arrêtée par le conseil de surveillance du 22 février 2013".

 

 "RÉGIME DE RETRAITE ADDITIF"

Quant à Franck Esser, "conformément à son contrat de travail", son indemnité de départ "s'élève à 3,9 millions d'euros (dont 2,3 millions d'euros versés en 2012 et le solde en janvier 2013) correspondant à ses indemnités contractuelle (24 mois de salaire fixe + bonus cible) et conventionnelle". Il est par ailleurs précisé que MM. Lévy et Esser "ont perdu leurs droits à la retraite au titre du régime de retraite additif".

Frank Esser, à la tête du deuxième opérateur télécoms français depuis dix ans, avait quitté ses fonctions en mars 2012, victime du chamboulement sur le marché du mobile causé par l'arrivée de Free Mobile. Jean-Bernard Lévy, resté dix ans à la tête de Vivendi comme directeur général adjoint puis président du directoire, avait pris l'intérim avant de jeter l'éponge en juin 2012, "suite à une divergence sur l'évolution stratégique du groupe". Il a depuis pris la tête du groupe électronique de défense Thales.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:33

 

Le Monde.fr avec AFP | 27.02.2013 à 16h34 • Mis à jour le 27.02.2013 à 20h25


 
Ikea a annoncé mercredi retirer de nouveaux produits de ses rayons, après avoir reçu des premiers résultats positifs à la viande de cheval.

L'autorité d'alimentation grecque, l'Efet, a annoncé mercredi 27 février avoir découvert "de l'ADN de cheval dans des échantillons" de bœuf surgelé importé de Roumanie, dont presque une tonne a été saisie.
 

"Deux échantillons positifs ont été découverts parmi les 26 analyses effectuées jusqu'ici", a indiqué l'Efet dans un communiqué. Ces deux échantillons proviennent de 1 064 kilos de bœuf surgelé importé de Roumanie et intitulé "Frozen beef meat neck" et "Frozen beef meat topside".

  • La Russie touchée pour la première fois

De la viande de cheval a également été identifiée en Russie, près de Moscou, dans une cargaison de 20 tonnes de saucisses importées d'Autriche, ont annoncé mercredi les services vétérinaires et sanitaires russes. C'est la première fois que de la viande de cheval est identifiée en Russie depuis l'éclatement du scandale qui touche désormais la plus grande partie du continent européen.

L'entreprise en cause a été retirée de la liste des sociétés autorisées à importer de la viande en Russie et la marchandise en cause sera soit détruite, soit retournée au fournisseur. L'origine de cette viande est inconnue, et des animaux âgés et malades pourraient avoir été abattus pour produire cette viande, selon des responsables russes. La viande de cheval est relativement répandue dans les restaurants et magasins russes, où elle est considérée comme un mets haut de gamme.

  • De la viande de cheval en Lettonie

 Des traces de viande de cheval ont été détectées dans des plats cuisinés produits en Lettonie sans qu'il en soit fait mention, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires de cet Etat balte. Des tests effectués en Allemagne ont révélé la présence de viande de cheval dans des produits de la société lettone Forevers Ltd, a indiqué l'Office alimentaire et vétérinaire (PVD) dans un communiqué.

Au cours des douze derniers mois, Forevers a reçu de la viande de 203 chevaux sur les 416 abattus en Lettonie, mais aucun de ses produits n'a été étiqueté en tant que viande de cheval, selon le communiqué. L'Office a également annoncé qu'une enquête était ouverte concernant plusieurs abattoirs de chevaux qui "ne pouvaient garantir la traçabilité de cette viande". A ce stade, aucun lien n'est cependant encore établi entre la situation en Lettonie et le scandale de la viande de cheval vendue pour du bœuf dans plusieurs pays européens.

  •  Un trader néerlandais dans plusieurs filières

Le nom d'un trader néerlandais, intermédiaire qui avait fourni de la viande de cheval au français Spanghero, est réapparu mercredi 27 février dans le processus de fabrication des raviolis Panzani. La société Spanghero est soupçonnée d'avoir changé l'étiquette de lots de viande achetée à un trader néerlandais, Jan Fasen, dont la société Draap est basée à Chypre, pour faire passer de la viande de cheval en viande de bœuf.

Ce trader, qui travaille aussi pour un négociateur néerlandais Windmeijer, apparait également dans la filière d'approvisionnement des boîtes de raviolis Panzani, fabriqués par William Saurin, elle aussi éclaboussée par le scandale de la viande de cheval en lieu et place de bœuf, après celle de Spanghero qui impliquait des plats surgelés de plusieurs marques.
 

"Le 8 février, nous avons identifié que nous avions un fournisseur commun avec Spanghero, le néerlandais Windmeijer, dont le commercial est Jan Fasen, qui nous a livré de la viande bovine d'origine roumaine", a expliqué le directeur général de Gel Alpes, Patrick Maloisel, qui a fourni William Saurin.

  • Spanghero demande son placement sous procédure de sauvegarde

En première ligne dans le scandale de la viande de cheval, Spanghero, "confronté à des difficultés temporaires", a annoncé mercredi avoir demandé son placement sous procédure de sauvegarde au tribunal de commerce de Carcassonne (Aude). Spanghero lie ses difficultés au scandale et à la supension pendant plusieurs jours de ses agréments sanitaires, désormais rétablis.
 

Le site, qui emploie environ 300 salariés, fonctionne à environ 20 % de son activité habituelle pour la branche transformation de viande (à la découpe, confection de saucisses et steaks hachés) et à environ 40-50 % pour la préparation de plats cuisinés, a expliqué son directeur commercial, Christophe Giry.

Lire : Spanghero demande l'ouverture d'une procédure de sauvegarde

  • 79 tonnes saisies au Portugal

Les autorités portugaises ont saisi 79 tonnes de produits à base de viande de bœuf contenant de la viande de cheval non déclarée et cinq procédures pour fraude ont été ouvertes, a-t-on appris mercredi 27 février dans un communiqué de l'Autorité pour la sécurité alimentaire et économique (ASAE).

Les saisies ont été réalisées dans des "établissements industriels de préparation, emballage et distribution de produits à base de viande aux grandes surfaces", a précisé l'ASAE. L'agence sanitaire portugaise a indiqué avoir également saisi 18 839 paquets de produits à base de viande de bœuf contenant du cheval, notamment des lasagnes, des hamburgers, des cannellonis et des boulettes de viande.

  • Ikea retire de nouveaux produits

Le géant de l'ameublement Ikea, qui vend également des spécialités culinaires suédoises et a arrêté lundi la vente de boulettes de viande, a annoncé mercredi retirer de nouveaux produits de ses rayons, après avoir reçu des premiers résultats positifs à la viande de cheval.

Le retrait concerne les hot-dogs en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Irlande et au Portugal et deux plats typiques en Suède : les wallenbergare (un steak haché amélioré) et le kaalpudding (un gratin de choux à la viande hachée), a précisé le groupe dans un communiqué.
 

Pour aller plus loin : Viande de cheval : chronologie d'un scandale alimentaire

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:24

 


►► 2013 ►►► 
SOUFFLONS SUR LES BRAISES 

STOP À L’IMPOSTURE FINANCIÈRE DES BANQUES 

 


Nous ne voulons plus payer ce système de dettes odieuses privées et publiques qui nous asservit, entraîne des destructions écologiques, lamine les principes démocratiques et les droits sociaux, entretient les communautarismes, provoque les conflits militaires et conduit aux guerres civiles.

 


Nous ne voulons plus payer ni la corruption des États ni le totalitarisme des marchés boursiers qui répondent à la contestation par la coercition, avec des politiques dites sécuritaires (en réalité de surveillance et de répression policières) et appuyées de discours de plus en plus déshumanisants, ouvertement xénophobes, racistes et fascistes, à travers les bandes armées et les milices mafieuses qu’ils favorisent.

 

Nous disons NON !…

 


… Car nous voulons bâtir avec nos propres moyens une société répondant à nos aspirations légitimes, contre les gouvernements à la botte du commerce international.

Dès maintenant nous construisons des solidarités concrètes, nous ré-inventons, découvrons et renforçons des modes d’échanges équitables et horizontaux.

 

STOP AUX DETTES ILLÉGITIMES SIGNÉES PAR NOS POUVOIRS CORROMPUS

 


Nous refusons de payer pour les droits inaliénables, qui n’ont par conséquent aucune raison légitime d’être marchandisés et payés.

Nous refusons de payer pour l’accès aux biens communs et aux services publics élémentaires (logement, éducation, santé, communications, culture, transports, eau, chauffage, électricité, etc.).
Nous refusons de payer pour des politiques de grands projets inutiles qui démantèlent les droits sociaux gagnés grâce aux luttes menées par nos aînés.

 

OUI À UN SYSTÈME SOLIDAIRE ET COOPÉRATIF ENTRE TOUS LES HUMAINS

 


Nous disons NON pour sortir de l’isolement : OUI nos refus individuels se conjuguent !

Chacun de nous est rejoint par d’autres, ce qui nous conduit à s’organiser et à nous rassembler dans un réseau toujours plus large, plus efficace, dans une intelligence collective.
Nos situations sont différentes, nos raisons de ne plus payer le sont également : certains s’engageront à ne pas payer les transports, d’autres les frais de santé, d’autres les crédits, d’autres les loyers, d’autres un peu tout cela à la fois… avec le soutien de tous ici, et avec le réseau de ceux qui refusent de payer l’inacceptable.

 

NOUS N’AVONS PLUS BESOIN D’EUX ! 

 


Nous nous passons de leurs logiques de profits injustes et de conflits désastreux. Nous sommes prêts à construire ensemble un autre monde, pacifique, ouvert, responsable.

 



Ce texte d'appel existe également sous forme de pétition à signer ici !!

 


P.S : Merci de créer les évènements pour vos villes.
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:12

 

http://www.youtube.com/watch?v=MdunBBzqmw0&sns=em

 

 

 

 infoslibrespartage

 

 

Publiée le 14 sept. 2012

Indignez-vous ! s'inscrit dans la lignée du livre mondialement célèbre de Stéphane Hessel.

Il dresse le portrait d'un monde en dysfonctionnement, où des espérances et des voies nouvelles apparaissent aussi.

« POBUNITE SE ! » en bosniaque, « Bli Sint ! » en norvégien, « Nos Vos ! » en brésilien, « Empört Euch ! » en allemand : « Indignez-vous ! », l'ouvrage de Stéphane Hessel publié en 2010, a été traduit en 26 langues, y compris en néo-zélandais et en coréen.

Des millions d'exemplaires lus et relus, telle une Bible, par une jeunesse en colère contre les élites politiques et l'impitoyable monde de la finance. Un succès phénoménal pour un sujet a priori rébarbatif.

De ce petit opuscule de 32 pages vendu 3 euros est né un mouvement contestataire qui s'est propagé dans le monde entier.

Le metteur en scène Tony Gatlif a voulu mettre en images le manifeste de Stéphane Hessel en transformant son texte en acteur principal de ce documentaire où ne figurent ni discours ni interviews.

« Face à l'urgence, j'ai poussé un coup de gueule. Face à l'urgence, j'ai pris ma caméra et j'ai fait un film », dit Tony Gatlif, qui a découvert le fameux manifeste chez le philosophe et écrivain Jean-Paul Dollé. De là, et de l'indignation ressentie par les lois sarkozistes à l'encontre des Roms, est née son idée de donner la parole à ceux qui ne l'ont pas et qui n'ont pas l'habitude d'être écoutés.

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« Le monde du partage doit remplacer le partage du monde »

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:08

 

 

Le procès de Kevin prévu pour demain devant la Cour d'appel de Montpellier se trouve reporté au 11 juin 2013 à 14 heures.

"En effet, les salles d’audience habituelles sont actuellement en travaux, et les salles de remplacement n’ont pas de dispositif de visionnage de DVD. Etant donné que j’ai demandé à ce que nos vidéos soit impérativement visionnées à l’audience, la Cour ne peut que reporter l’affaire à une date ultérieure lorsque les travaux de rénovation seront terminés…" explique l'avocat.

Camille

Ce message vient de Halut Camille qui a lancé la pétition "Tribunal de Grande instance de Montpellier: Sachez que Kevin est reconnu et apprécié comme individu non-violent", que vous avez signée sur Change.org.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:01

 

 

 

 

 

Quand les arbres s’agitent; When the trees shake (ZAD NDDL)

Vendredi 1er mars à 19h après un repas convivial tiré du sac. Premier documentaire d’un cycle consacré à la ZAD de Notre Dame des Landes

Documentaire sur l’occupation de la forêt de Rohanne de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, avant et pendant les expulsions.

 


 

Une réflexion au sujet de « Quand les arbres s’agitent; When the trees shake (ZAD NDDL) »

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 01:12

 

 

Réquisitoire militant vs sarcasme corporate: c'était une singulière bataille rhétorique entre l'avocat de Veolia et Jean-Luc Touly, un militant qui dénonce les pratiques occultes de la multinationale de l'eau pour obtenir les marchés publics, le 14 février devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Toute l'affaire étant de savoir si les propos de Touly étaient diffamatoire ou dits « de bonne foi », celui-ci s'évertuait à montrer que le système de la gestion de l'eau en France est « mafieux » alors que son adversaire s’efforçait de son côté de ridiculiser ses propos autant que ses témoins, quitte à user de mauvaise foi.

 

       La séance s'ouvre avec Veolia l'ingénue : la multinationale se plaignant d'une atteinte à son image, elle tente de profiter de son changement de nom pour se refaire une beauté et « tient à préciser en ouverture que Veolia est une entité juridiquement distincte de la Compagnie Générale des Eaux » – dont l'image était peu reluisante. On appréciera le reniement.


CC-by-sa : pierre-alain dorange

      

A l'instant suivant voilà Veolia la coquine, qui cible une petite association qui a envoyé ses copies du film à des cinémas, plutôt qu'Arte, qui l'a diffusé à près de 2 millions de spectateurs. C'est donc la présidente de l'association qui est jugée – et qu'elle soit bénévole ou au chômage n'y change évidemment rien.

       Ce qui a fâché le géant de l'eau c'est le documentaire « Water makes money ». Veolia ne choisit pas les passages les plus critiques mais sélectionne au scalpel les phrases qui lui semblent les plus difficiles à prouver – l'objectif étant évidemment d'obtenir une condamnation symbolique qui lui permettrait de communiquer au final sur le mode : « ce film est diffamatoire ».


water-makes-money.jpg

 

       « Chaque fois que vous me ferez un procès, on l’utilisera comme une tribune politique »

       Mais Touly, en activiste roué, manie le jujitsu politique : « chaque fois que vous me ferez un procès, on l’utilisera comme une tribune politique ». C'est donc un jeu risqué pour Veolia, dont aucun des membres ne s'est présenté à l'audience. L'avocat de la multinationale se retrouve seul devant une salle comble venue soutenir les prévenus et écouter leurs 7 témoins.

       Et Touly va tenir parole : à chaque question de la présidente il répondra par une longue diatribe contre « le système de la gestion privée de l'eau », commençant par une digression ou terminant par une anecdote. Comme si le tribunal lui demandait le DVD augmenté avec les bonus. Si bien que le tribunal, pourtant tolérant sur ces débordements, devra le recadrer après qu'il se lançe sur les largesses des multinationales de l'eau avec leurs « ambassadeurs » Erik Orsenna, Luc Ferry ou Martin Hirsch : « On va centrer sur les propos, pas faire un débat sur l'eau sinon on va y être 2 jours. » (On y sera tout de même 7 heures.)

       Me Bigot, n'ayant aucun intérêt à répondre à cette foule de critiques, travaille à décrédibiliser la défense. Pour cela il doit au préalable faire une concession en admettant que « le débat sur le choix du mode de gestion de l'eau (public ou privé) est bien un débat d'intérêt général. Je ne suis pas là pour plaider l'implaidable. » Puis il tente de neutraliser cet élément en le mettant hors-jeu : « Malheureusement, ce n'est pas notre débat aujourd'hui. Ce n'est pas à cette juridiction de trancher cette question. » Il s'attaque ensuite au prévenu, auquel il reproche de « prendre le tribunal pour un cirque », d'avoir « organisé un spectacle, un Touly Show. » Avant de reprendre, solennel : « Or, non, ce n'est pas un spectacle. Cela met en cause des dizaines de milliers d'employés. (…) Votre tribunal ne se laissera pas impressionner par ce cirque. »

       Veolia reproche à Touly 3 allégations : celle d'avoir reçu une offre d'1 M€ pour se taire, celle d'avoir été bombardé de procès en diffamation et de les avoir tous gagnés, et celles assimilant les multinationales de l'eau à un système corrompu et mafieux.

 

        « Corruption ! Corruption ! »

        Lors du vote de la région Ile de France sur le mode de gestion de l'eau en 2008, présidé par A. Santini, M. Touly criait « corruption, corruption ». Véolia se sent visée. Le tribunal demande donc des explications :

– Qu'est-ce que vous vouliez dire ; qui a corrompu qui ?

– Je ne sais pas... Ils ont fait un vote à bulletin secret et ont empêché l'accès de tout journaliste ou citoyen.

– Dans ce cas, « opacité » je vois, mais « corruption »... C'est Véolia ?

– Mais non, c'est Santini qui organise le vote. Véolia n'a rien à voir avec ça.

– Vous dites donc que M. Santini est corrompu par Véolia ?

– Oh non ! Santini, il est corrompu tout court...

– ...notamment par Véolia... ?

– Par les cigares, par une quantité de choses... !

        Sur le fond, Touly répondra finalement que c'est une corruption diffuse et générale, donc difficile à appréhender. Raymond Avrillier (qui avait fait tomber Alain Carrignon, corrompu avec Suez) témoigne : « le terme de corruption est trop restrictif en fait. Il s'agit d'un pacte général, de favoritisme, de prises illégales d'intérêts, etc. Or tout cela n'est pas considéré comme de la corruption mais comme des "manquements dans l'administration du service public". » Les témoignages suivants, d'élus locaux et de représentants associatifs, convergent.


temoins_touly.jpg

(Les témoins de JL Touly)

        La méthode de Me Bigot vis-à-vis des témoins sera aussi simple que simpliste : les discréditer. Collectivement d'abord : « les témoins soutiennent leur camarade, c'est normal... » Puis personnellement : ainsi M. Avrillier « est pervers (…) avec ses airs de vieux sage et ses histoires farfelues », et Mme Poncet Ramade « avec elle, c'est la récréation. Ça, elle est truculente, elle vient amuser la galerie. » En pleine maîtrise de ses moyens, il nous offre un vrai festival.

        Me Bigot insiste sur le fait que Véolia n'a jamais été condamnée pour corruption, à la différence de la Lyonnaise des eaux/Suez et que la défense ne révèle aucune affaire nouvelle. « Il n'y a donc aucune base factuelle à ces allégations. » Le syllogisme est simple, mais juridiquement efficace.

 

« 1 million d'euros pour éviter ce procès »

         Pour le faire taire et éviter un procès, un directeur de Véolia aurait proposer 1 million d'euros à Touly. « Je suis juge prud’homal, donc je connais les tarifs ! C'était un piège pour voir jusqu'où j'étais prêt à aller et, si j'acceptais, me discréditer. » Sous-entendu : pour un départ à l'amiable d'un syndicaliste ce n'est tout de même pas aussi généreux... Avant cela on lui aurait déjà proposé différentes promotions, dont une au centre de formation Veolia pour apprendre aux directeurs à répondre aux arguments des altermondialistes.

        Il prétendait aussi que Veolia multiplie par 2 les salaires de représentants syndicaux « pour acheter la paix sociale », mais Bigot ne l'attaque que sur l'offre de dessous de table (nécessairement verbale), et non pas sur ce traitement de faveur des syndicalistes (où il y aurait des témoins et des écrits). Me Bigot : « Alors il n'avance aucune preuve, et on devrait le croire... »

 

       « ...bombardé de procès, que j'ai tous gagnés »

       J.-L. Touly avait aussi déclaré avoir été « bombardé de procès en diffamation et les avoir tous gagnés ». Il invoque 6 procès gagnés. Mais de procès en diffamation intenté contre lui par Véolia il n'en a eu qu'un, et il l'a perdu (1€ symbolique). Les procès qu'il mentionne sont révélateurs, mais concernent d'autres motifs.

Touly : Je reconnais qu'il y a une petite erreur...

Bigot : Un tissu de mensonge, oui !

 

        Magnanimité de Véolia

        Le géant mondial de l'eau semble échaudé par la communication de ceux qu'il attaque. Son avocat se plaint de « l'image de David contre Goliath » qu'ils véhiculent, et des « supposées demandes de dommages et intérêts énormes que la presse véhicule ». Car Veolia est magnanime : elle est pleinement consciente de « la différence abyssale de poids financier entre les parties (…) ainsi, alors même que le dommage est inestimable, Veolia ne demande qu'un euro. »

        Cela coupe évidemment l'herbe sous le pied des « David ». Mais Me Forestier rappelle qu'en plus de « l'euro symbolique » Veolia demande 13.000 € pour publier le jugement dans 5 médias de son choix et payer Me Bigot.

 

« La liberté d'expression est la pierre angulaire de la démocratie »

        Après les accusations et digressions de M. Touly et les sarcasmes de Me Bigot, le réquisitoire de la procureure apporte un peu de netteté. Elle écarte d'emblée la caricature : « je ne crois pas que personne ne prend ce tribunal pour un cirque ou cherche à faire du buzz. Mais c'est un événement médiatique ; c'est donc normal qu'il y ait des stratégies de communication autour ». Puis elle s'appuie sur le droit. Elle rappelle d'abord que « la liberté d'expression est la pierre angulaire de la démocratie selon la CEDH » puis que la loi de 1981 exige seulement que les propos « ne soient pas dénués de base factuelle » s'il s'agit d'un débat d'intérêt général. Or la défense a bien apporté des éléments factuels, bien que limités.

« Si on avait eu les autres procès invoqués, ça nous aurait permis de mieux apprécier (…) Finalement, seul sur ce point des "procès tous gagnés" il me semble qu'il puisse être sanctionné. »

        Elle précise aussi qu' « on peut perde un procès en diffamation pour mille raisons. Perdre ne signifie pas qu'on a eu tort – ça peut être pour des questions de délais, parce qu'un journaliste a perdu ses notes, etc. C'est qu'on n'a pas pu produire des éléments. »

 

        Me Forestier appuiera sa plaidoirie sur le réquisitoire de la procureure en répondant sur différents points techniques et en dénonçant stratégie de Veolia qui, au lieu d'attaquer Arte, attaque des individus et caricature son client en « un homme amer qui aurait un problème personnel avec Veolia » alors que c'est un « lanceur d'alerte reconnu et un expert national et international ». Elle demande la relaxe.

        J.-L. Touly concluera en s'adressant au tribunal : « je vous remercie de ce débat, qui n'aurait pas dû avoir lieu ici... mais ce type de débat contradictoire est utile. »

Délibéré le 28 mars.

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Vous pouvez retrouver les articles de la Rotative et ses recherches sur les stratégies judiciaires et le Jujitsu politique sur son site : larotative.org


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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 00:47

 

 

 

C’est un calendrier secret par définition. Mais à en croire les auditions effectuées ces derniers jours au palais de justice de Paris, Nicolas Sarkozy est désormais dans le collimateur du juge Renaud Van Ruymbeke dans l’affaire Takieddine.

Les 15 et 18 février derniers, Pierre Mariani, ancien directeur de cabinet du ministre du budget entre 1993 et 1995, et Philippe Braidy, son ancien conseiller technique, ont été entendus longuement sur le rôle de leur ministre dans la signature et la validation du contrat d’armement Mouette-ROH avec l’Arabie Saoudite. Ce contrat de réhabilitation des frégates françaises déjà vendues au royaume faisait partie intégrante des affaires gérées par l’intermédiaire Ziad Takieddine avec les responsables français.

Selon une note du 14 décembre 1994, récemment versée à la procédure, le cabinet du ministre du budget Nicolas Sarkozy a donné l’instruction au contrôleur financier de garantir ce marché, malgré l’opposition de sa propre administration. Cette décision de Nicolas Sarkozy a permis le paiement anticipé, en pleine période présidentielle, du réseau Takieddine à hauteur de 210 millions de francs.

 

MM. Balladur et Sarkozy en 1995 
MM. Balladur et Sarkozy en 1995© Reuters

 

La trace d’un différend entre les fonctionnaires du budget et leur ministre avait été retrouvée par les policiers dans les archives de l’office de ventes d’armes Sofresa, comme Mediapart l’avait révélé. Puis elle avait été confirmée en juillet par une haut fonctionnaire, Patricia Laplaud (lire ici), alors chargée de superviser l’équilibre financier des grands contrats d’armement auxquels l’État accordait sa garantie.

À l’époque, plusieurs responsables de l’administration ont ainsi marqué leur surprise devant l’importance des commissions, dits frais commerciaux exceptionnels (FCE), et leur paiement anticipé (qu’on appelle techniquement un “balourd”). Le « balourd de FCE » était, selon Patricia Laplaud, « un facteur de risque financier pour le contrat ». « Il nous fallait un accord écrit de notre ministre que nous avons obtenu », avait-elle révélé. « L’explication que l’on m’a donnée est que les destinataires voulaient avoir leur argent très vite », a-t-elle précisé.

Lors de l’audition du conseiller technique Philippe Braidy, le 15 février, le juge Van Ruymbeke a précisé que « les commissions du marché Mouette s’élevaient à 18,4 % ». « Sur un montant total de 610 millions de francs, 210 étaient prévus pour le réseau K (celui de Takieddine –ndlr). Alors que les 400 millions prévus pour les autres bénéficiaires étaient payables au prorata des règlements du client, les 210 millions bénéficiaient d’une accélération considérable. »

L’office d’armement Sofresa s’est engagé « à payer cette somme intégralement en 1995, année de la campagne électorale », signale le magistrat, en rappelant que ces commissions « ont généré d’importants retraits d’espèces à Genève, à compter de leur versement ». Questionné sur cette « précipitation », Philippe Braidy s’est abrité derrière des « instructions de Matignon », en soulignant qu’il ne « connaissait pas les destinataires ».

Le 14 décembre 1994, il adresse pourtant une note à son ministre, intitulée « Approbation de la lettre de garantie du contrat ROH ». Cette note, qui rappelle le montant des commissions, mais pas l’avis contraire de l’administration, conclut qu’il est « proposé de donner instruction au contrôleur financier de viser la lettre de garantie et de donner accord à la Direction du budget pour approuver ce opérations ».

 

« Seul le ministre du budget a compétence… »

L’octroi de cette garantie de l’État avait pourtant pour effet, comme le juge l’a souligné, « de mettre à la charge du contribuable le risque lié au paiement anticipé de commissions exorbitantes ». « La direction du budget était opposée à la délivrance de la lettre de garantie. Or vous proposez l’inverse. Pourquoi ? », questionne le juge.

« Pour moi, cela résulte de la décision de Matignon de faire aboutir ce contrat », répond le conseiller technique, qui assure n’avoir « plus de souvenir des réunions de Matignon ».

 

En 1995. 
En 1995.© Reuters

 

Le 3 octobre 1995, une note des trois directions relevant du ministère de l’économie – DREE, Trésor et Budget – signale le « sous-financement important » du contrat Mouette-ROH « provenant exclusivement d’un important balourd de FCE » (les commissions anticipées), « exposant la garantie de l’État au risque direct d’une indemnisation des commissions »« Les lettres de garanties de l’État concernant ce contrat (…) ont nécessité des lettres de couverture du ministre du Budget de l’époque », relève l’administration.

Réentendue le 14 janvier, Patricia Laplaud a dit au juge que ces décisions avaient « probablement été prises à l’échelon du Premier ministre ». « Effectivement, les lettres de garantie ont été signées par le ministre du Budget qui agissait sous les ordres du Premier ministre », a-t-elle assuré. À l’époque, Mme Laplaud avait « fait des remarques très vives sur le balourd de FCE », qu’elle n’avait « accepté que contre un accord écrit de son ministre », selon un cadre de l’office Sofresa.

« Seul le ministre du budget a compétence pour autoriser, de façon expresse, la direction du Budget à donner instruction au contrôleur financier de délivrer son visa sur la lettre de garantie », a justifié Pierre Mariani, l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy. Un à un, les anciens conseillers du ministre du budget ont donc laissé la plupart des questions en suspens, ouvrant la voie à une audition de l’ancien président.

Mais alors que l’opposition de l’administration est établie par différents documents, rien n’indique que Nicolas Sarkozy ait signalé à ses homologues du gouvernement la résistance que suscitait parmi les fonctionnaires le contrat Mouette-ROH comme un autre contrat saoudien, celui de la vente des nouvelles frégates, Sawari II.

En novembre 1994, le directeur du budget lui-même avait pris sa plume pour s’étonner des conditions de validation des risques de Sawari II. « Je ne peux que regretter qu’une affaire susceptible d’entraîner un risque budgétaire de cette importance n’ait pas été traitée selon les procédures interministérielles habituelles », note-t-il. En effet, seuls Nicolas Bazire, le directeur de cabinet du premier ministre Édouard Balladur, et les chargés de mission des ministres de la défense et de l’économie auraient « arbitré ».

Devant Pierre Mariani, le juge s’est étonné que la direction du budget ait ainsi été « court-circuitée », « alors que l’enjeu pour les intérêts de l’État – que défendait la direction du Budget – était considérable ». « Je n’ai pas d’explications, a répondu Mariani. Le processus est ici inhabituel mais c’est dans le pouvoir du Premier ministre de décider. »

L’enquête a montré qu’à Matignon aussi, certains fonctionnaires s’étonnaient des conditions hors normes des marchés saoudiens. Évoquant dans une note du 26 août 1994 la vente d’une « septième frégate » au royaume, Anne Le Lorier, conseillère pour les affaires économiques d'Édouard Balladur, faisait remarquer qu'une « autre difficulté » venait « de ce que le prix proposé aux Saoudiens pour cette frégate serait de 1, 8 milliard de francs ».

« Or une coque nue coûte 350 millions ; une frégate avec un système d’armes coûte 650 millions et une frégate comprenant en outre des équipements spécifiques (climatisation renforcée) coûte 800 millions. C’est dire que le montant des frais commerciaux exceptionnels serait de un milliard de francs ! » La septième frégate, qui n’a jamais vu le jour, pulvérisait, en rêve, tous les pourcentages de commissions.


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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 00:35

 

 

Médiapart - Blog

 

 

On ne nourrira pas le monde avec l'agriculture biologique : on entend souvent cette allégation au sujet de la sécurité alimentaire mondiale. Cette phrase revient comme un leitmotiv. Laurent Muratet Directeur du marketing et Communication à Alter Eco : produits du commerce équitable, donne son point de vue

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xxrukx_l-agriculture-biologique-ne-nourrira-pas-la-planete-info-ou-intox-le-point-de-vue-de-laurent-muratet_news#.USy_Y2c1rQp

 

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Bernard Ronot, agriculteur céréalier en Bourgogne, converti à la bio depuis 25 ans et fondateur de l'association Graines de Noé, donne son point de vue

 

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xxpmge_l-agriculture-biologique-ne-nourrira-pas-la-planete-info-ou-intox-le-point-de-vue-de-bernard-ronot-a_news#.USzPlWc1rQo

 

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Lydia et Claude Bourguignon microbiologistes des sols et fondateurs du LAMS (Laboratoire Analyses Microbiologiques Sols), donnent leurs points de vues :

 

 

 

http://www.dailymotion.com/video/xxs161_l-agriculture-biologique-ne-nourrira-pas-la-planete-info-ou-intox-les-points-de-vues-de-lydia-et-cla_news#.USzORGc1rQo

 

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 22:51

 

 

Il faudrait donc pleurer ! Se lamenter des choix électoraux des Italiens, maudits inconscients, qui viennent mettre toute l’Europe en péril. Il faudrait s’horrifier de voir un « histrion populiste et démagogue », Beppe Grillo, et son Mouvement 5 étoiles devenir la troisième force politique du pays. Il faudrait s’incliner devant la dépouille de Mario Monti, passé sous le laminoir électoral et plaindre tous ces brillants experts-ministres congédiés par un peuple irresponsable. Il faudrait s’indigner de cette intolérable manie italienne de rendre « ingouvernable » leur pays.

Ce mardi, le fameux « cercle de la raison » est donc en deuil. Les tenants d’une Europe libérale, où ont été engagés quarante plans d’austérité en cinq ans, voient à nouveau le suffrage universel déjouer leurs plans. « Plus de la moitié des Italiens ont voté pour une forme ou une autre de populisme, c’est un refus puéril de reconnaître la réalité », résume le quotidien conservateur allemand Die Welt, mettant sous une même étiquette populiste Grillo et Berlusconi.

 

Mario Monti, à peine 10 % des voix et un échec flagrant. 
Mario Monti, à peine 10 % des voix et un échec flagrant.© Reuters

Il faut au contraire, malgré les obstacles et les complexités, se réjouir des résultats de ces élections. Car ils obligent à poser d’autres questions ou à les poser différemment. En ce sens, le scrutin italien vient éclairer la plupart des pays européens, et tout particulièrement la France, en mettant au premier plan une interrogation simple : la gauche social-démocrate peut-elle prétendre gagner, puis gouverner, en menant une politique social-libérale classique ; ou faut-il repenser radicalement programmes et alliances ?

Ce débat a été indirectement posé dès ce mardi matin par deux ministres français, et pas des moindres. Pierre Moscovici, ministre de l’économie et tenant d’un social-libéralisme hérité de DSK, s’est dit désolé, presque inquiet, de résultats « compliqués » et qui « créent des difficultés » ! Au même moment, Arnaud Montebourg estimait tout au contraire que « les peuples ne sont pas prêts à passer sous la table, et c'est la démonstration italienne. (…) Les Italiens ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique imposée par les marchés. » Et de dénoncer au passage Angela Merkel, qui « ne peut diriger seule l'Europe ».

Quatre points méritent d’être soulignés au vu de ces résultats.

  • 1. Non, l’Italie n’est pas « ingouvernable »

Ce serait le blocage, la paralysie, l’impasse… La coalition de centre gauche de Bersani emporte une large majorité absolue à la chambre des députés, avec 345 sièges sur 630. La paralysie serait donc créée par le Sénat (à la différence de la plupart des pays, les deux chambres du Parlement italien disposent de pouvoirs identiques, quand l’Assemblée nationale française a, par exemple, le dernier mot sur le Sénat). Au Sénat, cette coalition Bersani arrive en tête. Elle dispose donc d’une majorité relative mais non absolue : 123 sièges sur 315 contre 117 à Berlusconi, 54 au Mouvement 5 étoiles, 19 aux centristes soutenant Monti.

 

Démocratie parlementaire

Le défi posé aux sociaux-démocrates du parti démocrate et à leurs alliés écologistes et de la gauche radicale de SEL est donc simple : construire des majorités de projet au Sénat, réforme après réforme, des majorités relatives en obtenant l’abstention de parlementaires, ou absolues en trouvant 35 voix alliées (la majorité absolue est de 158 sièges sur 315). C'est, après tout, la règle commune à toute démocratie parlementaire, celle qu'avait par exemple connue Michel Rocard en 1988 en ne disposant que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale !

En forçant le trait, on pourrait même remarquer que Bersani n’est pas dans une situation si différente de Hollande : majorité absolue de députés, majorité relative de sénateurs. Certes, le Sénat français n’a pas de capacité de blocage, mais les rejets par les sénateurs UMP et Front de gauche de plusieurs mesures gouvernementales (projet de budget 2013, texte sur les tarifs sociaux de l’énergie, etc.) ont souligné les difficultés politiques des socialistes au pouvoir.

L’Italie peut être donc gouvernable, comme elle l’avait été sous Romano Prodi, qui ne disposait pas plus de majorité absolue dans les deux chambres, de 2006 à 2008. Mais la condition est pour Bersani de conclure de vrais accords politiques avec des représentants d’autres forces, en particulier avec les 54 nouveaux sénateurs du Mouvement 5 étoiles

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Pier Luigi Bersani en meeting à Florence, le 1er février © Reuters. 
Pier Luigi Bersani en meeting à Florence, le 1er février © Reuters.
  • 2. Le retour de la politique et de la démocratie

Les mêmes, commentateurs et responsables, qui enragent aujourd’hui face à une Italie « ingouvernable », sont pourtant ceux qui avaient applaudi, en novembre 2011, à ce qui fut comme un coup d’État à froid (. Car les résultats complexes de ces élections italiennes doivent beaucoup, voire tout, aux conditions dans lesquelles Mario Monti s’est alors installé au pouvoir. Sans élection ; sur pression directe de Merkel et de Sarkozy, qui ont alors « congédié » Berlusconi ; sur pression constante des institutions de Bruxelles et des marchés financiers.

La confiscation démocratique (comme en Grèce, quand ordre fut donné à Papandréou, alors premier ministre, de renoncer à organiser un référendum sur le plan d’austérité demandé par Bruxelles) qui s’ensuivit avec la mise en place d’un gouvernement « de technocrates » (en Grèce, ce fut un gouvernement d’ « experts ») chargé d’imposer l’austérité a, par ricochet, scandalisé une partie de l’opinion et donné des ailes au mouvement de Beppe Grillo. Ce dernier a d’autant plus pu dénoncer « une gauche et une droite interchangeables », que le parti démocrate n’a rien trouvé à redire au professeur Monti dont il a voté l’essentiel des réformes…

Ce rétablissement de la démocratie par le suffrage universel, au terme d’une campagne qui ne fut pas aussi médiocre que veulent le faire croire la plupart des observateurs, remet au moins la politique au centre du jeu.

  • 3. Le « populisme », une paresse intellectuelle

La politique est donc de retour et vient souligner la complexité toute particulière de la situation italienne. L’étiquette « populiste », hâtivement collée sur Berlusconi dès 1994 et sa première accession au pouvoir, empêche plus que jamais de comprendre les évolutions politiques italiennes. Le bon score de Berlusconi (qui pourrait presque dire, comme Sarkozy, « Une semaine de campagne de plus et je l’emportais ») vient souligner combien la droite italienne a été durant vingt ans reconstruite et remodelée de fond en comble pour le service de son leader. Malgré procès et scandales inouïs, Berlusconi est toujours là, profondément enraciné dans le corps électoral italien.

 

Beppe Grillo. 
Beppe Grillo.© (dr)

Et voilà que surgirait un autre populisme, peut être pire encore parce que plus nouveau et incontrôlable : celui de Beppe Grillo. Là aussi, l’étiquette empêche de saisir les particularités de ce mouvement atypique (lire notre article « Grillo, l'empêcheur de voter en rond »). C’est oublier d’abord que l’humoriste italien campe sur la scène politique depuis une bonne dizaine d’années ; qu’il dénonce avec une constance certaine la corruption, l’incompétence, le clientélisme, le mépris des électeurs par bon nombre de responsables politiques. C’est oublier ensuite que le Mouvement 5 étoiles ne doit pas tout à Beppe Grillo, mais beaucoup aux innombrables mobilisations citoyennes et associatives, qui ont prospéré ces dernières années, à la marge et en rejet de la politique.

C’est oublier enfin que Grillo a su surfer sur des demandes profondes de la société : renouvellement politique, justice sociale, protection, autre politique européenne. Mélange étrange d’une gauche radicale (comme Syriza en Grèce) et de thèmes fleurant l’extrême droite (sur l’immigration, par exemple), le Mouvement 5 étoiles se distingue d’abord par une furieuse envie de faire de la politique autrement. En Sicile, ses élus régionaux ont voté régulièrement avec la gauche, rivalisant de transparence en voulant inventer une démocratie participative intégrale. À Parme, le nouveau maire issu de ce mouvement tente de remettre de l’ordre dans une ville dévastée par les gestions claniques et corrompues antérieures.

  • 4. Le nouveau défi posé à Bersani et au centre- gauche

Bersani saura-t-il muer, échapper à lui-même et à un parti démocrate anesthésié, qui a mené une campagne en ayant peur de son ombre ? C’est désormais l’enjeu principal pour le leader de la coalition de centre-gauche et écologiste. Pier Luigi Bersani, 61 ans, fut à deux reprises ministre de Romano Prodi, en 1996, puis de 2006 à 2008. En charge du développement économique, il ne se distingua en rien de la politique néo-libérale conduite par Prodi, qui venait de quitter la présidence de la Commission européenne.

 

La catastrophe du Prodi-bis

Cette question de l’héritage est aujourd’hui essentielle. Pour n’avoir pas dit grand-chose durant sa campagne, Bersani ne peut manquer d’apparaître comme un Prodi-bis. Or c’est là un problème majeur pour la gauche italienne, tant Romano Prodi a empilé avec constance les échecs et les défaites électorales (lire ici notre article d’avril 2008, « Berlusconi 3,  Prodi triple zéro »). Le parti démocrate aiguillonné par le SEL, qui rassemble tenants d’une gauche radicale et écologistes, est-il politiquement armé pour se défaire de la tentation du centre mou ?

L’hebdomadaire libéral The Economist, qui voit avec constance ses choix électoraux désavoués par les électeurs, plaidait juste avant ces élections pour la reconduction de Mario Monti. Raté. À défaut, ajoutait-il, « un gouvernement conduit par M. Bersani avec M. Monti en charge de l’économie serait une issue décente pour l’Italie ». C’est aussi le choix d’Angela Merkel, de la commission de Bruxelles et des conservateurs européens. François Hollande et Pierre Moscovici n’auraient rien trouvé à y redire, au contraire.

Or c’est justement ce scénario, synonyme de politique européenne inchangée, de réformes ultralibérales et d'austérité continue, qui a été massivement rejeté par les électeurs. De la même manière que les Grecs avaient massivement désavoué les socialistes de Papandréou quand ces derniers acceptèrent la cure d’austérité imposée par l’Union européenne, les électeurs ont reporté leurs colères et leurs espoirs sur ce mouvement multiforme conduit par un Beppe Grillo qui n'était pas candidat, à l’inverse de tant d’autres.

L’Italie n’est pas ingouvernable. La gauche n’a pas perdu. Mais une question limpide lui est posée : est-elle prête à oublier Prodi, à franchir les limites de ce cercle étroit où les alternances servent d’abord à interdire les alternatives, est-elle déterminée à renouveler en profondeur les pratiques politiques (ce qu’elle a réussi à faire avec les primaires) ? Le parti démocrate est-il prêt à écouter le SEL et cette nouvelle gauche citoyenne qui se loge aussi au sein du Mouvement 5 étoiles ? De la réponse à ces questions, Pier Luigi Bersani trouvera – ou pas – les 35 voix qui lui manquent au Sénat. Et, dans ce cas, il pourrait rendre un fier service à l’ensemble des gauches européennes.

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  • Les résultats des élections à la chambre des députés et au Sénat.

Coalition de centre gauche, menée par le parti démocrate et Bersani :
Chambre des députés : 29,54 % des voix et 345 sièges
Sénat : 31,6 % des voix et 123 sièges

Coalition Silvio Berlusconi
Chambre des députés : 29,13 % des voix et 125 sièges
Sénat : 30,66 % des voix et 117 sièges

Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo
Chambre des députés : 25,5 % des voix et 109 sièges
Sénat : 23,79 % des voix et 54 sièges

Coalition Mario Monti
Chambre des députés : 10,54 % des voix et 47 sièges
Sénat : 9,13 % des voix et 19 sièges

Antonio Ingroia (extrême gauche)
Chambre des députés : 2,25 %, 0 siège
Sénat : 1,79 %, 0 siège

 

L'infographie de La Stampa :

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