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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 14:09

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Chez Free, des licenciements un peu trop libres

7 octobre 2016 | Par Dan Israel
 
 
 

Anciens salariés du groupe Iliad, syndicalistes et avocats s’accordent sur un constat : dans le groupe fondé par Xavier Niel, on risque d'être rapidement écarté si on est identifié comme une forte tête. En 2015, des centaines de licenciements ont eu lieu, et des contestations sont en cours devant les prud’hommes.

Iliad avait-il le droit de licencier Kamal E., un ancien responsable d’équipe du centre d’appels Mobipel à Colombes (Hauts-de-Seine), chargé de répondre aux abonnés de Free, la célèbre marque du groupe fondé par Xavier Niel ? C’est la question que devra trancher le juge professionnel qui vient d’entendre les deux parties, ce vendredi 7 octobre à 11 heures devant le conseil des prud’hommes de Nanterre. Le cas de Kamal E., licencié pour faute grave le 4 janvier dernier, est loin d’être unique, puisque Iliad fait actuellement face à plusieurs dizaines de contestations de licenciement devant les prud’hommes. Mais il est symbolique, tant il résume les tensions sociales existant actuellement au sein de la célèbre entreprise. Tensions qui portent souvent sur la façon dont sont écartés des collaborateurs, et sur lesquelles Mediapart a enquêté.

L’ancien responsable d’équipe conteste son licenciement pour deux raisons. D’abord, explique-t-il, il n’est pas valable car la société lui reproche une « désorganisation de service » causée par sa longue absence pour maladie, entre septembre 2015 et janvier 2016. Or, le code du travail stipule qu’un employeur ne peut rompre un contrat de travail durant un arrêt-maladie que « pour un motif étranger à l’accident ou à la maladie ». Sauf en cas de faute grave, et Kamal E. conteste justement la qualification de faute grave qui lui a été signifiée. Mais surtout, il assure avoir été écarté parce qu’il s’apprêtait à rejoindre l’équipe de SUD. Ce syndicat entretient des relations très fraîches avec la direction du site de Colombes, mais aussi avec la directrice des relations abonnés de tout le groupe, la charismatique Angélique Gérard, qui chapeaute 2 900 personnes au sein des cinq centres d’appels français du groupe (auxquels il faut ajouter plus de mille salariés au Maroc).

 

Le siège du groupe Iliad-Free, en 2014 © Reuters - Charles Platiau Le siège du groupe Iliad-Free, en 2014 © Reuters - Charles Platiau

 

L’entreprise dément son interprétation, mais pour l’ancien salarié, pas de doute : « Il est évident que la lettre me convoquant à l’entretien préalable au licenciement a été rédigée dès que la direction a compris que je serais dans l’équipe de SUD », assure-t-il à Mediapart. Ce point fait l’objet du débat juridique qui l’oppose à Mobipel, puisqu’un représentant du personnel ne peut pas être licencié sans l’autorisation de l’inspection du travail. L’e-mail officiel le désignant comme représentant de section syndicale (RSS) a été envoyé par SUD quelques heures à peine avant qu’il ne reçoive le courrier de convocation à l’entretien préalable (qui avait été envoyé deux jours plus tôt).

« De l’avis de tous, je suis quelqu’un de “réglo”, je suis droit, énumère l’homme. J’étais très apprécié des conseillers que je chapeautais, ils faisaient des efforts pour ne pas être trop absents parce qu’ils savaient que ma prime dépendait de leur présence. Et j’ai toujours été très bien classé dans les concours internes des meilleurs responsables d’équipe… » Pour le délégué syndical SUD de Mobipel, Anousone Um, la direction connaissait l’imminence de la désignation de Kamal comme représentant du personnel, et c’est ce qui a précipité son licenciement. « Kamal a reçu sa lettre le 11 décembre dernier, le jour où il a été désigné par le syndicat, mais j’avais déjà signalé à plusieurs reprises au directeur du site qu’il allait nous rejoindre », atteste le syndicaliste.

Pour Free, il n’y a « aucun cas collectif »

Abdel Kachit est l’avocat du chef d’équipe viré. En deux ans environ, il a traité une vingtaine de cas de salariés de Free poussés vers la sortie, dont la moitié sont allés devant la justice. Pour lui, « il y a une tendance au sein du groupe Iliad à prononcer des licenciements quand le salarié commence à devenir gênant ». Ce n’est pas Nadia T. qui dira le contraire. « Conseillère multimédia » chez Mobipel pendant quatre ans, elle vient d’être licenciée, elle aussi pour faute grave. Deux semaines avant de recevoir sa lettre de convocation à l’entretien préalable, elle était encore RSS du syndicat Unsa.

« J’avais été désignée par le syndicat en mars, mais juste avant l’été, il y a eu un afflux de nouveaux adhérents, dont je ne connais pas l’identité, qui ont choisi majoritairement un nouveau représentant, explique Nadia T. J’ai été écartée du syndicat, puis j’ai été virée. » Elle non plus ne doute pas des raisons de sa brusque mise de côté. « Dès que quelque chose n’entrait pas dans le cadre de conditions de travail correctes, je montais au créneau, mais toujours de façon courtoise, indique-t-elle. Quand je vois une injustice, je ne me tais pas, et ça n’a pas plu à la responsable du plateau. Or, quand on est considéré comme une brebis galeuse, on est forcément sorti un jour ou l’autre. »

Ce n’est bien sûr pas ce que lui reproche officiellement l’entreprise. Sa lettre de licenciement énumère plutôt des retards, d’une poignée de minutes pour la plupart, entre son arrivée à son poste et sa connexion à l’outil permettant de répondre aux appels des abonnés. Il lui est aussi reproché d’avoir pris entre 8 et 53 minutes de pause en trop par mois, alors que les salariés ont droit à 35 minutes d’arrêt par jour. On la soupçonne par ailleurs d’avoir abusé des « pauses de moins de 5 secondes » au téléphone, qui permettent aux téléconseillers de redescendre dans la file des appels à prendre.

Interrogée par Mediapart, la responsable des centres d’appels du groupe, Angélique Gérard, n’a pas souhaité commenter en détail « deux cas particuliers dans une activité comprenant quelques milliers de salariés », et assure qu’« il n’y a donc aucun cas collectif ! » Plus généralement, elle souligne : « Nous n’avons pas plus de contentieux qu’une autre société, mais nous avons la grande fierté de gagner nombre de procédures. » Elle s’enorgueillit encore que sa société soit « très régulièrement distinguée par les professionnels de la relation client », qu’elle ait par exemple reçu en mai 2016 un « feel good award du management » ou, que cette semaine, à l’occasion des Palmes de la relation client, elle ait été « deuxième de la palme expérience collaborateur pour notre politique basée sur le bien-être et l’enchantement des collaborateurs ». (Vous pouvez lire la totalité des réponses d’Angélique Gérard sous l’onglet Prolonger.)

 

« Les canards boiteux ne méritent pas d’être dans la famille »

L’entreprise fait indéniablement de nombreux efforts en direction de ses troupes, ceux qu’elle nomme les « FreeHelpers ». Au cœur de la politique de Mme Gérard et de ses équipes, une campagne « d’enchantement du travail », où des groupes de salariés débattent par exemple des moyens d’améliorer les conditions de travail. Les employés interrogés par Mediapart reconnaissent facilement les efforts déployés pour réchauffer l’ambiance dans des centres d’appels où le travail est par définition harassant. L’opérateur télécom est aussi l’un des très rares à avoir gardé en interne tous les salariés de ses centres d’appels, sans avoir recours à la sous-traitance. Il est aussi considéré comme payant – légèrement – mieux que ses concurrents. Tous les syndicats interrogés saluent également le faible nombre d’échelons hiérarchiques dans l’entreprise, et le fait qu’elle recrute sans critères de qualification préétablis, parmi des populations très mélangées et souvent défavorisées. « On peut entrer chez Free quel que soit son diplôme, ça ne compte pas. Et les meilleurs restent », reconnaît Patrick Mahé, en charge des télécom au bureau fédéral de SUD.

Mais le responsable syndical ne fait pas vraiment assaut d’amabilités envers le groupe. Il attaque aussitôt : « Avant d’être un groupe avec des salariés, Iliad-Free se vit comme une famille. Et ceux qui sont considérés comme des canards boiteux ne méritent donc pas d’être dans la famille, ils doivent en sortir. Soit ils partent par eux-mêmes, soit on les aide… » C’est le grand soupçon qui pèse sur le groupe, d’autant plus à l’approche des élections professionnelles, qui se tiendront début novembre dans trois des sites français.

Angélique Gérard dément avec force : « Ce que vous décrivez est contraire à la politique que nous menons et au travail collaboratif que nous prônons dans un mode de management ouvert, je ne peux donc que réfuter les propos qui vous ont été tenus. » Pourtant, Mediapart a rassemblé les témoignages de syndicalistes, d’avocats, d’anciens salariés, à tous les niveaux hiérarchiques. Qui disent, chacun avec leurs mots, la même chose....

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:59

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/rural-rules

 

 

Et d’un coup, j’ai pu me libérer d’Apple, Google et Microsoft

 

 

 

« Tu vois, un couteau : c’est pareil. Imagine que tu donnes pour la première fois un couteau à quelqu’un qui ne s’en est jamais servi. »

Le gars qui parle, c’est David. A genoux devant mon ordinateur. Cheveux bruns. Mi-longs. Un gars de mon âge. Il boîte. C’est à ça qu’on le distingue. Il boîte même salement. En tout cas suffisamment pour qu’on le remarque dans un village de quelques poignées d’âmes.

La France des solutions
Et si on démultipliait la visibilité des citoyens qui prennent l’initiative ? Pour répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux, Rue89 s’engage aux côtés de Reporters d’Espoirs pour diffuser la connaissance de la « France des solutions ».

Il serait resté plus longtemps, on lui aurait peut être donné un surnom définitif. Un truc qui te colle au derche et finit par te constituer. Mais il était de passage.

« Le gars, il est pas censé savoir qu’avec un couteau, tu peux peler des carottes ou couper du pain. Il sait rien. Il met le doigt dessus : il se coupe. Il se tranche un doigt. Il le plante dans la table : il l’abîme et il abîme la table. Il le confie à un enfant. Pareil une faux. Une fourche. Un vélo. Une bagnole. Un tracteur. Que sais-je. Tous ces trucs réclament un apprentissage. Une familiarité. »

 

Un gros bazar de chez Carrefour

Devant lui, le BIOS de mon ordinateur.

« T’es sûr que tu n’as rien à garder ? »

Je lui confirme. Il clique.

« Eh ben tu vois : les ordinateurs, qui sont mille milliards de fois plus complexes que les couteaux, les faux, les fourches, les vélos, les bagnoles et tout ça… C’est le seul outil que tout le monde possède et que quasiment personne ne sait utiliser. Et ça, je trouve ça révoltant. »

C’est l’hiver. Je ne sais plus lequel. Celui d’avant ? Ou d’encore avant. En tout cas, il y avait eu de neige en automne. Et ça faisait jaser au village. Quand il neige sur les feuilles, vieux… C’est pas bon. Pas bon du tout.

Une amie était venue me voir toute excitée avec son ordinateur portable. Un gros bazar de chez Carrefour avec lequel elle souffrait trop, et pour lequel elle me demandait régulièrement des conseils ou des services.

Parce que quand t’habites au trou-du-cul du monde, et que tu galères avec du matériel informatique, tu ne sais tellement plus à quel saint te vouer, que n’importe quel trentenaire à lunette est très vite intronisé expert informatique.

 

« Je crois que c’est depuis l’orage »

Avant, il y avait bien Jan, l’éleveur hollandais qui réparait les ordis en rentrant de la traite. C’était son kif, à Jan. Il adorait débrouiller les nœuds dans les pelotes. Démonter patiemment. Remonter patiemment. Avec du bon sens, de l’empirisme et un rien de documentation, il avait finit par acquérir un sacré savoir-faire.

Et tous les soirs, dans sa ferme, c’était le défilé des mines déconfites et des laptops fatigués. Des « ça mouline ». Des « il a planté ». Des « je crois que c’est depuis l’orage ». Et lui s’y attelait, sans rien dire, avec l’air de ne pas vraiment s’en occuper. Des airs de paysan. « On verra ce qu’on peut y faire ». Puis il est mort, Jan. Un matin. Jeune comme tout. On l’a trouvé couché. Le cœur. Une tragédie.

 

Forêt de Tronçais

Forêt de Tronçais - Bichon59/Flickr/CC
 

Il y avait bien eu Jean, aussi, dans le village, qui faisait des merveilles. Tu lui portait n’importe quoi, la plus saturée des tablettes, le plus esquinté des bolides, et lui t’accueillait calmement, avec bienveillance et compassion. Pas comme ces experts de Montluçon, avec leurs soupirs et leur jargon. Il t’expliquait gentiment les choses avec des mots simples. Et te trouvait toujours la panne.

C’était une bénédiction de l’avoir dans le village. Mais il est mort, aussi, Jean. Jeune comme tout. Le cœur… Malédiction...

 

David est un sorcier

Alors pendant un temps tout le monde s’est mis à errer à la recherche de solutions. Les plus riches – au grand bonheur des vendeurs de chez Darty – réglaient drastiquement leurs problèmes en rachetant du matériel. Les autres cherchaient conseil auprès de tous ceux qui portent des lunettes. Prenant tout ce qui passe. Accumulant le plus souvent les grands n’importe quoi. Jusqu’à l’arrivée de David.

« Il m’a réglé tous mes problèmes. Il m’a installé un truc, là, et depuis, mon portable, il s’allume comme ça : paf ! »

Mon amie s’exécute. Et effectivement : paf. Une minute après l’avoir mis en route, son gros bazar affiche un bureau. J’ai eu à peine le temps de voir scintiller le nom du système d’exploitation. Lubuntu. Connais pas. Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

« Il m’a tout expliqué, David. Il m’a demandé ce que j’utilisais comme logiciels. Je lui ai dit que j’aillais sur internet, que je regardais des films et que je faisais Word et Excel. Il m’a dit que pour faire ça, j’avais pas besoin de Windows. Que Windows, ça coûtait cher, que ça prenait 80 % de la place sur mon portable. Que ça installait des trucs sans te le dire, qui ralentissaient tout. Il m’a mis ce truc. Et là, je te jure : ça marche tout seul. J’ai même deux fois plus de batterie qu’avant. Et en plus c’est gratuit. »

Sifflement d’admiration. Dans le café, je croise les sourcils circonflexes de ceux qui font mine de ne pas s’intéresser à nous. Je parcours un peu l’interface, simple et brute, et constate qu’effectivement, mon amie n’a rien besoin de plus, et que tout fonctionne à merveille. David est un sorcier. D’un seul élixir, il a fait un remède pour tous les maux de mon amie.

 

Pianiste

Deux jours plus tard, il est chez moi. Je veux le voir faire. De ce que je connaissais de lui jusqu’à présent, David était un gars de mon âge, en formation dans le bled à côté, et pouvait faire danser deux cent personnes d’un coup en jouant du piano. Je l’avais vu faire plusieurs fois, au bistrot, ou l’été, quand il y a la guinguette sur le bord de la rivière.

C’était son métier, d’ailleurs, pianiste, avant qu’il décide d’envoyer d’un seul coup tous les musiciens de France se faire foutre. Sur ce sujet, je n’en ai jamais su plus. Tu sentais la débâcle. La faillite. La colère. Ou la déception monumentale. En tout cas, une de ces failles de vie qui, caractéristiquement, te font prendre la décision de vivre au fond de la campagne. Et dont tu ne parles jamais.

« On confie donc des outils d’une sophistication totale, à des gens qui ignorent jusqu’à la première syllabe du premier composant, ou du premier procédé. C’est inouï. Et le pire, dans tout ça, c’est qu’on te pousse à l’achat en te faisant miroiter tout un tas de mensonges, comme quoi ça va te faciliter la vie. Alors qu’un ordi, si tu ne sais pas t’en servir, mon gars… À part te pourrir la vie et le compte en banque, ça ne t’apporte pas grand-chose. »

 

« Tous les trucs qui pensent à ta place »

Je le regarde ouvrir un terminal. Entrer des lignes de commandes.

« Alors après, le boulot des Google, Microsoft ou d’Apple, c’est d’inventer des machines qui réfléchissent à ta place. Qui rendent inutile la compréhension de la machine. C’est la machine qui utilise, assemble, et organise tes données. Tandis que toi, tu laisse à la machine le soin de te dire quoi faire. Donc tu n’as pas besoin de progresser dans ta connaissance de la machine. Cercle vicieux, tu vois.

Et in fine, tu te retrouve dépendant d’une machine que tu ne contrôles absolument pas. À qui tu obéis aveuglement. Et qui peut donc tranquillement collecter toutes tes données et faire du beurre avec. »

Il ouvre la logithèque et suit, sur un bout de papier, la liste des logiciels que je lui ai demandé de m’installer.

« Et moi, tout ça, c’est terminé. Tous les trucs qui pensent à ta place : exclus ! Je me suis formé. Longtemps. Et je peux dire que je n’installe plus jamais rien dont je maîtrise tous les tenants et tous les aboutissants. »

 

« Bordel, c’est gratuit ! Gratuit ! »

Reboot. Sur mon vieux portable cacochyme, le même logo apparaît : Lubuntu. Une distribution complète, mais hyper légère, conçue pour donner une seconde vie aux terminaux lents ou fatigués.

« Maintenant, quand je rencontre des gens qui me racontent qu’ils ont des problèmes, et que je me rends compte que leur vrai problème c’est la méconnaissance de l’outil, je leur mets d’office la distribution la plus basique que je connaisse.

Dans 99 % des cas, ils n’ont rien besoin de plus. Bureautique. Internet. Musique. Vidéo. Point barre. Et pour moi, ça, c’est la base. Ne pas suréquiper les gens. Leur donner ce dont ils ont besoin. Pas plus. Ne pas les mettre dans un putain de cockpit d’Airbus A320 en leur disant “ vous inquiétez pas les gars, y’a un pilote automatique ”.

Tu vois, par exemple, les gars avec Windows, ils passent leur temps à se débattre avec les antivirus. Mais ils ne comprennent même pas la base du truc ! Ils ne savent pas ce qu’est un virus, comment ça se propage, comment sa s’élabore, qui les crée. Or, sur toutes les distributions linux – et y’en a un paquet – pas une où t’ai besoin d’un antivirus. Et surtout, bordel, c’est gratuit ! Gratuit ! »

 

Désappelisé. Dégooglisé. Démicrosoftisé

C’était fait. Dans mon bled minuscule, enclavé par l’automne et le froid, au milieu d’absolument nulle part, le dénommé David venait de m’initier – en même temps qu’une demi douzaine d’autres – au monde illimité et rassérénant de l’open source.

« Bon, si t’as le même problème, je t’en supplie, ne m’appelle pas. D’une, je me casse bientôt, de deux je ne suis pas expert, et de trois tu apprendras bien mieux en te démerdant tout seul. De toutes façon : des problèmes, tu n’en auras pas. Je te le garantis. Ou alors si tu en as, rappelle-toi seulement de l’époque où tu passais dix minutes avant que ton ordi soit seulement opérationnel. »

Depuis, j’ai fait mon chemin. Désappelisé. Dégooglisé. Démicrosoftisé. David m’a montré le moyen de passer le cap. Moi qui avais l’intégralité de mes données, de mes contacts, de mes agendas et des tous mes souvenirs sur des clouds bien propriétaires, et bien limites au niveau de la protection des données, j’ai petit à petit réussi à tout extraire. Et tout protéger. À prendre le contrôle de ma machine.

Le coup de pied au cul. C’est tout ce qu’il me manquait. Il a fallu qu’il me vienne à deux pas de la forêt de Tronçais.

 

Petits militants volontaires

Le problème, c’est que depuis, il s’est cassé, David. Avec sa patte folle, sa bonhomie et ses interminables session de piano. Il a fini par terminer sa formation, et quitter pour de bon le bocage.

Jan mort. Jean mort. David parti. Tout le village s’est alors rabattu sur ses stratégies premières : Darty. Et les trentenaires à lunettes.

Les déserts numériques, il n’y en a plus beaucoup. À force de programmes publics d’équipements à l’obsolescence chronique, les campagnes ont fini, bon-an mal-an, par se raccrocher au grand train.

Mais loin de le résorber, ces programmes ont contribué à creuser davantage le fossé entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Parce que rien n’a jamais été mis en place pour enseigner, dans ces zones où l’immense majorité de la population n’a découvert l’ordinateur dans le dernier quart de son existence, les rudiments des accès informatiques. On compte sur l’empirisme. Sur l’inéluctable marche du progrès. Sur le développement des technologies intuitives. Automatiques.

Moi, désormais, je compte sur les Davids de tous poils. Petits militants volontaires. Qui prônent la reprise en main de l’homme sur ses outils. Et rappellent qu’un progrès n’en est un que quand il s’est offert à tous.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/rural-rules

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:48

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Le grand retour de l’herboristerie

8 octobre 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)
 


 

 

Conseiller de l’huile de millepertuis contre les brûlures ou de la tisane de bruyère contre les cystites est interdit par la loi française. Pourtant, le savoir-faire des herboristes rencontre une demande grandissante. Depuis quelques années, ils se battent pour une réhabilitation de leur profession et la mise en place de règles, notamment de récolte des plantes sauvages.

Drôle d’endroit pour chercher des plantes médicinales. Les herbes folles bataillent contre les graviers, s’emmêlent aux anciens rails de la petite couronne parisienne. Elles achèvent d’ensauvager les murs couverts de graffitis, d’aspect misérable sous le ciel gris de cette après-midi de juin. Pourtant, le regard de Thierry Thévenin, paysan-herboriste à Mérinchal (Creuse) et porte-parole du Syndicat des simples, fouille attentivement les touffes végétales. « Une mercuriale annuelle, s’exclame-t-il devant une plante d’une taille modeste, aux minuscules pétales verts. Elle est beaucoup utilisée en médecine pour ses vertus purgatives. À l’époque, les gens la consommaient pour leurs problèmes de scrofule. » Un peu plus loin, c’est Christophe de Hody, naturopathe et animateur de sorties sur les plantes sauvages, qui repère une herbe au chantre à la longue tige raide ramifiée et aux petites fleurs jaunes, « très efficace contre les maux de gorge ».

 

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Jean-Christophe de Hody (à gauche) et Thierry Thévenin.

Mais la vedette de la sortie reste le millepertuis perforé : « Il est souverain pour les plaies, les brûlures et les contusions, explique Thierry Thévenin. L’huile est très facile à préparer : quand les fleurs sont ouvertes, on les cueille, on les met dans un pot à confiture qu’on remplit d’huile d’olive et on met au soleil près de la fenêtre. Quand la préparation est rouge, c’est prêt ! » L’auteur d’un Plaidoyer pour l’herboristerie en profite pour rappeler les différentes façons de se soigner grâce aux plantes — la « galénique traditionnelle » de l’herboriste : « Le plus simple, c’est de mâchonner et de recracher. Sinon, on peut faire sécher les plantes et les consommer en tisane ou en décoction, ou les préparer en sirop ou en teinture mère. »

Ces recettes, on peut les retrouver sur les étagères de lherboristerie du Palais-Royal, dans le 1er arrondissement de Paris. Marie-Josée y pioche des soins contre le cholestérol. « C’est une démarche globale, j’ai d’ailleurs une alimentation très stricte, confie la retraitée. J’évite ainsi de prendre des médicaments, dont je redoute les effets secondaires. » Marine, enceinte, est venue chercher une huile contre les vergetures. Débutante, elle est conseillée par Mina. « À la toute fin de votre grossesse, la tisane de feuilles de framboisier peut faciliter l’accouchement, indique la vendeuse, forte de ses trente ans d’expérience dans la boutique. Pour l’allaitement, commencez par laisser faire la nature. Mais si ça ne marche pas trop, la tisane spéciale lactation, un mélange autour du fenouil, peut donner un coup de pouce. » La jeune femme, ravie, sort de la boutique son cabas dans la main : « Je reviendrai ! »

 

« Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes »

Du sous-bois à la boutique, l’herboristerie demande une grande polyvalence. « L’herboriste va reconnaître, traiter et conseiller les plantes ; il va être à la fois botaniste, cueilleur, producteur, conseiller et vendeur », énumère Patrice de Bonneval, fondateur de lÉcole lyonnaise des plantes médicinales. Ses remèdes sont destinés à soulager toutes sortes de troubles communs — problèmes digestifs, rhume, ménopause, stress, etc. Impossible néanmoins de réduire ce savoir-faire à une série de connaissances et de gestes techniques. « Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes, la nature, que nous aimons les gens et que nous souhaitons les soigner », poursuit ce passionné, formé à la faculté de pharmacie de Nantes, conquis par l’herboristerie « après avoir rencontré un petit pépé en Vendée, avec son âne, son chariot rempli de plantes et ses livres. Je me suis dit que c’était trop joli, que j’avais envie de faire ça moi aussi ».

 

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L’herboristerie du Palais-Royal.

Ce savoir-faire ancestral suscite un intérêt grandissant. Mina l’observe depuis son comptoir de l’herboristerie du Palais-Royal : « Il y a trente ans, nous recevions surtout des personnes d’un certain âge. Mais, depuis quelques années, il y a de plus en plus de clients ; des jeunes qui viennent pour des petits bobos comme de l’acné, des problèmes de mémoire, des troubles du sommeil… et qui ne veulent plus prendre de médicaments. » Pour Michel Pierre, gérant de l’herboristerie depuis quarante-cinq ans, « les gens veulent se soigner avec des remèdes simples, qui rendent possible l’automédication. Ils ont été échaudés par les derniers scandales dans l’industrie pharmaceutique. En parallèle, les préoccupations écologiques augmentent. » La démarche est citoyenne, quasi politique, confirme Thierry Thévenin : « À chaque chaos social, les gens reviennent aux plantes sauvages. »

Plus étonnant, les formations en herboristerie ne désemplissent pas. Ferny Crouvisier, présidente de l’Association pour le renouveau de l’herboristerie, le constate année après année : « Quand j’ai appris le métier il y a vingt ans, nous étions sept dans mon école. C’étaient surtout des femmes âgées de 40 à 50 ans, qui se souvenaient que leurs grands-mères allaient cueillir des plantes pour les tisanes et voulaient retrouver ce savoir-faire pour soigner leur famille. » Depuis, les profils se sont diversifiés : plus jeunes, de plus en plus d’hommes, des projets professionnels liés aux plantes. Et de plus en plus de monde. « À l’École lyonnaise des plantes médicinales, nous comptons actuellement 1.200 élèves, dont 600 font de l’herboristerie pure », calcule Patrice de Bonneval.

 

« Le problème est d’ordre plus économique que sanitaire »

Pourtant… la profession d’herboriste n’existe plus, en tout cas dans les textes. Ida Bost a réalisé une thèse d’ethnologie sur les herboristes en France de 1803 à nos jours. « L’herboristerie a été reconnue comme métier entre 1803 et 1941, rappelle la chercheuse. Au XIXe siècle, c’était un métier de personnes modestes, en particulier de femmes ; puis, les herboristes se sont structurés en syndicats qui contrôlaient des écoles. Ils ont fourni un travail énorme pour changer l’image de ce métier, lui donner une apparence plus scientifique. » Las, les coups de boutoir de l’Association générale des pharmaciens de France, qui souhaitait obtenir le monopole de la vente de plantes médicinales, ont fini par atteindre leur but : la loi du 11 septembre 1941 relative à l’exercice de la pharmacie a supprimé le diplôme d’herboriste. Une spécificité française, puisque la profession est reconnue au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et en Italie....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:38

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Auto-construction

Comment construire sa maison écologique en une semaine et à petit prix grâce à l’ « open source »

par

 

 

 

Les géants du BTP ont-ils du souci à se faire ? Après les logiciels libres et la fabrication de machines ou d’objets, la communauté mondiale des fab labs se tourne désormais vers la construction de véritables maisons en « open source ». Mise à disposition de plans et de techniques accessibles à tous, construction et assemblage collaboratif des éléments... Des États-Unis à la France en passant par la Grande-Bretagne, c’est une véritable communauté de la « maison libre » qui émerge et se structure, pour révolutionner la construction, son financement et permettre l’accès de tous à un logement plus décent.

« Ma femme et moi avons vécu trois mois dans une “micro-maison” [« Tiny house » en version originale, ndlr]. Nous n’avons pas trouvé cela viable sur le long terme ! C’est trop petit. En hiver, surtout. Il nous fallait quelque chose de plus grand. » Marcin Jakubowski et Catarina Mota ont donc pris la décision de se construire une grande maison, avec plusieurs pièces. Une vraie maison, construite par eux-mêmes, sans payer un promoteur pour le faire, grâce à des plans et des tutoriels distribués en open source. C’est-à-dire sans brevets et libres de droit, donc utilisables, reproductibles et modifiables par tous ceux qui le souhaitent. Issu, à l’origine, du monde de l’informatique, l’open source fait ainsi son apparition dans le domaine de la construction !

Marcin Jakubowski n’en est pas à son premier essai en matière d’auto-construction en open source. L’homme installé dans le Missouri, aux États-Unis, a déjà initié un projet de construction artisanale de dizaines de machines industrielles : tracteur, bulldozer, four, éolienne, moteur hydraulique,... Des machines à très bas coût et reproductibles à volonté, grâce à la diffusion libre de documentation, de plans et de techniques de fabrication (lire notre précédent article). Après avoir vécu dans une maison de quelques mètres carrés, il a décidé d’appliquer la même méthode à la construction de logements. Et espère que le modèle va essaimer jusqu’à former une communauté mondiale d’auto-constructeurs de maisons. « Un tracteur, on ne voit pas tout de suite à quoi ça peut servir. Mais une maison, les gens en voient tout de suite l’utilité », relève Marcin.

 

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« Quand on fait construire par une entreprise, c’est presque impossible d’imposer des techniques écologiques »

Au cœur de ce projet « d’Open building institute » – c’est à dire d’institut d’auto-construction en open source –, il y a une librairie de modules à construire : murs, fenêtres, toits… et des techniques. Le tout en accès libre, améliorable par tous. Toute cette documentation est accessible en ligne, libre de droit, et dans des formats compatibles avec des logiciels de conception assistée par ordinateur, eux-mêmes en open source. Ensuite, les différents modules, comme des plans de bois pour les murs, peuvent être découpés grâce à des machines à commande numérique, qui sont disponibles dans les fabs labs – laboratoires de fabrication d’objets en open source – dans le monde entier.

 

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« Nous mettons aussi à disposition toutes les informations dont les gens ont besoin pour obtenir les permis de construire », précise Marcin. Et pour transmettre les savoir-faire techniques, l’Open building institute organise des ateliers de construction de maison grandeur nature. Le prochain a lieu en novembre dans le Missouri. Objectif : construire une maison modulaire écologique en cinq jours, avec toit photovoltaïque, récupérateur d’eau de pluie, bio-digesteur pour produire du biogaz… Le tout pour 25 000 dollars seulement ! « Aujourd’hui, de nombreuses techniques de construction écologique sont encore difficiles à faire passer auprès des promoteurs. Par exemple, faire construire un bio-digesteur par une entreprise, c’est presque impossible aux États-Unis », souligne Marcin Jakubowski. La solution : construire soi-même !

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Une maison aussi simple à construire qu’un meuble en kit ?

« J’ai vu des maisons se construire en une semaine avec seulement une vingtaine de personnes pour l’assemblage », témoigne Clément Flipo, co-fondateur de Wikifab.org, une plateforme de documentation pour la construction open source d’objets, de machines, et aujourd’hui aussi de maisons. Un premier tutoriel de fabrication d’une « micro-maison » vient d’être mis en ligne sur la plateforme. On y trouve les matériaux et outils nécessaires, les plans, et les instructions à suivre. Un peu comme pour construire un meuble en kit vendu par une grande enseigne... Sauf qu’il s’agit ici d’un logement dans lequel il doit être possible d’habiter. « À partir du tutoriel, vous téléchargez les fichiers, puis vous faites couper les éléments par une machine dans un fab lab. Il y a des pans de murs à assembler, des pans pour l’isolement, pour les toits, la couverture extérieure… C’est vraiment accessible », détaille Clément Flipo.

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Du Missouri, où vit Marcin Jakubowski, à la France, où est basé Wikifab, la communauté des fabricants de maisons en open source essaime à travers le monde. Au Royaume Uni, Alistair Parvin, architecte de formation, a lancé il y a cinq ans Wikihouse, un projet collaboratif pour explorer ce que la révolution numérique peut changer à l’économie du logement. « La digitalisation permet de partager des solutions de construction durable de la même manière qu’on partage du code informatique, résume Alastair Parvin. Il ne s’agit pas seulement de diffuser les savoirs sur les systèmes de construction écologiques et à basse énergie, mais aussi de voir comment on met les outils et les compétences entre les mains de tout le monde, pour passer d’un modèle de construction de logement extrêmement centralisé à un système de projets de petite échelle et décentralisés. »

 

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« Déployer un secteur citoyen de la construction »

Pour Alistair Parvin, l’objectif est de développer une véritable alternative à la construction immobilière classique. « C’est encore difficile de convaincre les banques d’accorder des prêts pour construire de cette manière. Mais on commence à voir apparaître des formes commerciales de maisons en open source. C’est la prochaine étape pour développer le modèle. » L’open source est-il compatible avec un modèle commercial ? Oui, répond Alistair Parvin. « Nous ne voulons pas faire comme les grandes sociétés immobilières. Nous visons une économie distributive et soutenable. Au Royaume-Uni, il existe déjà des collectifs qui s’intéressent au modèle des "Wikihouses", pour construire eux-mêmes, sans être dépendants de promoteurs immobiliers. C’est ce secteur citoyen de la construction qu’il faut déployer. »

 

 

Marcin Jakubowski vise aussi, à terme, un développement commercial de l’auto-construction. Mais en monnayant des services d’aide à l’assemblage et la participation à des ateliers de formation. Les plans et la diffusion des savoir-faire resteront en open source. « C’est un business model basé sur le partage », précise Marcin. A bas bruit, pour l’instant, une révolution du secteur de la construction et du logement est-elle déjà en marche ?

Rachel Knaebel

 

Photos : Open source Ecology
Plans : tutoriel de fabrication d’une micro-maison par Wikihouse

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:28

 

Source : http://www.rue89strasbourg.com

 

 

 

One Vote, un site internet pour annoncer la couleur aux députés

 

 

 

 

Jean-Sébastien Scharf, promoteur immobilier à Strasbourg, lance lundi un site pour améliorer le dialogue entre élus et citoyens. Dans One Vote, les citoyens sont invités à s’exprimer sur chaque projet de loi en discussion à l’Assemblée. Quant aux députés, ils seront invités à écouter ce que leurs électeurs pensent de leurs travaux.

Jean-Sébastien Scharf, plus connu à Strasbourg pour ses promotions immobilières, se désole en constatant l’éloignement des citoyens de la politique. Comme il bénéficie de quelque aisance financière, il lance lundi 3 octobre un site appelé « One Vote« , dont l’objectif est de permettre aux citoyens de prendre part aux débats parlementaires en cours.

Le principe est simple : lorsqu’une loi est en préparation à l’Assemblée nationale, une entrée est créée sur One Vote. Les internautes peuvent alors commenter cette loi et « voter » pour ou contre. À la fin du débat parlementaire, les résultats sont envoyés, pour chaque circonscription, aux députés. Dans l’esprit de Jean-Sébastien Scharf, One Vote pourrait servir d’outil permanent de consultation de l’avis des électeurs :

« Je ne suis pas pour la dictature de la démocratie directe, les élus nous représentent, ils ont le droit d’être en désaccord avec une partie de leur base électorale, même si elle est majoritaire. Mais prenons le cas de la Loi Travail, on a vu sur Internet des pétitions mais où les citoyens ne pouvaient simplement déclarer que leur opposition. Quant à Facebook, il est difficile voire impossible d’y mener un débat d’idées sérieux. Au final, Internet et les réseaux sociaux n’aident pas beaucoup à la diffusion des enjeux législatifs, ni au dialogue entre les élus et leurs électeurs. »

 

L'interface de One Vote est assez minimaliste (capture d'écran)

L’interface de One Vote est assez minimaliste (capture d’écran)

 

Vous avez un e-mail de votre député

À la fin du débat parlementaire, le député peut utiliser One Vote pour envoyer un email à tous les participants inscrits de sa circonscription et qui ont voté sur une loi :

« Cela permettra aux élus d’expliquer leur vote aux citoyens. Ils le font déjà, au travers de leurs lettres d’activité parlementaire mais qui les lit ? Là, ils pourront envoyer un e-mail à des gens qui se seront informés sur la loi en discussion, et qui auront exprimé un avis. À chaque projet de loi, il y aura donc une remontée de commentaires de la part des internautes vers le député, et un avis de la part du député envoyé aux internautes, on aura donc des échanges et c’est bien ça le but. »

One Vote est conçu comme une succession de forums, très simples, un pour chaque projet de loi. Les internautes peuvent publier leurs commentaires sous chaque intitulé d’une loi en discussion, il n’y a aucune explication, aucun résumé, « par souci d’équité », indique Jean-Sébastien Scharf. Mais le résultat est que le site est très austère. Il faut déjà avoir une bonne idée des projets de loi en cours de discussion car la seule aide qui est fournie par One Vote est… un lien vers le projet de loi in extenso sur le site de l’Assemblée Nationale, un texte incompréhensible pour le commun des citoyens.

 

Pas de business model

Entièrement autofinancé, Jean-Sébastien Scharf s’est donné un budget de 25 000€, One Vote n’a pas de « business model. » Piochant les projets de loi directement depuis les bases de données de l’Assemblée Nationale, le site est prévu pour fonctionner sans apport manuel, avec un budget de fonctionnement minimal. Jean-Sébastien Scharf se laisse un peu de marge pour évoluer sur cette question :

« Si le site atteint une certaine audience, alors peut-être que je mettrai de la publicité. Et je réfléchis aussi à des solutions pour proposer du marketing ciblé, par exemple pour des partis politiques. D’autres pistes peuvent être envisagées mais la priorité, c’est de faire en sorte qu’un maximum de gens participent et que les députés jouent le jeu. »

Dans sa phase de lancement, One Vote ne cible que les débats à l’Assemblée Nationale, délaissant les étapes au Sénat. Mais Jean-Sébastien Scharf a bien l’intention de dupliquer One Vote si les internautes s’emparent de cet outil, par exemple pour des version locales au niveau des régions ou des métropoles.

 

Demonstration à Madrid pour le 5e anniversaire du 15M (Photo Adolfo Lujan / FlickR / cc)

Demonstration à Madrid pour le 5e anniversaire du 15M (Photo Adolfo Lujan / FlickR / cc)

 

Une procédure d’inscription renforcée

Pour que les votes soient significatifs, empêcher une manipulation et assurer au débat une certaine tenue, One Vote fait valider l’adresse e-mail à chaque nouvel inscrit ainsi que son numéro de téléphone portable. Jean-Sébastien Scharf propose également aux internautes de renseigner leurs thématiques préférées (transports, sécurité, éducation…) ainsi que la couleur de leurs derniers votes, et d’indiquer s’ils sont adhérents à un parti politique.

Des informations sensibles, très rarement demandées sur Internet, mais Jean-Sébastien Scharf assure être en conformité avec les préconisations de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). S’il réussi à constituer un fichier d’utilisateurs suffisamment étoffé avec de telles données, il aura peut-être trouvé son business model.

 

Aller plus loin

Sur 1-vote.fr : le site pour commenter et voter sur les projets de lois en cours

Nos Députés.fr et Nos Sénateurs.fr : deux sites pour suivre l’activités des députés et sénateurs.

 

 

 

Source : http://www.rue89strasbourg.com

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:06

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Négociations commerciales

La carte des mobilisations contre les traités de libre-échange

par

 

 

Le projet de traité de libre échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA) doit être soumis à l’approbation du Conseil européen le 18 octobre. Négocié dans une grande opacité, ce traité, s’il est adopté, aura des conséquences sur nos vies quotidiennes : l’emploi, la santé, l’alimentation, les services publics... Le 15 octobre, des manifestations sont prévues dans toute la France. Voici l’appel des organisations à l’initiative de l’événement et la carte des mobilisations.

Depuis 2013, une large mobilisation s’est mise en place contre le TAFTA, ce projet d’accord qui vise à libéraliser les échanges commerciaux et les investissements entre les États-Unis et l’Union européenne. Les négociations vont plus lentement que prévu, mais contrairement aux annonces récentes du gouvernement, elles continuent !

Pendant ce temps, l’Union européenne s’apprête à signer un traité similaire avec le Canada : le CETA. Celui-ci doit être soumis à l’approbation des États membres le 18 octobre prochain. S’il est approuvé, il sera soumis à la ratification du Parlement européen dans les mois suivants.

Le TAFTA et le CETA auraient des conséquences graves, telles que l’abaissement des barrières tarifaires en matière agricole qui aggraverait la crise que vivent déjà des centaines de milliers de paysans et le nivellement par le bas des normes qui protègent la qualité de notre alimentation, la santé publique, la sécurité industrielle et l’environnement.

La « coopération réglementaire », conçue pour impliquer directement les multinationales dans l’écriture des lois et réglementations et « l’arbitrage d’investissement » mettraient en danger les droits sociaux, la lutte contre le réchauffement climatique et le principe démocratique même. Dès l’approbation du CETA, les multinationales américaines, qui possèdent de nombreuses filiales au Canada, pourraient utiliser ces mécanismes pour attaquer les réglementations qu’elles jugent défavorables.

 

- Voir aussi notre dossier, Traités de libre-échange : les multinationales contre la démocratie ?

 

Cliquez sur la carte ci-dessous pour avoir le détail des mobilisations prévues 

 

:

Alors le 15 octobre, toutes et tous mobilisés :
- Paris, rendez-vous place Stalingrad à 15h30
- Aix-en-Provence, lieu à préciser, à 15h
- Annecy, lieu à préciser, à 14h
- Bayonne, place Rolland Barthes, à 10h
- Boulogne-sur-Mer, rue de Thiers et Grande rue , à 11h (mobilisation centralisée pour le Pas-de-Calais)
- Carcassonne, place Carnot, à 10h (action centralisée pour l’Aude)
- La Roche-sur-Yon, lieu à préciser, à 10h
- Lyon, lieu à préciser, heure à préciser
- Macon, marché de Macon, heure à préciser
- Montfort-en-Chalosse, lieu à préciser, heure à préciser
- Nancy, place Charles III, heure à préciser
- Nantes, lieu et horaire à préciser
- Quimper, place Terre aux Ducs, à 11h (rassemblement)
- Rennes, lieu à préciser, heure à préciser
- Saint-Etienne, lieu à préciser, à 10h (manifestation + picnic, ramenez de quoi faire du bruit)
- Valence, place Porte Neuve, 14h

Plus d’infos sur la page facebook de l’événement.

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 12:54

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, des milliers de bâtons enracinent la résistance

10 octobre 2016
 


 

 

40.000 personnes se sont retrouvées samedi 8 octobre à Notre-Dame-des-Landes. Munis de bâtons symbolisant la détermination, elles ont montré que la résistance au projet d’aéroport reste toujours aussi forte.

 

- Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

Chacun plante son bâton sur le cordon de terre, formant vite une longue haie hérissée de piques sur une butte. On dirait un système gaulois de défense contre des légions romaines. Dès midi, samedi 8 octobre, ce bosquet rectiligne a commencé à se coiffer de branches de châtaigner, bambous, manches à balai, et même quelques tringles à rideau.
Autour de 40.000 personnes sont venues ce jour piquer leur bâton que symboliquement, ils et elles reviendront chercher en cas d’attaque de la Zad par la police.

 

 

Tout un symbole, des jacqueries de paysans sous l’Ancien régime à la marche du Larzac à Paris en décembre 1978, scandée par le rythme des bâtons de bergers du Causse martelant l’asphalte. Un texte rappelant cette symbolique a été lu devant la butte piquetée de tous ces morceaux de bois, "Le serment des bâtons".

Le matin, trois cortèges de ce peuple à bâtons ont convergé des extérieurs de la zone vers la ferme de Bellevue, occupée depuis janvier 2013. Le départ a été donné sous un joli soleil apparu pour réchauffer ce matin d’automne frisquet démarré à 9°C. Ces bâtons, de simples branches de châtaignier ou de frêne, bien droites ou pas, émondées, taillées. Certains ont été bichonnés, sculptés, gravés des classiques « Vinci dégage », ou peints comme des totems bariolés, ornés de rubans, de perles, de pompons ou de plumes, coiffés de drapeaux ou de ballons de baudruche. Des piquets solides dépassent au-dessus des têtes. Le long du fossé, à chaque point de départ, des stocks de bambous et de branches de bois brut attendent ceux qui n’ont rien prévu.

Le top départ est donné, la troupe démarre à travers champs. Un des bâtons levé à bout de bras sert d’antenne à un poste de radio qui diffuse Radio Klaxon, la radio pirate officielle de la ZAD qui depuis l’opération César squatte la fréquence de Vinci Autoroute et diffuse en direct dans le bocage. Au fil de l’onde des marcheurs, des bribes de discussion évoquent semences paysannes, flics, soupe d’ortie, histoires d’amour. Des baguettes de pain pointent de plusieurs sacs à dos. Les enfants adorent cette histoire de bâtons : « Mais m’man, on pourrait pas le garder, il est trop beau ? » Au détour d’un chemin, une buvette sauvage sur une carriole, puis un stand de crêpes cuites au bord de la haie sur une plaque en fonte, le fameux bilig breton.

 

Deux hangars pour le présent et le futur

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Montage du hanger

Mais la marque de ce week-end, prévu pour montrer la détermination face à la menace de Manuel Valls d’évacuer la Zad cet automne, ne se limite pas aux forêts de bâtons. Deux solides hangars de belles charpentes blondes, toutes en tenons et mortaises, ont été montés, l’un dénommé le « hangar de l’avenir », qui sera confié à un atelier de menuiserie, et l’autre « hangar de la défense », en bordure de la Zad, voué à l’accueil des gens venus en soutien en cas d’opération policière massive. D’ailleurs le slogan vient le rappeler « Nous sommes là, nous serons là ! ». Le comité anti-aéroport de Redon a fait imprimer des autocollants en forme de cœur « J’aime la Zad » que tout le monde porte sur le cœur, forcément.

 

Un monde contre un autre

Ficelé à une haie d’épineux, un panneau : « 17 oct 1961 : la police jette les manifestant-e-s algérien-nes dans la Seine. 17 oct 2006 (?) la police expulse les migrant-es de Calais ». Sur le mur d’une ferme : « Ici comme ailleurs, riposte féministe contre les violences sexistes ». A Vinci « et son monde », la Zad oppose son propre monde, fort de valeurs, de solidarités et de revendications.

 

 

Le long du parcours qui mène à l’aire centrale du rassemblement, petite surprise à la ferme occupée de Saint Jean du Tertre : un trio vocal féminin juché sur des buses de béton entonne « La Semaine sanglante », en hommage à la Commune, et « La Grève des mères » de Montéhus, « dédiée à la mère de Rémi Fraisse ».

Dans les trouée des haies, des vaches regardent, étonnées de tout ce monde de bon matin. Sur le fil barbelé de leur clôture, une pancarte porte une citation de Michel Tarin, paysan et militant historique de la lutte contre ce projets d’aéroport, engagé dès les premiers jours pour défendre le Larzac, décédé l’an dernier : « Je ne suis pas propriétaire, je suis passeur de terre. »

 

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Sophie Hoarau : « Ici, on est à un tournant de l’histoire »

Une formule qui parle à Sophie Hoarau, formatrice en permaculture dans son village de Roquevaire (Bouches-du-Rhône) : « La terre ne nous appartient pas. On ne peut pas se l’approprier, mais on peut la gérer sur une base de consensus. Les gens qui sont venus se greffer sur ce patrimoine naturel des terres ont développé des techniques locales, résilientes, dans la sobriété et l’autonomie. Ici on passe à l’acte, ça ne reste pas dans des théories intellectualistes. » Si elle a traversé la France, venue en car de Marseille, c’est pour elle exceptionnel : « En général je n’aime pas les manifestations, la foule et je ne viens jamais à ce genre de rassemblement, que j’ai du mal à supporter. Mais j’ai l’impression qu’ici, on est à un tournant de l’histoire et que c’était ma place. Il y a une cohérence, une énergie, l’autogestion, l’acceptation des différences. On retrouve l’esprit original du communisme, de la mise en commun. La symbolique du bâton, sa simplicité, me font penser au "jō", l’arme de l’aïkido, un art martial, science de l’harmonie, qui n’est pas violent. Je l’ai pratiqué il y a une vingtaine d’années, sans trop comprendre la philosophie à l’époque, mais ça me parle bien aujourd’hui. C’est curieux, d’ailleurs, beaucoup de permaculteurs font de l’aïkido... »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 12:39

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

«En Islande, les mobilisations se font aussi sur des enjeux éthiques»

8 octobre 2016 | Par Ludovic Lamant
 
 
 
 
L’avocate Katrín Oddsdóttir a participé en 2011 à l’écriture d’une nouvelle constitution pour l’Islande. Dans un entretien à Mediapart, elle revient sur les enjeux des législatives du 29 octobre sur l’île, après la crise ouverte par la publication des Panama papers.

La publication en avril 2016 des Panama papers, et la démission du premier ministre conservateur qui s’est ensuivie, ont rouvert en Islande une fenêtre d’opportunité : le projet de constitution que 25 citoyens de l’île avaient rédigé en 2011, longtemps bloqué par la droite, pourrait bien finir par être ratifié.

 

Katrín Oddsdóttir © DE. Katrín Oddsdóttir © DE.
 

C’est en tout cas ce que veut croire Katrín Oddsdóttir, une avocate islandaise de 39 ans qui fut l’un des membres de cette expérience inédite, devenue un modèle de démocratie participative aux yeux du monde entier (lire notre reportage à Reykjavík en 2011 ici et le décryptage du texte final ).

À l’approche des élections législatives anticipées du 29 octobre sur l’île, l’activiste revient, dans un entretien à Mediapart, sur l’héritage de la « révolution des casseroles » de 2008, l’ascension du parti pirate emmené par la poétesse Birgitta Jónsdóttir, mais aussi sur la pertinence des batailles constitutionnelles, de la Catalogne à l’Écosse, pour sortir l’Europe du marasme.

La constitution que vous avez corédigée en 2011 a-t-elle encore une chance d’être adoptée ?
Elle a bien plus qu’une chance. Je suis sûre à 99 % qu’elle va finir par être adoptée. Je n’ai pas toujours été aussi optimiste, mais là, avec la réaction citoyenne déclenchée par la publication des Panama papers, et l’exigence d’une démocratie plus forte en Islande qui s’est exprimée, j’ai repris espoir.

La grande nouveauté, à l’approche des législatives, c’est que les partis d’opposition actuels, qui avaient un peu abandonné le combat constitutionnel, reprennent de la force. Et ils sont unis sur le sujet de la constitution. Ils disent désormais : quel que soit le parti au pouvoir après les législatives, nous nous engageons à finir le boulot au sein du parlement [c’est-à-dire une ratification parlementaire – ndlr]. La leçon, c’est qu’on ne peut pas bloquer indéfiniment la démocratie.

Faites-vous un lien entre la « révolution des casseroles » après le krach de 2008, les mobilisations autour du processus d'adhésion de l’Islande à l’UE ces dernières années et, enfin, les manifestations d'avril 2016, en réaction à la publication des Panama papers ?
Oui, tout cela est relié. C’est l’histoire d’un réveil. Comme lorsque vous êtes longtemps resté endormi, et que vous vous réveillez progressivement. Quand vous comprenez, en tant que nation, que vous pouvez obtenir des choses – par exemple des élections anticipées – lorsque vous vous mobilisez, on ne peut plus vous le retirer. La nation islandaise a changé à jamais, il y a un avant et un après le krach [de 2008 – ndlr]. Nous avons pris l’habitude de nous retrouver sur la place [face au parlement – ndlr] pour exiger des changements immédiats.

Les mobilisations après les Panama papers ont rassemblé 26 000 personnes en 24 heures [sur une population de 320 000 habitants – ndlr]. Pour certains observateurs, cela en fait la protestation la plus massive à l’échelle du monde entier, si on la rapporte à la population totale. Quoi qu’il en soit, cette mobilisation s’est faite sur des enjeux éthiques, et c’était nouveau.

Ces mobilisations ont-elles été déclenchées parce que le premier ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson ne payait pas l’intégralité de ses impôts en Islande ou parce qu’il a menti à la télévision sur la réalité de ses avoirs à l’étranger ?
Les deux. Mais dans les deux cas, ce sont des questions éthiques. Auparavant, les gens se mobilisaient parce qu’ils avaient faim, ou alors parce qu’ils voulaient des logements sociaux pour les étudiants, pour défendre leurs propres intérêts. Bref, quelque chose de concret, en réaction à une injustice flagrante. Cette fois, l’injustice est toujours présente, mais les choses se posent de manière plus complexe. Les manifestants, en avril dernier, disaient : on ne veut plus de ces comportements, même s’ils ne sont pas en soi illégaux.

 

 

Manifestation pour la démission du premier ministre islandais le 5 avril 2016 à Reykjavik © Stigtryggur Johannsson / Reuters. Manifestation pour la démission du premier ministre islandais le 5 avril 2016 à Reykjavik © Stigtryggur Johannsson / Reuters....
 
 
*Suite de l'article sur mediapart
 
 
 
 
 
 
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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 16:45

 

Source : https://vimeo.com/184826227

 

 

Le 8 octobre tou.te.s à Notre-Dame-des-Landes

de Attac Play

 

 

Convergeons vers Notre-Dame-des-Landes le 8 octobre 2016, RDV à 10 h dans le bocage, à pied, en tracteur ou à vélo. Que chacun·e apporte son bâton, sculpté, décoré et le mette dans les roues du projet.
Tous et toutes ensemble, empêchons l’aéroport ! - Plus d’infos sur les sites acipa-ndl.fr et zad.nadir.org.

 

 

Réalisation et images: Alexis Rodriguez
Voix et son: Florian Lopez
Musique: Gilles Rézard > gillesrezard.com/
Production: Attac Play

 

 

 

Source : https://vimeo.com/184826227

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 16:28

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

La malbouffe nous rend plus malades que l'alcool et le tabac réunis

 
 
 
 
Un rapport publié par un groupe d’experts britanniques alerte sur les dégâts de la malnutrition sur notre santé. Un constat d’autant plus alarmant que la malbouffe gagne chaque jour du terrain, entraînant une explosion dans le monde du nombre de personnes obèses ou en surpoids.
 
- Sipa/illustration
 

« Fumer tue », « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé », « Sortez couverts »… Autant de formules entrées dans le langage courant pour mettre en garde contre les dangers de la consommation d’alcool, de tabac ou du sexe non protégé. Des slogans autrement plus percutants que le fade « Pour votre santé, mangez équilibré », on en conviendra. Et pourtant, selon les conclusion d’, la malbouffe constitue le risque numéro 1 pour la santé. Mal se nourrir causerait ainsi davantage de maladies que le tabac, l’alcool et le sexe non protégé réunis.

Pour étayer leur propos, les experts s’appuient notamment sur ce graphique, fruit d’une étude menée l’an dernier. Il met à jour les 11 principaux facteurs de risques responsables de maladies, classés par le nombre d’années de vie en bonne santé perdues qu’ils causent à l’échelle mondiale. Six, parmi lesquels l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol ou les maladies cardio-vasculaires, figurent dans ce classement et sont directement liés à la façon dont on se nourrit.

 

- Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition
 
 

Les données collectées ici attestent qu’une alimentation ne satisfaisant pas les besoins nutritionnels est donc ce qu’il y a de plus nocif pour la santé. En parallèle, et comme pour inciter les leaders politiques mondiaux à prendre leurs responsabilités, le rapport indique que la malbouffe gagne chaque jour du terrain, jusque dans les pays en voie de développement, paradoxalement aussi confrontés aux problèmes de sous-nutrition. Pour ces pays, situés principalement en Afrique et en Asie, l’étude montre d’ailleurs que la courbe de l’obésité est en train de rattraper, voire de dépasser, celle de la sous-nutrition. Les exemples du Sénégal et de l’Éthiopie sont parlants : entre 2011 et 2030, le nombre de diabétiques au sein de ces pays passera respectivement de 3,1 à 6,1 millions de personnes, et de 1,4 à 2,7 millions de personnes, soit le double.

 

40% de la population mondiale en surpoids en 2030

 

À l’échelle mondiale, le constat véhiculé par le rapport est similaire : il confirme que la proportion de personnes en surpoids connaît une constante augmentation. Estimée à ce jour à 30%, elle devrait atteindre les 40% d’ici à 2030. Ce problème de santé publique s’accompagne évidemment d’un volet financier déterminant. Selon les chiffres du gouvernement, en France en 2012, le coût social de la surcharge pondérale s’est ainsi élevé à 20 milliards d’euros, un montant comparable à celui de l’alcool (15 milliards d’euros) et du tabac (26,6 milliards d’euros).

Pourtant, des propositions ont été mises sur la table depuis déjà plusieurs années pour faire en sorte de modérer notre consommation de produits riches en gras et en sucres. L’idée d’un logo à cinq couleurs (du vert au rouge) affiché sur les produits pour indiquer leur qualité nutritionnelle a par exemple été envisagée par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Soucieux de préserver leurs intérêts, les industriels ont obtenu la réalisation d’une étude financée par l’Assurance maladie (2,2 millions d’euros), qui sera rendue en décembre. Censée évaluer quatre différents systèmes d’étiquetage, elle est commandée par deux comités gangrénés par les soupçons de conflits d’intérêt, révélés dans une . Plusieurs experts membres de ces comités ont même quitté le navire en chemin, estimant les dés pipés. Le professeur Serge Hercberg, président du Plan national nutrition santé (PNNS) et à l’origine du système du logo à cinq couleurs, a lui été écarté. Son idée, plébiscitée par l’association de consommateurs UFC Choisir, est jugée trop stigmatisante par les industriels, qui ont demandé à Stéphane Le Foll l’arrêt des travaux de recherche menés par son équipe, dans . Il y a cinq ans, le même lobbying avait déjà retenu la Commission européenne d’agir en faveur d’un étiquetage clair des denrées alimentaires.

Aussi, au début du mois septembre, la direction du Trésor a soumis dans un rapport une autre proposition afin d'endiguer la consommation de produits mauvais pour la santé : une taxe sur les produits alimentaires favorisant le surpoids. Cette « taxe sur la malbouffe » a été balayée d’un revers de la main par Michel Sapin, le ministre de l’Économie et des Finances, et Christian Eckert, secrétaire d’État chargé du Budget, au prétexte qu’elle était trop compliquée à mettre en place et que le gouvernement tentait justement de baisser les impôts et supprimer des taxes. D’autres pays, confrontés à une urgence sanitaire encore plus importante, n’ont pas eu d’autre choix que de tenter le coup. Le Mexique, où 70% de la population est en surpoids, a mis en place en 2014 une taxe de 8% sur les aliments très riches en calories et de 10% sur les boissons sucrées. En un an, leur consommation a chuté de 8,5%.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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