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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 16:01

 

Source : https://www.mediapart.fr
 

 

 

Etiquetage nutritionnel: Stéphane Le Foll au secours des industriels

19 septembre 2016 | Par Karl Laske
 
 
 

Dans une lettre adressée à Mediapart, le ministre de l’agriculture minimise les pressions des industriels et de la distribution sur les travaux du laboratoire du professeur Serge Hercberg, président du Plan national nutrition santé. Stéphane Le Foll défend le test « grandeur nature » des systèmes d’étiquetage nutritionnel simplifié dont le pilotage a été confié aux lobbyistes de l’industrie, et qui doit débuter le 26 septembre.

On avait donc mal compris ou mal lu. Dans une lettre de deux pages adressée à Mediapart, et datée du 16 septembre, le ministre de l’agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll nous rassure. Les industriels de l’agroalimentaire n’ont pas le pouvoir de faire cesser les recherches scientifiques indépendantes en nutrition. En juin dernier, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) et le secrétaire général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) ont pourtant demandé au ministre « de mettre fin » aux travaux de l'équipe de recherche du professeur Serge Hercberg, président du Plan national nutrition santé (PNNS), sur les logos nutritionnels simplifiés, qui doivent par ailleurs être testés en conditions réelles d’achat à partir du 26 septembre.

« Il me semble trompeur d’interpréter cette démarche [des industriels – ndlr] comme une demande d’arrêt pur et simple de l’ensemble des travaux du Pr Hercberg, soutient Stéphane Le Foll, demande à laquelle ni Marisol Touraine, ni moi-même ne pourrions envisager de donner suite. » 

Le Pr Serge Hercberg y a vu une « intrusion totalement inacceptable » de l’industrie dans le champ de la recherche publique, justifiée peut-être par « la peur » que son laboratoire, l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN), ne « trouve une fois de plus des résultats qui ne leur conviennent pas ». Stéphane Le Foll assure que les industriels et les distributeurs n’ont fait qu’« exprimer leurs inquiétudes auprès des ministères compétents », concernant « l’envoi » par l’équipe du professeur Hercberg « d’un questionnaire » destiné à évaluer les différents logos – via la cohorte de volontaires de NutriNet-santé – au moment où va s’engager l’évaluation des mêmes logos en conditions réelles, dans soixante supermarchés sélectionnés. Une évaluation dont le pilotage a précisément été confié à l’une des structures de lobbying de l’industrie, le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS).

« La théorie du complot permanent auquel cet article [de Mediapart – ndlr] contribue me paraît fragiliser et desservir un débat qui mérite beaucoup mieux que les procès d’intention », tranche Stéphane Le Foll, dans son courrier adressé au directeur éditorial de Mediapart – à lire en intégralité sous l’onglet Prolonger de cet article.

 

Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture. © Reuters Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture. © Reuters

 

Rappelons que les deux lobbies de l’agroalimentaire demandaient au ministre de l’agriculture « de prendre des mesures pour qu’aucune des conclusions de cette étude » du Pr Hercberg « ne puisse interférer » avec celles de l’évaluation des différents systèmes en conditions réelles d’achat. « Il convient également de mettre fin à cette enquête car elle constitue une opération de communication incompatible avec les conditions préparatoires du test », dénonçaient les industriels. Sans demander « l’arrêt pur et simple de l’ensemble des travaux du Pr Hercberg », l’ANIA et FCD allaient donc très loin. Tellement loin qu’un ministre normal aurait vigoureusement rejeté l’oukase, plutôt que de le minimiser. D’autant qu’on ne voit pas ce qui dans les recherches de l'équipe (INSERM-Paris XIII) de l’EREN – dont les résultats sont publiés régulièrement dans les meilleures revues scientifiques – pourrait venir contrarier le « test » des logos dans les supermarchés.

Mais Stéphane Le Foll est devenu l’interlocuteur privilégié du lobby agroalimentaire, pour ne pas dire sa pièce maîtresse, dans la guerre d’influence engagée par l’ANIA et la FCD pour faire obstacle à l’étiquetage nutritionnel « 5 couleurs », baptisé depuis « Nutri-score ». Démonstration en trois temps.

 

1. L’opposition originelle de Stéphane Le Foll au logo nutritionnel « 5 couleurs »

Le logo « 5-C », qui s’appuie sur un algorithme permettant d’établir un score nutritionnel des aliments, sur une échelle de 5 couleurs allant du vert au rouge, a été l’une des propositions chocs du rapport remis par Serge Hercberg, président du PNNS, à Marisol Touraine, en novembre 2013, « Pour un nouvel élan de la politique nutritionnelle française » – téléchargeable ici. Très vite, les lobbies se sont mis en mouvement contre le « 5-C », craignant avant tout qu’une pastille rouge ne s’affiche sur leurs produits. Si l’on en croit Le Canard enchaîné, le ministre de l’agriculture affirme son hostilité au logo « 5-C » dès le mois de juin 2014, lors d’un séminaire gouvernemental, au cours duquel il affirme qu’il ne faut pas stigmatiser les produits du terroir comme les rillettes du Mans – sa région d’origine…

En septembre 2014, Carrefour lance son propre logo, « A quelle fréquence », qui dans sa première version prescrit un rythme de consommation – 1 fois par jour, 2 fois par jour, 3 fois par jour – avec des couleurs sans risque – vert, bleu, orange, violet… Dans une version ultérieure, rebaptisée « SENS », cela donnera « très souvent », « souvent », « régulièrement en petite quantité », « occasionnellement ou en petite quantité ». Selon les documents internes de l’ANIA en possession de Mediapart, la proposition de Carrefour est « plus en phase avec ses positions ». Elle permet « d’occuper le terrain » pour contrer le logo « 5 couleurs ».

Le 5-C met en balance les éléments favorables (protéines, fibres, pourcentage de fruits, légumes, légumineuses et fruits oléagineux) et défavorables (calories, sucres simples, acides gras saturés, sodium) pour définir un indicateur unique de qualité nutritionnelle. Et ce que l’ANIA veut éviter, c’est « un algorithme pur et dur qui ouvre la porte à l’opportunité d’être utilisé pour des taxes ».

En février 2015, le conseil d’administration de l’ANIA se déclare en « opposition totale au système de score nutritionnel et de pastilles de couleurs stigmatisantes proposé par le professeur Hercberg ». Les industriels préparent des projets d’amendements qui seront massivement votés par les parlementaires amis afin notamment d’inscrire le principe d’une « expérimentation en conditions réelles d’achat ». Marisol Touraine s’y oppose : l’amendement, comme le projet d’expérimentation, sont repoussés par le parlement.

C’est l’intervention de Stéphane Le Foll qui provoque le grand tournant. En juillet 2015, le ministre de l’agriculture écrit à Marisol Touraine pour qu’elle cesse d’apporter son soutien au logo « 5-C »....

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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Cash investigation - Industrie agro-alimentaire business contre santé - 13 septembre 2016

Cash Investigation 2016

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 15:49

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Privilèges des anciens présidents: le rapport secret remis à l’Elysée

20 septembre 2016 | Par Mathilde Mathieu

 

 

 

 

Dans un rapport confidentiel remis à François Hollande, que dévoile Mediapart, les patrons de la Cour des comptes et du Conseil d’État chiffrent le coût des anciens présidents de la République à 10,3 millions d’euros par an. Surtout, dans un souci « de maîtrise de la dépense publique », ils préconisent une révision de certains avantages alloués aux « ex ».

Commandé par François Hollande, ce rapport lui a été remis à l’été 2014 dans le plus grand secret. En une vingtaine de pages, il fournit le premier chiffrage officiel, effectué par la Cour des comptes, de l’ensemble des dépenses engagées en faveur des anciens présidents de la République, soit 10,3 millions d’euros chaque année (en personnels, bureaux, gardes du corps, etc.). Il recommande surtout d’en réduire la voilure, dans un « triple souci de modernisation, de transparence et de maîtrise de la dépense publique ».

 

capture-d-e-cran-2016-09-20-a-09-12-03

 

Rédigé par le patron de la Cour des comptes (Didier Migaud) et celui du Conseil d’État (Jean-Marc Sauvé), qui l'ont réactualisé en mars dernier, ce document prend la poussière au fond d’un tiroir depuis deux ans. Pour réveiller le débat, Mediapart le publie dans son intégralité, avec le modèle de décret fourni clés en main à l’Élysée, qui permettrait d’appliquer cette réforme sans délai. Il suffirait juste à l’exécutif de le signer.

Entre autres mesures, ce rapport ultra prudent préconise de rendre certains avantages dégressifs (car « les besoins liés à la fonction sont moindres au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la fin du mandat »), ou encore de supprimer les privilèges prévus pour les veuves (une exception très française).

 

Doc Mediapart - Anciens PR Rapport Migaud Sauvé

 
 
 

Pour mémoire, la Ve République ne se contente pas de verser à ses « ex » une « dotation » de 65 000 euros brut par an (prévue par une loi de 1955), à laquelle s’ajoute une éventuelle indemnité de membre du Conseil constitutionnel de 14 400 euros brut mensuels (non payée à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy depuis qu’ils ne siègent plus).

Elle fournit, en prime, une série d’avantages matériels prévus par une simple lettre de 1985, adressée par Laurent Fabius (alors premier ministre) à Valéry Giscard d’Estaing, et fixant le « statut dans la Nation des anciens présidents » : un appartement de fonction meublé, une voiture avec deux chauffeurs, sept collaborateurs, deux personnels de maison, des lignes de téléphone, la gratuité sur les réseaux ferrés ou aériens, etc. (Voir le détail des dépenses dévoilées par Mediapart pour les années 2011 à 2014, depuis la Citroën de Nicolas Sarkozy jusqu’aux timbres de VGE.)

Cette « décision épistolaire » n’ayant jamais été traduite dans un décret en bonne et due forme, sa légalité est aujourd’hui contestée de toutes parts, notamment par l’association Anticor qui a saisi le conseil d’État pour la faire annuler.

C’est précisément l’évaluation de ce dispositif de 1985 qu’a réclamée François Hollande à Didier Migaud et Jean-Marc Sauvé en 2013, en même temps qu’il envisageait de réviser la Constitution pour priver les « ex » de siège au Conseil constitutionnel.

À l’arrivée, ce rapport n’a rien de révolutionnaire puisqu’il entérine l’idée que « les ressources publiques allouées aux anciens chefs de l’État sont la conséquence de la dignité des fonctions exercées et des charges diverses qui continuent de s’y attacher ». Loin d’imaginer la suppression de ces « mesures de soutien » logistique, les auteurs conseillent plutôt d’en renforcer l’assise légale avec un décret ad hoc. Mais une fois ce principe posé, ils prônent « une rationalisation » et une « adaptation » des moyens généreusement alloués il y a trois décennies.

« Le dispositif de soutien matériel dont bénéficient les anciens présidents [français] se situe à un niveau plus élevé que ceux qui existent à l’étranger », soulignent en effet les auteurs, à l’issue d’une étude comparative menée sur dix autres pays (Allemagne, États-Unis, Canada, etc.). Pire : « Le nombre de véhicules et de chauffeurs » fournis aux « ex » excéderait parfois « le cadre défini »

Ils suggèrent donc une dégressivité partielle : dix ans après leur sortie de l’Élysée, les anciens présidents verraient le nombre de leurs collaborateurs rémunérés par l’État « diminuer de moitié ». Au lieu de sept autorisés, on redescendrait « à trois ou quatre », pendant que « les employés de maison » passeraient de deux personnes à une seule. Pour mémoire, après 2012, c’est le contribuable qui a financé les salaires de la « conseillère diplomatique » de Nicolas Sarkozy (demi-sœur de Carla Bruni), ou encore de sa « conseillère presse », même après son retour en politique....

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:03

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Allemagne : plus de 300 000 personnes défilent contre le Tafta

L'Humanité.fr avec agences
Samedi, 17 Septembre, 2016
Humanite.fr
 

 

A Berlin, de 50.000 à 70.000 personnes se sont rassemblées contre le traité de libre-échange transatlantique (TTIP).
A Berlin, de 50.000 à 70.000 personnes se sont rassemblées contre le traité de libre-échange transatlantique (TTIP).
Photo : AFP
 
 

Selon les syndicats, 320 000 manifestants ont défilé samedi dans sept villes allemandes pour dénoncer le projet de traité de libre-échange transatlantique (TTIP) ainsi que leur opposition au Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada dont la signature finale est attendue à la fin du mois prochain.

Dans un pays où la population est largement hostile à ce traité en cours de négociation entre les Etats-Unis et l'UE, les organisateurs des manifestations de samedi - une trentaine d'ONG, de syndicats et partis politiques - ont affirmé avoir mobilisé quelque 320 000 personnes. La police dans les 7 villes concernées par les défilés avançait pour sa part une estimation de 163.000 à 188.000 manifestants. A Berlin, de 50 000 à 70 000 personnes se sont rassemblées, malgré les fortes pluies qui se sont abattues en début de manifestation, à la mi-journée. La mobilisation a également été forte dans les deux autres principales villes du pays, Hambourg et Munich, moins importante à Francfort, Cologne, Stuttgart et Leipzig. Mille pancartes et drapeaux bariolées y étaient tenus à bout de bras, barrés de slogans comme "Démocratie au lieu du TTIP", "Non c'est non", ou encore "Partager plutôt que diviser". Outre le TTIP, pour lequel un nouveau round de négociations vient d'être fixé à début octobre, les manifestants entendent exprimer leur opposition au Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada dont la signature finale est attendue à la fin du mois prochain.

 

Des négociations tenues dans le plus grand secret

Ces deux traités inquiètent de longue date de nombreux Allemands, alors que Mme Merkel n'a cessé d'insister sur les "chances de créations d'emploi" qui doivent en découler. "En Europe, il faut que ce soient les gens qui reviennent au premier plan (...) c'est pour ça qu'il faut stopper le TTIP", juge à Berlin Axel Kaiser, coordinateur d'une plateforme de petites et moyennes entreprises contre ce traité. "Nous nous battons pour des processus de décision démocratiques, pour que les principes de l'Etat de droit s'appliquent dans les accords commerciaux", estime un autre militant, Ulrich Schneider. Négocié depuis mi-2013 par le gouvernement américain et la Commission européenne, l'accord TTIP (Transatlantic Trade Investment Partnership, également connu sous un autre acronyme anglais, Tafta), vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires de part et d'autre de l'Atlantique pour créer une vaste zone de libre-échange. Ses détracteurs craignent, outre une remise en cause des normes sociales, sanitaires et environnementales européennes, la création d'un mécanisme d'arbitrage parallèle pour les investisseurs étrangers qui viendrait affaiblir le pouvoir des autorités publiques face aux grandes entreprises.

 

Allemagne: grandes manifestations contre le traité de libre-échange transatlantique http://u.afp.com/ZFiH 

 

Les organisateurs des manifestations en Allemagne ne cessent également de dénoncer des négociations tenues dans le plus grand secret. "Nous avons besoin d'accords commerciaux meilleurs, (que) nous pouvons avoir si nous stoppons les mauvais accords (...) en nous battant pour une économie équitable", a dénoncé Jennifer Morgan, dirigeante de Greenpeace International. Soutenu par la chancelière Merkel, le TTIP divise aussi son gouvernement, le vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel ayant vertement critiqué le traité au début du mois en assurant que le TTIP avait "de facto échoué". Le SPD doit décider lundi lors d'un mini-congrès s'il approuve ou non le Ceta, que le gouvernement juge être "un accord très réussi". Selon un sondage de l'institut Ipsos, 52% des Allemands estiment que le libre-échange mène à un affaiblissement des normes sociales et permet l'importation de produits dommageables pour la santé.

Lire aussi :

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:39

 

Source : https://www.letemps.ch

 

 

 

L’industrie sucrière américaine a menti sur le risque cardio-vasculaire

 

 

 

 

 

Des documents de la fin des années 1960 montrent aujourd’hui comment un géant de l’agroalimentaire a faussé, des années durant aux Etats-Unis, les règles en matière de nutrition en prétendant que les risques de maladies cardio-vasculaires dépendaient de la seule consommation de graisses animales et non du sucre

«Un exemple dégoûtant de plus du pouvoir du néolibéralisme capitaliste sur les gouvernements et les populations»: voilà l’un des plus de 700 commentaires à un article du New York Times (NYT), repris depuis par l’ensemble de la presse généraliste et spécialisée anglo-saxonne. Il fait état, lundi 12 septembre, d’un scandale proche de ceux liés aux marchands de tabac. «L’industrie sucrière, dans les années 1960, a payé des scientifiques pour nier le lien entre le sucre et les maladies cardio-vasculaires et incriminer, à sa place», les acides gras saturés – notamment présents dans les graisses animales – «comme le montrent des documents historiques récemment dévoilés».

 

Lire aussi: Doit-on arrêter de manger du sucre?

 

Ces documents internes de l’industrie sucrière, découverts par un chercheur de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) et publiés lundi dans la revue JAMA Internal Medicine sous le titre «Sugar Industry and Coronary Heart Disease Research», «suggèrent que cinq décennies de recherches sur le rôle de la nutrition dans les maladies cardiaques, y compris un grand nombre de recommandations alimentaires encore valables aujourd’hui, peuvent avoir été en grande partie «fabriquées» par l’industrie sucrière. «Ils ont réussi à fausser la discussion pendant très longtemps», selon Stanton Glantz, professeur de médecine à l’UCSF et l’un des auteurs de l’article», d’ailleurs aussi spécialiste des recherches médicales sur le tabac, en ne tenant compte que des données qui les arrangeaient.

Que montrent-ils, alors, ces documents? Qu'«un groupe commercial, la Sugar Research Foundation, connue aujourd’hui comme la Sugar Association (SA), avait versé à trois scientifiques de Harvard l’équivalent d’environ 50 000 dollars d’aujourd’hui pour publier une synthèse des recherches sur le sucre, les graisses et les maladies cardiaques en 1967. Les études utilisées dans l’examen ont été triées sur le volet par la SA, et l’article en résultant publié dans le prestigieux New England Journal of Medicine (NEJM). Celui-ci minimisait clairement le lien entre le sucre et les risques cardio-vasculaires, tout en rejetant la faute sur les graisses saturées.» Sur son site, la SA reconnaît d’ailleurs aujourd’hui que «la Sugar Research Foundation aurait dû être plus transparente» à l’époque.

Pire: si ce trafic d’influence remonte à près d’un demi-siècle, des documents plus récents «montrent que l’industrie agroalimentaire» a continué d’influer sur les recherches en matière de nutrition. «L’an dernier, un autre article du NYT avait révélé que Coca-Cola, le plus grand producteur mondial de boissons sucrées, avait fourni des millions de dollars dans le financement d’études qui avaient cherché à masquer le lien entre les boissons sucrées et l’obésité.» Laquelle représente, on le sait, un important facteur de risque cardio-vasculaire.

 

n/a JAMA Internal Medicine / JAMA Internal Medicine

 

Les acteurs de cette opération de «blanchiment sucrier» ne sont bien sûr plus là pour s’expliquer, ni les médecins ni les industriels. Mais la SA dit que «l’étude de 1967 a été publiée à une époque où les revues médicales n’exigeaient généralement pas des chercheurs qu’ils divulguent leurs sources de financement». Cela n’a été le cas qu’à partir de 1984 pour le NEJM. Et l’on a observé le même biais concernant le rôle du sucre dans la formation des caries dentaires, selon Sciences et Avenir.

Ces révélations sont d’autant plus importantes que «le débat sur les méfaits relatifs de sucre et de graisses saturées se poursuit aujourd’hui, dit le Dr Glantz. Pendant de nombreuses décennies, les responsables de la santé ont encouragé les Américains à réduire leur consommation de matières grasses, ce qui a conduit beaucoup de gens à consommer des aliments à faible teneur en graisses mais en revanche hautement sucrés, alors que beaucoup d’experts incriminent maintenant les sucres dans les problèmes liés à l’obésité», qui sont importants aux Etats-Unis. Encore elle.

 

C’était «épouvantable», dit l’éditorial

La réalité, selon les critères de l’OMS, est que les graisses saturées aussi bien que les «mauvais» sucres sont des facteurs de risques tout aussi importants les uns que les autres. Il était donc «épouvantable» de les disculper, soutient l’éditorial du JAMA Internal Medicine. Et cela montre une fois de plus combien les conflits d’intérêts doivent jouer en faveur d’un financement public des recherches scientifiques et non industriel, pierre d’achoppement éthique dont on connaît la complexité depuis les années 1960.

Sans entrer dans les détails de cette vaste mystification, très organisée, il faut donc confirmer aujourd’hui que «des décennies durant, l’industrie sucrière a réussi à nous tromper en vantant les prétendus mérites de ses produits», selon un film documentaire notamment diffusé sur la chaîne Arte, «Le Sucre, le doux mensonge vérité». Qui démontre que cette industrie-là a pour longue tradition de ne pas piper mot «sur les risques sanitaires liés à une consommation excessive», que soulevait aussi récemment le magazine Bilan:

 

Ces mensonges, dit Arte, ont donc «un goût amer pour de nombreux consommateurs» puisqu’ils nient les risques de surpoids, de diabète et de maladies cardio-vasculaires. Sachant que le sucre augmente la sensation de plaisir alimentaire, «depuis les années 1970, l’industrie agroalimentaire a œuvré pour augmenter les doses […] dans nos assiettes», Du coup, les maladies en résultant «se répandent à travers le monde, notamment chez les enfants». L’enquête menée dans ce film «dévoile les mensonges de l’industrie sucrière et les recours possibles pour enrayer l’épidémie».

 

«Tendance lourde et excès alarmants»

Rien de neuf? Non, mais une preuve de plus, si l’on veut. Car c’est également «en épluchant» des archives internes, celles de «la Great Western Sugar Company, l’un des fleurons de l’industrie sucrière américaine, que la dentiste Cristin Kearns a fait une découverte de taille, exposée fin 2012 dans le magazine américain Mother Jones: dans les années 1970, l’industrie mondiale du sucre a mis au point une stratégie délibérée de conquête, visant à inclure toujours plus de saccharose dans l’alimentation quotidienne mondiale, et à en dissimuler sciemment les risques sanitaires», lit-on dans LaTribune.fr.

Selon un blog antillais qui évoque également le film documentaire précité, «l’industrie sucrière continue de nier l’évidence et sème la confusion à travers des stratégies de communication où le scepticisme serait financé à coup de millions afin de brouiller le débat». Mais bien sûr, comme toujours, on s’attaque à un «business très lucratif». Conclusion: le sucre, c’est «tendance lourde et excès alarmants».

 

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:26

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Au-delà d’Alstom, l’emploi industriel poursuit son déclin en France

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 
 
 
L’usine Alstom de Belfort, en 2014.

A Belfort, on fabrique des locomotives depuis 1879. L’annonce par Alstom de l’arrêt de la production en 2018 a été un choc pour les salariés, pour la ville et pour les responsables politiques. Après la fermeture des hauts-fourneaux à Florange en 2011, Alstom devient le nouveau symbole de la désindustrialisation. Ces deux sites emblématiques se trouvent dans l’est de la France, une région où l’industrie est particulièrement implantée.

 

Lire aussi :   Alstom à Belfort, l’adieu à l’usine

 
L'Est et le centre-ouest concentrent les emplois industriels en France
Pourcentage de l'emploi industriel sur l'emploi total par département en 2014

 

 

Chute continue et généralisée

En raison de la croissance démographique, l’emploi total a augmenté en valeur absolue en France depuis vingt-cinq ans, passant de 23 millions de personnes salariées et non salariées en 1989 à près de 27 millions en 2014. Pourtant, le nombre d’actifs dans le secteur industriel n’a cessé de décliner : plus de 1,4 million d’emplois ont été perdus. Les branches les plus touchées sont la production de biens de consommation, de biens intermédiaires et, dans une moindre part, d’automobile, alors que l’agroalimentaire ou l’énergie reste stable.

L'industrie française a perdu plus de 1,4 million d'emplois en vingt-cinq ans
Si certains secteurs sont relativement stables (raffinages, extraction, matériel de transport), la fabrication d'autres produits industriels a diminué, selon l'Insee.

0 1000000 2000000 3000000 4000000 5000000 Nombre d'emplois industrielsCokéfaction et raffinageEmploi industriel non salariéIndustries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollutionFabrication de matériels de transportAgroalimentaireFabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiquesFabrication d'autres produits industriels19901995200020052010

2007
Fabrication d'autres produits industriels: 1 738 200 emplois
total : 3 725 200 emplois industriels
Source : Insee

 

La tendance s’est poursuivie au cours des cinq dernières années, avec près de 190 000 emplois industriels détruits, avec un « pic » au début de l’année 2013. Et les créations d’emplois constatées depuis un an n’ont pas profité au secteur.

 

Les destructions d'emploi dans l'industrie depuis cinq ans
Statistiques trimestrielles de l'emploi en France.

-25000 -20000 -15000 -10000 -5000 0 5000 Emplois industrielsT3 2011T4 2011T1 2012T2 2012T3 2012T4 2012T1 2013T2 2013T3 2013T4 2013T1 2014T2 2014T3 2014T4 2014T12015T2 2015T3 2015T4 2015T1 2016T2 2016

 
Source : Insee

 

Lire aussi :   L’emploi va mieux en France, mais pas dans tous les secteurs

 

La France n’est pas le seul pays à souffrir de cette désindustrialisation : l’Espagne et l’Italie, fortement touchées par la crise économique de 2009, ont vu les emplois dégringoler dans l’industrie et la construction. Dans l’ensemble de l’Europe, le secteur passe de 27 à 23 % des actifs (en comptant le BTP).

La baisse des emplois industriels, une tendance globale en Europe
Part de l'industrie (y compris la construction) dans différents pays de l'UE en 2014

18 20 22 24 26 28 30 32 Industrie et la construction (en % des emplois)AllemagneEspagneFranceItalieRoyaume-UniUnion européenne à 282008200920102011201220132014

 
Source : Insee

 

Lire aussi :   La production industrielle établit un nouvel ordre mondial

 

« Tertiarisation » de l’économie

L’industrie n’emploie plus que 3,1 millions de personnes, et ne représente que 12 % de l’activité en France (hors construction), contre 20 % en 1989. Dans la même période, l’agriculture a aussi décliné (passant de 5 % à 2 % des actifs), alors que le secteur tertiaire (commerce, transport, restauration, finance, immobilier, administration, santé, enseignement…) n’a cessé de progresser, passant de 67 à 79 % des actifs.

 

 

 

L'industrie passe de 20 à 12 % des emplois en vingt-cinq ans, supplanté par les services
Evolution des emplois par secteur d'activité entre 1989 et 2014, selon l'Insee.
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 Proportion d'emplois (en %)Agriculture et pêcheIndustrieConstructionServices 19901995200020052010
2012
Agriculture et pêche: 2,5 %
Industrie: 12,7 %
Construction: 6,5 %
Services : 78,2 %
total : 26,4531 emplois en France
Source : Insee

 

Ces chiffres sont parfois en trompe-l’œil, puisqu’une partie des emplois industriels ont, en réalité, basculé vers le secteur tertiaire : l’intérim, très utilisé comme variable d’ajustement dans les usines, est ainsi compté comme un emploi de service et non de production. Selon un rapport publié en 2010 par la direction générale du Trésor, 25 % des pertes d’emploi dans l’industrie peuvent s’expliquer par ce transfert vers les services.

Selon ce rapport sur la désindustrialisation en France entre 1980 et 2007, les gains de productivité (modernisation et réduction des besoins de main-d’œuvre) sont responsables de 29 % des destructions d’emploi – et même de 65 % dans les dernières années, entre 2000 et 2007. Il est, en revanche, plus complexe d’estimer l’effet de la concurrence internationale : si une approche comptable estime qu’elle pèse pour 28 % des destructions d’emploi entre 2000 et 2007, l’approche économétrique avance une fourchette plus large (entre 9 et 70 %).

 
 Anne-Aël Durand


 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

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Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Visualisez vingt-cinq ans de désindustrialisation dans les départements français

 

La part de l’industrie dans l’emploi est passée de 20 % en 1989 à 12 % en 2014.

LE MONDE | | Par

 

 

 

 

Le dossier d’Alstom à Belfort, où le constructeur ferroviaire a prévu d’arrêter la production d’ici à 2018, n’est que le dernier épisode en date d’un mouvement continu de désindustrialisation en France. Une carte animée, établie à partir des données de l’Insee sur l’emploi par secteur dans chaque département, permet de visualiser les zones les plus touchées par ce phénomène depuis vingt-cinq ans (plus la couleur est foncée, plus le pourcentage d’emploi industriel est important).

 

En raison de la croissance démographique, l’emploi total a augmenté en valeur absolue en France depuis vingt-cinq ans, passant de 23 millions de personnes salariées et non salariées en 1989 à près de 27 millions en 2014. Pourtant, le nombre d’actifs dans le secteur industriel n’a cessé de décliner : plus de 1,4 million d’emplois ont été perdus. Les branches les plus touchées sont la production de biens de consommation, de biens intermédiaires et, dans une moindre part, d’automobile, alors que l’agroalimentaire ou l’énergie restent stables.

 

Lire le décryptage complet :   Au-delà d’Alstom, l’emploi industriel poursuit son déclin en France

 


 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:09

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Londres donne son feu vert au projet d’Hinkley Point

15 septembre 2016 | Par martine orange
 
 
 
Après deux mois d’atermoiements, la première ministre britannique a donné son accord au projet de construction de deux EPR par EDF. Cette décision jette la consternation au sein du groupe et parmi les opposants. Tous redoutent que le projet ne soit fatal à l’électricien public. « Le feuilleton n’est pas terminé », prédit cependant Greenpeace.

« C’est une catastrophe. » Depuis qu’ils ont appris la décision du gouvernement britannique de valider le projet d’Hinkley Point, ce jeudi 15 septembre, les salariés d’EDF sont comme sonnés. EDF est en danger de mort, à les en croire.

Jusqu’au bout, les multiples opposants, au sein de l’entreprise comme à l’extérieur, en France comme en Grande-Bretagne, avaient espéré que Theresa May allait enterrer ce projet « suicidaire ». Le coup d’arrêt inattendu que la première ministre britannique avait donné fin juillet, quelques heures après son adoption très serrée par le conseil d’administration d’EDF, n’était-il pas le premier signe du retrait ?

Après deux mois de réflexion, Theresa May a finalement donné son feu vert au projet très controversé d’Hinkley Point. Le gouvernement britannique autorise EDF et son partenaire chinois China General Nuclear Power (CGNP) à construire deux EPR d’ici à 2025 pour un coût estimé à 18 milliards de livres (23 milliards d’euros). Le projet est censé fournir à terme 7 % de l’électricité britannique.

 

Projet d'Hinkley Point © EDF Projet d'Hinkley Point © EDF
 

Le gouvernement français était particulièrement pressé d’obtenir cette annonce et a, semble-t-il, fortement incité Theresa May à annoncer ses intentions sur Hinkley Point rapidement, en tout cas bien avant la fin septembre, comme la première ministre britannique en avait l’intention à l’origine. Car la construction de deux EPR britanniques par EDF est la première pièce du puzzle imaginé par le gouvernement français pour réorganiser la filière nucléaire française. Ou, pour le dire plus brutalement, cacher sa faillite.

 

Le 22 septembre, le conseil d’administration d’EDF doit se prononcer sur le rachat d’Areva NP, la branche qui construit les réacteurs nucléaires. Aucun audit sérieux n’a été réalisé sur cette activité, en complète déroute. EDF s’est juste entendu avec le gouvernement pour la reprendre au prix fixé de 2,5 milliards d’euros. Sans Hinkley Point, il aurait été difficile d’en justifier le prix de rachat : Areva NP n’a aucune commande et des montagnes de risques juridiques à venir, à commencer par la cuve de Flamanville. Et l’État a un besoin impératif de l’argent d’EDF pour l’aider à recapitaliser Areva, en faillite. D’où le besoin d’une réponse rapide du gouvernement britannique.

Le principal obstacle soulevé par Theresa May pour donner son accord au projet d’Hinkley Point était la présence du partenaire chinois CGNP aux côtés d’EDF. Celui-ci doit, selon un accord signé en octobre 2015 entre David Cameron et le président chinois Xi Jinping, participer à la construction de deux autres EPR à Sizewell (dans l’est de l’Angleterre) et réaliser seul un autre réacteur de conception entièrement chinoise à Bradwell. Beaucoup soulignaient le danger de laisser des actifs essentiels à la sécurité nationale dans des mains chinoises. La préoccupation existe manifestement jusqu’à Washington : la justice américaine faisait opportunément savoir cet été que le groupe chinois et certains de ses responsables étaient poursuivis pour espionnage. Au cours de l’été, les relations entre Londres et Pékin se sont beaucoup tendues sur le sujet, le gouvernement chinois prenant ombrage des soupçons du gouvernement britannique.

« Après avoir réexaminé le projet d’Hinkley Point, nous allons introduire une série de mesures pour renforcer la sécurité et s’assurer qu’Hinkley Point ne pourra pas changer de main sans l’accord du gouvernement », a expliqué le secrétaire d’État à l’économie, Greg Clark, aux députés britanniques jeudi matin, en leur annonçant le feu vert du gouvernement, qui marque la relance du nucléaire en Grande-Bretagne. Selon ce nouvel accord, EDF ne pourra céder tout ou partie de sa participation dans Hinkley Point sans obtenir l’agrément préalable du gouvernement britannique. Par la suite, le gouvernement britannique entend disposer d’une « golden share » (action préférentielle) dans tous les projets nucléaires, afin de garder un droit de contrôle.

Officiellement, il s’agit de la seule modification dans l’accord signé sur Hinkley Point. En tout cas, c’est la seule qui a été notifiée pour l’instant par le gouvernement britannique. Celui-ci a insisté sur le fait que les termes de l’accord commercial n’étaient pas modifiés : le gouvernement britannique s’engage à racheter l’électricité produite par les deux EPR au prix constant de 92,5 livres (108 euros au cours actuel) le mégawatt pendant trente-cinq ans. Ce qui en fait l’énergie la plus chère par rapport à toutes les autres, renouvelables compris. Il n’est pas sûr pour autant que ce prix de rachat soit suffisant pour rendre rentable le projet. D’autant que l’opacité règne sur ce dossier : EDF peut avoir une garantie de prix, mais sans garantie de volume, cela ne vaut pas grand-chose...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 14:53

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Notre-Dame-des-Landes: peu à peu, l’Etat prépare l’évacuation

17 septembre 2016 | Par Jade Lindgaard et Ellen Salvi
 
 
 

Depuis la déclaration d’utilité publique en 2008, et en dépit des mensonges et des conflits d’intérêts qui truffent le dossier de l’aéroport, l’État poursuit la mise en œuvre du projet. Après la consultation de juin, plusieurs scénarios d'évacuation sont à l'étude.

Le sujet de Notre-Dame-des-Landes avait disparu de la politique nationale depuis l’été et la victoire du oui lors de la consultation du mois de juin sur la construction de l’aéroport. Aucune déclaration de François Hollande ni de Manuel Valls, le ministre le plus résolu à faire évacuer la ZAD de ses occupants. Ce silence ne valait pas indifférence. Petit à petit, l’État prépare les conditions nécessaires à une expulsion manu militaride la zone d’occupation.

Mardi 13 septembre, une étape décisive a été franchie avec la publication par le préfet de Loire-Atlantique de l’arrêté autorisant la destruction du campagnol amphibie, petit rongeur inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de disparition. C’était le dernier obstacle administratif à lever avant que les travaux ne puissent être légalement entamés. Présent sur la zone du projet d’aéroport, ce mammifère protégé doit faire l’objet de mesures de compensation en cas de démarrage du chantier de construction. Des animaux doivent être prélevés et déplacés vers des emplacements en dehors de la ZAD. Mais tous ne pourront être sauvés. D’où l’obligation légale d’obtenir une dérogation à sa protection avant de lancer les pelleteuses sur la zone humide.

L’arrêté précise le calendrier possible pour l’intervention : concernant le campagnol amphibie, les secteurs d’habitat seront détruits « si possible » entre le 1er juillet et le 31 octobre, période d’absence de sol humide ou inondé (« l’assec »). Plus précisément, le maître d’ouvrage a jusqu’au 15 octobre pour missionner un expert afin de constater l’absence de sol humide. Il a ensuite quinze jours « pour réaliser les travaux, afin de limiter le risque que de nouvelles pluies rendent le milieu favorable à l’espèce ». Pour les autres espèces à protéger sur le site – notamment des arbres où niche la faune –, les mois de septembre et octobre sont les seuls à ne connaître aucune restriction d’intervention au nom de la sensibilité des espèces. La fenêtre de tir pour l’expulsion semble correspondre à la seconde quinzaine d’octobre.

 

tarte

 

Avocat des opposants, Thomas Dubreuil s’étonne de l’absence de périodes interdisant la destruction du campagnol amphibie. L’arrêté fait peser peu de contraintes sur le maître d’ouvrage, la société AGO, filiale de Vinci. Il porte la marque d’une priorité accordée à la logique économique sur la préservation du milieu, l’une des plus grandes zones humides de France.

Le texte de la préfecture prend le temps, en introduction, de dérouler tous les arguments des porteurs du projet d’aéroport : il « répond à des raisons impératives d’intérêt public majeur, notamment pour assurer le développement socioéconomique de la métropole Nantes/Saint-Nazaire, dans une logique d’anticipation sur les besoins de déplacement induits par l’évolution démographique, l’activité économique et touristique du Grand Ouest pour pallier la saturation du site aéroportuaire de Nantes-Atlantique et ses risques pour la santé liés aux nuisances sonores ».

Au passage, il contredit la position du ministère de l’écologie, fondée sur le rapport rendu par ses trois experts, au printemps dernier : « Il n’existe pas d’autre solution alternative satisfaisante. » Ségolène Royal avait pourtant affirmé le contraire. Mais depuis la consultation de juin, elle a déclaré ne plus vouloir s’opposer au projet d’aéroport et laisse les mains libres à Manuel Valls. L’arrêté préfectoral reflète en tous points la position de Matignon sur le dossier. Depuis la parution de la déclaration d’utilité publique en 2008, et en dépit des faiblesses argumentaires, des mensonges et des conflits d’intérêts qui truffent le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’État poursuit inéluctablement la mise en œuvre du projet. 

Le gouvernement s’apprête-t-il à expulser la ZAD ? En milieu de semaine, la position de l’Élysée était double : respect du vote des citoyens (favorable à 55 % à la construction), détails opérationnels entre les mains du premier ministre. Une réunion s’est tenue à l’Élysée en juillet, après la consultation. Manuel Valls y a réaffirmé sa volonté d’évacuer la zone occupée au nom de l’État de droit, Bernard Cazeneuve a dit sa réticence à affecter plusieurs milliers de gendarmes pour plusieurs semaines ou mois alors que la France vit sous une menace terroriste aiguë.

Jeudi 15 juin, le quotidien Presse Océan a publié ce qui ressemble à un plan d’intervention : le ministère de l’intérieur prévoit selon eux de mobiliser jusqu’à 3 000 gendarmes pour une action progressive, secteur par secteur. Un large périmètre de sécurité serait établi autour de la ZAD pour en bloquer l’accès. Environ 600 gendarmes pourraient être requis pour la première phase.
 

aste-rix

Mais selon d’autres sources, tous les scénarios seraient sur la table de Manuel Valls...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 14:34

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

Le rachat de Monsanto par Bayer : un jour noir pour l’alimentation mondiale

15 septembre par Coalition against BAYER-Dangers

 

Le mariage parfait, par Miguel Villalba Sánchez (Elchicotriste)

 

Le pire des scénarios s’est réalisé : Bayer rachète Monsanto pour 66 milliards de $ [=58 Mds €]. Ceci donne naissance à celle qui est de loin la plus grande entreprise d’agrobusiness dans le monde. Sur la base des résultats financiers de 2015, les deux sociétés ont un chiffre d’affaires combiné de 23,1 milliards de dollars. Personne dans la branche ne peut les égaler. Les couples de jeunes mariés SYNGENTA / ChemChina et DUPONT / DOW suivent de loin (respectivement 14,8 et 14,6 milliards), et BASF se trouve ravalé au quatrième rang avec 5,8 milliards.

Pour les pesticides BAYER et MONSANTO ont une part de marché cumulée d’environ 25 pour cent, pour les semences agricoles génétiquement modifiées et conventionnelles une part d’environ 30 pour cent. Si on considère seulement les plants OGM, les deux entreprises combinées, avec plus de 90 pour cent, atteignent même une claire position de monopole.

« Avec l’acquisition de Monsanto par BAYER la concentration sur l’agro-marché atteint un nouveau sommet. Les éléments clés de la chaîne alimentaire sont maintenant entre les mains d’un seul groupe. Les agriculteurs doivent maintenant se préparer à des prix plus élevés et auront aussi moins de choix. En outre, le blocus de l’innovation dans ce secteur, en particulier pour les herbicides, devrait s’aggraver encore plus », a critiqué Toni Michelmann du bureau de la Coalition contre les méfaits de Bayer (CBG). L’organisation de défense des consommateurs SumOfUs prend aussi position contre l’achat de Monsanto. « Cette prise de contrôle est une menace pour notre approvisionnement alimentaire et pour tous les agriculteurs dans le monde », a déclaré Anne Isakowitsch. « Il n’est donc pas étonnant que plus de 500 000 de nos membres aient signé une pétition contre la prise de contrôle. D’autant plus choquant que l’acquisition, à l’encontre de tous les intérêts des consommateurs, semble désormais être dans le sac ».

Michelmann a annoncé que la CBG mettrait à profit le Tribunal Monsanto prévu en octobre à La Haye pour se concerter avec les différentes initiatives Monsanto pour réorienter désormais la résistance critique en la recentrant sur Bayer. La première action commune prévue par la coordination aura lieu à la prochaine assemblée générale de la multinationale de Leverkusen le 28 avril 2017, au Parc d’expositions de Cologne. « La liste des orateurs devrait difficilement être épuisée en une seule journée. Bayer peut par précaution réserver la journée du 29 avril », conseille Michelmann à l’acteur mondial. Il a aussi évoqué une « March against Bayer » qui aboutirait à Leverkusen.

« Le groupe peut d’ores et déjà s’attendre à voir monter la pression contre lui. La pression contre une politique commerciale qui prétend lutter contre la faim, mais mise surtout sur les monocultures de soja et de maïs pour mangeoires d’élevage industriel et qui avec ses pesticides met en danger d’aussi importants pollinisateurs pour les cultures arables que les abeilles, une politique commerciale qui mise sur des technologies à risque comme les manipulations génétiques, une politique qui apporte de plus en plus de poisons dans les champs, au lieu de chercher des alternatives », affirme le chimiste.

Selon la Coalition, les politiciens doivent agir. Et il ne faut pas se contenter de quelques procédures cosmétiques de la part de la Commission européenne à la Concurrence. Quelques mesurettes, comme se séparer du secteur cotonnier ou se débarrasser de certains pesticides, ne suffisent pas, en particulier vu que BASF lorgne déjà sur ce genre de produits. Le personnel politique doit aussi tenir compte de l’impact sur l’emploi et la fiscalité. Il ne faut pas que Bayer effectue des déductions fiscales pour son acquisition et que donc des villes de sites industriels se retrouvent encore plus dans la mouise. Toute tentative par l’entreprise de réduire les dettes entraînées par l’opération d’achat par des suppressions d’emplois ou des mesures de rationalisation, est également exclue d’emblée.

Axel Köhler-Schnura, du CA de la CBG conclut : « La cynique partie de poker autour de Monsanto, animée par la cupidité pure, montre une fois de plus que l’alimentation du monde est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux géants de l’agrobusiness. La Coalition contre les méfaits de Bayer préconise donc de mettre ces entreprises sous contrôle social ».


Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Source : Tlaxcala

Auteur.e

 
 

Coalition against BAYER-Dangers

Coordination contre les méfaits de Bayer

Postfach 15 04 18 D-40081 Duesseldorf Allemagne

tél : 00 49 2 11 33 39 11 fax : 00 49 2 11 33 39 40 Courriel : CBGnetwork@aol.com

Plus d’informations ici

 

 

 

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 17:56

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Pouvoir économique

Les dix plus grosses multinationales pèsent davantage, financièrement, que 180 États

par

 

Notre monde est-il dominé par une poignée de multinationales ? Selon une étude réalisée par l’ONG britannique Global Justice Now, sur les 100 premières entités économiques mondiales – États et entreprises... –, 69 sont des multinationales et 31 des États [1]. Parmi ces entités économiques les plus importantes financièrement, figurent les groupes français Total, Axa, BNP Paribas et Société générale. L’État français est lui en 5ème position derrière les États-Unis, la Chine, l’Allemagne et le Japon. La première multinationale, l’états-unien Walmart, arrive en 10ème position, derrière le Canada mais devant l’Espagne.

Ce phénomène, qui voit de plus en plus de grandes entreprises privées peser davantage que des pays, est en train de s’accélérer. L’année dernière, on comptait six États supplémentaires (37 en tout) dans ce top 100. L’étude montre également que, sur les 200 premières entités économiques mondiales, 153 sont des entreprises.

Les dix principales entreprises mondiales – Walmart, Apple, des géants du pétrole comme Shell, Sinopec, China National Petroleum, BP et Exxon ou de l’automobile comme Toyota et Volkswagen, et l’entreprise d’électricité chinoise State Grid – pèsent ensemble 18,3 trillions de dollars. Soit l’équivalent des 180 pays les moins riches de la planète mis ensemble (parmi lesquels l’Irlande, Israël, l’Indonésie ou l’Afrique du Sud...). Walmart, première entreprise mondiale, pèse davantage financièrement que l’Espagne, l’Australie ou les Pays-Bas.

Les chiffres utilisés par l’ONG sont à relativiser, car il est difficile de comparer le chiffre d’affaires d’une entreprise et, de l’autre, les revenus publics d’un État. En théorie, pouvoir économique et pouvoir politique ne sont pas de même nature. Il n’en reste pas moins que les chiffres mis en avant par Global Justice Now parlent d’eux-mêmes, dans un monde de plus en plus dominé par une froide logique comptable et financière, y compris au niveau de la gestion des États.

L’étude est publiée à l’occasion du lancement d’une pétition internationale, ciblant en particulier les leaders européens, pour qu’ils soutiennent le processus d’élaboration d’un traité contraignant sur la responsabilité des multinationales au niveau des Nations unies [2]. En France, cette pétition est relayée par Peuples solidaires.

Olivier Petitjean

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 16:02

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Agrochimie

En achetant Monsanto, Bayer contrôlera près d’un tiers du marché mondial des semences

par

 

 

 

 

C’est un mariage redouté par les militants écologistes qui vient d’être officialisé. Le 14 septembre, le groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer a annoncé la signature d’un accord de fusion définitif avec la multinationale américaine Monsanto pour 66 milliards de dollars (59 milliards d’euros) [1]. Soit l’acquisition la plus chère jamais payée par un groupe allemand. La fusion de ces deux mastodontes – d’un côté Bayer, fabricant des très décriés néonicotinoïdes, de l’autre Monsanto, spécialiste des semences génétiquement modifiées et fabricant de l’herbicide RoundUp – consolide leur main mise sur l’agriculture. Cette opération fait de Bayer le numéro un mondial des semences et des pesticides, contrôlant respectivement 30 % et 24 % de chacun de ces secteurs [2].

D’autre fusions sont en cours dans le secteur de l’agrochimie. La multinationale chinoise ChemChina projette de racheter pour 43 milliards de dollars l’entreprise suisse Syngenta. Les groupes américains Dow et DuPont ont également entrepris de fusionner leurs activités. La concentration sans précédent du marché des semences dans les mains d’une dizaine de firmes se resserre en conséquence autour de trois conglomérats. L’enjeu : accompagner la vente des semences de blé, de maïs, de riz ou de soja par des herbicides, insecticides et autres fongicides adaptés. Ces firmes se lancent aussi dans les prévisions météo pour les récoltes ainsi que dans les polices d’assurance spécialisées en cas de sécheresse ou d’inondation... [3]

L’approbation de cet accord de fusion entre Bayer et Monsanto doit encore être soumis aux actionnaires de la multinationale américaine, et au feu vert des autorités de la concurrence américaine et européenne. Signe de sa confiance, Bayer précise dans un communiqué qu’il s’engage à verser deux milliards de dollars à Monsanto s’il n’obtient pas toutes les autorisations réglementaires nécessaires. L’échéance est fixée à fin 2017.

Dessin : © Rodho

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