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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 16:17

 

 

 

*Complément d'Info : Le 26 septembre 2016, Michael Punke, ambassadeur des États-Unis à l'Organisation mondiale du commerce à Genève, a déclaré que les pays négociateurs de TISA prévoient se réunir les 5-6 décembre 2016 pour tenter de finaliser cet accord : http://in.reuters.com/article/us-trade-services-idINKCN11W2BJ

 

 

 

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MANIFESTATION RÉGIONALE À AIX : STOP/TAFTA/CETA

 

 

Le Collectif STOP/TAFTA/CETA organise un départ collectif pour la manifestation régionale du 15 octobre 2016 contre les traités TAFTA et CETA à Aix en provence. Départs d'Alès, Nîmes et Arles.

Réponse urgente avant le 2 octobre

Dans la cadre de la journée de mobilisation contre les traités TAFTA et CETA les collectifs régionaux ont décidé de faire masse et de se rassembler sur certaines métropoles.

 

Pour le Sud-Est c’est Aix-en-Provence qui sera le point de convergence. À cet effet le collectif du Gard envisage d’affréter un car en partance d’Alès, via Nîmes et Arles.

 

 

Le départ serait vers 12 h30 à Alès pour une arrivée à 15 h à Aix, début des manifestations, expositions et de la joyeuse pagaille (voir le programme ci-dessous).
Le retour se ferait à partir de 18 h pour arrivée vers 20 h 30 à Alès.

Il est indispensable que nous sachions au plus tôt le nombre de participants et que ceux-ci fassent une réservation ferme auprès des organisateurs et fassent parvenir leur paiement.

Le prix pour un car plein est de 15 € par personne. Nous vous tiendrons informés si le car est rempli ; dans le cas contraire nous annulerions ce déplacement. Si nous n’atteignons pas le montant requis pour cet affrètement les sommes et chèques perçus seront restitués.

Le collectif TAFTA-CETA sera présent à la fête de la Conf dimanche 2 octobre, de 9 h à 19 h à Saint-Geniès-de-Malgoirès.

DANS LA MESURE DU POSSIBLE, APPORTEZ VOS CHÈQUES CE DIMANCHE 2 OCTOBRE.

 

Contacts pour vous incrire :

Contact : stoptafta30@orange.fr

 

Le tract pour le 15 octobre :

 

 

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[stoptafta30] STOP CETA première annonce : mercredi 26 octobre 19h à Nîmes

 

Réunion publique

Mercredi 26 octobre

19h auditorium du conseil départemental

LE CETA NE PASSERA PAS, Stop aux accords de libre-échange

avec Amélie Cannone, présidente, AITEC,

collectif national Stop Tafta

et des maires du département opposés au Tafta et au CEta

 

 

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Source : https://paris.demosphere.eu/rv/49350

 

 

samedi 15 octobre 2016 à 15h30

 

 

Journée internationale contre les traités Tafta et Ceta

 

  • 15h30 : rendez-vous public place de Stalingrad
  • 16h : départ de la marche de Stalingrad à République
  • 18h : assemblée citoyenne place de la République
  • 19h30 : buvette, grignotage (pas de stand repas ou autre annoncé de façon formelle) via les camionnettes sono.
  • 21h : Opéra sur la crise par l'orchestre Nuit Debout

 

On a toutes et tous une bonne raison de s'opposer au TAFTA et au CETA

 

Depuis 2013, une large mobilisation s'est mise en place contre le TAFTA, ce projet d'accord qui vise à libéraliser les échanges commerciaux et les investissements entre les États-Unis et l'Union européenne. Les négociations vont plus lentement que prévu, mais contrairement aux annonces récentes du gouvernement, elles continuent !

 

Pendant ce temps, l'Union européenne s'apprête à signer un traité similaire avec le Canada : le CETA. Celui-ci doit être soumis à l'approbation des États membres le 18 octobre prochain. S'il est approuvé, il sera soumis à la ratification du Parlement européen dans les mois suivants.

 

Le TAFTA et le CETA auraient des conséquences graves, telles que l'abaissement des barrières tarifaires en matière agricole qui aggraverait la crise que vivent déjà des centaines de milliers de paysans et le nivellement par le bas des normes qui protègent la qualité de notre alimentation, la santé publique, la sécurité industrielle et l'environnement.

 

La « coopération réglementaire », conçue pour impliquer directement les multinationales dans l'écriture des lois et réglementations et « l'arbitrage d'investissement » mettraient en danger les droits sociaux, la lutte contre le réchauffement climatique et le principe démocratique même. Dès l'approbation du CETA, les multinationales américaines, qui possèdent de nombreuses filiales au Canada, pourraient utiliser ces mécanismes pour attaquer les réglementations qu'elles jugent défavorables.

 

Alors le 15 octobre, toutes et tous mobilisé.e.s


Programme de la journée TAFTA CETA du 15 octobre à Paris

Déroulé de la journée

  • 15h : arrivée des organisateurs place de Stalingrad
  • 15h30 : rendez-vous public place de Stalingrad
  • 16h : départ de la marche
  • 17h30-18h arrivée de la marche place de la République
  • 18h : assemblée citoyenne
  • 19h30 : buvette, grignotage (pas de stand repas ou autre annoncé de façon formelle) via les camionnettes sono.
  • 21H : Opéra sur la crise par l'orchestre Nuit Debout

La marche

La marche sera organisée avec 4 cortèges thématiques sur le modèle des marches pour le climat. Chaque cortège est préparé et animé par une ou plusieurs organisations.
Au moment du départ, les 4 cortèges auront des points de rendez autour de la place de Stalingrad pour distribuer les matériels.

  • Démocratie & Solidarité internationale
    Organisations impliquées à ce jour : Aitec, Attac
  • Agriculture & alimentation
    Organisations impliquées à ce jour : Les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne
  • Climat
    Organisations impliquées à ce jour : Alternatiba
  • Emploi & Services publics
    Organisations impliquées à ce jour : FSU, Solidaires, Collectif Roosevelt

Les slogans de marche

9 slogans avec des textes "positifs" seront déclinés sur les supports de communication (flyers, autocollants A6, affiches A3) :

  • Pour sauver le climat
  • Pour sauvegarder les services publics
  • Pour défendre la culture
  • Pour protéger notre santé
  • Pour garantir la démocratie
  • Pour défendre l'emploi
  • Pour développer la solidarité internationale
  • Pour soutenir l'agriculture paysanne
  • Pour protéger notre alimentation
    1000 pancartes A3 seront fabriquées pour porter les affiches A3, soit environ 250 pour chaque cortège.

Visibilité des organisations

Toutes les organisations peuvent s'impliquer et inviter leurs membres à défiler dans un ou plusieurs cortèges thématiques.
Les personnes peuvent porter des badges, autocollants tee-shirts aux couleurs de leurs organisations.
Les pancartes, panneaux et banderoles sont communs.
Les drapeaux de toutes les organisations seront mis sur les camions sono de chaque cortège.

L'assemblée citoyenne

A la fin de la marche, une assemblée citoyenne se tiendra place de République autour d'un grand cercle central ou des personnalités et/ou des représentants de chaque cortège thématique auront 4 à 5 minutes pour expliquer leur opposition au TAFTA&CETA.

Timing de l'assemblée

Arrivée de la manifestation et installation des thématiques en cercle autour de l'assemblée ;
Introduction par un animateur et une animatrice de l'assemblée - 5 minutes ;
4-5 minutes d'intervention par des personnalités et/ou des représentants des cortèges thématiques - 20 à 25 minutes au total ;
5 minutes de conclusion par une personnalité ;
Temps photo avec déploiement d'une bâche ronde géante au centre du cercle comme celles réalisées pendant la COP 21 avec un message commun - 5minutes ;

Opéra Orchestre Debout

Nous terminerons la soirée avec un Opéra sur la crise joué par l'Orchestre Debout.

 

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/49350
Source : https://france.attac.org/agenda/article/15-oc...
Source : message reçu le 29 septembre 17h
Source : https://www.solidaires.org/Journee-d-actions-...
Source : http://local.attac.org/parisctr/spip.php?arti...
Source : https://france.attac.org/agenda/article/15-oc...


Appel à la marche contre TAFTA-CETA-TISA

Mobilisons-nous pour développer des services publics du 21ème siècle

Communiqué « Où va l'Europe ? »

Le peuple britannique a voté la sortie de l'Union européenne.

Les gouvernements européens, à de trop rares exceptions, ont fait le choix de la finance contre les peuples : destruction des services publics et de la protection sociale, dumping social... l'actuelle Union européenne qui en est leur émanation n'hésite pas à intensifier cette direction, conforme aux traités qui la fonde.

Ignorant la démocratie et la souveraineté populaire - cf le référendum de 2005 en France- ils portent donc une grande responsabilité dans la montée des extrêmes-droites et dans les propos xénophobes et anti-immigration qui s'expriment de plus en plus fortement à toute occasion.

Si le Brexit n'est pas la fin du monde, une approche punitive comme en Grèce ou en Russie vis-à-vis de la 2 ème économie d'Europe pourrait faire rebondir la crise de 2008. D'autant que l'Espagne et le Portugal sont menacés de sanctions.

La Commission européenne, rejointe par la Cour des comptes, doute des 2,7 % de déficit annoncé pour le budget français en 2017. Elle demande des mesures supplémentaires:

  • Plus de coupes budgétaires sur les services publics et la Sécurité Sociale, 50 Mds dont 19 dès 2017, ne suffisent plus (!).
  • Limiter les dépenses des collectivités territoriales, celles de Sécurité Sociale et de santé; elle demande une nouvelle réforme des retraites, de réduire les aides au logement...
  • le SMIC et les salaires seraient trop élevés, il faut donc maintenir les dérogations aux accords de branche du projet de loi El Khomri.
  • baisser les impôts des entreprises et augmenter de nouveau la TVA...

Comme si cela ne suffisait pas, alors que la pression populaire a mis au point mort les accords TAFTA, un accord transatlantique, le CETA, est déjà bien plus avancé et sera examiné en novembre par le parlement européen. Pendant ce temps le TISA (Accord sur le commerce des services) qui concerne spécifiquement la libéralisation des services publics au sens large continue son chemin en catimini.

Pour la Convergence ces orientations et propositions de traités austéritaires, de dumping social, de marchandisation des solidarités sont inacceptables : notre modèle social, la démocratie et l'idée d'une construction commune d'une Europe sociale, démocratique et solidaire sont en danger.

En France, comme en Europe et dans le Monde, la population a besoin de services publics de proximité, performants, d'une protection sociale de haut niveau, de personnels bien formés en nombre suffisant.

La Convergence appelle donc ses collectifs et les coordinations amies, les organisations syndicales, politiques et associatives partenaires ainsi que les usagers, les personnels des services publics et les élus :

  • à répondre présents à l'appel d'ATTAC à une marche le 15 octobre 2016 à Paris pour dénoncer les accords internationaux TAFTA-CERTA et TISA.
  • A participer à la mise en place des réflexions et débats en septembre et octobre en vue des assises nationales du service public du 21ème siècle qui se dérouleront le 19 novembre 2016 à la Mairie de Montreuil, Seine-Saint-Denis.

 

document au format PDF:

 

Source : https://www.solidaires.org/Ou-va-l-Europe-Mob...


Contre les

accords de libre-échange avec les USA et le Canada

Lutte Ouvrière

L'Union Européenne négocie depuis 2013 un accord commercial avec les USA, le TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement). Cet accord de libre-échange prévoie la suppression des barrières douanières, dans le secteur agricole principalement, et surtout la suppression des barrières non tarifaires, à savoir les règlements et les normes. Tous les secteurs de l'économie peuvent être touchés et cela affaiblirait les normes sociales, environnementales, sanitaires, culturelles…

En parallèle, un autre accord commercial, entre l'Union Européenne et le Canada, est en cours d'adoption, le CETA (Canadian European Union Trade Agreement). L'adoption de celui-ci est à l'ordre du jour de la réunion du conseil des ministres de l'UE le 18 octobre prochain. S'il était adopté, il devrait ensuite être voté par le Parlement Européen et pourrait être mis en oeuvre ensuite, et ce avant même que les parlements des Etats membres de l'UE, appelés à le ratifier également, ne s'expriment.

Cet accord est du même esprit néo-libéral que le TAFTA. Il prévoit également un mécanisme de règlement des différends qui permettraient aux multinationales d'attaquer les Etats quand elles estiment qu'une législation, des normes sociales ou environnementales contreviennent à leurs intérêts financiers.

La CGT, membre du collectif national « Stop TAFTA », appellent ses militants à participer à la journée d'action du 15 octobre pour s'opposer à ces accords commerciaux qui sont une menace pour nos modèles de société.

A Paris, une manifestation est prévue avec un départ à 15h30 à Stalingrad, pour une fin de manifestation vers 18h à République. De 18h à 19h, se tiendra une assemblée citoyenne sera organisée suivi à 19h30 par l'orchestre « Nuit debout ».

En région, d'autres manifestations et mobilisations sont en cours d'élaboration.

 

 

Source : http://cgtargenteuil.blogspot.com/2016/10/con...

 

 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 16:02

 

 

Source : http://uccn30.blogspot.fr/

https://gard.demosphere.eu/rv/3549

 

 

 

 

UCCN - Ils nous gouvernent mais nous représentent-ils ? - Andreu Coll · Militant de Podemos

 

Conférence Inaugurale le 14 octobre 2016

 

"Une université Populaire qui ne dérange pas le système l'arrange..."
Michel Tozzi, cofondateur de l'Université populaire de Narbonne en 2004.


 

 

Conférence Inaugurale
 
"Ils nous gouvernent, mais nous représentent-ils ?"
 
avec Andreu Coll
Militant de Podemos
 
Le vendredi 14 octobre
de 19 h. à 21 h.
à l'auditorium du conseil départemental
Rue Guillemette à Nîmes
 

 

 

L'UCCN change de formule et vous propose pour l'année 2016-2017 :

une inaugurale suivie de quatre conférences (1er trimestre)

un partenariat avec le Théâtre du Périscope autour de deux spectacles

(Les grandes bouches et Petit chaos)

et deux forums (janvier et mars) en partenariat avec la Féria du Livre et ATTAC
Avec le soutien et la participation de Médiapart

 

 

Le thème de l'année 2016-2017 :

 

Résistances, désobéissances, révolutions :

Repenser l'émancipation

 

 

Face au naufrage social, démocratique et écologique, face à la montée des nationalismes et des intégrismes, il est urgent de refonder un projet émancipateur et solidaire. Un projet pour le 21ème siècle qui prenne en compte les profonds bouleversements politiques, économiques, sociaux et culturels que nous vivons.
C'est à cette tâche que nous souhaitons contribuer, avec vous, dans un cadre pluraliste, largement ouvert aux partenariats.

 

 

document au format PDF:

 

 

Bon à savoir :

L'inaugurale aura lieu à l'auditorium de la Maison de département.
Les autres conférences auront lieu au Foyer Albaric,

27 rue Jean Reboul (centre ville de Nîmes)

L’entrée est libre et gratuite, sans aucune inscription préalable !
 
 
 

Publié par à

 

 

 

Source : http://uccn30.blogspot.fr/

https://gard.demosphere.eu/rv/3549

 

 

 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 15:44

 

Source : http://www.ensemble-gard.fr

 

 

 

MIGRANTS, MIGRATIONS, RÉFUGIÉS : AU PROLÉ À NÎMES

 

 

Migrants, migration, réfugiés, débats et table ronde, mercredi 12 octobre à 18h, débats animés pas Emilien Urbach, journaliste à l'Humanité avec la participation de Joël Deydier pour Ensemble ! Gard

 

migrants prolé

 

 

 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 15:37

 

Source : https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/action-en-cours-ceta-avis-de-demolition-de-l-agriculture

 

 

Action en cours / CETA : Avis de démolition de l’agriculture

 

À une semaine du vote du Conseil des ministres du Commerce de l’UE qui devrait donner son aval à la signature de l’accord avec le Canada, des ouvriers viennent d’entamer la démolition du ministère de l’Agriculture en vue de son transfert au ministère de l’Industrie (photo).

 

 

Nos organisations dénoncent les effets dévastateurs du CETA sur l’agriculture. En effet, cet accord, dont la Commission européenne et le gouvernement français souhaitent une application « provisoire » dès cet hiver, entraînerait une accélération sans précédent de l’industrialisation de l’agriculture européenne.

Les élevages bovins et porcins, déjà extrêmement fragilisés, seront mis en concurrence avec des dizaines de milliers de tonnes de viande issue de fermes-usines qui entreront sur le marché sans droits de douane. Au-delà, le CETA se traduirait par un développement massif des cultures et importations d’OGM, dont le Canada est le 3e producteur mondial, et par un affaiblissement de la réglementation sanitaire et environnementale au profit des multinationales. Les mécanismes de coopération réglementaire et de protection des investissements permettraient, par exemple, de s’opposer à toute volonté publique de réduction ou d’interdiction de l’utilisation de certains pesticides, contrairement à ce qui a été prévu pour les néonicotinoïdes dans la loi Biodiversité.

Le gouvernement s’évertue à présenter le CETA comme un accord vertueux et bénéfique pour les intérêts français, tout en laissant croire qu’il ne veut pas de son grand frère le TAFTA. Nos trois organisations rappellent que la signature du CETA sacrifierait notre souveraineté démocratique et des pans entiers de notre agriculture. Accepter les accords de libre-échange, c’est renoncer à changer enfin de cap pour l’agriculture paysanne et une alimentation de qualité pour tous.

 

Aller plus loin

 

 

 

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Source : https://reporterre.net

 

 

Ceta, l’accord de libre-échange avec le Canada, contesté devant le ministère de l’Agriculture

11 octobre 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 

 
 
 

Plusieurs associations opposées au traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ont mené ce matin une action devant le ministère de l’Agriculture. Programmée pour le 27 octobre, la signature officielle du Ceta ouvrirait la porte à une libéralisation massive de l’agriculture et à une fuite en avant dans la logique productiviste.

 

- Paris, reportage

« Ceta – Permis de démolir. » Le message est affiché clairement, sous le fronton du ministère de l’Agriculture. Combinaisons blanches et casques de travail, plusieurs ouvriers s’activaient, tôt ce mardi 11 octobre, aux préparatifs du chantier, rue de Varenne, à Paris. Un chantier évidemment « interdit au public ». Cerné de rubalise, encerclé de grillage, le bâtiment ministériel a vu ses fenêtres placardées de ses faux-panneaux de permis de travail, sur lesquels on pouvait lire : « Bénéficiaire : les multinationales. Nature des Travaux : Transfert au ministère de l’Industrie. Superficie du terrain : 28 millions d’ha. Le dossier peut être consulté sur le bureau de Matthias Fekl. »

 

 

Un démantèlement de l’agriculture française ? « Nous allons tout simplement perdre le contrôle de notre politique agricole si l’on signe le Ceta », explique Thomas Borrell, chargé de mission Tafta aux Amis de la Terre. « Ce traité promet une destruction en règle de l’agriculture française », poursuit Emmanuel Aze, secrétaire national à la Confédération paysanne et arboriculteur dans le Lot-et-Garonne. Aux côtés d’Attac, les deux organisations menaient ce matin cette action pacifique pour dénoncer les « lobbys du commerce » et leur représentant, Matthias Fekl, le secrétaire d’État chargé au commerce extérieur, qui font planer avec le traité de libre-échange UE-Canada d’importantes menaces sur l’avenir de la profession agricole, et ses 28 millions d’ha de terres en France.

« Il faut sensibiliser nos concitoyens aux nombreux risques du Ceta », lance au micro Dominique Plihon, porte-parole d’Attac. L’accord avec le Canada reste encore, certes, moins connu que son jumeau le Tafta. « Il est loin d’être abandonné, disons plutôt qu’il est suspendu. Mais si le Ceta venait à être signé, cela pourrait bien relancer le processus », met en garde Emmanuel Aze.

Quoiqu’il en soit, les dangers restent semblables. « Le Ceta comporte toutes les dispositions promises dans le Tafta, qui nuiront à l’environnement, à la qualité de vie, à l’emploi ou aux services publics en Europe comme en Amérique du Nord, écrivait ainsi Amélie Canonne dans une tribune publiée sur Reporterre, le mois dernier. Il comprend aussi une version à peine édulcorée du fameux “ISDS”, qui conserve intact l’arbitrage d’investissement et assure des privilèges inacceptables aux multinationales canadiennes ».

 

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L’économiste Dominique Plihon, porte-parole d’Attac.

Pouvoir exorbitant des investisseurs privés sur les représentations nationales, manque de transparence dans les négociations –, incohérence avec les objectifs de la COP21,… Les motifs de contestation de ces accords de libre-échange ne manquent pas...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 16:16

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

Maltraitance ?

Dans les maisons de retraite, manque de moyens et conditions de travail dégradées rendent la situation « explosive »

 

par

 

 

 

« On marche sur la tête ! », alerte une aide-soignante. Tandis que les baby-boomers quittent le monde du travail et que la population vieillit, les réductions budgétaires dans les maisons de retraite déstabilisent le travail des personnels. Les repas, les soins, l’hygiène, de même que les activités proposées aux personnes âgées subissent de plein fouet ces politiques d’austérité – quand il s’agit du public – ou de « préservation des marges » – lorsqu’il s’agit du privé. Pour quelles conséquences ? Une pression devenue insupportable pour les soignants, et des conditions d’accueil à la limite – voire au delà – de la maltraitance pour les résidents. Témoignages sur une situation explosive.

Les grèves de personnels de maisons de retraite se sont multipliées depuis le printemps, en Ile-de-France, à Niort, à Bordeaux, ou encore en Indre-et-Loire, dans des établissements privés comme publics. Les grévistes dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, le manque de personnel, le non remplacement des salariés malades, le recours systématique aux vacataires et CDD… et l’effet désastreux de ces politiques sur les conditions de vie des résidents. Du fait du vieillissement de la population, ceux-ci sont de plus en plus nombreux : environ 700 000 personnes vivent en maison de retraite [1].

Pour en prendre soin, 360 000 professionnels s’activent à leurs côtés : infirmiers, aides médico-psychologiques, aides-soignants, agents de service hospitalier, cuisiniers, ou encore animateurs [2]. Les résidents intègrent une maison de retraite à plus de 80 ans en moyenne, et sont de plus en plus dépendants. « La forte dépendance des résidents contribue à faire réaliser aux professionnels des prises en charge plus lourdes, demandant donc un temps accru, qui ne sont pas compensées par un accroissement des moyens humains », pointe une toute récente étude du ministère de la Santé [3].

 

Une douche par semaine... voire toutes les deux semaines

« Aujourd’hui, avec les réductions de personnel, nous ne pouvons plus donner qu’une vraie douche par semaine aux résidents. Et encore, parfois c’est une douche toutes les deux semaines », témoigne Anne, aide-soignante dans un établissement public d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) dans une commune rurale près de Tours. Elle et ses collègues sont en grève depuis mai dernier pour demander davantage d’effectifs et de meilleures conditions de travail. Depuis cinq mois, tous les jours, elles se déclarent grévistes. Elles sont néanmoins assignées à travailler quand même pour dispenser les soins. Leur mouvement vient d’être reconduit jusqu’au 18 octobre.

« Nous ne demandons pas d’augmentation de salaire. Nous voulons simplement des conditions de travail dignes. Lors des négociations, on nous dit que pour donner de l’oxygène au personnel, il suffit de ne donner aux résidents qu’une douche tous les 10 à 12 jours, et de l’expliquer aux familles. Mais nous ne pouvons pas accepter cela. Je ne peux pas défendre ça devant les familles ! Chez nous, tous les départs en retraite depuis 2014 ont été couverts par des contractuels, avec des temps partiels imposés, et des horaires qui changent tout le temps. Dans ces conditions, c’est impossible pour les filles de chercher du travail ailleurs pour compléter un temps partiel. Elles sont vraiment exploitées. »

 

Une employée renvoyée... après neuf ans de CDD

Anne est devenue aide-soignante après une reconversion, à 40 ans passés. « C’est toujours ce que j’avais voulu faire, et j’aime mon métier. » Il est pourtant difficile, mentalement et physiquement. « Dans notre établissement, les résidents entrent souvent à plus de 85 ans. Ils arrivent de plus en plus dépendants. Nous avons trois ou quatre centenaires. Et la moyenne d’âge du personnel est de 48 ans. Pour un travail aussi physique, ce n’est pas toujours facile. » Alors, quand les salariés malades ou en disponibilité ne sont pas remplacés pour faire des économies, continuer en se taisant devient impossible.

« Une nouvelle direction est arrivée en 2015. Elle a renvoyé les remplaçantes qui étaient en CDD. Puis les a reprises, mais uniquement sur des contrats au mois. Quand nous nous sommes mises en grève, cela faisait un an que nous subissions cela. Nous avions une collègue qui était en CDD depuis neuf ans, comme agente de service hospitalier. La direction l’a jetée, sachant qu’elle était sur le point de finir une validation des acquis de l’expérience pour acquérir le grade « d’aide-soignante », souligne Anne. C’est ce jour-là que les salariés se sont mis en grève. Il y avait alors six personnels de soins au lieu des neuf normalement nécessaires, « pour 83 résidents à lever, faire manger, laver… ». Soit une aide-soignante pour 14 personnes de plus de 85 ans.

 

Des élus qui « ne se sentent pas concernés »

C’est la première fois de sa vie qu’Anne fait grève. Ce qu’elle ressent, après cinq mois de cette lutte peu visible puisque le travail est fait chaque jour sur réquisition, c’est un grand mépris de la part des pouvoirs publics. Pour elles, aides-soignantes et agents de service, et pour les résidents. « Nous avons rencontré toutes les instances, l’Agence régionale de santé, le Conseil départemental, la maire de la commune qui est aussi présidente du conseil d’administration de l’établissement. Nous leur avons dit à tous la même chose : “les conditions de travail se sont fortement dégradées, cela ne peut plus durer”. »

 

 

Ces démarches n’ont rien donné de concret pour l’instant. « Nous avions déjà alerté en décembre les élus municipaux de la situation, sans réponse. Personne n’a réagi. Aucun membre du conseil municipal n’est venu nous voir. Nous avons l’impression que nos dirigeants ne se sentent pas concernés par ce qui se passe dans les maisons de retraites », conclut l’aide-soignante.

 

Équation intenable

Pourtant, la pression que subissent les personnels a des conséquences directes sur les résidents. « Certains soignants ont aussi un diplôme d’aide médico-psychologique. Ils sont là pour aider les gens les plus en difficulté. Normalement, du temps est dégagé pour cela. Mais ce temps, nous ne l’avons plus ! », décrit Anne. « Il y a des personnes atteintes d’Alzheimer, très angoissées. Ces postes nous permettaient de calmer ces angoisses. Nous avions mis en place de la relaxation, des discussions, des massages, pour traiter les personnes dépendantes comme des êtres humains et pas seulement comme des résidents qui mangent et qu’il faut laver. Nous faisions de la gym douce et des ateliers l’après-midi. Nous ne pouvons plus. Aujourd’hui, il y a même des salariés de l’équipe de nuit qui doivent coucher des résidents à minuit parce que nous n’avons pas assez de personnels pour le faire le soir. Des infirmiers sont obligés de venir aider à laver la vaisselle et à préparer les petits-déjeuners ! Le résident n’est plus pris en compte. On fait des économies sur de l’humain. On marche sur la tête ! »

L’équation devient d’autant plus intenable que les institutions leur en réclament toujours plus, avec toujours moins. « Avec la prévention antiterroriste, des caméras ont été installées à l’entrée de l’établissement. On nous demande qu’une personne surveille en permanence les écrans. Or, le week-end, il n’y a personne à l’accueil. C’est une aide-soignante qui doit le faire, rapporte Sandrine Ossart, aide-soignante dans une petite maison de retraite privée à Nantes. C’est impossible ! Nous ne sommes pas assez nombreuses pour avoir quelqu’un devant les écrans toute la journée. »

 

« Les pouvoirs publics n’appliquent rien de ce qu’ils préconisent »

Pourtant, les plans « dépendance », « canicule » ou « Alzheimer » se sont succédé. « En, 2012, avec le plan Alzheimer, des moyens avaient été débloqués. Mais depuis quatre ans, c’est une catastrophe ! Dans mon établissement, nous avons un pôle de soins dit "adaptés" pour les personnes les plus dépendantes. L’Agence régionale de santé dit qu’il faut deux personnes pour y travailler. Mais elle ne nous donne les moyens que pour une seule. Les pouvoirs publics n’appliquent rien de ce qu’ils préconisent, » poursuit-elle.

Résultat : sans les moyens nécessaires, la masse de travail augmente pour les personnels, et les conditions se dégradent. « Dans mon établissement, chaque aide-soignante doit faire la toilette de 12 résidents chaque jour », déplore Sandrine Ossart. Or, laver des personnes dépendantes qui, pour beaucoup, ne peuvent pas se lever de leur lit, prend du temps et beaucoup d’énergie. Ailleurs, l’« objectif » managérial à remplir peut monter jusqu’à 15 toilettes par jour pour une seule salariée. Il faut donc se dépêcher toujours plus pour les réaliser.

Ce constat vécu au quotidien par les personnels soignants est confirmé par la récente étude du ministère de la Santé sur les conditions de travail en maison de retraite. « La principale conséquence des évolutions du public [c’est-à-dire des résidents, ndlr] et des modes d’organisation durant la période récente est l’intensification des cadences qui apparaît, sans augmentation importante des moyens, comme la seule possibilité pour effectuer l’ensemble des tâches imparties aux soignants », expliquent les auteurs.

 

« Nos groupes maintiennent leurs marges opérationnelles »

Face à ces difficultés, que font les autorités ? Qu’il s’agisse de maisons de retraite publiques ou privées, ce sont en partie les pouvoirs publics qui les financent, à travers une convention tripartite entre l’établissement, le conseil départemental et l’agence régionale de santé (ARS) – c’est à dire l’État. Dans ces conventions, les effectifs sont définis et budgétisés. Mais sur le terrain, les embauches ne suivent pas toujours, les remplacements non plus.

« Nous n’avons pas accès à ces conventions. Nous ne savons pas ce que les tutelles, ARS et conseils départementaux, donnent à nos établissements, précisent Guillaume Gobet et Albert Papadacci, cuisiniers en maison de retraite privée et responsables syndicaux dans deux des plus importants groupes privés à but lucratif du secteur. Ce que nous savons, c’est que le bénéfice est le nerf de la guerre. Nos groupes maintiennent leurs marges opérationnelles en jouant sur les CDD. Les directions réduisent aussi de plus en plus les coûts sur l’entretien, le matériel – comme les gants – et la cuisine. On fait baisser les coûts en cantine, avec une dégradation des produits et des rations. Face à cette situation, nous n’avons pas de soutien des tutelles. Car moins elles donnent, mieux elles se portent. »

 

« De l’argent, si on veut il y en a »

Une place en maison de retraite coûte cher. Au moins 1 800 euros dans l’établissement public où travaille Anne, 3 à 4 000 euros dans le privé. Anne, elle, gagne 1 600 euros nets par mois, en travaillant en horaires décalés, et un week-end sur deux. Dans la maison de retraite de Sandrine Ossart, à Nantes, aucune catégorie de personnel, sauf ceux qui sont au Smic, n’a été augmentée depuis six ans. « Les aides-soignantes finissent par être payées au même niveau que les agents de service. Dans ces conditions, notre diplôme ne vaut plus rien. Nous ne trouvons plus d’aides-soignants à embaucher dans nos maisons. Et ce sont des personnels sans diplôme qui arrivent. Tant que les familles ne se plaindront pas pour demander des conditions de prise en charge dignes et les conditions de travail qui vont avec, rien ne changera. »

Avec un nombre de personnes de plus de 85 ans qui devrait quadrupler en France d’ici 2050, passant de 1,4 à 4,8 millions, et donc un besoin en personnels de maisons de retraite qui va s’accentuer d’année en année, il serait pourtant urgent que la situation évolue [4]. « Les autorités tentent de mettre le dossier de la dépendance dans un tiroir. Mais un jour, il va exploser », alertent Albert Papadacci et Guillaume Gobet. « On nous fait des grands plans “Alzheimer“, des plans “canicule“, mais il n’y a pas les moyens pour les mettre en œuvre, pointe Anne. C’est de la maltraitance institutionnelle. De l’argent, si on veut, il y en a. C’est une question de volonté. »

Rachel Knaebel

Notes

[1Fin 2011, 693 000 personnes vivaient dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées, selon une étude de 2014 de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé. Cela représentait 5,5 % de plus qu’à la fin 2007.

[2En équivalents temps plein. Source : « Des conditions de travail en EHPAD vécues comme difficiles par des personnels très engagés », Les Dossiers de la Drees, n°5, septembre 2016.

[3« Des conditions de travail en Ehpad vécues comme difficiles par des personnels très engagés », Les Dossiers de la Drees, n°5, septembre 2016.

[4Source.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 14:09

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Chez Free, des licenciements un peu trop libres

7 octobre 2016 | Par Dan Israel
 
 
 

Anciens salariés du groupe Iliad, syndicalistes et avocats s’accordent sur un constat : dans le groupe fondé par Xavier Niel, on risque d'être rapidement écarté si on est identifié comme une forte tête. En 2015, des centaines de licenciements ont eu lieu, et des contestations sont en cours devant les prud’hommes.

Iliad avait-il le droit de licencier Kamal E., un ancien responsable d’équipe du centre d’appels Mobipel à Colombes (Hauts-de-Seine), chargé de répondre aux abonnés de Free, la célèbre marque du groupe fondé par Xavier Niel ? C’est la question que devra trancher le juge professionnel qui vient d’entendre les deux parties, ce vendredi 7 octobre à 11 heures devant le conseil des prud’hommes de Nanterre. Le cas de Kamal E., licencié pour faute grave le 4 janvier dernier, est loin d’être unique, puisque Iliad fait actuellement face à plusieurs dizaines de contestations de licenciement devant les prud’hommes. Mais il est symbolique, tant il résume les tensions sociales existant actuellement au sein de la célèbre entreprise. Tensions qui portent souvent sur la façon dont sont écartés des collaborateurs, et sur lesquelles Mediapart a enquêté.

L’ancien responsable d’équipe conteste son licenciement pour deux raisons. D’abord, explique-t-il, il n’est pas valable car la société lui reproche une « désorganisation de service » causée par sa longue absence pour maladie, entre septembre 2015 et janvier 2016. Or, le code du travail stipule qu’un employeur ne peut rompre un contrat de travail durant un arrêt-maladie que « pour un motif étranger à l’accident ou à la maladie ». Sauf en cas de faute grave, et Kamal E. conteste justement la qualification de faute grave qui lui a été signifiée. Mais surtout, il assure avoir été écarté parce qu’il s’apprêtait à rejoindre l’équipe de SUD. Ce syndicat entretient des relations très fraîches avec la direction du site de Colombes, mais aussi avec la directrice des relations abonnés de tout le groupe, la charismatique Angélique Gérard, qui chapeaute 2 900 personnes au sein des cinq centres d’appels français du groupe (auxquels il faut ajouter plus de mille salariés au Maroc).

 

Le siège du groupe Iliad-Free, en 2014 © Reuters - Charles Platiau Le siège du groupe Iliad-Free, en 2014 © Reuters - Charles Platiau

 

L’entreprise dément son interprétation, mais pour l’ancien salarié, pas de doute : « Il est évident que la lettre me convoquant à l’entretien préalable au licenciement a été rédigée dès que la direction a compris que je serais dans l’équipe de SUD », assure-t-il à Mediapart. Ce point fait l’objet du débat juridique qui l’oppose à Mobipel, puisqu’un représentant du personnel ne peut pas être licencié sans l’autorisation de l’inspection du travail. L’e-mail officiel le désignant comme représentant de section syndicale (RSS) a été envoyé par SUD quelques heures à peine avant qu’il ne reçoive le courrier de convocation à l’entretien préalable (qui avait été envoyé deux jours plus tôt).

« De l’avis de tous, je suis quelqu’un de “réglo”, je suis droit, énumère l’homme. J’étais très apprécié des conseillers que je chapeautais, ils faisaient des efforts pour ne pas être trop absents parce qu’ils savaient que ma prime dépendait de leur présence. Et j’ai toujours été très bien classé dans les concours internes des meilleurs responsables d’équipe… » Pour le délégué syndical SUD de Mobipel, Anousone Um, la direction connaissait l’imminence de la désignation de Kamal comme représentant du personnel, et c’est ce qui a précipité son licenciement. « Kamal a reçu sa lettre le 11 décembre dernier, le jour où il a été désigné par le syndicat, mais j’avais déjà signalé à plusieurs reprises au directeur du site qu’il allait nous rejoindre », atteste le syndicaliste.

Pour Free, il n’y a « aucun cas collectif »

Abdel Kachit est l’avocat du chef d’équipe viré. En deux ans environ, il a traité une vingtaine de cas de salariés de Free poussés vers la sortie, dont la moitié sont allés devant la justice. Pour lui, « il y a une tendance au sein du groupe Iliad à prononcer des licenciements quand le salarié commence à devenir gênant ». Ce n’est pas Nadia T. qui dira le contraire. « Conseillère multimédia » chez Mobipel pendant quatre ans, elle vient d’être licenciée, elle aussi pour faute grave. Deux semaines avant de recevoir sa lettre de convocation à l’entretien préalable, elle était encore RSS du syndicat Unsa.

« J’avais été désignée par le syndicat en mars, mais juste avant l’été, il y a eu un afflux de nouveaux adhérents, dont je ne connais pas l’identité, qui ont choisi majoritairement un nouveau représentant, explique Nadia T. J’ai été écartée du syndicat, puis j’ai été virée. » Elle non plus ne doute pas des raisons de sa brusque mise de côté. « Dès que quelque chose n’entrait pas dans le cadre de conditions de travail correctes, je montais au créneau, mais toujours de façon courtoise, indique-t-elle. Quand je vois une injustice, je ne me tais pas, et ça n’a pas plu à la responsable du plateau. Or, quand on est considéré comme une brebis galeuse, on est forcément sorti un jour ou l’autre. »

Ce n’est bien sûr pas ce que lui reproche officiellement l’entreprise. Sa lettre de licenciement énumère plutôt des retards, d’une poignée de minutes pour la plupart, entre son arrivée à son poste et sa connexion à l’outil permettant de répondre aux appels des abonnés. Il lui est aussi reproché d’avoir pris entre 8 et 53 minutes de pause en trop par mois, alors que les salariés ont droit à 35 minutes d’arrêt par jour. On la soupçonne par ailleurs d’avoir abusé des « pauses de moins de 5 secondes » au téléphone, qui permettent aux téléconseillers de redescendre dans la file des appels à prendre.

Interrogée par Mediapart, la responsable des centres d’appels du groupe, Angélique Gérard, n’a pas souhaité commenter en détail « deux cas particuliers dans une activité comprenant quelques milliers de salariés », et assure qu’« il n’y a donc aucun cas collectif ! » Plus généralement, elle souligne : « Nous n’avons pas plus de contentieux qu’une autre société, mais nous avons la grande fierté de gagner nombre de procédures. » Elle s’enorgueillit encore que sa société soit « très régulièrement distinguée par les professionnels de la relation client », qu’elle ait par exemple reçu en mai 2016 un « feel good award du management » ou, que cette semaine, à l’occasion des Palmes de la relation client, elle ait été « deuxième de la palme expérience collaborateur pour notre politique basée sur le bien-être et l’enchantement des collaborateurs ». (Vous pouvez lire la totalité des réponses d’Angélique Gérard sous l’onglet Prolonger.)

 

« Les canards boiteux ne méritent pas d’être dans la famille »

L’entreprise fait indéniablement de nombreux efforts en direction de ses troupes, ceux qu’elle nomme les « FreeHelpers ». Au cœur de la politique de Mme Gérard et de ses équipes, une campagne « d’enchantement du travail », où des groupes de salariés débattent par exemple des moyens d’améliorer les conditions de travail. Les employés interrogés par Mediapart reconnaissent facilement les efforts déployés pour réchauffer l’ambiance dans des centres d’appels où le travail est par définition harassant. L’opérateur télécom est aussi l’un des très rares à avoir gardé en interne tous les salariés de ses centres d’appels, sans avoir recours à la sous-traitance. Il est aussi considéré comme payant – légèrement – mieux que ses concurrents. Tous les syndicats interrogés saluent également le faible nombre d’échelons hiérarchiques dans l’entreprise, et le fait qu’elle recrute sans critères de qualification préétablis, parmi des populations très mélangées et souvent défavorisées. « On peut entrer chez Free quel que soit son diplôme, ça ne compte pas. Et les meilleurs restent », reconnaît Patrick Mahé, en charge des télécom au bureau fédéral de SUD.

Mais le responsable syndical ne fait pas vraiment assaut d’amabilités envers le groupe. Il attaque aussitôt : « Avant d’être un groupe avec des salariés, Iliad-Free se vit comme une famille. Et ceux qui sont considérés comme des canards boiteux ne méritent donc pas d’être dans la famille, ils doivent en sortir. Soit ils partent par eux-mêmes, soit on les aide… » C’est le grand soupçon qui pèse sur le groupe, d’autant plus à l’approche des élections professionnelles, qui se tiendront début novembre dans trois des sites français.

Angélique Gérard dément avec force : « Ce que vous décrivez est contraire à la politique que nous menons et au travail collaboratif que nous prônons dans un mode de management ouvert, je ne peux donc que réfuter les propos qui vous ont été tenus. » Pourtant, Mediapart a rassemblé les témoignages de syndicalistes, d’avocats, d’anciens salariés, à tous les niveaux hiérarchiques. Qui disent, chacun avec leurs mots, la même chose....

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:59

 

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Et d’un coup, j’ai pu me libérer d’Apple, Google et Microsoft

 

 

 

« Tu vois, un couteau : c’est pareil. Imagine que tu donnes pour la première fois un couteau à quelqu’un qui ne s’en est jamais servi. »

Le gars qui parle, c’est David. A genoux devant mon ordinateur. Cheveux bruns. Mi-longs. Un gars de mon âge. Il boîte. C’est à ça qu’on le distingue. Il boîte même salement. En tout cas suffisamment pour qu’on le remarque dans un village de quelques poignées d’âmes.

La France des solutions
Et si on démultipliait la visibilité des citoyens qui prennent l’initiative ? Pour répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux, Rue89 s’engage aux côtés de Reporters d’Espoirs pour diffuser la connaissance de la « France des solutions ».

Il serait resté plus longtemps, on lui aurait peut être donné un surnom définitif. Un truc qui te colle au derche et finit par te constituer. Mais il était de passage.

« Le gars, il est pas censé savoir qu’avec un couteau, tu peux peler des carottes ou couper du pain. Il sait rien. Il met le doigt dessus : il se coupe. Il se tranche un doigt. Il le plante dans la table : il l’abîme et il abîme la table. Il le confie à un enfant. Pareil une faux. Une fourche. Un vélo. Une bagnole. Un tracteur. Que sais-je. Tous ces trucs réclament un apprentissage. Une familiarité. »

 

Un gros bazar de chez Carrefour

Devant lui, le BIOS de mon ordinateur.

« T’es sûr que tu n’as rien à garder ? »

Je lui confirme. Il clique.

« Eh ben tu vois : les ordinateurs, qui sont mille milliards de fois plus complexes que les couteaux, les faux, les fourches, les vélos, les bagnoles et tout ça… C’est le seul outil que tout le monde possède et que quasiment personne ne sait utiliser. Et ça, je trouve ça révoltant. »

C’est l’hiver. Je ne sais plus lequel. Celui d’avant ? Ou d’encore avant. En tout cas, il y avait eu de neige en automne. Et ça faisait jaser au village. Quand il neige sur les feuilles, vieux… C’est pas bon. Pas bon du tout.

Une amie était venue me voir toute excitée avec son ordinateur portable. Un gros bazar de chez Carrefour avec lequel elle souffrait trop, et pour lequel elle me demandait régulièrement des conseils ou des services.

Parce que quand t’habites au trou-du-cul du monde, et que tu galères avec du matériel informatique, tu ne sais tellement plus à quel saint te vouer, que n’importe quel trentenaire à lunette est très vite intronisé expert informatique.

 

« Je crois que c’est depuis l’orage »

Avant, il y avait bien Jan, l’éleveur hollandais qui réparait les ordis en rentrant de la traite. C’était son kif, à Jan. Il adorait débrouiller les nœuds dans les pelotes. Démonter patiemment. Remonter patiemment. Avec du bon sens, de l’empirisme et un rien de documentation, il avait finit par acquérir un sacré savoir-faire.

Et tous les soirs, dans sa ferme, c’était le défilé des mines déconfites et des laptops fatigués. Des « ça mouline ». Des « il a planté ». Des « je crois que c’est depuis l’orage ». Et lui s’y attelait, sans rien dire, avec l’air de ne pas vraiment s’en occuper. Des airs de paysan. « On verra ce qu’on peut y faire ». Puis il est mort, Jan. Un matin. Jeune comme tout. On l’a trouvé couché. Le cœur. Une tragédie.

 

Forêt de Tronçais

Forêt de Tronçais - Bichon59/Flickr/CC
 

Il y avait bien eu Jean, aussi, dans le village, qui faisait des merveilles. Tu lui portait n’importe quoi, la plus saturée des tablettes, le plus esquinté des bolides, et lui t’accueillait calmement, avec bienveillance et compassion. Pas comme ces experts de Montluçon, avec leurs soupirs et leur jargon. Il t’expliquait gentiment les choses avec des mots simples. Et te trouvait toujours la panne.

C’était une bénédiction de l’avoir dans le village. Mais il est mort, aussi, Jean. Jeune comme tout. Le cœur… Malédiction...

 

David est un sorcier

Alors pendant un temps tout le monde s’est mis à errer à la recherche de solutions. Les plus riches – au grand bonheur des vendeurs de chez Darty – réglaient drastiquement leurs problèmes en rachetant du matériel. Les autres cherchaient conseil auprès de tous ceux qui portent des lunettes. Prenant tout ce qui passe. Accumulant le plus souvent les grands n’importe quoi. Jusqu’à l’arrivée de David.

« Il m’a réglé tous mes problèmes. Il m’a installé un truc, là, et depuis, mon portable, il s’allume comme ça : paf ! »

Mon amie s’exécute. Et effectivement : paf. Une minute après l’avoir mis en route, son gros bazar affiche un bureau. J’ai eu à peine le temps de voir scintiller le nom du système d’exploitation. Lubuntu. Connais pas. Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

« Il m’a tout expliqué, David. Il m’a demandé ce que j’utilisais comme logiciels. Je lui ai dit que j’aillais sur internet, que je regardais des films et que je faisais Word et Excel. Il m’a dit que pour faire ça, j’avais pas besoin de Windows. Que Windows, ça coûtait cher, que ça prenait 80 % de la place sur mon portable. Que ça installait des trucs sans te le dire, qui ralentissaient tout. Il m’a mis ce truc. Et là, je te jure : ça marche tout seul. J’ai même deux fois plus de batterie qu’avant. Et en plus c’est gratuit. »

Sifflement d’admiration. Dans le café, je croise les sourcils circonflexes de ceux qui font mine de ne pas s’intéresser à nous. Je parcours un peu l’interface, simple et brute, et constate qu’effectivement, mon amie n’a rien besoin de plus, et que tout fonctionne à merveille. David est un sorcier. D’un seul élixir, il a fait un remède pour tous les maux de mon amie.

 

Pianiste

Deux jours plus tard, il est chez moi. Je veux le voir faire. De ce que je connaissais de lui jusqu’à présent, David était un gars de mon âge, en formation dans le bled à côté, et pouvait faire danser deux cent personnes d’un coup en jouant du piano. Je l’avais vu faire plusieurs fois, au bistrot, ou l’été, quand il y a la guinguette sur le bord de la rivière.

C’était son métier, d’ailleurs, pianiste, avant qu’il décide d’envoyer d’un seul coup tous les musiciens de France se faire foutre. Sur ce sujet, je n’en ai jamais su plus. Tu sentais la débâcle. La faillite. La colère. Ou la déception monumentale. En tout cas, une de ces failles de vie qui, caractéristiquement, te font prendre la décision de vivre au fond de la campagne. Et dont tu ne parles jamais.

« On confie donc des outils d’une sophistication totale, à des gens qui ignorent jusqu’à la première syllabe du premier composant, ou du premier procédé. C’est inouï. Et le pire, dans tout ça, c’est qu’on te pousse à l’achat en te faisant miroiter tout un tas de mensonges, comme quoi ça va te faciliter la vie. Alors qu’un ordi, si tu ne sais pas t’en servir, mon gars… À part te pourrir la vie et le compte en banque, ça ne t’apporte pas grand-chose. »

 

« Tous les trucs qui pensent à ta place »

Je le regarde ouvrir un terminal. Entrer des lignes de commandes.

« Alors après, le boulot des Google, Microsoft ou d’Apple, c’est d’inventer des machines qui réfléchissent à ta place. Qui rendent inutile la compréhension de la machine. C’est la machine qui utilise, assemble, et organise tes données. Tandis que toi, tu laisse à la machine le soin de te dire quoi faire. Donc tu n’as pas besoin de progresser dans ta connaissance de la machine. Cercle vicieux, tu vois.

Et in fine, tu te retrouve dépendant d’une machine que tu ne contrôles absolument pas. À qui tu obéis aveuglement. Et qui peut donc tranquillement collecter toutes tes données et faire du beurre avec. »

Il ouvre la logithèque et suit, sur un bout de papier, la liste des logiciels que je lui ai demandé de m’installer.

« Et moi, tout ça, c’est terminé. Tous les trucs qui pensent à ta place : exclus ! Je me suis formé. Longtemps. Et je peux dire que je n’installe plus jamais rien dont je maîtrise tous les tenants et tous les aboutissants. »

 

« Bordel, c’est gratuit ! Gratuit ! »

Reboot. Sur mon vieux portable cacochyme, le même logo apparaît : Lubuntu. Une distribution complète, mais hyper légère, conçue pour donner une seconde vie aux terminaux lents ou fatigués.

« Maintenant, quand je rencontre des gens qui me racontent qu’ils ont des problèmes, et que je me rends compte que leur vrai problème c’est la méconnaissance de l’outil, je leur mets d’office la distribution la plus basique que je connaisse.

Dans 99 % des cas, ils n’ont rien besoin de plus. Bureautique. Internet. Musique. Vidéo. Point barre. Et pour moi, ça, c’est la base. Ne pas suréquiper les gens. Leur donner ce dont ils ont besoin. Pas plus. Ne pas les mettre dans un putain de cockpit d’Airbus A320 en leur disant “ vous inquiétez pas les gars, y’a un pilote automatique ”.

Tu vois, par exemple, les gars avec Windows, ils passent leur temps à se débattre avec les antivirus. Mais ils ne comprennent même pas la base du truc ! Ils ne savent pas ce qu’est un virus, comment ça se propage, comment sa s’élabore, qui les crée. Or, sur toutes les distributions linux – et y’en a un paquet – pas une où t’ai besoin d’un antivirus. Et surtout, bordel, c’est gratuit ! Gratuit ! »

 

Désappelisé. Dégooglisé. Démicrosoftisé

C’était fait. Dans mon bled minuscule, enclavé par l’automne et le froid, au milieu d’absolument nulle part, le dénommé David venait de m’initier – en même temps qu’une demi douzaine d’autres – au monde illimité et rassérénant de l’open source.

« Bon, si t’as le même problème, je t’en supplie, ne m’appelle pas. D’une, je me casse bientôt, de deux je ne suis pas expert, et de trois tu apprendras bien mieux en te démerdant tout seul. De toutes façon : des problèmes, tu n’en auras pas. Je te le garantis. Ou alors si tu en as, rappelle-toi seulement de l’époque où tu passais dix minutes avant que ton ordi soit seulement opérationnel. »

Depuis, j’ai fait mon chemin. Désappelisé. Dégooglisé. Démicrosoftisé. David m’a montré le moyen de passer le cap. Moi qui avais l’intégralité de mes données, de mes contacts, de mes agendas et des tous mes souvenirs sur des clouds bien propriétaires, et bien limites au niveau de la protection des données, j’ai petit à petit réussi à tout extraire. Et tout protéger. À prendre le contrôle de ma machine.

Le coup de pied au cul. C’est tout ce qu’il me manquait. Il a fallu qu’il me vienne à deux pas de la forêt de Tronçais.

 

Petits militants volontaires

Le problème, c’est que depuis, il s’est cassé, David. Avec sa patte folle, sa bonhomie et ses interminables session de piano. Il a fini par terminer sa formation, et quitter pour de bon le bocage.

Jan mort. Jean mort. David parti. Tout le village s’est alors rabattu sur ses stratégies premières : Darty. Et les trentenaires à lunettes.

Les déserts numériques, il n’y en a plus beaucoup. À force de programmes publics d’équipements à l’obsolescence chronique, les campagnes ont fini, bon-an mal-an, par se raccrocher au grand train.

Mais loin de le résorber, ces programmes ont contribué à creuser davantage le fossé entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Parce que rien n’a jamais été mis en place pour enseigner, dans ces zones où l’immense majorité de la population n’a découvert l’ordinateur dans le dernier quart de son existence, les rudiments des accès informatiques. On compte sur l’empirisme. Sur l’inéluctable marche du progrès. Sur le développement des technologies intuitives. Automatiques.

Moi, désormais, je compte sur les Davids de tous poils. Petits militants volontaires. Qui prônent la reprise en main de l’homme sur ses outils. Et rappellent qu’un progrès n’en est un que quand il s’est offert à tous.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/rural-rules

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:48

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Le grand retour de l’herboristerie

8 octobre 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)
 


 

 

Conseiller de l’huile de millepertuis contre les brûlures ou de la tisane de bruyère contre les cystites est interdit par la loi française. Pourtant, le savoir-faire des herboristes rencontre une demande grandissante. Depuis quelques années, ils se battent pour une réhabilitation de leur profession et la mise en place de règles, notamment de récolte des plantes sauvages.

Drôle d’endroit pour chercher des plantes médicinales. Les herbes folles bataillent contre les graviers, s’emmêlent aux anciens rails de la petite couronne parisienne. Elles achèvent d’ensauvager les murs couverts de graffitis, d’aspect misérable sous le ciel gris de cette après-midi de juin. Pourtant, le regard de Thierry Thévenin, paysan-herboriste à Mérinchal (Creuse) et porte-parole du Syndicat des simples, fouille attentivement les touffes végétales. « Une mercuriale annuelle, s’exclame-t-il devant une plante d’une taille modeste, aux minuscules pétales verts. Elle est beaucoup utilisée en médecine pour ses vertus purgatives. À l’époque, les gens la consommaient pour leurs problèmes de scrofule. » Un peu plus loin, c’est Christophe de Hody, naturopathe et animateur de sorties sur les plantes sauvages, qui repère une herbe au chantre à la longue tige raide ramifiée et aux petites fleurs jaunes, « très efficace contre les maux de gorge ».

 

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Jean-Christophe de Hody (à gauche) et Thierry Thévenin.

Mais la vedette de la sortie reste le millepertuis perforé : « Il est souverain pour les plaies, les brûlures et les contusions, explique Thierry Thévenin. L’huile est très facile à préparer : quand les fleurs sont ouvertes, on les cueille, on les met dans un pot à confiture qu’on remplit d’huile d’olive et on met au soleil près de la fenêtre. Quand la préparation est rouge, c’est prêt ! » L’auteur d’un Plaidoyer pour l’herboristerie en profite pour rappeler les différentes façons de se soigner grâce aux plantes — la « galénique traditionnelle » de l’herboriste : « Le plus simple, c’est de mâchonner et de recracher. Sinon, on peut faire sécher les plantes et les consommer en tisane ou en décoction, ou les préparer en sirop ou en teinture mère. »

Ces recettes, on peut les retrouver sur les étagères de lherboristerie du Palais-Royal, dans le 1er arrondissement de Paris. Marie-Josée y pioche des soins contre le cholestérol. « C’est une démarche globale, j’ai d’ailleurs une alimentation très stricte, confie la retraitée. J’évite ainsi de prendre des médicaments, dont je redoute les effets secondaires. » Marine, enceinte, est venue chercher une huile contre les vergetures. Débutante, elle est conseillée par Mina. « À la toute fin de votre grossesse, la tisane de feuilles de framboisier peut faciliter l’accouchement, indique la vendeuse, forte de ses trente ans d’expérience dans la boutique. Pour l’allaitement, commencez par laisser faire la nature. Mais si ça ne marche pas trop, la tisane spéciale lactation, un mélange autour du fenouil, peut donner un coup de pouce. » La jeune femme, ravie, sort de la boutique son cabas dans la main : « Je reviendrai ! »

 

« Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes »

Du sous-bois à la boutique, l’herboristerie demande une grande polyvalence. « L’herboriste va reconnaître, traiter et conseiller les plantes ; il va être à la fois botaniste, cueilleur, producteur, conseiller et vendeur », énumère Patrice de Bonneval, fondateur de lÉcole lyonnaise des plantes médicinales. Ses remèdes sont destinés à soulager toutes sortes de troubles communs — problèmes digestifs, rhume, ménopause, stress, etc. Impossible néanmoins de réduire ce savoir-faire à une série de connaissances et de gestes techniques. « Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes, la nature, que nous aimons les gens et que nous souhaitons les soigner », poursuit ce passionné, formé à la faculté de pharmacie de Nantes, conquis par l’herboristerie « après avoir rencontré un petit pépé en Vendée, avec son âne, son chariot rempli de plantes et ses livres. Je me suis dit que c’était trop joli, que j’avais envie de faire ça moi aussi ».

 

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L’herboristerie du Palais-Royal.

Ce savoir-faire ancestral suscite un intérêt grandissant. Mina l’observe depuis son comptoir de l’herboristerie du Palais-Royal : « Il y a trente ans, nous recevions surtout des personnes d’un certain âge. Mais, depuis quelques années, il y a de plus en plus de clients ; des jeunes qui viennent pour des petits bobos comme de l’acné, des problèmes de mémoire, des troubles du sommeil… et qui ne veulent plus prendre de médicaments. » Pour Michel Pierre, gérant de l’herboristerie depuis quarante-cinq ans, « les gens veulent se soigner avec des remèdes simples, qui rendent possible l’automédication. Ils ont été échaudés par les derniers scandales dans l’industrie pharmaceutique. En parallèle, les préoccupations écologiques augmentent. » La démarche est citoyenne, quasi politique, confirme Thierry Thévenin : « À chaque chaos social, les gens reviennent aux plantes sauvages. »

Plus étonnant, les formations en herboristerie ne désemplissent pas. Ferny Crouvisier, présidente de l’Association pour le renouveau de l’herboristerie, le constate année après année : « Quand j’ai appris le métier il y a vingt ans, nous étions sept dans mon école. C’étaient surtout des femmes âgées de 40 à 50 ans, qui se souvenaient que leurs grands-mères allaient cueillir des plantes pour les tisanes et voulaient retrouver ce savoir-faire pour soigner leur famille. » Depuis, les profils se sont diversifiés : plus jeunes, de plus en plus d’hommes, des projets professionnels liés aux plantes. Et de plus en plus de monde. « À l’École lyonnaise des plantes médicinales, nous comptons actuellement 1.200 élèves, dont 600 font de l’herboristerie pure », calcule Patrice de Bonneval.

 

« Le problème est d’ordre plus économique que sanitaire »

Pourtant… la profession d’herboriste n’existe plus, en tout cas dans les textes. Ida Bost a réalisé une thèse d’ethnologie sur les herboristes en France de 1803 à nos jours. « L’herboristerie a été reconnue comme métier entre 1803 et 1941, rappelle la chercheuse. Au XIXe siècle, c’était un métier de personnes modestes, en particulier de femmes ; puis, les herboristes se sont structurés en syndicats qui contrôlaient des écoles. Ils ont fourni un travail énorme pour changer l’image de ce métier, lui donner une apparence plus scientifique. » Las, les coups de boutoir de l’Association générale des pharmaciens de France, qui souhaitait obtenir le monopole de la vente de plantes médicinales, ont fini par atteindre leur but : la loi du 11 septembre 1941 relative à l’exercice de la pharmacie a supprimé le diplôme d’herboriste. Une spécificité française, puisque la profession est reconnue au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et en Italie....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:38

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Auto-construction

Comment construire sa maison écologique en une semaine et à petit prix grâce à l’ « open source »

par

 

 

 

Les géants du BTP ont-ils du souci à se faire ? Après les logiciels libres et la fabrication de machines ou d’objets, la communauté mondiale des fab labs se tourne désormais vers la construction de véritables maisons en « open source ». Mise à disposition de plans et de techniques accessibles à tous, construction et assemblage collaboratif des éléments... Des États-Unis à la France en passant par la Grande-Bretagne, c’est une véritable communauté de la « maison libre » qui émerge et se structure, pour révolutionner la construction, son financement et permettre l’accès de tous à un logement plus décent.

« Ma femme et moi avons vécu trois mois dans une “micro-maison” [« Tiny house » en version originale, ndlr]. Nous n’avons pas trouvé cela viable sur le long terme ! C’est trop petit. En hiver, surtout. Il nous fallait quelque chose de plus grand. » Marcin Jakubowski et Catarina Mota ont donc pris la décision de se construire une grande maison, avec plusieurs pièces. Une vraie maison, construite par eux-mêmes, sans payer un promoteur pour le faire, grâce à des plans et des tutoriels distribués en open source. C’est-à-dire sans brevets et libres de droit, donc utilisables, reproductibles et modifiables par tous ceux qui le souhaitent. Issu, à l’origine, du monde de l’informatique, l’open source fait ainsi son apparition dans le domaine de la construction !

Marcin Jakubowski n’en est pas à son premier essai en matière d’auto-construction en open source. L’homme installé dans le Missouri, aux États-Unis, a déjà initié un projet de construction artisanale de dizaines de machines industrielles : tracteur, bulldozer, four, éolienne, moteur hydraulique,... Des machines à très bas coût et reproductibles à volonté, grâce à la diffusion libre de documentation, de plans et de techniques de fabrication (lire notre précédent article). Après avoir vécu dans une maison de quelques mètres carrés, il a décidé d’appliquer la même méthode à la construction de logements. Et espère que le modèle va essaimer jusqu’à former une communauté mondiale d’auto-constructeurs de maisons. « Un tracteur, on ne voit pas tout de suite à quoi ça peut servir. Mais une maison, les gens en voient tout de suite l’utilité », relève Marcin.

 

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« Quand on fait construire par une entreprise, c’est presque impossible d’imposer des techniques écologiques »

Au cœur de ce projet « d’Open building institute » – c’est à dire d’institut d’auto-construction en open source –, il y a une librairie de modules à construire : murs, fenêtres, toits… et des techniques. Le tout en accès libre, améliorable par tous. Toute cette documentation est accessible en ligne, libre de droit, et dans des formats compatibles avec des logiciels de conception assistée par ordinateur, eux-mêmes en open source. Ensuite, les différents modules, comme des plans de bois pour les murs, peuvent être découpés grâce à des machines à commande numérique, qui sont disponibles dans les fabs labs – laboratoires de fabrication d’objets en open source – dans le monde entier.

 

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« Nous mettons aussi à disposition toutes les informations dont les gens ont besoin pour obtenir les permis de construire », précise Marcin. Et pour transmettre les savoir-faire techniques, l’Open building institute organise des ateliers de construction de maison grandeur nature. Le prochain a lieu en novembre dans le Missouri. Objectif : construire une maison modulaire écologique en cinq jours, avec toit photovoltaïque, récupérateur d’eau de pluie, bio-digesteur pour produire du biogaz… Le tout pour 25 000 dollars seulement ! « Aujourd’hui, de nombreuses techniques de construction écologique sont encore difficiles à faire passer auprès des promoteurs. Par exemple, faire construire un bio-digesteur par une entreprise, c’est presque impossible aux États-Unis », souligne Marcin Jakubowski. La solution : construire soi-même !

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Une maison aussi simple à construire qu’un meuble en kit ?

« J’ai vu des maisons se construire en une semaine avec seulement une vingtaine de personnes pour l’assemblage », témoigne Clément Flipo, co-fondateur de Wikifab.org, une plateforme de documentation pour la construction open source d’objets, de machines, et aujourd’hui aussi de maisons. Un premier tutoriel de fabrication d’une « micro-maison » vient d’être mis en ligne sur la plateforme. On y trouve les matériaux et outils nécessaires, les plans, et les instructions à suivre. Un peu comme pour construire un meuble en kit vendu par une grande enseigne... Sauf qu’il s’agit ici d’un logement dans lequel il doit être possible d’habiter. « À partir du tutoriel, vous téléchargez les fichiers, puis vous faites couper les éléments par une machine dans un fab lab. Il y a des pans de murs à assembler, des pans pour l’isolement, pour les toits, la couverture extérieure… C’est vraiment accessible », détaille Clément Flipo.

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Du Missouri, où vit Marcin Jakubowski, à la France, où est basé Wikifab, la communauté des fabricants de maisons en open source essaime à travers le monde. Au Royaume Uni, Alistair Parvin, architecte de formation, a lancé il y a cinq ans Wikihouse, un projet collaboratif pour explorer ce que la révolution numérique peut changer à l’économie du logement. « La digitalisation permet de partager des solutions de construction durable de la même manière qu’on partage du code informatique, résume Alastair Parvin. Il ne s’agit pas seulement de diffuser les savoirs sur les systèmes de construction écologiques et à basse énergie, mais aussi de voir comment on met les outils et les compétences entre les mains de tout le monde, pour passer d’un modèle de construction de logement extrêmement centralisé à un système de projets de petite échelle et décentralisés. »

 

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« Déployer un secteur citoyen de la construction »

Pour Alistair Parvin, l’objectif est de développer une véritable alternative à la construction immobilière classique. « C’est encore difficile de convaincre les banques d’accorder des prêts pour construire de cette manière. Mais on commence à voir apparaître des formes commerciales de maisons en open source. C’est la prochaine étape pour développer le modèle. » L’open source est-il compatible avec un modèle commercial ? Oui, répond Alistair Parvin. « Nous ne voulons pas faire comme les grandes sociétés immobilières. Nous visons une économie distributive et soutenable. Au Royaume-Uni, il existe déjà des collectifs qui s’intéressent au modèle des "Wikihouses", pour construire eux-mêmes, sans être dépendants de promoteurs immobiliers. C’est ce secteur citoyen de la construction qu’il faut déployer. »

 

 

Marcin Jakubowski vise aussi, à terme, un développement commercial de l’auto-construction. Mais en monnayant des services d’aide à l’assemblage et la participation à des ateliers de formation. Les plans et la diffusion des savoir-faire resteront en open source. « C’est un business model basé sur le partage », précise Marcin. A bas bruit, pour l’instant, une révolution du secteur de la construction et du logement est-elle déjà en marche ?

Rachel Knaebel

 

Photos : Open source Ecology
Plans : tutoriel de fabrication d’une micro-maison par Wikihouse

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:28

 

Source : http://www.rue89strasbourg.com

 

 

 

One Vote, un site internet pour annoncer la couleur aux députés

 

 

 

 

Jean-Sébastien Scharf, promoteur immobilier à Strasbourg, lance lundi un site pour améliorer le dialogue entre élus et citoyens. Dans One Vote, les citoyens sont invités à s’exprimer sur chaque projet de loi en discussion à l’Assemblée. Quant aux députés, ils seront invités à écouter ce que leurs électeurs pensent de leurs travaux.

Jean-Sébastien Scharf, plus connu à Strasbourg pour ses promotions immobilières, se désole en constatant l’éloignement des citoyens de la politique. Comme il bénéficie de quelque aisance financière, il lance lundi 3 octobre un site appelé « One Vote« , dont l’objectif est de permettre aux citoyens de prendre part aux débats parlementaires en cours.

Le principe est simple : lorsqu’une loi est en préparation à l’Assemblée nationale, une entrée est créée sur One Vote. Les internautes peuvent alors commenter cette loi et « voter » pour ou contre. À la fin du débat parlementaire, les résultats sont envoyés, pour chaque circonscription, aux députés. Dans l’esprit de Jean-Sébastien Scharf, One Vote pourrait servir d’outil permanent de consultation de l’avis des électeurs :

« Je ne suis pas pour la dictature de la démocratie directe, les élus nous représentent, ils ont le droit d’être en désaccord avec une partie de leur base électorale, même si elle est majoritaire. Mais prenons le cas de la Loi Travail, on a vu sur Internet des pétitions mais où les citoyens ne pouvaient simplement déclarer que leur opposition. Quant à Facebook, il est difficile voire impossible d’y mener un débat d’idées sérieux. Au final, Internet et les réseaux sociaux n’aident pas beaucoup à la diffusion des enjeux législatifs, ni au dialogue entre les élus et leurs électeurs. »

 

L'interface de One Vote est assez minimaliste (capture d'écran)

L’interface de One Vote est assez minimaliste (capture d’écran)

 

Vous avez un e-mail de votre député

À la fin du débat parlementaire, le député peut utiliser One Vote pour envoyer un email à tous les participants inscrits de sa circonscription et qui ont voté sur une loi :

« Cela permettra aux élus d’expliquer leur vote aux citoyens. Ils le font déjà, au travers de leurs lettres d’activité parlementaire mais qui les lit ? Là, ils pourront envoyer un e-mail à des gens qui se seront informés sur la loi en discussion, et qui auront exprimé un avis. À chaque projet de loi, il y aura donc une remontée de commentaires de la part des internautes vers le député, et un avis de la part du député envoyé aux internautes, on aura donc des échanges et c’est bien ça le but. »

One Vote est conçu comme une succession de forums, très simples, un pour chaque projet de loi. Les internautes peuvent publier leurs commentaires sous chaque intitulé d’une loi en discussion, il n’y a aucune explication, aucun résumé, « par souci d’équité », indique Jean-Sébastien Scharf. Mais le résultat est que le site est très austère. Il faut déjà avoir une bonne idée des projets de loi en cours de discussion car la seule aide qui est fournie par One Vote est… un lien vers le projet de loi in extenso sur le site de l’Assemblée Nationale, un texte incompréhensible pour le commun des citoyens.

 

Pas de business model

Entièrement autofinancé, Jean-Sébastien Scharf s’est donné un budget de 25 000€, One Vote n’a pas de « business model. » Piochant les projets de loi directement depuis les bases de données de l’Assemblée Nationale, le site est prévu pour fonctionner sans apport manuel, avec un budget de fonctionnement minimal. Jean-Sébastien Scharf se laisse un peu de marge pour évoluer sur cette question :

« Si le site atteint une certaine audience, alors peut-être que je mettrai de la publicité. Et je réfléchis aussi à des solutions pour proposer du marketing ciblé, par exemple pour des partis politiques. D’autres pistes peuvent être envisagées mais la priorité, c’est de faire en sorte qu’un maximum de gens participent et que les députés jouent le jeu. »

Dans sa phase de lancement, One Vote ne cible que les débats à l’Assemblée Nationale, délaissant les étapes au Sénat. Mais Jean-Sébastien Scharf a bien l’intention de dupliquer One Vote si les internautes s’emparent de cet outil, par exemple pour des version locales au niveau des régions ou des métropoles.

 

Demonstration à Madrid pour le 5e anniversaire du 15M (Photo Adolfo Lujan / FlickR / cc)

Demonstration à Madrid pour le 5e anniversaire du 15M (Photo Adolfo Lujan / FlickR / cc)

 

Une procédure d’inscription renforcée

Pour que les votes soient significatifs, empêcher une manipulation et assurer au débat une certaine tenue, One Vote fait valider l’adresse e-mail à chaque nouvel inscrit ainsi que son numéro de téléphone portable. Jean-Sébastien Scharf propose également aux internautes de renseigner leurs thématiques préférées (transports, sécurité, éducation…) ainsi que la couleur de leurs derniers votes, et d’indiquer s’ils sont adhérents à un parti politique.

Des informations sensibles, très rarement demandées sur Internet, mais Jean-Sébastien Scharf assure être en conformité avec les préconisations de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). S’il réussi à constituer un fichier d’utilisateurs suffisamment étoffé avec de telles données, il aura peut-être trouvé son business model.

 

Aller plus loin

Sur 1-vote.fr : le site pour commenter et voter sur les projets de lois en cours

Nos Députés.fr et Nos Sénateurs.fr : deux sites pour suivre l’activités des députés et sénateurs.

 

 

 

Source : http://www.rue89strasbourg.com

 

 

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