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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 17:47

 

Médiapart

 

 

 

Edward Snowden, l'informaticien à l'origine du scandale Prism aux États-Unis, cette vaste affaire d'écoutes illégales du web mondial par la National Security Agency (NSA) américaine, a quitté Hong Kong où il s'était réfugié depuis le 20 mai, pour une destination inconnue dimanche. Selon des informations de presse, il aurait pris un vol à destination de Moscou, mais ce ne pourrait être qu'une étape.

Les autorités russes ne sont pas au courant d'une prochaine arrivée à Moscou de l'ex-consultant des services secrets américains, a déclaré à l'AFP le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov. De son côté, le site internet Wikileaks a affirmé sur Twitter avoir « fourni une aide pour l'asile politique de M. Snowden dans un pays démocratique », sans fournir plus de détails sur sa destination.

 

 

Le départ d'Edward Snowden survient quelques jours après que les États-Unis ont formellement demandé aux autorités de Hong Kong de l'arrêter en vue d'obtenir son extradition. Mais les autorités hongkongaises « n'ont pas obtenu d'informations pertinentes » justifiant son arrestation, a indiqué le porte-parole du gouvernement dans un communiqué. L’ancien consultant de 29 ans vient d’être inculpé pour espionnage, vol et utilisation de biens gouvernementaux par la justice américaine, dans l’État de Virginie où se situe le quartier général de la société Booz Allen. 

Mais le scandale soulevé a quitté en fin de semaine dernière les États-Unis pour gagner l'Europe, et en particulier l'Angleterre. Vendredi, en se basant sur de nouveaux documents secrets fuités par l’Américain Edward Snowden, le quotidien The Guardian a révélé (à lire ici) comment les services de renseignement anglais ont intercepté et stocké des informations échangées à travers le monde, en ayant accès aux câbles sous-marins reliant les États-Unis à l’Europe, via lequel transite le trafic internet mais aussi téléphonique.

Le Guardian raconte comment cette opération de surveillance du Government Communications Headquarters (GCHQ), l’équivalent anglais de la NSA, l’agence de surveillance américaine, s’est développé depuis 2008. D’abord centrée sur la surveillance des échanges, elle devient en 2011 l’opération « Tempura » et permet aux services anglais de stocker des données pour les traiter ultérieurement. Ils peuvent conserver pendant trois jours des informations tels que le contenu d’emails et de discussions en ligne, l’historique des recherches d’un internaute ou encore des conversations téléphoniques  ; tandis que les métadonnées (le lieu, la date et la durée d’une communication) peuvent l’être pendant trente jours.

Edward Snowden continue donc de dévoiler, comme il le prévoyait, ce qu’il a désigné comme étant « l'immense machine de surveillance que les États-Unis sont en train de construire ». Car ces dernières révélations nous apprennent que les données collectées par les services anglais sont ensuite échangées avec la NSA américaine. Selon le quotidien, 850 000 employés de la NSA et de sociétés à laquelle l’agence américaine sous-traite – telle que Booz Allen Hamilton, pour laquelle travaillait Edward Snowden – ont eu accès à la base de données ainsi générée par la GCHQ.

Des deux côtés de l’Atlantique, la ligne de défense des autorités face à ces fuites est la même : les autorités anglaises expliquent avoir agi dans un « cadre légal », en respectant des garde-fous comme des « mécanismes d'audit pour savoir si l'interception est justifiée ou non », comme l’explique une source gouvernementale au Guardian. Sans nous permettre d’y voir plus clair sur les cibles de ces opérations de grande ampleur, la manière dont les informations sont traitées, par qui, et avec quels objectifs hormis la lutte antiterrorisme. Que ce soit sur Tempura ou sur le programme américain de surveillance de l’Internet, Prism, les questions restent nombreuses.

 

Edward Snowden 
Edward Snowden© Image d'une vidéo du Guardian

Car Edward Snowden est en train de faire une brèche considérable dans un domaine par définition secret, la surveillance et l’espionnage, arguant que les millions de citoyens se retrouvant ainsi surveillés ont le droit de savoir. Une démarche qui n’est pas du goût de tous…

Aux États-Unis, ces révélations n’ont pas encore donné naissance au fameux débat sur l’équilibre entre la lutte anti-terroriste et la protection de la vie privée, tel que le préconisait Barack Obama il y a dix jours et elles n'ont pas non plus donné lieu à plus de transparence de la part de son administration. Elle continue de défendre bec et ongle ses efforts pour « sécuriser le pays », comme l’indiquait vendredi le ministre de la justice, Eric Holder, lors d’une conférence de presse. Il a seulement annoncé que le gouvernement souhaitait offrir aux Américains une vision « holistique » de son système de surveillance, notamment en déclassifiant plus d’informations, comme par exemple des arrêts de la cour secrète dite « Fisa Court ». Ce qui permettrait en effet d’y voir plus clair sur la justification légale de Prism, pour la surveillance internet, et du programme visant les clients de l’opérateur de téléphonie mobile Verizon. Eric Holder n’a cependant offert ni date ni cadre d’action plus précis…

Quant à la discussion sur l’efficacité de ces programmes, puisque les autorités américaines avancent qu’ils ont permis de déjouer une cinquantaine de menaces aux États-Unis et à l’étranger : « Ce débat n’ira nulle part », tranche Kevin Haggerty, criminologue et sociologue, expert en surveillance à l’université d’Alberta, au Canada, coauteur de The new politics of surveillance and visibility, publié en 2006. « Les autorités répondent que ça fonctionne. La question suivante est, “donnez-nous des preuves”. Et ces preuves ne viennent pas, c’est confidentiel, le débat est clos », explique-t-il.

La surveillance vient du web… Et la résistance aussi.

Finalement, ces derniers jours, les efforts de transparence autant que les détails sur le fonctionnement de Prism sont en fait venus des entreprises du web ayant collaboré avec les autorités américaines, dont les noms sont apparus dans les documents secrets publiés par le Washington Post et le Guardian, le 6 juin.

Souhaitant rassurer leurs clients et prouver tant bien que mal que la NSA ne pioche pas comme elle l’entend dans leurs serveurs, Microsoft, Facebook, Yahoo! et Apple ont révélé tour à tour le nombre de requêtes que leur ont adressées les autorités américaines. Yahoo! s’est ainsi exprimé via sa page Tumblr (à lire ici), expliquant avoir reçu quelque 13  000 requêtes au cours des six derniers mois, contre 6 000 pour Facebook. On y lit, « les requêtes les plus communes étant liées à des affaires de fraudes, des homicides, des kidnappings, et d’autres enquêtes criminelles ». Et pas de mention de l’antiterrorisme…

« Ces entreprises sont soucieuses de leur image, elles peuvent perdre des clients, elles prennent donc un risque à être trop associées à la surveillance étatique », note Kevin Haggerty. Il souligne que leur collaboration est pourtant l’une des dimensions majeures de « la dynamique de la surveillance depuis les attaques du 11 septembre », un système qui repose sur « la ligne de plus en plus floue entre le privé et le public ». Et, plus globalement, le signe d’un « changement dans l’équilibre du pouvoir entre les citoyens, et les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, États ou entreprises. Le public est devenu plus transparent et plus facile à surveiller, via les réseaux sociaux entre autres, tandis que les organisations sont à la fois de plus en plus opaques et plus à même de nous manipuler ».

« La réaction du public face à cela est intéressante, offrant un mélange de choc et d’apathie », remarque-t-il. Les Américains sont en effet divisés, certains ne voyant pas trop où est le problème si cette surveillance permet d'éviter un second « 11 septembre », d’autres se disant de plus en plus déçus vis-à-vis de l’administration Obama sans pour autant trouver un quelconque réconfort auprès du parti républicain, pour qui la sécurité nationale justifie tout autant des mesures d’exception. Le tout donnant l’impression de renforcer la résignation et le cynisme vis-à-vis de la chose politique… Alors, à défaut d'un débat politique suffisant, ceux que ces affaires de surveillance dérangent le plus se tournent en fait vers le web.

En effet, si les révélations en cascade des dix derniers jours ont un impact, eh bien, il s’agit actuellement de la montée en puissance de petits services web, jusqu'ici confidentiels, promettant anonymat et respect de la vie privée. « Nous observons un intérêt grandissant pour les questions de protection des données digitales depuis ces révélations. Des citoyens lambda nous interrogent sur les produits existants sur la toile pour éviter d’être surveillés, mais aussi des journalistes qui s’inquiètent de la protection de leurs sources », témoigne Seth David Schoen, spécialiste des technologies de l’internet à la Electronic Frontier Foundation, organisation de référence militant pour le respect des droits et des libertés individuelles sur le web.

En témoigne l’explosion de « duck duck go search » (ici le site, là le plugin pour Firefox, celui pour Chrome, celui pour Safari et celui pour Internet Explorer), un moteur de recherche sur internet promettant de ne pas garder l’historique des recherches de ses utilisateurs. Ce service fondé en 2008 aux États-Unis a vu son trafic augmenter de 50 % en huit jours, pour atteindre jeudi plus de 3 millions de recherches quotidiennes (à comparer aux 13,3 milliards par sur Google, seulement aux États-Unis…).

 

 

« Il existe des outils pour ne pas être surveillés en ligne depuis les années 90, mais encore faut-il distinguer le type de surveillance et le type de données digitales que l’on cherche à protéger. Le réseau Tor permet par exemple de surfer sur internet de manière anonyme. Pour l’envoi d’email, le logiciel PGP permet lui de chiffrer ses courriels et donc de ne les rendre lisibles que par le ou les destinataires. Cela paraît compliqué, mais ça ne l’est pas plus qu’une carte de crédit. C’est seulement que nous n’avons pas assez d’informations sur ces softwares », poursuit Seth Schoen, notant qu’il serait possible d’encourager les entreprises à utiliser ce genre de logiciels.

« Ce sont des poches de résistance », résume Kevin Haggerty, « même s’il reste difficile de savoir si aucune entreprise du web appartient à ce grand réseau de surveillance… ». Alors, au cas où, Seth Schoen avertit simplement, « il ne faut pas trop faire confiance à l’électronique ».

 

 


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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 17:33

 

Rue89 - Blog

Benjamin Sourice - Journaliste

Publié le 22/06/2013 à 15h12

 

 

Le registre volontaire européen du lobbying fête ses deux ans. Institué en juin 2011 sous l’impulsion du Commissaire Maroš Šefčovič, il remplaçait une première tentative d’encadrer les activités de lobbying mise en place en 2008.

Cette initiative vise à établir un code de déontologie et un registre du lobbying sur des bases non-contraignantes, misant sur l’ « autorégulation » des professionnels de l’influence.

Deux ans après, le bilan reste mitigé et de puissantes industries continuent d’ignorer les règles européennes de transparence sans que cela ne les empêche de trouver portes ouvertes à la Commission.

« 75% des entreprises enregistrées »

Selon le registre commun de transparence mis en place en juin 2011, il existe en 2013 plus de 5750 « entités » intervenant auprès de la Commission et le Parlement.

Plus de 670 cabinets d’avocats et de lobbying sont inscrits, sans distinction d’effectifs, et plus de 2860 représentants d’intérêts parcours les couloirs des institutions européennes.

De leur côté, les représentants d’associations comptent 1496 inscrits et les « groupes de réflexion » (« Think-tank et académiques) près de 400 inscrits.

Au total, ce serait de quelques 15.000 lobbyistes qui seraient présents dans la capitale européenne pour 21 500 employés par la Commission à Bruxelles.

Pour les chercheurs Justin Greenwood et Joanna Dreger, auteurs d’une étude sur l’impact du registre du lobbying en avril 2013,

“ la couverture du registre englobe désormais 75% des organisations à but lucratif ou liés au secteur privé, et environ 60% des ONG. ”

Les universitaires ajoutent notamment dans leur étude que les associations vitrines, faux-nez de l’industrie, compte pour 15% des ONG enregistrées alors qu’elles devraient être listées parmi les groupes de lobby commercial.

Les “passagers clandestins du lobbying”

Selon un nouveau rapport publié ce 20 juin 2013 par la plateforme associative Alter-EU (pdf), spécialisée dans la surveillance des pratiques de lobbying européen :

“ le registre volontaire échoue par le manque d’engagement d’une part importante des lobbyistes à s’enregistrer. De plus, il est rempli de données incomplètes et invérifiables. ”

Par exemple, la compagnie de commerce en ligne E-Bay déclare un budget lobbying inférieur à 50000€ alors qu’elle emploie cinq lobbyistes dont deux sont accrédités auprès de la Commission.

A l’inverse, une entreprise turque produisant des vêtements bio pour bébés se retrouve parmi les trois plus gros contributeurs au lobbying bruxellois, alors qu’elle n’y dispose même pas de bureaux. Il s’agit vraisemblablement d’une erreur de déclaration non corrigée, car non vérifiée par les services de la Commission en charge du registre.

Dans son rapport, Alter-EU démontre ainsi que plus de 100 entreprises, véritables passagés clandestins du lobbying (“free-riders”), impliquées dans le lobbying à Bruxelles ne déclarent toujours aucune activité de la sorte dans le registre.

Parmi les grands absents, il y a notamment Apple et Amazon qui ferraillent aux côtés de la bande de GAFA, réunissant également Google et Facebook, pour limiter la portée d’un projet de réglement européen relatif à la protection des données personnelles sur internet.

En mars 2013, le site opensource Lobbyplag révélait qu’Amazon avait fait déposer dix amendements au texte législatif grâce à son travail de lobbying auprès des députés européens.

Autre cas notable parmi les entreprises citées, il y a la banque d’affaires américaine Goldman Sachs (GS), connue pour sa stratégie financière agressive et ses liens étroits avec l’administration de Washington.

Aux Etats-Unis, où les déclarations d’activités de lobbying sont obligatoires, la banque indique avoir dépensé en 2012 quelques 3 540 000 de dollars pour influencer les politiques de Washington.

Portes ouvertes à la Commission

Bien que ces entreprises ne respectent pas le cadre volontaire mis en place par la Commission européenne, cela ne les empêchent pas d’être accueillies et écoutées au sein des institutions européennes.

Pour Alter-Eu “ le cas de Olli Rehn, vice président de la commission européenne et commissaire pour les affaires économiques et monétaires illustre parfaitement comment le non respect du registre du lobbying et de sa charte sont tolérés au plus haut niveau. Ainsi, 62% des rendez-vous que le Commissaire a eu entre janvier 2011 et février 2012 se sont fait avec des organismes non enregistrés, dont 3 rencontres avec les représentants de Goldman Sachs. ”

Alors que nombre de parlementaires ont émis à plusieurs reprises leur souhait de voir le registre évoluer vers une approche plus contraignante, la Commission continue de défendre une approche volontaire.

En mai 2013 Maroš Šefčovič précisait sa position sur son blog personnel :

“ J’ai toujours pensé que l’approche volontaire était la meilleure pour les institutions européennes [...]. Je suis convaincu que la vaste majorité des groupes d’intérêts n’a rien à cacher et qu’à terme ils s’enregistreront tous. ”

Un optimisme qui ne saurait faire office de bilan officiel et masquer les défaillances du système, en particulier l’absence d’astreinte sur l’authenticité des données fournies, tout comme l’existence de pratiques opaques à la marge comme le rappelait le récent scandale du Dalligate et les manoeuvres du lobby du tabac.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 17:24

 

Rue89

 

Nuages menaçants 22/06/2013 à 16h49
Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

 

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Qu’on l’aime ou pas, le « cloud computing » est partout, et chacun l’utilise. Certains activement, lorsqu’ils décident d’archiver leurs fichiers sur des serveurs comme Mega ou Dropbox. Et presque tout le monde sans en avoir conscience.

Lorsque vous utilisez Gmail, si vous pouvez avoir accès à tous vos messages depuis la création de votre compte, c’est parce qu’ils sont stockés en cloud sur les serveurs de la firme américaine. Si vous pouvez retrouver les photos de vos vacances en Corse postées sur Facebook en 2009, c’est que tous ces contenus sont archivés en cloud sur les serveurs du réseau social.

Outre les individus, la plupart des entreprises utilisent également des services de cloud pour entreposer leurs fichiers, utiliser des logiciels sans les acheter, bénéficier des applications d’analyse de trafic sur leur site...

Cette « informatique en nuage » offre donc un vaste éventail d’outils et d’opportunités. A tel point qu’on en oublie généralement l’autre versant de la pièce : comme tout système, il est imparfait, et elle comprend des risques. Même le co-fondateur d’Apple, Steve Wozniak, le dit.

                                                                                                                                                                                                                             1 Lendemains difficiles : tous les fichiers effacés

 

Lorsque les utilisateurs de MySpace encore actifs se sont réveillés jeudi dernier, une bonne surprise les attendait : toutes leurs photos, vidéos, textes, commentaires et messages avaient été supprimés pendant la nuit au profit d’une nouvelle version épurée.

Cette histoire en rappelant une autre : en janvier de l’année dernière, il arrivait à peu près la même chose aux utilisateurs de Megaupload qui avaient entreposé leurs fichiers – légaux ou non – lorsque les autorités américaines ont décidé d’agir et couper les serveurs du site.

Rien de surprenant pour Philippe Scoffoni, directeur d’Open DSI et expert en logiciels libres et cloud computing :

« Les clauses d’utilisation – que personne ne lit – des services de cloud précisent généralement qu’il n’y a pas d’obligation de résultat. Si le service ferme, par exemple à la demande d’une instance comme pour Megaupload, tout est perdu et il n’y a pas de recours possible. »

                                                                                                                                                                                                                             2 Fiabilité : un système vulnérable

 

Philippe Scoffoni le précise bien, « comme tout système informatique, le cloud reste vulnérable ». Une vulnérabilité d’abord technique : en mars 2012, le service de cloud de Microsoft « Azure » a connu une panne de grande envergure pendant près de 24 heures. Quelques mois plus tard, c’est le cloud d’Amazon qui tombait en rade pendant plusieurs heures, rendant indisponible des sites clients comme Pinterest et Reddit.

Ces incidents peuvent paraître mineurs pour les individus qui se voient privés de l’accès à leur service quelques heures. Pour les entreprises qui utilisent les services de cloud en revanche, ce genre de pannes peuvent se traduire par des manques à gagner non négligeables.

Un rapport publié l’année dernière estimait les pertes financières liées aux pannes à plus de 70 millions de dollars. Facebook a enregistré une panne de trois heures, Google cinq heures, Microsoft 31 heures et OVH est champion avec 170 heures. Des estimations que les auteurs eux-mêmes jugent en-dessous de la réalité.

                                                                                                                                                                                                                             3 Sécurité : les pirates trouvent des failles

 

En août dernier, le journaliste de Wired et Gizmodo Mathew Honan narrait comment son compte iCloud avait été piraté – un cauchemar. Le pirate s’est introduit dans le compte Apple du journaliste, volé des informations personnelles, supprimé ses fichiers et s’est même connecté sur son compte Twitter pour livrer à ses 140 000 followers quelques tweets racistes.

Et tout cela a été rendu possible grâce à quelques astuces de hacker et une erreur de la part de la firme qui a permis au pirate de rouler l’assistance technique – qui exigeait pourtant des informations confidentielles pour prendre le contrôle du compte.

L’iCloud mais aussi Gmail (et par extension Google Drive et Google Docs), Hotmail, l’Amazon Cloud Drive, SkyDrive de Microsoft ou encore Dropbox... Tous ces services ont connu des tentatives d’intrusion dont certaines fructueuses.

A tel point que la Cnil elle-même conseille d’être très prudent quant aux fichiers stockés sur les services de cloud, avec pour règle d’or, en plus de ne jamais utiliser le même mot de passe sur ses différents comptes, de ne jamais y déposer des données bancaires, personnelles ou confidentielles.

                                                                                                                                                                                                                                4 Confidentialité : la NSA n’est pas loin

 

Suite aux révélations concernant le programme Prism de surveillance généralisée orchestrée par l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA), l’oeil des médias et experts est resté braqué sur l’implication des entreprises comme Facebook Microsoft ou Google dans le scandale.

Pourtant ce n’est pas seulement la crédibilité de ces firmes qui est en jeu mais également celle de tout le cloud computing pour la bonne et simple raison que tous les acteurs leaders du marché sont américains.

La conséquence directe est que tous les documents confidentiels que les individus ou entreprises avaient stockés sur leurs bases de données en ligne ne le sont potentiellement plus puisque les autorités américaines peuvent – dans un cadre légal plus ou moins opaque – y accéder.

La menace pourrait également menacer les entreprises et administrations non-américaines depuis que le lanceur d’alerte Edward Snowden et d’autres experts accusent les Etats-Unis de détourner le système.

Initialement voué à la lutte contre le terrorisme, le programme aurait pu être utilisé par le renseignement américain – à l’insu ou non des entreprises collaborant – pour collecter des données industrielles ou diplomatiques.

Quelques pistes pour mieux se protéger

Pas de fatalisme cependant, tous les risques évoqués peuvent être minimisés par une meilleure conscience du fonctionnement du cloud et quelques bonnes pratiques. En plus des conseils de la Cnil déjà cités relatifs aux mots de passe et aux données confidentielles, Philippe Scoffoni propose quelques pistes pour se protéger.

  • La préférence nationale  : il est toujours plus sécurisant de choisir des sociétés de cloud qui hébergent leurs serveurs sur le territoire français et sous la législation française.
  • Faire des sauvegardes  : il faut s’assurer qu’on peut récupérer ses données et le faire régulièrement en local, chez soi, pour anticiper un éventuel incident ou disparition du service.
  • L’open source  : s’appuyer le plus possible sur des logiciels libres – en open source – qui permettent non seulement de récupérer ses données mais aussi l’application elle-même. L’utilisateur pourra ensuite la ré-héberger autre part.

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:57

 

Marianne

 Samedi 22 Juin 2013 à 13:25

 

Philippe Petit

 

C'est le plus brillant des intellectuels britanniques. L'auteur de la Pensée tiède, très bon connaisseur de la France, se penche pour Marianne sur les menaces qui pèsent sur notre pays et l'état de sa vie intellectuelle.

 

Hollande Sarkozy, passation de pouvoir - DELALANDE RAYMOND/SIPA
Hollande Sarkozy, passation de pouvoir - DELALANDE RAYMOND/SIPA
L'historien britannique Perry Anderson, né en 1938, fait partie des rares qui peuvent encore aujourd'hui se prévaloir du titre de penseur européen. Le regard qu'il porte sur la France, l'Allemagne ou l'Angleterre est d'une telle acuité qu'il fait honte à ceux qui sont dominés par des passions chauvines.

Observateur attentif de la vie intellectuelle française, il a publié en 2005 la Pensée tiède (Seuil), un essai sur l'affaissement de la pensée française depuis les années 80. Il vient de passer une année à Nantes afin de poursuivre sa réflexion sur les effets dévastateurs de la domination américaine dans le champ des études européennes et sur les dégâts causés par la pensée néolibérale.

C'est là que nous l'avons rencontré, à l'Institut d'études avancées (IEA), afin de dresser le bilan de la situation politique et intellectuelle en France. Fort de son regard éloigné et de sa connaissance approfondie de notre pays, il craint par-dessus tout que la France ne se normalise, en se laissant gagner par les idées néolibérales.


Marianne : Vous venez de passer une année à Nantes, où vous avez pu affiner votre regard sur la France. Quelle a été votre expérience ?

Perry Anderson : L'Institut d'études avancées de Nantes est une création unique, qui combine de vifs échanges intellectuels, un style original de sociabilité et une sensibilité aiguë aux rapports culturels Nord-Sud en une synthèse sans équivalent en Europe - ni, en fait, ailleurs.

Ici, vous êtes pendant un an avec des Africains francophones, des Indiens, des Chinois, des Brésiliens, des Russes et des Arabes, mais aussi des Français et des Allemands, ou d'autres chercheurs européens, en position d'en apprendre énormément chaque semaine sur le monde réel où nous vivons, qui n'est pas la bulle occidentale. La France peut être fière de cela.

La centralisation excessive de la vie intellectuelle - laissons de côté celle de l'administration - est souvent vue comme l'un des défauts de ce pays. Pourtant, la France est moins centralisée que la Grande-Bretagne, où le poids de Londres est bien plus important que celui de Paris, où les autonomies sont beaucoup plus faibles et où il n'y a pas de provinces dignes de ce nom.

Que l'institut donne sur la Loire plutôt que sur la Seine est un hommage à la diversité ancestrale de la France, ainsi qu'à son créateur, Alain Supiot. On ne pouvait imaginer moins provincial - au sens péjoratif du mot. Un observatoire idéal pour penser sur la France et sur le monde.

«Peu de dépêches sont aussi plates que celles en provenance de Paris», lanciez-vous dans votre essai la Pensée tiède, paru en 2004. Cette platitude - pour ne pas parler d'un sentiment d'abêtissement - se retrouvait, hélas, selon vous, dans la presse française, et en particulier dans le quotidien le Monde. Avez-vous changé d'avis à propos du «journal de référence» - j'ironise à dessein ? Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la presse et les médias français ?

P.A. : Il est vrai que la façon dont la presse britannique et américaine couvraient à l'époque votre pays était plutôt affligeante. La qualité de cette presse s'est encore détériorée. Ses récriminations se sont régulièrement faites plus stridentes et moins nuancées sur le fait que la France n'aurait prétendument pas encore pris la bonne dose du remède néolibéral dont elle aurait besoin pour devenir une société normale.

La presse française, elle, n'a pas tellement changé, me semble-t-il, mais, contrairement à ce qui se passe dans l'«anglosphère», elle s'est même légèrement améliorée. Le Monde, comme produit papier, reste plus ou moins ce qu'il était, avec, en plus, pléthore de suppléments « à l'américaine ».

La principale différence est que, si ce journal est depuis longtemps le bastion d'une forme d'atlantisme et de néolibéralisme qui a dû faire se retourner Beuve-Méry dans sa tombe, il a dû, sous les gouvernements de centre droit - ceux de Chirac et Sarkozy en particulier - calmer ses ardeurs libérales pour garder sa crédibilité, il est vrai faible, de journal d'opposition.

Maintenant que le centre gauche est, avec Hollande, au pouvoir, le Monde, qui soutient son chef, peut se libérer de tout scrupule et faire une campagne encore plus agressive et explicite en faveur d'un agenda néolibéral, afin de s'assurer que le gouvernement socialiste gagne en « sagesse économique » pour sauver la France, et se sauver lui-même.

Revenons également sur le tableau que vous dressiez du monde des idées, plus proches de la république du chacun pour soi dans les lettres que d'une véritable république des lettres ! Avez-vous constaté une progression vers une plus grande liberté d'esprit, une véritable indépendance critique, depuis dix ans ? Chez les historiens, les philosophes, les sociologues ?

P.A. : Quand j'écrivais sur la France en 2004, je distinguais deux plans : les médias et le monde intellectuel. Ce qui est propre à la France est certainement le niveau d'interconnexion entre les deux à Paris, depuis le début de la Ve République. Là où la liaison est trop forte, on a des déformations qui peuvent être grotesques : tel le cas Bernard-Henri Lévy. Mais les deux univers ne sont pas les mêmes et ils appellent des jugements de nature différente. Le conformisme de la presse est une chose. L'état de la vie intellectuelle en est une autre qui, tout en étant affecté par la première, ne doit pas être confondu avec elle.

On ne peut que noter, bien sûr, une baisse de la production depuis le milieu des années 70, même si elle n'est ni générale ni homogène. Beaucoup de grands esprits ont continué à produire des travaux très originaux, aux antipodes de tout conformisme intellectuel - parmi les penseurs dont j'avais parlé alors, il y avait Régis Debray, Pierre Bourdieu, Luc Boltanski, Alain Supiot ou Jacques Bouveresse. Depuis, dans le Nouveau Vieux Monde, publié en 2009 par Agone, j'ai ajouté Emmanuel Todd et Gérard Noiriel, et on pourrait encore probablement penser à d'autres.

Todd, notamment, a un tempérament iconoclaste. Il casse la baraque. C'est une vertu formidable. Son interview récente sur le hollandisme dans les pages de Marianne en est un exemple admirable. Son point faible est peut-être toutefois de trop vouloir conseiller les princes. Pour ce qui est de savoir si la situation est meilleure aujourd'hui qu'il y a dix ans, il est encore trop tôt pour le dire.

Ce qui est sûr, c'est que l'emprise de l'individualisme, du reniement des solutions collectives, la diabolisation de tout enthousiasme révolutionnaire, bref, de ce que l'on pourrait appeler, «la pensée 1978» [par analogie avec la Pensée 68, le livre de Luc Ferry et Alain Renaut], a diminué dans la sphère intellectuelle, alors qu'elle est devenue, dans la sphère politique, encore plus envahissante, comme le montre l'évolution du gouvernement actuel.

Quelle est alors, selon vous, la faiblesse majeure de la vie intellectuelle française ?

P.A. : C'est l'absence d'une vraie culture critique, au sens technique du terme. La France continue à produire plus de travaux théoriques originaux que tout autre pays européen, travaux qui frappent par l'audace de leur conception ou la profondeur de la réflexion. Mais ils ne suscitent guère de débat, que ce soit entre les penseurs eux-mêmes ou chez ceux qui pourraient les examiner.

Avez-vous des exemples ?

P.A. : Ils ne manquent pas. La principale revue d'histoire en France, les Annales, n'a jamais, autant que je sache, publié un seul point de vue critique sur les travaux de Michel Foucault, qui est souvent vu comme une sorte d'historien. Aucun chercheur en sciences religieuses n'a jamais, à ma connaissance, essayé de prendre la mesure critique des écrits de Régis Debray sur le monothéisme en général, et sur la chrétienté en particulier - d'ailleurs, on chercherait en vain une évaluation sérieuse de sa « médiologie ».

Un anthropologue s'est-il réellement attaqué au travail pluriforme d'Emmanuel Todd ? Y a-t-il en France des études sur le poststructuralisme d'un niveau comparable aux travaux du jeune philosophe anglais Peter Dews (Logics Of Disintegration), ou de Christopher Johnson, System And Writing In The Philosophy Of Jacques Derrida) ?

Prenez encore l'économie : la France est le seul pays occidental qui a produit nombre de diagnostics et de propositions de grande originalité pour faire face à la crise actuelle - Michel Aglietta, Jean-Luc Gréau, Jacques Sapir et autres -, alors que dans l'«anglosphère», on ne trouve que monétarisme et keynésianisme rances. Mais où débat-on sérieusement de ces travaux ? Dans l'«anglosphère», pas en France.

Ce verdict concerne-t-il également la réception des auteurs étrangers en France ?

P.A. : Hélas, oui. Critique, la revue fondée par Bataille afin de développer l'examen critique de travaux et d'idées, a récemment consacré un numéro spécial au grand historien italien Carlo Ginzburg. Peut-on honnêtement dire que les contributions publiées sont à la hauteur de cet idéal ? On manque cruellement en France d'une publication telle la London Review Of Books, le principal périodique européen en la matière.

Le résultat de ce vide est que la somme des productions de la culture contemporaine française - qui continue à être très active - est bien moindre que les parties souvent remarquables qui la composent.

L'expression «pensée unique», malgré ses faiblesses, donnait, selon vous, la mesure de la domination générale des idées favorables à une sorte de consensus européen, incapable de prendre acte des rigueurs de la mondialisation et de proposer une politique prenant en compte les aspirations des populations. Dix ans plus tard, qu'est-ce qui a changé en Europe principalement ? Qu'est-ce qui fait la différence sur ce point entre l'ère Sarkozy et le début de l'épisode socialiste ?

P.A. : La crise économique qui se développe depuis 2008 a radicalement intensifié la pression des élites européennes sur leurs sociétés, pour leur faire adopter l'ensemble des transformations néolibérales prônées depuis les années 90, mais encore loin d'être réalisées.

En France, les différences entre les gouvernements de Sarkozy et de Hollande sont les suivantes. Tous deux sont porteurs du projet néolibéral et tous deux ont eu besoin (comme généralement en Europe et aux Etats-Unis) d'un « supplément idéologique » afin de faire avaler à leurs électeurs les recettes arides de l'orthodoxie économique, et de leur faire oublier la détresse matérielle de leur condition.

Sous Sarkozy, le supplément, c'était l'« identité nationale » comme rempart contre les immigrants. Sous Hollande, c'est le « mariage pour tous ». L'un est à l'évidence plus léger que l'autre, mais sa fonction est la même : distraire les masses de l'augmentation du chômage, de l'abaissement du niveau de vie, de la dégradation des services publics, auxquels ces gouvernements ont présidé. L'autre différence entre les expériences Sarkozy et Hollande se profile seulement à l'horizon, mais elle sera la plus importante. Le centre gauche sera probablement un vecteur plus radical du programme néolibéral que le centre droit.

Premièrement, la crise est devenue plus aiguë, imposant des attaques plus drastiques de l'héritage de l'après-guerre, du genre que l'on voit déjà en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Irlande - l'Italie étant la suivante sur la liste.

Deuxièmement, les gouvernements sociaux-démocrates sont typiquement mieux placés que les gouvernements conservateurs pour assurer une restructuration néolibérale de l'Etat-providence parce qu'ils peuvent non seulement compter sur une moindre opposition des syndicats, mais aussi brandir le spectre de la droite pour museler leurs partisans.

Ce n'est pas Merkel mais bien Schröder qui a fait passer le « programme 2010 » en Allemagne. Sans un soulèvement populaire majeur - le dernier datant de presque vingt ans [les manifestations de 1995], et la classe politique est devenue plus confiante -, on peut s'attendre à la même mise au pas en France.

La France, quant à elle, comme l'a rappelé le juriste Alain Supiot dans sa leçon inaugurale au Collège de France, fut pendant longtemps le terrain d'expérimentation de l'Etat social, des services publics notamment. Pensez-vous que cela soit toujours le cas ?

P.A. : L'introduction des 35 heures a été la dernière réforme sociale importante instaurée en Europe au XXe siècle. Cela a été fait en France, et nulle part ailleurs. Cette mesure a toujours été un sujet d'aversion pour l'opinion néolibérale, et maintenant, sans être formellement abrogée, elle est - comme vous le savez - régulièrement rognée. La leçon inaugurale d'Alain Supiot s'intitule Grandeur et misère de l'Etat social. Assurément, la grandeur est encore présente en France, mais, sans un soulèvement, c'est une misère croissante qui l'attend.

Propos recueillis par Ph.P.

 

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:50

 

 

Samedi 22 Juin 2013 à 11:00

 

Hervé Nathan

 

Personne ne peut désormais le nier : la gestion de la faillite grecque par la "troïka" FMI, BCE et Commission européenne a été complètement ratée. Un constat qui a le mérite de rouvrir le débat sur les remèdes possibles.

 

Cordon de sécurité pour contenir les manifestants après la fermeture de l'ERT, chaîne publique grecque - Petros Giannakouris/AP/SIPA
Cordon de sécurité pour contenir les manifestants après la fermeture de l'ERT, chaîne publique grecque - Petros Giannakouris/AP/SIPA
Rendons hommage au Fonds monétaire international : grâce à une de ses études, il est désormais officiel que les plans successifs censés sauver la Grèce de la faillite ont bien abouti à la punition de tout un peuple par l'appauvrissement du pays.

C'est bien le moins, lorsqu'on regarde le bilan en 2013 : un PIB en régression continuelle depuis cinq ans, une production en baisse de 18 % et un chômage officiel atteignant 26,8 % de la population active. Au moins le FMI, dans son bilan, a-t-il l'honnêteté d'avouer les dissensions internes de la troïka, cet improbable attelage du Fonds monétaire international, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne, révélant comment les médecins qui se sont pressés au chevet du malade hellène ont multiplié les remèdes et les opérations inutiles ou contre-productives.

Comme si, depuis 2010, date des premiers « soins » administrés, la Grèce s'était transformée en une sorte d'hôpital fou où les Diafoirus opèrent en se tirant dans les pattes.

Le FMI, le médecin qui force la dose de médicament

Administrer les remèdes aux pays surendettés, c'est la profession même du FMI depuis sa création en 1944. Il avait promis de rompre avec les méthodes drastiques du « consensus de Washington ». Pourtant, dans le cas de la Grèce, il avoue avoir eu la main lourde dans la composition de son cocktail traditionnel alliant privatisations massives et réductions drastiques de la protection sociale et des revenus.

Alors qu'il s'attendait à une récession de deux années entraînant un recul du PIB de 5,5 %, la purge dure depuis cinq ans, avec un recul du PIB de 17 % entre 2008 et 2009. C'est en cela qu'il note des « échecs notables ». En fait les experts du fonds ont administré une médecine quasi mortelle. Ils pensaient qu'en retirant 1 € de dépenses publiques, ils ne feraient chuter le PIB que de 0,5 %, ce qu'en jargon on appelle « le multiplicateur budgétaire de 0,5 ».

Il a fallu attendre le mois de janvier 2013 pour que les mêmes experts s'aperçoivent de leur bévue en admettant que le multiplicateur n'était pas de 0,5 mais de 2 ! Le chef économiste du FMI, le Français Olivier Blanchard, minimise néanmoins l'erreur, et renvoie la responsabilité vers les autres médecins : « Il aurait fallu accepter la réalité et diminuer le poids de la dette » dès avril 2010, explique-t-il sur France Inter.

La Grèce aurait dû néanmoins faire des efforts mais serait sortie plus rapidement de la crise. Mais, justement, l'accord du 23 avril 2010 ne comportait aucun allègement de la dette. Toujours sur France Inter, Olivier Blanchard « balance » celui qui ne voulait à aucun prix de cet instrument crucial : « Jean-Claude Trichet »...

La BCE, le médecin obsédé par la contagion

« Mauvais procès », rétorque le président de la Banque centrale européenne. Placé à la tête de la BCE, le Dr Trichet a préféré défendre d'abord la zone euro, au détriment de la Grèce. Interrogé par Marianne, il rappelle qu'il « ne suffit pas de considérer la situation d'un seul pays, la Grèce, mais le risque systémique d'une contagion à toute la zone euro ».

 

Trichet défendait donc la monnaie, ce qui a bien arrangé les grandes banques européennes qui avaient toutes des emprunts hellènes dans leurs comptes, à commencer par les françaises, exposées pour 54 milliards d'euros, dont 29,5 pour le seul Crédit agricole. Le président de la BCE , arc-bouté sur « l'indépendance » de son institution, a dû faire face à l'opposition farouche des membres allemands du directoire de son institution à tout « sauvetage d'un pays » («no bail out») par la banque centrale.

Son successeur, Mario Draghi, n'aura plus ces pudeurs. En 2012, il achètera massivement les obligations espagnoles ou italiennes. En 2010, la solution la pire s'impose pour la Grèce : pour rembourser les dettes privées, le FMI et les pays de la zone euro lui prêtent 110 milliards d'euros alors que la dette publique atteint déjà 145 % du PIB. Trichet a surendetté le malade pour que les banques continuent à gagner de l'argent...

Et il a fallu attendre juillet 2011 pour que soit organisé, enfin, un effacement de 50 % de la dette privée, avec 130 nouveaux milliards de prêts européens à la Grèce. Pendant ce temps, les banques avaient revendu leurs obligations...

La Commission, le médecin qui trahit son serment d'Hippocrate

Implicitement Jean-Claude Trichet met en cause l'égoïsme de certains Etats européens. Et effectivement, le FMI déplore la méthode qui consistait à discuter en priorité de leurs exigences avec les Allemands, les Finlandais ou les Néerlandais, avant de se retourner vers le gouvernement grec.

Dans ces combats obscurs, la Commission européenne aurait dû être garante de l'intérêt commun européen et non de celui des Etats membres. Or le commissaire Olli Rehn, en charge des questions économiques, était très attentif au respect du pacte de stabilité et de la règle des 3 % maximum de déficit public, et sensible aux tentations punitives de Berlin vis-à-vis des fautes, évidentes, de la Grèce, qui avait masqué son déficit réel pendant des années.

Au nom du respect du traité de Maastricht, Bruxelles a même jeté aux orties le modèle social européen, en dictant une baisse généralisée et autoritaire des salaires d'environ 15 %, balayant le principe de l'autonomie des partenaires sociaux dans la détermination des rémunérations. Aujourd'hui, Olli Rehn défend ce triste bilan en bloc et renvoie le FMI dans ses buts : « Le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn n'avait pas proposé [en 2010] de restructuration anticipée de la dette, et Christine Lagarde [aujourd'hui à la tête du fonds] y était opposée. »

Le malade est devenu pharmacodépendant

Manifestations en faveur des employés de la télévision publique, récemment licenciés - Nikolas Giakoumidis/AP/SIPA
Manifestations en faveur des employés de la télévision publique, récemment licenciés - Nikolas Giakoumidis/AP/SIPA
Pour leur défense, les Diafoirus de la troïka doivent faire face à un drôle de malade. Le gouvernement socialiste de Georges Papandréou a longtemps pensé qu'il pourrait faire semblant d'accepter les exigences du trio infernal.

Ainsi un membre du gouvernement allemand se rappelle avec effroi comment le ministre socialiste des Finances avait accueilli la troïka qui lui suggérait de réduire les dépenses militaires, les plus élevées d'Europe en proportion du PIB : « Pourquoi voulez-vous que je le fasse ? De toute façon, vous paierez pour nous », avait-il répondu...

Son successeur, le Premier ministre conservateur Antonis Samaras aurait pu se saisir du rapport du FMI pour remettre en cause le plan de sauvetage. Il a choisi non seulement de ne pas saisir l'occasion, mais en plus de donner en gage de sa volonté de privatiser la fermeture brutale de la radio-télévision publique et le licenciement sans préavis de ses 2 650 salariés.

Et maintenant ?

L'autocritique du FMI a au moins une vertu, celle de rouvrir le débat sur l'impossible plan pour la Grèce. L'économie grecque, qui a un déficit de compétitivité de 30 %, est toujours enfoncée dans la récession et ne devrait en sortir que progressivement. Contrairement aux attentes de 2011, puis de 2012, la dette grecque n'a aucune chance de devenir « soutenable » à l'horizon 2020.

En 2011, les 15 milliards d'euros d'intérêts versés aux créanciers ont représenté 17 % des recettes de l'Etat, trois fois plus que la moyenne européenne. Il faudra donc bien se résoudre à une nouvelle opération de réduction de dette, sans doute après les élections législatives allemandes, en septembre. Mais alors, ce ne seront plus les banques qui payeront, mais les Etats membres de l'Union européenne, donc les contribuables.
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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:40

 

france.attac.org

 

 

 

 

 

Une étude d’Attac montre que les «plans de sauvetage» mis en oeuvre par les institutions de l'Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.

Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics. C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

Les résultats en détails :

  • 58,2 milliards d’Euros (28,13%) ont servi à recapitaliser les banques grecques —au lieu de restructurer ce secteur trop grand et moribond de manière durable et de laisser les propriétaires des banques payer pour leurs pertes.
  • 101,331 milliards d’Euros (48,98%) sont allés aux créanciers de l’État grec. Parmi lesquels 55,44 milliards d’Euros ont été utilisés pour rembourser des bons du Trésor arrivés à échéance —au lieu de laisser les créanciers assumer le risque pour lequel ils avaient préalablement perçu des intérêts. 34,6 autres milliards d’Euros ont servi de prime d’incitation pour obtenir l’accord des créanciers sur le prétendu « allègement[1] » en mars 2012. 11,3 milliards d’Euros ont été affectés au rachat de la dette en décembre 2012, lorsque l’État grec a racheté des bons presque sans valeur à ses créanciers.
  • 43,7 milliards d’Euros (22,46%) ont alimenté le budget de l’État ou n’ont pu être clairement affectés.
  • 0,9 milliard d’Euros (0,43%) ont constitué la contribution de la Grèce au financement du nouveau fonds de sauvetage, le MES.

Sources: www.attac.at/uploads/media/backgroundmaterial_bailout_english.pdf

« Le but des élites politiques n’est pas de secourir la population grecque mais de sauver le secteur financier » conclut Lisa Mittendrein d’Attac Autriche. « Ils ont utilisé des centaines de milliards d’argent public pour sauver les banques et autres acteurs financiers —en particulier leurs propriétaires— de la crise qu’ils ont provoquée. »

Les élites politiques ont trompé le public en affirmant prendre des « mesures de sauvetage »

Les résultats du rapport d’Attac Autriche réfutent les affirmations publiques des institutions et chefs d’Etat européens, selon lesquelles c’est la population grecque qui a bénéficié desdits « plans de sauvetage ». C’est plutôt elle qui paie pour sauver les banques et les créanciers en subissant une brutale course à l’austérité, ainsi que les catastrophiques conséquences sociales que l’on sait.

Des milliardaires et des fonds spéculatifs bénéficiaires des « sauvetages »

Parmi ceux qui ont bien été sauvés, on compte le clan multimilliardaire Latsis, l’une des plus riches familles grecques, qui détient en grande partie l’Eurobank Ergasias sauvée par l’État (1). Des spéculateurs en ont aussi profité : lors du rachat de la dette en décembre 2012, le fonds spéculatif Third Point a empoché 500 millions d’Euros grâce aux fonds publics européens (2). « Quand Barroso, le président de la Commission européenne, a qualifié le prétendu plan de sauvetage de la Grèce d’acte de solidarité (3), la question est : solidarité avec qui ? », note Dominique Plihon, porte-parole d’Attac France et professeur d'économie financière à l'Université Paris 13.

34,6 milliards d’Euros supplémentaires en paiements d’intérêts

43,6 milliards d’Euros tout au plus (22,46%) desdites « enveloppes de sauvetage » ont été affectés au budget de l’État. Il faut cependant comparer ce montant à celui d’autres dépenses de l’État au cours de la même période, qui n’ont pas bénéficié à toute la population : plus de 34,6 milliards d’Euros ont encore été versés aux créanciers en paiement d’intérêts sur des bons du Trésor en attente (du 2e trimestre 2010 au 4e trimestre 2012 (4)). En outre, l’État grec a affecté une autre enveloppe de 10,2 milliards d’Euros au budget de la défense (2010 et 2011 (5)). Selon certains initiés, Berlin et Paris auraient pressé la Grèce de ne pas réduire ses dépenses militaires parce que cela aurait porté préjudice aux fabricants d’armes allemands et français (6).

Ce n’est pas le premier renflouement des banques

« L’étude de nos amis d’Attac Autriche prouve que le prétendu sauvetage de la Grèce s’avère être un autre renflouement des banques et des riches particuliers » affirme Dominique Plihon. Les banques européennes ont déjà reçu 670 milliards d’Euros de soutien direct de la part de l’État (hors garanties) depuis 2008 (7). Pourtant le secteur financier reste instable en Grèce comme dans toute l’Europe. Ce que démontre une fois encore le récent versement de deux tranches supplémentaires destinées aux recapitalisations des banques pour 23,2 milliards d’Euros depuis décembre 2012.

Les élites politiques échouent à mettre en œuvre les régulations nécessaires…

Les coupes de l’État grec ont frappé si fort les banques locales que l’État est contraint à s’endetter à nouveau pour voler à leur secours avec un renflouement d’un milliard d’Euros. « Au cours des cinq années qui se sont écoulées depuis le krach financier, les politiques européens n’ont pas réussi à réglementer les marchés financiers et à adopter un régime de faillite des banques. Aussi les contribuables sont-ils toujours contraints de venir en aide en cas de pertes, tandis que les propriétaires des banques s’en tirent en toute impunité. Les gouvernements doivent cesser de donner de telles opportunités de chantage au secteur de la finance » critique Dominique Plihon.

… et volent au secours du secteur bancaire grec corrompu

Ce qui est encore pire, c’est que les milliards du plan de sauvetage vont aux banques grecques, même si certaines d’entre elles ont recours à des méthodes douteuses pour remplir les conditions officielles d’éligibilité. En 2012, un rapport de Reuters a révélé les pratiques scandaleuses des banques utilisant un système de Ponzi basé sur des sociétés offshore pour donner un coup de pouce à des prêts non garantis de l’une à l’autre. Elles ont procédé de la sorte pour sembler être encore en mesure d’attirer des capitaux privés et répondre ainsi aux critères de recapitalisation par l’État (8). « Alors que les élites politiques grecques et européennes exigent le sang et les larmes du peuple grec, elles ferment les yeux sur les accords secrets entre les oligarques financiers, qui sont en fait les principaux bénéficiaires de l’argent du sauvetage accordé à la Grèce », confirme l’économiste Marica Frangakis, membre de l’Institut Nicos Poulantzas d’Athènes et membre fondatrice d’Attac Grèce.

La manipulation opaque des fonds publics

« Les résultats de l'étude d'Attac Autriche révèlent que, depuis 2008, le principal objectif de la politique de gestion de la crise de nos gouvernements est de sauver les fortunes des plus riches. Les élites politiques acceptent un énorme taux de chômage, la pauvreté et la misère pour sauver un secteur financier incurable. Le gouvernement autrichien a, lui aussi, participé à cette ligne de conduite inhumaine pendant des années », ajoute Dominique Plihon. Il est d'ailleurs inquiétant de constater que les responsables de la Troïka et du FESF rendent à peine compte de leur gestion des fonds publics. « C’est un scandale que la Commission européenne publie des centaines de pages de rapport mais ne parvienne pas à préciser où l’argent est exactement allé », explique Dominique Plihon. « Nous appelons les responsables à imposer une réelle transparence et à indiquer à qui profitent véritablement les paiements. »

Le changement radical de politique se fait attendre

Un changement de cap radical se fait attendre dans la politique européenne de gestion de la crise. « Nos gouvernements volent au secours des banques européennes et des riches à coups de milliards et de milliards de fonds publics tout en racontant à leurs électeurs que l'argent est versé à la population grecque. Cela doit cesser », revendiquent Dominique Plihon et Marica Frangakis. Les banques « too big to fail[2] » doivent être divisées et remises au service de l’intérêt public plutôt qu’à celui des profits privés. Les créanciers et les riches doivent payer leur part des coûts de la crise, tandis que le secteur financier doit être sévèrement réglementé. « Après les ravages de trois années d’austérité imposée, la Grèce a besoin, plutôt que d’enrichir l’oligarchie financière, de véritables mesures de secours qui profitent réellement à l’ensemble de la population ainsi que des mesures de financement pour le rétablissement de l’économie grecque », conclut Dominique Plihon.

D’autres détails qui interpellent…

En outre, l’enquête menée par Attac a mis en lumière plusieurs points qui interpellent dans le prétendu « plan de sauvetage de la Grèce » :

  • À plusieurs reprises, l’UE et le FMI sont revenus sur leurs déclarations et ont suspendu les versements promis pendant des semaines voire des mois pour faire pression sur la démocratie grecque : à l’automne 2011 pour empêcher la tenue d’un referendum sur la politique d’austérité ; en mai-juin 2012 pour augmenter les chances des partis amis de la Troïka lors des élections législatives. En suspendant les fonds promis, la Troïka contraint le gouvernement grec à émettre des obligations à court terme pour éviter la faillite imminente. Ces « bons du Trésor », arrivant à échéance en quelques semaines ou quelques mois, revêtent un taux d’intérêt plus élevé, ce qui augmente de fait la dette publique grecque. Une preuve de plus que la réduction de la dette n’est pas la principale préoccupation de la Troïka mais plutôt un prétexte pour poursuivre la destruction de l’État providence et des droits des travailleurs.
  • Une tranche d’1 milliard d’Euros versée en juin 2012 a essentiellement servi à financer la contribution obligatoire de la Grèce au remplaçant du FESF, le MES. Le FESF a ainsi financé son propre successeur —certes pas directement mais en accroissant la dette du gouvernement grec.
  • Klaus Regling, directeur général du FESF et du MES, a fait de nombreux allers-retours entre la politique et le monde de la finance au cours de sa carrière. Avant de rejoindre le FESF, il a travaillé tour à tour pour le gouvernement allemand, pour le fonds spéculatif Moore Capital Strategy Group, pour la Commission européenne comme directeur général aux Affaires économiques et financières, ou encore pour le fonds spéculatif Winton Futures Fund Ltd. Regling constitue ainsi un exemple symbolique de l’étroite imbrication des marchés financiers et de la politique, qui explique en partie pourquoi la politique de gestion de la crise de l’UE vise principalement à sauver le secteur de la finance.
  • Selon ses comptes annuels, la masse salariale du FESF s’élevait à 3,1 millions d’Euros en 2011 (9). Selon les médias, 12 personnes travaillaient cette année-là au FESF (10), soit une moyenne de 258.000 EUR dépensée par personne. Le directeur général Klaus Regling aurait gagné 324.000 EUR, plus un supplément de salaire par année (11). Ceux qui touchent de telles sommes contrôlent la réduction du salaire minimum brut mensuel grec à 580 EUR (510 EUR pour les jeunes) (12).

Sources

  1. Tagesschau (2012) : Milliardenhilfen für den Milliardär, 4 juin 2012, http://www.tagesschau.de/wirtschaft/latsis100.html
  2. Der Spiegel (2012) : Schuldenrückkauf: Hedgefonds verdient halbe Milliarde mit Griechenland, 19 décembre 2012 / http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/hedgefonds-verdient-halbe-m...
  3. Commission européenne (2010) : Statement of President Barroso following his meeting with Mr Georgios Papandreou, Prime Minister of Greece, 6 décembre 2010 / http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-10-730_en.htm
  4. Eurostat (2013) : Comptes non-financiers trimestriels des administrations publiques, 16 avril 2013 / http://epp.eurostat.ec.europa.eu
  5. (5) Eurostat (2013) : Dépenses des administrations publiques par fonction (CFAP), 16 avril 2013 / http://epp.eurostat.ec.europa.eu
  6. Transnational Institute (2013) : Guns, Debt and Corruption. Military Spending and the EU crisis, 14 avril 2013 / http://www.tni.org/briefing/guns-debtcorruption, p. 11f.
  7. Der Standard (2013) : Bankenrettungen kosteten EU-Staaten 670 Milliarden, 22 avril 2013 / http://derstandard.at/1363708829426/Bankenrettungen-kosteten-EU-670-Mill...
  8. Reuters (2012) : Special Report: Clandestine Loans were used to fortify Greek bank, 16 juillet 2012 / http://www.reuters.com/article/2012/07/16/us-greecebanks-idUSBRE86F0CL20120716
  9. FESF (2011) : Financial Statements, Management report and Auditor's report, 31 décembre 2011 / http://www.efsf.europa.eu/about/corporategovernance/annual-accounts/inde..., p. 37.
  10. CNBC (2011) : EFSF: CNBC explains, 20 octobre 2011, http://www.cnbc.com/id/44685464
  11. Die Welt (2012) : Fürstliche Gehälter: ESM-Chef verdient mehr als Bundeskanzlerin, 7 juillet 2012 http://www.welt.de/wirtschaft/article108056431/ESM-Chefverdient-mehr-als-die-Bundeskanzlerin.html
  12. OCDE (2013) : Salaires minimum à prix courant en monnaie nationale, 16 avril 2013 / http://stats.oecd.org/

Traduit de l’anglais par Muriel Carpentier, Coorditrad.



[1] NdT : traduction du terme imagé haircut, correspondant dans cet usage à une décote directe de la créance.

[2] NdT : idiotisme, littéralement « trop grandes pour échouer ».

 

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 17:37

 

 

Le Monde.fr avec AFP

22.06.2013 à 16h12 • Mis à jour le 22.06.2013 à 16h18
 
 

Plusieurs dizaines d'hommes, dont des policiers russes, ont expulsé par la force dans la nuit l'ONG Pour les droits de l'homme de ses locaux à Moscou, frappant notamment son dirigeant Lev Ponomariev et le leader d'un parti d'opposition, ont indiqué ces derniers.
 

"Ils m'ont frappé à coups de pied, m'ont traîné sur le sol puis m'ont jeté dehors", a déclaré à l'AFP Lev Ponomariev, 71 ans, un des principaux défenseurs russes des droits de l'homme, indiquant avoir été "traîné la tête la première dans l'escalier" et avoirrecevoir des soins.

Une trentaine d'hommes en uniforme noir, apparemment membres d'un service de sécurité privé, s'étaient présentés vendredi 21 juin dans les locaux de l'ONG, accompagnés de policiers, affirmant être mandatés par la mairie de Moscou, propriétaire des lieux, pour expulser les locataires. Ils n'avaient pas présenté de document légal sur la résiliation du bail, avait souligné M. Ponomariev.

L'intervention s'est finalement déroulée au petit matin, dans les locaux où étaient restés une dizaine de personnes, des militants de l'ONG et M. Ponomariev, rejoints par le leader du parti d'opposition Iabloko, Sergueï Mitrokhine. M. Mitrokhine, qui a aussi été battu au cours de l'expulsion, a affirmé que des membres du FSB (service fédéral de sécurité, ex-KGB) supervisaient l'opération, et accusé les autorités du pays d'avoir donné l'ordre d'expulser l'ONG.

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 16:57

 

Le Monde.fr avec AP et Reuters

22.06.2013 à 17h52

 

 

 

 
 

A trois mois des législatives allemandes, des centaines de milliers de personnes profitaient de la Gay Pride de Berlin, samedi 22 juin, pour dénoncer le refus du parti conservateur d'Angela Merkel d'accorder la complète égalité de droits aux couples homosexuels.

Crédits : AP/Markus Schreiber

 

 

Une cinquantaine de chars colorés participaient à cette parade à travers l'ancien Berlin-ouest, jusqu'à la très symbolique Porte de Brandebourg où une scène devait accueillir chanteurs et DJ.

Les organisateurs, qui attendaient un demi-million de personnes, se refusaient, comme la police, à avancer un chiffre en milieu d'après-midi. En 2012, 700 000 personnes avaient défilé dans les rues de la capitale allemande.

 

 

En tête du cortège, où le "business gay" dominait, défilaient les partis politiques, derrière le char des organisateurs orné de calicots clamant en allemand et en anglais "Assez des prêches dominicaux" et "Défiler, Voter, Changer", en référence aux racines chrétiennes du parti conservateur CDU de la chancelière Angela Merkel, et aux élections législatives du 22 septembre.

Crédits : AP/Markus Schreiber


 

La CDU avait d'ailleurs été exclue du cortège, en raison de son refus d'accorder aux couples de même sexe le droit d'adopter. A la dernière minute, le char de l'organisation des gays et lesbiennes de ce parti conservateur (LSU) avait obtenu un feu vert et quelques courageux vêtus d'un T-shirt "les troupes gay de Mutti" - surnom de Mme Merkel dans son parti - y défilaient, sous les huées.

Sifflements et huées ont ensuite accompagné le passage du cortège devant le bâtiment de la CDU.

Les formations d'opposition (Parti social-démocrate, Verts et extrême gauche de Die Linke) courtisaient les manifestants avec des slogans comme "100% d'égalité pour les famille arc en ciel", en référence aux couleurs du drapeau gay.

 

 

En Allemagne, les homosexuels ont récemment obtenu une victoire avec un jugement de la Cour constitutionnelle exigeant que les unions entre personnes du même sexe procurent les mêmes droits en matière fiscale que les mariages hétérosexuels.

Crédits : Reuters/THOMAS PETER

 

 

    

 

Dans le cortège bariolé et festif, la Russie était également montrée du doigt en raison de lois répressives récemment adoptées.

Crédits : Reuters/THOMAS PETER

 


La Gay Pride voulait attirer l'attention sur la situation en Russie, où la Douma (chambre basse du Parlement) a voté vendredi une loi interdisant l'adoption d'enfants russes par des couples homosexuels ou des célibataires dans les pays ayant légalisé les unions entre personnes de même sexe, comme l'a récemment fait la France.

   
   
  

De nombreuses banderoles dénonçaient l'homophobie en Russie, clamant notamment "l'amour est plus fort que la dictature".

Crédits : AFP/WOLFGANG KUMM

 

   

 

Le mariage gay n'existe pas en Allemagne, mais seules de très rares pancartes le réclamaient. Depuis 2001 il est possible de faire enregistrer une union homosexuelle, ce qui procure presque les mêmes droits que ceux des couples mariés, l'adoption faisant exception.

Crédits : AP/Markus Schreiber

 

 


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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 21:14

 

Médiapart

| Par Michel Deléan

 

 

Les grandes manœuvres visant à faire dessaisir les trois juges d’instruction bordelais en charge du dossier Bettencourt ont échoué. Annoncée à grands roulements de tambour, la requête en dépaysement examinée mardi par la chambre criminelle de la Cour de cassation (lire notre article ici) a été rejetée ce jeudi matin.

Dans un arrêt que l’on peut lire ici, la chambre criminelle donne une courte mais cuisante leçon de droit aux avocats des sept mis en examen – dont Nicolas Sarkozy – qui réclamaient à grands cris le dépaysement du dossier vers un autre tribunal.

 

 

Sarkozy quittant le tribunal 
Sarkozy quittant le tribunal

 

« Attendu qu’il est allégué dans la requête qu’un collège de l’instruction du tribunal de grande instance de Bordeaux, chargé de la procédure dans laquelle les requérants sont mis en examen, ne présenterait pas toutes les garanties d’impartialité pour avoir procédé à la désignation et à la rémunération d’un expert dans des conditions irrégulières, et avoir tenu, personnellement ou par avocat, des propos polémiques », écrit la Cour, « il s’agit, dès lors, non pas d’une requête en suspicion légitime visant une juridiction, mais d’une requête en récusation », qui aurait donc dû être déposée auprès de la cour d‘appel de Bordeaux.

Cette nuance juridique de taille semble avoir échappé à l’avocat général Gilles Lacan, qui avait requis mardi le dépaysement du dossier en raison d’éléments pouvant « faire naître un doute dans l'esprit de certains mis en examen sur l'impartialité des juges », cela malgré l’avis contraire du procureur de Bordeaux et du procureur général de la cour d’appel (comme l’a révélé Mediapart).

Pour Christophe Regnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), cette décision de la chambre criminelle n'est pas une surprise.  « C'est un magnifique plantage des avocats de la défense. Plutôt que de faire de la communication, ils feraient mieux de faire un peu de droit », a-t-il lancé ce jeudi sur France Info.

« La polémique vient au départ des avocats de Nicolas Sarkozy et de ses proches qui s'en sont pris très violemment aux magistrats instructeurs. Le but est de faire monter la pression et d'arriver à ce qu'ils soient mis en position difficile », a rappelé pour sa part Françoise Martres, la présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).

Malgré cette gifle, les avocats de la défense, qui semblent décidés à épuiser toutes les voies procédurales, entendent se tourner maintenant vers la première présidente de la cour d‘appel de Bordeaux, pour réclamer la récusation de chacun des trois juges d’instruction de l’affaire Bettencourt.

Mais une telle démarche est probablement vouée à l’échec, dans la mesure où les trois magistrats instructeurs ont achevé leur instruction depuis le 28 mars. En outre, le parquet de Bordeaux s’est déjà exprimé dans un long communiqué, le 10 mai, sur ses réquisitions de non-lieu en faveur d’Éric Woerth et Patrice de Maistre dans le volet « trafic d’influence » de l’affaire Bettencourt (lire notre article ici).

Tout sauf un procès public

Le 30 mai, les avocats de sept des mis en examen (à savoir Nicolas Sarkozy, Éric Woerth, Patrice de Maistre, Stéphane Courbit, François-Marie Banier, Martin d’Orgeval, et Carlos Verajano) s’étaient offusqués des liens entre le professeur Gromb et l’épouse du juge Jean-Michel Gentil (lire notre article ici), puis des réponses des juges Valérie Noël et Cécile Ramonatxo aux attaques lancées par eux-mêmes.

Mardi, devant la chambre criminelle, ce sont les avocats de Françoise Bettencourt-Meyers et du tuteur de Liliane Bettencourt qui ont dû prendre la défense des juges d’instruction. « Cette requête prétend recueillir les fruits d’une campagne contre un juge qui a été d’une grande intensité », avait remarqué Me Didier Bouthors. L’avocat ajoutait ceci, au sujet des articles sur la présence du professeur Gromb au mariage du juge Gentil en 2007 : « L’allégation par voie de presse peut faire craindre l’existence d’investigations poussées sur la vie privée et l‘intimité des magistrats. »


Liliane Bettencourt 
Liliane Bettencourt

Ces attaques répétées contre les juges d'instruction bordelais attestent, s’il en était besoin, le caractère sensible du dossier Bettencourt et son importance.

C’est surtout Jean-Michel Gentil qui a été ciblé. Outre la réception de lettres anonymes et de menaces de mort, assez courante dans les affaires politico-financières, ce magistrat du tribunal de Bordeaux s’est vu accuser (à tort) par l’avocat de Sarkozy d’avoir confondu « Betancourt » et « Bettencourt », puis d’avoir signé une « tribune politique ».

Nicolas Sarkozy lui-même aurait menacé le juge – à mots couverts – de ne pas « en rester là » après sa mise en examen. Enfin, Henri Guaino a lâché que Jean-Michel Gentil avait « déshonoré la justice », puis refusé de se rendre une convocation de police en appelant les députés UMP à le défendre.

La bataille procédurale n’est pas achevée pour autant. Plusieurs demandes de nullité de la procédure doivent être examinées le 2 juillet par la chambre de l’instruction de Bordeaux, qui a déjà dû reporter l’audience à deux reprises en raison des demandes de dernière minute des avocats. Dans un réquisitoire du 31 mai, révélé par Mediapart, le parquet général près la cour d’appel de Bordeaux considère que la procédure est régulière, et se prononce pour un rejet de la demande d’annulation de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, déposée le 24 avril par son avocat.

La défense de Sarkozy et des principaux mis en examen semble décidée à tout mettre en œuvre pour éviter un procès public, quitte à jouer la montre. Si la régularité de la procédure est confirmée et qu’ils ne sont pas récusés, le juge Gentil et ses deux collègues devraient rédiger leur ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel dans les semaines qui viennent.

Ayant mis Nicolas Sarkozy en examen pour abus de faiblesse, les juges devraient, en bonne logique, le renvoyer devant le tribunal. Dans ce cas, un espoir subsisterait encore pour l’ex-président : que le parquet de Bordeaux considère les charges contre lui insuffisantes, requière un non-lieu et interjette appel de l’ordonnance de renvoi des juges. Une démarche assez rare, pour ne pas dire rarissime.

 


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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 18:21

 

 

Médiapart

 

 

Brusquement, la fièvre semble avoir gagné la Chine. Depuis une semaine, les signes se multiplient d’une grande tension dans le système bancaire chinois. Le système interbancaire s’est totalement gelé ces derniers jours. Les banques chinoises refusent de se prêter entre elles, au point que le taux interbancaire (overnight Repo) a explosé, atteignant le record de 25 % jeudi. Les rumeurs de faillite bancaire circulent. La Bank of China a dû démentir son effondrement. Un credit crunch se profile, menaçant toute l'économie chinoise. « Les investisseurs ont de plus en plus de mal à refinancer leurs dettes à court terme », avertit l'agence de notation Fitch dont la note est reprise par le Telegraph.

Obnubilés par la perspective de se voir privés de leur dose de liquidités quotidiennes – 4 milliards de dollars ! – dispensées par la Réserve fédérale, la plupart des investisseurs et observateurs ont à peine pris note des tensions chinoises. Les analystes plus attentifs, eux s’inquiètent. Car, pour eux, ce scénario a un air de déjà vu : « nous sommes pas loin d’un moment Lehman », remarque le site Zerohedge en soulignant la ressemblance entre ce qui se passe actuellement à Pékin et la panique à la veille de l’effondrement de la banque Lehman, en septembre 2008.

 

© Zero hedge
© Zerohedge

 

Depuis plusieurs mois, les signes d’essoufflement et de tension se multiplient sur l’économie chinoise. Les autorités chinoises ont beau publier des chiffres de croissance à faire pâlir de jalousie tous les autres pays dans le monde – + 7,7% de croissance au premier trimestre –, personne n’y croit vraiment. Car en dépit des efforts du gouvernement chinois pour rééquilibrer son économie et soutenir une demande intérieure, le modèle chinois reste largement mercantiliste, reposant sur les exportations. Aujourd’hui, la Chine subit les conséquences de l’austérité et la récession généralisées en Europe, l'un de ses principaux marchés. Depuis un an, ses exportations stagnent ou baissent. Et tout l’appareil productif en accuse le contrecoup, comme semblent le prouver d’autres indicateurs, considérés comme plus fiables.

 

 

Ainsi, la consommation d’électricité en Chine accuse une chute de plus de 15 % en un an. Sauf à considérer que les entreprises chinoises ont réalisé des économies d’énergie stupéfiantes en quelques mois, ce chiffre n’est pas de très bon augure. De même, la demande chinoise en matière première est en sensible baisse, entraînant une chute des cours mondiaux du cuivre, du nickel, de l’acier. La production industrielle, après s’être un peu reprise au début de l’année, est à nouveau en baisse, comme le note le Wall Street journal. 

Mais la plus grande inquiétude vient de la bulle immobilière qui s’est constituée en Chine ces dernières années. Pour éviter la crise, le gouvernement chinois a décidé en 2009 d'injecter l'équivalent de 12 % de son PIB dans l'économie. Le crédit depuis l'effondrement de Lehman est passé de 9 000 à 23 000 milliards de dollars. Mais l'essentiel de cet argent s'est concentré  sur l'immobilier, secteur déjà en surchauffe, assorti d'énormes dettes sur les autorités locales.

Une spéculation effrénée s’est déchaînée dans ce secteur. Profitant d’une politique monétaire très laxiste, les banques ont prêté et investi à tout va dans des projets de plus en plus pharaoniques. Des villes entières ont surgi de nulle part, comme le racontait Jordan Pouille dans son reportage sur Tianfu New City (voir Chine : le rêve (ou le cauchemar) prend forme).

 

Un système bancaire de l'ombre

Mais il n’y a pas qu’à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, que des immeubles entiers sont vides. Dans tout le pays des villes nouvelles entières sont sans habitant. (voir le reportage de CBS)

 Aujourd’hui, l’explosion de la bulle immobilière menace l’ensemble du système financier et les autorités locales. En quelques années, le ratio de dette du pays est passé de 75 % à 200 %, selon Fitch. De plus, les banques ont dans leur bilan des montagnes de créances consenties aux entreprises et à l’économie, qui ont massivement investi au point de créer des surcapacités. Le système du crédit semble désormais au bord de l'épuisement.

Depuis deux ans, la sonnette d’alarme a été tirée sur les pratiques des banques accusées de soutenir un surinvestissement massif dans tous les secteurs. La Banque centrale de Chine a, à plusieurs reprises, tenté de ralentir la surchauffe en restreignant sa politique monétaire et en augmentant ses taux. Mais rien n’y a fait.

D’autant que s’est développé à côté des banques officielles, un système financier de l’ombre, aux mains des potentats locaux et de particuliers. Des fonds de placements, des trusts, des sociétés opaques se sont créées, ont emprunté aux banques et ont joué les investisseurs. Pour asseoir leur pouvoir, soutenir les projets locaux, et surtout gagner de l’argent – car les taux réclamés sur les prêts sont parfois usuraires – ils ont déversé des milliards dans les régions et financé des projets sans fondement.

Aujourd’hui, même les autorités chinoises ne savent pas évaluer l’état de santé du système bancaire officiel et parallèle. Certains évoquent des centaines de milliards de dollars de créances pourries. Le résultat en tout cas est là : les banques ne font plus confiance et refusent de se prêter entre elles. Et les bruits de faillite résonnent de toutes parts.

Dans cette situation déjà tendue à l’extrême, la grande préoccupation d’une partie des financiers occidentaux est la réponse du gouvernement chinois. Car la Banque centrale chinoise n’a pas répondu à leurs attentes : elle a refusé d’assouplir sa politique monétaire et d’injecter plus de liquidités dans le système bancaire, ou d’abaisser ses taux directeurs, comme l’a fait la Réserve fédérale à chaque moment dangereux.

Cette résistance, inhabituelle pour un monde financier, est inspirée par la politique, s’inquiète le Financial Times. « Au lieu de cela, la banque populaire de Chine a recommandé une complète mise en œuvre de la  campagne de « nouvelle ligne d’éducation des masses » lancée cette semaine par le président Xi Jinping – une campagne qui par son style de propagande et dans son envergure potentielle évoque l’ère maoïste », écrit le quotidien. « Les cadres du parti communiste qui dirigent la banque centrale sont censés s’attaquer aux quatre vents du formalisme, de la bureaucratie, de l’hédonisme et de l’extravagance, comme l’a demandé M. Xi », poursuit-il.     

Conscient de la colère croissante des Chinois face aux inégalités et à la corruption (voir les articles de Mediapart ici ou ), le nouveau gouvernement chinois a décidé de passer à la vitesse supérieure dans la lutte contre la corruption. Mais cette reprise en main au moment où l’économie chinoise vacille, où le système financier se grippe, fait peur au monde financier. Brusquement, celui-ci, qui ne jurait que par le miracle chinois, réalise que Pékin est toujours, si ce n’est communiste, au moins un régime autoritaire, faisant passer ses intérêts politiques avant tout.

 

 

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