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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 19:29

 

Source : http://www.marianne.net

 

Les Français veulent bien du revenu universel… mais pas pour les autres!

 
 
 
Un sondage publié cette semaine par l’institut Odoxa révèle que l’idée d’un revenu universel suscite la défiance d’une majorité de Français. Ces derniers craignent qu’il encourage l’oisiveté… tout en affirmant qu’ils continueraient à travailler s’il était mis en place. Un paradoxe qui traduit l’essoufflement du mouvement solidariste en France.
 
 
 
Selon un sondage, les Français se méfieraient des effets sur la société du revenu universel. - SIPA
 

Coup de froid sur le revenu universel. Alors qu’un BVA indiquait il y a six mois que plus de la moitié des Français étaient favorables à la création d’un revenu de base, il semblerait que la donne ait changé. En effet, selon une d’Odoxa publiée ce jeudi 3 novembre, les Français seraient une large majorité à voir cette mesure d’un mauvais œil. Là, c'est l’effet désincitatif qu’elle pourrait avoir sur l’emploi qu'ils pointent du doigt. Ainsi, 64% des sondés estiment que la création d’un revenu universel créerait une société d’assistés. Ils sont par ailleurs une large majorité à penser qu’une telle mesure ne serait ni bonne (59%), ni juste (62%). Une lecture superficielle de ce sondage pourrait donc laisser penser que le projet du revenu universel est bon pour les orties…

Ce serait négliger toutefois la véritable information que délivre l’enquête d’Odoxa. Un paradoxe : si 64% des sondés pensent que le revenu universel inciterait les autres à ne plus travailler, ils sont une écrasante majorité à dire que pour eux-mêmes, il n’y aurait pas d’effet désincitatif. En effet, 85% d'entre eux affirment qu’ils continueraient à travailler pour gagner plus d’argent et parce qu’une vie sans travail ne leur semble pas concevable. Les réticences entourant le revenu de base tiennent donc essentiellement à l’image dépréciée que les individus ont de leur société : celle d’une société de fainéants, où les autres profitent des efforts consentis au niveau individuel.

 

La solidarité nationale, un concept suranné ?

François Dubet, sociologue du travail et ancien directeur de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, n’est pas étonné par ce paradoxe français. « Tous les travaux universitaires montrent qu’il existe une forme de défiance généralisée vis-à-vis d’autrui, explique-t-il. C’est particulièrement le cas à l’égard des pauvres et des chômeurs. Le discours de culpabilisation qui veut que "s’il y a des pauvres, c’est la faute aux pauvres" est de plus en plus répandu, y compris chez les hommes politiques. C’est un renversement de l’opinion publique en France car, jusqu’à il y a quelques années, on considérait que les chômeurs étaient des victimes et non des coupables. » Pour le chercheur, ce changement de perception est à mettre sur le compte d’un « long épuisement de la solidarité nationale et de la glorification du système méritocratique américain ».

Les réserves exprimées dans ce sondage sont aussi largement alimentées par l’incertitude qui règne autour du concept de revenu universel. Son montant, son mode de distribution et son financement sont autant d’inconnus qui finissent par accoucher de préjugés tenaces. D’ailleurs, l’étude d’Odoxa montre bien les fantasmes qui sont projetés sur le revenu universel. Alors que la question posée par l’institut retient l’hypothèse d’une « mesure qui s’appliquerait sans dépense supplémentaire pour l’Etat puisqu’elle s’accompagnerait d’une remise à plat des autres mesures de solidarités existantes », 62% des sondés pensent que l’instauration d’un revenu universel aurait un coût exorbitant pour la société…

 

Une expérimentation dans les tuyaux

Reste enfin la teneur des questions adressées aux sondés. Comme le souligne François Dubet, « certaines questions appellent certaines réponses. Ici, on ne demande pas "pensez-vous qu’un revenu universel puisse diminuer la pauvreté ?" mais "pensez-vous qu’un revenu universel créera une société d’assistés ?" Cela change pas mal de choses... » D’autres questions sont, elles, extrêmement vagues. Ainsi lorsqu’il est demandé aux sondés si l’instauration d’un revenu universel « compris entre 500€ et 1.000€ euros » serait une mesure bonne et réaliste : comme l’a démontré la , les effets et le financement d’un revenu universel diffèrent justement totalement selon qu’il est de 500€ ou de 1.000€. Dès lors, comment peut-on répondre à une question pareille ?

La fondation Jean Jaurès, d’ailleurs, vient de s’associer avec la Gironde pour travailler à une du revenu universel dans le département. Cet essai pratique pourrait intervenir au début de l’année 2017. Il sera sans doute plus utile d’interroger les Girondins qui auront participé à ce projet pour obtenir un retour fiable sur l’intérêt du revenu universel.

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 19:18

 

Infos reçues par mail. Le choix de ces dernières appartiennent à leur auteur et  sont transmises à titre indicatif...

 

 

Pour communiquer vos dates,

contactez Janie : 06 15 33 61 73

@   jmarneguy@gmail.com

Site Ensemble ! www.ensemble-gard.fr

 


 

Dates

Evènement

Lieu

heure

Lundi/jeudi

Nuit Debout Nîmes

Square Antonin

19h

Dimanche 6/11

Les Beaux Dimanches avec la Cie du Beau Parleur « Livane, chansons charnelles, bêtes et sérieuses.. »

Entraide Gardoise

15h

Mardi 8/11

Réunion E !30

 

19h

Mardi 8/11

Cycle Le Cinéma et le Front Populaire « 1936 , les films de la CGT »

CMCAS Salle Verdier 222 rue Guy de Maupassant

18h30

Mardi 8/11

Université Critique et Citoyenne de Nîmes 

Foyer Albaric

18h30 à 20h30

Mercredi 9/11

Avec Croco Vélo Inauguration .. des pistes cyclables du tour de l’Ecusson

Départ Esplanade

18h

Mercredi 9/11

Rencontre Nîmes en Transition

 

 

Jeudi 10/11

Présentation de TANGO

Pissevin Salle Morisse

18h

Jeudi 10/11

Vernissage « Graveurs du SUD » Biennale SUD estampes 2016

La Salamandre

18h30

Samedi 12/11(si pluie le 19/11)

« Gratiferia » et jeux pour enfants avec Nuit Debout Nîmes

Square Antonin

De 14 à 19h

Du 12 au /11

Semaine de la Solidarité Internationale

Programme à venir

 

Mardi 15/11

Journée Mobilisation :Pour l’emploi, pour retrait Loi Travail, contre les violences policières,

 

 

Mardi 15/11

Conférence/ débat de Sandrine Mansour-Merien « L’histoire occultée des Palestiniens »

Auditorium Pablo Neruda

19h

Du 15 au 20/11

Exposition « Dessins et paroles d’enfants palestiniens en souffrance »

Cercle de l’Avenir

Rue Nicot

 

Jeudi 17/11

Soirée MIGRANTS avec la CIMADE

Le Sémaphore

 

 

Repas à l’Association Côté Jardins Solidaires le mardi 0466845199

Agenda //Démosphère Gard Cévennes http://gard.demosphere.eu

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 21:20

 

Source : http://blogyy.net/2016/11/02/des-anarchistes-refoulent-un-groupe-de-neo-nazis-et-de-policiers-menacant-les-refugies-video/

 

Des anarchistes refoulent un groupe de néo-nazis et de policiers menaçant les réfugiés (vidéo)

 

Au nord-est d’Exarcheia à Athènes :

DES ANARCHISTES REFOULENT UN GROUPE DE NÉO-NAZIS ET DE POLICIERS MENAÇANT LES RÉFUGIÉS (VIDÉOS)

 

 

 

 

Autour de l’avenue Alexandras, entre Exarcheia et Ambelokipi (cf. carte), avant-hier, quelques dizaines de néo-nazis sont venus semer le trouble, sur le chemin du tribunal, et inquiéter, comme à l’habitude, les réfugiés occupant de vieux immeubles à l’abandon. Bien mal leur a pris : le comité d’accueil était renforcé et la riposte a été immédiate.

La police a aussitôt secouru ses petits nazillons chéris(1), avant de prendre le relais. Plusieurs CRS ont alors fracassé des portes de logement de réfugiés, sous les jets de pierres de la résistance solidaire. Et surtout : les flics ont projeté une telle quantité de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène que beaucoup des malades de l’hôpital voisin (agios Savvas, situé en face de la station de métro sur la carte, rue Kouzi) ont du être déplacés et soignés en urgence (suffocations, paniques, malaises).

Des dizaines d’anarchistes sont montés sur les toits, un peu partout, notamment des membres du groupe Rubicon (connu pour avoir détruit plusieurs bureaux de la troïka, ainsi que le fichier des privatisations et celui des personnes surendettés), brandissant parfois des drapeaux noirs, avant que la police ne s’éloigne et ne se replie sur l’avenue Alexandras pour évacuer ses petits protégés, nostalgiques de la junte.

 

 

Pour leur part, les militants du parti néo-nazi Aube dorée affirment qu’ils allaient gentiment soutenir leurs copains bisounours à la Cour d’Appel, main dans la main comme en sortie scolaire, et que ce sont les réfugiés et les antifascistes qui les ont provoqué.

Pour les mass-médias, évidemment, c’est le drame : les défenseurs des réfugiés ont brisé plusieurs pare-brises de voitures, en repoussant les néo-nazis et les flics. Ils ont même arraché des antennes de la sacro-sainte télévision sur les toits, pour les lancer sur les assaillants. Bagnole et télé : les mass-médias hurlent évidemment au sacrilège et multiplient les témoignages de braves gens paisibles, depuis lors privés de sortie au supermarché et de journal télévisé, tout ça, à cause des méchants anarchistes pas beaux du tout ! Pire encore, ces derniers ont jeté d’une terrasse un bloc de ciment juste à côté d’un CRS :

 

 

(à 0:50 dans la vidéo)

 

Une fois de plus, les « autorités » évoquent la nécessité de « faire le ménage », notamment dans la base principale des rebelles qui énerve de plus en plus le pouvoir. La base que tout le monde connait, à deux jets de pierre d’Ambelokipi : Exarcheia.

La droite exige que ce « ménage urgent » soit fait avant la venue d’Obama à Athènes le 15 novembre : « ces jeunes fous nous narguent et font du centre de la capitale une zone de non-droit, de chaos et d’insécurité ». Kyriakos Mitsotakis, fils d’un ancien premier ministre et nouveau leader de la droite, a même promis qu’il s’en occuperait en priorité, dès son « arrivée prochaine » au pouvoir(2) : « En moins d’un mois, il ne restera plus rien de cette zone de non-droit, de ce quartier où anarchistes et gauchistes font n’importe quoi. » A son tour, le conseil municipal d’Athènes a également demandé ce « nettoyage » au gouvernement Tsipras, dans un vœu formulé en juillet et réitéré en septembre.

La situation est très tendue. Les camarades se méfient. À Exarcheia et alentours, personne n’a oublié l’expulsion brutale, surprise et planifiée des squats solidaires de Thessalonique, au matin du 27 juillet(3), y compris le célèbre squat Nikis, né durant les émeutes en Grèce de décembre 2008.

Mais ce que le pouvoir oublie un peu vite, c’est que Exarcheia a provoqué l’insurrection de novembre 1973, contre la dictature des Colonels, et qu’Athènes n’est pas Thessalonique.

Qui s’y frotte s’y pique.

Yannis Youlountas

 

(1) Les MAT votent à 60% pour Aube dorée et collaborent souvent avec eux, y compris pendant certaines manifs.
(2) Point complet sur le contexte :
http://www.sinemensuel.com/cartes-postales/lautomne-risque-detre-chaud-en-grece/
(3) Souvenir de l’opération du 27 juillet à Thessalonique :
https://blogyy.net/…/07/27/tsipras-attaque-les-squats-videos

 

 

 

 

Source : http://blogyy.net/2016/11/02/des-anarchistes-refoulent-un-groupe-de-neo-nazis-et-de-policiers-menacant-les-refugies-video/

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 21:03

 

 

Source : http://sain-et-naturel.com

 

Désormais L’Inra en est convaincu : la permaculture est rentable !

 

 

Inra

 

Image crédit : www.naturalblaze.com

 

Au terme d’une grande étude, l’Institut national de recherche agronomique valide la rentabilité de la permaculture. Un grand pas en avant

La permaculture séduit enfin les plus grands spécialistes de l’agriculture. Même le très sérieux Institut national de la recherche agronomique (l’Inra) est désormais conquis ! La preuve avec cette étude passionnante aux résultats spectaculaires.

La permaculture c’est produire du bio, dans le respect des écosystèmes et en s’appuyant sur la nature plutôt que sur la chimie et la mécanique. Sur le papier, c’est bien joli, mais en vrai, est-ce que ça marche et, surtout, est-ce que ça paye ? Oui, répond désormais l’Inra, en s’appuyant sur quatre longue années d’observation de la ferme du Bec-Hellouin, en Normandie.

Afficher l'image d'origine

 
Image crédit : www.permatheque.fr

Couverture

Pendant quatre ans, entre 2011 et 2015, les scientifiques ont étudié une petite parcelle de 1 000m2 seulement : 421m2 de serres, 233m2 d’agroforesterie (verger maraîcher) et un jardin mandala en spirales de 378m2.

Vous voyez, rien de gigantesque. On est même très loin des géantes exploitations modernes. Pourtant, au terme de ses recherches, l’Inra a conclu que cette petite surface permettait de dégager un revenu mensuel net entre 900 et 1570€ !

Afficher l'image d'origine

 

Image crédit : /www.informaction.info

 

Vous vous dites que ce n’est pas énorme ? Et pourtant…

« Ce revenu agricole apparaît tout à fait acceptable, voire supérieur, au regard des références couramment admises en maraîchage biologique diversifié. »

Pour tout comprendre et aller plus loin, cette courte vidéo produite par l’Inra lui-même :

 

 

Gagner de l’argent sans polluer, ni exploiter la terre, c’est donc possible !

Certains continuent de dénigrer la permaculture. Qu’on leur montre ce reportage ! L’avenir, c’est ça.

Pour ceux qui veulent en savoir davantage, ce livre écrit par les fondateurs de la ferme du Bec-Hellouin, Perrine et Charles-Hervé Gruyer :

Source :positivr.fr/

 

 

 

Source : http://sain-et-naturel.com

 

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 20:21

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Manifestation contre la loi travail: six mois avec sursis pour le sociologue Nicolas Jounin

3 novembre 2016 | Par christophe Gueugneau
 
 
 
 

Le sociologue était accusé par un commissaire d’avoir frappé volontairement un policier lors d’une manifestation interdite contre la loi El Khomri le 28 avril au matin. Il a toujours démenti les faits, accusant au contraire les policiers de lui avoir porté des coups.

Six mois avec sursis pour des faits contestés avec méthode. Nicolas Jounin, jeune sociologue de 35 ans, a été condamné jeudi 3 novembre à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Bobigny, qui l'a jugé coupable d'avoir frappé un policier au printemps dernier lors d'une manifestation contre la loi El Khomri. Nicolas Jounin a toujours démenti les faits, et notamment lors de l'audience le 6 octobre où son avocat avait pointé plusieurs contradictions dans les témoignages des policiers.

Le sociologue était accusé d’avoir bousculé et fait tomber un policier, puis de lui avoir asséné un coup de pied sur le casque, le 28 avril au matin. Ce jour-là, des syndicalistes s’étaient donné rendez-vous à Gennevilliers pour distribuer des tracts et inciter les travailleurs, du port notamment, à rejoindre le mouvement contre la loi El Khomri. Après un face-à-face avec des policiers, ils décident de prendre le métro pour se rendre Carrefour Pleyel à Saint-Denis, et rejoindre ainsi une assemblée générale interprofessionnelle prévue à 10 heures à la Bourse du travail. Une manifestation, déclarée, est prévue l’après-midi même au départ de la place Denfert-Rochereau à Paris.

Les faits reprochés à Nicolas Jounin se seraient déroulés Carrefour Pleyel. Selon le récit policier, un groupe aurait chargé un cordon positionné pour les empêcher de rejoindre la Bourse du travail. C’est à cette occasion que Nicolas Jounin aurait foncé sur un policier chargé d’envoyer des grenades lacrymogènes. Les policiers accusent également les manifestants d’avoir jeté des œufs, des pommes de terre et même des pierres sur la police.

 

Nicolas Jounin © capture d'une vidéo de L'Humanité (https://www.youtube.com/watch?v=-rHaRaeuXyE) Nicolas Jounin © capture d'une vidéo de L'Humanité (https://www.youtube.com/watch?v=-rHaRaeuXyE)
 
 

 

« Je ne reconnais pas les faits, avait déclaré le 6 octobre le sociologue au tribunal. Au contraire, je me trouvais juste devant le cordon de policiers, poussé par les gens qui étaient derrière moi. On m’a fait un croche-patte, je suis tombé, je me suis relevé, puis un deuxième, et là on me frappe à terre. Je suis cogné à la hanche et à la tête, puis je suis arrêté. » Sa « victime », le policier que Nicolas Jounin est censé avoir frappé, était présente elle aussi dans la salle du tribunal. Membre de la Brigade anticriminalité, il était ce jour-là équipé pour le maintien de l’ordre. Il n’a pas voulu se porter partie civile. De fait, il est incapable d’identifier Jounin comme étant son agresseur. C’est le commissaire chargé du dispositif sur place qui l’a identifié. 

Juste avant les réquisitions du ministère public, l’avocat de Nicolas Jounin, Me Raphaël Kempf, avait cependant soulevé un dernier détail troublant du procès-verbal rédigé par le commissaire. Celui-ci indique qu’il a formellement identifié le sociologue, un « homme avec une légère calvitie »« Or, mon client portait un bonnet ce jour-là !...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Lire aussi

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 20:09

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Infirmières bulgares: le régime Kadhafi aurait inoculé le VIH aux enfants de Benghazi

4 novembre 2016 | Par Fabrice Arfi et Karl Laske
 
 
 
 

Presque dix ans après la libération des infirmières bulgares, l'affaire de la contamination par le virus du VIH de centaines d’enfants de Benghazi prend les allures d’un crime d’État unique en son genre. Dans des notes obtenues par Mediapart, l’ancien premier ministre Choukri Ghanem relate que ce sont deux hauts responsables du renseignement libyen qui se sont procuré des « fioles » du virus et l'ont inoculé aux enfants. > English version: Gaddafi regime 'deliberately infected' Libyan children with HIV

 

Si les faits se confirment, il s’agira d’un crime d’État unique en son genre. Dans des notes posthumes obtenues par Mediapart, l’ancien premier ministre de Libye Choukri Ghanem rapporte que deux hauts responsables du renseignement libyen ont eux-mêmes inoculé, en 1998, le virus du VIH à des centaines d’enfants hospitalisés à Benghazi. Une « opération spéciale » d’empoisonnement qui aurait été avouée devant témoins par le chef du renseignement militaire, Abdallah Senoussi, en 2007, au lendemain de la libération des infirmières bulgares et d’un médecin palestinien accusés à tort.

 

Abdallah Senoussi, en août 2011, juste avant la chute du régime libyen. © Reuters Abdallah Senoussi, en août 2011, juste avant la chute du régime libyen. © Reuters
 
 

Abdallah Senoussi et le patron des services spéciaux libyens, Moussa Koussa, se seraient « procuré les fioles de virus contagieux ». Quatre fioles pour Senoussi, vingt-sept pour Moussa Koussa. Et les deux espions auraient coordonné la contamination de 232 enfants à l’hôpital de Benghazi. Leur objectif étant de fabriquer de toutes pièces une tragédie dont ils accuseraient l’Occident. Abdallah Senoussi était déjà mis en cause dans l’attentat contre le DC-10 d’UTA qui avait fait 170 victimes, dont 54 Français, le 19 septembre 1989. La contamination avait fait, en 2006, 52 morts parmi les enfants.

 

Le manuscrit posthume de Choukri Ghanem, retrouvé par la justice hollandaise en 2013, est désormais entre les mains de magistrats français. Ancien chef du gouvernement (2003-2006) puis ministre du pétrole (2006-2011), Ghanem revient en détail sur le dossier de cinq infirmières bulgares et d’un médecin palestinien, cibles d’un complot judiciaire qui les a jetés en prison pendant huit ans, entre 1999 et 2007.

Son carnet contenait déjà des révélations sur des versements en faveur de Nicolas Sarkozy, dont Mediapart a fait état. Après avoir fait défection, l’ancien dignitaire a été retrouvé noyé dans le Danube, à Vienne (Autriche), en avril 2012. Retrouvé par la police hollandaise dans le coffre-fort de son gendre aux Pays-Bas, le document a depuis été authentifié...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 20:04

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Députés prokurdes arrêtés : la Turquie s'enfonce toujours plus dans l'autoritarisme

 
 
Dans la nuit de jeudi à ce vendredi, les deux chefs de file du HDP, le parti prokurde turc, également députés, ont été placés en garde à vue. Depuis le mois de juillet dernier, le président Recep Erdogan fait preuve de toujours plus d'autoritarisme.
 
 
 
Depuis le coup d'Etat raté en juillet dernier, Recep Erdogan a lancé une chasse aux sorcières. - Burhan Ozbilici/AP/SIPA
 

C'est un pays qui s'enfonce un peu plus dans l'arbitraire et l'autoritarisme. Dans la nuit de jeudi à ce vendredi 4 novembre, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les deux co-présidents du HDP, le principal parti prokurde turc, également députés, ont été arrêtés à leur domicile par la police. Ils ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une opération "antiterroriste". Le parquet de Diyarbakir, ville du sud-est agitée par des combats quotidiens entre les forces de sécurité et des membres du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), reproche aux deux responsables politiques leurs liens présumés avec le PKK, selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Juste avant d'être arrêté, Selahattin Demirtas écrivait sur son compte Twitter : "Les policiers sont devant ma porte, ils ont l'autorisation de m’arrêter par la force".

 

 

Neuf autres députés du HDP auraient été arrêtés. D'après les chaînes d'information NTV et CNN-Türk, d'autres parlementaires seraient également visés par un mandat d'arrêt. Le quartier général du HDP à Ankara a été perquisitionné, selon des images de la chaîne NTV. En mai dernier, le Parlement turc, sur ordre du gouvernement, avait fait voter la levée de l'immunité des députés menacés de poursuites judiciaires. Une mesure visant à préparer la répression du HDP. 

C'est un nouveau coup de force contre la démocratie, déjà mal en point depuis la tentative de coup d'Etat en juillet dernier et la mise en place de l'état d'urgence. Déjà, deux maires de Diyarbakir avaient été placés en détention, une ville à majorité kurde. Toujours dans le sud-est du pays, 28 mairies HDP sont passées sous tutelle administrative.

 

Une répression tout azimut

Recep Erdogan, le président de la Turquie, s'est donc lancé dans une véritable chasse aux sorcières. Depuis le 15 juillet, les autorités turques ont déjà arrêté plus de 35.000 personnes soupçonnées de sympathie pour Fethullah Gülen, ancien proche d'Erdogan passé dans l'opposition qui est suspecté par le "Sultan" d'avoir organisé le putsch depuis son exil aux Etats-Unis. 

Erdogan redoute que les Kurdes de Turquie ne revendiquent eux aussi leur autonomieMais la répression de s'arrête pas qu'aux gulenistes. Avec la création de fait, en Syrie, d'un territoire autonome kurde dans le nord du pays, grâce aux victoires répétées sur Daech des YPG, la branche armée du Parti kurde de l'union démocratique (PYD), Erdogan redoute plus que tout que les Kurdes de Turquie ne revendiquent eux aussi leur autonomie. Le président turc s'acharne donc sur cette minorité.

Un décret d'urgence a ainsi ordonné la fermeture de 10 journaux, deux agences de presse et trois magazines prokurdes. Le lundi 31 octobre, 16 mandats d'arrêt ont été lancés contre le quotidien d'opposition kémalistes Cumhuriyet. Murat Sabuncu, le rédacteur en chef, ainsi que le dessinateur Musa Kart, l'avocat du titre et plusieurs éditorialistes ont été arrêtés. Ils sont suspectés d'entretenir des liens avec le PKK. 

 

 

Le 17 août dernier, la romancière Asli Erdoğan était elle aussi emprisonnée pour son soutien à la minorité kurde. Dans une lettre écrite depuis sa geôle, et publiée par elle écrit :

"Me voilà aujourd’hui en prison pour avoir cru à des mots tels que vérité et paix"

Le temps où Recep Erdogan, dans une volonté de rapprochement avec l'Union européenne, prônait la démocratisation de la Turquie, est définitivement révolu. 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 19:41

 

 

Source : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN12Z2J8

 

 

Possible coup d'arrêt judiciaire pour Notre-Dame-des-Landes

vendredi 4 novembre 2016 20h36

 

 

Photo

 

NANTES, Loire-Atlantique (Reuters) - Le rapporteur public de la cour administrative d'appel de Nantes a indiqué vendredi qu'elle demanderait l'annulation de deux des trois arrêtés préfectoraux autorisant le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), lors du procès en appel prévu lundi.

La magistrate, dont les avis sont souvent suivis en matière de justice administrative, a dévoilé le sens de ses conclusions dans l'application accessible aux seuls avocats et requérants et fera connaître ses arguments à l'audience.

En première instance, en juillet 2015, le tribunal administratif de Nantes avait rejeté les recours des opposants au projet.

Lundi, le rapporteur public devrait préconiser de leur donner raison sur les dérogations en matière de respect de la loi sur l'eau et des espèces naturelles protégées.

Elle devrait toutefois pencher en faveur de Vinci, concessionnaire du projet d'aéroport, sur la déclaration d'utilité publique de l'aménagement des routes et de la plate-forme aéroportuaire.

Si la cour administrative d'appel de Nantes venait à suivre ses conclusions, et que les motifs d'annulation retenus étaient régularisables, une nouvelle enquête publique sur le respect de la loi sur l'eau et des espèces protégées prendrait "deux, voire trois ans", évalue Me Thomas Dubreuil, l'un des avocats des opposants au projet d'aéroport.

"C'est un signal positif pour nous, mais cela ne reste qu'un signal : on sait que rien n'est fait et que la question sera très débattue par les six juges", a déclaré l'avocat à Reuters.

"En tous cas, cela démontre la crédibilité de l'argumentation des opposants, qui ont souvent été accusés d'être procéduriers."

La cour administrative d'appel de Nantes, qui mettra sa décision en délibéré, devrait rendre son arrêt sous deux à trois semaines.

 

(Guillaume Frouin, édité par Yann Le Guernigou)

 

 

 

 

Source : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN12Z2J8

 

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 19:07

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Des foetus de veaux de plus d'1 mètre jetés à la poubelle dans des abattoirs

 
 
 
L’association de protection animale L214 dénonce dans une nouvelle vidéo choc, ce jeudi 3 novembre, la maltraitance animale dans les abattoirs, en l'occurrence l'abattage des vaches gestantes et de leur foetus, ces derniers finissant jetés à la poubelle comme de vulgaires déchets...
 
 
 
Extrait de la vidéo diffusée par l'association L214 concernant l'abattage des vaches gestantes. - Capture d'écran

Des veaux en gestation, sortis au couteau de l’utérus de leur mère et jetés à la poubelle dans le plus grand abattoir municipal de France, situé à Limoges. C’est ce que dénonce dans , ce jeudi 3 novembre, l’association de protection animale L214. Dans la ligne de mire des militants : l'abattage de vaches gestantes, une pratique légale mais controversée.

Sur les images, filmées grâce à une caméra GoPro par un employé de l'abattoir français, où plus de 1.000 bovins sont tués chaque semaine, se succèdent en effet des scènes d’une terrible cruauté : des fœtus de veau, de plus d’un mètre de taille, à un stade de développement parfois avancé, (poils, sabots formés), jetés dans de larges bacs blancs à déchets après avoir été extraits du ventre des vaches abattues.

 

"On jette le veau dans une poubelle pleine de merde. Parfois, il bouge, comme s’il était vivant. On fait ça tous les jours, au moins cinquante fois par semaine. Comment on peut les tuer, nom de Dieu ? Des vaches pleines et des veaux qui sont en train de sortir", s’insurge dans un entretien l'employé de l'abattoir et lanceur d'alerte, Mauricio Garcia-Pereira, 47 ans.

Salarié depuis sept ans dans la structure, il confie "ne plus y arriver". "Je sais que je vais perdre mon travail. Je l’espère même, assure-t-il. Je veux que le peuple français soit au courant", poursuit-il.

 

 

 

"Il n'y a pas de limite à ce qu'on peut faire aux animaux"

"C’est le septième abattoir dont on montre les violences inhérentes, mais, cette fois, elles sont encore plus choquantes et dérangeantes. Il n’y a plus de limite à ce qu’on peut faire aux animaux", accuse quant à lui, toujours dans Le Monde, le porte-parole de L214, Sébastien Arsac. L’association s’apprête d’ailleurs à lancer une pétition afin de demander l’interdiction de l’abattage des vaches lors des trois derniers mois de leur gestation (d’une durée de neuf mois et deux semaines chez les bovins).

Car l’exemple de Limoges ne serait pas un cas isolé. Selon des études menées ailleurs en Europe, en Allemagne, en Italie, en Belgique ou encore au Luxembourg, 10 à 15% des vaches abattues le seraient non seulement alors qu’elles sont pleines, mais en plus pendant la dernière période de gestation.

Les raisons d’un tel procédé ? Le facteur économique notamment, "la vache gestante pesant plus lourd, elle sera vendue plus cher à l’abattoir, au prix de la viande", explique de fait au Monde Katharina Riehn, professeure à l’université de Hambourg. Concernant les pratiques de l’abattoir français, l’association L214 devrait bientôt déposer une plainte au tribunal de grande instance de Limoges...

 

 

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Source : http://www.marianne.net

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 18:53

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

60 millions de Français fichés : "La base de données sera détournée de son but initial…"

La députée ex-EELV Isabelle Attard s'oppose au décret publié par le gouvernement le 30 octobre permettant la création d'une base de données de soixante millions de Français. Des renseignements tels que l'apparence physique, le nom, l'adresse ou l'email des personnes y figureront. Pour l'élue, ce projet s'annonce hautement liberticide.
 
 
 
Isabelle Attard s'oppose au décret "fichage". - SIPA
 

Depuis le début de son mandat, Isabelle Attard, députée non-inscrite (ex-écologiste) du Calvados, s'attèle à dénoncer les immixtions de l'Etat dans notre vie privée. Elle s'oppose aujourd'hui au décret publié par le gouvernement le 30 octobre qui permet la création d'une base de données de soixante millions de Français comprenant notamment des données biométriques, une photo, le nom, l'adresse ainsi qu'une adresse électronique des personnes fichées. Une masse d'informations personnelles qui n'avaient jamais, jusqu'alors, été réunies dans un seul et même fichier.

 

Marianne : Vous êtes opposée à la création d'une base de données comprenant des informations sur soixante millions de personnes. Pourquoi ?

 

Isabelle Attard : Il y a une inadéquation totale entre le moyen choisi, à savoir la création d'un fichier comprenant énormément d'informations sur soixante millions de personnes, et le but officiellement recherché. On nous dit qu'il s'agit de lutter contre les faux papiers. Je n'en crois pas un mot. Mon avis est que le gouvernement souhaite disposer d'un tel fichier pour en savoir plus sur la population, au cas où... Le plus grave est que le contexte sécuritaire actuel, les attentats, l'état d'urgence, permettent au gouvernement de faire passer ce texte sans aucun débat, sans aucune délibération.

 

Pourquoi partir du principe que ce fichier servira à surveiller la population ?

Avec ce genre de fichiers, des détournements ont toujours eu lieu. Aux Etats-Unis, le gouvernement s'est servi du Patriot Act pour surveiller la population, notamment des personnalités écologistes qui ne représentaient aucune menace terroriste. En France, François Hollande avoue (dans Un président ne devrait pas dire ça, Stock, ndlr) s'être servi de l'état d'urgence pour mater des militants écologistes pendant la COP21. Donc comment avoir confiance avec ce fichier ? Pour moi, c'est très clair, il sera détourné de son but initial. Et pas seulement en cas de changement de gouvernement, comme l'estiment certains acteurs. Il suffit de circonstances particulières. En cas d'attentat, le risque sera fort de recourir à ce fichier. Et quand les données auront fuité, il ne sera plus possible de revenir en arrière...

 

Le gouvernement affirme avoir tenu compte des réserves de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés)...

 

Ce n'est pas vrai. Dans un avis de 2011, la CNIL conseille au gouvernement de mettre une puce contenant les mêmes données sur les cartes d'identités et les passeports. Ce n'est pas la solution qui a été retenue. On voit bien qu'il y a une ambiguïté que le gouvernement ne peut lever. De plus, ce choix de créer une base de données montre la voie aux pirates. La question n'est pas de savoir si ce fichier sera piraté, mais quand il le sera.

 

On peut penser que les meilleurs pare-feux seront mis en place...

Je ne crois pas que cela sera suffisant. Aux Etats-Unis, les données biométriques de plus de cinq millions de personnes ont récemment fuité. Ces informations ont une valeur commerciale faramineuse ! Il est évident que des piratages auront lieu pour ensuite vendre ces renseignements à des entreprises. Si on croise ces fichiers avec d'autres informations, on peut presque tout savoir d'une personne. On pourra donc faire des offres sur mesure ou refuser une assurance car vous ne répondez pas aux critères. On joue vraiment aux apprentis sorciers avec ce fichier.

 

Peut-on encore empêcher la création de fichier ?

Puisque le gouvernement a décidé de procéder en catimini, par décret, il n'y a pas énormément de voies pour agir. Des associations contesteront sans doute le décret mais le Conseil d'Etat pourrait très bien répondre qu'il n'y a pas de risque car le fichier n'est pas consultable par le public. Or, les règles de consultation pourront être changées ultérieurement, sans qu'aucun contrôle ne soit fait. Reste la possibilité de mener une fronde citoyenne afin que ce fichier n'existe pas.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Tous fichés

Dix raisons de se méfier du « fichier monstre »

 

 

Une nouvelle base de données compilant les infos de 60 millions de Français vient de voir le jour. Vous ne comprenez pas pourquoi tout le monde en parle, un peu inquiet ? On vous explique.

 

Cette année, le gouvernement a fêté les morts en beauté : dans la torpeur de la Toussaint, il a décrété la création d’un tout nouveau fichier baptisé TES, pour « Titres électroniques sécurisés ».

Y seront stockées tout un tas d’infos sur les personnes avec une carte d’identité ou un passeport. Soit en gros, tous les Français.

On voit venir les ronchons qui vont nous traiter de parano avec cette énième histoire de population massivement scrutée et cataloguée. Et nous inviter, à l’instar d’un Bernard Cazeneuve ce 2 novembre à l’Assemblée, à ne pas avoir peur d’une citrouille parce que l’avant-veille c’était Halloween. Sauf que cette citrouille n’a vraiment rien d’ordinaire.

Cette nouvelle base de données – qui a déjà hérité de son petit nom de « fichier monstre » – a de quoi faire flipper.

 
 

1 Tout le monde est visé

60 millions de Français, du jamais vu depuis 1940.

 

Ça a été dit et redit mais il est bon de le rappeler : ce nouveau fichier va concerner toute personne qui cherche à obtenir ou à renouveler sa carte d’identité ou son passeport. Pas besoin d’avoir fait maths sup’ pour saisir que ça concerne TOUS LES FRANÇAIS.

Seule exception : les moins de 12 ans. Docile, le gouvernement a suivi de vieilles recommandations [PDF] de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), elles-mêmes alignées sur le droit européen en la matière.

Appelée à donner son avis sur la création de fichiers pareils – sans qu’on le suive forcément –, la gardienne de la vie privée a estimé que le dispositif concernerait près de « 60 millions de personnes ».

A titre de comparaison, le fichier qui compilait jusque là les données des titulaires de passeport (également baptisé TES) « contient 15 millions de jeux de données ». « Un changement d’ampleur et, par suite, de nature, considérable », peut-on lire dans l’avis qu’elle a rendu le 29 septembre, où elle émet « plusieurs réserves ».

 

« C’était en 1940 »

Ce fichage intégral rappelle en plus, comme on dit souvent de façon ironique, « les heures les plus sombres de l’Histoire ».

En 2012, quand la droite alors majoritaire avait proposé un dispositif similaire, vite baptisé « le fichier des gens honnêtes », de nombreux élus socialistes rappelaient, à l’instar de Serge Blisko :

« La France n’a créé qu’une seule fois un fichier général de la population, c’était en 1940. Il fut d’ailleurs détruit à la Libération. »

L’inquiétude de voir ressusciter cette base de données était telle que des socialistes avaient demandé au Conseil constitutionnel de censurer le texte en question. Il l’a fait en partie, jugeant contraires au droit à la vie privée certains rouages du système.

Parmi ceux qui ont saisi les Sages à l’époque, les actuels ministres des Affaires étrangères – Jean-Marc Ayrault, qui a signé le nouveau décret – et de la Justice – Jean-Jacques Urvoas. Si son nom ne figure pas sur l’acte de naissance du fichier monstre, qui relève de l’Intérieur, Urvoas faisait partie des plus ardents pourfendeurs du dispositif en 2012 :

« Ce texte contient la création d’un fichier à la puissance jamais atteinte dans notre pays puisqu’il va concerner la totalité de la population ! Aucune autre démocratie n’a osé franchir ce pas. »

 
 

2 Taille, empreintes, photo, couleur des yeux... Des tas d’infos compilées

Et il fait quoi ton papa dans la vie ?

 

Et sur ce fichier, on y trouvera quoi ? Bien plus qu’un portrait chinois. Des tas d’infos y seront compilées sur vous :

  • nom, prénoms
  • date et lieu de naissance
  • adresse (et parfois adresse électronique et numéro de téléphone)
  • sexe
  • taille
  • couleur des yeux
  • empreintes digitales
  • photo du visage
  • filiation des parents

C’est limite si on ne vous demande pas la profession des parents et le métier dont vous rêvez.

A cela, s’ajoutent aussi des informations sur le titre d’identité décroché en lui-même (son numéro, s’il a déjà été perdu ou volé, la copie des pièces justificatives associées au dossier...).

Actuellement, la base de données des passeports compile déjà certaines des infos citées ci-dessus.

Le toilettage est plus conséquent pour la carte d’identité, jusque là encadrée par des décrets datant de 1987 et 1955 [PDF].

 

 

3 Mais surtout, des infos hyper sensibles

Difficile de se débarrasser de son minois et de ses empreintes.

 

Les données recueillies seront aussi en partie biométriques. Comme leur nom l’indique, elles mesurent le vivant : les caractéristiques de notre visage ou des lignes de nos doigts.

Contrairement à une adresse ou même un nom de famille, empreintes et visage sont, sauf à se mutiler (et des sans-papiers le font d’ailleurs pour échapper au fichage) ou à jouer les Travolta dans « Volte/Face », immuables.

Elles renvoient à une « réalité biologique » qui est propre à chacun d’entre nous, comme le rappelle souvent la Cnil. Et peuvent donc « être rapprochées de traces physiques laissées involontairement par la personne ou collectées à son insu ».

Sur une tasse de café ou en passant devant une des nombreuses caméras de vidéosurveillance. Croisées à un fichier-monstre, on imagine vite un monde façon « Person of Interest », où le moindre minois capté dans la foule renvoie à une foultitude de renseignements privés.

C’est pourquoi la gardienne de la vie privée, comme le législateur français, mais aussi le Conseil constitutionnel, les estiment « particulièrement sensibles ».

 

 

 

Qui seront conservées au moins dix ans

Et encore, si on est mineur.

 

Si vous êtes majeur, les infos liées à votre carte d’identité seront gardées 20 ans. Ce sera 15 ans pour le passeport.

Pour les mineurs, on rabaisse tout de cinq ans.

 
 

5 Qu’un paquet de monde pourra consulter

La préfecture, les agents du renseignement, les douanes et même des autorités étrangères... Un fichier de police ?

 

Tous les fonctionnaires habilités à délivrer carte d’identité ou passeport, ou à surveiller leur délivrance, peuvent accéder aux données de ce fichier.

Ça va des ministères de l’Intérieur aux Affaires étrangères aux préfectures et sous-préfectures, en passant par les agents des ambassades et consulats.

Mais ce n’est pas tout. Un juge d’instruction, un procureur ou un officier de police judiciaire peuvent demander à y avoir accès dans le cadre d’une enquête. C’est la procédure de réquisition judiciaire.

La Cnil ne manque pas de le rappeler dans son avis. Il faut dire qu’en 2011, dans une note [PDF] sur le « fichier des gens honnêtes », elle redoutait déjà les recours abusifs à cette possibilité, susceptible de transformer le fichier administratif en fichier de police :

« Il conviendrait [...] de s’assurer qu’un tel système ne soit pas détourné de sa finalité par un recours systématique aux réquisitions judiciaires [...]. En effet, une consultation systématique du fichier aurait pour effet de le doter de facto d’une finalité de police judiciaire, qui constitue une finalité distincte. »

D’autres encore ont le droit de jeter un œil à ces infos, tant qu’ils ne touchent pas aux empreintes. Et tant, précise le décret, qu’ils demeurent dans leur mission. Les heureux élus sont :

  • les services de renseignement, dans la prévention « d’actes de terrorisme » ou susceptibles, bien plus largement, de « porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ». On n’en sait pas plus sur la manière dont ils y auront accès.
  • des officiers de police judiciaire qui travaillent avec Interpol, notamment sur un autre fichier monstre, européen celui-ci : le système d’information Schengen II, où chaque Etat liste personnes (suspects, en danger...) et objets (titres d’identité volés, armes, voitures à saisir...) à surveiller. Ce qui fait que, potentiellement, ces infos peuvent aussi se retrouver à l’étranger, précise le décret.
 
 

6 Et qui seront convoitées

Comment s’assurer de la sécurité de ce méga-fichier ?

 

Une base de données gigantesque, presque exhaustive sur le population française, c’est un énorme pot de miel : le pirater permet d’avoir des infos précieuses. Vous n’êtes pas sans savoir que pas un jour ne passe sans son histoire de vol de données ou d’intrusion dans un fichier client.

Dans le décret, rien n’est dit sur le volet sécurité. La Cnil peut bien appeler à mettre en place des garanties strictes, comment vérifier qu’elles seront bien mises en place ?

Et quand bien même la parole de l’Intérieur nous satisfait, et qu’il met effectivement en place plusieurs verrous pour protéger ce fichier, aucun dispositif n’est inviolable.

C’est Jean-Jacques Urvoas, en 2012, qui en parle le mieux :

« Aucun système informatique n’est impénétrable. Toutes les bases de données peuvent être piratées. Ce n’est toujours qu’une question de temps. »

 
 

7 Sans compter qu’un fichier n’était pas nécessaire !

Pas besoin de passer par un fichier pour lutter contre la fraude d’identité !

 

Le gouvernement assure que ce fichier géant est avant tout créé pour mieux empêcher la falsification des titres d’identité.

S’assurer, en enregistrant sa demande que celui qui veut le renouvellement de la carte d’identité au nom de monsieur Dupont Rémi Henri Charles, né le 7 juillet 1974 à Chartres est bien le monsieur Dupont en question.

En vrai, ça va un peu plus loin que ça, puisque le fichier pourra aussi être consulté dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Mais passons.

Personne, de la Cnil au Conseil constitutionnel, ne conteste la légitimité du combat contre la fraude documentaire. Le hic, c’est qu’il n’était pas du tout indispensable de créer une base de données comme celle-ci pour le faire. Et bien.

 

Un sas de contrôle Parafe, à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le 27 décembre 2012

Un sas de contrôle Parafe, à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le 27 décembre 2012 - PIERRE VERDY / AFP

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La Cnil le dit et le répète depuis une vingtaine d’années : il suffirait de coller une puce sécurisée dans chaque titre d’identité et le tour serait joué ! C’est déjà le cas sur les passeports biométriques, explique François Pellegrini, informaticien et commissaire de la Cnil, sur son site personnel.

Vos empreintes sont stockées sur la puce de votre passeport, et chiffrés de manière à les sécuriser. Les lecteurs biométriques des aéroports vérifient d’abord que la puce contient bien des infos officielles et non falsifiées. Puis, quand vous appuyez votre doigt pour sortir du sas, on vérifie que l’empreinte correspond bien à celle stockée dans le passeport. A quelques erreurs près (dans 3% des cas selon la Cnil), ça marche.

 
 

8 Pourquoi alors avoir opté pour un fichier ?

De la simple authentification d’une personne à l’identification de n’importe qui, n’importe quand.

 

S’il n’est pas nécessaire, et jugé extrêmement sensible en raison de son volume et des infos qu’il contient, pourquoi diable avoir choisi de faire un fichier géant ?

A Télérama, l’Intérieur indique que placer une puce électronique dans les cartes d’identité reviendrait trop cher. Il est vrai que ce sera plus coûteux, mais si ça permet de préserver la vie privée de tout le monde, en boostant le made in France via des fleurons comme Gemalto, ou Morpho, pourquoi se priver ?

Les plus critiques redoutent que ce fichier monstre soit en fait un cadeau déguisé aux forces de l’ordre, très opportun en ces temps de grondements policiers. Une base dans laquelle ils pourront aller chercher le nom, l’adresse, d’une personne dont les empreintes ou la photo sont connues.

Un doigt vu de près.

Un doigt vu de près. - Chris Costes / FLickR CC BY

Couverture

Le gouvernement assure que ce n’est pas le cas. Que ce fichier ne permettra que de vérifier que vous êtes bien la personne que vous prétendez être.

Vous vous présentez à l’aéroport, on regarde si vos empreintes sont bien celles sur votre passeport et si ce n’est pas le cas, on sait simplement que vous êtes quelqu’un d’autre. Sans savoir qui : c’est ce qu’on appelle l’authentification.

Le mouvement inverse, l’identification, permet de prendre n’importe quelle photo ou empreinte, dans n’importe quel contexte, pour la coller dans une base de données afin de trouver une correspondance. C’est donc beaucoup plus invasif.

Dans le décret, il n’y a qu’une petite phrase qui garantit l’absence d’identification :

« Le traitement ne comporte pas de dispositif de recherche permettant l’identification à partir de l’image numérisée du visage ou de l’image numérisée des empreintes digitales enregistrées dans ce traitement. »

Comment en être sûr ? Quelles garanties techniques sont imposées pour éviter la mise en place d’une fonction de recherche – quelques lignes de code –, dans le logiciel qui traitera cette base de données ? Qui va vérifier qu’elle n’apparaîtra pas en cours de route ?

Ces questions n’ont pas de réponse. Tout juste la Cnil peut-elle rendre visite aux fonctionnaires qui auront accès au fichier-monstre, pour s’assurer qu’il ne fait pas autre chose que ce pour quoi il a été prévu.

Mais cette dernière n’a pas compétence sur tous les services, en particulier ceux du renseignement : qui s’assurera que ces derniers ne profitent pas à fond de ces Pages jaunes aux amphéts ?

 
 

9 Un fichage modifiable, décrété sans débat, un jour férié

Circulez, y a rien à voir !

 

Ces questions auraient pu être posées et débattues si le fichier monstre en question avait été soumis au Parlement. Or ce n’est pas le cas vu que l’acte de naissance est un décret publié en douce pendant les vacances de la Toussaint.

En soi, ce choix n’est pas illégal. Il est même prévu dans la loi du 6 janvier 1978. La Cnil, qui veille à la bonne application de ce texte, ne dit pas le contraire dans son avis. N’empêche : elle glisse tout de même qu’au vu des enjeux, une discussion avec les représentants du peuple français n’aurait pas été du luxe. Surtout quand on voit la teneur du précédent débat sur l’opportunité d’un fichier monstre (voir point 1).

Il y a un autre souci avec les décrets : on peut les modifier aussi discrètement qu’on les crée. On l’a vu avec celui-là : sans la vigilance des lecteurs du Journal officiel, le fichier monstre serait passé comme une lettre à la poste.

Or « il convient, face à ces enjeux, de se placer dans le temps long », écrit encore François Pellegrini.

« Nul ne sait quel changement de régime pourrait avoir lieu d’ici trente ans. Alors, de quel outil magnifique disposerait ce régime pour rafler les personnes qui lui déplaisent ! »

 
 

10 Les dérives sont déjà arrivées

Piratages en série, dérives policières, changement de décret en douce...

 

Ces remarques vous semblent trop paranos ? Relevant d’un point Godwin superflu ? D’une anticipation exagérée et angoissée du monde ?

Pour le point Godwin, rappelons simplement que des gens sont morts pour avoir été listés sur des fichiers.

Pour le reste, sachez que les dérives redoutées pour ce fichier monstre ne sortent pas d’un cerveau malade. Elles se sont produites.

Dans tous les cas abordés ci-dessus.

  • Piratage d’une base de données monstre ? Pas une semaine ne passe sans une nouvelle base de données compromises, sans des millions d’infos qui fuitent sur Internet. Mais en ce qui concerne les fails d’Etat, on prendra l’exemple donné en 2012 par Jean-Jacques Urvoas :

« En novembre 2011, en Israël, fut volé le registre d’information de la population qui concernait des millions de citoyens de ce pays »

Neuf millions d’Israeliens se sont ainsi retrouvés à poil.

  • Dérives sur l’utilisation d’un fichier ? Il y a tout juste un mois, une enquête d’Associated Press prouvait que des flics américains utilisaient les nombreuses bases de données à leur disposition pour trouver l’adresse d’une nana qui leur plaisait, avoir des infos sur des journalistes qui leur plaisaient moins, ou espionner une ex. Bref, rien à voir avec une enquête.
     
  • Un fichier qui passe de l’authentification à l’identification ? Le fichier Eurodac a été créé en 2000 pour savoir dans quel pays de l’UE une personne a demandé l’asile (2,7 millions de personnes recensées à date). Treize ans plus tard, l’Europe a autorisé [PDF] les services de police de ses membres à y chercher des personnes pour enquêter ou prévenir des actes terroristes ou liés à « d’autres infractions pénales graves ».

 

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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