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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 17:05

 

Le Monde.fr

 17.06.2013 à 11h06 • Mis à jour le 17.06.2013 à 16h00

 

 

 

 
Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde à l'Elysée, le 25 août 2009.

L'ancienne ministre de l'économie, Christine Lagarde, a été auditionnée le 23 mai par la Cour de justice de la République dans l'affaire Tapie-Lagarde. Lors de la perquisition que les enquêteurs ont effectuée à son domicile parisien, le 20 mars, ils ont trouvé une lettre manuscrite, non datée, destinée à Nicolas Sarkozy, en forme de serment d'allégeance.

"Cher Nicolas, très brièvement et respectueusement", écrit la patronne du FMI.

"1) Je suis à tes côtés pour te servir et servir tes projets pour la France.

2) J'ai fait de mon mieux et j'ai pu échouer périodiquement. Je t'en demande pardon.

3) Je n'ai pas d'ambitions politiques personnelles et je n'ai pas le désir de devenir une ambitieuse servile comme nombre de ceux qui t'entourent dont la loyauté est parfois récente et parfois peu durable.

4) Utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting.

5) Si tu m'utilises, j'ai besoin de toi comme guide et comme soutien : sans guide, je risque d'être inefficace, sans soutien je risque d'être peu crédible. Avec mon immense admiration. Christine L. "

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 16:49

 

Le Monde - Blog

Depuis plusieurs mois, de multiples retours m'ont été faits sur l'inégale répartition territoriale des agents de Pôle emploi. Pour étayer ce sujet, je demande depuis le début de l'année à Pôle emploi de me fournir les chiffres détaillés de la taille des "portefeuilles" de chômeurs par conseiller et par agence.

Ces données sont facilement accessibles sur le logiciel interne de Pôle emploi. Le 26 juin 2012, Pôle emploi a d'ailleurs publié la taille moyenne sur l'ensemble du territoire. En moyenne un conseiller suit 161 chômeurs à Pôle emploi. Mais dans certaines agences, ce chiffre monte jusqu'à 500. Depuis le 26 juin 2012, Pôle emploi n'a jamais publié de mise à jour de ce chiffre.

 

>> Lire : Pôle emploi en grève à Saint-Denis : « On suit jusqu’à 500 chômeurs chacun »


Il suffirait à la direction de faire une extraction de ces données sur les mille agences françaises et de me fournir un tableau. Pôle emploi est un organisme public et est soumis à l'obligation de communiquer ses données à n'importe quel citoyen qui le demande.

Après de nombreuses demandes faites de manière formelles et informelles, la direction de Pôle emploi m'a régulièrement répété qu'elle me fournirait ces données, en repoussant systématiquement l'échéance. Mercredi 12 juin, lors d'un colloque organisé à Sciences Po, j'ai à nouveau demandé, notamment au directeur de Pôle emploi, s'il pouvait s'engager dans une démarche de publication de ses données. La réponse qui m'a été faite est visible en ligne sur cette vidéo. (voir ici)


Jean Bassères n'a donc visiblement aucune intention de me fournir ces données. A ma demande, formulée juste après la conférence, de me fournir également les indicateurs de performance de Pôle emploi calculés régulièrement pour être fournis à l'Unedic, M. Bassères m'a affirmé "qu'il verrait, mais que ces chiffres sont compliqués à lire". Le refus de publier ces données (qui sont calculées régulièrement par le service statistique de Pôle emploi), ne semble reposer sur aucun cadre légal.

C'est pourquoi Le Monde a décidé de saisir la commission d'accès aux documents administratifs (CADA). La CADA est une institution indépendante chargée de faire appliquer la loi du 17 juillet 1978 qui "reconnaît à toute personne le droit d'obtenir communication des documents détenus dans le cadre de sa mission de service public par une administration".  A l'heure où le chômage explose, refuser de publier des données aussi cruciales pour les chômeurs et plus largement pour les citoyens français, nous semble en effet inexplicable. Je tâcherai de rendre compte sur ce blog des suites de cette démarche.

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 18:22

 

 

autonomiste.com

 Autonomie alimentaire: une ferme dans votre fenêtre

Voici un exemple de 1er pas que vous pouvez faire faire l’autonomie: faire pousser votre nourriture dans une fenêtre. En effet, je vous présente ici une façon facile de faire pousser votre nourriture vous-même pour 3 fois rien en termes de coûts.

Voici le seule vidéo que j’ai trouvé sur le net qui a du sous-titrage en français: Elle vous décrit le système et la motivation derrière la communauté de développement du produit.

 

 

Voilà l’idée: vous utiliser des articles que vous trouvez majoritairement déjà dans votre maison ainsi que quelques uns que vous achetez pour l’occasion et vous créez votre propre jardin dans une fenêtre. Fini les insectes et/ou les insecticides. Et il s’agit d’un projet du type DIY (Do It Yourself – Faîtes le vous-même) pour lequel vous allez trouver tous les plans et toutes les informations sur ce site.

Si vous ne désirez pas construire votre système vous-même, alors vous pouvez en acheter tout fait ici.

Voici quelques exemples de fermes-fenêtres:

windows farming 639x1024 Autonomie alimentaire: une ferme dans votre fenêtre

exemple de ferme fenêtre Autonomie alimentaire: une ferme dans votre fenêtre

cityscape green 300x187 Autonomie alimentaire: une ferme dans votre fenêtre

Voici donc une façon originale et économique de pouvoir faire pousser plusieurs trucs à l’intérieur même de votre maison.

Pensez à toutes ces herbes et épices que vous pourriez avoir sous la main. Toujours frais et sans jamais avoir à sortir pour les cultiver…

Est-ce que vous avez ce qu’il faut pour faire votre premier pas vers l’autonomie alimentaire?

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:53

 

Marianne

 Dimanche 16 Juin 2013 à 11:00
Laurent Mauduit*

 

 

 

Et pourquoi les dirigeants socialistes multiplient-ils les cadeaux de ce type en faveur du patronat ? C'est, au fond, le vrai mystère.

 

DUPUY FLORENT/SIPA
DUPUY FLORENT/SIPA

A défaut d'être conforme à ses engagements de campagne, la politique économique de François Hollande est frappée d'une incontestable - et désespérante - cohérence. Après que la réforme fiscale eut été enterrée, la promesse aux ouvriers de Florange, trahie, la loi de séparation des activités bancaires, torpillée, l'austérité budgétaire et salariale, prolongée, que croyait-on en effet qu'il puisse advenir d'une autre promesse emblématique, celle d'un encadrement des rémunérations patronales ? Eh bien, oui ! Elle aussi a été oubliée. Triste mais presque prévisible...

Triste parce que, si les années récentes ont apporté une leçon, c'est assurément celle-ci : les grands chefs d'entreprise français sont radicalement incapables de pratiquer l'autorégulation. Mille fois, les deux grandes associations du monde patronal que sont le Medef et l'Afep l'ont pourtant répété : nul besoin de légiférer en ce domaine, l'autodiscipline finira par produire ses effets ! Et longtemps les gouvernements les ont crues, ou ont fait mine de les croire, les félicitant périodiquement pour les codes de bonne conduite qu'elles adoptaient.

Pourtant, ces codes de bonne conduite Afep-Medef n'ont jamais produit d'effets ou se sont révélés beaucoup trop laxistes. Avec, au bout du compte, le résultat que l'on sait : même quand la grande crise a commencé, à partir de 2007, même quand elle a poussé le pouvoir d'achat vers le bas et le chômage vers le haut, les rémunérations des grands patrons sont restées, elles, outrageusement élevées. Pis que cela, elles n'ont cessé de s'envoler.

Les chiffres sont sur la table et nul ne les conteste. Le montant annuel moyen des rémunérations des dirigeants du CAC 40 n'a ainsi cessé de progresser tout au long des années 2000, pour atteindre 1,91 million d'euros en 2008, puis 1,98 million en 2009. En 2010, alors que la crise redouble, c'est un nouveau record qui est atteint, à 2,46 millions d'euros, avant 2,42 millions en 2011 et 2,32 millions en 2012.

Et encore, ces chiffres ne prennent-ils en compte que les rémunérations fixes et variables, et pas les revenus liés aux stock-options, aux retraites chapeau et autres compléments de revenus. Car, dans ce cas, selon le cabinet Proxinvest, le revenu moyen des mêmes PDG a atteint 4,2 millions d'euros en 2011, en hausse de 4 % sur l'année précédente.

Chiffres mirobolants qui attestent que l'autorégulation ne fonctionne pas et qu'il n'y a en vérité qu'une seule limite à l'appétit des «goinfres», comme les avait appelés un jour un chroniqueur économique : celle que la loi peut fixer. Durant la campagne présidentielle, la proposition de François Hollande - il s'agissait de la 26e, dans sa plate-forme - avait donc été bien accueillie, puisqu'elle visait à fixer «un écart maximal de rémunérations de 1 à 20» dans les entreprises publiques. Et pour les entreprises privées, si le candidat socialiste n'avait pas chiffré son engagement, il avait plaidé aussi pour que l'Etat fixe de nouvelles règles du jeu, plus contraignantes.

Présentant le décret qui limite à 450 000 $ la rémunération annuelle des patrons des entreprises publiques, Pierre Moscovici avait donc annoncé, dès le 26 juillet 2012, que les patrons du privé seraient, eux aussi, mis au pas. «Une loi régulera, voire prohibera certaines pratiques qui nous semblent excessives», avait-il prévenu. Et Jean-Marc Ayrault lui avait emboîté le pas, citant la Suisse en exemple pour ses pratiques d'encadrement.

Las ! On sait donc ce qu'il en est advenu : comme tant d'autres promesses de François Hollande, elle a été bafouée. D'abord, la règle fixée pour les entreprises publiques n'est pas respectée partout - et notamment pas à EDF. Ensuite, dans des entreprises où l'Etat est l'actionnaire principal, l'appétit patronal continue d'être presque sans limites : c'est, par exemple, le cas chez Renault, avec Carlos Ghosn, le patron boulimique.

Mais, surtout, pour le privé, l'histoire vient de s'achever par une pantalonnade puisque Pierre Moscovici vient d'annoncer dans les Echos qu'il «n'y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises» et qu'il s'en remettra aux grands patrons pour qu'ils adoptent - ben, voyons ! - une «autorégulation exigeante». L'histoire est d'autant plus consternante que, dans le même temps, la réforme de la taxe à 75 % est partie aussi en quenouille. Le prélèvement exceptionnel sera donc payé non plus par les PDG mais par leurs entreprises.

Voilà donc l'épilogue : adieu, le plafonnement des rémunérations ! Adieu aussi, la taxe à la charge des chefs d'entreprise ! Les grands patrons peuvent donc dire un grand merci aux socialistes : avec eux, c'est le beurre et l'argent du beurre. Inespéré !

Et pourquoi les dirigeants socialistes multiplient-ils les cadeaux de ce type en faveur du patronat ? C'est, au fond, le vrai mystère. Car, depuis un an, du maintien de la «niche Copé» jusqu'au «choc de compétitivité», en passant par l'abandon de la réforme de la taxation des plus-values de cession et maintenant le non-plafonnement des rémunérations patronales, le gouvernement sait qu'il n'obtiendra rien en retour. Il désespère son propre camp mais ne bénéficiera d'aucune sollicitude du camp d'en face. Les ingrats...

* laurent.mauduit@mediapart.fr

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:44

 

 

Mediapart - blog

Il n’est point besoin d’études scientifiques approfondies pour se convaincre des effets pervers de la financiarisation démesurée de nos économies qui a accompagné la mondialisation néolibérale à partir du début des années 80. Le constat récurrent de l’éclatement de bulles de crédits et de celles du prix des actifs qu’elles nourrissent, avec des ondes de choc de plus en plus violentes pour l’économie mondiale, comme en témoignent celles de la crise financière des subprimes de 2008, se suffirait presque à lui-même. Pour autant, il demeure utile d’essayer de quantifier des seuils critiques de cette financiarisation, sachant qu’au-delà de ces niveaux, la finance, au lieu de servir l’économie réelle comme elle doit et peut le faire (mise en relation efficace des agents à besoin de financement avec ceux à capacité de financement, et saine gestion des risques par une distribution adaptée du crédit stimulant à la fois investissement, créations d’entreprise et innovation), se retourne finalement contre elle. C’est précisément le but d’une étude économétrique fort intéressante menée récemment, en juillet 2012, par deux économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI), Stephen G. Cecchetti et Enisse Kharroubi (1).

Deux seuils critiques ont ainsi été mis en évidence de façon significative d’un point de vue statistique, si l’on en juge par la robustesse des équations obtenues sur un échantillon de 21 pays de l’OCDE pour la période 1980-2009. Lorsque le montant des crédits dépasse la valeur du PIB (i.e. un ratio des crédits rapportés au PIB supérieur à 100 %) ou si la part de l’emploi dans le secteur financier dépasse les 4 % de l’emploi total, alors on peut parler d’hypertrophie de la finance. Les gains de productivité du travail par tête seraient dès lors affectés négativement par de multiples canaux, en particulier par le détournement d’un capital humain qualifié vers les « métiers » de la finance attiré par l’explosion des rémunérations dans ce secteur durant les trois dernières décennies, et cela au détriment des autres secteurs d‘activités de l‘économie réelle, impactant du même coup la dynamique générale de l‘innovation autre que financière (2). Concernant le premier indicateur, il est à noter que les économistes du Fonds monétaire international parviennent à la même conclusion avec un intervalle critique allant de 80 % à 100 %. En ce qui concerne le second indicateur, le graphique ci-joint, repris de l’étude, montre la relation croissante puis décroissante entre part de l’emploi dans la finance (en abscisses) et rythme des gains de productivité (en ordonnées), avec un point de retournement situé à 4 % pour le poids du secteur financier dans l’emploi total (la courbe en rouge donne l’ajustement économétrique).

 


Comme le notent les experts de la BRI, l’expansion hypertrophique de la finance, ainsi mesurée, a eu un coût non négligeable, notamment pour des économies comme l’Irlande ou l’Espagne ayant connu une croissance économique forte avant la crise, mais essentiellement portée par la bulle du crédit immobilier dont on sait ce qu‘il en est advenu. Ainsi, sur la période 2005-2010, l’étude montre que si le poids du secteur financier n’avait pas poursuivi sa hausse mais était resté stable dans ces deux pays, la productivité du travail aurait alors beaucoup moins baissé, avec un différentiel (par rapport au scénario de la stabilité) de 0,6 point de pourcentage pour l’Espagne et de 1,4 point pour l’Irlande.        

Bien au-delà des résultats de cette étude, s’il est utile de rappeler qu’un système bancaire et financier efficace et régulé par les pouvoirs publics est indispensable au bon fonctionnement de l’économie réelle, alors force est de constater que le triomphe du capitalisme financier depuis le début des années 80 l’a détourné de son cœur de métier, pour servir en premier lieu les intérêts d’une oligarchie bien éloignés de l‘intérêt général, avec en sus les graves risques systémiques pour l‘économie mondiale que laisse encourir une finance dérégulée ayant pris le pouvoir sur……….le politique (3).


_____________________

(1) Pour accéder à cette étude, activez le lien suivant :  http://www.bis.org/publ/work381.pdf
(2) Consulter sur le sujet les travaux de référence de Thomas Philippon et Ariell Reshef :  http://pages.stern.nyu.edu/~tphilipp/papers/pr_rev15.pdf
(3) Lire le brillant article Le pouvoir de Wall Street d’Adrien Auclert : http://www.laviedesidees.fr/Le-pouvoir-de-Wall-Street.html

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:24

 

Médiapart

 

 

 

Un reportage de notre correspondante à Athènes

Dans le studio central de NET, la chaîne d'information en continu, deux présentateurs s'entretiennent avec le journaliste politique qui suit Nouvelle Démocratie. Silencieux, caméramans et preneurs de son, casques sur les oreilles, s'assurent de la qualité de la retransmission. Un journal télévisé comme un autre ? Presque. Sauf que le travail que font actuellement les journalistes a été déclaré « illégal » par le gouvernement. Officiellement, l'audiovisuel public grec, ERT, n'existe plus depuis mardi soir : le groupe a disparu par décret en quelques heures, et avec lui, cinq chaînes de télévision, sept stations de radio nationales et 19 autres régionales. Mais certaines antennes bravent l'interdiction : les équipes de NET n'ont pas arrêté une minute de travailler. Le journaliste informe des dernières évolutions politiques : un timide geste de Samaras, prêt à rouvrir « une partie » de ERT, le refus des partenaires de la coalition, l'attente de la réunion des trois composantes du gouvernement ce lundi... Tout est encore en suspens, toutes les hypothèses sont évoquées. Un peu plus tard, le plateau est en duplex avec une autre journaliste, au cœur de l'orchestre symphonique de ERT qui se prépare pour le concert du soir : l'ensemble doit interpréter l'une des œuvres majeures de Theodorakis, Axion Esti.

 

Le studio central de NET, la chaîne d'information en continu qui fonctionne malgré l'interdiction du gouvernement. 
Le studio central de NET, la chaîne d'information en continu qui fonctionne malgré l'interdiction du gouvernement.© Amélie Poinssot

Infos en direct, invités politiques, figures de la société civile : les plateaux s'enchaînent, sans interruption. Le présentateur Fanis Papathanassiou sort de deux heures de direct : « Nous avions une eurodéputée Pasok en ligne pour savoir ce qui se dit du côté européen, et puis sur le plateau des juristes, des avocats, des journalistes... » C'est une ambiance de travail toute nouvelle pour ces journalistes, confinés auparavant dans une couverture très institutionnelle des événements : « Nous nous sommes libérés, nous n'avons plus personne au-dessus de nos têtes ! » On voit d'ailleurs revenir des visages qui avaient été bannis des chaînes publiques pour leur ferme opposition aux politiques d'austérité, comme l'économiste Yannis Varoufakis.

Dans les salles de montage, on s'active tout autant : les employés préparent des clips d'images d'archive. Ici les succès des sportifs grecs, là une rétrospective de Melina Mercouri... Une manière de rappeler la richesse du patrimoine constitué par le fonds d'archives d'ERT.

Mais de l'autre côté de l'écran, dans les foyers, il a d'abord fallu prendre son mal en patience. Le gouvernement a ordonné mardi soir la coupure du signal des émetteurs du mont Hymette, sur les hauteurs de la métropole, et la société DIGEA, qui gère les fréquences en Grèce, a obéi prestement. Peu étonnant, en réalité : ce consortium est formé par les six chaînes privées du pays, concurrentes de ERT (Skaï, Mega, Antena, Alpha, Star, Makedonian TV). À noter que d'après la législation européenne, les propriétaires des réseaux ne peuvent être les télévisions elles-mêmes. Mais ce n'est qu'une irrégularité parmi d'autres dans le paysage audiovisuel grec. Ces mêmes chaînes privées n'ont jamais payé les licences d'émission attribuées par l'État grec...


Dans le hall d'entrée de ERT. 
Dans le hall d'entrée de ERT.© Amélie Poinssot

Dans un premier temps, NET n'est visible que sur le canal analogique 902, contrôlé par le Parti communiste grec, mais la transmission est régulièrement brouillée. Puis, avec l'aide de l'UER, l'Union européenne de radio-télévision qui regroupe les chaînes publiques du continent – et dont le président est venu vendredi pour appeler le gouvernement à rétablir « immédiatement » le signal –, la chaîne d'information est transmise par satellite. Mais là encore, c'est le jeu du chat et de la souris : il faut changer régulièrement de faisceau pour capter la chaîne...

Autant dire que les équipes techniques ont travaillé d'arrache-pied pendant ces premiers jours. Au service Internet, Makis a passé une nuit blanche le premier soir. Après la coupure des transmissions, ce sont les lignes téléphoniques et le réseau Internet qui ont été coupés : le fournisseur d'accès de ERT, la société Forthnet, probablement soucieuse de bonnes relations avec le gouvernement a, elle aussi, obéi aux ordres. Les techniciens basculent alors sur un réseau wi-fi alternatif... Une heure plus tard, le site web du groupe s'effondre, victime de hacking. « Nous n'avions plus que les médias sociaux pour communiquer : comme dans une dictature ! Est-ce que tous les problèmes de ERT et la nécessité de la réformer justifient un tel black-out ? Mon père m'a souvent parlé de la Junte... Eh bien, je crois que c'est à mon tour de la vivre à présent, même s'il n'y a pas de tanks cette fois-ci. » Un tel black-out, de fait, n'a pas d'équivalent sur le continent. Même au moment de l'effondrement de la RDA, la transmission de la télévision n'avait pas été interrompue.

 

« Une forme d'Occupy contre les 1 % qui ne savent raisonner qu'avec des chiffres »

 

Réunion des syndicats, samedi 15 juin. 
Réunion des syndicats, samedi 15 juin.© Amélie Poinssot

Jeudi, avec l'aide de l'UER, la chaîne d'information NET apparaît en live streaming sur un nouveau site. Les webmasters continuent de se relayer, jour et nuit, pour alimenter les comptes sociaux. Et ressortent quelques perles sur Youtube, comme cette intervention, il y a un an, de Simos Kedikoglou, l'actuel porte-parole du gouvernement – celui-là même qui a annoncé la fermeture de ERT en quelques heures : « ERT est une propriété publique, la détruire serait favoriser des intérêts privés et étrangers (…) On ne laissera pas faire ça », déclare-t-il dans cet extrait vidéo.

Un autre site, ERTopen, est construit en vitesse : traduit en quatre langues, il relaie toutes les informations relatives à ERT depuis vendredi soir. « Notre but, explique Annita Paschalinou, aux manettes, est d'informer le monde entier. » La jeune femme relève toutes les manifestations de solidarité exprimées à l'étranger pour le maintien de l'audiovisuel public en Grèce. « Ce qui est frappant, c'est la solidarité qui naît entre nous, aussi. À travers cette mobilisation nous découvrons des collègues que nous ne connaissions même pas ! Pour moi, il y a quelque chose de révolutionnaire qui est en train de se passer : c'est une forme d'Occupy contre les 1 % qui ne savent raisonner qu'avec des chiffres. » D'autant qu'il y a là un paradoxe : ERT ne coûte rien à l'État. Financé par la taxe audiovisuelle – prélevée sur les factures d'électricité – et les recettes publicitaires, le groupe était autonome et ses comptes, bénéficiaires.

 

L'équipe de sécurité gère la surveillance du bâtiment de l'ERT. 
L'équipe de sécurité gère la surveillance du bâtiment de l'ERT.© Amélie Poinssot

Comme Annita, ils sont nombreux à n'appartenir à aucun parti politique, ni même au syndicat maison. Et à l'exception des plus hauts postes, la volonté d'opposer une résistance et de poursuivre le travail a été immédiate et unanime. Assemblées générales, constitution d'équipes thématiques, coordination horizontale, organisation de concerts avec les ensembles musicaux de ERT, diffusion d'un journal de grève avec les confrères de la presse écrite... Une occupation auto-gérée des lieux prend forme et les bénévoles sont nombreux à prêter main forte, notamment au sein de l'équipe « sécurité », chargée de surveiller le bâtiment et ses alentours. Dans un coin du hall d'entrée, Dimitris, un plan sous les yeux, coche les moindres coins où l'envoi d'un vigile est nécessaire. « Ce n'est pas tant par peur d'une intervention des MAT (l'équivalent des CRS - ndlr) que par peur de la provocation de petits groupes qui pourraient mettre en danger la mobilisation. » Dehors, la foule se presse autour d'une table ronde. Le Britannique David Harvey voit dans ce combat « une opportunité de ne pas laisser cette crise se transformer en gâchis complet : c'est une occasion pour créer des médias ouverts et libres, c'est un moment merveilleux. Continuez à être critiques ! » Applaudissements nourris de l'assistance.

Mais à l'intérieur du bâtiment, les yeux sont fatigués, les cœurs lourds. La mauvaise gestion de ERT ? Nikos Michalitsis, l'ancien directeur technique général, a plus d'une histoire à raconter. Pour commencer, lui-même a fait les frais des pratiques clientélistes de Nouvelle Démocratie que le parti dénonce aujourd'hui. En septembre, après huit ans de service, il est rétrogradé de directeur général à directeur. Puis, dix jours avant la fermeture de ERT, il est déchu de toute responsabilité. L'homme s'estime victime d'une vengeance personnelle : en 2010, il avait tenu tête à Kedikoglou qui voulait alors changer de contrat pour les antennes d'émission. « Il voulait signer un contrat avec une autre entreprise, des amis à lui bien sûr, et ERT allait devoir payer beaucoup plus cher », raconte l'ancien directeur technique général. « J'ai dénoncé également à plusieurs reprises des nominations d'incompétents, des embauches partisanes qui n'avaient rien à faire ici. Cela ne plaisait pas. » Nikos Michalitsis soupçonne en outre que ERT ne plaisait plus trop au gouvernement ces derniers temps. Plus critiques que les chaînes privées sur la politique d'austérité, plus fermes face à la montée néonazie : les chaînes publiques sont les seules à n'avoir jamais invité des membres de Aube Dorée sur leurs plateaux. Quelles que soient les motivations qui ont conduit à la fermeture de ERT, Nikos Michalitsis conclut, optimiste « Nous leur opposons une belle résistance. Face à l'écran noir de l'obscurantisme, nous diffusons la lumière et l'image de la démocratie. »

« Nous ne sommes évidemment pas responsables des dérives de ERT »dénonce de son côté Odin Linardatou, l'animatrice d'une des émissions phare de la chaîne, « Antapokrites » (Correspondants), et chef du service International. Avec vingt-sept ans d'ancienneté maison, cette journaliste émarge aujourd'hui à 1 200 euros par mois... « Évidemment qu'il y avait de gros problèmes à ERT. Moi j'étais favorable à la réforme proposée il y a un an et demi. Cela allait entraîner des licenciements, certes, mais il s'agissait de réformer sans interrompre la transmission ! » Surtout, pointe la journaliste, « il faut assurer l'indépendance politique de ERT ». Or le président actuel, Nikos Simos, est un proche de Nouvelle Démocratie.


Sans ERT, un paysage audiovisuel bien triste

 

Le siège de l'ERT, occupé. 
Le siège de l'ERT, occupé.© Amélie Poinssot

Si ERT est montrée du doigt aujourd'hui comme un exemple de mauvaise gestion, elle a en réalité déjà subi un important dégraissage. Cette entreprise publique de droit privé comptait 5 150 salariés (permanents et contractuels ou free-lance) avant la crise ; seulement 2 600 à la veille de sa fermeture. Certains dénoncent avec cette fermeture un plan préparé de longue date. « Plutôt que d'en faire un grand groupe médiatique, le gouvernement Samaras n'a cessé de le dégrader depuis son arrivée au pouvoir », constate Kostas Spiropoulos, l'ancien directeur général de la télévision. L'homme sait de quoi il parle : il avait négocié des contrats avec les plus grands groupes européens pour diffuser des séries et des documentaires à des prix défiant toute concurrence, parmi lesquels des séries britanniques de la BBC (« à un prix tellement bas que je n'avais pas le droit de le révéler »)... jusqu'à son licenciement, en décembre. Depuis, tous ces contrats ont été abandonnés.

La raison de son départ ? L'homme avait monté une coproduction avec Arte et une quinzaine de chaînes européennes autour du succès des séries turques en Grèce et dans les Balkans. Le projet a été taxé de « propagandiste » et le dossier de coproduction retoqué alors qu'il était passé, en toute transparence, par toutes les commissions habituelles. Kostas Spiropoulos dénonce une politique incohérente de bout en bout : lui-même, en tant que directeur général, a essayé de diminuer les coûts et notamment proposé, en septembre dernier, de fermer le magazine du groupe, qui présentait les programmes des différentes chaînes« À l'heure d'Internet, j'ai jugé que ce magazine, créé en 1970, n'avait plus trop de raison d'être. Kedikoglou m'a alors rétorqué : pas question, c'est une propriété publique ! » De même, le directeur général s'efforçait de réduire la taille des équipes de télévision sur le terrain pour la couverture de gros événements de type meetings politiques ou visites de chefs d'État. « Ce sont les partis eux-mêmes qui réclamaient une couverture maximale », lâche-t-il. En fin de compte, c'est ce virage qui agace tout le monde : « Nouvelle Démocratie avait une approche étatiste de ERT. Et maintenant, elle se présente comme libérale ! »

Le gouvernement est aujourd'hui coincé : il n'avait pas prédit une telle mobilisation du côté de la société. Car les chaînes de ERT étaient aussi très critiquées par le public, leurs émissions étaient inégales, et leur couverture des événements parfois superficielle. Elles publiaient in extenso les communiqués des partis politiques, se contentaient souvent, pour couvrir une actualité, de plateaux de commentateurs professionnels... Mais c'était aussi le seul média en Grèce à produire du documentaire. Sans ERT, le paysage audiovisuel grec apparaît bien triste : sur les chaînes privées, pas d'émissions culturelles, et des débats dont le niveau laisse à désirer.

En attendant la décision du Conseil d'État qui doit se prononcer, lundi, sur la constitutionnalité de la mesure, la mobilisation ne faiblit pas. Et ce, malgré un nouveau coup dur : alors qu'à ERT, les salariés sont normalement payés en deux fois, au 15 et à la fin du mois, vendredi, rien n'a été versé sur leurs comptes bancaires. 

 

L'arrivée des premiers exemplaires du journal des grévistes. 
L'arrivée des premiers exemplaires du journal des grévistes.© Amélie Poinssot

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 16:57

 

 

Médiapart

Il est difficile de comprendre en ce moment la stratégie du premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan. Samedi, les négociations entre avec la Plateforme de Solidarité de Taksim (les représentants des protestataires réunis à Gezi Park) semblaient avoir débouché sur un compromis. Le gouvernement s'était engagé à attendre et respecter la décision de justice sur la légalité du projet de construction de la caserne. De leur côté les militants s'étaient engagés à progressivement mettre fin à leur action. De retour à Gezi Park, les représentants n'ont cependant pas réussi à convaincre les militants de mettre fin entièrement à l'occupation. La base a voté la continuation de l'occupation, tout en montrant des signes de bonne volonté en démontant certaines barricades. Le but était de maintenir, in fine, une présence symbolique avec une seule tente. Mais le premier ministre a interprété ces hésitations comme un signe de trahison. Hier soir, une heure après avoir déclaré, dans un meeting de son parti à Ankara, que la place devait être évacuée ou elle le serait par les forces de l'ordre, la police est entrée brutalement dans le parc. L'action policière a marqué le début d'une nuit de violences inégalée dans toute Istanbul.

Sans trop de sommations, la police a mis en marche son attirail de gaz lacrymogènes, canons à eaux et grenades assourdissantes pour prendre le contrôle du parc. Beaucoup de familles et leurs enfants s'y trouvaient. Prise de panique, une partie de la foule, ainsi que de très nombreux blessés se sont réfugiés dans l'hôtel Divan, situé à l'extrémité opposée du parc par rapport à la place  Taksim. Tout au long de la nuit, on a vu passer sur les réseaux sociaux des photos et des vidéos témoignant de l'intervention de la police dans l'hôtel, où notamment elle a utilisé des gaz lacrymogènes – un choix extrêmement dangereux dans un espace fermé: les gens n'ont pu se réfugier à l'étage, ou subir de plein fouet l'effet condensé des gaz. Certaines personnes ont été arrêtées, les blessés et les enfants étaient en panique toute la nuit. Une vidéo qui circule sur Twitter montre l'entrée de l'hôpital allemand - un hôpital situé près de la place de Taksim -  attaqué par la police à coups de canons à eau. De nombreux représentants du mouvement ont été arrêtés. Les lieux d'arrestation n'ont pas tout été communiqués, ce qui a empêché aux avocats de s'y rendre pour les défendre.

Par ailleurs, des marches spontanées vers Taksim ont commencé dans de nombreux quartiers d'Istanbul au début de la nuit, les autorités ont dû fermer les ponts qui permettent de traverser le Bosphore pour interrompre les marches. Les services de bus ont été suspendus. Certaines rumeurs circulent comme quoi la police utiliserait des gaz de type CR (abandonnés aux Etats-Unis à cause de leur propriété cancérogène) au lieu des gaz CS habituels (cela reste à confirmer). D'autres rumeurs qui elles semblent se confirmer - photos à l'appui - font état de gaz mélangé à l'eau des canons à eau, qui créeraient des inflammations sur la peau. Débordée, la police a dû appeler la gendarmerie en renfort, elle et a soutenu la police avec des canons à eau. 

Le meeting de Erdoğan à Istanbul aujourd'hui ne devrait pas avoir lieu à Taksim, mais sur la route proche de l'aéroport, afin d'éviter une confrontation directe entre ses partisans et les manifestants. L'enjeu est de montrer la "majorité silencieuse" et de contraster la légitimité populaire du premier ministre avec celle des istanbuliotes d'hier soir. Dans les manifestations précédentes, notamment lors du retour d'Erdoğan de sa tournée au Maghreb, l'horaire de fermeture du métro d'Ankara menant à l'aéroport avait été prolongé pour permettre aux sympathisants d’AKP de s’y rendre, et certains chauffeurs de taxis avaient été fortement "encouragés" à venir soutenir le premier ministre sous peine de sanctions. Il y a tout à parier qu'un dispositif semblable sera mis en place aujourd'hui pour faire en sorte que la foule soit la plus nombreuse possible. Une contre-manifestation a été convoquée par les militants à 16h00, place Taksim. La stratégie d’Erdoğan semble donc celle de passer en force et de miser sur une division du mouvement. Mais l'intervention d'hier paraît avoir eu l'effet inverse.

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 16:47

LE JURA LIBERTAIRE

Message d’Istanbul, nuit du 15 au 16 juin 2013 aux alentours de minuit :

Aujourd’hui, suite au discours extrêmement sectaire, violent et mensonger du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan à Ankara, la police a commencé à attaquer vers 21 heures des milliers de personnes qui dînaient Place Taksim et au Parc Gazi. Il y avait des enfants de 4 ou 5 ans, des mères et des personnes âgées lors de k’attaque à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Selon les rapports, la police n’a pas autorisé les journalistes à faire leur travail ou à prendre des photos Parc Gezi.


http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/108.jpg

Enfants victimes de la terreur policière, Istanbul nuit du 15 au 16 juin

 

La police a aussi attaqué à coup de canons à eau les manifestants qui se sont réfugiés dans le célèbre hôtel Divan qui leur avait ouvert ses portes. Les gens disent qu’il y a des milliers de blessés dans l’hôtel. Les gens ont formé une chaîne humaine devant l’hôtel pour empêcher une attaque policière. Un autre rapport dit que les gens ne peuvent pas quitter l’hôtel parce que la police arrête tous ceux qui en sortent.

D’autres rapports indiquent que la police à fait fermer le métro et les liaisons par bateaux entre l’Europe et l’Asie pour empêcher que les gens viennent se joindre aux manifestations.  Il y a beaucoup d’enfants disparus, ou d’enfants qui ont été séparés de leurs familles. Les manifestants affrontent la police à Sıraselviler, Cihangir, Harbiye, et probablement autour de Dolmabahçe et Maçka. Ce qui se passe cette nuit est d’une brutalité inouïe, une véritable sauvagerie. C’est une sale guerre où seul un camp est armé. C’est de la terreur d’Etat.

 

http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/126.jpg

Enfant victime des gaz lacrymogènes, hôtel Divan, Istanbul

 

Toujours vers minuit : Des témoignages de manifestants rapportent souffrir de brûlures après avoir été arrosés par des cannons à eau… à se demander ce qu’ils mettent…

 

http://juralib.noblogs.org/files/2013/06/136.jpg

Brûlures aux jambes suite aux tirs d’eau par la police (Istanbul, nuit du 15 au 16 juin)

 

Message reçu vers 2 heures du matin :

Je vais bien, mes amis aussi, du moins ceux que j’ai pu joindre. Istanbul vit un enfer. Ils cherchent à tuer la ville, la voie de sa population. La situation est terrible. La police a attaqué le parc alors qu’il y avait des milliers de personnes, dont des centaines de jeunes enfants, des personnes âgées, des handicapés et des animaux sans défense. Les gens ont été gazés sans pitié. Des centaines de personnes se sont réfugiées à l’Hôtel Divan, qui a toujours ouvert ses portes aux manifestants. C’était l’enfer. Le gaz entrait dans l’hôtel en même temps que les manifestants. On nous a dit d’aller en salle de conférence en bas des escaliers. Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup de personnes blessées. C’était terrible. Des scènes comme dans un film d’horreur. C’était difficile de respirer, nos peaux nous brûlaient, il faisait très chaud, nous suions comme des fous, les gens pleuraient, s’évanouissaient, vomissaient, appelaient à l’aide… Après une heure et demi, on nous a dit qu’il était sur de fuir vers Harbiye. Nous sommes passés devant des centaines de policiers et beaucoup de véhicules de combat en marche vers Nisantasi. Les gens sont descendus dans les rues contre cette barbarie, criant des slogans et tapant des casseroles. Deux de mes tantes étaient dans la rue, trempées, suite aux tirs d’un canon à eau ; elles ont la soixantaine bien passée et ont été jetée contre le mur par l’eau. Comme d’autres jours avant, Kizilay, le croissant rouge turc, refusait de transporter les blessés, et des sources très fiables (des docteurs) m’ont rapporté les faits. Les docteurs d’un petit hôpital privé ont dû payer une compagnie privée pour faire transporter une personne gravement blessée qui a pu ainsi survivre. C’est un scandale. Nous vivons dans un Etat policier. La police a arrêté 49 avocats en investissant le Palais de Justice l’autre jour. Maintenant ils essayent d’arrêter tout docteur ou toute infirmière qui aide les manifestants blessés. Le gouvernement et le gouverneur d’Istanbul continuent de parler de “groupes marginaux”. Le masque de la démocratie et de l’État de droit est tombé dans ce pays. Priez pour nous et diffusez l’information.

Solidarité ouvrière, 16 juin 2013 – 6h30

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 16:32

 

LIGUE DES DROITS DE L'HOMME

 

CONFERENCE-DEBAT
Droit de vote des étrangers


Ça marche bien dans quinze pays
européens pourquoi pas en France ?


avec Catherine de Wenden
Politologue, directrice de recherche au CNRS
(CERI-Centre d’Etudes et de Recherches Internationales)
Membre du comité central de la Ligue des Droits de l’Homme


Mercredi 19 juin 2013 à 18 h 30
Maison du protestantisme
3 rue Claude Brousson – NIMES


RENSEIGNEMENTS : ldh-nimes@laposte.net

 

 

" J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans " : cet engagement de François Hollande doit être tenu. Attendue depuis 1981 cette réforme de justice et de cohésion sociale doit être mise en œuvre au plus tôt, la citoyenneté de résidence doit être effective.
Cette perspective suscite des incompréhensions et des inquiétudes. L'examen de ce qui passe dans soixante-cinq pays dans le monde, dont quinze européens, permet de les apaiser.
" Droit de vote des étrangers : ça marche dans quinze pays européens, pourquoi pas en France ? ": ce sera le thème de la conférence-débat organisée par la Ligue des Droits de l'Homme, avec Catherine de Wenden, membre du comité central, politologue, directrice de recherche au CNRS (CERI-Centre d'Etudes et de Recherches Internationales)

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 16:27

 

 

 

 

 LES INDIGNE/E/S -  AG mercredi et samedi à 19h Maison Carrée


Le mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires 0466845199(9 et 5 euros)


Permanences personne âgées mercredis 13h30 à 17h30 Association AZUR 0466238606


Mercredi 18h RESF Nîmes au local de l’APTI


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Dimanche 16/6

Assises nationales du Front de Gauche

Montreuil

 

Lundi 17/6

Réunion prépa Foire Autogestion Nîmes

Pablo Neruda

19h15

Mardi 18/6

Conf presse front de Gauche municipales 2014

Prolé

11H30

Mardi 18/6

Réunion pôle Rouge et Vert

Local GA

18h

Mardi 18/6

Collectif Solidarité ROMS

APTI

18h30

Mardi 18/6

Collectif anti répression syndicale

Local Solidaires

19h

Mercredi 19/6

Conf-débat « Droit de vote des étrangers avec C.  de Wenden(LDH)

Maison Protestantisme

18h30

Jeudi 20/6

Rassemblement soutien aux sans papiers

Préfecture

17h30

Jeudi 20 juin

Rencontre et échanges  sur les Municipales 2014 à Nîmes : Front de Gauche : PCF/PG/Alternatifs/Gauche anticapitaliste

La Placette

18h30

Vendredi 21/6

Repas assoc AZUR

Place Avogadro

12h

Samedi 22/6

Fêtes dans les quartiers : Gambetta, Pissevin , Valdegour, Chemin-Bas, Mas-de-Mingue++

 

 

Samedi 22/6

Manifestation antifaschiste : unité contre l’extrê-droite

Carré d’Art

11h

Samedi 22/6

Café repère « la saga des Conti »

Vergèze

20h

22 et 23/6

Natura Vaunage : « l’énergie citoyenne »

Clarensac

 

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