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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 17:25

 

Marianne

Vendredi 21 Juin 2013 à 13:00

 

Christopher Gellert

 

Le gouvernement a réduit les tarifs de transports en commun dont la hausse est à l’origine des dernières manifestations au Brésil. Voici quelques témoignages recueillis, pour la plupart, avant cette « victoire ».


Des manifestants à Sao Paulo - EFE/SIPA
Des manifestants à Sao Paulo - EFE/SIPA
Marianne : Pourriez-vous raconter votre expérience lors des manifestations et également celle de vos proches ?

Naira (chanteuse, prof de musique à São Paulo) : Je me suis engagée en tant que citoyenne. J’essaie d’aller à chaque manifestation et je soutiens la réduction des tarifs [des transports en commun]. Le peuple brésilien n’a pas l’habitude de défendre ses convictions. On nous a formé pour aimer le foot, pour soutenir nos équipes. Mais le vrai enjeu est que, depuis la dictature militaire, notre enseignement se « dévalue » progressivement. Par exemple, on ne recale pas les élèves à São Paulo, depuis l’école élémentaire jusqu’au lycée. On leur donne tous la moyenne, car notre gouvernement a déterminé que c’était un bonne stratégie « pour minimiser la violence ». Cette démarche est insensée car nous bâtissons ainsi une génération entière de citoyens pratiquement analphabètes. Comment est-ce que quelqu’un qui ne comprend pas un texte simple peut comprendre la situation politique et économique du pays où il vit ? En étant dans la rue…

Rafael (étudiant en philosophie et journaliste à São Paulo) : Je suis personnellement très engagé, je marchais dans les rues depuis plus d’une semaine. Mon frère participe aussi aux manifestations. Et c’est toute notre famille qui pense que c’est important de manifester.

Vinícius (étudiant brésilien en droit à Paris) : Je suis très content de ce que nous avons fait hier. Finalement notre peuple est descendu dans les rues pour revendiquer ses droits. Ce sera peut-être un des jours le plus importants dans l’histoire du Brésil. Le message envoyé à Brasilia est clair : nous ne voulons plus vivre comme ça. Ma sœur et beaucoup de ses amis sont allés dans les rues, ils sont heureux et fiers de ce qui se passe. Je suis très frustré de ne pas être là-bas. Demander aux Français de nous aider ? Mais cette affaire est notre affaire. C’est à nous de nous prendre en main.

Quel changement concret espérez-vous ?

Naira : Je veux que tout change : un meilleur enseignement, un vrai système public de santé, la lutte contre la corruption de nos politiques qui volent les fonds d’État, la vraie élimination de la pauvreté, la réforme agraire, la réforme des partis, la réforme des impôts …oui ! Nous voulons tous un pays meilleur ! Mais rien de cela n’est possible si nous ne prenons pas le pouvoir et si nous ne montrons pas aux gros chefs qui nous dirigent qu’en démocratie, le vrai chef, c’est le peuple. A condition de se libérer du lavage du cerveau et des préjugés de la presse brésilienne.

Vinícius : La relation entre le peuple et le gouvernement va changer radicalement. Je crois que quelque chose va changer, mais je ne sais pas quoi parce que les manifestations continuent de monter. L’avenir reste inconnu.

Est-ce que ces manifestations représentent une contestation du gouvernement actuel ou plutôt une mise en cause d’une corruption généralisée de l’État et des inégalités de plus en plus marquées ?

Rafael : Ils représentent une colère générale contre beaucoup de choses, on dit que c’est la corruption d’État, mais c’est difficile à croire, tout le monde est contre la corruption, même ceux qui sont corrompus. C’est la langue de bois. Des gens en ont marre de ce système d’exclusion, avec trop d’inégalités des salaires bas, et maintenant la FIFA qui règne sur notre peuple. Ces sont des faits objectifs, mais les médias essaient de détourner l’attention avec des vains mots comme « la corruption », « pour la paix », « pour le Brésil », et ce genre de choses ne change rien.

Vinícius : Les prix sont trop élevés et les services publics ne sont pas terribles ! Ces problèmes ont toujours existé au Brésil, mais je suppose que nous sommes fatigués de tout ça maintenant. Nous sommes fatigués de ne pas avoir un gouvernement qui maintient une relation saine avec le secteur privé, et nous avons honte de ne pas avoir un système éducatif respectable. J’ai dû aller en école privée pour recevoir une éducation correcte, et nous donnons 40% de nos biens à l’État. Nous en avons marre.

Pourquoi est-ce que le gouvernement a réagi avec force ? Quel effet avait-il ? Comment est-il perçu ?

Naira : Le gouvernement a réagi avec force parce que il n’a pas pas l’ « habitude » de s’occuper des Brésiliens. Distinguons les gouvernements de São Paulo [le gouvernement municipal et le gouvernement de l’État]… où les deux partis rivaux, PSDB et PT, sont en guerre. Le gouvernement de l’État de São Paulo est contrôlé par le PSDB. En revanche, le gouvernement de la ville de São Paulo est contrôlé par le PT. La police militaire est sous les ordres du gouvernement de l’État, mais les tarifs des bus sont déterminés par… la mairie.

Les confrontations entre les manifestants et l’armée sont vite devenues un enjeu politique. La presse était [d’abord] totalement contre les manifestations et a rapporté que les rues étaient occupées par des « vandales »… Mais le peuple a bien vu à l’oeuvre les brutalités policières.


Rafael : La police a surréagi en suivant les ordres du gouvernement. En fait, notre police est notre armée, et son organisation est le fruit de vingt ans de dictature. On se bat contre les manifestants comme si l’on se battait contre une menace étrangère. La police a toujours fait ainsi avec les pauvres. Si vous êtes noir au Brésil, vous êtes déjà suspect. Ce qui a changé cette fois c’est que pendant qu’ils réprimaient les manifestations, les medias filmaient.

Vinícius : La violence est toujours considérée comme « normale » au Brésil. Nous avons eu 388 ans d’esclavage. Nous n’avons pas une police démocratique.


Quelle est la relation entre la contestation actuelle et les dépenses pour la Coupe du monde en 2014 et les Jeux olympiques en 2016, sans oublier la candidature pour l’Exposition universelle en 2020 ?

Naira : Ce n’est pas lié ! Les gens ont commencé à manifester parce que nous manifestons contre tout ce qui va mal.

Rafael : La relation est très claire. Notre peuple est pauvre et n'a pas accès ni à l’éducation ni à la santé. Le gouvernement dépense des sommes incroyables pour construire des stades, il démolit les maisons pour le faire et accepte les règles de la FIFA, qui sont complètement absurdes. Par exemple, la FIFA veut interdire la vente d’un de nos plats traditionnels, « acarjé », parce qu’ils veulent que les gens achètent uniquement des produits de la FIFA. Le petit entrepreneur n’a aucune chance.

Ils veulent aussi une loi qui précise que les manifestations peuvent être considérées comme des actes terroristes. Jerome Valcke, secrétaire général de la FIFA et responsable de la Coupe du monde, a annoncé il y a deux mois qu'il était compliqué d’organiser la Coupe du monde dans une démocratie, et que le meilleur pays d’accueil serait donc…la Russie.


Vinícius : C’est en partie lié. Les politiques ont montré que nous avions des millions de dollars pour la Coupe du Monde, des millions pour les Jeux Olympiques, mais pas assez pour les hôpitaux publics ou un bon système de transports. Vous pouvez chercher sur YouTube « Hopistais Públicos no Brasil » (hôpitaux publics au Brésil) et vous verrez l’état du désastre.

 

 

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 16:44

 

Rue89

Lettre ouverte 21/06/2013 à 12h26

Bousso Dramé - Citoyenne sénégalaise

 

 


Des visas sur un passeport (Jon Rawlinson/Flickr/CC)

Son Excellence, Monsieur le consul général,

A Monsieur le directeur de l’Institut français du Sénégal,

Mon nom est Bousso Dramé et je suis une citoyenne sénégalaise qui, en ce jour, a décidé de prendre sa plume pour porter haut et fort un message me tenant particulièrement à cœur.

Making of

La lettre de Bousso Dramé, consultante internationale, s’est répandue jeudi comme un feu de brousse sur les médias sociaux sous le titre « Bousso Dramé lauréate du Concours national d’orthographe refuse le visa de la France à cause du comportement vexant du consulat de France ! » Sur Twitter, les réactions se suivent et se ressemblent : « Il était temps de dénoncer le comportement des employés du Consulat de France à Dakar. Merci ! A lire, vraiment ». Blandine Grosjean

Par intérêt pour la langue de Molière, j’ai décidé de participer en avril dernier, au Concours national d’orthographe 2013, organisé par l’Institut français, dans le cadre des Prix de la francophonie.

Le concours a réuni quelques centaines de candidats, âgés de 18 à 35 ans dans les Instituts français de Dakar et de Saint-Louis ainsi que les Alliances françaises de Kaolack et de Ziguinchor.

A la suite de joutes portant sur un extrait de « L’Art français de la guerre » d’Alexis Jenni, prix Goncourt 2011, j’ai eu l’honneur d’être primée lauréate dudit concours. A ce titre, un billet d’avion Dakar-Paris-Dakar et une formation CultureLab en réalisation de film documentaire au Centre Albert Schweitzer m’ont été octroyés.

Il est temps de se faire respecter

Durant ma petite vie, je n’ai eu de cesse, tout en étant ouverte sur le monde dont je suis une citoyenne, de défendre ma fierté d’être noire et africaine. Il va sans dire que je crois résolument à l’avenir radieux de ma chère Afrique. Je suis également d’avis qu’il est impératif que les préjugés qui ont prévalu au sujet des Africains et de l’Afrique, du fait du passé colonial et de la situation contemporaine difficile de ce continent, soient révolus.

Il est temps que les Africains se respectent eux-mêmes et exigent d’être respectés par les autres. Cette vision d’une Afrique généreuse et ouverte, certes, mais fière et ferme dans l’exigence du respect qu’on lui doit et qu’on ne lui a que trop longtemps refusé est une conviction forte qui me porte et me transporte, littéralement.

Cependant, durant mes nombreuses interactions avec, d’une part, certains membres du personnel de l’Institut français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. Pas une fois, ni deux fois, mais bien plusieurs fois !

Ces attitudes, j’ai vraiment essayé de les ignorer mais l’accueil exécrable dont le Consulat de France a fait montre à mon égard (et à celui de la majorité de Sénégalais demandeurs de visas) a été la goutte d’eau de trop, dans un vase, hélas, déjà plein à ras bord.

Je renonce au billet d’avion et à la formation

En personne authentique qui ne sait pas tricher, une décision difficile mais nécessaire s’est naturellement imposée à moi. Un voyage tous frais payés, fut-il le plus beau et le plus enchanteur au monde, ne mérite pas que mes compatriotes et moi souffrions de tels agissements de la part du Consulat de France.

L’auteur
« Consultante Internationale
Récipiendaire de la bourse d’excellence du gouvernement Sénégalais
Récipiendaire de la bourse d’excellence Eiffel du Gouvernement grançais pour les étudiants étrangers
Diplômée de Sciences-Po Paris, master en affaires internationales
Diplômée de la London School of Economics, MSc in International Political Economy
Nominée “Global Shaper” par le Forum Economique Mondial »

Une formation aussi passionnante soit-elle, et Dieu sait que celle-ci m’intéresse vraiment, ne vaut pas la peine de subir ces attitudes qu’on retrouve malheureusement à grande échelle sous les cieux africains. Par souci de cohérence avec mon système de valeurs, j’ai, donc, pris la décision de renoncer, malgré l’obtention du visa.

Renoncer pour le symbole.

Renoncer au nom de tous ces milliers de Sénégalais qui méritent le respect, un respect qu’on leur refuse au sein de ces représentations de la France, en terre sénégalaise, qui plus est.

Cette décision n’est pas une sanction contre des individualités, mais contre un système généralisé qui, malgré les dénégations de mes concitoyens, semble ne pas avoir l’intention de se remettre en cause.

Pour le visa, non merci

Par ailleurs, je trouve particulièrement ironique que l’intitulé partiel de la formation à laquelle je ne prendrai pas part soit :

« La France est-elle toujours la Patrie de Droits de l’homme. Jusqu’à quel point les Français sont-ils des citoyens d’Europe, du monde ? »

Cela aurait, sans aucun doute, fait un intéressant sujet de documentaire vu d’une perspective africaine et j’espère, avoir l’occasion, par d’autres voies et moyens, de participer à une future formation CultureLab.

Je tiens à remercier, l’Institut français tout de même, pour l’initiative de ce concours, qui, à mon avis mériterait de continuer à exister, voire se tenir à fréquence plus régulière et ce, pour stimuler l’émulation intellectuelle entre jeunes Sénégalais et pour le plaisir des amoureux de la langue française, dont je fais partie.

Madame la préposée au guichet du Consulat de France – je ne connais pas votre nom, mais je vous dis au sujet de ce visa dont je ne me servirai pas : Non, merci.

Fièrement, sincèrement et Africainement vôtre.

 

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 16:28

 

Rue89lyon

  • 23:45 - 20 juin 2013 par Laurent Burlet

 

Ce jeudi, deux membres du GUD ont été condamnés pour des violences en réunion à caractère raciste. Le 17 juin, ils avaient agressé deux couples qui rentraient chez eux tranquillement à vélo. L’un a pris un an et l’autre six mois de prison ferme.

 


Tribunal-Lyon-Une

L’entrée du tribunal de grande instance de Lyon. Photo : Ugo Moret/Rue89Lyon

 

C’est une première, à deux égards. Depuis la refondation de ce groupuscule d’extrême droite, à Lyon, en septembre 2011, il n’y avait pas eu de procès de membres revendiqués du GUD (Groupe Union Défense), connus pour leurs actions violentes. C’est également une première au regard des peines qui ont été prononcées. Depuis que se multiplient les violences des groupuscules d’extrême droite, on n’en avait jamais connues de si sévères.

 

Violences de rue

Ce jeudi, se tenait devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Lyon le procès d’une des ratonnades qu’affectionne le GUD. L’une des agressions de groupuscules les plus violentes parmi celles que connaît Lyon depuis ces derniers mois.

Nous sommes vers 3 heures du matin, dans la nuit du 17 au 18 juin, dans le 3e arrondissement de Lyon. Une dizaine d’individus réalisent une « espèce de contrôle au faciès », selon les termes de la présidente lors d’une première audience qui avait abouti au renvoi du procès.
Leurs victimes ? Deux jeunes couples qui rentrent chez eux en Velo’v.

En pointe sur cette action, Christophe, un jeune homme de 24 ans, sans profession. Il bloque le Velo’v d’un des hommes portant les cheveux longs en lui demandant « t’es blanc ? T’es français ? » Il lui reproche d’être ami avec une « asiatique ». « En quoi ça te regarde ? », a-t-il eu pour réponse. Le militant du GUD insiste :

« Tu fréquentes une asiatique. Tu déshonores la France ».

S’en suit une série de coups portés contre lui et contre l’autre homme du groupe. Les coups sont principalement portés aux visages. Les coups de pied continuent même quand les deux amis tombent au sol et perdent connaissance. La personne considérée par le GUD comme « asiatique » a également été frappée mais moins lourdement :

« Ils m’ont menacée de me faire la même chose si je bougeais », a-t-elle témoigné, encore choquée.

Lors de la première audience, les deux hommes victimes portaient une minerve. L’un a perdu deux dents et l’autre a eu notamment une partie du visage fracturée.

A l’audience, le procureur a souligné que les quatre victimes doivent leur salut à des voisins, témoins de la scène, qui ont appelé la police.

 

« Nous ne sommes pas violents »

A l’audience de ce jeudi, trois personnes comparaissaient. Deux membres du GUD et une troisième personne arrêtée peu après l’agression. Cette dernière, fichée comme militant d’extrême gauche par la police (selon les termes de la présidente) rentrait chez elle. Rapidement, elle a été mise hors de cause par les quatre victimes.

« Je ne suis pas d’extrême gauche. J’étais militant antifasciste. Mais j’ai tout arrêté », a tenu à préciser ce jeune cuisinier.

Des deux membres du GUD, c’est sur celui qui était en détention provisoire que les débats ont majoritairement porté.

A 24 ans, Christophe est hébergé par son cousin dans le 9e arrondissement. Sans diplôme et sans profession actuellement, il s’est installé il y a un an à Lyon après une séparation. Il a une fille de quatre ans. Il a reconnu avoir mis des coups et avoir tenu des propos racistes à propos de l’ »asiatique ». Il met ça sur le compte de l’alcool. Rien à voir, dit-il, avec le groupuscule d’extrême droite :

« Ce qui s’est passé est en dehors de mon appartenance au GUD. J’assume personnellement ».

Lors de la première audience, l’avocat des quatre victimes et de SOS Racisme (constituée partie civile, avec la Licra), Bertrand Sayn, l’avait questionné sur son militantisme :

  • Sur la violence : « Ce n’est pas parce qu’on est membre du GUD, qu’on est violent ».
  • Sur les valeurs du GUD : « être nationaliste, cela veut dire aimer notre pays ».
  • Sur le nationalisme : « être français, avoir des valeurs françaises ».

A la seconde audience, la présidente, Isabelle Roch, l’a également interrogé sur le GUD et sa conception de la « préférence nationale ». De questions en questions, il s’est embourbé :

« Je ne suis pas un politicien. Je ne sais pas », avant d’ajouter en guise de définition de son nationalisme : « j’aime mon pays, ses traditions et ses valeurs chrétiennes comme base de notre pays ».

 

Slogans racistes dans les rues de la Guillotière

Que faisait ce groupe d’une dizaine de « Gudards » à la Guillotière, le quartier cosmopolite de Lyon ?
Les deux accusés ont expliqué qu’ils rentraient chez eux (Caluire pour l’un, le 9e arrondissement pour l’autre). C’est difficilement crédible : ils marchaient exactement dans la direction opposée.

Ils ont donc déambulé dans les rues de ce quartier, après avoir participé en début de soirée à un rassemblement contre la venue de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, dans le 9e arrondissement de Lyon.

Ensuite, ils se sont « alcoolisés », comme ils le disent eux-mêmes. Une des victimes témoigne :

« On les a vus de loin sur le cours Gambetta. Ils gueulaient des slogans et des insultes racistes ».

Que cherchaient-ils ? Le deuxième prévenu, David, qui comparaissait libre mais sous contrôle judiciaire, s’est qualifié de « sympathisant du GUD ». A 20 ans, il est étudiant en BTS dans un lycée de la Loire. Il a également reconnu avoir porté des coups.
C’est lui qui a brièvement décrit cette façon qu’a le GUD de déambuler dans la rue :

« On interpelle des gens, on crie. Concernant les deux couples, c’est pas moi qui ai pris la décision de les embêter pour déclencher une bagarre. C’est Christophe. »

Il a essayé de se présenter comme une personne non-violente, attirée par le côté « social » du GUD, comme les maraudes pour SDF « français de souche«  :

« Mais aujourd’hui, je me rends compte que ça draine des personnes violentes ».

Désormais, Il a promis de s’éloigner du GUD et de se « concentrer sur (son) travail ».

 

« Peur de sortir de chez moi »

Les deux « gudards » ont exprimé leur « regret ». Mais ces paroles ont semblé glisser sur les victimes. Visiblement très choquée à l’audience, la personne que le GUD avait considérée comme « asiatique » n’ose plus sortir de chez elle. Elle se dit « crispée, courbaturée ». Elle a du mal à s’endormir :

« Si personne n’avait appelé la police, mon compagnon et mon ami seraient morts ».

Depuis plusieurs mois, le GUD fait parler de lui, particulièrement à Lyon, lors des manifestations contre le mariage gay. Une passante avait notamment été frappée au moment de la dispersion d’une de ces manifs.

Frigide Barjot avait également subi leurs insultes lors de sa venue à Lyon.

Les prévenus, Christophe et David, s’étaient également illustrés lors d’une tentative d’accrochage d’une banderole sur la préfecture du Rhône, le 7 mai dernier. Christophe doit comparaître prochainement pour des violences sur agent de police.

L’avocat des victimes, Bertrand Sayn, a rappelé que depuis le début de l’année, 13 agressions de l’extrême droite radicale ont été recensées. « Ces violences sont la conséquence d’une idéologie raciste », a-t-il tranché.

L’avocate des deux « gudards », Marie-France Vuillermet, a tenté de s’opposer à ce qu’elle nomme « une récupération politique » et de faire passer les deux membres du GUD comme des « pauvres gosses, à qui on fait endosser un costume indécent ».

Un argument qui n’a pas convaincu la présidente Isabelle Roch : elle a ainsi évoqué Clément Méric, mort sous les coups d’un militant d’un autre groupuscule d’extrême droite.

 

«Violences aggravées en réunion en raison de la race ou de l’ethnie de l’une des victimes»

La présidente est allée au-delà des réquisitions du procureur en condamnant Christophe, le meneur, à 18 mois de prison dont six mois avec sursis. Une peine assortie d’un mandat de dépôt. David a écopé de 12 mois de prison dont six mois avec sursis mais sans mandat de dépôt. Le caractère raciste de l’agression a été retenu. Quant au troisième prévenu, il a été relaxé.

Le verdict a été rendu vers 21 heures alors qu’une quinzaine de militants du GUD venaient de s’asseoir dans la salle pour soutenir leurs camarades. « Force et honneur » a lancé l’un deux. Des amabilités ont été échangées avec la dizaine d’antifascistes présents depuis le début de l’audience. La police a fait tampon pour éviter un affrontement.

Les quatre victimes ont dû être évacuées par l’arrière du tribunal.

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 15:58

 

 

bfmtv
A.D. avec AFP
Le 21/06/2013 à 12:11
Mis à jour le 21/06/2013 à 12:20

                                                                                                                                                                                                                             Les occupants de trois yourtes installées à Bussière-Boffy, en Haute-Vienne, ont annoncé ce vendredi leur pourvoi en cassation après leur condamnation par la cour d'appel de Limoges à les démonter d'ici trois mois sous peine d'une amende de 75 euros par jour.

"Face à l'indignation générale, les familles condamnées ont décidé de se pourvoir en cassation afin de faire reconnaitre leurs droits ainsi que la légitimité de cet habitat écologique et sa fonction sociale, notamment en zone rurale", indique le communiqué des trois familles.

"Ce pourvoi suspend l'application des peines", ajoute le communiqué qui rappelle qu'au total elles ont été condamnées à 4.340 euros d'amende. Le maire sans étiquette depuis 2008 de Bussière-Boffi, Jean-Paul Barrière, avait déposé plainte en 2011 contre ce mode d'habitat alternatif pour "non-respect du code de l'urbanisme".

En première instance, en décembre, le tribunal correctionnel de Limoges les avait relaxés, estimant que les yourtes étaient à classer parmi les tentes et non parmi les habitats en dur, et qu'en l'espèce les occupants n'avaient pas bâti sur des terrains non constructibles, terrains dont ils sont par ailleurs propriétaires.

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:56

 

 

L'université citoyenne d'ATTAC France aura lieu à Nîmes du 26 au 29 juillet (fac Vauban). 

Thème de cette année: "Ruptures et transitions: le temps est venu !" 

Programme en cours de finalisation. 

 

 



Bonjour,
Dans la suite de son université d'été qui aura lieu à Nîmes du 26 au 29 juillet, Attac a proposé un projet de caravane reliant Nîmes à NDDL avec quelques étapes.
L'objectif étant de mobiliser et d'informer sur une situation qui évolue chaque jour et pour laquelle tous les soutiens sont nécessaires.
Les étapes (cf. pièce jointe) se construisent en partenariat avec les acteurs locaux et la possibilité de faire la première étape dans le Gard  mardi 30 juillet, sur le site de la zad golfique, vient d'être confirmée aujourd'hui.
En effet, suite au semis de courges réalisé le 25 mai, il est proposé d'organiser un "parrainage des courges".
Les partenaires sollicités : Confédération paysanne, association St Hilaire durable, les Attac du Gard, les comités de soutien NDDL, autres .... sont invités à proposer comment ce parrainage pourrait s'inclure dans un évènement le rattachant au combat de NDDL.
Le parrainage a été proposé par Louis Jullian, viticulteur Confédération paysanne et, selon les forces et disponibilités pourrait être envisagé après ce moment médiatique, un moment convivial avec musique et prises de parole, une table d'info sur NDDL ... toutes les idées sont les bienvenues
Il faudra essayer de trouver un moment pour s'accorder ensemble
Et également à voir si d'autres caravaniers veulent se joindre pour les étapes suivantes.
cordialement à tou(te)s
J.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:43

 

 

tdg.ch

Mis à jour à 22h49 

Des dizaines de milliers de manifestants ont commencé à défiler jeudi dans les rues de 80 villes du Brésil, notamment à Salvador de Bahia (nord-est), où des heurts avec la police ont rapidement éclaté.

1/45 A Salvador, environ 50'000 personnes manifestaient. (20 juin 2013)
Image: AFP

   

Bien que la plupart des grandes villes du pays aient cédé à la pression populaire en revenant sur leur décision d'augmenter le tarif des transports en commun, les protestataires brésiliens continuent à faire pression.

Ils se sont fixés pour objectif de faire descendre un million de personnes dans les rues pour cette première journée d'action nationale.

Les commerçants des centres-villes se sont préparés au pire. Certains ont fermé plus tôt que d'habitude. D'autres ont protégé leurs devantures avec des planches en bois, redoutant que les manifestations, dans l'ensemble pacifiques, ne dégénèrent à nouveau en violences et pillages du fait de la présence d'éléments radicaux.

A Rio de Janeiro, où se déroulait le match Espagne-Tahiti au stade Maracana, des milliers de manifestants affluaient vers la Place Candelaria, point de départ du défilé, au centre-ville.

Gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc

La police militaire de Rio a diffusé sur les réseaux des tracts à imprimer demandant aux manifestants de «l'aider à les protéger» : «SANS VIOLENCE, PAIX, éloignez ceux qui insistent pour semer le trouble dans une manifestation pacifique».

A Salvador, environ 50'000 personnes, une majorité d'étudiants, formaient le défilé sur la Place Campo Grande, la principale de la ville, au son des percussions, des sifflets et des slogans, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Mais, alors que manifestants tentaient de forcer un barrage policier aux cris de «Fonte Nova! Fonte Nova!», le nom du stade de Salvador situé à deux kilomètres de là, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contraignant les protestataires à reculer, a constaté l'AFP.

Sur les pancartes brandies on pouvait lire : «Viens lutter pour plus de changements!»; «Le foot au-dessus des droits; pourquoi, Dilma?» (Rousseff, la présidente du Brésil); «Un professeur vaut plus qu'un footballeur?». Hamilton Junior (48 ans), professeur de géographie à l'Université, demande «l'ouverture d'une commission d'enquête sur l'argent investi dans les stades».

«Brésil, réveille-toi!»

«La Fifa a interdit la vente +d'acarajé+ (une spécialité locale) dans les environs du stade pour faire profiter ses sponsors, c'est une honte», explique-t-il à l'AFP.Rien qu'à Rio de Janeiro, un million de personnes ont été invitées sur Facebook à manifester jeudi après-midi et 250'000 ont confirmé leur participation, même s'ils seront probablement moins nombreux.

A Sao Paulo, 300'000 ont confirmé leur présence et 50'000 à Brasilia au mot d'ordre : «Brésil, réveille-toi!». A Brasilia, la capitale, dix fois plus petite que la mégalopole de Sao Paulo, 50'000 personnes ont promis de défiler avec le mot d'ordre : «Brésil, réveille-toi!».

Après 10 jours de manifestations qui ont souvent dégénéré en violences, la contestation ne faiblit pas au Brésil.

Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester continuent de se multiplier.

«L'augmentation (du prix des transports) a été supprimée mais qui dit que nous allons nous arrêter?», écrivait une internaute.

194 millions d'habitants

Rien ne semble laisser présager un essoufflement rapide de ce mouvement diffus, sans étiquette politique ou syndicale, ni leaders clairement identifiés.

Il cristallise désormais toutes les frustrations de la population de ce pays émergent de 194 millions d'habitants: services publics précaires comme la santé et l'éducation, corruption de la classe politique, sommes colossales - 11 milliards d'euros - investies pour l'organisation du Mondial-2014 de football.

La grande nouveauté, jeudi, est que certains syndicats, partis politiques et organisations de la société civile ont affiché leur intention de participer aux cortèges sous leurs banderoles. Les Paysans sans terre (MST), l'Union nationale des étudiants (UNE), la Centrale unique des travailleurs (CUT), le Parti des Travailleurs (PT gauche, au pouvoir) et le Parti communiste du Brésil (PCdoB) entre autres veulent se joindre aux manifestants qui rejettent depuis le début de leur mouvement toute étiquette.

«La répercussion de cette intervention sera connue aujourd'hui sur l'Avenue Paulista à Sao Paulo quand les militants organisés marcheront aux côtés de la masse »apolitique« dirigée par le mouvement »Passe livre« (Ticket gratuit, ndlr), affirme jeudi l'analyste politique Ilmar Franco du quotidien O Globo.»

La démocratisation du Brésil a permis à ces personnes de s'organiser, selon leurs convictions, mais il y a toujours une position politique derrière«, estime Amanda Souza, 27 ans, étudiante en droit, qui défilera avec les mouvements organisés. Elle revendique le droit de manifester avec des drapeaux car ils représentent des »organisations et des forces politiques qui historiquement se sont toujours battues pour la conquête des droits des travailleurs«. Certains observateurs comparent le mouvement aux récentes manifestations en Turquie ou même aux révoltes du »Printemps arabe«. (afp/Newsnet)

Créé: 20.06.2013, 18h40

 

Voyage annulé

La présidente du Brésil Dilma Rousseff a annulé jeudi un voyage au Japon prévu du 26 au 28 juin en raison du mouvement de protestation qui embrase le pays, a indiqué à l'AFP le service de presse de la présidence. «Oui, elle a finalement décidé de reporter ce déplacement qui aurait représenté plusieurs jours de voyage. Elle a décidé de rester au Brésil en raison des événements actuels», a indiqué cette source.

 

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:28

 

 

Le HuffPost avec AFP

 

Par Maxime Bourdier Publication: 20/06/2013 13h21 CEST  |  Mis à jour: 20/06/2013 13h21 CEST

BRÉSIL - L'image est symbolique et rappelle le slogan de mai 68, "la police avec nous!". Dans une vidéo postée mardi sur Youtube (et visible en haut de cet article), six policiers brésiliens rejoignent, à São Paulo, des manifestants qui protestent contre la hausse du coût de la vie et... les violences policières.

Tournée lundi, cette vidéo a déjà été visionnée plus de 500.000 fois. "A ce moment-là, la manifestation passait par le quartier de Berrini, quand tout le monde a décidé de s'arrêter et d’entamer un sit-in", raconte l'internaute qui l'a mise en ligne. Il explique que les policiers se seraient alors joints à eux "sans se faire prier".

Le Brésil a été secoué lundi 17 juin par les manifestations sociales les plus importantes que le pays ait connu depuis 21 ans, qui ont duré plus de sept heures dans plusieurs villes, notamment à Rio qui a connu des scènes de guérilla urbaine. A São Paulo, la manifestation a réuni 65.000 personnes.

Le gouvernement a d'abord été pris de court par l'éclosion soudaine de ce mouvement apolitique la semaine dernière, après l'annonce de l'augmentation des tarifs des transports publics. Il semble à présent débordé par sa nouvelle dimension en grande partie attisée par l'indignation suscitée par les violences policières de la semaine dernière.


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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:53

 

Marianne

 Jeudi 20 Juin 2013 à 18:05

 

 

La Cnil a annoncé aujourd’hui sa décision de mettre en demeure le géant de l’Internet, accusé de ne pas respecter la loi française en matière de protection des données. D’autres pays européens ont déjà emboîté le pas à la France.

 

Bureaux de Marianne à Paris - Jacques Brinon/AP/SIPA
Bureaux de Marianne à Paris - Jacques Brinon/AP/SIPA
La gourmandise de Google en matière de collecte de données personnelles ne plait décidément pas à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) : l’autorité administrative indépendante vient en effet de sommer, ce jeudi, la société américaine de se conformer dans un délai de trois mois à la loi française en matière de protection de la vie privée des internautes.
 
« Google n’est toujours pas en conformité au regard du droit national », a justifié Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la Cnil, à l’AFP. Ce passage à l’offensive de l’organisme français fait suite à l’analyse qu’avait diligentée l’année dernière le G29, concernant les nouvelles règles de confidentialité du moteur de recherche américain, qui avait fusionné en mars 2012 une soixantaine de règles d’utilisation en une seule, et regroupé les informations de ses différents services.
 
Au terme de cette étude concertée, le groupe des Cnil européennes avait déjà demandé à Google Inc. de se mettre en conformité avec les directives de l’Union dans un délai de quatre mois. Des mises en garde qui n’avaient pas bouleversé pour un sou les procédés du géant de l’Internet, dont la Cnil condamne, dans un communiqué publié ce jeudi sur son site, « les manquements au regard de la loi « informatique et libertés », qui conduisent, concrètement, à ce que l’utilisateur ne soit pas en mesure de connaître l’utilisation qui peut être faite de ses données et de la maîtriser ».

 

Parmi les pratiques épinglées par la Commission française : le manque de transparence concernant « les traitements portants sur leurs données à caractère personnel », la possibilité pour l’entreprise américaine de procéder à « la combinaison potentiellement illimitée des données des utilisateurs » en l’absence de « base légale », ou encore la nécessité que Google demande aux utilisateurs « leur accord préalable avant d’installer des cookies dans leurs terminaux », ces petits logiciels espions (et tout à fait légaux) qui sont chargés de récolter les données de navigation des utilisateurs afin de leur proposer, entre autres, des publicités adaptées à leurs préférences. Soit, pour faire court, toutes les pratiques qui font de Google un potentiel « Big Brother » des temps modernes.

 

Des pratiques qui, si elles ne sont pas corrigées à la fin du délai imposé par la Cnil, déboucheront cette fois-ci sur des sanctions, à hauteur de 150 000 euros en France : « A ce stade, nous ne pouvons plus nous contenter de promesses, nous voulons des faits, et une mise en demeure déclenche une horloge. Ce n'est pas une croisade contre Google, mais la transparence doit aussi s'appliquer à eux. Nous voulons que Google lève le voile sur la galaxie qu'il représente, et dont ses clients n'ont absolument pas conscience », a expliqué Isabelle Falque-Pierrotin, toujours à l’AFP.
 
150 000 euros, une paille pour Google, face aux 50,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires que la société américaine a dégagés en 2012. Mais qui, cumulés aux montants que risqueraient de réclamer les autres pays européens, pourraient finir par faire tâche dans l’image de bon élève que souhaite donner le moteur de recherche américain.
 
L’Agence espagnole de protection des données (AEPD) a en effet également lancé ce jeudi une « procédure de sanction pour violation des principes fondamentaux de la législation espagnole », qui pourrait se solder par 300 000 euros d’amende, tout comme l’autorité de protection des données d’Hambourg, qui devraient être bientôt rejointes par l’Italie et la Grande-Bretagne. La preuve que les pays européens sont parfois capables de faire cause commune.
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:37

 

 

Ce communiqué vient d'être publié par les signataires: à faire suivre et diffuser sur les réseaux.

"Communiqué unitaire

Manifestation « Le fascisme tue. Ensemble, combattons-le ! »
Le 5 juin, des militants d'extrême-droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. Ce meurtre nous indigne et nous révolte ; il s'inscrit dans la suite de très nombreuses agressions commises par des groupes d'extrême-droite ces derniers mois. La situation exige des actes forts, permettant de mettre un coup d'arrêt à la propagation de ces idées et pratiques nauséabondes.

 Dans le respect de leurs différences, les organisations soussignées appellent à s'unir pour rendre hommage à Clément et pour éliminer la haine fasciste.

 Confortés par des partis qui reprennent des propos et des pratiques de l'extrême droite, les groupes fascistes refont surface. Les dernières actions contre le mariage pour tous et toutes ont été l'occasion pour eux d'être mis sur le devant de la scène. Nous dénonçons la banalisation du FN et de ses idées xénophobes et racistes.

 L'exclusion, le rejet de l'autre, la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l'immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l'histoire en témoigne, conduisent au pire. L'Etat entretient un climat délétère en organisant des expulsions massives qui participent à la stigmatisation des immigré-es et des Roms. Au contraire, il est nécessaire d'agir avec détermination contre les commandos fascistes.

 Odieux et inacceptable en lui-même, le meurtre de Clément dépasse le drame individuel. Agressions contre les lesbiennes, bi-es, gays et les personnes trans, contre les immigré-es et les personnes issu-es de l'immigration, les musulman-es, actes antisémites, violences envers des militant-es antifascistes et des organisations progressistes, se sont multipliées dans toute la France comme à travers toute l'Europe. Le mensonge, la haine, la violence, la mort, voilà ce que porte l'extrême-droite, de tout temps et en tous lieux.

 Ce n'est pas une question morale ; le fascisme se nourrit des peurs face à l'avenir : 5 millions de chômeurs et chômeuses, 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,5 millions de mal logé-es, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, licenciements, fermetures d'entreprises... Face à l'explosion des inégalités et aux politiques d'austérité, il faut reconstruire l'espoir collectif en une société plus juste. La question de la répartition des richesses que nous produisons est fondamentale. L'extrême-droite est à l'opposé de ces valeurs.

 Utiliser la mort de Clément serait méprisable. A contrario, c'est honorer sa mémoire que de dire publiquement et ensemble ses engagements syndicaux et antifascistes, et de poursuivre encore plus nombreux-euses et déterminés-es ses combats pour la liberté et une autre société.

 Unité contre le fascisme et l'extrême-droite !
 Manifestation à Paris,
 dimanche 23 juin à 15h
 ( place de l'Opéra )

 
 Des manifestations seront aussi organisées en commun dans d'autres villes. Nos organisations se réuniront de nouveau après la manifestation : éradiquer la menace fasciste nécessite un travail dans la durée et l'organisation de collectifs locaux. Nos organisations sont différentes, mais elles ont un point commun essentiel : le refus de l'intolérance, du nationalisme, de la haine, et de l'exclusion ; tout le contraire de ce que veut imposer l'extrême-droite !

 Le fascisme et l'extrême-droite ne sont pas des courants politiques avec lesquels on dialogue ou on compose. Leur système est basé sur la violence physique, la haine, l'asservissement des peuples.
 
Premiers signataires (au 17 juin) :
AC !, Act Up Paris, Action antifasciste Paris Banlieue, ACTIT, AFASPA, Alternative Libertaire, AIDES, APEIS, ATMF, ASEFRR (Association de solidarité en Essonne avec les familles Roms Roumaines), ATTAC France, CAAC (Collectif des associations et ami-es des Comores), CADAC, CEDETIM/IPAM, CGA, CGT Educ'action (Versailles, Créteil, Paris), CNDF, CNT-f, CNT-SO, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Collectif CIVG Tenon, Collectif Hétéros au boulot, Collectif Oui Oui Oui, Collectif VAN (Vigilance arménienne contre le négationnisme), Collectif de Saint Denis contre le FN et l'extrême droite, CONEX (Coordination nationale contre l'extrême droite), Confédération paysanne, Convergence et Alternative, DAL, DIDF, Droits devant !!, EELV, FA, FASE, FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les travailleur-euse-s- immigré-e-s), Fédération Anarchiste, Fédération Sud Education, Femmes Egalité, FIDL, FSU, Fondation Copernic, Front de gauche Latinos, GARçES, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, GISTI, Jeudi Noir, Justice et Libertés, L'appel et la pioche, La Horde, La LMDE, Les Alternatifs, Lesbian and Gay Pride Lyon, Lesbiennes of Color, Les Debunkers, Les Effronté-e-s, Living room project Marne la Vallée, Marche Mondiale des femmes, Marches européennes contre le chômage, MRAP, Mémorial 98, MJCF, MNCP, M'PEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Pink Bloc Paris, Ras l'Front Marne-la-Vallée, Ras l'Front 38, RedSkins Limoges, République et Socialisme, Réseau pour un avenir sans fascisme, SGEN-CFDT Académie de Versailles, SLU (Sauvons l'université), SNESUP-FSU, SNPTES-UNSA, SNTRS-CGT, Solidaires Etudiant-Es, SOS Racisme, Sortir du colonialisme, STRASS, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, UJFP, UNEF, Union syndicale Solidaires, UNL, UNSP, VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes)… "

 


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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:19

 

 

 

Lire aussi

 

 

Entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, il y avait toujours un homme, le même, parlant alternativement pour l’un, et pour l’autre : Moftah Missouri, l’interprète personnel du “Guide” de la révolution libyenne. Ce diplomate libyen, avec rang d’ambassadeur, révèle ce soir, dans l’émission Complément d’enquête (France 2), avoir appris de Kadhafi que la Libye avait versé « une vingtaine de millions de dollars » à Nicolas Sarkozy à l'occasion de sa campagne de 2007.

Lors cette interview, Moftah Missouri confirme aussi l’authenticité du document officiel libyen dévoilé par Mediapart le 28 avril 2012. Selon cette note datée du 10 décembre 2006, le régime libyen avait décidé «d’appuyer la campagne électorale» de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros ». Après cet accord de principe, c'est plus d'un tiers de la somme qui aurait été effectivement versé.

 

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi 
Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi© Reuters

Signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, la lettre de décembre 2006 était adressée à Bachir Saleh, directeur de cabinet de Kadhafi et président de l’un des fonds souverains du régime, le Libyan African Portfolio (LAP).

Peu après sa publication, Bachir Saleh sera exfiltré de Paris, où il vivait sous la protection des autorités, avec la complicité de la DCRI.

Interrogé par les équipes de Fance 2, le 15 juin dernier, dans un hôtel de Tripoli, Moftah Missouri analyse le document révélé par Mediapart : « Ça c’est le document de projet, d’appui ou de soutien financier à la campagne présidentielle du président Sarkozy ». Il conclut: « C’est un vrai document ».

 

 

Resté jusqu’à la chute du régime aux côtés de Kadhafi, Moftah Missouri a été témoin des mises en garde adressées à la France par les dignitaires libyens au sujet de la révélation d’un financement de Nicolas Sarkozy. Mouammar Kadhafi évoquait alors un « grave secret » et son fils, Saïf al-Islam, avait ouvertement parlé de la campagne présidentielle de 2007.

 

La note de 2006. Cliquez sur l'image pour l'agrandir. 
La note de 2006. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

« Kadhafi m’a dit à moi verbalement que la Libye avait versé une vingtaine de millions de dollars, témoigne l’interprète. Normalement chez nous, à la présidence, quand on donne de l’argent à quelqu’un, il n’y a pas un transfert bancaire, il n’y a pas de chèque, c’est de l’argent liquide dans des mallettes. » Questionné par Mediapart, Tristan Waleckx, l’un des journalistes de Complément d’enquête, précise ses échanges avec le diplomate interprète. « Missouri est absolument catégorique sur l’authenticité du document, déclare-t-il. Nous lui avons posé quinze fois la question. Il est prudent sur le versement effectif de l’argent parce qu’il n’a pas vu les mallettes. Mais sur le document, il n’exprime pas le moindre doute, s’agissant de sa présentation, de sa formulation, de l’écriture et des signatures »

 

Le faux démenti du Figaro

Le journaliste de France 2 nous précise aussi que Moftah Missouri conteste avoir « démenti » les révélations de Mediapart comme Le Figaro l’avait écrit à l’époque. « Missouri nous a dit que Le Figaro avait fait une extrapolation de ses propos, poursuit Tristan Waleckx. Comme c’est quelqu’un de prudent, il avait dit qu’il n’avait pas vu les mallettes, et c’est devenu un démenti formel. Pour lui, c’était clairement de la part du Figaro une déformation de ses propos, coupés au bon endroit ».

 

Capture d'écran du faux démenti de Missouri publié par Le Figaro 
Capture d'écran du faux démenti de Missouri publié par Le Figaro© dr

Ce témoignage de Moftah Missouri intervient alors que l’affaire s’est judiciarisée. Alors qu’en 2012 une enquête préliminaire avait été ouverte sur plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart pour « faux », une information judiciaire a été ouverte sur les faits de financement illicite de la campagne de l’ancien président par le régime libyen, le 19 avril, pour « corruption active et passive », « trafic d'influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

 

Moftah Missouri (au centre), avec Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, à Tripoli 
Moftah Missouri (au centre), avec Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, à Tripoli© Reuters

La perquisition du domicile de Claude Guéant, le 27 février, est à l’origine de ce rebondissement. Selon L’Express, des « notes manuscrites à entête du ministère de l’intérieur » relatives aux dossiers libyens ont alors été saisies. Elles viennent s’ajouter à l’importante documentation de l’intermédiaire Ziad Takieddine, écroué le mois dernier, et les nombreuses notes adressées à Guéant, qui prouvaient déjà l’existence de préparatifs financiers secrets sur fond de ventes d’armes au régime de Kadhafi.

A l’exception de Bachir Saleh parti en Afrique, et de Moussa Koussa, réfugié et semi-clandestin au Qatar, les hommes clé de l’affaire sont entre les mains du nouveau régime libyen : Saïf al–Islam Kadhafi, l’ancien premier ministre Baghdadi al-Mahmoudi, et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services spéciaux libyen.

Avant d’être extradé de la Tunisie vers la Libye en 2012, Baghdadi al-Mahmoudi avait déclaré devant la cour d’appel de Tunis, avoir lui même « en tant que premier ministre, supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli ».  « Des fonds ont été transférés en Suisse et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne et n’a cessé de le répéter à certains intermédiaires », avait-il précisé.

Interrogé le 18 juillet 2012 lors d’une conférence de presse à l’Élysée, François Hollande a déclaré qu’il « regrettait » l’extradition de Baghdadi al-Mahmoudi, précisant qu’il y avait « sûrement des informations à obtenir qui seraient utiles pour connaître un certain nombre de flux».

Les langues se délient en Libye également. En septembre, à la question d’une journaliste du Point sur un éventuel financement de Nicolas Sarkozy par le régime Kadhafi, l’ancien président libyen (qui a démissionné fin mai), Mohamed Youssef el-Megarief, a répondu : «Cela ne me paraît pas impossible».

Un ancien responsable des services secrets extérieurs du Conseil national de transition (CNT) libyen, Rami el-Obeidi, a affirmé au Daily Telegraph et à Mediapart que la mort de Kadhafi, dans les heures qui ont suivi son lynchage par la foule, le 20 octobre 2011, à Syrte était liée à « la menace d'une révélation d'un financement de la campagne de Sarkozy en 2006-2007 ». Selon lui, Mouammar Kadhafi aurait été exécuté par un agent français.

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  • Complément d'enquête, diffusé ce soir à 22h15 sur France 2.
  • Claude Guéant : le préfet était presque parfait, un reportage de Romain Verley, Tristan Waleckx, Philippe Maire et Frédérique Prigent

 

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