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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 12:13

 

 

 

 

GOODYEAR : RASSEMBLEMENT LE 20 OCTOBRE

Les 19 et 20 octobre aura lieu à Amiens le procès en appel des 8 camarades de Goodyear.

Localement, un rassemblement est organisé à Nîmes le 20 octobre de 12h à 14h devant le tribunal, à l’appel de l’intersyndicale nîmoise : CGT Nîmes, CNT 30, Solidaires 30, Nuit Debout.

Voici les communiqués de l’intersyndicale et de la CNT :

PDF - 376.5 ko
COMMUNIQUE GOODYEAR INTERSYNDICALE
PDF - 288.3 ko
COMMUNIQUE GOODYEAR CNT
 
 
http://www.cnt-f.org/30
 
 
                                                                                                      

                                                                        *************************

 

 

Source : https://www.agluttesales.net/?p=352

 

Rassemblement de soutien aux inculpés de Goodyear

 

RASSEMBLEMENTS – Soyons nombreux à:

— ALÈS – mercredi 19 octobre à 18h
devant le tribunal (Boulevard Louis Blanc)

— NÎMES – jeudi 20 octobre à 12h
devant la Cour d’Appel (Boulevard de la Libération)

____________________________________________________
Les 19 et 20 octobre, la cours d’appel d’Amiens ré-examinera le dossier des huit ex-salariés de l’usine Goodyear d’Amiens Nord condamnés en janvier dernier à 9 mois fermes et 15 mois de sursis suite à la séquestration de leurs directeurs en 2009.

Alors qu’au quotidien, dans les entreprises, dans les bahuts comme dans la rue, les patrons, les flics et la justice répriment.
Alors que fin septembre, le parquet de Bobigny requérait 2 à 4 mois de sursis pour cinq ex-salariés d’Air France suite à l’affaire des chemises arrachées.
Alors qu’on ne finit pas de décompter le nombre de blessés, d’inculpés et de licenciés suite au mouvement social contre la loi travail.
La justice se montre-là, sans aucune ambiguïté, pour ce qu’elle est : une justice au service d’une seule classe, la classe dominante.

Contre la justice de classe!
Solidarité avec tous les inculpés de la guerre sociale !

Tous et toutes à Alès et Nîmes les 19 et 20 octobre !

balancedelinjustice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                        *******************************

 

Info reçue par mail

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 21:00

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

VIDEO. Quand une conseillère Pôle emploi craque

 

 

A Pôle emploi, certains conseillers craquent. Comme Vanessa. Elle l'explique dans cet extrait d’"Envoyé spécial".

 

 

 

France Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

Vanessa a été conseillère à Pôle emploi pendant treize ans. Un jour, elle a craqué. Impossible de passer la porte de l'agence. Elle ne supportait plus les cadences. Extrait d'une immersion à Pôle emploi diffusée dans "Envoyé spécial".

Le métier est-il si difficile ? "Oui. On a des objectifs à tenir et on gère de l'humain, c'est devenu très compliqué. Le travail en lui-même est intéressant, c'est un superbe métier. C'est les conditions actuelles qui sont compliquées."

 

Cinq minutes par personne et par mois

Un manque d'effectifs ? "Par rapport au nombre de personnes qu'il y a à suivre, clairement, on n'est pas assez nombreux. On ne fait pas que recevoir les gens, il faut gérer l'administratif… Quand on a un portefeuille de 400 personnes à suivre par mois, j'avais calculé que par personne, ça fait 5 minutes par mois !"

Aujourd'hui encore, la grande majorité des conseillers Pôle emploi ont plus de 200 personnes à suivre chaque mois.

Extrait d'une immersion à Pôle emploi signée Anouk Burel, Frédéric Bazille et Isabelle Tartakovsky, diffusée dans "Envoyé spécial" le13 octobre 2016.

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 20:52

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

Pau: Un chômeur escroqué sur le site de Pôle Emploi

 

 

FAITS-DIVERS Le demandeur d'emploi croyait avoir répondu à une vraie annonce, mais le but était de lui soutirer de l'argent pour une formation...

 

 

Illustration Pôle Emploi, le 13 octobre 2015

 

Illustration Pôle Emploi, le 13 octobre 2015 - M.BOSREDON/20MINUTES

 

 

 

L'annonce avait tout l'air d'être sérieuse, mais il s'agissait en réalité d'une arnaque. Un demandeur d'emploi originaire de Pau, âgé de 48 ans, a été escroqué en mai dernier via une annonce diffusée sur le site même de Pôle Emploi, révèle ce vendredi France Bleu.

 

>> A lire aussi : VIDEO.Marmande: Elle s’enchaîne aux grilles de Pôle Emploi qui lui doit 10.000 euros

 

On lui proposait un CDD de six mois de chauffeur-livreur dans le textile. Avant cela, il doit effectuer une formation, soit-disant payée par l'employeur, qui lui envoie un chèque de 2.500 euros. Une somme qu'il doit reverser par mandat cash à l'institut de formation. L'arnaque s'arrêtera là puisque le chèque, volé, ne passe pas à sa banque.

Pôle Emploi reconnaît avoir subi quelques détournements d'annonces de ce type sur son site, mais assure avoir trouvé la parade. Pôle emploi est en train de mettre en place une authentification des employeurs avec le numéro de sécurité sociale. Ce dispositif doit entrer en vigueur ces prochains jours.

 

 

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:42

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

A La Haye, la société civile juge Monsanto pour «écocide»

17 octobre 2016 | Par Ludovic Lamant
 
 
 

Trente témoins venus d’Argentine, du Sri Lanka ou de France ont défilé pendant deux jours à La Haye devant des juges professionnels chargés d’une mission inédite : juger les « crimes » de Monsanto, le champion des OGM. Aucun verdict à attendre. Mais les promoteurs de l’initiative espèrent imposer un concept juridique, celui d’« écocide ». Reportage dans l’ébullition de ce vrai-faux tribunal, en l’absence de l’accusé.

La Haye (Pays-Bas), envoyé spécial.- Deux mères en colère ont pris la parole en premier. L’une est française, l’autre argentine. Elles ne se connaissaient pas avant de se trouver réunies pour témoigner. « C’est un honneur pour moi d’ouvrir la longue liste des victimes de Monsanto », prévient Sabine Grataloup. Elle distribue aux juges, assis face à elle, des photographies de son fils, né il y a neuf ans avec plusieurs malformations. Il souffre d’une atrésie de l’œsophage. Il respire aujourd’hui grâce à une trachéotomie. Il subira sa cinquante et unième opération jeudi prochain. « C’est une somme énorme de souffrances et de risques vitaux pour lui, parce qu’une trachéotomie peut toujours se boucher à n’importe quel instant », explique-t-elle.

Sabine Grataloup est propriétaire d’une carrière d’équitation. Chaque été à la même époque, elle y passait un désherbant à base de glyphosate, commercialisé par Monsanto. Elle l’a fait aussi l’année où elle était enceinte, de trois ou quatre semaines à peine, sans prendre de précautions particulières. Elle ne savait pas encore, à l’époque, qu’elle attendait un enfant. Or, assure-t-elle, « c’est à ce moment-là que l’œsophage et la trachée se forment chez le fœtus ». Elle parle vite, de manière précise. Il est à peine 9 heures du matin, ce samedi 15 octobre à La Haye, et les 250 personnes assises dans le public l’écoutent scrupuleusement. « Ce faisceau de coïncidences m’a troublée. (…) Nous sommes en face d’une épidémie de malformations, induites par l’homme », conclut-elle.

 

Ouverture du procès samedi 15 octobre 2016 à La Haye. © Tribunal Monsanto. G. De Crop.
 
 
 
 
 
Ouverture du procès samedi 15 octobre 2016 à La Haye. © Tribunal Monsanto. G. De Crop.
 

Au tour de María Liz Robledo de prendre la parole. Cette trentenaire a fait un long voyage depuis la localité de Baigorria (1 900 habitants), dans le nord-ouest populaire de la province du Grand Buenos Aires, pour venir témoigner. Sa fille a été opérée, pendant six heures, dès le jour de sa naissance, en avril 2013. La situation s’améliore, mais elle continue de souffrir de maladies respiratoires qui l’empêchent de mener une vie normale. María Liz Robledo a vécu l’essentiel de sa vie dans une maison voisine d’un terrain vague, où l’on stockait des bidons de pesticides. Elle se souvient aussi des passages du « mosquito » (le moustique), surnom donné par les habitants du coin à l’avion qui arrose les champs de pesticides. « Dans mon village, un autre enfant est né avec la même malformation », assure l’Argentine. Elle dénonce « la manipulation de l’information sur Monsanto, qui fait que tout le monde regarde ailleurs ». Elle veut « capitaliser sur sa souffrance, pour faire que d’autres gens prennent conscience de l’ampleur du problème ».

Cinq juges écoutent, casques de traduction vissés sur les oreilles, les récits poignants de ces deux femmes. La présidente du tribunal, la Belge Françoise Tulkens, a été juge à la Cour européenne des droits de l’homme pendant plus de dix ans. À ses côtés siègent une Argentine, une Sénégalaise, un Mexicain et un Canadien. Ces magistrats ont accepté de se prêter à un exercice inédit, qui pourrait marquer l’histoire du droit international : juger une multinationale, l’américaine Monsanto, championne des OGM à travers le monde. Le chimiste de Saint-Louis, dans le Missouri, dont le rachat par le groupe pharmaceutique allemand Bayer vient d’être annoncé, a-t-il violé les droits à la santé, à l’alimentation, ou à un environnement durable ? Et si oui, comment l’établir ?

A l'entrée du tribunal dimanche : « Monsanto - Bayer, coupables d'écocide » © LL. A l'entrée du tribunal dimanche : « Monsanto - Bayer, coupables d'écocide » © LL.
 
 
 

Les magistrats sont censés s’appuyer sur deux corpus juridiques : les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, adoptés en 2011, et le statut de Rome, sur lequel se fonde la Cour pénale internationale (CPI). Pendant deux jours, jusqu’au dimanche soir, trente témoins et experts (avocats, médecins, scientifiques) ont défilé, venus des cinq continents et brossant un portrait glaçant des dégâts causés par Monsanto sur les hommes, les sols, les animaux et la biodiversité. Ces récits de vie ont aussi dressé l’inventaire des méthodes employées par Monsanto pour « contrôler et maintenir son hégémonie mondiale », selon l’expression de l’ingénieur agronome paraguayen Miguel Lovera, jusqu’à contrôler une partie de la production scientifique sur le sujet.

L’agricultrice américaine Christine Sheppard est venue raconter son calvaire. Elle a utilisé du Round Up, le pesticide de Monsanto, dans sa ferme de Hawaï, à partir de 1995. Un cancer particulièrement dangereux – un lymphome non hodgkinien – lui a été diagnostiqué en 2003. Elle est aujourd’hui en rémission, après de nombreuses séances de chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse. Elle devrait être l’une des premières, aux États-Unis, à attaquer Monsanto en justice, persuadée du lien entre sa santé et son exposition à cet herbicide. « Monsanto sait bien que de nombreux procès l’attendent, ils ont déjà fait des provisions pour indemniser de futurs cas, en mettant quelque 250 millions d’euros de côté », a précisé son avocat, Timothy Litzenburg, dont le cabinet s'attend à voir surgir des milliers d'autres cas dans les années à venir.

Le médecin argentin Damian Verzeñassi, de son côté, a expliqué observer, dans les études quantitatives qu'il mène en Argentine, « un changement dans la manière dont les gens meurent dans certaines provinces du pays, parallèlement à la mise en place d’un modèle d’agrobusiness à base d’OGM ». C’est en 1996 que commencent à surgir de manière plus régulière des problèmes de santé jusqu’alors assez rares – certains types de cancer, des malformations de nouveau-nés, des fausses couches. « Monsanto a inondé la planète de ses produits, et le groupe l’a fait en sachant très bien ce qu’il était en train de faire », a-t-il lancé, faisant référence à une étude de l’EPA, l’agence américaine chargée d’enregistrer les pesticides, qui s’inquiétait dès 1985 des risques cancérigènes liés au glyphosate.

 

Paul François © LL. Paul François © LL.
 
 
 

L’agriculteur français Paul François a quant à lui rendu compte de son parcours du combattant, depuis qu’il a tenté d’attaquer Monsanto en justice. En nettoyant une cuve en 2004, il a inhalé les vapeurs du Lasso, un herbicide autrefois commercialisé par Monsanto (il a été interdit par la Commission européenne à partir de 2007). Il dut être hospitalisé sur-le-champ, après avoir perdu connaissance. C’est le début d’une longue série de pépins de santé, qui sont allés jusqu’à des « comas profonds ». Paul François a attaqué Monsanto en justice en 2006. Il a déjà englouti plus de 40 000 euros de frais pour financer cette procédure. Même s’il a remporté plusieurs batailles juridiques, Monsanto a toujours fait appel, sans jamais lui verser d’indemnisation jusqu’à présent. Le parcours judiciaire pourrait encore durer quelques années. « Ils espèrent qu’à un moment donné, je vais être épuisé, et que je ne pourrai plus me permettre ces sacrifices financiers », a expliqué Paul François, qui a fini par conclure à la barre : « Si vous osez vous mettre en travers de Monsanto, c’est une machine à broyer. »

 

« Donner corps au concept d’écocide »

Le paysan colombien Pedro Pablo Mutumbajoy, lui, s’est présenté aux juges comme une victime des épandages aériens du Round Up de Monsanto. Cette technique n’a été utilisée qu’en Colombie, à partir de l’an 2000 : elle devait permettre de détruire les cultures illicites de coca, dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre la drogue, le « plan Colombie ». Ces opérations, voulues par Bogotá, et entièrement financées par les États-Unis, ont dopé le chiffre d'affaires de Monsanto et détruit de nombreux hectares de terres cultivées par la même occasion (ces épandages sont, depuis 2015, interdits). Plus de 17 000 plaintes ont été déposées par des paysans à travers le pays, espérant obtenir des indemnités. Mais très peu ont abouti. D’où la présence de Mutumbajoy à La Haye, avec l’espoir de faire avancer le dossier...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:30

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Pour le Medef, les Prud'Hommes, c'est le jackpot !

 
 
 
"Marianne" a pu consulter les comptes de l'antenne de formation des conseillers prud'homaux gérée par les organisations patronales. Salaires mirobolants, hôtels de luxe, "rétrocessions", etc. La preuve que les patrons trouvent aussi des vertus à la justice du travail...

 

http://www.marianne.net/sites/default/files/styles/article/public/12419-100247122.jpg?itok=Did7ssaw

Dessin : Gros

Les prud'hommes ? « Un épouvantail à l'embauche pour les plus petites entreprises », martèle Pierre Gattaz. A entendre le grand chef à plumes du Medef, la justice du travail ne serait qu'« une loterie », « une roulette russe » qui terroriserait l'employeur lorsqu'il recrute, ou vire, un collaborateur. Voilà pour le cliché. Mais, en coulisses, le même Medef s'accommode fort bien d'un aspect ignoré de l'activité prud'homale : la formation des conseillers. Et la manne qu'elle représente...

Des sessions de formation intégralement financées par l'EtatEmployés, cadres, petits patrons, retraités ou demandeurs d'emploi, les « juges du travail » ne sont pas des magistrats professionnels. Ils sont élus par leurs pairs, côté salariés et côté employeurs - et bientôt désignés, à compter de 2017, par les organisations syndicales et patronales. Leur mission est connue : elle consiste à trancher, avec lenteur hélas, et dans des conditions matérielles souvent déplorables, les litiges relatifs au travail. Ce qu'on sait moins, c'est que la loi accorde aux conseillers prud'homaux trente-six jours de formation pendant leur mandat, qui dure cinq ans, pour combler leurs lacunes en droit social et en procédure. Des sessions intégralement financées par l'Etat, sur le budget du ministère du Travail, mais dont la mise en œuvre, et les sous qui vont avec, sont confiés à différents organismes : des établissements publics d'enseignement supérieur, comme le Cnam ou les instituts du travail, et des associations loi 1901 rattachées aux syndicats (pour les conseillers salariés) ou aux organisations patronales (pour les conseillers employeurs). Le Medef, la CGPME et la FNSEA disposent ainsi de leur propre antenne de formation, baptisée Entreprises et droit social (EDS). Installée dans les beaux quartiers de Paris, cette structure discrète, au site Web aussi vieillot que minimaliste, empoche chaque année entre 1,3 million et 1,6 million d'euros de subventions publiques. Pour organiser des cours, donc. Mais pas seulement...

Depuis la création d'EDS, en 1981, le pilier de la maison s'appelle Guy-Patrice Quétant. Agé de 66 ans, cet ancien juriste de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), l'une des branches les plus puissantes du Medef, se présente comme un simple « formateur ». « Je ne suis pas avocat, je ne suis pas conseiller prud'homal, je ne suis pas magistrat, je suis rien... » explique- t-il, badin, dans son bureau encombré de paperasse. Un faux modeste, au vrai salaire de ministre : 10 000 € brut mensuels, sur treize mois. Plutôt coquet pour le secrétaire général d'une association à but non lucratif qui ne compte, en tout et pour tout, que... quatre salariés. Au quotidien, cet homme de peu est épaulé par une « responsable de la gestion administrative et financière », titulaire - ce n'est pas banal pour le job - d'un DEA de philosophie. Venue du Medef et payée par EDS plus de 5 000 € par mois, elle est elle-même assistée d'un cabinet d'expertise comptable et d'un commissaire aux comptes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MINISTÈRE LAISSE FAIRE

Comme Marianne a pu le constater en épluchant une liasse de documents confidentiels, les chiffres sont bien tenus. Et ils valent le coup d'œil. Ouvrons, par exemple, le grand-livre des comptes pour l'année 2013 et suivons, ligne à ligne, la belle gestion de ce tubercule du Medef. Montant des rémunérations des troupes : 359 000 €. Part patronale de la mutuelle : 48 000 €. Et hop, 400 000 € d'argent public envolés en frais de personnel. Le loyer, charges, entretien et taxe d'habitation ? Plus de 100 000 € par an, pour un appartement haussmannien avec parquet en point de Hongrie, hauteur sous plafond appréciable et jolies moulures. L'adresse brille de mille feux : 8, rue Marbeuf, au cœur du triangle d'or parisien. Ajoutez à cela les photocopieurs en leasing (23 000 €), la maintenance informatique (4 400 €), les factures d'Orange (9 400 €), les honoraires du comptable (4 500 €) et du commissaire aux comptes (7 600 €). Sur 1,4 million d'euros versés cette année-là à EDS, plus de 550 000 € se sont évaporés en frais de fonctionnement. Et c'est compter sans l'Urssaf (108 000 €) et la taxe sur les salaires (43 000 €)...

Qu'en est-il du reste du magot ? Pour une bonne moitié - 495 000 € -, il a atterri... dans les caisses des Medef territoriaux. D'Epinal à Rodez, en passant par Oyonnax, Foix ou Cherbourg, des dizaines d'antennes de la confédération patronale reçoivent chaque année leur obole d'EDS. Une « rétrocession » censée couvrir le coût des stages organisés sur le terrain, au plus près des conseillers prud'homaux. Le schéma est le suivant : l'association touche 160 € du ministère par stagiaire et par jour et reverse 90 € environ aux Medef locaux. A quoi sert cette somme ? A rembourser « les frais d'organisation de la formation (restauration, location de salle, reproduction de documents) », écrivait en 2013 Guy-Patrice Quétant dans son compte rendu d'activité transmis aux pouvoirs publics. Sauf que la salle en question, située la plupart du temps dans les murs du Medef ou de l'union patronale du coin, ne coûte pas un rond. Conclusion : soit le plateau-repas est digne d'un étoilé Michelin, et le polycopié du cours relié en cuir pleine fleur. Soit une bonne part de ces 90 € gonfle les caisses des Medef de province. La formation a bon dos.

Ce système de rétrocession est toléré par le ministère du Travail. Mais il ne fait l'objet d'aucun contrôle sérieux. Une - mauvaise - habitude qui veut que l'Etat finance une kyrielle d'activités parasyndicales et ferme les yeux sur l'usage de ces fonds publics, au nom de la liberté de gestion et du paritarisme.

 

COMBINES ET LARGESSES

En 2008, lors d'une enquête sur les aides à destination des conseillers prud'homaux, la Cour des comptes s'était étonnée que « l'autorisation accordée aux associations de déléguer les crédits reçus par l'Etat à des entités locales ne [soit] pas assortie de l'obligation pour elles de justifier de l'utilisation locale des fonds ». Réponse, à l'époque, du ministère : les feuilles d'émargement signées par les stagiaires sont vérifiées, mais ce pointage est « proportionné aux ressources susceptibles d'y être affectées ». Traduction : on a mieux à faire Rue de Grenelle. « Tous nos documents sont transmis à l'administration du travail, qui peut faire des observations, a beau jeu d'affirmer Guy-Patrice Quétant. Avant de sortir sa botte secrète : Nous avons été parmi les premiers à faire appel à un commissaire aux comptes. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les bilans d'EDS sont effectivement disponibles, et dûment certifiés, sur le site Internet du Journal officiel. Mais, dans leur grande masse, ils ne disent rien des combines et largesses de l'association. Comme l'embauche de septembre 2012 à mars 2014 de Béatrice de Courson, directrice des mandats au Medef et salariée en parallèle d'EDS (un mi-temps à 5 000 € par mois...). Pour y faire quoi ? Le contrat de travail, que Marianne a pu consulter, ne le dit pas. Les clauses de confidentialité, en revanche, sont légion : interdiction absolue de cafter sur « l'organisation d'EDS, les éléments intellectuels lui appartenant, son actualité, ses activités, ses projets, travaux et études menés en interne et en externe avec ses interlocuteurs publics et privés, ses techniques et méthodes travail ». On n'est jamais trop prudent : depuis l'affaire de la caisse noire de l'UIMM, en 2007, et ses millions d'euros supposés « fluidifier le dialogue social », selon le mot de Denis Gautier-Sauvagnac, son ancien responsable, les satellites des organisations patronales sont priés d'orbiter en silence.

Nulle trace, non plus, dans les comptes succincts déposés par EDS des factures extravagantes réglées par l'association à l'occasion des « journées nationales » qu'elle organise chaque année dans une ville accueillante, et qui réunissent quelque 400 conseillers prud'homaux. En 2012, le raout se tenait à Avignon, dans l'espace Jeanne-Laurent du palais des Papes (22 800 € la location pour deux jours), avec spectacle du magicien Matthieu Sinclair (8 900 € la performance) et chambres quatre étoiles pour une trentaine de happy few (10 600 €). L'année suivante, c'est à l'espace Encan de La Rochelle (32 000 €), à deux pas des tours du port, que les congressistes ont discuté licenciement et misère de la justice prud'homale entre deux verrines concoctées par le traiteur star de la ville, Grégory Coutanceau (40 200 € le buffet).

 

L'AUDIT ACCABLANT ENTERRÉ

L'édition 2016 de cet éprouvant comice s'est déroulée il y a quinze jours... à Juan-les-Pins. Aux frais du contribuable, toujours. Idem pour les séminaires d'une journée, qui se tiennent parfois ailleurs que dans les Medef locaux. Au palace de Menthon, face au lac d'Annecy, au château de Lantic, à Martillac, ou au Domaine de Château Laval, à Gréoux-les-Bains. Deux mille euros par-ci, 3 000 par-là, et au final 220 000 € dépensés en un an dans l'hôtellerie haut de gamme. Champagne !

En juillet 2010, un audit extérieur commandé par le Medef avait dressé un constat accablant sur le fonctionnement d'EDS : « prééminence absolue » et « management autocratique » de Guy-Patrice Quétant « qui fait tout, décide de tout », « attitude non coopérative et méprisante » d'EDS vis-à-vis des Medef locaux (« Ils nous traitent pire que des sous-traitants automobiles »), « cycle de formation pas adapté au mandat de conseiller prud'homal »... Dans toute entreprise normalement constituée, une telle charge aurait créé du remue-ménage. A EDS, elle a fait pschit. Il est vrai que Guy-Patrice Quétant avait un beau succès à son actif : la trésorerie de l'association. Au dernier pointage connu, fin 2014, ce sont plus de 2 millions d'euros qui dormaient tranquillement en sicav, sur des comptes à terme ou sur des Livrets A ouverts à l'agence CIC de l'avenue Marceau. De temps à autre, Jean-Pierre Fine, le secrétaire général de l'UIMM et trésorier d'EDS - le précédent, Bernard Adam, a été condamné dans l'affaire de la caisse noire -, donne son avis d'expert sur le meilleur rendement possible de ces « placements ».

De l'argent non consommé par l'association dans le cadre de sa mission de formation. Qui n'empêche pas Guy-Patrice Quétant de jouer les pleureuses dans ses courriers au ministère, au motif que la subvention annuelle « ne permet pas de couvrir l'intégralité des frais occasionnés, ce qui n'est pas toujours bien compris et accepté ». Michel Guilbaud, le bras droit de Pierre Gattaz, préside l'association depuis 2014. Contacté par Marianne, il refuse de se prononcer sur le montant des salaires établis avant son arrivée. « Guy-Patrice Quétant est un très bon expert, qui dirige EDS depuis trente ans, explique-t-il. Mais ce n'est pas lui faire injure que de dire qu'il est proche aujourd'hui de la retraite et que la structure mérite sans doute d'être optimisée. Pour le reste, le ministère du Travail a pleinement connaissance de toutes les dépenses engagées par EDS. » On ne sait trop s'il faut en rire, ou en pleurer.

 

L'impossible réforme d'un dispositif contesté

 

Telle qu'elle existe actuellement, la formation [des conseillers prud'homaux] offre des résultats insuffisants. » Dans son rapport remis en juillet 2014 à Christiane Taubira, alors garde des Sceaux, sur « l'avenir des juridictions du travail », Alain Lacabarats, président de la chambre sociale à la Cour de cassation, a osé dire tout haut ce qui se murmure depuis des lustres dans les palais de justice. Ce haut magistrat proposait alors une refonte totale du dispositif : retirer aux syndicats la responsabilité de ces cours et les confier à l'Ecole nationale de la magistrature (pendant quinze jours, à la prise de fonction des conseillers) puis aux cours d'appel (à raison d'une semaine par an). « Le financement de cette formation, ajoutait Alain Lacabarats, pourrait, en cette période de difficultés budgétaires, être prélevé sur les sommes dévolues aux organisations syndicales et patronales. » Soit 8 millions d'euros par an en moyenne. Pas touche au grisbi ! ont tonné les syndicats, dans une rare unanimité. N'est finalement restée dans la loi Macron d'août 2015 que l'obligation pour les conseillers de suivre une formation initiale assurée par l'Etat (sans plus de précision) d'une durée de cinq jours. Et depuis ? Rien. « Le décret d'application traîne un peu, reconnaît Denys Robiliard, député PS et rapporteur de la loi sur les questions prud'homales. Il y a des débats entre le ministère du Travail et celui de la Justice pour savoir qui doit payer. Mais ce devrait être tranché en 2017. » Bien long pour une réforme croupion.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:07

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Bon plan

SNCF : la réduc pour tous que personne ne connaît

Par Amandine Cailhol

 

 

Des usagers gare de Lyon, à Paris, en octobre 2011.

Des usagers gare de Lyon, à Paris, en octobre 2011. Photo Miguel Medina. AFP

 

Peu de gens l'utilisent et pourtant il peut faire économiser, une fois par an, jusqu'à 50% sur un billet de train à presque tout un chacun. «Libération» lève le voile sur le «billet de congé annuel», dispositif oublié, mais toujours valable, datant de 1936.

 

 

Mais comment a-t-on pu passer à côté ? Depuis des années, il était là, vieillissant, mais toujours prêt à rendre service pour alléger la facture des vacances. Et ce depuis 1936 ! Et pourtant, alors que chacun s’affaire déjà à programmer les vacances de Noël, à la recherche du voyage le plus économique, peu de personnes pensent au «billet de congé annuel». Le quoi ? Egalement appelé «billet populaire de congé annuel» par la SNCF qui le commercialise, ce tarif réduit permet d’acheter un billet dans tous les trains SNCF (TGV, Intercités, TER) à moins 25% pour un voyage aller-retour ou circulaire (les arrêts en cours de route étant autorisés) d’au moins 200 kilomètres en France. La réduction peut même atteindre 50%, lorsque au moins la moitié du billet est réglée avec des chèques-vacances.

Une large palette de bénéficiaires

Quelques contraintes toutefois : ce billet, «l’un des huit tarifs sociaux nationaux que la SNCF applique sur son réseau sur demande de l’Etat», explique un responsable de la SNCF, ne peut être utilisé qu’une seule fois par an et seulement au cours des congés annuels. En revanche, il est ouvert à une très large palette de bénéficiaires : salariés, agents de la fonction publique, travailleurs à domicile, artisans et exploitants agricoles, mais aussi demandeurs d’emploi bénéficiant d’une allocation de chômage, stagiaires de la formation professionnelle ou encore retraités. Surtout, il permet de bénéficier d’une réduction pour le demandeur, mais aussi pour les membres de sa famille : conjoint, enfants de moins de 21 ans, et dans certaines conditions, parents. «Ces personnes n’ont pas obligation de voyager en même temps. Cependant, le prix du billet doit être payé en une seule fois pour l’ensemble des voyageurs», précise le site Service public, un des rares à donner des informations sur le dispositif.

Car s’il existe depuis plus de 80 ans, il reste relativement discret. Sur Internet, il n’est jamais, ou très peu, cité par les associations d’aide aux plus précaires qui promeuvent les vacances pour tous. Ni par le réseau des caisses d’allocations familiales. Quant au site commercial de la SNCF, il ne lui accorde qu’une toute petite place dans sa rubrique «aide». Pourquoi ce silence ? «On ne communique pas en ligne sur ce sujet, car pour ces billets, il faut se rendre en gare ou en boutique», botte en touche la SNCF. Même discrétion sur le site de l’Agence Nationale des chèques vacances (ANCV) qui, bien que partenaire, ne dit pas un mot sur le dispositif dans son guide en ligne, et se contente de le citer brièvement dans sa «foire aux questions». «Globalement, il y a peu de communication dessus, car les gens vont plus vers des billets de train ou d’avions low-cost bien moins chers. Et puis, le dispositif billet congé annuel est assez contraignant», plaide-t-on du côté de l’ANCV.

 

«Mesure iconique du Front Populaire»

Résultat : le dispositif est peu, voire pas du tout connu des bénéficiaires potentiels. Et ce malgré une histoire glorieuse. «Ce dispositif est une mesure iconique du Front Populaire. Il a été voulu par Léo Lagrange, sous-secrétaire d’Etat aux Loisirs et aux Sports, à l’été 1936. Le gouvernement veut alors faire en sorte que la toute récente loi sur les congés payés [deux semaines, à l’époque, ndlr] ne soit pas une mesure sans application. On ne peut pas décréter du temps libre et ne pas aider les gens à en profiter !», raconte Marion Fontaine, maître de conférences à l’université d’Avignon. D’où la création, le 2 août 1936, de billets à tarif réduit à destination des catégories populaires, annoncés dans la presse dès le mois de juillet.

600 000 billets sont ainsi distribués la première année, puis 1,8 million en 1937. La réduction est alors de 40%. «Comme le train était le moyen idéal, et peu concurrencé, d’amener ces nouveaux clients en nombre important vers les destinations de loisir, l’Etat a demandé aux compagnies privées de chemin de fer, qui deviendront la SNCF en 1938, de proposer un tarif attractif», poursuit la SNCF.

 

 

Depuis, le taux de réduction a baissé, les conditions d’attribution se sont élargies, une remise supplémentaire a été accordée aux clients qui payent en «chèque-vacances». Mais le billet, «a peu, voire pas évolué depuis sa création», note l’ANCV. «Personne n’a jamais pensé ou osé l’abolir. Politiquement, ce serait destructeur», pointe l’historienne Marion Fontaine. Au contraire, en 1957, la question d’un second «billet populaire de congé annuel» est même évoquée à l’Assemblée nationale, pour aider les gens à partir en vacances d’hiver. En 1992, le ministère du Tourisme envisage la faisabilité d’un plafonnement des ressources des bénéficiaires pour «permettre l’attribution d’un second billet de transport à prix réduit aux catégories sociales les plus modestes, leur donnant ainsi la possibilité de prendre des vacances d’hiver». Mais la mesure n’aboutit pas.

 

Parcours du combattant

Depuis, la cote de popularité du dispositif a dégringolé. La faute, en partie, à la lourdeur du dispositif. Pour en bénéficier, le bénéficiaire doit d’abord retirer un formulaire disponible dans les points de vente SNCF, le remplir puis le faire compléter à sa direction des ressources humaines, joindre d’éventuels certificats, avant de retourner le tout en agence, au moins 24 heures avant le départ. Autant dire que rien n’est fait pour inciter les gens à se lancer… Il est toutefois possible de télécharger un formulaire sur le site Voyages-sncf.com. Mais encore faut-il le trouver… Là aussi, le périple relève du parcours du combattant, avec six clics nécessaires, au total, pour arriver sur la bonne page. Certes, le document (version salariés et version autres statuts) date de 2013, mais il serait toujours valable, selon un agent SNCF.

De quoi en décourager plus d’un… Comme Laurence, salariée du privé à Paris, qui s’est laissé tenter une fois par le dispositif, il y a sept ans, avant de se jurer de ne plus jamais s’y risquer: «Il y a un côté un peu humiliant de se rendre dans le bureau de la DRH pour faire signer son document. Et puis, il faut faire la queue à la gare pendant des plombes, c’est pénible… Ça vaut peut-être le coup pour un voyage prévu à l’avance, mais pas forcément pour n’importe quel trajet.» D’autres, dans un calcul coûts avantages, se rabattent plutôt sur les autres offres tarifaires de la SNCF, comme les Prem’s, ou de sa filiale à bas coût, Ouigo.

 

Contrepartie financière

Reste les plus courageux. Chaque année, près d’un million de trajets sont effectués dans le cadre de ce dispositif, estime la SNCF. Ce qui revient à 500 000 personnes bénéficiant d’un aller-retour, ayants droit compris. «Ce billet est plus utilisé en été, lors de la période des vacances scolaires. Par ailleurs, on compte plus de salariés que de retraités, puisque ces derniers ont d’autres tarifs avantageux», précise la compagnie de transport, peu bavarde sur le dispositif et ses bénéficiaires.

Si ces recours ne sont pas très nombreux - près de quatre fois moins qu’en 1937 - ils représentent toutefois un coût… qui ne repose pas sur la belle générosité de la SNCF. «Comme pour tous les tarifs sociaux, ce mécanisme conduit à un manque à gagner pour l’entreprise qui a l’obligation de l’appliquer et l’Etat verse une contrepartie financière», explique la SNCF. Le cahier des charges de la SNCF prévoit en effet que les huit tarifs sociaux mis en œuvre à la demande de l’Etat donnent lieu à une «contribution globale de celui-ci». Chaque année, l’Etat met donc la main à la poche pour compenser les billets utilisés sur les grandes lignes. Ce sont, en revanche, les régions qui payent la note pour les TER. Dans le projet loi de finance 2017, l’enveloppe est fixée à 25,7 millions d’euros, les «billets populaires de congé annuel» arrivant en seconde place du «trafic» de ces tarifs sociaux. Là où elle s’élevait à 40 millions d’euros en 2012. Preuve de la perte de vitesse de ces dispositifs quelque peu remisés ? Ou du désengagement de l’Etat ? Interrogé par Libération, le secrétariat d’Etat en charge des Transports n’a, pour l’heure, pas répondu à nos questions.

Amandine Cailhol

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 13:59

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

PSA : vous reprendrez bien 2.000 suppressions de postes ?

Le constructeur automobile français PSA prévoit en 2017, pour la quatrième année consécutive, une nouvelle salve de 2.133 suppressions de postes. Une perspective rejetée par les syndicats, alors que PSA a renoué avec les bénéfices l'an dernier.
 
 
 
Carlos Tavares est le PDG de PSA. - Sipa
 

Quatre à la suite. Le groupe PSA (Peugeot, Citroën) prévoit en 2017 pour la quatrième année consécutive de recourir à des départs volontaires, selon un document interne révélé ce lundi 17 octobre par France Info et également consulté par l'AFP.  Le constructeur, qui compte 57.000 salariés dans sa branche automobile en France, présente ce lundi après-midi en comité central d'entreprise (CCE) une estimation de ses effectifs pour l'année prochaine. En tout, elle viserait 2.133 suppressions de postes.

 

Dans le détail, la direction mise sur une hausse des "mobilités externes sécurisées" (projet professionnel vers un autre employeur, congé de reclassement ou de transition professionnelle, etc.), espérant convaincre "au moins 1.025 salariés" (contre 650 espérés en 2016). Elle envisage par ailleurs 983 "congés seniors" l'année prochaine, là où près de 1.600 étaient attendus en 2016. Ce dispositif permet aux salariés de partir plusieurs années avant l'âge légal de retraite (jusqu'à 5 ans à Rennes et Poissy) avec 70% ou 75% de leur rémunération brute. Des congés "longue durée" sont aussi prévus pour environ 125 salariés. Payés 600 euros bruts par mois et assortis d'une prime, ils permettent aux volontaires de quitter l'entreprise pendant deux ans maximum.

 

PSA a réalisé 1,2 milliard de bénéfices en 2015

PSA justifie ces nouvelles mesures par sa volonté d'éviter des "plans collectifs de licenciements économiques avec phase contrainte". Aucune indication n'est en revanche donnée dans le document concernant les recrutements. Le constructeur rappelle toutefois l'objectif de 1.000 embauches en CDI d'ici fin 2019, fixé dans l'accord triennal conclu en juillet avec les syndicats majoritaires. PSA souhaite à nouveau, comme cette année, faire entrer "plus de 2.000 jeunes" dans l'entreprise via l'apprentissage, des contrats de professionnalisation ou encore des stages. Le groupe de Carlos Tavares prévoit en outre "des mesures de mobilité interne pour plus de 6.000 salariés", soit un "niveau équivalent aux années précédentes", avec un effort particulier sur les formations.

 

"Ce quatrième plan de 2.133 suppressions d'emplois sous forme de préretraite et de départs de moins en moins volontaires est inacceptable et totalement injustifié", a réagi la CGT de PSA ce lundi dans un communiqué. Ce plan "se fait en toute complicité avec le gouvernement", dénonce-t-elle. L'Etat est actionnaire de PSA à hauteur de 14%. Les syndicats réagissent d'autant plus vertement qu'en 2015, les comptes du Groupe PSA, premier constructeur français avec 2,97 millions de véhicules vendus dans le monde, sont repassés dans le vert, une première en cinq ans. Pour un résultat net positif de 1,2 milliard d'euros.

 

"C'est un véritable scandale, s'est insurgé sur RTL Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de PSA. C'est injustifié car depuis 18 mois ils ont engrangé 2,4 milliards de bénéfices". Auparavant, il avait souligné sur : "Les départs volontaires le sont de moins en moins. On sent dans les ateliers et les bureaux d’étude que les pressions sont de plus en plus grandes pour pousser les salariés à la porte. C’est une explosion de la précarité, de plus en plus d’intérimaires qui travaillent avec des droits plus faibles que les embauchés, et ça c’est intolérable".

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:53

 

 

[SoliGrecsNîmes] #CaravaneSolidaire2016 : journal de bord

                                              

 

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/caravane-solidaire-2016/blog

 

 

Les véhicules de toute la France convergent vers Lyon

 
 
Le grand meeting de Vénissieux du 15 octobre 2016 clôt la Quinzaine de la Solidarité avec la Grèce. L'événement marque la convergence des véhicules issus de toute la France, à la veille de leur départ unifié vers la Grèce.

Les collectes de matériel médical, les fournitures scolaires, les produits d'hygiène et de première nécessité pour bébé ont pris fin dans la semaine.

Les véhicules sont chargés à ras bord, en provenance des 4 coins du pays. C'est au total 5 véhicules qui transporteront environ 50m³.

 

Chargement des cartons de matériel médical trié © Jocelyn Garcia Chargement des cartons de matériel médical trié © Jocelyn Garcia
 
Couverture

On trouve de tout dans cette collection de fourgons blanc. Plusieurs centaines de cartons triés, avec leur marchandises identifiées, imbriqués comme si l'on jouait à Tetris.

 

 

Le matériel médical est installé jusque sur la galerie Le matériel médical est installé jusque sur la galerie
 
Couverture

Mais aussi, en provenance d'Avignon, un fauteuil dentaire est chargé dans le van des normands. Quant à nous, nous avons finalement décidé de disposer du matériel sur la galerie : fauteuils roulants et deambulteurs prennent de l'altitude. D'autres ont récupéré le mobilier de consultation d'un médecin prenant da retraite.

 

Le rendez-vous était fixé ce milieu d'après-midi, nous avons découvert une salle comble à notre arrivée, soit entre 300 et 400 personnes. Belle salle, superbe sono, grande estrade, le débat démarre quelques minutes après notre arrivée.

 

Débat en compagnie notamment d'Eric Toussaint (membre du CADTM) et Stathis Kouvelakis © Jocelyn Garcia Débat en compagnie notamment d'Eric Toussaint (membre du CADTM) et Stathis Kouvelakis © Jocelyn Garcia
 
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D'abord, les remerciements de Madame le Maire de Vénissieux, engagée et respectueuse du soutien porté au peuple grec. S'en est suivi le débat qui portait sur "les luttes grecques contre l'austérité imposée par l'Union Européenne". Au delà de la description de la situation grecque, c'est la démonstration d'un éternel recommencement qui interpelle...

Les chauffeurs de la Caravane ont été appelés au micro pour se rassembler afin d'aborder des détails logistiques à propos du trajet. C'est à ce moment-là que nous avons enfin découvert nos coéquipiers. Une équipe mixte de 15 membres et de tous âges. Cette étape d'organisation, animée par Panos, nous a permis de finaliser les étapes de la Caravane en Grèce et de nous synchroniser avec les évènements d'ores et déjà programmés. Nous avons échangé nos numéros de téléphone et nos emails, afin de disposer d'au moins un contact par véhicule, joignable pendant tout le trajet.

 

Katerina Fotinaki © Jocelyn Garcia Katerina Fotinaki © Jocelyn Garcia
 
Couverture

Place ensuite au repas Solidaire qui a précédé le spectacle grecs avec Katerina Fotinaki et La Bande à Balk.

 

Merci à André, de la caravane bretonne, qui permet de retrouver le contenu de la soirée sur la page Facebook.

Rendez-vous est donné aux 5 équipes pour se retrouver au moment de la traversée entre l'Italie et la Grèce.

Jocelyn.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/caravane-solidaire-2016/blog

 

 

 

Le grand départ

Nous partons enfin, le fourgon rempli à bloc. Quelques petits détails à régler, derniers dons à récupérer et nous voilà sur l'autoroute. Un sentiment bizarre nous envahit, un mélange de satisfaction et de craintes où tous nos efforts prennent enfin un sens.
En route, après la frontière italienne © Christophe Sauvant En route, après la frontière italienne © Christophe Sauvant
 
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Dimanche 16 octobre, il est 11 heures. Le fourgon ne peut plus respirer. Pas un seul recoin n'est libre. Il nous faut encore passer à Aix-en-Provence et la collecte sera bouclée. Ça nous a permis d'échanger quelques minutes avec Persa qui a opéré du côté de Pertuis.

 

La première halte est prévue à Parme. Nous nous retrouverons dans une abbaye avec l'équipe du 2eme fourgon. On y passera la nuit.

23 heures 30. Extinction des feux, tout le monde s'endort à peine couché.

 

Les chauffeurs de la Caravane Sud, de gauche à droite : Dominique, Christophe, Jocelyn, Sylviane et Philippe © Philippe Gasser Les chauffeurs de la Caravane Sud, de gauche à droite : Dominique, Christophe, Jocelyn, Sylviane et Philippe © Philippe Gasser
 
Couverture
 

Le départ des 2 fourgons est prévu pour 10:00. Nous retrouverons dans l'après-midi, sur le port, le reste de la #CaravaneSolidaire2016 parti directement de Lyon.

 

Christophe

 

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/caravane-solidaire-2016/blog

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:44

 

Source : http://www.humanite.fr

 

L’appel des cuistots fait boule de neige

Patrimoine culinaine
Paule Masson
Vendredi, 14 Octobre, 2016
L'Humanité

 

Michel Bras, chef étoilé dans l’Aveyron est l’un des signataires.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Michel Bras, chef étoilé dans l’Aveyron est l’un des signataires.
Photo : AFP

Lancée par des centaines de cuisiniers de renom, la lettre ouverte contre la fusion Bayer-Monsanto compte aujourd’hui 18 000 signatures.

 

 

 

Ce soir-là, Éric Guérin a lâché ses fourneaux, deux heures durant, pour empoigner son téléphone. Il fallait faire vite. La lettre ouverte contre la fusion Bayer-Monsanto et « l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes » devait être publiée le lendemain avec un maximum de signatures de professionnels de la restauration. « J’ai contacté 71 chefs et obtenu 80 % de réponses positives. Beaucoup m’ont remercié de les avoir sollicités », raconte le cuisinier étoilé de l’hôtel-restaurant La Mare aux oiseaux, en Loire-Atlantique. Le lendemain, 19 septembre, le journal d’information numérique sur la gastronomie, Atabula, fait claquer la missive sur son site : « Ce nouveau mastodonte des semences et des pesticides a une ambition : contrôler toute la chaîne alimentaire (…) Non, la nature, la diversité et la qualité de notre alimentation ne doivent pas passer sous le rouleau compresseur liberticide du groupe Bayer-Monsanto. » Olivier Roellinger, Michel Bras, Thierry Marx, Michel Guérard, Christophe Michalak, Mauro Colagreco, Cyril Lignac, Yves Camdeborde… des dizaines d’étoiles de la cuisine rallient le texte, aux côtés de nombreux chefs, pâtissiers, traiteurs, producteurs.

 

Le bouchon est lancé. Il flotte aujourd’hui sur un océan d’indignations. Trois semaines après sa publication, la pétition a recueilli 18 000 soutiens, un niveau de mobilisation rare dans un milieu professionnel plutôt policé. « L’idée de protéger la biodiversité et de conserver notre patrimoine culinaire nous touche tous. Nous, les cuisiniers, sommes plutôt solitaires, mais là, on ne peut plus jouer solo. Il faut se rassembler », défend Éric Guérin, qui est aussi chasseur, pêcheur, cueilleur, globe-trotteur et photographe à ses heures.

 

Tous les chefs contactésont signé la lettre ouverte

Cet effet boule de neige, Franck Pinay-Rabaroust, fondateur et directeur d’Atabula, ne l’imaginait pas si soudain quand il s’est installé devant son clavier pour formaliser le coup de gueule qu’il souhaitait proposer à la profession. « Cette alliance entre deux monstres, qui va permettre au groupe Bayer-Monsanto de vendre ce qui rend malade et de diffuser le remède en faisant un maximum de profits, c’est la fusion de trop », explique-t-il. Lui aussi en témoigne : tous les chefs qu’il a contactés ont signé. Pour le responsable de ce média d’opinion, né il y a six ans du déficit de la presse spécialisée sur les enjeux liés à l’alimentation, « les chefs ne sont pas seulement des faiseurs d’assiettes. Ils sont aussi des porteurs de sens à l’heure où la gastronomie est devenue un sujet global de société. Le symbole négatif que représente Monsanto a servi de déclencheur ».

 

« Quand Franck m’a appelé, j’ai applaudi des deux mains ! » s’enthousiasme Olivier Roellinger, qui a aussitôt relayé l’appel auprès de ses nombreux réseaux en France et dans le monde. Actif militant de la préservation de la diversité des cuisines, le chef, vice-président à l’international de Relais & Châteaux, a embarqué l’association dans le combat. Il est aussi devenu, en quelques heures, un efficace porte-parole de ce mariage contre nature entre un mastodonte de l’agrochimie et un ogre des semences. « Nous, les cuisiniers, qui avons obtenu des étoiles, bénéficions d’une reconnaissance qui nous offre une tribune. Il nous appartient donc d’être les ambassadeurs d’une cuisine bonne, saine, juste et humaine. L’uniformisation de l’alimentation est un désastre culturel. Elle fait disparaître les identités des cuisines. Les géants qui privatisent le vivant doivent trouver des contre-pouvoirs face à eux », assure le cuisinier des Maisons de Bricourt, à Cancale, convaincu qu’il va falloir prendre des initiatives pour amener ces « questions cruciales » dans le débat de l’élection présidentielle. En attendant, la lettre ouverte agit comme le signal d’une colère sourde qui trouve aujourd’hui un terrain d’expression collectif parmi les restaurateurs. « C’est parti des chefs, mais le profil des signataires s’élargit », constate Franck Pinay-Rabaroust. « Il s’internationalise aussi », se félicite Olivier Roellinger, qui reçoit des témoignages de soutien provenant des quatre coins de la planète.

 

« Quand Olivier m’a téléphoné, il n’a pas fallu discuter longtemps pour tomber d’accord », assure Patrick Henriroux, le chef aux deux étoiles de La Pyramide, à Vienne (Isère). Ce fils d’agriculteur travaille en direct avec 110 producteurs, vitrine de la petite paysannerie que le modèle agro-industriel de Monsanto promet de marginaliser (1). Jamais bien loin de la terre, de la graine, de la petite grand-mère qui fournit la verveine ou du maraîcher qui cultive une asperge de terroir, il pense par-dessus tout qu’il faut « rester riches de notre diversité ». Il sait le combat difficile et compare la pétition à un petit poucet qui se dresse devant l’ogre. Il a conscience des obstacles, des hypocrisies de ceux qui utilisent la gastronomie « quand ils ont besoin de donner une bonne image de la France, mais qui deviennent sourds quand la profession se met à porter une cause ». Il sait. Mais, face à la « constitution de monopoles qui prétendent nourrir le monde en étant animés par la seule idée de devenir une puissance financière », il assure le temps venu d’« alimenter le cercle vertueux de la mobilisation ».

 

(1) Du 14 au 16 octobre, Monsantosera l’objet d’un vrai-faux procès, à l’occasion d’un rassemblement international de la société civile à La Haye, aux Pays-Bas.
 
rédactrice en chef

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:38

 

 

"Pas de CETA chez nous!"

 

Tribune initialisée par Nuit Debout "pas de CETA chez nous"

 

 

http://www.marianne.net/agora-pas-ceta-nous-100247127.html
http://www.humanite.fr/pas-de-ceta-chez-nous-618247
http://www.sinemensuel.com/tribunes/pas-de-ceta-chez-nous/
http://www.lejdd.fr/Politique/Pas-de-CETA-chez-nous-816994

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

Tribune

Pas de CETA chez nous !

 
 
 
 

commission démocratie Nuit Debout, commission écologie Nuit Debout, commission économie politique Nuit Debout

Nous appelons notre gouvernement et les chefs des Etats membres de l’Union Européenne à ne pas accepter la ratification de ce traité lors du Conseil européen du 18 octobre 2016.
 
 
 

Nous, personnalités publiques et citoyen-ne-s, nous opposons par cette tribune à la signature, la ratification et la mise en application de l’accord économique et commercial global (AECG ou CETA) entre l'Union Européenne et le Canada. Nous appelons les chefs d’Etats des 28 pays membres de l’Union Européenne et notre gouvernement à ne pas signer cet accord, et appelons à la mobilisation citoyenne.

Le Comprehensive Economic Trade Agreement ou CETA est un traité commercial de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada engageant l’ensemble des pays de l’Union et des provinces canadiennes. Cet accord contesté doit être signé le 27 octobre, lors de la venue du Premier ministre canadien Justin Trudeau à Bruxelles, si les ministres des Finances européens l'approuvent lors du conseil du 18 octobre. Il passera ensuite par une ratification du Parlement européen fin 2016 ou début 2017, puis par celles des Parlements nationaux.

 

Négocié depuis 2009 dans une atonie médiatique, le CETA est en réalité le prototype du plus célèbre TTIP (ou TAFTA), traité similaire entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Comme toute convention internationale, une fois ratifié, il primera sur les lois nationales (et européennes) des deux côtés de l'Atlantique.

Ce traité entraînera notamment :

  • La perte de souveraineté de la sphère judiciaire, via l’abandon du pouvoir des tribunaux des Etats et de l’UE, dans le jugement des litiges opposant les Etats membres aux entreprises et investisseurs privé, au profit d'arbitrages privés à travers la mise en place d'une Cour de justice des Investissements sur le modèle ultra-controversé de l'ISDS, notoirement détourné par des multinationales pour s'attaquer aux choix politiques des Etats.
  • L’uniformisation par le bas des normes environnementales, sanitaires et sociales, en termes de santé et de droits sociaux notamment.
  • L’ouverture à une concurrence plus grande entre les pays membres de l’UE et les provinces du Canada.

Si l'accord national de chacun des 28 états membres n’est pas acquis pour l'heure, l'accord décisionnel à venir du Conseil européen semble déjà joué, malgré la résistance de certains gouvernements. Ce traité sera partiellement effectif pendant trois ans dès sa ratification par les Parlement européen et canadien, et ce avant même les ratifications par les Etats membres, court-circuitant de facto la faculté d’opposition des Parlements nationaux ou des provinces canadiennes. Les Etats se verraient donc potentiellement contraints d'appliquer des accords que leurs représentants ont rejetés.

Moins d’un an après les accords de Paris lors de la COP21, alors que la question climatique et la transition énergétique sont des enjeux contemporains majeurs, cet accord propose un nivellement par le bas des normes environnementales.

Au moment où l’Europe voit son modèle social menacé par la dérégulation, à travers les différentes lois « Travail », une nouvelle vague de libéralisation s'apprête à aggraver la course à la compétitivité dans un processus de mondialisation non contrôlée.

À l'heure où la représentation démocratique traverse une crise de légitimité, cet accord consacre explicitement la perte d’influence de la sphère législative au profit de grands groupes multinationaux dans les domaines clés de la politique économique.

Les scandales concernant les lobbies industriels et financiers se succèdent et s'accélèrent : Luxleaks, Panama Papers, constructeurs automobiles ne respectant pas les normes environnementales, etc. Cet accord œuvre contre l'intérêt général en offrant une forme juridique plus conforme aux intérêts de grands groupes, ce qui convertira les infractions commises aujourd'hui en actes légaux demain.

Sur la forme, les négociations du CETA, comme celles du TTIP, ont été d’une opacité sans précédent : les citoyens européens n’ont pas eu l’occasion d'exprimer leurs avis sur ces questions ni même l'opportunité de s'en forger un, seules les institutions industrielles privées ont eu accès aux salles de négociation. Les parlementaires eux-mêmes sont mis devant le fait accompli. Dépouillés de leurs prérogatives, ils devront prendre une décision en quelques semaines sur un sujet dont les implications restent floues. Nos représentants devront ainsi engager l'État à long terme, sans avoir le temps du débat nécessaire à une prise de décision éclairée, ce qui constitue un détournement puissant de la démocratie représentative.

Sur le fond, ce traité est une étape de plus dans la mise en concurrence entre les peuples. Sous couvert de libre-échange, il se traduira en pratique par une baisse successive des droits sociaux et des normes environnementales. En laissant libre cours à la gouvernance du marché et en instituant une justice ad hoc, cette convention favorise le moins disant social et environnemental, faisant ainsi obstacle à la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Nous refusons de mettre en compétition nos acquis sociaux, nos systèmes de santé, nos systèmes éducatifs et l’ensemble des services et biens communs.

Notre démarche est citoyenne et transcende ici les clivages politiques. Nous avons des raisons différentes de nous opposer à ce traité : écologiques, sociales, économiques, politiques ou démocratiques.

Par-delà nos divergences, ce qui nous guide est la volonté de préserver nos biens communs.

Nous appelons donc notre gouvernement et les chefs des Etats membres de l’Union Européenne à ne pas accepter la ratification de ce traité lors du Conseil européen du 18 octobre 2016.

 

Premiers signataires

Commission démocratie Nuit Debout

Commission écologie Nuit Debout

Commission économie politique Nuit Debout

Signataires

Laurence Abeille, députée Europe Ecologie Les Verts

Marina Albiol, députée européenne European United Left - Nordic Green Left

Brigitte Allain, députée Europe Ecologie les Verts

Pouria Amirshahi, député

Martina Anderson, députée européenne European United Left - Nordic Green Left

Jean-Noël Aqua, conseiller de Paris Front de Fauche

François Asensi, député

Isabelle Attard, députée

Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble-Front de Gauche, conseillère régionale Ile-de-France

Guillaume Balas, député européen PS

Julien Bayou, Porte parole Europe Ecologie les Verts

Judith Bernard, journaliste

Michel Billout, sénateur Front de Fauche

Jean-Pierre Blazy, député PS

Frédéric Boccara, économiste, membre du Conseil Economique social et environnemental

Christophe Bonneuil, historien

Michèle Bonneton, députée Europe Ecologie les Verts

Benoit Borrits, journaliste

Lynn Boylan, députée européenne European United Left - Nordic Green Left

Jean-Jacques Candelier, député Front de Gauche

Matt Carthy, député européen European United Left - Nordic Green Left

André Chassaigne, député Front de Fauche

Jean Hugues Chezlemas, Directeur de CES

Eric Coquerel, conseiller régional d'Île-de-France Parti de Gauche

Sergio Coronado, député Europe Ecologie les Verts

C215, street artiste

Caroline De Haas, militante féministe

Karima Delli, députée européenne EELV, candidate à la primaire des Verts

Fabio De Masi, député européen European United Left - Nordic Green Left

Cecile Duflot, députée Europe Ecologie les Verts, candidate à la primaire des Verts

Pascal Durand, député européen Europe Ecologie les Verts

Enercoop, Société Coopérative d’Intérêt Collectif

Ethiquable, Entreprise Coopérative, Citoyenne et Solidaire

Gerard Filoche, candidat à la primaire PS

Eleonora Forenza, députée européenne European United Left - Nordic Green Left

Nicolas Framont, sociologue

Jacqueline Fraysse, députée Front de Fauche

Susan Georges, essayiste

Benoit Hamon, député PS, candidat à la primaire PS

Srećko Horvat, philosophe

Yannick Jadot, député européen les Verts

Romain Joron, député PS

Jerome Lambert, député PS

Jean Lassalle, député, candidat à l’élection présidentielle

Marc Lavoie, Professeur d’économie Université d’Ottawa et Université Paris 13

Patrick Le Hyaric, député européen Front de Gauche

Marie Noëlle Lienemann, sénatrice PS, candidate à la primaire PS

Ligue des Droits de l’Homme 34

Paloma Lopez Bermejo, députée européenne European United Left - Nordic Green Left

Sabine Lösing, députée européenne European United Left - Nordic Green Left

Noël Mamère, député écologiste

Dominique Meda, sociologue

Jean Luc Melenchon, député européen, candidat Parti de Gauche aux élections présidentielles

Anne-Marie Mineur, députée européenne European United Left - Nordic Green Left
Luke Ming Flanagan, député européenne European United Left - Nordic Green Left

Mouvement des Jeunes Socialistes

Liadh Ní Riada, députée européenne European United Left - Nordic Green Left

Philippe Nogues, député

Osons Causer, youtubeurs

Dominique Plihon, porte-parole d’ATTAC France

Thomas Porcher, économiste

Christophe Premat, député PS

Raphaëlle Primet, conseillère de Paris Front de Fauche

Christophe Ramaux, économiste

Henri Sterdyniak, économiste

Bernard Stiegler, philosophe

Marie Christine Vergiat, députée européenne Front de Gauche

Sébastien Villemot, économiste

Monique Rabin, députée PS

Laura Raim, journaliste

Michèle Rivasi, Députée européenne Européen Ecologie les Verts

Jean Louis Roumegas, député Europe Ecologie les Verts

François Ruffin, journaliste

Nicolas Sansu, député Front de Gauche

Eva Sas, députée Europe Ecologie Les Verts

Catherine Sinet, journaliste

Sortir du silence, Association

Sud Commerces et Services

Isabelle Thomas, députée européenne PS

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 
 
 
 
 
 
 
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        Nous nous réunissons

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       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

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       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

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