Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:44

 

Rue89

  Témoignage 11/07/2013 à 17h49

Arnaud Paillat

 

 

J’ai 21 ans et suis étudiant en gestion et logistique, actuellement en stage en Allemagne, à Augsburg. Dans cette entreprise de logistique internationale, quelque chose m’a directement frappé : la moyenne d’âge des salariés, d’à peine 30 ans.

Je travaille entre autres avec Alice, 20 ans, Antonia, 17 ans, Patrick, 19 ans et la liste est longue. D’où viennent ces jeunes ? Pourquoi ne sont-ils pas sur un banc d’amphi à la fac ou en train de réviser leur contrôle de SVT ?

La réponse vient du statut du jeune allemand, complètement différent de son homologue français. Ici, le système éducatif propose notamment au jeune âgé de 16 ans de poursuivre vers l’équivalent du lycée et préparer le bac (« Abitur »), mais aussi d’entrer directement dans le monde professionnel via l’« Ausbildung » (apprentissage, dont les trois-quarts du temps sont passés en entreprise).

Mon supérieur hiérarchique n’a pas le bac

Cet apprentissage dure au choix deux ans en version courte, ou trois ans et demi en version longue (dans les deux cas, le jeune devient « Azubi », abréviation pour « Auszubildender », que l’on peut traduire par apprenti, même si son rôle s’apparente plus à celui d’un salarié que d’un apprenti à proprement parler).

Ce qui fait que mon supérieur hiérarchique, responsable du service export Maroc (et a 26 ans au passage, ancien « Azubi » dans l’entreprise), n’a pas le bac. Pas le bac ! Qui, en France, peut se targuer de gérer l’envoi de plusieurs milliers de tonnes de fret par an, de communiquer et de négocier avec des partenaires étrangers (donc maîtriser plusieurs langues), sans avoir le bac ? Impensable.

Pour un poste similaire en France, je devrais être titulaire, au minimum, de ce bon vieux bac donc, d’un DUT gestion logistique et transports et d’une licence pro spécialité logistique globale (pour rester général, il peut bien sûr exister d’autres voies), soit cinq années d’études (en licence pro, on devient salarié).

Une multitude de bacs possibles

A la majorité, un jeune Allemand « Azubi » a déjà deux années d’expérience professionnelle et fait preuve d’une certaine autonomie et maturité, quand le jeune français finit un lycée très scolaire et formaté en faisant face au casse-tête de l’orientation post-bac.

Le système éducatif allemand apparaît en fait beaucoup plus souple et surtout adapté à chacun. En effet, le lycéen passe un bac « à la carte » en choisissant des matières dites « fortes » (coefficient élevé) et « légères » (coefficient faible). Un socle commun et obligatoire comporte l’allemand, les maths, une langue étrangère (vivante ou morte) et le sport. Il existe donc une multitude de bacs possibles outre-Rhin. On est bien loin de la rigidité S/ES/L des bacs généraux français...

Je vous passe les avantages pour un employeur allemand de recruter ces jeunes volontaires : motivation, dynamisme, mais aussi salariés surement moins enclins à la « rébellion sociale » (grève, implication dans les syndicats, etc).

Chômage des moins de 25 ans : 7,6%

Au total, dans l’entreprise, sur les 23 personnes du département export où je travaille, douze sont issues de cette voie d’orientation dite « Ausbildung » ou sont encore en train d’y évoluer. Je vous mets au défi de trouver une entreprise française avec 50% de salariés formés au sein même de l’entreprise et avec un tiers des effectifs de moins de 25 ans…

Pour info, l’Allemagne présente un taux de chômage chez les jeunes au premier semestre 2013 de 7,6% (le plus faible de l’UE et continuellement en baisse depuis les années 2000), quand chez nous il atteint un niveau « record » de 26,2%. Je crois que c’est le moment de placer un célèbre slogan de campagne présidentielle...

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:27

 

 

Rue89

 

« Entrisme » 11/07/2013 à 13h29
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

Sujet suggéré par un internaute

 

Le fils de Julien, élève de CM2 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), a reçu l’an dernier « Les Lettres de mon moulin », d’Alphonse Daudet. Avec le logo de Total en quatrième de couverture. Une opération de mécénat de la compagnie pétrolière menée pendant deux ans dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme.

 


Couverture du livre (DR)

 

Cette année, le petit garçon est revenu avec une bande dessinée « Alerte sur Ooxia », une histoire d’aventures dont les héros sont en quête de « l’énergie miracle ».

En bas de la couverture, Julien voit marqué « Planète énergies ». En tapant ces deux mots sur Internet, le père de famille découvre qu’il s’agit d’un site pédagogique, « initiative » de Total.

Il apprend ensuite que son fils a aussi eu droit à une conférence (dite « intervention pédagogique » [PDF]) sur le thème des énergies, proposée par la même structure, gratuitement.

Julien s’en est plaint au directeur de l’école, d’autant qu’il n’avait pas été prévenu, et qu’à Pau, où est installé un important centre de recherche, c’est un peu « Total city » : le maillot de rugby de son fils porte déjà le logo de la compagnie, qui sponsorise le club. Mais l’école, c’est sacré :

« Total n’a rien à faire à l’école primaire. C’est de l’entrisme. Moi je leur demande juste de me vendre de l’essence. A quand Servier expliquant le corps humain et Monsanto l’agriculture ? »

« Pas du tout dans la promotion du groupe »

Si 800 000 écoliers se sont vu offrir « Les Lettres de mon moulin » en 2012 et les Contes de Perrault en 2011 par Total dans le cadre du « livre de l’été », la BD est un « accident » spécifique à cette école. En effet, Ooxia, publiée en 2006, était un cadeau offert sur les aires d’autoroutes, et pas dans les écoles.

Prévenue, la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) du département explique que « quelqu’un a dû en retrouver un carton dans un grenier et l’a distribué aux enfants », alors que le livre était destiné aux adolescents.

Quant aux conférences, le président de l’association locale de parents d’élèves, Dominique Rousselet n’est « pas au courant ».

Planète Energies a pourtant réalisé 250 interventions dans les écoles sur l’année scolaire 2011-2012, du CM1 à la terminale. Contactée, l’équipe du site nous explique son positionnement :

« Nous ne sommes pas du tout dans la promotion du groupe. Par exemple, Total ne fait pas d’éolien, mais on en parle quand même. Nos kits pédagogiques sur le solaire sont réalisés par des éditeurs. Si nous n’étions pas affranchis de la promotion, la confiance des profs serait rompue. »

Un discours « très ambivalent »

A y regarder de près, on voit que l’« entrisme » progresse avec l’âge des enfants. Ainsi, aux CM1/CM2, les experts Total parleront « énergies fossiles et renouvelables et développement durable », aux collégiens « gisements d’hydrocarbures, énergies renouvelables et développement durable », et à partir de la troisième et du lycée il s’agira de « la découverte de l’entreprise et de ses métiers ».

Les grands n’ont pas l’air de s’en plaindre, selon les vidéos réalisées par Total.

 

 

Intervention en classe des experts Total

Des partenariats noués avec le magazine La Recherche et l’AFP donnent une caution de neutralité au contenu. Conformément à la loi, le site répète « l’énergie est notre avenir, économisons-là ». Il n’ose pas non plus mentionner la controverse sur les gaz de schiste.

Mais au chapitre « les énergies demain », Total prend des gants en disant : « Le nouveau mix énergétique combinera énergies fossiles et renouvelables. »

Julien, qui ne se fait « aucune illusion sur le souci qu’a Total de l’environnement » trouve en effet le discours de Planète Energies « très ambivalent » :

« Ils ne disent pas que la fracturation hydraulique est interdite en France, parlent de la marée noire sans évoquer l’Erika... Moi qui me bats contre les marques avec mes enfants, je sais que celles qu’ils découvriront à l’école, ils les trouveront sympathiques. »

4 millions d’euros pour le périscolaire

Pour lui, les profs pourraient réagir. Comme le fait Sud Education au sujet d’une autre action : l’accord-cadre signé entre Total et l’Etat « en faveur de la jeunesse » et doté de 16,7 millions d’euros. Dans cette enveloppe, 4 millions d’euros doivent assurer le développement d’activités éducatives et culturelles en dehors du temps scolaire, notamment en accompagnant la réforme des rythmes éducatifs dans le premier degré.

Sud dénonce une privatisation rampante du service public, « une gestion à coûts mini du temps périscolaire par le biais des municipalités qui auront la lourde tâche de gérer l’improvisation et le manque de moyens entre bénévolat et donations privées ».

A la fondation Total et au cabinet de Valérie Fourneyron, la ministre de la Jeunesse, on nous indique que l’argent financera « le fonds d’expérimentation pour la jeunesse », des projets innovants qui, s’ils deviennent pérennes, plus tard, seront financés par l’Etat.

S’il n’y aura « pas de branding Total sur les actions », l’entreprise, par le biais de sa fondation, « participera à la sélection des projets », dans le cadre de « la relation de confiance entre Total et l’Etat ».

Des entreprises qui financent des projets publics à destination des jeunes, cela arrive tout le temps et depuis longtemps, mais au cabinet de la ministre on concède que « pour ces montants-là, ce n’est pas banal ».

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:13

 

 

Rue89

10/07/2013 à 23h05

 

Yann Guégan | red. chef adjoint Rue89
François Krug | Journaliste Rue89

 

 

Carte visible ici

Année 2011. Les points verts représentent un total de subventions de moins de 10 000 €, les jaunes de 10 000 € à 100 000 €, les rouges de plus de 100 000 €.
Attention : le nombre de points sur la carte étant très élevé, des erreurs ont pu se glisser.
Source : Regards citoyens et Le Monde | Données de base (CSV) | Données compilées (ODS) | Liste complète

 

 

La carte en haut de cette page (*voir ici )  liste les sommes obtenues par près de 9 000 communes ou intercommunalité grâce au subventions dite de la « réserve parlementaire » en 2011 pour plus de 10 000 projets locaux.

C’est la synthèse d’un document d’un millier de pages, représentant un total 150 millions d’euros de dépenses publiques. Ce document a été obtenu grâce à l’insistance d’Hervé Lebreton, président de l’Association pour une démocratie directe

Ces données sont publiées pour la première fois en France, et leur lecture devrait réserver quelques surprises. Contactez-nous si vous avez remarqué des informations intéressantes près de chez vous.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:07

 

 

Le Monde.fr avec AFP

10.07.2013 à 22h55 • Mis à jour le 11.07.2013 à 12h17

 

 

 

 

 
Bernard Arnault, PDG de LVMH, est l'homme le plus riche de France.

Les 500 premières fortunes de France ne connaissent pas la crise et ont même vu leur richesse globale augmenter de près d'un quart en un an, rapporte l'hebdomadaire Challenges à paraître jeudi 11 juillet.

Leur richesse cumulée s'établit désormais à 330 milliards d'euros et n'a jamais été aussi élevée depuis 1996, année où Challenges a lancé le classement des "500". Elle a quadruplé en une décennie et représente 16 % du produit intérieur brut du pays. Elle compte aussi pour 10 % du patrimoine financier des Français, "soit un dixième de la richesse entre les mains d'un cent-millième de la population", affirme Challenges.

Ce groupe de 500 compte 55 milliardaires, soit 10 de plus que l'année dernière, précise l'hebdomadaire. Le plus petit des 445 millionnaires affiche, pour sa part, quelque 64 millions d'euros de patrimoine. Et la tendance ne semble pas faiblir. Les dix premiers du classement ont vu leur fortune croître de 30 milliards en douze mois, à 135 milliards (40 % du total). Une embellie qui permet même aux riches français de s'inscrire dans le nouveau palmarès des 100 premières fortunes européennes, publié par le magazine suisse Bilan.

 

 ARNAULT, BETTENCOURT, MULLIEZ...

En tête de liste, Bernard Arnault, PDG de LVMH, affiche une fortune de 24,3 milliards d'euros, en hausse de 3,1 milliards. Il est suivi de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, avec une fortune de 23,2 milliards, qui a fait un bond de 7,9 milliards. Gérard Mulliez, du groupe de distribution Auchan, arrive non loin derrière, avec 19 milliards (+ 1 milliard), suivi de Bertrand Puech (Hermès), dont la richesse s'est maintenue à 17,4 milliards.

Les suivants sont Serge Dassault, du groupe industriel Marcel Dassault (12,8 milliards d'euros), François Pinault (Kering, 11 milliards), Vincent Bolloré (Bolloré, 8 milliards), le "roi de la bière et du vin", Pierre Castel (7 milliards), qui fait cette année son entrée dans le top 10, Alain Wertheimer de Chanel (7 milliards) est lui aussi un nouveau membre du club des dix.

Enfin, le dernier du top 10 est le fondateur de l'opérateur Free, Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du groupe Le Monde) entré dans le classement des 500 plus grandes fortunes de France en 2003 avec 80 millions d'euros et qui pèse actuellement plus de 70 fois plus (5,9 milliards).

 

  QUELQUES BAISSES

L'année n'a cependant pas été aussi profitable à tous les riches de France. C'est le cas de Jacques Servier, qui a pâti des suites de l'affaire du Mediator, qui ont réduit de 15 % la valorisation du groupe pharmaceutique. Le financier Romain Zaleski, actionnaire d'Eramet et étranglé par ses dettes, a subi une baisse de 40 % de sa fortune et doit vendre peu à peu ses autres participations.

Le secteur automobile est également particulièrement touché. La famille Peugeot, ancien membre du top 10, a ainsi vu sa fortune baisser en deux ans de 70 %.

 

  LES FRANÇAIS BIEN PLACÉS EN EUROPE

Selon le classement des 100 familles les plus riches d'Europe, publié mercredi par le magazine suisse Bilan, c'est l'Espagnol Amancio Ortega Gaona, un autodidacte de 77 ans qui a créé le groupe textile Zara, qui est la première fortune d'Europe, avec un patrimoine de 40,9 milliards d'euros. Un quart de ces cent familles très riches vivent en Suisse.

En deuxième position figure le Suédois Ingwar Kamprad (Ikea), suivi par Bernard Arnault (LVMH) et Liliane Bettencourt (L'Oréal). Les Français sont bien représentés dans le classement avec quatre fortunes dans les dix premiers (familles Arnault, Bettencourt, Mulliez et Hermès). Au total, ce classement compte douze familles françaises.

 

 "VIEILLE ÉCONOMIE"

Au total, 26 des familles les plus riches d'Europe vivent en Suisse dont trois sont françaises (Castel (vin, bière), Wertheimer (Channel), Louis-Dreyfus (matières premières)). Les Français ont fait fortune dans le domaine du luxe, comme les Italiens, alors que les Allemands sont plus actifs dans les biens de grande consommation.

Enfin, ce classement montre qu'en Europe les "grandes fortunes actuelles sont issues, à quelques exceptions près, de la 'vieille économie'", relève le journal, qui ajoute que "les secteurs des nouvelles technologies de l'information sont quasiment absents de ce palmarès".

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:30

 

Médiapart

|  Par Dan Israel

 

 

 

Dans un rapport très informé, le député PS Christian Eckert fustige l'immobilisme de la justice française dans le scandale HSBC. Il décerne en revanche un satisfecit au fisc, qui a récolté 186 millions d'euros à partir de la fameuse liste de l'ex-informaticien Hervé Falciani.

C’est le 23 avril dernier qu’une information judiciaire a été ouverte dans le cadre du scandale HSBC, pour « blanchiment en bande organisée de fraude fiscale » et « démarchages bancaires ou financiers illicites ». Cela faisait cinq ans qu’Hervé Falciani, un informaticien de la filiale suisse de HSBC, était entré en contact avec les autorités judiciaires françaises, pour leur soumettre plus de 65 giga-octets de données, qui allaient devenir la « liste Falciani ». Des milliers de documents recensant des dizaines de milliers de fraudeurs fiscaux, parmi lesquels une longue liste de Français.

Tout juste rentré en France, après s’être réfugié en Espagne, Falciani se dit aujourd'hui prêt à collaborer plus étroitement avec la justice et l’administration françaises (lire l’entretien qu’il a accordé à Mediapart à son retour). Pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps ? La liste Falciani dérangeait-elle les autorités ? Les investigations autour de ces données ont-elles été menées avec toute la diligence nécessaire ? Ce sont les questions auxquelles a voulu répondre Christian Eckert, députés PS de Meurthe-et-Moselle. Cela tombe bien : il dispose, en tant que rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée, de pouvoirs étendus de contrôle.

Il s’est donc plongé pendant plusieurs mois dans les coulisses de l’affaire, et en a tiré un rapport bien informé, bien qu’il n’ait pas pu explorer en profondeur la dimension judiciaire du dossier. Les conclusions du rapport qu’il a présenté ce mercredi matin à la commission des finances ? Le fisc français a bien travaillé à partir d’informations qui « se sont avérées, à l’exploitation, exceptionnelles, tant du point de leur volume, inégalé jusqu’à maintenant, que de leur fiabilité et de leur "fraîcheur" ». Des millions d’euros ont été récoltés sur des avoirs jusque-là non déclarés. Mais la justice, elle, a singulièrement traîné la patte pour s’interroger sur les pratiques de HSBC dans l’Hexagone.

Mediapart s’est procuré la version finale du rapport de Christian Eckert, tel qu’il a été déposé au bureau de l’Assemblée :

Le rapporteur pointe immédiatement dans son texte que, bien que Falciani ait contacté dès l’origine, au printemps 2008, les services de la police judiciaire française (la DNIF), il a été mis en relation avec les services de l’administration fiscale (la DNEF). « Outre que cet élément a fortement troublé Monsieur Falciani, il a été de nature, pour le moins, à retarder les poursuites judiciaires », indique le rapport, qui souligne que les révélations du lanceur d’alerte ont ensuite été traitées du seul point de vue du fisc et de sa mission « de recouvrement et de sanctions administratives ». Sans que, pendant de longues années, la justice ne daigne s’intéresser à l’affaire. Pendant que le fisc travaillait, à partir de décembre 2008, « rien, ou presque, ne s’est passé sur le front judiciaire », signale Eckert. Lors de la présentation de son rapport à la presse, ce mercredi, le député a enfoncé le clou : De tels délais me laissent perplexes, a-t-il lâché.

Une absence de motivation qu’on ne pourra pas reprocher à Éric de Montgolfier. À l’époque procureur de Nice, il s’était saisi du dossier suite à une demande de perquisition chez Falciani émanant des autorités suisses. Il avait donc mis la main début 2009 sur les données déjà en possession du fisc, ouverte une enquête préliminaire en juin 2009… avant de se voir dessaisir du dossier fin 2010. Montgolfier a déjà raconté à Mediapart comment le dossier lui avait été retiré, pour être rapatrié à Paris, et comment la garde des Sceaux de l’époque, Michèle Alliot-Marie, avait failli lui ordonner de renvoyer les données en Suisse. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas souhaité ce dépaysement, commente aujourd'hui Eckert.

Étrange, décidément… Le rapport d’Eckert le signale aujourd’hui, à mots prudents : « Sur le plan judiciaire, le Rapporteur général s’étonne du dépaysement du dossier HSBC de Nice vers Paris à la fin de l’année 2010, à la demande semble-t- il des autorités nationales. Il s’interroge sur le délai constaté avant que le parquet de Paris n’ouvre fin avril 2013 une information judiciaire. »


Christian EckertChristian Eckert© (DR)

En revanche, le député ne reprend pas à son compte une autre accusation qui a beaucoup circulé, y compris de la bouche de Montgolfier, selon laquelle la liste aurait été modifiée, et des noms dérangeants supprimés. Tenu au secret fiscal, il ne nomme personne, mais assure qu’il « ne peut qu'infirmer l'affirmation que des contribuables auraient "disparu" entre les différentes étapes autrement qu’en vertu de la méthode retenue par cette administration et aujourd’hui révélée en détail dans le rapport ».

Et quid des affirmations de la Suisse, en mai 2012, selon lesquelles le fichier aurait été modifié entre le moment où il a été récupéré par les autorités françaises et sa restitution à la Suisse quelques mois plus tard ? Eckert indique ne pas pouvoir répondre, parce que la liste transmise à la Suisse est celle de la justice, qui a été saisie par la gendarmerie chez Falciani. Impossible donc de savoir si la justice travaille sur les données complètes, mais lorsqu'elle a mis la main dessus, la liste était en tout point identique à celle fournie par Falciani au fisc.

Eckert rappelle que la liste n’en était pas une à l’origine, et qu’elle était en fait constituée « de centaines de fichiers de diverses provenances, avec des formats techniques différents ». Il a fallu un an aux informaticiens du fisc pour parvenir à établir une liste cohérente et exploitable, en s’appuyant notamment sur des « scripts » reprenant les détails de la correspondance entre un banquier et son client, extraite d’un logiciel de gestion de relation client. Au départ, la liste contenait 8 993 lignes. À l’arrivée, l’administration fiscale a décidé de s’intéresser à 2 932 personnes. Mais « il est faux de soutenir, comme l’ont fait plusieurs journaux, que l’administration fiscale aurait effacé plus de 6 000 noms », jure Eckert, qui se félicite plutôt du travail mené par le fisc, ayant mobilisé plusieurs dizaines d’agents pendant plus d’un an.

5 milliards de fraude, 186 millions dans les caisses du fisc

Les services fiscaux ont eu à faire face à une masse de « 127 311 personnes, dont 107 181 personnes physiques et 20 130 personnes morales ». Parmi elles, « 6 313 étaient, selon toute probabilité, domiciliées fiscalement en France ». Mais, dans une logique de rentabilité, le fisc s’est désintéressé de près de la moitié de ces fraudeurs potentiels, leurs comptes étant nuls ou négatifs. « Et in fine, ce sont 2 932 personnes, dont 2 846 personnes physiques et 86 personnes morales, qui étaient effectivement susceptibles d’être imposées au titre d’avoirs non déclarés. » Les personnes non poursuivies par le fisc ont été recensées dans un fichier tout spécialement créé, Evafisc, qui est à la disposition de toutes les administrations, et compte aujourd'hui environ 9 500 noms. 

Sur les presque 3 000 personnes poursuivies par le fisc, seules… six avaient effectivement déclaré leur compte à l’administration fiscale ! Après l'annonce par Eric Woerth en août 2009 que le gouvernement détenait une liste de 3 000 noms, 66 personnes supplémentaires s'étaient déclarés auprès de la cellule de dégrisement montée à l'époque.

Le montant total des avoirs cachés approchait les 5 milliards de dollars (3,5 milliards de dollars pour les personnes physiques, 1,4 milliard de dollars pour des personnes morales, dont plusieurs banques). Des sommes très concentrées : « 60 personnes physiques ou morales disposaient d’avoirs de plus de quinze millions de dollars » et « 5 % des avoirs les plus élevés correspondaient à un total de 2,73 milliards de dollars », soit plus de la moitié des sommes cachées.

 

 

© (DR)


Début 2010, le fisc se lance donc dans les contrôles fiscaux, démarrant par les plus gros comptes. Les opérations ne sont pas finies, mais presque achevées pour tous les comptes dépassant 50 000 dollars. En tout, presque 800 contrôles ont été menés à terme. Bilan provisoire : « Au 15 juin 2013, les opérations de contrôle fiscal avaient conduit à la régularisation de 950 millions d’euros d’avoirs dissimulés et au paiement de 186 millions d’euros de droits et de pénalités. »

30 % des fraudeurs nient. Plusieurs centaines sont passés entre les gouttes.

Mediapart a déjà pointé que seuls 86 dossiers ont été transmis par le fisc à la justice, s’étonnant de ce très faible nombre de poursuites engagées, alors que Bercy détient le monopole des poursuites pour les questions fiscales. Par écrit, Eckert ne voit pas le problème, estimant que le paiement des amendes et des pénalités est une sanction suffisante pour la plupart des dossiers. Il avance plusieurs justifications de cette mansuétude : dans la majorité des cas, les comptes cachés ont été hérités par leurs actuels détenteurs, qui n'ont pas activement participé à leur ouverture ; les services de police spécialisés sont trop peu fournis pour gérer un afflux de dossier... Mais à l'oral, il convient qu'il s'agit d'une question que nous nous sommes tous posée, et que des choix ont été faits par la justice.

Finalement, seuls ont été transmis au parquet les « dossiers les plus frauduleux, pour lesquels les comptes étaient actifs et ne constituaient pas seulement un héritage familial, ou qui représentaient des avoirs importants dont les détenteurs étaient en dénégation ».

Car oui, il a été possible à des fraudeurs de nier devant le fisc. Le rapport affirme même que « pour les seuls dossiers traités à ce jour, environ 30 % des personnes concernées ont nié détenir des avoirs non déclarés ». Comment une telle absurdité est-elle possible ? Elle s’explique par le fait que les données de Falciani ont été considérées comme volées. Le fisc craignait de perdre en cas de procès menés par des fraudeurs particulièrement récalcitrants qui refusaient de payer. Du coup, il a interdit à ses services de citer et d’utiliser explicitement les données en sa possession ! « Cet obstacle juridique a fortement limité les capacités d’action de la Direction générale des finances publiques », note pudiquement Eckert.

D’ailleurs, en janvier 2012, la Cour de cassation a effectivement estimé que certaines des perquisitions qui avaient été menées par l’administration fiscale étaient illégales, car basées sur des données volées. Elles furent donc annulées. De l’aveu même du rapporteur, il subsiste donc aujourd’hui « plusieurs centaines » de dossiers « où, en l’absence de reconnaissance du contribuable, l’administration n’a pas été encore en mesure d’appliquer les droits et pénalités prévus dans de tels cas ». Une situation ubuesque, qui devrait bientôt être corrigée, le projet de loi de lutte contre la fraude fiscale, déjà voté en première lecture à l’Assemblée, prévoyant de légaliser le recours aux données volées, comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne.

Après cette analyse des succès, des échecs et des retards des sanctions dans le dossier, le rapport réserve en conclusion une attaque en règle contre les pratiques de HSBC. La banque, accusée d’avoir organisé sciemment une vaste fraude, et d’avoir tout fait pour la masquer, à l’image d’UBS (lire notre série sur les pratiques illicites de la banque suisse). Ainsi, Christian Eckert fustige « le rôle actif joué par les chargés d’affaires de la banque afin d’aider leurs clients à frauder l’administration fiscale » et les conseils des banquiers maison à leurs clients, « pour leur conseiller de nier qu’ils détenaient un compte ». « De tels conseils, qui vont bien au-delà des fonctions normales d’un gestionnaire de compte, s’apparentent à de la complicité de fraude fiscale », peste le député.

Il mentionne des faits encore plus gênants pour la banque : 169 salariés de HSBC étaient officiellement clients de l’activité de gestion de fortune. Certains étaient censés détenir plus de 100 millions de dollars. « Au vu du montant des avoirs rattachés à certains noms, il est plus que probable que ces employés aient porté des comptes au profit de clients, et jouent le rôle de prête-noms », tranche Eckert. Une accusation gravissime. Il est grand temps, comme il le recommande, que « les autorités compétentes comme la Banque de France ou l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) aient enfin mission et obligation de déceler, de réprimer et d’interdire les pratiques illicites des banques exerçant sur notre territoire ». Des propositions qui ne font l'unanimité ni au sein de la commission des finances, ni au sein de l'ACP.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:25

 

Médiapart

|  Par Michaël Hajdenberg

 

 

Fouad Harjane, militant de la CNT, a été condamné à dédommager la SNCF à hauteur de 40 000 euros. Son tort ? Avoir manifesté contre le CPE, en 2006, sur une voie de la gare de Metz. Ils étaient 800 ce jour-là. Lui seul a été condamné. Un cas emblématique qui relance le débat sur l'amnistie sociale. 

Jusqu’il y a peu, la lutte contre le CPE (Contrat première embauche) était un très bon souvenir pour Fouad Harjane. Une des rares luttes de sa vie de militant à avoir débouché sur une victoire – Dominique de Villepin et Jacques Chirac ayant dû renoncer, face à la mobilisation de la rue, à leur réforme.

Sept printemps plus tard, Fouad Harjane est pourtant rattrapé par son passé. Il vient d’être condamné à verser 39 534 euros à la SNCF, pour avoir bloqué une voie de la gare de Metz pendant une heure, en 2006 (voir ici le jugement). Alors que le gouvernement a renoncé à une loi d’amnistie sociale, son cas pourrait être brandi par tous ceux qui, à gauche, continuent de la réclamer.

 

Fouad, 33 ans, milite à la CNT depuis l'âge de 17 ans 
Fouad, 33 ans, milite à la CNT depuis l'âge de 17 ans© MH

Aujourd’hui âgé de 33 ans, disposant pour tout revenu mensuel de 483 euros de RSA, Fouad Harjane n’en revient pas. Dans le local rouge et noir de la CNT messine (Confédération nationale du travail), dont il est toujours un militant actif, il se remémore tout : les AG, les défilés, son interpellation. Pour lui, la lutte reprend, ou se poursuit ; sans compromis.

Des anti-CPE messins, il est le seul à avoir été condamné. Ce 30 mars 2006, jour même de l’anniversaire de Fouad, ils sont pourtant 800 manifestants, euphoriques, à sentir le pouvoir en passe de renoncer.

Fouad Harjane n’aime pas dire qu’il était « leader », mais revendique un rôle de cerveau, fort de ses expériences passées, « capable de rassembler des gens et de monter des actions » : Mouvement lycéen en 1997, Mouvement des chômeurs, grève à la fac en 2001, défilé contre les retraites… « On collait, on tractait, on savait faire une AG. Surtout, on avait une idée très précise des luttes, de ce qui marchait ou ne marchait pas. » Très vite, Metz fait partie des universités en pointe. Le blocage de la fac, qui s’étend un temps jusqu’au département de droit, « bastion de droite », dure deux mois et demi. Fouad Harjane fait partie des huit porte-parole nationaux. Il est présent à Lyon lorsque la Coordination étudiante décide de bloquer les axes économiques du pays et de ralentir les transports.

Le jour dit, en début d'après-midi, 200 étudiants messins partent vers le centre-ville, attirant les forces de l’ordre vers une mauvaise piste. Puis les 600 autres fondent vers la gare, où ils descendent sur la voie, vite rejoints par des cheminots. Pas de danger, de grandes torches rouges sont allumées. Mais les RG se font pressants : il faut s’en aller. « On a négocié une sortie par la grande porte, se souvient Aurélien, camarade de lutte, venu partager ses souvenirs dans le local de la CNT. On a même été applaudis par les voyageurs. Nous on criait : "Ça craint, ça craint, ça craint pour les rupins !"» Souvenir jubilatoire.

Une heure plus tard, pourtant, alors que les manifestants se dispersent, Fouad est interpellé devant le magasin Virgin, sur instruction du procureur. « Je ne m’étais pas rebellé, pas d’outrage donc. Mais ils m’ont collé au poste un délit d’entrave à la circulation ferroviaire. »

Dans les jours qui suivent, le gouvernement renonce au CPE. Victoire. « Semi-victoire, corrige Fouad. On espérait le retrait de toute la loi sur l’égalité des chances. Pas du seul article sur le CPE. » En septembre 2006, il est condamné à 150 euros d’amende pour délit d’entrave. Puis après une succession d’appels et de procès remis, il écope en janvier 2012 de 300 euros d’amende et 800 euros de frais de justice. Un jugement qui ouvre la voie à des réparations au civil.

La SNCF s’y engouffre, et demande des dommages et intérêts en se livrant à un savant calcul sur le nombre de trains impactés et le temps de retard cumulé. L'occupation de la voie aurait engendré 95,48 heures de retard à un coût de 414,06 euros/heure (selon un protocole interne). Plouf plouf, on multiplie. Résultat : 39 534,45 euros de préjudice. La SNCF ne supporte pas les retards de train, qu’on se le dise. La justice non plus, qui fait sien ce calcul. Au centime près. 

Pas de grâce présidentielle ce 14 juillet

Fouad Harjane a fait appel. En attendant, il compte bien se faire entendre. Il a contacté la presse, décroché un premier article dans Politis. Il n’attend pas grand-chose de la SNCF et il a raison : celle-ci explique déposer systématiquement plainte en cas d’occupation des voies « pour faire prendre conscience aux gens qu’ils retardent des milliers de concitoyens. On est là pour défendre l’entreprise de tous les Français. Que le CPE ait finalement été retiré ne nous concerne pas. » Et le fait que la SNCF demande des dommages et intérêts alors qu’elle-même n’a pas dédommagé les voyageurs pour le retard occasionné ce jour-là ? « On ne se fait pas des bénéfices sur cette affaire si c’est ce que vous sous-entendez. Tout est réinvesti dans les trains et les gares. »

La solution pourrait donc seulement venir du politique. En mars 2006, peu avant la manifestation en cause, François Hollande, alors premier secrétaire du PS, défilait lui-même contre le CPE, demandait son retrait sans tarder et s'interrogeait : « Quand il y a des milliers et des milliers de citoyens, jeunes ou moins jeunes, quand toutes les organisations syndicales, représentées sans exception, quand de nombreuses associations d’étudiants et de parents d’élèves, sont aussi mobilisés, à quoi sert d’attendre la prochaine manifestation ? »


Fouad et Aurélien, dans le local messin de la CNT, refont la manif, sept ans plus tard. 
Fouad et Aurélien, dans le local messin de la CNT, refont la manif, sept ans plus tard.© MH

Qu’en pensent aujourd’hui les socialistes ? Le débat sur une possible « amnistie sociale » a agité la majorité au printemps, avant d’être enterré. À Metz, certains des manifestants de l’époque ont aujourd’hui pris des responsabilités au PS comme Gérald Lebourg, devenu maire-adjoint à Algrange : « À titre personnel, je suis favorable à une amnistie sociale. Et sur ce cas précis, il est absurde que Fouad porte sur lui la responsabilité d’une action collective, votée au cours d’une AG. Sans compter qu’on avait le soutien de la population. »

Le fait que le CPE ait été retiré quelques jours après les faits renforce cette conviction. Gaël, ami de Fouad, ex-manifestant aujourd’hui militant au NPA, y voit le signe d’une cause juste : « Le retrait montre qu’on avait raison de se mobiliser ainsi. La décision de justice est d’autant plus ridicule. »

Au gouvernement et parmi les parlementaires, malgré nos sollicitations, on ne se bouscule pas pour prendre position sur le sujet. Car l’Élysée n'en démord pas, il n’y aura pas de loi d’amnistie collective, au motif qu’il serait trop compliqué de circonscrire le texte, le type de peines, les conséquences. François Hollande s'est dit prêt à examiner des « cas exceptionnels ». Mais il ne profitera pas de ce 14 juillet pour renouer avec la tradition de la grâce présidentielle le jour de la fête nationale. 

Il faut dire que les principaux concernés ne l’ont pas demandé. Fouad Harjane défend un dispositif bien plus large : « Il faut être égalitaire et amnistier tous les faits commis depuis 2002 dans le cadre de mouvements sociaux progressistes, que ce soient des actes individuels ou collectifs : les faucheurs d’OGM, ceux qui refusent les prélèvements ADN… Il ne faut pas une amnistie seulement pour les actes médiatisés. » Selon lui, si le gouvernement refuse l’amnistie, c’est parce qu’il ne veut pas envoyer un signal de « laxisme » avant de possibles mobilisations sur les retraites.

À la CGT aussi, on refuse d’entrer dans le processus des grâces individuelles et de soumettre des noms. « Ils ont essayé d’éteindre l’incendie en évoquant cette procédure mais ils se sont foutus de nous, dénonce Jean-Pierre Gabriel. Les grâces présidentielles sont tellement limitées par le droit qu’elles ne pourraient concerner qu’un nombre de cas très faible. Le lobbying phénoménal du patronat a eu raison de l’amnistie. Du coup, on demande aux partis de gauche de présenter à l'automne un texte de loi qui encadrerait de façon préventive les actions collectives pour mettre fin aux arrestations arbitraires. »

En attendant, Fouad Harjane a fait appel. « C’est une somme astronomique que je ne peux pas payer. Pour moi, la fin du mois, elle est au début. Alors 40 000 euros… Tant que je suis au RSA, a priori, personne ne peut saisir l’argent qui m’est versé. Ça me dissuade juste de chercher de nouvelles missions d'intérim. » Pas de manifester.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:15

 

 

Mercredi 10 Juillet 2013 à 01:20

 

Bruno Rieth - Marianne

Martin Esposito s’est installé durant deux ans à côté d’une décharge des Alpes-Maritimes pour en filmer la réalité. De cette « plongée » au cœur de nos ordures, il en a ramené « Super Trash », un long-métrage choc à voir absolument et diffusé, ce mercredi 10 juillet, en avant-première à Marseille.

 

 


Imaginez des collines d’ordures, des vallées de détritus, faites d’un mélange de plastiques, de déchets organiques, de carcasses animales et d’excréments. Le fracas permanent des centaines de camions qui déversent encore et encore, inlassablement, leurs cargaisons fétides. Imaginez maintenant l’odeur acre et irrespirable qui s’en dégage et les tourbillons de poussière emportés par le vent… Bienvenue à la « Glacière-sur-mer », poubelle à ciel ouvert, à deux pas de Cannes et du littoral méditerranéen. Pendant deux ans, Martin Esposito s’est établi dans ce dépotoir situé à Villeneuve-Loubet et en a filmé les moindres recoins, les moindres détails, revenant chaque jour se confronter à ces montagnes de déchets. Le résultat : Super Trash, un film de près d'1h15, aussi passionnant que choquant.
 
Initialement, son projet était de faire le tour du monde des cimetières à déchets. Cette idée lui était venue après avoir vu le film Une vérité qui dérange d’Al Gore en 2006. Il décide alors de commencer son voyage par le pays qu’il connaît le mieux et qui lui semble le moins problématique. « J’ai toujours cru que tout allait bien ici, en France. Je pensais qu’on était dans un pays sans gros problèmes écologiques. Je pensais que je pouvais faire confiance ». Il choisit donc comme point de départ une décharge de la Côte d’Azur qui se situe à quelques kilomètres de la maison de ses grands-parents. Le tournage ne devait durer que deux semaines, il durera deux ans jusqu’à la fermeture de celle-ci en 2009.
 
Durant ces longs mois où il vit à une centaine de mètres de ce cimetière d’ordures, au rythme frénétique du va-et-vient des camions-bennes et bulldozers, l’ex-champion de winsurf va filmer ses errements à travers les nuages toxiques et les découvertes insolites.

Surconsommation et « green washing »

A travers ce lieu, c’est un peu notre société, surconsommatrice à l’excès, que Martin Esposito filme. « Dis moi ce que tu jettes et je te dirai qui tu es », semble nous dire le réalisateur. Le constat du film est édifiant. Des tonnes de nourritures encore froides, tout juste sorties du congélateur et consommables, atterrissent dans les immondices. Tout comme des mètres de plaquettes de médicaments, des dizaines de livres et de Larousse qui pourraient venir étoffer les rangées des bibliothèques, des photos de familles, du courrier privé, des meubles à peine abimés et même… des cercueils d’enfants.
 
Si avec son film, Martin Esposito se garde bien d’accuser ouvertement, il met malgré tout en lumière les petites libertés que s’accordent certaines structures quant à leur respect du tri sélectif et leur volonté affichée de limiter leur impact environnemental. Le long-métrage montre ainsi la face cachée du plus glamour des événements qui puissent exister : le Festival de Cannes. Le célèbre tapis rouge est changé trois fois par jour, ne servant qu’une seule fois par montée des marches, et se retrouve directement à La Glacière. Un employé de l’événement confie même que pour changer les tapis, « ça coûte 2 500 euros à chaque fois ». Et en plus de ces kilomètres de tapis rouge, on retrouve aussi tous les matériaux de décors et de communication qu’entraine cet événement. Pas évident ensuite, pour les organisateurs, de jouer la carte de l’éco responsabilité…


L’impact environnemental

Fervents adeptes du tri sélectif et des poubelles bleues, vertes et jaunes, fermez les yeux. Ou plutôt, ouvrez les grands. Vous risquez quelque peu de déchanter. Le film montre en effet à voir que trier ne servirait finalement pas à grand-chose. Au milieu des carcasses de volailles, des liquides provenant des fosses septiques et des magazines pornos, des conteneurs entiers de bouteilles de verre, préalablement triées, y sont finalement déchargés. Question recyclage et valorisation des déchets, il faudra revenir.
 
Plus alarmant encore sont les récits des employés du site. A force de revenir chaque jour à la Glacière, de la parcourir sans relâche, de devenir peu à peu un des éléments de ce triste décor, Martin Esposito va réussir à gagner leur confiance. D’abord hostile à la caméra - ils resteront méfiants jusqu’au bout et témoigneront toujours anonymement - les ouvriers vont se mettre à parler, à en dévoiler son fonctionnement et ses secrets. Leurs histoires sont sans appel.
 
Certains expliquent que dans le passé des fûts d’arsenics, qui doivent normalement être traités à part, ont été enterrés dans la déchetterie sans qu’aucune précaution particulière n’ait été prise. D’autres affirment que des camions viennent régulièrement déverser des boues d’épuration et des hydrocarbures sur les ordures alors que de telles pratiques sont formellement interdites. D’après eux, une enquête de gendarmerie serait même en cours…
 
Se pose alors la question du problème de l’étanchéité de la « zone » et des fuites de lixiviat, ce liquide poisseux issu des décharges. Selon Richard Camou, le Maire de Villeneuve Loubet, que l’on voit durant une réunion publique ainsi que Raymond, acolyte de Martin Esposito durant le tournage et défenseur infatigable de la nature, il y aurait eu des écoulements importants de lixiviat dans une rivière qui jouxte le site, drainant ainsi les éléments toxiques jusque dans la mer. En clair, cette vieille dame qu’est la Glacière aurait eu des fuites à l’origine d’un véritable scandale écologique…
 
On ressort de la séance de Super Trash lessivé, écœuré même, et légèrement claustrophobe, la faute surement à ces tonnes de déchets qui semblent pouvoir vous ensevelir à chaque instant. Mais on en ressort surtout choqué par cette gestion catastrophique et irresponsable des déchets. Le film, à mi-chemin entre le road-movie et le documentaire, est un vrai électrochoc qui réveille les consciences. Et après, qu’est ce qu’on fait ? Est-il déjà trop tard ? Pas selon Martin en tout cas « Pour quelles raisons ai-je fait ce film ? Je crois qu’il n’est pas encore trop tard. Nous pouvons encore arrêter ce désastre. On doit agir. On doit se remettre en question, revoir toute la chaîne de production et de consommation… du début à la fin ».


« Super Trash ».  Un film de Martin Esposito. Sortie nationale le 9 octobre 2013. Durée 1h14. Distribution Kanibal Films Distribution. Production : Mother & Son et In Production.
Avant-première : 
Mercredi 10 juillet à 20 heures. Cinéma Variétés, 37 rue Vincent Scotto 13001 Marseille.
Pour en savoir plus : consultez le site Supertrashlefilm.com  ou la page spéciale que nous lui avons dédié sur Marianne.net
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:01

 

humanite-biodiversite.fr

 

Récoltons les arbres fruitiers abandonnés !

 
Olivette

 

« On a décidé de cultiver une oliveraie abandonnée »

Un collectif de jeunes montpelliérains a décidé de récolter les fruits non récoltés sur l'espace public. Ils ont repéré une oliveraie abandonnée et conclu un prêt usage avec le propriétaire de la parcelle. Depuis, des chantiers de taille et de récolte s'organisent, permettant aux personnes investies d'être quasi autonomes en huile d'olive et de prendre soin du coin de nature aux frontières de la ville. 

Décembre 2011, les oliviers croulent sous le poids des olives: une année exceptionnelle! 3 amis décident de repérer les zones où les oliviers semblent abandonnés et éviter un immense gâchis. Très vite l'information circulent dans les réseaux amicaux de chacun et une quarantaine de personnes récoltent les oliviers des facultés, des cités U et un hectare d'une oliveraie en zone péri-urbaine. 

Un collectif se forme et souhaite aller au-delà de la simple récolte. Il contacte le propriétaire de l'oliveraie qui leur propose de contracter un contrat de prêt usage, autorisant le groupe à entretenir les lieux et récolter les fruits sans contrepartie. 

Depuis deux ans, des chantiers de taille, débroussaillage et récolte s'organisent, redonnant un nouveau souffle à ce havre de paix aux portes de la ville. L'oliveraie ou "olivette" telle qu'elle est dénommée est autogérée, sa gestion décidée en réunion collective et l'huile distribuée équitablement en fonction du temps de travail investi. 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 13:50

 

Un petit rappel de ce que fait Coca-Cola dans le monde, et dans la plus pure impunité. Que se soit en Inde, au Mexique, en Indonésie, en Malaisie, ou en Afrique, Coca-Cola pille l'eau, assèche les nappes phréatiques et contamine l'environnement au détriment des populations pauvres locales. C'est ce pillage systématique de l'eau qui permet à Coca-Cola de vendre ses bouteilles de 2L moins cher qu'un litre d'eau minérale et donc de rendre les populations dépendantes de ce poison...et Coca est souvent la seule alternative de liquide potable à un prix abordable pour bon nombre de populations sur la planète. Et comme Coca n'autorise tout ses revendeurs, à qui ils fournissent aussi les frigos, à ne vendre que les produits Coca dans leurs frigos, vous avez en place un des plus beau système d'asservissement des populations et de destruction de l'environnement légal au monde...
Consommer c'est être complice !

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 13:35

 

Rue89

 

Enquête participative 10/07/2013 à 11h14

François Krug | Journaliste Rue89

Mis à jour le mercredi 10 juillet 2013 à 14h45

 

 

 

Un document d’un millier de pages, 150 millions d’euros de subventions : grâce à l’insistance d’Hervé Lebreton, président de l’Association pour une démocratie directe, l’utilisation de la réserve parlementaire de l’année 2011 est enfin publique.

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Au printemps, le tribunal administratif lui a donné raison, et ordonné au ministère de l’Intérieur de lui fournir les détails de la réserve parlementaire pour l’année 2011. Le ministère s’est exécuté fin juin. Et l’association vient de mettre en ligne le document [PDF] sur son site. Comme plusieurs lecteurs de Rue89 (que nous remercions), l’association Regards Citoyens a également réalisé un tableur, plus facilement exploitable.

Rappelons le principe de la « réserve ». Elle est destinée à subventionner des projets menés par des collectivités locales, et dont celles-ci ne peuvent pas assurer seules le financement. Ces fonds sont gérés par le ministère de l’Intérieur, également en charge des collectivités locales.

Si cette réserve est « parlementaire », c’est parce que ce sont les députés et sénateurs qui décident de l’affectation des fonds. Chacun d’entre eux dispose d’une enveloppe à distribuer à un ou plusieurs projets. En 2011, le montant total de la réserve s’élevait à 150 millions d’euros. (Le document mentionne aussi les subventions attribuées au titre de la réserve « ministérielle » : le principe est identique, sauf que les fonds sont débloqués par des ministres... et que ceux-ci ne sont pas identifiés.)

Une subvention vous étonne ?

Plusieurs découvertes étonnantes ont déjà été rendues publiques. Par exemple, les subventions versées par des parlementaires en dehors de leur circonscription – notamment dans les villages où ils passent leurs vacances...

Mais le millier de pages mis en ligne par l’Association pour une démocratie directe cache sans doute beaucoup d’autres secrets.

Rue89 vous propose donc de vous plonger dans le document, et d’examiner les informations concernant votre commune, votre député, votre sénateur. Une subvention vous étonne ? Partagez votre découverte dans les commentaires !

Vous pouvez prendre comme point de départ :

  • le nom d’un parlementaire : vous découvrirez par exemple qu’en 2011, le député François Hollande a permis à la commune d’Argentat de recevoir une subvention de 4 500 euros pour « l’installation d’un toboggan de type Pentagliss au centre aquarécréatif » (un investissement s’élevant au total à 33 500 euros) ;
  • le nom d’une commune : vous découvrirez par exemple que certains ont subventionné les villes dont ils étaient le maire (comme Philippe Marini, le sénateur-maire de Compiègne, ou Jérôme Cahuzac, lorsqu’il était député-maire de Villeneuve-sur-Lot), et qu’ils ont donc pu utiliser la réserve parlementaire pour financer des projets dont ils étaient les initiateurs..

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22