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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 18:18

 

 

Médiapart

 

 

 

Ils ont refermé la porte avec le sentiment douloureux de ne pas avoir pu inverser la fatalité de la faillite, mais aussi la fierté de s’être battus jusqu’au bout. Vendredi 21 juin, les salariés de Virgin Megastore ont cessé l’occupation des magasins de la chaîne de produits culturels. Un nouvel accord avait été conclu la veille permettant d’améliorer les conditions du plan de sauvegarde de l’emploi.

Pressé d’en finir avec l’occupation, l’actionnaire principal, le fonds d’investissement Butler Capital Partners, qui avait prévu de ne rien verser, a finalement décidé d’abonder au plan à hauteur de 2,5 millions d’euros. De nouvelles réserves ont été trouvées au sein de l’entreprise, notamment  grâce au fruit des soldes de la chaîne avant sa liquidation, qui ont laissé un souvenir épouvantable aux salariés. Elles  ont rapporté en net un peu plus de 5 millions d’euros. Finalement, le plan de sauvegarde, qui était de 8 millions d’euros à l’origine, a été réévalué à 15 millions. L’intersyndicale de Virgin estime que cela représente environ 15.000 euros pour chacun des 960 salariés du groupe, pour les aider à se former, à retrouver un emploi. Le minimum pour un plan « digne et décent », ont estimé les syndicats.

Les difficultés de Virgin Megastore sont connues de longue date. Comme la Fnac , comme tous les magasins de produits culturels, le groupe s’est heurté à internet, à la dématérialisation des produits culturels, et d’abord de la musique, aux changements de comportement des consommateurs, aux achats en ligne et pour finir à la crise économique. Comme tous ses concurrents, le groupe a tenté de s’adapter à ces changements et, pour finir,  n’y est pas parvenu.


 
© Reuters

Virgin Megastore était peut-être condamné. Mais les salariés ne peuvent s’empêcher de douter: l’histoire n’aurait-elle pas pu s’écrire autrement ? Ils pointent l’engrenage fatal qui a les a conduits à la faillite.  « Nous allions incontestablement mal. Mais de nombreuses décisions qui ont été prises ces derniers mois n'ont fait qu'aggraver la situation et l'ont rendue irrécupérable », dit l’un d’entre eux.

Y a-t-il eu  un calendrier masqué dans la conduite de cette affaire ? La question ne peut qu’être soulevée au vu des documents internes, des courriers auxquels Mediapart a eu accès. Les dirigeants s’y préoccupent beaucoup de leur sort personnel, de leur contrat de travail, de leur bonus, de leur prime, de la façon de les faire avaliser par les actionnaires et par le mandataire judiciaire .

Ils semblent surtout pressés d’en finir. « Je dois impérativement être sortie le 30 juin pour inscription au chômage », écrit la présidente de Virgin, Christine Mondollot, dans un mail dès le 15 avril. A cette date, le groupe est officiellement encore en train d’examiner la candidature d’éventuels repreneurs et de chercher les moyens d’une continuation.

 

 

L’équipe dirigeante de Virgin, il est vrai, n’a guère de liens avec l’histoire de Virgin. Sa présidente, Christine Mondollot, est arrivée en juin 2012.  A son arrivée, quelques membres de la direction précédente sont partis, les autres venaient juste d’arriver. Les principaux directeurs de l’exploitation, directeur des achats, directeur financier, des ressources humaines, ont entre un et dix-huit mois d’ancienneté dans la maison.

Christine Mondollot est la troisième présidente en quatre ans, nommée par Butler Capital Partners. Actionnaire à hauteur de 75% aux côtés de Lagardère, qui a conservé 20% et de Geoffroy Roux de Bézieux (5%), le fonds d’investissement est  fatigué de cet investissement. Spécialisé dans le redressement d’entreprises, il a investi 35 millions d’euros dans la reprise du groupe en 2008. Une affaire qui ne lui a rapporté « ni dividendes ni commissions », précise un des gérants du fonds. Le mandat de Christine Mondollot semble clair: le groupe veut sortir rapidement.

Indemnités de rupture

A son arrivée, Christine Mondollot présente un nouveau plan de redressement. Si avenir il y a pour Virgin, il passe par l’abandon des grandes surfaces commerciales (plus de 7.000 m2 aux Champs Elysées) au profit de magasins plus petits (600 à 700 m2), avec des produits et des services très différents. C’est le plan que la nouvelle présidente présente en août 2012. Les salariés de Virgin, qui ne vivent qu’avec des mauvaises nouvelles depuis des années, comprennent que de nouveaux sacrifices vont leur être demandés. Mais ils veulent encore y croire.

Dès septembre, la direction du groupe suspend le paiement des loyers commerciaux, actifs essentiels pour Virgin, et les paiements à l’URSSAF . «Il fallait préserver ce qui restait de trésorerie en attendant Noël qui est une période où nous réalisons entre 30 et 40% de notre chiffre d’affaire », explique une porte-parole du groupe. Le groupe se déclarera en cessation de paiement le 14 janvier 2013, après Noël justement. Mais le tribunal de commerce de Paris a estimé que la cessation de paiement a commencé dès septembre, au moment où Virgin a interrompu ses paiements.

Pendant que Virgin se débat dans les difficultés, l’équipe de direction s’occupe aussi de ses petits problèmes. La grande affaire, c’est les rémunérations. Christine Mondollot a obtenu une rémunération conséquente (fixe + bonus correspondant en année pleine à plus de 330.000 euros). Mais  ceux qui  étaient là avant n’avaient pas eu les mêmes avantages. Décision est prise d’étendre le système, afin sans doute de «s’attacher les compétences». Au moment où Virgin suspend ses paiements à l’Urssaf, la direction accorde le 3 septembre 2012 à un de ses membres de la direction un contrat de travail revisité. La rémunération est augmentée. Il est adjoint un bonus équivalent à 20% du  salaire annuel. « Pour la première année, votre prime sera garantie à hauteur de 50% ». « Par ailleurs, en cas de rupture de votre contrat de travail, pour un motif autre qu’une faute grave (…) vous pourrez prétendre au versement d’une indemnité de rupture égale à 100.000 euros ».

Le paiement de ces bonus sera un sujet de préoccupation après le déclenchement de la procédure judiciaire. Car Virgin n’a plus d’argent et tout est sous contrôle de l’administrateur judiciaire. Mais un contrat de travail est un contrat de travail. Les dispositions accordées, même si elles l’ont été tardivement, seront respectées. « Nous paierons les bonus des salariés Virgin fin mars, via les AGS », écrit la présidente de Virgin le 28 février dans un mail adressé à l’actionnaire et à des membres de la direction. En d’autres termes, c’est le système social collectif  de garantie des salariés qui prend en charge les bonus accordés aux responsables de Virgin. Cela ne semble poser de problème à personne.

Le souci de la présidente de Virgin dans ce mail est  de s’assurer le paiement de son propre bonus. « Mon contrat stipule que j’ai la moitié du bonus annuel  qui est garanti. (… ) Pour la bonne forme, je demande à L. de confirmer son ok et à N. de passer ceci à la paie  sur la société Virgin holding. »  Le 11 mars, elle revient sur le sujet « J’ai envoyé à A. le mail de L. qui confirme ma demande de bonus 2012 qui correspond à mon contrat(…) merci de me confirmer que le bonus est bien dans les tuyaux pour ce qui me concerne », écrit-elle.

Pour plus d’assurance sur l’avenir, la direction financière de Virgin a transféré en octobre ou novembre 2012 des fonds à la holding du groupe, VSSA Holding, structure de contrôle du groupe mais qui n’est pas concernée par un éventuel redressement judiciaire, afin d’assurer le paiement des rémunérations de quelques membre de la direction- la présidente, la trésorière, etc.-  jusqu’à la fin. Le tout avec l'assentiment de l’actionnaire principal Butler Capital Partners. Le système sera reconfirmé par la suite par le mandataire judiciaire, Gérard Philippot. 

Interrogé sur cette pratique inhabituelle, le fonds d’investissement nous a répondu par écrit: « Il existe depuis la création de la société VSSA Holding (qui rémunère des personnes, dont le Président du directoire, au titre également de leurs fonctions dans Virgin Stores et ses filiales) une convention de services entre VSSA Holding et Virgin Stores. Au titre de cette convention Virgin Stores règle les sommes dues à VSSA Holding .(…). Il est également important de noter que la société Virgin Stores était en mandat ad hoc à l’automne 2012 et que toutes les opérations, notamment, entre Virgin Stores et VSSA Holding ont bien sûr été réalisées à la connaissance de ce mandataire ad hoc. »

Primes de rétention

 

 

A partir de la cessation de paiement, la direction sait que les jours de Virgin sont comptés. Si le groupe Pinault ne trouve personne pour reprendre la FNAC et n’a plus comme unique solution que de mettre le groupe de distribution en Bourse pour s’en débarrasser, quel repreneur pourrait être intéressé par Virgin, encore plus mal en point ? D’autant que les propriétaires de nombre des murs – banques ou fonds- ne sont prêts à aucune concession ou rabais. Le fonds qatari QIA a fait ainsi en décembre une proposition pour reprendre le bail commercial du magasin des Champs Elysées pour 19 millions d’euros. Sans plan d’accompagnement social, cette offre a été refusée par le comité d’entreprise.

Fin janvier, la direction se propose donc de mettre en place «  une prime de rétention » correspondant à 20% de salaire annuel pour un certain nombre de cadres et de dirigeants, qui vient naturellement s’ajouter aux indemnités de départ prévues contractuellement.  « Nous souhaitons nous attacher votre collaboration pour les … prochains mois à venir et à cet effet vous proposons de vous verser une prime de rétention d’un montant brut : 20% du salaire annuel de base. En contrepartie de laquelle vous vous engagez à ne pas quitter la société avant le 30 juin 2013 (…) Le versement de cette prime aura lieu à échéance convenue soit le 30 juin» est-il écrit dans le modèle type mis en ligne. 

Et il est à nouveau question de 30 juin. Pourquoi cette date apparaît-elle si importante dans tous les documents ? Y avait-il quelque engagement avec des parties tierces, supposant que Virgin ait clos ses portes à cette date ? Le fonds avait-il quelque échéance impérative ? Ni Butler Capital Partners ni le groupe n’ont répondu directement à ces questions. « Le seul aménagement à la connaissance de l’Assemblée Générale lié à la date du 30 juin est lié à la révocation du mandat de Madame Mondollot en date du 3 juin 2013, qui s’est bien entendu fait sous le contrôle de l’Administrateur Judiciaire Maître Philippot, et correspond à la fin prévisible de la période de redressement judiciaire (cf dates de jugement attendu en juin 2013) », répond par écrit le fonds d’investissement.

Une dizaine de cadres et de membres de la direction, à notre connaissance, bénéficient de ces primes de rétention. « C’est un dispositif habituel dans le cadre d’un redressement judiciaire. Il y a des personnes clés dont  le groupe a besoin de s’attacher les services pour continuer à fonctionner. Avant d’éviter qu’ils ne partent, il leur est proposé une prime », explique la porte-parole du groupe. Butler Capital Partners assure tout ignorer de ce dispositif. Il a cependant été validé par l’administration judiciaire. Ces primes de rétention seront payées, bien que Virgin soit désormais en liquidation, nous a confirmé la porte-parole du groupe. Ce dispositif est au cœur d’un différend entre la directrice des ressources humaines, partie en fin mars, et la direction. L’affaire est désormais aux prud’hommes.

Mais qui paiera pour ces engagements supplémentaires? Virgin est totalement asséché. Au moment de la liquidation, le passif s’élève à 180 millions d’euros. La plupart des actifs de valeur ont déjà été vendus par l'actionnaire: le Furet du Nord, la grande librairie de Lille, dès 2008, les magasins dans les gares en 2010 et les filiales internationales en 2012.  Ce qui reste est estimé à une petite quarantaine de millions d’euros. Et encore.

Car  tous ceux qui pourraient être intéressés par la reprise des morceaux de Virgin ont compris qu’ils pouvaient négocier à prix cassé. Ainsi, le fonds qatari, qui offrait 19 millions d’euros en décembre pour le bail commercial, n’en propose plus que 8 ou 9 millions aujourd'hui. Son offre est appelée à diminuer d’un million chaque mois, en compensation des loyers impayés. La liquidation de Virgin risque donc d’être très perdante. Le système collectif de garantie des salaires pourrait à nouveau  être appelé à la rescousse, pour honorer les engagements pris.

"Démontrer l'absence de moyens financiers"

Soucieuse de son avenir, la présidente de Virgin négocie aussi pour elle-même. «J’ai un mandat sans limite mais j’ai un contrat parachute qui doit être renégocié au vu de l’état de la société. C’est ce que je fais mercredi avec M. Phillipot. Mais il s’agit des conditions de sortie fin juin. (…) je vous tiens informés de ce qui est décidé», écrit-elle à plusieurs membres de la direction le 11mars. «J’ai oublié de vous dire que Walter Butler et L. P. sont d’accord pour signer un avenant avec 6 mois d’indemnités. Je prépare le doc, leur fais signer et vous me direz à qui je devrai (le)  donner », prévient -elle le 23 mars.« OK pour l’ordre du jour en ajoutant un point sur un projet d’avenant au contrat de mandat de Christine », répond Butler Capital partners le 4 avril.

Pendant que chacun organise le futur, un premier plan de sauvegarde de l’emploi commence à être négocié pour les 960  salariés de Virgin. Un cabinet d’avocats supplémentaire a été adjoint pour travailler sur ce projet, sur recommandation de l’administrateur judiciaire. Ses recommandations sont assez surprenantes : « L’objectif est de démontrer l’absence de moyens financiers de la société Virgin Stores en raison de sa situation financière actuelle et prévisible. Je vous laisse le soin de compléter, de supprimer et /ou ajouter tout élément que vous jugeriez utile visant à démontrer les moyens limités dont disposent la société Virgin Stores et ses filiales au financement de mesures d’aides au reclassement des salariés », écrit-il en complément de la première version du plan de sauvegarde de l’emploi , le 9 avril.

 

 

Ce n’est qu’après des semaines de bagarres et une occupation des magasins, que les salariés de Virgin ont obtenu une amélioration de leurs conditions de licenciement et de reclassement. La présidente de Virgin est sur le départ, comme prévu. Au 30 juin, elle aura juste un an d’ancienneté, ce qui lui donne droit à toutes les prestations de chômage. Selon des rumeurs insistantes, elle devrait être embauchée au Printemps, en cours de rachat par les Qatari, pour mener à bien la restructuration prévue (voir le plan social qui se cache derrière le rachat par le Qatar). Celle-ci a fait démentir l’information par l’intermédiaire de la porte-parole du groupe.

 

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 17:46

 

 

Marianne

Jeudi 27 Juin 2013 à 07:00 | Lu 12807 fois

 

 

Ils sont légions les adeptes de cette nouvelle stratégie consistant à mettre sous le tapis tout ce qui peut déranger. Mentir est une perte de temps. Mieux vaut ne pas parler du tout des sujets qui fâchent ou de l’actualité qui gêne. Des exemples ?

 

DSK sur Tf1 - DURAND FLORENCE/SIPA
DSK sur Tf1 - DURAND FLORENCE/SIPA
En voici un, énorme, caricatural. Pour expliquer la Bérézina de Villeneuve-sur-Lot, les socialistes ont dégainé tout l’arsenal de leurs habituelles balivernes : la faute à l’affaire Cahuzac (sans doute, un peu), la faute à la multiplication des candidatures (ils nous avaient déjà fait le coup en 2002 en prétendant que la candidature de Christiane Taubira avait causé la perte de Lionel Jospin), la faute à la crise, la faute à la météo dominicale…

La faute à tout le monde, sauf aux socialistes, sauf à la politique menée par le gouvernement. Les socialistes, comme hier la majorité UMP, sont devenus champions du monde toutes catégories pour battre leur coulpe sur le torse du voisin.

Evidemment, aucune de ces explications n’a convaincu personne et l’angoisse reste entière : quelle réponse politique, sociale, économique, morale, civique, citoyenne, apporter à l’inexorable progression du vote Front National ? Bonne question, merci de me l’avoir posée. Sauf que… silence.

Au Parti socialiste, le sujet est jugé bien trop grave pour en parler. Pas un mot ou presque lors des réunions des groupes parlementaires au Sénat et à l’Assemblée. Pas le moindre débat lors du bureau national du PS rue de Solférino, mardi. Quand le FN faisait 20% en 2002, la gauche descendait dans la rue ; à 47% dans l’Oise ou à Villeneuve-sur-Lot, elle se tait. Circulez, il n’y a rien à voir, rien à dire, rien à faire. Le PS est un tramway nommé Harlem Désir qui fonce droit dans le mur… en silence !

A l’UMP aussi, ils sont légions les adeptes de cette nouvelle stratégie consistant à mettre sous le tapis tout ce qui peut déranger. L’affaire Guéant ? No comment. La « bande organisée » de l’affaire Tapie ? Pas d’avis. Takieddine – oui, celui qui accueille Copé dans sa piscine ! - avoue avoir financé la campagne de Balladur en 1995 avec des rétrocommissions en liquide provenant de ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et au Pakistan ? Silence. Sarkozy et l’argent de Kadhafi ? En privé, on dit craindre le pire, mais en public, pas un mot. La bataille idéologique Copé-Fillon ? Motus.

Et quand l’un d'eux, Bruno Le Maire en l’occurrence, s’avise de vouloir sortir la tête de la tranchée, ils le flinguent d’une balle en plein cœur. Anonymement, évidemment.

L’ancien ministre de l’Agriculture a eu le malheur de proposer la fin du cumul des mandats dès 2014, la démission automatique de la fonction publique de tout haut fonctionnaire élu au Parlement, la limitation à trois du nombre de mandats nationaux successifs ou, pire, le strict contrôle de l’immigration clandestine et la révision des critères d’attribution de l’aide médicale pour les étrangers.

Et d’ajouter : « Je propose qu’à droite, nous parlions de manière moins provocante, mais qu’on aille au bout de nos idées (…) Quand des gens du voyage restent sur un terrain interdit et que le préfet ne fait rien, le FN prend dix points de plus ». On peut être d’accord ou pas avec Le Maire, mais tout cela mériterait au moins un débat, serein, courtois, respectueux. Non, débat interdit.

Aussitôt, Lemaire s’est retrouvé exécuté en place publique. Le journal Le Monde dresse le bûcher : « Bruno Le Maire, rattrapé par la droitisation de l’UMP ». Un ami de Copé craque l’allumette : « il ne sait pas où il habite. Le souci avec lui, c’est que l’on ne sait pas ce qu’il propose, puisque cela dépend de la saison ». Un proche de Sarkozy met le feu sous la paille : « Avec son double discours, il fait preuve de schizophrénie permanente ». Un dernier souffle sur les braises : « C’est un type intelligent qui dit des choses intelligentes, mais il a le charisme d’une huître ». Le Maire, rentre chez toi, tu gênes !

 

Et l’on pourrait ainsi multiplier les sujets dont il ne faut surtout pas parler.

La loi bancaire qui n’aura aucun effet sur les banques : la gauche ne veut pas dire qu’elle s’est reniée, la droite ne veut pas dire que ça l’arrange.

La suppression de 3200 postes de fonctionnaires en 2014 : la droite refuse d’admettre que la gauche – forcément dépensière - coupe dans les effectifs ; la gauche – qui fait de l’austérité sans le dire - a honte de l’avouer. Donc, pas un mot.

Dominique Strauss-Kahn qui revient jouer les oracles économiques au Sénat : parlons d’autre chose.

Le commerce des armes qui, malgré la crise, a augmenté de 30% depuis 2008 pour approcher la barre des 100 milliards de dollars : silence, on tue !

 

Encore un petit non-dit, avant de se quitter. Dans L’Express, Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC (jusqu’au 31 août prochain), déclare : « C’est la Chine qui a fait le moins d’erreurs économiques ». Oui, la Chine, qui pollue la terre entière, qui se moque du droit du travail et des droits de l’homme. De Pascal Lamy, on attendait plutôt qu’il dise : « C’est la Chine qui fait le plus d’horreurs économiques ».

Rappelons en effet qu’officiellement, Pascal Lamy est de gauche, que son nom a circulé – et circule encore - comme premier ministrable possible en lieu et place de Jean-Marc Ayrault, qu’il est l’idole des patrons – et pour cause ! - et que des élus (de gauche et de droite) se démènent dans les allées du pouvoir pour faire sa campagne.

Mais de cela non plus, il vaut mieux ne pas parler trop fort… Ca étoufferait la droite d’admettre qu’elle soutient des gens officiellement estampillés à gauche ! Ca défriserait la gauche d’avouer qu’elle compte des personnalités comme Pascal Lamy dans ses rangs.
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 17:26

 

Rue89

 

Arrêt sur images 27/06/2013 à 09h36
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

Catastrophe et décadence ! Les nouveaux TGV que le monde nous envie vont être remis à plus tard, réduction des déficits oblige. Nos TGV sabotés ! Notre fleuron, arrêté en pleine voie, par un accident de croissance ! Adieu, liaison Paris-Lyon par le Massif Central. Adieu, tronçon Poitiers-Limoges ! Adieu, serpent de mer Lyon-Turin ! Adieu, projet « pharaonique » de LGV entre Marseille et Nice. Seule la liaison Toulouse-Bordeaux pourrait être sauvée. Quant aux autres, aucun espoir avant 2030. Sauf évidemment si on arrive à les faire financer par le Qatar.

Dans les premières fuites de versions non définitives du « rapport Duron », que le ministre des Transports devrait dévoiler aujourd’hui, ce sont ces renoncements, qui étaient soulignés dans les titres, les rédacteurs épousant manifestement la pensée selon laquelle une nouvelle ligne de TGV constitue ontologiquement une bonne nouvelle, et rejoignant donc celle des auteurs (présumés) des fuites, la grande armée des féodaux dépités.

En fin d’articles, en bas de pages, on apprenait tout de même que le rapport Duron ne portait pas que de mauvaises nouvelles. Plutôt que de financer de nouvelles lignes à grande vitesse, le rapport envisagerait de résorber quelques « nœuds ferroviaires », à Paris, Lyon ou Marseille, en désenclavant des gares surchargées. Des « nœuds ferroviaires », quelle déchéance ! Imagine-t-on un président de la cinquième puissance mondiale inaugurant une gare souterraine ? Pas glamour, le nœud ferroviaire.

Pour une fois, un rapport exprime un vrai choix

Aussi bien, à quelques heures de la remise du rapport, voit-on surgir un élément de langage plus flatteur : le gouvernement, plutôt que le TGV, veut favoriser « les transports du quotidien ». S’attaquer aux retards récurrents des trains de banlieue, et des TER, qui empoisonnent la vie de millions de transportés quotidiens. Le peuple contre la turbo-élite. Très bien.

On peut objecter que « l’entourage de Jean-Marc Ayrault », cité par Libé, n’est pas forcément d’une objectivité parfaite quand il se fait le défenseur lyrique des « transports du quotidien », la bonne ville de Nantes bénéficiant déjà de sa liaison TGV super-luxe avec Paris (tiens, d’ailleurs, sauf erreur, le matinaute n’a repéré aucune fuite de la commission Duron à propos de Notre-Dame-des-Landes, qui puisse laisser penser qu’elle pourrait en penser quelque chose. A suivre). Mais bon. Voici, pour une fois, qu’un rapport exprime un choix, un vrai choix, même contraint, qui va changer la vie de millions de passagers quotidiens des bétaillères. Pour une fois qu’un élément de langage souligne une évolution salutaire, on ne va pas s’en plaindre.

 

Publié initialement sur
Arretsurimages.net
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 15:16

 

 

Le Monde.fr avec AFP| 26.06.2013 à 16h32

 

 

 

L'association de consommateurs UFC-Que choisir a dénoncé mercredi 26 juin le "tour de passe-passe" opéré par les banques françaises sur les tarifs bancaires, marqués par la généralisation de frais de tenue de compte en augmentation constante.

Si les frais liés aux 10 opérations surveillées par l'Observatoire des tarifs bancaires (carte bancaire, virement, prélèvements, etc.) "connaissent une hausse proche de l'inflation générale, les frais de tenue de compte, non compris dans cette liste et dont la définition reste des plus vagues, explosent", a déploré l'association, dans un communiqué.

Lire aussi : Banques : ces frais qui pèsent lourd

Sur les 105 établissements bancaires passés en revue par l'association en juin 2013, quelque 61 appliquaient des frais de tenue de compte, pour un montant moyen de 22 euros annuels. En 2010, avant l'activation de l'Observatoire, ils n'étaient que 39 à en facturer, pour 20,60 euros en moyenne.

"Face à ce énième tour de passe-passe tarifaire, l'UFC-Que choisir exhorte les sénateurs à généraliser l'information préalable à tout prélèvement de frais bancaire", a-t-elle indiqué, alors que le Sénat doit à nouveau examiner le projet de loi bancaire cette semaine et que l'Observatoire des frais bancaires s'apprête à publier son prochain rapport.

La multiplication des frais de tenue bancaire, et leur inflation, vise à "augmenter discrètement les tarifs en passant sous le radar actuel" de l'Observatoire et à "rendre artificiellement plus intéressants des packages pourtant inutiles, où ce service est inclus", a relevé l'association, dénonçant un "inadmissible vase communicant qui montre les talents d'illusionnistes des banques en termes de tarifs".

Lire aussi : Banques : la fausse bonne idée des packages

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 15:08

 

Marianne

 

Merkel prend les Allemands pour des imbéciles. Et alors ?

 

Rédigé par Thomas SCHNEE le Mardi 25 Juin 2013 à 18:25

 

Angela Merkel est bien la femme la plus puissante du monde. Elle fait ce qu’elle veut, comme elle le veut. Par exemple, en promettant n’importe quoi aux électeurs allemands, avec le sourire et surtout sans s’en cacher. C’est ce qu’elle a fait dimanche dernier en annonçant 28 milliards d’euros de promesses électorales qui, de l’avis même des conservateurs, ne seront jamais tenues !

 

Maitresse du jeu politique, Merkel promet tout et n'importe quoi © Markus Schreiber/AP/SIPA
Maitresse du jeu politique, Merkel promet tout et n'importe quoi © Markus Schreiber/AP/SIPA
Rigueur en deçà du Rhin, abondance au-delà

Devant un parterre de 600 délégués et députés conservateurs, et avant d’ouvrir les cadeaux électoraux, la Chancelière fédérale s’est tout d’abord laissé aller à un petit aparté plein de bon sens à destination de ses voisins européens en difficulté. Ces derniers feraient bien de cesser d’attendre « d’où viendra le prochain programme d’aide financière » pour mieux « se concentrer sur le rétablissement leur compétitivité », a-t-elle expliqué doctement. Une fois cette mise au point faite, Mme Merkel a sorti sa corne d’abondance et dispenser ses promesses de bienfaits à destination des électeurs allemands. Le tout sur le ton du « On-a-bien-le-droit-de-faire-ce-que-l’on-veut-avec-l’argent-que-l’on-a-gagné ». Hausse des allocations familiales et des pensions des mères de familles, plafonnement des loyers et investissements dans l’éducation, la recherche et les infrastructures, entre autres. La pluie d’or annoncée est évaluée à 28 milliards d’euros. Pourtant, l’électeur allemand doit se dépêcher de savourer car il est plus que probable que seule une petite partie de cette ondée bienfaisante touchera le sol après le scrutin du 22 septembre prochain. Merkel veut en effet tout cela, sans augmentation d’impôts, la rigueur budgétaire en sus. La gauche a immédiatement hurlé au « mensonge électoral ». Quant aux alliés libéraux de Merkel, ils refusent ce « poison sucré ». Mais en vérité, ces dépenses futures n’affolent pas beaucoup le compas libéral. Et le secrétaire général du FDP Patrick Döring a calmement rappelé que le moment venu, son parti jouerait le rôle de « facteur correcteur».

 

Un système qui permet de tout promettre sans rien donner

Sur ce point, Angela Merkel a un très net avantage sur François Hollande. Car le système politique allemand, qui favorise la constitution de coalitions gouvernementales, lui permet quasiment de tout promettre sans rien donner et ce, sans même pouvoir être accusée de ne pas avoir tenu parole. Ainsi, la formation du gouvernement fédéral est toujours précédée par des négociations pouvant durer plusieurs semaines, en vue d’élaborer un programme de gouvernement. Celui-ci n’est que le compromis des promesses électorales faites par les partis en lice. Et si ces derniers ne respectent que très partiellement ces dernières, c’est justement la faute au compromis ! Kurt Lauk, président du « Conseil économique » du parti conservateur, l’a très clairement expliqué en marge de la fête : « Les promesses électorales, c’est ce que les partis promettent pour être élus. Et on n'a jamais vu que ces promesses aient été reprises telles quelles dans un programme du gouvernement. Les électeurs le savent d’expérience », a-t-il assuré en précisant que tant que la consolidation budgétaire resterait l’objectif n°1, le programme de Mme Merkel devrait s’y plier.
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 14:54

 

Médiapart - Blog

 

 

 

Marine Le Pen était ce matin l'invitée de France Inter à 8h20 puis elle a répondu ensuite à deux questions d'auditeurs (ici). Il fallait entendre cette émission pour mesurer l'abjection de la dirigeante du Front national mais également celle de ses électeurs et électrices qui, je persiste et je signe, sont dénués du moindre principe et, en cela, homogènes au parlementarisme dans sa globalité.
La fille Le Pen a été interrogée sur Mandela agonisant et s'est contentée de quelques généralités creuses (difficile en effet de salir ce grand nom parmi d'autres de la grande tradition politique émancipatrice noire - pensons à Toussaint Louverture, à Martin Luther King, à Lumumba et Sankara...) pour ensuite, mise en difficulté par un Patrick Cohen assez pugnace pour une fois, finir par qualifier France inter de "radio bolcho" (bolchos dont il faut rappeler qu'Occident en 1968 voulait les envoyer à Dachau). Pourquoi cette extrêmité ridicule ? Parce que la rédaction d'inter avait rappelé fort opportunément que la mairie FN de Vitrolles avait débaptisé la place Mandela de la ville et que le père Le Pen avait déclaré qu'il n'était ni ravi, ni ému par la libération de Madiba en 1990.

La capacité du FN, visiblement avalisée par ses électeurs, à mentir comme il respire est saisissante. Du reste, quoi d'autre, une fois encore, que la haine du genre humain chez ce parti et parmi ses électeurs et électrices ? Jugez-en plutôt.

Au moment des questions des auditeurs, une dame appelle pour dire comme un passage à l'acte - dont elle semble savoir qu'il est une abjection - qu'elle va voter FN (ce que, dit-elle, elle n'avait fait jusque là). Elle déroule la vieille jalouissance lepéniste désormais bien connue pour finir par dire que la réforme des retraites n'est pas juste mais qu'il faut quand même la faire au nom de l'équité (l'égalité est une notion à jamais étrangère à cette engeance haineuse et percluse de passion triste). Pour cela donc, la dame du Lubéron est prête à se couvrir d'excréments et dès lors, il faut s'interroger : dédiabolisation du F"N" ou diabolisation du parlementarisme ? Toujours est-il que l'auditrice commence par se poser en victime pour justifier la misère égoïste de sa pensée et son ralliement à l'hallali xénophobe et islamophobe.

Un second auditeur, ensuite. Badredine, il me semble, prolétaire arabe qui demande à Marine Le Pen s'il est vrai qu'elle prévoit d'expulser les étrangers en situation régulière dès lors qu'ils n'auraient plus de travail ou qu'ils se retrouveraient au chômage. La chef du F"N" louvoie mais pas trop. Elle n'a pas le discours directement fasciste type Aube dorée mais finit par dire que oui, en effet, au bout de six mois, son interlocuteur sans emploi se verrait couper toute aide de l'Etat au motif à la fois ahurissant et abject... qu'il n'est pas français ! S'ensuivrait donc, rapidement, une expulsion puisque zombifié socialement, un salarié étranger venu d'un pays pauvre n'aurait guère le choix. Rien donc sur la vie réelle de ces ouvriers, sur leur travail et leur dos cassé... Rien sur les gens vivants de ce pays vivant. Le FN, c'est le sang, la terre et les morts. Le maçon arabe au bout du fil se voit exterminé juridiquement par Marine Le Pen qui fait fi du pays réel des gens de partout, parmi lesquels des ouvriers étrangers auxquels celles et ceux qui les ont exploités doivent bien plus que le respect.

Il est donc beau le FN nouveau ! Il reste en tous les cas l'antithèse de la Révolution française dans ce qu'elle eut de plus de plus grand et les pourfendeurs, hélas à la mode, de Robespierre et de la Terreur (largement fantasmée, lire Jean-Clément Martin) feraient bien d'une part de lire la constitution de 1793 et, d'autre part, de réfléchir à la terreur administrative (typiquement fasciste, elle) qui est dans les cartons des fantoches du F"N" et, sans doute, d'une partie de la droite.

En mettant en rapport les deux interventions-questions des auditeurs, on voit bien que même sous couvert d'équité, le Front national a la passion de l'inégalité et qu'en cela, loin des fadaises attrape-tout sur la Révolution, Valmy, etc., il est l'ultime avatar de la logique de l'Ancien régime. Et les pauvres qui sont prêts à voter pour lui sont, pour reprendre Hugo à propos des Thénardier, de mauvais pauvres qui constituent, du reste, une bourgeoisie dans le peuple qu'ils sont prêts à écraser et à réduire sur des critères ignobles. Car quand on est pauvre (à supposer qu'il y ait des pauvres qui votent FN), si l'on pactise avec des milliardaires capitalistes véreux pour écraser plus faibles que soi, alors on ne mérite aucun respect ni aucun regard de compassion. Rien ne justifie de fouler aux pieds ses frères de classe - d'où qu'ils viennent.

De ce point de vue, il est donc vain, hélas, d'insister sur le caractère mensonger du slogan "Mains propres et tête haute" du FN. Qu'il soit corrompu ne pose de problème qu'à une infime partie de ses électeurs. La préférence nationale est en soi une corruption politique par rapport à l'égalité. Si l'existence précède l'essence, comme le disait notre grand bolchevik Jean-Paul Sartre, alors, comme dans Figaro, la naissance n'est le nom de rien. Dire le contraire, c'est réhabiliter Capet et l'inégalité.

Toute protestation contre l'ordre inégalitaire du monde est vaine dans la bouche envieuse des sympathisants du Parti des Ténèbres. Il faut réduire politiquement ce tout-à-l'égoût discursif et le grand n'importe quoi, typiquement fasciste pour le coup, du FN.

 

Affirmons, pour commencer :

- Le travail, ça compte et ça ouvre à des droits !

- Le pays se compose de tous ceux qui y vivent !

- La France est un pays arc-en-ciel, c'est depuis toujours ce qui la rend vivable !

- Combattons les inégalités ! Luttons pour l'égalité entre tous les gens qui vivent ici !

- Français ou pas, on s'en fout ; vive le peuple multinational de France !

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 14:43

 

Le Monde.fr

 

  | 26.06.2013 à 09h38 • Mis à jour le 26.06.2013 à 12h54 | Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

 
 
L'homme d'affaires, soumis en France à un strict contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le pays, aurait tenté de se procurer un passeport diplomatique de République dominicaine.

Ainsi donc, après des années de dénégations et de déclarations incohérentes, Ziad Takieddine a craqué. L'homme d'affaires au cœur du volet financier de l'affaire de Karachi a livré, jeudi 20 juin, les aveux que les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire n'espéraient plus.

L'intermédiaire d'origine libanaise a enfin admis ce que les investigations judiciaires – et journalistiques – avaient rendu évident, à savoir qu'il avait bien œuvré au financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, via des rétrocommissions issues des juteux contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, dans lesquels le gouvernement du même Balladur lui avait concédé le rôle d'intermédiaire.

Placé en détention provisoire depuis le 31 mai pour avoir tenté de se procurer un "vrai-faux" passeport dominicain, sans doute destiné à lui permettre de s'enfuir, M. Takieddine, lâché par ses anciens amis balladuriens et sarkozystes, ne supporte pas son incarcération, ce qui explique sans doute son changement d'attitude.

 

Lire: La détention de Ziad Takieddine est une 'farce' selon son avocat


 DES VALISES D'ESPÈCES

Alors, dans le cabinet de M. Van Ruymbeke, M. Takieddine a raconté dans quelles circonstances il avait rencontré, fin 1993, Thierry Gaubert, ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly puis au ministère du budget (entre 1994 et 1995), qui lui avait été présenté par Nicolas Bazire, à la fois directeur du cabinet du premier ministre Edouard Balladur et directeur de sa campagne présidentielle.

Selon M. Takieddine, M. Bazire l'aurait appelé en décembre 1993 pour l'informer qu'il allait être contacté par M. Gaubert, qu'il avait mandaté. Il s'agissait de préparer la visite de M. Balladur en Arabie saoudite, avec l'espoir de décrocher un contrat de vente de frégates, dit Sawari II, susceptibles de rapporter beaucoup d'argent à l'Etat français.

M. Gaubert présente à M. Takieddine son épouse, la princesse Hélène de Yougoslavie, son ami Philippe Smadja (qui sera mis en cause, comme M. Gaubert, dans l'affaire du "1 % logement"), un proche de M. Sarkozy, Dominique Desseigne, l'associé de M. Gaubert en Colombie, Jean-Philippe Couzi ou encore Pierre-Mathieu Duhamel, futur directeur général des douanes françaises. C'est à cette date que l'épouse de l'intermédiaire, Nicola Johnson, sympathise avec Mme Gaubert. Les deux femmes, depuis, ont rompu avec leurs maris et les ont dénoncés aux juges.

Las, le voyage de M. Balladur à Riyad en janvier 1994 se révèle être un échec. Mandaté par les autorités françaises pour débloquer la situation, avec son associé Abdul Rahman El-Assir, M. Takieddine dit ne plus avoir eu de nouvelles de M. Bazire jusqu'à la signature du contrat Sawari II, le 24 novembre 1994. C'est juste après cette date que M. Bazire l'aurait recontacté pour lui dire que M. Gaubert avait un message à lui faire porter. Ce message est simple : Gaubert réclame 1,5 million de francs, afin de financer la campagne de M. Balladur. M. Takieddine accepte à condition qu'il les lui remette en cash à Genève, où M. Gaubert détenait lui-même des avoirs.

A Genève, les deux hommes retrouvent M. El-Assir qui avait préparé l'argent, en coupures de 500 francs, glissées dans une mallette remise à M. Gaubert. Selon M. Takieddine, cette remise de fonds s'apparentait à un "retour d'ascenseur" logique, le contrat Sawari II lui ayant rapporté une fortune. Dix jours plus tard, M. Gaubert vient trouver M. Takieddine pour lui demander "la même somme". Après s'être assuré que M. Bazire était informé de cette nouvelle demande, M. Takieddine procède de la même manière : il prend rendez-vous à Genève avec MM. El-Assir et Gaubert, le second repartant avec une valise d'espèces d'1,5 million de francs.

D'après l'homme d'affaires, il y aura une troisième visite de M. Gaubert, qui va réclamer cette fois 3 millions de francs. "On doit boucler les comptes, il nous manque 3 millions et quelque", lui aurait dit M. Gaubert. Jugeant la demande excessive, M. Takieddine se rend dans le bureau de M. Bazire pour avoir confirmation. "M. Bazire m'a dit qu'effectivement, ce que m'a demandé Gaubert est vrai car ils avaient besoin de cet argent, mais que c'était la dernière fois." Une nouvelle fois donc, via M. El-Assir, M. Takieddine va remettre une valise d'espèces à M. Gaubert.

 

 DES SONDAGES PAYÉS PAR LES VENTES D'ARMES

Les révélations de M. Takieddine confortent les découvertes des juges sur les déplacements à Genève de MM. Gaubert et Takieddine, les retraits d'espèces suspects détectés à cette période, ou encore le témoignage de Hélène Gaubert, qui déclarait au Monde, le 26 septembre 2011, à propos de son mari : "Il m'a dit un jour qu'il allait chercher ces espèces en Suisse pour les remettre à Nicolas Bazire."

M. Takieddine a également mis en cause François Léotard, ministre de la défense entre 1993 et 1995 et son conseiller Renaud Donnedieu de Vabres. Les deux hommes avaient imposé le duo Takieddine-El-Assir dans les contrats d'armement. "M. Donnedieu de Vabres représentait M. Léotard", a déclaré M. Takieddine qui a révélé qu'après l'élection de 1995, M. Donnedieu de Vabres lui avait demandé de l'aider à payer le loyer de son appartement parisien : "Je lui ai payé en cash allant jusqu'à des sommes entre 15 000 et 20 000 francs à chaque fois", a-t-il dit. L'intermédiaire assure avoir également "financé" une partie de l'installation de M. Donnedieu de Vabres à Tours, ainsi que sa campagne législative, en 1997. Au total, il estime lui avoir remis "un maximum de 250 000 francs" en liquide.

M. Takieddine a par ailleurs confirmé que le politologue américain Paul Manafort avait effectué des sondages au profit du camp Balladur, via M. El-Assir, donc payés par les ventes d'armes. "M. Manafort, a-t-il ajouté, ne m'a pas précisé [que cette étude] avait été payée par M. El-Assir mais je l'ai supposé", révélant à ce sujet l'existence de "contacts directs" entre MM. Bazire et El-Assir. Interrogé par Le Monde, Me François Esclatine, avocat de M. Gaubert, a déclaré : "Mon client conteste et s'expliquera devant le juge". Me Frédéric Landon, l'avocat de M. Bazire, de son côté, a assuré que son client "conteste formellement ces allégations".

Quant au défenseur de M. Takieddine, Me Francis Vuillemin, tout en dénonçant une "détention-pression", il reconnaît que ce que son client a dit est "énorme". M. Takieddine sera prochainement confronté à MM. Gaubert et Bazire.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 14:25

 

 

Rue89 - Blog

Corinne Lepage
Présidente de Cap21


Publié le 26/06/2013 à 14h59

 

 

La loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste en France pourrait être remise en cause. En effet, le Conseil d’Etat devrait autoriser son renvoi devant le Conseil constitutionnel. La chambre des conflits du Conseil d’Etat avait été saisie Schuepbach Energy, dont deux permis pétroliers avaient été annulés.

La France a connu beaucoup de ministres de l’Ecologie, certains détestaient l’environnement et ses acteurs, d’autres étaient là faute de mieux, d’autres encore ont fait de leur mieux et ont effectivement marqué des points. Mais jusqu’à présent, nous n’avions pas connu de ministre qui accepte de prendre ou d’endosser des décisions aussi contraires aux discours tenus, au demeurant le plus souvent lénifiants.

Nous aurons probablement l’occasion de le constater dans les mois qui viennent, à propos des décisions qui suivront le débat sur la transition énergétique mais nous en avons déjà un très bel exemple avec l’affaire des gaz de schiste.

Permis d’exploration signé en catimini par Borloo

Tout commence le 1er mars 2010 quand Jean-Louis Borloo signe en catimini le permis d’exploration des gaz de schistes, dont celui de Montélimar. A cette époque, de gros doutes envahissent quelques associations et il faudra attendre une tribune que je signe le 20 décembre 2010 sur Rue89 pour que la mobilisation commence et que la première manifestation s’organise au Larzac.

Retour sur les grandes étapes :

  • Le 20 janvier 2011, une ordonnance prétend modifier le Code minier. Au nom de Cap21, j’attaquerai cette ordonnance qui viole ouvertement le code de l’environnement.
  • Le 13 juillet 2011, une loi interdit la fracturation hydraulique et abroge certains permis. Nathalie Kosciusko-Morizet lancera une mission pour proposer une réformette opportuniste du code minier, qui restera dans les cartons.
  • En mars 2012, alors que la technique est interdite, le ministère lance une commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation de cette technique ayant pour mission « d’évaluer les risques environnementaux liés à la fracturation hydraulique et d’émettre un avis sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique ».
  • La ratification de l’ordonnance portant codification de la partie législative du code minier sera déposée le 4 mai 2012, entre les 2 tours de l’élection présidentielle alors que le Ministère de l’environnement n’a plus d’occupant depuis le 22 février.

Exploration signifie exploitation

Pendant toute cette période et depuis cette date, la pression des gaziers et pétroliers soutenus par le Medef ne faiblit pas. Les habitués du lobby nucléaire au sein du parlement que sont Jean-Claude Lenoir et Christian Bataille, signataires d’un rapport sur les techniques alternatives ont pris le relais.

L’exploration, coûteuse, ouvre nécessairement la voie à l’exploitation et sans appel d’offres. De plus, le code minier actuel que nous devons à Mme Kosciusko-Morizet ne prévoit aucune protection ni aucune redevance pour l’Etat dans la phase dite d’exploration. Enfin, les contrats de long terme passés par la France avec l’Algérie ou la Russie garantissent un prix élevé, ce qui signifie que l’exploitation virtuellement moins chère du gaz de schiste ne profitera qu’aux sociétés gazières et non à l’industrie et encore moins aux consommateurs.

Malgré des déclarations apparemment fermes sur le refus d’entrer dans la problématique gaz de schiste, discrètement, c’est la politique contraire qui se met en place.

Tout d’abord, en retardant la sortie de la réforme du code minier qui devrait protéger financièrement l’Etat et appliquer le droit communautaire et le droit de l’environnement.

Dans le même temps, instruire les nombreuses demandes d’autorisations qui sont dans les tuyaux, comme si de rien n’était, après avoir pris les Français pour des imbéciles en leur faisant croire que rejeter sept demandes signifiait rejeter toutes les demandes.

Enfin, sur le plan juridique, en ne s’opposant pas vigoureusement à la question prioritaire de constitutionnalité dont les titulaires d’autorisation voulaient saisir le Conseil Constitutionnel.

Il est pour le moins paradoxal de voir les pourfendeurs habituels du principe de précaution s’en prévaloir pour tenter d’obtenir l’inconstitutionnalité de la loi Jacob. Quoiqu’il en soit, au lieu de défendre la loi Jacob, le ministère, qui a hésité à intervenir, le fait de la manière la plus molle possible, comme s’il souhaitait une saisine du Conseil constitutionnel, puis une censure par ce dernier.

Profits maxima et risques minima

Si la loi était jugée inconstitutionnelle, elle ne pourrait être appliquée. Les autorisations demandées ne pourraient être refusées et l’absence de publication du code de l’environnement éviterait toute difficulté aux entreprises gazières. Succès sur toute la ligne pour les multinationales. Echec sur toute la ligne pour les citoyens.

Au-delà du cynisme qu’illustre ce comportement, il est dramatique y compris si nos réserves sont importantes. En effet, la pression pour délivrer les permis d’exploration n’a aucunement pour objectif de connaître notre richesse mais bien de s’accaparer le sous sol pour s’en réserver une exploitation future, avec les profits maxima et les risques minima.

Si en définitive l’intérêt général conduit à rendre nécessaire la connaissance de nos réserves en gaz de schiste, la seule solution conforme à l’intérêt général consiste, comme la loi l’a prévu, à confier à un organisme public le soin de répondre à cette question, puis de déterminer dans l’hypothèse où des procédés non polluants existeraient un jour, s’il convient ou non d’exploiter. Dans le cas d’une réponse positive, l’exploitation ne pourrait se faire qu’en payant à son juste prix une ressource qui appartient à la Nation, en encadrant les autorisations de règles extrêmement strictes et en assurant l’indemnisation complète et réelle de tous les préjudices qui pourraient être causés quels qu’en soit la nature.

Mais, l’histoire telle qu’elle est en train de s’écrire aboutira à une solution inverse : permettre l’exploitation des gaz de schiste, avec une méthode dont les saccages commencent à être reconnus même aux Etats-Unis, sans revenus adéquats pour l’État, et sans aucune garantie ni en amont par les études d’impact, ni en aval par une réparation intégrale de tous les préjudices y compris le préjudice écologique.

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 14:08

 

La voix du nord.fr

Publié le 25/06/2013

Par A. D.

 


 

Ces opposants farouches à la prolifération des affiches publicitaires ont mené, mardi soir, leur 61e action de barbouillage de panneaux. Leur récente interpellation ne les a visiblement pas découragés.

 

Les militants se sont divisés en quatre équipes, très bien organisées.

 

 

 

L’opération débute à 18 h 30, sous la statue du général Faidherbe, place Richebé, où une vingtaine de déboulonneurs sont réunis pour un briefing. Beaucoup sont des combattants de la première heure, sauf quatre nouveaux qui écoutent attentivement les conseils de Laetitia. « On va barbouiller les pubs des abribus et les sucettes, ces panneaux sur pied, explique la quasi-vétérante. On en compte 700 en ville, la dernière fois on en avait fait 160. »

Un tel résultat demande une parfaite organisation. Les militants, tous à vélos et très mobiles, se divisent en quatre équipes. Chacun ira barbouiller un quartier, selon des parcours établis sur plans : ce sera Wazemmes, le centre et ses voies piétonnes, Moulins, et Esquermes.

Au blanc d’Espagne

L’armement est simple : des pinceaux et du blanc d’Espagne. La mixture est présentée comme « non dégradante, biodégradable et lavable d’un coup de chiffon ». Elle doit juste être secouée avant emploi. Les militants en profitent pour évoquer les interpellations lors de la précédente action : « C’était une erreur, avance un déboulonneur, les policiers ont pour consigne de ne pas intervenir. »

À 19 h, les quatre groupes se dispersent rapidement en ville. Laetitia emmène ses barbouilleurs vers le parc Lebas. Premier arrêt boulevard de la Liberté, à l’angle de la rue de Valmy. Laetitia sort le pinceau et une carte plastifiée où sont rappelés les slogans anti-pub « réglementaires » (tout autre message est proscrit).

Là encore, l’opération est parfaitement organisée. Pendant que la jeune femme badigeonne son « marre de la pub ! », un militant photographie, un troisième note le nombre de pubs « traitées » (quatre faces d’abribus et une « sucette » à ce carrefour). Et le dernier explique l’action aux passants, précisant qu’un quart des « sucettes » lilloises « ne sont pas légales, selon le règlement de la publicité ». Des ados écoutent, curieux. « On a toujours de bons retours, sauf avec les étudiants en commerce », sourit Laetitia, avant de reprendre sa route.

Mardi soir à 21 h, les militants annonçaient 174 pubs badigeonnées.

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 13:58

 

blog.france3.fr

 

Publié le par Jérémy Chevreuil

 

 


Barbara Romagnan sur le plateau de La Voix est libre (©f3fc)

Elle n’a pas son pareil pour faire entendre sa propre petite musique au Parti socialiste, quitte à écorcher les oreilles de ses camarades. Samedi matin, dans l’émission La Voix est libre sur France 3 Franche-Comté, la députée du Doubs a proposé sa solution pour lutter efficacement contre le chômage: réduire à nouveau le temps de travail.

« Je pense qu’il faut vraiment engager cette réflexion », soutient la jeune élue, qui se définit comme « une députée militante ». La durée légale du travail reste un sujet très sensible, encore tabou au PS, alors même que plusieurs ténors socialistes ont défendu ces dernières années un assouplissement des 35 heures.

 
Socialiste, elle veut « partager les richesses ». Partisane acharnée du non cumul, elle veut « partager le pouvoir ». Et pour lutter contre le chômage, voilà qu’elle entend maintenant « partager le travail ». Alors qu’elle est privée de questions orales à l’Assemblée nationale pour ne pas avoir respecté les consignes de vote du groupe PS plus souvent qu’à son tour, Barbara Romagnan cultive à nouveau sa différence. Il faut « qu’on reprenne la marche vers la réduction du temps de travail », propose l’élue bisontine, proche de Benoît Hamon. Une audace quand on se rappelle la polémique de l’automne dernier, quand le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait assuré qu’ « il n’est pas question de revenir sur les 35 heures » après un entretien avec les lecteurs du Parisien. « Ce n’est pas un débat qui est relancé », avait même précisé le chef du gouvernement, qui avait d’abord répondu « pourquoi pas? » à une question portant sur le retour à la semaine de 39 heures.

Une prise de position qui n’est donc pas celle de Barbara Romagnan, même si la députée le reconnaît: pour l’instant, la majorité n’est pas encline à porter ce combat: « Aujourd’hui ce n’est clairement pas le cas. Moi je vous dis ce que j’en pense. »

 Voici l’extrait de l’intervention de Barbara Romagnan sur les mesures contre le chômage (la vidéo de La Voix est libre est ici)

« On a pris des mesures nécessaires et utiles, par ailleurs je pense qu’il y a des choses plus profondes à engager. A mon sens, avec un taux de croissance qui est toujours si faible et qui va vraisemblablement le rester, je pense qu’il faut qu’on s’engage beaucoup plus fortement dans la transition énergétique, et qu’on reprenne la marche vers la réduction du temps de travail. Aujourd’hui, le travail est bien partagé, il l’est déjà entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas. Je pense qu’il faut vraiment engager cette réflexion. Partager le travail, le temps et les richesses qui y sont associées autrement on ne pourra pas résoudre durablement et vraiment le problème du chômage. »

« On est dans un pays les plus riches du monde, avec des salariés qui sont parmi les plus productifs du monde. On continue à produire de la richesse, et on a besoin de moins en moins d’heures pour le faire. Ecoutez, c’est une bonne nouvelle. Mais c’est une bonne nouvelle dans la mesure où l’on fait ce qu’il faut pour qu’il n’y ait pas des gens qui passent tout leur temps au travail, qui en souffrent, et qui parfois y meurent, tellement c’est difficile. Et d’autres qui souffrent de ne pas en avoir, à la fois parfois parce qu’il ne peuvent pas subvenir à leur besoin, et aussi parce qu’aujourd’hui encore, avoir un travail, c’est un élément essentiel et fondamental de l’identité de chacun. »

Autour de la table, la députée UMP du Doubs Annie Genevard réagit fermement:

« Il ne faut pas être dogmatique, tout doit être fait pour réduire le chômage qui est un cancer de notre société. Mais je suis absolument convaincue que la réduction du temps de travail n’est pas la solution. Il suffit d’écouter les chefs d’entreprises pour en être convaincu. »

Et la maire de Morteau de citer en exemple le dispositif annoncé par Jean-Marc Ayrault lors de la conférence sociale: « améliorer la formation sur les métiers qui sont en tension ».

En revanche, Barbara Romagnan reçoit le soutien de son collègue écologiste Eric Alauzet, qui « partage totalement » son point de vue:

« Il faut partager les revenus et donc le travail qui existe. Si on peut en avoir plus tant mieux, mais à un moment donné, quand il y a un certain nombre d’heures qui est contenu, il faut les partager et partager les revenus. »

A défaut d’obtenir le soutien de tous ses camarades socialistes, Barbara Romagnan pourra au moins se compter sur son voisin d’EELV. Elle qui confiait récemment se sentir « mal à l’aise » au PS depuis 20 ans va certainement, avec cette proposition, mettre « mal à l’aise » certains de ses collègues socialistes.

 

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