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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:48

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

Réemploi

Recharger les piles « jetables » ? C’est possible avec « RegenBox »

 
 
Le 26 septembre 2016
Par Come Bastin
 
 

Le designer Cédric Carles et son association Atelier 21 ont créé un régénérateur qui en est capable. Placé en open-source, le prototype va désormais être testé par le grand public via une campagne de financement participatif en cours.

En 2014, 1,2 milliard de piles ont été mises sur le marché en France, pour la plupart sont des piles alcalines à usage unique. 33 000 tonnes de déchets toxiques, dont seul un tiers part dans les circuits de recyclage. Mais si l’on pouvait sauvegarder l’environnement (et notre porte-monnaie) en réutilisant ces piles « jetables » dix, voir vingt fois ?

À la tête de l’association Atelier 21, spécialisée dans les économies d’énergie, Cédric Carles en est persuadé. C’est en tombant sur une publicité des années 80 vantant les mérites d’un chargeur pour batteries jetables qu’il décide de se pencher sur cette technologie disparue. « L’entreprise, Rayovac, aurait mis la clé sous la porte suite au désistement d’un fournisseur mais on trouve beaucoup de discussions à ce sujet sur Internet et on a réussi à récupérer un vieil appareil d’occasion », raconte le designer franco-suisse.

 

Rechargeables 25 fois

Aux côtés du laboratoire de sciences citoyennes La Paillasse et des collectifs Zero Waste France et Halte à l’obsolescence programmée, l’équipe d’Atelier 21 s’est donc attelée à fabriquer son propre régénérateur de piles baptisé RegenBox. « On envoie des micropulsations de courant dans la pile pour inverser le processus électrochimique qui a lieu lorsqu’elle se décharge, détaille Cédric Carles. Résultat ? On a réussi à recharger 20 fois certaines piles à usage unique ! » Seule contrainte : la recharge doit être faite lentement – comptez 10 heures pour un plein.

 

 

 

Capable de régénérer les piles jetables comme rechargeables, le prototype a été partagé en open-source. « On veut maintenant créer une communauté de béta-testeurs pour vérifier le système et obtenir des données sur les piles les plus performantes », explique Cédric Carles. Atelier 21 a lancé une campagne de crowdfunding dont l’argent servira notamment à développer la carte informatique Arduino contrôlant le régénérateur. Ceux qui choisiront d’investir 60 euros recevront un prototype et participeront ainsi à la recherche.

 

Silence des fabricants

RegenBox est issu du projet paléo-énergétique visant à mobiliser le grand public pour ressusciter des technologies énergétiques oubliées. Et ce régénérateur de piles remporte l’adhésion du public, s’enthousiasme Cédric Carles, qui assure échanger déjà avec des collectifs africains : « les régénérateurs pourraient servir dans les stands de recharge des téléphones portables ! » Des professeurs de technologie et des fablabs aimeraient également participer à leur diffusion.

Du côté des fabricants les réactions se font un peu plus attendre. « Les piles répondent à des normes conçues par l’International Electronical Commission (IEC) que nous appliquons », justifie auprès du « Parisien » Anne-Charlotte Wedrychowska, du Syndicat français des fabricants de piles et d’accumulateurs portables. Qu’importe : « RegenBox est un projet citoyen dont l’objectif est d’abord d’éveiller les consommateurs au stockage de l’énergie », conclut Cédric Carles.

 

 
A propos de l’auteur Come Bastin
 
Guetteur d'innovations sociales, technologiques et environnementales, j'écris pour Ouishare, Socialter, WeDemain et parle sur Nova. Suis de près l'économie collaborative et les mutations du capitalisme. Prix Reporters d'Espoirs 2015.

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:39

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=eACvMGVfe9w&feature=youtu.be

 

 

Messages de solidarité d'Argentine pour les 8 de Goodyear

 

 

Messages de solidarité d'Argentine pour les 8 de Goodyear par Révolution Permanente

 

 

Ajoutée le 19 oct. 2016

-Raul Godoy, ouvrier de Zanon sous contrôle ouvrier et député du FIT sur la province de Neuquen
-Travailleurs du syndicat du pneumatique de la province de Buenos Aires, Argentine
-Juan Gonzalez, travailleur de Printpack, industrie graphique, Buenos Aires, Argentine

 

 

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Source : https://www.youtube.com/watch?v=MfhiwjFxGr0&feature=youtu.be

 

 

A Amiens par milliers pour la relaxe des Goodyear

 

 

 

 

Ajoutée le 19 oct. 2016

La France qui se lève tôt s’était donné rendez vous à Amiens ce mercredi 19 octobre pour manifester son soutien aux huit anciens salariés de Goodyear, rejugés en appel, après leur condamnation en janvier de cette année, à 24 mois de prison dont neuf ferme. Dès 8h, au parc Saint Pierre, l'ancien représentant CGT de Goodyear Mickaël Wamen, a pris la parole ainsi que son avocat avant de se rendre escorté par la foule au palais de justice. Venus de toutes les régions et même des pays voisins, syndicalistes, représentants politiques, artistes ou simples citoyens, tous avaient voulu faire de cet évènement un temps fort de la lutte contre la répression anti syndicale, la justice de classe et la violence du capitalisme financier. Même avant l'énoncé du jugement, l’ampleur de la mobilisation avait un gout de victoire.

 

 

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Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Deux ans de prison avec sursis requis contre les anciens salariés de Goodyear

 

Huit anciens salariés de Goodyear, dont cinq délégués CGT, ont comparu en appel mercredi pour « séquestration et violences en réunion ». Le délibéré sera rendu le 11 janvier.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 


Six des huit prévenus, mercredi 19 octobre, devant la cour d’appel d’Amiens.Couverture

 

Condamnés pour séquestration à deux ans de prison, dont neuf mois ferme, en première instance en janvier, huit anciens salariés de Goodyear Amiens-Nord ont comparu mercredi 19 octobre devant la cour d’appel d’Amiens (Somme). A l’issue de la journée d’audience, l’avocat général, Dominique Tailhardat, a requis deux ans de prison avec sursis pour les anciens ouvriers. L’avocat de la défense, Fiodor Rilov, a demandé de son côté « la relaxe », après deux heures de plaidoirie, pour les huit ex-Goodyear.

Les prévenus, dont cinq sont des délégués de la CGT, étaient poursuivis pour « séquestration et violences en réunion » après avoir retenu pendant plus de trente heures deux cadres de l’entreprise, les 6 et 7 janvier 2014. Une ultime action intervenue à l’époque après sept années de lutte contre la fermeture de l’usine, actée deux semaines plus tard.

La condamnation des protagonistes, deux ans plus tard, à de la prison ferme avait été perçue comme un coup de tonnerre dans le milieu syndical et politique. C’était en effet une première en France contre des syndicalistes. D’autant plus que les deux cadres séquestrés – Bernard Glesser, directeur des ressources humaines, et Michel Dheilly, directeur de production – ainsi que Goodyear avaient retiré leur plainte dans le cadre de l’accord de fin de conflit signé le 21 janvier 2014. Mais le parquet a décidé de poursuivre l’affaire.

 

Lire aussi :   L’entretien de décryptage avec un avocat en droit social après la condamnation en première instance

 

Les prévenus se sont donc retrouvés devant la cour d’appel d’Amiens, mercredi matin, soutenus par plusieurs milliers de personnes (10 000 selon la CGT et 5 000 selon la préfecture), parmi lesquelles de nombreuses personnalités politiques, dont les candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Arthaud, ou encore Olivier Besancenot. Ils dénoncent un procès de la « répression syndicale ».

 

« Les pires heures de ma vie »

Mercredi, les anciens salariés ont été interrogés à nouveau sur le déroulement de la journée du 6 janvier 2014. Ce matin-là, deux délégués syndicaux, Reynald Jurek et Mickaël Wamen, le chef de file médiatique des salariés, devaient retrouver à 10 heures M. Dheilly pour connaître la réponse du groupe à leur demande de rouvrir les négociations sur les conditions de départ dans le cadre de la fermeture de l’usine.

« Mais quand on est montés, la secrétaire nous a dit que MM. Dheilly et Glesser étaient en bas, dans la salle de réunion avec les salariés, affirme M. Jurek. Mais ce n’est pas ce qui était prévu, c’est étonnant… »

« Comment une direction, qui est la seule à pouvoir ouvrir la salle, permet aux salariés d’y entrer ?, questionne Michaël Wamen, qui ne comprend pas que la direction n’ait pas été plus prudente. Près de cent personnes étaient présentes dans cette salle. L’ambiance était déjà très tendue. »

 

Entre 5 000 et 10 000 personnes se sont rassemblées à Amiens pour soutenir les anciens salariés de Goodyear.

Couverture

Rapidement, une des portes de sortie est bloquée par un pneu. La tension monte. « Quand les cadres ont annoncé qu’il n’y aurait pas de réouverture des négociations, les gens étaient en colère. Ils étaient en train de perdre leur emploi quand même », poursuit M. Jurek, tandis qu’au même moment les militants CGT continuent à chanter leur slogan, devant le tribunal. « Le climat était anxiogène », rappelle un autre prévenu, Mickaël Mallet, à la barre.

« On peut être en colère, mais il y a la manière de la manifester », rétorque alors le président de la cour d’appel, René Grouman. Mais la plupart des prévenus l’assurent, ils n’étaient pas forcément d’accord avec cette action. Selon eux, ils auraient alors tenté d’apaiser la situation. « Mon intégrité physique aurait été mise à mal si j’avais tenté de m’y opposer, fait savoir M. Mallet, également délégué CGT. Il y aurait eu du grabuge. »

« J’ai passé les pires heures de ma vie, se souvient de son côté Mickaël Wamen. J’ai dit aux salariés : Vous êtes cinglés, vous allez finir en taule.” Je ne pensais pas que c’est moi qui y finirais. »

 

« Je n’ai rien entravé du tout »

Tous contestent ainsi avoir joué un rôle actif dans cette séquestration de plus d’une trentaine d’heures. Leur seul tort selon eux : ne pas avoir réussi à arrêter les autres salariés avant que ça dégénère. « Qu’ils se soient sentis retenus, peut-être… Je suis ici, mais à aucun moment je n’ai entravé leur liberté de se lever ou de partir. Pour moi, je n’ai rien entravé du tout », assure M. Jurek. Un autre prévenu, Jean-François Quandalle, est ensuite revenu sur une scène qui s’est déroulée ce 6 janvier.

«  M. Dheilly était en train de fumer dehors. Je le rejoins. Et là, trois ou quatre personnes sont arrivées, l’ont attrapé par le col. Je me suis interposé, je l’ai ramené à l’intérieur. Je ne sais pas ce qu’ils lui auraient fait. Mais je n’ai pas pris le risque de les laisser tout seuls avec lui. Et selon moi, M. Dheilly pouvait identifier ces personnes. »

Mais l’avocat général, Dominique Tailhardat, est revenu dans son réquisitoire sur les arguments des anciens de Goodyear : « Dire : “Je ne comprends pas pourquoi je suis là” n’a aucun sens. Tous ceux qui ont adhéré et qui ont participé activement doivent être poursuivis chaque fois qu’ils ont été identifiés. »

Mais pour les prévenus, la raison de leur présence dans cette salle d’audience est simple : leur appartenance à la CGT. Ils soulignent que peu de personnes ont été poursuivies dans cette affaire. Un des prévenus, Hassan Boukri, s’exprime : « Je n’ai rien fait de mal. Et puis les deux cadres connaissaient tout le monde dans la salle. Pourquoi les responsables de cette action ne sont pas ici ? Et pourquoi je suis là ? Moi j’ai l’étiquette de la CGT… »

 

« Cette séquestration a été programmée »

M. Mallet affirme même ensuite qu’un salarié, dont il ne veut pas donner le nom, s’est présenté « avec un couteau dans la salle. Les huissiers, les forces de l’ordre l’ont vu, mais pourquoi il n’est pas ici ? Tout le monde n’est pas au courant de tout, j’ai l’impression ».

Mais pour l’avocat général, M. Tailhardat :

« Cette séquestration a été programmée, ce n’est pas un mouvement qui arrive d’un seul coup. Dès le départ on sait que la décision de retenir ces personnes, de séquestrer ces gens-là avait été prise. Cette séquestration a même été revendiquée devant les chaînes de télévision qui ont été appelées pour l’occasion. Et si on accepte les séquestrations, on tue le dialogue social. »

« Mais je préfère oublier les peines de prison ferme car ils ont quasiment tous un casier vierge », a-t-il affirmé pour justifier ses réquisitions. Délibéré rendu le 11 janvier.

Suivez les tweets de notre journaliste Jérémie Lamothe sur place :

 

Jérémie Lamothe ((envoyé spécial à Amiens))
Journaliste au Monde
 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:16

 

Source : http://www.humanite.fr

 

Le revenu de base est-il un outil efficace pour lutter contre le chômage et la précarité?

Lundi, 10 Octobre, 2016
L'Humanité

 

 

Photo Andreas Gebert/AFP

Avec les contributions de Anne Eydoux, Centre d’études de l’emploi, Cnam/Lise, membre des Économistes atterrés;  Antoine Stéphany, Mouvement français pour un revenu de base (MFRB); Bernard Friot Réseau Salariat, militant PCF et  Jean-Marc Durand Commission économique du PCF.

 

Réaffirmer la solidarité sans renoncer à l’emploi par  Anne Eydoux Centre d’études de l’emploi, Cnam/Lise, membre des Économistes atterrés

Anne Eydouxcredit : DR(libre de droit)De violentes mises en cause de la protection sociale ont fait un retour fracassant en pleine crise de l’emploi. La diatribe de Laurent Wauquiez, en 2011, sur les prétendues « dérives de l’assistanat », « cancer de la société française », a précédé une montée des exigences de contreparties à la solidarité. Un contrat de sept heures que les allocataires du RSA ne pouvaient refuser a été expérimenté en 2011. En 2016, c’est une activité bénévole obligatoire qui a été proposée (et retoquée) dans le Haut-Rhin.

 

 

À rebours de ces discours et projets punitifs, les propositions de revenu universel versé à chacun-e sans contrepartie refleurissent. Elles présentent l’intérêt de réaffirmer une solidarité inconditionnelle. Mais elles agrègent des projets divergents et manifestent un renoncement problématique à l’emploi.

Quels projets de société ?

Les propositions de revenu universel sont anciennes et rassemblent en un attelage compliqué des projets de société opposés. Projet néolibéral, le revenu de base, ou Liber, porté aujourd’hui par Marc de Basquiat et Gaspard Koenig, est d’un montant équivalant aux minima sociaux ; versé à tous, riches ou pauvres, il doit inciter chacun-e à se porter sur un marché du travail flexible, dérégulé. Projets de gauche, le généreux revenu pour tous, promu par Baptiste Mylondo, et le salaire à vie lié à la qualification, défendu par Bernard Friot, permettent de vivre sans travailler et de se consacrer à des activités utiles.

Mais l’absence de véritable exemple de revenu universel doit interroger. Ses défenseurs de tous bords revendiquent sur Internet des expériences et projets divers. Une seule est un revenu universel : c’est la rente pétrolière versée aux habitants de l’Alaska, bien inférieure au montant garanti par le RSA en France… et ne devant son existence qu’à l’abondance de pétrole. Les autres exemples ou projets sont des minima sociaux, réservés aux chômeurs ou aux ménages pauvres, bien plus que des revenus universels.

Un revenu inconditionnel déconnecté de l’emploi ?

Les propositions actuelles soulèvent d’épineux problèmes. Le Liber, financé par un impôt proportionnel plutôt que progressif (la libertaxe), et d’un montant proche des minima sociaux actuels, n’améliorerait que le sort des plus riches. Quant au généreux revenu pour tous, il ne pourrait être financé qu’en redéployant l’ensemble des dépenses sociales, au risque de fragiliser le modèle social actuel.

De manière générale, on ne peut espérer obtenir des ressources à redistribuer pour aller vers une société plus solidaire en renonçant à l’emploi de qualité ou à l’emploi tout court, et en réorientant les efforts productifs vers des activités socialement utiles qui ne créent pas de valeur monétaire. Conjuguer la solidarité au plein-emploi. Réaffirmer les solidarités est une nécessité. Selon l’article 11 du préambule à la Constitution de 1946, lorsque la collectivité ne peut garantir un emploi à chacun, elle a un devoir de solidarité. Mais on ne peut réaffirmer la solidarité en renonçant à l’emploi.

Garantir le droit à l’emploi est une autre obligation de la collectivité. Nos sociétés ne peuvent s’en priver : c’est par le travail réalisé dans l’emploi que sont créées les richesses à répartir, y compris celles qui permettent de financer la protection sociale. Par ailleurs, l’emploi est une aspiration de chacun-e, comme l’ont montré les enquêtes sur le bonheur et le travail. Au-delà des garanties de revenu, c’est une garantie d’emploi qui reste à construire, par une politique de plein-emploi. La réduction de la durée du travail est une première piste, mais elle ne peut suffire. L’État et les collectivités locales ont un rôle à jouer en orientant la production et en se faisant employeurs en dernier ressort, en période de crise. Répondre aux défis sociaux et environnementaux actuels suppose de créer des emplois et des emplois de qualité.

 

Un outil de justice sociale émancipateur par Antoine Stéphany Mouvement français pour un revenu de base (MFRB) 

mouvement français pour un revenu de baseANTOINE STEPHANY Photo fournie par le service de presseLa situation économique et sociale de la France ne fait que se dégrader depuis la crise de 2008. Les inégalités explosent, le chômage ne cesse de croître, tout comme le nombre de travailleurs pauvres qui enchaînent CDD, temps partiels subis ou missions d’intérim. À cela s’ajoutent l’automatisation croissante du travail, qui détruit massivement des emplois, et d’importantes coupes budgétaires, affaiblissant l’État providence. Face à un tableau si noir, comment redonner confiance en l’avenir ?

 

 

Le revenu de base, ou revenu universel, tel que défini par le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB), est un revenu versé à tous les individus, sans condition de ressources, ni exigence de contrepartie, et cumulable avec d’autres revenus. En trois mots, il est universel, inconditionnel et individuel. Le revenu de base est un outil de justice sociale qui offre plus de sécurité aux individus, renforce l’autonomie des travailleurs et restaure la confiance des personnes en situation de précarité.

Le revenu de base constitue un socle de sécurité essentiel pour les individus. Mettre en place un revenu de base ne signifie donc pas supprimer d’un revers de main l’État providence et les assurances sociales qui vont avec : il est au contraire un pilier supplémentaire de la protection sociale. Il ne remplace pas les allocations chômage, en laissant chacun avec un minimum de survie. Il ne remet pas en cause le Smic, en laissant les travailleurs sans aucune protection sur le marché du travail. Bien au contraire, le revenu universel est une idée innovante qui révolutionne notre rapport au travail et au chômage.

Le revenu de base renforce l’autonomie des travailleurs en augmentant le pouvoir de négociation salariale. Si, aujourd’hui, l’individu n’a d’autre choix que de travailler pour assurer sa subsistance, un revenu de base bouscule les mentalités en permettant à chacun de refuser un emploi qu’il considère comme aliénant ou vide de sens – les bullshits jobs évoqués par l’anthropologue David Graeber – ou dont les conditions de travail sont dégradantes. Il garantit également l’exercice effectif du droit de grève, en permettant aux travailleurs de défendre leurs revendications sans peur du lendemain.

En offrant une plus grande liberté aux individus dans le choix de leurs activités, mais aussi de leur temps de travail, le revenu de base vient partager le travail plus équitablement. Il permet aussi de rompre avec la logique politique et médiatique qui taxe les chômeurs d’assistés, alors que la plupart ne trouvent pas d’emploi qui leur corresponde.

Ce contrôle, extrêmement intrusif dans la vie des gens et coûteux pour l’État, se retrouve par exemple dans le versement des allocations sociales telles que le RSA. Par son universalité, le revenu de base redonne de la dignité aux personnes bénéficiaires d’aides sociales en supprimant ces démarches stigmatisantes. Enfin, il lutterait plus efficacement contre la précarité en apportant une réponse au problème majeur du non-recours : chacun toucherait automatiquement le revenu de base sans entamer de procédure fastidieuse, coûteuse et en définitive contre-productive.

Plusieurs pays se lancent actuellement dans des expérimentations, comme la Finlande ou les Pays-Bas. La région Nouvelle-Aquitaine, à l’initiative de la conseillère régionale écologiste Martine Alcorta, entame aujourd’hui une démarche collaborative incluant la société civile, pour réfléchir à une expérimentation de revenu de base réellement universel et émancipateur. Dans le contexte des élections de 2017, il nous paraît essentiel que chacun – citoyen, association, politique – se saisisse de la question du revenu de base afin que celui-ci puisse être un outil pour construire le XXIe siècle.

 

Le revenu de base : une idée au fond d’un piège ! Jean-Marc Durand Commission économique du PCF

Jean-Marc DURAND (PCF)(photo libre de droit fournie par lui-même)Le revenu de base, différent du revenu minimum – en France, le RSA, qui représente entre 33 % et 36 % du Smic –, est un revenu versé à tous les membres d’une société sur une base individuelle, sans condition de ressources, ni obligation de travail, sur la seule reconnaissance de la participation de l’individu à la société, donc en dehors de tout lien à l’emploi. Appelé aussi revenu universel, revenu d’existence, etc., le revenu de base rappelle des mesures relevant de l’impôt négatif. Il est financé dans la plupart des cas par des prélèvements sur les recettes publiques, donc souvent par l’impôt ou la réallocation de financements sociaux.

 

 

Mis en avant comme un moyen de lutte contre la pauvreté, il est aussi présenté comme un levier d’action contre le chômage permettant d’améliorer la flexibilité du marché de l’emploi en s’attaquant aux trappes à pauvreté que constituent les baisses de charges sur les bas salaires. Le marché du travail, cœur du capitalisme, est ainsi implicitement considéré comme indépassable, ainsi que le contrat de travail et son lien de subordination du salarié au patron. Il renvoie en conséquence aux théories ultralibérales de baisse du coût du travail en se substituant aux prélèvements sociaux sur les entreprises et en réduisant la base de son financement à des impôts sur le revenu des familles.

Le cœur de la problématique soulevée par le revenu de base est que la distribution de tout revenu suppose d’abord son existence, ce qui pose la question de savoir si un revenu peut être distribué sans travail, donc sans production de richesses réelles ? Marx a souligné, notamment dans la Critique du programme de Gotha, que seul le travail était créateur de richesses, y ajoutant certes la nature dans certaines conditions. En fait, le revenu de base renvoie aux théories selon lesquelles la fin du travail salarié serait proche et qu’il faudrait définitivement abandonner l’idée d’une société sans chômage. Cela cache, en réalité, l’adhésion au postulat que, face à des technologies informationnelles très économes en travail, il faut se résigner à un chômage massif durable. Or, c’est l’utilisation de ces technologies pour la rentabilité financière des capitalistes qui conduit à ce que les formidables progrès de productivité permis par la révolution informationnelle se traduisent par des suppressions d’emplois, au lieu d’une diminution conséquente du temps de travail et d’un essor continu du temps passé par chacun-e en formation de promotion tout au long de sa vie. Par ailleurs, elles nient la double dimension du travail, à la fois aliénant dans le système capitaliste, mais aussi facteur d’objectivation de soi. Enfin, elles alimentent la thèse opposant travail et emploi, alors que l’emploi est le cadre juridique et social du travail salarié. Au final, la distribution d’un revenu sans condition d’emploi déresponsabiliserait socialement le patronat. Pourquoi conserver un Smic ou augmenter les salaires si les salariés disposent d’un revenu d’existence assuré ? Exit également les luttes pour l’emploi et le combat émancipateur pour dépasser le capitalisme.

Un tout autre projet, celui d’une sécurité d’emploi ou de formation, est porté par le Parti communiste et ses parlementaires. Il vise, par une mobilisation nouvelle de la monnaie et du crédit, un essor massif des services publics, dont un grand service public de l’emploi et de la formation, la création d’un nouveau contrat de travail dont le CDI serait le socle, une forte diminution du temps de travail et le droit à la formation toute la vie, la création de nouveaux pouvoirs des salariés sur l’argent et la production. Seraient créées les conditions d’une nouvelle maîtrise sociale et environnementale par une métamorphose et un dépassement du marché du travail vers une civilisation d’où serait progressivement éradiqué le chômage.

 

Affronter la production capitaliste de la valeur et affirmer sa production communiste  par   par Bernard Friot Réseau Salariat, militant PCF

Paris - Le 15 novembre 2010 - BERNARD FRIOT - - Débat entre Bernard Friot, economiste, sociologue et professeur emérite à l'université Paris Nanterre, et Danielle Linhardt sociologue du travail Dr recherche au CNRS - Photo Patrick NussbaumLe projet de revenu de base poursuit le projet capitaliste de remplacer le salaire socialisé par les deux « piliers de ressources », que préconise l’Union européenne : un premier pilier, financé par l’impôt, de revenus du travail, d’indemnisation du chômage, de pension de retraite, de couverture des coûts de famille, de santé et de formation professionnelle : c’est ici que s’inscrit le revenu de base à 800 ou 1 000 euros par mois qui se substituerait à tout ou partie du Smic (et du bénéfice des indépendants), du régime général (et de ses équivalents), de l’Unedic, des minima sociaux. Un second pilier, lié aux performances du travailleur sur le marché du travail ou sur celui des biens et services, consigné dans des comptes individuels et adossé au marché des capitaux : rémunération à la tâche des autoentrepreneurs et des employés en contrats de mission ou d’objectif, revenu contributif (cf. Stiegler), mutuelles, Agirc-Arrco et les autres comptes individuels (jours, formation, pénibilité…) regroupés dans le CPA.

 

 

Sortir de notre échec face à la mise en œuvre de ce projet depuis vingt-cinq ans suppose que nous poursuivions ce qu’ont fait nos anciens lorsqu’ils ont commencé à remplacer la production capitaliste de la valeur par sa production communiste grâce au régime général, à la fonction publique et aux nationalisations. Ils ont ainsi commencé à sortir le travail de son carcan capitaliste et à imposer une production de santé, d’éducation, d’urbanisme, de transports, d’énergie par des travailleurs payés à vie et des investissements subventionnés, et non pas livrés à la propriété et au crédit capitalistes.

D’une part, la propriété des entreprises par les travailleurs peut faire deux progrès décisifs : interdire les marchés publics aux entreprises à propriété lucrative et les réserver aux seules entreprises qui sont la propriété de leurs salariés ; créer une cotisation économique (par exemple, de 20 % de la valeur ajoutée marchande, si nous voulons collecter 260 milliards) qui ira à des caisses gérées par les travailleurs et chargées de subventionner l’investissement, en plus de l’autofinancement. Cette cotisation nouvelle sera à coût constant pour les entreprises car elle sera compensée par le non-remboursement des 260 milliards de leurs dettes (ou, si elles sont cotées, le non-versement de dividendes) : la lutte contre l’illégitimité des dettes contractées par les entreprises pour l’investissement est aussi importante que celle que nous menons à propos de la dette publique. En créant cette cotisation et en ne remboursant pas les prêts à l’investissement, nous commençons à créer les conditions indispensables au changement de régime de propriété de l’outil de travail.

D’autre part, les travailleurs doivent sortir du chantage au chômage, au contrat de mission ou à l’autoentrepreunariat par l’extension du salaire à vie. Si, par la même opération blanche, nous augmentions également la cotisation sociale de 20 % de la valeur ajoutée marchande en compensant le surcoût que cela représente par un non-remboursement de dettes, nous pourrions affecter ces 260 autres milliards à l’augmentation des titulaires des services publics, à la baisse de l’âge de la retraite – et, au passage, à l’augmentation de toutes les pensions inférieures 1 000 euros –, au maintien du salaire des licenciés, à l’attribution aux 18-22 ans et aux primo-demandeurs d’emploi du premier niveau de qualification (et du salaire à vie lié à cette qualification), à celle sur épreuve de qualification d’un salaire à vie aux travailleurs indépendants et coopérateurs investis dans des productions marchandes non capitalistes, au paiement des salaires des entreprises reprises par leurs salariés jusqu’à ce qu’elles trouvent leur assiette économique. Ce sera d’ailleurs la seule façon de contrer l’attraction qu’exerce le projet de revenu de base sur ceux qui vivent avec les minima sociaux et ceux qu’exclut le marché du travail ou qui le refusent.

 

Le revenu de base : définition
Il s’agit d’un droit inaliénable, inconditionnel,  cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base
individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement, selon la définition du Mouvement français pour un revenu de base.

 

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:01

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Des sénateurs recommandent l’expérimentation du revenu de base

 

Une mission d’information du Sénat préconise le versement, pendant trois ans, d’un revenu de 500 euros à un échantillon d’au moins 20 000 à 30 000 personnes âgées de 18 à 65 ans.

 

 

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

 

 

PHILIPPE HUGUEN / AFP

 

Une mission d’information du Sénat propose d’expérimenter rapidement « dans des territoires volontaires » différentes modalités d’une mise en place d’un revenu de base, concept qui divise et resurgit régulièrement dans le débat politique français.

 

Dans un rapport intitulé « Le revenu de base en France, de l’utopie à l’expérimentation » et rendu public mercredi 19 octobre, cette mission lancée à l’initiative du groupe socialiste et composée de 27 sénateurs de tous bords politiques s’est intéressée à cette « solution alternative à la logique actuelle des minima sociaux ». L’idée du revenu de base, parfois appelé revenu universel, est simple de prime abord : elle consiste à accorder de manière inconditionnelle à chaque membre de la société une dotation monétaire identique, et ce quel que soit son niveau de revenus.

 

 

 

Alors que la France consacre 690 milliards d’euros – soit un tiers de son PIB – à la protection sociale, le taux de pauvreté s’élève toujours à 14,1 %. « Des concitoyens » sont « laissés au bord du chemin » en raison du système actuel d’allocations, selon les sénateurs. « Ne confondons pas fusion des minima sociaux et revenu de base », a cependant déclaré mercredi au Sénat le président de cette mission d’information, le sénateur UDI Jean-Marie Vanlerenberghe, disant avoir voulu « clarifier l’idée » et « l’acclimater à la France ».

 

500 euros par mois pour les 18-65 ans

S’ils ne préconisent pas la mise en place immédiate d’un revenu de base, faute de « conditions réunies » et de « preuves de ses avantages », ces sénateurs jugent néanmoins « indispensable de mener dès aujourd’hui l’expérimentation » d’un concept qui « présente un caractère révolutionnaire ».

Ils se prononcent donc pour verser, pendant trois ans, 500 euros à des personnes âgées de 18 à 65 ans, pour un échantillon d’au moins « 20 000 à 30 000 personnes, ce qui représenterait un coût de l’ordre de 100 à 150 millions d’euros par an, pris en charge par l’Etat », a calculé la mission. Instaurée « dans des départements volontaires », cette expérimentation permettrait « de tester et de comparer les effets concrets de plusieurs modalités d’un revenu de base sur plusieurs segments de la société, en particulier les 18-25 ans et les 50-65 ans », jugés « plus fragiles ».

Lire l’entretien avec Marc de Basquiat, économiste :   « Une expérimentation du revenu de base peut atténuer les craintes »

Cette aide, « au moins égale au RSA », « viendrait se substituer aux minima sociaux (RSA, ASS AHH…) perçus par les personnes faisant l’objet de l’expérimentation ». Pour qu’ils ne soient pas lésés, les bénéficiaires recevraient tout reliquat supérieur à 500 euros, précise le rapport.

Le rapport propose ainsi d’expérimenter trois pistes d’allocations sur ces territoires volontaires :

  • Un versement sans condition, se rapprochant de « la forme la plus “pure” du revenu de base », où les bénéficiaires recevraient une allocation à somme fixe, indépendamment de leur pouvoir d’achat, qu’ils pourraient utiliser de façon totalement libre.
  • Un versement « inconditionnel avec obligation d’utiliser l’allocation à des fins spécifiques » : chaque bénéficiaire se verrait verser un montant fixe qu’il devrait utiliser pour des achats alimentaires, des actions de formation ou des frais de mobilité. Le rapport souligne que « cette forme de revenu serait particulièrement pertinente à l’égard des jeunes, pour lesquels il semble préférable d’orienter l’utilisation de l’allocation envisagée à des actions en lien avec leur bonne insertion dans la société ».
  • Un versement « conditionné au respect d’une obligation spécifique » : l’idée serait de ne verser le revenu qu’en contrepartie d’une obligation, « par exemple le suivi d’une action de formation ou des mesures de recherche d’emploi actives ». Le rapport propose d’y intégrer deux variantes, l’une dans laquelle le revenu serait versé mais susceptible d’être retiré en l’absence de respect des obligations et une autre dans laquelle le revenu ne serait versé qu’une fois les obligations remplies.

 

« Lancer une idée dans la tempête présidentielle »

« Ceux qui parlent du revenu de base nous proposent leur vision, leur utopie. Nous les avons beaucoup écoutés », a souligné Daniel Percheron, rapporteur de la mission d’information, disant « lancer une idée dans la tempête présidentielle ».

Saluant « le travail de fond » mené par le Sénat, le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB), association qui milite en faveur de son instauration, a saisi l’occasion pour demander dans un communiqué à « chaque candidat aux prochaines élections présidentielle et législatives [de] se prononcer sur l’idée ».

A quelques mois de l’élection, différentes formes de revenu universel ont des partisans à droite comme à gauche, tant du côté de Nathalie Kosciusko-Morizet que de Benoît Hamon ou des candidats à la primaire écologiste.

 

Lire aussi :   Droite, gauche : à chacun son revenu universel

 

En septembre, le premier ministre, Manuel Valls, avait appelé dans un billet sur Facebook à « ouvrir de nouvelles pistes » : « Le revenu universel, c’est-à-dire une allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans, pour remplacer la dizaine de minima sociaux existant, en est une. » Une idée qui se rapproche finalement plus d’une fusion de différentes allocations, comme préconisée par le rapport Sirugue en avril, qu’à l’instauration d’un revenu universel et inconditionnel. Le premier ministre ne s’est en tout cas prononcé sur aucun calendrier à ce jour.

 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 20:26

 

Source : http://www.humanite.fr

 

CETA. Le libre échange accentue le réchauffement climatique

Gérard Le Puill
Mercredi, 19 Octobre, 2016
Humanite.fr

 

 

Photo AFP
La pression monte contre la Wallonie pour faire de sorte que le gouvernement Belge puisse annoncer vendredi prochain qu’il accepte de signer avec ses partenaires européens et le Canada l’accord de libre échange connu sous le nom de CETA (1).
 
Ce vendredi 21 octobre a lieu un sommet des chefs d’Etat et il se dit que François Hollande, Angela Merkel et même la britannique Theresa May tiennent beaucoup à la ratification de cet accord qui deviendrait définitive le 27 octobre à l’occasion de la venue du Premier ministre canadien Justin Trudeau à Bruxelles.
 
En France, le mouvement ATTAC rappelle dans une déclaration faite hier que Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’énergie et de la mer, avait récemment déclaré qu’elle était en train de « vérifier que le CETA est parfaitement climato-compatible avec l’accord de Paris » et qu’il « contribue bien à l’objectif à l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C ». Depuis, Ségolène Royal se tait sur le sujet. La COP 21 passée, elle perd d’ailleurs tous les arbitrages que fait le gouvernement de Manuel Valls, soutenu par François Hollande. D’où sans doute ses ultimes propos lancés comme des défis contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, pour masquer ses autres échecs, même si elle est probablement sincère dans son opposition à cet aéroport.
 
Dans un argumentaire en sept points, ATTAC nous dit que « Le CETA fera croître les émissions de gaz à effet de serre transatlantiques de l’aveu même de l’étude d’impact de la Commission Européenne, et il ne permettra pas de les réduire comme l’exige l’accord de Paris ». Pour plusieurs raisons dont celle-ci : «L’environnement est perçu comme un sous-secteur de la libéralisation du commerce, et les réglementations climatiques et environnementales comme des restrictions au commerce », tandis que «la protection des investisseurs intervient au détriment de la capacité des Etats et collectivités à opérer la transition énergétique … ».
 
Ces remarques sont justes mais incomplètes. Il faut ici observer comment les délocalisations de productions industrielles et agricoles des pays développés vers les pays à bas coûts de main d’œuvre ces dernières décennies ont considérablement augmenté le bilan carbone de chaque bien produit. On a cassé des usines souvent modernes dans les pays développés dès lors que les économies sur la main d’œuvre dans les pays pauvres permettaient d’augmenter les marges des entreprises dans des délais relativement courts. Mais détruire du capital productif en France pour investir au Bangladesh afin de produire la même chose augmente les émissions de gaz à effet de serre pour chaque vêtement produit qu’il faut ensuite réimporter chez nous tandis que l’énergie électrique alimentant l’usine du Bangladesh aura été produite en brulant du charbon alors que la notre est nucléaire à 70% avec, en plus , 15% d’énergie renouvelables en plus dont 13% pour l’hydraulique.
 
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) fonctionne depuis 1995, année ou elle a succédé au GATT. Les règles de fonctionnement de l’OMC ne mentionnent aucun critère social ou environnemental. La compétitivité selon l’OMC est fondée sur le moins disant social et environnemental. Selon les règles de l’OMC, une usine est compétitive quand ses salariés perçoivent de 50 à 100€ par mois au Bangladesh, au Cambodge ou en Ethiopie, sans protection sociale ni perspective de retraite. Elle est encore plus compétitive si elle n’a pas l’obligation de protéger les travailleurs contre les produits polluants, ni de dépolluer l’eau utilisée. 
 
Pour dire les choses clairement, le maintient des règles actuelles de l’OMC donne raison aux pollueurs contre les défenseurs de l’environnement chaque fois que les tribunaux arbitraux de l’OMC ont à statuer dans un conflit pour entrave au libre commerce. Cette situation intolérable n’est jamais dénoncée par les chefs ‘Etat et de gouvernement des pays développés, qu’ils se nomment Obama, Merkel, où Hollande. D’ailleurs, ce dernier n’a vu dans la tenue de la Cop 21 à Paris qu’un possible atout pour lui faire gagner quelques éphémères points de popularité dans les sondages. Les enjeux climatiques ne l’intéressaient nullement avant la tenue de cette conférence et ne l’intéressent pas davantage depuis. 
Voilà aussi pourquoi ATTAC a bien raison de dénoncer le CETA sous l’angle des enjeux climatiques.
 
(1) Comprehensive Economic and Trade Agrement
 
Journaliste et auteur

 

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 20:11

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Productivité, stress, suicide: le prix à payer pour combler le trou de la Sécu

 

19 octobre 2016 | Par Caroline Coq-Chodorge
 
 
 

La Sécurité sociale est « sauvée », assure la ministre de la santé. Pourtant, les hôpitaux vacillent sous les plans d’économies successifs et la quête perpétuelle de productivité. Exemple au Havre, où une infirmière s’est donné la mort.

Le Havre, envoyée spéciale. – L’infirmière du service de néonatalogie de l’hôpital du Havre a laissé derrière elle quelques mots bouleversés pour expliquer son suicide, survenu le 24 juin : « J’ai transféré une petite fille en réanimation, son état s’est dégradé pendant la nuit. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’ai le sentiment que j’ai fait quelque chose de grave, je ne peux pas vivre avec l’idée que j’ai détruit une famille qui avait aussi droit au bonheur. » Son mari a rendu publique sa lettre. Il a aussi pris la parole : « J’en veux à cette pression qu’on colle à ces petites mains. »

 

Ce suicide n’est pas encore reconnu comme un accident du travail, mais les syndicats sont prêts à aller en justice : « Nous avons dit que des agents étaient mal par rapport à la réorganisation mise en place dans le service de cette infirmière, nous avions émis un avis défavorable. Nous pensons que cette restructuration a été mise en place trop vite, sans concertation et sans alternative possible pour le personnel », commente Agnès Goussin-Mauger, syndicaliste CGT. La direction a imposé au personnel de néonatalogie une polyvalence avec le service voisin de réanimation néonatale. Le projet a depuis été suspendu.

 

La directrice de l’hôpital, Zaynab Riet, commence par rappeler son « émotion » et celle de « toute la communauté hospitalière ». Mais celle qui fut infirmière juge toujours son projet de polyvalence valable : « Les compétences d’une infirmière dans ces deux services sont les mêmes », explique-t-elle. Seulement, en néonatalogie, l’infirmière qui a mis fin à ses jours prenait en charge des bébés, certes prématurés ou malades, mais dont le pronostic vital n’était pas engagé. « Elle ne voulait pas travailler en réanimation néonatale, avec des enfants qui sont entre la vie et la mort. Elle l’a dit à plusieurs reprises, dès son entretien d’embauche, puis au médecin du travail et à son cadre de santé », rapporte la syndicaliste CGT.

 

Ce type de réorganisation est banal à l’hôpital public, le groupe hospitalier du Havre est un établissement normal. Il a accumulé dans les années 2000 une grosse dette d’une centaine de millions d’euros. Mais il réduit peu à peu son déficit, en développant son activité. Il s’inscrit ainsi parfaitement dans la logique de la “tarification à l’activité”. Impossible de rationner l’hôpital public, qui doit répondre à tous les besoins de santé, en croissance en raison du vieillissement de la population. La tarification à l’activité fait mieux : chaque année, les tarifs hospitaliers baissent à la hauteur de la progression de l’activité, afin que les dépenses hospitalières tiennent à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire annuelle qui lui est allouée par le Parlement. « En baissant les tarifs, on nous oblige à diminuer nos coûts de production, donc à augmenter notre productivité », explique Pierre Cueiuille, syndicaliste Sud.

 

Au Havre, en 2015, le nombre d’entrées à l’hôpital a progressé de 4,77 %, mais les effectifs sont restés stables à + 0,56 %. Pour combler cet écart, l’hôpital a recours aux méthodes du “nouveau management public”, copiées-collées sur celles de l’industrie. Première recette : augmenter les cadences. L’hôpital raisonne en « durée médicale de séjour ». Dans tous les hôpitaux bien gérés, elle baisse, comme au Havre (– 1,38 %). Les patients restent donc moins longtemps hospitalisés. Voire ne sont pas hospitalisés du tout et rentrent immédiatement chez eux après une opération : c’est la chirurgie ambulatoire.

 

Les hôpitaux peuvent donc se recentrer sur l’acte rentable, et limiter le nombre de journées d’hospitalisation, mal rémunérées. Des lits ferment : « Entre 2013 et 2016, 34 lits en chirurgie, 45 en médecine, 11 en pédiatrie, énumère la directrice du Havre, Zaynab Riet. Les effectifs sont bien sûr adaptés au nombre de lits. » Mais dans les lits, les patients sortent et entrent plus vite, et la charge de travail augmente pour les infirmières, les aides-soignantes et les agents de services hospitaliers. « Si la charge de travail est trop forte, nous augmentons les effectifs », rassure-t-elle.

 

La Fédération hospitalière de France (FHF), qui défend les intérêts des hôpitaux publics, vient de publier un intéressant baromètre : 274 directeurs d’établissement ont été interrogés sur leur gestion des ressources humaines. Pour 75 % d’entre eux, le principal enjeu de la fonction RH est de « maîtriser/réduire les coûts », 80 % se mobilisent en priorité sur la maîtrise de la masse salariale. L’explication est simple : ils sont submergés par « les contraintes économiques et budgétaires » qui incitent 92 % d’entre eux à faire évoluer leurs pratiques. Et ils en sont désolés : pour 31 % des directeurs interrogés, les risques psycho-sociaux sont « un risque potentiel sérieux », c’est même « une réalité » à laquelle doivent faire face 24 % d’entre eux.

 

Au Havre, la CGT a récemment fait une tournée de nuit dans l’hôpital et relevé des effectifs calculés au plus juste. Dans un service de médecine de 28 lits, il y a une infirmière et une aide-soignante en CDD ; dans un autre service de médecine de 24 lits, travaillent une infirmière titulaire, une autre contractuelle à mi-temps, complétée « en dépannage » par un agent venu du service d’oncologie, etc. Au cours de sa tournée, le syndicat a pris note de « difficultés aux prises de congés », d’une « augmentation des arrêts », etc. Vendredi 17 octobre, les assistantes sociales et les agents de service hospitaliers de l’unité de court séjour gériatrique se sont mis en grève pour demander le « remplacement permanent d’au moins une » des deux aides-soignantes du service en arrêt...

 

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 19:00

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Le gouvernement prépare une répression de masse sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes

19 octobre 2016 / Nicolas de La Casinière (Reporterre)
 

 

 

 

 

Effectifs redoublés de magistrats, mobilisation des douanes, antennes mobiles de garde à vue… Dans une circulaire, le ministère de la Justice édicte les dispositifs spéciaux mis en place pour une répression rapide lors des opérations prévues sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes et à Calais.

Le ministère de la Justice a publié début octobre une circulaire adressée à tous les procureurs et aux présidents des tribunaux. Ce texte, que révèle Reporterre, édicte nombre de mesures spécifiques pour accélérer le traitement des « infractions » constatées. Il traite spécialement des « zadistes », mais aussi de la situation à Calais, où le démantèlement du grand campement des migrants est prévu à partir de lundi 24 octobre.

- Télécharger la « Circulaire du 20 septembre 2016 relative à la lutte contre les infractions commises à l’occasion des manifestations et autres mouvements collectifs » :

 

 

 

 

 

 

PDF - 2.6 Mo
 
 
 
 
 
 
Circulaire du ministère de la Justice du 20 septembre 2016.

Les zadistes et les militants ayant des velléités de manifestation ainsi que les jeunes des quartiers populaires sont clairement dans le collimateur du ministère, qui envisage un « nombre conséquent d’interpellations ». La circulaire prévoit des tribunaux d’urgence par la « création d’audiences spécifiques lorsqu’elles n’existent pas, ou le dédoublement de celles déjà prévues » et avec diffusion à l’audience des vidéos retenues pour preuves contre les manifestants, « y compris les extraits des enregistrements de vidéoprotection [vidéo surveillance] ». Il faudra juger sans attendre, prévoir plus de magistrats, plus d’audiences, et des procédures qui tiennent debout pour étayer cet abattage judiciaire. Les douaniers seront réquisitionnés pour contrôler les véhicules avant les manifestations, ce qui ne leur est jamais arrivé.

Juger sans attendre

Le ministère de la Justice a adressé cette circulaire aux procureurs, maîtres des poursuites, afin d’anticiper le traitement expéditif de nombreuses personnes arrêtées et de parer aux « débordements », « compte tenu des difficultés engendrées par le traitement, dans l’urgence, de faits qui relèvent d’un phénomène de masse, et de l’articulation malaisée entre les opérations nécessaires de maintien de l’ordre et les impératifs d’efficacité judiciaire ». Ces « orientations de politique pénale » ciblent les « manifestations sur la voie publique proches de celles constatées lors de violences urbaines » et « le traitement des infractions commises par certains mouvements dits “zadistes” », qui mènent des occupations illicites de terrains « afin de s’opposer à un projet d’aménagement au motif qu’il porterait atteinte à l’environnement ».

La circulaire rappelle ainsi l’article 433-11 du Code pénal, « l’opposition à l’exécution de travaux publics », mais aussi « l’entrave à la liberté de travail » ou « l’entrave à la circulation routière » qui a déjà servi à Nantes pour condamner les opérations escargot en janvier 2016 (amende de 200 à 600 euros, ferme ou avec sursis, pour chacun des conducteurs).

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La Justice et sa balance.

Publiée par le site Legifrance le 5 octobre, signée par le directeur des Affaires criminelles et des grâces, Robert Gelli, la « Circulaire du 20 septembre 2016 relative à la lutte contre les infractions commises à l’occasion des manifestations et autres mouvements collectifs » tombe pile avant des évacuations prévues de la Zad de Notre Dame-des-Landes et de la « jungle » de Calais.

Le texte prévoit de nombreux dispositifs de répression rapide :

  • Magistrats en renfort

Pour que la machine de cette vaste entreprise ne subisse aucun retard, il y aura des renforts en magistrats dépêchés des cours d’appel : « En cas d’important surcroît d’activité, les procureurs généraux apprécieront l’opportunité de déléguer des magistrats du parquet général auprès des juridictions du premier ressort concernées, conformément aux dispositions de l’article R.122-2 du code de l’organisation judiciaire. »

  • Justice expéditive

La circulaire prévoit un délai court entre l’arrestation et le passage devant un juge. Le défèrement est le terme juridique indiquant qu’au terme de la garde à vue, le prévenu est traduit directement en justice sans être libéré : « Pour les faits les plus graves ou qui s’inscrivent dans une démarche délibérée d’affrontement avec l’État (notamment pour l’ensemble des violences commises à l’encontre des forces de l’ordre), les parquets privilégieront le défèrement des mis en cause et la comparution immédiate. Il doit en être de même pour les faits commis par les récidivistes ou réitérants. »

  • Antenne mobiles de garde à vue
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Antenne mobile de garde à vue.

Le recours systématique à des geôles roulantes sur les lieux d’interpellation doit fluidifier les procédures et les rendre plus fiables en justice : « Certains des officiers de police judiciaire pourront se tenir à proximité des lieux d’interpellation dans des véhicules adaptés susceptibles de constituer des antennes mobiles pour la notification immédiate des droits aux personnes placées en garde à vue. » Ces réactualisations du panier à salade ont déjà servi lors des arrestations durant les manifestations contre la loi travail.

  • Confrontation rapide

...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 14:07

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog

 

 

Report du vote sur le CETA: première victoire de la société civile

 
 
 
Ce 18 octobre, à Luxembourg, les ministres du commerce des 28 pays membres de l'Union européenne devaient adopter l'Accord de libéralisation du commerce et de l'investissement, le CETA, entre l'UE et le Canada. Malgré des pressions et basses manoeuvres pour un passage en force, le vote a été reporté. C'est une première victoire pour la société civile mobilisée contre cet accord depuis des années !

Avant un éventuel texte plus élaboré, une première réaction en quelques tweets.

(lire le Communiqué de presse du collectif Stop TAFTA à venir : https://www.collectifstoptafta.org/)

 

 

1er-tweet

 

 

2e-me-tweet

 

 

3e-me-tweet

 

 

4e-me-tweet

 

 

5e-me-tweet-1

 

 

 

 

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 12:47

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

Influence

Grèce : la France place ses hauts fonctionnaires pour mieux profiter des privatisations

par

 

C’est un haut fonctionnaire français, inspecteur général des Finances, Jacques Le Pape, qui présidera au programme de privatisations de propriétés et d’entreprises publiques imposé à la Grèce. Malgré les appels des syndicats et de millions de citoyens grecs, le Parlement du pays a acté fin septembre la relance de ce processus, dans le cadre de son nouvel accord avec ses créanciers européens. Pour chapeauter l’agence de privatisation Taiped, sera créée une nouvelle entité appelée Superfund, avec un conseil composé de trois Grecs et deux Européens. «  Les représentants de l’UE auront un pouvoir de veto sur les décisions du Superfund pour 99 ans, ce qui revient à placer de fait les services et les biens publics grecs sous le contrôle de la Troïka et d’intérêts établis pour tout un siècle », dénonce la Fédération syndicale internationale des services publics ISP.

Celle-ci attire notamment l’attention sur la situation des services d’eau d’Athènes et de Thessalonique, depuis longtemps convoités par Suez (lire notre enquête). La privatisation totale initialement envisagée à été bloquée par un arrêt de la Cour suprême grecque. Les Européens cherchent à contourner ce verdict en ne cédant que 49 % des deux entreprises concernées au secteur privé. Cela n’empêchera pas un prestataire comme Suez de contrôler les services et leurs flux financiers (voir en bas de cet article un film en anglais réalisé par l’ISP pour sensibiliser sur les nouveaux risques de privatisation de l’eau en Grèce).

 

Diplomatie intéressée

Ancien du cabinet de Christine Lagarde et d’Air France, Jacques Le Pape n’est pas le seul haut fonctionnaire français issu de Bercy à occuper une place stratégique dans le processus de privatisation grec. Philippe Boin, de la direction du Trésor, siège à la fois au conseil d’administration de l’agence de privatisation Taiped, au nom de l’UE, et au service économique de l’ambassade de France en Grèce, où il est chargé... de promouvoir les intérêts des entreprises hexagonales. Un beau conflit d’intérêt !

Le gouvernement français, qui aime à se présenter comme un ami de la Grèce, paraît surtout préoccupé de tirer le meilleur profit des futures privatisations. Outre Suez, de nombreuses autres firmes françaises ont fait part de leur intérêt pour les secteurs privatisables, comme EDF (électricité), Vinci (aéroports et autoroutes), La Poste (services postaux) ou encore Alstom (rail). Leurs dirigeants accompagnent régulièrement François Hollande lors de ses déplacements en Grèce.

 

Conquérants bienveillants ?

Avant d’être en poste à Athènes, Philippe Boin, rattaché à la direction du Trésor, officiait au service économique de l’ambassade de France en Roumanie. Il y a ardemment défendu les intérêts des multinationales françaises, qu’il a qualifié de « conquérants, au bon sens du terme ». On rappellera que la capitale roumaine Bucarest a privatisé son service de l’eau au profit de Veolia, dont la filiale locale est aujourd’hui au cœur d’une retentissante affaire de corruption (voir ici). GDF Suez (aujourd’hui Engie) avait également obtenu des marchés lucratifs dans le pays.

Depuis le début, le processus de privatisation imposé à la Grèce par ses créanciers a été entaché de nombreux scandales de corruption et de conflits d’intérêts, qui ont poussé plusieurs des responsables de l’agence Taiped à la démission. Des problèmes que l’on retrouve quasi systématiquement dans les processus de privatisation (lire notre article Le petit monde des banquiers, avocats et auditeurs qui profitent des privatisations en Europe). Nos nouveaux « conquérants » français feront-il mieux ?

Olivier Petitjean

 

 

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 12:30

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Les réserves de l’Aéroport de Toulouse vont être dilapidées

17 octobre 2016 | Par Laurent Mauduit

 

 

 

Avec la complicité active de l’État, les actionnaires chinois de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac récemment privatisé vont se servir jeudi un dividende exceptionnel de 15 millions d’euros. Une conséquence du pacte d’actionnaires secret passé par Emmanuel Macron avec ces investisseurs.

C’est une opération scandaleuse dont on parle depuis longtemps et qui va finalement aboutir jeudi : à l’occasion d’une assemblée générale de la société de gestion de l’Aéroport de Toulouse-Blagnac, les actionnaires devraient se prononcer, dans leur majorité, pour la distribution des réserves de l’entreprise à hauteur de 15 millions d’euros.

Lors de la privatisation de la société, décidée par Emmanuel Macron du temps où il était encore ministre de l’économie, il avait certes été dit que les nouveaux investisseurs chinois de la société ne contrôleraient que 49 % du capital, et que les acteurs publics (État, Région, département et Chambre de commerce) resteraient majoritaires. Il avait aussi été promis aux acteurs locaux que les investisseurs chinois arrivaient dans une logique industrielle ; et non pas dans une logique financière de court terme, ni ne se comporteraient comme un fonds financier rapace.

Las ! Sitôt la privatisation partielle achevée, les investisseurs chinois ont montré qu’ils ne respecteraient aucun de leurs engagements. À preuve, leur premier souhait a été de distribuer en dividende une bonne partie des 70 millions d’euros que la société avait mis en réserve, pour ses investissements futurs.

Quand l’annonce a été faite, elle a très fortement embarrassé Emmanuel Macron, car au moment de la privatisation il avait donné son feu vert pour que l’État passe secrètement un pacte d’actionnaires avec les investisseurs chinois, de sorte qu’ils aient les pleins pouvoirs et fassent ce que bon leur semble. À l’occasion d’une assemblée générale, le vote d’une résolution visant à effectuer ce versement de dividendes aurait donc pu faire scandale. Car la délibération aurait apporté la preuve que les investisseurs chinois sont venus pour siphonner les réserves de l’entreprise, et non pour la développer. Et surtout, le pacte secret d’actionnaires, révélé par Mediapart, aurait trouvé une confirmation publique, l’État s’étant engagé dans ce pacte à voter de la même manière que les investisseurs chinois.

Par peur du scandale, l’État a donc fait pression à plusieurs reprises, pour que l’assemblée générale des actionnaires, prévue initialement au printemps dernier, soit reportée. Et il a aussi discrètement fait pression pour que les prétentions financières des actionnaires chinois soient revues à la baisse.

Mais finalement, l’État a visiblement décidé de donner son feu vert à cette sulfureuse opération, comme en témoigne la convocation à l’assemblée générale dont nous avons obtenu une copie. On peut la consulter ci-dessous :

 

 

...*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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    sur le terrain de Caveirac

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et venez partager ce lieu avec nous !



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