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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 15:09

 

 

Marianne

Mardi 30 Juillet 2013 à 05:00

 

Léa Ducré

 

 

L'un des responsables de Foxconn, Terry Gou, s'essuie le visage lors d'une inspection après la mort de neuf employés - Hon Siu Keung/EPN/NEWSCOM/SIPA
L'un des responsables de Foxconn, Terry Gou, s'essuie le visage lors d'une inspection après la mort de neuf employés - Hon Siu Keung/EPN/NEWSCOM/SIPA
« Les promesses d’Apple non-tenues », tel est le titre d'un rapport communiqué lundi par l’organisation de défense des droits des travailleurs basée aux Etats-Unis. En cause, les conditions de travail des petites mains du géant de l'électronique, plus regardant sur les méthodes de son concurrent Samsung que sur celles de ses sous-traitants, dont la firme taïwanaise, Pegatron, qui à elle seule fait l'objet de 86 violations du droit du travail chinois, dont l'emploi d'ouvriers mineurs selon l'ONG China Labor Watch.
 
Volumes horaires compris entre 66 et 69 heures par semaine, heures supplémentaires obligatoires en période de production chargée dans trois usines de Shanghai et Suzhou... c'est en substance ce que dénonce le rapport ; « les conditions de travail dans ces usines sont si terribles que la plupart des travailleurs refusent d'y travailler longtemps ». A tel point que dans une usine de Suzhou, 30 nouvelles recrues auraient démissionné en l'espace de deux semaines.

 

Les accusations portées sont graves. Elles reposent sur une enquête étayée par le témoignage de près de 200 salariés. La firme à la pomme a réagi immédiatement. Affirmant avoir « pris connaissance pour la première fois » de ces accusations, la société de Tom Cook lance « sur-le-champ » une enquête. L'entreprise qui se montre très concernée par le sujet affirme en effet exiger de ses fournisseurs en Chine une durée maximale de travail de soixante heures hebdomadaires et interdire le recours à des mineurs sur les chaînes de production.

 

Dans cette perspective, Pegatron a été auditionné plus de 15 fois au cours des six dernières années selon Apple, le dernier rapport n'ayant fait état d’aucune infraction à la législation locale. « Si nos audits démontrent que des employés n'ont pas été rémunérés à hauteur du temps travaillé, nous exigerons que Pegatron les rembourse intégralement » prévient le groupe.

Nouvelle affaire

Apple n’en est pas à son premier scandale. En 2010 déjà, une enquête de l’organisation Fair Labor Association (FLA) pointait du doigt les conditions de travail déplorables des ouvriers de son fournisseur historique Foxconn, suite aux suicides de treize salariés. Apple avait alors pris ses distances avec la firme taiwanaise et s’était tourné vers un rival, Pegatron, pour la fabrication du nouvel iPhone à bas prix.
 
Ironie du sort, « les conditions de travail dans les usines de Pegatron sont bien pires que celle des usines Foxconn » selon le directeur de China Labor Watch, Li Qian. En 2013, Apple a pourtant « augmenté ses commandes auprès de ces usines, qui se reposent sur des violations du droit du travail afin d'augmenter leur compétitivité. » Ainsi le problème est-il intrinsèquement lié aux commandes et plus encore aux délais directement imposés par le groupe. Une cadence infernale qui permettra aux plus impatients de se procurer le nouvel iphone dès l'automne prochain. 70.000 travailleurs de Pegatron y veilleront.

 

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 14:08

 

Rue89

 

Tribune 30/07/2013 à 15h53
FlorenceD | Volontaire internationale

 

Tribune

Depuis le mois de février, la Bulgarie est dans la rue. Les manifestations ont débuté après la hausse du prix de l’électricité. Les citoyens ont manifesté leur mécontentement, souvent dans la violence, et ont obtenu la démission de leur premier ministre Boïko Borisov, connu pour ses talents en matière de corruption et de communication avec les mafias.

Making of

Florence D. est une jeune Française qui a séjourné cinq mois en Bulgarie, de novembre 2012 à avril 2013 dans le cadre d’un programme de volontariat européen.

 

Elle a voulu témoigner ici de ce qu’elle a ressenti de la Bulgarie – pays membre de l’Union européenne – où se déroulent depuis plusieurs semaines des manifestations de masse dans l’indifférence quasi totale des autres pays européens. Pierre Haski

La violence des manifestations a été accompagnée d’immolations de jeunes Bulgares, en proie au désespoir.

Aujourd’hui, on parle de révolution dans les journaux. Ce dont je peux vous parler, c’est de ce que j’ai vu et de ce qui m’a été expliqué par les gens lors de mon séjour en Bulgarie, de novembre 2012 à avril 2013.

La Bulgarie est considérée économiquement comme le pays le plus pauvre des 28 membres de l’Union européenne.

Avec un salaire minimum d’environ 160 euros, ce sont souvent tous les membres d’une famille qui doivent travailler et réunir leurs efforts pour conserver le toit au-dessus de leur tête et la nourriture au fond de l’assiette.

Plus rien pour se nourrir

160 euros, c’est bien souvent le prix de la facture d’électricité en hiver. 160
euros, ce n’est pas suffisant pour payer le loyer dans une ville comme
Plovdiv, Veliko Tarnovo ou Sofia.

Heureusement, avec 160 euros, on peut nourrir une famille un mois durant en Bulgarie. Sauf que bien souvent, une fois toutes les charges payées, il ne reste rien pour se nourrir.

A titre indicatif, le salaire mensuel d’une assistante sociale est de 200 euros, le salaire d’un serveur sans contrat pour une semaine de travail de 70 heures de 15 euros (pourboire compris), le salaire mensuel d’un chirurgien en hôpital de 500 euros.

 


Lors d’une manifestation contre le gouvernement à Sofia, le 11 juillet 2013 (DIMITAR DILKOFF/AFP)

 

Carrefour entre l’Orient et l’Occident

Et pourtant, la belle Bulgarie, carrefour entre l’Orient et l’Occident, entre les Slaves, les Latins et les Grecs, est un vieux pays du continent européen, fort d’une histoire riche et rebondissante, de paysages époustouflants encore préservés, dont les habitants possèdent à mes yeux une des plus belles qualités humaines : la générosité.

Libérée en 1878 de l’Empire ottoman, la Bulgarie est reconnue en tant qu’Etat sur la scène internationale. Ce seront 68 années de monarchies tsaristes qui mèneront deux guerres dans les Balkans, qui installeront la crise économique, sur fond de fascisme et de divisions identitaires.

Après le Seconde Guerre mondiale, place à la république en 1946 qui prône la démocratie populaire. Quel drôle de nom pour un communisme à la botte de l’URSS qui aspirera toutes les richesses du pays à coup de nationalisations massives pour remplir les poches des dirigeants !

La corruption semble être le mot d’ordre des dirigeants de cette période, qui le transmettront aux suivants.

Le peuple bulgare proteste en 1989 [dans la foulée de la chute du mur de Berlin, ndlr], et provoque la démission du président Jivkov, qui avait promis stabilité sociale et économique.

La Bulgarie quitte le pacte de Varsovie en 1990 et pense intégrer « un monde
démocratique » qui soutiendra leur pays vers une justesse sociale et une économie dynamique.

A quoi ressemble la Bulgarie d’aujourd’hui ?

Il est facile pour ceux de l’ère communiste de reprendre le pouvoir, sous couvert de « démocratie », surtout quand l’opposition politique est quasi inexistante et après avoir connu abondance, enrichissement personnel et aisance.

Sachez que l’actuel Président, Boris Borisov, était garde du corps de l’ancien président sous le régime communiste Todor Jivkov, celui foutu dehors par les manifestations pour cause de corruption une année auparavant...

Voilà à quoi ressemble la Bulgarie aujourd’hui :

  • marchés publics qui remplissent les comptes en banque des entreprises du premier ministre Boris Borisov ;
  • secteur industriel et du bâtiment en déficit non soutenu par le gouvernement ;
  • travail illégal favorisé par une politique fiscale indécente ;
  • prestations sociales non versées ;
  • chômage et inflation qui explosent ;
  • sentiment nationaliste et racisme exacerbés par une politique d’intégration des minorités inexistante ;
  • nulle politique culturelle ;
  • déforestation massive par les mafias.

La Bulgarie ne possède pas de syndicats assez puissant, ni de leader pour porter haut les milliers de voix des citoyens bulgares et mener efficacement la bataille contre la corruption et les mafias, la dégradation des conditions sociales, culturelles et économiques de la vie citoyenne et collective.

Je m’inquiète pour mes amis là-bas

Aujourd’hui, je m’inquiète pour mes amis là-bas. Je ne me demande plus : « Quel avenir pour eux ? » Pour le moment, il n’y en a pas, si ce n’est l’immigration ou l’ablation des cordes vocales...

Les Bulgares sont 7 millions sur le territoire national, 4 millions immigrés dans le monde. Soit environ un tiers de la population qui a déjà quitté la Bulgarie.

Aujourd’hui, je pense à mes amis qui, je l’espère, sont dans la rue, expriment leur ras-le-bol et réfléchissent à des solutions concrètes et faciles à mettre en œuvre pour faire avancer leur beau pays vers une issue qui satisferait le plus grand nombre de citoyens.

Aujourd’hui, je ne sais que faire pour soutenir mes amis, ce peuple, ces citoyens européens que je sais en souffrance. Si ce n’est écrire un billet
pour expliquer à ceux d’ici ce qu’il se passe là-bas.

 

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 13:47

 

 

Caravane Nîmes - NDDL


du 30 juillet au 2 août

 


* Lundi 29 juillet
11h = réunion avant le départ sur le site de l'université d'été – fac Vauban - Nîmes

 

 


* Mardi 30 juillet
Etape à St Hilaire de Brethmas (30) sur le site du golf, grand projet inutile, à partir de 18h accueil médiatisé avec
>Parrainage des courges - semées le 25 mai pour occuper une partie du terrain – par des associations d'entraide sociale, récolte prévue pour leurs bénéficiaires


> prises de parole des accueillants, des associations parrainnées et des partenaires


> à partir de 20h, repas partagé, musique – camping possible sur pré
partenaires : Association St Hilaire durable, Attac, Comités de soutien NDDL Nîmes et Alès, Confédération paysanne, .....

 

 


* Mercredi 31 juillet
Etape à Montredon


à partir de 18h = marché de l'été très fréquenté dans les rues de Montredon : un stand NDDL se tiendra au pied des marches de la maison SCTL, tout le monde passe devant.


19h 30 – 21 h – Du Larzac à Notre Dame des Landes… des luttes anti-systémiques aux alternatives


Rencontre proposée par Attac France, la Confédération Paysanne, les comités de soutien à NDDL.
On se retrouve dans le champ du pique-nique pour débattre avec les marcheurs en route pour le rassemblement national de Notre Dame des Landes le 4 août 2013.


Pour l'hébergement, le plus simple est de vous adresser à l'éco-camping du Cun du Larzac (5 km de Montredon) pour réserver un emplacement (tentes avec matelas peuvent être louées) , voici le site où l'on peut également réserver : lecundularzac.org

 

 


* Jeudi 1er août
Etape à St Colombe en Bruilhois
étape organisée par ATTAC 47 / asso ZAD Ste colombe en Bruilhois / coll.47 NDDL


16h00 – 18h00 : Buvette, Jeux à l'ancienne (quilles, palets, chamboule-tout, fléchettes, anneaux, …),
Village des associations (stands d'info, affiches, tracts, pétitions...)
Point-Rencontre du convoi pour Notre-Dame-des-Landes, Collecte des matériaux et matériels pour Notre-Dame-des-Landes


18h00-19h00 : Prises de parole (assos, politiques, élus...) sur les luttes en cours


19h00-20h00 : Apéro-concert


20h00-21h30 : Repas (couscous + grillades)


21h30 : Concert avec : – « Tamaloos Blues » (blues, rock...)– « Blues Addict » (blues...)– « Cri Primate » (électro rock ethnique)– « Mélanie T. » (duo chant / guitare)
De toute façon on pourra à minima vous proposer un terrain pour poser des tentes et vous préparer un repas !

 

 


* Vendredi 2 août
Arrivée à NDDL

 

 

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 17:58

 

l'humanite.fr

Politique - le 26 Juillet 2013

Penser un monde nouveau 10/34

Slavoj Zizek : "Le mariage éternel entre capitalisme et démocratie est fini"

 

 

Les séries d'été de l'Humanité : Penser un monde nouveau . Entretien avec Slavoj Zizek, philosophe et psychanalyste slovène. Selon lui, la période historique 
du capitalisme touche à sa fin. Il ne faut 
pas s’interdire d’utiliser le mot communisme comme horizon de nos espoirs.

Formé notamment en France, c’est à Ljubljana, ville qui l’a vu naître en 1949, qu’il s’est installé pour réaliser ses recherches. C’est également dans cette ville que le plus iconoclaste des Slovènes rédige, lorsqu’il n’est pas sollicité à travers le monde, la plupart de ses essais, traduits dans une vingtaine de langues. Son œuvre, polymorphe, puise aussi bien dans Lacan, Hegel que Marx – pensées dont il considère que leur combinaison nous donne une grille de lecture indépassable des antagonismes qui travaillent la société – pour s’attaquer aux réalités contemporaines qui font durablement problème : la mondialisation, le capitalisme, le couple liberté-servitude, le politiquement correct, le marxisme, le postmodernisme, la démocratie, l’écologie…
Personnalité que ses détracteurs (de droite comme de gauche) présentent volontiers comme truculente, incontrôlable, Zizek est surtout un penseur qui ne s’accommode pas des conventions et des modes intellectuelles. Ses constructions conceptuelles sont enracinées dans un marxisme « vivant » (reprenant ici les mots bien trouvés de Sartre), une passion lacanienne et un tropisme hégélien. Cette construction réside pour partie dans les digressions qu’il s’autorise pour approcher au plus près les tensions du réel, ses nœuds et sa complexité.

 

Vous écrivez dans votre dernier essai que « les prises de pouvoir d’État 
ont misérablement échoué » 
et vous considérez que « la gauche devra se vouer à la transformation directe de la texture même de la vie sociale ». Ces deux mouvements ne peuvent-ils pas
être imbriqués ?

Slavoj Zizek. J’ai de grands conflits avec plusieurs de mes amis, notamment d’Amérique latine, qui considèrent que la prise du pouvoir ne doit plus être à l’ordre du jour, qu’il faudrait abandonner le paradigme bolchevik ou « jacobin » (autrement dit, une prise de pouvoir directe d’État) au profit des bouleversements à opérer au sein des communautés locales. Il y a même l’illusion que l’État disparaîtrait de lui-même. Ma position est tout autre. On doit rester marxiste. L’antagonisme social de base ne se situe pas au niveau du pouvoir, de la gouvernance, c’est l’antagonisme économique qui exprime le plus directement le paradoxe du capitalisme. La solution ne réside pas dans un mouvement de résistance envers l’État. Ce n’est pas le grand ennemi. Il est faux de croire que le salut consiste à se tenir à distance de l’État, le capital est déjà à distance de l’État ! L’ennemi, pour moi, c’est cette société dans son fonctionnement actuel et la domination économique qu’elle met en œuvre.

 

C’est donc davantage la fonction attribuée à l’État qui vous questionne, plutôt que l’opposition hypothétique entre la société 
civile et l’État ?

Slavoj Zizek. Se priver d’État peut laisser place aux pires dérives. Un théoricien des lois légaliste de gauche m’a raconté qu’il a regardé aux États-Unis toutes les cartes où il y a un conflit entre la société civile et l’État. Le mouvement civil néoconservateur revendique que l’État ne se mêle pas des affaires civiles. Les groupes réactionnaires sont ainsi parvenus à bannir l’homosexualité dans les écoles, pour ne parler que de cela. Y compris aux États-Unis, c’est l’État qui défend quelques libertés fondamentales contre les pressions locales ou civiles néoconservatrices.

 

Vous entendez par là que la société civile n’est pas nécessairement mue de bonnes intentions, à vocation universaliste… Qu’une des fonctions de l’État peut être de contenir, voire d’outrepasser les dogmatismes autoritaires ?

Slavoj Zizek. Oui, on ne doit pas oublier tous les mouvements fascistes… Aujourd’hui, le grand mouvement antimigrants né du patriotisme est un fait de la société civile. Le conflit le plus radical n’est pas entre les dominés et l’État, c’est un conflit économique qui peut être dominé par l’État. Garder une distance vis-à-vis de l’État cela veut dire qu’on laisse la gestion de l’État à l’adversaire. C’est vrai que, dans la forme même d’État, une domination est inscrite. Cela ne doit pas nous empêcher de considérer qu’on peut faire beaucoup de choses avec. L’instrument est ambigu, il peut être dangereux, mais il peut aussi être un instrument de la transformation sociale.

 

Vous semblez parfois sceptique vis-à-vis des grandes mobilisations de masse. Pensez-vous que ces « groupes en fusion », pour reprendre l’expression de Sartre, sont incapables de transformer radicalement le cours des choses ?

Slavoj Zizek. Les récents mouvements de masse dont nous avons été spectateurs, aussi bien ceux de la place Tahrir qu’à Athènes… ressemblent pour moi à une extase pathétique. Ce qui m’importe le plus, c’est le jour d’après, le matin qui vient. Ces événements m’évoquent la sensation qu’on éprouve lorsqu’on se réveille avec un mauvais mal de tête après une soirée d’ivresse. La difficulté majeure réside dans ce moment crucial, où les choses retournent à leur état normal, quand la vie quotidienne repart.

 

Si certaines promesses de révolution ont été confisquées, ne participent-elles pas à faire l’histoire, à la précipiter du moins ?

Slavoj Zizek. Oui, mais que va-t-il rester du grand événement ? Le succès de ces grands mouvements extatiques doit être évalué sur la base de ce qu’il en reste une fois qu’ils sont passés. Sinon nous sommes dans ce romantisme soixante-huitard. L’après, c’est cela qui m’intéresse. L’unique problème est de savoir ce qu’on fait concrètement aujourd’hui ? C’est pourquoi j’ai admiré l’efficacité d’Hugo Chavez. On parle d’auto-mobilisation continue des masses, moi je ne veux pas vivre dans une société dans laquelle je suis obligé d’être mobilisé politiquement en permanence. Nous avons de plus en plus besoin de grands projets sociaux, avec des effets concrets et durables.

 

Vous juxtaposez au malaise du capitalisme un malaise écologique. Quel est ce « malaise dans la nature » dont vous traitez longuement dans Pour défendre les causes perdues ?

Slavoj Zizek. Je n’aime pas la mythologie du mouvement écologiste qui porte l’idée d’un équilibre naturel qui aurait été ruiné par l’impérialisme humain ou déstabilisé par l’exploitation de la nature. Je préfère le darwinisme de gauche dont la thèse est que la nature n’existe pas comme un ordre homéostatique, cette mère nourricière dont la balance a été perturbée par la main de l’homme. Il faudrait la rétablir, y retourner. Je pense au contraire que la nature est folle, faite de catastrophes naturelles, c’est un grand chaos. Cela ne veut absolument pas dire qu’il ne faille pas se faire de soucis, la situation est au contraire éminemment inquiétante. Mais il faut sortir de la moralisation écologique et son homéostasie. La théologie dans sa forme traditionnelle ne peut plus remplir sa fonction fondamentale qui est de poser des limites fixes. La référence à Dieu ne fonctionne pas, or la référence à la nature commence à remplir ce lieu. Je n’ai pas de grandes réponses positives mais un premier réflexe utile serait de refuser le « way of life » écologique. Cela individualise le souci écologique, comme en attestent les injonctions au recyclage. Comme si cela suffisait à accomplir son devoir ! Cela ne fait qu’aboutir à une culpabilisation permanente. Je me soucie plus de savoir comment on s’organise pour prévenir les futurs mouvements de population liés à l’immigration et au réchauffement climatique ? La réponse à cette question m’importe plus que les bavardages autour du tri sélectif.

 

La question démocratique, précisément, 
ne cesse de vous travailler. En vous appuyant aussi bien sur Platon qu’Heidegger, vous 
en démontrez le caractère souvent illusoire 
et fumeux. Est-ce l’occasion de penser 
son renouvellement, ou prônez-vous l’abandon pur et simple de cette idée ?

Slavoj Zizek. Tout dépend de ce qu’on entend par démocratie. La démocratie telle qu’elle fonctionne est de plus en plus remise en cause. C’est une des grandes leçons du mouvement Occupy Wall Street. Même si cette contestation s’est dissipée, il y avait deux intuitions correctes. Premièrement, c’était une mobilisation basée contre « one issue mouvement » : la dénonciation d’un problème concret, le fait qu’il y a quelque chose qui cloche dans le système économique actuel. Deuxièmement, ce mouvement a démontré que notre système politique existant n’est pas assez fort pour lutter efficacement contre ces dérèglements économiques. Or si on laisse le système mondial continuer de se développer ainsi, je m’attends au pire : à de nouveaux apartheids, de nouvelles formes de divisions. Je crois que le mariage éternel entre capitalisme et démocratie est fini. Il n’a plus que quelques années à tenir.

 

Qu’est-ce qui pourrait alors remplacer 
cette « coquille vide » ?

Slavoj Zizek. Nous avons affaire à une démocratie vidée de signification. Mais je ne suis pas pour abandonner brutalement cette idée. Il y a des situations précises où je peux être pro-démocratique. En ce sens, je ne suis pas pour le rejet systématique des élections. Parfois elles peuvent être heureuses, voyez la Commune de Paris, ou imaginez une victoire de Syriza en Grèce. Ce serait un bel événement démocratique. Mais il y a bien un malaise démocratique à dépasser, souvenons-nous du choc qui a soulevé l’Europe quand Papandréou a proposé un référendum. Les choix électoraux sont régulièrement manipulés de diverses manières, mais il peut arriver que nous puissions faire des choix démocratiques véritables. Je ne suis donc pas a priori contre cette idée.

 

Vous dénoncez une Europe dénuée de toute « passion idéologique ». Quel est ce mal 
qui fait, selon vous, qu’elle n’est pas désirable dans sa forme actuelle ?

Slavoj Zizek. Il y a trois Europe. L’Europe technocratique n’est pas a priori mauvaise. Mais quand elle n’est que cela, c’est une unité de façade qui se donne seulement les moyens matériels de sa survie. L’Europe du populisme xénophobe est violemment antimigrants. Le plus grand danger réside pour moi dans sa troisième forme, qui est la superposition d’un technocratisme économique (pourtant multiculturel et libéral à la base) et d’un patriotisme idiot. L’Italie de Berlusconi en est un sinistre exemple. Pour autant, je trouve que nous avons tort, en tant qu’Européens, de nous auto-flageller en permanence. Il faut savoir défendre et s’enorgueillir de ce qui fonde l’Europe : ses valeurs enracinées dans l’égalitarisme, le féminisme, la démocratisation radicale. Les grands mouvements anticoloniaux ont été d’inspiration européenne. Notre seule chance est d’insuffler une autre idée de l’Europe.

 

Vous prônez donc un nouveau volontarisme politique européen ?

Slavoj Zizek. La logique immanente de l’histoire n’est pas de notre côté. Si on la laisse incliner vers sa tendance naturelle, l’histoire continuera d’aller vers l’autoritarisme réactionnaire. En cela les analyses de Marx doivent être notre point de départ. Il faut poursuivre cette ligne tout en s’intéressant à d’autres questions, soulevées par exemple par les autonomistes italiens, dont Maurizio Lazzarato, qui défend l’idée que, dans l’idéologie quotidienne, notre servitude nous est présentée comme notre liberté. Il montre comment nous sommes tous traités comme des capitalistes qui investissons dans notre propre vie. L’endettement remplit une fonction disciplinaire, c’est aujourd’hui une des manières nouvelles de maintenir sous contrôle les individus. Tout en nous donnant l’illusion que cela relève de choix libres. Même la fragilité des parcours professionnels, l’insécurité chronique, nous est présentée comme une chance de pouvoir nous réinventer tous les deux ou trois ans. Et ça fonctionne très bien.

 

Une série d’intellectuels, dont vous faites partie, défendent l’idée que le communisme n’est pas un concept épuisé. L’idée a-t-elle un avenir en dépit des réductionnismes sauvages 
dont elle fait encore régulièrement l’objet ?

Slavoj Zizek. L’axiome commun à accepter est que nous continuons à utiliser le mot communisme comme l’horizon de nos espoirs. Les anticommunistes libéraux contemporains n’ont même pas d’appareil conceptuel propre pour réaliser une critique véritable du communisme. La théorie de la tentation totalitaire, qui serait inhérente au communisme, est un psychologisme ridicule, non théorisé. C’est ce qui m’a fait dire un jour à Bernard-Henri Lévy qu’il n’était pas assez anticommuniste. On attend toujours une critique éclairée de la catastrophe stalinienne. Every Day Stalinism (le stalinisme ordinaire) est le seul ouvrage à ma connaissance qui fasse une démonstration intéressante et instruite. C’est un fait historique que des régimes horribles se sont légitimés de Marx, il serait trop facile d’opposer à cette réalité que ce n’était pas là un marxisme authentique. Il faut quand même poser la question : comment cela a-t-il été possible ? Cette question ne doit en revanche certainement pas être un prétexte pour abandonner Marx. C’est la condition préalable pour le répéter autrement : renouveler ce geste en changeant la forme et non les prémisses. Le socialisme ne marche pas, Hitler s’est réclamé socialiste. « Une idée vraie est une idée qui divise », comme le répète mon ami Alain Badiou. Mais les erreurs passées doivent nous rendre plus exigeants.

Parution chez Flammarion des deux derniers essais 
de Slavoj Zizek : Vivre la fin des temps et Pour défendre 
les causes perdues.

 


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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 17:26

 

  Agoravox

  par Pierre JC Allard (son site) lundi 29 juillet 2013

 

Abattre un Maître exemplaire

 

 

On a vu récemment, au Québec, des hommes publics vautrés dans une innommable corruption. Permettez-moi de vous présenter aujourd'hui un avocat au comportement social exemplaire... et de vous montrer la façon dont on va l'abattre. Car comment ce qui est exemplaire ne serait-il pas à détruire, dans ce pauvre Québec gangréné dont la jeunesse, portant "carrés rouges" en signe de sa révolte a occupé les rues pendant des mois pour dénoncer les tares ? Les Carrés Rouges ont fait peur. Ceux qu'ils ont effrayés ne pardonnent pas ceux qui les ont soutenus. Parmi ces amis de ceux qui ont protesté, il y avait un avocat, Denis Poitras Différent, exemplaire. Un mauvais exemple. Le Système vient d'avoir sa peau.

 

 

Vous connaissez beaucoup d’avocats qui travaillent gratuitement ? Il y avait Me Denis Poitras, celui qui a pris la défense de tellement de Carrés Rouges l’an dernier. Pris leur défense comme ça, pour rien, juste parce qu’il aimait la justice et qu’il croyait que tout le monde devrait avoir droit à un avocat, dans un système où celui qui n’en a pas a si peu de chance d’obtenir justice… Il y avait Denis Poitras.

Mais Denis Poitras n’y sera plus. Il ne sera pas là pour surveiller les brutes à front bas et les garces a garcette, comme la Stephanie Trudeau, cette policiere sado qui a fait les manchettes. Pas là pour défendre les étudiants interpellés à la matraque et au gaz lacrymogène dont les procès seront entendus cet automne.

ll ne sera pas là. On vient de lui régler son compte. Il n’est plus avocat. Il ne plaidera plus la cause de personne. OUT ! KAPUT, Poitras ! Et tous ces étudiants – au moins 1700, peut-être trois fois plus - qu’il allait défendre cet automne ? Eh bien ils se défendront comme ils pourront ! En fait, c’est toute l’épopée de la contestation étudiante de 2012 qui n’aura plus d’avocat… On va pouvoir doucement réécrire l’Histoire, sans protestation.
 
Big Brother vient de rayer Denis Poitras du Barreau. Pour quoi ? Il n’a pas tué ses enfants comme Turcotte. Il n’a pas escroqué, des pauvres gens, comme Lacroix. Si ce n’était que de ça, on s’arrangerait… Poitras est soupçonné de lNEXCUSABLE : ne pas avoir donné au fisc tout le fric que le fisc prétend que Poitras aurait dû lui donner.

On a eu Poitras par l’impôt, comme on a eu jadis Al Capone… C’est l’arme hypocrite de l’État quand vous êtes trop méchant ou trop bon, mais de toute facon trop costaud et que vous êtes un emmerdeur qui méritez un traitement spécial. Un avocat qui travaille gratuitement, c’est un emmerdeur bien costaud.

Préparez-vous à un traitement bien spécial. Car si vous êtes soupçonné… accusé - (mettez le mot que vous voudrez, il prendra le sens qu’on voudra ) – de ne pas avoir donné votre (sa) livre de chair au fisc, c’est à vous de prouver que vous l’avez fait. Spécial. Étrange… Une petite exception à la règle du fardeau de la preuve, pour faciliter le travail de l’Etat… Alors soupçonné, coupable… c’est du pareil au même, car, si le fisc le prétend, lui tenir tête vous ruinera inexorablement. Exit, donc, Maître Poitras.

Ouf, bonne affaire de réglée ! Car ce n’est pas une petit affaire de garder les petites gens à leur petite place. On peut les laisser jaser entre eux ou faire les zouaves dans la rue le temps de les rosser un peu, mais ça ne doit pas biaiser la mission fondamentale de toute gouvernance, qui est évidemment de prendre des pauvres pour donner aux riches… ce qui équivaut, en fait, à créer ou à conserver les uns comme les autre.

Vous, les contestataire, donc, dérangez un peu, mais pas trop ; voyez çà comme une grève… Alors un Don Quichotte qui vient parler pour vous – et gratuitement – c’est TROP dérangeant. Qui sait comment tout ça pourrait finir…

Poitras est un emmerdeur. Pourtant, quand je compte les milliers de jeunes que Poitras a défendu et pourrait continuer de défendre, je me dis qu’il l’a fait en suppléance de l’Etat qui a scandaleusement fait en sorte de NE PAS assumer par l’aide juridique les frais de leur défense.  Il a porté secours a des personnes en danger, abandonnées par leurs gouvernants. Si Poitras avait touché le minimum qu’on peut penser qu’auraient mérité ses interventions, il aurait largement le nécessaire pour payer ces taxes et impôts qu’on lui réclame, à tort ou a raison. S’il n’a pas cet argent, c’est parce qu’il a fait le choix honorable le de travailler pour la justice plutôt que pour du fric. C’est lui, l’honnête homme dans ce dossier

En ruinant Poitras, le fisc ingrat expose la turpitude de notre société et son incapacité crasse à assumer ses responsabilités. Il l’expose encore plus clairement, en rendant public que Poitras n’a pas un sou vaillant. Il se démarque de toutes ces ordures que nous a montrées la Commission et Charbonneau et qui ont, qui son château, qui son compte numéro en paradis fiscal. Denis Poitras mérite notre admiration. Profitons-en, ils ne sont pas nombreux

Que penser d’une gouvenance qui punit ceux comme Poitras qui font du bien et soutiennent la justice… alors qu’on donne des centaines de milliers de dollars à un Applebaum, ce Maire de Montreal dont j’opine qu’il est un prévaricateur lui-même corrompu, et que la loi est bien mal faite qui ne permettra pas qu’on l’envoie au bagne en jetant la clef aux crocodiles ? En penser qu’elle ne mérite plus aucun respect et n’a plus aucune légitimité…

Le fisc a la force de prendre de Poitras, comme de vous et moi, tout ce qu’il veut. Mais le temps est fini de croire que vous et moi ayons la responsabilité morale de lui donner plus que ce qu’il peut arracher. Notre gouvernance n’est plus légitime. Le contrôle démocratique est un fiction. La ponction fiscale ne rend pas tout ce qu’elle prend ; c’est une rançon versée au 0,0001% de la société qui exploite le reste. Les étudiants qu’on va priver de leur défenseur, c’est le symbole de nous tous qui sommes sans défense.

On souffre tous un peu et on se tait… mais il y a des cas ou l’infamie devient exemplaire Comme quand on tape sur Poitras qui est indubitablement l’un des justes dans cette société où on ne pense plus à défendre ceux qu’on accuse

Notre société veut se débarrasser des Poitras qui apportent une lueur de solidarité et donc d’espoir. Poitras donne mauvaise conscience a tous ces avocats qui ne posent pas un geste pour défendre la justice. Il arriveront peut-être è tous les éliminer.

Mais il pourrait suffire alors d’un peu de grabuge, pour qu’on comprenne, que ce sont ceux, hélas bien rares, qui comme lui ont prêté assistance à cette « personne en danger » qu’est devenu l’État de droit, qui ont permis de retarder un peu l’échéance d’une violence sociale que nous provoquons. Quand il ne restera plus de Poitras, cette violence éclatera comme un ouragan. On regrettera notre inconscience, notre imprévision et notre ingratitude.

 

Pierre JC Allard

 

 

 

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 17:08

 

 

La republique des pyrenees.fr

 

Par Jean-Marcel Bouguereau

Publié le 25/07/2013 à 06h00
Mise à jour : 25/07/2013 à 07h42

 

 

Jean-Marcel Bouguereau

Jean-Marcel Bouguereau (PP)

 

C'est un des scandales de la République, dénoncé comme tel, à plusieurs reprises, par la Cour des Comptes : celui de la tarification des autoroutes, que chacun, au moment des départs en vacances, expérimente à son détriment. Une sorte de racket légal qui se fait avec l'assentiment de l'État.

C'est que l'État est responsable de la vente en 2005 de ces bijoux de famille. Toutes les familles politiques sont concernées : c'est Dominique de Villepin qui parachève la privatisation engagée, en 2002, par la gauche sous Lionel Jospin. Et c'est Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie et des Transports, qui prolonge la concession des sociétés d'autoroutes, avec un pauvre alibi écologique, un programme de "verdissement des autoroutes" ! Ce qui explique l'extrême passivité des représentants de l'État - toutes tendances confondues -- dans les négociations avec les sociétés autoroutières que les Sages de la rue Cambon estiment se faire toujours au profit de ces dernières.

En fait la Cour des comptes reproche à l'État de ne pas assez s'imposer dans la fixation des tarifs négociés avec les sociétés autoroutières depuis leur privatisation. Jugez-en ! Ces tarifs, c'est un peu la roue de la fortune. Vinci Autoroutes, APRR et Sanef ont touché 7,6 milliards d'euros de péages en 2011. C'est qu'en cinq ans, les tarifs autoroutiers jugés "opaques et injustes" par la Cour des comptes, auraient augmenté de 11 %, alors qu'aucune amélioration du service ne le justifie. Comme chaque année le tarif des péages a été augmenté au 1er février, soit une hausse moyenne de 2,01 %, plus que l'inflation.

Car c'est une énorme machine à cash qui est cédée pour le prix ridicule de 15 milliards d'euros. Quarante milliards de bénéfices seront engrangés d'ici 2032, date de fin de la concession. Les bénéfices d'Autoroutes du Sud de la France ont bondi de près de 78 % en six ans, ceux d'Autoroute Paris-Rhin-Rhône de 103 %. Mais ce n'est pas tout : la Cour cible aussi le manque d'exigence de l'État "en cas de non-respect de leurs obligations par les concessionnaires, qu'il s'agisse de préserver le patrimoine, de respecter les engagements pris dans les contrats de plan ou de transmettre les données demandées".

Les Sages recommandent donc de "mettre en oeuvre des dispositions contraignantes" et de "réaliser systématiquement une contre-expertise (…) de tous les coûts prévisionnels des investissements". Sans parler de cet autre scandale, le système de l'intégration fiscale qui permet à ces sociétés de déduire le coût de leur endettement et leur a permis d'économiser 1,5 milliard d'euros en cinq ans sur ses impôts. Peut-être pourrait-on suggérer une renationalisation des autoroutes ?

 

 

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 16:35

 

 

 

 

En 2012, dans le palmarès des démocraties, la France était à la 29 éme position selon un indice fournissant un instantané de l'état de la démocratie dans 165 pays, basé sur le processus électoral, la culture politique, et les libertés civiques. Selon le classement de "The économiste" la France est devenue une démocratie de seconde zone, derrière l'île Maurice, le Cap vert, la Paraguay ou l'Afrique du Sud…

Se lamenter ou s’indigner sur la crise de la démocratie, de la représentativité, sur la toute puissance de l’oligarchie, sur les promesses non tenues, ne servira qu’à développer une déprime sociétale et une course vers la survie individuelle.

C’est aux citoyens de réagir.

L’élaboration du pouvoir ou d’un contre-pouvoir citoyen est de la seule responsabilité du « peuple des citoyens ». 

"Le Grenelle citoyen" sera un révélateur d’une force citoyenne qui ne demande qu’à émerger.

Voici, deux premiers outils pour enclencher une discussion et faciliter les échanges et contacts.

 

chemin-3.jpg1) un magazine WEB , présentant le projet de façon synthétique, rapide, sans bavardages, digressions et lourdeurs des précédents articles de présentation.

2) un forum internet  fonctionnel pour les avis et les contacts, qui développe, en autant de fils nécessaires à la critique, les divers aspects de l’opération.

Le travail de prospection et d’information individualisée peut commencer.

 

« Je ne suis pas certain que ça ira mieux si ça change,

mais je suis certain qu’il faut que ça change pour que cela aille mieux »

Christophe Lichtenberg

 


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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 16:22

 

 

 

Médiapart

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Travail sans limite, salaire très bas, personnel soumis au chantage des agences de recrutement : un rapport d’une ONG pointe les conditions lamentables dans lesquelles sont fabriqués les Iphone et les Ipad.

Apple est une nouvelle fois accusé de ne pas veiller au respect du droit social chez ses sous-traitants. Selon le rapport d’une ONG, China Labor Watch, les conditions de travail chez Petragon, un des principaux sous-traitants d’Apple fournissant notamment les Iphone et les Ipad, seraient très dégradées. Les ouvriers y travaillent souvent au-delà de 60 heures par semaine, seuil maximal en Chine, dans des conditions pénibles, sans foyer ni espace de repos dignes de ce nom.

Pour faire face à un afflux de commandes, Petragon a fait aussi appel à des agences de recrutement pour lui fournir rapidement de la main-d’œuvre. Ses effectifs ont grossi de 30 % en un an pour atteindre 100 000 personnes. Ces agences d’intérim recrutent des salariés en provenance des zones rurales et leur imposent des règles totalement illégales. Ainsi elles réclament souvent une commission auprès des salariés pour se faire embaucher. Par la suite, elles conservent les papiers d’identité des nouvelles recrues afin de les obliger à rester un certain nombre de semaines. Elles leur infligent des pénalités et les obligent, pour certains, à leur reverser une partie de leur salaire.

A la suite de ce rapport, la direction d’Apple a déclaré que les faits révélés étaient nouveaux pour elle et qu’elle lançait des enquêtes immédiatement.

Apple a déjà rencontré des problèmes similaires chez un autre de ses sous-traitants, Foxconn. Là encore, les salariés témoignaient de conditions de travail très dégradées, hors de toute norme sanitaire et sociale, pour des salaires de misère. Foxconn avait été aussi accusé de faire travailler des enfants.

Lire dans le Financial Times

 

 

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 16:09

 

 

Marianne

Lundi 29 Juillet 2013 à 18:12

 

Journaliste économique à Marianne En savoir plus sur cet auteur

 

 

Emmanuel Macron - Bertrand Langlois/AP/SIPA
Emmanuel Macron - Bertrand Langlois/AP/SIPA
Ce mardi 30 juillet, Emmanuel Macron déjeunera avec une dizaine de patrons à la table de l’Elysée. Banal, pour le secrétaire général adjoint ? Pas tout à fait, puisqu’il a confié le choix des convives à l’un des lobbyistes les plus féroces de Paris, Matthias Leridon. C’est l’assistante du patron de Tilder qui a adressé aux dirigeants sélectionnés un e-mail ainsi titré: « Invitation déjeuner Elysée avec Emmanuel Macron – mardi 30 juillet 2013 – de la part de Matthias Leridon. »

 

Chère, 
Suite à notre échange téléphonique, je vous confirme que Matthias Leridon (Président de Tilder) et Emmanuel Macron (Secrétaire Général Adjoint de l'Elysée) organisent un déjeuner à l'Elysée le mardi 30 juillet avec une dizaine d' entrepreneurs  (heure exacte à confirmer) auquel ils souhaitent convier xxxx.
Auriez-vous l'amabilité de bien vouloir transmettre l'information à xxxx afin qu'il puisse nous confirmer (ou non) sa disponibilité pour ce déjeuner.
Merci d'avance de votre aide.
Bien à vous.

Comment interpréter cette étonnante invitation conjointe ?

Hypothèse 1 : Le principal collaborateur du président de la République a besoin d’un intermédiaire privé pour consulter les forces vives du pays. Or l’Elysée dément l’existence de tout contrat avec le cabinet de lobbying.

Hypothèse 2 : Macron offre son temps et son hospitalité à un ami, sachant que ses clients privés le rémunèrent en fonction de l’influence qui lui est prêtée. Une confusion des intérêts publics et privés, assurément, qui rappelle les mauvaises habitudes de la maison Sarkozy.

 

 

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 15:39

 

Rue89

« C’est l’humain qui paie » 29/07/2013 à 12h07
Tiphaine Le Liboux | Journaliste

 

Olivier F. est le troisième salarié à s’être donné la mort en huit mois en Ile-de-France. Un révélateur de la dégradation des conditions de travail, selon certains syndicats.

 


Dans une agence Pôle emploi de Paris, le 4 mars 2010 (FRANCOIS MORI/AP/SIPA)

 

Olivier F., 41 ans, directeur des relations sociales à Pôle emploi Ile-de-France, s’est suicidé à son domicile le 8 juillet. En huit mois, il s’agit du troisième agent à mettre fin à ses jours dans la région. En octobre, une conseillère de Pantin s’était donné la mort. Une deuxième en mai à Maisons-Alfort.

Mais Olivier F. occupait un poste particulier dans l’entreprise. Directeur des relations sociales depuis décembre 2008, il avait pour mission de gérer le dialogue entre la direction et les représentants du personnel. C’est-à-dire d’être le relais entre les exigences de la direction et celles des syndicats. Un poste « très exposé », explique un syndicaliste du SNU.

Trois suicides en huit mois

Making of

Il est toujours délicat de parler d’un suicide dans une entreprise. Les raisons qui poussent un individu à se donner la mort sont insondables, et ne peuvent être réduites au seul climat social. Mais bien souvent, comme on l’a vu chez Orange, le suicide d’un salarié, a fortiori d’un cadre supérieur, est le révélateur d’un réel malaise social.

 

C’est ce que cette enquête sur Pôle emploi tente d’explorer, au-delà de l’affaire du suicide d’un cadre dont nous avons choisi de ne pas révéler le nom. Pierre Haski

Olivier F. n’a pas laissé de lettre susceptible d’expliquer son geste, et sa famille ne souhaite pas s’exprimer.

En attendant les résultats de l’enquête policière et de celle menée en interne, les organisations syndicales se montrent prudentes. Françoise Kermorgant, responsable Pôle emploi, à Force ouvrière (FO) :

« Peut-être que Pôle emploi à une responsabilité, mais je n’en sais rien pour l’instant. »

A la CGT, on refuse de faire le moindre commentaire. Et pour Bernie Billey, déléguée centrale de la CFDT à Pôle emploi :

« Ce suicide n’est pas révélateur d’un malaise plus global. »

Les syndicats SUD-Solidaires et SNU ne sont pas d’accord. Pour eux, il y a un lien entre la dégradation des conditions de travail à Pôle emploi Ile-de-France et le suicide de ce cadre. Un représentant SNU, qui souhaite rester anonyme :

« Trois suicides en huit mois, c’est loin d’être anodin. »

« C’est l’humain qui paie »

Selon lui, ces gestes désespérés sont révélateurs de la pression exercée par la direction sur ses agents, pour achever, d’ici début 2014, la généralisation des sites Pôle emploi en Ile-de-France.

Décidée par Nicolas Sarkozy, la fusion de l’ANPE (orientation des chômeurs) et des Assedic (leur indemnisation) a commencé en 2009. En Ile-de-France, sous la pression des syndicats, sa mise en place a pris beaucoup de retard. Aujourd’hui, la direction assure que la fusion immobilière est réalisée aux deux tiers et qu’elle devrait être terminée à 80% à la fin 2013. Et c’est bien ça qui pose problème au SNU :

« Depuis un an, la direction accélère le mouvement pour remplir son objectif. Elle impose une fusion à marche forcée et c’est l’humain qui paie. »

« Les conditions de travail à Pôle emploi Ile-de-France se dégradent et les relations sociales se tendent », raconte Françoise Kermorgant, de FO. Pour l’élu SNU du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), c’est ce contexte qui aurait entraîné le burn-out d’Olivier F. « Il était épuisé par la charge de travail, on l’a vu à bout », confie Sylvie Masson, porte-parole de Sud-Solidaires Pôle emploi. Selon le SNU :

« La direction a joué sur l’investissement de ce cadre supérieur. Elle lui en demandait beaucoup et il était très peu aidé. »

Il y a trois mois, Olivier F. avait récupéré une nouvelle fonction, celle de directeur de la sécurité. L’élu SNU du CHSCT croit savoir que, quelques heures avant de se donner la mort, Olivier F. aurait eu un entretien avec le directeur régional :

« Olivier F. aurait fait part de sa difficulté devant l’ampleur de la tâche, mais le directeur lui aurait répondu que c’était ça où la porte. »

Pôle emploi nie l’existence de ce rendez-vous :

« Ils se sont simplement croisés, comme tous les jours. »

Des mobilités professionnelles imposées

« Le nommer directeur de la sécurité, c’était une promotion et un signe que je lui renouvelais ma confiance », assure Yves Dubrunfaut, directeur de Pôle emploi Ile-de-France.

Pour l’élu du SNU, il s’agit plutôt d’une mobilité imposée, beaucoup trop fréquente à Pôle emploi en ce moment :

« Depuis l’arrivée du nouveau directeur régional, il y a deux ans, plus d’une dizaine de restructurations internes ont eu lieu. »

Ces nombreuses mobilités professionnelles et géographiques imposées seraient très mal vécues par les agents. « En Ile-de-France, même si les kilomètres sont peu nombreux, le moindre déplacement est compliqué », poursuit ce même élu SNU.

La souffrance des agents se traduirait, selon lui, par de plus en plus de cas d’addictions et de maladies. Il en veut pour preuve les chiffres du dernier bilan social de l’entreprise. Entre 2010 et 2012, les arrêts pour maladie grave (plus de huit mois) auraient augmenté de 293% et les accidents du travail de 162%.

A la CFDT, l’appréciation est complètement différente :

« Aujourd’hui, les difficultés sont du côté des chômeurs plus que des salariés. Les agents ont subi la fusion, mais désormais la plupart d’entre eux ont dépassé cette phase. »

Un avis partagé par la direction qui ne nie pas qu’il puisse toujours y avoir des « crispations » :

« Il faut du temps, de l’expérience pour qu’une réorganisation comme celle-là soit effective. Mais la fusion on n’en parle plus, c’est terminé. »

Reste qu’en attendant, les rendez-vous avec les usagers sont décalés et le traitement des dossiers est retardé, assurent les syndicats. Une situation exacerbée en Ile-de-France où ont été créés les deux plus gros sites Pôle emploi du pays. Germain Ageorges, ancien chef d’équipe, travaillait dans l’un d’eux (le centre Paris Cardinet, dans le XVIIe arrondissement) :

« Ce sont ces énormes sites qui enlèvent tout sens au métier. Chaque conseiller doit gérer de 300 à 400 chômeurs, c’est impossible de les suivre correctement. »

« La fusion a déshumanisé notre métier »

Pour lui, les réorganisations résultant de la fusion sont contreproductives :

« La fusion était censée donner plus d’autonomie au niveau local. Mais c’est l’inverse. Il y a une multiplication des échelons hiérarchiques, donc les décisions mettent beaucoup plus de temps à être rendues.

Aujourd’hui, 50 à 60% de notre temps est consacré à des questions d’organisation. Nous ne sommes plus au service de l’usager de terrain mais au service de nous-mêmes en essayant de mettre en place une organisation qui tienne la route et ne craque pas. »

Julien (prénom modifié), conseiller Pôle emploi à Ivry, travaille dans un centre plus petit. Mais il explique rencontrer le même genre de difficultés :

« La fusion a déshumanisé notre métier. Nos relations avec les usagers se sont anonymisées. Il n’y a plus d’agence de proximité, le temps d’entretien a été considérablement raccourci et les demandeurs d’emploi doivent faire l’essentiel de leurs démarches par Internet avant de pouvoir rencontrer un conseiller. Pour certains demandeurs d’emploi, ça va, ils maîtrisent Internet, mais pour d’autres c’est plus compliqué et ce sont souvent les chômeurs en plus grande difficulté. »

Le profil type du chômeur a changé

Aujourd’hui, ce conseiller se dit « frustré » de ne plus pouvoir exercer son métier par manque de formation. La fusion n’a pas « respecté les spécificités, les métiers de chacun » :

« Nous avons eu cinq jours de formation, alors qu’il faut au moins deux ans pour maîtriser son affaire. »

D’autant que le profil des demandeurs d’emploi a beaucoup changé :

« Il y a quelques années, le profil type du chômeur, c’était une personne qui venait s’inscrire après 30 ans de boîte. Aujourd’hui, son parcours s’est complexifié. Nous sommes face à des gens qui ont multiplié CDD, intérim, petits boulots. Le montant de leurs indemnisations est donc plus dur à déterminer et à calculer. »

Résultat : des tensions au guichet où certains chômeurs, exaspérés de ne pas trouver de réponses à leurs questions, peuvent devenir agressifs.

La dernière réunion à laquelle Olivier F. a assisté avait pour objet la situation des agents de Pôle emploi Nanterre. Les syndicats réclamaient la mise en place d’un « droit d’alerte ». Une procédure dont l’objet est de diligenter une enquête interne à l’entreprise et éventuellement des solutions, en cas de grave danger menaçant les salariés. Olivier F., en désaccord avec les syndicats, aurait claqué la porte de cette réunion.

« Il n’a pas pu se sentir acculé », assure la direction :

« La situation de l’agence de Nanterre, ce n’est pas nouveau. Ce sujet est connu depuis plusieurs mois. »

Ce qui montre aussi que rien n’a été fait pour tenter de répondre au cri d’alarme de ces agents.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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