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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 12:06

 

Rue89

 

L’édito 24/07/2013 à 12h12
Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 


Aurélie Filippetti à l’Elysée, le 12 juin 2013 (SIPA)

 

« Tout ça pour CSA », titrent nos collègues de Libé avec un sens du calembour jamais démenti. Mais qui, ici, tombe juste.

La réforme du mode de nomination des présidents de l’audiovisuel public lancée mercredi par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture ET de la Communication, rate son objectif, et, comme beaucoup de réformes de ce gouvernement, laisse un goût amer d’occasion ratée.

Petit rappel des faits dans un des feuilletons institutionnels qui figure parmi les grands classiques de la Ve République : Nicolas Sarkozy avait décidé tout seul en 2008 que le choix des présidents de l’audiovisuel public (France TV, Radio France, etc.) serait désormais assumé par le chef de l’Etat.

La mesure avait fait hurler à l’époque (y compris Rue89...), même si Sarkozy estimait qu’il enlevait une dose d’hypocrisie au processus de nomination puisque que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), chargé jusque-là des nominations, n’était que le cache-sexe du pouvoir politique. Mais il avait choisi de sortir de l’hypocrisie à son avantage, au lieu de favoriser plus d’indépendance.

Le rêve de la gauche... dans l’opposition

Aurélie Filippetti, comme on pouvait s’y attendre, choisit de revenir sur cette mesure emblématique de l’ère Sarkozy, et annonce comme une grande avancée libératrice une réforme du mode de désignation des neuf membres du CSA.

Dans l’avenir, si ce projet de loi est adopté, les membres du CSA seront ramenés à sept :

  • un président toujours désigné par le chef de l’Etat (qui nommait jusqu’ici trois des neuf membres) ;
  • les six autres seront proposés par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, mais ratifiés à la majorité des 3/5e par les Commissions parlementaires, et donc par un accord entre l’opposition et la majorité.

Ce qui est présenté comme une avancée, c’est évidemment la ratification des nominations par la majorité des 3/5e par les Commissions, qui éviteront des personnalités trop clivantes politiquement. C’est vrai, mais c’est peu.

Aurélie Filippetti a raté l’occasion de couper réellement le cordon politique de l’audiovisuel public, comme la gauche en rêve... quand elle est dans l’opposition.

La gauche vit depuis des décennies avec le fantasme de la BBC, rendre totalement indépendant l’audiovisuel public comme chez nos voisins britanniques (ce qui n’a pas empêché la « Beeb », comme l’appellent les initiés, d’avoir sa part de scandales et de problèmes de gouvernance).

Le fantasme de la BBC

Une note de l’INA résume ce statut, ses avantages et faiblesses :

« Même si l’institution fait l’objet de débats incessants, les politiques n’ont jamais touché au fond à l’indépendance du média protégé par une “charte royale”, un cahier des charges, révisée tous les dix ans.

Le service public est aussi protégé structurellement par un conseil des gouverneurs, appelé BBC Trust depuis la charte signée en 2007. Celui-ci nomme le directeur général et exerce une tutelle sur la société.

Le Trust est explicitement chargé de garantir l’indépendance de la corporation et de représenter l’intérêt du public.

Toutefois les douze membres du Trust sont nommés par la reine sur proposition du gouvernement et, si le pouvoir ne peut intervenir directement dans le fonctionnement de la société, il ne manque pas de moyens de pression, pressions économiques surtout autour du débat sur la redevance et sur son niveau (fixé par une négociation avec le gouvernement). »

On le voit, le système britannique n’est pas parfait, mais il est ce qui s’approche le plus, dans le monde, d’une véritable indépendance d’un service public de l’audiovisuel.

Culture politique et poids des lobbies

Impossible en France ? Question de culture et de tradition politique de la Ve République sans nul doute, si l’on se souvient des années ORTF, des interviews du général de Gaulle par Michel Droit, des nominations très marquées...

François Hollande ne sera pas l’homme de la rupture avec cette tradition qui ne dérange pas le pouvoir en place, quel qu’il soit. Il avait déjà donné un mauvais signal en nommant Olivier Schrameck, l’ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin, à la tête du CSA, sans expérience particulière dans l’audiovisuel.

Ce projet de loi est dans la continuité, avec une modeste avancée là où les promesses électorales laissaient attendre une grande ambition.

On nous promet une deuxième phase de la réforme en 2014 avec les suites du rapport Lescure sur le numérique, Hadopi, etc. Mais le poids des lobbies est tel dans ce secteur, comme le montre l’histoire de la mission de Pierre Lescure elle-même, que les attentes sont désormais douchées.

Un CSA un peu plus démocratique ne remplace pas un service public de l’audiovisuel à l’autonomie constitutionnellement garantie. Dommage.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 01:07

 

 

Médiapart

Livret A : le fric-frac de l'été

|  Par Martine Orange

 

 

Les banques, qui convoitaient l’épargne du Livret A, ont enfin réussi. Le gouvernement leur offre aujourd’hui 30 milliards d’euros supplémentaires en provenance de l’épargne réglementée, en attendant plus. Un cadeau fait aux banques sans la moindre contrepartie.

L’annonce a été faite le plus discrètement possible, par un simple communiqué du ministère des finances et de la Caisse des dépôts, samedi 20 juillet au matin. Mais qu’a donc à cacher le gouvernement pour faire une communication qui ne peut passer qu’inaperçue dans la touffeur d’un matin d’été ? Rien de moins qu’un énorme fric-frac sur l’épargne la plus partagée des Français : le Livret A. Les banques, après avoir pris en otages l’État et les contribuables, sont en train de faire main basse sur une partie de l’épargne des Français.

Comme nous l’avions annoncé la semaine dernière (voir Banques : l’entente cordiale avec le gouvernement), les banquiers ont obtenu, à l’issue de leur rencontre avec François Hollande vendredi19 juillet, de pouvoir garder pour eux une partie des sommes collectées par l’intermédiaire du Livret A et du livret de développement durable, et non de les remettre à la Caisse des dépôts, comme cela se faisait jusqu'ici. Officiellement, il s’agit de mieux utiliser les excédents de l’épargne réglementée, inutilisée pour le financement du logement social ou la politique de la ville, en les remettant à la disposition des banques.

Le brouillard est soigneusement entretenu autour de l’avenir du Livret A. Tout semble appelé à changer tant sur l’utilisation que sur la sécurité de ce placement, mais tout est fait pour persuader les Français que leur épargne reste intouchée.

Le silence est organisé au plus haut niveau politique. Bien que la Caisse des dépôts, dès sa création en 1816, ait été constituée comme une entité indépendante, placée sous le contrôle du Parlement, le gouvernement n’a prévu aucune communication, encore moins un projet de loi, à l’Assemblée nationale et au Sénat pour expliquer aux élus les évolutions majeures auxquelles est promis le Livret A. Les changements d’utilisation de quelque 364,2 milliards d’euros – encours du Livret A et du livret de développement durable au 30 juin dernier – sont tranchés par un simple décret, sans que cela semble émouvoir un seul élu.

 

 
© Reuters

Tout est donc laissé à la discrétion de Bercy. Et là, il y a tout à craindre. Cela fait des années que la haute administration des finances, alliée objective du monde bancaire, milite pour la fin du Livret A, de l’épargne réglementée, et entend d’une façon ou d’une autre avoir la haute main sur cette manne d’épargne qui lui échappe. Pour elle, ces dispositifs pour le logement social datent d’un autre temps. Les marchés sont censés pourvoir à tout.

Dans un rapport de 2010, la Cour des comptes s’inquiétait pourtant des tensions existantes dans le fonds d’épargne, qui gère l’ensemble de l’épargne centralisée à la Caisse des dépôts. Elle parlait de la concurrence d’autres produits d’épargne qui avaient détourné les Français du Livret A, de la difficulté à financer certains de programmes de logement sociaux même sur le très long terme, et des risques portés par le fonds d’épargne, sollicités bien au-delà de sa mission, pour le financement des PME ou la recapitalisation de Dexia – 480 millions d’euros totalement perdus depuis lors.

Elle recommandait alors de créer une structure totalement indépendante pour mieux isoler les engagements du fonds d’épargne, d’éviter de le solliciter pour des questions hors de sa mission, de baisser les taux et les commissionnements de collecte afin de faciliter les opérations de logement social mais de centraliser en retour 100 % de l’épargne collectée dans le cadre du Livret A afin de garantir à la fois l’épargne et le financement social.

Le ministère des finances n’a retenu que deux recommandations : la baisse des taux du Livret A et des frais de collecte. Pour le reste, elle a fait totalement l’inverse. Elle entretient le mélange et l’opacité, redonne encore plus d’épargne aux banques que ne leur avait concédé le gouvernement Sarkozy.

Combien ? La semaine dernière, Bercy évoquait la somme de 25 milliards d’euros supplémentaires pour les banques. Le communiqué du ministère des finances parle de 30 milliards d’euros. Lundi, Les Échos avançait la somme de 50 milliards d’euros. Une somme que dément une porte-parole de la Caisse des dépôts, mais sans pouvoir en dire plus. 

Car bien des inconnues, bien des mystères persistent. La Caisse des dépôts se dit aujourd’hui dans l’incapacité d’indiquer le niveau de ressources qu’elle pourra conserver par rapport à ses emplois. C’est juste le ratio prudentiel destiné à garantir la politique du financement social et garantir l’épargne ! Le ministère des finances nous avait fait part d'un ratio de 135 % des ressources sur emplois. Mais rien n’est sûr.

Ce qui paraît n’être qu’un détail technique est lourd de conséquences. Car c’est l’équilibre fragile entre une épargne disponible à tout moment et des financements à très long terme pour le logement social, la politique de la ville ou des missions d’intérêt général, qui a fait ses preuves depuis plus de cinquante ans qui est remis en cause.

Alors que les besoins en logements sociaux sont immenses – il manque environ 100 000 logements sociaux par an –, les opérations ont déjà beaucoup de mal à voir le jour, tant les conditions financières sont tendues. Qu’adviendra-t-il demain si la caisse des dépôts voit capter une partie de ses excédents, qui lui servaient justement par d’autres placements financiers à compenser des taux d’intérêts bonifiés et à garantir des opérations engagées à très long terme ? Le risque est grand que seuls les programmes, soutenus par ailleurs par les collectivités locales, puissent voir le jour. Compte tenu de la situation des finances locales, les opérations de logement social pourraient se réduire comme peau de chagrin .

Qu’en dit le ministère du logement et de l’aménagement des territoires, dirigé par Cécile Duflot ? Bien que directement concerné par la question, il est curieusement très silencieux sur le sujet. Il n’a pas répondu à nos questions pour savoir s’il avait été associé à la concertation sur le Livret A. Bercy semble avoir décidé seul que les financements pour le logement social étaient largement excédentaires.

Dérivation

C’est que le ministère des finances a d’autres vues sur cette manne. Tant d’argent ne saurait dormir dans des mains publiques. Il convient de le remettre dans le circuit monétaire, de le transmettre aux banquiers. Officiellement, il s’agit d’aider au financement des PME, objet de toutes les attentions politiques.

Mais en quoi ces quelques dizaines de milliards d’euros supplémentaires vont-ils faciliter l’augmentation des crédits des entreprises ? Des dispositifs, comme Oseo, sollicitant des milliards d’euros d’argent public, y compris du fonds d’épargne, ont été instaurés depuis des années. De leur côté, les banques gèrent déjà des centaines de milliards d’épargne des Français – la deuxième du monde – par le biais des assurances vie et des OPCVM. Pourtant, les entreprises ont toujours autant de mal à lever de l’argent, à trouver des capitaux, à augmenter leurs fonds propres et à obtenir des crédits.

Alors que font les banques de tout cet argent ? Selon Alternatives économiques, la distribution de crédit aux entreprises et ménages – c’est-à-dire les métiers traditionnels de la banque – représente 27 % de leurs activités. Pour le reste, il y a des activités de couverture et la spéculation sur les marchés.

Le financement des PME risque donc de n’être à nouveau qu’un prétexte. Mais l’important n’est pas là. Le pli est pris : la dérivation de l’épargne du Livret A est en place. Aujourd’hui, le ministère des finances peut dire qu’il ne s’agit que de 30 milliards d’euros. Demain, compte tenu de la fragilisation du système de financement du logement social qui sera mis en place, il sera aisé de dire que les excédents sont encore plus élevés, donc que plus d’argent encore doit aller aux banques. Simple vue de l’esprit ? Lorsque la distribution du Livret A a été accordée à toutes les banques en 2009, le gouvernement avait alors juré que le taux de centralisation de l’épargne collectée était de 70 %, et que tout était inscrit dans le marbre. On mesure aujourd’hui ce qu’il en est.

Ces changements sont tout sauf anodins pour les épargnants aussi. Pour l’instant, un épais silence entoure le statut futur de l’épargne conservée par les banques. Dans l’esprit des Français, les sommes placées sur le Livret A bénéficient de la garantie implicite de l’État. Mais ce ne sera plus le cas à l’avenir, pour une part d’entre elles. L’argent qui ne sera plus centralisé par la Caisse des dépôts mais conservé par les banques dépendra des banques elles-mêmes. Les montants déposés seront-ils inclus dans la garantie générale des dépôts fixée à 100 000 euros dans toute l’Europe ? Où y aura-t-il une extension de garantie particulière ?

Depuis la mise en faillite de Chypre en mars dernier, ces questions juridiques ne sont pas que des simples cas d’école. Les déposants des banques ont été mis directement à contribution lors du renflouement des banques chypriotes en faillite.

Ce qui devait être une exception est appelé à devenir la règle. Si les responsables européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur l’union bancaire, ils se sont entendus au moins sur une chose : à l’avenir, le modèle de résolution bancaire mis en œuvre à Chypre doit être la référence. Les actionnaires, les créanciers, et les déposants s’il le faut, doivent être appelés pour le renflouement. Cela change tout dans les rapports entre les clients et les banques. Compte tenu de l’opacité qui entoure le monde bancaire en France, qui peut être sûr que sa banque ne fera jamais faillite ? Dès lors, le Livret A, censé être sûr et rémunéré comme tel, ne peut plus être considéré comme un produit sans risque.

Se cachant derrière la technicité, le gouvernement feint d’ignorer ces bouleversements majeurs. Pire : ce nouveau cadeau fait aux banques – car il ne s’agit de mettre à leur disposition une liquidité qui leur fait cruellement défaut – n’est accompagné d’aucune exigence, d’aucune contrepartie.

Aucun contrôle ne semble être prévu sur l’utilisation par les banques de  l’épargne du Livret A. La leçon de la crise de 2008 aurait pu pourtant être retenue : à l’époque, 16 milliards d’euros, puisés déjà dans le Livret A, avaient été mis à leur disposition, pour assurer déjà le financement des PME. Comment a été utilisé cet argent ? Mystère. Mais à l’époque, les crédits aux PME se sont effondrés. Jamais les chefs d’entreprise n’ont autant parlé de leurs difficultés pour trouver des financements.

De même, le gouvernement n’a posé aucune condition au secteur bancaire pour l’obliger à diminuer sa taille et renforcer sa solidité. L’addition des bilans des trois premières banques françaises – BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole – représente trois fois et demi le PIB de la France. Mais officiellement, elles n’ont aucun problème ni d’exposition, ni de taille, ni de fonds propres, ni d’engagements. Alors que, pour renforcer leur bilan, les banques allemandes ou britanniques font des augmentations de capital, à prix bradé s’il le faut, les banques françaises, elles, n’ont aucunement besoin de solliciter leurs actionnaires. Quand la Deutsche Bank annonce sa volonté de diminuer ses effets de levier d’un cinquième d’ici à 2015 – sur injonction discrète semble-t-il de la Bundesbank et du gouvernement allemand –, les banques françaises n’ont officiellement aucun besoin de diminuer leur bilan. Pourquoi le feraient-elles d’ailleurs ? Le gouvernement n’exige rien. Mieux : il leur offre l’épargne des Français.

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 16:19

 

 

Le Monde.fr

 

23.07.2013 à 16h13 • Mis à jour le 23.07.2013 à 16h48

 
 
Depuis Roubaix, Octave Klaba et sa famille ont monté l'une des plus belles réussites du Web hexagonal, OVH. Une entreprise de geeks devenue le leader européen de l'hébergement de sites.

Coup dur pour OVH. Le premier hébergeur européen de sites internet, installé à Roubaix, a annoncé mardi 22 juillet que les données de ses clients européens avaient été piratées par un "hackeur". Quelques centaines de milliers de clients, professionnels comme particuliers, sont concernés par ce énième piratage, qui fait suite aux attaques essuyées dernièrement par Apple et Druppal.

 

Le fondateur et directeur général de l'entreprise, Octave Klaba, a expliqué à ses clients qu'une personne avait résussi à se procurer les accès du compte e-mail d'un des administrateurs du système, avant d'accéder à celui d'un employé. De là, il est parvenu à s'infiltrer dans le réseau privé virtuel d'OVH, qui permet d'accéder au système informatique d'une entreprise de l'extérieur.

Le pirate a ensuite déniché les codes d'accès aux dossiers internes, ce qui lui a permis de récupérer la base de données des clients européens d'OVH, ainsi que de gagner l'accès sur le système d'installation de serveurs au Canada.

 

 CHANGER SON MOT DE PASSE

Si OVH insiste sur le fait qu'aucune donnée bancaire n'a été volée, il conseille vivement à ses clients de changer leur mot de passe et leur identifiant. En effet, le hackeur a désormais accès à plusieurs informations personnelles : "Le nom, le prénom, le nic [qui permet de connaître le numéro SIRET d'un établissement], l'adresse, la ville, le pays, le téléphone, le fax et le mot de passe chiffré." Certes, ce dernier est difficile à décoder, mais "c'est possible", admet Octave Klaba.

"En un mot, nous n'avons pas été assez parano et on passe désormais en mode parano supérieur. Le but est de garantir vos données et se prémunir contre l'espionnage industriel qui viserait les personnes travaillant chez OVH", précise le directeur de l'entreprise.

Il ajoute qu'OVH a l'intention de déposer une plainte pénale auprès des autorités judiciaires. "Afin de ne pas perturber le travail des enquêteurs, nous n'allons pas donner d'autres détails avant d'avoir les conclusions finales", conclut-il.

Lire (édition abonnés) : "OVH, la face cachée de l'Internet français"

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 16:13

 

LE MONDE

23.07.2013 à 11h30 • Mis à jour le 23.07.2013 à 17h19 | Eric Albert

 

 

 
 
David Cameron, le 17 juillet à Londres.

Avec son goût prononcé pour les chemises blanches venant de chez les meilleurs tailleurs, ses costumes rayés et une certaine tendance à l'arrogance, Lynton Crosby incarne le parfait lobbyiste. Surnommé le "magicien d'Oz", réputé pour ses réseaux très influents, l'Australien est aujourd'hui au centre d'une tourmente politique au Royaume-Uni.

Le stratège recruté par David Cameron pour la préparation des législatives de 2015 est accusé d'avoir usé de son influence auprès du premier ministre pour modifier sa politique sur l'exploitation du gaz de schiste et la lutte contre le tabagisme.

La polémique la plus récente concerne le gaz de schiste. Vendredi 19 juillet, le gouvernement a annoncé un important geste fiscal pour encourager son exploitation : l'imposition sur les revenus tirés de cette nouvelle ressource ne sera que de 30 %, au lieu de 62 % pour les hydrocarbures conventionnels en mer du Nord. Cette décision offre ainsi "le régime le plus généreux au monde pour le gaz de schiste", selon George Osborne, le chancelier de l'Echiquier, qui espère beaucoup des réserves qui se trouvent au nord de l'Angleterre.

 

RECULADE SUR LA CIGARETTE

Seul problème, la société du stratège, Crosby Textor, a comme client l'Association d'exploration pétrolière australienne (Appea), qui mène un lobbying intensif en faveur de la production de gaz de schiste. L'un de ses dirigeants, Stedman Ellis, déclarait récemment que "l'opportunité qu'apporte le gaz de schiste est trop importante pour être mise en danger par une campagne basée sur la peur, menée par des militants". L'Appea a comme membre Dart Energy, qui possède une licence d'exploration de gaz au Royaume-Uni.

Le lien n'aurait pas nécessairement été fait entre ce dossier et M. Crosby si ce dernier n'avait pas déjà été au centre d'une controverse. Il est en particulier soupçonné d'être derrière la volte-face de M. Cameron sur les paquets de cigarettes. Le premier ministre voulait initialement qu'en soit banni tout logo, mais il a reculé au dernier moment. Or M. Crosby travaille pour la compagnie de tabac Philip Morris International. Attaqué sur le sujet, M. Cameron refuse depuis une semaine de répondre à une question simple : a-t-il ou non discuté avec Lynton Crosby de la décision qu'il convenait de prendre sur les paquets de cigarettes ?

"L'incapacité de M. Cameron d'expliquer clairement la nature de ses relations avec M. Crosby remet en question beaucoup de ses décisions, attaque Jon Trickett, un député travailliste. Que ce soit sur le tabac, l'alcool ou maintenant la fracturation hydraulique, il faut qu'on sache quelle influence le lobbying a eu sur lui."

Les soupçons sont d'autant plus forts que M. Crosby possède une rude réputation. En Australie, où il a eu un rôle-clé dans les quatre victoires électorales de l'ancien premier ministre Michael Howard, il est considéré comme une force de l'ombre qui tire les ficelles. Et il se targue d'avoir mené à bien 250 campagnes avec son entreprise.

Eric Albert

 

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:55

 

Médiapart - Blog

Le dimanche 06 octobre 2013, de 10H00 du matin à 22H00 le soir, Alternatiba sera le nom d'un village de transition vers le monde de demain, installé en plein cœur de Bayonne.

 

De rues en rues, on pourra ainsi voir quelles sont les moyens concrèts permettant dès aujourd'hui à chacun (individu, communes, associations etc.) de lutter concrètement contre le changement climatique en cours. Le 27 septembre, un rapport scientifique international fera en effet le point sur ce phènomène qui mène -si rien n'est fait- l'humanité vers une catastrophe d'une ampleur qu'on a du mal à imaginer : le dérèglement total et irréversible des mécanismes du climat, sur une période tellement courte qu'il sera très difficile de s'y adapter, surtout pour les parties les plus vulnérables de la population mondiale.

Or, les grands décideurs, politiques et économiques, sont d'autant plus impardonnables de ne rien mettre en oeuvre pour stopper cette course contre la montre que les solutions existent, par milliers, et qu'en outre leur mise en application construirait une société meilleure, plus humaine, plus solidaire et conviviale, une société basé sur moins de biens et plus de liens.

 

Vitrine vivante des alternatives et grande fête populaire :

C'est ce que va illustrer le Village Alternatiba, qui sera construit par 450 bénévoles et qui réunira 10 000 personnes le 6 octobre dans le centre ancien de Bayonne, rendu piéton pour l'occasion.

L'espace ainsi libéré de la voiture sera également occupé par des espaces jeux pour enfants et promenades pour les familles, tous types d'animations musicales, théâtre de rue, poésie, lectures publiques etc....Des marchés bio ou équitables, des repas de quartier, des zones d'échange, des bourses au vélo, des ateliers de réparation seront organisés dans les différentes places du centre-ville.

Prés de 50 conférences, tables rondes et ateliers divers seront animées par des personnalités commele philosophe Patrick Viveret, le climatologue du CERFACS Christophe Cassou, les économistes Pierre Larrouturou et Geneviève Azam, les syndicalistes paysans Paul Nicholson de Via Campesina et Michel Berhocoirigoin président de la chambre d'agriculture alternative du Pays Basque, Thierry Salomon le Président de négaWATT, Marc Théry, ingénieur de la démarche de la Communauté des communes du Mené, Gerard Poujade maire du Sequestre, Hervé Kempf, Françoise Verchère, Jean-Marie Harribey, Corinne Morel Darleux, Patrick et Brigitte Baronnet etc.

Des bancs et des chaises seront installés un peu partout pour que les familles, les personnes âgées, puissent sortir dans la rue et tout simplement discuter, regarder, prendre du temps....

Tout cela aura des allures à la fois de fête et de mobilisation populaire, de salon des alternatives concrètes, des résistances collectives, des solutions joyeuses, de village convivial, festif et instructif, à visiter en famille ou entre amis (l'entrée en sera gratuite)... :

 

L'enjeu d'Alternatiba :

Alternatiba était parrainé par Stéphane Hessel, auquel un important hommage sera rendu ce jour là, sous forme d'un Appel à s'engager pour relever le défi climatique.

Ce blog "En route vers Alternatiba" rendra compte semaine après semaine de la préparation d'Alternatiba. Il se veut également un point de rendez-vous pour tous ceux qui veulent s'associer à cet évènement et... à ses suites. Car le but est avec Alternatiba d'impulser une mobilisation citoyenne d'un nouveau genre.

Plus d'infos sur : www.alternatiba.bizimugi.eu

 

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:45

 

Le Monde.fr avec AFP

23.07.2013 à 10h05 • Mis à jour le 23.07.2013 à 17h06

 

 

 
 
La centrale nucléaire japonaise de Fukushima le 12 juin 2013.

Une nouvelle émission de vapeur, la deuxième en une semaine, s'est déclenchée mardi 23 juillet pendant quelques heures autour du bâtiment du réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Fukushima.

La vapeur a été aperçue autour du cinquième étage du bâtiment éventré à partir de 9 heures, heure locale (2 heures, heure française), a précisé la compagnie exploitante Tokyo Electric Power (Tepco). Elle a ajouté plus tard dans la journée que l'émission avait disparu vers 13 h 30, heure locale (6 h 30, heure française). La compagnie a souligné que les mesures effectuées n'avaient révélé aucune augmentation d'émanations radioactives, ajoutant que de l'eau de refroidissement continuait d'être injectée dans le réacteur de ce bâtiment et dans sa piscine de stockage du combustible.

Jeudi, un filet de vapeur s'était déjà échappé toute la journée du même bâtiment du réacteur n° 3, le plus endommagé des six que compte la centrale Fukushima Daiichi. Il avait disparu vendredi. Tepco a indiqué que ces rejets pourraient être dus à l'évaporation d'eau de pluie, et qu'aucune élévation de la radioactivité n'avait été constatée, pas plus qu'une quelconque augmentation soudaine de température dans la cuve du réacteur.

 

 EAUX SOUTERRAINES RADIOACTIVES ÉCOULÉES DANS LE PACIFIQUE

Par ailleurs, Tepco a reconnu lundi pour la première fois que des eaux souterraines radioactives accumulées au pied de la centrale accidentée s'étaient écoulées dans l'océan Pacifique voisin. La compagnie avait annoncé début juillet que de fortes doses d'éléments radioactifs toxiques avaient été détectées dans ces eaux souterraines, mentionnant notamment une multiplication par 110 du niveau de césium 134 mesuré dans un puits de prélèvement entre les réacteurs et la mer. Elle avait soutenu dans un premier temps que ces eaux polluées avaient été largement contenues par les bases en béton et armatures en acier des fondations de la centrale, semblant écarter au départ une diffusion massive dans la mer.

La centrale Fukushima Daiichi, située à 220 kilomètres au nord-est de Tokyo, a été ravagée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 : du combustible a fondu dans trois des six réacteurs du site, d'où la présence de nombreux éléments radioactifs alentour.

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:23

 

Marianne

 Mardi 23 Juillet 2013 à 05:00

 

Lou Marillier

 

Un ingénieur en sécurité allemand trouve une faille dans nos cartes SIM : communications, échanges de SMS, localisation, rien n’est à l’abri des hackers. Plus de 750 millions d’utilisateurs seraient concernés !

 

Illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
Illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
« Nous pouvons (…) vous espionner, lire vos SMS, dérober vos données personnelles ou gonfler votre facture ». C’est l’annonce proférée au New York Times hier par Karsten Nohl, fondateur du Security Research Labs à Berlin. Ingénieur en sécurité, le personnage a conduit trois années durant des recherches sur la perméabilité de nos cartes SIM face aux hackers et quelque autres états malveillants qui souhaiteraient s’introduire dans notre vie privée.
 
Plus de 750 millions d’utilisateurs seraient vulnérables. L’algorithme desdites cartes date de 1970 : moyenâgeux, donc, à l’échelle de l'évolution de la téléphonie mobile. La localisation, les SMS, le carnet d’adresse : aucune donnée n’est à l’abri. La méthode est simple : le hacker peut se procurer la clé numérique de la carte, à partir de laquelle tout est possible. Dans les pays africains, par exemple où le paiement par carte Sim est monnaie courante, des paiements frauduleux peuvent être effectués selon le chercheur, qui est même parvenu à injecter des virus via SMS...

 

Impossible de relier ces cartes à des opérateurs particuliers. Tantôt anciennes, tantôt modernes, elles coexistent chez toutes les marques. Ainsi, sur les 7 milliards de cartes SIM utilisées, toutes ne sont pas « vétustes ». Toutes ne sont pas non plus hors d’atteinte, comme le déclarait le géant international de la carte à puce Gemalto sur son site. Une « technologie » rend les cartes « très sécurisées » et « quasiment impossibles à hacker ou à cloner » mentionnait-il.

 

Karsten Nohl assure qu’il suffirait en grande partie de mettre en place des cartes SIM avec des méthodes récentes de chiffrement  pour remédier au problème. Il serait temps, en effet, car le chercheur a dévoilé l'astuce au monde entier sur un blog. Sa complexité devrait occuper un certain temps les êtres malintentionnés avant qu’ils puissent s’en servir. D’ici là, la GSM Association, qui regroupe 850 opérateurs de téléphonie mobile à travers le monde, assure avoir transmis des recommandations aux distributeurs de cartes SIM concernés. Nous voilà rassurés…
 
Excité par sa découverte, Karsten Nohl n’a pas pu attendre l'ouverture la conférence de la Black Hat - une société qui « fournit des points de vue nouveaux et exclusifs sur la sécurité de l'information » le 31 juillet prochain à Las Vegas. Réunion des hackers du monde entier, la conférence devrait à son tour apporter son lot de nouvelles réjouissantes !
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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 15:14

 

 

Rue89

 

Portraits 23/07/2013 à 10h02
Renée Greusard | Journaliste Rue89

 

 

Parcours, convictions... Rue89 a rencontré quatre entrepreneurs qui ont monté leur start-up, à peu près au même moment. Tous assurent que leur affaire décolle.

Au premier contact téléphonique, l’attachée de presse du site Drivy dit cette phrase que j’entendrai par la suite chez tous les concurrents :

« On grossit pas mal. Ça décolle vraiment depuis un an. »

Le principe des sites de location est simple : mettre en relation des propriétaires qui utilisent peu leur voiture et des personnes qui n’en ont pas.

Economie collaborative

Les sites de locations de voitures entre particuliers s’inscrivent dans le mouvement de l’économie dite collaborative. Le site de location d’appartements Airbnb en est l’exemple le connu. Mais il y a aussi tous les sites de covoiturage (le plus connu est BlablaCar) qui permettent de mettre en relation des conducteurs et des voyageurs. De la possibilité de camper dans le jardin d’un particulier aux cours groupés, le blog de la consommation collaborative recense un grand nombre d’initiatives de ce genre.

Pour le propriétaire, il y a la satisfaction d’avoir rentabilisé une voiture qui sinon aurait roupillé au garage. Pour le locataire, les prix sont attractifs, parfois plus de deux fois moins chers que chez un loueur de voitures classiques.

On prend donc la route avec la sensation d’avoir été plus malin que les autres, d’avoir chopé un bon plan et si on est un rebelle fou, on peut même s’enorgueillir d’avoir contourné le système.

Pourtant, on l’oublierait presque mais il y a des entreprises derrière ces sites.

Elles proposent un vrai service (en assurant les voitures le temps de la location notamment) et prennent une commission (entre 30% et 40% du prix payé). Ce sont des start-up toutes nées à peu près au même moment.

Elles ont toutes rencontré une première difficulté : réussir à obtenir un contrat d’assurance qui permette aux propriétaires de protéger leurs voitures. Quand ce problème a été résolu, les entreprises ont pu se lancer.

Les quatre sites les plus connus sont :

On s’est demandé qui étaient les petits malins qui avaient eu l’idée de se lancer, d’où ils venaient, et quelles convictions les animaient.

                                                                                                                                                                                                                             1 Paulin Dementhon, HEC et une histoire marseillaise

Drivy.com

 

C’est dans une pépinière tout près de la place de la République, dans le Xe arrondissement de Paris, que se trouve la start-up Drivy, fondée en 2010. A 35 ans, Paulin Dementhon en est l’heureux créateur et dirigeant. Avant, Drivy s’appelait Voiturelib. Le nom a changé pour devenir plus international.

  • Il ressemble à quoi ?

Ce jour d’été, Paulin Dementhon a une allure de Ken cool. Il porte une chemise en jean, avec un pantalon jaune et des sandales en cuir. Le tout est marié avec goût. Dans un magazine féminin c’est le genre de tenues qu’on dit sans faute. Il sourit beaucoup.

 


Paulin Dementhon, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Comment lui est venue l’idée ?

On commence l’entretien par le récit de son histoire (parfaite pour le storytelling). Début 2010, il vivait à Marseille :

« J’habitais dans une impasse où les voisins se partageaient une voiture pour trois familles. J’ai pensé à toutes ces voitures qui restent garées sans bouger et je me suis dit qu’il fallait qu’elles servent. »

  • Il faisait quoi avant ?

Il avait d’abord essayé de monter une entreprise de covoiturage, mais dans le fond, ça aurait pu être autre chose. Paulin Dementhon a fait HEC. « Pas original », reconnaît-il, avant d’ajouter que, du plus loin qu’il se souvienne, il a toujours voulu devenir entrepreneur.

« J’ai toujours voulu avoir ma boîte. Quand j’étais petit, je rêvais d’avoir mon restaurant. J’ai toujours eu envie d’offrir quelque chose qui n’existait pas. Quelque chose de créatif. Dans ma famille, beaucoup de gens font du design, ça vient peut être de là. »

Après avoir bossé dans une grosse entreprise de containers, fait de beaux voyages entre Hong Kong et le Brésil, il a donc finalement lancé son entreprise. Il raconte ses débuts dans son salon, en mode « apprentissage du 2.0 ». Il ne connaissait pas grand chose au développement de sites.

 


Paulin Dementhon, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Des convictions ?

L’idée de court-circuiter les grands loueurs de voitures ne l’enthousiasme pas beaucoup.

Les chiffres de Drivy

Paulin Dementhon revendique 10 000 voitures à louer sur son site et 115 000 membres. La boîte est dans une ascension fulgurante, comme on peut le lire dans ses communiqués.

« Durant l’été 2012, Drivy a enregistré une hausse de locations de 107%. Cette année, l’augmentation sera encore plus forte, comme le présage l’activité des six derniers mois le nombre de locations a été multiplié par 3. A ce jour, il y a déjà plus de 1500 voitures réservées pour l’été, et autant de demandes de locations. »

« Moi, ce qui me fait vibrer, ce n’est pas tellement de dire à bas le capitalisme. C’est plutôt de transformer l’usage de la voiture.

Par exemple beaucoup de nos usagers combinent le train avec la location d’une voiture dans la ville d’arrivée. Je trouve ça super. »

Partager une voiture entre plusieurs particuliers est une solution écologique, mais pour lui, c’est surtout du bon sens.

« Je ne dirais pas que je suis écolo. Quand il y a du gaspillage ça me rend malade. Je viens d’une famille nombreuse. On n’avait pas de problème, mais jeter c’était interdit. Mes parents étaient proches des Verts. Pour moi l’écologie c’est d’abord une forme d’efficacité. »

Il fait partie de ceux qui ne jettent pas directement les yaourts quand ils sont périmés.

A Paris, il roule en Vélib ou avec son vélo rouge, garé devant la pépinière.

 


Le vélo de Paulin Dementhon, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

 

Mais quand il s’agit de son site, il ne veut surtout pas prêter le flanc au reproche de « greenwashing ». Ni de « socialwashing » d’ailleurs. Le but premier de Drivy n’est pas de faire se rencontrer des gens :

« Certains concurrents vous diront “on boit un café et ensuite on loue la voiture”, pour moi c’est plutôt le contraire. »

Sinon, la politique l’intéresse peu :

« Non seulement, ça ne m’intéresse pas mais ça m’agace, les histoires de partis, de petites phrases. Je suis tout à fait capable de voter à droite comme à gauche. »

Il dit qu’il juge les faits, qu’à ce titre il trouve par exemple que Bertrand Delanoë a fait un travail remarquable à Paris notamment pour les cyclistes.

                                                                                                                                                                                                                             2 Vincent Saint Martin, biberonné à la culture d’entreprise

UneVoitureALouer.com

 

En arrivant dans les locaux d’Une voiture à louer, on est frappé. La moyenne d’âge de la dizaine de salariés qui s’affairent sur leurs claviers ne dépasse pas les 30 ans, comme chez Drivy.

  • Il ressemble à quoi ?

Vincent Saint Martin arrive. Il a 31 ans. Polo rouge, jean. L’air tout aussi décontracté que Paulin Dementhon :

« On a le même profil. »


Vincent Saint Martin, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Il faisait quoi avant ?

Avant de monter Une voiture à louer, Vincent Saint Martin a fait une école d’ingénieurs, puis un master de finance. En sortant d’école, il est parti au Congo pour y être ingénieur de travaux publics.

Il voulait passer dans « l’économie réelle », découvrir du pays et s’est mis à travailler avec un entrepreneur qui avait plusieurs projets à la fois : une usine, un immeuble, une ferme. Sa mission terminée, il est rentré en France avec la ferme idée de devenir à son tour entrepreneur.

« Dans ma famille, on a une culture de l’entreprise, ça me semblait naturel. En plus c’est sympa d’être son propre patron. »


Les locaux d’Une voiture à louer, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Comment lui est venue l’idée ?

Il aurait pu faire autre chose. Il avait réfléchi à plusieurs idées, mais, dit-il, celle de mettre des particuliers en relations pour qu’ils se louent des voitures, lui est apparue « comme une évidence ».

Il a fait un prêt de 20 000 euros, vidé son compte des 30 000 euros qu’il avait économisés et s’est lancé. Comme Paulin Dementhon, il n’était pas geek et a découvert le développement en montant Une voiture louer.

« Je pensais qu’une fois qu’on avait le site c’était bon. En fait, on est toujours en train de développer de nouvelles fonctionnalités. »

  • Des convictions ?
Les chiffres d’une voiture à louer

Vincent Saint Martin revendique 2 500 voitures à louer et 30 000 membres. « On commence à avoir un vrai parc ce voitures. On a multiplié par trois notre taille depuis l’année dernière. »

Il aimerait avoir un jour un parc de 100 000, 200 000 ou même pourquoi 300 000 voitures à proposer. « Si on pouvait remettre en marche toutes les voitures garées en France, ce serait super. »

Comme Paulin Dementhon, Vincent Saint Martin n’est pas un militant écolo. Il dit aussi qu’il peut voter à droite comme à gauche, que seuls les faits comptent.

Il n’a pas de voiture. Sur le point de devenir papa, il empruntera même une voiture pour aller à la maternité.

« Moi, je ne suis pas un écolo pur et dur. Dire aux gens qu’il faut faire de l’écologie, ça ne suffit pas. En revanche, mettre à disposition des moyens pour que ça marche, ça me semble le plus important. »

Il compare son idée à celle des panneaux solaires :

« Les gens prennent conscience que c’est intéressant quand ils réalisent que ça peut leur profiter. »

                                                                                                                                                                                                                             3 Kieran Connoly, le « révolutionnaire » irlandais

Livop.fr

 

  • Il ressemble à quoi ?

Kieran Connoly, le fondateur de Livop ne connaît plus son âge. 35 ? 36 ? Il hésite. A priori, c’est plutôt 35. Il a les cheveux longs, une barbe et des bagues aux doigts.

 


Kerian Connolly, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

  • Il faisait quoi avant ?

A 19 ans, juste après avoir eu son bac, il a eu un bébé. Déjà pompier volontaire, il pensait en faire son métier mais sa compagne voulait qu’il choisisse un travail moins dangereux.

Il est allé travailler chez Sixt, où il a commencé par nettoyer des voitures.

« Il fallait payer le loyer. »

Sa chance : il savait taper sur un ordinateur.

« En 1998, c’était rare. En trois mois, je suis devenu responsable de comptoir. »

Il passe ensuite chez U Car, un concurrent, et gère 65 boutiques en même temps. Sa tâche est alors de former les futurs franchisés.

En 2006, il se lance dans un projet tout à fait différent. Issu de l’immigration irlandaise, Kerian Connoly est de la deuxième génération. Avec des cousins, ils décident d’ouvrir un pub irlandais dans le Ve arrondissement de Paris.

« On s’est lancé avec une sélection de très bons whiskys irlandais. »

L’affaire prend bien. En trois ans et demi, ils remboursent des prêts qu’ils auraient dû mettre cinq ans à solder. Kerian Connoly décide de passer à autre chose. Aujourd’hui le pub fonctionne toujours bien et il en est encore actionnaire.

  • Comment lui est venue l’idée ?
    Les Français achètent de moins en moins de voitures

    Avoir une voiture coûte de plus en plus cher. Selon un récent rapport du gouvernement [PDF] :

    « Le budget annuel moyen d’un ménage français motorisé consacré à l’automobile s’élève à 5 700 euros, en progression de 22 % sur vingt ans. Les dépenses annuelles liées à l’utilisation de l’automobile (carburant, entretien, réparation, pièces et autres services) sont passées de 2 700 à 3 880 euros sur la même période. »

    Si la voiture est désormais le deuxième poste budgétaire des foyers, les Français tendent à y remédier. Les ventes de voitures ne cessent de baisser.

En 2010, la location de voitures lui manque.

« Quand on loue une voiture, souvent on fait plaisir aux gens. »

Il décide de réfléchir sérieusement.

« Je m’étais toujours dit qu’il fallait que je mette à plat tous les métiers. C’est ce que j’ai fait puis j’ai essayé de trouver une solution à chaque problème. »

L’autopartage l’intéresse :

« Ça avait du sens. Il faut vraiment réduire le nombre de voitures et utiliser celles qui ne servent à rien. »

Kerian Connoly est allé démarcher lui-même les assurances pour qu’elles acceptent de mettre en place ce produit qui n’existait pas. Assurer des voitures le temps d’une location. Après avoir essuyé quelques refus, il réussit à convaincre MMA (qui assure aujourd’hui aussi Une voiture à louer et Drivy).

Mais Kerian Connolly ne voulait pas simplement mettre des particuliers en relation.

« Pour moi, Livop, c’est un vraiment un nouveau modèle de locations de voitures. »

Sur Livop, contrairement aux sites concurrents, les utilisateurs ne se rencontrent jamais. Les voitures à louer – dont les prix sont fixés par l’entreprise – sont équipées d’un boîtier installé en une demi-heure mais une bonne fois pour toutes. Quand le locataire arrive à la voiture, il l’ouvre avec une clé virtuelle disponible sur l’application du site.


L’application de Livop en action (Renée Greusard/Rue89)

 

A l’intérieur de la voiture, le locataire trouve ensuite une vraie clé pour démarrer la voiture. Elle ne peut démarrer la voiture que le temps de la location et ne fonctionne que si l’engin a bien été ouvert avec l’application du site. Il n’est donc pas possible de forcer la voiture et de la démarrer avec la clé qui se trouve à l’intérieur.

Le propriétaire de la voiture a, lui, sa propre clé qui démarre et ouvre la voiture de manière traditionnelle.

L’application permet d’autres fonctionnalités : avant de démarrer, le locataire prend des photos pour signaler un éventuel défaut de la voiture non signalé (rayures, dégâts, etc).

Une fois le temps de location épuisé, la voiture ne peut pas s’arrêter en cours de route, mais elle ne peut plus démarrer.

Les particuliers ne se rencontrent jamais. Kerian Connolly :

« Chez moi y aura pas de délit de faciès. [...] Un jour, j’aimerais bien organiser une grande fête pour que les gens se rencontrent. Certains louent la même voiture trois fois par mois... »

  • Des convictions ?
Les chiffres de Livop
Kerian Connoly revendique 2 000 voitures et 6 000 membres. Comme ses concurrents, il est en pleine expansion, mais il sait aussi que son système de boîtier rend la progression de son entreprise un peu plus lente.

Contrairement à Paulin Dementhon ou Vincent Saint Martin, Kerian Connolly ne pourrait pas voter à droite comme à gauche. Il vote à gauche. Aux européennes, il avait voté Vert. Au lycée, il faisait partie de ceux qui manifestaient – à son époque, c’était contre le CIP (contrats d’insertion professionnelle).

Contrairement aux autres, il aime aussi l’idée de déranger le système existant. Il dit que les loueurs vont être obligés de se bouger.

« Je suis un peu plus révolutionnaire que les autres. C’est mon côté irlandais ça. Tous les autres sont issus d’école de commerce. Les constructeurs vont devoir se bouger, les loueurs aussi, et j’adore ça. Ils sont restés sur leur fonctionnement pendant des années. C’est un peu comme bouger un éléphant. »

Il aime imaginer qu’un jour les loueurs traditionnels cesseront de faire payer des sièges de bébé par exemple.

Il pense, heureux, à toutes les voitures des concurrents additionnées ensemble. Et quand il en parle, on a l’impression d’avoir à faire à un pirate.

« On arrive à une flotte intéressante et ensuite on pourra commencer à vraiment attaquer. A nous tous, on commence à être aussi gros qu’un loueur, ça devient intéressant. »


Kerian Connolly, à Paris, en juillet 2013 (Renée Greusard/Rue89)

                                                                                                                                                                                                                             4 Robin Chase, la business woman aguerrie

Buzzcar.com

 

Nous nous sommes entretenues avec Robin Chase au téléphone car elle était aux Etats-Unis. Elle parlait un français plus que correct pour raconter son parcours. Elle a toujours apprécié la France et quand elle a monté Buzzcar, elle s’y est installée.

  • Elle faisait quoi avant ?

Robin Chase (DR)

Contrairement aux trois autres, Robin Chase a déjà une autre entreprise dans le secteur de la location de voiture. Zipcar équivalent d’Autolib en France, permet à des particuliers de louer des voitures dans la rue.

Elle n’a pourtant pas toujours été dans ce secteur. Après un MBA empoché au Wellesley College et une école de management, elle travaillait dans le domaine de la santé publique.

« J’étais mère de trois enfants et j’étais consultante. »

Elle se met à réfléchir de plus en plus aux transports.

« J’ai compris que c’était le sens du monde. Toutes nos opportunités de travail, d’éducation tournent autour de cette question : “Où est ce qu’on peut y aller et comment y aller ?” Aux Etats-Unis, comme il y a moins de transports publics, si on n’a pas de voiture, souvent on ne peut pas aller à son travail, à l’université. »

Elle dit qu’elle pensait à l’idée de la location de voitures entre particuliers depuis une bonne dizaine d’années.

« On me demandait : “Pourquoi vous ne mettez pas des voitures en bas de chez moi, dans mon université ?” Mais pour moi, il était important de ne mettre des voitures que là où j’étais sûre d’avoir un retour sur investissement. »

Après une étude de marché, elle a estimé que la France était le meilleur pays pour lancer Buzzcar.

« Pour moi les Français étaient plus mûrs que les Américains. La France est plus proche de la mobilité du futur que les Etats-Unis. Les Français sont moins dépendants à la voiture que les Américains. Et ils avaient déjà des systèmes comme le Velib qui fonctionnaient bien. »

  • Des convictions ?

Elle se dit écolo convaincue mais dit en riant qu’elle est « une hypocrite ».

« Je prends beaucoup l’avion donc mon empreinte carbone est importante mais chez moi je suis une écolo très efficace, j’essaye de diminuer le plus possible ma consommation. On a des panneaux solaires, je marche beaucoup pour mes déplacements. »

Les chiffres de Buzzcar
Buzzcar revendique plus de 58 000 utilisateurs qui partagent 7 000 voitures.

Comme Paulin Dementhon, Vincent Saint Martin et Kerian Connoly, elle n’a pas de voiture.

« Mon transport préféré c’est le vélo, puis la marche, puis le métro et enfin la voiture mais je l’utilise très peu. [...] Tout le monde sait que la voiture possédée par un individu n’est pas le futur. Point final. »

Enfin elle propose la version américaine du « je pourrais voter à droite comme à gauche. »

« Je suis pour ceux qui vont changer les choses le plus vite. Je pourrais voter démocrate ou républicain. Oui, vraiment. »

 

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 14:07

 

Rue89

Documents 23/07/2013 à 00h23
Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

 

 


Patrice de Maistre rejoint son domicile et se protège des photographes avec son cartable, à Paris le 9 juillet 2010 (DR)

 

La cour d’appel de Versailles, on le sait, a jugé illégale la publication, par Mediapart et Le Point, d’enregistrements réalisés au domicile de Liliane Bettencourt, à son insu. Le 15 juillet, l’ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, a signifié à Mediapart et au Point l’arrêt de la cour d’appel de Versailles, le rendant ainsi exécutoire dans un délai de huit jours.

Nos confrères, qui ont décidé de se pourvoir en cassation, doivent ce lundi soir retirer tous les articles portant sur ces enregistrements réalisés par le majordome de la milliardaire. C’est plus de cent articles, fichiers vidéo et audio que Mediapart doit supprimer, sous peine de très lourdes pénalités.

Dès le jugement prononcé par la cour d’appel de Versailles, Rue89 s’est proposé de donner asile au dossier Bettencourt de Mediapart, par solidarité avec nos confrères, mais aussi pour protester contre une décision judiciaire qui menace la liberté d’informer et qui, selon nous, contrevient à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Comme 34 autres titres de presse et une douzaine d’associations, nous avons par la suite signé l’appel « Nous avons le droit de savoir ». Et nous avons décidé, avec d’autres (Arrêt sur images, Reporters sans frontières, Le Soir, Yagg...), de republier ces documents.

Mediapart ne nous a rien demandé : ils n’auraient de toute façon pas le droit de le faire.

Voici donc, ci-dessous, l’intégralité des documents censurés sur décision de la cour d’appel. Et pour donner une idée de ce qu’ils recèlent, deux documents bruts.

                                                                                                                                                                                                                             1 Patrice de Maistre fait signer des chèques à Liliane Bettencourt

 ( à écouter sur le site de Rue89 en cliquant  ici)

 

 

Le 4 mars 2010, Patrice de Maistre fait signer trois chèques à sa patronne Liliane Bettencourt : « Ce n’est pas cher et ils apprécient. » Sont concernés Valérie Pécresse (seule des trois à être candidate à l’époque, aux élections régionales en Ile-de-France), Eric Woerth, alors ministre du Budget, et Nicolas Sarkozy, alors président de la République.

Patrice de Maistre fait signer des chèques à Liliane Bettencourt

                                                                                                                                                                                                                             2 Patrice de Maistre explique avoir embauché Florence Woerth parce qu’elle était la femme du ministre

( à écouter sur le site de Rue89 en cliquant  ici)

 

Cet extrait est plus édifiant encore. Il vaut aujourd’hui à Patrice de Maistre d’être poursuivi pour trafic d’influence. Nous sommes le 23 avril 2010, et Patrice de Maistre éreinte Florence Woerth, engagée sur la demande de son mari de ministre.

Le conflit d’intérêts est clairement décrit par le chargé de fortune de Mme Bettencourt : « Avoir la femme d’un ministre comme ça, ce n’est pas un plus, c’est un moins. » « Tout est mélangé », insiste-t-il, assurant avoir embauché Florence Woerth à la demande de son époux ministre, « pour lui faire plaisir ».

« Avoir la femme d’un ministre comme ça, ce n’est pas un plus, c’est un moins. »

                                                                                                                                                                                                                             3 Le dossier Bettencourt

A télécharger

 

Voici enfin l’ensemble des documents que Mediapart a retirés de son site, réunis dans ces dossiers compressés :

La justice a raison de considérer que ces enregistrements relèvent de la vie privée des occupants de l’hôtel particulier de Liliane Bettencourt : le majordome de celle-ci, lassé de voir sa patronne « se faire abuser par des gens sans scrupules », a certes volé ces conversations de façon déloyale.

Mais nos confrères, eux, n’ont fait que leur travail : ils ont écouté les enregistrements, découvert qu’ils recelaient des informations importantes qu’il était légitime de diffuser. Paradoxalement, la justice a elle aussi considéré comme légitime d’exploiter ces documents devenus publics : c’est sur leur base que plusieurs personnes ont été mises en examen !

S’agissant des affaires publiques, résume notre « Appel pour le droit de savoir », la publicité doit être la règle et le secret l’exception :

« Rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime, notamment quand le secret protège indûment des injustices et des délits, des atteintes au bien collectif ou aux droits humains. Ainsi la sécurité des Etats ne saurait empêcher la révélation de violations des libertés individuelles, pas plus que la sauvegarde de l’intimité de la vie privée, impératif par ailleurs légitime, ne saurait être l’alibi d’infractions aux lois communes. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 13:59

 

Rue89

  à lire sur NYTimes.com (en anglais) 23/07/2013 à 11h24

Signalé par Pascal Riché

 

 

Il est des fraudes quasiment indolores. Par exemple, si quelqu’un prélevait sur chaque canette de soda une fraction de centime, le consommateur ne s’en rendrait pas compte. Mais lui s’enrichirait chaque année de centaines de millions d’euros.

Eh bien ce quelqu’un existe, rapporte le New York Times. Il s’agit de Goldman Sachs, gigantesque banque d’affaires américaine dont la transparence est inversement proportionnelle à la taille. Selon le quotidien new-yorkais, Goldman Sachs et quelques autres acteurs financiers manipulent le marché de l’aluminium à leurs profits.

Les journalistes du quotidien ont constaté que Goldman stockait dans ses 27 entrepôts à Detroit, dans le Michigan, des barres d’aluminium achetées par ses clients. Chaque jour, une noria de camions dépose des barres d’alu de 700 kilos dans certains entrepôts, et les charge dans d’autres. Pourquoi ce manège ? Pour contourner la réglementation sur le marché de l’aluminium, selon le New York Times. En déplaçant les barres d’un entrepôt à l’autre, Goldman réduit artificiellement le temps de stockage pour chaque barre.

Selon le New York Times, la manipulation de Goldman et d’autres acteurs aurait ainsi coûté depuis trois ans plus de 5 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) aux consommateurs et aux industriels (constructeurs automobiles, etc.). Et elle ne concernerait pas que l’alu : les acteurs des marchés de matières premières (pétrole, céréales, coton...) cherchent toutes les failles de la réglementation pour optimiser leurs marges financières.

Goldman a acheté la compagnie de stockage Metro International Trade Services, qui gère les entrepôts de Détroit. Un quart du marché passe par elle. Avant ce rachat, les clients de Metro attendaient en moyenne six semaines avant d’être livrés en aluminium. Aujourd’hui, ils attendent plus de seize mois !

Ce délai fait monter artificiellement le cours de l’aluminium sur le marché. Coca-Cola et d’autres industriels évitent les entrepôts de Detroit, mais payent quand même leur aluminium plus cher, à cause de l’impact de ces délais sur les marchés.

Pourquoi les norias de camions ? Tout simplement parce que la règlementation industrielle interdit de stocker indéfiniment du métal. C’est ainsi qu’au moins 3 000 tonnes sont inutilement déplacées chaque jours d’un entrepôt à l’autre.

Goldman Sachs argue qu’il respecte la règlementation, notamment celle du London Metal Exchange. Au départ, Metro International avait attribué l’augmentation de ses délais à des problèmes logistiques (pénurie de conducteurs de camion, bureaucratie croissante liée au traçage des barres, par exemple). Mais l’enquête du New York Times montre qu’il n’en est rien : ces retards sont organisés par Goldman Sachs pour peser sur le marché et enrichir un peu plus la banque d’affaires.

« Tout ceci pourrait prendre fin si le conseil de la Réserve fédérale refusait d’accorder des autorisations permettant à Goldman and Morgan Stanley de prendre des participations importantes dans des affaires non-financières », conclut le quotidien. Mais la Fed ne semble pas en prendre le chemin, ajoute-t-il.

Lire sur NYTimes.com (en anglais)

 

 

 

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        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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