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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 21:06

 

l'humanite.fr

Social-Eco - le 7 Août 2013

penser un monde nouveau 18/34

 

 

 

 

 

 

Les séries d'été de l'Humanité : Penser un monde nouveau Pour l’économiste, cofondateur des Atterrés, la seule issue à la crise consiste à rompre de façon radicale avec le néolibéralisme et à ouvrir le débat sur un nouveau système de production.

Discret, à soixante-trois ans, André Orléan est pourtant l’un des économistes hétérodoxes français les plus reconnus dans le monde. Diplômé de Polytechnique puis de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), il est aujourd’hui directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess) et directeur de recherche au CNRS. De ses travaux sur la monnaie, il développe « l’unidisciplinarité » où « la monnaie est un rapport social », une institution avant d’être un instrument. En 1984, il écrit avec 
Michel Aglietta la Violence de la monnaie. Puis en 1999, il décrypte 
le capitalisme financier 
dans le Pouvoir de la finance. Deux ans plus tard, André Orléan sort de 
sa réserve, en appelant ses confrères à « l’humilité en économie ». Il rappelle que l’économie ne peut être une science dure tant la dimension collective 
des représentations y joue un rôle essentiel. En 2010, il fonde avec d’autres l’Association française d’économie politique (Afep) dont il devient président, afin de faire vivre et de « renforcer le pluralisme en économie ». « Atterré » par l’enfermement idéologique des dirigeants politiques en Europe, il coécrit un manifeste en mettant au débat 22 mesures alternatives pour « sortir de l’impasse ». Le livre est un véritable succès, traduit en plusieurs langues, il fait le tour de l’Europe. En 2011, il publie l’Empire de la valeur, aux éditions du Seuil, en invitant à « refonder l’économie ». En 2012, avec 120 économistes, il dénonce le pacte budgétaire européen. C.M.

Comment expliquer l’ahurissante défaillance des dirigeants politiques depuis le déclenchement 
de la crise en 2008 ?

André Orléan. Si vous en jugez par rapport aux intérêts du capital, on ne saurait parler de défaillance. Ce qui frappe, tout au contraire, c’est l’ampleur des politiques de soutien, monétaire et budgétaire, mises en place pour faire en sorte que les structures de base du capitalisme néolibéral soient maintenues malgré l’extrême violence de la crise financière 2007-2008. Le diagnostic s’inverse si l’on prend comme critère les intérêts du salariat, comme l’illustrent dramatiquement les records historiques que connaît actuellement la zone euro en matière de chômage. En la matière, l’action des gouvernements européens n’est pas à la hauteur des enjeux. Il faut en trouver la raison essentielle dans le fait que ces gouvernements n’ont d’autres boussoles intellectuelles que le modèle néolibéral qui leur commande de s’en remettre au capital privé, perçu désormais comme le seul acteur apte à produire des richesses véritables ; ce qu’on appelle aussi la politique de l’offre. Cette croyance condamne l’Europe à la stagnation.

Qu’appelez-vous « capitalisme néolibéral » ?

André Orléan. L’analyse économique de longue période montre que le capitalisme, invariant en ses rapports de production fondamentaux, prend cependant des formes variables selon les époques et les pays. À la fin des années 1970, nous avons assisté à la fin du capitalisme des Trente Glorieuses et à l’émergence d’un capitalisme fort différent, dérégulé, mondialisé et qui accorde un rôle central aux marchés financiers.

Vous expliquez que ces marchés 
sont intrinsèquement instables 
et que leurs comportements 
ne peuvent qu’engendrer des bulles…

André Orléan. Le capitalisme néolibéral fait jouer un rôle pivot à la concurrence mise en avant comme la clef de la prospérité et de la stabilité de l’économie. Elle est au cœur de la théorie économique : si le prix d’un produit s’accroît, alors les consommateurs diminueront leurs achats au profit d’un produit meilleur marché, en même temps que de nouveaux producteurs entreront sur ce marché pour bénéficier des prix élevés. Ces deux mécanismes, la baisse de la demande et la hausse de l’offre, pèseront à la baisse sur les prix. Au tournant des années 1970, il a été considéré qu’il en allait de même pour les marchés financiers : « Il faut déréguler la finance car la finance est apte à s’autoréguler comme le font les marchés de biens ordinaires. » Ce fut une véritable révolution intellectuelle car, jusqu’à cette date, les économistes regardaient avec une grande méfiance la spéculation financière dont ils avaient vu les effets dramatiques lors de la grande dépression. Dans mes travaux, j’ai tenté de montrer qu’il n’en était rien. Pour le dire en deux mots, ce qui intéresse le spéculateur financier, c’est justement la hausse des prix qui lui permet de faire des profits. En conséquence, sur ces marchés, la demande ne baisse pas quand le prix augmente. Au contraire, la demande peut s’accroître car les investisseurs voudront acheter les titres dont le prix monte car ils y voient la possibilité d’importantes plus-values futures. Pour cette raison, la hausse nourrit la hausse. Il y a là la source d’une instabilité intrinsèque que les économistes d’avant 2007 n’ont pas comprise.

Justement, votre livre appelle à refonder l’économie en l’appuyant sur les relations plutôt que sur le calcul des grandeurs.
Que voulez-vous dire ?

André Orléan. À l’évidence, les économistes accordent une attention très grande aux grandeurs quantitatives. Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à lire les rapports que produisent périodiquement les grandes institutions comme le FMI, la FED et la BCE, ou les rubriques économiques des journaux. Les statistiques y occupent une place centrale. Cette approche, que je nomme « l’économie des grandeurs », est fort utile : elle est même indispensable, mais elle conduit à d’importantes erreurs si l’économiste perd de vue le contexte social et statistique qui entoure la production des chiffres et leur donne sens. La critique de Marx à l’encontre du « fétichisme de la marchandise » s’applique mutatis mutandis à ce fétichisme du nombre : si la marchandise « paraît au premier coup d’œil quelque chose de trivial et qui se comprend de soi-même », il en va de même pour le chiffre. Cependant cette apparence est trompeuse, et pour les analyser avec justesse l’une comme l’autre, il faut en revenir à la structure sous-jacente des rapports sociaux. En économie, ce qui est premier, ce sont les relations, les rapports de production ; et non pas les grandeurs. Il s’agit de substituer « l’économie des relations » à « l’économie des grandeurs ».

Pourquoi citer Marx en référence alors 
que vous le critiquez dans votre ouvrage ?

André Orléan. S’il est vrai que je critique Marx pour sa conception de la valeur, je ne m’en sens pas moins marxiste. L’analyse du rapport salarial que Marx propose dans le Capital constitue, à mes yeux, le paradigme même de cette économie des relations que j’essaie de diffuser. Mon désaccord est ailleurs. Il porte sur la manière dont Marx analyse le rapport marchand et la valeur. Rappelons que, pour Marx, les deux relations sociales au fondement du capitalisme sont le rapport marchand et le rapport salarial. Ces deux rapports de production, fort distincts par ailleurs, ont en commun de donner à voir la division du corps social, soit entre propriétaires des moyens de production et salariés, soit entre les producteurs indépendants eux-mêmes. Si, dans le cas du rapport salarial, cette division donne lieu chez Marx à des conflits bien réels, la lutte des classes, dans le cas du rapport marchand, rien de tel. Il semble que l’action de la valeur et des échanges suffise à elle seule à aplanir la division des producteurs et à assurer, ce faisant, l’intégrité de l’économie marchande. C’est là mon point de désaccord. Je propose de traiter le rapport marchand de la même manière que Marx traite le rapport salarial, en soulignant que l’économie marchande ne se stabilise que temporairement par le jeu de ses luttes internes. Sur quoi portent-elles ? Sur ce qui est vital à la survie de tous les producteurs : l’accès à la monnaie. Rappelons l’âpre combat aux États-Unis dans les années 1870 entre partisans de l’or et partisans de l’argent. Ces luttes monétaires échappent totalement à la pensée de Marx parce que, pour lui, l’or est l’équivalent général universel qui s’impose à tous. Dans le cadre théorique que je propose, une monnaie n’existe que si elle réussit à maîtriser les séditions monétaires qui ne manquent jamais de se faire entendre. C’est un processus tout à la fois économique, politique et social. Il me semble que cette conception de la monnaie enrichit notablement la théorie marxiste.

Quelle est alors votre analyse sur l’euro ?

André Orléan. La monnaie renvoie à la possibilité pour un groupe social de s’accorder sur une représentation commune de la valeur économique. Pour s’en faire une idée, il n’est que de penser aux symboles et formules présents sur les billets. Il s’agit d’en appeler à une autorité supérieure, investie de la confiance du corps social, par exemple « In God We Trust » aux États-Unis d’Amérique ou la reine Elizabeth au Royaume-Uni. En ce sens, la monnaie est toujours étroitement liée à la souveraineté. Si on examine l’euro sous cet angle, il vient immédiatement à l’esprit que l’euro est une monnaie incomplète. On y chercherait en vain le symbole d’une quelconque appartenance européenne qui n’existe pas. Toute la question de l’euro est dans cette absence de souveraineté. L’Union européenne n’est pas un corps politique ; elle est la réunion de 28 corps politiques distincts et séparés. Pour l’essentiel, elle repose sur une technocratie et non sur une politique. L’énigme consiste à comprendre comment, dans de telles conditions, il a pu paraître possible à cette technocratie de lier tous ces pays séparés par une monnaie unique. Cette question est complexe mais un élément de réponse se trouve dans la doctrine néolibérale en ce qu’elle croit que la monnaie est inutile parce que la concurrence à elle seule suffirait à produire une économie efficace. On a vu son absurdité en 2008-2010.

Comment vous situez-vous dans le débat sur la sortie de l’euro ?

André Orléan. La première chose qu’il faut dire est à quel point la technocratie européenne a failli en raison même de son libéralisme. Les forces concurrentielles, loin de produire une union harmonieuse, ont exacerbé les déséquilibres entre pays du Nord et du Sud comme elles ont accentué notre désindustrialisation. Par ailleurs, à force de s’en remettre au seul capital privé, on a négligé les grands projets communs seuls susceptibles d’apporter de la croissance en Europe. Enfin, le taux de change actuel de l’euro est pénalisant. Il faut avoir la lucidité de dire qu’aujourd’hui l’euro est un poids pour nombre de pays qui, comme la France, iraient bien mieux sans lui. Cependant, la sortie de l’euro a également des coûts qui peuvent s’avérer dirimants. Et puis, sans changement de politique, elle n’apporterait rien.

Face à cette crise de la science économique, n’y a-t-il pas une offensive pour tuer tout ce qui peut être hétérodoxe à la pensée dominante ?

André Orléan. On constate en économie, depuis une vingtaine d’années, une mise à l’écart de toutes les traditions de pensée qui ne sont pas le courant néoclassique, par exemple keynésienne, marxiste, autrichienne ou institutionnaliste. Cette dérive néfaste est due à un système international d’évaluation des chercheurs qui identifie l’excellence aux seules revues néoclassiques états-uniennes ! Le chercheur qui publie, par exemple, dans une revue post-keynésienne se trouve mécaniquement pénalisé. Cette situation pose problème car une vie démocratique véritable ne peut exister que si une pluralité de diagnostics et de solutions est offerte au débat civique. En 2010, l’Association française d’économie politique (Afep) s’est créée pour faire en sorte que ce pluralisme soit défendu dans les institutions d’enseignement et de recherche. Je suis très honoré d’en être le président.

 

C’est aussi le rôle des Économistes atterrés ?

André Orléan. Le déclic à l’origine des Économistes atterrés date de 2010, à savoir le retour des politiques de rigueur en Europe dans une conjoncture marquée par une croissance du chômage. Comment se pouvait-il que les gouvernements de la zone euro ignorent avec une telle naïveté ce qui fut la grande leçon d’économie du XXe siècle, la pensée de Keynes ? En période de récession, on ne diminue pas la dette publique en augmentant la pression fiscale. Malgré cet enseignement, on a assisté à un remake des années trente. Il nous a paru impossible que les économistes ne réagissent pas. C’est pourquoi Philippe Askenazy. 
Thomas Coutrot, Henri Sterdyniak et moi-même avons décidé de rédiger ce manifeste de façon à fédérer le plus grand nombre d’économistes, quelles que soient leurs convictions idéologiques.

Aujourd’hui les Économistes atterrés sont une organisation importante qui génère beaucoup de débats à travers toute la France et l’Europe, et travaille à la formulation de politiques alternatives. Grâce aux Atterrés, des économistes jusqu’alors inconnus ou mis à l’écart ont pu se faire connaître du grand public. Parce qu’elle a favorisé le pluralisme des débats, cette initiative me semble être un grand succès.

Est-il possible de dépasser le système capitaliste ?

André Orléan. Aujourd’hui comme hier, les méfaits de l’économie capitaliste sont visibles. Peut-être même encore plus visibles car, à côté de l’exploitation, des inégalités ou de l’instabilité financière s’ajoute désormais la destruction programmée de notre planète. Cependant, l’expérience dramatique du socialisme réel démontre que l’alternative proposée a pu être pire. La nationalisation des moyens de production n’a en rien supprimé l’exploitation ; elle a favorisé l’émergence d’une nouvelle classe dominante. L’idée marxienne d’un approfondissement des contradictions du capitalisme conduisant à son inéluctable dépassement et à la société sans classes demande à être révisée sérieusement. Le capitalisme n’est plus, pour l’instant, porteur d’un projet alternatif même s’il ne cesse de revendiquer de meilleures conditions de vie. On peut en mesurer le poids lors des élections, toutes gagnées sur des mots d’ordre de « gauche » du type : « contre la fracture sociale » (Chirac, 1995), « travailler plus pour gagner plus » (Sarkozy, 2007), « mon ennemi, c’est la finance » (Hollande, 2012). Face à cette persévérance, on ne peut qu’être abasourdi de voir avec quelle régularité, sans la moindre vergogne, les directions politiques trahissent leurs promesses, une fois au pouvoir. Voilà les origines de la maladie politique française !

  • Conférence d'André Orléan et Frédéric Lordon : Comment penser la crise

 

   

 

Entretien réalisé par Clotilde Mathieu et Marc Bertrand

 

 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:50

 

 

Rue89k

Edito 11/08/2013 à 16h02
Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89

 

 

 


 

Réponses à la question : L’Espagne est-elle un pays pacifique avec de fortes valeurs civiques ? (Metroscopia pour El Pais)

L’Espagne est-elle un pays fondamentalement pacifique, avec de fortes valeurs civiques, qui réussit à résoudre ses problèmes en négociant ? 67% des sondés ont répondu oui, dans une enquête publiée par le quotidien El Pais, qui lance une série sur l’état d’esprit des Espagnols dans son édition du week-end.

Les Espagnols sont aussi 74% à se percevoir comme des gens sérieux et « dignes » (ou des « gens bien », qui serait une traduction moins littérale de « gente decente »). Mais plus de la moitié (54%) estiment que leur pays n’est pas digne de confiance.

Espagne officielle et Espagne réelle, généreuse

Il y a donc une Espagne officielle, celle des centaines de politiciens englués dans des scandales de corruption touchant jusqu’au Premier ministre Rajoy, celle des choix économiques hasardeux. Et une Espagne réelle, celle que l’on voit quand on connaît ce pays, où les serruriers de Pampelune décident de ne plus participer aux expulsions de leurs concitoyens incapables de rembourser leur crédit immobilier.

La révolte des Indignés n’a pas débouché sur le chaos, rappelait Jaime Pastor, spécialiste des mouvements sociaux dans un article de L’Express en juin. Au contraire, le mouvement s’est fragmenté en une multitude d’actions locales et a resserré les liens sociaux :

« Les Indignés ont créé un espace public nouveau, pacifique et inventif. Ils interpellent les politiques et les obligent à réagir, ils prennent des initiatives et proposent leurs propres alternatives au niveau des quartiers. »

Week-end après week-end, les enseignants, les personnels médicaux, les travailleurs sociaux défilent dans les rues, sans violences, contre le démantèlement des services publics bien plus que pour leurs droits et salaires, qui ont déjà été rognés par tous les bouts.

La « révolution du respect »

Il y a quelque chose de profondément respectable (et de poignant) quand on traverse ce pays asphyxié par le chômage et les faillites personnelles. La solidarité familiale, la compassion pour ceux qui sont encore plus dans le besoin, et une infinie patience...

José Juan Toharia est le président de Metroscopia, l’institut qui a réalisé l’enquête. Il écrit dans El Pais :

« [Au début des années 60], l’Espagne était un pays inégalitaire, attardé économiquement et isolé du reste de l’Europe par la dictature. En à peine une génération, le panorama a radicalement changé.

Les citoyens ont pris très au sérieux le changement politique et ont mené une transition qui est un modèle.

Ils ont pris au sérieux et avec courage la lutte contre le terrorisme ; ils ont pris au sérieux le pluralisme des idées, valeurs et styles de vie, instaurant cette “révolution du respect” qu’appelait de ses vœux Fernando de los Rios [socialiste humaniste mort en 1949, ndlr] ; ils ont pris au sérieux l’Europe et leur intégration dans l’Union européenne. »

Si patiente, si solidaire, si généreuse

En Espagne, aujourd’hui, personne ne remet en question le système démocratique. L’extrême droite est quasi inexistante, il n’y a pas de partis xénophobes. En conclusion du premier volet d’« Espagne, un pays déçu », Toharia note avec raison :

« Il n’est pas facile de trouver dans notre entourage européen une société qui sache rester si patiente, solidaire, généreuse au milieu d’une crise si profonde et face à une telle carence de leadership politique.

Car c’est bien là le principal problème : l’effondrement (par anesthésie, incompétence et aveuglement partisan) de plusieurs institutions indispensables à la vigueur de notre vie publique. »

Le frigidaire de ma maison est vide

Pour illustrer cet éditorial, voici le reportage vidéo réalisé par des enfants auprès des enfants d’un « comedor social » (réfectoire social) qui offre les repas mais aussi des vêtements dans la province de Madrid, et intitulé « Le frigidaire de ma maison est vide ».

Une fillette raconte qu’elle vient là tous les matins prendre son petit déjeuner, car elle n’a plus de maison, « les politiques ont tellement volé ». Jorge, une dizaine d’années, estime que c’est la faute à Rajoy s’il vient ici depuis un an pour manger. « A la maison, on n’a plus d’argent pour faire les courses. Le frigidaire est vide. »

 

 

 

 

 

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 18:06

 

 

express.be

 

  • 05 août 2013

 

 

  • par Audrey Duperron

 

 

 

 

D’après Likes.com :

 

Un phénomène récent. Cette tendance a débuté en 1976 avec l’eau gazeuse française Perrier. Ce n’est que dans les années 1990 que les bouteilles d'eau sont devenues communes sur le marché et qu’elles sont devenues un symbole de notre volonté de remise en forme et de notre préoccupation pour notre santé. Les États-Unis sont aujourd'hui le plus gros marché de l'eau en bouteille, suivis du Mexique, de la Chine et du Brésil.

 

Des marges de profit énormes. Aux Etats-Unis, l’eau du robinet coûte environ 0,03 cents le litre. En revanche, une bouteille d'eau de marque coûte environ 3 dollars (environ 2 euros) le litre, et presque 4 dollars (environ 3 euros) dans un restaurant chic ou une boîte de nuit à la mode. Même les marques les moins chères réalisent de très grosses marges, qui peuvent atteindre 280% dans les cas les plus extrêmes.

 

Un engouement fabriqué par la publicité. L'Américain moyen boit 220 litres d'eau en bouteille par an, et s’il en boit autant, c’est peut-être lié en grande partie aux campagnes publicitaires de grande envergure. Grâce à la publicité, l’eau en bouteille est devenue un article de luxe ; pourtant, l’eau en bouteille n’a pas grand-chose de plus que l'eau du robinet, si ce n’est que son goût peut être différent parce qu’elle est filtrée, et qu’elle contient une quantité négligeable de minéraux.

 

Des coûts environnementaux. L'illusion de la «meilleure eau » requiert qu’on y sacrifie des rivières et des ruisseaux, la pollution dégagée par les camions qui la transportent, l’énergie qu’ils réclament, la pollution des plastiques non dégradables qui sont mis en œuvre, et la gestion des centres de recyclage. Chaque année, il faut 1,5 million de tonnes de plastique pour fabriquer les bouteilles nécessaires pour embouteiller l’eau. Comme le plastique vient du pétrole, cela implique qu’il faut 1,5 millions de barils de pétrole chaque année pour produire les bouteilles qui contiendront l’eau. A cela, il faut ajouter la pollution causée par le rejet des toxines dans l’environnement.

 

La présence de produits nuisibles pour la santé. Les eaux en bouteille sont faiblement réglementées, alors qu’on estime que plus d'un tiers des marques testées contiennent des contaminants cancérigènes, ou qui peuvent perturber  le fonctionnement de l’organisme, alors même que les consommateurs croient que l’eau en bouteille leur apporte des bénéfices sur le plan de la santé.

 

Un impact sur les écosystèmes. Des sociétés comme Coca-Cola, Nestlé, Pepsi, Evian et Fidji Water gagnent des milliards de dollars grâce à l'eau. Ce faisant, ils menacent des écosystèmes entiers, en puisant l'eau de source des nappes phréatiques souterraines qui alimentent les cours d’eau, les puits et les fermes environnantes.

 

Le pouvoir des multinationales. Lorsque les sociétés acquièrent des droits exclusifs sur l’exploitation de l'eau d’une source, elle met en branle toute une armée de chercheurs, de consultants en relations publiques, d’avocats et de lobbyistes pour protéger ce contrat et tuer dans l’œuf toute contestation locale. Dans une petite vile du Pakistan, Nestlé a obtenu de pomper l’eau de la source locale, puis la firme l’enrichit avec des minéraux, et la vend sous la marque « Pure Life », qui est la marque la plus vendue dans le monde. Bien qu’elle soit captée localement, l’eau de Pure Life est souvent bien trop chère pour que les locaux puissent se la permettre. Dans des endroits tels qu’au Nigeria, où Nestlé a aussi un site, les familles dépensent la moitié de leur salaire en eau, et seuls les plus riches peuvent se payer l’eau Pure Life.

 

Le filtrage. Le problème avec l'eau du robinet, c’est qu'elle contient du chlore, utilisé pour éliminer les bactéries. Cela donne à l'eau un goût que beaucoup de gens n'aiment pas. Il est possible de se débarrasser de l’odeur du chlore en utilisant une carafe avec un filtre du type « Brita ». Pour réaliser des économies sur le filtre, il est possible de prolonger la durée d’utilisation du filtre indiquée par le fabriquant, la seule conséquence est que la durée du filtrage sera plus longue.

 

La même eau. On estime qu’environ 25% des bouteilles d’eau proviennent d’une source qui alimente l'eau du robinet. Bien sûr, l’eau en bouteille subit un processus de filtrage plus ou moins complexe.

 

L’eau, un droit humain? Peter Brabeck-Letmathe, l'ancien CEO de Nestlé, considère que l'idée selon laquelle l’accès à l'eau doit être considéré comme un droit humain universel est «extrême». Il préconise la privatisation de 98,5% de l'approvisionnement en eau « parce que les gens la considèrent comme un dû, ce qui fait qu’ils en gaspillent de très grandes quantités ».

 

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 17:13

 

 

Médiapart - Blog

UBS passe à la caisse !

 

 


Pour mettre fin à la poursuite d’investisseurs grugés par UBS dans les années 2007/2008, ils recevront 120 millions de dollars, selon la Tribune de Genève, ICI.


Voici ce que je publiais en 2009 à propos des agissements délictueux de UBS, dans « Dis, Papy, c’est quoi la crise », coédité avec Mediapart. Et ses malversations continuent, notamment en France.

…UBS, Union de Banque Suisse, la première banque du pays, la troisième du monde, ayant pourtant la réputation d’être un établissement de toute confiance, annonce une perte cumulée, au cours des années 2007 et 2008, de 50 milliards de francs suisses ! Cette perte équivaut au montant de son capital et elle devait logiquement déposer son bilan et se déclarer en faillite.

Pour faire face à une situation désespérée, l’UBS émet un emprunt de 13 milliards, puis un deuxième de 15 milliards, remboursables en actions auprès du Gouvernement de Singapour, d’un investisseur du Proche-Orient et de diverses banques. Mais cela ne suffit pas car elle s’est engagée, via sa filiale américaine, dans les subprimes jusqu’à concurrence de 200 milliards !

Afin d'éviter la banqueroute, la Confédération Suisse lui octroie, en octobre 2008, un crédit de 6 milliards et la Banque Nationale Suisse prend en portage pour 46 milliards de placements douteux, l’équivalent du budget annuel de la Suisse ou de 7.000 francs par habitant ! De peur de tout perdre, des milliers de clients se précipitent à ses guichets pour retirer plus de 226 milliards en quelques semaines. Le cours de l’action UBS passe de 80 francs en 2007 à 10 francs en février 2009 ! Merci pour les 130.000 petits actionnaires qui ne représentent que 2,3% du capital et n’ont forcément rien à dire lors de l’Assemblée générale. Pour tout viatique, ils recevront une pomme et un sandwich !

En matière de « bonus », les gnomes de Zurich font encore plus fort ! Malgré la perte de plus de 4 milliards en 2007, l’UBS versera 12,5 milliards de bonus à ses cadres et à ses employés. En 2008, elle promet une somme inférieure de 80% : la modique somme de 2 milliards... soit 25.000 francs au lieu de 156.000 par salarié ! Sur le dos des contribuables helvétiques car, selon certaines rumeurs, la perte de l’année 2008 serait de l’ordre de 20 milliards !

Le responsable de cette débâcle n’est autre le que président du conseil d’administration de la banque, Marcel Ospel, qui, depuis son arrivée au pouvoir, en 2004, n’a eu de cesse d’assouvir son ambition de faire de l’UBS la plus grande banque du monde. Il coule des jours heureux dans sa propriété des bords du lac de Zurich, à la tête d’une fortune de plus de 100 millions ! Dans son livre: Marcel Ospel, L’homme qui est allé trop loin, Editions Favre, Jacques Neirynck dresse un portrait sans concession du “fossoyeur” de l’UBS ! …

 


 


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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 17:05

 

Marianne

 Samedi 10 Août 2013 à 17:00

 

Olivier Philippe

 

Les alternatives locales à l’euro sont en pleine expansion à travers la France. Gadget folklorique ou «volonté de réappropriation de l’usage de la monnaie par le citoyen» ?

 

Crédits: What's Up Productions pour ARTE Journal
Crédits: What's Up Productions pour ARTE Journal
Le «Galléco» en Ille-et-Vilaine, la «Sol-violette» à Toulouse, une future «Pêche» à Montreuil, dans l’est francilien… Qui a dit que la France ne faisait pas marcher la planche à billet? Toutes ces appellations désignent des monnaies locales complémentaires (MLC). Le principe se développe depuis trois ans sur des secteurs bien définis : un quartier, une ville, un département entier. Tout dépend du degré d’implication des commerçants et habitants. Dix-huit de ces monnaies alternatives sont déjà en circulation, une trentaine sont en projet.

«La mondialisation a conduit à désertifier nos bourgs et nos villages, à financiariser l'économie à l'excès, de sorte que sa finalité n'est plus de répondre aux besoins des êtres humains, mais de gagner de l'argent comme si l'argent était en soi LA richesse», explique Philippe Derudder, spécialiste des économies alternatives. «Le mouvement des monnaies locales complémentaires cherche à promouvoir une économie visant l'amélioration de la qualité de la vie pour tous au lieu d'une économie orientée sur la seule recherche du plus gros profit possible à court terme. Les intérêts sont donc moins quantitatifs que qualitatifs.»

«Voilà le type de société que nous voulons»

A Villeneuve-sur-Lot, à l’image d’un ancien député-maire de la ville (un certain Jérôme Cahuzac), on aime les fantaisies monétaires. Fin janvier 2010, des billets-coupons de 1, 2, 5, 10, 20 et 50 «abeilles» ont fait leur apparition dans la commune et ses environs. La monnaie locale est échangeable contre des euros et utilisable dans 112 commerces et entreprises du coin (alimentaire, coiffeur, imprimerie, etc.). Pour éviter les problèmes de double comptabilité, une abeille équivaut à un euro. «Le but est de redonner un sens à notre monnaie, relocaliser les échanges, favoriser le circuit court et redynamiser ainsi la vie locale. C’est dire : «voilà le type de société que nous voulons», argumente une des responsables du concept. 

Pour adhérer au réseau «Abeille», une entreprise doit attester d’une démarche écologique, pour tendre vers le «zéro déchet, zéro pollution, autant que possible. C’est un engagement.» La MLC permet également de tisser des liens entre la clientèle et les entreprises. «L’Abeille amène de nouveaux clients qui ne seraient pas venus autrement. Les commerces peuvent entrer en contact les uns avec les autres, découvrir l’existence d’un possible partenaire à 5 kilomètres plutôt qu’importer ou de commander des services à l’autre bout du pays», s’enthousiasment les créateurs de la monnaie

L’exemple bavarois du Chiemgauer

«Comme leur nom l'indique, ces monnaies sont complémentaires et ne visent pas à remplacer la monnaie nationale, ni à se substituer à l'économie globale», développe Philippe Derudder. Pour justifier les contraintes inhérentes au concept -devoir échanger contre des euros, utilisable uniquement dans certains commerces locaux-, les spécialiste comme les créateurs de l’Abeille en appellent à «l’acte citoyen». Au-delà de l’aspect éthique, il y a des facteurs économiques : le refus de contribuer, souvent inconsciemment, à la spéculation ; le fait de dynamiser l’économie locale et d’augmenter la capacité d’épargne en doublant la masse monétaire. Ce dernier point est un argument fort des partisans de la monnaie locale. «L'épargne constituée par les euros échangés n'aurait pas existé s'ils avaient dû servir aux achats ; mais comme ils ont trouvé leur équivalent en monnaie locale, ils deviennent alors disponibles.»

L’effet de mode est-il à craindre ? «Certainement. Voici quatre, cinq ans, lorsque je parlais de monnaies locales complémentaires, on me regardait avec des yeux ronds. C'est la crise financière qui a conduit beaucoup de gens à se poser des questions sur cet outil qu'est la monnaie qui peut servir ou asservir, poursuit M. Derudder. Mais les pièges ne sont pas absents. Nous sommes en effet formatés à considérer la monnaie comme une fin et non un moyen. La tentation est grande de réduire l'usage d'une MLC à la recherche de croissance locale ou d'y voir l'outil qui permettra de traverser la crise plus "confortablement".»

A Villeneuve-sur-Lot, pas de folie des grandeurs. «Nous sommes encore petits, ça ne fait que trois ans, mais l’Abeille se développe», sourit l’une des responsables. L’exemple à suivre se trouve en Allemagne, où le Chiemgauer, monnaie régionale bavaroise lancée en 2003, était utilisé en 2012 par plus de 3300 personnes et 600 entreprises. 550 000 Chiemgauer (soit 550 000 euros, conversion facile) étaient en circulation l’an passé. Mais la plus ancienne expérience toujours en cours a démarré aux Etats-Unis. La ville d’Ithaca, dans l’état de New York, dispose de sa propre monnaie locale, le Ithaca Hour, depuis 1991. A Paris, un projet de MLC pour le dixième arrondissement est dans les tuyaux. Date théorique de mise en circulation : septembre 2014.

 

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 16:26

 

 

Rue89

Elodie Cuzin - Journaliste

Publié le 07/01/2012 à 12h14

 

 

Des aéroports, une prison, un vélodrome, des cités (de la justice, de la culture, des sciences et des arts, etc.), des « ambassades » partout dans le monde... Les délires pharaoniques des dix-sept communautés autonomes d’Espagne sont responsables d’un déficit public record.

En 2011, celui-ci devait être ramené à 6% du PIB ; finalement, « il est possible » que le déficit « dépasse les 8%, mais pas de beaucoup », a estimé le ministre de l’Economie du nouveau gouvernement (conservateur) de Mariano Rajoy, Luis de Guindos.

Ce n’est pas tant la faute de l’ex-Premier ministre, le socialiste Jose Luis Rodrigues Zapatero, que celle des administrations régionales, a admis le ministre des Finances, Cristobal Montoro.

Responsables des lourds budgets de la santé et de l’éducation, certaines communautés autonomes ont profité du boom économique – qui a spectaculairement pris fin en 2008 – pour lancer des projets ruineux.

Résultat : une dette de 135,51 milliards d’euros au troisième trimestre 2011, soit 12,6% du produit intérieur brut (PIB) espagnol. Les communautés les plus endettées ? Selon la Banque d’Espagne, la très dynamique Catalogne (38,5 milliards d’euros au deuxième trimestre), et la communauté de Valence (20,5 milliards d’euros au troisième trimestre).

Revue des réalisations « narcissiques », comme on dit aujourd’hui en Espagne, des communautés autonomes.

Communauté de Valence, Castellon

Un aéroport pour les vautours

 


L’aéroport de Castellon, communauté de Valence, 2010 (Aerocas.com)

 

Présenté au public juste avant les élections régionales de mai, l’aéroport de Castellon (communauté de Valence) ne dispose pourtant pas encore des licences lui permettant d’accueillir des vols. C’est ballot, direz-vous, pour un projet mûri pendant dix ans et qui a coûté quelque 150 millions d’euros.

 


L’aéroport de Castellon, communauté de Valence, vue du ciel, 2010 (Aerocas.com)

 

Mais l’image d’une piste d’atterrissage vide ou le silence de halls d’enregistrement déserts ne sont pas si rares en Espagne. Le pays compte en effet le plus grand nombre d’aéroports commerciaux de toute l’Europe : 48 publics et 2 privés, soit l’équivalent d’un par province. En gros, c’est comme si chaque département français avait voulu un aéroport et l’avait construit. Forcément, les passagers ne suivent pas toujours. Et une dizaine d’aéroports sont vides aujourd’hui.

Le cas le plus célèbre étant celui de Ciudad Real (Castille-La Manche) qui rêvait de desservir Madrid (à 200 km) mais a vu son dernier vol décoller en octobre. Celui de Huesca (Aragon) survit grâce aux vols privés.

 

 

TF1, octobre 2010

La piste vide de Castellon fait au moins le bonheur des vautours, embauchés, pour 90 000 euros par an, pour débarrasser la piste des lapins et oiseaux gênants.

Les premiers vols pourraient être accueillis au printemps 2012, espèrent encore ses responsables.

Aragon, Saragosse

Un réaménagement urbain... pour les apéros géants

 


Le site de l’exposition internationale de 2008 (Grez/Wikimedia Commons/CC)

 

Les Aragonais avaient laissé exploser leur joie sous l’immense Basilique de Saragosse en apprenant, en 2004, que leur capitale décrochait l’organisation de l’Expo internationale en 2008.

Centrée sur le thème de l’eau et du développement durable, elle aura au moins eu le mérite de réconcilier Saragosse avec l’Ebre, le fleuve qui la traverse, en équipant ses berges de pistes cyclables et d’agréables promenades.

Mais à 700 millions d’euros, cela fait cher le réaménagement urbain : les immeubles emblématiques construits pour l’Expo, qui n’a duré que trois mois, par des architectes de renom peinent eux à se reconvertir en bureaux. Frappées par la crise, les entreprises frileuses n’investissent pas dans de nouveaux locaux.

Dominant le fleuve, le téléphérique construit pour l’occasion a entraîné 1,7 million d’euros de pertes en 2010. Les « skaters » et les jeunes en quête de lieux pour leurs fameux « botellones “ (apéros géants en plein air) ont eux trouvé le filon avec ces grands espaces désertés, selon la presse locale.

 

Madrid

Le campus de la justice, toujours sous terre

La capitale espagnole rêvait d’un ‘campus de la justice’ : 200 000 m², quinze immeubles signés par les plus grands architectes internationaux (Norman Foster, Zaha Hadid, Richard Rogers...) pour accueillir 5 000 employés œuvrant dans le ‘plus grand complexe judiciaire du monde’.

Après un premier investissement de 90 millions d’euros – un dixième du coût total envisagé, selon El Mundo –, le projet est paralysé depuis 2008 avec un seul bâtiment comme maigre trophée.

Le gouvernement régional de Madrid vient d’annoncer qu’il étudiait une offre de reprise présentée par le groupe américain Carlyle.

Les autorités espèrent encore pouvoir ainsi casser tous les contrats multimillionaires passés avec les grands architectes sans (trop) se ruiner.

Galice, Saint-Jacques-de-Compostelle

Une Cité de la culture pas finie mais déjà chère à entretenir

Après onze ans de travaux, la construction des deux bâtiments qui devaient être les plus emblématiques de la Cité de la culture est stoppée, au moins jusqu’en 2014.

 


Cité de la culture par Peter Eisenman, Saint-Jacques de Compostelle, Galice (Luis Miguel Bugallo Sanchez/Wikimedia Commons/CC)

 

Lancés en 1999 par le gouvernement conservateur (Parti populaire) de Galice, les travaux de construction et d’aménagement des quatre autres immeubles, tous signés de l’Américain Peter Eisenman, ont déjà coûté plus de 400 millions d’euros, contre les 108 millions prévus au départ.

Optimistes, les concepteurs du projet pensaient inaugurer ces 60 000 m² dédiés à la culture... avant 2005.

Le seul entretien des bâtiments coûte à la région 4,5 millions d’euros par an.

 

Valence

Une Cité de la science et des arts au budget quadruplé

 


La Cité de la science et des arts par Santiago Calatrava, Valence (David Iliff/Wikimedia Commons/CC)

 

Conçue par l’architecte célèbre Santiago Calatrava, cette Cité, abritant notamment un musée des sciences et un opéra, a indéniablement changé le visage de Valence, ajoutant à son attrait touristique. Ce, au prix de l’explosion de son budget à 1,28 milliard d’euros – quatre fois le montant prévu.

La Banque d’Espagne a dû saisir cette année deux banques locales qui l’avaient en partie financée, la Caisse d’épargne CAM et Bancaja, forcées d’assainir leurs comptes plombés par les investissements toxiques dans l’immobilier.

La police a en outre interrogé deux anciens directeurs de la Cité de la science, sur ordre du parquet anticorruption, dans le cadre de l’enquête qui met en cause le gendre du roi Juan Carlos, Inaki Urdangarin.

Les Baléares, Palma de Majorque

Le vélodrome Palma Arena, un désastre royal

L’Espagnol Santiago Calatrava était aussi chargé de construire le vélodrome de Palma Arena à temps pour la Coupe du monde de cyclisme sur piste de 2007.

 


Le vélodorme Palma Arena, Palma de Majorque, (Chixoy/Wikimedia Commons/CC)

 

Le prix du projet a finalement doublé, jusqu’à plus de 100 millions d’euros. Un surcoût qui a attiré l’attention d’un juge d’instruction de Palma de Majorque. Et c’est en tirant les ficelles du cas Palma Arena, dans lequel l’ancien président de la région des Baléares, Jaume Matas, est soupçonné de détournement de fonds publics et de corruption, que le nom du gendre du roi Juan Carlos est (encore) apparu : Inaki Urdangarin devra témoigner devant le même juge fin février.

 

Asturies, Aviles

Le Centre Niemeyer, mort-né

Splendide structure curviligne blanche s’élevant sur les anciennes terres industrielles des Asturies, le centre culturel conçu par l’architecte brésilien centenaire, Oscar Niemeyer, avait été inauguré en décembre 2010 à Aviles avant d’ouvrir ses portes au public en mars 2011, au son de la clarinette de Woody Allen.

 


Le Centre Niemeyer, Aviles, Asturies, mars 2011 (SurfAst/Wikimedia Commons/CC)

 

Un an jour pour jour après son inauguration, le 15 décembre, il a fermé ses portes. Ce sont ici des disputes politiques régionales – le gouvernement ayant changé en mai dernier – qui ont forcé sa fermeture.

La région avait dû débourser 50 millions d’euros pour le construire.

 

Catalogne, Figueres

Une prison vide pour un million d’euros par mois

Ces derniers jours, les médias espagnols rapportent, mortifiés, un article du New York Times qui dénonce le gaspillage de la nouvelle prison de Figueres, en Catalogne.

Flambant neuve mais encore vide, au moins jusqu’à la mi-2012, son entretien et le paiement des intérêts de sa construction coûtent déjà près d’un million d’euros par mois au gouvernement catalan, dont les finances sont pourtant déjà mal en point.

Installée sur 300 000 m², dont 60 000 de bâtiments où devraient être logés jusqu’à 750 détenus, la prison a coûté quelque 108 millions d’euros.

El Pais dénonçait lui récemment un autre gaspillage : celui entraîné par l’illumination nocturne du site, apparemment digne d’un son et lumière à la Jean-Michel Jarre. La Generalitat, le gouvernement régional, a promis d’en baisser l’intensité.

 

Espagne

La télé de Valence, sacrément fournie !

Les dépenses de certaines télévisions régionales sont montrées du doigt, tandis que certaines communautés endettées commencent à couper dans les budgets santé et éducation.

L’on apprend ainsi que Canal 9, chaîne publique de la communauté de Valence, emploie 1 800 personnes, soit plus qu’Antena 3, Telecinco et laSexta, trois chaînes privées espagnoles, réunies.

A chaque région son ‘ ambassade ’ à l’étranger

‘Utilisez les ambassades espagnoles ou vous devrez expliquer à vos concitoyens pourquoi vous dépensez plus’, a lancé récemment le nouveau ministre des Affaires étrangères, Jose Manuel García-Margallo aux communautés qui ont installé quelque 200 bureaux à l’étranger.

L’une des plus actives dans sa politique de représentation, la Catalogne, est aussi la région la plus endettée. Celle-ci a justement annoncé fin décembre qu’elle fermait son ‘ ambassade ’ en Argentine. Il lui en reste cinq à :

  • Berlin,
  • Londres,
  • New York,
  • Bruxelles,
  • Paris.

 

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 16:19

 

 

Rue89

 

Tribune 10/08/2013 à 12h03
Janick Magne | EELV

 

 


Le site de la centrale de Fukushima-1 est entouré de belles collines boisées. De l’eau descend en permanence de ces collines en direction de l’océan et imprègne les sols. Ces eaux souterraines naturelles circulent et viennent se mélanger aux eaux toxiques dans les soubassements de la centrale ou bien sont infiltrées par elles dans le sol.

L’eau, un des maux de Fukushima

Sur tous les fronts, le site est inexorablement envahi par l’eau. D’abord, l’eau douce qui refroidit en permanence les cœurs fondus des trois réacteurs à raison de 5m³/h : devenue hautement toxique et radioactive à leur contact, elle est en partie traitée pour entretenir la chaîne de refroidissement.

Le césium extrait (entre autres nucléides) est conservé dans des milliers de bidons sur le site. Ce qui reste de l’eau toxique est stocké dans des citernes et des réservoirs : 320 000 tonnes environ, pour une capacité maximale actuelle de 380 000 tonnes, qui sera atteinte vers la mi-novembre 2013.

Le chiffre de 1 000 tonnes par jour d’eaux naturelles souterraines en circulation a été officiellement avancé. 400 tonnes d’eaux souterraines se déversent dans la centrale et 300 tonnes d’eaux contaminées se déversent dans l’océan chaque jour.

Sur les 700 restantes, la moitié environ se contamine moins gravement au contact des sols imprégnés de radionucléides. L’électricien nucléaire Tepco et les autorités assuraient avec conviction que les eaux contaminées n’atteignaient pas l’océan.

Des puits ont été creusés pour, prétendument, stopper un quart environ des eaux naturelles avant qu’elles n’atteignent la centrale…

 

Infos cachées pendant la campagne

Le premier coup de théâtre a eu lieu fin juillet 2013 : on nous annonce que les eaux de Fukushima connaissent une hausse phénoménale de leur radioactivité et du tritium (Tepco ne parle guère des autres contaminants et ça inquiète).

Piscine-réservoir

Des piscines-réservoirs creusées dans l’urgence se sont avérées inadéquates : elles fuyaient. Chaque jour, près de 300 tonnes d’eau extrêmement toxiques sont issues de ce processus de refroidissement dont bien malin sera celui qui prédira quand il va s’arrêter.

Une partie est pompée pour retraitement partiel (62 radionucléides sur une centaine) et une partie s’accumule dans les sous-sols de la centrale dont personne ne connaît l’état depuis qu’ils ont subi le méga-séisme de mars 2011, le tsunami, des milliers de répliques sismiques (toujours en cours), l’exposition à une radioactivité intense, l’action de l’eau de mer, de l’eau douce, et celle des coriums en perdition, le tout pendant depuis deux ans et demi.

On nous prévient début août que le taux de césium 137 est très élevé en profondeur et que le niveau de l’eau dans les puits d’observation change avec la marée.

Ce qu’on ne nous dit pas, c’est que ces informations et celles qui vont suivre ont été soigneusement cachées tant que la campagne électorale était en cours.

Le 21 juillet, une fois de plus, le Parti libéral-démocrate du premier ministre Abé, pro-nucléaire et pro-militariste, a remporté la majorité aux élections de la Chambre haute. C’est le moment que choisit Tepco pour nous expliquer que finalement les eaux contaminées n’ont probablement jamais cessé de couler directement dans l’océan.

Le 6 août, le gouverneur de la province de Fukushima demande au gouvernement japonais de prendre en charge les travaux et la gestion à la centrale accidentée. La situation d’urgence est décrétée.

 

40% des poissons impropres à la consommation

Le 7 août, le gouvernement confirme que 300 tonnes environ d’eau hautement contaminée se déversent dans l’océan quotidiennement, menaçant gravement la chaîne alimentaire et l’écologie marine. 40% des poissons pêchés autour de Fukushima sont déjà impropres à la consommation, quarante espèces des grands fonds sont touchées. Des filets sont tendus en mer pour tenter d’empêcher la circulation des poissons qui se sont contaminés près des côtes.

Du coup, on nous assaille de détails sur la construction de « murs du Pacifique » d’un genre très particulier. Pour tenter de bloquer ces eaux encombrantes en solidifiant le sol, Tepco a construit un mur chimique souterrain étanche, sans succès pourtant puisque les eaux ont commencé à passer au-dessus.

Tepco envisage maintenant la construction d’un mur de glace souterrain autour des bâtiments des réacteurs. Outre que ce type d’ouvrage n’a jamais été tenté pour le long terme, la construction pourrait prendre deux ans. En attendant, Tepco promet de recueillir l’eau contaminée dans des puits avant qu’elle n’atteigne l’océan, de la pomper et de la stocker dans de nouvelles citernes qu’il reste à installer.

Au vu de la situation catastrophique, de l’incompétence de Tepco, du manque flagrant de spécialistes de qualité, de l’insuffisance des moyens financiers et d’un défaut crucial de main d’œuvre, je ne suis plus la seule à penser qu’il faut nous attendre à voir le site de la centrale se transformer d’ici peu en un immense marécage radioactif difficilement pénétrable.

 

 

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 16:04

 

VIA22Global www.via22.org

 

FRANÇAIS (SCROLL DOWN FOR ENGLISH/MIRA ABAJO PARA ESPANOL)

À l'appel international de Via22 en lien avec le Festival des Utopies concrètes et pour construire ensemble une rÉvolution globale...

nous organisons dans le cadre d' une gratiferia l'ouverture à l'information des différentes luttes internationales ( + éducation publique)  dans le monde. Tous invités à participer et prendre la parole pendant l'assemblée populaire.

nous terminons le texte d' appel en français cette semaine (9 aout) et ensuite soit traduire celui ci ou faire un appel international en anglais ( en attente de consensus )

ORGANISATEURS
************************
RDM Paris  lance appel
Citoyens du monde Paris 13
stop-paying.org (Ile de France)
En lien avec le festival des Utopies concrètes 

voici quelques liens:

EVENEMENT FACEBOOK 


ENGLISH

In connection with international call of Via22 ahd with the Festival of concrete utopias of france we try to build together a global Revolution...

We organize a gratiferia allowing the opening for the information of the different international fights (+ public education ) in the world.. All invited to participate and speak during the popular Assembly.

We finish the text of appeal in French this week (August 9) and then will translate that or make an international call in English (waiting for consensus)

ORGANIZERS
************************
RDM Paris launches appeal
Citizens of the world Paris 13
stop - paying.org (île de France)
In connection with the festival of concrete utopias

Here are some links:

FACEBOOK EVENT


ESPANOL
Dando continuidad a la Convocatoria Internacional de Via22 y en relación con el Festival de utopías concretas decidimos construir juntos una revolución global...

Organizamos una gratiferia que permite la apertura para la información de las diferentes luchas internacionales (+ educacion publica) en el mundo. Todos invitados a participar y hablar en la Asamblea ppular.

Terminamos el texto de la apelación en francés esta semana (9 de agosto) y luego traducir este o hacer una llamada internacional en inglés (esperando el consenso)

ORGANIZADORES
************************
RDM Paris lanza llamamiento
Ciudadanos del mundo Paris 13
Stop - paying.org (île de France)
En relación con el festival de utopías concretas

Aquí están algunos enlaces:

 

-- VIA22Globalwww.via22.orgFacebook : https://www.facebook.com/VIA22GLOBAL
Twitter : @VIA22GLOBAL #VIA22

_______________________________________________
Via22 mailing list
 
 

 


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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 15:59

 

breizhjournal.wordpress.com

NDDL : l’aérogare projetée par Vinci nécessite une nouvelle étude d’impact

9 août

 

 

Une étude d'impacgt datant des dinosaures, une DUP préhistorique, un régime l"gal archaïque... la place du projet d'aéroport est au musée des GPII

Une étude d’impact datant des dinosaures, une DUP préhistorique, un régime l"gal archaïque… la place du projet d’aéroport est au musée des GPII

 

Bang ! L’autorité environnementale du conseil général de l’environnement et du développement durable a rivé le 29 juillet un nouveau clou sur le cercueil de l’aéroport. Profitant du calme de l’été, AGO-Vinci a déposé un permis de construire pour l’aérogare de Notre-Dame des Landes, prévue pour 23 741 m² de surface. Le tout sans tenir compte des conclusions des experts de la commission scientifique d’avril 2013, Vinci-AGO estimant que l’étude d’impact et l’avis de l’autorité environnementale de 2006 sont largement suffisants.

Cette étude d’impact de 2006 avait été largement bâclée, l’avis de l’autorité environnementale ressemblant quelque peu à un chèque en blanc signé à Vinci. En effet  deux « exemples » d’aménagement (l’un en « Y », l’autre en « H ») étaient ébauchés. L’étude précisait alors que : « l’aménagement interne des bâtiments, notamment au regard de l’accessibilité des personnes à mobilité réduites et handicapées, sera précisé lors des études de projet et pris en compte dans le permis de construire. Les principales caractéristiques de deux scénarios sont présentées ci-après à titre d’exemple. »

Dans ces conditions, l’autorité environnementale estime que « les impacts et les mesures environnementales correspondant à l’aérogare n’ont pu être suffisamment appréciés »  et qu’en raison de « l’ancienneté de l’étude d’impact » et de l’évolution des points de détail du projet depuis 2006, « le projet de construction de l’aérogare de l’aéroport du Grand Ouest, présenté par Aéroports du Grand Ouest (AGO), n°F-052-13-C-0060, est soumise à étude d’impact ». Voilà qui oblige Vinci à rompre avec l’archaïsme de l’actuelle Déclaration d’utilité publique (2008), de l’étude d’impact (2006) et d’autres documents légaux qui autorisent l’aéroport… mais qui sont illégaux au regard des lois d’aujourd’hui, rendant de fait l’aéroport contraire aux droits français et européen. Reste à espérer qu’elle ne sera pas bâclée.

 

Télécharger la décision de l’autorité environnementale


Lire aussi sur le blog du collectif d’Alsace contre l’aéroport de NDDL

 

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 15:43

 

Rue89

Avec les pinceaux


Soazig ZZ Dréano | Reporter aux pinceaux

 

10/08/2013 à 17h51

Reportage dessiné à Notre-Dame-des-Landes
Soazig ZZ Dréano | Reporter aux pinceaux

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