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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 15:04

 

 

Le Monde.fr

04.08.2013 à 15h27 • Mis à jour le 04.08.2013 à 16h23

 

 
 
Les autorités syriennes ont interdit l'utilisation de toute devise étrangère, et notamment du dollar, alors que cette monnaie est, en pleine guerre, utilisé dans tous les secteurs.

Un décret interdisant toute transaction commerciale en devises étrangères a été promulgué en Syrie, dimanche 4 août, rendant illégal le paiement en dollars, pourtant courant, avec des peines pouvant aller jusqu'à dix ans de travaux forcés.

Le texte, signé par Bachar Al-Assad, stipule, selon l'agence de presse officielle SANA, que "la livre syrienne est la seule monnaie. Il est interdit d'effectuer des paiements, des remboursements, des transactions ou des opérations commerciales en devises étrangères ou en métaux précieux".

Les commerçants qui enfreindront la loi seront passibles de trois ans de prison et d'une amende égale à deux fois le montant du paiement incriminé. Si cette somme dépasse 5 000 dollars, la peine pourra s'élever à dix ans de prison avec travaux forcés.

 

"CETTE MESURE EST SYMBOLIQUE"

Avant le début, en mars 2011, de la contestation du régime, devenue guerre civile, 1 dollar s'échangeait contre 47 livres syriennes. Depuis, le change est de 200 livres syriennes pour 1 dollar, il était même de 300 livres pour 1 dollar en juillet. Le dollar est utilisé de fait dans tous les secteurs, que ce soit par les conducteurs de taxi, les importateurs ou dans la vente de produits alimentaires.

Pour Jihad Yazigi, directeur de l'hebdomadaire économique The Syria Report, interrogé par Reuters, "cette mesure est symbolique, car elle est prise dix ans, presque jour pour jour, après l'annulation par Bachar Al-Assad de la loi numéro 24 de 1986, très répressive, qui interdisait aux Syriens de posséder des dollars. Aujourd'hui, cette décision  vise à rendre très compliquée toute transaction qui n'est pas en livres syriennes et à contrôler le taux de change".

 


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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 14:05

 

Marianne

Dimanche 4 Août 2013 à 16:00

 

Périco Légasse

 

Il reste, aujourd'hui, un peu plus de 1 million d'artisans en France, représentant 3,1 millions d'emplois pour un chiffre d'affaires de 300 milliards d'euros. Riches et variés, ouvrant sur 600 formations et apprentissages professionnels, les 250 métiers de l'artisanat demeurent la première entreprise de notre pays.


20 MINUTES/SIPA
20 MINUTES/SIPA
Les monuments emblématiques du génie français sont tous de facture artisanale. Oui, c'est bien à des artisans, maçons ignorés, charpentiers anonymes, vitriers de l'ombre, menuisiers inconnus et métallos oubliés, tous modestes travailleurs issus du peuple, que l'on doit ces merveilles. Etait-il pour autant moins glorieux de produire des parapluies à Aurillac, des cycles à Saint-Etienne, des chaussures à Romans et des gants à Mazamet ? Pleurons sur les mouchoirs de Cholet et refermons le couvercle sur les marmites de Villedieu-les-Poêles, mais sauvons au moins ce qui subsiste de ce patrimoine.

Une immense partie a déjà disparu, et ce qu'il en reste est en voie d'extinction. Inconsciente de la signification socioculturelle du phénomène, impuissante à freiner l'éradication de ce réseau fondateur de l'identité économique française, la République ferme les yeux chaque fois que le rideau d'un artisan tombe ou qu'un atelier de confection met la clé sous la porte. Elle les ferme d'autant plus facilement que le culte des profits financiers (on dit aussi «les marchés») l'a rendue sourde et aveugle aux plaintes de ce terreau.

Commandé en 2008 par Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la loi de modernisation de l'économie, le rapport Attali, qui prescrit l'ouverture des «cœurs de ville» aux grandes surfaces, a failli donner le coup de grâce aux derniers artisans, ces garants de la pérennité d'un tissu social vecteur d'humanité. Résultat, lorsque Auchan, Carrefour ou Intermarché créent un emploi, ils en font disparaître trois autour d'eux. Epinal a troqué ses images contre celles du catalogue Leclerc.

L'actuel gouvernement s'en soucie-t-il ? Pas davantage, car le progrès social est désormais symbolisé par l'essor des centres commerciaux, ces marchés sans marchands où l'on assouvit tous les fantasmes consuméristes. De Chine, et d'autres mines de sel modernes bénies par le FMI, nous parviennent les pelles avec lesquelles nous creusons la tombe de notre artisanat.

Il reste, aujourd'hui, un peu plus de 1 million d'artisans en France, représentant 3,1 millions d'emplois pour un chiffre d'affaires de 300 milliards d'euros. Riches et variés, ouvrant sur 600 formations et apprentissages professionnels, les 250 métiers de l'artisanat demeurent la première entreprise de notre pays. Répartis sur quatre secteurs, alimentation, bâtiment, production et services, ils sont tournés vers la création et l'innovation, en même temps qu'ils perpétuent des savoir-faire ancestraux facteurs de plus-values. Hélas, les normes européennes leur font trop souvent la peau, et pas que de chagrin. Qu'importe puisqu'on importe.

Veut-on préserver ce dernier capitalisme à visage humain ? A l'Etat de relever le défi en protégeant ces soldats de l'embauche par une politique de soutien aux 36 000 petites entreprises qui enrichissent notre commerce extérieur. Quant au consommateur, il doit se comporter en citoyen. Avant que ces gloires de la France ne finissent à la poubelle du néolibéralisme.

 

 

 

 

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 12:48

 

Rue89

Sur le terrain 04/08/2013 à 10h51

Pierre Alonso

 

 


Au camp OHM 2013 (Pierre Alonso)

 

(Des Pays-Bas) Ils et elles travaillaient pour les services secrets. Le MI5 (les services intérieurs de sa Majesté), le FBI, la NSA… Ils ont tout quitté – et tout perdu – pour prévenir de profonds dysfonctionnements. Bradley Manning est l’un d’eux. Edward Snowden aussi.

Le premier a été reconnu coupable mardi de violations de la loi sur l’espionnage. Il risque jusqu’à 136 années de prison aux Etats-Unis. Le second vient de se voir accorder l’asile pour un an en Russie après une rocambolesque fuite par Hong-Kong et un long passage en zone d’attente à l’aéroport de Moscou. Tous ont été pourchassés et poursuivis.

Le camp de hackers OHM (pour « Observe, Hack, Make », soit « observe, pirate, fabrique ») leur consacre une large place cette année. L’événement a lieu tous les quatre ans au Pays-Bas. Cinq jours, du 31 juillet au 4 août, pendant lesquels s’enchaînent conférences et ateliers sur un grand terrain à 30 kilomètres au nord d’Amsterdam.

En 2009, un certain Julian Assange avait présenté son projet, jusqu’alors connu des seuls initiés : WikiLeaks.

Mercredi soir, quatre ans après, il s’est à nouveau exprimé, en visioconférence depuis son refuge à l’ambassade d’Equateur en Grande-Bretagne. Réagissant au verdict prononcé contre Bradley Manning, Assange a dénoncé une tentative de « terroriser tout le monde […] : Manning représente la défiance morale contre une autorité immorale. »

« Pas ce genre de réactions aux Etats-Unis »

A OHM, les lanceurs d’alerte rencontrent un public enthousiaste. Des hackers, au sens le plus large : des bidouilleurs créatifs qui bricolent aussi bien les lignes de code que les aliments.

Coleen Rowley s’est émue de cet accueil. Employée du FBI, elle a rédigé en 2002 un mémo adressé à deux membres du Congrès sur les failles du renseignement ayant conduit aux attentats du 11 septembre 2001. « Je vous assure que je n’ai pas ce genre de réactions lorsque je raconte ces histoires aux Etats-Unis », s’est-elle réjouie lors de sa conférence.

Des applaudissements nourris accompagnent aussi le témoignage de Jesselyn Radack, ancienne du ministère de la Justice, partie après avoir constaté les violations aux droits de la défense à l’encontre du « Taliban Américain », John Walker Lindh, capturé en Afghanistan juste après l’invasion occidentale.

Tous ont dénoncé le traitement réservé aux lanceurs d’alerte. Surtout sous l’administration Obama, qui a usé comme jamais de l’Espionnage Act. Ce texte, qui date de 1917, est « la pire accusation qui puisse être portée contre un Américain », affirme Jesselyn Radack, reconnaissant « avoir eu complètement tort à propos d’Obama ».

Avocate, elle est aujourd’hui engagée dans la défense des lanceurs d’alerte et de la liberté d’expression. Sur scène, elle apparaît avec l’un de ses clients, l’un des plus médiatisés de ces dernières années : Thomas Drake.

Ancien de la NSA, expert de la Stasi, il a dénoncé l’existence d’un programme de surveillance. Quand il se présente sur scène, Thomas Drake donne son nom, son ancienne affectation et lance : « Je suis un homme libre ». Il est le seul poursuivi sous l’administration Obama qui ne soit ni en prison ni en exil, explique-t-il.

Interdit de faire du droit et de prendre l’avion

« Les Etats-Unis ont appris de leur ancienne tutelle coloniale comment poursuivre les lanceurs d’alerte » analyse Annie Machon, avec un brin d’ironie. Cette ancienne du MI5 a dû fuir la Grande-Bretagne après avoir révélé des informations sur les crimes commis par son service.

 


Couverture de Time

 

Tous racontent le chemin de croix qu’ils ont parcouru. Jesselyn Radack s’est vu retirer sa licence pour pratiquer le droit aux Etats-Unis, a été placée sur la « no-fly list ».

Coleen Rowley estime que son salut est dû à la couverture de Time magazine en 2002, qui la plaçait dans les femmes de l’année avec deux autres lanceuses d’alerte.

Un beau matin de novembre 2007, Thomas Drake a reçu la visite d’une dizaine d’agents du FBI : « Je suis devenu une cible à partir de 2006, une menace directe pour la sécurité nationale, un ennemi de l’Etat »

On ne devient pas un lanceur d’alerte sur un coup de tête, surtout lorsque la sacro-sainte sécurité nationale est en jeu. Dans son discours, Assange a moqué ce qui est devenue une religion aux États-Unis, décrivant le travail de WikiLeaks comme un outil de « désacralisation de documents sacrés ».

Rester dans l’ombre, choix plus dangereux ?

Selon la chercheure australienne Suelette Dreyfus, la majorité des lanceurs d’alerte commencent par prévenir leur hiérarchie. Certains avec succès, d’autres sans effet. Une fois, deux fois.

Thomas Drake l’a fait des dizaines de fois, il a fini par se tourner vers les médias. Seule une minorité de lanceurs d’alerte fournissent leurs informations à la presse. Encore moins sont connus du grand public. « C’est un choix personnel », reconnait Annie Machon :

« Il est possible de faire fuiter des informations et, par chance, de ne pas se faire attraper. Mais il y a un risque de chasse aux sorcières.

Si vous êtes dans l’œil des médias, vous n’allez pas mourir dans un accident de voiture. C’est à ça que l’on pensait ! »

Pour qu’ils aient la possibilité de faire ou non leur coming out, des outils sont développés par la communauté de hackers. WikiLeaks a été le premier à mettre en relation lanceurs d’alerte et experts en cryptographie.

L’organisation a fait des petits. GlobaLeaks propose une solution ouverte, sécurisée, anonyme que chacun peut installer – à condition d’avoir quelques connaissances de base. AdLeaks se veut une alternative pour les pays les plus surveillés.

Et même dans les démocraties, la surveillance progresse. « Gorge Profonde ne pourrait plus être anonyme aujourd’hui ! » déplore Coleen Rowley, l’ancienne du FBI. La source des journalistes du Washington Post les a d’abord appelés, avant de leur donner des rendez-vous nocturnes dans un garage. Sans Gorge Profonde, il n’y aurait pas eu de Watergate.

 


Au camp OHM 2013 (Pierre Alonso)

 

 

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 10:37

 

Le Point.fr - Publié le 04/08/2013 à 11:08 - Modifié le 04/08/2013 à 11:45

 

Équipés de nourriture, de boissons ou de cigarettes, des centaines d'Algériens ont déjeuné en public pour protester contre "l'islamisation rampante" du pays.

 

Plus de 500 Algériens ont mangé et bu en public dans la ville "rebelle" de Tizi Ouzou.

Plus de 500 Algériens ont mangé et bu en public dans la ville "rebelle" de Tizi Ouzou. © FAROUK BATICHE / AFP

 

Plus de 500 Algériens ont mangé et bu en public en plein ramadan samedi dans la ville "rebelle" de Tizi Ouzou, dans une première action collective du genre pour marquer leur liberté de choix face à "l'islamisation" du pays. "Il y a un climat de terreur qui règne contre ceux qui ne jeûnent pas" durant le mois de jeûne sacré musulman du ramadan, dénonce à l'AFP l'un d'eux, Ali, la quarantaine, un technicien de cette ville kabyle située à 100 km d'Alger.

Tahar Bessalah, un entrepreneur en climatisation kabyle venu d'Alger, acquiesce. "Il faut que la religion reste du domaine du privé", dit-il en s'affirmant "musulman de tradition mais pas jeûneur". Parmi les participants à cette action figurent des citoyens sans affiliation et des militants politiques, surtout berbères, qui n'hésitent pas à afficher le drapeau berbère. Un étudiant de 18 ans, Lounès, va encore plus loin en arborant une pancarte sur laquelle est écrit : "Je ne suis pas arabe. Je ne suis pas obligé d'être musulman."

Du pain, des cigarettes... et même des bières

La ville de Tizi Ouzou a été le théâtre de troubles parfois sanglants liés aux revendications culturelles et identitaires des Kabyles qui ont très mal vécu les politiques d'arabisation imposées par le gouvernement depuis l'indépendance. Face à un public essentiellement jeune et masculin, armé de bouteilles d'eau, de jus, de pain, de cigarettes et même de bières pour l'un d'eux, le président du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït Chebib, a revendiqué "l'attachement ancestral" des Kabyles "à la liberté de conscience".

"Nous voulons dénoncer l'inquisition des autorités", "l'instrumentalisation de la religion", lance-t-il, applaudi par les manifestants postés devant la préfecture sur le principal axe routier de cette ville de quelque 150 000 habitants, sans le moindre contrôle apparent de forces de sécurité. Et d'annoncer que des manifestations similaires sont prévues ce jour à Bejaïa, ville portuaire kabyle, et même en France et au Canada, où vivent d'importantes communautés kabyles.

"L'islamisation rampante de l'Algérie"

Pendant le ramadan durant lequel les musulmans s'abstiennent de boire, de manger, de fumer et d'avoir des relations sexuelles du lever jusqu'au coucher du soleil, les restaurants sont ouverts seulement dans les hôtels de luxe, et les autorités tout autant que les religieux incitent la population à respecter le jeûne, l'un des cinq piliers de l'islam. Jusque dans les années 1980, dans les villes au moins, les restaurants étaient ouverts et ne jeûnaient que ceux qui le voulaient.

La guerre anti-islamiste de plus de dix ans (à partir des années 1990) a changé la donne. Depuis, la société civile et nombre de partis d'opposition dénoncent ce qu'ils appellent "l'islamisation rampante" de l'Algérie, accentuée avec le Printemps arabe qui a vu l'arrivée au pouvoir d'islamistes dans plusieurs pays.

"On ne peut pas forcer tout le monde à aller au paradis"

Ce rassemblement à Tizi Ouzou, l'une des principales villes de Kabylie, a été lancé dans la foulée d'un contrôle de police effectué sur dénonciation le 19 juillet dans un bar fermé d'une commune proche, Tigzirt, où des jeunes déjeunaient. Le propriétaire, qui s'était vu retirer sa licence, a finalement pu la récupérer, selon la presse.

Le Wali de Tizi Ouzou, Abdelkader Bouazeghi, avait alors expliqué qu'il s'agissait de "vérifications de routine". Ce n'était pas la première fois que des mesures au moins vexatoires étaient prises contre des non-jeûneurs. Des chrétiens algériens se sont même retrouvés devant la justice ces dernières années pour avoir refusé de faire carême. "Quelque 80 % des Algériens sont d'accord avec ceux qui protestent contre le pouvoir grandissant des religieux dans le pays", dit le technicien Ali. Pour Hamid, un retraité de Tizi Ouzou venu exprimer son soutien au mouvement, "il faut bien mettre un holà à tout cela : on ne peut pas forcer tout le monde à aller au paradis", la fin ultime "promise" à tout pratiquant.

 

 

 

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 21:05

 

la-croix.com

2/8/13

 

 

Les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes organisent samedi 3 et dimanche 4 un rassemblement sur le site du projet.

 

 

 
Les militants de la ferme des Bouillons, près de Rouen, tentent eux aussi de préserver quatre hec...

Les militants de la ferme des Bouillons, près de Rouen, tentent eux aussi de préserver quatre hectares de terres agricoles (Johann Rousselot/Signatures).

 

Un peu partout en France, la résistance à l’aéroport inspire d’autres mouvements de contestation.

Le mot « zadiste » fera-t-il un jour son entrée dans le Larousse ? Inventé dans le bocage nantais, le terme fait en tout cas florès en France. À l’origine, les trois lettres sont l’acronyme de « zone d’aménagement différé » (ZAD), soit, en droit de l’urbanisme, une portion de territoire réservée pour des projets d’aménagement futurs. Les opposants au projet de transfert de l’aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes ont détourné le sigle pour en faire une « zone à défendre ». Et sont devenus des « zadistes ».

 Ils ne sont pas les seuls. Plusieurs occupations de territoires se sont développées sur le même modèle. « Pendant quelques mois, notre ZAD était dans le champ d’à côté, puis nous avons déménagé à la lisière du bois », explique Muriel André, animatrice de l’association Adret Morvan, qui s’apprête à rejoindre Notre-Dame-des-Landes pour le week-end. 

Son association – qui rassemble habitants de la région, enseignants, paysans, chômeurs – est partie en guerre contre un projet de scierie industrielle, nantie d’un incinérateur, située aux portes du parc naturel régional du Morvan. « L’occupation des lieux est le seul moyen d’empêcher les travaux de commencer », assure Muriel André. Une petite dizaine de personnes se relaient donc depuis le mois de février pour camper sur le site. Cet été, l’association organise des « opérations séduction » comme des pique-niques le dimanche : « La majorité de la population de la région est favorable au projet, reconnaît Muriel André, car elle subit le chantage à l’emploi. » 

Préserver les espaces agricoles

Près d’Alès, dans le Gard, une autre « ZAD » vise à empêcher la création de deux golfs sur la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas, dans une région où le manque d’eau se fait cruellement sentir. « On a labouré une parcelle achetée par l’agglomération et semé des courges, raconte Nicolas Duntze, vigneron et militant de la Confédération paysanne. La récolte ira aux associations de solidarité. » 

En Normandie, les occupants de la jolie ferme des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, viennent d’obtenir un sursis. Le tribunal de grande instance de Rouen ne se prononcera que le 2 octobre sur leur éventuelle expulsion. L’enjeu ? Préserver quatre hectares de terres agricoles et sept bâtiments, préemptés par la filière immobilière du groupe Auchan.

 « On occupe les lieux depuis le mois de février dernier, en tentant parallèlement de convaincre les élus locaux de stopper le projet », explique Philippe Vue, écologiste de la première heure, qui se définit comme un « vieux militant ». Le petit groupe, qui a déjà semé et fait venir sur place des animaux de ferme, souhaiterait que cet espace soit consacré à des cultures maraîchères biologiques. « Les enfants des villes doivent maintenant faire des heures de car pour voir une vache », se désole Philippe Vue. 

Se rendre visible

Des jeunes passés par Notre-Dame-des-Landes sont venus prêter main-forte. Tout comme dans le Morvan et à Notre-Dame-des-Landes, ou encore sur le site du futur grand stade à Lyon, ce sont les plus jeunes qui assurent une présence permanente sur les lieux.

D’autres projets – qui menacent de larges espaces agricoles – suscitent une opposition grandissante, notamment en région parisienne. Création d’un centre d’entraînement pour le PSG à Poissy, aménagement du plateau de Saclay, centre commercial géant à Gonesse… Si ces lieux ne sont pas pour le moment occupés, la situation pourrait évoluer. 

 « Même si je n’y suis pas favorable, ce ne serait pas bien difficile de monter un petit Notre-Dame-des-Landes par ici, avec la proximité de Paris », assure Xavier Morize, de la Confédération paysanne Île-de-France. Quant au Costif, qui regroupe les associations hostiles au Grand Paris, ses animateurs se rendront eux aussi les 3 et 4 août à Notre-Dame-des-Landes et réfléchiront, à la rentrée, à des actions « plus visibles »… 

En finir avec le productivisme

Tous ces mouvements se réfèrent à Notre-Dame-des-Landes. « Cette mobilisation a redonné la pêche à tout le monde », témoigne Nicolas Duntze, un ancien du Larzac qui déplore une tendance « au repli sur soi » depuis une dizaine d’années. 

Comme dans le bocage nantais, ces comités ou associations fédèrent aussi bien des militants traditionnels de l’altermondialisme, de la Confédération paysanne et des écologistes que des jeunes plus radicaux. « Il y a une volonté commune d’en finir avec le productivisme à tous crins, analyse Nikolaz Berthomeau, l’un des porte-parole d’Attac. Mais chez certains jeunes, cela s’accompagne de modes de vie réellement alternatifs. » 

Tous prônent la non-violence, l’apolitisme et prennent bien soin de proposer – comme à Notre-Dame-des-Landes – des projets de développement alternatifs. « Ces mouvements contestataires ne veulent pas prêter le flanc à l’accusation d’égoïsme local, analyse le politologue Daniel Boy. Ils ont donc de plus en plus le réflexe de resituer leur problème dans un contexte général, par exemple celui de la disparition des terres agricoles. » 

 Leur défi est d’élargir la mobilisation au-delà du cercle traditionnel des militants. De ce point de vue, le rassemblement des 3 et 4 août aura valeur de test pour les « zadistes » nantais.

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LE GOUVERNEMENT MAINTIENT LE CAP

 « Le projet d’aéroport est maintenu, assure-t-on au gouvernement. C’est une question de démocratie. » À la suite des recommandations des experts, les arrêtés concernant la conformité du projet avec la loi sur l’eau sont quasiment prêts et seront relus attentivement durant l’été par les services des ministères des transports et de l’écologie. 

De même, un groupe de travail – qui devrait se réunir à nouveau en septembre – s’est mis en place pour examiner de manière exhaustive l’hypothèse d’un réaménagement de l’actuel aéroport. « Ses conclusions ne devraient pas remettre en cause l’opportunité du projet, qui a été réaffirmé par la commission du dialogue », estime-t-on cependant au gouvernement.

 

EMMANUELLE RÉJU

 


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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 18:56

 

 

Médiapart

|  Par Martine Orange

 

 

Alors qu’un jugement sur la procédure de cession du Printemps doit intervenir le 8 août, le Qatar n'a pas jugé utile d’attendre la décision de justice : il a conclu l’acquisition définitive du Printemps le 31 juillet. Le gouvernement n’a pas bougé. Mais le procureur de Paris a, lui, ouvert une enquête confiée à la brigade financière.

Comme si de rien n’était, le Qatar et la direction du Printemps poursuivent leur politique du fait accompli. Mercredi 31 juillet, le PDG du groupe, Paolo De Cesare, a annoncé dans un court communiqué aux cadres dirigeants que la holding luxembourgeoise de façade du Qatar, Divine Investments, venait d’acquérir les 70 % détenus par RREEF, le fonds d’investissement géré par la Deutsche Bank. « L’arrivée d’un nouvel actionnaire, qui privilégie des investissements patrimoniaux à long terme, est une chance pour le Printemps, et permettra de nous affirmer comme l’un des plus beaux grands magasins dans le monde. Je compte sur vous pour écrire ensemble un nouveau chapitre de l’histoire du Printemps », écrit, lyrique, le PDG.

Il a effectivement toutes les raisons d’être satisfait : la vente du Printemps se déroule exactement selon le scénario arrêté par les qataris et le groupe Borletti, actionnaire à 30 % mais maître du jeu dans la procédure de cession de la chaîne de grands magasins. (Lire nos enquêtes ici, ici ou encore .)

Ignorant les lois françaises, passant outre les procédures légales d’information des syndicats, qui ont refusé de rendre un avis faute d’informations suffisantes, le groupe Borletti avait signé un premier acte de cession secret le 13 juin au Luxembourg. Divine Investment, selon le contrat publié par Mediapart, avait alors conclu une promesse définitive de vente pour le rachat de la totalité du capital pour le prix de 1,6 milliard d’euros. Selon nos informations, le prix de la cession a été encore augmenté à la signature finale pour être porté à 1,75 milliard d'euros, ce qui représente une plus-value de 59 % en cinq ans.

Dans un mail interne du groupe Borletti, publié aussi par Mediapart, un des dirigeants du groupe Borletti, Paolo DeSpirt, se félicitait de cette conclusion heureuse avant de mettre en garde ses associés : « Prenez bien note que les salariés du groupe n’ont pas été informés de la signature de l’accord de vente et ne le seront seulement qu’après l’avis de l’autorité de la concurrence. Pour cette raison, je vous demande de traiter avec la plus grande attention et la plus haute confidentialité les informations contenues dans ce mail. » Selon les termes de son mail, tout devait être définitivement conclu fin juillet.

Alors que les représentants de l’intersyndicale venaient de déposer une assignation en référé pour défaut d’information devant le tribunal de grande instance de Paris, il ajoutait : « Techniquement, cette action des syndicats n’arrête pas le processus de vente, à moins que la cour n'impose une deuxième séance, ce qui amènerait un délai dans la procédure de vente. » À la suite de l’audience qui s’est tenue le 2 juillet, la juge a indiqué que le jugement serait rendu le 8 août.

Le groupe Borletti et le fonds qatari ont jugé qu’ils pouvaient se dispenser d’attendre les conclusions du tribunal. Qu’ont-ils à craindre ? Au pire, ils pourraient encourir une amende de quelques dizaines de milliers d’euros et être obligés de recommencer une procédure d’information des salariés. Qu’est-ce que cela pèse dans une opération de 1,75 milliard d’euros, où 500 millions de commissions sont promis au groupe Borletti, 23 millions au PDG du groupe Paolo De Cesare, et encore 40 millions d’euros pour un intermédiaire, Nicolas Chassard, pour les récompenser de leur diligence ?

Leur seule préoccupation dans tout ce processus a été d’obtenir l’autorisation de l’Autorité de la concurrence avant fin juillet. Manifestement, la date est importante : elle doit induire quelques gratifications supplémentaires pour certains des intervenants et explique certainement l'augmentation de 150 millions d'euros du prix total de cession. La procédure d’autorisation n’a été qu’une formalité : les fonds qataris ne possédant aucune chaîne de distribution en France, il n’y avait aucun risque de concentration ou de position dominante. Dès le 22 juillet, l’Autorité de la concurrence a donc donné son feu vert à la cession du Printemps à Divine Investments. La vente a été conclue dans la foulée.

Mais pourquoi l’Autorité de la concurrence a-t-elle donné son feu vert, sans attendre la décision de justice prévue le 8 août ? Ce délai aurait été d’autant plus compréhensible que dans le cas du Printemps, il ne s’agit pas d’un simple non-respect des procédures d’informations des salariés : l’intersyndicale a fait un signalement auprès du procureur de la République pour l’informer de ses soupçons de fraude, d’évasion fiscale, de commissions occultes, au vu des multiples contrats et informations dont elle a eu connaissance. De source judiciaire, le Parquet a ouvert une enquête préliminaire le 28 juin et a confié l'enquête à la brigade financière.

Une procédure identique a été engagée auprès du fisc. Les cabinets de Christiane Taubira, ministre de la justice, et d’Arnaud Montebourg ont aussi été saisis du dossier. Compte tenu des forts soupçons qui entourent la vente, l’Autorité de la concurrence n’aurait-elle pas dû attendre quelques éclaircissements avant de rendre son avis ?

« L’Autorité de la concurrence est une institution indépendante qui ne traite que des questions de concurrence. Notre feu vert ne veut pas dire que nous donnons un agrément sur tout le dossier », explique un porte-parole de l’institution. Avant d’ajouter : « Nous sommes tenus par des délais légaux. Dans la phase 1 de la procédure (acquisition qui ne pose pas de problème de concurrence, ndlr), nous sommes tenus de rendre un avis dans les 25 jours ouvrés après avoir été saisis. » Aucune procédure de suspension, semble-t-il, n’est possible à ce stade. Même le ministère de l’économie et des finances ne peut demander un report.

Travaillant avec des cabinets d’avocats aux honoraires très élevés mais parfaitement au point sur le juridisme tatillon et byzantin qui domine désormais dans l’État français, le fonds qatari et le groupe Borletti se sont donc engouffrés dans la brèche et ont avancé comme ils l’avaient prévu.

Ils sont d’autant plus à l’aise que cette opération se déroule dans l’indifférence la plus totale. Alors que le gouvernement disserte abondamment sur la fraude et l’évasion fiscales, à aucun moment il n’est apparu préoccupé par le dossier du Printemps, riche pourtant en soupçons, et n’a demandé ne serait-ce que des éclaircissements. Une seule parole aurait peut-être suffi pour convaincre le Qatar de respecter les règles. Mais elle n’est jamais venue ni de François Hollande, pourtant en visite à Doha le 23 juin, ni de Matignon, ni du ministère de l’économie et des finances, ni de celui de la justice.

Une députée PS de Paris, Sandrine Mazetier, a décidé de briser la loi du silence. Le 30 juillet, elle a fait inscrire au Journal officiel une question écrite à Pierre Moscovici, faisant état des présomptions des salariés « non seulement de fraude fiscale, d’évasion de capitaux, d’opération de  blanchiment mais aussi de risques de corruption et de conflits d’intérêts dans cette transaction ». Elle demande au ministre « s’il dispose d’éclaircissements sur les conditions de la cession et sur les risques de fraude fiscale impliquant certains des acteurs de la transaction ».

La réponse risque de ne venir que dans des mois. Celles du fisc ou de la justice pourraient être encore plus longues. Alors qu’il y avait la possibilité d’éclaircir cette opération de cession, d’empêcher les risques de fraude et de corruption qui planent tout autour de ce dossier, le gouvernement a préféré laisser prospérer les choses. Dans cinq ans, dans dix ans, si les soupçons sont confirmés par la justice, il y aura peut-être un procès et une condamnation, dans l’indifférence générale. Les Qataris et le groupe Borletti ont bien raison de ne pas se gêner : la loi française, pour les puissants, est une feuille de papier.

Cet article a été modifié à la suite d'informations obtenues le 2 août. Selon nos informations, le prix de la cession a été augmenté. De 1,6 milliard d'euros conclu fin juin, il est passé à 1,75 milliard en raison de la conclusion rapide de l'affaire.

J'ai modifié les chiffres des commissions. Car il était prévu une augmentation des commissions d'un certain nombre d'intermédiaires si la transaction dépassait le seuil de 1,7 milliard d'euros .

Enfin , de souce judiciaire, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire le 28 juin sur la cession du Printemps et l'a confiée à la brigade financière. Cette information a été rajoutée dans le papier.

 

 

Lire aussi

 

 

 

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 17:55

 

 

Médiapart

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Le Guardian et Süddeutsche publient de nouveaux documents livrés par Edward Snowden, qui montrent une collaboration active de Verizon, British Telecom et Vodafone Cable avec le GCHQ et la NSA.

A chaque jour ses nouvelles révélations dans le scandale Prism. Le Guardian et Süddeutsche publient de nouveaux documents livrés par Edward Snowden, qui montrent une collaboration active de Verizon, British Telecom et Vodafone Cable avec le GCHQ et la NSA.

Sept opérateurs ont permis au GCHQ, l'organe d'écoutes des services de renseignement britanniques, d'accéder librement à leurs câbles de fibre optique qui transportent les communications à travers le monde. Les métadatas (qui a appelé qui, combien de temps, etc.) étaient stockées pendant trente jours, tandis que le contenu des échanges l'était pendant trois jours. Le nom de code de l'opération est Tempora. Chaque opérateur était lui-même affublé d'un nom de code, les services de renseignement ayant bien conscience du scandale provoqué si cette collaboration venait à être découverte par le grand public.

Pour leur défense, les compagnies affirment qu'elles n'avaient pas le choix et ne pouvaient s'opposer à cette coopération. De fait, l'accès des agences américaines et britanniques à ces câbles, qui traversent l'océan Atlantique, permet une surveillance généralisée d'une immense partie de la population mondiale.

L'accès aux câbles optiques permet ainsi au GCHQ de surveiller 600 millions d'« événements téléphoniques » par jour. 200 câbles étaient surveillés, et 46 pouvaient l'être en même temps. Ces câbles sont le nerf de la guerre, comme l'explique Reflets.info dans un de ses derniers articles.

Le Guardian rappelle qu'en juin, une de ses sources dans les milieux du renseignement lui avait affirmé que les analystes utilisaient quatre critères pour déterminer qui espionner : « la sécurité, le terrorisme, le crime organisé et le bien-être économique de la Grande-Bretagne ». Il serait intéressant de voir la part de ce dernier critère dans l'espionnage généralisé dévoilé depuis des semaines.

 

Lire sur le Guardian.com.

Lire sur le Sueddeutsche Zeitung

Lire sur Reflets.info.

 

 

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 17:38

|  Par Jérôme Hourdeaux

 

 

Lors du camp de hackers OHM 2013, qui se tient actuellement aux Pays-Bas, de nombreuses solutions ont été présentées pour assurer une diffusion sécurisée des informations, et l'anonymat des whistleblowers. De l'application Android jusqu'au projet visant à « chiffrer l'ensemble du web ».

En écho à une actualité particulièrement chargée, et à l'intervention au premier jour du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, les questions de “whistleblowing” et de surveillances du net ont bien entendu été au cœur du camp de hackers OHM 2013.

D'autant plus que les organisateurs ont eu à gérer une vive polémique en raison de la présence, parmi les sponsors officiels de l'événement, de la société de sécurité informatique néerlandaise Fox-IT, connue pour ses nombreux contrats avec le gouvernement néerlandais et ses agences de renseignement. Pour de nombreux hackers, inviter l'un des gendarmes du net à l'un de leurs rendez-vous les plus importants a été vécu comme une véritable provocation, au point que certains ont préféré boycotter l'événement plutôt que de côtoyer l'une de leurs bêtes noires. Au lendemain de la première nuit, la tente de Fox-IT avait d'ailleurs été « redécorée » et barrée par les initiales “NSA”.

 

 
© JH

L'organisation de OHM a tenté de calmer le jeu en organisant une rencontre avec les hackers. Mais, malgré sa piscine gonflable et une invitation rajoutée à la dernière minute à côté de l'entrée – « Si vous voulez discuter de tout ça, s'il vous plaît entrez » –, le stand de Fox-IT est sans aucun doute le moins visité du camp… Il faut reconnaître qu'inviter une société de surveillance informatique l'année de la condamnation de Bradley Manning et de la révélation du scandale PRISM par Edward Snowden n'était pas forcément la meilleure idée qu'ait eue l'organisation.

Si le dialogue avec un des surveillants du net semble impossible, c'est sans doute parce que les hackers préfèrent développer leurs propres solutions. Et à ce niveau, OHM 2013 a été l'occasion de présenter toute une série de dispositifs permettant une circulation libre et anonyme des informations et des données, loin des regards des différents Big Brothers.

 

© JH

Une bonne partie de ces solutions repose sur la cryptographie, c'est-à-dire les technologies permettant de chiffrer les données, ainsi que sur « les réseaux anonymes », des sous-ensembles du net construits par les utilisateurs afin d'assurer leur sécurité et dont le plus connu est Tor. Ce réseau repose sur un système décentralisé de “routeurs” redirigeant les données de manière aléatoire, brouillant ainsi en quelque sorte les pistes et rendant beaucoup plus difficile la surveillance du flux d'informations.

Reposant en grande partie sur la participation des internautes, qui sont grandement invités à créer leur propre relais afin de complexifier encore plus le réseau, Tor a fait l'objet de plusieurs rencontres, discussions et ateliers. Le réseau anonyme sert également d'infrastructure technique à nombre de projets visant à assurer la sécurité des whistleblowers.

Ainsi, porté par le Hermes Center for Transparency and digital human rights, GlobaLeaks est un logiciel de whistleblowing en open source ouvert à tous ceux qui veulent « changer la société ». Son but est de proposer une solution simple d'accès à la fois aux whistleblowers, mais également aux journalistes, aux entreprises ou encore aux administrations souhaitant mettre en place des dispositifs sécurisés pour les lanceurs d'alerte.

« C'est un logiciel gratuit, utilisable par tous, customisable pour tout type d'initiative et très facile à mettre en place et à entretenir. » Concrètement, le whistleblower n'a qu'à se connecter au logiciel, charger ses données, remplir une série de champs tels qu'un titre, une description, une catégorie, et à appuyer sur le bouton “Blow the whistle”. Les données sont alors chiffrées et transmises via “Tor2Web”, un logiciel permettant de faire communiquer le réseau Tor avec le web.

« Encrypter l'ensemble du web »

Volker, professeur en science de l'informatique à l'université libre de Berlin, a de son côté développé son propre système de chiffrement des données et propose lui aussi une plateforme de whistleblowing, plus complexe, baptisée “AdLeaks”. 

Le projet présenté par Peter Eckersley, de l'association américaine Electronic Frontier Foundation, est particulièrement ambitieux. Il vise tout simplement à « chiffrer l'ensemble du web ». Baptisé “HTTPS Everywhere”, ce projet tente de convaincre l'ensemble des sites d'utiliser le protocole de sécurité HTTPS que l'on retrouve, par exemple, sur les sites de paiements.

 

 
© JH

« Nous sommes partis des plus gros sites tels que Google, Twitter, Wikipédia, Twitter… », explique-t-il. Et un grand nombre d'entre eux en ont accepté le principe. Mais certains sites ne proposant cette navigation sécurisée que comme une option, l'EFF a créé une extension, disponible pour les navigateurs Firefox et Chrome, permettant de la rendre automatique. À ce jour, elle a déjà été téléchargée plus de 2,5 millions de fois.

Autre solution présentée durant OHM, Storymaker est une application pour téléphone mobile sous Android offrant tous les outils pour réaliser son propre reportage. Elle a été développée par l'association Free Press Unlimited avec le soutien du Guardian Project, une association promouvant la création d'applications “open source”, et du ministère des affaires étrangères néerlandais, afin d'offrir un moyen d'expression sécurisé aux « citoyens journalistes », et plus particulièrement ceux vivant dans des zones de conflit ou sous des dictatures.

Storymaker se décompose en deux parties. La première, “Learn” (“Apprendre”), est tout simplement un petit cours de journalisme, expliquant par exemple comment préparer une interview. La seconde, “Tell Stories” (“Raconter des histoires”), guide pas à pas l'apprenti journaliste dans son reportage. Ainsi, s'il veut prendre une photo, une grille et des contours apparaissent sur l'écran afin de le guider dans son cadrage. Plusieurs outils permettent ensuite de découper, assembler et agencer ses photos et vidéos. Une fois le reportage finalisé, il peut être diffusé sur les principales plateformes, telles que YouTube ou Viméo, de manière anonyme grâce à Orbot, une application mobile utilisant, cette fois encore, le réseau Tor.

 

L'application StorymakerL'application Storymaker© JH

Au-delà de ces solutions techniques, plus ou moins accessibles au néophyte, le porte-parole de l'association française La Quadrature du net, Jérémie Zimmermann, a lui plaidé pour une prise de conscience de la communauté des hackers, qu'il appelle à s'ouvrir sur le reste de la société et à partager ses connaissances pour les démocratiser.

 

Jérémie Zimmermann 
Jérémie Zimmermann© JH

« Aujourd'hui, les technologies nous échappent. Elles ne sont plus faites pour nous rendre plus libres, mais pour mieux nous contrôler », a-t-il lancé lors de sa conférence sur le “Data Love”, un “amour de données” militant pour une libre circulation des informations (appliqué à Mediapart récemment...). « Nous avons le schéma du problème, nous avons les solutions techniques.  Nous devons maintenant atteindre les autres, partager ce data love. Nous avons une responsabilité politique. Dans ce combat, nous somme en première ligne. Et la clef, c'est l'humanité. Faites le data love à vos voisins. » 


En défense de Bradley Manning dans le "village" de la Quadrature à Ohm 
En défense de Bradley Manning dans le "village" de la Quadrature à Ohm© JH

 

“OHM 2013” est l'un des principaux rassemblements de hackers au monde. Organisé tous les quatre ans aux Pays-Bas, et changeant de nom à chaque édition, il propose durant quatre jours une série de conférences et d'ateliers tenus par des personnalités, des chercheurs, des inventeurs, des hacktivistes… Si la communauté informatique du pays hôte se charge d'une grande partie de l'organisation, la vie du camp fonctionne en grande partie sur le principe de l'autogestion. Autour de la petite dizaine de chapiteaux où se tiennent les événements principaux, le camping est ainsi organisé en fonction d'une série de “villages” tenus soit par des “ambassades” nationales ou par des associations telles que, pour la France, La Quadrature du Net. L'ensemble du site a été au préalable alimenté en électricité et en fibre optique afin d'assurer aux participants une connexion internet de bien meilleure qualité que dans de nombreuses villes. Le débit ici est gigantesque. Jeudi, sur les réseaux sociaux, certains affirmaient qu'il était aussi important que le réseau dans toute l'Afrique...

 

 

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 16:39

 

 

Rue89

 

Témoignage 02/08/2013 à 15h31
Oleg Andreev | Concepteur de logiciels

 

 


Un bitcoin (Zach Copley/Flickr/CC)

 

J’ai découvert le Bitcoin en août 2012 et j’ai tout de suite senti que cette monnaie virtuelle avait un immense potentiel. Aujourd’hui, je l’utilise pour acheter des livres en ligne, des noms de domaines pour mes sites web ou des entrées pour des conférences. J’ai payé mes amis en Bitcoin quand on a mangé des sushis. J’ai aussi fait des dons ou investi un peu en Bitcoins en vendant des euros sur bitcoin-central.net.

Making of

Il y a quelques semaines, en conférence de rédaction, nous avons évoqué l’affaire de blanchiment massive impliquant une monnaie virtuelle, avant de parler des Bitcoins. On était plusieurs à vouloir lire un témoignage d’utilisateur décrivant comment, concrètement, on achète, vend et gère des Bitcoins.

Ceci est un témoignage participatif : j’ai d’abord contacté plusieurs riverains qui parlaient Bitcoins sous un premier papier que nous avions publié. TsIH m’a donné l’e-mail d’un de ses collègues, « véritable chantre du Bitcoin » : Oleg Andreev, 27 ans, qui a déjà rédigé plusieurs articles à ce sujet sur son site, a accepté de témoigner pour Rue89. Le texte de ce concepteur de logiciel d’origine russe, rédigé en anglais, à été traduit par Nicolas Pelletier. Merci à tous les trois. Emilie Brouze

Bitcoin est un système de paiement décentralisé qui possède sa propre unité monétaire. Il n’est pas contrôlé par une personne ou une organisation.

Comme pour tous les protocoles Internet, chaque utilisateur passe par un logiciel compatible avec celui des autres, faute de quoi il ne pourra pas compléter une transaction.

Les fonds monétaires utilisés dans les échanges sont vérifiés par des clefs cryptographiques et toutes les transactions sont enregistrées et vérifiées par un immense réseau d’ordinateurs à travers le monde.

L’historique de chaque transaction peut être consulté sans devoir passer par une banque ou un service de paiement.

Même si son histoire est récente, le Bitcoin est pour moi la méthode la plus facile et la plus sûre pour acheter quelque chose.

Je me suis ainsi procuré un e-book sur coindl.com en cinq secondes, sans remplir de formulaires. J’ai cliqué, le QR code (une sorte de code barre) du paiement est apparu dans le coin de l’écran puis j’ai tout simplement pris mon smartphone pour le scanner. J’ai vérifié le montant de la transaction sur mon téléphone, j’ai cliqué sur « envoyer » et en deux secondes le site web l’a détecté et a affiché un « merci » accompagné d’un onglet de téléchargement.

Je n’ai pas eu à entrer mon nom, mon adresse mail ou ma résidence. Je n’ai pas eu non plus à entrer d’informations confidentielles comme mon numéro de carte de crédit.

Le seul risque est que le site web prenne mes trois euros sans me donner le livre. Mais une fois qu’ils m’ont remis l’objet en question, ils ne gardent aucune information privée qui pourrait fuiter et me causer des soucis par la suite (comme c’est parfois le cas avec des numéros de cartes de crédit volées par des hackers).

 

 

Qu’est-ce qu’un bitcoin ? (en anglais)

Comme les transactions en Bitcoins sont définitives, c’est très utile pour les commerçants, qui courent toujours un risque de fraude ou de manque de fonds lorsqu’ils acceptent des paiements par carte de crédit. C’est ce qui les force à demander au consommateur de remplir des formulaires, de communiquer par codes SMS et d’augmenter leurs prix pour combler les pertes.

Si vous payez en Bitcoins, les commerçants vous accordent souvent une réduction car votre paiement est sûr – la transaction ne leur coûte rien et ils n’ont pas besoin de vous demander d’infos personnelles.

Pas de censure, anonymat garanti

Quels sont les avantages de Bitcoin ?

  • Les coûts de transaction sont très faibles (de zéro à quelques centimes), quelle que soit la somme

C’est un système de paiement automatique ouvert : il n’y a donc pas d’intermédiaire pour approuver les transactions et c’est à chacun de voir la fiabilité de ses virements monétaires. Les micropaiements à faibles coûts ouvrent la porte à un tout nouveau modèle d’affaires. Des services financés par la publicité comme Google et Facebook pourraient être beaucoup plus sûrs et efficaces s’ils étaient financés par les micropaiements des utilisateurs.

  • La censure est quasi impossible

Dans certains pays, l’Iran ou la Chine par exemple, tout le monde ne peut pas utiliser PayPal ou une carte de crédit pour envoyer de l’argent. Avec Bitcoin, aucune permission à demander : chacun peut accumuler des fonds provenant de n’importe qui et de n’importe où dans le monde.

  • On peut utiliser Bitcoin de façon anonyme

Bitcoin n’a pas d’authentification personnalisée, du moins seulement via des numéros secrets. Cela permet d’utiliser le service de façon anonyme.

Mais il faut garder en tête que la banque de données globale des transactions est publique, donc pour garder ses transactions secrètes il faut faire confiance aux gens avec qui on échange. Les gens pensent que Bitcoin est anonyme parce qu’on a pas besoin de communiquer sur son identité. Alors ils pensent qu’ils peuvent acheter ce qu’ils veulent et que personne ne sera capable de faire le lien entre tous ces paiements. C’est faux.

Si je commande un livre et que je demande à le recevoir chez moi, par exemple, il se peut qu’on découvre les autres paiements effectués depuis la même adresse ou combien j’ai dépensé en tout.

Donc, pour être prudent, mieux vaut mélanger vos Bitcoins avec d’autres personnes, ne pas réutiliser la même adresse et ne pas révéler d’informations personnelles – ainsi vous pourrez rester anonyme.

  • Etant donné que le nombre total de Bitcoins est fixe et que son augmentation est prévisible et stable, une inflation massive et arbitraire est impossible

Si le gouvernement a le pouvoir de dévaluer de 50% votre argent en produisant plus de monnaie, il ne peut le faire avec Bitcoin. La seule manière de perdre 50% de vos économies ? Que l’ensemble des utilisateurs décide de réduire de moitié la valeur donnée au Bitcoin. Aujourd’hui, la demande augmente beaucoup plus vite que l’offre : la valeur de chaque Bitcoin devrait donc augmenter, sauf si quelque chose entraînait une diminution de la demande, comme un problème de sécurité dans le réseau ou une menace quelconque pour les utilisateurs.

Chacun est responsable de la sécurité de son argent

Le réseau et le protocole utilisés par Bitcoin sont robustes. Personne n’a réussi à les attaquer avec succès, même si trois bugs ont eu lieu en 2009, 2010 et 2013. Ils ont été rapidement résolus par les participants et le logiciel a été mis à jour sans qu’aucun Bitcoin ne soit perdu ou détruit.

Chaque client est responsable de la sécurité de son argent. Si vous gardez vos Bitcoins (en fait les clefs secrètes associées avec votre compte) sur un ordinateur personnel, vous devriez vous assurer d’avoir une méthode de recouvrement (une copie sur clé USB ou sur un service « cloud ») et de bien crypter vos données avec un mot de passe efficace.

Si vous oubliez votre mot de passe, personne ne pourra le retrouver pour vous. Comme avec les banques, vous pouvez faire confiance à une organisation pour garder votre argent (un service spécialisé dans les transactions monétaires, un compte dans une banque ou un portefeuille « en ligne » comme coinbase.com), mais celle-ci pourrait être piratée et votre argent, volé.

Aujourd’hui, il n’y a pas une tonne de solutions dignes de confiance. Ça s’améliorera avec le temps, mais en attendant vous devriez être très vigilants et ne pas trop investir d’argent dans les Bitcoins.

Evitez aussi d’utiliser Windows car à ce jour, tous les vols de Bitcoins ont été faits sur des ordinateurs utilisant Windows. Utilisez plutôt un Mac ou Linux. J’ai d’ailleurs écrit un article sur comment garder des réserves de Bitcoins de manière sûre.

Valeur du marché : 1 milliard de dollars

Le taux de change n’est pas fixe et déterminé par le marché. En janvier, 1 Bitcoin valait environ 10 euros, puis à la mi-avril il en valait 200 avant de diminuer et de se stabiliser autour de 80-90 euros avec de légères variations.

La valeur total du marché Bitcoin est d’environ un milliard de dollars (760 millions d’euros), l’équivalent d’une petite société cotée en bourse.

A ce niveau, la valeur d’un Bitcoin n’est pas stable et peut varier significativement à cause d’acheteurs ou de vendeurs occasionnels. Si vous voulez utiliser Bitcoin comme mode de paiement mais que vous ne voulez pas risquer une variation de sa valeur, vendez vos Bitcoins contre des devises locales après vos transactions. Des entreprises comme Bitpay proposent ce service et assument tous les risques contre une commission de 1% sur la valeur de la transaction.

Merveilleuse technologie ou l’apanage des marchés noirs

Concernant les risques légaux, je ne suis pas un juriste, mais j’ai l’impression qu’il y a davantage de certitudes autour du Bitcoin qu’il y en avait il y a un an. Il y plus de vérifications possibles. Bien entendu, si une partie de votre salaire est gagné en Bitcoin, il est imposable comme tous vos autres revenus.

Dans dix ans, le Bitcoin pourrait être une merveilleuse technologie qui va de pair avec Internet, ou il pourrait être l’apanage des marchés noirs s’il est censuré par les autorités publiques. Comme n’importe qui peut acheter un Bitcoin et que ceux-ci sont produits en nombre limité, il y a un énorme potentiel de retour sur investissement pour tous les acheteurs actuels. Si tout le monde se met à acheter un Bitcoin, ce ne sera plus possible de l’interdire et il remplacera instantanément tous les autres modes de paiements et devises, car il est mieux sur plusieurs aspects.

 

MERCI RIVERAINS ! raudi
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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 16:20
 
I want my money back 02/08/2013 à 17h09


Le clavier d’un distributeur de billets (William Grootonk/Flickr/CC)

 

Récemment voté à l’Assemblée nationale, le plafonnement des commissions d’intervention en cas de découvert sur son compte en banque a été globalement bien accueilli. Dans son récent article sur ces commissions, la riveraine et banquière Berengere1981 salue ainsi une « mesure juste ».

Je ne partage pas son opinion : ces commissions sont le plus souvent prélevées de façon abusive par les banques. D’ailleurs, si votre banque vous a prélevé ces sommes – que la nouvelle loi plafonne à 8 euros par intervention et 80 euros par mois –, vous pouvez assez facilement obtenir un remboursement.

Une somme facturée en plus des agios

La définition officielle

Selon la Fédération bancaire française (FBF), la commission d’intervention couvre les coûts humains et matériels de l’analyse par la banque d’un compte dès lors qu’une opération entraîne une irrégularité de son fonctionnement. Ce qui inclut les opérations portant son solde au-delà de son autorisation de découvert.

Cette intervention permet de déterminer s’il faut accepter ou rejeter l’opération. Elle participe à la confiance générale dans les moyens de paiement et à leur équilibre économique.

 

La commission d’intervention est prélevée par la banque lorsqu’une opération débitrice (retrait, prélèvement, chèque…) se présente alors que vous êtes au-delà de votre découvert autorisé.

Elle vient s’ajouter aux agios, qui eux dépendent du montant et de la durée du découvert.

Cette commission rémunère l’intervention d’un conseiller, qui va examiner la situation de votre compte et décider d’accepter ou de refuser un paiement.

Ce traitement au cas par cas permet à votre conseiller de tenir compte de votre situation.

Il peut décider d’honorer un prélèvement malgré le dépassement de votre découvert autorisé, vous évitant ainsi des frais de rejet et d’autres problèmes avec votre prestataire. Mais si vous tirez trop sur la corde, votre conseiller peut décider de ne plus valider vos paiements.

Pas d« intervention » quand on paie par carte

Voilà pour l’idée de base qui est plutôt bonne, un peu de souplesse vaut mieux qu’un rejet automatique, même si on peut se demander si un tel service coûte réellement 8 euros par opération.

Mais la vraie entourloupe est ailleurs : les banques prélèvent aussi cette commission sur les paiements et retraits effectués par carte bancaire. Or ces derniers sont automatiques et irrévocables, aucun humain n’intervient pour valider ou refuser le paiement.

Conclusion : si on vous a facturé dans ces conditions, votre banque vous a fait payé un service qu’elle ne vous a pas fourni. Je laisse le soin aux juristes de mettre un nom sur cette pratique.

Avec l’avènement de la carte bancaire, les frais liés aux découverts sont ainsi devenus une poule aux œufs d’or pour les banques, les commissions décrites ici s’ajoutant aux agios, qui représentent 15% et 20% d’intérêt sur les sommes concernées.

D’après le ministère de l’Economie, les commissions seules représenteraient deux à trois milliards d’euros par an. Sachant que 40% des transactions en France sont réalisées par carte bancaire, on peut imaginer le montant du pactole indûment engrangé.

Des sommes importantes étant en jeu, on comprend mieux pourquoi les députés ne sont pas allés au fond du problème en votant l’interdiction pure et simple de ces commissions.

Pourtant, ces deux à trois milliards d’euros ne seraient-ils pas plus utiles si ils étaient dépensés dans l’économie par les Français ? Ne serait-ce pas un bon moyen de leur redonner du pouvoir d’achat ?

Suivez mon mode d’emploi pour vous faire rembourser des commissions d’intervention

En attendant les « class actions » à la françaises, qui permettraient à l’ensemble des consommateurs lésés de mener un recours judiciaire commun, chacun peut réclamer le remboursement de ces commissions à sa banque.

Vous pouvez d’abord lui faire part de votre étonnement à votre conseiller concernant la facturation de commissions « d’intervention » alors que personne n’est « intervenu ». Mais les pouvoirs de ce dernier étant limités, vous obtiendrez rarement satisfaction.

La solution la plus rapide est d’envoyer directement un recommandé à votre directeur d’agence ou au service client au siège de votre banque. Dans ce recommandé, vous détaillerez les sommes qui vous ont été prélevées et en demanderez la justification et le remboursement.

La banque devrait vous répondre, dans des termes difficilement compréhensibles, que les commissions sont justifiées mais qu’elle consent à vous faire un « geste commercial » – souvent entre 10% et 50% des sommes prélevées.

Ne faites pas de mauvais esprit, la banque n’essaye pas de vous faire taire : elle vous fait cette fleur « eu égard de vos excellentes relations commerciales ».

Refusez le « geste commercial » proposé

Une fois ce courrier reçu, vous êtes paré pour la deuxième étape.

Vous pouvez informer votre banque que malgré son geste, vous n’êtes satisfait ni par ses réponses, ni par le montant du « geste commercial », et que vous allez en référer au juge de proximité du tribunal d’instance le plus proche de chez vous (c’est lui qui est compétent pour les litiges portant sur des sommes inférieures à 4 000 euros).

Votre banque ne prêtera pas vraiment attention à ces menaces de tribunal. Ses employés en reçoivent des centaines tous les jours.

Mais vous pouvez maintenant préparer votre dossier pour le juge de proximité. Sur papier libre et sans oublier les mentions obligatoires que vous trouverez sur le site du service public, préparez :

  • un récapitulatif rapide de votre relation avec votre banque ;
  • la liste des commissions d’intervention concernées ;
  • un résumé de vos démarches auprès de la banque (le recommandé précédent) ;
  • la réponse de la banque, qui ne justifie pas en quoi ces commissions seraient effectivement la rémunération d’un service ;
  • tous vos relevés de compte comportant des commissions d’intervention, ou bien le relevé de frais annuel ;
  • une demande de condamnation de la banque au remboursement de l’intégralité des commissions, ainsi qu’à des dommages et intérêts pour préjudice moral à hauteur du montant des commissions ;
  • un timbre fiscal de 35 euros à coller sur votre déclaration.

Déposez votre dossier en autant d’exemplaires que le greffier vous demandera au tribunal d’instance compétent. Bravo !

Le tribunal va en transmettre une copie à votre banque. Il ne vous reste plus qu’à attendre.

Vous êtes maintenant en position de force

Rares sont les banques qui osent aller au tribunal pour ce genre de dossiers indéfendables. Et quand elles y vont, elles perdent.

Vous allez donc probablement recevoir un coup de fil du service client/juridique/contentieux de votre banque, qui va vous proposer le remboursement de vos commissions.

Vous êtes maintenant en position de force : votre banque ne souhaite vraiment pas aller au tribunal, la date de l’audience approche et c’est désormais vous qui fixez les conditions.

Combien demander ? Une base raisonnable, c’est la somme que vous réclamiez au tribunal (le remboursement plus les dommages et intérêts).

Cependant, il ne faut pas oublier de rémunérer certaines clauses qui vont être ajoutés dans le règlement amiable négocié entre vous et votre banque.

Elle vous demande de clôturer votre compte à l’issue du règlement du litige ? Ou souhaite que l’accord ait un caractère confidentiel ? Ces clauses doivent être rémunérées : vous avez été victime d’une facturation abusive, il ne vous appartient pas d’en supporter les conséquences. Un changement de banque entraine des désagréments et vous oblige à faire des démarches.

Libre à vous de déterminer le « prix » de chaque clause qui vous est proposée.

Une fois négociés les clauses de l’accord et le montant qui vous sera versé, ne vous reste plus qu’à signer le protocole d’accord et attendre le chèque.

 

MERCI RIVERAINS ! Marielb
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