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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:07

 

Marianne

L’UDI et le CNIP : les liaisons dangereuses

Lundi 22 Juillet 2013 à 17:26

 

Lou Marillier

 

 

Gilles Bourdouleix en 2004 - RICLAFE/SIPA
Gilles Bourdouleix en 2004 - RICLAFE/SIPA
« Comme quoi, Hitler n’en a peut-être pas tué assez… » Parmi les dérapages dont ont été victimes les gens du voyage ces derniers temps, celui du député-maire UDI (!!) de Cholet, Gilles Bourdouleix, est en bonne voix pour obtenir la palme. Il aurait aussi invoqué les « 22 sacs à merde ramassés la dernière fois par les agents de la ville » et la supposée consanguinité des gens du voyage : « eux, la moitié des enfants sont entre pères, grands-pères »

 

Ces propos ont été tenus alors qu’il visitait dimanche le terrain alloué par sa mairie le long de la route de Nantes aux gens du voyage, tous membres de la mission évangélique « Vie et Lumière », qui arrivaient de Tours. 150 caravanes ont occupé une surface qui ne dispose que de 30 places – ce qui a ulcéré l’élu, qui a menacé de démissionner dès ce soir si rien n’était fait.

Il dément cependant avoir tenu de tels propos et a assuré à Ouest-France ce matin avoir seulement marmonné « Si j’étais Hitler, ils seraient tués ici », en réponse à une personne qui l’aurait accueilli  avec un « Heil Hitler ». Le courrier de l’Ouest, qui a dévoilé l’incident ce matin, a depuis mis en ligne l’enregistrement - on y entend distinctement le député prononcer la phrase incriminante.

 

Jean-Christophe Lagarde, secrétaire général du Parti, a annoncé qu’« à partir du moment où la preuve est publiée, nous ne pouvons que décider de l'exclusion » jugeant les propos « inqualifiables et incompatibles avec les valeurs de l'UDI. » Yves Jégo condamne également l'élu sur Twitter « Les propos rapportés par le #CourrierdelOuest sont ignobles et inacceptables. L'exclusion de l'UDI de leur auteur doit être immédiate. »

 

Le « g9 de l’UDI », qui réunit les pontes du Parti, devrait statuer sur l’exclusion de l’élu dès cet après-midi. Pour autant, si l’on en croit Jean-Louis Borloo, qui assure désapprouver de la « manière la plus formelle » les propos de M. Bourdouleix, il faudra attendre la réunion du comité exécutif du Parti mercredi 28 juillet pour connaître « les suites inévitables à donner …» Si la réaction des élus de l’UDI à la déclaration de M. Bourdouleix est aussi rapide que véhémente, c’est que personne n'ignore que cette dernière risque de mettre en doute l'UDI de « centre-droit modéré » prôné par Jean-Louis Borloo.

 

Qui est Gilles Bourdouleix? A la tête du Centre National des Indépendants et Paysans, (le CNIP), parti dont les idéaux se situent plutôt à la droite de l’UMP - malgré avoir rallié l’UDI en novembre 2012, l'homme politique flirt avec l’aile droitière de la droite lui qui avait été allié au parti « Debout la République » en 2010, puis en 2011 au Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin - Une aile dans laquelle se reconnaissent d'autres membres du parti, à l'instar de François Lebel, maire du 8ème arrondissement de Paris, qui s'interrogeait notamment en octobre dernier sur le mariage pour tous : « comment s'opposer demain à la polygamie en France (…), Pourquoi l'âge légal des mariés serait-il maintenu ? Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l'inceste(…)?»


Au fil de ces déclarations, l’image du bon vieux Borloo, maître de « l’UDF du 21ème siècle », loin des turpitudes de la droite Forte se fissure lentement, mais sûrement… Au lancement de l'UDI, Jean-Louis Borloo, souhaitant détrôner le MoDem de François Bayrou, annonçait en effet son désir de faire du parti l’héritier d’un centre droit rassembleur, pro-européen et progressiste. Le CNIP, qui n’avait pas réussi à obtenir sa place au sein du parti crée en 1978 par Valéry Giscard d’Estaing – ce dernier s'y étant opposé - adhérait à l'UDI en octobre, assurant conserver « son  indépendance et son identité ». Il ne faillit pas à ses promesses. Jean-Louis Borloo, de son côté, joue en de moment même sa crédibilité, déjà bien entamée... 

 

 


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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:48

 

 

Le Monde.fr

22.07.2013 à 15h35 • Mis à jour le 22.07.2013 à 16h40 | Par Simon Piel

 

 
 
Le benfluorex, composant du Mediator, est interdit dès 1995 dans les préparations en pharmacie. Le Mediator est lui resté en vente jusqu'en 2009.

L'instruction des magistrats du pôle santé de Paris, Pascal Gand, Sylvie Lefaix et Claire Thépaut, saisis du scandale sanitaire du médicament Mediator produit par les laboratoires Servier, connaît de nouveaux développements. La semaine passée, cinq acteurs du dossier, déjà entendus dans le cadre de l'information judiciaire ouverte à Paris en février 2011, ont été mis en examen portant à 21 le nombre de personnes mises en causes dans cette affaire.

Parmi eux, quatre médecins qui ont été membres de la commission d'autorisation de mise sur le marché (AMM), qui dépend de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, anciennement Afssaps). Comme son nom l'indique, cette instance est notamment chargée de donner un avis au directeur général de l'ANSM concernant les demandes d'autorisation de mise sur le marché d'un médicament, ou leurs renouvellements.

 

MISSIONS RÉMUNÉRÉES PAR UNE SOCIÉTÉ TIERCE

Charles Caulin, professeur de médecine à l'hôpital Lariboisière et ancien président de la commission d'AMM à l'Afssaps entre 1993 et 2003 a été mis en examen pour "participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée", un délit puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Il lui est notamment reproché les liens qu'il aurait entretenus avec les laboratoires Servier, comme consultant entre 2004 et 2006, après avoir quitté la présidence de la commission d'AMM. Missions dont les factures auraient été émises par une société tierce.

Jean-Roger Claude, un autre médecin ayant siégé à la commission d'AMM, a lui été mis en examen pour "prise illégale d'intérêt" sur une période allant de 1984 à 2011, une infraction punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Il est mis en cause pour avoir été rémunéré par les laboratoires en tant que consultant alors qu'il siégeait à la commission d'AMM.

Son nom était déjà apparu à plusieurs reprises dans la procédure. Il avait d'abord été accusé d'avoir participé à des délibérations de l'Afssaps sur le Mediator, une participation qui aurait été incompatible du fait de ses "conflits d'intérêts" avec Servier pour qui il a exercé des missions de consultant. Plus tard, un médecin membre de la commission d'AMM, dont le témoignage avait été révélé par Libération, avait confié aux magistrats avoir été menacé par un autre membre de la commission "de façon très agressive". Selon le quotidien, Irène Frachon, la pneumologue qui a mis au jour les risques, avait révélé aux enquêteurs que l'auteur des menaces n'était autre que Jean-Roger Claude.

 

 LE VOLET TROMPERIE S'ÉPAISSIT AUSSI

Bernard Rouveix et Michel Detilleux, tous les deux médecins à l'hôpital Cochin, qui ont eux aussi siégé à la commission d'AMM, ont également été mis en examen pour "prise illégale d'intérêts". Concernant M. Rouveix, il lui est reproché d'avoir joué un rôle de consultant chez Servier tout en siégeant à la commission d'AMM entre 2004 et 2008. Ses prestations auraient été facturées à une autre société, l'entreprise de conseil Cris, dont le nom est déjà apparu dans le dossier.

Dans le volet dit "conflit d'intérêt", ces nouvelles mises en examen interviennent notamment après celles, en février, de deux pontes de l'agence du médicament. Jean-Michel Alexandre, l'ex-directeur de l'évaluation des médicaments, a gagné près d'un million d'euros pour ses conseils dispensés au laboratoire après son départ de l'agence.

Quant à Eric Abadie, le représentant de la pharmacovigilance et patron du comité européen du médicament, sa femme fut pendant six ans l'avocate de l'industriel. Le premier avait été mis en examen pour "participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée",  le second pour "prise illégale d'intérêts". Le 19 mars, l'ANSM avait été mise en examen pour "homicide et blessures involontaires".

 

Lire :  Les juges qui enquêtent sur le Mediator ont mis au jour la faillite du système anti-conflits d'intérêts


Le volet "tromperie" s'épaissit lui aussi un peu plus. Le professeur Jean Charpentier a été mis en examen pour "corruption", "complicité de tromperie" et "complicité d'obtention indue d'autorisation". Consultant chez Servier depuis 1965, c'est lui qui a rédigé les études destinées à obtenir l'autorisation de mise sur le marché du Mediator en 1973, en tant qu'expert pharmacologue agréé par le ministère de la santé. Lors de son interrogatoire, en juillet 2011, il avait expliqué que son travail avait été modifié, afin que le Mediator soit reconnu comme antidiabétique. Il avait aussi confirmé que les références à l'effet anorexigène du Mediator, ainsi que sa parenté avec l'amphétamine avait été supprimées. Les juges semblent avoir considéré que M. Charpentier avait sa part de responsabilité dans l'élaboration de ce rapport qu'il avait signé.

Autre fait troublant, comme il l'avait reconnu lui-même, Servier a continué à le rétribuer jusqu'en 1995 pour des missions peu définies. "Il me revient que j'établissais des notes d'honoraires trimestrielles à l'adresse de Servier jusqu'en 1995 alors que je ne faisais pratiquement plus rien pour eux depuis 1978-1979", avait déclaré Jean Charpentier.

Commercialisé en 1976, le Mediator, présenté par Servier comme un antidiabétique, a finalement été interdit en 2009 après que le risque de complications cardiaques et pulmonaires a été mis au jour par une pneumologue de Brest, Irène Frachon. Selon le dernier rapport d'expertise, le médicament pourrait faire entre 1 300 et 1 800 morts à long terme.

 

Lire aussi : Affaire du Mediator : le point si vous avez raté un épisode


Simon Piel

 

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:35

 

Médiapart

|  Par Martine Orange

 

 

Au premier trimestre, la moyenne de l’endettement des pays européens s’est élevée à 92,2 %, selon Eurostat. Grèce, Portugal, Italie, Espagne, Irlande, Chypre plongent sous le poids des plans de sauvetage.

 

C’est une nouvelle preuve du succès de la politique d’austérité imposée dans toute l’Europe. Au premier trimestre 2013, la moyenne de l’endettement des pays de l’Union européenne s’est située à 92,2 % du PIB, contre 90,6 % au quatrième trimestre 2012, selon les derniers résultats publiés lundi 22 juillet par Eurostat. A l’exception de la Lettonie, du Danemark et de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la Bulgarie et de l’Estonie, tous les pays de l’Union européenne ont enregistré une augmentation de leur endettement sous l’effet combiné de la récession économique et d’une chute des rentrées fiscales. Pour rappel, la moyenne de l’endettement européen en 2007 était de 62,2 % du PIB. 

 

© eurostat

Les pays les plus endettés sont tous ceux qui ont eu recours aux plans de sauvetage européen, Troïkaland comme les a nommés le Guardian. En tête, on retrouve donc la Grèce (160 % du PIB), l’Italie (130 %), le Portugal (127 %) et l’Irlande (125 %). Ces pays sont aussi ceux qui ont connu la plus forte augmentation de leur endettement en un an. Entre le premier trimestre 2012 et le premier trimestre 2013, la Grèce a vu son ratio d’endettement augmenter de 24 %, l’Irlande de 18,3 % l’Espagne de 15,2 %, le Portugal de 14,9 points et Chypre de 12,6 points. Ce n’était pas exactement ce qui avait été prévu dans le cadre des plans de sauvetage.

Prenant ses distances avec les mesures imposées par l’Europe, le FMI – qui semble décidé à ne plus participer à d’autres plans de sauvetage – a fait savoir que de nouvelles restructurations de la dette en Grèce seraient inévitables. Il estime aussi qu’un deuxième plan de sauvetage est impératif au Portugal.

Lors de son voyage à Athènes vendredi 19 juillet, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a indiqué qu’il refusait de parler d’un tel sujet, qu’une restructuration n’était pas bonne et qu’il fallait oublier le sujet. Au moins jusqu’aux élections allemandes le 22 septembre. Quant à un deuxième sauvetage du Portugal, en pleine déconfiture politique, la question est aussi exclue à la commission européenne.

Dans un grand élan, les responsables européens préfèrent souligner l’attraction inchangée de l’Europe, avec l’adhésion prochaine de la Lettonie à l’euro et la demande de la Lituanie de les rejoindre. Deux pays exemplaires, selon les statistiques d’Eurostat.

 

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:20

 

 

Rue89

Tribune 22/07/2013 à 15h58
Olivier Laurelli | @Bluetouff

 

 


Capture d’écran de la page d’accueil du site de Carla Bruni

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Depuis deux jours, ça trolle assez sec sur Twitter au sujet du site web de Carla Bruni-Sarkozy. A l’origine, un rapport de la cour des comptes [PDF], et un article publié sur Politique.net, qui révèlent que le site de l’ancienne première dame aurait coûté 410 000 euros au contribuable.

A ce prix, là on s’attend naturellement à une véritable merveille, d’une qualité de code irréprochable, d’un design somptueux, d’une horde de hackers chinois qui met à jour le site toutes les heures… Bref, quelque chose de bling bling et bien vivant.

Je suis donc naturellement allé jeter un œil, et assez rapidement, j’ai pu prendre la mesure de la catastrophe.

Un site « cheap » et trois surprises

Making Of

Olivier Laurelli, alias Bluetouff, est un hacker, cofondateur du site Reflets.info, spécialiste bien connu de la sécurité des communications.

 

Il pique ici (et sur son blog) une colère après la révélation par la Cour des comptes du coût du site de Carla Bruni-Sarkozy lorsqu’elle était première dame de France. Non pas sur le principe, mais avec un regard d’expert, sur le montant de la facture au regard des prestations qu’il décortique dans le moindre détail. Accrochez-vous. P.H.

Première surprise, à ce prix là, on s’attend à une technologie exotique, avec de nombreux développements spécifiques… et paf, on tombe sur un WordPress, le même CMS utilisé pour mon blog [sur lequel cette note de blog a été publiée originellement, ndlr] ou pour Reflets.info.

Si je devais chiffrer techniquement le développement d’un site comme Reflets.info, ce dernier n’excéderait pas les 4 000 euros pour une petite semaine de customisation de skin et modules. Comment celui de Carla Bruni Sarkozy a t-il pu être facturé 100 fois plus cher ?

Visiblement, ce coût exorbitant n’est pas imputable aux postes infogérance (semble-t-il réalisée par Integra, à en croire les DNS et le whois de l’ip du serveur qui héberge le site) et maintenance applicative.

Car, c’est une autre surprise de taille, le WordPress n’est techniquement pas maintenu. Le fichier readme.html arbore fièrement une version 3.0.4. Une version qui date quand même du 29 décembre 2010. Depuis 2010, le WordPress à 410 000 euros, financé par nos impôts, n’a pas été mis à jour. A titre d’information, nous en sommes, à l’heure où nous écrivons ces lignes, à la version 3.5.2 !

Troisième surprise (et pour le coup vu la seconde, ce n’est pas franchement une surprise), le site de Carla Bruni Sarkozy est une véritable passoire. On en déduira donc que les 410 000 euros du budget de ce site ne sont pas non plus imputables à des audits de sécurité réguliers. C’est un véritable festival niveau vulnérabilités…

On commence par un beau XSS dans le module d’upload de média en flash dans l’admin (impact limité car ceci implique un accès à l’admin). On a ensuite la possibilité de se servir du site pour scanner des cibles en exploitant une vulnérabilité dans l’API XMLRPC des rétroliens. Toujours au niveau des rétroliens, on notera diverses autres vulnérabilités

Une base moisie

Quand on part d’une base aussi moisie, on se doute bien que niveau plugins, ça doit un peu être la fête du slip/string…Bingo !

On arrive dans le plus violent avec ce module très populaire, NextGEN Gallery, ici, comme le montre le fichier changelog.txt du module, dans sa version 1.3.5 datée du 17 juillet 2009. Aujourd’hui, nous en sommes à la version 1.9.13. Évidemment ce plugin, dans cette version antédiluvienne, est vulnérable à quelques joyeusetés

Un XSS par ci, un XSS par là... Encore un petit par là, et un splendide upload arbitraire de fichiers images. Le site utilise un autre plugin vulnérable à un XSS, le plugin Subscribe2.

Si les 410 000 euros n’ont ni servi à l’infogérance, ni à la veille sécurité, ni à l’administration système et aux mises à jour pro-actives, ni aux développements spécifiques de fonctionnalités extraordinaires, ce budget à peut être servi à autre chose, comme le design.

La skin aurait donc été développée par Zeni (site aujourd’hui disparu mais dont on trouve encore des traces sur la waybackmachine), « concepteur de sites web complexes », aujourd’hui racheté par Keyrus, spécialiste en « business intelligence ».

Comme le montre ce joli full path disclosure renvoyé par une fatal error, le nom du thème est TAMAYA-V2. Mouais… ben ça fait quand même un peu cher la skin.

Il y a bien un petit hack du plugin zdmultilang, comme en atteste le répertoire zdmultilang-forked dans le répertoire de plugins, mais quand on voit comment il a été utilisé, on se dit que même si le fork a représenté du développement, c’était en pure perte : de simples pages statiques, intelligemment nommées, auraient parfaitement fait l’affaire.

Huit collaborateurs pour poster des billets

Il nous reste donc la gestion de contenus : le site est encore mis à jour, mais aux frais de la fondation cette fois-ci. Politique.net nous explique qu’il a coûté au contribuable la bagatelle de plus de 25 000 euros par mois ! Mais combien étaient-ils pour poster des billets dans un WordPress ? !

A cette occasion, Matignon avait glissé qu’auparavant, deux prestataires externes assuraient la gestion du site de Carla Bruni, pour un coût de 25 714 euros par mois.

Mais ce n’est pas tout, car il a bien fallu faire vivre les contenus du site et là, c’est le NouvelObs qui nous annonce la couleur : soit 8 collaborateurs, pour une rémunération nette globale de plus de 36 000 euros. Soit en tout plus de 61 000 euros par mois pour faire fonctionner un WordPress qui n’a jamais été mis à jour.

Les services du Premier ministre avaient complété cette réponse d’une comparaison avec le dispositif dont bénéficiait Carla Bruni-Sarkozy, qui n’était pas nommément citée :

« Huit collaborateurs étaient affectés au service de la première dame en janvier 2012, pour une rémunération mensuelle nette globale de 36 448 euros.

A celle-ci s’ajoutaient tous les mois les facturations de deux prestataires externes assurant pour la première dame la gestion d’un site internet pour un montant de 25 714 euros, soit une dépense mensuelle totale de plus de 60 000 euros. »

Le contribuable s’est fait escroquer

Pour avoir vu un paquet de sites WordPress, du modeste blog à l’Intranet de la mort avec des tonnes de développements spécifiques, je dois dire que je reste sidéré par le coût pour le contribuable de ce site, si mal entretenu.

Je suis en train d’essayer de me contenir, mais voilà, il faut que ça sorte, le contribuable s’est fait escroquer, c’est pour moi une évidence. Les ingrédients pour arriver à ça sont :

  • des prestataires multiples ;
  • une gestion de projet qui respire l’incompétence ;
  • des choix techniques douteux (des hacks de plugins qui ne sont plus maintenus, et qui empêchent les mises à jour) ;
  • une folie des grandeurs ;
  • et un doigt tendu bien haut au contribuable.

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 14:07

 

Rue89

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 22/07/2013 à 10h20

 

 


Christiane et les siens (Jean-Claude Rocle)

 

On vous l’a déjà dit, le travail, c’est mort. Il n’y en a plus pour tout le monde, surtout passé la cinquantaine. Christiane Cazard, 52 ans, est bien placée pour le savoir. Mais comme tous les gens d’à côté un tant soit peu débrouillards, et « pour ne pas péter un câble », elle s’est acharnée à imposer sa propre utilité sociale.

Christiane vit seule avec son fils Tony dans la vieille ferme fatiguée de ses parents, au cœur du Quercy. Fin 2010, elle a perdu son dernier emploi (un mi-temps payé des clopinettes), la mort dans l’âme. Elle se montre très docile avec Pôle emploi, se rend aux rendez-vous qu’on lui fixe, fait les stages qu’on lui demande. En pure perte.

« Un découvert bancaire, jamais ! »

Aujourd’hui, ses seuls revenus :

  • environ 480 euros mensuels d’allocation spécifique solidarité ;
  • plus 210 euros de pension alimentaire versée par le père de Tony.

« De toute façon, trouver un emploi, ce n’est plus dans mes moyens. Il me faudrait être mobile, donc quitter la ferme familiale et prendre une location. Pour quelques centaines d’euros en plus – ici, plus personne ne peut espérer un salaire supérieur au smic – je devrais payer un loyer et des frais de déplacement bien plus élevés. »

Alors Christiane vit de débrouille et d’entraide avec des voisins de galère, « tous logés à la même enseigne dans les milieux ruraux ». Ses seules priorités financières : payer les factures (« un découvert bancaire, jamais ! ») et assurer l’avenir de son fils qui, soit dit en passant, participa à l’effort collectif en empochant une prime au mérite de 800 euros après avoir obtenu son brevet avec mention.

La généalogie avec passion et démesure

Mais ne va pas croire, cher lecteur, que la vie de Christiane cède à une quelconque morosité. Car Christiane est une passionnée du genre enragée. Après la spéléologie et l’organisation, six années durant, de balades à thèmes pour les enfants et les personnes âgées (« le Lot est très touristique »), voilà qu’elle se piqua de généalogie.


Fac-similé de la lettre du caporal fourrier Battut (C. Cazard)

 

« Le déclic s’est produit avec la découverte d’une longue lettre [PDF] d’un lointain ancêtre qui avait fait la désastreuse campagne d’Egypte avec Bonaparte de 1798 à 1801. Sur 40 000 hommes, 1 000 rescapés, écrit-il dans la lettre. On avait les témoignages d’historiens, de botanistes, de dessinateurs, mais pas celui d’un caporal fourrier blessé lors de l’expédition. »

Du coup, Christiane a tenté de reconstituer ce passé en courant de registres en registres, remontant jusqu’à 1650, quand les registres paroissiaux n’avaient pas encore été remplacés par ceux de l’état-civil, nés avec la Révolution.

Et elle ne se contenta pas de bâtir son propre arbre généalogique. Elle constitua des « milliers et des milliers » de fichiers de communes entières, retraçant l’histoire pointilleuse de toute une région. Elle se mit en contact avec des groupes de discussions spécialisés sur le Net, reçoit sans cesse des demandes d’internautes auxquels elle répond scrupuleusement.

Passer du travail à la fonction sociale

Bref, un « travail » à temps plein qui excède largement les trente-cinq heures hebdomadaires, qui lui vaut la reconnaissance émue de ses pairs, partout en France et jusqu’en Argentine, et même d’historiens reconnus... mais qui ne lui rapporte pas un sou ! Car tout ce que réalise Christiane l’est à titre bénévole. Fin 2013, Christiane la chômeuse suractive arrivera en fin de droits et passera au RSA (Revenu de solidarité active).

Nous sommes-là dans le cas typique et désolant où une vraie fonction sociale n’est pas reconnue au titre de « vrai » travail, où la production de valeurs utilitaires indéniables n’induit pas une production de valeurs financières équivalente pour les intéressés. Aujourd’hui, de plus en plus de fonctions sociales échappent ainsi au cadre étriqué de l’emploi rémunéré.

Mais Christiane ne se préoccupe guère de ces considérations politiques. D’administrations en administrations, elle poursuit la quête inlassable de ces chers registres et se contente de vivre du mieux qu’elle peut, en harmonie avec ses congénères immédiats, humains ou animaux. Anes, chiens, oies belliqueuses, poules, lapins, chinchilla transforment régulièrement sa vieille ferme en véritable arche de Noé.

On la vit même, un soir d’apéro nocturne, inviter une chouette chevêche en imitant son cri. C’est la chouette qui commença, au loin. Christiane lui répondit. A l’issue d’un long échange, l’ombre du volatile vint se jucher sur un poteau électrique, juste au-dessus de la terrasse où les convives sirotaient leurs breuvages dans un silence de cathédrale.

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 13:42

 

Médiapart

|  Par Antoine Perraud

 

 

 

On ne soigne plus – trop long –, on neutralise toute détresse psychique, dès la première alerte. Histoire de soumettre chacun aux normes et aux performances qu'exige la société capitaliste. Telle est la démonstration d'un médecin, Georges Zimra, dans Les Marchés de la folie (Ed. Berg International). Rencontre.

 

 

Le psychiatre et psychanalyste Georges Zimra, qui partage son activité entre une unité d'accueil parents-enfants et son cabinet privé, publie une démolition argumentée de nos sociétés libérales offertes aux lois du capitalisme : Les Marchés de la folie (Éd. Berg International). L'humain, en vue de se montrer performant, doit être rentabilisé, donc se soumettre aux injonctions et aux normes, pour « faire de son désir un besoin et de sa liberté une habitude »...

 

 

Il y avait eu l'essai fondateur d'Alain Ehrenberg sur la domination de la pensée libérale et ses ravages : La Fatigue d'être soi. Dépression et société (Odile Jacob, 1998). Voilà dix ans, le journaliste allemand Jörg Blech, dans Les Inventeurs de maladies (Actes-Sud, 2003), avait montré comment une agence de relations publiques au service d'un fabricant de psychotropes propagea le “syndrome de Sissi” (trouble consistant à masquer un effondrement sous une jovialité de façade...). De son côté, Philippe Pignarre, observateur des fabricants de médicaments, a dénoncé les régulateurs d'émotions, les adaptateurs de comportements, les optimisateurs d'humeur : Le Grand Secret de l'industrie pharmaceutique (La Découverte, 2003).

Georges Zimra enfonce le clou avec conviction. Il souligne la responsabilité des laboratoires qui impriment désormais la cadence psychique dans le monde développé. Il rappelle en particulier comment, vis-à-vis des enfants, le commerce de la santé promeut des troubles ensuite alignés sur des produits (notamment la Ritaline). Et l'auteur d'asséner : « La psychiatrie est probablement, de manière caricaturale, la seule discipline médicale où les molécules thérapeutiques sont d'abord trouvées avant de trouver les maladies auxquelles elles sont destinées. »

 


 

Georges Zimra écrit dans Les Marchés de la folie : « La haine dont la psychanalyse a été l'objet ces dernières années est liée à ce qui résiste à l'homogénéisation des consciences et des pensées, au calcul, à l'évaluation, à la massification des hommes, dont l'illusion et le trompe-l'œil ont fabriqué un hyperindividualisme qui n'est rien d'autre que la ruse du marché pour penser la masse sous le manteau de l'ego. Haine de l'irréductible singularité du sujet, dont on voudrait que ses signifiants fussent statistiquement répertoriés comme des objets inertes, scannérisés après chaque geste, chaque parole, chaque acte, pour en faire des objets de calcul. »

Concluons sur la disparition du sujet, étouffé sous l'individu ayant intériorisé sa valeur, décrétée par et pour la société marchande, ainsi que le résume ce mot d'ordre d'un fabricant de... cosmétiques : « Parce que je le vaux bien ! » Comment, par-dessus le marché, différencier souffrance et injustice, thérapies et inégalités sociales, approche

compassionnelle et combat politique ?... 

 

 

 


Georges Zimra : Les Marchés de la folie (Berg International, 144 p., 16 €)





Retrouvez l'édition participative de Mediapart : Contes de la folie ordinaire : http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire

 


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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 13:35

 

 

Médiapart

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Le gouvernement du Premier ministre conservateur Antonis Samaras a déposé au Parlement un projet de loi proposant une ouverture «optionnelle» de sept dimanches par an.

 

Le projet du gouvernement grec d’élargir les possibilités d’ouverture des commerces le dimanche pour combattre une dépression économique lancinante catalyse les critiques et suscite une improbable alliance des syndicats, des commerçants eux-mêmes et du monde religieux.

Le gouvernement du Premier ministre conservateur Antonis Samaras a déposé au Parlement un projet de loi proposant une ouverture «optionnelle» de sept dimanches par an auxquels les autorités locales peuvent décider d’ajouter d’autres journées d’ouverture dominicale.

Pour l’exécutif, cette initiative «encourage la libre concurrence et entre dans le cadre des plans européens pour promouvoir le petit commerce». Le Parlement examinera le texte cette semaine.

Dans les villes grecques, hors zones touristiques et centres commerciaux, les commerces sont fermés le dimanche, à l’exception de la période de Noël et des soldes où les commerçants font volontiers une entorse à la règle.

Mais le nouveau projet de loi «a été rédigé sans aucune consultation» des principaux intéressés, s’est indignée l’association des commerçants d’Athènes.

Dans un pays où les PME et le petit commerce familial structure une part très importante de l’activité économique, les opposants à l’ouverture le dimanche craignent que ces magasins de taille modeste, déjà décimés par la crise, ne puissent se permettre l’embauche d’une aide pour le week-end. Le gain attendu reste hypothétique, ajoutent-ils, dans un pays à la consommation atone.

«Vous voulez vous définitivement vous débarrasser de nous ?», s’est ému le patron de l’association des artisans grecs Georges Kavvathas auprès du gouvernement. «Les 120.000 magasins fermés ces dernières années ne vous suffisent donc pas ?».

L’association des employés du secteur privé ne s’est pas montrée beaucoup plus enthousiaste qualifiant les espoirs du gouvernement de «réalité virtuelle»: «Il y a 1,5 million de chômeurs dans notre branche et 35% des salariés ont des arriérés de salaire de plusieurs mois». Mois après mois, au fil d’une récession de six années, le chômage de la Grèce crève les plafonds, frôlant désormais les 27%.

L’ouverture à la concurrence d’une économie nationale traditionnellement protectionniste, avec un niveau de prix assez élevé, est l’une des recettes préconisée par les bailleurs de fond du pays (UE-BCE-FMI). C’est un des messages qu’a fait passer le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, en visite à Athènes cette semaine.

L’ouverture le dimanche est d’ailleurs plébiscitée par les grandes chaines de magasin, au grand dam du syndicat communiste Pame qui craint que l’ouverture des commerces ne soit le prélude à une activité dominicale bientôt généralisée «à l’ensemble de la classe ouvrière». Le syndicat appelle à manifester mardi contre un projet de loi qui vise à «augmenter les profits et l’exploitation des travailleurs».

L’incontournable Eglise grecque n’est pas en reste dans ce concert de protestations. Le très rigoriste évêque du Pirée, Séraphim, a menacé d’excommunication les parlementaires favorables à la loi, parlant de «casus belli».

Le chef de l’Eglise grecque, l’archevêque Ieronymos, s’est aussi fendu d’un coup de griffe, affirmant que «la vie ce n’est pas juste des chiffres. Tout le monde a besoin de repos». La dernière tentative du gouvernement grec d’élargir l’ouverture le dimanche remonte à 2005, avant la crise.

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 12:19

 

Rue89

 

Sandwich Kropotkine 21/07/2013 à 13h50

Dans une boulangerie anarchiste : « Il y a toujours des enjeux de pouvoir »

Paul Conge | Journaliste

 

C’est bien connu, l’anarchie, c’est l’ordre sans pouvoir. Du moins, en théorie. Les mitrons de La Conquête du pain, une petite boulangerie « bio et autogérée » à Montreuil (Seine-Saint-Denis), pétrissent leurs miches depuis quelques années en s’attachant à appliquer les préceptes anarchistes.

« On fonctionne du feu de Dieu ! » assure Thomas, à vif derrière sa cuve de pétrissage. Nous sommes descendus au sous-sol par une échelle bancale. L’endroit, vétuste, plongé dans le vacarme des fourneaux et des cuves, est étouffé sous une chape de plomb de 35 degrés.

 


Pierre et Florence, derrière les fourneaux de la Conquête du pain (Paul Conge/Rue89)

 

Cofondée en 2010 par deux militants anars de No Pasaran, de veine antifasciste, et « deux non-militants qui avaient une vision plus entrepreneuriale », la boulangerie turbine aujourd’hui à l’aide de huit employés, ravis de matérialiser les théories libertaires.

La plupart proviennent de milieux militants d’ultragauche : mouvements altermondialistes, fédération anarchiste, autonomes radicaux... « Beaucoup se revendiquent communistes-libertaires sans savoir ce qu’est », ironise Thomas, la bouche obstruée par un masque à poussière.

Rien ne prédisposait vraiment Thomas au travail du pain. C’est la nature du projet qui l’a emballé :

« Je ne voulais pas du tout devenir boulanger, j’avais un DEA en génie mécanique. On aurait monté un magasin de chaussures anarchiste, j’aurais suivi... »

Menus « bolchevique » et « communard »

Sandwiches « Marx » (jambon blanc, emmental) et « Kropotkine » (crème de poivron, saucisson, roquette), menus « bolchevique » et « communard » : ils distillent leur griffe anarcho-communiste jusque dans les intitulés de la boutique.

Soucieux de conserver des tarifs faibles – 1 euro la baguette « préhistorique » ou « baobab », fabrication maison –, ils se fendent même d’un « tarif de crise » (réduction de 25% sur les baguettes, et 10% sur les spécialités) pour ceux qui souffrent de problèmes financiers. Sur simple demande : « On ne réclame pas de justification », précise Thomas.

Leur attachante initiative a été abondamment médiatisée (Le Parisien, Arte, BFM-TV), au point d’être classée au rang des « utopies concrètes ». « Un peu comme pour tous les projets autogérés », s’amuse Thomas.

 


Le tableaux des sandwichs, dont les noms sont inspirés par la littérature communiste et libertaire (Paul Conge/Rue89)

 

Si le projet inspire la sympathie, la mise en pratique de l’autogestion reste, malgré la bonne volonté ambiante, encore à l’état d’ébauche. « Ce n’est pas de la vraie autogestion », commente Florence, affublée de son T-shit « AntiFlag » :

                                                                                                                                                                                                                             1 L’autorité irréductible

« Il y a toujours des enjeux de pouvoir »

 

A La Conquête du pain, personne n’a, théoriquement, de pouvoir sur personne. Au fond, l’autorité est refusée en bloc par les tenants de l’anarchie. Pas de doute sur leurs intentions : « On essaie de fonctionner de façon horizontale », dit Florence.

Ils reconnaissent ne pas tous être sur un exact pied d’égalité :

« On écoute d’abord ceux qui ont le savoir-faire. Si Pierre [un des cofondateurs, boulanger de profession, ndlr] dit qu’il faut pétrir de cette façon, on ne va pas le contredire. »

Ils réactivent, finalement, une vieille relation entre savoir et constitution d’un pouvoir. Certains invariants semblent à l’épreuve des expériences alternatives.

Florence termine, un peu désabusée, sur un postulat indéboulonnable :

« Quelle que soit l’entreprise, il y a toujours des enjeux de pouvoir. »

                                                                                                                                                                                                                             2 Eviter la division du travail, tant qu’on peut...

« Les tableaux de comptabilité, j’y pige rien »

 

Dans l’idéal, les entreprises anarchistes se passent de la spécialisation des tâches. Nul n’est censé être irremplaçable, car la compétence génère les privilèges.

Thomas : « Il faut une capacité à la rotation, pour éviter les nœuds d’étranglement. » Toutefois, la promesse est difficilement tenable. L’équipe divise le travail en quatre secteurs : logistique, ventes, livraisons et production. Et chacun a ses chasses gardées, à l’image des entreprises ordinaires. Pierre, cofondateur, est en charge des lourdes questions administratives. Que personne ne lui envie :

« L’administratif fait chier tout le monde, on n’a pas assez d’expérience, on essaie de se le répartir comme on peut... Et les tableaux de comptabilité, par exemple, j’y pige rien. »

Tout bien pesé, les possibilités concrètes de rotation sont, ils ne le cachent pas, assez réduites. « Le roulement imposerait de former tout le monde. Je pourrais remplacer Pierre pour le four mais pas pour la pâte. » Il est des maillons sans lesquels la boutique ne peut pas tourner.

                                                                                                                                                                                                                             3 L’impasse du capital

« On est dans tellement de contradictions... »

 

Pas supposés peser dans les décisions, les moyens de productions jugulent aussi leurs ambitions : « On est dans tellement de contradictions. On ne possède pas le capital, on a contracté un prêt de 250 000 euros », confesse Thomas. Propriété sans laquelle il est difficile de s’ostraciser des influences extérieures.

Leurs locaux souffrent de grandes imperfections. Florence : « On a plein de bonnes surprises, les plombs qui sautent, l’eau qui coule du plafond, un jour un four a pété... » Bilan de ce dernier épisode : 32 000 euros, en (petite) partie financé grâce aux souscriptions :

« Les gens nous envoyaient des sous avec des petits mots, on a récolté 10 000 euros. »

Ils ont été contraints de verser « dans le productivisme à mort », confie Thomas. « On a des conditions de travail de fou. »

Ils revoient aussi leurs exigences « bio » à la baisse : « La farine, les graines sont clairement bio, mais le beurre et les œufs, non, ça augmente les coûts matière de façon conséquente », certifie Thomas.

 


La boutique de La Conquête du pain (Paul Conge/Rue89)

 

L’autogestion à petits pas

Ils s’en doutaient un peu : l’idéal politique n’est pas au rendez-vous. « L’autogestion, c’est un processus », reconnaît Florence. La tête sur les épaules, ils ne pêchent pas par excès d’idéalisme.

Tout de même, ils ont taillé un système de démocratie directe, et transparente, à leur image : « On essaie d’être cohérents avec nos engagements. On prend toutes les décisions collectivement, en cherchant le consensus. » Salaires, primes, orientations, grands et petits changements : tout y passe.

Une semaine sur deux, ils tiennent une assemblée générale de deux heures, visant à « raconter tout ce qu’on fait, et à examiner les points sur lesquels on n’est pas efficaces », résume Thomas.

Les désaccords sont rares mais « il peut parfois y avoir un vote, lorsqu’on est en présence de positions vraiment tranchées... Dans ce cas, on a un consensus mou ».

Autogestion en demi-teinte, certes. Mais ils peuvent se targuer d’un succès assez solide : « On engrange un bénéfice important qui nous permet de rembourser nos dettes », commente Thomas. Entre 200 et 300 clients défilent chaque jour dans la boulangerie. « 231 pour le 5 juillet ! » affirme-t-il après avoir consulté son ticket Z.

Le tout leur permet de pérenniser leurs activités.

« Les gens gardent en tête qu’on est une boulangerie anar et qu’on fait du bon pain. »

L’essentiel est par là.

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:14

 

 

avaaz.org

 

Protection du domaine public d'Abesse (St. Paul-lès-Dax, 40), défense de sa faune, flore, histoire et patrimoine.

 

 

Protection du domaine public d'Abesse (St. Paul-lès-Dax, 40), défense de sa faune, flore, histoire et patrimoine.

                                                                                                                                                                                                                

Pourquoi c'est important

Nous sommes des citoyens saint-paulois et landais attachés au domaine public d'Abesse (St. Paul-lès-Dax, 40). 240 hectares de forêt, étangs, ruisseaux, tourbières ainsi que quelques ruines d'un passé riche : maisons d'ouvrier, petit château, casernes, reste de bas et haut fourneau, sans compter des traces de vie très anciennes (époque pré-historique, romaine, etc) retrouvées sur le site.
Cette richesse est pourtant mise à mal : de nombreux projets immobiliers et de golf ont été lancés, sans jamais aboutir. Mais le Plan Local d'Urbanisme change souvent et reste flou, comme la destinée du site et les paroles des politiciens locaux. On parle d'une vente du domaine, mais que de rumeurs ! Les associations de défense du site ne sont même pas concertées.
L'association Alternative Abesse avait proposé l'aménagement du site en un éco-musée racontant l'histoire des anciennes forges en ré-habilitant les ruines restantes, le tout en préservant l'équilibre écologique du lieu. Projet refusé par les politiciens locaux prétextant un manque à gagner financièrement parlant... Il vaut mieux construire des centre-commerciaux et autres plutôt que de préserver le patrimoine local selon nos élus.
Depuis un an un groupe de jeunes occupe une parcelle du domaine (sans droit ni titre) afin de mener l'expérience d'un éco-lieu, sorte de laboratoire pour le développement durable, lieu de partage et d'idées. Le tout en collectant des informations sur l'histoire d'Abesse mais aussi être témoin de la destruction à petit feu du site (pillage de fossile dans le ruisseau, pillage des ruines, coupes de bois abusives, manque d'informations sur les dépenses du syndicat mixte, etc.)
Les défenseurs d'Abesse ont aussi maintenant à lutter contre le projet de LGV sud Atlantique (Ligne à Grande Vitesse) qui risque, s'il va à son terme, de passer tout près du domaine, coupant alors certaines sources alimentant le réseau hydraulique du site.

Ce lieu est un symbole de gâchis : une histoire qui tombe en ruine, un lieu unique que l'on veut saigner au nom du "progrès" et de l'argent. Un espace où tout promeneur rêve d'y passer du temps, sous les arbres centenaires ou au bord de l'eau.

Plus d'infos : http://www.lesloupsdecayenne.fr

 

 

*Pour signer la pétition, cliquer ici

 

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:06

 

 

l'humanite.fr

Environnement - le 22 Janvier 2013

 

 

Photo : PCF Morlaix

  

 

La ville de Rennes, après d'autres municipalités comme Paris, a opté pour une gestion publique de l'eau, mettant fin à 130 années de délégation privée en faveur du groupe Veolia (ex-Générale des eaux).

Le conseil municipal à majorité socialiste a voté par 51 voix contre 9, lundi soir, la création d'une société publique locale chargée d'assurer la gestion de l'eau à expiration, fin 2014, de la délégation de service public accordée à Veolia. "Il s'agit d'un vrai choix politique consistant pour la collectivité à reprendre en main la gestion de l'eau", a indiqué une porte-parole de la mairie.

Outre un objectif "a minima d'une stabilité des prix", la municipalité souhaite "mettre fin au paradoxe qui voulait que la Ville milite pour une baisse de la consommation d'eau, alors que le délégataire a intérêt à ce que celle-ci augmente", a-t-elle fait valoir. Rennes affiche un prix de l'eau parmi les plus bas des grandes villes de l'Ouest, mais celui-ci a régulièrement progressé ces dernières années et Veolia souhaitait revoir "son niveau de tarifs", selon la municipalité. "Cette décision ne peut être aucunement interprétée comme une sanction (...) du délégataire actuel", a toutefois souligné le conseiller municipal délégué à l'eau et à l'assainissement, Marc Hervé.

La société publique locale associera dans un premier temps la ville de Rennes (212.000 habitants) au Syndicat mixte de production du bassin rennais et aura pour vocation de s'ouvrir aux communes environnantes, soit une population totale de 400.000 habitants. Plusieurs grandes agglomérations, à l'instar de Paris en 2010, sont repassées à une gestion publique de l'eau ces dernières années ou envisagent de le faire, comme Nice. La région Ile-de-France veut également pousser l'ensemble des collectivités franciliennes à reprendre la main sur la gestion de l'eau.

  • Lire aussi :

L'eau, bien commun de l'humanité (PCF Rhône)
Avenir de l’eau : apportez votre goutte au débat
Privatisation de l’eau : l’Europe ravale sa neutralité

 

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