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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 18:46

 

 

Médiapart

Continental: une amère victoire pour les salariés

|  Par Rachida El Azzouzi

 

 

 

Le conseil des prud'hommes de Compiègne a invalidé ce vendredi le licenciement de près de 700 anciens salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise). C'est une décision majeure, qui sonne comme un avertissement pour le patronat comme pour le gouvernement qui a mis en place les accords sur l'emploi.

En invalidant ce vendredi 30 août le licenciement de 678 anciens salariés de l'usine Continental de Clairoix dans l’Oise, pour défaut de motif économique, et en ouvrant ainsi la voie aux indemnisations des personnes licenciées, le juge départiteur du conseil des prud'hommes de Compiègne a rendu un jugement majeur (que vous pouvez lire ici ) sur le plan des luttes sociales à l’heure où celles-ci ont tant de mal à exister.

Certes, cette victoire judiciaire, accueillie dans les larmes plus que dans la joie après des mois de bataille sur tous les fronts, a un goût amer pour les Contis, car l’argent (de 18 000 à 100 000 euros d'indemnités, soit entre deux et quatre ans de salaire selon les cas) ne leur rendra pas leur emploi, ne réparera pas le désastre humain et social qu’ils endurent depuis la fermeture de leur usine en 2009. En cas d'appel du groupe Continental, par ailleurs, ces versements seront suspendus dans l'attente d'une nouvelle décision.

 

 
© reuters

Comme le rappelle Xavier Mathieu, le leader CGT de ce conflit social qui a tant défrayé la chronique sous le quinquennat Sarkozy, Continental-Clairoix, « c’est d’abord un sacré paquet de cadavres » et une tout autre réalité des plans de reclassement. En tout, sur les 1 120 personnes concernées par la fermeture, seules 300 ont trouvé un CDI et quelques-unes ont réussi leur reconversion, quand la plupart se sont cassées les dents au bout d'un an à gérer un tabac ou un salon de coiffure. Six cents sont encore inscrites à Pôle Emploi, plus d’une centaine ont divorcé, des dizaines ont plongé dans la dépression, l’alcoolisme, etc. dans une région, la Picardie, sinistrée économiquement et socialement.

Mais il n’empêche que cette décision de justice, dans la suite logique de celle rendue en février dernier par le tribunal administratif d'Amiens, qui a contesté le motif économique du licenciement de 22 salariés protégés, fera date. Car elle constitue un camouflet cinglant pour l’équipementier automobile Continental et sa maison-mère allemande, reconnue comme co-employeur et donc comme responsable des licenciements.

Non seulement les prud’hommes de Compiègne jugent que le site de Clairoix n’aurait jamais dû fermer en mars 2009, qu’il n’y avait aucune cause réelle et sérieuse économiquement pour laisser sur le carreau un millier d’employés mais il livre une analyse très exigeante de la notion de sauvegarde de la compétitivité en estimant que Continental n’a pas respecté l’accord de 2007 sur le temps de travail.

Cet accord de compétitivité avant l’heure, qui prévoyait un retour aux 40 heures hebdomadaires contre la garantie d’un maintien de l'emploi dans le site jusqu'en 2012, a volé en éclats en mars 2009 lorsque le groupe a annoncé la fermeture de l’usine, la présentant comme inéluctable du fait de la crise historique qui a frappé dès 2008 la filière automobile et qui a entraîné une surcapacité de production de pneus.

Pour l’avocate Marie-Laure Dufresne-Castets, qui défend 540 Contis, « cette décision courageuse sonne même aujourd’hui comme un avertissement aux partenaires sociaux et au gouvernement », à l’heure où le Code du travail a été entièrement revu avec l'ANI. Signé en janvier, l’accord national interprofessionnel (ANI) sur l'emploi, désormais transcrit dans la loi, limite notamment les possibilités de recours contre les plans sociaux et généralise les accords de maintien dans l’emploi, ces fameux accords de compétitivité, au cœur du dossier Continental, que François Hollande a fait.

« Alors qu’en matière de lutte dans les entreprises, nous sommes dans une phase de régression pour les salariés, ici, un juge vient désavouer les partenaires sociaux et le gouvernement qui ont consacré dans le Code du travail une pratique qui ne fait pas ses preuves, celle des accords donnant-donnant dits de maintien dans l’emploi. Les Conti y ont cru, ils ont fait des sacrifices, accepté de revenir aux 40 heures, mais leur employeur n’a pas respecté le contrat », conclut l’avocate.

Le groupe allemand, lui, étudie très sérieusement la possibilité de faire appel, estimant ces décisions « juridiquement infondées » et « incompréhensibles, notamment parce que le plan de sauvegarde de l'emploi de Clairoix est l'un des plus généreux de ces dernières années en France », écrit-il dans un communiqué.

 

 

 

 

 

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 18:30

 

Médiapart

|  Par Lénaïg Bredoux

 

 

Selon des documents consultés par Mediapart, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et ambassadeur de France en Tunisie a été interpellé par la douane à la gare du Nord le 31 juillet, sans document d’identité. Il transportait 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide et partait pour Bruxelles.

Il est 16 h 30, ce 31 juillet 2013. Les douaniers de la gare du Nord contrôlent des passagers prêts à monter dans le train Thalys, direction Bruxelles. Parmi eux, un homme athlétique, vêtu d’un jean et d’un polo. Les agents ne le reconnaissent pas, mais il s’agit de Boris Boillon, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et ex-ambassadeur de France en Irak et en Tunisie. Ils lui demandent s’il transporte des devises. Boillon nie, mais la fouille est concluante. Dans son sac, les douaniers découvrent des « enveloppes contenant des billets de banque de 500 euros ».

Selon le procès-verbal que Mediapart a pu consulter, Boris Boillon transporte ce jour-là 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide. Ces sommes correspondent à 3 190 billets de 100 euros, 32 billets de 500 euros, 100 billets de 50 euros et 50 billets de 200 euros (voir document ci-dessous), ainsi qu'à 400 billets de 100 dollars. Il n’a sur lui ni pièce d’identité ni téléphone portable, mais trois cartes bleues à son nom.

La loi interdit le transfert, sans déclaration préalable dans un autre pays de l'Union européenne de sommes supérieures à 10 000 euros (c’est l’article 464 du Code des douanes). En cas d’infraction, la somme saisie doit être consignée pendant six mois – durée renouvelable par le procureur de la République –, et le contrevenant peut être puni « d'une amende égale au quart de la somme sur laquelle a porté l'infraction ou la tentative d'infraction ».

Le service de police judiciaire de la douane (SNDJ) a été saisi et une enquête est en cours. Elle devrait notamment déterminer l'origine des fonds.

 

Quittance de consignation des sommes en liquide transportées par Boris Boillon 
Quittance de consignation des sommes en liquide transportées par Boris Boillon

Lors de son audition, Boris Boillon tente de se justifier : il est désormais résident belge, dans la chic banlieue de Bruxelles, à Uccle ; son bureau est installé dans les beaux quartiers parisiens, mais il veut créer en Belgique une nouvelle filiale de sa société de consulting international, Spartago. L’argent, explique l’ancien diplomate reconverti dans les affaires, devait servir pour créer cette filiale. Boillon affirme aux douaniers : « Je pensais qu’il était plus facile depuis la Belgique de régulariser la situation de ces fonds. »

Celui qui se vantait d’être surnommé « mon fils » par Mouammar Kadhafi jure aussi que ces paquets de billets proviennent de sa nouvelle activité de consultant. « Il s’agit de sommes que j’ai touchées cette année dans le cadre de mes activités en Irak qui correspondent aux prestations que j'effectue avec des sociétés irakiennes. En l’absence de système bancaire développé en Irak, ces entreprises m’ont réglé à Paris en numéraire », explique Boillon aux agents de la Douane. Il affirme gagner 500 000 euros par an – « c'est une estimation puisque c'est la première année de mon activité de consultant », précise-t-il.

« J'ai oublié mes documents d'identité en Belgique. Je suis venu ce matin à Paris, juste pour la journée parce que justement je n’étais pas à l’aise avec cet argent qui était stocké en partie dans mon bureau et une autre partie dans une mallette qui était enterrée à côté de ma cave, et je voulais régulariser la chose au plus vite », confie aussi l’ex-ambassadeur, selon le procès-verbal de son audition que Mediapart a pu consulter.

Et quand les douaniers lui demandent pourquoi il a nié, avant la fouille de son sac, transporter plus de 10 000 euros en liquide, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy répond: « J'ai été surpris et effrayé, j'ai répondu par réflexe. »

Contacté par Mediapart, Boris Boillon a indiqué ne pas vouloir répondre à nos questions.

Débarqué de Tunis peu après l’élection de François Hollande l’an dernier, Boris Boillon a quitté le Quai d’Orsay pour monter deux sociétés de conseil dont il est le président. La première, Spartago, fondée en novembre 2012, propose, selon ses statuts, « conseil et fourniture de prestations de services et formation dans le domaine de relations internationales, de stratégie politique et de gestion administrative », ainsi que « l’organisation et la coordination de réceptions, soirées, événements, opérations de relations publiques et de communication ». « Plus spécifiquement dans les zones de l’Afrique et du Moyen Orient », est-il précisé sur le réseau Linkedin.

 

Boris Boillon 
Boris Boillon© Reuters.

La seconde, French group, est beaucoup plus récente : elle a été fondée en juin 2013 avec un Irakien Adil Hamdan Alkenzawi, consul honoraire de France à Nassiriyah (Irak) – sur le site de l’ambassade, on retrouve une photo des deux hommes datant de 2010. Cette société offre elle aussi des prestations de conseil, mais « dans les domaines liés notamment à la construction, au développement d’infrastructures dans les secteurs principalement du bâtiment et des travaux publics, de l’environnement, de l’eau, de l’agriculture et de l’énergie », d’après les statuts déposés au tribunal de commerce.

Selon le site d’informations Intelligence Online, Boillon a signé un contrat avec Suez Environnement, et il a multiplié ces derniers mois les déplacements en Irak, à Bagdad et dans les régions kurdes, d’après Le Figaro.

Des relations troubles avec le clan Kadhafi

Boris Boillon est un symbole de la “génération Sarkozy”. À 37 ans, diplomate et arabophone, il devient conseiller de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, puis brièvement de François Baroin. En 2007, il intègre l’Elysée comme conseiller Maghreb-Moyen-Orient. Il fait partie des hommes de confiance de Sarkozy qui l’appelle affectueusement « mon petit Arabe », selon le magazine Challenges. À; la même époque, Mouammar Kadhafi le surnomme « mon fils ».

À l’époque, on parle surtout de son rôle dans la libération des infirmières bulgares. Mais nos révélations  sur les relations entre le régime de Kadhafi et les proches de Nicolas Sarkozy – jusqu’au soupçon du financement de la campagne électorale de 2007 – ont jeté une nouvelle lumière sur cette proximité. Mediapart a découvert que Boris Boillon était directement intervenu pour obtenir la naturalisation de l’épouse de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi.

En 2009, Boillon bénéficie d’une promotion éclair en devenant ambassadeur en Irak. Deux ans plus tard, il part pour Tunis où son prédécesseur, Pierre Ménat, a été débarqué quelques semaines après la chute de Ben Ali et en pleine polémique sur la complicité de la France avec la dictature.


 

Sitôt arrivé, mi-février 2011, Boris Boillon ruine une partie des espoirs placés en lui par l'Élysée, invectivant des journalistes tunisiens francophones lors de son premier déjeuner avec la presse (voir la vidéo ci-dessus). Il devient aussitôt la risée des réseaux sociaux et réussit le tour de force d'être la cible de plusieurs manifestations organisées devant l'ambassade, aux cris de « Boillon dégage ».

 

 

À Tunis, son attitude de « Sarkoboy » a aussi choqué quand les internautes ont découvert une photo du diplomate en maillot de bain ou quand il a posé en James Bond à la Une du magazine tunisien Tunivisions. L’arrivée de la gauche au pouvoir lui a été fatale : il a été rappelé à Paris quelques semaines après l’élection de François Hollande.

 

 

 

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 16:02

 

Médiapart

|  Par Laurent Mauduit

 

 

La réforme des retraites présentée mardi par le premier ministre prolonge et accentue une politique économique et sociale qui fait la part belle aux entreprises et surtout à leurs actionnaires, et qui ne se soucie guère du monde du travail. Elle va aussi creuser un peu plus l'inégalité du système fiscal français. Parti pris.

« Le capitalisme noie toute chose dans les eaux glacées du calcul égoïste. » À examiner de près la réforme des retraites que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a dévoilé mardi soir, on en vient presque à éprouver l’envie d’interpeller le gouvernement socialiste en usant de la formule célèbre de Karl Marx. Car s’il faut dire les choses brutalement et user d’une phraséologie qui est depuis longtemps passée de mode, c’est une réforme de classe qui a été dévoilée. Une réforme qui fait, encore une fois, la part belle au capital et qui fait bien peu de cas du travail.

On peut, certes, se consoler en pensant que la réforme aurait pu être plus violente. Que l’allongement de la durée d’activité de 41,5 ans actuellement à 43 ans aurait pu intervenir non pas de 2020 à 2035, mais beaucoup plus tôt ; que le gouvernement aurait pu dans la foulée remettre en cause le principe même de la retraite à 60 ans ; qu’il aurait pu aussi envisager d’engager à la hache une réforme des régimes spéciaux de retraite ; ou encore qu’il aurait pu aussi appliquer aux régimes de retraites de base la violente désindexation que les partenaires sociaux ont décidé de mettre en œuvre pour les régimes complémentaires…

Dans la logique libérale qui est la sienne, le gouvernement aurait pu, en somme, être plus brutal. Et c’est ce dont lui font grief, en chœur, depuis que la réforme est connue, les milieux patronaux et la grande majorité des éditorialistes de la presse bien pensante : comme souvent, François Hollande a la main qui tremble ; il va dans le bon sens, mais il pourrait manifester plus d’entrain…

Dans ces applaudissements, assortis d’invitations à réformer plus vite et plus fort, transparaissent pourtant ce qui est le constat central à laquelle invite cette réforme : envers et contre tout, elle tourne radicalement le dos aux aspirations des milieux populaires qui ont assuré la victoire de François Hollande. Pour tout dire, c’est une réforme pro-patronale ou si l’on préfère une réforme antisociale, qui va accentuer les inégalités, au lieu de les réduire. On en trouvera confirmation en se reportant à l’article de Mediapart qui présente le détail de la réforme : Retraite : ce sera cotiser plus et plus longtemps.

En somme, le seul grand mérite de cette réforme, c’est qu’elle aurait pu être… bien pire ! Et pour sévère qu’il soit, ce constat est facile à étayer. Il suffit de chercher les réponses aux principales questions que pose cette réforme :

1. Qui va payer ?

La réponse est stupéfiante dans sa simplicité : ce sont les salariés qui supporteront la quasi totalité du poids de la réforme. Pas l’essentiel du poids, non… effectivement, sa quasi totalité ! Et les entreprises, elles, seront quasiment exonérées, en bout de course, de toute contribution.

On peut le vérifier en se reportant au dossier de presse que les services du premier ministre ont diffusé, mardi soir, lors de l’annonce de la réforme (on peut le télécharger ici) ou en consultant le tableau ci-dessous qui en est extrait :

 

 

Concrètement, sur les 16 milliards d’euros qui doivent être financés d’ici à 2040, les salariés vont d’abord prendre à leur charge 5,6 milliards d’euros via l’allongement de 41,5 ans actuellement à 43 ans de la durée d’activité, qui va commencer en 2020 et qui s’échelonnera jusqu’en 2035. Beaucoup d’observateurs ont relevé l’habileté d’un dispositif qui n’entrera pas en vigueur tout de suite, et qui pourrait donc ne pas susciter une fronde sociale immédiate. Les mêmes observateurs oublient souvent de relever ce qu’était le dernier vote émis par un congrès socialiste sur cette question de la durée d’activité. C’était en 2003, à l’époque de la réforme Fillon : à l’époque, les militants socialistes avaient estimé que la justice sociale exigeait que la durée d’activité n’aille pas au-delà de 40 ans d'activité.

François Hollande a donc décidé de violer cet engagement. Plus grave que cela ! La supposée habileté du dispositif à retardement est en réalité une injustice puisque la mesure revient à faire payer la réforme par les salariés… les plus jeunes. C'est en effet la génération née en 1973 et après qui, à partir de 2035, passera aux 43 ans d'activité exigibles pour une retraite à taux plein.

Quant aux hausses de cotisations sociales, elles sont optiquement équilibrées, puisque les salariés vont apporter 3,2 milliards d’euros sous la forme d’une hausse de 0,3 point des cotisations retraite, échelonnées de 2014 à 2017 ; et les entreprises vont aussi apporter 3,2 milliards sous la forme d’une hausse de leurs propres cotisations retraites. Mais on sait que cet équilibre n’est qu’apparent, puisque Jean-Marc Ayrault a, dans la foulée, promis aux entreprises de prolonger le « choc de compétitivité » engagé l’an passé.

Après les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt offerts aux entreprises l’an passé, sans la moindre contrepartie, ces mêmes entreprises vont donc profiter d'une nouvelle mesure d’allègement de charges sociales, visant à compenser les 3,2 milliards d’euros découlant de leurs hausses de cotisation retraite. De telle sorte que la réforme des retraites, mise à part quelques mesures annexes, comme sur la pénibilité, soit pour elles quasiment indolore et que le coût du travail reste inchangé.

Or qui va donc, en bout de course, payer cette somme de 3,2 milliards d’euros, qui seront prélevées dans un premier temps sur les entreprises sous la forme d’une hausse de leurs cotisations retraite, et qui leur sera tout aussitôt restituée sous la forme d’un autre allègement de charges sociales ? Pour l’heure, le gouvernement n’a pas encore dit précisément les modalités de cette réforme complémentaire. Mais on sait qu’il réfléchit dans la foulée à une réforme du financement de la protection sociale, au terme de laquelle les cotisations familiales employeurs pourraient être allégées ou supprimées.

Il n’est donc pas besoin d’être grand clerc pour deviner le tour de bonneteau qui se prépare : via la CSG ou l’impôt, ce devraient donc être les salariés qui, en fin de compte, seront les dindons de la farce, puisque, au total, ce sont eux qui paieront en lieu et place des entreprises.

Ce choix est donc économiquement et socialement hautement contestable, pour de très nombreuses raisons. Parce que le pouvoir d’achat des Français enregistre déjà actuellement une chute historique, depuis 1984, et que cette rafale de nouvelles ponctions vont encore contribuer à le dégrader. Et puis parce que ce dispositif va contribuer à déformer encore un peu plus le partage des richesses entre capital et travail ; et va contribuer aussi à creuser les inégalités des Français face au système fiscal français.

2. Pourquoi les entreprises sont-elles épargnées ?

C’est évidemment une question-clef car au travers de cette réforme des retraites, qui protège le capital et accable le travail, le gouvernement vient confirmer (s’il en était besoin !) qu’il entend mener une politique de l’offre, celle préconisée de longue date par la droite et les milieux d’affaires, et tourner le dos à une politique de la demande, qui a longtemps été le cap privilégiée par la gauche. Et cette soumission à la doxa libérale est dangereuse, pour plusieurs raisons majeures.

La première raison a trait au partage des richesses entre capital et travail, qui s’est de plus en plus déformé ces dernières décennies, à l’avantage du premier et au détriment du second. C’est la politique dite de « désinflation compétitive » (en clair, la politique des salaires bas et du chômage élevé) lancée par les socialistes en 1982-1983 qui a inauguré cette déformation historique. Et puis le basculement progressif du capitalisme français vers un modèle à l’anglo-saxonne, avec pour règle un primat des actionnaires, a encore creusé la tendance.

Résultat : la France est entrée dans un nouveau capitalisme, beaucoup plus tyrannique que le précédent; un capitalisme où les actionnaires comptent beaucoup, et les salariés très peu – un capitalisme donc qui ignore le compromis social. C’est en quelque sorte cette soumission à ce capitalisme patrimonial de la part des socialistes que révèle donc cette réforme des retraites.

Car, le gouvernement avait, avec ce difficile dossier, une formidable occasion pour redessiner ce partage entre capital et travail. Mais finalement, il y a donc renoncé. Et la reculade, comme on vient de le voir, est totale. Pas la moindre esquisse de compromis entre le monde des employeurs et celui du monde des salariés ! Cette réforme des retraites révèle le partage radicalement inégal qui est la règle sous ce capitalisme d’actionnaires : tout à la charge des salariés ! Rien à la charge des entreprises et de leurs actionnaires ! C’était la règle sous Nicolas Sarkozy ; tristement, cela reste la règle sous François Hollande. Et il n’y a pas même un petit geste, fut-il symbolique, sauf dans le cas de la pénibilité, pour faire illusion.

Et le plus grave dans ce renoncement, c’est que le gouvernement n’a pas la moindre explication à avancer pour le justifier. Ou plutôt si, il en a une : ce serait la compétitivité des entreprises qui exige ce choix. Mais cette excuse, en vérité, n’en est pas une. A l’automne 2012, Matignon et l’Elysée avaient en effet déjà usé de cette argutie, pour justifier le cadeau de 20 milliards d’euros apporté aux entreprises sous la forme d’un crédit d’impôt – c’est-à-dire la mise en œuvre, sous des modalités à peine différentes, du plan défendu pendant la campagne présidentielle par Nicolas Sarkozy, et vivement contesté par… François Hollande.

Mais de nombreuses études ont, à l'époque, établi que, contrairement à ce que prétendaient le patronat et la droite, la France ne souffrait d’aucun problème de coût du travail, notamment vis-à-vis de l’Allemagne, et qu’il y avait une véritable campagne d’intox autour de ce soi-disant problème de compétitivité des entreprises françaises. Toutes ces études, il est possible de les retrouver en consultant les analyses que j’avais écrites à l’époque : Economie : Hollande se renie et copie Sarkozy ou Compétitivité : sous le choc, l’intox.

L’intox autour de cette question de la compétitivité est d’autant plus avéré que le cadeau de 20 milliards d’euros fait aux entreprises, sur le dos des consommateurs assujettis à la TVA, n’a donc été assorti d’une aucune contrepartie. En clair, pas d’accord contractuel pour favoriser l’emploi ou l’investissement : le crédit d’impôt ne va générer que des effets d’aubaine. Un groupe du CAC 40 peut tout bonnement profiter des bonnes grâces du gouvernement et s’en servir pour arrondir… les dividendes servis à ses actionnaires. C'est la mise en garde lancée à l'époque par de nombreux économistes : cet immense transfert de charges au profit des entreprises et au détriment des salariés va générer seulement des effets d'aubaine, mais pas d'effets économiques.

En clair, c’est une politique de redistribution pour laquelle les socialistes ont opté. Mais une redistribution à l’envers : les consommateurs modestes, et même pauvres, vont partiellement financer des cadeaux dont pourront éventuellement profiter les actionnaires des groupes les plus riches. Les bras vous en tombent !

C’est donc dans cette même logique que s’inscrit totalement la nouvelle réforme des retraites. Elle vient couronner ce que, dans un livre récent, j’avais appelé une « étrange capitulation » (ici le compte-rendu sur Mediapart), dans un clin d’œil à l’essai célèbre du grand historien Marc Bloch, L’Étrange défaite.

3. Les inégalités sociales vont-elles encore se creuser ?

C’est la seconde très grave inquiétude que soulève cette réforme des retraites, car elle vient prolonger une autre démission, celle face à la réforme fiscale qui avait été promise par François Hollande pour corriger les inégalités.

Cette réforme des retraites comprend en effet une autre surprise : le gouvernement fait donc appel aux cotisations retraite et non pas un autre prélèvement, par exemple la Contribution sociale généralisée (CSG) pour boucher les trous du régime. Or, on le sait, les cotisations sociales, même déplafonnées, sont socialement beaucoup plus injustes que la CSG, qui, elle,  a une assiette d’imposition très large et frappe non seulement les revenus du travail mais aussi ceux, partiellement, de l’épargne.

Le choix des cotisations retraite est donc socialement très contestable. D’autant que cette priorité donnée par le gouvernement aux prélèvements les plus inégalitaires n’est pas franchement une nouveauté. Déjà, François Hollande a donc pris la très lourde responsabilité de recourir partiellement à une hausse de la TVA pour financer le « choc » de compétitivité – TVA que les socialistes ont toujours dénoncé dans le passé comme figurant parmi les impôts les plus injustes. Et puis, il y a donc vraisemblablement dans les tuyaux une nouvelle hausse de prélèvements, sans doute du même type, pour financer la compensation promise au Medef pour annuler la hausse des cotisations retraites.

En résumé, les socialistes sont donc en train de remodeler le système français des prélèvements sociaux et fiscaux de la pire des manières qui soit : en privilégiant les prélèvements les plus inégalitaires, ceux qui sont les plus dégressifs, c’est-à-dire, ceux qui pèsent le plus sur les salariés les plus modestes, sinon même les pauvres.

Or cette cascade de prélèvements nouveaux intervient alors que le gouvernement a renoncé dans le même temps à la « révolution fiscale » promise pendant la campagne présidentielle, visant à refonder en France, un grand impôt citoyen et progressif, assujettissant enfin un peu plus les hauts revenus, et redonnant du pouvoir d’achat aux plus modestes, sur le modèle de ce que préconisait par exemple l’économiste Thomas Piketty.

Tout cela est évidemment pathétiquement logique : puisque le gouvernement, dès l’alternance, a renoncé à une grande réforme fiscale, pour rendre le système fiscal un peu plus juste, il en est réduit à piocher désormais dans les prélèvements sociaux les plus inégalitaires. Et le résultat de tout cela est accablant : comme l’avait établi une étude dès l'an passé (lire Impôts : les injustices n’ont (presque pas été corrigées), la France reste un pays qui a des allures de paradis fiscal pour les plus riches tandis que le travail est accablé. En somme, la fameuse « Nuit du 4-Août » promise par la gauche n’a jamais été engagée. Et les privilèges, fiscaux mais pas seulement, n’ont en rien été ébranlés par l’alternance.

Bref, la réforme des retraites aurait certes pu être encore plus violente. Il n’empêche ! Sa philosophie est toute entière empruntée aux cercles dominants des milieux d’affaires et de la droite. Dans l’Étrange défaite, à laquelle je faisais à l’instant allusion, Marc Bloch a ces mots terribles : « Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise. »

C’est un peu le malheur de nos socialistes d’aujourd’hui, qui gouvernent la France comme des notaires tristes…

 

 

 

 

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 15:53

 

 

 

iahorde.samizdat.net

26 août 2013  

 
Madrid_Htiler1

Source : Twitter

 

L’été est une période propice aux fêtes municipales. Dans une commune de la banlieue madrilène, à Pinto (plus de 45 000 habitants), celles-ci sont marquées par un spectacle de corrida. La première journée de celui-ci s’est déroulée dans l’arène locale décorée, pour l’occasion, d’une immense fresque comportant le visage d’Adolf Hitler, une croix gammée et la phrase « Adolf Hitler tenia razon » (Adolf Hitler avait raison).

La mairie, gouvernée par le PP (qui a obtenu 51 % des voix aux dernières élections municipales), a expliqué que la mairie n’avait pas recouvert ces inscriptions pour des « raisons de sécurité, pour ne pas faire de la publicité à des indésirables et pour que les honnêtes citoyens ne soient pas privés de taureaux ».

Cela a effectivement permis à plusieurs milliers de spectateurs de se rendre à l’arène et de regarder le spectacle de la mise à mort d’un taureau et d’une fresque en hommage à Adolf Hitler. Tout va bien…

 

 


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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 15:47

 

Marianne

  Mercredi 28 Août 2013 à 18:19

 

 Olivier Philippe

 

Mis en cause pour sa participation au programme PRISM de la NSA, Facebook joue depuis la transparence. Le site américain a publié un rapport sur les pays qui ont formulé des demandes d’exploitation de données personnelles durant le premier semestre 2013. La France aurait cherché à se renseigner sur 1598 utilisateurs.

 

Kin Cheung/AP/SIPA
Kin Cheung/AP/SIPA
Facebook suit les traces de Google, Yahoo, Microsoft et Twitter. Comme ses congénères du monde informatique, le réseau social a dévoilé un « rapport international des demandes gouvernementales », qui recense le nombre de requêtes formulées par les pays désireux de récupérer les données personnelles de certains de ses utilisateurs. Soixante-et-onze pays sont concernés. En juin déjà, Facebook avait communiqué sur la nature de ces pratiques pendant le second semestre 2012. Cette fois, le document porte sur les six premiers mois de l’année 2013.

Le site crée par Mark Zuckerberg aurait reçu, du 1er janvier au 30 juin 2013, 26 000 demandes portant sur 38 000 comptes d’utilisateurs. Sans surprise, plus de la moitié de ces réclamations émanent des Etats-Unis, qui ont cherché à accéder à 20 000 profils. La position de la France est plus intrigante et surprenante (quoique) : 1547 sollicitations, portant sur 1598 comptes, ce qui en fait le sixième demandeur le plus important. Mis à part les Etats-Unis, écrasant champion du Big Brother, l’Inde (qui s’est intéressé à 4 144 profils), la Grande-Bretagne (2 337), l’Italie (2 306) et l’Allemagne (2 068) font mieux que la France. A titre de comparaison, l’Australie a adressé 546 requêtes au réseau social, la Belgique 150, et les Pays-Bas…11 seulement.

« Facebook n’a jamais fait partie » du programme PRISM, selon son fondateur

Facebook garantit qu’il s’agit, en général, d’informations basiques, tel que le nom de la cible. Les demandes ne seraient d’ailleurs pas nécessairement liées au programme PRISM de la NSA, révélé par l’Américain Edward Snowden. Mark Zuckerberg lui-même a juré en juin que « Facebook ne fait pas et n’a jamais fait partie d’un programme donnant, aux Etats-Unis ou tout autre gouvernement, un accès direct à ses serveurs. »

La proportion de demandes acceptées par l’entreprise californienne est également intéressante, car elle représente le cœur de sa communication. 79% des sollicitations américaines ont été reçues favorablement, contre 39% des réclamations françaises. Facebook accorderait-il un passe-droit à son pays d'origine, ou bien les demandes nord-américaines sont-elles plus pertinentes que celles des Français ?

Un plan de communication qui ne lève pas les doutes

En tout cas, il ne faut pas compter sur une quelconque fibre libertaire de Facebook. Mark Zuckerberg souhaite uniquement s’éviter un exode d’utilisateurs excédés par la porosité du site sur la protection de la vie privée. En communiquant ainsi, la firme tente de montrer qu’elle régente fermement l’accès à ses données. Colin Stretch, son avocat général, a déclaré que Facebook « place très haut la barre juridique à franchir », donnant en outre sa vision de la nature des demandes gouvernementales : « La grande majorité de ces requêtes est liée à des affaires criminelles, comme des vols ou des enlèvements. »

Il est permis de douter des bonnes intentions de l’entreprise d’un côté, de la réalité des chiffres avancés de l’autre. Après tout, les géants du net impliqués dans le scandale des écoutes de la NSA – Yahoo, Google, Facebook… - n’ont décidé de se lancer dans cette opération « transparence » qu’une fois l’affaire révélée, et leurs pratiques mises en cause.
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 15:16

 

Marianne

Jeudi 29 Août 2013 à 05:00

 

Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur

 

 

Pour justifier par avance les bombardements de Damas, la presse a lancé le pilonnage médiatique. Les rumeurs sur l’utilisation des armes chimiques par le régime syrien sont devenues une vérité révélée.


Damas, 24 août 2013 - STR/AP/SIPA
Damas, 24 août 2013 - STR/AP/SIPA
En Grande-Bretagne, la presse britannique somme David Cameron de bien réfléchir avant de jouer au Tony Blair conservateur en fonçant tête baissée sur la Syrie. En Italie, tout le monde prend l’affaire des attaques chimiques avec des pincettes. En Allemagne, la prudence est de mise, au gouvernement comme dans les médias. 
 
Aux Etats-Unis, nonobstant les déclarations d’un Obama que l’on a connu plus inspiré (c’était il y a longtemps, c’est vrai), certains éditorialistes, à l’image de l’opinion américaine, sont très sceptiques sur le soudain virage de la Maison Blanche. D’aucun vont même jusqu’à regretter qu’Obama se soit ligoté les mains en déclarant que l’usage des armes chimiques constituait « une ligne rouge. »  
 
En France, rien de tel. A de très rares exceptions, la presse et les éditocrates se sont rangés derrière la version officielle comme des soldats derrière leur lieutenant. Chacun, à sa manière, reprend un discours répété en boucle. La fameuse « ligne rouge » a été franchie avec l’utilisation d’armes chimiques par Bachar Al-Assad. Il faut donc le « punir » - élément de langage conçu dans les agences de com de la Maison Blanche et repris tel quel par un François Hollande transformé en petit messager.
 
Vous avez aimé les faux charniers de Timisoara (Roumanie) ? Les bébés assassinés dans leurs couveuses du Koweït par Saddam Hussein ? Les massacres arrangés de Racak (Kosovo) ? Les fioles exhibées par Colin Powell à l’ONU comme preuves de l’existence des armes de destruction massive de l’Irak ? Vous adorerez l’utilisation d’armes chimiques. 
 
D’ailleurs, la confirmation de leur usage est imminente. Elle ne viendra pas de Damas où l’ONU a envoyé ses experts, mais de Washington, où la Maison Blanche a les siennes. Enquêter dans les rues de la capitale américaine, c’est quand même plus sûr que dans les quartiers de la capitale syrienne. Colin Powell aurait-il repris du service à l’insu de son plein gré ?  
 
Que la Syrie possède des armes chimiques, nul n’en doute. Qu’elle puisse les utiliser, c’est possible. Bachar Al-Assad est capable de tout, surtout du pire. Son passé comme son présent sont là pour en témoigner. Mais pour l’heure, sur ce sujet explosif – au sens plein du terme –  nul ne sait rien.  
 
Le régime peut avoir utilisé ces armes prohibées par le droit international. Mais une partie des rebelles peut en avoir fait autant. Un dépôt où étaient entreposées ces bombes toxiques peut aussi avoir été touché involontairement. Aucune de ces hypothèses n’est à exclure. Mais aucune preuve formelle n’a pu être apportée. Et, dans tous les cas, l’important est de se demander si une éventuelle intervention étrangère servirait ou non à servir la cause de la paix.    
 
Or, pour les va-t-en guerre du cirque médiatique, la cause est entendue. BHL s’est aussitôt exhibé sur les écrans pour dire tout le bien qu’il pensait d’une opération inspirée de celle qui a permis de tuer Kadhafi mais aussi de livrer la Libye au chaos. Bernard Kouchner a expliqué qu’il aurait fallu lancer l’assaut depuis longtemps.
 
Laurent Joffrin, du Nouvel Obs, ex-soutien enthousiaste de la guerre du Kosovo, a appelé à la mobilisation générale. Il a même expliqué dans un éditorial que « Saddam Hussein mis à part, aucun pays n’a fait l’usage de l’arme chimique au combat depuis près d’un siècle ». On en déduira donc que l’agent orange déversé par les Etats-Unis sur le Vietnam avait vocation à permettre l’embellie printanière de la flore locale, ou que l’aide apportée par la CIA à l’Irak de Saddam Hussein pour gazer les Iraniens lors de la guerre entre les deux pays relevait de l’intoxication au gaz de la désinformation. 
 
Comme l’a écrit Nathalie Nougayrède dans un éditorial du Monde digne de passer à la postérité : « Le crime de trop appelle une riposte ». 
 
Passons sur le « crime de trop », comme si 100.000 morts depuis mars 2011, ce n’était pas assez.  Selon la directrice du Monde, l’emploi d’armes chimiques « ne fait guère de doute ». C’est donc qu’il y a doute. Mais tout le reste du propos consiste à expliquer qu’il n’y en a pas, qu’un « tabou » a été levé, que « le crime chimique d’ampleur change la donne », qu’il s’agit d’un « Srebrenica syrien » (sic), et qu’il faut agir au plus vie puisque de toute façon « le régime syrien s’est employé à détruire, depuis le 21 août, les éléments de preuve ».
 
En quelques lignes, on est passé du doute à la certitude, du conditionnel au présent. En fonction de quoi ? Des seuls éléments fournis par la faction intégriste des « rebelles » syriens contre qui l’Occident a mené la guerre en Afghanistan ou au Mali en expliquant qu’elle représentait le Mal absolu. Et aujourd’hui, par la grâce de Jésus et de Mahomet réunis, ils deviennent soudain fiables, crédibles,  honnêtes ? 
 
Comprenne qui pourra. En vérité, les adeptes de l’intervention humanitaire à géométrie variable sont retombées dans le schéma binaire qu’ils adorent par-dessus tout : les Bons contre les Méchants, le Bien contre le Mal. 
 
Si l’on est contre Bachar Al-Assad (et il n’y a aucune raison d’être pour) il faut soutenir ceux qui le combattent, même s’il y a parmi eux de futurs Bachar Al-Assad en puissance. Toute approche circonstanciée est à bannir. Toute interrogation sur les conséquences d’un engrenage incontrôlable dans la région est hors de saison. Il faut in-ter-ve-nir, comme si la seule forme d’action possible était le bombardement, avec sa cohorte de morts civils.
 
On a pourtant entendu des voix fort diverses mettre en garde contre les dangers de l’intervention, de Jean-Luc Mélenchon au Pape François en passant par François Bayrou, Pierre Lellouche, François Longuet, Pierre Laurent, ou l’évêque catholique d’Alep. Des analystes ont resitué le conflit dans son contexte régional et son héritage historique, rappelant qu’en Syrie, la France et la Grande-Bretagne, les deux anciennes puissances coloniales, pouvaient vite susciter un phénomène de rejet. 
 
Un homme comme Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de Jimmy Carter, a relevé non sans raison que l’occident mobilisait son armada au moment même où Damas semblait prendre le dessus face à ses adversaires. Enfin, l’opposition laïque à Bachar Al-Assad a rappelé qu’elle s’opposait fermement à toute intervention étrangère. 
Dans les médias, ces commentaires et ces réactions ont été balayés comme poussière après l’explosion de la bombe. Ne reste que la voix des adeptes de la guerre rajoutée à la guerre. « Ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude », disait Nietzsche. Certains sont fous de leur certitude.

 

 

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 14:50

 

 

Rue89

 

escarmouche 27/08/2013 à 23h53
Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

 

Des hackers syriens pro-Assad ont pris le contrôle mardi soir du site du quotidien américain New York Times, et revendiqué leur acte sur Twitter. Ils ont également pris possession du nom de domaine de Twitter, le réseau social basé aux Etats-Unis, et créé quelques perturbations.

 

Le « tweet » de revendication de la SEA

Certains visiteurs du site du New York Times ont même eu une image de revendication de la Syrian Electronic Army (SEA), alors que d’autres ne pouvaient simplement pas y accéder.

Le blogueur Bluetouff a « tweeté » la page d’accueil piratée du NYT

Le New York Times a d’abord fait état d’une panne lorsque son site et ses applications mobiles sont devenues inaccessibles au cours de la soirée (heure française). Mais à 22h30, Eileen Murphy, vice-présidente du New York Times, a « tweeté » qu’il y avait un soupçon d’« attaque extérieure malveillante ».

Même le système d’e-mails du New York Times ne fonctionnait plus mardi soir... Le site n’est redevenu accessible que mercredi en fin de matinée (heure française), soit plus de douze heures après l’attaque.

La cyberguerre de la SEA

L’Armée électronique syrienne (SEA), un groupe de jeunes Syriens -mais pas seulement, on y trouverait également des membres de l’armée syrienne, et un soutien logistique iranien et du Hezbollah- basé à Damas et dans la diaspora syrienne, a déjà plusieurs fois fait parler d’elle, piratant régulièrement des médias américains ou des sites considérés comme hostiles au pouvoir de Bachar el-Assad.

Cette attaque survient le jour où les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont clairement indiqué qu’ils s’engageaient sur la voie d’une intervention militaire en Syrie.

Le site du New York Times a eu une bonne partie de la journée en titre principal un article de son correspondant à Beyrouth qui a recueilli de nombreux témoignages très précis sur l’attaque chimique du 21 août près de Damas, attribuée au régime syrien et qui a provoqué la réaction occidentale.

Très rapidement, pour ne pas être totalement silencieux, le New York Times a commencé à republier des articles, en particulier sur la Syrie, sur d’autres plateformes, en faisant connaître leur adresse via son compte Twitter, suivi par plus de 9 millions de personnes.

Ainsi, dès 22h30, le compte du New York Times annonçait :

« Nous continuons à publier des informations. Voici notre dernier article sur la Syrie. »

Le lien ne renvoyait pas vers le site traditionnel du New York Times, inaccessible, mais vers une adresse nouvelle : « http://170.149.168.130/packages/html/world/obama-syria-strike.html ». Suivait un article sur les cibles probables des premières frappes américaines attendues dans les prochains jours.

C’est sans doute l’escarmouche électronique la plus spectaculaire dans ce nouveau type de guerre, parallèle à la guerre traditionnelle. Elle survient à un moment de très forte tension, et concerne le plus influent des journaux américains, ainsi que le réseau social lu et employé par les médias, les activistes, les politiques du monde entier.

Il faut dire que l’Armée électronique syrienne se payait même le luxe d’avoir une belle vitrine de propagande sur... Twitter, avant même de prendre le contrôle de son nom de domaine !

 


Le compte Twitter de l’Armée électronique syrienne (Capture d’&eacute ; cran)

 

MERCI RIVERAINS ! Enucléé
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 14:38

 

Rue89

 

Appelez masqués 28/08/2013 à 18h52
Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

 

 


Un chat au téléphone (Christopher Bowns/Flickr/CC)

 

Les articles présentant alternatives et techniques pour se rendre anonyme sur Internet ont fleuri cet été après les révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance de la NSA.

Une fois son ordinateur protégé, on serait tenté de se sentir enfin en sécurité, quitte à en oublier – étrange schizophrénie – que nous transportons (presque) tous un mouchard encore plus performant que notre ordi : le smartphone.

Ces bijoux de technologie ont su se rendre indispensables : la France en compte 24,1 millions au dernier trimestre, soit 44,4% de la population française âgée de plus de 11 ans.

 


Capture d’écran du PowerPoint de la NSA révélé par Edward Snowden en juin et montrant les entreprsies qui ont participé au programme Prism

 

Un mouchard très bavard

En plus de fonctionner majoritairement sur des systèmes d’exploitation appartenant à des entreprises participant au programme Prism, les smartphones concentrent une partie de notre activité sur Internet, stockent nos e-mails, contacts, appels et SMS, tandis que les applis téléchargées diffusent nos données personnelles si l’on n’y prête pas garde. Les fonctions GPS (géolocalisation) offrent en prime un traçage géographique ultra-précis.

Après nos conseils pour naviguer masqué sur le Web, voici quelques solutions pour protéger sa vie privée sur son smartphone.

                                                                                                                                                                                                                              1 Les réglages préliminaires

 

Quelques réglages simples peuvent permettre de retrouver assez simplement une hygiène informatique satisfaisante.

Désactiver les services de géolocalisation

Certaines applis de votre appareil (Google Maps, Safari, etc.) peuvent avoir recours à une géolocalisation par combinaison des réseaux cellulaires, GPS et bornes Wi-Fi. Vous pouvez les désactiver manuellement pour que leur utilisation soit soumise à votre consentement au cas par cas lors du lancement de l’appli :

  • sur iPhone, il faut se rendre dans le menu « Réglages » > « Confidentialité » > « Service de localisation » ;
  • sur Android, il faut aller dans le menu « Localisation et sécurité » > « Services de localisation » et cocher/décocher les paramètres.

Prendre garde aux applis téléchargées

Que ce soit par mégarde, distraction ou excitation, on est bien souvent tenté de zaper rapidement la page relative aux autorisations données à une application que l’on est sur le point de télécharger. Elles sont pourtant souvent des relais (peu sécurisés) de vos informations personnelles.

Selon une étude menée par l’entreprise de sécurité Appthority, aucune des 50 applis les plus populaires de l’AppStore n’a réussi son test de protection des données, et seulement quatre l’ont passé pour Android.

Il faut donc rester vigilant sur les autorisations données. Si vous avez un doute, vous pouvez vous rendre dans votre menu de gestion des applications et désinstaller celles jugées trop intrusives.

Régler ses paramètres de navigation

Les applis des navigateurs les plus répandus offrent les mêmes réglages que sur un ordinateur. Vous pouvez donc choisir de naviguer avec un « onglet de navigation privée », module inclus dans les navigateurs et qui permet de ne pas garder de trace de votre historique de navigation.

Chaque navigateur propose d’effectuer un réglage plus poussé dans le menu « confidentialité » accessible dans les paramètres une fois l’appli lancée. Firefox propose par exemple d’autoriser ou non les « cookies », ces petits fichiers qui stockent des informations sur vous (articles dans votre panier, « logins » et mots de passe...).

Vous pouvez également effacer manuellement vos traces en précisant ce que vous souhaitez supprimer : fichiers téléchargés, cache, historique, mots de passe enregistrés... Cette suppression s’effectue donc a posteriori, contrairement à l’onglet de navigation privée qui anonymise votre activité a priori.

Utiliser le moteur de recherche DuckDuckGo (qui cartonne) plutôt que Google ou Bing peut aussi être une bonne alternative : l’entreprise s’est engagée à anonymiser les recherches de ses utilisateurs.

                                                                                                                                                                                                                             2 Bien choisir son navigateur

 

Il est utile de rappeler que les principaux navigateurs mobiles sont développés par des entreprises qui ont participé au programme Prism et sont donc soumis à la législation américaine.

Il est donc plus que recommandé pour celui qui veut renforcer la protection de ses données de bannir d’office les applis Google Chrome, Safari et le navigateur par défaut sous Android.

 


Design « Please don’t hurt the web » (Sean Martell/Firefox)

 

Restent deux navigateurs traditionnels : Firefox Mobile et le norvégien Opera. Ils ne sont malheureusement pas disponibles sur iPhone. Firefox Mobile – nom de code « Fennec » – a l’avantage d’être un logiciel libre développé par la Fondation Mozilla et ses milliers de bénévoles.

Firefox Mobile peut également être « tuné » grâce aux modules téléchargeables fonctionnant sous Android, certains pouvant s’avérer très utiles comme Adblock Plus ou encore Ghostery, qui permet de voir qui vous « traque » en temps réel.

Le réseau Tor

Reste une solution alternative qui requiert un peu plus d’efforts : le réseau Tor. Tor est un réseau d’innombrables nœuds par lesquels va transiter votre connection à Internet.

Lorsqu’on entre une requête ou accède à ses e-mails, une connexion chiffrée se lance et va parcourir aléatoirement un certain nombre de ces nœuds jusqu’à sa destination finale, rendant toute tentative (ou presque) de traçage impossible. Seul bémol : cela ralentit parfois la navigation.

 


Schéma de fonctionnement de Tor (Torproject/CC)

 

Sur Android, le Guardian Project propose un navigateur de son cru baptisé « Orweb » qui permet de maintenir une sécurité maximum en utilisant le réseau Tor (protection contre les traçages, blocage de cookies, pas d’historique...). Une sécurité qui peut vite entraver le confort d’une navigation classique.

 


Capture d’écran de l’interface d’accueil de l’appli Orbot développée par The Guardian Project

 

Il faudra au préalable avoir installé « Orbot », autre application qui permet la connexion au réseau Tor avant d’utiliser le navigateur. Une fois téléchargé, installé, configuré (un petit manuel interactif est disponible sur le site) et lancé, Orweb est directement accessible depuis l’appli ou depuis votre interface Android traditionnelle.

Les applis capables de régler les paramètres de proxy (regarder dans les options) peuvent également se connecter au réseau Tor via Orbot et bénéficier d’une sécurité renforcée.

Sur iPhone, il faudra débourser 3 dollars pour l’appli « Covert Browser » (disponible également sur iPad) qui combine connexion au réseau Tor et navigateur.

                                                                                                                                                                                                                             3 Le chiffrement, la kryptonite de la NSA

 

Les techniques énumérées ci-dessus permettent de retrouver une bonne hygiène informatique. Reste que le smartphone en question tourne toujours (probablement) sur Android, iOS ou Windows, et les fichiers qui y sont stockés restent vulnérables.

Cette dernière partie est donc consacrée au dernier rempart protégeant votre vie privée : le chiffrement. Petit rappel : la NSA conserve les fichiers cryptés pendant cinq ans, le temps de pouvoir en casser les codes.

Méfiez-vous du « cloud »

Réponse à la croissance exponentielle des données que chacun de nous génère (photos, vidéos, e-mails, téléchargements...), le « cloud » est devenu un outil quasi-indispensable.

Il ne vous aura cependant pas échappé que Google Drive est la propriété de Google, et iCloud celle d’Apple. Autre service populaire, Dropbox avait été accusé d’être la prochaine entreprise sur la liste des participants au programme Prism et, malgré leur démenti, le doute subsiste (doute qui commence d’ailleurs à peser sur les recettes des entreprises).

Une alternative possible est l’appli Mega, du célèbre fondateur de Megaupload Kim Dotcom. Elle donne accès gratuitement à un serveur de 50 Go où l’on peut naviguer et importer, télécharger ou effacer des fichiers. Il y a également une option pour synchroniser automatiquement toute photo ou vidéo prise par le smartphone.

Lors de la création du compte, une clé de chiffrement y sera associée, indispensable pour avoir accès aux fichiers qui y sont stockés. Cette clé n’est cependant pas infaillible : l’aventure peut devenir une vraie galère si vous vous faites voler votre mot de passe.

 

Chiffrer ses données

Certaines applis proposent un chiffrement direct des fichiers. Celles développées par les grandes entreprises d’informatique sont généralement peu fiables : il est de notoriété publique qu’elles y placent des « backdoors », des portes dérobées pour pénétrer en toute discrétion leurs propres programmes (parfois main dans la main avec la NSA).

La liste qui suit n’est pas exhaustive et concerne uniquement les Android :

  • chiffrer vos fichiers  : des applis comme Android Privacy Guard ou Cryptonite permettent de naviguer dans les fichiers stockés sur votre smartphone et les chiffrer ;
  • « nettoyer » vos photos : l’appli ObscuraCam permet non seulement de nettoyer toutes les infos relatives au téléphone et à l’emplacement géographique sur une photo, mais aussi de flouter les visages non désirés (ou à protéger) ;
  • protéger vos mots de passe : l’appli KeepPassDroid est un outil qui permet de noter ses différents mots de passe dans une base de données chiffrée ;
  • autodestruction  : l’appli InTheClear permet par simple pression sur un bouton de supprimer toutes les données (ou certaines uniquement, selon les réglages) et d’envoyer un SMS de secours prédéfini.

Chiffrer ses communications

Chacun le sait, le téléphone n’est certainement pas le moyen de communication le plus imperméable aux écoutes. Prism aura d’ailleurs étendu ce postulat à Skype.

Heureusement, des applis permettent également de chiffrer vos communications :

  • chiffrer ses appels : l’appli Ostel, par exemple, permet ce genre de chiffrement sur simple inscription à condition que le destinataire soit équipé d’un téléphone portable et que l’application y soit installée. Des équivalents existent sur iOS pour 5 euros ainsi que sur Nokia et Blackberry ;
  • chiffrer ses SMS : la communauté WhisperSystems propose une appli RedPhone pour protéger ses appels mais également une appli TextSecure pour faire de même avec les SMS à condition, une fois encore, que le destinataire l’ait aussi installée ;
  • chiffrer ses e-mails : l’appli K9 s’intègre à l’appli Android Privacy Guard (citée plus haut) pour chiffrer les e-mails. Les manipulations requièrent cependant quelques compétences et lectures de tutoriaux ;
  • chiffrer ses messageries instantanées : Gibberbot agit comme un agrégateur de messageries instantanées (Facebook Chat, Google Talk...) et permet à l’utilisateur de chiffrer ses conversations si le correspondant utilise une appli compatible. Gibberbot peut fonctionner de concert avec Orbot pour renforcer la sécurité et se décline également sur iPhone ;
  • faire passer un message secret : l’appli Pixelknot permet de glisser un message secret dans une image de manière parfaitement invisible. Une fois l’image diffusée sur certains réseaux sociaux ou par e-mail, seuls vos amis détenant le code de déchiffrement pourront voir le message.

Toutefois, vu l’ampleur des moyens techniques mis en place par les agences de renseignement, la collaboration (forcée ou volontaire) des entreprises et l’échelle de la surveillance, il faut garder à l’esprit que l’anonymat absolu est une chimère et qu’aucun code n’est incassable.

 

 

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 14:25

 

Rue89

Appli

  28/08/2013 à 17h33

 

 

Rue89 a listé en une appli les nouveaux impôts et taxes depuis que François Hollande est à l’Elysée. Impressionnante créativité fiscale...

 


Une série de cadrans très angoissants (Daniel Chodusov/Flickr/CC)

 

 

 

 

Même Pierre Moscovici en est convaincu : un « ras-le-bol fiscal » monte en France. Ce sentiment est-il justifié ? Rue89 a décidé de recenser les impôts et taxes supplémentaires infligés aux particuliers depuis l’accession au pouvoir de François Hollande. Une créativité fiscale impressionnante au premier abord.

Pour Guillaume Duval, le rédacteur en chef d’Alternatives économiques, on aurait cependant tort de parler de « matraquage fiscal ». Selon lui, la pression fiscale est peu ou prou la même qu’en 2000 :

« Si on observe l’évolution des rendements des quatre principaux impôts progressifs sur les revenus et les patrimoines depuis 2000 (impôt sur le revenu, prélèvements sur les revenus de capitaux mobiliers, impôt sur la fortune et droits de successions) [...] les mesures supplémentaires prises pour 2013 n’ont probablement eu pour effet que de ramener la fiscalité des revenus et du capital des ménages à peu près au niveau qui était le sien en 2000 avant la débauche des baisses d’impôts pour les plus riches et les entreprises qui a, tout au long des années 2000, de plus en plus gravement plombé les finances publiques françaises. Pas de quoi donc pousser des cris d’orfraie. »

 

Les hurlements de la droite

Sauf que le « ras-le-bol » se nourrit de toutes les mesures annexes (TVA, quotient familial...) et de l’effet d’accumulation. Après la hausse des cotisations pour financer la réforme des retraites et la « contribution climat-énergie », bientôt une taxe sur les appareils connectés ? Une nouvelle mesure chaque mois qui passe ? A écouter les hurlements de la droite, on n’en est pas loin.

C’est cette sensation de fuite en avant qui peut créer un malaise – même chez les contribuables à peu près épargnés par les hausses d’impôts.

Tout comme cette désagréable impression que le gouvernement imagine les Français moins sensibles à une multitude de microtaxes plutôt qu’à une hausse d’impôts franche du collier.

 

Pour signaler un oubli : mdeslandes@rue89.com

 

 

Vous êtes concerné si Nouveaux impôts ou taxes instaurés sous François Hollande Date d'entrée en vigueur Rendement annuel attendu
...vous êtes salarié et vous avez pris l'habitude de "travailler plus pour gagner plus". Suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires. Août 2012 750 millions d'euros
...vous touchez un gros héritage ou souhaitez effectuer une importante donation. Relèvement des droits de succession : le plafond en dessous duquel les successions et donations en ligne directe ne sont pas imposées passe de 159 500 euros (tous les dix ans) à 100 000 euros (tous les quinze ans). Août 2012 1,4 milliard d'euros
...si vous étiez assujetti à l'ISF en 2012. Contribution exceptionnelle sur la fortune (uniquement en 2012). Août 2012 200 millions d'euros
...vos revenus annuels dépassent 11 896 euros. Impôt sur le revenu : maintien du gel du barème décidé sous Nicolas Sarkozy (sauf pour les deux premières tranches). C'est une hausse déguisée. En temps normal, le barème augmente pour tenir compte de l'inflation. Conséquence mécanique : une hausse de l'impôt pour tous ceux dont les revenus ont augmenté. Janvier 2013 1,3 milliard supplémentaire
...les revenus de votre ménage dépassent 150 000 euros par part. Impôt sur le revenu : création d'une tranche supplémentaire à 45%. Janvier 2013 320 millions d'euros
...vous avez au moins un enfant et vous êtes imposable. Quotient familial : baisse du plafond. Raboté de 336 euros cette année, il passera de 2 000 à 1 500 euros par demi-part d'enfants à charge l'an prochain (chacun des deux premiers enfants donne droit à une demi-part, chaque enfant supplémentaite à une part entière). Janvier 2013 500 millions d'euros en 2013, un milliard d'euros ensuite
...vous êtes salarié et vous êtes imposable (mais vous pouvez contourner cette disposition en déclarant vos frais réels). Frais professionnels déductibles de l'impôt : baisse du plafond. La déduction de 10% pour frais ne peut excéder 12 000 euros, contre 14 157 auparavant. Janvier 2013 ?
...vous êtes imposable et avez investi dans des niches fiscales. Niches fiscales : coup de rabot général de 15%. Les avantages qu'elles peuvent procurer ne peuvent plus excéder 10 000 euros (18 000 euros si vous avez investi dans des niches "culture" et "outre-mer"). Janvier 2013 ?
...vous êtes imposable, vous avez une grosse voiture et vous l'utilisez pour vos déplacements professionnels. La puissance fiscale des véhicules est plafonnée à 7 chevaux (contre 13 chevaux avant). Soit une baisse mécanique de l'exonération de cotisations sur les indemnités kilométriques pour les véhicules les plus puissants. Janvier 2013 ?
...vous buvez de la bière. Taxe sur la bière : hausse de 160% (environ 5 centimes en plus pour un demi). Janvier 2013 480 millions d'euros
...vous fumez. Taxes sur le tabac : plus 20 centimes par paquet de cigarette, plus 40 centimes par paquet de tabac à rouler. Juillet 2013 250 millions d'euros
...vous êtes retraité et imposable. Instauration d'une taxe de 0,15% (0,3% en 2014) sur les pensions de retraite ("contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie"). Janvier 2013 350 millions d'euros en 2013, 700 millions d'euros ensuite
...vous êtes imposable à au moins 30% et vos placements vous rapportent. Alignement de l'imposition des revenus du capital sur celle du travail. Les intérêts, dividendes et plus-values encaissés à partir de cette année seront imposés selon la tranche d'imposition. Il ne sera plus possible de bénéficier d'un prélèvement forfaitaire libératoire. Janvier 2013 3 milliards d'euros
...vous êtes propriétaire d'un logement vacant dans une commune "où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements". Hausse de la taxe sur les logements vacants : 15% de sa valeur locative la première année, 25% à partir de la deuxième. Janvier 2013 150 millions d'euros
...vous achetez une voiture polluante. Hausse du malus automobile. Janvier 2013 177 millions d'euros
...vous payez quelqu'un pour garder un enfant, faire du repassage, du jardinage, du soutien scolaire, etc. Hausse de la TVA sur la plupart des services à la personne (sauf les aides aux personnes âgées, handicapées ou dépendantes). C'était une exigence de la Commission européenne. Juillet 2013 6 millions en 2013, 13 millions ensuite
...vous avez un patrimoine supérieur à 1,31 million d'euros. Réforme du barème de l'impôt sur la fortune (ISF). Janvier 2013 1 milliard d'euros
...vous ne vivez pas à la rue. Hausse des taxes sur l'électricité et le gaz (la Contribution tarifaire d'acheminement, prélevée sur les factures d'électricité et de gaz, finance les retraites de certains agents électriques et gaziers). Surcoût estimé : entre 1 et 5 euros par an selon votre consommation. Mai 2013 ?
...vous avez un enfant au collège ou au lycée et vous êtes imposable. Suppression de la réduction d'impôt pour frais de scolarité dans le secondaire. Jusqu'ici, la réduction d'impôt s'élevait à 61 euros pour un enfant scolarisé au collège et 153 euros pour un lycéen. Janvier 2014 235 millions d'euros
...vous ne vivez pas uniquement d'amour et d'eau fraîche. TVA : le taux normal passera de 19,6% à 20% en 2014, le taux intermédiaire (sur l'hôtellerie et la restauration) de 7% à 10% (et le taux applicable en Corse passera de 8% à 10%). Janvier 2014 Entre 6 et 7 milliards d'euros
...vous êtes salarié. Réforme des retraites : hausse des cotisations salariales (0,15 point en 2014, puis 0,05 en 2015, 2016 et 2017, soit au total 0,3 point). Soit, à terme, environ 4,5 euros par mois en moins sur un smic. Janvier 2014 2,2 milliards d'euros
...vous êtes retraité, imposable et vous avez trois enfants. Suppression de l'exonération d'impôt sur la majoration de 10% des pensions de retraite pour les parents de trois enfants et plus. Janvier 2014 800 millions d'euros
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 14:15

 

 

Le Monde.fr avec AFP

29.08.2013 à 04h49 • Mis à jour le 29.08.2013 à 09h04

 
 
Les grévistes réclament un salaire minimum de 15 dollars de l'heure.

Des milliers d'employés de McDonald's et d'autres chaînes de restauration rapide américaines ont prévu une nouvelle journée de grève, jeudi 29 août, pour réclamer de meilleurs salaires et un meilleur traitement. Les grévistes réclament un salaire minimum de 15 dollars de l'heure, soit plus du double de l'actuel salaire minimum de 7,25 dollars payé par de nombreux fast-foods, et la possibilité de se syndiquer.

Le mouvement, qui avait démarré en novembre à New York avec 200 grévistes, s'est depuis élargi. En juillet, sept villes y ont participé, dont New York, Chicago et Detroit, et jeudi les organisateurs du mouvement prévoyaient des grévistes dans une cinquantaine de villes, dont New York, Boston, Chicago, Denver, Detroit, Hartford, Houston, Los Angeles, Memphis, Milwaukee, Oakland, Raleigh ou Tampa.

 

 SOUS LE SEUIL DE PAUVRETÉ

Mary Kay Henry, présidente internationale de la SEIU, syndicat d'employés qui a apporté son soutien aux protestataires, explique :

"La plupart de ces employés ont des enfants et essayent de faire vivre leur famille, et leur salaire médian y compris dans des positions d'encadrement est de 9,08 dollars de l'heure, soit bien en dessous du seuil de pauvreté pour un employé qui a la chance de travailler 40 heures hebdomadaires."

  Ce ne sont plus, comme dans le passé, des adolescents, a-t-elle souligné. En outre, beaucoup de ces salariés ne travaillent pas à plein temps. Et ils ne peuvent pas compter sur les pourboires, contrairement à ceux des bars et restaurants.

Jusqu'à présent, le secteur de la restauration rapide a fait la sourde oreille à ces revendications. McDonald's avait souligné lors du précédent mouvement en juillet que les contrats des employés dépendent des franchises, qui gèrent plus de 80 % de ses restaurants dans le monde.

Les employés "reçoivent des salaires compétitifs et ont accès à toute une série d'avantages pour leurs besoins personnels", avait maintenu la chaîne. L'Association nationale des restaurateurs a elle estimé qu'un salaire de 15 dollars de l'heure obligerait les restaurants à employer moins de personnel.

 

 

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