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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 20:28

 

 

 

 

 

 LES INDIGNE/E/S -  AG  mercredi et samedi  à 19h Maison Carrée


Le mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires 0466845199(9 et 5 euros)


Permanences personnes âgées mercredis 13h30 à 17h30 Association AZUR 0466238606


Mercredi 18h RESF Nîmes au local de l’APTI


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Mardi 3 septembre

Collectif solidarité ROMS

Local APTI

18h30

Mercredi 4/9

Réunion de  rentrée de RESF Nîmes

Local APTI

18H

Mercredi 4/9

Réunion de rentrée d’ATTAC

Local Solidaires

19h

Jeudi 5 septembre

Journée des convergences des luttes autour des SANOFI++

Sisteron/ Mourenx

De 8 à 14h

Jeudi 5/9

Réunion des Alternatifs

Ramblas

18h

Jeudi 5 sept

Film documentaire « Victor Jara N° 2547 » Chili

Salle Conférences Carré d’Art

19h30

Vendredi 6/9

Colloque sur le massacre des Italiens d’Aigues-Mortes  par l’IHS /CGT

Aigues-Mortes

 

Samedi 7 septembre

Journée d’étude de rentrée du Front de Gauche sur les élections Municipales 2014 :ateliers, plénière

Lézan

9h à 16h30

Samedi 7/9

Forum des Associations

Nîmes Esplanade

 

Dimanche 8/9

Vide grenier Gambetta+ musique Halles

Boul Gambetta

8 à 18h

Lundi 9/9

Film « Grand Central »un ouvrier dans une centrale nucléaire … débat avec le Collectif Halte au nucléaire Nîmes et  P.Péguin

Le Sémaphore

20h30

10 septembre

Journée d’action pour les RETRAITES + Manif

Jardins Fontaine

15h

 10 septembre

Atelier de travail du Front de Gauche pour les élections Municipales 2014 : se loger à Nîmes

23 Place Léonard de Vinci.Pissevin

18h

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 17:26

 

 

CATDM

Documentaire en 5 épisodes

Comment osent-ils ?

Vidéo

2 septembre par Docwerkers

 

 


En cinq épisodes, nous cherchons qui sont les gagnants et les perdants de la crise de l’euro. En nous demandant avant tout : quelle Europe souhaitons-nous ?

Bon à savoir…

Les banques sont devenues si grandes qu’elles sont devenues incontrôlables. Elles dominent presque l’entièreté du marché des dérivés qui pèse 600.000 milliards de dollars. Cela représente quarante fois le marché mondial des biens et services, soit l’équivalent de près de dix ans de la production économique du monde entier, soit près de 100.000 dollar par habitant de cette planète.

Les 23 plus grandes banques sont deux fois plus importantes que le pnb de l’ensemble de l’Union européenne.

Ce ne sont pas les salaires trop élevés, mais la formation monopolistique, les taux d’imposition scandaleusement bas des entreprises et les taux d’intérêt élevés qui sont responsables de la crise ? C’est ce qu’explique l’économiste en chef du Financial Times dans un commentaire sur l’Espagne.

On a injecté 9.000 milliards de dollars dans le système financier afin de sauver les banques. Ce montant représente plus de vingt fois le pnb de la Belgique ou plus du total des revenus annuels des 4,7 milliards d’humains vivant dans le Sud.

La crise a entraîné la perte de quatre millions d’emplois, rien qu’en Europe.

La perte économique de la crise de l’euro revient à un peu plus de 9.000 euros par ménage.

Malgré les promesses tapageuses, les banques ne sont pas soumises à une réglementation rigoureuse.

Aujourd’hui, les banques réalisent à nouveau les bénéfices les plus élevés depuis le début de la crise.
Aujourd’hui, on spécule à nouveau plus qu’avant la crise.

Dans le cadre de la crise de la dette, la Banque centrale européenne a réalisé des milliards de bénéfices au détriment des pays périphériques.

On a même spéculé sur la dette grecque. Ce faisant, un hedge fund aurait même « gagné » 500 millions d’euros.

En Espagne, c’est paradoxalement l’ancien dirigeant de la Banque Lehman en faillite qui est devenu ministre des affaires économiques, alors que c’est la faillite de Lehman qui a entraîné la crise financière actuelle.

Jusqu’à présent, aucun banquier n’a été condamné et envoyé en prison. Too big to jail…

par Marc Vandepitte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir en ligne : http://buybuyeurope.eu/fr/afleverin...

 

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 17:21

 

Médiapart - Blog

Depuis la crise financière de 2007-2008, une série impressionnante de pays est venue à la rescousse d’institutions financières privées pour « sauver le crédit et l’économie en général ». La Belgique n’a pas fait exception et, comme presque partout ailleurs, elle n’a ni fait payer les responsables ni changé les règles du jeu. On prend les mêmes et on recommence... Sauf que les populations ont de plus en plus de mal à payer la facture.

Quels sauvetages bancaires en Belgique ?

Comme en Espagne, en Grèce, en Irlande, au Royaume-Uni ou encore aux États-Unis, l’écrasante majorité des élus et des médias nous a expliqué pédagogiquement qu’il fallait sauver les banques (quitte à se serrer la ceinture), ces mêmes banques qui plaidaient depuis des décennies pour « moins d’intervention de l’État » dans leurs affaires. Alors, pourquoi fallait-il les sauver ? Parce qu’« il n’y avait pas d’alternatives » nous a-t-on expliqué, tout simplement. L’épargne de nos citoyens est prisonnière de ces banques et l’économie réelle a besoin de leurs crédits... la boucle est bouclée. Voyons-voir comment les Belges sont donc passés à la caisse pour sauver « leurs » banques qui sont si importantes.

En octobre 2008, les trois grandes banques Fortis, Dexia et KBC, ainsi que l’assureur Ethias, trop exposés dans la crise des subprimes à laquelle ils ont participé, sont renfloués par de l’argent public. Par la suite, de l’argent sera dégagé à deux reprises encore pour Dexia, ce qui amènera le montant alloué par l’État à ces institutions financières sur la période 2008-2012 à 32,6 milliards d’euros |1| (soit près d’un dixième de la dette publique) |2|.

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Ces « sauvetages » ont été la réponse donnée par l’État au comportement spéculateur de ces institutions, qui est lui-même la conséquence de la dérégulation financière opérée depuis les années 1980 par les différentes vagues néolibérales : privatisation d’établissements publics (comme la CGER – Caisse Générale d’Épargne et de Retraite – devenue Fortis, ou le Crédit Communal de Belgique devenu Dexia) ; fin de la séparation entre activités de banques de dépôts et d’investissements (ce qui explique entre autres que nos épargnes, prisonnières d’institutions spéculatrices, soient mélangées à des dérivés financiers toxiques) ; fin de la séparation des activités de banque et des activités d’assurance (on parle désormais de bancassurance) ; libre circulation du capital et spéculation à tout va (cette manière de concevoir la « liberté » permet, par exemple, de spéculer sur les aliments, avec toutes les conséquences humaines et écologiques que l’on connaît |3|) ; salaires pour administrateurs et dividendes pour actionnaires sans limites ; augmentation des ratios de levier (rapport entre les fonds réels d’un établissement et l’argent qu’il peut prêter), et donc de la taille des banques |4| par des mouvements de concentration (donnant le jour à ce que l’on appelle les « banques systémiques ») ; etc.

Tout cela amènera à une financiarisation de l’économie et la société à être extrêmement dépendante d’un secteur bancaire géré par des mains privées, qui préférera au financement de l’économie réelle la prise de risques et la création de produits financiers censés rapporter un maximum de profits en un minimum de temps (avec pour contrepartie une succession d’explosions de bulles spéculatives). Ces mains privées ont « joué », et elles ont perdu. Or, quand il y a des perdants dans le « jeu » capitaliste c’est bien connu, ce sont les perdants,...ah non, pardon,...c’est la population qui paie. L’histoire de Fortis et de Dexia illustre parfaitement comment lorsqu’une banque publique en bonne santé est privatisée la valeur de ses actifs, ainsi que ses bénéfices futurs, sont sous-évalués alors que lorsqu’une institution financière privée en faillite est sauvée par le public ceux-ci sont alors sur-évalués |5|. Quand tout va bien les bénéfices vont à des mains privées, quand tout va mal on socialise les pertes...


LE CAS DE DEXIA

Le Crédit Communal de Belgique (créé en 1860) qui avait pour vocation de financer les communes fusionnera avec le Crédit Local de France (établissement public privatisé lui aussi) pour créer Dexia S.A.en 1996. Cette nouvelle banque privée sera codirigée par Axel Miller pour la Belgique et Pierre Richard pour la France.

À partir de là, le groupe ne cessera de grandir et de s’ouvrir à de nouveaux marchés (la Chine, le Japon, les États-Unis, l’Italie, l’Espagne, Israël |6| etc.) et de nouvelles activités (gestion d’actifs, assurances de titres de créances liées à des prêts immobiliers etc.). Son bilan explose, passant de 245 à 651 milliards d’euros en moins de dix ans. Faisant jouer l’effet de levier à plein – le ratio est de 41 fois ses fonds propres – elle affiche une rentabilité surprenante, verse des dividendes colossaux. […] En 2007, tout commence à se dérégler. Très impliquée dans le marché municipal américain et les produits dérivés, Dexia est normalement aux premières loges pour voir venir la crise des subprimes. Pourtant, la banque ne fait rien. Au contraire, elle augmente encore ses expositions, en se félicitant d’être préservée de la crise |7|.

En octobre 2008, c’est la débâcle... Dexia est partie prenante de la crise des subprimes, via sa filiale américaine FSA, et va bénéficier d’un premier sauvetage : l’État fédéral lui injectera 1 milliard d’euros |8|(les Régions feront de même), la France 3 milliards et le Luxembourg 376 millions. De nouveaux dirigeants sont nommés : Jean-Luc Dehaene (dont le gouvernement avait opéré la privatisation de 1996) du côté Belge et Pierre Mariani (dirigeant de BNP-Paribas, qui profitera d’un parachute doré de 1,7 millions lorsqu’il quittera Dexia plus tard) du côté Français. Depuis, les contribuables sont repassés deux fois à la caisse pour éponger cette faillite bancaire.

Le 4 octobre 2011 les gouvernements belges et français décident de se porter garant de la banque et de scinder l’entreprise afin de sauver les parties saines et d’isoler les actifs toxiques. On rassemblera ces derniers dans la bad bank Dexia S.A. et la banque « Belfius » sera créée. Celle-ci est le produit du rachat de Dexia Banque Belgique par l’État à hauteur de 4 milliards d’euros (alors qu’elle valait beaucoup moins). Il est à noter que l’État Belge est actionnaire à 100 % de Belfius mais que celle-ci n’a rien d’une banque publique et que la population n’a rien à dire quant à sa gestion. Au contraire, elle reste une société anonyme à caractère commercial et donc une banque privée gérée comme telle |9|.

Enfin, le 31 décembre 2012 la bad bank Dexia S.A. sera de nouveau recapitalisée pour éponger ses pertes, à hauteur de 5,5 milliards d’euros (dont 2,9 milliards pour la Belgique). Depuis, les administrateurs de Dexia ont annoncé une nouvelle perte nette de 905 millions d’euros au premier semestre 2013 et n’ont pas exclu qu’elle puisse refaire appel à l’État dans l’avenir. À la même période, la Commission Européenne validait le plan de démantèlement de la banque (qui prendra des décennies), particulièrement optimiste.

Aucun-e dirigeant-e de Dexia ou des autorités de contrôle n’a (encore) été inquiété.

Remarque : un arrêté royal du 19 décembre 2012 (modifiant celui du 18 octobre 2011) accorde une garantie d’État sur les actifs de cette bad bank à hauteur de 85 milliards d’euros (dont 43,7 milliards pour la Belgique, 38,7 pour la France et 2,6 pour le Luxembourg)... |10|

Quelques chiffres |11| :
Créances de Dexia = 413 milliards d’euros 
Créances de Dexia sur la Grèce = 2 milliards 
Actifs toxiques de la bad bank à sa création = 80 milliards


Avec quels résultats ?

Plusieurs arguments ont été mis en avant (en premier lieu par le Ministre des Finances d’alors, Didier Reynders) pour justifier l’empressement manifesté dans le sauvetage des banques et l’ampleur des sommes qui leur ont été consacrées : cela devait représenter un investissement pour la collectivité (c’est-à-dire que l’État y gagnerait financièrement) et cela allait permettre aux banques de rouvrir le crédit aux ménages et aux entreprises. Qu’en est-il ?

Comme on le voit dans le tableau ci-dessous, les recettes en retour des sauvetages bancaires – dont le coût a directement été répercuté sur la dette publique – sont bien inférieurs à « l’investissement ».

Si on prend en compte le remboursement anticipé de 3 milliards que KBC a effectué en décembre 2012 et la bad bank de Fortis vendue pour une valeur de 2,9 milliards en mai 2013, ces sauvetages bancaires ont donc coûté à la collectivité (jusqu’à aujourd’hui) plus ou moins 17,4 milliards (32,6 – 15,2) |12|.

Au-delà de ces montants bruts, il ne faut pas oublier de prendre en compte les intérêts sur la dette que l’État paie pour avoir dû emprunter afin de sauver ces banques. D’après Xavier Dupret, en se basant sur l’année 2010, il faudra plus de quatre-vingts ans pour récupérer les 33 milliards injectés dans celles-ci. De même, il ne faut pas non plus oublier les effets que la crise (provoquée par ces institutions financière) a sur les déficits budgétaires (et donc, sur l’endettement). Selon les données de l’OCDE […] la crise bancaire a fait augmenter, en Belgique, le pourcentage de la dette mesurée au PIB de l’ordre de 18-19 % |13| (celle-ci est en fait passée de +- 84 % au début de la crise à +- 100 % aujourd’hui, soit en chiffres absolus de +- 300 milliards d’euros à +- 400 milliards).

Regardons maintenant si ces sauvetages ont permis, comme le discours officiel le prétendait, aux banques de rouvrir le crédit ? Et bien non. Depuis les sauvetages, les prêts aux ménages et aux administrations publiques ont en fait diminué et ils ont stagné pour les entreprises (particulièrement pour les PME) |14|. En deux mots : ces établissements qui portent une part de responsabilité dans la crise actuelle n’ont pas utilisé l’argent avec lequel nous les avons renfloués pour mettre du crédit à disposition de l’économie réelle mais bien pour recommencer à spéculer[Par exemple, la production de CDS (Credit Default Swaps), qui sont en partie responsables de la crise financière de 2007, a augmenté de 45 % entre avril 2011 et mars 2012 en Belgique. Voir Olivier Bonfond, op. cit., p.89]] et à attribuer dividendes et autres bonus. Aucun changement à l’horizon, donc.

Il ne faut pas s’en étonner, puisqu’au lieu de juger les responsables (grands actionnaires, membres des conseils d’administration, Ministres des Finances, Gouverneurs de la Banque Nationale de Belgique, responsables de la FSMA – Autorité des services et marchés financiers, etc.) et de sanctionner et réagir en conséquence on a sauvé ces structures et leurs acteurs sans conditions. Il n’y a aucune raison que quoi que ce soit ne change, et les banques savent qu’elles pourront toujours compter sur le soutien de l’État (c’est ce qu’on appelle l’aléa moral). Alors qu’il était propriétaire en tout ou en partie de plusieurs institutions et que le secteur bancaire belge reste bancal, l’État n’a rien fait pour changer les règles du jeu. Par contre, les gouvernants n’ont pas hésité une seconde pour appliquer l’austérité face à l’augmentation de l’endettement public et du déficit causés par ces banques.

Et maintenant on va où... ?

En fait, les dirigeant-e-s de ces banques (et la population la plus riche en général) profitent de l’endettement public. Non seulement parce qu’elles sont les créancières principales de la dette souveraine, mais également parce que cet endettement permet de justifier et de mettre en œuvre une politique de casse sociale qui augmente le taux d’exploitation des travailleurs et de la nature au profit de celles-ci. En comparant la situation dans les autres pays, on voit que la même logique prévaut partout. Il ne s’agit que de la continuité d’un système qui opère un transfert de richesses de la partie la plus pauvre de la population vers la partie la plus riche, avec la participation active des autorités. Les épisodes récents liés à la crise financière de 2007-2008 (qui est loin d’être terminée) n’ont fait que tomber les masques et rendre les choses un peu plus claires : la population n’a rien à dire et le capitalisme – qui se nourrit de crises – peut continuer son œuvre sans entraves.

Les réformes du « capitalisme sauvage » qu’on nous avait promises au début de la crise n’ont jamais vu le jour. Des déclarations flamboyantes, mais mort-nées, de chefs d’État au laxisme renforcé des autorités de contrôle qui ont en fait donné de nouvelles largesses aux grandes banques, en passant par les cadeaux dont elles ont pu profiter après leur effondrement (comme les exonérations d’impôts en Belgique), nous avons été gâtés. Depuis, des peuples ont été (et sont) saignés à blanc, avec un besoin toujours plus grand d’autoritarisme pour imposer les mesures d’austérité et la casse sociale dont pourra profiter la classe capitaliste (quitte à faciliter l’accès au pouvoir de formations politiques néonazies et le retour du spectre fasciste dans les sociétés européennes). On l’a vu en Grèce, où le gouvernement a appliqué l’austérité malgré l’opposition de plus de 80 % de la population à cette politique et où un projet de referendum sur la question a été annoncé puis retiré (après avoir été modifié) sous la pression d’une ingérence extérieure. On l’a vu également en Espagne où la majorité de la population était contre le sauvetage de Bankia, qui a bien eu lieu, et où dans le même temps le FMI critiquait une proposition de loi susceptible de protéger des ménages expulsés à cause de prêts hypothécaires impayés. On l’a vu ici même en Belgique où les citoyen-ne-s n’ont été en rien informé-e-s sur le soutien aux banques par la collectivité (et encore moins consulté-e-s sur la manière dont celui-ci s’est effectué) alors que ces banques et les agences de notation ne se gênent pas pour conseiller le gouvernement sur les mesures d’austérité à entreprendre. Aucun pays n’est à l’abri, car aucun pays ne s’est encore défait de ce système prédateur et de la place des banques et de leurs dirigeant-e-s dans le pouvoir en place. Celle-ci est de plus en plus manifeste, avec des allers retours incessants entre sphère privée et sphère publique (l’exemple de Goldman Sachs est à ce titre emblématique : Henry Paulson, ancien secrétaire au Trésor des États-Unis ; Mario Draghi, actuel président de la BCE ; Mario Monti, chef du gouvernement Italien ; Lucas Papademos, ancien premier ministre grec, Karel Van Miert, ancien commissaire européen de la Belgique ; |15|...tous ont travaillé pour cette banque tentaculaire).

Au-delà de leurs activités et de leurs investissements néfastes pour la société et son environnement (sans parler des vagues de licenciement qu’elles opèrent en Belgique actuellement), les banques continuent à faire courir des risques énormes aux populations qui les ont sauvées (et qui n’auront bientôt plus grand chose pour les renflouer) |16|. En fait, les banques ont des tailles et une importance tout simplement démesurées. À titre indicatif, les actifs de l’ensemble du secteur bancaire européen sont passés de 25 000 milliards d’euros en 2001 à 43 000 milliards en 2008, soit 3,5 fois le PIB de l’UE... Mais surtout, il s’agit de « colosses aux pieds d’argile » quand on prend en compte la falsification de leurs bilans – leurs fonds propres ne représentant qu’entre 2 et 6 % de leurs actifs ! – et la nature de nombre de ces derniers qui sont de véritables bombes à retardement |17|. Si plusieurs d’entre elles ne se sont pas effondrées, c’est uniquement parce qu’elles ont été soutenues à bout de bras par leurs gouvernements, la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI. Entre 2007 et 2010 les différentes aides aux banques européennes se sont élevées à 2000 milliards d’euros |18|. Le maillon faible de la chaîne dans la crise de la dette en Europe ce ne sont pas les États, ce sont les banques. Et ce sont à ces banques qu’ils ont renflouées que les pouvoirs publics empruntent pour financer leurs politiques |19|...

N’y a-t-il alors aucune solution ? Est-il vrai qu’« il ’y avait pas d’alternatives » ?
Non. Et pour cela il suffit de regarder chez nos voisins scandinaves (l’Islande, la Finlande, la Norvège, la Suède) et de voir comment ils ont réagi lorsque des banques sont également venues toquer à leurs portes. Comme nous le rappelle Xavier Dupret, trois principes qui peuvent sembler tomber sous le sens ont alors prévalus dans ces pays : Primo, le but des opérations était de sauver le système financier et pas une banque en particulier. Il était, dès lors, préférable d’acter un état de faillite plutôt que de s’acharner à faire survivre l’un ou l’autre canard boiteux. Secundo, les actionnaires devaient subir les pertes les plus importantes. Tertio, le CA et la direction responsable de l’échec de la banque devaient se démettre. |20|

Au-delà de ces choix politiques (plus ou moins alternatifs, selon les cas) décidés par les gouvernements scandinaves pour apporter une solution ponctuelle à la crise de leur système financier, des solutions existent pour créer un autre modèle bancaire au service d’une économie socialement juste et écologiquement soutenable. Cela passe par des mesures simples et de bon sens : réduire la taille des banques et le ratio de levier ; séparer les activités de banques de dépôts et d’investissements ; interdire la spéculation et réguler le marché des produits dérivés ; sanctionner le recours aux paradis fiscaux et imposer la transparence des opérations (entre autres envers le shadow banking – activités hors bilan) ; plafonner les revenus maximums ; interdire l’usure ; conditionner les aides aux banques ; récupérer leurs coûts sur le patrimoine des grands actionnaires et des administrateurs après avoir engagé des poursuites (concernant Dexia – attaquée en justice par plus de 200 localités en Belgique et en France pour l’octroi de prêts toxiques |21| – il faut d’urgence annuler les garanties et lui appliquer une mise en faillite ordonnée) ; mettre sous contrôle citoyen les banques nationalisées (comme Belfius), et à terme l’ensemble du secteur bancaire (au côté d’un secteur coopératif |22|) ; etc. Si l’on veut réellement parler de rigueur budgétaire, il faut avant tout annuler les dettes illégitimes (dont les dettes issues des sauvetages bancaires) et lutter pour l’élimination du secteur bancaire capitaliste. « La banque est un métier trop sérieux pour le laisser aux mains des banquiers ». Comme elle utilise de l’argent public, bénéficie de garanties de la part de l’État et rend un service de base fondamental à la société, la banque doit devenir un service public |23|. Les solutions ne manquent pas et devront être débattues démocratiquement. Pour cela, la population doit pouvoir s’informer, auditer l’endettement public et retrouver sa capacité de contrôle d’orientation de l’activité économique et financière.

Jérémie Cravatte, CADTM

 


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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 17:02

 

 

Médiapart

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

La rentrée est marquée par la revalorisation ou le lancement de diverses allocations et l'entrée en vigueur d'une réforme de la fiscalité des plus-values immobilières.

 

La rentrée est marquée par la revalorisation ou le lancement de diverses allocations et l'entrée en vigueur d'une réforme de la fiscalité des plus-values immobilières. Voici ce qui change au 1er septembre.

Le revenu de solidarité active (RSA) est revalorisé de 2 % à partir du 1er septembre 2013. Cette hausse est la première étape de la revalorisation exceptionnelle de 10 % du RSA-socle d'ici 2017, adoptée dans le cadre du plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale du 21 janvier 2013. Le montant du RSA varie selon la composition et les ressources du foyer du demandeur. Pour les personnes sans revenu d'activité, le RSA prend la forme d'un revenu minimum garanti égal à un montant forfaitaire. Si le bénéficiaire du RSA et/ou son conjoint travaillent mais que les ressources du foyer sont inférieures à un niveau minimum garanti, le RSA prend la forme d'un complément de revenu. Le montant forfaitaire mensuel du RSA pour une personne seule sans enfant par exemple passe de 483 à 493 euros. L'allocation pour une mère isolée avec un enfant de moins de 3 ans s'élève à 844 euros par mois, contre 827 auparavant. Et elle est portée à 1 035 euros pour un couple avec deux enfants.

Dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté, l'allocation adulte handicapé (AAH) est relevée de 1,75 % au 1er septembre. Le montant pour une personne seule sans ressources passe à 790,18 euros par mois contre 776,59 auparavant. Pour y avoir droit, il faut présenter taux d'incapacité d'au moins 80 %, soit un taux d'incapacité compris entre 50 et 79 % et une restriction substantielle et durable d'accès à un emploi.

La « garantie jeunes » a pour objectif d'aider quelque peu les 18-25 ans en situation de précarité à trouver un emploi ou une formation. L'accompagnement vers l'emploi est renforcé par une allocation d'un montant équivalent au RSA-socle pendant les périodes sans emploi ni formation. Elle est lancée dans dix départements pilotes à partir du 1er septembre : Allier, Bouches-du-Rhône, Réunion, Vaucluse, Lot-et-Garonne, Finistère, Eure, Aude, Seine-Saint-Denis et Vosges. 10 000 jeunes pourraient en bénéficier dans le cadre de cette expérimentation, un chiffre qui pourrait être porté à 100 000 à terme.

Le tarif réglementé du gaz de GDF Suez baisse en moyenne de 0,18 % au 1er septembre, soit une baisse de 0,01 centime d'euro par kilowattheure. Pour les 1,3 million de ménages français qui n'utilisent que le gaz pour la cuisson et les 1,1 million qui s'en servent pour cuisson et eau chaude, le recul pour la facture est d'environ 0,1 %. Pour la principale catégorie de clients qui s'en sert également pour le chauffage (6 millions), le recul est de 0,2 %. Depuis la mise en place d'une nouvelle formule fixant mensuellement le prix réglementé du gaz offert par l'opérateur historique et un important rattrapage en janvier (+ 2,4 %), le tarif a entamé un mouvement de reflux.

Dans le cadre de la réforme du régime d'imposition des plus-values immobilières sur les résidences secondaires, les cessions réalisées entre le 1er septembre 2013 et le 31 août 2014 bénéficient d'un abattement exceptionnel de 25 %. Autre modification entrant en vigueur le 1er septembre, la durée minimale de détention d'une résidence secondaire, au terme de laquelle elle est exonérée d'impôt sur le revenu au moment de sa cession, est abaissée à 22 ans contre 30 ans jusqu'ici. Dans le détail, l'exonération d'impôt sur le revenu est de 6 % pour chaque année de détention à compter de la 6e et jusqu'à la 21e, puis 4 % au terme de la 22e et 100 % à l'issue de la 22e. Par ailleurs l'exonération au titre des prélèvements sociaux, CSG et CRDS, est modifiée dans le sens d'une plus grande dégressivité pour devenir totale au bout de 30 ans.

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

 

Nouveau 02/09/2013, 02:03 | Par vieille dame

"Autre modification entrant en vigueur le 1er septembre, la durée minimale de détention d'une résidence secondaire, au terme de laquelle elle est exonérée d'impôt sur le revenu au moment de sa cession, est abaissée à 22 ans contre 30 ans jusqu'ici."

ça c'est une mesure qu'elle est sociale !!! c'est vrai, les résidences secondaires font partie intégrante de la vie des pauvres !!!  mais je vous l'avais déjà prédit : tous ces ministres, tous ces députés qui ont au moins trois maisons, ils sont évidemment les mieux placés pour juger du caractère social, de gauche, d'une mesure ! ça s'appelle pas un conflit d'intérêt ? non ?

 

Nouveau 02/09/2013, 11:57 | Par Annie Lasorne

"Forfait logement" Le calcul du montant du RSA tient compte également des aides au logement que vous percevez ou des avantages en nature procurés par l'occupation d'un logement : Si vous êtes propriétaire, logé à titre gratuit, si vous percevez l'allocation de logement familial (ALF), l'allocation de logement sociale (ALS), l'aide personnalisée au logement (APL).

On enlève de votre RSA d'un montant de 483€/mois pour une personne seule, la somme de 57,99€ de "forfait logement", il vous reste donc la somme de 425,01€ /mois qui revalorisée de 2%, vous donne 8,50€ d'augmentation par mois

Un foyer de 2 personnes va se voir enlever 115,98€/mois, un foyer de 3 personnes et plus se vera enlever 143,52€ de son RSA mensuel.

http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F502.xhtml

C'est sûr qu'une personne seule, qui va recevoir (très généreusement) 8,50€ de plus par mois au lieu de 10€... C'est dérisoire, mais je tenais à rétablir les choses.

Juste pour rétablir quelques notions d'équité... Un peu comme le prix du carambar sur le Smic, cette (très généreuse) augmentation que la "gauche" faucialiste accorde aux indigents...

Les inégalités de revenus se sont accrues au cours des dix dernières années. Le revenu annuel moyen des 10 % les plus modestes s’est élevé de 400 euros entre 2000 et 2010, celui des 10 % les plus riches de 8 950 euros.

http://www.inegalites.fr/spip.php?article632

Tout de suite, ça cause un peu plus, non ? 22 fois plus !!!

Donc quand mon pauvre touche 8,50€ par mois, mon riche en palpe 187€ par mois. Explicite, non ?

Je ne suis pas économiste, juste ménagère ! Mais je sais compter et surtout, on ne fais pas prendre des vessies pour des lanternes.

En 2013, avec la "criiise" gageons que l'écart s'est encore un peu plus creusé, à l'avantage de qui, d'après vous ?...

 

Nouveau 02/09/2013, 18:24 | Par Pierre Magne

Rappelons qu'environ 3 personnes sur 4 qui pourraient demander le RSA, ne le demandent pas, car il y a beaucoup de papiers à remplir, de documents à donner. Ceux qui pourraient le demander ne sont pas en effet  d'anciens élèves à Polytechnique ou de l'ENA ! Ces formalités pour une population souvent illettrée sont odieuses ! Mais les solfériniens n'y voient pas malice !
Normal ils sont de droite !

 

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 16:43

 

 

Médiapart - Blog

L’avenir de nos retraites n’est pas une question anecdotique, ni une affaire d’« experts ». Il s’agit d’un choix de société qui nous concerne tous et toutes, jeunes et vieux, femmes et hommes, salariés, indépendants, précaires ou chômeurs.

Au moment où le gouvernement annonce une nouvelle réforme des retraites qui s’inscrit dans la continuité des réformes précédentes menées par la droite, et où les experts du MEDEF nous expliquent qu’« il n’y a pas le choix », il est essentiel que les citoyens aient toutes les cartes en main pour permettre un véritable débat de société.

Ce petit guide d’autodéfense publié par Attac, et auquel a collaboré les Dessous de Bruxelles, a pour vocation de déconstruire les idées toutes faites ressassées à longueur d’antenne dans les grands médias, et de montrer que d’autres perspectives sont possibles pour sortir de l’impasse et financer des retraites de qualité et solidaires.

(version PDF disponible ici)

Argument n°1 : « La réforme des retraites sera une réforme juste »

Hollande annonce que la mesure phare de la réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite complète, était « la mesure la plus juste à condition qu’elle soit appliquée à tous » et qu’elle devait permettre que les efforts soient « équitablement répartis ».

Mais cet allongement de la durée de cotisation s’accompagne d’une diminution du montant des pensions pour chaque trimestre manquant, à laquelle s’ajoute une sanction appelée décote qui pénalise la pension à hauteur de 5 % par année manquante.

Pour les femmes, qui ont des carrières plus courtes et qui sont nombreuses à travailler en temps partiel, pour les précaires ou pour ceux qui ont connu des périodes de chômage, cet allongement va donc être synonyme de diminution du montant des pensions.

Ainsi, selon une étude officielle, les contre-réformes cumulées de 1993, 2003 et 2010 conduiraient à une réduction du montant des pensions d’environ 15 à 25%. Elles aggravent les inégalités déjà fortes entre les retraites des femmes et celles des hommes. La diminution des pensions font les bonnes affaires des banques et assurances : de plus en plus de Français ont recours à des assurances retraites complémentaires pour pallier la faiblesse des pensions.

Pour les jeunes, c’est la double peine. Peine de court terme : avec le chômage de masse, si les séniors sont contraints de cotiser et donc de travailler plus longtemps, il ne reste aux jeunes que des stages peu ou pas rémunérés ou le Pôle emploi. Et ce alors qu’un jeune actif sur quatre ne parvient pas à trouver un emploi…

Peine de long terme : les jeunes générations commencent à travailler plus tard, à cause du chômage et de l’allongement des études. Un nouvel allongement reporterait à un âge improbable leur départ en retraite. Ainsi, exiger 44 ans de cotisations – alors qu’on estime à 35 ans l’espérance de vie professionnelle de la génération née en 1974 – est une véritable provocation !

D’après les chiffres du gouvernement, le coût de la réforme serait estimée à 3,8 milliards d’euros en 2014. Sur ce montant, 2,8 milliards, soit 73% environ du coût total, seront supportés par les salariés et les retraités.

Alors qu’en l’espace d’une génération, depuis les années 1970, notre système de retraite a permis aux retraités d’atteindre quasiment le niveau de vie des actifs, c’est un retour de la paupérisation des retraités que prépare cette réforme, à travers la diminution des pensions... qui va frapper plus durement les plus faibles : drôle de conception de la justice et de l’équité !

Argument n°2 : « On vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps »

L’argument-phare du gouvernement, repris à tort et à travers dans les grands médias, était déjà celui de la droite en 2010 : « on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps ».

Cet argument est simpliste. On vit plus longtemps, certes, mais dans quelles conditions ? Car l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue : en 2010, elle était de 61,9 ans pour les hommes et de 63,5 ans pour les femmes, contre respectivement 62,7 et 64,6 en 2008. Alors que les années au travail les plus dures sont entre 60 et 65 ans, il faudrait travailler plus longtemps pour arriver à la retraite usé et malade, et même travailler au-delà de la limite où l’on est en bonne santé ?

Les réformes précédentes ont ainsi contraint nombre de salariés âgés à retarder leur départ : le taux d’emploi des seniors a augmenté, certes, mais dans des conditions de plus en plus dures, affectant leur santé et réduisant leur espérance de vie sans incapacité. Un grand nombre de salariés placés dans des conditions de travail difficiles mettent fin à leur activité professionnelle et liquident leur retraite sans avoir la durée de cotisation requise, parfois après de longues périodes de chômage ou d’inactivité. Ils subissent ainsi une diminution flagrante de leur pension.

En 2012, l’espérance de vie a baissé en France. Cela n’est pas anodin : si la durée de vie des français n’a cessé d’augmenter depuis 1945, c’est entre autres raisons grâce à la possibilité pour tous et toutes d’avoir une retraite décente avant d’être usé par le travail, et de gagner du temps pour vivre et jouir d’une vieillesse heureuse, libérée de la misère et de la dépendance.

Depuis 200 ans l’espérance de vie augmente et la durée du travail diminue, pourquoi cela ne serait-il plus possible aujourd’hui ? Le progrès social consiste à travailler moins longtemps, et à profiter de la retraite plus tôt et en meilleure santé. Cela suppose un meilleur partage des richesses... un partage qui ne fait pas les affaires des plus riches et des grandes entreprises ! C’est pourquoi il a fallu d’importantes mobilisations sociales pour imposer le système de retraites par répartition.

Argument n°3 : « La population vieillit et les retraites coûtent trop cher »

Autre argument « technique » avancé par le gouvernement : la population française vieillissant, les déficits seraient mécaniques car il y aurait désormais trop de retraités en comparaison du nombre de travailleurs actifs ; les cotisations des uns seraient ainsi insuffisantes pour payer les pensions des autres.

Le rapport Moreau le reconnait pourtant : c’est « la durée et l’ampleur de la crise depuis 2008 » qui expliquent les déficits supplémentaires, les données démographiques n’ayant pas bougé depuis 2010. Et quand bien même : il y a plus de retraité-es ? Il est normal de financer leurs retraites et de leur dédier une part plus importante de la richesse produite...

D’après le Conseil d’orientation des retraites, 1% de la richesse nationale supplémentaire suffirait en 2020 pour équilibrer le système de retraites à législation constante : alors que 8% de la richesse nationale a basculé des salaires vers les revenus financiers au cours des quatre dernières décennies, cela est loin d’être impossible ! (voir idée reçue n°4)

Et ceux qui ne cessent de pointer le coût des retraites par répartition feraient bien de s’intéresser au coût des retraites privées, par « capitalisation ». A l’inverse du principe de répartition qui organise la prise en charge solidaire – et sans surcoût – des pensions de chaque génération par les générations suivantes, la retraite par capitalisation s’avère risquée et coûteuse : risquée parce qu’elle dépend des marchés financiers ; coûteuse parce qu’il faut rémunérer les intermédiaires et les actionnaires...

Elle est aussi coûteuse pour l’économie : pour garantir des taux à deux chiffres, les fonds de pension multiplient les opérations boursières brutales qui mettent les entreprises sous pression, en les rachetant puis en imposant des plans sociaux pour faire bondir leur valeur financière. C’est la finance qui coûte trop cher, pas nos retraites !

Argument n°4 : « C’est la crise : il n’y a plus d’argent dans les caisses »

Aux arguments démographiques du gouvernement s’ajoutent les arguments économiques : en période de crise et de récession, il faut désormais « faire des efforts », explique-t-on, et cela passe par faire des coupes budgétaires dans les retraites.

La réforme des retraites s’inscrit donc dans la lignée des politiques d’austérité imposées partout en Europe par la Commission européenne et les gouvernements européens. Ainsi dans certains pays d’Europe du Sud, à la suite de réformes successives, les pensions ont baissé de 30% et l’âge de la retraite est sans cesse reculé. Pour la première fois en France, le gouvernement a envisagé de baisser la valeur réelle des pensions (en les revalorisant en dessous de l’inflation) et d’accroître la fiscalité sur les retraités.

Et pourtant, ce sont ces politiques qui entretiennent la crise et la récession en Europe… Même le FMI le reconnaît désormais ! Le rapport Moreau reconnaît quant à lui que c’est la spirale récessive entretenue en Europe qui est la cause des déficits du système de retraites. La crise est instrumentalisée pour approfondir les réformes mise en œuvre depuis des années. Pourtant ce ne sont pas les retraites et les dépenses sociales qui en sont à l’origine… mais plutôt les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises, ainsi que l’impunité des banquiers !

Pour financer les retraites, il faut d’urgence en finir avec l’austérité et s’attaquer à la finance. Des solutions existent pour équilibrer les comptes des caisses de retraites sans couper dans les pensions versées, à commencer par soumettre à cotisations les revenus financiers et dividendes distribués. En effet, ce n’est pas la crise pour tout le monde : en 2012, les 500 français les plus riches ont vu leur fortune croître de 25 %, et les dividendes atteignent aujourd’hui leur plus haut niveau historique.

Face à la crise, sacrifier les retraites n’est pas une solution. De véritables alternatives existent : une lutte sans merci permettrait d’en finir avec l’évasion fiscale des hauts revenus et des entreprises qui représente plus de 60 milliards d’euros de manque à gagner pour la collectivité. A plus long terme, des politiques monétaire et budgétaire alternatives, tournées vers les besoins de la société, permettraient de financer des plans publics d’investissement social et éco¬logique pour relancer l’emploi, avec réduction du temps de travail et augmentation des revenus… Mais cela suppose d’engager une véritable confrontation avec la finance !

Argument n°5 : « Il faut réformer les retraites pour améliorer la compétitivité des entreprises »

Pour le gouvernement, il n’y a qu’une issue à la crise : plus de croissance économique ! Et une seule solution pour stimuler cette croissance : une politique aux petits soins pour les (grandes) entreprises. Une politique de « compétitivité » qui a un coût pour la collectivité… La réforme des retraites en est un exemple.

Le système de retraites par répartition repose sur les cotisations des salariés et des employeurs. Or non seulement le gouvernement se refuse à toute augmentation significative des cotisations patronales, mais il en multiplie les exonérations (notamment via le « pacte de compétitivité ») quitte à creuser les déficits publics.

Dès lors, pour rééquilibrer les comptes, le gouvernement souhaite mettre à contribution les salariés et les retraités. C’est précisément le sens de l’allongement de la durée de cotisation, qui revient à diminuer les pensions, et de la hausse annoncée de la CSG. Pourtant, il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’un choix idéologique.

Car les politiques de « compétitivité » montrent leur inefficacité : la lutte économique de tous contre tous revient à promouvoir une baisse des salaires, la dégradation des conditions du travail et des retraites, l’abandon des services publics, la main-mise du privé sur les biens communs, … qui contribuent à la régression et à l’aggravation des crises sociale, écologique et démocratique.

Argument n°6 : « La réforme des retraites sera le fruit de la consultation et du dialogue »

De « consultations » en « conférences sociales », le gouvernement ne cesse de communiquer sur son « dialogue » avec les partenaires sociaux. Tout porte à croire qu’il s’agit pourtant d’un dialogue de sourd : malgré l’opposition des organisations syndicales aux principales mesures du rapport Moreau, il continue de le considérer comme base de discussion pour la réforme des retraites. Comme le résume diplomatiquement un dirigeant syndical, « le gouvernement nous écoute beaucoup, je n’ai pas le sentiment pour autant que nous soyons entendus ».

Mais les retraites ne sont pas qu’une affaire de syndicats : c’est l’affaire de tous. Or la parodie de consultation des syndicats s’accompagne d’un calendrier qui court-circuite le nécessaire débat citoyen sur l’avenir de nos retraites. Présenté en septembre, le projet de loi devrait figurer à l’ordre du jour du Parlement dès l’automne pour un vote définitif souhaité en décembre 2013. Avec un calendrier plus expéditif que lors de la précédente réforme du gouvernement Fillon, cette adoption à la hussarde masque mal une volonté d’esquiver tout débat !

Conclusion : Contre la résignation, mobilisons-nous !

« Il n’y a pas d’alternative », c’est l’argument suprême pour provoquer la résignation. Mais à moins de vouloir paupériser les retraités, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés au vieillissement de la population. La richesse produite par l’économie française n’a jamais été aussi élevée mais elle est de plus en plus mal répartie. Financer des retraites solidaires et égalitaires, notamment entre les femmes et les hommes, c’est possible… à condition de s’attaquer non aux retraités et futurs retraités, mais aux vraies causes de la crise – hégémonie de la finance et des banques, inégalités croissantes…

Pour ce faire, il faut partager le travail et partager les richesses. Ce n’est pas seulement une exigence de justice sociale, mais aussi une nécessité écologique. C’est une condition indispensable pour permettre de changer nos modes de vie, et faire primer la satisfaction des besoins essentiels et la préservation de la vie et des écosystèmes, et non l’illusion d’une production et d’un enrichissement sans fin.

Partager signifier tourner le dos à la logique néolibérale qui exige toujours plus de profit, de production, d’exploitation des ressources naturelles, de pollution. Il permettrait de construire une société fondée sur un autre rapport au travail, dans laquelle la course à l’accumulation et à la productivité céderait le pas à des modes de vie à la fois solidaires et écologiques.

Ce n’est pas une utopie ! C’est une condition nécessaire pour sortir de l’impasse, et une option à la portée d’un gouvernement doté d’une vraie volonté politique… ou placé sous une forte pression citoyenne.

La retraite par répartition n’est pas un fardeau, elle est une transmission solidaire de la prise en charge de chaque génération par les suivantes. Le fardeau, c’est le coût de la finance, de l’austérité et de la compétitivité, pas celui du travail, ni celui des retraites.

Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, la relégation des jeunes générations, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Cet engrenage favorise l’extrême droite et menace la démocratie.

Quelle société voulons-nous ? Les pistes alternatives existent pour garantir une retraite de qualité, en bonne santé, sur la base d’une répartition juste des richesses, dans le cadre d’une société soutenable où il fait bon vivre : pour les promouvoir, les développer et les imposer, expérimentons, construisons et mobilisons-nous !

Attac France

Lexique :

Retraite par répartition : système collectif qui est financé par prélèvement de cotisations sur le travail des actifs, reversées immédiatement aux retraités sous forme de pensions. Il est foncièrement équilibré si les cotisations évoluent en fonction des besoins et de l’activité productive.

Retraite par capitalisation : système où l’épargne individuelle est placée sur les marchés financiers via des fonds de pension ou des compagnies d’assurance. Mais, contrairement à une légende tenace, ce système dépend tout autant que le précédent de l’activité économique courante au moment du versement des pensions. Il n’est donc pas susceptible par nature de faire face au vieillissement de la population. Au contraire, il est plus risqué et il est plus coûteux.

Conseil d’orientation des retraites : organisme d’État chargé d’élaborer des rapports techniques pour préparer les décisions des gouvernements (http://www.cor-retraites.fr). En 2013, ceux-ci ont été complétés par le rapport de la commission présidée par Mme Yannick Moreau chargé de faire des recommandations (http://www.gouvernement.fr/presse/r...).

Rapport Moreau : Le rapport remis en juin 2013 par Yannick Moreau va servir de base de discussion pour projet de loi que le gouvernement présentera dès septembre au Parlement. Il reprend à son compte les recommandations de la Commission européenne qui demandait en mai 2013 de "prendre des mesures d’ici à la fin de l’année 2013 pour équilibrer durablement le système de retraite en 2020 au plus tard, par exemple en adaptant les règles d’indexation, en augmentant encore l’âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein et en réexaminant les régimes spéciaux, tout en évitant une augmentation des cotisations sociales patronales".

Pacte de compétitivité : le pacte de compétitivité est un ensemble de mesure mises en oeuvre par le gouvernement Ayrault inspiré par les mesures préconisées par le rapport Gallois. Selon celui-ci, la France souffrirait d’un déficit de compétitivité dû, entre autres, à un coût du travail trop élevé. Il s’agit dès lors de trouver les moyens de réduire les "charges" qui "pèsent" sur les entreprises : salaires, cotisations sociales, droit du travail... Ces mesures constituent un ralliement du gouvernement aux dogmes néolibéraux selon lesquels la puissance publique doit prendre toutes les mesures pour renforcer le secteur privé... au détriment du public.

A lire

    Attac et Fondation Copernic, Retraites, l’alternative cachée, Paris Syllepse, 2013
    Attac et Fondation Copernic, Retraites : l’heure de vérité, Paris, Syllepse, 2010
    Attac et Fondation Copernic, En finir avec la compétitivité, Paris Syllepse, 2012
    Laurent Cordonnier, « Coût du capital, la question qui change tout », Le Monde diplomatique, Juillet 2013.
    COR, « Retraites : perspectives 2020, 2040 et 2060 », Onzième rapport, 19 décembre 2012, http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf....
    COR, « Retraites : un état des lieux du système français », Douzième rapport, janvier 2013, http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf....
    Yannick Moreau, « Nos retraites demain : équilibre financier et justice », 14 juin 2013, http://www.gouvernement.fr/presse/r...

 

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 16:33

 

 

Marianne

 

 Lundi 2 Septembre 2013 à 05:00

Par Henri Sterdyniak*

 

 

Manifestations contre la réforme des retraites, Lyon - FAYOLLE PASCAL/SIPA
Manifestations contre la réforme des retraites, Lyon - FAYOLLE PASCAL/SIPA
Sous la pression des marchés financiers et des institutions européennes, le gouvernement présente une nouvelle réforme des retraites, trois ans après celle de 2010. Pourtant, la question des retraites ne devrait pas être aujourd’hui la priorité de la politique économique française : retrouver une croissance satisfaisante, réorienter la stratégie macroéconomique de la zone euro, donner une nouvelle impulsion à la politique industrielle française dans le cadre de la transition écologique sont autrement plus urgents. Ce n’est ni le moment de réduire le pouvoir d’achat des ménages (actifs ou retraités), ni celui d’imposer aux séniors de rester sur le marché du travail.

Ce sont surtout les retraités qui seront mis à contribution. En raison de l’accord AGIRC-ARRCO de mars 2013, les retraites des régimes complémentaires devaient déjà perdre 2,5 à 2,8% de pouvoir d’achat. S’y ajoutait la hausse des cotisations pour la dépendance (0,3%) en avril ; puis, maintenant, le report d’avril à octobre de l’indexation des retraites (une perte de 0,9% de pouvoir d’achat en moyenne annuelle). Enfin, une fois de plus, les parents de familles nombreuses sont frappés : leurs majorations de retraite, qui récompense leur contribution au renouvellement des générations et donc au financement des retraites, deviennent imposables. Au total, les retraités perdent 2,3% de pouvoir d’achat contre 0,3% pour les actifs.

Est-il juste que la perte de pouvoir d’achat frappe surtout les salariés du privé ? L’Etat laisse les partenaires sociaux, gestionnaires des régimes complémentaires, se débrouiller seuls. Il leur reste encore 4 milliards à trouver d’ici 2020, ce qu’ils risquent de faire au détriment des retraités, tandis que l’Etat promet d’équilibrer les régimes publics (sans dire comment il trouvera les 8 milliards manquant).

Les entreprises voient leurs cotisations augmenter de 2,2 milliards. Mais, le gouvernement s’est empressé de les rassurer. Elles bénéficieront d’une baisse des cotisations familles qui compensera cette augmentation. Une fois de plus, le gouvernement se couche dès que le patronat hausse la voix. Où trouvera-t-il les 2,2 milliards qui manqueront ainsi à la branche famille ? Que ce soit par la CSG ou par la baisse des dépenses publiques ou sociales, ce sont les ménages qui risquent de payer.

Etait-il vraiment nécessaire d’annoncer immédiatement une hausse de la durée de cotisation requise dans 12 ans, sans savoir quels seront, en 2025, la situation du marché du travail, les besoins d’emplois, les désirs sociaux, les contraintes écologiques ? Cette annonce risque de désespérer les jeunes qui peuvent penser qu’ils n’auront jamais droit à une retraite. Les jeunes commencent aujourd’hui à valider des trimestres à 22 ans et peuvent faire le calcul : 22+43=65 ans. Les années manquantes sont fortement pénalisées actuellement : 2 ans de moins de cotisation font perdre 14,3% de pension. Aussi, faut-il rappeler que le système de retraite est réformable en permanence et que l’allongement de la durée requise de carrière pourra ne pas avoir lieu, s’il aboutit à une baisse trop importante des pensions.

Le point positif de la réforme est la mise en place d’un compte individuel de pénibilité. Un salarié ayant effectué 25 années de travaux pénibles aura ainsi le droit à six mois de formation et 2 années de retraite précoce. Ceci obligera les entreprises à distinguer et à enregistrer les travaux pénibles ; ceux-ci donneront lieu à une cotisation supplémentaire ; les entreprises seront donc incitées à réduire le nombre de postes de travaux pénibles. Mais la réforme, valable pour l’avenir, fait l’impasse sur les périodes de travaux pénibles des salariés qui arriveront à l’âge de la retraite dans les années à venir. Elle ne jouera à plein que dans 25 ans.

La réforme n’a pas été vraiment négociée avec les syndicats ; elle ne favorise pas la convergence des régimes et un pilotage commun. L’équilibre financier n’est assuré que sous deux hypothèses : une croissance vigoureuse, ramenant rapidement à un taux de chômage de l’ordre de 5%, peu compatible avec les politiques économiques actuellement mises en œuvre en Europe ; une baisse du niveau relatif des retraites de 2020 à 2040 (qui n’auraient aucun gain de pouvoir d’achat alors que celui des salaires augmenteraient de 1,5% par an).

Il est dommage que le gouvernement n’est pas proposé une réforme s’attaquant plus vite aux inégalités (en augmentant immédiatement la retraite des mères, alors que la hausse est reportée après 2020 ; en permettant aux ouvriers de reconstituer leurs périodes de travaux pénibles ; en évitant la perte de pouvoir d’achat des retraites complémentaires). Dommage qu’il ne donne pas clairement des objectifs pour le niveau futur des retraites (du genre 75% du salaire net pour le salarié moyen), qu’il ne dise pas clairement que l’allongement de la durée de cotisations dépendra de la situation du marché du travail et des besoins en emplois, que le système sera équilibré, si nécessaire, par hausse des cotisations.

 

Quelles sont les alternatives ?
Les économistes atterrés organisent une conférence-débat sur la réforme des retraites,
Mercredi 4 septembre 2013, de 20h à 23h, au FIAP, 30 rue Cabanis, 75014 Paris, M° Glacière.
Une table ronde réunira : Pierre-Yves CHANU, CGT, membre du Conseil d’orientation des retraites ; Christiane MARTY, fondation Copernic, membre du conseil scientifique d’ATTAC ; Jean-Marie HARRIBEY et Henri STERDYNIAK, économistes atterrés.

 

Henri Sterdyniak*, Membre des Economistes Atterrés

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 14:59

 

Rue89

 

Dans la lettre 31/08/2013 à 15h07
Mathieu Deslandes | Rédacteur en chef adjoint Rue89

 

 


Josef Ackermann à Francfort, le 31 mai 2012 (Michael Probst/AP/SIPA)

 

Josef Ackermann, 65 ans, est l’un des banquiers les plus célèbres d’Europe. L’un des plus controversés, aussi.

Ancien patron de la Deutsche Bank, il était depuis l’an dernier président du Zurich Insurance Group (ZIG). Il a démissionné jeudi.

Une décision qui fait suite au suicide, trois jours plus tôt, du directeur financier du groupe d’assurances suisse.

Avant de se donner la mort, cet homme, Pierre Wauthier, un Franco-Britannique de 53 ans, a rédigé une lettre. Le ZIG a admis que le nom de Josef Ackermann y est mentionné.

Des « pressions démesurées » ?

Dans le communiqué par lequel Ackermann annonce sa démission, motivée par sa volonté de « ne pas porter atteinte à la réputation de Zurich », il écrit :

« La mort inattendue de Pierre Wauthier m’a profondément bouleversé. J’ai des raisons de croire que sa famille considère que je dois prendre ma part de responsabilité, en dépit du caractère totalement injustifié que peuvent avoir de telles allégations. »

Vendredi, le successeur par intérim de Josef Ackermann a indiqué que le conseil d’administration du ZIG essayait de vérifier si des « pressions démesurées » avaient pu être exercées sur le directeur financier.

C’est tourné de façon très diplomatique.

En Suisse, il reste considéré comme un enfant du pays qui a réussi à l’étranger, comme le rappelle le New York Times, il est vu comme l’homme qui est devenu le banquier le plus puissant d’Allemagne (au point d’être invité par Angela Merkel à fêter son anniversaire à la Chancellerie !).

La presse allemande retient davantage son arrogance et ses méthodes de management très musclées. Un style qui a fait l’objet de critiques récurrentes quand il était à la tête de la Deutsche Bank.

Le Süddeutsche Zeitung l’avait même décrit comme « un des patrons les plus détestés d’Allemagne ».

 

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 12:31
                                                                                                                                                                                                                                                                                      Communiqué des Indigné-e-s de Nîmes
                                                                                                                                 Gazland ou Faschistan, bis repetitam… (au secours ‘Vinci’ revient).
                                                                                                                        Vendredi 30/08, à Nîmes, pendant la manifestation anti gaz de schiste, dans une rue adjacente, un manifestant s’accroche aux grilles de la Préfecture et commence à peindre sur les murs, selon les versions à la terre ou à la ‘vraie’ peinture (‘vraie’ peinture sera avoué timidement).
                                                                                                                              Nous sommes sous l’œil des caméras vidéo protectrices, les ‘RG’ incognitos mais bien trop connus quadrillent la rue et donc intervention immédiate et diligente d’une escouade de robocops dépêchés d’urgence pour rétablir l’Ordre et la Morale…
Le délinquant est ceinturé, les manifestants alentours tentent de s’interposer, distribution générale de coups de matraques, bousculades, cris… cinq agents blessés selon la police, dont l’un hospitalisé d’urgence. C’est dire la fragilité de ces brutes qui cachent si bien leur tendresse. La compagne du dit terroriste tente de se renseigner sur le sort de son ami, hop ! tout ce qui n’est pas avec nous est contre nous : embarquée, laissant dans la rue un gamin en pleurs aux bons soins des camarades…
                                                                                                                                   A l’intérieur, MouvOil SA (études et explorations pétrolières) et ses comparses d’état tentent d’emberlificoter nos zélés z'élus. La rue, elle, réclame la libération des prisonniers. Les zélés zélus sortent enfin pour faire leur théâtre devant les caméras vidéo propagandistes. Les écharpes tricolores débitent leur petit discours III° république avec temps d’arrêt obligatoires et nécessaires pour laisser aux ‘embedded’ (preneurs d'images) le temps de retourner ‘l’œil de son maître’ vers la foule figurante qui est censée approuver bruyamment.
Ce qu’elle fait, mais plutôt aux cris de «libérez nos camarades»… flottement parmi les écharpes, voilà qui est bien embêtant, la «violence intolérable et inacceptable» vient gâter le scénario de ‘Plus belle la vie’.
                                                                                                                                Les camarades sont déjà au commissariat, les zélus embarrassés nous promettent leur intervention zélée : «Ils seront, on vous le jure, libérés et ramenés ici, calme, calme et sérénité, ne laissons pas des sauvageons - trublions qui votent pas pour nous - détourner le dialogue démocratique, nous sommes ici pour le gaz de schiste ne l’oublions pas». Tant que le soleil brillera et que l’herbe verdoiera, on vous le jure…
                                                                                                                                   Rien ne se passe. Les zélus regagnent leurs campagnes et le gros des manifestants leurs chaumières.
                                                                                                                                Après quelques flottements et quelques départs ratés vers le commissariat, nous serons une bonne centaine à aller assiéger les fonctionnaires dans leur pénitencier. Dialogue avec le commissaire qui est là «uniquement pour faire suivre la procédure». Le peintre est accusé de ‘dégradation de bâtiments, troubles à l’ordre public, rébellion’, son acte est ‘gravissime’. Sa compagne est ‘juste’ en garde à vue. Ils sortiront, elle bientôt, lui on sait pas quand (la procédure suit son inexorable cours…). Nous insistons, nous incrustons, puis on se fait pousser hors du parking. Puis on nous annonce la libération prochaine de la camarade, son ami restant en garde à vue, son dossier désormais entre les mains de Valls... Puis finalement vers 20h les deux sortent. Aucune charge n’est retenue contre eux, le commissariat a ‘joué la modération’ auprès du procureur. Merci et amen…
                                                                                                                                   Ayant entendu ici ou là bon nombre d’inepties du genre «la violence ne sert à rien», «inutile de s’opposer à la loi», «ils le relâcheront bientôt», «c’est inutile et ça détourne le débat», les Indigné-e-s de Nîmes, présent-e-s devant le commissariat mais nullement moteur de cette mobilisation (qui a fait de l’auto allumage) tiennent à rappeler, en cette affaire, plusieurs faits (dans le désordre comme il se doit) :
                                                                                                                                 Ce qui est toxique est bien le capitalisme et sa logique mortifère.
Ce qui est toxique est bien la mentalité ‘not in my backyard’ (pas chez moi mais ailleurs je n'en ai rien à foutre) qui consiste à ‘préserver sa santé’ pour mieux la mettre au service du patron ou de ‘l’entreprise de soi même’.
Ce qui est toxique c’est de se laisser abuser par la novlangue officielle (cette langue de bois moderne) qui consiste à désigner comme «dégradation» trois coups de pinceaux sur un mur et «utilité publique» la dévastation industrielle et systématique de notre bien commun.
Ce qui est toxique est bien de laisser appeler «provocation, violence contre productive» un simple acte irrévérencieux envers des institutions qui font tout pour être irrespectables.
Ce qui est toxique est bien de croire qu’il faut se soumettre sagement aux injonctions policières.
Ce qui est toxique est bien de croire que nos zélus sont là pour nous défendre et régler les problèmes.
Ce qui est toxique c’est de ne pas être immédiatement solidaires d’un camarade manifestant.
Ce qui est toxique c’est de penser que d’autres iront gueuler à notre place.
                                                                                                                                  No Gazaran !
                                                                                                                                 Les Indigné-e-s de Nîmes
      
      
(voir rubrique : 30 août / France / Rassemblement de soutien et de protestation de Nimes du 30 août)
    
                                                                                                                       
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stopaugazdeschiste07.org

 

Accueil du site > L’espace presse du Collectif 07 > Rassemblement de soutien et de protestation lors de la remise du rapport (...)

Rassemblement de soutien et de protestation lors de la remise du rapport d’expertise du permis du bassin d’Alès à la Préfecture de Nimes

vendredi 30 août 2013

 

Rassemblement de soutien et de protestation

A l’occasion de la remise officielle du rapport d’expertise vendredi 30 août 2013 à Nimes (30)

Un appel était lancé à tous les habitants du Gard et de l’Ardèche

- Pour soutenir les maires et les délégués des collectifs des communes concernées.

- Pour affirmer son refus de l’exploration et de l’exploitation des gaz et huiles de schiste.

Les opposants à ce projet ont répondu présent et un millier de personnes étaient présentes devant la Préfecture.

Les Photos sur l’album Picasa du Collectif 07
Articles de presse et vidéos dans la rubrique de presse (date du 30 août)

 

PARTICIPEZ À UNE CYBER-ACTION. Pour continuer à affirmer notre refus vous pouvez participer à cette nouvelle cyber-action en ligne jusqu’au 30 octobre 2013. Participez sur cyberacteurs.org

 


 

Télécharger les rapports
- TÉLÉCHARGER LE RAPPORT D’EXPERTISE DE M.JP DEROIN
- TÉLÉCHARGER LE RAPPORT REMIS À L’EXPERT PAR LA COMMISSION SCIENTIFIQUE DES COLLECTIFS

D’autres infos à propos de ce permis
- Lire l’historique de la lutte sur le permis du bassin d’alès
- Lire l’article sur les objectifs géologiques de Mouvoil
- Lire l’article sur la mobilisation sur ce permis

 


 

COMMUNICATION DU COLLECTIF 07

Nous attendions tous le fameux rapport d’expertise concernant le permis de recherche du "Bassin d’Alès". Il fallait s’en douter, il préconise bien évidemment une étude sismique.

Les maires des communes concernées par le Permis Exclusif de Recherche d’Hydrocarbures (PERH) “Bassin d’ Alès” ont été reçus ce jour en Préfecture du Gard.

Monsieur Deroin leur a présenté son rapport d’expertise en présence des représentants de l’administration préfectorale. Des représentants des collectifs “anti gaz et huiles de schiste”, ainsi que des membres de la commission scientifique des collectifs étaient présents.

Ils ont tous réaffirmé leur opposition déterminée à tout début de travaux, quelle qu’en soit la forme et le prétexte, dans le cadre du PERH délivré à la société Mouvoil

Le rassemblement ce jour à Nîmes est la preuve que tous les collectifs citoyens, désireux d’empêcher partout ces explorations, exploitations, issues de permis attribués dans la plus totale opacité, sont et resteront unis pour que soit respecté leur combat pour le refus des travaux miniers en vue d’exploiter les réservoirs d’hydrocarbures de roches mères (schiste et houille), d’ huiles lourdes, des poches maritimes en eau profonde.

 

LE COLLECTIF 07 RAPPELLE qu’il ne s’oppose pas seulement à l’exploration et à l’exploitation des huiles et gaz de roche mère mais aussi à la fracturation hydraulique ainsi qu’à l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures nécessitant une STIMULATION quelle qu’elle soit !!!
Ce qui est le cas pour l’exploitation des huiles lourdes dont la présence est attestée dans ce rapport. L’exploitation des ces huiles lourdes peut se faire, entre autre, par injection de vapeur ou injection de solvants.

Les collectifs maintiennent leur opposition.
Les hydrocarbures réellement recherchés : huiles lourdes, gaz de houille, huiles ou gaz de schiste entraînent partout où ils sont exploités
- destruction des paysages,
- ruine de l’agriculture
- pollution et raréfaction de l’eau
- risques pour la santé.

Contacts Presse
Collectif 07 : Paul Reynard : 06 85 55 00 63 et 09 75 76 48 75
Collectif Gardéchois : Michèle Descours : 06 33 56 02 40 et 04 66 60 21 23

 


 

RÉSUMÉ EXTRAIT DU RAPPORT D’EXPERTISE (p.1 et 2 du rapport)

Permis Exclusif de Recherche d’Hydrocarbures " Bassin d’Alès "
Société MouvOil SA

Expertise réalisée à la demande de Madame la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, diligentée par M le Préfet du Gard

Jean-Paul Déroin
Professeur de géologie à l’Université de Reims Champagne-Ardenne
Juin 2013

Une expertise géologique indépendante a été sollicitée dans le but :
- d’identifier les différents niveaux géologiques susceptibles de contenir des hydrocarbures (dans le bassin d’Alès),
- d’évaluer la pertinence du programme de recherches proposé par la Société MouvOil et définir si d’éventuels hydrocarbures pourraient être exploités sans recourir à la fracturation hydraulique.

L’étude du contexte géologique et de l’historique de l’exploration dans le bassin d’Alès depuis 65 ans indique la présence d’hydrocarbures, principalement sous forme liquide mais parfois aussi gazeuse.

Ces hydrocarbures ont été reconnus dans au moins quatre niveaux asphaltiques des terrains tertiaires. Les sondages de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan (MAR-1, 2, 4, 5, 7, 8, 9), Lussan (LU-2) et de Salindres (SD-101) qui ont recoupé des niveaux à hydrocarbures entre 400 et 1100 m de profondeur sont à l’appui de cette information.

Certains indices évoquent aussi l’existence de niveaux à hydrocarbures dans le Crétacé supérieur dont la nature partiellement gréseuse pourrait en faire un réservoir potentiel.

Ces hydrocarbures peuvent être exploités sans recourir à la fracuration hydraulique.

1300 tonnes de ces hydrocarbures de type huile lourde, riche en soufre, ont été produites entre 1949 et 1952 dans le champ de Maruéjols.

Aucun gisement important n’a, à ce jour, été reconnu, mais les données géologiques et géophysiques restent incomplètes sur la plus grande partie du bassin. Les sondages profonds sont essentiellement localisés près de Saint- Jean-de-Maruéjols.

La structure géologique est complexe. De nombreuses failles et plis affectent l’agencement des terrains. Il existe d’importantes variations d’épaisseur et de nature des roches.

Il n’existe pas d’autres ressources conventionnelles contingentes dans l’emprise des 1500-2400 m de profondeur avancée par MouvOil SA pour ses forages exploratoires.

Dans l’étendue du permis de recherche, il existe également deux niveaux renfermant des hydrocarbures non conventionnels (roche-mère). Il s’agit principalement des schistes houillers qui sont potentiellement producteurs de gaz de houille.
Un second niveau est constitué des schistes-carton potentiellement producteur de gaz de schiste dans le bassin du Sud-Est.
Leur extension et épaisseur paraissent limitées dans le secteur d’Alès.

La campagne de sismique réflexion projetée par la Société MouvOil est nécessaire à la meilleure connaissance géologique du secteur. Cette campagne devra normalement être étalonnée sur au moins un nouveau sondage (non prévu à ce stade) et calée sur les sondages existants. Dans l’attente de la campagne d’exploration sismique, aucune information précise ne peut être fournie sur un éventuel site de forage de développement.

La technique d’acquisition par camion vibrateur ne présente aucun danger pour l’environnement. Il convient de noter que les opérations géophysiques sont étroitement dépendantes de l’occupation des sols (prise en compte des récoltes et vendanges) et du climat (éviter les précipitations automnales), ce qui réduit les créneaux d’acquisition dans le calendrier.

Une attention particulière doit être portée aux eaux, qu’elles soient souterraines ou de surface. Tout forage devra veiller à ne pas mettre en communication des nappes d’eau entre elles.

 

 

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