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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 14:40

 

zad.nadir.org

 

Venez soutenir la réoccupation de la forêt de Hambach !

jeudi 12 septembre 2013, par zadist

 

 


Depuis le 1er septembre, des activistes occupent à nouveau une partie de la forêt de Hambach. Située à mi-chemin entre Aix-la-Chapelle et Cologne, cette forêt, qui faisait à l’origine 5500 hectares, a été en grande partie détruite par l’extension de la mine de charbon (lignite) à ciel ouvert Hambach I. Si rien n’est fait pour stopper les plans de RWE [conglomérat producteur et distributeur d’énergie], les 1000 hectares restants seront à leur tour engloutis par la mine. RWE déploie tous ses efforts, avec la complicité des institutions publiques, pour faire accepter à la population l’exploitation du lignite, les centrales à charbon et les conséquences néfastes qui en découlent pour la biodiversité, la santé et le climat. Pourtant, les habitant-e-s ne sont pas dupes. À chaque action policière - que ce soit une expulsion, l’arrestation de militant-e-s, les contrôles d’identité incessants ou la perturbation du camp climat – la colère s’étend. Cela fait longtemps que la résistance locale s’organise de diverses manières. En 2012, une partie de la forêt avait été occupée par des activistes pendant 8 mois. Suite à leur expulsion, les activistes se sont installé-e-s sur une prairie en lisière de forêt, terre agricole également menacée par la mine. Cette année, la tenue du camp climat et du camp Reclaim The Fields, à quelques kilomètres de là, a donné une nouvelle impulsion à la lutte et a permis de relancer l’occupation des arbres. Voici une vidéo de la réoccupation : http://vimeo.com/74042113 Notre mouvement va au-delà de la résistance contre RWE, les mines de lignite et les centrales à charbon. Il ne s’agit pas seulement de protéger les arbres et les écosystèmes, il s’agit en même temps de rejeter les logiques de croissance capitaliste qui font passer la destruction de milliers d’hectares de forêt pour une « action rationnelle ». La réoccupation de la forêt de Hambach vise également à créer un lieu de ralliement pour les opposant-e-s au projet, un lieu d’échange et de rencontre en dehors de l’économie capitaliste, un lieu où faire fructifier les idées et les solidarités... un lieu où la résistance est fertile ! Rejoignez-nous dans la forêt de Hambach et soutenez la réoccupation !

Pour nous contacter ou nous rejoindre, pour faire un don ou suivre nos actualités, rendez-vous sur notre blog (en allemand et en anglais) : http://hambachforest.blogsport.de

Derniers évènements : Ce lundi 9 septembre, profitant de la fin du camp RTF, une quarantaine de policier-e-s se sont rendu-e-s sur les lieux de l’occupation. Ils et elles ont détruit la belle cuisine sur pilotis, confisqué du matériel et des outils et décroché une plateforme inoccupée. Dès leur départ, les travaux d’aménagement de notre lieu de vie ont repris de plus belle et de nouvelles plateformes ont été construites. Une intervention policière massive imminente est à craindre. Pour éviter une expulsion, nous avons besoin d’un maximum de monde sur place, au sol ou dans les arbres. Venez en masse nous soutenir !

 

 

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 16:35

 

 

 

LE MONDE

11.09.2013 à 10h39 • Mis à jour le 11.09.2013 à 13h30 | Pascale Santi
 
 

Il existe bel et bien un risque sanitaire associé à une exposition des travailleurs au bitume. Telle est la conclusion de l'expertise de 290 pages de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), rendue publique mercredi 11 septembre.

L'agence a été saisie le 19 novembre 2008 par la Fédération nationale des salariés de la construction (FNSC-CGT) "afin de synthétiser les études sur ces produits et d'évaluer les risques pour l'homme". La fédération était en effet inquiète des pathologies et des décès qui frappaient ses adhérents. Les industriels ont de leur côté toujours minimisé le risque. "Le bitume n'est pas cancérogène", lit-on sur le site de l'Union des syndicats de l'industrie routière (Usirf.com).

Cet avis intervient alors que la société Eurovia, filiale de Vinci, a été reconnue coupable, le 13 novembre 2012, par la cour d'appel de Lyon, de "faute inexcusable" après la mort d'un ouvrier du bitume, des suites d'un cancer. Au total, le nombre de travailleurs exposés à ce produit varie entre 5 000 (d'après l'Usirf) et 85 000 (selon la FNSC-CGT).

Utilisés principalement pour les travaux de revêtement routier, les bitumes sont des résidus de raffinage de pétrole qui servent aussi à l'étanchéité des toitures. Les travailleurs sont surtout exposés au bitume par leurs émissions et, lorsqu'ils sont chauffés, par voie respiratoire, cutanée et orale. Il émane des chantiers une odeur corrosive très forte.

 

MÉLANGES TRÈS COMPLEXES

Le résultat de l'expertise est sans appel : les effets sanitaires du bitume sont indéniables. Sur les effets cancérogènes, le rapport de l'Anses se fonde sur les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), explique le professeur Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l'Anses. Le CIRC a ainsi classé l'exposition aux bitumes oxydés et à leurs émissions lors de la pose de produits d'étanchéité en catégorie 2A, c'est-à-dire cancérogène probable. Et l'exposition aux produits bitumineux et à leurs émissions à base de bitumes routiers a été classée en catégorie 2B, cancérogène possible.

Les études épidémiologiques ont également mis en évidence des effets aigus d'irritation oculaire et respiratoires (asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive). D'autres effets chroniques cardiovasculaires et immunotoxiques sont par ailleurs suspectés. Les effets sont plus flous sur les risques de cancer cutané. D'où la nécessité, pour l'agence, de mener des recherches plus avant dans ce domaine.

L'expertise indépendante de l'Anses ne nie pas la complexité du sujet. Mélanges très complexes, les bitumes comprennent plus de 10 000 composés chimiques. Il est donc "impossible de dresser une liste précise", explique le professeur Lasfargues. Pas simple de mesurer ces milliers de composants, dont certains sont toxiques, comme les hydcrocarbures aromatiques polycycliques, dont le benzo(a)pyrène, traceur historique du risque cancérigène, ou encore les composés organiques volatils, reconnus pour leurs effets sanitaires délétères. L'agence sanitaire a donc étudié le bitume dans sa globalité. 


 "RÉDUIRE LES EXPOSITIONS"

Pour l'Anses, pas de doute : "Le risque existe, il est donc nécessaire de le prévenir et de réduire les expositions", avance M. Lasfargues. Des mesures de prévention devraient selon l'Anses s'attacher à réduire l'émission des fumées, l'impact de la chaleur, l'exposition aux produits bitumeux en même temps qu'au rayonnement solaire. Il importe aussi, selon l'agence, de mieux organiser le travail pour réduire les temps et niveaux d'exposition, de mieux suivre les salariés exposés.

De plus, réduction des dépenses oblige, la majorité des travaux routiers concernent actuellement la rénovation et l'entretien du réseau existant, ce qui implique des opérations de recyclage et de rabotage des anciens revêtements routiers. Il est donc impératif, selon l'Anses, de surveiller de près les émissions potentiellement dangereuses pour les salariés (goudron, amiante...) lors de ces travaux.

Pascale Santi

 

10 % des salariés exposés à des produits dangereux

 

En 2010, 10 % des salariés, soit près de 2,2 millions de personnes, ont été exposés à au moins un produit chimique cancérogène dans la semaine écoulée, indique la dernière enquête Sumer (Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels), publiée mardi 10 septembre par le ministère du travail. Les cancérogènes les plus cités sont les gaz d'échappement au diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois et la silice cristalline. Vient ensuite, entre autres, le bitume. "Des mesures doivent être mises en place sur la prévention, l'organisation du travail, explique Laurent Orlich, responsable fédéral de la CGT chargé de la santé au travail. Des produits sont trop souvent utilisés sans avoir été évalués en termes d'impact sur la santé."

 

 


 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 16:27

 

 

lemonde.fr

LE MONDE | 11.09.2013 à 10h52 • Mis à jour le 11.09.2013 à 14h12 | Par Gilles van Kote

 


 
Dans les pays riches, c'est le gaspillage alimentaire, au stade de la préparation, de la distribution ou de la consommation, qui domine.

Les pertes agricoles et alimentaires coûtent chaque année à la planète l'équivalent de trois fois le lac Léman en eau gaspillée et occupent inutilement un tiers de sa surface agricole. La production de ces denrées non consommées provoque autant d'émissions de gaz à effet de serre que les Etats-Unis ou la Chine en six mois.

Pour rien. Dans un rapport publié mercredi 11 septembre (format PDF), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) étudie les impacts environnementaux, jusqu'à présent peu connus, de cet immense gâchis. Environ 1,6 milliard de tonnes de produits alimentaires sont perdus chaque année dans le monde, soit un tiers de ce qui est produit.

"L'empreinte carbone de la nourriture produite mais jamais cons ommée est estimée à 3,3 milliards de tonnes de CO2", affirme le rapport, un chiffre qui représente à peu près la moitié des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis ou de la Chine. La production de ces denrées gaspille annuellement 250 km3 de ressources en eau et occupe 1,4 milliard d'hectares.

 

750 MILLIARDS DE DOLLARS EN COÛTS DIRECTS

Ce gâchis est évalué à 750 milliards de dollars (565 milliards d'euros) en coûts directs par la FAO, qui rappelle que la réduction des pertes agricoles et alimentaires pourrait largement contribuer à atteindre l'objectif d'augmentation de 60 % des denrées disponibles pour répondre aux besoins de la population mondiale en 2050. Selon la FAO, 54 % des pertes sont enregistrées dans les phases de production, de récoltes et de stockage. Le reste relève du gaspillage alimentaire au sens propre, au stade de la préparation, de la distribution ou de la consommation. Dans les pays riches, c'est ce dernier type de pertes qui domine.

Les experts ont cherché à déterminer quels étaient les régions du monde et les produits agricoles responsables des plus importants impacts environnementaux liés aux pertes alimentaires. "Les pertes de céréales en Asie apparaissent comme un point chaud environnemental significatif", tant pour leur bilan carbone que pour leur consommation en eau et leur utilisation de terres arables, conclut le rapport. Cela est dû notamment aux importants volumes de production en Asie du Sud et de l'Est, ainsi qu'au poids de la riziculture, qui émet de fortes quantités de méthane. Les pays riches et l'Amérique latine sont à l'origine de 80 % des pertes en viande, qui "ont un impact élevé en termes d'occupation des sols et d'empreinte carbone", poursuivent les auteurs. Les pertes de fruits en Asie, en Amérique latine et en Europe comptent parmi les principaux responsables du gaspillage de l'eau.

Pour remédier à cette situation, la FAO préconise l'amélioration des pratiques agricoles ainsi que des infrastructures de stockage et de transport dans les pays en développement. Elle estime que les pays riches ont "une responsabilité majeure en matière de gaspillage alimentaire en raison de leurs modes de production et de consommation non durables".

Gilles van Kote
Journaliste au Monde

 

 


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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 16:01

 

 

lavoixdunord.fr

 

Publié le 11/09/2013

Par La Voix du Nord

 

 

A 7 heures ce mercredi matin, les forces policières étaient sur place, dans le camp de Roms de Lille-Sud. Trente caravanes ont été déplacées en dehors du terrain occupé illégalement.

A 7 heures ce mercredi matin, la police avait cerné le camp de Roms de Lille-Sud, rue de Carvin.

 

 

Les personnes encore présentes sur les lieux ne semblaient pas surprises de la venue des forces de police. L’information était déjà connue dès hier soir, et de nombreuses caravanes ont déjà quitté les lieux. Une cinquantaine de familles se sont d’ailleurs déjà réfugiées sur un terrain privé entre Croix et Wasquehal.

L’intervention policière se fait sans aucune velléité de résistance de la part des habitants. « L’opération s’est déroulée dans le calme », d’après le communiqué publié par la préfecture du Nord. Cette opération « fait suite à deux précédentes réductions, l’une survenue le 25 juillet dernier et l’autre le 6 septembre . »

Trente caravanes ont été déplacées hors du terrain, « conformément à l’ordonnance d’expulsion prise par le juge. »

L’opération « vise à permettre l'installation prochaine, en toute sécurité, de la base travaux devant servir au futur chantier Lillenium. »

Une évacuation pour octobre

Le camp de Lille-Sud devrait être totalement évacué pour le mois d’octobre, afin de « permettre l’installation d’une entreprise », selon la préfecture. Il a déjà été fortement réduit par rapport à sa taille d’origine : de huit hectares, il était passé à trois hectares cet été, et ne s’étendait plus que sur un hectare et demi vendredi dernier, après une énième opération de la police pour réduire l’espace. A l’issue de l’opération de ce mercredi matin, la surface occupée illicitement ne représentait plus qu’un dixième du terrain.

 


 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 15:51

 

blogs.mediapart.fr

 

Gaz de schiste : le gouvernement multiplie les incohérences !

 

 

François Hollande avait promis qu'il n'y aurait pas « pas d'exploration de gaz de schiste en France ». Pourtant le gouvernement délivre de nouveaux permis, en prolonge des anciens, encourage Total et bloque la transition. Face à cette incohérence, imposons nos solutions alternatives.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le gouvernement français vient de délivrer deux nouveaux permis de recherche d'hydrocarbures liquides ou gazeux en Alsace1 et Lorraine2. La délivrance de ces nouveaux permis marque clairement la reprise de l'instruction des demandes d'octroi, de prolongation ou de mutation de permis d’hydrocarbures, comme l'avait promis Arnaud Montebourg le 9 juillet dernier à la fin de son audition par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale. Le ministre évoquait plusieurs dizaines de permis concernés. Alors que la réforme du code minier n'a toujours pas été présentée au Parlement et que le Conseil Constitutionnel pourrait prochainement retoquer la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, ces annonces sonnent comme de nouveaux gages délivrés aux industriels.

Les incohérences gouvernementales se multiplient. Ainsi le permis Bleue Lorraine Sud, expiré depuis presque deux ans3 et clairement identifié4 comme un permis de recherche d'hydrocarbures non conventionnels nécessitant l'utilisation de la fracturation hydraulique, est toujours mentionné sur le site du ministère et pourrait bien être prolongé officiellement dans les semaines à venir. D'autres permis se trouvent dans la même situation (Soufflenheim, etc.). Des incohérences qui ont amené les collectifs contre les gaz et pétrole de schiste à exiger du gouvernement et de son ministre de l'Ecologie de « trouver au plus tôt des réponses juridiques stables et pérennes visant à rejeter définitivement ces demandes pendantes depuis plusieurs années » et de « ne signer aucun arrêté » concernant les permis existants ou en demande. Lettre que l'annonce des deux nouveaux permis vient fouler aux pieds. Une cyberaction est en cours.

Par ailleurs, plutôt que d'agir pour stopper les explorations de nouvelles énergies fossiles et de laisser la mjorité des réserves d'énergies fossiles dans le sol comme le nécessite une véritable transition énergétique, le gouvernement encourage le développement de l'exploitation de nouvelles énergies fossiles comme les gaz de couche. Selon la coordination nationale des collectifs citoyens, « contrairement aux gaz de mine, dont l’extraction consiste à récupérer le méthane circulant dans les galeries des anciennes mines de charbon, le gaz de couche requiert, pour son exploitation, les mêmes techniques extrêmes que les gaz et pétrole de schiste » afin que ce soit rentable. Cible de plusieurs permis délivrés par l'Etat, notamment les permis Sud-Midi, Valenciennois et Nord-Cambrai dans le Nord-Pas-de-Calais, le gaz de couche est subventionné par le Conseil Régional de Lorraine et par la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité) qui est prélevée sur les factures des usagers et censée être consacrée aux énergies renouvelables ! Une pétition d'alerte citoyenne est en ligne.

Les entreprises de prospection pétrolière et gazière utilisent ces incohérences et flottements gouvernementaux pour renforcer leurs positions et noyer le poisson. Ainsi, dans le bassin d'Alès, Mouvoil souhaite réaliser des travaux d’exploration géosismique dans la région alors qu'elle prospecte des hydrocarbures de roche-mère, notamment des huiles lourdes. L'entreprise se défend de vouloir utiliser la fracturation hydraulique alors que l'usage d'une grande quantité d'eau sous pression est absolument nécessaire pour exploiter de tels hydrocarbures comme le démontre cet excellent rapport scientifique.

A Jouarre en Seine-et-Marne, c'est Hess Oil, détentrice d'un permis d'exploration qui vient d'entreprendre des forages malgré l'opposition des riverains et les multiples mobilisations citoyennes. Au Nord-Est du Béarn, sur sa concession de Vic-Bilh, Vermilion vient d’achever une campagne sismique d’exploration du sous-sol, y compris au delà des 3000 mètres de profondeur où l'on trouve les roches-mères et les hydrocarbures de schiste. Pour ce leader de l'exploitation pétrolière dans l'hexagone, qui reconnaît avoir « effectivement recouru dix-sept fois » à la fracturation hydraulique en France, « dont quinze pour optimiser les rendements des gisements conventionnels », il n'y a là rien que de très normal.

Même s'il ne semble pas que la fracturation hydraulique ait été utilisée sur le territoire hexagonal depuis la loi du 13 juillet 2011, l'engagement de François Hollande prononcé lors de son allocution du 14 juillet 2013 selon lequel « il n'y aurait pas d'exploration de gaz de schiste en France » est bafoué. Les entreprises prospectent et se positionnent sur des permis en cours de validité ou des demandes de permis. Et nos champions de l'énergie, tels que GDF-Suez et Total utilisent largement les instruments de la diplomatie française pour se positionner à l'étranger. Alors que GDF Suez prévoit d'exporter du gaz de schiste provenant des Etats-Unis sans que cela n'émeuve personne, Total a pu se positionner en Argentine, aux Etats-Unis ou en Chine, sans être inquiété. Comme si le gaz de schiste exploité dans ces pays par une multinationale siégeant en France pouvait être moins problématique qu'une exploitation en France. Au point que les investisseurs français, parmi lesquels Total et la peu connue mais très puissante5 multinationale Vallourec, seraient les troisièmes investisseurs dans le gaz de schiste américain.


A ces incohérences gouvernementales-là s'ajoute une longue liste de décisions allant à l'encontre de toute transition énergétique. Ainsi, des fonds publics français financent toujours les énergies fossiles leur développement, Total ne paie toujours pas suffisamment d'impôts en France, la taxe poids lourds a été une nouvelle fois repoussée, le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes n'est toujours pas abandonné, le gouvernement s'oriente vers une fiscalité écologique au rabais injuste et inefficace, les objectifs de réduction d'émission de gaz à effets de serre en France et en Europe sont largement insuffisants, le gouvernement promeut un accord UE - Etats-Unis foncièrement contraire à une véritable transition écologique, etc... Il est donc grand temps d'imposer d'autres politiques publiques et de mettre en œuvre les solutions et expériences alternatives expérimentées dans de nombreux territoires afin de changer de paradigme.

C'est la raison pour laquelle plus de 50 organisations de la société civile, dont Attac France, appellent à rejoindre Alternatiba, village des alternatives qui va réunir plus de 10 000 personnes les 5 et 6 octobre prochains à Bayonne (Pays Basque). Cette excellente initiative, lancée par Bizi !, « mettra en lumière les alternatives et solutions des peuples, ancrées sur les territoires et visant à transformer le système pour faire face au changement climatique et à la crise énergétique ». Le gouvernement et l'ensemble des partis politiques devraient s'en inspirer pour abandonner les incertitudes, incohérences et contradictions actuelles. Pour « changer le système, pas le climat » !

Maxime Combes, membre d'Attac France et de l'Aitec, engagé dans le projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org)

Prochaines Echéances :

Alternatiba – 5 et 6 octobre à Bayonne

- le programme détaillé des conférences ;

- le dossier de presse ;

- le dépliant ;

- l'appel à bénévoles ;

- les différentes affiches et des photos ;

- une vidéo de Geneviève Azam.

 

Journée internationale de mobilisation contre la fracturation hydraulique et l'extractivisme : 19 Octobre, dans plusieurs villes en France

 

1Les entreprises Bluebach Ressources et Geopetrol ont obtenu un permis de 4 ans couvrant une zone de 328 km2 dans le secteur de Seebach.

2L'entreprise Terre a obtenu un permis de 3 ans et couvre une surface de 20 km2 dans la zone de Forcelles (Meurthe-et-Moselle).

3Il a été octroyé pour 5 ans le 7 décembre 2006. La demande de prolongation a été reçue le 5 août 2011. Elle devrait être rejetée puisqu'au-delà d'un délai de 15 mois, le silence de l'administration vaut rejet implicite.

4Par le rapport parlementaire publié le 4 mai 2011.

5Pour expliquer son éviction du gouvernement, l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho cible clairement le lobbying des dirigeants de Vallourec.

 

Important : ce texte doit énormément aux suivi, décryptage et diffusion d'informations provenant des collectifs contre les gaz et pétrole de schiste, sans lesquels il n'aurait été possible de l'écrire. Un immense merci à elles et eux ! Mais bien-entendu, ce texte, ses imperfections et ses éventuelles erreurs n'engagent que son auteur.

 

 

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 15:26

 

marianne.net

 

Mercredi 11 Septembre 2013 à 14:43

 

Thibault Le Berre‏

                                                                                                                                                                                                                               La lutte continue pour les agriculteurs, les militants et les élus réunis contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ils viennent d'ailleurs de créer un jeu de société pour faire connaître et récolter des soutiens en faveur de leur combat.

 

SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA
SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA
L'opposition au projet d’Aéroport du Grand Ouest n’est pas nouvelle mais elle ne cesse de se renouveller. Après de nombreuses manifestations ces derniers mois, parfois violemment réprimées, les opposants créent un jeu de société : Zone à Défendre. Un nom inspiré par l'appellation qui sert à les désigner, eux, les  « ZADistes » qui ont transformé la zone initiale d'aménagement de l'aéroport en terrain à protéger. 

Inventé pour faire connaître leur lutte, « financer les procès et les occupations des terres menacées, et encourager au passage l’émergence de nouvelles ZAD contre d’autres projets inutiles et néfastes », le jeu « est réalisé bénévolement et tous les bénéfices seront intégralement reversés au “comité de soutien aux inculpés anti-aéroport” ou à d’autres ZAD moins médiatisées comme Avignon, Décines, Morvan, Nice…» précisent les créateurs sur leur blog. Un appel à financement est par ailleurs lancé afin de permettre l'élaboration du jeu de plateau, dont l'impression est prévue début décembre. 

Chacun pourra alors incarner un ou une « ZADiste » pour défendre des terres agricoles contre « Le Système ». Manière ludique de s’immerger à moindre frais parmi les militants ; la boue, les coups, le froid, la fatigue et la peur en moins. 1 à 5 joueurs pourra récolter des plantes et des fruits, jeter des œufs, faire du harcèlement verbal auprès des forces de police, organiser des sitting ou une chaîne humaine pour remonter le moral des autres « ZADistes » ou encore empêcher les travaux lancés par « Le Système » à l’aide de « cartes de compétences ». Les créateurs espèrent le commercialiser dans des boutiques de jeu, en ayant ainsi paradoxalement recours au « système ». Plus original, le jeu sera aussi disponible sur Internet à prix libre (fixé au minimum au coût de revient).

La mobilisation continue donc et ce depuis plusieurs décennies. La lutte a cependant pris une autre ampleur à partir des années 2000 lorsque l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa ) est créée. En 2012, les manifestations, qui trouvent écho dans les médias s'amplifient, rassemblant jusqu’à 30000 personnes. Un nouveau Larzac pour le gouvernement?
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 15:21

 

 

marianne.net

Mercredi 11 Septembre 2013 à 05:00

 

Grand reporter au journal Marianne En savoir plus sur cet auteur

 

 

Manifestations à Paris - Michel Euler/AP/SIPA
Manifestations à Paris - Michel Euler/AP/SIPA

« Où est passé la gauche sociale ? » indiquait au départ du cortège parisien un affiche brandie par un géant portant un masque d’Anonymous. « La retraite à 60 ans ! scandaient derrière des centaines de manifestants, Plutôt que de t’occuper du patronat, Hollande occupe toi de ton électorat ! »

Lancée hier par la CGT, Force Ouvrière, la FSU, Solidaires, et soutenue par les jeunes étudiants de l’UNEF et lycéens la Fidl, les manifestations contre le projet de réforme des retraites ont rassemblé, selon Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT entre 300 000 et 500 000 manifestants dans toute la France. « Ce n’est pas une déferlante, mais une bonne mobilisation appréciait à ses côtés, le leader de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly. « Si les lycéens ne sont pas encore là en masse c’est parce qu’ils viennent de rentrer ssurait Maximilien Raguet, président de la FIDL. Mais les jeunes sont révoltés qu’un Président qui se vantait de leur inventer un avenir, veuille leur faire racheter, à prix d’or, des trimestres de cotisations pour pouvoir bénéficier d’une retraite. Alors que cette contrainte aggravera les inégalités entre étudiants issus des milieux aisés dont les familles pourront financer cet investissement, et les jeunes des classes populaires qui n’auront pas assez d’argent pour espérer une pension décente !»
 
Conforté par ce premier rendez-vous, les syndicats se retrouveront donc dès la semaine prochaine pour organiser la poursuite de leur mouvement. Leur objectif prioritaire : empêcher le gouvernement d’allonger la durée de cotisations ouvrant droit à une pension complète puisque déjà en 2013, la moitié des salariés ne sont plus en activité lorsqu’ils partent en retraite. Or le projet de loi qui sera examiné, en urgence, par le parlement en octobre, porte à 43 annuités, le seuil permettant en 2035 d’échapper à toute décote. « Pourtant ce statut quo, le PS l’a lui-même voté en juillet dernier ! » tempêtait mardi dans la rue Gérard Filoche, membre du Conseil national du PS, venu défendre aux côtés des syndicats, la position « officielle » de son parti.
 
Mais ce n’est pas tout. Dans les cortèges, salariés et les retraités de tous âges dénonçaient également une autre iniquité de la réforme des retraites. A savoir, la promesse faite au Medef, par Pierre Moscovici le ministre de l’économie et des finances, de compenser intégralement les hausses de cotisations des employeurs et même de baisser globalement leurs charges sociales en 2014. Quand les particuliers devront eux, supporter des hausses de cotisations et même des retards de revalorisation de leurs petites pensions. « S’il pense pouvoir obtenir du patronat, des embauches contre une baisse généralisée du coût du travail, François Hollande s’engage dans une impasse, estimait en aparté Bernard Thibault, l’ancien secrétaire de la CGT, chaleureusement accueilli par ses camarades. Face à des grands groupes mondialisés, seuls le rapport de force et la négociation de contreparties peuvent être efficaces. » Une stratégie pourtant que l’Elysée se refuse obstinément à déployer…

 

 

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 14:55

 

 

lien

Via Le changement par la consommation

Pour ceux qui auraient raté l'info: Kokopelli, association en lutte pour la liberté semencière, vient de déménager et plante maintenant ses racines en Ariège. Contrairement à ce qui est véhiculé sur le net en raison de pétitions sans réels fondements, Kokopelli va bien et poursuit son combat plus que jamais.

 

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midi-pyrenees.france3.fr

 

Biodiversité semencière et potagère : Kokopelli plante ses racines bio en Ariège

 

Spécialisée dans les semences anciennes, l'association Kokopelli, qui milite pour la liberté d'utilisation des graines issues de l'agriculture biologique, a quitté le Gard et s'est installée en Ariège, au Mas d'Azil début septembre.

  • Par VA.
  • Publié le 05/09/2013 | 11:27, mis à jour le 05/09/2013 | 14:59
Sur les étagères de Kokopelli, plus de 2000 variétés de semences reproductibles exclues des catalogues © Pascal Guyot/AFP
© Pascal Guyot/AFP Sur les étagères de Kokopelli, plus de 2000 variétés de semences reproductibles exclues des catalogues

Son combat pour des graines libres de droit et reproductibles lui vaut d'être régulièrement attaquée devant les tribunaux par les grands semenciers internationaux. Très connue dans le monde du bio,  Kokopelli est une association qui distribue des semences issues de l'agriculture biologique et biodynamique dans le but de préserver la biodiversité semencière et potagère. 
Elle distribue notamment 550 variétés de tomates, 300 variétés de piments, 130 variétés de laitues, 150 variétés de courges, 50 variétés d'aubergines, etc. Elle s'attache également à l'information des citoyens sur des sujets aussi divers que les abus générés par les brevets sur les semences ou les pressions des lobbyistes sur les recherches concernant les organismes génétiquement modifiés (OGM).

Le reportage de Laurent Winsback et de Pascal Dussol :

 

 

 

 

 

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 14:35

 

fakirpresse.info

 

L’air du soupçon

Par François Ruffin, 10/09/2013

Le journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

Pierre Carles, Frédéric Lordon, Hervé Kempf, Alain Gresh, Étienne Chouard, Jean Bricmont… tous fachos ? Les accusations pleuvent sur les sites des « antifas ».
Et Fakir n’échappe pas à cette suspicion : des « nationaux-staliniens moisis », qui entretiendraient des liens obscurs avec des gens pas clairs.
Alors, amis lecteurs, êtes-vous, sur le site d’un journal d’une officine du Front National ? Marcherez-vous bientôt au pas de l’oie à nos côtés ?

Cet été, à peine le numéro sorti, j’ai reçu ce courriel de Sarah :

De : sarah@mac.com
À : francois@fakirpresse.info

Objet : Explication

Cher François, 
J’imagine que tu es déjà au feu de la nouvelle polémique qui vous secoue sur le réseau : affiliation véritable avec ce cher Chouard ? 
Je sais ton ignorance des réseaux sociaux, mais j’espère que tu nous feras l’honneur d’une explication de tout ceci. 
Je t’embrasse

Non, je n’étais pas au courant de la « nouvelle polémique » ni de cette « affiliation » avec Étienne Chouard. J’ai donc à mon tour demandé des explications.

De : sarah@mac.com
À : francois@fakirpresse.info

Objet : Ce qui fait débat

Antifa 75 dit :

5 juillet 2013 à 15:35
De pire en pire Pierre Carles salit la mémoire de Clément Méric. Mais ce n’est pas une première : son film récent « DSK, Hollande, etc. » a été réalisé avec une proche du dieudonniste Olivier Mukuna, la colloniste Aurore Van Opstal (1). On peut y visionner une séquence dans laquelle François Ruffin du journal Fakir fait l’apologie de Cheminade et Dupont-Aignan (2). Rien de surprenant donc à ce que Carles salisse aujourd’hui la mémoire de Clément.
À propos de Ruffin, avez-vous lu le dernier Fakir ? Il y est fait l’apologie de Chouard (dont Ruffin, tout comme Lordon, est un ami) (3) et de la nation et Ruffin y rend hommage à « l’hyper-efficacité » du FN (4) dans une interview assez hallucinante d’Emmanuel Todd. A noter que dans ce journal une rubrique est tenue par les souverainistes de Bastille-République-Nations qui compte parmi ses membres le négationniste Bruno Drewski et le cadre de l’UPR Laurent Dauré (5), ceci sans compter les nombreux autres dérapages passés de Fakir (apologie des « matons humanistes » de la prison d’Amiens (6), des super flics que sont les douaniers (7) ou interview de l’économiste larouchiste Maurice Allais (8). Mais comme dirait Bricmont, c’est sûrement de la « culpabilité par association »… En tout cas tous ces nationaux-staliniens moisis n’ont vraiment aucune leçon d’antifascisme à donner !
Apparemment, ce gloubi-boulga circulait sur Facebook et trois lecteurs m’ont, à leur tour, réclamé des « explications ». Cette salade, touillée par une passionaria de l’antifascisme, Ornella Guyet, m’a paru grotesque. Mais tellement symptomatique, en même temps, d’une littérature qui pollue le Net, qui assimile, en vrac, Frédéric Lordon, Alain Gresh, Étienne Chouard, Jean Bricmont, Hervé Kempf, maintenant Pierre Carles, et j’en passe, à du « rouge-brun ». Du coup, je me suis dit : « Tiens, on va s’arrêter sur ces quelques lignes, on va faire une mise au point », non pas pour Fakir, mais parce que ces petits procureurs qui confondent leur écran avec des miradors, qui flinguent toute idée qui dépasse, non seulement salissent des hommes, mais pourrissent le débat démocratique de leur suspicion généralisée. Et si l’ « antifascisme » c’est ça, cette police de la pensée, ma foi, c’est une publicité vivante pour leurs adversaires.
Je vais donc étudier ce texte, phrase par phrase, comme un cas d’école, pour trier le grain de l’ivraie.

(1) Pierre Carles

Le réalisateur de Pas vu, pas pris a publié, dans Siné Mensuel, une tribune autour de l’affaire Méric : « Méric et ses amis n’ont-ils pas été victimes d’un certain complexe de supériorité sociale ? Ne faut-il pas percevoir dans ce drame l’incapacité de certains membres de la petite bourgeoisie intellectuelle à percevoir à quel point un fils d’immigré espagnol Esteban Murillo peut se sentir profondément humilié par des jeunes perçus comme des nantis ? »
Pierre Carles avait, au préalable, adressé son article à Fakir. Mais Siné l’a accepté avant que nous n’ayons eu le temps de le refuser. Car nous l’aurions refusé : l’enquête nous apparaissait insuffisante, les faits trop maigres pour soutenir sa thèse. N’empêche, dans le martyrologue consacré à ce drame, ça tranchait, ça apportait un autre regard.
Mais il ne suffisait pas, alors, à nos « antifas » de contester ce papier, d’argumenter contre cette lecture de classe d’un fait divers, il fallait encore montrer que cette prise de position n’avait « rien de surprenant » : car Pierre Carles serait, sinon « facho », du moins pas très clair. Et comment le prouver ?

Par une espèce de contagion du soupçon.
Le site La Horde« portail méchamment antifasciste » – a ainsi dégotté une photo de Pierre Carles aux côtés de l’écrivain Marc-Édouard Nabe, et une autre photo de l’écrivain Marc-Édouard Nabe aux côtés de Dieudonné. Pierre Carles était ainsi assimilé à Dieudonné… c’est-à-dire à Le Pen !
La bloggeuse « Antifa 75 » procède de même : Pierre Carles a co-réalisé un documentaire avec une jeune journaliste, Aurore Van Opstal, dont jamais une prise de position n’est citée. Mais elle-même serait proche d’un dénommé Olivier Mukuna, qui lui-même a écrit un livre sur Dieudonné, et voilà Pierre Carles ramené à Dieudonné… c’est-à-dire à Le Pen !
C’est mathématique, non ?
À ce tarif-là, les suspects seront nombreux.

 

(2) Ma pomme

 

Circonstance aggravante pour Pierre Carles : il m’a filmé.
J’ai la mémoire courte, parfois : je ne me souvenais pas avoir fait une « apologie de Cheminade et Dupont-Aignan » – moi qui me considère plutôt, en gros, comme un compagnon de route du Front de Gauche.
J’ai donc re-visionné « DSK, Hollande et Cie ».
Durant la dernière campagne présidentielle, sur Canal +, Jacques Cheminade était qualifié de « candidat inutile » par Jean-Michel Apathie. Et Nicolas Dupont-Aignan était traité avec la même condescendance par Michel Denisot, toujours sur Canal + : « Si vous promettez le retour au franc, moi je promets le retour de la télé en noir et blanc ».
Interrogé sur ces séquences, je réagissais comme suit : « Quand on dit “Cheminade est un candidat inutile”, certes, il ne sera pas président de la République, mais est-ce qu’il n’a pas des idées sur la finance, par exemple, qui peuvent être utiles ? De la même manière pour Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière. C’est, au contraire, les candidatures les plus utiles sur le terrain démocratique, parce qu’elles portent des idées, qui peuvent être des idées loufoques, mais qui peuvent être aussi des idées de rupture intéressantes. On voit bien le mépris pour Nicolas Dupont-Aignan parce qu’il envisage de rompre avec l’euro, qui est quand même une question qui peut se poser légitimement quand on a 80% des ouvriers qui y sont favorables. Donc ça n’est pas une question qui peut se traiter avec mépris, dédain, arrogance. »
Qui lira dans ces lignes une « apologie » ? Il est évident que je ne partage pas les idées de Cheminade, par exemple, sur la colonisation de la planète Mars, ni davantage celles de Dupont-Aignan sur l’immigration. Mais réclamer que, pour une fois qu’ils passent à la télé, on les écoute sans morgue, on les laisse s’exprimer, cela dépasse-t-il, déjà, le seuil de tolérance de nos « antifas » ?

(3) Étienne Chouard

Suite à ces alertes, j’ai cherché, dans le dernier numéro, une « apologie d’Étienne Chouard ». Je n’ai rien trouvé.
Je l’ai re-parcouru.
Ah, ça y est.
C’était dans l’agenda, page 2, en tout petit : « À Avignon, ne manquez pas “ la dette expliquée à mon banquier ! ”, une pièce d’Étienne Chouard. » Et c’était tout. Un peu court, comme « apologie ». Mais bon, cette pub m’avait échappé, sans doute rajoutée en dernière minute par Eric, notre Monsieur Commerce, ou par Mathilde, notre metteuse en page. Pas trop au courant des controverses gauchistes, eux ignoraient que, depuis quelques semaines, Étienne Chouard était devenu « facho ». Ils avaient manqué un épisode. On m’avait prévenu, moi, que le héraut du « non » en 2005 était passé chez les méchants.

Puisqu’on proclame, comme ça, qu’Étienne Chouard serait mon « ami », je voudrais décrire nos maigres liens – non pas pour prendre mes distances, mais parce que c’est tout simplement la vérité. J’ai rencontré Étienne Chouard une fois, chez lui, à côté de Marseille, en 2009, avant le passage de Fakir en national. Une heure ensemble, une seule : avouez que ça fait un peu court pour des « amis ».
À moins que ce ne soit un coup de foudre. Ce ne le fut pas. Pourquoi ? Mon impression est confuse, mais j’avais le sentiment qu’il raisonnait trop en juriste, prenant les mots – la Constitution, sa marotte – pour les choses, ne partant pas assez du réel, des conditions effectives d’existence. Que du coup, ses propositions, le tirage au sort des élus, par exemple, intéressantes en soi, rouvrant l’imaginaire démocratique, me paraissaient plaquées, utopie voulant recréer un monde idéal en dehors du monde – alors que, à l’inverse, je pars de la gadoue où nous traînons, et de la boue dont nous sommes faits. Et puis, intervenant dans mes débats, ou aux Rencontres Déconnomiques d’Aix-en-Provence, il m’a gentiment gonflé, ramenant tout - le protectionnisme, la crise économique, la guerre des classes - à ses lubies, « tirage au sort… tirage au sort… tirage au sort… », comme une espèce de Géo Trouvetout qui aurait découvert la pierre angulaire.
Pour toutes ces raisons, embrouillées, intuitives, je n’ai pas accroché à sa pensée. Et en quatre années de Fakir, malgré son aura dans les milieux militants, et des réclamations de nos lecteurs, jamais nous n’avons réalisé une interview d’Étienne Chouard.
Voilà pour notre « amitié ».

Malgré ces réserves, je l’ai toujours considéré, de loin, comme un homme sincère, un profond démocrate. Alors, quand Fabien – un copain de Lyon – m’a prévenu par courriel : « J’ai rencontré Chouard, et quand un mec te dit (ce qu’il m’a dit à moi, en face) que « quand même on peut pas nier que Soral est un patriote et qu’il est tout sauf d’extrême droite », ça a de quoi te scotcher », quand Sarah et Arthur m’ont raconté le même genre d’anecdotes, ça m’a troublé.
Parce que, pour moi, on ne blague pas avec Alain Soral : c’est un mec d’autant plus dangereux que talentueux. Son site, Égalité et Réconciliation, fait un carton. Son influence dans les quartiers populaires est réelle. Et j’entends combien, jusque dans mon entourage, des jeunes se politisent par Soral, adoptent son discours.
Et quel discours ?
« Quand avec un Français, Juif sioniste, déclare Alain Soral, en 2004, sur France 2, tu commences à dire “y a peut-être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n’est pas systématiquement la faute de l’autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.” Parce qu’en gros c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c’est bizarre ! C’est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C’est-à-dire, je pense, c’est qu’il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sionisme qui confine à la maladie mentale. » Bref, la Shoah, c’est quand même un peu parce qu’ils l’ont cherchée.
Son chemin le conduit, naturellement, au Front National : « Le Pen méritait la France mais je ne suis pas sûr que la France méritait Le Pen », déclare-t-il au lendemain de la présidentielle 2007. Il est alors nommé, à l’automne, au Comité central du FN. Un parti qu’il quitte, deux années plus tard – mais non pas pour des divergences idéologiques : parce qu’il n’obtient pas la tête de liste FN en Île-de-France.
Profondément dandy, avant tout opportuniste, en quête de renommée, Alain Soral avait démarré bien à gauche, au Parti communiste, avant de basculer à l’extrême-droite. Il se prétend aujourd’hui « transcourants », réconciliant « la gauche du travail et de la droite des valeurs », affiche Hugo Chavez en une de son site – mais tout en rejoignant Dieudonné sur « l’antisionisme et le lobby juif ».

De voir que, en effet, Étienne Chouard donne des entretiens à Égalité et Réconciliation, participe à des débats publics avec les membres de ce groupe, et défend Alain Soral - « un type bien » - au nom de la liberté d’expression, voilà une ambiguïté qui, pour moi, devenait rédhibitoire.
Il fallait rendre cette position publique.
Sans pour autant blesser un homme isolé, et déjà largement attaqué.

Mardi 23 juillet, Trets.

Au milieu de ces réflexions, je voyageais justement dans le Sud, pour le « Fakir Provença Tour ». J’ai envoyé un SMS à Étienne Chouard, l’avertissant que je souhaitais l’interroger sur « les antifascistes », et je me suis pointé chez lui, en plein cagnard, entre la piscine et la table de jardin.

Sur Soral

Étienne Chouard : Je ne supporte pas quand il parle des féministes et des “pédés”. Ça me hérisse. Mais il m’a rendu sensible à un point qui, pour moi, n’existait pas auparavant : c’est le sionisme, le poids du sionisme au niveau mondial.
Fakir : Mais tu pouvais y parvenir par Mermet, par Gresh, par des lectures beaucoup plus nettes, sans trace d’antisémitisme !
Étienne Chouard : C’est vrai. Mais je suis rentré par là.
Fakir : Et quand il parle du « lobby juif »
Étienne Chouard : Il évoque davantage les sionistes. Mais si certains Juifs disent : « Nous, on est élus, et on va dominer le monde », c’est grave. C’est grave aussi quand ce sont des musulmans ou des chrétiens.

Sur les complots

Fakir : Tu crois qu’il y a un complot, alors, pour dominer le monde ?
Étienne Chouard : Mais il y en a plein, des complots. C’est normal. Les gens conspirent, ils complotent pour maintenir leur pouvoir.
Fakir : Mais par exemple, le MEDEF : est-ce qu’il s’organise ou est-ce qu’il complote ?
Étienne Chouard : Bien sûr qu’ils se réunissent en secret…
Fakir : Quand j’entends Pierre Gattaz à la radio, à peine élu à la tête du Medef, et qu’il assène ses objectifs avec clarté, j’ai pas tellement l’impression qu’il garde ses buts secrets… Pour moi, toutes les forces sociales s’organisent pour défendre leurs intérêts – et avec, à l’intérieur de cette organisation, une part de secret, mais qui est une part minoritaire.

Sur le FN

Fakir : Et que Soral ait appartenu au FN, qu’il ait déclaré que « la France ne méritait pas Jean-Marie Le Pen » ?
Étienne Chouard : Mais alors, on va faire quoi ? On va trier selon les appartenances politiques : « Toi tu votes mal, je ne discute pas avec toi », ça n’est pas ça la démocratie. Quand tu dis à un raciste, « t’es un sale raciste », il va rester raciste. Mais si tu parles avec lui, il peut évoluer.
Fakir : Qu’on cherche à convaincre les électeurs du Front National, qu’on change les conditions économiques et sociales qui produisent ce vote, c’est une priorité politique. Mais là, il ne s’agit pas du mécontent de base, mais bien d’un idéologue, d’un cadre du FN.
Étienne Chouard : Moi, je suis le défenseur de toutes les paroles. Il faut débattre avec tout le monde, là où le régime des partis nous enferme dans une guerre électorale.
Fakir : Je ne suis pas d’accord. Je suis partisan d’un cordon sanitaire autour du FN.
Étienne Chouard : Et qu’est-ce que je devrais faire, alors ? Insulter leurs dirigeants ?
Fakir : Je ne te demande pas d’insulter quiconque, juste de ne plus te répandre dans leurs médias, ne plus te compromettre dans des débats avec eux. Et, éventuellement, une fois que tu l’aurais mûrie, de rédiger un texte qui explique ta nouvelle position.

J’étais pressé.
J’ai dû partir à la va-vite pour un débat à Aubagne. En roulant, j’ai réfléchi à cet échange, et mon intuition se confirmait : Étienne Chouard est un homme de bonne foi. Mais en même temps, sa construction idéologique me paraissait bien récente, bien fragile, bien confuse : avant 2005, la politique ne l’intéressait pas trop, et d’un coup, voilà que le référendum sur le TCE l’a porté au pinacle, mis sous le feu des projecteurs, transformé lui-même en modeste guide. Et c’est ensuite, seulement après, qu’il s’est formé politiquement. En accéléré. De bric et de broc, comme tout le monde. Sauf que chacune de ses réflexions, chacun de ses errements, sont publics, consultés par vingt mille lecteurs, twittés et facebookés. Alors que ce mûrissement aurait réclamé, peut-être, un temps de retrait, de silence et de solitude.

Mercredi 24 mars, Marseille.

Étienne Chouard m’a adressé un long texte, déjà préparé d’avance, pour répondre aux détracteurs qui lui reprochent ses « mauvaises fréquentations ». Je le lis, et bien des choses m’horripilent. Cette opposition, déjà, entre un « faux suffrage universel » et une « vraie démocratie » :

« La scène politique actuelle est, de mon point de vue un théâtre trompeur qui permet de tout décider sans nous. Et ce n’est pas nouveau, c’est structurel : depuis deux cents ans, on nous donne le spectacle (et on nous invite à lutter dans) une fausse confrontation, un jeu de dupes… Je rappelle que nous ne pouvons rien gagner politiquement dans la cage du faux « suffrage universel »… Si on en cherche la cause des causes, c’est l’élection de maîtres parmi des candidats, le faux « suffrage universel »…

Ensuite, ce consensus nécessaire à la rédaction d’un nouveau contrat social :

« Mais pour arriver à un tel résultat (notre mutation en très grand nombre en citoyens constituants), il faut que je touche tout le monde, de gauche à droite et même les abstentionnistes (qui se méfient souvent de tous les partis), et pas seulement « le peuple de gauche » ! Je ne peux évidemment pas dire, même diplomatiquement : « non, pas vous : vous êtes « fascistes », ni vous car vous êtes nationalistes, ou racistes, ou machistes, ou nucléophiles, ou bourgeois, ou banquiers, ou publicitaires, etc. donc on ne vous parle pas »… Impossible de faire société en tenant à l’écart de l’écriture du contrat social des pans entiers de la société. Ces gens dont tu hais l’idéal de société (je le redoute moi aussi), ce sont bien des êtres humains, n’est-ce pas, on ne va pas les tuer ? Alors ? On va bien (être obligés de) vivre ensemble dans le même pays avec le même contrat social, non ? »

Et plein d’autres désaccords.
Du coup, je reprends rendez-vous avec Étienne, à Marseille cette fois, l’après-midi, accompagné de mon copain Kamel, un gars de la cité, camionneur et intello.
Et cette fois, j’ai décidé de mettre la gomme – quitte à démarrer mollo :

Sur la démocratie

Fakir : Tu essentialises le suffrage universel, comme s’il n’était, pour toujours et depuis toujours, qu’une gigantesque tromperie, comme s’il n’y avait pas des étapes. Comme si, surtout, toutes les conquêtes sociales du XXème siècle n’étaient pas liées, pour partie, à ce suffrage universel, avec des élus qui même à droite ne doivent pas complètement se brouiller avec le peuple.
Étienne Chouard : C’est possible. Mais tu considères que, aujourd’hui, on vit dans une vraie démocratie ? Étymologiquement, « le pouvoir au peuple » ?
Fakir : Mais cette expression de « vraie démocratie », moi, je ne peux pas l’endosser. Je considère qu’on est dans un système imparfait mais que, de toute façon, on sera toujours dans un système imparfait, que l’imperfection de l’homme, de la société, ça fait partie du monde, qu’on est juste dans des dégradés de gris. Et qu’à défaut d’un idéal, je me bagarre juste pour que ce soit un peu mieux ou un peu moins pire. Donc la « vraie démocratie », la république pure et parfaite, je n’y crois pas, moi, ni hier à Athènes ni demain en France.
Et le risque, c’est que tu invites à balayer la « fausse démocratie » – dans laquelle, tout de même, et je ne le compte pas pour rien, nous pouvons exprimer nos opinions – et ton message contre cette « fausse démocratie » est entendue, répandue, même à l’extrême-droite, mais qui garantit que, derrière, nous n’aurons pas une vraie tyrannie ?
Étienne Chouard : Mais parce qu’il y a tout le travail des citoyens constituants, avec l’instauration du tirage au sort. Je parie sur une prise de conscience, sur une contagion.

Sur le contrat social

Fakir : Tu écris, par ailleurs, qu’il faut discuter avec le Front National – et y compris, semble-t-il, avec leurs dirigeants – parce que, pour rédiger le nouveau contrat social, il faudrait que tout le monde, le peuple entier, soit d’accord…
Étienne Chouard : C’est bien ça.
Fakir : Mais quand est-ce que ça a fonctionné avec cet unanimisme ? Le contrat de 1789 se fait très largement contre l’aristocratie, contre le clergé, et contre des fractions importantes des classes populaires qui se solidarisent avec leurs anciens maîtres. En 1944, le Conseil National de la Résistance n’a pas demandé l’avis des collabos – et encore moins de Pétain et de ses ministres – pour rédiger son programme !
Étienne Chouard : Mais s’il n’y a pas un consensus, allez, des 99 % contre les 1 %, ça signifie que, derrière, il y aura des violences.
Fakir : D’abord, je ne suis pas d’accord du tout sur cette structure de classes : 99% contre 1%. Ça serait trop facile pour nous. Et ensuite, si tu souhaites vraiment une redistribution des cartes – des richesses, des statuts, des lois –, ça se fera de toute façon avec une immense tension. D’autant plus si, d’après toi, ça ne peut pas passer par les élections.

Sur Soral (fin)

Fakir : Vas-y, Kamel, raconte-lui ta rencontre avec Alain Soral.
Kamel : L’an dernier, tu sais, Soral est venu à Marseille. Comme il attire vachement de jeunes dans les quartiers, comme mon petit frère était sous son charme, je suis allé l’écouter. Y avait plein de mecs avec des djellabas, des barbes, les filles avec le voile, et là Soral leur dit en gros : « Si vous êtes dans la merde, c’est à cause d’un banquier sioniste à New-York. » Moi j’ai pris la parole, après, et je lui ai demandé pourquoi il indique « sioniste » ? pourquoi il dit pas un « capitaliste », un « oligarque » ? Et là, il m’a répondu qu’il fallait appeler un chat un chat.
Étienne Chouard : C’est pas raciste. Il ne dit pas « Juif », il dit « sioniste ».
Fakir : Est-ce qu’il a précisé, dans son exposé, qu’il ne fallait surtout surtout surtout pas confondre « juif » et « sioniste » ?
Kamel : Non, il n’a rien précisé.
Fakir : Mais Étienne, comment tu penses que c’est reçu, dans la salle ? Tu penses qu’ils donnent dans la nuance, les mecs ? Moi, pendant que je faisais mon bouquin Quartier nord, à Amiens, y a plein de gars qui me prenaient pour un juif à cause de mon gros pif, et c’était pas amical crois-moi.
Étienne Chouard se tait, frappé.
Kamel : C’est dangereux ce jeu-là. Là, pour moi, Soral déplace la question de la lutte des classes à la lutte des races.

Sur l’adolescence

Fakir : Mon sentiment profond, c’est que tu es comme un adolescent en politique. Tu voles d’émerveillements en indignations. C’est beau, en un sens, ça apporte de la naïveté, de la fraîcheur, de la hardiesse aussi. Mais ça comporte une part d’errance.
Moi, avant de lancer Fakir, je me suis tapé une traversée du désert : durant sept années, j’ai écrit écrit écrit, sans que rien ne soit publié. « Malheureusement », je pensais à l’époque. « Heureusement », je me dis aujourd’hui. Parce que c’était complètement immature : en gros, il fallait flinguer l’humanité (à commencer par les présentateurs du jité).
Tu es loin de ces sommets du ridicule, mais je vois là un danger, avec des prises de position un peu sur tout. D’autant plus que tu aimes flirter avec la ligne jaune.

Ça tournait à la leçon.
Et je devais filer à mon débat.
Il m’a remercié.
J’ai reçu un SMS, encore : « Je te remercie pour ta gentillesse et ta patience. » Et c’est là que Chouard est un mec pas banal. Parce que c’est lui, l’aîné, vingt ans de plus que moi, c’est lui le prof, c’est lui la star, « Don Quichotte du non », etc., et moi un gamin m’aurait avoiné comme ça, je n’aurais pas apprécié. Mais lui, plus tu lui rentres dans la gueule, plus il te remercie ! C’est soit un masochiste, soit un démocrate !

On a repassé une heure, ensemble, le jeudi, à Aix cette fois.
Et j’ignore ce que va donner, politiquement, tout ce baratin, s’il va rompre avec ces machins de Soral et de complots. Je crains que non. Je sais, en revanche, qu’au fil de ces trois jours, j’ai mesuré le fossé qui, politiquement, nous sépare. Mais aussi que, personnellement, je me sens davantage son « ami », un peu, pas trop mais un peu, après ces échanges.

(4) Le Front National

Dans le dernier numéro de Fakir, Emmanuel Todd déclarait : « Au Front de Gauche, sur le protectionnisme, ça avance, mais avec quel retard sur les classes populaires ! »
J’ajoutais : « Et quel retard sur le Front National, aussi, qui est devenu hyper-efficace sur ces questions. Vous voyez le FN comme le parti des dominés, le refuge pour le refus du libre-échange, pour le refus de l’euro…
- Le parti des dominés, il n’y a qu’à regarder les statistiques, il n’y a qu’à regarder les cartes. Le vote FN se déplace des marges anti-maghrébines, situées à l’est, pour aller se loger dans le vieil espace révolutionnaire égalitaire français. »

Je ne rends pas hommage, ni ici ni dans mon esprit, à l’efficacité du FN : elle m’inquiète. Le virage idéologique pris avec Marine Le Pen – fût-il superficiel, traversé par des contradictions –, le tranchant des prises de position – notamment par la voix du vice-président à la stratégie, Florian Philippot – marquent des points, je le crains, j’en ai l’impression quand je bois un coup au bistro. Ce que vérifient les législatives partielles.
Je ne m’en réjouis pas, bien au contraire. Mais jamais je ne méprise l’adversaire – qu’il soit patronal, eurocrate, libéral, président de la Banque centrale européenne, ou en l’occurrence d’extrême-droite : oui, il peut être « hyper-efficace » et « talentueux ». Non, nous ne sommes pas forcément les plus intelligents, complexe de supériorité culturelle qui habite, bien souvent, une gauche truffée d’étudiants, d’universitaires, de surdiplômés. Oui, « l’ennemi de classe » est parfois plus stratège, plus organisé, plus malin que nous ne le sommes. Sans quoi, nous n’en serions pas là.

(5) BRN

Il y a deux ans, déjà, en juin 2011, Ornella Guyet nous sommait de « supprimer le partenariat qui vous lie à BRN ». Et pour quelles raisons, déjà ?

« Dans son comité de rédaction figure Laurent Dauré, membre de l’UPR - un groupuscule souverainiste situé très à droite sur l’échiquier politique. Vous ne pouvez donc pas, en toute décence, travailler en confiance avec une revue animée par un tel personnage.
Par ailleurs, je vous signale qu’on trouve aussi dans l’équipe de cette revue Bruno Drewsky, un ami du négationniste Claude Karnoouh, qu’il publie régulièrement dans sa revue La Pensée libre (la plus récente remonte à janvier 2011) : http://lapenseelibre.fr/contenudesnumeros.aspx
Le même Drewsky a donné en 2009 une interview à Rebellion, organe d’un groupuscule d’extrême droite toulousain qui est une émanation du Parti national-bolchevique russe en France et est distribué par la maison d’édition d’Alain Soral : http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/10/28/entretien-avec-bruno-drweski.html
Je demande donc à ce qu’une mesure de rétorsion immédiate soit prise par Fakir à l’encontre de BRN et le partenariat qui vous lie à cette revue supprimé.
O. »

Nous avions repoussé cette mise à l’index :

« Chère Ornella,
La citation est notre arme préférée, à Fakir - comme dans bien d’autres publications de médias-critique et de critiques des médias qui nous ont précédés.
Pour me convaincre de ne pas publier quelques brèves de BRN, un argument primera donc : qu’à partir de citations, tu démontres leur appartenance ou leur proximité avec l’extrême droite. Pour l’instant, sans adhérer à tout leur contenu, ce qui m’intéresse dans BRN – et ce qui, je pense, peut intéresser les lecteurs de Fakir – ce sont leurs citations, justement, des commissaires européens, des parlementaires, de Business Europe, etc.
Pour me convaincre, là, tu me dis que Bruno Drewski (que je n’ai jamais rencontré) collabore à BRN – ce qui suffirait à disqualifier la revue. Mais qu’a donc dit ou écrit Bruno Drewski de si scandaleux ? Tu ne m’apportes, sur ce point, aucune citation. A la place, tu me dis qu’il a accordé une interviou à Rebellion (que je ne connais pas). J’ai lu l’interview : sans être, encore une fois, en accord avec tout, je ne vois absolument pas dans ses propos de quoi discréditer un homme. Ça me paraît même de plutôt bonne tenue. Tout comme son Que sais-je, sur la Biélorussie (que j’ai lu).
Pour me convaincre encore, tu me dis que Bruno Drewski publie avec le négationniste Claude Karnouh sur le site La Pensée libre. J’ai circulé sur ce site et, à première vue, très rapidement, je n’ai rien aperçu de cette nature. Bien que, en toute sincérité, ce compagnonnage me trouble.
De même, pour dénoncer l’UPR et François Asselineau (mouvement que je méconnais : je ne suis franchement pas un spécialiste de toute cette mouvance), dans ton article, tu ne fais pas une seule citation, démontrant qu’ils seraient bel et bien « ultra-nationalistes », « fascistes », etc.
Pour me convaincre, et pour convaincre tous les hommes de bonne volonté (qui existent), mieux vaudrait, à mon sens, en revenir à cette arme majeure : la citation. L’analyse. Les preuves, comme disait Jaurès.
Quant à un futur éventuel oukase sur Fakir, j’aimerais qu’il s’établisse sur des bases claires : qu’avons-nous publié qui le mérite ? »

Cette réponse, je l’avais également transmise à Pierre Lévy, le directeur de BRN. Pour l’avertir que, bien sûr, nous romprions notre partenariat au moindre propos en faveur, par exemple, du Front National. Mais notre vigilante « antifasciste » ne nous a, en retour, pas adressés la moindre citation – et n’en continue pas moins de récidiver, usant sans la moindre preuve de l’accusation – extrêmement grave – de « négationniste ».

(6) Le maton sympa

Dans un dossier consacré à la maison d’arrêt d’Amiens, en 2003, nous avons, en effet, consacré un portrait à Luc Rody, gardien de prison, habitant juste derrière, et délégué CGT : « À la réunion d’arrivants, témoignait-il, on leur raconte des histoires : “ Avec la Mission locale, on va vous aider à trouver du boulot, un logement, une formation… ”, mais c’est faux. On promet, on promet énormément, mais on ne fait rien. Alors, le gars a la haine. La nuit, j’en surprends beaucoup qui pleurent, même si ça joue aux hommes…
- La prison compte combien de travailleurs sociaux ?
- Six. Six pour plus de six cents prisonniers. Comment ils peuvent faire ? comment ils régleraient des difficultés de santé, de famille ? Certains détenus, ils ne les voient qu’une fois en deux ans ! Pour la sortie, ils ne peuvent même plus payer un billet de train, même pas donner un ticket repas, on grignote sur tous les budgets. Alors, dehors, les gars retournent à la rue, limite clochards… J’en croise, souvent : “Alors, tu as décroché un job ? – Non. – Qu’est-ce que tu vas faire ? – Je vais remonter bientôt.” La vérité, c’est qu’on fait de la répression, mais à côté, rien n’existe. Le vide. On n’a même pas le plaisir de se dire ‘on fait un métier utile’, même pas, parce que derrière, la réinsertion, c’est du bidon… »

Voilà qui, apparemment, ne mérite pas d’être entendu. Et constitue un grave « dérapage », une « apologie des matons humanistes ».

(7) Les douaniers

Notre antifasciste qualifie de « dérapage », à nouveau, notre « apologie » des « superflics que sont les douaniers ». C’est en-deçà de la vérité, pour une fois : car c’est avec constance que nous dérapons !
« Vive les douaniers ! » proclamions-nous en Une de notre numéro 57. Un titre que je reprenais pour un chapitre de mon ouvrage, Leur grande Trouille. Et la même déclaration nous sert encore, cet été, pour notre T’chio Rouge et Vert : « Contre le libre-échange, vive les douaniers ! »
Réclamer une transformation de la douane, exiger qu’elle s’occupe moins des clandestins – à vrai dire plus du tout – mais davantage d’entraver la circulation des capitaux et des marchandises, voilà qui, bizarrement, est douteux. Tend vers le fascisme.

(8) Maurice Allais

Depuis son virage protectionniste, au début des années 90, Maurice Allais était privé de médias. Au printemps 2009, Fakir sera le seul journal à avoir publié un entretien avec le seul prix Nobel d’Économie – ou plus exactement : le prix de la banque de Suède d’économie. Doit-on tenir cela, franchement, pour une honte ?
Et pourquoi le qualifier de « larouchiste » ? Parce que, après la chute de Lehman Brother, Maurice Allais a signé une lettre soutenant l’appel de Lyndon Larouche – le Cheminade américain – pour le « sauvetage de l’économie mondiale ».
Mais signer une lettre, une fois, sur un thème précis, suffit-il à faire de vous un « larouchiste » dans l’âme ? Et à discréditer tout propos qui sort de votre bouche, ou de votre plume ? Fût-il de bon sens : « L’histoire n’est pas écrite, concluait pour nous Maurice Allais, et je ne vois dans ce processus mondialiste aucune fatalité. C’est en fait de l’évolution des opinions publiques, c’est du poids relatif des forces politiques, que dépendent les changements de politique réalistes qui nous sauveront du désastre et détermineront notre avenir.
Et si j’insiste sur le “-isme”, c’est que je dresse un parallèle. Les perversions du socialisme ont entraîné l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes mènent à l’effondrement des sociétés occidentales.
En réalité, l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connaît qu’un seul critère, “l’argent”. Elle n’a qu’un seul culte, “l’argent”. Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même. »

Mise au point : Pour un cordon sanitaire

Je le disais à Étienne Chouard, je le répète ici : je suis partisan d’un cordon sanitaire avec l’extrême-droite. On ne joue pas avec le feu, on ne fait pas mumuse avec les héritiers de Doriot et Déat, même relookés et souriants.
C’est d’autant plus impératif pour Fakir – et pour d’autres intellectuels de gauche, Lordon, Todd, Sapir, etc. – que, avouons-le, nous partageons des analyses avec le Front National : sur l’Europe et la mondialisation.
Circonstance aggravante, nous sommes prêts à recourir à quelques outils communs : protectionnisme, sortie de l’euro, cadre national.
Raison de plus, alors, pour ne pas se mélanger, et pour rappeler que les fins poursuivies sont aux antipodes : à nous l’émancipation sociale (avec, notamment, une réduction et un partage du temps de travail), la justice fiscale (relèvement des impôts sur les sociétés, ainsi que des taxes sur les hauts revenus), la transformation environnementale (tout est à revoir, ici, des transports à la production). Autant de thématiques qui ne figurent pas dans le fonds de commerce des Le Pen and co.

Le combat contre le FN n’est clairement pas la raison d’être de Fakir.
Ou alors, indirectement.
Notre ADN, depuis la naissance du journal en 1999, c’est une attention portée aux classes populaires, à leurs conditions d’existence, et en particulier à ce fléau qui les lamine depuis trois décennies : le chômage. Rédigeant ce journal depuis Amiens, nous avons assisté à des délocalisations en série, des lave-linge (Whirlpool), des canapés (Parisot), des pneus (Goodyear), et même des chips (Flodor) ! Voilà le meilleur carburant pour un vote de désespoir – et nous voyons lentement la Picardie, « première région ouvrière de France » (d’après le Figaro), terre jacobine durant la Révolution, à la tradition rouge dans bien des coins, nous la voyons glisser lentement au Front National. Alors, rouvrir l’espoir, rassurer un peu sur l’avenir, nous paraît plus utile que de dessiner des moustaches d’Hitler à la Marine, que de crier « F comme fasciste, N comme nazi ». L’un, il est vrai, n’empêchant pas l’autre.

Mais comme nous y sommes peu attentifs, justement, nous avons besoin de vigies. Des guetteurs, qui examinent la nouvelle rhétorique du FN, qui veillent sur ses clubs de pensée, qui informent sur ses stratégies de récupération. Et qui nous avertissent, à l’occasion : « Attention, là, faites gaffe ! Terrain miné ! »
Les antifascistes que nous citons ici, largement repris sur le web, qui nous fustigent, ne remplissent pas ce rôle.
Ou fort mal.
Ils s’avèrent même, de notre point de vue, contre-productifs.

À force de crier « au loup », qui croira qu’il existe encore un loup ? Comment puis-je lire avec sérieux, maintenant, un auteur qui trace un trait d’union entre Pierre Carles et Dieudonné ? des sites qui font un petit paquet avec Frédéric Lordon, Hervé Kempf ou moi-même, et vous classent tout ça allègrement dans le « rouge-vert-brun » ? Et pourtant, en ces temps politiquement troublés, brouillés, ce serait une nécessité : des lanceurs d’alerte en qui, sur ce terrain, nous ayons confiance. Mais il y a, chez ces « antifas », une telle joie de la calomnie, un tel bonheur d’avoir découvert une tâche – quitte à l’inventer, avec malhonnêteté.
À la moindre incartade, avérée ou fantasmée, les voilà qui traitent des camarades d’hier en quasi-ennemis. Un vague courriel privé fut-il, par exemple, adressé à Hervé Kempf, avant que ne soit publiquement pointé le « confusionnisme » de son site Reporterre, parce que le communiqué d’un « micro-parti fascisant » - la Dissidence française - se serait égaré dessus ?

Le risque, aussi, c’est de créer des Dieudonné en série. Car qu’était cet humoriste ? Une outre politiquement vide et qui, prétendant s’engager, pouvait se remplir de n’importe quoi. Je me souviens de son passage, au journal télévisé de France 2 en 1997, alors qu’il se présentait aux élections législatives à Dreux. C’était gentiment démago de gauche, il se voulait l’héritier de Coluche, il rouvrirait les casernes pour les SDF. Et puis il y eut ce sketch chez Fogiel, pas drôle, mais non, pas antisémite, et le lendemain, le voilà lapidé en place publique, banni des peoples, et sans grand monde pour le défendre, sans personne pour lui ouvrir une porte de sortie. Il est resté avec ceux qui lui restaient, les pires. Et empirant chaque jour avec eux.
Voilà ce que produisent des mises à l’index hâtives.

J’ai gardé le plus grave pour la fin : la paresse de ces raisonnements, qui prolifèrent désormais à gauche. Il n’y a plus à argumenter et contre argumenter, à comprendre les forces à l’œuvre dans le peuple, à imaginer les chemins tortueux de la transformation, non : il suffit de vous amalgamer à des noms propres, supposés sales, « dieudonniste », « colloniste », « larouchiste », « Dupont-Aignan », « Cheminade », pour que la vilénie vous couvre à votre tour. Il suffit d’annoncer qu’Untel a débattu avec Machin qui a publié une préface pour Truc qui connaît bien Bidule, lui-même proche de l’extrême droite, pour qu’Untel soit compromis. Et il devient dès lors inutile d’écouter ses propos, de contester son point de vue avec des chiffres, des concepts, des comparaisons historiques.
C’est à un terrorisme de la pensée – et des fréquentations – qu’aspirent ces inquisiteurs : songer à un nouveau rôle pour les douaniers, réfléchir au cadre national, et même discuter avec un surveillant de prison, voilà qui relève de l’interdit. Et vous vaut, sans débat, d’ajouter votre patronyme à une liste noire, publiquement tenue.

Pareille malhonnêteté intellectuelle, même juste 10 %, vous vaudrait, à la fac, dans un parti, même dans la presse, un discrédit immédiat. Sauf qu’Internet bénéficie, en la matière, d’un régime d’exception.

Mais regardons ces anathèmes comme un signe, aussi.
Presque encourageant.
Pourquoi ces salves d’injures qui s’intensifient, sur Lordon, Todd, Sapir, etc., voire Mélenchon ? C’est qu’une controverse s’ouvre, à gauche, comme un clivage. Il a vécu, le consensus altermondialiste, ou alter-européiste, le temps où l’on se laissait bercer par un internationalisme angélique et impuissant. Face à la débâcle de l’Euro, aux dommages du libre-échange, l’offensive est lancée, et nous en sommes des artilleurs : « frontières », « souveraineté », ces mots ne nous sont plus tabous. Une réponse politique, concrète, réaliste, de masse, ne pourra plus demain, pensons-nous, se priver d’eux, s’interdire de les prononcer et de les repenser.
Cette bataille des idées, interne à notre camp, peut être, doit être menée en douceur, autant que possible, sans désir de heurter, de déchirer, de perdre des camarades en route : à quoi bon se brouiller, quand on se retrouvera côte à côte dans les grèves et les manifs ? Mais on comprend que ces avancées – de notre point de vue, ces reculades du leur – hérissent le poil de militants, libertaires par exemple, que ces vocables à eux seuls font gerber, et qu’ils nous renvoient, comme par réflexe, sans trop s’embarrasser de fioritures, à la guerre de 14 ou au fascisme.

No pasaran !
Nous ne cèderons pas à ces autoproclamés « antifas », sectaires, paranos, minoritaires, qui dénaturent l’antifascisme, le trahissent, qui en font la chose d’un clan, recroquevillé sur lui-même, excluant les hérétiques, gardiens d’une nouvelle pensée unique. Quand le véritable antifascisme, historique, généreux, né en 1934 avec les syndicats ouvriers et les partis de gauche, existant toujours mais avec moins de tumultes, doit retrouver les profondeurs du pays et embrasser tout le mouvement social.
Dont nous sommes.

PS : Fakir est si manifestement fasciste que, dans le dernier numéro en kiosques, nous consacrons quatre pages à une usine tunisienne (contre une relocalisation en France !), autant à un portrait de Kamel, deux pages et un livre au Résistant – et antifasciste de la première heure – Maurice Kriegel-Valrimont.

 

 

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 14:23

 

 

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Participez à la semaine du revenu de base ! Du 16 au 22 septembre, tous les militants du revenu de base en Europe se mobilisent pour récolter le maximum de signatures en un temps rccord. Et vous, que ferez-vous ?
>> Consultez le site web pour voir comment participer

Semaine du revenu de base à Montpellier : le programme complet !


Chers amis montpelliérains,

Le revenu de base fait sa rentrée à Montpellier dès lundi prochain !

Du 16 au 22 septembre, à l'occasion de la semaine du revenu de base organisée en France et en Europe, de nombreux évènements se dérouleront dans toute la ville. Le mot d'ordre de cette semaine est de récolter un maximum de signatures pour l'initiative citoyenne européenne, à travers différentes manifestations locales (cinés-débats, cafés citoyens, tables-rondes, stands de rue, pique-niques...).

Voici donc tous les évènements organisés sur Montpellier pendant la semaine :
  • lundi 16 septembre (18h30-21h) à l'espace M. Luther King : conférence de Gérard Foucher sur "les secrets de la monnaie"
  • jeudi 19 septembre (19h30-22h) à la Faculté des Lettres : soirée-débat "revenu de base, utopie ou réalité ?"
  • samedi 21 septembre (journée) : dans les rues de la ville, venez participer à une Gratiféria, découvrir notre stand sur le revenu de base et partager un pique-nique !
  • samedi 21 septembre (15h30-17h) au Ranch : venez découvrir la comédie sonore politico-poétique "Le travail expliqué à mon chef", de et avec Cécile Canal
  • dimanche 22 septembre (15h30-17h) au quartier Boutonnet : pour clôturer cette semaine du revenu de base, retrouvons-nous autour d'un pique-nique partagé (avec les incroyables comestibles et le collectif Bout'entrain) puis à l'occasion d'un atelier "démocratie, constitution et revenu de base" !
Autant de raisons de venir participer à l'un ou l'autre de ces évènements et de venir échanger sur cette grande idée du XXIème siècle !

Retrouvez toutes les infos sur ces évènements sur le site de la semaine du revenu de base ou sur notre facebook ! Vous pouvez aussi rejoindre l'évènement national sur facebook et y inviter tous vos contacts !

En espérant vous y rencontrer,

Gaëlle Le Meur
Pour le groupe local de Montpellier
revenudebase.montpellier@gmail.com

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