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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 14:35

 

mediapart.fr

Notre-Dame-des-Landes : pas d’infraction de la France selon la Commission européenne

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La commission européenne n’ouvre pas de procédure d’infraction à l’encontre de la France, dans le dossier contesté du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

 

La commission européenne n’ouvre pas de procédure d’infraction à l’encontre de la France, dans le dossier contesté du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Mardi 17 septembre, Karl Falkenberg, directeur général à l'environnement de la commission, a écarté l’ouverture d’un contentieux contre Paris, lors d’une réunion de la commission des pétitions du parlement européen : « À ce stade, il ne nous semble pas indiqué d’ouvrir une procédure d’infraction formelle. » En début d’année, sur saisine de la commission des pétitions, Bruxelles avait ouvert une « procédure pilote » concernant le projet d’aérogare, consistant en l’envoi de questions, en deux fois, à Paris (voir ici, et ici).

Pour l’exécutif européen, le site du futur aéroport se trouve en dehors de toute zone Natura 2000 et offre jusque-là les garanties nécessaires au respect de la directive sur la protection de l’eau. Pour autant, la commission souhaite poursuivre sa surveillance du dossier : « La commission se réserve la possibilité de suivre de très près les dernières décisions ; de quelle façon les impacts cumulatifs seront appréhendés et quelles mesures compensatoires effectives seront engagées. » Son porte-parole a tenu à remarquer que « visiblement, c’est un sujet plein d’émotions et très sérieusement disputé », et encore que « c’est un sujet complexe par sa nature et par son histoire ».

Dans les jours précédant cette audience très attendue par les opposants, l’eurodéputée EELV Sandrine Bélier avait dénoncé des pressions exercées par la France à Bruxelles pour empêcher le déclenchement d’un contentieux.

 

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 14:25

 

 

mediapart.fr

Cahuzac utilisait son compte IRFM de député pour des dépenses personnelles

|  Par Mathilde Mathieu

 

 

 

Comme député, Jérôme Cahuzac piochait dans ses frais de mandat pour financer des « dépenses personnelles, ce qui paraît contraire à l'esprit de cette indemnité », d'après une note du service Tracfin dont Mediapart a eu connaissance.

 

Il ne s'interdisait donc rien ? Comme député, Jérôme Cahuzac aurait fait un usage parfois abusif de son « indemnité de frais de mandat » (IRFM), cette fameuse enveloppe de 5 770 euros mensuels allouée à tous les parlementaires pour couvrir leurs frais professionnels, versée sur un compte à part, mais trop souvent détournée à des fins privées. Tirées d’un rapport de Tracfin, ces nouvelles révélations décideront-elles l’Assemblée nationale à instaurer enfin un contrôle sur le train de vie de ses membres ?

À l’occasion d’une « note d’information » dont Mediapart a eu connaissance, le service anti-blanchiment du ministère de l'économie a en effet analysé l'ancien compte IRFM de Jérôme Cahuzac et relevé des exemples de « dépenses personnelles, ce qui paraît contraire à l'esprit de cette indemnité », écrivent les enquêteurs.

 

Jérôme Cahuzac lors de son audition par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale 
Jérôme Cahuzac lors de son audition par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale© Reuters

Ce rapport sur l’ancien ministre (par ailleurs essentiellement consacré à la question de la fraude fiscale) a été rédigé au lendemain des aveux de Jérôme Cahuzac sur son magot caché en Suisse et à Singapour, qui lui valent aujourd'hui deux mises en examen pour « blanchiment de fraude fiscale » et « déclaration mensongère de patrimoine ».

S’agissant du compte IRFM de l’ancien député, ouvert chez BNP-Paribas, Tracfin s'est concentré sur les six derniers mois de sa mandature (janvier à juin 2012), repérant plusieurs dépenses sans lien apparent avec l’exercice d’un mandat parlementaire : des emplettes dans des « magasins d’habillement de luxe », des « abonnements à Canalsatellite et Canal Plus », ou même une note de 8 000 euros réglée chez un vendeur de piscines et hammams du Lot-et-Garonne (l’ancienne circonscription du socialiste).

Interrogé sur la nature précise de cet achat (piscine ? spa ? etc.), le gérant de la société, retrouvé par Mediapart, s'est borné à confirmer que « Monsieur Cahuzac est en effet un de (ses) nombreux clients ».

Les enquêteurs précisent que leur passage sur l’IRFM n’a rien d'exhaustif. Comme l’usage de cette indemnité n’a jamais été codifié (ni dans une loi, ni même dans le règlement de l’Assemblée nationale), les risques encourus par Jérôme Cahuzac sur le plan juridique étaient probablement trop minces pour que Tracfin juge utile de passer les cinq années de sa mandature au peigne fin.

Prudents, les auteurs signalent que l’ancien député faisait aussi verser sur ce compte « pro » des reliquats de ses indemnités de maire de Villeneuve (9 100 euros en six mois), qui pouvaient couvrir – dans l'absolu – une partie de ses achats personnels. Sans doute était-il fastidieux, pour Tracfin, d'isoler et de chiffrer les dépenses privées réglées avec le seul argent de l'Assemblée. La justice s'y collera-t-elle ? Sollicités, les avocats de Jérôme Cahuzac, Mes Jean Veil et Jean-Alain Michel, n'ont pas souhaité répondre à nos questions.

Les premières trouvailles de Tracfin suffisent en tout cas à relancer le débat sur l’usage incontrôlé de cette enveloppe « destinée à couvrir forfaitairement les dépenses liées à l’exercice du mandat de député » (dixit le site de l'Assemblée), accordée aux élus en plus de leur traitement de base de 7 100 euros mensuels et de l'allocation dédiée à leurs collaborateurs (9 500 euros). La nature des dépenses engagées n'est jamais examinée par les fonctionnaires du Palais-Bourbon, ni d’ailleurs par la Cour des comptes, ni même par le fisc qui n’a plus le droit d'y fourrer son nez depuis 2002 – « (L'IRFM ne peut) donner lieu à aucune vérification de la part de l'administration », précise le Code général des impôts.

Un système opaque

À l'arrivée, ce système opaque facilite – sinon favorise – les dérives. Au printemps 2012, Mediapart a déjà dévoilé que le député Pascal Terrasse (PS) avait pioché dans son IRFM pour financer des vacances en Égypte et en famille, des voyages en Espagne, des billets de train pour son épouse et ses enfants, sa cotisation au PS, ou encore des charges liées à son mandat de conseiller général. Nous avons ensuite raconté comment des parlementaires profitaient de leur IRFM pour acheter leur permanence électorale (voire un pied-à-terre à Paris), avec la perspective d'une plus-value à l'issue de leur mandat. Quant au sénateur Bruno Retailleau (UMP), président du conseil général de Vendée, il a puisé 2 000 euros en 2012 sur son compte « pro » pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy – un don jugé irrégulier par la commission des comptes de campagne, comme nous le révélions en juillet dernier.

 

Mme Thoraval 
Mme Thoraval© DR

En fait, dès qu'on creuse, on trouve. Mediapart vient encore de découvrir que Marie-Hélène Thoraval, députée UMP jusqu'en juin 2012, avait financé sur son IRFM une croisière en Méditerranée du 18 au 21 août 2011, louant un voilier dans une agence du Var, pour un coût d'environ 2 000 euros. À bord du bateau : ses deux assistants parlementaires de l'époque (accompagnés d'une copine), son mari et sa fille. On voit mal pourquoi l'argent de l'Assemblée – tiré de la poche des contribuables – devrait alimenter ce type de dépenses.

Gênée, Marie-Hélène Thoraval assure qu'il s'agissait d'un « séminaire de travail pour préparer la rentrée parlementaire dans un cadre sympathique », que réserver « des nuits d'hôtel sur la Côte (lui) aurait coûté plus cher », que son mari était simplement venu piloter le bateau (« il est plus averti que moi et ça m'évitait l'embauche d'un skipper »). Et sa fille ? « Ça ne coûtait pas plus cher d'embarquer une personne de plus... » Tout juste Marie-Hélène Thoraval concède-t-elle qu'il serait opportun de fournir aux parlementaires qui arrivent au Palais-Bourbon des consignes officielles sur l'usage de l'IRFM.

Bizarrement, aucun code de ce genre n'existe à ce jour, pour la simple et bonne raison que l'Assemblée ne s'est jamais coltiné la question clef : quels frais peuvent être considérés – ou non – comme professionnels ? Chacun trace en fait la ligne jaune où bon lui semble.

Dans l'instruction marseillaise qui vise Alexandre Guérini, le frère de Jean-Noël (sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône), les gendarmes ont épluché les multiples relevés bancaires de l'élu socialiste et repéré plusieurs débits effectués depuis son compte IRFM dans des « boutiques de luxe », d'après un procès-verbal de janvier 2012 consulté par Mediapart. « Les dépenses que j'effectue avec mon IRFM sont toujours d'ordre professionnel », nous assure, en réponse, Jean-Noël Guérini. En l'absence de tout système de contrôle, on est contraint de le croire sur parole – lui comme les 924 autres parlementaires.

 

 

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 14:13

 

mediapart.fr

Le système Dassault raconté de l'intérieur

|  Par Pascale Pascariello

 

 


Un habitant de Corbeil-Essonnes décortique pour Mediapart le système Dassault auquel il a participé avant d'être lâché. Alors que le sénateur milliardaire est convoqué par les juges le 2 octobre prochain dans une enquête criminelle, Athman livre dans un long témoignage sonore, les détails, les circuits financiers et les arrangements du « système D ». Et il en appelle à la justice, son témoignage mettant aujourd'hui sa vie en danger.

 

«  J’ai vécu et grandi avec Monsieur Dassault, autour du monde de Monsieur Dassault, je n’ai connu que le monde Dassault. » Athman, 32 ans, est un ancien témoin devenu un acteur de ce qu’il nomme le « système D ». Il a « goûté » à l’argent du sénateur, en particulier lors des élections municipales, pour « inciter » des habitants à voter pour l’avionneur. N’ayant pas été payé pour les élections de 2010, il détaille et dénonce aujourd’hui ce système dont Serge Dassault reconnaît l’existence dans les enregistrements que Mediapart a rendu publics dimanche.

Ce n’est pas Athman qui nous a transmis l’enregistrement clandestin dans lequel Serge Dassault reconnaît avoir acheté la campagne électorale de 2010. Il n’est pas non plus l’une des deux personnes qui faisaient face au sénateur milliardaire ce jour de novembre de 2012. Mais, comme il l’explique, il fait partie de ceux qui ont initié cet enregistrement. Il a demandé que son prénom soit modifié pour des raisons de sécurité, car il sait très bien ce qu’on risque quand on dénonce le système Dassault, quand on enraye une machine qui a notamment fait la fortune de tous, dont certains malfrats.

Un ami de sa bande, un des deux hommes qui faisaient face à Dassault lors de l’enregistrement, s’est en effet fait tirer dessus trois mois plus tard, en février 2013. Il a réchappé par miracle aux balles qui ont été tirées, selon des sources policières, par un certain Younès B., précisément l’homme qui n’aurait pas redistribué correctement le 1,7 million d’euros versé par Dassault pour les seuls quartiers-sud de la ville… Les avocats de Serge Dassault, Mes Pierre Haïk et Jean Veil, ont annoncé lundi 16 septembre la convocation du sénateur, le 2 octobre prochain, comme “témoin assisté” par des juges d'Évry qui enquêtent sur cette tentative de meurtre. Initialement, les juges voulaient l'entendre sous le régime de la garde à vue, mais le bureau du Sénat s'était opposé à la levée d'immunité du milliardaire.

 

Serge Dassault, milliardaire, sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes, est au centre de plusieurs enquêtes judiciaires. 
Serge Dassault, milliardaire, sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes, est au centre de plusieurs enquêtes judiciaires.© Reuters

Conscient de la nécessité de crédibiliser son témoignage, « Athman » a cependant accepté que sa vraie voix soit diffusée dans cette longue interview séquencée de 20 minutes que nous publions aujourd’hui, et qui constitue une mine d’informations, précises et documentées, permettant de détailler une machine que plusieurs de nos confrères, comme Le Canard enchaîné, Libération et Le Parisien, avaient déjà commencé à décrire.

Athman a rencontré pour la première fois Serge Dassault en 1996. À l’époque, le milliardaire vient de remporter, en 1995, les élections municipales de Corbeil-Essonnes, une ville qu’il traverse régulièrement pour se rendre sur son terrain d’aviation de Melun-Villaroche et dont il veut faire une vitrine de ses engagements politiques. Il veut, par la même occasion, prouver à ses détracteurs qu'il est capable de réussir sans hériter.

Cette victoire, il la savoure d'autant plus qu'il met fin, du coup, à trente-trois ans de communisme. Ville ouvrière de 42 000 habitants, Corbeil ne s’est pas relevée de la crise économique. À son arrivée, le nouveau maire promet de tout moderniser ; de se servir de son carnet d'adresses et de son savoir-faire de businessman pour relancer l'économie de la ville. Dix-huit ans plus tard, Serge Dassault n’a pas fait revenir l’emploi. Le taux de chômage n’a cessé d’augmenter, passant de 9,7 % en 1995 à 13,8 % en 2012, allant même jusqu'à 40 % dans certaines cités.

Pourtant « SD », comme l’appellent les jeunes de Corbeil, est parvenu à garder la ville sous son giron. « C’est comme chez Coluche. Chez Coluche, vous avez des pâtes, du riz, des tomates, des pommes de terre, du pain, des raviolis… Eh ben, chez Monsieur Dassault, vous avez des billets de 100, des billets de 200, des billets de 500, du bien immobilier… (…) et Monsieur Dassault, on ne peut pas dire que c’est Picsou. Il est généreux envers les habitants de Corbeil-Essonnes. » Qui, en échange, le lui rendent bien lors des élections, comme le raconte Athman.

  • « On craint pour notre personne »

Athman explique avoir peur parce qu’il dénonce un système « par lequel des générations et des générations de personnes ont touché de l’argent. À cause de nous, tout ça va s’arrêter. » Selon lui, « tous les gens qui sont à Corbeil ont goûté à l’argent de Monsieur Dassault ». Pourquoi le dénoncer ? « On n’a pas été rémunérés, on nous a négligés, on nous a maltraités et c’est pas bon de faire des promesses qu’on ne peut pas tenir. »

 

  • « On va pas lui dire : “Ah non, Monsieur, vous rajoutez une autre enveloppe !” »

En 2009, c’est aux Pinsons, le QG électoral de Dassault à Corbeil-Essonnes, que les habitants sont invités à déposer leur demande en tout genre. Ils défilent dans le bureau de « SD » et les enveloppes sont distribuées. En 2009, Athman fait la connaissance des lieux lors de l’entre-deux tours des élections municipales. À l’époque il demande une somme « modeste » : 10 000 euros.

Dans cet extrait, Athman parle de Jacques Lebigre comme de l’homme de main de Serge Dassault. Ancien militant du SAC, ancien directeur de cabinet de Serge Dassault à Corbeil et secrétaire départemental de l’UMP de l’Essonne, il est le fidèle parmi les fidèles, surnommé à Corbeil-Essonnes, le « porteur de valises ». Lorsque Serge Dassault remet l’argent à Athman, celui-ci ne prend pas la peine de vérifier la somme devant le milliardaire. « Quand on est devant, on est réservé, on a honte un peu, on se croit pas tout permis devant lui. On va pas lui dire : “Ah non, Monsieur, vous rajoutez une autre enveloppe !”. »

 

  • « Ils ont d’abord voulu acheter la paix sociale. Puis ils nous ont fait des promesses… »

Un BEP d’électro technique en poche, après quelques petits boulots et un détour par la case prison pour trafic de drogue, Athman est approché par l’équipe Dassault pour réaliser un « travail », certes particulier mais lucratif. Athman explique qu’on est venu le chercher : « On était soi-disant des voyous. Ils voulaient acheter la paix sociale. Ils sont venus vers nous, ils nous ont fait des promesses. Ils connaissaient ma situation, ils m’ont dit : “On peut t’aider.” Nous, on n’est jamais venu taper à la porte de SD, c’est SD qui est venu et qui veut s’entourer de gens comme nous. (…) SD veut récupérer les plus agressifs. Ce qui fait qu’on devient tous des loups. On se dit qu’en étant brebis on va se faire bouffer, qu’en étant calme on n’aura rien, et en étant voyou, là, vous vous achetez une crédibilité. »

  • « Pour moi et mon groupe, on a demandé 120 000 euros »

À la tête de la ville de 1995 à 2009, Serge Dassault a dû confier les rênes de la commune à son bras droit et employé de son groupe de presse, Jean-Pierre Bechter, à la suite de l’invalidation par le Conseil d’État, en juin 2009, de la municipale de 2008 pour dons d’argent. Inéligible, il présente donc son poulain qui remporte les élections en octobre 2009 de 27 voix. À l’époque, le mot d’ordre lors de la campagne dans les cités des Tarterêts, de la Nacelle, ou de Montconseil, est clair : « Votez Bechter, c’est voter Dassault. »

Mais en mars 2010, le scrutin d’octobre 2009 est lui aussi annulé au motif que Serge Dassault figurait sur les bulletins de vote de Bechter. Il faut repartir en campagne, et cette fois Athman est pleinement de la partie. Il raconte le démarchage et décortique comment la victoire a été rendue possible : « On leur expliquait que s’ils avaient besoin de quelque chose, d’un changement de logement, d’un appartement plus grand, un travail au SMIC dans les espaces verts ou dans le milieu associatif, il fallait voter Dassault. C’est tout simple. »

Il faut cependant faire le travail jusqu’au bout. « Monsieur Dassault ne paye qu’une fois le résultat obtenu. Si les gens ne font pas ce qu’il faut dans l’isoloir, personne n’a sa part. » Et après la victoire, il faut attendre. « Les liquidités arrivent au bout de 9 mois, 10 mois… »


Serge Dassault a admis avoir acheté l'élection municipale de 2010 dans un enregistrement réalisé en novembre 2012.  
Serge Dassault a admis avoir acheté l'élection municipale de 2010 dans un enregistrement réalisé en novembre 2012. © Reuters
 
  • « En 2010, on me fait ouvrir des comptes »

« En 2010, on m’a fait une promesse. Cette promesse n’a pas été tenue. » Sans détour, Athman accuse Younès B., « le bras armé » de Serge Dassault, de ne pas avoir redistribué l’argent comme convenu. Ancien habitant de la cité des Tarterêts, Younès B., fait figure de « caïd » pour certains, de « toutou » pour d’autres. Il reste un des principaux bénéficiaires du « système D », système qui lui aurait permis notamment de devenir propriétaire d’un café et d’une entreprise à Corbeil-Essonnes. « Il a jugé bon de ne pas payer un petit quartier comme le mien. C’est pour cela qu’on n’a pas été réglé. »

Tout avait été pourtant préparé. Pour être rémunéré, il est demandé aux petites mains du système d’ouvrir des comptes à l’étranger. Dans l’enregistrement, Serge Dassault lui-même évoque le Liban, une piste déjà retenue dans le cadre de l’enquête de la Brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP) ouverte à Paris, en avril 2012, suite à la plainte déposée par la fille de Serge Dassault, Marie-Hélène Habert, et de son frère Laurent, pour « harcèlement ». Un habitant de la cité des Tarterêts, Mamadou K., aujourd’hui en Belgique, aurait en effet récupéré dans une banque au Liban une somme d’argent importante provenant d’un compte lié à Serge Dassault.

 

  • « Nos parents, eux, n’ont pas réussi à économiser 100 000 euros »

Les sommes en jeu font tourner les têtes. « Mon père a travaillé toute sa vie, il a juste eu de quoi payer ses factures, ci et ça, faire grandir ses enfants et basta. Et avoir 1 000 euros pour son enterrement. Vous imaginez maintenant, quelqu’un vient et vous propose 100 000 euros… »

Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’obtenir des voix : « J’allais voter à droite parce que c’est un système de corruption… Tout en sachant que la droite, elle prend les immigrés avec des pincettes. »

 

Serge Dassault avec Nicolas Sarkozy, le 23 juin 2007, au Bourget.  
Serge Dassault avec Nicolas Sarkozy, le 23 juin 2007, au Bourget. © Reuters
  • « On ne se fait plus la guerre : on sait comment prendre l’argent. On attend les élections. »

La paix entre quartiers est le seul point positif que trouve Athman au système. Ce qui ne l’empêche pas de s’interroger sur sa fin. « On se retrouve avec un milieu associatif et un milieu éducatif dans le chaos total. Quand tout ça sera fini, qu’est-ce qu’ils vont faire les jeunes ? (Les employeurs) leur demanderont : Vous n’avez rien fait pendant 10 ans ? »

 

  • « On a investi à plusieurs dans une caméra cachée. Et on les a piégés. »

Fin 2012, Athman et ses acolytes parviennent indirectement à piéger un certain nombre d’élus. Ils veulent utiliser ces bombes mais obtenir en échange une protection pour ne pas être pris pour cibles. « En janvier 2013, on a vu les policiers de Nanterre. On leur explique la tension, on leur dit que des vies sont en danger. Ils ont pris ça avec des pincettes. Je leur dis qu’on a d’autres preuves (à leur disposition) mais seulement si on a une protection d’éloignement. La police nous répond qu’ici, c’est pas l’Amérique. »

Un mois plus tard, un de leurs amis qui avait piégé Dassault se fait tirer dessus par Younès B., l’homme qui n’a pas redistribué l’argent comme convenu. « Ils l’ont massacré pour rien, et on veut que ça ne se reproduise plus. C’est pour ça qu’on demande des garanties. »

 

 

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 13:56

 

marianne.net

 

Les Pinçon-Charlot contre-attaquent

Dimanche 15 Septembre 2013 à 10:00

 

Bertrand Rothé

 

Le nouveau livre du couple de sociologues, "la Violence des riches", pointe une fois encore le cynisme des élites françaises et s'en prend à la délinquance fiscale, véritable sport de classe.

 

Les Pinçon-Charlot contre-attaquent

Loin des conflits entre Taubira et Valls et autres vaudevilles politiques qui tentent de nous faire oublier la hausse du chômage et la montée des inégalités, les Pinçon-Charlot réfléchissent aux violences que nous font subir les riches. Les décisions de cette petite élite peuvent jeter des milliers de familles dans la misère. Il suffit de se promener dans les Ardennes. Les friches industrielles y succèdent aux usines murées. Les délocalisations, les fonds spéculatifs et autres inventions financières ont fait des ravages. Bien davantage que les vols d'autoradios et de portables.

Les escroqueries à la Sécurité sociale ou au fisc coûtent, elles, des dizaines de milliards à la collectivité nationale. Car la fraude fiscale est un sport de classe que l'on pratique plus à Neuilly-sur-Seine qu'à La Courneuve et à Sarcelles. C'est finalement Valls qui ferait bien de mettre la pression sur Mme Taubira ! Car l'ordre républicain est ici bafoué tous les jours par des juges plus laxistes qu'en banlieue. «En moyenne, six mois avec sursis et quelques millions d'euros d'amendes pour des fraudes avoisinant le milliard d'euros», écrivent les Pinçon-Charlot. N'en déplaise à François Hollande, ces délinquants ont un prénom et un visage : ils s'appellent Laurence, Bernard... Qu'ils soient héritiers, financiers ou gestionnaires de fonds, en cas de récidive, aucune peine plancher n'est prévue pour eux. Au contraire. Ils gagnent à tous les coups. Le soutien du Medef leur est acquis, et en prime ils peuvent devenir conseillers du gouvernement socialiste.

"L'argent, c'est la liberté"

Tout le monde en prend pour son grade avec les Pinçon. Les hommes politiques, évidemment. L'UMP trouvera d'ailleurs ici tout prêt un «inventaire» saisissant de la politique de Sarkozy. Pour un complément d'information, Copé et son équipe pourront aussi puiser allégrement dans un précédent livre du couple : le Président des riches (La Découverte, 2011). Notre gouvernement n'est pas pour autant oublié. L'hommage rendu aux socialistes par Bernard Arnault, la première fortune de France, dans un entretien au Monde de 2013 est un vrai coup de griffe du rapace. «Quand Pierre Bérégovoy était ministre de l'Economie de François Mitterrand, l'entrepreneur était considéré comme un héros national», et les salariés, eux, commençaient à être vus comme une charge. Si les réseaux de Hollande sont décrits un peu trop vite ; dans un chapitre sur PSA, les deux auteurs s'interrogent avec ironie sur cette «deuxième droite». «Comment Pierre Moscovici a-t-il pu déclarer au Monde le 17 juillet 2012 : "Comme tout le monde, j'ai ressenti un choc à l'annonce du plan de PSA. Et c'est d'abord aux salariés et à leurs familles que je pense." Mais pouvait-il être dans l'ignorance des difficultés de cette société en tant que vice-président du Cercle de l'industrie, dont Philippe Varin [le président du directoire de PSA] est le président ?»

Les petits soldats du journalisme ne sont pas oubliés. Il suffit d'allumer sa radio pour entendre un auditeur nous rappeler que les riches font vivre le commerce : «L'argent, c'est la liberté, et je regrette qu'en France on soit envieux vers le haut et que l'on tire notre pays vers le bas.» Le Meccano de la domination se voit encore une fois ici démonté.

La Violence des riches, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, 256 p., 17 €. A paraître le 12 septembre.

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:55

 

 

lemonde.fr

 

 

Derrière les 400 Américains les plus riches, les inégalités explosent

Le Monde.fr | 16.09.2013 à 18h43 | Par Stéphane Lauer

 
 
On peut lire ce palmarès comme un bottin mondain, en pointant ceux qui gagnent des places (Bill Gates, Warren Buffett, Carl Icahn ou Mark Zuckerberg) et ceux qui en perdent.

New York, correspondant

Au moment où chacun tire un bilan de la crise financière, cinq ans tout juste après la faillite de la banque Lehman Brothers, le palmarès des Américains les plus riches, publié lundi 16 septembre par le magazine Forbes, donne un éclairage instructif sur les principaux bénéficiaires de la reprise. Alors qu'aux Etats-Unis le taux de chômage peine à reculer et que les salaires stagnent, la fortune des 400 Américains les plus fortunés n'a jamais été aussi importante. En 2012, elle a passé la barre des 2 000 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB de la Russie. C'est 300 milliards de dollars de plus qu'en 2011 et plus du double qu'il y a dix ans, constate Forbes.

On peut lire ce palmarès comme un bottin mondain, en pointant ceux qui gagnent des places (Bill Gates, Warren Buffett, Carl Icahn ou Mark Zuckerberg) et ceux qui en perdent. Les aléas du classement, en somme. Mais l'enseignement le plus précieux est que, pour cette catégorie des 400 plus riches, la crise financière n'est qu'un lointain souvenir du point de vue de leur fortune, puisque celle-ci est globalement supérieure à ce qu'elle était en 2007.

Trois facteurs ont contribué à rendre les plus riches encore plus riches. La hausse de la Bourse, d'abord. Le Dow Jones a plus que doublé depuis 2009. L'économie sort de sa convalescence, mais surtout, la Bourse a bénéficié d'un afflux de liquidités sans précédent grâce aux politiques accommodantes de la Banque centrale américaine. Or 90 % des actions aux Etats-Unis sont détenues par les 10 % les plus riches. Deuxième facteur, la reprise des prix de l'immobilier, qui a créé un effet richesse, dont les plus fortunés ont été les principaux bénéficiaires. Enfin l'augmentation des profits des entreprises a permis de distribuer des dividendes généreux, tandis que la montagne de cash qu'elles ont accumulé les a incitées à racheter leurs propres actions, pour ensuite les annuler et augmenter ainsi mécaniquement la valeur de la part des actionnaires.

 

 UNE PART GRANDISSANTE DE LA RICHESSE NATIONALE

Dans la dernière édition de leur étude sur les inégalités aux Etats-Unis, les économistes Emmanuel Saez et Thomas Piketty notent que 1 % des Américains les plus riches captent un cinquième du revenu total de la nation. Il s'agit du taux le plus élevé depuis 1913, date de la création par le gouvernement américain d'un impôt sur le revenu. Dans cette analyse, parue début septembre, M. Saez, économiste à l'université de Berkeley (Californie), explique que la Grande récession n'a que temporairement affecté les revenus les plus élevés et qu'elle n'a pas remis en question la part grandissante qu'ils occupent dans la richesse nationale depuis les années 1970. Le revenu des 0,01 % les plus riches a augmenté de plus de 32 % rien qu'en 2012. Les 1 % les plus privilégiés ont vu leur richesse plonger de 36 % pendant la récession, pour ensuite augmenter de 31 % en moyenne au cours de la reprise.

Les Américains sont donc loin d'être tous égaux face à la reprise. Pour les 99 % autres pour cent, le revenu a plongé de 12 %, mais ne s'est regonflé que de 0,4 % depuis. C'est-à-dire que le pourcentage le plus privilégié a capté 95 % des gains de la reprise, pointe encore M. Saez. Pis, quand on affine le panel, on se rend compte que 0,1 % des plus riches (ceux qui ont un revenu annuel supérieur à 1,9 million de dollars) ont capté plus de 60 % des gains de la reprise.

A titre indicatif, pour entrer dans le classement de Fortune, il faut gagner au minimum 1,3 millions d'euros.

 

Peu de surprise dans le peloton de tête

 

 

Bill Gates, la famille Walton (Walmart), le charismatique président d'Oracle, les frères Koch, le maire de New York Michael Bloomberg... Les têtes du peloton de tête du palmarès de Forbes ne changent guère depuis quelques années, même si l'ordre des premiers de la classe varie d'année en année.

 

Une vingtaine de nouvelles têtes font leur entrée, parmi eux un spécialiste du refinancement de prêts immobiliers (William Erbey), un spécialiste de la vente d'articles sportifs (Michael Rubin), un créateur d'outils de "networking" (Robert Pera), l'inventeur de la caméra GoPro (Nicholas Woodman) ou encore l'héritier d'une brasserie (Richard Yuengling).

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:47

 

america-latina.blog.lemonde.fr

 

Cuba censure le musicien Roberto Carcassés après une improvisation politique au cours d’un concert

 

 

 

Chef du groupe de "jazz fusion" Interactivo, le Cubain Roberto Carcassés, 41 ans, a été interdit de se produire en public par les autorités de La Havane, lors d’une réunion à l’Institut cubain de la musique. Cette interdiction frappe en fait l’ensemble du groupe, privé de son pianiste et chanteur.

 

 

La censure sanctionne une improvisation de "Robertico" Carcassés, au cours d’un concert de solidarité avec les agents secrets cubains emprisonnés aux Etats-Unis depuis quinze ans pour espionnage – ceux que la propagande officielle de Cuba appelle "les cinq héros" (même s’ils ne sont plus que quatre).

Le concert a eu lieu, le 12 septembre, sur la  "tribune anti-impérialiste", placée devant le siège de l’ancienne ambassade américaine à La Havane, devenue la "section" qui veille aux intérêts des Etats-Unis. C’est un emplacement bien connu des Cubains, qui font la queue pour demander un visa et des touristes qui fréquentent l’hôtel Nacional, tout près.

A un moment donné, Robertico Carcassés quitte le piano et s’approche du micro. Le public accompagne la chanson interprétée avec le refrain "Je veux, souviens-toi que je veux toujours". Le chanteur lance : "Nous voulons le retour de nos frères et beaucoup de choses encore." Puis Carcassés enchaîne un autre souhait : "Libre accès à l’information, pour avoir ma propre opinion." Le régime détient le monopole sur les médias et limite l’accès à Internet.

Ensuite, le chanteur ajoute : "Je veux élire le président par vote direct et non pas par une autre voie." Fidel Castro et son frère Raul Castro n'ont pas été élus au suffrage universel, lors d'un scrutin ouvert à plusieurs candidats et concurrentiel, mais par l’Assemblée nationale, elle-même issue d’une élection où les candidatures sont choisies par le Parti communiste de Cuba (parti unique).

Enfin, Robertico Carcassés conclut :  "Ni militants, ni dissidents, les Cubains ont tous les mêmes droits, la fin du blocus et de l’auto-blocus." Le musicien demande ainsi la levée de l’embargo des Etats-Unis, mais aussi la fin du verrouillage des réformes politiques par le régime de La Havane.

 

 

Le concert était retransmis en direct par la télévision cubaine. La régie n’a pas eu le temps de réagir. La séquence a donc été entendue et comprise par les téléspectateurs. D’autant plus facilement qu’elle rejoint les aspirations de nombreux Cubains. Qui n’ont tout de même pas l’habitude d’écouter des propos pareils énoncés en public par une personnalité.

"Je veux, souviens-toi que je veux toujours", répétait le refrain de la chanson, repris par les présents. Les caméras n’ont pas montré la réaction des spectateurs aux souhaits de Robertico. Mais dès le lendemain, la machine répressive s’est mise en branle. Convocation du groupe à l’Institut cubain de la musique, le 13 septembre. Dans la "novlangue" des officiels cubains, on ne dit pas interdiction ni même suspension, on décrète la "séparation" du secteur musical de Roberto Carcassés, pour un temps indéfini.

C’est la page Facebook d’Interactivo qui a annoncé la sanction, le 14 septembre. Les concerts prévus au café jazz Miramar et au café-théâtre Bertold-Brecht, à La Havane, ont été annulés. Mais le buzz sur Internet n’est pas près de s’arrêter.

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:31

 

lavoixdunord.fr

 

 

Grèce: au moins 17 000 fonctionnaires manifestent contre mutations et licenciements

 

Publié le 16/09/2013

Par La Voix du Nord

 


 

Au moins 17 000 enseignants et fonctionnaires des caisses de retraite ont cessé le travail et manifesté ce lundi à Athènes et Salonique, premier jour d’une série de grèves contre un plan de mutations et de licenciements dans le secteur public.

 

 Ces manifestations ont donné le coup d’envoi d’une série de grèves. PHOTO AFP AFP

 

Environ 7 000 personnes se sont rassemblées à la mi-journée dans le centre de la capitale pour dénoncer les politiques du gouvernement, dictées par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) et visant à la réduction de personnels dans les établissements d’enseignement et les administrations pour réduire la dépense publique. À Thessalonique, deuxième ville du pays située dans le nord, ils étaient environ 10 000 dans la rue.

« Non à la politique gouvernementale, de l’UE et du FMI », « École publique gratuite. Aucun enseignant, aucun élève n’est en trop », proclamaient les banderoles du grand syndicat des professeurs du secondaire, Olme, en tête de la manifestation d’Athènes.

Les centres-villes d’Athènes et de Salonique ont été fermés à la circulation pendant plusieurs heures tandis que les manifestants étaient canalisés par d’importantes forces de police antiémeute. Quelques incidents ont éclaté en début de matinée devant le ministère de la Réforme administrative, accompagnés de jets de grenades lacrymogènes.

Semaine de grèves

Ces manifestations de lundi ont donné le coup d’envoi d’une série de grèves de cinq jours, reconductibles, appelées par les syndicats des caisses de retraites et l’Olme, qui entraîne notamment la fermeture de collèges et de lycées. La grande centrale du public Adedy a appelé à une grève de 48 heures à partir de mercredi, pour protester contre le vaste plan de réorganisation auquel le gouvernement met la dernière main avant une visite imminente de la troïka des créanciers, Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international. Selon ce plan plusieurs milliers de fonctionnaires, notamment des enseignants et gardiens d’école, sont entrés dans un mécanisme de disponibilité depuis juillet.

Ces employés cessent d’occuper leurs fonctions en attendant d’être mutés dans un autre service. Pendant les huit mois de cette disponibilité, ils sont payés 75 % de leur salaire.

Les mises en disponibilité doivent atteindre 12.500 avant la fin du mois et 25.000 d’ici la fin de l’année pour remplir les objectifs que la troïka a assignés à la Grèce en vue de la poursuite des prêts au pays endetté.

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:18

 

 

Le Monde.fr

 16.09.2013 à 17h15 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h23

 

 

 

Le puissant typhon Man-yi a traversé lundi le Japon du sud-ouest au nord-est, déversant des pluies "sans précédent" sur plusieurs régions, placées "sous alerte spéciale". De l'eau accumulée à la centrale de Fukushima s'est déversée dans l'océan.

 

 

 

Ce typhon, le 18e de la saison en Asie, a déjà fait plus d'une centaine de blessés et au moins deux morts. Il a abordé lundi l'île principale de Honshu via la préfecture d'Aichi (centre-sud) à 7 h 40, heure locale (dimanche à 22 h 40 GMT), avant de traverser la région de Tokyo, puis de se diriger vers l'océan Pacifique à l'est via la province de Fukushima, a annoncé l'Agence de météorologie.

 

Il a véhiculé de très fortes rafales de vent (jusqu'à 160 km/h) et des pluies qualifiées en certaines endroits de "terribles" dans un large périmètre

 

Des "alertes spéciales" de niveau maximal ont été émises pour la première fois par l'Agence de météorologie dans plusieurs régions – dont l'ex-capitale impériale, Kyoto, à l'ouest –, à cause de précipitations jamais vues.

 

En fin d'après-midi, on déplorait deux morts, quatre disparus et au moins 127 blessés, selon la chaîne de télévision NHK.

 

 

 

 

 

 

Des trombes d'eau se sont aussi abattues sur la région de Fukushima, où se trouve la centrale ravagée par le tsunami du 11 mars 2011, et de ce fait très vulnérable. Ces précipitations exceptionnelles ont obligé la compagnie exploitante, Tokyo Electric Power (Tepco), à prendre des dispositions particulières.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

 

 

Elle avait dès dimanche renforcé les fixations des équipements cruciaux, comme les conduites d'eau pour le refroidissement des réacteurs ou les pompes. Les grues ont aussi été arrimées et les patrouilles de surveillance renforcées.


Tepco a été forcée d'appliquer des "mesures d'urgence" consistant à évacuer vers l'océan Pacifique voisin l'eau de pluie qui s'était accumulée dans les zones protégées par un muret où sont installés des réservoirs de liquide radioactif. Ces relâchements ont été réalisés après avoir vérifié que la teneur en strontium 90 de cette eau un temps en contact avec le sol contaminé ne dépassait pas 30 becquerels par litre, a assuré Tepco.

 

 

 

 

Dans certains réservoirs, le niveau de rayonnements bêta de l'eau accumulée était si élevé (jusqu'à 170 000 becquerels par litre) que Tepco n'a pu la laisser sortir et a dû installer des pompes provisoires afin de la transvaser dans des citernes. Les pluies risquent en outre d'augmenter d'autant les quantités déjà très importantes d'eau radioactive qui se sont infiltrées dans les sous-sols du complexe atomique en péril.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

Les groupes de transport aérien et ferroviaire ont quant à eux annoncé une réduction de leurs services. Quelque 500 vols devaient être annulés au total lundi, notamment au départ de Tokyo, et les liaisons par trains, dont une partie des lignes à grande vitesse, ont été réduites. Comme ce lundi est un jour férié, de graves conséquences aux heures habituelles de pointe ont, semble-t-il, été évitées.

 

Avant lundi, le Japon avait cette année été relativement épargné par les typhons, mais de fortes pluies avaient déjà causé de nombreux dégâts en août dans l'Ouest, tandis que l'Est a connu une chaleur sèche aussi torride qu'exceptionnelle qui a fait au moins 350 morts (des personnes âgées).

 

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:00

 

 

Le Monde.fr avec AFP

16.09.2013 à 16h41

 
 

 

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes.

 

Alors que l'austérité fait l'objet de critiques de plus en plus dures et menace la cohésion politique, la troïka des créanciers du Portugal (UE, FMI, BCE) a commencé lundi 16 septembre à étudier à la loupe le programme de rigueur du pays sous perfusion financière.

Le vice-premier ministre, Paulo Portas, compte à cette occasion demander à la troïka de revoir sa copie et de porter l'objectif de déficit de 4 % à 4,5 % du PIB en 2014. Mais les créanciers, qui doivent se prononcer sur le déblocage d'une nouvelle tranche de crédit de 5,5 milliards d'euros, semblent peu enclins à faire un geste. Le débat sur l'excès d'austérité, et la mise sous tutelle financière liée à l'octroi d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros en mai 2011, domine la campagne pour les élections municipales qui auront lieu le 29 septembre.
 

"C'est vexant et humiliant pour une nation vieille de neuf siècles de devoir dépendre de ceux qui lui prêtent de l'argent quand elle est au bord du précipice", a lancé dimanche lors d'une réunion électorale M. Portas. "Dans ma vie, j'ai déjà vu trois fois le FMI au Portugal. J'espère que cette fois-ci aura été la dernière fois que le Portugal a dû céder une partie de sa souveraineté à des tiers", a-t-il déclaré.

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes. "Le Portugal s'en sortira seulement s'il obtient plus de temps pour équilibrer ses comptes publics. Il faut dire cela à la troïka", a insisté Antonio José Seguro, secrétaire général du Parti socialiste, principale formation de l'opposition.
 

"Les politiques d'austérité ont creusé le déficit et généré plus de dette, plus d'inégalités, plus de pauvreté. Il y a des gens qui ont faim. Il faut revoir le mémorandum", a réclamé Arménio Carlos, secrétaire général de la CTPP, principale confédération syndicale du pays, proche du Parti communiste. "Il faudra qu'on nous explique comment on va pouvoir passer d'un déficit de 5,5 % en 2013 à un déficit de 4 % en 2014. Jamais on n'a assisté à une aussi forte réduction", a renchéri le chef du patronat portugais, Antonio Saraiva.

Syndicats et patronat s'exprimaient lundi à l'occasion d'une réunion avec M. Portas consacrée aux négociations avec les créanciers. Mardi, ce sera au tour de la troïka de prendre le pouls des partenaires sociaux lors d'une réunion prévue au Conseil économique et social de Lisbonne.

 

 TENSION SUR LES TAUX

L'arrivée lundi, dans la plus grande discrétion, des experts de la troïka coïncide avec des taux d'emprunt portugais très élevés sur le marché de la dette, qui frôlent les 7,4 % pour l'échéance à dix ans, s'approchant du niveau atteint lors de la crise politique en juillet.

Récemment promu au poste de numéro 2 du gouvernement, M. Portas avait contribué à provoquer la crise en juillet en démissionnant de son poste de ministre des affaires étrangères pour marquer son désaccord avec l'excès d'austérité défendu selon lui par le gouvernement.

Aux côtés de la nouvelle ministre des finances, Maria Luis Albuquerque, M. Portas, chef du petit parti populiste CDS-PP, membre de la coalition gouvernementale de centre droit dirigée par le premier ministre, Pedro Passos Coelho, sera désormais le principal interlocuteur de la troïka.

 

Lire aussi : "Le Portugal entrevoit une fragile sortie de crise"

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:53

 

decodeurs.blog.lemonde.fr

  Hollande sur TF1 : trois petits arrangements avec la vérité

 

 

 

 

François Hollande était interrogé, dimanche 15 septembre, sur TF1 ; une première interview télévisée depuis le 14 juillet. Lors de celle-ci, il n'y eut que peu d'annonces, mais beaucoup de"pédagogie" sur les chantiers mis en œuvre depuis son élection, proférant au passages quelques imprécisions et petits arrangements avec la vérité. Les Décodeurs ont choisi de revenir sur trois d'entre eux.

 

>> Lire la synthèse : Fiscalité, Syrie... François Hollande a voulu rassurer et s'expliquer

>> Lire l'analyse : François Hollande, général assiégé


  • François Hollande a oublié qu'il avait fait campagne contre une hausse de la TVA

Ce qu’il a dit : "La TVA avait été portée par François Fillon à 21,2 %. On l'a annulée. On l'a reportée au 1er janvier 2014 et relevée à 20%. C'est moins que le gouvernement précédent. Il n'empêche que c'est beaucoup."

Pourquoi c’est oublier rapidement le passé : Ce que dit le président de la République est exact : la précédente majorité avait fait voter, en fin de mandat, une TVA dite antidélocalisation ou encore TVA sociale afin de dégager une marge de manœuvre pour baisser le coût du travail.

Le taux normal de TVA, qui s’applique à la plupart des produits et services –  exceptés les produits de premières nécessité ainsi que certains secteurs – avait ainsi été porté à 21.2 %. Il devait être appliqué à l’automne 2012.

Le candidat Hollande et la gauche à l’unisson avait fait de cette hausse de la TVA un axe fort de la campagne arguant que c’était un impôt injuste puisque payé par tous, sans distinction de revenus.  "Si demain je suis appelé aux responsabilités alors que cette augmentation de la TVA est adoptée, je demanderai qu'elle soit annulée", avait-il promis, lors d’un discours prononcé le 30 janvier 2012 à Brest.

En arrivant aux responsabilités, les parlementaires socialistes ont voté la fin de cette TVA anti délocalisation, version Sarkozy.

Mais la majorité, confrontée aux déficits et à la nécessité de financer ses réformes, est revenues sur la question. Et elle a choisi ce même levier pour financer, en partie, le pacte de compétitivité, qui doit permettre de diminuer de 20 milliards d'euros les cotisations payées par les entreprises. La hausse est certes moindre que celle initialement prévue, comme l’a rappelé le chef de l’Etat lors de son allocution, mais en augmentant la TVA à 20 %, la majorité socialiste utilise un levier qu’elle conspuait jadis. Ce n’est pas qu’une "baisse" c'est aussi un renoncement à une promesse de campagne.

>> Lire : TVA de droite, TVA de gauche : le jeu des différences selon Hollande


  • Quand François Hollande "annule une augmentation"... Pour la remplacer par une autre

Ce qu’il a dit : "J'ai annulé l'augmentation de la CSG qui était annoncée, la presse s'en faisait écho."

Pourquoi c’est exagéré : François Hollande a cherché, tout au long de son entretien, à répondre à la grogne populaire face à la montée des impôts et taxes. Quitte à parfois tomber dans l’exagération. Ici, il a cherché à rassurer, en expliquant qu’il avait "annulé" une hausse annoncée de la contribution sociale généralisée (CSG).

La presse s’en "faisait-elle l'écho" ? En réalité, la presse avait surtout relaté que le gouvernement réfléchissait à une augmentation de cette taxe, prélévée depuis 1990 sur quasiment tous les types de revenus... pour financer les retraites. L’hypothèse a été évoquée, notamment par Le Monde au mois de juillet.

Le chef de l’Etat n’a donc pas tort : il a bien, selon ses dires en tous cas, refusé de céder sur un financement des retraites via une hausse de CSG. Mais il oublie de préciser qu’il a bien fallu financer les retraites ailleurs. Le gouvernement et François Hollande ont choisi de faire reposer ce financement avant tout sur les actifs, avec une hausse de 0,3 point des cotisations vieillesse d’ici 2017 ; hausse qui serait compensée au niveau des entreprises par des baisses de fiscalité.

On peut donc dire que M. Hollande a épargné une hausse de CSG aux Français, mais pas une hausse de taxes. Et il faut rappeler également que la question centrale de la "piste CSG" était celle d’une taxation accrue des retraités aisés, que M. Hollande a repoussé en partie.

Par ailleurs, comme l'indiquait le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger "les recettes de la CSG doivent être attribuées en priorité à la santé et à la perte d'autonomie". En n'augmentant pas cette contribution pour financer les retraites, l'exécutif se laisse une marge de manœuvre pour financement de la dépendance qui sera un gros chantier du quinquennat.

 

  •  Rénovation thermique : une mesure nouvelle… qui existe déjà

Ce qu’il a dit : "Très prochainement sera mis en place un crédit d’impôt pour la rénovation thermique."

Pourquoi c’est une fausse annonce : Ce "crédit d’impôt rénovation thermique" est l’une des rares annonces de l’interview présidentielle. Et en réalité, ce n’en est pas vraiment une... En effet, il existe déjà une panoplie assez complexe de dispositifs fiscaux incitant les particuliers à effectuer des travaux en ce sens.

Premier dispositif existant, le crédit d’impot développement durable (CIDD), mis en place dans la foulée du Grenelle de l’environnement, permet déjà d’obtenir des réductions, voire du crédit d’impôt pour les particuliers qui investissent soit dans des travaux d’isolation, soit dans des économies d’énergie ou des énergies alternatives (chauffe-eau solaire), soit.. dans la mise en place d’une chaudière plus écologique. Le CIDD doit normalement se terminer en 2015, mais le gouvernement pourrait le prolonger ou le fondre dans un autre dispositif.

Le CIDD n’est pas la seule manière d’etre aidé pour remplacer son système de chauffage par un dispositif plus "vert". Il est possible, sous condition de revenu, de souscrire à un "éco-pret à taux zéro", qui permet de financer des travaux de rénovation thermique. On peut également, pour ce type de travaux, bénéficier d’une TVA réduite, ou d’une aide locale dans certaines communes… Au total, l’Agence nationale de l’habitat recense pas moins de neuf aides à la rénovation thermique selon les publics. L’annonce de M. Hollande n’en est donc pas vraiment une.

 

Jonathan Parienté et Samuel Laurent

 

 


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