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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 11:13

 

 

notavfrance.noblogs.org

 

Erri de Luca: “Il faut saboter le T.A.V”

Post italien


“L’écrivain Erri De Luca, joint au téléphone, commente de manière laconique l’accusation que le procureur Giancarlo Caselli lance envers les intellectuels qui, à gauche, “sous-évaleunt dangereusement l’alarme-terrorisme” dans la vallée de Susa.
Caselli ne donne pas les noms des “connivents” mais dans la liste il est clair que figurent le philosophe Gianni Vattimo et De Luca qui ont manifesté publiquement leur soutien aux activites No Tav emprisonnés pour sabotage. Il y a quelques jours Vattimo a attiré l’attention du parquet de Turin pour ses liens étroits avec les franges les plus dures du mouvement tandis que l’écrivain a signé une intervention très dure dans le volume qui vient de sortir “Nemico pubblico, Oltre il tunnel dei media: una storia No Tav” (‘Ennemi public, Au-delà du tunnel des médias: une histoire No Tav”), ebook consacré à la lutte de la vallée écrit avec la journaliste Chiara Sasso, Wu Ming1 et Ascanio Celestini.
Hier [30 août, ndr] deux autres jeunes appartenant aux No-Tav ont été arrêtés tandis qu’ils transportaient en voiture des molotovs, des masques à gaz, des frondes, des pinces coupantes, des clous à quatre pointes et d’autre matériel destiné, selon les enquêteurs, à endommager les chantiers de la Grande Vitesse. C’est justement ce dernier épisode qui pousse Caselli contre ce qu’on appelle les “méchants maîtres”. De Luca a lu les déclarations du magistrats mais il ne bronche pas. Ce n’est pas un homme loquace. Il répond avec fermeté et sans appel.

Erri de Luca, est-ce que le procureur en chef de Turin a raison quand il met en avant le terrorisme No Tav?
Caselli exagère.
Peut-être qu’il exagère mais dans leur voiture les deux jeunes gens avaient embarqué des molotovs…
(il sourit ironiquement)… Oui du dangereux matériel de quincaillerie. Exactement ce qu’on fournit normalement en dotation aux terroristes. Je m’explique mieux: il faut saboter la TAV. Voilà à quoi servent les pinces coupantes: elles sont utiles pour couper les grillages. Aucun terrorisme.
Donc sabotage et vandalisme sont licites?
Ils sont nécessaires pour faire comprendre que la TAV est une oeuvre nocive et inutile.
Ils sont licites aussi quand ils frappent des entreprises qui travaillent pour la Grande Vitesse comme celle de Bussoleno, fermée pour les dégâts infligés continuellement? Est-ce qu’on ne risque pas un conflit entre les travailleurs et les habitants de la vallée?
La TAV ne se fera pas. C’est très simple.  
Votre position est claire. Mais elle est à l’opposée de celle prise par le gouvernement.
 Ce n’est pas une position politique, mais bien une décision prise par les banques et par ceux qui doivent en tirer profit aux dépens de la vie et de la santé d’une vallée entière. La politique a simplement et servilement donné le feu vert.
De ce pas, affirme Casseli, nous arriverons au terrorisme. Vous en revanche quelle solution proposez-vous?
Je ne sais ce qui va pouvoir se passer. Mais je me permets une prophétie: la TAV ne sera jamais construite. Pour l’heure, la vallée entière est militarisée, l’armée surveille le chantier et les résidents doivent montrer leurs papiers pour aller travailler la vigne. Les tables rondes avec le gouvernement ont échoué, les médiations ont échoué: le sabotage est la seule option.
Politiquement, comment cela se résout-il?
Il arrivera un gouvernement qui prendra acte de l’évidence: la vallée ne veut pas du chantier. Et enfin il donnera l’ordre aux troupes de rentrer à la maison.”

Commentaire personnel de Serge Quadruppani :
“On n’a jamais changé une société en respectant ses règles: c’est pour avoir oublié depuis longtemps cette banalité de base que la gauche historique a depuis longtemps cessé d’exister en Italie comme en France. Heureusement qu’il y a des écrivains comme Erri de Luca ou des activistes comme ces syndicalistes andalous qui viennent de sortir 30 chariots de fournitures scolaires d’un supermarché pour les distribuer aux enfants, pour  rappeler la post-gauche au principe de réalité. Plongée comme elle l’est dans l’hallucination provoquée par la répétition depuis des décennies du mantra de la légalité,  on peut parier qu’elle aura très bientôt un réveil difficile.”

traduit de Leur Presse (Huffington) par Serge Quadruppani

 

 

 

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Communiqué – Eté No Tav 2013

imagesUn nouvel été de lutte et de résistance No Tav vient de s’achever. Un été qui a vu s’exacerber encore et encore les provocations de la justice d’Etat et le niveau de criminalisation du mouvement par les médias vendus au lobby sitav. Les journalistes, de la Stampa à la Repubblica en passant par Panorama, travaillent main dans la main avec les juges afin de désinformer et de construire la peur du No Tav : monstres vêtus de noir, incendiaires, kidnappeurs de chauffeur de camion ou pire terroristes. Mais que s’est-il vraiment passé cet été en Val de Suse?

A la fin du printemps, avec le camping des lycéens, commence le cycle des marches au chantier et des blocages des entreprises du tav. Et l’on voit déjà voler les premiers « fogli di via » (interdiction de territoire) et dénonciations. En juillet, le très fréquenté camping de lutte de Venaus est lancé alors que sur le chantier clôtures et barbelés sont renforcés. La marche nocturne du 19 juillet, le pic des affrontements de cet été, s’est terminée avec 7 arrêtés, 63 blessés graves, et les violences sexistes subies par Marta et donc par toutes les femmes No Tav, sous les yeux des deux procureurs qui persécutent la vallée. Et nous sommes déjà au mois d’août lorsque tombent les accusations de terrorisme et leurs subséquentes perquisitions aux aurores. A peine le temps d’organiser une contre-manifestation, qu’arrive la “taupe”.

La foreuse est introduite par petits bouts, camouflée en transports pas si exceptionnels que ça. Tandis que le camping de lutte déménage à Chiomonte, les No Tav s’organisent pour déranger au maximum les transports de la “taupe” avec des blocages-surprise. Afin de surveiller l’autoroute vers le chantier du tav, un nouveau presidio se crée au Vernetto, c’est-à-dire au rond-point de Chianocco qui a déjà été le lieu de rassemblements et d’affrontements dans le passé. Ce presidio devient très rapidement un nouveau point de convergence pour la lutte. Celle-ci est toujours aussi forte et peuplée ce qui dément les cris de victoire des sitav pour qui le mouvement serait divisé, affaibli et sans plus d’espoir de victoire après le passage du premier bout de la foreuse. Puis rapidement une nouvelle intervention de masse de la police le 6 août alors que nous nous approchions d’un camion sans doute effectivement à destination du chantier: 3 arrestations et 17 garde-à-vue. En parallèle les No Tav organisent et font vivre également un camp dans les bois de la Clarea, près du chantier, dans l’objectif de surveiller l’avancement des travaux de très près. L’opération de surveillance du chantier dérange au plus haut point et la magistrature décide d’arrêter Giobbe, un camarade (assigné à résidence après quelques semaines de prison) en utilisant les accusations les plus incongrues (séquestration de personne) pour des faits remontant à l’année dernière. Comme si les initiatives du mouvement pouvaient dépendre d’un seul individu et prendre fin par une arrestation ! L’été se clôture par les dernières “battitures” et petit-déjeuners/blocages devant l’entrée du Chantier route de l’Avanà et par la semaine d’ “Université des luttes” organisée par les étudiants à Venaus. Et par les dernières perquisitions et obligations de résidences à domicile tombées la semaine dernière pour 7 camarades en lien avec les blocages des camions en direction du chantier, de même que l’arrestation de Davide et Paolo deux étudiants toujours en prison actuellement et d’une voiture composés de trois français et deux russes, dénoncés mais libres.

Malgré le climat pesant, les campings de lutte ont été, cette année à nouveau, un point de référence et de rencontres pour tou.t.e.s celle/ux qui viennent de plus ou moins loin apporter leur solidarité, en prenant des risques judiciaires conséquents. Ces deux derniers mois nous avons rencontré de très nombreuses personnes provenant de tous pays. Toutes et tous prêt.te.s à donner de leur temps pour lutter, découvrir et comprendre le mouvement, discuter de ce qui est imposé à la Vallée de Suse, venus voir de leur propres yeux la dévastation en cours en Val Clarea.
L’autogestion est certes toujours une activité des plus absorbantes, toutefois les campings nous ont laissé le temps de créer des liens et de nous confronter sur nos ‘idées et pratiques, ce qui est l’expérience la plus enrichissante qui soit.
Nous savons créer ce qu’ils veulent détruire : notre capacité à nous rencontrer, à nous connaitre, à discuter et analyser ensemble des thématiques qui nous sont à cœur, à nous unir et lutter ensemble. C’est là est notre arme la plus puissante et la plus crainte.
C’est pour cette raison que nous voulons répéter notre inébranlable et totale solidarité aux camarades étrangers qui ont subi les mesures répressives inventées dans ce laboratoire judiciaire nommé Val de Suse.
Nous sommes bien conscients que le parquet de Turin utilise tous les moyens à sa disposition pour effrayer ceux qui viennent témoigner de leur solidarité Val de Suse sans pour autant vivre en Italie. Globaliser la lutte est une ambition qui fait trembler nos ennemis. Mais nous résistons et nous savons que nous ne serons jamais seuls. Nous exprimons notre gratitude à tou* celle/ux qui ont “sacrifié” leurs vacances et leur temps pour s’unir à la lutte No Tav, car nos raisons sont universelles.
L’expulsion imposée au pacifiste espagnol Enrique, tout comme les dénonciations à l’encontre d’Adrian, Sami et François et des deux camarades russes, n’arrêteront jamais ni la solidarité, ni la circulation des personnes et des idées.

Les No tav n’ont pas de frontière, vous n’arrêterez jamais un mouvement sans confins.

A sarà düra
Comité No Tav Paris
02/09/2013

Pour écrire aux deux camarades  arrêtés : Davide Forgione – Casa circondariale Lorusso- Cotugno, Via Maria Adelaide Aglietta 35 – Torino Italy et Paolo Rossi – Casa circondariale Lorusso- Cotugno, Via Maria Adelaide Aglietta 35 – Torino Italy.

 

 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 11:03

 

 Alternatifs.org

 

 

Pour communiquez vos dates, contactez

 

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

 

 

 

 

 

LES INDIGNE/E/S -  AG mercredi et samedi  à 19h Maison Carrée


Le mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires 0466845199(9 et 5 euros)


Permanences personnes âgées mercredis 13h30 à 17h30 Association AZUR 0466238606


Mercredi 18h RESF Nîmes au local de l’APTI


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Samedi 7 septembre

Journée d’étude de rentrée du Front de Gauche sur les élections Municipales 2014 :ateliers, plénière

Prolé d’Alès

9h à 16h30

Samedi 7/9

Forum des Associations /AFPS : 106/

Croco vélo 84

Nîmes Esplanade

 

Dimanche 8/9

Vide grenier Gambetta+ musique Halles

Boul Gambetta

8 à 18h

Lundi 9/9

Film « Grand Central »un ouvrier dans une centrale nucléaire … débat avec le Collectif Halte au nucléaire Nîmes et  P.Péguin

Le Sémaphore

20h30

10 septembre

Journée d’action pour les RETRAITES + Manif

Jardins Fontaine

15h

 Mardi 10 septembre

Atelier de travail du Front de Gauche pour les élections Municipales 2014 : se loger à Nîmes

23 Place Léonard de Vinci.Pissevin

18h

Mardi 10/9

Collectif anti gaz  de schiste Nîmes

Brasserie le « 34 »

18h30

Mardi 10 ou mercredi 11/9

Soirée d’ouverture saison Périscope

Théâtre du Périscope

19h

Mercredi 11 /9

A l’invitation de Gardarem la Terra Présentation officielle des actes du Colloque Robert Lafont « la haute conscience d’une histoire »

Maison du Département

18h30

Jeudi 12/9

Vernissage tableaux D.Moralès

La Petite Fadette

17h

Jeudi 12/9

Atelier réflexion du Front de Gauche : « Pour un autre urbanisme, un autre aménagement de la ville »

Cercle de l’Avenir, rue Nicot

18h

Jeudi 12/9

+13/14 et 15/9

Féria de Nîmes : vernissage de Moho + fanfare « hijos de tuba »« chez Jany »

Rue de l’Etoile

19H

Vendredi 13 et samedi 14/9

Féria de Nîmes : Bodega RESF

La Placette

19h30+++

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 17:57

 

 

reporterre.net

 

vendredi 6 septembre 2013

 

 

 

Depuis août, le mouvement lancé par les organisations paysannes en Colombie s’est élargi à d’autres couches de la société. Les paysans protestent contre la politique du gouvernement qui privilégie les intérêts de l’industrie agro-alimentaire et néglige, voire criminalise, l’agriculture paysanne locale.


Le 19 août, les organisations paysannes colombiennes ont lancé une grève nationale massive. Elles ont bloqué les routes, déversé du lait sur les voitures et pratiquement stoppé la production alimentaire à destination des villes. Le problème ? Les moyens d’existence de ces agriculteurs sont radicalement remis en cause par les politiques du gouvernement.

L’État ne fournit presque aucun soutien au secteur de la petite agriculture [1]. Au lieu de cela, l’Etat adhère à un modèle économique et social qui sert les intérêts d’une riche élite minoritaire. Les Accords de libre-échange (ALE) signés récemment avec les États-Unis et l’UE entraînent un dumping par rapport aux producteurs colombiens, qui ne peuvent pas rivaliser avec les importations subventionnées [2].

Le gouvernement colombien a activement favorisé l’accaparement des terres par des grandes entreprises, dont beaucoup sont étrangères (Monica Semillas du Brésil, Merhav d’Israël, Cargill des États-Unis), afin de promouvoir une agro-industrie orientée vers l’exportation au détriment d’une agriculture familiale orientée vers la souveraineté alimentaire.

Mais les manifestants ont fait valoir que le secteur agricole a besoin d’un réel soutien, notamment sous la forme d’un accès à la terre et d’une baisse des coûts de production. Sinon, les cultivateurs colombiens de pommes de terre et de café, les producteurs de produits laitiers et de viande, sans compter les petits pêcheurs, ne seront pas en mesure de suivre. Ils sont en train d’être expulsés et exterminés.

Le dos au mur, les agriculteurs ont engagé un mouvement de mobilisation dans une partie du pays en juin, qui s’est développé et transformé en une action nationale coordonnée durant le mois d’août. La grève des agriculteurs a été rapidement soutenue par d’autres secteurs : les travailleurs de l’industrie pétrolière, les mineurs, les camionneurs, les professionnels du secteur de la santé et d’autres. Le 29 août, une dizaine de jours après le début de la grève, plus de 20 000 étudiants ont rejoint le mouvement et bloqué la capitale, Bogotá.

La réponse du gouvernement a été chaotique et contradictoire. Les forces de police ont violemment réprimé et blessé un grand nombre de manifestants, sans parler des journalistes. Plus de 250 personnes ont été arrêtées, notamment un important dirigeant syndical, Hubert Jesús Ballesteros Gomez, principalement sur de fausses accusations. Un certain nombre de personnes ont perdu la vie dans les deux camps.

À un moment, le gouvernement a reconnu que les griefs des agriculteurs étaient fondés et a proposé quelques concessions. À un autre, il a affirmé que le mouvement était infiltré par les FARC. Le président Santos est même allé affirmer à la télévision que « la grève des paysans n’exist[ait] pas. » Le lendemain, il a été filmé depuis un hélicoptère, inspectant les affrontements et les gaz lacrymogènes qui envahissaient les rues de Bogotá.

La mobilisation a remporté un grand succès en ouvrant un espace de discussion, de conscientisation, de solidarité et de résistance en Colombie. Les étudiants, par exemple, étaient enthousiastes pour soutenir les agriculteurs et appuyer leurs revendications. Ils se sont rassemblés bruyamment contre les OGM et pour la souveraineté alimentaire.

Mais ils ont aussi voulu mettre en avant leurs propres exigences en matière d’éducation publique gratuite, ce qui a permis à la mobilisation d’aller dans le sens d’une vague de pression sociale plus large visant à changer les politiques actuelles de la Colombie, sans se cantonner aux préoccupations paysannes.

La Loi 970

La question des semences est devenue très médiatisée. En application de l’ALE signé avec Washington, ainsi que de celui signé avec Bruxelles, Bogotá a l’obligation d’assurer des droits de monopole légal sur les semences vendues par des sociétés américaines et européennes à titre d’incitation pour leur permettre d’investir en Colombie. Les agriculteurs qui sont pris à vendre des semences de ces variétés conservées à la ferme, ou simplement des semences indigènes qui n’ont pas été officiellement enregistrées, pourraient s’exposer à des amendes ou même à des peines d’emprisonnement. [3]

Comme cela s’est passé dans de nombreux autres pays à travers le monde, cette criminalisation des droits des agriculteurs et des peuples autochtones de conserver, échanger et vendre les semences met en péril la biodiversité du pays et son patrimoine.

Même s’il est vrai que le gouvernement colombien a évolué dans ce sens depuis de nombreuses années, et a accepté des politiques de ce type dans le cadre de son adhésion à la Communauté andine ou à l’Organisation mondiale du commerce, beaucoup font remarquer que ce n’est que depuis la signature des ALE avec les États-Unis et l’UE que le gouvernement cherche sérieusement à les mettre en œuvre.

L’année dernière, les autorités colombiennes ont pris d’assaut les entrepôts et des camions de riziculteurs dans Campoalegre, dans la province de Huila, et ont violemment détruit 70 tonnes de riz qui, selon elles, n’avaient pas été traitées conformément à la loi.

Cette intervention militarisée pour détruire des semences paysannes a choqué de nombreuses personnes, et a amené une jeune militante chilienne, Victoria Solano, à faire un film sur ce sujet. Le film s’appelle « 9.70 » parce que c’est le numéro de la loi adoptée en 2010 qui énonce le droit pour l’État de détruire les semences paysannes si elles ne sont pas conformes. [4]

Aujourd’hui, grâce à la force, la ténacité et la légitimité de la protestation des agriculteurs, des gens de tous les milieux de la société colombienne discutent de ce film, comme on peut le voir dans les médias, les réseaux sociaux et dans les rues, et demandent pourquoi le gouvernement mène ces politiques insensées.

Soutenez le mouvement

Les agriculteurs colombiens peuvent très bien nourrir le pays, de façon à fournir des emplois et assurer leur dignité et un environnement sain, cela ne fait aucun doute. Mais le gouvernement est trop fermement attaché à un modèle économique qui répond à des intérêts de copinage et ne prévoit aucune place pour les petites exploitations agricoles familiales. Nous devons tous soutenir la lutte agraire populaire en Colombie pour renverser ce modèle. Il n’est pas trop tard.

Une petite action concrète est possible : le film documentaire « 9.70 » - que vous pouvez regarder en ligne en espagnol à cette adresse - recherche des fonds pour produire une version sous-titrée en anglais afin que davantage de gens dans le monde puissent comprendre ce à quoi sont confrontés les agriculteurs colombiens et les aider à mettre en échec ces politiques. La plus petite contribution est utile. Allez sur ce lien pour participer. La date limite est le 10 septembre !

Autre action significative, la Coordination latino-américaine de La Via Campesina cherche à lancer des initiatives de solidarité internationale pour soutenir la grève. Allez ici pour en savoir plus. Encore une fois, il est essentiel d’agir rapidement !

Au-delà de la Colombie, la bataille sur des textes de lois similaires sur les semences fait rage en ce moment à un niveau politique très élevé, et à travers la campagne, au Chili ainsi qu’en Argentine. Une des inquiétudes tient au fait que certains des éléments les plus agressifs adoptés par le gouvernement colombien pourraient aussi se frayer un chemin vers d’autres pays d’Amérique latine. La nécessité d’abolir ces lois est donc vraiment urgente !


Notes

[1] Près d’un tiers de la population colombienne vit dans les campagnes et près de 60 % des habitants des zones rurales connaissent, dans une certaine mesure, la faim. Voir Paro Nacional Agrario y Popular, Pliego de Peticiones.

[2] Les effets n’en sont qu’à leurs débuts, mais ils sont bien réels. Les exportations agricoles américaines vers la Colombie ont grimpé de 62 % au cours de la première année de l’Accord, tandis que les exportations agricoles colombiennes vers les États-Unis ont baissé de 15 %. (Voir USTR, et Portafolio)

[3] Pour être enregistrées et certifiées, les semences doivent répondre à des critères d’homogénéité et de stabilité génétique adaptés aux procédés agro-industriels. Cela exclut, par définition, les semences paysannes - ou variétés criollo, comme on les appelle en Colombie - qui ont tendance à être diversifiées, adaptatives et dynamiques. Selon les règles actuelles en vigueur en Colombie, si un agriculteur veut planter des semences criollo, il/elle doit obtenir l’autorisation du gouvernement, ne peut le faire qu’une fois et que sur cinq hectares ou moins, et doit consommer la totalité de la récolte à la maison (il ne peut pas la vendre sur le marché).

[4] Voir la page Facebook du film et sur Twitter : rechercher #NoMas970. Au cours des trois ans d’existence de la loi 970 à ce jour (2010-2012), le gouvernement a rejeté ou détruit près de 4 000 tonnes de semences.


Pour aller plus loin :

• Grupo Semillas, « Colombia : Las leyes que privatizan y controlan el uso de las semillas, criminalizan las semillas criollas », Bogotá, 26 août 2013
« La historia detrás del 970 », Semana, Bogotá, 24 août 2013
• Julia Duranti, « A struggle for survival in Colombia’s countryside », 30 août 2013

Visitez le site bilaterals.org pour une couverture plus complète (en anglais, français et espagnol) sur la grève générale agraire et la lutte contre la loi 970 dans ce cadre.

Pour plus d’informations sur les luttes autour des lois sur les semences en Colombie, veuillez contacter le Grupo Semillas (« Groupe Semences ») à l’adresse semillas@semillas.org.co, ou visitez son site Web.



Source et photos : GRAIN

Lire aussi : La Colombie vit sous un régime de terreur

 

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 17:09

 

 

 

reporterre.net

 

L’empreinte eau, le nouvel indicateur pour mesurer le gaspillage d’eau douce

Andrea Barolini (Reporterre)

mercredi 4 septembre 2013

 

 

 

Chacun des aliments que nous mangeons, chaque produit que nous utilisons, requièrent de grandes quantités d’eau pour leur production. Un gaspillage invisible se produit ainsi, alors que la disponibilité d’eau douce va devenir un problème de plus en plus crucial. Le concept d’"empreinte eau" permet de mesurer ces consommations.

 


 

Combien d’eau y a-t-il dans nos tee-shirts ?

Si on se pose la question de savoir combien d’eau est nécessaire pour obtenir les produits que nous utilisons, mangeons, consommons, on peut facilement comprendre qu’il en faut des quantités non négligeables pour produire un kilogramme de fruit ou de légumes. Il faut en fait arroser les plantes et les arbres, parfois dans des régions arides. Toutefois, la même réflexion est applicable aux produits qui, apparemment, ne sont pas particulièrement exigeants, mais qu’en réalité sont souvent bien plus « assoiffés ».

Savez-vous, par exemple, quelle quantité d’eau est nécessaire pour produire un steak-haché, un papier, un tee-shirt en coton ? Ou bien pour satisfaire les nécessités d’un individu, d’une usine, d’une communauté, voire d’une nation ?

La réponse est donnée par le concept d’« empreinte eau » (water footprint), c’est-à-dire un indicateur de l’usage direct et indirect de l’eau par le consommateur (ou par le producteur). Elle permet de quantifier une eau qu’on pourrait définir comme « invisible », mais qui existe et dont on devrait tenir compte pour éviter de gaspiller une ressource vulnérable, qui deviendra de plus en plus rare sur la planète.

Chacun de nous, en fait, utilise beaucoup d’eau pour se laver, pour boire, pour arroser les plantes, pour cuisiner. Mais celle-ci n’est que la partie évidente de la consommation, celle qu’on arrive facilement à calculer et qu’on peut aussi économiser.

Au contraire, quand on mange de la viande, il est probablement difficile d’imaginer que la production d’un kilogramme de bœuf a requis 16 000 litres d’eau, que 140 litres sont demandés pour une tasse de café ou que 20 000 litres sont nécessaires pour un tee-shirt en coton.

Aujourd’hui, en fait, la culture et le travail du coton requièrent globalement 256 milliards de mètres cubes d’eau par an. Tandis que pour la production mondiale de viande, l’humanité utilise 2 422 milliards de mètres cubes d’eau par an. 98% de cet usage est lié au fourrage des animaux (principalement pour la culture de l’orge, du foin ou des légumineuses), alors que seulement 1,1% est utilisé pour abreuver le bétail.

 

Une douche durant vingt-quatre heures pour un kilogramme de thé

 

Pour se représenter les volumes d’eau impliqués, imaginons laisser les robinets de la douche complètement ouverts une journée entière. Jour et nuit, 24 heures, sans pause. Si on considère un débit moyen de sept à huit litres par heure, à la fin on aura gaspillé 9 000 litres. Exactement ce qu’il faut pour obtenir un kilogramme de thé, en considérant la culture, la récolte et le travail du produit.

De même, pour un kilo de café on a besoin de 20 000 litre d’eau (c’est-à-dire plus de 2 200 caisses de bouteilles de 1,5 litres chacune). L’empreinte eau d’un steak haché a été calculée à 2 400 litres, tandis que pour une paire de chaussures on atteint les 8 mille litres. Tous ces chiffres sont tirés sur le site internet du Water Footprint Network, présentant un outil permettant de calculer l’empreinte eau de nombreuses marchandises).

Ces calculs ont été effectués pour la première fois en 2007 par Arjen Y. Hoekstra, professeur de Gestion Hydrique à l’université de Twente (Pays-Bas), et Ashok Kumar Chapagain, directeur scientifique du Water Footprint Network, association à but non lucratif néerlandaise qui a pour objectif de sensibiliser les citoyens et les administrateurs sur le problème de la consommation d’eau douce.

 

 

L’intérêt de l’empreinte, a affirmé Hoekstra, « est lié à l’impact humain sur les systèmes d’eau douce. Les problèmes comme le manque d’eau et la pollution peuvent être mieux compris et abordés si on considère la production et l’offre dans l’ensemble ».

C’est pourquoi le problème doit être analysé dans le contexte de la mondialisation économique : « Beaucoup de pays, a expliqué Hoekstra, ont externalisé sensiblement leur empreinte eau par l’importation des marchandises intensives en eau. Ceci met la pression sur les ressources dans les régions exportatrices, régions où il y a souvent un manque de mécanismes de gouvernance sage et de conservation d’eau ».

L’Europe importe de l’eau en catimini

Pour les grandes entreprises, donc, il s’agit d’épargner, grâce à l’importation, des marchandises qui nécessitent de grosses quantités d’eau douce, en profitant des faibles règles imposées dans certains pays sur leurs ressources hydriques. 84% de l’empreinte eau liée à la consommation de coton dans l’Union Européenne, par exemple, est délocalisée loin de chez elle, en particulier en Inde et en Uzbekistan.

C’est une stratégie de maximisation du profit qui néglige le fait que - selon le dernier rapport des Nations Unies Perspectives de la population mondiale : révision de 2012 -, la population actuelle de 7,2 milliards devrait augmenter de près d’un milliard de personnes au cours des douze prochaines années, pour atteindre 8,1 milliards en 2025, 9,6 milliards en 2050 et 10,9 milliards en 2100.

En outre, la progression sera plus rapide dans les 49 pays les moins développés, lesquels verront leur population doubler, en passant de 900 millions aujourd’hui à 1,8 milliard de personnes en 2050. Cela devrait nous obliger à être parcimonieux, parce qu’il y a le risque concret de voir des conflits se déclencher, surtout dans les pays moins riches en eau douce.

« L’empreinte eau actuelle, explique à Reporterre Renzo Rosso, professeur d’hydrologie au Polytechnique de Milan, peut être améliorée en introduisant deux nouveaux critères : le commerce de l’eau et le stress hydrique. On a besoin, en fait, de considérer la commercialisation de l’eau dans les calculs de l’empreinte eau. Si l’on mange de la viande de bœuf qui provient d’Argentine, on aura importé huit mille litres d’eau. C’est pourquoi il s’agite d’un problème strictement lié aussi au concept de ’circuit court’.

En second lieu, il faut comptabiliser le niveau de stress hydrique de la communauté où on calcule l’empreinte eau. On ne peut pas considérer la consommation hydrique dans les régions riches de la même façon que dans celles pauvres d’eau ».

Pour l’instant, en effet, l’empreinte eau a été calculée seulement au niveau quantitatif pour chaque pays. Les résultats des analyses d’Hoekstra indiquent que les Etats-Unis sont la nation présentant l’empreinte eau par tête la plus élevée, suivis par l’Italie et par la France. « Mais on ne doit pas se concentrer seulement sur les données. Il faut se demander aussi quel type d’eau est utilisée, souligne à Reporterre Francesca Greco, chercheuse au King’s College de Londres, auteur avec Marta Antonelli du livre L’acqua che mangiamo (« L’eau qu’on mange »), parce qu’il y a une eau renouvelable, celle des rivières ou des lacs, et une eau qui au contraire est limitée, comme celle des nappes phréatiques ».

La critique principale qui a été faite à l’actuelle empreinte eau est d’être un indicateur seulement quantitatif : « Si on pense que pour un verre de vin, il faut 140 litres d’eau, nous devons tenir compte que dans certaines régions les vignes n’ont pas besoin d’être arrosées artificiellement. Ou que le producteur italien de pâtes Barilla, par exemple, a déplacé la culture du blé d’une région aride des Etats-Unis vers l’Italie et est arrivé à réduire sensiblement la quantité d’eau utilisée », ajoute Antonelli.

Un autre groupe italien, le producteur de sauces Mutti, a décidé de ne pas limiter son engagement à la simple réduction de la consommation d’eau, mais il a calculé - en collaboration avec le WWF - son empreinte eau totale, voire la quantité présente dans chaque produit, celle utilisée pour la culture ou pour l’emballage.

Et donc, pourquoi ne pas imposer la quantification de la consommation hydrique à chaque industrie ? Il faudrait que les institutions s’engagent pour faire de l’empreinte eau un indicateur clé, capable d’orienter les décisions économiques. « J’ai constaté une compréhension du problème au niveau institutionnel international, mais il est crucial que les élus et les gouvernements soient convaincus du fait que l’eau est une ressource qui ne peut pas être traitée comme un business. Sa gestion doit rester publique, parce qu’il s’agit d’un bien commun. Mais aussi parce que chaque fois que le secteur a été privatisé, on a constaté une détérioration de la qualité du service », ajoute Rosso.

D’ailleurs, la superficie de la Terre est couverte à 70% d’eau, et mers, lacs et rivières en contiennent 1,4 milliards de kilomètres cubes. Mais l’eau douce représente seulement 2,5% (35 millions de kilomètres cubes) du total, dont 70% sous forme de neige ou de glace. Pour l’humanité, donc, il ne reste que 0,7% des ressources hydriques terrestres...



Source : Andrea Barolini pour Reporterre

Image : Marcel Green.com

Lire aussi : L’Etat opère un hold-up sur les ressources de la protection de l’eau

 

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 17:00

 

reporterre.net

 

Josh Fox : "Le gaz de schiste pollue la démocratie"

Hervé Kempf (Reporterre)

vendredi 6 septembre 2013

 

 

 

 

Josh Fox est le réalisateur de Gasland, le film qui a réveillé les consciences sur la réalité du gaz de schiste. Dans un entretien avec Reporterre, il explique que ce qui se joue dans cette bataille écologique, c’est la vitalité de la démocratie face aux grandes compagnies multinationales.

 


 

Josh Fox est le réalisateur du film Gasland, sorti en 2010, et qui a montré l’ampleur des pollutions provoquées par l’exploitation du gaz de schiste. Il a réalisé un nouveau film, Gasland II. Il est en France pour quelques jours. Reporterre l’a rencontré le 5 septembre près de Jouarre, là où une exploration de pétrole de schiste a commencé, et rencontre une vive opposition.

 


La plate-forme de la compagnie Hess à "La Petite Brosse", commune de Jouarre (Seine-et-Marne)


En quoi votre nouveau film est-il différent du précédent ?

Josh Fox - Le premier film décrivait les multiples façons par lesquelles l’exploitation du gaz de schiste génère des pollutions, et les multiples façons dont les gens en sont affectés. Ce film est se concentre sur les nombreuses différentes façons – pas seulement par l’argent ou le lobbying - par lesquelles l’industrie du pétrole et du gaz s’est incrustée au sein même du système démocratique pour l’influencer. Ce que nous avons constaté à de multiples reprises en faisant ce film, c’est que les gens n’ont pas de recours quand ils sont confrontés à l’industrie du pétrole et du gaz.

 

Est-ce un exemple de ce qui arrive en général à la démocratie ou est-ce très spécifique au gaz de schiste ?

Beaucoup de choses sont très spécifiques à cette industrie aux Etats-Unis, mais malheureusement, c’est aussi exemplaire de la façon dont les grandes compagnies agissent en démocratie. Elles veulent circonvenir le peuple. Elles conduisent des négociations directes avec le gouvernement à l’écart du peuple. La seule façon par laquelle les gens peuvent agir est de protester, de s’imposer dans la prise de décisions, comme vous l’avez fait en France, ou comme en Australie ou en Grande-Bretagne.

 

 

Aux Etats-Unis – et je crains que ce soit pareil ailleurs -, notre gouvernement trahit le peuple. C’est très choquant de constater que l’administration Obama cache des documents produits par l’Etat, avant les élections, pour que les gens n’en aient pas connaissance. On montre tout ceci dans le film. Par exemple, on savait que l’EPA [1] enquêtait sur les cas de pollution au Texas, et soudain, ils ont abandonné cette enquête. Même chose dans le Wyoming. On a des documents montrant que l’EPA savait scientifiquement qu’il y avait des migrations de l’eau, et l’a caché. On a des preuves très fortes sur tout ceci.

 

Comment expliquez-vous la position d’Obama, qui est perçu comme de gauche en France ?

Au début de l’administration Obama, en 2009, l’EPA a commencé à enquêter très sérieusement sur les pollutions. Sa directrice, Lisa Jackson, travaillait vraiment dans l’intérêt du peuple. Mais quand la campagne électorale a commencé en 2012, on a constaté un changement du jour au lendemain : l’EPA a abandonné ses recherches, le chef des enquêtes a démissionné, Lisa Jackson a démissionné. Il y a eu des fortes pressions pendant la campagne électorale pour mettre la pédale douce sur ce sujet.

 

Obama et son administration sont-ils connectés aux grandes entreprises de l’industrie et du gaz ?

On sait qu’ils ont rencontré très, très souvent les représentants de l’industrie. En revanche, à de multiples reprises, des lettres ont été envoyées à l’administration pour lui demander de rencontrer les scientifiques qui montrent qu’il y a des problèmes, de rencontrer les gens qui souffraient de l’exploitation du gaz de schiste. La réponse a été : non.

Obama essaye peut-être de faire des petites choses. Mais il ne s’agit pas de faire des petits pas ; il s’agit de développer vigoureusement les énergies renouvelables et de stopper les fossiles. Mais ces gens ne peuvent pas le faire. Ils n’ont pas de leadership.

 

On parle de révolution énergétique, du boom de la richesse en Dakota en Nord, d’indépendance énergétique des Etats-Unis : est-ce exact ?

Il y a beaucoup de pétrole au Dakota du Nord .Mais ce n’est pas une bonne chose : nous devons diminuer la production de pétrole.

 

Pourquoi ?

Parce que selon tous les indicateurs – sur la démocratie, sur la pollution, sur le climat -, les carburants fossiles sont nuisibles. Il ne faut pas en produire plus, mais diminuer leur production.
Vu de l’espace, on observe une grande tache brillante au-dessus de l’agglomération de Chicago ou de celle de Minneaopolis. Mais aussi une au-dessus du Dakota du Nord, où il n’y a pas de grande ville ; mais ils brûlent tellement de gaz qu’on le voit de l’espace.
Nous avons besoin de moins de pétrole et de gaz, pas de plus.

 

Et en ce qui concerne l’indépendance énergétique des Etats-Unis ?

La seule véritable indépendance énergétique est celle des énergies renouvelables. Là, il ne s’agit pas d’indépendance, mais de la la liberté pour les grandes compagnies de faire du profit. BP, Shell, Statoil, qui exploitent gaz et pétrole aux Etats-Unis ne sont pas des compagnies américaines. Ces corporations n’ont pas de pays. Cette histoire d’indépendance est un non-sens.

On ne peut pas avoir une vraie démocratie sans être libérés des combustibles fossiles,sans être libérés de ces compagnies. Elles ont pollué la démocratie. Nous avons besoin de nous exprimer, de développer les énergies renouvelables, c’est notre avenir.

 

Comment expliquez-vous que les grands médias militent pour le gaz de schiste ?

Les compagnies font un très bon travail de communication. Rappelez-vous en 2003, avant la guerre d’Irak. Tous les médias ne cessaient de dire que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive. Leurs arguments avaient l’air très raisonnables. Cela s’est révélé faux et ça a conduit à un désastre.
Quand vous examinez attentivement leurs arguments sur le gaz de schiste, ils ne tiennent pas. Mais des millions de dollars en publicité et en communication sont déversés par l’industrie.

 

Quelle est la situation du mouvement d’opposition aux Etats-Unis et ailleurs ?

Il devient de plus en plus fort. Dans l’Etat de New York et en Pennsylvanie, 60 % des gens sont favorables à un moratoire sur le gaz de schiste. Au Colorado, ville après ville votent pour un ban sur la fracturation hydrolique. En Californie, le mouvement se renforce ; en juin, des centaines de milliers de signatures contre la production de gaz de schiste avaient été enregistrées.

Cela arrive aussi autour du monde. On a été à Bruxelles, au Parlement européen, on a rencontré des activistes des Pays-Bas, de France, d’Espagne, d’Allemagne...

Ils sont en train de prendre conscience que leur vrai bataille, c’est la lutte pour la démocratie.

 



 

Source : Hervé Kempf pour Reporterre

Ecouter aussi : Josh Fox, Y a-t-il une opposition au gaz de schiste aux Etats-Unis ?

Notes

[1Environmental protection agency, l’équivalent aux Etats-Unis du ministère français de l’Ecologie

 

 

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 16:51

 

Médiapart

Comment truquer un marché public

|  Par Louise Fessard

 

 

L’affaire Guérini, toujours en cours d’instruction, a l’intérêt de présenter un catalogue des failles du code des marchés publics. Ou comment fausser un appel d’offres en respectant – en apparence du moins – les procédures de passation de marchés. Enquête en partenariat avec le Ravi.

Comment des entreprises de maçonnerie (ABT) ou de sécurité privée (Alba sécurité) dirigées par des proches d’Alexandre Guérini et liées au grand banditisme régional ont-elles pu prospérer grâce aux marchés publics dans les Bouches-du-Rhône ? Pas forcément besoin de corruption pure et dure : le tout est de savoir placer ses pions, en se créant au fil des années un réseau d’affidés à des postes stratégiques. Selon les enquêteurs, entre 2005 et 2008, « la quasi-intégralité » des 20 millions d’euros de chiffre d’affaires de la société ABT était « constituée de travaux réalisés dans le cadre de marchés publics obtenus avec des collectivités territoriales des Bouches-du-Rhône ». Et 70 % du chiffre d’affaires d’Alba sécurité entre 2007 et 2009, une société dirigée par la compagne de Bernard Barresi, alors recherché pour l’attaque d’un fourgon blindé (voir note 1 dans notre boîte noire).

Il faut d’abord savoir qu’une collectivité territoriale ne peut écarter une entreprise d’une consultation uniquement au motif que celle-ci serait dirigée par des personnes proches du grand banditisme. « Il faut que l’entreprise ou l’entrepreneur soit condamné pénalement et exclu des marchés publics par décision de justice », explique Florian Linditch, professeur de droit à l’université d’Aix-Marseille et auteur du Droit des marchés publics (mai 2009, Dalloz). De même sans interdiction prononcée par le juge pénal, il est impossible selon lui d’écarter a priori une entreprise qui aurait triché lors d’un précédent appel d’offres. Il est également très difficile d’écarter une entreprise qui se serait révélée totalement incompétente, la jurisprudence acceptant que ladite entreprise démontre qu’elle a mis en place de nouvelles méthodes de travail. En cas de soupçon d’infraction, les fonctionnaires ont bien sûr obligation d’alerter le procureur de la République. Mais la loi ne prévoit aucune sanction pour les têtes en l’air qui manqueraient à cette obligation. « Face à des entreprises pas nettes, les acheteurs publics sont un peu démunis, reconnaît l’avocat. Ils sont censés choisir l’offre économiquement la plus avantageuse et faire abstraction de tout le reste. »  

La nouvelle directive européenne sur les marchés publics, qui doit être définitivement adoptée par le parlement européen d’ici fin 2013, prévoit l’exclusion de toute entreprise condamnée pour corruption, fraude, criminalité organisée ou encore blanchiment de capitaux. La France devra encore transposer ce texte en droit interne. « Il y a un équilibre à trouver entre éliminer les moutons noirs et la nécessité d’optimiser la concurrence ainsi que le droit à l’oubli », souligne Thierry Beaugé, l’un des fondateurs de la section française de Transparency international.

Évidemment il y a toujours moyen de se débrouiller. Lorsque Bernard Barresi fut  arrêté sur un yacht, à Juan-les-Pins, en juin 2010, Alba sécurité, l’entreprise de sa compagne qui raflait depuis 2004 la majorité des marchés de sécurité du département, chute brusquement dans les dernières places du classement. Explication officielle d’un employé du conseil général en garde à vue en octobre 2012 : sa  prestation n'était « pas à la hauteur des qualités attendues ». Le département aura mis six ans à s’en apercevoir !

 

 
© le Ravi

 

Première étape en matière de travaux publics : imposer à la collectivité un maître d'œuvre conciliant. Le poste est stratégique. Le maître d'œuvre, souvent un architecte ou un bureau d’études, est chargé de rédiger le cahier des clauses techniques et de classer les réponses des entreprises à l'appel d'offres. « Pour intervenir en faveur d'ABT, il fallait préalablement que j'obtienne le contrat de maîtrise d'œuvre », explique ainsi, début septembre 2011, un architecte marseillais mis en examen dans un des dossiers Guérini. L’architecte indique avoir été incité par Jean-Marc Nabitz le patron de Treize développement, une société d’économie mixte dépendant du conseil général, à postuler pour un marché public de rénovation d'une maison de retraite à Marseille. « Nabitz m'a dit que le montant des honoraires était de 90 000 euros. Il m'a dit de postuler et je l'ai obtenu. » ABT, dirigée par un proche de Bernard Barresi, alors en cavale, réalisera ensuite le gros œuvre de la maison de retraite. En échange, notre architecte marseillais a reconnu avoir été pistonné sur trois chantiers publics en Haute-Corse, où le clan Barresi possède ses contacts.

Facile, mais cela ne marche pas à tous les coups. Le patron d’ABT « était venu me voir pour l'opération de la gendarmerie d'Orgon (un chantier lancé par Treize développement en 2006, ndlr) très en amont pour me demander de faire désigner l'architecte, en m'expliquant que la désignation de l'architecte par anticipation permettait de travailler avec cet architecte en amont du lancement de l'appel d'offres », relate en novembre 2011, Jean-Marc Nabitz, qui dit avoir refusé. Ce qui n'a pas empêché ABT de remporter le marché. « J'en ai conclu qu'il avait soit travaillé en amont avec l'architecte désigné à l'époque pour l'opération, mais plus probablement qu'il s'était entendu avec les autres petites entreprises. »


Deuxième étape : l'entreprise amie doit être la moins disante, quitte à lui accorder ensuite des avenants gonflant les prix. À Berre-L'Étang, ville dirigée par le sénateur PS, Serge Andréoni, la société ABT a remporté deux gros marchés de construction. Là aussi grâce aux bons services du même architecte marseillais, briefé par le directeur des services techniques de Berre, devenu depuis adjoint au maire délégué aux travaux. « Raymond Bartolini m'a demandé de favoriser les offres présentées par la société ABT, a reconnu l’architecte face au juge début septembre 2011. À chaque fois le prix proposé par ABT était le moins disant, car Boudemaghe (le patron de l’entreprise ABT, ndlr) était informé très certainement par Raymond Bartolini. »

Imparable pour couper le sifflet aux journalistes un peu trop curieux. Très bon technicien des marchés publics, Raymond Bartolini, rencontré en mai 2011, s’était fait fort de nous démontrer documents à l’appui que tout était en règle. « ABT était la moins disante et la mieux disante, avec un énorme dossier technique. Elle avait de très bonnes références, elle avait fait de très gros chantiers : ils avaient travaillé pour l'Opac (office HLM du département, ndlr), fait une gendarmerie… » Quatre mois plus tard, en septembre 2011, l’adjoint PS sera mis en examen pour « blanchiment d'argent en bande organisée, favoritisme et corruption passive ».

Même cas de figure pour le gros œuvre d’un collège marseillais où en 2007 ABT sera déclarée « mieux disante » grâce à des prix extrêmement bas. Tellement bas qu’ils « ne correspondent pas à la réalité du marché du prix du m2 de béton et du kilo d’acier », s’étonnera un des maîtres d’œuvre… L’entreprise se révélera incapable de mener à bien le chantier, résilié au printemps 2009, en dépit des interventions d’Alexandre Guérini. Là encore, le marché, passé dans le respect formel des procédures, semblait à première vue irréprochable. « Au conseil général, ABT a travaillé tout à fait normalement, sans aucun avenant, nous avait d’ailleurs assuré en juin 2012 Gérard Lafont, l’ex-directeur général adjoint du Conseil. On a été très clairs. Je n’ai jamais eu d’intervention d’Alexandre Guérini. Il y a tellement d’intermédiaires ici qu’on ne peut pas se permettre ce genre de choses, ça serait repéré tout de suite. » C’était avant qu’il ne reconnaisse, lors de sa garde à vue d’octobre 2012, avoir participé à un déjeuner avec Bernard Barresi et Raymond Bartolini, organisé trois ans plus tôt par Alexandre Guérini…

 

Il faut également que le maître d'ouvrage ne se montre pas trop tatillon sur le sérieux de l’offre remise par l’entreprise amie. C'est ainsi qu'ABT a remporté en 2007 le gros œuvre du centre administratif de Berre-L'Étang pour un montant initial de 5,5 millions d'euros. « J'aurais dû creuser le dossier technique de l'entreprise ABT, ce que je n'ai pas fait, a expliqué aux gendarmes notre architecte marseillais. Je me suis contenté de noter ce qu'il y avait écrit dans leur offre sans vérifier. » Cette fois encore, ABT avait vu trop grand. La ville de Berre, pourtant très conciliante, devra résilier le marché en juillet 2009, après qu’un huissier eut constaté « la ruine de l'ouvrage déstabilisé par des travaux qui n'avancent pas ».

 

Si, malgré tout, un candidat malvenu s’incruste et semble sur le point de remporter la mise, reste un joker : commander une étude juridique à un cabinet d’avocats ami. Il fournira des arguments plus ou moins convaincants pour écarter la candidature du fâcheux. En 2007, lors du renouvellement de la délégation de service public du port de Cassis, Jean-Noël Guérini avait ainsi recouru à un cabinet de juristes pour éliminer l'offre de la ville de Cassis, pourtant la mieux classée par ses propres services. Même technique à La Ciotat, où pour faire revenir dans le jeu un promoteur immobilier proche de Bernard Barresi et d’Alexandre Guérini, le patron du département suggérera de faire réaliser une étude par un avocat parisien lié à son frère. « Je me suis aperçue que la plupart des dossiers sur lesquels le président souhaitait que l'on mette en place une procédure singulière telle que la commande d'une étude juridique (...) cachaient en réalité des objectifs différents servant les intérêts de son frère », a confié aux enquêteurs la conseillère de Jean-Noël Guérini en janvier 2013. « Je n’interviens jamais dans une DSP ou un marché », a démenti Jean-Noël Guérini dans Libération.


En dernière extrémité, il reste possible de susciter une grève afin de faire annuler un marché qui ne s’est pas déroulé comme prévu. En octobre 2009, des salariés du groupe Bronzo (rattaché au groupe Veolia) qui venait de perdre la collecte des déchets dans le 14e arrondissement de Marseille, se sont ainsi mis en grève, encouragés, selon des écoutes téléphoniques, par Alexandre Guérini. Montagnes de poubelles et efficacité maximum : dès le 4 novembre, sous la pression des frères Guérini, Eugène Caselli, le président PS de la communauté urbaine, avait déclaré le marché sans suite.

Mais le vrai trou noir du droit des marchés publics, dans les Bouches-du-Rhône comme ailleurs, reste le contrôle de l’exécution. « Le code des marchés publics est consacré à 90 % à la passation des marchés et seules 10 % de ses dispositions concernent l’exécution, remarque Florian Linditch. Et les collectivités, contraintes par leurs budgets, ont énormément de mal à recruter des techniciens, il leur manque des contrôleurs de travaux. » D’autant, souligne cet avocat, que les collectivités, acheteurs généralistes, sont souvent désarmées face à des vendeurs, spécialistes de leurs créneaux. « Le favoritisme se fait surtout lors de l’exécution, confirme un employé du département, sous couvert d’anonymat. Si on retient une entreprise qui propose des prix très bas, derrière, si on ne contrôle pas, elle va se rattraper sur les quantités et la qualité. » Or le conseil général des Bouches-du-Rhône compte un nombre étonnamment faible de techniciens pour contrôler les travaux (deux fois moins par collège que son voisin du Var par exemple).

Une fois le marché obtenu à vil prix, l’entreprise peut également se refaire grâce aux avenants. Seule limite légale : ces rallonges budgétaires ne doivent pas dépasser 20 % du prix du marché pour ne pas en bouleverser l’économie. « Mais on a déjà vu une affaire en Corse, où un avenant de 5 % a été considéré comme un délit de favoritisme », précise Florian Linditch. À l’Europôle de l’Arbois, près d’Aix-en-Provence, ABT a ainsi obtenu trois avenants d'un montant de 80 000 euros pour compenser… son propre retard sur les chantiers. C’est-à-dire qu’au lieu de pénaliser l’entreprise, le technopôle de l’Arbois, un satellite du département dont le patron PS a été mis en examen en juin 2013, a choisi de lui accorder des rallonges. 

Contacté, Jean-Noël Guérini a fait suivre la réponse suivante : « À ce jour il est démontré qu’à la suite des contrôles effectués, la gestion des marchés publics est conforme à la loi. J’attire votre attention sur le fait que les “affaires en cours” sont comme vous le dites “en cours” et que chacun doit bénéficier de la présomption d’innocence. Je ne fais pas exception à la règle. »

 

 


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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 20:53

 

 

zad.nadir.org

 Appel à mobilisation des COPAIN 44 et 35

jeudi 5 septembre 2013, par zadist



 

Depuis les 40 ans de lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, des paysans, aux côtés des autres militants, sont actifs pour refuser l’artificialisation de 1500 hectares de terres agricoles.

Aujourd’hui, alors que les commissions de dialogue valident nos thèses, que l’Europe se saisit de l’utilité du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, que les opposants seront reçus le 10 septembre au ministère des Transports, que d’autres grands projets d’infrastructures (LGV...) sont abandonnés... la machine judiciaire continue.

Depuis le début de l’opération César, ce sont plus de 200 interpellations, 47 condamnations en comparutions immédiates. Des paysans ont aussi été condamnés.

En Juillet 2011 s’est créé le collectif d’organisations agricoles COPAIN 44 qui essaimera ensuite en Ille-et-Vilaine avec la création de COPAIN 35 en Juin 2012, et dans d’autres départements. Depuis leur création, les actions de ces collectifs paysans ont été nombreuses, fédératrices et parfois spectaculaires avec notamment des énormes convois de tracteurs : 100 tracteurs à Rennes le 10 Novembre 2012, plus de 400 à Notre-Dame-des-Landes le 17 Novembre 2012.

Le 27 Janvier 2013, COPAIN 44, aidé de zadistes et comités de soutien occupent la ferme de Bellevue laissée vacante la veille par l’ancien exploitant locataire. Des paysans et paysannes s’y déclarent résidents, la protégeant ainsi d’une destruction imminente. Depuis 7 mois, de nombreux chantiers ont été réalisés, permettant ainsi de faire vivre ce lieu et de lui redonner sa vocation productrice : réhabilitation du four à pain, boulangerie, transformation fromagère etc.

Poursuivis par AGO Vinci, et jugés par 2 fois en février et mars pour occupation illégale ce sont 18 paysans et paysannes qui font appel de leur jugement le 10 septembre à Rennes.

Le collectif 35 contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, COPAIN 35 et COPAIN 44 appellent à un rassemblement de soutien, le mardi 10 septembre à partir de midi, place du Parlement à Rennes.

Pour soutenir celles et ceux qui proposent un autre modèle de développement et sont aujourd’hui les porte-paroles de tous ceux qui refusent la réalisation de ce projet inutile.

La relaxe de tous les chefs d’inculpation redonnerait à l’occupation de la ferme de Bellevue son rôle d’intérêt général : arrêter toute destruction ou saccage tant que tous les recours ne sont pas aboutis et préserver le potentiel d’installation et d’innovation alternative après abandon du projet.

Appel à mobilisation lancé par le Collectif 35 contre l’aéroport de NDDL et COPAIN 35 et 44 (Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport)

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 20:43

 

 

zad.nadir.org

mercredi 4 septembre 2013, par zadist

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières, mais sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel

Jeudi 5 septembre

Sur la ZAD heu ben... rien de spécial.

Des nouvelles d’autres luttes

NoTAV : le mouvement NoTAV a publié un communiqué et une interview d’Erri de Luca : “Il faut saboter le T.A.V”.

A Wilrijk (Belgique), le déboisement d’une forêt qui était occupée a commencé. Il semble y avoir eu des arrestations, mais "tous ont été libérés". Ills font un appel pour ce soir : Ce ne sera pas un cortège funèbre ce soir (jeudi 5 Septembre), mais nous organisons à 19h30 à l’entrée de la maison district (Bist 1, Wilrijk, B) un stand ​​de deuil où tout le monde qui veut peut apporter un salut final, aussi les conseillers de district entrants qui, il y a quelques mois, ont formulé un avis négatif à l’unanimité à l’égard du déboisement. Ensuite, nous donnerons une couronne à l’administration du district. Le conseil du district commence à 20h.

Mercredi 4 septembre

Sur la ZAD

Grand soleil, chantiers variés, suite de la récolte de patates...

A propos de la lutte contre l’aéroport et/ou son monde

Samedi, il y a eu une manifestation de soutien à une militante du Comité de soutien 79 convoquée devant la gendarmerie.

Des nouvelles de Décines

Mardi soir vers une deuxieme personne a rejoint la première personne dans l’arbre pour lui tenir compagnie.

Plus d’infos sur le blog du comité de soutien du Rhône

Des infos d’autres luttes

Encore et toujours des Zad potentielles dans tous les coins de France.... A Nivillac (Morbihan), des gens se mobilisent pour tenter d’empêcher un projet d’installation de téléski pour faire du ski nautique. Illes invitent à une réunion le 12 septembre.

Mardi matin à 7h, la police a commencé à dégager les occupants du Ferrarisbos à Wilrijk (Belgique).

Des camarades NoTav sont actuellement en prison. Pour leur écrire : Davide Forgione - Casa circondariale Lorusso- Cotugno, Via Maria Adelaide Aglietta 35 – Torino Italy et Paolo Rossi - Casa circondariale Lorusso- Cotugno, Via Maria Adelaide Aglietta 35 – Torino Italy.

Mardi 3 septembre

Sur la ZAD

- La prefecture a sorti des arrêtés interdisant le transport de carburant, d’explosifs, produite inflamables et feux d’artifices et de materiaux de construction sur les communes de Notre-Dame des Landes et Vigneux de Bretagne, du 2 septembre au 4 novembre 2013.

- Ce matin, la ZAD de Décines s’est faite attaquée :

La police est en train d’expulser la butte de Décines. Les journalistes ne peuvent pas monter voir ce qui se passe. La pluspart des gens ont déjà été évacués. Restent quelques personnes dans des arbres.

Faire le point sur la lutte, garder les réseaux pour continuer à dénoncer ce projet aberrant : RDV exeptionnel ce mardi soir 19h30 à la Luttine. La réunion hebdomadaire du mercredi à la Luttine est maintenue aussi.

le béton n’a pas été coulé,

l’argent dépensé, les moutons sont toujours dans les prés... la lutte continue.

rhonenddl@riseup.net

Un appel à soutien :

Bonjour à tousetes ce mail est un appel à réagir face a ce qui s’est passé mardi matin à décines

L’expulsion à décines c’ est comme dans la forêt de rohanne. Décines c’est une graine semée à notre dames des landes cette graine est née grâce a la solidarité entre les peuples : aujourd’hui c’est à cause de cette solidarité que la petite graine est menacée. Face aux briseurs de solidarité entre les peuples une seule arme : LA SOLIDARITE SVP faire tourner aux collectifs qui vous soutiennent

ZAD PARTOUT

Plus d’infos :

- http://blogs.mediapart.fr/blog/bob-92-zinn/030913/les-saucialistes-ont-expulse-decines-des-gens-sont-perches-dans-les-arbres
- http://rebellyon.info/La-ZAD-de-Decines-contre-l-OL-Land.html

Autour de la lutte contre l’aéroport

- Le journaliste Hervé Kempf quitte Le Monde


Infos générales

Infos utiles pour venir ici

- Accueil : le week-end, l’ACIPA ouvre un local à Notre Dame des Landes, de 10h à 17h où les informations sur la lutte sont disponibles
- Contact presse de la ZAD : 06 32 98 78 36
- Équipe légale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Équipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.

Radio Klaxon

La radio n’émet pas en ce moment. Quand elle reviendra, ce sera sur 107.7 FM autour de la ZAD et sur http://stream.zad.nadir.org:8000/radio-klaxon.ogg.m3u sur Internet.

Blog en cas de panne

Si jamais le site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 16:40

 

 

Médiapart

Clermont-Ferrand, exemple dramatique de la surchauffe du 115

|  Par Carine Fouteau

 

 

En matière d'hébergement d'urgence, ce qui se passe à Clermont-Ferrand, où environ 300 personnes risquent de passer leur troisième nuit dehors, est le reflet d'une situation nationale dégradée. Le dispositif est au bord de l'implosion.

La grande place de Clermont-Ferrand est bondée. En l’espace de quelques heures, elle est devenue un refuge à ciel ouvert pour plusieurs dizaines de pesonnes chassées de leurs logements. Environ 300 demandeurs et déboutés du droit d’asile, principalement des Arméniens, des Kosovars et des ressortissants de pays d’Afrique sub-saharienne, mais aussi des SDF, risquent de passer leur troisième nuit consécutive dehors, sous d’immenses tentes de toile, en plein centre de la préfecture du Puy-de-Dôme.

La nouvelle est tombée pendant le week-end: ces personnes, parmi lesquelles beaucoup de familles, ont appris qu’elles devraient quitter lundi matin les hôtels dans lesquels elles vivaient. En cause: la quasi-faillite de l’Anef, l’association chargée de gérer le 115 dans le département, le numéro d’urgence à destination des personnes sans domicile. Depuis le début de la semaine, cette structure n’a plus de trésorerie pour payer les hôtels sociaux travaillant en relation avec elle. Son directeur général, Gilles Loubier indique qu’en 2012 l’État, en charge de la mise à l’abri des plus démunis en tant que garant de la solidarité nationale, n’a remboursé que «5% environ» des 350.000 euros engagés chaque mois. Faute des financements prévus, ce responsable associatif craint de ne plus être en mesure de payer ses salariés en ce mois de rentrée.

L’occupation de l’église Saint-Pierre-des-Minimes par une centaine d’expulsés n’a pas duré longtemps. Dans la nuit de lundi à mardi, la crypte a pris feu, obligeant les pompiers à intervenir et les résidents de passage à quitter les lieux. Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine du sinistre, certains éléments laissant penser qu’il pourrait être de nature criminelle. «Une porte latérale de l’édifice a été fracturée, donnant accès au sous-sol où le feu est parti d’une pièce qui sert de débarras. On est sur l’hypothèse d’un acte volontaire, qui doit être confirmée par l’analyse de prélèvements effectués sur place», a déclaré le procureur de la République à Clermont-Ferrand, Pierre Sennès.

Face à la tournure prise par les événements, le ministère du logement a annoncé avoir «délégué 400.000 euros» de crédits à l’association concernée «afin d’apporter une solution de financement». Mais, regrette l’Anef, cette somme ne couvre qu’une partie de la dette due aux hôteliers. Elle ne permettrait donc pas d’assurer les nuités à venir. Elle ne serait par ailleurs pas disponible avant «au moins un mois». À l’issue d’une réunion avec les services de l’État, la ligne du 115 a été remise en service. Gilles Loubier prévient toutefois n’avoir aucune solution à proposer aux personnes qui appelleraient.

La préfecture se défend de ne rien faire et enchaîne les communiqués pour rappeler que 66 personnes ont pu être relogées, dont 30 par le 115 et 36 par le conseil général, au titre de la protection de l’enfance (principalement des mères avec des enfants en bas âge). Elle souligne aussi qu’un gymnase a été ouvert et reproche à divers «groupes» de faire obstacle au travail social engagé «en incitant les personnes sans abri à refuser ces propositions».

«L’ensemble des structures du 115 sont en danger»

Cette situation éclaire sous un jour dramatique l’état périlleux dans lequel se trouvent les structures d’hébergement d’urgence partout en France. Entre les associations gestionnaires et l’État, la crise est latente depuis plusieurs années. C’est pour tenter de la déminer que Jean-Marc Ayrault était intervenu sur ce thème, lors de la conférence nationale contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, organisée le 11 décembre 2012. Le premier ministre avait alors promis de mettre fin à la «politique du thermomètre», qui consiste à débloquer des moyens par à-coups, en fonction des intempéries. L’ex-patron de la CFDT, François Chérèque, avait été nommé pour s’assurer du suivi des mesures annoncées.

«On ne peut pas dire que rien n’a été fait, mais cela ne va pas assez vite», déplore Eric Pliez, directeur général de l’association Aurore et trésorier de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), qui regroupe 2.400 établissements. Selon le baromètre mis à jour mensuellement par ce réseau national, l’accueil des sans-abri «continue de se dégrader». Il a même atteint un «triste record» en juillet 2013 avec 76% des demandes au 115 restées sans réponse. «Les services de veille sociale ont épuisé leur budget annuel depuis cet été pour la plupart», indique la Fnars dans un communiqué, qui fustige la «gestion saisonnière de l’exclusion».

«L’ensemble des structures du 115 sont en danger», renchérit Eric Pliez. «L’État a trop longtemps compté sur les fonds de roulement des grosses associations. Les retards de paiement ne sont pas gérables pour les plus petites structures, notamment celles qui font de l’urgence», indique-t-il. C’est donc moins un problème de budget, que de trésorerie: l’État ne versant pas ce qu’il doit en temps et en heure, les associations se retrouvent étranglées.

Sur l’ensemble du territoire, les moyens consacrés au logement des plus démunis sont en hausse en 2013 (1,2 milliard d’euros, soit +4% par rapport à 2012). Les crédits alloués à la création de places supplémentaires augmentent eux aussi (+13% sur la même période). Face à l’afflux constant de nouveaux pauvres venus de France et d’ailleurs, poussés par les guerres et la crise économique mondiale, ces moyens sont insuffisants. D’autant que durant l’été, les associations sont confrontées à la fermeture de places spécialement ouvertes pendant l’hiver.

«En juillet 2013, les demandes d’hébergement au 115 sont équivalentes à celles enregistrées sur la période hivernale, témoignant s’il en était encore besoin que l’urgence sociale ne se limite pas aux périodes de grand froid. Eté comme hiver, les personnes sollicitent un hébergement», insiste la Fnars, qui souligne qu’en raison de la pénurie de places, les associations prennent le risque de sélectionner les publics au détriment des principes d’inconditionnalité et de continuité de l’accueil.

Mais l’implosion du système ne se résume pas au montant des sommes allouées. Selon le directeur général d’Aurore, qui a par exemple hébergé des Tunisiens débarqués à Paris en 2011, l’horizon n’a aucune chance de se dégager «tant que l’État considère les hôtels sociaux comme la variable d’ajustement». Cette solution revient très cher à la collectivité, alors que les chambres proposées sont souvent dans un état déplorable. Les mesures de long terme consistant à privilégier des dispositifs de logement transitoires ou de colocation sont trop rarement exploitées. «Il faut réfléchir à l’échelon territorial à des solutions alternatives de logement pérenne», insiste-t-il.

Reste que la décision de l’Anef d’interrompre la mise à l’abri n’est pas sans poser question, y compris du côté des adhérents de la Fnars soucieux d’éviter les coups de force pénalisant les personnes accueillies. Avec toujours la crainte de masquer les difficultés. À Clermont-Ferrand, celles-ci ont été étalées sur la place publique. De fait, les pouvoirs publics ont été contraints de réagir. 

 

 

 

 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 16:01

 

 

Marianne

Jeudi 5 Septembre 2013 à 16:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Le New-York Times diffuse sur son site internet une vidéo montrant des rebelles syriens s'apprêtant à exécuter sept soldats syriens. Terrifiant.


Syrie : la vidéo qui devrait faire réfléchir Obama et Hollande

C’est la vidéo dont Obama, et accessoirement François Hollande, se serait assurément passés en ce début de G20 tendu sur la question syrienne. 


Sur son site internet, le New-York times dévoile en effet une vidéo effrayante où des rebelles syriens armés jusqu’aux dents « posent négligemment debout devant des prisonniers torses nus et terrifiés ». 


Sept prisonniers, tête contre terre dont on pressent l’exécution imminente. 


Avant de passer à l’acte, les rebelles récitent quelques versets révolutionnaires « nous jurons au Seigneur (Lord of throne dans le texte du New-York Times) que nous allons prendre notre revanche ». 


L’écran devient noir, un noir fatal. Un silence avant que le son des balles n’écrase l’image.


La vidéo se termine une fois que les corps ne sont jetés dans un puits. Un des bourreaux regarde alors la caméra et sourit. 


« Une vidéo sortie clandestinement de Syrie il y a quelques jours par un ancien rebelle dégoûté par les massacres qui offre un aperçu sombre des pratiques des rebelles aussi brutales et impitoyables que le régime qu'ils essaient de renverser » écrit le quotidien américain. 


Le commandant de ce groupe de rebelles est Abdul Samad Issa, désigné comme « l’Oncle », à la tête d’un groupe « relativement inconnu », fort de 300 combattants. 


Négociant et éleveur de bétail avant la guerre, « l’Oncle » aurait formé un groupe de partisans au début de l’insurrection et acheté des armes sur ses propres deniers. Toujours selon le New-York Times, son père aurait été tué lors d’une répression contre les Frères musulmans, lui-même aurait alors juré « l’extermination » des alaouites, le groupe religieux à laquelle appartient la famille Assad. 


Son groupe Jound Al Cham, serait, lui en revanche, un mouvement islamiste djihadiste salafiste soutenu par des hommes d’affaires arabes. 


Lâchés par leurs alliés Obama et Hollande tentent laborieusement d’obtenir le soutien le plus large possible à des frappes en réponse aux attaques chimiques du 21 août. Cette vidéo démontre toute la  complexité et la brutalité d'un conflit. 

 

 

 

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