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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:18

 

 

Le Monde.fr

 16.09.2013 à 17h15 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h23

 

 

 

Le puissant typhon Man-yi a traversé lundi le Japon du sud-ouest au nord-est, déversant des pluies "sans précédent" sur plusieurs régions, placées "sous alerte spéciale". De l'eau accumulée à la centrale de Fukushima s'est déversée dans l'océan.

 

 

 

Ce typhon, le 18e de la saison en Asie, a déjà fait plus d'une centaine de blessés et au moins deux morts. Il a abordé lundi l'île principale de Honshu via la préfecture d'Aichi (centre-sud) à 7 h 40, heure locale (dimanche à 22 h 40 GMT), avant de traverser la région de Tokyo, puis de se diriger vers l'océan Pacifique à l'est via la province de Fukushima, a annoncé l'Agence de météorologie.

 

Il a véhiculé de très fortes rafales de vent (jusqu'à 160 km/h) et des pluies qualifiées en certaines endroits de "terribles" dans un large périmètre

 

Des "alertes spéciales" de niveau maximal ont été émises pour la première fois par l'Agence de météorologie dans plusieurs régions – dont l'ex-capitale impériale, Kyoto, à l'ouest –, à cause de précipitations jamais vues.

 

En fin d'après-midi, on déplorait deux morts, quatre disparus et au moins 127 blessés, selon la chaîne de télévision NHK.

 

 

 

 

 

 

Des trombes d'eau se sont aussi abattues sur la région de Fukushima, où se trouve la centrale ravagée par le tsunami du 11 mars 2011, et de ce fait très vulnérable. Ces précipitations exceptionnelles ont obligé la compagnie exploitante, Tokyo Electric Power (Tepco), à prendre des dispositions particulières.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

 

 

Elle avait dès dimanche renforcé les fixations des équipements cruciaux, comme les conduites d'eau pour le refroidissement des réacteurs ou les pompes. Les grues ont aussi été arrimées et les patrouilles de surveillance renforcées.


Tepco a été forcée d'appliquer des "mesures d'urgence" consistant à évacuer vers l'océan Pacifique voisin l'eau de pluie qui s'était accumulée dans les zones protégées par un muret où sont installés des réservoirs de liquide radioactif. Ces relâchements ont été réalisés après avoir vérifié que la teneur en strontium 90 de cette eau un temps en contact avec le sol contaminé ne dépassait pas 30 becquerels par litre, a assuré Tepco.

 

 

 

 

Dans certains réservoirs, le niveau de rayonnements bêta de l'eau accumulée était si élevé (jusqu'à 170 000 becquerels par litre) que Tepco n'a pu la laisser sortir et a dû installer des pompes provisoires afin de la transvaser dans des citernes. Les pluies risquent en outre d'augmenter d'autant les quantités déjà très importantes d'eau radioactive qui se sont infiltrées dans les sous-sols du complexe atomique en péril.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

Les groupes de transport aérien et ferroviaire ont quant à eux annoncé une réduction de leurs services. Quelque 500 vols devaient être annulés au total lundi, notamment au départ de Tokyo, et les liaisons par trains, dont une partie des lignes à grande vitesse, ont été réduites. Comme ce lundi est un jour férié, de graves conséquences aux heures habituelles de pointe ont, semble-t-il, été évitées.

 

Avant lundi, le Japon avait cette année été relativement épargné par les typhons, mais de fortes pluies avaient déjà causé de nombreux dégâts en août dans l'Ouest, tandis que l'Est a connu une chaleur sèche aussi torride qu'exceptionnelle qui a fait au moins 350 morts (des personnes âgées).

 

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:00

 

 

Le Monde.fr avec AFP

16.09.2013 à 16h41

 
 

 

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes.

 

Alors que l'austérité fait l'objet de critiques de plus en plus dures et menace la cohésion politique, la troïka des créanciers du Portugal (UE, FMI, BCE) a commencé lundi 16 septembre à étudier à la loupe le programme de rigueur du pays sous perfusion financière.

Le vice-premier ministre, Paulo Portas, compte à cette occasion demander à la troïka de revoir sa copie et de porter l'objectif de déficit de 4 % à 4,5 % du PIB en 2014. Mais les créanciers, qui doivent se prononcer sur le déblocage d'une nouvelle tranche de crédit de 5,5 milliards d'euros, semblent peu enclins à faire un geste. Le débat sur l'excès d'austérité, et la mise sous tutelle financière liée à l'octroi d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros en mai 2011, domine la campagne pour les élections municipales qui auront lieu le 29 septembre.
 

"C'est vexant et humiliant pour une nation vieille de neuf siècles de devoir dépendre de ceux qui lui prêtent de l'argent quand elle est au bord du précipice", a lancé dimanche lors d'une réunion électorale M. Portas. "Dans ma vie, j'ai déjà vu trois fois le FMI au Portugal. J'espère que cette fois-ci aura été la dernière fois que le Portugal a dû céder une partie de sa souveraineté à des tiers", a-t-il déclaré.

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes. "Le Portugal s'en sortira seulement s'il obtient plus de temps pour équilibrer ses comptes publics. Il faut dire cela à la troïka", a insisté Antonio José Seguro, secrétaire général du Parti socialiste, principale formation de l'opposition.
 

"Les politiques d'austérité ont creusé le déficit et généré plus de dette, plus d'inégalités, plus de pauvreté. Il y a des gens qui ont faim. Il faut revoir le mémorandum", a réclamé Arménio Carlos, secrétaire général de la CTPP, principale confédération syndicale du pays, proche du Parti communiste. "Il faudra qu'on nous explique comment on va pouvoir passer d'un déficit de 5,5 % en 2013 à un déficit de 4 % en 2014. Jamais on n'a assisté à une aussi forte réduction", a renchéri le chef du patronat portugais, Antonio Saraiva.

Syndicats et patronat s'exprimaient lundi à l'occasion d'une réunion avec M. Portas consacrée aux négociations avec les créanciers. Mardi, ce sera au tour de la troïka de prendre le pouls des partenaires sociaux lors d'une réunion prévue au Conseil économique et social de Lisbonne.

 

 TENSION SUR LES TAUX

L'arrivée lundi, dans la plus grande discrétion, des experts de la troïka coïncide avec des taux d'emprunt portugais très élevés sur le marché de la dette, qui frôlent les 7,4 % pour l'échéance à dix ans, s'approchant du niveau atteint lors de la crise politique en juillet.

Récemment promu au poste de numéro 2 du gouvernement, M. Portas avait contribué à provoquer la crise en juillet en démissionnant de son poste de ministre des affaires étrangères pour marquer son désaccord avec l'excès d'austérité défendu selon lui par le gouvernement.

Aux côtés de la nouvelle ministre des finances, Maria Luis Albuquerque, M. Portas, chef du petit parti populiste CDS-PP, membre de la coalition gouvernementale de centre droit dirigée par le premier ministre, Pedro Passos Coelho, sera désormais le principal interlocuteur de la troïka.

 

Lire aussi : "Le Portugal entrevoit une fragile sortie de crise"

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:53

 

decodeurs.blog.lemonde.fr

  Hollande sur TF1 : trois petits arrangements avec la vérité

 

 

 

 

François Hollande était interrogé, dimanche 15 septembre, sur TF1 ; une première interview télévisée depuis le 14 juillet. Lors de celle-ci, il n'y eut que peu d'annonces, mais beaucoup de"pédagogie" sur les chantiers mis en œuvre depuis son élection, proférant au passages quelques imprécisions et petits arrangements avec la vérité. Les Décodeurs ont choisi de revenir sur trois d'entre eux.

 

>> Lire la synthèse : Fiscalité, Syrie... François Hollande a voulu rassurer et s'expliquer

>> Lire l'analyse : François Hollande, général assiégé


  • François Hollande a oublié qu'il avait fait campagne contre une hausse de la TVA

Ce qu’il a dit : "La TVA avait été portée par François Fillon à 21,2 %. On l'a annulée. On l'a reportée au 1er janvier 2014 et relevée à 20%. C'est moins que le gouvernement précédent. Il n'empêche que c'est beaucoup."

Pourquoi c’est oublier rapidement le passé : Ce que dit le président de la République est exact : la précédente majorité avait fait voter, en fin de mandat, une TVA dite antidélocalisation ou encore TVA sociale afin de dégager une marge de manœuvre pour baisser le coût du travail.

Le taux normal de TVA, qui s’applique à la plupart des produits et services –  exceptés les produits de premières nécessité ainsi que certains secteurs – avait ainsi été porté à 21.2 %. Il devait être appliqué à l’automne 2012.

Le candidat Hollande et la gauche à l’unisson avait fait de cette hausse de la TVA un axe fort de la campagne arguant que c’était un impôt injuste puisque payé par tous, sans distinction de revenus.  "Si demain je suis appelé aux responsabilités alors que cette augmentation de la TVA est adoptée, je demanderai qu'elle soit annulée", avait-il promis, lors d’un discours prononcé le 30 janvier 2012 à Brest.

En arrivant aux responsabilités, les parlementaires socialistes ont voté la fin de cette TVA anti délocalisation, version Sarkozy.

Mais la majorité, confrontée aux déficits et à la nécessité de financer ses réformes, est revenues sur la question. Et elle a choisi ce même levier pour financer, en partie, le pacte de compétitivité, qui doit permettre de diminuer de 20 milliards d'euros les cotisations payées par les entreprises. La hausse est certes moindre que celle initialement prévue, comme l’a rappelé le chef de l’Etat lors de son allocution, mais en augmentant la TVA à 20 %, la majorité socialiste utilise un levier qu’elle conspuait jadis. Ce n’est pas qu’une "baisse" c'est aussi un renoncement à une promesse de campagne.

>> Lire : TVA de droite, TVA de gauche : le jeu des différences selon Hollande


  • Quand François Hollande "annule une augmentation"... Pour la remplacer par une autre

Ce qu’il a dit : "J'ai annulé l'augmentation de la CSG qui était annoncée, la presse s'en faisait écho."

Pourquoi c’est exagéré : François Hollande a cherché, tout au long de son entretien, à répondre à la grogne populaire face à la montée des impôts et taxes. Quitte à parfois tomber dans l’exagération. Ici, il a cherché à rassurer, en expliquant qu’il avait "annulé" une hausse annoncée de la contribution sociale généralisée (CSG).

La presse s’en "faisait-elle l'écho" ? En réalité, la presse avait surtout relaté que le gouvernement réfléchissait à une augmentation de cette taxe, prélévée depuis 1990 sur quasiment tous les types de revenus... pour financer les retraites. L’hypothèse a été évoquée, notamment par Le Monde au mois de juillet.

Le chef de l’Etat n’a donc pas tort : il a bien, selon ses dires en tous cas, refusé de céder sur un financement des retraites via une hausse de CSG. Mais il oublie de préciser qu’il a bien fallu financer les retraites ailleurs. Le gouvernement et François Hollande ont choisi de faire reposer ce financement avant tout sur les actifs, avec une hausse de 0,3 point des cotisations vieillesse d’ici 2017 ; hausse qui serait compensée au niveau des entreprises par des baisses de fiscalité.

On peut donc dire que M. Hollande a épargné une hausse de CSG aux Français, mais pas une hausse de taxes. Et il faut rappeler également que la question centrale de la "piste CSG" était celle d’une taxation accrue des retraités aisés, que M. Hollande a repoussé en partie.

Par ailleurs, comme l'indiquait le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger "les recettes de la CSG doivent être attribuées en priorité à la santé et à la perte d'autonomie". En n'augmentant pas cette contribution pour financer les retraites, l'exécutif se laisse une marge de manœuvre pour financement de la dépendance qui sera un gros chantier du quinquennat.

 

  •  Rénovation thermique : une mesure nouvelle… qui existe déjà

Ce qu’il a dit : "Très prochainement sera mis en place un crédit d’impôt pour la rénovation thermique."

Pourquoi c’est une fausse annonce : Ce "crédit d’impôt rénovation thermique" est l’une des rares annonces de l’interview présidentielle. Et en réalité, ce n’en est pas vraiment une... En effet, il existe déjà une panoplie assez complexe de dispositifs fiscaux incitant les particuliers à effectuer des travaux en ce sens.

Premier dispositif existant, le crédit d’impot développement durable (CIDD), mis en place dans la foulée du Grenelle de l’environnement, permet déjà d’obtenir des réductions, voire du crédit d’impôt pour les particuliers qui investissent soit dans des travaux d’isolation, soit dans des économies d’énergie ou des énergies alternatives (chauffe-eau solaire), soit.. dans la mise en place d’une chaudière plus écologique. Le CIDD doit normalement se terminer en 2015, mais le gouvernement pourrait le prolonger ou le fondre dans un autre dispositif.

Le CIDD n’est pas la seule manière d’etre aidé pour remplacer son système de chauffage par un dispositif plus "vert". Il est possible, sous condition de revenu, de souscrire à un "éco-pret à taux zéro", qui permet de financer des travaux de rénovation thermique. On peut également, pour ce type de travaux, bénéficier d’une TVA réduite, ou d’une aide locale dans certaines communes… Au total, l’Agence nationale de l’habitat recense pas moins de neuf aides à la rénovation thermique selon les publics. L’annonce de M. Hollande n’en est donc pas vraiment une.

 

Jonathan Parienté et Samuel Laurent

 

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:46

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 16.09.2013 à 17h58 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h59

 

  Patrick Le Lay condamné pour abus de CDD

 

 

L'ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay.

 

Pour la première fois, lundi 16 septembre, un patron de l'audiovisuel français a été reconnu coupable à titre personnel de recours abusif à des contrats à durée déterminée.

La cour d'appel de Versailles a confirmé le jugement en première instance condamnant Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, pour avoir utilisé ce type de contrat de mai 2002 à mars 2003 au sein de la chaîne. Il devra verser 3 500 euros d'amende et 5 000 euros de dommages et intérêts au Syndicat national de radiodiffusion et de télévision (SNRT-CGT), partie civile dans le dossier.

 

 "RESPONSABILITÉ PERSONNELLE"

Cette condamnation correspond au cas des cinq intermittents du spectacle mis en lumière par le syndicat, à savoir une maquilleuse, un documentaliste, une opératrice synthétiseur, un chef opérateur son et un assistant de plateau. Ces personnes avaient cumulé de cinq à dix-neuf ans d'ancienneté, dont plusieurs de CDD, selon le syndicat.

"Aujourd'hui, on ne peut plus commettre impunément des infractions. Les directions des médias et de l'audiovisuel mettent en jeu leur responsabilité personnelle. Cela va considérablement modifier le paysage social dans l'entreprise", s'est félicité l'avocat du syndicat, Oury Attia.

Contactée, la direction de TF1 n'a pas souhaité faire de commentaire.

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:39

 

 

LE MONDE.fr

16.09.2013 à 11h20 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h49 | Claire Gatinois

 

 

 En Basse-Saxe, la "ceinture de graisse" du pays prospère grâce à des salaires de misère

 

 
Les raisons qui ont poussées Stefan Petrut et sa femme à quitter la Roumanie pour venir travailler en Allemagne sont simples. "L'argent".

Les raisons qui ont poussées Stefan Petrut à quitter la Roumanie pour venir travailler en Allemagne sont simples. "L'argent". L'homme épais, à la figure bonhomme, qui ne laisse rien transparaître de trente ans de travail à la chaîne à découper les viandes dans les abattoirs, ne s'en cache pas. L'argent lui manquait tellement à Buzau, sa ville natale à 100 kilomètres de Bucarest.

Alors, en 2008, quand son ami Nicolaï, lui a parlé de ce travail d'équarrisseur en Basse-Saxe, à Essen-Oldenburg payé 1 600 euros par mois. "J'ai dit oui. J'arrive". Quelques jours plus tard, Stefan, quarante-six ans à l'époque, laisse sur place un fils déjà grand mais emmène sa femme, Luminata, couturière. Elle lâche ses travaux d'aiguilles pour se convertir à la découpe de bestiaux. De 16 heures à deux heures du matin, pauses comprises. L'affaire est trop belle. Au début, tout va bien. Si ce n'est cet appartement sommaire dans une maison de briques de Quakenbrück, à dix kilomètres de l'abattoir que Stefan et Luminata doivent partager avec deux autres couples. Une seule salle de bains. Une toilette pour tout le monde. Le tout pour 175 euros par personne et par mois payés "au patron". Celui-là même qui dirige l'abattoir.

Mais au bout de quelques mois, l'entreprise change le fonctionnement. Fini le salaire fixe, désormais Stefan et sa femme seront payés à la pièce : 1,31 centime (0,0131 euro) par cochon découpé pour lui, 0,98 centime pour elle. "Normalement, ça va, je suis un spécialiste", explique-t-il, fier. Solide et rompu à l'exercice, Stefan peut faire 700 bêtes par heure, donc, toucher un peu plus de 9 euros de l'heure. Mais Luminata ne tient pas la cadence. Pis au bout de quelques jours, les porcs n'arrivent plus. Danish Crown, un gros industriel de la viande qui achetait la pièces à l'abattoir de Stefan, veut changer de sous-traitant pour un autre, moins cher.

"Plus de cochons, plus d'argent", résume Stefan dans un français qu'il a appris à l'école. Sa femme et lui vivotent alors avec 500 euros mensuels. Puis, plus rien. L'abattoir fait faillite. Eux sont licenciés sans toucher les 5 000 euros et quelque qu'on leur doit encore.

 

 "NATIONALITÉS INVITÉES"

En Basse-Saxe, le cas de ces Roumains n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'exploitation de la main-d'œuvre étrangère, peu au fait de ses droits, et souvent maintenue à dessein dans l'ignorance. Depuis un an, la presse locale se fait l'écho d'histoires plus ou moins sordides recensées dans "la ceinture de graisse" de l'Allemagne, championne européenne de l'exportation de viandes.

Got Ilie, le visage mat et l'air encore espiègle de ses 24 ans en témoignent. Arrivé en Allemagne en 2010, il a passé un an payé 5 euros de l'heure, sans sécurité sociale, et avant déduction des 70 euros à régler chaque mois à son employeur pour le logement : une chambre à partager avec cinq autres Roumains.

Au fil des ans, les nationalités "invitées" évoluent mais le scénario reste le même. Un salaire de misère qui frise parfois les deux à trois euros de l'heure et des conditions de logement indécentes. "Il y a quelques semaines, j'ai été alerté par un Espagnol employé dans une découpe de volailles qui n'avait pas reçu son salaire. J'ai découvert que lui et d'autres Espagnols vivaient à soixante-dix dans 180 mètres carrés dans un restaurant désaffecté", raconte Matthias Brümmer, responsable régional du syndicat de l'alimentaire NGG.

"Des Grecs, on n'en a pas encore vus. Mais l'industrie cherche et trouve toujours ce qu'elle veut là où la misère est la plus grande, dit-il, écœuré. Ces industriels se vantent de traiter correctement les animaux, mais eux traitent leurs salariés comme des bêtes !" M. Brümmer, un ancien des abattoirs, s'est rendu compte il y onze ans, grâce à un journaliste du Rheinische Post, que ces scènes dignes d'un roman de Zola existaient dans son propre pays, ce super modèle de l'Europe.

Interrogé sur de telles pratiques, Danish Crown explique que c'est le marché du travail allemand qui implique de tels niveaux de salaires. Quant aux sous-traitants, le groupe peut difficilement les contrôler, explique Jens Hansen, le porte-parole de l'entreprise danoise, ajoutant que le groupe, basé dans un pays réputé pour la générosité de son système social, ne rechigne pas à payer correctement ses propres salariés. Une stratégie d'évitement, certes, qui n'est toutefois pas éloignée de la réalité. Pour M. Brümmer, la réglementation du marché du travail allemand a permis ces dérives et l'émergence de ce qu'il appelle un "capitalisme de Manchester".

 

 PAS DE SALAIRE MINIMAL

Outre-Rhin, aucun salaire minimal n'est imposé dans la filière de la viande. En outre, sous le gouvernement de Gerhard Schröder (SPD) une clause a été introduite permettant à un employeur allemand de "louer" de la main d'œuvre à une entreprise étrangère, roumaine ou bulgare par exemple. Dans ce cadre, les employés sont soumis au droit du travail de leur pays d'origine, souvent moins disant.

En permettant aux industriels d'avoir recours à une main d'œuvre bon marché, la Basse-Saxe est devenue un aimant aux multinationales de la viande. Danish Crown, mais aussi le néerlandais Vion y sont représentés aux côtés des allemands Tonnies, Westfleisch, entre autres.

Résultat, dans cette région agricole, le chômage est au ras des pâquerettes (6,5 % en août selon l'agence pour l'emploi), et en dépit de l'automatisation du métier, l'industrie emploie encore 142 000 personnes, et plus de 200 000 en comptant ces travailleurs "loués", indique M. Brummer. "Aujourd'hui, si l'Allemagne arrête de produire de la viande, l'Europe fait famine !", plaisante-t-il.

Pour lui comme pour nombre d'Allemands, ce résultat n'a pourtant rien d'une réussite. "J'ai honte. Quand je voyage à l'étranger et qu'on m'interroge à ce sujet, je suis incapable de justifier cela", confie Alexander Herzog-Stein, spécialiste du marché de l'emploi à l'institut IMK, proche des syndicats.

Dans la région, aussi, on a honte. Depuis plus d'un an, à Vechta, une petite ville tranquille, le prêtre Peter Kessen mobilise les foules pour que cesse ce "dumpig social", dénoncé également par la France et la Belgique. Pour son action, le prêtre a reçu des menaces : une peau de lapin, déposée devant sa porte en novembre dernier.

C'est que le combat de ce religieux dérange. Son objectif est d'obliger l'instauration d'un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure, pour tous. Une lutte à la frontière entre religion et politique : la mesure figure dans le programme du SPD, en lice face à la CDU d'Angela Merkel pour les élections législatives du 22 septembre."C'est notre responsabilité sociale", sourit-il. Et pour ceux qui redouteraient de voir alors la compétitivité de l'industrie s'effondrer, le prêtre a déjà fait les calculs. Avec ce niveau de salaire, le kilo de viande ne serait renchéri que de 5,7 centimes, dit-il. Reste que les entreprises pourraient déguerpir, à la recherche d'une main-d'œuvre meilleur marché. "Qu'ils s'en aillent !", lâche M. Brümmer.

Depuis quelques jours, la région a bon espoir de mettre fin à tout cela. A la suite d'une table ronde, mardi 10 septembre, les grands industriels se sont mis d'accord pour l'instauration d'un salaire minimum. Mais M. Brümmer se méfie. "Ce n'est pas la première fois qu'en période préélectorale on nous fait des promesses. Attendons le 23 septembre !".

Et puis après la viande viendra le combat pour les employés de l'hôtellerie, de la restauration et pour les garçons coiffeurs, dont les salaires, dit-on, ne dépassent pas 2 à 3 euros de l'heure...

Claire Gatinois
Journaliste au Monde

 

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 15:47

 

blogs.rue89.com

Flora Zanichelli - Journaliste

Publié le 16/09/2013 à 16h22

 

 

 

 

Tous les matins, elle est là. Place Montecitorio, minuscule avec ses cheveux blancs et son grand sac en cuir. Annarella, à Rome, est une star. De 87 ans. Depuis plusieurs années, elle campe tous les jours devant la Chambre des députés italiens. Avec elle, une bande d’amis, tous à la retraite. Leur point commun : dire leurs quatre vérités aux politiques.

Il faut la voir, Annarella, courir derrière les parlementaires, les apostropher en romain, prendre la pause pour faire des photos avec les spectateurs de passage. Personne n’ose rien lui dire, à cette mamie frêle qui sourit en disant les pires gros mots.

Comme les journalistes qui attendent à la sortie du palazzo Chigi et qui l’appellent :

« Ao’ Annare’ ! Vie’ un po’ qua, dicce qualcosa ! » (Annare’ viens par ici, dis-nous quelque chose.)

Annarella, communiste, pose le poing levé

A 87 printemps donc, Annarella touche 215 euros de retraite par mois. Un montant ridicule qu’elle a obtenu parce que son mari était carabinier. Avant, Annarella vendait des fruits et légumes sur le marché d’Ostiense, un quartier du sud de Rome.

Elle est communiste : si vous lui demandez de faire une photo, elle prendra la pose le poing levé. Une histoire de famille : son père, quand elle était petite, la mettait sur le porte-bagage de son vélo. Et ils partaient à travers la campagne, assister à des meetings, à la tombée de la nuit.

Annarella connaît tous les journalistes, tous les carabiniers, tous les politiques. Dans son grand sac, elle sort une petite enveloppe avec à l’intérieur, glissées pêle-mêle, des photos qui la représentent avec le président de la République Giorgio Napolitano, avec la présidente de la caméra des députés, Laura Boldrini...

Annarella a deux animaux de compagnie : un petit chien qu’elle a appelé Brunetta, du nom d’un cacique du parti de Silvio Berlusconi, connu pour sa petite taille ; et une chatte qu’elle a baptisée Santanché, du nom de la pitonesse, l’amazone en chef, la plus ardente des pro Silvio Berlusconi.

Annarella n’aime pas Silvio Berlusconi, qu’elle qualifie de « sozzo » (infâme, pour être poli). Quand le Cavaliere a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale en août dernier, elle s’est préparée « una coda alla vaccinara », un délicieux plat de queue de bœuf accompagnée d’une sauce aux légumes, typique de la cuisine romaine. C’est peu dire que c’était fête !

Combien de têtes je ferais tomber ?

Annarella est un concentré de romanité (elle ne parle que le dialecte) avec ses apostrophes (elle vous appelle « disgraziata », vaurienne), ses grands gestes, son côté un peu ronchon.

« Ici tout le monde m’aime », sourit-elle, coincée entre deux gendarmes. Et c’est vrai qu’il y a une tendresse pour cette grand-mère de presque 90 printemps qui se sauve de chez elle tous les matins « sans que le chien [l]’aperçoive sinon il aboie », et qui vient crier sa rage sur la place publique. Même si aujourd’hui, c’est presque devenu un jeu. Un jeu mélancolique. Un fonds de vérité aussi, dans une Italie en pleine tempête politique.

« Combien de têtes je ferais tomber moi, si tu savais. A 87 ans, après tout, qu’est-ce que je risque ? ! »

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:42

 

blogs.mediapart.fr

 

Les inégalités se creusent dangereusement

En ces jours de septembre, les études sur la pauvreté, confirmant sa progression, pleuvent comme à Gravelotte. Les inégalités s’accroissent irrémédiablement. C’est le moment que choisissent les Pinçon-Charlot pour publier La violence des riches.

 Les pauvres c’est maintenant

L’étude sur les niveaux de vie publiée par l’INSEE (1) le 13 septembre constate la progression des inégalités en France (le taux de pauvreté est monté en 2011 à 14,3 % de la population, soit son plus haut niveau depuis 1997). La ministre actuelle chargée de la lutte contre l’exclusion voit là « l’échec économique, social et moral des années Sarkozy ».

 

Sauf que la veille, le 12 septembre, l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (UNCASS) a annoncé que son dernier « baromètre » indiquait un « enkystement de la précarité » en constatant qu’en 2013 les demandes d’aide, présentées par les populations défavorisées dans ces centres rattachés aux communes, ont augmenté de 77 % (2).

 

 DSCN4190.JPG

[Photo YF]

 

Parallèlement, les associations de défense des sans-abris et des mal-logés revendiquent une meilleure place dans le projet de loi Duflot sur le logement, en faveur de ces laissés pour compte (au moment même où l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, l’ONPES, révèle que « l’âge moyen au décès de la population sans domicile est de 49 ans » (soit 30 ans de moins que la population générale)(3).

 

Louis Marin, le directeur de l’Observatoire des inégalités, de son côté, a publié un article le 10 septembre (4) dans lequel il montre comment le discours orchestré contre l’impôt (le fameux « ras le bol fiscal ») aboutit à une pause fiscale, qui profitera aux plus fortunés (« le bluff des plus aisés a marché »). La critique contre l’impôt et les dépenses publiques est biaisée : « les comparaisons internationales de prélèvements obligatoires n’ont aucun sens », car on compare « des services rendus totalement différents selon les pays » : « la France a choisi de répondre collectivement à certains besoins, pour garantir un accès universel ». L’impôt sur le revenu (en y incluant la CSG) ne représente en France que 7,3 % du PIB en 2010 (la France est en 14ème position pour les pays de l’OCDE, après l’Allemagne qui collecte davantage avec 8,8 % du PIB). Les ressources publiques viennent d’ailleurs, en particulier de la TVA, impôt injuste s’il en est.

 

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Affiche dans le métro parisien [Photo YF]


A l’approche de l’automne, les feuilles d’impôts, elles, se ramassent à la pelle. Car elles sont lourdes : même Philippe Dessertine, « spécialiste de la finance », a reçu la sienne et a confié à C dans l’air (France 5) le 12 septembre qu’elle était douloureuse. Cet « expert » dispense ses sermons à longueur d’année sur la nécessité de sabrer dans les dépenses sociales pour réduire la dette et relancer la compétitivité (sans jamais évoquer les causes de la crise dues essentiellement à la folie du monde de la finance, ce monde qu’il est sensé tellement bien connaître) : on se surprend du coup à se réjouir que le fisc ne l’ait pas oublié. Lui et tant d’autres qui sont chargés de mener campagne contre le principe de solidarité nationale. Mais ce qui est inquiétant c’est que des revenus bien plus modestes soient taxés gravement (en partie du fait du gel des barèmes de l’impôt instauré par Nicolas Sarkozy et prorogé pour cette année par François Hollande) : certains perdent même la prime pour l’emploi. Cette injustice non seulement révoltera les « petites » classes moyennes ainsi que les classes populaires, mais encore les plus aisés (ceux qui avaient tant profité des baisses d’impôt du précédent quinquennat) auront le culot de s’en servir pour défendre leur cause. C’est ce que fait Guillaume Roquette, du Figaro Magazine, le défenseur de l’économie libérale, le représentant de l’oligarchie (c’est-à-dire cette classe qui prône une économie sans entraves, sans Etat  pour assurer la justice sociale) qui se plaint soudain que les ménages modestes, en payant des impôts, perdent du coup des aides sociales qui leur permettaient de tenir le coup jusqu’alors !

 

La violence des riches

Les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sortent le 12 septembre en librairie La violence des riches, chronique d’une immense casse sociale (Zones, 2013). Les auteurs du président des riches, pas tendres avec le précédent président, ne ménagent pas l’actuelle majorité. Pour eux, la pauvreté des uns et la richesse des autres constituent, dans notre société, une réelle violence. Ils décrivent comment l’élite gangrène la démocratie, en s’accaparant tous les avantages, en se concertant, en défendant âprement ses intérêts (face aux autres classes sociales éclatées, mal organisées). Et une partie du personnel politique de gauche est compromis dans ces alliances de caste, tout en feignant de s’opposer aux leaders de la droite (le combat que mènent certains est davantage un combat pour les places qu’un combat pour la justice sociale).

 

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Ils écrivent : « La classe dominante, lorsqu'elle devient système oligarchique, présente une violence accrue dans les rapports sociaux qui permet à des individus lucides et cupides de faire valoir leurs intérêts particuliers en aménageant de surcroît la légalité à leur convenance. Les oligarques qui mènent la France, l'Europe et peut-être la planète tout entière à sa perte n'ont jamais reconnu leur responsabilité dans la crise financière de 2008. Ils accusent les peuples de coûter trop cher, d'être trop gourmands, de dépenser trop pour leur santé et leur éducation. Ils cherchent ainsi à se défausser sans jamais, eux, remettre en cause leur cupidité financière ».

 

Ils ajoutent : « la déréglementation de la vie économique a donc permis l'éclosion d’un cynisme individuel et collectif. L'exilé fiscal assume au grand jour sa volonté d'échapper à la loi et de ne pas s'acquitter des impôts dont il est redevable. Il le proclame haut et fort. Depardieu révolte, mais fait aussi rire, fascine et obtient un certain soutien, y compris populaire. C'est en affichant ouvertement son déni de la règle que le dominant prend le pas sur les dominés, eux-mêmes tentés de se replier sur un individualisme de dernier recours en abandonnant utopies et luttes collectives. Ce renoncement est une sorte de fatalisme particulier qui associe d’une manière contradictoire acceptation et non-consentement ».

 

Ce livre fourmille d’informations. Il a le mérite de mettre en lien diverses données, et assure une chronologie d’évènements qui, comme le disait une journaliste de France Inter le 12 septembre en recevant Monique Pinçon-Charlot, révèle une cohérence troublante. Lors de l’émission Mots croisés sur France 2 le 9 septembre, Monique Pinçon-Charlot a déclaré : « les riches avec la complicité de la droite et de la gauche libérale font la guerre aux classes moyennes et aux classes populaires ». Un de ses interlocuteurs, Laurent Wauquiez, s’étranglait : « il faut arrêter de prendre les riches pour des ennemis ». Et de répéter comme un enfant dans une cour d’école : « Il faut ar-rê-ter ! ». Quant à Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’IFRAP (plus violemment « libéral » que ce think tank, tu meurs) regardait notre sociologue avec condescendance et s’égosillait en reprochant à la gauche de vouloir augmenter la prime pour l’emploi (PPE) et les minima sociaux !

 

L’étrange capitulation

Laurent Mauduit a, quant à lui, publié cette année un livre percutant L’étrange capitulation, le changement c’était maintenant ! (éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2013) plus directement orienté vers une critique implacable de la politique menée par la gauche, qui, selon lui, n’a pas attendu quelques mois avant de se renier, mais l’a fait dès son arrivée au pouvoir. Ainsi, il reproche à François Hollande d’avoir choisi d’appliquer la politique économique de Nicolas Sarkozy. Il montre comment certains économistes sont des « agents doubles » (servant les deux camps à la fois). Entre autres trahisons, il suspecte l’Elysée de vouloir un jour « contourner le Smic au profit du Revenu de solidarité active (RSA) » quitte à majorer quelque peu ce dernier. Et bien d’autres capitulations (le titre est emprunté à Marc Bloch, célèbre historien, auteur d’un essai écrit à l’été 1940, mais publié en 1946, intitulé L’étrange défaite). On pourrait se demander, s’il en est ainsi, pourquoi tant de haine à l’encontre d’un président qui accomplirait les vœux les plus chers du pouvoir économique dominant : certainement pour qu’il ne s’arrête pas en chemin. S’il y a reprise (que j’évoquais dans un précédent article), les « experts » mettront longtemps à l’admettre car cela n’arrangera pas leurs affaires et les contraindra à réfréner leur propagande.

 

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Le risque d’explosion

L’économiste Thomas Piketty, si rarement invité dans les médias, fait le point dans le Capital au XXIème siècle, véritable somme de près de 1000 pages, qui vient de paraître, sur l’augmentation considérable des inégalités dans notre pays. Il note par exemple que 10 % de la population reçoivent, grâce à l’héritage, beaucoup plus que ce que 50 % des Français gagnent pendant toute la durée de leur vie (700 000 euros). Thomas Piketty a précisé à Télérama ( 31 août ) : « si vous prolongez la tendance actuelle jusqu'aux années 2040 ou 2050, les inégalités deviennent insoutenables. Même les plus fidèles défenseurs du marché devraient s'en inquiéter. Aussi concurrentiel soit-il, ce marché n'empêchera pas, dans les décennies à venir, le rendement du capital d'être supérieur au taux de croissance, et donc les inégalités de se creuser, mécaniquement. Avec le risque qu'un repli national brutal – nationalisme politique ou protectionnisme exacerbé – finisse par servir de soupape de sécurité aux tensions sociales. » La solution : « Taxer le capital, donc, non pas pour se venger des plus riches, comme le craignent certains, mais pour éviter que les plus hauts patrimoines ne progressent, structurellement, trois ou quatre fois plus vite que l'économie. » Sinon, dit-il, il y a un risque d’explosion sociale, à l’échelle mondiale.

 

_____

(1) http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1464

(2) www.uncass.org

(3) www.onpes.gouv.fr

(4) http://www.inegalites.fr/spip.php?page=analyse&id_article=1832&id_rubrique=28&id_mot=30&id_groupe=9

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:19

 

 

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 Dassault : l'aveu de la corruption

|  Par Fabrice Arfi et Michaël Hajdenberg et Pascale Pascariello

 


Pour la première fois, l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault reconnaît dans un enregistrement réalisé fin 2012, et dont Mediapart publie des extraits, avoir acheté la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Une somme de 1,7 million d’euros est en jeu. Les deux hommes à l’origine de l’enregistrement se sont fait tirer dessus trois mois plus tard.

Cette fois, Serge Dassault ne pourra pas nier. L’industriel milliardaire et sénateur UMP admet dans un enregistrement clandestin réalisé fin 2012, que Mediapart a pu écouter en intégralité et dont nous diffusons des extraits, avoir payé pour s’assurer de la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, lors de la campagne municipale de 2010.

 

Serge Dassault, le 14 juillet 2013, à la Bastille (Paris).  
Serge Dassault, le 14 juillet 2013, à la Bastille (Paris). © Reuters

Pour la première fois, on entend Serge Dassault admettre avoir payé, et c’est tout un système de corruption aux conséquences criminelles qui se fait jour. Durant cette conversation accablante pour le milliardaire soupçonné par la justice d’avoir mis en place un système de corruption électorale dans sa ville, Serge Dassault dit ouvertement avoir commis des actes illégaux et, en creux, avoir opéré des paiements occultes depuis le Liban, s’inquiétant d’être désormais « surveillé par la police ».

La rencontre a eu lieu en novembre 2012. Deux hommes, habitants de Corbeil-Essonnes, décrochent un rendez-vous dans le bureau du célèbre avionneur et propriétaire du Figaro, en prenant soin de dissimuler leur matériel (voir la Boîte noire). Durant la discussion, qui dure au total vingt-quatre minutes, ils se plaignent qu’un acteur clé du « système Dassault » n’ait pas redistribué comme prévu 1,7 million d’euros destinés à des personnes qui ont participé à la campagne victorieuse de 2010 dans des quartiers populaires du sud de Corbeil.

L’existence de cet enregistrement avait déjà été évoquée par Le Canard enchaîné en décembre 2012. Libération (ici ou ) et Le Point ont de leur côté raconté comment banditisme et politique étaient étroitement mêlés à Corbeil. Mais pour la première fois, dans les documents que nous publions, Dassault confirme lui-même la folie du système mis en place, dont les conséquences sont aujourd'hui incontrôlables.

Nous avons pu entendre cet enregistrement de bout en bout, connaître les conditions de sa réalisation et authentifier la voix de Serge Dassault. Nos sources nous ont autorisés à en publier trois extraits.

Dans le premier d’entre eux, Serge Dassault, 88 ans, lui-même ancien maire de Corbeil (1995-2010) où il est surnommé « le Vieux », vend rapidement la mèche, montrant la conscience qu’il a du caractère illégal de ces pratiques électorales. Ses interlocuteurs lui réclament leur dû et le sénateur lâche : « Là, je ne peux plus rien donner. Je ne peux plus rien sortir, c’est interdit. (…) Je suis surveillé. Je suis surveillé par la police. »

 


 

Dans un autre extrait, alors que les deux individus évoquent le fait que l’argent a été versé depuis le Liban, le milliardaire, 69e fortune mondiale selon Forbes, ne nie pas, bien au contraire, prenant seulement soin de préciser : « L’argent a été donné, complètement. Moi, j’ai donné l’argent. Je ne peux plus donner un sou à qui que ce soit. Je ne peux plus sortir l’argent pour qui que ce soit. Y a plus de Liban. Y a plus personne là-bas, c’est terminé. Moi, j’ai donné l’argent. »

 


 

Dans un troisième extrait, le milliardaire se défend d’être responsable de la mauvaise répartition de son propre argent noir : « Si c’est mal réparti, dit-il, ce n’est pas de ma faute. Je ne vais pas payer deux fois. Moi, j’ai tout payé, donc je ne donne plus un sou à qui que ce soit. Si c'est Younès, démerdez-vous avec lui. Moi, je ne peux rien faire. »

 


 

Contacté, Serge Dassault nous a fait savoir que « compte-tenu de la situation », il ne souhaitait pas s’exprimer. Quant à Jean-Pierre Bechter, son successeur à la mairie, il explique avoir déjà entendu parler de cette vidéo, ne pas l’avoir visionnée, mais refuse de l’entendre : « Je n’en ai rien à foutre de cette vidéo cachée. En bon chiraquien, je vous dirai que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. »

L’actuel maire, qui assure n’avoir jamais parlé de cet enregistrement avec Serge Dassault, tente par avance de le discréditer en expliquant que « les Tarterêts (nom d’une cité de Corbeil – ndlr), c’est Hollywood. Il y a plein de vidéos et de montages qui circulent. » Quand nous lui expliquons que nous avons authentifié la bande et que nous détaillons son contenu, il répond : « Ce que raconte Serge Dassault deux ou trois ans après… Je n’ai pas d’explication. Il dit ce qu’il veut. Ce n’est pas moi qui suis en cause. »

Quelle explication apporter à ces propos ? « Je n’en sais rien, confie-t-il. Peut-être qu’il se fout d’eux. Moi, j’ai été élu sans verser un euro. Je n’ai jamais entendu parler d’achat de voix. Il y avait un magistrat dans chaque bureau de vote. J’ai été élu avec 750 bulletins d’avance. Comment voulez-vous acheter 800 voix ? Ça coûterait une fortune. Et de toute façon, un mois avant l’élection, grâce aux sondages, on savait que j’allais gagner. Je ne vois pas pourquoi il aurait dépensé un euro. Et aucun de mes adversaires politiques n'a d'ailleurs contesté mon élection. »

Un tireur en cavale

L’affaire est pourtant fâcheuse. Il apparaît, d’après plusieurs enquêtes de police actuellement en cours, que trois mois après la réalisation de cet enregistrement clandestin, les deux personnes qui sont venues réclamer leur dû auprès de Serge Dassault se sont fait tirer dessus, à Corbeil. Les faits remontent au 19 février dernier. Le tireur présumé ? Younès B., selon des sources proches de l’enquête. Soit précisément l’homme cité par Dassault dans l’enregistrement et accusé de ne pas avoir comme convenu réparti l’argent.

Si les enquêteurs sont aussi certains de l’identité du tireur, c’est que celui-ci ne s’est pas caché au moment de son forfait, commis en pleine rue non loin d’un bar dont il est le propriétaire, agissant à visage découvert devant de nombreux témoins. Identifié très rapidement, le tireur a toutefois réussi à quitter la France après sa tentative de meurtre et, selon des sources policières, résiderait aujourd’hui en Algérie.

La principale victime des coups de feu est un boxeur de 32 ans. Il a reçu trois balles de calibre .38, le blessant grièvement. Un mois plus tôt, en janvier, un autre acteur du système Dassault, Rachid T., qui avait dénoncé une dérive « mafieuse » dans la ville, a été victime lui aussi d’une tentative de meurtre par balles.

La justice cherche à déterminer s’il existe un éventuel lien de causalité directe ou indirecte entre la tentative d'assassinat de février et l’enregistrement clandestin qui accable Dassault sur l’achat de votes. Elle enquête sur ces deux volets, de façon distincte. À Évry (Essonne), sous l'autorité de plusieurs juges d'instruction, les policiers de la brigade criminelle s’intéressent à la tentative d'homicide, tandis qu'à Paris, une information judiciaire a été ouverte fin mars sur des soupçons d’« achats de vote », « corruption », « blanchiment » et « abus de biens sociaux » lors des campagnes municipales de 2008 à 2010. L’enquête a été confiée à la Division nationale des investigations financières et fiscales (Dniff), basée à Nanterre.

 

Le 22 octobre 2010, au Sénat.  
Le 22 octobre 2010, au Sénat. © Reuters

En juillet dernier, Jean-Pierre Bechter, l’actuel maire de Corbeil et homme lige de Serge Dassault sur place, a été placé en garde à vue et entendu dans le volet criminel du dossier, tout comme le directeur du service jeunesse et sports de la mairie. Les deux hommes sont ressortis de leur audition sans avoir été déférés devant les magistrats. Jean-Pierre Bechter affirme à Mediapart connaître Younès B., mais pas la victime des coups de feu. « Tout a été réglé par mon audition », assure-t-il.

Les juges d’Évry auraient également voulu entendre Serge Dassault. Mais le 3 juillet, le bureau du Sénat (voir ici sa composition) a refusé de lever son immunité parlementaire, au motif que « la demande présentait un défaut de motivation ». La décision a permis à Serge Dassault de ne pas avoir à répondre devant l’autorité judiciaire. Mais les enregistrements clandestins révélés par Mediapart pourraient changer la donne. Ils apparaissent dans tous les cas comme une pièce à conviction centrale dans le volet financier du dossier, celui portant sur la corruption électorale de Corbeil.

Les pratiques locales de Serge Dassault ont déjà valu en 2009 au milliardaire l’invalidation par le Conseil d'État de son élection municipale à Corbeil pour fraude électorale. C’est donc faute de pouvoir se représenter qu’il avait placé l’année suivante à la tête de la ville un de ses proches, Jean-Pierre Bechter, ancien député RPR de Corrèze et administrateur de son groupe de presse, la Socpresse. À l’évidence, les pratiques d’achats de votes sous Serge Dassault, telles qu’elles ont été rapportées par de très nombreux habitants de Corbeil, ont continué après sa chute. Mais toujours avec son argent, dont il va falloir, pour les policiers, désormais reconstituer le cheminement.

Or une troisième enquête judiciaire, menée à Paris par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP), pourrait y aider. Engagées pour des faits de « harcèlement » suite à une plainte de l’un des fils Dassault, Laurent, et de son épouse, victimes ces derniers mois de multiples coups de téléphone menaçants, les investigations ont d’ores et déjà permis de remonter la piste de trois frères originaires de Corbeil.

Selon les témoignages recueillis lors de l'enquête, l’un d’entre eux, Mamadou K., aujourd’hui réfugié en Belgique, aurait perçu par le passé de l’argent au Liban depuis un compte bancaire lié à Serge Dassault, en relation avec les activités politiques du milliardaire. Exactement comme le patron de l’empire Dassault le laisse entendre lui-même dans l’enregistrement pirate que nous révélons aujourd’hui.

Près de vingt ans après la conquête de Corbeil par Serge Dassault en 1995, c’est tout un système qui est donc en train d’imploser dans l’Essonne. Même si, pour l’heure, les différentes enquêtes judiciaires ouvertes sur les diverses ramifications du dossier n’ont pas été regroupées.

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                             LA BOÎTE NOIRE

Cela fait plusieurs années que Pascale Pascariello, journaliste indépendante (France Inter, France Culture, Le Canard enchaîné, Arte Radio…), travaille à Corbeil-Essonnes sur le système Dassault. Certains de ses contacts nous ont proposé il y a quelques semaines de visionner l'enregistrement de 24 minutes cité dans l'article. Il s'agit d'une vidéo réalisée en caméra cachée. Nous l'avons visionné de bout en bout, puis nous avons pris le temps nécessaire pour l'expertiser, authentifier les voix, et nous assurer de l'absence de montage. 

Nos sources n'ont cependant pas souhaité que nous le diffusions en intégralité. Elles ont seulement accepté que nous en publiions trois extraits.

L'image fixe étant sans intérêt, nous avons décidé de nous en tenir à la bande-son. Nous avons légèrement poussé la voix de Serge Dassault afin qu'il soit mieux entendu, ajouté des photos et des sous-titres pour aider à la compréhension.

Mercredi 11 septembre, en début de matinée, nous avons contacté Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter. Le premier nous a fait savoir qu'il ne souhaitait pas nous répondre « compte-tenu de la situation ». Ses avocats, Me Jean Veil et Me Pierre Haïk, ne nous ont pas plus répondu. 

Jean-Pierre Bechter, lui, nous a rappelés. Ses explications figurent dans l'article.

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:01

 

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 Logement: des députés se font les perroquets des lobbies

|  Par Mathieu Magnaudeix

 

 

L'Assemblée doit adopter mardi 17 septembre la loi ALUR de la ministre écologiste Cécile Duflot, qui prévoit notamment l'encadrement des loyers. Un texte très contesté par les lobbies de l'immobilier, qui ont largement inspiré les amendements de certains députés de l'opposition.

 

L'Assemblée nationale a débattu la semaine dernière du projet de loi pour l'« accès au logement et un urbanisme rénové » de la ministre écologiste Cécile Duflot. Un gros texte de 84 articles, surnommé “ALUR”, qui prévoit plusieurs nouveautés, comme l'encadrement des loyers (lire ici nos articles) ou la création d'une garantie universelle locative (GUL) contre les impayés. Il sera voté ce mardi 17 septembre par les députés. Depuis des semaines, “ALUR” déclenche les foudres des groupes d'intérêt de tout poil, comme à chaque fois qu'un texte porte sur le logement, la consommation ou bien la santé. À commencer par les professionnels de l'immobilier, inquiets des conséquences de la réforme.

Ces dernières semaines, les députés ont donc été contactés par une série de lobbies : union de propriétaires, représentants des syndics et des agents immobiliers, huissiers de justice, mais aussi, dans le camp d'en face, associations de locataires ou de défense des consommateurs. Ils les ont arrosés d'argumentaires, voire d'amendements législatifs favorables à leurs intérêts, prérédigés par leurs juristes “maison”, que les élus n'ont plus qu'à présenter au cours du débat.

Il n'est pas aberrant que les lobbies puissent accéder aux députés. Ni même qu'ils tentent de les convaincre. Ce qui l'est plus, c'est la capacité de certains élus de la Nation, représentant l'intérêt général, à se faire dans l'hémicycle les simples passe-plats de certains intérêts privés. Jusqu'à reprendre au mot près certaines de leurs propositions. D'autant que les parlementaires se gardent bien de signaler dans ce cas quel groupe d'intérêt les a “inspirés”.

 

La «note» de la Chambre des huissiers 
La «note» de la Chambre des huissiers

La Chambre nationale des huissiers de justice (CNHJ) a par exemple envoyé aux députés un argumentaire de sept pages (photo) : une « note relative à l'état des lieux locatif établi par huissier de justice ». Elle détaille les inquiétudes des huissiers de justice, qui craignent que plusieurs articles du projet de loi ne les « néglig(ent) ».

La CNHJ a donc envoyé plusieurs amendements tout prêts aux députés.

Daniel Fasquelle, vice-président UMP de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, et plusieurs de ses collègues en ont repris certains. Voilà pourquoi il n'y a pas la moindre virgule d'écart entre la proposition de la CNHJ et l'amendement 374.

Les sociétés d'assurances, elles, ont bataillé contre la garantie universelle des loyers (GUL), autre mesure-phare de la loi Duflot. Ce dispositif payé par les propriétaires et les locataires devrait remplacer en 2016 la caution versée aujourd'hui par les seuls locataires. Pour Cécile Duflot, il s'agit d'une « avancée considérable ».

 

L'«analyse» de la FFSA 
L'«analyse» de la FFSA

Très mobilisée contre ce « dispositif  purement public », la Fédération française des sociétés d'assurances a adressé en juillet  une « analyse » de douze pages aux députés.

Son verdict n'est guère surprenant : « Un dispositif universel entièrement public cumule des risques juridiques, financiers et opérationnels », assure la FFSA.

Elle a donc transmis plusieurs amendements types prérédigés aux députés. Notamment celui qui propose d'instaurer un « partenariat public-privé associant le secteur de l’assurance ».

L'amendement a été rejeté. Mais en cas d'adoption, il aurait permis aux assureurs d'espérer gérer une partie de cette manne financière estimée « entre 400 et 700 millions d'euros » par le gouvernement – beaucoup plus d'après les assureurs.

Cet amendement clé a été repris intégralement par l'UMP Michel Piron. Mais aussi, ce qui a beaucoup plus de poids, par Gilles Carrez, président UMP de la commission des finances de l'Assemblée. Celui-ci n'a pas jugé utile de modifier l'amendement proposé par la FFSA. Mais il s'est bien gardé de dire que sa plume était en l'occurrence téléguidée par le puissant lobby des assureurs.

Cliquer ici pour lire l'amendement « proposé » par la FFSA. Et ici l'amendement 226 de Gilles Carrez, totalement similaire.

« Le délai était hyper-court »

Très remontée contre la loi Duflot, l'union nationale de la propriété immobilière (UNPI), qui revendique 250 000 adhérents, a même lancé une pétition contre “ALUR” (photo) :

 

Capture d'écran du site de l'UNPI 
Capture d'écran du site de l'UNPI

Pour l'UNPI, cette loi est marquée par une « complexité et une rigidité extrêmes qui renforceront durablement le blocage actuel du marché de la location et de l'accession » et elle « fera fuir les investisseurs ». L'UNPI ne s'est pas privée de le faire savoir aux parlementaires.

 

La première page du dossier de l'UNPI adressé aux députés 
La première page du dossier de l'UNPI adressé aux députés

Le 5 septembre, le lobby des propriétaires leur a envoyé (du moins à ceux de l'opposition) une liasse de quinze amendements tout ficelés. L'UNPI leur « demand(e) » expressément de « bien vouloir » les « soutenir (…) en séance ». « Nous vous remercions pour votre implication dans ce dossier important », ajoute même l'UNPI.

En cas de questions, les députés sont invités à « contacter » la députée UMP de l'Orne Véronique Louwagie. Très active lors des débats à l'Assemblée, elle est présentée par l'UNPI comme son relais parmi les parlementaires de l'opposition. « J'ai créé des contacts avec des professionnels dans le cadre des auditions, explique la députée à Mediapart. Ils nous font parfois des propositions d'amendements dont on peut s'inspirer. Mais je ne dirai pas que je fais du copier-coller. »

Pourtant, une douzaine des quinze amendements rédigés par l'UNPI ont été intégralement repris par Véronique Louwagie et plusieurs de ses collègues de l'UMP. Par exemple la suppression du « contrat-type », proposée par l'UNPI (ici et ). La proposition est reprise au mot près dans les amendements 317, 368 et 365. Ou encore l'amendement de l'UNPI sur les obligations du bailleur en matière d'assurance, qu'on retrouve ici.

Idem, entre autres, pour cette disposition de l'article 2, intégralement “inspirée” d'un amendement de l'UNPI.

Parfois, le copier-coller est grossier : l'amendement 499, cosigné par les députés UMP Fasquelle, Hetzel, Gibbes, Salen et Suguenot, qui vient à la rescousse des agents immobiliers, évoque ainsi la « perte de chiffre d'affaires de notre secteur ». Voilà les députés transformés en marchands de biens...

 


Parmi les cosignataires de cet amendement, on retrouve l'UMP Daniel Fasquelle, le vice-président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée. Celui-ci connaît bien les professionnels de l'immobilier pour avoir été rapporteur en 2011 d'un texte sur la consommation. Il explique avoir déposé 35 amendements sur le texte “ALUR” de Cécile Duflot. Une dizaine lui ont été inspirés par les représentants des réseaux d'agences immobilières (Sergic, Fnaim), de la chambre nationale des huissiers, mais aussi de l'UFC-Que Choisir ou des associations de locataires.

Quant aux amendements recopiés, Fasquelle plaide « le manque de temps et de moyens des parlementaires ». « On a eu le texte fin juillet, le délai était hyper-court. Par ailleurs, en tant que députés nous avons très peu de moyens pour rédiger des amendements qui tiennent la route juridiquement... » De là à justifier un repompage au mot près ? « Les députés ne sont pas des purs esprits, rétorque Fasquelle. Peu importe d'où vient leur source, ce qui compte c'est le point de vue qu'ils défendent ! Après, ce n'est pas parce qu'un amendement est techniquement impeccable qu'on va le reprendre systématiquement... »

Le copier-coller d'amendements rédigés par d'autres n'est d'ailleurs pas qu'un sport pratiqué par les députés de l'opposition. Un amendement des radicaux de gauche pour lutter contre « l'artificialisation » des terres reprend ainsi in extenso une proposition de la très écologiste Ligue de protection des oiseaux.

Un amendement de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a été repris dans son intégralité par plusieurs députés socialistes.

Et l'alinéa prérédigé par le Collectif des associations unies pour une autre politique du logement (CLAU), qui propose d'étendre de deux à trois ans la période de remboursement des impayés de loyers, a été recopié texto par les députés Front de gauche. Ils ont au moins pris la peine, eux, de citer leurs sources. Ce qui est assez rare pour être signalé.

 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 16:20

 

 

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|  Par Philippe Riès

 

 

 

Cinq ans après la faillite de Lehman Brothers, le Parlement européen s'attaque finalement au chantier de l'Union bancaire. Trop peu, trop tard pour faire payer aux banquiers leur responsabilité majeure dans la crise financière globale et pour libérer les économies européennes du carcan du financement bancaire.

 

Cinq ans après le tsunami financier planétaire déclenché par la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, l’Europe reste plombée par la situation calamiteuse de son système bancaire. La facture économique, sociale et humaine de son incapacité politique et institutionnelle à reconnaître et affronter le problème est devenue astronomique. Le seul signal positif, à en juger par les propos tenus lors de la récente assemblée annuelle à Bruxelles du think tank européen Bruegel, est que la parole officielle soit aujourd'hui, dans certaines enceintes, plus libre et plus lucide. Quand à savoir si les actes suivront, c’est une autre affaire.

 

L'Union bancaire au programme de Strasbourg 
L'Union bancaire au programme de Strasbourg© PE


Dans les jours prochains, le Parlement européen doit entamer le processus législatif conduisant à la mise en place de l’Union bancaire, dont l’objectif affiché est de rompre le lien fatal entre les grandes banques “systémiques” et les États souverains. En plaçant enfin les principaux établissements financiers du Vieux Continent sous la tutelle d’un régulateur unique dépendant de la seule institution authentiquement fédérale, la BCE. La première conséquence pratique de l’Union bancaire sera un passage en revue de la véritable situation des banques européennes, après les exercices fantaisistes que furent les premières vagues de stress tests. « Nous ne devons pas regarder cette évaluation de la qualité des actifs comme un risque mais comme un chance. Notre troisième et dernière chance, parce que les deux premiers cycles ont échoué à rétablir la confiance dans notre système bancaire. Nous sommes en retard sur les États-Unis pour le nettoyage des bilans bancaires. »

À entendre ces mots de la bouche d’un des acteurs majeurs de la scène monétaire et financière en Europe, Nicolas Véron, senior fellow chez Bruegel et chercheur qui a eu l’impact le plus fort dans le débat sur l’Union bancaire, n’en croyait pas ses oreilles : « Il y a seulement deux ans, de tels propos, même dans un tel cadre, auraient été inimaginables. Ceux qui les tenaient, dans les milieux académiques, étaient cloués au pilori », confiait-il en marge de la conférence.

Non que le système de régulation existant, l’EBA, adossée aux interventions de la Commission européenne, soit resté complètement passif. «Soixante-trois banques, représentant 25 % des actifs bancaires de l’UE, ont fait l’objet d’un plan de restructuration », rappelait un régulateur européen. « En moyenne, leurs actifs ont été réduits de 30 % et 19 banques ont été fermées. Sur les quelque 300 engagements pris, un pour cent seulement ne sont pas respectés. Nous avons réduit substantiellement la subvention liée au too big to fail », estimait-il, en référence à cet engrenage pervers illustré par la crise qui veut que plus les banques sont importantes, plus elles prennent de risques inconsidérés, au détriment de la concurrence, avec la conviction que le contribuable sera appelé à la rescousse si les choses tournent mal. « Il faut faire plus, la grande question étant de savoir si les politiciens nous le permettront », ajoutait-il toutefois.

C’est peu de dire que l’avancement du chantier de l’Union bancaire n’a pas dissipé le scepticisme sur la capacité à rompre le lien historique et organique entre les systèmes politique et bancaire à l’échelon national, au cœur du traitement défaillant de la crise bancaire européenne. « Jusqu’où ira le nettoyage ? Jusqu’où ira la réduction en taille des banques ? La question centrale est politique. Les banques sont politiques. Les banques sont une source d'argent et l'argent est une source de pouvoir », soulignait Martin Hellwig, directeur au Max Planck Institut de Bonn. En provoquant une fragmentation d’un marché bancaire européen tout juste émergent sur des lignes de fracture nationales, en intensifiant l’engagement des banques dans le financement des dettes souveraines (avec la liquidité fournie par la BCE), la crise a au contraire contribué à renforcer cette interdépendance. « L’Union bancaire est une tentative pour dénouer ces liens, mais je ne vois pas comment cela va marcher. Les États membres vont résister », estime-t-il, n’hésitant pas à annoncer que dans cette affaire, « l’existence même de l’Union européenne est en jeu. »

L'Europe a-t-elle besoin pour agir d'une nouvelle crise financière ?

Dans le meilleur des cas, reconnaissent les régulateurs européens, le nouveau dispositif améliorera la transparence et la responsabilité dans le traitement des situations bancaires critiques et éliminera le biais national qui pouvait affecter le jugement des autorités des États membres. Mais, admet l’un d’entre eux, « le rôle des gouvernements nationaux dans la fourniture d’une garantie en dernier ressort au système bancaire est crucial et il le restera ». La nouvelle architecture de surveillance prudentielle des principales banques va transférer le contrôle au niveau européen, mais sans la puissance de feu budgétaire, qui restera très limitée. Qu'adviendra-t-il si le nouvel examen des bilans des banques européennes révèle que des acteurs importants doivent être retirés du marché ?

Ce qui s’est passé depuis cinq ans n’incite guère à l’optimisme. « C’est une honte que nous n’ayons pas été capables de contraindre les banques européennes à procéder à des recapitalisations substantielles », affirme un ancien banquier central, désormais dans le secteur privé. Il s’insurge contre l’argument du soutien à l’économie avancé par le lobby bancaire. « L’idée que le renforcement des bilans freinerait le crédit est une escroquerie, un non sens complet. » Au contraire, « au fur et à mesure que le bilan est assaini, le crédit recommence à circuler », ajoute-t-il en citant les États-Unis où la création de crédit est en progression de 25 %. Certes, « ce n’est plaisant ni pour les actionnaires ni pour le management, mais nous devons purger les bilans et nous avons besoin d’une assurance en dernier ressort. Sinon, nous finirons dans la même situation que le Japon ».

En réalité, l’Europe est bien dans la situation du Japon des années 90 du siècle dernier où le refus d’affronter le problème des mauvaises créances des banques a joué un rôle clef dans la fabrication de la « décennie perdue » (bientôt suivie d’une seconde). Et ceci en dépit de l’intervention des banques centrales, BCE et BoE essentiellement, dés le début de la crise et avec une vigueur croissante. Un des experts universitaires les plus réputés en Europe rappelait, à titre d’exemple, que « la base de réserves du système bancaire a été multipliée par dix au Royaume-Uni sans avoir d’effet » sur l’activité bancaire. « Pourquoi, demandait-il, les banques commerciales ont-elles abandonné l’intermédiation aux banques centrales plutôt que de la fournir elles-mêmes », ce qui est leur métier ? Ce à quoi un vétéran de la Banque centrale en Europe répondait : « Nous ne connaissons pas la contre-épreuve des faits : que ce serait-il passé si les banques centrales étaient restées passives ? »

Le problème est que loin d’avoir été rompu, le lien entre les banques et les souverains a été consolidé par l’intervention des banques centrales. La liquidité apportée aux établissements financiers dans des volumes et à des conditions « non-conventionnelles » est devenue une subvention au refinancement des dettes publiques par les banques, dont les bilans sont gorgés de titres d’État, via des taux d’intérêt manipulés à la baisse. Décrivant cette « répression financière d’un genre particulier », un acteur du secteur privé relève que le « coût en a été dissimulé jusqu’à présent pour les gouvernements grâce à l’intervention des banques centrales, mais il apparaîtra au grand jour quand les taux d’intérêt se normaliseront ». Question : comment ce risque souverain potentiellement explosif pour le bilan des banques va-t-il être évalué lors du prochain exercice d’évaluation des actifs lorsque se confirmera le retournement à la hausse du coût de l'argent ? Et le nouveau cadre réglementaire permettra-t-il d’en tirer les conséquences ?

Mettant en garde contre « un cycle du crédit qui évolue lentement mais se révèle potentiellement bien plus dangereux », l’ancien banquier central déjà cité redoute que « les banques centrales n’aient pas reçu les outils pour y faire face ». Il prévient que les « intérêts en place résisteront aux mesures nécessaires mais dictées par des fonctionnaires non élus ». Le résultat est que « les banques centrales ne seront pas autorisées à les mettre en œuvre avec la détermination indispensable et échoueront partiellement ». Selon lui, « le danger est qu’une nouvelle crise financière soit nécessaire avant que le cadre macroprudentiel approprié soit effectivement mis en place ». Il pense même que dans le scénario le plus pessimiste, les actifs en détresse s’accumulant, la prise de risque échappant de nouveau à tout contrôle, « nous expérimenterons une nouvelle épisode d’une crise financière sans fin ». Alors, « les banques centrales en porteront le blâme et pourraient même y perdre une indépendance chèrement gagnée ».

Comment se passer des banques ?

Devant un bilan aussi médiocre et des perspectives aussi sombres, la logique voudrait que l’on s’attaqua enfin au nœud du problème : la taille des banques, leur poids excessif dans le financement de l’activité économique en Europe et le développement de sources alternatives. Du côté des régulateurs, on se veut « raisonnablement confiant ». « Aujourd’hui, les actionnaires des banques sont en première ligne et le management également, et ils feraient mieux de faire attention », affirme l’un d’entre eux. De fait, les bilans bancaire ont subi une (petite) cure d’amaigrissement, certains secteurs d’activité ont été abandonnés, les fonds propres augmentés en conformité avec les nouvelles normes prudentielles dites de Bâle III, tout en restant très insuffisants. « Chacun veut se présenter sous son meilleur jour avant les examens », résume un autre régulateur. Toutefois, réplique Martin Hellwig, « pas grand chose n’a été fait pour réduire la taille globale du système bancaire ».

Ceci supposerait en effet que les acteurs économiques européens, entreprises et ménages, aient accès à des financements alternatifs. Aux États-Unis, ces sources non-bancaires, des marchés de capitaux au capital-risque en passant par les fonds monétaires, financent 75 % de l’activité économique. En Europe continentale, quelque 20 % seulement en moyenne. Un des régulateurs européens se dit « plutôt sceptique sur le fait que le développement de sources alternatives de financement soit la réponse au problème actuel ». D’abord « parce qu’elles sont perçues comme plus risqués » par le public. Ensuite, « parce que des instruments de ce type ont été développés par les banques elles-mêmes ».

Compte tenu de la facture astronomique payée depuis cinq ans par l’économie globale pour les errances des banquiers, l’idée que ces institutions seraient moins « risquées » que les instruments de marché et les financements directs prouvent à quel point le rideau de fumée obscurcissant la lecture de cette crise est difficile à dissiper. Il est vrai toutefois que l’environnement réglementaire et prudentiel est gravement biaisé en faveur des principales banques. De même que le cadre judiciaire existant a garanti une impunité quasi totale aux comportements délictueux de certains de leurs dirigeants. Comme le rappelle Martin Hellwig, la « banque de l’ombre » (shadow banking) était « le résultat de l’action des banques régulées ».

« Comment permettre d’organiser le financement direct des PME ? » s’interroge ainsi un des grands acteurs de la gestion d’actifs. « C’est le schéma que nous devrions promouvoir », mais il constate que « les obstacles dressés par l’environnement réglementaire sont énormes. » À son avis parce que trop souvent, « les dirigeants politiques haïssent les marchés, perçus comme quelque chose qu’ils ne peuvent pas contrôler ».

Cinq ans après la faillite de Lehman, l’économie européenne reste plombée par un système bancaire à la fois omniprésent et fragile, qui ne remplit pas sa fonction mais s’accroche à sa position dominante et aux rentes qui en découlent. Le cadre de réforme promis permettra, à la marge, une amélioration comportementale (pour combien de temps ?) des banquiers sans toucher à la structure du système bancaire. Le temps gagné par l’intervention des banques centrales a été largement gaspillé et la facture qu’il faudra acquitter un jour ou l’autre pèse comme une épée de Damoclès sur l’avenir des économies européennes. Cet anniversaire n’avait guère de motif d’être joyeux. Il est franchement sinistre.

 

 

 

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