Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 17:43

 

 

CADTM

 

cadtm.org

FMI et Banque mondiale : l’heure du bilan

Plaidoyer pour leur remplacement

26 septembre par Eric Toussaint

 

 


En 2014, la Banque mondiale et le FMI auront 70 ans d’existence. En octobre 2013, elles tiennent comme d’habitude leur réunion annuelle à Washington. De nombreuses organisations, dont le CADTM, appellent ensemble à une semaine d’action contre la dette illégitime et les institutions financières internationales qui se déroulera à l’échelle internationale du 8 au 15 octobre 2013 |1|. Cet article revient sur le bilan du FMI et de la Banque mondiale et propose des pistes pour une nouvelle architecture internationale.

  • 1) Depuis leur création en 1944, la Banque mondiale (BM) et le FMI ont soutenu activement toutes les dictatures et tous les régimes corrompus du camp allié des États-Unis.
  • 2) Ils piétinent la souveraineté des États en violation flagrante du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes du fait notamment des conditionnalités qu’ils imposent. Ces conditionnalités appauvrissent la population, accroissent les inégalités, livrent les pays aux transnationales et modifient les législations des États (réforme en profondeur du Code du travail, des Codes miniers, forestiers, abrogation des conventions collectives, etc) dans un sens favorable aux créanciers et « investisseurs » étrangers.
  • 3) Bien qu’ils aient détecté des détournements massifs, la BM et le FMI ont maintenu, voire augmenté, les montants prêtés aux régimes corrompus et dictatoriaux alliés des puissances occidentales (voir le cas emblématique du Congo-Zaïre de Mobutu après le rapport Blumenthal en 1982).
  • 4) Ils ont aidé par leur soutien financier la dictature d’Habyarimana au Rwanda jusqu’en 1992, ce qui a permis de quintupler les effectifs de son armée. Les réformes économiques qu’ils ont imposées en 1990 ont déstabilisé le pays et exacerbé des contradictions latentes. Le génocide préparé depuis la fin des années 1980 par le régime d’Habyarimana est perpétré à partir du 6 avril 1994, faisant près d’un million de morts chez les Tutsis (et les Hutus modérés). Par la suite, la Banque mondiale et le FMI ont exigé, des nouvelles autorités rwandaises, le remboursement de la dette contractée par le régime génocidaire.
  • 5) Ils ont soutenu d’autres régimes dictatoriaux de l’autre camp (Roumanie de 1973 à 1982, Chine à partir de 1980) afin d’affaiblir l’URSS avant son implosion en 1991.
  • 6) Ils ont soutenu les pires dictatures jusqu’à ce qu’elles soient renversées. Exemples : le soutien emblématique à Suharto en Indonésie de 1965 à 1998, à Marcos aux Philippines de 1972 à 1986, à Ben Ali en Tunisie et à Moubarak en Égypte jusqu’à leur renversement en 2011.
  • 7) Ils ont activement saboté des expériences démocratiques et progressistes (de Jacobo Arbenz au Guatemala et de Mohammad Mossadegh en Iran dans la première moitié des années 1950, de Joao Goulart au Brésil au début des années 1960, aux sandinistes au Nicaragua dans les années 1980 en passant par Salvador Allende au Chili de 1970 à 1973. La liste complète est bien plus longue).
  • 8) La Banque et le FMI exigent des peuples, victimes des tyrans qu’ils financent, le remboursement des dettes odieuses que ces régimes autoritaires et corrompus ont contractées.
  • 9) De même, la Banque et le FMI ont exigé de pays qui ont accédé à l’indépendance à la fin des années 1950 et au début des années 1960 qu’ils remboursent les dettes odieuses contractées par les anciennes puissances coloniales pour les coloniser. Cela a été notamment le cas en ce qui concerne la dette coloniale contractée par la Belgique auprès de la Banque mondiale pour compléter la colonisation du Congo dans les années 1950. Rappelons que ce type de transfert de dettes coloniales est interdit par le droit international.
  • 10) Dans les années 1960, la Banque mondiale et le FMI ont soutenu financièrement des pays comme l’Afrique du Sud de l’apartheid et le Portugal qui maintenait sous son joug des colonies en Afrique et dans le Pacifique alors que ces pays faisaient l’objet d’un boycott financier international décrété par l’ONU. La Banque mondiale a soutenu un pays qui en avait annexé un autre par la force (annexion du Timor oriental par l’Indonésie en 1975).
  • 11) En matière d’environnement, la Banque mondiale poursuit le développement d’une politique productiviste désastreuse pour les peuples et néfaste pour la nature. Elle a réussi en plus à se faire attribuer la gestion du marché des permis de polluer.
  • 12) La Banque mondiale finance des projets qui violent de manière flagrante les droits humains. Parmi les projets directement soutenus par la Banque mondiale, on peut mettre en exergue le projet « transmigration » en Indonésie (années 1970-1980) dont plusieurs composantes sont assimilables à des crimes contre l’humanité (destruction du milieu naturel de populations indigènes, déplacement forcé de populations). Plus récemment, la Banque mondiale a financé intégralement la mal nommée opération « départs volontaires » en RDC, un plan de licenciement qui viole les droits de 10 655 agents de la Gécamines, l’entreprise publique minière située au Katanga. Ces derniers attendent toujours le paiement de leurs arriérés de salaires et les indemnités prévues par le droit congolais.
  • 13) La Banque mondiale et le FMI ont favorisé l’émergence des facteurs ayant provoqué la crise de la dette qui a éclaté en 1982. En résumé : a) la Banque mondiale et le FMI ont poussé les pays à s’endetter dans des conditions menant au surendettement ; b) ils ont poussé, voire forcé, les pays à lever les contrôles sur les mouvements de capitaux et sur le change, accentuant la volatilité des capitaux et facilitant ainsi fortement leur fuite ; c) ils ont poussé les pays à abandonner l’industrialisation par substitution d’importation au profit d’un modèle basé sur la promotion des exportations.
  • 14) Ils ont dissimulé les dangers qu’ils avaient pourtant eux-mêmes détectés (surendettement, crise de paiements, transferts nets négatifs…).
  • 15) Dès que la crise a éclaté en 1982, la Banque mondiale et le FMI ont systématiquement favorisé les créanciers et affaibli les débiteurs.
  • 16) La BM et le FMI ont recommandé, voire imposé, des politiques qui ont fait payer la facture de la crise de la dette par les peuples, tout en favorisant les plus puissants.
  • 17) La BM et le FMI ont poursuivi la « généralisation » d’un modèle économique qui augmente systématiquement les inégalités entre les pays, et à l’intérieur de ceux-ci.
  • 18) Dans les années 1990, la BM et le FMI, avec la complicité des gouvernants, ont étendu les politiques d’ajustement structurel à la majorité des pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie, d’Europe centrale et orientale (y compris la Russie).
  • 19) Dans ces derniers pays, les privatisations massives ont été réalisées au détriment du bien commun et ont enrichi de manière colossale une poignée d’oligarques.
  • 20) Ils ont renforcé les grandes entreprises privées et affaibli à la fois les pouvoirs publics et les petits producteurs. Ils ont aggravé l’exploitation des salariés et les ont précarisés davantage. Ils ont fait de même avec les petits producteurs.
  • 21) Leur rhétorique de lutte pour la réduction de la pauvreté cache mal une politique concrète qui reproduit et renforce les causes même de la pauvreté.
  • 22) La libéralisation des flux de capitaux qu’ils ont systématiquement favorisée a renforcé l’évasion fiscale, la fuite des capitaux, la corruption.
  • 23) La libéralisation des échanges commerciaux a renforcé les forts et écarté les faibles. La plupart des petits et moyens producteurs des pays en développement ne sont pas en mesure de résister à la concurrence des grandes entreprises, qu’elles soient du Nord ou du Sud.
  • 24) La Banque mondiale et le FMI agissent avec l’OMC, la Commission européenne et les gouvernements complices pour imposer un agenda radicalement opposé à la satisfaction des droits humains fondamentaux.
  • 25) Depuis que la crise frappe l’Union européenne, le FMI est en première ligne pour imposer aux peuples grec, portugais, irlandais, chypriote… les politiques qui ont été imposées préalablement aux peuples des pays en développement, à ceux d’Europe centrale et orientale dans les années 1990.
  • 26) La Banque mondiale et le FMI, qui prêchent la bonne gouvernance à longueur de rapports, couvrent en leur sein des agissements douteux.
  • 27) Ces deux institutions maintiennent la plupart des pays dans la marginalité bien qu’ils constituent la majorité de ses membres, privilégiant une poignée de gouvernements des pays riches.
  • 28) En résumé, la Banque mondiale et le FMI constituent des instruments despotiques aux mains d’une oligarchie internationale (une poignée de grandes puissances et leurs sociétés transnationales) qui renforce le système capitaliste international destructeur de l’humanité et de l’environnement.
  • 29) Il est nécessaire de dénoncer les agissements néfastes de la Banque mondiale et du FMI afin d’y mettre fin. Les dettes dont ces institutions réclament le remboursement doivent être annulées et ces institutions doivent être traduites devant la justice.
  • 30) Il est urgent de construire une nouvelle architecture démocratique internationale qui favorise une redistribution des richesses et soutienne les efforts des peuples pour la réalisation d’un développement socialement juste et respectueux de la nature.

Bâtir une nouvelle architecture internationale

Il faut opter pour des propositions qui redéfinissent radicalement le fondement de l’architecture internationale (missions, fonctionnement…). Prenons le cas de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale.

La nouvelle OMC devrait viser, dans le domaine du commerce, à garantir la réalisation d’une série de pactes internationaux fondamentaux, à commencer par la Déclaration universelle des droits humains et tous les traités fondamentaux en matière de droits humains (individuels ou collectifs) et environnementaux. Sa fonction serait de superviser et de réglementer le commerce de manière à ce qu’il soit rigoureusement conforme aux normes sociales (conventions de l’Organisation internationale du travail – OIT) et environnementales. Cette définition s’oppose de manière frontale aux objectifs actuels de l’OMC. Ceci implique bien évidemment une stricte séparation des pouvoirs : il est hors de question que l’OMC, comme d’ailleurs toute autre organisation, possède en son sein son propre tribunal. Il faut donc supprimer l’Organe de règlement des différends.

L’organisation qui remplacera la Banque mondiale devrait être largement régionalisée (des banques du Sud pourraient y être reliées), elle aurait pour fonction de fournir des prêts à taux d’intérêt très bas ou nuls et des dons qui ne pourraient être octroyés qu’à condition d’être utilisés dans le respect rigoureux des normes sociales et environnementales et, plus généralement, des droits humains fondamentaux. Contrairement à la Banque mondiale actuelle, la nouvelle banque dont le monde a besoin ne chercherait pas à représenter les intérêts des créanciers et à imposer aux débiteurs un comportement de soumission au marché-roi, elle aurait pour mission prioritaire de défendre les intérêts des peuples qui reçoivent les prêts et les dons.

Le nouveau FMI, quant à lui, devrait retrouver une part de son mandat originel pour garantir la stabilité des monnaies, lutter contre la spéculation, contrôler les mouvements de capitaux, agir pour interdire les paradis fiscaux et la fraude fiscale. Pour atteindre cet objectif, il pourrait contribuer avec les autorités nationales et les fonds monétaires régionaux à la collecte de différentes taxes internationales.

Toutes ces pistes requièrent l’élaboration d’une architecture mondiale cohérente, hiérarchisée et dotée d’une division des pouvoirs. La clef de voûte pourrait en être l’ONU, pour autant que son Assemblée générale en devienne la véritable instance de décision - ce qui implique de supprimer le statut de membre permanent du Conseil de Sécurité (et le droit de veto qui lui est lié). L’Assemblée générale pourrait déléguer des missions spécifiques à des organismes ad hoc.

Une autre question qui n’a pas encore fait suffisamment de chemin est celle d’un dispositif international de droit, d’un pouvoir judiciaire international (indépendant des autres instances de pouvoir international), qui complète le dispositif actuel comportant principalement la Cour internationale de La Haye et la Cour pénale internationale. Avec l’offensive néolibérale des trente dernières années, la loi du commerce a progressivement dominé le droit public. Des institutions internationales comme l’OMC et la Banque mondiale fonctionnent avec leur propre organe de justice : l’Organe de règlement des différends au sein de l’OMC et le CIRDI au sein de la Banque mondiale dont le rôle a démesurément augmenté. La charte de l’ONU est régulièrement violée par des membres permanents de son Conseil de Sécurité. Des nouveaux espaces de non droit sont créés (les prisonniers sans droit embastillés à Guantanamo par les États-Unis). Les États-Unis, après avoir récusé la Cour internationale de La Haye (où ils ont été condamnés en 1985 pour avoir agressé le Nicaragua), refusent la Cour pénale internationale. Tout cela est extrêmement préoccupant et requiert d’urgence des initiatives pour compléter un dispositif international de droit.

En attendant il faut amener des institutions comme la Banque mondiale et le FMI à rendre des comptes à la justice devant des juridictions nationales |2|, exiger l’annulation des dettes qu’elles réclament et agir pour empêcher l’application des politiques néfastes qu’elles recommandent ou imposent.

Notes

|1| Voir : http://cadtm.org/Semaine-globale-d-...

|2| À ce jour, il n’existe toujours pas de juridiction internationale compétente pour juger des crimes de la Banque mondiale et du FMI.

Éric Toussaint, docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, est président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org). Il est l’auteur de Banque mondiale : le coup d’État permanent, Édition Syllepse, Paris, 2006, téléchargeable : http://cadtm.org/Banque-mondiale-le... Son dernier ouvrage : Procès d’un homme exemplaire, Édition Al Dante, Marseille, septembre 2013. Il est coauteur avec Damien Millet de 65 Questions, 65 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, Liège, 2012 (version en téléchargement libre sur internet : http://cadtm.org/65-questions-65-re... ) ; La dette ou la vie coédition CADTM-Aden, Liège-Bruxelles, 2011. Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège http://www.cadtm.org/Le-CADTM-recoi.... Voir également Éric Toussaint, Thèse de doctorat en sciences politiques présentée en 2004 aux universités de Liège et de Paris VIII : « Enjeux politiques de l’action de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international envers le tiers-monde », http://cadtm.org/Enjeux-politiques-...

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 17:34

 

 

mediapart.fr

Baisse du chômage : le « bug » est avéré

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

La forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi le mois dernier est due, au moins pour moitié, à un problème technique dans l'envoi « des messages de relance (SMS et messages vocaux) aux demandeurs d’emploi lors de la campagne d’actualisation du mois d’août ».

 

La baisse du chômage observée au mois d’août serait en partie due à un problème technique chez l’opérateur téléphonique SFR qui n’a pas envoyé les messages de relance d’actualisation, sans laquelle les demandeurs d’emploi sont radiés, a-t-on appris lundi 30 septembre auprès de Pôle emploi et de la Dares.

Mercredi dernier, le ministère du travail avait annoncé une forte baisse du nombre de chômeurs sans aucune activité (catégorie A) de 50 000 personnes le mois dernier. Mais cette bonne nouvelle était hypothéquée par une mystérieuse très forte hausse de nombre des sorties de liste pour défaut d’actualisation (+40%).

Une partie de ce bond des radiations a pour origine un problème chez SFR. « SFR a indiqué avoir rencontré une grave défaillance dans l’acheminement d’une partie des messages de relance (SMS et messages vocaux) aux demandeurs d’emploi lors de la campagne d’actualisation du mois d’août », annoncent Pôle emploi et la Dares dans un communiqué.

Sans ce « bug », la baisse du nombre de demandeurs d’emploi aurait été moitié moins importante. « On peut estimer que le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie ABC aurait connu une diminution comprise entre 22 000 et 31 000. » « Pôle emploi déplore cet incident », poursuit le communiqué. « Il présente ses excuses aux demandeurs d’emploi concernés et s’assure que cet incident n’a pas de conséquences pour eux notamment quant à leur indemnisation. »

De son côté, SFR renvoie la balle à Pôle emploi en affirmant qu’il fournit bien une plateforme technique mais que la surveillance de celle-ci est de la responsabilité du client. « S’il y a un problème », explique l’opérateur au Monde, « c’est à eux de nous prévenir et nous le réparons tout de suite ». Or, selon SFR, Pôle emploi a bien signalé un dysfonctionnement mais seulement « en fin de semaine dernière ».

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 17:25

 

mediapart.fr

 

Le «M. Contravention» fait payer ses PV par l'administration

|  Par Stéphanie Fontaine

 


Le préfet Jean-Jacques Debacq, qui dirige l'usine à procès-verbaux issus des radars automatisés, pourfend régulièrement les fraudeurs de la route. Mediapart a découvert qu'il a fait payer par son administration les contraventions routières dont son véhicule de fonction a fait l'objet et échappe au retrait de point sur son permis de conduire.

 

Avis de contravention, certificats administratifs, bordereaux comptables… Les documents en possession de Mediapart sont sans appel : le haut fonctionnaire du ministère de l’intérieur qui dirige l'usine à procès-verbaux issus des radars automatisés – plus de 12 millions en 2012 – et des nouveaux PV électroniques (PVE) a tout l'air de se comporter comme ceux qu’il traque tous les jours.

 

Le préfet Jean-Jacques Debacq, directeur de l'Antai, au ministère de l'intérieur 
Le préfet Jean-Jacques Debacq, directeur de l'Antai, au ministère de l'intérieur© DR

Directeur de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (Antai), le préfet Jean-Jacques Debacq, dont le discours officiel stigmatise régulièrement les fraudeurs de la route, fait payer par son administration – c’est-à-dire par le Trésor public – les contraventions routières du dimanche dont son véhicule de fonction, une Peugeot 508, fait l'objet. Tout en parvenant à échapper au moindre retrait de point sur son permis de conduire.

Au total, c'est une douzaine de contraventions que l'on a pu retracer entre la fin 2010 et l’été 2013, soit près de 700 euros d'amendes. Mais rien ne dit, à ce jour, qu'il n'y en a pas eu d'autres.

La première infraction identifiée dans les certificats administratifs, signés de la main même du directeur de l'Antai et récupérés par Mediapart, fait ainsi état du stationnement gênant de “sa” Peugeot immatriculée BP-020-GK, qu'il est censé être le seul à conduire avec son chauffeur. Mais un chauffeur dont il ne dispose qu'en journée et en semaine, pas le soir ni le week-end. Or, la contravention dont il est question a été dressée le 31 octobre 2010, c’est-à-dire un dimanche. Comme bien d'autres.

 

  

« Dans le cadre des activités de l'Antai, ce véhicule a fait l'objet d'une infraction », écrit ainsi M. Debacq dans ce certificat. « Le conducteur du véhicule n'est pas identifié », se sent-il obligé d’ajouter dans d'autres, en particulier quand il s'agit d'une infraction relevée par un radar automatique. Pourquoi ? Pour éviter la perte de point(s) encourue… Des écrits qui écornent l'image tant vendue par nos autorités pour décrire le contrôle automatisé comme un système juste, équitable, sans passe-droit.

En septembre 2011, devant les membres d’une mission parlementaire, Jean-Jacques Debacq n'avait pourtant pas hésité à défendre vigoureusement le principe de la sanction : « Si vous me demandez s’il faut retirer un point pour les petits excès de vitesse, ma réponse est un “oui” ferme, car c’est là la vraie sanction, qui vaut pour tous. » Pas vraiment, apparemment.

Encore plus sévère face aux resquilleurs, le préfet Debacq déclarait le 2 juillet dernier à l’occasion des rencontres des Acteurs publics (RAP), rendez-vous annuel des décideurs de la fonction publique : « Dans la fraude, il y a la fraude dans la fraude (…). L'infraction routière est déjà une fraude d'une certaine manière, mais il y a celui qui non seulement est pris mais veut essayer d'échapper à la sanction. »

« Très sincèrement, je ne sais plus du tout où j'étais »

Ces propos intransigeants ne l'ont pas empêché d'établir un nouveau certificat administratif quelques jours plus tard, pour le règlement d'un excès de vitesse commis le 14 juillet. Jour de fête nationale, de toute façon férié, mais qui – pour la petite histoire – tombait également un dimanche cette année. « Très sincèrement, je ne sais plus du tout où j'étais (…). À mon avis, je n'étais pas là et devais être en province »,explique aujourd’hui le préfet. N'était-ce pas du côté de la Normandie ? Selon le relevé du télépéage attribué notamment à son véhicule de fonction, il y a bien eu un responsable de l'Antai qui se trouvait par là…

Comme pour cette infraction, près de la moitié des contraventions que Mediapart a pu retracer dans les documents récupérés, proviennent du contrôle de vitesse automatisé. En clair, comme il n'y a eu aucune interpellation, il est donc assez simple de nier avoir été au volant.

Le reste correspond à des PV relatifs à du stationnement irrégulier. Il s'agit d'ailleurs surtout de PVe, dont la particularité est d'être envoyés à l'adresse correspondant au propriétaire sur le certificat d'immatriculation – et non plus laissés sur le pare-brise sur le lieu de l'infraction. Autrement dit, les PV de Monsieur Debacq arrivent directement au siège de l'Antai.

 

Radars routiers, à Nice.  
Radars routiers, à Nice. © Reuters

Et toutes les amendes sont payées avec… l’argent de l’État, comme le montrent les documents en notre possession. Toutes celles dont il est question ici ont en effet été réglées par mandats administratifs. « Heureusement que je ne paie pas tous les frais de l'Antai ! » a vivement réagi Monsieur Debacq, sans nier le fait qu'il lui arrive ainsi de signer des certificats administratifs pour « protéger la personne qui conduisait à ce moment-là ».

Des agissements, en tout cas, qui ne peuvent pas être ignorés par les autres responsables de l'Antai, au premier desquels l'agent comptable. Détournement de biens publics ou abus de confiance ? Certains s’interrogent aujourd’hui en interne.

De fait, comme l’explique Caroline Tichit, avocate spécialisée dans le droit routier, ce type de pratique pose de gros problèmes de légalité : « Selon l'article L121-3 du code de la route, lorsqu'une personne morale – comme l'Antai par exemple – est titulaire du certificat d'immatriculation d'un véhicule flashé par un radar automatique, et que le conducteur n'est donc pas identifié, c'est bien à son représentant légal qu'il incombe de payer l'amende. » « D'ailleurs pour les véhicules de société, c'est pareil, sans dénonciation d'un conducteur particulier, c'est au chef d'entreprise de régler ! » précise-t-elle.

Ce que Jean-Jacques Debacq réfute en bloc. Selon lui, il n'avait « aucune obligation de payer ». On peut d'ailleurs se demander si au sein de l'administration, il est bien le seul à procéder ainsi. Certes, son cas est d'autant plus cocasse qu'il symbolise l'arroseur arrosé. Mais la question mérite d'être posée. Et il ne serait pas si compliqué d'y répondre pour nos autorités, si elles se donnaient la peine de chercher. Il suffirait en effet de voir combien de contraventions ont été payées au Trésor public via des mandats administratifs, seul moyen de paiement d'un acteur public.

 

 

Lire aussi

Un fichier pour les contestataires de PV

Par La rédaction de Mediapart

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 17:10

 

 

mediapart.fr

La crise et le vote : après les élections municipales au Portugal

|  Par Philippe Riès

 

 

Du soulèvement de la jeunesse de mars 2011 à la victoire surprise, à Porto, de l'indépendant Rui Moreira aux municipales de dimanche, le Portugal cherche en tâtonnant une nouvelle expression politique. Mais la « partitocratie », comme ailleurs, résiste.

 

Bien avant les « Indignés » de la Puerta del Sol à Madrid, la jeunesse urbaine et souvent diplômée du Portugal, première victime, comme partout en Europe, d’une crise économique et sociale sans équivalent depuis les années trente du siècle dernier, avait fait éclater le cadre traditionnel de la protestation avec le mouvement « Geraçao à rasca ». Sans trouver la voie d’un débouché politique. La victoire surprise dimanche 29 septembre à Porto, deuxième ville du pays, d’un candidat véritablement indépendant, contre les machines politiques des partis du « bloc central », le PSD (centre droit) au « pouvoir » et le PS (centre gauche) dans « l’opposition », écrit une page nouvelle d’une histoire paradoxale, celle de la résistance des structures politiques traditionnelles aux bouleversements systémiques révélés par la crise.

« Pouvoir » et « opposition » bien relatifs, ce qui justifie ces guillemets, puisque le gouvernement de coalition du PSD-CDS de Pedro Passos Coelho est essentiellement voué depuis sa naissance au printemps 2011 à la mise en œuvre du mémorandum signé par le gouvernement « socialiste » sortant de José Socrates avec les bailleurs de fonds internationaux du pays. La troïka UE-FMI-BCE était d’ailleurs de nouveau à Lisbonne pour ce week-end électoral, à la veille d’une nouvelle évaluation conditionnant le déboursement des dernières tranches du programme d’appui financier de 78 milliards d’euros qui prend fin en avril 2014.

 

Rui Moreira, vainqueur à Porto  
Rui Moreira, vainqueur à Porto © DR

 « Si les partis n’ont pas compris ce qui s’est passé ici aujourd’hui, alors c’est qu’ils n’ont rien compris », a lancé dans son allocution victorieuse Rui Moreira, un novice en politique venu de la société civile, qui a écrasé le favori des sondages, de l’establishment politique et des commentateurs lisboètes avertis, le « dinosaure » du PSD Luis Felipe Menezes, qui voulait traverser le Douro pour prolonger à Porto un règne ruineux à Vila Nova de Gaia. Tout aussi notable a été l’incapacité du candidat du PS à exploiter ce qui pouvait apparaître comme une simple division de la « droite », le maire sortant PSD Rui Rio ayant joué un rôle important dans la défaite de son ennemi (et néanmoins camarade de parti) Menezes.

Tout aussi intéressant est le fait que le triomphe de Rui Moreira, président de la plutôt poussiéreuse Association commerciale de Porto, ne soit pas celui de la démagogie et du populisme, au contraire de l’apanage du candidat « officiel » Menezes qui, après avoir placé Gaia au bord de la faillite (deuxième dette municipale du pays), avait fait exploser à Porto le plafond légal des dépenses électorales, promettant la lune aux quartiers déshérités et étant même accusé d’achat de votes, comme un Serge Dassault au petit pied. « Nous avons toujours dit que nous n’étions pas contre les partis mais que les partis ne se comportaient pas bien, et cette élection est un signal clair donné par Porto que l’on peut faire autrement et que les partis doivent être différents », a insisté Moreira. 

Discours qui, remarquablement, trouvait un écho dans les propos de l’autre triomphateur de la soirée, le maire de Lisbonne Antonio Costa, réélu pour un troisième (et dernier mandat), avec, pour la première fois, plus de 50 % des suffrages accordés par les électeurs à sa « majorité plurielle » autour du PS, aussi bien pour l’exécutif (camara) que l’assemblée municipale, le parlement des communes. Et arrivant en tête dans les 24 « freguesias » de la capitale. Il faut rappeler que pour ces élections municipales l’électeur portugais devait mettre trois bulletins dans l’urne, pour l’équipe dirigeante du « conseil » (municipalité), l’assemblée et les mairies de quartier, avec un mode de scrutin proportionnel.  Antonio Costa, qui avait refusé en 2012 de se lancer dans la course à la présidence du PS, laissant la place au très falot José Antonio Seguro, a invité les partis à « réfléchir », sur la base des résultats, « à leur ouverture à la société, aux mouvements, aux citoyens ».

Au-delà de la poussée, à Porto et ailleurs, des nombreuses listes indépendantes, qui dépassent les 6 % à l’échelon national (mais certaines ne sont que des dissidentes de partis établis), ces élections municipales auront vu un renouvellement sans précédent de la classe politique locale, la moitié des 308 conseils et des 3 091 mairies de quartier devant changer de tête. Renouvellement aidé par deux changements institutionnels : la loi prohibant plus de trois mandats locaux consécutifs et une réforme administrative réduisant d’un petit millier le nombre de « freguesias ». À Porto, Menezes était le plus emblématique de ces « dinosaures » qui tentaient de contourner la loi en se présentant dans une commune voisine, et dont une poignée a d’ailleurs réussi son coup, avec la complicité des ineffables juges du Tribunal constitutionnel. Dans la grande majorité des cas, les électeurs ont sagement désavoué les juges.

Le retour de l'Alentejo « rouge »"

À l’inévitable question de l’interprétation nationale de résultats locaux, le premier ministre Pedro Passos Coehlo, avec le masochisme ou la candeur voltairienne qui le caractérise, avait admis par avance une « lecture nationale » de ces élections. Et tout fait pour se tirer une balle dans le pied, en mettant lui-même sur la place publique des repoussoirs électoraux, comme de nouvelles coupes sur les pensions des retraités ou la perspective d’un deuxième plan de secours international dans le cas, pas du tout exclu, où le Portugal ne réussirait pas l’indispensable retour sur les marchés financiers d’ici au printemps prochain.

Dimanche soir, il a reconnu sans barguigner la défaite du PSD, ce qui allait de soi, mais aussi félicité pour sa victoire le Parti socialiste, ce qui est beaucoup plus discutable. N’en déplaise aux simplificateurs primaires, notamment parisiens, le Portugal n’est pas la Grèce, ce qui s’est vérifié une nouvelle fois dans les urnes. Ni même la France. Pas de poussée populiste, nationaliste ou xénophobe. Une sanction sévère mais pas d’effondrement pour la coalition au pouvoir.

Par rapport aux élections municipales de 2009, le PS n’enregistre aucune progression en nombre de voix, en dépit de la contribution décisive d’Antonio Costa à Lisbonne. Il gagne le plus grand nombre de conseils et va reprendre au PSD, pour ce que cela vaut, la présidence de l’assemblée nationale des municipalités. Il remporte Gaia, où il peut dire merci à l’héritage calamiteux du « dinosaure » Menezes, Sintra (deuxième conseil du pays en nombre d’électeurs) d’un souffle et Coimbra. Mais il subit aussi quelques échecs significatifs. Outre le ratage de Porto, les candidats du PSD, en dépit du handicap « national », sont parvenus à mettre fin à des dizaines d’années de règne socialiste dans des capitales de district au nord du pays comme Guarda et Braga. Et au sud, le grand retour de l’Alentejo rouge se fait au détriment des socialistes. 

Organisation frontiste du Parti communiste portugais (avec une pincée d’écologistes), la CDU arrache au PS, grâce d’ailleurs à des « dinosaures » venus de Serpa et Montemor, deux capitales de district, Béja et Evora. Et reconquiert quelques bastions historiques, dont la glorieuse Grandola. Plus significative encore, la victoire sans appel des communistes à Loures, banlieue ingrate du nord de Lisbonne, où la liste socialiste perd la moitié de son pourcentage (60 %) de 2009. Dans ces conditions, parler, comme Antonio José Seguro, d’un « renouveau de confiance » du peuple portugais dans le Parti socialiste est aller très vite en besogne. « Inseguro Seguro » (fragile Seguro) plaisantait d’ailleurs un commentateur en estimant que Antonio Costa ne ferait le moment venu qu’une bouchée du « leader » du PS, à moins que le maire de Lisbonne ne s’en tienne aux visées plus lointaines qu’on lui prête sur la présidence de la République.

Nier le poids de l'équation personnelle dans des élections locales est aussi vain que d’en refuser toute « lecture nationale ». À Oeiras (lire ici), ce mélange de Neuilly et Levallois au bord du Tage, le véritable vainqueur des élections municipales est…derrière les barreaux. La clientèle locale d’Isaltino Morais, finalement embastillé au terme d’un inénarrable feuilleton judicaire, a accordé une courte avance à son homme de paille et adjoint dans l’équipe sortante Paulo Vistas, tête d’affiche du mouvement indépendant « Isaltino Oeiras Mais A Frente ». Des partisans de l’ancien maire sont allés faire la fête sous les murs de la prison de Carregueira où il se morfond, privé de ses cigares cubains favoris, depuis le 24 avril dernier. De la même manière, la déroute du PSD (perte de 7 conseils sur 11, dont la capitale Funchal) dans la région autonome de l’île de Madère est avant tout l’échec personnel du caudillo local, Alberto Joao Jardim, dont l’autoritarisme brouillon, dispendieux et populiste s’est enfin heurté à un front uni de toutes les autres formations politiques et de candidats indépendants.

À court terme, l’impact de ces élections municipales sur le fonctionnement gouvernemental sera négligeable. Pedro Passos Coelho a récusé toute idée de démission et même de changement d’orientation de la coalition PSD-CDS et il peut compter sur l’appui du président de la République Anibal Cavaco Silva (investi du pouvoir constitutionnel de révoquer le gouvernement) qui a écarté la question d’un haussement des épaules. D’autant que le CDS de Paulo Portas sort plutôt renforcé du vote de dimanche, ayant mis fin à un long déclin dans les scrutins locaux et à sa « solitude municipale » en passant de un à cinq (petits) conseils. À moyen et long terme, la question cruciale de la « politique autrement » reste posée, au Portugal comme ailleurs dans les vieilles démocraties européennes.

L’agenda politique national et gouvernemental lisboète continuera à être dominé par l’achèvement du programme d’ajustement inscrit dans le mémorandum négocié en 2011 avec le « bloc central », PSD-CDS et PS. Sous la menace, en cas d’échec, d’un second plan de secours, que certaines sources évaluent déjà à quelque 50 milliards d’euros sur trois ans (jusqu’en 2017) et dont la « conditionnalité » pourrait être encore plus dure concernant la réforme structurelle de l’État que l’équipe actuelle n’a fait qu’entamer. Dans l’immédiat, ce qui est important, comme le faisait remarquer le directeur adjoint du quotidien Publico Miguel Gaspar, est de savoir « pour qui a voté la troïka, pour qui voteront les marchés ».

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Portugal
commenter cet article
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 16:26

 

rue89.com

 

Lettre ouverte 29/09/2013 à 12h32

Roms : lettre ouverte à Manuel Valls d’une ex-Roumaine devenue française

 

 

Notre riveraine Raluca, née en Roumanie, écrit au ministre de l’Intérieur qui, à force de confusions sur les Roms, lui porte « un réel préjudice au quotidien ».

Monsieur le ministre,

Vous avez déclaré, le 24 septembre, souhaiter dire la vérité aux Français sur les Roms. Votre constat du clivage réel entre le mode de vie des Roms et les attentes, voire les souhaits des citoyens sédentaires de France à leur égard, m’a semblé lucide et pertinent.

Il n’en est pas moins que j’ai été profondément choquée par la teneur de vos propos portant sur la solution que vous envisagiez apporter à ce problème précis, auquel la société et les autorités françaises sont confrontées.

Je doute, qui plus est, que la solution préconisée par vous soit réaliste ou favorable à la France sur le plan européen... ni qu’elle puisse être réellement appliquée, et encore moins suivie des effets escomptés, en l’occurrence la résolution du problème.

Est-ce donc là le discours de vérité annoncé par un membre du gouvernement, ministre de l’Intérieur ? Ou s’agit-il d’un message marketing et d’un nouveau positionnement du politicien Manuel Valls ?

 


Manuel Valls au ministère de l’Intérieur le 25 septembre 2013 (LCHAM/SIPA)

                                                                                                                                                                                                                             1 Le constat

 

En effet, vous avez déclaré que :

« Ces populations [roms, ndlr] ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres [...]. C’est illusoire de penser qu’on réglera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion. »

C’est loin d’être faux, en effet. Les Roms s’affirment comme étant des nomades, des itinérants, toute une population (et un peuple à part entière), se plaçant résolument en marge d’un système reposant sur la sédentarité et s’adressant aux sédentaires.

Les Roumains, les Bulgares, les Grecs, les Hongrois, les Croates le savent bien, et depuis fort longtemps, ayant été confrontés à diverses difficultés de cohabitation avec les Roms sur leurs territoires.

Renouer avec l’histoire des Roms en France

Tout comme les Français, les Espagnols, et tant d’autres pays de l’Europe. Vous-même n’êtes pas sans savoir que, présente en Espagne depuis le XVe siècle, la communauté rom – qui est là-bas la plus grande en Europe occidentale avec 650 000 à 800 000 membres – affirme régulièrement (par le biais de ses porte-parole) n’avoir jamais pu trouver sa place dans la société ibérique.

Sous Franco, le code civil espagnol allait jusqu’à faire des Gitans des suspects potentiels. Relevons au passage que même les pires régimes totalitaires de l’Est européen, tout comme celui de Vichy en France ou celui de Franco en Espagne, n’ont pas été en mesure – malgré toutes les terribles et
regrettables dérives inhumaines pratiquées alors – d’intégrer les populations rom dans la société sédentaire.

Dois-je vous rappeler, monsieur Valls, le site du camp de concentration de Montreuil-Bellay, par exemple ?

De 1941 à 1945, la France vichyste a transformé ce lieu parmi d’autres en un camp pour « individus sans domicile fixe, nomades et forains, ayant le type romani » (des « romanichels au teint tanné » à sédentariser par la force). Ils étaient gitans, roms et tsiganes, nous apprend-on. Et pas « roumains » ou « bulgares ».

En 2010, les ruines de ce camp ont été déclarées « site protégé » par les autorités françaises, afin d’empêcher leur disparition et d’en faire un lieu de mémoire.

Pourquoi ne pas s’y rendre, monsieur Valls, afin de montrer publiquement une volonté préalable de renouer avec l’histoire des Roms en France, y compris en ses heures les plus sombres et les plus éprouvantes ?

Pas d’argent européen pour eux

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Parlant « insertion des Roms en France » et fonds européens et français afférents, pourquoi ne pas préciser aussi clairement que possible aux Français, monsieur le ministre, que la France a perçu une enveloppe de crédits européens de 14,3 milliards d’euros de la part du Fonds européen de développement régional (Feder) et du Fonds social européen (FSE) pour l’ensemble de la période 2007-2013, soit plus que la Roumanie et la Bulgarie réunies ? (Chiffres extraits du rapport téléchargeable ci-contre de la Cour des comptes intitulé « L’Utilisation des crédits du Fonds social européen : des améliorations mais toujours une grande dispersion des actions ».)

Il n’en est pas moins que chaque pays décide, au sein de cette enveloppe globale de crédits, de la part qu’il consacre au FSE. Dans le cas de la France, cette part représente 5,4 milliards d’euros, au lieu de 7 milliards d’euros pour la programmation précédente.

Contrairement à d’autres pays, comme l’Espagne ou la Roumanie, la France n’a pas souhaité, qui plus est, attribuer des fonds spécifiquement aux Roms au sein de cette enveloppe. En revanche, l’un des « axes » du programme prévoyant la répartition du FSE en France est explicitement consacré à la lutte contre la discrimination, afin de favoriser l’inclusion et la cohésion sociale.

Au total, la France consacre 39% du FSE à cette priorité. « A titre de comparaison, selon les données fournies par la Commission, le Royaume-Uni en consacre 23%, l’Allemagne 20%, l’Italie 9% et l’Espagne 7% », peut-on lire dans le document de la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) cité plus haut.

Pourtant, au vu des actions entreprises, pratiquement rien n’a été consacré par la France aux Roms sur ces fonds.

« Pas porteur politiquement », n’est-ce pas M. le ministre ?

Selon Morgan Garo, docteure en géopolitique et auteure de l’ouvrage « Les Roms, une nation en devenir ? » (éd. Syllepse, avril 2009), la faible utilisation des fonds européens en faveur des Roms en France s’explique par l’obligation d’identifier et de cofinancer les projets. Elle juge :

« Qui va cofinancer des projets destinés aux Roms ? Ce n’est pas porteur
politiquement. »

Se trompe-t-elle, monsieur le ministre ?

En foi de ces quelques chiffres et précisions, je vous serais réellement reconnaissante de veiller, monsieur le ministre, à ce que plus aucun membre des équipes du gouvernement ne s’autorise à affirmer aux Français que la Roumanie et la Bulgarie ont perçu « les » fonds européens pour l’intégration des Roms, et pas la France.

Ce serait une mystification tout à fait condamnable de l’électorat français, à l’opposé du vœu de vérité exprimé publiquement par vous sur ce dossier.

                                                                                                                                                                                                                             2 Votre solution

 

Vous avez aussi affirmé qu’« il n’y a pas d’autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire [ces populations, ndlr] à la frontière », car « les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ».

La solution selon vous serait donc de les « déporter » massivement en déportant le problème et la charge de sa résolution ? Puis, les envoyer dans ces deux pays : pour combien de temps ? N’oublions pas que les Roms ne sont pas juste des « Roumains », ou des « Bulgares », mais un peuple européen
multiforme, pratiquant le nomadisme.

Présenter une telle solution aux Français, c’est les induire en erreur, les leurrer.

Leur vocation est le nomadisme

La vocation des Roms, pour reprendre votre propos, n’est pas de « revenir en tel ou tel pays ». Leur vocation est le nomadisme. Pas une sédentarisation forcée, d’avance vouée à l’échec – voire hautement condamnable – que ce soit en Roumanie, en Bulgarie, ou ailleurs.

Ces populations, ne l’oublions pas, avaient la possibilité de pratiquer une vie itinérante en franchissant les frontières (et elles étaient présentes sur le sol français) bien avant que certains pays de l’Est ne fassent partie de la CE.

Même Nicolae Ceausescu et ses sbires de sinistre mémoire n’ont pas été en mesure de les sédentariser durablement. Comment croire ne fut-ce qu’un moment qu’une fois renvoyés en Roumanie et en Bulgarie, les Roms deviendraient sédentaires et ne retourneraient pas aussitôt en France et ailleurs ?

Comment imaginer que la Roumanie d’après la chute du Mur pourrait et souhaiterait contraindre ces populations à un travail forcé et à une assignation à domicile ?

Un seul nom pour tous les Roms

Rappelons-nous aussi que les Roms s’appellent ainsi depuis peu (depuis le Congrès de l’Union rom internationale, qui s’est tenu à Londres en 1971, et qui a adopté le terme « Rom » pour désigner « toutes les populations du peuple rom »).

Avant, ils s’appelaient tsiganes, gitans, manouches... Un peuple multiculturel donc – sans pays et sans attache, sinon l’attachement au nomadisme, à
l’itinérance. Telles sont les revendications et telle est l’identité des Roms en Europe.

Et les Roms dans leur ensemble, fédérés depuis 1971, ont été entendus par la Commission européenne, pour laquelle dorénavant (je cite) :

« Le terme “Roms” fait référence à divers groupes d’individus qui se décrivent eux-mêmes comme roms, gitans, gens du voyage, manouches, ashkalis, sintis, etc. […]

En Europe, la population rom totalise entre 10 à 12 millions de membres, dont 6 millions au sein de l’UE. Les Roms représentent aujourd’hui la plus importante minorité ethnique de notre continent. La plupart des Roms sont citoyens de l’UE. »

Pourtant, cela fait un certain temps que nos décideurs politiques français, en usant de divers artifices et subterfuges, s’emploient à catégoriser le peuple rom présent sur le territoire français selon des critères d’origine, dans l’unique optique d’externaliser le « problème » afin de ne pas avoir à s’impliquer dans sa résolution.

Triangle tricolore pour nos « Roms de souche »

Pour nous en convaincre, penchons-nous sur un rapport rendu au Sénat par Michel Billout le 6 décembre 2012. Ce rapport est intitulé « L’Intégration des
Roms : un défi pour l’Union européenne et ses Etats membres ». Vous l’avez sans doute parcouru, monsieur le ministre.

D’emblée nous sommes avertis (je cite un extrait du préambule) :

« La question des gens du voyage français, en tant que tels, n’est pas abordée. En effet, même s’il s’agit de l’approche retenue tant par la Conseil de l’Europe que par la Commission européenne [et par les représentants des Roms, ndlr], la confusion ainsi entretenue entre ces deux catégories de populations paraît préjudiciable. […] les Gens du voyage sont, pour la plupart, des nationaux, tandis que les Roms sont, bien souvent, des migrants ; les deux groupes ne partagent pas toujours le même mode de vie, le nomadisme étant principalement l’apanage des gens du voyage. »

Ne préconiserait-t-on pas là, en quelque sorte, d’attribuer :

  • d’un côté, un semblant de triangle tricolore – réservé aux « nomades » français non externalisables, mais ayant été soumis toutefois à l’obligation de produire un carnet de circulation des gens du voyage abrogé fin 2012 car anticonstitutionnel, et un livret de circulation des gens du voyage demeuré obligatoire et toujours en vigueur ;
  • de l’autre côté, l’équivalent d’un triangle marron – réservé aux « migrants », aux expulsables, aux délocalisables… bref, à ceux qui n’auraient pas… quoi ? Le droit du sol pour eux ? L’origine ? Ou, peut-être, plus pragmatiquement, les moyens d’acquérir des caravanes et des voitures leur permettant de pratiquer le nomadisme tel que défini par Michel Billout, bien proche de la gravure d’Epinal ?

L’intégration des Roms présents sur le sol national serait donc, au vu de ce rapport, comme au vu de votre récente déclaration, un défi pour l’Union européenne et ses Etats membres… sauf pour la France, qui n’aurait à traiter qu’avec ses « Roms de souche », monsieur le ministre ?

Encore une fois, « Rom » est un terme désignant un peuple qui ne vient pas juste de Roumanie et de Bulgarie, monsieur le ministre, vous le savez fort bien, vous qui êtes né espagnol, avez grandi à Barcelone, et avez vraisemblablement du entendre parler du « Vacie de Séville », connu comme le plus grand et plus ancien bidonville rom de l’Europe.

Les Roms sont des gens nés en France, en Espagne, en Bulgarie, en Roumanie et dans tant d’autres pays. Souvent plusieurs pays pour la même famille rom, d’ailleurs.

Devrait-on aussi, prochainement, accepter la pratique du « découpage familial », monsieur le ministre, pour mieux renvoyer les Roms au bon « expéditeur » à travers l’Europe ?

Renvoyer les « intouchables » au Pendjab ?

En raisonnant par l’absurde, pourquoi ne pas les envoyer plus loin encore ? Européens depuis près de mille ans déjà, les Roms sont arrivés en Europe en migrant du nord de l’Inde (de la région du Sindh, couvrant une partie de l’actuel Pendjab pakistanais et indien), sans doute pour fuir la société brahmanique qui les rejetait comme « intouchables ».

Devrons-nous nous sentir une forte inclinaison brahmanique, monsieur le ministre, pour tenter de nous réjouir en vous entendant déclarer que les Roms migrants sont une fois encore à ranger dans la catégorie des « intouchables » et des « indésirables » ?

Devrons-nous peut-être, un jour, accepter la proposition de les renvoyer au Pendjab, en foi de leurs origines géographiques et ethniques supposées ?

Ce qui est certain, c’est qu’aucun Etat de droit ne devrait autoriser les Roms présents sur son territoire à briser les lois en vigueur. Et c’est à vous, monsieur le ministre de l’Intérieur, de vous assurer que la loi soit constamment et en tous points connue et respectée par ces populations sur le territoire de la France.

Cela réduirait rapidement et de manière appréciable le clivage manifeste et
croissant entre sédentaires et Roms sur le territoire français.

Vous me portez un réel préjudice au quotidien

Il est aussi un autre problème que je souhaite vous exposer, monsieur le ministre. Je suis française née en Roumanie et je suis totalement intégrée en France, qui est mon seul pays. Je ne suis pas rom, pas plus que la grande majorité des Français d’origine roumaine, ou la très grande majorité de la
population de la Roumanie. En Roumanie, les Roms sont une minorité, comme en France.

En entretenant sciemment, vous aussi, une confusion voulue entre Roms d’un côté, et Roumains et Français d’origine roumaine de l’autre, au point de semer le trouble dans l’esprit des Français, vous me portez un réel préjudice au quotidien.

Tout comme vous portez préjudice à l’ensemble des Roms dont je ne fais pas partie – et qui peuvent prétendre à des solutions adaptées à leur situation, à
leurs souhaits et à leurs aspirations.

Pour paraphraser le rapport au Sénat déjà cité, « la confusion ainsi entretenue entre ces deux catégories de populations paraît préjudiciable ». Et je ne peux que vous tenir coresponsable de cette situation dorénavant.

J’aurais, enfin, deux questions plus personnelles à vous soumettre, monsieur le ministre :

  • expulserez-vous prochainement les Roms d’Espagne présents sur le territoire français, s’ils ne s’intègrent pas ou ne s’adaptent pas très rapidement ?
  • Que ressentirez-vous, vous qui êtes mi-espagnol et mi-suisse, né à Barcelone et naturalisé français à l’âge de 20 ans, si l’on se mettait à confondre sciemment, tant dans la presse que dans les discours des personnalités politiques et des membres du gouvernement, les Espagnols et les Français d’origine espagnole avec les Roms d’Espagne, autrefois appelés gitans ? Réaliserez-vous alors, tout comme moi maintenant, que « la confusion ainsi entretenue entre ces deux catégories de populations paraît préjudiciable », tant dans vos rapports sociaux que professionnels ?

Dans l’attente de vos réponses, je vous prie d’agréer, monsieur le ministre, l’expression de mes salutations les plus sincères.

MERCI RIVERAINS ! Enki
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 16:04

 

rue89.com

 

Billet d’humeur 28/09/2013 à 17h49

Sauver la planète ou travailler le dimanche : faux dilemme, vraie crise

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

Soyez honnêtes, avez-vous vraiment lu les articles à propos du dernier rapport des experts scientifiques du Giec sur les changements climatiques ? Avez-vous regardé d’un œil autrement que distrait les reportages télé qui, vendredi soir, nous annonçaient que Bordeaux et La Rochelle seraient sous les eaux dans un délai dans lequel nous serons sans doute tous morts (surtout moi) ?

Je ne rejoins pas, en posant ces questions perfides, les rangs des climatosceptiques qui contestent la validité du travail colossal du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Je respecte leur travail et partage globalement leur verdict rendant l’humain coupable de la dégradation de notre environnement.

Ce que je veux dire, c’est que ces données chiffrées, ces prédictions apocalyptiques scientifiques, tombent à plat à un moment de crise dans lequel l’horizon immédiat est suffisamment bouché pour qu’on n’ait la possibilité de réfléchir à l’horizon lointain.

« Il faut sauver la planète »

En écoutant, là aussi d’une oreille distraite, Clémentine Autain, vendredi soir à « Ce soir ou jamais » sur France 2, parler de la nécessité de « sauver la planète » dans un débat de sourds sur le travail le dimanche à Bricorama, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que c’était devenu un cliché inaudible.

 


Une fleur cassée et « réparée » (Arne Hendricks/Flickr/CC)

 

Oui, la planète a besoin d’être sauvée, mais, pour ça, il faut arriver à réconcilier :

  • la sortie du marasme mental dans lequel nous nous débattons actuellement ;
  • le retour d’un espoir de vie sinon meilleure au moins d’une vie tout court pour tous ceux qui se sentent perdre pied dans la société actuelle ;
  • avec les perspectives à plus long terme visant à protéger notre environnement.

La grande faillite intellectuelle des écologistes, c’est de ne pas avoir réussi à faire cette synthèse de manière convaincante, qui aurait non seulement justifié leur raison d’être dans le champ politique, mais aussi modifié le rapport de forces entre une gauche classique obstinément productiviste et les nouveaux acteurs issus de la société civile.

Ils n’y sont pas parvenus, sans doute parce que la tâche est colossale, mais aussi parce que les logiques politiciennes les ont court-circuités, en France encore plus qu’ailleurs.

L’échec de l’écologie politique

Cet échec de l’écologie politique n’est peut-être que temporaire, mais il repose sur un paradoxe. Jamais, la conscience de la nécessité d’une réponse « verte » aux problèmes de notre société n’a été autant partagée par les citoyens... tout en s’éloignant des préoccupations politiques de l’heure. C’était le cas sous Nicolas Sarkozy avec son « ça commence à bien faire » à propos de l’écologie ; c’est dit plus élégamment sous François Hollande.

 


Fiscalité verte sur le site du Ministère de l’écologie (capture d’écran)

 

Dans l’actualité récente, la formule qui résume cette contradiction est celle de « fiscalité verte »... L’inventeur de cette formule doit être grassement payé par Areva et Total réunis pour avoir réussi à rendre aussi antipathique l’action des écologistes. De quoi préférer polluer avec son diesel plutôt que de payer encore plus de taxes, même vertes !

Comment sortir de cette contradiction ? Faudra-t-il un nouveau Fukushima, nucléaire ou autre, pour retrouver les chemins de la prise de conscience et l’envie de passer à l’acte ? Ou au milieu de la morosité actuelle, sera-t-il possible de réunir suffisamment d’intelligence politique pour proposer autre chose ?

Peut-être n’est-ce pas dans le champ politique qu’il faut désormais agir pour « sauver la planète » ? Peut-être l’espoir repose-t-il dans d’autres organisations de la société, d’autres pratiques sociales et productives, sans attendre les lendemains qui sont censés chanter depuis longtemps ?

En attendant, la planète va mal. On n’avait pas besoin des experts du Giec pour le savoir, mais ça va mieux en le disant avec autorité. Connaître la maladie est nécessaire, mais pas suffisant, pour la guérir.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 15:45

 

 

mediapart.fr

Berlusconi lance l'Italie dans la crise et l'Europe avec

|  Par Martine Orange

 

 

Silvio Berlusconi a décidé de précipiter une crise politique, dans l’espoir d’échapper à une inéligibilité à vie. L’Italie risque de se retrouver aux mains de la spéculation financière. Et la zone euro avec.

 

 

Cela couvait depuis l’été. Après avoir brandi toutes les menaces, Silvio Berlusconi, soucieux de son seul intérêt, a décidé de passer aux actes : samedi 29 septembre, l’ancien premier ministre italien a obtenu la démission des cinq membres de son parti, le peuple de la Liberté, qui siégeaient au gouvernement. La fragile coalition gouvernementale, laborieusement mise en place au lendemain des élections législatives de février, qui avaient fait apparaître un paysage politique totalement décomposé, est à terre. Elle n’a pas duré cinq mois.

Le président du Conseil, Enrico Letta, dénonce un geste « fou et irresponsable », à la suite de l’annonce de cette démission. Le président de la République, Giorgio Napolitano, qui depuis le mileu de la semaine appelait tout le monde à la raison, a annoncé qu’il tiendrait dimanche, avec le gouvernement, une conférence d’urgence. Il a devant lui deux options : soit trouver les modalités pour former une nouvelle coalition gouvernementale, soit appeler à de nouvelles élections. Dans la semaine, il avait appelé le parti de Silvio Berlusconi à la raison, en soulignant que le pays ne pouvait se payer le luxe d’élections anticipées. « Nous avons besoin d'un parlement qui débatte et travaille et non qui soit dissous en permanence. Nous avons besoin de continuité », avait-il insisté.

Officiellement, la démission des ministres du parti de Silvio Berlusconi fait suite à un désaccord sur les choix gouvernementaux de maintenir la hausse de la TVA, qui doit passer de 21 % à 22 % au 1er octobre. Les ministres du parti de  Silvio Berlusconi, opposés à cette hausse, entendraient marquer leur désaccord avec le président du conseil, Enrico Letta, qui, vendredi lors du conseil des ministres, aurait remballé toutes les propositions alternatives – hausse des impôts sur l’essence, hausse de la taxe du logement – face au désaccord des membres du gouvernement.

Le gouvernement estime qu’il a besoin, compte tenu de la dérive du budget, d’un milliard d’euros de recettes supplémentaires s’il veut respecter son engagement de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB, comme il s’y est engagé auprès de la Commission européenne. Faute d’accord sur des mesures alternatives, il a donc décidé de maintenir sa mesure controversée de hausse de la TVA.

Alors que l’Italie s’enfonce dans la récession et a à nouveau révisé la baisse ses prévisions économiques – la chute de l’économie serait de plus de 1,7 % cette année au lieu de 1,3 % prévu –, le refus de toute mesure d’austérité, qui ne risque que d’aggraver la situation, pourrait solidement s’argumenter. Dans le cas particulier, Sivlio Berlusconi a exigé la démission des ministres de son parti par simple calcul personnel.

Depuis que la Cour de cassation a confirmé début août son inéligibilité, assortie d’une condamnation de douze mois d’assignation à résidence et de travaux d’intérêt général pour fraude fiscale, l’ancien premier ministre cherche par tous les moyens à échapper à sa condamnation. Après les déclarations du président de la République, rappelant que la justice italienne était indépendante et qu’il n’y aurait pas de grâce présidentielle, il a commencé à s’énerver. Début septembre, il est apparu à la télévision annonçant la renaissance de son parti, Forza Italia, tout en vouant aux gémonies la justice italienne.

La menace a été suspendue jusqu’aux élections allemandes. Silvio Berlusconi, ayant compris que le Sénat était prêt à confirmer, le 4 octobre, la sentence de la Cour de cassation et à approuver son inéligibilité à vie, est entré en manœuvre. Dès mercredi, les députés de son parti menaçaient de démissionner en bloc. Même si certains députés du parti déclaraient que la consigne relevait de l’appréciation individuelle – sous-entendu qu’ils n’étaient pas disposés à la suivre, l’Italie a suspendu son souffle. Le marché boursier a commencé à dévisser, tandis que les taux italiens ont légèrement monté. Rome était en apnée.

En déplacement à New York, le président du conseil Enrico Letta a multiplié les déclarations sur l’attitude irresponsable de Silvio Berlusconi, tandis que le président de la République appelait tout le monde à ses responsabilités. Doutant de l’attitude des députés de son parti, Sivlio Berlusconi a préféré précipiter la crise, en obtenant des cinq membres de son parti qui siègent au gouvernement – et que manifestement il tient bien – leur démission samedi.

Son calcul est basique : s’il n’y a plus de gouvernement, il faut appeler à des élections anticipées. Dès lors, le Sénat est dissous, il ne peut donc voter sa destitution et son inéligibilité à vie. Compte tenu des sondages, alors que son parti est au coude à coude avec le Cinque Stelle (le Mouvement 5 étoiles qui a refusé de participer à toute coalition gouvernementale), il a toutes les chances de se refaire, voire de redevenir président du Conseil.

C’est oublié que le jeu est un peu plus compliqué que cela. Dès lundi, l’Italie risque de se retrouver aux prises avec une spéculation financière, qui n’ayant jamais cru au replâtrage politique imposé par la commission européenne, est aux aguets. Alors que le pays est totalement anémié par une cure d’austérité voulue par l’Europe et asphyxié par un euro qui ne correspond absolument pas à la réalité de son économie, il se retrouve à la merci du haut brigandage financier. Par effet de contagion, toute la zone euro se retrouve à nouveau menacée.

Une solution de bricolage peut être trouvée. Mais elle risque de ne tromper personne. L’Europe, qui avait tenté de gagner du temps en imposant à Rome une solution bancale, se retrouve prise à son propre piège. La fausse accalmie décrétée le temps de la réélection d’Angela Merkel est bien achevée. Tous les problèmes politiques et économiques que les dirigeants européens ont repoussé depuis cinq ans de crise, se retrouvent devant nous.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Italie
commenter cet article
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:40

 

mediapart.fr

Frédéric Lordon : «Revenir aux monnaies nationales, pour refaire une monnaie commune»

|  Par La rédaction de Mediapart

 

Invité de notre émission «En direct de Mediapart», l'économiste Frédéric Lordon est revenu sur son dernier ouvrage : La Société des affects – Pour un structuralisme des passions.

 

 

 

Frédéric Lordon, qui vient de faire paraître La Société des affects – Pour un structuralisme des passions (Éditions du Seuil), était vendredi en direct de Mediapart. Joseph Confavreux l'a interrogé sur la passion en politique et en économie, mais aussi, à travers notamment la question d'une éventuelle sortie de l'Euro et d'un détour par les monnaies nationales, sur les mésusages de l'Europe et un possible recours à la notion de Nation, qui soit à la fois irrécupérable par l'extrême droite et susceptible de réouvrir des possibilités démocratiques.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:27

 

 

mediapart.fr

Au Maroc, manifestations contre l'incarcération d'un journaliste

|  Par Ilhem Rachidi

 


Pour avoir fait un lien renvoyant à une vidéo d’Al Qaïda menaçant le Maroc, le journaliste Ali Anouzla, du site indépendant Lakome, est incarcéré pour « incitation au terrorisme ». Il risque jusqu'à 20 ans de prison. Correspondance au Maroc.

 

 Rabat, Maroc, correspondance

« Anouzla est journaliste, pas terroriste ! », « Pourquoi ils t’ont arrêté, Ali ? Parce que tu dis la vérité ! », « Tous solidaires avec Ali Anouzla ! » Ils étaient plusieurs centaines à être venus ce jeudi devant le parlement marocain dénoncer l’inculpation du journaliste Ali Anouzla pour « incitation au terrorisme ». Connu pour ses éditoriaux critiques envers le pouvoir, le directeur de la version arabophone du journal électronique indépendant Lakome est poursuivi pour avoir publié un lien renvoyant à une vidéo d’Al Qaïda menaçant le Maroc.

Manifestation en faveur de journaliste Anouzla à Rabat  
Manifestation en faveur de journaliste Anouzla à Rabat © IR

Avocats, journalistes, acteurs associatifs, artistes et quelques personnalités politiques se sont réunis à Rabat pour appeler à sa libération et à l’abandon des charges qui pèsent contre lui. À Tanger aussi, une manifestation a rassemblé quelques dizaines de personnes. Pour la militante du Mouvement du 20 Février et de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) Kamilia Raouyane, « le pouvoir essaie de se venger de lui en lui collant une affaire de terrorisme ».

Mardi soir, après une garde à vue d’une semaine, Anouzla était présenté devant un juge d’instruction et poursuivi pour apologie du terrorisme, incitation au terrorisme et assistance matérielle. Il a ensuite été transféré à la prison de Salé, où sont généralement détenus les prisonniers condamnés pour terrorisme. Il est poursuivi en vertu de la loi antiterroriste de 2003 et, d'après son avocat, risque jusqu’à 20 ans de prison.

Dans un article évoquant une menace terroriste contre le Maroc, Anouzla a partagé le lien d’une vidéo d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) qui appelait au Jihad – tout en précisant qu’il s’agissait de propagande – disponible sur un blog du journal espagnol El País, et retirée depuis. La version francophone du site Lakome a publié cette vidéo, mais son directeur, Aboubakr Jamaï, n’a pour l’instant pas été inquiété. Contacté par téléphone le lendemain de l’annonce des poursuites, Aboubakr Jamaï se disait « abasourdi »  par les chefs d’accusation retenus contre son confrère.

Selon l’avocat d’Anouzla, Me Abderrahim Jamaï, le fait que son client soit accusé selon la loi antiterroriste est « scandaleux » et « aberrant ». « C’est un procès d’opinion. Quand on fait un procès à un journaliste, c'est la liberté d’expression qui est menacée, affirme-t-il. Il s’agit de quelqu’un qui n’a commis aucun acte matériel. Quand on cherche coté matériel, on trouve un site électronique, des analyses. »

Depuis l’inculpation d’Anouzla, la mobilisation s’est nettement intensifiée. Ce samedi, des sites d’information électroniques (Lakome bien sûr et aussi Yabiladi, Mamfakinch, Onorient, Telquel), ainsi que des blogueurs connus (Larbi.org, docteurho.com, mounirbensalah.org, excepmag.com, mdd.ma, sniper.ma, transportmaroc.wordpress.com, carnetdebeur.com, mcherifi.org, thesanae.com) ont lancé une opération blackout Internet. Elle a été aussi suivie sur Facebook et Twitter.

Vendredi 27 septembre, 56 journalistes marocains établis à l’étranger ont entamé une grève de la faim. Sur les réseaux sociaux, des journalistes du monde entier ont publié leur photo appelant à sa libération. De nouveaux rassemblements sont aussi prévus à l’étranger, à Montréal ce samedi, et à Lille le 1er octobre.

Un signal contre la presse libre

 

Le journaliste Ali Anouzla 
Le journaliste Ali Anouzla

Déjà, au lendemain de l’arrestation d’Anouzla, une centaine de manifestants s’étaient réunis devant la brigade nationale de police judiciaire, où Anouzla était maintenu en garde à vue. Puis, une manifestation s'était déroulée devant le ministère de la justice à Rabat. Sur la toile, de nombreux internautes ont exprimé leur colère et leur stupéfaction. « Nous assistons à l'assassinat de la presse libre marocaine », écrivait le twitto @Vi_Ninua. D’autres ont envoyé des lettres de protestation et inondé de SMS les messageries du ministre de la justice Mustapha Ramid et du ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khelfi.

La mobilisation a rapidement dépassé les frontières marocaines. « La rapidité et la détermination avec laquelle les plus grandes ONG de défense des droits de l'Homme et de liberté de la presse se sont mobilisées pour Ali est exceptionnelle. Au Maroc aussi, il y a un vrai élan en faveur d'Ali », souligne Jamaï. Amnesty International, Human Rights Watch, ainsi que le Committee to Protect Journalists et Reporters sans Frontières ont appelé les autorités marocaines à libérer Anouzla.  

Au Maroc, les soutiens parmi la classe politique et les médias traditionnels ont été jusqu'ici plutôt timides. Plus inquiétant, des membres éminents de partis politiques estiment justifiée la détention d’Anouzla. Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khlefi a même publié un communiqué à l'adresse des organisations qui soutiennent Anouzla. Il n’a répondu ni aux appels ni aux messages laissés par Médiapart. Le ministre de la justice Mustapha Ramid s’est refusé à tout commentaire. « Je ne veux rien dire ni me prononcer, je ne veux pas commenter une instruction en cours », a-t-il déclaré au téléphone. Il était pourtant de ceux qui s’étaient farouchement opposés à l’adoption de la loi antiterroriste il y a 10 ans. Alors avocat, il défendait de nombreux islamistes accusés d’être impliqués dans les attentats perpétrés en mai 2003 à Casablanca.

Ce n’est pas la première fois qu’Anouzla a des démêlés avec la justice marocaine. En 2009, il était déjà poursuivi et condamné à un an avec sursis pour avoir publié de « fausses informations » sur la santé du roi Mohamed VI. Son journal, Al Jarida El Oula, disparaîtra.
 
En juin, il s’interrogeait sur les longues absences à l’étranger du roi. Le mois dernier, il lançait ce qui allait devenir le scandale du Danielgate – la grâce royale d’un pédophile espagnol condamné à 30 ans de détention pour le viol de 11 enfants –  et évoquait la responsabilité du conseiller et proche du roi, Fouad Ali El Himma, dans ce scandale. Son dernier éditorial était consacré à l’Arabie saoudite. Il y dénonçait les efforts du royaume pour freiner tout effort de démocratisation dans le monde arabe.

 

Sur la pancarte : « Vous avez libéré Daniel et vous avez emprisonné Anouzla ! »  
Sur la pancarte : « Vous avez libéré Daniel et vous avez emprisonné Anouzla ! » © IR

Pour de nombreux journalistes indépendants, le message est clair. Le pouvoir tente d’éliminer la presse électronique indépendante, à défaut de ne pouvoir la domestiquer, comme il a pu le faire avec la presse traditionnelle.

Le journaliste Rachid El Belghiti du site d’information Hespress redoute que certains de ses confrères « ne fassent marche arrière », même si lui ne changera pas « sa façon de travailler ». « Ça fait vraiment peur, c’est mauvais signe. Ça veut dire que nous sommes dans un pays qui recule », regrette-t-il. « Ali Anouzla, c’est une école, j’ai beaucoup appris avec lui. C’est aussi un ami. Je connais ses valeurs humaines. C’est inacceptable de mettre un journaliste dans une cellule et le poursuivre en se basant sur la loi antiterroriste. Ça n’arrive plus, même dans les pays de dictature militaire. »

Le journaliste Imad Stitou dénonce des accusations « fantaisistes ». « Anouzla n’a fait que son travail », dit-il. D’après lui, cette arrestation est un retour à l’ère du Maroc de Hassan II. Un recul, qui risque de changer sa façon – et celle de ses confrères, d’après lui – de pratiquer le journalisme. « On commence à penser aux lignes rouges, de plus en plus nombreuses. »

De plus en plus de « lignes rouges »

Ces dernières années, le pouvoir marocain a progressivement étouffé la presse indépendante. Les sujets à aborder avec des pincettes demeurent les mêmes : la situation au Sahara, l’Islam, la monarchie ou l’entourage royal. Plusieurs publications indépendantes ont mis la clef sous la porte après des condamnations judiciaires, mais surtout à cause des boycotts publicitaires. C’est le cas du Journal hebdomadaire et de Nichane, disparus des kiosques en 2010.

« Ali est aussi, et probablement surtout, le cofondateur d'un média réellement indépendant qui expose et qui perpétue le genre de journalisme libre d'Al Jarida Al Oula et du Journal hebdomadaire », explique Jamaï. « Il y a un effet mirage lorsque vous vous mettez devant un kiosque marocain, poursuit-il. La diversité quantitative est réelle, mais si vous vous intéressé à ce sujet essentiel : qui sont ceux qui exercent le pouvoir et comment ils l'exercent, alors le désert éditorial apparaît. L'uniformité est alors déprimante. »


Manifestation à Rabat en faveur de journaliste Anouzla
Manifestation à Rabat en faveur de journaliste Anouzla © IR

Cette affaire ne suscite pas d’inquiétude uniquement chez les journalistes. Le rappeur Mouad Belghouate, alias L7a9d, était présent lors des manifestations. Il a passé quatre mois puis un an en détention pour une supposée bagarre et une chanson qui avait déplu à la police. Mais d’après ses soutiens, il a été incarcéré pour ses raps irrévérencieux envers le pouvoir dans lesquels il va jusqu’à critiquer le roi. « Je suis en colère. Anouzla est l’un des rares journalistes qui ne tient pas compte des lignes rouges. Le peu de liberté d’expression que nous avons, ils veulent nous la réduire. »

 

 

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:11

 

nevivonspluscommedesesclaves.net

 

Ne vivons plus comme des esclaves !


 


25 SEPTEMBRE : COMME PROMIS, VOICI LE FILM EN INTÉGRALITÉ !


Trois remarques :
- Internet ne nous permet qu’une qualité moyenne tant au niveau du son que de l’image, c’est pourquoi nous vous invitons à venir nous retrouver : rien ne vaut les projections-débats pour savourer l’ambiance, entrer dans l’image, vivre les situations, se laisser porter par les nombreuses chansons, assister ou participer aux débats (détails dans la rubrique Agenda projections-débats).
- Le bilan comptable du film affiche un déficit de 1715 euros au 25 septembre. La souscription continue pour boucler à l’équilibre cette aventure bénévole (détails dans la rubrique "Souscription de soutien").
- Nous avons sorti le film en version grecque avec un mois d’avance, le 28 août :
voir ici l’accueil du film en Grèce.

 



Pour améliorer la qualité de l’image, lancez la vidéo, puis cliquez en bas à droite sur le rouage et choisissez 720pHD, avant de mettre en plein écran

Prochaines projections-débats (détails dans la rubrique Agenda) :
26/09 à JOIGNY (89) en présence de Yannis Youlountas (réalisateur)
28/09 à DAMIATTE (81) en présence de Cyril Gontier (chanteur qui a participé à la BO du film)
29/09 à MERLIEUX (02) en présence de Mimi et Vangelis (personnages du film) ainsi que Yannis
29/09 à LILLE en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
30/09 à PARIS en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
01/10 à PARIS en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
01/10 ST-DENIS (93)en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
02/10 à LYON en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
03/10 à NÎMES en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
04/10 à DURFORT (81, limitrophe 31 et 11)en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
05/10 à RENNES en présence de Mimi et Vangelis
06/10 à ROUEN en présence de Mimi et Vangelis
07/10 à PARIS en présence de Mimi et Vangelis
(...)
Toutes les soirées à prix libre sauf Durfort. Soirée de Joigny organisée par la Maison citoyenne, soirée de Damiatte par le FdG, tournée Mimi et Vangelis par la FA, soirée de Durfort par La Fontaine Magique (repas de fête avant projection-débat : réservation 48h avant maxi auprès de maud@nevivonspluscommedesesclaves.net 15€, tout compris, vin et surprises inclus). Détails dans la rubrique "Agenda projections-débats".

 

JEUDI 26 SEPTEMBRE 19H30 À JOIGNY (89)
Projection-débat du film en présence du réalisateur
Salle Debussy 61, rue Saint-Jacques 89300 Joigny

La projection sera précédée d’un hommage à notre ami et camarade Pavlos,
assassiné par les fascistes ce 18 septembre au Pirée.

Καλο ταξίδι φίλε... Γεια σου ρε Παυλο
Δεν ξεχναμε, δε συγχωρουμε

Voir le film en grec, anglais, allemand :

ΝΑ ΜΗΝ ΖΗΣΟΥΜΕ ΣΑΝ ΔΟΥΛΟΙ (GR)
http://nevivonspluscommedesesclaves...
ou lien direct : http://youtu.be/neRt6XS05b0

LET’S NOT LIVE LIKE SLAVES (EN)
Bientôt disponible sur
http://www.x-pressed.org/?xpd_artic...

LASS UNS NICHT LÄNGER WIE SKLAVEN LEBE (DE)
Bientôt disponible sur
http://www.x-pressed.org/?xpd_artic...

Plusieurs versions dans d’autres langues ont commencé (espagnol, croate, russe, etc.).
Si vous désirez proposer une autre langue, contactez la coordination des traductions du film :
maud@nevivonspluscommedesesclaves.net ou info@x-pressed.org

 


 

ladepeche.fr

 

 

Ginals. Le film d'Yannis Youlountas ovationné

 

Publié le 23/08/2013 à 03:49

Les témoins grecs en traduction simultanée avant la projection.

Les témoins grecs en traduction simultanée avant la projection.  


 

C’est un film* encore à retravailler selon son réalisateur Yannis Youlountas qui a fait le clou de la soirée des Rencontres du Possibles, à Begayne. Tourné avec la fonction vidéo d’un appareil photo à Athènes et surtout à Exerchia, le quartier ZAD de la capitale grecque, ce documentaire donne largement la parole aux promoteurs des pratiques alternatives pour résister à la crise que connaît le pays. Depuis les réseaux entre producteurs de jardins partagés et épiceries ou restaurants autogérés jusqu’aux analyses des acteurs des occupations des places, un éclairage authentique de la réalité vécue par les Grecs dans une période de crispation entre néo-fascistes et anti-autoritaires.

La personnalisation des témoignages rend chaleureuse l’explication et les panneaux de réflexions que propose le réalisateur pour ponctuer les chapitres donnent raison à Raoul Vaneigem, André Gorz, Buenaventura Durruti ou Victor Hugo éclairés des choix musicaux remarquables. On reconnaît là la formation philosophique d’Yannis.

Une soirée très grecque

La soirée, débutée avec un repas grec délicieux, au son du groupe Ta Limania Xena et des danses des spectateurs, a donné ensuite lieu à des échanges détendus avec le groupe de jeunes Grecs autour du feu de vallée et co.

Questions, traductions, échanges, la compréhension du fonctionnement du système n’étonne pas grand monde mais l’espoir d’une société plus juste se lisait dans les pratiques concrètes mises en place autour et dans Athènes.

Jeudi 22 août, les plantes et la nourriture se retrouvaient au cœur des débats.

Aujourd’hui vendredi 23, encore du concret pour rendre les hétérotopies possibles: faites-le vous-même! montrera des exemples pratiques avant le concert d’Annabeth MacNamara.

*Le film sans but lucratif «Ne vivons plus comme des esclaves!» sera accessible gratuitement dans sa version définitive sur internet le 25 septembre, après sa présentation le 21 au festival du film grolandais de Toulouse. Souscription possible à nevivonspluscommedesesclaves.net

La Dépêche du Midi

 



Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Photos - Vidéos - Sons
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22